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11 décembre 2025 4 11 /12 /décembre /2025 18:11

Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490)  de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue, II: les animaux et personnages  des haut-dossiers.
 

Voir : 

Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490) de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue. I, les miséricordes, les appui-mains et les jouées.

PRÉSENTATION

Si les miséricordes de la chartreuse Saint-Sauveur ont reçu toute l'attention qu'elles méritaient, les "haut-dossiers" ou panneaux verticaux au dessus des sièges ont peut-être été moins étudiés ; du moins je n'ai pas su trouver  de clichés en ligne les concernant, et encore moins d'étude monographique, alors qu'ils abritent chacun  une paire de motifs sculptés passionnants.  Ils sont au nombre de 34 pour 30 sièges, pour compenser les retours d'angle.

Ils relèvent d'un art médiéval (aucun élément Renaissance) où dominent largement — comme c'est également le cas pour les miséricordes— les représentations d'animaux (oiseaux, chien, lion, ours, dragons) associés à des humains (homme sauvage chasseurs, ou fous), à des feuillages, et, fait insigne, à un blason du donateur Vesian Valette et de son épouse. Mais à la différence des miséricordes, ces animaux et humains affrontés deux à deux dans chaque angle supérieur des dossiers composent souvent des saynètes évoquant les enluminures marginales des manuscrits. L'ambiance générale est sylvestre.

J'ai repris la numérotation choisis pour les miséricordes, juste modifiée par des numéros bis dans les encoignures.

 

 

Stalles sud de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles nord de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Chaque panneau de 1,25 m de haut, séparé de l'autre par un pinacle gothique, est orné d'un remplage  flamboyant à quadrilobes inscrits dans une ogive. Ces réseaux sont tous semblables, mais ce sont les écoinçons, les angles triangulaires supérieurs, qui reçoivent ces saynètes souvent truculentes auxquelles je me suis intéressé.

J'étudiera au passage les panneaux d'oraison chantée qui se trouve en milieu de rangée de chaque côté. Et enfin, le blason  du panneau 30 sera éclairé par une iconographie  héraldique de l'ensemble de la chartreuse (vitraux, culots, etc. .

Je ne promets pas d'être exhaustif ; je débute par le numéro 1, à droite une fois la porte de clôture franchie.

 

LE CÔTE SUD

 

Dossier n°1 : un chien à collier / un lion affrontant un chien.

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

à droite : un lion, si l'on veut, peut être coiffé d'un grelot, affronte touts crocs sortis un chien féroce.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

à gauche : un chien (un vrai dogue) doté d'un collier avec anneau surgit des bois représentés par des rameaux ligneux.

Sur ces dossiers, la forêt sera prédominante, avec ses animaux suvages et ses scènes de chasse.

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossiers n°2 à 3 bis : éléments végétaux.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossiers n°4 bis,  4, 5 et 6 : feuillages.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 7: un ours à droite poursuivant un homme nu dans un bois.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 8: un dragon ailé à longues oreilles crachant le feu /?

Dans le ventre du dragon de gauche se trouve une tête à longues oreilles.

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n°9 : un dragon ailé et cornu à longue queue serpentine, crachant le feu / un animal cornu crachant le feu et piétinant un dragon ailé.

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n°10 : fleurs boutonnées. Panneau de chantre ADOREMUS.

Le panneau indique le texte et les notes (neumes) d'un chant du rituel cartusien  qu'on retrouve dans le Psalterium nocturnum pour le dimanche matin : Adoremus dominus qui fecit nos ("adorons le seigneur qui nous a fait") 

https://chartreux.org/moines/wp-content/uploads/2021/12/psalterium_nocturnum.pdfDossier individuel

Les fleurs aux pétales très allongés et sinueux ont un cœur quadrillé.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossiers n°11 à 12 : feuillages.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n°13 : un ours dans les bois/ un lion rugissant.

 

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 14:  Homme /fou crachant une fleur

Le fou, barbu, porte une tunique à cagoule dotée d'oreilles d'âne et de grelots. Il souffle sur une fleur, ou il la crache. Un rameau ligneux indique que nous sommes toujours dans la forêt.

Toujours dans les bois, un homme aux cheveux longs, vêtu d'une tunique serrée par une ceinture, pose une main sur la hanche. Derrière cette main un objet que je n'identifie pas.

 

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 15:  feuillages

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

DU CÔTÉ NORD.

Dossier n° 16:  deux oiseaux.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 17 :  combat dans les bois d' une bête fauve qui terrasse un homme sauvage (tout velu, renversé tête en bas) et qui affronte /...un chien protégé par un bouclier à trois fleurons.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 18 : homme (moine?) armé d'un gourdin et tirant la langue montrant  de l'index / ... un ange tenant un phylactère.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 18bis: deux oiseaux affrontés.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 19 : deux oiseaux.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 20 : visage lunaire d'un homme tirant la langue/ deux chiens, dont l'un tient dans sa gueule un oiseau.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 21 : tête d'ours, ailé/??

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier 23 : combat, dans les bois, d'un homme sauvage derrière son bouclier/et d'un ours se protégeant avec un bouclier orné de son portrait.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier 24 : un dogue colleté poursuivant/ un lièvre fuyant dans les bois.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier 25 : un ours (?) tenant un livre émettant un souffle/ un lion tenant un livre émettant un souffle.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier 25 : deux anges,  l'un tenant une croix et l'autre un phylactère ; panneau de chantre.

Le panneau porte l'inscription IN MANU TUA et sa notation en neume, conforme à celle du Psalterium nocturnum cartusiensis , l'Invitatorium pour le dimanche matin In manu tua Domine Omnes fines terrae : "Dans ta main Seigneur sont toutes les limites de la terre".

 

Sous le panneau, les écoinçons sont sculptés d'un ange tenant une croix et d'un ange tenant un phylactère.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier 26 : dans les bois, combat de deux bêtes fauves, s'abritant derrière leur bouclier ; l'un est armé d'un rameau ligneux.

Les deux animaux sont comparables, avec des oreilles longues, un pelage lisse, un ventre proéminent et une queue fine et longue. Celui de gauche, de profil, a un museau pointu. Il évolue parmi les rameaux ligneux métonymiques des forêts. Son bouclier est lisse. À droite, l'animal tourne vers nous sa tête, qui peut évoquer celle d'un ours. Il grimpe sur une branche, il est armé d'un rameau ligneux ou branche écotée, et ce rameau orne oussi son bouclier. Pourquoi cette insistance ? Difficile de ne pas voir ici, comme pour la miséricorde n°13 où un chapeau de pèlerin était accompagné de rameaux, et au vu de la fréquence de ce motif sur l'ensemble des sculptures, l'indice d'une valeur emblématique de ces bois écotés, soit s'appliquant aux donateurs (mais leurs armoiries et blason de marchand n'en comporte pas), soit aux chartreux ou à la Grande Chartreuse. Faut-il alléguer une racine sanscrite krt "couper, séparer en coupant" aux mots chartreuse, latin cartusa, italien certosa ? En réalité  le couvent tient son nom du massif éponyme, issu du francoprovençal calma trossa "la prairie troussée" c'est à dire défrichée. Donc, mauvaise piste, sauf si on voit dans ces tronçons de branches le symobole du défrichement... Je laisse donc ma réflexion ouverte.

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier 27 : un fou et sa marotte/ un lion soufflant.

Nous retrouvons la figure du fou, déjà présent sur la miséricorde n°3 et sur le dossier n°14. Non seulement il porte la capuche à grelot, mais il tient son attribut, sa marotte qui le représente soufflant une plume, autrement dit du vent, réelle représentation de la folie du latin follis (issu de flo, "souffler") "baudruche, ballon, soufflet". Car le fou est un être vide, rempli de vent, qui vagabonde comme un feu follet et dont la parole est vaine.

Il n'est pas anodin qu'en tant qu'insensé, dépourvu de sens, il tourne la tête du côté opposé à celui de sa marche et de son geste.

Voir ici, par exemple : Le vitrail du Fou tirant la langue à sa chouette, Barthélémy Linck 1553.

Le galon de sa tunique et de sa capuche est ponctué de trous, qui recevaient peut-être jadis des paillettes dorées ou autres fanfreluches.

À droite, un lion aux pieds anthropomorphes et à la queue en fouet très fleurie tend la langue, mais celle-ci, par sa forme foliée, répond à la plume du fou.

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossiers 28 à 30.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier 28 : deux oiseaux.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier 29 : deux oiseaux.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier 30 : un cheval hénissant et ruant / Blason des donateurs.

Cette joyeuse et énergique sculpture d'un cheval (un poulain?) est rare dans le répertoire des stalles européennes.

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Armoiries du couple fondateur.

mi parti en 1 d'azur au chevron d'or, accompagné de trois demi-vols d'argent posés 1 en chef et 1 en pointe , (Vesian Valette) écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix d'argent clechée, vidée et pommelée, au 2 et 3 de gueules de lévrier d'or passant colleté de gueules (Catherine Carnier)

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Les armoiries des donateurs.

"La fondation de la charteuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue.

Résultant d'un vœu testamentaire du marchand [en drap] Vésian Valette , il s'inscrit dans le contexte général de forte expansion que connaît l'ordre à partir du XIVe siècle, favorisée par l'engouement qu'il suscite chez les princes et les élites urbaines. Bien souvent, le but des établissements fondés est d'en faire des nécropoles familiales. À l'origine. implantées dans des « déserts », les chartreuses sont de plus en plus fréquemment installées intra-muros ou, comme ici, en périphérie des villes. Décidé à partir pour Rome à l'occasion du jubilé de 1450, le notable ceste avant son départ, le 17 juin. Il y exprime sa volonté de voir fonder un monastère de l'ordre des Chartreux auquel il lègue sa fortune, à charge, pour les moines, de célébrer deux messes quotidiennes, dom une des Morts. Les dispositions énoncées prévoient également une inhumation dans l'église . Pendant son séjour à Rome il décède, sans douce de la peste qui sévit alors. Une fois la nouvelle parvenue en Rouergue, les exécuteurs testamentaires (sa veuve et les consuls) s'activent à la mise en œuvre rapide du vœu. En 1461, Vezian Valette est inhumé dans le tombeau qui lui avait été préparé ; sa veuve y est ensevelie en 1465. " (J. Dubois, en ligne)

On a décrit trois phases de construction: de 1451 à 1460, pour l'église, la sacristie, la salle capitulaire et le petit cloître; la fin du Xve siècle, pour le réfectoire et le grand cloître; 1528, pour la chapelle nord-ouest de l'église.

Les Valette, qui portent d'azur au chevron d'or, accompagné de trois demi-vols d'argent posés 1 en chef et 1 en pointe , font partie des principales familles dirigeantes de la ville à la fin du Moyen Âge en occupant l'une des quatre charge de consul. Le plus ancien membre rencontré à l'un de ces postes est un certain Hugues Valette en 1378, dont on peut penser que Jean et Arnaud, consuls en 1406, sont les fils. Jean, le père de Vésian Valette, exerce la profession de notaire. Le marchand Vésian occupe ensuite par trois fois l'une des charges municipales, en 1432, 1447 et 1448. Son épouse Catherine Garnier  porte écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix d'argent clechée, vidée et pommelée, au 2 et 3 de gueules de lévrier d'or passant colleté de gueules appartient à une famille noble.

La chartreuse disposait à la fin du XVIIe siècle de 13 cellules; les moines-prêtres  ou chartreux et des frères convers étaient dirigés par un prieur .

Sur la porte d'entrée, sur celle donnant vers le petit cloître, sur le lavabo de ce petit cloître, sur les culots (ou cul-de-lampes) des piliers des cloîtres, ou sur leurs clefs pendantes, ou encore sur les vitraux  de 1620 où figure le couple des donateurs, les armoiries d'honorable Vesian Valette, en plein ou mi-parti avec celle de noble Catherine Garnier, sont largement représentées. On trouve aussi, sur les culots ou les clefs pendantes, un blason au chiffre du marchand donateur. En voici un aperçu.

1. La porte de la chapelle : deux chartreux présentent les blasons du couple fondateur : à gauche les armes de Vesian Valette, à droite celle de Catherine Garnier.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

2.  les blasons du couple fondateur : à gauche les armes de Vesian Valette, à droite celle de Catherine Garnier .

a) dans l'église, (sous leur portrait et sous saint André et saint Antoine).Pièces anciennes vers 1470.

 

 

Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

b) dans la salle capitulaire baie axiale , vitrail de l'Annonce aux bergers,(détail) vers 1520.

Vitrail (détail) de la salle capitulaire de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Vitrail (détail) de la salle capitulaire de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

c) au centre du tympan.

Vitrail (détail) de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Vitrail (détail) de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

3.  Le lavabo. Les armes du couple encadrent un entrelacs dans le monogramme M[aria]. Au dessus la scène du Lavement des pieds des apôtres.

Lavabo de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Lavabo de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

4.  Les culots et clefs pendantes des cloîtres : le blason de marchand.

Ce blason est disposé sur la forme générale d'une clef, anneau en bas (une lettre D??), une traverse et au sommet un cercle associé à une croix.  La marque peut rappeler les marques de typographe (Nicolas Jenson), ou vaguement l'insigne des Chartreux, mais elle reste unique et mystérieuse, comme toutes ces marques de marchand.

 

Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Je remarque pour fini parmi les culots celui où un chien et un lion se partagent le pétiole d'une feuille d'acanthe, non sans rapport avec le grand thème animalier et sylvestre des sculptures des hauts dossiers et des miséricordes

Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Bonus !

Les stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue, II: les haut-dossiers.
Les stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue, II: les haut-dossiers.
Les stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue, II: les haut-dossiers.

SOURCES ET LIENS

https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossier/IA12002928

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00094202

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM12000691

— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger, non consultée

https://theses.fr/2000TOU20015

 

— CABROL (Etienne),1860,  Annales de Villefranche de Rouergue, Villefranche, Impr. Vve Cestan, 1860, t. I, p. 387-388, 394-395, 411-413, 416, 422, 626 ; t. II, p. 49-50. Tome 1 non consulté

https://books.google.fr/books?id=4cZZ0ndFQKMC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

— DUBOIS (Jacques), 2011, Villefranche-de-Rouergue, chartreuse Saint-Sauveur. L'architecture, dans Monuments de l'Aveyron, Congrès archéologique de France, 167e session, Paris, Société Française d'Archéologie, 2011.p. 387-399

https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossinventaire/IVR73/IA12ANEX/IA12002928_01.pdf

 

— GATOUILLAT (Françoise), Les vitraux

https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossinventaire/IVR73/IM12ANEX/IM12040838_01.pdf

— LAFON (Victor),1891 , Iconographie de la chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue. Rodez.

https://www.google.fr/books/edition/Proc%C3%A8s_verbaux_des_s%C3%A9ances_de_la_Soci/Umi2xSqTAOsC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22dais%22+chartreuse+Saint-Sauveur+villefranche-de-rouergue&pg=RA1-PA100&printsec=frontcover

 —GAULEJAC (Bernard de), 1938, « La chartreuse de Villefranche-de-Rouergue », dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 p p. 106-121

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5619772d/f111.item

"Le choeur des religieux, qui occupe la troisième travée de la nef, renferme trente stalles disposées sur un rang : douze au nord, le même nombre au sud et trois de chaque côté de l'entrée du choeur, à l'ouest.
Les hauts dossiers sont décorés d'un réseau flamboyant entre des contreforts à pinacles ; au-dessus s'avance un baldaquin en forme de voussure, couronné par une galerie ajourée, interrompue par des pinacles. Le travail des jouées, décorées d'enroulements et de motifs de feuillages, est assez remarquable ; il constitue, avec celui des parcloses et des miséricordes, la principale richesse des stalles de la Chartreuse. On y rencontre une grande variété de compositions, où apparaissent des motifs de feuillages, d'animaux sauvages ou fantastiques, de figures humaines et toute sorte d'emblèmes. Du côté nord, quelques hauts dossiers ont été mutilés à une époque moderne, pour permettre d'établir une chaire aujourd'hui inutilisée.
Dans la première travée de la nef, huit stalles, analogues aux précédentes, mais plus simples, encadrent le portail d'entrée ; elles étaient destinées aux frères.
Toutes ces stalles sont dues au ciseau du maître menuisier André Sulpice, qui est également l'auteur des stalles de la collégiale de Villefranche, de celles de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez. Le contrat est de 1462, et le travail dura seize ans."

—LAURIERE (Raymond), 1999 Thèse Toulouse 2, non consultée

https://theses.fr/1999TOU20040

 —Gilhodes (abbé), 1973, La chartreuse de Villefranche de Rouergue, Analecta cartusiana, n 14

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Published by jean-yves cordier - dans XVe siècle Sculpture Héraldique
9 décembre 2025 2 09 /12 /décembre /2025 22:44

Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490) de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche de Rouergue. I, les miséricordes, les appui-mains et les jouées.

 

Voir  sur les Chartreuses:

 

—Voir sur les stalles :

 

a) En Bretagne par ordre chronologique :

b) Hors Bretagne :

PRÉSENTATION

Les donateurs, Vésian Valette et Catherine Garnière, v.1450.

"En 1450, sire Vezian Valette, riche marchand de Villefranche, mourut à Rome où il était allé gagner l'indulgence plénière du premier jubilé du pape Clément VII ; sa veuve, Catherine Garnière, pour se conformer aux dispositions du testament, fit construire le couvent de la Chartreuse. Les travaux débutent en 1451, sous l'égide du prieur Pierre Marcellariis, envoyé par le prieur de la grande Chartreuse. L'église, le cloître et le chapitre sont achevés en 1458 par les maîtres maçons Corradus Rogier et Jean Copiac avec lesquels est en outre, la même année, baillé à prix-fait la construction dans les deux ans du petit cloître pour 700 écus d'or. En 1461, Vezian Valette est inhumé dans le tombeau qui lui avait été préparé ; sa veuve y est ensevelie en 1465. En 1491, la chartreuse est incorporée à son ordre par le chapitre général tenu à la grande Chartreuse de Grenoble . L'église est consacrée le 4 septembre 1546."

En 1561, les Chartreux de Villefranche sont chassés du couvent par la famille Valette, Huguenots se disant de la même famille que Vezian Valette, et se retirent au couvent des Cordeliers de Villefranche. En 1790, les Chartreux sont de nouveau chassés et la chartreuse mise en vente. En 1792, les religieuses de l'hôpital de Villefranche y installent leurs malades. Les bâtiments, déjà remaniés au 17e siècle, subissent de nouveaux aménagements pour se conformer à cette utilisation.

Les cloîtres, le chapitre et les chapelles témoignent d'une certaine recherche ornementale. Les cellules des moines étaient des pièces carrées surélevées d'un galetas dont l'accès se faisait par une trappe. Le chartreux y recevaient la nourriture par une ouverture pratiquée dans le mur de la galerie du cloître. Une sorte de petit promenoir couvert et un cabinet d'aisances formaient le complément de ce logis qu'entourait un petit enclos. Les chartreux se réunissaient au réfectoire les jeudis et dimanches."

Dans les temps calmes, les chartreux occupaient toutes les places des 30 stalles, mais à la Révolution de 1789, il ne restait que huit chartreux.

 

Plan de la chartreuse Saint-Sauveur d'après "Congrès archéologique de France - 1937" annoté par Mossot Wikipedia

 

 

La chapelle est divisée en deux parties par une haute cloison en bois, réalisée au XVIIIe siècle, séparant le chœur des moines qui se trouve dans la troisième travée, des convers ou d'éventuels visiteurs masculins.

Emplacement des stalles. Plan 1837.

Les stalles

Les moines disposent de 30 stalles en bois disposées en U sur un rang, douze au nord, autant au sud, et trois de chaque côté de l'entrée du chœur, mesurant 12,40 m de longueur.

 

Andre Sulpice, originaire de Lozère ou de Bourges (son nom y apparait en 1452), fut le concepteur entre 1462 et 1489-90, des stalles de la cathédrale de Mende (1460), de la chartreuse Saint-Sauveur et de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. a aussi travaillé à la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue, à l'abbaye de Loc-Dieu et à la cathédrale de Rodez.

"Le travail de la partie inférieure des sièges de la chartreuse de Villefranche, et de Loc-Dieu, fut exécuté par d'autres artistes, au nombre desquels figurait un sculpteur doué d'un talon remarqable d'observation pour les animaux, les oiseaux en particulier." (D et H Kraus)

Un copié-collé de Jacques Dubois :

"Comme chez les cisterciens ou les grandmontains par exemple, la totalité de l'église était réservée aux moines. L'espace était divisé en deux chœurs: l'un pour les pères. l'autre, à l'ouest, pour les frères. La séparation est encore matérialisée par un emmarchement à panier de la deuxième travée et par un jubé daté de la fin du XVIIe siècle. Le premier ensemble de stalles comprend trente sièges à une seule rangée, douze le long des murs et six en retour. Le second, plus simple, s'organise en deux séries de quatre sièges . Contre le mur pignon de part et d'autre de l'entrée les stalles sont surmontées de dorsaux à décor de remplage varié et sont couronnées d'un dais en quart-de-rond terminé par une petite balustrade. Au premier abord, elles sont très proches de celles, bien documentées, de la collégiale de Villefranche et de la cathédrale de Rodez. Par ailleurs, comme l'a montré N. Bournot-Didier, les techniques de confection et d'assemblage sont les mêmes, permettant d'attribuer les deux ensembles de la chartreuse à l'atelier d'André Sulpice . Alors que l'abbé Lafon plaçait leur réalisation de 1462 à 1477, N. Bournot-Didier penche plutôt pour un début de chantier vers 1468-1469.

Pourtant, les différents auteurs qui ont consacré quelques lignes aux stalles de la chartreuse ont bien précisé qu'elles s'éloignaient du style d'André Sulpice, l'abbé Lafon, le premier, écrivait: « Cependant pour peu qu'on ait l'œil exercé, on s'aperçoit facilement que les miséricordes de la Chartreuse ne sont pas de la même main que celles de Notre-Dame de Villefranche ni de la cathédrale de Rodez, qui ont entre elles de grandes similitudes." De fait, les sculptures des miséricordes présentent un modelé moins ferme et un dessin général plus sommaire. Huit stalles cependant font exception et sont en tout point similaires à celles documentées d'André Sulpice. Récemment, A. et Deschamps (A. et J. Deschamps, "André Sulpice, menuisier du XV siècle. Faiseur des stalles en Berry, en Gévaudan et en Rouergue(coll. Pages d'Histoire du Bas-Rouergue ), Mémoires de la Société des amis de Villefranche et du Bas-Rouergue. Villefranche, 2009, p. 201. ) ont proposé d'y voir là les huit sièges retirés des stalles de la collégiale suite à un accord passé entre les consuls et le chapitre en date du 5 avril 1487. Pour étayer cette hypothèse, on peut souligner que la forme des sellettes de ces huit sièges correspond exactement à celle des ensembles de la collégiale et de la cathédrale, alors que pour les autres, elle est d'un travail plus simple.

