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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 17:09

Le calvaire (kersanton, 1681) de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau et sa Vierge de Pitié ( kersanton, vers 1550, atelier Prigent).

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Sur Landerneau, voir notamment :

 

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PRÉSENTATION.

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Ce calvaire est digne d'intérêt, notamment en raison de sa Vierge de Pitié qu'Emmanuelle Le Seac'h a attribuée à l'atelier Prigent dans son Catalogue raisonné de 2014. Mais je suis passé très souvent par cette rue (tronçon de la D712 par laquelle, longeant l'Élorn,  on va ou on revient de La Roche-Maurice et Landivisiau) sans le remarquer. Il se situe entre le n°78 et le n°80 de la rue, à la sortie de Landerneau, avant le premier pont de chemin de fer, en amont de l'École Marie-Curie, dans un petit enclos fleuri d'hortensias.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.243264&y=48.455026&z=20&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

Il est difficile pour moi de savoir s'il a été déplacé d'un autre emplacement, car il ne figure pas sur les cartes comme celle d'Etat-Major et de Cassini. En tout cas, cette route n'était pas employée par les voyageurs, sous l'Ancien Régime et jusqu'au premier quart du XIXe siècle, car la route vers Landivisiau (Grande route de Morlaix) passait alors au sud de l'Élorn (Cadastre 1827).

Sur le cadastre 1827, la parcelle 229 porte la mention "Signal Vierge", et sur le carrefour, le symbole d'une croix. Est-ce un indice ? 

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https://recherche.archives.finistere.fr/viewer/viewer/medias/collections/P/03P/3P104/FRAD029_3P104_01_04.jpg

Mais tout laisse à penser qu'il  fut déplacé. À commencer par le fait qu'il n'est pas orienté (face principale portant le Crucifix tournée vers l'occident), sauf par l'alignement urbain. Puis, par le fait qu'il est composite, une Pietà du XVIe siècle posée au pied d'un calvaire du XVIIe. Enfin,  cet encadrement par des palmiers évoque la décision d'un décideur de l'embellissement urbain du début du XXe siècle.

Cette situation me contrarie, car la Vierge de Pitié qui m'intéresse est tournée vers le nord-ouest, sous le Crucifix, et elle est restée dans l'ombre du contre-jour lors de mes différentes visites. Aurai-je dû me présenter au couchant d'une belle journée d'été ?

De même, le saint Pierre de la face tournée vers le sud-est reste à l'ombre partielle de son palmier ...

Néanmoins, j'ai obtenu la réponse à ma question principale. Cette Vierge de Pitié de l'atelier Prigent présente-t-elle les trois larmes si caractéristiques de celui-ci ? La réponse est oui, sans atermoiement. Et les photos, insatisfaisantes sur le plan artistique, montre clairement les autres détails stylistiques.

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I. LA VIERGE DE PITIÉ (kersanton, vers 1527-1570, atelier Prigent de Landerneau).

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Introduction.

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L'article Wikipedia Statues of Pietà in Finistere propose plus de 80 photos des Pietà du Finistère, puisque le terme, plus correct, de "Vierge de Pitié" n'est pas encore complètement passé dans les usages. Mais on trouve regroupées sous ce terme, comme dans l'article de l'abbé Castel Les Pietà du Finistère,  les "Vierges de pitié" proprement dites (la Vierge et le Christ mort), et les "Déplorations" (groupe incluant Jean et Madeleine, ou une sainte femme, ou un disciple).

Si, parmi les 80 "pietà" de l'article de Wikipedia , nous retenons celles qui sont en pierre (et, alors, en kersantite) et non en bois, et celles  qui ne sont pas des Déplorations, le nombre des œuvres est inférieur à 25.

Le nombre des Vierges de pitié en kersanton dans le Finistère est bien plus élevé, car on les trouve, au nœud d'un croisillon, sur de très nombreux calvaires sortis des ateliers landernéens des Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), ou d'ateliers anonymes.

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Les Vierges de Pitié et aux Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):

-Brignogan, chapelle Pol, kersanton polychrome

-Dinéault, calvaire atlas n°408 (3 larmes)

-Le Folgoët, calvaire atlas n°520 (3 larmes).

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière haut, atlas n° 533 (3 larmes)

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière bas, atlas n° 534

-Landerneau, calvaire rue de la Tour d'Auvergne, atlas n°998 (3 larmes).

-Lothey, calvaire de Kerabri atlas n°1260 (3 larmes)

-Plourin-Ploudalmézeau, Déploration,  sur la pelouse (3 larmes)

-Saint-Derrien, calvaire atlas n°2690

-Saint-Nic, intérieur église, Déploration polychrome (3 larmes).

Liste à laquelle j'ajoute :

--Plouvorn, cimetière. (3 larmes)

--Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)

--Crozon, Tal-ar-Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes).

 

et à discuter :

-Bourg-Blanc, Saint-Urfold (3 larmes, selon Castel)

Vierges de pitié du Maître de Plougastel (1570-1621)

-Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven atlas n°914. Vierge décapitée.

-Loc-Eguiner Saint-Thégonner, calvaire du cimetière atlas n°1171

-Plougastel, calvaire du cimetière atlas n° 1910

-Plougastel, chapelle Sainte-Christine atlas n° 1919

-Primelin, Saint-Tugen, éléments du calvaire atlas n° 2571.

Vierges de pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663)

-Brennilis, calvaire

-Cast, calvaire de l'église.

-Châteaulin, Saint-Idunet

-Châteaulin, presbytère

-Dinéault, calvaire

-Irvillac, calvaire de Coatnan

-Plonévez-du-Faou, Sainte-Anne-la-Palud, calvaire,

-Plougastel, Le Passage, calvaire 1622

-Plougastel, chapelle Saint-Claude, calvaire

-Plourin-les-Morlaix, vestiges calvaire

-Rosnoën, calvaire 1648, 

-Saint-Servais, calvaire église,

-Seven-Léhart, calvaire ,

-Trézivédé, calvaire

 

Voir aussi

-Saint-Urbain, Calvaire de la chapelle de Trévarn

-Saint-Urbain, Calvaire de Quinquis

-Le Drennec, calvaire de l'église

-Locmélar,

-Telgruc, église

-Bourg-Blanc, devant l'église

 

-etc.

 

Et plus généralement voir Castel, Les Pietà du Finistère, SAF.

J'en ai présenté un certain nombre dans ce blog.

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Description.

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Selon le schéma adopté par les Prigent, la Vierge est en chevalier servant, le genou droit fléchi soutenant le dos du Fils, et le genou gauche posé à terre. Sa main droite soutient le dos, et sa main gauche soulève celle de son fils. Sa tête est recouverte par le grand manteau qui l'enveloppe en formant une pyramide.

Cette forme triangulaire est barrée par le corps du Christ, lequel est comme disloqué en ligne brisée à cinq segments. Les bras le brisent plus encore puisque le bras droit tombe verticalement, le coude fléchi et la main demi-fermée paume vers le haut, alors que le gauche est horizontal, droit jusqu'à la main paume vers le haut.

Il y a donc un contraste entre la pyramide "monolithique" maternel, exprimant l'effondrement par le deuil, et la dislocation du Christ défunt, témoin de sa crucifixion.

Le regard se porte naturellement vers le visage de la Mère, encadré par le voile empesé et aux plis cassés et par la guimpe. Ce visage est sévère mais peu expressif, comme figé par le chagrin, et c'est toute la valeur des trois larmes aux longs filets sous chaque paupière d'exprimer, en épanchement venant du cœur et impossible à retenir, la douleur d'une mère recevant le corps de son enfant.

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Le corps du Fils s'abandonne au gré des appuis qu'il reçoit, sa nudité bien charpentée n'étant couverte que par un pagne, dont un pan ressort du coté droit. Les plaies sont peu visibles, sauf sur le pied . Les jambes restent parallèles et les pieds ne sont pas croisés.

Du  visage au nez fort et aux yeux clos, nous remarquons surtout la moustache qui nait des coins des narines et trace un V inversé en deux virgules bouclées. La bouche est entrouverte sur une rangée de dents. La barbe aligne des mèches peignées, à peine bouclées. Les cheveux longs forment un triangle avec deux longues mèches peignées se dirigeant vers les épaules.

La statue montre plusieurs fissures, correspondant ou non à des lignes de faille sur le bloc de kersantite.

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La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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Autour du Crucifix, la statue de la Vierge et de Jean.

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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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II. SAINTE MARIE-MADELEINE ET SAINT PIERRE (kersanton, 1681).

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Je n'ai pu lire la date de 1681 signalée par Y.-P. Castel. Mais elle indique une réalisation plus tardive que les productions des grands ateliers de sculpture du kersanton, venu de ses sites d'extraction en Rade de Brest et achelminés à Landerneau, puisque l'atelier de Roland Doré s'achève en 1663. Parmi les "Petits Maîtres" dénombrés par E. Le Seac'h, seul Jean Le Bescont (vers 1664-1682) serait à envisager. 

On remarque dans ces statues de belle facture un élément stylistique particulier, les yeux en drupes saillantes, mais dont les pupilles ne sont pas creusées, comme le faisait Roland Doré.

Marie-Madeleine s'identifie par ses cheveux longs et défaits et son flacon d'aromates, et Pierre par ses pieds nus, sa barbe et sa clef, tandis que son fameux toupet frontal est omis.

 

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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Landerneau, n° 998.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/landerneau.html

998. Landerneau, rue de La Tour-d’Auvergne, Croix-de-la-Vierge, g. k. 1. 6 m. XVIè s. 1681. Petit enclos fleuri. Base à larges pans. Socle cubique, griffes, Vierge de Pitié. Fût, croisillon, date 1681, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre, fleurons-boules godronnés, crucifix. [YPC 1980]

 

— CASTEL (Yves-Pascal), Les pietà du Finistère,

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Calvaires Prigent Vierges de Pitié.
13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 14:36

Les calvaires de l'église de Saint-Divy I: le calvaire de 1562 (kersanton, atelier Prigent).

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Voir sur Saint-Divy :

 

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— Voir  d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et hors blog: 

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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PRÉSENTATION.

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Quelque soit la saison ou l'heure à laquelle le visiteur se présente, il n'aura pas un point de vue spectaculaire du calvaire de l'entrée nord-est de l'enclos de Saint-Divy, trop abrité par le feuillage des chênes et châtaigniers qui le dominent. Et quelque soit le point de vue qu'il adopte, la Marie-Madeleine placée au pied de la croix ne sera sans doute pas aussi visible qu'il le faudrait. Ou bien l'une des trois croix (celle du calvaire et les deux gibets des larrons) restera dans l'ombre et pourrait lui échapper. C'est que ce calvaire n'occupe pas son emplacement initial.

En effet, cet ensemble de trois croix édifiées sur les pilastres de l’entrée est  a été déplacé pour permettre l’élargissement de la rue ouest au cours du XXe siècle, alors qu'il était placé à  l’entrée opposée, au nord-ouest du cimetière. En outre, on a cru bon de le désorienter, c'est-à-dire de tourner la face principale vers l'est, alors que la règle, et la symbolique de la mort, veut que le Christ en Croix soit tourné vers l'ouest, coté du coucher du soleil. Hélas, cette licence que se permette les décideurs est fréquente.

Si notre visiteur distingue les trois croix, et s'il constate sur la croix principale l'existence d'un croisillon convexe et à deux consoles, il classera ce monument dans la typologie des calvaires bas-bretons (sans croisillon, avec un seul, ou deux croisillons). Mais hélas, les consoles ont ici perdu les statues  (sans doute géminées) qu'elles portaient. 

La formule adoptée, à trois croix séparées et avec un seul croisillon se montre finalement assez originale, sauf pour les grands calvaires monumentaux  de Tronoën ou réalisés par les  Prigent à Pleyben en 1555. Un calvaire proche de celui-ci, celui de Pencran, dispose de deux croisillons.

L'autre critère permettant des regroupements, c'est la Marie-Madeleine au pied de la croix, son manteau retombant sur ses reins. On retrouve cette statue bien reconnaissable à Pencran, Lopérec, Sainte-Marie du Ménez-Hom en Plomodiern, La Forest-Landerneau.

Emmanuelle Le Seac’h (Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne) a attribué ce calvaire à Henry Prigent, et on sait que l’atelier de Bastien et Henry Prigent a été actif à Landerneau de 1527 à 1577.

L'un des traits stylistiques de l'atelier Prigent repose sur les trois larmes s'écoulant des yeux de la Vierge et de Jean au calvaire (nous ne pouvons en juger ici puisque ces statues  sont absentes des croisillons), de la Vierge de Pitié et de Marie-Madeleine. Sur ces deux sculptures, les larmes sont absentes (ou indiscernables).

 

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Description.

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Sa première et principale description est celle d'Yves-Pascal Castel pour son Atlas des Croix et calvaires du Finistère sous le n° 2694 Saint-Divy entrée est. Elle a été rédigée en 1980.

Les trois croix érigées sur les pilastres de la porte forment un monument de 7 mètres de haut en granite (soubassement) et kersanton (fût et statues). Le fût central, rond comme ceux des larrons, porte des écots, et  Marie-Madeleine est agenouillée à son pied . Les culots de l'unique croisillon sont vides. Le nœud du croisillon porte coté principal la date de 1562 sous une inscription non déchiffrée, et  l'écu des Rohan dont une des neuf macles est martelée. La croix est à fleurons feuillagés, au dessus de la statue d'un saint évêque portant une croix, tandis qu'un Christ au lien et une Vierge de Pitié occupent le revers.

Les lichens en altèrent déjà la lecture.

Selon une tradition populaire tenace mais guère validée, le fût à écots témoignerait d'une épidémie de peste, par comparaison (guère crédible visuellement ici comme ailleurs) entre les écots et les bubons (abcès) de la peste bubonique. 

Mais si on ouvre les yeux sur la réalité, ce sont bien des amorces de branches écotées qui sont sculptés, avec des tranches de section bien nettes, faisant du fût un arbre taillé pour le supplice, et reprenant la réflexion théologique initiée par sainte Hélène et développée dans la Légende de la Vraie Croix. L'arbre de la Croix aurait poussé sur la tombe du vieil Adam à partir de l'Arbre de Vie, et le Christ crucifié s'y présente comme le Nouvel Adam. Les fûts de l'atelier Prigent portent ces écots par exemple sur la calvaire monumental de Plougonven (1554) et sur celui de Pleyben (1555)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vraie_Croix

 

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE PRINCIPALE. LE CHRIST ; SAINT DIVY ; INSCRIPTION DATÉE ; LA MADELEINE ÉPLORÉE.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ en croix.

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Au sommet de la croix, les lettres I.N.R.I du titulus sont de belle facture, perlées, aux hampes bifides, et s'inscrivent sur un phylactère aux extrémités élégamment torsadées.

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Le Christ, tête couronnée d'épines inclinée sur la droite, les yeux clos,  porte un pagne noué sur le coté gauche.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Saint Divy en évêque.

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Saint Divy, fils de sainte Nonne, est le patron de l'église paroissiale, église où sa vie est peinte sur les lambris, mais il très représenté aussi à Dirinon, où il donne aussi son nom à une chapelle et à une fontaine.

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Il est un peu rapide d'écrire qu'il est représenté en évêque, car malgré la mitre, les chirothèques, les pantoufles épiscopales et la chape, il tient une croix à trois extrémités pommées, plutôt qu'une crosse. Laissons cette subtilité aux spécialistes du saint, de son iconographie en Bretagne et Outre-Manche.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription datée de 1562.

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De cette inscription en caractères gothiques occupant le nœud du croisillon, seule la date, inscrite dans un cartouche en forme de parchemin aux extrémités enroulées en cornets, est parfaitement lisible : 1562.

L'inscription sculptée en réserve sur deux lignes dans des cartouches aux contours perlés n'a jamais été déchiffrée par les auteurs de référence, alors qu'elle semble accessible à une lecture pour peu qu'on s'en donnerait les moyens (accès rapproché ; éclairage adapté ; voire relevé par estampage comme le pratiquait ailleurs l'abbé Castel). 

Dans l'ombre des arbres, je débute ici une première tentative afin de stimuler les érudits et les édiles (en rouge les éléments certains) : 

P. LE GUERN

 LORS : DE

1562.

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Le site Geneanet ne mentionne le patronyme Le Guern  qu'à partir de 1672 à Saint-Divy (ou à Landerneau), mais cela témoigne peut-être des lacunes des actes paroissiaux. Néanmoins, cela incite à préciser mon incertaine lecture.

Une autre possibilité est de lire IORS, comme sur le socle de l'enclos portant l'inscription "LE PREMIER IOR DAOUEST L’AN MIL VCV, en belles lettres gothiques" (Castel, atlas n° 2693). Mais je ne parviens pas à intégrer cela dans l'emplacement disponible. Et le L est certain.

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Pour placer cette date de 1562 au sein de la production des Prigent (dont quelques œuvres sont datées), notons que la première date est celle du saint They de Plouguerneau (1527), puis   du bénitier de Tréflez (1545), suivie par celle  du calvaire de Plougonven (1554), de celui de Pleyben (1555), ou de Guisseny (1555), de la sainte Apolline de Pencran (1555), du porche de Landivisiau (1554-1565) et de celui de Guipavas (1563), de la croix de Kerabri en Lothey (1556), de la croix de Brondusval à Plouider (1562),  du moine cordelier d'Irvillac (1566), du calvaire de Guiclan (1577). (E. Le Seac'h)

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Les calvaires de l'église de Saint-Divy I : le calvaire de 1562.

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Sainte Madeleine agenouillée au pied du fût.

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Ses modèles ou semblables  sont nombreux :

 

-Pelouse nord de l'église de Pencran (Prigent v.1553).

-Calvaire monumental de Pleyben (Prigent 1554)

-Calvaire monumental de Plougonven (Prigent 1555)

-Calvaire de Sainte-Marie du Ménez-Hom (Prigent vers 1550)

-Calvaire de l'église de Lopérec (Prigent ou "fayet", 1542 ou 1552)

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau  (Prigent vers 1555)

Calvaire du bourg de Saint-Ségal

-Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal

-chapelle Saint-Tugen en Primelin, contrefort sud-ouest.

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Les points communs (avec des exceptions à chaque fois) sont la posture agenouillée bras écartés, regard et tête levée ; les trois larmes ; le bandeau occipital ; la robe serrée par une ceinture nouée ; le manteau retombant en un éventail plissé derrière les reins ; le pot d'aromates.

Parfois (Plougonven), la sainte regarde vers le bas, et ouvre son flacon.

Ici, ces éléments sont présents, hormis les trois larmes. Le bandeau occipital, un large tissu de trois torons, vient entourer par des spires les longs cheveux devant la poitrine.  La robe est luxueuse, avec deux  manches ou fausses manches bouffantes, un épais plissé laissant deviner la préciosité de l'étoffe, et un revers de poignet en torsade. La ceinture, simple bande d'étoffe,  est nouée en rosette.

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Je prends plusieurs clichés du visage pour y rechercher les larmes, recherche difficile en raison de la prolifération des lichens. En outre, ces larmes ne sont parfois bien visibles  qu'à jour frisant. Mais je n'en vois pas la trace.

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L'ombre de la croix tourne comme l'aiguille d'un cadran autour de la sainte.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Les calvaires de l'église de Saint-Divy I : le calvaire de 1562.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Les calvaires de l'église de Saint-Divy I : le calvaire de 1562.
Les calvaires de l'église de Saint-Divy I : le calvaire de 1562.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE SECONDAIRE. LE CHRIST AUX LIENS ; LA VIERGE DE PITIÉ ;  LES ARMES DES ROHAN.

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Le Christ aux liens.

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Comparer aux statues issus de l'atelier des Prigent (E. Le Seac'h) :

 

-Guisseny, calvaire n° 706

-Loc-Brévalaire, calvaire, atlas  n°1160.

-Saint-Servais, calvaire atlas n° 2821

-Le Tréhou calvaire atlas n° 3063

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de Pitié.

 

 

 

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Comparer aux Vierges de Pitié et aux Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):

-Brignogan, chapelle Pol, kersanton polychrome

-Dinéault, calvaire atlas n°408 (3 larmes)

-Le Folgoët, calvaire atlas n°520 (3 larmes).

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière haut, atlas n° 533

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière bas, atlas n° 534

-Landerneau, calvaire rue de la Tour d'Auvergne, atlas n°998 (3 larmes).

-Lothey, calvaire de Kerabri atlas n°1260 (3 larmes)

-Plourin-Ploudalmézeau, Déploration,  sur la pelouse (3 larmes)

-Saint-Derrien, calvaire atlas n°2690

-Saint-Nic, intérieur église, Déploration polychrome (3 larmes).

Liste à laquelle j'ajoute :

--Plouvorn, cimetière. (3 larmes)

--Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)

--Crozon, Tal-ar-Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes).

Et plus généralement voir Castel, Les Pietà du Finistère, SAF. Ou taper vierge de pitié  ou pietà sur l'onglet "rechercher", qui est là pour ça.

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La première chose que je dois dire, c'est que je suis venu ici, devant ce calvaire, pour chercher les larmes de la Vierge. Et que, comme pour Marie-Madeleine, je ne les ai pas trouvé, les larmes de Marie. Malgré le zoom, malgré l'éclaircissement du cliché cherchant à pénétrer l'obscurité du visage voilé.

Le visage est grave et beau, recueilli sur son intériorité plus que douloureux, les lèvres sont desserrées.

La Vierge est voilée dans son manteau, son corps formant une pyramide à base étroite, elle est en position de chevalier servant, le genou gauche posé à terre tandis que le genou droit soutient le dos du Fils, la main droite soulevant le flanc. Sa main gauche élève le bras gauche du Fils. Ainsi, le corps défunt du Christ forme une diagonale orientée vers le haut et la gauche, mais cette diagonale est brisée en quatre segments en M, et les deux bras, l'un vertical et l'autre horizontal, la traverse en croix. C'est le schéma le plus constamment adopté par l'atelier Prigent pour ses "pietà".

 

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Les armes des Rohan.

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Un autre calvaire des Prigent porte le blason armorié aux armes d'un seigneurs prééminenciers et/ou commanditaires, la croix de Saint-Sauveur à Kerlouan (Poulpry),  et hormis les calvaires, d'autres œuvres sont blasonnées, à Plourin-Ploudalmézeau, à la chapelle N.-D. de Traon de Plouguerneau. À La Forest-Landerneau, le calvaire du cimetière bas porte les armes de France et de Bretagne (hors atelier ?).

Les armes des Rohan comporte un nombre variable de macles (losanges évidés), le plus souvent neuf comme ici, posées 3, 3, 3, où le dernier a été martelé.

Les armes des  Rohan sont présentes à Landerneau (fondation du pont en 1510 et de l'hôpital Saint-Julien en 1521), ou, dans la vallée de l'Elorn, à La Martyre et sur le porche de La Roche-Maurice. On peut les trouver aussi à Sizun, sur l'ossuaire, ou, en Morbihan sur le château de Jean II à Josselin, ou à Quimper sur le palais épiscopal de Claude de Rohan son fils, ou à Daoulas, à Merléac, etc, etc.

