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29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 11:00

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Les gargouilles de la façade nord. Diverses sculptures.

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Voir sur Runan :

 

 

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I. LA CHAIRE EXTÉRIEURE ET LE CALVAIRE.

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Lorsqu'on arrive par la route devant l'enclos c'est la chaire-calvaire hexagonale du XVe siècle qui se présente à la vue devant la façade sud de l'église, à l'angle sud-ouest de l'ancien cimetière.

Il s'agit d'une chaire à prêcher extérieure, qui était utilisée par les prêtres lors des fêtes de Notre-Dame en raison de l’affluence des pèlerins, et  dont l'ouverture jadis fermée par une porte se fait sur un pan, du côté nord. Cette ouverture en anse de panier est encadrée de chaque côté par des colonnettes, et l'écu de la famille de Kernechriou couronne l'arcade. Le prédicateur se trouvait dans la cuve hexagonale, derrière le parapet et sa corniche moulurée.

Un banc de pierre ceinture le monument.

Au centre de cette cuve s'élève la base, elle aussi hexagonale, du calvaire. Chacun de ses pans est couronné par une série de trois dais gothiques.

De la base jaillissent trois colonnes : sur les côtés, les croix latérales des deux larrons, et au centre, plus élevée, la croix du Christ. Au revers du crucifix est sculptée une Vierge de Pitié. 

Cette composition peut peut-être évoquer, à une bien moindre ampleur, le Puit de Moïse de Champmol, datant de 1405.

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A la fin du 19e siècle, les trois croix qui le surmontaient ont été déposées et remplacées par une croix en fonte qui s'est brisée au milieu du 20e siècle. Les trois croix ont été alors replacées. La chaire-calvaire est classée depuis le 4 décembre 1951.

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La famille de Kernechriou.

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Les armoiries écartelées d'argent et de sable de la  famille de Kernechriou sont présentes également sur la maîtresse-vitre de 1423, et sur la façade sud de 1437-1438. Le Barzic donne la graphie Crec'hriou (de creac'h "colline" et riou "roi"). 

Alain (v. 1380-après 1426 à Runan) est le père de Jean de Kernechriou seigneur de Lestrezec, né à Runan vers 1418 et décédé en 1496. Celui-ci [ou bien Raoul?] épousa Catherine de Botloy, d'où Rolland (ou Charles), sieur de Lestrezec et Raoul, seigneur de Kermarquer et de Kernechriou, décédé en 1524. 

https://gw.geneanet.org/fviette?lang=fr&pz=enzo+francois&nz=viette&p=alain&n=de+kernechriou

https://gw.geneanet.org/quellec?lang=en&pz=phideline+augustine&nz=caron&p=raoul&n=de+kernechriou&oc=2

Un mandement de 1439 reproche à Rollant de Kernechriou, aîné de la famille, d'avoir placé ses armes sur la façade sud à la place de celles de Keramborgne. L'acte mentionne son frère Philippe, ou leur oncle Alain.

Ce Rollant pourrait-être le fils d'Olivier, qui fit une fondation pour deux messes en la cathédrale de Tréguier. Il y avait son gisant et sa tombe. (Infobretagne)

Les membres de cette famille étaient enterrés dans l'église, comme l'atteste l'acte de décès en 1584 de Guillaume de Kernechriou, seigneur de Keramapelou.

https://gw.geneanet.org/mariebedier?lang=fr&pz=leonel&nz=picard&p=guillaume&n=de+kernechriou&oc=1

 

 

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Cliché patrimoinedefrance recadré.

 

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Cliché GO69 Wikipédia, recadré pour détail de la cuve, de sa porte et du blason.

 

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Cliché Norbert Lambart Copyright Inventaire général

 

 

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Les chaires extérieures de Bretagne ont été répertoriées par divers auteurs. La plus proche est celle de Pleubian. On a pu  mettre leur fréquence en rapport avec l'importance donnée à la prédication des foules par Vincent Ferrier, fort soutenu par le duc Jean V. Si on considère que Vincent Ferrier est mort à Vannes en 1419, et que l'édification de la chaire est contemporaine des travaux de l'église vers 1420 puis vers 1437, cette remarque n'est pas dénuée d'intérêt.

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Vues générales.

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La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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II. LES 4 GARGOUILLES DE LA FAÇADE NORD DE L'ÉGLISE.

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 Je ne trouve pas d'informations sur leur datation. Ne sont-elles pas l'œuvre des restaurateurs de la fin du XIXe siècle ?

Ce ne sont pas stricto sensu des crossettes, mais faut-il parler ici de gargouilles, puisque des figures ont la bouche ouverte,  alors que leur raccordement à l'évacuation des eaux pluviales n'est pas visible ? Et, si elles datent du XIXe siècle, ne pourrait-on en trouver les modèles ? En effet, elles sont parfaitement représentatives 

Voir l'article de Viollet-le-Duc :

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Gargouille

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1. Le buveur.

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Il est moustachu, coiffé d'un chapeau rond, et sa trogne est mémorable avec son menton en galoche. Il tient un verre à la main gauche et une bouteille à la main droite, et, la bouche ouverte, il semble vouloir nous offrir à boire.

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Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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2. L'aigle.

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Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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2. Le lion.

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Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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4. le griffon s'appuyant sur un bâton.

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Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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Consoles du porche ouest.

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Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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Les fonts baptismaux.

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Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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Le bénitier de 1769.

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Ce bénitier en granite du fond de la nef, au sud, devant la chapelle des fonts baptismaux est presque circulaire. Sur la cuve se lit une inscription en deux lignes :

https://commons.m.wikimedia.org/wiki/File:Runan._B%C3%A9nitier_du_XVIIIe_si%C3%A8cle_de_l%27%C3%A9glise_Notre-Dame.JPG

[PRESE]NT : FT : PR : YVES DERRIENNIC

1769.

 

Transcription : "présent fait par Yves Derriennic"

Michel Lascaux y voit un fabricien, ce qui est vraisemblable.

Le patronyme DERRIENNIC (diminutif de "Derrien") est encore bien attesté à Runan aujourd'hui. La base Geneanet en retrouve la présence à Runan dès 1653, et signale au moins deux individus portant ce nom à Runan  au milieu du  XVIIIe siècle :

Yves Derriennic 1691-1773

https://gw.geneanet.org/bretagne7?n=derriennic&oc=&p=yves

Yves Derriennic 1701-1772

https://gw.geneanet.org/toullelan?n=derriennic&oc=2&p=yves

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Un document cité par l'abbé Louis Monnier indique que deux membres de cette famille furent fabriciens de Runan au XVIIIe siècle : Jean Derriennic Le Vieil en 1702 et Marc en 1720.

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« Nous, frère Victor Tambonneau, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de La Feuillée, Palacret, Pont-Melvez, et autres membres en dépendants, en conséquence, de notre ordonnance du huit juin dernier, rendu en notre cours de visite faite en l'église treffiale de Runan, ledit jour procédant à l'apurement des anciens reliquats de comptes, tant de la fabrice de ladite église, que des confréries y établies, après avoir vu les comptes de laditte fabrice, sçavoir : celui fourny en 1699 par Charles Ernault et Jean-Olivier-Henry, en 1702 par Jean Derriennic le Vieil et Bertrand Le Pennec. En 1703 par Jean Le Layec et Laurens Le Bouil, en 1704 par Yves Nicolas et Pierre Durand, et ainsy jusqu'à la présente année. Vu aussy les comptes-rendus pour la confrérie du Rosaire : en 1720 par Marc Derriennic

 

 

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Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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La crédence et son masque.

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Crédence  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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Les consoles de l'intérieur.

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Console de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Console de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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La statue de saint Loup.

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Crédence et statue de saint Loup  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence et statue de saint Loup de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence et statue de saint Loup  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence et statue de saint Loup de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.


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SOURCES ET LIENS.

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BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n225/mode/2up

— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , "Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté,", in Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

— COUFFON (René), 1950, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f164.item.r=runan

— DE COURCY (Pol Potier), 1864  De Rennes à Brest et à Saint-Malo 

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

— JOLLIVET (Benjamin-Philibert), 1855, Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes 

http://patrimoine-de-france.com/cotes-d-armor/runan/eglise-notre-dame-et-cimetiere-1.php

"Dans le cimetière, assez mal entretenu, de Runan, le touriste visite avec admiration deux créations artistiques paraissant, l'une et l'autre, appartenir au quinzième siècle. C'est d'abord, au milieu d'une enceinte en maçonnerie formant balustrade, un superbe Calvaire dont la base a 6 pans et supporte trois croix d'inégales grandeurs. Ce monument, de même que l'église, était chargé d'armoiries et de riches sculptures ; mais le marteau des mauvais jours de notre révolution de 1789 a laissé là des témoignages nombreux de la fièvre de destruction qui fut un des traits caractéristiques de cette terrible époque."

 

— LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf

 

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, "Enclos paroissial Runan, dossier IA22132967, Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/enclos-paroissial-runan/8e381268-0d09-4c2a-8e18-46c7d47c9bb7

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 132.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f389.item.r=runan

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

— PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

—Pop.culture

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089576

 

— RIOULT (Jean-Jacques), 1986, Dossier IA00004056 inclus dans Enclos paroissial (Runan) réalisé en 1986 Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-runan-ploezal/48881e13-452f-46e9-be4b-2afa9c261543

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

— WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Calvaires Chapelles bretonnes Crossettes
26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 21:07

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre.

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— Sur La Martyre, voir sur ce blog :


 

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PRÉSENTATION.

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L'enfeu le mieux conservé du bas-côté nord de l'église de La Martyre, ancienne trève de Ploudiry, a été parfaitement décrit, et les armoiries de ses trois écus ont été  attribués à la famille de Botlavan en alliance avec Kergrist :

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"On voit dans l’église trois enfeus, l’un contre le mur du Midi, les deux autres contre le mur du Nord. Leurs arcades ont la même forme : elles sont en anse de panier. Le premier de ces tombeaux arqués est dépourvu d’ornementation ; les autres sont bien dotés de détails architectoniques de l’époque (XVIème siècle) et leur arc surbaissé est surmonté d’un arc en accolade. Les blasons qui indiquaient leurs propriétaires ont été martelés, excepté ceux qui encadrent l’enfeu situé au haut du collatéral Nord. L’écusson placé au sommet de cet enfeu porte les armes de Botlavan : d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur. Sur ces écussons latéraux sont les armes mi-parti de Botlavan, et d’or à quatre tourteaux de sable, 3 et 1, au croissant de même en abyme, qui est de Kergrist." (Abbé Kerouanton, BDHA 1931)

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Les blasons ont été relevés par Fons de Kort :

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Relevé des armoiries par Fons de Kort.

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Son décor Renaissance incite à l'attribuer à un atelier actif dans la vallée de L'Elorn, établi à Landerneau et très habile à sculpter la pierre de kersanton. René Couffon le nomme atelier de Kerjean, mais l'atelier de Bastien et Henry Prigent (actif de 1527 à 1577) a produit de nombreuses œuvres (porches, bénitiers, calvaires) introduisant les rubans en volutes accolés par un lien torsadé que nous retrouvons ici sous l'influence de l'art de la Seconde Renaissance. Notamment à Pencran en 1553. Les Prigent ont réalisé pour Ploudiry une statue de saint Sébastien en kersanton.

Je l'attribue donc aux Prigent, mais je laisse le point d'interrogation de mon titre puisque cet enfeu ne figure pas dans le catalogue raisonné de cet atelier dressé par Emmanuelle Le Seac'h.

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"La décoration des enfeux de la longère nord de La Martyre est extrêmement curieuse. L'enfeu, surmonté d'un galon plat orné de crossettes déjà évolué, est orné d'autre part aux extrémités de l'accolade de deux angelots gothiques tenant des écus mi-parti  au 1 de Botlavan et au 2 de Kergrist, et au sommet d'un écu portant de Botlavan plein.

Un autre enfeu, décoré d'une accolade encore toute gothique, a ses pinacles terminées par des boules godronnées et ses crochets terminés par deux spirales." (René Couffon 1948)

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C'est dire que cet enfeu remarquable peut être étudié sous deux biais : celui de l'héraldique, et celui de l'histoire de l'art ornemental Renaissance en Finistère.

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1. Héraldique.

 

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Le lieu-dit Botlavan (du breton Bod, "résidence, demeure" et Avan, ancien patronyme) se situe  à 1 km au sud-est de Ploudiry et à la même distance à l'est de La Martyre. Il conserve aujourd'hui un kanndi, petit bâtiment servant à blanchir le lin, qui témoigne de l'importance de la production et du commerce de la toile. Et une croix en kersanton du XIXe siècle.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/kanndi-de-botlavan-ploudiry/ddd428af-68f0-4a45-ab74-190b0ed97748

Un manoir s'y trouvait, propriété des seigneurs du lieu.

De la famille de Botlavan, on relève

En 1443 : Héguiner de Botlavan, l'un des cinq nobles de Ploudiry cités à la réformation de 1443

En 1503 : Heguigynec Botlanan [ Héguiner de Botlavan] "en brigandures"  à la montre de l'évêché de Léon https://www.tudchentil.org/spip.php?article422#nh143

En 1534, François de Botlavan, présent parmi les nobles de Ploudiry à la montre de Saint-Pol-de-Léon,  "archer en brigandine".

En 1645, la propriété appartenait à Jean de Tanouarn, écuyer et de son épouse Catherine Gac.

Sur la carte de Cassini de la fin du XVIIe siècle, Botlavan est un hameau de 8 maisons.

 L'interrogation de la base Geneanet ne retrouve qu'une Sybille de Botlavan, dame de Kerouez en Plouzévédé, épouse de Jean Ier Le Boutouiller (1515-1558).

https://gw.geneanet.org/zim1?n=botlavan&oc=&p=sybille

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Je ne retrouve aucune trace de l'alliance Botlavan/Kergrist. Le château de Kergrist est situé sur la commune de Ploubezre, dans le département des Côtes-d'Armor. Pol Potier de Courcy signale sept générations sept générations, aux réformations et montres de 1426 à 1543. Au milieu du XVIe siècle, les généalogistes signalent François de Kergrist et son fils Alain.

https://gw.geneanet.org/hhontang?n=de+kergrist&oc=2&p=alain 

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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L'ANGE ET LE BLASON DU COTÉ GAUCHE.

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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L'ange présente les armes mi-parti en 1 d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur qui est  de Botlavan et en 2 d’or à quatre tourteaux de sable, 3 et 1, au croissant de même en abyme, qui est de Kergrist.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan et de Kergrist.

Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan et de Kergrist.

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L'ANGE ET LE BLASON DU COTÉ DROIT.

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Le blason est le même.

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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LE BLASON CENTRAL.

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Il porte les armes de Botlavan d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur.

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan.

Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan.

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2. LE DÉCOR RENAISSANCE.

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Il associe des masques de profil, casqués et feuillagés, des rubans formant accolade et dont les volutes sont liées par une torsade, un masque de face aux oreilles de faune au centre de rinceaux, diverses fleurs en rosace parfois géométriques, des crochets en feuilles se déroulant progressivement d'un bourgeon en boule, et des feuilles lancéolées.

Les anges sont remarquables par leur visage harmonieux et leur tunique au col roulé.

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

 

— COUFFON (René), 1848,  L'architecture classique au pays du Léon, page 31.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f463f1d171ef5.47213123/1948_02.pdf

La décoration des enfeux de la longère nord de La Martyre est extrêmement curieuse. L'enfeu, surmonté d'un galon plat orné de crossettes déjà évolué, est orné d'autre part aux extrémités de l'accolade de deux angelots gothiques tenant des écus mi-parti  au 1 de Botlavan et au 2 de Kergrist, et au sommet d'un écu portant de Botlavan plein.

Un autre enfeu, décoré d'une accolade encore toute gothique, a ses pinacles terminées par des boules godronnées et ses crochets terminés par deux spirales.

— FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, la foire.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_213/la__martyre__laglise-la__foire.pdf

— KEROUANTON (Abbé), 1931, in PERENNÈS, Bull. diocésain d'histoire et d'archéologie (BDHA) page 181.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/9789330ac3d730aa7c3378800b833b77.pdf

 

— LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques, Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

— Commission  1982, Ploudiry aux marches de l'Arrée. Son passé. Ses monuments.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_182/ploudiry__son__passa__ses__monuments.pdf

 

—POTIER DE COURCY (Pol), 1844, Notice sur La Martyre, Revue de l'Armorique et de l'Ouest, page 75.

https://www.google.fr/books/edition/Revue_de_l_Armorique_et_de_l_Ouest/k90WAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22la+martyre%22+botlavan%22&pg=PA75&printsec=frontcover

—POTIER DE COURCY (Pol),1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo, page 294

https://www.google.fr/books/edition/De_Rennes_%C3%A0_Brest_et_%C3%A0_Saint_Malo/3ueE6p-q1AYC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22la+martyre%22+botlavan%22&pg=PA294&printsec=frontcover

—POTIER DE COURCY (Pol), Nobiliaire et armorial de Bretagne

—Botlavan (de), sr dudit lieu, paroisse de Ploudiri, — de Keraziou, paroisse de Plabennec, — de Mesnescop, paroisse de Plouvorn.

Réf. et montres de 1426 à 1534, dites paroisse, évêché de Léon.

D’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois cœurs d’azur.

