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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 11:21
Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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LES DEUX NICHES À VOLETS DU CHOEUR.

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LA VIERGE À L'ENFANT (Bois polychrome, XVIIe siècle, hauteur 1,30 m.).

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29005170

Remarquez le bandeau occipital, caractéristique de la statuaire mariale finistérienne. La statue a été repeinte assez grossièrement ; la statue de l'Enfant, qui tient un livre, est brisé à plusieurs endroits. La Vierge tient une pomme de pin (?).

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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SAINT PABAN (Bois polychrome, XVIIe siècle, hauteur 1,05 m.)

 https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29005171

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Le saint patron de l'église est représenté tenant un livre dans la main gauche, faisant un geste d'éloquence du bras droit. Il est vêtu d'une soutane ou cotte talaire noire avec son rabat noir à bordure blanche, d'un surplis, et d'une chape. Il porte l'étole.

Son nom, qui a donné le toponyme Lababan, anciennement Lanbaban,  est la forme tendre et affectueuse ("hypochoristique") propre à saint Tugdual, au même titre que "Pabu" (en vieux breton "père", voire "pape"), qu'on retrouve à Trébabu (anciennement Lanpapbu) près du Conquet, à la chapelle de Lambabu en Plouhinec, à la chapelle de Saint-Tugduale Kerbabu de Plounévez-Moëdec, etc.

Voir Bernard Tanguy 1986 :

http://tudy.chez-alice.fr/Article_Tanguy.pdf

 

 

 

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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STATUE DE SAINT YVES (Bois polychrome, XVIIe siècle, hauteur 1,38 m.).

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https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29005173

Inscription :

FAIT : FAIRE : PAR : Me : Y : JOLIVET

Fait faire par messire Y[ves] Jolivet

Il est représenté avec une moustache Louis XIII et vêtu de la cotte talaire noire au rabat identique à celui de saint Paban, du surplis, d'un camail noir. Il fait, en symétrie de saint Paban, un geste d'éloquence du bras gauche, et tient un rouleau de papier en main droite, évoquant ses fonctions d'official de Tréguier, et d'avocat.

Yves Jolivet n'est pas le sculpteur (comme indiqué sur POPculture) et la formule "fait faire par" désigne le commanditaire. En outre le titre de Messire est réservé, dans ces inscriptions, au prêtre de la paroisse, son curé.

La base Geneanet signale un Yves Jolivet né vers 1660 et décédé en 1710 à Kereben,Pouldreuzic.

https://gw.geneanet.org/titoune29?n=jolivet&oc=&p=yves

Le patronyme Jolivet est attesté à Landudec ( à 6 km au nord de Pouldreuzic) et à la commune voisine, Plogastel-Saint-Germain. Un Yves Jolivet, laboureur, né en 1620, marié en 1658, est attesté à Landudec.

https://gw.geneanet.org/audreyeva1?n=jolivet&oc=&p=yves.

Geneanet signale d'autres Yves Jolivet à Landudec, mais pas de prêtres.

Yves Jolivet ne figure pas dans la liste, incomplète,  des curés de Lababan entre 1529 et 1790 donnée par le chanoine Abgrall page 275.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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ÉLÉMENTS HÉRALDIQUES.

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Blason en bannière présenté par des tenants un genou à terre.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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Bas-côté nord.

On discerne dans les quartiers une tour, et un lion.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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LES BANNIÈRES DE PROCESSION.

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Saint Paban en évêque (mitre et crosse) mais avec les emblèmes papaux brodés en dessous.

XXe siècle ; velours violet et fils d'or, lambrequins arrondis, cannetilles.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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Vierge de l'Immaculée Conception, les pieds sur un croissant de lune et foulant le serpent.

Inscription KALONN DINAMM MARI PEDIT EVIDOMP. ("Cœur immaculé de Marie, priez pour nous")

Monogramme marial AM.

Le style évoque celui de Seiz Breur (après 1923).

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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Bannière de saint Alain ou Alar.

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Inscription ST ALAR PEDIT EVIDOMP.

Velours vert, broderie de rinceaux fleuris et cornes d'abondance.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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Bannière de sainte Thérèse

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et PEYRON ( Chanoine ) , 1915,  "Notice sur Lababan" Bulletin diocésain d'histoire et, Bull. Diocésain d'histoire et d'archéologie BDHA, pages 34 et suivantes.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7985bcf61d3df7aee5988d08dd5558ee.pdf

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— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Pouldreuzic, in Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/94d03f33184b2275aa89e7bcad064c8c.pdf

« Vitraux de Pierre Toulhoat, dont une Adoration des mages dans le transept nord. » 

— POPCULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00005699

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes Sculptures Bannières. Héraldique
26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 21:07

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre.

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— Sur La Martyre, voir sur ce blog :


 

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PRÉSENTATION.

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L'enfeu le mieux conservé du bas-côté nord de l'église de La Martyre, ancienne trève de Ploudiry, a été parfaitement décrit, et les armoiries de ses trois écus ont été  attribués à la famille de Botlavan en alliance avec Kergrist :

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"On voit dans l’église trois enfeus, l’un contre le mur du Midi, les deux autres contre le mur du Nord. Leurs arcades ont la même forme : elles sont en anse de panier. Le premier de ces tombeaux arqués est dépourvu d’ornementation ; les autres sont bien dotés de détails architectoniques de l’époque (XVIème siècle) et leur arc surbaissé est surmonté d’un arc en accolade. Les blasons qui indiquaient leurs propriétaires ont été martelés, excepté ceux qui encadrent l’enfeu situé au haut du collatéral Nord. L’écusson placé au sommet de cet enfeu porte les armes de Botlavan : d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur. Sur ces écussons latéraux sont les armes mi-parti de Botlavan, et d’or à quatre tourteaux de sable, 3 et 1, au croissant de même en abyme, qui est de Kergrist." (Abbé Kerouanton, BDHA 1931)

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Les blasons ont été relevés par Fons de Kort :

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Relevé des armoiries par Fons de Kort.

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Son décor Renaissance incite à l'attribuer à un atelier actif dans la vallée de L'Elorn, établi à Landerneau et très habile à sculpter la pierre de kersanton. René Couffon le nomme atelier de Kerjean, mais l'atelier de Bastien et Henry Prigent (actif de 1527 à 1577) a produit de nombreuses œuvres (porches, bénitiers, calvaires) introduisant les rubans en volutes accolés par un lien torsadé que nous retrouvons ici sous l'influence de l'art de la Seconde Renaissance. Notamment à Pencran en 1553. Les Prigent ont réalisé pour Ploudiry une statue de saint Sébastien en kersanton.

Je l'attribue donc aux Prigent, mais je laisse le point d'interrogation de mon titre puisque cet enfeu ne figure pas dans le catalogue raisonné de cet atelier dressé par Emmanuelle Le Seac'h.

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"La décoration des enfeux de la longère nord de La Martyre est extrêmement curieuse. L'enfeu, surmonté d'un galon plat orné de crossettes déjà évolué, est orné d'autre part aux extrémités de l'accolade de deux angelots gothiques tenant des écus mi-parti  au 1 de Botlavan et au 2 de Kergrist, et au sommet d'un écu portant de Botlavan plein.

Un autre enfeu, décoré d'une accolade encore toute gothique, a ses pinacles terminées par des boules godronnées et ses crochets terminés par deux spirales." (René Couffon 1948)

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C'est dire que cet enfeu remarquable peut être étudié sous deux biais : celui de l'héraldique, et celui de l'histoire de l'art ornemental Renaissance en Finistère.

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1. Héraldique.

 

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Le lieu-dit Botlavan (du breton Bod, "résidence, demeure" et Avan, ancien patronyme) se situe  à 1 km au sud-est de Ploudiry et à la même distance à l'est de La Martyre. Il conserve aujourd'hui un kanndi, petit bâtiment servant à blanchir le lin, qui témoigne de l'importance de la production et du commerce de la toile. Et une croix en kersanton du XIXe siècle.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/kanndi-de-botlavan-ploudiry/ddd428af-68f0-4a45-ab74-190b0ed97748

Un manoir s'y trouvait, propriété des seigneurs du lieu.

De la famille de Botlavan, on relève

En 1443 : Héguiner de Botlavan, l'un des cinq nobles de Ploudiry cités à la réformation de 1443

En 1503 : Heguigynec Botlanan [ Héguiner de Botlavan] "en brigandures"  à la montre de l'évêché de Léon https://www.tudchentil.org/spip.php?article422#nh143

En 1534, François de Botlavan, présent parmi les nobles de Ploudiry à la montre de Saint-Pol-de-Léon,  "archer en brigandine".

En 1645, la propriété appartenait à Jean de Tanouarn, écuyer et de son épouse Catherine Gac.

Sur la carte de Cassini de la fin du XVIIe siècle, Botlavan est un hameau de 8 maisons.

 L'interrogation de la base Geneanet ne retrouve qu'une Sybille de Botlavan, dame de Kerouez en Plouzévédé, épouse de Jean Ier Le Boutouiller (1515-1558).

https://gw.geneanet.org/zim1?n=botlavan&oc=&p=sybille

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Je ne retrouve aucune trace de l'alliance Botlavan/Kergrist. Le château de Kergrist est situé sur la commune de Ploubezre, dans le département des Côtes-d'Armor. Pol Potier de Courcy signale sept générations sept générations, aux réformations et montres de 1426 à 1543. Au milieu du XVIe siècle, les généalogistes signalent François de Kergrist et son fils Alain.

https://gw.geneanet.org/hhontang?n=de+kergrist&oc=2&p=alain 

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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L'ANGE ET LE BLASON DU COTÉ GAUCHE.

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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L'ange présente les armes mi-parti en 1 d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur qui est  de Botlavan et en 2 d’or à quatre tourteaux de sable, 3 et 1, au croissant de même en abyme, qui est de Kergrist.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan et de Kergrist.

Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan et de Kergrist.

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L'ANGE ET LE BLASON DU COTÉ DROIT.

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Le blason est le même.

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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LE BLASON CENTRAL.

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Il porte les armes de Botlavan d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur.

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan.

Décalque de l'image, colorié selon les émaux des armes des Botlagan.

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2. LE DÉCOR RENAISSANCE.

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Il associe des masques de profil, casqués et feuillagés, des rubans formant accolade et dont les volutes sont liées par une torsade, un masque de face aux oreilles de faune au centre de rinceaux, diverses fleurs en rosace parfois géométriques, des crochets en feuilles se déroulant progressivement d'un bourgeon en boule, et des feuilles lancéolées.

Les anges sont remarquables par leur visage harmonieux et leur tunique au col roulé.

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L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

L'enfeu armorié (Prigent ?, seconde moitié du XVIe siècle) des Botlavan en alliance avec Kergrist du bas-côté nord de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

 

— COUFFON (René), 1848,  L'architecture classique au pays du Léon, page 31.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f463f1d171ef5.47213123/1948_02.pdf

La décoration des enfeux de la longère nord de La Martyre est extrêmement curieuse. L'enfeu, surmonté d'un galon plat orné de crossettes déjà évolué, est orné d'autre part aux extrémités de l'accolade de deux angelots gothiques tenant des écus mi-parti  au 1 de Botlavan et au 2 de Kergrist, et au sommet d'un écu portant de Botlavan plein.

Un autre enfeu, décoré d'une accolade encore toute gothique, a ses pinacles terminées par des boules godronnées et ses crochets terminés par deux spirales.

— FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, la foire.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_213/la__martyre__laglise-la__foire.pdf

— KEROUANTON (Abbé), 1931, in PERENNÈS, Bull. diocésain d'histoire et d'archéologie (BDHA) page 181.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/9789330ac3d730aa7c3378800b833b77.pdf

 

— LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques, Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

— Commission  1982, Ploudiry aux marches de l'Arrée. Son passé. Ses monuments.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_182/ploudiry__son__passa__ses__monuments.pdf

 

—POTIER DE COURCY (Pol), 1844, Notice sur La Martyre, Revue de l'Armorique et de l'Ouest, page 75.

https://www.google.fr/books/edition/Revue_de_l_Armorique_et_de_l_Ouest/k90WAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22la+martyre%22+botlavan%22&pg=PA75&printsec=frontcover

—POTIER DE COURCY (Pol),1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo, page 294

https://www.google.fr/books/edition/De_Rennes_%C3%A0_Brest_et_%C3%A0_Saint_Malo/3ueE6p-q1AYC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22la+martyre%22+botlavan%22&pg=PA294&printsec=frontcover

—POTIER DE COURCY (Pol), Nobiliaire et armorial de Bretagne

—Botlavan (de), sr dudit lieu, paroisse de Ploudiri, — de Keraziou, paroisse de Plabennec, — de Mesnescop, paroisse de Plouvorn.

Réf. et montres de 1426 à 1534, dites paroisse, évêché de Léon.

D’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois cœurs d’azur.

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—Botlavan (de), Sr dudit lieu, par. de Ploudiry.
D’argent à l’aigle impériale de sable et trois cœurs d’azur posés en bande.
Eguiner, entre les nobles de Ploudiry, Réf. 1443.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article628

 

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—Kergrist (de), sr dudit lieu, de Kervern et du Vieux-Chastel, paroisse de Ploubezre,  de Kerdual, paroisse de Ploumilliau,  de Kermoal, de Keravel et de Kerlescant, paroisse de Plouec,  de Kerthomas,  de Kerambellec, paroisse de Plouaret,  de Kergadiou, du Plessix et de Goazanarbant, paroisse de Plestin,  de Kerarapuil et de Treuscoat, paroisse de Pleyber-Christ,  de Ponthaer,  du Chemin-Neuf,  de Kerriou,  de Kervégaa,  de Treziguidy, paroisse de Pleyben.

Anc. ext., réf 1669, sept générations, réf. et montres de 1426 à 1543, paroisse de Ploubezre et Ploumilliau, évêché de Tréguier, et Pleyber-Christ, évêché de Léon. D’or a quatre tourteaux de sable, 3. 1, au croissant de même en abyme, comme Prigent. Devise : Sanctum nomen ejus.

Jean, juge des régaires de Léon en 1395 ; Alain, archer de la garde du duc en 1453 ; Jean, vivant en 1463, épouse Marie Salliou, de la maison de Lesmais ; Goulven, auditeur des comptes en 1558 ; deux sénéchaux de Morlaix au xvie siècle. La branche ainée fondue dans Kergariou, puis Barbier.

— RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149. 

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http://www.infobretagne.com/martyre-eglise.htm

 

On voit dans l’église trois enfeus, l’un contre le mur du Midi, les deux autres contre le mur du Nord. Leurs arcades ont la même forme : elles sont en anse de panier. Le premier de ces tombeaux arqués est dépourvu d’ornementation ; les autres sont bien dotés de détails architectoniques de l’époque (XVIème siècle) et leur arc surbaissé est surmonté d’un arc en accolade. Les blasons qui indiquaient leurs propriétaires ont été martelés, excepté ceux qui encadrent l’enfeu situé au haut du collatéral Nord. L’écusson placé au sommet de cet enfeu porte les armes de Botlavan : d’argent à l’aigle de sable, accompagné en bande de trois coeurs d’azur. Sur ces écussons latéraux sont les armes mi-parti de Botlavan, et d’or à quatre tourteaux de sable, 3 et 1, au croissant de même en abyme, qui est de Kergrist.

 


 

 

Montre de l'Evêché de Léon en 1534 :

Ploudiry : "François Botlavan archer en brigandine"

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1911_0123_0155.html

https://ia902704.us.archive.org/26/items/dictionnairedesf03reneuoft/dictionnairedesf03reneuoft.pdf

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_famille_bzh_Kergrist.svg

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Kergrist

Le château de Kergrist est situé sur la commune de Ploubezre, dans le département des Côtes-d'Armor

Botlavan (de)
Sr dudit lieu, par. de Ploudiry.
D’argent à l’aigle impériale de sable et trois cœurs d’azur posés en bande.
Eguiner, entre les nobles de Ploudiry, Réf. 1443.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article628

http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/brezal-dh.htm

BOTLAVAN , en Ploudiry , Evêché de NAUD , & trisayeul de JOSEPH DE SÉGUIRANT , Léon : d'argent , à une aigle éployée supportant trois coeurs d'azur , posés ... ++++

 

—LA CHESNAYE DU BOIS,1864,

BOTLAVAN en Ploudiry Evesché de Leon , d'argent à une Aigle esployée de sable supportant trois cœurs d'azur posez en bande , sçavoir l'vn du bec , l'autre sur la poictrine & le troisiéme du pied senestre .

https://www.google.fr/books/edition/Dictionnaire_de_la_noblesse_contenant_le/8UcoAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=botlavan++ploudiry&pg=PA631&printsec=frontcover, 

 

 

 

Fondée entre les VIe et VIIe siècles, la paroisse primitive de Ploudiry comprend les trèves de La Martyre, La Roche-Maurice, Pencran et Saint-Julien-de-Landerneau. Ce vaste territoire, prieuré de Daoulas, relève alors du diocèse de Léon. Sur le plan civil, des manoirs sont érigés à Ti-Brid, Pors-Lazou, Kerangoarch et Botlavan. (Histoire de la commune de Ploudiry)

 

 

 

Imprimer son arbre

 

 

  • Sybille BOTLAVAN

  • Décédée après 1558

  • Dame de Kerouez

 Union(s) et enfant(s)

  • Mariée avec Jean 1er BOUTOUILLER /1515-/1558 dont

    • H Jean II BOUTOUILLER †/1584

    • F Marguerite BOUTOUILLER †1558/

    • F Marie BOUTOUILLER

Ancre

 Notes

Notes individuelles

Dame de KEROUEZ en Plouzévédé.

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Published by jean-yves cordier - dans Héraldique Sculpture Prigent Renaissance
23 juillet 2022 6 23 /07 /juillet /2022 11:49

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540) de l'église du Juch.

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Voir sur le Juch :

 

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PRÉSENTATION.

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"L'église, dans sa présentation actuelle, a été édifiée sur l'emplacement d'une construction plus ancienne, vraisemblablement financée par les seigneurs du Juch, comme en témoignent de nombreux blasons des seigneurs du Juch visibles dans l'édifice. Cette simple chapelle de Ploaré, aujourd’hui rattachée à la commune de Douarnenez devint une église paroissiale en 1844.

L'église du Juch a pour patronne Notre Dame, invoquée par le baron du Juch, commandant les croisés bretons, à la bataille de Damiette en 1249 : «Nostre Dame du Juch, à nostre ayde ». Le second patron est saint Maudez.

Les différentes inscriptions sculptées sur les élévations extérieures et intérieures de l'église nous renseignent sur l'histoire de l'édifice ; elles permettent de dater ses différentes campagnes de construction. Aucun document précis n'a permis de connaître l’architecture de l’établissement primitif. Quelques éléments anciens sont encore en place, comme la date de 1586 gravée sur la base d'un pilier de la nef.

Le bâtiment des XVe et XVIe siècles a cependant été profondément remanié, transformé et agrandi aux XVIIe et XVIIIème siècle, avec notamment la construction de la tour-clocher. Vers le milieu du XIXe siècle, la sacristie octogonale a été accolée à l’édifice."

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Une verrière consacrée à une  grande Crucifixion, datée vers 1540, a été replacée tant bien que mal en 1668, lorsque le chevet plat fut remplacé par un chevet polygonal.

Mais sur la maîtresse-vitre qui nous est parvenue, dénaturée et complétée, des dais en grisaille  de la fin du XVe siècle (Gatouillat et Hérold) occupent les têtes de lancette : on les identifient facilement par leurs verres altérés,  brun sépia. 

Et, au tympan, les armes des seigneurs du Juch s'affichaient autrefois, et ont été décrits dans un écrit de 1678, sous les blasons de France et de Bretagne (postérieurs à la réunion de la France et de la Bretagne en 1532 ?). Mais en 1638, la baronnie du Juch devient la possession de Sébastien de Rosmadec. On trouvait aussi dans le reste des vitres de l'église les armes du Juch et de ses alliances, mais celles-ci ne sont pas détaillées dans le procès-verbal.

Ces verres du  tympan n'ont pas été conservés, et le tympan actuel renferme une macédoine de fragments du XVe au XVIIe siècle. Parmi les fragments les plus anciens, en verre blanc et grisaille, nous ne trouvons aucune trace d'armoiries.

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Notons donc que les restes d'une verrière du XVe siècle appartenant à un édifice dont il ne reste aucun témoin architectural, sont bien conservés aujourd'hui, mais morcelés.

 

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En 1913, le chanoine Abgrall décrivit, sur la maîtresse-vitre, "une donatrice à genoux vêtue d'une robe et d'un manteau armoriés : d'azur au lion d'argent, armé et lampassé de gueules, qui est Juch ; et d'or au lion passant de gueules, qui est Pont-L'Abbé.

Mais cette description pose deux problèmes : 1. La donatrice n'est plus visible sur le vitrail. 2. Les armes de Pont-L'Abbé sont d'or au lion de gueules armé et lampassé d'azur, mais ce lion est rampant  (dressé debout sur ses deux pattes postérieures) et non passant (marchant). Pourtant, René Couffon ( réed. 1988)  n'hésite pas à recopier telle quelle la description d'Abgrall.

En 2005, Gatouillat et Hérold écrivent dans leur notice pour le Corpus vitrearum "Toute trace a disparu de la donatrice aux vêtements reprenant ces armes parti du Pont-L'Abbé, autrefois placées au bas des lancettes (Peyron et Abgrall) ; seuls se distinguent encore de menus fragments du portrait de son époux.

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Reprenant l'examen de cette verrière aujourd'hui, je constate :

1. Qu'un donateur en armure   portant le tabard (tunique) aux armes du Juch est bien visible, bien au delà de "menus fragments", puisque son livre de prière, et son portrait quasi complet à l'exception de sa tête est conservé avec une excellente précision des détails de l'armure et des éperons.

2. Qu'en arrière de ce seigneur du Juch, des armoiries mi-parti sont bien conservées sur la jupe d'une donatrice dont il manque le buste.

3. Que cette partie, la plus intéressante, est masquée par les volutes hautes du retable et qu'elle est peu éclairée : les clichés que j'en obtiens sont médiocres.

4. Que cette donatrice tronquée correspond d'assez près à la description d'Abgrall, puisque les armoiries sont celles du Juch en alliance avec des armes d'un verre très altéré. Le fond jaune (or) est devenu orangé. On y voit un lion rouge (de gueules), marchant de droite à gauche avec la patte antérieure dressée (lion "passant" comme l'écrivait Abgrall), mais aussi six sphères bleues, parfaitement distinctes, ce qui exclut de fait l'hypothèse Pont-L'Abbé.

5. Que ces boules bleues ne sont pas des besants, car elles portent des indentations rondes, et des lignes concentriques : ce sont des coquilles.

6. La tête du lion est, pour ce que l'on peut en affirmer, de profil : c'est un lion léopardé (ou léopard lionné....). Quand à la queue, elle est horizontale, tournée vers l'extérieure. Une seule pièce de verre rouge correspond à la courbe en épingle à cheveux de la queue de ce type de figure.

Il nous faut donc résoudre l'attribution d'armes d'or au lion léopardé de gueules, à six coquilles d'azur.

Les érudits capables de répondre à ces devinettes se comptent sur les doigts d'une main, et encore.

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Paul-François Broucke, expert parmi les experts de l'héraldique bretonne, m'a répondu : ce sont les armes de la famille La  Jaille, ou de La Jaille-Yvon, originaire d'Anjou.

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Schéma man8rove.

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Or, un seigneur du Juch, Jean IV, a bien épousé une demoiselle de La Jaille : Aliénor.

"Au premier quartier, c'est bien Le Juch, et au second, il faut reconnaître les armes de La Jaille, selon les versions un lion, un lion léopardé, un léopard ou un léopard lionné de gueules avec ou sans couronne accompagné d'une orle de coquilles d'azur en nombre variable jamais inférieur à cinq. Les coquilles sont ici reconnaissables dans leur forme un peu archaïsante, avec ses bords extérieurs très relevés jusqu'à presque encadrer le pied, ce dernier formant comme une protubérance au sommet. Cette représentation offre un document précieux pour les armoiries de La Jaille, en montrant ici clairement un léopard.

C'est la robe d'Aliénor de La Jaille, épouse de Jehan IV du Juch, celui de la baie 104 à Quimper, où très probablement elle figure auprès de son époux." (Paul-François Broucke, commun. pers.)

