Les ornements sculptés à type de femmes-serpents ne sont pas rares dans les églises et chapelles bretonnes. Hiroko Amemiya qui leur a consacré sa thèse, dénombre 10 exemples de femmes-serpents, dont 9 en Finistère et une en Morbihan. On les distinguera des femmes-poissons (sirènes).
1. église Saint-Idunet à Trégourez, granite,1687. Moyen-relief du mur d'enceinte.
2. Le Juch, granite XVIIe. Ornement aen haut-relief du faîte du chevet
3. église Notre-Dame , Bodilis, porche sud, granite, 1564-1570? Console d'une niche du porche
4. église Notre-Dame de Brasparts, porche sud, granite, 1592. Console d'une niche d'apôtre.
5. église Saint-Edern à Lannedern, crossette de l'ossuaire, 1662.
6. église de la Sainte-Trinité de Lennon, 2 crossettes du porche sud, XVIe siècle
7. chapelle Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou, porche ouest, granite, 1516. Cul de lampe sous une niche.
8. église Saint-Suliau à Sizun, crossette de l'ossuaire, kersanton.
9. église Saint-Suliau à Sizun, ornement d'une frise du chevet, granite.
L'église de la Sainte-Trinité de Lennon présente deux femme-serpents symétriques, qui ont fonction de crossettes à la base du rampant du pignon du porche sud. Elles sont sculptées en moyen-relief. Leur datation est difficile, car l'église a été totalement reconstruite en 1862 en style néogothique par Joseph Bigot, à l'exception des baies de la façade ouest, du porche sud (16e-17e siècles) et de la tour-clocher occidentale (1772, Joseph Gautron et Malegol commanditaires).
Plus précisément Gwénael Fauchille indique pour le porche sud "le réemploi d'éléments du XVIe siècle comme la porte intérieure en anse de panier à accolade flamboyante et niches à coquilles séparées par des pilastres".
Mais la présence sous le porche de 12 statues d'apôtres du XIXe siècle qui sont des pastiches de statues anciennes inciterait à la prudence.
D'autant que les deux femme-serpents de Lennon, identiques mais en miroir, ressemblent à leur homologue du porche sud de l'église Saint-Idunet, datée par sa présence au dessus d'une inscription de 1687. Et que le bloc de leucogranite, taillé en biseau à angle franc, ne présente pas d'usure.
Vue générale du porche.
Porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.
Porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.
La femme-serpent du côté ouest.
Elle a un visage en ovale bilobé par des pommettes soulignées, une longue chevelure en deux nattes épaisses et striées éloignées de la tête et encadrant les épaules. Les seins volumineux occupent tout le thorax. La partie inférieure a la forme d'un abdomen globuleux se prolongeant par une queue qui s'enroule en une boucle. Cette queue s'achève par une dilatation en forme de trèfle.
Femme-serpent du côté ouest, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.
Femme-serpent du côté ouest, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.
Femme-serpent du côté ouest, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.
La femme-serpent du côté est.
Elle est très proche de sa jumelle, mais on peut remarquer en l'inversant sur un montage que sa tête est inclinée vers le haut, ses nattes ne sont pas strièes, la limite des cheveux sur le front est soulignée, la boucle de la queue est moins fermée.
Femme-serpent du côté est, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.
Femme-serpent du côté est, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.
Comparaison avec les femme-serpents de Trégourez puis de Lannédern.
SOURCES ET LIENS.
— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 183, 2 illustrations. Version remaniée de la thèse de 1996.
— AMEMIYA (Hiroko) 1996, Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129
https://theses.fr/1996PA070129
Résumé : Le thème principal de cette étude est de voir quel rôle la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joué au japon et en Bretagne, à travers les récits relatifs à l'épouse surnaturelle. Pour la Bretagne, les recherches s'étendent également sur l'iconographie religieuse représentant l'être semi-humain telles la sirène et la femme-serpent. La région conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siècles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'épanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux façons en Bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'étudier leur compatibilité dans leur contexte socioculturel. Les récits qui traitent le thème du mariage entre l'être humain et l'être non-humain révèlent la conception de l'univers d'une société. L'autre monde ou les êtres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet a la société de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprématie du fondateur du japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mère du royaume maritime, alors qu'en bretagne, la destruction de la cite légendaire d'Is est causée par une fille maudite née d'une fée. Le premier volume de cette étude est composé de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au japon, ii. Récits relatifs au mariage au Japon et en Bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxième volume est un inventaire des différents types de représentation semi-humaine en bretagne.
— CHAUSSY (Dom Yves), 1953, Une paroisse bretonne. Lennon. Editions Guillet, Quimper. Réed. Breizh diffusion Spezet
— COUFFON (René), 1988, Alfred Le Bars, 1988, Notice sur Lennon extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988.
Les 14 jeunes musiciens des stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival, dont un joueur de serpent. Remonté dans la chapelle des Cordeliers de Nancy.
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Cet article appartient à trois catégories :
1. Celle sur les Termes gainés, cariatides et atlantes (ou "supports anthropomorphes") :
Le bénitier du porche de Guimiliau. (kersanton, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v.1606) du porche sud de Guimiliau, son ange aux goupillons et ses termes gainés.
3. Celle sur l'étude des stalles : quoique celles de Salival n'offre pas un grand intérêt dans le décor des miséricordes et appuie-bras, elles peuvent renseigner par ses statues de la musique de la fin du XVIIe siècle :
"Fondée par la comtesse Mathilde de Salm-Hombourg, entre 1140 et 1157, l’abbaye des Prémontrés de Salival (Moselle) dut son nom (en latin Salina vallis) à la présence des nombreuses sources salées de la Seille qui contribuèrent à sa grande richesse. Après avoir été dévastée en 1590 lors des guerres de Religion, l’abbaye fut principalement reconstruite à partir de 1670. Les travaux furent commencés par l’abbé Antoine Collart et poursuivis par Rémi Josnet qui orna somptueusement l’intérieur de l’église. C’est sous son abbatiat (1681-1720) que furent mises en place les stalles de l’avant-chœur des chanoines, datées de 1695, complétées en 1776 par les boiseries du sanctuaire exécutées par Joseph François Brêche dit la Bonté (v.1717-1784) également chargé du buffet d’orgue. Après la nationalisation des biens du clergé en 1789, les bâtiments de l’abbaye furent mis en vente en 1796. Jugée dangereuse, l’église fut finalement démolie en 1823."
Les stalles de l'abbaye de Salival ont donc été démontées, dispersées, et une partie de celles-ci et de leurs lambris ont été recomposées pour s'adapter à la chapelle des Cordeliers de Nancy.
Vingt-cinq travées de lambris en chêne sont aujourd’hui séparées alternativement par douze pilastres cannelés corinthiens et par quatorze "putti", dont dix sont des termes. On désigne sous ce nom, ou plutôt sous celui de supports anthropomorphes, des statues de forme humaine (atlantes, termes, télamons cariatides), servant de support vertical soutenant un entablement, et dont la partie inférieure n'est pas humaine, mais architecturale, proche des bornes , et souvent fusiforme vers le bas. Même pour la partie supérieure, le respect de l'anatomie humaine n'est que partielle, et notamment les bras sont parfois réduits à des moignons en spirale.
Ces dix termes et les quatre personnages intègres ont pourtant un point commun, celui de représenter des garçons (j'évite le terme de "putti" qui désigne des petits enfants souvents nus) ou adolescents, dont dix jouent des instruments de musique et quatre, au centre, pourraient être des chanteurs. Au total, ils composent donc un ensemble musical, ce qui est cohérent avec la fonction des stalles abbatiales, où les moines se réunissaient pour chanter les offices, parfois accompagnés à l'orgue ou au serpent.
On pourrait, si les vêtements de ces garçons n'évoquaient pas plutôt des pâtres, y voir des membres d'une psallette, ou école de musique attachée à une église, autrement dit, des enfants de chœur au sens littéral. Mais les instruments représentés sont inhabituels dans ce cadre : ainsi, à la cathédrale de Metz en 1790, on ne signale que des organistes, des joueurs de serpent, de basse continue et violoncelles, et de bassons, ainsi que 14 chantres et sous-chantres (adultes) et 8 enfants de chœur. Enfin ces psallettes n'existaient pas dans les abbayes.
Le cartel de la chapelle des Cordeliers donne pour ces stalles la date de 1691 ; la notice du musée lorrain celle de 1695.
Le premier rang de stalles aurait été rajouté vers 1980.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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Au centre, le lutrin en fer forgé, qui servait à accueillir les livres de plain-chant, provient de la basilique Saint-Epvre de Nancy. Il se compose "d’un double pupitre mobile orné, sur une face, d’un médaillon portant l’inscription : « 1752 / AMETZ » et, sur l’autre, d’un second médaillon portant le chiffre « JC ». Le pupitre est surmonté de quatre aigles dorés aux ailes déployées et d’une croix à double traverse. Selon le Père Eugène, celle-ci aurait remplacé un petit globe primitif ce qui nous semble peu probable. Le lutrin repose sur un imposant pied tripode, orné sur chaque face d’un nouveau cartouche portant les chiffres : « GD », « LL » et « ES »." (P.-H.Pénet)
Lutrin de 1752. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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Liste des musiciens et chanteurs.
