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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 11:52

Le porche de Pencran : les moulures et leurs scènes bibliques (kersanton, traces de polychromie ocre,  atelier Prigent, v. 1553).

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Sur Pencran :

L'enclos paroissial de Pencran I. Les crossettes du porche (1553). par l'atelier Prigent. 

Le porche de Pencran : les apôtres du Credo apostolique.

Le retable de la "Descente de Croix" de l'église de Pencran (29). (1517)

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Sur les porches de Basse-Bretagne (ordre chronologique):

 

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Sur les statues de l'atelier Prigent :


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PRÉSENTATION.

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L'enclos paroissial de Pencran, il faut d'abord le situer sur une carte. Et constater que dans un rayon de 10 à 15 kms, se trouvent Landerneau —et ses églises Saint-Thomas et Saint-Houardon—, La Martyre et Ploudiry, La Roche-Maurice, Tréflénévez, Saint-Urbain, Dirinon ou Le Tréhou. Et  de l'autre coté de l'Élorn, Plouédern, Trémaouézan, Lanneuffret, Plounéventer, Saint-Servais, Saint-Divy et Saint-Thonan. Et enfin au sud l'abbaye de Daoulas. Autant d'enclos, autant de réalisations architecturales et ornementales témoignant de ce beau XVIe siècle qui fut l'âge d'or de la région, et fut assez prospère pour débuter au XVe siècle et se prolonger jusqu'au XVIIe.

La carte montre aussi  la vallée de l'Élorn, serpent bleu qui, depuis la Rade de Brest, remonte en croupes vaseuses jusqu'à Landerneau, premier pont entre rivière maritime navigable et rivière fluviale. Si nous en suivons le cours, nous trouvons très vite en amont Landivisiau, Lampaul-Guimiliau et Guimiliau, autres sites architecturaux majeurs. 

Or, en Rade de Brest se trouvent les sites d'extraction, en bord de rivage, d'une pierre exceptionnelle, la kersantite, tirant son nom de Kerzanton à Loperhet mais dont le plus beau faciès se trouve à Rosmorduc en Logonna-Daoulas. Repérer ces sites sur la carte permet de comprendre la floraison des richesses architecturales.

Malgré quelques utilisations antérieures, c'est le chantier ducal de la collégiale du Folgoët, à partir de 1423, qui suscita l'installation à Landerneau d'une succession d'ateliers de sculpture du kersanton. Successivement les deux ateliers du Folgoët (1423-1509), celui de Bastien et Henry Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), pour ne citer que les plus grands. Dans ces ateliers, comme ceux de peinture en Italie, les apprentis et compagnons des premiers devinrent les Maîtres qui, à leur tour, formèrent des successeurs. On  reconnait dans les édifices la "main" de chacun, mais on suit parfois aussi un thème commun, repris et transformé par les suivants.

Cette unité dans la diversité des édifices de la Vallée de l'Élorn était aussi une unité d'appartenance à la même communauté religieuse, puisque Pencran, La Martyre, Saint-Julien de Landerneau, Pont-Christ (aujourd'hui rattaché à La Roche-Maurice) Loc-Eguiner Tréflénévez et Le Tréhou étaient des trèves de Ploudiry.

Et bien sûr, l'unité dans l'émulation compétitive était aussi économique, puisque ce mouchoir de poche appartient à la riche zone toilière du Haut-Léon où les marchands de toile et parfois les tanneurs étaient membres des fabriques des paroisses, gérant les finances et décidant des travaux de leur église.

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Or, le décor des moulures du proche de Pencran, associant des scènes bibliques issues de la Genèse avec un concert spirituel d'anges,  se trouve d'abord sur le porche de La Martyre par le Premier atelier du Folgoët, vers 1450-1468, en kersanton altéré, puis à Pencran en 1553 par l'atelier Prigent dans un beau kersanton noir, et à Landivisiau vers 1554-1565 par le même atelier, puis à Guimiliau par le Maître de Plougastel vers 1617, et enfin à Ploudiry par Jean Le Bescont en 1665 . 

Si nous nous intéressons à ce qui reste de la Nativité du tympan du porche de Pencran, nous en retrouvons l'inspiration au Folgoët et à La Martyre (mais la Vierge y est couchée).