 

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Nous avons dont ici le portrait d'un couple de donateurs, Jehan IV du Juch, décédé en 1424, et Aliénor de la Jaille. Jehan IV est le fils de Jehan III (?-1387), chevalier, seigneur de Fouesnant et de Béatrice de Beaumanoir et le petit fils de Jehan II (?-1372), seigneur du Juch, et de Clémence de Quintin.

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Trois (ou au moins deux) seigneurs du Juch sont représentés avec leurs épouse dans les trois lancettes de la baie 104 de la cathédrale de Quimper, datée vers 1415. Leur identification est difficile et hypothétique car les personnages des lancettes ont pu être interverties, et que les pièces manquantes ont été reconstituées selon l'inspiration des restaurateurs :  l'authenticité des armoiries des épouses, si précieuses pour identifier les seigneurs, n'est pas attestée.

Pourtant, le premier de ces trois personnages semble bien être Jean II, car les armoiries de son épouse Clémence de Quintin correspondent assez bien à celle des seigneurs de Quintin, d'argent au chef de gueules chargé d'un lambel d'or, identifié par Paul-François Broucke.

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Je vais présenter mes clichés avant de reprendre cette discussion.

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La lancette B de la maîtresse vitre du Juch.

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Lancette B de la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Lancette B de la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Partie inférieure de la lancette B :

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Lancette B de la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Lancette B de la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Partie inférieure de la lancette B : couple de donateurs, partiellement caché par la volute du retable.

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Lancette B de la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Lancette B de la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Le donateur Jehan IV du Juch agenouillé, en armure et tabard à ses armes, devant son livre de prières, mains jointes devant la poitrine.

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 Jean IV DU JUCH, Chevalier banneret (1415), Seigneur du Juch, Chambellan du duc de Bretagne (1418), Conseiller au parlement du duc de Bretagne, Capitaine de Concarneau (1404-1406, 1407-1410), Capitaine du Croisic (octobre 1406-1407), Capitaine de Cesson et de Batz-sur-Mer, Conseiller du duc de Bretagne (1418), Ambassadeur du duc de Bretagne (1418), Chevalier (1383) ca 1365-1424

"Sa carrière exemplaire au sein des cours royales de France et ducale de Bretagne nous permet d'affirmer que nous sommes en présence du personnage le plus illustre de la maison du Juch. Jean du Juch serait armé chevalier en 1383. À la fin de son règne, le duc Jean IV a recouvré son duché sauf Brest qui devient la pomme de discorde avec ses anciens alliés anglais. De plus certains capitaines anglais continuent, même en temps de paix, d'exiger des rançons et de mettre les campagnes cornouaillaise et léonardes en coupe réglée. Ainsi de nombreux seigneurs, dont Jean du Juch, se plaignent-ils au duc qui, le 30 juin 1397, fait parvenir les doléances à Richard II d'Angleterre.

Chambellan ducal, Jean du Juch est envoyé en ambassade auprès de l'évêque de Tours afin de régler certains différends avec la régente du duché Jeanne de Navarre. 

Capitaine de Concarneau depuis 1404, Jean IV du Juch est nommé au Croisic en octobre 1406 à la suite d'un regain de tension lié à la crise anglo-bretonne de 1406-1407. En effet, en 1407, les Anglais lancent deux attaques : la première dans le pays de Guérande en mai, la seconde du côté d'Auray en juin. La descente de Guérande est particulièrement désastreuse pour les envahisseurs, qui y laissent de nombreux prisonniers ainsi que du matériel.

Le sire du Juch regagne sa capitainerie de Concarneau en 1407 et cela jusqu'en 1410. Plus tard, il est capitaine à Cesson, près de Saint-Brieuc, puis à Batz-sur-Mer près de Guérande.

Honorant la confiance ducale à la suite des capitaineries successives, le sire du Juch se voit alors confier des missions politiques importantes. Considéré comme l'un des meilleurs diplomates du duché, il est nommé « commissaire principal des trèves » jusqu'en 1421. Il est régulièrement présent à la cour ducale et siège au conseil." Gérard Le Moigne.

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Jehan IV du Juch était un chevalier banneret :  selon le CNRTL : "Celui qui, ayant un nombre suffisant de vassaux, a droit de lever bannière, c'est-à-dire de former avec eux une compagnie en vue du combat ".

 

 

1. Il [le duc] faisait payer très-ponctuellement la solde des chevaliers bannerets, des chevaliers bacheliers, qui n'avaient pas assez de vassaux ni d'argent, ou qui étaient trop jeunes encore pour lever bannière, ainsi que celle des écuyers, des archers et des arbalétriers;... Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 1, 1821-24, p. 122.

2. Les chevaliers bannerets se distinguaient par une bannière carrée des chevaliers pennonceaux, qui n'avaient qu'un petit drapeau triangulaire nommé pennon. Pour lever bannière, il fallait posséder un certain nombre de fiefs, et être suivi d'une troupe considérable de chevaliers et d'écuyers. Mérimée, La Jacquerie,1828, p. 100.

 

On voit très bien cette bannière carrée sur la baie 104 de Quimper, fièrement tenue devant lui par le seigneur du Juch. Et on parle d'écusson en bannière lorsque celui-ci est carré, comme à la voûte du porche sud de l'église du Juch.

?

Ou bien ;

"Les bannerets étaient des seigneurs puissants, possesseurs de terres auxquelles était attaché le droit de lever bannière. Ils devaient entretenir à leurs frais au moins vingt-cinq hommes d'armes avec leurs archers pour garder leur bannière qui était carrée, tandis que les simples chevaliers ne pouvaient porter à l'extrémité de leur lance qu'une flamme ou un drapeau triangulaire. Cette flamme ou drapeau s'appelait pennon ou pannon, du mot latin pannus, qui signifie étoffe. Au XIVème siècle, chaque homme d'armes possédait pour son service deux chevaux, et avait à sa suite deux archers à cheval et un coustiller, dont les fonctions étaient d'achever avec son coutelas les ennemis que l'homme d'armes avait jetés par terre. Ainsi, une compagnie de vingt-cinq hommes d'armes représentait un effectif de cent hommes et de cent chevaux. L'homme d'armes, avec ceux qui l'accompagnaient, formait ce que l'on appelait une lance fournie. Dans les compagnies d'ordonnance sous Charles VII, la lance fournie était composée de six hommes. On comprend qu'un pareil service nécessitait des dépenses considérables, et que celui qui y était astreint payait largement l'exemption d'impôts des terres nobles qu'il possédait, car les terres roturières appartenant aux nobles étaient imposées. L'exemption d'impôts pour les terres nobles était compensée par l'obligation du service militaire ; un manquement à ce service entraînait la confiscation du fief."

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Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Divers détails des armoiries, et de l'armure : la cotte de maille, toutes les pièces articulées des jambières et leurs rivets, les solerets avec le détail de leurs pièces et de leurs fixations, et la forme complexe des éperons et de leur molette, sont visibles. Tout comme l'épée longue, les marques d'orfèvrerie de la lame, et la poignée.

La superposition, logique sur le plan graphique, des parties animales (pattes avec leurs griffes, fourrure, crinière) avec les pièces d'armure troublent parfois la compréhension.

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Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Le couple de  donateurs agenouillés l'un derrière l'autre, le buste de la donatrice manquant.

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Mon schéma est bien maladroit mais il est  peut être précieux ; j'ai imaginé seulement le buste manquant de l'épouse, tout le reste est un calque exact du cliché.

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Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Calque complété, lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Calque complété, lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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La robe de la donatrice, mi-parti Le Juch d'azur au lion d'argent et La Jaille d'or au léopard lionné de gueules accompagné de six coquilles d'azur.

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Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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La partie gauche des armoiries mi-parti : les armes du Juch.

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Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Les armes de La Jaille, famille de l'épouse, à droite de celle de l'époux.

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Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Détail d'une des coquilles d'azur.

Ce détail est remarquable car nous voyons bien la coquille : le pied rectangulaire est marqué par deux (trois..) cercles noirs et les rayons et stries de croissantes sont peints à la grisaille de façon concentrique.

"Les coquilles sont ici reconnaissables dans leur forme un peu archaïsante, avec ses bords extérieurs très relevés jusqu'à presque encadrer le pied, ce dernier formant comme une protubérance au sommet." (Paul-François Broucke)

Mais surtout, il s'agit d'une pièce montée en chef-d'œuvre, ce qui est une prouesse technique que seuls les grands maître-verriers peuvent réussir : il faut découper le verre en son plein, comme à l'emporte-pièce, et insérer une pièce ronde, fixée par une baguette de plomb en H.

Les experts du Corpus vitrearum, qui s'attachent à signaler la présence de ces marques de virtuosité techniques, ne l'ont pas remarqué, mais rappelons que le panneau est bien caché.

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Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Jean IV du Juch (-1424) et Alienor de la Jaille sur la maîtresse-vitre (fin XVe et v.1540). Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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COMPARAISON AVEC LES LANCETTES DE LA BAIE 104 DE QUIMPER.

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Le but de cette comparaison est de nous aider à l'interprétation de l'image du Juch, mais aussi de vérifier que l'on retrouve sur le vitrail de la cathédrale, vers 1415 tous les détails d'armure et d'armement présent sur la vitre du Juch. Si on estime que cette dernière est proche de la date du décès de Jehan IV en 1424, ces verrières sont presque contemporaines. Et on peut parier que les seigneurs du Juch ont choisi le même atelier pour réaliser les verrières à leur effigie sur les deux sites.

Mais selon Le Men (Monogr. cathédrale) deux panneaux (lancette B et C) ont été refaits en 1867 par Lusson, non sans fantaisie.

 

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Lancette A, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

 

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Lancette B, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

 

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DISCUSSION.

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L'identification des armes mi-parti n'est pas contestable, nous avons bien affaire ici au couple donateur de Jehan IV et d'Alienor de La Jaille.

Cette verrière  procure un document iconographique précieux des armoiries de La Jaille, en montrant ici clairement un léopard.

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Mais nous ignorons si, comme à Quimper, d'autres générations de la famille étaient représentés (ce qui pourrait retarder la datation, un commanditaire ayant fait représenter ses ancêtres).

Si nous adoptons, par comparaison stylistique avec Quimper et en tenant compte de la date du décès de Jehan IV, une date proche de 1424, cela avance d'un demi ou de trois-quarts de siècle l'estimation la plus précoce donnée par le Corpus à la fin du XVe siècle. Ce que je ne peux me permettre de proposer sans leur caution.

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Quant à imaginer que le panneau puisse dater de 1540, date estimée de la Grande Crucifixion, cela est extravagant car on ne voit pas pourquoi un seigneur du Juch aurait fait représenter en donateur des ancêtres aussi éloignés. Et l'état très altéré de certaines pièces ne milite pas non plus en ce sens.

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Encore un détail. En baie A, un saint diacre, sous une niche souvent identifié comme saint Maudet patron de l'église, était à l'origine placé à coté de la donatrice. Il daterait (Corpus)  de 1540. Sa tête a été restaurée à la fin du XVIe siècle. Pourrait-il être un saint présentant la donatrice, bien qu'il regarde dans la direction opposée ? C'est peu probable.

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Note.

Le sceau de Jean du Juch apparaît sur un acte de 1365. C'est un écu penché timbré d'un heaume cimé. Je n'ai la description ni de l'inscription (je lis une S), ni de l'animal du heaume, mais les plumes déployées pourraient correspondre à un aigle. Trois oiseaux à long cou et bec long et recourbé entourent l'écu.

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Sceau de Jean I du Juch, base SIGILLA. Acte Ad 44 - E 129 / 1

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Les armes du Juch sont présentes sur la voûte du porche sud de l'église du Juch, sur le tombeau de saint Ronan au Pénity de Locronan, au dessus du porche nord de la cathédrale de Quimper.

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Porche sud de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile.

 

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Selon Gérard Le Moigne, les armes du Juch se voient au dessus du porche nord ; le cimier s'orne de cornes et d'un animal (lequel), tandis que la banderole portait le cri LA NON  PAREILLE. Pol de Courcy

Porche nord de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Porche nord de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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On les voit aussi sur la robe d'une donatrice de la baie 106 de la cathédrale de Quimper, en alliance avec La Forêt : Hervé du Juch, fils d’Henri, seigneur de Pratanroux (branche du Juch de Pratanroux)  a épousé Béatrix dame de la Forêt en Plomeur (29). ( Merci à Hervé Torchet pour son tweet).

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Lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/clocher-de-leglise-du-juch

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/JUCH.pdfhttps://lejuch-patrimoine.fr/

https://lejuch-patrimoine.fr/les-vitraux/

 

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et  Chanoine Peyron , 1914,  Le Juch, "Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie", 1914, pages 151, 178, 217  et suivantes

 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109993p/f148.image.r=Juch

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/e4da48706ff24aae5d00e7ac2b8d8f1f.pdf


 

La fenêtre absidale est garnie d'une maîtresse-vitre ancienne où les dais de couronnement sont de dessin gothique. La scène principale figure le Calvaire : Notre Seigneur en croix, les deux larrons, juifs, bourreaux, cavaliers. Dans la première baie, on voit la Sainte Vierge à moitié assise, saint Jean et.la Madeleine. Derrière se trouve saint Maudet en dalmatique rouge. Une donatrice à genoux est vêtue dune robe et d'un manteau armoriés : d' azur au lion d'argent, armé et lampassé de gueules, qui est Juch ; — d'or au lion passant de gueules, Pont-l'Abbé


 

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Voici quel était l'état des armoiries dans cette église, en 1678 :

« Dans l'église tréviale du Juch, ès principale vitre, il y a en éminence et en supériorité, les armes de France et de Bretagne, et plus bas, joignant les dites armes, un écusson au franc canton d'azur et un lion rampant dargent armé et lampassé de gueules, qui sont les armes de la seigneurie du Juch, quoique la dite fenêtre soit à présent au seigneur marquis de Molac

« Le reste des vitres de la dite église sont armoyées des armes du dit Juch et de ses alliances sans qu'il y ait autres écussons ny armoiries, ès dites vitres.

« Du côté de l'Epitre, joignant le petit balustre, est le banc et accoudoir du dit Le Juch armoyé de ses armes.

« Au-dessus de la porte faisant l'entrée du chantouer et supportant le dôme, il y a un écusson du dit Juch en bosse.

« Au haut du dit dôme et au niveau de la poutre, il y a un écusson des armes de Rosmadec.

« ll y a aussi au-dessus de la fenêtre de la chambre de l'église, au second pignon du midy, un écusson des armes du Juch en bosse."


 

CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Les vases acoustiques.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/b3f809d87a4df58bb9856f14aa7ca9ba.jpg

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Le Juch, in Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/JUCH.pdf

"Vitraux : Verrière du chevet consacrée à la Crucifixion, XVIè siècle, oeuvre exécutée à bon marché, refaite en partie (C.) ; donatrice en vêtements armoriés (Juch et Pont-l'Abbé)."

 

 

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1959, Le Juch, in répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

COUFFON (René), 1945, La peinture sur verre en Bretagne, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne (SHAB) pages 27 à 64.

https://www.shabretagne.com/document/article/2531/La-peinture-sur-verre-en-Bretagne-Origine-de-quelques-verrieres-du-XVIe-siecle
 

— DOUARNENZ-TOURISME.COM

https://douarnenez-tourisme.com/decouvrir/patrimoine-et-culture/eglises-et-chapelles/eglise-notre-dame-du-juch/

EGLISE-LEJUCH.FR

 

https://www.eglise-lejuch.fr/ses-richesses/vitraux/

"Ce vitrail atypique peut sembler désordonné de premier abord. Cette grande crucifixion des années 1540 a été déplacée dans le chœur lors de sa reconstruction en 1688. Son aspect particulier est dû à son installation dans un emplacement qui ne lui était pas destiné et à son ré-assemblage avec d’autres vitraux. Au XXe siècle l’ensemble a été démonté pendant l’occupation allemande pour le protéger et n’a pas été remonté correctement. Il a été restauré en 1950 par Jean-Jacques Gruber, célèbre verrier de l’École de Nancy.

Les parties les plus anciennes sont les éléments architecturaux en grisaille surplombant la scène de la crucifixion (dais). Au tympan se trouvaient autrefois les armoiries des seigneurs du Juch remplacées par des pièces de vitrail éparses. Auparavant la donatrice, aux armes de Pont-l’Abbé, apparaissait en bas des lancettes ; aujourd’hui ne subsistent que quelques fragments du portrait de son époux.      

La scène centrale représente la Vierge accompagnée de saint Jean et d’une sainte femme aux pieds du Christ crucifié et des deux larrons."

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 183.

— INFOBRETAGNE, Ploaré :

http://www.infobretagne.com/ploare.htm
 

 INFOBRETAGNE, La Jaille :

http://www.infobretagne.com/famille-jaille.htm

— LAZ (Comtesse du), armoiries de Rostrenen, dont les armes de La Jaille

http://marikavel.org/bretagne/rostrenen/armorial.htm

— LE MOIGNE (Gérard),1997,  « La baronnie du Juch » Bull. Société Archéologique du Finistère, Quimper, 1997, 27 p.

MAN8ROVE

https://man8rove.com/fr/blason/jy7f4j-juch

https://man8rove.com/fr/blason/n9i5tj6-la-jaille-olim-la-jaille-yvon

— MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-pa00090014.html

— PEYRON in Infobretagne

http://www.infobretagne.com/juch.htm

— TREVEDY (Julien) 1887, Etude sur Quimper : la seigneurie du Juch.

https://www.google.fr/books/edition/%C3%89tudes_sur_Quimper_la_Cornouaille/gLdiUQJFBQsC?hl=fr&gbpv=1&dq=juch&pg=RA9-PA17&printsec=frontcover

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Juch

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Published by jean-yves cordier - dans Héraldique Vitraux
29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 19:02

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries.

 

 

Voir sur Runan :

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PRÉSENTATION.

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Données historiques.

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L'église de Runan, construite au XIV et XVe siècle est une  ancienne fondation des Templiers, devenue une commanderie  des Hospitaliers de Saint-Jean, mais dédiée à Notre-Dame,  est surtout redevable de sa magnificence aux fondations qu'y firent les ducs de Bretagne en raison de leur proche résidence de Châteaulin-sur-Trieux, et dès  1381, Jean IV y fonda une chapellenie d'une messe chaque jour, dans la "chapelle de Ruzargan". Cette fondation se traduit par la restauration du transept et l'ajout d'un bas-côté nord.

Puis Jean V concéda  une nouvelle foire à la fabrique le 2 juin 1414, à la fête de Notre-Dame.

Une nouvelle foire au jour de la Saint-Barnabé est octroyée le 19 mai 1421, son administration étant confiée à Henry du Parc. Ce dernier fera établir son gisant avec celui de son épouse Catherine de Kersaliou.

La nouvelle foire est établie "pour l'augmentation de la dite chapelle, et dès 1423, l'ancien plan en tau des templiers est modifié par la création du chevet et de la tour-porche. Sur la maîtresse-vitre à six lancettes de 1423, les nobles de Runan témoignent de leur participation au chantier et aux prééminences qu'ils y exercent : les familles Le Goales, de Lestrézec, Le Caourcin Le Saint de Kerambellec, de Lezversault, Kergrist et Plusquellec ont leurs armes sur les lancettes, Henry du Parc et Catherine de Kersaliou placent les leurs en tête de lancette; tandis que le tympan reçoit celles des Rostrenen, de Jean du Perrier (et de sa femme Constance Gaudin), avec celles des Kerchenériou dans les ajours. Enfin, en supériorité sur le tympan viennent les armes du duc Jean V et de son épouse Jeanne de France.

L'abondance de ces armoiries, et de celles que nous allons découvrir, amène à relativiser l'importance du mécénat ducal et de donner plus de poids à celui des bienfaiteurs locaux. En témoignent les chapellenies  mentionnés dans les aveux hospitaliers, appartenant  principalement aux prestigieux lignages établis à Runan et Plouëc, dont certains furent associés à la haute administration du duché dès la seconde moitié du XIVe siècle. (S. Lemaître)

 

Le 28 mars 1435 est accordée une nouvelle foire. 

Une enquête du 15 août 1439, relative à l'enlèvement par Olivier de Kernechriou des armes du commandeur du Palacret, Pierre de Keramborgne, indique, d'autre part, que la chapelle de la Commanderie, au sud de l'église, venait d'être terminée l'année précédente, ainsi que le porche méridional.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries.

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Mais avant de débuter, je décrirai l'ossuaire, daté par inscription .

 

 

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L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.

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Une crossette figurée représente un chien de chasse. Quelques décors témoignent de l'influence de la Renaissance. L'ossuaire a été édifié alors que Pierre de la Forest était commandeur.

 Elle est éclairée coté ouest par une galerie à balustres carrés surmontés de chapiteaux ioniques, et elle s'ouvre soit du côté ouest par une porte à fronton triangulaire et pilastres ornés de losanges, soit du côté sud par une baie au dessus de laquelle se lit encore une inscription en lettres gothiques  qui a été relevée ainsi (Couffon:

CE FVST FET 1552 MORVAN ROLLANT

 

 

Monnier avait lu la date de 1557.

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L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Au sommet du gable de l'ossuaire.

Armoiries de Kernechriou seigneur de Lestrézec (cf. L. Monnier) ?

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L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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LES QUATRE PIGNONS DE LA FAÇADE.

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Nous pouvons décrire de gauche à droite (d'ouest à est) quatre pignons successifs. Le premier est celui de la chapelle des fonts baptismaux.

"Face au calvaire, se dresse l'imposante façade à file de pignons du bas-côté sud, la plus décorée des élévations externes de Notre-Dame de Runan. Les pignons plutôt homogènes sont en grand appareil de granite et sommés d'un épi de faîtage ; les rampants sont lisses et simplement chanfreinés et les pinacles des contreforts rythment la façade en partie haute. Sa construction s'est achevée avant l'année 1438, comme semble l'indiquer l'enquête, diligentée par le commandeur hospitalier Pierre de Keramborgne, du 15 août 1439." (S. Lemaître)

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Dans ce mandement devant le duc Jean V, reproduit infra (sources), Pierre de Keramborgne expose d'abord que l'église de Runazhan dépend de la commanderie de l'Ordre de saint Jean de Jérusalem : en témoigne sa situation au sein d'autres biens de cette commanderie, celle de la Feuillée unie à celle du Palacret, où Pierre de Keramborgne sera inhumé en 1499. (On reconnaît Runan  dans le « Runargant » de la charte donnée aux Templiers en 1182. Notre-Dame de Runan, jadis trêve de Plouëc, se trouvait, en effet, « assise dans le fief du Palacret. Malgré sa richesse, la fabrique de Runan ne devait au commandeur du Palacret que 24 sols de rente, et « pour les offrandes du lieu 100 sols, à la Nativité de Notre-Dame. » Par ailleurs, ce commandeur avait certains droits sur la halle de Runan, et jouissait de treize tenues et d'une dîme. )

Il signale ensuite qu'en cette église, et précisément en une chapelle du bas-côté sud ("chapelle devers le midi"), qu'on  désigne donc sous le terme de "chapelle de la commanderie" et qui était alors "commencée ou faite ou près d'être faite" (ces informations imprécises laissent penser que ses informations sont de seconde main), sur le pignon sud, un écu ("escuczon") en belle pierre de taille, sculpté et peint aux armes de l'exposant (Pierre de Keramborgne) placée en haut de la grande baie a été arasé ou ôté depuis un mois — donc juillet 1439—, après y être resté au moins un an, et remplacé par les armes de Rolland de Kernechriou, aîné de sa famille, avec la complicité de son frère Philippe et de leur oncle Alain.

L'intérêt de cet acte est de nous indiquer la date de la construction de cette chapelle , vers 1438. C'est aussi de nous fournir la précision que cet écu était timbré, et présenté par deux lions.

L'offense a-t-elle été constatée ? Fut-elle réparée par la restitution des armes de Keramborgne à la place de celle de Kernechriou? Ou bien un arrangement a-t-il été trouvé ?

 À quelle place se trouvait cette chapelle  ? S. Lemaître l'assimile à la première chapelle, celle des Fonts. Pierre de Keramborgne possédait une autre "chapelle du midi" en l'église Notre-Dame de Keramanac'h de Plonévez-Moëdec (commanderie de Plouaret appartenant à la fondation de La Feuillée) , placée elle-aussi à l'entrée de la nef au sud : les blasons de l'Ordre de Malte et des Keramborgne sont encore visibles sur les ajours trilobés du vitrail de 1499.

