Raija Jokinen expose ses œuvres de lin au château de Trévarez (Saint-Goazec) : les esprits du lieu.
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AH NON, PAS TROP VITE !
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Raija Jokinen passa trois séjours à Trévarez, en octobre 2020 puis juin et septembre 2021, avant de revenir durant trois semaines au domaine pour terminer la création de ses œuvres et les installer au château et dans le parc.
Elle s'était imprégnée des éléments végétaux du parc à l'anglaise de 85 hectares, célèbre pour ses 160 camélias centenaires, ses azalées, ses rhododendrons ou ses hortensias. Elle avait suivi le fil de l'eau d'une fontaine à l'autre, remarqué les mousses qui tapissent les troncs des arbres et les pierres, et examiné les réseaux de nervures des feuilles géantes des Gunnera.
Dans les masques feuillus des bassins, elle avait retrouvé le tissage des éléments humains et non-humains qui lui est cher ; sur les plantes et les petits ruisseaux, les réseaux qui conduisent la vie comme nos veines et nos artères. Et partout, les fleurs dont elle mêle les couleurs à ses personnages.
Il faut donc parcourir nous aussi les allées du parc.
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UNE SECONDE ENCORE !
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Dans une vidéo, Raija Jokinen déclare à propos du château de Trévarez :
"Ce bâtiment est fascinant, son histoire aussi. La première fois que je suis venue ici, j'ai ressenti une forme de mélancolie. Il y a des choses tristes qui se sont passées ici, mais beaucoup de joie aussi. Alors j'ai essayé d'interroger cela."
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Parce qu'il n'est pas encore entièrement restauré, et que les pièces sont ouvertes au public au fur et à mesure de leur rénovation, il reste de nombreux témoignages d'un lieu en souffrance, délabré, avec ses tissus en lambeaux, ses plinthes et baguettes de bois arrachés dont les traces de clous rouillés indiquent le passage, avec des plafonds béants vers les étages supérieurs, qui nous parlent du passé avec cette poésie du fané, de l'abandon, et de la peine comme autant de cicatrices sur la peau de la demeure dont les tatouages apparaissent encore.
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Tout château nous plonge dans notre imaginaire, tout château nous fait parcourir un chemin à rebours vers un lieu de notre âme rempli de mystères et de parfums secrètement pénétrants.
C'est en m'ouvrant à cette esthétique du passé blessé, mais réparé que je me suis préparé à découvrir les créatures de Jokinen.
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Les cheminées.
L'une d'elles, celle du grand salon, a été restituée par le groupe Villemain et réinstallée en 2018.
Elles portent dans un chapeau de triomphe les armoiries de Kernezne (d'or à trois coquilles de gueules) pleines ou en alliance, entre des trophées d'armes, sous des masques et guirlandes Renaissance.
Mais le feu des fêtes passées est éteint, comme ont disparu le luxe des toilettes, la musique des danses, le bruissement des conversations galantes, l'éclat des rires et celui des dorures.
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Les moulures en stuc Renaissance. Masques et rinceaux.
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Le plafond.
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LES ŒUVRES DE RAIJA JOKINEN EXPOSÉES À L'INTÉRIEUR.
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I. LES ÉCURIES. SEPT ŒUVRES.
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Les titres sont de moi, lorsque je n'ai pas pu trouver les titres originaux.
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L'artiste Raija Jokinen est née en 1960 en Finlande et a reçu une formation de tisserande avant d'obtenir une maîtrise d'art textile à Helsinki en 1990. Elle compose avec des fibres de lin, du fil et de l'amidon de riz des personnages en suspension, animés de veines-nervures, ou d'artères-racines qui soulignent les liens d'appartenance de nos corps —et de nos esprits— avec l'environnement naturel.
"Je suis fascinée par la façon dont les formes de la nature, les racines, les branches, les brindilles, les différentes formes organiques peuvent ressembler à celles du corps humain." Raija Jokinen.
Ces êtres-peau qu'elle tisse en entremêlant les fibres et en les cousant ressemblent, lorsqu'on la voit les rouler, les plier, puis ensuite les dérouler et les suspendre, à des vêtements, mais étrangement, ces passe-murailles sans épaisseur ont une profonde intériorité, et une présence convaincante.
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Le lin. "J'utilise des fibres de lin. C'est très important pour moi parce que ce matériau a une histoire majeure : l'humanité l'utilise depuis plusieurs milliers d'années, et dans quantité de domaine de manière incroyable, bien-sûr pour tisser des vêtements, mais aussi pour entretenir les maisons, nourrir les animaux, et j'ai même découvert qu'on pouvait l'utiliser à la guerre, en protection, comme une armure. Quand on superpose les fibres de lin cela devient très solide.