Saint-Divy étant une ancienne trève de La Forest-Landerneau (sur l'Elorn juste en aval de Landerneau), ce sont celles de Landerneau qui sont les plus significatives. Mais en 1562, date de ce calvaire, ni Jean II, ni ses fils Jacques (1478-1527) et Claude (évêque de 1501 à 1540), ni sa fille  Anne (1485-1529) héritière du titre,. Après son mariage avec Pierre II de Rohan-Gié, leur fils René Ier de Rohan (1516-1552) donne naissance à Henri Ier qui devient le 19ème vicomte de Rohan et adhère au protestantisme.

Il est impossible, à défaut d'archives, de savoir si ces armoiries témoignent d'une donation et d'une commande pieuse de  Henri Ier de Rohan, alors qu'il ne fréquente pas le Léon mais le château de Blain, où il devient le protecteur du culte réformé comme à Josselin et Pontivy.

Pour ma part, j'y vois plutôt l'effet de la vigilance de ses lieutenants pour faire exercer ses droits, comme sur l'ossuaire de Sizun vers 1585.

Les armes figurent sur un calvaire de Camaret daté de 1538 (Atlas n° 175), ou  encore sur la Croix de Penmarc'h à La Roche-Maurice, daté de 1625.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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LES DEUX LARRONS SUR LEUR GIBET.

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Conformément à l'iconographie des calvaires bas-bretons et des enluminures, l'une des jambes est liée au gibet, tandis que l'autre est pliée à 90° pour témoigner du texte évangélique dans lequel Pilate donne l'ordre aux soldats de briser les jambes des larrons pour mettre un terme à leur agonie (en leur ôtant l'appui nécessaire pour respirer).

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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APEVE

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=4&id_article=103

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_divy.html

 

 

COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988,,Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, ,

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/5eb27adca1ceb10a93836495d298f812.pdf

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

—MOREAU  (Henri), 2011, photo https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Saint-Divy_Calvaire_1.jpg

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Sculpture Prigent
25 juin 2021 5 25 /06 /juin /2021 10:34

Les statues de la cour du palais épiscopal de Quimper.

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Voir l'article précédent, qui comporte tous les liens vers mes articles sur Quimper :

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PRÉSENTATION.

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Comme le rappelle le site du Musée départemental breton, ce dernier a été fondé en 1846 sous le nom de Musée archéologique du Finistère sous l'égide de la Société archéologique du Finistère fondée l'année précédente, la fameuse S.A.F si attentive à étudier et recenser le patrimoine du département. Devenu propriété de l'Etat en 1862,  et installé dans le Palais épiscopal jouxtant la cathédrale, il devint le Musée archéologique départemental et musée des anciens costumes bretons de la ville de Quimper et ses collections s'enrichissent des découvertes archéologiques et de nombreux dons. Un catalogue des collections est dressé en 1885 puis en 1901. Mais il devient aussi le refuge, le conservatoire, d'œuvres provenant de chapelles ou églises en trop mauvais état.

C'est ainsi que la cour du palais épiscopal, devant l'entrée du Musée, présente au visiteur une croix et un fragment de calvaire passionnants, l'une provenant de la chapelle de Coat-Quéau à Scrignac, dont les ruines ont été mises en vente en 1925, tandis que l'autre provient de la paroisse de Gouesnac'h. 

Il serait regrettable que le visiteur, trop pressé de découvrir les collections du Musée, passe trop rapidement devant ces témoins de l'art des sculpteurs sur pierre (kersanton du XVIe siècle, granite du XVe) de notre région.

D'autant qu'ici, ils ne sont pas défigurés par les lichens nitrophiles...

 

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I. Statue géminée Jean/Pierre, fragment d'un calvaire de Coat-Quéau à Scrignac. Kersanton, XVIe siècle. Atelier Prigent ?

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En 1925, la commune de Scrignac mit en vente publique les ruines de l'ancienne église de Coat-Quéau, devenue simple chapelle, longue de 30 mètres et large de 20 mètres, ainsi que le calvaire. La chapelle fut achetée par un industriel de Quimper, René Bolloré ; les pierres furent transportées à 40 kilomètres de là et réutilisées dans la construction d'une nouvelle chapelle à l'usine de Cascadec, en Scaër.

Une partie du mobilier est  exposé au musée départemental breton de Quimper ; Statue de saint Trémeur enfant portant sa tête dans ses mains ; statue d'une sainte non identifiée ; statues de sainte Apolline et ses bourreaux ; Statue géminée de saint Jean l'Apôtre et de saint Pierre.

Ce don des statues de la chapelle de Coat-Quéau, par la commune de Scrignac, à ce qui est alors le Musée départemental d'Archéologie est signalé en 1922 dans le bulletin de la Société archéologique du Finistère page LVI.

file:///F:/DOCUMENTATION/bulletins%20saf/saf1922.pdf

Ce groupe géminé a été décrit par Yves-Pascal Castel dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère en 1980 ainsi :

2613. Quimper, Musée départemental, statue géminée, 0,90 m. XVIè s. Statue géminée: saint Quéau saint Jean. Provient du calvaire de Coat-Quéau (Scrignac). [YPC 1980]

Il faut corriger "saint Quéau" par "saint Pierre". 

Yves-Pascal Castel en donne le croquis suivant :

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Malgré son intérêt,  sa beauté, et son appartenance à un haut lieu du patrimoine breton, le Musée départemental,  je n'ai pas trouvé d'autres descriptions.

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Louis Le Guennec donne un dessin de l'ancien calvaire de Coatquéau :

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Louis Le Guennec, Morlaix et sa région, page 196;

 

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Les statues de la cour du palais épiscopal de Quimper.

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1°) Saint Jean l'évangéliste.

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Il était probablement placé sur une crossette au pied du crucifix du coté gauche, avec la Vierge au calvaire du coté droit.  En effet, le geste de la main droite, paume élevée et en pronation, est fréquemment rencontré sur les calvaires, comme une expression du chagrin ressenti. La tête est inclinée vers la gauche (autre signe de bouleversement émotionnel) et légèrement tournée vers le Christ en croix.

Ce sont évidemment les trois larmes qui s'écoulent sous chaque paupière qui témoignent le plus de l'intensité du ressenti intérieur, et il est presque sûr que la Vierge était également figurée en larmes, si on se base sur les nombreux calvaires du même type. Puisque ceux-ci sont, pour la plupart attribué à l'atelier de taille du kersanton des Prigent, installé à Landerneau de 1527 à 1577, il est licite de proposer cette attribution pour cette statue. 

Le saint porte accroché à la ceinture les accessoires de rédacteur de l'Évangile : le plumier et l'encrier. Il porte d'ailleurs le Livre serré entre le torse et le bras. 

Il est vêtu d'une tunique plissée et d'un manteau plus court.

La chevelure est particulière, presque "au bol" mais plutôt "en demi-pamplemousse (épluché)" s'il faut faire des comparaisons, car elle est divisée en cotes radiées.

Malgré des différences, nous pouvons rapprocher cette sculpture du saint Jean au calvaire placé dans le cimetière de La Forest-Landerneau, et qui provient de l'atelier des Prigent. Dans l'article que je lui consacre, on trouvera tous les liens vers les sculptures "aux trois larmes" de l'atelier Prigent :

https://www.lavieb-aile.com/2021/04/fragments-d-un-calvaire-au-cimetiere-de-la-forest-landerneau.html

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Nous remarquerons aussi le grain érodé et presque poreux de ce kersanton, qui n'appartient pas au faciès à grain fin.

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Les statues de la cour du palais épiscopal de Quimper.
Les statues de la cour du palais épiscopal de Quimper.

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2°) Saint Pierre.

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Il est identifié comme apôtre par les pieds nus, la barbe et le livre (des apôtres), et comme Simon Pierre par la clef tenus à droite.

Il est vêtu d'un manteau fermé sous le cou par une agrafe ronde et dont le saint retient un pan par la main gauche. Là encore, le manteau est plus court que la tunique, qui est plissée, serrée par une ceinture, et fermée par devant par une série de gros boutons ronds.

Saint Pierre, comme premier évêque et premier des apôtres, est l'un des saints les plus fréquemment représenté au dos de saint Jean au calvaire, de même que nous trouvons souvent Marie-Madeleine sur l'autre bras du croisillon, derrière la Vierge.

 

Les statues de la cour du palais épiscopal de Quimper.
Les statues de la cour du palais épiscopal de Quimper.
Les statues de la cour du palais épiscopal de Quimper.

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II. "Calvaire" de Gouesnac'h montrant le Christ en croix, et la Vierge au revers. Granite, période médiévale ou XVe siècle.

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Yves-Pascal Castel en donne la description suivante :

 2612. Quimper, Musée départemental, g. 2 m. Moyen Age (?). Socle élevé. Fût massif, motif à croix. Croix fleuronnée, crucifix, Vierge (Stany GAUTHIER, Croix et calvaires de Bretagne, p. 57). [YPC 1980]

   

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Comme l'indique Castel, Stany Gauthier donne sur la planche X fig. 123 de son remarquable ouvrage de 1944, planche intitulée "Représentations naïves du Christ", un croquis de la face principale. C'est cet auteur qui indique dans le titre de sa figure que ce calvaire provient de Gouesnac'h. Mais je n'ai pu trouver aucune information sur cette origine : le parvis de l'église ? La chapelle Saint-Cadou ? La chapelle Notre-Dame de Vrai-Secours ? La lecture de la notice de Couffon n'apprend rien. Les bulletins de la SAF ne signalent pas ce don. Le Catalogue du Musée archéologique, en 1901, comporte page 107 un paragraphe "Gros objets placés dans la cour du musée" qui ne décrit pas ce calvaire.

Il s'agit, si on respecte la définition donnée par Castel et reprise par Le Seac'h, d'une croix et non d'un calvaire, ce dernier comportant en plus du Christ en croix "au moins la Vierge et saint Jean", ou le gibet des deux larrons.

Alors que Castel date cette croix du Moyen-Âge, les photographes actuels donnent dans leur légende de clichés la date du XVe siècle. (Henri Moreau) (Wikiland).

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Description.

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L'ensemble est composé de trois blocs différents , un socle rectangulaire moderne, un fût vaguement en tronc de cône — stèle en réemploi??—  et creusé à sa base d'une cupule surmonté d'une petite croix, et la croix proprement dite, monolithique.

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Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

 

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1°)  La croix, face principale : le Christ en croix.

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Nous ne pouvons qu'être frappé par l'aspect inhabituel, ou primitif, de ce crucifix, monolithique. Le Christ, tête inclinée à droite, barbe indiquée par des traits radiants, est couronné d'un demi cercle tressé, qui ne correspond pas à sa chevelure (bien distincte) : une couronne d'épines ?

Les deux bras sont très courts, et s'arrêtent à la moitié des bras de la croix.

Les extrémités de la traverse sont fleuronnés en élégants godrons spiralés.

Un élément en boule est sculpté sur la poitrine, en son centre. Comment l'interpréter ? Le cœur ? 

Là où est sculpté habituellement le pagne, une arceau ceinture le bassin en s'appuyant sur les deux cotés de la croix.

Le pied gauche est cloué sur le pied droit, par une torsion à 90° de la jambe dans une position non naturelle.

Ce Christ n'est-il pas plus ancien que le XVe siècle ? De ce siècle, E. Le Seac'h mentionne essentiellement les réalisations du Chantier ducal du Folgoët (1423-1509) et du Maître de Tronoën (1470), mais cette croix montre qu'une prospection des croix médiévales associée à une iconographie comparative serait la bienvenue, tout comme une recension des stèles de la protohistoire, christianisée (atlas Gouesnach n°557).

Si je consulte l'Atlas pour Quimper, je trouve sur 26 œuvres les croix n°2591 et 2593 de Kerfeunteun, "Moyen Âge", n° 2602 de Penhars (une croix pattée, Moyen Âge) et 2603.

À Plogonnec, la croix de Croas-Bléon est datée de 1305 et cette croix  trilobée en granite porte un crucifix et une Vierge à l'Enfant. C'est, avec la croix de Plozévet de 1306, la croix  datée la plus ancienne du Finistère, si les lectures des dates sont fiables.

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Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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2°)  Au revers de la croix  : la Vierge.

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Si le Christ était singulier pour nos yeux habitués aux calvaires du XVIe siècle, que dire de cette Vierge, que l'on identifie avec peine comme telle ?

Encadré par le voile qui lui forme une arche, le visage est un œuf sur lequel les yeux, le nez et la bouche sont tracés de façon très sommaire.

Quelques indentations d'une couronne se remarquent au dessus du voile.

Deux bras prolongent l'arcade du voile, comme si ce dernier était devenu un manteau, et les deux mains se croisent devant la poitrine.

Le manteau et les bras forment ainsi un ovale autour de la tête. Au dessous, un ensemble de plis presque tous horizontaux forment une robe stylisée, et celle-ci retombe sur deux petits pieds, sans doute chaussés. Ou peut-être la Vierge est-elle agenouillée ?

L'ensemble est troublant mais très touchant, et évoque une Mère dévastée par la mort de son fils, au visage décomposé, visage halluciné enfermé par le chagrin dans l'enceinte désertée du Soi pour y crier silencieusement l'intolérable perte.

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Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Croix de Gouesnac'h (granite, période médiévale ou XVe siècle), cour du palais épiscopal de Quimper. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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ANNEXE : les planches IX et X de Joseph-Stany Gauthier, 1944.

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Joseph-Stany Gauthier, 1944, Croix et calvaires de Bretagne, planche IX

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Joseph-Stany Gauthier, 1944, Croix et calvaires de Bretagne, planche X

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1980,  Atlas des croix et calvaires du Finistère , commune de Quimper, n°2612 et 2613.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/quimper.html

— CATALOGUE du Musée archéologique breton, 1885 et 1901

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6527276z

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/98cc2b227bfa406e0aebff23984f81a7.pdf

 

GAUTHIER (Joseph-Stany), 1944, Croix et calvaires de Bretagne, Plon, Paris, p. 57.

— GRANDTERRIER.NET

http://grandterrier.net/wiki/index.php?title=La_vente_du_calvaire_de_Coat-Qu%C3%A9au_et_son_transport_%C3%A0_Odet%2C_Ouest-Eclair_Illustration_1925

— DOUARD Christel

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/les-croix-monumentales-et-calvaires-de-la-commune-de-scrignac/a426a384-8813-46ad-a121-f44af8eadeec

— LE GUENNEC, Louis. 1979 Le Finistère monumental. Morlaix et sa région. Quimper, 1979. p. 195-196

— POP : ma recherche est restée vaine.

https://www.pop.culture.gouv.fr/search/list?resPage=26&listResPage=26&base=%5B%22Collections%20des%20mus%C3%A9es%20de%20France%20%28Joconde%29%22%5D&mainSearch=%22%C2%AB%20Mus%C3%A9e%20d%C3%A9partemental%20breton%20%C2%BB%22

— WIKIPEDIA.

 

  https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_de_Koat-Keo

Photo de la croix de Gouesnach par Henri Moreau:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouesnach#/media/Fichier:Quimper_28_Calvaire_Gouesnac'h_XVe.jpg

 

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Published by jean-yves cordier - dans Kersanton Sculpture Prigent
1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 19:19

Le calvaire (kersanton, Prigent ?, XVIe siècle ; 1762 ; 1887, mission) du cimetière bas de La Forest-Landerneau.

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— Voir à La Forest-Landerneau :

Fragments d'un calvaire (kersanton, vers 1555, atelier Prigent) au cimetière de La Forest-Landerneau. (3 larmes)

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— Voir  d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et hors blog: 

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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PRÉSENTATION.

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Le cimetière de La Forest-Landerneau, qui entoure l'église, est divisé en un cimetière haut, à gauche de l'allée qui mène vers le sanctuaire, et un cimetière bas. C'est dans la partie orientale de ce dernier qu'est érigé le calvaire présenté dans cet article.

Il est décrit ainsi en 1980 par Yves-Pascal Castel dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère (je complète les abréviations) :

"n°534. La Forest-Landerneau cimetière bas, kersanton, haut de 6 mètres, XVIe siècle. Trois degrés, Madeleine à genoux. Socle cubique à griffes: 1762, MISSION 1887. Croisillon, écus aux armes de France et de Bretagne. Statues géminées: Vierge-sainte martyre, Jean-évêque. Croix à branches rondes, crucifix, groupe Notre-Dame de Pitié. [YPC 1980]"

L'abbé Castel, qui avait indiqué pour les fragments d'un calvaire du cimetière haut (Atlas n°533, cf. mon article précédent) la datation vers 1550 et avait évoqué l'atelier des Prigent, ne s'engage pas pour ce calvaire du cimetière bas (alors qu'il est l'un des meilleurs spécialistes des ateliers de sculpture en kersanton du XVI et XVIIe siècle).

Trente quatre ans plus tard, Emmanuelle Le Seac'h, dans sa thèse publiée en 2014, attribue à l'atelier Prigent non seulement les fragments (atlas n°533) du cimetière haut, mais aussi ce calvaire en écrivant dans son catalogue :

"La Forest-Landerneau, Calvaire du cimetière bas (Atlas n°534) :

-Vierge/sainte martyre, Crucifié, / pietà, Jean/évêque

-sur le socle, Marie-Madeleine. Kersanton."

Je suis surpris de cette attribution, hormis celle de Marie-Madeleine, qui s'impose (voir article précédent), voire celles du Crucifié, et de la Vierge de Pitié ("pietà"). En effet, je ne reconnais pas, sur les visages des statues géminées, le style et l'allure de l'atelier Prigent.

L'attribution du calvaire est clairement énoncée dans le Catalogue de fin d'ouvrage (p.326), mais, semble contredite dans le texte principal, page  168, ou le calvaire du cimetière bas est classé dans le paragraphe "Vestiges de croix et de calvaires" avec la phrase "Dans le cimetière bas, sur le socle de la croix, une Madeleine éplorée, les mains levées vers le Christ, est de la même facture [que les vestiges du cimetière haut, sculptés par les Prigent]". En définitive, je crois que Le Seac'h a laissé passer, dans son Catalogue, une coquille.

C'est l'intérêt d'une mise en ligne des photographies détaillées de ce calvaire que d'ouvrir une discussion sur ce point.

Dans cette discussion, nous pourrons nous référer aux différents calvaires à un croisillon et 6 personnages attribués aux Prigent :

 

-Saint Derrien, 1557 ?, Crucifié, Vierge, Jean, saint Georges et pietà.

-Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, saint Hervé au revers du Crucifié, le guide et le loup géminé avec la Vierge. Saint Houarneau sous le Crucifié

-Pleyben, chapelle Saint-Laurent, 6 personnages : Crucifié/Christ ressuscité, Vierge / Laurent, Jean/évêque. 

-Bourg-Blanc, calvaire du cimetière, Crucifié/Christ aux liens, et croisillon à 3 personnages Vierge, Jean et Marie-Madeleine géminées aux trois acteurs de saint Yves entre le Riche et le Pauvre.

-Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous.

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Et d'autre part, nous remarquons que le sculpteur Roland Doré est intervenu à La Forest-Landerneau (statues d'un évêque et de sainte Catherine en haut de l'escalier).

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LE COTÉ OCCIDENTAL. LA VIERGE ET JEAN AUTOUR DU CRUCIFIÉ ; BLASON DE FRANCE.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le Christ crucifié. Le blason aux armes du roi de France.

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Sous un titulus à l'inscription INRI en lettres romaines (alors que les tituli des calvaires du XVIe siècle me semblent porter généralement une inscription en lettres gothiques), le Christ crucifié possède les caractéristiques stylistiques suivantes :

Les mèches de cheveux qui ne sont pas collés au cou, laissant un vide,  un espace ajouré entre les mèches de cheveux et le visage. La mèche droite, épaisse et tubulaire, passe devant la poitrine, celle de gauche au dessus de l'épaule.

La couronne tressée à deux brins dessinant des 8.

Les yeux clos, étirés, les pommettes saillantes,  la bouche petite, aux lèvres fermées et avancées.

Une moustache partant des bords des narines, et une barbiche à deux mèches en parenthèses.

Un torse étiré, aux côtes horizontales déployées en éventail ; le nombril peu marqué ; la plaie du flanc droit peu visible.

Un pagne aux plis croisés sur le devant, avec une extrémité libre sortant du coté gauche tandis que l'extrémité droite est en dessous (les pagnes des Prigent sont noués sur le coté par une grande boucle).

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le blason est aux armes de France sous une couronne royale.

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Les armes de France en alliance avec la Bretagne (coté est) datent au plus tôt de 1499, date du mariage d’Anne de Bretagne à Louis XII , ou de 1532, le rattachement de la Bretagne au royaume. Les armoiries ne sont guère utiles à l'enquête d'attribution, car elles peuvent être très tardives.  

Par contre, bien que je n'ai pu fonder mon affirmation sur une recherche précise, la présence de ces armes de France et Bretagne et l'implication du pouvoir royale sur un calvaire du Finistère me semble être une exception, peut-être due à une restauration.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La Vierge au calvaire.

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Son allure toute rectiligne et hiératique avec les mains jointes n'est animée que par l'avancée de la jambe droite et du pied. La robe au col rond est serrée par une ceinture, mais celle-ci n'est pas bien visible. Le col du manteau passe au dessus du voile. La guimpe qui entoure soigneusement le bas du visage est discrète car recouverte par l'encolure.

Le visage est très rond et juvénile.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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L'apôtre Jean au calvaire.

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Son beau visage est également remarquable par ses traits juvéniles et angéliques. La robe est serrée par une ceinture et fermée par une fente pectorale à deux ou trois boutons. Jean pose une main gauche sur sa poitrine et ramène à soi le pan de son manteau.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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LA FACE EST.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le blason est moucheté de 12 hermines sous la couronne royale.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La Vierge de Pitié.

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La composition triangulaire barrée par la diagonale du corps du Christ est habituelle. La Vierge, agenouillée un seul genou à terre soutient l'épaule droite de son Fils et pose sa main gauche sur sa cuisse. Le visage est une fois encore rond et juvénile, et les pupilles sont creusées (comme le fait Roland Doré). Le lichen ne permet pas de dire si les trois larmes (assez caractéristiques des Prigent) sont présentes, mais il me semble que ce n'est pas le cas.

Le voile forme un repli au sommet de la tête, ce qui est un trait stylistique des Prigent.

Au total, je me garderai de proposer une attribution.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Une sainte, vierge et martyre.

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Ce visage encore naïf ou poupin est celui d'une vierge et martyre, comme l'indique la palme de sa main gauche. Nous ne pouvons aller plus loin dans l'identification.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un saint évêque.

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Il a la mitre à fanons, la crosse et le geste de bénédiction des évêques.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La date de 1762 du socle.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sainte Marie-Madeleine éplorée au pied de la croix. Kersanton, atelier Prigent vers 1555.

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Je l'ai décrite dans mon article sur le calvaire fragmentaire du cimetière haut. Il est de la main de l'atelier Prigent. Les trois larmes caractéristiques sont bien visibles.

Fragments d'un calvaire (kersanton, vers 1555, atelier Prigent) au cimetière de La Forest-Landerneau. 

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

 

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ABGRALL (Jean-Marie), 1910, "Notice sur La Forest-Landerneau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Quimper, Kerangal. 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/60798cc0c60ed80e4fbabd1443d17155.pdf

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CASTEL (Yves-Pascal) 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère. Site de la SAF.

 https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/la_forest_landerneau.html

a) La Forest-Landerneau n° 532. cimetière haut.

