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8 janvier 2026 4 08 /01 /janvier /2026 17:00

Ensemble de 16 baies (vers 1479, restaurées) de la collégiale Saint-Étienne d'Eymoutiers. I. Les baies 0 à 11.

Voir sur cette collégiale :

Voir :

PRÉSENTATION.

Cet article s'appuie sur la description princeps de Gatouillat 2011.

Construite au XIéme siècle dans le style roman, l’église collégiale Saint-Etienne d’Eymoutiers a été fortement endommagée, en particulier pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), guerre qui fut particulièrement acharnée dans le Limousin situé alors à la limite des possessions françaises et anglaises.

Le chœur roman, totalement détruit, sera remplacé par un magnifique chœur gothique tardif, commencé en 1451.

Un ensemble de 14 verrières anciennes de l'abside, des deux absidioles et de leurs collatéraux, auquel s'ajoute l'oculus du bras nord du transept, constituent selon Gatouillat "la plus importante série de vitraux du Limousin", ensemble où dominent de remarquables camaïeux de grisaille et de jaune d'argent plus ou moins ponctués de taches de couleur. Le programme formel réunit dans les lancettes de saints personnages en pieds, la Vierge et l’Enfant, Joseph, Jean l’Evangéliste et Jean le Baptiste, Anne, Laurent, Madeleine, Michel, Antoine, Catherine, Jacques, Pierre, Thomas, Paul, Etienne Christophe, Philippe, Barthélemy, Sébastien, etc. Mais les saints locaux comme Léonard, Valérie et Psalmet ne sont pas absents. Ils sont parfois accompagnés de donateurs, alors que les tympans accueillent des scènes de l'Histoire du Salut, de plus petite échelle. Le chantier débuta en 1451, bénéficia des largesses de Louis XI (donc après 1461) puis du dauphin et futur Charles VIII (dont on trouve les armoiries sur les vitraux), mais aussi de Jacques d'Armagnac, comte de la Marche vers 1475. Selon un document, trois des fenêtres du chœur était vitrées en 1479, et l'ensemble du chantier était achevées en 1485. 

Les verrières des deux bas-côtés (sauf une) présentent des similitudes dans l’emploi de la peinture en grisaille et du jaune d’argent. De même, les trois verrières centrales du chœur 0, 1 et 2 montrent une grande analogie dans la composition de l’image et se distinguent par l’abondance et l’intensité des couleurs vives ; elles seraient les plus récentes (vers 1480).

Les chanoines d'Eymoutiers bénéficièrent aussi de l'aide de l'évêque de Limoges (de 1457 à 1484) Jean I Barthon de Montbas dont le portrait figure en baie 1, mais aussi des dons privés de couples (armoiries des Romanet en baie 14), ou de confréries.

Le ou les  verriers anonymes figuraient certainement parmi les meilleurs de l'époque, du moins pour le chœur, comme en témoigne le raffinement des damas, ou la grande variété des teintes des verres.

Les vitraux furent restaurés par Lucien-Léopold Lobin vers 1872 (baie 13),  puisb par l'atelier Champigneulle de Bar-le-Duc vers 1883-1884, puis par Francis Chigot, de Limoges en 1916-1931. 

Endommagé par un dynamitage dans le voisinage en 1944, les vitraux furent remis en état en 1947-1949 par l'atelier Chigot de Limoges, puis à nouveau restauré lors d'une campagne échelonnée entre 1980 et 1990 par l'Atelier du vitrail de Limoges (ancien atelier Chigot). L’ensemble des verrières a été classé monument historique en 1907.

En 2004, des panneaux furent déposés et confiés au LRMH devant l'acceptation de la corrosion (voir le dossier technique), ils sont remplacés par des caches noirs.

Les vitraux pourtant anciens et classés n'ont pas bénéficié d'un double vitrage, et ne sont "protégés" que par un grillage dont l'ombre défigure en partie leur examen, et les images.

 

Numérotation In Gatouillat 2011

 

LA BAIE 0 OU BAIE AXIALE DE L'ABSIDE.

Cette baie de 10, 60 m de haut et 1,60 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 3 registres présentant 6 saints en pieds, et un tympan à  un trilobe et 2 quadrilobes au dessus d'un large écoinçon.

Les six figures de saint sont placées dans des niches architecturales devant des tentures damassées, galonnées et frangées. La verrière a été complétée par Champigneulle en 1883 (notamment pour les dais, qui ont été refaits), restaurée par Chigot en 1932 puis par l'Atelier du Vitrail de Limoges en 1985.

 

 

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre supérieur des lancettes : Saint Joseph (moderne) et la Vierge à l'Enfant (v.1479).

Saint Joseph tient une fleur de lys.

La Vierge à l'Enfant

Devant une tenture damassée verte au motif de rinceau de feuilles et de petits fruits ronds, la Vierge en robe bleue sous un manteau blanc damassé  et galonné de pierreries, porte l'Enfant nu qui tient une rose.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre médian des lancettes : saint Pierre et saint Étienne.

Saint Pierre, en manteau rouge damassé et tunique blanche, portant le livre et une clef, cotoie saint Étienne, tenant la palme du martyre et un livre où est posé une pierre, allusion à sa lapidation. Seule la tête de ce dernier est d'origine.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre inférieur : saint Jean et saint André.

Saint Jean l'évangéliste porte une bleue sous un manteau jaune, il bénit la coupe empoisonnée d'où s'échappe le démon sous forme d'un petit dragon.

Saint André tient sa croix en X, il est vêtu d'un manteau pourpre et d'une tunique blanche.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

 

Le tympan : le Jugement dernier.

Dans le trilobe supérieur, le Christde la Parousie trône sur l'arc-en-ciel, portant le manteau de pourpre et montrant ses plaies. En dessous, la Vierge (moderne) et saint Jean.

Dans le quadrilobes inférieurs, la résurrection des morts : un roi et un empereur sortent de leur tombe, sous la'ppel de la trompe d'un ange placé dans l'écoinçon central.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

LA BAIE 1 OU BAIE GAUCHE DE L'ABSIDE.

Comme la précédente, cette baie de 10, 60 m de haut et 1,60 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 3 registres présentant 6 saints en pieds, et un tympan à  un trilobe et 2 quadrilobes au dessus d'un large écoinçon.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Registre supérieur : Jean Barthon de Montbas en donateur devant saint Jean-Baptiste.

Sous des dais architecturaux ouvrant sur des arcs en accolade, très remaniés, les personnages sont présentés devant des tentures damassées, galonnées et frangées. 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

1°) L'évêque de Limoges Jean Barthon de Montbas

La tenture damassée verte a le même motif de damas qu'ailleurs, un entrelacs de tiges à feuilles larges et de fruits ronds groupés par trois.

L'évêque de Limoges Jean I Barthon de Montbas est agenouillé devant son prie-dieu au livre ouvert, tenant la crosse épiscopale, portant la mitre à fanons, une chape damassée rouge bordée de pierreries, et ganté de chitothèques à bagues et plaques d'orfèvrerie. La tête et la mitre sont modernes.

Contre le prie-dieu, ses armoiries d'azur au cerf d'or à la reposée, au chef échiqueté d'or et de gueules,  sommées de la mitre et traversées par la crosse en pal.

Ce panneau, comme le suivant, devait se trouver au regitre inférieur.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

2°)Saint  Jean-Baptiste.

Il est vêtu de la peau de chameau recouverte d'un manteau bleu damassé et il désigne de l'index l'Agneau de Dieu reposant sur le livre.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Registre médian : saint Paul et saint Philippe.

Saint Paul tient l'épée de sa décollation. Il est vêtu d'un manteau bleu clair damassé et d'une tunique juane d'or également damassée. 

Saint Philippe tient son attribut, la croix à longue hampe. Il porte un manteau vert dont un pan voile sa tête, et une robe pourpre.

 

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Registre inférieur : saint Jacques le Majeur et sainte Marie-Madeleine.

Saint Jacques, curieusement de dos,  est coiffé du chapeau à larges bords à coquille, et vêtu d' un manteau rouge. Il tient son bourdon sous l'aiselle.

Marie-Madeleine tient le flacon d'onguent, elle porte sous un manteau damassé bleu  une robe rouge.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le tympan.

Dans le trilobe central est peint en jaune d'argent sur fond rouge l'Arbre de la Connaissance autour duquel s'entoure le serpent à tête anthropomorphe cornue. Sur un fond de murailles crénelées, Adam, et Ève tenant la pomme, occupent les quadrilobes latéraux, masquant leur nudité d'une feuille.

Une rose boutonnée d'or est peinte dans l'écoinçon central tandis que les écoinçons latéraux montrent le soleil et la lune.

 

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

LA BAIE 2 OU BAIE DROITE DE L'ABSIDE.

Cette baie de 10, 60 m de haut et 1,60 m de large comporte également 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 3 registres présentant 6 saints en pieds, et un tympan à  un trilobe et 2 quadrilobes au dessus d'un large écoinçon. Les lancettes montrent six apôtres, Jacques le Mineur, Simon, Thomas, Barthélémy, Jude Thaddée et Matthieu, dans des niches à voutains  colorés, creusés d'une fenêtre, ouvrant par des arcs en accolade, devant des tentures damassées, galonnées et frangées, le sol en mosaïque de carrés ou de triangle indiquant la perspective. Chaque apôtre, pieds nus, tient le livre et son attribut distinctif.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Registre supérieur : les apôtres Jacques le Mineur et Simon.

Saint Jacques le Mineur se reconnaît à son bâton de foulon, il porte une tunique verte sous un manteau rouge. Saint Simon, aux habits de couleurs inversées, tient une scie.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Registre médian : les apôtres Thomas et Barthélémy.

Saint Thomas porte une lance, saint Barthélémy un couteau à dépecer.

 

Registre inférieur : saint Jude et saint Matthieu.

De profil, un saint apôtre (probablement Jude Thaddée) tient une sorte de piquet. Il porte un manteau-voile damassé rouge et une robe verte.

Saint Matthieu (tête moderne) tient une hache . Il est vêtu d'un manteau pourpre clair et d'une robe bleue.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le tympan.

On y voit trois anges musiciens peints au jaune d'argent sur grisaille. L'un joue une sorte de trompe ou de flûte, l'autre du luth, le troisième de la harpe. On retrouve la rose sur l'écoinçon central.

 

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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LA BAIE 3 AU NORD DE L'ABSIDE.

Cette baie de  9 m de haut et 1,30 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 4 registres , et un tympan à  3 ajours et 6 écoinçons.

Les lancettes présentent 6 saints personnages, et un couple de donateurs.

Les personnages en pieds sont placés dans des niches à voutains  colorés, creusés d'une fenêtre, ouvrant par des arcs en accolade, devant des tentures damassées, galonnées et frangées, sous des dais architecturés hérissés de fleurons,  le sol en mosaïque de carrés ou de triangle indiquant la perspective.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Registre supérieur : un saint archevêque, et saint Léonard de Noblat.

Le saint archevêque , bénissant d'une main portant un gant à gland de passementerie, porte une chasuble rouge à croix chargée de pierreries, sur une tunique bleue galonnée d'or et une tunique longue blanche d'où dépasse une pantoufle à extrémité pointue. Tenture verte damassée du motif à rinceaux habituel ici.

Saint Léonard de Noblat , saint du Limousin du Ve siècle, est le patron des prisonniers dont il est réputé obtenir la libération. C'est ce qui explique qu'on le voit ici tenant des fers.

Il porte une dalmatique bleue semée de fleurs de lys d'or (rappelant les armoiries de la ville de Saint-Léonard-de-Noblat) sur une tunique blanche. Il est tonsurée.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Registre médian : saint Louis et saint Jean-Baptiste.

Saint Louis est revêtu d'un manteau bleu fleurdelysé à collet d'hermines.

Jean-Baptiste porte l'habituelle peau de chameau sous un manteau rouge et désigne de l'index l'Agneau de Dieu portant l'étendard à croix blanche.

 

 

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Troisième registre  : sainte Marguerite et sainte Catherine d'Alexandrie.

Sainte Marguerite est identifiée par son dragon (en gris à ses pieds) et son crucifix, ici à longue hampe, elle porte une robe bleue et un manteau rouge.

La tenture damassée verte porte un motif à feuilles crénelées et ponctuées qu'on retrouve sur la tenture rouge derrière sainte Catherine.

 

Sainte Catherine se reconnaît à sa couronne, son épée, son livre ouvert, et la palme de martyre, elle porte un manteau blanc damassé d'un large motif blanc et une robe bleue.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Registre inférieur : couple de donateurs.

Les commanditaires sont présentés face à face devant leur prie-dieu portant des livres ouverts.

Le chevallier en armure porte une cotte armoriée d'or à la croix ancrée d'argent chargée d'une étoile de même mais ces armoiries n'ont pas permis de l'identifier. On remarque ses cheveux jaune paille, ses longs éperons sur des solerets pointus.

Son épouse est coiffée d'un hennin haut et pointu dont le voile descend jusqu'à ses reins, ce qui est un signe de distinction sociale. On remarque aussi ses bretelles de chemise jaune fourrées, fourrure qu'on retrouve près du coussin rouge, et sa ceinture large à pierrerie sur sa robe bleue.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le soubassement porte deux écussons précisant la restauration par Champigneulle de Bar-le-Duc en 1884.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Le tympan.

Dans cette scène reconstituée du Calvaire, le Christ en croix a été inséré au sommet, avant 1846, tandis que la Vierge et saint Jean ont été créés par Champigneulle en 1884.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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LA BAIE 4 AU SUD DE L'ABSIDE.

Cette baie de  9 m de haut et 1,30 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 4 registres , et un tympan à  un grand trilobe entouré d' écoinçons.

Les lancettes présentent 6 saints personnages, et une assemblée de donateurs.

Les personnages en pieds sont placés dans des niches à voutains  colorés, creusés d'une fenêtre, ouvrant par des arcs en accolade, devant des tentures damassées, galonnées et frangées, sous des dais architecturés flamboyant,  le sol en mosaïque de carrés ou de triangle de diverses couleurs,  indiquant la perspective.

 

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.


Registre supérieur : sainte Anne à gauche, la Vierge à droite.

Sainte Anne présente un livre ouvert à sa fille Marie. Elle porte une guimpe, une robe bleue serrée par une ceinture verte et un manteau rouge.

La Vierge en robe pourpre et manteau bleu tient l'Enfant sur le bras droit et lui présente un objet, une bourse liée par un cordonnet. L'Enfant tient, par un manche, jaune, un objet polyédrique (un hochet?). Mais pour Françoise Gatouillat, il tient un fruit, tandis que l'objet tenu par sa mère n'est pas mentionné. En fait, le "cordonnet" est vraisemblablement la main du Fils, posée sur quelque citron.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Registre inférieur : un saint évêque ; saint Sébastien.

L'évêque bénissant de la main droite, en tunique verte sous une chasuble violette, n'est pas identifiable.

Sébastien est présenté comme à l'accoutumée, athlétique, seulement vêtu d'un petit pagne blanc, et tenant son arc et quatre flèches de son supplice (dont une quinzaine de plaies sont visibles).

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Registre médian : saint Antoine et saint Christophe.

Saint Antoine, à la barbe d'ermite, porte l'habit de son Ordre hospitalier, les Antonins, avec ce couvre-chef caractéristique dont les deux pattes descendent plus ou moins bas devant les oreilles, et qui, associé à au manteau à larges manches, forme la "coule", que F. Gatouillat décrit comme marqué du tau spécifique, mais que je ne retrouve pas. Par contre, la poignée de sa canne est bien incurvée en tau. Il porte le chapelet à gros grain, autre de ses attributs, et il tient le livre, la Règle qui le désigne comme fondateur de son Ordre. On voyait jadis, selon l'abbé Texier, le cochon, dernier de ses attributs.

 

 

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Saint Christophe traversant le fleuve en portant l'Enfant Sauveur du Monde 

Il porte une robe verte et un manteau rouge, et s'aide de son bâton de passeur.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre inférieur : les donateurs.

Ils sont rassemblés sous des niches gothiques à 3 baies, tendues de draps d'honneur. 

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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À gauche, une femme et trois clercs (tonsurés, en robe blanche et col de couleur bleu ou rouge, probables chanoines), sont précédés par un homme (un riche marchand?) en long manteau pourpre, agenouillé sur un coussin : appartiennent-ils tous à la même famille, ou seulement à la même confrérie ? Un livre posé sur le sol indiquait peut-être leurs noms, on lit Secu---, Secu---, Ann, Bencu--, Dum--, Varu---.

Les deux panneaux ont été fortement complétés au XIXe, voire au XXe siècles.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

À droite, une femme en robe rouge et coiffe violette est devant, agenouillée sur le coussin écarlate, suivie de trois hommes jeunes et de trois jeunes femmes. Là encore, s'agit-il d'une famille (comme j'ai tendance à le penser), ou à une possible confrérie, de sainte-Anne par exemple? La première et la dernière femmes tiennent un chapelet et un missel.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Le tympan.

Autour d'un soleil ondé central, deux anges jouent à l'aide d'un plectre d'un instrument à cordes pincées. Même carton retourné, avec fond rouge damassé.

Dans le lobe supérieur a été placé (par Champigneulle sans doute) un panneau du XVIIe siècle en grisaille, sanguine et jaune d'argent représentant le Christ aux liens, émergeant du tombeau entouré d'une gloire rayonnante.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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LA BAIE 5 DE L'ABSIDIOLE NORD.

Cette baie de  6,20 m de haut et 1,20 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à  un grand trilobe entouré d' écoinçons.

Les lancettes, très remaniées présentent 4 saints personnages, et un couple de donateurs avec des armoiries.

Un panneau a été déposé et confié au LRMH : il s'agit du vitrail représentant la tête de saint Michel, situé sur le deuxième registre de la lancette b, panneau b2. Voir LRMH page 28

Les personnages en pieds sont placés dans des niches gothiques à voutains, devant des tentures damassées,, sous des dais architecturés modernes. Le sol en mosaïque de carrés ou de triangle de diverses couleurs,  indique la perspective.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Registre supérieur : la Vierge et saint Michel terrassant le dragon.

La Vierge, couronnée, rvêtue d'un manteau blanc galonné d'or, présente à son Fils une fleur à la tige et aux feuilles dorées. L'Enfant est nu, nimbé d'or, et trace une bénédiction.

Saint Michel,  en armure recouverte d'un manteau rouge et brandissant une lance à croix pattée qui pénêtre dans la gueule du dragon (voir clichés LRMH), le terrasse de la pointe de ses solerets.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Registre inférieur :  Saint Joseph et un donateur : saint Antoine et une donatrice.

Les panneaux de la lancette de gauche sont modernes.

À droite, saint Antoine tenant sa canne en tau, piétine des flammes, rappelant son efficacité face au Mal des ardents.

La petite donatrice est coiffée d'un hénnin.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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À gauche, les armoiries restituées, de gueules au chevron d'or traversé d'une omble d'argent accompagné de 3 coquilles de même, sont dites par Joseph Boulaud de la famille de Ruben de L'Ombre de Coudert.

À droite , un écu écartelé d'azur à trois croisettes d'argent aux un et quatre , de gueules à trois maillets d'argent au deux , et de gueules à trois fasces d'or au trois  sont dites inversées de la famille de Disnematin de Salles, et, selon Alain Sené (1979) elles sont là pour Martial Disnematin, consul de Limoges en 1460.

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LA BAIE 6  DE L'ABSIDIOLE SUD.

Cette baie de  6,00 m de haut et 1,15 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à  4 trilobes imbriqués entourés d' écoinçons.

Les lancettes, très remaniées présentent la Vierge et saint Psalmet, vénérés par les donateurs de la confrérie de Saint-Psalmet.

Les personnages en pieds sont placés dans des niches gothiques avec gables à crochets et fleurons, devant des tentures damassées. 

 

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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À gauche, la Vierge à l'Enfant, tenant une fleur de lis.

À droite, saint Psalmet, en jeune homme imberbe tenant un livre, debout pieds nus sur un ilôt entouré de la mer où nagent des poissons.

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La confrérie de Saint-Psalmet.

Inscription : C'EST LA CONFRERIE DE S. PSAUMUS (*) / C'EST LA CONFRERIE MONSr S. PSAUME.

(*) pour Psalmodius.

[ou de saint Psalme]

À gauche, cinq personnages sont regroupés mains jointes derrière un homme en habit blanc et chaperon rouge. Sa tunique est plissée sous une ceinture à la taille. Il est agenouillé sur un coussin à pampilles. 0 ses pieds est posée une couronne. Il est assimilé à Louis XI.

À droite, cinq autres personnages sont groupés derrière un homme assez semblable à son vis-à-vis, mais qui porte l'épée et qui a posé devant lui un chapeau  que F. Gatouillat compare au chapel doré de Charles VI exhumé dans la Cour Carrée du Louvre. Il pourrait s'agir de Jacques de la Marche, comte d'Armagnac à partrir de 1646 (arrêté en 1475, il sera décapité en 1477).

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LA BAIE 7  DE L'ABSIDIOLE NORD.

Cette baie de  6,20 m de haut et 1,20 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à  un grand trilobe entourés d' écoinçons.

Les lancettes présentent quatre personnages en pied . Les grands gables des dais architecturaux sont ornés de statuettes de prophètes portant des phylactères.

Les personnages en pieds sont placés dans des niches gothiques, devant des tentures damassées. 

Trois  panneaux ont été déposés et confiés au LRMH de Champ-sur-Marne .

 

 

 

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Registre supérieur : saint Jean-Baptiste et saint Louis.

 

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Saint Louis. 

Seule la partie inférieure est d'origine, la partie supérieure étant restituée. Et le manteau d'hermines au dessus d'une robe rouge fourrée, laisse penser qu'il s'agissait plutôt d'un saint docteur de théologie, de droit ou de médcine, comme saint Yves, ou saint Côme.

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Registre inférieur, à gauche : saint Antoine et un donateur.

Il est identifié par son habit, sa canne en tau, la marque en tau de sa robe, son livre, les flammes rappelalnt le Mal des ardents, mais aussi par sa clochette, celle que portaient les cochons dont les Antonins avaient le privilège de leur divagation dans les forêts communes.

Le panneau manquant montre, à ses pieds, en donateur, un chevalier en armure, et une blason de fantaisie, d'azur à trois chérubins d'or.

 

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Registre inférieur, à droite : sainte Catherine et une donatrice.

Seule nous est accessible la donatrice, portant un hennin.

Le blason de gueules au calice d'or entouré du monogramme IPM renvoie à Jean-Pierre Maury, curé de l'église en 1870-1872, suite à une restauration par Lobin.

 

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Le tympan.

Autour de l'oculus central montrant la Sainte Face (nimbe crucifère sur fond rouge), trois anges (sur fond damassé de rinceaux) tiennent des phylactères où est indiqué GLORIA IN EXCELSIS [DEO].

 

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LA BAIE 8  DE L'ABSIDIOLE SUD.

Cette baie de  6,00 m de haut et 1,15 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à  4 trilobes imbriqués entourés d' écoinçons.

Les lancettes présentent quatre saints en pied sous des niches à dais dont les gables sont à crochets : saint Martial, saint Pierre, sainte Valérie et saint Antoine .

Saint Martial et saint Pierre.

À gauche, saint Martial (SANCT MARSAU), portant la mitre et tenant un livre et la croix archiépiscopale, est vêtu d'une chape blanche à revers rouge.

Saint Pierre, en manteau blanc doublé de vert, tient le livre et la clé.

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Sainte Valérie et saint Antoine.

Sainte Valérie (inscription VALERIA) porte, d'une facture moderne, la palme du martyre.

Saint Antoine est entièrement moderne.

 

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LA BAIE 9  DU COLLATERAL NORD.

Cette baie de  6,00 m de haut et 1,15 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à  1 trilobe  entouré d' écoinçons.

Les lancettes présentent 4 saints en pied:  un saint évêque et saint Michel, et Anne trinitaire devant sainte Marie-Madeleine.

 

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Registre supérieur : saint évêque ou saint abbé : Saint Michel terrassant le dragon.

Le saint abbé (il tient sa crosse en main droite) tient un livre dans la main gauche, comme un fondateur d'ordre ou de monastère.

Le motif du damas de la tenture bleue à grossees feuilles polylobées, n'avait pas été employé dans les autres verrières.

 

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Registre inférieur : sainte Anne trinitaire  et sainte Marie-Madeleine.

Sainte Anne présente la Vierge Marie sa fille (couronnée, robe bleue et manteau blanc) qui tient l'Enfant dont on remarque surtout la tête nimbée.

Marie-Madeleine (robe rouge et manteau blanc) tient le flacon d'onguent, sur une tenture bleue à motif de damas à grosses feuilles.

 

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Le tympan.

Dans l'oculus central, l'Agneau de Dieu avec le nimbe crucifère et l'étendard de la résurrection est entouré de 3 anges tenant (en rapport avec le tympan de la baie 7) des phylactères portant l'inscription TE DEUM LAUDAM, sur des fonds à rinceaux colorés au jaune d'argent.

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LA BAIE 10  DU COLLATERAL SUD.

Cette baie de  6,40 m de haut et 1,20 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à  1 grand trilobe entouré d' écoinçons.

Les lancettes présentent quatre saints en pied, saint Christophe et saint Barthélémy, puis saint Martial et sainte Valérie.

Il faut toute la perspicacité de Françoise Gatouillat pour savoir découvrir, dans les quadrilobes des fenêtres des dais architecturaux, deux minuscules blasons, l'un à gauche aux armes du dauphin, l'autre à droite aux armes de France d'azur aux trois fleur de lys.

 

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Registre supérieur : saint Christophe et l'apôtre saint Barthélémy.

 

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Saint Christophe, barbu,  porte l'Enfant Sauveur du Monde et tourne son regard vers lui, tandis qu'il franchit le fleuve, en s'appuyant sur une perche. Il porte une tunique rouge et un manteau blanc, et ses cheveux sont retenus par un bandeau, conformément à la tradition iconographique. 

Dans l'eau du fleuve a été peint  en grisaille et  jaune d'argent un navire (un mât, une vergue, un nid-de-pie).

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Saint Barthélémy tient le couteau à dépecer de son martyre, on y lit la marque de coutellerie "R".

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Registre inférieur : saint Martial et sainte Valérie (figures modernes).

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Le tympan : le Jugement dernier.

Dans le lobe supérieur du trilobe, le Christ Juge drapé de pourpre trône sur l'arc-en-ciel, montrant ses plaies et entouré , en haut, d'instruments de la passion et sur les côtés de deux anges soufflant dans leur trompe.

En dessous, un empereur sort du tombeau, coiffé de la tiare.

Les anges des lobes latéraux sont du XIXe siècle.

 

 

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LA BAIE 11  DU COLLATERAL NORD.

Cette baie de  6,00 m de haut et 1,65 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à  1 quadrilobe et 2 écoinçons.

Les lancettes présentent quatre saints en pied, saint Laurent et saint Eutrope et sainte Valérie (sic) et saint Amand.

L'oculus central du tympan a été déposé et confié au Laboratoire de Champs-sur-Marne.

 

 

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Le registre supérieur.

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Saint  Laurent, tonsuré, tenant le grill en main droite et le livre en main gauche.

Il porte la dalmatique. Son nom est inscrit sur le socle.

 

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Saint Eutrope en évêque.

L'inscription du socle indique S. EUTROPI EPI[SCOPUS]. 

 

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Registre inférieur : saint tenant une épée ; saint Amand.

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À gauche, devant une tenture rouge à grosses feuilles, un saint tient une épée dressée et un livre. Ses cheveux sont courts et blonds. Il porte un manteau bleu à fermail doré et une tunique blanche serrée par une ceinture dorée, tunique qui est bordée d'hermines en partie basse. 

Une inscription moderne le désigne, selon Gatouillat comme "Sainte Valérie", alors que je lis  SANCTA puis VIFANA ?? (mais non HELENA)

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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À droite, saint Amand ermite de Limoges, désigné par inscription SANCTUS AMANT. Il porte la barbe et tient un bâton et un livre.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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Le tympan.

Le panneau déposé représente saint Martial tenant la croix archiépiscopale et sainte Valèrie acéphale.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

SOURCES ET LIENS.

https://www.limousin-medieval.com/collegiale-de-eymoutiers

https://www.mairie-eymoutiers.fr/histoire/historique/les-vitraux/

https://photos-eglises.fr/Limousin/87/Eymoutiers/Vitraux/vitraux.htm

—DELAGRANGE (Robert), DESPROGES (abbé), 1943, "La Collégiale d'Eymoutiers (Haute-Vienne) : monument historique... : [Description des vitraux : leur symbolisme, identification des personnages"  Introduction par Dupelaud / Limoges : Impr. Société des journaux et publications du Centre , 1943, non consulté.

