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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 23:14

La charpente sculptée ( sablières, engoulants et abouts de poinçons) de l'église Saint-Fiacre de Guengat.

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Sans craindre le travers de la méticulosité, nous avons plutôt tendance à penser que seule la minutie est vraiment amusante. Thomas Mann, "La montagne magique", 1924.

 

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PRÉSENTATION.

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Si les premières mentions de scènes des sablières de Guengat datent de 1891 avec la tentative d'interprétation de H. Diverrés qui y voient des armes parlantes (Lièvre blanc = Guengat, sanglier pistant un renard = Saint Alouarn), puis de 1911, date à laquelle le chanoine Abgrall reprend ces interprétations, et décrit les scènes les plus remarquables, et si ces sablières ont été ensuite rapidement décrites par Couffon en 1959 (réed. 1988) et étudiées mais non décrites par Sophie Duhem dans sa thèse générale sur les sablières de Bretagne (17 références dans l'index), leur première description  exhaustive, et prudente dans ses interprétations, est donnée par Christian Jouin dans son remarquable site "Tout sur Guengat". Mon article de 2014 tendait vers l'exhaustivité (sans y parvenir), reprenait comme argent comptant les interprétations de la littérature, et donnait aux internautes un premier relevé photographique du corpus. En 2019, un album sur les Trésors cachés des sablières de Bretagne proposait, pour les scènes les plus pittoresques, quatre photographies rutilantes  d' A. P. Standford.

Je souhaite aujourd'hui donner un nouveau relevé photographique, cette fois-ci complet et détaillé, des pièces sculptées, et y associer les autres éléments sculptés figuratifs de la charpente que sont les engoulants du bas-côté nord et les abouts de poinçon du chœur. 

Je veux aussi, après avoir décrit une trentaine de sablières de Bretagne, reprendre d'un œil plus critique les interprétations qui en sont données.

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Datation.

"Fin XVIe-début XVIIe siècle" selon S. Duhem.  J'aurai opté pour une datation plus précoce, en raison du bestiaire très médiéval, de la quasi absence d'influence de la Renaissance, et de la ressemblance des dragons avec ceux du Maître de Plomodiern (vers 1564), mais sur un mode moins poussé. On rêve d'une étude dendrologique.

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Restauration (sous réserve).

-En 1838 (C. Jouin) 

-En 1991.

-En 2010 par l'entreprise Savina de Plouhinec.

-Hiver-printemps 2012, restauration complète de la charpente de la chapelle du Rosaire par Le Ber (Sizun). Dossier iconographique 25 clichés.

-En 2021, "mise en place d'une étude sur la rénovation du mobilier" demandée par la DRAC, Matthieu Bargain, conseiller au patrimoine, pour 17 statues classées (priorité pour saint Ivy et sa niche), un retable, un panneau peint et divers mobiliers.

Toute la charpente est lambrissée et peinte en bleu clair avec des nervures soulignées d'un bleu plus foncé et sculptées en frise de motifs géométriques rouges et noirs.

Les pièces de sablière sculptées se trouvent des deux cotés de la nef, dans une chapelle sud dédiée au Rosaire (quatre pièces) et dans la chapelle Saint-Roch  (deux pièces) au nord du chœur.

Remarque : D'une façon générale, nous ne pouvons nous fier aux couleurs actuelles, qui ne doivent pas être les couleurs d'origine. Il nous faudrait un rapport d'expertise dressé lors d'une restauration. 

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Description.

Je débuterai par la périphérie et le coté sud...
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I. LES SABLIÈRES DE LA CHAPELLE DU ROSAIRE OUVRANT DANS LE BAS-CÔTÉ SUD.

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Les deux côtés est et ouest de la chapelle  sont ornés de sablière. De chaque côté,  un entrait engoulé sépare les sablières en deux pièces. 

Chaque pièce est soulignée à sa partie inférieure par une frise de godrons rythmée par des têtes d'angelots ailés.

D'après le dossier de l'atelier Le Ber, la part de la restauration de novo en 2012 est considérable, tant pour la charpente proprement dit que pour les éléments sculptés ornementaux, mais j'ignore quels sont les relevés de l'état pré-restauration.

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LE COTÉ OUEST.

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Le côté ouest, première pièce. Quatre "chevaux" autour d'une rosace.

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Le blochet  en forme de volutes est sculpté de manière non figurative.

Quatre animaux entourent une rosace centrale. Malgré une facture grossière, on reconnaît à gauche deux chevaux, séparés par une cloison de stalle d'écurie ; celui de droite semble doté d'un panier dont rien n'indique qu'il est suspendu à la tête, mais qui peut faire office de mangeoire à grains.

Les deux queues sont différentes, celle de l'animal de gauche est excessivement longue, celle de celui de droite est retroussée.

Les oreilles sont dressées et longues à gauche.

Le ventre du cheval de droite, dilaté, pourrait indiquer une jument ; le sexe de celui de gauche n'est pas représenté.

Aucune pièce d'harnachement n'est figurée.

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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De l'autre coté de la rosace, nous pouvons hésiter entre chevaux, ânes ou mulets. Les robes sont différentes. Le "cheval" de droite est un mâle. Les pattes postérieures de celui de gauche sont à demi fléchies, ce qui a pu inciter à voir là une scène d'accouplement.

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Conclusion. 

Nous ne pouvons tirer de ces quatre "chevaux" aucune interprétation renvoyant à une saynète, un proverbe, une légende, etc. La réunion de ces quatre équidés n'a aucun sens, elle est une décoration animalière, tout au plus  à visée  de distraction des fidèles en rapport avec leur environnement rural.

 

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le côté ouest, deuxième pièce. Un homme (chasseur ?), un chien (de chasse ?), une oie (?) / Un taureau et une vache.

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Du coté gauche de la rosace. Un homme portant un objet allongé et un chien.

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Les vêtements de l'homme ne sont pas détaillés. Il pourrait être nu, mais à cela s'oppose le fait qu'il semble chaussé de sabots. Il est imberbe et porte les cheveux longs, couleur auburn. Sa jambe gauche est avancée, dans l'attitude de la marche.

 

L'objet qu'il tient est élargi en crosse à l'extrémité tenue par la main droite. L'autre extrémité est soutenu par la main gauche. L'hypothèse d'un fusil est plausible. Ce serait alors un chasseur, accompagné par son chien.

Le chien ne porte pas de collier, ce qui est conforme au style général où les détails d'habillement et harnachement sont absents. Les oreilles longues sont cohérentes avec l'hypothèse d'un chien de chasse.

Ce chien fait face à une oie (ou à un gibier d'eau, palmipède, mais l'attitude face à face ne plaide pas pour une poursuite ou à un arrêt).

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Du coté droit de la rosace, un taureau et une vache ; un lapin (ou lièvre).

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Aucune suite logique avec la partie de gauche, hormis le thème animalier. Aucune cohérence non plus dans la confrontation de la vache avec un lapin.

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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LE COTÉ EST.

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Le blochet.

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Le personnage est remarquable et pittoresque, mais il est néanmoins impossible de l'identifier. Cet homme barbu, cheveux longs, aux mains écartées comme un "ravi" de crèche, nous intrigue par son chapeau semblable à un fez oriental. Ce chapeau, la tunique mi-longue et les braies sont rouges, seuls deux boutons et un col sont verts.

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Première pièce à l'est. Arabesque de feuillages autour d'un masque d'homme barbu.

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Deuxième pièce à l'est. Animaux et blason des Guengat.

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Coté droit. Un coq mangeant un tas de [grains ?] ; un animal [renard ??] mangeant un objet [poisson ? poule ?].

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On pense à un coq en raison de la queue aux plumes faisant éventail. Il se penche sur un objet  pyramidal marron.

Le quadrupède est doté d'une queue très long s'achevant par une boucle. La peinture forme des taches sombres sur cette queue et des rayures sur la crinière. Les oreilles sont longues et dressées. L'animal aux pattes postérieures fléchies tient par ses antérieures une proie qui ressemble autant à une poule (si c'est un renard) ou un poisson. En réalité, les caractéristiques sont trop incohérentes pour identifier un animal précis si on ne s'aide pas, avec les risques que cela comporte, de son intuition.

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le blason des Guengat.

L'indentification est assurée, car les trois paumes caractéristiques s'inscrivent dans un écu, et que ces armes sont bien connues ici tout comme à Plogonnec.  Ce sont celles des seigneurs de Guengat, d'azur à trois mains dextres appaumées d'argent en pal. Mais les couleurs du fond (marron et non bleu) et des paumes (rose chair et non blanches) ne respectent pas les données de l'héraldique.

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Coté gauche. Un animal sonnant de la trompe. Une croix pommée verte et jaune à l'extrémité d'un "calvaire" vert à trois degrés.

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L'animal est identique à celui du coté droit. Ceux qui ont opté alors pour un renard peuvent reprendre ici leur interprétation. Il souffle dans une trompe qui peut être rapprochée, si on veut, d'une trompe de chasse.

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Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Engoulant de l'entrait.

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Engoulant de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Engoulant de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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About de poinçon faisant fonction de poulie.

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About de poinçon de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

About de poinçon de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

About de poinçon de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

About de poinçon de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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II.  LA CHAPELLE DE SAINT-MICHEL   AU SUD DU CHOEUR.

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Sablière du coté oriental. Frise végétale semblable à la première pièce orientale de la chapelle du Rosaire, mais dont des parties ont été remplacées par des panneaux peints d'écu à motif floral, fantaisiste.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Blochet sud-est. Tête d'homme coiffé d'un bonnet et montrant les dents.

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Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Blochet sud-ouest. Masque de deux têtes masculines jumelées, bouche ouverte sur une langue rouge.

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La partie haute ou "bonnet" forme presque un culot.

 

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Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Sablière du coté occidental. Frise végétale symétrique à la pièce orientale  : deux feuilles d'acanthe encadrent, de part et d'autre de l'entrait engoulé,  des panneaux peints d'écu à motif floral, fantaisiste.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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About de pinçon : une tête de dragon montrant les dents.

Tous les abouts de poinçon de la charpente sont peints en bleu dans la même teinte que le lambris.

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Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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III. LA SABLIÈRE ET L'ENTRAIT DE LA CHAPELLE DE SAINT-ROCH   AU NORD DU CHOEUR.

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Au dessus de l'arcade séparant le chœur de la chapelle Saint-Roch se trouve une première pièce. Il s'agit d'un entrait à engoulant, transformé et intégré à la cloison. Un masque d'homme  barbu crache des rinceaux serpentiformes délimitant des loges à éventails floraux.

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Entrait  de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait  de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait  de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait  de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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La sablière du mur ouest de la chapelle : deux dragons à queue céphalisée menacent de dévoration une femme nue aux cheveux blonds. 

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Les dragons au corps verruqueux (coups de gouge en V) sont dotées de pattes-nageoires et d'appendices supérieures en plume. Le museau de leur gueule largement ouverte sur une copieuse dentition est retroussé. La langue est tendue vers la proie. Les oreilles sont rondes. La queue se transforme en une deuxième tête identique à la tête principale.

Tous ces caractères sont ceux des dragons des sablières du Finistère, et notamment de celles de l'atelier du Maître de Plomodiern actif à Plomodiern, Saint-Nic, Pont-Croix et Cap-Sizun au milieu du XVIe siècle, mais tous les traits stylistiques de cet atelier (cartouches ...) ne se retrouvent pas à Guengat, et les transformations végétales des dragons sont ici plus timides.

La partie basse du buste du personnage central est détruite. La tête est rasée mais une natte (ou corde ?) l'entoure du côté gauche. On peut deviner un bras gauche dressé et les épaules.

Les personnages dont la tête est placée entre les gueules de deux dragons abondent dans la production du Maître de Plomodiern et autres sculpteurs de sablières, et on en trouve aussi un très bel exemple sur le coté sud de la nef.

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Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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IV. SABLIÈRES DE LA NEF ET DU CHOEUR, CÔTÉ NORD.

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Description du chevet vers la nef, et donc de la droite vers la gauche.

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Frise de rinceaux fleuris (roses ?) sculptée ou en partie peinte. Quatrefeuilles peint.

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Note. Les quatrefeuilles se retrouvent à intervalles réguliers, toutes les quatre nervures, et me semblent peints sur les sections d'anciennes poutres (entraits) qui auraient été supprimées, puisqu'on les retrouve au même endroit du coté sud.

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Les sablières de l'église de Guengat.
Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Deux licornes affrontées autour d'un feuillage stylisé en arbre.

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Ces deux licornes, qu'on retrouve en vis à vis du coté sud, sont encadrées par des feuillages stylisés en petits arbres(come sur les peintures sur verre et enluminures médiévales), et s'affrontent de part et d'autre d'une tige fleurie, dotée de deux branches repliées en bras, autour d'un ovale. Cette tige, légèrement anthropomorphe, ou évoquant un emblème symbolique, peut être vue comme un arbre de la symbolique médiévale, comme celui du Paradis, et, du moins, interpelle par ses particularités.

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Dans son ouvrage, Sophie Duhem décrit la présence de ce thème des licornes sur les sablières bretonnes :

"Ce que nous avons observé pour la sirène [ provenant de l'imagerie bas-médiévale européenne] s'avère valable pour les centaures et les licornes.

Ces dernières apparaissent sur une trentaine de sablières sous l'apparence commune de chevaux dotés de cornes frontales. Si quelques licornes sont représentées isolées (chapelle Saint-Hervé à Gourin, Malestroit, Plouaret, chapelle Saint-Eloi en Saint-Nicolas-du-Pélem, chapelle de Burtulet en Saint-Servais ), la plupart sont insérées dans des saynètes classiques de l'iconographie médiévale.

L'image de la licorne affrontée au lion, qui apparaît par exemple sur la célèbre tapisserie conservée au Musée de Cluny, orne également les sablières bretonnes : à Châtelaudren, Grâces-Guingamp, Trémeur et Locmalo (Ch. De Kerlénat). Le thème est toujours d'actualité un siècle plus tard, repris en 1652 à Ploërdut par l'artiste de la chapelle de Crénénann. Sur quelques poutres, le lion est remplacé par une hydre ou un dragon, comme à Kerpert, Grâces-Guingamp et Saint-Gilles-Pligeaux (Ch. Saint-Laurent) .Une autre variante existe à Lanmérin, sous la forme d'une licorne pourchassée par une meute de chiens.

Les artisans actifs autour de Kerlénat ont préféré la représentation moins classique de deux licornes affrontées, disposées de part et d'autre d'un homme en buste tenant leur barbiches.

Ce thème est illustré sur les charpentes de Locmalo, de Bieuzy, de Baud, de Guern (Chapelle Saint-Jean), et il semble qu'il ait également inspiré les sculpteurs de Cléguérec (chapelle de la Trinité), de Melgven (chapelle de la Trinité), de Guengat et du Tréhou. La plupart des représentations sont donc relativement stéréotypées, et conformes aux sujets en circulation à partir de la fin du XVe siècle. Deux exemples, qu'il faut rattacher aux nouveautés du répertoire renaissant, s'écartent des modèles habituels : à Confort-Meilars, l'animal sort d'une corne d'abondance, et, à Pleyben, son corps est végétalisé. "(S. Duhem p. 169 et notes p. 199)

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Remarques :

—Je n'ai pas su voir de licorne sur les sablières lors de ma visite de l'église Saint-Gilles de Malestroit. Je doute de sa présence à Confort-Meilars où je ne l'ai pas reconnue. La "licorne " de Pleyben est en réalité un cheval dont l'oreille est saillante.

—Une très belle scène d'affrontement de deux licornes attelées est présente sur les sablières de Bodilis.

— Je peux reprendre ici ce que j'ai écrit à propos des licornes affrontées des sablières de Le Tréhou :

"Je remarque que cette scène n'a rien de commun avec le thème (religieux ou mystique issu du Physiologus)  de la Licorne de l'Annonciation, ni avec celui de la Chasse de la Licorne, tous deux en relation avec la croyance que la licorne, pour être chassée, devait être "appâtée" par une jeune fille vierge.

Voir l'Annonciation à la licorne ou  Chasse mystique de Schongauer à Colmar (v.1480) et 

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Sens.

Au contraire, nous sommes ici dans le domaine profane et ornemental qui recherche dans les créatures chimériques, imaginaires ou exotiques des sujets distrayants propres à séduire l'imagination. Malgré notre avidité à trouver du sens à ces images, et malgré notre réticence à accepter que le sacré voisine avec les drôleries (ou les obscénités), nous sommes invités à accepter les changements de point de vue et  à découvrir ceux de  nos ancêtres : ce n'est pas la moindre des aventures auxquelles la visite d'une église bretonne nous convie."

—Voir :

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Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Un sanglier, un chien et un lapin blanc devant un feuillage.

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C'est ce groupe qui a incité H. Diverrès en 1891 à décrire "un lièvre blanc, par allusion au nom de Guengat" puis "un sanglier suivant un renard à la piste" en considérant qu'il s'agit "d'une plaisanterie du nom de saint Alouarn, l'un des seigneurs de l'endroit, qui portait des hures de sanglier  San ar louarn ("sent le renard").

Ces propositions ont été reprises par tous les auteurs.

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Pourtant, la première proposition doit être tempérée par le fait qu'on trouve des lapins blancs sur d'autres sablières (comme à Trémalo) sans qu'ils ne trouvent leurs justifications sur un jeu de mots : c'est une figure courante du bestiaire de l'iconographie. D'autre part, je ne suis pas sûr que les seigneurs de Guengat aient apprécié ce jeu. L'étymologie du toponyme Guengat serait bien fantaisiste, et Deshayes indique que le nom est composé avec le terme -cat, "combat".

Pour l'autre proposition, la principale critique , outre qu'il est rare que les sangliers pistent les renards, est que le deuxième animal est un chien. Même chez un sculpteur animalier aussi peu enclin à s'inspirer des  modèles naturalistes, comme nous l'avons vu sur le bas-côté sud, un renard se reconnaît à sa queue, longue (70% de la longueur de son corps), épaisse, duveteuse et touchant le sol lorsqu'il est debout. Ajoutons à ce portrait-type le pelage roux,  les oreilles dressées et pointues et le museau fin.

L'animal ici présent est de pelage fauve (clair) tacheté de noir, son museau est carré, ses oreilles arrondies, et, surtout, sa queue est dressée en fouet au dessus de son dos. Ses pattes portent une fourrure. C'est un mâle (comme le "lapin" d'ailleurs).

Même le "sanglier" est fort étonnant. Au lieu d'une queue de cochon, sa queue est longue et traîne presque jusqu'au sol. Surtout, son échine est hérissée de spicules, jusqu'à la queue, comme certaines représentations de dragons, mais sans rapport avec les soies des sangliers.

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Je n'ai pu trouver l'expression" sant al louarn" attestée en langue bretonne. F. Favereau donne pour sant : 1 "saint" et 2. "Sensation".

Le chanoine Abgrall, pourtant très averti, aggrave les choses en parlant des deux grands seigneurs de la paroisse, dont "Guengat, dont les armes portaient des hures de sanglier", ce qui est erroné.

Couffon recopie Diverrès : "On y distingue en effet au nord des animaux affrontés, un lièvre blanc (Guengat) un sanglier (armes des Saint-Alouarn : hures de sangliers) poursuivant un renard ("sant al louarn" "sur la piste du renard" ).

Sophie Duhem écrit "Une des sablières, sculptée en 1660 par Yan Hamoun, représente un lièvre blanc (en breton Gwen Gat, à l'origine du nom de la paroisse) flairant l'arrière-train d'un renard".

Christian Jouin est à la fois plus précis et plus prudent : "-Un sanglier. Il peut être une allusion aux ALÉNO, seigneur de SAINT-ALOUARN, qui blasonnait : « D'argent à trois hures de sanglier de sable, arrachées de gueules »,- Un renard. Il peut être une allusion aux SAINT-ALOUARN : « louarn » en breton = renard, - Un lièvre. Il peut être une allusion aux DE GUENGAT : en breton « gwenn » = blanc et « gad » = lièvre. "

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En outre, il ne me semble pas que les seigneurs, très scrupuleux sur leur renom, sur la figuration de leurs armes sur les vitraux, au titre de leurs prééminences, ou sur leurs gisants et sur les multiples écus placés sur les lieux stratégiques du sanctuaire, puissent admettre que leur nom, ou les meubles de leurs armes, soient détournées pour amuser la galerie, surtout sur un lieu aussi peu noble que les sablières.

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Émile Mâle, dans L'art religieux du XIIIe siècle en France, page 64 nous a  jadis avertis « Il ne faut pas chercher partout des symboles ...Jamais nos vieux artistes ne furent aussi ingénieux que leurs exégètes modernes. ». En tout cas, nous constatons que les "exégèses" des érudits les dispensent d'une description attentive des œuvres, et qu'elles fonctionnent de façon virale en se reproduisant d'auteur en auteur sans remise en cause.

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Nous devons nous contenter de décrire ici  une séquence de trois animaux (ou cinq pour l'ensemble de la pièce), naturels ou fantastiques, pas toujours identifiables et encore moins  en terme naturaliste (lièvre ou lapin ?), dont rien n'indique un contexte cynégétique ou une relation signifiante  réunissant les animaux.

Au mieux, lorsque sera constitué un corpus iconographique complet des motifs sculptés des sablières, numérisé et indexé, que les traits stylistiques pourront définir, précisément ou non, des ateliers, que ce corpus pourra être comparé à une recension identique du bestiaire des sculptures sur pierre (crossettes par exemple), nous pourrons repérer (comme S. Duhem l'a fait pour les licornes) des répétitions de motifs identiques et leurs réunions en saynètes signifiantes.

Nous avons affaire à Guengat, jusqu'à preuve du contraire, à la juxtaposition d'éléments isolés d'un bestiaire commun aux ymagiers (donc ne trouvant pas sa justification au niveau local), et où nos rares clefs solides d'interprétation basées sur les fables et les proverbes ne fonctionnent pas.

Il nous faut apprendre à observer avant d'interpréter, et à admirer et être touché par le cœur plus que par l' intelligence raisonneuse, qui fait obstacle à nos sens. 

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Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Pièce suivante. Cinq personnages et un tonneau. Inscription.

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Cette pièce, la plus connue, semble vouloir me donner tort dans ma prudence d'interprétation. Et pourtant, il faut soumettre les  écrits des auteurs de référence à une critique semblable.

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Un des éléments remarquables, et pleins de promesse, et l'inscription gravée IAN HAMOUN.

Il s'agit bien évidemment d'un patronyme, et IAN renvoie à notre Jean moderne. On pense à un Jean Hamoun, forme peut-être de Jean Hamon.

Sophie Duhem considère que les noms inscrits sur les sablières sont ceux des sculpteurs. Cette opinion est largement reprise (Monumentum, Wikipedia, Maurice Dilasser, C. Jouin ...). Pourtant, je ne peux la suivre que dans les cas où le nom est suivie d'une mention explicite de sa profession, ou de sa revendication ("a fait", "a sculpté"), car en sculpture sur pierre, les noms sont le plus souvent ceux des fabriciens, et après le XVIe siècle, parfois de leurs recteurs.

Ici, il me semble prudent de ne pas qualifier ce Ian Hamoun de sculpteur (il faudrait retrouver son nom sur d'autres œuvres, ou dans les archives, ou dans une pièce paroissiale précisant sa profession), mais sans aller plus loin pour lever le doute.

Les données généalogiques ne donnent aucune donnée à Guengat ou à Plogonnec avant le XVIIIe siècle avec le patronyme Hamon ou celui d'Hamoun.

https://gw.geneanet.org/pjcv?n=hamon&oc=&p=etienne

En élargissant au Finistère, on obtient avec Jean Hamon 28 données.

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Albert Deshayes ne mentionne pas la forme HAMOUN en Bretagne, mais HAMON, HAMOUNIC (dans le Léon), HAMONOU.

En conclusion, cette inscription ouvre à plus d'incertitudes que de renseignements.

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Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le tonneau est de belle taille (longueur =deux fois celle des humains), c'est (?) un foudre (800 à 1000 litres), ses douelles sont entièrement cerclés aux collets — comme ceux du bas-relief de Colonzelle (Drôme)— par des gaulis généralement en noisetier. Le robinet inséré dans le trou de perce, visible à droite, est bizarrement placé en haut du récipient. Il est légitime de penser que ce tonneau est rempli de vin.

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Un homme en costume traditionnel se tient face à nous, main droite sur la hanche mais la main gauche placé contre le fond du foudre. Il est coiffé d'un chapeau rond noir, porte une veste bleue, cintrée et courte, et des hauts de chausse (les fameux bragou braz) noirs, plissés et bouffants descendant sous les genoux. On imagine ensuite des housseaux et on voit bien les sabots noirs.