"532. La Forest-Landerneau, , 1. g. k. 3 m. XVIe s. Trois degrés. Socle octogonal, Christ lié. Fût à pans avec trois petites croix en creux. Croix à pans, crucifix. [YPC 1980]"

 

b) La Forest-Landerneau n°533 La Forest-Landerneau n°2 . cimetière haut.

"533. La Forest-Landerneau, 1550. Trois statues provenant d’un calvaire. Groupe N.-D. de Pitié. Statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-personnage sans attribut. Ces pièces se rattachent à la manière des frères Prigent qui ont sculpté le calvaire de Plougonven. [YPC 1980]"

c) La Forest-Landerneau n°534 La Forest-Landerneau n°3. cimetière bas.

"534. La Forest-Landerneau, k. 6 m. XVIè s. Trois degrés, Madeleine à genoux. Socle cubique à griffes: 1762, MISSION 1887. Croisillon, écus aux armes de France et de Bretagne. Statues géminées: Vierge-sainte martyre (*), Jean-évêque. Croix à branches rondes, crucifix, groupe N.-D. de Pitié. [YPC 1980]"

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.( Revue bilingue breton-français  Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001)

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LA FOREST-LANDERNEAU, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7fe6b104461be9db56d8ced2650d285a.pdf

"Près de l'église, calvaire : base rectangulaire à pinacles gothiques, croix des larrons sur le croisillon"

—— COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton" Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc t. LXXXIX, 1961 p. 1-45. 

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953,  La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire, Rennes, Plihon, pages 118-130

— DEBIDOUR (Victor-Henri), Croix et calvaires de Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_149/Croix_et_Calvaires_de_Bretagne__.pdf

— DEBIDOUR (Victor-Henri), La Vierge en Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_146/La_Vierge_en_Bretagne__.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Prigent
14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 13:53

Fragments d'un calvaire (kersanton, vers 1555, atelier Prigent) au cimetière de La Forest-Landerneau.

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— Voir  d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et hors blog: 

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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PRÉSENTATION.

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On a réuni à l'entrée du cimetière de La Forest-Fouesnant trois groupes sculptés en kersanton (soit au total six personnages) dont l'une des particularités est que chaque personnage est en pleurs. 

Face au spectateur, une Vierge de Pitié est ainsi entourée par sainte Marie-Madeleine et par saint Jean, comme dans les Déplorations. 

Mais les statues de Marie-Madeleine et de Jean sont en réalité géminées, c'est à dire qu'elles présentent, au dos, un autre personnage. Au dos de Marie-Madeleine, on reconnaît aisément la Vierge éplorée au pied du Calvaire, alors que Jean au calvaire est adossé à Jean en évangéliste (non identifié comme tel par Castel ou Le Seac'h).

Les larmes sculptées dans la pierre sous chaque paupière ont une forme caractéristique, en long filet d'eau s'achevant en perle : c'est l'un des traits stylistiques de l'atelier de Bastien et Henry Prigent, installés à Landerneau (proche du lieu d'extraction de la kersantite, principalement en Rade de Brest) et actifs entre 1527 et 1577.

On connaît plusieurs Vierges de Pitié présentant ces larmes. Les Prigent les placent aussi sur les visages de Marie et Jean debout au pied de la Croix, sur les calvaires qu'ils ont laissés, notamment en Léon, mais aussi sur ceux de Marie, Jean et Marie-Madeleine en déploration autour du corps du Christ, et, enfin, sur celui de Marie-Madeleine agenouillée au  pied de la Croix.

Cet indice a permis à Yves-Pascal Castel de remarquer vers 1980 que "Ces pièces se rattachent à la manière des frères Prigent qui ont sculpté le calvaire de Plougonven" et de proposer la datation de 1550 [le calvaire de Plougonven est daté de 1554, celui de Pleyben de 1555] .

Cette attribution a été validée de  façon  formelle en 2014 par E. Le Seac'h dans son catalogue raisonné des œuvres des Prigent (page 326), sans se prononcer sur la datation. Elle leur attribue aussi les personnages du calvaire du cimetière bas (Vierge et sainte martyre géminées, le Crucifié ; Jean et un saint évêque géminés ; Vierge de Pitié ; Marie-Madeleine agenouillée). Mais sur ce dernier calvaire, seul le visage de Marie-Madeleine porte les larmes caractéristiques.

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La réelle réussite de la disposition actuelle des statues, dont les personnages éplorés accueillent les familles se rendant sur la tombe de leurs proches, fait oublier qu'il s'agit ici de fragments d'un calvaire. Il faut se référer aux exemples (assez nombreux) de calvaires préservés pour imaginer les groupes géminés de chaque coté d'un croisillon entourant un Crucifix. La Vierge et Jean sont tournés, comme le Christ en croix, vers l'ouest, et par le fait même, Marie-Madeleine et Jean évangéliste sont tournés vers l'orient.

Au milieu du croisillon (le "nœud") se place alors, du coté est, la Vierge de Pitié, qui est creusée pour s'appliquer contre le fût.

Ce schéma est  assez facile à se représenter sur place puisque c'est celui du calvaire du cimetière de contre-bas (à la différence près que les personnages géminés avec la Vierge et Jean sont un évêque et une sainte).

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Cette reconstitution mentale du calvaire d'origine peut être enrichie par d'autres statues, c'est ce que nous verrons plus bas : un Christ aux liens pouvait être placé du coté opposé à la Vierge de Pitié, et une Marie-Madeleine pouvait être agenouillée au pied de la croix.

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Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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LA VIERGE DE PITIÉ (KERSANTON, v.1555, ATELIER PRIGENT).

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La Vierge, dont le corps forme un triangle, est agenouillée genou gauche à terre, tandis que le genou droit supporte le dos du corps de son Fils.

Le Christ est presque assis  sur le genou gauche de sa Mère, et les jambes repliées mais non croisées reposent au sol par la pointe des pieds. Le dos se cambre sur le chevalet de la cuisse de Marie, en un arc qui est accentué par la chute de la tête qui se tourne vers sa droite.

La Vierge soutient son Fils par la main droite passée sous le flanc droit, tandis que sa main gauche soulève légèrement le bras du défunt. Elle est voilée, et porte la guimpe (cf. la Vierge du calvaire). Son visage est en larmes.

La plaie du flanc et celle de la main droite sont exposées au regard du fidèle.

À son dos, on constate un évidemment rectangulaire, correspondant à la forme du fût de la croix contre laquelle elle était posée.

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Bien que chaque Pietà du Finistère soit différente des autres, la posture du corps et des bras du Christ est semblable à celle des deux Vierges de Pitié de Plouvorn, attribuées à l'atelier Prigent, et marquées des trois larmes. Elle est comparable également à celle de Tal-ar-Groas en Crozon, à celle de Saint-Divy et celle du Folgoët. Les jambes du Christ sont souvent croisées.

La Vierge de Pitié du calvaire du bas répond aussi au même schéma, mais elle est d'une facture plus naïve.

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La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

 

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LES VIERGES DE PITIÉ DU FINISTÈRE.

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Yves-Pascal Castel en a dénombré une centaine, en bois et en pierre, mais il englobe sous ce terme les Pietà proprement dites à deux personnages (La Vierge et le Christ) avec ce qu'il faut désormais nommer des Déplorations, où la Mère et le Fils sont entourés de Jean, Madeleine, les Saintes Femmes, Joseph d'Arimathie et Nicodème, ou Gamaliel et son fils...

Elles sont assises, ou agenouillées, et parfois debout (Brasparts) .

 

 Sur les Pietà :

 

 

 

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Les Déplorations.

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Liste des Vierges de Pitié de l'atelier Prigent (Catalogue par Le Seac'h):

  • Brignogan, chapelle Saint-Pol
  • Dinéault, calvaire de l'église
  • Le Folgoët, calvaire (3 larmes)
  • La Forest-Landerneau, fragments, cimetière haut. (3 larmes)
  • La Forest-Landerneau, cimetière bas,
  • Landerneau, calvaire dit Croix de la Vierge atlas n°998
  • Lanhouarneau, croix de Kerlaouéret
  • Loc-Brévalaire, calvaire de l'église
  • Lothey [Gouezec], croix de Kerabri 1556 (3 larmes)
  • Plourin-Ploudalmézeau
  • Saint-Derrien, calvaire
  • Saint-Divy, calvaire oriental
  • Saint-Nic, intérieur église [en réalité Déploration]
  • Saint-Renan, hôpital Lejeune
  • Lopérec, calvaire [attribué à Fayet, compagnon de l'atelier Prigent]

Auquel j'ajoute :

  • Plouvorn, cimetière (3 larmes)
  • Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)
  • Crozon, Tal ar Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes)

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GROUPE GÉMINÉ MARIE-MADELEINE/VIERGE (KERSANTON, v.1555, ATELIER PRIGENT).

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1°) la Vierge.

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C'est, je l'ai dit, Marie au pied de la Croix, pleurant la mort de son Fils crucifié, la tête recouverte d'un voile et la gorge dissimulée par la guimpe du deuil, les mains jointes doigts croisés sous l'effet de la douleur et les jambes qui semblent fléchir : c'est Marie du Stabat Mater dolorosa.

Son voile, sa guimpe, son visage et ses larmes, son manteau, sa robe, ses chaussures sont ceux de la Vierge de Pitié.

L'une des caractéristiques des femmes voilées de l'atelier Prigent est que le voile est épais, rigide, à plis cassés, et nous retrouvons cela ici, mais parfois, et ce n'est pas le cas, le voile fait un pli au dessus de la tête.

Nous retrouvons le visage rond, les yeux ourlés d'un double trait, et surtout la petite bouche concave dont la lèvre inférieure s'avance en moue amère.

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La Vierge au calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge au calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge au calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge au calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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2°) Marie-Madeleine.

 

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Elle semble également chanceler, la tête est inclinée, mais aussi le torse, le genou gauche cède, et tout vient confirmer la crispation de la bouche réprimant un cri.

Comme d'habitude, la chevelure de Marie-Madeleine n'est pas recouverte d'un voile, et ruisselle dans son dos, seulement rassemblée au niveau de la nuque par le bandeau occipital si habituel à l'atelier Prigent, bien qu'il ne lui soit pas spécifique. 

Elle tient des deux mains le flacon d'aromates destiné à l'embaumement. Elle est vêtue d'un manteau dont le pan gauche, qui a glissé de l'épaule, fait retour vers une agrafe de la ceinture, d'une robe à décolleté rectangulaire et aux manches plissées, d'une chemise à col rond.

Son visage est proche de celui de la Vierge, mais le front très dégagé en arrière par la raie médiane accentue la rondeur très douce des traits, et malgré la lèvre inférieure qui s'éverse vers le menton, ce visage est d'une  beauté émouvante.

Ces statues géminées sont vues d'habitude en place, en haut de leur croisillon, mais lorsque nous les découvrons  à notre hauteur,  il se dégage de ces deux femmes adossées un fort sentiment de sororité ou de rapprochement entre deux générations ; et ce groupe devient une icone exemplaire de la solidarité qui scelle les corps et les âmes dans l'épreuve.

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Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge Marie et Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge Marie et Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge Marie et Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge Marie et Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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GROUPE GÉMINÉ JEAN AU CALVAIRE/JEAN L'EVANGELISTE (KERSANTON, v.1555, ATELIER PRIGENT).

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Jean au calvaire, le disciple préféré de Jésus qui lui  dit du haut de la croix  "Fils, voici ta mère" et le charge par cela de veiller sur Marie,  est adossé ici avec son double, Jean comme évangéliste. Ce n'est pas un cas unique, et cela s'observe par exemple sur le calvaire de l'église de Cast.

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1°) Jean au Calvaire.

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Nous retrouvons le visage très rond dont la hauteur de l'étage inférieur est réduite, la bouche petite à lèvre inférieure avancée, le petit menton rond, le regard baissé, et, bien entendu, les trois larmes sous la paupière inférieure. Nous retrouvons aussi le manteau (ne couvrant que le dos), la robe aux manches plissées, le genou fléchi.

La chevelure est soigneusement peignée en mèches rejetées concentriquement vers l'arrière.

Les détails de la boucle de ceinture avec son aiguillon, ou du bouton rond fermant le col de la robe, ont cette précision qui est habituelle aux sculpteurs de kersanton, et que l'on observe facilement sur les séries d'apôtres des porches bretons (cf. liens supra, les porches réalisés par les Prigent).

Je suis surpris par la taille malhabile des mains, et par la position étonnante des paumes tournées vers nous.

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n.b. On pourrait m'objecter que ce personnage ne porte aucun attribut permettant de l'identifier avec certitude. Néanmoins, les trois larmes sont, par elles-mêmes, un attribut. Et la posture est celle de Jean au calvaire. En outre, les  visages des deux saint Jean sont spéculaires, tout comme leur tenue vestimentaire. Enfin, un autre indice vient des pieds nus, qui sont propres aux apôtres ; et Jean est le seul apôtre imberbe...

 

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L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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2°) Jean l'évangéliste.

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L'attribut de l'évangéliste est accroché à sa ceinture, c'est le plumier, associé à l'encrier.

La tête est légèrement inclinée vers la droite. La main droite est posée sur la poitrine. Tout le reste (visage rond, 3 larmes, jambe avancée, pieds nus, ceinture à la boucle et à l'aiguillon détaillée, manteau porté en arrière, robe dont les pointes du revers de col sont larges, etc.) est semblable à la statue de son alter ego.

On verra sur le calvaire de la chapelle Saint-Laurent à Pleyben un Jean au calvaire de l'atelier Prigent, aux trois larmes, portant plumier et encrier à la ceinture.

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Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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SUGGESTION N° 1 : LE CHRIST AUX LIENS DU CALVAIRE HAUT.

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Le calvaire du cimetière haut (atlas n°532) de La Forest-Landerneau, daté du XVIe siècle, est simple, et ne porte qu'un crucifix,  ainsi qu'un Christ lié.

Il est douteux qu'il soit à son emplacement d'origine, et la plupart des Christ aux liens de ce type trouvent place en hauteur, entre les croisillons d'un calvaire.

Ne pourrait-on imaginer qu'il appartienne au même calvaire que les pièces étudiées précédemment ? La Vierge de Pitié serait placée en situation diamétralement opposée.

Une étude lithologique pourrait nous dire s'il s'agit  d'un kersanton de faciès identique. 

Et une étude comparative des Christ aux liens sortis de l'atelier Prigent pourrait fournir des éclaircissements.

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 Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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SUGGESTION N°2 : MARIE-MADELEINE AU PIED DE LA CROIX DU CIMETIÈRE BAS.

Je défendrais cette hypothèse avec plus de conviction. Car, bien que ce calvaire (avec son Crucifix et ses statues géminées sur une crossette) soit également attribué à l'atelier Prigent par E. Le Seac'h, l'unité stylistique me semble plus importante entre cette Marie-Madeleine et les fragments présentés plus haut, non seulement en raison des trois larmes que ces personnages ont en commun, mais aussi en raison de la proximité des visages et des vêtements.

Je m'appuierai sur l'avis d'E. Le Seac'h, qui écrivait page 168 :

"À La Forest-Landerneau, dans le cimetière haut, trois vestiges sont disposés sur des dalles de schiste : deux statues géminées, celle de Jean et d'un saint indéterminé, de la Vierge et Madeleine avec une pietà au milieu. Dans le cimetière bas, sur le socle [sic] de la croix, une Madeleine éplorée, les mains levées vers le Christ, est de la même facture".

Ces statues de la Madeleine éplorée qui trouvent leurs sources dans les Crucifixions des peintures de chevalet, des fresques (Fra Angelico) et des enluminures, puis des vitraux (Passions finistériennes contemporaines de la production de l'atelier Prigent) étaient certainement placées à l'origine immédiatement au pied de la croix, contre le fût, et le geste des bras de la sainte, écartés dans la posture du ravissement, paumes se faisant face, ne trouve toute sa cohérence que lorsqu'on sait qu'ils entouraient et enlaçaient presque — plus ou moins étroitement — le pied de cette croix. (Les rapports de Madeleine avec les pieds du Christ ouvriraient un long chapitre).

Marie-Madeleine, avec son flacon d'aromates, est aujourd'hui placée sur la deuxième marche d'un calvaire qui a été remanié en 1762 et 1887, ce qui est certainement l'emplacement le plus satisfaisant, puisque son regard et sa tête en extension sont levés vers le Christ. Mais on peut penser que sur le calvaire initial (celui-ci ou, pour moi, un autre) elle était placée sur le socle. 

On sera sans doute plus convaincu par mon hypothèse après avoir visité, par exemple, le calvaire de l'église de Dinéault sculpté par Bastien Prigent. On y trouve sur le croisillon la Vierge (3 larmes), saint Jean (3 larmes). Du coté est, la Vierge de Pitié ( larmes ?), et au pied de la croix Marie-Madeleine (3 larmes).

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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Ses modèles ou semblables (qui ont perdu très souvent eux aussi leur rapport initial avec la croix) sont nombreux et situés majoritairement en Finistère sur le bassin de l'Élorn (Léon):

 

-Pelouse nord de l'église de Pencran (Prigent v.1553).

-Calvaire monumental de Pleyben (Prigent 1554)

-Calvaire monumental de Plougonven (Prigent 1555)

-Calvaire de Sainte-Marie du Ménez-Hom (Prigent vers 1550)

-Calvaire de l'église de Lopérec (Prigent ou "fayet", 1542 ou 1552)

-Calvaire est de l'église de Saint-Divy

- Calvaire du bourg de Saint-Ségal

-Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal

-chapelle Saint-Tugen en Primelin, contrefort sud-ouest.

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Les points communs (avec des exceptions à chaque fois) sont la posture agenouillée bras écartés, regard et tête levée ; les trois larmes ; le bandeau occipital ; la robe serrée par une ceinture nouée ; le manteau retombant en un éventail plissé derrière les reins ; le pot d'aromates.

Parfois (Plougonven), la sainte regarde vers le bas, et ouvre son flacon).

 

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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Détails. 

Les trois larmes.

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le bandeau occipital ou voile.

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Il recouvre l'arrière des cheveux au niveau de l'occiput, puis revient en avant, rassemblant ainsi la longue chevelure qui, ensuite, ruisselle dans le dos presque jusqu'à la taille. Mais ce voile, au lieu de passer derrière la nuque (comme un bandeau), glisse de chaque coté ses extrémités sous une natte antérieure.

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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L'encolure.

Sous la robe au décolleté carré et  au col à pans larges et pointus se voit le col en V et sans rabat d'une chemise.

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le bouton de la manche.

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

 

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1910, "Notice sur La Forest-Landerneau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Quimper, Kerangal. 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/60798cc0c60ed80e4fbabd1443d17155.pdf

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— CASTEL (Yves-Pascal) 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère. Site de la SAF.

 https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/la_forest_landerneau.html

a) La Forest-Landerneau n° 532. cimetière haut.

"532. La Forest-Landerneau, , 1. g. k. 3 m. XVIe s. Trois degrés. Socle octogonal, Christ lié. Fût à pans avec trois petites croix en creux. Croix à pans, crucifix. [YPC 1980]"

 

b) La Forest-Landerneau n°533 La Forest-Landerneau n°2 . cimetière haut.

"533. La Forest-Landerneau, 1550. Trois statues provenant d’un calvaire. Groupe N.-D. de Pitié. Statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-personnage sans attribut. Ces pièces se rattachent à la manière des frères Prigent qui ont sculpté le calvaire de Plougonven. [YPC 1980]"

c) La Forest-Landerneau n°534 La Forest-Landerneau n°3. cimetière bas.

"534. La Forest-Landerneau, k. 6 m. XVIè s. Trois degrés, Madeleine à genoux. Socle cubique à griffes: 1762, MISSION 1887. Croisillon, écus aux armes de France et de Bretagne. Statues géminées: Vierge/sainte martyre, Jean/évêque. Croix à branches rondes, crucifix, groupe N.-D. de Pitié. [YPC 1980]"

 

 

CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.( Revue bilingue breton-français  Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001)

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LA FOREST-LANDERNEAU, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7fe6b104461be9db56d8ced2650d285a.pdf

"Près de l'église, calvaire : base rectangulaire à pinacles gothiques, croix des larrons sur le croisillon"

—— COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton" Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc t. LXXXIX, 1961 p. 1-45. 

DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953,  La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire, Rennes, Plihon, pages 118-130

DEBIDOUR (Victor-Henri), Croix et calvaires de Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_149/Croix_et_Calvaires_de_Bretagne__.pdf

DEBIDOUR (Victor-Henri), La Vierge en Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_146/La_Vierge_en_Bretagne__.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

— PHOTOS.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:La_Forest-Landerneau_Restes_d%27un_ancien_calvaire.jpg

https://mapio.net/pic/p-48048484/

https://mapio.net/pic/p-48048171/

https://mapio.net/pic/p-48048324/

https://mapio.net/pic/p-48047998/

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Prigent
1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 20:46

La Vierge de Pitié (kersanton, milieu XVIe siècle, atelier Prigent ) du monument aux morts du cimetière de Plouvorn.

La Vierge de Pitié (kersanton, milieu XVIe siècle, atelier Prigent) de la fontaine de dévotion de la chapelle de Lambader.

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Voir sur Plouvorn :

Et associé :

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— Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et hors blog: 

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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I. La Vierge de Pitié (kersanton, milieu XVIe siècle, atelier Prigent ) du monument aux morts du cimetière de Plouvorn.

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PRÉSENTATION.

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La littérature sur cette Vierge de Pitié est pauvre, mais elle fait l'objet d'une notice de la Base Palissy Patrimoine Mobilier PM 29000830, et elle a été classée aux monuments historiques le 12 avril 1914. Selon cette notice d'octobre 1994, , elle provient de la chapelle de Lambader, elle mesure 40 cm de haut et c'est en 1922 que cette Pietà a été placée sur le monument aux morts.

Le monument est recensé sur des sites dédiés :

https://monumentsmorts.univ-lille.fr/monument/30292/plouvorn-cimetiere/

https://fr.geneawiki.com/index.php/29210_-_Plouvorn_-_Morts_aux_guerres

http://www.tadoukoz.net/piwigo/index.php?/category/plouvorn

Un cliché pris en 2011 par GO69 est publié  sur Wikimedia Commons.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Plouvorn_(29)_Monument_aux_morts.JPG

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Cette Vierge de Pitié est mentionnée par René Couffon dans sa notice sur Plouvorn ("Sur le monument aux morts de la Guerre 14-18, Vierge de Piété du XVè siècle.", mais n'est décrite ni par Y.-P. Castel dans "Les Pietà du Finistère", ni par E. Le Seac'h dans son ouvrage sur la sculpture sur pierre de Basse-Bretagne. Elle est remarquable par son étonnant état de conservation (j'ai cru un moment, avant de m'assurer de son classement M.H, qu'il pouvait s'agir d'une copie) mais surtout par l'existence des trois larmes sous les paupières de la Vierge, qui crée un lien avec l'ensemble des personnages (Marie, Jean et Madeleine) sculptés au milieu du XVIe siècle et présentant ce détail, et notamment avec ceux des calvaires de Lambader et de Croas-Lambader, en Plouvorn.

La jambe gauche du Christ, brisée, a été  refaite plus ou moins adroitement, dans un kersanton de grain plus sombre.