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—Botlavan (de), Sr dudit lieu, par. de Ploudiry.
D’argent à l’aigle impériale de sable et trois cœurs d’azur posés en bande.
Eguiner, entre les nobles de Ploudiry, Réf. 1443.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article628

 

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—Kergrist (de), sr dudit lieu, de Kervern et du Vieux-Chastel, paroisse de Ploubezre,  de Kerdual, paroisse de Ploumilliau,  de Kermoal, de Keravel et de Kerlescant, paroisse de Plouec,  de Kerthomas,  de Kerambellec, paroisse de Plouaret,  de Kergadiou, du Plessix et de Goazanarbant, paroisse de Plestin,  de Kerarapuil et de Treuscoat, paroisse de Pleyber-Christ,  de Ponthaer,  du Chemin-Neuf,  de Kerriou,  de Kervégaa,  de Treziguidy, paroisse de Pleyben.

Anc. ext., réf 1669, sept générations, réf. et montres de 1426 à 1543, paroisse de Ploubezre et Ploumilliau, évêché de Tréguier, et Pleyber-Christ, évêché de Léon. D’or a quatre tourteaux de sable, 3. 1, au croissant de même en abyme, comme Prigent. Devise : Sanctum nomen ejus.

Jean, juge des régaires de Léon en 1395 ; Alain, archer de la garde du duc en 1453 ; Jean, vivant en 1463, épouse Marie Salliou, de la maison de Lesmais ; Goulven, auditeur des comptes en 1558 ; deux sénéchaux de Morlaix au xvie siècle. La branche ainée fondue dans Kergariou, puis Barbier.

— RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149. 

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http://www.infobretagne.com/martyre-eglise.htm

 

On voit dans l’église trois enfeus, l’un contre le mur du Midi, les deux autres contre le mur du Nord. Leurs arcades ont la même forme : elles sont en anse de panier. Le premier de ces tombeaux arqués est dépourvu d’ornementation ; les autres sont bien dotés de détails architectoniques de l’époque (XVIème siècle) et leur arc surbaissé est surmonté d’un arc en accolade. Les blasons qui indiquaient leurs propriétaires ont été martelés, excepté ceux qui encadrent l’enfeu situé au haut du collatéral Nord. L’écusson placé au sommet de cet enfeu porte les armes de Botlavan : d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur. Sur ces écussons latéraux sont les armes mi-parti de Botlavan, et d’or à quatre tourteaux de sable, 3 et 1, au croissant de même en abyme, qui est de Kergrist.

 


 

 

Montre de l'Evêché de Léon en 1534 :

Ploudiry : "François Botlavan archer en brigandine"

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1911_0123_0155.html

https://ia902704.us.archive.org/26/items/dictionnairedesf03reneuoft/dictionnairedesf03reneuoft.pdf

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_famille_bzh_Kergrist.svg

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Kergrist

Le château de Kergrist est situé sur la commune de Ploubezre, dans le département des Côtes-d'Armor

Botlavan (de)
Sr dudit lieu, par. de Ploudiry.
D’argent à l’aigle impériale de sable et trois cœurs d’azur posés en bande.
Eguiner, entre les nobles de Ploudiry, Réf. 1443.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article628

http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/brezal-dh.htm

BOTLAVAN , en Ploudiry , Evêché de NAUD , & trisayeul de JOSEPH DE SÉGUIRANT , Léon : d'argent , à une aigle éployée supportant trois coeurs d'azur , posés ... ++++

 

—LA CHESNAYE DU BOIS,1864,

BOTLAVAN en Ploudiry Evesché de Leon , d'argent à une Aigle esployée de sable supportant trois cœurs d'azur posez en bande , sçavoir l'vn du bec , l'autre sur la poictrine & le troisiéme du pied senestre .

https://www.google.fr/books/edition/Dictionnaire_de_la_noblesse_contenant_le/8UcoAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=botlavan++ploudiry&pg=PA631&printsec=frontcover, 

 

 

 

Fondée entre les VIe et VIIe siècles, la paroisse primitive de Ploudiry comprend les trèves de La Martyre, La Roche-Maurice, Pencran et Saint-Julien-de-Landerneau. Ce vaste territoire, prieuré de Daoulas, relève alors du diocèse de Léon. Sur le plan civil, des manoirs sont érigés à Ti-Brid, Pors-Lazou, Kerangoarch et Botlavan. (Histoire de la commune de Ploudiry)

 

 

 

Imprimer son arbre

 

 

  • Sybille BOTLAVAN

  • Décédée après 1558

  • Dame de Kerouez

 Union(s) et enfant(s)

  • Mariée avec Jean 1er BOUTOUILLER /1515-/1558 dont

    • H Jean II BOUTOUILLER †/1584

    • F Marguerite BOUTOUILLER †1558/

    • F Marie BOUTOUILLER

Ancre

 Notes

Notes individuelles

Dame de KEROUEZ en Plouzévédé.

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Published by jean-yves cordier - dans Héraldique Sculpture Prigent Renaissance
17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 16:36

La sirène femme-serpent (granite, vers 1702 ?) de l'église du Juch, les gargouilles et les inscriptions lapidaires extérieures.

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Voir :

 

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PRÉSENTATION.

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Cet ornement  sculpté dans le granite n'est pas une gargouille, puisqu'elle ne se charge pas de l'écoulement des eaux pluviales. Elle occupe le sommet du rampant de la dernière lucarne, à sa jonction avec le chevet. Elle participe, par ses charmes, à la célébrité de l'église, et elle est décrite presque partout comme une sirène.

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1. Une sirène. Sophie Duhem, et tous les sites patrimoniaux sur le net.

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a) Sophie Duhem.

"L'infamie de la luxure a trouvé dans l'art breton un être à sa dimension —la femme— dont les nudités voluptueuses sont des gouffres de l'âme pour l'homme jouisseur taraudé par des pensées impures. Allégorie de la séduction, son corps paré aux ondulations dansantes a pris des aspects bien divers dans l'art. En Bretagne, par exemple, la sirène est l'emblème de sa vénusté et des sortilèges qui l'accompagnent."

Le Juch, église Notre-Dame, gargouilles, XVIe-XVIIe siècle. Le corps maudit, l'ensorcelante cambrure des sirènes.

La sirène sculptée parmi les gargouilles de l'église du Juch est d'une grande beauté : le visage a subi les injures du temps, cependant la finesse du portrait, le sourire timide, le traitement des cheveux délicatement posés sur les épaules donnent une idée de la qualité de la facture originelle. L'artiste voulait suggérer la beauté comme l'indique le buste incliné sur la corniche, la tête légèrement penchée de la femme séductrice, sans oublier la majestueuse poitrine qu'elle offre de ses deux mains en la projetant vers le monde des hommes. De toutes les ensorceleuses postées au sommet des églises dans l'attente de leur coupable forfait, c'est la plus convaincante. Son visage est si expressif qu'on l'entendrait presque chanter. » Sophie Duhem Avec 3 photos, p. 116 et 120.

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b) Le site eglise-lejuch.fr.

https://www.eglise-lejuch.fr/ses-richesses/architecture/.

Ce site est plus prudent, et, sous le titre "sirène", il décrit "une queue de reptile". Alors que Sophie Duhem reprend une interprétation moralisatrice par laquelle les sirènes et femmes sculptées sont des figures de la luxure et du péché incitant les fidèles à la conversion de leur conduite, ce site ouvre la porte à d'autres interprétations.

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"La sirène. Située au niveau de la toiture sur le flanc sud du sanctuaire, au pignon de la nef, la statue de sirène est une autre particularité de l’église. Sa chevelure est abondante et ondulée, ses seins généreux évoquent une mère allaitante. Le corps se prolonge ensuite en queue nouée, qui évoque une queue de reptile.

Cette statue a été soumise à nombre d’interprétations différentes.

    Dans ses mémoires, Hervé Friant, habitant du Juch au début XXe siècle, la nomme « Gwrac’hic ar Zal », la femme redoutable, la sorcière malfaisante. Cela renvoie à une vieille légende du Juch, celui d’une déesse mère, la Gwarc’h, ou « vielle femme ». Cette légende est antérieure au christianisme et pourtant présente sur la statue d’un édifice chrétien. 

Le serpent apparaît comme élément de la déesse, sirène aquatique ou créature reptilienne, gardienne des eaux souterraines. De par ses seins gonflés, elle symbolise la vie, comme déesse de la fécondité.

D’autres ont vu une référence à Eve et la Genèse : une figure féminine portant la marque du péché originel, et faisant référence au serpent de la tentation et de la chute.

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2. Une femme-serpent. Hiroko Amemiya.

 

Une observation plus attentive, et plus exigeante dans la nomenclature  de ces "ornements à type de femmes semi-humaine" est celle que l'on trouve dans l'ouvrage de Hiroko Amemiya, "Vierge ou Démone", largement cité dans ce blog.

L'universitaire de Rennes 2 qui a consacré sa thèse de 1996 aux figures maritimes de la déesse-mère remarque que nous ne voyons pas (encore faut-il regarder) une femme-poisson, mais une femme serpent.

"Femme-serpent : couchée sur le ventre, tête à gauche. Visage joufflu encadré d'une longue chevelure en torsade. Seins proéminents. Le bras droit accoudé, le gauche tendu vers l'arrière. La partie inférieure du corps a la forme d'une queue de serpent nouée, l'extrémité pointue dirigée vers le bas." (H. Amemiya)

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Illustration par Hiroko Amemiya, Vierge ou Démone page 177.

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N.B. La femme-serpent est aussi décrite par B. Rio dans son ouvrage Le Cul-bénit p. 80, avec une illustration p. 82 sous le titre "sirène".

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Ces descriptions n'ont pas besoin d'être reprises. On remarquera seulement que la queue se termine par une flèche (un dard). Et que la main droite de la femme est posée sur le sein droit, dans un geste de caresse, mais qui rappelle celui des Démones tenant une pomme.

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Je crois qu'il faut garder ouverte l'interprétation de cette femme-serpent.

Certes, le père Julien Maunoir, grand moralisateur et évangélisateur de la Bretagne soucieux de conversion de ce qu'il considérait être une terre de paganisme, est venu au Juch en 1642, et, selon son biographe, en 1657 et en 1658 . IL effectua plusieurs guérisons avec l'huile de la lampe brulant devant saint- Michel :

 

« Les Pères [Maunoir et Bernard] partirent de Quimper Ie 21 Août 1642, et ils expérimentèrent l'efficace de la bénédiction du consolateur de Catherine [saint Corentin] pendant leur voyage. Pensant que ce saint directeur était l'Archange de Bretagne, ils brûlèrent en son honneur un peu d'huile, dans l'église de N.-D. du Juch, devant l'image de saint Michel, en faisant quelques prières. Dès le même jour, appliquant cette huile à Jeanne Le Cor, de Douarnenez, qui souffrait de la fièvre et de douleurs aiguës depuis quinze jours, elle fut guérie de ces deux infirmités. BDHA 1909 p.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f096b4a373bfb45f5ec65f9f1a363fcf.pdf

Mais on comprend mal que l'utilisateur des Tableaux de missions ou Taolennou dans lesquels les "vices" étaient toujours accompagnés de symboles qui les condamnaient expressément (luxure ici, accompagné d'un bouc) et les menaçaient toujours des flammes et tortures de l'enfer, puisse juger opportun de placer, en un lieu particulièrement ostensible, une femme nue si bien avantagée et si séduisante que la regarder est déjà commettre un péché de chair.

Cette sirène est trop joliment humaine et féminine pour être le support d'un sermon

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Il faut peut-être accepter que les villageois aient pu souhaiter — comme ailleurs des chanoines pour leurs stalles— orner leur église de figures emblématiques de leurs pulsions, sans vouloir aussitôt les dénoncer. Et qu'ils n'aient pas eu la même conscience dévote d'une bienséance catholique propre à des siècles plus tardifs.

Les exemples abondent dans l'ornementation sculptée des églises et chapelles bretonnes, notamment sous l'influence de la Renaissance, de représentations anthropomorphes hybrides dont l'unique but est d'être décoratif. Chassons les censeurs et transmetteurs de moraline et préservons notre plaisir d'admirer les œuvres des sculpteurs bretons témoins sans les recouvrir d'une "interprétation" anachronique. Ils ont été le relais d'un imaginaire  ancestral dont les clefs débordent largement les tribulations bas-bretonne de recteurs face à leurs ouailles mais explorent les frontières de l'animalité et de l'humanité.

L'assimilation d'éléments hybrides venant des modillons romans, des contacts orientaux et méditerranéens pour certains, germaniques pour d'autres, est d'abord un élément de vitalité plutôt qu'un agent de la diabolisation et du dénigrement.

Et Mélusine dont se réclame la famille de Lusignan, apporte la fécondité liée à l'élément aquatique qui permet à Raymondin de posséder des terres et des châteaux :

 

"Et voit Melusigne en la cuve, qui estoit jusques au nombril en figure de femme et pignoit ses cheveulx, et du nombril en aval estoit en forme de queue d'un serpent, aussi grosse comme une tonne où on met harenc, et longue durement [très longue], et debatoit de sa coue l'eaue tellement qu'elle la faisoit saillir [gicler] jusques à la voulte de la chambre. »

Jean d'Arras, Le Roman de Mélusine (1393-1394) https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9lusine_(f%C3%A9e)

 

LECLERQ-MARX (Jacqueline) 2002, Du monstre androcéphale au monstre humanisé. À propos des sirènes et des centaures, et de leur famille, dans le haut Moyen Âge et à l'époque romane , Cahiers de Civilisation Médiévale  Année 2002  45-177  pp. 55-67

https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_2002_num_45_177_2820

— MAZET (Christian), 2019, La « sirène » d’Orient en Occident comme exemple de la sélection culturelle des hybrides féminins en Méditerranée orientalisante (viiie-vie siècle av. J.-C.), in L'Animal-symbole, CTHS Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques,

https://books.openedition.org/cths/5065?lang=fr

https://www.chartes.psl.eu/fr/positions-these/sirene-entre-nature-lecture-livre-imprime-epoque-moderne-1475-1691-1692

 

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Cette figure est une fenêtre ouverte à notre imaginaire. Ne la refermons pas.

 

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In cauda venenum. La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Croquis lavieb-aile juillet 2022.

In cauda venenum. La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Croquis lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Croquis lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Croquis lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Cet ornement du type femme-serpent appartient à une série de 11 exemples de la statuaire bretonne, dont  9 dans le Finistère.

1. église Saint-Idunet à Trégourez, granite,1687.

2. Le Juch, granite XVIIe.

3. église Notre-Dame , Bodilis, porche sud, granite, 1564-1570?

4. église Notre-Dame  de Brasparts, porche sud, granite, 1592.

5. église Saint-Edern à Lannedern, crossette de l'ossuaire, 1662.

6. église de la Sainte-Trinité de Lennon, crossette du porche sud, XVIe siècle

7. chapelle Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou, porche ouest, granite, 1516.

8. église Saint-Suliau à Sizun, crossette de l'ossuaire, kersanton.

9.  église Saint-Suliau à Sizun, ornement d'une frise du chevet, granite.

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Mais la ressemblance avec la crossette de l'ossuaire de Lannédern doit être particulièrement soulignée. Bien que cette dernière n'ait pas la beauté de la dame du Juch, elle a la même posture, la même position des bras, la même torsion de la queue et surtout la même pointe, a priori venimeuse, de la queue.

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Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Datation vers 1700 : éléments de discussion.

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a) les datations du  plan de l'association patrimoniale locale : "XVIIIe siècle.

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Annotation (flèche) sur le plan M.G Lemoigne du site lejuch-patrimoine.fr

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b) Les auteurs.

Selon Henri Waquet et Jacques Charpy, "L'influence de Ploaré, paroisse-mère de Juch avant la Révolution apparaît sur le chevet du XVIIe siècle (vers 1668) à trois pans."

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c) Les inscriptions lapidaires datées.

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Sur le mur voisin de cette sirène (je conserve la dénomination d'usage), on lit sur le mur de l'abside du chevet l'inscription :

M.RE. P. PHILIPPE

La mention Mre, abréviation de Messire, désigne en règle le recteur. Mais la liste des noms des recteurs de Ploaré ne comprend aucun Philippe. Le patronyme PHILIPPE est attesté à Ploaré. "Messire" peut aussi précéder le nom d'un prêtre, d'un curé.

Ce nom se retrouve sur le fronton du porche ouest, avec la mention M.G. PHILIPPE DE KERDALEC, P.[rêtre]. L'inscription ne peut être datée (en 1725-1726) que si on déchiffre le nom du recteur comme étant celui de Charles-Pierre Huchet.

Geneanet signale la famille PHILIPPE de Keralec.

 

Puis viennent dans deux cartouches séparés  les noms des fabriciens, suivi de la mention "F.", "fabricien (ou fabrique)", qui, comme les gendarmes, vont toujours par deux.

 R : CORNIC : F .

A : PERENNOV : F

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Un hasard d'archives ou de recherche généalogique  pourrait permettre par recoupement d'identifier ces individus et éventuellement de mieux  dater le monument.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Le chanoine Abgrall a soigneusement relevé les inscriptions de l'ensemble de l'église, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.

A l'intérieur, le chœur est daté par inscription de 1668 du coté nord (avec le nom du recteur de Ploaré, Guillaume Paillart (de 1676 à 1706) et de ses prêtres et curés), et de 1702 du coté sud, où se situe la sirène, avec le nom du curé, [Noël?]Le Billon. Cette famille Le Billon est bien établie à Kerstrat.

