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14 février 2022 1 14 /02 /février /2022 14:37

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PRÉSENTATION (D'APRÉS LES CARTELS EXPOSÉS ET AUTRES SOURCES).

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L'aître Saint-Maclou est un ancien aître charnier datant du XVIe siècle, situé 186, rue de Martainville à Rouen. Il constitue un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe. L'aître Saint-Maclou fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862

L'ossuaire se compose de quatre galeries encadrant une place centrale ; il est large de 32 mètres pour une longueur de 48 mètres. Les trois premières galeries sont réalisées en pans de bois au-dessus d'un soubassement en pierre, les fûts des colonnes sont sculptés de décors de la première Renaissance. La galerie du sud du XVIIe siècle est en revanche dépourvue de soubassement et de sculptures. Les galeries sont fermées par des cloisons en pans de bois maçonnés et des fenêtres lors de la construction d'un étage au XVIIIe siècle.

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Cliquez sur les images.

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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"Le conseil de fabrique de la paroisse de saint Maclou décide, dès 1526, la construction de trois galeries qui entoureraient le cimetière : à l’Ouest, au Nord et à l’Est. La galerie Ouest mesure 45,50 mètres, 31,90 mètres pour celle du côté Nord et 44,35 mètres pour la galerie de l’Est. La décision n’a pas été envisagée sans lien avec les terribles épidémies de peste des années 1521 et 1522 qui ont ravagé le pays, la Normandie mais surtout sa capitale : Rouen, et qui fut particulièrement meurtrière.

Les galeries ont été édifiées les unes à la suite des autres de 1527 à 1533 par les maçons, ymagiers et huchiers placés sous la direction des maçons Jehan Louvel et Guillaume Ribert. Le corps de bâtiment situé à l’Ouest ouvrit le chantier, puis celui du Nord, et enfin les travaux se terminèrent par celui de l’Est. "

 

En 1526, la paroisse décide la construction de trois galeries ouvertes sur le cimetière, formant un U autour de celui-ci. Les travaux débutent en 1527 par la galerie ouest (celle qui permet d’aller de la rue Géricault à la rue Martainville). S’ensuivent l’édification de la galerie nord achevée en 1529 puis de la galerie est, dont la fin des travaux est estimée à 1533. La galerie nord possède une chapelle située à son extrémité du côté de la galerie ouest, la chapelle des Trépassés. Des messes y étaient données pour les morts.

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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"L’Aître Saint-Maclou se présente comme un parallélogramme presque régulier, limité, dans sa plus grande longueur, par la rue Martainville à l’ouest et sur un petit côté par la rue Géricault (ancienne rue du Chaudron) au nord. La première entrée se faisait par la porte de l’ancienne rue du Sac ou du Chaudron (actuelle rue Géricault), cette porte disparaît en 1924. Les galeries entourent l’espace central du cimetière où les morts, au Moyen Age, sont ensevelis en pleine terre. Des restes osseux sont mis au jour à mesure que l’on ouvre de nouvelles fosses au sein du terrain déjà utilisé. Par respect pour les défunts, ces restes, des ossements rendus à l’anonymat par la décomposition du corps, peuvent être entreposés dans les charniers. Dans ce cas, sous la toiture à double pan, munie de lucarnes, les os sont empilés sur le plancher des combles.

Au centre de l’Aître s’ouvraient des fosses individuelles, comme le montrent les enluminures de l’Office des Morts.

Lors des inhumations successives, ou lors de la levée des restes après disparition des chairs, les os sont disposés au-dessus des galeries. Ainsi se remplissent les charniers, sortes de galetas reposant sur des piliers de bois. Les empilements d’ossements montent jusqu’à la charpente du toit à double pente, ouverte, de place en place, par des lucarnes. Cette disposition, similaire à celle du charnier des Innocents à Paris, se retrouve au cimetière de Montvilliers, près du Havre, ou à celui de Vienne à Blois. Un autre cimetière à galeries, datant de la fin des XVe et XVIe siècles, existe encore à Montfort-Lamaury, dans les Yvelines. Mais le décor de l’Aître Saint-Maclou est unique, par la richesse et la complexité de son programme iconographique, et surtout par l’ensemble des motifs ornant les sablières et les potelets de bois. " (Bethmont-Gallerand)

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© Kosept. Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

© Kosept. Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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L'image qui suit permet de comprendre la disposition du décor sculpté : des colonnes  en pierre soutiennent une galerie ajourée.

— Les maisons à pans de bois associent deux éléments : 1. le colombage désigne l' ensemble des poutres formant la charpente d'un mur. Cette ossature de bois est constituée de pans de bois dont les poutres délimitent des compartiments appelés carreaux ; 2. le hourdage, qui forme les murs et qui a un rôle de remplissage et de raidisseur.

—Les poutres horizontales supérieures et inférieures portent le nom de "sablières" dans le vocabulaire propre à la construction des maisons à pans de bois (ou à colombage). Ces sablières sont, pour les demeures des notables en milieu urbain, et ici  en particulier, le support de sculptures en bas ou moyen-relief.

— Les montants verticaux ou "potelets" assemblés aux sablières, sont régulièrement aussi le support de sculptures.

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Les sculptures des colonnes, hélas très dégradées, portent une remarquable Danse macabre  qui fera l'objet d'un second article, et des chapiteaux souvent décorés de grotesques. 

Les sablières et potelets reçoivent des frises de symboles macabres, certes communs et répétitifs (crânes et os entrecroisés), mais aussi plus divers et plus originaux, ce qui justifie leur examen détaillé le long des quatre galeries.

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"À cette époque, l’élévation des galeries se compose d’un soubassement en pierre, rythmé par des colonnes sculptées, surmonté d’une ossature en pan-de-bois servant de comble. Cette ossature forme une grille constituée de deux poutres horizontales nommées sablières et de potelets verticaux. L’ossuaire prend place dans ces combles. D’anciennes recherches (Laquerrière) donnent une interprétation de l’aspect de cet ossuaire : un espace ajouré, rythmé de petites colonnes en bois, où les ossements sont apparents ; au-dessus une toiture percée de lucarnes permettant au fossoyeur d’accéder à ce "grenier" au moyen d’une échelle. Toutefois, les archives et les recherches archéologiques récentes ne permettent pas de confirmer pleinement cette hypothèse. "

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Hypothèse d’élévation d’une des galeries de l’aître Saint-Maclou. Dessin d’Anatole Laquerrière, 1909. Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Hypothèse d’élévation d’une des galeries de l’aître Saint-Maclou. Dessin d’Anatole Laquerrière, 1909. Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Seuls les galeries ouest, nord et est datent de 1526-1533. Les éléments sculptés de la galerie sud sont bien plus tardifs ( 1650-1652), mais reprennent le même vocabulaire macabre.

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"L'AILE SUD. La construction de l’aile sud ferme la cour de l’aître Saint-Maclou en 1652. Elle est réalisée grâce à des donations dont la plus importante est due à Robert Duchesne, prêtre de la paroisse Saint-Maclou. Le chêne sculpté sur la façade rappelle peut-être ce donateur. Une volonté d’harmonisation avec les galeries antérieures se ressent : usage de matériaux semblables, colonnes, ossature en pan-de-bois, décor similaire. Quelques différences toutefois : le bâtiment est conçu avec un étage ; les colonnes ne reposent pas sur un soubassement et leurs sculptures restent, pour une raison inconnue, inachevées. Il comprend des logements sur plusieurs niveaux destinés aux prêtres, dont l’accès se faisait à l’arrière du côté de la cour des prêtres, ainsi qu'une galerie sur cour. Une chapelle dédiée à saint Michel est aménagée dans cette galerie du côté ouest." (Métropole)

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Une vue de l'Aître au XVIe siècle, imaginée par Langlois (1833).

© Bibliothèque municipale de Rouen (Est.A.Langlois 124 12301)

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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"LES AMÉNAGEMENTS DU 18e SIÈCLE Face au nombre croissant d’enfants fréquentant les écoles, un étage est ajouté aux galeries ouest, nord et est, de 1745 à 1766, afin d’y accueillir des classes. L’avancée des travaux se fait peu à peu selon les ressources financières dont dispose le curé Adam Charles Esmangard, celui-ci ayant décidé de prendre personnellement en charge ce coût. En 1758 un incendie touche l’angle sud-ouest de l’aître freinant les travaux. Quatre escaliers extérieurs couverts sont installés aux angles des galeries. Ils permettent d’accéder à l’étage (l’escalier à l’angle sud-est de la cour a été démoli au début du 20e siècle puis plus tard celui situé à l’angle sud-ouest). Cette surélévation suppose la destruction des combles servant d’ossuaire. Les ossements ont été préalablement retirés et enterrés dans le cimetière en 1705. Les galeries seront ensuite peu à peu fermées du 18e à la fin du 19e siècle." (Métropole)

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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LES PHOTOGRAPHIES DE MA VISITE (2020).

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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"UN FUNÈBRE DÉCOR.

 Le décor de l’aître illustre son activité. Sur les sablières et sur les potelets, se déroulent des frises d’objets macabres, aperçu de l’univers quotidien d’un charnier : ossements (crânes, mâchoires, fémurs, omoplates, côtes, os iliaques) ; instruments liés à la cérémonie religieuse de l’office des morts (étoles*, missels*, croix, cierges, ciboires*, bénitiers, cloches), instruments de la Passion (clous et fouets) ; outils du fossoyeur (pelle, pioche, bêche, cercueil). …" (Métropole)

 

 

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Sur la photographie qui suit, nous avons successivement :

-Un cercueil entrouvert

-Un fémur entrecroisé avec un tibia.

-Un os iliaque

-Un crâne et sa mandibule

-Une mandibule (brisée).

 

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Un potelet montant orné d'une couronne de laurier à l'antique où figure un buste. Galerie ouest (1526-1533).

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Ces potelets au décor Renaissance sont tous centrés par une couronne à l'antique et enrubannée, rappelant la  pratique de déposer dans la tombe des couronnes de fleurs fraîches, ou bien de lierre ou de laurier, semper virens, comme le préconise Guillaume Durand, évêque de Mende au XIIe siècle.

Les couronnes reçoivent soit des instruments de fossoyeurs parfois entrecroisés ; soit des ossements ; soit des bustes, qui ne sont pas des portraits d’êtres vivants, mais le rappel des formes antiques de portraits funéraires.

Un autre rappel de l’Antiquité, des têtes de putti ailés ornent les chapiteaux."

 Sur la sablière haute, un tibia. Sur la sablière basse, une côte, et un livre.

Les bases des potelets sont constamment sculptés d'une tête de mort, motif qui se retrouvent moins constamment sur le chapiteau, où on trouve parfois des ossements, comme ici avec cette mandibule, ou des têtes de putti ailés.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Frise d'une sablière inférieure, galerie sud (1651). 

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Flambeau et instrument croisés,

Mandibule dentée,

Cercueil fermé,

Côte.

Fémur et tibia entrecroisés.

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Le flambeau (on en trouve ailleurs, entrecroisés) rappelle ceux qui accompagnent le corps porté en procession jusqu’à l’église, puis ensuite jusqu’à la terre bénite du cimetière.

Voir la procession des Charitons aux Andelys :

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Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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Voir l'Office des Morts des Heures d'Etienne Chevalier :

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Office des Morts, Jean Fouquet, Heures d'Etienne Chevalier.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant vertical encadrant une porte  de la galerie sud (1651). Crâne  démantibulé "crachant" un ruban où s'entrecroisent fémur et tibia puis  deux houes.

n.b "démantibulé", étymologiquement "démandibulé", sans mandibule.

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On trouve ailleurs des pioches, des pelles, des bêches et des louchets à fer plus allongé. "Les fossoyeurs figurent souvent dans les illustrations non bibliques de l’office des morts. Ils ramassent les os, les rassemblent dans les ossuaires. Dans les cimetières situés autour des églises, ils les déposent sous les gouttières. L’eau ruisselant du toit de l’édifice saint est bénite, ceux qui ne peuvent bénéficier d’une sépulture à l’intérieur de l’édifice en profitent." (Bethmont-Gallerand)

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant vertical encadrant une porte de la galerie sud (1651). Crâne démantibulé "crachant" un ruban où s'entrecroisent deux os indistincts puis une côte et un os iliaque.

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À la différence d'autres pièces sculptées où la précision anatomique des ossements est remarquable et laisse supposer que les sculpteurs disposaient des modèles du charnier, les os sont moins bien rendus. L'os iliaque, semblable à une palette de peintre, se reconnaît au trou obturateur. Les côtes thoraciques ont toujours une large tête arrondie, et la tubérosité n'est jamais omise.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant vertical encadrant une porte de la galerie sud (1651). Crâne démantibulé "crachant" un ruban où s'entrecroisent deux os indistincts puis un sablier, symbole du temps qui passe (Tempus fugit) et une faux symbolisant la Mort.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant vertical encadrant une porte de la galerie sud (1651). Crâne démantibulé "crachant" un ruban où s'entrecroisent deux os (fémur et tibia stylisés) puis une pelle et une houe.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Potelet  dont la couronne est ornée d'une mandibule. Galerie ouest (1526-1533).

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La couronne enrubannée est suspendue à un anneau, et supporte ensuite des rameaux de chêne avec leurs glands.

Sur la sablière inférieure autour du crâne central, une pelle à bout carré  et une bêche à bout triangulaire renforcé par une ferrure ; une côte ; un fémur et un tibia entrecroisés.

Sur la sablière haute, autour du crâne central, un fémur et une pioche  puis un fémur et une côte.

Cette image montre la précision anatomique des fémurs, où la tête fémorale, le col, le grand et le petit trochanter ainsi que les deux condyles sont parfaitement rendus. Sur d'autres exemples, la qualité anatomique des tibias est également remarquable, avec les plateaux tibiaux à une extrémité, et la malléole externe bien sculptée de l'autre.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Potelet  dont la couronne est ornée d'un crâne. Galerie ouest (1526-1533).

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Ce crâne est singulier. Eustache-Hyacinthe Langlois y voyait « une tête de mort à triple face entourée d’une couronne », mais pour Sylvie Bethmont-Gallerand, " en fait, il n’en est rien, les trous des maxillaires aussi réguliers que les orbites donnent l’illusion d’une triple face".

Sous la couronne, un groupe végétal : des chardons?

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Sur la sablière supérieure : un fémur, deux côtes affrontées ; une omoplate (scapula) ; une houe ; un fémur et un tibia entrecroisés ; une mandibule ; une pelle .

Sur la sablière inférieure : deux côtes affrontées (comme sur le grill costal), deux torchères, une cloche symbolisant les heures. Puis après le crâne central viennent un goupilllon et le seau d'eau bénite, puis une croix de procession.

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— La cloche est un rappel du Temps, et de la dernière heure de survenue incertaine, mais S. Bethmont-Gallerand pense aussi aux sonnailles des morts et cloches à l’usage des crieurs des morts, ou crieurs des corps, ou des "clocheteurs". Le tintinabulum est une petite clochette agitée par le crieur, mais il y a aussi les tinterelles, petites cloches portées en tête des processions, pour accompagner le viatique et alerter les passants. La mort est annoncée par le glas et par les crieurs, salariés qui « crient le pater noster » et le nom du défunt, en invitant à la prière. Comme la croix, ces clochettes, parfois agitées par des anges dans les images aux marges des manuscrits, servent à faire fuir le diable. "

— Le goupillon ou "aspersoirs, aspergès"  est identifié par S. Bethmont-Gasserand : "Ces objets servent aux aspersions nombreuses qui précédent la mort et lui succèdent. Avant d’être incorporé à la terre bénite le corps est longuement aspergé. Des vases à eau bénite peuvent faire partie du mobilier funéraire, plantés dans la terre du cimetière, à proximité de la tombe.".

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Sablières de la Galerie ouest (1526-1533).

Sixièmes sablières depuis l'entrée à l'angle nord-ouest.

Sablière haute : Croix de procession, potelée ; côte ; fémur ; scapula. Crâne central. Cercueil entrouvert ; croix ; reliquaire ; fémur.

Sablière basse : Fémur et houe croisés ; cloche ; étole et instrument de procession ; côte ;  crâne central ; pioche et pelle croisées ; livre ouvert ; cercueil fermé ; côte ou mandibule.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Escalier de l'angle nord-est.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant (détail) de cet escalier : crâne, fémurs croisés, pelles.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

 

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POST-SCRIPTUM.

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J'aurai aimé photographier tous les motifs funéraires de ces sablières et de ces potelets. Je ne l'ai pas fait, mais j'ai retrouvé dans mes photos une incitation à bénéficier d'une visite virtuelle de l'Aître. 

Elle est remarquable, et permet de se livrer, comme je l'ai fait, à une recension du décor de chacune des sablières, de chaque potelet, de chaque colonne, et d'en faire pour des fins privés une belle série de captation d'écran.

Mais pourquoi vouloir être exhaustif ?

Je dirai seulement qu'en numérotant chaque sablière dans le sens anti-horaire à partir de l'entrée (angle nord-est) par S1, S2, S3 etc. j'ai repéré d'autres motifs que ceux que j'ai présenté ici :  en S2 un calice, en S3 un miroir, en S5 un reliquaire, en S10 et S12 un globe crucigère, etc...Ou qu'en désignant selon le même procédé chaque potelet (P1, P2, etc.), j'ai vu se succéder dans les couronnes de ces potelets des écus, des mandibules, des crânes, des os croisés, et en P10 des peaux de tanneurs, et ailleurs le visage rond d'un personnage sans doute féminin, etc.

Donc, je ne peux que conseiller à chacun de vivre cette très passionnante et très riche expérience :

https://my.matterport.com/show/?m=kjUCC7ra6RC

 et souligner la qualité   de l'article de Sylvie Bethmont-Gallerand, qui est accompagné de quelques illustrations.

Merci aux organisateurs du site, et à leurs remarquables cartels d'exposition, car il est rare que le visiteur soit aussi bien guidé.

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SOURCES ET LIENS.

— AÎTRE SAINT-MACLOU

https://www.aitresaintmaclou.fr/histoire/un-cimetiere-a-galeries/

EXPO VIRTUELLE

https://my.matterport.com/show/?m=kjUCC7ra6RC

— BETHMONT-GALLERAND (Sylvie), 2003, "Un autre travail du bois à Rouen : Les sablières de l’aître saint-Maclou", in Les stalles de la cathédrale de Rouen, C. Elaine Block, Frédéric Billiet p. 199-220 Presses universitaires de Rouen et du Havre

 

https://books.openedition.org/purh/7435?lang=fr

https://books.openedition.org/purh/7437

LANGLOIS (E.-Hyacinthe ), 1833, "Rouen au XVIe siècle et la danse des morts", Bulletin de la Société libre d’émulation de Seine-Maritime, 6 juin 1832, Rouen, Baudry, 1833, p. 70. Non consulté.

« Dans les statuettes du cimetière de Saint-Maclou, tantôt la mort se montre dans une action d'entraînement plus ou moins brusque; tantôt, affectant une pose tranquille, elle parait employer le raisonnement plutôt que la violence. Sur quelques colonnes des plus mutilées, on retrouve des pieds décharnés dont l'élévation au-dessus du plan sur lequel posaient les figures atteste que plusieurs de ces cadavres symboliques gambadaient en s'emparant de leurs victimes. Quant à ces derniers personnages, ils montrent généralement, par leurs poses simples et calmes, plus de résignation que de résistance, » Langlois,

 

—LANGLOIS (Eustache-Hyacinthe), 1837, réed 1852, Essai historique, philosophique et pittoresque sur les Danses des Morts. Rouen, Lebrument,deux volumes I p.10-30, II p.10-61.Non consulté.

 

LEVASSEUR (P.), 2003, « Observations sur l’iconographie de l’aître saint-Maclou : une synthèse de l’art macabre et des apports de la Renaissance », Actes du onzième congrès international d’études sur les Danses Macabres et l’art macabre en général , Rouen du 1er  au 5 octobre 2003,éditions Danses Macabres d’Europe, p. 41. Non consulté.

 

LOTH (Julien), 1910, L'Aître de Saint-Maclou, Rouen, Léon Gy, 28 p. Non consulté.

—MÂLE (Emile) 1922, L’art religieux de la fin du Moyen-Age en France, étude sur l’art religieux du Moyen Age et sur ses sources d’inspiration, Paris, Armand Colin, 1922, p. 253-sq.

— METROPOLE

https://www.metropole-rouen-normandie.fr/sites/default/files/publication/2020/Focus-aitre-st-maclou.pdf

PAVIA (Amélie), 2011,  L’aître Saint-Maclou de Rouen. Monographie historique et technique d’une construction à pans de bois du XVIe siècle. Étude stylistique et iconographique de ses sablières Mémoire de master 2 en histoire de l’art moderne, (LEUTRAT E. dir.), Rennes 2, 2011, 633 p. Voir p.30 à35 :

https://www.academia.edu/31770552/La_symbolique_macabre_dans_les_sabli%C3%A8res_de_la%C3%AEtre_saint_Maclou_%C3%A0_Rouen

 

 

PILLET ( Maurice ), 1924, L'Aître Saint-Maclou : ancien cimetière paroissial de Rouen, Paris, Édouard Champion, 1924, 224 p. Non consulté.

PREVOST (Chanoine Louis), 1970 Histoire de la paroisse et des curés de Saint-Maclou, depuis la Fondation jusqu'à nos jours (1219-1966), Rouen, Éditions Maugard. Non consulté.

VENOT ( Bernard), MOUILLESEAUX (Jean-Pierre), 1980,, L'Aître Saint-Maclou de Rouen : petit guide à l'usage des habitués du lieu et de ceux qui le découvrent, Rouen,  73 p. Non consulté.

LAQUERRIÈRE) (A.), 1986, « L'aître Saint-Maclou et les anciens charniers », dans Églises, hôtels, vieilles maisons de Rouen, Rouen, Société des amis des monuments rouennais, 518 p., p. 323-330 Non consulté.

 

THOMANN (Aminte), CHAPELAIN DE SEREVILLE-NIEL (Cécile), « Rouen – Aître Saint-Maclou » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 04 juin 2021, consulté le 12 février 2022. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/76013

— Maison à colombage vocabulaire :

https://books.openedition.org/pufr/7923

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Renaissance Sculpture Stalles
13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 18:59

L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou IX . Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) et leurs miséricordes.

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1°) Voir dans ce blog d'autres articles sur Saint-Herbot :

 


 

 

2°) Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 En Bretagne par ordre chronologique :

 

Hors Bretagne :

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INTRODUCTION.

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Voici un article qui est parfaitement inutile voire déplacé, puisque ces stalles ont été parfaitement décrites par Florence PIAT dans une thèse de 2012 intégralement disponible en ligne, et que ses photographies, bien plus complètes et attentives que les miennes, sont numérisées et disponibles dans son article de l'Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne.

Voici un article qui est un plagiat ou un patchwork de copier-coller du travail de Florence Piat.

Après ce coup de gourdin envers mon article, il me reste à lui tendre la main pour le défendre un peu. D'une part, il rendra hommage aux sites en ligne de cette  auteure. D'autre part,  il viendra compléter mes articles précédents sur les stalles bretonnes, et ma série sur la chapelle Saint-Herbot. Et puis le site de l'Inventaire, remarquable comme je l'ai dit, nécessite de cliquer séparément sur chaque stalle sans pouvoir en faire dérouler l'ensemble. Enfin, mon article sera associé à la description de la clôture elle-même. Tout cela pour ne pas avouer que j'éprouve du plaisir à le publier avec mes propres photos : c'est bien bas. Et je m'en excuse auprès de madame Piat.

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PRÉSENTATION (D'APRÈS F. PIAT).

 

 

"L’ancien duché de Bretagne conserve aujourd’hui dix ensembles de stalles, majoritairement situés dans la partie nord de la région : celles de la cathédrale de Dol-de-Bretagne (77 stalles), de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne (18), de la collégiale de Champeaux (54), de la cathédrale de Tréguier (48), de l’église de Boquého (8), de la chapelle Saint-Quay de Plélo (8), de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (66), celles provenant du château de Kerjean (6), celles conservées dans l’église SaintSymphorien de Couëron et provenant de l’abbaye Notre-Dame de Buzay (10), et enfin, celles de l’église Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou (15) . Ces dix groupes, réalisés entre la fin du XIVe siècle et le premier quart du XVIe siècle, offrent un aperçu qualitatif original de ce mobilier liturgique à la fin du Moyen Âge." (F. Piat, thèse)

 

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Ces 15 stalles font partie d'un chancel à claire-voie et balustres tournés, précédemment décrit, et surmonté d'une crucifixion ;elles sont  disposées en U à l'intérieur de ce chancel, mais le tombeau de saint Herbot occupe l'emplacement d'une stalle, sur le côté Nord de l'entrée Ouest du chancel ; tous les appui-mains sont identiques (arabesque ou  volute à l’intérieur de laquelle se trouve une tête à feuilles ) et les dossiers portent un décor en cuvette.
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Les stalles se trouvant dans la chapelle Saint-Herbot sont les plus tardives du corpus des stalles de Bretagne étudié par Florence Piat, avec une datation comprise entre 1550 et 1570. (Les dix groupes recensés sur le territoire de l’ancien duché de Bretagne se caractérisent par une relative homogénéité dans leur période de réalisation. En effet, si les stalles de Dol-de-Bretagne, de Buzay et de Boquého sont les plus anciennes, conçues entre la fin du XIVe siècle et le milieu du XVe siècle, les sept autres groupes ont tous été commandés et confectionnés dans le premier quart du XVIe siècle, exception faite des stalles de Saint-Herbot qui datent du milieu de ce même siècle.)

Leur style appartient complètement au répertoire de la Renaissance et une commande seigneuriale pourrait être à l´origine de leur réalisation. Cette chapelle, auparavant église, était le lieu d´un pèlerinage important en raison de la présence du tombeau de saint Herbot, saint que l´on invoquait - et que l´on invoque toujours - pour la protection des troupeaux. Des autels votifs sont ainsi disposés devant le chancel à balustres tournées qui clôture le chœur et dans lequel sont intégrées les quinze stalles de cette chapelle. L´ensemble est surmonté d´une Crucifixion qui fut rajoutée en 1659. Les portes et le couronnement du chancel sont sculptés de motifs totalement renaissants avec des putti, des grotesques, des masques, mais aussi les douze Sibylles et les Apôtres.

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Pénétration du vocabulaire de  la Renaissance, plus tardive en Basse-Bretagne (Saint-Herbot) qu' Champeaux et LaGuerche de Bretagne.

Le répertoire décoratif italien est expérimenté en Bretagne sensiblement à la même époque que dans le royaume de France, ce dont témoigne des œuvres telles que le tombeau de Thomas James (1507), son missel (1484), le portail de la chapelle du Saint-Sacrement à Vannes (1515-1531), ainsi que la présence, dans la péninsule, d’artistes venus expressément des régions transalpines pour travailler auprès de mécènes influents. Comme dans beaucoup d’autres régions, ce nouveau vocabulaire s’intègre et se mêle jusqu’aux années 1520-1530 à l’architecture et aux images médiévales, sans pour autant profondément modifier les structures issues du Gothique. Dans les stalles de l’ancien duché, le tournant s’opère effectivement en l’espace d’une décennie et, alors qu’un ensemble comme celui de Tréguier réalisé au début des années 1510 présente  encore toutes les caractéristiques iconographiques médiévales, les stalles de La Guerche-de-Bretagne, réalisées à la fin de cette même décennie développent largement de nouveaux motifs directement inspirés de l’art italien. En l’espace d’une dizaine d’années, ces thèmes pénètrent donc le vocabulaire décoratif et iconographique des sculpteurs sous l’action combinée de grands mécènes, comme les Laval et Espinay, la diffusion de gravures provenant de Flandres, d’Allemagne et également du bassin ligérien.

Cependant, cette arrivée des thèmes de la Renaissance ne se fait pas au même rythme partout en Bretagne et une distinction entre la partie occidentale et orientale du duché doit être faite. En effet, si l’on constate que les exemples de stalles situés en Haute-Bretagne et plus généralement le long des marches de Bretagne accueillent ces motifs dès les années 1515-1520, il semble qu’en Basse-Bretagne, ce répertoire ne s’implante véritablement que dans la seconde moitié de ce même siècle, par le biais de la seconde Renaissance comme dans la chapelle de Saint-Herbot. Ainsi, quatre groupes de stalles bretons présentent des éléments décoratifs empruntés à ce nouveau répertoire, cependant associés à des motifs déjà employés dans les exemples de la fin du XVe siècle : les stalles de la chapelle Saint-Quay de Plélo, celles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne, de la collégiale de La Madeleine de Champeaux et, enfin, celles de la chapelle de Saint-Herbot. (F. Piat)

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Ces quinze stalles constituent probablement l’ensemble le plus complet du corpus breton grâce à la présence de ce chancel. Cependant, il n’est pas exclu qu’une partie d’entre elles aient été remaniées à la fin du XVIe siècle, au fur et à mesure de la construction de la clôture ou encore au moment où le tombeau en granit de saint Herbot fut élevé en table, monté sur quatre piliers et accolé à l’entrée du chancel, occupant ainsi la première stalle N.O . (Le sol de cette chapelle fut exhaussé au XVIIIe siècle et il est probable que les piliers aient été ajoutés à cette occasion. Cependant, la tombe, datant du XVe siècle a été délibérément intégrée au chancel car côté nef, on constate que le panneau du soubassement lui correspondant est monté sur des charnières (d’origine). Cette ouverture permettait aux fidèles de toucher le gisant du saint. Avant la construction de ce chancel, ce tombeau se trouvait à l’extérieur de la clôture. J.-J. RIOULT, « Plonévez-du-Faou, chapelle Saint-Herbot », in Congrès Archéologique de France. Finistère, 2007, p. 203-208. )

Plusieurs des quinze miséricordes représentent des vases ornementaux, tous différents. Une femme et un homme sont également représentés en buste sur deux miséricordes. Il pourrait s´agir des commanditaires de l´ouvrage bien que leurs bras, se finissant en feuillages, indiqueraient plutôt qu´il s´agit de silvani. Un autre personnage masculin, torse nu et allongé, tient dans sa main un fruit et enfin, une des miséricorde montre un Maure, coiffé d´un turban extravagant, des grelots aux oreilles, en train de chanter. Cette dernière miséricorde justifie à elle seule l´inclusion de cet ensemble dans le corpus des stalles « médiévales » de l´ancien duché de Bretagne. En effet, ce motif du Maure chantant est également présent sur les ensembles de La Guerche-de-Bretagne, de Saint-Pol-de-Léon et sur les stalles provenant de Kerjean et conservées à Saint-Pol. Les stalles de Saint-Herbot permettent donc d´apprécier la diffusion d´un motif, d´un modèle à travers une région.

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Ces sièges étaient réservé aux prêtres carmes qui desservaient la chapelle (qui serait un ancien prieuré ducal des Carmes de Rennes, attiré par les seigneurs de Rusquec), et que dirigeait un prêtre-gouverneur.

 

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Les stalles forment un ensemble plutôt bien conservé et entretenu, malgré des problèmes sur plusieurs charnières des battants des sièges (manquantes ou cassées), polychromie dans la partie supérieure du chancel.

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Sur le bord intérieur du chancel, faisant face à l'autel du chœur, un rang médian du coté ouest,  doté de 7 sièges (5 à 11) de part et d'autre de la porte principale de la clôture, est encadré par deux bras latéraux, nord et sud, de quatre sièges chacun.

On accède aussi au chœur par des portes latérales :  une jouée basse débute la série (coté externe de la stalle n°1) est sculpté  sur toute sa hauteur d'un saint André portant sa croix, tandis que la jouée nord, sur le coté externe de la stalle n°15, est sculpté d'unn saint Pierre tenant une clef à longue hampe.

 

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Plan par Florence Piat.

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I. Stalles situées sur le côté sud du chancel : n°1 à 4.

 

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Miséricorde de la stalle n°1. Un vase.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-01/c7526a30-ce63-41c4-a99b-83e2e11a9a38

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C'est le premier exemple d'une série de vase —ou urne— à deux anses en forme de S, ici assez grossièrement taillé sans polissage.

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°2. Un vase.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-02/c83bc727-24f7-4472-a4da-c92eaaa3994a

Dans ce deuxième exemple de vase  à deux anses en forme de S, la base est faite de feuillages finement dentelés tout comme le sommet, tandis que le corps est composé de deux renflements, celui du bas étant comme entouré d'une bande de tissu, comme les turbans. Les formes sont soigneusement polies, et les anses, ou le corps, est orné de rouelles par marquage avec un outil rond.

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°3. Un homme allongé.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-03/ca8304aa-7481-457b-bda9-89cb0e772ece

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"Un homme est représenté en buste, tourné vers sa droite. Il est barbu, les cheveux courts et bouclés, et porte une sorte de toge, nouée sur l'épaule gauche et dont l'extrémité flotte derrière lui. Ses bras ont été remplacés par des feuillages. Il lève les sourcils et son front est barré d'une grande ride. Une arabesque s'enroule derrière lui, au-dessus de son épaule droite." (F. Piat)

On retrouve l'usage de poinçon en O. Il s'agit d'un personnage hybride associant des traits humains et des accessoires végétaux, (voire animaux si "l'écharpe " est vue comme une aile  de chiroptère ), thème typiquement Renaissance en rapport avec le goût de l'époque pour les métamorphoses, et déjà très présent à La Guerche-de-Bretagne et à Champeaux.