Par ces trois larmes, mais aussi par les plis formés par le voile de la Vierge, ce groupe peut être attribué —comme le calvaire de Lambader et sans doute celui de Croas-Lambader — à l'atelier de Bastien et Henry Prigent, actifs dans la sculpture du kersanton à Landerneau entre 1527 et 1577. Par référence à ces deux calvaires, et par rapprochement du caractère monumental des vestiges d'un calvaire conservé à la chapelle de Lambader avec les calvaires monumentaux de Pleyben (Prigent, 1554) et de Plougonven (Prigent, 1555) on le date alors vers 1550.

Elle est présentée sous un édicule néoclassique à quatre colonnes corinthiennes.

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Rappel : on se perd facilement si on ne distingue pas clairement :

--Le calvaire placé devant la chapelle de Lambader (Prigent, v.1550, et anonyme, XXe siècle) : Atlas n°2386.

--Le calvaire monumental réduit à des vestiges conservés dans la chapelle de Lambader (Prigent ?? vers 1550 ou Maître de Plougastel vers 1600) : Atlas n° 2385

--Le calvaire de Croas Lambader (Prigent? vers 1550) situé à 200 m de la chapelle de Lambader mais appartenant à la commune de Plougourvest : Atlas n° 1977.

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Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

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La Vierge est agenouillée, un genou à terre et l'autre très fléchi dans l'attitude du chevalier servant, et elle soutient sur ce genou droit le dos de son Fils, tandis que sa cuisse gauche en soutient le bassin.

Nous retrouvons la forme maternelle triangulaire barrée par l'arc concave du Christ, dont la tête bascule en extension dans le vide. Cette arc forme avec le bras droit, qui  est fléchi et repose au niveau du coude sur la chaussure de la Vierge, une croix partielle, alors que le bras gauche est parallèle au tronc, la main gauche appuyée sur la cuisse.

Ce schéma est à peu près celui de la Vierge de Pitié actuellement placé sur les marches du calvaire de Croas Lambader et qui provient du calvaire monumental dont les vestiges sont rassemblés dans la chapelle de Lambader. Hélas, la tête de cette Pietà est brisée.

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Vierge de Pitié du calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

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Les trois larmes.

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Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent v. 1550) du Monument aux morts, cimetière de Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2021.

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II. La Vierge de Pitié (kersanton, milieu XVIe siècle, atelier Prigent) de la fontaine de dévotion de la chapelle de Lambader.

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PRÉSENTATION.

Elle n'a pas été décrite spécifiquement, mais Yves-Pascal Castel la mentionne,  en l'attribuant à l'atelier Prigent, dans son chapitre sur les larmes des Vierges de Pitié du Finistère :

"Nos sculpteurs sur pierre du XVIE siècle, dans les ateliers de kersanton, pour mieux marquer la douleur de la Vierge et parfois celle des personnages qui l'assistent dans les grandes Pietà, quant à eux, se sont emparés de ce moyen expressionniste fort populaire, n'hésitant pas à sculpter sur les joues des larmes en relief. Coulant sous les paupières, ces larmes marquent le haut de chaque joue d'un triple jet, formé de traits bien symétriques. À Brignogan, (Chapelle-Pol) , à La Forest-Landerneau, au Bourg-Blanc, (Saint-Urfold, atlas n°97), à Plomodiern, (Sainte-Marie-du-Ménez-Hom), à Lothey, (croix de Kerabri), dont nous avons parlé plus haut. À Plouvorn, Lambader la Vierge de Prigent élargit ses larmes en gouttes qui s'étalent sur les joues. On remarque, dans la grande Pietà de Plourin-Ploudalmézeau que si les quatre personnages d'accompagnement portent les mêmes triples larmes, en flots exactement mesurés, la Vierge en a le visage tout couvert, de la même manière qu'en avait usé le sculpteur de la pietà du calvaire du Folgoët, un siècle plus tôt."

Bien qu'il ne précise pas qu'il s'agit de la statue de la fontaine, comme il n'y a pas d'autres Vierges de Pitié à Lambader, nous pouvons rapporter ce passage à la statue que je décris ici.  

Néanmoins, elle a vraisemblablement été installée dans cette fontaine à une date récente, puisque Abgrall mentionne en 1897 une Notre-Dame de Pitié à l'intérieur de la chapelle : "On est heureux de retrouver encore dans cette chapelle quelques vieilles statues en pierre représentant la nativité de Notre-Seigneur, l'adoration des bergers et des mages, Notre-Dame de Pitié, saint Goueznou, saint Divy, saint Patern et saint Guénolé." Ou bien il a confondu cette Notre-Dame de Pitié avec la Vierge à l'Enfant qui appartient à ce groupe. Mais  d'autre part ni lui, ni le vicomte de Réals en 1890 ne signalent cette statue dans leurs descriptions de la fontaine.

"Les pèlerins ne quittent jamais Lambader sans aller boire à la fontaine sise à deux mètres du pignon sud" (de Réals 1890)

"À l'extrémité de la façade du midi est une belle fontaine miraculeuse dont les eaux jaillissent du dessous de l'église" (Abgrall 1897)

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Cette Vierge de Pitié est proche de la précédente, avec le corps du Christ reposant sur le genou droit fléchi tandis que le genou gauche est posé à terre. Les jambes du Christ sont croisées de façon identique (mais elles sont ici presque intactes)

Les trois larmes des Prigent sont également présentes.

 

Il y a néanmoins de notables différences :

La Mère n'a plus les mains croisées, mais elle soutient le corps de son Fils, par une main sous l'aisselle tandis que l'autre main  soulève le bras gauche et en expose la plaie.

Le voile-manteau n'est plus plissé au dessus et sur les cotés de la tête. Il laisse le front en partie dégagé, et il obscurcit moins le visage qui est plus fin, plus ovale, plus jeune avec un regard qui fixe le spectateur comme pour le prendre à témoin. La Vierge paraît plus jeune et plus vive, malgré une bouche plus concave.

La position des genoux est plus juste sur le plan de l'anatomie.

Le corps du Christ forme un arc moins accentué sur le tréteau du genou, et la tête reste dans l'axe du tronc, laissant apparaître les deux mèches de la chevelure qui sont séparés de la tête.

 Le pagne est plissé de la même manière, avec un pan qui ressort au dessus à droite et au dessous à gauche, mais ce dernier pan est mieux visible à Lambader.

L'impression générale est celle d'une mère qui semble nous présenter le corps de son fils et nous faire participer à son chagrin, alors qu'au cimetière de Plouvorn la Vierge, plus lourde, semble être absente effondrée et dévastée.

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On remarquera les traces de polychromie (ocre rouge) persistantes.

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La fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

La fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

La fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

La fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la fontaine de dévotion de Lambader à Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Au total, nous avons sur la commune de Plouvorn deux Vierges de Pitié en kersanton qui ont suffisamment de points communs pour provenir du même atelier, celui des Prigent, caractérisé par ces larmes en gouttes qui coulent sous les yeux de la Vierge. On les comparera avec d'autres œuvres des Prigent comportant des Vierges de Pitié :

 

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572,

-Saint Derrien, 1557 Calvaire de l'église

-Saint-Divy, Calvaire de l'église.

-Loc-Brévalaire, Calvaire de l'église

-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : .

-Dinéault, Calvaire de l'église.

-La Forest-Landerneau : cimetière haut.

-Landerneau :  calvaire de la Croix-de-la-Vierge.

-Lanneufret : Calvaire de l'église. 

-Le Folgoët : Calvaire de l'église. 

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Et, passant par Lambader, on examinera la Vierge de Pitié du calvaire de Croas-Lambader.

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LES VIERGES DE PITIÉ DU FINISTÈRE

Yves-Pascal Castel en a dénombré une centaine, en bois et en pierre, mais il englobe sous ce terme les Pietà proprement dites à deux personnages (La Vierge et le Christ) avec ce qu'il faut désormais nommer des Déplorations, où la Mère et le Fils sont entourés de Jean, Madeleine, les Saintes Femmes, Joseph d'Arimathie et Nicodème, ou Gamaliel et son fils...

Elles sont assises, ou agenouillées, et parfois debout (Brasparts) .

 

 Sur les Pietà :

 

Les Déplorations.

 

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Liste des Vierges de Pitié de l'atelier Prigent (Catalogue par Le Seac'h):

  • Brignogan, chapelle Saint-Pol
  • Dinéault, calvaire de l'église
  • Le Folgoët, calvaire (3 larmes)
  • La Forest-Landerneau, fragments, cimetière haut. (3 larmes)
  • La Forest-Landerneau, cimetière bas,
  • Landerneau, calvaire dit Croix de la Vierge atlas n°998
  • Lanhouarneau, croix de Kerlaouéret
  • Loc-Brévalaire, calvaire de l'église
  • Lothey [Gouezec], croix de Kerabri 1556 (3 larmes)
  • Plourin-Ploudalmézeau
  • Saint-Derrien, calvaire
  • Saint-Divy, calvaire oriental
  • Saint-Nic, intérieur église [en réalité Déploration]
  • Saint-Renan, hôpital Lejeune
  • Lopérec, calvaire [attribué à Fayet, compagnon de l'atelier Prigent]

Auquel j'ajoute :

  • Plouvorn, cimetière (3 larmes)
  • Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)
  • Crozon, Tal ar Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes)

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1897, Le Livre d'or des églises de Bretagne,  Lambader, Berven, Lochrist, Goulven, illustrations de Charles Géniaux, Rennes pages 1-3.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_201/lambader__berven__lochrist__goulven.pdf

"On est heureux de retrouver encore dans cette chapelle quelques vieilles statues en pierre représentant la nativité de Notre-Seigneur, l'adoration des bergers et des mages, Notre-Dame de Pitié, saint Goueznou, saint Divy, saint Patern et saint Guénolé.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1904, L'Architecture bretonne, Quimper, de Kerangal éditeur

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f20eb990fd763d232327db92aeeb6869.pdf

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère Plouvorn n°2385 et 2386.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

2386. Lambader, placître, g. k. 6 m. XVIè, XIXè s. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût rond, écots. Croisillon, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre (décapitée). Croix, branches rondes, crucifix, écu. [YPC 1980]

2385. Lambader, dans la chapelle, k. Vers 1550, vestiges d’un calvaire dont certaines pièces sont placées à la croix de Spernen en Plougourvest (no 1977). Fuite en Egypte. Présentation au temple, Vierge de l’Annonciation, Vierge aux sept glaives, Nativité, saintes femmes, Crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Plougourvest N° 1977

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plougourvest.html

1977. Spernen S, Croas-Lambader, g. k. 5,50 m. Vers 1550. Trois degrés. Socle, Vierge de Pitié, Jésus au milieu des docteurs. Fût à pans. Croisillon aux anges, statues géminées: Pierre-Vierge, Jean-Madeleine. Croix à branches rondes, anges en place des fleurons, titulus en lettres fleuries, crucifix, Christ aux liens. Les groupes conservés dans la chapelle voisine présentent la même facture que ceux-ci. [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal), 25 mars 1995, A la découverte des croix monumentales, Plouvorn. Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3fb594a410e97c243be96830ef21eeda.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.( Revue bilingue breton-français  Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001)

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

— COUFFON R., 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton" Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc t. LXXXIX, 1961 p. 1-45. Féminines se distinguent par une forme très carrée. Celles des Vierges de l'Annonciation et de la Nativité de Plougonven sont par exemple , très semblables à celle de la sainte Anne du porche de Pencran ainsi qu ' à celles de la Vierge et des saintes femmes de la Mise au tombeau de Pleyben.  De ces dernières , il convient de rapprocher le beau groupe de la Mise au tombeau de Plourin-Ploudalmézeau timbrée des armes en alliance Keruzaouen – Pilguen,  la Pietà du calvaire du Folgoat , une sainte Barbe de Plougar , etc ... Ces caractères permettent de dater avec une certaine approximation un important monument aujourd'hui disparu , le calvaire de Lambader en Plouvorn , qui , avec les calvaires de Plougonven et de Pleyben , marque l' apogée de ces monuments . Calvaire de Lambader en PLouvorn . Ainsi que tous les autres grands calvaires , il fut détruit en 1793 par les révolutionnaires ; mais , comme celui d' Edern , il n' a pas été restauré . ..

 

— COUFFON, (René), LE BARS, Alfred), 1988, "Plouvorn",  Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/PLOUVORN.pdf

"Sur le monument aux morts de la Guerre 14-18, Vierge de Piété du XVè siècle (C.)"

"Fontaine près du chevet de la chapelle, Pietà de granit [sic] dans la niche."

 

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953,  La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire, Rennes, Plihon, pages 118-130

— DEBIDOUR (Victor-Henri), Croix et calvaires de Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_149/Croix_et_Calvaires_de_Bretagne__.pdf

— DEBIDOUR (Victor-Henri), La Vierge en Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_146/La_Vierge_en_Bretagne__.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

 

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vierge de Pitié Prigent Kersanton
31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 09:38

Le calvaire (kersanton, v. 1550, atelier Prigent ?) de Croas Lambader à Plougourvest et deux pièces (Vierge de Pitié et Jésus parmi les Docteurs) d'un calvaire monumental (kersanton, v. 1550 ou 1600) de Lambader.

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 Voir sur Lambader :

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— Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent (1527-1577):

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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Voir sur le Maître de Plougastel (1570-1621)

 

 


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PRÉSENTATION.

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Le calvaire de Croas Lambader ou du Spernen appartient aujourd'hui à une propriété privée au 1 rue de Lambader sur le bord ouest de cette rue, à 200 m du calvaire de Lambader et de la chapelle.

La propriétaire de la maison m'a très gentiment proposé de pénétrer dans le jardin pour pouvoir observer la face principale portant le Crucifix et tournée vers l'ouest. Qu'elle trouve ici l'expression de ma gratitude pour cet accueil.

Le calvaire est situé aujourd'hui en Plougourvest, mais le cadastre de 1829 le montre à la frontière avec Plouvorn, et du coté de cette commune.

Il est classé monument historique (28 novembre 1910) et fait l'objet d'une notice Mérimée PA00090247 et d'une notice Monumentum avec 8 photographies, sous le titre "Croix de chemin en pierre de Lambader, XVIe siècle".

Wikipedia propose une photo de 2012 par GO69. Ce cliché montre que la statue de la Vierge était orientée par erreur vers l'orient. Ce défaut a été corrigé depuis, lors d'une intervention de réfection d'une partie d'un angelot d'extrémité de croisillon, par rotation de 180° de la statue géminée et rescellement.

Il est décrit par Y.-P. Castel dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère sous le n° 1977, avec un croquis :

" Spernen S, Croas-Lambader, g. k. 5,50 m. Vers 1550. Trois degrés. Socle, Vierge de Pitié, Jésus au milieu des docteurs. Fût à pans. Croisillon aux anges, statues géminées: Pierre-Vierge, Jean-Madeleine. Croix à branches rondes, anges en place des fleurons, titulus en lettres fleuries, crucifix, Christ aux liens. Les groupes conservés dans la chapelle voisine présentent la même facture que ceux-ci. [YPC 1980]"

 

Enfin, il est décrit par Christian Gallic dans le bulletin 2017 du journal municipal Plouvorn Information :

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C'est donc un calvaire composite, et les deux groupes de l'emmarchement, la Vierge de Pitié et Jésus parmi les Docteurs, ont dû être placés ici au début du XXe siècle. J'ai déjà décrit ces groupes dans mon article sur l'important ensemble de vestiges d'un calvaire monumental en kersanton (milieu du XVIe siècle ?), dont l'essentiel se trouve dans la chapelle. 

Le choix des personnages (Vierge et Jean d'un coté, Madeleine et Pierre de l'autre) est le même que sur le calvaire de Lambader mais ils ne sont pas couplés de la même façon (ici, la Vierge est couplée à Pierre alors qu'à Lambader elle est couplée à Marie-Madeleine).

Ni la carte de Cassini, ni la carte d'Etat-Major 1822-1866, ni les photos aériennes 1950-1965 (avant la construction des maisons bordant la rue), ne permettent de le situer, mais le cadastre napoléonien de 1829-1830 montre un symbole en étoile, à son emplacement actuel, tant sur la feuille d'assemblage que sur la 2ème feuille F du Bourg.

https://recherche.archives.finistere.fr/viewer/viewer/medias/collections/P/03P/3P211/FRAD029_3P211_01_01.jpg

Parmi les calvaires issus de l'atelier de Bastien et Henry Prigent (1527-1577), outre les  calvaires monumentaux  de Plougonven (1554) et  de Pleyben (1555), on conserve  6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier. Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré. Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages (statues non géminées).

3°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages ou 6 personnages avec statues géminées sur le croisillon

4°) Calvaire à deux croisillons.

Nous avons affaire ici au 3ème groupe, le plus nombreux.  On en voit des exemples à Saint Derrien, 1557,  à Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, à la chapelle Saint-Laurent de Pleyben, au cimetière de Bourg-Blanc, et à Saint-Divy.

 

 

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Feuille d'assemblage du plan cadastral 1829.

Feuille d'assemblage du plan cadastral 1829.

Feuille F2 du plan cadastral 1829.

Feuille F2 du plan cadastral 1829.

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LE COTÉ OUEST.

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Le crucifix central est entouré des statues de la Vierge et de Jean sur le croisillon.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Le Christ en croix.

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Il est placé sous un titulus aux lettres gothiques un peu effacées, dont le fût est perlé et l'empattement fourchu.

Sous une couronne d'épines à deux brins tressés, le visage est fin avec des yeux clos dont la paupière est ourlée, des pommettes émaciées, un nez droit et long, un philtrum creusé, une bouche entrouverte sur les dents, une moustache en V inversé qui naît à l'angle des narines et s'achève en hameçon, et une barbe dont les mèches forment des virgules. La chevelure tombe devant l'épaule droite, et derrière l'épaule gauche.

Sur les bras, le pli du coude est marqué par un V peu naturel.

Le torse court porte le dessin des mamelons, des côtes presque horizontales et de la plaie du coté ; le nombril est indiqué par un cercle.

Le pagne est noué avec un pan sortant à gauche, et rentré à droite, mais le dessin des plis est remarquable par son entrecroisement médian.

Il ne ressemble pas exactement au fragment de Christ conservé dans la chapelle, mais il en partage les éléments stylistiques.

Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Les anges orants et  hématophores.

Trois anges occupent les extrémités libres de la croix, ils sont agenouillés mains jointes, les ailes rabattues dans le dos; Ils portent une tunique bouffante au dessus du cordon de la taille.

Dans la même posture et le même habit, un quatrième ange présente le calice du sang des plaies du Christ.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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La Vierge éplorée.

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Elle est saisie dans une attitude recueillie, mains jointes et la tête légèrement penchée en avant.

L'élément le plus remarquable est le motif des trois larmes s'écoulant sous chaque œil. C'est l'un des traits stylistiques de l'atelier Prigent (1527-1577). Mais par contre, nous ne retrouvons pas le voile marqué de plis rigides qui est une autre de ces caractéristiques qui était présente sur  la Vierge du calvaire de Lambader et sur la Vierge de Pitié du Monument aux Morts de Plouvorn. Le voile encadre à angles droits le visage et rejoint la guimpe. (*)

Le visage est ovale, les yeux sont ourlés, le nez triangulaire et fort, la bouche petite et concave faisant la moue, le menton pointu.

Si on la compare à la Vierge du calvaire de Lambader, celle-ci est plus figée, son visage est moins marquée d'humanité, sa tête n'est pas inclinée, et même le plissé des vêtements est moins animé.

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(*) Ce plissement en Z du voile de la Vierge n'est pas constant sur les productions de l'atelier Prigent, et s'il est présent à Saint-Nic,  il est absent sur la Vierge de Dinéault.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Saint Jean éploré.

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Il porte une main sur la poitrine tandis que l'autre ramène le pan du manteau. Sa posture est hiératique (le terme s'applique aussi à la Vierge), figée par le chagrin, sans geste expressif, sans que la tête ou le regard ne soit tourné vers le Christ. Les deux angles pointus du col du manteau laissent voir la robe, fermée par deux (ou trois) boutons ronds.

Le visage est plus rond que celui de Marie, mais partage avec ce dernier la plupart des caractères, et notamment les trois larmes.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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LE COTÉ EST.

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Placé sur une console avancée, le Christ aux Liens est encadré par les statues du croisillon, celle de Pierre à sa gauche et Marie-Madeleine à sa droite.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Le Christ aux liens.

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Sa couronne et son visage sont proches de ceux du Crucifié, mais les yeux sont ouverts. 

Il porte le manteau de dérision, qui tombe directement à droite alors que le pan gauche fait retour par une large courbe au poignet. Les deux mains sont liées par une corde aux épais torons.

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D'autres Christ aux liens de l'atelier Prigent se trouvent au revers de la croix des calvaires de Bourg-Blanc, à Saint-Divy, ou, en tant que vestige, à Guissény (cimetière de l'église, 1555) et Lanneufret .

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Marie-Madeleine éplorée.

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Elle est vêtue d'une robe et d'un manteau au plissé très vivant. Elle tient de la main gauche le flacon d'onguent dont elle soulève le couvercle conique. De ses yeux coulent les trois larmes, aux extrémités recourbées en crochet.  Son visage est rond, avec de cheveux divisés en deux mèches autour d'une raie médiane.

Sa chevelure est retenue par le même bandeau occipital, enrubanné sur les mèches qui retombent dans le dos, que celui, par exemple, de la Vierge à l'Enfant des vestiges de calvaire de la chapelle de Lambader.

Elle n'est pas très différente de la Madeleine du calvaire de Lambader, mais sa tête est plus engoncée dans les épaules.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Saint Pierre tenant sa clef.

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Sa robe serrée par une ceinture  est recouverte d'un manteau fermée par une patte à bouton rond. Sa clef à poignée losangique est plus grande que son thorax.

Son visage, dont la bouche semble tendu en avant par l'imminence d'une parole, est presque léonin, peut-être en raison d'une mâchoire carrée et d'un barbe tortueuse. La moustache part en crochets à partir des coins des narines.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Les anges des extrémités du croisillon.

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Ils sont semblables aux anges orants de la croix, et sont agenouillés mains jointes, et les ailes plus écartés.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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LES GROUPES DES MARCHES DU SOCLE.

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Ils proviennent des vestiges d'un ancien calvaire (monumental) et daté vers 1550 et attribué par Castel à un anonyme nommé par convention "Maître de Lambader" , car la majorité des scènes de l'Enfance de Jésus et de la Vie de Marie sont rassemblés dans la chapelle de Lambader. Je reprends ma description donnée dans la description de ces vestiges dans l'article :

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Vestiges d'un calvaire, kersanton, Maître de Lambader, vers 1550 / ou Maître de Plougastel vers 1600.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550-1600).

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Elle a la tête brisée. La forme générale de la Mère voilée dans son manteau est massive et triangulaire, et elle soutient sur ses deux genoux écartés le corps de son Fils, par une main placée sous la tête et une autre sur la cuisse droite. Le Christ forme une diagonale oblique vers le haut et la gauche et ses plaies des mains sont exposées, le bras droit fléchi pend (un peu maladroitement) le long de la jambe maternelle tandis que le bras gauche repose le long du corps.

Cette formule est proche de celle des deux autres Vierges de Pitié de l'ancienne paroisse de Plouvorn, celle de la fontaine de Lambader  et celle du Monument aux Morts du cimetière, toutes deux attribuées à l'atelier Prigent. Le visage de la Vierge y est marquée de larmes.