-Dans le sanctuaire, du côté de l'Evangile :

RE : M : GVILLAVME : PAILLART : DOCTEVR : EN : SORBONNE : ET : RECT. — ME : P : M : PAILLART : R - P : M : Y : LOVBOVTIN : C — 1668 : M : A : MESCVZ0

-Au côté de l'Epître :

Mre NO: LE : BILLON: DE : KERSTRAT: PRE: CVRE: 1702

Sur le bas-côté Midi, plus haut que le porche, s'ouvre une chapelle dans laquelle est un autel en granit largement sculpté, agrémenté d'anges cariatides, de moulures, fleurons et d'un médaillon central encadrant un buste de la Sainte Vierge. Le soubassement porte cette inscription :

M : N : LE : BILLON : P : CVRE : MIC : LE : BILLON : F

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Au total, la date de 1702 me paraît la plus judicieuse à choisir pour dater par approximation cette sirène.

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LES AUTRES FIGURES (MASQUES ET GARGOUILLES) ORNANT LE PIGNON EST ET LA FAÇADE SUD.

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Cette femme-serpent ne doit pas être décrite seule, isolée de son contexte, mais accompagnée des autres éléments sculptés figuratifs.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Les gargouilles : deux lions.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Le masque sur un voile du chevet.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Les masques de la façade sud.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/clocher-de-leglise-du-juch

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/JUCH.pdfhttps://lejuch-patrimoine.fr/

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Les vases acoustiques.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/b3f809d87a4df58bb9856f14aa7ca9ba.jpg

COUFFON (René) 1980, , Notice,

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/JUCH.pdf

Ancienne trève de Ploaré érigée en paroisse le 16 août 1844. EGLISE NOTRE-DAME (C.)

Dédiée aussi à saint Maudez. Elle comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un chevet à trois pans. Accolée au porche, au sud, chapelle en aile. L'édifice a été profondément remanié au XVIIè siècle et au XVIIIè siècle ; les parties les plus anciennes, l'angle sud-ouest et le porche, remontent à la fin du XVè siècle ou au début du XVIè siècle.

 

ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et  Chanoine Peyron , 1914,  Le Juch, "Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie", 1914, pages 151, 178, 217  et suivantes

 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109993p/f148.image.r=Juch

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/e4da48706ff24aae5d00e7ac2b8d8f1f.pdf

"Léglise est bâtie sur le versant Ouest d'une colline qui est très escarpée du côté Est, et sur-laquelle on reconnaît les substructions du vieux château qui fut la résidence des barons du Juch.

Les parties les plus anciennes de cette église, l'angle Sud-Ouest et le porche, portent les caractères du commencement du xvie siècle, déclin de la période ogivale. Le porche est surmonté d'une chambre qui est de construction plus récente. Sur le reste de l'édifice sont réparties des dates diverses qui indiquent des remaniements et des agrandissements.. Le caractère général de l'édifice est le même que celui de l'église de Ploaré. L'abside est également dessinée en pans coupés, rehaussés de contreforts surmontés de clochetons et de lanternons, et ces petits couronnements, en se combinant et se mariant avec le clocher, donnent une très heureuse silhouette. A l'extérieur, sur le mur Sud de l'abside, on lit cette inscription : Mre PHILIPPE . R . CORNIC , F . A : PERENNOV : F

-Sur le côté Nord est une autre inscription plus longue, mais qui ne pourrait se lire qu'en montant à une échelle. Le clocher a été ajouté après coup, en 1700, et cela de fond en comble, en faisant une tranchée dans la façade Ouest.

La porte principale est accostée de deux colonnes à grandes volutes ioniques, portant un fronton courbe dont le tympan contient cette inscription :

Mre : P : CHARLES M :Mme : MAREC

I...OI : ET : LICENC DE : KISORE : P : C

IE : EN : LVNIVERSITE M : C : PHILIPPE DE : PARIS : ET : REC DE : KERDAEC : P

-Sur le pilastre ou contrefort Sud du clocher :

RENE : RENEVOT : P : 1700

-Et sur la porte en bois : 1720 : H : H : LE : BILLON : DE : KERSTRAT : FAB

 

-Le clocher, accompagné de deux tourelles octogonales, terminées en dômes, a sa base surmontée d'une chambre des cloches à deux baies, entourée d'une balustrade à forte saillie. Plus haut, une seconde balustrade encadre la naissance de la flèche. A l'intérieur, composé d'une nef principale et de deux bas-côtés, des piliers octogonaux très élevés, soutiennent des arcades à moulures prismatiques.

Sur le mur du bas-côté Nord on trouve :

i : BRVT : FA : 1600

et ailleurs :

G : IONCOVR : FA : DE : KERVELLOV : 1696

-Dans le sanctuaire, du côté de l'Evangile :

RE : M : GVILLAVME : PAILLART : DOCTEVR : EN : SORBONNE : ET : RECT. — ME : P : M : PAILLART : R - P : M : Y : LOVBOVTIN : C — 1668 : M : A : MESCVZ0

-Au côté de l'Epître :

Mre NO: LE : BILLON: DE : KERSTRAT: PRE: CVRE: 1702

Sur le bas-côté Midi, plus haut que le porche, s'ouvre une chapelle dans laquelle est un autel en granit largement sculpté, agrémenté d'anges cariatides, de moulures, fleurons et d'un médaillon central encadrant un buste de la Sainte Vierge. Le soubassement porte cette inscription :

M : N : LE : BILLON : P : CVRE : MIC : LE : BILLON : F

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Voici quel était l'état des armoiries dans cette église, en 1678 : « Dans l'église tréviale du Juch, ès principale vitre, il y a en éminence et en supériorité, les armes de France et de Bretagne, et plus bas, joignant les dites armes, un écusson au franc canton d'azur et un lion rampant dargent armé et lampassé de gueules, qui sont les armes de la seigneurie du Juch, quoique la dite fenêtre soit à présent au seigneur marquis de Molac « Le reste des vitres de la dite église sont armoyées des armes du dit Juch et de ses alliances sans qu'il y ait autres écussons ny armoiries, ès dites vitres. « Du côté de l'EpUre, joignant le petit balustre, est le banc et accoudoir du dit Le Juch armoyé de ses armes. « Au-dessus de la porte faisant l'entrée du chantouer et supportant le dôme, il y a un écusson du dit Juch en bosse. « Au haut du dit dôme et au niveau de la poutre, il y a un écusson des armes de Rosmadec. « ll y a aussi au-dessus de la fenêtre de la chambre de l'église, au second pignon du midy, un écusson des armes du Juch en bosse."

 

INFOBRETAGNE, Ploaré :

http://www.infobretagne.com/ploare.htm

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-pa00090014.html

PEYRON in Infobretagne

http://www.infobretagne.com/juch.htm

WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Juch

  • L'église Notre-Dame du Juch (xvie - xviie siècle). cette église a été, en grande partie, reconstruite aux xviie et xviiie siècles. 

 

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14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 18:11

L'acrobate inconvenant et sa femme, le dragon et le jeune homme, (granite, XVIe) sous le porche de l'église du Juch.

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Voir :
 

 

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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

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Le pignon du porche sud, en grand appareillage,  s'appuie sur un contrefort oblique à gauche tandis qu'il se poursuit sans rupture à droite par la lucarne de la deuxième chapelle. Ses angles supérieurs sont dotées de deux crossettes non figurés. Le gable (refait ?) est droit, sans crochet, avec une croix au sommet.

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Le porche proprement dit est ogival à cinq ou six rangs de colonnes à chapiteaux sur les piédroits, les colonnettes internes se poursuivant par des moulures tandis que la colonne externe se poursuit , au dessus, d'une part par  l'accolade à deux crochets d'acanthe et un fleuron, et d'autre part par deux pinacles prismatiques.

Un faux gable, part des pinacles mais est tronqué et s'interrompt pour encadrer d'une part le cadran solaire de 1652 et d'autre part une pierre rectangulaire, qui portait peut-être jadis une inscription (??).

Une particularité stylistique de l'atelier suscité par Quimper et Pont-Croix est la façon dont l'accolade se poursuit extérieurement comme un faux gable, en croisant les pinacles, avant de s'appuyer sur deux lions, dont la tête a été brisée. J'ai rencontré cette particularité en Cap Sizun (Primelin, Plogoff, Esquibien) mais dans ces cas, c'est le gable supérieur qui vient croiser le pinacle, et il s'achève par deux anges tenant des phylactères.

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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

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À l'intérieur du porche, la voûte est structurée par huit nervures dont la clef porte le blason en bannière (en forme de rectangle et non d'écu) sculpté du lion des seigneurs du Juch dont les armoiries sont d'azur au lion d'argent armé et lampassé de gueules . La voûte était certainement  jadis peinte, tout comme ce blason.

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La porte est en anse de panier, avec trois colonnettes et chapiteaux, puis moulures, arc en accolade portant crochets et fleuron, et enfin pinacles à décor gothique de gables aigus et bourgeons. Du classique.

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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

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La tête de jeune homme au centre de l'accolade.

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L'aisselle de l'accolade renferme une tête qui nous est familière, puisque nous la trouvons aussi, entre autre, au même emplacement du porche de Guengat, et reprise dans les sablières sud de Guengat, encadrée par deux dragons. Je vous renvoie aux bons auteurs :

 

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On devine des traces de polychromie ocre rouge.

Il est certes remarquable par son bonnet crânement posé de travers, et par les masses en chou-fleur de sa chevelure, mais on ne sera pas insensible au charme de son sourire.

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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

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Le dragon à gauche de l'entrée.

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En général, le visiteur, s'il n'a pas déjà pénétré dans le sanctuaire, va remarquer le dragon qui orne le côté gauche de la porte.

Remarquera-t-il son aile nervurée ? Ses oreilles ? Sa queue hérissée d'épines en éventail ? La façon dont il lèche  une tête ou un autre élément difficile à identifier ?

Il fait avoir vu beaucoup de dragons sur les crossettes et surtout sur les sablières pour savoir combien il est fréquent que les dragons, tous porteurs d'ailes de chiroptères, aient l'extrémité de la queue dotée d'une tête. 

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Mais en réalité la queue se prolonge en épingle à cheveux, et il peut s'agir aussi du motif du monstre tenant dans sa gueule la tête d'un pauvre humain, en mise en garde des fidèles. Dans mon expérience, ce sont plutôt des lions qui ont, sur les crossettes, ce rôle.

Ou encore une autre partie anatomique du dit dragon.

Il faut savoir éclairer la sculpture, confronter les points de vue, modifier plusieurs fois l'éclairage, changer les angles de prises de vue, puis prendre le risque d'un schéma faisant la synthèse de ses découvertes.

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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

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L'acrobate inconvenant et sa femme à droite de la porte d'entrée.

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Le groupe sculpté sur le côté droit ne livre pas non plus tous ses secrets et c'est très bien comme cela, car la plupart des visiteurs pensent sans doute à deux anges soucieux de l'édification de leurs âmes.

Celui qui prolonge son examen reconnaît ici la figure de l'acrobate contorsionniste, qui empoigne ses chevilles et place ses pieds derrière sa tête.

 

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Un éclairage orienté, (d'aucuns diraient : mal orienté) montre entre les jambes un trou incontestable : ce saltimbanque est nu. On peut être contorsionniste et montrer ses fesses, et Bernard Rio, dans son ouvrage très spécialisé Le Cul bénit, en propose deux ou trois exemples qui complètent ma propre liste.

 

Mais si le sujet est habituel, il occupe le plus souvent les emplacements marginaux ou de transition que sont les sablières et abouts de poinçons des charpentes, ou les crossettes de pierre, toujours assez loin des regards. Ou bien les miséricordes des stalles, que personne ne vous demande de soulever.

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Ici, il siège sous un porche, seuil du sanctuaire, lieu de prédilection des statues des apôtres, du Christ et de la Vierge ; qui plus est, du côté droit.

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Mais le plus surprenant est ceci : depuis que je rencontre ce turlupin, il s'est toujours affiché comme un célibataire, un noceur, un esprit libre dégagé des liens pourtant sacrés du mariage.

Mais non, voici qu'il me présente sa femme, ou bien est-ce peut-être elle qui chaperonne notre drôle et veille à sa conduite. Car elle n'a a priori rien d'une délurée, avec ses cheveux soigneusement couverts d'une coiffe, et son décolleté carré ne laissant rien deviner  de ses charmes. 

Mon œil ! Ces deux là font la paire, et elle lance des regards égrillards à son boute-en-train.

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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

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Je vous offre le cadran solaire de 1652 en prime, puisqu'il domine le porche.

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C'est un cadran en ardoise, au style métallique en chevron , où on lit  l'inscription :

M. H. GVEGVENOV. RECTEVR.

1652

 F. P. M. IEAN. KSALE. P. CVRE. M. P. F.

(le relevé de Couffon est partiellement à corriger)

Soit : Messire E. Gueguenou, recteur, 1652, Jean Kersalé, prêtre curé. Je n'ai pas élucidé les abréviations (F.P.M. = fait par Messire ?? ).

Henri Guéguénou ou Guéguénnou figure parmi la liste des recteurs de Ploaré pour la période de 1640 à 1656.

http://www.infobretagne.com/ploare.htm

Voir la famille Kersalé à Ploaré :

https://gw.geneanet.org/arbrehg?lang=fr&pz=herve+jean&nz=guevel&p=jean&n=kersale&oc=2

https://gw.geneanet.org/biskoaz?fc=geneastar&idgeneastar=gntstar13243&n=kersale&nz=le+bras&oc=&ocz=0&p=jean&pz=daniel

 

Un blason aux armoiries partiellement martelées y figure, couronné et entouré du collier de Saint-Michel. Ce serait  l'écusson des seigneurs de Rosmadec, palé d'argent et d'azur . En effet, en 1638, Le Juch est porté au rang de baronnie et devient la possession de la famille de Rosmadec. 

 

On voit aussi  le monogramme christique IHS et le monogramme marial MÃR, chacun placé au dessus d'un petit cœur.

http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_quimper.php

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Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

Le porche sud ( début XVIe) de l'église de Le Juch. Photographie lavieb-aile juillet .

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SOURCES ET LIENS.

Je n'ai pas trouvé de description de nos deux joyeux complices : ils parviennent apparemment à passer inaperçus.

 

 

 

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/clocher-de-leglise-du-juch

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/JUCH.pdfhttps://lejuch-patrimoine.fr/

 

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et  Chanoine Peyron , 1914,  Le Juch, "Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie", 1914, pages 151, 178, 217  et suivantes

 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109993p/f148.image.r=Juch

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/e4da48706ff24aae5d00e7ac2b8d8f1f.pdf

"Les parties les plus anciennes de cette église, l'angle Sud-Ouest et le porche, portent les caractères du commencement du xvie siècle, déclin de la période ogivale. Le porche est surmonté d'une chambre qui est de construction plus récente. Sur le reste de l'édifice sont réparties des dates diverses qui indiquent des remaniements et des agrandissements."

Les seigneurs du Juch.

"M, de Courcy nous dit que les seigneurs du Juch, barons du dit lieu, étaient sieurs de Toulancoat et de Porzmarch, en Ploaré, de Pratanroux, à Penhars, du Mur, en SaintEvarzec, et de Troheir, en Kerfeunteun. Nous parlerons des devoirs auxquels ils étaient sujets en cette dernière qualité, vis-à-vis des Evêques de Cornouailles, lorsque nous donnerons la notice de Kerfeunteun. Ils avaient pour armes : d'azur au lion d'argent armé et lampassé de gueules ; devise : Bien sûr et La non pareille. Le sire du Juch figure à l'ost du duc à Ploërmel en 1294. M. de Courcy dit que la branche aînée a été fondue en 1501 dans du Chastel, et cette baronnie a appartenu depuis aux Gouyon de la Moussaye, Montboucher et Franquetot de Coigny. D'après le procès-verbal de prééminences cité plus haut, au xvii" siècle, la terre du Juch était possédée par le marquis de Molac et les Rosmadec Les seigneurs du Juch furent donc les fondateurs et bienfaiteurs de cette église, mais ils étaient aussi fort attachés aux Pères Cordeliers de Quimper et ils possédaient dans leur église une chapelle dite du Juch, puis du Chastel, dans laquelle ils demandaient le plus souvent à être inhumés. Le nécrologe du couvent publié par M. Trevedy (Soc. Archéol., 1888) nous apprend que les restes d'Hervé du Juch, illustre chevalier, mort en Espagne, furent transportés aux Cordeliers de Quimper en 1369. En 1429, Henri du Juch (bénéficus specialis ordinis) y fut également inhumé. De même, en 1462, le chevalier Hervé du Juch, et en 1468 Jean du Juchi écuyer, père de Henri du Juch qui, suivant le nécrologe «supra id quod dici potest — 483 — dilexit fratrum ordinem » ; ce dernier mourut en son château du Mur, à Saint-Evarzec Les derniers seigneurs de ce nom inhumés aux Cordeliers furent, en 1501, Hervé du Juch, seigneur de Pratanroux, capitaine de la ville de Quimper, qui mourut regretté de tous : « Sepultus cum planctu omnium », et en 1534, Raoul du Juch, qui demanda à être enseveli avec l'habit des Frères mineurs. On peut croire que les paroissiens du Juch n'eurent pas à se plaindre de seigneurs qui montraient de si beaux sentiments de piété"

 

— COUFFON (René) 1980, , Notice,

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/JUCH.pdf

Ancienne trève de Ploaré érigée en paroisse le 16 août 1844. EGLISE NOTRE-DAME (C.)

Dédiée aussi à saint Maudez. Elle comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un chevet à trois pans. Accolée au porche, au sud, chapelle en aile. L'édifice a été profondément remanié au XVIIè siècle et au XVIIIè siècle ; les parties les plus anciennes, l'angle sud-ouest et le porche, remontent à la fin du XVè siècle ou au début du XVIè siècle. Le porche, voûté sur croisée d'ogives avec le lion du Juch à la clef, est surmonté d'une chambre d'archives plus récente ; sa façade porte un cadran solaire et l'inscription : "M. E. GVEGVENOV. RECTEVR. 1652 / F. P. M. IEAN. KSALE. CVRE. M. P. F.".