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°4. Bouc crachant des feuillages et fruits.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-04/09b0144d-2c75-4744-8225-c75f94551c37

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"Tête de bouc mangeant des herbes et des fruits. L'animal possède de longues cornes recourbées aux extrémités et qui occupent toute la longueur de la miséricorde. Son front est recouvert de poils frisés et son museau est fin et allongé." (F. Piat)

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Les fruits (poires, coings) ou légumes piriformes sont issus des décors en stuc et en bois (Scibec de Capri) de la salle François Ier à Fontainebleau.

https://www.lavieb-aile.com/2020/12/les-lambris-sculptes-par-scibec-de-capri-a-la-galerie-francois-ier-de-fontainebleau.html

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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II. COTE OUEST, au sud de la porte .

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Miséricorde de la stalle n°5. Bucrane hybride.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-05/79f73e7d-f427-45b7-8dcb-ed35801e95f0

"Les cornes d'un bucrane stylisé sont remplacées par deux têtes de lions qui viennent mordre des feuillages sortant des yeux du bovin. Les têtes de lions et la courbure des feuillages forment deux cercles de chaque côté du bucrane." (F. Piat)

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C'est encore un bel exemple du goût pour les métamorphoses, et les compositions chimériques entre règne animal et végétal. Le passage entre le bucrane et les deux petites têtes de lions (ou de boucs ?) est très progressif, tout comme celui entre le bord du crâne et les feuilles. On peut même voir, dans les lanières ponctuées de l'extérieur, l'introduction d'un autre "règne", celui des artéfacts ou productions de l'artisanat humain.

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°6. Un vase.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-06/4f80994f-d58e-4b1e-8e14-e0d7e62c4cb9

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"Vase ou urne à deux anses en forme de S. La base est faite de feuillages tout comme le sommet. Le corps est composé de deux renflements qui semblent contenus par des bandes de tissu et resserrés au milieu." (F. Piat)

Voir la miséricorde n°2.

 

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°7. Visage d'homme barbu.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-07/ae23fd63-ca24-4306-b588-2ed64e004cee

"Un homme est vu en buste, de face. Il est barbu, a la bouche entrouverte et regarde vers le bas. Les pupilles sont creusées. Il porte un chapeau plat orné d'une plume et un costume à manches bouffantes, à la mode sous François Ier. Deux volutes se développent derrière lui, l'enroulement tourné vers sa tête. Des feuilles et des fruits sont sculptés derrière ses épaules." (F. Piat)

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C'est, par une ambiguïté subtile,  un décor intermédiaire entre la métamorphose humain/feuillage, et un buste seulement orné de feuillages.

 

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Chapelle Saint-Herbot : stalle 07 - Miséricorde : homme en buste. Cliché F. Piat.

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Miséricorde de la stalle n°8.

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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COTE OUEST, au nord de la porte à coté du gisant de saint Herbot

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Miséricorde de la stalle n°9. Un chanteur moresque.

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F. Piat identifie ici un "chanteur moresque" qu'elle rapproche du Maure du jeu de cartes de Jean Le Dale (Lyon, dernier quart XVe siècle), et qui est  représenté aussi sur les stalles de Saint-Pol-de-Léon (n°65), de Kerjean (n°2) et de La Guerche-de-Bretagne (n°15), ce qui "rattache encore ce groupe de stalles à une certaine tradition médiévale et à des exemples plus anciens".

Elle se base sur le nez épaté, le bandeau (mais qui est peut-être le bord d'un bonnet à plume) et la bouche entrouverte.

Mais les  grelots suspendus à chaque oreille ne pourraient-ils pas aussi nous orienter vers la piste du Fou?

"Dans tous ces exemples, même si le traitement varie, des caractéristiques inamovibles peuvent être repérées. Ainsi, seule la tête est sculptée à chaque fois, le personnage porte un turban, ses traits sont africains et il ouvre toujours la bouche, laissant voir ses dents. De notre point de vue, ce personnage est en train de chanter, ce qui pourrait le rapprocher des morisques, ces danseurs et chanteurs professionnels qui se produisaient  lors des grandes fêtes et foires. Vêtus d’habits bigarrés, ils pouvaient également porter des grelots, à l’image de l’homme représenté sur la miséricorde de Saint-Herbot dont les oreilles sont ornées de deux gros grelots. C’est d’ailleurs ainsi qu’Erasmus Grasser le représente, vers 1480, dans la série de danseurs morisques conservée au Stadtmuseum de Munich. Présent sur quatre des dix ensembles de stalles bretons, le motif du chanteur moresque étonne par sa pérennité qui n’a de pair que l’adaptation iconographique dont il est l’objet. Car, de prime abord, il est malaisé de faire le lien entre la sobriété de la miséricorde de La Guerche et l’exubérance du costume du chanteur de Saint-Herbot. Si des caractères généraux restent donc employés dans toutes ces figures, le traitement du sujet semble revenir au choix du sculpteur" (F. Piat)

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°10. Un vase.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-10/e848dde0-c2e5-459a-8b86-3c6292b19a00

"Vase ou urne à deux anses en forme de S. La base est faite de feuillages tout comme le sommet. Le corps est composé d'un renflement qui semblent contenus par des bandes de tissu. Le centre et le sommet du corps sont composés d'une partie du fût et du chapiteau d'une colonne polygonale." (F. Piat)

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°11. Bouc mangeant des feuillages.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-11/57e304c2-0b31-4b4c-a084-9cad3b940a7e

"Tête de bouc mangeant des herbes et des fruits. L'animal possède de longues cornes recourbées aux extrémités et qui occupent toute la longueur de la miséricorde. Son front est recouvert de poils frisés et son museau est fin et allongé. Sur le rebord de la sellette, des pointillés sont creusés en arrondi au-dessus de sa tête." (F. Piat)

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°12. Vase ornemental.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-12/6eab6078-3ce3-412a-b339-5b0fa2520986

"Vase ou urne à deux anses en forme de S. La base est faite de feuillages tout comme le sommet. Le corps est composé de deux renflements qui semblent contenus par des bandes de tissu et resserrés au milieu." (F. Piat)

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Coté nord.

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Miséricorde de la stalle n°13. Un acrobate.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-13/65f681f5-57c7-490a-8904-c0430ab636f0

"Un homme barbu, torse nu est représenté couché sur le flanc, tourné vers la droite de la miséricorde. Il porte une culotte bouffante à crevées et à la braguette protubérante. Il appuie sa tête sur sa main gauche et tient un fruit ou une fleur dans sa main droite. Ses jambes sont repliées derrière lui de manière acrobatique, de sorte que les dessous des deux pieds sont visibles. Les cheveux de l'homme sont courts et bouclés." (F. Piat)

" Le personnage possède  de larges crevées. S’arrêtant à mi-cuisses, la braguette ou brayette est très proéminente, détail qui renvoie à la mode des années 1550."

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°12. Buste de femme.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-14/4ed0a2f1-0215-437d-bcd0-f45c1b3fadab

 "Une femme est représentée en buste, de face. Elle est richement vêtue d'une robe à décolleté carré, mais dont la poitrine est recouverte par un voilage plissé. Les manches semblent bouffantes mais ses bras ont été remplacés par des végétaux. Elle est coiffée d'un casque ou d'un chapeau à larges rebords en forme d'oreille. Quelques mèches de cheveux dépassent et viennent onduler le long du visage. Deux grandes gerbes de feuilles et de fleurs jaillissent derrière elle, au niveau de son cou. Son visage est joufflu et elle ne sourit pas." (F. Piat)

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C'est encore une figure hybride, humaine/végétale, malgré la richesse de sa coiffure et de sa robe.

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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Miséricorde de la stalle n°15. Vase ornemental.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-stalle-15/963fd489-22cc-43d5-8f6f-d8dfb09c056c

"Vase ou urne à deux anses en forme de S. La base est faite de feuillages tout comme le sommet. Le corps est composé de deux renflements qui semblent contenus par des bandes de tissu et resserrés au milieu." (F. PIat)

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Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

Les 15 stalles (chêne ciré, vers 1560-1575) de Saint-Herbot et leurs miséricordes. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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Source principale : 

 

 

 

 PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente, [thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

 https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

Volume 2 Annexes :

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

 PIAT (Florence), 2006, Ensemble de stalles dans la chapelle Saint-Herbot (côté Ouest, Nord et Sud du choeur, contre les parois intérieures du chancel) Dossier IM29005184 réalisé en 2006

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-chapelle-saint-herbot-cote-ouest-nord-et-sud-du-choeur-contre-les-parois-interieures-du-chancel/ef019ff1-4a00-4a00-ae8d-597ce576ee46

Compléments :

— ABGRALL, J.-M. Le mobilier artistique des églises bretonnes. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère. Tome 25, Quimper : S.A.F., 1898, pp. 3-13.

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon, Nouveau Répertoire des Eglises et Chapelles. Quimper : Association Diocésaine de Quimper, 1988.

— ​​​​​​​COUFFON, René. L'église de Saint-Herbot, in Bulletin Monumental, tome CXI, 1953, pp. 37-50.

 

 

 

 

— COUFFON (René), 1953,  L'église de Saint-Herbot. In: Bulletin Monumental, tome 111, n°1, année 1953. pp. 37-50

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_1_3732

 

"De la seconde moitié du xvie siècle, il clôt le chœur sur trois côtés et comprend une série de panneaux sculptés en haut et en bas, séparés par des balustres tournés formant claire-voie. Les panneaux du bas sont décorés d'arabesques Renaissance. Sur ceux du haut regardant la nef sont figurés les douze apôtres en dix panneaux séparés par des cariatides et, sur les faces latérales, au nord les petits prophètes, au sud les sibylles. A l'intérieur, seize stalles font corps avec le chancel. Les panneaux qui les surmontent sont décorés, dans la partie centrale, de douze saints et saintes en dix panneaux séparés par des cariatides et, sur les côtés, de motifs décoratifs. Les jouées d'extrémité des stalles supportent un entablement formant baldaquin décoré de dix-huit bustes des évangélistes, des prophètes et des docteurs. En avant du chancel, deux tables de pierre servent à déposer les offrandes le jour du pardon, d'un côté les crins, de l'autre les mottes de beurre. Une restauration récente a mis au jour l'inscription suivante se rapportant à la Crucifixion qui le couronne : [.'AN 1659 O VOS OMNES QUI TRANSITIS PER VIAM ATTENDITE ET VIDETE SI EST DOLOR SICu(t) DOLOR Me(us) O : VOUS TOUS PASSANS ARRESTEZ VOUS E VOYEZ SIL EST UNE DOULEUR SEMBLABLE A LA MIENNE : LAM..."

— COUFFON (René), 1959, Notice de Plonévez-du-Faou, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

— MONUMENTS HISTORIQUES.

http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/herbot/herbot.html

— PEYRON (chanoine), 1910, Notice, Bull. SAF page 164-167

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1910_0216_0242.html

— RIOULT (Jean-Jacques), CASTEL (Yves-Pascal), BONNET (Philippe), DUCOURET, 2010, Chapelle Saint-Herbot (Plonévez-du-Faou),  Inventaire général, région Bretagne

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-plonevez-du-faou/7310520a-35ca-4784-91b8-578f98ea65d6

—   BONNET (Philippe), RIOULT (Jean-Jacques), 2010,  « Saint-Herbot. Chapelle Saint-Herbot », dans Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Paris, Picard, coll. « Les Monuments de la France gothique », 2010, 485 p.

—  RIOULT (Jean-Jacques), 2009, « Plonévez-du-Faou, chapelle Saint-Herbot », Congrès archéologique de France « Finistère 2007 »,‎ 2009, p. 203-208 

— CASTEL (Yves-Pascal),  DUCOURET, 1966, 1972 et 1986, Dossier IA00005154 Inventaire général, région Bretagne

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005154_01.pdf

 

 

...............................................................................................

Bibliographie complémentaire :

 ALEXANDRE-BIDON (Danièle), 2001, « L’iconographie des stalles : partage et transmissions des modèles (enluminures, gravures...) », in K. Lemé-Hébuterne (dir.), Autour des stalles de Picardie et Normandie. Tradition iconographique au Moyen Âge, Amiens, Encrage, 2001, p. 149-166.

 

—  BILLIET (Frédéric) 2001, « Un mobilier pour le chant. La vie musicale dans les stalles d’Amiens », Autour des stalles de Picardie et de Normandie. Traditions iconographiques au Moyen Âge, (ed. K. LEME-HEBUTERNE), actes du 4e colloque international de Misericordia International, Amiens, septembre 1999, Amiens, Encrage, 2001, p. 29).

http://docplayer.fr/62357535-L-es-etudes-relatives-a-l-iconographie-des-stalles-de-choeur-ne-peuvent-ignorer.html

file:///F:/chapelles/Saint%20Pol%20de%20L%C3%A9on%20stalles/Stalles%20blog/05_billiet_frederic_un_mobilier_pour_le_chant_la_vie_musicale_dans_les_stalles_de_la_cathedrale_dami.pdf

 

—  BILLIET (Frédéric)  Le miroir des miséricordes: XIIIe-XVIIe siècle : actes du colloque Université de Toulouse-Le Mirail. Images et sociétés, Université de Toulouse-Le Mirail. Section d'histoire de l'art Centre européen d'art et de civilisation médiévale, 1996 - 262 pages

 

.—  BLOCK (Elaine C.), 2003,Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols, 2003,444 p. 

— E. C. Block: 'Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland', ProfaneA. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

.—  BLOCK (Elaine C.), BILLIET (Frédéric)  Stalles de la cathédrale de Rouen (Les)

https://books.google.fr/books?id=7tThdObk0qwC&pg=PA78&lpg=PA78&dq=stalles+saint-pol-de-l%C3%A9on&source=bl&ots=tth0hiC8_3&sig=zZ9bwe1_Qj7cICq9VvvVWu8EHyY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiMjJnC-IvYAhXDDcAKHcx-DRk4FBDoAQhEMAU#v=onepage&q=stalles%20saint-pol-de-l%C3%A9on&f=false

— BOURNOT-DIDIER (Nancy) , 2000, André Sulpice et les stalles du Rouergue Thèse de doctorat en Histoire de l'art soutenue à Toulouse 2

 

— CHARLES (Olivier ), 2004, Chanoines de Bretagne, carrières et cultures d'une élite cléricale au siècle des Lumières, Presses Universitaires de Rennes

http://books.openedition.org/pur/17414

 

—  DURAND (Georges) : Monographie de l'église Notre Dame, cathédrale d'Amiens. Tome II . Yvert et Tellier, 1903.

http://www.stalles-dg.info/Acc/durdescrip.htm

 — KRAUS (Dorothy et Henry), 1968, Le monde caché des miséricordes. Suivi du répertoire de 400 stalles d'églises de France. Paris, 263 p. Les éditions de l'amateur.

— MISERICORDIA INTERNATIONAL MEDIEVAL ICONOGRAPHY

http://misericordia-international.blogspot.fr/

— SITES PHOTO

http://tchorski.morkitu.org/14/stpol-01.htm

— PELAD-OLIVIER (Monique), L'emplacement et l'organisation des stalles de la cathédrale de Rouen des origines à nos jours.

http://docplayer.fr/62033271-L-emplacement-et-l-organisation-des-stalles-de-la-cathedrale-de-rouen-des-origines-a-nos-jours.html

http://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Stalles/Index.htm

— PEYRON (Paul), 1901,  La Cathédrale de Saint-Pol et Le Minihy Léon, Quimper, Imprimeur de l’Évêché, 1901, 248 p. (lire en ligne) ou archive.org

https://archive.org/stream/lacathdraledesa00peyrgoog#page/n12/mode/2up/search/psallette

— PRIGENT (Christiane)   Sculptures de danseurs et de jongleurs dans les édifices religieux, à l’époque romane et à l’époque gothique. « Représentations sculptées de danseurs et de jongleurs comme manifestation de la culture laïque dans les édifices religieux à l'époque romane et à l'époque gothique », in M.S.H.B., tome LXXI, 1994, p. 279-313.

https://hicsa.univ-paris1.fr/documents/pdf/MondeRomainMedieval/Prigent.pdf

— LANGLOIS (E.-H.) 1827, Notice sur les bas-reliefs des stalles de la cathédrale de Rouen et sur le Lay d'Aristote, E.-H. Langlois, Rev. de la ST. Lib. d'Em. de la S.-I., 1827, p.12.
— LANGLOIS (E.-H.)  1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, E.-H. Langlois, 1838.

— LEMÉ (K.) 1994,  Stalles de Haute-Normandie, K. Lemé, Etudes Normandes, 1994/3, p. 21.
—  LEMÉ (Khristiane), 1993, Images de la société à travers les stalles du nord-ouest de la France, XIVe http://www.theses.fr/1993PA040260

— LEMÉ (Kristiane) : Le costume au début du XVI°siècle à travers les stalles de la cathédrale d'Amiens. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 4° trimestre 1996

— LEME-HEBUTERNE, Kristiane. Les Stalles de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Paris : Picard, 2007, tome XXVI.

p. 17-44 ; p. 57-114 ; p. 168-173

— TOURTIER, Guy (de), PRACHE, Georges. Les Stalles de la cathédrale d’Amiens, XVIème siècle. Lyon : Lescuyercz, 1970.

Kristiane Lemé-Hébuterne, Les stalles de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, Paris, Picard, 2007, 28 cm, 248 p., 213 fig. en n. et b. et en coul., carte, plans, dessin. – ISBN : 978-2-7084-0792-3

— JOURDAIN (Edouard) et DUVAL (Charles) : Les stalles de la cathédrale d'Amiens. Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens, Duval et Herment 1843.

 — AMIENS. 1509 et 1522.

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/stalle-du-choeur-decor-en-bas-relief-d-une-jouee-la-vierge-des-litanies/08160568-5bd4-486b-8dce-04262e6e6f4e

https://inventaire.hautsdefrance.fr/recherche/globale?texte=Amiens+stalles

 

https://www.richesses-en-somme.com/cath%C3%A9drale-insolite-int%C3%A9rieur/stalles-de-la-cath%C3%A9drale/

 La visite virtuelle des stalles peut se faire sur le site  http://www.stalles-dg.info/Pag/accueil.htm

— BEAUVAIS : Inscription sur la 10ème stalle du côté gauche en haut sur une miséricorde : DE avec étoile et lune

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/ensemble-de-83-stalles/afd61497-aa6e-4021-b20b-5c2f92980865

— SOISSONS

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/serie-de-82-stalles/a873a336-a6d3-42a7-888e-e7f1a5ef3caa

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture Chapelles bretonnes. Renaissance
14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 22:42

Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. IIb, le coté nord, les haut-dossiers et les pendentifs du dais.

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Sur l'ancienne collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne, voir :

 

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Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

 

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Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

Sur d'autres exemples de grotesques, voir :

 

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PRÉSENTATION : voir les articles sur les stalles sud.

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Le but est d'étudier cette manifestation précocement florissante de l'art de la première Renaissance bretonne, inspirée peut-être  des fresques de la Domus Aurea découvertes à Rome vers 1480 , ou des ornemanistes de la première Ecole de Fontainebleau (pourtant plus tardive car postérieure à 1526), et inspirée certainement du tombeau de Thomas James à Dol-de-Bretagne (1508).

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Le but est aussi, au contraire, d'admirer la singularité de cette production, dont on lit parfois qu'elle a trouvé ses modèles dans des recueils de gravures. Mais ceux-ci sont pour la plupart  postérieures aux années 1530. Les estampes d'Étienne Delaume, de style maniériste, un artiste qui miniature les rinceaux peuplés de mascarons et chimères tirés du vocabulaire bellifontain de Primatice et de ses collègues, datent ainsi de 1561-1583. 

Pour ne pas retarder la présentation des stalles, je développerai en Discussion mon hypothèse selon laquelle  la source principale de ces stalles, et notamment de ces dossiers ou "dorsaux" est la chapelle haute (1508-1509) du château de Gaillon, commanditée par Georges Ier d'Amboise.

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Comme les neuf haut-dossiers des stalles sud, et comme la partie haute des jouées, les neuf dossiers des stalles nord ont toutes globalement la même construction basée sur les volutes et contre-volutes en deux S affrontés en miroirs. "Structurellement, la prolifération des grotesques se réalise sur deux axes : l’axe vertical par les empilements de la construction en candélabre ; l’axe horizontal par les volutes et les contre volutes des suites de rinceaux habités."

Mais ici, au nord, les deux cotés droit et gauche sont identiques par symétrie en miroir, alors que pour la plupart des panneaux du sud les deux cotés différaient par les caractères des personnages qui s'y trouvaient et qui composaient des duos.

Florence Piat notait pour sa part que "Les panneaux des dorsaux diffèrent également entre rangs nord et sud. Côté sud, les rinceaux qui habillent les deux tiers des dorsaux sont peuplés de nombreux personnages livrant batailles, dansant, jouant de la musique, des animaux fantastiques, de putti et de nombreux grotesques. Au nord, si l’on retrouve bien les rinceaux et quelques hybrides qui forment un arrangement léger et gracieux, la composition est beaucoup moins chargée et la figure humaine très peu représentée. " [...] Le nu est envisagé comme un principe décoratif, témoignant d’une esthétique nouvelle : s’il est encore utilisé avec plus ou moins de méfiance sur les panneaux du rang sud (plusieurs personnages sont partiellement dévêtus), il est complètement assumé sur le rang nord."

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Comme du coté sud, un panneau héraldique est présent, mais ce blason est muet. 

Entre chaque dossier, le montant vertical est l'occasion pour l'artisan de proposer à chaque fois un motif décoratif différent. Au sommet de ce montant, une statuette en ronde-bosse représente un personnage tenant un phylactère, comme dans les Credo apostolique. C'est le seul élément religieux d'un décor essentiellement trivial et ludique.

Tout est raffiné, et la double frise d'ove qui court en haut des dossiers est complétée d'un filet médian, fait  d'un toron central où s'enfilent des perles en formes de noyau de datte, chacune finement travaillée, tandis qu'une étoffe torsadée enveloppe partiellement ce toron.

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Stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier de la stalle n°10. Six dragons.

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En partie supérieure, deux dragons aptères aux allures de lézards.

Dans la partie inférieure, quatre dragons ailés dont la crête en épi acéré prend parfois l'allure d'une corne.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517907nuca/238839d9-7084-48f4-a004-ca80d0c591c3

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La statuette n°10. Personnage biblique présentant un livre.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier de la stalle n°11. Un coq au triangle, et deux hybrides.

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En haut, rompant la symétrie spéculaire, un coq tient dans son bec un triangle. En l'absence de baguette, nous ne pouvons affirmer qu'il s'agisse de l'instrument de musique, parfaitement attesté dès le Moyen-Âge (7 exemples sur les stalles au XVe et XVIe siècles sur Musicastallis) mais souvent doté d'un ou plusieurs anneaux. 

Au dessous, les deux hybrides qui forment deux E affrontés débutent, au milieu, par une tête humaine de profil ; chacune de celles-ci s'empanache de rinceaux et  d'un corps de dragon, et se prolonge vers le bas par un corps de reptile, dont les spires s'achèvent par une nouvelle tête de dragon.

La façon dont les dragons crochètent leurs naseaux et déroulent leurs langues relève parfaitement de l'humour désinvolte de l'art des grotesques.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517908nuca/9a639e43-c532-4830-b928-80a3055e3820

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La statuette n°11.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier de la stalle n°12. Un joueur de cor, deux dragons et deux gueules feuillagées.

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Au centre, un homme nu , assurément masculin, joue d'un cor dont le tube fait un tour sur lui-même comme une trompe de chasse. Mais la nature réaliste de l'instrument est démentie par la volute de feuillage qui naît de l'embouchure.

Ses deux pieds prennent appui sur les têtes de deux dragons ailés. Ceux-ci, qui se font face, tiennent entre leurs pattes antérieures un blason fantaisiste, vaguement en forme de cuir, et centré par une forme ovoïde, décourageant toute lecture héraldique. 

Comme ils en ont l'habitude sur ces panneaux, ces dragons au corps feuillagé dressent leur queue en l'effilant, et celle-ci génère un faisceau de rinceaux. L'un de ceux-ci s'achève par une gueule montrant les dents, sur un cou enfeuillagé.

Les volutes et contre-volutes supérieures sont purement végétales.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La statuette n°12. Un apôtre ou prophète tenant un phylactère. La tête a été bûchée.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier de la stalle n°13. Deux "dauphins", quatre dragons, et un masque de lion.

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Au registre supérieur, ce sont deux "dauphins" (nom donnés à ces poissons des grotesques Renaissance) qui sont dotés de nageoires-feuilles et qui donnent naissance par leur queue aux rinceaux en double volute. Ils entourent un motif stylisé central, à boules enrubannées.

Les arabesques atteignent le registre central en s'enrichissant de feuilles et de fleurons  conduisant notre regard vers deux petits dragons ailés et cornus qui croisent leurs becs et leurs pattes.

En suivant le parcours sinueux des tiges, nous parvenons à deux grands dragons ailés et barbus, front contre front au dessus d'un masque léonin. La caractéristique la plus notable de ces dragons est leur corps, entortillé en quatre à sept épaisses spires.

 

 

 

 

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517911nuca/92700ff5-ec48-47e0-87a8-fb21a84e635a

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La statuette n°13. Personnage biblique coiffé d'un bonnet, tenant un phylactère formant une boucle autour de la main gauche.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier de la stalle n°14. Buste féminin feuillagé central , deux masques feuillagés crachant des fruits, rinceaux à deux pendentifs de perles suspendus par une boucle, un aigle aux ailes déployées.

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Au centre, une femme nue nous regarde, de face, mais ses bras et jambes sont remplacées par des feuilles ; celles des jambes, larges et charnues, donnent naissance aux rinceaux d'arabesques qui fleurissent à l'étage inférieur. Ces sur ces tiges que deux pendentifs de perles sont accrochés par une boucle, et même si leurs perles peuvent évoquer des pois ou des baies, ces pendentifs introduisent dans ce décor un rare motif artificiel, fait par l'homme.

En bas, l'aigle déployant ses ailes est l'un des rares animaux à échapper à l'hybridation.

Au registre supérieur, à l'extrémité de l'arabesque, deux masques-feuilles, de profil, crachent des fruits en forme de poire.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La statuette n°14. Personnage biblique tenant son phylactère, et  vêtu d'une cape au dessus d'une robe à la ceinture nouée. La tête a été bûchée.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier de la stalle n°15. Quatre dragons, deux hommes nus, trois masques.

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Commençons en haut et au milieu avec  le masque aux oreilles d'âne qui tient entre ses dents un collier où pend une perle.

Au registre supérieur, deux dragons ailés participent à l'arabesque en courbant leur cou et leur queue en boucles. Ces dragons sont tenus, sur le coté, par des hommes nus, bedonnant et hilares.

Au registre inférieur, les tiges copieusement feuillues mènent soit à des fleurs, soit  à deux masques ailés, posés sur des vasques, soit, plus bas, à deux dragons affrontés. Ces dragons hybrides  entrecroisent leur tête, au profil humain.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Le registre supérieur.

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Le registre inférieur.

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La statuette n°15. Personnage biblique tenant un phylactère du coté droit.

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Haut-dossier de la stalle n°16. Trois flèches et six dragons.

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Au centre, trois flèches réunis en croix par une bague forme  un nouvel exemple de motif artificiel ; mais deux de ces flèches sont feuillagées.

Les deux dragons ailés du registre supérieur forment avec leur très long cou et leur très longue queue des boucles.

Les deux dragons ailés affrontés au centre du registre intermédiaire autour de la pointe des flèches sont à classer parmi les grylles, en raison des têtes, un peu léonines, de l'extrémité de leur abdomen.

Enfin les dragons du registre inférieur n'ont pas d'ailes, mais un corps de reptile au cou formant boucle. Le bec  du dragon de gauche est bridé par un anneau, ce qui ne l'empêche pas d'ouvrir largement une gueule dentée et de rire.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La statuette n°16. Personnage vêtu d'un habit monastique à courte pèlerine (camail) et tenant son phylactère en diagonale.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Détail de la frise.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier de la stalle n°17. Deux tenants en costume de chœur tenant un blason muet, et entourés de masque-feuilles et de deux aigles dans une vasque.

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Ce panneau héraldique n'est pas placé en face du dossier n° 5 des stalles sud, qui portait un blason où se reconnaissaient les armes des seigneurs d'Alençon. Mais, de  toute façon, l'ordre initial des stalles a été modifiée au XIXe siècle. 

Néanmoins, nous ne voyons sur ce blason  aucune trace ni de bûchage, ni d'armoiries, comme s'il est encore dans son état d'origine. Les armes étaient-elles peintes ? S'agissait-il de celle du chapitre collégial (tel que nous le connaissons par les sceaux du chapitre), représentant l'Assomption de la Vierge ? Ou bien des armes épiscopales d'Yves Mahyeuc ? Ou, répétées au nord, du duc d'Alençon ?

"Le dorsal présente deux chanoines portant un écu complètement vide. La cordelière qui ceint leurs tailles se retrouve également dans la partie inférieure du panneau. Il s’agit d’un meuble héraldique bien connu et associé au clergé. Il est probable que ce blason présentait à l’origine les armes du chapitre ou encore celle du doyen." (F. Piat)

Les tenants de ce blason ne sont pas des anges, et évoquent plutôt des chantres ou autres desservants en costume de chœur, avec leur aube de cérémonie aux manches larges et leur amict, mais au lieu de présenter la tonsure en couronne ils portent des cheveux longs et bouclés. Nous remarquons surtout leur ceinture aux beaux glands frangés.

Ce cordon se retrouve au centre du registre inférieur, noué en rosette.

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Au registre supérieur, les arabesque entourent deux masques-feuilles de profil, et deux masques-feuilles de face.

Au registre inférieur, de chaque coté, un aigle déploie ses ailes en émergeant à demi d'une coupelle florale formant vasque.

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Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La statuette n°17. Personnage vêtu d'une cape sur une tunique serrée par une ceinture ; il tient un phylactère.

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Haut-dossier de la stalle n°18. Blason muet, crâne animal, grylles, enfants nus, hybrides oiseau/humain, et masque humain.

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L'élément central du registre supérieur est un cuir à découpes polycycliques, qui rappelle la forme des blasons épiscopaux (Thomas James à Dol-de-Bretagne, Georges Ier d'Amboise à Gaillon). Mais d'une part il ne porte pas d'armes, d'autre part il ne sembla pas avoir été bûché, et, enfin, il s'agrémente de houppettes fantaisies.

Il est entouré de grylles, dont la face de poupon se prolonge par un corps en trompe et s'achève par une gueule de dragon.

Le registre intermédiaire est centré par un crâne dont les orbites sont traversées par les rinceaux. Est-ce celui d'un bœuf ou bucrane (mais ses cornes sont à peine ébauchées), ou celui d'un bélier ou aegicrane (même remarque) ? Des serpents s'échappent du front, et des dragons-reptiles se croisent sous son museau.

Il rappelle celui qui orne la miséricorde n° 1 des stalles sud, qui était dépourvu de cornes et dont les orbites laissaient s'échapper des serpents.

Les rinceaux qui entourent ce crâne sont tenus, latéralement, par deux enfants nus qui s'y balancent.

"La position des personnages nus, accrochés à des rinceaux sur le panneau n°18 n’est d’ailleurs pas sans rappeler les compositions des marges de certains manuscrits italiens, comme celui qu’Attavante réalise pour Thomas James et que nous mentionnons plus bas." (F. Piat)

 

Un registre inférieur est centré par un demi masque-feuille anthropomorphe, de face, mais le plus curieux est le couple d'oiseaux à longs becs épais (on pense à ceux des pélicans ou des toucans), puisque nous voyons que leur cou se greffe sur un ventre et des jambes nus et parfaitement humains. Ces ventres sont sexués, masculin à gauche et féminin à droite.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517915nuca/2eb4b0b4-c2b1-4e2c-ac09-46ef0b9f0df4

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La statuette n°18. Personnage biblique tenant un phylactère. Le visage a été bûché, mais on distingue une coiffure en couronne. Le manteau se ferme en haut par un bouton rond.

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LES PENDENTIFS DU DAIS NORD.

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Ces anges du dais complètent ceux du dais sud, dont trois présentaient des Instruments de la Passion (éponge et voile de Véronique), deux tenaient un écu, et trois jouaient d'un instrument.