Si nous appliquons aussi cette démarche comparative aux apôtres de l'intérieur du porche, aux statues des contreforts, ou aux  calvaires de Pencran, les rapports et les comparaisons,  tous les édifices religieux qui s'avèrent reliés par cette communauté d'auteurs, de matériau et de  thèmes, et cet éclatement d'éclairage réciproque des œuvres qui en rend la découverte passionnante et inépuisable.

 

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Datation. 1552, 1553, voire 1557.

Le porche de Pencran peut être daté par une inscription qui figurait autrefois sur un bloc du contrefort gauche,  qui a été volé, mais que décorait un ange à genoux déroulant un phylactère avec ces mots : LE 15  JOVR DE MARS LAN 1553 FVT FONDE CETTE CHAPELLE AV NO[M] DE DIEV ET DE MADAME SAI[N]CTE   APPOLINE DE  PAR HERVÉ KERAHES ET GUILL[AVM]E BRAS, FABRIQVES DE LADITE CHAPEL. (H. Pérennès, Notice ..BDHA 1938, citant Abgrall, Livre d'or).

M. de Kerdanet a lu  (Le Grand, Vie des Saints, ed. 1837 p. 505) :  Le 15 jour de Mars l'an 1553 ffut fondé ceste chapelle au nõ de Dieu et de sa Mère et de Madame Saincte Apolline de par Hervé Kaoues et Guillette Bras fabriques de lad.te chapelle"

Pol de Courcy a lu, en résolvant sans doute les abréviations et quelques archaïsmes (Congrés archeol. Association Bretonne 1880) : LE 15  JOUR DE MARS LAN 1552 FUT FONDE CETTE CHAPELLE AU NOM DE DIEU ET DE MADAME SAINTE   APPOLINE DE  PAR HERVÉ KERAHES ET GUILLAUME BRAS, FABRICQUES DE LA DICTE CHAPELLE.

Abgrall a lu en 1898"Le 15 jour de Mars l'an 1553 fut fondé ceste chapelle au nom de Dieu et de sa Mère et de Madame Saincte Apolline de par Hervé Kerhanties et Guillmette Bras fabriques de la dite chapelle"

Abgrall, en 1916, indique : "Le 15 jour de Mars l'an 1553 fut fondé ceste chapelle au nom de Dieu et de sa Mère et de Madame Saincte Apolline de par Hervé Kerhahes et Guillaume Bras fabriques de la dite chapelle".

A de Lorme aurait lu en 1896 l'année  1552 (L'Art Breton P. 37)

Lucien Lécureux semble le plus attentif. Il écrit en 1915 :

 

"Notre-Dame de Pencran était avec Loc-Eguiner, La Martyre, La Roche-Maurice et Saint-Julien de Landerneau une des « trèves » ou succursales de Ploudiry. En 1619 seulement Pencran obtint des fonts baptismaux. Nous avons le procès-verbal de bénédiction des fonts le 18 mai 1619 par Christophe de Lesguen, archidiacre, vicaire-général de Léon et recteur de Ploudiry. C'est par la transcription de cet acte que débute le registre des baptêmes de 1619 à 1668 que possèdent les archives communales de Pencran.

L'église est probablement datée par une inscription gothique en relief sur un cube de pierre qui remplace une statue à gauche de l'entrée du porche sud. En voici la transcription tout à fait exacte :

« LE 45 JOUR DE MARS L'AN 1553 FUT FONDÉ (sic) CESTE CHAPELLE AU NO[M] DE DIEU ET DE SA MÈRE ET MADAME SAI[N]CTE APPOLINE DE PAR HERVÉ K[ER]AHÈS ET GUILL[AUM]E BRAS, FABRIQUES DE LAD. CHAPEL... » (Archives du Finistère, G, paroisses, Pencran. Il est probable que par chapelle on veut entendre l'édifice entier et non une portion de l'édifice).

Nous avons relevé dans un acte une mention de ces deux personnages remplissant déjà les mêmes fonctions trois ans plus tôt. Les archives du Finistère (Archives du Finistère, G, paroisses, Pencran), conservent en effet une donation reçue « le vignt (sic) septiesme jour de Juillet l'an mil cinq cent cinquante « par » Hervé Kerahès et Guillaume Bras, fabricques de l'église et chappelle Notre-Dame de Pencran ».

Le même carton renferme deux actes encore plus anciens relatifs à Pencran :

1° Un contrat du 6 février 1516 dans lequel figurent « Olivier Le Cann et Guillaume Diverrès... procureurs et syndicques de la chappelle Notre Dame de Pencran ».