Je peux, au mieux, imaginer qu'il se livre ici à une farce : l'homme, en obturant la bonde de son doigt, dissimulé par le ventre du tonneau, empêche la femme de remplir son pichet. Ce serait très comique, mais est-ce plausible ?

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Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Une femme remplit un broc métallique au robinet en se penchant légèrement. Elle porte la coiffe courte et blanche, un gilet bleu à manches longues, et une robe plissée blanche, sans le tablier traditionnel. Elle est chaussée de sabots (ou de souliers noirs ?).

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On comparera cette scène au tonneau, non pas aux multiples buveurs à tonnelets, mais à la sablière nord de l'église Saint-Thomas de Landerneau et de Bodilis , ainsi qu'à la chapelle du Grouanec à Plouguerneau, où , dans les trois cas, une truie tente de débonder le foudre.

Mais ici, comme si toute la production de ce sculpteur se voulait être issue d'une pensée blanche, objective se dérobant à toute interprétation, il n'y a aucune anecdote, aucune leçon ou description d'ivrognerie, aucune narration.

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Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Vient en suite un deuxième homme, de face comme le premier, et de tenue assez analogue ; mais ses cheveux sont longs, il porte une petite barbiche, et tient la poignée de son épée, suspendue au côté gauche. En outre, il n'a pas de bragou braz, mais des hauts de chausse ajustés au dessus de bas rouge. C'est donc un seigneur.

R. Couffon a vu "un sac d'écus", que je ne vois pas.

Il n'accomplit aucune autre action que celle de nous regarder, comme un acteur qui se présente ;  encore une fois, il ne participe à aucune narration. Il est là.

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Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Son voisin est un prêtre, puisqu'il tient son attribut, le calice, et son bréviaire, et qu'il porte la barrette des recteurs, ou bonnet carré des docteurs en théologie. Lui aussi tient sa place dans cette galerie de personnages.

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Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Enfin, fermant le rang, le dernier personnage est saint Fiacre, patron de l'église. Il s'identifie non seulement à sa bêche (ce pourrait être un jardinier), mais aussi à sa tonsure monastique, à son épais livre relié, et à sa robe, serrée par une ceinture. 

Toujours pas d'autre action, il se montre afin que nous le reconnaissions.

Christian Jouin fait remarquer que cette galerie est celle des trois Etats (le couple de paysans ou bourgeois représentant le Tiers-État, puis la Noblesse, et enfin le Clergé). C'est en tout cas une condensé de la paroisse et de ses notables derrière son saint patron.

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Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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V. SABLIÈRES DE LA NEF ET DU CHOEUR, CÔTÉ SUD.

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Description de l'est vers l'ouest, du chœur vers la nef.

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Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Première pièce. Frise de rinceaux produisant des épillets (ou grappes) sculptée. Quatrefeuilles peint.

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La pièce est identique à celle du nord, mais les "roses" que j'y voyais sont des grappes ou épillets.

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Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Deuxième pièce. Deux licornes affrontées. Lapin blanc crachant un feuillage. Un chien ; un sanglier.

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Cette pièce est la copie (ou inversement) de son homologue au nord, mais on peut jouer au jeu des sept erreurs. Le lapin "crache" les feuillages ; le chien a un museau plus proche de celui d'un renard (mais toujours sa queue en fouet). Le "sanglier" n'a plus l'échine dentelé (mais sa queue est toujours longue et non en tire-bouchon).

 

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Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Troisième pièce. Tête d'un homme, dont les oreilles sont menacées par les gueules de deux dragons.

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Nous retrouvons le motif de a sablière de la chapelle Saint-Roch, mais la femme laisse la place à un homme, imberbe, coiffé d'un chapeau noir. Ses oreilles sont protégées de la dentition gloutonne des monstres par une épaisse tignasse. Le chapeau en tronc de cône explique un peu mieux la forme en fez du blochet de la chapelle du Rosaire.

Les dragons ont une queue longue et effilée, mais non céphalique. Les écailles du corps sont traitées soigneusement par des "pointes de diamant". Les échines sont hérissées de dent (comme le "sanglier" du nord). Le sourcil du dragon de droite est délicatement sculpté de fines rides.

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Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Dernière  pièce. Frise géométrique centrée par des médaillons d'entrelacs.

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C'est l'un des rares motifs trahissant l'influence de la Renaissance, comme l'indique Sophie Duhem : " influence possible d'un maître italien tel que Nicoletta da Modena [1480-1538], apprécié des ornemanistes."

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Un Nicolas de Modène a travaillé à Fontainebleau pour François Ier.

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Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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VI . LES ABOUTS DE POINÇONS DU CHOEUR.

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Parmi la douzaine d'abouts de poinçon de la nef et du chœur, les premiers sont des feuillages. Puis vient une rosace délicatement travaillée, puis un support de poulies dont l'extrémité est sculpté en mâchoires se fermant sur une tête d'enfant , puis un écu au lion rampant, puis un dernier abouts dont l'écu porte les trois paumes des de Guengat. La nervure médiane s'achève au dessus de la maîtresse-vitre sur une tête d'homme.

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Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

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Ecu au lion.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Armorial_au_Griffon#/media/Fichier:Madier_de_Montjau.svg

On attendrait ici plutôt le griffon de la famille de Saint-Alouarn (d'azur au griffon d'argent), bien visible sur le gisant de l'enfeu nord. Mais les ailes du griffon ne sont pas visibles. 

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Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

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VII . LES ENTRAITS ENGOULÉS DU BAS-CÔTÉ NORD.

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Entraits engoulés du bas-côté nord. Photographie lavieb-aile 2022.

Entraits engoulés du bas-côté nord. Photographie lavieb-aile 2022.

Entraits engoulés du bas-côté nord. Photographie lavieb-aile 2022.

Entraits engoulés du bas-côté nord. Photographie lavieb-aile 2022.

 

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e296d04e82cd30c9fa97fe5d8508bc81.pdf

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

"Les sablières du chœur sont ornées de sculptures assez grossières, dans lesquelles on reconnaît un lièvre blanc, guen gad, jeu de mot sur le nom de la paroisse. On y voit également : 1° un sanglier poursuivant un renard, allusion aux deux grands seigneurs de la paroisse, Guengat, dont les armes portaient des hures de sanglier, et saint Alouarn, al louarn, le renard ; 2° Un prêtre tenant d'une main un livre et de l'autre un calice ; saint Fiacre, portant un livre et une pelle ; 3° Un homme portant un sac d'écus ; 4° Un tonneau en perce des deux bouts ; d'un côté, une femme emplit un broc, de l'autre, un homme emplissant le même office."

 

— ARLAUX (Claire), 2019, Trésors cachés des sablières de Bretagne. Photographies Andrew Paul Standford. Impressions du Ponant Equinoxe, 150 pages.

CASTEL (Yves-Pascal), 1984, " Eglise Saint-Fiacre, inscriptions sur un confessionnal et sur l'autel" B.S.A.F. .

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

 

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

"L'église, du type à nef obscure, est lambrissée, sans entraits, avec sablières sculptées d'un grand intérêt. On y distingue en effet au nord des animaux affrontés, un lièvre blanc (Guengat) un sanglier (armes des Saint-Alouarn : hures de sangliers) poursuivant un renard ("sant al louarn" "sur la piste du renard" ), saint Fiacre et sa bêche, un prêtre tenant un calice (clergé), un homme avec une épée et un sac d'écus (noblesse), un homme et une femme autour d'un tonneau en perce (tiers état) et l'inscription : "IAN. HAMOUN.". Au sud, chevaux affrontés, lièvre blanc, renard, sanglier, tête entre deux crocodiles."

 

 

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

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— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes, 1997 - 385 pages, pages 2 ;12 (descriptions précoces) ; 62 (illustration) ; 169 (un paragraphe et la fig. 88 : les licornes) ; 179 (nudité d'une femme accroupie qui a été varlopée) ; 191-192 (les vitraux) ; 195 (frise de motifs géométriques, figure 121, influence possible d'un maître italien tel que Nicoletta da Modena [1480-1538], apprécié des ornemanistes); 209 (« Quelques factures originales. Les décors des sablières de Trémeur, de Guengat et de la chapelle des Cieux à Huelgoat sont étonnants, constitués d'un enchevêtrement d'entrelacs et de motifs qu'on a parfois du mal à décrypter." ) ; 222; 231-234 (fig. 152 : le Noble, le Prêtre et le Paysan (ou saint Fiacre ?)) . Vêtement des laboureurs, une tunique longue serrée par une ceinture; 241 ("des chevaux s'accouplent à Guengat"); 269 (fig. 159 : figure avalée par deux dragons comme à Bieuzy, Plouhinec, Pont-Croix, etc.); 291 (figures de saints, rares sur les sablières, comme celles de "Guengat (1660) avec un saint Fiacre et une sainte Véronique").

Page 231, S. Duhem considère que IAN HAMOUN est le nom de l'artiste : "À Guengat, Ian Hamoun, sculpteur à Guengat, fait exception en choisissant de faire le portrait des représentants de la paroisse" etc.

 

— DUHEM (Sophie), 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  105-1  pp. 53-69

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

 

 

— DUHEM (Sophie), 2012  Impudeurs et effronteries dans l'art religieux breton (xve siècle - xviiie siècle), éditions Le Télégramme, 2012.

"Une des sablières, sculptée en 1660 par Yan Hamoun, représente un lièvre blanc (en breton Gwen Gat, à l'origine du nom de la paroisse) flairant l'arrière-train d'un renard".

— DUHEM (Sophie), 2013,  Introduction, "Passeurs des âmes, passeurs des arts", Presses universitaires du Midi.

https://books.openedition.org/pumi/31428

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

—PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

— POP.CULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089983

WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

"   Il y a des raisons de conjecturer que Guengat, quoique portant un nom qui était un nom d’homme, au pays de Galles, n’est pas une paroisse primitive, et qu’elle dépendit d’abord de la vaste paroisse de Plogonnec. Ainsi la 1e église n’aurait été qu’une chapelle de dévotion. Le château, aujourd’hui complètement ruiné, de la seigneurie de Guengat, s’élevait très près de la limite actuelle des 2 communes. Le seigneur comptait parmi les principaux de Cornouaille. L’un d’eux, Alain, chambellan du Roi, vice-amiral de Bretagne, capitaine de la ville et du château de Brest, combattait à Pavie au côté de François 1er ; et partagea sa captivité.
    A la fenêtre à 3 meneaux, du bras sud, du faux transept, se voient entremêlées des scènes de la vie du Christ, (divers saints), présentant des donateurs et donatrices, seigneurs et dames des familles de Kérigny, de Kerdrein, et de Bruère-Ducran. Malheureusement les incertitudes des généalogies de ces familles ne permettent pas de proposer fermement une date ; il faut s’en tenir à une approximation : environ l’an 1500."

WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

 

Sites divers :

http://www.guengat.com/8/eglise05.html.

Site Tout sur l'église : http://www.guengat.com/8/eglise07.html

Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 12:35

 

 

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Vous pourrez lire dans ce blog, sur le sujet des corniches ("sablières") et autres pièces de charpente sculptées (blochets, abouts de poinçon)  de Bretagne, les articles suivants :

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MORBIHAN :

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CÔTES D'ARMOR :

 

 

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FINISTÈRE :

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liste =/- chronologique :

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Sur les réalisations du Maître de Pleyben (1567-1576), attribution par S. Duhem :

 

Attribution personnelle au Maître de Pleyben : Bodilis, Saint-Sébastien,  et Roscoff

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Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

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Sur les réalisations d'un hypothétique Maître de Saint-Nic (1641-1676) :

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 11:05

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Les sablières de la nef et du chœur sont ponctuées de masques d'hommes, d'animaux et de bêtes fabuleuses, parfois associées en saynètes.

Je les date, à défaut d'autres précisions, de la date de fondation de la chapelle en 1550, inscrite sur la porte sud.

Comme le souligne Y.-P. Castel, les sablières confirment, comme la poutre à engoulant (infra), le lien étroit de l'ornemental et du structurel. Le terme de sablière dérive du mot "sable", sable de carrière à gros grains que le maçon étale sur le plat du mur qu'il achève, avant de faire place au charpentier qui installe les pièces de bois, les sablières, sur lesquelles s'assoiront les fermes de la charpente. Sur ces pièces fort utiles techniquement se grefferont à l'occasion d'épaisses planches d ornées de figures sculptées, qui reçoivent par extension le nom de "sablières" (ou "corniches").

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Le huchier (sculpteur des figures d'ornements en bois ) a choisi, non pas des frises décoratives ou des scènes continues et narratives comme le feront vers 1560-1570 le Maître de Plomodiern (Plomodiern, Saint-Nic, Roscudon de Pont-Croix ) et ses suiveurs du Cap Sizun (Confort-Meilars, Primelin Esquibien), et une vingtaine d'années plus tard le Maître de Pleyben (Pleyben, Kerjean, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Saint-Divy, voire Bodilis, Saint-Sébastien en Saint-Ségal et Roscoff), en recourant largement au vocabulaire de la Seconde Renaissance (cuirs retournés)  mais des motifs espacés et indépendants reprenant la tradition médiévale.

Ainsi, une cinquantaine de motifs se succèdent au long des six travées, malgré des manques au niveau du chœur.

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Comme d'habitude, on n'y recherchera pas de motifs religieux ou symboliques, tant cet espace de transition entre murs et toiture est marginal,  comme s'il se mettait entre parenthèses de l'espace sacré (comme les miséricordes des stalles, ou, à l'extérieur, les crossettes) pour créer un lieu de récréation et d'imaginaire, voire de licence où les clercs cèdent la place au peuple.

Pour autant, la cohérence et la reprise des thèmes, dans toute la Bretagne, montrent que ce travail n'est pas le résultat d'une libre expression d'un artisan local, mais qu'il répond aux attentes des paroissiens et de la fabrique, bien au courant des "drôleries"  qui se font ailleurs, et désireux d'imitation émulative. Nous ne sommes pas étonnés de trouver ici des Acrobates exhibant leur postérieur, des Buveurs et Intempérants,  des Masques crachants, une figure animale obscène, beaucoup de dragons, et quelques anges : c'est le contraire qui aurait été surprenant.

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La description la plus attentive et la plus complète (et peut-être la seule) de ces sablières est donnée par Yves-Pascal Castel (Castel et Puget 2007). J'en citerai de nombreux extraits. Mais c'est  à sa conclusion que j'adhère le plus :

 

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"Inspection faite, on en est assuré, les cinquante figures que nous venons d'évoquer n'ont guère de lien entre elles. Si certains y ont vu l'illustration des sept péchés capitaux, l'orgueil, l'avarice, la luxure, l'envie, la gourmandise la colère et la paresse, c'est sans plus de précision. Le sage Émile Mâle nous a naguère avertis : « Il ne faut pas chercher partout des symboles ...Jamais nos vieux artistes ne furent aussi ingénieux que leurs exégètes modernes. » (E. Mâle, L'art religieux du XIIIe siècle en France, page 64)."

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Cette critique ironique pourrait se retourner vers les interprétations parfois déroutantes que donne le père Castel, et bien-sûr vers celles que je proposerai moi-même sur la pointe des pieds. C'est de toute façon une leçon de modestie de lire, ici ou là, les conclusions des divers auteurs. Aussi le plus important est de donner à voir les images, éloquentes comme des faits.

Voici le commentaire qu'il fait des masques et bustes humains :

"L'espèce humaine inspire mieux la gouge de notre sculpteur. Dans ses masques, glabres, moustachus, barbus ou chevelus, on reconnaît l'étonné, le bourru, le suffisant, l'émerveillé, le béat aux oreilles décollées. Les bouches d'où sortent des feuilles passent pour symboliser la parole fleurie de l'éloquence. Les personnages en buste se succèdent. Un bonhomme, la main au chapeau, esquisse un salut. Un pêcheur empoigne un poisson vert à la nageoire caudale rouge. Les mains au menton indiquent le philosophe pensif. Les index qui écartent les commissures des lèvres, rappellent la mimique insolente de l'enfant qui se moque. Le registre de la moquerie s'augmente des jumeaux qui tirent la langue. L'inévitable acrobate est là, homme « renversé » où certains voient l'homme déchu que le Sauveur n'a pas encore remis dans sa posture normale … D'autres chroniqueurs plus prosaïques parleront du pitre qui, narquois, exhibe sa « figure de campagne ». Mais qu'expriment donc les trois bougres qui lèvent les bras au ciel ? La stupeur, l'effroi, l'émerveillement ?" (Castel et Puget 2007)

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Je propose arbitrairement de débuter la lecture par la pièce qui est placée en arrière de la traverse de la croix du "Christ Jaune", puisque celui-ci est si célèbre qu'il happe le regard du visiteur. Puis de poursuivre cette lecture de gauche à droite, dans le sens horaire. Mais sans rigueur, avec des distractions, et à qui irait y voir de près, sans doute un joyeux désordre en guise d'autoportrait.

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Liste de mon énumération (47 figures).

Un lapin.

Un masque d'homme barbu.

Une figure énigmatique.

Un ange ailé.

Un chien ? ou animal tacheté.

Un homme aux bras levés.

Un panneau héraldique : l'écu aux armes de la famille de Plessis (ou du Quinquis).

Un autre écu.

Un homme barbu (barbiche) coiffé d'une casquette.

Un ange aux cheveux blonds en boules.

Gueule d'un dragon.

Un acrobate en renversement. 

Un masque crachant des feuillages.

Deux animaux. Couple de dragons.

Un homme cornu coiffé de tresses.

Deuxième exemple d'un homme aux bras levés, montrant ses paumes.

Troisième exemple d'un homme aux bras levés, montrant ses paumes.

Feuillages.

Lapin chevauchant un animal (chien ?) et sonnant de la trompe de chasse.

Homme vomissant, les deux mains à la bouche.

Homme saluant en levant son verre.

Deux feuilles affrontées.

Homme barbu coiffé d'un bonnet.

Homme barbu aux bras levés, tenant son chapeau.

Femme mains jointes ; cheveux blonds en boule. Intention caricaturale.

Acrobate, coiffé d'un bonnet, barbu, exhibant son postérieur en levant les jambes jusqu'aux oreilles.

Masque d'une femme à coiffe.

Masque d'homme barbu, coiffé d'un bonnet, aux oreilles très larges et décollées.

Masque de deux jumeaux; coiffés d'un bonnet et  tirant la langue.

Dragon gueule ouverte et à la queue en boucle.

Aigle bicéphale noir, aux yeux et aux becs rouges.

Vigne ? Feuillages et deux grappes.

Masque crachant des feuillages informes.

Dragon gueule ouverte et à la queue en boucle.

Masque crachant des feuillages .

Masque d'homme barbu coiffé d'un bonnet.

Masque d'homme ou de femme coiffé (e) d'un bonnet.

Le coq et sa poule.

Un bouc, tête de face langue tirée.

Un dragon ailé, à queue serpentiforme formant une boucle.

Renard maîtrisant — mangeant— un serpent.

Une grenouille.

Quadrupède (chat, chien ?) mordant un phallus.

Masque féminin, cheveux blonds en boules.

Tête de dragon, langue tirée.

Tête de dragon.

Homme en buste, coiffé d'un bonnet, tenant un poisson.

 

 

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Pièce derrière le " Christ Jaune". Un lapin.

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« Les animaux , volatiles et quadrupèdes, sont interprétés par l'animalier d'une manière qui amène un certain flottement dans l'es identifications. Le confirme Sophie Duhem qui subodore ici une « incompréhension des modèles originaux «  de l'épopée animale (Les sablières sculptées de Bretagne page 215) . La bête aux trois cornes du coté nord de la nef, est-ce une chèvre ? Le volatile qui joue d'une espèce de cornemuse à petite poche est-il une caille ? En revanche se reconnaît le loup, terreur de l'enfance, à moins qu'il ne s'agisse de la docilité de la bête transformée en agneau par quelque saint breton. Hervé ou Thégonnec. Le coq et la poule de basse-cour sont là. Le crapaud, animal crépusculaire, malgré laideur et maladresse, est mentionné, dans le « Dictionnaire des symboles » de Chevalier et Gheerbrant pour être en Occident le symbole royal et solaire, antérieur à la fleur de lys. ».

Certains motifs suscitent des interprétations divergentes. Le chien tient-il dans sa gueule un os ou mord-il un pénis ? Sous le renard sont-ce serpents ou anguilles échappées au Roman de Renart ? De toutes façons, les sources littéraires véhiculées et transformées par le folklore faisait partie de l'inspiration de nos vieux « ymagiers » Ainsi, cocasse, Jeannot lapin se juche sur l'échine de l'épagneul sonnant de la trompe, faisant un beau pied de nez au chasseur." (Castel et Puget 2007)

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Ce lapin tire toute son importance — son quart d'heure de célébrité — de figurer sur un dessin préparatoire pour le Christ jaune de Gauguin de 1889, un crayon sur papier (jaune...) de 24x15 cm publié dans "Gauguin et le Christ Jaune, Musée de Pont-Aven 24 juin-2 octobre 2000, page 17 (et à nouveau dans La chapelle au Christ jaune, Amis du Musée de Pont-Aven 2007, avec une vue plus complète du lapin) . Dans la première brochure, Isabelle Kahn souligne que, si la chapelle doit sa renommée aux deux toiles de Gauguin, Le Christ jaune de 1889 (Allbright-Knox Art Gallery, Buffalo) et le Portrait de l'artiste au Christ jaune de 1890 (Musée d'Orsay), Gauguin n'a jamais mentionné la chapelle dans ses écrits et que nous ne possédons pas d'autre témoignage de son passage à Trémalo que ce dessin réalisé in situ. Comme le remarque Catherine Puget, "le Christ ainsi que les nombreux animaux et personnages grotesques sculptés sur les sablières à la manière des imagiers du Moyen-Âge ne pouvaient que plaire à l'artiste en quête de retour aux sources primitives."

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Collection Didier Imbert Art Productions, reproduit in Castel et Puget 2007.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Pièce derrière le " Christ Jaune". Un masque d'homme barbu.

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L'intention comique de ces figures caricaturales est évidente. On peut hésiter entre une chevelure sombre ou un chapeau de type chaperon.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Pièce derrière le " Christ Jaune". Une figure énigmatique.

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Jean-Claude Matté  a écarté l'hypothèse d'y voir une cornemuse. Castel avait pensé à une figure héraldique, sans succès.

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D'après Castel 2007.

D'après Castel 2007.

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Pièce derrière le " Christ Jaune". Un ange ailé.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Pièce derrière le " Christ Jaune". Un chien ? ou animal tacheté.

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Nous ne pouvons nous appuyer dans nos interprétations sur les couleurs, qui ne témoignent que de la dernière restauration.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

In Castel 2007.

In Castel 2007.

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Pièce suivante. Un homme aux bras levés.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un panneau héraldique : l'écu aux armes de la famille de Plessis (ou du Quinquis).

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La chapelle a été fondée en 1550 par Guillaume II du Plessis et Marguerite du Rinquier du Poulguin. Les armes de Plessis sont d'argent au chêne de sinople englanté d'or ; au franc canton de gueules, chargé de deux haches d'armes adossées d'argent en pal. On voit que les couleurs ne sont pas strictement respectées.

"Si on ne connaît pas l'artisan des sablières de Trémalo, le commanditaire y a laissé sa marque. Mais contrairement à la chapelle Saint-Maudez sur la même paroisse où se signale Daniel Galliou, recteur de Nizon, il ne s'agit pas d'un nom mais d'armoiries affichées près de la dernière poutre, à l'entrée du chœur : celles des du Plessis, déjà décrites au grand vitrail. Quant à l'écu voisin, mi-sculpté mi-peint, figure à quatre pattes or sur fond d'argent, il demeure énigmatique. Bertrand Quéinec (Quéinec 1992 p.139) l'attribue à Catherine de Botigneau, femme de Guillaume du Plessis, le décrit d'azur à l'aigle éployée d'or, ce qui ne correspond guère à ce que nous avons ici sous les yeux." (Castel et Puget 2007)

 

 

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un autre écu.

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In Castel 2007.

In Castel 2007.

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Un homme barbu (barbiche) coiffé d'une casquette.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un ange aux cheveux blonds en boules.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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 Gueule d'un dragon.