—GATOUILLAT (Françoise), 2011. Eymoutiers, ancienne collégiale Saint-Etienne. In : Gatouillat & Hérold, Les vitraux d'Auvergne et du Limousin, Corpus Vitrearum Medii Aevi, Recensement IX pages 253-265

— LOISEL, (C.) | BAUCHAU, (F.) | HUGUENOT, (J.-B.) | FRANÇOIS, (A.) | CARPENTIER (V.), "EYMOUTIERS - 87, Haute-Vienne (Limousin). Collégiale Saint-Étienne (ancienne). Choeur, baies 5, 7 et 11 : vitraux (XVe siècle) : état sanitaire et analyses scientifiques, Etude et rapport", edition Champs-sur-Marne : LRMH, février 2015 - 2015

https://www.lrmh.fr/Default/doc/SYRACUSE/84170/eymoutiers-87-haute-vienne-limousin-collegiale-saint-etienne-ancienne-choeur-baies-5-7-et-11-vitraux?_lg=en-US

— SENÉ (Alain), 1962, Les vitraux anciens de l'église collégiale d'Eymoutiers Thèse de doctorat de  Lettres, Poitiers (non consulté, cité par F. Gatouillat)

https://www.sudoc.abes.fr/cbs/DB=2.1//SRCH?IKT=12&TRM=096065613

— SENÉ (Alain), 1979,  Signatures de donateurs et de verriers relevées sur les vitraux de l'église Saint-Etienne d'Eymoutiers, Haute-Vienne / Alain Sené / Limoges : [S.n] , 1979

—TEXIER (Jacques), 1846, Vitraux d'Aymoutiers,  Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin p.86, 221-230

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6548532p/f95.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6548532p/f230.item

https://www.google.fr/books/edition/Manuel_d_%C3%A9pigraphie/FvmZNX8OC_UC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22aymoutiers%22&pg=PA376&printsec=frontcover

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Published by jean-yves cordier - dans XVe siècle Héraldique Donateurs
20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 11:43

La peinture murale (détrempe sur chaux, 2ème moitié XVe siècle) de Christophe portant Jésus en l'abbaye de Solignac (Haute-Vienne).

 

Sur l'iconographie de saint Christophe, voir dans ce blog par ordre  chronologique:

PRÉSENTATION.

Jusqu'en 1950, de grands panneaux en bois imitant le marbre et soutenant des autels recouvraient les murs de l'abbatiale. On décida de les enlever pour mettre à nu l'appareillage de pierre. L'enduit à la chaux recouvrant le pilier droit laissa apparaître des traces de couleurs et une fois enlevé fit place à une peinture murale de 5 m de haut sur 3,20 m dont le bas était détruit. L'humidité risquait de l’abîmer. L'œuvre fut restaurée à plusieurs reprises : en 1973 par Robert Baudouin, en 1984 puis en 1991 par Albert Carré. Pour raisons de préservation, la peinture a été déposée en 1999 par Véronique Legoux et reposée en avant de son emplacement original en 2001.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Au centre du panneau est représentée l'image gigantesque du saint portant sur ses épaules l'Enfant Jésus. Il s'appuie sur un bâton de la main droite et retient l'Enfant de l'autre. Ce dernier, représenté de face, tient entre ses mains un globe marqué d'une croix. Autour de cette représentation prennent place différents épisodes de la vie de saint Christophe, d'après la "Légende dorée" de Jacques de Voragine (XIIIe siècle) , et, en bas à gauche, la figure d'un chevalier donateur.

Les sujets se détachent sur un fond damassé à fleurs de lys et couronnes dorées suggérant une influence royale (comme pour le vitrail de l'abbatiale, offert entre 1457 et 1484 par l'abbé Martial de Bony, et où un roi couronné est agenouillé devant une Vierge de Pitié avec sa prière Ave Maria gratia plena sur le phylactère).

Cliché lavieb-aile.
Cliché lavieb-aile.

 

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Saint Christophe, de son vrai nom Reprobus, (le réprouvé) était originaire du pays de Chanaan où vivaient des géants (entre autre : Goliath). Il mesurait dit-on 12 coudées soit 4 mètres ! C'est précisément en géant que la peinture le représente. Résolu à ne servir que le maître le plus puissant, il alla tout d'abord chez un roi. Le château en haut à droite pourrait certes relater cet épisode, malgré des éléments discordants.

 

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Mais ce roi avait peur du diable et Reprobus le quitta pour se mettre au service du diable.

Au détour d'un chemin, tous deux rencontrèrent une croix et, la voyant, le diable prit la fuite.

On aperçoit sous le château un dragon (le diable) qui s'écarte du calvaire et que Reprobus, en costume du Moyen-Âge (du règne de Charles VII plus précisément) s'apprête à quitter pour chercher ce Christ capable de fair fuir le diable. Au dessus, une licorne, symbole de pureté, pourrait représenter le Christ [ou la virginité de la Vierge NDE].

Sous le calvaire, on voit un homme, de dos,  attaché à une croix (larron, saint Sébastien ?)

 

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Tout à sa recherche, Reprobus rencontra un ermite du nom de Babylas auquel un corbeau apportait quotidiennement du pain. On voit à gauche un ermite sortir d'une toute petite chapelle surmontée d'une croix et d'un oiseau noir [en réalité à bec et pattes rouges : un Crave à bec rouge]. L'ermite élève une lanterne.

 

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Mais Reprobus avait servi le diable et Babylas lui imposa une pénitence : faire traverser le fleuve aux pèlerins en les transportant sur ses larges épaules puisqu'il n'y avait pas de pont ? Un jour, qu'il transportait un enfant, il faillit se noyer car cet enfant était très lourd : c'était Jésus portant tout le poids du monde. Reprobus devint alors Christophoros « celui qui porte le Christ ».

 "Mais voilà que, peu à peu, l’eau enflait, et que l’enfant devenait lourd comme un poids de plomb ; et sans cesse l’eau devenait plus haute et l’enfant plus lourd, de telle sorte que Christophe crut bien qu’il allait périr. Il parvint cependant jusqu’à l’autre rive. Et, y ayant déposé l’enfant, il lui dit : « Ah ! mon petit, tu m’as mis en grand danger ; et tu as tant pesé sur moi que, si j’avais porté le monde entier, je n’aurais pas eu les épaules plus chargées ! » Et l’enfant lui répondit : « Ne t’en étonne pas, Christophe ; car non seulement tu as porté sur tes épaules le monde entier, mais aussi Celui qui a créé le monde. Je suis en effet le Christ, ton maître, celui que tu sers en faisant ce que tu fais. Et, en signe de la vérité de mes paroles, quand tu auras franchi le fleuve, plante dans la terre ton bâton, près de ta cabane : tu le verras, demain matin, chargé de fleurs et de fruits. » Sur quoi l’enfant disparut ; et Christophe, ayant planté son bâton, le retrouva, dès le matin suivant, transformé en un beau palmier plein de feuilles et de dattes." (Jacques de Voragine)

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

COMPLÉMENT ET DISCUSSION.

1°) Le donateur.

Il est agenouillé, en armure, son heaume devant lui, mains jointes. Sa prière figure sur un phylactère vertical,  et elle semble s'adresser à Marie (dernières lettres MA) ; l'inscription a été déchiffrée en 1953 mais je n'ai pu y accéder. Un auteur a remarqué que "l'épée, avec sa garde à quillons retournés vers la pointe de la lame, fut en usage aux XIVe et XVe siècle. ;La forme de l'armure à plates semble indiquer le XVe siècle."

Ses armoiries sont un écartelé qui associent en 1 et 3 les armes de la famille de Bony de gueules à trois besants d'argent posés 2 et 1 et celles d'une autre famille, portant de gueules à la fasce d'argent accompagnée de 3 étoiles de même en chef.

 Selon un auteur qui a publié dans le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin de 1949 :

"Il y eut vraisemblablement deux donateurs dont l'un doit être un religieux . A cause des deux écus dont les armes appartiennent à deux membres différents de la même famille . Quels auraient donc été ces deux donateurs ? Probablement d'abord un Abbé de Solignac , puisque cette peinture en orne l'église abbatiale . Or nous connaissons trois personnageş   appartenant à la maison de Bony qui furent abbés de Solignac . D'abord Hugues , qui vivait au XIV ° siècle . Puis Martial , élu , suivant certains auteurs , en 1456 et auquel nous devons le vitrail armorié dont nous avons parlé , ainsi que les stalles établies en 1479. Enfin Aymeric , qui appartint à la génération suivante . L'époque indiquée par divers éléments de la fresque désignerait donc de préférence l'abbé Martial de Bony . Nous avons vu que l'un des donateurs , celui qui est représenté priant à genoux en armure , l'épée au côté et le casque devant lui , était un laïc. Ce dernier devait être proche parent du précédent abbé Martial , puisque ses armes le désignent aussi comme un membre de la famille de Bony . Or nous savons que cet abbé avait justement un frère portant le prénom de Christophe :  c'était noble Christophe de Bony, damoiseau , fils de Jean ( 1409-1458 ) de Bony de Lavergne, damoiseau , et de Jeanne de Bruny . Il épousa lui-même par contrat du 5 septembre 1445 Antoinette Cotet  et rendit hommage en 1465 . Il est donc vraisemblable que cette fresque , exécutée au XVe siècle , est due à Martial de Bony , abbé de Solignac , et à son frère , Christophe de Bony . et à son frère , Christophe de Bony , seigneur de Lavergne . Mais ce n'est là qu'une probabilité , car une certitude ne pourrait être obtenue qu'après identification des armes écartelant l'écu peint au-dessus du chevalier …"

Christophe de Bony eut des enfants : Pierre, seigneur de Lavergne et de Saint-Priest-Ligoure qui épousa Marguerite de Tranchillon [Tranchelion] et qui existait en 1465 et jusqu'en 1492; Jean, prieur de l'Artige  ; Jeanne ; Aymeric, abbé de Solignac.

Mais on peut remarquer que :

a) les armoiries pleines de la famille de Bony, en bas à droite, ne sont pas marquée de la crosse abbatiale (à la différence du blason du vitrail de l'abbatiale, avec sa crosse en pal).

b) les armes en 2 et 4 de l'écartelé ne sont pas celles de l'épouse de Christophe de Bony (les armes ne seraient pas alors un écartelé, mais un blason mi-parti). Sont-elles celles de ses parents? Je ne peux retrouver les armes de la mère, Jeanne de Bruny. (Les généalogistes indiquent Jeanne Brun). Le donateur pourrait être Pierre de Bony, qui honorerait par cette dévotion à saint Christophe la mémoire de son père ; mais cela ne règle pas la difficulté.

 

 

 

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

2°) Les trois personnages dans un pli de la robe de saint Christophe évoquent très fortement les trois pèlerins que, sur les fresque espagnoles, notamment à la cathédrale de Burgos, le saint porte à la ceinture.

Voir

https://www.lavieb-aile.com/2015/06/iconographie-de-saint-christophe-la-cathedrale-de-burgos.html

— GRAU LOBO, Luis (1994-1995): “San Cristóbal, Homo Viator en los caminos bajomedievales: avance hacia el catálogo de una iconografía particular”, a Brigecio, 4-5, p. 167-184. http://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=1402347

Je ne vois pas d'autre explication à la présence de ces trois hommes sur la robe du saint.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

3°) la collerette blanche de saint Christophe ne pourrait-elle être une roue de moulin , par rapprochement avec ces roues de moulin portées autour de l'avant-bras de saint Christophe à Burgos et à de nombreux autres sanctuaires espagnols?

https://www.lavieb-aile.com/2015/06/iconographie-de-saint-christophe-la-cathedrale-de-burgos.html

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.

4°) Les deux scènes, à droite et à gauche, incluant un château sont difficiles à interpréter. 

A droite ( sur la rive  précédant le miracle de la conversion de Reprobus) le château porte les armes de la famille de Bony. Le Géant s'y présente tenant à la main son bâton de marche reverdi — ce qui atteste de  l'inrtervention miraculeuse de Jésus—, et il est accueilli par une jeune femme qui semble surprise ou enthousiaste.

Un cavalier quitte le château.

Cliché lavieb-aile.

 

À gauche, donc sur la rive que Reprobus/Christophe a fait traverser à l'Enfant-Jésus, l'ermite tient la lanterne, c'est logique, car il a guidé les voyageurs, on retrouve cet ermite de la rive gauche sur de très nombreux exemples.

Cliché lavieb-aile.

Mais le château qui domine l'ermitage est difficile à interprêter. Sous la herse, la porte est gardée par un soldat tenant une hallebarde, et un personnage vêtu de rouge (un roi? Dieu ??) regarde à travers une fenêtre grillagée.

 

SOURCES ET LIENS.

—Notice POP et 13 photos :

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM87000971

"Au centre du panneau est représentée l'image gigantesque du saint portant sur ses épaules l'Enfant Jésus. Il s'appuie sur un bâton de la main droite et retient l'Enfant de l'autre. Ce dernier, représenté de face, tient entre ses mains un globe marqué d'une croix. Autour de cette représentation prennent place différents épisodes de la vie de saint Christophe, d'après la 'Légende dorée' de Jacques de Voragine. En haut à droite, saint Christophe se présente devant un château, lieu où il recherche le seigneur le plus puissant qu'il abandonne ensuite pour se mettre au service du diable qui lui apparaît alors plus fort ; mais il quitte ce dernier dont il découvre la crainte devant un calvaire, comme le montre la scène juste en dessous. Puis, éclairé par un saint ermite, peint au centre du côté gauche, il devient passeur, et trouve enfin l'homme le plus puissant du monde : le Christ qu'il porte pour lui faire traverser le gué. En haut à gauche se poursuit le cycle, avec un autre château qui doit représenter la prison de Lycie ; puis comme scène finale, l'avant-dernier supplice de saint Christophe : les flèches qui lui étaient destinées se détournent de lui, atteignant ses bourreaux. Le bas du panneau se rapporte aux donateurs : sur la gauche, un homme en armure est agenouillé en prière, en dessous d'un phylactère et d'un blason. Devant lui, une nef transportant trois ou quatre personnages est représentée. Un second donateur dont il ne reste que l'écu devait être représenté plus loin.

 

Oeuvre restaurée à plusieurs reprises : en 1973 par Robert Baudouin, en 1984 puis en 1991 par Albert Carré. Pour raisons de préservation, la peinture a été déposée en 1999 par Véronique Legoux et reposée en avant de son emplacement original en 2001.

Ecu de gauche au bas du panneau : écartelé aux 1 et 4 de gueules à trois annelets d'argent, qui est Bony ; aux 2 et 3 de gueules à la fasce d'argent accompagné en chef de trois étoiles de même rangées en fasce (non identifié). Ecu de droite : de gueules à trois besants d'argent posés 2 et 1, (famille Bony). Inscription actuellement illisible peinte sur le phylactère au bas du panneau (relevée en 1953).

Cette peinture murale représentant la vie de saint Christophe date de la 2e moitié du 15e siècle, ses commanditaires pourraient être l'abbé Martial de Bony (élu en 1456) et son frère Christophe de Bony. Elle a été découverte en 1951."

— DENIS (Hortense), 2020. Les représentations artistiques de saint Christophe dans le diocèse de Chartres, du Moyen âge au XVIe siècle. Art et histoire de l’art. Mémoire de recherche (2de année de 2e cycle) en histoire de l’art appliquée aux collections présenté sous la direction de Mme Ioanna RAPTI et M. Jannic DURAND

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04570638v1/document

— JOUBERT (Fabienne), 1992, "Le Saint Christophe de Semur-en-Auxois : Jean de Bruges en Bourgogne ?"

 Bull. Monumental 150-2 : pp. 165-177.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1992_num_150_2_4431

—RIGAUX (Dominique), 1996, "Une image pour la route. L'iconographie de saint Christophe dans les régions alpines (XIIe-XVe siècle)", Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public  Année 1996  26  pp. 235-266

https://www.persee.fr/doc/shmes_1261-9078_1996_act_26_1_1681

— VORAGINE (Jacques de) 1261, ou IACOPO DA VARAZZE, Legenda aurea, traduite en français par JEAN DE VIGNAY sous le titre de Légende des Sains au plus tard en 1348.

https://fr.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_dor%C3%A9e/Saint_Christophe

-Bnf Fr. 242 folio 149r Gallica

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8426005j/f313.image

-Bnf fr. 244-245

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8442920n/f1.image

 

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Published by jean-yves cordier - dans XVe siècle Saint Christophe. Héraldique
11 décembre 2025 4 11 /12 /décembre /2025 18:11

Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490)  de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue, II: les animaux et personnages  des haut-dossiers.
 

Voir : 

Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490) de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue. I, les miséricordes, les appui-mains et les jouées.

PRÉSENTATION

Si les miséricordes de la chartreuse Saint-Sauveur ont reçu toute l'attention qu'elles méritaient, les "haut-dossiers" ou panneaux verticaux au dessus des sièges ont peut-être été moins étudiés ; du moins je n'ai pas su trouver  de clichés en ligne les concernant, et encore moins d'étude monographique, alors qu'ils abritent chacun  une paire de motifs sculptés passionnants.  Ils sont au nombre de 34 pour 30 sièges, pour compenser les retours d'angle.

Ils relèvent d'un art médiéval (aucun élément Renaissance) où dominent largement — comme c'est également le cas pour les miséricordes— les représentations d'animaux (oiseaux, chien, lion, ours, dragons) associés à des humains (homme sauvage chasseurs, ou fous), à des feuillages, et, fait insigne, à un blason du donateur Vesian Valette et de son épouse. Mais à la différence des miséricordes, ces animaux et humains affrontés deux à deux dans chaque angle supérieur des dossiers composent souvent des saynètes évoquant les enluminures marginales des manuscrits. L'ambiance générale est sylvestre.

J'ai repris la numérotation choisis pour les miséricordes, juste modifiée par des numéros bis dans les encoignures.

 

 

Stalles sud de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles nord de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Chaque panneau de 1,25 m de haut, séparé de l'autre par un pinacle gothique, est orné d'un remplage  flamboyant à quadrilobes inscrits dans une ogive. Ces réseaux sont tous semblables, mais ce sont les écoinçons, les angles triangulaires supérieurs, qui reçoivent ces saynètes souvent truculentes auxquelles je me suis intéressé.

J'étudiera au passage les panneaux d'oraison chantée qui se trouve en milieu de rangée de chaque côté. Et enfin, le blason  du panneau 30 sera éclairé par une iconographie  héraldique de l'ensemble de la chartreuse (vitraux, culots, etc. .

Je ne promets pas d'être exhaustif ; je débute par le numéro 1, à droite une fois la porte de clôture franchie.

 

LE CÔTE SUD

 

Dossier n°1 : un chien à collier / un lion affrontant un chien.

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

à droite : un lion, si l'on veut, peut être coiffé d'un grelot, affronte touts crocs sortis un chien féroce.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

à gauche : un chien (un vrai dogue) doté d'un collier avec anneau surgit des bois représentés par des rameaux ligneux.

Sur ces dossiers, la forêt sera prédominante, avec ses animaux suvages et ses scènes de chasse.

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossiers n°2 à 3 bis : éléments végétaux.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossiers n°4 bis,  4, 5 et 6 : feuillages.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 7: un ours à droite poursuivant un homme nu dans un bois.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 8: un dragon ailé à longues oreilles crachant le feu /?

Dans le ventre du dragon de gauche se trouve une tête à longues oreilles.

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n°9 : un dragon ailé et cornu à longue queue serpentine, crachant le feu / un animal cornu crachant le feu et piétinant un dragon ailé.

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n°10 : fleurs boutonnées. Panneau de chantre ADOREMUS.

Le panneau indique le texte et les notes (neumes) d'un chant du rituel cartusien  qu'on retrouve dans le Psalterium nocturnum pour le dimanche matin : Adoremus dominus qui fecit nos ("adorons le seigneur qui nous a fait") 

https://chartreux.org/moines/wp-content/uploads/2021/12/psalterium_nocturnum.pdfDossier individuel

Les fleurs aux pétales très allongés et sinueux ont un cœur quadrillé.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossiers n°11 à 12 : feuillages.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n°13 : un ours dans les bois/ un lion rugissant.

 

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 14:  Homme /fou crachant une fleur

Le fou, barbu, porte une tunique à cagoule dotée d'oreilles d'âne et de grelots. Il souffle sur une fleur, ou il la crache. Un rameau ligneux indique que nous sommes toujours dans la forêt.

Toujours dans les bois, un homme aux cheveux longs, vêtu d'une tunique serrée par une ceinture, pose une main sur la hanche. Derrière cette main un objet que je n'identifie pas.

 

 

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 15:  feuillages

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

DU CÔTÉ NORD.

Dossier n° 16:  deux oiseaux.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 17 :  combat dans les bois d' une bête fauve qui terrasse un homme sauvage (tout velu, renversé tête en bas) et qui affronte /...un chien protégé par un bouclier à trois fleurons.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 18 : homme (moine?) armé d'un gourdin et tirant la langue montrant  de l'index / ... un ange tenant un phylactère.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Dossier n° 18bis: deux oiseaux affrontés.

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Dossier n° 19 : deux oiseaux.

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Dossier n° 20 : visage lunaire d'un homme tirant la langue/ deux chiens, dont l'un tient dans sa gueule un oiseau.

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Dossier n° 21 : tête d'ours, ailé/??

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Dossier 23 : combat, dans les bois, d'un homme sauvage derrière son bouclier/et d'un ours se protégeant avec un bouclier orné de son portrait.

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Dossier 24 : un dogue colleté poursuivant/ un lièvre fuyant dans les bois.

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Dossier 25 : un ours (?) tenant un livre émettant un souffle/ un lion tenant un livre émettant un souffle.

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Dossier 25 : deux anges,  l'un tenant une croix et l'autre un phylactère ; panneau de chantre.

Le panneau porte l'inscription IN MANU TUA et sa notation en neume, conforme à celle du Psalterium nocturnum cartusiensis , l'Invitatorium pour le dimanche matin In manu tua Domine Omnes fines terrae : "Dans ta main Seigneur sont toutes les limites de la terre".

 

Sous le panneau, les écoinçons sont sculptés d'un ange tenant une croix et d'un ange tenant un phylactère.

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Dossier 26 : dans les bois, combat de deux bêtes fauves, s'abritant derrière leur bouclier ; l'un est armé d'un rameau ligneux.

Les deux animaux sont comparables, avec des oreilles longues, un pelage lisse, un ventre proéminent et une queue fine et longue. Celui de gauche, de profil, a un museau pointu. Il évolue parmi les rameaux ligneux métonymiques des forêts. Son bouclier est lisse. À droite, l'animal tourne vers nous sa tête, qui peut évoquer celle d'un ours. Il grimpe sur une branche, il est armé d'un rameau ligneux ou branche écotée, et ce rameau orne oussi son bouclier. Pourquoi cette insistance ? Difficile de ne pas voir ici, comme pour la miséricorde n°13 où un chapeau de pèlerin était accompagné de rameaux, et au vu de la fréquence de ce motif sur l'ensemble des sculptures, l'indice d'une valeur emblématique de ces bois écotés, soit s'appliquant aux donateurs (mais leurs armoiries et blason de marchand n'en comporte pas), soit aux chartreux ou à la Grande Chartreuse. Faut-il alléguer une racine sanscrite krt "couper, séparer en coupant" aux mots chartreuse, latin cartusa, italien certosa ? En réalité  le couvent tient son nom du massif éponyme, issu du francoprovençal calma trossa "la prairie troussée" c'est à dire défrichée. Donc, mauvaise piste, sauf si on voit dans ces tronçons de branches le symobole du défrichement... Je laisse donc ma réflexion ouverte.

 

 

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Dossier 27 : un fou et sa marotte/ un lion soufflant.

Nous retrouvons la figure du fou, déjà présent sur la miséricorde n°3 et sur le dossier n°14. Non seulement il porte la capuche à grelot, mais il tient son attribut, sa marotte qui le représente soufflant une plume, autrement dit du vent, réelle représentation de la folie du latin follis (issu de flo, "souffler") "baudruche, ballon, soufflet". Car le fou est un être vide, rempli de vent, qui vagabonde comme un feu follet et dont la parole est vaine.

Il n'est pas anodin qu'en tant qu'insensé, dépourvu de sens, il tourne la tête du côté opposé à celui de sa marche et de son geste.

Voir ici, par exemple : Le vitrail du Fou tirant la langue à sa chouette, Barthélémy Linck 1553.

Le galon de sa tunique et de sa capuche est ponctué de trous, qui recevaient peut-être jadis des paillettes dorées ou autres fanfreluches.

À droite, un lion aux pieds anthropomorphes et à la queue en fouet très fleurie tend la langue, mais celle-ci, par sa forme foliée, répond à la plume du fou.

 

 

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Dossiers 28 à 30.

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Dossier 28 : deux oiseaux.

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Dossier 29 : deux oiseaux.

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Dossier 30 : un cheval hénissant et ruant / Blason des donateurs.

Cette joyeuse et énergique sculpture d'un cheval (un poulain?) est rare dans le répertoire des stalles européennes.

 

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

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Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

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Armoiries du couple fondateur.

mi parti en 1 d'azur au chevron d'or, accompagné de trois demi-vols d'argent posés 1 en chef et 1 en pointe , (Vesian Valette) écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix d'argent clechée, vidée et pommelée, au 2 et 3 de gueules de lévrier d'or passant colleté de gueules (Catherine Carnier)

Haut-dossier des stalles  de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

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Les armoiries des donateurs.

"La fondation de la charteuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue.

Résultant d'un vœu testamentaire du marchand [en drap] Vésian Valette , il s'inscrit dans le contexte général de forte expansion que connaît l'ordre à partir du XIVe siècle, favorisée par l'engouement qu'il suscite chez les princes et les élites urbaines. Bien souvent, le but des établissements fondés est d'en faire des nécropoles familiales. À l'origine. implantées dans des « déserts », les chartreuses sont de plus en plus fréquemment installées intra-muros ou, comme ici, en périphérie des villes. Décidé à partir pour Rome à l'occasion du jubilé de 1450, le notable ceste avant son départ, le 17 juin. Il y exprime sa volonté de voir fonder un monastère de l'ordre des Chartreux auquel il lègue sa fortune, à charge, pour les moines, de célébrer deux messes quotidiennes, dom une des Morts. Les dispositions énoncées prévoient également une inhumation dans l'église . Pendant son séjour à Rome il décède, sans douce de la peste qui sévit alors. Une fois la nouvelle parvenue en Rouergue, les exécuteurs testamentaires (sa veuve et les consuls) s'activent à la mise en œuvre rapide du vœu. En 1461, Vezian Valette est inhumé dans le tombeau qui lui avait été préparé ; sa veuve y est ensevelie en 1465. " (J. Dubois, en ligne)

On a décrit trois phases de construction: de 1451 à 1460, pour l'église, la sacristie, la salle capitulaire et le petit cloître; la fin du Xve siècle, pour le réfectoire et le grand cloître; 1528, pour la chapelle nord-ouest de l'église.

Les Valette, qui portent d'azur au chevron d'or, accompagné de trois demi-vols d'argent posés 1 en chef et 1 en pointe , font partie des principales familles dirigeantes de la ville à la fin du Moyen Âge en occupant l'une des quatre charge de consul. Le plus ancien membre rencontré à l'un de ces postes est un certain Hugues Valette en 1378, dont on peut penser que Jean et Arnaud, consuls en 1406, sont les fils. Jean, le père de Vésian Valette, exerce la profession de notaire. Le marchand Vésian occupe ensuite par trois fois l'une des charges municipales, en 1432, 1447 et 1448. Son épouse Catherine Garnier  porte écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix d'argent clechée, vidée et pommelée, au 2 et 3 de gueules de lévrier d'or passant colleté de gueules appartient à une famille noble.

La chartreuse disposait à la fin du XVIIe siècle de 13 cellules; les moines-prêtres  ou chartreux et des frères convers étaient dirigés par un prieur .

Sur la porte d'entrée, sur celle donnant vers le petit cloître, sur le lavabo de ce petit cloître, sur les culots (ou cul-de-lampes) des piliers des cloîtres, ou sur leurs clefs pendantes, ou encore sur les vitraux  de 1620 où figure le couple des donateurs, les armoiries d'honorable Vesian Valette, en plein ou mi-parti avec celle de noble Catherine Garnier, sont largement représentées. On trouve aussi, sur les culots ou les clefs pendantes, un blason au chiffre du marchand donateur. En voici un aperçu.

1. La porte de la chapelle : deux chartreux présentent les blasons du couple fondateur : à gauche les armes de Vesian Valette, à droite celle de Catherine Garnier.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

2.  les blasons du couple fondateur : à gauche les armes de Vesian Valette, à droite celle de Catherine Garnier .

a) dans l'église, (sous leur portrait et sous saint André et saint Antoine).Pièces anciennes vers 1470.

 

 

Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

b) dans la salle capitulaire baie axiale , vitrail de l'Annonce aux bergers,(détail) vers 1520.

Vitrail (détail) de la salle capitulaire de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Vitrail (détail) de la salle capitulaire de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

c) au centre du tympan.

Vitrail (détail) de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Vitrail (détail) de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

3.  Le lavabo. Les armes du couple encadrent un entrelacs dans le monogramme M[aria]. Au dessus la scène du Lavement des pieds des apôtres.