2° Une fondation du 2 avril 1548 où il est question d'un lieu de sépulture situé « en lad. église, en l'arch (sic) d'entre le cueur et la chappelle monsr Sainct-Eutrope ».

Entre ces deux actes il faudrait placer dans l'ordre des dates une inscription de 1521 que nous avons pu déchiffrer au moyen d'un estampage sur la base de l'une des croix du calvaire. Cette inscription est très fruste. Nous en donnons pour la première fois une lecture complète :

AU MOYS DE MAY MIL V. VIGNT (sic)
UNG FURENT CESTES CROIX ET MASSO[N]
FOUNDÉES (sic) PAR JEHAN LE CAM,
YVVES LE JEUNE ET YVON CRAS, PROCUREURS
DE LA CHAPPELLE DE CÉANS. E. R."

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Les fabriciens ou fabriques.

J'ai peiné à trouver cet Hervé Kerahes, (on sait que c'est la forme bretonne de Carhaix, et c'est sur cette paroisse que le Nobiliaire signale ce patronyme). Mais Lucien Lécureux signale qu'en 1550 Hervé Kerahes demeurait Landerneau, ce qui me permet de trouver en ligne cet Hervé KERAHÈS, noble, écuyer, né vers 1509 à Landerneau Saint-Thomas, et marié vers 1518 (?)  à Jeannette COËFFEUR (née à Lesneven) (généalogie Jean-Hervé Méar). Ses armoiries sont reproduites. Les actes de baptême des quatre enfants (1535, 1537, 1549 et 1551) sont données.

André Croguennec signale le mariage d'une Jeanne (de) Kerahes avec Francis Huon de Kermadec. Divers descendants sont baptisés à Saint-Thomas de Landerneau. Cette alliance est notable puisque la famille Huon de Kermarec possèdait à Pencran le manoir de Kermadec depuis 1307. Leur arrière-petit-fils Alain est né à Pencran en 1629.

Ce mariage Kermadec/Kerahes eut lieu en 1560, une date très proche de notre inscription de 1553. Voir Geneanet.

Ce pas franchi, j'accède à ce document pdf qui indique que Jeanne de Kerahes était fille de Noël de Kerahes et d'Agathe Laurans. Voir aussi Tudchentil.org

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Geneanet ne signale aucun Guillaume Bras sur Ploudiry au XVIe siècle (mais un Jean Bras, père d'un Guillaume Bras, Honorable Homme 1654-1703, cultivateur à Creac'h-Madel).

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DESCRIPTION.

Encadrée par deux contreforts, l'entrée du porche adopte une forme en anse de panier (ou arc surbaissé) de petite dimension, ornée d'un rinceau de feuillages mais elle se trouve visuellement agrandie par un faux portail en plein cintre, ouvrant ses trois lignes de moulures qui s'élargissent en suivant, en bas, un banc destiné à accueillir les fidèles. Ces moulures se calent sur deux colonnes prismatiques torsadées soutenant des pilastres. Puis s'élancent les deux arcatures à choux fleuris et fleuronnés. Une Vierge à l'Enfant (hors atelier Prigent) trouve tout juste sa place dans l'aisselle de la première arcade.

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Vandalisme.

Comme à l'intérieur du porche, où les mains des apôtres et leurs attributs ont été martelés, les tableaux bibliques, les Evangélistes et l'Adoration des Mages du tympan ont subi les dégradations volontaires importantes, peut-être à la Révolution.

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Le porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Des trois moulures, celle du milieu est vide, sauf à sa base où elle participe aux premiers tableaux, la Tentation d'Adam et Ève à gauche, et l'Expulsion du Paradis puis le meurtre d'Abel et l'arche de Noé, à droite.

Ensuite, seules les moulures interne et externe sont sculptés, d'autres scènes bibliques, puis des quatre évangélistes, puis d'une succession d'anges composant un concert spirituel.

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I. LES SEPT SCÈNES BIBLIQUES.

1° Adam et Eve tentés par le serpent.

2° Adam et Eve chassés du Paradis terrestre.

3° Eve avec Caïn et Abel.  Adam laboureur, tenant une bêche.

4° Sacrifices de Caïn et d'Abel.

5° Meurtre d'Abel.

6° Arche de Noë.

7° Ivresse de Noë, malédiction de de Cham.

II. LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.

Luc et Jean à gauche

Marc et Matthieu à droite.