Et à la fois les caractères des fibres sont très différentes selon les cas, certaines sont très robustes et certaines sont très fines comme de la soie.
D'une certaine manière il y a des similitudes avec notre peau. Je pense que notre épiderme exprime ce que nous ressentons, ce que nous éprouvons dans notre corps. Le lin traduit bien cela, parce qu'il ressemble à notre couche protectrice, notre peau.
J'aime l'idée que je suis un maillon dans l'histoire de l'utilisation du lin. C'est super de penser qu'il y a des milliers de générations qui ont utilisé le lin, le même que j'utilise moi. De plus, c'est une fibre naturelle, et je ne veux pas produire de mauvaises choses avec mon travail ou créer des problèmes aux gens ou à moi. " Raija Jokinen
Élément mince et allongé souvent flexible, rarement isolé, constitutif d'un tissu organique, d'une substance minérale ou d'une matière artificielle. Fibre élastique; fibre discontinue; faisceau de fibres. (Quasi-)synonymes. fibrille, fil, filament.
A.− ANATOMIE. Élément filamenteux composant certains tissus et organes. Fibre conjonctive, cristallinienne, nerveuse, musculaire, fibre myocardique.
B.− BOTANIQUE. Filament souple composant un tissu végétal, en particulier le bois, la tige ou les racines de certaines plantes. Fibre textile :Fibre d'origine végétale, animale, minérale ou artificielle pouvant être tissée. Fibre de chanvre, de laine, de lin; fibre synthétique. Fibre de bois.
− AU FIGURÉ, souvent au singulier : Fond secret d'un être, où est supposée se manifester une sensation, une transformation physique, symptôme d'un état psychique. Lieu supposé d'une manifestation de la sensibilité affective. [Avec un déterminant. adjectif ou substantif : Tendance profonde personnelle et particulière à s'intéresser à quelque chose ou à quelqu'un. Fibre paternelle; fibre de la probité; fibre républicaine.
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1. "Kukinto (A Flourish)", 2021.
Personnage fleuri 1.
Lin, fil à coudre, amidon de riz.
Tête baissée, les mains réunies devant le ventre dans un geste d'embarras, il serait l'image d'un introverti inhibé si son costume de fibres et de fleurettes n'affirmait au contraire qu'il savoure un puissant sentiment d'être nourri du renouveau printanier et des joies de la floraison.
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2. Personnage fleuri 2.
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C'est le jumeau du précédent. Des photos de détail montrent la mise en œuvre, et la minutie du travail de couture.
Le gros-plan sur le visage montre que ce travail relève tout autant de la sculpture que de la réussite picturale.
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CLIQUEZ SUR L'IMAGE.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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3. Personnage sur fond de brique.
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Une fois encore, cet être de lin est plongé dans ses pensées, les bras sont ballants, les traits sont graves et le regard dirigé vers le bas : mais par contraste les mouvements grouillants du réseau intérieur justifient cette attention à la vie organique en soi, qui est une forme de la joie de vivre.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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4. Personnage de dos, sur fond de brique.
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Deux flux, l'un vert et l'autre rouge naissent du bassin (bien nommé) et nourrissent les bras et la tête.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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5. "Kiire" ou " A Rush", 2008.
Personnage de dos et arborescence rouge. Lin, fil à coudre, amidon de riz.
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Le titre signifie en finnois "hâte, précipitation. Ainsi mihin sinulla on kiire ? signifie "où court tu si vite?"
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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6. "Yhtäsamaa 2 " (The Same 2), 2021.
Personnage assis à terre entourant ses genoux.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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7. Visage coiffé de feuillage.
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Fasciné, je scrute le détail de la confection.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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II. DANS LA CHAMBRE DES INVITÉS. "DEDICATION TO A PLACE II", 2022. TROIS ŒUVRES.
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Comme son titre l'indique, cette composition à trois personnages a été conçue pour cette "chambre des invités".
Le personnage principal se tient avec les mains sur le ventre, sous un réseau centripète de fibres rouges .