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"Le domaine fabuleux a ses monstres et ses hybrides parfois difficiles à définir. Disons d'abord qu'il n'y a guère ici de vrais dragons honnêtement bâtis, dont la morphologie soit en rapport avec les quatre éléments, feu, air, terre et eau. Leur gueule à ceux là crache le feu, leurs ailes leur permettent de voler, leur queue de serpent les lie à la terre et leurs écailles à l'élément aquatique.... En face de ces dragons si communs ailleurs, les sept monstres de Trémalo se réduisent à des mâchoires hurlantes hérissées de crocs. Ils tirent la langue, ils esquissent un rictus. Le corps de ces monstres là, quand il y en a, se réduisent à une queue avec, à l'occasion, une aile de pipistrelle." (Castel et Puget 2007)

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un acrobate en renversement. 

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On peut aussi y voir, selon la formule qu'affectionne Bernard Rio, un petangueule. La encore, on ne peut être certain des couleurs d'origine, et d'une éventuelle nudité. Dans tous les cas, c'est une figure transgressive par renversement du point de vue et donc des valeurs.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un masque crachant des feuillages.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Deux animaux. Couple de dragons.

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In Castel 2007.

In Castel 2007.

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Un homme cornu coiffé de tresses.

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Les sablières de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven.

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Deuxième exemple d'un homme aux bras levés, montrant ses paumes.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Troisième exemple d'un homme aux bras levés, montrant ses paumes.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Feuillages.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Lapin chevauchant un animal (chien ?) et sonnant de la trompe de chasse.

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Évidente figure de dérision de la chasse par inversion du chasseur et du gibier.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Homme vomissant, les deux mains à la bouche.

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C'est la dénonciation ou caricature du Gros Mangeur (intempérance). Mon interprétation se fonde sur des images analogues, mais plus explicites, de la sculpture contemporaine en bois ou en pierre.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Homme saluant en levant son verre.

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Après le Mangeur intempérant, voici le Buveur intempérant.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Deux feuilles affrontées.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Homme barbu coiffé d'un bonnet.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Homme barbu aux bras levés, tenant son chapeau.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Femme mains jointes ; cheveux blonds en boule. Intention caricaturale.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Acrobate, coiffé d'un bonnet, barbu, exhibant son postérieur en levant les jambes jusqu'aux oreilles.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque d'une femme à coiffe.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque d'homme barbu, coiffé d'un bonnet, aux oreilles très larges et décollées.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque de deux jumeaux; coiffés d'un bonnet et  tirant la langue.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Dragon gueule ouverte et à la queue en boucle.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Aigle bicéphale noir, aux yeux et aux becs rouges.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Vigne ? Feuillages et deux grappes.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque crachant des feuillages informes.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Dragon gueule ouverte et à la queue en boucle.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque crachant des feuillages .

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque d'homme barbu coiffé d'un bonnet.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque d'homme ou de femme coiffé (e) d'un bonnet.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le coq et sa poule.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un bouc à trois cornes et yeux rouges, tête de face langue tirée.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un dragon ailé, à queue serpentiforme formant une boucle.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Renard maitrisant — mangeant— un serpent.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Une grenouille.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Quadrupède (chat, chien ?) mordant un phallus.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque féminin, cheveux blonds en boules.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Tête de dragon, langue tirée.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Tête de dragon.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Homme en buste, coiffé d'un bonnet, tenant un poisson.

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Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les sablières (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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LES POUTRES À ENGOULANTS.

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"Selon un schéma répandu dans maints vaisseaux des chapelles bretons, couvertes non de voûtes en pierre mais de lambris de bois, les poutres de Trémalo, de section octogonale, se terminent par des gueules monstrueuses qui semblent les avaler, justement nommées "poutres à engoulants".

L'épaisseur donné parle charpentier à la partie insérée dans le mur est destiné à pallier les effets conjugués de la vermine et de l'humidité. Cette nécessité technique conduit à l'ornement en forme de gueules où se plante l'épieu du chasseur ancestral qui maîtrise sa proie. Les symbolistes y verront l'image des forces maléfiques jugulées par les spirituelles, une conjonction qui concourt à la stabilité de l'édifice.

Ici, les figures monstrueuses des extrémités se doublent de celles qui sont sculptées dans le mitan des poutres. 

Pour ce qui est du tourillon qui pend au milieu de celle du chœur, il faut y voir une pièce faite pour suspendre un lustre qui a disparu". (Castel et Puget 2007)

Voir aussi : 

https://www.eure.gouv.fr/content/download/5106/31060/file/32%20Les%20engoulants%20des%20%C3%A9glises%20de%20l'Eure.pdf

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On admirera comment un éclairage judicieux a su le mettre en valeur.

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Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

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Notez l'étayage de la charpente du bas-côté.

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Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

Les poutres (vers 1550) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2021.

 

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SOURCES ET LIENS.

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— Association de sauvegarde

https://www.pontaven.fr/Association-de-sauvegarde-et-de

 

CASTEL (Yves-Pascal), PUGET (Catherine), 2007 La chapelle de Trémalo,  Association des amis du musée de Pont-Aven éditeur au profit de l'Association de sauvegarde de la chapelle de Trémalo, 60 pages couleurs.

Un ouvrage coécrit par Catherine Puget, ancien conservateur du musée des Beaux-Arts de Pont-Aven et Yves Pascal Castel, docteur en histoire de l'art et ancien vicaire de la paroisse de Pont-Aven, de 1952 à 1955. Photos de Michel Thersiquel

Les bénéfices de la vente de cet ouvrage serviront à la restauration de la chapelle. Cet ouvrage est le premier livre complet sur la chapelle; outre les très belles photos des sablières et des oeuvres réalisées par des peintres des XIX e et XX e siècles inspirés par la chapelle, le lecteur peut y découvrir l'histoire de la chapelle, l'étude de l'architecture et la statuaire.

https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20070422&article=20070422-730986&type=ar

 

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1980,  Notice sur Nizon, Nouveau répertoire des églises et chapelles,  Diocèse de Quimper et Léon Quimper, 1988

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7ef28aa3252c41c6080f5f943dd7dfa1.pdf

 

— DANIEL (Tanguy) Pont-Aven, chapelle Notre-Dame de Trémalo, Sauvegarde  de l'Art Français 

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/pont-aven-chapelle-de-tremalo/

" La voûte est couverte d’un lambris de bois, et la solidité de l’ensemble est assurée par des entraits engoulés reliés entre eux, en haut des murs, par des sablières ornées de nombreuses sculptures représentant des animaux, réels ou fabuleux, et des têtes de personnages aux expressions les plus diverses."

 

DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes, 1997 - 385 pages, page 215.

"Dans la chapelle de Trémalo à Pont-Aven, Renart  écrase des serpents tandis que l'homme est représenté seul sur la pièce suivante, tenant des poissons à la main."

DUHEM (Sophie), 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  105-1  pp. 53-69

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

"À l'inverse, la simplification excessive du schéma originel apparaît dans les représentations où les deux sujets sont juxtaposés : à Lanvénégen et Pont-Aven (Ch. de Trémalo), où les animaux sont comprimées à l'intérieur de médaillons, les poules sont juchées sur le dos des renards" (page 63 et illustration 16 page 69 de la sablière de Lanvénégen)

 

DUHEM (Sophie), 2012  "Impudeurs et effronteries dans l'art religieux breton (xve siècle - xviiie siècle)", éditions Le Télégramme, 2012, non consulté.

 

GUEGUEN, Michel, 1997, "Pont-Aven. Nizon. Chapelle de Trémalo" in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Vol. CXXVI, , p.154-155.

— MATTE (Catherine et Jean-Luc), Iconographie de la cornemuse

http://jeanluc.matte.free.fr/fichpr/pontaven.htm

"La représentation citée par S. Duhem, op. cit. p.247 note 149 n'est pas une cornemuse ." Photo Joël Jubin

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/chapelle-notre-dame-tremalo-pa00090288.html

"Poutres et sablières sont sculptées de figures de grotesques représentant, entre autre, les péchés capitaux."

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090288

 — Ouest France, 2016. "Bilan mitigé pour les sablières"

https://www.ouest-france.fr/bretagne/pont-aven-29930/chapelle-de-tremalo-bilan-mitige-pour-les-sablieres-4434998

PERENNES, Henri, 1938, "Notices sur les paroisses : Nizon" in Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Vol. 37, 

"Les poutres sont ornées de sablières sculptées"

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

Pont-Aven-Nizon, bulletin communal juillet 2006.

https://fr.calameo.com/read/002543322996922075012

Pont-Aven-Nizon, bulletin communal décembre 2013.

https://fr.calameo.com/books/002543322c6a51fe49f82

 

PUGET (Catherine), 2000, "La chapelle de Trémalo en Nizon", in "Gauguin et le Christ jaune",  Musée de Pont-Aven, Pont-Aven, 31 pages. Plaquette de l'exposition éponyme  du Musée de Pont-Aven.

https://www.google.fr/books/edition/Gauguin_et_le_Christ_jaune/PKZNAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&bsq=%22Guilquenquis%22&dq=%22Guilquenquis%22&printsec=frontco

— RIO (Bernard), "Le cul-bénit amour sacré et passions profanes", 25 €, aux éditions Coop Breizh,

https://www.historia.fr/voyage/les-dessous-%C3%A9rotiques-des-chapelles-bretonnes-enfin-r%C3%A9v%C3%A9l%C3%A9s

"Il existe dans la chapelle de Trémalo, à Pont-Aven - là où Paul Gauguin peignit le fameux Christ jaune -, une surprenante bande dessinée du XVIe siècle : les poutres de la charpente sont en effet sculptées de personnages dans des positions grotesques, les uns le cul par-dessus tête, les autres tirant la langue, ouvrant des oreilles difformes ou levant les bras au ciel. Ce qui est vrai pour les hommes l'est aussi des animaux : un lapin sonnant du cor, un chien tenant dans sa gueule... un phallus. La confusion avec un os à ronger est d'autant moins possible qu'une scène similaire figure dans le choeur de la chapelle Saint-Hervé, à Gourin. Cette matière qui s'offre au regard du visiteur peut sembler anecdotique et d'autant plus incompréhensible qu'elle est absente des ouvrages d'art chrétien. Ce sont pourtant des milliers de telles scènes qui illustrent les sanctuaires de Bretagne depuis la période romane jusqu'au XVIIIe siècle."

 

https://www.letelegramme.fr/finistere/pont-aven/bernard-rio-un-autre-regard-sur-les-cultes-16-05-2015-10630805.php

https://www.letelegramme.fr/finistere/pont-aven/bernard-rio-rendez-vous-a-tremalo-en-2017-06-01-2017-11353599.php

— WIKIPEDIA consulté le 9 janvier 2022

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Tr%C3%A9malo

Divisé en trois vaisseaux par dix piliers supportant des arcs brisés, le volume intérieur est homogène, rythmé par les poutres à engoulants de la nef centrale et orné des motifs polychromes des sablières.

Les poutres sablières portant la voute lambrissée en châtaignier sont décorées de figures grotesques, masques d'hommes et d'animaux dans la tradition des images populaires. L'une des sablières montre, sculptée, un animal serrant entre ses dents un sexe masculin.

Les armoiries de Guillaume du Plessis et de son épouse Catherine de Botigneau y figurent près du chœur.


— WIKIPEDIA en consulté le 9 janvier 2022

https://commons.wikimedia.org/wiki/Pont-Aven

https://commons.wikimedia.org/wiki/Pont-Aven#/media/File:2012-09-23_Pont-Aven,_La_Chapelle_Tremalo_(6).jpg

 

— WITKOWSKI Gustave Joseph - L'art profane à l'église; ses licences symboliques, satiriques et fantaisistes. TOME 1 (1908).pdf

http://www.theologica.fr/!_Archeologie&Symbolisme/WITKOWSKI/WITKOWSKI%20Gustave%20Joseph%20-%20L'art%20profane%20a%20l'eglise;%20ses%20licences%20symboliques,%20satiriques%20et%20fantaisistes.%20TOME%201%20(1908).pdf

« Trémalo. Chapelle. — La Chronique médicale sous la signature G.-R. Dalimier, mentionne la représentation très nette y d'un chat en train de lécher un phallus », sur la corniche de la nef du côté gauche. Cet animal est perdu « au milieu des têtes d'anges joufflus chantant ore rotundo des colombes célestes et des autres accessoires ordinaires de la décoration religieuse ». L'auteur ignore si cette « troublante allégorie » symbolise un acte naturel, une perversion... ou une perversité ; il donne vraiment sa langue au chat. Bien qu'il existe une étroite affinité entre cet animal et le phallus, il peut se faire que ce chat ne soit qu'un chien qui dévore un os à ou sans moelle. « 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 10:03

Les sablières, entraits et poutres sculptées de l'église de Guimiliau.

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Voir : tous mes articles sur les sablières et pièces de charpente sculptées de Bretagne.

et 

 

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Descriptions antérieures :

-Couffon : "L'intérieur de l'église est du type à nef obscure et lambrissée. Les grandes arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers cylindriques. Pas d'entraits, mais quelques sablières portant masques, animaux et fleurs."

-Sophie Duhem , Les sablières de Bretagne page 71, 215, 253 et 277. Elle décrit page 71 un joueur de biniou en bragou braz et gilet à boutons, puis signale page 215 l'association, répandue, de la poule et du renard, et page 277 le motif des crânes dont les orbites libèrent des serpents ou des vers, comme à Landerneau et Bodilis. Page 314, elle relève l'inscription nommant les fabriciens.

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Datation.

Aucun chronogramme ne précise la datation de la charpente et de ses sculptures. La thématique ( dont  un masque à palmette Renaissance) la placerait après 1570, vers 1580-1620.

Repères :

Calvaire monumental : 1581-1588.

L'église date de plusieurs époques ; le clocher, dû à l'atelier Beaumanoir, date de la première moitié du XVIe siècle, le reste du XVIIe siècle. Le porche en kersanton porte à l'intérieur la date de 1606 ; sur la façade, près de la clef de voûte, on lit la date de 1617 et sur le rampant du gable de la chapelle qui suit, à l'est, celle de 1642.  Le chevet à noues multiples porte sur le clocheton d'un contrefort la date de 1664. Sur la seconde porte, au nord, inscription  avec la date de 1633.

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Etat et restauration.

Je ne dispose d'aucune précision sur une éventuelle restauration. Le décor en bas-relief de certaines parties sont détruites par la vrillette.

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LE BAS-COTÉ SUD.

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La nef communique avec les bas-côtés par six arcades au nord, et cinq arcades et demi au sud. 

Ce bas-côté débute à l'est par une première chapelle recevant le retable de Saint-Miliau et saint Joseph, puis vient une deuxième chapelle (confessionnal) dont les sablières ne sont pas sculptées, puis — communiquant avec elle par deux arcades ogivales  — vient une troisième chapelle, séparée d'une quatrième par un pilier. Ces troisième et quatrième chapelles sont celles dont les sablières et les poutres sont sculptées, et qui font l'objet de ce chapitre.

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TROISIÈME CHAPELLE EN PARTANT DE L'EST.

 

Un entrait (poutre horizontale reliant la base des albalétriers) est disposé dans la largeur du bas-côté, et sert d'appui à la charpente lambrissée. Il s'agit en fait de deux poutres, soutenues en son point de jonction par une colonne cylindrique au chapiteau rectangulaire portant une inscription. Ces deux  poutres sont sculptées de six masques crachant des volutes ou de têtes d'anges, ailés, et d'un masque à palmette, réunis par une frise géométrique. L'inscription nommant les fabriciens en exercice y est sculpté, hélas sans date. La partie inférieure est également sculptée de masques crachant des volutes, tout comme le chanfrein qui reçoit une frise grecque. Un seul blochet, représentant un ange,  est placé entre bas-côté en nef. 

Au dessus de ces poutres sont disposées les sablières, également sculptées, ce qui, par la superposition de la sablière et de la poutre,  donne l'impression d'un seul ensemble décoratif, à deux registres. Le registre formé par les sablières est dominé, au sud, par une poursuite d'animaux domestiques ou sauvages.

Le lambris peint en bleu clair, rythmé par les nervures sombres, s'élève puis retombe, du coté est, au dessus des arcades ogivales séparant la deuxième chapelle : la liaison entre le mur et le lambris comporte une sablière sculptée, avec notamment une chasse au cerf et au sanglier.

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 ENTRAIT ET SABLIÈRES DU COTÉ OUEST.

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LA MOITIÉ GAUCHE (AU SUD DU PILIER)

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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La poutre : entrelacs, tête d'ange et masque. 

 

La poutre est décorée, autour de la tête d'un ange ailé,  de deux masques crachant des tiges qui forment les extrémités d'une frise à entrelacs géométriques.

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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La  sablière : Chiens de chasse et animaux sauvages ; le renard et la poule.

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Description à rebours de la séquence des animaux,  de la gauche vers la droite.

Après une tête d'ange ailée, viennent un bouc ou du moins un animal à épaisse toison, et aux cornes recourbées, puis un "renard" ou du moins un animal dont la longue queue s'élargit à son extrémité. Ils sont poursuivis par un chien portant un collier, au museau fin, aux oreilles courtes et dont la queue longue revient en courbe sur le dos (ce qui exclurait le Saint-Hubert ou le Beagle et le Lévrier ).

Puis, à droite de la tête d'ange, nous trouvons un coq (distingué de la poule par l'importance de sa crète et par sa queue en faucille, mais la destruction par les insectes xylophages impose la prudence), puis le renard (tête détruite),  puis un chien portant un collier (chien d'arrêt ? aux oreilles courtes, et au fouet recourbé sur le dos).

Enfin, vient une tête, très frisée, d'ange ailé.

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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Le renard et la poule (coq?).

Les scènes associant le Renard et une poule (ou un coq) sont nombreuses sur les sablières, et se réfèrent parfois clairement au Renard prêchant aux poules, à la différence d'ici.

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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Le chien de chasse ; élément végétal et tête d'ange ailée.

 

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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L'inscription lapidaire du pilier.

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 [V] G :MADEC

 I : COL : F.

Le F. final correspond à l'abréviation habituellement en usage pour désigner les fabriciens. Les deux patronymes sont donc ceux des membres de la fabrique paroissiale élus pour l'année. La recherche sur Geneanet ne retrouve aucun MADEC dont le prénom débute par G. au XVI et XVIIe siècle. Et le patronyme COL est ignoré en Finistère, et n'apparaît pas dans le Dictionnaire de Deshayes pour la Bretagne. Une abréviation pour COLIN ??

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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LA MOITIÉ DROITE (AU NORD DU PILIER).

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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L'inscription de la poutre.

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Elle s'inscrit dans un cartouche rectangulaire à "poignées" trapézoïdales (comme ceux du Maître de Plomodiern, mais cet indice stylistique est faible).

 

[Y]  PICART  F DVR

[Y] BRAS F DV ROS

 

a) Il existe une incertitude pour le caractère débutant les deux lignes . Est-ce un Y, qui ne serait pas tracé en lettre majuscule comme le reste, et dont la minuscule formerait une boucle entre les branches du Y ? Est-ce un signe de début de ligne, ou une ornementation ?

b) Les deux F sont-ils une abréviation pour "fabricien" ou bien pour le prénom ?

c) Les généalogistes signalent à Guimiliau un François PICART (1594-1674), habitant Mesgouez à son décès. Et une Jeanne BRAS (1620-1694), également décédée à Mesgouez.  Je ne trouve aucun ROS, ou aucun DU ROS. L'inscription ne peut être transcrite, et encore moins interprétée de façon satisfaisante.

https://gw.geneanet.org/alighan?n=picart&oc=2&p=francois

https://gw.geneanet.org/oberthele?n=bras&oc=1&p=jeanne

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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Le décor de la poutre : tête d'ange, masque à palmette et rinceaux.

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Il comporte deux anges ailés de chaque coté et un masque à palmettes au centre, reliés par des fleurs en rosette et des rinceaux torsadés.

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Le masque à palmette.

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Cet élément  ornemental de la Seconde Renaissance se retrouve dans les productions de l'atelier "du Maître de Pleyben" et de la chapelle du château de Kerjean (après 1571). On le trouve sur les charpente sculptées de Pencran, Dirinon, Landerneau, Bodilis et Le Tréhou, ou sur le jubé de La Roche-Maurice, édifices du Léon proches de Guimiliau.

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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La sablière : têtes barbues et dauphins.

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Il s'agit de l'étroite partie supérieure de l'image, au dessus de la poutre.

Son décor est fort détérioré, alors que son trait s'avère très élégant, et que son motif — lorsqu'on parvient à le discerner — est original et passionnant. Une restauration s'impose.

Des paires de têtes d'hommes barbus, affrontés, alternent avec des paires de "dauphins" (au sens de l'ornementation grotesque) également affrontés.

Les têtes sont reliées entre elles par une tige partant du front, mais dont il ne persiste qu'un  trajet en pointillé ; cette "tige" correspondait peut-être à l'extrémité de la queue des dauphins.

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Les sablières et poutres sculptées (anonyme, fin XVIe-début XVIIe) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016-2021.

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Les "dauphins" sont feuillagés d'appendices sur le front, le sourcil la crinière et la gorge, et entaillés d'écailles par coup de gouge. L'œil est en amande et son contour est doublé. Les queues, en partie détruites semblent se diviser et produire des appendices foliacés.

Un artiste, le "Maître de Plomodiern", a produit des décors semblables pour les sablières de  Plomodiern, Saint-Nic, et Pont-Croix entre 1544 et 1566, et son style a été imité ensuite dans le Cap-Sizun, jusqu'au premier quart du XVII siècle. 

https://www.lavieb-aile.com/2019/10/tous-mes-articles-sur-les-sablieres-et-pieces-de-charpentes-sculptees-de-bretagne.html 

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À l'extrémité droite, la pièce s'interrompt et cède la place à une seconde, d'un motif complètement différent (mais très attesté dans les sablières du Finistère) de vigne alternant ses grappes et ses feuilles au dessus des sarments courant en frise.

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LA FACE INFÉRIEUR DES POUTRES.

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Entre les deux frises grecques des biseaux, les faces inférieures des poutres associent des rinceaux de vigne portant leurs grappes, des cartouches de cuirs découpés à enroulement (trait stylistique de la Seconde Renaissance introduit en Léon au château de Maillé vers 1550-1570 puis de Kerjean vers 1571), une tête d'ange ailée et frisée, ou des masques crachant des volutes.

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 TROISIÈME CHAPELLE : ENTRAIT ET SABLIÈRES DU COTÉ EST.

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La partie gauche : trois anges crachant des volutes.

 

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La partie droite : chasse d'un sanglier et d'un cerf par des chiens.

 

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À gauche : deux chiens poursuivent un sanglier. Le chien le mieux conservé porte un collier et est de même race que sur la sablière placée en vis-à-vis.

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Deux chiens chassant un sanglier.

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Deux chiens poursuivant un cerf.

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Un blochet  : un ange portant un écu ou les instruments (clous ?) de la Passion.

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DEUXIÈME CHAPELLE DU BAS-COTÉ SUD.

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Le blochet : un paysan breton en bragou braz, tenant un objet rectangulaire (cartouche ? chapeau ??).

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LES SABLIÉRES DU BAS-COTÉ NORD.

Décrites depuis le fond de la nef d'ouest en est.

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Première pièce : masques et oiseaux.

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Deuxième pièce : masques et bustes d'hommes barbus affrontés.

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Troisième pièce : masques couronnés crachant des volutes ; masque aux orbites traversées par des serpents.

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Blochet : personnage présentant un écu ou placard.

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Quatrième pièce : masques couronnés, masques et volutes ; petit personnage nu de face.

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Dernière pièce : masques et volutes.

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LES BLOCHETS DU CHOEUR.

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Personnage tenant un calice.

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Personnage aux bras coupés.

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Personnage tenant un linge.

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CONCLUSION.

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Je ne peux conclure que par un constat de carence, d'insuffisance et d'échecs face à ce corpus sculpté dont la valeur est manifeste, et la conservation menacée.

La carence est celle de la documentation disponible, puisque l'auteur de référence sur les sablières de Bretagne, Sophie Duhem, ne fait que quatre brèves mentions de des sablières, et ne les distingue pas des poutres. Existe-t-il des études auxquelles je n'ai pas eu accès, car non numérisées ? C'est aussi la carence d'archives, ou de données sur l'identité des fabriques de Guimiliau, et, sans doute, le manque de données généalogiques pour la période de datation présumée.

L'insuffisance est la mienne, c'est celle de mes compétences, notamment celle de pouvoir établir des rapprochements stylistiques avec d'autres œuvres. Pour ne rien dire de mes piètres photographies.

 

Les échecs sont multiples : échec de déchiffrage correcte et d'interprétation des deux inscriptions ; échec d'établissement de la datation ; échec de l'étude stylistique.