Autant de recherches qui peuvent aujourd'hui susciter notre curiosité lorsque nous nous trouvons devant ces quatre pignons.

Notons que les armes des Kernechriou, seigneurs de Lestrézec  (*) figure sur la chaire-calvaire hexagonale qui marque l'entrée du placître.

(*) écartelé d'argent et de sable, ou écartelé d'argent et de sable au bâton de gueules brochant.

 

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La façade méridionale de la chapelle des Fonts ou de la Commanderie (vers 1438), ou premier pignon.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H1 : un écu présenté par deux anges. Rostrenen de Brélidy ??

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Jean-Paul Rollant l'attribue à la famille Rostrenen de Brélidy. Les armoiries de Rostrenen se blasonnent : d'hermine à trois fasces de gueules.

https://man8rove.com/fr/blason/60gqkk-rostrenen

Les armoiries de la baronnie de Rostrenen sont ordinairement  timbrées d'une couronne  en dessous laquelle apparaît la devise "OULTRE". 

Elles figurent sur la maîtresse-vitre de Runan (1423).

Ici, dans un cartouche rectangulaire, les tenants sont deux anges de profil, dont la tête a été martelée ; l'écu placé de biais (sans meuble visible mais sur lequel je distingue une partition médiane) est timbré d'un heaume de profil vers la droite, lui-même surmonté d'un ornement (couronne ? tortil ?) et enfin d'un arbre.

Je ne vois là aucun élément d'attribution.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan et ses armoiries.

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H2. Un écu présenté par deux hommes d'armes Kernecheriou ? Kerbouric ?

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Les tenants sont deux soldats en cotte de maille, de profil mais la tête de face.

L'écu est incliné vers la droite. On devine une partition à quatre quartiers. Il est timbré d'un heaume, puis d'une coiffure et enfin surmonté d'un arbuste touffu.

 

"À droite de la baie, il semblerait que le timbre fiché dans la maçonnerie représente les armes de Kerbouric, car à la lumière rasante les quatre quintefeuilles du blason familial ressortent nettement." (S. Lemaître)

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H3. Écu présenté par deux léopards. 

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"Contre  le pignon de la chapelle des fonts, à l'équerre, un pan de mur fait jonction avec le mur pignon de la travée du porche.

À mi-hauteur, une fenêtre surbaissée à quatre quadrilobes cernée d'un tore et d'une gorge éclaire le bas-côté sud. Au dessus, un écu bûché, timbré d'un heaume à bourrelet, à cimier et lambrequins, tenu par deux léopards indique les armes d'un chevalier. Son cri d'alarme n'est malheureusement plus visible car la bannière qui surmonte le cimier est effacé. Souvent attribuées à Pierre de Keramborgne, ces armoiries ne peuvent être les siennes car il possède en tenant [support] deux lions et non deux léopards."

Rappel : les "léopards" héraldiques ont la tête de face (comme ici) et les "lions" la tête de profil.

L'ensemble héraldique est placé dans un cartouche rectangulaire bordé d'une frise de rinceaux.

Les supports, des léopards dressés sur leurs pattes postérieures ont la queue dressée verticalement derrière leur corps. Ils présentent un écu non incliné, sur lequel je crois deviner une barre oblique.

Le heaume est tourné vers la gauche. Il est surmonté d'un cimier en tête d'animal (lion ? dragon ? ) de profil tournée vers la gauche, dont la gueule est ouverte et les oreilles sont longues. Une banderole portait le cri.

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On comparera cet ensemble aux deux armoiries des contreforts du porche.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le troisième pignon, correspondant à la chapelle seigneuriale.

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"Dans la continuité du porche, le pignon suivant vers l'est abrite les troisième et quatrième travées qui correspondent à la chapelle seigneuriale. Il a été édifié en même temps que le mur pignon de la travée du porche comme l'indique le chaînage contigu du pinacle à deux corbeaux qui laisse s'écouler entre eux l'eau du chéneau.

Le pignon est ouvert d'une baie en tiers-point  liseré d'une colonnette au réseau à cinq lanternes surmonté d'une rosace flamboyante. Ces dispositions datent d'une restauration de 1855 (B. Jollivet). 

Les armoiries en partie basse ont été trop mutilées pour pouvoir être identifiable mais l'écu en bannière de Jean du Perrier se devine en haut et à droite de la baie." [N°7] S. Lemaître.

 

 

 

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H4 et H5.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H4. Écu présenté par un ange de face. 

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La tête de l'ange devait être fixée par un tenon dans la mortaise visible.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H5. Écu présenté par deux chiens. 

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Le cadre est rectangulaire.

Les supports sont deux chiens de chasse placés de profil.

L'écu est incliné vers la droite, timbré par un heaume de face et un cimier à tête et cou d'oiseau, de profil.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H6. L'écu et les emblèmes du duc de Bretagne (Jean V).

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"Sous le faîte, les armes facilement reconnaissable  du duc Jean V dominent la chapelle seigneuriale. Elles comportent une targe couronnée surmontée d'un heaume à deux cornes, au cimier du lion des Montfort tenu par deux hermines et ornées d'hermines passantes de part et d'autre.

Cette chapelle était réservée aux familles nobles de Runan, proches du haut rang du duc Jean V." (S. Lemaître)

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L'écu incliné vers la droite, et dont la partie haute est crantée et bombée (targe), est tenu par deux hermines dressées de profil. Le heaume est de face, surmonté d'une paire de cornes et du lion de Monfort.

Le complexe rectangulaire est encadré d'une frise de quatre hermines passant à travers les spires d'un phylactère. C'est un emblème bien connu des ducs de Bretagne, associé à la devise A MA VIE inscrite, lorsqu'elle est conservée, sur la banderole.

Voir notamment :

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Voir aussi le sceau de Jean V:

  • http://www.sigilla.org/sceau-type/jean-v-bretagne-deuxieme-contre-sceau-12783
  • http://www.sigilla.org/sceau-type/jean-v-bretagne-deuxieme-sceau-du-secret-48583
  • https://devise.saprat.fr/embleme/hermine-2

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H7. Jean du Perrier ?

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Le cadre rectangulaire est cintré sur sa ligne intérieur. Les deux anges de profil présentent un écu rectangulaire couronné. Cet écu est dit "en bannière" : "Manière de disposer les armes en carré, comme les bannières féodales, plus honorable qu'en écusson ou en pointe."

Il m'est impossible de distinguer le moindre indice d'identification.

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Les armoiries de Jean du Perrier, seigneur de Quintin et chambellan du duc, se retrouvent sur la maîtresse-vitre de 1423.

"Dans les quatre quatrefeuilles, sont les armes d'azur à dix billettes d'or, quatre, trois, deux et un  de Jean du Perrier comte de Quintin et de son épouse Constance Gaudin décédée en 1423.

 Armes des du Perrier

 

  "Au troisième rang, un écu aux armes des du Perrier et un autre losangé mi-parti : au I, du Perrier, au II, écartelé Gaudin et Brienne de Beaumont, armes de Jean du Perrier, sire de Quintin et du Perrier et de Constance Gaudin sa femme, fille de Péan et de Jeanne Riboule. [...]

Ces grandes armoiries permettent de dater avec une très grande précision la verrière. En effet, l'on sait, d'une part, que c'est par contrat du 3 janvier 1423 que Jean du Perrier, veuf d'Olive de Rougé, épousa Constance Gaudin. (René Couffon) 

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La seigneurie de Quintin sera érigée en baronnie en 1551 en faveur de Tristan du Perrier.

Voir la généalogie de Jean I du Perrier (v1380-1461) :

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=jean&n=du+perrier&oc=1

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H8. Deux écus présentés par un ange assis,  de face.

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Les écus sont droits, aucun meuble n'est visible. Un évidemment dans la tête de l'ange laisse supposer que la face était rapportée.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H9. Écu présenté par deux hommes sauvages.

 

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Les deux hommes sauvages (tenants très fréquemment adoptés en héraldique), de face ou trois-quarts, présentent un écu incliné vers la droite, timbré d'un heaume tourné vers la gauche, et surmonté d'un tortil et ? d'une tête féminine.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Autres ornements sculptés. Quatrième pignon.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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CONCLUSION.

1. La totalité des meubles des écus de cette façade méridionale de Runan, pourtant très riche en matériel héraldique, a disparu, si tant est qu'ils aient existé (ils pouvaient être peints). Bien sûr, on peut toujours imaginer qu'une nouvelle mission de collectage photographique, effectuée dans des conditions optimisées d'éclairage, par source additionnelle à jour frisant, puisse réserver de rares surprises. 

Il faut aussi tenir compte de l'apport des ouvriers et artisans de 1855 dont Benjamin Jollivet laisse entendre qu'ils sont intervenus par copie fidèle.

On ne voit plus les devises que cet auteur a relevé en 1855.

2. Par contre, si les écus sont muets, les autres éléments du complexe héraldique pourraient fournir, à des spécialistes, des éléments d'identification. Mais il faut sans doute, pour permettre des rapprochements, que la constitution d'un corpus iconographique breton indexé soit colligé de façon suffisamment vaste.

C'est le but de cet article d'y contribuer.

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SOURCES ET LIENS.

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ALAIN (Agnès), 2020, Sortie fontaines et petits patrimoines

https://docplayer.fr/189176009-Sortie-fontaines-et-petits-patrimoine-du-9-mars-2020-pontrieux-runan.html

BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371

1. Lettres du duc concédant à la chapelle de N. D. de Runan une foire qui devait se tenir le samedi précédant le pardon de la chapelle, fixé au dernier dimanche de juillet. Par le duc, de son commandement, présents : l'archidiacre d'Acreleon, Yvon Roscerf et autres. — Cador.

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n137/mode/2up

2. Mandement d'enquérir de l'injure faite au commandeur de la Feuillie en enlevant ses armoiries de l'église de Runan. Orîg. jad. scellé sur s. q. (Ar. CÔtes-du-Nord, H, f. de Malte).

A Vannes, 1439, 15 août. — « Jehan... A noz seneschalx, alloez et procureurs du ressort de Goelou, de Guigamp et de Lannuyon et à leurs lieutenans, à noz bien amez et fealx conseillers Eon de Roscerf, nostre maistre d'ostel, Jehan de Vennes, nostre contrerolleur gênerai, Robert Cador, nostre secrétaire, Alain Raison et Guillaume Labbé, salut.

De la partie de nostre bien amé et féal religieux et cher frère Pierres de Kaerenborgne, commandeur de la commanderie de la Feuillée et du Palacret, nous a esté exposé engrièvement complaignant, disant que l'église ou chapelle de N. D. de Runarzhan, tref ou fillete de la paroesse de Ploeuc, du diocèse de Treguer, est, comme on tient et dit on communeement, fondée et située en la terre ou fé de lad. commanderie, et ce est assez vroysemblable à croire, car celle chapelle est cernée et environée pour la plus grant partie, des fiez et terres d'icelle commanderie, et aussi en celle chapelle a telle et semblable indulgence et remission comme il a es aultres églises et chapeles fondées et situées es fonds, fiez et terres de lad. commanderie et des autres samblables commanderies de l'ordre de l'ospital Mr saint Jehan Baptiste de Jherusalem ; et que en celle chapelle et église de Runazhan, devers le midi, a esté puis nagueres une chapelle commancée et faicte ou près de faicte, et que au pingnon d'icelle nouvelle chapelle, devers led. midi, est assise et levée une belle fenestre de pierre de taille, et que en une belle pierre de taille assise ou hault d'un costé d'icelle fenestre, par dehors devers midi, led. exposant avoit fait mectre et entailler un escuczon ouquel estoient mises et entaillées les armes d'icellui exposant, avecques son timbre au dessus d'icelles armes, et y estoient entaillez et figurez deux leons, l'un d'un costé et l'autre de l'autre costé d'icelles armes, semblans en figure que celx deux leons tenoient led. escuçon où estoient celles armes, et que tout estoit bien et notablement figuré, entaillé et fiait de et en bel et bon ouvrage de pierre ; et ilecques mis, assis, souffert et laissé par le temps d'un an ou environ ou plus, et tellement que les voisins et demourans en celles mettes et celx qui aloient à lad. église ou passoient par auprès d'elle, au moins devers le midi, le povoient veoir et savoir ; et mesmes Rollant de Kernechriou, Phelipe de Kernechriou son frère et Alain de Kernechriou, oncle desd. frères, le savoient et povoient assez savoir, ainsi que sera déclaré et trouvé si mestier est, comme dit celui exposant ; disant oultre que lui, avecques ses biens, saisines et possessions quelxconcques estoient de piecza et encore sont en noz seurté, proteccion et sauvegarde générale et especiale, pupliés et faictes açavoir tellement que lesd. de Kernechriou ne autres d'icelles parties n'en porroient prétendre ignorance.

Et neantmoins tout ce que dit est, lesd. armes dud. exposant ont esté, puis un mois encza ou environ et que que soit nouvelement et puis nagueres, rompues, arrasées, deffaictes, desentaillées et ostées, et ou lieu et endroit où elles estoient, sont mises, figurez et peintes les armes desd. de Kernechriou ou des aucuns d'elx, car en icelui lieu, puis le démolissement desd. armes dud. exposant, furent mises et assises en peinture et colleurs les armes dud. de Kernechriou, o un cressant d'avantage qui sambloit estre manière de diferance, et que celles armes de Kernechriou o celle diferance furent ilecques par aucuns jours, et après ce en fut ostée lad. diference, et y demeurèrent les plaines armes dud. de Kernechriou, savoir dud. Rollant de Kernechriou, teles comme il les porte, car il est l'aisné de celx de Kernechriou ; et dit celui exposant que lad. offense a esté principalement procurée, pourchacée et faicte par lesd. Rollant et Phelipes de Kernechriou, et que de ce faire ilz et leurs adhérez et complices ont esté agens, consentens et participans, ainsi que plus à plaîn sera déclaré en lieu et temps ; quelle chose, si elle n'estoit reparée, seroit en grant foule, vitupère, deshoneur, préjudice, grief et domage dud. exposant ainsi qu'il dit, et nous a très humblement supplié de lui pourvoir sur ce de convenable remède.

Pour ce est il que nous, desirans justice estre faicte et ne voulanz tieulx deliz demeurer impuniz, quelx, s'ilz sont vroiz, sont cas de mal exemple et dignes de granit punicion, comme de violence faicte à l'iglise, commectant sacrilège et infraccion de nostre sauvegarde et grant offense faicte aud. commandeur et à son estât et honeur, qui est issu de bon et grant lignage appartenant à plusieurs des barons et autres grans nobles de nostre duchié  et grandement et dignement bénéficié..., Vous mandons... que vous vous transportez sur le lieu où l'en dit lesd. excès avoir esté faitz, et vous imformez et enquerez du cas sommairement et de plain...; et si vous trouvez lesd. de Kernechriou... coulpables, les requérez... d'en faire reparacion... et remectre les armes dud. commandeur es lieu et estât que trouverez [que] elles estoient avant lad. demolicion d'icelles... Par le duc, en son conseil, ouquel : Vous, l'evesque de S» Brieuc, le maistre d'ostel, Pierres Ivete, le seneschal de Moncontour et autres estoint. — Gunemar. »

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n225/mode/2up

— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , "Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté,", in Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

— COUFFON (René), 1950, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f154.image.r=runan

— DE COURCY (Pol Potier), 1864, Source : De Rennes à Brest et à Saint-Malo par 

"Quand on a quitté l'espèce d'entonnoir au fond duquel gît Pontrieux et qu'on s'est dirigé sur la route de Bégard, on arrive, après avoir monté pendant un kilomètre, à la chapelle de la Trinité, dite la belle église, dédiée à saint Jorand. Son architecture annonce le XVIe siècle, et elle montre sur ses murs la légende de son patron, dont elle possède aussi le tombeau. A trois kilomètres à l'ouest, est un joli bourg, entouré d'arbres et de verdure, et où l'on remarque une splendide église de la fin du XVe siècle : l'église de Runan. On y distingue surtout une maîtresse vitre restaurée avec soin ; un retable d'autel en pierre, divisé en plusieurs compartiments sculptés et représentant les scènes de la vie de la Vierge ; les tombeaux des sieurs de Kernec'hriou et de Boisboissel, et plusieurs piliers prismatiques très-délicatement travaillés. Le porche méridional abrite les statues des apôtres et est décoré extérieurement, ainsi que la façade de l'église, d'écussons à supports variés, mais dont le champ est martelé.

Dans le cimetière, un calvaire, composé de trois croix en granit, à sa base en forme de chaire à prêcher.

Runan obtint, par chartes des ducs Jean V et Pierre II, de 1414 à 1450, trois foires annuelles dont les droits devaient être consacrés à l'entretien de la chapelle de Notre-Dame. Ainsi s'expliquent les beautés architecturales que l'on y remarque. Les foires ducales existent encore, mais leurs revenus ont reçu une autre destination. On rejoint, par Ploëzal, la grande route de la Roche-Derrien.

 

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

— JOLLIVET (Benjamin-Philibert), 1855, Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes 

 

 

Étymologie et origine

La localité qui nous occupe, de vieux titres nous l'apprennent, se nommait autrefois Run-ar-Gan, trois mots celtiques dont l'usage a fait à la longue, par contraction, Runan. Son commerce et son importance relative datent évidemment de 1414, époque de l'institution de la première de ses foires ; mais son origine est moins facile à établir. Nous croyons, toutefois, que Run-ar-Gan ne prit naissance que dans le quatorzième siècle, après l'érection de Notre-Dame et lorsque la dévotion à cette chapelle eut attiré l'attention sur ce coin de terre.

Monuments

L'église est sous l'invocation de la Vierge, Notre-Dame de Runan. C'est un fort bel édifice de la fin du quinzième siècle, au pignons parsemés d'armoiries de toutes sortes, parmi lesquelles se remarquent les armes de Bretagne, d'hermine plein, avec cette devise : Potius mori quàm fædari, et cette autre : à ma vie, gravée sur le collier de l'hermine suspendue au-dessous de l'écu (Le collier de l'ordre de l'hermine, institué par Jean IV, en 1381, était composé de 2 chaines, attachées par leurs extrémités à 2 couronnes ducales renfermant chacune une hermine passante. Une des couronnes pendait sur la poitrine et l'autre était sur le cou. Les chaînes étaient composées chacune de 4 fermoirs, et ces fermoirs étaient une hermine avec un rouleau autour du corps, sur lequel ces mots étaient écrits : à ma mie. Les rouleaux étaient émaillés alternativement de blanc avec des lettres noires, ou de noir avec des lettres blanches. chacune des hermines portait un collier, d'où pendait un chainon composé de 4 ou 5 anneaux. Les colliers des chevaliers étaient d'or ou d'argent, suivant la qualité des personnes ; ceux des ducs étaient enrichis de pierreries. Les femmes étaient reçues dans cet ordre sous le titre de chevaleresses).

Au moment où nous écrivons (novembre 1855), les maçons et, les tailleurs de pierre ont mis à découvert la nef de droite ; ils relèvent plusieurs pignons, et, copistes fidèles, reproduisent les belles fenêtres ogivales à compartiments dont la conservation n'était plus possible. Les premiers ouvriers de cette église ont reçu depuis longtemps la qualification d'artistes, les seconds s'appellent simplement des tailleurs de pierre ; mais quand le temps aura noirci le travail de ces derniers, les soi-disant antiquaires s'arrêteront pour admirer ce chef-d'œuvre du quinzième siècle, et nos tailleurs de pierre, eux aussi, seront proclamés artistes, à moins qu'ils n'aient la malencontreuse idée de mettre une date à leur œuvre. Alors tout serait perdu ; car les admirateurs systématiques du passé n'accueillent les choses du présent qu'avec froideur et dédains.

L'intérieur de l'église de Runan est d'une grande irrégularité. Il se compose de trois nefs, dont l'une, celle de gauche, est étroite et écrasée, tandis que celle de droite, plus large et plus élevée, se divise en compartiments communiquant entre eux par des arcades disposées dans le sens de la largeur de cette nef, circonstance en dehors, croyons-nous, des règles de l'art architectural et du bon goût. Les piliers diffèrent presque tous : les uns sont de forme carrée et chargés d'ornements, d'autres sont composés de colonnettes en faisceau, d'autres enfin sont ronds, massifs, sans aucune ornementation. Cette nef renferme l'autel du Rosaire, les fonds baptismaux à l'extrémité opposée, et, dans le compartiment du milieu, une énorme pierre sépulcrale sur laquelle sont grossièrement sculptés un homme et une femme, reposant à côté l'un de l'autre. Ces statues ont de 15 à 20 centimètres de relief ; elles sont de grandeur naturelle, et comme l'ouvrier leur a donné à toutes les deux même taille et mêmes proportions, la femme apparaît sur cette pierre froide comme un phénomène de stature. Pauvre Jeanne de France ! car cette femme c'est la fille de Charles VI, roi de France : le guerrier qui repose à ses côtés est Jean V, dit le bon (Jean V fut élevé a la cour de France. Il fit hommage au roi Charles VI; envoya des ambassadeurs en Italie pour travailler a l'extinction du schisme ; marcha plusieurs fois au secours du roi de France, qui lui restitua St-Malo ; conclut une trêve avec le roi d'Angleterre ; retourna à Paris après le massacre des Armagnac ; conduisit le dauphin à Saumur ; fut arrêté à Chantoceaux par Marguerite de Clisson, puis délivré par ses sujets ; confisqua, à la suite de cette trahison, les terres des Penthièvre ; fit alliance avec le dauphin a Sablé. peu de temps après avec le roi Charles VI ; fit armer les communes ; rendit hommage au roi Charles VII ; traita avec le duc de Belfort et ratifia le traité de Troyes), son époux dont les restes mortels, comme nous le verrons plus bas, reposèrent pendant une nuit dans l'église de Runan, il y a de cela 404 ans ! Les statues dont nous venons de parler ont beaucoup souffert de la part du temps ou des hommes.

La maîtresse-vitre a conservé plusieurs fragments de vitraux peints, au milieu de ses gracieux enroulements de granit. Mais, pour admirer les uns et les autres, il faut d'abord savoir que cette maîtresse-vitre existe, complètement cachée par un énorme baldaquin en menuiserie formant tout-à-la-fois et comme d'une seule pièce, autel, tabernacle et retable ; puis, certain de trouver ce que l'on désire derrière cette boiserie malencontreuse, chercher longtemps des yeux un passage. On finit par découvrir deux petites portes placées de chaque côté du maître-autel ; celle de gauche résiste ; mais celle de droite cède à la première pression, et l'on se trouve tout-à-coup en présence de l'objet de ses recherches, dans un couloir étroit et encombré de vieilleries sans nom.

La chaire est ornée de sculptures d'un travail remarquable.

Le clocher a été refait en entier en 1822, mais sans tenir compte du style architectural du reste de l'édifice, avec lequel il n'est plus en harmonie.

Cette jolie église est désignée dans les vieux titres sous le nom de chapelle de Notre-Dame de Plouëc ; et, en effet, nous verrons plus loin que Runan était jadis simple trêve de cette paroisse. Elle appartenait, lorsque éclata la révolution de 1789, à la commanderie du Paraclet, ordre de Malte, et lorsque les commandeurs venaient y faire des visites pastorales, on était tenu de leur présenter les comptes des fabriciens. L'évêque de Tréguier ayant voulu, lui aussi, se faire servir ces comptes, l'ordre plaida et obtint de Louis XIV une ordonnance qui rappelait l'évêque comme d'abus.

Dès les premières années du quinzième siècle, Notre-Dame de Plouëc était en grande vénération parmi les fidèles, et comptait au nombre de ses bienfaiteurs Jean V, dit le Bon, 21° duc de Bretagne, dont les dépouilles mortelles furent solennellement transportées à la cathédrale de Tréguier en 1451, après de vives contestations entre le clergé de cette cathédrale et celui de Nantes. A l'occasion de cette translation, voici ce que rapporte la tradition : Le char funèbre roulait lentement et à petites journées pour se rendre au lieu de sa destination, lorsqu'arrivé en face de la porte de la chapelle de N.D. de Plouëc les roues se brisèrent en éclats ; il fallut donc renoncer à poursuivre la route. On descendit le cercueil renfermant les reliques précieuses, et on le déposa dans l'église de Runan, où il passa la nuit. Dès le lendemain, l'évêque de Tréguier, Jean de Plœuc, accompagné de son clergé, vint au-devant des restes mortels de son ancien duc et les conduisit en grande pompe à Tréguier.