"Ici il y a une personne qui est centrée sur le haut de son corps, sur sa poitrine. On parle souvent du cœur comme le lieu où nous ressentons toutes les choses, comme le centre de nos émotions" Raija Jokinen
Les nervures rouge-sang partent loin autour de lui, comme si, avec sa tête bien droite mais son regard rêveur, il se concentrait sur les perceptions qu'il recevait des murs, des fenêtres, de la cheminée ou du mobilier pour se relier aux êtres qui, depuis des siècles, ont vécu ici.
"Donc il y a cette personne au centre. Je suis fascinée par la texture des murs ici, il y a différents types de pierre, de briques, on distingue différents procédés de fabrication de ces murs très épais. Je peux ressentir une sorte d'écho des gens qui ont vécu dans cette chambre. Ils sont des sortes de relais, des ponts entre le passé et le présent." Raija Jokinen.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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Un deuxième personnage, en buste, est relié au premier par un fil rouge : comme pour le mot "fibre", polysémie du mot "lien".
Il ouvre les bras en signe de réception. À la différence des personnages de la série précédente, ceux-ci ont un regard droit, éveillé et attentif à l'autre.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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Le troisième est également relié au premier, et émerge du mur en esquissant un geste de parole. Ou bien tend-il la main : dans les deux cas, il établit une relation.
C'est donc une réunion amicale ou une conversation qui est mise en scène entre ces trois personnages, qui n'appartiennent peut-être pas tous au même temps. Et le reflet du miroir vient brouiller les limites entre réalité, fiction, double, rêve et échos sensibles.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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III. DANS L'ESCALIER D'HONNEUR. "BIOLOGICAL MESSAGE", 2022.
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1. Personnage en buste levant les yeux vers une boule dense et rouge comme un peloton capillaire.
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J'ignore l'intention de l'artiste, mais cela ne me gêne pas pour ressentir de l'émotion. Et dans le jeu associatif qui se déclenche, se glisse le souvenir des séances d'enroulement des pelotes de laine, complicité entre l'enfant et sa mère.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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2. Sur le palier. Personnage vêtu de plumes vertes devant la fenêtre.
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C'est peut-être le personnage qui m'a le plus ému, suscitant des souvenirs d'oisiveté et d'ennui devant les fenêtres d'après-midi pluvieux, ou d'élan suspendu, les ailes pendantes, par une attente inquiète, mais cet être-oiseau enfermé derrière les barreaux de sa cage vitrée dit aussi la puissance qui se condense lors de la réflexion.
Il attend peut-être le retour impossible d'un être passionnément aimé. Ou mille autres choses.
Toute la poésie vient de l'étroite connivence créée entre ce lieu et la créature de lin. Parce que ce palier ne mène à rien, qu'il est vétuste, encore figé dans un passé que la lumière extérieur et les verdures du parc n'abolissent pas.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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3. Personnage grave.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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4. Devant la balustrade de l'escalier. Personnage au réseau rouge.
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Depuis le début me vient l'évocation des planches anatomiques des Écorchés de la Renaissance (ici : Vesale) et des schémas de la circulation sanguine, avec leurs artères très rouges et leurs veines très bleus. Ce sont les mêmes silhouettes tragiques et le même rappel de la finitude humaine.
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Bien qu'il s'agisse ici, exclusivement, d'humains, le lien s'impose aussi à moi du concept japonais de mono no aware , empathie devant l'impermanence des choses, dont le spectacle nous frappe par surprise et au delà des mots.
Ou plutôt du concept du wabi-sabi reliant wabi, l'impression de solitude mélancolique (la posture des personnages) et sabi, le goût pour la décrépitude des choses vieillissantes.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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IV. DANS LA SALLE D'HONNEUR. "DEDICATION TO A PLACE", 2022.
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Personnage devant la fenêtre, trainant une rivière de branchages habités de nids.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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V. DANS LE GRAND SALON. "FORCES OF NATURE", 2022.
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Deux personnages devant les baies donnant sur le jardin.
Lin, fil à coudre, amidon de riz, métal.
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Il ? Elle ? NOUS.
Île ? Aile ? JEU.
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"Je ne veux pas représenter des groupes de personnes en fonction de leur âge ou de leur genre, parce que finalement nos sentiments sont plus ou moins les mêmes, et nous avons besoin à peu près des mêmes choses : communiquer avec les autres, satisfaire nos besoins vitaux. Et donc ce n'est pas si important pour moi de différencier les personnes pour parler des sentiments. Parce que nous ressentons tous ces sentiments." Raija Jokinen.