Bien que cette Pietà n' est pas attribué par Castel à l'atelier Prigent, on la comparera à ses homologues des calvaires de 

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572,

-Saint Derrien, 1557 Calvaire de l'église

-Saint-Divy, Calvaire de l'église

-Loc-Brévalaire, Calvaire de l'église

-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : .

-Dinéault, Calvaire de l'église

-La Forest-Landerneau : cimetière haut 

-Landerneau :  calvaire de la Croix-de-la-Vierge 

-Lanneufret : Calvaire de l'église 

-Le Folgoët Calvaire de l'église 

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Jésus parmi les Docteurs (kersanton, vers 1550-1600).

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L'interprétation de ce groupe est difficile, notamment car il est camouflé (comme la Pietà) par les rosaces blanches, gris-vert ou rosées de lichens. Mais Yves-Pascal Castel a raison d'y voir Jésus parmi les Docteurs, grâce à l'attitude émerveillée des assistants, et malgré l'absence de Jésus qui occupait sans doute la place la plus haute au centre.

Les quatre personnages, assis en tailleur devant un pupitre à degrés,  lèvent tous la tête et le regard vers le haut, et écartent les paumes vers l'orateur en signe d'admiration. Deux portent le chapeau conique des Juifs, tandis que deux autres portent le bonnet carré des docteurs en théologie du XVIe siècle (ou un bonnet à rabat). Trois sont barbus. Deux portent un manteau à large rabat sur le col.

Je ne peux être plus précis, car leur tenue de camouflage est terriblement efficace, tant pour mon regard que pour la capacité de discrimination de mon objectif photo.

La scène est rare dans la sculpture en kersanton (porche de La Martyre), mais on la trouve, dans une composition très différente, sur le calvaire monumental de Plougastel.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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CONCLUSION.

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Ce calvaire associe à sa statuaire originale deux groupes provenant d'un autre calvaire.

Si on s'en tient aux données fournies par les sources de référence (Atlas de Calvaires et base Mérimée), ces deux sous-ensembles relève de la même datation, vers 1550. C'est aussi la datation acceptée pour le calvaire de Lambader. Cette proposition est suivie par Tanguy Daniel et par Christian Gallic.

Toujours selon les mêmes sources, aucun de ces deux sous-ensembles n'est attribué à un atelier déterminé. Rappelons que les ateliers actifs en Finistère (et en particulier dans le Léon) sont ceux de Bastien et Henry Prigent de 1527 à 1577, et de leur compagnon Fayet  de 1552 à 1563, puis du Maître de Plougastel de 1570 à 1621. 

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L'indice des trois larmes : l'atelier des Prigent ?

Néanmoins, il est possible ou probable qu'Yves-Pascal Castel ait choisit pour l'Atlas la date, très précise, de 1550 pour ces deux ensembles après avoir constaté la présence d'un indice stylistique de haute valeur sur les trois personnages du calvaire, indice qu'il avait signalé sur le calvaire monumental de Plougonven daté de 1554 et  signé des Prigent.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

E. Le Seac'h, qui n'a pas inclus le calvaire de Croas Lambader dans son Catalogue des sculpteurs de Basse-Bretagne, a attribué les statues de la Vierge et celle de Madeleine sur le calvaire de Lambader aux Prigent (Catalogue p. 331). Et c'est elle qui a insisté sur la description de ces trois larmes en écrivant (p.140): " Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, leurs Vierges de Pitié , de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés." 

Elle précise encore :"Si la manière de sculpter de  Bastien est plus souple, si ses drapés sont plus fluides si ses yeux sont taillés en un petit losange horizontal, tandis que celle d'Henry, moins habile,  est  hiératique, plus raide, avec un nez massif aux narines creuses,  l'appartenance au même atelier se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus."

Sur les statues de l'atelier Prigent :

 

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

 

Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

 

 

 

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie,), 1904,  L'Architecture bretonne Quimper, A. de Kerangall.

 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/3196

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère Plouvorn n°2385 et 2386.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

2386. Lambader, placître, g. k. 6 m. XVIè, XIXè s. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût rond, écots. Croisillon, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre (décapitée). Croix, branches rondes, crucifix, écu. [YPC 1980]

2385. Lambader, dans la chapelle, k. Vers 1550, vestiges d’un calvaire dont certaines pièces sont placées à la croix de Spernen en Plougourvest (no 1977). Fuite en Egypte. Présentation au temple, Vierge de l’Annonciation, Vierge aux sept glaives, Nativité, saintes femmes, Crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Plougourvest  n°1977.

"1977. Spernen S, Croas-Lambader, g. k. 5,50 m. Vers 1550. Trois degrés. Socle, Vierge de Pitié, Jésus au milieu des docteurs. Fût à pans. Croisillon aux anges, statues géminées: Pierre-Vierge, Jean-Madeleine. Croix à branches rondes, anges en place des fleurons, titulus en lettres fleuries, crucifix, Christ aux liens. Les groupes conservés dans la chapelle voisine présentent la même facture que ceux-ci. [YPC 1980]"

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plougourvest.html

— CASTEL (Yves-Pascal), "Patrimoine du Finistère : les Pietà du Finistère" , site de la SAF, et Revue Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/204bbff59e0b1d6cf65264a34d22701f.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 25 mars 1995, A la découverte des croix monumentales, Plouvorn. Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3fb594a410e97c243be96830ef21eeda.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005,  “Minihi Levenez 092 : guide des sept grands calvaires bretons,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 mars 2021, https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9398.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, (René), LE BARS, Alfred), 1988, "Plouvorn",  Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/PLOUVORN.pdf

"Statues en kersanton, dont plusieurs proviennent d'un calvaire monumental détruit : groupe de la Présentation au Temple, Fuite en Egypte, XVIè siècle (C.), Adoration des mages, XVIè siècle (C.), Vierge de l'Annonciation, Notre Dame des Sept Douleurs, Vierge Mère assise sur un trône, les trois Marie au Calvaire, sainte Marguerite, saint Jean l'Ev., saint Divy (S:DIVI), saint évêque (S.GOUYNIE), saint Gouesnou (S.GOUESNOU), saint Patern (S.PATERNE), Ange de l'Annonciation (décapité), Christ de calvaire (mutilé)

— DANIEL (Tanguy), 1996, La chapelle de Lambader en Plouvorn,   Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires - Association bretonne et union régionaliste bretonne,  Congrès de Saint-Pol-de-Léon juin 1996 tome CV p. 50.

"On remarquera aussi et surtout les restes d'un ancien calvaire monumental, présenté en désordre en quatre endroits de la partie basse de la nef : une Présentation au Temple, une Annonciation et une Fuite en Égypte, une Nativité, un Christ (mutilé) et les Trois Marie. Il est possible que d' autres éléments de ce grand calvaire figurent sur la croix de Spernen ( dite aussi Croaz-Lambader ), à Plougourvest . Aucune date ne figure sur ces sculptures dont le style est celui du milieu du XVIe siècle . » .

https://books.google.fr/books/about/Comptes_rendus_proc%C3%A8s_verbaux_m%C3%A9moires.html?id=Ka0iAQAAIAAJ&redir_esc=y

 

DUCOURET (Jean-Pierre), 1971, Inventaire pour le Patrimoine dossier IA00005484

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-lambader-plouvorn/8e820a5c-91e6-410a-9857-c05679006ec6

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005484_01.pdf

— FRÉMINVILLE ((chevalier Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville) 1832, Antiquités de la Bretagne: Finistère, Volume 1, Lefournier et Deperiers, 1832 p. 69

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&dq=lambader&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

"Plusieurs statues ornaient jadis l'église de Lambader, elles ont été renversées et mutilées, leurs débris gisent sur le gazon dans le préau ou cour du monastère. J'en remarquai une qui me frappa par le fini et la précision de son travail, elle représente un chevalier armé de toutes pièces , tenant l'épée nue sur l'épaule ; la forme de son armure indique la fin du quatorzième siècle. On remarque au bas de la cuirasse l'assemblage de pièces de lames transversales qui recouvre le défaut des cuissards et que l'on nommait tasseltes ou braconnière. La tête de cette statue a malheureusement été brisée ( Pour préserver cette statue de mutilations plus considérables, M. le marquis du Dresnay en a fait récemment l'acquisition et l'a fait transporter à Saint-Pol de Léon , où elle est placée dans son jardin. ) : je présume qu'elle représentait quelqu'un des commandeurs de Malte titulaires de la commanderie de Lambader. Ce ne peut être un templier, car, lors de la destruction de l'ordre du temple, les .chevaliers portaient encore le haubert ou armure entièrement en mailles, celle que l'on voit ici est celle de plaque et de lames adoptée au quatorzième siècle."

 — GALLIC (Kristian), PLOUVORN INFORMATION mars 2017 n°3 

https://fr.calameo.com/read/0047577681bc06131f887

— LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

"On vénère à Lambader une belle statue en kersanton de Notre-Dame. Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit, provenant de l'ancien Calvaire. La maîtresse vitre contenait un brillant vitrail de 1543, qui a été brisé vers 1845 et remplacé, dans sa partie basse, par une maçonnerie, et dans sa partie haute, par un voile rouge. On en voit quelques débris à la chapelle de Keruzoret, ainsi qu'un saint Christophe et un saint Trémeur portant sa tête entre ses mains."

— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages. Non consulté.

"La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument."

 https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1911_num_27_2_4166

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

MIORCEC DE KERDANET (L.), 1837, Les vies des Saints de la Bretagne-Armorique De Albert LE GRAND ... Avec des notes et observations historiques et critiques par D. L. Miorcec de Kerdanet et revues par M. Graveran. Brest 1837 Page 502

https://books.google.fr/books?id=PIhhAAAAcAAJ&pg=PA502&dq=lanbader&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiF4dfrsr_vAhXH3oUKHbu0B1UQ6AEwA3oECAQQAg#v=onepage&q=lanbader&f=false

 

Texte principal : "Si vous entrez dans Ploumorn (Plouvorn), vous ne pouvez faire beaucoup de chemin , sans remarquer la belle Eglise priorale de N. D. de Lanbader tant pour l'excellence du bastiment, qu'à raison de la grande devotion du peuple qui y aborde de plusieurs endroits. Ceste chappelle est construicte non loin du bourc parrochial , sur la pente d'une colline , prés d'un agreable ruysseau qui fait moudre nombre de moulins, avant de se rendre à l'ocean. Ce lieu est fort consideré par les personnes devotieuses , &, estant limitrophe à plusieurs paroisses de cest Evesché, les pelerins y arrivent en affluence aux festes de la Vierge, & surtout le lundy de la Pentecoste."

Note de Kerdanet : "Cette église est construite dans le style de l'architecture gothique arabe : elle a huit arcades élégantes dans chacun de ses bas-cotés., son clocher est très beau, c'est une tour carrée, ornée d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de quatre clochetons. Cette flèche, toute en pierres de taille, est travaillée à jour, ainsi que les clochetons qui l'accompagnent, dont l'un a été renversé par l'ouragan du 2 février 1836. Le clocher est supporté par des piliers formant trois arcades. Dans le fond est la porte d'entrée de l'église, couronnée d'une statue de la Vierge en kersanton avec ces mots : NOTRE DAME DE LANBADER ». À ses cotés, sont deux encadrements, l'un représentant six moines à genoux, sur trois lignes, et l'autre six religieuses dans la même position. Le dernier encadrement offre le millésime de 1598, et la légende : INTERCEDE P. DEVOTO FEIÕ SEXU » On remarque, de plus, autour de l'église, diverses statues curieuses, telles que celle de saint Christophe, ainsi désignée SXDÕPLE 1600 », et la statue de N.D de Pitié dans l'attitude la plus recueillie et la plus expressive.

Le jubé en bois de Lanbader est aussi fort renommé ; c'est un réseau de sculpture, presque aussi remarquable dans son genre que celui du Folgoët dans le sien : il a 16 pieds ½ de long sur 3 pieds , 9 pouces de large ; ses éventails ont 8 pieds 3 pouces de développement, et sa porte 4 pieds ½ d'ouverture ; son escalier tournant compte 22 marches ; le tout orné de petites statues d'anges, parmi lesquels vient figurer, on ne sait pourquoi, un joueur de biniou (musette)

M. de Fréminville pense que Lanbader était une ancienne commanderie ; il n'en n'est cependant fait aucune mention dans celles du duc Conan IV, de 1160 ; mais on trouvait autrefois, autour de cette chapelle, les propugnacula, turricula et alias munitiones dont parle Pierre Mauclerc das sa charte aux chevaliers du Temple. V. D. Morice, Pr. t. 1er col.638 et 850. Le gouvernement de Lanbader possédait, en 1790, 900 livres de revenu. »

PENNEC (Cyrille) 1825, Le dévot pèlerinage de Notre-Dame du Folgoët Vatar-Jausions, 1825 - 122 pages

https://books.google.fr/books?pg=PA46&dq=lanbader&id=OQszcnHk2lEC&hl=fr&output=text

L'église de LANBADER, avec un très-beau clocher.

« On trouve en cet endroit plusieurs jolies statues en Kersanton, entre autres celle de S. Christophe, portant la date de 1600. Sur la porte étroite de la chapelle, on a figuré une petite assemblée de moines, et vis-à-vis des religieuses à genoux et les mains jointes, avec cette légende : Intercede pro devoto foemineo sexii ».

 

— PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

"Dans le fond de la chapelle on a recueilli une trentaine de statues en pierres de taille qui doivent être les débris d'un ancien calvaire. Plusieurs de ces statues ont beaucoup d'expression dans la physionomie ; malheureusement presque toutes ont été mutilées pendant la révolution. Elles ressemblent comme travail aux statues du calvaire de Guimiliau et doivent être de la même époque."


— WIKIPEDIA

 

Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Sculpture Kersanton Maître de Plougastel Prigent
13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 22:17

Le porche de Pencran : les statues (kersanton, notamment v.1553, Prigent) des contreforts.  Quelques autres statues de l'atelier Prigent.

 

 

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Sur Pencran :

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Sur les porches de Basse-Bretagne (ordre chronologique):

 

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Sur les statues de l'atelier Prigent ailleurs que sur les porches:

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

Sur Wiki : https://fr.qaz.wiki/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent.

 

RAPPEL (voir la présentation du porche ici).

Le porche sud de l'église de Pencran (ancienne trève de Ploudiry) est daté par inscription de 1553 (1552 à 1558 selon les lectures d'une inscription qui a été volée) et la quasi-totalité de ses sculptures en kersanton (pierre noire à grise très fine et très résistante à l'altération, extraite notamment en Rade de Brest) est attribuée à Bastien Prigent assisté de son frère Henry, actifs de 1527 à 1577. 

Les pièces les plus remarquables ont fait l'objet d'un article dédié  : les crossettes figurant un lion (à gauche) et un dragon (à droite) à la jonction du toit et des murs ; le pourtour de l'arc en plein-cintre avec ses trois moulures présentant des scènes bibliques et des anges ; le tympan conservant les reste d'une Adoration des Mages ; L'intérieur du porche avec les 12 apôtre d'un Credo, et un Christ Sauveur ; et cet article qui décrit les statues des contreforts.

L'ouverture du porche se fait en éventail dont chaque branche est équipé de bancs. Et c'est dans leur prolongement  que se trouvent les contrefort. Chacun est doté sus ses trois faces de niches à dais, mais sur ces six niches, seules quatre ont conservé leur statue.

Elles seront décrites de l'est vers l'ouest, et donc de l'extrême droite de l'entré du porche vers la gauche.

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Le porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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SAINTE ANNE ÉDUCATRICE. (Kersanton, Prigent v.1553).

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Niche extérieure du contrefort droit.

"Sainte Anne enseignant à la Vierge permet de comparer le style des deux sculpteurs [Bastien et Henry]. Ici, on retrouve les narines dilatées de la sainte Apolline de l'intérieur de l'église mais avec un visage plus plat. La tête a été recollée. Les chaussures sont plus carrées et les mains moins épaisses. Assise sur un petit tabouret, elle montre de l'index un livre ouvert à la Vierge, qui en saisit un angle. Elle est vêtue d'une robe recouverte d'un manteau ; le voile enserre comme un bandeau les mèches de cheveu." (E. Le Seac'h).

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Je retrouve une nouvelle fois le "bandeau occipital" si souvent remarquée dans la statuaire du Finistère, notamment de Marie ou de Marie-Madeleine, aux XVIe et XVIIe siècle, comme un trait auquel les trois ateliers de Landerneau restent attachés, mais qui diffuse en Basse-Bretagne .

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Sainte Anne éducatrice (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Le même atelier est aussi l'auteur (selon E. Le Seac'h) d'une Anne éducatrice pour le porche de Landivisiau (1555), mais les différences sont notables entre les deux œuvres.

https://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-de-l-eglise-de-landivisiau.html

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Sainte Anne éducatrice (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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 SAINTE SUZANNE. (Kersanton, Prigent v.1553).

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Dans la niche médiane du contrefort droit, une imposante sainte porte l'inscription latine S : SUSSANNA  : ORA , "Sainte Suzanne priez [pour nous]".

Elle tient en main droite un court phylactère sans inscription et en main gauche un livre ouvert.

Le voile de son manteau est "coqué" (à plis rigides) — une caractéristique des statues des Prigent — et  laisse échapper sa longue chevelure dont seules deux mèches ondulées descendent sur le coté. Une chemise fine dépasse aux poignets et au col sous forme d'un petit plissé. La ceinture retient —sans doute par une agrafe  ou "troussoire" — le pan du manteau sous le poignet droit.  

 "Elle est vêtue d'une longue robe qui laisse à découvert des chaussures massives à bout rond. Le livre est décoré de marguerites plates et les manches de la robe sont plissées. Une chaîne à grosses mailles est terminé par un pendentif en forme de quadrilobe. Le col de la robe est ouvert par le milieu. Le visage et les draperies plus souples sont particuliers à Bastien Prigent [plus habile que son frère Henry]. Les pommettes sont saillantes et l'arête du nez très forte se poursuit avec un philtrum large et une fossette mentonnière prononcée. Les yeux semblent presque clos."(E. Le Seac'h)

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Sainte Suzanne de Rome est une vierge et martyre romaine du IIIe siècle fêtée le 11 août. 

Sur une statue conservée dans l'église de Sainte-Suzanne en Mayenne, elle tient également un livre dans la main gauche.

Plus près de nous, la chapelle Sainte-Suzanne en Sérent sa statue du XVIe siècle tient un long phylactère à son nom. Elle est coiffée d'un bandeau occipital.

À Uzel (Saint-Thélo), la statue du XVIIIe la représente tenant la palme du martyre, couronnée et voilée.

La chapelle Sainte-Suzanne de Mûr-de-Bretagne possède une statue en bois de la fin du XVe siècle : elle y tient un livre en main gauche et la palme en main droite et, comme ailleurs, elle porte une cape à fermail.

 

Sa présence de sainte Suzanne à Pencran, à coté de sainte Anne et de saint Pierre, est à rapprocher du fait que le musée du Louvre conserve les statues (Jean Guilhomet, début XVIe) de ces trois saints personnages, conçues pour la chapelle du château de Chantelle, et honorant les trois saints patrons d'Anne de Beaujeu — fille de Louis XI et régente du royaume de France de 1483 à 1492 — de Pierre de Beaujeu son époux et de Suzanne, leur fille unique. Cette statue du Louvre montre la sainte royalement vêtue (turban, robe cintrée, chape à fermail, ceinture en chaîne, nombreux bijoux) et tenant des deux mains un livre.

Suzanne de Beaujeu (1491-Châtellerault 1521) fut duchesse de Bourbon et d'Auvergne et comtesse de la Marche de 1503 à 1521, après avoir épousé en 1505 Charles de Bourbon.

https://www.persee.fr/doc/piot_1148-6023_1899_num_6_1_1164

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Sainte Suzanne (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Suzanne (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Suzanne (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Suzanne (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Suzanne (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Suzanne (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Suzanne (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Sainte Suzanne (kersanton, Prigent, v.1553), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE À L'ENFANT. (Kersanton, XVe siècle).

Contrefort droit, niche interne.

 

Cette Vierge à l'Enfant est manifestement du XVe siècle (chaussures à bouts pointues, posture fortement hanchée et devait être fort belle avant qu'on ne brise la tête de la mère et du fils. 

On en voit encore les longs cheveux qui ruissellent sur le manteau et sur le corsage. Le bras droit est également brisé et ne nous permet pas de présager si Marie présentait, d'un geste ample, un objet à son enfant. Le manteau fait retour sous le flanc gauche, dissimulant une éventuelle ceinture. L'Enfant est vêtu d'une tunique mais ses pieds sont nus.

On sait que l'église de Pencran possède une cloche de 1365, attestant la présence d'un sanctuaire au XIVe siècle ; et que la Déploration du retable du chœur date de 1517 : il est donc normal que nous trouvions des œuvres antérieures à la date de fondation du porche sud en 1553.

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Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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L'ange et son inscription

"Une Vierge à l'Enfant du XVe siècle repose sur un ange-console, qui déploie de chaque coté de son buste aujourd'hui presque brisé des bribes de ce qui pourrait être le milieu et la fin d'une inscription assez longue : OSCH [?] ET TYL[?]AIR / ROF FABR.

Si l'on admet que ET et TY sont deux mots, — cela veut dire en breton "chez", ce serait là la seule partie intelligible avec, à la fin, FABR , abréviation du mot "fabrique"." (E. Le Seac'h)

Je ne peux améliorer la lecture faite par Le Seac'h de façon cohérente. Je ne suis pas convaincu du tout  que "et ty" soit du breton. 

À l'intérieur de l'église, se trouvent deux anges porteurs de phylactère assez semblables et servant également de consoles : sous la statue de saint Yves, l'ange porte l'inscription en caractères gothiques : PAX : VOBIS, alors que sous la statue de saint Antoine de Padoue, le phylactère est brisé. 

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Ange-console de l'église de Pencran (kersanton, XVIe siècle). Photographie lavieb-aile 2017.
Ange (kersanton), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

 

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Ange (kersanton), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

 

 

 

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L'entrée du porche de Lampaul-Guimiliau (auquel les Prigent ont participé) est encadrée par deux anges portant chacun une longue inscription, l'une en latin et l'autre en français, alors qu'un couple d'anges de la voûte tient une troisième inscription en latin.

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Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Console de la Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Console de la Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Le contrefort de gauche montre, sur sa face interne, une console dont la statue a été perdue. Cette console est également portée par un ange déployant un phylactère dont il manque la moitié, sans inscription lisible.

 

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Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, kersanton, XVe siècle, porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE DU CALVAIRE. (Kersanton, Prigent v.1553).

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Elle est déplacée d'un autre site où elle encadrait, avec saint Jean, un Crucifié. Son buste est d'ailleurs tourné vers la gauche par rapport à l'axe des pieds.

On reconnait les trois larmes qui font la particularité (mais non spécificité, puisque les ateliers suivant leur ont parfois emprunté) des frères Prigent, et qu'ils réservent à la Vierge, à saint Jean et Marie-Madeleine au pied de la Croix ou en Déploration.

Nous retrouvons aussi le voile "coqué", faisant un pli au dessus du front, avant de s'intégrer au manteau, qui est un autre trait de l'atelier.

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Vierge (kersanton, Prigent, v.1553), contrefort de gauche du porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge (kersanton, Prigent, v.1553), contrefort de gauche du porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge (kersanton, Prigent, v.1553), contrefort de gauche du porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge (kersanton, Prigent, v.1553), contrefort de gauche du porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge (kersanton, Prigent, v.1553), contrefort de gauche du porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge (kersanton, Prigent, v.1553), contrefort de gauche du porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE À L'ENFANT DU PORCHE. Kersanton.