Cette halte, a dit l'histoire, était réglée dans le cérémonial ; mais la tradition n'est pas de cet avis ; elle l'attribue à l'impossibilité, où fut le char de continuer son chemin, par suite de la rupture de ses roues, et regarde cet accident comme une circonstance miraculeuse, comme un avertissement de déposer là les précieuses et saintes reliques, Jean V, de son vivant, ayant eu, comme nous l'avons dit plus haut, une grande dévotion pour cette chapelle de Notre-Dame de Plouéc, devenue depuis église paroissiale de la commune de Runan.

Calvaire et bas-relief en granit

Dans le cimetière, assez mal entretenu, de Runan, le touriste visite avec admiration deux créations artistiques paraissant, l'une et l'autre, appartenir au quinzième siècle. C'est d'abord, au milieu d'une enceinte en maçonnerie formant balustrade, un superbe Calvaire dont la base a 6 pans et supporte trois croix d'inégales grandeurs. Ce monument, de même que l'église, était chargé d'armoiries et de riches sculptures ; mais le marteau des mauvais jours de notre révolution de 1789 a laissé là des témoignages nombreux de la fièvre de destruction qui fut un des traits caractéristiques de cette terrible époque.

Plus heureux que le Calvaire, dont les profondes cicatrices attristent les regards, le Bas-Relief a été préservé de toute atteinte. Découvert, en juillet 1854, par un enfant qui s'amusait à gratter le mur qui le soutient, et débarrassé, à cette époque, de l'épaisse couche d'argile sous laquelle la paroisse l'avait caché en 1793, il est devenu depuis un but de pèlerinage assez fréquenté, et laisse voir maintenant sans crainte les gracieuses statuettes, disposées en groupe, dont nous regrettons de n'avoir pu reproduire ici qu'une partie. Cette œuvre représente les scènes principales de la vie de la Vierge. Elle est incrustée maintenant dans la muraille intérieure d'une masure dont la toiture est complètement détruite. Située dans un coin du cimetière et transformée en mairie lors de l'érection de Runan en commune, cette masure était anciennement disposée en oratoire et formait une petite chapelle. Il ne serait donc pas impossible que ce bas relief eût été fait pour la place qu'il occupe ; mais on suppose qu'il servait autrefois de retable au maître-autel de l'église. Quoi qu'il en soit, nous pensons qu'on ne saurait mieux faire aujourd'hui que de faire revivre l'oratoire des temps anciens, et de lui conserver surtout les admirables sculptures dont nous venons de parler."

http://patrimoine-de-france.com/cotes-d-armor/runan/eglise-notre-dame-et-cimetiere-1.php

 

 

LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

— LE BARZIC (E.), Crec'hriou, Sur les traces d'une vieille maison bretonne, 1969, Bull. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_194/sur__les__traces__dune__vieille__maison__bretonne.pdf

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 195.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f388.item.r=runan

"Cette fenêtre est accostée de deux écussons qui seraient ceux des anciennes familles dominantes de Runan : les Lestrezc et les Kerambellec. Ces derniers portaient d'argent au lion de sable accompagné de quatre merlettes de même. Les armoiries de Lestrezec se lisent encore très facilement plus à notre droite, au haut du pignon de l'ossuaire qui voient, en cet endroit, s'accoler au mur de l'église."

 

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

— WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculptures Héraldique Chapelles bretonnes
28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 10:41

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan.

 

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PRÉSENTATION.

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Données historiques.

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L'église de Runan, construite au XIV et XVe siècle est une  ancienne fondation des Templiers, devenue une commanderie  des Hospitaliers de Saint-Jean, mais dédiée à Notre-Dame,  est surtout redevable de sa magnificence aux fondations qu'y firent les ducs de Bretagne en raison de leur proche résidence de Châteaulin-sur-Trieux, et dès  1381, Jean IV y fonda une chapellenie d'une messe chaque jour, dans la "chapelle de Ruzargan". Cette fondation se traduit par la restauration du transept et l'ajout d'un bas-côté nord.

Puis Jean V concéda  une nouvelle foire à la fabrique le 2 juin 1414, à la fête de Notre-Dame.

Une nouvelle foire au jour de la Saint-Barnabé est octroyée le 19 mai 1421, son administration étant confiée à Henry du Parc. Ce dernier fera établir son gisant avec celui de son épouse Catherine de Kersaliou.

La nouvelle foire est établie "pour l'augmentation de la dite chapelle, et dès 1423, l'ancien plan en tau des templiers est modifié par la création du chevet et de la tour-porche. Sur la maîtresse-vitre à six lancettes de 1423, les nobles de Runan témoignent de leur participation au chantier et aux prééminences qu'ils y exercent : les familles Le Goales, de Lestrézec, Le Caourcin Le Saint de Kerambellec, de Lezversault, Kergrist et Plusquellec ont leurs armes sur les lancettes, Henry du Parc et Catherine de Kersaliou placent les leurs en tête de lancette; tandis que le tympan reçoit celles des Rostrenen, de Jean du Perrier (et de sa femme Constance Gaudin), avec celles des Kerchenériou dans les ajours. Enfin, en supériorité sur le tympan viennent les armes du duc Jean V et de son épouse Jeanne de France.

L'abondance de ces armoiries, et de celles que nous allons découvrir, amène à relativiser l'importance du mécénat ducal et de donner plus de poids à celui des bienfaiteurs locaux. En témoignent les chapellenies  mentionnés dans les aveux hospitaliers, appartenant  principalement aux prestigieux lignages établis à Runan et Plouëc, dont certains furent associés à la haute administration du duché dès la seconde moitié du XIVe siècle. (S. Lemaître)

 

Le 28 mars 1435 est accordée une nouvelle foire. 

Une enquête du 15 août 1439, relative à l'enlèvement par Olivier de Kernechriou des armes du commandeur du Palacret, Pierre de Keramborgne, indique, d'autre part, que la chapelle de la Commanderie, au sud de l'église, venait d'être terminée l'année précédente, ainsi que le porche méridional.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile  2013.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2013.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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LE TYMPAN DU PORCHE.

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Le tympan du porche sud, édifié par Pierre de Keramborgne entre 1435 et 1438, en arc brisé, porte un décor sculpté en moyen-relief sur deux registres.

Le registre principal s'inscrit sur une corniche moulurée de part et d'autre du fleuron de l'accolade. Elle associe une Annonciation à gauche et une Déploration à quatre personnages à droite. Une frise de sarment la surmonte.

Le registre supérieur, encadré de la frise de rinceaux, n'a qu'un tableau, consacré à un ange aux ailes déployées, qui écarte les bras en signe d'accueil ou de salutation.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La Déploration.

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Au centre, la Vierge, un genou à terre et peut-être assise, vêtue d'un manteau qui la voile, tient son Fils, dont le corps vu de face les bras parallèles au tronc, forme une diagonale.

À sa droite, saint Jean offre la particularité de tenir la palme, celle que, dans les récits apocryphes, lui sera remis par la Vierge pressentant sa mort., et qu'on voit dans les Dormitions.

À sa gauche, sainte Marie-Madeleine, la tête inclinée et les cheveux longs tombant sur ses épaules,  tient le flacon d'aromates de la main gauche.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile  2013.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2013.

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L'Annonciation.

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À droite, l'archange Gabriel, de trois-quarts, est agenouillé un seul genou à terre, ses cheveux sont rassemblés par un bandeau puis forment deux masses latérales polylobées, et ces boucles angéliques rappellent fortement  la manière de l'atelier ducal du Folgoët tant à la collégiale du Folgoët, qu'à Rumengol , à Saint-Herbot et sur le porche sud de la cathédrale de Quimper.

De grosses joues arrondies encadrent une bouche très petite.

Il est vêtu d'une tunique longue dont le large revers (ou l'amict) descend en pectoral.

Il est séparé de la Vierge par un vase d'où s'élève comme une colonne fleuronnée le lys métaphorique de la fleur de pureté et du vase clos de la virginité.

D'une main droite placée en avant paume vers le haut et d'une main gauche tendue en arrière, il déploie un phylactère (celui de l'Ave Maria), mais si nous voulons suivre le déroulé de ce dernier, nous le voyons à la fois à la base du vase, s'enroulant autour de la colonne, passant en diagonale et se retrouvant en haut à droite devant l'une des ailes.

L'autre aile, la droite, montre son bord crénelé entre l'épaule, et la colonne.

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Devant lui, et sculpté sur un bloc séparé, la Vierge est représenté de face, faisant de la paume gauche le geste d'acceptation du Fiat, tandis que la main droite est encore posée sur le lutrin et le livre dont elle récitait les prières avant d'être surprise par l'irruption du messager divin. Un phylactère se retrouve sur le piètement du lutrin, et une inscription peinte courait peut-être sur l'ensemble de la banderole.

Là encore, le visage de la Vierge est particulièrement joufflue ; un bandeau ou un cordon passe autour de son voile.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile  2013.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2013.

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L'Ange aux bras écartés.

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Il semble agenouillé et donc en adoration ; sa tunique est serrée par une ceinture.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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LES CONTREFORTS ET LEURS ÉCUS.

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Ils sont décrits par S. Lemaître comme "des contreforts obliques armoriés  qui se détachent de la file de pignon". 

Ces contreforts à orientation obliques sont une innovation que se retrouvera une décennie plus tard à La Martyre.

Couffon écrit : "Les contreforts sont ornés d'écus d'une très belle sculpture, mais que les lions servant de supports permettent, d'après l'enquête de 1439, d'attribuer au commandeur Pierre de Keramborgne."

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Pierre de Keramborgne et ses armoiries.

Une enquête du 15 août 1439 est relative à l'enlèvement par Olivier de Kernechriou des armes du commandeur du Palacret, Pierre de Keramborgne, sur le pignon sud, après qu'elle y soient restée au moins une année avant le procès, soit un chantier débuté entre le milieu de  l'année 1437 et le début de l'année 1438.

 

Cette enquête d'un procès dont on ignore l'aboutissement , "en cette chapelle et église de Runazhan, devers le midi, [qui] a esté puis nagueres commancee et facte ou près de faicte" disait: "Led. exposant avoir fait mestre et entailler un escuczon ouquel estoient mises et entaillees les armes d'icelui exposant, avecques son timbre au dessus d'icelles armes, et y estoient entaillez et figurez deux leons tenoient led. escuçon ou estoient celles armes."

Ces armes se retrouvent avec celles de l'Ordre de Malte sur les ajours trilobés de la maîtresse-vitre. On les trouve aussi sur la maîtresse-vitre de la chapelle de Keramanach en Plounevez-Moëdec. Elles se blasonnent de gueules à un heaume de profil d'or accompagné de trois coquilles d'argent.

http://www.infobretagne.com/plounevez-moedec-keramanach.htm

La famille de Keramborgne était établie près de Vieux-Marché. Pierre était le fils de Guillaume, homme d'armes lors de la montre de Tréguier de 1481, et de Catherine de Coëtvoult.

"Cette famille a notamment fondée la chapelle de Sainte-Barbe à Plouaret. Leurs armoiries sont d'ailleurs visibles sur le calvaire daté de 1612. Cette seigneurie possédait un droit de haute, moyenne et basse justice qu'elle exerçait au bourg de Plouaret. On peut citer dans cette famille : Merien de Keramborgne (1437), Jean de Keramborgne (époux d'Anne Loz), Guillaume de Keramborgne (époux de Catherine de Coatvoult, il comparait à Tréguier en 1481 avec 400 livres de revenu comme homme d’armes) et Pierre de Keramborgne (1498). La seigneurie passe ensuite entre les mains des familles La Haye (suite au mariage de Jeanne de Keramborgne avec Jean de La Haye), de Bellisle (cité en 1526 et 1556), Perrien (en 1583, suite au mariage de Louise de Bellisle avec Charles de Perrien)." http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ferme-de-keramborn-le-vieux-marche/6ce960cc-2062-46c6-8112-69871cafefc6

 

Les pinacles de ces contreforts ont été ajoutés selon Couffon  pendant  les restaurations de 1895.

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Le complexe armorié de gauche.

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Je n'en n'ai pas trouvé de description précise. Les gens ne sont-ils point curieux ? Gardent-ils le fruit de leurs recherches pour eux ?

Les supports en sont deux lions, dressés sur les pattes arrières, et présentant entre leurs pattes antérieures le complexe héraldique. Mais celui de gauche a la tête de profil ("lion" héraldique) et l'autre, à droite, a la tête de face ("léopard" héraldique). Leur queue se dresse verticalement derrière leur corps.

L'écu est-il réduit à la partie rectangulaire inférieure (muette), ou inclut-il le heaume, comme meuble, heaume représenté ici de face ?

Dans ce dernier cas, peu convainquant, l'écu est surmonté d'une couronne, puis vient le cimier que je compare à un vase (c'est difficile à décrire) et à une fleur à plusieurs boutons. À la réflexion le "vase" est un coussin (ou un tortil, mais qui ferait double emploi avec la couronne.

Je penche plutôt pour un (petit) écu aujourd'hui muet, surmonté d'un heaume de face et d'une couronne, puis d'un coussinet d'un cimier en fleur stylisé.

L'écu étant muet, nous ne pouvons en déterminé le possesseur.

Au secours les amis experts !!

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le complexe armorié de droite.

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Il ressemble fort au premier, mais pourtant...

1. Le lion de notre gauche est de profil mais sa tête est tournée vers nous, le support est un léopard à dextre. Et inversement, le support senestre est un lion.

2. Leurs queues passent entre les jambes puis devant le ventre.

3. L'écu est couché, la pointe vers notre droite.

4. Le coussin se prolonge en une tige, cerclée d'un anneau, et le cimier ressemble à un arbre.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Les armoiries ducales du faîte.

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C'est ballot. J'ai oublié de prendre en gros plan l'écu rectangulaire couronné, paraît-il, en bannière. Ce serait l'écu du duc. Je n'y vois rien de précis, hormis la couronne. 

Ma photo montre en arrière-plan le cadran solaire qui surmonte la rosace.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le cadran solaire.

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 Michel Lalos cite l'inventaire de la SAF [inv. SAF : 2226901-1]  et décrit un cadran peu déclinant de l'après-midi, semi-circulaire, gravé sur pierre, aux  lignes chiffrées dans demi-couronne, avec un moignon de style

 

 

Il existe un autre cadran solaire, "canonial" (*), à dix secteurs égaux, en réemploi sur le soubassement d'une banquette du porche.

(*) CORNEC (Jean-Paul), LABAT-SEGALEN (Pierre), ROUXEL ( Bernard), 2010 Cadrans solaires en Bretagne Skol Vreizh

https://www.sahpl.asso.fr/site_sahpl/Cornec%20-%20S%C3%A9galen%20-%20Rouxel%20-%20Cadrans%20solaires%20en%20Bretagne.pdf

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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RAPPROCHEMENT AVEC LA CHAPELLE NOTRE-DAME-DE-LA-CLARTÉ DE PERROS-GUIRREC.

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S. Lemaître a souligné les ressemblances  entre ce décor et celui du tympan de la chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté ( à 25 km au nord-ouest), datant du milieu du XVe siècle et décrite en 2010 par Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult. Elle peut être datée entre 1445 (inscription sur un pilier) et 1485.

Malgré l'absence d'ange aux bras écartés en partie haute, la composition 'apparente dans tous ses détails à celle de Runan, tant pour l'Annonciation et la Déploration séparées par l'imposant fleuron d'accolade que pour les choux frisés des rampants au dessus du gable et que pour  les deux panneaux des armes   présentées par deux lions, et avec des heaumes.

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Chapelle de la Clarté à Perros-Guirec.

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LES PIÉDROITS ET VOUSSURES DU PORCHE : DOUZE PERSONNAGES ASSIS ET DES ANGES BANDEROLÉS.

 

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S. Lemaître décrit ici les piédroits, la triple voussure en tiers point, le cortège des anges banderolés, et l'archivolte en accolade rehaussée de choux frisés. 

Je retrouve bien, de l'intérieur à l'extérieur, une voussure à sarments, puis une voussure à douze personnages, puis l'accolade s'appuyant sur une console feuillagée et sculptée de douze anges enrubannés du côté interne et  de feuilles côté externe, et des deux pinacles engagés à denticules.

Les auteurs, lorsqu'ils se prononcent sur ces personnages, les tiennent, comme Lemaître, pour des apôtres. Parce qu'ils vont par douze sans doute. Je n'y crois pas. Les apôtres sont rarement assis. Leurs barbes ne sont pas taillées en pointe, et ils ne sont pas coiffés de bonnets. J'inclinerait pour des prophètes. C'est drôle comme dès qu'on approfondit un peu l'examen des sites, on se retrouve avec plus de questionnements et moins de certitudes. 

L'usure du granite ne facilite pas les choses. Ce n'est pas ici le beau kersanton de Basse-Bretagne. 

Certains de ces messieurs ont un point commun, celui de lever la main vers le haut, pour désigner le ciel, ou plutôt un saint personnage (Christ ou Vierge) qui les dominerait . Comme les rois de Juda et les Prophètes dans les Arbres de Jessé.

Ceux qui débutent les séries, en bas à droite et à gauche (n°1 et n°12), s'encadrent dans les moulures transformées en colonnes à chapiteaux.

J'ai pris mes photos des personnages en débutant par la gauche, ce qui reste arbitraire tant qu'aucun d'eux n'est identifié. En tout cas, je ne vois nulle part un saint Pierre tenant sa clef.

Des restes de polychrome ocre sont visibles.

 

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°1.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°2.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°3.

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N°4.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°5.

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N°6.

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N°7. On redescend vers la droite.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°8.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°9.

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N°10.

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N°11.

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N°12.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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L'INTÉRIEUR DU PORCHE.

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"À l'intérieur du porche, la porte en tiers-point est simplement soulignée aux piédroits par deux colonnettes qui s'effacent dans les claveaux de la voussure supérieure. L'entrée du porche est couverte d'une voûte octopartite reposant sur de fines arcatures qui ont pour clé une rose couronnée d'angelots." (S. Lemaître)

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L'ange à phylactère du côté ouest. 

On remarquera la coiffure à boules ou macarons, si typique des sculpteurs de l'atelier ducal, au Folgoët, à Quimper et à Rumengol.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Une console feuillagée du côté est.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La rose feuillagée ou nuée entourée de huit anges à phylactères.

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Mes photos des têtes d' anges ne sont pas excellentes, mais tendent à montrer les coiffures en macarons, largement illustrés dans mes articles sur l'atelier ducal dit "du Folgoët" (E. Le Seac'h).

 

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

 

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SOURCES ET LIENS.

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ALAIN (Agnès), 2020, Sortie fontaines et petits patrimoines

https://docplayer.fr/189176009-Sortie-fontaines-et-petits-patrimoine-du-9-mars-2020-pontrieux-runan.html

—BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371

Lettres du duc concédant à la chapelle de N. D. de Runan une foire qui devait se tenir le samedi précédant le pardon de la chapelle, fixé au dernier dimanche de juillet. Par le duc, de son commandement, présents : l'archidiacre d'Acreleon, Yvon Roscerf et autres. — Cador.

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n137/mode/2up

Mandement d'enquérir de l'injure faite au commandeur de la Feuillie en enlevant ses armoiries de l'église de Runan. Orîg. jad. scellé sur s. q. (Ar. CÔtes-du-Nord, H, f. de Malte).

A Vannes, 1439, 15 août. — « Jehan... A noz seneschalx, alloez et procureurs du ressort de Goelou, de Guigamp et de Lannuyon et à leurs lieutenans, à noz bien amez et fealx conseillers Eon de Roscerf, nostre maistre d'ostel, Jehan de Vennes, nostre contrerolleur gênerai, Robert Cador, nostre secrétaire, Alain Raison et Guillaume Labbé, salut.

De la partie de nostre bien amé et féal religieux et cher frère Pierres de Kaerenborgne, commandeur de la commanderie de la Feuillée et du Palacret, nous a esté exposé engrièvement complaignant, disant que l'église ou chapelle de N. D. de Runarzhan, tref ou fillete de la paroesse de Ploeuc, du diocèse de Treguer, est, comme on tient et dit on communeement, fondée et située en la terre ou fé de lad. commanderie, et ce est assez vroysemblable à croire, car celle chapelle est cernée et environée pour la plus grant partie, des fiez et terres d'icelle commanderie, et aussi en celle chapelle a telle et semblable indulgence et remission comme il a es aultres églises et chapeles fondées et situées es fonds, fiez et terres de lad. commanderie et des autres samblables commanderies de l'ordre de l'ospital Mr saint Jehan Baptiste de Jherusalem ; et que en celle chapelle et église de Runazhan, devers le midi, a esté puis nagueres une chapelle commancée et faicte ou près de faicte, et que au pingnon d'icelle nouvelle chapelle, devers led. midi, est assise et levée une belle fenestre de pierre de taille, et que en une belle pierre de taille assise ou hault d'un costé d'icelle fenestre, par dehors devers midi, led. exposant avoit fait mectre et entailler un escuczon ouquel estoient mises et entaillées les armes d'icellui exposant, avecques son timbre au dessus d'icelles armes, et y estoient entaillez et figurez deux leons, l'un d'un costé et l'autre de l'autre costé d'icelles armes, semblans en figure que celx deux leons tenoient led. escuçon où estoient celles armes, et que tout estoit bien et notablement figuré, entaillé et fiait de et en bel et bon ouvrage de pierre ; et ilecques mis, assis, souffert et laissé par le temps d'un an ou environ ou plus, et tellement que les voisins et demourans en celles mettes et celx qui aloient à lad. église ou passoient par auprès d'elle, au moins devers le midi, le povoient veoir et savoir ; et mesmes Rollant de Kernechriou, Phelipe de Kernechriou son frère et Alain de Kernechriou, oncle desd. frères, le savoient et povoient assez savoir, ainsi que sera déclaré et trouvé si mestier est, comme dit celui exposant ; disant oultre que lui, avecques ses biens, saisines et possessions quelxconcques estoient de piecza et encore sont en noz seurté, proteccion et sauvegarde générale et especiale, pupliés et faictes açavoir tellement que lesd. de Kernechriou ne autres d'icelles parties n'en porroient prétendre ignorance.

Et neantmoins tout ce que dit est, lesd. armes dud. exposant ont esté, puis un mois encza ou environ et que que soit nouvelement et puis nagueres, rompues, arrasées, deffaictes, desentaillées et ostées, et ou lieu et endroit où elles estoient, sont mises, figurez et peintes les armes desd. de Kernechriou ou des aucuns d'elx, car en icelui lieu, puis le démolissement desd. armes dud. exposant, furent mises et assises en peinture et colleurs les armes dud. de Kernechriou, o un cressant d'avantage qui sambloit estre manière de diferance, et que celles armes de Kernechriou o celle diferance furent ilecques par aucuns jours, et après ce en fut ostée lad. diference, et y demeurèrent les plaines armes dud. de Kernechriou, savoir dud. Rollant de Kernechriou, teles comme il les porte, car il est l'aisné de celx de Kernechriou ; et dit celui exposant que lad. offense a esté principalement procurée, pourchacée et faicte par lesd. Rollant et Phelipes de Kernechriou, et que de ce faire ilz et leurs adhérez et complices ont esté agens, consentens et participans, ainsi que plus à plaîn sera déclaré en lieu et temps ; quelle chose, si elle n'estoit reparée, seroit en grant foule, vitupère, deshoneur, préjudice, grief et domage dud. exposant ainsi qu'il dit, et nous a très humblement supplié de lui pourvoir sur ce de convenable remède.