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Les boiseries peintes font de ces deux personnages des fantômes des chatelains ou de leurs invités, d'autant que le premier laisse voir par transparence ses vertèbres, son bassin, ses fémurs et ses tibias. Relié à la terre par un réseau de radicelles rouges, il esquisse un mouvement vers la deuxième personne, comme le montre ses jambes et ses bras écartés. Il est en tension entre le sol, et l'autre.
Cet autre, cette autre, est plongé.e dans la contemplation du jardin et de ses visiteurs. Mais le bas de son corps, tout en racines vertes, ne touche pas terre, et ses fibres vibrent intensément de cet appel vers l'extérieur végétal. Il n'est pas complètement isolé dans son monde intérieur, puisque des fibres rouges provenant de son compagnon palpitent d'un flux vivifiant.
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Lorsqu'on reste suffisamment longtemps devant cette scène, l'atmosphère change, et d'autres interprétations surviennent. Âmes du passé, regrettent-ils les vivants qui marchent dans le parc ? Sont-ils reclus ici par quelque maléfice, dans ce château du Bois Dormant ? Sont-ils les Esprits de ce lieu, chargés de l'animer en puisant dans le substrat du terroir ?
Sont-ils nos semblables, écartelés entre Nostalgie et Espérance ? L'un est Attente, l'autre Élan.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
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VI. AU FUMOIR. "BIOLOGICAL MESSAGE", 2022.
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Cinq personnages marchant en cercle.
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"Dans mes œuvres, je représente des personnes qui ont l'air de se sentir un peu seules. Je veux également que cette solitude s'exprime dans un groupe de personnes. À la fin, nous sommes toujours un peu seules dans notre corps" Raija Jokinen.
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Ma première évocation fut celle des "promenades" en maison d'arrêt. Puis me vint, en raison des fils soutenant chaque silhouette, et des pieds qui ne touchent pas tous le sol, l'image de pendus en camp de concentration.
Le fumoir est une pièce assez exigüe, d'où l'impression de claustration, accentuée par le délabrement des murs et châssis des baies.
À la différence des trois personnages de la Chambre des invités, ces cinq personnages n'ont aucun lien entre eux, ni par leurs réseaux de flux vitaux, ni par les gestes (les bras sont ballants), les postures (dos tourné, têtes fléchies ou inclinées) et les regards.
Il règne pour moi dans cette scène le silence, l'absence de communication entre les êtres mais aussi entre ceux-ci et la nature extérieure.
Mais si on veut échapper à cette ambiance lourde, on peut se concentrer sur les éléments colorés, qui apportent la vie à ces corps évanescents.
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Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
Exposition Raija Jokinen, château de Trévarez 2022. Photographie lavieb-aile 2 mai 2022.
"Filmée au cœur de l’hiver dans sa maison du sud de la Finlande, Raija Jokinen crée des œuvres, dont certaines pour l’exposition de Trévarez. Sous ses doigts, les personnages en fibre de lin prennent forme étape après étape, depuis le dessin, le brossage, l’entremêlement et le collage des fibres de lin avec de l’amidon de riz, puis la couture, le mouillage et la recomposition de la forme. | "Dans l’atelier de Raija Jokinen" | Janvier 2022 | Film réalisé par Iris Kärkkäinen (tournage) et Sylvain Huet (montage), 2022 | Durée : environ 8 min."
—Rencontre avec Raija Jokinen - Regard d'artiste, Raija Jokinen - Domaine de Trévarez 2022
"Après trois séjours à Trévarez, en octobre 2020 puis juin et septembre 2021, Raija Jokinen passe trois semaines au domaine pour terminer la création de ses œuvres et les installer au château et dans le parc. Elle raconte sa découverte du lieu, partage ses émotions et ses inspirations et revient sur son parcours d’artiste. | "Rencontre avec Raija Jokinen" | Mars 2022 | Film réalisé par Sylvain Huet, 2022 | Durée : environ 10 min."
Le calvaire de l'église de Rosnoën.Le calvaire (kersanton,1893), et les fragments de calvaire (kersanton, 1648, Roland Doré) intégrés au Monument aux morts, de l'église de Rosnoën.
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Voir sur ce blog d'autres calvaires du Finistère (liste en désordre et incomplète):
L'histoire des calvaires de la commune est mouvementée, et montre que l'attachement à ces monuments patrimoniaux et au respect de leur intégrité ou de leur emplacement n'a pas toujours été vif.
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1. L'ancien calvaire du cimetière (XVe-XVIe siècle, Maître de Brasparts).