 

Liste :

  • Pendentif n°10. Ange portant les Arma Christi : la lance de Longin.
  • Pendentif n°11. Ange portant un blason muet.
  • Pendentif n°12. Ange portant les Arma Christi : le marteau de la Crucifixion.
  • Pendentif n°13. Ange portant les Arma Christi : la colonne de la Flagellation.
  • Pendentif n°14. Ange portant les Arma Christi : la lanterne de son arrestation.
  • Pendentif n°15. Ange portant un blason muet.
  • Pendentif n°16. Ange portant les Arma Christi : la croix.
  • Pendentif n°17. Ange musicien joueur de trompe marine ?? .
  • Pendentif n°18. Ange musicien joueur de luth (?).

 

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Pendentif n°10. Ange portant les Arma Christi : la lance de Longin.

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Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

 

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Pendentif n°11. Ange portant un blason muet.

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Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°12. Ange portant les Arma Christi : le marteau de la Crucifixion.

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Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°13. Ange portant les Arma Christi : la colonne de la Flagellation.

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Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°14. Ange portant les Arma Christi : la lanterne de son arrestation.

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Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°15. Ange portant un blason muet.

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Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°16. Ange portant les Arma Christi : la croix.

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Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°17. Ange musicien joueur de trompe marine ?? .

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Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°18. Ange musicien joueur de luth (?).

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Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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DISCUSSION

 

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Les dorsaux des stalles de La Guerche sont construits sur un double réseau vertical de volutes.

Les volutes sont des rinceaux (étym."petit rameau"), c'est-à-dire des motifs ornementaux en forme de branche recourbée munie de feuilles, pouvant être agrémentée de pousses, de fleurs, de fruits et utilisé surtout, sculpté ou peint, en architecture mais aussi dans différents arts décoratifs.

Mais ces rinceaux, par nature végétaux, naissent de la queue d'animaux fantastiques.  Dire que ceux-ci sont des dragons seraient trahir l'extraordinaire capacité de l'artiste de multiplier les hybridations, de métamorphoser les formes pour déstabiliser nos codes et susciter ce trouble propre à l'art grotesque. Car comme dans les labyrinthes, nous apprécions de nous perdre dans les floues tortueux de l'imaginaire. Cette introduction du règne animal est, précisément, la marque de la Renaissance.

Il convient sans doute de les désigner sous le terme d'arabesques. Je renvois au site meubliz.com.

Mais la particularité de ces rinceaux est d'organiser leur double structure verticale et horizontale dans des confrontations (presque au sens étymologique du latin cum et frons, "front") des animaux et humains avec leur double situé du coté opposé. Soit ils s'affrontent, soit ils s'entre-croisent, soit ils se contemplent, et suscitent toujours une impression d'étrangeté ou de comique.

Parfois au contraire, un être central et impair génère le double réseau d'arabesques.

Mais toujours, la fécondité de ces générations réciproques, de ces transformations et de ces bouleversements (mise sens dessus-dessous et mise sens droit-gauche) est tracé d'une plume légère, et aérée, qui se moque de la pesanteur, de la perspective et du bon sens.

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La question se pose des modèles dans lesquels les huchiers de La Guerche-de-Bretagne auraient pu puiser. C'est une question habituelle pour l'ensemble des boiseries, des verrières ou des pavements de grotesques de la Renaissance française, et on hésite toujours entre des relevés faits par les commanditaires (ou leur personnel) ayant participé aux campagnes d'Italie (la majorité des membres de la cour royale), ou faits par les mêmes commanditaires dans les châteaux Renaissance, ou faits par les artistes lors de leur Grand Tour (et colligés dans des carnets non conservés), à moins que les commanditaires n'aient remis aux artisans des planches de gravures alors en circulation.

Mais nous ignorons dans le cas présent bien des choses.

Quel est ici le commanditaire ? Est-ce le seigneur de La Guerche? Est-ce le chapitre collégial? La présence des armoiries de la famille d'Alençon peut témoigner du respect au seigneur prééminencier par les chanoines, qui avaient peut-être placé  leur écu en regard.

Quelle est la date de ces stalles ? C'est encore la présence des armoiries qui, associée aux données stylistiques, qui fait conclure aux dates de 1505-1525 lorsque le duc Charles d'Alençon était seigneur de La Guerche, mais il ne faut pas oublier les incertitudes de ce choix :

"Les stalles de La Guerche représentent plus brillamment l'art du bois elles sont justement célèbres. Un minutieux nettoyage exécuté sous la direction des architectes des monuments historiques les a récemment débarrassées des couches de peinture qui empâtaient les sculptures et leur a restitué leur beauté ancienne. Malheureusement les stalles basses ont disparu ainsi que six stalles hautes, et les dix-huit qui subsistent n'occupent plus leur emplacement primitif. Par suite de modifications dans l'aménagement du chœur au XVIIIe et au XIXe siècle, elles ne se déploient plus en avant et de chaque coté du maître-autel comme les cinquante-quatre stalles de Champeaux, mais elles sont reléguées dans l'étroit arrière-chœur encombré de bancs et de divers objets. MM. Brune et Guillotin de Corson qui ont donné de bonnes descriptions des stalles, n'ont pas essayé de les dater d'après un écrivain auquel on doit deux intéressantes et instructives notices sur l'histoire de La Guerche (Abbé Alphonse Jarry), elles auraient été faites après la fin des guerres de religion, soit après 1598.

 

Cette date nous paraît inadmissible : les stalles, gothiques dans leur construction générale et dans plusieurs de leurs éléments (colonnettes, dais, statuettes, miséricordes), renaissance dans les beaux panneaux qui forment le fond des dossiers, sont bien antérieures au règne d'Henri IV. Un détail qui paraît avoir échappé aux auteurs que nous venons de citer, corrobore l'impression donnée par l'examen des sculptures et permet de les attribuer à la première moitié du xvi" siècle. Un des angelots du dais tient un écusson les vandales de la Révolution ont gratté les trois  meubles qui en occupaient le centre, mais ils ont négligé la bordure chargée de besants. Cela suffit pour que l'on reconnaisse les armes des ducs d'Alençon, barons de La Guerche, plusieurs trois reproduites dans les vitraux de la Collégiale de France à la bordure de gueules chargée de huit besants d'or. Le dernier duc d'Alençon fut Charles IV, mort  à Lyon le 11 avril 1525. Si ce blason avait été le seul sculpté, on pourrait affirmer que les stalles ont été placées entre 1505, date à laquelle il hérita La Guerche de sa tante Catherine d'Alençon, femme de Guy XIV de Laval, et 1525; mais d'autres armoiries ont existé. Celles qui se trouvaient sur la porte principale de la clôture du chœur ou jubé, les plus significatives, ont disparu comme le jubé lui-même, quatre autres écussons tenus par des angelots du dais sont indéchiffrables. Peut-être portaient-ils les armes des Laval, ou celles des Bourbons-Vendôme, ou celles des Paléologues ? Dans ce cas, il faudrait attribuer l'honneur d'avoir présidé et peut-être contribué à la construction des stalles à Catherine d'Alençon, femme de François ou Guy XIV de Laval, baronne de La Guerche de 1463 à 1505 et généreuse bienfaitrice des églises, ou à Françoise d'Alençon, sœur de Charles IV, femme de Charles de Bourbon-Vendôme, dame de la Guerche à titre provisoire de 1525 à 1527, ou à Anne d'Alençon, autre sœur de Charles, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562. Toutefois, le fait que le blason qui subsiste porte des armes pleines, sans alliance, semble devoir faire préférer Charles d'Alençon. Cette attribution est confirmée par l'aspect de l'œuvre qui paraît antérieure à l'époque du triomphe définitif du style Renaissance sur le style gothique.

Ajoutons que Charles d'Orléans ne fut pas indifférent a l'état de la Collégiale de La Guerche, bien qu'il eût beaucoup de domaines plus importants et plus rapprochés de sa résidence ordinaire que ne l'était cette petite baronnie bretonne.
Il exécuta les fondations créées par sa tante la dame de Laval en 1518, il provoqua ou facilita la réforme du chapitre qui un avait, dit-on, grand besoin. La commission pour diriger cette opération délicate fut décernée par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, légat du Saint-Siège, qui en plusieurs circonstances analogues s'était associé aux projets de réforme monastique de la pieuse duchesse douairière d'Alençon. Marguerite de Lorraine . Les statuts rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier furent promulgués ou approuvés par le duc et par l'évêque de Rennes, Yves Mayeuc, en 1518.

Il est vraisemblable que la maison d'Alençon voulut compléter la restauration morale du chapitre par la restauration matérielle de l'église. Quatre écussons peints sur les vitraux attestent encore ses bienfaits. Mais si l'existence d'un blason aux armes de la maison d'Alençon établit que les stalles furent faites avant la date de la cession de la baronnie à la famille de Cossé (1562), elle ne prouve pas que les frais du travail aient été en partie ou en totalité acquittés par le duc Charles IV, par sa tante, ou par ses sœurs. On ne possède malheureusement aucun livre de compte, aucun document qui fasse connaître le montant de la dépense, probablement très élevée, ni qui révèle les noms des sculpteurs."

 Si on admet une datation avant 1525, l'hypothèse d'un modèle basé sur les productions de l'École de Fontainebleau ne tient pas, et pas d'avantage tous les recueils de gravures qui en sont issus, donc toutes les gravures publiées en France (ou aux Pays-Bas).

Les gravures italiennes sont issues, elles, des peintures de Raphaël pour les Loges du Vatican (1517-1519) ou de Giovanni da Udino pour la Loggetta du cardinal Bibbiena au Vatican. Leur dates deviennent plus proches de celles de ces stalles. Mais l'examen des peintures elles-mêmes, ou des gravures, ne permet pas de retrouver parmi ces personnages mythologiques ou ces animaux séparés par des candélabres et des guirlandes la disposition en rinceaux verticaux des dorsaux de La Guerche.

Les sites architecturaux propres à la première Renaissance française avant 1525, et présentant des peintures ou décors à grotesques, ne sont pas nombreux. Outre le tombeau de l'évêque Thomas James à Dol-de-Bretagne, en 1507-1508, je retiens essentiellement le château de Gaillon.

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Le château de Gaillon et ses boiseries.

Le mécénat du cardinal Georges Ier d'Amboise (1460-1510) est le creuset de la première Renaissance française. Il transforme son château de Gaillon en un véritable palais résidentiel qui devient un foyer d'artistes italiens et français, tels que Pacherot, Mercogliano, Michel Colombe ou Colin Biart.

La façade de son château montre une frise et des panneaux de décor à mascarons, de coupes et de rinceaux , dragons, masques léonins ou putti  caractéristique du nouveau langage apparu en Italie. Mais c'est la chapelle du château ou plutôt l'une des deux chapelles, la chapelle  haute qui retient notre intérêt par ses stalles et sa clôture de chœur.

 

En effet, la chapelle du château avait reçu un mobilier liturgique particulièrement important et riche, commencé du vivant du cardinal d'Amboise et achevé après sa mort. Une clôture finement sculptée de motifs flamboyant et Renaissance séparait le chœur du reste de l'espace. Dans le chœur, outre l'autel orné du relief de Michel Colombe, se trouvaient des stalles disposées en deux rangées comprenant chacune six ou sept sièges. L'attribution des boiseries n'est pas aisée. Qu'elles soient dues au menuisier principal du château, Nicolas Castille (documenté entre 1503 et 1521) ou aux artisans rouennais actifs autour de lui, ces boiseries et tout le chantier témoigne du foyer normand au début du XVIe siècle.

À la Révolution, ces stalles sont récupérées par Alexandre Lenoir qui les dépose au musée des Monuments français, puis à Saint-Denis où elles sont largement modifiées par l'architecte François Debret avant d'être démontées par Viollet-le-Duc et remontés et complétés vers 1877. D'autres éléments des stalles sont conservées à Écouen, notamment les dorsaux consacrés à saint Georges, à Compiègne ou au Metropolitan Museum de New-York.

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/article28.html

Nous disposons donc :

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a) des deux rangées de stalles visibles à la basilique de Saint-Denis. Elles associent des sièges à rabattants marquetés (dauphins présentant les armoiries de Georges d'Amboise),  miséricordes assez chargées,  parcloses marquetées (ex : Les supplices de l'Enfer) et appuie-mains, et dossiers inclinés,  avec deux rangs de haut dossiers associant en bas des panneaux marquetés (une caractéristique italienne) à Vertus et Sibylles ou à l'emblématique du cardinal d'Amboise , et plus haut des panneaux en bas-relief (scènes de l'Évangile et vie de saint Georges). Sans compter le dais et les jouées. Mais je n'ai pas photographié cet ensemble, et les clichés détail par détail ne sont pas disponibles en ligne. Certains motifs sont issus de xylographies de livres imprimés comme le Calendrier des bergers de Guyot Marchant 1496. Les six stalles du coté nord sont celles qui comportent le plus d'éléments du XVIe puisque seuls 4 panneaux  sur 24 sont modernes. 

De ce riche matériel, seuls les dossiers sont de style grotesque et à rinceaux  comparables à ceux de La Guerche. Je n'ai trouvé que ce cliché :

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Dossier des stalles (1507-1510) de Gaillon à Saint-Denis. Compte twitter Nicolas Hatot.

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b) Deux dorsaux de ces stalles, en bas-relief, conservées au Musée National de la Renaissance d'Écouen, représentant saint Georges et le dragon E.Cl.22301 et Salomé recevant la tête de Jean-Baptiste E.Cl.21144.

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c) D'un prie-Dieu au Musée de la Renaissance d'Écouen, faisant partie d'un rang de stalles de chœur à quatre niches correspondant à quatre places. Chacune des  niches est sculptée d'un motif identique, avec un vase sous un mascaron et des rinceaux organisés en deux travées verticales, comme à La Guerche.

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Prie-Dieu de la chapelle de Gaillon (1507-1510) Musée de la Renaissance d'Écouen E.Cl 19801..

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d) de deux clôtures de chœur [ou jubé], dites Grande clôture et Petite clôture, sculptées sur les deux faces, l'une de motifs flamboyants, l'autre de motifs Renaissance, sur deux niveaux, l'un plein et l'autre ajouré.

Ce sont les panneaux pleins de la face Renaissance, à décor de candélabre, qui évoquent le plus les dorsaux de La Guerche. Ils ont été dispersés, mais beaucoup sont conservés au Musée de la Renaissance d'Écouen, ou au Metropolitan Museum of Art de New-York (intégrés à un montage de porte), et leurs clichés sont accessibles en ligne (par le biais de la RMN en France).

Une reconstitution de la petite clôture (au décor Renaissance le plus élaboré) a été proposée par Guillaume Fonkenell, associée au grand cintre d'une porte où figurait une Crucifixion.

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Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

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Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

 

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Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan museum of Art.

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Ces panneaux évoquent les premières planches de gravures venues d'Italie, dessinées par Giovanni Pietro da Birago et gravées par Giovanni Antoniao da Bresca entre 1505 et 1507 (recueil factice de 7 planches gravées sur cuivre, bibliothèque de l'INHA.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/19650/?offset=#page=8&viewer=picture&o=download&n=0&q=

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Panneaux décoratifs, G.P. da Birago 1505-1507, INHA.

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Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

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Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

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Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

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Conclusion.

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Il me parait vraisemblable que la chapelle haute du château de Gaillon ait pu fournir un modèle aux huchiers de la collégiale de La Guerche, comme elle l'a fait pour St. Cross Hospital de Winchester.

Néanmoins, de même que la trentaine de menuisiers français au service de Georges d'Amboise menée par le français Nicolas Castille et l’italien Riccardo da Carpi (Richard Carpe) ont pu s'affranchir des modèles en circulation, ceux de La Guerche ont su créer un art original, et néanmoins très breton, marqué par la primauté donnée aux dragons, par l'inventivité pleine de drôlerie de leurs hybrides, et l'envahissement des formes animales par le végétal. Ils ont  certainement influencés à leur tour les artisans qui ont sculptés les stalles de la collégiale de Champeaux pour les seigneurs d'Espinay.   .

 

 

Clôture de la chapelle haute du château de Gaillon :RMN Grand-Palais, Musée d'Ecouen

http://www.culture.fr/collections/resultats/(offset_cat0)/40/(page_count_cat0)/45/(page_count_cat1)/0/(offset_cat1)/0/(page_count_cat2)/0/(offset_cat2)/0/(page_count_cat3)/0/(offset_cat3)/0/(page_count_cat4)/0/(offset_cat4)/0/(page_count_cat5)/0/(offset_cat5)/0/(page_count_cat6)/0/(offset_cat6)/0?keywords=musees+de+france&sel_search_mode=tous_les_termes&sel_filter_ortho=sel_filter_ortho&sel_filter_syn=sel_filter_syn&filter_date_debut=&filter_date_fin=&filter_date_fixe=&filter_quand[]=16e+si%C3%A8cle&filter_concept[]=Gaillon&filter_ou[]=Ecouen&display_mode=categories

 

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SOURCES ET LIENS.

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— BILLIET (Frédéric), Paris Sorbonne IV,  site Musicastallis

https://musicastallis.huma-num.fr/index.php

BOURDE DE LA ROGERIE (H.), 1924, "L'Excursion de la Société Archéologique, II  Notes sur les églises d'Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné de Bais Moutiers, Piré et Rannais",  Bulletins et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome LI pages 137 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122070m/f185.item

— BRUNE, (abbé Joseph), 1846,  Résumé du cours d'archéologie professé au séminaire de Rennes, suivi de notices historiques et descriptives sur les principaux monuments du diocèse. Rennes page 319

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559079z/f343.image.r=guerche
— CHARLES (Olivier), sd, Les chanoines-chapelains d’une petite collégiale bretonne. Notre-Dame de Lamballe au XVIIIe siècle.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02106235/document

CHARLES (Olivier), 2004, , Chanoines de Bretagne. Carrières et cultures d’une élite cléricale au siècle des Lumières, Rennes, 2004, 456 p.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2009-3-page-192.htm

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée) 1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray, Librairie-Editeur. Paris : René Haton. vol. 3 page 16, et vol.6 page 634

https://archive.org/stream/pouillhistoriqu05corsgoog/pouillhistoriqu05corsgoog_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

— MENANT (Marie-Dominique), L'HARIDON (Erwana), 2005, Ensemble de 23 x 2 stalles avec dais et dorsaux de La Guerche de Bretagne, dossier IM35016879 de l'Inventaire général. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f

— PIAT (Florence), 2004

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

— PIAT (Florence) 2006, Dossier IM35022583  "Ensemble de stalles dans la collégiale Notre-Dame (contre les murs Nord et Sud du choeur)".

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-notre-dame-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/6f57cbb0-e9ed-4371-96ab-cc45e1aefca8

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse université Rennes 2. 

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse volume 2, annexe : pages 109-124

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Volume_2_Annexes

 

— SITE DE LA MAIRIE DE LA GUERCHE DE BRETAGNE.

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article180&var_mode=calcul

SOURCES ICONOGRAPHIQUES ET DOCUMENTAIRES SUR LE GROTESQUE.

—BOS (Agnès), DUBOIS (Jacques), Les boiseries de la chapelle du château de Gaillon, in 2007, L'art des frères d'Amboise. Les chapelles de l'hôtel de Cluny et du château de Gaillon; RMN édition. 

https://www.musee-moyenage.fr/media/documents-pdf/dossiers-de-presse/dp_chapelles.pdf

—Bibliothèque de l'INHA : Les 44 ouvrages indexées "grotesques" au XVIe siècle s'échelonnent entre 1534 et 1565.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection?search=grotesques&sort=_score&perpage=10&fulltext=1&bookmarks=1&refine%5Bperiod%5D%5B%5D=16e+si%C3%A8cle&page=3

Grotesques, trophées. Vers 1541-1586 Caldara, Polidoro (1492-1543?) > Illustrateur, Vico, Enea (1523-1567) > Graveur, Barlacchi, Tommaso (1550?) > Imprimeur

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection?search=grotesques&sort=_score&perpage=10&page=1&&refine[period][]=16e+si%C3%A8cle&r&&page=1&refine[Creator][]=Caldara%2C+Polidoro+%281492-1543%3F%29

 

Cartouches ; grotesques : recueil factice [1554-1557] Enea Vico 1523-1567 René Boyvin 1525 ?-1626 ? Floris, Cornelis (1514-1575), Graveur et Cock, Hieronymus (1510?-1570) Imprimeur 1 vol. ([17] feuillets de planches gravées sur cuivre) : eau-forte ; 33,5 cm Feuillets 1, 6 et 9 à 15 provenant de : Veelderleij niewe inuentien van antijcksche sepultueren diemen nou zeere ghebruijkende is met noch zeer fraeije grotissen en Compertimenten zeer beqwame voer beeltsniders antijcksniders schilders... libro secundo Feuillets 5, 7, 8, 16 et 17 provenant de : [Veelderleij Veranderinghe van grotissen ende Compertimenten... Libro primo] Feuillets 3 et 4 provenant d'une série composée de planches de cartouches

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/36058-cartouches-grotesques

Androuet du Cerceau . Jacques Androuet du Cerceau 1510?-1585?), grand maître ornemaniste français, exerçait à Orléans au XVIe siècle .

Pièces au trait[Entre 1534 et 1574 ?] Cet ensemble sans titre ni inscription correspond à un assemblage de planches isolées ou provenant de diverses suites (Vases et Coupes, Meubles, Combats de cavaliers nus, Trophées, Compartiments...) Les pièces de ce recueil, attribuées à Jacques Androuet du Cerceau au XIXe siècle, sont pour partie d'entre elles (gravures au trait) l'oeuvre d'un Précurseur flamand, actif dans les années 1530

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1808-pieces-au-trait?offset=4

Jacques Androuet du Cerceau Recueil factice Après une première édition de 50 planches en 1550, Du Cerceau publia une deuxième suite en y ajoutant 10 nouvelles planches ; Ce recueil contient des planches de la première suite confondues avec celles de la seconde

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/51243-jacobus-androuetius-du-cerceau-lectoribus-s-nihil-aliud-semper-cogitanti-et-molienti-mihi?offset=3

Jacques Androuet du Cerceau Petites grotesques 1562, 60 planches. « Lecteur, voici le second livre que nous t'offrons sur le plaisant genre de peinture qui mêle des images variées de toutes choses (appelé Grottesque en vulgaire [français], récemment augmenté et enrichi de nombreuses figures. Profites-en bien... « 

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1798-petites-grotesques?offset=4

Jacques Androuet du Cerceau Seconde suite de Petites Grotesques composée d'une planche de titre et de 60 planches .Bibliothèque de l'Institut National d'Histoire de l'Art, collections Jacques Doucet

Livre de grotesques, 1566 1 vol. ([36] feuillets de planches gravées sur cuivre) : eau-forte ; 33,3 cm

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/48445-livre-de-grotesques

Panneaux grotesques, recueil factice, vers 1505-1507. 1 vol. ([7] feuillets de planches gravées sur cuivre) : burin ; 61 cm Giovanni Antonio da Brescia (1460?-15??) > Graveur, Birago, Giovan Pietro (14??-15??) > Illustrateur Recueil factice ; Giovan Pietro Birago ou Giampietrino Birago ou Giovanni Pietro da Birago

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/19650-panneaux-grotesques?offset=3

[Nicoletto de Modène, Grotesques publiés par Antonio de Salamanca, ca. 1500-1512. Ils figurent parmi les premières illustrations de la Domus Aurea produites par l'imprimerie. Cependant, ce modèle semble provenir d'un dessin de Pinturicchio.  Nicoletto de Modène (en italien : Nicoletto da Modena), né à Modène à la fin du xve siècle, est un artiste italien de la Renaissance, dont les œuvres se situent dans les premières décennies du xvie siècle. Il a aussi été appelé Nicoletto Rosex ou Rossi da Modena. Les noms Nicholas ou Nicolas de Modène, de Modène, Modesne ou le Modesne, et aussi les noms de famille Belin ou Bellin, se réfèrent à un artiste italien actif dans les cours de François Ier de France et Henry VIII d'Angleterre. (Wikipedia)

[Sculptures et dessins : recueil factice] [vers 1530-1570] Bonasone, Giulio (1498?-1580?) > Illustrateur Raphaël (1483-1520) > Illustrateur Michel-Ange (1475-1564) > Illustrateur Dürer, Albrecht (1471-1528) > Illustrateur Perino del Vaga (1500?-1547) > Illustrateur Caldara, Polidoro (1492-1543?) > Illustrateur Bandinelli, Baccio (1493-1560) > Illustrateur Vico, Enea (1523-1567) > Graveur De Musis, Agostino > Graveur Béatrizet, Nicolas > Graveur Maître G.A. > Graveur Maître au dé > Graveur Modena, Nicoletto > Graveur 1 vol. ([216] feuillets de planches gravées sur cuivre) : burin ; 41cm . La serie intitulée Leviores et (ut videtur) extemporaneae picturae quas grotteschas vulgo vocant a été gravée d'après les planches d'Enea Vico, publiées à Rome par Tomaso Barlachi en 1541-1542

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/52762-sculptures-et-dessins?offset=4

 

L’escalier aux grotesques du château de Chareil-Cintrat (milieu XVIe). Les abondants décors peints inspirés de l'Antiquité évoquent les cinq sens, la mythologie et l'astrologie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Chareil-Cintrat

https://www.reproductions.regards.monuments-nationaux.fr/web_gallery.jsp?tag=true&search=Ch%C3%A2teau%20de%20Chareil-Cintrat

 

— Château de Villeneuve-Lembron : peintures murales de la salle d'apparat (XVIe) et voûte des écuries (fin XVIe)

https://vpah-auvergne-rhone-alpes.fr/ressource/les-peintures-murales-ch%C3%A2teau-de-villeneuve-lembron

—Château de Bussy-Rabutin :Les galeries de la cour d'honneur construites autour de 1520 comportent un décor typique de la première Renaissance française

— Château d'Ancy le Franc :  la chambre de Diane, au rez-de-chaussée du château, a été entièrement décorée au XVIe siècle pour la célèbre belle-sœur du commanditaire du château, Diane de Poitiers.

—Château de Fontainebleau

— Château d’Ecouen musée de la Renaissance 

—Château de Cormatin

— Château de Fléchères à Fareins

— Château d’Oiron et ses pavements 

en Italie :

—Villa d’Este, Tivoli, Italie

—Château Rossi, San Secondo, Italie

—Château della Rocca, Soragna, Italie

—Palazzo del Giardino, Sabbioneta, Italie

 

 

 

— FENRIS (Franz), s.d.  « Grotesques », meuble.peint.com

https://meublepeint.com/les_grotesques.htm

 

 

— GUILMARD ( Désiré ), 1880, Les maîtres ornemanistes : dessinateurs, peintres, architectes, sculpteurs et graveurs : écoles française, italienne, allemande et des Pays-Bas (flamande et hollandaise) : ouvrage renfermant le répertoire général des maîtres ornemanistes avec l'indication précise des pièces d'ornement qui se trouvent dans les cabinets publics et particuliers de France, de Belgique, etc. / par D. Guilmard ; publ. enrichie de 180 planches tirées à part et de nombreuses gravures dans le texte donnant environ 250 spécimens des principaux maîtres et précédée d'une introduction par M. le Baron Davillier (Paris)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6122798r.texteImage

 

ROBERT-DUMESNIL 1871,  Le peintre-graveur français ou Catalogue raisonné des estampes gravées par les peintres et les dessinateurs de l'École française

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre-Pierre-Fran%C3%A7ois_Robert-Dumesnil

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6558533c.texteImage

 

— VIOLLET-LE-DUC (Eugène), 1854-1868 Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle Édition Bance & Morel de 1854 à 1868

https://fr.wikisource.org/wiki/Grammaire_de_l_ornement/Chap_XVII

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Stalle

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture Renaissance Grotesques
14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 22:39
Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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I. LA JOUÉE NORD-OUEST.

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Sa structure répond par symétrie à celle de la jouée sud, déjà décrite : une partie basse sculptée en bas relief (Judith tenant la tête d'Holopherne au sud, une sainte tenant une couronne d'épines de ce coté), et une partie ajourée où des monstres et hybrides aux allures humaines entourent une statue en ronde-bosse, de saint Gilles (??) au sud et de saint Yves (?) ici.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Le panneau inférieur : une  femme tenant une couronne d'épines.

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Il s'agirait, pour Florence Piat, d'une des Saintes Femmes présentent lors de la Mise au tombeau. Néanmoins, cette femme n'est pas nimbée. D'autre part, elle est vêtue comme une femme contemporaine de la réalisation des stalles, par sa coiffure retenue dans une résille (à moins que ces croisillons soient une stylisation des cheveux) et par ses vêtements. Elle porte, sur une cotte ne laissant apparaître que la pointe de ses souliers, une robe serrée à la taille avant de l'élargir et de descendre jusqu'aux genoux. Les manches courtes  de cette robe sont frangées et brodées d'un motif de losange perlé. Son encolure ronde est ornée d'un motif de onze gouttes successives.

Si on admet que ce sont des gouttes de sang, et si on se souvient que la couronne d'épines est (avec les mouchetures d'hermine) l'un des meubles des armes d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes  donateur, en 1536, d'une verrière de l'Annonciation, on acceptera peut-être mon hypothèse de relier cette figure féminine au culte des Plaies du Christ, dont Yves Mahyeuc était un adepte pour y avoir été sensibilisé à la lecture des révélations de sainte Brigitte de Suède.

Cette hypothèse liée à l'évêque de Rennes se renforcera avec la présence d'une statue de saint Yves sur la partie supérieure de cette jouée.

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"Sur la jouée haute qui jouxte la stalle nord, une femme vue de face tient entre ses mains une couronne d’épines. Cet attribut incline à y voir Marie Jacobé ou de Cléophas, tante de Jésus et un de ses premiers disciples féminins, qui assista à la mise au tombeau et récupéra la couronne d’épines. Cette sculpture, représentée de manière isolée, apparaît bien singulière. En effet, il est étonnant de voir Marie Jacobé figurée seule, sans les autres Marie qui assistèrent à la mise au tombeau, puis à la résurrection du Christ. De plus, le sujet de ce bas-relief est traité différemment de celui de la jouée sud : le personnage n’est plus représenté de profil mais de face et alors qu’une certaine agitation animait le dessin de Judith, cette sainte Marie se révèle statique, presqu’impassible avec ses yeux mi-clos. Il est par ailleurs notable que ce sujet soit extrêmement rare dans les sculptures des stalles européennes, le cas guerchais étant le seul recensé en Bretagne. Enfin, la distinction entre rangs sud et nord se comprend également dans un schéma linéaire et didactique opposant le côté sud et les figures vétérotestamentaires, au côté nord où l’on retrouve plus volontiers des images du Nouveau Testament." (F. Piat)

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Le panneau inférieur, coté intérieur. Un homme portant deux belettes dans une hotte.

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La sculpture en bas-relief représente un homme marchant (gravissant une pente) en s'appuyant sur un bâton. Il est tête nue, son visage a été superficiellement bûché, et il est vêtu d'une tunique courte au dessus de jambes et de pieds nus. Il pourrait donc s'agir d'un paysan pauvre. Il porte une hotte et — c'est l'élément énigmatique — il en émerge deux animaux. Le premier est allongé sur le panier  mais sa longue queue descend sur le bord. Son fin museau parvient contre l'oreille de notre pauvre homme. Du second, nous ne voyons que la tête qui se dresse verticalement, avec un museau aussi fin que le premier.

Sont-ce des mustélidés ? Des hermines ? Des belettes ?

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Mustela erminea, photo Steve Hillebrand, USFWS in Wikipedia

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Belette d'Europe (Mustela nivalis) , photo sur Wikipedia.

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Notre homme est-il un chasseur de mustélidés (hermines ou martres) pour le compte d'un fourreur ? Fait-il allusion aux aumusses fourrées des chanoines ? Ou bien ce panneau illustre-il un proverbe ou une expression qui nous échappe ? 

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" Sur la face interne de la jouée, un personnage masculin marche et porte sur son dos une hotte dans laquelle de petits animaux sont représentés.  " (F. Piat)

 

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Le haut du montant est sculpté de deux animaux jumelés semblables à des sphinx.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La moitié supérieure, 1 : saint Yves ?

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L'identification de ce personnage ne va pas de soi, car les mains, rapprochées, ont été bûchées. Le plumier et l'encrier suspendus à sa ceinture se voient fréquemment chez les évangélistes sculptés dans la pierre au XIVe siècle, et désignent un écrivain, ou son secrétaire. Mais il porte un habit contemporain des stalles, avec une cotte alaire et un bonnet au dessus de cheveux bouclés de chaque coté du visage. Cette tenue est compatible avec celle des docteurs (en droit, en théologie ou en médecine).

Un indice est pourtant précieux : la courte pèlerine qui couvre les épaules est frappée de mouchetures, comme si elle était fourrée d'hermine.

Cette association d'un habit de docteur et d'une fourrure d'hermine justifie à mes yeux de reconnaître ici saint Yves. Les deux mains devaient à l'origine former, entre le pouce et l'index opposé, le geste de l'argumentation juridique.