Pour ce est il que nous, desirans justice estre faicte et ne voulanz tieulx deliz demeurer impuniz, quelx, s'ilz sont vroiz, sont cas de mal exemple et dignes de granit punicion, comme de violence faicte à l'iglise, commectant sacrilège et infraccion de nostre sauvegarde et grant offense faicte aud. commandeur et à son estât et honeur, qui est issu de bon et grant lignage appartenant à plusieurs des barons et autres grans nobles de nostre duchié  et grandement et dignement bénéficié..., Vous mandons... que vous vous transportez sur le lieu où l'en dit lesd. excès avoir esté faitz, et vous imformez et enquerez du cas sommairement et de plain...; et si vous trouvez lesd. de Kernechriou... coulpables, les requérez... d'en faire reparacion... et remectre les armes dud. commandeur es lieu et estât que trouverez [que] elles estoient avant lad. demolicion d'icelles... Par le duc, en son conseil, ouquel : Vous, l'evesque de S» Brieuc, le maistre d'ostel, Pierres Ivete, le seneschal de Moncontour et autres estoint. — Gunemar. »

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n225/mode/2up

— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , "Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté,", in Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

— COUFFON René Couffon, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f154.image.r=runan

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

—LALOS (Michel)

 http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/cotes_d_armor/cs_22_guingamp.php

 

— LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf

— LE FLOC'H (Loieiz), La chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_175/notre__dame__de__la__clarta__perros__guirec.pdf

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

MAN8ROVE

https://man8rove.com/fr/blason/dul7nwn-parc

https://man8rove.com/fr/profile/yru34x5gc-henry-du-parc

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 195.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f387.image.r=runan?rk=21459;2

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f285.image.r=runan

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411435g/f134.image.r=runan?rk=42918;4

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

— WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculptures Héraldique Chapelles bretonnes
25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 18:46

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan.

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— Voir sur Runan :

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— Voir sur l'art tumulaire hors Bretagne:

 

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Sur les gisants de Bretagne, voir (approximativement par ordre chronologique) :

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Hors de ce blog :

 

 

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PRÉSENTATION.

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Ce gisant en pierre est placé dans l'angle sud-ouest de la nef, à droite de l'entrée, à l'angle de la tour, dans un endroit assez sombre et empoussiéré, et le recul nécessaire à son examen est limité par la présence d'une ancienne cloche conservée devant lui. 

Il était placé jadis, selon Monnier, au centre du bas-côté sud ; un couple de seigneur y est représenté mais leurs  visages  ont été martelés à la Révolution, de même que tout indice d'identification. Les propositions n'ont pas manquées, et Benjamin Jollivet avait suggéré d'y voir le tombeau de Jean V et de sa femme Jeanne de France, tandis que J.-M. Luzel suggérait d'y voir les seigneurs de Lestrezec, ou Monnier ceux de Kerambellec.  En 1936, René Couffon, toujours péremptoire, n'affirme y distinguer "encore nettement" les armes des du Parc de la Roche-Jagu. Puisque le tympan de la maîtresse-vitre porte les armes en prééminence de Henry du Parc d’azur au léopard d’or, brisé d’un lambel de gueules et et de Catherine de Kersaliou  d’argent à trois fasces de gueules au lion brochant, cela lui permit d'affirmer, dans une publication aussi sérieuse que celle de la Société archéologique de France, qu'il s'agissait du gisant de ce couple, dont l'épouse est décédée en 1433. C'est ce qu'on retrouve aujourd'hui repris partout.

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Ou presque. Seven Lemaître, dans la 173e cession du Congrès archéologique de France de 2015, ne cite son prédécesseur devant le même Congrès qu'avec prudence et au conditionnel. Pas plus que moi, il ne semble avoir pu constater  les armoiries des du Parc. Voici sa description :

"René Couffon a cru reconnaître l'écu de Henri du Parc seigneur de la Roche-Jagu, cité en 1421 comme garde de la foire de Saint-Barnabé  en Runan. Il serait accompagné de sa femme Catherine de Kersaliou, décédée en 1433, dix ans après son mari. Elle est enterrée le 15 novembre 1433 à Runan (René Couffon, "La Roche-Jagu", Soc. d'Emul. des Côtes-du-Nord p. 38). 

Leurs têtes reposent sur des coussins tenus par des anges. Henri du Parc, écimé,  porte une armure de plates complètes aux genouillères bien tracées et Catherine de Kersaliou porte une longue robe au drapé lourd et  ceinturée au dessus de la taille, selon la mode du XVe siècle."

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Pour respecter les conventions, j'adopte dans ma description, comme le fait S. Lemaître, l'hypothèse de René Couffon, qui reste plausible.

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Qui est Henry du Parc ?

Il est le fils de Maurice du PARC, seigneur du Parc ca 1321-1383..1390, Capitaine de Quimper, chambellan du duc de Bretagne, et de Catherine de TROGUINDY, dame de la Roche-Jagu ca 1340-1418. Catherine de Troguindy mourut en 1418 et son fils aîné , Henri du Parc , rendit au duc minu de sa succession le 25 juin de la même année.

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DU PARC d'azur au léopard d'or, au lambel de gueules. Et Morice du Parc, un escuier hardy. MAURICE DU PARC, seigneur du dit lieu, Paroisse de Rosnoën, Evêché de Cornouailles, ainsi qu'il le dit lui-même dans l'enquête pour la canonisation de Charles de Blois, en 1371 (D. Morice, T. II., Pr., col. 9), ne doit point être confondu, comme on l'a fait, avec une autre famille du Parc, sr. du dit lieu, Paroisse du Gouray, et de Locmaria, Paroisse de Ploumagoër, qui s'armait d'argent à trois jumelles de gueules.

Les du Parc de Rosnoën,, issus en ramage des vicomtes du Faou, portaient les armes de ceux-ci, brisées d'un lambel.

Maurice, l'un des champions du combat des 30, puis capitaine de Quimper pour Charles de Blois, contribua, en 1359, pour la somme de 5.000 écus, à la rançon de son maître prisonnier en Angleterre, et, à sa mort, passa au service de France. Suivant l'enquête susdite, il était âgé, en 1371, d'environ 50 ans, ce qui lui donne l'âge de 20 ans lorsqu'il fit ses premières armes au chêne de Mi-Voie. En 1372, il conduisait, avec Alain de Beaumont, l'aile gauche de l'armée du connétable à la déroute des Anglais devant Chisey, en Poitou, et était gouverneur de La Rochelle, en Aunis, en 1373 (Le Laboureur, p. 54). Les anciennes Réformations et Montres de Cornouailles mentionnent plusieurs membres de la même famille, savoir :

Henry, sr. du Parc, employé dans la Réformation de 1426, Paroisse de Rosnoën (*) ; Jean, archer en brigandine dans la Montre générale de 1481 ; autre Jean, sr. du Parc, Réformation de 1536, père de 1° Jean, mineur en 1562 et représenté à une Montre de cette année, par Jacques du Parc, son oncle paternel, en équipage d'arquebusier à cheval ; 2° Jeanne, Dame du Parc, après son frère mort sans hoirs, mariée, vers 1560, à Jean Troussier, sr. de la Gabetière. De ce mariage naquit une fille, Jeanne Troussier, Dame du Parc, mariée, en 1581, à Charles de Penmarc'h, sr. de Coëténez, Paroisse de Plouzané, dont la petite-fille, Marie-Françoise de Penmarc'h, Dame de Coëténez et du Parc, épousa, vers 1675, François Le Veyer, sr. de Kerandantec, Paroisse de Plouzané, et du Ster, Paroisse de Cléden-Poher.

Gabriel Le Veyer, fils des précédents, seigneur du Parc, de Coëténez et du Ster, mourut au Parc et fut enterré, en 1724, à Rosnoën, laissant de son mariage avec Marie-Perronnelle de Kerléan :

Roberte-Angélique Le Veyer, Dame du Parc, de Coëténez et du Ster, épouse de Claude-René de Guer, marquis de Pontcallec, frère de Clément décapité, en 1720, pour sa participation à la conspiration de Cellamare.

(*) Je n'ai pu vérifier cette information.

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Henry du Parc Sr de la Roche-Jagu épousa Catherine de Kersaliou. Il décéda en 1423 entre le 2 octobre et le 19 décembre. Certains auteurs indiquent qu'il décéda à Runan, ce que je n'ai pas pu confirmer et que je tiens comme douteux, ou basé sur la présence de ce gisant.

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Son nom apparait en 1495 dans un acte ducal qui concède à Runan l'établissement d'une foire le jour de la  saint Barnabé (le 11 juin), et qui attribue la garde et le gouvernement de cette foire à Henry du Parc et à ses héritiers :

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1495 Concession d'une foire annuelle au bourg de Runan . Copie de 1683 ( Ar . paroissiales de Runan )

A Vannes, 1421, 19 mai. « Jehan. A tous, salut. Comme à nous de nos droicts royaux et ducheaux, souverainetez et noblesses appartiennent la creatiuon et institution des foires et marchez en nstre duché et non à aultre, et nous ayant suplié et requis les tresoriers et fabriques de l'eglise et chapelle de Nostre Dame de Runargan, en la chatellenie de Chateaulin sur Trieu, pour augmentation de lad. Chapelle et du service divin en icelle, et pour le bien de la chose publique, leur donner et octroyer une foire annuelle et perpetuelle, au jour et feste de la St Barnabé apostre, o les debvoirs, esmoluements et prerogatives y appartenances, Scavoir faisons que nous avons aujourd'hui creé et octroyé aud. Fabrique d'icelle chapelle une foire annuelleet perpetuelle aud. Lieu de Runargan, aud. Jour de St Barbabé, à en jouir avec des debvoirs, esmoluements et prerogatives appartenantz a droitct de foire ; et à ce qu'elle soit seure et en puisse mieux valloir, avons voullu e octroyé, voulons et octroyons que nostre bien amé et feal ch[evali]er et chambellan messire Henry du Parc, s[eigneu]r de la Roche Jagu, ait la garde, gouvernement et juridiction et seigneurye de lad. Foire avec les sequelles et deppandances d'icelle juridiction, à en jouir luy et ses heritiers en perpetuel. Sy mandons et commendons à nos seneschaux, allouez et procureurs de Treguier et du resotrt de Gouelo, etc. etc. En tesmoign de ce, nous avons fait sceller cestes nos presantes en las de soye et cire verte.

Signe, Par le duc. Par le duc, de son commandements et en son conseil, présents : l'evesque de Dol, l'abbé de St Mahé, le sire de Molac, Pierre Eder, chevalier et Jehan de Kermellec.

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Ses armes, et celle de Catherine de Keraliou, se trouvent dans le tympan de la maîtresse-vitre datée de 1423 par déduction héraldique, sous celle des du Perrier 

 

"Au troisième rang, un écu aux armes des du Perrier et un autre losangé mi-parti : au I, du Perrier, au II, écartelé Gaudin et Brienne de Beaumont, armes de Jean du Perrier, sire de Quintin et du Perrier et de Constance Gaudin sa femme, fille de Péan et de Jeanne Riboule. Enfin au dessus des troisième et quatrième panneaux, un écusson losangé mi-parti du Parc de la Rochejagu et de Kersaliou et autre des armes pleines des du Parc, armes de Henry du Parc Sr de la Rochejagu et de sa femme Catherine de Kersaliou.

Ces grandes armoiries permettent de dater avec une très grande précision la verrière. En effet, l'on sait, d'une part, que c'est par contrat du 3 janvier 1423 que Jean du Perrier, veuf d'Olive de Rougé, épousa Constance Gaudin, et d'autre part, qu'Henry du Parc Sr de la Rochejagu décéda en cette même année 1423 entre le 2 octobre et le 19 décembre. L'on peut donc dater la commande de cette verrière de l'an 1423, les armes d'Alain du Parc, frère et héritier d'Henry, et de sa femme Miette de Tréal n'y figurant pas. Cependant les armes de Catherine de Kersaliou précédant les armes pleines des du Parc indiquent que lors de son exécution, Catherine était sans-doute veuve. Probablement était-elle même la donatrice de la verrière, comme semble l'indiquer la présence de sainte Catherine, elle mourut le 15 novembre 1433.". (R.C.)

 

https://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=646

 

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Vue générale.

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Le plateau de granite clair (leucogranite ?) sculpté en haut relief des deux membres du couple est la réunion de deux pièces de pierre, au bord arrondi mais sans moulure, celle de Henri du Parc étant près de deux fois plus large que celle de son épouse. Elles sont posées sur un soubassement fait d'un appareillage de bloc maçonnées, et nous n'avons accès qu'à deux des côtés.

Du côté est, ces pierres sont de taille irrégulières.

Du côté nord, elles sont régulières et les quatre blocs font toute la hauteur du soubassement. La pierre la plus à gauche porte les traces d'un écu martelé, mais ces traces sont ininterprétables. Un nouvel examen à jour frisant y distinguerait peut-être le blason des du Parc , mais la photo que j'ai prise peine à m'en convaincre. Les autres faces, inaccessibles, seraient-elles plus parlantes?

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Armes de la famille du Parc,  d’azur au léopard d’or, brisé d’un lambel de gueules .

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Les deux époux ont les mains jointes, et leur tête encadrée d'anges repose sur un coussin .

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Les pieds des époux reposent sur deux animaux opposés par l'arrière-train et dont la tête et le haut du tronc ont été martelés : cela souligne l'importance de ces animaux comme indice de privilège seigneurial. Il pourrait s'agir de deux lévriers pour Catherine de Kersaliou et de deux lions (ou deux chiens de chasse ?) pour Henri du Parc.

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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L'écu martelé.

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Henri du Parc.

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Il est figuré mains jointes, en armure de plates complète non recouverte d'un tabard mais sans casque, et deux anges de tendresse l'entourent. À sa droite comme à sa gauche, les anges, tournés vers lui, posent leurs mains sur le moignon de l'épaule et sur le bras.

La présence de ces anges entourant le défunt est presque constante sur les gisants des nobles bretons. On les voit déjà sur le gisant de Roland de Dinan, le plus ancien (1222).

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Il ne reste vraiment rien de la tête, et de la chevelure.

Les deux spalières (protection des épaules) ont trois lames articulées, et une forme très oblique, sans arrondi d'épaule.

Puis viennent les cubitières et les brassards, concernés par le martèlement.

Les mains jointes ont été martelées mais devaient être nues.

Sous les bras, se voit la sangle de fixation, bien détaillée, de la cuirasse.

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La tête des anges a été également martelée. Nous distinguons les ailes et leur plumes. Les anges sont vêtus d'une tunique qui descend jusqu'aux pieds, qui semblent nus.

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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L'armure décline ensuite la braconnière, les cuissardes, les grèves et les solerets, à bouts pointus.

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Le seigneur porte une épée courte le long de sa jambe droite, et une épée longue du coté gauche.

L'épée longue est dans son fourreau, et sa taille approche un mètre, si on la compare à la distance entre la ceinture et la cheville du défunt. Elle évoque donc l'épée de taille.

En Occident, le plus courant est l'épée de taille, longue (près d'un mètre) et plate, à deux tranchants. Au XIIe siècle, le pommeau rond se répand et remplace les pommeaux ovales ou lobés des épées normandes. Des modèles à la garde recourbée apparaissent. L'estoc (pointe) peu prononcé (bien que fonctionnel) tend à s'effiler : l'épée d'estoc, plus fine et plus courte (mesurant entre 60 et 75 cm du talon à la pointe), à l'extrémité acérée, plus adaptée aux coups de pointe, devient plus usitée dès la fin du XIIIe siècle de l'épée d'estoc. Son talon est large (jusqu’à 10 cm) et l'estoc très pointu permet de transpercer l'armure entre les plates qui apparaissent alors. À la fin du XIIIe siècle apparaissent les épées longues (à deux mains) telles que le brand d'arçon qui, comme son nom l'indique, est porté sur la selle et est utilisé par le chevalier démonté. Les épées bâtardes (dites à une main et demi) se développent au XVe siècle. Leur longueur et leur masse modérées ainsi qu'un excellent équilibrage (notamment grâce aux pommeaux en ampoule) en permettent l'usage à cheval et à pied, à une ou deux mains. Les épées très longues telles que les espadons restent d'usage au XVe siècle et jusqu'au début du XVIe (Zweihänder des Lansquenets)." (Wikipedia)

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L'épée courte va de la ceinture au genou, soit 50 cm environ. Elle n'a pas de fourreau, il s'agit plutôt d'une dague. Voir les deux épées et la dague de Jehan de Kerouzéré (1460) ou de son père Éon (mort en 1435)  :  la proximité des dates des deux gisants en rend la comparaison précieuse.

 

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Catherine de Kersaliou.

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Sa tête et ses cheveux, ses mains jointes, une partie de ses avant-bras, la tête des anges et celles de ses animaux emblématiques (lévriers ?) ont été martelés.

Elle est vêtu d'une robe descendant jusqu'aux pieds, à décolleté en V souligné par un épais revers, et dont la ceinture, une bande d'étoffe large, sépare un bustier d'une "jupe" plissée. L'ourlet inférieur forme une jolie courbe festonnée au dessus de l'extrémité des chaussures, qui sont pointues.

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Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le gisant (granite ?, après 1433 ?) de Henry Du Parc (?) et Catherine de Kersaliou (?) à l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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CONCLUSION.

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Il semble indispensable de soumettre ce gisant à un nouvel examen qualifié, afin de tenter de préciser si, oui ou non, les armes des du Parc, avec leur léopard et leur lambel, peut être découvert par un éclairage adapté ou par un examen plus attentif.

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SOURCES ET LIENS.

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—ALAIN (Agnes), 2020, Sortie fontaines et petits patrimoines

https://docplayer.fr/189176009-Sortie-fontaines-et-petits-patrimoine-du-9-mars-2020-pontrieux-runan.html

L'auteur cite Rolland 2016 : "À droite en rentrant, les gisants d'Henry Du Parc , seigneur de La Roche-Jagu (mort en 1 423), et de  son épouse Catherine de Kersaliou (décédée en 1433). On devine à leurs pieds des corps de chiens qui sont le symbole de la fidélité. L’épée du seigneur Henry du Parc est située le long de son corps ce qui signifie qu’il est mort dans son lit et non pas au combat."

https://docplayer.fr/189176009-Sortie-fontaines-et-petits-patrimoine-du-9-mars-2020-pontrieux-runan.html

BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

COUFFON René Couffon, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f154.image.r=runan

 

Tombe élevée du XVe siècle.

Cette tombe, reléguée au bas de l'église a été extrêmement mutilée pendant la Révolution. L'on y distingue, cependant, deux gisants en ronde bosse portant les costumes du début du XVe siècle.

Quoique les écus qui la décorent aient été soigneusement martelés, on y distingue, cependant, encore nettement les armes des du Parc de la Roche-Jagu, ce qui permet d'affirmer que ce tombeau est celui d'Henry du Parc et de Catherine de Kersaliou, dont nous avons mentionné les prééminences [sur le tympan de la maîtresse-vitre].

 

DURAND ( Gildas), 1999,, « Nouvelle théorie sur le retable de Runan. Ses conséquences pour la connaissance de l'art gothique breton », Les dossiers du Centre de Recherche et d'Archéologie d'Alet, no 18,‎ 1999, p. 91-104.

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

— MAN8ROVE

https://man8rove.com/fr/blason/dul7nwn-parc

https://man8rove.com/fr/profile/yru34x5gc-henry-du-parc

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 195.

"Il y a quelques années s'érigeait au milieu de l'une des nefs latérales un sarcophage élevé, représentant un chevalier armé de toutes pièces, mains jointes, couché près de sa femme en habits de châtelaine, les pieds reposant sur des lévriers, la tête soutenue par des anges. M. Luzel (Revue De Bretagne 1868) assure reconnaître dans ces personnages des seigneurs de Lestrézec. Ou bien encore des seigneurs de Kerambellec, les restaurateurs de la chapelle du Rosaire ?. Ce tombeau, aujourd'hui placé à l'angle de la tour et des fonts baptismaux occupait jadis le centre de la nef méridionale.

Mais quelque mystère dont il demeure entouré, ce n'est certes pas là le monument funéraire de Jean V et de Jeanne de France comme le prétend, dans sa «Géographie des Côtes-du-Nord, M. B. Jollivet."

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

— PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

 

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

 

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Published by jean-yves cordier - dans Gisants Sculpture Héraldique
8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 10:07

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec, exposée au château des Rohan à Pontivy.

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Voir :

 

— Voir aussi sur le château de Pontivy :

 

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PRÉSENTATION.

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Il faudrait disposer d'un vocabulaire plus spécialisé que le mien pour décrire correctement ce décor. Les termes "manteau" et "linteau" sont souvent confondus, mais le manteau, qui encadre le foyer, associe le linteau, horizontal, et les pièdroits ou montants verticaux latéraux : il forme donc un U renversé.

La hotte est le coffrage du conduit de cheminée ; il est souvent en forme de cône, mais ici, il s'élargit dans son étage supérieur. Et le début de cette "hotte" est peinte d'un décor armorié.

Comment définir les deux parties du linteau, lorsqu'une corniche la divise en deux étages ?

Les deux auteurs qui m'ont précédé, Louis Rosenzweig et Hervé du Halgouet, se sont débrouillés de cette difficulté, à mon tour de relever mes manches.

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Les cheminées armoriées sont rares en Bretagne : à noter celle du château de Maillé à Plounévez-Lochrist, datant de 1560-1570 dans la "chambre de Judith". Ou celle du château de Trévarez.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319862900675va/f42dab3e-0c2e-48ac-bfca-dccf93643e76

https://www.google.com/search?q=chateau+de+maill%C3%A9+chemin%C3%A9e+judith&tbm=isch&rlz=1C1JZAP_frFR996FR996&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi76OezqIz4AhVHX_EDHQHMBh0QBXoECAEQMQ&biw=1903&bih=880#imgrc=CA67k-UqojL1hM

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Sur cette cheminée, les ensembles armoriées, qui n'ont pas été entièrement décryptés par les auteurs de référence, correspondent aux alliances de six ou sept générations des CHOHAN DE COETCANDEC, originaires de la paroisse de Grand-Champ:

-Pierre I +1390/v1375 Marie Leziou 

-Pierre II (1380-?)/ Alanette d'ARS dame de Rulliac (1389-?)

-Eon (1420-1476/ Jehanne de Lestrelin (1420-?)

-Pierre III (?- 1420)/ Jeanne Phelippot

-Jean (1460-1502) /1481 Guillemette du Bino, dame du Rest en Sarzeau

-Pierre IV (1488-1577)/1516 Jeanne le Grillon dame de Rosnarho en Crach (1493-1571) : constructeurs du manoir.

-Guillaume (1532-1598)/1577 Nicole du Breil de la Mauvaisinière (?-1604) [Parents : Christophe DU BREIL, Seigneur de la Mauvaisinière Chevalier de l'Ordre du Roi 1509-1594 & Catherine DU BELLAY, Dame de Liré 1505-1575]. Ils poursuivent la construction du manoir

D'où :  -Pierre V (1550) / 1600 Jeanne de Kerambarh.

Si on tient compte de la présence des armoiries Chohan x du Breil, cet arbre généalogique armorié est postérieur à 1577.

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Note : n'étant pas compétent en héraldique, je présente ici  les informations que j'ai pu réunir sur la toile.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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LA PARTIE BASSE DE LA HOTTE ET LA PARTIE HAUTE DU LINTEAU.

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Description de haut en bas des registres en les numérotant de 1 à 6.

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La hotte en pierre appareillée vient en surplomb sur le linteau, et ce surplomb est souligné sur les deux côtés par une frise de branches écotées entrelacées. Ce simple motif est significatif, (j'ai étudié ailleurs comment les Rohan l'avait exploité ) et peut renvoyer, comme le motif de l'homme sauvage fréquent en héraldique, à la fois aux origines ancestrales que revendiquent les familles nobles, et à la fois au milieu sylvestre, terrain d'expression de leur passion cynégétique.

Cette partie basse de la hotte est ornée d'une inscription (1) et d'une frise armoriée (2).

 

 

 

1. L'inscription en lettres majuscules or sur fond rouge.

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QVEMADMODVM /. DESIDERAT . CERVVS .  AD FONTES .  AQVARUM . SCIVT DESIDERAT /.  ANIMA MEA AD TE DEVM

"Comme le cerf languit après les sources d’eaux : ainsi languit mon âme après vous, mon Dieu."

Il s'agit du premier verset du psaume 42 (41), repris en cantique grégorien et qui sera ensuite (1680) mis en musique par Dietrich Buxtehude.

https://gregorien.info/chant/id/6665/0/fr

Ce choix se réfère bien-sûr au cerf des armoiries des Chohan.

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2. La frise alterne  trois blasons, de Pierre IV Chohan (d'argent au cerf passant de gueules), de Jeanne Le Grillon de Rosnarho  son épouse (d'azur à la croix ancrée d'or),  et  non identifié (de gueules au lion rampant d'argent  au chef d'argent chargé d'un---d'argent)

 

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Sous le surplomb vient le haut linteau, arrondi sur ses angles, et dont le décor se divise en deux registres armoriés.

 

3. Le registre supérieur central. Le blason de la famille des Chohan, d'argent au cerf passant de gueules, entre Minerve et Bellone.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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3a. Minerve.