N.B la détermination des instruements est de moi, elle est sujette à caution.
1. Le jeune joueur de flûte traversière piccolo, en support anthropomorphe.
2. Le jeune joueur de chalemie (rauschpfeife, cornet, hautbois..), en support anthropomorphe.
3. Le jeune joueur de cymbales.
4. Le jeune joueur de tambourin ou "bedon", en support anthropomorphe.
5. Le jeune joueur de douçaine (basson baroque?).
6. Un jeune homme en support anthropomorphe.
7. Un jeune homme bras croisé en support anthropomorphe.
8. Un jeune homme main gauche levée, en support anthropomorphe.
9. Un jeune homme sans bras, en support anthropomorphe.
10. Un joueur de serpent.
11. Un joueur de violon en support anthropomorphe.
12. Un jeune joueur de triangle.
13. Un jeune joueur de trompette en support anthropomorphe.
14. Un jeune joueur de trompe de chasse en support anthropomorphe.
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1. Le jeune joueur de flûte traversière piccolo, en support anthropomorphe.
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Il porte, comme un jeune berger, une tunique dénudant l'épaule droite et ses cheveux bouclés sont noués par un ruban au dessus du front.
C'est un terme, dont la tête soutient l'entablement, et son support qui se termine paer une volute est feuillagé.
La flûte, courte, dont mon point de vue ne permet pas de voir les trous, se termine par une virole plus large.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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2. Le jeune joueur de chalemie (chalumeau, rauschpfeife, cornet, hautbois..), en support anthropomorphe.
Sa tête joufflue est couronné de laurier, sa tunique courte s'envole; le support est feuillagé.
J'ai des hésitations pour désigner l'instrument (doté d'une anche), toute aide sera la bienvenue.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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3. Le jeune joueur de cymbales.
Il porte sur sa tunique une sur-tunique aux lambrequins à glands, ornée de rinceaux. Une écharpe est nouée sur son côté.
Ce n'est pas un terme, puisque ses deux jambes et ses pieds nus sont bien visibles, mais il prend appui sur un petit support anthropomorphe dont le tronc aux moignons d'épaules adopte la forme d'une feuille libérant des rameaux.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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4. Le jeune joueur de tambourin ou "bedon", en support anthropomorphe.
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Albert Jacquot définit le bedon comme "un long et gros tambourin du moyen âge, qui se frappait comme la grosse-caisse, à l’aide d’un ou de deux bâtons courts, munis d’un tampon", et en donne en illustration ce joueur de Salival.
Le bâton tenu par la main gauche est brisé.
Il porte une tunique aux manches courtes ; le support est feuillagé.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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5. Le jeune joueur de douçaine (basson baroque?).
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La tunique, plus longue que les précédentes, et fendue, s'orne d'une petite rose. Le genou droit fléchi et le pied soulevé donne un bel élan à ce personnage.
Nouvelle hésitation pour désigner l'instrument. Le "bocal" est brisé, mais l'anche est bien visible dans la bouche du garçon. Le tuyau de perce n'est pas conique, mais cylindrique, à peine éffilé vers les extrémités.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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Exemple des chutes de fruits et fleurs placés sous chaque personnage. On reconnait ici des pommes et des poires, une grenade, des raisins, et des petits fruits (cerises ?).
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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6. Un jeune homme en support anthropomorphe.
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Ce terme est privé de bras, il est vêtu d'une tunique nouée sur l'épaule droite, une guirlande de fruit forme un baudrier. Il a la tête tournée vers sa gauche, et donc vers le centre des stalles. Sa bouche est entrouverte, laissant penser qu'il s'agit d'un chanteur.
Le support est une feuille lancéolée.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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7. Un jeune homme bras croisé en support anthropomorphe.
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Il peut s'agir d'un chanteur, les bras expressivement croisés sur la poitrine. La tunique dégage l'épaule droite.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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Le blason au dessus de la cathèdre.
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Ce sont les armes du duché de Lorraine à partir d'Antoine Le Bon. Le blason aurait été ajouté en 1962 et proviendrait de la devanture de la fameuse librairie du collectionneur René Wiener (1855-1939) à Nancy.
On les comparera à celles de son père René II de Lorraine, où manquent les deux lions affrontés sur le Bréviaire de René II, BnF arsenal MS-601-res f.44r, datant du XVe siècle. Les enluminures de ce bréviaire montrent de nombreux instruments en usage sous René II.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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8. Un jeune homme main gauche levée, en support anthropomorphe.
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Sa tunique frangée est ceinturée d'une guirlande. On peut supposer qu'il est en train de chanter, avec cette gestuelle propre à la rhétorique baroque.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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Nouvel exemple des chutes de fruits et fleurs assemblées autour d'un linge noué.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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9. Un jeune homme sans bras, en support anthropomorphe.
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La tunique serrée par une ceinture et une sangle laisse l'épaule droite dénudée. Le jeune homme a le visage tourné vers le centre des stalles.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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10. Un joueur de serpent.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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C'est l'instrument le plus attesté en accompagnement du chant liturgique et du chœur dont il renforçait la partie grave lors des offices religieux et il fut donc, pendant plus de deux siècles, essentiellement voué au soutien des formations vocales religieuses. En témoignent les inscriptions gravées sur le dossier des stalles bretonnes.
Albert Jacquot présente cet instrument ainsi :
"SERPENT. Instrument à vent, en bois recouvert de cuir ou en cuir bouilli, inventé, au XVIe siècle, par Edme Guillaume, chanoine d’Auxerre. Il servait de basse aux cors ; il est à l’unisson des hautbois, il a six trous et quelquefois plusieurs clefs. On s’en servait encore, il y a quarante ans, dans les musiques militaires et dans les églises. Il y en a une grande variété : le serpent militaire, celui de cavalerie, qui permettait de passer le bras et de le maintenir facilement. Il y en eut aussi en fer. Parmi les sculptures du portail de la cathédrale de Strasbourg, on remarque, du côté droit, un joueur de serpent, qu’un sculpteur du XVIIe siècle y sculpta, pour remplacer une statue détruite, qui représentait, sans doute, un autre musicien. Cet artiste ne vit aucun inconvénient d’y mettre un type d’instrument si fort en vogue dans les églises, au XVIIe siècle. La figure ci-contre représente cette intéressante sculpture. Un. autre personnage, jouant aussi du basson, se voit aux boiseries du chœur de l’église de Salival, transférées à l’église des Cordeliers de Nancy. C’est aussi du XVIIe siècle. L’Ophicléide, aujourd’hui abandonné, remplaça le serpent. Une embouchure d’ivoire terminait le tube d’insufflation. Le nom de l’ophicléide vient du grec ophis, serpent, et cléïdes, clefs."
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L'instrument représenté à Salival montre au moins dix trous, dont certains occultés par les doigts du serpent (nom du joueur). Il est suspendu par une sangle noué autour de l'instrument.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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11. Un joueur de violon en support anthropomorphe.
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Le joueur porte une tunique courte dont on admirera la ceinture dont la boucle est joliement détaillée.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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12. Un jeune joueur de triangle.
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Sa sur-tunique serrée par un cordon à glands de passementerie est frappée de lys. La tunique elle-même est un surplis garni de broderies ou de dentelle en partie inférieure.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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13. Un jeune joueur de trompette en support anthropomorphe.
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Il est coiffé d'une sorte de casque et ses épaules sont couvertes d'une pièce d'armure, sur son torse nu. Main gauche sur la taille dans une posture martiale, il sonne de la trompette, dont seule l'embouchure est conservée. Il porte sur les reins une jupe à lanières. Le support est sculpté d'une chute de fruits et fleurs.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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14. Un jeune joueur de trompe de chasse en support anthropomorphe.
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Il est tourné, comme son homologue de l'extrémité droite des stalles, vers la nef. Et, comme lui également, ses cheveux bouclés sont noués d'une rosette frontale. Sa tunique se rassemble en un gros nœud à l'arrière.
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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.
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SOURCES ET LIENS.
— DECOMPS (Claire)
https://core.ac.uk/download/pdf/19545758.pdf
—JACQUOT (Albert), 1886, Dictionnaire pratique et raisonné des instruments de musique anciens et modernes
https://www.luthiers-mirecourt.com/jacquot1.htm
—JACQUOT (Albert), 1882, La Musique en Lorraine, étude rétrospective d'après les archives locales. Paris : Quantin et Fischbacher, 1882.
Lorsqu'on arrive par la route devant l'enclos c'est la chaire-calvaire hexagonale du XVe siècle qui se présente à la vue devant la façade sud de l'église, à l'angle sud-ouest de l'ancien cimetière.