 

III. LES 21 ANGES MUSICIENS ET ORANTS.

Quatre anges thuriféraires (maniant l'encensoire)

Six anges musiciens.

Onze anges orants (priant dans diverses attitudes)

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Entrée (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Entrée (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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I. LES SCÈNES BIBLIQUES.

Tous ces tableaux appartiennent à la Genèse (Ancien Testament) alors qu'à Guimiliau des scènes du Nouveau Testament seront en outre représentées.

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1. La Tentation. Adam et Ève tentés par le serpent.

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À gauche, Ève (tête brisée), tournée vers le centre, cache son sexe par une feuille de vigne et lève la main gauche vers la pomme que lui tend le serpent, à tête féminine avec une longue chevelure.

Au centre, le serpent entortille sa queue avec le tronc de l'arbre de la Connaissance.

À droite, Adam (tête brisée) est également tourné vers le serpent, par le mouvement de ses jambes croisées. Par symétrie avec Ève, il cache son sexe par une feuille et lève la main droite à hauteur de l'épaule ... et de la pomme.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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2. L'Expulsion du Paradis terrestre : Adam et Ève chassés par l'ange.

À droite, l'Ange de Dieu (tête brisée) chasse le couple fautif du Paradis en les menaçant de son épée.

Adam et Ève, de l'autre coté de l'arbre de la Connaissance,  lui tourne le dos et s'en vont, une main dissimulant le sexe par une feuille de vigne.

 

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Un des dais.

Des dais finement sculptés surmontent les personnages bibliques. Certains sont gothiques avec pinacles et crochets et arcs trilobés, alors que d'autres introduisent des motifs de la Renaissance : galons festonnés, coquilles Saint-Jacques. Ici comme ailleurs (Landivisiau) ces dais de l'atelier Prigent sont occupés par de petits personnages. Ici, juché sur une colonne, l'un et  accroupi et nu, l'autre habillé d'une tunique  et méditant, la tête appuyée sur la main.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Un acrobate.

Au dessus du dais de l'ange, un petit personnage se trouve coincé à plat ventre sous le culot de la scène suivante, et tente de le soulever. Il est coiffé d'un bonnet et vêtu d'une tunique boutonné, et sa jambe est fléchie comme celle d'un acrobate.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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3. Adam et Ève expulsés. Ève avec Caïn et Abel. Adam laboure la terre avec une bêche.

 

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Ève berce un enfant, disons Caïn, emmailloté de langes, tandis que, d'un geste très bien observé, elle balance le berceau de son second, disons Abel. Cette scène de genre est délicieuse de tendresse.

Le dais qui la coiffe est voûtée en coquille (emblème de Vénus, puis de la Femme, adopté à la Renaissance par les peintres et sculpteurs italiens puis en France), et quatre autres coquillages sont ajoutés au dessus et au dessous d'un visage féminin, tandis que des rubans hachurés forment des volutes liées deux à deux.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Adam laboureur.

Adam, désormais barbu et âgé,  vêtu d'une longue tunique serrée par une ceinture, prend un peu de repos, les deux mains posées sur la poignée de sa bêche.

La tunique est fendue, devant la poitrine, comme sur la robe des apôtres du porche.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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4. Les sacrifices de Caïn et Abel.

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Voir Genèse chapitre 4.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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L'offrande de Caïn.

À gauche, Caïn, le laboureur, fait brûler ses plus beaux épis de blés en offrande à Dieu. Mais ce dernier ne l'accepte pas, et la fumée, loin de monter en fumet agréable à ses narines, est rabattue vers le sacrificateur, si bien qu'il se frotte les yeux.

Il est coiffé d'un bonnet à rabat, et vêtu d'une robe longue serrée par une ceinture et boutonnée.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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L'offrande d'Abel.

À droite, Abel, le premier berger, est agenouillé et fait rôtir ses agneaux (on en voit une petite tête). Cette offrande est agrée et la fumée monte bien droit vers les Cieux. 

C'est pas juste, non ?

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Il est tête nue, avec un visage plus jeune ou plus serein (on comprend) et porte une robe longue identique à celle de son frère. Ses mains sont brisées.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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5. Le meurtre d'Abel par Caïn. La malédiction de Caïn.

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Trop c'est trop. Au centre, Abel est allongé, encore appuyé sur le coude gauche et tout chancelant  d'avoir reçu un méchant coup de bêche qui lui a fendu le crâne .