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 Inscription MINERVA . La déesse romaine de la sagesse et des arts (et de la guerre sur son versant stratégique) est figurée  casquée et tenant une lance à pennon (aux couleurs des Chohan). Sa  nudité est partiellement voilée d'une tunique bleue étoilée. De sa main gauche, elle présente un trophée d'instruments de musique (harpe, tambour et ses baguettes, ??, viole, hautbois, flûtes) et des arts (équerres). 

 

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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3c. Bellone (Bellona).

La déesse romaine de la guerre est casquée, sa nudité est partiellement voilée par une tunique rouge étoilée, et elle tient une hallebarde. Elle présente un trophée d'armes ( épées entrecroisées avec un bouclier, cuirasse, trompe coudée en épingle à cheveux, tambour et fourches, carquois).

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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3b. Le panneau héraldique central.

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L'écu des Chohan , d'argent au cerf passant de gueules, est encadré par deux cornes d'abondance portant sur un ruban la devise TIMENTIBVS (à gauche) et  AOTAPKYA (à droite)  et les deux lettres G (ou, le chiffre GG).

La devise complète, Timentibus YHWH AOTAPKYA, ("l'immortalité appartient à ceux qui craignent Dieu") se retrouve sur le passe-plat et sur la cheminée de la chambre du château des Coëtcandec. 

Les lettres GG sont  attribuées par les auteurs à Guillaume Chohan.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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4. Le registre inférieur central.

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Quatre carrés armoriés, justement qualifiés de pennons généalogiques entourent un cœur armorié entouré de la cordelière.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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4a. À gauche. Écu losangique de Nicole du Breil entouré de l'inscription V V / POVR GVIDE.

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Il faut interpréter la devise en y lisant  VERTV POVR GVIDE, "Vertu pour guide". On la trouve peinte dans l'escalier du château de Messilhac. Et sur un portrait de 1663 conservé au British Museum.  Ou autour d'un blason du château de Rodava avec la version Ayes la vertv povr gvide. Ou comme devise d'Isabelle de la Houardrye princesse de Croysette

https://fr.tripadvisor.ch/LocationPhotoDirectLink-g6513717-d10729862-i485081693-Chateau_de_Messilhac-Raulhac_Cantal_Auvergne_Rhone_Alpes.html

https://www.britishmuseum.org/collection/object/P_1880-0508-142

http://www.rodava.be/patrimoine/escalier-rodava

https://www.google.fr/books/edition/Benjamin_campioen_voor_d_onbevleckte_ont/mBZcAAAAQAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22Vertv+POVR+GVIDE%22&pg=PP5&printsec=frontcover

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Ces armes  de gueules à trois lions d’or ; à la bordure d’argent, chargée de huit merlettes de sabledéjà présentes sur la cheminée de la chambre sont celles de Nicole du Breil de Liré (v.1550-Vannes 1604), cousine du poète Joachim du Bellay, et  qui épousa en 1577 Guillaume  Chohan (1532 - 1598), seigneur de Coët Candec et  fils de Pierre IV. Elle  est la fille de  Christophe (1509 - 1594), chevalier, seigneur du Breil ✕ (1546) Catherine du Bellay (1505 - 1575), dame de La Turmelière

 

Voir leur dessin ici :

https://man8rove.com/fr/blason/da7y2q9-breil

https://gw.geneanet.org/ccailloce?lang=fr&pz=camille+marie&nz=cailloce&p=guillaume&n=chohan+de+coetcandec

Et ici (manoir de Crac'h)

https://www.sahpl.asso.fr/SITE_SAHPL/images/H%C3%A9raldique/Crach%20-%20Manoir%20de%20Rosnarho.pdf

Voir Guillaume Chohan :

https://gw.geneanet.org/ygarnier?lang=fr&n=chohan+de+coetcandec&oc=0&p=guillaume

https://man8rove.com/fr/blason/da7y2q9-breil

 

Potier de Courcy signale pour cette famille du Breil : . Seigneurs dudit lieu (Freigné), de La Seilleraye (Carquefou), du Theil (Trans-sur-Erdre), du Bois Renaud (Riaillé), de Vair (Anetz), des Dervalières (Chantenay), de La Turmelière (Château-Thébaud), de Coëtcandec (Grandchamp), du Doré (Le Puiset-Doré), du Mesnil-Bouteille, de Liré et de La Mauvoisinière (Bouzillé).

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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4b. Pennon carré  .

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Je n'identifie aucun des quartiers (de gueules à la croix pattée de sable, et de vair à la croix de gueules qui serait LA FONCHAIE ), mais ce sont les armoiries du Breil qui brochent le tout.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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4c. Écu en cœur, féminin, aux armes mi-parti de Guillaume Chohan et de Nicole du Breil, entouré de la cordelière.

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Cet écu suggère que le couple est le commanditaire de cette cheminée monumentale.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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4d. À droite. Écu carré .

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L'écartelé montre en 1 et 3 les armes d'argent à la bande de fusées de gueules accompagnée de six fleurs de lys d'azur rangées en orle de Catherine du Bellay, mère de Nicole du Breil

https://man8rove.com/fr/profile/w75n9s2x6-catherine-du-bellay

et en 2 et 4 je reconnais les chabots des armes parlantes d'or aux trois chabots de gueules de Renée Chabot, mère de Catherine du Bellay, associé à des armes de gueules à l'aigle éployé d'or (Beaumont ?)

https://man8rove.com/fr/profile/q5ch31ph9-renee-chabot

Au centre du pennon, "broché sur le tout", les armes mi-parti des Du Breil à senestre sont en alliance avec des armes indéterminées.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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4e. À droite. Écu losangique entouré de l'inscription V V POVR GVIDE.

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Il s'agit du même blason qu'en 4a, losangique (féminin) avec la même devise, mais mi-parti du Breil et du Bellay.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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LA PARTIE BASSE DU LINTEAU.

 

 

5. L'inscription en lettres romaines capitales gravées et peintes en or.

BEATUS . VIR . CVIVS . EST . NOMEM . DOMINI . SPES. EIVS. 

"Bienheureux est l'homme dont le nom du Seigneur est l'espérance".

C'est un verset du psaume 40 (39)

Beatus vir cujus est nomen Domini spes ejus, et non respexit in vanitates et insanias falsas. (Ps. 3 : 5)  : "Heureux l’homme qui place en l’Éternel sa confiance, et qui ne se tourne pas vers les hautains et les menteurs !"

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6a. L'écu de gauche est un écartelé en 1 et 4 des Chohan (d'argent au cerf passant de gueules) et en 2 et 3 de Quifistre (d'argent à trois fasces de sable). 

De Quifistre . D’argent à trois fasces de sable.  

 Jacquette de Quiffistre, dame de Kerleau et fille de Nicolas de Quifistre et de Catherine de Languéoüez,  est l'épouse d'Alain de Bino, seigneur du Rest, c'est la mère de Guillemette de Bino (-1515) qui épousa en 1481 à Locmaria-Grand-Champ Jean Chohan, seigneur de Coëtcandec . 

Cet écartelé présent également sur la cheminée de la chambre seigneuriale renvoie,  indirectement, et un peu étrangement, aux parents de Pierre Chohan.

Il est entouré de la cordelière franciscaine, ce qui indique un blason féminin.

https://man8rove.com/fr/profile/wn83ibnna-pierre-chohan

 

https://man8rove.com/fr/profile/a9hc9ztoa-n-de-quifistre

Voir le manoir de Kerlo ou Kerleau dans la commune d'Elven, qui  appartenait d'abord à la famille de Quifistre . Après Sylvestre de Quifistre, Nicolas en hérite, il eût deux frères, Guy et Bertrand deviennent chanoines de Vannes et de Nantes. Guy et Bertrand de Quifistre étant décédés sans descendance, le manoir de Kerlo passe aux héritiers de leur sœur Nicole, la famille Chohan, 

https://www.tudchentil.org/spip.php?article784

https://man8rove.com/fr/blason/u7u3sx5-quifistre

 

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6b) Le complexe héraldique central.

Cet écartelé  plaçant en 1 et 4 les armes des Chohan et en 2 et 3 celles de Grillon est placé dans un chapeau de triomphe. Il renvoie au couple Pierre IV  Chohan (1488-1577) et Jeanne Grillon ou Le Grillan, dame de Rosnarho, les parents de Guillaume Chohan. Jeanne Le Grillan, née en 1493, est décédée à Crach en 1571.

 

 

6c) Le blason de droite est également un blason féminin, entouré de la cordelière.

 

Les quartiers 1 et 4 sont aux armes des Chohan, tandis que les quartiers 2 et 3 sont  d'argent à trois têtes de loup arrachées de sable, lampassées de gueules. Ce sont les armes de la famille de Bino dont voici la notice par Potier de Courcy

Bino ou Binot, sr du Chauchix et de l’Isle-Baussan, par. de Ménéac, — de la Touche, par. de Gaël, — des Noës, par. de la Chapelle-Launay, — de la Koberie, par. de Donges, — de Quillivala, par. de Merdrignac, — du Resto et de Kergall, par. de Grandchamp.

Anc. ext. réf. 1670, cinq gén., réf. et montres de 1426 à 1536, par. de Ménéac et Gaël, év. de Saint-Malo, et Grandchamp, év. de Vannes.

François épouse, en 1513, Julienne de Guitté, dame de l’Isle-Baussan.

La branche du Resto fondue vers 1500 dans Chohan.

Cet écartelé se réfère donc aux parents de Pierre IV  Chohan, Jean Chohan et Guillemette Bino (Grand-Champ vers 1470- Locmaria-Grand-Champ 1515), dame du Resto et de Kergall, paroisse de Grand-Champ. 

Guillemette Bino était la fille de Guillaume Alain et de Jacquette de Quifistre, dame de Kerleau en Elven.

 

https://gw.geneanet.org/toubhansy?n=bino&oc=&p=guillemette

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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LE CÔTÉ GAUCHE formant arrondi.

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1. le début de l'inscription du psaume 42.

2. La frise peinte aux trois blasons.

3. La frise sculptée aux branches écotées.

4a , le blason losangique écartelé en 1 et 4 ---, en 2 et 3

4b et 5b, le pennon aux 16 blasons formant l'arrondi.

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5a. le blason losangique écartelé en 1 et 4 ---, en 2 et 3

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6. Sous la corniche, le début de l'inscription du psaume 40.

7a. Le blason d'un évêque ou abbé.

Un cartouche Renaissance à cuir découpé à enroulement, de couleur verte, présente le blason sommé d'une mitre et d'une étole rouge, avec une crosse en pal. Cet écartelé en 1 et 4 des armes de Bino et en 2 et 3  de Quifistre (mais chacune brisée d'un lambel), et brochant sur le tout d'argent à la croix engrelée de sable, portant aussi un lambel à trois pendants de gueules, est également présent sur la cheminée de la chambre, et il est plus clair ici que la mitre, la crosse et l'étole s'y rapportent directement.

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7b. formant l'arrondi, le blason d'un évêque. 

Le blason est aux armes des Chohan, mais brisées d'un lambel. Il est coiffé du chapeau (galero) de couleur verte (sinople en langage héraldique) et dont les cordons portent 12 glands, ce qui correspond aux armoiries épiscopales. 

La même composition occupe l'arrondi de la cheminée de la chambre.

 

 

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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4b et 5b, le pennon aux 16 blasons formant l'arrondi.

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C'est en réalité un écartelé

-En 1 et 4 : Philippot ? de gueules à neuf besants d'or au chef endenché d'argent / ? d'or à deux fasces de gueules

-En 2 et 3 l'alliance de Querisec d'argent à six hermines de sable, 3, 2 et 1, au chef cousu d'argent chargé de deux coquilles de gueules /du Chaffault de sinople au lion d'or.

 Françoise de Querisec  ou Querizec, est la fille de Jehan de Querisec et de Jeanne du Chaffault, 

-Brochant sur le tout : Chohan /Grillon.

 

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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LE CÔTÉ DROIT formant arrondi.

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1. la fin de l'inscription du psaume 42.

2. La frise peinte aux trois blasons.

3. La frise sculptée aux branches écotées.

4a. le blason losangique écartelé en 1 et 4 ---, en 2 et 3 ---

4b et 5b, le pennon aux 16 blasons formant l'arrondi.

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5a. le blason losangique écartelé en 1 et 4 ---, en 2 et 3 ---

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6. Sous la corniche, la fin de l'inscription du psaume 40.

7a. Le blason d'un évêque ou abbé aux armes brisées de Bino et de Quifistre, identique au côté gauche.

 

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7b. formant l'arrondi, le blason d'un évêque aux armes brisées des Chohan, identique au côté gauche. 

 

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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4a. le blason losangique écartelé en 1 et 4 ---, en 2 et 3 de Quifistre-, et brochant sur le tout Chohan/Bino

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Le couple central est celui de Jean Chohan et Guillemette de Bino, fille de N. de Quifistre.

Les armoiries en 1 et 3 montrent un sanglier de sable et un chêne (?) de sinople. (D'argent au chêne vert de sinople, au sanglier brochant sur le fût) . Pol de Courcy donne les familles Benerven, Le  Grand, Guéguen, Kerboutier Kerfaréguin, Kerpaën

 

 

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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5a. le blason losangique écartelé en 1 et 4 Phelippot, en 2 et 3 Lestrelin, et brochant sur le tout Chohan/Grillon

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— Phelippot ou Philippot :  De gueules à onze besants d'or au chef endenché d'argent. Le nombre précis de besants est difficile à préciser pour moi.

— De Lestrelin  : d'argent à la fasce nouée d'azur accompagnée de six merlettes de gueules 3 & 3   Elles  renvoient à Jehanne de Lestrelin, de Saint-Avé épouse vers 1459 d'Eon de Chohan (1420-1476). C'est l'arrière-grand-mère de Pierre Chohan époux de Jeanne Le Grillon, couple dont les armes sont placées sur le tout.

https://gw.geneanet.org/amadeus?lang=fr&iz=4395&p=janne&n=de+lestrelin

https://lesamisdecoetcandec.fr/histoire/famille-lestrelin/

 

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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4b et 5b, le pennon aux 16 blasons formant l'arrondi.

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C'est en fait un écartelé.

J'en montre deux clichés, l'un pour la partie gauche, l'autre pour la moitié droite.

L'élément le plus remarquable est en 1 et 4 les armes de la famille de Goulaine, mi parti d'Angleterre et de France.

En 2 et 3, mi parti d'azur aux trois fasces ondées d'or (BERNARD selon H. du Hascouet) / d'argent aux trois quintefeuilles  de gueules (ARS).

 

Pierre I Chohan de Coetcandec a épousé Alanette  ARS, dame de Rulliac-Saint-Avé  vers 1409

https://gw.geneanet.org/amadeus?n=chohan+de+coetcandec&oc=2&p=pierre

Brochant sur le tout : un nouvel écartelé où se reconnaissent les armes de Bino et de Rosnarho. Le cerf des Chohan brochant lui-même cet écartelé.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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7a. Le blason d'un évêque ou abbé.

Un cartouche Renaissance à cuir découpé à enroulement, de couleur verte, présente le blason sommé d'une mitre et d'une étole rouge, avec une crosse en pal. Cet écartelé en 1 et 4 des armes de Bino et en 2 et 3  de Quifistre (mais chacune brisée d'un lambel), et brochant sur le tout d'argent à la croix engrelée de sable, portant aussi un lambel à trois pendants de gueules, est également présent sur la cheminée de la chambre, et il est plus clair ici que la mitre, la crosse et l'étole s'y rapportent directement.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

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7b. formant l'arrondi, le blason d'un évêque. 

Le blason est aux armes des Chohan, mais celles-ci sont brisées d'un lambel. Il est coiffé du chapeau (galero) de couleur verte (sinople en langage héraldique) et dont les cordons portent 12 glands, ce qui correspond aux armoiries épiscopales. 

La même composition occupe l'arrondi de la cheminée de la chambre.

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La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

La grande cheminée  (v. 1577-1584) du manoir de Coëtcandec. Photographie lavieb-aile.

 

 

SOURCES ET LIENS.

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— LES AMIS DE COETCANDEC

https://lesamisdecoetcandec.fr/cheminees/

 

https://lesamisdecoetcandec.fr/cheminee-de-la-chambre/

https://lesamisdecoetcandec.fr/cheminees/

https://lesamisdecoetcandec.fr/le-passe-plats/

https://franceboisforet.fr/la-fondation-france-bois-foret-pour-notre-patrimoine/les-projets/manoir-historique-de-coetcandec-2/

 

  • https://lesamisdecoetcandec.fr/histoire/famille-chohan-lestrelin/

— Tombeau de Guillaume Chohan en l'église de Locmaria-Grand-champ

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM56000540

— GARNIER (Yvette), site généalogique

https://gw.geneanet.org/ygarnier?lang=fr&n=chohan&oc=0&p=pierre+iv

— HALGOUET (Hervé du ), 1944, La Bretagne inconnue. Demeures seigneuriales. Coëtcandec, Le Plessis Josso, Les Ferrières, Cadoudal.". Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne ou SHAB .

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f467d5d20f416.31435422/1944_05.pdf

http://www.infobretagne.com/locmaria-grandchamp-coetcandec.htm

"Sur une cheminée, haute de 4,30 m, — dont le manteau, y compris le linteau et les faces latérales, occupe près de 14 mètres carrés de surface,— se développe une véritable tapisserie de pierre, brodée en relief d'écussons tirés de la filiation des seigneurs de Coëtcandec.

À la place la plus évidente, réservée généralement aux constructeurs, sur le linteau, au centre d'une ravissante guirlande de fleurs, le blason écartelé de Pierre Chohan et de Jeanne Grillon ; autour de cette pièce majeure figurent, encadrés de la cordelière d'Anne de Bretagne, le blason des auteurs (Jean Chohan et Guillemette Bino) et celui des enfants des constructeurs (Guillaume marié à Nicole du Breil et Perrot marié à Jeanne de Kerambartz).

En éminence de la cheminée, le cerf des Chohan, plein de ramures et de majesté, dans un encadrement composé de cornes d'abondances, de la devise Timentibus et d'instruments musicaux. Minerve, déesse de la sagesse et des arts, et Bellone, déesse de la guerre, sont les tenants de ce tableau.

Par ailleurs, la trame est chargée d'écus appartenant à l'ascendance de Pierre Chohan, depuis le début du XVe siècle. Des attributs y évoquent un prélat, un abbé mitré : une devise se lit : V pour guide.

Enfin sur la corniche de la hotte, et à la partie inférieure courent, en grands caractères dorés, les versets suivants de l'Ecriture : Quemadmodum desiderat servus [sic ] fontes aquarum sicut desiderat anima mea ad te Deus, « comme le cerf désire les sources d'eau, ainsi mon âme te désire, mon Dieu". Et Beatus vir cuius est nomen Domini spes eius ; « Bienheureux est l'homme dont le nom du Seigneur est l'espérance".

Linteau et hotte, ainsi historiés, sont supportés par des piédroits, qui paraissent bas et comme écrasés par cette charge. Ils sont moulurés dans le style du XVe plutôt que du XVIe siècle. Peut-être proviennent-ils d'une construction précédente.

Ce pennon héraldique, de dimension inusitée, suppose une science consommée du blason. En outre, les armoiries dont les figures et les signes sont aussi variés que réduits —un écu porte jusqu'à dix partitions — ont été traités avec une habileté qui révèle le talent d'un maître. L'artiste a su modeler la pierre et la soumettre à son gré."

 

ROSENZWEIG (Louis), 1863, 

https://archive.org/details/rpertoirearchol00morbgoog/page/n96/mode/2up

ROSENZWEIG (Louis), 1862 Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2075153/f84.item

TRISTE (Alain), 1998, 

http://bibliotheque.numerique.sra-bretagne.fr/files/original/2b5311efea5287b52743eb22f311617c.pdf

 

https://www.google.fr/books/edition/Bulletin_de_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_Polymathique_du/wiFKAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=sicut+desiderat+cervus+coetcandec&pg=PA82&printsec=frontcover

VERNOT (Nicolas) Les linteaux de cheminée en Haute-Saône : fonctions emblématiques et symboliques (XVIe-XVIIIe siècles).

https://www.academia.edu/6703298

"De l’écu au cœur : les linteaux de cheminée entre décor et discours

"L’inventaire des linteaux, pierres gravées, plaques de cheminées... actuellement mené par la SALSA et la SHAARL, avec le concours de l’ARCHEE, n’a de sens que s’il dépasse l’accumulation de relevés pour déboucher sur des analyses nouvelles permettant une compréhension globale des pratiques sémiologiques liées à l’habitat ancien. Par conséquent, l’un des objectifs de cette étude est de montrer tout l’intérêt qu’il peut y avoir, pour l’historien, à considérer les éléments architecturaux

marqués ou figurés (linteaux de porte ou de cheminée, platines, armoiries et emblèmes divers…) non seulement comme des éléments patrimoniaux, mais aussi comme des sources d’histoire à part entière, venant bien souvent compléter les archives écrites lorsque ces dernières sont silencieuses."

 

 

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Héraldique
20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 15:47

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PRÉSENTATION.

"Jusqu'en 1541, Anne de Montmorency, nommé premier gentilhomme de la chambre du roi, va connaître la faveur royale et une carrière éclatante. Il est à Marignan en 1515 mais aussi à la bataille de La Bicoque, près de Milan, en 1522, où sa bravoure lui vaut d'être nommé maréchal, et au désastre de Pavie en 1525, où il est fait prisonnier. Libéré contre rançon, il rejoint la France alors que le roi est prisonnier à Madrid, et aide la Régente, Louise de Savoie à l'administration du royaume. Elle favorisera, en 1527, son mariage avec Madeleine de Savoie, union qui contribuera à faire de lui un des plus riches propriétaires de France, et le père de 12 enfants. Grand Maître de France en 1526 (il est responsable de tous les services de la maison du roi), il est enfin nommé Connétable en 1538, c'est-à-dire chef suprême des armées, auquel est accordé l'insigne honneur de porter l'épée du roi.

Sa disgrâce, brutale, vient en 1541. Jouant un rôle actif dans la diplomatie française et conseiller de François 1er sur les affaires italiennes, il a prôné la confiance en Charles Quint, persuadant le roi que l'empereur lui rétrocéderait le Milanais. Erreur funeste : celui-ci en fait don à son fils, l'infant Philippe. Le Connétable ne reparaîtra plus à la cour jusqu'à la mort de François 1er, le 31 mars 1547. Tel le phénix, il renaît alors de ses cendres, plus glorieux qu'auparavant.

 

L'attachement qu'Henri II, le nouveau souverain lui porte est un fait aussi avéré qu'étonnant. " Ne vous voyant pas, les jours me durent des années " écrit le jeune roi à son aîné de 26 ans. Leur entente ne se démentira jamais et Écouen possède de nombreuses traces des visites d'Henri II.

En 1551 le roi élève la baronnie de Montmorency en duché-pairie, la considérant comme la première de France. Si ce n'était le clan des Guise (Claude, le duc et son frère, le cardinal de Lorraine), qui sont ses indéfectibles rivaux à la cour et reprendront une influence importante sous le règne de François II (1559-1560), l'emprise du connétable sur la politique du royaume serait entière. Cette loyauté indéfectible, bâtie sur un caractère réputé cassant, a néanmoins souvent montré un net défaut de clairvoyance. Catholique convaincu, défenseur intransigeant de la royauté, Anne de Montmorency l'imagine toujours menacée, notamment par la Réforme, dont manifestement il ne comprend pas l'enjeu.

L'accession au trône de Charles IX (1560-1574) voit son retour en grâce et son engagement virulent contre les Protestants.

Il mourra en novembre 1567, à la tête de l'armée royale qui affronte celle des Huguenots, dans la plaine de Saint-Denis. Il avait 74 ans. Henri II avait désiré être enterré auprès de lui, mais Anne de Montmorency avait décliné l'honneur d'une sépulture à Saint-Denis. Il fut donc inhumé dans la collégiale de Montmorency (de son tombeau, il ne reste aujourd'hui que son priant et celui de son épouse). Mais son coeur fut déposé aux côtés de celui de son roi, dans la chapelle de l'église des Célestins à Paris. Barthelemy Prieur sculpta, sur un projet de Jean Bullant, la colonne torse ornée de motifs végétaux et accompagnée de statues allégoriques, au sommet de laquelle reposait le cœur de celui dont la devise Aplanos, " tout droit ", n'avait jamais failli au trône." (Musée de la Renaissance)

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Le château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Le château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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LA CHAPELLE DU CHÂTEA D'ÉCOUEN.