Lavabo de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Lavabo de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

4.  Les culots et clefs pendantes des cloîtres : le blason de marchand.

Ce blason est disposé sur la forme générale d'une clef, anneau en bas (une lettre D??), une traverse et au sommet un cercle associé à une croix.  La marque peut rappeler les marques de typographe (Nicolas Jenson), ou vaguement l'insigne des Chartreux, mais elle reste unique et mystérieuse, comme toutes ces marques de marchand.

 

Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Je remarque pour fini parmi les culots celui où un chien et un lion se partagent le pétiole d'une feuille d'acanthe, non sans rapport avec le grand thème animalier et sylvestre des sculptures des hauts dossiers et des miséricordes

Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.

Bonus !

Les stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue, II: les haut-dossiers.
Les stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue, II: les haut-dossiers.
Les stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue, II: les haut-dossiers.

SOURCES ET LIENS

https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossier/IA12002928

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00094202

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM12000691

— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger, non consultée

https://theses.fr/2000TOU20015

 

— CABROL (Etienne),1860,  Annales de Villefranche de Rouergue, Villefranche, Impr. Vve Cestan, 1860, t. I, p. 387-388, 394-395, 411-413, 416, 422, 626 ; t. II, p. 49-50. Tome 1 non consulté

https://books.google.fr/books?id=4cZZ0ndFQKMC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

— DUBOIS (Jacques), 2011, Villefranche-de-Rouergue, chartreuse Saint-Sauveur. L'architecture, dans Monuments de l'Aveyron, Congrès archéologique de France, 167e session, Paris, Société Française d'Archéologie, 2011.p. 387-399

https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossinventaire/IVR73/IA12ANEX/IA12002928_01.pdf

 

— GATOUILLAT (Françoise), Les vitraux

https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossinventaire/IVR73/IM12ANEX/IM12040838_01.pdf

— LAFON (Victor),1891 , Iconographie de la chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue. Rodez.

https://www.google.fr/books/edition/Proc%C3%A8s_verbaux_des_s%C3%A9ances_de_la_Soci/Umi2xSqTAOsC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22dais%22+chartreuse+Saint-Sauveur+villefranche-de-rouergue&pg=RA1-PA100&printsec=frontcover

 —GAULEJAC (Bernard de), 1938, « La chartreuse de Villefranche-de-Rouergue », dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 p p. 106-121

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5619772d/f111.item

"Le choeur des religieux, qui occupe la troisième travée de la nef, renferme trente stalles disposées sur un rang : douze au nord, le même nombre au sud et trois de chaque côté de l'entrée du choeur, à l'ouest.
Les hauts dossiers sont décorés d'un réseau flamboyant entre des contreforts à pinacles ; au-dessus s'avance un baldaquin en forme de voussure, couronné par une galerie ajourée, interrompue par des pinacles. Le travail des jouées, décorées d'enroulements et de motifs de feuillages, est assez remarquable ; il constitue, avec celui des parcloses et des miséricordes, la principale richesse des stalles de la Chartreuse. On y rencontre une grande variété de compositions, où apparaissent des motifs de feuillages, d'animaux sauvages ou fantastiques, de figures humaines et toute sorte d'emblèmes. Du côté nord, quelques hauts dossiers ont été mutilés à une époque moderne, pour permettre d'établir une chaire aujourd'hui inutilisée.
Dans la première travée de la nef, huit stalles, analogues aux précédentes, mais plus simples, encadrent le portail d'entrée ; elles étaient destinées aux frères.
Toutes ces stalles sont dues au ciseau du maître menuisier André Sulpice, qui est également l'auteur des stalles de la collégiale de Villefranche, de celles de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez. Le contrat est de 1462, et le travail dura seize ans."

—LAURIERE (Raymond), 1999 Thèse Toulouse 2, non consultée

https://theses.fr/1999TOU20040

 —Gilhodes (abbé), 1973, La chartreuse de Villefranche de Rouergue, Analecta cartusiana, n 14

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Published by jean-yves cordier - dans XVe siècle Sculpture Héraldique
8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 16:11

Ensemble de 74 stalles (chêne, 1532) du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse : les miséricordes, les appuie-mains et les jouées.  II. Le côté nord.

 

Voir sur Brou :

 

Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

Hors Bretagne :

 

PRÉSENTATION: voir article I

croquis de la numérotation adoptée pour les stalles.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

LES  DEUX STATUES ET LES JOUÉES (atelier de Guyot de Beaugrant).

En relation avec le côté sud, au décor voué à l'Ancien testament, celui du coté nord est voué au Nouveau Testament, en l'occurrence aux épisodes de l'Enfance et de la vie publique du Christ avant sa Passion.

 

1°)  statue du dais, angle nord-ouest : saint Grégoire, pape.

Il répond, du côté sud, à la statue de Moïse.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

2°) Jouée du retour des stalles, côté nord-ouest : la Nativité.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

3°) Au dessus de la Nativité : L'Annonce faite aux bergers.

On trouve au dessus selon Dufay, mais non photographié, la Présentation de Jésus au Temple.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

4°) Jouée du retour des stalles basses : l'Adoration des bergers.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

5°) Sculpture en ronde bosse : paire de lions.

Ensemble de 74 stalles (chêne, 1532) du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse : les miséricordes, les appuie-mains et les jouées.  II. Le côté nord.
Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

6°) Jouée de retour des stalles basses, au milieu (marches d'accès vers la stalle 50) : le Massacre des Innocents ordonné par Hérode.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

7°) Sculpture en ronde bosse : animaux hybrides à tête de femme, corps d'oiseaux et queue spiralée.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

8°) Jouée de retour des stalles basses, au milieu (marches d'accès vers la stalle 50) : Jésus assis au sommet de sept marches enseignant aux Docteurs du Temple.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

9°) Sculptures en ronde bosse : animaux fantastiques à tête et buste de femmes, pattes de batracien, et coquille d'esscargot.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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10°) Jouée de stalle basse du côté nord-est : le Baptême de Jésus par Jean-Baptiste dans le Jourdain.

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11° Sculptures en ronde bosse : paire d'animaux à tête brisée, à pattes feuillagées.

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12°) Jouée de retour de stalle haute, panneau inférieur  : la Femme adultère, Jésus écrivant au sol.

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13°) Jouée de retour de stalle haute, panneau  médian : la Multiplication des pains et des poissons.

n.b : plus haut, l'Entrée à Jérusalem, non photographiée

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14°) La statue de saint Jérôme, avec son chapeau de cardinal et son lion.

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LES MISÉRICORDES DU CÔTÉ NORD.

Note : les descriptions me sont personnelles. Les stalles délimitées par un cordon ne sont pas accessibles au public, et les photographies ont été prises tant bien que vaille, et avec l'éclairage ambiant : on voudra bien en excuser la qualité.

Liste.

Comme du côté sud, on retrouve l'importance données aux scènes dans lesquelles des putti jouent (avec une forte connotation anale) avec des aigles ou des dragons. Si on y associent les anges placés dans la même situation, ou les jeunes garçons, on dénombre 14 miséricordes sur 37. La scène de la fessée n°40 ne dénote pas avec ce thème. De même,  5 miséricordes montrent, comme au sud,  des moines "en prière" ou endormis sur leurs lectures. On trouve aussi 4 "bourgeois", qui évoquent parfois des prophètes tenant des phylactères.

Deux  miséricordes montrent un couple représenté dans des médaillons : je les considèrent comme des miséricordes honorant des dignitaires (sans-doute Marguerite d'Autriche et Philibert le Beau). De même, les miséricordes qui s'ornent de blasons (dont le blason losangique de la commanditaire) ou du moins de cuirs relèvent de la même veine honorifique.

 

LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES.

n° 38 : putto entre deux dragons.

n° 39 : putto à genoux penché sur un livre.

n° 40 : personnage (femme?) vêtu d'une robe longue à ceinture et coiffé d'un bonnet administrant avec un faisceau de branches une fessée à un jeune garçon à genoux devant elle, aux fesses dénudées, sa robe ou tunique étant relevée.

n° 41 : Moine à genoux sur le sol, penché sur un livre ouvert, la capuche recouvrant sa tête.

n° 42 : Deux anges tenant un médaillon d'un homme barbu.

n° 43 : putto tenant un phylactère.

n° 44 : ange chevauchant un dragon non ailé, au long cou sinueux.

n° 45 : putto accroupi maniant un ustensile.

n° 46 : personnage tonsuré vêtu d'une pelisse, présentant un phylactère.

n° 47 : moine tonsuré prosterné à genoux, mains jointes.

n° 48 : ange présentant un phylactère.

n° 49 : putto portant un animal (chien?) sur son dos.

n° 50 : stalle d'honneur. Deux anges présentant un cuir découpé à enroulement. Support d'armoiries?

n° 51 : moine endormi dans l'attitude du songeur, allongé au sol la tête appuyée sur la paume. Il tient un livre fermé sur la poitrine.

n° 52 : garçon vêtu d'une tunique sans manches, de braies, pieds nus, tenant l'aile d'un aigle.

n° 53 : putto et aigle. L'enfant étreint l'aigle, dont le bec est dirigé vers ses fesses.

n° 54 : deux anges présentant un médaillon au profil féminin.

n° 55 : personnage (bourgeois) vêtu d'une pelisse et coiffé d'un chapeau haut, assis au sol, tenant un phylactère.

n° 56 : personnage (bourgeois ?) en buste vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau haut, tenant un phylactère.

n° 57 : personnage (bourgeois ?) accroupi vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau conique, tenant un phylactère.

n° 58 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

LES MISÉRICORDES DES STALLES BASSES.

n° 59 :  moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

n° 60 : putto tenant deux cuirs découpés à enroulement, support possible d'armoiries.

n° 61 : deux anges présentant un blason losangique donc féminin.

n° 62 : putto penché en avant, tenant d'une main un phylactère, et appliquant contre ses fesses un ustensile s'achevant par un récipient avec des boules.

n° 63 : deux putti luttant.

n° 64 : putto enlaçant le tronc d'un dragon non ailé.

n° 65 : putto enjambant le dos d'un dragon non ailé et lui tournant le dos. Il lui écarte la queue tandis qu'une main est posée sur la cuisse de l'animal.

n° 66 : homme au costume Renaissance (habits à crevés, mode François Ier puis Henri II), mais tête nue, curieusement penché à l'arrière d'un dragon, posant le menton sur son arrière-train. Le dragon retourne sa tête vers l'homme.

n° 67 : ange enjambant un phylactère.

n° 68 : ange chevauchant un dragon non ailé à qui il a passé un collet.

N° 69 : putto penché à quatre pattes sur un aigle, qui lui mord la tête.

n° 70: putto tenant un aigle attaché par un lacet noué à sa patte gauche.

n° 71: vigne (eucharistique ?) : feuille et grappe.

n° 72 : putto tenant un aigle par l'aile.

n° 73 : homme courbé en deux vers le sol. tunique et bonnet à crevés mais l'abondance de ceux-ci, en forme d'oreilles, peut laisser penser à un fou.

n° 74 : putto tenant un phylactère.

 

LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES n° 38 à 58.

 

n° 38 : putto entre deux dragons.

 

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n° 39 : putto à genoux penché sur un livre.

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n° 40 : personnage (femme?) vêtu d'une robe longue à ceinture et coiffé d'un bonnet administrant avec un faisceau de branches une fessée à un jeune garçon à genoux devant elle, aux fesses dénudées, la robe ou tunique de l'enfant étant relevée.

Sur les stalles de l'abbaye Saint-Férréol d'Essôme-sur-Marne, datées vers 1540, une miséricorde représente une fessée analogue, donnée par une femme assise sur une chaise à un enfant nu couché sur ses genoux. Elle n'utilise pas de verges, mais la paume de sa main. Merci à Alain Bonte pour cette information.

 

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n° 41 : Moine à genoux sur le sol, penché sur un livre ouvert, la capuche recouvrant sa tête.

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n° 42 : Deux anges tenant un médaillon d'un homme barbu.

Influence de la renaissance italienne.

 

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n° 43 : putto tenant un phylactère.

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n° 44 : ange chevauchant un dragon non ailé, au long cou sinueux.

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n° 45 : putto accroupi maniant un ustensile.

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n° 46 : personnage tonsuré vêtu d'une pelisse, présentant un phylactère.

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n° 47 : moine tonsuré prosterné à genoux, mains jointes.

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n° 48 : ange présentant un phylactère.

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n° 49 : putto portant un animal (chien?) sur son dos.

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n° 50 : stalle d'honneur. Deux anges présentant un cuir découpé à enroulement. Support d'armoiries?

Cette stalle est plus large que les autres, et une volée de marche y conduit, encadrée des jouées centrales.

Elle fait face à la stalle n° 13 du côté sud, dont la miséricorde est ornée des armes du duché de Savoie, celles de Philibert le Beau, époux défunt de la commanditaire du monastère de Brou.

 

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n° 51 : moine endormi dans l'attitude du songeur, allongé au sol la tête appuyée sur la paume. Il tient un livre fermé sur la poitrine.

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n° 52 : garçon vêtu d'une tunique sans manches, de braies, pieds nus, tenant l'aile d'un aigle.

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n° 53 : putto et aigle. L'enfant étreint l'aigle, dont le bec est dirigé vers ses fesses.

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n° 54 : deux anges présentant un médaillon au profil féminin.

Ce médaillon forme une paire avec le n°42 et rapproche les deux personnages comme un couple. Est-ce une référence à la commanditaire et à son mari défunt? Les emplacements ne sont pas symétriques par rapport à la stalle d'honneur n°50. Mais les miséricordes occupent-elles leur places d'origine, ou bien ont-elles été remontées à d'autres places lors d'anciennes restaurations?

Si ces deux médaillons étaient rapprochés, les personnages se feraient face.

Ces deux médaillons sont, dans ces stalles la seule influence de la renaissance italienne, dans un décor gothique flamboyant, mais cette influence se retrouve ailleurs dans le monastère, notamment sur les vitraux.

 

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n° 55 : personnage (bourgeois ?) vêtu d'une pelisse et coiffé d'un chapeau haut, assis au sol, tenant un phylactère.

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n° 56 : personnage (bourgeois ?) en buste vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau haut, tenant un phylactère.

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n° 57 : personnage (bourgeois ?) accroupi vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau conique, tenant un phylactère.

Il regarde vers le haut d'un air inspiré, et peut évoquer lun prophète hébraïque.

 

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n° 58 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

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LES MISÉRICORDES DES STALLES BASSES.

 

n° 59 :  moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

À la différence du précédent, sa cagoule n'est qu'à moitié remontée sur sa tête.

 

 

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n° 60 : putto tenant deux cuirs découpés à enroulement, support possible d'armoiries.

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n° 61 : deux anges présentant un blason losangique donc féminin.

Ce blason rappelle ceux de même formes mais en pierre qui sont placés tout autour du chœur : ils portaient les armoiries de Marguerite d'Autriche. Là encore, on peut s'étonner de l'emplacement à l'écart de l'axe d'honneur et de la rangée haute, plus honorable, et s'interroger sur une possible modification des répartitions initiales.

 

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n° 62 : putto penché en avant, tenant d'une main un phylactère, et appliquant contre ses fesses un ustensile s'achevant par un récipient avec des boules.

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n° 63 : deux putti luttant.

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n° 64 : putto enlaçant le tronc d'un dragon non ailé.

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n° 65 : putto enjambant le dos d'un dragon non ailé et lui tournant le dos. Il lui écarte la queue tandis qu'une main est posée sur la cuisse de l'animal.

Comparable à la miséricorde n°33 du côté sud.

 

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n° 66 : homme au costume Renaissance (habits à crevés, mode François Ier puis Henri II), mais tête nue, curieusement penché à l'arrière d'un dragon, posant le menton sur son arrière-train. Le dragon retourne sa tête vers l'homme.

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n° 67 : ange enjambant un phylactère.

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n° 68 : ange chevauchant un dragon non ailé à qui il a passé un collet.

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n°69 : putto penché à quatre pattes sur un aigle, qui lui mord la tête.

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n° 69 : putto tenant un aigle attaché par un lacet noué à sa patte gauche.

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n° 71 : vigne (eucharistique ?) : feuille et grappe.

S'il s'agit d'un symbole eucharistique, c'est ici le seul motif religieux de ces miséricordes.

S'il s'agit seulement d'un décor végétal, c'est là encore une exception, à l'opposée de nombreuses stalles ornées de feuillages.

Une branche du cep est brisée.

 

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n° 72 : putto tenant un aigle par l'aile.

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n° 73 : homme courbé en deux vers le sol. tunique et bonnet à crevés mais l'abondance de ceux-ci, en forme d'oreilles, peut laisser penser à un fou.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 74 : putto tenant un phylactère.

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Quelques vue générales des stalles.

 

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QUELQUES APPUIE-MAINS

Appuie-mains des stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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SOURCES ET LIENS

—Base Palissy

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01000080

— DUFAY, 1867, L'église de Brou p.63 et suiv

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112425j/f77.item.texteImage

"En entrant dans le choeur de l'église par le jubé, on voit d'abord les stalles en bois, au nombre
de 42; elles sont placées des deux côtés du choeur, sur deux rangs séparés par une estrade qui a pour
but d'élever du sol les sièges adossés aux murs.
Chaque panneau ou lambris est séparé de celui qui le joint par quatre colonnettes à bases gothiques, à fûts coudés et couverts de feuillages et d'ornements sculptés s'élevant jusqu'aux corniches supérieures. Les centres des panneaux sont occupés par une suite de niches abritant, chacune, un personnage de 35 à 40 centimètres de hauteur; tous ces personnages sont posés sur des piédestaux à colonnes de diverses formes, mais de même dimension.
Ces statuettes, d'un style élevé, contrastent avec les figures des régions inférieures.

 Il y a au-dessous toute une population de grotesques,qui s'agite et mime des dialogues peu naïfs. Ainsi, un singe, à cheval sur une cloison, fait des grimaces à un moine juché sur la cloison voisine et lisant sonbréviaire.—Un soldat, à barbe inculte, semble s'adresser à une fille accroupie de froid, qui cache ses mains sous ses aisselles; plus loin, une vierge folle, portant une tête de mort sur ses genoux,
tire la langue à un religieux dont le capuchon laisse passer des oreilles d'âne. — Un capucin étreint, avec bonheur, dans ses bras, une outre remplie de vin qui jaillit dans sa bouche. —Un autre fustige vigoureusement, avec de fortes verges, une femme nue qui lui mord le talon. — Enfin, presque tous les bras des stalles sont des personnages grimaçant ou à figures de singe. — Sous les banquettes le grotesque redouble, et les groupes ont des allures licencieuses et bachiques.— C'est le style moyen-âge, c'est l'époque où la satire ne connaissant plus de frein, flagellait le clergé séculier, auquel l'artiste prêtait tous les vices et les ridicules, selon sa joyeuse ou sa mauvaise humeur.

Revenons aux personnages placés près des lambris, et essayons d'en donner la description
d'après l'ordre adopté par le père Rousselet ( Le père Pacifique Rousselet, augustin réformé,
dernier prieur de Brou, a écrit l'Histoire et Description de l'église de Brou, en 1767.).

En commençant par le côté droit du choeur, on voit 24 prophètes ou patriarches de l'Ancien Testament. Ce sont: Abraham levant une main au ciel.—Isaac méditant.--La force, exprimée symboliquement par un homme ayant une barbe touffue. --Jacob luttant avec un ange. — Isaïe et Jérémie annonçant l'incarnation du Verbe. — Aaron, grand sacrificateur. — Moïse montrant les tables de la loi. — Néhèmie. — Ezéchiel. — David tenant une harpe. — Daniel Vêtu en officier. — Samuel appuyé sur un bâton, tenant une épée comme juge d'Israël. — Osée montrant le ciel. — Joël lisant un livre. — Amos, — Abdias. —Jonas voyageur. — Miche. -— Nahum, — Habacuc fuyant avec effroi. — Aggée se reposant sur un bâton. — Zacharie montrant le ciel; et Malachie qui semble compter sur ses doigts la venue du Messie.
Sur le lambris des stalles du même côté, il existe trois panneaux en relief: Adam endormi, pendant
que Dieu tire une de ses côtes pour former la femme. — Eve chassée du paradis par un ange
qui tient une épée flamboyante. — Le meurtre d'Abel par son frère Caïn.
La partie du lambris en retour, n'ayant qu'un seul panneau, représente l'apparition de Dieu à Moïse dans le buisson ardent.
A l'entrée du milieu des stalles, on voit sur la droite, Manué, père de Samson, offrant à Dieu un
holocauste en action de grâces pour la promesse qui lui a été faite par un ange, qu'il aurait un fils
d'une force extraordinaire ; dans le même panneau, paraît un ange qui s'élève au ciel avec la
fumée de l'holocauste. A gauche, Samson ayant une des portes de la ville de Gaza sous son bras, et
l'autre sur ses épaules.
Sur le panneau de la partie du lambris en retour, placé à l'extrémité des stalles et du même côté, c'est la victoire de David sur Goliath, au moment où ce prince lui coupa la tête.
Le lambris à trois panneaux, qui n'est séparé du précédent que par le passage communiquant
aux stalles,présente dans la partie inférieure: l'histoire de la chaste Suzanne accusée par les impudiques vieillards, et conduite en prison par leur ordre. — Au milieu, la multiplication des vingt pains d'orge par le prophète Elisée. — A la partie supérieure, le sacre de Salomon par le prêtre Sadoc, accompagné de Nathan, — de Banaïas, capitaine de David, — d'un héraut d'armes et de plusieurs autres personnages. — On aperçoit encore sur chacun de ces lambris, deux niches qui renferment,du côté de la grande porte du chœur, la statue d'Aaron; et à l'extrémité des stalles, Moïse. Aaron paraît indiquer à Moïse le meurtre d'Abel. Moïse regardant Aaron, lui montre le ciel; inclinant sa baguette vers la terre, il semble dire qu'un Dieu vengeur ne laissera pas ce crime impuni.


Les stalles, à la gauche du choeur, sont garnies de figures représentant le Nouveau Testament.
Elles sont également au nombre de 24.
En commençant en bas du chœur, vers la porte principale d'entrée, on reconnaît : Saint Luc (un bœuf à ses pieds) montrant du doigt son Évangile ouvert. — Saint Pierre. (Cette statuette a été volée).
Saint Étienne en habit de diacre portant le livre des Évangiles. — Saint Mathieu, avec un ange à côté de lui. — Saint Mathias; il semble s'entretenir aveo Zébédèe, qui le suit. Saint Jean l’Évangéliste, ayant un aigle à ses pieds, et parcourant son Évangile appuyé sur son genou. — Saint Marc, son Évangile dans les mains, un lion à côté de lui. — Saint Paul ; il tient ses Épîtres de la main droite, son épée de la main gauche. — Saint André appuyé sur sa croix.— Saint Jean tenant une coupe d'où sort une couleuvre. — Saint Thomas, les Évangiles à la main, un petit sac à son côté. — Saint Jacques le Majeur tenant un bâton de la main gauche. — Saint Jacques le Mineur, avec son bâton. — Saint Simon portant les Évangiles de la main gauche. (Le bras droit est cassé.) Saint Thadée, un bâton dans la main droite, les Évangiles dans la main gauche. — Saint Barnabé,appuyé sur le pilier auquel il fut attaché pour être lapidé. — Saint Barthélémy portant une scie de la main droite. — Saint Philippe ayant sous le bras droit le livre des Évangiles. — Simon le pharisien, une épée au coté. — Jésus enseignant ; il a un livre ouvert à la main. — Jésus voyageant, tient un bâton et paraît fatigué. — Saint Jean Chrysostome portant ses écrits de la main gauche. — Saint Jude, montrant le ciel d'une main et soutenant sa robe de l'autre.


Revenant aux lambris des stalles de ce côté, on remarque sur le panneau inférieur, près de la
porte: la naissance de l'enfant Jésus; il est couché sur la paille, assisté de saint Joseph et de la sainte
Vierge, sa mère. Sur le panneau du milieu, c'est la nouvelle de cette naissance, donnée par un ange, aux pasteurs, dont quelques-uns, éveillés en sursaut, semblent se hâter d'aller adorer le Messie.
Sur celui d'en haut, c'est la présentation de l'enfant Jésus au temple ; la compagnie est nombreuse; on y distingue Marie et Siméon. Ce saint patriarche tient entre ses bras le Sauveur du monde.
Le panneau de la partie du lambris en retour représente l'adoration des Rois.
Vers l'entrée du milieu des stalles, on remarque, à gauche, le massacre des innocents, et à droite, le Sauveur, encore enfant, assis au milieu des docteurs dans le temple de Jérusalem.
En suivant les stalles jusqu'à l'extrémité, on voit sur la partie du lambris en retour, le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean, sur le fleuve du Jourdain.

Sur le panneau inférieur du lambris,se trouve le jugement prononcé par J.-C. en faveur de la femme adultère; ses accusateurs regardent ce que le divin Sauveur a écrit sur le sable.  Sur celui du milieu, est le miracle de la multiplication des cinq pains et des deux poissons qui servirent à J.—C. pour nourrir cinq mille hommes.—Le plus élevé représente l'entrée solennelle de J.-C. dans Jérusalem; on y remarque un grand concours d'habitants portant des palmes et étendant leurs manteaux sur le passage du Sauveur.
Les deux figures qui correspondent à celles d'Aaron et de Moïse, qu'on a vues de l'autre côté
des stalles, sont : saint Grégoire, pape, au bas du choeur; et à l'extrémité des stalles, saint Jérôme
donnant à manger à un lion qui se dresse pour le caresser.
Le couronnement de ces boiseries est soutenu par des voûtes imitées de celles de l'église; ce sont des arcs doubleaux, des piliers à nervures, des écussons, des ornements réduits et sculptés du meilleur effet."

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. 17 occurrences sur Brou ;  pages 139 et suiv. Illustrations n°177 à 182.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

— LEFFTZ (Michel), 2018, "Guyot de Beaugrant et la sculpture maniériste à l’église de Brou: stalles, retable, tombeaux, portail occidental. " Dans Princesses et Renaissance(s): La commande artistique de Marguerite d’Autriche et de son entourage (p. 44-54). Edition du Patrimoine.

https://rkddb.rkd.nl/rkddb/digital_book/202103203.pdf

"Michel Lefftz, revenant sur le dossier des stalles déjà analysé sur le plan iconographique par Ingrid van Woudenberg en 2006, élargit son enquête au retable des Sept Joies de la Vierge, à la petite sculpture des tombeaux princiers, à celles du lutrin déposé dans le chœur et du portail occidental de la collégiale. Il propose de reconnaître, dans l’unité du style maniériste affirmé à Brou, le ciseau de Guyot de Beaugrant aidé d’un assistant anonyme, et date ses réalisations pour Brou entre 1530 et 1532, juste après l’exécution de la célèbre cheminée du Franc de Bruges (1529-1530)."

"L’analyse stylistique a montré que les sculptures en bois des stalles de Brou, à l’exception des miséricordes, pouvaient être attribuées à Guyot de Beaugrant et à un assistant non identifié, dénommé ici « Maître B ». Guyot de Beaugrant a également réalisé les statuettes en chêne du lutrin de chœur, les quatre anges en pierre du portail occidental et plusieurs figures et groupes en albâtre qui ont été intégrés dans le retable des Sept Joies de la Vierge. Les œuvres qui peuvent être attribuées à Beaugrant révèlent un artiste virtuose, dont le style passe par différentes phases du maniérisme et qui revient ensuite à une certaine forme de classicisme. Le chantier de Brou (1530-1532) est maintenant parfaitement situé dans la carrière de l’artiste, entre celui du Franc de Bruges (1529-1530) et celui du retable de l’église Saint-Jacques à Bilbao (après 1533).

Composé de quarante-deux stalles hautes et de trente-deux stalles basses, l’ensemble impressionnant et magnifique des stalles de Brou résulte de la collaboration entre une équipe de huchiers et une autre de sculpteurs . Les archives n’ayant livré qu’un seul nom, celui de Pierre Berchod, huchier de Bourg, chargé de « bailler la tache des sièges », qui œuvre entre 1530 et 1532, force est de recourir à l’analyse stylistique pour en attribuer les sculptures. Nous laisserons ici de côté les miséricordes « à la verve gauloise » pour nous attacher au style des statuettes ornant les dorsaux et des reliefs « à l’exubérance flamande », insérés dans les jouées. Nous délaisserons également l’iconographie, celle-ci ayant déjà fait l’objet d’une étude spécifique en 2006. Nos analyses morphologiques montrent que la quarantaine de statuettes, ainsi que la petite vingtaine de reliefs des stalles, peuvent être réparties en deux groupes stylistiques clairement distincts . Cependant, aucune analyse dendrochronologique ne permettant de préciser la provenance des bois dans lesquels ces œuvres ont été sculptées, on ne dispose pas d’arguments probants pour déterminer si le travail a été accompli sur place ou dans les anciens Pays-Bas, où Guyot de Beaugrant était actif. Les deux maîtres se sont aussi réparti la réalisation des reliefs narratifs des jouées des stalles ; les plus habiles dans la conception et dans l’exécution étant ici aussi redevables à Guyot de Beaugrant. Rappelons que les panneaux ont nécessairement dû être réalisés avant leur insertion dans la menuiserie des stalles, lors du montage de l’ensemble, à Brou."