Cet article se veut donc être une incitation à reprendre, avec plus de compétence et de moyens, l'étude des charpentes sculptées de Guimiliau.

Néanmoins, il procurera aux amateurs le relevé iconographique du corpus, permettant par exemple l'analyse comparatives des représentations animales et cynégétiques sur les sablières de Bretagne, et celle des motifs grotesques ("dauphins") ou de la Seconde Renaissance : cartouches en cuir découpé, masques à palmettes et crâne traversé par des serpents. 

 

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SOURCES ET LIENS

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— COUFFON (René), 1988, https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUIMILIA.pdf

 

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... préface d'Alain Croix. , Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997.  pages 142 à 146.

— PHOTOTHÈQUE

http://phototheque-patrimoine.bretagne.bzh/jcms/dev_103768/phototheque?histstate=1&text=sabli%C3%A8res&cids=&cids=&cids=cri_31320&cids=&cids=&selectedCouleur=

https://www.atraverslobjectif.com/photos/guimiliau.html

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Sculpture
29 juin 2021 2 29 /06 /juin /2021 17:47

La chapelle de la Magdeleine (1578) en Briec-sur-Odet.

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PRÉSENTATION.

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Autrefois située sur la paroisse de Landrévarzec, cette chapelle en forme de croix latine date du XVIe siècle. Elle est construite en appareillage de granite coté sud et en moellons de schiste coté nord. Elle a été restaurée vers 1978 (cf. "Un chantier de restauration, la chapelle de la Madeleine en Briec-de-l'Odet. Compte-Rendu des travaux",  Gwechall, 1978, T.I, pp.265-273, ill. .

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Situation.

La chapelle occupe (une fois de plus) une hauteur (150 m) dominant le vallon d'un ruisseau, celui qui alimente, près de sa source, la fontaine. Ce ruisseau s'écoule vers le sud-ouest, animait plusieurs moulins (Meilh Kerroc'h, Meilh ar C'hrek, , Moulin de Kerrefren)  avant de se jeter dans le Steir. À 50 m en aval de la fontaine, un minuscule moulin à roue horizontale (pirouette) existe encore à Ty Men. Le  site d'implantation est sans doute dicté par la source de ce ruisseau, soit en raison d'un culte pré-chrétien aux eaux et à leurs pouvoirs thérapeutiques, soit comme richesse économique (les moulins étaient jadis la propriété des familles nobles et les paysans étaient contraint d'y faire moudre leur grain), mais la chapelle a peut-être été la propriété des seigneurs de Parc-ar-mou, ou, du moins, ceux-ci y exerçaient-ils leurs prééminences. Sans doute toutes ces raisons se cumulent-elles ou se succèdent-elles.

 

 

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.030206&y=48.110324&z=18&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.022701&y=48.110745&z=15&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&mode=doubleMap

Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle et du Tro Breiz passent à côté de la chapelle.

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Carte d'Etat-Major (1820-1866).

 

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Datation.

Le pilier octogonal encastré de l'angle sud du transept porte l'inscription en creux : "1578. 14/IOVR. DV/ FEVRIER ". Au dessus de la porte du transept sud se trouvent des armoiries tenues par deux lions qui seraient celles des sieurs de Pargamou, dont le manoir est voisin.

L'unique cloche est datée de 1809. La sacristie au nord-est a été construite en 1813.

Elle possède un clocher dont la tour porte l'inscription « GIVLAVM TRELLV FABRIQVE » datant peut-être du XVIIe siècle.

En 1910, après une destruction partielle par la foudre, la flèche du clocher a été reconstruite. La toiture a été rénovée vers 1980.

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Le calvaire et la fontaine

Sur le placître, le calvaire du XVIe siècle a été déplacé en 1955 sans respecter son orientation désormais inversée, Crucifix vers l'est. Un autel en pierre occupe un coté du socle, et sur l'autre face sont sculptés les fémurs croisés et le crâne rappelant l'implantation de la Croix sur le Golgotha, ainsi que le lien entre le vieil Adam et le Christ de la Rédemption. Les statues géminées sur le croisillon montrent la Vierge et Jean au calvaire, et au revers saint Damien tenant le pot d'onguent et saint Côme le flacon d'urine.

A 400 m au sud-ouest, une fontaine monumentale renferme une statue frustre de la Madeleine (?)

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La dédicace à sainte Madeleine laisse suspecter, comme tous les toponymes Magdeleine, Magdelaine, l'implantation d'une ancienne léproserie, et la présence d'une statue de saint Sébastien (invoqué contre la peste en raison de ses plaies) tout comme la présence sur le calvaire des deux saints jumeaux médecins Côme et Damien montrent en tout cas les liens de ce site avec les rituels de guérison ou de recherche de protection contre les épidémies. La présence d'une fontaine en témoigne également.

Malgré ce qu'on peut lire (" la chapelle est dédiée à sainte Marie Madeleine depuis 1789") le toponyme La Magdelaine ou La Magdeleine figure sur la carte de Cassini, avant 1789, et sur les actes d'état-civil de Landrévarzec aux XVIe et XVIIe siècle associés aux noms de TRELLU, PENNARUN, GADAL, JEZEQUEL, DOUGUEDROAT, et CHRISTIEN.

Elle se trouverait sur la voie romaine reliant Carhaix, l'antique Vorgium avec la pointe du Raz par Douarnenez "Is", et sur un des chemins vers Compostelle. Selon Picquenard (SAF 1923) "Pendant les invasions barbares, sous la Féodalité, pendant le Moyen-Age et la Renaissance, on ne s'est guère occupé de construire d'autres voies; on a continué à utiliser ce réseau gallo - romain; il est probable qu'un certain nombre de hameaux répartis le long de ces voies se sont installés dans les anciens relais (ou mutationes) et dans les anciennes hôtelleries (ou mansiones), distribués avec une grande régularité au bord desdites voies. Les ordres hospitaliers ont également installé leurs établissements charitables sur le parcours de ces voies; aux abords des villes, les léproseries y ont été cantonnées; de là ces noms de Le Temple, La Templerie, Saint-Jean, Locjean, La Madeleine, La Maladrerie, etc ... , qui jalonnent les anciennes voies."

Je n'ai pu vérifier ces assertions.

Aucune donnée n'atteste la réalité d'un pèlerinage mais c'est une hypothèse crédible.

 

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Voies romaines, Pocard-Kerviler 1873 in Eveillard

 

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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LE CLOCHER, SON INSCRIPTION ET SA CLOCHE DE 1809.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Inscription lapidaire de la tour du clocher.

On lit sur le coté sud :

"GIVLAVM. TRELLV. FABRIQVE",

soit "Guillaume Trellu, fabrique".

Certains auteurs ont lu "Guillaume Trellu 1578", ce qui n'est pas confirmé sur place.

On notera qu'un Guillaume Trellu "de la Magdeleine" participe au cahier de doléance de Landrévarzec (dont dépend alors la chapelle) en 1789.

Un autre Guillaume Trellu (1629-1679) est signalé par les généalogistes à Landrévarzec et décédé à La Magdeleine, il avait épousé Catherine Gadal, dont un fils Hervé. Les généalogistes mentionnent aussi Guillaume Trellu (1701 -La Magdelaine,1754). Ce dernier avait épousé Marie Feunteun.

Je privilégie, comme auteur de cette inscription, celui décédé en 1679, à moins qu'il ait été précédé, à La Magdelaine, d'ancêtres portant le même prénom mais dont les archives n'aient pas conservé la trace.

https://gw.geneanet.org/aconestabile?n=trellu&oc=&p=guillaume

https://gw.geneanet.org/zardoz?lang=en&pz=guillaume&nz=de+vergy&ocz=7&p=guillaume&n=trellu

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Nota bene : je crois deviner (artefact?) une inscription de trois lignes sur le bloc de pierre surmontant celle-ci.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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La cloche de 1809.

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L'inscription occupe quatre lignes.

Je ne parviens à lire que le texte suivant :

CommuNE DE BRIEC CLOche

MAGDELAINE PArrain

T MARAINE

FABRIQUE

Un relevé complet accessible en ligne est souhaitable, avec recherche de médaillons et du nom du fondeur.

La cloche se sonne à la main, depuis l'intérieur, le sonneur se tenant devant la porte ouest.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le portail ouest.

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Il est souligné par une accolade gothique à crochets et fleuron, s'appuyant sur des culots sculptés de deux têtes d'allure primitive.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Les crossettes.

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La crossette (pierre d'amortissement à la base de la toiture) de l'angle sud-est du transept est un homme ou une femme, nu.e., la tête baissée (et peut-être coiffée), les deux mains levés vers la face, tandis que les jambes très fléchies encadrent l'angle. On sait, pour la rencontrer très souvent à cet emplacement, que cette figure renvoie soit à celle de l'acrobate, soit à une posture érotique, les deux étant d'ailleurs reliées.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Une deuxième crossette montre une pause encore plus équivoque, où le personnage nu et ithyphallique écarte les bras et les jambes autour de la construction.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Les deux autres crossettes sont animales.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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La porte sud et la porte du bras sud du transept.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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La porte sud donnant sur la nef.

Elle porte au dessus de l'accolade  un blason sculpté sur le granite. Les motifs de ce blason sont usés mais semblent organisés en quatre quartiers, et nous trouvons en 3 un alignement oblique de trois losanges, que nous allons rapprocher de la bande losangée de deux autres blasons, celui du calvaire, et celui de la porte du transept.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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La porte du transept sud.

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Comme à l'ouest, l'accolade s'appuie sur deux culots en forme de têtes — vaguement — humaines.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le blason est présenté par deux lions et sommé d'une figure humaine (ou d'un ange ?).

Il est traversé en diagonale par cinq losanges oblique vers le bas et la droite, mais le quadrant supérieur droit est occupé par un meuble, très usé mais vaguement turriforme.

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C'est le rapprochement avec le blason du calvaire de la chapelle, qui nous aide dans sa lecture.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Discussion sur ce blason.

Le cartel du site mentionne ici les armoiries " de Talhoët de Landivy, ou de Pargamou"

Je trouve, tant à Landrévarzec (ancienne paroisse de la chapelle de La Magdeleine) qu'à Briec, sur le relevé de vitraux ayant actuellement disparu, la mention d'armoiries  d'or à la bande losangée de gueules accompagnée au second quartier d'un château d'azur qui s'appliquent bien aux trois blasons de la chapelle de La Magdeleine.

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1°) Landrévarzec. Chapelle de Quilinen.

Le relevé des vitraux est contenu dans un procès-verbal de 1648 :

Dans une vitre du pignon occidental, armes de Bretagne et de France, au-dessous, armes du marquis de la Roche et celles de Penanjeun-Launay, parti : d'or à la bande losangée de gueules accompagnée au second quartier d'un château d'azur, alliance de la maison de Pacarmon.

Michel Mauguin, qui a étudié l'héraldique de la chapelle de Quilinen, cite le passage qui nous concerne et le commente :

« Et plus bas dans un autre soufflet les armes du Seigneur marquis de Laroche, et au-dessous Celles de la maison de Penanjeun Laulnay blasonnés cydevant, partye d’or à la bande Lozangé de gueulle accompagné au second quartier d’un chasteau d’azur que lesdits Kerguellen ont dit Estre Lalliance de la maison de Pacarmon, [Pargamou ou Pargamon]"

"Si le marquis de La Roche est bien identifié, il n’en est pas de même pour le second écu, Il s’agit de N. Launay et son épouse N. Moysan de Parc Hamon de Briec. L’écusson : d’or à la bande de gueules, accompagnée au second quartier d’un château d’azur est inconnu des armoriaux, il est identifiable par une alliance de Guillaume Moysan (4) et de Marguerite Trégain en 1469, dont les armoiries figuraient dans un vitrail de l’ancienne église de Briec.

(4) Une généalogie des Trégain (BnF, Cabinet d’Hozier 9005) mentionne un Guillaume Moysan époux de Marguerite Trégain en 1469, http://www.tudchentil.org/spip.php?article29 "

n.b : Les armes des Trégain : d'or à trois pommes de pin de gueules la pointe en haut.

 

Je note qu'à la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai,  parmi les nobles  de Landrévarzec apparait : Jehan Moysan, sieur du Parc-Armou, (représenté par Guillaume Tréouret, dict faire pique sèche). Cette date est proche de celle de la fondation de la chapelle en 1578.

Jean Moysan était présent en personne à la Montre de la réformation de 1536 — "Jan Moysan noble sergent Sr de Pergamou" —   et le site Tudchentil indique  que "Jean Moysan est sergent féodé de la châtelenie de Quimper pour Briec et à ce titre est cité au rentier de Quimper en 1539. Les biens de la succession de Jean Moysan sont avoués en 1560 (ADLA, B 2016)".

https://www.tudchentil.org/spip.php?article103

Le toponyme Parcamon, avec ses diverses graphies, peut s'interpréter (A. Deshayes, Dict. noms lieux) comme Park Hamon, "champ ouvert", attesté à Morlaix, à Ploujean et à Argol.

Le lieu-dit Pargamou est actuellement inclus dans la zone industrielle de Briec, avec les voies Pargamou bihan, Pargamou braz tandis que  Yeun Pargamou est le nom d'une cité de Briec. Le scan historique 1950 de l'IGN donne la graphie Parc-a-mou comme celle de l'Etat-Major.

Le manoir de Pargamou.

 

Il en subsiste une maison "maniale", aujourd'hui restaurée, avec porte en arceau et fenêtre "armoriée", et ces armoiries sont les mêmes que celles de la chapelle. Photo ici :

https://pargamou.pagesperso-orange.fr/

En 2004, Jean Coroller a soutenu un mémoire de maîtrise  Manoirs de Pargamou et de Kerlez en Briec. Essai de chronologie et de remise en situation (1481-2004), non consulté.

Voir la discussion du forum de généalogistes du Finistère sur Renée Moisan dame de Pergamou/ Pergamon /Pargamon  x Jean de Trégouët seigneur de Liscuit et de Launay. On s'y interroge sur les liens de Renée Moysan avec noble Jean Moysan, cf. supra.

https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/viewtopic.php?t=18287

 

Il faudrait peut-être distinguer Jan I Moysan, écuyer sieur de Parcamou, sergent féodé de la châtelenie de Quimper pour Briec, Receveur ordinaire de Châteaulindécédé en 1560, époux de Françoise Le Gallais, et leur fils Jan II Moysan, ( époux de Jeanne de l Bouexière et père de Renée Moysan) . Leur fille Louise Moysan aurait épousé Jan II de Kerguélen seigneur de Kerlez décédée en 1568. La fille de Louise Moysan, Marie de Kerguelen, épousa François de Kerviher, décédé vers 1606.  

https://gw.geneanet.org/psabat?lang=en&pz=pascal+gorges+yves+id+n126164&nz=sabat&p=jeanne&n=de+la+bouexiere

 

 

 

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2°) Église de Briec.

Le relevé des vitraux de l'église de Briec dans un procès-verbal de 1789 indique :

-Dans la deuxième fenêtre du bas côté, à la clef de voûte, est un écusson d'or à la bande losangée de gueules, surmonté au canton senestre d'une tour crénelée d'azur murée de sable. Au-dessous, écusson : parti au 1er d'or à la bande losangée de gueules, surmontée d'une tour comme ci-dessus, au 2ème d'or à 3 pommes de pin de gueules et d'une moitié de chevron d'argent.

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Une fois ces données acquises, si nous admettons ma proposition d'identifier ces armoiries de La Magdeleine avec celles d’or à la bande de gueules, accompagnée au second quartier d’un château d’azur des vitres de Quilinen et de l'église de Briec, si nous suivons  Michel Mauguin pour y voir les armoiries des Moysan sieurs de Parc-Armou ou Pacarmon, il suffit de consulter la carte de Cassini et celle d'Etat-Major pour constater que Parchamon (Cassini) ou Parc-a-mou (C. E.-M.) se trouve à moins de 500 mètres au sud de La Magdeleine, de l'autre coté du ruisseau et plus près encore de la fontaine.

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L'INTÉRIEUR.

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La chapelle de La Madeleine  est très émouvante car elle a conservé la simplicité de son cachet, associant  un sol de terre battue et des murs enduits de chaux soutenant une voûte en berceau non lambrissée, et de remarquables sculptures. L'un des grands mérites de l'Association qui la préserve est de l'ouvrir très largement aux visiteurs.

 

 

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LA NEF.

 

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le Christ en croix sur la poutre de gloire, bois polychrome, XVIe siècle.

 

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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La Vierge à l'Enfant, pierre polychrome, XVIe siècle.

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La Vierge n'est ni couronnée ni voilée, et ses cheveux descendent sur son dos en boucles dorées. Elle regarde devant elle, plutôt que de regarder l'Enfant qui la fixe avec un sourire, alors même qu'ils échangent un objet (fruit ?) non discernable. De sa main gauche, elle retient le pan de son manteau

 

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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LE COTÉ SUD DE LA NEF.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Saint Sébastien, bois polychrome, XVIe siècle.

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Cette statue de saint Sébastien possède tous les caractères du genre, son allure de jeune éphèbe maître-nageur, ses cheveux blonds comme les blés, son maillot jaune d'or bien moulant, les liens qui nouent ses bras à un arbre, faisant bomber le torse, et sa belle indifférence, exemple de foi chrétienne face au martyre, face aux huit flèches qui le transpercent (par référence aux cinq plaies du Christ). Ce sont ces plaies sanguinolentes, mais dont il triomphe avec abnégation, qui font de lui Le saint vers qui se tournent les paroissiens face à une épidémie de peste, ou, plus largement, face à toute maladie contagieuse atteignant la peau.

Une particularité néanmoins : la flèche transperçant transversalement la gorge.

La chapelle de Guernilis (1574), contemporaine de celle-ci (1578)  à Briec, et appartenant aux Trégain, est dédiée à saint Sébastien. "On venait y demander guérison des maux d'yeux et d'entrailles".

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le vitrail : la restauration de la chapelle. Le Bihan 1985, Quimper.

 

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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LE CHOEUR.

 

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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La niche hexagonale de l'Annonciation, coté gauche de l'autel. Bois polychrome, XVIe siècle.

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Il s'agit d'une Annonciation où Marie, en prières dans sa chambre agenouillée devant son livre saint, reçoit la visite de l'ange qui s'adresse à elle en la saluant des mots AVE MARIA.

Mais c'est également, de façon très originale, un Couronnement de la Vierge, où Marie reçoit la couronne tenue par deux anges. Dans la tradition, ce Couronnement survient lorsque Marie est montée aux Cieux.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Les sablières et les blochets du chœur.

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Sainte Catherine.

Cette femme est très richement vêtue et couronnée. Derrière elle, une roue brisée et armée de lames justifie l'identification à sainte Catherine d'Alexandrie, vierge et martyre vénérée en priorité, avec sainte Barbe, par les femmes de la noblesse, et présente dans leurs Livres d'Heures avec sainte Marguerite et/ou sainte Ursule.

Catherine, Barbe et Marguerite figurent, comme saintes protectrices de la santé, parmi les 14 saints auxiliaires particulièrement secourables dans les situations d'urgence. Si on y associe saint Sébastien, autre saint auxiliaire, et sainte Madeleine associée aux lazarets et lieux d'isolement des malades, et les saints Côme et Damien du calvaire, cette chapelle apparaît comme une vraie pharmacie  assurant toutes les protections.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le blochet du coté sud-est : sainte Madeleine.

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La sainte porte son flacon d'aromates (pour l'ensevelissement du Christ) ou de parfum . Etrangement, elle a la tête couverte d'un voile, alors que son iconographie privilégie ses cheveux non couverts, descendant en flot sur ses épaules.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Les blochets du chœur : deux anges tenant des écus muets.

 

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Deux masques des sablières, coté sud.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Sainte Marie-Madeleine, bois polychrome.

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La sainte tient le flacon d'aromates. Les cheveux sont retenus par le bandeau occipital si fréquent au XVIe siècle en Basse-Bretagne dans les statues de la Vierge et de Marie-Madeleine.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le vitrail du chœur : la Passion. Jean-Pierre Le Bihan, 1985, Quimper.

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Comme dans les Passions des maîtresse-vitres finistériennes du XVIe siècle, que le maître-verrier connait parfaitement pour les avoir restaurées, Marie-Madeleine est agenouillée au pied de la croix, paumes ouvertes écartées en signe de grande émotion.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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LE BRAS NORD DU TRANSEPT.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Sainte Barbe (?) indiquée sainte Marthe (???) . Bois polychrome, XVIe siècle.

Pourquoi sainte Marthe ? Parce qu'elle est la sœur de Marie-Madeleine et de Lazare ?

Elle a des cheveux longs descendant le long de son dos. Elle tient un livre, qui est son seul attribut.

 

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le culot (granite), anthropomorphe.

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À notre hauteur, nous voyons un homme au visage rayonnant affichant un grand sourire.

Il faut regarder la sculpture de plus bas pour constater que ce personnage est accroupi ou à genoux, jambes écartées et qu'il saisit ses jambes par les deux chevilles. Il n'est pas nu mais porte une tunique à gros boutons. C'est là la posture de l'acrobate jouisseur, déjà remarqué sur les deux crossettes de la chapelle. Mais ce geste de saisir ses chevilles a certainement une signification codifiée, puisque nous le retrouvons régulièrement associée à cette posture, notamment sur des crossettes et abouts de poinçon. Voir les deux exemples de Dirinon, la crossette de La Martyre et de Landerneau.

https://www.lavieb-aile.com/2017/02/l-enclos-paroissial-de-dirinon.i.les-crossettes.html

https://www.lavieb-aile.com/2016/12/l-eglise-saint-salomon-de-la-martyre.i.les-inscriptions-exterieures.html

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Sainte Catherine. Bois polychrome, XVIIe siècle.

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sainte Catherine d'Alexandrie, avec la roue à ses côtés et la tête de l'empereur Maxence sous les pieds, lève l'épée qui servit à sa décollation.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le culot.

Son motif, un homme tirant la langue, échappe lui aussi aux convenances. Son cou est entouré d'une collerette.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le vitrail : Les travaux des Saisons, Printemps et Eté. Jean-Pierre Le Bihan, Quimper, 1985.

 

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Lancette gauche: Vaches pie-noires sous les pommiers.

Lancette droite : Les moissons.

Tympan : arrivée de l'hirondelle.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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LE BRAS SUD DU TRANSEPT.

 

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Saint Tugen. Bois polychrome, XVIe siècle.

 

Le saint enfonce un bâton dans la gueule d'un dragon.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Une sainte tenant un livre, et un objet perdu dans la main droite. Bois polychrome, XVIe siècle.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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 Saint Jean, ou plutôt Christ de la Résurrection. Bois polychrome, XVIe siècle.

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Il tient un bâton dans la main gauche et il bénit. Le bâton peut correspondre à la hampe de l'étendard de la Résurrection.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Entrait engoulé : dragons.


 

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Le vitrail : Les travaux des Saisons. Cueillette des pommes, labourage, coupe du bois. Jean-Pierre Le Bihan, Quimper, 1985.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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C'EST FINI.

 

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Euh, j'crois que j'ai oublié de photographier le vitrail de sainte Barbe. Je reviendrais. Sûrement.

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Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Chapelle de la Madeleine à Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

 

 

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL Jean-Marie,  1904, Notice sur Briec,   B.D.H.A. 

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/af488ed0b5ac10edd2fb9441496254a9.pdf

la chapelle de la Madeleine (XVIème siècle), reconstruite en 1910. Elle est en forme de croix latine. La flèche a été tronquée par la foudre vers 1910. Sur l'un des piliers, on peut lire : "14è Jour de Février 1578", et sur le clocher, l'inscription : "Trellu Guillaume Fabrique 1578". La sacristie date de 1813. On y trouve des statues anciennes : sainte Madeleine, Vierge-Mère, saint Jacques, sainte Catherine, sainte Barbe, saint Sébastien, Couronnement de la sainte Vierge, saint Tugen ;

Cette chapelle dépendait de Landrévarzec avant la Révolution, mais est demeurée annexée à Briec après l'érection de Landrévarzec en paroisse. Elle ne fut pas vendue à la Révolution. Elle figure au rôle des décimes de 1765. Le pardon de cette chapelle située à une lieue au Nord du bourg, se célèbre le dimanche qui suit la fête de la Madeleine. La chapelle ne possède qu'un seul autel, on y remarque outre la statue de la Sainte représentée à genoux, une statue de saint Jacques. La chapelle aurait été bâtie ou rebâtie vers le milieu du XVIIIème siècle (M. Abgrall, 1904).

ABGRALL Jean-Marie,  1917, Notice  B.D.H.A Landrevarzec. 