Cette représentation honorerait ainsi le saint patron d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes, et qui, en 1518, avait approuvé la réforme des statuts du chapitre collégial de La Guerche, rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier. L'évêque se préoccupait suffisamment de Notre-Dame de La Guerche pour offrir, en 1536, une verrière du Couronnement de la Vierge et de l'Annonciation, verrière qui montre le donateur présenté par saint Yves : tête nue, revêtu d'une tunique mouchetée d'hermines, et tenant en main un rouleau ou codex.

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Cette suggestion ne tient pas compte des personnages et animaux qui entourent ce personnage, ce qui parait licite en raison de leur  caractère fantastique et grotesque. Mais hélas (pour la simplicité de cette identification), nous constatons que notre Monsieur X ne tenait pas dans ses mains un codex, et n'effectuait pas le geste d'argumentation juridique, puisqu'il tenait une longue banderole qui l'entoure des deux cotés au niveau de la taille avant de s'accrocher dans les rinceaux. D'un coté (extérieur), elle est saisie par la patte d'un lion ailé. De l'autre coté, à l'intérieur de la stalle, elle vient sur le bonnet d'un nain hybride et barbu, et sous la patte d'un aigle.

C'est le coté énervant de la réalité de ne pas se façonner à nos attentes. Si la banderole menait uniquement au lion ailé (comme sur cette statue du calvaire de Saint-Exupère à Dinéault), l'écrivain avec son plumier serait l'évangéliste saint Marc (mais il devrait alors porter la barbe). Si au contraire elle conduisait à l'aigle, ce serait saint Jean, et là, les joues rebondies et imberbes ne nous contrediraient pas. Mais hélas... il semblerait que le but que s'est fixé notre artiste est de déjouer toutes les tentatives de compréhension et de nous faire perdre la boule...

 

 

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La moitié supérieure, 2 : les entrelacs.

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2a. Le registre inférieur.

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Du coté extérieur, une arborescence de branches bourgeonnantes enroule ses volutes et forme un piédestal au personnage mystérieux. La banderole de ce dernier s'y enrubanne, passe entre les pattes du lion ailé et se perd. Au dessus du lion, et selon le principe des métamorphoses entre animal et végétal, un rinceau se couvre d'écailles et se termine en une tête d'oiseau ou de dragon à gueule narquoise.

 

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

 

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Du coté intérieur, c'est cette association d'un hybride nain et barbu avec un aigle qui nous laisse cois... ou coites.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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2b. Le registre supérieur.

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Du coté extérieur, nous repérons facilement un enfant tirant de son arc, mais sa cible nous échappe. Il est juché sur une sorte de crocodile à deux têtes, crachant chacune d'autres parties animales.

Juste en dessous, deux enfants nus basculent, la tête renversée en arrière, entrainés dans les montagnes russes  de ces rinceaux diaboliques enchevêtrant les corps couverts d'écailles, les têtes monstrueuses aux langues gourmandes et les queues informes.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Et du coté intérieur, nous retrouvons notre archer aux fesses joufflues, des oiseaux bagués, un escargot, et la gueule d'un dragon.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La jouée du prie-dieu.

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Elle est l'exacte jumelle de son homologue du coté sud, avec son moine agenouillé, front posées sur ses mains jointes en plein recueillement.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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II. LES MISÉRICORDES ET APPUIE-MAINS DES STALLES NORD.

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Les stalles de  la rangée de nord sont numérotées de 10 à 18 de l'ouest à l'est. Leurs haut-dossiers seront décrits dans l'article suivant.

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Plan des stalles par Florence Piat.

 

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Miséricorde de la stalle n°10. Un masque-feuille.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-10/036afac8-2fc6-4519-9dee-9a223b2835e9

"une  tête d´homme encadrée par des feuillages et des branches qui forment un bonnet autour de son visage. Celui-ci est rond, les yeux en amande et à demi clos. La bouche du personnage est extrêmement soignée, les lèvres petites et les commissures bien visibles. " (F. Piat)

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main de la stalle n°10. Un hybride.

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Les deux jambes nues ou pattes entourent le montant de la parclose, tandis que le ventre et le buste, très lisses, se coudent en un tube là où nous attendions une tête.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Miséricorde de la stalle n°11. L'acrobate impudique.

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J'ai eu souvent à décrire sur les miséricordes, les sablières et leurs abouts de poinçon et sur les crossettes des églises un acrobate nu, en renversement postérieur en exhibition obscène. Celui-ci effectue une autre figure de gymnastique,  peu réaliste mais tout aussi obscène malgré l'intervention du bûcheur.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-11/12d95b59-edb5-41c5-a37a-e5cafb6afb95

 

"Un personnage masculin nu et vu de dos. Il tourne la tête vers le spectateur. Ses jambes sont relevées, comme s'il était assis, mais la posture générale semble improbable. Son sexe et ses testicules ont été bûchés (voir photographie). Il écarte ses fesses de ses deux mains. Tout semble indiquer qu'il s'agit d'un sodomite, tel qu'on en trouve sur l'ensemble de Tréguier." (F. Piat)


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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main de la stalle n°11.

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À cheval sur la parclose, ce personnage à tunique plissée est tourné vers l'occupant de la stalle à qui il propose un récipient tenu des deux mains. La tête a èté bûchée.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Miséricorde de la stalle n°12. Adam et Ève et le serpent de la Tentation.

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De part et d'autre de l'Arbre de la Connaissance ou s'entortille le serpent de la tentation, Ève à gauche tenant la pomme, et Adam à droite dissimulent leurs parties devenues, de par leur faute, honteuses.

Cette scène est très fréquente sur les moulures des porches du Finistère au XVe siècle (Pencran en 1553, Landivisiau en 1554, Guimiliau e, 1606-1617 ou Ploudiry en 1665) ou dans l'enluminure du Livre d'Heures dit de Henri IV.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main de la stalle n°12.

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Ce personnage à tunique plissée (comme l'appui-main précédent) et en position de chevalier servant a non seulement complètement perdu la tête, mais a aussi laissé le bûcheur lui dérober son buste. Les aléas du métier.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Miséricorde de la stalle n°13 Adam et Ève expulsés du Paradis.

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C'est la scène bien classique et, elle aussi, bien fréquente sur les moulures des porches bretons. On peut s'étonner de l'agressivité tenace de celui qui a mutilé tous les personnages. Les marteaux des révolutionnaires s'en prenaient plutôt aux emblèmes de la noblesse. Ces exactions ne sont-elles pas à mettre plutôt sur le compte des soldats huguenots de M. de Rohan en 1563 ?

Un autre point remarquable est le turban choisi par Adam.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-13/a5fc56b4-07d9-45e6-bbe5-05966cd24499

"Adam et Eve, toujours représentés nus et tentant de couvrir cette nudité, sont poussés vers la gauche de la miséricorde par un ange vêtu d´une longue robe ceinturée et armé d´un glaive. Ses ailes sont grandes et détaillées et son vêtement animé de nombreux plis. Il pose sa main gauche sur l´épaule d´Adam, contre lequel Eve semble se blottir." (F. Piat)

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main de la stalle n°13.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Miséricorde de la stalle n°14. Adam, Ève et Caïn ?

 

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S'agit-il de la représentation de la condition humaine après la Faute ? L'homme tient une bêche, car il doit désormais gagner sa vie à la sueur de son front et travailler la terre, comme un vulgaire néolithique, au lieu de cueillir les fruits du jardin et les légumes des bois, boire à la source fraiche et puis se reposer comme dans le paléo Paradis. Quant à madame, elle a du enfanter dans la douleur (elle se tient le ventre) un grand gaillard braillard qu'elle prénommera Cain. Il finira criminel.

On voit que l'iconoclaste huguenot s'est encore fait plaisir.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-14/e3b3792c-892e-4b81-906d-30f0bed45005

"Cette miséricorde représente un couple et leur enfant. L´homme se tient sur la gauche. Il est vêtu d´une tunique courte et un bonnet, et tient une pelle dans ses mains. Il s´avance vers sa femme et son enfant. A droite, la femme se tient debout. Vêtu d'une longue robe ceinturée, elle tient l'enfant par la main droite. Ses cheveux sont longs et forment une couronne autour de sa tête. Elle porte sa main gauche sur son ventre. L´enfant, qui se trouve au centre, est nu et cache son sexe de sa main droite. De la gauche, il tient la main de sa mère." (F. Piat)

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main de la stalle n°14.

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Qu'est-ce là ? Un homme, un chanoine en longue robe, renversé en arrière sur le montant de la parclose ?

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Miséricorde de la stalle n°15. face d'homme, bouche entr'ouverte.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-15/46e5139c-a6ef-4368-92df-1f2f1437c934

"Une tête d´homme vu de face. Il porte un turban qui lui ceint le front. Ses traits sont épais et son nez, malheureusement cassé, devait être large et épaté. Sa bouche est ouverte et laisse voir ses dents. La rondeur du visage est accentuée par les profonds sillons des zygomatiques." (F. Piat)

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main de la stalle n°15.

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Un quidam devait être allongé là à la renverse sur la parclose, tenant un rouleau à la main gauche, et, pourquoi pas, chantant et rêvant ?. Il ne reste de lui que ses jambes nues (mais dûment chaussées) et son sexe, son ventre exagérément dilaté , et, tel un moulage de Pompéi, sa main crispée sur son trésor. Quel héros muet est-il ici foudroyé ?

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Miséricorde de la stalle n°16. Une tête de fou coiffée d'un bonnet à oreilles d'âne.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-16/fc57f0f9-5333-4c45-ac56-ccf47e2a3fe3

"Une  tête de fou vu de face. Le visage est souriant, le menton et le front sont creusés d´un profond et large sillon en V. Il est vêtu d´un capuchon dont les bords sont décorés de motifs à festons et qui possède deux grandes oreilles pointues, qui sont celles d´un âne. A noter que les festons de sa capuche sont juste incisés dans le bois. " (F. Piat)

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main de la stalle n°16.

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Encore un homme allongé, mais cette fois-ci à plat-ventre, et qui a  encore une fois bien souffert des marteaux rageurs : j'entends clairement ses sanglots.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Miséricorde de la stalle n°17. Un joueur de bombarde.

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Florence Piat en donne une description parfaite. Sa position "jambes en W" est celle des acrobates.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-17/7efdb8d2-5de4-41a7-a0ef-9608ecf36ffd

"Un homme vu de face et agenouillé, les jambes écartées dessinant un W. La position générale du corps est improbable. L'homme porte un bonnet ourlé sur la tête, il a les cheveux mi-longs. Il tient un instrument à vent (bombarde ou flûte ou trompette) dans lequel il est en train de souffler comme l'indique ses joues gonflées." (F. Piat)

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main de la stalle n°17. Une sirène se peignant.

 

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C'est à l'unanimité le plus bel appuie-main et on envie le titulaire de cette stalle. Les plus beaux attributs de cette femme-poisson ont été bûchés, mais il y a de beaux restes, comme les petites délicieuses nageoires, les mèches de la chevelure, et le peigne. Le bras droit devait tenir un miroir. 

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Miséricorde de la stalle n°18. Tête d'homme tirant la langue.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-18/b441ddfa-4ec0-4ce8-b2a2-8922f316c0ab

"Une  tête d´homme, vu de face et tirant la langue entre ses dents bien visibles. Son visage est encadré par des formes végétales et sous son menton, on distingue une petite fleur à l´envers. Ses pupilles sont creusées, son nez est fin. Les bajoues et le double menton suggère qu´il s´agit d´une personne plutôt âgée." (F. Piat)

 

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main de la stalle n°18.

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Cela ressemble à une petite souris ; avec une queue de poisson. Mais qui a dû être charmante avant le passage des méchants excités.

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Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— BRUNE, (abbé Joseph), 1846,  Résumé du cours d'archéologie professé au séminaire de Rennes, suivi de notices historiques et descriptives sur les principaux monuments du diocèse. Rennes page 319

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559079z/f343.image.r=guerche

 

LA GUERCHE

"Un curieux travail de menuiserie moins usé par le temps, mais maladroitement couvert de peinture, est le double rang de stalles qui décore le chœur. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités son couverts de ciselures et de figurines pleines d'originalité et de finesse; le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très-heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste. Après celles de Champeaux, nous ne connaissons point dans le diocèse de stalles plus remarquables que celles-ci. Mais encore une fois, pourquoi laisse-t-on les soi-disant décorateurs de nos églises empâter au moyen d'épaisses couches de couleur nos sculptures les plus exquises, et en faire disparaître tout leur effet de relief, sous prétexte de les restaurer et de leur donner un air de nouveauté précisément opposé à leur caractère? Ne serait-il pas plus simple, plus économique et surtout plus sage, dans l'intérêt de ces précieux chefs-d'œuvre, de les nettoyer simplement et d'y passer une légère couche de vernis qui ferait revivre la couleur naturelle du bois sans remplir les creux fouillés à dessin et sans nuire à la pureté des lignes et des contours ?"

CHAMPEAUX

"Mais ce qui s'est mieux conservé, c'est la précieuse boiserie et les remarquables sculptures des stalles. Rien de plus gracieux que la broderie légère, riche et délicate qui décore le baldaquin régnant au-dessus du double rang de sièges des anciens chanoines; rien de plus varié que les décorations des panneaux formant le dossier des supports des accoudoirs, des miséricordes elles-mêmes. - L'imagination la plus féconde et le goût le plus exquis semblent avoir présidé à ce travail à peu près unique dans son genre, dans notre diocèse; car les stalles de La Guerche qu'on pourrait seules comparer à celles-ci, leur sont inférieures et ont beaucoup perdu par suite des couches de couleurs à l'huile dont elles sont revêtues. A Champeaux, c'est l'original dans toute sa franchise, sa hardiesse, sa vigueur de ciseau; tandis qu'à La Guerche, on ne trouve qu'une belle copie exécutée avec timidité et défiance de talent. Tout ce qui manque ici, c'est la pensée chrétienne, c'est l'inspiration et la direction de la foi. Toutes ces dentelles légères, tous ces enroulements et arabesques, toutes ces figures mythologiques ou grotesques, toutes ces décorations en un mot exécutées avec tant de verve et de facilité, ne contiennent rien qui annonce la piété des artistes, ni l'intention chrétienne des donateurs. C'est le XVIe siècle avec ses beautés et ses défauts."

 

BOURDE DE LA ROGERIE (H.), 1924, "L'Excursion de la Société Archéologique, II  Notes sur les églises d'Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné de Bais Moutiers, Piré et Rannais",  Bulletins et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome LI pages 137 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122070m/f185.item

"Les stalles de La Guerche représentent plus brillamment l'art du bois elles sont justement célèbres. Un minutieux nettoyage exécuté sous la direction des architectes des monuments historiques les a récemment débarrassées des couches de peinture qui empâtaient les sculptures et leur a restitué leur beauté ancienne. Malheureusement les stalles basses ont disparu ainsi que six stalles hautes, et les dix-huit qui subsistent n'occupent plus leur emplacement primitif. Par suite de modifications dans l'aménagement du chœur au xvm" et au xix° siècle, elles ne se déploient plus en avant et de chaque coté du maître-autel comme les cinquante-quatre stalles de Champeaux, mais elles sont reléguées dans l'étroit arrière-chœur encombré de bancs et de divers objets. MM. Brune et Guillotin de Corson qui ont donné de bonnes descriptions des stalles, n'ont pas essayé de les dater d'après un écrivain auquel on doit deux intéressantes et instructives notices sur l'histoire de La Guerche (31), elles auraient été faites après la fin des guerres de religion, soit après 15HS.

 

Cette date nous paraît inadmissible : les stalles, gothiques dans leur construction générale et dans plusieurs de leurs éléments (colonnettes, dais, statuettes, miséricordes), renaissance dans les beaux panneaux qui forment le fond des dossiers, sont bien antérieures au règne d'Henri IV. Un détail qui paraît avoir échappé aux auteurs que nous venons de citer, corrobore l'impression donnée par l'examen des sculptures et permet de les attribuer à la première moitié du xvie siècle. Un des angelots du dais tient un écusson les vandales de la Révolution ont gratté les trois  meubles qui en occupaient le centre, mais ils ont négligé la bordure chargée de besants. Cela suffit pour que l'on reconnaisse les armes des ducs d'Alençon, barons de La Guerche, plusieurs trois reproduites dans les vitraux de la Collégiale de France à la bordure de gueules chargée de huit besants d'or. Le dernier duc d'Alençon fut Charles IV, mort  à Lyon le 11 avril 1525. Si ce blason avait été le seul sculpté, on pourrait affirmer que les stalles ont été placées entre 1505, date à laquelle il hérita La Guerche de sa tante Catherine d'Alençon, femme de Guy XIV de Laval, et 1525; mais d'autres armoiries ont existé. Celles qui se trouvaient sur la porte principale de la clôture du chœur ou jubé, les plus significatives, ont disparu comme le jubé lui-même, quatre autres écussons tenus par des angelots du dais sont indéchiffrables. Peut-être portaient-ils les armes des Laval, ou celles des Bourbons-Vendôme, ou celles des Paléologues ? Dans ce cas, il faudrait attribuer l'honneur d'avoir présidé et peut-être contribué à la construction des stalles à Catherine d'Alençon, femme de François ou Guy XIV de Laval, baronne de La Guerche de 1463 à 1505 et généreuse bienfaitrice des églises, ou à Françoise d'Alençon, sœur de Charles IV, femme de Charles de Bourbon-Vendôme, dame de la Guerche à titre provisoire de 1525 à 1527, ou à Anne d'Alençon, autre sœur de Charles, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562. Toutefois, le fait que le blason qui subsiste porte des armes pleines, sans alliance, semble devoir faire préférer Charles d'Alençon. Cette attribution est confirmée par l'aspect de l'œuvre qui paraît antérieure à l'époque du triomphe définitif du style Renaissance sur le style gothique.

Ajoutons que Charles d'Orléans ne fut pas indifférent a l'état de la Collégiale de La Guerche, bien qu'il eût beaucoup de domaines plus importants et plus rapprochés de sa résidence ordinaire que ne l'était cette petite baronnie bretonne.
Il exécuta les fondations créées par sa tante la dame de Laval en 1518, il provoqua ou facilita la réforme du chapitre qui un avait, dit-on, grand besoin. La commission pour diriger cette opération délicate fut décernée par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, légat du Saint-Siège, qui en plusieurs circonstances analogues s'était associé aux projets de réforme monastique de la pieuse duchesse douairière d'Alençon. Marguerite de Lorraine . Les statuts rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier furent promulgués ou approuvés par le duc el par l'évêque de Rennes, Yves Mayeuc, en 1518.

Il est vraisemblable que la maison d'Alençon voulut compléter la restauration morale du chapitre par la restauration matérielle de l'église. Quatre écussons peints sur les vitraux attestent encore ses bienfaits. Mais si l'existence d'un blason aux armes de la maison d'Alençon établit que les stalles furent faites avant la date de la cession de la baronnie à la famille de Cossé (1562), elle ne prouve pas que les frais du travail aient été en partie ou en totalité acquittés par le duc Charles IV, par sa tante, ou par ses sœurs. On ne possède malheureusement aucun livre de compte, aucun document qui fasse connaître le montant de la dépense, probablement très élevée, ni qui révèle les noms des sculpteurs."
 

 

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée) 1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray, Librairie-Editeur. Paris : René Haton. vol. 3 page 16, et vol.6 page 634

https://archive.org/stream/pouillhistoriqu05corsgoog/pouillhistoriqu05corsgoog_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

"Le choeur de la collégiale était garni de stalles en bois sculptées et fermé par un jubé qui devait correspondre à ces stalles. Le jubé fut malheureusement détruit, au XVIIIème siècle, par le chefcier Charles de Tanouarn, qui en fit transporter les débris au bas de la nef pour en faire une tribune d'orgues (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Mais le double rang des stalles existe toujours et fait encore l'admiration des artistes, malgré l'épaisse couche de peinture jaune dont on a eu la sottise d'empâter ses plus fines ciselures. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités sont couverts d'élégants feuillages et de figurines pleines d'originalité. Au Sud, les miséricordes représentent les diverses scènes du Paradis terrestre : la création d'Adam et d'Eve, la tentation, le renvoi, etc. ; au Nord, les miséricordes sont consacrées à figurer les péchés capitaux sous des scènes extrêmement pittoresques ; les ivrognes, surtout, y sont largement représentés.

Les dossiers sont couverts de charmantes arabesques qui rappellent les plus jolis dessins de la renaissance : hercules, génies, centaures, griffons, fleurs et plantes de toutes sortes, animaux et végétaux, chimères fantastiques et délicieux types d'enfants ; tout cela court, se joue, s'entremêle, forme mille contours et arrête, sans le lasser, l'oeil qui les contemple avec bonheur. Mais là aussi, sous prétexte de décence, de jolies figurines ont été horriblement mutilées. Enfin, le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste ; au milieu des autres motifs d'ornementation on y voit apparaître des joueurs d'instruments d'un excellent effet."

— MENANT (Marie-Dominique), L'HARIDON (Erwana), 2005, Ensemble de 23 x 2 stalles avec dais et dorsaux de La Guerche de Bretagne, dossier IM35016879 de l'Inventaire général. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f

 

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— PIAT (Florence), 2004

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

— PIAT (Florence) 2006, Dossier IM35022583  "Ensemble de stalles dans la collégiale Notre-Dame (contre les murs Nord et Sud du choeur)".

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-notre-dame-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/6f57cbb0-e9ed-4371-96ab-cc45e1aefca8

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse université Rennes 2. 

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse volume 2, annexe : pages 109-124

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Volume_2_Annexes

 

— SITE DE LA MAIRIE DE LA GUERCHE DE BRETAGNE.

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article180&var_mode=calcul

 

— SITE

http://www.bretagneweb.com/photos-35/35-laguerchedebretagne.htm

http://www.apemutam.org/instrumentsmedievaux/articles/enigm/laguerche.html

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture
4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 17:51

Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ib,  les haut-dossiers et les pendentifs du dais du coté sud.

 

 


 

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Sur l'ancienne collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne, voir :

 

 

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Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

 

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Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

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Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ib,  le coté sud : les dossiers.
Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ib,  le coté sud : les dossiers.
Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ib,  le coté sud : les dossiers.

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Sur la présentation générale de cette collégiale et de ses stalles, voir les deux articles précédents. Je poursuis ma description des  9 stalles du coté sud, en m'appuyant sur la thèse de Florence Piat. Les citations sont placés en retrait et entre guillemets.  Les "descriptions" et les photographies me sont personnelles.

Je décrirai les dossiers selon la numérotation adoptée par Florence Piat. Chaque dossier est séparé du suivant par un montant vertical soigneusement sculpté d'un motif ornemental différent à chaque fois, et dominé par une statuette en ronde-bosse d'un apôtre ou saint personnage, dont le visage a été buché. Cette statuette portera le numéro du dossier placé à sa droite. La description renverra par lien à la description de la stalle donnée sur le site Gertrude, lorsqu'elle existe.

Après une vue générale, nous rentrerons dans les détails des figures fantastiques qui témoignent de l'introduction précoce dans les Marches de Bretagne du style grotesque, d'abord apparu (après les découvertes de la Domus Aurea par les artistes italiens vers 1480) en Val de Loire à la cour royale après les guerres d'Italie. 7"

"Le répertoire décoratif italien est expérimenté en Bretagne sensiblement à la même époque que dans le royaume de France, ce dont témoigne des œuvres telles que le tombeau de Thomas James (1507), son missel (1484), le portail de la chapelle du Saint-Sacrement à Vannes (1515-1531), ainsi que la présence, dans la péninsule, d’artistes venus expressément des régions transalpines pour travailler auprès de mécènes influents. Comme dans beaucoup d’autres régions, ce nouveau vocabulaire s’intègre et se mêle jusqu’aux années 1520-1530 à l’architecture et aux images médiévales, sans pour autant profondément modifier les structures issues du Gothique.

Dans les stalles de l’ancien duché, le tournant s’opère effectivement en l’espace d’une décennie et, alors qu’un ensemble comme celui de Tréguier réalisé au début des années 1510 présente encore toutes les caractéristiques iconographiques médiévales, les stalles de La Guerche-de-Bretagne, réalisées à la fin de cette même décennie développent largement de nouveaux motifs directement inspirés de l’art italien. En l’espace d’une dizaine d’années, ces thèmes pénètrent donc le vocabulaire décoratif et iconographique des sculpteurs sous l’action combinée de grands mécènes, comme les Laval et Espinay, la diffusion de gravures provenant de Flandres, d’Allemagne et également du bassin ligérien. " (F. Piat)

"Ce passage des motifs italiens par les régions rhénanes et flamandes permet d’expliquer la pluralité des influences détectables sur certains ensembles, le cas des stalles de La Guerche-de-Bretagne étant, de ce point de vue, tout à fait exemplaire. En effet, nous  avons remarqué précédemment que ce groupe présentait à la fois des thèmes fréquents dans les stalles des régions flamandes et brabançonnes et des motifs décoratifs proprement italianisants. La maladresse qui transparaît dans l’exécution de certaines sculptures montre que le sculpteur n’était pas forcément familier de ces motifs.

Le traitement en très bas-relief des dorsaux, le travail des fourrures et plumes par des jeux de fines incisions plutôt que par le relief, plaident en faveur d’une utilisation de gravures. Cela permettrait notamment d’expliquer les difficultés rencontrées par le sculpteur dès qu’il s’agit d’interpréter en relief certains modelés ou encore la variété des origines géographiques des thèmes développés. Les rinceaux des panneaux sud mêlent ainsi des ornements italianisants à des motifs typiquement gothiques comme le porc jouant de la cornemuse ou l’homme montrant ses fesses à un soldat, motifs qui côtoient des trophées et rinceaux.

Il est fort probable que les gravures employées par les sculpteurs proviennent des Flandres ou d’Allemagne où les nouveaux thèmes venus d’Italie étaient déjà connus et développés depuis les années 1500-1510, dans des compositions qui ne reniaient en rien des thèmes médiévaux, au demeurant toujours très appréciés." (F. Piat)

 

"À cette Renaissance innocente et comme printanière, peut-être serait-il bon d’opposer la Renaissance désabusée et caustique des stalles du chœur, presque neuves en 1536. Pouvant remonter aux années 1520, elles affichaient le blason de la famille d’Alençon. Rarement sans doute s’est exprimée une telle irrévérence : voyez les panneaux des dossiers côté nord. Ici un homme nu défèque sur un prédicateur, là un autre montre ses fesses à un homme d’armes et lâche un pet, ailleurs une femme soulève ses jupes à tout venant. Quand on redresse une miséricorde, on aperçoit dans l’ombre les serpents qui glissent du bucrane…"(Roger Blot)

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Les stalles de la collégiale de Guerche, et plus précisément leurs dossiers, forment l'exemple le plus précoce en Bretagne de cette ornementation grotesque de la Première Renaissance, juste après le cénotaphe de Thomas James à Dol-de-Bretagne en 1508. L'ornementation de la façade du château de Gaillon sous la commande de l'évêque Georges Ier d'Amboise entre 1502 et 1506 (un autre élément de comparaison du décor de ces haut-dossiers) est pour sa part la première manifestation de la Première Renaissance en Normandie.

 

C'est dire que nous allons découvrir ici, sur 18 haut-dossiers sculptés en bas-reliefs, des exemples de rinceaux mettant en scène, autour de candélabres (ou plutôt de vasques) des hybrides mêlant des caractères humains, animaux et végétaux, voire des grylles (avec des têtes surnuméraires et ectopiques), exhibant leur nudité, se livrant à des combats, à des menaces de dévoration, et, surtout, jouant de l'étrangeté de leur nature hybride pour mettre à mal notre désir de maîtrise et de compréhension. Au contraire, tout sera fait pour déstabiliser les bases de notre univers mental, pour dissoudre les limites que nous avons établies entre les genres, et pour nous plonger dans les abymes de l'incompréhension par des tableaux énigmatiques. Vous qui entrez dans la forêt obscure des hommes-feuilles, des masques feuillus, des animaux végétalisés ou des tiges aux visages gloutons, laissez toute espérance , et perdez sans regret le bien de l'intelligence pour les délices du rêve. Je serai votre Guide.

 

Certains n'apprécient guère d'être ainsi malmenés et provoqués, et brandiront des clefs d'interprétations qui les apaiseront. Qu'ils me permettent de ne les saisir qu'avec circonspection, et de ne pas vouloir rompre les charmes, facéties et retournements de valeurs qui opèrent ici. Je tenterai donc de m'en tenir à une description objective.

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Plan et numérotation des stalles par Florence Piat.

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Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier n°1.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-01/54aabce5-7170-45a5-8ecd-921f93048c9f

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Description.

— Sur l'axe médian, un homme nu (presque un enfant), bras et jambes écartées et sexe bien visible, semble en train de déféquer sur une console à ornements foliaires.

En dessous, une femme aux cheveux longs et vêtu d'une robe à encolure carrée prend appui sur une plate-forme un peu semblable à un livre ouvert. Derrière et au dessus d'elle est sculpté une architecture à colonnes et auvent. La signification de sa présence reste énigmatique.

La construction de l'axe médian affecte globalement la forme d'un "candélabre" avec son empiètement et ses étages.

— Un couple de poissons  grotesques, que la tradition désigne par le terme de "dauphins" s'affronte en bas du candélabre médian. Leur corps non réaliste est enfeuillagé ou emplumé, et ces appendices libèrent des rinceaux en volutes qui occupent tout l'espace latéral. Ces volutes accueillent, en haut, un couple d'oiseaux vus de profils, et à l'étage sous-jacent deux "sirènes" ou hybrides au buste féminin, au ventre globuleux et à la queue de feuilles dentelées.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Montant vertical intermédiaire et statuette n° 1.

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Description. 

Le montant est creusé de gorges spiralées, soit lisses, soit perlées.

La statue est celle d'un personnage à la tête buchée, vêtu d'un manteau fermé à col à large rabat, et tenant un phylactère muet qu'il désigne. Il s'agit soit d'un apôtre dans le cadre d'un Credo apostolique, soit d'un prophète vétérotestamentaire. Les pieds seraient nus s'il s'agissait d'un apôtre.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier n°2.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-02/6c516aae-02a2-49da-b75e-3a09b8fff8d7

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Description.

—Dans le registre inférieur, deux grylles tirent à l'arc sur deux hommes nus armés de gourdin et se protégeant par leur bouclier.

Ces grylles (hybrides à têtes ectopiques) ont un buste humain, un ventre à tête feuillagée, et une queue d'écailles et de feuilles qui génère les volutes des rinceaux. Les deux humains sont installés dans ces volutes.

— Au registre supérieur, les rinceaux inversent leurs volutes. Deux combattant s'y affrontent : un humain, nu, armé d'un gourdin et équipé d'un bouclier, et un grylle, associant au buste d'un homme barbu l'arrière-train d'un quadripède et un postérieur en tête feuillagée.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Montant vertical intermédiaire et statuette n°2 .

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Le montant est parcouru par cinq gorges dessinant par des lignes droites brisées un parcours géométrique (cf. photo supra).

La statuette est celle d'un personnage à cheveux longs, vêtu d'un manteau ouvert sur une robe, et tenant un bâton à renflements successifs. 

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier n°3.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-03/aa0fc544-bc0c-4754-90df-7e32a431240b

 

Description.

— Une jeune femme nue est debout sur le tambour ou tabouret (même étymologie) d'une vasque qui est sans doute une fontaine, puisque deux oiseaux viennent s'abreuver. Sa jambe droite est fléchie, car elle est en train de danser, les bras écartés prenant appui aux tiges des rinceaux. Ces derniers, aux volutes inversés en S affrontés, se développent depuis les queues des deux oiseaux. 

S'appuyant sur les plumes de ces queues, deux personnages occupent les volutes basses. À droite, c'est un animal qui, debout sur ses pattes de derrière et vêtu d'un mantelet, joue de la cornemuse. Le bourdon d'épaule est long, le porte-vent est dans la gueule, le fort chalumeau se perd dans l'aile de l'oiseau. Le sac est tenu devant l'abdomen. Est-ce un singe ? Un ours ? Non, la présence de deux fortes canines concaves remontant vers le groin indique qu'il s'agit d'un sanglier, ou du moins d'un porc, ce qui ne va pas sans ironie puisque le sac des cornemuses est, selon F. Piat, faite d'une vessie de porc.     Il figure bien entendu dans l'Iconographie de la cornemuse de Jean-Luc Matte .

Il figure aussi sur le site musiconis (avec une photo), tandis que musicastallis lui consacre la fiche 270.

http://musiconis.huma-num.fr/fr/fiche/725/animal-playing-bagpipe.html

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=270

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À gauche, c'est un hybride, au visage humain barbu couvert d'une capuche, avec un mantelet feuillagé sur les épaules, des mains humaines un ventre ovoïde, un arrière-train à queue de vache, et des pattes ambiguës.

 

— En partie haute, deux hommes nus combattent, mais un seul est armé d'un gourdin et protégé par un bouclier.

Mais cinq autres têtes de face et de profil fleurissent dans les rinceaux, la plupart étant des masques feuillus.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Montant vertical intermédiaire et statuette n°3 .

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Le montant  prend l'allure d'un faisceau de joncs aux extrémités régulièrement coupées.