— INFOBRETAGNE, Ploaré :

http://www.infobretagne.com/ploare.htm

— MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-pa00090014.html

— PEYRON in Infobretagne

http://www.infobretagne.com/juch.htm

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Juch

  • L'église Notre-Dame du Juch (xvie - xviie siècle). cette église a été, en grande partie, reconstruite aux xviie et xviiie siècles. 

  • La maîtresse-vitre date du xvie siècle, les autres vitraux sont du xixe siècle. De l'édifice précédent, il reste le porche sud en arc brisé qui remonte à la fin du xvie siècle. Les seigneurs du Juch furent les fondateurs et bienfaiteurs de cette église64. L'édifice est classé monument historique depuis 1916. 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes Porches
8 juillet 2022 5 08 /07 /juillet /2022 14:31

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan.

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Voir sur Runan :

 

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PRÉSENTATION.

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J'ai été surpris lors de ma visite de l'église de Runan, de découvrir sur les piliers du bas-côté sud des frises de sculpture qui me rappelaient ceux des porches du XVe siècle de Basse-Bretagne, et notamment la façon dont les rinceaux de vigne ou autres feuillages naissent de la gueule de bêtes et petits personnages de l'extrémité inférieure.

J'ai ensuite découvert, sur le chapiteau d'un pilier, des animaux ( a priori des hermines) passant à travers les spires d'une banderole, comme autour des armoiries ducales du pignon de cette "chapelle de la Commanderie", selon un motif bien connu de l'emblématique de Jean V associé à la devise A MA VIE qu'on lit sur la maîtresse-vitre.

Enfin, deux anges présentant des armoiries montraient que nous nous trouvions face à un ensemble prestigieux.

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Ma curiosité ainsi piquée trouva vite à se satisfaire dans les descriptions de référence de l'église, puisque successivement Louis Monnier, René Couffon, Jean-Jacques Rioult, Steven Lemaître ou Jean-Paul Rolland ont souligné l'intérêt de ces piliers.

C'est René Couffon qui identifia sur le bas-côté sud, après la chapelle des Fonts, et après la deuxième travée correspondant à l'entrée par le porche sud, une "chapelle de la Commanderie" correspondant aux 3ème et 4ème travées : on considère qu'elle fut construite sur la décision du commandeur hospitalier Pierre de Keramborgne un peu avant 1439 pour la Commanderie de Saint-Jean de Jérusalem.

Selon S. Lemaître, les deux rangées d'arcades en équerre, à multiples voussures supportées en alternance  par des piliers à faisceau de colonnettes et de piliers losangés forment un espace réservé aux dignitaires de haut rang proche de Jean V, tels que Henri du Parc, Pierre de Keramborgne,  ou Jean du Perrier, ou Rolland de Kernechriou.

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"Les exceptionnelles piles à rinceaux de la chapelle de la commanderie n´ont pas d'équivalent connu en Bretagne : ce décor habituellement réservé aux ébrasements des portails matérialise à l'intérieur de l'église un espace alors fermé par une clôture probablement en bois, qui pouvait à l'occasion accueillir la famille ducale." (Jean-Jacques Rioult)

 

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L'intérêt de cette chapelle n'a pas échappé aux éditeurs de cartes postales, dans des clichés où l'absence des bancs est appréciable.

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D'après Guy Artur IVR53_19742200159V Inventaire général.

 

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Vue générale de la chapelle de la Commanderie.

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"Les exceptionnelles piles à rinceaux.  Leurs tailloirs à mouluration complexe, leurs chapiteaux renflés formant comme un bourrelet ont un accent anglais très marqué. Les colonnettes d'angle y présentent sur leur face antérieure un réglet, caractéristique des années 1430-1450, que l'on retrouve à la même date par exemple dans la chapelle de Tronoën à Saint-Jean-Trolimon." (Jean-Jacques Rioult 1986)

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Au premier plan à gauche, sous la statue de saint Yves, le pilier le plus considérable et le plus noble, avec sa table d'offrande, ses anges porteurs d'écu, et sa frise aux [hermines] passantes. Ce sera mon pilier P1.

À sa droite, le pilier en losange que je vais baptiser P2.

Et entre eux, à l'arrière, mon futur pilier P3. J'ai hâte de les découvrir!

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Photo d'après Norbert Lambart, Inventaire général.

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Plan de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Annotation sur R. Couffon.

Plan de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Annotation sur R. Couffon.

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Plan selon Couffon modifié par Lemaître.

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Le pilier  P1 de l'angle nord-ouest de la chapelle de la Commanderie.

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Comme le montre le relevé de Lemaître, sa forme est complexe et hétérogène  et  associe un rectangle (orné des anges portant écus), un demi-cercle polylobé (qui répond au pilier de l'angle sud-ouest), et enfin vers l'est la moitié d'un losange, reprenant le décor des piliers P2 et P3.

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Photo d'après Norbert Lambart, Inventaire général

 

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La face ouest du "rectangle" est ornée, au dessus d'une table d'offrandes, du premier des anges.

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L'ange et l'écu muet du côté ouest.

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Un écu, hélas muet (peut-être peint, car on ne constate pas de trace de martellement) s'insère dans la frise de sarment du chapiteau.

L'astragale (cette moulure séparant le chapiteau et la colonne), est en tore.

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La structure à quatre colonnes engagées, les deux extérieures plus conséquentes que les colonnettes internes, va se retrouver sur les piliers losangés, et elle encadrera un décor de rinceaux. Mais ici, la tige qui monte et fournit une feuille charnue s'interrompt au profit d'un ange qui est représenté en plein vol de descente, ailes dressées et longue tunique saisie par l'élan. Il nous présente un panneau  carré, qui ne ressemble pas exactement à un livre, et qui pouvait porter un motif armorié.

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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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L'ange  et l'écu du côté nord.

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Le thème est le même, mais l'ange est ici agenouillé en position de chevalier servant ; son front est ceint d'un bandeau et ses cheveux volumineux sont peignés. Ce qu'il présente ici est rectangulaire et non plus carré, et il le tient contre sa poitrine comme un servant porte un livre saint.

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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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En  continuant à tourner autour du pilier, en sens horaire, nous trouvons, après un raccord en appareillage un peu périlleux, le premier exemple de ces rinceaux encadrés par deux colonnettes. Les feuilles sont larges, et leurs digitations sinueuses naissent d'une partie renflée en coquille.

À la base, l'animal est dressé sur deux pattes, mais il est peu distinct.

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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La face suivante, qui ferme le demi-losange,  est identique, aux monstres près.

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Photo Guy Artur Inventaire général.

 

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Vers le sud, la structure à colonnettes successives est surmontée en guise de chapiteau  d'une frise où des animaux passent à travers les spires d'une banderole.

Cela évoque immédiatement, le motif emblématique du duc de Bretagne Jean V, qu'il a fait placer, sur le pignon extérieur de cette chapelle, autour de ses armoiries. Et qui se retrouve aussi sur la maîtresse-vitre, avec sa devise A MA VIE.

On le retrouve aussi sur les autres monuments dépendants du mécénat ducal, au Folgoët, à Quimper et à Quimperlé.

Mais ici, il est difficile d'affirmer que les animaux sont des hermines. Il est difficile aussi de l'infirmer. Certains ont vu des chiens se disputant un os, mais sans me convaincre.

J'ai multiplier en vain les clichés pour trouver l'éclairage déterminant.

Mais la forme générale de l'emblème, et sa situation à l'angle d'une chapelle noble, sur un pilier doté d'armoiries, et dans une église où l'emblème ducal est présent deux autres fois, me semblent des arguments convaincants pour prétendre voir ici aussi  des hermines. Elles s'opposent gueule à gueule.

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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le pilier losangé P2  à l'ouest de la chapelle de la Commanderie.

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Il ne s'agit pas stricto sensu d'une pile losangique, mais carrée, et placée obliquement.

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Le rinceau d'une des face est ornée d'un lapin tête en bas. Il naît, en bas, d'un chien, ou lion, vu de dos.

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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le rinceau de la face adjacente débute, en bas, par un serpent (ou bourgeon) et culmine dans la gueule d'un chien.

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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Sur la face suivante, le rinceau est tenu en haut et en bas par des lionceaux. Si on veut.

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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le pilier  P3 en losange du flanc nord de la chapelle de la Commanderie.

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Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les piliers (granite, vers 1438) de la chapelle de la Commanderie de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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SOURCES ET LIENS.

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BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n225/mode/2up

— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , "Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté,", in Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

— COUFFON (René), 1950, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f164.item.r=runan

— DE COURCY (Pol Potier), 1864, Source : De Rennes à Brest et à Saint-Malo 

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

— JOLLIVET (Benjamin-Philibert), 1855, Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes 

http://patrimoine-de-france.com/cotes-d-armor/runan/eglise-notre-dame-et-cimetiere-1.php

— LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

"Au sud de la nef dans la première travée, la chapelle des fonts est délimitée en équerre par des piles à faisceau de cinq colonnettes supportant des arcs en tiers-point à quatre rouleaux. Ils marquent le chantier des années 1437-1438 qui s'étend à presque toutes les arcades du bas-côté sud. Dans l'angle ouest de la chapelle des fonts et de la nef, la première assise du pilier, bien que grossièrement équarrie, annonce le départ de cinq colonnettes qui s'élancent vers de chapiteaux évasés décorés d'une vigne abondante. Ce motif est repris sur les chapiteaux de la pile à faisceau complexe qui distribue les arcades de la première et seconde travée de la nef et celle en équerre."

"La seconde travée correspondant à l'entrée méridionale de la nef dessert, à l'est, la chapelle seigneuriale des années 1437-1438 qui occupe les troisième et quatrième travées. 

Les deux rangées  d'arcades  en équerre, à multiples voussures supportées en alternance  par des piliers à faisceau de colonnettes et losangés, forment un espace réservé aux dignitaires de haut rang., ce que viennent confirmer les quatre écus  frappant les voussoirs centraux des  deux arcades qui séparent les deuxième et troisième travées.

"Les piles losangées  constituent le principal attrait  de la chapelle seigneuriale. Elles sont flanquées aux angles de trois colonnettes engagées à base moulurées et astragales en tore.  Elles encadrent des rinceaux grimpants terminés par des monstres ou des animaux. 

Les colonnettes engagées et les piles sont coiffés de chapiteaux ornés de sarments stylisés aux tailloirs chanfreinés."

 

 

 

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 132.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f389.item.r=runan

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

— PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

RIOULT (Jean-Jacques), 1986, Dossier IA00004056 inclus dans Enclos paroissial (Runan) réalisé en 1986 Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-runan-ploezal/48881e13-452f-46e9-be4b-2afa9c261543

 

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

 

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

— WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

 

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4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 08:50
La chapelle de Trévarn à Saint-Urbain : encore quelques photos.

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PRÉSENTATION.

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En juillet 2021, j'avais consacré une série d'articles d'étude du patrimoine monumental de la chapelle de Trévarn. 

À l'occasion de l'ouverture de cette chapelle pour un concert de l'ensemble baroque Viva Voce dirigé par Catherine Walmetz, j'ai complété mon album photo. Je les livre ici, pour une fois, sans aucun commentaire.

 Ouf!

 

 

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La chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2022.

La chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2022.

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La chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2022.

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La chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2022.

La chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2022.

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Published by jean-yves cordier - dans Kersanton Sculpture Calvaires Roland Doré Saint Yves
1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 21:30

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan.

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Voir sur Runan :

 

 

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PRÉSENTATION.

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Ce retable a été décrit par René Couffon en 1950, et sa description doit être citée in extenso comme un morceau d'anthologie des sommets d'érudition qu'un auteur, certes coutumier du fait, peut déployer à partir d'un hypothèse erronée :

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"Commandé sans nul doute , entre 1421 et 1423 pour décorer le maître-autel, ainsi que le confirme, du reste, sa facture, ce retable en pierre fut remplacé en 1561 par un ouvrage en bois avec tabernacle, dans le goût du jour. Il fut alors relégué dans un oratoire du cimetière servant de débarras et aujourd'hui disparu, où il fut retrouvé en 1854 : il décore actuellement l'autel de la chapelle des fonts baptismaux.

"Cinq tableaux y sont représentés, de gauche à droite : l'Annonciation, l'Adoration des Mages, la Crucifixion, la Mie au tombeau, et le Couronnement de la sainte Vierge. Ces scènes se détachent sur un fond plat avec un léger ressaut central à l'aplomb de la Crucifixion, mais sans aucune séparation. Elles sont surmontées d'importantes architectures flamboyantes, dont elles sont séparées par une gorge décorée de petites roses.

"En pierre bleutée étrangère au pays, c'est là manifestement une œuvre de Tournai. Les architectes du retable de Tournai sont en effet, semblables à celles que l'on retrouve sur plusieurs ouvrages tournaisiens : monuments de la famille de Seclin (vers 1401), et de Tasse Severin (+ 1426) dans la cathédrale de Tournai, bas-reliefs de Jacques d'Avesnes et de Jacques Tintenier dans l'église Saint-Jacques de la même ville, stèle de Robert Le Roy (+1421) conservée au Musée d'Arras, etc...

"La gorge garnie de rosettes est un motif également cher aux artistes tournaisiens et se voit, notamment, sur une niche du chevet de l'église Saint-Jacques sculpté en 1370 par Lotard Morel d'Antoing, sur le monument funéraire de Jacques Isaak et de sa femme Isabeau d'Anvaing (+ 1401) à la cathédrale de Tournai, sur les stèles funéraires de Marie de Quinghien (+1429) et de Jacques de Villers conservés au Musée des Arts décoratifs de Tournai, sur le monument de Beaudouin de Henin (+1420) et de sa femme Catherine de Melun (+1425) dans l'église Saint-Nicolas de la même ville, etc... Ce motif paraît, d'ailleurs, inspiré de certains ivoires avec lesquels les retables tournaisiens offrent une grande analogie.

"Quant aux personnages, malgré quelques imperfections, telle le bras démesuré du second des rois mages et le buste trop allongé de la Madeleine, ils sont d'une grande élégance et de qualité. Les draperies, en particulier, sont parfaitement traitées et ne sont pas sans rappeler, précisément, celles des personnages du tombeau des Seclin.

"Malheureusement, dans ce dernier tombeau, la sainte Vierge est décapitée ; or, il est à remarquer qu'à Runan la figure de la sainte Vierge est plus pleine que dans la plupart des ouvrages tournaisiens, exception faite d'une sainte Vierge et d'une sainte Anne appartenant à un monument mutilé de la cathédrale, ainsi que celle d'une Vierge du monument de Simon de Leval ( 1407) dans l'église de Basèches.

"Il faut enfin noter à Runan, comme a bien voulu nous le signaler Mlle Marguerite Devigne, la taille un peu courte des personnages et le fond plat assez inusité à cette époque, parmi les monuments funéraires tout au moins.

"Le retable a été classé par arrêté du 1er mai 1911."

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En effet, en 1990, Gildas Durand, qui a consacré sa thèse de 1989 aux retables bretons originaires des anciens Pays-Bas (cathédrale de Rennes, Kerdévot en Ergué-Gabéric) a révélé qu'une analyse d’un éclat de la pierre avait été  faite par le laboratoire du professeur Sylvain Blais de l’Institut de Géologie de l’Université de Rennes I, remet sa provenance en question.  La pierre du retable de Runan était une pierre proche de la kersantite (un lamprophyre métamorphisé dont les principaux gisements se trouvent en rade de Brest). (Note : je n'ai pas eu accès à la publication scientifique mais seulement à des comptes-rendus de celle-ci : Rolland 2020).

Le retable a été recouvert d'un enduit argileux à une date inconnue, qui n'a pas été entièrement ôté lors de sa redécouverte en 1854, ce qui explique cette teinte un peu bleutée qui a abusé l'auguste René Couffon. Pourtant, "la couleur grise tirant sur un vert-bleu du premier registre rappelle immédiatement la kersantite et ne laisse que peu de doute quat à la région d'extraction de la roche" (S. Lemaître) 

Dés lors, la datation proposée par Couffon a été revue par J.-P. Rolland : le retable pourrait être du deuxième quart du XIVe siècle, par rapprochement avec la Vierge de l'Adoration des Mages avec la Vierge assise du tombeau de Roland de Coargoureden, dans la basilique de Guinguamp, ou avec la Vierge à l'Enfant du XIVe siècle du Musée des Jacobins de Morlaix, qui est elle aussi en kersantite. (**)

(*) https://patrimoine-guingamp.net/wp-content/uploads/2019/04/20190414_Elements_basilique.pdf

(**) Vierge allaitant l'Enfant, kersanton, vers 1450, provenant de l'ancien château de Creac'h Guizien à Plougoulm

 

 

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Le retable mesure 3,20 m de large pour 1,07 m de haut et 30 cm d'épaisseur. Il abrite, sous une frise de dais d'architecture gothique très travaillée (quinze gables à crochets et fleurons séparés par des pinacles) , les scènes de l'Annonciation, de l'Adoration des Mages, de la Crucifixion, de la Mise au Tombeau et du Couronnement de la Vierge.