Il s'agit d'une chaire à prêcher extérieure, qui était utilisée par les prêtres lors des fêtes de Notre-Dame en raison de l’affluence des pèlerins, et dont l'ouverture jadis fermée par une porte se fait sur un pan, du côté nord. Cette ouverture en anse de panier est encadrée de chaque côté par des colonnettes, et l'écu de la famille de Kernechriou couronne l'arcade. Le prédicateur se trouvait dans la cuve hexagonale, derrière le parapet et sa corniche moulurée.
Un banc de pierre ceinture le monument.
Au centre de cette cuve s'élève la base, elle aussi hexagonale, du calvaire. Chacun de ses pans est couronné par une série de trois dais gothiques.
De la base jaillissent trois colonnes : sur les côtés, les croix latérales des deux larrons, et au centre, plus élevée, la croix du Christ. Au revers du crucifix est sculptée une Vierge de Pitié.
Cette composition peut peut-être évoquer, à une bien moindre ampleur, le Puit de Moïse de Champmol, datant de 1405.
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A la fin du 19e siècle, les trois croix qui le surmontaient ont été déposées et remplacées par une croix en fonte qui s'est brisée au milieu du 20e siècle. Les trois croix ont été alors replacées. La chaire-calvaire est classée depuis le 4 décembre 1951.
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La famille de Kernechriou.
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Les armoiries écartelées d'argent et de sable de la famille de Kernechriou sont présentes également sur la maîtresse-vitre de 1423, et sur la façade sud de 1437-1438. Le Barzic donne la graphie Crec'hriou (de creac'h "colline" et riou "roi").
Alain (v. 1380-après 1426 à Runan) est le père de Jean de Kernechriou seigneur de Lestrezec, né à Runan vers 1418 et décédé en 1496. Celui-ci [ou bien Raoul?] épousa Catherine de Botloy, d'où Rolland (ou Charles), sieur de Lestrezec et Raoul, seigneur de Kermarquer et de Kernechriou, décédé en 1524.
Un mandement de 1439 reproche à Rollant de Kernechriou, aîné de la famille, d'avoir placé ses armes sur la façade sud à la place de celles de Keramborgne. L'acte mentionne son frère Philippe, ou leur oncle Alain.
Ce Rollant pourrait-être le fils d'Olivier, qui fit une fondation pour deux messes en la cathédrale de Tréguier. Il y avait son gisant et sa tombe. (Infobretagne)
Les membres de cette famille étaient enterrés dans l'église, comme l'atteste l'acte de décès en 1584 de Guillaume de Kernechriou, seigneur de Keramapelou.
Les chaires extérieures de Bretagne ont été répertoriées par divers auteurs. La plus proche est celle de Pleubian. On a pu mettre leur fréquence en rapport avec l'importance donnée à la prédication des foules par Vincent Ferrier, fort soutenu par le duc Jean V. Si on considère que Vincent Ferrier est mort à Vannes en 1419, et que l'édification de la chaire est contemporaine des travaux de l'église vers 1420 puis vers 1437, cette remarque n'est pas dénuée d'intérêt.
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Vues générales.
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La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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II. LES 4 GARGOUILLES DE LA FAÇADE NORD DE L'ÉGLISE.
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Je ne trouve pas d'informations sur leur datation. Ne sont-elles pas l'œuvre des restaurateurs de la fin du XIXe siècle ?
Ce ne sont pas stricto sensu des crossettes, mais faut-il parler ici de gargouilles, puisque des figures ont la bouche ouverte, alors que leur raccordement à l'évacuation des eaux pluviales n'est pas visible ? Et, si elles datent du XIXe siècle, ne pourrait-on en trouver les modèles ? En effet, elles sont parfaitement représentatives
Il est moustachu, coiffé d'un chapeau rond, et sa trogne est mémorable avec son menton en galoche. Il tient un verre à la main gauche et une bouteille à la main droite, et, la bouche ouverte, il semble vouloir nous offrir à boire.
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Les gargouilles de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
Les gargouilles de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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2. L'aigle.
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Les gargouilles de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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2. Le lion.
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Les gargouilles de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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4. le griffon s'appuyant sur un bâton.
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Les gargouilles de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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Consoles du porche ouest.
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Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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Les fonts baptismaux.
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Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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Le bénitier de 1769.
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Ce bénitier en granite du fond de la nef, au sud, devant la chapelle des fonts baptismaux est presque circulaire. Sur la cuve se lit une inscription en deux lignes :
Transcription : "présent fait par Yves Derriennic"
Michel Lascaux y voit un fabricien, ce qui est vraisemblable.
Le patronyme DERRIENNIC (diminutif de "Derrien") est encore bien attesté à Runan aujourd'hui. La base Geneanet en retrouve la présence à Runan dès 1653, et signale au moins deux individus portant ce nom à Runan au milieu du XVIIIe siècle :
Un document cité par l'abbé Louis Monnier indique que deux membres de cette famille furent fabriciens de Runan au XVIIIe siècle : Jean Derriennic Le Vieil en 1702 et Marc en 1720.
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« Nous, frère Victor Tambonneau, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de La Feuillée, Palacret, Pont-Melvez, et autres membres en dépendants, en conséquence, de notre ordonnance du huit juin dernier, rendu en notre cours de visite faite en l'église treffiale de Runan, ledit jour procédant à l'apurement des anciens reliquats de comptes, tant de la fabrice de ladite église, que des confréries y établies, après avoir vu les comptes de laditte fabrice, sçavoir : celui fourny en 1699 par Charles Ernault et Jean-Olivier-Henry, en 1702 par Jean Derriennic le Vieil et Bertrand Le Pennec. En 1703 par Jean Le Layec et Laurens Le Bouil, en 1704 par Yves Nicolas et Pierre Durand, et ainsy jusqu'à la présente année. Vu aussy les comptes-rendus pour la confrérie du Rosaire : en 1720 par Marc Derriennic ;
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Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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La crédence et son masque.
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Crédence de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
Crédence de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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Les consoles de l'intérieur.
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Console de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
Crédence de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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La statue de saint Loup.
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Crédence et statue de saint Loup de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
Crédence et statue de saint Loup de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.
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SOURCES ET LIENS.
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—BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371
— COUFFON (René), 1950, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc », 1950, p. 150-164.
"Dans le cimetière, assez mal entretenu, de Runan, le touriste visite avec admiration deux créations artistiques paraissant, l'une et l'autre, appartenir au quinzième siècle. C'est d'abord, au milieu d'une enceinte en maçonnerie formant balustrade, un superbe Calvaire dont la base a 6 pans et supporte trois croix d'inégales grandeurs. Ce monument, de même que l'église, était chargé d'armoiries et de riches sculptures ; mais le marteau des mauvais jours de notre révolution de 1789 a laissé là des témoignages nombreux de la fièvre de destruction qui fut un des traits caractéristiques de cette terrible époque."
— LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.
— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 », 2017, p. 313-326.
L'enfeu le mieux conservé du bas-côté nord de l'église de La Martyre, ancienne trève de Ploudiry, a été parfaitement décrit, et les armoiries de ses trois écus ont été attribués à la famille de Botlavan en alliance avec Kergrist :
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"On voit dans l’église trois enfeus, l’un contre le mur du Midi, les deux autres contre le mur du Nord. Leurs arcades ont la même forme : elles sont en anse de panier. Le premier de ces tombeaux arqués est dépourvu d’ornementation ; les autres sont bien dotés de détails architectoniques de l’époque (XVIème siècle) et leur arc surbaissé est surmonté d’un arc en accolade. Les blasons qui indiquaient leurs propriétaires ont été martelés, excepté ceux qui encadrent l’enfeu situé au haut du collatéral Nord. L’écusson placé au sommet de cet enfeu porte les armes de Botlavan : d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur. Sur ces écussons latéraux sont les armes mi-parti de Botlavan, et d’or à quatre tourteaux de sable, 3 et 1, au croissant de même en abyme, qui est de Kergrist." (Abbé Kerouanton, BDHA 1931)
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Les blasons ont été relevés par Fons de Kort :
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Son décor Renaissance incite à l'attribuer à un atelier actif dans la vallée de L'Elorn, établi à Landerneau et très habile à sculpter la pierre de kersanton. René Couffon le nomme atelier de Kerjean, mais l'atelier de Bastien et Henry Prigent (actif de 1527 à 1577) a produit de nombreuses œuvres (porches, bénitiers, calvaires) introduisant les rubans en volutes accolés par un lien torsadé que nous retrouvons ici sous l'influence de l'art de la Seconde Renaissance. Notamment à Pencran en 1553. Les Prigent ont réalisé pour Ploudiry une statue de saint Sébastien en kersanton.
Je l'attribue donc aux Prigent, mais je laisse le point d'interrogation de mon titre puisque cet enfeu ne figure pas dans le catalogue raisonné de cet atelier dressé par Emmanuelle Le Seac'h.
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"La décoration des enfeux de la longère nord de La Martyre est extrêmement curieuse. L'enfeu, surmonté d'un galon plat orné de crossettes déjà évolué, est orné d'autre part aux extrémités de l'accolade de deux angelots gothiques tenant des écus mi-parti au 1 de Botlavan et au 2 de Kergrist, et au sommet d'un écu portant de Botlavan plein.