— JARRIN (Charles), Brou, sa construction, ses architectes...

— COMMONS WIKIMEDIA: photographies

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Choirs_stalls_in_%C3%89glise_de_Brou

— WOUDENBERG (Ingrid van), 2006, « Les stalles du chœur de Brou : expression d’un amour religieux ou profane ? », in Brou, un monument européen à l’aube de la Renaissance, actes du colloque, Bourg-en-Bresse.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Miséricordes. Sculpture XVIe siècle. Renaissance. Héraldique
7 août 2025 4 07 /08 /août /2025 16:31

Ensemble de 74 stalles (chêne, 1532) du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse : les miséricordes, les appuie-mains et les jouées.

I. Le côté sud.

 

 

 

 

Voir sur Brou :

 

Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

Hors Bretagne :

 

 

PRÉSENTATION

 

 

Le monastère royal de Brou a été bâti par Marguerite d'Autriche, régente des Pays-Bas, pour honorer la mémoire de son mari Philibert-le-Beau, duc de Savoie et accueillir dans le chœur de l'église Saint-Nicolas de Tolentin le gisant de celui-ci (ainsi que le sien et celui de sa mère). Les stalles du chœur y sont aménagées pour permettre aux  chanoines, dignitaires et chantres de chanter les offices, autour d'un imposant lutrin. Elles sont organisées en deux rangs haut et bas et on  dénombre de chaque côté (au nord et au sud) 21 stalles hautes  et 16 stalles basses, soit 37 de chaque côté et donc 74 stalles au total.

Situation

Dans le chœur, entre la porte d'entrée de la clôture du jubé et le gisant de Philibert Le Beau, elles sont encadrées par les galeries de pierre reliant le jubé avec les appartements et espaces de l'étage. Ces galeries et le jubé font courir au dessus des stalles des frises emblématiques de Marguerite d'Autriche, de la Savoie, de la Bourgogne.

Datation entre 1530 et 1532

La datation est déduite d'un ordre d'exécution par Marguerite d'Autriche à l'architecte Louis van Boghem, et de la date de consécration de l'église le 22 mars 1532, après la mort de la commanditaire. Mais les stalles étaient-elles alors en place, ce qui supposerait leur exécution en 19 mois seulement ? "Nombreux sont les témoignages qui attestent de la rapidité du rythme de production des artisans. Les nombreuses traces laissées à vif par lees ciseaux indiquent la hâte avec laquelle le menuisier mettait les éléments bout à bout sans prendre le temps de poncer le bois pour obtenir une finition plus lisse. Mais cette célérité ne s'exerça nullement au détriment de l'efficacité du travail fourni. Bien au contraire, elle donne à la sculpture un immense semblant de vitalité ; les formes sculptées se virent, la hâte aidant, conférer une immédiateté frémissante  que l'on peut comparer au travail du plâtre chez Auguste Rodin" (D & H. Kraus, 1986 p.140)

Attribution des miséricordes et appuie-mains :

Les archives n’ont livré qu’un seul nom, celui de Pierre Berchod dit Terrasson, huchier de Bourg, chargé de « bailler la tache des sièges », qui œuvre entre 1530 et 1532. Celui-ci  avait été chargé en 1511-1519 des stalles de Notre-Dame du Bourg de Bourg-en-Bresse. D. et H. Kraus cite, pour ce chantier, les termes du contrat de Pierre Terrasson, maître menuisier et six syndics et 4 prêtres de Notre-Dame-de-Bourg (Archives communales BB24, 19 avril 1510). Voir Jules Baux p.24

Matériau

chêne, provenant sans doute de la forêt voisine de Seillon.

Attribution des jouées :

Les jouées sont attribuées au sculpteur des Flandres Guyot de Beaugrant et à son assistant, également auteur de la quarantaine de statuettes des dais : "La menuiserie proprement dite a pu être réalisée localement, mais la fine sculpture est à rapprocher du maniérisme anversois, avec les attitudes dansantes des personnages et un décor de transition entre l’art gothique et la Renaissance. "

Numérotation

Ne parvenant pas à accéder à une étude de ces stalles, j'ai choisi une numérotation identique à celle que Florence Piat a employé pour les stalles de Tréguier. Au milieu des stalles hautes, un emplacement (n°13 et 50) plus large correspond à une stalle d'honneur, vraisemblablement réservé à des dignitaires, de la noblesse ou du clergé, et leur décor témoigne de cet élection (en 13, un ange tient l'écu de la Savoie)

Un méchant croquis permettra de visualiser cette numérotation. Elle débute aux stalles hautes du sud, angle sud-ouest, et parcourt ensuite les stalles basses en remontant vers le jubé, se poursuit par les stalles hautes du nord de 38 à 58 vers le chœur et revient à nouveau par les stalles basses jusqu'au jubé et sa clôture.

 

Plusieurs études, universitaires ou expertes, ont été consacrées à ces stalles (*), mais en se concentrant sur les dais et dorsaux, attribués à un atelier bruxellois, celui de Guyot de Beaugrant. Les sièges, avec leurs parcloses, leurs miséricordes et appuie-mains sculptés, ont été négligés, sans doute car ils seraient l'œuvre d'un menuisier ou huchier local,  le menuisier bressois Pierre Berchod, dit Terrasson, à qui avait été confiées auparavant, en 1510, les stalles de l'église Saint-Pierre de Brou. 

(*)On consultera

—la notice Mérimée PM 01000080 :

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01000080

— l'article d'Ingrid van Woudenberg, Les stalles du chœur de Brou : expression d'un amour religieux ou profane ?, qui a recherché les relations entre les scènes des jouées et dorsaux avec la pensée et la dévotion de Marguerite d'Autriche,

— Lefftz, M. (2018). Guyot de Beaugrant et la sculpture maniériste à l’église de Brou: stalles, retable, tombeaux, portail occidental. Dans Princesses et Renaissance(s): La commande artistique de Marguerite d’Autriche et de son entourage (p. 44-54). Edition du Patrimoine.

— Je n'ai pas eu accès au mémoire de  Maxime Delfosse, Étude des stalles de l’église de Brou à l’église de Bourg-en-Bresse, mémoire de licence à l’université de Louvain-la-Neuve, sous la direction de M. Ignace Vandevivere, 2000.

Néanmoins, les miséricordes des stalles de Brou ont été étudiées par Dorothy et Henry Kraus dans leur ouvrage Le monde caché des miséricordes, pages 138 à 142 avec 7 illustrations.

Les stalles ont été classées monument historique en 1902/11/21. Elles ont été restaurées en 1990 par Pierre Nillon et dépousiérées en 2013 par Antoine Buisson.

 

 

Les stalles du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

I. LE CÔTÉ SUD.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

La sculpture de Moïse et les quatre premières stalles.

 

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

LES STATUES ET JOUÉES

On considère que les jouées des stalles sud sont ornées de thèmes de l'Ancien Testament, correspondant parfois dans une démarche typologique inspirée de la Biblia pauperum avec celle du côté nord, inspiré de l'Ancien Testament.

Je n'ai pas vu les panneaux suivants signalés par Dufay  : Adam endormi, pendant que Dieu tire une de ses côtes pour former la femme. — Eve chassée du paradis par un ange qui tient une épée flamboyante. — Le meurtre d'Abel par son frère Caïn.

1°) Statue des stalles hautes, côté sud-ouest : Moïse

2°) Jouée sud-ouest des stalles basses

a) Moïse et le Buisson ardent

b) sculptures en ronde bosse : paire d'animaux fantastiques à pattes, queue et dos feuillagés et à bec d'oiseau.

L'épisode biblique du Buisson ardent, manifestation de Yahvé, est mise en parallèle ici, tout comme dans la Biblia pauperum, avec la Nativité.

[Biblia pauperum (latin). circa 1460-1465] f.2r BnF Réserve des livres rares, XYLO-4, droits Gallica

La Nativité orne le  panneau de la jouée homologue du côté nord. 

La xylogravure de  la Biblia pauperum permet de mieux interpréter le panneau. Le sculpteur a ajouté un bâton (bâton de berger ou houlette) aux pieds de Moïse. Ce dernier se tourne vers sa droite, saisi d'étonnement devant la manifestation divine.  Cf Exode 3: 

"Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer."

 

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée sud-ouest des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée sud-ouest des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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3°) Jouées des stalles basses, en milieu de rang, côté ouest

a) Gédéon et la peau de mouton (Juges, 6 :15-40) Gédéon, en armure

b) sculptures en ronde bosse : paire d'animaux fantastiques à pattes, queue et dos feuillagés et tête de chien portant un collier.

Gédéon, cinquième juge d’Israël, souhaite savoir si Dieu veut l’utiliser pour libérer la Terre Promise.  Gédéon, met Dieu à l'épreuve :

" Si tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l'as dit,voici, je vais mettre une toison de laine dans l'aire; si la toison seule se couvre de rosée et que tout le terrain reste sec, je connaîtrai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l'as dit. Et il arriva ainsi. Le jour suivant, il se leva de bon matin, pressa la toison, et en fit sortir la rosée, qui donna de l'eau plein une coupe. Gédéon dit à Dieu: Que ta colère ne s'enflamme point contre moi, et je ne parlerai plus que cette fois: Je voudrais seulement faire encore une épreuve avec la toison: que la toison seule reste sèche, et que tout le terrain se couvre de rosée. Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. La toison seule resta sèche, et tout le terrain se couvrit de rosée."

 Au Moyen Âge, on interprète cet espace resté sec et pur comme un symbole de la virginité de Marie. Gédéon sortira vainqueur du combat, grâce à ce signe de Dieu.

Voir le paragraphe 3°) de :

https://www.lavieb-aile.com/2024/04/les-vitraux-de-saint-nicolas-de-port-la-baie-20.html

Le panneau consacré à Gédéon relève d'une lecture typologique des récits de l'Ancien Testament considérés comme annonçant ceux du Nouveau Testament, selon une mise en parallèle des récits illustrés dans la Biblia pauperum ou Bible des pauvres : on comparera ce panneau avec la xylogravure reliant le miracle de Gédéon avec l'Annonciation :

Biblia pauperum 1460-1465 : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, XYLO-4

On remarque mieux sur le panneau sculpté la peau de mouton, le bouclier (ici, une rondache),  l'ange envoyant à Gédéon le phylactère au dessus du térébinthe. On sait qu'on doit y lire, d'après la gravure,  Dominus tecum virorum fortissime (Juges 6:12), dans un parallèle évident avec l'archange Gabriel disant à la Vierge Ave gratia plena dominus tecum.

Les solerets (chaussure de l'armure) de la gravure du XVe siècle sont pointus, ceux du panneau du XVIe siècle sont ronds, le sculpteur a transposé sa représentation selon la mode militaire de l'époque.

On ne trouve pas, au nord, de panneau de l'Annonciation, peut-être celui-ci a-t-il disparu.

 

 

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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4°) Jouées des stalles basses, en milieu de rang, côté est : non inventoriées.

Dufay signale "Manué, père de Samson, offrant à Dieu un
holocauste en action de grâces pour la promesse qui lui a été faite par un ange, qu'il aurait un fils
d'une force extraordinaire
; dans le même panneau, paraît un ange qui s'élève au ciel avec la
fumée de l'holocauste. A gauche, Samson ayant une des portes de la ville de Gaza sous son bras, et
l'autre sur ses épaules."

5°) Jouées des stalles  hautes, côté est.

a) Panneau du bas : deux hommes se sont saisis d'une femme qu'ils entrainent. Un enfant, en haut d'un escalier, dit au revoir à la femme. Le tableau est visuellement  à mettre en parallèle avec le panneau de Jésus enseignant aux docteurs des stalles nord. Il est interprété par Dufay comme décrivant l'histoire de la chaste Suzanne accusée par les impudiques vieillards, et conduite en prison par leur ordre.

b) Au dessus, en ronde bosse : Le miracle de la Multiplication des vingt pains d'orge par Élisée (2Rois 4:42). 

Correspondance avec la Multiplication des pains par Jésus, sur les jouées homologues du côté nord.

Le prophète Élisée est debout et fait un geste de bénédiction. Une femme récolte les pains dans une corbeille, devant un enfant. La scène est visible également depuis l'intérieur des stalles.

c) Personnages dansants. Il s'agirait  selon Dufay du "sacre de Salomon par le prêtre Sadoc, accompagné de Nathan, — de Banaïas, capitaine de David, — d'un héraut d'armes et de plusieurs autres personnages. "

6°) Statue d'Aaron. Il tenait peut-être jadis la verge refleurie de son élection.

 
Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Jouée sud-est des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée sud-est des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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6°) Jouées des stalles basses, côté est.

a) panneau : David devant Goliath vaincu

b) Sculpture en ronde-bosse : paire d'oiseaux fabuleux à tête anthropomorphe.

David terrassant Goliath est mis en parallèe dans la Biblia pauperum avec le Christ aux limbes:

La Bible des Pauvres. David renversant Goliath; Le Christ aux limbes; Samson vainqueur du lion vers 1465/1465 MAITRE DES ANCIENS PAYS-BAS XVè s L 52 LR/28 Recto.© Musée du Louvre, dist. GrandPalaisRmn / Philippe Fuzeau
 
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LES MISÉRICORDES

 

 

Les thèmes ont été analysés par Dorothy et Henry Kraus ainsi :

"Le sujet, bien qu'exempte de plan d'ensemble ou de fil conducteur, se subdivise en quatre catégories générales.

La première, désignée sans doute par les moines du prieuré, montrent ceux-ci dans différentes attitudes de prière.

La seconde, attestant une forte influence flamande, est celle de la boisson. Les hommes et même les jeunes garçons sont présentés dans toute les attitude de l'adoration de la gourde, du pichet et même de la timbale.

La nudité d'un grand nombre d'entre eux révèle une troisième tendance de la sculpture   : plus de la moitié des protagonistes, presque exclusivement masculins, sont nus. Seule représentante du sexe féminin, une mère en compagnie de son fils dont elle est en train de frapper le postérieur mis à nu, à moins qu'il ne s'agisse de son faible mari dans une démonstration de misogynie qui ne contredirait pas l'accent très "mâle" de toute la collection.

Les artistes manifestent une autre prédilection plus curieuse encore que leu goût pour la udité. Il s'agit d'un jeu anal auquel se livre un jeune homme avec un animal réel ou fantastique.

Ces scènes furent sans doute considérées  comme purement fantasmatique

 

Liste des motifs des stalles du côté sud.

Les descriptions et interprétations me sont personnelles.

Je rappelle que ce sont en règle les chanoines qui se prononcent sur les "drôleries" et saynètes à sculpter sur les miséricores et appuie-mains : cela a été montré à Tréguier, mais aussi à l'église Notre-Dame-du-Bourg.

Les Kraus jugent que les moines sont décrits ici dans l'attitude de prière ; mais on les voit plutôt en train de dormir sur leurs livres, et Jules Baux  voit ici "les allusions les plus mordantes à l'endroit du clergé séculier".

Les 15 putti donnent aux chanoines l'occasion de contempler le corps potelé de jeunes garçons nus, mais, comme le remarque les Kraus, ces putti ont des comportement très ambigüs dans leur jeux de dévoration et caresses anales avec les dragons et les aigles qui leur tiennent compagnie.

Les scènes de boisson sont au nombre de six.

Seule la stalle d'honneur est ... honorifique avec son blason aux armes du duché de Savoie.

On remarquera les éléments thématiques absents : il n'y a pas de bestiaire isolé, pas de femmes , pas de créatures fantastiques comme les sirène et centaures, pas d'allusion aux proverbes, aux fabliaux et au Roman de Renard. Pas de représentation d'instrulments de musique, sauf en 26. Et pas de thème religieux bien-sûr.

Les graffiti des dorsaux sont très rares (mais ils existent), leur ancienneté est douteuse.

Il faudrait étudier la répartition selon les rangs haut et bas, et les mettre en relation avec l'occupation des sièges selon l'ancienneté et la hiérarchie des chanoines ou des membres de droit .

 

 

n°1 putto mordu par un dragon ailé

n°2 putto se tournant pour prendre un pichet

n° 3 : homme barbu en buste, portant une pelisse et un chapeau

n°4 : Putto dont le bras est dans la gueule d'un dragon à queue serpentiforme.

n°5 : Putto à la corne d'abondance  et dragon tenant une pièce dans sa gueule

n°6. Chanoine lisant, à demi allongé, un volumineux livre.

n°7 : deux putti accroupis  tenant un bâton  et emblème en forme de cœur.

n°8 : Moine recroquevillé sur lui-même en attitude de prière

n°9 : Moine (fou) portant l'index gauche sur sa tempe

n°10 : Putto assis sur un dragon à tête anthropomorphe et lui tenant la queue serpentiforme.

n°11 : évêque assis au sol, lisant, le visage maussade.

n°12 : Putto assis levant un court bâton (ou os) face à un aigle.

n° 13 = stalle d'honneur : ange agenouillé tenant un écu aux armes de la Savoie.

n° 14 : ange tenant un cuir découpé ou un blason (muet) à forme découpée

n°15 : Aigle mordant les reins d'un enfant, habillé, à genoux et penché en avant.

n° 16 : chasseur accroupi, tenant ce qui peut être un filet. Braguette bûchée.

n° 17 : Deux putti se disputant un flacon de boisson.

n° 18 : enfant vêtu d'une tunique serrée par un cordon, tenant un cuir orné d'un masque anthropomorphe.

 n° 19 : putto assis tenant un phylactère

n° 20 : chérubin au dessus d'une branche écotée

n°21 : putto installé accoudé sur le dos d'un dragon ailé, qui lui mord les fesses

n° 22 : Putto (aux cheveux peignés)  accroupi  vers le livre qu'il tient en main droite, et tenant une cruche en main gauche

n° 23 : homme à crâne nu ou putto accroupi, le menton posé sur une cruche par l'intermédiaire d'un linge

n°24 : Homme encapuchonné dormant, accoudé sur un livre.

n° 25 : Bourgeois (bonnet, pelisse) assis élevant une coupe.

n° 26 : Homme jouant du serpent, à côté d'un dragon ailé

n° 27 : ange nu chevauchant un phylactère

n°28 : homme assis, vêtu d'une pèlerine et coiffé d'un bonnet, buvant à un flacon.

n° 29 :  Homme vêtu d'une capuche et d'une tunique à ceinture, buvant un genou à terre à un flacon sous le regard de son chien.

n°30 : Homme assis lisant un livre posé sur un pupitre.

n°31 : Moine soulevant un cube ou livre.

n° 32 : putto (mais tonsuré),  vu de dos, la main sur la hanche.

n° 33 : Putto assis à califourchon sur le dos d'un dragon, lequel lui mord les fesses.

n° 34 : Putto sur le dos d'un animal (dragon non ailé ?)

n° 35 : homme semblant somnoler, accoudé au dessus de livres.

n° 36 : moine sommeillant

n° 37 : homme frappant un tamis ou crible. Ou (Kraus) : "flagellant".

 

LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES N° 1 à 21.

Les stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Les stalles hautes faisant retour le long du jubé. Stalles n° 1 à 3, statue de Moïse.

 

 

 

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n°1 putto mordu par un dragon ailé

Le putto est installé à cheval sur la queue serpentiforme du dragon et en caresse les deux extrémités, tandis que son pied est saisi jusqu'à la cheville par la gueule du monstre débonnaire.

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n°2 putto se tournant pour prendre un pichet

 

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n° 3 homme barbu en buste, portant une pelisse et un chapeau

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n°4. Enfant dont le bras est dans la gueule d'un dragon à queue serpentiforme.

Les stalles du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse. I. Le côté sud.

 

n°5 Putto à la corne d'abondance  et dragon tenant une pièce dans sa gueule.

Les stalles du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse. I. Le côté sud.

n°6. Chanoine lisant, à demi allongé, un volumineux livre.

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n°7 : Deux putti accroupis tenant un bâton  et un emblème en forme de cœur.

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n°8 : Moine recroquevillé sur lui-même en attitude de prière.

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n°9 : Moine (fou ?) portant l'index gauche sur sa tempe.

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n°10 : Putto assis sur un dragon à tête anthropomorphe et lui tenant la queue serpentiforme.

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n°11 : évêque assis au sol, lisant, le visage maussade.

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n°12 : Putto assis levant un court bâton (ou os) face à un aigle.

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n° 13 = stalle d'honneur : ange agenouillé tenant un écu aux armes de la Savoie.

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n° 14 : ange tenant un cuir découpé ou un blason (muet) à forme découpée

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n°15 : Aigle mordant les reins d'un enfant, habillé, à genoux et penché en avant.

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n° 16 : chasseur accroupi, tenant ce qui peut être un filet. Braguette bûchée.

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n° 17 : Deux putti se disputant un flacon de boisson.

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n° 18 : enfant vêtu d'une tunique serrée par un cordon, tenant un cuir orné d'un masque anthropomorphe.

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 n° 19 : putto assis tenant un phylactère

 

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n° 20 : chérubin au dessus d'une branche écotée

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n°21 : putto installé accoudé sur le dos d'un dragon ailé, qui lui mord les fesses.

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LES STALLES BASSES N° 22 à 37.

n° 22 : Putto (aux cheveux peignés)  accroupi  vers le livre qu'il tient en main droite, et tenant une cruche en main gauche

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n° 23 : homme à crâne nu ou putto accroupi, le menton posé sur une cruche par l'intermédiaire d'un linge

 

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Les miséricordes des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n°24 : Homme encapuchonné dormant, accoudé sur un livre.

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n° 25 : Bourgeois (bonnet, pelisse) assis élevant une coupe.

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n° 26 : Homme jouant du serpent, à côté d'un dragon ailé

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n° 27 : ange nu chevauchant un phylactère

 

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n°28 : homme assis, vêtu d'une pèlerine et coiffé d'un bonnet, buvant à un flacon.

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n° 29 :  Homme vêtu d'une capuche et d'une tunique à ceinture, buvant un genou à terre à un flacon sous le regard de son chien.

 

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n°30: Homme assis lisant un livre posé sur un pupitre.

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n°31 : Moine soulevant un cube ou livre.

 

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n° 32 : putto (mais tonsuré),  vu de dos, la main sur la hanche.

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n° 33 : Putto assis à califourchon sur le dos d'un dragon, lequel lui mord les fesses.

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n° 34 : Putto sur le dos d'un animal (dragon non ailé ?).

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n° 35 : homme semblant somnoler, accoudé au dessus de livres.

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n° 36 : moine sommeillant

 

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n° 37 : homme frappant un tamis ou crible. Ou (Kraus) : "flagellant".

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QUELQUES APPUIE-MAINS

Les appuie-mains des stalles sud du monastère de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Capucin.

 

Les stalles du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse. I. Le côté sud.

Homme barbu, pensif, la paume sous la joue gauche.

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Homme barbu tenant un flacon de boisson.

Les stalles du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse. I. Le côté sud.

Personnage tenant une tête de mort.

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Personnage tenant sur ses genoux un tonnelet à goulot central.

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Homme pensif tenant un livre ouvert.

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SOURCES ET LIENS

—Base Palissy

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01000080

— DUFAY, 1867, L'église de Brou p.63 et suiv

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112425j/f77.item.texteImage

"En entrant dans le choeur de l'église par le jubé, on voit d'abord les stalles en bois, au nombre
de 42; elles sont placées des deux côtés du choeur, sur deux rangs séparés par une estrade qui a pour
but d'élever du sol les sièges adossés aux murs.
Chaque panneau ou lambris est séparé de celui qui le joint par quatre colonnettes à bases gothiques, à fûts coudés et couverts de feuillages et d'ornements sculptés s'élevant jusqu'aux corniches supérieures. Les centres des panneaux sont occupés par une suite de niches abritant, chacune, un personnage de 35 à 40 centimètres de hauteur; tous ces personnages sont posés sur des piédestaux à colonnes de diverses formes, mais de même dimension.
Ces statuettes, d'un style élevé, contrastent avec les figures des régions inférieures.

 Il y a au-dessous toute une population de grotesques,qui s'agite et mime des dialogues peu naïfs. Ainsi, un singe, à cheval sur une cloison, fait des grimaces à un moine juché sur la cloison voisine et lisant sonbréviaire.—Un soldat, à barbe inculte, semble s'adresser à une fille accroupie de froid, qui cache ses mains sous ses aisselles; plus loin, une vierge folle, portant une tête de mort sur ses genoux,
tire la langue à un religieux dont le capuchon laisse passer des oreilles d'âne. — Un capucin étreint, avec bonheur, dans ses bras, une outre remplie de vin qui jaillit dans sa bouche. —Un autre fustige vigoureusement, avec de fortes verges, une femme nue qui lui mord le talon. — Enfin, presque tous les bras des stalles sont des personnages grimaçant ou à figures de singe. — Sous les banquettes le grotesque redouble, et les groupes ont des allures licencieuses et bachiques.— C'est le style moyen-âge, c'est l'époque où la satire ne connaissant plus de frein, flagellait le clergé séculier, auquel l'artiste prêtait tous les vices et les ridicules, selon sa joyeuse ou sa mauvaise humeur.

Revenons aux personnages placés près des lambris, et essayons d'en donner la description
d'après l'ordre adopté par le père Rousselet ( Le père Pacifique Rousselet, augustin réformé,
dernier prieur de Brou, a écrit l'Histoire et Description de l'église de Brou, en 1767.).

 

 

En commençant par le côté droit du choeur, on voit 24 prophètes ou patriarches de l'Ancien Testament. Ce sont: Abraham levant une main au ciel.—Isaac méditant.--La force, exprimée symboliquement par un homme ayant une barbe touffue. --Jacob luttant avec un ange. — Isaïe et Jérémie annonçant l'incarnation du Verbe. — Aaron, grand sacrificateur. — Moïse montrant les tables de la loi. — Néhèmie. — Ezéchiel. — David tenant une harpe. — Daniel Vêtu en officier. — Samuel appuyé sur un bâton, tenant une épée comme juge d'Israël. — Osée montrant le ciel. — Joël lisant un livre. — Amos, — Abdias. —Jonas voyageur. — Miche. -— Nahum, — Habacuc fuyant avec effroi. — Aggée se reposant sur un bâton. — Zacharie montrant le ciel; et Malachie qui semble compter sur ses doigts la venue du Messie.
Sur le lambris des stalles du même côté, il existe trois panneaux en relief: Adam endormi, pendant
que Dieu tire une de ses côtes pour former la femme
. — Eve chassée du paradis par un ange
qui tient une épée flamboyante
. — Le meurtre d'Abel par son frère Caïn.
La partie du lambris en retour, n'ayant qu'un seul panneau, représente l'apparition de Dieu à Moïse dans le buisson ardent.
A l'entrée du milieu des stalles, on voit sur la droite, Manué, père de Samson, offrant à Dieu un
holocauste en action de grâces pour la promesse qui lui a été faite par un ange, qu'il aurait un fils
d'une force extraordinaire
; dans le même panneau, paraît un ange qui s'élève au ciel avec la
fumée de l'holocauste. A gauche, Samson ayant une des portes de la ville de Gaza sous son bras, et
l'autre sur ses épaules.

Sur le panneau de la partie du lambris en retour, placé à l'extrémité des stalles et du même côté, c'est la victoire de David sur Goliath, au moment où ce prince lui coupa la tête.
Le lambris à trois panneaux, qui n'est séparé du précédent que par le passage communiquant
aux stalles,présente dans la partie inférieure: l'histoire de la chaste Suzanne accusée par les impudiques vieillards, et conduite en prison par leur ordre. — Au milieu, la multiplication des vingt pains d'orge par le prophète Elisée. — A la partie supérieure, le sacre de Salomon par le prêtre Sadoc, accompagné de Nathan, — de Banaïas, capitaine de David, — d'un héraut d'armes et de plusieurs autres personnages. — On aperçoit encore sur chacun de ces lambris, deux niches qui renferment,du côté de la grande porte du chœur, la statue d'Aaron; et à l'extrémité des stalles, Moïse. Aaron paraît indiquer à Moïse le meurtre d'Abel. Moïse regardant Aaron, lui montre le ciel; inclinant sa baguette vers la terre, il semble dire qu'un Dieu vengeur ne laissera pas ce crime impuni.