Le retable présente des similitudes iconographiques avec celui de l'église Notre-Dame-de-Soumission de Pléguien (22), notamment la scène du Couronnement de la Vierge, mais la facture de ce dernier est plus fruste, et ce rapprochement n'indique pas une production par un même atelier : Ici, la facture est plus raffinée : les drapés sont fins et légers, les cheveux habilement stylisés, l'amande des yeux bien dessinée, les ongles des doigts se remarquent sur presque tous les personnages les livres ont des fermoirs et des pages striées, et les accessoires comme les gants ou le pli des chausses se distinguent nettement. 

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Note.

Je n'ai pu éclaircir le point de savoir si l'équipe de géologue de Rennes utilise le terme précis de "kersantite", car on trouve dans les descriptions celui de "lamprophyre métamorphisé", et  S. Lemaître ajoute en note : "c'est une roche très similaire à la kersantite". L'usage du kersanton est très rare en Bretagne (pierres de construction du château de Brest  au XIVe siècle) avant son emploi en sculpture ornementale par le "grand atelier ducal" à partir de 1423 (E. Le Seac'h).

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La Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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L'Annonciation.

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L'ange Gabriel est placé à gauche et il est agenouillé "en chevalier servant" ; il dresse l'index vers le texte du phylactère, qu'il tient dans la main gauche et qui élève ses spires verticalement. Il regarde la Vierge.

Son visage est joufflu. Ses cheveux longs sont retenus par un bandeau à cabochon médian. Il est vêtu d'une tunique serrée par un cordon.

Dès à présent, nous pouvons admirer la finesse des traits, celle des mains, le naturel souple de la posture et le rendu des drapés.

Une zone qui a été grattée devant le front de Marie pourrait correspondre à la colombe de l'Esprit.

La Vierge est debout, levant les mains paumes en avant en signe à la fois de surprise et d'acceptation. Elle est voilée par son manteau, dont le pan tombe verticalement à sa droite, tandis que le pan gauche revient se fixer à la ceinture sous le poignet droit, selon l'usage de la troussoire. La robe vient plisser sous l'effet de la ceinture, et retombe très bas, ne dévoilant que l'extrémité de chaussures pointues.

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CLIQUEZ SUR L'IMAGE.

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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L'Adoration des Mages.

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La Vierge est assise sur un piédestal, et tient une boule (fruit ? orbe ?) dans la main droite. Elle est couronnée et voilée, et vêtue comme dans la scène précédente. Son Fils, vêtu d'une tunique,  est debout sur le genou gauche de sa Mère et lève la main droite en geste de bénédiction, tandis que la main gauche est posée, en signe d'acceptation, sur le calice d'or qui lui est offert. Devant lui, le roi Melchior, le plus âgé et le seul des trois rois à être barbu, pose un genoux à terre et tient sa couronne en main gauche. Son visage est tourné vers l'Enfant.

Derrière lui, le roi Gaspard tient la coupe d'encens, mais tandis qu'il lève l'index vers l'étoile qui les a guidé, il se tourne vers le troisième roi.

Il s'agit de Balthasar, qui offre la myrrhe.

La disposition générale, et la posture retournée de Gaspard, se retrouve sur le tympan du porche de Rumengol, datant de 1468, également en kersanton.

La posture de Gaspard se retrouve aussi sur le tympan de la collégiale du Folgoët datant de 1423-1433, également en kersanton. 

Ces deux sanctuaires relèvent, comme à Runan, du mécénat du duc de Bretagne ou de ses grands officiers.

Ces éléments plaideraient pour une datation vers le premier quart du XVe siècle, période correspondant aux deux concessions de foire par Jean V en 1414 (pour la fête de Notre-Dame) et 1421 (pour celle de la Saint-Barnabé)

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Plusieurs détails peuvent être remarqués :

Les deux rois ont la main droite gantée (on ne peut affirmer que la gauche le soit).

Le col  de leur manteau remonte haut, en col d'officier, mais il est fermé par une dizaine de boutons ronds.

Gaspard porte sous ce manteau une tunique courte à plis serrés sous la ceinture.

Les chevelures sont ondulés et peignés, taillés mi-courts (les pointes arrivant à la hauteur du menton).

Ils sont chaussés "à la poulaine", et Gaspard semble porter une armure, car ce sont bien des solerets à extrémités pointues qui sont visibles.

Ces éléments pourraient permettre d'affiner la datation.

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le Calvaire.

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Beauté et fluidité des drapés !

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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La Déploration à six personnages.

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On corrigera les descriptions de René Couffon et des auteurs qui le suivent : nous n'avons pas ici une Mise au Tombeau (avec Joseph d'Arimathie et Nicodème), mais ce temps de recueillement et de chagrin qui la précède, nommé Déploration en iconographie.

Mais le bas relief de la façade du soubassement, sur lequel est posée la pierre d'exposition, introduit une confusion puisqu'il montre deux soldats endormis , avec leurs armes (hache, hallebarde, masse d'arme) éparses, scène qui appartient à l'iconographie de la Sortie du Tombeau, ou Résurrection. Les casques sont coniques, les solerets très pointus.

Nous pourrions penser à une scène d'embaumement, puisque derrière le corps du Christ nous voyons trois sainte femmes ( Marie-Madeleine, Marie Salomé, et Marie Cléophas) portant chacune un flacon d'aromates. Mais la présence de saint Jean, tenant un livre, est étrange.

Enfin, la position de la Vierge, couchée à demi sur les jambes de son Fils pour lui embrasser la main, est tout à fait singulière. Si bien que S. Lemaître y reconnaît plutôt Marie-Madeleine, et juge que cette scène "comporte quelques excentricités".

 

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Les boucles de cheveux "en macarons" évoquent le style de l'atelier ducal du Folgoët.

https://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-du-folgoet.i.l-autel-des-anges.html

 

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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La première femme après Jean n'est pas voilée. Et elle esquisse un sourire : j'y reconnais Marie-Madeleine.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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La rondeur des visages est vraiment accentuée. Mais la simplicité des traits, la dignité de la posture et surtout peut-être la pureté quasi sacrée de la position des deux mains autour du récipient créent une atmosphère de recueillement et de silence.

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Je grossis et redresse la tête du Christ pour mieux la détailler, au prix de la qualité du cliché.

Les cheveux, d'abord peignés sur le sommet de la tête, tombent en boucles joliment sinueuses sur les épaules.

La couronne d'épines est une simple torsade.

Les yeux (comme ceux de Jean ou de Marie) sont très larges, et la fente entre les deux paupières est en amande très effilée. La paupière inférieure est soulignée par un arc, très excavé, et qui se poursuit jusqu'à la racine du nez.

Le nez est droit et fin jusqu'aux narines élégamment arrondies.

La toute petite lèvre inférieure forme un gracieux dessin sous une arcade concave qui, loin d'être triste, évoque la sérénité.

S. Lemaître y voit, sans me convaincre,  "une moustache naissante" et évoque "un style plutôt anglais".

 

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le Couronnement de la Vierge.

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Il suffit de regarder !

La symétrie en vagues ou en M des plis des jambes des deux personnages. Et l'opposition entre le dynamisme des plis du torse du Christ, et l'écoulement vertical passif de ceux de Marie.

Les mains de Marie, forme idéale de la prière !

La réussite formelle des pieds nus du Christ, vigoureux, délicats, chacun saisi dans la justesse anatomique de leur position : l'un en appui, en pilier, l'autre en élan communiqué à la jambe, et au bras qui pose la couronne.

L'orbe volumineux renvoie au globus cruciger des empereurs, il témoigne de la toute puissance divine ; mais dans un équilibre des masses, il répond à la rondeur du visage féminin.

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Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite,  premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

Le retable (kersantite, premier quart XVe siècle ?) de la Vierge de la chapelle des fonts de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2022.

 

 

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SOURCES ET LIENS.

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ALAIN (Agnès), 2020, Sortie fontaines et petits patrimoines

https://docplayer.fr/189176009-Sortie-fontaines-et-petits-patrimoine-du-9-mars-2020-pontrieux-runan.html

"Retable du XVème siècle en pierre bleutée de Tournai en Belgique"

BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n225/mode/2up

— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , "Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté,", in Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

— COUFFON (René), 1950, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f164.item.r=runan

DE COURCY (Pol Potier), 1864, Source : De Rennes à Brest et à Saint-Malo par 

—DURAND (Gildas), 1999, « Nouvelle théorie sur le retable de Runan. Ses conséquences pour la connaissance de l'art gothique breton », Les dossiers du Centre de Recherche et d'Archéologie d'Alet, no 18,‎ 1999, p. 91-104.

http://ceraaalet.free.fr/etudes.htm

—DURAND (Gildas), 1989, Les retables et groupes sculptés originaires des anciens Pays-Bas, des XVe et XVIe siècle, conservés en Bretagne, et la problématique de l'étude de la statuaire en Bretagne recherches sur la notion d'expansion artistique et sur le rôle des influences étrangères dans les productions locales. Thèse soutenu à Rennes 2 sous la direction de Xavier Barral i Altet

 

 

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

— JEZEQUEL (Pierre), octobre 2020, A propos d'une nuance de bleu dans l'église de Runan.

https://rosquelfen-pj.blogspot.com/2020/10/a-propos-dune-nuance-de-bleu-dans.html

JOLLIVET (Benjamin-Philibert), 1855, Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes 

http://patrimoine-de-france.com/cotes-d-armor/runan/eglise-notre-dame-et-cimetiere-1.php

"Plus heureux que le Calvaire, dont les profondes cicatrices attristent les regards, le Bas-Relief a été préservé de toute atteinte. Découvert, en juillet 1854, par un enfant qui s'amusait à gratter le mur qui le soutient, et débarrassé, à cette époque, de l'épaisse couche d'argile sous laquelle la paroisse l'avait caché en 1793, il est devenu depuis un but de pèlerinage assez fréquenté, et laisse voir maintenant sans crainte les gracieuses statuettes, disposées en groupe, dont nous regrettons de n'avoir pu reproduire ici qu'une partie. Cette œuvre représente les scènes principales de la vie de la Vierge. Elle est incrustée maintenant dans la muraille intérieure d'une masure dont la toiture est complètement détruite. Située dans un coin du cimetière et transformée en mairie lors de l'érection de Runan en commune, cette masure était anciennement disposée en oratoire et formait une petite chapelle. Il ne serait donc pas impossible que ce bas relief eût été fait pour la place qu'il occupe ; mais on suppose qu'il servait autrefois de retable au maître-autel de l'église. Quoi qu'il en soit, nous pensons qu'on ne saurait mieux faire aujourd'hui que de faire revivre l'oratoire des temps anciens, et de lui conserver surtout les admirables sculptures dont nous venons de parler."

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http://patrimoine-de-france.com/cotes-d-armor/runan/eglise-notre-dame-et-cimetiere-1.php

 

 

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— LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

 

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 195.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f387.image.r=runan?rk=21459;2

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f285.image.r=runan

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411435g/f134.image.r=runan?rk=42918;4

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

— PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

— RIOULT (Jean-Jacques), 1986, Dossier IA00004056 inclus dans Enclos paroissial (Runan) réalisé en 1986 Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-runan-ploezal/48881e13-452f-46e9-be4b-2afa9c261543

 

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

ROLLAND (Jean-Paul), 2020, Le retable de la Vierge de l'église de Runan.

https://docplayer.fr/201597935-Retable-de-la-vierge-eglise-de-runan.html

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_247/RETABLE_DE_LA_VIERGE.pdf

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

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Lithographie par P. Hawke in Ropartz 1854

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— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

— WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

 

 

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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 18:46

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan.

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— Voir sur Runan :

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— Voir sur l'art tumulaire hors Bretagne:

 

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Sur les gisants de Bretagne, voir (approximativement par ordre chronologique) :

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Hors de ce blog :

 

 

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PRÉSENTATION.

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Ce gisant en pierre est placé dans l'angle sud-ouest de la nef, à droite de l'entrée, à l'angle de la tour, dans un endroit assez sombre et empoussiéré, et le recul nécessaire à son examen est limité par la présence d'une ancienne cloche conservée devant lui. 

Il était placé jadis, selon Monnier, au centre du bas-côté sud ; un couple de seigneur y est représenté mais leurs  visages  ont été martelés à la Révolution, de même que tout indice d'identification. Les propositions n'ont pas manquées, et Benjamin Jollivet avait suggéré d'y voir le tombeau de Jean V et de sa femme Jeanne de France, tandis que J.-M. Luzel suggérait d'y voir les seigneurs de Lestrezec, ou Monnier ceux de Kerambellec.  En 1936, René Couffon, toujours péremptoire, n'affirme y distinguer "encore nettement" les armes des du Parc de la Roche-Jagu. Puisque le tympan de la maîtresse-vitre porte les armes en prééminence de Henry du Parc d’azur au léopard d’or, brisé d’un lambel de gueules et et de Catherine de Kersaliou  d’argent à trois fasces de gueules au lion brochant, cela lui permit d'affirmer, dans une publication aussi sérieuse que celle de la Société archéologique de France, qu'il s'agissait du gisant de ce couple, dont l'épouse est décédée en 1433. C'est ce qu'on retrouve aujourd'hui repris partout.

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Ou presque. Seven Lemaître, dans la 173e cession du Congrès archéologique de France de 2015, ne cite son prédécesseur devant le même Congrès qu'avec prudence et au conditionnel. Pas plus que moi, il ne semble avoir pu constater  les armoiries des du Parc. Voici sa description :

"René Couffon a cru reconnaître l'écu de Henri du Parc seigneur de la Roche-Jagu, cité en 1421 comme garde de la foire de Saint-Barnabé  en Runan. Il serait accompagné de sa femme Catherine de Kersaliou, décédée en 1433, dix ans après son mari. Elle est enterrée le 15 novembre 1433 à Runan (René Couffon, "La Roche-Jagu", Soc. d'Emul. des Côtes-du-Nord p. 38). 

Leurs têtes reposent sur des coussins tenus par des anges. Henri du Parc, écimé,  porte une armure de plates complètes aux genouillères bien tracées et Catherine de Kersaliou porte une longue robe au drapé lourd et  ceinturée au dessus de la taille, selon la mode du XVe siècle."

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Pour respecter les conventions, j'adopte dans ma description, comme le fait S. Lemaître, l'hypothèse de René Couffon, qui reste plausible.

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Qui est Henry du Parc ?

Il est le fils de Maurice du PARC, seigneur du Parc ca 1321-1383..1390, Capitaine de Quimper, chambellan du duc de Bretagne, et de Catherine de TROGUINDY, dame de la Roche-Jagu ca 1340-1418. Catherine de Troguindy mourut en 1418 et son fils aîné , Henri du Parc , rendit au duc minu de sa succession le 25 juin de la même année.

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DU PARC d'azur au léopard d'or, au lambel de gueules. Et Morice du Parc, un escuier hardy. MAURICE DU PARC, seigneur du dit lieu, Paroisse de Rosnoën, Evêché de Cornouailles, ainsi qu'il le dit lui-même dans l'enquête pour la canonisation de Charles de Blois, en 1371 (D. Morice, T. II., Pr., col. 9), ne doit point être confondu, comme on l'a fait, avec une autre famille du Parc, sr. du dit lieu, Paroisse du Gouray, et de Locmaria, Paroisse de Ploumagoër, qui s'armait d'argent à trois jumelles de gueules.

Les du Parc de Rosnoën,, issus en ramage des vicomtes du Faou, portaient les armes de ceux-ci, brisées d'un lambel.

Maurice, l'un des champions du combat des 30, puis capitaine de Quimper pour Charles de Blois, contribua, en 1359, pour la somme de 5.000 écus, à la rançon de son maître prisonnier en Angleterre, et, à sa mort, passa au service de France. Suivant l'enquête susdite, il était âgé, en 1371, d'environ 50 ans, ce qui lui donne l'âge de 20 ans lorsqu'il fit ses premières armes au chêne de Mi-Voie. En 1372, il conduisait, avec Alain de Beaumont, l'aile gauche de l'armée du connétable à la déroute des Anglais devant Chisey, en Poitou, et était gouverneur de La Rochelle, en Aunis, en 1373 (Le Laboureur, p. 54). Les anciennes Réformations et Montres de Cornouailles mentionnent plusieurs membres de la même famille, savoir :

Henry, sr. du Parc, employé dans la Réformation de 1426, Paroisse de Rosnoën (*) ; Jean, archer en brigandine dans la Montre générale de 1481 ; autre Jean, sr. du Parc, Réformation de 1536, père de 1° Jean, mineur en 1562 et représenté à une Montre de cette année, par Jacques du Parc, son oncle paternel, en équipage d'arquebusier à cheval ; 2° Jeanne, Dame du Parc, après son frère mort sans hoirs, mariée, vers 1560, à Jean Troussier, sr. de la Gabetière. De ce mariage naquit une fille, Jeanne Troussier, Dame du Parc, mariée, en 1581, à Charles de Penmarc'h, sr. de Coëténez, Paroisse de Plouzané, dont la petite-fille, Marie-Françoise de Penmarc'h, Dame de Coëténez et du Parc, épousa, vers 1675, François Le Veyer, sr. de Kerandantec, Paroisse de Plouzané, et du Ster, Paroisse de Cléden-Poher.

Gabriel Le Veyer, fils des précédents, seigneur du Parc, de Coëténez et du Ster, mourut au Parc et fut enterré, en 1724, à Rosnoën, laissant de son mariage avec Marie-Perronnelle de Kerléan :

Roberte-Angélique Le Veyer, Dame du Parc, de Coëténez et du Ster, épouse de Claude-René de Guer, marquis de Pontcallec, frère de Clément décapité, en 1720, pour sa participation à la conspiration de Cellamare.

(*) Je n'ai pu vérifier cette information.