Aussi est-il envisageable d'attribuer les stalles de la chartreuse, non pas à André Sulpice, mais plutôt à son fils Étienne, installé à Villefranche, ce qui explique leur parenté avec les deux grandes menuiseries réalisées par l'atelier de son père qu'il reprend après le décès de celui-ci vers 1489- 1490. Le travail remonterait alors aux années 1490 et l'ouvrage serait installé dans l'église vers 1510, comme semble vouloir l'indiquer la mise en place d'une nouvelle porte à la sacristie." (Jacques Dubois 2011)

Note : si on en juge par la forme rectangulaire de la sellette des miséricordes de la chartreuse, et en double parenthèse de celles de la collégiale, celles d'André Sulpice porteraient, dans ma description, les n° 4, 5 et 6, je ne parviens pas à identifier les 5 autres.

J'ai choisi de les numéroter en partant de l'entrée, juste après avoir franchi la porte de la clôture, en faisant le tour des stalles sud et jouées (A, B) dans le sens anti-horaire puis en reprenant le compte des stalles nord depuis l'entrée vers l'est dans le sens horaire. Un schéma sera plus clair :

 

Schéma de numérotation des 30 stalles de la chartreuse, lavieb-aile.

 

 

[Dans la première travée du choeur des convers, se trouvent également huit stalles encadrant le portail pour les frères convers Elles s'organisent en deux séries de quatre sièges : ils ne font pas partie de cet inventaire, je donne deux clichés à la fin.]

 

Les stalles de la Chartreuse de Villefranche de Rouergue, I, les miséricordes.
Les stalles de la Chartreuse de Villefranche de Rouergue, I, les miséricordes.
Les stalles de la Chartreuse de Villefranche de Rouergue, I, les miséricordes.

                   LES STALLES DU CÔTÉ SUD.

Jouée A, entrée sud. Volutes de feuillage s'achevant dans des gueules de dragons.

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°1: un chien, museau dans les pattes.

On voit comme le pelage est traité par des coups arciformes de gouge.

 

 

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°2 : feuille d'acanthe.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°3 : homme à bouche concave portant une cagoule de fou à oreilles d'âne.

Le motif du fou est très répandu, tant dans les stalles européennes que dans le décor satirique en général. Le livre Das Narrenschift du strasbourgeois Sebastian Brant est paru en 1494, avec ses nombreusses planches fixant le modèle iconographique (oreilles d'âne, bonnet ou cagoule à grelots, marotte) et a été traduit aussitôt en français sous le titre La Nef des Fous.

 

 

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°4 : feuille de vigne et rameau ligneux (sarment).

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°5 : sarment de vigne et glands (quercus pubescens).

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°6 : chien mordant un agneau.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°7 : oiseau ailes déployées, tête tournée à droite.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°8 : griffon (tête à bec d'oiseau, ailes d'aigle et corps de lion).

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°9 : animal hybride à corps d'oiseau aux ailes déployées et à la tête anthropomorphe aux oreilles d'âne, tirant la langue.

Chauve-souris?? Voir la chauve-souris manifeste d'un culot du cloître :

 

 

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°10 : fleur à 6 pétales triples et bouton quadrillé; rameaux ligneux.

La présence de ces rameaux ligneux, ou branches écotées, déjà rencontrée en n° 4 et n°6, prend ici un développement important, si bien que je m'interroge sur sa valeur emblématique, interrogation renforcée par la miséricorde n°13. Ces rameaux sont innombrables sur les panneaux des dais.

 

 

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°11 : chien à queue large et longue.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°12 :  lion, patte antérieure gauche dressée.

Voir l'association d'un chien et d'un lion se partageant les extrémités d'un sarment de vigne sur un culot du cloître :

 

 

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°13 : chapeau de pèlerin (passementé de 2 glands) et rameau ligneux.

Voir  un chapeau semblable sur un culot du cloître : ce dernier n'est pas placé ici dans une visée décorative. On peut lui accorder d'autant plus d'attention que c'est la seule, avec le Fou n°3, dont le sujet est humain, et non animal ou végétal.

 

 

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°14 : masque animal à cornes et oreilles d'âne.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°15  : un chien colleté, à queue large comme une feuille, la patte antérieure droite au museau.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

La jouée B, au Sud-est

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

                     LES STALLES DU CÔTÉ NORD

 

Jouée C, entrée nord-ouest 

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°16 : oisaeu ailes déployées, tête à droite (comme n°7)

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°17 : feuille de vigne et rameau ligneux (comme n°4 et 5).

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°18 : homme de face, vêtu d'une large pelisse, coiffé d'un bonnet, bras écarté tirant la langue (pour vomir?)

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°19 : ange de face, mains rapprochées tenant un objet (brisé?).

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°20 : chauve-souris. Cf n°9.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°21 : lion, tête de face.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°22 : oiseau (oie?) tenant dans son bec un fer à cheval (brisé).

D. et H Kraus citent p. 239 la miséricorde de Stratford-upon-Avon où une autruche (réputée digérer tout ce qu'elle avale) tient dans son bec un fer à cheval, et ils renvoient à celle de Saint-Martin aux-Bois (Oise) ou à celle de Saint-Jean-de-Maurienne où une oie (aux pattes terminées par des sabots) brandit un fer à cheval dans son bec.

Saint-Martin-aux-Bois. Cliché Alain Bonte

Les auteurs y voient une illustration de l'expression "bête à ferrer une oie". Mais, peut-être par confusion, les auteurs montrent la figure suivante, bien plus convaincante pour nous mais que la légende  situe à Saint-Martin-aux-Bois, et non à Saint-Jean de Maurienne :

D et H. Kraus, Le monde caché des miséricordes p. 53

 

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°23 : ourson se grattant de la patte postérieure droite.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°24 : aigle se frappant la poitrine de son bec.

Difficile d'y voir un pélican, symbole christique

 

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°25 : chien, la queue entre les pattes.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°26 : ourson à la main (anthropomorphe) gauche placée sous le coude droit.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°27 : lièvre, de profil.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°28 : masque +/- anthropomorphe aux oreilles d'âne

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°29 : dragon au corps serpentiforme torsadé noué en 8.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°30 : oiseau, bec sur le croupion.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée D, nord-est.

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Quelques appui-mains.

1. Moine ou chartreux priant, tête sous la cuculle.

 

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

 

2. ange assis.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

3. Angle sud-ouest : mine sous la cuculle, tenant un phylactère; feuille d'acanthe.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

4. Tête, gueule au nez épaté et à la bouche ouverte, yeux tournés vers le haut

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

5. feuillage enroulé.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

6. buste.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Deux autres miséricordes (des frères convers?)

 

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00094202

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM12000691

— DUBOIS (Jacques), 2011, Villefranche-de-Rouergue, chartreuse Saint-Sauveur. L'architecture, dans Monuments de l'Aveyron, Congrès archéologique de France, 167e session, Paris, Société Française d'Archéologie, 2011.p. 387-399

https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossinventaire/IVR73/IA12ANEX/IA12002928_01.pdf

— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger

https://theses.fr/2000TOU20015

Résumé : "Andre Sulpice, ligni faber menuisarlus fusterius, selon les textes, originaire de Bourges, fut le concepteur entre 1462 et 1489-90, des stalles de la cathédrale de Mende, de la chartreuse Saint-Sauveur et de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. D'autres chantiers lui furent longtemps attribués : les stalles de la cathédrale de Bourges, de la cathédrale de Vence, de Notre-Dame de la Carce de Marvejols, de la cathédrale de Béziers, de l’église de l'abbaye de Loc-Dieu et une partie des actuelles stalles basses de la cathédrale de Rodez. Cette thèse déclasse ces ensembles en s'appuyant, soit sur une stricte analyse comparative, soit sur l'existence de documents. Lorsqu'il ne subsiste aucun vestige, ni aucun texte d'archives les stalles ont été définitivement écartées des réalisations possibles de l'atelier d’André Sulpice. Malgré des qualités techniques de menuiserie et de sculpture dont ont fait preuve les ouvriers particulièrement expérimentes de l'atelier de Sulpice, son rayonnement dans le Rouergue et les environs fut peu important. Seules les stalles de Salles-Curan reflètent son influence en développant déjà les motifs ornementaux de la Renaissance, visibles depuis 1492-1498 aux dossiers des stalles consulaires de Villeneuve d'Aveyron, puis de Conques et dans une moindre mesure à Sauveterre-de-Rouergue. Conjointement et systématiquement à l'analyse formelle de chaque ensemble de stalles est menée une étude sur les chapitres de chanoines, les emplacements et les questions de préséance des ecclésiastiques et parfois des laïcs et la liturgie propre aux stalles. Ce travail ne se cantonne pas à une description iconographique des miséricordes, il aborde le fonctionnement d'un atelier de menuiserie, la personnalité d'un maître-d'œuvre en compte la destination originelle des stalles en tant que mobilier liturgique, reflet d'une sévère hiérarchie capitulaire, parfois facteur de conflits politiques."

— LAFON (Victor),1891 , Iconographie de la chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue. Rodez.

https://www.google.fr/books/edition/Proc%C3%A8s_verbaux_des_s%C3%A9ances_de_la_Soci/Umi2xSqTAOsC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22dais%22+chartreuse+Saint-Sauveur+villefranche-de-rouergue&pg=RA1-PA100&printsec=frontcover

 

 —GAULEJAC (Bernard de), 1938, « La chartreuse de Villefranche-de-Rouergue », dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 p p. 106-121

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5619772d/f111.item

"Le choeur des religieux, qui occupe la troisième travée de la nef, renferme trente stalles disposées sur un rang : douze au nord, le même nombre au sud et trois de chaque côté de l'entrée du choeur, à l'ouest.
Les hauts dossiers sont décorés d'un réseau flamboyant entre des contreforts à pinacles ; au-dessus s'avance un baldaquin en forme de voussure, couronné par une galerie ajourée, interrompue par des pinacles. Le travail des jouées, décorées d'enroulements et de motifs de feuillages, est assez remarquable ; il constitue, avec celui des parcloses et des miséricordes, la principale richesse des stalles de la Chartreuse. On y rencontre une grande variété de compositions, où apparaissent des motifs de feuillages, d'animaux sauvages ou fantastiques, de figures humaines et toute sorte d'emblèmes. Du côté nord, quelques hauts dossiers ont été mutilés à une époque moderne, pour permettre d'établir une chaire aujourd'hui inutilisée.
Dans la première travée de la nef, huit stalles, analogues aux précédentes, mais plus simples, encadrent le portail d'entrée ; elles étaient destinées aux frères.
Toutes ces stalles sont dues au ciseau du maître menuisier André Sulpice, qui est également l'auteur des stalles de la collégiale de Villefranche, de celles de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez. Le contrat est de 1462, et le travail dura seize ans."

—LAURIERE (Raymond), 1999 Thèse Toulouse 2

https://theses.fr/1999TOU20040

Sur les miséricordes en général :

—    BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols,444 pages 26 et suiv.

— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 149-153 et notes 243-261.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Miséricordes. Sculpture XVe siècle
24 novembre 2025 1 24 /11 /novembre /2025 09:22

Les 54 stalles (chêne, Richard Falaise, 1522) de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. II B, le côté nord, stalles hautes.

 

—Voir sur cette Collégiale :

 

—Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

b) Hors Bretagne :

PRÉSENTATION.

 

Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots.  Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.

Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.

 En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre. 

Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et   du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.

Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.

Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et le peintre Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858 et en donnèrent une planche entière d'illustrations. Néanmoins, Amédée Aufauvre, journaliste, historien polygraphe et rédacteur en chef du journal » Le Propagateur » se déclare choqué par la licence des saynètes, lui, qui pourtant, "Dieu merci, ne fait pas de pruderie" : y'a de l'abus !

 

 "On reste confondu de la hardiesse des contrastes que les sujets offrent entre eux. La fantaisie du sculpteur a passé du profane au sacré, avec une liberté du ciseau que rien ne saurait justifier. On
comprend les grotesques de la rue, les sculptures hardies que les artistes du XVI e siècle imposaient aux sablières, aux brasseaux, aux bouts de poutres, aux façades. La liberté des mœurs et le choc des opinions religieuses devaient trouver alors au dehors, des caricaturistes à la hauteur de toutes les fantaisies de l’époque; mais dans une église, au chœur d’une collégiale, sur les sièges mêmes des prêtres, de pareilles singularités sont inexplicables. Dieu merci, nous ne faisons pas de pruderie ; nous savons que les arts ont des droits à une large indépendance et qu’il faut accorder aux caprices une très-grande latitude. Cependant, à Champeaux, la licence a dépassé les limites extrêmes de la mode, de l’habitude et de l’influence des usages. L'église n’a pas inspiré au sculpteur plus de circonspection que le plus profane des édifices : on en va juger par le simple énoncé des sujets et par le pêle-mêle qui les caractérise.
Les stalles datent du commencement delà Renaissance, époque de témérités de tout genre, dans les arts auxiliaires ou imitateurs par la caricature, de l’esprit de discussion et de ses ironies. Les écarts sont d’ailleurs innombrables quand une transformation artistique se produit, et c’est ce qui explique, jusqu’à un certain point, l’abus que nous signalons. Il se faisait alors une confusion étrange entre l’antique travesti et les sévérités du gothique : on mariait deux contrastes. Il n’est pas surprenant que les artistes d’un ordre inférieur aient outré les conséquences du nouveau système."

 

Elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet reprit leur description dans le Bulletin monumental de 1925 . On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.

Numérotation

Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.

Soit, ici :

Stalles SH  sud hautes n°1 à 14

Stalles SB sud basses  n° 15  à 27

Stalles NH nord hautes n° 28 à 41

Stalles NB nord basses  n° 42 à 54.

 

La jouée nord-ouest : candélabre et rinceaux à deux profils anthropomorphes feuillagés et deux têtes d'oiseaux.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°28 : un faune armé d'un gourdin luttant contre un dragon.

A. Aufauvre y voit "un hercule luttant contre un monstre". Mais si on observe bien, on voit que le personnage, barbu, athlétique et quasi-nu hormis une collerette de poils, a des sabots de bouc, et que ses pattes sont velues. Les oreilles sont-elles longues et pointues ? On ne sait, elles sont cachées par la chevelure. Dans tous les cas, c'est là un beau face-à face. Le glissement entre le végétal, l'animal et l'humain, grand principe des métamorphoses de la Renaissance, s'observe peut-être aussi sur le gourdin, qui s'achève comme un os fémoral, à deux condyles.

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°29 : Pélican nourrissant ses petits de son sang, en se blessant la poitrine.

On sait qu'il s'agit là d'une figure christique et un symbole eucharistique.

A. Aufauvre : "Pélican dans l'attitude qu'on lui donne prête pour nourrir ses petits."

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°30 : homme assis, de face, vêtu d'une robe longue, coiffé d'un chapeau à larges bords, déroulant un phylactère.

Il n'a rien d'un chanoine, rien d'un prophète ou d'un apôtres (ces habitués des phylactères), et le texte de sa banderole est perdu.

A. Aufauvre : "un personnage déroulant une légende". C'est pas faux.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Le panneau intérieur du dais NW.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°31 : la Grappe de Canaan : deux hommes portant sur leurs épaules  une perche où est suspendue une grappe de raisins disproportionnée à leur taille.

Les hommes portent la même tunique courte serrée par une ceinture, la même coiffure dont le rabat est relevé dans un cas, et protège les oreilles dans l'autre. Ils sont saisis dans l'allure de la marche, le pied levé pour le second, le corps penché en avant pour le premier.

A. Aufauvre : "la grappe de la Terre Promise, portée par deux hommes".  

"Moïse les envoya pour explorer le pays de Canaan. Il leur dit : Montez ici, par le midi ; et vous monterez sur la montagne. Vous verrez le pays, ce qu’il est, et le peuple qui l’habite, s’il est fort ou faible, s’il est en petit ou en grand nombre ; ce qu’est le pays où il habite, s’il est bon ou mauvais; ce que sont les villes où il habite, si elles sont ouvertes ou fortifiées ; ce qu’est le terrain, s’il est gras ou maigre, s’il y a des arbres ou s’il n’y en a point. Ayez bon courage, et prenez des fruits du pays.
C’était le temps des premiers raisins. ...Ils arrivèrent jusqu’à la vallée d’Eschcol, où ils coupèrent une branche de vigne avec une grappe de raisin, qu’ils portèrent à deux au moyen d’une perche ; ils prirent aussi des grenades et des figues. On donna à ce lieu le nom de vallée d’Eschcol, à cause de la grappe que les enfants d’Israël y coupèrent. " (Nombres 13 :23-24)

Voir le même thème sur la miséricorde n° 6 des stalles sud de La Guerche de Bretagne, contemporaines de celles de Champeaux.

Voir le tableau de Poussin, L'Automne (Louvre)

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Appui-main : un homme coiffé d'une cagoule, à la partie inférieure difforme et végétalisée.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°32 : quatre rats se partageant le monde.

Un globe surmonté d’une croix et divisé  par un cercle  équatorial et un quadrant est percé de trous, comme un fromage, mangé par quatre rats.

il s'agit de la "boule aux rats", une illustration du proverbe "le monde est rongé par les rats", et un message sur le monde trompeur.

E.C. Block la décrit sous la référence NH-05 et le titre "Les Rats de l'hérésie ou le monde corrompu", car "les rats rongent le monde chrétien".

Voir la miséricorde 19 des stalles de Gassicourt à Mantes-la-Jolie (Yvelines), datant de la fin du XVe siècle, où quatre rats rongent le globe crucifère comme un fromage, ou la miséricorde de la cathédrale Saint-Spire de Corbeil et celle de Ponts-de-Cé en Maine-et-Loire (qui décoraient l'église prieuriale de La Haye-aux-Bonshommes du XVIe siècle).

"Bien qu'archaïque et dépassé depuis 1492, le monde triparti sert encore d'image du monde, en lien avec la partition du monde entre les trois fils de Noé. Rattaché au champ des symboles religieux par ses origines scripturaires , cette figure trine signifie que le monde ne cesse d'être à l'image de son créateur. Or c'est ce monde achevé avec la création ( Gen. 2 , 1 ) , qui est voué à la vanité des hommes , à la course du temps qui ronge tout et aux vices rongeurs . Rongé des rats , le monde a l'aspect d'un « fromage de Hollande » troué par les mulots qui l'attaquent . Le fromage est l'attribut du fou, et , comme dit le proverbe , « à fol fromage ». L'orbe réduit à l'état de fromage est sans doute l'une des premières transformations données à l'image du monde au début du XVI siècle . Vidé de sa substance , transparent entre les mains du Salvator mundi , il peut être traversé comme bulle de savon selon les auteurs des miséricordes de Bosward et de Walcourt , en Belgique . Il n'est plus qu'un signe plastique d'équivalence linguistique pour dire simplement « le monde ». (d'après Sylvie Bethmont-Gallerand : Le monde et le moine : essai de reconstitution et d’interprétation de l’iconographie des stalles de l’église de Gassicourt, Yvelines, Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2005, Numéros 31 à 32 page 102.)

 "Ce motif de la « boule aux rats » est apparu à la fin du Moyen Age, en marge du grand art religieux. Les sculptures de stalles en forment le principal réservoir mais de nombreux exemples subsistent dans les marginalia des livres pieux et sur le décor extérieur des églises du gothique tardif. Ce motif ne se livre à l’intelligence qu’à la suite d’un patient détour par chacun des éléments qui le composent. Si la source semble en être une unique expression proverbiale, ses nombreuses occurrences dans l’art doivent être étudiées en fonction de leurs contextes respectifs. Ainsi se dégagent les caractéristiques d’une imagerie modeste accompagnant les grandes expressions de la foi dans la période de la pré-Réforme; des images auxquelles est souvent attribué, faute de mieux, un caractère populaire. Pourtant les commanditaires et les lieux d’élection de ces boules aux rats les font plutôt participer à l’oraison savante qu’à la piété des simples. Une oraison dirigée vers la moralisation, qui englobe tous les aspects de la vie civile, les aléas de l’histoire contemporaine, comme les travers des contemporains clercs et paroissiens, au sein de motifs non dénués d’humour." Sylvie Bethmont-Gallerand, Le motif de la boule aux rats dans la sculpture et la peinture (XVe–XVIe siècles) Reinardus, Volume 14, Issue 1, Jan 2001, p. 39 - 54

Le globe triparti apparaissait déjà sur la miséricorde n°6 (sud, stalles hautes, Dieu tenant le monde devant Satan),  n° 53 (stalles basses nord, Deux hommes jouant au ballon avec le globe terrestre) et apparaîtra dans ces stalles nord hautes dans les miséricordes n° 34 et 39. C'est en souligner l'importance, mais la même clef d'interprétation (Le monde trompeur ou corrompu) fonctionne difficilement pour les quatre scènes. Pour réunir ces cinq exemple, il faut se contenter d'y voir une image du monde créé par Dieu.

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°33 :  Renart prêchant  aux poules.

Renart s'est installé en chaire et, dans un geste d'éloquence inspiré, il  prêche la bonne parole aux poules (ou du moins à des volailles) prosternées ou fascinées. Ici, il n'a pourtant pas pris la peine de se déguiser en moine prêcheur. Et sa queue qui s'échappe des arcades de la chaire pourrait le trahir, si les dévotes étaient moins aveuglées par le beau parleur.

Le thème du renard prêchant aux poules est très ancien, déjà présent dans la Haute-Antiquité puisqu’il apparaît sur des papyrus égyptiens. Comme d’autres motifs, il connaît un véritable succès au Moyen Âge, aidé en cela par la littérature, via la diffusion des Fables d’Ésope et, plus tard, du Roman de Renart. Le thème de Renart le bestourné  (Rutebeuf, 1261), Renart Contrefait (Clerc de Troyes, 1319-1342) est également très populaire et représenté à de nombreuses reprises sur différents supports, manuscrits ( Livre de Prières de Marie de Clèves, les Heures de Marie de Bourgogne, ou encore les Heures de Montbéron, manuscrit breton du XVe siècle, conservé à la BM de Nantes), sculpture en pierre (culots), ou en bois (sablières, jubé, miséricordes).

Sur les miséricordes, Renart prêchant est très présent, à Saint-Lucien, Beauvais (Oise), Saint-Claude (Jura), à Bletterans, (Jura) , Saint-Taurin d'Evreux (Eure) , à Walcourt, Louvain, à Hoogstraeten, en la Nativité Sainte-Marie de Kempen, Allemagne (vers 1500) à la cathédrale da Se da Funchal, Madère, à Etchingham, East Sussex , à la Cathédrale d’Ely ou à Beverley Minster (vers 1520), et à l'église Sainte Marie de Beverley, dans le Yorkshire (vers 1445).