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Elle n'est pas attribué aux Prigent. Sa tête très ronde est couronnée. Elle a perdu l'objet qu'elle tenait en main droite.

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Vierge à l'Enfant (kersanton), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton), porche sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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SAINT PIERRE. Kersanton, XVIe siècle.

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Remarquez le blason (muet) du culot.

Cette statue presque trop neuve n'est pas attribuée aux Prigent (ni à quiconque) par Le Seac'h. Ses yeux ourlés en amande, ses moustaches qui partent du coin des narines, sa barbe aux mèches terminées par des boucles, le boutonnage en S de sa robe rappellent les apôtres du porche sud, ou le saint Luc des moulures du porche.

 

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Saint Pierre (kersanton), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Saint Pierre (kersanton), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Saint Pierre (kersanton), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Saint Pierre (kersanton), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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QUELQUES DAIS (kersanton, atelier Prigent, v. 1553).

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Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Dais des niches des contreforts (kersanton, Preigent, v.1553), porche nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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STATUE DE SAINT SÉBASTIEN (vestiges). Kersanton, Prigent, XVIe siècle.

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Mur ouest du transept. 

Le saint est attaché par deux liens à un tronc d'arbre en forme de croix : le bras droit passe derrière une branche, le bras gauche est lié au dessus de sa tête. Le saint regarde vers le bas et la droite avec tristesse.

Il est vêtu d'un pagne. Son ventre, son thorax et son bras portent les trous des flèches.

On peut le comparer à son homologue de Ploudiry, attribué également à l'atelier Prigent : la posture des bras et la direction du regard sont simplement inversés.

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Saint Sébastien, (XVIe siècle, kersanton, Bastien Prigent) niche du contrefort droit du Piédroits du porche sud de l'église Saint-Pierre de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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On peut le comparer aussi au saint de l'arc de triomphe de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal, et à celui du calvaire du bourg de Saint-Ségal.

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Saint Sébastien, kersanton, XVIe (Prigent ?). Arc de triomphe de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile.

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Saint Sébastien, kersanton, XVIe (Prigent ?) Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

 

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Le porche de Pencran : les statues des contreforts.

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STATUE DE SAINTE APOLLINE (kersanton polychrome, Henry Prigent v.1553).

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Sainte Apolline, vierge martyre dont les bourreaux ont arraché les dents (d'où la pince serrant une molaire qui est son attribut) est très vénérée  dans les églises et sur les Livres d'Heures (Livre d'Etienne Chevalier, de Jean de Montauban, etc. ), et ses statues sont au nombre de 20 dans le diocèse de Quimper et Léon (Couffon).

Elle est la co-patronne de l'église de Pencran, comme l'indique l'inscription de fondation.

"La première œuvre signée du seul Henry Prigent est, en 1555, une statue de sainte Apolline à Pencran. C'est elle qui permet de distinguer  les styles des deux hommes et de constater qu'Henry est le moins habile. La sainte, debout, tient dans le creux de la main gauche un livre ouvert et la tenaille de son supplice de la main droite. Son visage ovale est légèrement creusé au niveau des tempes. Le nez  massif avec les narines creuses attirent l'œil. Les yeux tombent, le menton est prédominent. Le teint de la sainte est surchargé en peinture ocre rouge, ce qui lui donne des pommettes carmin respirant la santé et le grand air. En comparaison, le style de Bastien est plus fin : il donne des coques au voile des femmes qu'il sculpte, aiguise les arcades sourcilières. Les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides. De façon générale, la manière plus souple qu'il a de sculpter, qui produit un effet plus impressionniste, voire maniériste, contraste avec le hiératisme, la raideur des réalisations de Henry." (Le Seac'h p.139 )

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Sainte Apolline (kersanton polychrome, Prigent v.1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Apolline (kersanton polychrome, Prigent v.1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Apolline (kersanton polychrome, Prigent v.1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Apolline (kersanton polychrome, Prigent v.1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

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L'inscription.

Le socle a été barbouillé de peinture noire et surchargé d'une indication superflue  STE APOLLINE, qui dissimule la précieuse inscription gothique de quatre lignes (qui sera restituée, à coup sûr, par la restauration en cours). Je peux lire CEST YMAIGE FUT FAI...  LE MERCIER ET R.

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Lucien Lécureux écrivait en 1915 :

"Dans le bas-côté sud se trouve la statue de sainte Appolline dont nous avons déjà eu l'occasion de parler à cause de la date qu'elle porte. Cette statue est en pierre, de facture maladroite. Elle a été grossièrement repeinte. Sur le socle se lit l'inscription suivante en relief d'une écriture cursive assez gauche :

CEST YMAIGE FUT FAICTE
ET CESTE CHAPELE NICHE AN
P[AR] O. LE MERCIER ET R. SCAN
LAN 1555.

L'inscription est évidemment fautive. La première ligne contient déjà une de ces libertés syntaxiques fréquentes à cette époque dans les inscriptions françaises de Bretagne, où nous trouvons constamment le masculin pour le féminin. Déjà deux inscriptions de Pencran, celle de 1553 sur un cube de pierre et celle de 1517 au bas du groupe de la descente de croix, nous ont fourni des exemples de ce genre de faute : fut fondé ceste chapele — cest histoire fut complet.

La fin de la seconde ligne est incompréhensible. On lit très nettement : niche an. Peut-être le premier mot doit-il être interprété : niché. A cette époque on ne peut s'attendre à trouver un accent sur la finale. Quant à la syllabe an c'est une graphie très répandue en Bretagne à cette époque et encore au XVIIème siècle pour la préposition française : en. On lit sur le calvaire de Plougastel : A[N] LA[N] 1602, sur une sablière de La Roche : A[N] LA[N] M V LXVII.

Maintenant faut-il joindre an au mot l'an qui commence la quatrième ligne. Faut-il supposer une autre transposition et comprendre ainsi les deux premières lignes :

CESTE YMAIGE FUT FAICTE
ET EN CESTE CHAPELE NICHÉE

(niché au lieu de nichée étant un exemple de plus de manque d'accord) ?

En tout cas l'inscription est fautive, et d'ailleurs il ne faut pas trop s'étonner de trouver des fautes dans les inscriptions françaises de Basse-Bretagne, exécutées par des ouvriers bretonnants qui devaient souvent reproduire sans les comprendre des modèles déjà incorrects.

Quant aux deux noms qui occupent la troisième ligne, ce sont des noms de fabriques. Nous avons trouvé un autre O. le Mercier dans l'acte de 1619 relatif à la réparation des orgues. C'est un des deux notaires de Landerneau devant lesquels est passé l'acte. Il se peut que le fabrique 0. le Mercier habitât déjà Landerneau puisqu'en 1550 Hervé Kerahès avait sa demeure dans cette ville."

E. LE Seac'h a lu (et cela semble plus fidèle) : CEST. YMAIGE . FVT. FAICTE / ET . CESTE . CHAPELLE . PAR . HENRY . P. G. LE MERCIER . ET . R. SCAF. F. LAN 1555.

Ces informations capitales pour l'historien méritent d'être à nouveau disponibles à la lecture après suppression de la lamentable peinture noire .

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1. Une signature d'Henry Prigent, sculpteur.

 

E. Le Seac'h interprète astucieusement l'inscription "cette ymaige fut faicte et  ceste chapelle par Henry P.G." comme une signature du sculpteur :  "cette image fut faite en cette chapelle par Henry Prigent".

Ce nom est attesté à coté de celui de son frère Bastien sur le calvaire de Plougonven un an auparavant : "BASTIEN ET HENRY PRIGE[N]T ESTOIE[N]T YMAGEURS 1554. La première œuvre datée et signée, par Bastien seul, est le bénitier de la chapelle Saint-Guévoc de Trédrez en 1545 : [...] CO[MPOSEE. A. PAR . BASTIEN . P[RI]GE[N]T Ma; FAITE . MVC.XLV.". Mais un document des comptes de paroisse de Lanhouarneau concernant la croix de Croas-ar-C'hor 

 

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2. Recherches généalogiques.

1°) LE MERCIER.

Geneanet propose 10 indications pour ce patronyme à Landerneau. Dont un Olivier Le Mercier :

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"Olivier, anobli en 1515, père de Jean, et celui-ci de Sébastien, vivant en 1538, marié à Marie de Kerroudault." (Pol Potier de Courcy)

De plus, un acte notarié du 15 septembre 1531, relatif à l'église Saint Ivy, mentionne "Maître Jan le Mercier sieur de Beaurepos". (Archives Le Forestier de Quillien)

Mercier (le), sr de Beaurepos et de Keroman, par. de Guipavas. Confirmé par lettres de 1673 et maint. au conseil en 1717, sept gén. ; montres de 1534 a 1538, par. de Lambezellec, ev. de Leon. D’azur au chevron d’argent, accomp. en chef de deux quintefeuilles de même, et en pointe d’une cloche d’or, bataillée de sable.

Olivier, anobli en 1515, père de Jean, et celui-ci de Sébastien, vivant en 1538, marié à Marie de Kerroudault. Fondu dans Fontaine de Mervé." (généalogie Cedric L'haridon) (Pol de Courcy)

Cet Olivier serait le père de Jean, mais aussi de François, marié avant 1537 avec Thomine LE CAM et dont les trois enfants Marguerite (1537-)Jean (1542-) et Catherine (1545-) sont baptisés à l'église Saint-Thomas de Landerneau.

Par contre, la base Geneanet n'offre aucun individu à Guipavas ou à Ploudiry (ou à Pencran) pour ce nom de Mercier ou Le Mercier.

Un Maître Jean Le Mercier et Pierre Le Mercier participent à la montre de l'évêché du Léon en 1534 pour Lambézellec.

Un Jean Le Mercier est mentionné dans les archives de la juridiction de Corlay.

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2°) R. SCANF.

Je pense qu'il faut comprendre "SCANF" ou SCANV derrière les leçons "SCAN" et "SCAF" (ou un tilde n'a peut-être pas été relevé). Albert Deshayes consacre un item de son Dictionnaire (p. 160) à "Le Scanv" et ses nombreuses variantes Le Scan, Scaff, Scaf,  An Scanff, Le Scanf, Le Scanve, Lescan, Le Scao correspondant au qualificatif moyen-breton "legier, non pesant". . On les trouve à Quimper, Plouguin, Ploudalmézeau, Daoulas, Plourin-Morlaix, mais non à Ploudiry ou Landerneau.

La base Geneanet les trouve aussi à Saint-Pol-de-Léon (++), Lannilis et Plouvien, Plougasnou.

Le Nobiliaire de Pol de Courcy localise un Le Scanf, seigneur de Kervelguen en Goëllo.

 

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Socle de 1555, kersanton, église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

Socle de 1555, kersanton, église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA VIERGE DE PITIÉ  AUX TROIS LARMES : UNE OEUVRE DES PRIGENT ? Kersanton polychrome, XVIe siècle.

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Elle occupe un pilier sud de l'intérieur de l'église et fait l'objet de la restauration en cours.

Bien qu'elle n'est pas été placée par E. Le Seac'h dans son catalogue des œuvres attribuées aux frères Prigent, je peux suggérer cette attribution, puisque la Vierge montre sous chaque œil les trois larmes caractéristiques de cet atelier —mais qui seront reprises ponctuellement par le Maître de Plougastel (1570-1621) et par Roland Doré (1618-1663) —. Puisque l'atelier Prigent se signale à Pencran par de nombreuses sculptures, et que les deux autres ateliers sont plus tardifs, comme nous retrouvons les particularités stylistiques de l'atelier, comme le manteau qui forme un voile à plis rigides sur la tête, cela me semble (très) vraisemblable.

Ces larmes avaient été remarquées avant moi par Yves-Pascal Castel .

Voir la Vierge de Pitié de Tal-ar-Goas à Crozon : je fais la synthèse en fin d'article sur les Pietà des Prigent. Voir aussi la Vierge de Pitié du calvaire de Kerabri à Lothey, par les Prigent.

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La forme du groupe s'inscrit dans un triangle, et le manteau  de la Vierge englobe le corps de son Fils. Celui-ci, soutenu par la main droite de Marie sous la tête et sa main gauche sur le ventre, forme une diagonale orientée vers le haut et la gauche, mais il forme aussi une croix avec le bras droit (exposant la paume et sa plaie), et le bras gauche de la Vierge.

La Vierge de Pitié est assise, et ses jambes tournées vers sa droite et légèrement écartées soutiennent la tête et le flanc du Christ.

Les plaies des pieds, de la main droite et du flanc sont bien exposées, celles de la couronne d'épines seront à ré-examiner après restauration. Mais elles participent de la même dévotion aux Cinq Plaies, au Sang versé et aux souffrances endurées par le Rédempteur qui s'est développé en France (Bourgogne) et dans le Duché de Bretagne au XIV et XVe siècles, et qui ont suscité la floraison que l'on connait en Finistère des calvaires au XVIe siècle. Cette dévotion est indissociable de l'attachement aux larmes versées par les trois saints personnages au pied du calvaire (la Vierge, Saint Jean et Marie-Madeleine)et cette effusion des pleurs répondant par participation émotionnelle au versement du sang incite les fidèles à s'unir à ce geste de piété.

Voir Dévotion franciscaine aux Plaies du Christ à la cour ducale de Bretagne.

Cette dévotion n'est sans doute mieux attestée  qu'à Pencran, puisque ces larmes se retrouvent sur la Vierge du Calvaire (supra), sur cette Pietà, sur le visage de Marie-Madeleine au pied du calvaire (de 1521 ?), sur les trois personnages de ce calvaire autour de la croix, tandis que les visages attristés du retable de la Déploration de 1517 (sans larmes sculptées, mais avec mouchoir) relève de la même sensibilité.

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Vierge de Pitié, (kersanton polychrome, Prigent ?, XVIe siècle), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

Vierge de Pitié, (kersanton polychrome, Prigent ?, XVIe siècle), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2017.

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STATUE DE MARIE-MADELEINE ÉPLORÉE, (kersanton, Prigent v. 1553).

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C'est une Marie-Madeleine au pied du calvaire, figure habituelle de l'atelier Prigent, mais qui a été séparée du calvaire d'origine, que nous ignorons, pour être placée sur un socle sur la pelouse du nord de l'église.

Elle est agenouillée, et lève la tête et le regard vers le Christ crucifié tout en levant les deux mains écartées en signe d'émotion. Elle porte une riche et épaisse robe, aux manches, plissées qui s'évasent aux poignet, au corsage ajusté et non plissé tandis que la jupe laisse tomber des plis tubulaires sous la ceinture nouée par une rosette. 

Le manteau est tombé des épaules et forme, entre les reins et les jambes, une masse en éventail.

Le flacon d'aromates ou d'onguents est posé à sa droite.

Sa tête est partiellement voilée par le fameux bandeau occipital (cf. Sainte Anne supra), plissé en éventail sur l'occiput avant de rassembler les nattes et de se nouer derrière la nuque. Les deux nattes descendent devant les épaules.

Le bloc de pierre est brisé (on dirait même scié) sous la taille, et cette statue a peut-être été retrouvée dans des décombles.

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Cette Marie-Madeleine éplorée au pied de la croix se retrouve, avec toutes ses caractéristiques, sur le calvaire monumental de Pleyben, datant de 1555 (exactement comme la sainte Apolline de Pencran), mais aussi au calvaire du bourg de Saint-Ségal, et avec toutes ou partie de ces caractéristiques, au calvaire de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal, au calvaire de la chapelle du Ménez-Hom en Plomodiern, et enfin au calvaire de Lopérec (et encore sur un contrefort de la chapelle Saint-Tugen en Primelin). Voir ma présentation ici :

https://www.lavieb-aile.com/2019/07/saint-segal-le-calvaire-du-bourg.html

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Enfin nous ne pouvons ignorer que cette Marie-Madeleine éplorée au pied de la croix est présente au pied du calvaire nord de Pencran (1521 ?) et du calvaire sud (cimetière). Mais dans ces deux cas, les trois larmes de compassion sont absentes.

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Marie-Madeleine (kersanton), calvaire nord de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

 

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Marie-Madeleine (kersanton), calvaire sud de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

 

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Marie-Madeleine éplorée  (kersanton, Prigent v. 1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

Marie-Madeleine éplorée (kersanton, Prigent v. 1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

Marie-Madeleine éplorée  (kersanton, Prigent v. 1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

Marie-Madeleine éplorée (kersanton, Prigent v. 1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

Marie-Madeleine éplorée  (kersanton, Prigent v. 1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

Marie-Madeleine éplorée (kersanton, Prigent v. 1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

Marie-Madeleine éplorée  (kersanton, Prigent v. 1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

Marie-Madeleine éplorée (kersanton, Prigent v. 1553), église de Pencran. Photographie lavieb-aile 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie) 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère T. 42. page 189.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f241.item

 

— ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère page 95.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f126.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f155.item

 

— ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898 page 155. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f222.image

 

ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1902, Le livre d'or des églises de Bretagne, Oberthür.

— APEVE

 http://www.apeve.net/spip/spip.php?article8

CHAURIS (Louis )  2010, Le kersanton. Une pierre bretonne, Presses universitaires de Rennes,

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Pencran, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7f786fe0966306242750d6e111e8c78d.pdf

FAVÉ (abbé), 1899, Excursion..., Bulletin SAF

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1899_0452_0506.html

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207649z/f457.item

— LÉCUREUX (Lucien), 1915  Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 139 à 156

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1915_0199_0218.html

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— PÉRENNÈS (Henri), 1938 Notice de Pencran, BDHA 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf 

—DANIEL ( Tanguy ) 1987, La mort d' un mythe : un art breton sans artistes . Cahiers de Bretagne occidentale , n° 6 , 1987 , p . 75 - 84 ( Mélanges Yves Le Gallo ) 

http://www.gbv.de/dms/hebis-mainz/toc/013196308.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Prigent Chapelles bretonnes.
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 11:52

Le porche de Pencran : les moulures et leurs scènes bibliques (kersanton, traces de polychromie ocre,  atelier Prigent, v. 1553).

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Sur Pencran :

L'enclos paroissial de Pencran I. Les crossettes du porche (1553). par l'atelier Prigent. 

Le porche de Pencran : les apôtres du Credo apostolique.

Le retable de la "Descente de Croix" de l'église de Pencran (29). (1517)

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Sur les porches de Basse-Bretagne (ordre chronologique):

 

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Sur les statues de l'atelier Prigent :


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PRÉSENTATION.

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L'enclos paroissial de Pencran, il faut d'abord le situer sur une carte. Et constater que dans un rayon de 10 à 15 kms, se trouvent Landerneau —et ses églises Saint-Thomas et Saint-Houardon—, La Martyre et Ploudiry, La Roche-Maurice, Tréflénévez, Saint-Urbain, Dirinon ou Le Tréhou. Et  de l'autre coté de l'Élorn, Plouédern, Trémaouézan, Lanneuffret, Plounéventer, Saint-Servais, Saint-Divy et Saint-Thonan. Et enfin au sud l'abbaye de Daoulas. Autant d'enclos, autant de réalisations architecturales et ornementales témoignant de ce beau XVIe siècle qui fut l'âge d'or de la région, et fut assez prospère pour débuter au XVe siècle et se prolonger jusqu'au XVIIe.

La carte montre aussi  la vallée de l'Élorn, serpent bleu qui, depuis la Rade de Brest, remonte en croupes vaseuses jusqu'à Landerneau, premier pont entre rivière maritime navigable et rivière fluviale. Si nous en suivons le cours, nous trouvons très vite en amont Landivisiau, Lampaul-Guimiliau et Guimiliau, autres sites architecturaux majeurs. 

Or, en Rade de Brest se trouvent les sites d'extraction, en bord de rivage, d'une pierre exceptionnelle, la kersantite, tirant son nom de Kerzanton à Loperhet mais dont le plus beau faciès se trouve à Rosmorduc en Logonna-Daoulas. Repérer ces sites sur la carte permet de comprendre la floraison des richesses architecturales.

Malgré quelques utilisations antérieures, c'est le chantier ducal de la collégiale du Folgoët, à partir de 1423, qui suscita l'installation à Landerneau d'une succession d'ateliers de sculpture du kersanton. Successivement les deux ateliers du Folgoët (1423-1509), celui de Bastien et Henry Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), pour ne citer que les plus grands. Dans ces ateliers, comme ceux de peinture en Italie, les apprentis et compagnons des premiers devinrent les Maîtres qui, à leur tour, formèrent des successeurs. On  reconnait dans les édifices la "main" de chacun, mais on suit parfois aussi un thème commun, repris et transformé par les suivants.

Cette unité dans la diversité des édifices de la Vallée de l'Élorn était aussi une unité d'appartenance à la même communauté religieuse, puisque Pencran, La Martyre, Saint-Julien de Landerneau, Pont-Christ (aujourd'hui rattaché à La Roche-Maurice) Loc-Eguiner Tréflénévez et Le Tréhou étaient des trèves de Ploudiry.

Et bien sûr, l'unité dans l'émulation compétitive était aussi économique, puisque ce mouchoir de poche appartient à la riche zone toilière du Haut-Léon où les marchands de toile et parfois les tanneurs étaient membres des fabriques des paroisses, gérant les finances et décidant des travaux de leur église.

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Or, le décor des moulures du proche de Pencran, associant des scènes bibliques issues de la Genèse avec un concert spirituel d'anges,  se trouve d'abord sur le porche de La Martyre par le Premier atelier du Folgoët, vers 1450-1468, en kersanton altéré, puis à Pencran en 1553 par l'atelier Prigent dans un beau kersanton noir, et à Landivisiau vers 1554-1565 par le même atelier, puis à Guimiliau par le Maître de Plougastel vers 1617, et enfin à Ploudiry par Jean Le Bescont en 1665 . 

Si nous nous intéressons à ce qui reste de la Nativité du tympan du porche de Pencran, nous en retrouvons l'inspiration au Folgoët et à La Martyre (mais la Vierge y est couchée).

Si nous appliquons aussi cette démarche comparative aux apôtres de l'intérieur du porche, aux statues des contreforts, ou aux  calvaires de Pencran, les rapports et les comparaisons,  tous les édifices religieux qui s'avèrent reliés par cette communauté d'auteurs, de matériau et de  thèmes, et cet éclatement d'éclairage réciproque des œuvres qui en rend la découverte passionnante et inépuisable.

 

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Datation. 1552, 1553, voire 1557.

Le porche de Pencran peut être daté par une inscription qui figurait autrefois sur un bloc du contrefort gauche,  qui a été volé, mais que décorait un ange à genoux déroulant un phylactère avec ces mots : LE 15  JOVR DE MARS LAN 1553 FVT FONDE CETTE CHAPELLE AV NO[M] DE DIEV ET DE MADAME SAI[N]CTE   APPOLINE DE  PAR HERVÉ KERAHES ET GUILL[AVM]E BRAS, FABRIQVES DE LADITE CHAPEL. (H. Pérennès, Notice ..BDHA 1938, citant Abgrall, Livre d'or).