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Henry du Parc Sr de la Roche-Jagu épousa Catherine de Kersaliou. Il décéda en 1423 entre le 2 octobre et le 19 décembre. Certains auteurs indiquent qu'il décéda à Runan, ce que je n'ai pas pu confirmer et que je tiens comme douteux, ou basé sur la présence de ce gisant.

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Son nom apparait en 1495 dans un acte ducal qui concède à Runan l'établissement d'une foire le jour de la  saint Barnabé (le 11 juin), et qui attribue la garde et le gouvernement de cette foire à Henry du Parc et à ses héritiers :

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1495 Concession d'une foire annuelle au bourg de Runan . Copie de 1683 ( Ar . paroissiales de Runan )

A Vannes, 1421, 19 mai. « Jehan. A tous, salut. Comme à nous de nos droicts royaux et ducheaux, souverainetez et noblesses appartiennent la creatiuon et institution des foires et marchez en nstre duché et non à aultre, et nous ayant suplié et requis les tresoriers et fabriques de l'eglise et chapelle de Nostre Dame de Runargan, en la chatellenie de Chateaulin sur Trieu, pour augmentation de lad. Chapelle et du service divin en icelle, et pour le bien de la chose publique, leur donner et octroyer une foire annuelle et perpetuelle, au jour et feste de la St Barnabé apostre, o les debvoirs, esmoluements et prerogatives y appartenances, Scavoir faisons que nous avons aujourd'hui creé et octroyé aud. Fabrique d'icelle chapelle une foire annuelleet perpetuelle aud. Lieu de Runargan, aud. Jour de St Barbabé, à en jouir avec des debvoirs, esmoluements et prerogatives appartenantz a droitct de foire ; et à ce qu'elle soit seure et en puisse mieux valloir, avons voullu e octroyé, voulons et octroyons que nostre bien amé et feal ch[evali]er et chambellan messire Henry du Parc, s[eigneu]r de la Roche Jagu, ait la garde, gouvernement et juridiction et seigneurye de lad. Foire avec les sequelles et deppandances d'icelle juridiction, à en jouir luy et ses heritiers en perpetuel. Sy mandons et commendons à nos seneschaux, allouez et procureurs de Treguier et du resotrt de Gouelo, etc. etc. En tesmoign de ce, nous avons fait sceller cestes nos presantes en las de soye et cire verte.

Signe, Par le duc. Par le duc, de son commandements et en son conseil, présents : l'evesque de Dol, l'abbé de St Mahé, le sire de Molac, Pierre Eder, chevalier et Jehan de Kermellec.

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Ses armes, et celle de Catherine de Keraliou, se trouvent dans le tympan de la maîtresse-vitre datée de 1423 par déduction héraldique, sous celle des du Perrier 

 

"Au troisième rang, un écu aux armes des du Perrier et un autre losangé mi-parti : au I, du Perrier, au II, écartelé Gaudin et Brienne de Beaumont, armes de Jean du Perrier, sire de Quintin et du Perrier et de Constance Gaudin sa femme, fille de Péan et de Jeanne Riboule. Enfin au dessus des troisième et quatrième panneaux, un écusson losangé mi-parti du Parc de la Rochejagu et de Kersaliou et autre des armes pleines des du Parc, armes de Henry du Parc Sr de la Rochejagu et de sa femme Catherine de Kersaliou.

Ces grandes armoiries permettent de dater avec une très grande précision la verrière. En effet, l'on sait, d'une part, que c'est par contrat du 3 janvier 1423 que Jean du Perrier, veuf d'Olive de Rougé, épousa Constance Gaudin, et d'autre part, qu'Henry du Parc Sr de la Rochejagu décéda en cette même année 1423 entre le 2 octobre et le 19 décembre. L'on peut donc dater la commande de cette verrière de l'an 1423, les armes d'Alain du Parc, frère et héritier d'Henry, et de sa femme Miette de Tréal n'y figurant pas. Cependant les armes de Catherine de Kersaliou précédant les armes pleines des du Parc indiquent que lors de son exécution, Catherine était sans-doute veuve. Probablement était-elle même la donatrice de la verrière, comme semble l'indiquer la présence de sainte Catherine, elle mourut le 15 novembre 1433.". (R.C.)

 

https://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=646

 

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Vue générale.

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Le plateau de granite clair (leucogranite ?) sculpté en haut relief des deux membres du couple est la réunion de deux pièces de pierre, au bord arrondi mais sans moulure, celle de Henri du Parc étant près de deux fois plus large que celle de son épouse. Elles sont posées sur un soubassement fait d'un appareillage de bloc maçonnées, et nous n'avons accès qu'à deux des côtés.

Du côté est, ces pierres sont de taille irrégulières.

Du côté nord, elles sont régulières et les quatre blocs font toute la hauteur du soubassement. La pierre la plus à gauche porte les traces d'un écu martelé, mais ces traces sont ininterprétables. Un nouvel examen à jour frisant y distinguerait peut-être le blason des du Parc , mais la photo que j'ai prise peine à m'en convaincre. Les autres faces, inaccessibles, seraient-elles plus parlantes?

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Armes de la famille du Parc,  d’azur au léopard d’or, brisé d’un lambel de gueules .

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Les deux époux ont les mains jointes, et leur tête encadrée d'anges repose sur un coussin .

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Les pieds des époux reposent sur deux animaux opposés par l'arrière-train et dont la tête et le haut du tronc ont été martelés : cela souligne l'importance de ces animaux comme indice de privilège seigneurial. Il pourrait s'agir de deux lévriers pour Catherine de Kersaliou et de deux lions (ou deux chiens de chasse ?) pour Henri du Parc.

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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L'écu martelé.

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Henri du Parc.

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Il est figuré mains jointes, en armure de plates complète non recouverte d'un tabard mais sans casque, et deux anges de tendresse l'entourent. À sa droite comme à sa gauche, les anges, tournés vers lui, posent leurs mains sur le moignon de l'épaule et sur le bras.

La présence de ces anges entourant le défunt est presque constante sur les gisants des nobles bretons. On les voit déjà sur le gisant de Roland de Dinan, le plus ancien (1222).

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Il ne reste vraiment rien de la tête, et de la chevelure.

Les deux spalières (protection des épaules) ont trois lames articulées, et une forme très oblique, sans arrondi d'épaule.

Puis viennent les cubitières et les brassards, concernés par le martèlement.

Les mains jointes ont été martelées mais devaient être nues.

Sous les bras, se voit la sangle de fixation, bien détaillée, de la cuirasse.

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La tête des anges a été également martelée. Nous distinguons les ailes et leur plumes. Les anges sont vêtus d'une tunique qui descend jusqu'aux pieds, qui semblent nus.

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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L'armure décline ensuite la braconnière, les cuissardes, les grèves et les solerets, à bouts pointus.

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Le seigneur porte une épée courte le long de sa jambe droite, et une épée longue du coté gauche.

L'épée longue est dans son fourreau, et sa taille approche un mètre, si on la compare à la distance entre la ceinture et la cheville du défunt. Elle évoque donc l'épée de taille.

En Occident, le plus courant est l'épée de taille, longue (près d'un mètre) et plate, à deux tranchants. Au XIIe siècle, le pommeau rond se répand et remplace les pommeaux ovales ou lobés des épées normandes. Des modèles à la garde recourbée apparaissent. L'estoc (pointe) peu prononcé (bien que fonctionnel) tend à s'effiler : l'épée d'estoc, plus fine et plus courte (mesurant entre 60 et 75 cm du talon à la pointe), à l'extrémité acérée, plus adaptée aux coups de pointe, devient plus usitée dès la fin du XIIIe siècle de l'épée d'estoc. Son talon est large (jusqu’à 10 cm) et l'estoc très pointu permet de transpercer l'armure entre les plates qui apparaissent alors. À la fin du XIIIe siècle apparaissent les épées longues (à deux mains) telles que le brand d'arçon qui, comme son nom l'indique, est porté sur la selle et est utilisé par le chevalier démonté. Les épées bâtardes (dites à une main et demi) se développent au XVe siècle. Leur longueur et leur masse modérées ainsi qu'un excellent équilibrage (notamment grâce aux pommeaux en ampoule) en permettent l'usage à cheval et à pied, à une ou deux mains. Les épées très longues telles que les espadons restent d'usage au XVe siècle et jusqu'au début du XVIe (Zweihänder des Lansquenets)." (Wikipedia)

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L'épée courte va de la ceinture au genou, soit 50 cm environ. Elle n'a pas de fourreau, il s'agit plutôt d'une dague. Voir les deux épées et la dague de Jehan de Kerouzéré (1460) ou de son père Éon (mort en 1435)  :  la proximité des dates des deux gisants en rend la comparaison précieuse.

 

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Catherine de Kersaliou.

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Sa tête et ses cheveux, ses mains jointes, une partie de ses avant-bras, la tête des anges et celles de ses animaux emblématiques (lévriers ?) ont été martelés.

Elle est vêtu d'une robe descendant jusqu'aux pieds, à décolleté en V souligné par un épais revers, et dont la ceinture, une bande d'étoffe large, sépare un bustier d'une "jupe" plissée. L'ourlet inférieur forme une jolie courbe festonnée au dessus de l'extrémité des chaussures, qui sont pointues.

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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CONCLUSION.

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Il semble indispensable de soumettre ce gisant à un nouvel examen qualifié, afin de tenter de préciser si, oui ou non, les armes des du Parc, avec leur léopard et leur lambel, peut être découvert par un éclairage adapté ou par un examen plus attentif.

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SOURCES ET LIENS.

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—ALAIN (Agnes), 2020, Sortie fontaines et petits patrimoines

https://docplayer.fr/189176009-Sortie-fontaines-et-petits-patrimoine-du-9-mars-2020-pontrieux-runan.html

L'auteur cite Rolland 2016 : "À droite en rentrant, les gisants d'Henry Du Parc , seigneur de La Roche-Jagu (mort en 1 423), et de  son épouse Catherine de Kersaliou (décédée en 1433). On devine à leurs pieds des corps de chiens qui sont le symbole de la fidélité. L’épée du seigneur Henry du Parc est située le long de son corps ce qui signifie qu’il est mort dans son lit et non pas au combat."

https://docplayer.fr/189176009-Sortie-fontaines-et-petits-patrimoine-du-9-mars-2020-pontrieux-runan.html

BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

COUFFON René Couffon, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f154.image.r=runan

 

Tombe élevée du XVe siècle.

Cette tombe, reléguée au bas de l'église a été extrêmement mutilée pendant la Révolution. L'on y distingue, cependant, deux gisants en ronde bosse portant les costumes du début du XVe siècle.

Quoique les écus qui la décorent aient été soigneusement martelés, on y distingue, cependant, encore nettement les armes des du Parc de la Roche-Jagu, ce qui permet d'affirmer que ce tombeau est celui d'Henry du Parc et de Catherine de Kersaliou, dont nous avons mentionné les prééminences [sur le tympan de la maîtresse-vitre].

 

DURAND ( Gildas), 1999,, « Nouvelle théorie sur le retable de Runan. Ses conséquences pour la connaissance de l'art gothique breton », Les dossiers du Centre de Recherche et d'Archéologie d'Alet, no 18,‎ 1999, p. 91-104.

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

— MAN8ROVE

https://man8rove.com/fr/blason/dul7nwn-parc

https://man8rove.com/fr/profile/yru34x5gc-henry-du-parc

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 195.

"Il y a quelques années s'érigeait au milieu de l'une des nefs latérales un sarcophage élevé, représentant un chevalier armé de toutes pièces, mains jointes, couché près de sa femme en habits de châtelaine, les pieds reposant sur des lévriers, la tête soutenue par des anges. M. Luzel (Revue De Bretagne 1868) assure reconnaître dans ces personnages des seigneurs de Lestrézec. Ou bien encore des seigneurs de Kerambellec, les restaurateurs de la chapelle du Rosaire ?. Ce tombeau, aujourd'hui placé à l'angle de la tour et des fonts baptismaux occupait jadis le centre de la nef méridionale.

Mais quelque mystère dont il demeure entouré, ce n'est certes pas là le monument funéraire de Jean V et de Jeanne de France comme le prétend, dans sa «Géographie des Côtes-du-Nord, M. B. Jollivet."

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

— PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

 

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

 

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Published by jean-yves cordier - dans Gisants Sculpture Héraldique
22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 19:37

Le bestiaire — zodiacal, religieux, et général — des sablières ornées (bois polychrome, Le Mérer, v.1895) de l'église de Runan.

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Voir :

 

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PRÉSENTATION.

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Ces sablières ornées et polychromes de la charpente sont contemporaines de la restauration de l'église de Runan en 1895. Elles sont signées de LE MERER sculpteur et réalisées sur commande de la fabrique paroissiale. Elles n'ont jamais fait l'objet de descriptions détaillées et monographiques, malgré leur intérêt, bien que la thèse de référence sur les sablières bretonnes par Sophie Duhem les mentionnent. L'hypothèse souvent reprise d'une description des péchés et des vices a été réfutée par S. Duhem pour la raison (discutable ?) qu'il ne s'agit pas d'une production médiévale, mais moderne. Ces animaux de bestiaire restent inséparables de leur valeur allégorique traditionnelle.

Jean-Paul Rolland, en 2016,  les analyse avec soin, les illustre de 12 photographies, en propose une interprétation allégorique du bestiaire, mais il les date du XVIe siècle ; son interprétation séparant les représentations négatives, au nord, orientés vers le fond de la nef, et positives, au sud, orientés vers le chœur n'est pas validée par la réalité, puisque ces orientations sont opposées à celles qu'il décrit.

Le site Infobretagne en présentait jusqu'à présent le relevé photographique le plus complet.

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Depuis le chœur vers le fond de la nef, nous trouvons :

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I. Du côté sud :

1 à 4 : Les quatre éléments du Tétramorphe caractérisant les quatre évangélistes : Taureau, Lion, Aigle, Ange.

5. Un cheval

6. Un dragon couronné à 7 têtes et à queue étoilée (bête de l'Apocalypse)

7 à 19 : dix des douze signes du Zodiaque (en désordre), les deux autres étant supposés cachés par la tribune. Et un intrus, le homard!!

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II. Du côté nord :

1. Un éléphant

2. Un dromadaire

3. Un perroquet

4. Un mouton

5. Un pélican nourrissant ses petits de son sang

6. Un aigle

7. Un coq 

8. Un chien

9. Un dauphin

10. Une tortue.

11. Un cochon

12. Un serpent

13. Un bouc 

14. Une grenouille

15. Un paon

16. Une inscription de signature

17. Un crocodile

18. Un bœuf (?).

19 et 20 : cachés.

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Le sculpteur Le Mérer.

François-Marie Luzel  mentionne dans son Journal de route un artiste de ce nom cà qui il  rend visite à Lanvellec (au sud de Lannion) en mai 1865 :

"Nous allons voir un menuisier artiste du pays, nommé Le Mérer. Il travaille assez habilement le bois, restaure les vieux meubles, fait des chaires à prêcher et des confessionnaux sculptés pour les églises du pays, et généralement tout ce qui concerne son état. Son père, Phulupic ar Mérer, était aussi un menuisier renommé et, en outre, tournait assez agréablement une chanson bretonne."

https://www.persee.fr/docAsPDF/abpo_0003-391x_1910_num_26_2_4208.pdf

Un autel de Notre-Dame de la Pitié de La Chapelle-Neuve (22) est attribué à "Ph. Le Mérer" qui l'a réalisé avec des panneaux du XVIe siècle

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5729535z/texteBrut

Le site Patrimoine.bzh recense plusieurs pièces de mobilier religieux attribués à Philippe Le Merer de Lannion (vers 1870) et ses fils. Parmi ceux-ci, un Philippe Le Mérer, toujours de Lannion, effectue des boiseries d'un couvent de Tréguier en 1890, tandis qu'un Le Merer de Lannion travaille en 1902 et en 1923 à Ploubezre.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=%22Le+Merer%22

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-pierre-ploubezre/149720d3-8825-4964-afa3-a3e44dec9005

Enfin, une exposition de 2002 apporte toutes les données nécessaires à la synthèse de ces informations :

"En créant l'exposition Le Mérer, les bénévoles, réunis autour de Joël Vandenberghe, ont voulu faire connaître une grande famille d'ébénistes qui a oeuvré à Lannion pendant un siècle, de 1848 à 1950.

Jean-Philippe Le Goareguer, descendant direct de Philippe Le Mérer, a mis à disposition plans, photos, documents sur la famille et les ateliers Le Mérer, situés à Brélevenez. Cette histoire commence aux alentours de la fin du XVIIe siècle, à Plestin-les-Grèves, où est installée la famille Le Mérer, meunier de son état. Elle va se poursuivre au moulin du Roudour, à Plouzélambre, où va naître Philippe 2, fils du meunier Philippe 1, qui abandonnera le moulin pour se consacrer à la menuiserie et aux poèmes. C'est aux environs de 1780 que les premiers Le Mérer s'installent à Lanvellec, avec le mariage de Philippe 2.

Ebénistes sculpteurs au service de l'église

Vers 1848, Philippe 4, petit-fils de Philippe 2, abandonne ses deux frères Jean-Baptiste et Pierre-Marie, menuisiers sculpteurs à Lanvellec, et part s'installer à Lannion où il se mariera. Il remporte le premier prix de sculpture à Saint-Brieuc, en 1846, et se fait remarquer par l'évêque de Saint-Brieuc - Tréguier, Mgr David, qui va lui passer commande de plusieurs mobiliers d'église. En effet, à cette époque (1865-1900), les constructions d'église sont importantes et le style néo-gothique inspiré par les travaux de Viollet-Le Duc est principalement utilisé. Les ateliers vont ainsi construire bon nombre d'autels, de chair à prêcher, de stalles que l'on retrouvera un peu partout, en Trégor mais aussi à l'étranger, et même au Vatican, puisque Philippe 4 offre, en 1888, un porte-missel au pape Léon XIII, à l'occasion de son jubilé sacerdotal. Un présent qui lui vaudra une médaille d'argent à l'exposition vaticane.