Les stalles, à la gauche du choeur, sont garnies de figures représentant le Nouveau Testament.
Elles sont également au nombre de 24.
En commençant en bas du chœur, vers la porte principale d'entrée, on reconnaît :Saint Luc (un bœuf à ses pieds) montrant du doigt son Évangile ouvert. — Saint Pierre. (Cette statuette a été volée).
Saint Étienne en habit de diacre portant le livre des Évangiles. — Saint Mathieu, avec un ange à côté de lui. — Saint Mathias; il semble s'entretenir aveo Zébédèe, qui le suit. Saint Jean l’Évangéliste, ayant un aigle à ses pieds, et parcourant son Évangile appuyé sur son
genou. — Saint Marc, son Évangile dans les mains, un lion à côté de lui. — Saint Paul ; il tient ses Épîtres de la main droite, son épée de la main gauche. — Saint André appuyé sur sa croix.— Saint Jean tenant une coupe d'où sort une couleuvre. — Saint Thomas, les Évangiles à la main, un petit sac à son côté. — Saint Jacques le Majeur tenant un bâton de la main gauche. — Saint Jacques le Mineur, avec son bâton. — Saint Simon portant les Évangiles de la main gauche. (Le bras droit est cassé.) Saint Thadée, un bâton dans la main droite, les Évangiles dans la main gauche. — Saint Barnabé,appuyé sur le pilier auquel il fut attaché pour être lapidé. — Saint Barthélémy portant une scie de la main droite. — Saint Philippe ayant sous le bras droit le livre des Évangiles. — Simon le pharisien, une épée au coté. — Jésus enseignant ; il a un livre ouvert à la main. — Jésus voyageant,
tient un bâton et paraît fatigué. — Saint Jean Chrysostome portant ses écrits de la main gauche.
— Saint Jude, montrant le ciel d'une main et sou- tenant sa robe de l'autre.
Revenant aux lambris des stalles de ce côté, on remarque sur le panneau inférieur, près de la
porte: la naissance de l'enfant Jésus; il est couché sur la paille, assisté de saint Joseph et de la sainte
Vierge, sa mère. Sur le panneau du milieu, c'est la nouvelle de cette naissance, donnée par un ange, aux pasteurs, dont quelques-uns, éveillés en sursaut, semblent se hâter d'aller adorer le Messie.
Sur celui d'en haut, c'est la présentation de l'enfant Jésus au temple ; la compagnie est nombreuse; on y distingue Marie et Siméon. Ce saint patriarche tient entre ses bras le Sauveur du monde.
Le panneau de la partie du lambris en retour représente l'adoration des Rois.
Vers l'entrée du milieu des stalles, on remarque, à gauche, le massacre des innocents, et à droite, le Sauveur, encore enfant, assis au milieu des docteurs dans le temple de Jérusalem.
En suivant les stalles jusqu'à l'extrémité, on voit sur la partie du lambris en retour, le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean, sur le fleuve du Jourdain.

Sur le panneau inférieur du lambris,se trouve le jugement prononcé par J.-C. en faveur de la femme adultère; ses accusateurs regardent ce que le divin Sauveur a écrit sur le sable. Sur celui du milieu, est le miracle de la multiplication des cinq pains et des deux poissons qui servirent à J.—C. pour nourrir cinq mille hommes.—Le plus élevé représente l'entrée solennelle de J.-C. dans Jérusalem; on y remarque un grand concours d'habitants portant des palmes et étendant leurs manteaux sur le passage du Sauveur.
Les deux figures qui correspondent à celles d'Aaron et de Moïse, qu'on a vues de l'autre côté
des stalles, sont : saint Grégoire, pape, au bas du choeur; et à l'extrémité des stalles, saint Jérôme
donnant à manger à un lion qui se dresse pour le caresser.
Le couronnement de ces boiseries est soutenu par des voûtes imitées de celles de l'église; ce sont des arcs doubleaux, des piliers à nervures, des écussons, des ornements réduits et sculptés du meilleur effet."

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. 17 occurrences sur Brou ;  pages 139 et suiv. Illustrations n°177 à 182.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

— LEFFTZ (Michel), 2018, Guyot de Beaugrant et la sculpture maniériste à l’église de Brou: stalles, retable, tombeaux, portail occidental. Dans Princesses et Renaissance(s): La commande artistique de Marguerite d’Autriche et de son entourage (p. 44-54). Edition du Patrimoine.

https://rkddb.rkd.nl/rkddb/digital_book/202103203.pdf

"Michel Lefftz, revenant sur le dossier des stalles déjà analysé sur le plan iconographique par Ingrid van Woudenberg en 2006, élargit son enquête au retable des Sept Joies de la Vierge, à la petite sculpture des tombeaux princiers, à celles du lutrin déposé dans le chœur et du portail occidental de la collégiale. Il propose de reconnaître, dans l’unité du style maniériste affirmé à Brou, le ciseau de Guyot de Beaugrant aidé d’un assistant anonyme, et date ses réalisations pour Brou entre 1530 et 1532, juste après l’exécution de la célèbre cheminée du Franc de Bruges (1529-1530)."

"L’analyse stylistique a montré que les sculptures en bois des stalles de Brou, à l’exception des miséricordes, pouvaient être attribuées à Guyot de Beaugrant et à un assistant non identifié, dénommé ici « Maître B ». Guyot de Beaugrant a également réalisé les statuettes en chêne du lutrin de chœur, les quatre anges en pierre du portail occidental et plusieurs figures et groupes en albâtre qui ont été intégrés dans le retable des Sept Joies de la Vierge. Les œuvres qui peuvent être attribuées à Beaugrant révèlent un artiste virtuose, dont le style passe par différentes phases du maniérisme et qui revient ensuite à une certaine forme de classicisme. Le chantier de Brou (1530-1532) est maintenant parfaitement situé dans la carrière de l’artiste, entre celui du Franc de Bruges (1529-1530) et celui du retable de l’église Saint-Jacques à Bilbao (après 1533).

Composé de quarante-deux stalles hautes et de trente-deux stalles basses, l’ensemble impressionnant et magnifique des stalles de Brou résulte de la collaboration entre une équipe de huchiers et une autre de sculpteurs . Les archives n’ayant livré qu’un seul nom, celui de Pierre Berchod, huchier de Bourg, chargé de « bailler la tache des sièges », qui œuvre entre 1530 et 1532, force est de recourir à l’analyse stylistique pour en attribuer les sculptures. Nous laisserons ici de côté les miséricordes « à la verve gauloise » pour nous attacher au style des statuettes ornant les dorsaux et des reliefs « à l’exubérance flamande », insérés dans les jouées. Nous délaisserons également l’iconographie, celle-ci ayant déjà fait l’objet d’une étude spécifique en 2006. Nos analyses morphologiques montrent que la quarantaine de statuettes, ainsi que la petite vingtaine de reliefs des stalles, peuvent être réparties en deux groupes stylistiques clairement distincts . Cependant, aucune analyse dendrochronologique ne permettant de préciser la provenance des bois dans lesquels ces œuvres ont été sculptées, on ne dispose pas d’arguments probants pour déterminer si le travail a été accompli sur place ou dans les anciens Pays-Bas, où Guyot de Beaugrant était actif. Les deux maîtres se sont aussi réparti la réalisation des reliefs narratifs des jouées des stalles ; les plus habiles dans la conception et dans l’exécution étant ici aussi redevables à Guyot de Beaugrant. Rappelons que les panneaux ont nécessairement dû être réalisés avant leur insertion dans la menuiserie des stalles, lors du montage de l’ensemble, à Brou."

— JARRIN (Charles), Brou, sa construction, ses architectes...

— COMMONS WIKIMEDIA: photographies

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Choirs_stalls_in_%C3%89glise_de_Brou

— WOUDENBERG (Ingrid van), 2006, « Les stalles du chœur de Brou : expression d’un amour religieux ou profane ? », in Brou, un monument européen à l’aube de la Renaissance, actes du colloque, Bourg-en-Bresse.

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Miséricordes. Sculpture Renaissance XVIe siècle. Brou Héraldique
2 août 2025 6 02 /08 /août /2025 16:11

Ensemble de  54 culs-de-lampe (milieu du XVe siècle) des cloîtres du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.

Voir aussi sur Brou :

 

 

 

PRÉSENTATION.

Rappel :

"Un cul-de-lampe ou culot est une console d'encorbellement constituée d’une pierre saillante ou de plusieurs assises appareillées, dont la forme rappelle le dessous d'une lampe d'église, et sur laquelle s'appuie une charge (base de colonne, retombée d'un arc, nervures de voûte, échauguette, statue). Le cul-de-lampe est d'ordinaire formé de plusieurs assises, contrairement au culot, habituellement de dimensions plus menues. Pour Viollet-le-Duc, « On a donné le nom de cul-de-lampe à tout support en encorbellement qui n’est pas un corbeau, c’est-à-dire qui ne présente pas deux faces parallèles perpendiculaires au mur. »

Parfois, le terme de cul-de-lampe se trouve employé pour désigner une clef pendante. Nous ne reprenons pas cet usage.

Il est troublant de considérer que la jonction du mur ou d'un pilier et de la toîture d'un édifice religieux ou civil (château) est un lieu particulier par sa marginalité ou sa position de transition : que ce soit à l'extérieur sous forme de modillon roman ou de crossette gothique, que ce soit à l'intérieur sur les sablières des chapelles bretonnes ou sous forme de culs-de-lampe supportant la retombée des voûtes d'ogive, les éléments sculptés que cette jonction accueille sont riches en figures prosaïques riches en couleur, associant éléments du bestiaire réél ou merveilleux, hybrides anthropomorphes, anges, références à de possibles fabliaux, qui peuvent tous avoir une fonction apotropaïque détournant les maléfices potentiels  de ces zones  architecturales. Ou protégeant l'édifice à l'endroit où les lignes de force de la croisée d'ogive prend appui. 

Les deux premiers des trois cloîtres du monastère royal de Brou,  le cloître des hôtes, le premier construit, et le cloître de la déambulation des moines  voient les retombées des arcs de voûtes se terminer par des culs-de-lampes.

Le cloître des hôtes accueillait les hôtes de passage. Il abrite à l'étage les appartements où Marguerite d'Autriche avait prévu de se retirer à la fin de sa vie. Il est orné en son centre d'un puits. Le cloître est ouvert sur le monde extérieur. Il est également en liaison directe avec l'église et le cloître des moines.

Le cloître des moines ou grand cloître, de plan carré, était destiné à la déambulation des moines. D'un pur style gothique, avec ses arcades voûtées d'ogive, chaque galerie du rez-de-chaussée s'ouvre sur le jardin par sept grandes baies en arc brisé.  Seul cloître non relié à l'extérieur, il dessert les bâtiments des moines : le réfectoire qui mène au cloître des commis, l'escalier du dortoir et la salle capitulaire.

 Les moines méditaient en marchant dans ce cloître, mais les cul-de-lampe leur offraient la distraction de leurs personnages, de leurs animaux ou végétaux, et ils s'amusaient peut-être autant que nous  à vouloir en résoudre les sujets énigmatiques. À peu près de la même façon que lorsque ces moines gagneraient leurs stalles pour chanter les offices, et qu'ils retrouveraient des thèmes analogues sculptés sur les miséricordes et les appuis-mains de leurs sièges.

On trouve encore des culs-de-lampe dans la salle capitulaire ou dans le réfectoire. 

Tous seront mélangées ici, le but n'étant pas de proposer une visite topographique des lieux.

Leur ou leurs auteurs sont anonymes, mais relevant peut-être des ateliers bien identifiés actifs à Brou. Ainsi Conrad Meit, un sculpteur gothique tardif du début de la Renaissance originaire de Worms, en Allemagne,  a d'abord été attaché, en tant que tailleur d'images, à la maison de Marguerite d'Autriche (avant 1514) pour réaliser les cinq gisants de Brou. Van Boghem, Van Roome, les Borman ou Van Orley,  de Bruxelles, travaillèrent aussi à Brou ; tout comme Jean Hey venant probablement de Gand et Guyot de Beaugrant, venant de Bruges.

 

LES CULS-DE-LAMPE

Certains sont religieux, d'autres sont des supports héraldiques, mais la majorité sont à thème animal ou féérique, quoique leur interprétation est souvent délicate.

1°) Les 14 culs-de-lampe religieux.

Tête du Christ à la couronne d'épines

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Sainte Véronique en religieuse présentant son voile.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Ange portant la Croix, l'un des Instruments de la Passion.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Ange présentant un phylactère.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Ange portant la Croix et les clous de la Passion.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Ange tenant le flagellum et la colonne de la Passion.

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Ange portant la couronne d'épines

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Ange sonnant de la trompe (du Jugement).

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Un ange

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Vigne eucharistique.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Moine portant une croix sur l'épaule.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Deux poissons croisés, symboles christiques.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

2°) Les 6 culs-de-lampe héraldiques.

Ange tenant un blason féminin (celui de Marguerite d'Autriche probablement).

 

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Ange tenant un blason masculin (celui de Philibert de Savoie ?).

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Personnage tenant un blason masculin (celui de Philibert de Savoie ?).

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Autre exemple

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Lion présentant un blason.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Blason fantaisiste à mascaron .

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

2°) Les 8 culs-de-lampe représentant des animaux non fantastiques.

 

a) Lion, de dos, se retournant

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

b) Lionceau portant un collier.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

c) Lion portant un petit manteau à médailles et grelots.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

d) Loup ou chien tenant un os dans sa gueule

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

e) Oiseaux.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

3°) Les 8 culs-de-lampe représentant des animaux  fantastiques, dragons, oiseaux, centaures.

a. Dragons.

—dragon ailé colleté attaché à un anneau ; queue serpentiforme brisée.

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—dragon ailé  à queue serpentiforme.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—dragon ailé  à queue serpentiforme entourant son tronc.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

b) oiseaux fantastiques

— oiseau affrontant un dragon, leurs deux queues entortillées.

Les culs-de-lampe du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.
Les culs-de-lampe du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.

—oiseau à tête d'homme barbu.

Les culs-de-lampe du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.
Les culs-de-lampe du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.

c) Autres animaux fabuleux.

— être hybride bicéphale à tête d'agneau et de bouc.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—animal fabuleux à ailes de chauve-souris, au corps lisse, au long cou  noué et à la tête d'oiseau.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—Centaure, se cachant un œil.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

4°) 7 culs-de-lampes montrant des saynètes (fables, énigmes).

 

 

— un être barbu, au nez crochu, coifé d'un bonnet conique, prêchant depuis une chaire aux poules.

Il porte dans son dos un petit personnage, dans une hotte.

Variation sur le tème de Renard prêchant aux poules.

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—Hybride mi-humain, mi escargot, coiffé d'une capuche de fou, enjambant la margelle d'une cuve devant un poisson assis. Ils s'appuient ensemble à une colonne (brisée).

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

—Homme (moine ?) tenant un bâton sur l'épaule.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

—Homme (moine ?) soutenant le culot, portant un masque sur les yeux.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—Chevalier hybride en armure, combattant un escargot.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

— Fou à capuche et oreilles d'âne, mais à camail et tunique de chevalier; ailé comme un ange.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

— personnage (fou?) à bonnet conique chevauchant un être à la tête brisée.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

5°) 2 culs-de-lampe représentant des moines.

a. Moine barbu  "volant" portant trois livres sur l'épaule et trois autres sous le bras.

 

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

b. Moine en buste, de face, la tête encapuchonnée,  portant deux livres reliés sous le bras droit et trois livres sous le bras gauche.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

6°) 9 culs-de-lampe classés "divers".

 

a) moine (personnage aux épaules couvertes d'un camail à capuche) à tête de mort désignant de l'index un phylactère.

On peut penser que le texte du phylactère relevait de la tradition des memento mori.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

b) acrobate dansant avec deux cruches (ou ? Verseau zodiacal).

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

c) Personnage suspendu au support prismatique.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

c) Personnage nu (acrobate?) suspendu au support prismatique. Les bras sont brisés.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

d) tête d'un homme, de face, coiffé d'un chapeau "de feutre".

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

e) tête d'un homme, de face.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

f) tête d'un personnage, de face.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

g) têtes de deux personnages joufflus, s'embrassant.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

h) personnage "volant", en habit monastique, tenant un objet (brisé). Corniche à fleur de lys.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS

Je n'ai pas trouvé d'études sur cet ensemble de culs-de-lampe.

On peut consulter sur Wikipedia  24 clichés de "corbels" du Monastère de Brou prises par  GFreihalter , Remi Mathis , Pethrus.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Corbels_in_monast%C3%A8re_de_Brou

J'ai vu mentionné, sans possibilité d'accès, cet article : 

—Didier Rykner, Les clés de voûte sculptées de Brou, un grand chantier à venir, brève de La Tribune de l' Art  lundi 7 mai 2018

 

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Published by jean-yves cordier - dans Renaissance. Héraldique Culs-de-lampe
9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 11:37

 

Au-delà de l'oratoire de Marguerite se trouve la chapelle de son conseiller, Laurent de Gorrevod, dédiée à Notre-Dame de Pitié. Elle abrite les tombeaux de Laurent de Gorrevod et de ses deux épouses, Philiberte de la Palud et Claude de Rivoire, ainsi que de plusieurs membres de leur famille. Les magnifiques gisants en bronze de Gorrevod et de ses épouses furent détruits à la Révolution, et seule subsiste la dalle sur laquelle reposaient les statues, portant la devise du fondateur — POUR JAMES (lire :"jamais") — et les initiales L. F. et L. C. (lettres de son nom et de celui de ses épouses ), reliées par la cordelière de Savoie.

L.F = Laurent et Filiberte, pour Filiberte de la Pallud, décédée en 1509

L.C = Laurent  et Claudine de Rivoire, décédée en 1535

 

Rappel :

La famille de Gorrevod joua un rôle considérable dans le duché de Savoie. Louis de Gorrevod, évêque de Maurienne et abbé d'Ambronay, avant de devenir le premier et éphémère évêque de Bourg puis cardinal, en 1530, avait présidé au mariage savoyard de Marguerite d'Autriche, en 1501 . Et c'est lui qui consacra l'église de Brou en 1532.

 

La Chapelle de Ducs de Pont-de-Vaux , située du côté nord et dans laquelle on pénètre par une arcade supportant la galerie haute qui mène à l'oratoire de la princesse, est due à Laurent de Gorrevod, qui fut le chef du conseil pour la construction de la maison et de l’église de Brou. Acté par la Princesse à la date du 28 avril 1520, Laurent de Gorrevod choisit sa sépulture pour lui et successeurs dans cette chapelle. Les gisants en bronze ont été fondus à la Révolution pour en faire des canons.

Laurent de Gorrevod (né en Bresse vers 1470 ; † 6 août 1529 à Barcelone)  faisait partie de la haute noblesse savoyarde. Il fut écuyer de Philibert Le Beau puis gouverneur de Bresse ; il suivit Marguerite d'Autriche aux Pays-Bas en tant que son chevalier d'honneur avant d'être attaché à Charles Quint.  Il fut baron de Marnay et de Montenai, comte de Pont-de-Vaux et vicomte de Salins.

Il porte d'azur au chevron d'or.

https://ia601300.us.archive.org/1/items/histoireetdescri00rous/histoireetdescri00rous.pdf

 

 

1. Le blason de Laurent de Gorrevod.

L'écu est entouré du collier de la Toison d'Or, est suspendu à un heaume entouré de lambrequins, surmonté d'une licorne comme cimier, reposant sur un tortil.

J'intérprête l'élément animal à crinière de cheval et dont la tête est brisée comme une licorne en me basant sur le R.P. Rousselet : "Contre le pilier où le Mausolée est adossé on a suspendu  l'écu des armes de la Maison de Gorrevod , d'azur au chevron d'or , ayant pour supports deux Lions d'or & une licorne d'argent pour cimier».

 

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

 

2. Les lettres L et F réunies par la cordelière de Savoie.

Les lettres L pour Laurent et F pour Filiberte sont perlées, tressées, et leurs empattements fleurissent en prolongements exubérants, qui viennent jouer avec les entrelacements de la cordelière à glands de passementerie.

On notera, sur la droite du phylactère portant le mot POUR JAMES, les fleurs de marguerite, ultime hommage à Marguerite. 

J'ai, débarquant ici en touriste, cru d'abord très naïvement que le monument honorait un défunt prénommé JAMES.

James (ou jamès) est une forme rare de jamais, retrouvée toujours en lien avec Marguerite d'Autriche. Elle est d'abord  attestée dans un courrier de Maximilien à Marguerite : 

"Très chière et très amée fylle, jé entendu l'avis que vous m'avez donné par Guyllain Pingun, nostre garderobes vyess, dont avons encore mius pensé desus.

Et ne trouvons point pour nulle résun bon que nous nous devons franchement marier, maès avons plus avant mys nostre délibération et volonté de jamès plus hanter faem nue."

Ou dans un courrier de Marguerite à son valet :

"Premier, que je desire sur toute chose mestre ma religion en tel estat que pour jamés  ils n'aient grant povreté; mes qui puissent vivre sans mandier..."

Et enfin dans un charmant rondeau que Marguerite d'Autriche a écrit de sa main :

"C'est pour jamès qu'un regret me demeure;

Que sans sesser nuit et jour à tout eure

Tant me tourmant que bien voudroi mourir;

Car ma vie n'est fors seulement languir,

Et s'y faudra à la fin que j'en meure.

De l'infortune estais bien seure

Quan le regret maudit où je demeure

Me coury sus pour me faire mourir,

Car ma vie n'est fors

Seulement languir:

Sy faudra que j'en meure "(Bibliothèque royale de Bruxelles, cité par E. E.Tremayne

 

 sur le vitrail en place, des armoiries des Gorrevod, accompagnées de la devise «pour james » et celles de sa seconde épouse, ..

https://dn790002.ca.archive.org/0/items/firstgovernessof00tremuoft/firstgovernessof00tremuoft.pdf

 

 

https://www.anglo-norman.net/entry/jam%C3%A9s

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

3. Le blason en losange de l'épouse, entouré de la ceinture Espérance.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

4. Deuxième réunion des lettres L et F.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

5. Les lettres L et C réunies par la cordelière de Savoie.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

6. Le blason en losange de l'épouse, entouré de la ceinture Espérance.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

7. Deuxième réunion des lettres L et C.

On en admirera la préciosité de graphie des lettres. Non seulement leurs fûts sont perlés et les empattements sont bifides, mais certains fûts sont aménagés d'une fente où se faufilent les traverses et les diagonales, aux extrémités parfois tressées en brandebourg.

 

 

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.
L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.

8. Sur le monument : le briquet et la croix écotée.

L'emblématique (amoureuse) de Marguerite d'Autriche à Brou.
 

Le vitrail de l'Incrédulité de saint Thomas, baie 13 (1527-1531).

Numérotation des vitraux selon le Corpus Vitrearum

Ce vitrail de la chapelle de Gorrevod porte les armes de Laurent de Gorrevod et de sa seconde épouse Claudine de Rivoire.

 

 

Baie 13, chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 13, chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 13, chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 13, chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Le tympan : 15 anges en prière.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Registre supérieur : suspendues aux arches de l'architecture gothique flamboyant, les armes de Philibert le Beau et de Marguerite d'Autriche.

Voir : https://www.lavieb-aile.com/2025/05/l-emblematique-amoureuse-de-marguerite-d-autriche-a-brou.html

 

On remarque les élements de décor Renaissance, comme les dauphins (au sommet ou en frise) et les médaillons de personnage de profil.

 

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Deux femmes à la poitrine nue et au bas du corps qui se transforme dans le rinceau feuillagé affrontent les têtes de "dauphins".

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Le registre principal : l'Incrédulité de saint Thomas vénérée par Laurent de Gorrevod et Claudine de Rivoire, en donateurs.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

L'Incrédulité de saint Thomas: l'apôtre Thomas met ses doigts sur la plaie du flanc droit du Christ ressuscité, sur l'injonction de ce dernier.

 

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Laurent de Gorrevod agenouillé en donateur sur son prie-dieu, en armure recouvert d'un tabard à ses armes, est présenté par saint Laurent, tenant le grill de son martyre.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Le blason de Laurent de Gorrevod.

Ses armes  d'azur au chevron d'or sont entourées du collier de l'Ordre de la Toison d'or (dont les briquets sont bien visibles) et timbrées de la couronne de baron.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Claudine de Rivoire présentée par saint Claude.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Le blason losangique (féminin) mi-parti de Claudine de Rivoire

Née en 1465 et décédée le 28 décembre 1535 à Besançon, c' est la fille de  Louis, seigneur de Gerbaiset de Marguerite d'Albon. Elle a épousé Laurent de Gorrevod en 1509. Elle est veuve depuis décembre 1529. Le couple eut une fille, Louise.

Dans une guirlande d'honneur, les armes de Gorrevod, en 1, sont associées à celle de la famille de Rivoire, en 2 , Fascé d'argent et de gueules à la bande d'azur brochant sur le tout chargé de trois fleurs de lys d'or posées en bande.

https://man8rove.com/fr/blason/dkdvpc6-rivoire

 

 

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Chapelle de Gorrevod, monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS

— BEAUME (Florence), 2015, LA FAMILLE GORREVOD ET SES COMMANDES ARTISTIQUES La famille Gorrevod et ses commandes artistiques, in Colloque organisé par Laurence Ciavaldini Rivière, professeur d' université Grenoble-Alpes et Magali Briat-Philippe, conservateur, responsable du service des patrimoines, monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse

https://www.academia.edu/37759011/Princesses_et_Renaissance

— collectif, 2015, Princesses et Renaissance(s), La commande artistique de  Marguerite d'Autriche et de son entourage, Colloque organisé par Laurence Ciavaldini Rivière, professeur d' université Grenoble-Alpes et Magali Briat-Philippe, conservateur, responsable du service des patrimoines, monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse

https://www.academia.edu/37759011/Princesses_et_Renaissance

Autres sites de photos

http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm9601/eg_monastere@Brou_StThomas.php

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Published by jean-yves cordier - dans Emblématique Héraldique XVIe siècle. Sculpture
25 mai 2025 7 25 /05 /mai /2025 14:58

La charpente sculptée de 1605 (sablières, blochets, entraits et abouts de poinçon) de la chapelle de la Véronique à Bannalec.

Voir :

Voir sur Bannalec:

PRÉSENTATION.

La chapelle de Véronique (1605-1610), située aux confins du bois de Goarlot, a été édifié en 1605-1610 en remplacement de celle de Loc-Maria, détruite  après 1597 par les troupes de la Ligue sur le fief de Goarlot.  Elle est en forme de croix latine avec chevet à pans coupés. Son  clocher-mur est accosté d'une tourelle d'accès surmontée d'un dôme amorti par un petit lanternon. La sacristie date de 1662.

La chapelle est classée depuis 1914. Au début du XXe siècle, le pardon de la Véronique attirait les foules peut-être motivées par un bref d’indulgence à gagner par les paroissiens le jour de l’Ascension, accordé en 1731.

Son clocher a été abattu par un orage du 22 mars 1947 qui a détruit aussi les verrières qui avaient été restaurées en 1890. Restauré, le clocher est retombé en 1957. Toiture et clocher ont été restaurés en 1962.

Sa voûte n'est pas lambrissée, ce qui permet de découvrir une très belle charpente.

Photo lavieb-aile.
Cliché lavieb-aile.

Selon S. Duhem "certains tronçons de sablière disparaissent durant les travaux de restauration entre 1952 et 1953"

Une pièce en est exposée sur un banc du chœur.

 

La charpente sculptée (sablières et abouts de poinçon) de la chapelle de la Véronique à Bannalec.
La charpente sculptée (sablières et abouts de poinçon) de la chapelle de la Véronique à Bannalec.

LES SABLIÈRES

Vocabulaire :

In S. Duhem 1999.

 

La présentation débutera par le côté nord de la nef, pour tourner dans le sens horaire .

 

Schéma lavieb-aile.

 

 

 

Au nord vers le fond de la nef, les pièces de sablière S1 à S3 ne sont pas (ou ne sont plus  ? ) sculptées, tout comme les pièces en vis-à-vis au sud.

Nous débutons donc par la pièce S4.

 

S4 : Quatrième pièce de sablière (nef nord) : deux dauphins entourant un bucrane.

On nomme "dauphins" ou "poissons" des motifs zoomorphes à long nez retroussé, très fréquents dans le vocabulaire ornemental de la Renaissance. 

Le "bucrane" (crâne de bœuf) se rapproche ici plutôt d'une tête de bélier.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S5 : cinquième pièce de sablière (croisée transept nord) : couple hybride nu entourant un masque.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S6 : sixième pièce de sablière (chœur nord) : dragons hybrides entourant un masque.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S7 : septième pièce de sablière (chœur nord) : couple nu entourant les armoiries de François de Kerhouënt de Kergounadec'h.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Á gauche, une femme aux cheveux frisées  se tient allongée nue, adossée à une cruche à godrons, souriante, et cachant son sexe d'une feuille.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Un vase couvert à deux anses sert à présenter les armoiries du seigneur fondateur de la chapelle. Cet échiqueté de gueules et d'or correspond aux armes de la famille de Kerhoënt de Kergounadec'h.

https://man8rove.com/fr/blason/76guagi-kerhoent-alias-kerc'hoent-kerhoant-querhoent

Après avoir appartenu successivement aux Goarlot, aux Pont-L'Abbé, aux Rosmadec-Goarlot, à Anne de Quelennec, puis Marie de Pleuc, la seigneurie de Goarlot , dont dépend la chapelle de la Véronique, échût aux Kerhoënt de Kergounadec'h.

Elle passera à leur fille Renée et à son époux Sébastien II de Rosmadec, puis aux du Chastel.

 

Le fondateur de la chapelle est François de Kerhoënt de Kergounadec'h, chevalier, vicomte de Plouider, seigneur de Kergounadec'h, de Coëtmenec'h, de l'Estang, de Coëtanfao et de Kerjoly. Il est né à Cléder en 1560 et décédé en 1629 à Clohars-Fouesnant.