On en connaît peu de choses : ses fragments auraient été enterrés dans le jardin du presbytère et découverts en 1920 par François-Marie Bramoullé, alors séminariste. Après la guerre, il fut restauré et transféré en 1947 à Vesly (Eure), dont F.-M. Bramoullé était devenu le curé depuis 1937
Un article de Paris-Normandie 2017 nous donne les informations suivantes, mais sujettes à caution car je ne parviens pas à les vérifier (notamment sur le site MemorialGenWeb) :
"Paris-Normandie 23/11/2017 à 23:12
Plus de 5,50m de haut, tout en granit breton, le calvaire, posté en marge de la commune de Vesly, est unique en son genre. Il attire de nombreux visiteurs et curieux de la région.
Ses origines bretonnes détonnent avec le paysage eurois. Ce monument religieux a fait couler beaucoup d’encre, tant par sa provenance que par les débats qu’il a suscités. Surnommé également «le calvaire de la peste», il a été construit au XVIe siècle. Il était censé protéger les habitants du fléau qui sévissait alors.
Découvert en 1920 par le futur curé de Vesly, il était à l’origine construit en bois et retravaillé par la suite en granit de Bretagne. Ce calvaire est disposé sur un pylône de même matière, avant d’orner la ville et de la symboliser.
François-Marie Bramoullé, curé emblématique de Vesly, de 1937 à 1971, est à l’origine de son implantation et de sa réfection, en 1947. Cet édifice chrétien, très visité de nos jours encore, sert également, fait incongru, de monument aux morts sur lequel sont inscrits les noms des Veslysiens tombés durant la Seconde Guerre mondiale.
Surnommé depuis le calvaire de la Libération, il se voit honorer chaque année et fait la fierté de la ville."
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Le père Yves-Pascal Castel, auteur de l'Atlas des croix et calvaires du Finistère, l'a peut-être examiné, puisqu'il l'attribue au Maître de Brasparts :
" Au maître de Quilinen, [auteur du calvaire éponyme] on attribuera Motreff, modeste, Mellac, fortement charpenté et Saint-Hernin, rafistolé comme on a pu.
Proche de Quilinen dans le temps, moins remarquée, la manière du Maître de Brasparts, sonne plus "breton" aux yeux des amateurs, comme si la manière des autres l'était moins. Sans doute issus du ciseau du maître de Brasparts, les calvaires de Loqueffret, de Plouénan, timbré des armoiries des Kersauzon et des Keranguen, et de Vesly, dans l'Eure, étonnant sous le ciel normand, où il a été transporté il y a seulement quelques décennies. » (Castel 1980 page 125)
Cette attribution, qui donnerait à ce monument une forte valeur iconographique, est adoptée par Emmanuelle Le Seac'h, mais apparemment par citation d'Y.-P. Castel sans qu'elle ne l'ait examiné.
Frédéric de Frias me communique les photos suivantes :
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Google maps. Calvaire de Saint-Divy (kersanton, fin XVe ?) déplacé à Vesly (Eure) en 1947.
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Calvaire de Saint-Divy (kersanton, fin XVe ?) déplacé à Vesly (Eure) en 1947.
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CP site Delcampe. Calvaire de Saint-Divy (kersanton, fin XVe ?) déplacé à Vesly (Eure) en 1947.
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Note : en 1901, le chanoine Abgrall décrivait 2 croix sur le placître, l'une à l'ouest (celle de 1562) et l'autre au nord datant de 1506 au dessus d'un petit ossuaire aujourd'hui disparu :
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2. Une croix de missionen bois de 1882...
... occupa ensuite le milieu du cimetière, mais dans les années 1960, "elle menaçait de s'écouler". (APEVE)
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3. Le calvaire de Kerdalaes transporté devant l'église de Saint-Divy en 1967.
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Ce calvaire était érigé jadis près du bourg de Kerdalaes à l'orée du manoir de La Haye.
Le manoir a été acheté en 1966 par Edouard Leclerc, et en 1967, la municipalité a, dans un contexte conflictuel, déplacé ce calvaire pour le placer au centre du cimetière de Saint-Divy, laissant sur place l'emmarchement de granite.
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Description.
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Le calvaire occupe le cimetière d’enclos de Saint-Divy, parmi les tombes.
Un socle cubique à chanfrein en kersanton est posé sur un emmarchement de granit à deux degrés. Ce socle porte la date 1.6.5.2. (avec des points de séparation losangique) sur le chanfrein de son côté est.