 

Voir :

—Renart dans le sculpture en bois bretonne dans mes articles d'iconographie commentée :

Miséricorde des stalles de St Lucien de Beauvais conservées à Cluny. Cliché lavieb-aile.

—Dominique Chancel, 2015, Renart déguisé en moine, prêchant de volailles pour mieux les séduire. Une revue iconographique exhaustive à propos du château de l’Arthaudière à Saint-Bonnet-de-Chavagne en Isère. 

https://www.narthex.fr/wp-content/uploads/2025/03/les-fourberies-de-Renart-2016-2-12.pdf

—Sophie Duhem, 1998, "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle"  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  Volume 105  Numéro 1  pp. 53-69

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°34 : un docte viellard chûte sous le poids du Monde (globus cruciger) accablant ses reins.

Nouxs retrouvons le globe triparti marqué de la croix de la miséricorde n° 32. Mais cette image du Monde pèse sur le dos d'un viellard, coiffé du même bonnet à rabats adopté par les autres personnages de ces stalles, vêtu d'une robe longue, mais dont la dignité est contredite à la fois par ses pieds nus, et à la fois par sa posture de renversement, de chute. Est-ce Dieu portant sur son dos le poids du monde chargé de péché (D. Kraus) ? Un Docteur  qui perd la boule devant le spectacle de Nef des Fous (S. Brant 1494) du monde ? Ou, comme le voyait Aufauvre, un acrobate jonglant avec un globe ?

Dans tous les cas, cette sphère du Monde semble porteuse, comme pour la Boule aux rats, d'une leçon de morale face à un déclin. 

A. Aufauvre : "un Atlas burlesque marchant sur ses mains et portant un globe cerclé".

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°35 : deux aigles présentant un blason.

C'est le seul blason de ces stalles, et on l'aurai attendu sur l'emplacement le plus honorifique, les stalles 38-39 ou 8-9. Il devait porter des armoiries, peut-être l'une de celles qui sont multiples sur les vitraux, peut-être celles d'un évêque de Paris. Mais les meubles héraldiques ont été bûchées.

A. Aufauvre : "écusson becqueté par deux oiseaux affrontés".

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°36 : une femme marchant comme à l'aveuglette, devant une tortue dressée de profil sur ses pattes arrières. Au dessus, un objet (corde, bâton ?) est partiellement effacé.

A. Aufauvre : "deux femmes séparées par un personnage (aujour'hui brisé) qu'elles semblent se disputer".

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°37 : homme allongé sur le côté et dormant, relevant sa robe sur son genou gauche.

Ivresse de Noé??

 

A. Aufauvre : "Un homme en robe dans l'attitude du sommeil".

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°38 : un musicien coiffé d'une toque à plumet jouant de la chalemie devant un globe crucifère.

A. Aufauvre : un joueur de trompe, en tunique, coiffée d'une toque empanachée, en avant d'u globe crucifère"

Voir la  Fiche n°85 NH11 de  Musicastallis :

"Un page sonnant l'éveil à la terre chrétienne". L'instrument est assez proche de la chalemie représentée dans la miséricorde SH-12 du même ensemble [Job devant deux musiciens]. En l'absence de toute possibilité de voir les trous de jeu, l'aérophone peut être trompe ou chalemie. Le musicien, vêtu d'un costume et d'un béret à plume souvent attribués aux ménétriers, joue d'une longue trompe mutilée. Illustration du proverbe : "tromper le monde" ?

Scène(s) associée(s): L’association du globe terrestre et de la trompe symbolise le jugement dernier (voir fiche n°323) mais la stalle SH-07 "il faut être fou pour porter le monde" pourrait accréditer l’hypothèse du dicton "je trompe le monde chrétien"

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°39 : Un riche couple encadrant un récipient à couvercle. La femme semble y jeter un objet (bûché), l'homme s'apprête à dégainer son poignard.

A. Aufauvre : "un couple autour d'une marmite".

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°40 : un lion dévorant un loup (ou un chien).

A. Aufauvre : "un lion dévorant un quadrupède".

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°41 : un homme (robe logue, bonnet à rabats) est assis à l'envers sur un quadrupède et tend l'index droit vers son arrière-train tout en lui soulevant la queue. L'animal a les antérieurs fléchis. Il pourrait s'agir d'un taureau.

 

A. Aufauvre : "un cavalier au rebours, sur une bête fantastique".

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Panneau intérieur du dais. Rinceaux à têtes de poisson et de bélier.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Les culs-de-lampe du dais.

Chanoine priant.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Homme barbu déroulant un phylactère.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Ange tenant une lance (instrument de la Passion).

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Femme richement vêtue tenant des binocles.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Ange tenant des verges (instrument de la Passion).

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Femme tenant un objet cylindrique.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Ange déroulant un phylactère.

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Les 7 panneaux à claire-voie en couronnement du dais.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Corbeille + faune

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Corbeille + 2 angelots chevauchant des griffons.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Pentacle + corne d'abondance à visage anthropomorphe.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Candélabre et rinceaux à femme-feuille et tête de dauphins.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Pentacle tenu par deux angelots.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Corbeille + deux êtres fantastiques feuillagés.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Corbeille + fleurs et volutes.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

SOURCES ET LIENS

 

Palissy :

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM77001912

— Eglises du confluent 

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-77Champeaux-CollStMartin.php

— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f87.item

— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420

https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

—MESSELET (Jean), 1925, "La collégiale Saint-Martin de Champeaux"  Bulletin Monumental vol. 84  pp. 274-281

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1925_num_84_1_11903

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f79.image

—MICHELIN (Louis), 1841, Essais historiques et statistiques sur le département de Seine et ..., Volume 2 p.488

https://books.google.fr/books?id=C0o-AAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=%22aumusse%22+%22champeaux%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

Sur les stalles :

—    BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162.

Le Corpus des Miséricordes Médiévales (XIIIe-XXVIe siècles) se compose de cinq volumes. Les quatre premiers sont consacrés aux miséricordes et aux sculptures de stalles de chœur associées, dans des régions spécifiques d'Europe. Le cinquième volume comprend un index iconographique exhaustif des thèmes communs à différents pays, ainsi que des thèmes propres à chaque pays. Le premier volume de cette série, « Miséricordes Médiévales en France », recense environ 300 églises qui conservent des miséricordes gothiques ornées de figures sculptées et de récits inspirés des traditions orales (proverbes, contes populaires), mais aussi des annotations marginales de manuscrits, des chapiteaux romans, des bibles illustrées, des gravures, des cartes à jouer… Une vaste fresque de la vie médiévale – activités rurales, métiers urbains, relations conjugales, vie monastique – est présentée dans ces sculptures, sous les sièges des stalles, aux côtés des costumes d'époque, de l'architecture urbaine et collégiale, et des mécanismes. Des jeux de mots et des rébus s'entremêlent souvent à ces thèmes, créant des énigmes à la fois comiques et mystérieuses pour le regard du XXIe siècle. La perspective globale des miséricordes, généralement négligée dans les études sur l'art médiéval, est ici présentée comme une base multidisciplinaire pour de futures recherches menées par des sociologues, des historiens, des archéologues et d'autres médiévistes. Les volumes suivants traitent des miséricordes en Ibérie, en Flandre et dans le nord de l'Europe, ainsi qu'en Grande-Bretagne.

https://books.google.fr/books?newbks=1&newbks_redir=0&hl=fr&id=nmnrAAAAMAAJ&dq=LACROIX+Marcel%2C+La+coll%C3%A9giale+Saint-Martin+de+Champeaux%2C+Paris%2C+Imprimerie+de+l%E2%80%99Auxerrois&focus=searchwithinvolume&q=champeaux

— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

— DUFOUR (Jean), 2009, Le chartrier de la collégiale de Saint-Martin de Champeaux, ed Droz, p.56

https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&pg=PA56&dq=stalles+champeaux+mis%C3%A9ricordes&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjiwvPj9vuQAxWUcKQEHevrO4YQ6AF6BAgIEAM#v=onepage&q=stalles%20champeaux%20mis%C3%A9ricordes&f=false

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

— MUSICASTALLIS

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=86

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Published by jean-yves cordier - dans Miséricordes. XVIe siècle. Renaissance. Sculpture
13 août 2025 3 13 /08 /août /2025 16:07

Ensemble de 34 dorsaux (chêne, Pierre Terrasson ou Pierre Mochet, vers 1510-1530) de la cocathédrale Notre-Dame de Bourg-en-Bresse.

 

Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

Hors Bretagne :

PRÉSENTATION

D'après Wikipedia

Tandis que Marguerite d'Autriche fait construire le monastère de Brou et ses 74 stalles, c'est avec bien moins de moyen, et dans un contexte d'épidémie de peste, qu'un riche ecclesiastique de Notre-Dame de Bourg-en-Bresse,  Jean de Loriol évêque de Nice d'origine bressane et prieur de Brou, fait reconstruire en 1505 l'ancien chœur.  Mais il mourut dans les premiers mois de l'année 1507. 

En 1513, les libéralités de Louis de Gorrevod, évêque de Maurienne neveu de Jean de Loriol et frère de Laurent, ce dernier gouverneur de Bresse et chevalier d'honneur de Marguerite d'Autriche, et les sacrifices que s'impose la ville, permettent de marcher un peu plus rapidement ; malheureusement, sur la fin de 1514, la majeure partie de la construction s'écroule. Ce grave accident ne décourage pas les habitants; ils prennent immédiatement des mesures pour réparer le mal, et ils étaient absorbés par ces nouveaux travaux lorsqu'ils apprennent tout à coup qu'on vient d'ériger, à Bourg, le siège d'un évêché et que l'église qu'ils construisent est devenue église cathédrale. L'église paroissiale ne devient que brièvement, de 1515 à 1534 le siège de l'éphémère diocèse de Bourg.

Notre-Dame conserva son chapitre de chanoines, devenant par là-même collégiale de Bourg.

Les 52 stalles

Les stalles de Notre-Dame de Bourg occupent, depuis 1768, la partie orientale de la dernière travée de la collégiale ainsi que l'abside. Auparavant, situées dans l'avant-dernière travée, elles formaient le chœur canonial avec un jubé qui a disparu. Abîmées au cours de la Révolution, elles furent restaurées en 1840 par Bontemps.

De part et d'autre du chœur, on compte 9 stalles basses et 17 stalles hautes. Sculptées dans le bois de chêne vers 1530, elles sont attribuées au genevois Pierre Mochet, auteur également de celles de la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne. Offertes par Marguerite d'Autriche, Louis de Gorrevod, le Conseil de Ville et divers notables locaux, elles mêlent harmonieusement style gothique flamboyant et ornementation renaissance, scènes religieuses et chroniques de la vie quotidienne bressane.

Attribution.

Les archives citées par Kraus mentionnent que l'exécution des stalles a été confiée, à raisons de 30 florins le siège de stalle, à une équipe d'artisans de la ville (operarii hujus oppodi, approbati in arte) locale dirigée par  Pierre Terrasson, maître menuisier, avec la mention "les artisans  sont invités à exécuter les sièges conforméméent au désir de ceux qui les financent" (quod ipsi operarii sedes facere teneuntur ... ad deliberationem particularium qui heleemosinam in hoc facere voluerint).

Mais depuis toujours l'attribution est incertaine. On peut imaginer, comme à Brou,  que les stalles elles-mêmes (miséricordes, appuie-mains et parcloses) soient de facture locale, et que les dorsaux soient confiés à des sculpteurs étrangers. La notice Palissy attribuent ces stalles à Pierre Mochet, sculpteur des stalles se Saint-Jean-de-Maurienne, achevées en 1498.

Sur ce dernier, d'origine genevoise, voir :

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1954_num_112_3_8171_t1_0295_0000_2

 

 

PRÉSENTATION par J.P. BROSSARD

"Les stalles de Bourg sont l'oeuvre des derniers tailleurs d'ymages dépositaires des traditions de l'art gothique. Elles sont conçues dans une donnée qui était suivie depuis des siècles et qui allait passer de mode; toutes leurs figures semblent taillées sur les patrons, et si l'on modifiait certains détails de leur ornementation, on pourrait sans peine reculer de cent ans la date de la construction.

Il est difficile de placer cette date avant l'année 1510. Nous avons dit précédemment que Jean de Loriol avait commencé la reconstruction de l'église dans les premières années du xvi® siècle, et qu'il mourut en 1507, laissant le sanctuaire inachevé. C'est évidemment à l'aide de ses libéralités que furent exécutées nos stalles, on en a des preuves; mais il est certain, d'autre part, que l'œuvre ne fut pas entreprise avant sa mort. Voici d'ailleurs les renseignements que donne à cet égard M. Jules Baux:

« C'est en 1510, dit-il, qu'on commença à se préoccuper de la boiserie du chœur. Les prêtres de Notre-Dame annoncèrent, le 19 avril de cette année, au conseil de la ville, l'arrivée à Bourg de plusieurs maîtres étrangers fort experts en l'art de menuiserie, et disposés à se charger de cette besogne. Toutefois, ils convinrent que la somme qu'ils demandaient était considérable. D'un autre côté, les maîtres menuisiers de Bourg, à la tête desquels  figurait Terrasson, le plus habile d'entre eux, réclamaient la préférence. Leur capacité était connue de toute la ville; ils avaient exécutés dans plusieurs églises des travaux qui leur faisaient honneur, et notamment, dans l'église Notre-Dame, les siéges qui, dans les grandes cérémonies, servaient au célébrant, au diacre et au sous-diacre. Le Conseil ne prit pas en considération l'offre des maîtres étrangers; il se borna à dire que s'il convenait à Terrasson et autres ouvriers de confectionner les sièges à trente florins l'un, l'ouvrage leur serait adjugé, mais à condition qu'ils se conformeront à la volonté des personnes pieuses et charitables qui voudront les faire confectionnner, à leurs frais, la ville n'entendant nullement contribuer à cette dépense. »

Il est acquis que c'est vers 1510 que furent commencées nos stalles. Reste à savoir si leur exécution a été confiée à des menuisiers de Bourg. Nous voudrions pouvoir les leur attribuer, car c'est un travail qui leur ferait honneur.

Elles sont fort belles, soit qu'on les considère dans leur ensemble, soit qu'on les examine dans leurs détails. Aujourd'hui, malheureusement, elles sont incomplètes, et nous ne pouvons juger qu'imparfaitement de la valeur du travail et de l'effet qu'il devait produire.

Les formes des stalles hautes sont surmontées de grands dossiers ornés de grandes figures en bas-relief qui constituent la partie principale de l'œuvre. Ces grandes figures, dont on trouvera plus loin la liste, sont plus ou moins correctement dessinées et drapées d'une façon plus ou moins gracieuse. Prise chacune en particulier, elles n'auraient pas une bien grande valeur artistique; mais réunies et juxtaposées, elles produisent un effet d'ensemble excellent.

Elles sont enfermées entre deux colonnettes dont les minces fûts sont chargés d'ornements variés; un grand arc en accolade, sur l'extrados duquel rampent de gros feuillages, surmonte les colonnettes et va s'épanouir en épi sur un fond de petites arcatures qui garnissent la partie supérieure du panneau. Dans le principe, les dossiers devaient être isolés les uns des autres par des colonnettes indépendantes, qui supportaient une statuette. On retrouve encore des traces de ces colonnettes sur quelques accoudoirs. Au-dessus des panneaux régnait probablement un long dais plus ou moins découpé et plus ou moins chargé d'ornements et de figurines. Avec cet ensemble de pièces, l'œuvre acquérait un puissant relief, qu'elle a malheureusement perdu.

Le chœur de Notre-Dame, fermé autrefois par un jubé, était placé en avant de l'autel. Lorsqu'on le transporta au fond de l'abside, à une époque que nous ignorons, les stalles furent probablement déplacées, et c'est sans doute dans cette translation qu'elles ont perdu les pièces qui leur manquent.

Les bas-reliefs qui décorent les dossiers des stalles hautes sont au nombre de trente-quatre. "

 

PRÉSENTATION par Georges de Soultrait

"L'église Notre-Dame de Bourg est un édifice de la première moitié du XVIe siècle assez intéressant au point de vue architectonique plus encore à cause de ses belles stalles en bois sculpté, et des vitraux dont quelques fenêtres sont encore garnies. Les archéologues et les artistes qui traversent Bourg vont admirer l'église de Brou, mais ils ne se donnent pas la peine d'entrer dans l'église paroissiale de la ville qui, cependant, mérite d'être visitée, même après le splendide monument qui recouvre les restes de Philibert-le-Beau.

Avant de décrire les stalles nous allons dire quelques mots de l'église l'édifice orienté se compose d'une nef, de collatéraux garnis de chapelles et d'un chœur à pans cette dernière partie est la plus ancienne, elle date des premières années du XVe siècle on construisit ensuite la nef et ce fut seulement en 1545 que l'on éleva le premier étage de la façade, comme l'indique cette date placée au-dessus de l'une des portes. Cent ans plus tard, un architecte de Lyon, nommé Maugras , acheva cette façade qui offre plusieurs étages d'ordres différents et qui, bien qu'un peu lourde, ne manque pas d'effet. Le clocher fut élevé quelques années après.
La nef comprend six travées dont la première est occupée par l'orgue. Les voûtes assez élancées sont garnies de nervures prismatiques se prolongeant jusqu'à terre le long des piliers les collatéraux ont des voûtes pareilles à celle de la grande nef.

Des chapelles plus profondes à gauche qu'à droite se trouvent à chaque travée, elles sont de la même époque que le reste de l’édifice et n'offrent rien de particulier; leurs fenêtres sont ogivales et garnies de meneaux assez gracieux,la plupart d'entr'elles renfermaient des verrières qui ont été détruites en partie. Une seule chapelle, celle des saints Crépin et Crépinien, a conservé son vitrage presqu'entier; il représente diverses scènes de la vie de ces martyrs, on lit au-dessous :

A la louange de Dieu le créateur de la glorieuse mère et des glorieux saints et martyrs sainct Crépin et sainct Crépinien ont faict faire ceste verrière … confrères des dis martyrs l'an mil Vc

Les deux travées du chœur ont des nervures compliquées et un pendentif d'une grande hardiesse des cinq hautes fenêtres qui éclairaient cette partie trois seulement sont ouvertes, leurs meneaux d'un dessin fort simple sont assujettis au milieu de leur hauteur par une traverse en pierre. Des vitraux de la même époque que ceux de la chapelle de St. Crépin ornaient ces fenêtres; ils ont été brisés, puis mal raccommodes et on n'y reconnaît pas grand chose. Ils représentaient des scènes de la vie de Jésus-Christ et de celle de la Vierge, puis une grande figure de saint Etienne. On voit encore dans la fenêtre centrale un écusson aux armes de l'évêque Louis de Gorrevod, surmonté d'une mitre et d'une crosse.

Une grande chapelle à droite du chœur renferme une image miraculeuse de la Vierge. La large fenêtre ogivale qui lui donne du jour est occupée par une verrière moderne représentant l'Annonciation; le dessin en est bon, mais les couleurs sont un peu trop vives, puis on a placé dans l'amortissement des rinceaux en st\le beaucoup plus ancien que celui adopté pour le reste.

Passons maintenant à la description des stalles dont malheureusement les couronnements ont disparu, mais dont les dossiers offrent une suite de sujets sculptes en bas-reliefs fort intéressants au double point de l'art et de l'iconographie; quoiqu'elles aient été commencées seulement en 1512 ou en 1513. on y trouve le style gothique dans toute sa pureté, et nous pensons que M. Baux, dans la remarquable notice historique sur Notre-Dame de Bourg que nous avons citée plus haut, a été bien sévère en disant que l'art et le goût n'avaient rien à louer dans les panneaux supérieurs de la boiserie.
Les stalles, au nombre de soixante-huit, étaient autrefois devant l'autel elles sont actuellement placées sur deux rangs de chaque côté des parois de l’arrière-chœur. Nous allons décrire les sujets sculptés sur les dossiers de celles du rang supérieur, en commençant par la partie la plus rapprochée de l'autel du côté de l'évangile. Chaque sujet est compris entre deux espèces de petits contreforts à pinacles
et surmonté d'une arcade ogivale légèrement en accolade garnie de festons trilobés et de choux frisés; au-dessus de cette arcade le haut de chaque panneau est orné de moulures disposées de manière à figurer un rang de fenêtres à meneaux toute cette ornementation est très sûre, du meilleur goût et parfaitement conservée.

Tous les saints dont nous allons parler sont nimbés."


La description débute du côté gauche du chœur et se poursuit dans le sens des aiguilles d'une montre. Les descriptions sont celles de G. de Soultrait, à peine adaptée.

LES DORSAUX DES STALLES DU CÔTÉ GAUCHE.

 

1. Saint Pierre, les pieds nus comme les autres apôtres représentés dans les stalles, tient des clefs et un livre.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

2. Saint Christophe, les jambes dans l'eau d'un rivière qu'il franchit à gué, s'appuie sur une branche écotée et porte sur son épaule l'enfant Jésus, nu sous sa tunique, qui bénit le Monde.

Christophe lève les yeux sur l'Enfant et le reconnaît.

 

— Sur l'iconographie de saint Christophe : Voir (classement plus ou moins chronologique) :

 

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

3. Sainte Anne éducatrice de la Vierge.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

4. Saint André tient la croix en forme de sautoir qui lui est donnée comme attribut depuis le XIVe siècle; cette croix, dont on ne voit que la moitié, est formée de deux troncs d'arbres bruts.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

5. Saint Thomas porte la lance qui est un de ses attributs ordinaires et la ceinture de la Vierge qui, suivant la légende, tomba au-dessus de lui lors qu’étant arrivé après les autres apôtres au moment de la résurrection de Marie, il refusa d'y croire.

 Cet épisode est représenté dans un vitrail de l'église de Brou.
 

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

6. Un saint évêque, sans attribut particulier, tient une croix de procession et bénit.

Ses ornements épiscopaux, comme ceux de tous les autres évêques représentés sur ces stalles, sont d'une grande magnificence.

Il pourrait s'agir de saint Claude du Jura.
 

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

7. Sainte Catherine foulant aux pieds l'empereur Maxime qui la fit martyriser ou, selon quelques auteurs, le roi son père tient une palme emblème de sa gloire et une épée instrument de son supplice.

Près d'elle est un fragment des roues garnies de pointes qui avaient été préparées pour déchirer son corps et qui furent miraculeusement brisées; on a mutilé la couronne qui ornait sa tête.
 

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

8. Saint Jean l'évangéliste devant la porte latine  est représenté nu, les mains jointes, dans une chaudière placée sur un feu ardent.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

9. Saint Louis d'Anjou évêque de Toulouse, en costume épiscopal, tenant une croix tréflée, présente un évêque donateur agenouillé devant la Vierge qui est figurée deux tableaux plus loin.