Un autre enfeu, décoré d'une accolade encore toute gothique, a ses pinacles terminées par des boules godronnées et ses crochets terminés par deux spirales." (René Couffon 1948)
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C'est dire que cet enfeu remarquable peut être étudié sous deux biais : celui de l'héraldique, et celui de l'histoire de l'art ornemental Renaissance en Finistère.
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1. Héraldique.
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Le lieu-dit Botlavan (du breton Bod, "résidence, demeure" et Avan, ancien patronyme) se situe à 1 km au sud-est de Ploudiry et à la même distance à l'est de La Martyre. Il conserve aujourd'hui un kanndi, petit bâtiment servant à blanchir le lin, qui témoigne de l'importance de la production et du commerce de la toile. Et une croix en kersanton du XIXe siècle.
En 1534, François de Botlavan, présent parmi les nobles de Ploudiry à la montre de Saint-Pol-de-Léon, "archer en brigandine".
En 1645, la propriété appartenait à Jean de Tanouarn, écuyer et de son épouse Catherine Gac.
Sur la carte de Cassini de la fin du XVIIe siècle, Botlavan est un hameau de 8 maisons.
L'interrogation de la base Geneanet ne retrouve qu'une Sybille de Botlavan, dame de Kerouez en Plouzévédé, épouse de Jean Ier Le Boutouiller (1515-1558).
Je ne retrouve aucune trace de l'alliance Botlavan/Kergrist. Le château de Kergrist est situé sur la commune de Ploubezre, dans le département des Côtes-d'Armor. Pol Potier de Courcy signale sept générations sept générations, aux réformations et montres de 1426 à 1543. Au milieu du XVIe siècle, les généalogistes signalent François de Kergrist et son fils Alain.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
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L'ANGE ET LE BLASON DU COTÉ GAUCHE.
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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
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L'ange présente les armes mi-parti en 1 d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur qui est de Botlavan et en 2 d’or à quatre tourteaux de sable, 3 et 1, au croissant de même en abyme, qui est de Kergrist.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan et de Kergrist.
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L'ANGE ET LE BLASON DU COTÉ DROIT.
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Le blason est le même.
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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
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LE BLASON CENTRAL.
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Il porte les armes de Botlavan d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur.
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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan.
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2. LE DÉCOR RENAISSANCE.
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Il associe des masques de profil, casqués et feuillagés, des rubans formant accolade et dont les volutes sont liées par une torsade, un masque de face aux oreilles de faune au centre de rinceaux, diverses fleurs en rosace parfois géométriques, des crochets en feuilles se déroulant progressivement d'un bourgeon en boule, et des feuilles lancéolées.
Les anges sont remarquables par leur visage harmonieux et leur tunique au col roulé.
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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
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SOURCES ET LIENS.
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— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.
La décoration des enfeux de la longère nord de La Martyre est extrêmement curieuse. L'enfeu, surmonté d'un galon plat orné de crossettes déjà évolué, est orné d'autre part aux extrémités de l'accolade de deux angelots gothiques tenant des écus mi-parti au 1 de Botlavan et au 2 de Kergrist, et au sommet d'un écu portant de Botlavan plein.
Un autre enfeu, décoré d'une accolade encore toute gothique, a ses pinacles terminées par des boules godronnées et ses crochets terminés par deux spirales.
— FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, la foire.
— LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques, Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image
— Commission 1982, Ploudiry aux marches de l'Arrée. Son passé. Ses monuments.
—POTIER DE COURCY (Pol), Nobiliaire et armorial de Bretagne
—Botlavan (de), sr dudit lieu, paroisse de Ploudiri, — de Keraziou, paroisse de Plabennec, — de Mesnescop, paroisse de Plouvorn.
Réf. et montres de 1426 à 1534, dites paroisse, évêché de Léon.
D’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois cœurs d’azur.
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—Botlavan (de), Sr dudit lieu, par. de Ploudiry. D’argent à l’aigle impériale de sable et trois cœurs d’azur posés en bande.
Eguiner, entre les nobles de Ploudiry, Réf. 1443.
https://www.tudchentil.org/spip.php?article628
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—Kergrist (de), sr dudit lieu, de Kervern et du Vieux-Chastel, paroisse de Ploubezre, de Kerdual, paroisse de Ploumilliau, de Kermoal, de Keravel et de Kerlescant, paroisse de Plouec, de Kerthomas, de Kerambellec, paroisse de Plouaret, de Kergadiou, du Plessix et de Goazanarbant, paroisse de Plestin, de Kerarapuil et de Treuscoat, paroisse de Pleyber-Christ, de Ponthaer, du Chemin-Neuf, de Kerriou, de Kervégaa, de Treziguidy, paroisse de Pleyben.
Anc. ext., réf 1669, sept générations, réf. et montres de 1426 à 1543, paroisse de Ploubezre et Ploumilliau, évêché de Tréguier, et Pleyber-Christ, évêché de Léon. D’or a quatre tourteaux de sable, 3. 1, au croissant de même en abyme, comme Prigent. Devise : Sanctum nomen ejus.
Jean, juge des régaires de Léon en 1395 ; Alain, archer de la garde du duc en 1453 ; Jean, vivant en 1463, épouse Marie Salliou, de la maison de Lesmais ; Goulven, auditeur des comptes en 1558 ; deux sénéchaux de Morlaix au xvie siècle. La branche ainée fondue dans Kergariou, puis Barbier.
— RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149.
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http://www.infobretagne.com/martyre-eglise.htm
On voit dans l’église trois enfeus, l’un contre le mur du Midi, les deux autres contre le mur du Nord. Leurs arcades ont la même forme : elles sont en anse de panier. Le premier de ces tombeaux arqués est dépourvu d’ornementation ; les autres sont bien dotés de détails architectoniques de l’époque (XVIème siècle) et leur arc surbaissé est surmonté d’un arc en accolade. Les blasons qui indiquaient leurs propriétaires ont été martelés, excepté ceux qui encadrent l’enfeu situé au haut du collatéral Nord. L’écusson placé au sommet de cet enfeu porte les armes de Botlavan : d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur. Sur ces écussons latéraux sont les armes mi-parti de Botlavan, et d’or à quatre tourteaux de sable, 3 et 1, au croissant de même en abyme, qui est de Kergrist.
Montre de l'Evêché de Léon en 1534 :
Ploudiry : "François Botlavan archer en brigandine"
Le château de Kergrist est situé sur la commune de Ploubezre, dans le département des Côtes-d'Armor
Botlavan (de)
Sr dudit lieu, par. de Ploudiry.
D’argent à l’aigle impériale de sable et trois cœurs d’azur posés en bande.
Eguiner, entre les nobles de Ploudiry, Réf. 1443.
BOTLAVAN , en Ploudiry , Evêché de NAUD , & trisayeul de JOSEPH DE SÉGUIRANT , Léon : d'argent , à une aigle éployée supportant trois coeurs d'azur , posés ... ++++
—LA CHESNAYE DU BOIS,1864,
BOTLAVAN en Ploudiry Evesché de Leon , d'argent à une Aigle esployée de sable supportant trois cœurs d'azur posez en bande , sçavoir l'vn du bec , l'autre sur la poictrine & le troisiéme du pied senestre .
Fondée entre les VIe et VIIe siècles, la paroisse primitive de Ploudiry comprend les trèves de La Martyre, La Roche-Maurice, Pencran et Saint-Julien-de-Landerneau. Ce vaste territoire, prieuré de Daoulas, relève alors du diocèse de Léon. Sur le plan civil, des manoirs sont érigés à Ti-Brid, Pors-Lazou, Kerangoarch et Botlavan. (Histoire de la commune de Ploudiry)
Cet ornement sculpté dans le granite n'est pas une gargouille, puisqu'elle ne se charge pas de l'écoulement des eaux pluviales. Elle occupe le sommet du rampant de la dernière lucarne, à sa jonction avec le chevet. Elle participe, par ses charmes, à la célébrité de l'église, et elle est décrite presque partout comme une sirène.
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1. Une sirène. Sophie Duhem, et tous les sites patrimoniaux sur le net.
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a) Sophie Duhem.
"L'infamie de la luxure a trouvé dans l'art breton un être à sa dimension —la femme— dont les nudités voluptueuses sont des gouffres de l'âme pour l'homme jouisseur taraudé par des pensées impures. Allégorie de la séduction, son corps paré aux ondulations dansantes a pris des aspects bien divers dans l'art. En Bretagne, par exemple, la sirène est l'emblème de sa vénusté et des sortilèges qui l'accompagnent."
Le Juch, église Notre-Dame, gargouilles, XVIe-XVIIe siècle. Le corps maudit, l'ensorcelante cambrure des sirènes.