Le fût à pans en kersanton porte un croisillon à culots dont le nœud, côté est, est sculpté d'un écu, tandis que les bras portent l'inscription gravée en lettres romaines MATER ECCE FILIVS TVVS, "Mère, voici ton fils" (Jean 19:26).
Le croisillon porte les statues de Marie, à droite, et de Jean, à gauche.
La statue de la Vierge a été brisée en son milieu. La Mère du Christ est voilée, et porte la guimpe, ses mains sont jointes. Le visage est rond, peu expressif mais envahi par les inévitables lichens. Le corps est long et fin, la silhouette élancée est accentuée par le drapé essentiellement vertical et parallèle. Seul le bout rond des chaussures est visible.
La tête de la statue de Jean, au visage défiguré plus encore par les lichens que les autorités laissent prospérer, est brisée. Les cheveux sont longs et bouclés. Le raccord entre la tête et le tronc est singulier, marqué par une forme en biais devant la gorge.
La main droite est posée sur la cuisse, qui est fléchie. La main gauche rejoint la taille, tenant peut-être un livre ou un objet en pain de sucre. Là encore, le corps est élancé, le drapé sobre et parallèle.
La croix à branches rondes terminées par des fleurons-boules à godrons torsadés, porte le Christ à la tête fléchie et inclinée sur sa droite. Le titulus semble (lichens) porter les lettres INRI en caractères gothiques. Un crâne est sculpté au pied de la croix.
La face nord du croisillon porte l'inscription FRANCOIS TONCQVES.
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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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Le blason : Yves de la Marche et Marie Kersaintgilly.
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L'identification de ce blason longtemps mystérieux a été donnée par Frédéric de Frias (Association des Amis du manoir du Froutven), et confirmée par Michel Mauguin. Voir également le forum cgf.bzh de juin 2021, et les illustrations du site APEVE.
C'est un blason mi-parti, d'alliance entre deux familles. On peut commencer par la moitié droite (senestre en héraldique), côté de l'épouse, et si on parvient à y discerner des feuilles de trèfle, et non des ronds. Soit deux trèfles entiers et deux demi-trèfles. Les experts y ont reconnu les armes de Kersaintgilly de sable à six trèfles 3,2,1.
Le parti de gauche (à dextre) est plus complexe à déchiffrer. Une trangle le divise horizontalement, délimitant un "chef" en partie haute. Si on l'associe à la large séparation entre les deux partis, on y verrait alors la moitié d'une croix. Mais, à la différence du parti senestre, celui-ci est délimité par une bordure, signe de juveignerie.
Au total, Michel Mauguin reconnaît là le blason d'un cadet de la famille de la Marche, de gueules au chef d'argent.
Un couple répond à cette alliance, celui d'Yves de la Marche, écuyer, seigneur de Kerfors, fils cadet, marié le 22 novembre 1600 à Morlaix à Marie de Kersaintgilly. Son frère aîné est René de la Marche époux de Françoise du Plexis. Leur père est Guillaume de la Marche. La mère de René est Jeanne du Chastel de Kerlec'h, celle d'Yves Thébaude de la Bouexière.
Copyright M. Mauguin & Association des Amis du Froutven
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Le couple Yves de la Marche/Marie de Kersaintgilly eut un fils, également prénommé Yves (*), qui épousa Urbaine Thébaud et en 1652 Jeanne Frollo. (*) seigneur de Kerfors, du Squiriou, de Penhelen et de Coztymen Conseiller du Roi, Lieutenant civil et criminel au siège présidial de Quimper-Corentin.
Le fils d' Yves et d'Urbaine Thébaud, Jean de la Marche devint chef d'armes après que la branche aînée soit tombée en quenouille, et la bordure des armes d'Yves ne sera plus justifiée.
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la généalogie officielle fournie par Jean de La Marche lors de la réformation de la noblesse en 1670. BnF Dossiers bleus
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Le manoir de Kerdalaës, propriété de Kersaintgilly.
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Saint-Divy, La Haye, Kerdalaes, et les moulins (roue dentée).
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Le manoir appartient à Guillaume KERSAINTGILY dans cette réformation non datée :
En 1600, Maurice de Kersaintgilly, sieur du Faou, est sieur de Kerdalaes :
https://www.tudchentil.org/spip.php?article1242
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Alors qu'on insistait jusqu'à présent sur la proximité de ce calvaire avec le manoir de La Haye, propriété alors de Sébastien de Penfeutenyo et de ses descendants (René, sieur de Mesgrall), cette identification du blason amène à constater, grâce à une étude des archives, que Marie de Kersaintgilly possédait le manoir de Kerdalaës, et l'a apporté à la famille de la Marche. Les deux manoirs de Kerdalaes et de La Haye sont voisins, et leurs propriétaires sont parfois en conflit.