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La chapelle occupe le pavillon sud-est.

Jean Goujon, "architecte du connétable",  intervient en 1542-1544, notamment sur le décor de la chapelle. Influencé par les nouveautés de la Seconde Renaissance, la tradition antique et les traités de Sebastiano Serlio, il laisse notamment sa marque sur le décor en bois de la chapelle.

Ce décor, aux douze panneaux de marqueterie représentant les apôtres, a été remonté dans la chapelle du château de Chantilly.

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/tour2.html

L'absence de sources écrites ne permet pas une datation précise, mais trois dates permettent de la préciser : celle de 1544 sur les vitraux, de 1545 au revers d'un cartouche du garde-corps de la tribune, et de 1548, sur un lambris remonté à Chantilly.

Entre 1550 et 1552, Jean Bullant prend la direction du chantier, en particulier pour l'autel de la chapelle.

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Un remarquable panoramique interactif de cette chapelle est proposé sur le site du Musée de la Renaissance, et cet article ne saurait lui faire concurrence : j'engage chacun à s'y reporter.

CLIQUEZ SUR LES IMAGES.

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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La voûte de la chapelle : l'emblématique du Connétable et de Madeleine de Savoie.

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/tour4.html

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Elle allie la voûte d'ogives et des voûtains très plats, et son décor peint  est entièrement consacré à l'emblématique d'Anne de Montmorency, alliée aux emblèmes royaux de François Ier et Henri II.

On la comparera à celle de la chapelle de Chantilly.

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/article43.html

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 " Le 10 février 1538, devant la cour réunie au palais ducal de Moulins, Anne de Montmorency reçoit l'épée de connétable des mains de François Ier, récompense de ses succès militaires et plus encore de son action à la tête d'une grande partie des affaires du royaume. Tout comme sa nomination comme Grand Maître de France et son mariage avec Madeleine de Savoie, fille de son prédécesseur et nièce de Louise de Savoie, l'avait amené à rénover son château de Chantilly, le nouveau connétable décide de reconstruire entièrement son château d'Écouen  afin de marquer son rang et sa place à la cour."

" Le château est conçu pour recevoir le roi, la reine et la cour. Son plan, moderne et audacieux, quadrangulaire avec quatre pavillons saillants et une distribution intérieure innovante, porte l’ambition de mettre en valeur le protocole et la dignité de ses invités, car Montmorency, également grand maître de France, a la charge d’organiser la vie de la cour. Hélas pour lui, en 1541, alors que l’édification du château est commencée depuis trois ans, le connétable est disgracié par François Ier sur des querelles de politique étrangère et sur des intrigues de cour. Durant les six années de disgrâce, Montmorency partage sa vie entre Écouen et Chantilly, sans reparaître à la cour."

 

"Il lui faut attendre la mort du roi en 1547 pour qu’Henri II le rétablisse dans toutes ses prérogatives. Dès lors sont modifiés les façades du château et les escaliers qui mènent aux appartements du roi, et les cheminées reçoivent leur décor peint, exécuté vers 1550 par l’équipe de Jean Cousin. Le style d’Écouen présente une transition entre l’art très orné des châteaux de la Loire et la période classique, très respectueuse des canons de l’architecture antique selon Vitruve, en vogue sous le règne d’Henri II. Après Fontainebleau, Ancy-le-Franc et Oiron, Écouen est l’un des châteaux peints les mieux conservés de la Renaissance française." (T. Crépin-Leblond)

 

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Au centre : les armoiries d'Anne de Montmorency, pleines vers l'est (fenêtre)  et mi-parti de Savoie-Montmorency, de Madeleine de Savoie, vers la tribune d'orgues.

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Anne de Montmorency : d'or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur ordonnés 2 et 2

Madeleine de Montmorency : mi-parti Montmorency et Savoie, de gueules à la croix d'argent.

Suite à une restauration au siècle dernier, les armoiries d'Anne de Savoie ont été inversées.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Madeleine_de_Savoie

 

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Sur l'une des clefs de voûte, l'écu armoirié d'Anne de Montmorency, couronné, entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel et encadré de l'emblème d'Anne, l'épée en dextrochère . 

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La couronne n'est pas conforme au modèle des barons, premier titre d'Anne de Montmorency, mais ce n'est pas non plus la couronne ducale. En 1551 le roi élève la baronnie de Montmorency en duché-pairie, la considérant comme la première de France.

Avec ses créneaux, elle se rapproche de la couronne de la capitale. Ces approximations sont certainement liées aux restaurateurs du XIXe siècle.

https://www.wikiwand.com/fr/Baron_(noblesse)

Le collier est celui adopté par François Ier après son avènement en 1515. Le premier collier  institué par Louis XI représentait des « doubles las » comme des aiguillettes formant des doubles nœuds, alors que le second alterne les coquilles avec une double cordelière. Ce dernier motif renvoie à la cordelière des franciscains (ordre de saint François)  ou à celle de la maison de Savoie, d’où est issu sa mère Louise de Savoie. À ce collier est suspendu un médaillon où saint Michel terrasse le dragon. Saint Jacques n'est pas oublié avec les coquilles, bien que celles-ci renvoient aussi au pèlerinage du Mont-Saint-Michel.

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L'ensemble est porté par un cartouche à cuir découpé  enroulement, motif d'origine italienne qui apparaît en France dans le décor de la Galerie François Ier du château de Fontainebleau après 1539., et appartient ensuite au vocabulaire de la Seconde Renaissance.

Anne de Montmorency était un habitué du château de Fontainebleau où il avait ses appartements. 
 

 

 

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Sur l'autre clef de voûte, l'écu armoirié de Madeleine de Savoie, couronné, entouré de la cordelière franciscaine et présenté par un ange.

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La cordelière est un peu l'équivalent pour les femmes du collier d'un Ordre, qui aurait été fondé par Anne de Bretagne en l'honneur de la dévotion de son père François pour son saint patron et pour l'Ordre des Franciscains. On la trouve souvent autour des écus féminins. Mais c'est aussi, et surtout ici, un hommage à Louise de Savoie, tante de Madeleine et mère de François Ier.

À nouveau, les armes de Madeleine de Savoie sont inversées, les armes du mari (Montmorency) étant en règle à notre gauche.

Voir à la chapelle de Chantilly les armes correctes.

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/article45.html

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Les voûtains.

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On y trouve de chaque côté le "chiffre" d'Anne, les initiales A et M entrelacées, traversées par l'épée propre au rang de Connétable (chef des armées), encadrées par les alérions de ses armoiries, et sommé par la couronne.

Puis viennent des dextrochères (bras ou ici poignet  droit, protégé par l'armure et tenant l'épée) au dessus des fourreaux de ces épées, munis de leur baudrier.

Au centre, deux cartouches emblématiques, l'un honorant le roi et l'autre le connétable, entourent l'épée.

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Le cartouche honorant François Ier (la salamandre et la devise NUTRISCO ET EXTINGUO).

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Ce qui m'intéresse ici n'est pas cette salamandre, ou la devise qui l'accompagne et la commente (Je nourris et j'éteins), mais le cartouche. 

En effet, c'est une évolution tardive, complexe et marquée par l'orfèvrerie ou la ferronnerie du modèle initial, le cuir , imitant une peau tannée avec l'enroulement de ses bords et les découpes des membres. Il n'en garde que quatre rouleaux de courbures inversées. Nous passons donc à des cartouches qui imitent le travail du métal.

Le fond est un ovale, découpé à ses sommets, et où se superposent deux bras imitant le bronze doré, soutenus par deux termes anthropomorphes, et complétés en bas par une anse à coquille. En haut et en bas, nous retrouvons les alérions emblématiques du connétable.

J'ai consacré de multiples articles aux cartouches Renaissance, et aux termes, cariatides et atlantes tant prisés par les ornemanistes de la Seconde Renaissance.

Les vitraux d'Écouen datant de 1550-1555, associés aux emblème de Henri II, en fournissent de beaux exemples.

 

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Le cartouche honorant Anne de Montmorency: sa devise APLANOS.

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Nouvel exemple de ces cartouches "métalliques" (je dirais presque "de quincaillerie"), mais enrichis ici de rubans factices à glands de passementerie. 

L'épée du connétable est au centre, ses alérions sont présents. Deux allégories tiennent une palme et une fine couronne.

La devise (le "mot") APLANOS signifie "tout droit, sans dévier".

Les collections du Musée contiennent une serrure où un cartouche renferme le même "mot", mais avec un N retrograde.

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Entrée de serrure avec la devise "Aplanos" de Anne de Montmorency Photo (C) RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Adrien Didierjean

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Voir aussi ce vitrail :

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Deux anges présentant les armes d'Anne de Montmorency, Paris, vers 1557, par Nicolas Beaurain. Photographie lavieb-aile.

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Le cartouche honorant Anne de Montmorency: sa devise APLANOS associée aux 3 croissants emblématiques de Henri II, ajoutés secondairement.

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Le roi Henri II possédait à Écouen sa chambre, où on admire encore son chiffre et ses trois croissants peints sur les poutres du plafond.

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Cartouche présentant la sentence FIDUS ET VERAT IN IUSTICIA IUDICAT ET PUGNAT.

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"Celui qui fiable et véridique en justice juge et combat".

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Les quatre docteurs de l'Église.

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Aux quatre angles de la chapelle, à la retombée des voûtes, des niches abritent les statues de quatre Pères de l'Église. Ces statues en pierre et terre cuite polychrome mesurent 1, 50 m. de haut, elles sont presque de taille réelle.

Chaque personnage est placé sous  l'attribut de l'un des évangélistes.

Le site du Musée soulève l'hypothèse que ces statues puissent être l'œuvre des Juste, venus de Florence.

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Saint Jérôme sous le lion ailé de saint Luc.

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Il tient un livre, la Vulgate ou traduction de la Bible dont il est l'auteur, et les fiocchi de son chapeau de cardinal, de façon anachronique. ("En 383, le pape Damase Ier le choisit comme secrétaire et lui demande de traduire les quatre Évangiles en latin. La marque de confiance que le pape lui avait accordée à cette occasion explique que la tradition et l'iconographie lui reconnaissent la qualité de cardinal, bien que l'institution cardinalice n'ait pas encore reçu, à l'époque, la définition précise que lui conférera au XIe siècle la réforme grégorienne.")

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Saint Augustin.

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Sous l'aigle de Jean , il tient ses écrits (la Cité de Dieu, ses Confessions, ...) alors que sa mitre d'évêque d'Hippone est posée à ses pieds.

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Saint Grégoire.

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Il a perdu la crosse d'évêque de Nysse.

L'ange de saint Matthieu est au dessus de lui.

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Saint Ambroise.

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Il est dominé par le Taureau ailé de saint Marc. Il tient sa crosse d'évêque de Milan.

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant, mosaïque de Davide Ghirlandaio, Florence 1496.

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https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/tour4.html

Inscription : DOMINUS JOHANNES DE GANAY PRESIDENS PARISIENSIS P[ARLAMENTI] ATTULIT DE ITALIA PARISIUM HOC OPUS MOSAICUM

"Le seigneur Jean de Ganay président du Parlement de Paris  a ramené cette œuvre de mosaïque d'Italie à Paris."

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant entre deux candélabres de l'atelier d'Antonio di Matteo.

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Ce bas-relief en stuc peint et doré a été réalisé à Florence dans la deuxième moitié du XVe siècle.

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/article8.html

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Lautel et le retable de la Passion

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/tour4.html

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/article3.html

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Portrait d'Anne de Montmorency.

https://musee-renaissance.fr/portrait-du-connetable-anne-de-montmorency

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Orgue positif.

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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La Cène de Marco d'Oggiono en 1506, copiée de la Cène (1498) de Santa Maria delle Gracie de Milan par Léonard de Vinci.

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On préférera à mes photos approximatives celle, zoomable à volonté, du Musée.

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/article10.html

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Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Chapelle (vers 1550) du château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/index.html

Chapelle de Chantilly

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/tour3.html

chapelle d'Ecouen

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/tour4.html

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Published by jean-yves cordier - dans Renaissance Héraldique
4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 15:48

Raija Jokinen expose ses œuvres de lin au château de Trévarez (Saint-Goazec) : les esprits du lieu.

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AH NON, PAS TROP VITE !

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Raija Jokinen passa trois séjours à Trévarez, en octobre 2020 puis juin et septembre 2021, avant de revenir durant trois semaines au domaine pour terminer la création de ses œuvres et les installer au château et dans le parc.

Elle s'était imprégnée des éléments végétaux du parc à l'anglaise de 85 hectares, célèbre pour ses 160 camélias centenaires, ses azalées, ses rhododendrons ou ses hortensias. Elle avait suivi le fil de l'eau d'une fontaine à l'autre, remarqué les mousses qui tapissent les troncs des arbres et les pierres, et examiné les réseaux de nervures des feuilles géantes des Gunnera.

Dans les masques feuillus des bassins, elle avait retrouvé  le tissage des éléments humains et non-humains qui lui est cher ; sur les plantes et les petits ruisseaux, les réseaux qui conduisent la vie comme nos veines et nos artères. Et partout, les fleurs dont elle mêle les couleurs à ses personnages.

Il faut donc parcourir nous aussi les allées du parc.

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Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !

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UNE SECONDE ENCORE !

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 Dans une vidéo, Raija Jokinen déclare à propos du château de Trévarez :

"Ce bâtiment est fascinant, son histoire aussi. La première fois que je suis venue ici, j'ai ressenti une forme de mélancolie. Il y a des choses tristes qui se sont passées ici, mais beaucoup de joie aussi. Alors j'ai essayé d'interroger cela."

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Parce qu'il n'est pas encore entièrement restauré, et que les pièces sont ouvertes au public au fur et à mesure de leur rénovation, il reste de nombreux témoignages d'un lieu en souffrance, délabré, avec ses tissus en lambeaux, ses plinthes et baguettes de bois arrachés dont les traces de clous rouillés indiquent le passage, avec des plafonds béants vers les étages supérieurs,  qui nous parlent du passé avec cette poésie du fané, de l'abandon, et de la peine comme autant de cicatrices sur la peau de la demeure dont les tatouages apparaissent encore.

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Tout château nous plonge dans  notre imaginaire, tout château nous fait parcourir un chemin à rebours vers un lieu de notre âme rempli de mystères et de  parfums secrètement pénétrants.

C'est en m'ouvrant à cette esthétique du passé blessé, mais réparé que je me suis préparé à découvrir les créatures de Jokinen.

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Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !

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Les cheminées.

L'une d'elles, celle du grand salon, a été restituée par le groupe Villemain et réinstallée en 2018.

Elles portent dans un chapeau de triomphe les armoiries de Kernezne (d'or à trois coquilles de gueules) pleines ou en alliance, entre des trophées d'armes, sous des masques et guirlandes Renaissance.

https://man8rove.com/fr/blason/1fwx8w6-kernezne

René Troille de Kernezne

https://man8rove.com/fr/profile/68z7vrooa-rene-troille-de-kernezne

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Mais le feu des fêtes passées est éteint, comme  ont disparu le luxe des toilettes, la musique des danses, le bruissement des conversations galantes, l'éclat des rires et celui des dorures.

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Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !

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Les moulures en stuc Renaissance. Masques et rinceaux.

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Raija Jokinen à Trévarez : féérique !

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Le plafond.

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Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !

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Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !
Raija Jokinen à Trévarez : féérique !

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LES  ŒUVRES DE RAIJA JOKINEN EXPOSÉES À L'INTÉRIEUR.

 

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I. LES ÉCURIES. SEPT ŒUVRES.

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Les titres sont de moi, lorsque je n'ai pas pu trouver les titres originaux.

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L'artiste  Raija Jokinen est née en 1960 en Finlande et a reçu une formation de tisserande avant d'obtenir une maîtrise d'art textile à Helsinki en 1990. Elle compose avec des fibres de lin, du fil et de l'amidon de riz des personnages en suspension, animés de veines-nervures, ou d'artères-racines qui soulignent les liens d'appartenance de nos corps —et de nos esprits— avec l'environnement naturel.

"Je suis fascinée par la façon dont les formes de la nature, les racines, les branches, les brindilles, les différentes formes organiques  peuvent ressembler à celles du corps humain." Raija Jokinen.

Ces êtres-peau qu'elle tisse en entremêlant les fibres et en les cousant ressemblent, lorsqu'on la voit les rouler, les plier, puis ensuite les dérouler et les suspendre, à des vêtements, mais étrangement, ces passe-murailles sans épaisseur ont une profonde intériorité, et une présence convaincante.

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Le lin. "J'utilise des fibres de lin. C'est très important pour moi parce que ce matériau a une histoire majeure : l'humanité l'utilise depuis plusieurs milliers d'années, et dans quantité de domaine de manière incroyable, bien-sûr pour tisser des vêtements, mais aussi pour entretenir les maisons, nourrir les animaux, et j'ai même découvert qu'on pouvait l'utiliser à la guerre, en protection, comme une armure. Quand on superpose les fibres de lin cela devient très solide.

Et à la fois les caractères des fibres sont très différentes selon les cas, certaines sont très robustes et certaines sont très fines comme de la soie.

D'une certaine manière il y a des similitudes avec notre peau. Je pense que notre épiderme exprime ce que nous ressentons, ce que nous éprouvons dans notre corps. Le lin traduit bien cela, parce qu'il  ressemble à notre couche protectrice, notre peau.

J'aime l'idée que je suis un maillon dans l'histoire de l'utilisation du lin. C'est super de penser qu'il y a des milliers de générations qui ont utilisé le lin, le même que j'utilise moi. De plus, c'est une fibre naturelle, et je ne veux pas produire de mauvaises choses avec mon travail ou créer des problèmes aux gens ou à moi. " Raija Jokinen

 

FIBRE, substantif féminin.

Élément mince et allongé souvent flexible, rarement isolé, constitutif d'un tissu organique, d'une substance minérale ou d'une matière artificielle. Fibre élastique; fibre discontinue; faisceau de fibres. (Quasi-)synonymes. fibrille, fil, filament.

A.− ANATOMIE. Élément filamenteux composant certains tissus et organes. Fibre conjonctive, cristallinienne, nerveuse, musculaire, fibre myocardique.

B.− BOTANIQUE. Filament souple composant un tissu végétal, en particulier le bois, la tige ou les racines de certaines plantes.  Fibre textile :Fibre d'origine végétale, animale, minérale ou artificielle pouvant être tissée. Fibre de chanvre, de laine, de lin; fibre synthétique. Fibre de bois. 

− AU FIGURÉ, souvent au singulier : Fond secret d'un être, où est supposée se manifester une sensation, une transformation physique, symptôme d'un état psychique. Lieu supposé d'une manifestation de la sensibilité affective. [Avec un déterminant. adjectif ou substantif : Tendance profonde personnelle et particulière à s'intéresser à quelque chose ou à quelqu'un. Fibre paternelle; fibre de la probité; fibre républicaine.

 

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Raija Jokinen à Trévarez : féérique !

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1. "Kukinto (A Flourish)", 2021.

Personnage fleuri 1.

Lin, fil à coudre, amidon de riz.

Tête baissée, les mains réunies devant le ventre dans un geste d'embarras, il serait l'image d'un introverti inhibé si son costume de fibres et de fleurettes n'affirmait au contraire qu'il savoure un puissant sentiment d'être nourri du renouveau printanier et des joies de la floraison.

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Raija Jokinen à Trévarez : féérique !

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 2. Personnage fleuri 2.

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C'est le jumeau du précédent. Des photos de détail montrent la mise en œuvre, et la minutie du travail de couture.

Le gros-plan sur le visage montre que ce travail relève tout autant de la sculpture que de la réussite picturale.

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CLIQUEZ SUR L'IMAGE.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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3. Personnage sur fond de brique.

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Une fois encore, cet être de lin est plongé dans ses pensées, les bras sont ballants, les traits sont graves et le regard dirigé vers le bas : mais par contraste les mouvements grouillants du réseau intérieur justifient cette attention à la vie organique en soi, qui est une forme de la joie  de vivre.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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4. Personnage de dos, sur fond de brique.

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Deux flux, l'un vert et l'autre rouge naissent du bassin (bien nommé) et nourrissent les bras et la tête. 

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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5. "Kiire" ou " A Rush", 2008.

Personnage de dos et arborescence rouge. Lin, fil à coudre, amidon de riz.

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Le titre signifie en finnois "hâte, précipitation. Ainsi mihin sinulla on kiire ? signifie "où court tu si vite?"

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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6. "Yhtäsamaa 2 " (The Same 2), 2021.

Personnage assis à terre entourant ses genoux.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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7. Visage coiffé de feuillage.

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Fasciné, je scrute le détail de la confection.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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II. DANS LA CHAMBRE DES INVITÉS. "DEDICATION TO A PLACE II", 2022. TROIS ŒUVRES.

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Comme son titre l'indique, cette composition à trois personnages a été conçue pour cette "chambre des invités".

Le personnage principal se tient avec les mains sur le ventre, sous un réseau centripète de fibres rouges .

"Ici il y a une personne qui est centrée sur le haut de son corps, sur sa poitrine. On parle souvent du cœur comme le lieu où nous ressentons toutes les choses, comme le centre de nos émotions" Raija Jokinen

Les nervures rouge-sang partent loin autour de lui, comme si, avec sa tête bien droite mais son regard  rêveur, il se concentrait sur les perceptions qu'il recevait des murs, des fenêtres, de la cheminée ou du mobilier pour se relier aux êtres qui, depuis des siècles, ont vécu ici.

"Donc il y a cette personne au centre. Je suis fascinée par la texture des murs ici, il y a différents types de pierre, de briques, on distingue différents procédés de fabrication de ces murs très épais. Je peux ressentir une sorte d'écho des gens qui ont vécu dans cette chambre. Ils sont des sortes de relais, des ponts entre le passé et le présent." Raija Jokinen.

 

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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Un deuxième personnage, en buste,  est relié au premier par un fil rouge : comme pour le mot "fibre", polysémie du mot "lien".

Il ouvre les bras en signe de réception. À la différence des personnages de la série précédente, ceux-ci ont un regard droit, éveillé et attentif à l'autre.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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Le troisième est également relié au premier, et émerge du mur en esquissant un geste de parole. Ou bien tend-il la main  : dans les deux cas, il établit une relation.

C'est donc une réunion amicale ou une conversation qui est mise en scène entre ces trois personnages, qui n'appartiennent peut-être pas tous au même temps. Et le reflet du miroir vient brouiller les limites entre réalité, fiction, double, rêve et échos sensibles.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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III. DANS L'ESCALIER D'HONNEUR. "BIOLOGICAL MESSAGE", 2022.

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1. Personnage en buste levant les yeux vers une boule dense et rouge comme un peloton capillaire.

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J'ignore l'intention de l'artiste, mais cela ne me gêne pas pour ressentir de l'émotion. Et  dans le  jeu associatif qui se déclenche, se glisse le souvenir des séances d'enroulement des pelotes de laine, complicité entre l'enfant et sa mère.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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2. Sur le palier. Personnage vêtu de plumes vertes devant la fenêtre.

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C'est peut-être le personnage qui m'a le plus ému, suscitant des souvenirs d'oisiveté et d'ennui devant les fenêtres d'après-midi pluvieux, ou d'élan suspendu, les ailes pendantes, par une attente inquiète, mais cet être-oiseau enfermé derrière les barreaux de sa cage vitrée dit aussi la puissance qui se condense lors de la réflexion.

Il attend peut-être le retour impossible d'un être passionnément aimé. Ou mille autres choses.

Toute la poésie vient de l'étroite connivence créée entre ce lieu et la créature de lin. Parce que ce palier ne mène à rien, qu'il est vétuste, encore figé dans un passé que la lumière extérieur et les verdures du parc n'abolissent pas.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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3. Personnage grave.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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4. Devant la balustrade de l'escalier. Personnage au réseau rouge.

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Depuis le début me vient l'évocation des planches anatomiques des Écorchés de la Renaissance (ici : Vesale) et des schémas de la circulation sanguine, avec leurs artères très rouges et leurs veines très bleus. Ce sont les mêmes silhouettes tragiques et le même rappel de la finitude humaine.

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Bien qu'il s'agisse ici, exclusivement, d'humains, le lien s'impose aussi à moi du concept japonais de mono no aware , empathie devant l'impermanence des choses, dont le spectacle nous frappe par surprise et au delà des mots.