M. de Kerdanet a lu  (Le Grand, Vie des Saints, ed. 1837 p. 505) :  Le 15 jour de Mars l'an 1553 ffut fondé ceste chapelle au nõ de Dieu et de sa Mère et de Madame Saincte Apolline de par Hervé Kaoues et Guillette Bras fabriques de lad.te chapelle"

Pol de Courcy a lu, en résolvant sans doute les abréviations et quelques archaïsmes (Congrés archeol. Association Bretonne 1880) : LE 15  JOUR DE MARS LAN 1552 FUT FONDE CETTE CHAPELLE AU NOM DE DIEU ET DE MADAME SAINTE   APPOLINE DE  PAR HERVÉ KERAHES ET GUILLAUME BRAS, FABRICQUES DE LA DICTE CHAPELLE.

Abgrall a lu en 1898"Le 15 jour de Mars l'an 1553 fut fondé ceste chapelle au nom de Dieu et de sa Mère et de Madame Saincte Apolline de par Hervé Kerhanties et Guillmette Bras fabriques de la dite chapelle"

Abgrall, en 1916, indique : "Le 15 jour de Mars l'an 1553 fut fondé ceste chapelle au nom de Dieu et de sa Mère et de Madame Saincte Apolline de par Hervé Kerhahes et Guillaume Bras fabriques de la dite chapelle".

A de Lorme aurait lu en 1896 l'année  1552 (L'Art Breton P. 37)

Lucien Lécureux semble le plus attentif. Il écrit en 1915 :

 

"Notre-Dame de Pencran était avec Loc-Eguiner, La Martyre, La Roche-Maurice et Saint-Julien de Landerneau une des « trèves » ou succursales de Ploudiry. En 1619 seulement Pencran obtint des fonts baptismaux. Nous avons le procès-verbal de bénédiction des fonts le 18 mai 1619 par Christophe de Lesguen, archidiacre, vicaire-général de Léon et recteur de Ploudiry. C'est par la transcription de cet acte que débute le registre des baptêmes de 1619 à 1668 que possèdent les archives communales de Pencran.

L'église est probablement datée par une inscription gothique en relief sur un cube de pierre qui remplace une statue à gauche de l'entrée du porche sud. En voici la transcription tout à fait exacte :

« LE 45 JOUR DE MARS L'AN 1553 FUT FONDÉ (sic) CESTE CHAPELLE AU NO[M] DE DIEU ET DE SA MÈRE ET MADAME SAI[N]CTE APPOLINE DE PAR HERVÉ K[ER]AHÈS ET GUILL[AUM]E BRAS, FABRIQUES DE LAD. CHAPEL... » (Archives du Finistère, G, paroisses, Pencran. Il est probable que par chapelle on veut entendre l'édifice entier et non une portion de l'édifice).

Nous avons relevé dans un acte une mention de ces deux personnages remplissant déjà les mêmes fonctions trois ans plus tôt. Les archives du Finistère (Archives du Finistère, G, paroisses, Pencran), conservent en effet une donation reçue « le vignt (sic) septiesme jour de Juillet l'an mil cinq cent cinquante « par » Hervé Kerahès et Guillaume Bras, fabricques de l'église et chappelle Notre-Dame de Pencran ».

Le même carton renferme deux actes encore plus anciens relatifs à Pencran :

1° Un contrat du 6 février 1516 dans lequel figurent « Olivier Le Cann et Guillaume Diverrès... procureurs et syndicques de la chappelle Notre Dame de Pencran ».

2° Une fondation du 2 avril 1548 où il est question d'un lieu de sépulture situé « en lad. église, en l'arch (sic) d'entre le cueur et la chappelle monsr Sainct-Eutrope ».

Entre ces deux actes il faudrait placer dans l'ordre des dates une inscription de 1521 que nous avons pu déchiffrer au moyen d'un estampage sur la base de l'une des croix du calvaire. Cette inscription est très fruste. Nous en donnons pour la première fois une lecture complète :

AU MOYS DE MAY MIL V. VIGNT (sic)
UNG FURENT CESTES CROIX ET MASSO[N]
FOUNDÉES (sic) PAR JEHAN LE CAM,
YVVES LE JEUNE ET YVON CRAS, PROCUREURS
DE LA CHAPPELLE DE CÉANS. E. R."

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Les fabriciens ou fabriques.

J'ai peiné à trouver cet Hervé Kerahes, (on sait que c'est la forme bretonne de Carhaix, et c'est sur cette paroisse que le Nobiliaire signale ce patronyme). Mais Lucien Lécureux signale qu'en 1550 Hervé Kerahes demeurait Landerneau, ce qui me permet de trouver en ligne cet Hervé KERAHÈS, noble, écuyer, né vers 1509 à Landerneau Saint-Thomas, et marié vers 1518 (?)  à Jeannette COËFFEUR (née à Lesneven) (généalogie Jean-Hervé Méar). Ses armoiries sont reproduites. Les actes de baptême des quatre enfants (1535, 1537, 1549 et 1551) sont données.

André Croguennec signale le mariage d'une Jeanne (de) Kerahes avec Francis Huon de Kermadec. Divers descendants sont baptisés à Saint-Thomas de Landerneau. Cette alliance est notable puisque la famille Huon de Kermarec possèdait à Pencran le manoir de Kermadec depuis 1307. Leur arrière-petit-fils Alain est né à Pencran en 1629.

Ce mariage Kermadec/Kerahes eut lieu en 1560, une date très proche de notre inscription de 1553. Voir Geneanet.

Ce pas franchi, j'accède à ce document pdf qui indique que Jeanne de Kerahes était fille de Noël de Kerahes et d'Agathe Laurans. Voir aussi Tudchentil.org

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Geneanet ne signale aucun Guillaume Bras sur Ploudiry au XVIe siècle (mais un Jean Bras, père d'un Guillaume Bras, Honorable Homme 1654-1703, cultivateur à Creac'h-Madel).

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DESCRIPTION.

Encadrée par deux contreforts, l'entrée du porche adopte une forme en anse de panier (ou arc surbaissé) de petite dimension, ornée d'un rinceau de feuillages mais elle se trouve visuellement agrandie par un faux portail en plein cintre, ouvrant ses trois lignes de moulures qui s'élargissent en suivant, en bas, un banc destiné à accueillir les fidèles. Ces moulures se calent sur deux colonnes prismatiques torsadées soutenant des pilastres. Puis s'élancent les deux arcatures à choux fleuris et fleuronnés. Une Vierge à l'Enfant (hors atelier Prigent) trouve tout juste sa place dans l'aisselle de la première arcade.

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Vandalisme.

Comme à l'intérieur du porche, où les mains des apôtres et leurs attributs ont été martelés, les tableaux bibliques, les Evangélistes et l'Adoration des Mages du tympan ont subi les dégradations volontaires importantes, peut-être à la Révolution.

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Le porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Des trois moulures, celle du milieu est vide, sauf à sa base où elle participe aux premiers tableaux, la Tentation d'Adam et Ève à gauche, et l'Expulsion du Paradis puis le meurtre d'Abel et l'arche de Noé, à droite.

Ensuite, seules les moulures interne et externe sont sculptés, d'autres scènes bibliques, puis des quatre évangélistes, puis d'une succession d'anges composant un concert spirituel.

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I. LES SEPT SCÈNES BIBLIQUES.

1° Adam et Eve tentés par le serpent.

2° Adam et Eve chassés du Paradis terrestre.

3° Eve avec Caïn et Abel.  Adam laboureur, tenant une bêche.

4° Sacrifices de Caïn et d'Abel.

5° Meurtre d'Abel.

6° Arche de Noë.

7° Ivresse de Noë, malédiction de de Cham.

II. LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.

Luc et Jean à gauche

Marc et Matthieu à droite.

 

III. LES 21 ANGES MUSICIENS ET ORANTS.

Quatre anges thuriféraires (maniant l'encensoire)

Six anges musiciens.

Onze anges orants (priant dans diverses attitudes)

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Entrée (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Entrée (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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I. LES SCÈNES BIBLIQUES.

Tous ces tableaux appartiennent à la Genèse (Ancien Testament) alors qu'à Guimiliau des scènes du Nouveau Testament seront en outre représentées.

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1. La Tentation. Adam et Ève tentés par le serpent.

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À gauche, Ève (tête brisée), tournée vers le centre, cache son sexe par une feuille de vigne et lève la main gauche vers la pomme que lui tend le serpent, à tête féminine avec une longue chevelure.

Au centre, le serpent entortille sa queue avec le tronc de l'arbre de la Connaissance.

À droite, Adam (tête brisée) est également tourné vers le serpent, par le mouvement de ses jambes croisées. Par symétrie avec Ève, il cache son sexe par une feuille et lève la main droite à hauteur de l'épaule ... et de la pomme.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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2. L'Expulsion du Paradis terrestre : Adam et Ève chassés par l'ange.

À droite, l'Ange de Dieu (tête brisée) chasse le couple fautif du Paradis en les menaçant de son épée.

Adam et Ève, de l'autre coté de l'arbre de la Connaissance,  lui tourne le dos et s'en vont, une main dissimulant le sexe par une feuille de vigne.

 

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Un des dais.

Des dais finement sculptés surmontent les personnages bibliques. Certains sont gothiques avec pinacles et crochets et arcs trilobés, alors que d'autres introduisent des motifs de la Renaissance : galons festonnés, coquilles Saint-Jacques. Ici comme ailleurs (Landivisiau) ces dais de l'atelier Prigent sont occupés par de petits personnages. Ici, juché sur une colonne, l'un et  accroupi et nu, l'autre habillé d'une tunique  et méditant, la tête appuyée sur la main.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Un acrobate.

Au dessus du dais de l'ange, un petit personnage se trouve coincé à plat ventre sous le culot de la scène suivante, et tente de le soulever. Il est coiffé d'un bonnet et vêtu d'une tunique boutonné, et sa jambe est fléchie comme celle d'un acrobate.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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3. Adam et Ève expulsés. Ève avec Caïn et Abel. Adam laboure la terre avec une bêche.

 

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Ève berce un enfant, disons Caïn, emmailloté de langes, tandis que, d'un geste très bien observé, elle balance le berceau de son second, disons Abel. Cette scène de genre est délicieuse de tendresse.

Le dais qui la coiffe est voûtée en coquille (emblème de Vénus, puis de la Femme, adopté à la Renaissance par les peintres et sculpteurs italiens puis en France), et quatre autres coquillages sont ajoutés au dessus et au dessous d'un visage féminin, tandis que des rubans hachurés forment des volutes liées deux à deux.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Adam laboureur.

Adam, désormais barbu et âgé,  vêtu d'une longue tunique serrée par une ceinture, prend un peu de repos, les deux mains posées sur la poignée de sa bêche.

La tunique est fendue, devant la poitrine, comme sur la robe des apôtres du porche.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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4. Les sacrifices de Caïn et Abel.

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Voir Genèse chapitre 4.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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L'offrande de Caïn.

À gauche, Caïn, le laboureur, fait brûler ses plus beaux épis de blés en offrande à Dieu. Mais ce dernier ne l'accepte pas, et la fumée, loin de monter en fumet agréable à ses narines, est rabattue vers le sacrificateur, si bien qu'il se frotte les yeux.

Il est coiffé d'un bonnet à rabat, et vêtu d'une robe longue serrée par une ceinture et boutonnée.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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L'offrande d'Abel.

À droite, Abel, le premier berger, est agenouillé et fait rôtir ses agneaux (on en voit une petite tête). Cette offrande est agrée et la fumée monte bien droit vers les Cieux. 

C'est pas juste, non ?

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Il est tête nue, avec un visage plus jeune ou plus serein (on comprend) et porte une robe longue identique à celle de son frère. Ses mains sont brisées.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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5. Le meurtre d'Abel par Caïn. La malédiction de Caïn.

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Trop c'est trop. Au centre, Abel est allongé, encore appuyé sur le coude gauche et tout chancelant  d'avoir reçu un méchant coup de bêche qui lui a fendu le crâne .

À gauche, Caïn (tête partiellement brisée), la bêche encore en main, écoute la sentence de Dieu (tête complètement brisée) qui n'est pas content content  et est arrivé sur son petit nuage : "Où est ton frère Abel?"

Caïn pose une main sur sa poitrine, lève insolemment la tête vers l'Eternel et répond : "Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère?"

À Guimiliau, les personnages sont intacts, et on entend mieux que Dieu est en colère :

 

"Qu'as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi.  Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.  Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre." (Gn 4:10-12)

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Depuis la scène précédente, les deux frères avaient pris le temps de se changer pour aller aux champs, d'enfiler une tunique plus courte ceinturée à la taille et des houseaux qui plissent en accordéon pour protéger leur jambe. Caïn avait gardé son bonnet bien chaud ; mais c'est Abel qui aurait dû mettre un casque !

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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5bis. Deux dragons ailés liés par le cou.

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Ces deux dragons ailés reliés par une erse entourant leur cou, mais aussi par le nœud que forment leurs queues, appartiennent au bestiaire de Bastien et Henry Prigent, et leurs œuvres abondent de ces figures qui, ici, se partagent une sorte de parchemin. Aucun rapport avec le thème biblique, mais nos sculpteurs se sont fait plaisir.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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6. Le Déluge : l'Arche de Noé.

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Sous un nouvel exemple du dais à coquilles Saint-Jacques, l'Arche du père Noé est une nef à clins dont le mât porte un nid de pie, comme les navires marchands qui parviennent à Landerneau ou à Roscoff. Le patriarche apparaît, barbu et entouré de son épouse (cheveux longs) et de ses trois fils imberbes. Derrière les mains courantes, nous voyons des couples d'ovins et de bovins.

Je crois discerner aussi la colombe.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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7. L'Ivresse de Noé et la malédiction de Cham.

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Le thème est célèbre. Noé, à peine débarqué, s'est planté une petite vigne, et voilà maintenant le mois des vendanges. Noé déjà se forge une félicité qui le fait pleurer de tendresse. Il court au vignoble et cueille les grappes dorées,  les grappes bleuâtres à la bruine vénérable, et les grappes argentées, il retrousse le pan de son manteau en une corbeille d'automne. Puis il se régale, s'enivre, et s'endort, sans se soucier qu'il a omis ce matin, dans sa précipitation, d'enfiler ses braies. Sous sa tente, le voilà qui ronfle, les génitoires à l'air.

Ses ronflements attirent ses trois fils Sem, Cham et Japhet.

"Cham, père de Canan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père ; comme leur visage était détourné, ils ne virent pas la nudité de leur père."

Une fois désaoulé, Noé maudit Canaan, fils de Cham et le voue à devenir, avec sa descendance, esclave de Sem et Japhet.

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Ici, celui qui est à genoux à coté de Noé ne peut être que Cham, tandis que l'un des deux frères (tête brisée) se tient debout derrière lui et tente de rabattre le pan du manteau.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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II. LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.

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Selon une tradition bien implantée en peinture et sculpture (et qu'on retrouvera sur les calvaires du Maître de Plougastel et du Maître de Guimiliau), les évangélistes sont représentés assis, tenant un phylactère et accompagnés de l'animal du tétramorphe qui leur est associé. Ce dernier tient le plumier et l'encrier qui leur permet de rédiger leur évangile.

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Du coté gauche : saint Luc et saint Jean.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Saint Luc et son taureau ailé.

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Pour E. Le Seac'h, il s'agit de Marc ; et l'animal ailé qui tient dans sa gueule le plumier et l'encrier est alors un lion. Il est vrai qu'il a une sorte de crinière, mais il a aussi des cornes. Pour moi, c'est donc un bœuf, et il s'agit de saint Luc (patron des peintres, voire des artistes.

Ses cheveux méchés, les rides de son front, ses paupières ourlées, sa barbe peignée en lignes sinueuses, sa moustache en V inversée démarrant sur le coté des narines, son manteau (dont il retient le pan par la main gauche), sa robe fermée sous le menton par un bouton, le rapproche du saint Joseph de la Nativité de l'église de Commana (atelier Prigent), du saint Antoine  de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain (atelier Prigent) , du saint Jacques de l'église d'Irvillac (atelier Prigent), et à mon sens des apôtres du porche de Daoulas et des apôtres du porche de Pencran.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean et son aigle.

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Je suggère  de comparer ce saint Jean à celui de l'intérieur du porche de Pencran, parmi les apôtres.

Le plumier et l'encrier sont noués à la patte de l'aigle.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Saint Marc et son lion.

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Cet animal ressemble plus à un lion qu'à un bœuf, non ? Il en a la crinière, mais aussi la queue qui fait retour entre les pattes sur l'abdomen.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Matthieu et l'ange.

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Piédroits (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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III. LES 21 ANGES MUSICIENS ET ORANTS.

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Liste en partant de la gauche.

Ange thuriféraire/ Ange thuriféraire

Ange orant à genoux mains jointes / Ange jouant de la viole

Ange orant à genoux paumes vers nous/ Ange jouant de la trompe

Ange orant debout mains croisées / Ange jouant de la flûte traversière

Sommet D  Ange orant debout paumes vers nous/ Ange agenouillé paumes vers l'avant.

Sommet G Ange agenouillé, aux index joints / Ange  agenouillé mains jointes

Ange orant mains croisées / Ange jouant du tambour

Ange orant /

Ange orant paumes vers nous /Ange jouant de la trompette coudée.

Ange orant mains jointes / Ange jouant de la flûte.

Ange thuriféraire /Ange thuriféraire.

 

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Tous ces anges ont des caractères communs, qui les distinguent nettement de ceux (il est vrai inimitables par leurs chevelures) de l'atelier du Folgoët, tels qu'on les voit, entre autre, au porche de La Martyre et au porche sud de la cathédrale de Quimper. Leurs ailes sont lisses, et non pennées, mais comme renforcées, au sommet, par une raquette aux formes gracieuses. Leur robe (aube, tunique) est plissée, vient bouffer au dessus d'un cordon qu'on ne voit pas, descend et recouvre les pieds, qui restent eux aussi invisibles. Le fameux amict en oméga, marque de fabrique du Folgoët, a disparu, et le col rond dessine juste un bourrelet au ras du cou. Les manches sont retroussées en revers sur le poignet.

Les visages juvéniles ont les traits de l'atelier Prigent et l'étage inférieur de la face s'affine vers un petit  menton arrondi.  Les sourcils forment de larges auvents, les yeux sont ourlés, le nez droit, la bouche petite sous un philtrum absent ou très discret. Les cheveux  mi-longs (ils n'atteignent pas les épaules) sont méchés et bouclés, avec quelques ébauches de macarons, et se divisent sagement au dessus du front par une raie médiane.

On les comparera aux anges du porche de Landivisiau (Prigent 1560Guipavas (Prigent 1563), de Daoulas (?, 1560)

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LES 4 ANGES THURIFÈRAIRES.

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Ils forment des couples symétriques, l'un des deux anges ayant la main contre la poitrine, et l'autre présentant la paume ouverte. Aucun ne porte la navette, (aucun n'est naviculaire), aucun ne soulève le couvercle ou ne retient les chainettes, et l'encensoir ( au couvercle gothique) forme une diagonale entre la main droite et le pied gauche.

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1. Ange thuriféraire de gauche moulure externe.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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2. Ange thuriféraire de gauche moulure interne.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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3. Ange thuriféraire de droite moulure interne.

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La main droite et les chainettes sont brisées.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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4. Ange thuriféraire de droite moulure externe.

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Les chaînettes sont brisées.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LES 6 ANGES MUSICIENS.

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Les mêmes instruments se retrouvent sur le porche de Landivisiau.

1. Le joueur de vièle. Moulure interne gauche.

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Deux cordes (deux chevilles), corps apparemment monoxyle et proche du rebec dont il n'a pas la forme piriforme. Les ouïes dessinent deux demi-cercles. L'archet, faiblement arqué, est tenu entre pouce et index mais l'extrémité passe entre le 4ème et le 5ème doigt.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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2. Le joueur de trompe. Moulure interne gauche.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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3. Le joueur de flûte traversière. Moulure interne gauche.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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4. Le joueur de tambour. Moulure interne droite.

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Il est suspendu sur la hanche gauche par un baudrier et est tourné vers la droite, où il est joué par deux baguettes. La cordelette tendue sur la peau (timbre) et le laçage de réglage de la tension de cette peau sont bien visibles.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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5. Le joueur de trompette coudée. Moulure interne droite.

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E. Le Seac'h parle de "sacqueboute" qu'elle définit comme une "sorte de trombone à coulisse", ce qui me semble un contresens (saquer et bouter signifie tirer et pousser). On ne voit pas de coulisse. Le tuyau est coudé en épingle à cheveux et s'achève par un petit pavillon.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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6. Le joueur de flûte à bec. Moulure interne droite.

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Extrémité de la flûte brisée.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LES  9 ANGES ORANTS.

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Ange orant à genoux mains jointes 

Ange orant à genoux paumes vers nous

Ange orant debout mains croisées 

Ange orant debout paumes vers nous

Milieu

Ange agenouillé, aux index joints 

Ange orant debout mains croisées 

Ange orant  agenouillé mains 2 positions

Ange orant  agenouillé paumes vers nous 

Ange orant debout mains jointes .

 

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Le premier ange de la moulure externe, coté gauche, au sommet de l'arcature.

Debout, genoux légèrement fléchis, l'une des mains paume vers la poitrine, l'autre paume vers nous.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Le premier ange de la moulure externe, coté droit, au sommet de l'arcature.

Il est singulier car il croise les deux index. Ce n'est pas le geste de l'argumentation oratoire. J'ignore la signification de ce geste.

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Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Voussures (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LES FRISES.

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"Le porche est constitué d'un arc d'entrée en anse de panier orné de feuilles de vigne et de grappes de raisins. De petits personnages , mangeurs de raisin, joueurs de cor, ou de petits animaux— trois chiens, un oiseau — sont finement sculptés dans ce foisonnement. Un lion dans le bas à gauche de la voussure extérieure de l'arc donne naissance à ce cordon végétal et se termine par un dragon de l'autre coté et au sommet par une tête humaine portant chapeau et croquant les grains de raisins. Dans la voussure intérieure, le cochon remplace le dragon." (E. Le Seac'h)

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Il y a deux frises : celle qui court en suivant le tracé de la porte en anse de panier ; et celle qui suit l'entablement du tympan.

Quelques photos seulement.

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Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de  polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton,Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton,Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton,Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Frise (kersanton,Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN ET SA NATIVITÉ.

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Cette Nativité est attribué à l'atelier Prigent (Le Seac'h p. 148)

IL s'agit vraisemblablement des restes d'une Adoration des Mages, comme à la collégiale du Folgoët (1423-1433), à La Martyre, Rumengol (v.1468)  Guipavas (où il ne reste que le bœuf et l'âne et l'Enfant) et à Daoulas

 

  Le plus petit dénominateur commun de ces Nativités (et le plus résistant aux marteaux des vandales) est bien le groupe de l'âne et du bœuf, représentés frontalement, comme s'ils transperçaient la muraille. 

À Pencran, nous avons à droite la Vierge (tête brisée), et à gauche saint Joseph (tête brisée) tenant son bâton, tous les deux agenouillés devant la crèche en osier où l'Enfant est allongé nu.

Conformément au sens du mot "crèche" : "mangeoire à l'usage des bestiaux, installé le long du mur de l'étable", l'âne et le bœuf apparaissent dans les fenêtres respectives de leurs stalles, liés ensemble par un licol, et découvrant, sur la botte de paille de leur déjeuner, le nouveau-né.