La sirène sculptée parmi les gargouilles de l'église du Juch est d'une grande beauté : le visage a subi les injures du temps, cependant la finesse du portrait, le sourire timide, le traitement des cheveux délicatement posés sur les épaules donnent une idée de la qualité de la facture originelle. L'artiste voulait suggérer la beauté comme l'indique le buste incliné sur la corniche, la tête légèrement penchée de la femme séductrice, sans oublier la majestueuse poitrine qu'elle offre de ses deux mains en la projetant vers le monde des hommes. De toutes les ensorceleuses postées au sommet des églises dans l'attente de leur coupable forfait, c'est la plus convaincante. Son visage est si expressif qu'on l'entendrait presque chanter. » Sophie Duhem Avec 3 photos, p. 116 et 120.
Ce site est plus prudent, et, sous le titre "sirène", il décrit "une queue de reptile". Alors que Sophie Duhem reprend une interprétation moralisatrice par laquelle les sirènes et femmes sculptées sont des figures de la luxure et du péché incitant les fidèles à la conversion de leur conduite, ce site ouvre la porte à d'autres interprétations.
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"La sirène. Située au niveau de la toiture sur le flanc sud du sanctuaire, au pignon de la nef, la statue de sirène est une autre particularité de l’église. Sa chevelure est abondante et ondulée, ses seins généreux évoquent une mère allaitante. Le corps se prolonge ensuite en queue nouée, qui évoque une queue de reptile.
Cette statue a été soumise à nombre d’interprétations différentes.
Dans ses mémoires, Hervé Friant, habitant du Juch au début XXe siècle, la nomme « Gwrac’hic ar Zal », la femme redoutable, la sorcière malfaisante. Cela renvoie à une vieille légende du Juch, celui d’une déesse mère, la Gwarc’h, ou « vielle femme ». Cette légende est antérieure au christianisme et pourtant présente sur la statue d’un édifice chrétien.
Le serpent apparaît comme élément de la déesse, sirène aquatique ou créature reptilienne, gardienne des eaux souterraines. De par ses seins gonflés, elle symbolise la vie, comme déesse de la fécondité.
D’autres ont vu une référence à Eve et la Genèse : une figure féminine portant la marque du péché originel, et faisant référence au serpent de la tentation et de la chute.
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2. Une femme-serpent. Hiroko Amemiya.
Une observation plus attentive, et plus exigeante dans la nomenclature de ces "ornements à type de femmes semi-humaine" est celle que l'on trouve dans l'ouvrage de Hiroko Amemiya, "Vierge ou Démone", largement cité dans ce blog.
L'universitaire de Rennes 2 qui a consacré sa thèse de 1996 aux figures maritimes de la déesse-mère remarque que nous ne voyons pas (encore faut-il regarder) une femme-poisson, mais une femme serpent.
"Femme-serpent : couchée sur le ventre, tête à gauche. Visage joufflu encadré d'une longue chevelure en torsade. Seins proéminents. Le bras droit accoudé, le gauche tendu vers l'arrière. La partie inférieure du corps a la forme d'une queue de serpent nouée, l'extrémité pointue dirigée vers le bas." (H. Amemiya)
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N.B. La femme-serpent est aussi décrite par B. Rio dans son ouvrage Le Cul-bénit p. 80, avec une illustration p. 82 sous le titre "sirène".
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Ces descriptions n'ont pas besoin d'être reprises. On remarquera seulement que la queue se termine par une flèche (un dard). Et que la main droite de la femme est posée sur le sein droit, dans un geste de caresse, mais qui rappelle celui des Démones tenant une pomme.
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Je crois qu'il faut garder ouverte l'interprétation de cette femme-serpent.
Certes, le père Julien Maunoir, grand moralisateur et évangélisateur de la Bretagne soucieux de conversion de ce qu'il considérait être une terre de paganisme, est venu au Juch en 1642, et, selon son biographe, en 1657 et en 1658 . IL effectua plusieurs guérisons avec l'huile de la lampe brulant devant saint- Michel :
« Les Pères [Maunoir et Bernard] partirent de Quimper Ie 21 Août 1642, et ils expérimentèrent l'efficace de la bénédiction du consolateur de Catherine [saint Corentin] pendant leur voyage. Pensant que ce saint directeur était l'Archange de Bretagne, ils brûlèrent en son honneur un peu d'huile, dans l'église de N.-D. du Juch, devant l'image de saint Michel, en faisant quelques prières. Dès le même jour, appliquant cette huile à Jeanne Le Cor, de Douarnenez, qui souffrait de la fièvre et de douleurs aiguës depuis quinze jours, elle fut guérie de ces deux infirmités. BDHA 1909 p.
Mais on comprend mal que l'utilisateur des Tableaux de missions ou Taolennou dans lesquels les "vices" étaient toujours accompagnés de symboles qui les condamnaient expressément (luxure ici, accompagné d'un bouc) et les menaçaient toujours des flammes et tortures de l'enfer, puisse juger opportun de placer, en un lieu particulièrement ostensible, une femme nue si bien avantagée et si séduisante que la regarder est déjà commettre un péché de chair.
Cette sirène est trop joliment humaine et féminine pour être le support d'un sermon
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Il faut peut-être accepter que les villageois aient pu souhaiter — comme ailleurs des chanoines pour leurs stalles— orner leur église de figures emblématiques de leurs pulsions, sans vouloir aussitôt les dénoncer. Et qu'ils n'aient pas eu la même conscience dévote d'une bienséance catholique propre à des siècles plus tardifs.
Les exemples abondent dans l'ornementation sculptée des églises et chapelles bretonnes, notamment sous l'influence de la Renaissance, de représentations anthropomorphes hybrides dont l'unique but est d'être décoratif. Chassons les censeurs et transmetteurs de moraline et préservons notre plaisir d'admirer les œuvres des sculpteurs bretons témoins sans les recouvrir d'une "interprétation" anachronique. Ils ont été le relais d'un imaginaire ancestral dont les clefs débordent largement les tribulations bas-bretonne de recteurs face à leurs ouailles mais explorent les frontières de l'animalité et de l'humanité.
L'assimilation d'éléments hybrides venant des modillons romans, des contacts orientaux et méditerranéens pour certains, germaniques pour d'autres, est d'abord un élément de vitalité plutôt qu'un agent de la diabolisation et du dénigrement.
Et Mélusine dont se réclame la famille de Lusignan, apporte la fécondité liée à l'élément aquatique qui permet à Raymondin de posséder des terres et des châteaux :
"Et voit Melusigne en la cuve, qui estoit jusques au nombril en figure de femme et pignoit ses cheveulx, et du nombril en aval estoit en forme de queue d'un serpent, aussi grosse comme une tonne où on met harenc, et longue durement [très longue], et debatoit de sa coue l'eaue tellement qu'elle la faisoit saillir [gicler] jusques à la voulte de la chambre. »
— Jean d'Arras, Le Roman de Mélusine (1393-1394) https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9lusine_(f%C3%A9e)
— LECLERQ-MARX (Jacqueline) 2002, Du monstre androcéphale au monstre humanisé. À propos des sirènes et des centaures, et de leur famille, dans le haut Moyen Âge et à l'époque romane , Cahiers de Civilisation Médiévale Année 2002 45-177 pp. 55-67
— MAZET (Christian), 2019, La « sirène » d’Orient en Occident comme exemple de la sélection culturelle des hybrides féminins en Méditerranée orientalisante (viiie-vie siècle av. J.-C.), in L'Animal-symbole, CTHS Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques,
4. église Notre-Dame de Brasparts, porche sud, granite, 1592.
5. église Saint-Edern à Lannedern, crossette de l'ossuaire, 1662.
6. église de la Sainte-Trinité de Lennon, crossette du porche sud, XVIe siècle
7. chapelle Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou, porche ouest, granite, 1516.
8. église Saint-Suliau à Sizun, crossette de l'ossuaire, kersanton.
9. église Saint-Suliau à Sizun, ornement d'une frise du chevet, granite.
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Mais la ressemblance avec la crossette de l'ossuaire de Lannédern doit être particulièrement soulignée. Bien que cette dernière n'ait pas la beauté de la dame du Juch, elle a la même posture, la même position des bras, la même torsion de la queue et surtout la même pointe, a priori venimeuse, de la queue.
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Datation vers 1700 : éléments de discussion.
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a) les datations du plan de l'association patrimoniale locale : "XVIIIe siècle.
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b) Les auteurs.
Selon Henri Waquet et Jacques Charpy, "L'influence de Ploaré, paroisse-mère de Juch avant la Révolution apparaît sur le chevet du XVIIe siècle (vers 1668) à trois pans."
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c) Les inscriptions lapidaires datées.
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Sur le mur voisin de cette sirène (je conserve la dénomination d'usage), on lit sur le mur de l'abside du chevet l'inscription :
M.RE. P. PHILIPPE
La mention Mre, abréviation de Messire, désigne en règle le recteur. Mais la liste des noms des recteurs de Ploaré ne comprend aucun Philippe. Le patronyme PHILIPPE est attesté à Ploaré. "Messire" peut aussi précéder le nom d'un prêtre, d'un curé.