À gauche, Caïn (tête partiellement brisée), la bêche encore en main, écoute la sentence de Dieu (tête complètement brisée) qui n'est pas content content  et est arrivé sur son petit nuage : "Où est ton frère Abel?"

Caïn pose une main sur sa poitrine, lève insolemment la tête vers l'Eternel et répond : "Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère?"

À Guimiliau, les personnages sont intacts, et on entend mieux que Dieu est en colère :

 

"Qu'as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi.  Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.  Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre." (Gn 4:10-12)

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Depuis la scène précédente, les deux frères avaient pris le temps de se changer pour aller aux champs, d'enfiler une tunique plus courte ceinturée à la taille et des houseaux qui plissent en accordéon pour protéger leur jambe. Caïn avait gardé son bonnet bien chaud ; mais c'est Abel qui aurait dû mettre un casque !

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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5bis. Deux dragons ailés liés par le cou.

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Ces deux dragons ailés reliés par une erse entourant leur cou, mais aussi par le nœud que forment leurs queues, appartiennent au bestiaire de Bastien et Henry Prigent, et leurs œuvres abondent de ces figures qui, ici, se partagent une sorte de parchemin. Aucun rapport avec le thème biblique, mais nos sculpteurs se sont fait plaisir.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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6. Le Déluge : l'Arche de Noé.

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Sous un nouvel exemple du dais à coquilles Saint-Jacques, l'Arche du père Noé est une nef à clins dont le mât porte un nid de pie, comme les navires marchands qui parviennent à Landerneau ou à Roscoff. Le patriarche apparaît, barbu et entouré de son épouse (cheveux longs) et de ses trois fils imberbes. Derrière les mains courantes, nous voyons des couples d'ovins et de bovins.

Je crois discerner aussi la colombe.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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7. L'Ivresse de Noé et la malédiction de Cham.

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Le thème est célèbre. Noé, à peine débarqué, s'est planté une petite vigne, et voilà maintenant le mois des vendanges. Noé déjà se forge une félicité qui le fait pleurer de tendresse. Il court au vignoble et cueille les grappes dorées,  les grappes bleuâtres à la bruine vénérable, et les grappes argentées, il retrousse le pan de son manteau en une corbeille d'automne. Puis il se régale, s'enivre, et s'endort, sans se soucier qu'il a omis ce matin, dans sa précipitation, d'enfiler ses braies. Sous sa tente, le voilà qui ronfle, les génitoires à l'air.

Ses ronflements attirent ses trois fils Sem, Cham et Japhet.

"Cham, père de Canan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père ; comme leur visage était détourné, ils ne virent pas la nudité de leur père."

Une fois désaoulé, Noé maudit Canaan, fils de Cham et le voue à devenir, avec sa descendance, esclave de Sem et Japhet.

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Ici, celui qui est à genoux à coté de Noé ne peut être que Cham, tandis que l'un des deux frères (tête brisée) se tient debout derrière lui et tente de rabattre le pan du manteau.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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II. LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.

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Selon une tradition bien implantée en peinture et sculpture (et qu'on retrouvera sur les calvaires du Maître de Plougastel et du Maître de Guimiliau), les évangélistes sont représentés assis, tenant un phylactère et accompagnés de l'animal du tétramorphe qui leur est associé. Ce dernier tient le plumier et l'encrier qui leur permet de rédiger leur évangile.

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Du coté gauche : saint Luc et saint Jean.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Saint Luc et son taureau ailé.

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Pour E. Le Seac'h, il s'agit de Marc ; et l'animal ailé qui tient dans sa gueule le plumier et l'encrier est alors un lion. Il est vrai qu'il a une sorte de crinière, mais il a aussi des cornes. Pour moi, c'est donc un bœuf, et il s'agit de saint Luc (patron des peintres, voire des artistes.

Ses cheveux méchés, les rides de son front, ses paupières ourlées, sa barbe peignée en lignes sinueuses, sa moustache en V inversée démarrant sur le coté des narines, son manteau (dont il retient le pan par la main gauche), sa robe fermée sous le menton par un bouton, le rapproche du saint Joseph de la Nativité de l'église de Commana (atelier Prigent), du saint Antoine  de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain (atelier Prigent) , du saint Jacques de l'église d'Irvillac (atelier Prigent), et à mon sens des apôtres du porche de Daoulas et des apôtres du porche de Pencran.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean et son aigle.

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Je suggère  de comparer ce saint Jean à celui de l'intérieur du porche de Pencran, parmi les apôtres.