La statuette est celle d'un homme à la tête buchée, vêtu d'un manteau fermé, et présentant une couronne de branches tressées. Celle-ci évoque la Couronne d'épines du Christ, et on se souvient d'une part que sa représentation est fréquente, notamment sur la jouée nord, et d'autre part que cet emblème appartient aux armes d'Yves Mayeuc, évêque de Rennes alors en poste (et représenté sur une verrière).

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier n°4.

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"Les panneaux des dorsaux diffèrent entre rangs nord et sud. Côté sud, les rinceaux qui habillent les deux tiers des dorsaux sont peuplés de nombreux personnages livrant batailles, dansant, jouant de la musique, des animaux fantastiques, de putti et de nombreux grotesques. Au nord, si l’on retrouve bien les rinceaux et quelques hybrides qui forment un arrangement léger et gracieux, la composition est beaucoup moins chargée et la figure humaine très peu représentée. Néanmoins, une constante demeure dans ces panneaux et dans le reste des stalles de La Guerche : autant le sculpteur témoigne d’une technicité maîtrisée dans la réalisation des ornements, feuillages, rinceaux et animaux fabuleux, autant, dès qu’il est question de représentation humaine, la composition devient maladroite, les proportions ne sont pas respectées et les attitudes apparaissent plus rigides. Sur le panneau n°04, le personnage masculin représenté dans la partie supérieure droite de la composition, nu, vu de face et la tête tournée vers la gauche, en direction de la jeune femme à qui il tend un objet sphérique (pomme ou concorde), témoigne parfaitement de ces difficultés.

 On a ainsi l’impression que le sculpteur a hésité à le représenter de dos ou de face ; sa jambe gauche a été allongée pour que son pied atteigne la corne située à ses côtés, engendrant une disproportion flagrante avec sa jambe droite. Cette maladresse contraste avec la légèreté des feuilles des rinceaux qui se détachent finement du fond des panneaux." (F. Piat)

 

Description.

— Registre supérieur. Sur l'axe médian, une femme est juchée sur un plateau et a relevé sa robe pour dévoiler la nudité de son bassin. Elle est pourtant solidement chaussée (de chaussures et de guêtres), bien vêtue (d'une robe à manches larges et encolure carrée sur une chemise fine), et joliment coiffée derrière un front dégagé et épilé d'un bonnet à pompons d'où s'échappent deux longues mèches.

À droite, un homme, nu et clairement masculin, lui tend un fruit rond.

À gauche, une femme vue de trois-quarts arrière lève les bras et lui tend un sabot.

Il est évident que cette scène possède un sens caché, peut-être lié à une expression proverbiale. Ou bien s'agit-il de l'allégorie de l'abondance ou de la fécondité ?

— Un peu plus bas, et soutenant le plateau, un masque humain à cornes de vaches crache deux cornes d'abondance qui produisent des rinceaux.

Et il crache aussi une coquille à onze rayons, posée sur un tabouret hexagonal lui(=-même posé sur un masque à l'envers.

Chaque oreille de cette coquille est tenue par le bec d'un oiseau, et, bien entendu, la queue de ces oiseaux s'achèvent dans les orbes de feuillages décoratifs.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Montant vertical intermédiaire et statuette n°4 .

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Montant en écailles tuilées organisées en spirales.

Homme (apôtre ?) au visage buché, à cheveux longs, vêtu d'une cape sur un long manteau fermé à col à long rabat, tenant des deux mains un livre ouvert.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier n°5. Les armoiries des ducs d'Alençon.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-05/ddba1bd7-3e9f-4890-b11b-5a9f4a6cf461

Ce panneau a permis d'identifier le commanditaire probable de l'œuvre. Malgré le fait qu'il ait été bûché, les trois fleurs de lys du blason qui y figure sont encore visibles, permettant ainsi d'identifier les armes des ducs d'Alençon, qui se retrouve par ailleurs sur les vitraux de la collégiale.

 

Les armoiries

"La présence de blasons sur les dorsaux des stalles permet également d’obtenir des données quant à leurs périodes de réalisation. À ce titre, le cas de La Guerche-de Bretagne s’avère exemplaire. Suite aux dégradations révolutionnaires, l’ensemble des écus sculptés sur ces stalles fut bûché. Deux panneaux de dorsaux portent néanmoins les traces de ces blasons et nous permettent d’avancer une fourchette chronologique restreinte, comprise entre 1518 et 1525. Le premier écu est situé sur le panneau n°17 du rang nord et le second sur le panneau n°05 du rang sud. Le second blason, situé sur le panneau central des stalles sud n’a été que partiellement bûché, de sorte que les fleurs de lys qui en constituent le meuble principale sont toujours visibles malgré le travail de sape des Révolutionnaires [fig. n°29].

Le blason situé sur le dorsal n°05 a été bûché à l’époque révolutionnaire. Cependant, les fleurs de lys qui y étaient disposées y sont encore nettement visibles.

215 Sur un sceau du chapitre datant de 1448, les armes de la collégiale étaient composées d’une Sainte Vierge assise dans un fauteuil sous un dais, ayant sur le bras gauche l'Enfant Jésus et tenant de la main droite une branche de lys fleurie. Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine, 1 G 460-462 : « Clergé séculier avant 1789 : La Guerche-de-Bretagne »

 

Tenu par deux personnages masculins vêtus d’un bliaud et d’une cape attachée par un fermail autour de leurs cous, l’écu garni de trois fleurs de lys est entouré de besants dont la polychromie a disparu. Ces armoiries appartiennent sans conteste à la famille des ducs d’Alençon, seigneurs de La Guerche à la fin du Moyen Âge, et dont les armes sont également apposées en différents endroits de la collégiale, notamment sur les vitraux : « de France à la bordure de gueule chargée de huit besants d’or ».

Compte tenu des caractéristiques stylistiques de ces stalles, plusieurs personnalités issues de la branche d’Alençon pourraient être à l’origine de ce groupe. De Catherine d’Alençon, femme de Guy XIV de Laval, baronne de la Guerche de 1463 à 1505, à Anne d’Alençon, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562, c’est Charles IV d’Alençon, baron de la Guerche de 1505 à 1525 qui paraît être le candidat le plus légitime. Plusieurs indices tendent à donner la préférence au duc.

Tout d’abord, le fait que ces armoiries soient pleines, c’est-à-dire sans alliance pourrait indiquer qu’il s’agit plutôt d’un homme. Or, Charles est le seul représentant masculin en ce début de XVIe siècle, la baronnie ayant été l’apanage de la tante, puis des sœurs de Charles. D’autre part, les éléments iconographiques présents sur ces stalles caractérisent un ensemble entre Moyen Âge et Renaissance et qui ne peut avoir été réalisé que dans le premier quart du XVIe siècle. En effet, une sirène se coiffant et tenant un miroir dans une main, iconographie typique du répertoire médiéval, se trouve sculptée sur l’appui main n°17. De l’autre côté, sur la miséricorde n°01, un bucrane est représenté alors que les dorsaux entremêlent à des grotesques caractéristiques de la première Renaissance, des créatures plus volontiers médiévales telles que le porc à la cornemuse216. Il est probable que la construction de ce groupe de stalles ait été entreprise à la suite de la réformation du chapitre ordonné par Charles IV en 1518 217. 7 H. BOURDE DE LA ROGERIE, « L’excursion de la Société Archéologique. Notes sur les églises d’Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné-de-Bais, Moutiers, Pirée et Rannée », in B.S.A.I.V., 1924, t. 51, p. 117-160." (F. Piat)

 

"Un mécénat proche du pouvoir royal : Alençon et La Guerche-de-Bretagne

 

"Les stalles de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne constituent probablement l’ensemble le plus complexe de ce corpus en raison de la disparité de ses sculptures, des thèmes médiévaux et renaissants qu’il mélange et de ses commanditaires.

Charles IV d’Alençon et la réforme du chapitre

L’état très fragmentaire de ces stalles suite aux destructions de la période révolutionnaire et aux restaurations du XIXe siècle permet néanmoins d’en identifier le commanditaire. Le blason situé sur le panneau n°05 (stalles sud) porte encore les traces des fleurs de lys de la famille d’Alençon : de France à la bordure de gueule chargée de huit besants d’or . Pour les raisons que nous avons déjà évoquées dans la première partie, Charles IV d’Alençon (1489-1526), prince de sang de la maison de Valois, est vraisemblablement le commanditaire de ces stalles. Il n’existe pas, à ce jour, de biographie qui lui soit consacré, la personnalité du duc ayant visiblement moins d’attrait que celle de sa femme, Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier. Il est vrai que face à l’esprit brillant qu’incarne cette femme de lettre et de connaissance en ce début du XVIe siècle, il est difficile de cerner la personnalité de son mari. Mais peut-on la réduire aux descriptions parfois caricaturales qui font de lui « un mari illettré, d’esprit militaire » ? Comment expliquer alors la confiance que lui accorde François Ier une fois devenu roi ? Comte du Perche, d’Armagnac, de Fézensac et de Rodez, le duc d’Alençon est également baron de La Guerche, ce qui fait de lui un de ces puissants aristocrates de Bretagne. En 1518, le roi confie d’ailleurs la charge de gouverneur de Bretagne à celui qui est son beau-frère depuis 1509. C’est également Charles qui, lorsque le roi se fait capturer à Pavie, prend le contrôle des troupes françaises. Cependant, blessé de n’avoir pu empêcher cette défaite et dans un contexte de certaine disgrâce, il meurt un an plus tard à Lyon. Homme de batailles, il avait participé aux campagnes italiennes de Louis XII en 1507 et il est probable que ces expéditions transalpines aient modelé son goût en matière artistique. Proche du pouvoir royal, les ducs d’Alençon font partie de cette noblesse qui prit rapidement fait et cause pour le parti français.

 

 

"Charles IV a cependant beaucoup œuvré dans sa baronnie de La Guerche et est intervenu à plusieurs reprises auprès du chapitre. L’institution avait déjà connu une révision générale de ses statuts une dizaine d’années avant que Charles n’hérite de la seigneurie. Les chanoines étaient évidemment nommés par le seigneur de La Guerche qui devait s’assurer de la capacité vocale de chaque nouvel entrant. Cependant, la révision des statuts du chapitre de 1484 ne semble pas satisfaire Charles IV qui se préoccupe de la vie spirituelle de sa baronnie. En effet, en 1518, le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans et légat du Saint-Siège, nomme une commission d’examen chargée d’inspecter et surtout de réformer le chapitre guerchais (358 Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 462/2 : « Règlements, privilèges, organisation du chapitre » ). Cette commission est dirigée par un chanoine du Mans, un certain Jean Bordier. Les résultats ne se font pas attendre et sont, sans surprise, très défavorables aux chanoines dont la vie dissolue est pointée du doigt. Le chapitre est donc une nouvelle fois réformé."

 

"L’investissement du duc dans son fief de La Guerche ne s’arrête pas à cet acte et en 1520, il exécute un vœu de sa tante Catherine, ancienne baronne de La Guerche, qui avait laissé une rente de 100 livres afin de fonder quatre petites heures canoniales ainsi que deux messes chantées avec diacre et sous-diacre (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 460 : « Fondations de Catherine d’Alençon, chapelle de la Commanderie, 1504, 1520 » ). Cette révision profonde du chapitre collégial de La Guerche trouve une résonance toute particulière lorsqu’elle est mise en perspective avec la montée des idées réformatrices qui caractérise ce premier XVIe siècle.

Marguerite d’Angoulême est d’ailleurs connue pour ses engagements spirituels à la limite de l’hérésie catholique et qui lui valurent quelques difficultés avec les instances ecclésiastiques. Admiratrice de la Devotio moderna, elle prendra sous sa protection un certain nombre de réformateurs jusqu’à ce que l’affaire des Placards, en 1534, ne vienne freiner son influence. L’idée de la nécessité d’un redressement du clergé, dont la corruption semblait générale aux yeux des réformateurs, était un sentiment largement diffusé. Qu’en était-il de la position de Charles d’Alençon sur ce sujet et quelle était l’influence des opinions religieuses de sa femme ? C’est un élément difficile à appréhender, mais l’implication du duc dans la vie et les mœurs du chapitre guerchais demeure un indice révélateur. De même, un détail présent sur les stalles pourrait tendre vers une participation de Marguerite à la mise en œuvre du projet. En effet, au-dessus du blason du duc d’Alençon, encadré par les grotesques renaissants, figure un élément qui, de prime abord, peut sembler purement décoratif  Ce « M » posé au-dessus des armes d’Alençon s’il peut ainsi renvoyer à l’initiale mariale, peut tout autant renvoyer au prénom de la duchesse…" (F. Piat)

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Description.

Au centre, deux jeunes personnages, semblables à des écuyers par leur tunique courte et leur cape flottant au vent, mais pieds nus, sont les tenants d'un blason dont les meubles ont été buchées, mais sans zèle et en respectant la bordure aux huit besants. Il est donc facile d'identifier ici les armoiries d'Alençon, d'azur aux trois fleurs de lys d'or  à la bordure de gueule chargée de huit besants d’or (ou d'argent). Et de les attribuer au duc Charles d'Alençon, décédé en 1526. Je renvoie  à l'exposé de F. Piat, qui reprend les déductions de Bourde de la Rogerie de 1924. 

Il y a bien, au dessus du blason, un M gravé, qui peut renvoyer à l'initiale du prénom de Marguerite d'Angoulème , épouse du duc Charles, mais ce M pourrait aussi être vu comme une couronne stylisée.

Les deux jeunes hommes s'appuient sur les appendices foliaires de deux dragons hybrides, à torses et ventres humains, et même, à droite, féminin.

Au dessus du blason, une vasque libère des rinceaux, dont les extrémités s'enflent en têtes d'oiseaux, elles-mêmes prolongées par des langues dilatées en capsules.

 

 

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Montant vertical intermédiaire et statuette n°5 .

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Le montant est sculpté de chevrons superposés en rang de WW.

La statuette est celle d'un homme à cheveux longs et manteau tombant (comme beaucoup des précédents), et tenant une lance ou hallebarde.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier n°6.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-06/165fef3b-a8cf-41f2-9cea-b66c93a1fb04

"Les miséricordes de Tréguier sont en effet connues pour leurs représentations répétées d’hommes nus ou à demi nus, exhibant leurs attributs ou montrant leurs fessiers. Bien que toutes les miséricordes en question aient été rabotées, probablement au XVIIe siècle, le caractère sexuel de ces figures est indéniable. Sur les miséricordes suivantes, les personnages sont représentés dans des pauses similaires, les jambes levées et écartées, désignant leur anus Ce genre de figures exhibitionnistes est assez fréquent sur les stalles médiévales et n’est d’ailleurs pas spécifique à la Bretagne. Dans le duché, ce thème se retrouve également sur les stalles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne où un homme nu, vu de dos, écarte ses fesses, aidant ainsi à la réalisation de ce « vent » dont l’odeur rappelait celle des mondes infernaux et le diable lui-même. L’homme de La Guerche adopte une posture assez proche de celle d’un autre personnage sculpté sur une miséricorde de Tréguier mais qui, lui, est habillé, découvrant uniquement le bas de son corps. " (F. Piat)

 

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Description.

Le panneau s'organise en deux registres autour d'un axe vertical de deux vasques superposés et d'une tige sommitale baguée par une couronne.

— Le registre supérieur est occupé par un triple enroulement de rinceaux, de chaque coté : des feuilles ou des bourgeons floraux entrouverts s'y échelonnent.

Dans ces rinceaux, nous découvrons à gauche, un roi armé d'une épée et d'une hallebarde. Son riche vêtement est finement gravé de losanges et autres motifs, il associe une tunique (armure ?) à longues manches bouffantes et plissées et des hauts de chausse, tenue complétée par des chaussures basses  à bouts  ronds. Il est tourné vers notre droite, mais que regarde-t-il, de l'autre coté de la tige et de la couronne ?

Eh bien, il regarde une jeune femme nue qui, d'un geste insolent, lui montre ses fesses.

Il est difficile d'y voir un rapport avec la scène biblique de David et Bethsabée. Est-ce pour autant une scène de récréation transgressive pour les chanoine ?

— Au  registre inférieur, deux hybrides au buste et ventre féminin, bras de feuillages et queues de poisson (oui, des sirènes si vous voulez) rafraichissent leurs queues dans la vasque centrale tout en crachant des tiges à dilatations ampullaires. D'autres hybrides, généreusement féminines émergent de boutons floraux et se suspendent à ces rinceaux.

Et sur la tête de chaque sirène est perché un oiseau, picorant quelque feuille.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Registre inférieur.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Montant vertical intermédiaire et statuette n° 6.

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Le montant est sculpté en grains de blé oblongs on en chaînettes placés en biais. La statuette montre un personnage en aube plissée tenant entre ses mains une tunique, rappelant l'ange qui exerce cette fonction lors du baptême du Christ.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier n°7.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-07/dca674ed-06c8-4711-acfb-92216f1c412e

"Dans la partie supérieure, des hybrides jouent de la trompette, de la flûte et du tambourin. Deux visages sont représentés sous le vase central. Il pourrait s´agir de références au théâtre et à 'Jean qui rit, Jean qui pleure'." (F. Piat)

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Description.

Au centre, sur le même modèle que les autres panneaux mais avec une inventivité chaque fois renouvelée, une vasque prend appui sur un support ovoïde, cannelé, reposant sur deux masques humains jumelés.

 

— Le registre supérieur est occupé par deux hybrides musiciens, humains pour le buste — si on oublie les cheveux de feuillages —, à l'abdomen globuleux, mais dont ce qui tient lieu de bassin est un globe de feuillages produisant des volutes ; là dessus se branche une queue à écailles de poissons, puis une corne tressée qui s'affine en feuilles. Et ces cornes viennent tremper dans la vasque en un gracieux mouvement de spire.

Le musicien de gauche (plutôt une musicienne, non ?) joue du galoubet ou flûte de tambourin : il ou elle souffle la mélodie dans un flûtiau tenu verticalement contre son sternum, et en même temps il bât la mesure sur un tambour accroché à son poignet gauche. Comme tous ces détails sont finement rendus!

Le musicien de droite souffle dans une trompe à large pavillon coudé vers le haut.

Le site musicastallis consacre à ces instruments sa fiche n°271. Il décrit "un animal à tête de singe qui souffle dans une trompe vers un hybride qui joue du flûtet tabor". Le rédacteur remarque que "le  joueur de flûte ne peut pas boucher les trous de jeu répartis sur le corps de l'instrument. Le sculpteur aurait pu choisir le modèle du flûtet. Le tabor (laçage en V ; timbre) suspendu au poignet par deux lanières est maladroitement sculpté". La similitude avec les musiciens des stalles de Gaillon conservées à Saint-Denis est remarquée, mais d'un style "beaucoup plus rustique".

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=271

Le site musiconis (couplé au précédent) en donne l'illustration et le commentaire ici :

http://musiconis.huma-num.fr/fr/fiche/726/hybrids-playing-an-aerophone-and-pipe-and-tabor.html

Une analyse très fine des instruments et instrumentistes apparaît sous l'onglet "performance". Les 4 trous visibles sur la "flûte" sont comptés. Le tambour est à deux peaux tendus par un laçage en V, sans cheville de tension.

On retrouve ce tabor sur le pendentif n°2 que j'ai omis de photographier.

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— Le registre inférieur n'est pas moins curieux. Deux hybrides vus de face associent un buste humain, une chevelure de feuillages, et un ventre en œuf, sans jambes, mais avec des appendices foliaires. Un appareillage, d'allure métallique et artificielle, leur sort de la bouche et les relie, par des courroies, à la gueule de deux chiens ( à profil simiesque et à crinières de lions) qui émergent de bombardes-escargots. Nous verrons sur le dossier suivant que cet appareillage presque orthodontique est un mors, et que ces hybrides humanoïdes ou anthropomorphes sont harnachés comme des chevaux.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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 Le registre inférieur.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Montant vertical intermédiaire et statuette n°7 .

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Le montant est sculpté en chaînons parallèles.

Le personnage est un homme vêtu comme les précédents d'une coule (monastique ?). Il tient en main droite une batte ou un faisceau lié par deux bagues et s'élargissant en cuillère longue. L'outil de sa main gauche est sans doute un couteau. 

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier n°8.

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Description.

— Le  registre supérieur.

Au centre, un hybride jambes écartées boit l'eau d'une vasque. Ce personnage reprend la figure de l'acrobate en renversement postérieur, tête entre les cuisses, mais sous une forme grotesque d'un tronc renversée sous des "jambes" de feuillages, qui délivrent des rinceaux pour le registre supérieur.

Ces rinceaux se prolongent en hommes-feuilles (une variante du masque-feuille) de deux soldats s'affrontant avec une massue derrière leur bouclier.

— Le registre inférieur.

Au centre, une deuxième vasque est ornée sur le coté de têtes de chevaux-feuilles. Ces chevaux tiennent dans leur gueule une tige qui se transforme en rêne commandant des mors à balancier, où une ferrure en S sert d'intermédiaire au mors proprement dit. Ce type de mors est fréquemment représenté sur les calvaires ou  vitraux bretons du XVIe siècle, où je les ai souvent signalés.

L'effet comique naît du fait que ce sont des chevaux qui dirigent deux hybrides au profil humain, chacun coiffé d'un bonnet à plumet de feuille, et dont les jambes sont remplacées par des volutes de feuillage.

 

 

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Montant vertical intermédiaire et statuette n° 8.

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Le montant est sculpté de chevrons superposés.

La statuette est celle d'un homme à tête buchée, dont les mains émergent d'un vaste manteau pour former, avec pouce et index, le geste de l'argumentation. Bien que ce geste soit fréquemment un attribut de saint Yves, et bien que ce saint soit à l'honneur sur la jouée sud et sur la verrière offerte en 1536 par l'évêque de Rennes Yves Mayeuc , il n'est pas possible d'identifier avec certitude ce personnage.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Haut-dossier n°9.

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Description.

 

— Le registre supérieur  reste organisé par une fontaine centrale. Un personnage centrale (un homme ou une femme ?) s'y baigne nu, et il est entouré de deux animaux-feuilles, à l'échine crénelée comme celle des dragons, et au museau muselé.

De chaque coté, deux hommes-feuilles sont assis sur la margelle de fontaines latérales. L'un, réduit à une tête sur une volute de feuille, est enroulé sur lui-même, tandis que son voisin se protège, par un bouclier-masque, de la gueule des animaux muselés.

— Au registre inférieur, entre des éventails de rinceaux, deux lions ailés (des lions-feuilles, bien-sûr) s'opposent par la volute de leur queue au dessus d'un masque léonin.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Montant vertical intermédiaire n°9 .

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Le montant est hérissé de structures en V. Il n'y a pas de statuette.

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Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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LES PENDENTIFS DU DAIS SUD.

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Ils représentent tous des anges, soit musiciens, soit tenant un emblème de la Passion, soit présentant un écu ou cartouche sans doute jadis peint. Les 9 autres pendentifs, du coté nord, complètent cette série avec cinq anges portant les instruments de la Passion (lance, marteau, colonne, lanterne, croix), deux anges porteurs de blasons, et deux anges musiciens.

Liste :

  • Pendentif n°0 (contre la jouée ouest). Ange présentant un cartouche au monogramme R (+/- F).
  • Pendentif n°1. Ange jouant de la flûte ou de la trompe.
  • Pendentif n°2. Ange jouant du tambour.
  • Pendentif n°3. Ange présentant un écu muet.
  • Pendentif n°4. Ange tenant l'éponge d'hysope (instrument de la Passion)
  • Pendentif n°5. Ange présentant la Sainte Face.
  • Pendentif n°6. Ange présentant  un phylactère muet.
  • Pendentif n°7. Ange présentant la Sainte Face.
  • Pendentif n°8. Ange  présentant un écu ou cartouche.
  • Pendentif n° 9. Ange jouant de la flûte ou un instrument à identifier.

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Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°0 (contre la jouée ouest). Ange présentant un cartouche au monogramme R (+/- F).

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Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°1. Ange jouant de la flûte ou de la trompe.

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Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°2. Ange jouant du tambour.

Non photographié.

Le site musicastallis y consacre sa fiche 877 et désigne le tambour à deux peaux sous le terme de "tabor". Il est suspendu au poignet gauche par deux baguettes.

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=877

 

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Pendentif n°3. Ange présentant un écu muet.

 

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Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°4. Ange tenant l'éponge d'hysope (instrument de la Passion)

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Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°5. Ange présentant la Sainte Face.

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On notera que le visage du Christ est dépourvu de la Couronne d'épines, pourtant vénérée sur la jouée nord.

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Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°6. Ange présentant  un phylactère muet.

 

 

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Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°7. Ange présentant la Sainte Face.

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C'est un doublon, très semblable, du pendentif n°5.

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Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n°8. Ange  présentant un écu ou cartouche.

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Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Pendentif n° 9. Ange jouant de la flûte ou d'un cor.

Ma photo laisse penser qu'il s'agit d'une flûte, alors que celle de Florence Piat (Annexe, page 121) montre un instrument en U, partant de la bouche et tenu dans la main gauche, alors que la main droite tient la moitié d'une trompe dont le pavillon est dirigé vers le bas.

Pour le site musicastallis dans sa fiche 878, il peut s'agir d'un cor dont une partie de l'enroulement a disparu.

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=878

La notice musiconis propose l'image de Florence Piat.

http://musiconis.huma-num.fr/fr/fiche/787/angel-playing-the-horn.html

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Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— BILLIET (Frédéric), Les représentations de la musique biblique dans les stalles médiévales.

billiet_frederic_les_representations_de_la_musique_biblique_dans_les_stalles_medievales.pdf

— BRUNE, (abbé Joseph), 1846,  Résumé du cours d'archéologie professé au séminaire de Rennes, suivi de notices historiques et descriptives sur les principaux monuments du diocèse. Rennes page 319

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559079z/f343.image.r=guerche

 

LA GUERCHE

"Un curieux travail de menuiserie moins usé par le temps, mais maladroitement couvert de peinture, est le double rang de stalles qui décore le chœur. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités son couverts de ciselures et de figurines pleines d'originalité et de finesse; le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très-heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste. Après celles de Champeaux, nous ne connaissons point dans le diocèse de stalles plus remarquables que celles-ci. Mais encore une fois, pourquoi laisse-t-on les soi-disant décorateurs de nos églises empâter au moyen d'épaisses couches de couleur nos sculptures les plus exquises, et en faire disparaître tout leur effet de relief, sous prétexte de les restaurer et de leur donner un air de nouveauté précisément opposé à leur caractère? Ne serait-il pas plus simple, plus économique et surtout plus sage, dans l'intérêt de ces précieux chefs-d'œuvre, de les nettoyer simplement et d'y passer une légère couche de vernis qui ferait revivre la couleur naturelle du bois sans remplir les creux fouillés à dessin et sans nuire à la pureté des lignes et des contours ?"

CHAMPEAUX

"Mais ce qui s'est mieux conservé, c'est la précieuse boiserie et les remarquables sculptures des stalles. Rien de plus gracieux que la broderie légère, riche et délicate qui décore le baldaquin régnant au-dessus du double rang de sièges des anciens chanoines; rien de plus varié que les décorations des panneaux formant le dossier des supports des accoudoirs, des miséricordes elles-mêmes. - L'imagination la plus féconde et le goût le plus exquis semblent avoir présidé à ce travail à peu près unique dans son genre, dans notre diocèse; car les stalles de La Guerche qu'on pourrait seules comparer à celles-ci, leur sont inférieures et ont beaucoup perdu par suite des couches de couleurs à l'huile dont elles sont revêtues. A Champeaux, c'est l'original dans toute sa franchise, sa hardiesse, sa vigueur de ciseau; tandis qu'à La Guerche, on ne trouve qu'une belle copie exécutée avec timidité et défiance de talent. Tout ce qui manque ici, c'est la pensée chrétienne, c'est l'inspiration et la direction de la foi. Toutes ces dentelles légères, tous ces enroulements et arabesques, toutes ces figures mythologiques ou grotesques, toutes ces décorations en un mot exécutées avec tant de verve et de facilité, ne contiennent rien qui annonce la piété des artistes, ni l'intention chrétienne des donateurs. C'est le XVIe siècle avec ses beautés et ses défauts."

 

BOURDE DE LA ROGERIE (H.), 1924, "L'Excursion de la Société Archéologique, II  Notes sur les églises d'Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné de Bais Moutiers, Piré et Rannais",  Bulletins et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome LI pages 137 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122070m/f185.item

"Les stalles de La Guerche représentent plus brillamment l'art du bois elles sont justement célèbres. Un minutieux nettoyage exécuté sous la direction des architectes des monuments historiques les a récemment débarrassées des couches de peinture qui empâtaient les sculptures et leur a restitué leur beauté ancienne. Malheureusement les stalles basses ont disparu ainsi que six stalles hautes, et les dix-huit qui subsistent n'occupent plus leur emplacement primitif. Par suite de modifications dans l'aménagement du chœur au xvm" et au xix° siècle, elles ne se déploient plus en avant et de chaque coté du maître-autel comme les cinquante-quatre stalles de Champeaux, mais elles sont reléguées dans l'étroit arrière-chœur encombré de bancs et de divers objets. MM. Brune et Guillotin de Corson qui ont donné de bonnes descriptions des stalles, n'ont pas essayé de les dater d'après un écrivain auquel on doit deux intéressantes et instructives notices sur l'histoire de La Guerche (31), elles auraient été faites après la fin des guerres de religion, soit après 15HS.

 

Cette date nous paraît inadmissible : les stalles, gothiques dans leur construction générale et dans plusieurs de leurs éléments (colonnettes, dais, statuettes, miséricordes), renaissance dans les beaux panneaux qui forment le fond des dossiers, sont bien antérieures au règne d'Henri IV. Un détail qui paraît avoir échappé aux auteurs que nous venons de citer, corrobore l'impression donnée par l'examen des sculptures et permet de les attribuer à la première moitié du xvie siècle. Un des angelots du dais tient un écusson les vandales de la Révolution ont gratté les trois  meubles qui en occupaient le centre, mais ils ont négligé la bordure chargée de besants. Cela suffit pour que l'on reconnaisse les armes des ducs d'Alençon, barons de La Guerche, plusieurs trois reproduites dans les vitraux de la Collégiale de France à la bordure de gueules chargée de huit besants d'or. Le dernier duc d'Alençon fut Charles IV, mort  à Lyon le 11 avril 1525. Si ce blason avait été le seul sculpté, on pourrait affirmer que les stalles ont été placées entre 1505, date à laquelle il hérita La Guerche de sa tante Catherine d'Alençon, femme de Guy XIV de Laval, et 1525; mais d'autres armoiries ont existé. Celles qui se trouvaient sur la porte principale de la clôture du chœur ou jubé, les plus significatives, ont disparu comme le jubé lui-même, quatre autres écussons tenus par des angelots du dais sont indéchiffrables. Peut-être portaient-ils les armes des Laval, ou celles des Bourbons-Vendôme, ou celles des Paléologues ? Dans ce cas, il faudrait attribuer l'honneur d'avoir présidé et peut-être contribué à la construction des stalles à Catherine d'Alençon, femme de François ou Guy XIV de Laval, baronne de La Guerche de 1463 à 1505 et généreuse bienfaitrice des églises, ou à Françoise d'Alençon, sœur de Charles IV, femme de Charles de Bourbon-Vendôme, dame de la Guerche à titre provisoire de 1525 à 1527, ou à Anne d'Alençon, autre sœur de Charles, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562. Toutefois, le fait que le blason qui subsiste porte des armes pleines, sans alliance, semble devoir faire préférer Charles d'Alençon. Cette attribution est confirmée par l'aspect de l'œuvre qui paraît antérieure à l'époque du triomphe définitif du style Renaissance sur le style gothique.

Ajoutons que Charles d'Orléans ne fut pas indifférent a l'état de la Collégiale de La Guerche, bien qu'il eût beaucoup de domaines plus importants et plus rapprochés de sa résidence ordinaire que ne l'était cette petite baronnie bretonne.
Il exécuta les fondations créées par sa tante la dame de Laval en 1518, il provoqua ou facilita la réforme du chapitre qui un avait, dit-on, grand besoin. La commission pour diriger cette opération délicate fut décernée par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, légat du Saint-Siège, qui en plusieurs circonstances analogues s'était associé aux projets de réforme monastique de la pieuse duchesse douairière d'Alençon. Marguerite de Lorraine . Les statuts rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier furent promulgués ou approuvés par le duc el par l'évêque de Rennes, Yves Mayeuc, en 1518.

Il est vraisemblable que la maison d'Alençon voulut compléter la restauration morale du chapitre par la restauration matérielle de l'église. Quatre écussons peints sur les vitraux attestent encore ses bienfaits. Mais si l'existence d'un blason aux armes de la maison d'Alençon établit que les stalles furent faites avant la date de la cession de la baronnie à la famille de Cossé (1562), elle ne prouve pas que les frais du travail aient été en partie ou en totalité acquittés par le duc Charles IV, par sa tante, ou par ses sœurs. On ne possède malheureusement aucun livre de compte, aucun document qui fasse connaître le montant de la dépense, probablement très élevée, ni qui révèle les noms des sculpteurs."
 