Ce nom se retrouve sur le fronton du porche ouest, avec la mention M.G. PHILIPPE DE KERDALEC, P.[rêtre]. L'inscription ne peut être datée (en 1725-1726) que si on déchiffre le nom du recteur comme étant celui de Charles-Pierre Huchet.
Geneanet signale la famille PHILIPPE de Keralec.
Puis viennent dans deux cartouches séparés les noms des fabriciens, suivi de la mention "F.", "fabricien (ou fabrique)", qui, comme les gendarmes, vont toujours par deux.
R : CORNIC : F .
A : PERENNOV : F
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Un hasard d'archives ou de recherche généalogique pourrait permettre par recoupement d'identifier ces individus et éventuellement de mieux dater le monument.
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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
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Le chanoine Abgrall a soigneusement relevé les inscriptions de l'ensemble de l'église, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.
A l'intérieur, le chœur est daté par inscription de 1668 du coté nord (avec le nom du recteur de Ploaré, Guillaume Paillart (de 1676 à 1706) et de ses prêtres et curés), et de 1702 du coté sud, où se situe la sirène, avec le nom du curé, [Noël?]Le Billon. Cette famille Le Billon est bien établie à Kerstrat.
-Dans le sanctuaire, du côté de l'Evangile :
RE : M : GVILLAVME : PAILLART : DOCTEVR : EN : SORBONNE : ET : RECT. — ME : P : M : PAILLART : R - P : M : Y : LOVBOVTIN : C — 1668 : M : A : MESCVZ0
-Au côté de l'Epître :
Mre NO: LE : BILLON: DE : KERSTRAT: PRE: CVRE: 1702
Sur le bas-côté Midi, plus haut que le porche, s'ouvre une chapelle dans laquelle est un autel en granit largement sculpté, agrémenté d'anges cariatides, de moulures, fleurons et d'un médaillon central encadrant un buste de la Sainte Vierge. Le soubassement porte cette inscription :
M : N : LE : BILLON : P : CVRE : MIC : LE : BILLON : F
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Au total, la date de 1702 me paraît la plus judicieuse à choisir pour dater par approximation cette sirène.
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LES AUTRES FIGURES (MASQUES ET GARGOUILLES) ORNANT LE PIGNON EST ET LA FAÇADE SUD.
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Cette femme-serpent ne doit pas être décrite seule, isolée de son contexte, mais accompagnée des autres éléments sculptés figuratifs.
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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
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Les gargouilles : deux lions.
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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
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Le masque sur un voile du chevet.
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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
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Les masques de la façade sud.
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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
Ancienne trève de Ploaré érigée en paroisse le 16 août 1844. EGLISE NOTRE-DAME (C.)
Dédiée aussi à saint Maudez. Elle comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un chevet à trois pans. Accolée au porche, au sud, chapelle en aile. L'édifice a été profondément remanié au XVIIè siècle et au XVIIIè siècle ; les parties les plus anciennes, l'angle sud-ouest et le porche, remontent à la fin du XVè siècle ou au début du XVIè siècle.
— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et Chanoine Peyron , 1914, Le Juch, "Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie", 1914, pages 151, 178, 217 et suivantes
"Léglise est bâtie sur le versant Ouest d'une colline qui est très escarpée du côté Est, et sur-laquelle on reconnaît les substructions du vieux château qui fut la résidence des barons du Juch.
Les parties les plus anciennes de cette église, l'angle Sud-Ouest et le porche, portent les caractères du commencement du xvie siècle, déclin de la période ogivale. Le porche est surmonté d'une chambre qui est de construction plus récente. Sur le reste de l'édifice sont réparties des dates diverses qui indiquent des remaniements et des agrandissements.. Le caractère général de l'édifice est le même que celui de l'église de Ploaré. L'abside est également dessinée en pans coupés, rehaussés de contreforts surmontés de clochetons et de lanternons, et ces petits couronnements, en se combinant et se mariant avec le clocher, donnent une très heureuse silhouette. A l'extérieur, sur le mur Sud de l'abside, on lit cette inscription : Mre PHILIPPE . R . CORNIC , F . A : PERENNOV : F
-Sur le côté Nord est une autre inscription plus longue, mais qui ne pourrait se lire qu'en montant à une échelle. Le clocher a été ajouté après coup, en 1700, et cela de fond en comble, en faisant une tranchée dans la façade Ouest.
La porte principale est accostée de deux colonnes à grandes volutes ioniques, portant un fronton courbe dont le tympan contient cette inscription :
Mre : P : CHARLES M :Mme : MAREC
I...OI : ET : LICENC DE : KISORE : P : C
IE : EN : LVNIVERSITE M : C : PHILIPPE DE : PARIS : ET : REC DE : KERDAEC : P
-Sur le pilastre ou contrefort Sud du clocher :
RENE : RENEVOT : P : 1700
-Et sur la porte en bois : 1720 : H : H : LE : BILLON : DE : KERSTRAT : FAB
-Le clocher, accompagné de deux tourelles octogonales, terminées en dômes, a sa base surmontée d'une chambre des cloches à deux baies, entourée d'une balustrade à forte saillie. Plus haut, une seconde balustrade encadre la naissance de la flèche. A l'intérieur, composé d'une nef principale et de deux bas-côtés, des piliers octogonaux très élevés, soutiennent des arcades à moulures prismatiques.
Sur le mur du bas-côté Nord on trouve :
i : BRVT : FA : 1600
et ailleurs :
G : IONCOVR : FA : DE : KERVELLOV : 1696
-Dans le sanctuaire, du côté de l'Evangile :
RE : M : GVILLAVME : PAILLART : DOCTEVR : EN : SORBONNE : ET : RECT. — ME : P : M : PAILLART : R - P : M : Y : LOVBOVTIN : C — 1668 : M : A : MESCVZ0
-Au côté de l'Epître :
Mre NO: LE : BILLON: DE : KERSTRAT: PRE: CVRE: 1702
Sur le bas-côté Midi, plus haut que le porche, s'ouvre une chapelle dans laquelle est un autel en granit largement sculpté, agrémenté d'anges cariatides, de moulures, fleurons et d'un médaillon central encadrant un buste de la Sainte Vierge. Le soubassement porte cette inscription :
M : N : LE : BILLON : P : CVRE : MIC : LE : BILLON : F
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Voici quel était l'état des armoiries dans cette église, en 1678 : « Dans l'église tréviale du Juch, ès principale vitre, il y a en éminence et en supériorité, les armes de France et de Bretagne, et plus bas, joignant les dites armes, un écusson au franc canton d'azur et un lion rampant dargent armé et lampassé de gueules, qui sont les armes de la seigneurie du Juch, quoique la dite fenêtre soit à présent au seigneur marquis de Molac « Le reste des vitres de la dite église sont armoyées des armes du dit Juch et de ses alliances sans qu'il y ait autres écussons ny armoiries, ès dites vitres. « Du côté de l'EpUre, joignant le petit balustre, est le banc et accoudoir du dit Le Juch armoyé de ses armes. « Au-dessus de la porte faisant l'entrée du chantouer et supportant le dôme, il y a un écusson du dit Juch en bosse. « Au haut du dit dôme et au niveau de la poutre, il y a un écusson des armes de Rosmadec. « ll y a aussi au-dessus de la fenêtre de la chambre de l'église, au second pignon du midy, un écusson des armes du Juch en bosse."
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
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Le pignon du porche sud, en grand appareillage, s'appuie sur un contrefort oblique à gauche tandis qu'il se poursuit sans rupture à droite par la lucarne de la deuxième chapelle. Ses angles supérieurs sont dotées de deux crossettes non figurés. Le gable (refait ?) est droit, sans crochet, avec une croix au sommet.
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Le porche proprement dit est ogival à cinq ou six rangs de colonnes à chapiteaux sur les piédroits, les colonnettes internes se poursuivant par des moulures tandis que la colonne externe se poursuit , au dessus, d'une part par l'accolade à deux crochets d'acanthe et un fleuron, et d'autre part par deux pinacles prismatiques.
Un faux gable, part des pinacles mais est tronqué et s'interrompt pour encadrer d'une part le cadran solaire de 1652 et d'autre part une pierre rectangulaire, qui portait peut-être jadis une inscription (??).
Une particularité stylistique de l'atelier suscité par Quimper et Pont-Croix est la façon dont l'accolade se poursuit extérieurement comme un faux gable, en croisant les pinacles, avant de s'appuyer sur deux lions, dont la tête a été brisée. J'ai rencontré cette particularité en Cap Sizun (Primelin, Plogoff, Esquibien) mais dans ces cas, c'est le gable supérieur qui vient croiser le pinacle, et il s'achève par deux anges tenant des phylactères.
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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
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À l'intérieur du porche, la voûte est structurée par huit nervures dont la clef porte le blason en bannière (en forme de rectangle et non d'écu) sculpté du lion des seigneurs du Juch dont les armoiries sont d'azur au lion d'argent armé et lampassé de gueules . La voûte était certainement jadis peinte, tout comme ce blason.
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La porte est en anse de panier, avec trois colonnettes et chapiteaux, puis moulures, arc en accolade portant crochets et fleuron, et enfin pinacles à décor gothique de gables aigus et bourgeons. Du classique.