L'évêque donateur serait Louis de Gorrevod, évoque de Maurienne et de Bourg, puis plus tard cardinal et légat du saint siège, qui contribua de ses deniers à la construction de l’église; au-dessous se trouve un écusson dont les armoiries ont été effacées, surmonté d'une croix.
 

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

10 et 11 . L'Annonciation occupe deux panneaux.

Le fond de ces deux panneaux est semé de trèfles nous ne savons trop pourquoi, ces trèfles ne figurent point dans les armes de la famille de Gorrevod, peut-être sont-ils là pour rappeler la croix tréffée de saint Maurice qui forme les armes de Bourg.

10. l'ange Gabriel porte un sceptre et montre du doigt le ciel.

 

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

11. la Vierge debout tient un livre; à ses pieds se trouve le vase d'où sort une tige de lys.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

12. L'empereur  Charlemagne revêtu d'une armure complète et d'une cotte d'armes autrefois fleurdelisée, la tête ceinte d'une couronne impériale, porte de la main droite un globe et de la gauche une épée.

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13. Saint Yves, patron des avocats et des gens de loi bretons entre le Riche et le Pauvre.

C'est l'un des grands saints de la Bretagne, en costume d'official, en robe et en chaperon, tenant un rouleau de parchemin et donnant une charte à un homme du peuple qui se trouve devant lui, tandis qu'il tourne le dos à un autre homme dont les habits longs indiquent la haute position cet homme tient à sa main une bourse, indice de la tentative de séduction qu'il a voulu exercer sur saint Yves afin de s'assurer le gain du procès. L'homme du peuple est court vêtu et fort petit, sa tête ne vient guère qu'à la hauteur de la ceinture du saint. L'on sait qu'au moyen-âge, surtout il est vrai à une époque antérieure à celles des stalles de Bourg, on représentait généralement les gens de moindre qualité de taille plus petite que les grands personnages. Saint Yves de Kermartin fut official du diocèse de Tréguier pendant la seconde moitié du XIIe siècle il est représenté dans beaucoup d'églises de Bretagne rendant la justice et, comme dans le bas-relief dont nous nous occupons, donnant raison au pauvre contre le riche cette scène est au reste expliquée par ce passage de sa vie :
« Et encore bien qu'il prist plus gayement en main la défense des misérables et pauvres gens denuez d'assistance, que des grands seigneurs, et que mesme, en faveur de ceux là quand ils avoient bon droit, il faisoit decheoir ceux cy de leurs prétentions, neantmoins, jamais on ne s'est plaint qu'il ait donné jugement inique, et entrepris la défense d'une cause qui ne fut bonne et juste. »

On chantait autrefois dans les églises de Bretagne, le jour de la fête de saint Yves, une hymne qui commençait ainsi :
Sanctus Yvo erat Brito

Advocatus sed non laro

Res miranda populo
Il est assez singulier de rencontrer ici cette figure de saint Yves qui se voit rarement ailleurs qu'en Bretagne nous pensions que peut-être ces stalles avaient pu être sculptées par des ouvriers bretons, mais nous voyons dans la notice de M. Baux que ce furent des huchiers du pays qui exécutèrent ces stalles à l'exclusion des ouvriers étrangers qu'on avait d'abord voulu employer.

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14. Saint Roch en pèlerin tenant un bourdon, ayant une aumônière et un chapeau sur lequel sont deux bourdillons en sautoir, relève sa tunique et montre la plaie de sa cuisse; près de lui est son chien Roquet et un ange qui contemple sa blessure.

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15. Saint Eloi en évêque, tenant de la main gauche un livre et de la droite sa crosse et un marteau d'orfèvre.
 

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16. La  Vierge debout, une couronne posée sur ses longs cheveux épars, porte sur son bras gauche son  fils qui lui-même tient le globe du monde.

Le piédestal de la Vierge offre un écusson (perdu) surmonté d'une crosse et d'une mitre du donateur  ; d'autres écussons, tous effacés, se voyaient en plusieurs endroits de ces boiseries.

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17. Saint Jacques-le-Majeur en pèlerin, portant un bourdon, l'aumônière, le chapeau timbré d'une coquille,  et un livre.

Il est à remarquer que cet apôtre est chaussé de souliers, contrairement à l'usage iconographique observé pendant tout le moyen-âge de représenter les apôtres pieds nus.

Le panneau où est figuré saint Jacques est le dernier de cette rangée de stalles;  la boiserie qui tapisse l'abside date du siècle dernier et n'affecte nullement la prétention de se raccorder avec les stalles anciennes.

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LES DORSAUX DES STALLES DU CÔTÉ DROIT

 

18. Saint Adrien de Nicomédie en chevalier, les pieds sur un lion. Il  est armé d'une épée et soutient de la main gauche une enclume.

Saint Adrien de Nicomédie  était invoqué contre les épidémies et la mort subite. 

Officier romain, en charge des supplices réservés aux chrétiens à la suite de l'édit de Dioclétien en 303, Adrien se convertit et subit à son tour la torture à Nicomédie (actuellement Izmit en Turquie). Ses bourreaux lui cassent chaque membre sur une enclume puis il est décapité avec une épée.

Il porte ici une coiffure qu'on retrouve sur les personnages des miséricordes.

 

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19. Saint Nicolas représenté comme d'habitude en habits épiscopaux, tenant sa crosse et bénissant trois enfants placés devant lui dans une cuve.

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20. Saint Crépin avec des alènes au bout des doigts.

Lors du martyre des saints Crépin et Crépinien, les alènes enfoncées sous les ongles des saints se retournent, telles des flèches, contre les bourreaux qui meurent à leurs pieds. Voir la baie 23 de Gisors.

Saint Crépin et de Saint Crépinien, patrons de la confrérie des Cordonniers,  vécurent au IIIème siècle et appartenait à une famille chrétienne et distinguée de Rome. Quand la persécution de Maximien sévit, ils quittèrent leur pays pour se fixer à Soissons où ils devinrent d'habiles cordonniers. Arrêtés et livrés à Maximien, ils furent martyrisés en 287. Le père et le fils eurent les dix doigts transpercés avec des alènes. 

 

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21. Sainte Catherine, figurée à peu près de la même manière que de l'autre côté des stalles, porte un livre et une épée; près d'elle est la roue brisée de son supplice. Son costume est d'une grande richesse.

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22. Saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert.

 Le précurseur vu de face, vêtu de sa peau de chameau, semble prêcher en s'appuyant sur un bâton noueux placé en travers devant lui sur les branches de deux arbres; un homme et une femme agenouillés paraissent écouter avec attention les paroles qui sortent de la bouche du saint.

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23.  Un saint évêque, peut-être saint Philibert, abbé de Jumièges et de Noirmoutier.

Le livre laisse penser qu'il s'agit d'un fondateur de règle monastique.

Il s'agirait alors d'une référence à Philibert le Beau, duc de Savoie, mari de Marguerite d'Autriche.

 

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24. Sainte Marguerite, les cheveux épars et les mains jointes, se libérant du dragon qui l'avait avalé, et qui tient encore l'extrémité de sa robe dans sa gueule.


 

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25. Saint Maurice en costume de chevalier, porte la croix tréflée, qui est son attribut, sur sa poitrine, sur son écu et sur la banderole de sa lance.

Saint Maurice est le patron de la Savoie dont dépendait alors Bourg. La croix tréflée figure dans l'écusson de la ville.

On retrouve un saint chevalier semblable  sur la jouée sud-ouest.

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26. Saint Jean-Baptiste et un donateur.

Saint Jean-Baptiste est représenté une seconde fois tenant sur un livre l'Agneau Pascal, dont la tête est ornée d'un nimbe croisé devant lui est agenouillé un évêque donateur revêtu de ses ornements pontificaux, sans nul doute Jean de Loriol, évêque de Nice, abbé de St.-Pons et prieur de Brou, qui fit commencer à ses frais la construction de l'église Notre-Dame.









 

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27. Décollation de saint Jean-Baptiste sur l'ordre d'Hérode.

Le précurseur agenouillé, les mains jointes, tend la tête au bourreau qui, armé d'une épée, se dispose à la lui trancher.

Sur le piédestal de cette scène se trouve un écusson effacé, timbré d'une mitre et d'une crosse, qui portait sans doute les armoiries de Jean de Loriol.

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28. Saint Laurent en diacre, tient la palme du martyre  et le gril sur lequel se consomma ce martyre.

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29. Saint Philippe apôtre porte une croix de supplice et un livre .

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30. Sainte Barbe tenant un livre et une palme, près d'elle se trouve la tour dans laquelle elle fut enfermée par son père.
 

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31. Un saint évêque sans attribut particulier, mais tenant un livre.

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32. Saint François portant un crucifix de la main gauche ses mains et ses pieds offrent les stigmates, et une ouverture de son froc laisse voir la plaie de son flanc.

 

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

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33. Saint Hubert en costume de chasse, un faucon sur le poing et l'épieu à la main; à ses pieds est un chien dont le collier est orné d'une coquille.

Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.

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34. Saint Léonard en diacre, tenant d'une main un livre et de l'autre une palme et des fers servant à désigner sa charité pour les prisonniers.


 

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SOURCES ET LIENS

— BAUD (Jules), 1846, Notice descriptive et historique sur l'église paroissiale de Notre-Dame de Bourg. Bourg. pages 23-24

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6522694q.texteImage

"On commença à se préoccuper, en 1510, de la boiserie du chœur. Les prêtres de Notre-Dame annoncèrent, le 19 avril de cette année, au conseil de la ville, l'arrivée à Bourg de plusieurs maîtres étrangers fort experts en l'art de menuiserie, et disposés à se charger de celle besogne.

Toutefois, ils convinrent que la somme qu'ils demandaient était considérable. D'un autre côté, les maîtres menuisiers de Bourg, à la tête desquels figurait Terrasson, le plus habile d'entr'eux, réclamaient la préférence. Leur capacité était connue de toute la ville; ils avaient exécuté dans plusieurs églises des travaux qui leur faisaient honneur, et notamment, dans l'église de Notre-Dame, les sièges qui, dans les grandes cérémonies , servent au célébrant, au diacre et sous-diacre. Le conseil ne prit pas en considération l'offre des maîtres étrangers; il se borna à dire que s'il convenait à Terrasson et autres ouvriers de la ville de confectionner les sièges à raison de trente florins l'un ; l'ouvrage leur sera adjugé, mais à la condition qu'ils se conformeront à la volonté des personnes pieuses et charitables qui voudront les faire confectionnera leurs frais, la ville n'entendant nullement contribuera cette dépense.

Comme les contreforts n'étaient pas encore terminés, celte affaire fut ajournée et reprise le 7 juin de l'année suivante par Messieurs de Notre-Dame, qui firent observer au conseil que les travaux de maçonnerie étant sur le point d'être achevés, il devenait urgent de s'occuper des stalles et d'en donner la tâche, afin que dès ce moment les ouvriers pussent préparer le bois nécessaire à celle œuvre.

La proposition fut agréée par le conseil, et, séance tenante, la tâche fut délivrée aux ouvriers par le ministère du notaire Michaelis , qui dressa à ce sujet un acte que signèrent les syndics et quatre des prêtres incorporés de Notre-Dame. Messieurs de Notre-Dame avaient à cœur la confection des boiseries; aussi s'ingéniaient-ils de toutes manières pour se procurer de l'argent. Ils eurent la bonne idée de mander en Flandres, à Madame Marguerite d'Autriche, un exprès pour solliciter sa générosité : cette démarche leur valut de la part de la princesse, cent écus d'or au soleil.
Messieurs de Notre-Dame ayant reçu les cent écus d'or allèrent informer le conseil de cette heureuse circonstance, et lui proposèrent en même temps d'autoriser une quête à domicile dans la ville, quête qui serait faite par une commission composée de prêtres et de conseillers de la ville, ces derniers au choix des syndics et du conseil.

—BROSSARD (Joseph-Philibert), 1897, Regeste ou mémorial historique de l'église Notre Dame de Bourg, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Annales de la Société d'émulation, agriculture, lettres et arts de l'Ain, 1896, édité par impr. du "Courrier de l'Ain". Bourg-en-Bresse - 1897

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5467834b/f9.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5467834b/texteBrut

 

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. 

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

—SOULTRAIT ( Georges de), 1852, « Notice sur les stalles de l'église Notre-Dame de Bourg (Ain) ». Bulletin monumental, 1852, vol. 18, p. 97-106.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310375/f101.item

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture XVIe siècle.
8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 16:11

Ensemble de 74 stalles (chêne, 1532) du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse : les miséricordes, les appuie-mains et les jouées.  II. Le côté nord.

 

Voir sur Brou :

 

Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

Hors Bretagne :

 

PRÉSENTATION: voir article I

croquis de la numérotation adoptée pour les stalles.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

LES  DEUX STATUES ET LES JOUÉES (atelier de Guyot de Beaugrant).

En relation avec le côté sud, au décor voué à l'Ancien testament, celui du coté nord est voué au Nouveau Testament, en l'occurrence aux épisodes de l'Enfance et de la vie publique du Christ avant sa Passion.

 

1°)  statue du dais, angle nord-ouest : saint Grégoire, pape.

Il répond, du côté sud, à la statue de Moïse.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

2°) Jouée du retour des stalles, côté nord-ouest : la Nativité.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

3°) Au dessus de la Nativité : L'Annonce faite aux bergers.

On trouve au dessus selon Dufay, mais non photographié, la Présentation de Jésus au Temple.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

4°) Jouée du retour des stalles basses : l'Adoration des bergers.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

5°) Sculpture en ronde bosse : paire de lions.

Ensemble de 74 stalles (chêne, 1532) du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse : les miséricordes, les appuie-mains et les jouées.  II. Le côté nord.
Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

6°) Jouée de retour des stalles basses, au milieu (marches d'accès vers la stalle 50) : le Massacre des Innocents ordonné par Hérode.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

7°) Sculpture en ronde bosse : animaux hybrides à tête de femme, corps d'oiseaux et queue spiralée.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

8°) Jouée de retour des stalles basses, au milieu (marches d'accès vers la stalle 50) : Jésus assis au sommet de sept marches enseignant aux Docteurs du Temple.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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9°) Sculptures en ronde bosse : animaux fantastiques à tête et buste de femmes, pattes de batracien, et coquille d'esscargot.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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10°) Jouée de stalle basse du côté nord-est : le Baptême de Jésus par Jean-Baptiste dans le Jourdain.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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11° Sculptures en ronde bosse : paire d'animaux à tête brisée, à pattes feuillagées.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

12°) Jouée de retour de stalle haute, panneau inférieur  : la Femme adultère, Jésus écrivant au sol.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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13°) Jouée de retour de stalle haute, panneau  médian : la Multiplication des pains et des poissons.

n.b : plus haut, l'Entrée à Jérusalem, non photographiée

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Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

14°) La statue de saint Jérôme, avec son chapeau de cardinal et son lion.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

LES MISÉRICORDES DU CÔTÉ NORD.

Note : les descriptions me sont personnelles. Les stalles délimitées par un cordon ne sont pas accessibles au public, et les photographies ont été prises tant bien que vaille, et avec l'éclairage ambiant : on voudra bien en excuser la qualité.

Liste.

Comme du côté sud, on retrouve l'importance données aux scènes dans lesquelles des putti jouent (avec une forte connotation anale) avec des aigles ou des dragons. Si on y associent les anges placés dans la même situation, ou les jeunes garçons, on dénombre 14 miséricordes sur 37. La scène de la fessée n°40 ne dénote pas avec ce thème. De même,  5 miséricordes montrent, comme au sud,  des moines "en prière" ou endormis sur leurs lectures. On trouve aussi 4 "bourgeois", qui évoquent parfois des prophètes tenant des phylactères.

Deux  miséricordes montrent un couple représenté dans des médaillons : je les considèrent comme des miséricordes honorant des dignitaires (sans-doute Marguerite d'Autriche et Philibert le Beau). De même, les miséricordes qui s'ornent de blasons (dont le blason losangique de la commanditaire) ou du moins de cuirs relèvent de la même veine honorifique.

 

LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES.

n° 38 : putto entre deux dragons.

n° 39 : putto à genoux penché sur un livre.

n° 40 : personnage (femme?) vêtu d'une robe longue à ceinture et coiffé d'un bonnet administrant avec un faisceau de branches une fessée à un jeune garçon à genoux devant elle, aux fesses dénudées, sa robe ou tunique étant relevée.

n° 41 : Moine à genoux sur le sol, penché sur un livre ouvert, la capuche recouvrant sa tête.

n° 42 : Deux anges tenant un médaillon d'un homme barbu.

n° 43 : putto tenant un phylactère.

n° 44 : ange chevauchant un dragon non ailé, au long cou sinueux.

n° 45 : putto accroupi maniant un ustensile.

n° 46 : personnage tonsuré vêtu d'une pelisse, présentant un phylactère.

n° 47 : moine tonsuré prosterné à genoux, mains jointes.

n° 48 : ange présentant un phylactère.

n° 49 : putto portant un animal (chien?) sur son dos.

n° 50 : stalle d'honneur. Deux anges présentant un cuir découpé à enroulement. Support d'armoiries?

n° 51 : moine endormi dans l'attitude du songeur, allongé au sol la tête appuyée sur la paume. Il tient un livre fermé sur la poitrine.

n° 52 : garçon vêtu d'une tunique sans manches, de braies, pieds nus, tenant l'aile d'un aigle.

n° 53 : putto et aigle. L'enfant étreint l'aigle, dont le bec est dirigé vers ses fesses.

n° 54 : deux anges présentant un médaillon au profil féminin.

n° 55 : personnage (bourgeois) vêtu d'une pelisse et coiffé d'un chapeau haut, assis au sol, tenant un phylactère.

n° 56 : personnage (bourgeois ?) en buste vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau haut, tenant un phylactère.

n° 57 : personnage (bourgeois ?) accroupi vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau conique, tenant un phylactère.

n° 58 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

LES MISÉRICORDES DES STALLES BASSES.

n° 59 :  moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

n° 60 : putto tenant deux cuirs découpés à enroulement, support possible d'armoiries.

n° 61 : deux anges présentant un blason losangique donc féminin.

n° 62 : putto penché en avant, tenant d'une main un phylactère, et appliquant contre ses fesses un ustensile s'achevant par un récipient avec des boules.

n° 63 : deux putti luttant.

n° 64 : putto enlaçant le tronc d'un dragon non ailé.

n° 65 : putto enjambant le dos d'un dragon non ailé et lui tournant le dos. Il lui écarte la queue tandis qu'une main est posée sur la cuisse de l'animal.

n° 66 : homme au costume Renaissance (habits à crevés, mode François Ier puis Henri II), mais tête nue, curieusement penché à l'arrière d'un dragon, posant le menton sur son arrière-train. Le dragon retourne sa tête vers l'homme.

n° 67 : ange enjambant un phylactère.

n° 68 : ange chevauchant un dragon non ailé à qui il a passé un collet.

N° 69 : putto penché à quatre pattes sur un aigle, qui lui mord la tête.

n° 70: putto tenant un aigle attaché par un lacet noué à sa patte gauche.

n° 71: vigne (eucharistique ?) : feuille et grappe.

n° 72 : putto tenant un aigle par l'aile.

n° 73 : homme courbé en deux vers le sol. tunique et bonnet à crevés mais l'abondance de ceux-ci, en forme d'oreilles, peut laisser penser à un fou.

n° 74 : putto tenant un phylactère.

 

LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES n° 38 à 58.

 

n° 38 : putto entre deux dragons.

 

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n° 39 : putto à genoux penché sur un livre.

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n° 40 : personnage (femme?) vêtu d'une robe longue à ceinture et coiffé d'un bonnet administrant avec un faisceau de branches une fessée à un jeune garçon à genoux devant elle, aux fesses dénudées, la robe ou tunique de l'enfant étant relevée.

Sur les stalles de l'abbaye Saint-Férréol d'Essôme-sur-Marne, datées vers 1540, une miséricorde représente une fessée analogue, donnée par une femme assise sur une chaise à un enfant nu couché sur ses genoux. Elle n'utilise pas de verges, mais la paume de sa main. Merci à Alain Bonte pour cette information.

 

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n° 41 : Moine à genoux sur le sol, penché sur un livre ouvert, la capuche recouvrant sa tête.

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n° 42 : Deux anges tenant un médaillon d'un homme barbu.

Influence de la renaissance italienne.

 

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n° 43 : putto tenant un phylactère.

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n° 44 : ange chevauchant un dragon non ailé, au long cou sinueux.

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n° 45 : putto accroupi maniant un ustensile.

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n° 46 : personnage tonsuré vêtu d'une pelisse, présentant un phylactère.

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n° 47 : moine tonsuré prosterné à genoux, mains jointes.

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n° 48 : ange présentant un phylactère.

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n° 49 : putto portant un animal (chien?) sur son dos.

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n° 50 : stalle d'honneur. Deux anges présentant un cuir découpé à enroulement. Support d'armoiries?

Cette stalle est plus large que les autres, et une volée de marche y conduit, encadrée des jouées centrales.

Elle fait face à la stalle n° 13 du côté sud, dont la miséricorde est ornée des armes du duché de Savoie, celles de Philibert le Beau, époux défunt de la commanditaire du monastère de Brou.

 

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n° 51 : moine endormi dans l'attitude du songeur, allongé au sol la tête appuyée sur la paume. Il tient un livre fermé sur la poitrine.

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n° 52 : garçon vêtu d'une tunique sans manches, de braies, pieds nus, tenant l'aile d'un aigle.

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n° 53 : putto et aigle. L'enfant étreint l'aigle, dont le bec est dirigé vers ses fesses.

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n° 54 : deux anges présentant un médaillon au profil féminin.

Ce médaillon forme une paire avec le n°42 et rapproche les deux personnages comme un couple. Est-ce une référence à la commanditaire et à son mari défunt? Les emplacements ne sont pas symétriques par rapport à la stalle d'honneur n°50. Mais les miséricordes occupent-elles leur places d'origine, ou bien ont-elles été remontées à d'autres places lors d'anciennes restaurations?

Si ces deux médaillons étaient rapprochés, les personnages se feraient face.

Ces deux médaillons sont, dans ces stalles la seule influence de la renaissance italienne, dans un décor gothique flamboyant, mais cette influence se retrouve ailleurs dans le monastère, notamment sur les vitraux.

 

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n° 55 : personnage (bourgeois ?) vêtu d'une pelisse et coiffé d'un chapeau haut, assis au sol, tenant un phylactère.

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n° 56 : personnage (bourgeois ?) en buste vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau haut, tenant un phylactère.

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n° 57 : personnage (bourgeois ?) accroupi vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau conique, tenant un phylactère.

Il regarde vers le haut d'un air inspiré, et peut évoquer lun prophète hébraïque.