Le plumier et l'encrier sont noués à la patte de l'aigle.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Saint Marc et son lion.

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Cet animal ressemble plus à un lion qu'à un bœuf, non ? Il en a la crinière, mais aussi la queue qui fait retour entre les pattes sur l'abdomen.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Matthieu et l'ange.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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III. LES 21 ANGES MUSICIENS ET ORANTS.

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Liste en partant de la gauche.

Ange thuriféraire/ Ange thuriféraire

Ange orant à genoux mains jointes / Ange jouant de la viole

Ange orant à genoux paumes vers nous/ Ange jouant de la trompe

Ange orant debout mains croisées / Ange jouant de la flûte traversière

Sommet D  Ange orant debout paumes vers nous/ Ange agenouillé paumes vers l'avant.

Sommet G Ange agenouillé, aux index joints / Ange  agenouillé mains jointes

Ange orant mains croisées / Ange jouant du tambour

Ange orant /

Ange orant paumes vers nous /Ange jouant de la trompette coudée.

Ange orant mains jointes / Ange jouant de la flûte.

Ange thuriféraire /Ange thuriféraire.

 

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Tous ces anges ont des caractères communs, qui les distinguent nettement de ceux (il est vrai inimitables par leurs chevelures) de l'atelier du Folgoët, tels qu'on les voit, entre autre, au porche de La Martyre et au porche sud de la cathédrale de Quimper. Leurs ailes sont lisses, et non pennées, mais comme renforcées, au sommet, par une raquette aux formes gracieuses. Leur robe (aube, tunique) est plissée, vient bouffer au dessus d'un cordon qu'on ne voit pas, descend et recouvre les pieds, qui restent eux aussi invisibles. Le fameux amict en oméga, marque de fabrique du Folgoët, a disparu, et le col rond dessine juste un bourrelet au ras du cou. Les manches sont retroussées en revers sur le poignet.

Les visages juvéniles ont les traits de l'atelier Prigent et l'étage inférieur de la face s'affine vers un petit  menton arrondi.  Les sourcils forment de larges auvents, les yeux sont ourlés, le nez droit, la bouche petite sous un philtrum absent ou très discret. Les cheveux  mi-longs (ils n'atteignent pas les épaules) sont méchés et bouclés, avec quelques ébauches de macarons, et se divisent sagement au dessus du front par une raie médiane.

On les comparera aux anges du porche de Landivisiau (Prigent 1560Guipavas (Prigent 1563), de Daoulas (?, 1560)

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LES 4 ANGES THURIFÈRAIRES.

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Ils forment des couples symétriques, l'un des deux anges ayant la main contre la poitrine, et l'autre présentant la paume ouverte. Aucun ne porte la navette, (aucun n'est naviculaire), aucun ne soulève le couvercle ou ne retient les chainettes, et l'encensoir ( au couvercle gothique) forme une diagonale entre la main droite et le pied gauche.

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1. Ange thuriféraire de gauche moulure externe.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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2. Ange thuriféraire de gauche moulure interne.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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3. Ange thuriféraire de droite moulure interne.

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La main droite et les chainettes sont brisées.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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4. Ange thuriféraire de droite moulure externe.

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Les chaînettes sont brisées.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LES 6 ANGES MUSICIENS.

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Les mêmes instruments se retrouvent sur le porche de Landivisiau.

1. Le joueur de vièle. Moulure interne gauche.

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Deux cordes (deux chevilles), corps apparemment monoxyle et proche du rebec dont il n'a pas la forme piriforme. Les ouïes dessinent deux demi-cercles. L'archet, faiblement arqué, est tenu entre pouce et index mais l'extrémité passe entre le 4ème et le 5ème doigt.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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2. Le joueur de trompe. Moulure interne gauche.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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3. Le joueur de flûte traversière. Moulure interne gauche.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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4. Le joueur de tambour. Moulure interne droite.

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Il est suspendu sur la hanche gauche par un baudrier et est tourné vers la droite, où il est joué par deux baguettes. La cordelette tendue sur la peau (timbre) et le laçage de réglage de la tension de cette peau sont bien visibles.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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5. Le joueur de trompette coudée. Moulure interne droite.