Une oeuvre qui subsiste au travers de l'orgue

Toute l'oeuvre de la famille Le Mérer subsiste et l'on peut la découvrir dans bon nombre d'églises des Côtes-d'Armor (Paimpol, Lannion, Bégard, Tréguier, Ploubezre, Yvias, Bulat, etc.). Bien entendu, l'église Saint-Brendan, de Lanvellec, abrite quelques-unes de leurs réalisations, dont la plus fameuse, la chair qui a vu la participation de toute la famille à sa fabrication. La Première Guerre mondiale et la séparation du Clergé et de l'Etat ont mis à mal l'atelier, qui fermera ses portes dans les années 1950, après avoir employé pas loin d'une cinquantaine de personnes. La famille Le Mérer est étroitement liée à l'orgue de Dalham, qui fait les beaux jours du festival de musique ancienne, car ils ont été pendant des années organistes de l'église Saint-Brendan. Constance Le Mérer publiera même quelques vers acides sur le démantèlement de l'orgue." Le Télégramme 10 juillet 2002

https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20020710&article=4686434&type=ar

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Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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DESCRIPTION : LE CÔTÉ SUD DEPUIS LE CHOEUR.

 

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Tous les éléments sont reliés par un rinceau à larges feuilles.

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Les quatre emblèmes des évangélistes, issus du Tétramorphe.

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Ils montrent plus de souci de vérité naturaliste que de référence à l'iconographie chrétienne, et les deux premiers ne sont pas ailés.

 

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1. Le taureau de saint Luc.

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Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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2. Le lion de saint Marc.

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Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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3. L'aigle de saint Jean.

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Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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4. L'ange de saint Matthieu.

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Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le cheval, et la Bête de l'Apocalypse.

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5. Le cheval.

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Je ne sais comment l'insérer dans cette séquence à thématique chrétienne, à moins d'y voir une figure métonymique des quatre Cavaliers de l'Apocalypse.

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Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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6. La Bête de l'Apocalypse.

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Sa queue, dardée en flèche,  est entourée de quatre étoiles. Les sept têtes sont couronnées.

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Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Les douze signes zodiacaux.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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7. Le Verseau.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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8. Les Poissons.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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9. Le Bélier.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières de l'église de Runan.
Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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10. Le Taureau.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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11. Les Gémeaux.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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12. Le homard.

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Il n'est mentionné ni dans la description de Jean-Paul Rolland ni dans celle de Michel Lascaux. J'ai hésité avec la langoustine, en raison de sa couleur. On fera comme on voudra. Mais ce n'est pas la langouste, qui n'a pas de grosses pinces.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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13. Le Lion.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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14. Le Sagittaire.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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15. La Balance.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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16. Le Cancer.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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17. Le Centaure.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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18 et 19 : la Vierge et le Capricorne ? On admettra qu'ils sont cachés par la tribune.

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On voit en effet le début d'une figure zodiacale, qui montre que la sablière se poursuit jusqu'au fond de la nef.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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DESCRIPTION : LE CÔTÉ NORD DEPUIS LE CHOEUR.

 

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1. L'éléphant.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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2. Le dromadaire

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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3. Le mouton.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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4. Le Perroquet.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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5.Le Pélican.

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Comme dans le symbole chrétien du Christ et de l'Eucharistie, il se blesse la poitrine avec son bec pour nourrir ses petits.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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6. L'aigle.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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7. Le coq.

 

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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8. Le chien.

 

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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9.  Le dauphin.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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10. La tortue.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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11. Le cochon.

 

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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12. Le serpent.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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13. Le bouc.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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14. La grenouille.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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15. Le paon.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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16. L'inscription.

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LE MERER SCULPTEUR FAIT PAR LE SOIN DE LA FABRIQUE.

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Je rappelle que la "fabrique" désigne les administrateurs (souvent au nombre de deux) désignés pour l'année pour gérer les biens et revenus de la paroisse et décider des travaux à effectuer.

L'inscription est sculptée, en lettres gothiques peintes en rouge, sur un phylactère blanc dont l'extrémité de gauche se fond ou se superpose avec la gueule d'un animal (évoquant une belette par exemple). Celui-ci mord la queue du dragon qui suit.

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Les sablières de l'église de Runan.

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17. Le crocodile.

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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18. Le bœuf (ou chien ??).

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Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Les sablières ornées (bois polychrome, Le Merer, v.1895) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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19 et 20. Il nous reste à deviner les deux animaux cachés par la tribune.

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Note : cette tribune date de la fin du XIXe siècle, elle est donc contemporaine des sablières, mais légèrement postérieure.

 

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SOURCES ET LIENS.

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes, 1997 - 385 pages, pages 2, 19, 39, 46, et 265.

— WIKIPEDIA

"L'ensemble de l'église est couvert par une voûte lambrissée. Dans le vaisseau central, les sablières qui portent le lambris sont sculptées et représentent, côté nord [sic ], les signes du Zodiaque, côté sud, des animaux symbolisant les vices, tirés d'un bestiaire. Cette voûte de bois, ainsi que celles qui la contrebutent dans le bas-côté sud, date de la restauration du xixe siècle "

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

— COUFFON René Couffon, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f154.image.r=runan

— DURAND ( Gildas), 1999,, « Nouvelle théorie sur le retable de Runan. Ses conséquences pour la connaissance de l'art gothique breton », Les dossiers du Centre de Recherche et d'Archéologie d'Alet, no 18,‎ 1999, p. 91-104.

—Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

— MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 195.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411435g/f134.image.r=runan?rk=42918;4

 

—MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

 

—ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

 

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

—ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Sculpture Chapelles bretonnes
21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 14:37

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart.

 

 

 

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 Voir les œuvres de Roland Doré :

 

 

 

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PRÉSENTATION.

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Senven-Léhart est un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Plésidy . Le nom de la localité est attesté sous la forme Saint Neven en 1543 : Senven-Léhart vient du breton Néven (vieux breton Numin) et de Léhart, nom du fief des seigneurs de Léhart, eux-mêmes juveigneurs de la maison d'Avaugour. 

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Le calvaire de Senven-Léhart est un calvaire en granite et kersantite datant du milieu du XVIIe  siècle. Il est classé monument historique depuis le 12 octobre 1964.

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Avec le calvaire de Senven-Léhart, Roland Doré réalise une œuvre importante sans renouer avec la tradition du grand calvaire monumental (Plougonven, Pleyben, Plougastel, ...) dont l'époque est révolue. "Il peut, avec ses 18 personnages, être qualifié de calvaire de taille moyenne" (Le Seac'h) ; on le comparera aux vestiges du calvaire de Plourin-lès-Morlaix, dont 15 statues sont conservées.

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Premières descriptions :  deuxième moitié du XIXe et début du XXe.
 

— JOLLIVET (Benjamin ) 1856, Les Côtes-du-Nord: histoire et géographie,  Page 221

https://www.google.fr/books/edition/Les_C%C3%B4tes_du_Nord/GvNAAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22senven-l%C3%A9hart%22+calvaire&pg=PA221&printsec=frontcover

« On admire, dans le cimetière, un magnifique calvaire en pierre de Kersanton, sur lequel sont sculptés dix-huit ou vingt personnages d'une assez grande dimension. On a eu la malencontreuse idée de badigeonner de rouge ce calvaire, de telle sorte que vu à quelques pas seulement, il semble fait de bois peint, ce qui détruit évidemment tout l'intérêt qui s'attache à ce monument. Nous conseillons de le faire gratter par un ouvrier intelligent ; ce sera une opération peu coûteuse, dont la paroisse ne refusera certainement pas de faire les frais."

 

— Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc · 1884, Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes du Nord.. - Page 48

 

 

https://www.google.fr/books/edition/M%C3%A9moires_de_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_arch%C3%A9ologique/cVczcqmipTUC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22senven-l%C3%A9hart%22+calvaire&pg=PA48&printsec=frontcover

"Trois croix entourés de vingt personnages dont deux à cheval"

— LE GOFFIC (Charles), 1902, L'Âme bretonne, Honoré Champion ed. tome I.

https://www.google.fr/books/edition/L_%C3%82me_bretonne_Tome_Ier/B4KrDgAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22+l%27un+des+chevaux+est+litt%C3%A9ralement+noy%C3%A9+...%22&pg=PA113&printsec=frontcover

"Ajoutons que le nombre des statues qui décorent le calvaire de Senven-Lehart est exactement de 12 et non de 18 ou 20, comme dit Jollivet. « Quant au badigeon dont il est question chez cet auteur, m'écrit M. l'abbé Le Febvre, les morsures du temps lui ont bien fait perdre de sa crudité... En 93, craignant pour leur calvaire, les habitants détachèrent Christ, larrons, chevaliers et statues et les enterrèrent dans un champ près de la chapelle. Le monument, quoique fort beau, ne porte que trop de traces de cet enlèvement . précipité: les deux chevaux et quatre des statues ne tiennent que par le ciment qui relie leurs parties brisées; l'un des chevaux est littéralement noyé  jusqu'au ventre dans le ciment ".

 

— DESPORTES (P. ),  1914,  Ma Bretagne: de la Rance au Douron - Page 72

"Après le calvaire de Lanrivain , le plus monumental des Côtes - du - Nord , il faut citer celui de Senven-Léhart que décorent une douzaine de personnages , dont deux statues équestres . En 1793 , les habitants enlevèrent eux - mêmes  les statues de leur calvaire, pour les mettre à l'abri des démolisseurs. Mais il reste des traces malheureuses de cet de cet enlèvement trop hâté ."

— STANY-GAUTHIER (Joseph) 1950, Les calvaires bretons - Page 26.

"SENVEN - LÉHART Conçu suivant un parti différent , il présente un soubassement très simple avec trois croix aux fûts cylindriques portant d'intéressantes figures mais le morceau sculptural capital est la Pietà placée au pied du fût central. A la base des croix des larrons il y a, d'un côté la Madeleine, de l'autre une Sainte-Femme [sic]. Aux deux extrémités du socle se dressent les cavaliers."

https://www.google.fr/books/edition/Les_calvaires_bretons/9mk9AQAAIAAJ?hl=fr&gbpv=1&bsq=capital+est+la+Piet%C3%A0+plac%C3%A9e+au+pied+du+f%C3%BBt&dq=capital+est+la+Piet%C3%A0+plac%C3%A9e+au+pied+du+f%C3%BBt&printsec=frontcover

— La description la plus complète est celle des pages 212-214 d'Emmanuelle LE SEAC'H dans son ouvrage sur les sculpteurs en pierre de Basse-Bretagne paru en 2014, et illustré de plusieurs clichés détaillés.

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Décompte des 18 personnages.

Il est écrit partout, y compris dans les articles officiels, ou de référence (Le Seac'h) que le calvaire ne conserve que 11 , ou 12 (C. Le Goffic) statues contre 19 à l'origine. Mais personne ne cite la source de ce décompte initial ("Seules onze statues demeurent sur les dix-neuf qu'il comporte à l'origine. La disposition actuelle des personnages sculptés serait due à une reconstruction après la Révolution." Wikipedia). D'autre part, je compte aujourd'hui (juin 2022) 17 personnages. 13 sur la face ouest (ne pas oublier les deux anges) et quatre sur la face est. On peut ajouter un ange au calice agenouillé placé sous les pieds du Christ sur un culot sur la face occidentale du fût. Lors de ma visite, et donc sur mes clichés, le culot était vide, comme sur le cliché du site monumentum.fr. Mais il est décrit par Le Seac'h p. 212), et on le voit sur les CPA et autres documents photographiques récents dont celui de Le Seac'h. Si on compte ce personnage, cela porte le total à 18. Donc proche du chiffre donné par le premier descripteur, Jollivet, qui indiquait 18 à 20 personnages.

L'ange au calice, actuellement manquant, avait été scellé par un procédé sensible au gel et sa fixation n'était plus assuré :  le maire de la commune, monsieur Gilbert Burlot, l'a placé en lieu sûr et le fera remettre  en place avant la fin 2022 (communication personnelle).

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Reconstitution.

Ce calvaire adoptait-il jadis la composition, habituelle, d'un calvaire à un croisillon ( avec Marie et Jean de chaque côté) ou à deux croisillons (les deux cavaliers occupant le second) ? On peut objecter que, dans ce cas, les statues de la Vierge et de Jean seraient géminées respectivement à celle des saints Pierre et Yves.

 

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Commanditaire.

Le commanditaire pourrait être selon Le Seac'h (*) Maurice de Perrien de Crénan qui a érigé la chapelle de Léhart [celle de Saint-Tugdual en Pen Léhart ?] en église tréviale en 1614. La seigneurie de Léhart appartenait  aux Nepvou, une branche lointaine des ascendants des Perrien, depuis 1565 environ. 

(*)Le Noir de Tournemine (H.), Aperçu de l'histoire de Crénan, Saint-Brieuc 1911, réimp. Paris 2003 p. 250.

Pourquoi ne pas penser plutôt à Pierre de Perrien (1616-1670), son fils, seigneur de Léhart et marquis de Crénan ? Grand échanson du roi et maréchal de camp en 1649, gouverneur de la Bretagne, il épousa en 1644-1645 Madeleine du Bueil. 

En effet, c'est probablement lui qui commanda à Roland Doré (après 1645) les quatre sculptures en kersanton conservées dans la cour du château de Trécesson à Campénéac, où le comte Henri de Pontbriant, descendant de la famille de Perrien de Crénéan les installa. Elles provenaient du parc du château de Crénan au Fœil près de Quintin. Les quatre statues en pied seraient celles de Pierre de Perrien et de son épouse, ainsi que de ses parents Maurice, et Anne d'Urvoy. Les visages aux pupilles creusées sont typiques du sculpteur, au même titre que les statues de ce calvaire. 

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Le sculpteur.

Je ne reviens pas sur la biographie et le corpus des œuvres de Roland Doré, installé à Landerneau et actif de 1618 à 1663, puisque ce blog s'attache à en découvrir les sculptures si caractéristiques les unes après les autres et  a déjà donné toutes ces précisions. J'ai l'habitude de le surnommer le Michel-Ange du kersanton, certes avec exagération mais pour souligner l'importance, dans l'art monumental de Bretagne, de celui qui, obtint le sculpteur royal, et a travaillé, uniquement en kersantite extrait en Rade de Brest, pour plus de 82 paroisses une centaine de croix et de calvaires, 54 apôtres et une kyrielle de statues de saints et de saintes.

Je renvoie à  CASTEL et à LE SEAC'H.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Dor%C3%A9

Ici, seuls les personnages sont en kersantite, les fûts, leurs socles et le soubassement étant en granite.

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Présentation.

Édifié sur le placître de l'église paroissiale, le calvaire est constitué d'un massif en pierre de granite local avec un autel ou table d'offrande sur le côté ouest. Trois croix jaillissent de la plateforme, celles du Christ entouré des Larrons. Sur le socles au pied des fûts des Larrons, les statues de Jean et de la Vierge encadrent une Déploration adossée au fût central. Les deux cavaliers de la Passion (Longin et le  Centenier) sont placés sur le dernier degré du soubassement.

"Les expressions des personnages varient, passant de la sérénité pour le Christ, à l'affliction pour les saintes Femmes, sans oublier la caricature grotesque pour le mauvais larron. Le sculpteur fait preuve ici d'un indéniable talent dans la représentation des sentiments humains.

Les traits fins des personnages et la maîtrise des drapés font de ce calvaire une œuvre majeure dans le catalogue du sculpteur." (Le Seac'h p.213)

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DESCRIPTION.

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— LE CÔTÉ OUEST.

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Sur la croix principale dont il manque le sommet (et le titulus INRI) depuis le XXe siècle (elle est intacte sur les CPA), le Christ est entouré  de deux anges au calice, taillés dans le même bloc, ou du moins solidaire de celui-ci. Un autre ange au calice était posé plus bas sur la console du fût. L'ange à la droite du Christ tient deux calices, l'un pour le sang de la main droite, l'autre pour l'eau (aqua lateris) du flanc droit. 

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Les croix des larrons en forme de tau encadrent le crucifié. Le Bon Larron, les bras liés à la traverse, regarde vers le centre du calvaire. Il est vêtu de chausses plissées et dont la braguette proéminente est dotée de deux ou trois languettes arrondies et de deux boutons ronds . Le Mauvais Larron, lié de la même façon, détourne le regard et tire la langue. Ses chausses sont à crevés (*), la braguette est à trois boutons. Tous les deux sont barbus et ont les cheveux longs, mais le Bon Larron porte une barbe peignée à moustache horizontale alors que le Mauvais Larron a une barbe Louis XIII ou Richelieu (moustache et barbichette pointue) portée vers 1635. L'une des jambes est fléchie, —mais moins que sur les calvaires du XVIe siècle — pour rappeler que selon les évangiles les soldats leur brisèrent les jambes pour mettre un terme à leur agonie.

(*) La mode des crevés est propre au XVIe siècle (François Ier, Henri II) et témoigne d'un anachronisme délibéré de la part du sculpteur et du maintien des traditions hérités des calvaires bretons des ateliers landernéens du XVIe siècle, celles des Prigent (1527-1577) et du Maître de Plougastel (1570-1621) notamment, mais aussi de l'atelier de Brasparts (fin XVe), de Saint-Thégonnec (1550-1610) et de  Guimiliau (1575-1589).