Il est le fils d'Olivier de Kerhoënt et de Marie de Plœuc. 

Il épouse en 1583  — comme nous allons le voir sur les blasons mi-parti— Jeanne de Botigneau, dame de Bodinio. Le couple eut deux filles, Renée (1601-1643) et Claude (1604-1648).

La chapelle est fondée en 1605, l'année suivant la naissance de Claude.

On trouve aussi ses armoiries, entourées du collier de l'Ordre de Saint-Michel et surmontées d'une gueule de lion, au dessus de la chambre des cloches du clocher (avec le chronogramme 1610 indiqué sur la façade) :

Clocher de la chapelle de la Véronique. Cliché lavieb-aile 2025.

On les trouve encore sur un fragment de vitrail :

pièce de verrière du XVIe siècle, chapelle de la Véronique. Cliché lavieb-aile 2025.

François de Kergounadec'h obtint le collier de Saint-Michel en 1599 pour s'être illustré durant la guerre de la Ligue, défendant le parti du Roi à la tête de la noblesse de l'évêché de Léon.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Un homme aux cheveux frisés  jambes croisées, est allongé nu, adossé à une cruche, et il s'pprête à ses servir à boire, tenant une cruche en main droite et un gobelet en main gauche.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S8 : huitième pièce de sablière (chœur, pan gauche du chevet) : deux lions présentant les armes mi-parti du couple fondateur de la chapelle, entourées du collier de l'Ordre de Saint-Michel.

Encadrés par deux cornes d'abondance ou cornucopia, deux lions ou plutôt selon le vocabulaire héraldique deux léopards passants présentent les armes mi-parti de François de Kergounadec'h et de Jeanne de Botigneau : en 1 échiqueté de gueules et d'or (Kergounadec'h), en 2 de sable à l'aigle bicéphale d'argent, becquée et membrée de gueules (Botigneau).

https://man8rove.com/fr/blason/8jhrz08-bodinio-alias-botigneau

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S9 : neuvième pièce de sablière (chœur, axe du chevet) : deux femmes hybrides présentent la date de 1605,  le nom du fabrique et celui du charpentier-sculpteur.

 

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Á gauche, une figure hybride mi-humain présente de la main droite un phylactère portant l'inscription I : PRIMA : LO : FA.

La femme aux cheveux frisés, nue, voit son buste se prolonger par une queue feuillagée s'achevant en volute.

L'inscription est en partie résolue. On sait, c'est l'usage partout en épigraphie de nos chapelles, que les lettres FA valent pour "fabrique" et suivent donc le nom d'un membre du conseil de fabrique de la chapelle. Les lettres LO sont l'abrégé de "lors". La lettre I peut correspondre à l'initial de IAN ou de IVES. 

Les généalogistes signalent le patronyme PRIMA à Bannalec au XVIIe siècle, mais un peu après 1605. Un Gédéon Prima de Kerbiquet a une fille Catherine, née en 1644.

Jean Prima a épousé Marguerite Salaun, dont Alain Prima né en 1621 à Bannalec. S'il s'agit d'un mariage tardif ou d'un remariage, cela peut coller à la riguer avec un Ian Prima, fabrique en 1605 (donc majeur). Mais ce Ian Prima serait plutôt d'une génération antérieure. Mais le patronyme Prima n'est pas attesté à Bannalec avant 1621.

Un  candidat pourrait être leur "aieul o prima", laboureur, père de Claude (né en 1625), Pierre, et Paul.

Ils mentionnent un Alain Prima décédé en 1673 à Trébalay, Bannalec, ainsi que sa fille Marie

https://gw.geneanet.org/rlecardiec?n=prima&oc=&p=gedeon+de+kerbiquet&type=fiche 

https://gw.geneanet.org/papybegood?lang=fr&p=alain&n=prima&oc=2

https://gw.geneanet.org/papybegood?lang=fr&p=aieul+0&n=prima

 

Transcrivons l'inscription comme : "IAN PRIMA LORS FABRIQUE".

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

La date de 1605 dans un cartouche de cuir découpé à enroulement, mis à la mode par l'École de Fontainebleau, et, dans les sablières de Basse-Bretagne, par  le Maître de la chapelle du château de Kerjean, ou Maître de l'église de Pleyben (1567-1576), précédé par le Maître de l'église de Plomodiern (1561-1566).

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

L'autre hybride féminin, à la queue tout aussi feuillagée mais s'achevant en épillet, tient un phylactère portant l'inscription M : VINGA : LE : MAVT.

Il s'agit du nom du charpentier sculpteur, comme nous le verrons lorsque nous retrouverons son nom accompagné de ses outils sculptés, une herminette et une équerre.

On peut la transcrire ainsi : M[AÎTRE] VINGA LE MAUT.

Le patronyme Le Maut  est une forme (attestée en 1336 , 1605, 1621, etc) de Le Maout, nom de personne issu du breton signifiant "le mouton" et attesté également à cette époque dans la région de Quimper (A. Deshayes), mais aussi en Morbihan et Côtes d'Armor (mais non à Bannalec). Il est évident que le charpentier devait se déplacer de chantier en chantier, et ne pas être d'origine locale.

Ce qui est plus intriguant, c'est son prénom Vinga. Il est d'origine scandinave ou germanique. Geneanet n'en signale que deux occurrences en France, toute époques confondues... dont une en Bretagne à Penhars en 1625-1675 : Vinga Quinguin.

Le chanoine Abgrall y a lu VINCA qu'il considère comme devant être lue pour "Vincent". Sophie Duhem parle de "Vincent Le Maout" p. 300.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S10 : dixième pièce de sablière (chœur, pan droit du chevet) : deux oies tiennent un rinceau centré par un masque.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S11 : onzième pièce de sablière (chœur  droit ) : un couple accompagné de boucs présentent les armoiries de Kergounadec'h.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

L'homme à longue barbe et cheveux bouclé est allongé, le bras nonchalamment passé dans l'anse d'une coupe godronnée remplie de fruits. Son bras droit est tendu entre ses cuisses fléchies, vers la croupe d'un bouc. 

La coupe sert à présenter les armoiries des Kergounadec'h, échiquetées de gueules et d'or.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

La femme (cheveux bouclés, seins à mamelons très développés)  a la même attitude que son compagnon.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S12 : douzième pièce de sablière (chœur au sud) : couple de faune et faunesse souriants, le bras passé dans l'anse d'une coupe de fruits. Une cruche est renversée de chaque côté.

Le faune, aux moustaches à la gauloise, se reconnaît à ses oreilles longues et pointues, aux sabots de ses pattes, à sa queue (qui passe malicieusement par l'anse de la cruche) et à son caractère ithyphallique.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

La faunesse au sourire jovial a les mêmes oreilles, les mêmes pattes à sabots, la même queue, mais ses mamelles sont généreuses. Elle pose une main sur sa cuisse.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S13 : treizième pièce de sablière (croisée du transept au sud) : ange au centre, écartant les bras pour tenir deux phylactères. Dragon à l'extrémité gauche, porc-épic couronné à droite.

L'ange présente sur le phylactère de gauche l'inscription : D : G: CARADEC : PBR .

Je la transcris ainsi : DISCRET G. CARADEC PRÊTRE. Sophie Duhem propose "Dom G. Caradec prêtre"

L'inscription de droite dit : D : Y: BOHIEC : PBRE

Je transcris par DISCRET [ou Dom] YVES BOHIEC PRÊTRE.

Le patronyme BOHIEC est rare (14 occurrences en Bretagne pour geneanet), la forme BOHEC ("joue, joufflu") plus répandue.

Il pourrait s'agir de chapelains  au service des nobles fondateurs, et "ayant assisté (Duhem) à la consécration de la chapelle". Le recteur de Bannalec n'est pas concerné.

On sait que le porc-épic couronné était l'emblème du roi Louis XII, roi de 1498 à 1515 et époux d'Anne de Bretagne, avec sa devise Cominus et eminus, "de près et de loin". On le trouve largement au château de Blois. Quelle signification ici un siècle après le règne de Louis XII ? Opposé à un dragon et dans le contexte de ces sablières, peut-être une signification ironique.

Tout comme les deux escargots arpentant les phylactères.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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S14 : quatorzième pièce de sablière (nef sud) : une chasse. 

 

Trois chiens, deux lévriers portant un collier et un chien type Saint-Hubert, sans collier, parte en poursuite d'un gibier, mais non sans ironie, l'animal en question est derrière eux et les poursuit. Est-ce un lapin ? Un sanglier?

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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LES SABLIÈRES DES BRAS DU TRANSEPT.

I. LA CHAPELLE NORD.

 

Côté est, pièce n°1. Un lion et un mouton entourant un bucrane.

Blochet : personnage en pied tenant une tunique blanche.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Côté est, pièce n°2. Deux lions présentant les armoiries du couple fondateur. Cf chœur pièce n°8.

Blochet : personnage en pied tenant un objet non identifié.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Côté ouest, pièce n°3 : deux "dauphins" affrontés (cf. pièce 4, nef).

Blochet : personnage en pied portant un des Instruments de la Passion.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Côté ouest, pièce n°4 : couple de faune et faunesse se caressant.

Nous retrouvons le couple de faunes de la pièce 12 du chœur : longue barbe, queue, sabots, phallus en érection du faune, queue, sabots, poitrine généreuse de la faunesse, qui tient en main un objet (feuille?) vert. Le couple semble prêt à s'embrasser.

Le blochet montre un personnage en pied tenant un objet gris ovale (cuvette ?).

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

II. LA CHAPELLE SUD.

seules les pièces 1 et 4 sont sculptées.

Côté est, pièce n°1 : un mouton et un bouc tiennent un cartouche à cuir à enroulement avec une inscription .

On retrouve le nom du charpentier-sculpteur VINGA LE MAV[T] au dessus de deux de ses outils en guise d'emblèmes : l'équerre et la hache ou herminette.

Blochet : femme au cheveux frisés et vêtue d'une tunique plissée, tenant la lanterne, l'un des instruments de la Passion.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Côté ouest, pièce n°4 : couple de faunes autour d'une coupe de fruits portant les armes mi-parti Kerganadec'h/Botigneau.

Le blochet montre une femme tenant les clous de la Passion.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Autres blochets.

Une femme tenant la colonne de la Flagellation.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

LES ENTRAITS Á ENGOULANTS. 

Entrait E6.

Au centre, une femme nue, hybride, les jambes écartées sont des ailes multicolores. Elles tient dans ses bras écartés des bouquets.

Il ne s'agit pas d'une sirène (femme-poisson).

 

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entrait E5.

Au centre (diamant) de l'entrait, un masque de femme à la chevelure entourée de deux serpents et de deux oies. En dessous, dans un cartouche, deux trompes de chasse entrelacées. Bord inférieur sculpté d'une frise spiralée bleue et rouge

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

About de poinçon du chœur. Ange  tenant le voile de Véronique où est sculpté la face du Christ, couronnée d'épines.

Note : deux statues de sainte Véronique présentant son vole sont conservées dans le chœur et dans la chapelle sud.

 

 

Cliché lavieb-aile 2025.
Cliché lavieb-aile 2025.

 

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

About de poinçon : un masque bi-face.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

About de poinçon de la nef : sur un globe, deux femmes, nues,  soutenant le calice et l'hostie. Sur l'autre face, deux jeunes hommes nus, une jambe fléchie.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

La crossette nord-ouest : un acrobate.

Je ne peux terminer cette description sans quitter, sous peine d'être taxé de hors sujet, l'acrobate sculpté dans la pierre qui orne l'angle nord-ouest de la chapelle, à l'extérieur.

En effet, sa posture, empoignant sa cheville d'un poignet ferme, reprend celle d'autres crossettes comparable, à Dirinon, ou à la Maison du guet de La Martyre, ou à Ty Mamm Doué de Quimper, à Landerneau, à l'église de Goulven, à l'église de Confort-Meilars, au Doyenné du Folgoët, à la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven, au château de Pontivy, .

Il trouve sa place dans cet article pour souligner combien les artistes, tout en innovant sans cesse et en faisant preuve d'originalité, reprennent les mêmes motifs qu'ils contribuent à diffuser. C'est le cas pour ce sculpteur de pierre, comme c'est le cas pour Vinga Le Maut sur ses sablières, alliant une grande liberté à l'égard du caractère sacré des sanctuaires, et une grande fidélité par rapport à des thèmes qui traversent l'imaginaire de la sculpture romane.

 

 

Crossette  de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Crossette de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS.

—Il n'existe pas de description complète semblable à celle-ci des sablières et pièces de charpente de la Véronique , hormis celui de Monik sur Glad.

https://glad.bretagne.bzh/fiches/347907

Cette dernière autrice cite la source suivante :

—RIO Bernard "Le cul bénit -amour sacré et passions profanes" -ed Coop Breizh

 : sirène bifide (entrait de la nef ) p 90) - Sirène allaitant 2 cochons p 96 (la clé de voute ???) - femme nue p 118 - onanisme (sablière) 130 - 2 personnages ithyphalliques - mi homme mi bouc (sablières) p 146 - acrobate (rampant ?) p178 - satyre (p 185).

J'ai consulté, outre les documents présentés dans la chapelle (sur l'héraldique notamment), les ouvrages suivants (et notamment S. Duhem, ouvrage de référence) : 

—ABGRALL (Jean-Marie), 1902, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie de Quimper.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/277

"Située dans un site charmant aux confins des bois du Gaolouet, près de la route de Rosporden, à 5 kilomètres du chef-lieu. Ancien vocable Locmaria, aujourd'hui La Véronique, et quelquefois Itron-Varia ar Veronik. La statue de la Sainte se voit au côté de l'Evangile du maître-autel, faisant pendant à la statue de N.-D. de Bon-Secours. 

Nous empruntons la plus grande partie de ces notes sur les chapelles de Bannalec, au travail que nous a laissé M. Le Sann, ancien curé de cette paroisse.

 La chapelle a été bâtie sans doute par la famille de Rohan. M. du Fou, Sgr de Rohan, était allié aux Tinténiac de Quimerch, comme on peut le voir par les registres des baptêmes ». Cependant, cette alliance des Rohan avec les Tinténiac, prouvée par des registres de baptême, ne remontant qu'en 1621, ne suffirait pas à prouver la fondation par les Rohan d'une chapelle certainement antérieure à cette époque.  Le pardon a lieu le jour de l'Ascension. Il y vient quelques pèlerins, particulièrement des environs de Querrien et de Lanvénégen, qui ne manquent jamais de dire, en donnant leur offrande : d'a Itron-Varia ar Veronik. On dit dans cette chapelle une messe par mois et tous les vendredis de Carême. La grande dévotion des paroissiens de Bannalec pour cette chapelle est d'y assister, à la messe, au moins un vendredi pendant le Carême ; c'est en action de grâces de la cessation immédiate de la variole qui faisait de nombreuses victimes en Bannalec, en 1871, et pour demander d'en être préservé à l'avenir.

La chapelle actuelle porte la date de 1605, ainsi que les vitraux ; la sacristie, celle de 1662.

En 1711, la trève de la Véronique portait le nom de Breuriez Locmaria ; la frairie aurait donc conservé son nom, pendant que la chapelle neuve, bâtie par les Rohan, changeait de vocable » (M. Le Sann).

Trois autels : le maître-autel ; Saint-Eloy ; La Passion. Les trois vitraux, un peu trop restaurés et trop renouvelés dans une réparation récente, enferment les sujets suivants : Fenêtre du milieu : Baiser de Judas ; portement de croix ; crucifiement. Fenétre Sud : Mort de la Sainte-Vierge ; Assomption. Fenêtre Nord : En haut, la Cène ; en bas, ange portant la croix ; la Véronique tenant la Sainte-Face. Inscription : OLIVIER, VICAIRE.

Il faut signaler les statues de saint Corentin, N.-D. de Bon-Secours et saint Alain, cette dernière venue de Lannon, saint Eloy, saint Barthélemy, saint Roch, Notre-Seigneur au tombeau, Marthe et Marie.

La corniche est remarquable, on y voit des scènes bizarres, telles que la chasse faite à deux levrettes par un lapin étique, des poissons se poursuivant à outrance, deux buveurs de cidre, homme et femme, étendus de leur long, se touchant par les pieds et buvant à cœur joie.

Puis vient cette inscription : I . PRIMA . LORS . FAB . 1605 — M. VINCA. (Vincent) LE MAVT . — D . C . CARADEC . PBRE (prêtre) — D . Y . BOHEC . PBRE. Le nom de Vincent Le Maut ou Le Maout est répété encore sur une autre corniche, près d'un cartouche tenu par deux moutons, et dans lequel sont sculptées une hache et une équerre de charpentier. Ce sont des armes parlantes, car le Maut ou Maout, en breton, signifie mouton, et ces instruments professionnels indiquent que c'est là le nom de l'ouvrier en bois qui a fait la charpente et exécuté ces sculptures.

Les tirants sont gracieux avec des chimères à la gueule immense et à la queue menaçante. Les pendentifs sont d'un très beau travail : l'un représente sainte Véronique tenant déroulé le Saint-Suaire, l'autre, splendide bloc de chêne, porte un personnage à chaque angle, un sujet à chaque face, le tout supporté par le Saint-Esprit sous forme de colombe.

La corniche qui fait cordon autour de la chapelle, à la naissance du lambris, est ornée à tous les angles de petites statuettes très jolies, d'un très bon goût ; mais il a été impossible de déterminer les personnages qu'elles représentent.

En 1731, un bref d'indulgence à gagner le jour de l'Ascension fut accordé à la chapelle de la Véronique (G.193). Dans les vitraux on remarque les armoiries suivantes : Echiqueté de gueules et d'or ; Echiqueté d'argent et d'azur ; De sable à l'aigle à deux têtes aux ailes éployées d'argent ; Pallé d'azur et d'argent . En 1790, les comptes de la chapelle de la Véronique portent à 247 livres le montant des recettes"

 

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. Presses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index . Bannalec : pages 3, 28, 31, 47, 61, 85, 100, 102, 180, 183, 283, 291, 300 et 302.

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19 mars 2025 3 19 /03 /mars /2025 11:23

Les vitraux Pré-Renaissance et Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres.

 

Sur Chartres, voir :

 

Cet article destiné à partager mes clichés est largement documenté par l'ouvrage suivant :

Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Centre international du vitrail de Chartres, 2010 (pages 56 à 93 notamment).

J'ai repris (en retrait) leurs commentaires, mis en ligne sur le site suivant :

https://arviva.univ-tours.fr/exposition-vitraux/2-onglet.html

Voir aussi :

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000772

PRÉSENTATION.

Jusqu'à la Révolution, Chartres comportait onze paroisses en plus des églises conventuelles (église Sainte-Foy, des Cordeliers, Saint-Hilaire, Saint-André, abbatiale Saint-Père-en-vallée), etc. La plupart de ces églises ont été détruites, ou leurs verrières démontées, procurant ainsi aux restaurateurs de l'église Saint-Pierre et de l'église Saint-Aignan un matériel disponible pour compléter les verres existant.

L'église Saint-Aignan aurait été fondée par saint Aignan, évêque d'Orléans vers 400, au cœur de la cité chartraine au Ve siècle. Elle fut rapidement la première paroisse de la cité : sa situation à l’intérieur des murs et sa proximité du château en font une de ses églises remarquables. Elle était la paroisse des comtes de Blois et de Chartres.

Détruite puis reconstruite aux 15e  et 16e siècles, elle présente alors une architecture de style gothique.

Les vitraux les plus anciens datent du XV et XVIe siècle mais beaucoup ont été détériorés pendant le siège de Chartres en 1568, lors de la deuxième guerre de religion. Malgré ces destructions, l'édifice présente un ensemble de 20 verrières classées monuments historiques . Si elle proviennent bien de Saint-Aignan, elles ont perdu pour la plupart leur emplacement d'origine, et elles ont été complétées par des pièces de réemploi.

"Rebâtie à la fin du XIIIe siècle, détruite puis reconstruite aux XVe et XVIe siècles, l’église Saint-Aignan, ancienne paroisse du château comtal et collégiale, présente un décor vitré d’une grande richesse. Les vitraux actuellement conservés sont pour l’essentiel ceux qui lui étaient destinés mais replacés de manière anarchique vers 1823. Seules les baies 12 et 18 sont demeurées homogènes et quelques panneaux de tympans sont encore en place."

"L'église Saint-Aignan renferme vingt-et-une baies (7, 9, 11 à 15, 18, 20, 22 et 100 à 110) garnies de vitraux exécutés entre la fin du XVe siècle et 1656. C’est en 1514 que débutèrent les travaux de construction de l’église, à partir des vestiges des édifices antérieurs. La pose des vitraux historiés s’effectua probablement au moment de l’achèvement de l’église et au cours des années suivantes. L’un d’entre eux est daté de 1547, un autre de 1566. Endommagés par faits de guerre, en 1568, leur restauration se poursuivit au cours du XVIIe siècle, notamment par les soins d’un verrier, Pierre Dubois, chargé en outre de l’exécution de 14 baies hautes dans la nef (marchés passés en 1630-1634). Certaines d’entre elles ont conservé les panneaux héraldiques des différents bienfaiteurs de l’église (XVIe et XVIIe siècles). Dans les années 1634-1646, les frères Massonet, « vitriers », procédèrent à quelques restaurations dans les verrières historiées du XVIe siècle. À nouveau fortement endommagés sinon totalement brisés par la grêle, en 1724, les vitraux furent réparés par M. Hubert, « vitrier ». Les vitraux de la nef ont été mis en caisses à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle : ils furent alors remisés chez le vitrier qui les avait ôtés ou dans une dépendance du monument. Reposés vers 1823, peu après la réouverture de l'église au culte, ces vitraux ont été redistribués de manière anarchique dans neuf des fenêtres de la nef : toutes abritent aujourd'hui des verrières composites, dans lesquelles rien n’est à sa place d’origine à l’exception des baies 12 et 18, restées homogènes, et de quelques panneaux des tympans qui n’ont jamais dû être retirés (baies 11, 14, 15, 20). L'atelier Lorin, établi à Chartres, restaura les vitraux des fenêtres hautes dans les années 1890 puis en 1923, ainsi que ceux de la nef autour de 1914. Déposés en 1939, ces vitraux ont été restaurés en 1943 par François Lorin sous la direction de Jean Trouvelot, architecte en chef des Monuments historiques, puis reposés en 1948. Endommagée par un incendie, la baie 14 a été restaurée en 1976 par l'atelier Hermet-Juteau (Gatouillat et Leproux, 2010)."

J'ai placé les baies dans un ordre chronologique.

 

La baie 9. Dormition de la Vierge par Pierre Courtois v.1485-1490.

 

"Les huit scènes dispersées d’un cycle de la Dormition de la Vierge, en grande partie regroupées dans la baie 9, illustrent l’activité d’artistes étrangers à la ville. Cette verrière, réalisée vers 1485-1490, est attribuée à l’atelier du peintre-verrier Pierre Courtois, sans doute installé à Évreux, en Normandie, dont le rayonnement est déjà identifié à Bernay (Eure), Dreux (Eure-et-Loir) et jusqu’à La Ferté Bernard (Sarthe).

Dans des encadrements architecturés de style flamboyant peints en grisaille et jaune d’argent sont figurés les différents épisodes de la Dormition, depuis l’Agonie de la Vierge (en bas à gauche) jusqu’à son Couronnement par la Trinité (tympan). L’attribution de la verrière de Saint-Aignan à Pierre Courtois repose sur ce qui caractérise ses œuvres attestées, entre autres le goût des tons rompus, les carnations peintes de préférence sur verre blanc, les visages féminins à l’ovale très pur, ou l’expression mélancolique des figures christiques. Outre la finesse d’exécution, on relève certains procédés techniques délicats, à l’exemple de la scène du miracle des impies dont les mains collées sur le cercueil sont des pièces montées en chef-d’œuvre, dans le panneau des funérailles de Marie (au milieu à droite)." (Gatouillat et Leproux in Arviva)

Les auteurs comparent cette Dormition avec celle de Notre-Dame des Marais de La Ferté-Bernard, peinte par Robert Courtois, auteur en 1498 de l'Arbre de Jessé de cet église. Les vitraux réalisés par Pierre Courtois  (père de Robert?) datent vers 1480.

Chacune des cinq scènes de la Dormition est encadrée par des colonnettes au fût taillé de losanges et soutenant un arc en rinceaux de tiges et de feuilles, et un phylactère décrivant la scène.

Un panneau de donation datant du XVIe siècle s'y ajoute en haut à gauche.

L'épisode est fondé sur des écrits apocryphes, comme celui du Pseudo-Jean, Sur la mort de Marie (IVe ou Ve siècle) ou La Légende dorée de Jacques de Voragine rédigée en latin entre 1261 et 1266.

Voir sur ce thème :

Voir aussi : Petrus Christus 1457-1467 https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mort_de_la_Vierge_(Petrus_Christus)

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

1. La Vierge alitée et mourante est entourée des apôtres. Elle est assistée d'une jeune femme (ou d'un ange, à bandeau portant une escarboucle).

Inscription COMME TOUS SALUÉRENT [...] NOSTRE DAME.

Jean est à sa gauche, tenant la palme du paradis qui lui a été remis par un ange. Pierre, précédent les autres apôtres, est agenouillé . Les draps du lit sont rouges.

L'épisode de la palme remis par un ange :

'Lorsque les apôtres se furent séparés, pour aller prêcher l’évangile aux nations, la sainte Vierge resta dans leur maison, qui était près de la montagne de Sion. Elle ne cessait point de visiter pieusement tous les lieux consacrés par son fils, c’est-à-dire ceux de son baptême, de son jeûne, de sa prière, de sa passion, de sa sépulture, de sa résurrection et de son ascension. Et Épiphane nous apprend qu’elle survécut vingt-quatre ans à l’ascension de son fils. Il ajoute que, comme la Vierge avait quinze ans lorsqu’elle mit au monde le Christ, et comme celui-ci avait passé sur cette terre trente-trois ans, elle avait donc soixante-douze ans lorsqu’elle mourut. Mais il paraît plus probable d’admettre, comme nous le lisons ailleurs, qu’elle ne survécut à son fils que douze ans, et qu’elle avait soixante ans, lors de son assomption : car l’Histoire ecclésiastique nous dit que, pendent douze ans, les apôtres prêchèrent en Judée et dans les régions voisines.

Un jour enfin, comme le désir de revoir son fils agitait très vivement la Vierge et la faisait pleurer très abondamment, voici qu’un ange entouré de lumière se présenta devant elle, la salua respectueusement comme la mère de son maître, et lui dit : « Je vous salue, Bienheureuse Marie ! Et je vous apporte ici une branche de palmier du paradis, que vous ferez porter devant votre cercueil, dans trois jours, car votre fils vous attend près de lui ! » Et Marie : « Si j’ai trouvé grâce devant tes yeux, daigne me dire ton nom ! Mais, surtout, je te demande avec instance que mes fils et frères, les apôtres, se rassemblent autour de moi, afin que je puisse les voir de mes yeux avant de mourir, et rendre mon âme à Dieu en leur présence, et être ensevelie par eux ! Et je te demande encore ceci : que mon âme, en sortant de mon corps, ne rencontre aucun méchant esprit, et échappe au pouvoir de Satan ! » Et l’ange : « Pourquoi désirez-vous savoir mon nom, qui est grand et admirable ? Mais sachez qu’aujourd’hui même tous les apôtres se réuniront ici, et que c’est en leur présence que s’exhalera votre âme ! Car celui qui, jadis, a transporté le prophète de Judée à Babylone, celui-là n’a besoin que d’un moment pour amener ici tous les apôtres. Et quant au malin esprit, qu’avez-vous à le craindre, vous qui lui avez broyé la tête sous votre pied, et l’avez dépouillé de son pouvoir ? » Cela dit, l’ange remonta au ciel ; et la palme qu’il avait apportée brillait d’une clarté extrême. C’était un rameau vert, mais avec des feuilles aussi lumineuses que l’étoile du matin.

Or, comme saint Jean prêchait à Éphèse, une nuée blanche le souleva, et le déposa au seuil de la maison de Marie. Jean frappa à la porte, entra et salua respectueusement la Vierge. Et elle, pleurant de joie : « Mon fils Jean, tu te souviens des paroles de ton maître, qui m’a recommandé à toi comme une mère, et toi à moi comme un fils. Et voici que le Seigneur me rappelle, et que je confie mon corps à ta sollicitude. Car j’ai appris que les Juifs se proposaient, dès que je serais morte, de ravir mes restes et de les brûler. Mais toi, fais porter cette palme devant mon cercueil lorsque vous conduirez mon corps au tombeau ! » Et Jean lui dit : « Oh ! comme je voudrais que tous les apôtres mes frères fussent ici, pour préparer tes funérailles, et proclamer tes louanges ! » Et, pendant qu’il disait cela, tous les apôtres, dans les lieux divers où ils prêchaient, furent soulevés par des nuées, et déposés devant la maison de Marie. Et quand ils se virent réunis là, ils se dirent, tout surpris : « Pour quel motif le Seigneur nous a-t-il rassemblés aujourd’hui ? » Alors Jean sortit vers eux, leur annonça la mort prochaine de la Vierge, et ajouta : « Prenez garde, mes frères, à ne point pleurer quand elle sera morte, de peur que le peuple en voyant vos larmes, ne soit troublé et ne se dise : « Ces gens-là prêchent aux autres la résurrection, et, eux-mêmes, ils ont peur de la mort ! » Et saint Denis, le disciple de saint Paul, dans son livre sur les Noms de Dieu, nous fait un récit analogue, ajoutant que lui aussi était là, et que la Vierge sommeillait pendant l’arrivée des apôtres." (Légende Dorée)

Nombreux bouche-trous.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

2. Les apôtres et la Vierge sont agenouillés autour du lit vide. 

Les apôtres ont la tête levée et attendent la venue du Christ.