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En effet, on lit dans le compte facebook de l'AGIP un post de Miliau Kermarrec, signalant un procès du 26 août 1650 au sujet d’une franchise entre le moulin de Kerdalaës et la montagne (la motte) avec le vieux château. Les protagonistes de ces documents sont l’honorable François Toncques, négociant à Landerneau, propriétaire du manoir noble de Kerdalaës appartenant auparavant en 1633 à Marie de Kersaintgilly, et René de Penfentenyo, sieur de Mesgrall (Saint-Divy), au sujet d’une franchise entre le moulin de Kerdalaës et la montagne (la motte) avec le vieux château.
Au procès verbal du 26 août 1650, le litige porte sur la propriété du terrain situé près du moulin où d’anciens meuniers et paysans avaient fait abattre des arbres pour réparer le moulin et laissé pâturer des animaux. Tous affirment alors que la franchise appartient bien au manoir de Kerdalaës.
Un bail à terme de 1633 pour le manoir de Kerdallaiz est signé entre Marie de Kersaintgilly dame de Kerfors, et François et Michel Corre.
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En conclusion, le calvaire porte les armoiries d'une alliance datée de 1600 ; or selon M. Mauguin c'est généralement lors des noces que les monuments sont gratifiés des armoiries d'un couple noble.
Le calvaire ne peut être postérieur, au plus tard, à 1650, date à laquelle le manoir de Kerdalaës a changé de propriétaire.
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Donc, quatre conséquences :
1. Le calvaire n'a pas de rapport avec le manoir de La Haye (et avec sa chapelle dédiée à Jean-Baptiste)
2. La date de 1652 portée sur le socle n'est pas contemporaine de la réalisation du calvaire, qui peut dater de 1600.
3. L inscription FRANCOIS TONCQUES a été ajoutée dans un second temps à l'arrière du bras du croisillon , et sans doute en même temps que la date de 1652.
4. Ses caractères stylistiques sont à comparer à ceux des ateliers de sculpture du début du XVIIe siècle au lieu d'être abusé par la date du socle. Ce n'est évidemment pas une œuvre des Prigent (actifs de 1527 à 1577) ni de Roland Doré ( actif de 1618 à1663), au style si reconnaissable.
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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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L'inscription FRANCOIS TONCQVES au revers du bras du croisillon.
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On notera sur la photo que le nœud du bras forme un culot, godronné, susceptible de recevoir une statue. Selon des sources, il aurait pu s'agir d'un Christ aux liens, ce qui est parfaitement vraisemblable par référence aux autres calvaires de Basse-Bretagne, quand ce n'est pas une Vierge de Pitié
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L'acte de 1650 nous indique que l’honorable François TONCQUES , négociant à Landerneau, est alors le propriétaire du manoir noble de Kerdalaës appartenant auparavant en 1633 à Marie de Kersaintgilly : il a peut-être acquis ce manoir et son moulin en 1633, précisément ?
Le dossier 99 J 103 des Archives départementales est consacré aux terres de Kerdalaes, et François Toncques y est cité à de nombreuses reprises.
Deux actes de baptême de 1649 à Landerneau et Guipavas citent comme parrain "François DONCQUES, sieur de Kerdalaes".
On trouve aussi la graphie TOUCQUES.
Il épousa Marie DERIEN puis Marie BERNARD en1664. Il décède en 1670.
"Le paiement des droits suite à la succession de Francois TOUCQUES passera devant le parlement de Bretagne. Un avis d'époque est en ligne https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k ... f/f61.item Il mentionne ses deux mariages et un décès vers 1670 (avant le remariage de son épouse à Landerneau). Le manoir passera aux enfants LEON de celle-ci. Un héritier est nommé : Yves ABHERVE." (forum CGF)
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Le calvaire dit de 1652 du cimetière de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
L'histoire des calvaires de la commune est faite d'une série de déplacements, réaménagements, appropriation par un prêtre pour sa nouvelle paroisse normande, démembrement des monuments, captation en "coup de main" et affrontement, et surtout méconnaissance et/ou désintérêt pour la recherche historique, artistique et d'archive.. Aucune équipe ne semble avoir été envoyée à Vesly pour dresser un inventaire détaillé du calvaire des années 1500, voire pour en négocier la restitution... ou en réaliser un précieux fac-similé.