CHARLES (Olivier), sd, Les chanoines-chapelains d’une petite collégiale bretonne. Notre-Dame de Lamballe au XVIIIe siècle.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02106235/document

CHARLES (Olivier), 2004, , Chanoines de Bretagne. Carrières et cultures d’une élite cléricale au siècle des Lumières, Rennes, 2004, 456 p.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2009-3-page-192.htm

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée) 1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray, Librairie-Editeur. Paris : René Haton. vol. 3 page 16, et vol.6 page 634

 

https://archive.org/stream/pouillhistoriqu05corsgoog/pouillhistoriqu05corsgoog_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

"Le choeur de la collégiale était garni de stalles en bois sculptées et fermé par un jubé qui devait correspondre à ces stalles. Le jubé fut malheureusement détruit, au XVIIIème siècle, par le chefcier Charles de Tanouarn, qui en fit transporter les débris au bas de la nef pour en faire une tribune d'orgues (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Mais le double rang des stalles existe toujours et fait encore l'admiration des artistes, malgré l'épaisse couche de peinture jaune dont on a eu la sottise d'empâter ses plus fines ciselures. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités sont couverts d'élégants feuillages et de figurines pleines d'originalité. Au Sud, les miséricordes représentent les diverses scènes du Paradis terrestre : la création d'Adam et d'Eve, la tentation, le renvoi, etc. ; au Nord, les miséricordes sont consacrées à figurer les péchés capitaux sous des scènes extrêmement pittoresques ; les ivrognes, surtout, y sont largement représentés.

Les dossiers sont couverts de charmantes arabesques qui rappellent les plus jolis dessins de la renaissance : hercules, génies, centaures, griffons, fleurs et plantes de toutes sortes, animaux et végétaux, chimères fantastiques et délicieux types d'enfants ; tout cela court, se joue, s'entremêle, forme mille contours et arrête, sans le lasser, l'oeil qui les contemple avec bonheur. Mais là aussi, sous prétexte de décence, de jolies figurines ont été horriblement mutilées. Enfin, le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste ; au milieu des autres motifs d'ornementation on y voit apparaître des joueurs d'instruments d'un excellent effet."

MENANT (Marie-Dominique), L'HARIDON (Erwana), 2005, Ensemble de 23 x 2 stalles avec dais et dorsaux de La Guerche de Bretagne, dossier IM35016879 de l'Inventaire général. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f

— PIAT (Florence), 2004

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

— PIAT (Florence) 2006, Dossier IM35022583  "Ensemble de stalles dans la collégiale Notre-Dame (contre les murs Nord et Sud du choeur)".

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-notre-dame-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/6f57cbb0-e9ed-4371-96ab-cc45e1aefca8

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse université Rennes 2. 

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse volume 2, annexe : pages 109-124

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Volume_2_Annexes

— SITE DE LA MAIRIE DE LA GUERCHE DE BRETAGNE.

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article180&var_mode=calcul

 

— SITE

http://www.bretagneweb.com/photos-35/35-laguerchedebretagne.htm

http://www.apemutam.org/instrumentsmedievaux/articles/enigm/laguerche.html

— WAQUET (Henri), 1932, L'art Breton II. La Renaissance. Editions Arthaud Grenoble.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_40/LArt_Breton_Tome_2_.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture Chapelles bretonnes.
27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 20:03

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Les 18 stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud. Jouée, miséricordes, appui-mains.

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Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

 

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Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

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Note. J'ai lu avec passion et admiration, et j'ai largement exploité ici, la thèse (2012) de Florence Piat consacrée aux stalles de l'ancien duché de Bretagne. Je la citerai copieusement, et, quoique soucieux de publier un article personnel, je m'en voudrais de ne pas partager la qualité et la compétence de son travail, d'ailleurs rendu généreusement disponible en ligne. Je suis très loin d'en avoir épuisé les trésors d'érudition, et c'est à sa publication que je renvoie les lecteurs soucieux d'accéder aux meilleurs sources.

Mon souci principal est de mettre à la disposition des internautes une iconographie commentée des décors de la première Renaissance bretonne.

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PRÉSENTATION.

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I. L'ANCIENNE COLLEGIALE NOTRE-DAME ET SON CHAPÎTRE DE 12 CHANOINES.

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La collégiale Notre-Dame, l'une des plus anciennes de Bretagne, a été fondée en 1206 par Guillaume II, fils de Geoffroy de Pouancé  et neuvième seigneur de la Guerche, sur la chapelle castrale déjà vouée à Notre-Dame et située  à une centaine de mètres du château. Il s'agit pour lui de créer un établissement indépendant de tout évêché et de toute abbaye, et étroitement lié au contraire à son propre pouvoir, au salut et au renom de son propre lignage. Les lignes débutant sa charte (dans une rédaction notariale courante) en témoigne : pro salute anime mee, antecessorum  et haeredum meorum instituo duodecim canonic.... (Dom Morice, Mémoires I p.804Il conclue en y associant son fils Geoffroy, son épouse Hersende de Sillé et sa fille Elisabeth. Les statuts de la collégiale sont confirmés en 1378 par le comte Pierre d'Alençon.

 

Le plus ancien sceau de la collégiale de la Guerche venu à notre connaissance est de 1448; il est de forme ogivale et présente la Sainte Vierge assise dans un fauteuil et sous un dais, ayant sur le bras gauche l'Enfant Jésus et tenant de la main droite une branche de lys fleurie, avec l'inscription S. CAPIT. ECCLE. BE . MARIE.VIRG. DE. GUIRCHIA (Arch dép. Ille-et-Vilaine 8G,67). On remarquera que le décor des stalles, tel qu'il nous est parvenu, ne comporte aucune représentation de la Vierge. 

 

La collégiale  fut convertie en église paroissiale en 1791 ; elle devient basilique mineure en 1951.

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"La collégiale Notre-Dame est une fondation seigneuriale, instaurée par Guillaume II, baron de La Guerche, pour faire œuvre pieuse suite à une expédition punitive et meurtrière qu’il avait mené avec d’autres barons en Normandie en 1203.

En 1203, Arthur Ier duc de Bretagne est assassiné sur ordre de son oncle, Jean sans Terre, alors qu’il était emprisonné à Rouen. Les seigneurs bretons engagent alors une expédition punitive, pour venger le jeune duc, prennent le Mont-Saint-Michel et se dirigent en Normandie, assassinant sur leur passage de nombreux innocents. Guillaume II de La Guerche avait pris part à cette vengeance et faisait même partie de la branche la plus radicale du groupe. Pour se repentir de ces massacres, il décide de faire œuvre pieuse et de fonder le chapitre de la Guerche, transformant ainsi sa chapelle seigneuriale en collégiale placée sous la protection de Notre-Dame. .

La composition et les revenus du chapitre collégiale de La Guerche-de-Bretagne sont plutôt bien connus car une copie datée de 1388 de l’acte de fondation est toujours conservée aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine.

Le chapitre est ici composé de douze chanoines dont le premier d’entre eux n’est pas nommé Doyen mais Chefcier. Un diacre et un sous-diacre venaient ensuite compléter le tableau. Ainsi, le chefcier était le seul dignitaire de ce chapitre. Il est stipulé dans l’acte de fondation que ce chiffre de douze chanoines ne peut en aucun cas évoluer, cela se justifiant par la définition stricte des revenus afférents au chapitre. En effet, la liste des donations est elle aussi stipulée, de sorte que chaque chanoine se voit allouer une somme de 20 livres de revenu mensuel. Cette somme, si elle pouvait sembler très correcte au XIIIe siècle, ne l’était déjà plus à la fin du XVe siècle. De fait, le clergé guerchais n’était pas riche : en 1564, il demanda à être exempté des taxes imposées par le roi sur les établissements ecclésiastiques et en 1693, le revenu moyen de chaque chanoine ne s’élevait qu’à 212 livres de rente annuelle, toutes charges déduites. La nomination des chanoines dépendait du seigneur de La Guerche. Le candidat devait ensuite faire « preuve de chant » devant le chanoine chefcier et jurer de se conformer aux statuts de la collégiale. Il devait également s’acquitter du droit de chape dont le montant était fixé à 60 livres, 100 s’il était chefcier, somme rondelette en comparaison du droit de chape de 20 livres de Tréguier ou de 80 livres de la cathédrale de Rennes. Nous avons donc ici l’image d’un petit chapitre, aux revenus plutôt modestes, au demeurant très investis dans leurs paroisses respectives et aidant très régulièrement les autres paroisses comme celle de Rannée" (F. Piat)

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N.B. Une chapellenie  est fondée dans la chapelle du Temple de La Guerche par un chanoine de La Guerche, Jean Reveleau, et acceptée en 1504 par  Catherine d'Alençon.

http://www.infobretagne.com/commandeurs-guerche.htm

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 II. LES STALLES.

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Rappel : Les stalles sont les sièges qu’utilisaient les religieux pendant les longs moments qu’ils devaient passer dans le chœur de l’église pour les offices et les prières. Ce sont des sièges d’un type particulier : ils sont individualisés, permettant à chaque religieux d’avoir son propre siège, mais ils forment des rangées continues, disposées dans l’axe de l’église, appuyées aux piliers, avec une courte rangée placée en perpendiculaire qui ferme le chœur à l’ouest, isolant les religieux du reste de l’église. Généralement, un ensemble de stalles comporte des stalles basses et des stalles hautes: ces dernières sont surélevées des précédentes par une estrade de 2 ou 3 marches, et sont surmontées par des hauts dossiers et un baldaquin.
 

"L’ancien duché de Bretagne conserve aujourd’hui dix ensembles de stalles, majoritairement situés dans la partie nord de la région : celles de la cathédrale de Dol de-Bretagne (77 stalles), de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne (18), de la collégiale de Champeaux (54), de la cathédrale de Tréguier (48), de l’église de Boquého (8), de la chapelle Saint-Quay de Plélo (8), de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (66), celles provenant du château de Kerjean (6), celles conservées dans l’église Saint-Symphorien de Couëron et provenant de l’abbaye Notre-Dame de Buzay (10), et enfin, celles de l’église Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou (15). Ces dix groupes, réalisés entre la fin du XIVe siècle et le premier quart du XVIe siècle, offrent un aperçu qualitatif original de ce mobilier liturgique à la fin du Moyen Âge." (F. Piat)

"Dans la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne se trouve un ensemble de dix-huit stalles qui, malgré un état lacunaire, a néanmoins conservé ses parties supérieures. Pendant la Révolution, la collégiale a subi de nombreuses destructions et tous les blasons se trouvant sur les stalles ont été bûchés. Néanmoins, le panneau central des dorsaux des stalles sud porte toujours un blason qui n´a été que partiellement détruit. Les mêmes armes sont représentées sur un vitrail de la nef. Il s´agirait de celles des ducs d´Alençon, qui étaient également barons de La Guerche : de France à la bordure de gueule chargée de huit besants d´or. Plusieurs personnalités auraient pu commander ces stalles, mais la plus probable semble être Charles IV d´Alençon notamment parce que les armes du blason sont pleines. Au cours du XIXe siècle, des travaux de restaurations et d´agrandissement du chœur ont entraîné la destruction des stalles basses et d´une partie des stalles hautes. D´après les recherches et commentaires de l´abbé Jarry, l´ensemble devait être composé, à l´origine, d´une soixantaine de stalles complétées par un jubé."(F. Piat)

"Les miséricordes de La Guerche sont les seules de Bretagne à présenter des scènes de l´Ancien Testament : le Péché Originel, Adam et Eve chassés du Paradis, les raisins de Canaan. Elles comportent également un proverbe d´origine flamande : « Bailler devant le four », c´est-à-dire essayer de faire quelque chose d´impossible. La sculpture des stalles de La Guerche est un mélange étonnant entre des thèmes issus du répertoire de la première Renaissance et des thèmes issus, quant à eux, du répertoire médiéval. Ainsi une sirène est-elle représentée sur un appui-main côté nord, peignant ses longs cheveux alors qu´un bucrane (tête de bœuf décharnée) est sculpté sur une miséricorde côté sud. De même, alors que les dorsaux sont ornés d´arabesques, de mascarons et de grotesques, une autre miséricorde représente un sodomite, vu de dos, mais dont les parties sexuelles ont été bûchées. En dehors de l´ensemble de Tréguier, il s´agit du seul cas de scènes de ce genre sur les stalles bretonnes. Deux artistes, peut-être un maître et son élève, ont travaillé sur ces stalles comme l´atteste la différence de qualité entre les rangs nord et sud." (F. Piat)

"Le nombre de chanoines composant les chapitres cathédraux ou collégiaux bretons peut paraître plutôt modeste et, comme souvent, ne correspond pas au nombre de stalles qui agrémentent leur chœur : 12 chanoines à La Guerche, 14 à Tréguier, 19 à Saint-Malo, 16 à Rennes, 12 à Quimper pour le XVe siècle. Cette différence entre nombre de chanoines et nombre de stalles, phénomène qui se retrouve dans tous les autres exemples à travers l’Europe, s’explique par le fait que ces chanoines n’en étaient pas les seuls occupants, d’autres membres du clergé, des représentants des autorités laïques et des invités pouvant également prendre place avec eux dans le chœur, les stalles hautes étant celles qui étaient véritablement destinées aux chanoines." (F. Piat)

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Au péril de la Révolution, au risque de la restauration : La Guerche-de-Bretagne.

"Les stalles de la collégiale Notre-Dame de La Guerche, réalisées dans les années 1520, comptent parmi les ensembles les plus profondément modifiés pendant la période révolutionnaire d’une part, mais surtout durant le XIXe siècle. L’église fut une première fois profanée par les Huguenots en 1563, lesquels occasionnèrent des dégâts tels que le chapitre demanda à être exempté de l’impôt royal sur les établissements ecclésiastiques en 1564 (202 P. BANEAT, Le département d’Ille-et-Vilaine. Histoire, archéologie, monuments, Paris, Librairie Guénégaud, 1973 (3ème éd.), t. II, p. 140.). Sur le document d’époque, la marquise de Montferrat explique ainsi : « que les huguenots avoient, l'an derroin passé, ravi et emporté tous les calices, ornements, livres et biens de leur dite église collégiale, rompu et brisé les coffres, bancs, pupistres, portes, lampes et ustenciles de ladite église »(203 Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine, 1 G 463.). Il est très probable que les stalles (les « bancs ») furent affectées par cette première vague de destruction, qui fut loin d’être la dernière. De ce qu’il advint des stalles entre le XVIe siècle et la période révolutionnaire, on ne sait que peu de choses. Cependant, la destruction du jubé en 1730 dût entraîner des modifications au niveau de leur agencement. Au moment de la Révolution française, l’église fut désertée et le chœur servit aux réunions du nouveau conseil municipal. La nef, quant à elle, devint pendant un temps un magasin à fourrage, puis un magasin de fournitures militaires et un poste de la garde nationale. Il apparaît que durant cette période, l’église et son mobilier subirent de nombreuses dégradations. Quant au mobilier religieux, son sort ne fut pas meilleur : « [Le sanctuaire fut] souillé et profané. Les confessionnaux servirent de guérites pour les hommes de faction ou de lieu de dépôt pour enfermer les fusils. […] Les nombreux et riches ornements dont les chanoines se paraient pendant les fastueuses cérémonies, furent vendus à l’encan, les vases sacrés furent envoyés à la Monnaie, les cloches fondues pour faire des canons, les admirables vitraux mutilés, etc… » (A. JARRY, Le sanctuaire de Notre-Dame de la Guerche à travers les âges, Rennes, imprimerie Bretonne, 1941, p. 37)

C’est probablement à cette époque que l’ensemble des armoiries figurant sur les stalles fut bûché, occasionnant des problèmes de datation sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir. Le XIXe siècle ne fut pas moins tendre avec l’insigne collégiale et surtout son mobilier. Lors du renouveau ecclésiastique qui marqua la seconde moitié de ce siècle, de nombreux travaux d’agrandissement, voire de reconstruction furent entrepris dans tout le département. Des travaux de restauration furent ainsi initiés dans la collégiale Notre-Dame de La Guerche, entraînant un changement profond dans sa physionomie : ajout du collatéral nord, de la tour nord, remaniement intégral de la façade et nivellement du chœur. Lors de la campagne qui toucha le chœur, le tombeau de Guillaume II, fondateur de la collégiale fut mis à jour. On décida alors de le mettre en valeur, supprimant par la même occasion 6 stalles qui pouvaient en gêner la vue. La transformation du chœur ne s’arrêta pas là car en 1888-1889, on profita de ces restaurations pour, certes, ôter la couche de peinture jaunâtre qui recouvrait l’ensemble des miséricordes, mais aussi pour supprimer les rangs inférieurs. Compte tenu de tous ces éléments, il est probable qu’au moment de leur réalisation les stalles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne, aujourd’hui au nombre de 18, devaient s’élever à plus d’une quarantaine." (F. Piat)

Une nouvelle restauration est survenue en 1984.

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Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Plan et numérotation par Florence Piat.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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LA JOUÉE SUD-OUEST.

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Les jouées  sont les quatre  panneaux verticaux ornementés qui terminent les rangées de stalles à l'est et à l'ouest. Les stalles de La Guerche ne conservent que les deux  jouées occidentales.

Les jouées hautes associent ici  un panneau plein orné d'un personnage biblique en bas-relief (Judith, du coté sud), et un ensemble aéré, en ronde-bosse où des entrelacs d'animaux fantastiques  entourent d'un saint personnage. 

Les jouées basses, qui terminent l'accoudoir, sont des panneaux pleins, sculpté de candélabres,  sous un religieux agenouillé (identique en miroir au nord et au sud) en guise d'appui-main en ronde-bosse.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La jouée basse.

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Au dessus d'un panneau sculpté en bas-relief de candélabres, une sculpture toute en rondeur représente un  religieux agenouillé , front posé sur ses mains jointes, tête recouverte par la capuche de son  scapulaire.

N'est-ce pas une création pieuse et sage des restaurateurs du XIXe ?

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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LA JOUÉE HAUTE, PANNEAU INFÉRIEUR. JUDITH TENANT LA TÊTE D'HOLOPHERNE.

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Judith, brandissant son cimeterre et richement vêtue, tient, dans la main gauche, la tête d'Holopherne qu'elle vient de couper.

" Judith coupant la tête d’Holopherne est sculptée en bas-relief sur le panneau inférieur de la jouée haute sud . Le visage vu de profil, elle adopte un déhanché caractéristique du contrapposto, et évoque indéniablement la Renaissance italienne dans le traitement de la sculpture autant que dans celui de ses atours. Armée d’un cimeterre dans la main droite, elle tient, par les cheveux, le chef d’Holopherne dans la main gauche." (F. Piat)

 

 

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f/illustration/8

Le Livre de Judith (Judith 11, 23) raconte comment Judith, jeune et belle veuve de la ville de Béthulie, a sauvé sa ville et son peuple, assiégés par l’armée d’Holopherne, lieutenant du roi babylonien Nabuchodonosor. Elle se rend au campement d’Holopherne, qui, séduit par sa beauté, a organisé en son honneur un banquet au cours duquel il a bu trop abondamment ! Judith profite de son ivresse et le tue, puis 

La scène est également représentée sur la jouée des stalles , datant vers 1501, de l'abbaye Saint-Martin-aux-bois (Picardie)

https://www.abbaye-saint-martin-aux-bois.fr/les-jouees/

On la trouve également sur les hauts dossiers de la stalle n°47 des stalles (entre 1500 et 1550) de la cathédrale d'Auch : Judith y est représentée également tenant la tête d'Holopherne.

Iconographie : Judith, figure de l'héroïne libérant son peuple du tyran, est un modèle de beauté, de détermination et de dignité, et illustre la victoire sur le Mal (le paganisme et la sexualité). Elle s'apparente à sainte Catherine piétinant la tête du roi son père, ou à la Vierge terrassant le démon.

Le thème est en vogue en Italie à la fin du XVe et au début du XVIe siècles : statue en bronze par Donatello en 1455-1460, peintures par Botticelli vers 1470, par Mantegna, Lucas Cranach l'Ancien vers 1530, etc.

https://www.persee.fr/doc/mefr_1123-9891_2006_num_118_2_10497

 

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Sur la tranche du panneau inférieur : le buste d' une femme noble.

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Les cheveux de cette femme aux joue rondes sont recouverts d'une coiffe encadrant son visage. Elle porte au dessus d'un manteau décolleté un collier de maillons de chaîne, qui signent l'importance de son rang.

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NB Sur la face interne de la jouée, un quadrupède fabuleux semble se mordre le haut du dos.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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LA JOUÉE HAUTE, PARTIE SUPÉRIEURE. 

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Cette partie à claire-voie (permettant la communication visuelle entre les occupants des stalles et l'extérieur) associe un saint personnage avec un entrelacs complexe de figures humaines, anthropoïdes et animales. On ne la saisit complètement qu'en tournant autour, observant sa face intérieure, sa face extérieure (principale), et sa tranche. Mais rien n'y est laissé au hasard, car sa composition est symétrique à son homologue du coté nord.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Je décrirai d'abord sa moitié inférieure.

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Un homme aux cheveux longs (un religieux ?) y tient en laisse, par son étole, un cerf ou plutôt une biche. Ce personnage n'est pas nimbé mais il est très probable qu'il s'agisse d'un saint. Son visage a été buché.  Il est vêtu d'un long manteau à large rabat, dont les pans sont réunis par un fermail au dessus d'une robe serrée par une ceinture.. Il pourrait s'agir de saint Gilles l'ermite, surtout si on remarque que la main droite tient un objet long, compatible avec la flèche qui est un attribut de ce saint. Mais les cheveux longs du personnage et sa tenue correspondraient plutôt à un noble qu'à un moine et ermite. Si on récuse mon identification de l'animal, d'autres solutions pourraient être évoquées peut-être.

Du coté nord, la statue homologue est celle de saint Yves.

 

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La biche a les pattes antérieures posées sur un rinceau, qui provient de la gueule d'un dragon. De cette première gueule sort une seconde tête de dragon, aux yeux proéminents, qui libère elle-même  deux  oiseaux, peut-être des aiglons, aux corps partiellement feuillagés, et aux têtes formant deux volutes opposées. Ces volutes supportent une console, où saint Gilles est installé.

Ma description reste en deçà de la réalité, puisqu'on peut découvrir deux autres faces humaines, et autres détails.

 

Enfin, il faut remarquer des mouchetures d'hermines sur le montant au dessus du dos de la biche, coté intérieur. Et il faut noter que ces hermines, emblème de la Bretagne,  figurent sur les armes d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes de 1507 à 1547, sous un rang de couronnes d'épines.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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L'étage supérieur.

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Il est formé par un entrelacement d'animaux fantastiques composant une double boucle en huit. L'élément le mieux repérable dans la boucle supérieur est le couple de personnages nus tenant un blason muet mais couronné. Au moins l'un des deux personnages est féminin (cheveux longs et bouclés, forte poitrine, ventre gonflé).

Le blason ne peut être attribué, mais la couronne est compatible avec celui des seigneurs mécènes de l'ancienne collégiale, les ducs d'Alençon.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Dans la boucle inférieure du huit, un petit homme est à cheval sur l'extrémité du volute. Il est nu, son ventre est proéminent, ses cheveux sont longs.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La double volute est formée par les corps de dragons, qui sont en fait des grylles aux nombreuses têtes ectopiques, qu'on s'amuse à repérer. Certaines prennent dans leur gueules des petits êtres.

C'est l'expression du goût de l'époque pour les métamorphoses, l'effacement des limites entre genre et ordre (animal, végétal, humain ou artificiel) sous le signe de l'entre-dévoration. Cette inspiration est certes grotesque (issue de la découverte du décor de grottes des salles du palais de Néron par des excavations explorées à la lanterne dans la Domus Aurea dès 1480  par les artistes italiens tels que  Ghirlandaio, Pinturicchio, Filippo Lippi, Signorelli, puis vers 1515 par Raphaël, Giovanni da Udine et Michel-Ange), mais si on en compare les créations bretonnes avec les modèles italiens (Loggetta du cardinal Bibbiena en 1516 ), force est de constater leur originalité, et, inversement, leur appartenance à un style régional qu'on retrouve dans les stalles de Champeaux, les jubés, et sur les sablières bretonnes.

Il faut ainsi remarquer l'importance donné au dragon (il inaugurera les miséricordes), un animal emblématique de la dévoration, et qui, en Bretagne — comme en Chine !— n'est jamais terrifiant, pas plus que les loups et les ours des jouets d'enfant aujourd'hui. Il n'est certainement pas  non plus une figure chrétienne du Mal et de la punition réservée aux pécheurs.  Il serait d'avantage un protecteur de l'espace, comme sur les crossettes et sculptures extérieures de l'église.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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L'ange à l'écusson au monogramme énigmatique.

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Sur la jouée haute qui jouxte la stalle sud, au sommet, sur la tranche, un ange tient un écusson sur lequel est sculpté un 'R', qui peut renvoyer soit à un chanoine, soit au commanditaire, soit au maître d'œuvre. Mais ce R est doté d'un jambage supérieur qui pourrait renvoyer, par exemple, à un F ou du moins, à deux lettres conjointes.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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LES 9 MISÉRICORDES ET LES APPUIE-MAINS.

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Les miséricordes sont les petits culots qui soutiennent les sellettes sur lesquelles les religieux pouvaient s’appuyer légèrement quand ils devaient rester debout de longs moments. Elles sont ornées de sujets très variés, et mêlent aussi la réalité et la fantaisie.

Liste des miséricordes du coté sud :

 n°1. Crâne d'animal avec serpents.

 n°2. Un dragon, tête tournée vers l'arrière.

 n°3. Homme buvant au tonneau.

 n°4. Le Buveur.

n°5. Vendangeur foulant le raisin.

 n°6. Deux vendangeurs transportant une grappe.

n°7. Homme criant dans un récipient creux (proverbe).

n°8. Deux joueurs de trompettes autour d'un globe crucigère.

 n°9. Homme portant un lourd sac sur le dos, chevauchant un âne.

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Rappelons que l'organisation a été modifiée par rapport aux stalles d'origine. Néanmoins, les miséricordes sud sont marquées par la prédominance du thème de la vigne, des vendanges, de la boisson et de l'ivresse, thème décrit avec gaieté et truculence, mais sans dénonciation ou condamnation patente. Deux miséricordes relèvent de l'illustration, très courante sous les sellettes des stalles, d'une culture populaire associant proverbes, expressions verbales, et, ailleurs, fables et scènes grivoises.

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Les appuie-mains sont les petites sculptures en ronde-bosse, sur les parcloses, qui, comme leur nom l’indique, permettaient aux religieux de poser leurs mains quand ils étaient assis. 

Liste des appuie-mains du coté sud :

 

 n°1. Hybride anthropoïde.

 n°2. Jambes écartées d'un animal.

 n°3. Hybride anthropoïde jambes écartées.

 n°4. Un hybride.

n°5. Hybride ailé mordant la parclose.

 n°6. Grylle ailé tenant un objet. 

 n°7. Hybride ailé.

 n°8.  Hybride au bas du corps en spirale de feuilles.

n°9. Hybride à appendices en spirales.

L'unité thématique est complète, puisque tous ces appuie-mains sont des hybrides, mêlant des formes animales (terrestres et aviaires), végétales, et humaines, sans évocation d'animaux précis tels que les dragons. Cette hybridation des formes n'est pas propre à la Renaissance mais renvoie à cette période artistique par son association aux créations fantastiques des jouées et des dossiers.

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Stalle n°1. Crâne d'animal avec serpents ; centaure.

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a) la miséricorde n°1. Crâne d'animal traversé par deux serpents.

Un couple de serpent chemine à travers les orbites d'un crâne d'animal dépourvu de cornes (ce qui exclurait théoriquement le traditionnel crâne de œuf, ou bucrane). Les dents maxillaires sont visibles.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-01/54aabce5-7170-45a5-8ecd-921f93048c9f

"Crâne d´animal, un cheval ou un boeuf, vu de face. Un ver sort de chacune des orbites. Sur le dossier : des personnages et des rinceaux s'entremêlent dans le style de la première Renaissance. " (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°1. Un hybride anthropoïde bedonnant tient un cœur rayonnant. Son casque forme des cornes devant les oreilles. L'arrière-train d'un animal (lion?) se greffe à son bassin.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°2. Un dragon, tête tournée vers l'arrière. Jambes écartées d'un animal.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-02/6c516aae-02a2-49da-b75e-3a09b8fff8d7

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a) La miséricorde n°2 : un dragon, en profil gauche.

C'est un dragon par sa tête, par son échine hérissée, et sa patte à sabot. 

 

"Animal monstrueux, vu en partie du dessus. L´alignement du corps forme un S allongé. Il est tourné vers la gauche, mais sa tête est complètement retournée vers la droite, au-dessus de son dos. Une crête s´étend du sommet de sa tête jusqu´à la base de sa croupe. Une seule patte est visible : il s´agit de sa patte arrière gauche, patte qui se termine par un sabot." (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°2. Bas du corps nu d'un être anthropoïde mais à pattes animales (sabots). Le haut du corps a été buché.

 

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°3. Homme buvant au tonneau. Homme jambes écartées.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-03/aa0fc544-bc0c-4754-90df-7e32a431240b

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a) Miséricorde n°3. Un homme boit à un tonnelet en T, la tête affectueusement soutenu par un homme plus jeune.

 

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"Cette miséricorde met en scène deux homme, vêtus tous deux de longue tunique ceinturée, ce qui pourrait sous-entendre qu´il s'agit de chanoines. L´un des personnages, placé sur la gauche, soutient son camarade, complètement renversé sur le dos. Celui-ci tient à deux mains un tonnelet qu´il tête goulûment. Il porte une coiffure particulière, composée de rubans et nouée sous son menton." (F. Piat)

"Quant aux proverbes et autres sujets développés sur les miséricordes, ils correspondent au goût qui se développe pour ce genre de sujets moraux, dont le caractère incongru est apprécié. Les proverbes, emblèmes et blasons sont alors édités en recueils à l’instar des Dictz moraulx pour faire tapisserie de Henri Baude. Le but de ce genre d’ouvrages n’est pas seulement de distraire ou de donner de sages conseils mais aussi, comme le dit Gilles Corrozet en 1540, de servir de modèles aux artistes : « Aussi pourront ymagiers et tailleurs, Paintres, brodeurs, orfévres, esmailleurs, Prendre en ce livre aulcune fantaisie, Comme ilz feroient d’une tapisserie. »" (F. Piat)

 

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Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud.
Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°3. Hybride anthropoïde jambes écartées. Tête buchée.

Il semble nu jusqu'à la ceinture, mais la moitié haute, confuse laisse imaginer des cheveux longs sous une capuche, l'absence de bras, et un manteau fait de feuillages.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°4. Le Buveur. Un hybride.

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a) La miséricorde n°4. Le Buveur.

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Ce jovial jeune homme, au menton fleuri d'une pointe de barbe, et à la longue chevelure bouclée couronnée d'un bonnet à rabat, lève autour de son visage un pichet et un gobelet, comme s'il trinquait à notre santé. Sa tunique, à plis épais et à manches longues, est fendue par devant, avec une encolure  en V dont les rabats disposent d'un gros bouton rond.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud.
Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°4. Un Hybride.

Ce n'est pas un Centaure, mais  un être hybride, aux longues pattes animales sur lequel se fixe un buste et une tête anthropoïde, à la face buchée. Comme l'appui-main précédent, la partie basse est nue et la partie haute couverte d'un "manteau" aux pans de feuillage, tandis que la tête est couverte d'un voile  transpercé, à droite d'une corne.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°5. Vendangeur foulant le raisin. Hybride ailé mordant la parclose.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-05/ddba1bd7-3e9f-4890-b11b-5a9f4a6cf461

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a) la miséricorde n°5 : Vendangeur foulant le raisin dans une cuve.

Son visage au front froncé, au nez épaté et à la mâchoire large s'encadre de longs cheveux. Il grimace et plisse les yeux par l'effort qu'il accomplit. Il est vêtu d'une riche tunique, aux manches très larges, et dont les pans sont retroussés et glissés dans sa ceinture. Il se tient sur les cotés de la cuve cerclée, tandis que deux grappes nous précisent son labeur.

 

"Un jeune homme, de face, entouré de grappes de raisins dans une cuve. Le personnage tient les rebords de cette cuve tandis que les pans de sa tunique sont coincés sous sa ceinture. Ses manches sont également relevées. Les grappes de raisins disposées tout autour de lui, la présence de la cuve et les gestes de l´homme indiquent qu´il s´agit là d'une scène de pressurage du raisin." (F. Piat) 

 

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°5. Hybride ailé mordant la rampe de la parclose.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°6. Deux vendangeurs transportant une grappe. Grylle ailé tenant un objet. 