Ou plutôt du concept du wabi-sabi reliant wabi, l'impression de solitude mélancolique (la posture des personnages) et sabi, le goût pour la décrépitude des choses vieillissantes.

 

 

 

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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IV. DANS LA SALLE D'HONNEUR. "DEDICATION TO A PLACE", 2022.

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Personnage devant la fenêtre, trainant une rivière de branchages habités de nids.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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V. DANS LE GRAND SALON. "FORCES OF NATURE", 2022.

 

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Deux personnages devant les baies donnant sur le jardin.

Lin, fil à coudre, amidon de riz, métal.

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Il ? Elle ?               NOUS.

Île ? Aile ?             JEU.

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"Je ne veux pas représenter des groupes de personnes en fonction de leur âge ou de leur genre, parce que finalement nos sentiments sont plus ou moins les mêmes, et nous avons besoin à peu près des mêmes choses : communiquer avec les autres, satisfaire nos besoins vitaux. Et donc ce n'est pas si important pour moi de différencier les personnes pour parler des sentiments. Parce que nous ressentons tous ces sentiments." Raija Jokinen.

 

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Les boiseries peintes font de ces deux personnages des fantômes des chatelains ou de leurs invités, d'autant que le premier laisse voir par transparence ses vertèbres, son bassin, ses fémurs et ses tibias. Relié à la terre par un réseau de radicelles rouges, il esquisse un mouvement vers la deuxième personne, comme le montre ses jambes et ses bras écartés. Il est en tension entre le sol, et l'autre.

Cet autre, cette autre, est plongé.e dans la contemplation du jardin et de ses visiteurs. Mais le bas de son corps, tout en racines vertes, ne touche pas terre,  et ses fibres vibrent intensément de cet appel vers  l'extérieur végétal. Il n'est pas complètement isolé dans son monde intérieur, puisque des fibres rouges provenant de son compagnon palpitent d'un flux vivifiant.

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Lorsqu'on reste suffisamment longtemps devant cette scène, l'atmosphère change, et d'autres interprétations surviennent. Âmes du passé, regrettent-ils les vivants qui marchent dans le parc ? Sont-ils reclus ici par quelque maléfice, dans ce château du Bois Dormant ? Sont-ils les Esprits de ce lieu, chargés de l'animer en puisant dans le substrat du terroir ?

Sont-ils nos semblables, écartelés entre Nostalgie et Espérance ? L'un est Attente, l'autre Élan.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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VI. AU FUMOIR. "BIOLOGICAL MESSAGE", 2022.

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Cinq personnages marchant en cercle.

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"Dans mes œuvres, je représente des personnes qui ont l'air de se sentir un peu seules. Je veux également que cette solitude s'exprime dans un groupe de personnes. À la fin, nous sommes toujours un peu seules dans notre corps" Raija Jokinen.

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Ma première évocation fut celle des "promenades" en maison d'arrêt. Puis me vint, en raison des fils soutenant chaque silhouette, et des pieds qui ne touchent pas tous le sol, l'image de pendus en camp de concentration. 

Le fumoir est une pièce assez exigüe, d'où l'impression de claustration, accentuée par le délabrement des murs et châssis des baies. 

À la différence des trois personnages de la Chambre des invités, ces cinq personnages n'ont aucun lien entre eux, ni par leurs réseaux de flux vitaux, ni par les gestes (les bras sont ballants), les postures (dos tourné, têtes fléchies ou inclinées) et les regards.

Il règne pour moi dans cette scène le silence, l'absence de communication entre les êtres mais aussi entre ceux-ci et la nature extérieure.

Mais si on veut échapper à cette ambiance lourde, on peut se concentrer sur les éléments colorés, qui apportent la vie à ces corps évanescents.

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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.

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SOURCES ET LIENS.

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https://www.cdp29.fr/fr/agenda/view/727/regard-d-artiste-raija-jokinen/

—Clip sur youtube.com

https://www.youtube.com/watch?v=mlMNyC1r-7M&feature=emb_imp_woyt

—Dans l’atelier de Raija Jokinen - Regard d'artiste, Raija Jokinen - Domaine de Trévarez 2022

https://www.youtube.com/watch?v=N1g87xxJbC4&list=PLY9XgMtLce6NJJff8DmflCQXrFkJjSAMv&index=2

"Filmée au cœur de l’hiver dans sa maison du sud de la Finlande, Raija Jokinen crée des œuvres, dont certaines pour l’exposition de Trévarez. Sous ses doigts, les personnages en fibre de lin prennent forme étape après étape, depuis le dessin, le brossage, l’entremêlement et le collage des fibres de lin avec de l’amidon de riz, puis la couture, le mouillage et la recomposition de la forme. | "Dans l’atelier de Raija Jokinen" | Janvier 2022 | Film réalisé par Iris Kärkkäinen (tournage) et Sylvain Huet (montage), 2022 | Durée : environ 8 min."

—Rencontre avec Raija Jokinen - Regard d'artiste, Raija Jokinen - Domaine de Trévarez 2022

https://www.youtube.com/watch?v=IR4Dpgh9zUY&list=PLY9XgMtLce6NJJff8DmflCQXrFkJjSAMv&index=3

"Après trois séjours à Trévarez, en octobre 2020 puis juin et septembre 2021, Raija Jokinen passe trois semaines au domaine pour terminer la création de ses œuvres et les installer au château et dans le parc. Elle raconte sa découverte du lieu, partage ses émotions et ses inspirations et revient sur son parcours d’artiste. | "Rencontre avec Raija Jokinen" | Mars 2022 | Film réalisé par Sylvain Huet, 2022 | Durée : environ 10 min."

— Restitution de la cheminée du grand salon :

https://www.groupe-villemain.eu/41-quelques-chantiers-phares/212-chateau-de-trevarez-a-st-goazec.html

— ARTE

https://www.arte.tv/fr/videos/109154-000-A/les-personnages-evanescents-de-raija-jokinen/

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Héraldique
19 mars 2022 6 19 /03 /mars /2022 21:48

Les calvaires du cimetière de l'église de Saint-Divy. II. Le calvaire dit de 1652, transféré en 1966 de Kerdalaes .

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Voir sur Saint-Divy :

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2. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

 

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Voir sur ce blog d'autres calvaires du Finistère (liste en désordre et incomplète):

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PRÉSENTATION.

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Historique.

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L'histoire des calvaires de la commune est mouvementée, et montre que l'attachement à ces monuments patrimoniaux et au respect de leur intégrité ou de leur emplacement n'a pas  toujours été vif.

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1. L'ancien calvaire du cimetière (XVe-XVIe siècle, Maître de Brasparts).

On en connaît peu de choses : ses fragments auraient été enterrés dans le jardin du presbytère et découverts en 1920 par François-Marie Bramoullé, alors séminariste. Après la guerre, il fut restauré et transféré en 1947 à Vesly (Eure), dont F.-M. Bramoullé était devenu le curé depuis 1937 

Un article de Paris-Normandie 2017 nous donne les informations suivantes, mais sujettes à caution car je ne parviens pas à les vérifier (notamment sur le site MemorialGenWeb) :

"Paris-Normandie 23/11/2017 à 23:12

Plus de 5,50m de haut, tout en granit breton, le calvaire, posté en marge de la commune de Vesly, est unique en son genre. Il attire de nombreux visiteurs et curieux de la région.

Ses origines bretonnes détonnent avec le paysage eurois. Ce monument religieux a fait couler beaucoup d’encre, tant par sa provenance que par les débats qu’il a suscités. Surnommé également «le calvaire de la peste», il a été construit au XVIe siècle. Il était censé protéger les habitants du fléau qui sévissait alors.

Découvert en 1920 par le futur curé de Vesly, il était à l’origine construit en bois et retravaillé par la suite en granit de Bretagne. Ce calvaire est disposé sur un pylône de même matière, avant d’orner la ville et de la symboliser.

François-Marie Bramoullé, curé emblématique de Vesly, de 1937 à 1971, est à l’origine de son implantation et de sa réfection, en 1947. Cet édifice chrétien, très visité de nos jours encore, sert également, fait incongru, de monument aux morts sur lequel sont inscrits les noms des Veslysiens tombés durant la Seconde Guerre mondiale.

Surnommé depuis le calvaire de la Libération, il se voit honorer chaque année et fait la fierté de la ville."

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Le père Yves-Pascal Castel, auteur de l'Atlas des croix et calvaires du Finistère, l'a peut-être examiné, puisqu'il l'attribue au Maître de Brasparts :

" Au maître de Quilinen, [auteur du calvaire éponyme] on attribuera Motreff, modeste, Mellac, fortement charpenté et Saint-Hernin, rafistolé comme on a pu.

Proche de Quilinen dans le temps, moins remarquée, la manière du Maître de Brasparts, sonne plus "breton" aux yeux des amateurs, comme si la manière des autres l'était moins. Sans doute issus du ciseau du maître de Brasparts, les calvaires de Loqueffret, de Plouénan, timbré des armoiries des Kersauzon et des Keranguen, et de Vesly, dans l'Eure, étonnant sous le ciel normand, où il a été transporté il y a seulement quelques décennies. » (Castel 1980 page 125)

Cette attribution, qui donnerait à ce monument une forte valeur iconographique, est adoptée par Emmanuelle Le Seac'h, mais apparemment par citation d'Y.-P. Castel sans qu'elle ne l'ait examiné.

 

Voir : 

Frédéric de Frias me communique les photos suivantes :

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Google maps. Calvaire de Saint-Divy (kersanton, fin XVe ?) déplacé à Vesly (Eure) en 1947.

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Calvaire de Saint-Divy (kersanton, fin XVe ?) déplacé à Vesly (Eure) en 1947.

 

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CP site Delcampe. Calvaire de Saint-Divy (kersanton, fin XVe ?) déplacé à Vesly (Eure) en 1947.

 

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Note : en 1901, le chanoine Abgrall décrivait 2 croix  sur le placître, l'une à l'ouest (celle de 1562) et l'autre au nord datant de 1506 au dessus d'un petit ossuaire aujourd'hui disparu :

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2. Une croix de mission  en bois de 1882...

... occupa ensuite le milieu du cimetière, mais dans les années 1960, "elle menaçait de s'écouler". (APEVE)

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3. Le calvaire de Kerdalaes transporté devant l'église de Saint-Divy en 1967.

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Ce calvaire était érigé jadis près du bourg de Kerdalaes à l'orée du manoir de La Haye.

Le manoir a été acheté en 1966 par Edouard Leclerc, et en 1967, la municipalité a, dans un contexte conflictuel, déplacé ce calvaire pour le placer au centre du cimetière de Saint-Divy, laissant sur place l'emmarchement de granite.

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Description.

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Le calvaire occupe le  cimetière d’enclos de Saint-Divy, parmi les tombes.

Un socle cubique à chanfrein en kersanton est posé sur un emmarchement de granit à deux degrés. Ce socle porte la date 1.6.5.2. (avec des points de séparation losangique) sur le chanfrein de son côté est.

Le fût à pans en kersanton porte un croisillon à culots dont le nœud, côté est, est sculpté d'un écu, tandis que les bras portent l'inscription gravée en lettres romaines MATER ECCE FILIVS TVVS, "Mère, voici ton fils" (Jean 19:26).

Le croisillon porte les statues de Marie, à droite, et de Jean, à gauche.

La statue de la Vierge a été brisée en son milieu. La Mère du Christ est voilée, et porte la guimpe, ses mains sont jointes. Le visage est rond, peu expressif mais envahi par les inévitables lichens. Le corps est long et fin, la silhouette élancée est accentuée par le drapé essentiellement vertical et parallèle. Seul le bout rond des chaussures est visible.

La tête de la statue de Jean, au visage défiguré plus encore par les lichens que les autorités laissent prospérer, est brisée. Les cheveux sont longs et bouclés. Le raccord entre la tête et le tronc est singulier, marqué par une forme en biais devant la gorge.

 

La main droite est posée sur la cuisse, qui est fléchie. La main gauche rejoint la taille, tenant peut-être un livre ou un objet en pain de sucre. Là encore, le corps est élancé, le drapé sobre et parallèle.

La croix à branches rondes terminées par des fleurons-boules à godrons torsadés, porte le Christ à la tête fléchie et inclinée sur sa droite. Le titulus semble (lichens) porter les lettres INRI en caractères gothiques. Un crâne est sculpté au pied de la croix.

 

La face nord du croisillon porte l'inscription  FRANCOIS TONCQVES.

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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Le blason : Yves de la Marche et Marie Kersaintgilly.

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L'identification de ce blason longtemps mystérieux  a été donnée par Frédéric de Frias (Association des Amis du manoir du Froutven), et confirmée par Michel Mauguin. Voir également le forum cgf.bzh de juin 2021, et les illustrations du site APEVE.

C'est un blason mi-parti, d'alliance entre deux familles. On peut commencer par la moitié droite (senestre en héraldique), côté de l'épouse, et si on parvient à y discerner des feuilles de trèfle, et non des ronds. Soit deux trèfles entiers et deux demi-trèfles. Les experts y ont reconnu les armes de Kersaintgilly  de sable à six trèfles 3,2,1.

https://man8rove.com/fr/blason/d650x6-kersaintgilly-alias-kersaint-gilly

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Le parti de gauche (à dextre) est plus complexe à déchiffrer. Une trangle le divise horizontalement, délimitant un "chef" en partie haute. Si on l'associe à la large séparation entre les deux partis, on y verrait alors la moitié d'une croix. Mais, à la différence du parti senestre, celui-ci est délimité par une bordure, signe de juveignerie.

Au total, Michel Mauguin reconnaît là le blason d'un cadet de la famille de la Marche, de gueules au chef d'argent.

 

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https://man8rove.com/fr/profile/g8l94wl2l-yves-de-la-marche

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Un couple répond à cette alliance, celui d'Yves de la Marche, écuyer, seigneur de Kerfors, fils cadet, marié le 22 novembre 1600 à Morlaix  à Marie de Kersaintgilly. Son frère aîné est René de la Marche époux de Françoise du Plexis. Leur père est Guillaume de la Marche. La mère de René est Jeanne du Chastel de Kerlec'h, celle d'Yves Thébaude de la Bouexière.

https://gw.geneanet.org/boisgarin?lang=en&pz=yann&nz=caillarec+glevarec&p=guillaume&n=de+la+marche

https://man8rove.com/fr/profile/g8l94wl2l-yves-de-la-marche

 

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Soit selon le relevé du blason du calvaire :

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Copyright M. Mauguin & Association des Amis du Froutven

 

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Le couple Yves de la Marche/Marie de Kersaintgilly eut un fils, également prénommé Yves (*), qui épousa Urbaine Thébaud et en 1652 Jeanne Frollo. (*) seigneur de Kerfors, du Squiriou, de Penhelen et de Coztymen Conseiller du Roi, Lieutenant civil et criminel au siège présidial de Quimper-Corentin.

Le fils d' Yves et d'Urbaine Thébaud, Jean de la Marche devint chef d'armes après que la branche aînée soit tombée en quenouille, et la bordure des armes d'Yves ne sera plus justifiée.

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la généalogie officielle fournie par Jean de La Marche lors de la réformation de la noblesse en 1670. BnF Dossiers bleus

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Le manoir de Kerdalaës, propriété de Kersaintgilly.

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Saint-Divy, La Haye, Kerdalaes, et les moulins (roue dentée).

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 Le manoir appartient à Guillaume KERSAINTGILY dans cette réformation non datée :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9062159j/f207.item.zoom

En 1600, Maurice de Kersaintgilly, sieur du Faou, est sieur de Kerdalaes :

https://www.tudchentil.org/spip.php?article1242

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Alors qu'on insistait jusqu'à présent sur la proximité de ce calvaire avec le manoir de La Haye, propriété alors de Sébastien de Penfeutenyo et de ses descendants (René, sieur de Mesgrall), cette identification du blason amène à constater, grâce à une étude des archives, que Marie de Kersaintgilly possédait le manoir de Kerdalaës, et l'a apporté à la famille de la Marche. Les deux manoirs de Kerdalaes et de La Haye sont voisins, et leurs propriétaires sont parfois en conflit.

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En effet, on lit dans le compte facebook de l'AGIP un post de Miliau Kermarrec,  signalant un procès du 26 août 1650 au sujet d’une franchise entre le moulin de Kerdalaës et la montagne (la motte) avec le vieux château. Les protagonistes de ces documents sont l’honorable François Toncques, négociant à Landerneau, propriétaire du manoir noble de Kerdalaës appartenant auparavant en 1633 à Marie de Kersaintgilly, et René de Penfentenyo, sieur de Mesgrall (Saint-Divy), au sujet d’une franchise entre le moulin de Kerdalaës et la montagne (la motte) avec le vieux château.

Au procès verbal du 26 août 1650, le litige porte sur la propriété du terrain situé près du moulin où d’anciens meuniers et paysans avaient fait abattre des arbres pour réparer le moulin et laissé pâturer des animaux. Tous affirment alors que la franchise appartient bien au manoir de Kerdalaës.

Un bail à terme de 1633 pour le manoir de Kerdallaiz  est signé entre Marie de Kersaintgilly dame de Kerfors, et François et Michel Corre.

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En conclusion, le calvaire porte les armoiries d'une alliance datée de 1600 ; or selon M. Mauguin c'est généralement lors des noces que les monuments sont gratifiés des armoiries d'un couple noble. 

Le calvaire ne peut être postérieur, au plus tard, à 1650, date à laquelle le manoir de Kerdalaës a changé de propriétaire.

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Donc, quatre conséquences :

1. Le calvaire n'a pas de rapport avec le manoir de La Haye (et avec sa chapelle dédiée à Jean-Baptiste)

2. La date de 1652 portée sur le socle n'est pas contemporaine de la réalisation du calvaire, qui peut dater de 1600.

3. L inscription FRANCOIS TONCQUES a été ajoutée dans un second temps à l'arrière du bras du croisillon , et sans doute en même temps que la date de 1652.

4. Ses caractères stylistiques sont à comparer à ceux des ateliers de sculpture du début du XVIIe siècle au lieu d'être abusé par la date du socle. Ce n'est évidemment pas une œuvre des Prigent (actifs de 1527 à 1577) ni de Roland Doré ( actif de 1618 à1663), au style si reconnaissable. 

 

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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription FRANCOIS TONCQVES au revers du bras du croisillon.

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 On notera sur la photo que le nœud du bras forme un culot, godronné, susceptible de recevoir une statue. Selon des sources, il aurait pu s'agir d'un Christ aux liens, ce qui est parfaitement vraisemblable par référence aux autres calvaires de Basse-Bretagne, quand ce n'est pas une Vierge de Pitié

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L'acte de 1650 nous indique que l’honorable François TONCQUES , négociant à Landerneau, est alors le propriétaire du manoir noble de Kerdalaës appartenant auparavant en 1633 à Marie de Kersaintgilly : il a peut-être acquis ce manoir et son moulin en 1633, précisément ? 

Le dossier 99 J 103 des Archives départementales est consacré aux terres de Kerdalaes, et François Toncques y est cité à de nombreuses reprises.

Deux actes de baptême de 1649 à Landerneau et Guipavas citent comme parrain "François DONCQUES, sieur de Kerdalaes".

On trouve aussi la graphie TOUCQUES.

Il épousa  Marie DERIEN puis  Marie BERNARD en1664. Il décède en 1670.

"Le paiement des droits suite à la succession de Francois TOUCQUES passera devant le parlement de Bretagne. Un avis d'époque est en ligne https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k ... f/f61.item Il mentionne ses deux mariages et un décès vers 1670 (avant le remariage de son épouse à Landerneau). Le manoir passera aux enfants LEON de celle-ci. Un héritier est nommé : Yves ABHERVE." (forum CGF)

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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/calvaire-de-kerdalaes-a-saint-divy

 

 

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Conclusion.

 

L'histoire des calvaires de la commune est faite d'une série de déplacements, réaménagements, appropriation par un prêtre pour sa nouvelle paroisse normande, démembrement des monuments,  captation en "coup de main" et affrontement, et surtout méconnaissance et/ou désintérêt  pour la recherche historique, artistique et d'archive.. Aucune équipe ne semble avoir été envoyée à Vesly pour dresser un inventaire détaillé du calvaire des années 1500, voire pour en négocier la restitution... ou en réaliser un précieux  fac-similé.

L'inscription du calvaire de 1562 reste encore non déchiffrée, le Christ de ce calvaire a été installé orienté vers l'est en dépit des règles de base, et sa situation, dictée par des impératifs d'aménagement urbain, le rend très mal visible car très ombragé. 

 

 

 

Un projet de "restauration" du calvaire de Kerdalaes.

 

Aujourd'hui (février 2022), la municipalité associée à l'AGIP (Association Guipavas Identité Patrimoine) a levé une souscription auprès de la Fondation du Patrimoine pour restaurer le "calvaire de Kerdalaes" (ou ce qui en reste), au printemps ou été 2022 : 

 

"Le calvaire sera restauré afin de rendre son identité et son histoire au village de Kerdalaes à la limite Est de Guipavas et aux abords du manoir de la Haye à Saint-Divy. La statuaire reconstruite recevra sur la console Est une nouvelle statue dédiée à Saint Jean-Baptiste dont la chapelle du manoir de la Haye lui est dédiée. C’est la statuaire déplacée au cimetière de Saint-Divy qui servira de modèle à la nouvelle réalisation. Pour mettre en valeur ce patrimoine, une plaque avec QR Code rappelant l’histoire de ce calvaire sera fixée à son pied et un livre sur le patrimoine de la vallée de Mesgrall et des manoirs de Kerdalaes et de La Haye sera réédité en 2022. Le calvaire de Kerdalaes sera également inscrit dans le cadre des journées du patrimoine des communes. " (Fondation du Patrimoine)

C'est le sculpteur Joël Kerhervé qui réalisera la statue moderne.

On voit que l'appel au don fait état de données non historiquement fondées (référence au manoir de La Haye et non de Kerdalaes). On peut se demander  quelles informations historiques seront proposées par le QR code, alors que les travaux de recherche n'ont pas été menées par la commune de façon approfondies concernant ce calvaire, et que les connaissances exposées ici proviennent de recherches privées, ou de l'association de Guipavas. Aucune évaluation stylistique et iconographique n'est disponible en ligne, ni signalée ou exposée par la Fondation.

 

 

Voir :

https://www.letelegramme.fr/finistere/saint-divy/le-calvaire-de-kerdalaes-va-se-relever-a-saint-divy-21-02-2022-12926353.php

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SOURCES ET LIENS.

— AGIP.

https://www.facebook.com/agipguipavas/posts/le-chateau-de-kerdalaes-en-guipavas-mythe-ou-realite-en-son-temps-mr-edouard-lec/5239718572721801/

— APEVE

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=4&id_article=103

— BRETAGNE-ENVIRONNEMENT-DURABLE.GOUV. "Le manoir de la Haye"

https://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/lahaie1_cle272bee.pdf

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_divy.html

2695. Saint-Divy, cimetière d’enclos, g. k. 1652. Degrés. Socle cubique, chanfrein: 1.6.5.2. Fût à pans. Croisillon à culots, écu: MATER ECCE FILIVS TVVS. FRANCOIS TONCQVES., statues: Vierge, Jean. Croix, branches rondes, fleurons-boules, godrons torsadés, crucifix, tête de mort sous les pieds. Le monument a été transféré en 1966 de Kerdalaës, limite des communes de Guipavas et de Saint-Divy. [YPC 1980]

— COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988,,Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, ,

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/5eb27adca1ceb10a93836495d298f812.pdf

A l'entrée du cimetière, semblable à celles de La Roche-Maurice et de Pencran, croix en kersanton timbrée des armes de Rohan : Marie Madeleine au pied de la croix, croisillon sans statues, Vierge de Pitié au revers du Crucifix, XVIè siècle.

- Autre croix de l'enclos, transférée de Kerdalaës en 1966 : socle daté 1652, Vierge et saint Jean sur le croisillon.

— DOSSIERS BLEUS. BnF français 29970  ; mémoires, notes et documents généalogiques, classés par ordre alphabétique de noms de personnes, au Cabinet des titres, dans le cours du XVIIIe siècle. Marcellanges-Marck.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10081854c/f226.item.zoom

— FORUM GENEALOGISTES CGF;BZH

https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/viewtopic.php?t=32119

—Wikipedia Manoir de la Haye

https://fr.wikipedia.org/wiki/Manoir_de_la_Haye

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Calvaires Héraldique

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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