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f380bb38f284bdf4491c2244061a938a.pdf

ABGRALL Jean-Marie, LE GUENNEC Louis, “Le chemin du Tro Breiz entre Quimper et Saint-Pol-de-Léon”, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1922, tome 49, p. 71

— Cahiers de doléance pour la commune de Landrévarzec

http://infobretagne.com/landrevarzec-cahier-doleances.htm

COUFFON René, LE BARS Alfred, Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles, 2e éd., Quimper, Association Diocésaine, 1988

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/BRIEC.pdf

 

CDT29

https://cdt29.media.tourinsoft.eu/upload/Fiche-inventaire---chapelle-de-la-Madeleine.pdf

—Comité de la Magdeleine à Briec : 

  02 98 66 65 70

https://www.briec.bzh/contacts/comite-de-la-madeleine/

— KNOCKAERT Marthe 6 mars 2009 (?)

http://martheknockaert.unblog.fr/category/fontaines-sacrees/page/60/

Pour trouver la fontaine, il faut se rendre au hameau de Ty Men qui se trouve à plus de 400m au sud de la chapelle. Il vous faudra traverser la cour de ferme et prendre à gauche le chemin le long des bâtiments de ferme . Il est stabilisé au début, ensuite….. . Encore une centaine de mètres et à droite dans la végétation se trouve la fontaine. La voie rapide se trouve juste au dessus.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), blog

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-15689073.html

LEROY Jean-Patrick 2016, "Chapelle de la Magdeleine à Briec", Journées du Patrimoine 2016, dossier photo Flickr

https://www.flickr.com/photos/valendrevarzecois/albums/72157623215271744/

https://www.flickr.com/photos/valendrevarzecois/5444430661/

— MAUGUIN (Michel)

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

 

— PEYRON Paul, “Les églises et chapelles du diocèse de Quimper”, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1903, tome 30, p. 146

 

POP

https://www.pop.culture.gouv.fr/search/list?mainSearch=%22chapelle%20de%20la%20madeleine%20briec%22

SIX Anita (dir.), Le patrimoine des communes du Finistère, tome I, Charenton-le-Pont, Flohic éditions, 1998

SOURNIA (Jean-Claude), TREVIEN (M.), 1968, Essai d'inventaire des léproseries en Bretagne Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1968  75-2  pp. 317-343

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1968_num_75_2_2464

— OUEST-FRANCE, 7 juillet 2013, 15 juillet 2015  et 21 juillet 2016,

https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/la-messe-dominicale-celebree-la-magdeleine-711214

https://www.ouest-france.fr/bretagne/briec-29510/une-nombreuse-assemblee-au-pardon-de-la-magdeleine-3565972

https://www.ouest-france.fr/bretagne/briec-29510/la-madeleine-michel-coz-veille-sur-la-chapelle-4382216

— LE TÉLÉGRAMME 20 juillet 2011

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/briecdelodet/briec/pardon-de-la-magdeleine-une-quarantaine-de-fideles-20-07-2011-1376112.php

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 14:32

Le couronnement en palmier de l'escalier en vis du palais épiscopal (1507) de Claude de Rohan à Quimper et ses 24 sablières.

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— Voir sur les sablières cette liste partielle :

Le grand intérêt des sablières de ce palais épiscopal est de témoigner de la présence de ces sculptures dans un espace civil (ou domestique, ou laïc, chacun de ces termes étant embarrassant dans le palais d'un évêque), tandis que nous disposons surtout d'exemples dans les chapelles et églises.

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— Voir sur Quimper :


 

Musée départemental breton de Quimper

 

 

Musée des beaux-arts de Quimper

Évêché.

Chapelle de Tu Mamm Doué à Quimper

Église Saint-Mathieu

Eglise de Kerfeunteun à Quimper :

Entomologie : C.F. Le Borgne de Kermorvan

 

Cathédrale

 

 

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PRÉSENTATION.

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Le palais épiscopal : la Tour de Rohan.

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"Cette tour d'escalier est la partie la plus ancienne du bâtiment. Elle fut élevée en 1507 pour Claude de Rohan, évêque atteint de folie mais issu d'une famille puissante et appartenant à l'entourage du duc de Bretagne. Le nom du maître d'œuvre du palais de Claude de Rohan, Daniel Gourcuff , nous est parvenu. Les pierres employées furent extraites de carrières autour de Quimper, tandis que la chaux était importée de Rouen ou de Vendée.

Extérieurement, la tour impressionne par sa verticalité et son élancement, effet renforcé par le décor flamboyant des fenêtres et de la cheminée.  

La tour est divisée en deux parties par de faux mâchicoulis, portant un décor sculpté de mascarons, d'animaux et de feuillages. Les fenêtres sont ornées de gables en accolades reposant sur des culots sculptés représentant , pour la plupart, les armes de l'évêque portées par un ange. Ce décor, représentatif du style du règne de Louis XII, est voisin de celui des Ducs de Bretagne à Nantes ou du château de Josselin, construit pour Jean II de Rohan, père de Claude.

Le règne de Louis XII, qui inaugura une période de paix, vit s'affirmer une nouvelle conception architecturale : les demeures seigneuriales ne sont plus fortifiées, mais conservent l'élément symbolique de la tour-donjon.
Les deux entrées du rez-de-chaussée desservaient deux vestibules : à droite, celui destiné au service, au sol couvert de simples dalles ; à gauche, l'entrée officielle, au carrelage soigné et pourvu d'un banc destiné aux visiteurs attendant d'être reçus par l'évêque.
La sobriété de l'espace intérieur de l'escalier contraste avec le faste extérieur de la tour. Seuls les paliers sont mis en valeur par des arcatures gothiques. L'escalier hélicoïdal s'achève par un somptueux lambris sculpté, en " palmier "." (Cartel du Musée départemental breton, apposé sur la tour).

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L'escalier en vis de la Tour de Rohan, l’un des éléments décoratifs les plus importants du Palais.

 

"L'escalier hélicoïdal s'achève par un somptueux couvrement de chêne sculpté et peut-être peint à l'origine, remontant à l'achèvement de l'édifice en 1507. C'est un plafond circulaire, dont les solives rayonnantes divisent la sablière en vingt-quatre bandeaux. L'ensemble est soutenu par une colonne torsadée ponctuée des macles (losanges évidés), symboles héraldiques des Rohan et de l'hermine de Bretagne.

Le décor du pourtour présente une foisonnante diversité. Rinceaux, feuillages, phylactères (banderole) enroulé et surtout nombreux animaux réels ou imaginaires : lion, cochon, cervidé, renard ou chien attaquant des oiseaux, dragons, dont l'un semble s'avaler lui-même, tandis que d'autres s'en prennent à des humains grimaçants. Des personnages assez énigmatiques : un homme barbu, incarnation, peut-être de l'homme sauvage ; un autre tel une sirène, le corps couvert d'écailles ; un acrobate aux bras croisés, le pied levé, portant le pourpoint décolleté à manches bouffantes et à crevés, mode italienne diffusée en France au début du XVIe siècle. Un personnage en aube, tenant la mitre et le blason des Rohan, pourrait être une représentation de l'évêque commanditaire de l'édifice." (Cartel du Musée départemental breton présenté au public dans l'escalier.)

 

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"Le plafond à plancher rayonnant tournant sur noyau est un chef d'œuvre de charpenterie est unique en Bretagne. Quant aux différents paliers de l'escalier, ils sont tous couverts de voûtes en arc brisé, mettant en évidence une parfaite maîtrise de la stéréotomie . Des voûtements comparables , également associés à un escalier en vis , existent non  seulement dans les maisons prébendales voisines situées place Saint - Corentin , mais également dans quelques manoirs des environs de Quimper notamment en Keriner en Pluguffan. Le développement spatial et ornemental y est certes plus modeste, mais tout laisse à penser que la grande vis construite pour Claude de Rohan devient un modèle dont certains notables, ecclésiastiques ou laïcs, cherchent à s'inspirer. Dans sa Monographie de la cathédrale de Quimper, R.-F. Le Men indique que Daniel Gourguff (ou Gourcuff) était, en 1507, maître d'œuvre du chantier épiscopal, peut-être en collaboration avec Guillaume Le Goaraguer, qui avait dirigé des travaux à la cathédrale et exécuté une... "  Histoire de Quimper 1994 page 122

 

https://www.google.fr/books/edition/Monographie_de_la_cath%C3%A9drale_de_Quimper/7pbCR4W-R30C?hl=fr&gbpv=1&dq=%22palais+%C3%A9piscopal%22+quimper&pg=PA228&printsec=frontcover

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Sur les Rohan :

Sur la piste du "A couronné" de Jehan II de Rohan : I. L'inscription de fondation (1510) du pont habité de Landerneau.

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Claude de Rohan, fils de Jean II, fut nommé évêque de Quimper de 1501 à 1540, mais sa simplicité d'esprit imposa qu'il fut remplacé dans ses fonctions d'évêque par Jean du Largez. En effet,  Jean du Largez, abbé de Daoulas de 1502 à 1519,  fut nommé le 8 juin 1505 évêque suffragant de Quimper (administrant le diocèse à la place de Claude de Rohan, l'évêque titulaire évêque de Cornouaille de 1501 à sa mort en 1540) avec une pension de 200 livres. 

Du fait de son incapacité, Claude de Rohan ne sera sacré que le 6 avril 1510 et ne prendra officiellement possession de son siège que le 6 juin 1518. On comprend que ce n'est pas à lui qu'il faut attribuer la commande et la supervision de son palais. Mais on s'intéressera aux choix artistiques de son père Jean II pour son château de Josselin, très novateur notamment par son escalier rampe sur rampe dont il est le premier exemple en France.  

Sur les Rohan et leur héraldique, voir parmi cent exemples :

 

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Malgré le soin avec lequel ces éléments architecturaux et artistiques sont présentés au public, les 24 bandeaux de sablières figuratives n'ont pas fait l'objet d'un relevé photographique accessible en ligne : je me fixe donc la mission d'y pallier. L'interprétation des bandeaux est parfois difficile, et c'est d'ailleurs vrai de l'ensemble des sablières de Basse Bretagne. J'ai proposé ma description, mais j'accueillerai avec joie d'autres propositions.

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Le "palmier".

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Plafond en palmier (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Plafond en palmier (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Plafond en palmier (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Plafond en palmier (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Plafond en palmier (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Plafond en palmier (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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La colonne torve aux macles des Rohan et aux hermines des ducs de Bretagne.

Anne de Bretagne est duchesse de Bretagne de 1488 à 1514.

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Colonne (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Colonne (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Début de la description des bandeaux.

Je choisis un point de départ aléatoire pour débuter ma numérotation.

Liste.

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N°1. Masque de face d'un homme grimaçant, les boucles de ses cheveux étant mordus par deux dragons.

N°2. Deux animaux (chien et lèvre ?) dans une navette en volute.

N°3. Fou sauvage et lièvre (?).

N°4. Deux oiseaux dont l'un se trouve saisi par la gueule d'un chien.

N°5. Rouleau à spires perlées aux armes (macles) des Rohan.

N°6. Masque d'homme ou femme portant une coiffe et mordant deux rangs de gros grains.

N°7. Masque d'homme et chien (?) couché.

N°8. Homme de face, écartant des bras les parois.

N°9. Homme de face : acrobate ?.

N°10. Chien de profil crachant des feuilles d'acanthe.

N°11. Deux têtes animales de profil (chiens ?) tenant dans leurs crocs un tronçon de colonnes aux macles des Rohan.

N° 12. Masque d'homme de face, encapuchonné, entre deux dragons.

N° 13. Dragon ailé crachant des feuillages.

N°14. Ange volant tenant la mitre et les armes de Claude de Rohan.

N°15. Figure complexe.

N°16. Spirale de phylactère.

N°17. Ange/homme de face présentant un phylactère.

N°18. Dragon se retournant gueule ouverte.

N°19. Lion de profil.

N°20. Masque d'homme de face, encapuchonné entouré de banderoles.

N°21.Dragon crachant une spire avec grappe et feuille.

N°22. Rouleau à perles et macles.

N°23. Spires.

N°24. Grappes et feuille.

 

 

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°1. Masque de face d'un homme grimaçant, les boucles de ses cheveux étant mordus par deux dragons.

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Cette figure du visage grimaçant d'un homme dont les oreilles (ou ici les boucles de cheveux) sont mordillées par deux dragons n'est pas rare. On la trouve ainsi, entre autre, à Guengat.

https://www.lavieb-aile.com/article-l-eglise-de-guengat-ii-statues-sablieres-et-inscriptions-122885782.html

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°2. Deux animaux (chien et lèvre ?) dans une navette en volute.

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Ces animaux parcourant le tunnel formé par les spires d'un phylactère rappelle l'hermine ducale sculptée sur les sablières de Quimperlé, ou taillée dans la pierre sur l'extérieur de la collégiale du Folgoët vers 1424.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°3. Fou sauvage et lièvre (?).

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Un visage de face est cerclé par un capuchon évoquant celui, à grelots, des fous, et une sorte de corne s'en échappe. Mais le corps du personnage se métamorphose, sous la ceinture, et se recouvre d'écailles concordant avec la forme générale de poisson. Les deux mains tiennent des objets que je ne m'aventure pas à identifier.

À gauche, sous la queue, un lièvre est entouré d'une ceinture d'écailles, et différentes parties de son corps sont feuillagées.

Ces métamorphoses supprimant les barrières entre humains, animaux et végétaux nous font pénétrer dans un univers onirique ou d'inversion des valeurs, sous l'influence des fêtes païenne médiévales mais aussi sous celle des Métamorphoses d'Ovide et de Lucien, très en vogue à la Renaissance. Les sablières du Finistère en donnent de nombreux exemples au XVIe siècle.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Suite de la description.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°4. Deux oiseaux dont l'un se trouve saisi par la gueule d'un chien.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°5. Rouleau à spires perlées aux armes (macles) des Rohan.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°6. Masque d'homme ou femme portant une coiffe et mordant deux rangs de gros grains.

Ce sont des grains (de raisins ?), ou des perles, ou autre chose.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°7. Masque d'homme et chien (?) couché.

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Nous ne sommes pas loin du thème de la pièce n°1, mais l'animal est un chien (avec une gueule étrangement allongée) ou un lion, avec la queue rabattue sur le dos.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°8. Homme de face, écartant des bras les parois.

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Ce joyeux drille semble repousser le cadre de son logement, il est habillé d'un épais manteau et sa chevelure, d'abord nattée ou méchée, fait fleurir des bouclettes qui participent à la drôlerie de la scène.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°9. Homme de face : acrobate ?.

Si les métamorphoses humain/animal/végétal sont destinées à faire perdre pied au spectateur, la figure de l'acrobate (très fréquentes sur les sablières, les abouts de poinçons des charpentes et sur les crossettes) incite au renversement pied par dessus tête du point de vue. L'artiste sculpteur a réussi ici son coup, puisque nous peinons à retrouver nos repères dans ce fouillis de plis, où émergent une tête et un pied nu.

 

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°10. Chien de profil crachant des feuilles d'acanthe.

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Là encore, le masque animal (plus ou moins fantastique) de profil "crachant" des rinceaux ou des feuilles est très fréquent, sur les sablières, les miséricordes des stalles, et autres éléments sculptés : encore une façon de dissoudre les frontières animal/végétal !

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°11. Deux têtes animales de profil (chiens ?) tenant dans leurs crocs un tronçon de colonnes aux macles des Rohan.

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Le mufle retroussé ou les narines dilatées correspondent peut-être plus à des dragons, voire à des lions.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N° 12. Masque d'homme de face, encapuchonné, entre deux dragons.

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Encore un joyeux luron hilare, comme s'il prenait un selfie dans une posture particulièrement propre à amuser la galerie, écrasé comme par des presse-livres par un dragon et par la tête d'un dragon ou lion.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N° 13. Dragon ailé crachant des feuillages.

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Où est Charlie ? Je distingue la tête d'un dragon, dont le corps serait celui d'un petit poisson ailé, dans un froissement de feuilles et de tiges. On se dit que c'est la photo qui est floue, on se rassure en croyant que, face à l'œuvre réelle, tout deviendrait limpide... mon œil ! Le trouble n'est pas (que) celui de l'autofocus, c'est celui que le sculpteur a délibérement créé pour nous rendre un peu fous.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°14. Ange volant tenant la mitre et les armes de Claude de Rohan.

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Nous reprenons nos marques Un ange, à la chevelure bouclée en macarons, vient en volant apporter la mitre sur les armes des Rohan. À ses pieds, j'hésite à reconnaître une sphère armilaire.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°15. Figure complexe.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°16. Spirale de phylactère.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°17. Ange/homme de face présentant un phylactère.

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L'ange porte en guise d'aube un manteau plissé et épais et nous retrouvons cette chevelure bouclée déjà notée. Il écarte un phylactère.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°18. Dragon se retournant gueule ouverte.

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Picasso s'y plairait : l'arrière-train du dragon est vu de dessus, tandis que sa tête est vue de profil, et retournée vers la queue. La gueule ouverte semble vouloir se refermer pour s'entre-dévorer, mais nous ne sommes sûrs de rien, nous perdons pied, ... et c'est exactement le but recherché.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°19. Lion de profil.

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Ce lion est de profil, allant vers la gauche, mais sa tête nous regarde. Si c'est un motif héraldique, c'est un "léopard passant". Mais les lions sont si courants  en sculptures de sablières ( c'est le motif le plus représenté avec les dragons), ou en sculpture de crossettes,  et le lion n'ayant rien à faire avec les Rohan, je ne retiens pas cette hypothèse. Comme toujours, la crinière bouclée permet l'identification, et la queue fait retour sur le dos.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lion_(h%C3%A9raldique)

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°20. Masque d'homme de face, encapuchonné entouré de banderoles.

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Est-ce un fou, avec les grelots de sa capuche ? Il se perd dans les méandres d'une banderole presque végétale, et une tête animale s'y dissimule.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°21.Dragon crachant une spire avec grappe et feuille.

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Oui, ce dragon crache des éléments végétaux (épillet ou grappe et feuille), mais ceux-ci se moulent sur la forme d'une spire de phylactère, donc un "artefact", produit manufacturé par l'humain. Vous me voyez venir ?

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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N°22. Rouleau à perles et macles.

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J'ai oublié de prendre la photo !

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N°23. Spires.

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Et re-!

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N°24. Grappes et feuille.

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Feuilles de vigne et grappes de raisins.

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Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Sablières (chêne, 1507) de l'escalier du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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LES POUTRES DE LA SALLE DES ARCHIVES. (Non visitées)

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À défaut de pouvoir visiter cette salle, nous pouvons lire le cartel placé dans l'escalier, et regarder la photo les sculptures de l'une des poutres :

"Ce palier permet d'accéder, grâce à un petit escalier à vis, à deux pièces hautes qui servaient, aux XVIIee et XVIIIe siècles, de salles des archives (elles ne sont pas actuellement ouvertes au public). Les poutraisons de la plus élevée présentent un décor sculpté proche de celui de l'escalier : un acrobate ; un ange portant les armes des Rohan ; une jeune fille aux traits gracieux ; un homme au chapeau à la mode italienne ; des créatures mi animales, mi humaines ; un africain enfin, comme le symbole d'une Europe qui sortait du Moyen Âge pour se lancer dans l'aventure des Grandes Découvertes."

L'ange qui porte les armes à neuf macles des Rohan présente cette chevelure aux boucles profuses formant comme deux ailes ébouriffées, si caractéristique des sculpteurs sur pierre de l'atelier ducal à l'œuvre, à quimper, sur le porche sud de la cathédrale vers 1424.

Un autre cartel montre une deuxième photo d'un personnage.

Nous ne pouvons que regretter de ne pas avoir accès, à défaut d'une visite de cette salle pour des raisons de sécurité fort compréhensibles,  au relevé photographique de ces poutraisons.

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Le couronnement de l'escalier du palais épiscopal de Quimper et ses 24 sablières.
Le couronnement de l'escalier du palais épiscopal de Quimper et ses 24 sablières.
Ange présentant les armes des Rohan. Droits réservés Musée départemental breton de Quimper.

Ange présentant les armes des Rohan. Droits réservés Musée départemental breton de Quimper.

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SOURCES ET LIENS.

 

— DUHEM, (Sophie), 1997. Les sablières sculptées en Bretagne. Images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.). Collection Arts et Société. Presses universitaires de Rennes, 1997.

 

— LE MEN ( René-François), 1877, “Monographie de la cathédrale de Quimper (XIIIè - XVè siècle) », Quimper, Lemercier ed.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

"Un autre monument d’une toute autre importance, le palais épiscopal, vient aussi se rattacher à la cathédrale avec laquelle il forme un angle du côté du sud. Les parties les plus anciennes de cet amas de constructions de diverses époques, ne remontent pas au-delà du commencement du XVIe siècle. Claude de Rohan, nommé évêque de Quimper, le 25 juin 1501, à la mort de Raoul Le Moël, voulut se préparer, dans sa ville épiscopale, avant d’y faire son entrée, un palais dont la magnificence fut digne de l’illustre famille à laquelle il appartenait. Les travaux commencèrent à la fin du mois de mars 1507. Les maîtres de l’œuvre furent Daniel Gourguff et Guillaume Goaraguer."

 

"On construisait en 1507, le palais épiscopal de Claude de Rohan. Dans le seul compte qui nous soit parvenu de ce travail, Le Goaraguer ne figure pas parmi les ouvriers employés régulièrement à la construction de ce monument, dont le maître de l’œuvre fut Daniel Gourcuff, mais il est assez souvent chargé de choisir et de mesurer de la pierre, dans différentes carrières, notamment des « pas de vis » pour le grand escalier, qui, en raison de leur dimension peu ordinaire, étaient difficiles à trouver. Comme Le Goaraguer était payé 5 sous par jour, tandis que Gourcuff, le maître de l’œuvre, ne recevait que 3 sous 4 deniers, il est très-probable qu’il avait une bonne part dans la direction de ce remarquable édifice"

"Daniel GOURCUFF. Claude de Rohan, nommé à l’évêché de Quimper en 1501, peu de temps après la mort de l’évêque Raoul Le Moël, voulut, avant de venir prendre possession de son évêché, se faire construire un nouveau palais épiscopal. Il commit à cette fin Prigent de Saint-Alouarn, son maître d’hôtel, qui institua François du Perier, comme contrôleur des travaux. Francois Le Scanff, receveur des Reguaires de Cornouaille, fut chargé de la dépense. Les travaux commencèrent en 1307 [pour 1507]. Du 31 mars de cette année, au 21 octobre suivant, il fut extrait de différentes carrières, mais principalement de celle du Boulc’hat, en la paroisse de Kerfeunteun, 1995 quartiers de pierres de taille, sans compter les pas de vis, ou marches d’escalier, qui avaient neuf pieds de longueur. Daniel Gourcuff, tailleur de pierres, fut le maître de l’œuvre. Il était payé à la journée à raison de 3 sous 4 deniers (4 fr. 50 c.) par jour. Le salaire [p. 295] journalier des compagnons qui travaillaient sous ses ordres, était de 2 sous 6 deniers (3 fr. 37 c.). J’ai exprimé plus haut, l’opinion que G. Le Goaraguer n’était pas demeuré étranger à cette construction. Je ne répéterai pas ce que j’ai dit à la page 228, de ce palais, qu’on appelait le « grand logis de Rohan » et qui faisait, à juste titre, l’admiration de tous. Il n’y a pas, à mon avis, dans le département du Finistère, de monument d’architecture civile : de style ogival, qui puisse être comparé à ce qui reste de ce logis, dont les détails d’ornementation peuvent nous donner une idée de l’habileté du maître qui l’a construit ".

 

"Les pierres qui servirent à la construction du palais épiscopal de Claude de Rohan, furent extraites des carrières du Boulc’hat, en Kerfeunteun ; de la Belle-Croix, en Briec ; de Saint-Affredec (Saint-Evarzec) ; de Langurun et de la Roche-Dagorn (Roc’h-Dagorn). La situation de ces deux dernières carrières m’est inconnue. C’est de la perrière de Roc’h-Dagorn, que furent extraits la plupart des « pas de vis » on marches, d’escaliers, longs de 3 mètres et destinés aux tourelles du palais épiscopal. Le port d’un seul de ces pas de vis, coûtait 5 sous (6 fr. 25 c.) en 1507, tandis qu’une charretée de pierres de la même carrière de Roc’h-Dagorn, était payée 3 sous 4 deniers (5 francs) seulement".