Inscription COMME TOUS CHANTÉRENT

Le dais du lit, rouge à franges dorées, recouvre la pièce, associé à des rideaux verts et une tête de lit rouge où une fleur blanche est gravée.

 

"Quand la Vierge vit tous les apôtres réunis, elle bénit le Seigneur et s’assit au milieu d’eux, parmi des lampes allumées. Or, vers la troisième heure de la nuit, Jésus arriva avec la légion des anges, la troupe des patriarches, l’armée des martyrs, les cohortes des confesseurs et les chœurs des vierges ; et toute cette troupe sainte, rangée devant le trône de Marie, se mit à chanter des cantiques de louanges. Puis Jésus dit : « Viens, mon élue, afin que je te place sur mon trône, car je désire t’avoir près de moi ! » Et Marie : « Seigneur, je suis prête ! » Et toute la troupe sainte chanta doucement les louanges de Marie." (Légende Dorée)

Nombreux bouche-trous dont une tête masculine sur l'épaule de la Vierge.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

 

3. La Dormition de la Vierge entourée des apôtres.

On reconnaît saint Jean, toujours placé à gauche  et qui place la palme entre les mains de Marie.  la palme et Pierre tenant le goupillon. Un autre apôtre tient le seau d'eau bénite, tandis qu'un autre encore tient une croix à longue hampe.

Inscription COM[MENT], suite non déchiffrée.

Devant saint Pierre, un personnage au fin visage tient les chaines d'un encensoir. Faut-il y voir Marie-Madeleine, célèbre pour sa beauté et son élégance et caractérisée par son lien avec les parfums ? Sa robe blanche est brodé d'or, autour du cou et sous la forme de fleurs à trois pétales.

Au coin inférieur droit, peint au trait sur verre blanc avec rehaut de jaune d'argent, deux criquets (réemploi).

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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4. Les funérailles de la Vierge. 

Les apôtres, Jean en tête tenant la palme, portent le cerceuil, couvert du drap rouge. 

Inscription COMME LES APOTRES PORTENT LE CORPS.

Un homme en armure d'or (tête en réemploi de Dieu le Père barbu coiffé d'une tiare à triple couronne fleurdelisée)  et tenant une épée s'approche du cercueil et y pose la main. Il s'agit du "prince des prêtres" de la Légende Dorée, qui, avec d'autres Juifs, voulut s'emparer du cercueil. Les mains du prince se désséchèrent tandis que les autres Juifs étaient aveuglés.

Les deux mains blanches (dont une gantée de l'armure) sont montées en chef d'œuvre sur le verre rouge.

F. Gatouillat fait remarquer le sol en tapis de fleurs peint en grisaille et jaune d'argent sur le verre bleu.

"Attirés par la douceur de cette musique, tous les Juifs accouraient, s’informant de ce qui se passait. Quelqu’un leur dit : « C’est Marie que les disciples de Jésus portent au tombeau ! » Sur quoi les Juifs de prendre les armes et de s’exhorter l’un l’autre, en disant : « Venez, nous tuerons tous les disciples, et nous brûlerons ce corps qui a porté l’imposteur ! » Et le prince des prêtres, furieux, s’écria : « Voilà donc le tabernacle de celui qui a troublé notre race ! Et voilà les honneurs qu’on lui rend ! » Ce disant, il voulut s’approcher du cercueil pour le jeter à terre. Mais aussitôt ses deux mains se desséchèrent, et restèrent attachées au cercueil, pendant que les anges, cachés dans les nuées, aveuglaient tous les autres Juifs. Et le prince des prêtres gémissait et disait : « Saint Pierre, ne m’oublie pas dans ma peine, mais prie ton Dieu pour moi ! Rappelle-toi comment, un jour, je te suis venu en aide et t’ai excusé, quand une servante t’accusait ! »

Et Pierre lui dit : « Je n’ai pas le loisir de m’occuper de toi ; mais si tu veux croire en Jésus-Christ et en celle qui l’a enfanté, j’espère que tu pourras recouvrer la santé ! » Et le prince des prêtres : « Je crois que Jésus est le fils de Dieu et que voici sa sainte mère ! » Aussitôt ses mains se détachèrent du cercueil ; mais ses bras restaient desséchés et endoloris. Et Pierre lui dit : « Baise ce cercueil et dis que tu crois en Jésus-Christ ! » Ce qu’ayant fait, le prêtre recouvra aussitôt la santé ; et Pierre lui dit : « Prends, cette palme des mains de notre frère Jean, et pose-la sur les yeux de tes compagnons privés de la vue ; et tous ceux d’entre eux qui croiront recouvreront la vue ; mais ceux qui refuseront de croire seront privés de leur vue pour l’éternité ! »"

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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5. La mise au tombeau de la Vierge par les apôtres.

Saint Pierre bénit la défunte, en suivant sur un livre l'oraison. Saint Jean tient la palme, mais son visage a été remplacé par celui d'une tête barbue "peinte vers 1520" (Gatouillat et Leproux). L'inscription n'est que fragmentaire.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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6. Un couple de donateurs.

Ce panneau, tout comme celui, jumeau, remonté en baie 15, devait provenir d'une verrière distincte datée vers 1500-1515.

Dans une niche surbaisée à décor arborescent, un couple de donateurs est suivi de ses six enfants. Le mari, suivi de deux fils, est présenté par saint Jacques le Majeur, la femme suivie de quatre filles,  par un saint archevêque.

Saint Jacques s'identifie son visage barbu, par son chapeau frappé d'une coquille, par sa besace elle aussi frappée d'une coquille, et par son bourdon.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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7. Le tympan en quadrilobe : le couronnement de la Vierge par la Trinité.

C'est la scène qui achève le cycle de la Dormition. "La tête du Christ, au nimbe orné de rais terminés en fleur de lys, est caractéristique du style de Pierre Courtois." (Gatouillat et Leproux).

Les écoinçons renferment deux anges en grisaille et jaune d'argent sur fond bleu, datés vers 1500-1515 et réalisés sur le même carton que la baie 7 : ils occupent sans doute à leur place d'origine.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La baie 15. Dormition de la Vierge par Pierre Courtois v.1485-1490 (suite) et panneaux de différentes origines et époques.

"Le « désordre » du vitrage de Saint-Aignan reflète l’histoire mouvementée de l’église : vendue en 1792 à l’architecte voyer Laurent Morin, elle abrita un hôpital militaire, puis servit de grange à foin avant d’être restituée à la ville en décembre 1822 pour être rouverte au culte. Pendant cette période les vitraux de l’étage inférieur avaient été déposés et conservés en caisses. Le vitrier chargé de regarnir les fenêtres de la nef n’eut qu’à puiser dans ce stock, ce qui n’exclut pas qu’il ait pu introduire en complément quelques morceaux étrangers à Saint-Aignan. Les panneaux remployés furent alors restaurés en comblant les manques par des bouche-trous retaillés dans d’autres vitraux, à l’image de la baie 15, recomposée vers 1893 à l’aide de morceaux auparavant dispersés" arviva.univer-Tours

"L’ensemble des lancettes de la baie 15 a été recomposé vers 1893 par l’atelier Lorin de Chartres, à l’aide de morceaux auparavant dispersés, deux d’entre eux, le buste de saint Jean et la scène relative à sainte Catherine, étant probablement étrangers à l’église. Tandis que le tympan et les quatre panneaux du registre supérieur proviennent de plusieurs verrières narratives exécutées entre 1485 et 1510, le soubassement de la baie présente les restes des compositions héraldiques des fenêtres hautes de l’église, réalisées vers 1625-1630." arviva.univer-Tours

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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1 et 2. branches de lauriers entrecoupées , cadre ornemental provenant des fenêtres hautes (vers 1625-1630).

Les branches de laurier sont teintées d'émaux rouge et bleus. 

Panneau  1.

L'écu est remplacé par un panneau civil du XVIIe siècle où quatre anges (jaune d'argent, grisaille et émail bleu) sont en adoration devant un reliquaire d'or en forme de chapelle.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Panneau 2 :

Le champ de l'écu est occupé par un rondel figurant sainte Marguerite issant du dragon (grisaille et jaune d'argent, vers 1500) au dessus d'un autre panneau civil rectangulaire du XVIIe siècle représentant sainte Catherine, dont on voit la roue et l'épée, la jupe bleue, et le buste du roi à ses pieds.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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3. Sainte Catherine dans sa prison. Vers 1510-1520.

La sainte, nue mais assistée par deux anges, convertit l'impératrice, femme de Maxence, et Porphyre, capitaine des gardes.

La scène est tirée  d'une suite narrative provenant d'un autre édifice chartrain.

Les deux visages féminins sont très ronds. L'impératrice porte sur la tête une coiffe comme en portait Anne de Bretagne à la même époque, et un manteau rouge à manches larges et fourrées. Porphyre porte un bonnet rouge, tout à fait Renaissance, et qui devait être orné d'un plumet.

 

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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4. Scène de la Dormition. 1485-1490. 

"À gauche, deux apôtres assis, l’un muni d’un livre, proviennent d’une des scènes du cycle de la Dormition de la Vierge exécuté en 1485-1490 ; leurs têtes, aux carnations réchauffées, sont des exemples de la restauration subie par la verrière vers 1520. À droite, saint Jean l’Évangéliste tient la coupe empoisonnée, son attribut habituel ; la figure, dont le buste est seul conservé, patronnait probablement des donateurs ; elle pouvait appartenir à un vitrail d’une autre église. Fin du XVe siècle. Comme le panneau 3, ces deux éléments servaient de bouche-trou dans une baie de l’étage supérieur avant 1850.

Remontés au-dessous d’eux et à l’extrême droite, on reconnaît deux fragments de la verrière du Jugement dernier déjà signalée dans les baies 13 et 14 : un ange porte une âme devant la tour du paradis, un autre sonne la résurrection des morts. Vers 1500-1510." https://www.arviva.univ-tours.fr/oeuvre/641

 

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

5. Un couple de donateurs et ses onze enfants présentés par saint Jacques Le Majeur et un saint évêque.

 

 

"Un couple de donateurs, avec ses onze enfants, est présenté par un saint évêque et saint Jacques le Majeur, identifiable par les insignes des pèlerins ; la tête de ce dernier est perdue, comme celle du père de famille, remplacée par une autre. Le panneau, utilisé en baie 7 avant 1893, est similaire à celui décrit en baie 9. L’arc supérieur est rogné, mais l’amorce du culot de l’encadrement est conservée d’un côté. Vers 1500-1515." https://www.arviva.univ-tours.fr/oeuvre/641

Ce sont les mêmes donateurs que pour la scène homologue aujourd'hui en baie 9 (cf). Le chapeau de Jacques Le Majeur, seul indice d'identification avec la barbe longue et le bourdon, est peint de façon très réaliste, puisqu'il porte non seulement la coquillle des pèlerins, mais aussi un bourdonnet, et une image de pèlerinage (un visage vu de face).

Le donateur, mains jointes, visage remplacé par un réemploi, porte une robe rouge-pourpre recouvert par un manteau gris, plissé, aux manches fendues et doublées de fourrures. Il pourrait s'agir d'un marchand. 

Derrière lui viennent ses cinq fils, portant le même manteau.

L'épouse porte une coiffe dont le voile, formant un cornet vers l'arrière, débute par deux ailes couvrant les tempes et les joues. Elle est vêtue d'un manteau du rouge le plus vif, au décolleté en V et aux manches à larges revers. Son front et ses sourcils sont épilés. Ses yeux sont en amande, mais ce terme est trop vague pour désigner leurs formes en croissant effilé . La bouche est pulpeuse.

Les filles, plus grandes que les fils, portent une coiffe semblable à celle de leur mère, et un manteau, de couleur verte ou bleue.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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6. Un des panneaux de la Dormition de Pierre Courtois v. 1485-1490.

"L’encadrement de colonnettes à décor losangé permet de reconnaître dans cette scène un des panneaux du cycle de la Dormition de la Vierge attribué à Pierre Courtois, bien qu’elle soit devenue confuse en raison des bouche-trous qui altèrent toute la partie centrale. 

Parmi les pièces d’origine, on distingue, à gauche, des objets d’orfèvrerie posés sur une table, et à droite, deux têtes féminines – la Vierge et une suivante ? –, ainsi que quelques fragments de drapés. Ce sujet, décrit comme « trois saintes femmes » en 1850 et 1860, était alors placé en baie 7. Vers 1485-1490." https://www.arviva.univ-tours.fr/oeuvre/641

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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7. Le tympan : miracle de saint Sébastien.

"Cette scène de la vie de saint Sébastien, restée à sa place initiale, est la seule rescapée du cycle qui remplissait toute cette fenêtre. D’après la Légende dorée, saint Sébastien procède ici à la guérison du préfet de Rome Chromace, en présence du fils de celui-ci, Tiburce, et de Polycarpe. La scène serait intacte sans les plombs de casse qui y ont été introduits. Vers 1515-1520.
Écoinçons : les putti peints en grisaille et jaune d’argent sur fond bleu sont probablement en place. Vers 1515-1520." (Gatouillat et Leproux)

Sur cette scène d'une coloration raffinée, Sébastien, le fameux capitaine  de la garde prétorienne de Dioclétien, un bel éphèbe blond, est coiffé d'une toque à quatre plumes blanches, tandis que le préfet porte un turban rouge constellé de bijoux. Des pots en étain sont rangés sur une étagère, et à gauche une main en gros plan tend une coupe : nous sommes à l'intérieur d'une chambre. Les deux hommes se serrent les mains, chacun avançant la jambe vers son interlocuteur. À droite, un homme (Tiburce?) porte une boîte rectangulaire.

Je consulte le texte de la Légende Dorée : il y est fait mention d'une chambre d'astronomie :

"Et le vieux Tranquillin, qui était atteint d’une maladie grave, guérit dès qu’il fut baptisé. Ce qu’apprenant le préfet de la ville de Rome [Chromace], qui était lui-même très malade, demanda à Tranquillin de lui amener l’homme qui l’avait guéri. Et quand le vieillard lui eut amené Sébastien et Polycarpe, il les pria de lui rendre la santé. Mais Sébastien lui dit qu’il ne guérirait que s’il permettait à Polycarpe et à lui de briser en sa présence les idoles des dieux. Et, le préfet Chromace ayant fini par y consentir, les deux saints brisèrent plus de deux cents idoles. Puis ils dirent à Chromace : « Puisque l’acte que nous venons de faire ne t’a pas rendu la santé, c’est donc que, ou bien tu n’as pas encore abjuré tes erreurs, ou bien que tu gardes debout quelque autre idole ! » Alors il avoua qu’il possédait, dans sa maison, une chambre où était représenté tout le système des étoiles, et qui lui permettait de prévoir l’avenir : ajoutant que son père avait dépensé plus de deux cents livres d’or pour l’installation de cette chambre. Et saint Sébastien : « Aussi longtemps que cette chambre ne sera pas détruite, tu ne retrouveras pas la santé ! » Et Chromace consentit à ce qu’elle fût détruite. Mais son fils Tiburce, jeune homme des plus remarquables, s’écria : « Je ne souffrirai pas que l’on détruise impunément une œuvre aussi magnifique ! Mais comme, d’autre part, je souhaite de tout mon cœur le retour de mon père à la santé, je propose que l’on chauffe deux fours, et que, si après la destruction de cette chambre mon père ne guérit pas, les deux chrétiens soient brûlés vifs ! » Et Sébastien : « Qu’il en soit fait comme tu as dit ! » Et pendant qu’il brisait la chambre magique, un ange apparut au préfet et lui annonça, que le Seigneur Jésus lui avait rendu la santé. Alors le préfet et son fils Tiburce et quatre mille personnes de sa maison reçurent le baptême. Et Zoé, qui s’était convertie la première, fut prise par les infidèles et mourut après de longues tortures ; ce qu’apprenant le vieux Tranquillin s’écria : « Voici que les femmes nous devancent au martyre ! » Et lui-même fut lapidé peu de jours après."

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La baie 11. Quatre saints évêques, vers 1515-1530.

 

H = 3 m-L = 1,10 m."Les deux lancettes abritent quatre saints évêques en pied provenant de verrières différentes, complétées par de nombreux bouche-trous. Lesencadrements architecturaux en arc surbaissé indiquent les premières décénnies du XVIe siècle. La baie 11 est constituée de deux lancettes trilobées, divisées en deux registres, surmontées d'un tympan à trois ajours."

https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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1. Saint Martin de Tours. 

"Saint Martin, archevêque de Tours, identifié par l’inscription portée au centre de l’arc supérieur de sa niche, se tient dans un édicule tendu de damas, muni d’un livre et de la croix  archiépiscopale. Sa chape est enrichie d’un galon rouge gravé, technique également employée pour le nimbe. Dans la partie inférieure perturbée de bouche-trous, on discerne le contour d’un écu. Vers 1515-1520." https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637

Sur le verre rouge gravé (verre rouge plaqué à un verre blanc, et gravé à l'acide ou à la molette), lire Roger Barrié :

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

Le galon est gravé de points blancs, le nimbe est cerclé d'un trait blanc.

La niche est tendue d'un drap d'honneur bleu damassé et bordé d'or comme dans une chapelle seigneuriale sous quatre baies cointrées à verrières losangées.

Le motif du damas du manteau doublé de soie verte s'apparente à un ananas au centre d'un cercle flammé.

 

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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2. Saint Denis, évêque de Paris.

"Saint-Denis, soutenu par deux anges, tient dans ses mains sa tête tranchée ; un paysage apparaît au fond. La chape faite de verres rouges gravés a été partiellement remplacée. L’encadrement, un arc orné de médaillons à l’antique, est en revanche resté presque intact. Le nom du saint est inscrit sur un phylactère placé en bas à gauche. Vers 1520-1530." https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637

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3. Saint Nicolas de Myre.

   "identifiable grâce à la représentation des trois enfants qu’il a ressuscités, il protège un clerc donateur, agenouillé à gauche sur un sol carrelé teinté de jaune d’argent. Le panneau a subi maintes altérations : le saint est défiguré par une restauration, et la tenture du fond est constituée de bouche-trous. Mais sa qualité transparaît dans la souplesse du drapé de la chape bleue bordée de jaune d’argent. Vers 1515-1520.

Tête de lancettes  :  un sommet de dais gothique sur fond rouge abrite le haut d’un paysage peint sur verre bleu clair.  Premier quart du XVIe siècle. "

On retrouve la présentation du saint dans une chapelle à verrière cintrées, tendue d'un drap d'honneur rouge à galon doré.

Le clerc donateur porte un manteau plissé blanc à larges manches sur  une robe rouge.

Les trois enfants sauvés par saint Nicolas sortent du saloir, mains jointes.

Une belle pièce de réemploi en grisaille et jaune d'argent sur verre blanc montre une jeune femme (Grâce?) parmi des rinceaux perlés où est suspendue une clochette.

 

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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4. Saint Aignan, évêque de Chartres.

"Il se tient dans un paysage où se voit, selon Métais, le château de Vauventriers, celui de sa famille. Il est nommé sur une inscription placée en bas à gauche : Ygnen. Le panneau, quasiment intact, provient d’une verrière du bas-côté sud offerte par le chapitre de l’église, qui portait la date de 1518."

Tête de lancette : un fragment de dais Renaissance, rapporté, est orné de putti tenant des guirlandes de perles. Premier quart du XVIe siècle. "

 https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637

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7. Tympan, quadrilobe  Premier quart du XVIe siècle : la Trinité souffrante.

"La Trinité souffrante apparaît dans une gloire ovoïde, entourée d’une nuée d’anges peints sur fond bleu-gris. Dieu le Père, coiffé de la triple couronne, tient devant lui le Christ en croix, la colombe du Saint-Esprit étant figurée devant sa barbe. Ce panneau bien conservé est demeuré à sa place initiale.
Écoinçons : deux anges, revêtus de dalmatiques colorées, sont tirés du même carton retourné. Comme le précédent, les deux panneaux paraissent en place. Premier quart du XVIe siècle." (Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 72).

 

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La baie 13. Adam et Ève ; Vie de saint Denis ; Vie de sainte Barbe ..., vers 1500, 1520 et 1656.

 

"La baie 13 est constituée d'une lancette divisée en trois registres : I. Partie rectiligne de la fenêtre : des panneaux originaires de trois verrières distinctes se trouvent ici regroupés, deux provenant de l’histoire de saint Denis, deux autres de celle de sainte Barbe, et deux éléments de l’Expulsion du paradis."

 

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1  L’ange chasse Adam et Ève du paradis. Jean Chastellain, v. 1520

2. Adam et Éve expulsé du paradis, Jean Vacher 1656.

"1. l'ange est environné de phylactères édictant la condamnation divine (Genèse 3, 1 6-19) : MULTIPLICABO […] MALEDICTA EX EA […] Ce fragment, attribuable au parisien Jean Chastellain, est le panneau supérieur gauche de la scène qui occupait initialement le bas des lancettes de la baie nord de la chapelle de la Vierge. Vers 1520. La tête de l’ange, interpolée, est une pièce tirée d’un vitrail du milieu du XVIe siècle. 

2. Adam et Ève quittent le paradis. Cette portion de scène, complément du panneau 1, est une réfection du milieu du XVIIe siècle, peinte sur fond d’émaux bleus et violets, aujourd’hui écaillés."

https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/639

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Éve, par Jean Vacher 1656.

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Inscription de restauration.

 "Au-dessus de ce panneau et du précédent, se lit l’inscription qui soulignait la scène du registre supérieur de la verrière, relative aux Litanies de la Vierge : QUAE EST ISTA QUAE PROGREDITUR UT AURORA CONSURGENS […] ELECTA UT SOL […] UT CASTRORUM ACIE […], et la référence du Cantique des Cantiques, suivie de la date de [16]56 et de la signature de Jean Vacher, le peintre-verrier auteur de cette restauration."

La référence du Cantique des Cantiques 6:9 est : 

 Quae est ista quae progreditur quasi aurora consurgens, pulchra ut luna, electa ut sol, terribilis ut castrorum acies ordinata? Canticum Canticorum 6:9 "Une seule est ma colombe, ma parfaite; Elle est l'unique de sa mère, La préférée de celle qui lui donna le jour. Les jeunes filles la voient, et la disent heureuse; Les reines et les concubines aussi, et elles la louent."

 

 

Les vitraux  de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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3. Saint Denis comparaît devant le préfet Fescennius assis sur un trône.

"Le saint a les mains entravées de cordes que tient le soldat qui le suit ; Rustique et Eleuthère, figurés à l’arrière-plan, attendent leur jugement. Les débris du commentaire […] RUSTIQUE ET […] FURENT AMENEZ […] sont complétés des fragments d’une autre inscription. Vers 1515-1520."

 

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4. Sainte Barbe s’apprête à subir le martyre.

"Dans un paysage rocheux, le père de la sainte, richement vêtu d’un manteau damassé doublé d’hermine, la menace de son sabre ; à droite, la représentation de la sainte, altérée par diverses interpolations, laisse à peine deviner qu’elle tournait le dos, agenouillée en prière. Le début de l’inscription est conservé : COMMENT SON PERE LA VEULT [OCCIRE]. Vers 1515-1520."

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5. Saint Denis et ses compagnons.

"La dernière communion de saint Denis et de ses compagnons, les diacres Rustique et Eleuthère, dans leur prison, leur est administrée par le Christ suivi d’un ange. Des bouche-trous ont remplacé la tête du Christ et une partie de la tunique de l’ange. Sur l’inscription en partie conservée se déchiffre […] EN LA CHARTRE LUI DONNA MESSIRE […]. Vers 1515-1520."

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6. Sainte Barbe, emprisonnée, reçoit les consolations du Christ.

 

"La scène est bien conservée, mais l’inscription, soulignant la représentation comme dans la légende de saint Denis, a presque disparu : COMMENT NOTRE [SEIGNEUR…]. Vers 1515-1520."

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Amortissement : 7 et 8.

"L’ensemble est composé de bouche-trous divers, parmi lesquels plusieurs fragments d’une cour céleste, petits personnages peints en grisaille rousse et jaune d’argent, provenant de la verrière d’une Jugement dernier dont on reconnaît d’autres éléments en baies 14 et 15. Vers 1500-1510. D’autres fragments sont teintés d’émaux, notamment des portions de bordures du XVIIe siècle intégrant deux écus armoriés, sans doute originaires des fenêtres hautes (1625-1630).

L’écu de gauche est parti des familles Chouayne, d’azur à deux épées d’argent gainées d’or posées en sautoir, cantonnées de quatre croissants d’or, et Symon, d’azur au chevron d’argent accompagné de trois cygnes becqués et membrés de sable.

L’écu de droite, d’azur fascé d’argent, accompagné en chef de trois coquilles d’argent, et en pointe d’une étoile d’or, est celui des Lebeau, qui possédaient la chapelle éclairée par la baie 7, et qui ont laissé d’autres marques de leur contribution au vitrage de l’étage supérieur, l’une en baie 106, l’autre maintenant remployée en baie 22."

(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 76).

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La baie 14. Parenté de la Vierge v.1500-1520.

 

 

"La fenêtre est celle de la chapelle octroyée en 1504 à Regnault de Gyvès, prévôt de Chartres; sa verrière est conservée en grande partie à son emplacement initial, y compris les panneaux des têtes de lancettes et ceux du tympan.
Lancettes : restées à leur place d’origine dans la partie supérieure, quatre scènes encadrées d’architectures mêlant les vocabulaires flamboyant et Renaissance illustrent la Parenté de la Vierge (nos 3 à 6) ; l’une figure sainte Anne, les autres ses trois filles avec leurs familles, les soeurs de la Vierge ayant pour progéniture six des futurs apôtres. La partie inférieure a été complétée de scènes provenant de deux autres verrières. " Gatouillat et Leproux,  https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

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1. Légende de saint Denis.

"Cette scène du début de la légende de saint Denis provient de la même verrière que celles remontées en baie 13. Elle représente l’autel du Dieu inconnu érigé dans un temple d’Athènes (une inscription précise : DEO IGNOTO), devant lequel vient prier un aveugle que guérit Denis l’Aréopagite sur ordre de saint Paul. Ce dernier est rendu méconnaissable par le bouche-trou qui remplace sa tête. Vers 1515-1520. " Gatouillat et Leproux, https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

Sauint Denis porte la tenue des docteurs en théologie médiéval, avec le bonnet carré , la robe rouge, le camail et la fourrure d'hermines. L'aveugle montre les signes de son indigence : couvre-chef, tunique trouée, culotte mal ajustée par une pauvre ceinture, chausses trouées au genou, gamelle de mendicité, et husseaux.

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2. Jugement dernier.

"Le panneau appartient à la verrière du Jugement dernier signalée en baie 13. Il figure la résurrection des morts, une âme assistée d’un ange quittant le plateau de la balance que tenait saint Michel – jadis figuré à droite –, et les élus se pressant au seuil de la tour d’or qui commande l’entrée du Paradis, gardée par saint Pierre, dont la tête est une réfection du XVIIe siècle. La scène est peinte en camaïeu de grisaille rousse et de jaune d’argent, avec quelques pièces de verres de couleurs. Des bouche-trous l’élargissent du côté gauche. Vers 1500-1510." Gatouillat et Leproux,  https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

À droite, un homme sort de son tombeau, mains jointes, regard tourné vers les cieux.

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3. Marie Jacobé, Alphée et leurs quatre fils.

"Marie Jacobé, coiffée d’un volumineux atour de tête à la mode germanique, et son époux Alphée sont assis dans une cathèdre, leurs quatre enfants, les saints Jude, Joseph le Juste, Simon et Jacques le Mineur, se tenant debout devant eux. La scène est presque intacte. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux

Le premier enfant tient un livre ouvert, le deuxième (saint Joseph le Juste ou Joseph Barsabas ?)  porte un  un écritoire glissé dans sa ceinture ;  Jacques le Mineur se reconnaît à son bâton de foulon, instrument de son supplice.

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4. Marie Salomé, Zébédé et leurs deux fils.

"Marie Salomé et son époux Zébédée se tiennent derrière leurs fils, saint Jean et saint Jacques le Majeur, munis de leurs attributs habituels. La scène comprend des bouche-trous et des restaurations, notamment dans la partie supérieure. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux

Zébédée porte une aumônière à la ceinture. Saint Jean l'évangéliste bénit la coupe de poison (un dragon ailé) afin de la boire sans danger et de témoignenr de la puissance de son Dieu. Jacques Le Majeur se reconnaît à son chapeau, à sa besace et à son bourdon.