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Deux vendangeurs marchent en s'appuyant sur un bâton et transportent sur une perche une grappe disproportionnée. Ils sont vêtus de tuniques courtes serrées par une ceinture, et leurs jambes sont protégées par des houseaux. La coiffure du premier est un bonnet pointu, mais celle du second est plus élaborée, les oreilles étant protégées par une étoffe réticulée tandis que les rabats du chapeau sont relevés.

Rien ne m'incite à partager l'interprétation biblique que propose Florence Piat. C'est, à mes yeux, une simple scène de vendanges.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-06/165fef3b-a8cf-41f2-9cea-b66c93a1fb04

"Deux hommes, de profil, marchent vers la droite en portant sur leurs épaules un bâton sur lequel est accrochée une énorme grappe de raisins. L´individu situé en arrière tient une partie de cette grappe dans sa main gauche car elle semble trop lourde pour pouvoir tenir sur leur perche. Les deux hommes portent des tuniques courtes et des chapeaux coniques. Celui qui ouvre la marche est jeune et imberbe alors que celui qui la ferme est barbu. Cette miséricorde représente l´épisode de la grappe de Canaan ou d´Eschcol (Livre des Nombres 13, 23). Dieu ayant ordonné à Moïse d´envoyer des hommes explorer le pays de Canaan, les chefs de toutes les tribus y furent envoyés. Ils découvrirent une terre habitée et extrêmement riche et fertile. Comme ils devaient ramener des fruits de ce pays à leurs compagnons restés auprès de Moïse, ils emportèrent avec eux, de la vallée d´Eschcol, des figues, des grenades et une grappe de raisins tellement grosse qu´ils durent la transporter sur une perche. Sur cette miséricorde, l´aspect oriental du récit est rappelé par les chapeaux coniques des personnages. Conformément aux normes iconographiques, l'homme situé devant est imberbe et plus jeune que celui situé à l'arrière, symbolisant l'Ancien et le Nouveau Testament. La même représentation se retrouve sur les stalles de l´église de Champeaux en Seine-et-Marne. Sur le panneau du haut-dossier : le personnage situé dans la partie supérieure droite du panneau semble être un sodomite ou peut renvoyer à une scène scatologique." (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°6. Un grylle ailé.

C'est un grylle, personnage fantastique à multiples têtes ectopiques, puisque ce personnage qui pourrait presque passer pour un ange, assis et tenant un panonceau ou un écu, présente deux têtes difformes en guise de jambes.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°7. Homme criant dans un récipient creux. Hybride ailé.

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a) Miséricorde n°7. Homme criant devant l'ouverture d'un récipient.

Cet homme représenté de profil porte la même coiffure que le second vendangeur de la stalle n°6, avec l'étoffe réticulée couvrant sa tête sous la casquette à rabats. Il s'approche, bouche grande ouverte, du creux d'un objet concave posé sur un support de brique. Florence Piat fournit l'interprétation de cette scène : c'est l'illustration d'un proverbe. 

Le proverbe est cité par Wikipédia dans l'article "Proverbes flamands" illustrés par la peinture éponyme de Pieter Brueghel l'Ancien datée de 1559.  "Hij gaapt tegen de oven  : il veut bailler autant qu'un four, il s'attaque à l'impossible. Sur le tableau, un homme fait face à la gueule triangulaire d'un four en brique.

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-07/dca674ed-06c8-4711-acfb-92216f1c412e

"Un homme est représenté de profil, tourné vers la gauche, face au creux d'un objet concave, posé devant lui sur un petit édifice de briques. Il porte un chapeau dont les rabats sont relevés à l'arrière et qui se termine en pointe à l´avant. Il est assis et tient ses jambes repliées vers lui. Sa tête est d'une taille démesurée pour son corps. L´artiste a voulu insister sur l'expression de son visage. En effet, il est en train d´ouvrir grand la bouche face à l´objet posé devant lui. Il s'agit en fait d´un four qui est ici représenté et l´identification de celui-ci permet de voir dans cette image la représentation d´un proverbe : « Qui veut bailler aussi fort qu´un four doit bailler longtemps ». Cette expression signifie : vouloir faire quelque chose d'irréalisable. " (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°7. Hybride ailé.

Cet être est tourné vers le dossier et lève sa "tête" vers le haut. Son corps est couvert de plumes.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°8. Deux joueurs de trompettes autour d'un globe crucigère.  Hybride au bas du corps en spirale de feuilles.

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a) Miséricorde n°8.

Deux officiants joufflus sont assis et  soufflent dans une trompette dont l'embouchure entoure un globe terrestre. Ils sont coiffés d'un bonnet prolongé d'un voile qui s'élève en arrière. Le globe, divisé en trois quartiers, porte une croix, comme les globus cruciger entre les mains de Dieu le Père. S'agit-il ici d'une représentation des anges sonnant le Jugement Dernier ?

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"La miséricorde n°08, située du côté sud, est une critique plus explicite du monde clérical bien que son interprétation ne soit pas univoque. Deux chanoines, vêtus de la robe ecclésiastique et de la chape, sont assis de part et d’autre de la représentation du monde chrétien, c’est-à-dire un globe surmonté d’une croix. Tous deux soufflent dans une trompette en direction du globe. Il s’agit là de la représentation d’un proverbe assez fréquent dans les stalles, "Tromper le monde". Mais l’originalité de cette miséricorde réside dans l’identité des sonneurs puisque ce sont deux clercs qui trompent le monde chrétien. Cette image synthétise une partie des reproches formulés à l’encontre d’un clergé qui ne s’impose pas comme garant de la foi.

Cette miséricorde peut cependant revêtir une autre interprétation qui explique peut-être pourquoi sa présence fut acceptée dans le chœur par les chanoines. E. C. BLOCK dans son Corpus ne l’associe pas au proverbe précédemment cité mais légende cette miséricorde d’un Wake Up The Christian World, « Réveillons le monde chrétien » Elle voit d’ailleurs dans cette miséricorde une référence possible au Jugement dernier : « Two men or angels, clad in simple long gowns, sit by a globe with cross on top, representing the Christian world, and blow trumpets. It may be part of the Last Judgment scene. » E. C. BLOCK, Corpus… France, p. 69." (F. Piat)

 

 

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°8. Hybride.

Cet hybride tourné vers le dossier du siège a une queue serpentiforme dont la spirale est feuillagé, un corps couvert de plumes, une tête coiffée d'un bonnet au dessus de cheveux en mèches spiralées, et une face (buchée ?) fantomatique mais grimaçante.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°9. Homme portant un lourd sac sur le dos, chevauchant un âne. Hybride à appendices en spirales.

 

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Miséricorde n°9.  Un homme chevauche un âne (ou mulet).

Il est chargé d'un sac volumineux et manifestement fort lourd, presque plus gros que lui, et qui repose sur son dos et sur la croupe de sa monture.

C'est une satire de la stupidité d'un homme continuant à porter sa charge alors qu'il dispose d'une monture pour le faire.

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"Cette même maladresse [du sculpteur] se remarque aussi dans les miséricordes, par exemple sur la miséricorde n°09 représentant la Double charge : un paysan, à cheval sur un âne, porte sur ses épaules un sac de grains. Vu de profil, la ceinture du cavalier indique que celui-ci est situé bien plus bas que le dos de l’animal, comme si son image avait été plaquée contre celle du bourriquet.

Cette image renvoie à une historiette du XIIIe siècle où un cavalier, voulant épargner sa monture, décide de porter le lourd sac de grains sur ses épaules. Mais, restant assis sur son cheval, il inflige, par sa stupidité, une double charge à l’animal. Cette histoire est une image récurrente utilisée comme caricature de la stupidité paysanne. Le thème est par ailleurs assez fréquemment représenté, que ce soit sur les stalles, les manuscrits et les insignes de pèlerinage. On le retrouve ainsi sur une miséricorde de la collégiale Saint-Martin de Champeaux, une autre de la cathédrale de Bristol et dans les marges d’une Quête du saint Graal copié à Tournai en 1351 (Paris, bibliothèque de l’Arsenal, ms. 5218, f° 20). D. BRUNA, Saints et diables au chapeau. Bijoux oubliés du Moyen Âge, Paris, Seuil, 2007, p. 144-148." (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°9. Hybride à appendices en spirales.

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La pièce a été fortement buchée et n'a ni queue ni tête, mais des appendices spiralés, et des formes feuillagées.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— BRUNE, (abbé Joseph), 1846,  Résumé du cours d'archéologie professé au séminaire de Rennes, suivi de notices historiques et descriptives sur les principaux monuments du diocèse. Rennes page 319

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559079z/f343.image.r=guerche

 

LA GUERCHE

"Un curieux travail de menuiserie moins usé par le temps, mais maladroitement couvert de peinture, est le double rang de stalles qui décore le chœur. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités son couverts de ciselures et de figurines pleines d'originalité et de finesse; le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très-heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste. Après celles de Champeaux, nous ne connaissons point dans le diocèse de stalles plus remarquables que celles-ci. Mais encore une fois, pourquoi laisse-t-on les soi-disant décorateurs de nos églises empâter au moyen d'épaisses couches de couleur nos sculptures les plus exquises, et en faire disparaître tout leur effet de relief, sous prétexte de les restaurer et de leur donner un air de nouveauté précisément opposé à leur caractère? Ne serait-il pas plus simple, plus économique et surtout plus sage, dans l'intérêt de ces précieux chefs-d'œuvre, de les nettoyer simplement et d'y passer une légère couche de vernis qui ferait revivre la couleur naturelle du bois sans remplir les creux fouillés à dessin et sans nuire à la pureté des lignes et des contours ?"

CHAMPEAUX

"Mais ce qui s'est mieux conservé, c'est la précieuse boiserie et les remarquables sculptures des stalles. Rien de plus gracieux que la broderie légère, riche et délicate qui décore le baldaquin régnant au-dessus du double rang de sièges des anciens chanoines; rien de plus varié que les décorations des panneaux formant le dossier des supports des accoudoirs, des miséricordes elles-mêmes. - L'imagination la plus féconde et le goût le plus exquis semblent avoir présidé à ce travail à peu près unique dans son genre, dans notre diocèse; car les stalles de La Guerche qu'on pourrait seules comparer à celles-ci, leur sont inférieures et ont beaucoup perdu par suite des couches de couleurs à l'huile dont elles sont revêtues. A Champeaux, c'est l'original dans toute sa franchise, sa hardiesse, sa vigueur de ciseau; tandis qu'à La Guerche, on ne trouve qu'une belle copie exécutée avec timidité et défiance de talent. Tout ce qui manque ici, c'est la pensée chrétienne, c'est l'inspiration et la direction de la foi. Toutes ces dentelles légères, tous ces enroulements et arabesques, toutes ces figures mythologiques ou grotesques, toutes ces décorations en un mot exécutées avec tant de verve et de facilité, ne contiennent rien qui annonce la piété des artistes, ni l'intention chrétienne des donateurs. C'est le XVIe siècle avec ses beautés et ses défauts."

 

BOURDE DE LA ROGERIE (H.), 1924, "L'Excursion de la Société Archéologique, II  Notes sur les églises d'Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné de Bais Moutiers, Piré et Rannais",  Bulletins et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome LI pages 137 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122070m/f185.item

"Les stalles de La Guerche représentent plus brillamment l'art du bois elles sont justement célèbres. Un minutieux nettoyage exécuté sous la direction des architectes des monuments historiques les a récemment débarrassées des couches de peinture qui empâtaient les sculptures et leur a restitué leur beauté ancienne. Malheureusement les stalles basses ont disparu ainsi que six stalles hautes, et les dix-huit qui subsistent n'occupent plus leur emplacement primitif. Par suite de modifications dans l'aménagement du chœur au xvm" et au xix° siècle, elles ne se déploient plus en avant et de chaque coté du maître-autel comme les cinquante-quatre stalles de Champeaux, mais elles sont reléguées dans l'étroit arrière-chœur encombré de bancs et de divers objets. MM. Brune et Guillotin de Corson qui ont donné de bonnes descriptions des stalles, n'ont pas essayé de les dater d'après un écrivain auquel on doit deux intéressantes et instructives notices sur l'histoire de La Guerche (31), elles auraient été faites après la fin des guerres de religion, soit après 15HS.

 

Cette date nous paraît inadmissible : les stalles, gothiques dans leur construction générale et dans plusieurs de leurs éléments (colonnettes, dais, statuettes, miséricordes), renaissance dans les beaux panneaux qui forment le fond des dossiers, sont bien antérieures au règne d'Henri IV. Un détail qui paraît avoir échappé aux auteurs que nous venons de citer, corrobore l'impression donnée par l'examen des sculptures et permet de les attribuer à la première moitié du xvi" siècle. Un des angelots du dais tient un écusson les vandales de la Révolution ont gratté les trois  meubles qui en occupaient le centre, mais ils ont négligé la bordure chargée de besants. Cela suffit pour que l'on reconnaisse les armes des ducs d'Alençon, barons de La Guerche, plusieurs trois reproduites dans les vitraux de la Collégiale de France à la bordure de gueules cAarf/ec de huit /M'.ff77~ d'07'. Le dernier duc d'Alençon fut Charles IV, mort  à Lyon le 11 avril 1525. Si ce blason avait été le seul sculpté, on pourrait affirmer que les stalles ont été placées entre 1505, date à laquelle il hérita La Guerche de sa tante Catherine d'Alençon, femme de Guy XIV de Laval, et 1525; mais d'autres armoiries ont existé. Celles qui se trouvaient sur la porte principale de la clôture du chœur ou jubé, les plus significatives, ont disparu comme le jubé lui-même, quatre autres écussons tenus par des angelots du dais sont indéchiffrables. Peut-être portaient-ils les armes des Laval, ou celles des Bourbons-Vendôme, ou celles des Paléologues ? Dans ce cas, il faudrait attribuer l'honneur d'avoir présidé et peut-être contribué à la construction des stalles à Catherine d'Alençon, femme de François ou Guy XIV de Laval, baronne de La Guerche de 1463 à 1505 et généreuse bienfaitrice des églises, ou à Françoise d'Alençon, sœur de Charles IV, femme de Charles de Bourbon-Vendôme, dame de la Guerche à titre provisoire de 1525 à 1527, ou à Anne d'Alençon, autre sœur de Charles, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562. Toutefois, le fait que le blason qui subsiste porte des armes pleines, sans alliance, semble devoir faire préférer Charles d'Alençon. Cette attribution est confirmée par l'aspect de l'œuvre qui paraît antérieure à l'époque du triomphe définitif du style Renaissance sur le style gothique.

Ajoutons que Charles d'Orléans ne fut pas indifférent a l'état de la Collégiale de La Guerche, bien qu'il eût beaucoup de domaines plus importants et plus rapprochés de sa résidence ordinaire que ne l'était cette petite baronnie bretonne.
Il exécuta les fondations créées par sa tante la dame de Laval en 1518, il provoqua ou facilita la réforme du chapitre qui un avait, dit-on, grand besoin. La commission pour diriger cette opération délicate fut décernée par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, légat du Saint-Siège, qui en plusieurs circonstances analogues s'était associé aux projets de réforme monastique de la pieuse duchesse douairière d'Alençon. Marguerite de Lorraine . Les statuts rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier furent promulgués ou approuvés par le duc el par l'évêque de Rennes, Yves Mayeuc, en 1518.

Il est vraisemblable que la maison d'Alençon voulut compléter la restauration morale du chapitre par la restauration matérielle de l'église. Quatre écussons peints sur les vitraux attestent encore ses bienfaits. Mais si l'existence d'un blason aux armes de la maison d'Alençon établit que les stalles furent faites avant la date de la cession de la baronnie à la famille de Cossé (1562), elle ne prouve pas que les frais du travail aient été en partie ou en totalité acquittés par le duc Charles IV, par sa tante, ou par ses sœurs. On ne possède malheureusement aucun livre de compte, aucun document qui fasse connaître le montant de la dépense, probablement très élevée, ni qui révèle les noms des sculpteurs."

 

— CHARLES (Olivier), sd, Les chanoines-chapelains d’une petite collégiale bretonne. Notre-Dame de Lamballe au XVIIIe siècle.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02106235/document

 

—CHARLES Olivier), 2004, , Chanoines de Bretagne. Carrières et cultures d’une élite cléricale au siècle des Lumières, Rennes, 2004, 456 p.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2009-3-page-192.htm

—GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée) 1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray, Librairie-Editeur. Paris : René Haton. vol. 3 page 16, et vol.6 page 634

 

https://archive.org/stream/pouillhistoriqu05corsgoog/pouillhistoriqu05corsgoog_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

"Le choeur de la collégiale était garni de stalles en bois sculptées et fermé par un jubé qui devait correspondre à ces stalles. Le jubé fut malheureusement détruit, au XVIIIème siècle, par le chefcier Charles de Tanouarn, qui en fit transporter les débris au bas de la nef pour en faire une tribune d'orgues (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Mais le double rang des stalles existe toujours et fait encore l'admiration des artistes, malgré l'épaisse couche de peinture jaune dont on a eu la sottise d'empâter ses plus fines ciselures. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités sont couverts d'élégants feuillages et de figurines pleines d'originalité. Au Sud, les miséricordes représentent les diverses scènes du Paradis terrestre : la création d'Adam et d'Eve, la tentation, le renvoi, etc. ; au Nord, les miséricordes sont consacrées à figurer les péchés capitaux sous des scènes extrêmement pittoresques ; les ivrognes, surtout, y sont largement représentés. Les dossiers sont couverts de charmantes arabesques qui rappellent les plus jolis dessins de la renaissance : hercules, génies, centaures, griffons, fleurs et plantes de toutes sortes, animaux et végétaux, chimères fantastiques et délicieux types d'enfants ; tout cela court, se joue, s'entremêle, forme mille contours et arrête, sans le lasser, l'oeil qui les contemple avec bonheur. Mais là aussi, sous prétexte de décence, de jolies figurines ont été horriblement mutilées. Enfin, le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste ; au milieu des autres motifs d'ornementation on y voit apparaître des joueurs d'instruments d'un excellent effet."

De nombreuses verrières ornaient jadis l'église de Notre-Dame ; on a essayé de nos jours de les restaurer. Des débris de celles qui occupaient le choeur, joints aux fragments d'autres vitraux du collatéral Sud, on a pu remplir les fenêtres de ce collatéral. Nous ne pouvons plus juger de ce qu'étaient jadis ces verrières, généralement toutes du XVIème siècle, que par les quatre fenêtres qu'on est parvenu à remplir de leurs restes. 

Premier vitrail. — Sous un riche portique de la renaissance, l'évêque de Rennes Yves Mahyeuc est agenouillé au pied d'un autel que surmonte la scène de l'Annonciation de l'ange à Marie ; derrière le prélat se tient debout son patron, saint Yves, vêtit d'une robe rouge avec un surcot d'hermines et un rouleau de papiers à la main. Aux pieds d'Yves Mahyeuc, deux petits anges tiennent l'écu épiscopal : d'argent à trois mouchetures d'hermines de sable, au chef d'or chargé de trois couronnes d'épines de sinople. A côté, sur un cartouche, on lit la date 1536. Le Bienheureux Yves Mahyeuc, mort en odeur de sainteté en 1541, affectionnait beaucoup Notre-Dame de la Guerche ; il faisait partie de la confrérie de Toussaints établie en cette église ; aussi voulut-il y être représenté aux pieds de Marie. Ce vitrail est d'autant plus précieux que nous ne connaissons pas d'autre portrait de ce saint prélat.

 Deuxième vitrail. — Les ducs de Brissac, seigneurs de la Guerche, semblent avoir donné cette verrière ; on y voit, en effet, au haut, quatre écussons enveloppés dans des manteaux de ducs et pairs et couronnés de couronnes ducales : trois d'entre eux portent les armes pleines de Cossé-Brissac : d'or, à trois fasces de sable denchées par le bas ; un quatrième écu renferme une alliance d'un seigneur de Brissac. La principale scène de ce vitrail, rempli de fragments hétérogènes, représente le couronnement de la Sainte Vierge au ciel.

 Troisième vitrail. — Dans les débris qui composent cette verrière sont de très-jolies têtes. La seule scène un peu complète figure un jeune homme armé qui pourrait bien être l'archange saint Michel ; à ses côtés se tiennent un homme et une femme qui semblent le contempler avec admiration et le remercier de son aide ; sur un cartouche est inscrite la date 1537, et non loin est un écusson portant : d'argent, à l'aigle éployée de sable, membrée et becquée de gueules, à la cotice de même brochant sur le tout. Ce sont les propres armes de l'illustre connétable Bertrand Du Guesclin, seigneur de la Guerche en 1380 et membre de la confrérie de Toussaints en l'église de Notre-Dame. Il est permis de croire que ces armoiries furent placées au XVIème siècle par les seigneurs Du Guesclin, qui possédaient non loin de la Guerche la terre de la Roberie, en Saint-Germain-du-Pinel.

 Quatrième vitrail. — On ne voit dans cette verrière que des scènes informes où apparaissent des anges, des évêques, un vieux seigneur, un donateur présenté par son saint patron, etc. Plusieurs écussons s'y trouvent aussi : d'abord, celui de Marie de Bretagne, duchesse d'Alençon et baronne de la Guerche : parti, au 1er de France à la bordure de gueules, qui est Alençon, au 2ème d'hermines plein, qui est Bretagne ; — puis celui d'un duc d'Alençon, baron de la Guerche, peut-être le duc Charles, qui s'occupa beaucoup vers 1518 de la collégiale de la Guerche ; — enfin, quelques écussons des seigneurs de Cossé, ducs de Brissac : d'or, à trois fasces de sable denchées par le bas. A propos de ces derniers, notons en passant que c'est dans l'église de Notre-Dame de la Guerche que François de Cossé, duc de Brissac et baron de la Guerche, épousa, le 17 février 1621, Guyonne Ruellan, fille du seigneur du Rocher-Portal (Guérin, Histoire ms. de la Guerche).

Il y avait autrefois dans l'église de Notre-Dame un grand nombre d'autels et de chapellenies. Outre le maître-autel, on y voyait en 1705 ceux de la Sainte-Vierge, du Saint-Esprit, de Toussaints, de Sainte-Catherine, de Saint-Sébastien, de Saint-Mammert, de l'Ecce-Homo et de Sainte-Avoye. Parmi les chapellenies qu'on desservait, les plus importantes étaient celles de Sainte-Catherine (nota : la chapelle Sainte-Catherine est une sorte de tribune ou chantrerie construite dans le style ogival, au-dessus de la sacristie, et occupant avec celle-ci la première travée du collatéral méridional), d'Availles, de la Déserterie, du Touchet, du Prébarré, de Saint-Lazare, de la Forestrie, de la Hairie, de Beaumanoir, des Coquilles, de Chévreuse, d'Auffray Le Vayer, de Guy de Domagné, de Geffroy de Pouencé, etc.

Nous avons déjà parlé de la confrérie de Toussaints, mentionnée dans nos archives dès 1402, mais plus ancienne encore, puisque la tradition veut que Du Guesclin en ait fait partie (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 79). En 1693 elle avait 300 livres de rentes fixes, sans compter les oblations, qui étaient nombreuses ; on chantait la messe à son autel, avec diacre et sous-diacre, tous les jours pour les confrères vivants, et on y célébrait un service à la mort de chacun d'eux selon une Déclaration de 1693 (Pouillé de Rennes). Nous avons longuement décrit l'église de Notre-Dame de la Guerche, jadis collégiale, aujourd'hui paroissiale ; mais depuis la Révolution elle a été complétée avec intelligence. On l'a d'abord régularisée en construisant au Nord un collatéral semblable à celui qui accompagnait seul au Sud la grande nef ; on a aussi transféré dans ce collatéral méridional les débris des verrières antiques du choeur que nous avons décrits, et l'on a placé de nouveaux vitraux peints dans le sanctuaire.

Ces verrières modernes représentent trois scènes de la vie de la Sainte Vierge : sa présentation au temple, sa purification et son assomption. Enfin, une fort belle tour de style ogival a été construite au bas des nefs ; la première pierre de ce monument fut posée le 3 septembre 1869, et la première pierre de la flèche qui le surmonte fut placée le 19 octobre 1872. Cette tour carrée avec flèche fort élégante, accostée de quatre clochetons, rappelle beaucoup le superbe et célèbre clocher du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon ; elle fait honneur à son architecte, M. Regnault, et aux paroissiens de la Guerche, qui, sous la direction de M. le curé Fouré, l'ont élevée avec autant de zèle que de bon goût (Pouillé de Rennes).

La collégiale est fondée en 1206 par Guillaume II, neuvième seigneur de la Guerche, convertie en église paroissiale en 1791, et devient basilique mineure en 1951. Le collatéral nord est édifié par M. Baussan en 1859. La tour-porche est édifiée en 1869 par Arthur Regnault. Le chevet date du XI-XV-XVI-XIXème siècle. Le Bas-Côté Sud date du XVIème siècle. Le chœur à pans coupés date du XIVème siècle. Le gisant de Guillaume II (décédé en 1223), situé à gauche, dans le choeur, date du XIIIème siècle (ce tombeau avait été enfoui sous terre en 1735 comme gênant la circulation, et il ne fut exhumé que le 30 août 1888). Guillaume II est représenté, un coussin sous la tête, allongé sur un lit dont les bordures sont garnies d'écussons, et revêtu de sa cotte de mailles avec son épée et son bouclier. Près de sa tête deux anges en prières sont agenouillés, et à ses pieds repose un chien. A signaler que les armes des seigneurs de la Guerche présentent "de gueules à deux léopards d'or l'un sur l'autre". La nef est reconstruite beaucoup plus large que l'ancienne, au début du XVIème siècle, en fusionnant les trois vaisseaux du XIIIème siècle : elle est flanquée, au sud, de six chapelles à pignon

. La verrière de l'Arbre de Jessé date du début du XVème siècle. Les verrières du Jugement dernier et de l'Annonciation datent de 1536-1537.

Les stalles, restaurées en 1888 et portant les armoiries des ducs d'Alençon, seigneurs de la Guerche, datent, semble-t-il, de 1520.

La Vierge à l'Enfant date du XVIIème siècle. On y trouve les armes des ducs d'Alençon, des ducs de Brissac, des Du Guesclin, d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes de 1507 à 1541. L’église est profanée par les Huguenots en 1563 ;

 

 

— MENANT (Marie-Dominique), L'HARIDON (Erwana), 2005, Ensemble de 23 x 2 stalles avec dais et dorsaux de La Guerche de Bretagne, dossier IM35016879 de l'Inventaire général. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f

PIAT (Florence), 2004

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

PIAT (Florence) 2006, Dossier IM35022583  "Ensemble de stalles dans la collégiale Notre-Dame (contre les murs Nord et Sud du choeur)".

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-notre-dame-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/6f57cbb0-e9ed-4371-96ab-cc45e1aefca8

 

PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente.

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

SITE DE LA MAIRIE DE LA GUERCHE DE BRETAGNE.

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article180&var_mode=calcul

 

SITE

http://www.bretagneweb.com/photos-35/35-laguerchedebretagne.htm

http://www.apemutam.org/instrumentsmedievaux/articles/enigm/laguerche.html

— THUAL (Ewen), répertoire des collégiales, et,  Les collégiales séculières de Bretagne au Moyen-Âge (milieu XIIe-début XVIes). Histoire religieuse et sociale du monde capitulaire breton médiévale. Thèse en préparation depuis 2017 à Limoges sousla direction de Anne Massoni 

 

https://chartes.hypotheses.org/19

https://www.unilim.fr/criham/2017/09/29/les-collegiales-seculieres-de-bretagne-au-moyen-age-milieu-xiie-debut-xvie-siecle-histoire-religieuse-et-sociale-du-monde-capitulaire-breton-medieval/

http://vafl-s-applirecherche.unilim.fr/collegiales/index.php?i=fiche&j=666

http://vafl-s-applirecherche.unilim.fr/collegiales/equipe/

—Liste des collégiales de Bretagne :

Diocèse de  Nantes (Loire Atlantique)

Diocèse de  Rennes (Ille-et-Vilaine)

  • Notre-Dame de La-Guerche-de-Bretagne. 12 prébendes/ 12 chanoines.

  • Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux  6 prébendes/6 chanoines

  • Collégiale Notre-Dame de Vitré, église paroissiale Saint-Pierre puis prieuré cure de bénédictins  La collégiale Notre-Dame, fondée vers 1060 par Robert Ier de Vitré, fut confiée en 1116 à l'abbaye Saint-Melaine de Rennes qui y établit un prieuré dont l'église était à la fois priorale et paroissiale. (Collégiale Sainte-Madeleine de Vitré 12 prébendes/12 chanoines)

Diocèse de  Saint-Brieuc (Cotes-D'Armor)

  • Saint-Guillaume de Saint-Brieuc. 20 prébendes/18 chanoines

  • Collégiale Notre-Dame-de-Grande-Puissance à Lamballe, fondée en 1437 par Jean V, confirmées par l’évêque de Saint-Brieuc en 1538 et poursuivies par la fondation de Marie de Beaucaire, duchesse douairière de Penthièvre, en 1583. 6 chanoines

  • Notre-Dame de Matignon 3 prébendes

  • Notre-Dame de Quintin 11 prébendes/11 chanoines

     

—Diocèse de Vannes (Morbihan)

  • Notre-Dame-de-la-Tronchaye de Rochefort-en-Terre, du XVIe siècle jusqu'à la Révolution. Au XVIième , un collège des chanoines est créé et l’église tréviale devient collégiale. Jean IV de Rieux-Rochefort, maréchal de France, y établit un doyen et six chapelains. Le 1er juin 1527, le chapitre est fondé à perpétuité  par le fils de Jean IV, Claude 1er, et voit le nombre de chanoines passer de 7 à 13. 

  • Collégiale de Saint-Michel-du-Champ près d'Auray, fondée en 1382  par Jean III de Monfort après sa victoire sur Charles de Blois à Auray en 1364. Remplacé par un couvent de chartreux en 1482.

  • Notre-Dame-de-la-Fosse de Guéméné 12 prébendes/8 chanoines

 

Diocèse de Quimper (Finistère)

— Diocèse de Tréguier

  • Notre-Dame de Tonquédec 4 chanoines
  • Notre-Dame du Mur de Morlaix 9 prébendes/9 chanoines

 

— Diocèse de Saint-Pol-de-Léon

  • Kersaint-Trémazan 5 chanoines
  • Sainte-Anne de Lesneven 7 chanoines
  • Saint-Charles de Plourin ?

 

 

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—  Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 vol. (Le patrimoine des communes de France)

Bibliographie de F. Piat (non consultée)

Documents d'archives

  • Notes sur la collégiale de La Guerche, correspondance entre R. Couffon et H. Bourde de la Rogerie. Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine, 5J107.

  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, histoire, archéologie, monuments Rennes : Larcher, 1927 (1ère éd.), Mayenne : éditions régionales de l'Ouest, 1994 (rééd.).

  • BLOCK, Elaine C. Corpus of medieval misericords in France, XIII-XVI century. Turnhout : Brepols, 2003.

  • KRAUS, Dorothy, KRAUS, Henry. Le monde caché des miséricordes. Suivi du répertoire de 400 stalles d'églises de France. Paris : Les éditions de l'Amateur, 1986.

  • JARRY, A. Le sanctuaire de Notre-Dame de La Guerche à travers les âges, Rennes : Imprimeries Bretonnes, 1941.

  • LEPAROUX, Sylvain. Les stalles en Ille-et-Vilaine, XIVe-XVIIe siècle. Mémoire de maîtrise : Hist. Art. Rennes : université Rennes 2, 1997.

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture Chapelles bretonnes.
29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 15:41

Les 54 stalles (vers 1530-1550) de l'ancienne collégiale de La Madeleine de Champeaux (35).

 

 

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Voir sur cette église :

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Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

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Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

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Note. J'ai lu avec passion et admiration, et j'ai largement exploité ici, la thèse (2012) de Florence Piat consacrée aux stalles de l'ancien duché de Bretagne. Je la citerai copieusement, et, quoique soucieux de publier un article personnel, je m'en voudrais de ne pas partager la qualité et la compétence de son travail, d'ailleurs rendu généreusement disponible en ligne. Je suis très loin d'en avoir épuisé les trésors d'érudition, et c'est à sa publication que je renvoie les lecteurs soucieux d'accéder aux meilleurs sources.

Mon souci principal est de mettre à la disposition des internautes une iconographie commentée des décors de la première Renaissance bretonne.

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Présentation.

Les stalles anciennes de Bretagne.

Selon Florence Piat, qui leur a consacré sa thèse, l’ancien duché de Bretagne conserve aujourd’hui dix ensembles de stalles, réalisés entre la fin du XIVe siècle et le premier quart du XVIe siècle, et majoritairement situés dans la partie nord de la région : celles de la cathédrale de Dol de-Bretagne (77 stalles), de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne (18 stalles), de la collégiale de Champeaux (54), de la cathédrale de Tréguier (48 stalles), de l’église de Boquého (8), de la chapelle Saint-Quay de Plélo (8 stalles), de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (66 stalles), celles provenant du château de Kerjean (6 stalles), celles conservées dans l’église Saint-Symphorien de Couëron et provenant de l’abbaye Notre-Dame de Buzay (10), et enfin, celles de l’église Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou (15 stalles) .