— QUIMPER.BZH

https://www.quimper.bzh/625-le-palais-des-eveques.htm

https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=29232_2

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Sablières
30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 21:40

Les sablières (1663), l'entrait (1667)  et les statues de la chapelle de Lanjulitte exposées dans l'église Saint-Magloire  à Telgruc.

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Sur Telgruc, voir :

 

Sur les sablières, voir :

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PRÉLUDE.

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On connaît le mythe de Pygmalion ("poing" — grec qui a donné aussi Pygmée—), sculpteur qui tombe amoureux de la statue qu'il a créé ; il l'étreint et l'embrasse, et aussitôt  Aphrodite  lui confère la vie sous le nom de Galathée ("blanche comme lait"). Il l'épouse, et cette alliance de la force du poignet et de la grâce de la beauté devient féconde.

Je pourrais en proposer la version suivante :  une poignée d'amateurs, séduits par la beauté des trésors d'une chapelle, les ressuscitent et leur passion anime désormais ces sculptures de la vie propre aux belles choses. Ils se nomment, entre autre, Auguste Dizerbo, Dominique de Lafforest, Marie Bideau, Maurice Keravel, Louis Dagorn, Breiz Santel, EOST,  Eric Blanc, ou Christian Moureaux :  le récit de leur amour opiniâtre (sous la plume de Didier Cadiou) est magnifique. Le rôle d'Aphrodite serait tenu par la restauratrice d'art Hélène Champagnac .

Mais il faudrait disposer d'un autre mythe où le simple touriste tombe amoureux d'une statue et la voit  venir l'embrasser de ses lèvres mignardes.  C'est mon histoire, et mes yeux sont encore brûlants de l'azur du regard de la belle Julitte. Ses deux yeux bleus, deux flambeaux de ma vie,  dessus les miens foudroyant leur clarté, ont esclavé ma vieille liberté. Elle m'a rendu la vie et mort d'amour je suis. Transformé en un âne brayant.

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PRÉSENTATION.

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"Chapelle de la fin du 15e siècle construite sur les terres des Rosmadec. Deux socles de statue du transept sud portent des blasons : l'un d'un ecclésiastique ; l'autre, aujourd'hui muet, était peut-être peint aux armes des Rosmadec. La mise en oeuvre en petits moellons réguliers du transept sud ainsi que ses baies (avec remplage gothique) et celles du choeur témoignent de l'ancienneté de l'édifice. En 1677, la chapelle est partiellement reconstruite, notamment le pignon ouest et la charpente, à l'initiative du recteur François de Kerscao, du curé Horellou et du fabricien Jacques Le Monze dont le nom figure sur une pierre remployée à la croisée du transept et sur le pignon ouest, avec la date. C'est sans doute à cette époque que la baie du transept sud est partiellement bouchée pour mettre en place un retable. La fenêtre percée dans le mur sud du choeur est transformée en porte pour accéder à une sacristie construite après 1831, autrefois couverte en appentis. Les ruines de la chapelle ont été consolidées en 2000.

Chapelle construite en moellon de grès et de schiste avec encadrements de baies en granite. Plan en croix latine asymétrique avec aile sud profonde et petite aile au nord. Nef courte sans bas-côtés et chevet plat. Tour carrée avec chambre des cloches ajourée. Au sud, petite pièce accolée au choeur à usage probable de sacristie.

Seule chapelle de la commune conservée après la Révolution sur les quatre existantes, Sainte-Julitte possédait un riche décor de poutres sculptées et de statues en bois polychrome dont un groupe sculpté de sainte Julitte et saint Cyr, classé M.H. en 1994. Après la dernière messe célébrée en 1955, elle est laissée à l'abandon. Les ruines de la chapelle ont été restaurées par l'association Eost de Telgruc grâce à des subventions obtenues par la municipalité en 2000." (Judith Tanguy-Schröer)

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La chapelle a été restaurée au XVIIe siècle sur un édifice précédent du XIVe ou XVe siècle. Son historique a été remarquablement décrit par Didier Cadiou (Avel Gornog 2018) avec une précision de détective, et un dossier iconographique et bibliographique complet.

Les éléments de datation sont :

-1595 : une ancienne maison de prêtre est signalée au Lez voisin de Lanjulitte, avec sur le linteau de la porte nord une inscription, un calice (signalant la demeure d'un prêtre) et cette date.

-Une date de 1618 se trouve sur une pierre posée à l'envers (c'est donc un réemploi) à la base et au revers du clocheton avec la mention "G : HOREL/LOV : 1618."

-l'inscription lapidaire du linteau de la maison voisine portant le nom de "M.G. CADIOV" avec la date de 1646. Il s'agit vraisemblablement de maître Guillaume Cadiou, mentionné dans un acte de 1682 comme redevable d'une chefrente (rente perpétuelle payable en argent ou en nature au seigneur suzerain par le détenteur d'un héritage noble) à Eustache Joseph Marie du Han. 

-l'inscription des sablières avec IACQUES  FABRI et la date de 1663.

-D. Cadiou signale la date de 1663 sur une pierre de taille du chevet avec l'inscription GVIL. BOVSS/ART FAB 1663 soit "Guillaume Boussart fabricien en 1663". [un Guillaume Le Boussart (1652-1721) est mentionné par les généalogistes comme laboureur à Porslous, à moins de 1 km  au sud-ouest de Lanjullite. Il avait épousé Jeanne Le Monze. Il peut s'agir du fils du fabricien]. 

-Une  inscription lapidaire est brisée, le chronogramme est absent,  on ne  lit plus que IACQVESL / FABRI : L, comme sur la sablière de 1663.

-l'inscription lapidaire de la porte d'entrée, dont le plein cintre associe la date de 1677 sur la clef de voûte et les inscriptions gravées I LE MONZE  sur le claveau de gauche et FA --- sur le claveau de droite.

-l'inscription de l'entrait associant le nom du recteur François de Kerscao . Il n'était plus recteur de Telgruc en 1679.

-l'inscription d'un autre entrait, signalé par Dizerbo et photographié, portait l'inscription F: PAR . MOY : IACQVES : LE : MONZE : F : 1677 (Fait par moi Jacques Le Monze fabricien l'an 1677.)

-le pennon généalogique provenant de la chapelle, avec les armes de René de la Porte et Anne-Marie du Han, dont le mariage date de 1656.

-le nom du recteur Monfort sur la cloche : Maurice Monfort (1816-1890) fut recteur de Telgruc de 1865 à 1889.

-le millésime 1880 gravé sur un granite de la face sud du clocheton signalant la date de sa reconstruction.

-Une autre inscription lapidaire est brisée, le chronogramme est absent,  on ne  lit plus que IACQVESL / FABRI:L, comme sur la sablière de 1663.

On peut conclure, avec Didier Cadiou, de ce qui précède que la chapelle de Lanjulitte a fait l'objet d'une première restauration en 1618, à la fin des guerres de la igue, et qu'elle a ensuite été restaurée de façon plus importante entre 1663 et 1677. "On imagine qu'une première tranche de travaux, en 1663, a concerné l'aile sud-est et le chœur, tandis qu'une seconde tranche, en 1677, a concerné le chœur et le clocher" (D. Cadiou). Ces travaux ont été supervisés par les fabriciens Guillaume Boussart et Jacques Le ? en 1663. Ils ont été exécutés alors que René de la Porte et Anne Marie Le Han étaient les seigneurs du lieu.

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I. LES SABLIÈRES SCULPTÉES (1663).

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Les sablières sont des pièces de bois horizontale qui, à la jonction entre les murs et la charpente, reçoivent l'extrémité inférieure des chevrons dans un pan de toiture.

 

Celles de Lanjulitte n'ont pas été étudiées par Sophie Duhem, auteure de référence sur les sablières de Bretagne par sa thèse de 1997, puisque ces sablières de Lanjulitte n'étaient alors ni restaurées ni présentées.

Elles sont aujourd'hui présentées dans l'aile sud de l'église Saint-Magloire.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Première sablière. Deux dragons crachant un rinceau.

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Comme pour les autres pièces qui seront examinées, les identifications des animaux représentés sont imprécises. Les seules raisons de voir ici deux dragons sont d'une part la mise en perspective avec l'iconographie traditionnelle des sablières de Bretagne (et notamment du Finistère) , où les dragons sont prédominants, et d'autre part la queue de serpent. Les deux oreilles rondes sont également traditionnelles dans ces représentations ; les  écailles seraient un indice précieux ... si on ne les trouvaient pas ensuite sur des animaux différents.

Mais libre à chacun d'y voir des crocodiles...

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Deuxième sablière. Inscription gravée de 1663.

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Jadis placée dans l'aile sud-est de la chapelle, elle a été restaurée jusqu'en juillet 2013 par Hélène Champagnac de l'Atelier régional de Restauration de Bignan (56), car son état nécessitait un traitement écologique contre les insectes, contre la pourriture cubique causée par les micro-champignons , et une consolidation par injection de résines époxydes.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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L'inscription  est gravée en lettres capitales avec ponctuation de séparation par le deux-points:

MESIRE : HENRI : HORELLOV
PBRE : CURE : 1663.

La graphie MESIRE pour "messire" est attestée dans les manuscrits français. PBRE est l'abréviation très courante pour "prêtre" par le latin presbyter, même sens.

Soit "Messire Henri Horellou, prêtre curé, 1663". Il ne s'agit donc pas du recteur de Telgruc, mais de son vicaire. La plupart des prêtres des paroisses en étaient natifs, mais la base Geneanet ne propose aucun individu portant ce patronyme à Telgruc avant 1663. Le nom, qui dérive du diminutif du breton horell "hochement, ébranlement" ou "balle de bois pour jouer à la crosse" est d'abord attesté à Quimper et  à Primelin vers 1580, puis à Saint-Nic en 1600 et Dinéault (vers 1615).

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Troisième sablière. Trois animaux, et inscription  par  le fabricien de 1663.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Inscription :

Elle n'est pas gravée, mais sculptée en réserve, en lettres capitales (sauf le Q), avec un S rétrograde, et une ponctuation de séparation des mots par le deux-points.

IACQVES :

FABRI : 1663.

Il est probable que IACQUES corresponde au prénom Jacques, et que le patronyme soit perdu. Pourtant, la partie brisée ne conserve pas la partie basse d'une inscription de complément, et, d'autre part, la disposition générale en deux lignes achevée par un feuillage n'est pas en faveur de cette hypothèse. Souvent, le prénom du fabricien est en initiale ou en abrégé (I. LE MONZE ou GVILL. Le BOUSSART). Pourtant, aucune autre lecture ne peut être proposée.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.
Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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L'âne.

Là encore, l'identification animale n'est que probable.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Deux autres animaux affrontés (dragon et renard).

Ils différent surtout par leur queue, large, à droite, comme celle d'un renard et longue, fine et enroulée à son extrémité à gauche, comme celle des dragons de la première pièce. D. Cadiou évoque l'hypothèse d'une genette. Aucune certitude n'est possible.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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II. L'ENTRAIT (vers 1677) DE LA NEF.

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Inscription : 

NOBLE ET DISCRET M[ESS]IRE  FRACOYS DE K'SCAO . RECR

Soit "Noble et discret messire François de Kerscao, recteur".

—"La famille de Kerscao est une très vieille maison qu'on voit aux anciennes réformations des XVème et XVIème siècles et dont un membre messire Maurice de Kerscao figure à celle de 1427, marié à noble demoiselle Typhaine Thomas ; ils vivaient en 1415, il était fils de messire Jean de Kerscao et de noble demoiselle Marguerite Le Long. Lors de la réformation de 1660 cette maison fut reconnue noble d'ancienne extraction avec neuf générations. Armes : D'argent à deux dauphins d’azur en pal adossés. (P. A-Grancière).


— Messire François de Kerscao apparaît dans un acte de 1679 (*) comme recteur de Quimper-Corentin, et il est qualifié en 1669 de seigneur de Penanguer.

(*)1679 , à Pluguffan : Mariage de fermiers demeurant au manoir de Kerascouët. Ont signé François de Kerscao, recteur de Quimper-Corentin, Alain de Goulhezre, Jeanne et Anne de Goulhezre, René Louis de Cornouaille." ( AVENEAU DE LA GRANCIÈRE,  1895 -Notes historiques sur la paroisse de Pluguffan, ‎Revue historique de l'Ouest - Volume 11 - Page 585)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67171p/f590.item.r=kerscao

 

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Extrémité à engoulant de la poutre : une gueule de lion ou de dragon.

Je privilégie l'hypothèse du dragon puisque c'est cet animal qui est le plus fréquemment trouvé aux extrémités des entraits des charpentes bretonnes. 

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Nœud de l'entrait : un cœur enflammé dans un cartouche à enroulement stylisé.

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Extrémité  à engoulant de la poutre : une gueule de lion ou de dragon.

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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DISCUSSION SUR LA CHARPENTE SCULPTÉE.

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Les 4 pièces (3 sablières et 1 entrait) sont datées par inscription de 1663 pour les premières, et par  estimation de 1677 pour la dernière. Si on compare ce créneau de la seconde moitié du XVIIe avec les dates des charpentes sculptées encore conservées en Presqu'île de Crozon et Aulne Maritime, nous constatons que celle de Lanjulitte sont trop tardives pour être attribuées au Maître de Pleyben (auteur des sablières de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom vers 1575) ou au Maître de Plomodiern (auteur des sablières de l'église de Plomodiern en 1564 et de celle de Saint-Nic en 1561-1566).

Par contre, cette charpente est contemporaine de celles de l'église de Landévennec (v.1659), de Trégarvan, et des chapelle Saint-Jean (1653) et Saint-Côme (1641-1675) de Saint-Nic. Pourtant, alors que les sculptures de ces 4 charpentes ont de manifestes points communs stylistiques, — au point que j'ai proposé de les attribuer à un atelier nommé par convention celui du Maître de Saint-Nic), ces caractères stylistiques ne sont par retrouvés à Lanjulitte.

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Peut-être cela est-il dû au trop faible nombre de pièces conservées ici, mais néanmoins et inversement, les sablières de Lanjulitte ont des particularités que nous ne trouvons pas ailleurs :

- importance des représentations animales.

-dessin grossier voire naïf, pauvre en détails anatomiques.

-contraste bicolore entre le fond blanc et le bois (du moins dans la présentation actuelle, mais qui se retrouve sur les photos des sablières avant restauration)

-surtout, remplissage de toute la surface des animaux par des encoches creusées à la gouge (et, dans le cas d'un "dragon", de stries parallèles)pour rendre les écailles des dragons et/ou le pelage de l'âne et du "renard" .

Ce procédé répétitif et invariant quelque soit le sujet est primitif, mais il excelle pourtant à obtenir par le contraste du bois sur le fond blanc un effet décoratif et une lisibilité remarquables.

Nous devons donc, sous réserve d'autres découvertes, conclure à une œuvre isolée (sans équivalent ailleurs), qui pourrait être attribuée à un menuisier local si nous ne constations pas la maîtrise de la réalisation.

Mais nous ne disposons plus des sablières des autres chapelles de Telgruc (celles de Luzéoc, de Saint-Thomas à Kérédan et de la Vierge-Noire à Penhoat-Jardin, déjà absentes du cadastre de 1831), de l'église paroissiale (du XVIe-XVIIe mais détruite par un bombardement en 1944), ou de nombreux édifices religieux des communes voisines, qui auraient pu témoigner d'une activité plus riche de ce sculpteur.

 

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III. LA STATUAIRE.

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Statue de sainte Julitte. Bois polychrome du XVIIe siècle, de 105 cm de haut, restaurée en 2001 à Kerguehennec. 

Classement MH 1991/11/14.

Il pourrait  s'agir d'une œuvre des ateliers de la Marine de Brest.

Un cliché ancien (de 1994 ?) de la Médiathèque du Patrimoine montre qu'il s'agissait à l'origine d'un groupe de Sainte Julitte avec son fils saint Cyr.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304

Elle tenait un objet (la palme du martyre ?) dans sa main droite ; sa main gauche est posée sur un livre. Un voile est visible sur sa tête, et il passe ensuite derrière sa nuque. Saint Cyr portait une pèlerine à larges rabats, et boutons antérieurs,  et une besace.

 

Sainte Julitte et son fils saint Cyr, âgé de 3 ou 4 ans, subirent le martyre à Tarse au IVe siècle.

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Copyright Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (objets mobiliers), tous droits réservés https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304

Copyright Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (objets mobiliers), tous droits réservés https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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On peut comparer ce groupe à celui de la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers : mais moi, j'ai ma préférée.

Cette cathédrale possède les reliques de saint Cyr et de sa mère depuis la fin du VIIIe siècle.

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Sainte Julitte et saint Cyr, pierre polychrome, XVIe siècle, cathédrale de Nevers. Photo lavieb-aile.

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Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Vierge allaitante ou Virgo lactans, bois polychrome de 75 cm de haut,  XVIe siècle, restaurée en mai 2012.

Vierge couronnée, présentant à travers une fente de sa robe le sein droit à son Fils.

Ce thème est répandu en Bretagne, notamment en Finistère :

 

 

Virgo lactans ou miss Néné ? Les candidates du Finistère. Les Vierges allaitantes.

 

 

Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Saint Marc. Bois polychrome (4 niveaux successifs), XVIe siècle, restaurée en mars 2014 par l'ARR de Kerguehennec à  Brignan.

Inscrit MH au 21012/12/20

Le saint évangéliste tient un livre dans la main gauche . Il a perdu l'objet qu'il tenait en main droite et qui était peut-être un calame ou une plume de rédacteur.   Il s'identifie par le lion du Tétramorphe à ses pieds. Ce qui est particulier, c'est le bonnet de docteur dont il est coiffé. On retrouve cela en sculpture sur pierre, soit par Le Maître de Plougastel (statue en kersantite de saint Matthieu du Grand calvaire de Plougastel vers 1602 ; statue en kersantite de saint Marc du calvaire de Guipronvel), ou par Roland Doré (statue en kersantite de saint Marc su la façade ouest de Cast).

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004260

http://www.lavieb-aile.com/2020/04/la-fin-d-une-epidemie-le-calvaire-monumental-de-plougastel.html

http://www.lavieb-aile.com/2020/03/le-calvaire-de-l-eglise-de-cast.html

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Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Saint- Yves. Bois polychrome du XVIIe siècle de 107 cm de haut, 34 cm de large et 26 cm de profondeur.

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Inscrit MH 1992/01/21.

Le saint est représenté en juriste (comme avocat ou comme Official) avec la barrette de docteur, le livre de droit en main droite, le rouleau de plaidoirie ou un "placet" (requête de justice) dans la main gauche, la cotte talaire (recouvrant les talons), le surplis, et le camail couvrant les épaules et dont la capuche entoure le cou. Les manches du surplis blanc ont des revers rouges.

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— Voir aussi sur l'iconographie de  saint Yves :

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Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Pennon généalogique provenant de la chapelle de Lanjulitte et restauré en avril 2016 par Gilles Mantoux.

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Ce pennon armorié était autrefois accroché au dessus du maître-autel de Lanjulitte. Il est en châtaignier polychrome et mesure 96 cm de haut, 105 cm de large et 12 cm d'épaisseur.

Les armoiries présenté de deux aigles sont timbrés d'une couronne de marquis, et sommée d'une tête d'ange ailée entourée de volutes.

A.H. Dizerbo et D. Cadiou l'ont décrit écartelé au 1 du Han — d'argent à la bande fuselée de sable soutenant un lion morné de sable —, au 2 Le Méneust — d'or à la fasce de gueules chargée d'un léopard d'argent et accompagné de trois roses de gueules—, au 3 d'Artois —de sable au greslier enguiché d'argent — et en 4 de Goulaine —mi-parti d'Angleterre et de France—, sur le tout de la Porte — de gueules au croissant d'hermines —.

Ce sont les armes de René de la Porte, vicomte d'Artois, conseiller au Parlement de Bretagne, qui a épousé en 1656 Anne Marie du Han, fille de Jean du Han et de Claude de Goulaine et petite fille de Le Meneust. C'est elle qui a hérité du comté de Crozon et de la seigneurie de Rosmadec.

Comme on le constate, les émaux (couleurs) d'origine n'ont pas été respectés, et tous les meubles ont été peints en or sauf le croissant central, bleu-gris sur fond blanc.

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Pennon généalogique provenant de la chapelle de Lanjulitte  et exposé dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Pennon généalogique provenant de la chapelle de Lanjulitte et exposé dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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SOURCES, LIENS ET REVUE DE PRESSE.

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CADIOU (Didier) 2018,  Les restaurations de la chapelle de Lanjulitte, n°27 de la revue Avel Gornog  : Dossier  Telgruc-sur-Mer (Terrug) de juillet 2018 pages 83-95.
— CHAURIS (Louis), 2018,  La chapelle de Lanjulitte : polylithisme maîtrisé, 
 n°27 de la revue Avel Gornog  : Telgruc-sur-Mer (Terrug) pages 96-98.

— COUFFON (René) & LE BARS (Alfred), 1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8a73db67e2598582bf4670b1179c0215.pdf

CHAPELLE SAINTE-JULITTE A Lanjulitte. Edifice en forme de croix latine avec aile sud profonde, aujourd'hui en ruines. La poutre de gloire portait l'inscription : " FAICT PAR MOI IACQVES LE MONZE. 1677. ", mais la chapelle a gardé une partie de son fenestrage du XVe siècle.  Le mobilier, qui a pu être sauvé, a été transporté à l'église paroissiale (autel de l'aile nord, Crucifix du XVIe siècle de la sacristie, statue de saint Yves) et au presbytère (statues en mauvais état de sainte Julitte, saint Marc, saint Sébastien imberbe, Virgo Lactans). Chapiteau monumental ancien, au presbytère.

— DIZERBO (A.-H.), 1980, Monuments et objets d'art du Finistère. Telgruc, le chapiteau. Bulletin de la Société archéologique du Finistère. tome CVII p.262-264

—DIZERBO, A. Monuments et objets d'art du Finistère - Etudes, découvertes, restaurations. Telgruc, le chapiteau. Société archéologique du Finistère, tome CXXV, 1995, p. 166 et 521-522.

— DOUARD (Christel), 2011,  L'église Saint-Magloire, dossier IA29004999 de l'Inventaire.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-magloire-bourg-telgruc-sur-mer/5726fa3f-adbb-4471-8b54-855ae3ca1ee2

— DUHEM (Sophie), 1997, Sablières sculptées de Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.) sous la direction d'Alain Croix, Rennes 2.

— MÉDIATHÈQUE DU PATRIMOINE : la statue de sainte Julitte et de saint Cyr en 1994, 29W04774. Hauteur h =105 ; XVIIe siècle (?). Il pourrait  s'agir d'une œuvre des ateliers de la Marine (de Brest). Classé au titre d'objet 1991/11/14

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304?base=%5B%22Patrimoine%20mobilier%20%28Palissy%29%22%5D&mainSearch=%22telgruc%22&producteur=%5B%22Monuments%20Historiques%22%5D&idQuery=%228f0b44-786c-db22-812-84a1c56aa71%22

 

—  TANGUY-SCHRÖER (Judith), 2011, Dossier de l'Inventaire général IA29005013 .

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-sainte-julitte-lanjulitte-telgruc-sur-mer/e668da8c-0402-4e2d-be70-f4ca37c3dc55

 

"Chapelle de la fin du 15e siècle construite sur les terres des Rosmadec. Deux socles de statue du transept sud portent des blasons : l'un d'un ecclésiastique ; l'autre, aujourd'hui muet, était peut-être peint aux armes des Rosmadec. La mise en oeuvre en petits moellons réguliers du transept sud ainsi que ses baies (avec remplage gothique) et celles du choeur témoignent de l'ancienneté de l'édifice. En 1677, la chapelle est partiellement reconstruite, notamment le pignon ouest et la charpente, à l'initiative du recteur François de Kerscao, du curé Horellou et du fabricien Jacques Le Monze dont le nom figure sur une pierre remployée à la croisée du transept et sur le pignon ouest, avec la date. C'est sans doute à cette époque que la baie du transept sud est partiellement bouchée pour mettre en place un retable. La fenêtre percée dans le mur sud du choeur est transformée en porte pour accéder à une sacristie construite après 1831, autrefois couverte en appentis. Les ruines de la chapelle ont été consolidées en 2000.

Chapelle construite en moellon de grès et de schiste avec encadrements de baies en granite. Plan en croix latine asymétrique avec aile sud profonde et petite aile au nord. Nef courte sans bas-côtés et chevet plat. Tour carrée avec chambre des cloches ajourée. Au sud, petite pièce accolée au choeur à usage probable de sacristie.