 

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n° 58 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

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LES MISÉRICORDES DES STALLES BASSES.

 

n° 59 :  moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

À la différence du précédent, sa cagoule n'est qu'à moitié remontée sur sa tête.

 

 

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n° 60 : putto tenant deux cuirs découpés à enroulement, support possible d'armoiries.

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n° 61 : deux anges présentant un blason losangique donc féminin.

Ce blason rappelle ceux de même formes mais en pierre qui sont placés tout autour du chœur : ils portaient les armoiries de Marguerite d'Autriche. Là encore, on peut s'étonner de l'emplacement à l'écart de l'axe d'honneur et de la rangée haute, plus honorable, et s'interroger sur une possible modification des répartitions initiales.

 

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n° 62 : putto penché en avant, tenant d'une main un phylactère, et appliquant contre ses fesses un ustensile s'achevant par un récipient avec des boules.

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n° 63 : deux putti luttant.

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n° 64 : putto enlaçant le tronc d'un dragon non ailé.

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n° 65 : putto enjambant le dos d'un dragon non ailé et lui tournant le dos. Il lui écarte la queue tandis qu'une main est posée sur la cuisse de l'animal.

Comparable à la miséricorde n°33 du côté sud.

 

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n° 66 : homme au costume Renaissance (habits à crevés, mode François Ier puis Henri II), mais tête nue, curieusement penché à l'arrière d'un dragon, posant le menton sur son arrière-train. Le dragon retourne sa tête vers l'homme.

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n° 67 : ange enjambant un phylactère.

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n° 68 : ange chevauchant un dragon non ailé à qui il a passé un collet.

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n°69 : putto penché à quatre pattes sur un aigle, qui lui mord la tête.

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n° 69 : putto tenant un aigle attaché par un lacet noué à sa patte gauche.

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n° 71 : vigne (eucharistique ?) : feuille et grappe.

S'il s'agit d'un symbole eucharistique, c'est ici le seul motif religieux de ces miséricordes.

S'il s'agit seulement d'un décor végétal, c'est là encore une exception, à l'opposée de nombreuses stalles ornées de feuillages.

Une branche du cep est brisée.

 

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n° 72 : putto tenant un aigle par l'aile.

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n° 73 : homme courbé en deux vers le sol. tunique et bonnet à crevés mais l'abondance de ceux-ci, en forme d'oreilles, peut laisser penser à un fou.

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n° 74 : putto tenant un phylactère.

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Quelques vue générales des stalles.

 

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QUELQUES APPUIE-MAINS

Appuie-mains des stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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SOURCES ET LIENS

—Base Palissy

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01000080

— DUFAY, 1867, L'église de Brou p.63 et suiv

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112425j/f77.item.texteImage

"En entrant dans le choeur de l'église par le jubé, on voit d'abord les stalles en bois, au nombre
de 42; elles sont placées des deux côtés du choeur, sur deux rangs séparés par une estrade qui a pour
but d'élever du sol les sièges adossés aux murs.
Chaque panneau ou lambris est séparé de celui qui le joint par quatre colonnettes à bases gothiques, à fûts coudés et couverts de feuillages et d'ornements sculptés s'élevant jusqu'aux corniches supérieures. Les centres des panneaux sont occupés par une suite de niches abritant, chacune, un personnage de 35 à 40 centimètres de hauteur; tous ces personnages sont posés sur des piédestaux à colonnes de diverses formes, mais de même dimension.
Ces statuettes, d'un style élevé, contrastent avec les figures des régions inférieures.

 Il y a au-dessous toute une population de grotesques,qui s'agite et mime des dialogues peu naïfs. Ainsi, un singe, à cheval sur une cloison, fait des grimaces à un moine juché sur la cloison voisine et lisant sonbréviaire.—Un soldat, à barbe inculte, semble s'adresser à une fille accroupie de froid, qui cache ses mains sous ses aisselles; plus loin, une vierge folle, portant une tête de mort sur ses genoux,
tire la langue à un religieux dont le capuchon laisse passer des oreilles d'âne. — Un capucin étreint, avec bonheur, dans ses bras, une outre remplie de vin qui jaillit dans sa bouche. —Un autre fustige vigoureusement, avec de fortes verges, une femme nue qui lui mord le talon. — Enfin, presque tous les bras des stalles sont des personnages grimaçant ou à figures de singe. — Sous les banquettes le grotesque redouble, et les groupes ont des allures licencieuses et bachiques.— C'est le style moyen-âge, c'est l'époque où la satire ne connaissant plus de frein, flagellait le clergé séculier, auquel l'artiste prêtait tous les vices et les ridicules, selon sa joyeuse ou sa mauvaise humeur.

Revenons aux personnages placés près des lambris, et essayons d'en donner la description
d'après l'ordre adopté par le père Rousselet ( Le père Pacifique Rousselet, augustin réformé,
dernier prieur de Brou, a écrit l'Histoire et Description de l'église de Brou, en 1767.).

En commençant par le côté droit du choeur, on voit 24 prophètes ou patriarches de l'Ancien Testament. Ce sont: Abraham levant une main au ciel.—Isaac méditant.--La force, exprimée symboliquement par un homme ayant une barbe touffue. --Jacob luttant avec un ange. — Isaïe et Jérémie annonçant l'incarnation du Verbe. — Aaron, grand sacrificateur. — Moïse montrant les tables de la loi. — Néhèmie. — Ezéchiel. — David tenant une harpe. — Daniel Vêtu en officier. — Samuel appuyé sur un bâton, tenant une épée comme juge d'Israël. — Osée montrant le ciel. — Joël lisant un livre. — Amos, — Abdias. —Jonas voyageur. — Miche. -— Nahum, — Habacuc fuyant avec effroi. — Aggée se reposant sur un bâton. — Zacharie montrant le ciel; et Malachie qui semble compter sur ses doigts la venue du Messie.
Sur le lambris des stalles du même côté, il existe trois panneaux en relief: Adam endormi, pendant
que Dieu tire une de ses côtes pour former la femme. — Eve chassée du paradis par un ange
qui tient une épée flamboyante. — Le meurtre d'Abel par son frère Caïn.
La partie du lambris en retour, n'ayant qu'un seul panneau, représente l'apparition de Dieu à Moïse dans le buisson ardent.
A l'entrée du milieu des stalles, on voit sur la droite, Manué, père de Samson, offrant à Dieu un
holocauste en action de grâces pour la promesse qui lui a été faite par un ange, qu'il aurait un fils
d'une force extraordinaire ; dans le même panneau, paraît un ange qui s'élève au ciel avec la
fumée de l'holocauste. A gauche, Samson ayant une des portes de la ville de Gaza sous son bras, et
l'autre sur ses épaules.
Sur le panneau de la partie du lambris en retour, placé à l'extrémité des stalles et du même côté, c'est la victoire de David sur Goliath, au moment où ce prince lui coupa la tête.
Le lambris à trois panneaux, qui n'est séparé du précédent que par le passage communiquant
aux stalles,présente dans la partie inférieure: l'histoire de la chaste Suzanne accusée par les impudiques vieillards, et conduite en prison par leur ordre. — Au milieu, la multiplication des vingt pains d'orge par le prophète Elisée. — A la partie supérieure, le sacre de Salomon par le prêtre Sadoc, accompagné de Nathan, — de Banaïas, capitaine de David, — d'un héraut d'armes et de plusieurs autres personnages. — On aperçoit encore sur chacun de ces lambris, deux niches qui renferment,du côté de la grande porte du chœur, la statue d'Aaron; et à l'extrémité des stalles, Moïse. Aaron paraît indiquer à Moïse le meurtre d'Abel. Moïse regardant Aaron, lui montre le ciel; inclinant sa baguette vers la terre, il semble dire qu'un Dieu vengeur ne laissera pas ce crime impuni.


Les stalles, à la gauche du choeur, sont garnies de figures représentant le Nouveau Testament.
Elles sont également au nombre de 24.
En commençant en bas du chœur, vers la porte principale d'entrée, on reconnaît : Saint Luc (un bœuf à ses pieds) montrant du doigt son Évangile ouvert. — Saint Pierre. (Cette statuette a été volée).
Saint Étienne en habit de diacre portant le livre des Évangiles. — Saint Mathieu, avec un ange à côté de lui. — Saint Mathias; il semble s'entretenir aveo Zébédèe, qui le suit. Saint Jean l’Évangéliste, ayant un aigle à ses pieds, et parcourant son Évangile appuyé sur son genou. — Saint Marc, son Évangile dans les mains, un lion à côté de lui. — Saint Paul ; il tient ses Épîtres de la main droite, son épée de la main gauche. — Saint André appuyé sur sa croix.— Saint Jean tenant une coupe d'où sort une couleuvre. — Saint Thomas, les Évangiles à la main, un petit sac à son côté. — Saint Jacques le Majeur tenant un bâton de la main gauche. — Saint Jacques le Mineur, avec son bâton. — Saint Simon portant les Évangiles de la main gauche. (Le bras droit est cassé.) Saint Thadée, un bâton dans la main droite, les Évangiles dans la main gauche. — Saint Barnabé,appuyé sur le pilier auquel il fut attaché pour être lapidé. — Saint Barthélémy portant une scie de la main droite. — Saint Philippe ayant sous le bras droit le livre des Évangiles. — Simon le pharisien, une épée au coté. — Jésus enseignant ; il a un livre ouvert à la main. — Jésus voyageant, tient un bâton et paraît fatigué. — Saint Jean Chrysostome portant ses écrits de la main gauche. — Saint Jude, montrant le ciel d'une main et soutenant sa robe de l'autre.


Revenant aux lambris des stalles de ce côté, on remarque sur le panneau inférieur, près de la
porte: la naissance de l'enfant Jésus; il est couché sur la paille, assisté de saint Joseph et de la sainte
Vierge, sa mère. Sur le panneau du milieu, c'est la nouvelle de cette naissance, donnée par un ange, aux pasteurs, dont quelques-uns, éveillés en sursaut, semblent se hâter d'aller adorer le Messie.
Sur celui d'en haut, c'est la présentation de l'enfant Jésus au temple ; la compagnie est nombreuse; on y distingue Marie et Siméon. Ce saint patriarche tient entre ses bras le Sauveur du monde.
Le panneau de la partie du lambris en retour représente l'adoration des Rois.
Vers l'entrée du milieu des stalles, on remarque, à gauche, le massacre des innocents, et à droite, le Sauveur, encore enfant, assis au milieu des docteurs dans le temple de Jérusalem.
En suivant les stalles jusqu'à l'extrémité, on voit sur la partie du lambris en retour, le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean, sur le fleuve du Jourdain.

Sur le panneau inférieur du lambris,se trouve le jugement prononcé par J.-C. en faveur de la femme adultère; ses accusateurs regardent ce que le divin Sauveur a écrit sur le sable.  Sur celui du milieu, est le miracle de la multiplication des cinq pains et des deux poissons qui servirent à J.—C. pour nourrir cinq mille hommes.—Le plus élevé représente l'entrée solennelle de J.-C. dans Jérusalem; on y remarque un grand concours d'habitants portant des palmes et étendant leurs manteaux sur le passage du Sauveur.
Les deux figures qui correspondent à celles d'Aaron et de Moïse, qu'on a vues de l'autre côté
des stalles, sont : saint Grégoire, pape, au bas du choeur; et à l'extrémité des stalles, saint Jérôme
donnant à manger à un lion qui se dresse pour le caresser.
Le couronnement de ces boiseries est soutenu par des voûtes imitées de celles de l'église; ce sont des arcs doubleaux, des piliers à nervures, des écussons, des ornements réduits et sculptés du meilleur effet."

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. 17 occurrences sur Brou ;  pages 139 et suiv. Illustrations n°177 à 182.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

— LEFFTZ (Michel), 2018, "Guyot de Beaugrant et la sculpture maniériste à l’église de Brou: stalles, retable, tombeaux, portail occidental. " Dans Princesses et Renaissance(s): La commande artistique de Marguerite d’Autriche et de son entourage (p. 44-54). Edition du Patrimoine.

https://rkddb.rkd.nl/rkddb/digital_book/202103203.pdf

"Michel Lefftz, revenant sur le dossier des stalles déjà analysé sur le plan iconographique par Ingrid van Woudenberg en 2006, élargit son enquête au retable des Sept Joies de la Vierge, à la petite sculpture des tombeaux princiers, à celles du lutrin déposé dans le chœur et du portail occidental de la collégiale. Il propose de reconnaître, dans l’unité du style maniériste affirmé à Brou, le ciseau de Guyot de Beaugrant aidé d’un assistant anonyme, et date ses réalisations pour Brou entre 1530 et 1532, juste après l’exécution de la célèbre cheminée du Franc de Bruges (1529-1530)."

"L’analyse stylistique a montré que les sculptures en bois des stalles de Brou, à l’exception des miséricordes, pouvaient être attribuées à Guyot de Beaugrant et à un assistant non identifié, dénommé ici « Maître B ». Guyot de Beaugrant a également réalisé les statuettes en chêne du lutrin de chœur, les quatre anges en pierre du portail occidental et plusieurs figures et groupes en albâtre qui ont été intégrés dans le retable des Sept Joies de la Vierge. Les œuvres qui peuvent être attribuées à Beaugrant révèlent un artiste virtuose, dont le style passe par différentes phases du maniérisme et qui revient ensuite à une certaine forme de classicisme. Le chantier de Brou (1530-1532) est maintenant parfaitement situé dans la carrière de l’artiste, entre celui du Franc de Bruges (1529-1530) et celui du retable de l’église Saint-Jacques à Bilbao (après 1533).

Composé de quarante-deux stalles hautes et de trente-deux stalles basses, l’ensemble impressionnant et magnifique des stalles de Brou résulte de la collaboration entre une équipe de huchiers et une autre de sculpteurs . Les archives n’ayant livré qu’un seul nom, celui de Pierre Berchod, huchier de Bourg, chargé de « bailler la tache des sièges », qui œuvre entre 1530 et 1532, force est de recourir à l’analyse stylistique pour en attribuer les sculptures. Nous laisserons ici de côté les miséricordes « à la verve gauloise » pour nous attacher au style des statuettes ornant les dorsaux et des reliefs « à l’exubérance flamande », insérés dans les jouées. Nous délaisserons également l’iconographie, celle-ci ayant déjà fait l’objet d’une étude spécifique en 2006. Nos analyses morphologiques montrent que la quarantaine de statuettes, ainsi que la petite vingtaine de reliefs des stalles, peuvent être réparties en deux groupes stylistiques clairement distincts . Cependant, aucune analyse dendrochronologique ne permettant de préciser la provenance des bois dans lesquels ces œuvres ont été sculptées, on ne dispose pas d’arguments probants pour déterminer si le travail a été accompli sur place ou dans les anciens Pays-Bas, où Guyot de Beaugrant était actif. Les deux maîtres se sont aussi réparti la réalisation des reliefs narratifs des jouées des stalles ; les plus habiles dans la conception et dans l’exécution étant ici aussi redevables à Guyot de Beaugrant. Rappelons que les panneaux ont nécessairement dû être réalisés avant leur insertion dans la menuiserie des stalles, lors du montage de l’ensemble, à Brou."

— JARRIN (Charles), Brou, sa construction, ses architectes...

— COMMONS WIKIMEDIA: photographies

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Choirs_stalls_in_%C3%89glise_de_Brou

— WOUDENBERG (Ingrid van), 2006, « Les stalles du chœur de Brou : expression d’un amour religieux ou profane ? », in Brou, un monument européen à l’aube de la Renaissance, actes du colloque, Bourg-en-Bresse.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Miséricordes. Sculpture XVIe siècle. Renaissance. Héraldique
7 août 2025 4 07 /08 /août /2025 16:31

Ensemble de 74 stalles (chêne, 1532) du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse : les miséricordes, les appuie-mains et les jouées.

I. Le côté sud.

 

 

 

 

Voir sur Brou :

 

Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

Hors Bretagne :

 

 

PRÉSENTATION

 

 

Le monastère royal de Brou a été bâti par Marguerite d'Autriche, régente des Pays-Bas, pour honorer la mémoire de son mari Philibert-le-Beau, duc de Savoie et accueillir dans le chœur de l'église Saint-Nicolas de Tolentin le gisant de celui-ci (ainsi que le sien et celui de sa mère). Les stalles du chœur y sont aménagées pour permettre aux  chanoines, dignitaires et chantres de chanter les offices, autour d'un imposant lutrin. Elles sont organisées en deux rangs haut et bas et on  dénombre de chaque côté (au nord et au sud) 21 stalles hautes  et 16 stalles basses, soit 37 de chaque côté et donc 74 stalles au total.

Situation

Dans le chœur, entre la porte d'entrée de la clôture du jubé et le gisant de Philibert Le Beau, elles sont encadrées par les galeries de pierre reliant le jubé avec les appartements et espaces de l'étage. Ces galeries et le jubé font courir au dessus des stalles des frises emblématiques de Marguerite d'Autriche, de la Savoie, de la Bourgogne.

Datation entre 1530 et 1532

La datation est déduite d'un ordre d'exécution par Marguerite d'Autriche à l'architecte Louis van Boghem, et de la date de consécration de l'église le 22 mars 1532, après la mort de la commanditaire. Mais les stalles étaient-elles alors en place, ce qui supposerait leur exécution en 19 mois seulement ? "Nombreux sont les témoignages qui attestent de la rapidité du rythme de production des artisans. Les nombreuses traces laissées à vif par lees ciseaux indiquent la hâte avec laquelle le menuisier mettait les éléments bout à bout sans prendre le temps de poncer le bois pour obtenir une finition plus lisse. Mais cette célérité ne s'exerça nullement au détriment de l'efficacité du travail fourni. Bien au contraire, elle donne à la sculpture un immense semblant de vitalité ; les formes sculptées se virent, la hâte aidant, conférer une immédiateté frémissante  que l'on peut comparer au travail du plâtre chez Auguste Rodin" (D & H. Kraus, 1986 p.140)

Attribution des miséricordes et appuie-mains :

Les archives n’ont livré qu’un seul nom, celui de Pierre Berchod dit Terrasson, huchier de Bourg, chargé de « bailler la tache des sièges », qui œuvre entre 1530 et 1532. Celui-ci  avait été chargé en 1511-1519 des stalles de Notre-Dame du Bourg de Bourg-en-Bresse. D. et H. Kraus cite, pour ce chantier, les termes du contrat de Pierre Terrasson, maître menuisier et six syndics et 4 prêtres de Notre-Dame-de-Bourg (Archives communales BB24, 19 avril 1510). Voir Jules Baux p.24

Matériau

chêne, provenant sans doute de la forêt voisine de Seillon.

Attribution des jouées :

Les jouées sont attribuées au sculpteur des Flandres Guyot de Beaugrant et à son assistant, également auteur de la quarantaine de statuettes des dais : "La menuiserie proprement dite a pu être réalisée localement, mais la fine sculpture est à rapprocher du maniérisme anversois, avec les attitudes dansantes des personnages et un décor de transition entre l’art gothique et la Renaissance. "

Numérotation

Ne parvenant pas à accéder à une étude de ces stalles, j'ai choisi une numérotation identique à celle que Florence Piat a employé pour les stalles de Tréguier. Au milieu des stalles hautes, un emplacement (n°13 et 50) plus large correspond à une stalle d'honneur, vraisemblablement réservé à des dignitaires, de la noblesse ou du clergé, et leur décor témoigne de cet élection (en 13, un ange tient l'écu de la Savoie)

Un méchant croquis permettra de visualiser cette numérotation. Elle débute aux stalles hautes du sud, angle sud-ouest, et parcourt ensuite les stalles basses en remontant vers le jubé, se poursuit par les stalles hautes du nord de 38 à 58 vers le chœur et revient à nouveau par les stalles basses jusqu'au jubé et sa clôture.

 

Plusieurs études, universitaires ou expertes, ont été consacrées à ces stalles (*), mais en se concentrant sur les dais et dorsaux, attribués à un atelier bruxellois, celui de Guyot de Beaugrant. Les sièges, avec leurs parcloses, leurs miséricordes et appuie-mains sculptés, ont été négligés, sans doute car ils seraient l'œuvre d'un menuisier ou huchier local,  le menuisier bressois Pierre Berchod, dit Terrasson, à qui avait été confiées auparavant, en 1510, les stalles de l'église Saint-Pierre de Brou. 

(*)On consultera

—la notice Mérimée PM 01000080 :

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01000080

— l'article d'Ingrid van Woudenberg, Les stalles du chœur de Brou : expression d'un amour religieux ou profane ?, qui a recherché les relations entre les scènes des jouées et dorsaux avec la pensée et la dévotion de Marguerite d'Autriche,

— Lefftz, M. (2018). Guyot de Beaugrant et la sculpture maniériste à l’église de Brou: stalles, retable, tombeaux, portail occidental. Dans Princesses et Renaissance(s): La commande artistique de Marguerite d’Autriche et de son entourage (p. 44-54). Edition du Patrimoine.

— Je n'ai pas eu accès au mémoire de  Maxime Delfosse, Étude des stalles de l’église de Brou à l’église de Bourg-en-Bresse, mémoire de licence à l’université de Louvain-la-Neuve, sous la direction de M. Ignace Vandevivere, 2000.

Néanmoins, les miséricordes des stalles de Brou ont été étudiées par Dorothy et Henry Kraus dans leur ouvrage Le monde caché des miséricordes, pages 138 à 142 avec 7 illustrations.

Les stalles ont été classées monument historique en 1902/11/21. Elles ont été restaurées en 1990 par Pierre Nillon et dépousiérées en 2013 par Antoine Buisson.

 

 

Les stalles du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

I. LE CÔTÉ SUD.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

La sculpture de Moïse et les quatre premières stalles.

 

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

LES STATUES ET JOUÉES

On considère que les jouées des stalles sud sont ornées de thèmes de l'Ancien Testament, correspondant parfois dans une démarche typologique inspirée de la Biblia pauperum avec celle du côté nord, inspiré de l'Ancien Testament.

Je n'ai pas vu les panneaux suivants signalés par Dufay  : Adam endormi, pendant que Dieu tire une de ses côtes pour former la femme. — Eve chassée du paradis par un ange qui tient une épée flamboyante. — Le meurtre d'Abel par son frère Caïn.

1°) Statue des stalles hautes, côté sud-ouest : Moïse

2°) Jouée sud-ouest des stalles basses

a) Moïse et le Buisson ardent

b) sculptures en ronde bosse : paire d'animaux fantastiques à pattes, queue et dos feuillagés et à bec d'oiseau.

L'épisode biblique du Buisson ardent, manifestation de Yahvé, est mise en parallèle ici, tout comme dans la Biblia pauperum, avec la Nativité.

[Biblia pauperum (latin). circa 1460-1465] f.2r BnF Réserve des livres rares, XYLO-4, droits Gallica

La Nativité orne le  panneau de la jouée homologue du côté nord. 