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La statue de la Vierge est placée contre le fût du gibet du Bon Larron, et celle de Jean contre celui du Mauvais Larron. Entre eux, contre le fût de la croix, une Déploration à quatre personnages (le terme de "pietà" sera évité, et réservé à la Vierge portant le corps de son Fils, sans autre personnage) associe à Marie une Sainte Femme et Marie-Madeleine, selon le thème des "trois Marie".

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Le cavalier de notre gauche, devant la Vierge, tient en main droite le manche d'une lance, dont la hampe est perdue (mais son trou de fixation atteste de son existence). Il porte l'index de la main gauche sous sa paupière. C'est donc Longin, le cavalier et lancier  de l'évangile Jean 19:34, promu centurion dans la tradition médiévale et qui transperça le flanc droit du Christ pour s'assurer de sa mort en faisant jaillir de la plèvre le liquide ("eau" mêlé de sang) d'un épanchement.

Selon la tradition, ce liquide, en s'écoulant le long de la lance ou par projection, vint atteindre l'œil du lancier, qu'il guérit d'un trouble de la vision (taie ?), métaphore de sa conversion à la foi chrétienne : il fut considéré comme un saint : voir Jean de Vignay, traduction (1348) de la Légende dorée de Jacques de Voragine chap. 50 :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84260044/f161.item

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Le cavalier à notre droite n'est pas Stéphaston, comme on le lit trop souvent, mais le Centurion converti, celui qui s'est écrié lors de la Passion Vere filius Dei erat iste, "vraiment celui-ci était le fils de Dieu", la première déclaration de foi cité par les évangiles après la mort du Christ Mt 27:54. On le trouve représenté, en symétrie de l'axe de la croix avec Longin, dans les enluminures et les verrières peintes de la Passion, avec souvent le visage et le doigt levé vers le Christ, et un phylactère qui cite ses paroles. Dans Marc ou Luc il s'écrie  Vere hic homo justus erat :

Matthieu 27 :54 A la vue du tremblement de terre et de ce qui venait d'arriver, l’officier romain et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus furent saisis d'une grande frayeur et dirent: «Cet homme était vraiment le Fils de Dieu.» Centurio autem, et qui cum eo erant, custodientes Jesum, viso terraemotu, et his quae fiebant, timuerunt valde, dicentes: Vere Filius Dei erat iste. (Vulgata)

Luc 23 47 Le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit: Certainement, cet homme était juste. Videns autem centurio quod factum fuerat, glorificavit Deum, dicens: Vere hic homo justus erat. (Vulgata). 

Marc 15:39 :  Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu'il avait expiré de la sorte, dit: Assurément, cet homme était Fils de Dieu. Videns autem centurio, qui ex adverso stabat, quia sic clamans expirasset, ait: Vere hic homo Filius Dei erat.

 

Malgré la constance de cette figure du cavalier au phylactère qui l'identifie avec certitude, je ne parviens pas à lutter contre Stéphaston, que des auteurs éminents reconnaissent ici. Je pourrais produire les liens vers touts mes études des Passions du Finistère que je serai impuissant contre ce virulent virus, ce mème  qui contamine les mémoires, les livres et la toile.

Un seul exemple : sur le calvaire monumental de Plougonven (Prigent), les mots vere filius dei erat sont sculptés sur le côté gauche du cavalier. 

Je clame en vain dans le désert. Seule une projection divine saurait laver les yeux des savants prompts à reproduire les dires de leurs pairs. 

 

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Notre cavalier est bien un officier : son armure et son manteau en atteste. Mais, et c'est là encore une tradition iconographique médiévale très établie, des détails suggèrent qu'il ne s'agit pas d'un militaire romain, mais d'un soldat Juif : son scapulaire, mais surtout sa barbe et ses cheveux longs, et plus encore son turban (détail qui, en iconographie de l'époque,  indique aux contemporains une origine orientale) sur un chapeau vaguement conique, mais bien différent d'un casque. Il associe les traits d'un centurion et ceux d'un grand prêtre.

Le texte grec, donc originel, utilise le terme hekatontarches, "chef d'une centaine", un officier romain, un centurion. Il n'y a pas d'ambiguïté dans le texte évangélique sur l'appartenance de cet officier à l'armée romaine.

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Les pièces de harnachement des chevaux sont rendus avec un goût moins prononcé pour ces détails que sous le burin des Prigent. L'extrémité de la queue des chevaux est tressée.

 

 

 


 

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le Christ sur la croix.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Les anges hématophores.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le bon  Larron .

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le Mauvais Larron .

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La Vierge au calvaire .

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Saint Jean au calvaire.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Longin tenant sa lance et portant son index sous l'œil gauche.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le Centenier convaincu de la divinité du Christ.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La Déploration à quatre personnages.

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Voir les Déplorations de Bretagne (classé par ordre chronologique approximatif) :

 

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De Roland Doré, on retiendra la Déploration, bien différente, du calvaire de Brennilis, et celle, plus proche, de l'église de Châteaulin (avec saint Jean et Marie-Madeleine). Ses Vierges de Pitié (ou pietà) sont plus fréquentes, à Cast, Sainte-Anne-la-Palud, Saint-Claude en Plougastel, Plourin-lès-Morlaix.

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La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle) de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

 

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Ici, la construction générale est plus proche d'un trapèze que d'un triangle, et le Christ est presque allongé, le tronc cambré sur le chevalet du genou droit de Marie. Les deux bras forment avec le corps une croix. La Sainte Femme soutient la tête et le bras gauche, la Vierge a les mains croisées, et Marie-Madeleine, qui tient le flacon d'aromates de l'embaumement, a la tête baissée vers les pieds de son Maître (Rabouni) : on sait le lien privilégié qu'elle a, dans les évangiles ou la tradition iconographique, avec les pieds du Christ.

Les visages (surtout les deux premiers) sont figés, inexpressifs, intériorisés : le groupe est comme plongé dans le silence du chagrin inexprimable.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Une Sainte Femme (Marie Salomé ou Marie Cleophas).

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La Vierge Marie.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Marie-Madeleine.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le Christ.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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II. LE CÔTÉ EST.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Saint Yves, le livre-ceinture et le signe d'argumentation juridique.

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a. Le costume.

Saint Yves porte la "barrette" ou bonnet carré (de recteur ou de docteur), le camail  dont la capuche est rabattue, et le surplis au dessus de la cotte talaire. 

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b. Le livre-ceinture.

Un livre (l'ouvrage de droit canon, condensé des Décrétales, qu'il doit posséder comme Official, c'est à dire comme juges aux affaires ecclésiastiques du diocèse de Tréguier) est suspendu à son poignet  droit)  car il est enveloppé dans un étui de transport dont il est relié, et suspendu par un lien s'achevant par une boule.

Cet accessoire est désigné aujourd'hui en histoire de l'art sous le terme de "livre ceinture". 
Voir mes commentaires sur celui-ci ici :https://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-motreff.html

On  trouve aussi ce livre-ceinture parfois sur les statues de saint Jean (Mellac, Motreff, Quilinen), sur  les figures des apôtres (saint Philippe sur le Calendrier des Bergers 1498), et,  porté par Yves, sur le calvaire de Pencran, sur celui de Saint-Thégonnec et sur des vestiges d'un calvaire de Guipavas. Entre autre.

On le trouve également, sculpté par Roland Doré, sur le calvaire de Plourin-lès-Morlaix.

Le calvaire démantelé (kersanton, Roland Doré, vers 1630) de Plourin-lès-Morlaix.

Sur le calvaire de Saint-Thégonnec :

https://www.lavieb-aile.com/2021/03/le-calvaire-de-saint-thegonnec.ii-les-croix.html

 

 

c. Le geste de l'argumentation.

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Yves de Kermartin pose la pulpe de l'index sur celle du pouce, geste précis, qui est repris dans de nombreuses représentations du saint, si bien qu'il devient un véritable attribut, le symbole de ses compétences dans la défense juridique et de sa maîtrise de la rhétorique et de l'éloquence.

—  Saint Yves et le geste de l'argumentation :

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Roland Doré a représenté saint Yves sur les calvaires d'Irvillac (Coatnan), de la chapelle Saint-Claude à Plougastel, de Plourin-lès-Morlaix et de Bodeniry à Saint-Thégonnec. La statue de la chapelle Saint-Claude (v.1630) est très proche de celle-ci, mais les pouvoirs publics y laissent prospérer les lichens.

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

 

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Vue sur le positionnement de la pulpe de l'index sur celle du pouce.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Gros plan sur les iris aux pupilles creusées.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Un roi couronné tenant la main de justice. Saint Louis ? Un saint roi breton (Mélar, Judicaël ou Salomon)?

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Il est impossible de départager les tenants des différentes hypothèses face à ce roi, couronné, tenant la main de justice et vêtu d'une armure et d'une cape.

On se souvient, en admirant la précision avec laquelle sont détaillées les pièces des jambières, que Roland Doré excelle aussi dans l'art funéraire des gisants. Les plaques articulées superposées et rivetées des cuissots, genouillères, grèves et solerets (à bouts ronds) est remarquable.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le Christ de dérision (Ecce Homo).

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Le Christ, dont les soldats se moquent d'une prétention à être "roi des Juifs" a les poignets liés devant la poitrine, la main gauche tient le roseau dont les bourreaux l'ont affublé en guise de sceptre, et on lui fait porter, sur le corps ensanglanté par la flagellation, un manteau "royal" tandis qu'on l'a couronné d'épines. Les pieds nus témoignent de son dénuement. C'est dans cette tenue que, selon Jean 16:5, Pilate l'a présenté au peuple en s'écriant Ecce Homo, "Voici l'homme!".

Il est très fréquent de voir, sur les calvaires bretons, une Vierge de Pitié (ou une Déploration) placée du côté ouest, et en correspondance du côté est, un Christ aux liens, ou un Ecce Homo.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Saint Pierre tenant sa clef et le livre (Acte des Apôtres).

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Saint Pierre se reconnaît à sa clef, mais aussi à son "toupet", touffe de cheveux isolés sur la calvitie frontale, que les sculpteurs n'omettent jamais de figurer. Comme tous les apôtres (Roland Doré en a sculpté un grand nombre aux porches des églises), il est barbu (seul Jean est imberbe), il  tient un livre, ses pieds sont nus, et il porte une robe boutonnée de boutons ronds.

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Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le calvaire (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré) de Senven-Léhart. Photographie lavieb-aile juin 2022.

ANNEXE

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ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 97 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)

 

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre.

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière, crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pietà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ? Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (v.1630) de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix  Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos. 15 personnages dont Yves, Marie-Madeleine, les 4 évangélistes, saint Grégoire, une Piétà et une Fuite en Égypte

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) de l'église Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. 18 personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

 

 

Mais aussi : Dinéault, croix de Ty-ar-Névez

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-ty-ar-nevez-ou-croaz-moudennou-a-dineault.html

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STYLISTIQUE DE ROLAND DORÉ (d'après E. Le Seac'h)

 Voir aussi infra Y.-C. Castel.

Roland Doré a sculpté uniquement dans le kersanton. Son style dépouillé, facilement reconnaissable et proche de l'épure, a contribué à établir sa réputation. Il se distingue par son souci de replacer la réalité des formes dans l'espace en allant à l'essentiel. Sa virtuosité à sculpter les visages doux de ses Vierges ou à donner un tempérament à ses œuvres profanes en fait un sculpteur d'exception. Il a débuté comme compagnon dans l'atelier du Maître de Plougastel (1585-1617) puis a entrepris une carrière prolifique à Landerneau.

— Le Christ :

Les représentations du Crucifié sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes. Les Christ penchent la tête du coté droit, les yeux clos. Leurs pagnes plats sont noués sur le coté gauche. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines. Les crucifix courts dont le canon est à cinq têtes se différencient des crucifix longs à sept têtes (Y-P. Castel).

La couronne d'épines est caractéristique, aux deux brins entrelacés en forme de carré.

 

— Les Vierges à l'Enfant : elles portent leur enfant sur le bras gauche, la main droite tenant une pomme. Elles ont le visage poupin , les yeux en amande au sillon palpébral bien dessiné. et arborent le fin sourire « doréen ». 

— Les personnages de Roland Doré se reconnaissent aussi à leurs yeux dont l' amande presque losangique est soulignée d'un trait creux et aux  pupilles creusées. Les visages sont ronds au dessus d'un étage inférieur triangulaire à petit menton rond. La bouche, très caractéristique, est fine, figée en demi-sourire énigmatique, avec des commissures creusées en fossettes.

— Saint Jean accompagne la Vierge sur les croix et calvaires. Sa gestuelle varie peu : les deux mains posées sur la poitrine, (Seznec à Plogonnec, N.D de Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Nicodème à Ploéven (1637), Tinduff à Plougastel, Saint-Vendal à Douarnenez) ou simplement une seule main, l'autre étant cachée sous sa tunique (Sainte-Anne-la-Palud à Plonévez-Porzay). Plus rarement, il serre le pan de sa tunique et appuie un livre fermé contre sa poitrine (Coatnan à Irvillac) . Parfois il joint les mains, les doigts entrelacés (Plogonnec) ou il tient un livre dans le creux formé par sa main gauche (Cast, 1660). Sa physionomie est partout similaire. Le seul changement appréciable se voit dans sa chevelure lisse (Seznec ou Saint-Pierre à Plogonnec, Commana, Tinduff à Plougastel, à l'ouest de l'église de Plounéour-Ménez en 1641) ou bouclée (Saint-Nicodème à Ploéven en 1637, Coatnan à Irvillac en 1644, Saint-Vendal à Douarnenez (1655) , Sainte-Anne-la-Palud à Ploénevz-Porzay, Saint-Nic, Cast) comme sur les gisants mais d'une manière aléatoire sans que l'on puisse repérer une évolution chronologique.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle) , Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/52e804fd7d01573ff17156ea10bcef19.jpg

 

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

 — CASTEL in DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm  D'après les travaux d'Yves-Pascal  CASTEL  .

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_233/roland__dore__et__les_enclos__paroissiaux.pdf

"Doré s'est forgé un style si reconnaissable que certains amateurs se refusent à y déceler ces variations, subtiles mais réelles, qui font d'un simple praticien un artiste véritable qui s'attache à renouveler sa manière.

Les anatomies des personnages se cachent sous des étoffes lourdes, les mains sont stylisées, les pieds nus dépassant la tombée des plis des tuniques se réduisent à un rang de billes inégales... Tout cela pourrait faire illusion sur le talent de l'artiste encore que nous le verrons, on repère des exceptions.

Mais il y a les visages !

Fronts bombés, lisses ou creusés de rides, selon l'âge ou le sexe des personnages, ligne des arcades sourcilières larges et franches, pommettes pleines et arrondies, un visage de Doré se reconnaît presque toujours.

Les yeux, où se réfugient la manière et les intentions de l'artiste, tout comme ses manies et ses tics, sont particulièrement typés. Les paupières en amande ont le sillon palpébral toujours indiqué. En ceci, Doré se démarque franchement du maître du calvaire de Plougastel-Daoulas, qui , supprimant tout sillon, donne toute l'importance au globe oculaire. Au contraire, dans une option naturaliste

, Doré concentre l'intérêt sur l'iris. Il marque la pupille d'un creux expressif, dont la direction invite le regard de l'observateur à une mobilité qui participe à la vie de ces faces minérales.

Le sillon naso-labial est creusé, plus ou moins, s'articulant sur des lèvres relativement fines.

L'étonnant, dans ce traitement des visages, est qu'il contraste, mis à part les traits incisifs des chevelures et des barbes, avec l'agencement des drapés des vêtements et de leurs plis.

Des étoffes opaques qui masquent les corps, nous l'avons dit, dissimulant les anatomies, en quoi Doré s'engage dans un hiératisme qui l'éloigne du style de l'époque dans laquelle il s'insère. Encore que certaines grandes pièces, telle la Vierge de l'Annonciation de Saint-Thégonnec, invitent à tempérer ce jugement.

Les drapés, calmes et amples, se déploient en pans sculpturaux soulignant la majesté des volumes, tels ceux de la Madeleine du groupe de Notre-Dame-de Pitié si fascinant de Senven-Lehart.

Si les drapés sont stylisés, l'origine de leurs plis n'en demeure pas moins naturelle, structurant, en les animant tout à la fois, les silhouettes. Les plis, formés sur des étoffes épaisses et fermes, captent avec vigueur les ombres d'une sculpture destinée à vivre en plein vent, plus qu'à habiller des corps qui se font oublier.

Plis en becs caractéristiques sur les flancs des blocs sculptés. Plis en volutes, simples ou composés, aux lisières latérales. Plis en volutes simples à queue d'aronde, à étages et bouillonnants dans les pans des manteaux rebrassés. Plis couchés et repassés se chevauchant les uns les autres. Plis en accordéon, sur les manches ajustées. Plis en éventail sur les bras qui portent le manteau."

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

— AUTRES LIENS (Clichés)

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Calvaire_de_Senven-L%C3%A9hart

https://www.bretagneweb.com/photos-22/22-senvenlehart.htm

http://www.infobretagne.com/senven-lehart.htm

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089662

https://famille-madore.fr/guillaumefol/senven.php

https://monumentum.fr/calvaire-pa00089662.html

https://www.paroissespaysdeguingamp.catholique.fr/blog/2022/04/05/le-calvaire-de-senven-lehart/

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Roland Doré Kersanton Calvaires

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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