Seule chapelle de la commune conservée après la Révolution sur les quatre existantes, Sainte-Julitte possédait un riche décor de poutres sculptées et de statues en bois polychrome dont un groupe sculpté de sainte Julitte et saint Cyr, classé M.H. en 1994. Après la dernière messe célébrée en 1955, elle est laissée à l'abandon. Les ruines de la chapelle ont été restaurées par l'association Eost de Telgruc grâce à des subventions obtenues par la municipalité en 2000."

—  TANGUY-SCHRÖER (Judith), 2011, Telgruc-sur-mer, Présentation de la commune. Dossier de l'Inventaire général IA29004998

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/presentation-de-la-commune-de-telgruc-sur-mer/38510869-7551-46df-8246-5459936d9f77

— FONDATION DU PATRIMOINE : Les sablières de la chapelle Sainte-Julitte.

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/sablieres-de-la-chapelle-de-lanjulitte-a-telgruc-sur-mer

— PRESQU-ILE-DE-CROZON.COM

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/telgruc-sur-mer/chapelle-de-lanjulitte-001.php

— WIKI-BREST

http://www.wiki-brest.net/index.php/Chapelle_Sainte-Julitte_de_Telgruc-sur-Mer

Ouest-France avril 2016. Le blason de la chapelle Sainte-Julitte a été restauré :

https://www.ouest-france.fr/bretagne/telgruc-sur-mer-29560/le-blason-de-la-chapelle-de-lanjulitte-ete-restaure-4153985

— Ouest-France mars 2014. La statue Saint-Marc a été restaurée.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/telgruc-sur-mer-29560/la-statue-saint-marc-ete-restauree-2061292

— Le Télégramme 27 juillet 2013

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/crozon/telgruc/eglise-une-sabliere-de-lanjulitte-restauree-27-07-2013-2185404.php

— Le Télégramme 2016

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/eglise-le-blason-a-retrouve-sa-place-08-04-2016-11023362.php

— Le Télégramme 11 septembre 2017

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/patrimoine-des-sablieres-a-restaurer-11-09-2017-11658497.php

— Le Télégramme 22 décembre 2017

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/sablieres-lancement-de-la-souscription-22-12-2017-11790919.php

— LE Télégramme février 2019

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/patrimoine-une-souscription-pour-restaurer-des-sablieres-08-02-2019-12204521.php

— Le Télégramme mars 2020

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/les-entraits-de-lanjulitte-ont-rejoint-les-sablieres-dans-l-eglise-saint-magloire-03-03-2020-12517155.php

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 19:30

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PRÉSENTATION.

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L'église Saint-Onneau comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un chœur peu profond à chevet polygonal. Deux chapelles en ailes forment un faux transept au droit de la sixième travée qui est plus large ; celle du sud est partagée en deux par deux arcades et une architrave. Elle date de la seconde moitié du XVIe siècle et a été remaniée au XVIIe siècle.

La  charpente de la nef et celle du bras sud qui prolonge le porche montrent un bel ensemble de 22 pièces de sablières. Ces charpentes sont lambrissées , le lambris bleu constellé étant rythmé par le réseau de liernes et les abouts de poinçon.

Les sablières ne sont pas polychromes, et il est difficile de dire si elles l'étaient auparavant car elles sont recouvertes d'une couche monochrome jaune.

Elles ont été restaurées en 1850.

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LE BAS-COTÉ SUD PROLONGEANT L'ENTRÉE PAR LE PORCHE SUD (1620).

Quatre pièces de sablières et quatre blochets figurés.

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A Le coté est.

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1. Première pièce. Inscription de fondation de 1620 présentée par deux hybrides.

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a) l'inscription.

Elle est écrite en lettres capitales sur deux lignes séparées par une moulure, mais n'est pas circonscrite par un cartouche.

 

D : MELGVN 

FVT : F : L : 1620.

Soit "D. MELGUN fut fabricien l'an 1620".

Cette date est cohérente avec celles des inscriptions lapidaires du porche sud, échelonnées entre 1612, 1618 et 1628, et précisant pour chacune des dates le nom du fabricien de l'année. Il y eut une interruption de 30 ans après le début de construction, indiquée, sous ces sablières, par l'inscription I : PARIS : F : 1581. Cette interruption a sans doute un rapport avec les guerres de la Ligue (1588-1598), les destructions et massacres de Guy de la Fontenelle à partir de son repaire de l'île Tristan de Douarnenez, le saccage de Penmarc'h en 1595 (et le surcroît de population d'Audierne qu'il engendre), la prise de Pont-Croix en septembre 1595. 

"Le port d’Audierne et celui de Penmarc'h étaient alors les deux principaux ports de commerce bretons. Cette période dura jusqu’aux désordres de la Ligue (guerres de religion). A cette époque, La Fontenelle, révolutionnaire breton, pille la région. Les industries ferment leurs portent et ne les rouvrent qu’après la signature de l’Edit de Nantes en 1598. Les commerçants, armateurs et maîtres de barque retrouvent alors leur richesse d’antan et participent activement à la construction des églises du Cap-Sizun. Pour que l’origine de leur prospérité marque les esprits, ils font sculpter au-dessus des porches la représentation de leurs navires. " (Audierne, histoire)

Or, Esquibien s'ouvre sur le Goyen (rivière traversant Pont-Croix et Audierne) par l'anse de Suguensou.

Néanmoins, cette date fait problème. Doit-elle qualifier l'ensemble des sablières d'Esquibien ? Simplement celles de ce bas-coté sud (pourtant placées au dessus de la date de 1581)? Simplement une restauration ou un achèvement de celles-ci ?

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Sous le nom du fabricien  MELGUN, il faut comprendre Melguen, nom bien attesté par les généalogistes, même si aucun des individus qu'ils mentionnent ne portent un prénom débutant par D (Daniel ? Denis ?).

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b) Les figures.

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L'inscription est présentée à gauche par un lion (qui tient dans sa gueule la moulure centrale) et à droite par un homme qui la désigne de l'index.

Les traits grossiers de cet homme barbu sont caractérisés par un œil de profil, placé en arrière du visage, et un nez fort, presque un museau, dont la proéminence pointe en triangle devant le front fuyant et le menton en retrait. Il porte une fraise courte, un pourpoint à boutons et des manches à crevés  en V laissant voir la dentelle des poignets : c'est bien le costume masculin de l'époque Henri IV.

La partie inférieure du corps, sous la taille, est remplacée par des feuillages tournoyant en une double volute.

Non sans humour, à la tête bestiale de l'humain répond la tête presque humaine du lion, dotée d'un petit nez, de cheveux bouclés, d'une barbiche ainsi que d'une fraise. Et autant le profil du premier formait un coin convexe, autant celui du second forme un entonnoir, concave. Mais ce "lion" s'achève également, après une crinière de plumes en deux volutes de feuilles.

Nous avons donc réuni, dès cette première pièce, les caractéristiques principales de cet ensemble : la dissolution des limites entre l'espèce humaine, le règne animal et le règne végétal, par des glissements de formes rappelant le succès littéraires des Métamorphoses (d'Ovide et de Lucien).

Ce caractère se retrouve fréquemment dans les sablières sculptées, il n'est donc pas spécifique d'un artisan donné, mais la façon dont il est traité est celle du Maître de Plomodiern, actif dans cette paroisse en 1564, mais, et cela nous concerne d'avantage, en 1544 à Notre-Dame de Pont-Croix, tout proche d'Esquibien. Et elle est aussi celle d'artistes anonymes actifs dans le Cap-Sizun au XVIe siècle.

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Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

 

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Un autre caractère, thématique cette fois, c'est l'importance donnée à la gueule et à la dévoration.

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Un dernier caractère, c'est le travail "brut", à la gouge, sans souci d'un ponçage de finition ou d'un amortissement arrondi des formes. Les détails sont rendus par des coups de gouge, soit francs avec une empreinte en arc de cercle ou en trait droit, soit glissés en cuillère. Là encore, c'est une façon qui se rencontre sur les sablières du Porzay (Plomodiern et Saint-Nic) comme en Cap-Sizun.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet A : homme tirant les pointes de sa barbe.

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C'est un thème ancien hérité des modillons romans, et fréquent notamment en sculpture sur pierre. On le considère même comme l'expression de la lubricité.

Mais on remarque ici la reprise de la fraise Henri IV, ou des crevés des manches u du pourpoint : c'est le même costume que pour l'homme de la pièce n°1.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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2. Deuxième pièce. Paires de dragons végétalisés avalant d'autres dragons, entourant un masque d'humain central.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet B : tête de dragon.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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B. Le coté ouest.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet C : tête de dragon.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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3. Troisième sablière.  Au centre, un masque léonin crache des têtes animales, qui dévorent des têtes humaines végétalisées. Aux extrémités, têtes de loup dont les langues sont végétalisées.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet D : tête de dragon dévorant un humain.

C'est là encore un motif fréquent du Cap Sizun : on le trouve à Confort-Meilars, à Pont-Croix (chapelle sud), ou à Plouhinec.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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4. Quatrième sablière.  Suite d'animaux, humain et végétaux.

Le thème de la dévoration, ou du motif "craché" de la gueule d'un autre, se poursuit. De gauche à droite, un dragon libère de sa gueule (ou menace d'avaler), un humain à bonnet de fou, lequel souffle/crache d'une tige évasée pourvue de feuilles un masque humain de profil, dont le cou libère des feuillages ou plumages, qui se confondent avec le corps végétalisé d'un autre, lui-même menacé par la gueule d'un loup.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LES 18 PIÈCES DE SABLIÈRES, ET LES BLOCHETS DE LA NEF.

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La nef est divisée transversalement par trois entraits (poutres) engoulés (à extrémités sculptés en tête de dragon avalant la pièce de bois) et centrés par un nœud de deux têtes de dragons.

Ces entraits sont complétés par douze blochets, pièces de bois transversales beaucoup plus courtes que les entraits et s'intercalant entre eux.

Les pièces de bois des sablières se trouvent ainsi limités par ces entraits et ces blochets.

Je les décrirai en partant de l'angle sud-ouest de la nef.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LE COTÉ SUD.

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1. Première pièce sud. Anges présentant un médaillon.

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Ces "anges" n'ont rien de bibliques et s'apparentent plutôt à des hybrides humains/oiseaux, et leur corps s'effilochent vite en une queue  emplumée que dévore la gueule d'un lion.

Le visage humain de profil du médaillon est barbu, coiffé d'un casque, et monstrueux par son nez volumineux, et sa grimace.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet A. Tête de dragon.

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2. Deuxième pièce sud. Dragons liés par le cou, et dont la queue est dévorée par un dragon.

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Le dragon de droite est ailé, mais le corps de celui de gauche se déstructure en appendices foliaires et en une queue serpentine pénétrant la gueule dédoublée d'un dragon.

À l'opposé des sculptures du bas-coté sud, celles-ci sont poncées en volumes souples et lisses, tandis que les indentations des plumes et feuilles sont finement arrondies. Les coups de gouge restent utilisées pour rendre les écailles des gueules des dragons.

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Premier entrait engoulé.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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3. Troisième pièce sud. Dragons liés par le cou, et dont la queue est céphalisée en tête de dragon.

Les dragons à queue céphalisée sont légions sur les sablières du Cap Sizun. Les dragons se rapprochent de ceux de Confort-Meilars ou de Pont-Croix par leur nez retroussé, leur langue bouclée, les "nageoires" ou appendices foliaires, et par l'utilisation de trous de forets pour rendre les verrucosités des corps.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet B. L'Acrobate.

Il effectue, jambes et fesses nues, un renversement postérieur et amène sa tête moqueuse entre ses cuisses. Une fois de plus, le motif est très souvent retrouvés, mais plus souvent en about de poinçon.

Il ne faudrait pas croire que les sujets licencieux échappent à la vigilance des recteurs, ou à l'attention des fidèles. Au contraire, ils sont exigés, et les ymagiers doivent doter le nouveau bâtiment des mêmes scènes si appréciées dans les paroisses voisines (pour ne pas dire concurrente). Ils choquent, surprennent ou amusent nos regards mais le mélange des genres n'était pas jugé déplacé, et encore moins scandaleux à l'époque. Ils ne sont pas l'exception, ils sont la règle.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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4. Quatrième pièce sud. Dragons au corps végétalisé, à la  queue céphalisée en tête de dragon, entourant un masque de  femme grimaçant, de face.

La tête des deux dragons est celle de femmes portant une coiffe.

On retrouve  l'utilisation de trous de forets pour rendre les verrucosités des corps.

 

 

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Deuxième entrait.

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5. Cinquième pièce sud. Être hybride au centre, tenant par leur langue deux dragons ailés .

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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BLOCHET C. Homme (ange?) présentant un écu.

Le haut du corps est travaillé par les traits glissés de gouges pour rendre une sorte de plumage . Le plissé du bas de la tunique est traité d'une façon similaire en  rainures parallèles par le fer de la gouge.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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6. Sixième pièce sud. Anges présentant un cartouche à inscription datée.

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Les anges présentent le texte suivant, sur 3 lignes :

15A1 / tête d'homme/ 1850

MM. STANGENNEC.R

RIOU .T . LE BARS M.

Le début est généralement interprété comme étant la date de 1541.Les lettres sont perlées et ornées pour imiter les inscriptions médiévales; Pourtant, le chiffre 4 est indiscutablement doté d'un jambage de A. D'autre part, il est contemporain de l'inscription générale, de 1850. Enfin, si on donne foi à cette date de 1541, cela remet en cause la date habituellement admise pour l'église, dans la seconde moitié du XVIe siècle. Et cela signifierait un écart de 80 ans entre les sablières du bas-coté sud, et celles de la nef : le style en est-il si différent ?

Sophie Duhem a validé la date de 1541 au même titre que celle de 1620. Faut-il la suivre ? 

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La ligne suivante fait mention du recteur Jacques Stanguennec, né le 14‐09‐1802 à Arzano, vicaire à Riec en 1830,  vicaire à Pont‐Aven  en 1838,  recteur de Trégourez en 1839 et , recteur d'Esquibien en 1847  jusqu'en 1875  avant de se retirer à Moëlan ; il est décédé le 26‐10‐1878.

L'inscription est également ambiguë : faut-il comprendre que le recteur Jacques Stanguennec a fit réaliser ces sablières, avec le soutien des (probables) fabriciens Riou et Lebars ? Ou bien qu'il s'est contenter de les faire restaurer ? Mais dans quel proportion ? 

S'il a souhaité indiquer cette date de 1541, l'a-t-il trouvée inscrite sur les sablières avant restauration ? Etc, etc...

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet D : gueule de dragon.

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7. Septième pièce sud. Anges encadrant un masque d'homme barbu.

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L'homme est caricatural par son gros nez, ses cheveux en flammes désordonnées, sa barbiche. On retrouve l'"œil d'Horus", amande d'un œil de face dans un visage de profil, déjà signalé dans les sablières du Maître de Plomodiern.

Il se détache sur une  gloire de rayons divergents qui ressemblent à des tuiles.

Les anges, volants, sont vêtus d'une aube bouffant à la taille autour d'une ceinture cachée. Une lanière marquée d'entailles droites en I traverse obliquement, mais sans de raison d'être, cette tunique. On les retrouve  sous le ciseau du Maître de Pleyben, notamment à Kerjean, mais avec une envolée lyrique de grande qualité.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Troisième entrait engoulé.

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8. Huitième pièce sud. Oiseaux hybrides encadrant un masque d'homme barbu.

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L'homme de profil ressemble au précédent, mais il est coiffé d'un casque. Il se détache sur un cercle. Si l'oiseau de droite est doté d'une aile et d'un début de corps avant sa queue en volutes, celui de gauche n'est qu'une tête, suivie de plumets bouclés. 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet E : ange tenant un livre ouvert.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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9. Neuvième pièce sud. Trois putti tiennent les spires d'une banderole marquée de tirets.

Les putti sont réduits à des têtes d'enfant, entourés de cornes de feuilles et coiffés de bicornes.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet F : ange tenant un phylactère.

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LE COTÉ NORD.

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Blochet G. : ange aux mains brisées.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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10. Neuvième pièce nord. Hybrides à tête humaine et corps feuillagé.

 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet H : ange tenant des clous et une fleur.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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11. Huitième pièce nord. Au centre, un homme de face, bras et jambes écartés. À gauche, un dragon ailé. À droite, un grylle, créature fantastique à plusieurs têtes greffées sur un corps feuillu.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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12. Septième pièce nord. Deux grylles aux têtes enlacées par un anneau.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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13. Sixième pièce nord. Au centre, tête coiffé d'un bicorne sur un corps de feuillages cornus. Sur les cotés, êtres à bonnet de fou et corps de feuillages.

 

 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet : ange tenant un écu.

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14. Cinquième pièce nord. Deux lions entourant une tête feuillagée.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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15. Quatrième pièce nord. Un homme et une femme aux corps feuillagés présentent un médaillon à profil d'homme.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet  K : homme barbu tenant un écu.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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16. Troisième pièce nord. Deux dragons avalant par les oreilles et la chevelure une tête humaine centrale. La queue des dragons est céphalisée.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Premier entrait.

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17. Deuxième pièce nord. Dragons reliés par un anneau entourant leur cou. Les corps feuillagés ou emplumés se transforment  un autre dragon. 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet L. Personnage encapuchonné.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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18. Première pièce nord. Dragons "engoulant" un visage de face. 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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CONCLUSION.

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La liste des pièces est la suivante :

BAS-COTÉ SUD

 

1. Première pièce. Inscription de fondation de 1620 présentée par deux hybrides.

2. Deuxième pièce. Paires de dragons végétalisés avalant d'autres dragons, entourant un masque d'humain central.

3. Troisième sablière.  Au centre, un masque léonin crache des têtes animales, qui dévorent des têtes humaines végétalisées. Aux extrémités, têtes de loup dont les langues sont végétalisées.

4. Quatrième sablière.  Suite d'animaux, humain et végétaux.

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LES 18 PIÈCES DE SABLIÈRES, ET LES BLOCHETS DE LA NEF.

 

1. Première pièce sud. Anges présentant un médaillon.

2. Deuxième pièce sud. Dragons liés par le cou, et dont la queue est dévorée par un dragon.

3. Troisième pièce sud. Dragons liés par le cou, et dont la queue est céphalisée en tête de dragon.

4. Quatrième pièce sud. Dragons au corps végétalisé, à la  queue céphalisée en tête de dragon, entourant un masque de  femme grimaçant, de face.

5. Cinquième pièce sud. Être hybride au centre, tenant par leur langue deux dragons ailés .

6. Sixième pièce sud. Anges présentant un cartouche à inscription datée.

7. Septième pièce sud. Anges encadrant un masque d'homme barbu.

8. Huitième pièce sud. Oiseaux hybrides encadrant un masque d'homme barbu.

9. Neuvième pièce sud. Trois putti tiennent les spires d'une banderole marquée de tirets.

10. Neuvième pièce nord. Hybrides à tête humaine et corps feuillagé.

11. Huitième pièce nord. Au centre, un homme de face, bras et jambes écartés. À gauche, un dragon ailé. À droite, un grylle, créature fantastique à plusieurs têtes greffées sur un corps feuillu.

12. Septième pièce nord. Deux grylles aux têtes enlacées par un anneau.

13. Sixième pièce nord. Au centre, tête coiffé d'un bicorne sur un corps de feuillages cornus. Sur les cotés, êtres à bonnet de fou et corps de feuillages.

14. Cinquième pièce nord. Deux lions entourant une tête feuillagée.

15. Quatrième pièce nord. Un homme et une femme aux corps feuillagés présentent un médaillon à profil d'homme.

16. Troisième pièce nord. Deux dragons avalant par les oreilles et la chevelure une tête humaine centrale. La queue des dragons est céphalisée.

17. Deuxième pièce nord. Dragons reliés par un anneau entourant leur cou. Les corps feuillagés ou emplumés se transforment  un autre dragon. 

18. Première pièce nord. Dragons "engoulant" un visage de face. 

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Il est facile de constater la forte prévalence des dragons (8 pièces) ou des grylles. Aucune figure n'est indemne d'une métamorphose qui envahit les formes d'appendices aux formes de feuilles-plumes. Les "anges", lorsqu'ils sont ailés, ne sont pas respectés d'avantage. La complexité des figures mi-animales, mi-végétales est telle qu'il est difficile d'en donner une description succincte.

Les anges aptères des blochets sont plus dignes, dans leur fonction de porte-écu, porte-livre ou de présentateur de symbole liturgique.

Il n'y a pas de différence flagrante entre les pièces du bas-coté (dont la datation hésite entre celle de 1620, et celle de 1581 sur le pilier) et celle de la nef (datée peut-être de 1541, plus surement de la  construction de l'église dans la seconde moitié du XVIe siècle, et dont une part relève peut-être d'une restauration en 1850), car ce sont les mêmes thèmes, les mêmes accessoires de feuilles-plumes, et le même style qui s'y déploient.

Ce style (utilisation de la gouge en coup d'arc de cercles et en tirets, perforation au foret, visage au nez proéminent et menton et front fuyant, gros œil de face sur les profils, anges au buste plumés par des empreintes de gouge, etc), et ces thèmes de dragons et grylles dévorants et de transformation végétale, sont ceux que nous trouvons dans le Cap Sizun à Pont-Croix, Confort-Meilars, Saint-Tugen en Primelin, mais néanmoins nous ne trouvons à Esquibien pratiquement aucun élément du vocabulaire de la Renaissance : pas de vrai médaillon à profil à l'antique, pas de cartouche, pas de cuir à enroulement, pas de lanières ou volutes à encoches, pas de corne d'abondance, pas de guirlande, pas de coquille de Vénus, alors que tous ces éléments sont présents sur l'ancien jubé d'Esquibien remonté dans la tribune de la nef.

Par ailleurs, nous ne reconnaissons pas la main du Maître de Plomodiern actif à Pont-Croix et Saint-Tugen.

Ces parentés avec les sablières es paroisses environnantes, et cette absence d'influence de l'art des ornemanistes Renaissance, plaident-elles pour une réalisation plus précoce, avant 1550 ?

La discussion s'affinera sans doute grâce à d'autres compétences et d'autres mises en perspective, mais il importait déjà de mettre en ligne à la disposition de chacun la description reglée et exhaustive de cette charpente sculptée (j'ai seulement omis les abouts de poinçon de bas-coté sud).

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie) et PEYRON (Paul), 1909, Notice sur Esquibien, BDHA, Quimper.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1099887/f85.image.r=Esquibien

 

— CALVEZ-DUIGOU (Nathalie) l'église Saint-Onneau d'Esquibien.

https://audierne.fr/aud-esq/eglise-esquibien/

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Esquibien, Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a92259a04835f9c68053071304829681.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ESQUIBIE.pdf

EGLISE SAINT-ONNEAU (I.S.)

Elle comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un choeur peu profond à chevet polygonal. Deux chapelles en ailes forment un faux transept au droit de la sixième travée qui est plus large ; celle du sud est partagée en deux par deux arcades et une architrave. Elle date de la seconde moitié du XVIe siècle et a été remaniée au XVIIe siècle.

Le chevet a son fenestrage du XVIe siècle et, près du porche, à l'intérieur, on lit l'inscription : "I. PARIS. F. L. 1581."

L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec entraits engoulés et sablières. Les grandes arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers cylindriques ou octogonaux.

Blochets sculptés dans les sablières de la nef et face au porche.

 

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, L'église paroissiale d'Esquibien (Esquibien fusionnée en 2016 avec Audierne). Notice de l'Inventaire Général IA00006375

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-onneau-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/7bba1475-a53c-4c9b-92b5-465f992b7088

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... préface d'Alain Croix. , Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997.  pages 142 à 146.

MEVEL (Gérard), 2018, Les sablières de l'église Saint-Onneau (sablières d'Esquibien filmées par un drone), texte d'Andrée CHAPALAIN.

"Les Films de l'Embarcadère" réalisent un film sur les sculptures des sablières de l'église Saint Onneau au bourg d'Esquibien 29770 AUDIERNE. Un travail des artisans des XVIème et XVIIème siècles présenté au cours des Journées Européennes du Patrimoine le 22 septembre 2019.

https://vimeo.com/361250205

 

Wikipedia : Eglise Saint-Onneau à Esquibien

Fiche Mérimée : PA00089924

Mobilier classé Monument Historique conservé dans l'édifice :

Confessionnal
Confessionnal n° 2
Statue : Saint Onneau
Autel, retable et tableau du L'Ange gardien
Maître-autel
Chaire à prêcher
Statue : Christ en croix
Autel, retable et tableau du Rosaire

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-saint-onneau-pa00089924.html pop.culture.gouv :

PALISSY

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089924

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 14:56

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières (1559) de la nef et du chœur.