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E. Le Seac'h parle de "sacqueboute" qu'elle définit comme une "sorte de trombone à coulisse", ce qui me semble un contresens (saquer et bouter signifie tirer et pousser). On ne voit pas de coulisse. Le tuyau est coudé en épingle à cheveux et s'achève par un petit pavillon.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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6. Le joueur de flûte à bec. Moulure interne droite.

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Extrémité de la flûte brisée.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LES  9 ANGES ORANTS.

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Ange orant à genoux mains jointes 

Ange orant à genoux paumes vers nous

Ange orant debout mains croisées 

Ange orant debout paumes vers nous

Milieu

Ange agenouillé, aux index joints 

Ange orant debout mains croisées 

Ange orant  agenouillé mains 2 positions

Ange orant  agenouillé paumes vers nous 

Ange orant debout mains jointes .

 

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Le premier ange de la moulure externe, coté gauche, au sommet de l'arcature.

Debout, genoux légèrement fléchis, l'une des mains paume vers la poitrine, l'autre paume vers nous.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Le premier ange de la moulure externe, coté droit, au sommet de l'arcature.

Il est singulier car il croise les deux index. Ce n'est pas le geste de l'argumentation oratoire. J'ignore la signification de ce geste.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LES FRISES.

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"Le porche est constitué d'un arc d'entrée en anse de panier orné de feuilles de vigne et de grappes de raisins. De petits personnages , mangeurs de raisin, joueurs de cor, ou de petits animaux— trois chiens, un oiseau — sont finement sculptés dans ce foisonnement. Un lion dans le bas à gauche de la voussure extérieure de l'arc donne naissance à ce cordon végétal et se termine par un dragon de l'autre coté et au sommet par une tête humaine portant chapeau et croquant les grains de raisins. Dans la voussure intérieure, le cochon remplace le dragon." (E. Le Seac'h)

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Il y a deux frises : celle qui court en suivant le tracé de la porte en anse de panier ; et celle qui suit l'entablement du tympan.

Quelques photos seulement.

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Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton,Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton,Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton,Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton,Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN ET SA NATIVITÉ.

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Cette Nativité est attribué à l'atelier Prigent (Le Seac'h p. 148)

IL s'agit vraisemblablement des restes d'une Adoration des Mages, comme à la collégiale du Folgoët (1423-1433), à La Martyre, Rumengol (v.1468)  Guipavas (où il ne reste que le bœuf et l'âne et l'Enfant) et à Daoulas

 

  Le plus petit dénominateur commun de ces Nativités (et le plus résistant aux marteaux des vandales) est bien le groupe de l'âne et du bœuf, représentés frontalement, comme s'ils transperçaient la muraille. 

À Pencran, nous avons à droite la Vierge (tête brisée), et à gauche saint Joseph (tête brisée) tenant son bâton, tous les deux agenouillés devant la crèche en osier où l'Enfant est allongé nu.

Conformément au sens du mot "crèche" : "mangeoire à l'usage des bestiaux, installé le long du mur de l'étable", l'âne et le bœuf apparaissent dans les fenêtres respectives de leurs stalles, liés ensemble par un licol, et découvrant, sur la botte de paille de leur déjeuner, le nouveau-né.

La Vierge et Joseph sont placés sur un culot ouvragé de l'entablement, qui s'élargit à leur emplacement, tout comme il le fait sous la crèche, avec une belle ornementation de choux frisés. Mais on voit, du coté gauche, deux autres culots qui laissent imaginer l'emplacement des rois mages.

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Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie) 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère T. 42. page 189.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f241.item

 

ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère page 95.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f126.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f155.item

 

ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898 page 155. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f222.image

 

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1902, Le livre d'or des églises de Bretagne, Oberthür.

APEVE http://www.apeve.net/spip/spip.php?article8

CHAURIS (Louis )  2010, Le kersanton. Une pierre bretonne, Presses universitaires de Rennes,

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Pencran, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7f786fe0966306242750d6e111e8c78d.pdf

— FAVÉ (abbé), 1899, Excursion..., Bulletin SAF

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1899_0452_0506.html

LÉCUREUX (Lucien), 1915  Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 139 à 156

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f191.item

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1915_0199_0218.html

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

PÉRENNÈS (Henri), 1938 Notice de Pencran, BDHA 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

—Entretien avec Dany Sanquer autour du kersanton, carrière du Rhunvras à l'Hôpital-Camfrout.

http://www.hear.fr/sites/didactique_visuelle/documentaire-en-ligne/2017/alice-mettais-cartier-autour-du-kersanton/.

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes. Kersanton Prigent

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