La xylogravure de  la Biblia pauperum permet de mieux interpréter le panneau. Le sculpteur a ajouté un bâton (bâton de berger ou houlette) aux pieds de Moïse. Ce dernier se tourne vers sa droite, saisi d'étonnement devant la manifestation divine.  Cf Exode 3: 

"Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer."

 

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée sud-ouest des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée sud-ouest des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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3°) Jouées des stalles basses, en milieu de rang, côté ouest

a) Gédéon et la peau de mouton (Juges, 6 :15-40) Gédéon, en armure

b) sculptures en ronde bosse : paire d'animaux fantastiques à pattes, queue et dos feuillagés et tête de chien portant un collier.

Gédéon, cinquième juge d’Israël, souhaite savoir si Dieu veut l’utiliser pour libérer la Terre Promise.  Gédéon, met Dieu à l'épreuve :

" Si tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l'as dit,voici, je vais mettre une toison de laine dans l'aire; si la toison seule se couvre de rosée et que tout le terrain reste sec, je connaîtrai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l'as dit. Et il arriva ainsi. Le jour suivant, il se leva de bon matin, pressa la toison, et en fit sortir la rosée, qui donna de l'eau plein une coupe. Gédéon dit à Dieu: Que ta colère ne s'enflamme point contre moi, et je ne parlerai plus que cette fois: Je voudrais seulement faire encore une épreuve avec la toison: que la toison seule reste sèche, et que tout le terrain se couvre de rosée. Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. La toison seule resta sèche, et tout le terrain se couvrit de rosée."

 Au Moyen Âge, on interprète cet espace resté sec et pur comme un symbole de la virginité de Marie. Gédéon sortira vainqueur du combat, grâce à ce signe de Dieu.

Voir le paragraphe 3°) de :

https://www.lavieb-aile.com/2024/04/les-vitraux-de-saint-nicolas-de-port-la-baie-20.html

Le panneau consacré à Gédéon relève d'une lecture typologique des récits de l'Ancien Testament considérés comme annonçant ceux du Nouveau Testament, selon une mise en parallèle des récits illustrés dans la Biblia pauperum ou Bible des pauvres : on comparera ce panneau avec la xylogravure reliant le miracle de Gédéon avec l'Annonciation :

Biblia pauperum 1460-1465 : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, XYLO-4

On remarque mieux sur le panneau sculpté la peau de mouton, le bouclier (ici, une rondache),  l'ange envoyant à Gédéon le phylactère au dessus du térébinthe. On sait qu'on doit y lire, d'après la gravure,  Dominus tecum virorum fortissime (Juges 6:12), dans un parallèle évident avec l'archange Gabriel disant à la Vierge Ave gratia plena dominus tecum.

Les solerets (chaussure de l'armure) de la gravure du XVe siècle sont pointus, ceux du panneau du XVIe siècle sont ronds, le sculpteur a transposé sa représentation selon la mode militaire de l'époque.

On ne trouve pas, au nord, de panneau de l'Annonciation, peut-être celui-ci a-t-il disparu.

 

 

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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4°) Jouées des stalles basses, en milieu de rang, côté est : non inventoriées.

Dufay signale "Manué, père de Samson, offrant à Dieu un
holocauste en action de grâces pour la promesse qui lui a été faite par un ange, qu'il aurait un fils
d'une force extraordinaire
; dans le même panneau, paraît un ange qui s'élève au ciel avec la
fumée de l'holocauste. A gauche, Samson ayant une des portes de la ville de Gaza sous son bras, et
l'autre sur ses épaules."

5°) Jouées des stalles  hautes, côté est.

a) Panneau du bas : deux hommes se sont saisis d'une femme qu'ils entrainent. Un enfant, en haut d'un escalier, dit au revoir à la femme. Le tableau est visuellement  à mettre en parallèle avec le panneau de Jésus enseignant aux docteurs des stalles nord. Il est interprété par Dufay comme décrivant l'histoire de la chaste Suzanne accusée par les impudiques vieillards, et conduite en prison par leur ordre.

b) Au dessus, en ronde bosse : Le miracle de la Multiplication des vingt pains d'orge par Élisée (2Rois 4:42). 

Correspondance avec la Multiplication des pains par Jésus, sur les jouées homologues du côté nord.

Le prophète Élisée est debout et fait un geste de bénédiction. Une femme récolte les pains dans une corbeille, devant un enfant. La scène est visible également depuis l'intérieur des stalles.

c) Personnages dansants. Il s'agirait  selon Dufay du "sacre de Salomon par le prêtre Sadoc, accompagné de Nathan, — de Banaïas, capitaine de David, — d'un héraut d'armes et de plusieurs autres personnages. "

6°) Statue d'Aaron. Il tenait peut-être jadis la verge refleurie de son élection.

 
Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée sud-est des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée sud-est des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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6°) Jouées des stalles basses, côté est.

a) panneau : David devant Goliath vaincu

b) Sculpture en ronde-bosse : paire d'oiseaux fabuleux à tête anthropomorphe.

David terrassant Goliath est mis en parallèe dans la Biblia pauperum avec le Christ aux limbes:

La Bible des Pauvres. David renversant Goliath; Le Christ aux limbes; Samson vainqueur du lion vers 1465/1465 MAITRE DES ANCIENS PAYS-BAS XVè s L 52 LR/28 Recto.© Musée du Louvre, dist. GrandPalaisRmn / Philippe Fuzeau
 
Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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LES MISÉRICORDES

 

 

Les thèmes ont été analysés par Dorothy et Henry Kraus ainsi :

"Le sujet, bien qu'exempte de plan d'ensemble ou de fil conducteur, se subdivise en quatre catégories générales.

La première, désignée sans doute par les moines du prieuré, montrent ceux-ci dans différentes attitudes de prière.

La seconde, attestant une forte influence flamande, est celle de la boisson. Les hommes et même les jeunes garçons sont présentés dans toute les attitude de l'adoration de la gourde, du pichet et même de la timbale.

La nudité d'un grand nombre d'entre eux révèle une troisième tendance de la sculpture   : plus de la moitié des protagonistes, presque exclusivement masculins, sont nus. Seule représentante du sexe féminin, une mère en compagnie de son fils dont elle est en train de frapper le postérieur mis à nu, à moins qu'il ne s'agisse de son faible mari dans une démonstration de misogynie qui ne contredirait pas l'accent très "mâle" de toute la collection.

Les artistes manifestent une autre prédilection plus curieuse encore que leu goût pour la udité. Il s'agit d'un jeu anal auquel se livre un jeune homme avec un animal réel ou fantastique.

Ces scènes furent sans doute considérées  comme purement fantasmatique

 

Liste des motifs des stalles du côté sud.

Les descriptions et interprétations me sont personnelles.

Je rappelle que ce sont en règle les chanoines qui se prononcent sur les "drôleries" et saynètes à sculpter sur les miséricores et appuie-mains : cela a été montré à Tréguier, mais aussi à l'église Notre-Dame-du-Bourg.

Les Kraus jugent que les moines sont décrits ici dans l'attitude de prière ; mais on les voit plutôt en train de dormir sur leurs livres, et Jules Baux  voit ici "les allusions les plus mordantes à l'endroit du clergé séculier".

Les 15 putti donnent aux chanoines l'occasion de contempler le corps potelé de jeunes garçons nus, mais, comme le remarque les Kraus, ces putti ont des comportement très ambigüs dans leur jeux de dévoration et caresses anales avec les dragons et les aigles qui leur tiennent compagnie.

Les scènes de boisson sont au nombre de six.

Seule la stalle d'honneur est ... honorifique avec son blason aux armes du duché de Savoie.

On remarquera les éléments thématiques absents : il n'y a pas de bestiaire isolé, pas de femmes , pas de créatures fantastiques comme les sirène et centaures, pas d'allusion aux proverbes, aux fabliaux et au Roman de Renard. Pas de représentation d'instrulments de musique, sauf en 26. Et pas de thème religieux bien-sûr.

Les graffiti des dorsaux sont très rares (mais ils existent), leur ancienneté est douteuse.

Il faudrait étudier la répartition selon les rangs haut et bas, et les mettre en relation avec l'occupation des sièges selon l'ancienneté et la hiérarchie des chanoines ou des membres de droit .

 

 

n°1 putto mordu par un dragon ailé

n°2 putto se tournant pour prendre un pichet

n° 3 : homme barbu en buste, portant une pelisse et un chapeau

n°4 : Putto dont le bras est dans la gueule d'un dragon à queue serpentiforme.

n°5 : Putto à la corne d'abondance  et dragon tenant une pièce dans sa gueule

n°6. Chanoine lisant, à demi allongé, un volumineux livre.

n°7 : deux putti accroupis  tenant un bâton  et emblème en forme de cœur.

n°8 : Moine recroquevillé sur lui-même en attitude de prière

n°9 : Moine (fou) portant l'index gauche sur sa tempe

n°10 : Putto assis sur un dragon à tête anthropomorphe et lui tenant la queue serpentiforme.

n°11 : évêque assis au sol, lisant, le visage maussade.

n°12 : Putto assis levant un court bâton (ou os) face à un aigle.

n° 13 = stalle d'honneur : ange agenouillé tenant un écu aux armes de la Savoie.

n° 14 : ange tenant un cuir découpé ou un blason (muet) à forme découpée

n°15 : Aigle mordant les reins d'un enfant, habillé, à genoux et penché en avant.

n° 16 : chasseur accroupi, tenant ce qui peut être un filet. Braguette bûchée.

n° 17 : Deux putti se disputant un flacon de boisson.

n° 18 : enfant vêtu d'une tunique serrée par un cordon, tenant un cuir orné d'un masque anthropomorphe.

 n° 19 : putto assis tenant un phylactère

n° 20 : chérubin au dessus d'une branche écotée

n°21 : putto installé accoudé sur le dos d'un dragon ailé, qui lui mord les fesses

n° 22 : Putto (aux cheveux peignés)  accroupi  vers le livre qu'il tient en main droite, et tenant une cruche en main gauche

n° 23 : homme à crâne nu ou putto accroupi, le menton posé sur une cruche par l'intermédiaire d'un linge

n°24 : Homme encapuchonné dormant, accoudé sur un livre.

n° 25 : Bourgeois (bonnet, pelisse) assis élevant une coupe.

n° 26 : Homme jouant du serpent, à côté d'un dragon ailé

n° 27 : ange nu chevauchant un phylactère

n°28 : homme assis, vêtu d'une pèlerine et coiffé d'un bonnet, buvant à un flacon.

n° 29 :  Homme vêtu d'une capuche et d'une tunique à ceinture, buvant un genou à terre à un flacon sous le regard de son chien.

n°30 : Homme assis lisant un livre posé sur un pupitre.

n°31 : Moine soulevant un cube ou livre.

n° 32 : putto (mais tonsuré),  vu de dos, la main sur la hanche.

n° 33 : Putto assis à califourchon sur le dos d'un dragon, lequel lui mord les fesses.

n° 34 : Putto sur le dos d'un animal (dragon non ailé ?)

n° 35 : homme semblant somnoler, accoudé au dessus de livres.

n° 36 : moine sommeillant

n° 37 : homme frappant un tamis ou crible. Ou (Kraus) : "flagellant".

 

LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES N° 1 à 21.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Les stalles hautes faisant retour le long du jubé. Stalles n° 1 à 3, statue de Moïse.

 

 

 

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n°1 putto mordu par un dragon ailé

Le putto est installé à cheval sur la queue serpentiforme du dragon et en caresse les deux extrémités, tandis que son pied est saisi jusqu'à la cheville par la gueule du monstre débonnaire.

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n°2 putto se tournant pour prendre un pichet

 

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n° 3 homme barbu en buste, portant une pelisse et un chapeau

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n°4. Enfant dont le bras est dans la gueule d'un dragon à queue serpentiforme.

Les stalles du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse. I. Le côté sud.

 

n°5 Putto à la corne d'abondance  et dragon tenant une pièce dans sa gueule.

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n°6. Chanoine lisant, à demi allongé, un volumineux livre.

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n°7 : Deux putti accroupis tenant un bâton  et un emblème en forme de cœur.

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n°8 : Moine recroquevillé sur lui-même en attitude de prière.

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n°9 : Moine (fou ?) portant l'index gauche sur sa tempe.

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n°10 : Putto assis sur un dragon à tête anthropomorphe et lui tenant la queue serpentiforme.

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n°11 : évêque assis au sol, lisant, le visage maussade.

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n°12 : Putto assis levant un court bâton (ou os) face à un aigle.

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n° 13 = stalle d'honneur : ange agenouillé tenant un écu aux armes de la Savoie.

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n° 14 : ange tenant un cuir découpé ou un blason (muet) à forme découpée

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n°15 : Aigle mordant les reins d'un enfant, habillé, à genoux et penché en avant.

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n° 16 : chasseur accroupi, tenant ce qui peut être un filet. Braguette bûchée.

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n° 17 : Deux putti se disputant un flacon de boisson.

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n° 18 : enfant vêtu d'une tunique serrée par un cordon, tenant un cuir orné d'un masque anthropomorphe.

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 n° 19 : putto assis tenant un phylactère

 

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n° 20 : chérubin au dessus d'une branche écotée

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n°21 : putto installé accoudé sur le dos d'un dragon ailé, qui lui mord les fesses.

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LES STALLES BASSES N° 22 à 37.

n° 22 : Putto (aux cheveux peignés)  accroupi  vers le livre qu'il tient en main droite, et tenant une cruche en main gauche

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n° 23 : homme à crâne nu ou putto accroupi, le menton posé sur une cruche par l'intermédiaire d'un linge

 

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n°24 : Homme encapuchonné dormant, accoudé sur un livre.

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n° 25 : Bourgeois (bonnet, pelisse) assis élevant une coupe.

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n° 26 : Homme jouant du serpent, à côté d'un dragon ailé

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n° 27 : ange nu chevauchant un phylactère

 

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n°28 : homme assis, vêtu d'une pèlerine et coiffé d'un bonnet, buvant à un flacon.

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n° 29 :  Homme vêtu d'une capuche et d'une tunique à ceinture, buvant un genou à terre à un flacon sous le regard de son chien.

 

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n°30: Homme assis lisant un livre posé sur un pupitre.

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n°31 : Moine soulevant un cube ou livre.

 

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n° 32 : putto (mais tonsuré),  vu de dos, la main sur la hanche.

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n° 33 : Putto assis à califourchon sur le dos d'un dragon, lequel lui mord les fesses.

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n° 34 : Putto sur le dos d'un animal (dragon non ailé ?).

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n° 35 : homme semblant somnoler, accoudé au dessus de livres.

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n° 36 : moine sommeillant

 

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n° 37 : homme frappant un tamis ou crible. Ou (Kraus) : "flagellant".

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QUELQUES APPUIE-MAINS

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Capucin.

 

Les stalles du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse. I. Le côté sud.

Homme barbu, pensif, la paume sous la joue gauche.

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Homme barbu tenant un flacon de boisson.

Les stalles du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse. I. Le côté sud.

Personnage tenant une tête de mort.

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Personnage tenant sur ses genoux un tonnelet à goulot central.

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Homme pensif tenant un livre ouvert.

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SOURCES ET LIENS

—Base Palissy

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01000080

— DUFAY, 1867, L'église de Brou p.63 et suiv

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112425j/f77.item.texteImage

"En entrant dans le choeur de l'église par le jubé, on voit d'abord les stalles en bois, au nombre
de 42; elles sont placées des deux côtés du choeur, sur deux rangs séparés par une estrade qui a pour
but d'élever du sol les sièges adossés aux murs.
Chaque panneau ou lambris est séparé de celui qui le joint par quatre colonnettes à bases gothiques, à fûts coudés et couverts de feuillages et d'ornements sculptés s'élevant jusqu'aux corniches supérieures. Les centres des panneaux sont occupés par une suite de niches abritant, chacune, un personnage de 35 à 40 centimètres de hauteur; tous ces personnages sont posés sur des piédestaux à colonnes de diverses formes, mais de même dimension.
Ces statuettes, d'un style élevé, contrastent avec les figures des régions inférieures.

 Il y a au-dessous toute une population de grotesques,qui s'agite et mime des dialogues peu naïfs. Ainsi, un singe, à cheval sur une cloison, fait des grimaces à un moine juché sur la cloison voisine et lisant sonbréviaire.—Un soldat, à barbe inculte, semble s'adresser à une fille accroupie de froid, qui cache ses mains sous ses aisselles; plus loin, une vierge folle, portant une tête de mort sur ses genoux,
tire la langue à un religieux dont le capuchon laisse passer des oreilles d'âne. — Un capucin étreint, avec bonheur, dans ses bras, une outre remplie de vin qui jaillit dans sa bouche. —Un autre fustige vigoureusement, avec de fortes verges, une femme nue qui lui mord le talon. — Enfin, presque tous les bras des stalles sont des personnages grimaçant ou à figures de singe. — Sous les banquettes le grotesque redouble, et les groupes ont des allures licencieuses et bachiques.— C'est le style moyen-âge, c'est l'époque où la satire ne connaissant plus de frein, flagellait le clergé séculier, auquel l'artiste prêtait tous les vices et les ridicules, selon sa joyeuse ou sa mauvaise humeur.

Revenons aux personnages placés près des lambris, et essayons d'en donner la description
d'après l'ordre adopté par le père Rousselet ( Le père Pacifique Rousselet, augustin réformé,
dernier prieur de Brou, a écrit l'Histoire et Description de l'église de Brou, en 1767.).

 

 

En commençant par le côté droit du choeur, on voit 24 prophètes ou patriarches de l'Ancien Testament. Ce sont: Abraham levant une main au ciel.—Isaac méditant.--La force, exprimée symboliquement par un homme ayant une barbe touffue. --Jacob luttant avec un ange. — Isaïe et Jérémie annonçant l'incarnation du Verbe. — Aaron, grand sacrificateur. — Moïse montrant les tables de la loi. — Néhèmie. — Ezéchiel. — David tenant une harpe. — Daniel Vêtu en officier. — Samuel appuyé sur un bâton, tenant une épée comme juge d'Israël. — Osée montrant le ciel. — Joël lisant un livre. — Amos, — Abdias. —Jonas voyageur. — Miche. -— Nahum, — Habacuc fuyant avec effroi. — Aggée se reposant sur un bâton. — Zacharie montrant le ciel; et Malachie qui semble compter sur ses doigts la venue du Messie.
Sur le lambris des stalles du même côté, il existe trois panneaux en relief: Adam endormi, pendant
que Dieu tire une de ses côtes pour former la femme
. — Eve chassée du paradis par un ange
qui tient une épée flamboyante
. — Le meurtre d'Abel par son frère Caïn.
La partie du lambris en retour, n'ayant qu'un seul panneau, représente l'apparition de Dieu à Moïse dans le buisson ardent.
A l'entrée du milieu des stalles, on voit sur la droite, Manué, père de Samson, offrant à Dieu un
holocauste en action de grâces pour la promesse qui lui a été faite par un ange, qu'il aurait un fils
d'une force extraordinaire
; dans le même panneau, paraît un ange qui s'élève au ciel avec la
fumée de l'holocauste. A gauche, Samson ayant une des portes de la ville de Gaza sous son bras, et
l'autre sur ses épaules.

Sur le panneau de la partie du lambris en retour, placé à l'extrémité des stalles et du même côté, c'est la victoire de David sur Goliath, au moment où ce prince lui coupa la tête.
Le lambris à trois panneaux, qui n'est séparé du précédent que par le passage communiquant
aux stalles,présente dans la partie inférieure: l'histoire de la chaste Suzanne accusée par les impudiques vieillards, et conduite en prison par leur ordre. — Au milieu, la multiplication des vingt pains d'orge par le prophète Elisée. — A la partie supérieure, le sacre de Salomon par le prêtre Sadoc, accompagné de Nathan, — de Banaïas, capitaine de David, — d'un héraut d'armes et de plusieurs autres personnages. — On aperçoit encore sur chacun de ces lambris, deux niches qui renferment,du côté de la grande porte du chœur, la statue d'Aaron; et à l'extrémité des stalles, Moïse. Aaron paraît indiquer à Moïse le meurtre d'Abel. Moïse regardant Aaron, lui montre le ciel; inclinant sa baguette vers la terre, il semble dire qu'un Dieu vengeur ne laissera pas ce crime impuni.


Les stalles, à la gauche du choeur, sont garnies de figures représentant le Nouveau Testament.
Elles sont également au nombre de 24.
En commençant en bas du chœur, vers la porte principale d'entrée, on reconnaît :Saint Luc (un bœuf à ses pieds) montrant du doigt son Évangile ouvert. — Saint Pierre. (Cette statuette a été volée).
Saint Étienne en habit de diacre portant le livre des Évangiles. — Saint Mathieu, avec un ange à côté de lui. — Saint Mathias; il semble s'entretenir aveo Zébédèe, qui le suit. Saint Jean l’Évangéliste, ayant un aigle à ses pieds, et parcourant son Évangile appuyé sur son
genou. — Saint Marc, son Évangile dans les mains, un lion à côté de lui. — Saint Paul ; il tient ses Épîtres de la main droite, son épée de la main gauche. — Saint André appuyé sur sa croix.— Saint Jean tenant une coupe d'où sort une couleuvre. — Saint Thomas, les Évangiles à la main, un petit sac à son côté. — Saint Jacques le Majeur tenant un bâton de la main gauche. — Saint Jacques le Mineur, avec son bâton. — Saint Simon portant les Évangiles de la main gauche. (Le bras droit est cassé.) Saint Thadée, un bâton dans la main droite, les Évangiles dans la main gauche. — Saint Barnabé,appuyé sur le pilier auquel il fut attaché pour être lapidé. — Saint Barthélémy portant une scie de la main droite. — Saint Philippe ayant sous le bras droit le livre des Évangiles. — Simon le pharisien, une épée au coté. — Jésus enseignant ; il a un livre ouvert à la main. — Jésus voyageant,
tient un bâton et paraît fatigué. — Saint Jean Chrysostome portant ses écrits de la main gauche.
— Saint Jude, montrant le ciel d'une main et sou- tenant sa robe de l'autre.
Revenant aux lambris des stalles de ce côté, on remarque sur le panneau inférieur, près de la
porte: la naissance de l'enfant Jésus; il est couché sur la paille, assisté de saint Joseph et de la sainte
Vierge, sa mère. Sur le panneau du milieu, c'est la nouvelle de cette naissance, donnée par un ange, aux pasteurs, dont quelques-uns, éveillés en sursaut, semblent se hâter d'aller adorer le Messie.
Sur celui d'en haut, c'est la présentation de l'enfant Jésus au temple ; la compagnie est nombreuse; on y distingue Marie et Siméon. Ce saint patriarche tient entre ses bras le Sauveur du monde.
Le panneau de la partie du lambris en retour représente l'adoration des Rois.
Vers l'entrée du milieu des stalles, on remarque, à gauche, le massacre des innocents, et à droite, le Sauveur, encore enfant, assis au milieu des docteurs dans le temple de Jérusalem.
En suivant les stalles jusqu'à l'extrémité, on voit sur la partie du lambris en retour, le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean, sur le fleuve du Jourdain.