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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
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La tête de jeune homme au centre de l'accolade.
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L'aisselle de l'accolade renferme une tête qui nous est familière, puisque nous la trouvons aussi, entre autre, au même emplacement du porche de Guengat, et reprise dans les sablières sud de Guengat, encadrée par deux dragons. Je vous renvoie aux bons auteurs :
Il est certes remarquable par son bonnet crânement posé de travers, et par les masses en chou-fleur de sa chevelure, mais on ne sera pas insensible au charme de son sourire.
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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
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Le dragon à gauche de l'entrée.
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En général, le visiteur, s'il n'a pas déjà pénétré dans le sanctuaire, va remarquer le dragon qui orne le côté gauche de la porte.
Remarquera-t-il son aile nervurée ? Ses oreilles ? Sa queue hérissée d'épines en éventail ? La façon dont il lèche une tête ou un autre élément difficile à identifier ?
Il fait avoir vu beaucoup de dragons sur les crossettes et surtout sur les sablières pour savoir combien il est fréquent que les dragons, tous porteurs d'ailes de chiroptères, aient l'extrémité de la queue dotée d'une tête.
Mais en réalité la queue se prolonge en épingle à cheveux, et il peut s'agir aussi du motif du monstre tenant dans sa gueule la tête d'un pauvre humain, en mise en garde des fidèles. Dans mon expérience, ce sont plutôt des lions qui ont, sur les crossettes, ce rôle.
Ou encore une autre partie anatomique du dit dragon.
Il faut savoir éclairer la sculpture, confronter les points de vue, modifier plusieurs fois l'éclairage, changer les angles de prises de vue, puis prendre le risque d'un schéma faisant la synthèse de ses découvertes.
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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
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L'acrobate inconvenant et sa femme à droite de la porte d'entrée.
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Le groupe sculpté sur le côté droit ne livre pas non plus tous ses secrets et c'est très bien comme cela, car la plupart des visiteurs pensent sans doute à deux anges soucieux de l'édification de leurs âmes.
Celui qui prolonge son examen reconnaît ici la figure de l'acrobate contorsionniste, qui empoigne ses chevilles et place ses pieds derrière sa tête.
Un éclairage orienté, (d'aucuns diraient : mal orienté) montre entre les jambes un trou incontestable : ce saltimbanque est nu. On peut être contorsionniste et montrer ses fesses, et Bernard Rio, dans son ouvrage très spécialisé Le Cul bénit, en propose deux ou trois exemples qui complètent ma propre liste.
Mais si le sujet est habituel, il occupe le plus souvent les emplacements marginaux ou de transition que sont les sablières et abouts de poinçons des charpentes, ou les crossettes de pierre, toujours assez loin des regards. Ou bien les miséricordes des stalles, que personne ne vous demande de soulever.
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Ici, il siège sous un porche, seuil du sanctuaire, lieu de prédilection des statues des apôtres, du Christ et de la Vierge ; qui plus est, du côté droit.
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Mais le plus surprenant est ceci : depuis que je rencontre ce turlupin, il s'est toujours affiché comme un célibataire, un noceur, un esprit libre dégagé des liens pourtant sacrés du mariage.
Mais non, voici qu'il me présente sa femme, ou bien est-ce peut-être elle qui chaperonne notre drôle et veille à sa conduite. Car elle n'a a priori rien d'une délurée, avec ses cheveux soigneusement couverts d'une coiffe, et son décolleté carré ne laissant rien deviner de ses charmes.
Mon œil ! Ces deux là font la paire, et elle lance des regards égrillards à son boute-en-train.
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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .
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Je vous offre le cadran solaire de 1652 en prime, puisqu'il domine le porche.
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C'est un cadran en ardoise, au style métallique en chevron , où on lit l'inscription :
M. H. GVEGVENOV. RECTEVR.
1652
F. P. M. IEAN. KSALE. P. CVRE. M. P. F.
(le relevé de Couffon est partiellement à corriger)
Soit : Messire E. Gueguenou, recteur, 1652, Jean Kersalé, prêtre curé. Je n'ai pas élucidé les abréviations (F.P.M. = fait par Messire ?? ).
Henri Guéguénou ou Guéguénnou figure parmi la liste des recteurs de Ploaré pour la période de 1640 à 1656.
Un blason aux armoiries partiellement martelées y figure, couronné et entouré du collier de Saint-Michel. Ce serait l'écusson des seigneurs de Rosmadec, palé d'argent et d'azur . En effet, en 1638, Le Juch est porté au rang de baronnie et devient la possession de la famille de Rosmadec.
On voit aussi le monogramme christique IHS et le monogramme marial MÃR, chacun placé au dessus d'un petit cœur.
"Les parties les plus anciennes de cette église, l'angle Sud-Ouest et le porche, portent les caractères du commencement du xvie siècle, déclin de la période ogivale. Le porche est surmonté d'une chambre qui est de construction plus récente. Sur le reste de l'édifice sont réparties des dates diverses qui indiquent des remaniements et des agrandissements."
Les seigneurs du Juch.
"M, de Courcy nous dit que les seigneurs du Juch, barons du dit lieu, étaient sieurs de Toulancoat et de Porzmarch, en Ploaré, de Pratanroux, à Penhars, du Mur, en SaintEvarzec, et de Troheir, en Kerfeunteun. Nous parlerons des devoirs auxquels ils étaient sujets en cette dernière qualité, vis-à-vis des Evêques de Cornouailles, lorsque nous donnerons la notice de Kerfeunteun. Ils avaient pour armes : d'azur au lion d'argent armé et lampassé de gueules ; devise : Bien sûr et La non pareille. Le sire du Juch figure à l'ost du duc à Ploërmel en 1294. M. de Courcy dit que la branche aînée a été fondue en 1501 dans du Chastel, et cette baronnie a appartenu depuis aux Gouyon de la Moussaye, Montboucher et Franquetot de Coigny. D'après le procès-verbal de prééminences cité plus haut, au xvii" siècle, la terre du Juch était possédée par le marquis de Molac et les Rosmadec Les seigneurs du Juch furent donc les fondateurs et bienfaiteurs de cette église, mais ils étaient aussi fort attachés aux Pères Cordeliers de Quimper et ils possédaient dans leur église une chapelle dite du Juch, puis du Chastel, dans laquelle ils demandaient le plus souvent à être inhumés. Le nécrologe du couvent publié par M. Trevedy (Soc. Archéol., 1888) nous apprend que les restes d'Hervé du Juch, illustre chevalier, mort en Espagne, furent transportés aux Cordeliers de Quimper en 1369. En 1429, Henri du Juch (bénéficus specialis ordinis) y fut également inhumé. De même, en 1462, le chevalier Hervé du Juch, et en 1468 Jean du Juchi écuyer, père de Henri du Juch qui, suivant le nécrologe «supra id quod dici potest — 483 — dilexit fratrum ordinem » ; ce dernier mourut en son château du Mur, à Saint-Evarzec Les derniers seigneurs de ce nom inhumés aux Cordeliers furent, en 1501, Hervé du Juch, seigneur de Pratanroux, capitaine de la ville de Quimper, qui mourut regretté de tous : « Sepultus cum planctu omnium », et en 1534, Raoul du Juch, qui demanda à être enseveli avec l'habit des Frères mineurs. On peut croire que les paroissiens du Juch n'eurent pas à se plaindre de seigneurs qui montraient de si beaux sentiments de piété"
Ancienne trève de Ploaré érigée en paroisse le 16 août 1844. EGLISE NOTRE-DAME (C.)
Dédiée aussi à saint Maudez. Elle comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un chevet à trois pans. Accolée au porche, au sud, chapelle en aile. L'édifice a été profondément remanié au XVIIè siècle et au XVIIIè siècle ; les parties les plus anciennes, l'angle sud-ouest et le porche, remontent à la fin du XVè siècle ou au début du XVIè siècle. Le porche, voûté sur croisée d'ogives avec le lion du Juch à la clef, est surmonté d'une chambre d'archives plus récente ; sa façade porte un cadran solaire et l'inscription : "M. E. GVEGVENOV. RECTEVR. 1652 / F. P. M. IEAN. KSALE. CVRE. M. P. F.".
L'église Notre-Dame du Juch (xvie - xviie siècle). cette église a été, en grande partie, reconstruite aux xviie et xviiie siècles.
La maîtresse-vitre date du xvie siècle, les autres vitraux sont du xixe siècle. De l'édifice précédent, il reste le porche sud en arc brisé qui remonte à la fin du xvie siècle. Les seigneurs du Juch furent les fondateurs et bienfaiteurs de cette église64. L'édifice est classé monument historique depuis 1916.
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J'ai été surpris lors de ma visite de l'église de Runan, de découvrir sur les piliers du bas-côté sud des frises de sculpture qui me rappelaient ceux des porches du XVe siècle de Basse-Bretagne, et notamment la façon dont les rinceaux de vigne ou autres feuillages naissent de la gueule de bêtes et petits personnages de l'extrémité inférieure.