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5. La Vierge filant.

"La Vierge file la laine près du berceau de Jésus veillé par un ange, et saint Joseph travaille le bois, des anges recueillant les copeaux. On retrouve dans ce panneau peu altéré chacune des figures du Séjour de la Sainte Famille en Égypte d’Albrecht Dürer, y compris des détails tels que la couronne dont est coiffé l’ange de droite. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

 

Albrecht Dürer, Le séjour de la Sainte Famille en Égypte, de La Vie de la Vierge, vers 1504.

 

 

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6. Sainte Anne, Joachim et la Vierge enfant.

"Sainte Anne, Joachim et la Vierge enfant sont tous trois assis, occupés à lire dans une salle au décor Renaissance ouverte sur un paysage. Le panneau est bien conservé. Vers 1505-1510.
Têtes de lancettes : 7 et 8. Sur fond rouge, un entablement supporte des anges assis autour de vases godronnés, panneaux demeurés à leur place primitive ; vers 1505-1510.

Le sommet est complété de bouche-trous, parmi lesquels deux écus du XVIe siècle aux meubles mis en plombs, l’un, d’azur à trois fasces ondées d’argent, identifié comme celui de la famille Bouffineau, l’autre de gueules à deux fasces d’or, peut-être celui de la famille d’Harcourt, placé sous un fragment du précédent remonté de biais."Gatouillat et Leproux https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

 

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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 7 et 8 Têtes de lancettes.

"Sur fond rouge, un entablement supporte des anges assis autour de vases godronnés, panneaux demeurés à leur place primitive ; vers 1505-1510.

Le sommet est complété de bouche-trous, parmi lesquels deux écus du XVIe siècle aux meubles mis en plombs, l’un, d’azur à trois fasces ondées d’argent, identifié comme celui de la famille Bouffineau, l’autre de gueules à deux fasces d’or, peut-être celui de la famille d’Harcourt, placé sous un fragment du précédent remonté de biais."Gatouillat et Leproux https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

"Les familles de la haute bourgeoisie charlraine donnèrent de nombreux lévites a l'église pendant l'épiscopal d'Erard de la Marck. Nous citerons parmi eux Michel de Champrond, [...] Claude Grenet, Charles Bouffineau, Guillaume Poussemotte, Sébastien Grenet." https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56057220.texte.r=.ngFR

Les Bouffineau furent marchands de sel à Chartres.

 

Tympan.

"Tympan, ajour principal : 9. Dieu le Père apparaît en buste dans une gloire d’or, portant la couronne fermée ; il tient le globe d’une main et bénit de l’autre. De part et d’autre, deux anges tiennent des phylactères exaltant la généalogie de la Vierge d’après le prophète Isaïe : EGREDITUR VIRGA DE RADICE IESSE. Le panneau serait intact sans le trou qui a fait perdre la tête de l’ange de gauche. Vers 1505-1510.
Écoinçons : deux anges jouent de la viole ; le style de ces figures, traitées en grisaille et jaune d’argent à l’exception de leurs ailes, s’accorde à celui des panneaux de la Sainte Parenté. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux, https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 78).

La citation Egredietur virga de radice Iesse, (et flos de radice ejus ascende) est souvent associée aux verrières mariales ou aux Arbres de Jessé. Elle signifie : "Un rameau poussera sur la racine de Jessé, un rejeton naîtra de ses racines, et portera du fruit" et est lu comme une annonce de la naissance de Jésus.

 

 

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La baie 18. Apparitions du Christ à saint Pierre et à saint Paul. Jean Jouan, Jean Cousin v. 1540.

"Cette verrière, consacrée aux apparitions du Christ à saint Pierre et à saint Paul après sa Résurrection, paraît ne pas avoir subi beaucoup de modifications et pourrait être encore à son emplacement d’origine, les bordures du registre supérieur épousant parfaitement la forme de la baie. Elle est constituée de deux scènes superposées dont les modèles ont certainement été commandés au peintre parisien Jean Cousin dans les années 1540 : l’inventivité et l’élégance du répertoire décoratif, la complication et l’amplitude des drapés, les physionomies des protagonistes, le dessin des mains et les paysages à l’antique sont en effet caractéristiques du style de l’artiste. De plus, de nombreux éléments de la Conversion de saint Paul se retrouvent dans une gravure attribuée à Cousin par Henri Zerner. Une autre version a été par la suite gravée par Delaune.

Selon Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, la facture de la verrière est semblable à celle du vitrail de Saint Michel combattant les anges rebelles dans la même église (baie 12) et à celle des panneaux de la Vie de la Vierge de Saint-Pierre de Chartres (Chartres, Center international du Vitrail), attribués au peintre-verrier Jean Jouan."

 

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

1. Domine quo vadis ?

"Cet épisode de la vie de saint Pierre, qui ne figure pas dans les Actes des apôtres, semble d’invention tardive. Il est rapporté par saint Ambroise et repris par Jacques de Voragine dans la Légende dorée : fuyant les persécutions de Néron, l’apôtre cherche à quitter Rome par la voie Appienne, lorsqu’il voit apparaître Jésus portant sa Croix. Il lui demande : « Seigneur, où vas-tu ? » (DOMINE, QUO VADIS ?). Le Christ lui répond : « À Rome, pour me faire crucifier une seconde fois » (ROMAM EO ITERUM CRUCIFIGI). Honteux, Pierre retourne dans la ville subir le martyre. C’est ce dialogue, en latin, qui figure sur le cartouche placé au bas de la scène, dont la partie gauche a disparu.

L’encadrement, très plastique, est constitué de motifs de « cuirs » découpés, inspirés de ceux conçus par Rosso pour la Galerie François Ier de Fontainebleau et diffusés par des graveurs comme Antonio Fantuzzi ou Jean Mignon. Cependant, on ne relève aucune copie directe, l’ensemble étant savamment réinterprété par un artiste visiblement à l’aise dans ce répertoire.

Deux écus sont figurés dans les écoinçons de la partie supérieure. Les armoiries, traditionnellement associées à la famille Godeffroy, sont plus vraisemblablement celles de François Arroust, prévôt de Chartres de 1540 à 1547, et de sa femme Catherine  Michon. La moitié droite de l’écu écartelé est restaurée." https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/642

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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2. La Conversion de saint Paul

"Saül, Juif hellénisé servant dans l’armée romaine, se rendait à Damas pour pourchasser les disciples du Christ, lorsqu’il fut aveuglé par une vive lumière qui le fit chuter de cheval. Il entendit alors une voix lui disant « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? ». Il se convertit et prit le nom de Paul. La scène prend place dans un encadrement tout aussi recherché que celui de la partie inférieure, quoique de structure différente, puisé à des sources de même origine interprétées avec autant de science : deux termes supportent un arc brisé orné d’une frise de rinceaux et de bucrânes qui épouse la forme de la baie. On note quelques restaurations, notamment la tête de l’un des soldats, et un emploi d’émail bleu plus abondant que dans le registre inférieur, où il se limitait à la couronne d’épines du Christ et à son voisinage. On en trouve en particulier pour le harnachement de l’un des chevaux et les guêtres de son cavalier. L’une des pièces présente même la particularité d’être peinte à l’émail bleu sur un verre de même couleur. En revanche, les paysages peints sur verre bleu sont traités de façon similaire dans les deux scènes."

(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 51 et 82).

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La baie 12. Saint Michel combattant les anges rebelles. Jean Jouan,  1547.

 

"Cette verrière, demeurée quasiment entière, est à son emplacement d’origine. Elle fut commandée au peintre-verrier Jean Jouan par la famille Grenet, titulaire de la chapelle, et fut posée en avril 1547.

Le sujet, le combat victorieux de l’archange saint Michel et des armées célestes contre Lucifer et les anges rebelles, est tiré de l’Apocalypse : « Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon […] Le grand dragon appelé Satan fut précipité sur la terre et ses anges furent précipités avec lui. » (Apocalypse, 1 2, 7). Le choix de cet épisode revient probablement à l’un des membres de la famille, l’avocat Michel Grenet qui, dans son testament rédigé quelques mois plus tard, demanda qu’une statue de son protecteur soit placée sur l’autel.


Saint Michel vêtu d’une armure étincelante, accompagné de deux anges, précipite Lucifer et d’autres démons dans les flammes de l’enfer.L’artiste possédait probablement la planche correspondante de l’Apocalypse de Dürer, ainsi que la gravure de Jean Mignon sur le même sujet (Zerner, JM 50), mais ses emprunts à l’une comme à l’autre sont très ponctuels. 


On sait aussi que le peintre-verrier Pierre Massonnet restaura la verrière en 1650. La tête de l’ange de gauche est une réfection de Charles Lorin en 1914, tandis que celle de l’ange de droite porte les traces d’une intervention plus ancienne, remontant probablement au XIXe siècle."

(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 74). https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/638

 

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Le tympan : Dieu le Père.

"Au sommet, dans une nuée peuplée de chérubins, Dieu le Père assiste au combat, entouré par deux angelots tirant des flèches."

 

Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Le soubassement.

"Le soubassement, orné d’un grand cartouche et de serviettes, comporte des éléments insérés postérieurement. Il s’agit, au centre, d’un petit panneau carré peint à la grisaille, au jaune d’argent et à l’émail bleu, représentant une femme assise tenant un livre et, à droite, d’un écu dont les armes, d’azur au chevron d’argent accompagné de deux croix potencées d’or et, en pointe, d’une feuille de chêne de même, sont celles des Challine, descendants des Grenet et possesseurs de la chapelle à partir de la fin du XVIe siècle. Ces modifications pourraient être consécutives à des dégâts survenus pendant le siège de 1568."

 

 

Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Les fenêtres hautes.

"Trente-trois fenêtres en plein cintre éclairent l'étage supérieur de l'église, les cinq du rond-point étant suivies de deux baies par travées."La baie 100, dans l'axe et ses voisines de part et d'autre regroupent les restes des armoiries et des emblèmes de ceux qui ont contribué à la réalisation de ces verrières blanches à bordures teintées d'émaux, menée en deux temps, en 1625 dans le chœur et vers 1630 dans la nef. Les panneaux, tous peints en grisaille, jaune d'argent et émaux, ont été redistribués tels qu'on  les voit aujourd'hui à l’occasion de la restauration de ces fenêtres survenues vers 1895. Les doubles filets qui cernent chaque baie furent alors réalisés à partir des débris des anciennes bordures." (Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 51 et 82).

 

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Baie 100.

"Ecu d'azur ouvert en chevron surmonté d'une crossette d'or accompagné de trois épis de blé."

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 103.

Cet écu de sable au ciboire d'or est peut-être l'emblème d'une confrérie.

 

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 105.

Ecu d'argent à la fontaine jaillissante d'or.

 

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 107.

Écu au monogramme sur fond d'argent incluant peut-être les lettres A, V, B, R, et F.

Il évoque les marques des imprimeurs et des libraires, mais aussi des verriers de la cathédrale de Troyes à la fin du XVe siècle.

Marque de la baie 132 (par le verrier Pierre, 1499) de la cathédrale de Troyes. Photographie lavieb-aile.

https://www.lavieb-aile.com/2024/02/les-vitraux-de-la-cathedrale-de-troyes-les-baies-132-et-232.parabole-du-fils-prodigue.html

Consulter :

— COFFINET (Abbé Jean-Baptiste), 1858,Les peintres-verriers de Troyes pendant trois siècles depuis 1375 jusqu'à 1690 "Peintres-verriers. Nomenclature des peintres-verriers de Troyes depuis 1375 jusqu'à 1690". Annales archéologiques, 1858, t. 18, p. 212-224.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9693408c/f153.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9693408c/f252.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9693408c/f250.item

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 109.

Écu à fond d'or au monogramme constitué autour de la lettre G et des lettres A, E et X, sous un 4 de chiffre. 

 

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Vitrail contemporain de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Vitrail contemporain de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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Published by jean-yves cordier - dans XVIe siècle. XVe siècle Renaissance. Héraldique
19 février 2025 3 19 /02 /février /2025 18:39

Le porche et le calvaire (XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau.

 

Voir sur cette église :

 

PRÉSENTATION.

 

L'ensemble de la nef, du chœur et de l'aile nord sont du milieu du XIVe siècle, le porche a été commandité au tout début du XVIe siècle par le seigneurde Boutteville, baron et vicomte de Coaquénan, dont le manoir est situé à moins de 500 m.

L'architecture de l'église.

"L'église au plan en tau, caractéristique de nombreuses chapelles bretonnes, a un chevet plat, avec chœur très légèrement saillant.Les murs de granite sont en pierres de taille, mises à part les portions en moellons irréguliers du bas-côté nord et de la chapelle qui lui fait suite . Cette manière de traiter à moindre frais des parties d'édifice moins voyantes correspond à un usage fort répandu autre fois. La ligne de bancs de pierre du pied du mur sud, du porche et du mur ouest de la chapelle méridionale sont en relation avec des usages communautaires disparus." (Y.P. Castel)

 

L'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

L'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche des Boutteville.

"La facture soignée du porche au dessin sobre et précis, grand gable et contreforts biais, n'a rien d'étonnant vu la qualité des commanditaires, les Boutteville dont l'écu aux cinq fusées de gueules sur champ d'argent timbre les pinacles à l'extérieur et la clef de voûte à l'intérieur.

Baron du Faouët, sieurs de Barégan , les Boutteville sont connus pour avoir été les initiateurs en 1489 de la fameuse chapelle Sainte-Barbe, qui domine l'Ellé, dans leur pays du Faouët. Il y a lieu de penser que les armoiries de notre porche sont celles de Jean, qui, par son mariage avec Alix de Launay, gagna le titre de vicomte de Coëtquénan, fief voisin dont dépendait le Grouanec. Chevalier banneret, Jean Boutteville fut l'un des 468 hommes d'armes qui participèrent au recouvrement du duc Jean V, en 1420 après sa capture par les Penthièvre. 

Le porche peut être daté ainsi de la première moitié du XVe siècle |sic]. Et si l'inscription en caractères gothiques, à droite de la façade, n'était aussi usée on aurait sur la date de sa construction quelque utile précision.

On l'a dit, le style de cette édifice est soigné. Les éléments en pierre de kersanton, qui tranchent sur la structure de granite, le rattachent à l'atelier du Folgoët, la Collégiale fondée en 1422 par le duc Jean V.

Archivolte à crochets, pinacles soutenus par des crossettes figurées dont l'une représente un homme renversé [sic, tout témoigne de l'habilité du sculpteur. Mais ne lui appartient pas la tête du Christ posée sur le fleuron, vestige provenant d'un calvaire démoli." (Y.P. Castel)

Proposition généalogique personnelle :

Jean III de Boutteville, écuyer, seigneur du Faouët, décédé en 1463,  épousa Aliette de Coëtquenan, vicomtesse de Coëtquénan.   En 1420, il prit les armes pour délivrer le duc Jean V, alors prisonnier des Penthiève. En 1427, il fut capturé par les anglais au Mont Saint-Michel. Son fils Jean IV de Boutteville , chevalier, vicomte de Coëtquenan, marié à Marie de Kerimerc'h est le cofondateur de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët . En 1495, la seigneurie du Faouet avait été érigée en baronnie au profit de Jean par la duchesse-reine Anne. De sa femme Marie de Kerimerc'h, épousée en 1463, il eut deux enfants, Catherine, et Louis, vicomte de Coëtquenan, décédé en 1539.  Louis de Boutteville épousa le 19 janvier 1498 Jeanne du Chastel.  Leur fils Yves épousa Renée de Carné (née en 1515). Leur fille Jeanne, vicomtesse de Coëtquenan se maria avec Yves de Parcevaux, décédé en 1558, puis elle épousa en 1559  Claude de Goulaine (1512-1579) qui reprit le titre de seigneur de Coëtquenan.

Si on considère que ce porche date du début du XVIe siècle, c'est Louis de Boutteville qui est le mieux placé chronologiquement pour en être le commanditaire. Mais les armes de son épouse,  fascé d'or et de gueules de six pièces sont absentes au Grouanec. Je note que dans la chapelle Sainte-Barbe du Faouët, sur le vitrail où Louis et Jeanne sont représentés comme donateurs, Louis de Boutteville est présenté par saint Fiacre. Or, c'est à saint Fiacre qu'est dédiée la chapelle sud du Grouanec.

Les généalogies consultées ne sont pas unanimes. 

https://man8rove.com/fr/family/de-Boutteville

https://gw.geneanet.org/hamety?lang=fr&n=de+bouteville&p=jean

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=louis&n=de+bouteville

https://www.lavieb-aile.com/2016/01/le-vitrail-de-la-vie-de-saint-fiacre-chapelle-saint-fiacre-le-faouet.html

https://www.lavieb-aile.com/2023/07/la-tribune-de-la-chapelle-sainte-barbe-du-faouet.html

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

 

Les crossettes en kersanton.

Ce sont deux "lions de crossettes" typiques des sculpteurs sur pierre bas-bretons du XVe siècle. Cet animal partage avec les dragons la palme des motifs de ces pierres d'amortissement, avant les chiens ou les anges. Leur forme est constamment retrouvée, notamment la gueule montrant les crocs, la crinière contrastant avec un corps glabre, la langue pendante, les pattes velues ou la queue passant sous l'abdomen et faisant retour sur le dos pour y étaler le fouet caractéristique. 

L'animal est semblable des deux côtés. La crinière est traitée en trois rangs de mêches bouclées.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

 

Les pinacles gothiques à crochets.

a. Le pinacle du côté est.

Si la forme des deux pinacles est identiqsue, avec crochets, fleuron sommital et gable à la base, les détails sculptés sont différents.

À l'est, un homme renversé occupe le gable à feuilles d'acanthe. La tête (à cheveux courts en couronne) est bien visible, il est difficile de confirmer l'hypothèse qu'il s'agit d'un acrobate réalisant une galipette ou renversement postérieur, bien qu'on puisse deviner qu'il se saississe de sa cheville droite. À notre gauche, un élément à larges franges peut correspondre à une partie de vêtement de saltimbanque.

Au dessus, les armes des Boutteville à cinq fusées sont sculptées sur un blason en bannière.

 

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

 

Le pinacle ouest.

Les gables sont occupées par un trilobe gothique. 

On trouve au dessus les fusées des Boutteville, mais surtout une belle figure héraldique, celle d'un lion rampant. 

Si nous passons en revue les alliance des Boutteville depuis le moment où ils sont devenus seigneurs de Coëtquénan, et donc les descendants de Jean III et d'Aliette ou Alix de Coëtquenan, vicomtesse de Coëtquénan — ou les parents de cette dernière—, nous ne trouvons pas de famille ayant un lion rampant dans ses armes :

Marie de Kerimerch épouse de Jean IV de Boutteville

Jeanne du Chastel épouse de Louis de Boutteville

Renée de Carné épouse d'Yves de Boutteville.

Claude de Goulaine, époux en 1559 de Jeanne de Boutteville.

Une hypothèse : sont-ce les armoiries de pourpe au lion rampant d'argent de Kerouzéré ?

Que dit Pol Potier de Courcy sur cette famille :

Kerouzéré (de), baron dudit lieu et sr de Kersauzon, par. de Sibiril, — de Kerroenaouet et de vtenfautet par. de Cléder, — de Trogoff par. de Plouescat, — de Kerandraon et de Keraliou, par. de Plouguerneau, -*- de Kerdrein, — de Kernavallo, — de Kerangoraar, par. de Taule, — de Trévehy et de Tromanoir, par. de Plouenan.

Réf. et montres de 1426 a 1534, elites par., év. de Léon. De pourpre au lion d’argent. Devise : List, list. (Laissez, laissez.)

Eon, président universel de Bretagne en 1390 ; Jean, son fils, échanson du duc Jean V, contribua au siège de Chamteauceaux à la délivrance de ce prince, prisonnier des Penthièvre en 1420, et épousa Constance le Barbu, dame de Trévéhy ; Yvon, conseiller et chambellan du duc François II en 1465 ; Alain, évêque de Léon f 1445.

La montre de l'évêché de Léon à Lesneven en 1481 signale 38 gentilshommes de Plouguerneau, dont en tête Olivier Le Moyne, de la garde du duc, puis, juste après, Vincent Kerouzéré, de 132 #, archer en brigandine, bras couverts, et sous lui Autred Kerasquer, vouger en brigandine et page, puis Yvon Kerouzéré, de 70 #, absent es études, par Derien Kerasquer, vouger en brigandine . Viennent ensuite Yvon Coetivy, et Allain Coetivy, et ensuite Allain an Nobletz,  dont le fils Jean obtiendra par contrat de 1514 droits de prééminence dans la chapelle sud du Grouanec.

De même, H. Pérennès cite "une réformation sans date qui doit se situer dans la seconde moitié du XVe siècle", où Vincent Kerouzéré arrive juste après Henri Coatquenan dans la liste des nobles de Plouguerneau, devant Prigent de Coetivy et Ollivier Le Moyne :

 

Je ne peux que suggérer cette hypothèse, sans la conclure.

 

 

 

L'intérieur du porche.

"À l'intérieur du porche, l'absence de niches pour les statues des apôtres est compensée par la loge à console médiane qui devait abriter quelque sculpture religieuse. Un vaste bénitier à double usage, extérieur et intérieur, est encastré dans le mur de part et d'autre de manière ingénieuse.

Le vantail de la porte à trois panneaux mêle aux serviettes médiévales deux têtes d'angelots du style que Bertoulous sculptait au XVIIe siècle. Le bas-relief représente la Vierge à l'enfant sous le titre de N.D . GROUANEC, réplique de la grande Vierge de kersanton du bras nord.

Signalons dans ce porche une curiosité peu banale. Entre les arcs ogifs en pierre, appuyés sur des culots sculptés de masques, les quartiers de la voûte sont ...en bois. Mais nul ne saura dire si c'est le résultat de l'avortement du propos primitif ou si c'est dû à une destruction accidentelle postérieure de la voûte en pierre, ce qui semble bien peu probable." (Y.P. Castel)

Les armes des Boutteville en clef de voûte.

 

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

 

Les culots sculptés de masques : trois écuyers et une sirène.

Nous n'avons pas affaire à des sculptures en kersanton, qui, avec son grain fin, résiste bien à l'usure, mais à du granite, et même à plusieurs faciès de granite, aussi les clichés sont-ils médiocres et peu aptes à en rendre les sujets. Mais on voit trois têtes de personnages assez semblables, aux cheveux mi-longs et bouclés, et un col bien marqué. Rien ne permet d'y voir des anges, et ce serait plutôt des écuyers, comme ceux qui, dans d'autres porches bretons, saluent le fidèle qui s'apprête à entrer.

 

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

La sirène à queue bifide.

Une autre sculpture montre ce qui pourrait être un animal vu de dos, mais je propose plutôt d'y voir une sirène,  vue de face, à la chevelure longue, et qui maintiendrait avec ses mains les extrémités d'une  queue bifide.

Comme sur les chapiteaux romans de Brioude...

Brioude, cliché lavieb-aile.

 

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

L'ossuaire.

"Au mur occidental s'accroche un ossuaire d'attache bâti après coup, au XVIe siècle. Les cinq pilastres classiques sont dans l'esprit de l'architecte morlaisien Michel Le Borgne, sans qu'on puisse affirmer qu'il en soit véritablement l'auteur."

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

 

L'inscription de la porte de l'aile nord.

"Si les armoiries des Boutteville n'ont [n'avaient] été, à ce jour, relevées par aucun auteur, l'a été, quoique de manière incomplète [Couffon], l'inscription gravée à l'ombre du fleuron de la porte sur l'aile nord. La voici. LAN:MIL Vc :F : N : NOUEL : F[ABRIQUE] / H : ROUEL.

On sait ainsi qu'en 1500, un certain N. Nouel était ici fabrique. Quant à H. Rouel, non suivi d'initiale, on ne sait quelle est sa qualité exacte, fabrique ou prêtre." (Y.-P. Castel)

 

 

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

Le porche ( début XVIe siècle) de l'église du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.

 

LE CALVAIRE DE 1505. CIMETIÈRE DU GROUANEC.

Le calvaire de l'enclos du Grouanec occupe désormais le centre du cimetière. Il a été décrit par Yves-Pascal Castel en 1980, et celui-ci l'a daté du XIVe siècle, et, par ses inscriptions, de 1508 (chapiteau) et de 1838 (socle). C'est d'ailleurs une croix, et non pas un calvaire.

Au dessus d'un soubassement de plan octogonal à quatre degrés et d'un socle portant la date de 1838 est posé le fût à pans où Castel a lu l'inscription L AN MIL VCV H O P, en lettres gothiques. Puis, un "chapiteau" évasé en losange porte la croix, monolithique  aux bras terminés en fleurons carrés, et couronnée d'un élément à godrons.

 

 

 

 

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La face principale.

Elle porte le Christ en croix (kersanton).  Hélas, les lichens ont proliféré et dissimulent la majeure partie du visage, des bras et du tronc, ne laissant pas estimer la qualité du travail du sculpteur. Les jambes sont fines et les pieds sont croisés et superposés. On devine les cheveux longs, mêlés à la couronne d'épines, et un œil globuleux. Les côtes sont horizontales.

Le titulus porte les lettres INRI en caractère gothique.

 

 

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

 

La face opposée.

Elle porte une statue de la Vierge à l'Enfant en kersanton, qui serait très belle et émouvante si elle n'était, elle aussi, défigurée par les lichens. 

La Vierge porte une couronne à fleurons, son visage est rond, sa bouche petite. Son manteau forme un pli qui recouvre le bras doit avant de retomber en triangle, dessinant un triangle à pointe supérieure avec le côté opposé. Le corps est long et fin. La robe est (ou semble) serrée par une ceinture ; fine et ajustée sur le buste, elle se plisse ensuite en plis tubulaires.

Je ne parviens pas à distinguer les chaussures ; sont-elles pointues, comme au XVe siècle.

Car cette statue me semble dater de ce siècle (et, alors, relever de l'atelier du Folgoët). Notamment, les cheveux en boucle de l'enfant-Jésus m'évoque cette datation.

Cet enfant a le visage très rond, "à la Tintin", une remarque qui m'était déjà venue devant les deux Vierges à l'Enfant de l'intérieur de l'église du Grouanec .  Il est vêtu d'une tunique longue. Il pose tendrement la main sous la gorge de sa Mère, tandis que le bras gauche est vertical ; la main gauche est posée sur le globe terrestre, que Marie soutient dans sa paume.

On rêverait de voir ce chef-d'œuvre correctement mis en valeur et débarrassé de ses scories qui interdisent toute étude valable.

Voir le cliché de la croix du cimetière en 2015 : le visage du Christ était encore préservé :

https://fr.geneawiki.com/wiki/Fichier:29195_-_Plouguerneau_-_Grouanec_-_Calvaire.jpg

Comparer par exemple avec des calvaires du XVe siècle :

Et :

Le calvaire de Notre-Dame du-Traon à Plouguerneau, de 1511.

 

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

La croix du cimetière du Grouanec. Cliché lavieb-aile 2024.

SOURCES ET LIENS.

CASTEL (Yves-Pascal ): Plouguerneau . L'enclos du Grouanec . Non consulté.

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 7 mai 1994, "Découverte de la Bretagne. Plouguerneau. L'enclos du Grouanec"; Le Progrès du Léon.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/2532

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, "Plouguerneau", atlas n°2009 Le Grouanec cimetière" Atlas des croix et calvaires du Finistère = 4 clichés [closdesfuschias2024]

 

2009. Le Grouanec, cimetière, granite. kersanton. XIVè s., 1505, 1838. Soubassement de plan octogonal à quatre degrés. Socle: 1838. Fût à pans: L AN MIL VCV H O P, en lettres gothiques, chapiteau. Croix, fleurons, crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouguerneau.html

CASTEL (Marcel), s.d, L'enclos paroissial du Grouaneg-Eglise Notre-Dame. Dépliant de présentation.

COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988, « Plouguerneau », Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/974

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre de Basse-Bretagne. Les ateliers  du XVe au XVIIe siècle, PUR éditions, page 103 et figure 90.

PÉRENNÈS (chanoine Henri) 1941, Plouguerneau, une paroisse entre Manche et Océan.

Transcription du texte sur Infobretagne

https://bibliotheque.idbe.bzh/data/cle22/Plouguerneau_.pdf

"Un ossuaire est adossé à la chapelle, et une fontaine l'avoisine. A 400 mètres au nord-est se dresse un vieux calvaire à baldaquin, qui d'après de Kerdanet, serait de 1580."

POTIER DE COURCY (Pol) 1859, « Itinéraire de Saint-Pol à Brest », Revue de Bretagne et de Vendée, 6,

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110249t/f126.item

DIVERS :

PLOUGUERNEAU D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

https://plouguerneau.net/croix-et-calvaires/#:~:text=la%20VIERGE%20A%20L'%20ENFANT,la%20croix%20n%C2%B0%2062.

 

Visite virtuelle

https://www.bretagne-decouverte.com/chapelle-du-grouanec-a-plouguerneau-29/

 


 

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Published by jean-yves cordier - dans Crossettes Héraldique Chapelles bretonnes. Porches

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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