-Dol-de-Bretagne (cathédrale): XIVe siècle, les plus anciennes.

-Boquého (ancienne abbaye de Beauport) : fin XVe

-Tréguier (cathédrale) : 1508 (chapitre des chanoines)

-Saint-Pol-de-Léon (cathédrale) : 1504-1523 (évêque Jean de Carman et Guy le Clerc)

-Guerche-de-Bretagne : 1502-1525, duc Charles d'Alençon

-Plélo : 1520-1530. Origine inconnue.

-Saint-Herbot : entre 1550 et 1570.

On sait que les stalles sont destinées à accueillir un chapitre, assemblée de chanoines chargés de chanter (8 fois par jour) les offices dans le chœur, et assistés de façon variable de musiciens, de  choristes ou chantres, et d'enfants de chœur regroupés en une école nommée psalette et dirigée par un maître. Mais d'autres églises sont dotées de stalles. Les stalles des abbatiales accueillaient les moines et moniales.

On sait aussi que ces chapitres sont le propre de cathédrales (Dol-de-Bretagne, Saint-Pol de Léon, et Tréguier dans la liste énoncée, les stalles de Saint-Malo, Rennes, Nantes, Quimper et Vannes n'étant pas conservées), d'abbatiales, mais aussi d'églises ayant été élevées au statut de "collégiales" (Champeaux et Guerche de Bretagne). Ces collégiales sont issues de fondations par le pouvoir ducal (Le Folgoët) ou par de grandes familles de la noblesse, et ce sont ces dernières qui, dans la première moitié du XVIe siècle par leur lien avec la cour royale établie en Touraine, introduiront en Bretagne les manifestations assez précoces de l’influence des modèles renaissants sur l’art : la Première Renaissance bretonne.

Ces ensembles de stalles ont une disposition assez homogène, fixée par des impératifs liturgiques et acoustiques. Outre les miséricordes, (ces consoles de sellettes permettant aux choristes de se reposer en position debout-appuyée), elles disposent de parcloses, d'appui-main, de jouées, de dorsaux et de dais à frise.

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Les stalles de La Madeleine de Champeaux (35). Description.

On ne les confondra pas aux stalles de la collégiale de Saint-Martin de Champeaux en Seine-et-Marne.

La collégiale de La Madeleine de Champeaux contient aujourd´hui cinquante-quatre stalles, en chêne,  datées entre 1528 et 1550. Elles furent, en effet, vraisemblablement réalisées à l´occasion du mariage de Louise de Goulaine et de Guy III d´Epinay, seigneur de Champeaux et grand-échanson de la duchesse Anne de Bretagne, en 1528. Cette hypothèse s'appuie sur les très nombreuses  armoiries car celles-ci, quoique presque toutes été bûchées, l'ont été  bien souvent de manière sommaire, de sorte que les lions couronnés et les fleurs de lys sont encore visibles et correspondent sans doute aux parties périphériques d'un blason mi-parti d' Espinay [d’argent au lion coupé de gueules sur sinople armé, lampassé et couronné d’oret de Goulaine [« mi-parti de France et d’Angleterre : mi-parti de gueules à trois léopards d’or passant l’un sur l’autre et d’azur à trois fleurs de lys d'or ».]. Elles peuvent néanmoins être postérieures, jusqu'au décès de Guy d'Espinay en 1551.

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La première Renaissance bretonne.

Les stalles de la collégiale ont donc bien été commandées par Guy III d’Espinay et Louise de Goulaine et participaient  à un vaste programme de décoration de l’édifice., entièrement conçu alors dans le style de la première Renaissance bretonne. Ainsi, avec la participation des chanoines (attestée pour la commande de verrières entre 1538 et 1550  par les comptes de la fabrique), ils commandent huit verrières ornées de leurs armoiries et de leurs initiales (baie 0). Mais Les stalles de Champeaux ne sont cependant pas les premières stalles bretonnes à présenter des motifs issus de cette première Renaissance puisque celles de La Guerche-de-Bretagne leur sont  antérieures (1502-1525). 

On notera que Guy III était seigneur d'Espinay, mais aussi de Segré (au nord-ouest d'Angers), tandis que la famille de Goulaine possédait son château de Haute-Goulaine en Loire-Atlantique, sur les Marches de Bretagne. Ce château a été édifié au début de la Renaissance. Ce couple était donc largement ouvert aux influences du Val-de-Loire. C'est à un architecte d'Angers, Jean Delespine, que Louise de Goulaine confiera la réalisation de leur tombeau.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Goulaine

 

"Le répertoire décoratif italien est expérimenté en Bretagne sensiblement à la même époque que dans le royaume de France, ce dont témoigne des œuvres telles que le tombeau de Thomas James (1507), son missel (1484), le portail de la chapelle du Saint-Sacrement à Vannes (1515-1531), ainsi que la présence, dans la péninsule, d’artistes venus expressément des régions transalpines pour travailler auprès de mécènes influents. Comme dans beaucoup d’autres régions, ce nouveau vocabulaire s’intègre et se mêle jusqu’aux années 1520-1530 à l’architecture et aux images médiévales, sans pour autant profondément modifier les structures issues du Gothique.

Dans les stalles de l’ancien duché, le tournant s’opère effectivement en l’espace d’une décennie et, alors qu’un ensemble comme celui de Tréguier réalisé au début des années 1510 présente encore toutes les caractéristiques iconographiques médiévales, les stalles de La Guerche-de-Bretagne, réalisées à la fin de cette même décennie développent largement de nouveaux motifs directement inspirés de l’art italien. En l’espace d’une dizaine d’années, ces thèmes pénètrent donc le vocabulaire décoratif et iconographique des sculpteurs sous l’action combinée de grands mécènes, comme les Laval et Espinay, la diffusion de gravures provenant de Flandres, d’Allemagne et également du bassin ligérien. Cependant, cette arrivée des thèmes de la Renaissance ne se fait pas au même rythme partout en Bretagne et une distinction entre la partie occidentale et orientale du duché doit être faite. En effet, si l’on constate que les exemples de stalles situés en Haute-Bretagne et plus généralement le long des marches de Bretagne accueillent ces motifs dès les années 1515-1520, il semble qu’en Basse-Bretagne, ce répertoire ne s’implante véritablement que dans la seconde moitié de ce même siècle, par le biais de la seconde Renaissance comme dans la chapelle de Saint-Herbot. Ainsi, quatre groupes de stalles bretons présentent des éléments décoratifs empruntés à ce nouveau répertoire, cependant associés à des motifs déjà employés dans les exemples de la fin du XVe siècle : les stalles de la chapelle Saint-Quay de Plélo, celles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne, de la collégiale de La Madeleine de Champeaux et, enfin, celles de la chapelle de Saint-Herbot." (F. Piat)

"Si la province reste attachée aux images propres au répertoire médiéval, pour autant, on ne peut pas parler d’une arrivée tardive des motifs de la première Renaissance dans le duché. Il est, en effet, fort à parier que la commande du tombeau de Thomas James à Dol-de-Bretagne, puis de celui du duc François II et de Marguerite de Navarre à Nantes ainsi que le passage dans la région de plusieurs artistes d’origine italienne et la circulation d’images imprimées aient marqué, rapidement, la production artistique dès le début du XVIe siècle. Les exemples des stalles de Tréguier, La Guerche-de-Bretagne et de Champeaux montrent d’ailleurs qu’en l’espace de dix ans, les premiers motifs italianisants sont assimilés par les menuisiers et que les thèmes et styles de la Renaissance sont totalement adoptés à l’horizon des années 1550, tout du moins pour la réalisation de ces objets particuliers. " (F. Piat)

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Un précédent : les stalles de 1520 de la cathédrale de Rennes .

 

Selon P. de la Vigne Villeneuve, et d'après le procès-verbal de 1775, le dossier de la troisième stalle du chœur, coté nord (en vis à vis de celle de l'évêque), portait un écusson aux armes de Guy II d'Espinay, en vertu d'un privilège obtenu en 1520 (8 ans avant le mariage de Guy III). Ces stalles commandées par le chapitre cathédral de Rennes relevait sans doute déjà du style de la Première Renaissance (le chêne des panneaux sculptés  des stalles provenait des forêts d'Orléans, même si le bois plus grossier venait du domaine d'Escures, propriété d'Espinay à Acigné):

"Si le contrat des stalles de la cathédrale de Rennes n’a pas été conservé, en revanche, la mention de la réalisation de nouvelles stalles en 1520 apparaît dans un acte extrait des archives du chapitre de la cathédrale rennaise. . Les stalles commandées en 1520 ont été réalisées grâce aux larges donations, notamment en matières premières, du seigneur Guy II d’Espinay dont le frère, Robert, était grand-chantre de ce même chapitre : « À ces causes, désireux de répondre dignement à de tels bienfaits, dans la mesure de notre pouvoir, Nous donnons, octroyons et concédons à Vous et à Votre héritier principal et successeur dans la Seigneurie d’Espinay existant dans la suite des temps, à perpétuité, et dans les meilleures forme et mode qui soient possibles et valables, une stalles ou chaire en quelque sorte semblable aux nôtres ; laquelle stalle sera armoriée et décorée du blason de vos armes, dans le chœur de notre Église et sur laquelle sera sculpté votre écusson ; elle sera placée et établie entre les stalles des Dignitaires de la Chantrerie et de la Scholasticité, tournée en face des sièges des chanoines. Cette donation, octroi et concession est faite au nom de Dieu d’une façon irrévocable. » La motivation des chanoines à faire réaliser de nouveaux sièges diffère de celle de leurs confrères du début du siècle. Le but principal est ici de rendre hommage à l’investissement d’un seigneur au demeurant puissant, lié à la famille Laval et proche du pouvoir royal, en lui donnant une place d’honneur et une présence perpétuelle au sein même de leur chœur. De plus, il n’est pas à douter que leurs anciennes stalles gothiques leur paraissaient démodées alors même que le vocabulaire de la première Renaissance était déjà expérimenté en divers endroits et notamment à la cathédrale de Dol-de-Bretagne où le tombeau de Thomas James sculpté par les frères Justes, achevé en 1507," (F. Piat)

On constate aussi qu'à Rennes, les chanoines occupaient les stalles du coté sud, tandis que celles du coté nord (coté de l'Évangile) étaient celles des dignitaires et de la "Scholasticité" [docteurs de l'université ?] : peut-être en était-il de même à Champeaux.

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Un autre précédent : les stalles de la chapelle de la collégiale d'Ussé.

Le frère de Guy I d'Espinay (grand-père de Guy III), Jacques d'Espinay, acquit le château d'Ussé et y fonda en 1521 une collégiale. Son fils Charles (1475-1535) et son petit-fils René poursuivent les travaux et la chapelle est consacrée en 1538. Les stalles (après 1520 et avant 1538) de style gothique  mais enrichies de décors "à l'italienne" sont dues à Jean Goujon. Sur l'une des joues, un  profil féminin dans un médaillon évoque celui de Champeaux.

 

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Description.

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Ces stalles s'organisent sur deux fois deux rangs (stalles hautes et basses) de 9,65 m de long, et 1, 75 m de profondeur. Chaque siège mesure (J.-J. Rioult) 97 cm de haut, 62,5 cm de long et 53 cm de profondeur (stalles basses). La dimension des stalles hautes ne diffère pas de celles des stalles basses, suggérant que le confort s’avère identique dans les deux sièges, le prestige associé aux rangs supérieurs tenant avant tout à la position surélevée de ceux-ci.

 Les stalles de la collégiale de  Champeaux  sont dotées de haut dossiers ou dorsaux et d'un dais à pan oblique. Elles  atteignent 3,75 mètres en hauteur,  alors que celles de La Guerche-de-Bretagne mesurent 3,58 mètres de hauteur, celles provenant du château de Kerjean, 3,70 mètres et celles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon  plus de 4,10 mètres. La hauteur des stalles rivalisait avec celle des jubés, obstruant complètement la vue du chœur depuis la nef et le déambulatoire, signalant leur présence par la forêt de pinacles qui s’alternaient sur les crêtes. (d'après F. Piat)

Leur organisation actuelle résulte d'un réarrangement, car elles ont été remontées au cours du 18e siècle lors du réaménagement du chœur et de la suppression de l´ancien jubé qui leur était associé, dans un ordre qui ne semble pas respecter l´alternance originelle ; de légères restaurations sont signalées en 1921 par Victor Pasquet et Norbert Le Floch de Vitré. Quoiqu'il en soit, il faut imaginer que l'ancien jubé fermait l'espace séparant aujourd'hui les deux doubles rangs qui s'y appuyaient.

Il faut mentionner aussi un 53ème siège, véritable cathèdre et probable siège d'honneur que j'ai décrit avec les boiseries encadrant la porte  menant à la chapelle latérale sud, chapelle des seigneurs d'Espinay. Sur ces boiseries, plus anciennes que la porte datant de 1594, les armes des époux figurent encore en bonne place, dans un écu  couronné d’un cimier et tenu par un couple de sauvages, l’homme portant une massue, baissée sur le panneau de droite et levée sur son épaule sur le panneau de gauche. La femme tient quant à elle une cordelette à houppe qui entoure le blason. Deux plumes dépassent du heaume sur lesquelles deux putti se tiennent debout. Tenant une cordelière à houppe également, ils encadrent deux grandes lettres : « G » et « L », qui pourraient être les initiales de Louise de Goulaine autant que celles des prénoms des deux époux. La cordelette à nœuds en huit et nœuds de capucin qui entourent les armes de Louise de Goulaine pourraient être un signe de son veuvage — ce que l'on retrouve sur le tombeau des époux —, ce qui daterait ces boiseries entre 1551 et 1567, date du décès de Louise.

A contrario, (F. Piat) les armes sculptées sur ces dernières ne présentent pas de cordelière ; il faudrait alors envisager que les panneaux qui décoraient le chœur aient été commandés à une époque postérieure à celle des stalles, mais certainement auprès du même atelier compte tenu des similitudes factuelles et de la cohérence de ces boiseries avec les chaires.

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Attribution et datation.

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"L´atelier qui a réalisé ces stalles n´est pas connu. Néanmoins, il est intéressant de noter la similitude de style entre ces stalles et la cathèdre se trouvant dans la cathédrale de Dol-de-Bretagne, exécutée à la demande de François de Laval (1528-1556) au milieu du XVIe siècle. Détail intéressant, ce dernier était le fils de Guy XIV de Laval et d´Anne d´Espinay. Les lions qui tiennent les armes de l´évêque sur le siège épiscopal sont assez proches, dans leur traitement (crinières, museaux arrondis, griffes) de ceux présents sur les stalles de Champeaux, bien que le sculpteur semble différent. Enfin, les commanditaires de stalles de Champeaux ont également fait construire leur tombeau dans cette même collégiale par un architecte angevin, Jean Delespine."

Cathèdre de François de Laval :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/stalle-de-l-eveque/10dd00cb-c64c-49ae-96bc-89dc20e4d339

 

"Les documents d’archives ne sont que de peu d’utilité pour l’établissement d’une chronologie fiable de la réalisation des stalles de la collégiale, mais le style même de l’œuvre, les thèmes abordés dans la sculpture inclinent à la dater entre les années 1530 à 1550. Les comptes de la fabrique mentionnent le versement de 15 livres en 1538 à Guillaume Chenevièvre ou Chenevière pour la réalisation de travaux de menuiserie (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 456 : « comptabilité du dépensier, institution des receveurs du chapitre, comptes des recettes et des dépenses, 1509-1600 » ; Inventaire général : 35 – CHAMPEAUX – II – Canton de Vitré Ouest ). Cependant, la somme engagée ne semble pas à la hauteur de la réalisation, surtout si nous la comparons à celles mentionnées dans les trois contrats étudiés auparavant. Il est donc possible que ces travaux de menuiserie fassent référence à d’autres aménagements, comme ceux qui furent nécessaire à l’installation d’un orgue dans la galerie du jubé, et dont la présence est attestée en 1540 puisqu’il servait d’accompagnement à la psallette.

Deux ans plus tard, en 1542, Louise de Goulaine et Guy d’Espinay fondèrent douze obits par an qui prévoyaient la récitation des sept psaumes de la Pénitence, les litanies des saints ainsi que le chant d’un libera sur leur tombeau à chacune de ces cérémonie (9 Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 431 : « Permission de Guy d’Espinay d’instaurer des fondations, 1531 » et « Règlements sur les célébrations des obits par l’évêque de Rennes, 1637 » ; A. GUILLOTIN DE CORSON, « Les seigneurs de Champeaux… », Op. cit., p. 389. ). Peut-être est-ce à cette occasion qu’ils envisagèrent de remplacer les anciennes stalles de chœur par les actuelles.

En 1545, le même Guillaume Chenevièvre est mentionné une nouvelle fois dans les comptes pour un travail plus long, semble-t-il (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine série 1 G 456 ; R. COUFFON, « La collégiale de Champeaux, contribution à l'étude de la première Renaissance en Bretagne », Mémoire de la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, vol. 98, 1970, p. 35. ). Mais, le texte reste trop évasif pour y voir avec certitude la commande des stalles de Champeaux bien que l’idée soit séduisante. De plus, ces comptes ne mentionnent pas l’achat éventuel de bois ou ne serait-ce que le coût de son acheminement.

Les hypothèses sont donc multiples concernant la date de la commande de ses stalles, depuis le mariage de Guy III et Louise de Goulaine en 1528, jusqu’au décès du seigneur d’Espinay en 1551, en passant par les différentes donations qu’ils effectuèrent pour la collégiale et son chapitre. Néanmoins, l’élaboration de ces stalles dans une période maximale comprise entre 1530 et 1555 paraît la plus probable, élément corroboré par les rapprochements stylistiques qui peuvent être établis avec la cathèdre de Saint-Samson de Dol-de-Bretagne." (F. Piat)

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Les seigneurs d’Espinay et la collégiale de Champeaux

"La collégiale de la Madeleine de Champeaux est profondément liée à la maison d’Espinay puisque sa fondation, au XVe siècle, leur est due. Avant l’édification de La Madeleine, il existait une église primitive placée sous le vocable de saint Pierre et qui était alors entourée d’un cimetière. C’est dans ce dernier que se trouvait la petite chapelle seigneuriale d’Espinay, dédicacée à Sainte-Marie-Madeleine. En 1430, il semble que l’église, menaçant ruines, ne pouvait plus tenir lieu d’édifice paroissial. Simon d’Espinay, seigneur de La Rivière et chambellan du duc Jean V, décide alors d’agrandir la modeste chapelle et de la transformer en église paroissiale. Un peu plus tard, en 1437, Robert Ier fonde un chapitre de six chanoines qui, accompagné de chapelains, dessert la nouvelle collégiale. La véritable ambition du seigneur d’Espinay, à cette époque, est d’en faire le lieu de sépulture de la famille, vocation funéraire qui ne se dément pas puisque plusieurs de ses successeurs s’y font inhumer."

Le pape Eugène IV autorisa Robert Ier à établir et à doter cinq chapelains et éleva La Madeleine de Champeaux au rang d’église collégiale, tout en la maintenant paroissiale.

« Le collège de Champeaux […] est composé de six prébendes ou canonicats, où à chacun y a une cure annexée […]. Il y a dignité de doyen dix chapelains, quatre enfants de chœur, maistre de psalette, et chaque chanoine doit avoir un prêtre sous lui. Il y a bonne musique, le service divin y est célébré avec beaucoup de dévotion. Duquel collège le revenu vaut huit mille livres ou environ.» in : A. DU PAZ, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, Paris 1620, p. 265 (également cité par A. GUILLOTIN DE CORSON, « Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château », in Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, 1904, p. 328 ».

Si on estime que les chapelains ne sont pas des chanoines, mais des prêtres chargés des chapellenies, je compte 6 chanoines, 10 chapelains, 4 enfants de chœur et leur maître de psalette, 6 prêtres, et il faut ajouter sans doute un organiste(après 1540), et des musiciens : soit une trentaine de personnes. Or, les stalles comportent 54 sièges. Mon compte des desservants de la collégiale est peut-être sous-estimé, mais il faut prévoir aussi des sièges pour la famille des Espinay, et d'autres pour des dignitaires.

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"Vassaux du baron de Vitré qui est également comte de Laval, les Espinay n’en étaient pas moins proches de cette puissante famille. En 1399, Simon d’Espinay était ainsi sénéchal de Vitré et il fut l’un des signataires du contrat de mariage de Jeanne de Laval et de Louis I er de Bourbon-Vendôme en 1422. André d’Espinay (1451-1544), frère du précédent, s’est illustré dans le conflit franco-breton, par son attachement précoce et sans faille à la cause française338. Évêque de Bordeaux, il aide à la diffusion de la politique de Louis XI dans cette province nouvellement rattachée à la couronne, et, à la mort de ce dernier, il reste au service de la régente Anne de Beaujeu. Lors de la réunion des États Généraux à Tours au début de l’année 1484, c’est d’ailleurs lui qui défend les intérêts de la régente et du futur Charles VIII. De fait, le rattachement de la Bretagne à la France lui paraît naturel tout comme les prétentions de la famille royale à la couronne ducale, en vertu du rachat des privilèges des Penthièvre. Durant le conflit, il sert de messager à Anne de Beaujeu, n’hésitant pas à venir voir les barons rebellés contre le duc afin de leur confirmer l’envoi de troupes339. Au lendemain du mariage d’Anne de Bretagne avec Maximilien d’Autriche, c’est encore lui qui rapporte la nouvelle à l’ancienne régente. Enfin, il est présent aux négociations qui suivent la défaite des Bretons à Saint-Aubin-du-Cormier en 1488 et qui aboutissent à la Paix du Verger et au mariage d’Anne de Bretagne avec le roi de France. Comme pour la maison de Laval, la position d’Espinay ne fut pas simple durant ce conflit. Leur domaine, situé à proximité de la frontière franco-bretonne, les intérêts qu’ils partageaient avec le domaine français et leur allégeance aux Laval, les mettaient dans une situation inconfortable où le parti français apparut rapidement comme étant le plus prometteur. Le statut de cette famille ne cessa d’ailleurs jamais de croître depuis le XVe siècle, notamment par un jeu d’alliance réfléchi. À ce titre, le mariage de Guy III d’Espinay (♰ 2 août 1551) et de Louise de Goulaine (♰ 8 février 1567), célébré le 17 septembre 1528 est tout à fait représentatif de cette ascension sociale. La maison de Goulaine était en effet une de ces vieilles familles nobles qui composaient le haut de l’aristocratie bretonne. Établis autour de Nantes, leur nom apparaît dès le XIIe siècle, mais c’est à la fin du XVe et au début du XVIe siècle que le château de Goulaine est érigé près du marais de Goulaine. La construction, remarquable, est composée d’un corps de logis central flanqué de deux pavillons carrés, dont les ouvertures sont ornées de sculptures empruntant au dernier gothique autant qu’à la première Renaissance. (F. Piat)"

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Plan  et numérotation des stalles de Champeaux par Florence Piat (2012).

Plan et numérotation des stalles de Champeaux par Florence Piat (2012).

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I. LES PANNEAUX EN BAS-RELIEF DES STALLES.

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Les jouées du coté sud-est.

Les "jouées" sont les cloisons fermant les rangées de stalles. Un grand volet étroit ferme les dais et les dorsaux de la rangée supérieure ; il est aéré par un élément médian à claire-voie.

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1. Le  panneau supérieur de la jouée.

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Il est sculpté d'angelots. Celui du haut crache des rinceaux — s'achevant en fleur au cœur en tête d'angelot —, et de rubans, auxquels est suspendu un cuir découpé à enroulement, globalement losangique. Celui-ci portait, avant d'être bûché par les burins de la Révolution, des armoiries. Les rubans, en se prolongeant en passant entre le long bec de deux échassiers, se transforment en dauphins, qui présentent un deuxième cuir découpé à enroulement, également bûché. On reconnait peut-être à deux endroits les pendants d'un lambel.

Si le motif héraldique ne peut être précisé sur cette jouée, ces cuirs découpés aux armoiries bûchées vont se retrouver sur tous les dorsaux, où on devine mieux le lion des Espinay et les lys des Goulaine, permettant de les attribuer à Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine, mariés en 1528.

Nous avons donc déjà, sur ce premier panneau examiné, de nombreux éléments caractéristiques de ces stalles :

a) la forte prévalence des éléments héraldiques, témoignant du souci de la famille d'Espinay d'affirmer son mécénant sur cette collégiale et son chapitre.

b) Le souci de ce couple de rendre compte, de façon précoce en Bretagne, de l'art des ornemanistes de la Renaissance, d'origine italienne mais introduite en France à Fontainebleau et en Touraine. Car ces  blasons inscrits dans des cuirs découpés à enroulements, ces rinceaux exubérant métamorphosant leurs tiges végétales en floraisons anthropomorphes (têtes de putti) et ces dauphins témoignent du vocabulaire italianisant de ces artistes. Cette influence va se constater plus loin par de nombreux petits personnages hybrides, de nombreux masques feuillus, des têtes de lions, et deux médaillons de profil.

c) L'influence du tombeau de Thomas James en la cathédrale de Dol-de-Bretagne, exemple le plus précoce (1507) de la Première Renaissance en Bretagne. La similitude entre les motifs des stalles de Champeaux et ceux développés sur le tombeau de Thomas James est très forte. "Les nombreux poissons hybrides [dauphins], dont le corps est partiellement recouvert de feuilles ou d’algues apparaissent aussi bien sur les jouées hautes de Champeaux que sur les piliers du tombeau . La composition diffère quelque peu mais la forme des queues de ces poissons, rattachées à leur extrémité et présentant des enroulements au même niveau, reste très proche." (F. Piat)

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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2. Le panneau inférieur de la jouée : masque-feuille crachant un couple de "dauphins", blason, etc.

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Ce deuxième panneau mérite aussi un examen soigneux, car il est également emblématique de la première Renaissance.

Le masque-feuille anthropomorphe est à lui-seul un témoin caractéristique de cet art. Nous le retrouvons plusieurs fois parmi les motifs des miséricordes. Ce motif du visage humain dont le contour s'étale en se transformant en une feuille indentée, est fréquemment retrouvé en sculpture bretonne Renaissance, notamment sur les sablières (Kerjean v.1570). On le trouve aussi dans les vitraux (Saint-Ouen, Rouen), et Jean Lafond  y voit "un motif cher aux ornemanistes italiens, aux sculpteurs de Gaillon et à Arnoult de Nimègue", et repris en marque de fabrique dans les vitraux rouennais jusqu'à la moitié du XVIe siècle. Voir ici Saint-Lô baie 8.

Ici, c'est un masque-feuille crachant des tiges de rinceaux, qui se retrouve sur les dais des stalles de Saint-Pol-de-Léon (1504-1520), sur de nombreuses sablières bretonnes (Saint-Sébastien de Saint-Ségal vers 1550, Kerjean vers 1570,  Saint-Thomas de Landerneau, etc).

Les tiges tout en produisant de nombreuses prolongements à petites feuilles enroulées, ou en bourgeons se transforment en dauphins affrontés.

Ce seul exemple est instructif : il exprime a) le goût pour les volutes, b) celui pour la production profuse, c) celui pour les métamorphoses entre les formes animales, végétales et humaines.

— L'un des rameaux de rinceaux suspend, par l'intermédiaire d'une boucle, un blason (bûché) dans un cuir découpé.

Là encore, nous avons une fusion/confusion des matières, et des thèmes. On sait que ces cuirs découpés imitent la forme d'une peau animale tendue par les mégissiers et tanneurs (avec le corps et l'amorce des pattes de l'animal), peau qui, détachée de ses cordes de séchage, s'enroule sur ses extrémités . Ces peaux servaient notamment à la fabrication des manuscrits en vélins (vélots, "veaux morts-nés"). Ils servent de cartouche (ornement en forme de carte) pour un blason, et ils envoient sur le coté des boucles ou serpentins évoquant des lambrequins. L'écriture codée, sur une peau semblable à un trophée,  de l'identification emblématique d'une famille de la noblesse (dont la lignée renvoie à l'idée d'arbre, de croissance et de fécondité), avec ses lions et ses fleurs (même s'ils sont effacés aujourd'hui), est déjà l'expression d'un passage entre humain, animal et végétal, mais cette expression est reprise et développée, comme un thème musical, par les motifs du masque-feuille, des rinceaux et de leur extrémités delphiques.

— Plus bas, les rinceaux se développent encore, libérant de nouvelles feuilles ; mais deux d'entre elles s'amusent à ressembler à des gueules animales.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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3. Jouée sud-est : panneau fermant le rang des stalles basses. Deux dauphins et deux oies affrontés autour d'un candélabre à rinceaux.

Les dauphins grotesques sont empanachés de feuilles plumes et dotés d'une queue en tête de dauphin.

Notez le graffiti IEANHAN et ses N rétrogrades, attestant de son ancienneté (voir les graffiti des enfants de la psallette sur les stalles de la cathédrale de Tréguier).

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les jouées intermédiaires sud.

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Les rangs inférieurs sont interrompus, après les cinq sièges les plus près du chœur (n°15 à 19 au sud et 42 à 46 au nord) par trois marches donnant accès aux rangs supérieurs. Les panneaux encadrant cet accès (les "jouées") sont sculptés.

Au sud, ils présentent deux rinceaux en lyre, s'achevant en tête de "dauphins" affrontés autour d'un candélabre.

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Jouées d'extrémité, coté occidental.

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Là encore se reprennent les variations autour du trio rinceaux/dauphins/candélabre, avec, ici, une tête d'angelot.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les jouées du coté nord-est.

Il est symétrique de celui du sud-est.

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1. Le  panneau supérieur de la jouée et les armoiries de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine.

Il débute par une tête de lion, ailé, tenant dans sa gueule un anneau. À cet anneau sont suspendus, bien-sûr, des rinceaux dont certaines tiges se transforment, bien-sûr, en dauphins. Mais ces tiges ont perdu leur aspect végétal et naturel pour adopter la forme, artificielle et manufacturée, de sangles marquées de I répétées. Ces sangles vont descendre en cabrioles et suspendre, en bas, un livre relié, ficelé avec deux pinceaux.

Ce motif, sous les deux blasons, qualifie le couple des commanditaires, et leurs deux familles comme des humanistes éclairés et des mécènes des arts. (On possède encore le Livre d'Heures de Richard d'Espinay).

Le blason supérieur dans son cuir découpé portait le lion d'Espinay, puisque ses pattes, en avant, et sa queue, en arrière, sont encore visibles.

Le blason inférieur portait les armoiries de Louise de Goulaine, mi-parti d'Angleterre (aux trois léopards passant) et de France (aux trois fleurs de lys). Deux de ces fleurs sont préservées.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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1. Le  panneau inférieur de la jouée nord-est.

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Autour d'un vase, ou candélabre, une paire de rinceaux s'achève en gueules de dragons. Plus bas, un couple d'animal dos à dos, comme deux lions héraldiques rampants. Mais les marques de poinçons imposent d'écarter cette hypothèse (le corps des lions est glabre, en dessous de la crinière) et d'opter pour des dragons aux pustules infectes. On pourrait croire que ces figures animales n'étaient pas affectées par le processus de transformation et contamination réciproque par le Végétal. Mais la langue et les oreilles, sont, sans aucun doute, des feuilles.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les jouées intermédiaires du coté nord : les commanditaires Louise de Goulaine et Guy III d'Espinay de profil dans des médaillons Renaissance.

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Les rangs inférieurs sont interrompus, après les cinq sièges les plus près du chœur (n° 42 à 46) par trois marches donnant accès aux rangs supérieurs. Les panneaux encadrant cet accès (les "jouées") sont sculptés d'un médaillon et des armoiries des commanditaires.

 

 

  "Louise de Goulaine y est figurée vêtue d´une robe à encolure carrée et les cheveux recouverts par une petite coiffe nouée sous le menton. Le portrait ne paraît pas flatteur en comparaison de celui de Guy d´Espinay qui, lui, s´est fait représenter en César, couronné de lauriers. Nul doute ici que des médailles antiques ont influencé ces portraits. Cependant, celui-ci est figuré, de profil, dans un médaillon situé sur les jouées centrales des stalles basses nord. Représenté en César, couronné de lauriers et drapé d’une toge, les traits de son visage ne paraissent pas aussi réalistes que ceux de sa femme qui lui fait face, sculptée dans un médaillon sur l’autre jouée centrale. En effet, Louise de Goulaine y est représentée vêtue à la mode de l’époque, la tête couverte d’un chaperon à bavolet pendant noué sous le cou, les traits épais, le menton en galoche. Cet élément vestimentaire, plutôt répandu, a fait son apparition au début du XVIe siècle, s’inspirant des coiffures des Ciociare, paysannes des Romagnes et de la Calabre.( J. RUPPERT, M. DELPIERRE (et al