Sur le panneau inférieur du lambris,se trouve le jugement prononcé par J.-C. en faveur de la femme adultère; ses accusateurs regardent ce que le divin Sauveur a écrit sur le sable. Sur celui du milieu, est le miracle de la multiplication des cinq pains et des deux poissons qui servirent à J.—C. pour nourrir cinq mille hommes.—Le plus élevé représente l'entrée solennelle de J.-C. dans Jérusalem; on y remarque un grand concours d'habitants portant des palmes et étendant leurs manteaux sur le passage du Sauveur.
Les deux figures qui correspondent à celles d'Aaron et de Moïse, qu'on a vues de l'autre côté
des stalles, sont : saint Grégoire, pape, au bas du choeur; et à l'extrémité des stalles, saint Jérôme
donnant à manger à un lion qui se dresse pour le caresser.
Le couronnement de ces boiseries est soutenu par des voûtes imitées de celles de l'église; ce sont des arcs doubleaux, des piliers à nervures, des écussons, des ornements réduits et sculptés du meilleur effet."

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. 17 occurrences sur Brou ;  pages 139 et suiv. Illustrations n°177 à 182.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

— LEFFTZ (Michel), 2018, Guyot de Beaugrant et la sculpture maniériste à l’église de Brou: stalles, retable, tombeaux, portail occidental. Dans Princesses et Renaissance(s): La commande artistique de Marguerite d’Autriche et de son entourage (p. 44-54). Edition du Patrimoine.

https://rkddb.rkd.nl/rkddb/digital_book/202103203.pdf

"Michel Lefftz, revenant sur le dossier des stalles déjà analysé sur le plan iconographique par Ingrid van Woudenberg en 2006, élargit son enquête au retable des Sept Joies de la Vierge, à la petite sculpture des tombeaux princiers, à celles du lutrin déposé dans le chœur et du portail occidental de la collégiale. Il propose de reconnaître, dans l’unité du style maniériste affirmé à Brou, le ciseau de Guyot de Beaugrant aidé d’un assistant anonyme, et date ses réalisations pour Brou entre 1530 et 1532, juste après l’exécution de la célèbre cheminée du Franc de Bruges (1529-1530)."

"L’analyse stylistique a montré que les sculptures en bois des stalles de Brou, à l’exception des miséricordes, pouvaient être attribuées à Guyot de Beaugrant et à un assistant non identifié, dénommé ici « Maître B ». Guyot de Beaugrant a également réalisé les statuettes en chêne du lutrin de chœur, les quatre anges en pierre du portail occidental et plusieurs figures et groupes en albâtre qui ont été intégrés dans le retable des Sept Joies de la Vierge. Les œuvres qui peuvent être attribuées à Beaugrant révèlent un artiste virtuose, dont le style passe par différentes phases du maniérisme et qui revient ensuite à une certaine forme de classicisme. Le chantier de Brou (1530-1532) est maintenant parfaitement situé dans la carrière de l’artiste, entre celui du Franc de Bruges (1529-1530) et celui du retable de l’église Saint-Jacques à Bilbao (après 1533).

Composé de quarante-deux stalles hautes et de trente-deux stalles basses, l’ensemble impressionnant et magnifique des stalles de Brou résulte de la collaboration entre une équipe de huchiers et une autre de sculpteurs . Les archives n’ayant livré qu’un seul nom, celui de Pierre Berchod, huchier de Bourg, chargé de « bailler la tache des sièges », qui œuvre entre 1530 et 1532, force est de recourir à l’analyse stylistique pour en attribuer les sculptures. Nous laisserons ici de côté les miséricordes « à la verve gauloise » pour nous attacher au style des statuettes ornant les dorsaux et des reliefs « à l’exubérance flamande », insérés dans les jouées. Nous délaisserons également l’iconographie, celle-ci ayant déjà fait l’objet d’une étude spécifique en 2006. Nos analyses morphologiques montrent que la quarantaine de statuettes, ainsi que la petite vingtaine de reliefs des stalles, peuvent être réparties en deux groupes stylistiques clairement distincts . Cependant, aucune analyse dendrochronologique ne permettant de préciser la provenance des bois dans lesquels ces œuvres ont été sculptées, on ne dispose pas d’arguments probants pour déterminer si le travail a été accompli sur place ou dans les anciens Pays-Bas, où Guyot de Beaugrant était actif. Les deux maîtres se sont aussi réparti la réalisation des reliefs narratifs des jouées des stalles ; les plus habiles dans la conception et dans l’exécution étant ici aussi redevables à Guyot de Beaugrant. Rappelons que les panneaux ont nécessairement dû être réalisés avant leur insertion dans la menuiserie des stalles, lors du montage de l’ensemble, à Brou."

— JARRIN (Charles), Brou, sa construction, ses architectes...

— COMMONS WIKIMEDIA: photographies

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Choirs_stalls_in_%C3%89glise_de_Brou

— WOUDENBERG (Ingrid van), 2006, « Les stalles du chœur de Brou : expression d’un amour religieux ou profane ? », in Brou, un monument européen à l’aube de la Renaissance, actes du colloque, Bourg-en-Bresse.

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Miséricordes. Sculpture Renaissance XVIe siècle. Brou Héraldique
9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 11:37

 

Au-delà de l'oratoire de Marguerite se trouve la chapelle de son conseiller, Laurent de Gorrevod, dédiée à Notre-Dame de Pitié. Elle abrite les tombeaux de Laurent de Gorrevod et de ses deux épouses, Philiberte de la Palud et Claude de Rivoire, ainsi que de plusieurs membres de leur famille. Les magnifiques gisants en bronze de Gorrevod et de ses épouses furent détruits à la Révolution, et seule subsiste la dalle sur laquelle reposaient les statues, portant la devise du fondateur — POUR JAMES (lire :"jamais") — et les initiales L. F. et L. C. (lettres de son nom et de celui de ses épouses ), reliées par la cordelière de Savoie.

L.F = Laurent et Filiberte, pour Filiberte de la Pallud, décédée en 1509

L.C = Laurent  et Claudine de Rivoire, décédée en 1535

 

Rappel :

La famille de Gorrevod joua un rôle considérable dans le duché de Savoie. Louis de Gorrevod, évêque de Maurienne et abbé d'Ambronay, avant de devenir le premier et éphémère évêque de Bourg puis cardinal, en 1530, avait présidé au mariage savoyard de Marguerite d'Autriche, en 1501 . Et c'est lui qui consacra l'église de Brou en 1532.

 

La Chapelle de Ducs de Pont-de-Vaux , située du côté nord et dans laquelle on pénètre par une arcade supportant la galerie haute qui mène à l'oratoire de la princesse, est due à Laurent de Gorrevod, qui fut le chef du conseil pour la construction de la maison et de l’église de Brou. Acté par la Princesse à la date du 28 avril 1520, Laurent de Gorrevod choisit sa sépulture pour lui et successeurs dans cette chapelle. Les gisants en bronze ont été fondus à la Révolution pour en faire des canons.

Laurent de Gorrevod (né en Bresse vers 1470 ; † 6 août 1529 à Barcelone)  faisait partie de la haute noblesse savoyarde. Il fut écuyer de Philibert Le Beau puis gouverneur de Bresse ; il suivit Marguerite d'Autriche aux Pays-Bas en tant que son chevalier d'honneur avant d'être attaché à Charles Quint.  Il fut baron de Marnay et de Montenai, comte de Pont-de-Vaux et vicomte de Salins.

Il porte d'azur au chevron d'or.

https://ia601300.us.archive.org/1/items/histoireetdescri00rous/histoireetdescri00rous.pdf

 

 

1. Le blason de Laurent de Gorrevod.

L'écu est entouré du collier de la Toison d'Or, est suspendu à un heaume entouré de lambrequins, surmonté d'une licorne comme cimier, reposant sur un tortil.

J'intérprête l'élément animal à crinière de cheval et dont la tête est brisée comme une licorne en me basant sur le R.P. Rousselet : "Contre le pilier où le Mausolée est adossé on a suspendu  l'écu des armes de la Maison de Gorrevod , d'azur au chevron d'or , ayant pour supports deux Lions d'or & une licorne d'argent pour cimier».

 

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

 

2. Les lettres L et F réunies par la cordelière de Savoie.

Les lettres L pour Laurent et F pour Filiberte sont perlées, tressées, et leurs empattements fleurissent en prolongements exubérants, qui viennent jouer avec les entrelacements de la cordelière à glands de passementerie.

On notera, sur la droite du phylactère portant le mot POUR JAMES, les fleurs de marguerite, ultime hommage à Marguerite. 

J'ai, débarquant ici en touriste, cru d'abord très naïvement que le monument honorait un défunt prénommé JAMES.

James (ou jamès) est une forme rare de jamais, retrouvée toujours en lien avec Marguerite d'Autriche. Elle est d'abord  attestée dans un courrier de Maximilien à Marguerite : 

"Très chière et très amée fylle, jé entendu l'avis que vous m'avez donné par Guyllain Pingun, nostre garderobes vyess, dont avons encore mius pensé desus.

Et ne trouvons point pour nulle résun bon que nous nous devons franchement marier, maès avons plus avant mys nostre délibération et volonté de jamès plus hanter faem nue."

Ou dans un courrier de Marguerite à son valet :

"Premier, que je desire sur toute chose mestre ma religion en tel estat que pour jamés  ils n'aient grant povreté; mes qui puissent vivre sans mandier..."

Et enfin dans un charmant rondeau que Marguerite d'Autriche a écrit de sa main :

"C'est pour jamès qu'un regret me demeure;

Que sans sesser nuit et jour à tout eure

Tant me tourmant que bien voudroi mourir;

Car ma vie n'est fors seulement languir,

Et s'y faudra à la fin que j'en meure.

De l'infortune estais bien seure

Quan le regret maudit où je demeure

Me coury sus pour me faire mourir,

Car ma vie n'est fors

Seulement languir:

Sy faudra que j'en meure "(Bibliothèque royale de Bruxelles, cité par E. E.Tremayne

 

 sur le vitrail en place, des armoiries des Gorrevod, accompagnées de la devise «pour james » et celles de sa seconde épouse, ..

https://dn790002.ca.archive.org/0/items/firstgovernessof00tremuoft/firstgovernessof00tremuoft.pdf

 

 

https://www.anglo-norman.net/entry/jam%C3%A9s

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

3. Le blason en losange de l'épouse, entouré de la ceinture Espérance.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

4. Deuxième réunion des lettres L et F.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

5. Les lettres L et C réunies par la cordelière de Savoie.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

6. Le blason en losange de l'épouse, entouré de la ceinture Espérance.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

7. Deuxième réunion des lettres L et C.

On en admirera la préciosité de graphie des lettres. Non seulement leurs fûts sont perlés et les empattements sont bifides, mais certains fûts sont aménagés d'une fente où se faufilent les traverses et les diagonales, aux extrémités parfois tressées en brandebourg.

 

 

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.
L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

8. Sur le monument : le briquet et la croix écotée.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.
 

Le vitrail de l'Incrédulité de saint Thomas, baie 13 (1527-1531).

Numérotation des vitraux selon le Corpus Vitrearum

Ce vitrail de la chapelle de Gorrevod porte les armes de Laurent de Gorrevod et de sa seconde épouse Claudine de Rivoire.

 

 

Baie 13, chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 13, chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 13, chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 13, chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Le tympan : 15 anges en prière.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Registre supérieur : suspendues aux arches de l'architecture gothique flamboyant, les armes de Philibert le Beau et de Marguerite d'Autriche.

Voir : https://www.lavieb-aile.com/2025/05/l-emblematique-amoureuse-de-marguerite-d-autriche-a-brou.html

 

On remarque les élements de décor Renaissance, comme les dauphins (au sommet ou en frise) et les médaillons de personnage de profil.

 

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Deux femmes à la poitrine nue et au bas du corps qui se transforme dans le rinceau feuillagé affrontent les têtes de "dauphins".

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Le registre principal : l'Incrédulité de saint Thomas vénérée par Laurent de Gorrevod et Claudine de Rivoire, en donateurs.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

L'Incrédulité de saint Thomas: l'apôtre Thomas met ses doigts sur la plaie du flanc droit du Christ ressuscité, sur l'injonction de ce dernier.

 

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Laurent de Gorrevod agenouillé en donateur sur son prie-dieu, en armure recouvert d'un tabard à ses armes, est présenté par saint Laurent, tenant le grill de son martyre.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Le blason de Laurent de Gorrevod.

Ses armes  d'azur au chevron d'or sont entourées du collier de l'Ordre de la Toison d'or (dont les briquets sont bien visibles) et timbrées de la couronne de baron.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Claudine de Rivoire présentée par saint Claude.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Le blason losangique (féminin) mi-parti de Claudine de Rivoire

Née en 1465 et décédée le 28 décembre 1535 à Besançon, c' est la fille de  Louis, seigneur de Gerbaiset de Marguerite d'Albon. Elle a épousé Laurent de Gorrevod en 1509. Elle est veuve depuis décembre 1529. Le couple eut une fille, Louise.

Dans une guirlande d'honneur, les armes de Gorrevod, en 1, sont associées à celle de la famille de Rivoire, en 2 , Fascé d'argent et de gueules à la bande d'azur brochant sur le tout chargé de trois fleurs de lys d'or posées en bande.

https://man8rove.com/fr/blason/dkdvpc6-rivoire

 

 

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS

— BEAUME (Florence), 2015, LA FAMILLE GORREVOD ET SES COMMANDES ARTISTIQUES La famille Gorrevod et ses commandes artistiques, in Colloque organisé par Laurence Ciavaldini Rivière, professeur d' université Grenoble-Alpes et Magali Briat-Philippe, conservateur, responsable du service des patrimoines, monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse

https://www.academia.edu/37759011/Princesses_et_Renaissance

— collectif, 2015, Princesses et Renaissance(s), La commande artistique de  Marguerite d'Autriche et de son entourage, Colloque organisé par Laurence Ciavaldini Rivière, professeur d' université Grenoble-Alpes et Magali Briat-Philippe, conservateur, responsable du service des patrimoines, monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse

https://www.academia.edu/37759011/Princesses_et_Renaissance

Autres sites de photos

http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm9601/eg_monastere@Brou_StThomas.php

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 14:00

Les  quatre sirènes et les deux anges musiciens (calcaire, 1520) du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

 

 

Sur Chartres, voir :

 

PRÉSENTATION.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA28000006

Le pavillon de l'Horloge, établi au flanc nord de la cathédrale, est commandé par le chapitre de la cathédrale à Jehan de Beauce pour abriter le mécanisme d'horlogerie qui actionne le timbre à marteau sonnant les heures, placé dans la lanterne du clocher nord, et l'horloge de la façade du pavillon. Le mécanisme était relié aux cloches par une tringlerie. Sa construction est achevée vers 1520. Il est consolidé en 1862 puis restauré en 1864. En 1991, la pierre est nettoyée et les chiffres du cadran sont redorés à la feuille d'or. En 1887, le mécanisme qui a cessé d'être utilisé vingt ans plus tôt, est remplacé par une horloge comtoise installée par l'horloger chartrain Albert Renouf (1848-1895). En 1990, le mécanisme d'origine est restauré, et bien que vraisemblablement incomplet, est toujours en état de marche. 

On accède à cet édifice en calcaire de Berchères au plan rectangulaire de 5 m sur 3 m 50 , —dont le  mur méridional est partiellement scellé à la tour nord de la cathédrale — et au toit en pavillon couvert de bardeau par un escalier en vis, en maçonnerie.

 

 
 
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Le cadran  polychrome, d'un diamètre de 2,58 mètres encadré de pilastres, est  divisé en 48 rayons alternativement droits (marquant les heures) et flamboyants (marquant les demies) sur fond étoilé . Il porte les deux séries de chiffre gothique I à XII , selon la mode ancienne italienne en 24 heures ; il est entouré d'une frise de fruits et légumes enrubannés par un ruban marqués de traits en I, et ce décor végétal de type figue ou courge, typiquement  Renaissance se retrouvera largement sur les stucs de la Galerie François Ier à Fontainebleau.

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Les deux anges musiciens des écoinçons supérieurs.

L'un joue de la chalémie (chalémie-hautbois), l'autre de la harpe.

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-instruments/les-vents-1/ch-ur-chalemie-8eme-travee.php

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-instruments/cordes-pincees-1.php

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Sur le Tour de chœur de la cathédrale (1529), des anges musiciens ou des putti jouent de la viole, du luth ou de la flûte. Ailleurs, sur la huitième travée, un bas-relief montre une chalémie et une flûte entrecroisées dans un décor de ruban plissé.

Luth, chalémie et flûtes se retrouvent sur un autre panneau de la huitième travée.

Tour de chœur de la cathédrale de Chartres, 1529.

 

 

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

 

Les deux sirènes porte-lanterne des écoinçons inférieurs.

Elles sont comparables et tiennent d'une main une lanterne allumée ou torchère à l'extrémité d'une longue hampe , et de l'autre, par son enroulement, un cuir découpé en forme d'écu losangique, peint d'une croix noire sur fond jaune.

Elles sont ailées. Le haut de leur corps est celui de femmes, nues, aux traits fins, à la bouche entrouverte, aux cheveux bouclés, aux petits seins ronds et au ventre projeté en avant, simplement ceint d'une ceinture de ruban  nouée sur le côté et dont les longues extrémités flottent. 

Leur queue n'est pas celle d'un poisson (*), mais d'un serpent, couvert d'écailles et formant une boucle. mais cette queue n'est pas représentée de manière naturaliste, et elle s'orne d'appendices en forme de feuilles à l'extrémité de tiges en volutes, tandis que l'extrémité s'achève par un bouquet de feuilles et de fruits.

(*) stricto sensu, ce ne sont pas des "sirènes" ou femmes poissons, mais des créatures semi-humaines de type femme-serpent".

 Leur corps, si on en juge par la queue, est orientée vers l'extérieur de l'horloge, mais elles se tournent pour nous faire face, et leurs regards se tournent encore pour s'observer réciproquement.

Un décor première Renaissance.

Les cuirs découpés à enroulement, ces créatures hybrides et ces queues feuillagées témoignent de la pénétration à Chartres de l'influence de la Renaissance italienne, comme déjà en Normandie au château de Gaillon ou à Rouen sous l'influence du cardinal d'Amboise vers 1509, ou à Dol-de-Bretagne sous celle de l'évêque James en 1507.

Cette influence précoce s'épanouira après l'aménagement du château de Fontainebleau en 1535, et les exemples de cuir découpé à enroulement y abondent.

 

La sirène porte-torche de l'écoinçon de gauche.

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Mais en 1529, ce décor Première Renaissance se développe largement à Chartres tout au long des 100 mètres du Tour de chœur de la cathédrale, construit par le même architecte que l'horloge, Jehan de Beauce.

On y voit l'influence du décor en bas-relief de l'escalier de l'aile de Longeville du château de Châteaudun, terminée en 1520 :

On remarquera notamment le bas-relief du pilastre de jonction entre les deux sections, sixième travée sud : deux femmes ailées et élancées dont le corps de termine en rinceaux portent des vases dont les fruits sont picorés par des oiseaux situés au dessus.

 

Cathédrale de Chartres, claire-voie du Tour du choeur, photo Robert Malnoury.

Autre panneau comparable à nos sirènes, celui   de la treizième travée nord montre un décor de candélabre avec des amours en pied dansant, portant des torches allumées et tenant un cuir découpé losangique.

 

On trouvera assez rapidement se diffuser ensuite, notamment sur les sablières ou les stalles de Bretagne, le même vocabulaire de candélabres, de chutes d'objets suspendus à des rubans, etc., et des dragons qui se caractériseront par ces queues feuillagées. La Guerche de Bretagne v. 1518-1525,  Champeaux v.1530, Pont-Croix v. 1544.

 

La sirène porte-torche de l'écoinçon de droite .

 

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Les chapiteaux.

Alors que la corniche supérieure ornée d'éléments végétaux, la corniche inférieure est  ornée d'oves et de denticules, alternance de modillons à feuille d'acanthe et coquille Saint-Jacques.

Les pilastres encadrant le cadran s'appuient sur des chapiteaux ornés de figures fantastiques..  et de sirènes.

Le chapiteau de droite.

Il est orné au centre d'un mufle de lion, ailé, tenant dans sa gueule l'anneau d'un médaillon perlé. Sur les côtés, deux supports anthropomorphes coiffés de bonnets en limaçon, la bouche ouverte,  les bras tronqués en appendices feuillagés, portent, sous une jupette de feuillage, une queue serpentine.

Notez aussi la frise supérieure avec ses spires de banderole.

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

 

Le chapiteau de gauche.

Il est orné au centre d'une tête d'angelot. Les deux créatures féminines qui l'encadrent, bouche ouverte, perdent également leurs bras au profit d'appendices feuillagés, et leurs queues de serpent écaillées et débutant par une jupette de feuille, viennent s'entrecroiser au centre en volutes de feuillages. Ce sont des femmes-serpents, cousines des sirènes femmes-poissons (ou des sirènes grecques femmes-oiseaux).

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

 L'architecte Jehan Le Texier, dit de Beauce.

Ce petit pavillon a été érigé entre 1519 et 1520 par l’architecte (ou plutôt "Maître des maçons de l'Oeuvre") Jehan Texier plus connu sous le nom de Jehan de Beauce. C'est lui qui a reconstruit dans un style gothique flamboyant la flèche nord de la cathédrale haute de 115 mètres (après sa destruction par la foudre en 1506), et, nous l'avons vu, son Tour de chœur, commandé par les chanoines en 1513, débuté en 1516 et dont la décoration renaissance est datée par inscription de 1529, mais fut introduit dès 1521 (*). Il rénova aussi  l'église Saint-Aignan de Chartres de 1513 à 1525.

(*) Tour de chœur "Très tôt et jusqu'au début des années 1530, une équipe de sculpteurs cisèle le décor du soubassement et de la claire-voie. Vingt-neuf dates, gravées dans des cartouches, parfois très discrètement, rappellent leur passage et permettent de suivre la conduite des travaux. 1521 portée à la quatrième travée méridionale est la date la plus ancienne ; 1532, à la treizième travée nord, année qui rappelle le déplacement de la porte d'accès au choeur, constitue la date extrême."

Auparavant, il avait reconstruit la façade de l'abbaye de La Trinité de Vendôme.

Il est décédé à Chartres le 29 décembre 1529.