La Vierge et Joseph sont placés sur un culot ouvragé de l'entablement, qui s'élargit à leur emplacement, tout comme il le fait sous la crèche, avec une belle ornementation de choux frisés. Mais on voit, du coté gauche, deux autres culots qui laissent imaginer l'emplacement des rois mages.

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Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Nativité (kersanton, Prigent, v. 1553) du tympan du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie) 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère T. 42. page 189.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f241.item

 

ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère page 95.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f126.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f155.item

 

ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898 page 155. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f222.image

 

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1902, Le livre d'or des églises de Bretagne, Oberthür.

APEVE http://www.apeve.net/spip/spip.php?article8

CHAURIS (Louis )  2010, Le kersanton. Une pierre bretonne, Presses universitaires de Rennes,

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Pencran, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7f786fe0966306242750d6e111e8c78d.pdf

— FAVÉ (abbé), 1899, Excursion..., Bulletin SAF

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1899_0452_0506.html

LÉCUREUX (Lucien), 1915  Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 139 à 156

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f191.item

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1915_0199_0218.html

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

PÉRENNÈS (Henri), 1938 Notice de Pencran, BDHA 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

—Entretien avec Dany Sanquer autour du kersanton, carrière du Rhunvras à l'Hôpital-Camfrout.

http://www.hear.fr/sites/didactique_visuelle/documentaire-en-ligne/2017/alice-mettais-cartier-autour-du-kersanton/.

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes. Kersanton Prigent
4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 11:08

Le calvaire (kersantite, XVIe siècle vers 1550, atelier Prigent, et anonyme, 1910)  de la chapelle de Lambader en Plouvorn.

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— Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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PRÉSENTATION.

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Nous disposons de deux descriptions analytiques (en dehors des brèves mentions) du calvaire qui se dresse aujourd'hui sur le placître de Lambader, celle d'Yves-Pascal Castel en 1980, et celle d'Emmanuelle Le Seac'h en 2014.

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Yves-Pascal Castel décrit en 1980 un monument en granite et kersantite de 6 mètres de haut, datant du XVIe siècle et XIXe siècle, débutant par un soubassement à trois degrés et un socle cubique, sur lequel se dresse un fût rond à écots. Puis vient la partie en kersanton (de teinte plus sombre) avec un croisillon portant deux statues géminées, celles de la Vierge couplée à Marie-Madeleine, et celle de Jean couplée à saint Pierre, dont la tête est manquante. Puis  au centre un écu et la croix à branches rondes et le crucifix. La description est complétée par un schéma.

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Yves-Pascal Castel, 1980, croquis du calvaire de Lambader.

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Yves-Pascal Castel, dans un article de 1995, complète ces informations. Les vestiges de croix, en kersantite, réunis au fond de la chapelle, coté nord sont à mettre vraisemblablement en relation avec les statues géminées  de la Vierge et de la Madeleine, de Jean et de Pierre replacées sur le calvaire de l'enclos à l'époque moderne par une famille qui l'a timbré du blason aux trois tours de Crec'hquerault (?)". Ces vestiges sont 1. un nœud creusé d'une large cavité pour l'assemblage à un fût, 2. un autre nœud creusé d'une large cavité pour recevoir la croix ; (l'un des deux est orné d'anges et assorti d'une console pour porter une statue), 3. un écusson aux cinq plaies, 4. un Christ mutilé.

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En 2014, Emmanuelle Le Seac'h attribue une partie de ce calvaire à l'atelier des frères Prigent, de Landerneau, atelier actif de 1527 à 1577. "À Plouvorn, le calvaire de Lambader porte une statue géminée de la Vierge avec Madeleine qui est de l'atelier ainsi que l'ange au blason chargé de trois tours, armes des Audren de Kerdrel, sur le milieu du croisillon. Au revers se trouve l'emblème des Cinq-Plaies;" (p. 169 et page 331) Précision page 137 : "À Plouvorn, à la chapelle de Lambader, l'écu est chargé des trois tours des Kerdrel de Kéruzoret, dont le blason est de gueules à trois tours couvertes d'or, maçonnées de sable (Potier de Courcy, Nobiliaire)"

E. Le Seac'h signale aussi page 337 que deux statues  en kersantite, des niches occidentales de la chapelle Saint-Trémeur du Manoir de Keruzoret, en Plouvorn sont à attribuées au Maître de Plougastel, plus tardif (1570-1621).

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Enfin, nous disposons d'un document datant de 1845.  C'est une peinture d'Auguste Mayer pour les Voyages Pittoresques de Nodier et Taylor. Le soubassement, le croisillon et sa croix semblent identiques, mais il faut remarquer au moins quatre différences : le fût, polygonal et non écoté ,  la présence d'une Vierge à l'Enfant du coté oriental : la présence d'une autre statue au pied du fût, coté oriental. l'existence d'anges sous les  trois consoles (celles des 2  croisillons et celle de la Vierge à l'Enfant). Nous ne voyons pas d'anges portant un écu, et la moulure perlée du croisillon ne semble pas être interrompue par un nœud.

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Croix de Lambader, peinte par Mayer, lithographie Sabathier et Mathieu, dans Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Bretagne par MM. Ch. Nodier, J. Taylor et Alph. de Cailleux 1845-1846

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Enfin, Kristian Gallic   indique dans le bulletin Plouvorn Infos que le calvaire  a été remonté sur le placître de la chapelle pour le 15 août 1910. Et que le crucifix date du XXe siècle.

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DISCUSSION.

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Il est à mon sens  assez facile de confirmer l'attribution des personnages à Bastien Prigent (ou à son frère), grâce à deux traits stylistiques propres à cet atelier : les trois larmes en triangles sous chacun des yeux de la Vierge, ainsi que son voile "coqué" (c'est à dire d'allure rigide) et plié au dessus et sur les cotés du visage par un pli caractéristique, comme s'il était empesé. Les articles de mon blog en donnent maints exemples. Si les trois larmes se trouvent également chez le Maître de Plougastel et chez Roland Doré,  le voile coqué et plié ajoute un critère supplémentaire.

Ces larmes se retrouvent souvent sur le visage de Jean, mais ici, la tête a été brisée et remplacée par une autre, de belle facture certes mais étrangère à l'atelier (même si je n'ai pas la caution d'E. Le Seac'h, qui est muette sur ce point).

Un autre détail stylistique est le bandeau occipital de Marie-Madeleine, qui couvre l'occiput et fait retour derrière la nuque. Là encore, je l'ai décrit très souvent, et  sil n'est pas spécifique des Prigent, il l'est de la statuaire bretonne du XVIe siècle.

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Par contre, je rejoins Y.-P. Castel pour ne pas attribuer aux Prigent le nœud portant le blason aux trois tours, et de l'autre coté les cinq plaies. La première raison est qu'il est d'une facture récente, absolument pas altérée par le temps. Une deuxième raison est que le motif aux cinq plaies, qui est lui, très altéré, est conservé dans la chapelle : nous avons donc sur le calvaire une copie.

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Discussion héraldique.

Le blason aux trois tours correspond aux armes de la famille Audren de Kerdrel. Mais cette famille est possessionnée au XVIe siècle sur la paroisse de Lannilis, et ne s'est installée, au château de Keruzoret en Plouvorn, que vers 1830. Ce château, construit vers 1550, avait appartenu aux Le Borgne de Kervennec, puis aux Le Borgne de Keruzoret (d'azur à 3 huchets  [ou gresliers] d'or, liés et virolés de même).  Jean-François Le Borgne, comte de Keruzoret, enseigne de vaisseau, 1701-1792, est mort à Jersey (en émigration) le 5 mars 1792, et son fils Alexandre  y est décédé en septembre 1791.  De retour en Bretagne, Jean-François Le Borgne de Keruzoret, autre fils de Jean-François, épousa Marie Le Borgne de la Tour . Leur fils ainé fut tué en duel sous la Restauration. Leur fille Sidonie, née à Keruzoret en 1811 va s'allier aux de Kerdrel :

— Jean Casimir Audren de Kerdrel (Lesneven 1781-1813) x1805 Zoë Calloët de Lanidy , d'où

— Casimir Audren de Kerdrel 1807-1862 x  Sidonie Le Borgne de Keruzoret 1811- d'où

— Amaury  Audren de Kerdrel, (conseiller général du Finistère, maire de Plouvorn de 1880 à 1921)  1837-1921. Il fit restaurer le manoir de Keruzoret en 1865.  Il épousa le 16 juin 1862   Allyre Cécile Renée  De Pluvié,  1841-1921 d'où

— Amaury  Casimir Audren de KerdrelL, Vicomte 1866-

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Sachant que la chapelle, fondée par Marc de Troérin (Une fasce ondée accompagnée de six besants) en 1481, a été rebâtie en 1877 notamment avec l'aide d'Amaury Audren de Kerdrel, qui fit  réaliser un bénitier en kersanton portant les armes des Le Borgne de Keruzoret, on conclut que les armoiries du calvaire datent de la restauration du calvaire en 1910 et sont celles de la famille de Kerdrel. C'est ce que confirme H. Pérennès : "Dans l'enclos de Lambader on voyait, aux premières années du XXème siècle, les restes d'une croix bosselée, avec deux anges tenant des écussons frustes. Cette croix a été restaurée en 1910. Elle porte les statues du Christ, de la Vierge, de saint Jean, d'une sainte femme et de saint Pierre. Aux pieds du Christ un ange présente un écusson chargé de trois tours, blason des Audren de Kerdrel."

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AU TOTAL

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Ce calvaire est composite et associe deux statues géminées en kersanton de l'atelier des Prigent (vers 1550), à un Christ,  à un nœud de croisillon dont les armes aux trois tours (Audren de Kermel) et à un nœud au  motif aux Cinq Plaies en kersanton, qui sont datables de 1910. Un document de 1845 permet de connaître à peu près la disposition ancienne incluant des anges, une Vierge à l'Enfant et un autre personnage. 

Les vestiges sculptés dans le kersanton et conservés dans la chapelle sont peut-être  en partie issus du calvaire du XVIe siècle, mais cette hypothèse devrait être étayée par des mensurations et rapprochements plus précis, et par une étude stylistique. Néanmoins, la présence du fragment de nœud aux Cinq Plaies semble cohérente.

Les larmes de la Vierge au pied de la Croix, et la composition aux Cinq Plaies (celles des mains et des pieds du Crucifié et plaie du cœur valant pour celle du flanc droit) témoignent d'un culte très ardent en Bretagne dès le XVe siècle pour la contemplation participative des souffrances du Rédempteur sur la Croix, culte d'origine ducale expliquant la fondation de très nombreux calvaires aux XVIe et XVIIe siècles.

Dévotion franciscaine aux Plaies du Christ à la cour ducale de Bretagne au XVe siècle : l'exemple d'Isabelle Stuart méditant devant la Pietà, étudié par les enluminures.

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On retrouve ces larmes sur une statue en kersanton conservée dans l'église, celle de Notre-Dame des Douleurs et ses sept poignards.

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LE COTÉ OCCIDENTAL.

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Le calvaire n'est pas à son emplacement initial, mais il est correctement orienté, avec le Crucifix tourné vers le soleil couchant.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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La Vierge au pied de la Croix, statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ).

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Saint Jean l'évangéliste, statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ).

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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L'ange portant le blason aux armes d'Audren de Kerdrel, sur le nœud du croisillon (anonyme, kersantite, 1910).

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Nœud ouest (kersanton,  anonyme vers 1910)  du calvaire de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Nœud ouest (kersanton, anonyme vers 1910) du calvaire de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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LE COTÉ ORIENTAL. MARIE-MADELEINE, SAINT PIERRE ET LES CINQ-PLAIES.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Marie-Madeleine portant son flacon d'aromates, statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ).

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ) de la Vierge et de sainte Marie-Madeleine.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Statue  (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ) de saint Pierre .

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ) de saint Pierre et de saint Jean.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Les Cinq Plaies, kersantite, nœud sculpté du croisillon (XXe siècle)

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Les Cinq Plaies, kersantite, nœud sculpté conservé dans la chapelle.

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Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile  2020.

Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2020.

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Fragment d'un Christ en croix en kersantite, conservé dans la chapelle.

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Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile  2020.

Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2020.

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Vierge des Sept Douleurs, kersantite, chapelle de Lambader.

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Vierge des sept douleurs, kersantite, chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile  2020.

Vierge des sept douleurs, kersantite, chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2020.

Le calvaire de Lambader en Plouvorn.

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Armoiries des Le Borgne de Keruzoret, bénitier du bas-coté sud, XIX ou XXe siècle, kersantite.

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Bénitier du bas-coté sud, XIX ou XXe siècle, kersantite, chapelle de Lambader

Bénitier du bas-coté sud, XIX ou XXe siècle, kersantite, chapelle de Lambader

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ANNEXE.

I. CATALOGUE DE L'ATELIER PRIGENT.

Extrait de Emmanuelle Le Seac'h, 2014, "Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les Ateliers du XVe au XVIIe Siècle".  Presses Universitaires de Rennes.  PAGE 166

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent

 

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"Outre les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), on conserve de l'atelier des Prigent 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier.

Les 13  croix et calvaires complets:

Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré.

-Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

-Le Tréhou, croix de l'ouest du bourg -

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572, signée des Prigent

-Le Crucifié avec une pietà :

-Lanhouarneau, croix de Kerlaouérat, attribué à Henri Prigent.

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages C, V, J. . Le Christ crucifié est entouré de la Vierge et Jean sur le croisillon.

-Calvaire du sud du bourg de Saint-Servais.

2°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages (statues géminées du croisillon) ou 6 personnages (toutes les statues sont géminées, y compris celles du centre ).

-Saint Derrien, 1557 ?, C, V, J, saint Georges et pietà.

-Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, saint Hervé au revers du Crucifié, le guide et le loup géminé avec la Vierge. Saint Houarneau sous le Crucifié

-Pleyben, chapelle Saint-Laurent, 6 personnages : Crucifié/Christ ressuscité, Vierge / Laurent, Jean/évêque. On reconnaît ici le style de Bastien Prigent.

-Bourg-Blanc, calvaire du cimetière, Crucifié/Christ aux liens, et croisillon à 3 personnages Vierge, Jean et Marie-Madeleine géminées aux trois acteurs de saint Yves entre le Riche et le Pauvre.

-Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous., attribué à Henri Prigent.

3°) Calvaire à deux croisillons.

-Loc-Brévalaire, église : Jean/Yves et Madeleine / Brévalaire, Christ aux liens/ pietà, selon le style délié de Bastien Prigent.

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Les 17 vestiges de croix et calvaires :

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-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : le Crucifié et l'ange orant, attribués à Henry Prigent  Dans la chapelle elle-même, d'autres statues de Prigent, qui faisaient partie du calvaire, sont représentées dos à dos : celles de Saint Paul Aurélien et d'un saint non identifié, ainsi que de saint Nicolas une pietà et un "Christ ressuscité" .

-Dinéault, Calvaire de l'église Sainte Marie Madeleine. les Prigent ont travaillé sur le piédestal supportant le calvaire, Bastien Prigent a sculpté Marie-Madeleine, la tête levée vers Jésus sur la croix et Jean-l'Évangéliste debout, la tête baissée et le front plissé, tandis que François d'Assise est représenté et, à l’avant du piédestal, un bas-relief représentant un moine tenant un tissu sur lequel est gravé un visage sacré. Ces œuvres datent de 1550. Les statues sur la traverse ne sont pas de l'atelier des Prigent, mais datent de 1696 et représentent  des statues géminées de la Vierge jumelées à Saint Sébastien, un évêque soutenu par un pietà, Marie-Madeleine agenouillée soulevant le couvercle de son pot à onguents et Jean l'évangéliste s'associe à Saint Pierre, tandis que la sculpture de Jésus crucifié renversé avec un "Christ aux liens" est attribuée à l'atelier de Roland Doré. Ce calvaire a une hauteur de 6,00 mètres. D'autres sculptures de Prigent peuvent être vues dans l'église Sainte Marie Madeleine elle-même

 

-Guiclan, calvaires de la Croix-Neuve et de Kersaingilly. Il y a deux calvaires dans la région de Guiclan. Parmi les sculptures impliquées dans le calvaire de la Croix-Neuve, seules la statue de Sainte Véronique et la Vierge à l'Enfant sont de l'atelier Prigent. Le calvaire est simple et contient des statues de Sainte Véronique et de la Vierge Marie avec un enfant placé de chaque côté de la représentation du Christ crucifié. Le calvaire de Kersaingilly présente des représentations de Saint Yves, le Christ crucifié inversé avec la Vierge Marie avec son enfant et Saint Gilles. L'atelier des Prigent ne travaillait que sur la statue de Saint Yves. Bastien Prigent est attribué au travail. Saint Yves est représenté dans la robe d'un avocat. Cette statue venait de La Roche-Maurice et a été ajoutée au calvaire lors de sa restauration en 1889 par Yan Larhantec.

-Guissény,  calvaire du cimetière de l'église. Il porte l'inscription "J. Habasc gouver (neur) 1555" et les statues sont attribuées à Henry Prigent. Le calvaire était à l'origine situé en la chapelle Saint-Yves à Kervézennec, mais après la mission de 1920, il a été érigé à Guissény par le restaurateur Donnart. Le calvaire a une représentation de la Vierge Marie adossée à une représentation de saint Yves, du Christ crucifié inversé avec un "Christ lié" et de Jean l'évangéliste soutenu d'une représentation d'un évêque. La tête de Jean l'évangéliste a disparu et la tête de l'évêque n'est pas la tête d'origine.

-Kerlouan : Croix Saint-Sauveur : Trinité de Bastien Prigent.

-La Forest-Landerneau : cimetière haut : statues géminées Jean/autre saint et Vierge/Madeleine et Pietà : présence des 3 larmes.

-La Forest-Landerneau : cimetière bas : Marie-Madeleine agenouillée au pied de la Croix.

-Landerneau : Le calvaire de la Croix-de-la-Vierge. Il y a une pietà de Henry Prigent mélangée à d'autres statues qui datent de 1681.

-Lanneufret : Calvaire de l'église. Des statues géminées de l'atelier Prigent (la Vierge, associée à un "Christ liė", une pietà et à Jean l'évangéliste, associé à un moine), sont associées à une crucifixion du XXe siècle. 

-Le Folgoët Calvaire de l'église Notre Dame. La pietà de l'atelier Prigent sur la face ouest du calvaire est associée à une représentation du cardinal de Coëtivy par le maître du Folgoët et à une crucifixion attribuée à la Maître de Plougastel.

-Le Folgoët, musée  : vestige d'un Crucifié par Bastien Prigent.

-Plonevez-Porzay : Calvaire de l'église. Le Crucifié et un ange portant un titulus sont attribués à l'atelier de Prigent. 

-Ploudaniel, calvaire de l'église : Dans la chapelle Saint-Éloi se trouvent les restes de deux calvaires. Il y a une statue géminée de Jean/un autre saint et un "Christ aux outrages". 

-Ploudaniel : calvaire de la chapelle Saint-Pétronille. Sont attribuées à l'atelier de Prigent  les statues de Saint-Pétronille et de Jean l'évangéliste de Bastien Prigent et près du corps de la croix, une Marie-Madeleine attribuée à l'atelier.

-Quimper, jardin du cloître de l'église Notre-Dame de Locmaria de Quimper, restes d'un calvaire . À l'atelier Prigent est attribué à une statue géminée de la Vierge/Saint-Pierre.

-Plouider, calvaire à Brondusval : Il ne reste plus grand chose du calvaire mais les statues de saint Yves, de saint Fiacre et d'un saint non identifié sont attribuées à l'atelier de Prigent. 

-Plouhinec, calvaire de la "Maison du sculpteur Quillivic" Il s’agit d’un calvaire contemporain où l’image du Christ crucifié est remplacée par la partie supérieure du cadre d’une fenêtre gothique. Le calvaire a des statues géminée de la Vierge /saint Yves et de Jean

-Plouvorn, calvaire de la chapelle de Lambader : des statues de la Vierge Marie et de Marie Madeleine sont de l'atelier des Prigent qui ont également sculpté le blason d'Audren de Kerdrel et l'emblème des "Cinq-Plaies" .

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A cette liste, on peut ajouter les calvaires de Fayet, un compagnon des Prigent au style « si proche de celui des sculptures des Prigent qu'il est parfois difficile de le différencier », s'il n'avait signé de son nom le calvaire de Lopérec avec la date de 1552.

Il rentrerait dans la liste des calvaires à deux croisillons avec la Vierge/Pierre et Jean/Marie-Madeleine en bas, les deux cavaliers de la Passion sur le 2ème croisillon et le Crucifié au dessus, avec le Christ aux liens au revers et deux anges au calice sous le Crucifié. Marie-Madeleine est au pied de la croix.

E. Le Seac'h lui attribue aussi :

Le haut du calvaire du cimetière du calvaire de Laz : le Crucifié, les anges au calice, et l'Ecce Homo au revers.

Le Christ mutilé de Coat-Nant en Irvillac.

Le vestige du Crucifié du jardin du Doyenné au Folgoët.

Le vestige du Crucifié du pignon de l'école Notre-Dame du Tromeur de Landerneau

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II. STYLISTIQUE « REALISTE » DE L'ATELIER PRIGENT.

Henri (frère ou fils de Bastien) est le moins habile. Bastien, par sa manières plus souple, qui produit un effet expressionniste, voire maniériste, contraste avec le hiératisme , la raideur des réalisations d' Henri.

a) Le Crucifié :

Les yeux en amande à l'arcade sourcilière cassée

Les mèches de cheveux quine sont pas collés au cou, laissant un vide = un espace ajouré entre les mèches de cheveu et le visage.

La couronne tressée 

Les yeux clos

Les grandes narines
La bouche charnue aux lèvres entrouvertes.

Une barbe étagée ou bifide

un torse étiré, aux côtes horizontales déployées en éventail ; le nombril en forme de bouton

Un pagne volant, noué sur le coté par une brande boucle

b) La Vierge

Elle porte une guimpe montant jusqu'au menton et un voile coqué.

Trois ou cinq larmes coulent sur la joue , en forme de patte d'oiseau avec une larme plus grande au milieu

Vierge de pietà : agenouillée, se tenant bien droite, le visage impassible, elle tient son Fils dans ses bras, le corps de celui-ci renversé en diagonale, en appui sur le genou de sa mère.

c) Marie-Madeleine agenouillée (Pleyben et Plougonven, Bastien Prigent) : tête inclinée en arrière, elle porte une robe aux plis lourds et harmonieux. Son voile a glissé sur son dos.

d) Par ailleurs

Visages rectangulaires ou ovales. Arcades sourcilières « aiguisées ». Les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides.

"Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, leurs Vierges de Pitié , de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés. L'appartenance au même atelier se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus."

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Fayet se distingue par :

un style sévère avec des Crucifiés raides

l'association de la statuaire gothique et d'un décor renaissance, avec les fleurons godronnés entourés d'un galon décoratif, des consoles moulurées et des feuilles d'acanthe sur le culots.

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SOURCES ET LIENS.

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—CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère Plouvorn n°2386.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

2386. Lambader, placître, g. k. 6 m. XVIè, XIXè s. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût rond, écots. Croisillon, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre (décapitée). Croix, branches rondes, crucifix, écu. [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, A la découverte des croix monumentales, Plouvorn.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3fb594a410e97c243be96830ef21eeda.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— COUFFON, René), LE BARS, Alfred), . Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des