J'ai ensuite découvert, sur le chapiteau d'un pilier, des animaux ( a priori des hermines) passant à travers les spires d'une banderole, comme autour des armoiries ducales du pignon de cette "chapelle de la Commanderie", selon un motif bien connu de l'emblématique de Jean V associé à la devise A MA VIE qu'on lit sur la maîtresse-vitre.
Enfin, deux anges présentant des armoiries montraient que nous nous trouvions face à un ensemble prestigieux.
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Ma curiosité ainsi piquée trouva vite à se satisfaire dans les descriptions de référence de l'église, puisque successivement Louis Monnier, René Couffon, Jean-Jacques Rioult, Steven Lemaître ou Jean-Paul Rolland ont souligné l'intérêt de ces piliers.
C'est René Couffon qui identifia sur le bas-côté sud, après la chapelle des Fonts, et après la deuxième travée correspondant à l'entrée par le porche sud, une "chapelle de la Commanderie" correspondant aux 3ème et 4ème travées : on considère qu'elle fut construite sur la décision du commandeur hospitalier Pierre de Keramborgne un peu avant 1439 pour la Commanderie de Saint-Jean de Jérusalem.
Selon S. Lemaître, les deux rangées d'arcades en équerre, à multiples voussures supportées en alternance par des piliers à faisceau de colonnettes et de piliers losangés forment un espace réservé aux dignitaires de haut rang proche de Jean V, tels que Henri du Parc, Pierre de Keramborgne, ou Jean du Perrier, ou Rolland de Kernechriou.
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"Les exceptionnelles piles à rinceaux de la chapelle de la commanderie n´ont pas d'équivalent connu en Bretagne : ce décor habituellement réservé aux ébrasements des portails matérialise à l'intérieur de l'église un espace alors fermé par une clôture probablement en bois, qui pouvait à l'occasion accueillir la famille ducale." (Jean-Jacques Rioult)
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L'intérêt de cette chapelle n'a pas échappé aux éditeurs de cartes postales, dans des clichés où l'absence des bancs est appréciable.
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Vue générale de la chapelle de la Commanderie.
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"Les exceptionnelles piles à rinceaux. Leurs tailloirs à mouluration complexe, leurs chapiteaux renflés formant comme un bourrelet ont un accent anglais très marqué. Les colonnettes d'angle y présentent sur leur face antérieure un réglet, caractéristique des années 1430-1450, que l'on retrouve à la même date par exemple dans la chapelle de Tronoën à Saint-Jean-Trolimon." (Jean-Jacques Rioult 1986)
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Au premier plan à gauche, sous la statue de saint Yves, le pilier le plus considérable et le plus noble, avec sa table d'offrande, ses anges porteurs d'écu, et sa frise aux [hermines] passantes. Ce sera mon pilier P1.
À sa droite, le pilier en losange que je vais baptiser P2.
Et entre eux, à l'arrière, mon futur pilier P3. J'ai hâte de les découvrir!
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Plan de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Annotation sur R. Couffon.
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. Le pilier P1 de l'angle nord-ouest de la chapelle de la Commanderie.
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Comme le montre le relevé de Lemaître, sa forme est complexe et hétérogène et associe un rectangle (orné des anges portant écus), un demi-cercle polylobé (qui répond au pilier de l'angle sud-ouest), et enfin vers l'est la moitié d'un losange, reprenant le décor des piliers P2 et P3.
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La face ouest du "rectangle" est ornée, au dessus d'une table d'offrandes, du premier des anges.
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L'ange et l'écu muet du côté ouest.
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Un écu, hélas muet (peut-être peint, car on ne constate pas de trace de martellement) s'insère dans la frise de sarment du chapiteau.
L'astragale (cette moulure séparant le chapiteau et la colonne), est en tore.
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La structure à quatre colonnes engagées, les deux extérieures plus conséquentes que les colonnettes internes, va se retrouver sur les piliers losangés, et elle encadrera un décor de rinceaux. Mais ici, la tige qui monte et fournit une feuille charnue s'interrompt au profit d'un ange qui est représenté en plein vol de descente, ailes dressées et longue tunique saisie par l'élan. Il nous présente un panneau carré, qui ne ressemble pas exactement à un livre, et qui pouvait porter un motif armorié.
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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
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L'ange et l'écu du côté nord.
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Le thème est le même, mais l'ange est ici agenouillé en position de chevalier servant ; son front est ceint d'un bandeau et ses cheveux volumineux sont peignés. Ce qu'il présente ici est rectangulaire et non plus carré, et il le tient contre sa poitrine comme un servant porte un livre saint.
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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
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En continuant à tourner autour du pilier, en sens horaire, nous trouvons, après un raccord en appareillage un peu périlleux, le premier exemple de ces rinceaux encadrés par deux colonnettes. Les feuilles sont larges, et leurs digitations sinueuses naissent d'une partie renflée en coquille.
À la base, l'animal est dressé sur deux pattes, mais il est peu distinct.
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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
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La face suivante, qui ferme le demi-losange, est identique, aux monstres près.
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Vers le sud, la structure à colonnettes successives est surmontée en guise de chapiteau d'une frise où des animaux passent à travers les spires d'une banderole.
Cela évoque immédiatement, le motif emblématique du duc de Bretagne Jean V, qu'il a fait placer, sur le pignon extérieur de cette chapelle, autour de ses armoiries. Et qui se retrouve aussi sur la maîtresse-vitre, avec sa devise A MA VIE.
On le retrouve aussi sur les autres monuments dépendants du mécénat ducal, au Folgoët, à Quimper et à Quimperlé.
Mais ici, il est difficile d'affirmer que les animaux sont des hermines. Il est difficile aussi de l'infirmer. Certains ont vu des chiens se disputant un os, mais sans me convaincre.
J'ai multiplier en vain les clichés pour trouver l'éclairage déterminant.
Mais la forme générale de l'emblème, et sa situation à l'angle d'une chapelle noble, sur un pilier doté d'armoiries, et dans une église où l'emblème ducal est présent deux autres fois, me semblent des arguments convaincants pour prétendre voir ici aussi des hermines. Elles s'opposent gueule à gueule.
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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
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. Le pilier losangé P2 à l'ouest de la chapelle de la Commanderie.
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Il ne s'agit pas stricto sensu d'une pile losangique, mais carrée, et placée obliquement.
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Le rinceau d'une des face est ornée d'un lapin tête en bas. Il naît, en bas, d'un chien, ou lion, vu de dos.
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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
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Le rinceau de la face adjacente débute, en bas, par un serpent (ou bourgeon) et culmine dans la gueule d'un chien.
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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
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Sur la face suivante, le rinceau est tenu en haut et en bas par des lionceaux. Si on veut.
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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
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. Le pilier P3 en losange du flanc nord de la chapelle de la Commanderie.
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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.
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SOURCES ET LIENS.
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—BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371
— COUFFON (René), 1950, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc », 1950, p. 150-164.
— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 », 2017, p. 313-326.
"Au sud de la nef dans la première travée, la chapelle des fonts est délimitée en équerre par des piles à faisceau de cinq colonnettes supportant des arcs en tiers-point à quatre rouleaux. Ils marquent le chantier des années 1437-1438 qui s'étend à presque toutes les arcades du bas-côté sud. Dans l'angle ouest de la chapelle des fonts et de la nef, la première assise du pilier, bien que grossièrement équarrie, annonce le départ de cinq colonnettes qui s'élancent vers de chapiteaux évasés décorés d'une vigne abondante. Ce motif est repris sur les chapiteaux de la pile à faisceau complexe qui distribue les arcades de la première et seconde travée de la nef et celle en équerre."
"La seconde travée correspondant à l'entrée méridionale de la nef dessert, à l'est, la chapelle seigneuriale des années 1437-1438 qui occupe les troisième et quatrième travées.
Les deux rangées d'arcades en équerre, à multiples voussures supportées en alternance par des piliers à faisceau de colonnettes et losangés, forment un espace réservé aux dignitaires de haut rang., ce que viennent confirmer les quatre écus frappant les voussoirs centraux des deux arcades qui séparent les deuxième et troisième travées.
"Les piles losangées constituent le principal attrait de la chapelle seigneuriale. Elles sont flanquées aux angles de trois colonnettes engagées à base moulurées et astragales en tore. Elles encadrent des rinceaux grimpants terminés par des monstres ou des animaux.
Les colonnettes engagées et les piles sont coiffés de chapiteaux ornés de sarments stylisés aux tailloirs chanfreinés."
—MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24, 1900, p. 132.
La chapelle de Trévarn à Saint-Urbain : encore quelques photos.
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PRÉSENTATION.
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En juillet 2021, j'avais consacré une série d'articles d'étude du patrimoine monumental de la chapelle de Trévarn.
À l'occasion de l'ouverture de cette chapelle pour un concert de l'ensemble baroque Viva Voce dirigé par Catherine Walmetz, j'ai complété mon album photo. Je les livre ici, pour une fois, sans aucun commentaire.