Est-il responsable de l'introduction du décor Renaissance du Pavillon de l'horloge et du Tour de chœur? Le chapitre des chanoines a-t-il eu de l'influence? Ou bien, moins probablement par son conflit avec les chanoines, l'évêque Erard de la Marck ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jehan_de_Beauce

On notera que la clôture de chœur de l'abbaye de la Trinité de Vendôme réalisée en 1528, porte un décor Renaissance, complétant le jubé, les stalles, et le tombeau livré par Jean Juste en 1530. Voir mon article :

La clôture de chœur (1528) de l'église de la Trinité de Vendôme par les abbés Louis et Antoine de Crevant.

[Ce n'est pas le cas des stalles de Vendôme (1522-1529) qui restent de style médiéval.]

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM41000643

 

CONCLUSION.

Ces quatre sirènes aux queues feuillagées témoignent, au même titre que le cuir découpé à enroulement, de l'introduction à Chartres de la Première Renaissance française, consécutive aux guerres d'Italie de Charles VIII et de Louis XII et de l'arrivée des premiers artistes italiens au château d'Amboise en 1495.

J'ai cité le château de Gaillon (1506-1509) et le cénotaphe de Thomas James à Dol-de-Bretagne (1507) par la famille Juste, ou l'escalier de l'aile Longueville du château de Châteaudun (1520). Les historiens mentionnent aussi , pour ce style Louis XII, l'allée Louis XII du château de Blois (1498-1503), le Pilier Saint-Jacques de Gisors, ...

Les sirènes des écoinçons réunissent quatre "règnes" (à défaut d'autre termes) :

L'humain artificieux  et ses artefacts, produits de son industrie : les torches, et les cuirs — qui découlent de l'évolution dans l'art ornemental des peaux de tanneurs— découpés.

L'humain au naturel : le buste des femmes.

L'animal : la queue de serpent.

Le végétal : les appendices feuillagés évoluant en rinceaux.

Elles sont régies par le principe de métamorphose, cher à l'antiquité grecque et romaine — et à Ovide—, principe qui règne en maître dans l'art grotesque de la Domus Aurea de Néron, dont les pièces excavées ou "grottes" sont découvertes par les artistes italiens de la fin du XVe siècle (Michel-Ange, Raphael et Ghirlandaio). Ce principe de métamorphose introduit à la légereté, à l'onirisme et à la fantaisie.

 

 

SOURCES ET LIENS.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9b/Chartres_-_Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_-_Horloge_astronomique_01.jpg

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000455

https://www.patrimoine-horloge.fr/as-chartrescath.html



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Published by jean-yves cordier - dans Sirènes et femmes-serpents. Sculpture XVIe siècle. Chartres.
14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 23:12

Les deux "sirènes" ou plutôt femme-serpents ( granite, XVIe  siècle), crossettes  du porche de l'église de Lennon.

 

Voir sur Lennon :
 

 

Sur les Femmes-serpents des églises et chapelles bretonnes :

Sur les sirènes (femmes-poissons)

 

PRÉSENTATION.

Les ornements sculptés à type de femmes-serpents ne sont pas rares dans les églises et chapelles bretonnes. Hiroko Amemiya qui leur a consacré sa thèse, dénombre 10 exemples de femmes-serpents, dont 9 en Finistère et un en Morbihan. On les distinguera des femmes-poissons (sirènes).

 

1. église Saint-Idunet à Trégourez, granite,1687. Moyen-relief du mur d'enceinte.

2. Le Juch, granite XVIIe. Ornement aen haut-relief du faîte du chevet

3. église Notre-Dame , Bodilis, porche sud, granite, 1564-1570? Console d'une niche du porche

4. église Notre-Dame  de Brasparts, porche sud, granite, 1592. Console d'une niche d'apôtre.

5. église Saint-Edern à Lannedern, crossette de l'ossuaire, 1662.

6. église de la Sainte-Trinité de Lennon, 2 crossettes du porche sud, XVIe siècle

7. chapelle Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou, porche ouest, granite, 1516. Cul de lampe  sous une niche.

8. église Saint-Suliau à Sizun, crossette de l'ossuaire, kersanton.

9.  église Saint-Suliau à Sizun, ornement d'une frise du chevet, granite.

 

In H. Amémiya.

L'église de la Sainte-Trinité de Lennon présente deux femme-serpents symétriques, qui ont fonction de crossettes à la base du rampant du pignon du porche sud. Elles sont sculptées en moyen-relief. Leur datation est difficile, car l'église a été totalement reconstruite en 1862 en style néogothique par Joseph Bigot, à l'exception des baies de la façade ouest, du porche sud (16e-17e siècles) et de la tour-clocher occidentale (1772, Joseph Gautron et Malegol commanditaires).

Plus précisément Gwénael Fauchille indique pour le porche sud "le réemploi d'éléments du XVIe siècle comme la porte intérieure en anse de panier à accolade flamboyante et niches à coquilles séparées par des pilastres".

Mais la présence sous le porche de 12 statues d'apôtres du XIXe siècle qui sont des pastiches de statues anciennes inciterait à la prudence.

D'autant que les deux femme-serpents de Lennon, identiques mais en miroir, ressemblent à leur homologue du porche sud de l'église Saint-Idunet, datée par sa présence au dessus d'une inscription de 1687. Et que le bloc de leucogranite, taillé en biseau à angle franc, ne présente pas d'usure.

 

illustration Fauchille Gwénaël

Vue générale du porche.

 

Porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

 

La femme-serpent du côté ouest.

Elle  a un visage  en ovale bilobé par des pommettes soulignées, une longue chevelure en deux nattes épaisses et striées éloignées de la tête et encadrant les épaules. Les seins volumineux occupent tout le thorax. La partie inférieure a la forme d'un abdomen globuleux se prolongeant par une queue qui s'enroule en une boucle. Cette queue s'achève par une dilatation en forme de trèfle.

 

Femme-serpent du côté ouest, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Femme-serpent du côté ouest, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Femme-serpent du côté ouest, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Femme-serpent du côté ouest, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Femme-serpent du côté ouest, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Femme-serpent du côté ouest, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

 

La femme-serpent du côté est.

Elle est très proche de sa jumelle, mais on peut remarquer en l'inversant sur un montage que sa tête est inclinée vers le haut, ses nattes ne sont pas strièes, la limite des cheveux sur le front est soulignée, la boucle de la queue est moins fermée.

Montage des deux femmes-poissons. Photo lavieb-aile.

 

Femme-serpent du côté est, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Femme-serpent du côté est, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Femme-serpent du côté est, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Femme-serpent du côté est, porche de l'église de Lennon. Photo lavieb-aile 2025.

Comparaison avec les femme-serpents de Trégourez puis de Lannédern.

Porche de Trégourez. Photo lavieb-aile.

 

Ossuaire de Lannédern. Photo lavieb-aile.

 

 

SOURCES ET LIENS.

— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 183, 2  illustrations. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko) 1996, Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129

https://theses.fr/1996PA070129

Résumé : Le thème principal de cette étude est de voir quel rôle la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joué au japon et en Bretagne, à travers les récits relatifs à l'épouse surnaturelle. Pour la Bretagne, les recherches s'étendent également sur l'iconographie religieuse représentant l'être semi-humain telles la sirène et la femme-serpent. La région conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siècles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'épanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux façons en Bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'étudier leur compatibilité dans leur contexte socioculturel. Les récits qui traitent le thème du mariage entre l'être humain et l'être non-humain révèlent la conception de l'univers d'une société. L'autre monde ou les êtres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet a la société de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprématie du fondateur du japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mère du royaume maritime, alors qu'en bretagne, la destruction de la cite légendaire d'Is est causée par une fille maudite née d'une fée. Le premier volume de cette étude est composé de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au japon, ii. Récits relatifs au mariage au Japon et en Bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxième volume est un inventaire des différents types de représentation semi-humaine en bretagne.

— CHAUSSY (Dom Yves), 1953, Une paroisse bretonne. Lennon. Editions Guillet, Quimper. Réed. Breizh diffusion Spezet

— COUFFON (René), 1988, Alfred Le Bars, 1988, Notice sur Lennon  extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles,  Quimper, Association diocésaine, 1988.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/d5bbb67d7f1e0751a67b3cfd1b144383.pdf

— 1920, Notice sur Lennon extraite du Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/cedca398eecd96fe1f24867530731c06.pdf

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/2364

— https://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/IA29003450

 

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9 janvier 2024 2 09 /01 /janvier /2024 11:18

Les 14 jeunes musiciens des stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival, dont un joueur de serpent. Remonté dans la chapelle des Cordeliers de Nancy.

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Cet article appartient à trois catégories :

1. Celle  sur les Termes gainés, cariatides et atlantes (ou "supports anthropomorphes") :

-Sculpture en pierre :

-Sculpture en bois :

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2. Celle sur l'étude des instruments sur les sculptures et vitraux ("anges musiciens") et particulièrement sur l'iconographie du serpent :
 

3. Celle sur l'étude des stalles : quoique celles de Salival n'offre pas un grand intérêt dans le décor des miséricordes et appuie-bras, elles peuvent renseigner par ses statues de la musique de la fin du XVIIe siècle :

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 En Bretagne par ordre chronologique :

 

Hors Bretagne :

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PRÉSENTATION.

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Je renvoie à la notice de Pierre-Hyppolite Pénet pour le Musée Lorrain:

https://musee-lorrain.nancy.fr/les-collections/catalogues-numeriques/nancy-capitale-des-ducs-de-lorraine/xviie-siecle/lambris-et-stalles-de-lavant-choeur-des-chanoines-de-labbaye-des-premontres-de-salival

Je me contente d'en citer cette introduction :

"Fondée par la comtesse Mathilde de Salm-Hombourg, entre 1140 et 1157, l’abbaye des Prémontrés de Salival (Moselle) dut son nom (en latin Salina vallis) à la présence des nombreuses sources salées de la Seille qui contribuèrent à sa grande richesse. Après avoir été dévastée en 1590 lors des guerres de Religion, l’abbaye fut principalement reconstruite à partir de 1670. Les travaux furent commencés par l’abbé Antoine Collart et poursuivis par Rémi Josnet qui orna somptueusement l’intérieur de l’église. C’est sous son abbatiat (1681-1720) que furent mises en place les stalles de l’avant-chœur des chanoines, datées de 1695, complétées en 1776 par les boiseries du sanctuaire exécutées par Joseph François Brêche dit la Bonté (v.1717-1784) également chargé du buffet d’orgue. Après la nationalisation des biens du clergé en 1789, les bâtiments de l’abbaye furent mis en vente en 1796. Jugée dangereuse, l’église fut finalement démolie en 1823."

 

Les stalles de l'abbaye de Salival ont donc  été démontées, dispersées, et une partie de celles-ci et de leurs lambris ont été recomposées pour s'adapter à la chapelle des Cordeliers de Nancy. 

 Vingt-cinq travées de lambris en chêne sont aujourd’hui séparées alternativement par douze pilastres cannelés corinthiens et par quatorze "putti", dont dix sont des termes. On désigne sous ce nom, ou plutôt sous celui de supports anthropomorphes, des statues de forme humaine (atlantes, termes, télamons cariatides), servant de support vertical soutenant un entablement, et dont la partie inférieure n'est pas humaine, mais architecturale, proche des bornes , et souvent fusiforme vers le bas. Même pour la partie supérieure, le respect de l'anatomie humaine n'est que partielle, et notamment les bras sont parfois réduits à des moignons en spirale.

Ces dix termes et les quatre personnages intègres ont pourtant un point commun, celui de représenter des garçons (j'évite le terme de "putti" qui désigne des petits enfants souvents nus) ou adolescents, dont dix jouent des instruments de  musique et quatre, au centre, pourraient être des chanteurs. Au total, ils composent donc un ensemble musical, ce qui est cohérent avec la fonction des stalles abbatiales, où les moines se réunissaient pour chanter les offices, parfois accompagnés à l'orgue ou au serpent.

On pourrait, si les vêtements de ces garçons n'évoquaient pas plutôt des pâtres, y voir des membres d'une psallette, ou école de musique attachée à une église, autrement dit, des enfants de chœur au sens littéral. Mais les instruments représentés sont inhabituels dans ce cadre : ainsi, à la cathédrale de Metz en 1790, on ne signale que des organistes, des joueurs de serpent, de basse continue et violoncelles, et de bassons, ainsi que 14 chantres et sous-chantres (adultes) et 8 enfants de chœur. Enfin ces psallettes n'existaient pas dans les abbayes. 

Le cartel de la chapelle des Cordeliers donne pour ces stalles la date de 1691 ; la notice du musée lorrain celle de 1695.

Le premier rang de stalles aurait été rajouté vers 1980. 


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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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Au centre, le lutrin en fer forgé, qui servait à accueillir les livres de plain-chant, provient de la basilique Saint-Epvre de Nancy. Il se compose "d’un double pupitre mobile orné, sur une face, d’un médaillon portant l’inscription : « 1752 / AMETZ » et, sur l’autre, d’un second médaillon portant le chiffre « JC ». Le pupitre est surmonté de quatre aigles dorés aux ailes déployées et d’une croix à double traverse. Selon le Père Eugène, celle-ci aurait remplacé un petit globe primitif ce qui nous semble peu probable. Le lutrin repose sur un imposant pied tripode, orné sur chaque face d’un nouveau cartouche portant les chiffres : « GD », « LL » et « ES »." (P.-H.Pénet)

Lutrin de 1752. Photographie lavieb-aile 2024.

Lutrin de 1752. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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Liste des musiciens et chanteurs.

N.B la détermination des instruements est de moi, elle est sujette à caution.

1. Le jeune joueur de flûte traversière piccolo, en support anthropomorphe.

2. Le jeune joueur de chalemie (rauschpfeife, cornet, hautbois..), en support anthropomorphe.

3. Le jeune joueur de cymbales.

4. Le jeune joueur de tambourin ou "bedon", en support anthropomorphe.

5. Le jeune joueur de douçaine (basson baroque?).

6. Un jeune homme en support anthropomorphe.

7. Un jeune homme bras croisé en support anthropomorphe.

8. Un jeune homme main gauche levée,  en support anthropomorphe.

9. Un jeune homme sans bras, en support anthropomorphe.

10. Un joueur de serpent.

11. Un joueur de violon en support anthropomorphe.

12. Un jeune joueur de triangle.

13. Un jeune joueur de trompette en support anthropomorphe.

14. Un jeune joueur de trompe de chasse en support anthropomorphe.

 

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1. Le jeune joueur de flûte traversière piccolo, en support anthropomorphe.

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Il porte, comme un jeune berger, une tunique dénudant l'épaule droite et ses cheveux bouclés sont noués par un ruban au dessus du front.

C'est un terme, dont la tête soutient l'entablement, et son support qui se termine paer une volute est feuillagé.

La flûte, courte, dont mon point de vue ne permet pas de voir les trous, se termine par une virole plus large.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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2. Le jeune joueur de chalemie (chalumeau, rauschpfeife, cornet, hautbois..), en support anthropomorphe.

Sa tête joufflue est couronné de laurier, sa tunique courte s'envole; le support est feuillagé.

J'ai des hésitations pour désigner l'instrument (doté d'une anche), toute aide sera la bienvenue.

 

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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3. Le jeune joueur de cymbales.

Il porte sur sa tunique une sur-tunique aux lambrequins à glands, ornée de rinceaux. Une écharpe est nouée sur son côté.

Ce n'est pas un terme, puisque ses deux jambes et ses pieds nus sont bien visibles, mais il prend appui sur un petit support anthropomorphe dont le tronc aux moignons d'épaules adopte la forme d'une feuille libérant des rameaux.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Les 14 putti musiciens des stalles de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival.
Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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4. Le jeune joueur de tambourin ou "bedon", en support anthropomorphe.

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 Albert Jacquot définit le bedon comme "un long et gros tambourin du moyen âge, qui se frappait comme la grosse-caisse, à l’aide d’un ou de deux bâtons courts, munis d’un tampon", et en donne en illustration ce joueur de Salival.

Le bâton tenu par la main gauche est brisé.

Il porte une tunique aux manches courtes ; le support est feuillagé.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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5. Le jeune joueur de douçaine (basson baroque?).

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La tunique, plus longue que les précédentes, et fendue, s'orne d'une petite rose. Le genou droit fléchi et le pied soulevé donne un bel élan à ce personnage.

Nouvelle hésitation pour désigner l'instrument. Le "bocal" est brisé, mais l'anche est bien visible dans la bouche du garçon. Le tuyau de perce n'est pas conique, mais cylindrique, à peine éffilé vers les extrémités.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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Exemple des chutes de fruits et fleurs placés sous chaque personnage. On reconnait ici des pommes et des poires, une grenade, des raisins, et des petits fruits (cerises ?).

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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6. Un jeune homme en support anthropomorphe.

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Ce terme est privé de bras, il est vêtu d'une tunique nouée sur l'épaule droite, une guirlande de fruit forme un baudrier. Il a la tête tournée vers sa gauche, et donc vers le centre des stalles. Sa bouche est entrouverte, laissant penser qu'il s'agit d'un chanteur.

Le support est une feuille lancéolée.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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7. Un jeune homme bras croisé en support anthropomorphe.

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Il peut s'agir d'un chanteur, les bras expressivement croisés sur la poitrine. La tunique dégage l'épaule droite.

 

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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Le blason au dessus de la cathèdre.

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Ce sont les armes du duché de Lorraine à partir d'Antoine Le Bon. Le blason aurait été ajouté en 1962 et proviendrait de la devanture de la fameuse librairie du collectionneur René Wiener (1855-1939) à Nancy.

https://en.m.wikipedia.org/wiki/File:Armoiries_Lorraine-Vaud%C3%A9mont.png

Voir aussi la planche gravée  de La musique en Lorraine d'Albert Jacquot p. 29.

On les comparera à celles de son père René II de Lorraine, où manquent les deux lions affrontés sur le Bréviaire de René II, BnF arsenal MS-601-res f.44r, datant du XVe siècle. Les enluminures de ce bréviaire montrent de nombreux instruments en usage sous René II.

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Bréviaire de René II, BnF, f. 44r, Gallica.

 

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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8. Un jeune homme main gauche levée,  en support anthropomorphe.

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Sa tunique frangée  est ceinturée d'une guirlande. On peut supposer qu'il est en train de chanter, avec cette gestuelle propre à la rhétorique baroque.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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Nouvel exemple des chutes de fruits et fleurs assemblées autour d'un linge noué.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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9. Un jeune homme sans bras, en support anthropomorphe.

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La tunique serrée par une ceinture et une sangle  laisse l'épaule droite dénudée. Le jeune homme a le visage tourné vers le centre des stalles. 

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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10. Un joueur de serpent.

 

 

 

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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C'est l'instrument le plus attesté en accompagnement du chant liturgique et du chœur dont il renforçait la partie grave lors des offices religieux et  il fut donc, pendant plus de deux siècles, essentiellement voué au soutien des formations vocales religieuses. En témoignent les inscriptions gravées sur le dossier des stalles bretonnes.

Albert Jacquot présente cet instrument ainsi :

"SERPENT. Instrument à vent, en bois recouvert de cuir ou en cuir bouilli, inventé, au XVIe siècle, par Edme Guillaume, chanoine d’Auxerre. Il servait de basse aux cors ; il est à l’unisson des hautbois, il a six trous et quelquefois plusieurs clefs. On s’en servait encore, il y a quarante ans, dans les musiques militaires et dans les églises. Il y en a une grande variété : le serpent militaire, celui de cavalerie, qui permettait de passer le bras et de le maintenir facilement. Il y en eut aussi en fer. Parmi les sculptures du portail de la cathédrale de Strasbourg, on remarque, du côté droit, un joueur de serpent, qu’un sculpteur du XVIIe siècle y sculpta, pour remplacer une statue détruite, qui représentait, sans doute, un autre musicien. Cet artiste ne vit aucun inconvénient d’y mettre un type d’instrument si fort en vogue dans les églises, au XVIIe siècle. La figure ci-contre représente cette intéressante sculpture. Un. autre personnage, jouant aussi du basson, se voit aux boiseries du chœur de l’église de Salival, transférées à l’église des Cordeliers de Nancy. C’est aussi du XVIIe siècle. L’Ophicléide, aujourd’hui abandonné, remplaça le serpent. Une embouchure d’ivoire terminait le tube d’insufflation. Le nom de l’ophicléide vient du grec ophis, serpent, et cléïdes, clefs."

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L'instrument représenté à Salival montre au moins dix trous, dont certains occultés par les doigts du serpent (nom du joueur). Il est suspendu par une sangle noué autour de l'instrument.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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11. Un joueur de violon en support anthropomorphe.

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Le joueur porte une tunique courte dont on admirera la ceinture dont la boucle est joliement détaillée.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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12. Un jeune joueur de triangle.

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Sa sur-tunique serrée par un cordon à glands de passementerie est frappée de lys. La tunique elle-même est un surplis garni de broderies ou de dentelle en partie inférieure.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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13. Un jeune joueur de trompette en support anthropomorphe.

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Il est coiffé d'une sorte de casque et ses épaules sont couvertes d'une pièce d'armure, sur son torse nu. Main gauche sur la taille dans une posture martiale, il sonne de la trompette, dont seule l'embouchure est conservée. Il porte sur les reins une jupe à lanières. Le support est  sculpté d'une chute de fruits et fleurs.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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14. Un jeune joueur de trompe de chasse en support anthropomorphe.

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Il est tourné, comme son homologue de l'extrémité droite des stalles, vers la nef. Et, comme lui également, ses cheveux bouclés sont noués d'une rosette frontale. Sa tunique se rassemble en un gros nœud à l'arrière.

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Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

Stalles (1691) de l’avant-chœur des chanoines de l’abbaye des Prémontrés de Salival. Photographie lavieb-aile 2024.

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SOURCES ET LIENS.

— DECOMPS (Claire)

https://core.ac.uk/download/pdf/19545758.pdf

—JACQUOT (Albert), 1886, Dictionnaire pratique et raisonné des instruments de musique anciens et modernes

https://www.luthiers-mirecourt.com/jacquot1.htm

—JACQUOT (Albert), 1882, La Musique en Lorraine, étude rétrospective d'après les archives locales. Paris : Quantin et Fischbacher, 1882.

https://archive.org/details/lamusiqueenlorra00jacq/page/84/mode/2up

—MUSEE LORRAIN

https://musee-lorrain.nancy.fr/les-collections/catalogues-numeriques/nancy-capitale-des-ducs-de-lorraine/xviie-siecle/lambris-et-stalles-de-lavant-choeur-des-chanoines-de-labbaye-des-premontres-de-salival

—SITE PHILIDOR

https://philidor.cmbv.fr/Publications/Bases-prosopographiques/MUSEFREM-Base-de-donnees-prosopographique-des-musiciens-d-Eglise-en-1790/Moselle

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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