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— Voir les premiers articles de cette série sur la charpente sculptée de La Roche-Maurice :

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— Voir aussi sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

 

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— Voir sur les autres monuments de la commune :

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Voir sur les sablières de Bretagne : 


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PRÉSENTATION.

Voir article II.

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La charpente de l'église Saint-Yves a été superbement restaurée entre 2014 et 2017  sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques Marie-Suzanne de Ponthaud assistée de Françoise Godet-Boulestreau, de l'agence d'architecture de Crozon,  supervisant les activités de peinture de l'entreprise Arthema de Nozay (44) et de menuiserie de l'atelier Le Ber de Sizun, dirigé par Steven Le Ber.

La nef est divisée par six entraits engoulés (poutres transversales dont les extrémités sont sculptées en gueule de dragon) en six travées. Le sixième entrait est une poutre de gloire, car elle porte les statues du Christ en croix entre Marie et Jean. Sous ce sixième entrait, un jubé polychrome (l'un des rares encore conservé malgré la Contre-Réforme qui demanda leur suppression) forme une séparation transversale : au delà  s'ouvre un nouvel espace, le chœur, rythmé à son tour par quatre entraits en autant de travées.

Malgré mes efforts didactiques, résumons : la charpente est divisée en 10 travées. Et chacune est décorée, à l'union entre le mur, et la voûte lambrissée, par des sablières sculptées et peintes : le sujet de cet article.

L'effet extraordinaire que  la restauration de 2017 suscite au  visiteur résulte en grande partie de la peinture du lambris en un très beau bleu profond, constellé d'étoiles, de macles (emblème des Rohan), de fleurs de lys, et décoré d'angelots et du monogramme IHS. Mon premier article, sur les culots de poinçon (ou abouts de poinçon), le montrait suffisamment. Des lustres en couronne conçus par Mael Iger diffusent un éclairage très adapté à ces splendeurs.

Me voilà à pied d'œuvre pour décrire les 20 sablières (12 pour la nef et 8 pour le chœur). Mais autant cette description s'est avérée plaisante (et, pour moi, passionnante) pour les bas-cotés, autant elle suscite pour cette partie IV une lassitude liée au caractère monotone du décor.

 Nous avions déjà eu un avant-goût de cela pour les quatre dernières sablières S7 à S10 et N7 à N10 des bas-cotés, faites de têtes isolées, d'hommes ou de sauvages tenant des phylactères ou d'anges. Eh bien, nous les retrouvons ici, placés beaucoup plus haut, bien que  cette fois, polychromes. Nous pouvons déjà postuler que c'est le même atelier de sculpteurs qui a réalisé les sablières S7 à S10 et N7 à N10 sur les bas-cotés, et l'ensemble des sablières hautes de la nef et du chœur. Un atelier différent, à mon avis, de celui qui a donné les belles pièces du début des bas-cotés, en 1552.

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Dois-je les présenter et les décrire une à une en les numérotant Ss1 à Ss 10 et Nn1 à Nn 10 comme je l'ai fait pour les bas-cotés? Repérer leur séquence dans le dédale de mes photos pour dresser une liste au risque de me tromper ? Faire ce travail fastidieux, inutile et vain? Oui, et débutons par la liste.

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La liste des sablières de la nef et du chœur :

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COTÉ SUD.

SS1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Ss2 : deux têtes de femme tenant chacune un phylactère.

Ss3 : têtes à oreilles de vache tenant un phylactère.

 Ss4 : deux masques à banderoles.

Ss5 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Ss6 : inscription A : ROLLANT 1559.

Ss7 : Deux têtes d'hommes tenant un phylactère.

Ss8 : deux bustes d'homme dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

Ss9 : deux têtes de vache dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

Ss10 :  Deux têtes d'hommes dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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COTÉ NORD.

Nn1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Nn2 : deux bustes d'hommes nus tenant une banderole.

Nn3 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Nn4 : deux têtes de femme  tenant chacune un phylactère à inscription.

Nn5 :  deux hommes sauvages, couronnés,  jambes écartées.

Nn6 : deux lions présentant un blason bûché.

Nn7 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Nn8 : deux têtes d'anges, ailes déployées.

Nn9 : quatre têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

Nn10 : deux têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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Schéma de Marie-Suzanne de Ponthaud, et mention surajoutée des dates portées par les sablières.

Schéma de Marie-Suzanne de Ponthaud, et mention surajoutée des dates portées par les sablières.

Voûte lambrissée  de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Voûte lambrissée de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION.

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LE COTÉ SUD DE LA NEF .

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SS1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss2 : deux têtes de femme aux chevelures excentriques tenant chacune un phylactère, entre deux masques humains de profil.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss3 : têtes à oreilles de vache tenant un phylactère entre deux serpents.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss4 : deux masques à banderoles.

La pièce suivante,  Ss 4, montre un masque humain au front ceint d'un ruban, et crachant une banderole à inscription. À coté de lui, un masque humain à oreilles de vache tient un phylactère blanc à inscription sibylline.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss 5 : hommes sauvages jambes écartées.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss6 : inscription A : ROLLANT 1559.

Située  juste avant le jubé,  Ss6 porte une inscription donnant le nom du fabricien (c'est mon avis) et la date du chantier : A: ROLLANT / 1559:

 Donc sept ans après la construction de la charpente des bas-cotés. Le patronyme est attesté à Ploudiry, mais plus tardivement et sous la forme ROLLAND.

Les deux portions de l'inscription occupent des cartouches tenus par des personnages hybrides, au torse nu et aux jambes remplacées par des plumes. Au centre, noué par des faveurs bleues, un carré a été bûché : gageons qu'il portait les armoiries des seigneurs prééminenciers.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Voûte lambrissée, coté sud, avant le jubé (Ss3 à Ss6).

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Voûte lambrissée, coté sud, après le jubé (Ss7 à Ss10).

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Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss7 : Deux têtes d'hommes tenant un phylactère.

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Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss8 : deux bustes d'homme et homme sauvage dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss9 : deux têtes de vache (ou de bœuf) dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss10 :  Deux têtes d'hommes dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).
La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).
La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).

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Blochet final au sud du chevet.

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La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).

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LE COTÉ NORD DE LA NEF .

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn2 : deux bustes d'hommes nus tenant une banderole.

 

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn3 : deux hommes sauvages jambes écartées.

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn4 : deux têtes de femme   tenant chacune un phylactère à inscription.

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn5 :  deux hommes sauvages, couronnés,  jambes écartées.

 

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn6 : deux lions présentant un blason bûché.

Cette pièce héraldique fait face à Ss6, qui portait l'inscription.

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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SABLIÈRES DU CHOEUR, COTÉ NORD.

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Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn7 : deux hommes sauvages jambes écartées.

 

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Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn8 : deux têtes d'anges, ailes déployées.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn9 : quatre têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

 

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn10 : deux têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 11:50

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice III : les sablières du bas-coté nord (1561).

Voir les premiers articles de cette série sur la charpente sculptée de La Roche-Maurice :

Voir sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

 

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Voir sur les autres monuments de la commune :

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Voir sur les sablières de Bretagne : 


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PRÉSENTATION.

Voir article II.

Un bonus : les photos de 2011 avant la restauration.

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Liste des  pièces de sablières du bas-coté nord

N1 : homme tenant une volute entre deux animaux (chevaux?)

N2 : diable ailé agrippant un homme. Feuillages ; deux têtes d'âne.

N3 : Funérailles

N4 : Labour.

N5 : Homme tenant des cornes d'abondance.

N6 : Inscription 1561 ou 1552. Homme levant son verre ; saint Matthias ; un charpentier.

N7 : Deux hommes au phylactère.

N8 : anges

N9 : deux hommes aux phylactères

N10 : deux hommes sauvages jambes écartées.

 

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Blochet BN.1 : Fou en tunique à grelot (Le Ber, 2017).

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N1 : homme tenant une volute entre deux animaux (chevaux?) .

L'homme tient-il un rabot ?

Frise inférieure de style bellifontain semblable aux frises de 1552 du coté sud, à volutes liées par des anneaux, et tête humaine aux yeux caves pénétrées par des arceaux. Ce décor est cité dans la partie supérieure.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Blochet  BN.2 : homme portant une courte fraise.

Son pourpoint est orné d'un élément en T, plutôt décoratif que figuratif.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N2 : diable ailé agrippant un homme. Feuillages ; deux têtes d'âne.

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Frise inférieure : semblable à celle du coté sud, avec des épillets. Cartouche 2017 sous le blochet B.N3

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Blochet BN.3 : homme portant la fraise. 

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Sablière N3 : scène de funérailles (1561)

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Un chariot (charrette sans ridelle) tiré par deux chevaux porte le cadavre du défunt, suivi par une femme et son enfant puis un homme portant une pelle sur l'épaule ; on considère qu'il s'agit du fossoyeur.

L'attelage est mené par un valet.

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Une scène de funérailles est également présente sur les sablières de La Martyre, village voisin de La Roche-Maurice, vers la date de 1560. Elle est plus complète, avec 15 personnages (le clergé en tête, les six membres de la famille derrière), et un attelage à trois chevaux mené par un clochetteur.  Le style de ses sablières relève d'un sculpteur bien différent de celui de La Roche-Maurice.

On la trouve également sur les sablières de l'ossuaire de  la paroisse voisine, Pencran, mais à la date de 1594. Cet ossuaire est privé : pas de photo.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Les modalités de l'attelage sont précisément représentées : les bras du chariot entourent le cheval arrière, qui en soutient la charge par un demi-collier de selle, et par un collier d'épaule. Un cordage (ou une traverse en bois)  fixé en aval des poignées des bras est tracté par le cheval de tête, par un demi-collier (sans selle) et un collier d'épaule. Les chevaux n'ont pas de bride, celui de tête étant mené par une corde passé au poitrail.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Blochet  BN.4 : homme barbu.

Ce n'est pas un apôtre, car il est chaussé. Il est vêtu d'un manteau complètement ouvert, aux revers ornés, et s'évasant derrière le dos en capuchon.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N4 : scène de labour (1561)

 

Un paysan guide sa charrue tirée par deux chevaux menés par le valet de ferme.

Les scènes de labour sont rares en sculpture au XVIe siècle, notamment sur les sablières, et celle-ci fournit  donc un document iconographique précieux.

Mais si ces scènes sont rares, on en trouve néanmoins non seulement ici, mais aussi sur les sablières de  La Martyre (vers 1560), Le Tréhou (vers 1555), Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Pleyben, Bodilis, donc entre 1555 et 1570 dans un rayon de 50 km en Finistère. Les trois derniers sites relèvent de l'atelier du Maître de Pleyben. Plusieurs illustrent un accident par lequel un valet est écrasé par l'attelage. Soit un corpus de six exemples.

Je renvois à mon article sur la sablière du Tréhou, où j'ai approfondi l'étude de ce thème.

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Récapitulatif chronologique du corpus.

a) Église du Tréhou v.1555. charrue à avant-train à roues, attelage de 2 paires de bœufs et 1 bœuf de tête, conducteur + 1 guide de tête, renversé par le bœuf.

Les sablières de l'église Sainte-Pitère du Tréhou II : le labour.

b) Église Saint-Salomon de La Martyre (1560?).Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 chevaux + 2 bœufs + 2 chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident.

L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières (1560?).

c) église de La Roche-Maurice ( 1552 ou 1561). Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 paires de chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident ?.

d) Église de Bodilis. I. (Maître de Pleyben 1567).

Charrue à avant-train à roues, attelage à 4 chevaux. Un conducteur,1 guide de tête et un semeur en avant. Pas d'accident.

Les sablières de l'église de Bodilis. I. La scène des semailles et du labour (anonyme, 1567).

 

e) Chapelle Sainte-Marie du Ménez-Hom (Maître de Pleyben v.1575). Charrue à avant-train à roue, attelage de 4 chevaux un conducteur, 2 guides et un 3ème écrasé par l'attelage.

La charpente sculptée du collatéral nord de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern par le Maître de Pleyben (vers 1575).

f) Église de Pleyben ( Maître de Pleyben vers 1571) : haut de la nef coté sud. Charrue à avant-train à roue, attelage à 2 chevaux en couple + 1 cheval de tête. Un conducteur + un guide latéral. Accident (emballement du cheval de tête et écrasement du guide.

La charpente sculptée de l'église de Pleyben (vers 1571) par le Maître de Pleyben : le chœur et le haut de la nef. Sablières et  blochets.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le maître courbé pour épouser la forme de la sablière, porte à la ceinture une hache. Il est coiffé d'un bonnet, porte un sarrau, et un bracelet de bras. Il tient les mancherons par ne prise différente de chaque coté.

La charrue comporte successivement les mancherons, tenus écartés par des traverses, et fixés sur le  dental (ou sep) par des goujons ; le soc, en avant du dental ; le timon, et ses deux chevilles élargies par des coins ; le coutre ou couteau, tranchant la terre en avant du soc.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le timon, posé sur l'avant-train à deux roues, est ceinturé par un cordage retenu par une cheville en T.

Puis vient, en avant des roues, le "timon d'avant-train" barré par deux forts madriers ; ce sont ces madriers qui sont tractés par les deux chevaux, par l'intermédiaire de deux cordages fixés à un double collier d'épaule et à un collier de dos.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Enfin, le cheval de tête est mené par un valet de ferme. Il est penché en avant, soit par l'effort qu'il produit, soit (mais c'est ici peu convaincant) par un accident qui le renverse.

Il tient un outil dont le manche se termine par une fourche en V ; il serait intéressant d'en trouver d'autres exemples. J'imagine que cela lui sert à aiguillonner ses bêtes.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.5 : saint Pierre.

Il est identifié par sa clef ; son livre porte cinq lettres gravées.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N5. Homme tenant deux cornes d'abondance

Au centre, un buste d'homme barbu coiffé d'un bonnet. Il tient dans ses mains les pointes de deux cornes d'abondance et, par un bracelet, de deux épillets. Les cornes libèrent à chaque extrémité des tiges qui s'épanouissent en bustes humains, plutôt féminins. Nous retrouvons ici la veine fantastique de métamorphoses entre l'humain et le végétal, noté sur les sablières sud et qui sont une des caractéristiques stylistiques du sculpteur, tranchant après deux scènes très réalistes de l'environnement rural.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet BN.6 : homme barbu en pourpoint à 7 boutons, col large à gland et courte fraise.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N6 : Inscription de 1561 ou 1552.

C'est la pièce la plus difficile, et, de ce fait la plus passionnante pour le chercheur.

Elle précède la frontière qui, dans la nef, sépare cette dernière du chœur par le jubé. Et elle correspond, sur le bas-coté sud, à la sablière S6, qui porte aussi un blason (au lion rampant des seigneurs de Léon) et aussi une inscription datée de 1552.

Au centre, un cartouche carré devait porter des armoiries qui ont été bûchées. Ce blason est présenté par un lion.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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À gauche, un homme, allongé, est vêtu d'un manteau de belle coupe et coiffé d'un bonnet. Il tient dans la main droite un bâton et lève un verre de la main gauche.

Sur la frise inférieur, l'inscription (dont nous allons parler) dit : "POUR LES SARPANTER". Cet homme, qui pourrait être le fabricien maître d'ouvrage, offrirait donc ainsi à boire aux charpentiers et rendraient hommage à leur travail.

Son bâton porte une série de points régulièrement espacés en quinconce : comme une canne écotée, mais comme aussi une règle d'arpenteur.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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L'apôtre Matthias , patron des charpentiers.

Pour l'identifier, je me base sur les pieds nus, la barbe  et le livre, trois éléments qui indiquent qu'il s'agit d'un apôtre. C'est alors soit saint Paul, soit saint Matthias. Je retiens ce dernier puisqu'il est le patron des charpentiers ; son attribut le plus habituel est la hache.

À ses cotés, un homme barbu et coiffé d'un bonnet frappe avec un maillet sur quatre gobelets qui pourraient être des clochettes. Si on oublie ces cupules, l'homme devient un portrait parfait d'un charpentier. Toute la pièce devient cohérente.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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L'inscription.

 

Elle est légèrement gravée, et surtout  peinte ; par conséquent, elle n'a pu traverser les siècles sans risquer d'être modifiée. Or, sa lecture est cruciale sur le plan de l'histoire de la construction, et des sablières.

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Lucien Lécureux a relevé en 1914 le texte suivant : POURLES : SARPANIEL : JA[n] LE BOELL *  G + A[n] LAN MIL V LXI : ALAER MENN.

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inscription relevée par Lucien Lécureux en 1914.

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Guy Leclerc propose :

"Pour les Sarpanters ; Jacques le Born, Gouverneur, A l'An MVLXI. Fiacr. Menn" (Pour les charpentiers. Jacques Le Born 1561. Fiacre Le Menn).

Couffon donne les relevés suivants : " IA(N). LE. BOELL. G. AN. LAN. MIL VcLXI //1561. H. H. ELAERE. LE. MEN."

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La difficulté provient, entre autre, de la confusion possible:

- entre les C, les S longs et les L.

-du sigle du deux-points (réunis comme d'habitude par un serpentin) qui peut être pris à tort pour un S

-du -r minuscule et du -e minuscule, selon que la barre forme, ou non, un œil . Ainsi "SARPANTERS" peut être lu "SAEPANTRE :"

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Je peux à mon tour proposer :

 

POURLES SARPANTEL : IA : LE BORN (une fleur) G A LAN MVLII AIACR :  MENN (puis une fleur), soit peut-être " Pour les charpentiers Jean Le Borgne Gouverneur en l'an 1552 Fiacre [le] Menn"

Remarques.

1. Quelque soit la lecture, les graphies sarpenter, ou sarpentre, voire sarpaniel ne sont pas attestées en moyen-français dans la base de donnée du CNRTL. Godefroy donne les formes cherpantier, carpentir, charpenter, cherpentiers, charpenter,et  cherphentier (comptes de la cathédrale de Léon 1657-1660). Le DAN, (dictionnaire anglo-normand) donne :

 charpenter1, charpentier; carpentare, carpenter, carpentere; carponter, carpunter; charpunter (karpuntre Leicester 383).

[FEW: carpentum; Gdf: 2,78b charpenter; GdfC: 9,53c charpenter; TL: 2,279 charpenter; DEAF:  charpent; DMF: charpenter; TLF: charpenter; OED: carpenter n.; MED: carpenter n.; DMLBS: 286b carpentator]

[occupation] carpenter: 

Des charpenters, dé (ed. de)  mazouns […]  Lib Cust 99;

touz les carpenters et masouns et fevres  Cron Lond 49.22;

un grant lathe pur l’office du Carpentar’   PRO E101/547/21/7;

Item pur un carpunter overantz en la sale et quisine […]  Mch Tayl Accs 22-23 Rich II

2. IA LE BORN : le prénom doit être IAN pour Jean (mais on pourrait lire FAB) ; le patronyme Le Born n'est pas attesté à Ploudiry. Mais c'est une forme de LE BORGNE, mais également non attestée, pas plus que Le DORN. Sans localisation, je trouve sur geneanet Jean Le BORGNE BORN, né en 1595. La barre du -r de BORN est en réalité fermée comme un -e, et la lecture BOEN (voire BOELL comme Lécureux et Couffon) est plausible. La recherche en généalogie avec LE BON ou LE BOEN est infructueuse. Le nom LE BOELL  est attesté dans l'est de la France : ce serait le nom d'un hûchier alsacien??.

3. Le dessin de fleurette est suivi d'un 6 qui a été considéré comme un G, lequel a été transcrit par "gouverneur" qualifiant le dénommé Le Born. Un "gouverneur" est un fabricien, il dirige la fabrique de l'église. C'est fort hasardeux.

4. La lecture du chronogramme fait consensus, avec la date de 1561, ... sauf pour moi. Je lis MVLII (ou MDLII), ce qui donne la date de 1552. Or, c'est cette date qui est lisible sur la sablière symétrique S6 du coté sud. Elle est plus cohérente avec la date de 1559 de la nef, si on estime que le haut de la nef a été bâtie après les bas-cotés. Autre argument, cette date du coté sud est accompagnée du même nom FIACRE LE MENN. Si c'est le nom du fabricien de l'année, les deux dates doivent être similaires. Comme sur le coté sud, c'est l'avant-dernière lettre qui est ambiguë. Le fût en I est barrée d'une diagonale, sous l'effet peut-être d'un artefact, et son pied est orné.

5. Nous avons ensuite ALACR, ou AIACR, ou MARC, ou ALACE, ou FLACR, ou FIACR, suivi du deux-point en S. La transcription tentante en "Fiacre" est aléatoire.

6. le patronyme MENN est clairement lisible, avec un M majuscule gothique. J'ai signalé que ce patronyme est attesté à Ploudiry.

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Au total, la transcription de Guy Leclerc "Pour les charpentiers. Jacques Le Born gouverneur 1561. Fiacre Le Menn" a le mérite d'être plaisante, et de faire sens .  Mais finalement, presque tous ses termes sont sujets à caution.

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Sur mes photos, j'ai adopté la leçon de Guy Leclerc.

 

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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UNE RUPTURE DE STYLE.

Au delà de la sixième pièce de sablière, ( correspondant, dans la nef, au franchissement du jubé), nous assistons à un changement de style, dont le critère le plus objectif est l'interruption de la frise inférieure. Il y a changement stylistique, et les scènes figurées complexes et fantasques laissent la place à des éléments ponctuels sur une pièce de bois non sculptée par ailleurs : bustes d'hommes ou d'anges, hommes au phylactère. Le changement d'atelier est manifeste.

La même rupture survient également sur le bas-coté sud au delà de la 6ème travée, qui reprend sans variété  les mêmes anges et les mêmes hommes au phylactère.

Cela correspond-il à une réalisation plus tardive (ou antérieure au contraire) ? 

Sophie Duhem mentionne un atelier de l'église de Plonévez-du-Faou, également actif à Combrit, qui adopte ce style ( assez banal et répétitif), dont j'ai décrit une réalisation sur la  chapelle sud dite du Rosaire de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

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Blochet B.N. 7. Non taillé.

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Sablière N7. Deux hommes au phylactère.

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Ils se remarquent par leurs bajoues saillantes, voire pointues.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.8 : non photographié.

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Sablière N8 . Bustes d'anges.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.8 : homme grimaçant .

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N9 . Deux hommes au phylactère.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.9 : tête de dragon tenant dans sa gueule un humain .

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N10 : hommes sauvages jambes écartées.

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Ce motif d'homme sauvage permet, par son intérêt, de terminer la visite en beauté. Le thème a été très étudié ces dernières années par Sophie Duhem et son équipe de l'Université de Toulouse dans un ouvrage dont les titres de chapitre disent bien le champ d'investigation :  "L’homme primitif : figures des origines et des confins du monde, L’homme des « seuils » : osmose des lieux et ambivalence des signes, L’homme des bois : figure du lieu et du territoire ; Figurer la nature hybride de l’homme végétal et sylvestre. L’état sauvage : état de nature et contre nature.". L'ouvrage a succédé à un colloque  de 2017 sur "l'Homme des bois et l'homme vert"

http://blog.apahau.org/appel-a-communication-lhomme-des-bois-et-lhomme-vert-limaginaire-de-lhomme-sylvestre-dans-la-litterature-et-les-arts-toulouse-janvier-2017/

—DUHEM (Sophie), 2019, L’homme sauvage dans les lettres et les arts, Cristina Noacco et Sophie Duhem (dir.) Presses Universitaires de Rennes.

Or, la contamination de la figure humaine par le  monde végétal (feuilles, bois, racines, palmes, bâtons écotés) sous les signes de la métamorphose, de l'hybridation, de la dilution des frontières, est précisément ce qui caractérisaient plusieurs des pièces de sablières, surtout  certes du coté sud, et notamment sur ses frises inférieures.

Si les pièces 7 à 10 sont d'un autre sculpteur que l'auteur des pièces 1 à 6, du moins, nous "bouclons la boucle" par le retour d'une certaine unité sous ce vent baroque venu d'Italie sous François Ier. 

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La sauvagerie s'allie bien sûr ici par cette posture jambes écartées à l'obscénité, ce qui est "hors de la scène". Dans tous les cas nous sommes dans ces confins, ces limites, qui caractérisent les sablières : une zone d'écart pour l'église,  qui — comme pour les crossettes et gargouilles à l'extérieur— n'est pas régie par le champ liturgique mais qui, loin d'être dénuée de règles, développe une forme étrange du sacré.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.10 : ange.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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— LÉCUREUX (Lucien), 1914, Congrès archéologique de France.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4224131z/f218.image

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières