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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:17

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Au-dessus de la porte intérieure du porche d' entrée, est suspendu un retable en haut-relief en bois polychrome du XVIe siècle représentant, pour l'Inventaire, la Mise au tombeau, et  pour moi, plutôt la Déploration (ou Lamentation sur le Christ mort). Il mesure 1,50 m de large et 0,80 m de haut et est  classé MH depuis le 03/10/1994.

Je n'ai trouvé aucune description de cette œuvre, hormis, chez Couffon, la mention "Parmi les autres objets mobiliers, mentionnons une Descente de croix du milieu du XVIe siècle de facture populaire".

Il mérite néanmoins d'être l'objet de notre curiosité et de notre admiration.

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RAPPEL.

La Déploration est un épisode de la Passion du Christ qui a lieu à la fin de la Passion. Il se passe après la Descente de Croix et avant sa Mise au tombeau. La Déploration met en scène (d'après Luc, XXIII, 491, ou Jean, XIX, 382) le Christ, la Vierge Mère du Christ, les trois Saintes Maries —  Marie (mère de Jacques), Marie-Madeleine et Marie-Salomé —  l'apôtre Jean et souvent d'autres personnages qui avaient été auparavant présents au pied de la Croix, comme Joseph d'Arimathie à la tête du Christ  et Nicodème à ses pieds. 

 "Il y avait un conseiller, nommé Joseph, homme bon et juste, qui n'avait point participé à la décision et aux actes des autres; il était d'Arimathée, ville des Juifs, et il attendait le royaume de Dieu. Cet homme se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Il le descendit de la croix, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis. C'était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph, virent le sépulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé, et, s'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. Puis elles se reposèrent le jour du sabbat, selon la loi." Luc 27:50-56

Parmi les Déplorations célèbres, citons le tableau de Petrus Christus (Metropolitan Museum), vers 1450, celui de Dirck Bouts au Louvre vers 1455 , celui de Dürer à Nuremberg (vers 1498),  et en sculpture le groupe en ronde bosse de Niccolo dell'Arca à Bologne (1463-1490).

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Situation, bas-coté sud, derrière le porche.

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Retable de la Déploration, bois polychrome, XVIe siècle. Église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Retable de la Déploration, bois polychrome, XVIe siècle. Église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Vue générale. Retable à neuf personnages.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Identification des personnages.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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La moitié basse.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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La moitié haute.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Je vais le décrire en partant de Joseph d'Arimathie en bas à gauche et en tournant dans le sens horaire jusqu'à Nicodème, en bas à droite.

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Joseph d'Arimathie soutenant la tête du Christ.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Saint Jean.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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La Vierge.

Mains jointes, enveloppée dans un manteau bleu clair, et  la tête recouverte d'un voile qui couvre aussi la gorge . Trois larmes en relief s'écoulent de ses yeux. Derrière et au dessus d'elle, la Croix et la Couronne d'épines rappellent les vers  Stabat Mater dolorosa Juxta crucem lacrimosa.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Un roi, levant le bras gauche.

Il pourrait  s'agir de Pilate, donnant son accord à l'enlèvement du corps du Christ par Joseph d'Arimathie. À quel autre roi pourrions-nous penser ? À Hérode ? À David ?

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Les deux Saintes Femmes.

Marie Jacobé mère de Jacques le Juste,  et Marie-Salomé femme de Zébédée et mère de Jean et de Jacques  appartiennent, avec Marie-Madeleine, au groupe des saintes femmes myrrhophores , "qui portent la myrrhe" (du grec muron, "parfum liquide").

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La première porte, précisément, dans la main droite le flacon d'aromates nécessaires à l'embaumement, tout en essuyant ses larmes. Elle est très richement vêtue, avec une chemise fine ourlée d'or, un surcot fermé bleu ciel, une chaîne à maillons rectangulaire (un bijou très onéreux et très prisé à la Cour ducale au  XVI siècle), des manches rapportées et un manteau mauve. Les sourcils et le front sont épilés.

Elle est coiffée d'un  bourrelet   de pierres précieuses et de fines nattes tressées, attachés derrière la nuque par un voile. Celui-ci laisse passer deux nattes (nous n'en voyons qu'une, mais sa voisine nous donnera une vue plus complète)

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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La deuxième Marie.

Sa coiffe, une sorte de diadème, est aussi fixée par un voile derrière la nuque, qui contourne deux nattes en coques et en libère deux autres.

Un surcot ouvert laisse échapper des manches plissées, et deux autres étages de manches. Elle porte aussi le collier en chaînons.

 

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Sainte Marie-Madeleine portant le flacon d'aromates.

Un voile plissé blanc passant derrière la nuque rassemble les cheveux avant de les guider en deux nattes devant la poitrine. Tapez "chouchou"sur l'onglet "rechercher" et je vous proposerai une multitude d'autres exemples iconographiques, très majoritairement réservé à la Vierge ou à Marie-Madeleine. Elle tient le flacon d'aromate, qui est, chez elle, son attribut principal, rappelant son attrait pour les parfums. Elle est la plus proche du Christ, dont elle soutient la main gauche.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Nicodème aux pieds du Christ.

Il est coiffé du bonnet conique associé à un turban, afin que l'artiste fasse comprendre à son public que Nicodème est un dignitaire Juif. Il tient les pieds du Christ, c'est sa place attitrée.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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SOURCES ET LIENS.

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Base Mérimée.

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Bodilis&NUMBER=24&GRP=0&REQ=%28%28Bodilis%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

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Published by jean-yves cordier

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