L'inscription du calvaire de 1562 reste encore non déchiffrée, le Christ de ce calvaire a été installé orienté vers l'est en dépit des règles de base, et sa situation, dictée par des impératifs d'aménagement urbain, le rend très mal visible car très ombragé.
Un projet de "restauration" du calvaire de Kerdalaes.
Aujourd'hui (février 2022), la municipalité associée à l'AGIP (Association Guipavas Identité Patrimoine) a levé une souscription auprès de la Fondation du Patrimoine pour restaurer le "calvaire de Kerdalaes" (ou ce qui en reste), au printemps ou été 2022 :
"Le calvaire sera restauré afin de rendre son identité et son histoire au village de Kerdalaes à la limite Est de Guipavas et aux abords du manoir de la Haye à Saint-Divy. La statuaire reconstruite recevra sur la console Est une nouvelle statue dédiée à Saint Jean-Baptiste dont la chapelle du manoir de la Haye lui est dédiée. C’est la statuaire déplacée au cimetière de Saint-Divy qui servira de modèle à la nouvelle réalisation. Pour mettre en valeur ce patrimoine, une plaque avec QR Code rappelant l’histoire de ce calvaire sera fixée à son pied et un livre sur le patrimoine de la vallée de Mesgrall et des manoirs de Kerdalaes et de La Haye sera réédité en 2022. Le calvaire de Kerdalaes sera également inscrit dans le cadre des journées du patrimoine des communes. " (Fondation du Patrimoine)
C'est le sculpteur Joël Kerhervé qui réalisera la statue moderne.
On voit que l'appel au don fait état de données non historiquement fondées (référence au manoir de La Haye et non de Kerdalaes). On peut se demander quelles informations historiques seront proposées par le QR code, alors que les travaux de recherche n'ont pas été menées par la commune de façon approfondies concernant ce calvaire, et que les connaissances exposées ici proviennent de recherches privées, ou de l'association de Guipavas. Aucune évaluation stylistique et iconographique n'est disponible en ligne, ni signalée ou exposée par la Fondation.
2695. Saint-Divy, cimetière d’enclos, g. k. 1652. Degrés. Socle cubique, chanfrein: 1.6.5.2. Fût à pans. Croisillon à culots, écu: MATER ECCE FILIVS TVVS. FRANCOIS TONCQVES., statues: Vierge, Jean. Croix, branches rondes, fleurons-boules, godrons torsadés, crucifix, tête de mort sous les pieds. Le monument a été transféré en 1966 de Kerdalaës, limite des communes de Guipavas et de Saint-Divy. [YPC 1980]
— COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988,,Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, ,
A l'entrée du cimetière, semblable à celles de La Roche-Maurice et de Pencran, croix en kersanton timbrée des armes de Rohan : Marie Madeleine au pied de la croix, croisillon sans statues, Vierge de Pitié au revers du Crucifix, XVIè siècle.
- Autre croix de l'enclos, transférée de Kerdalaës en 1966 : socle daté 1652, Vierge et saint Jean sur le croisillon.
— DOSSIERS BLEUS. BnF français 29970 ; mémoires, notes et documents généalogiques, classés par ordre alphabétique de noms de personnes, au Cabinet des titres, dans le cours du XVIIIe siècle. Marcellanges-Marck.
Les colonnes des galeries sont numérotées à partir du côté ouest, qui en comporte 11. La colonne n°12 se trouve à l'intérieur, dans l'entrée de l'angle nord-ouest, près de la chapelle des Trépassés, elle représente la Création d'Adam et la Faute d'Adam et Ève. Puis viennent les Sibylles, deux par deux sur chaque colonne extérieure de la galerie nord, et enfin, à l'angle nord-est, et à nouveau à l'intérieur, la colonne sculptée du Meurtre de Caïn et Abel. Si on se souvient que les douze sibylles annoncent par leurs prophéties (ou "vaticinations"), pour les Chrétiens, douze étapes de l'Incarnation et de la Rédemption, nous avons là un programme iconographique assez complet de l'Histoire du Salut, face au Calvaire central de la cour.
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Plan par Sylvie Bethmont-Gasserand.
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LA COLONNE DE LA CRÉATION ET DE LA FAUTE D'ADAM ET ÈVE.
"Alors, yhvh elohim fit tomber un sommeil profond sur l'homme, et il s'endormit.
Alors il prit l'un de ses côtés et il referma la chair en dessous.
Alors, yhvh elohim bâtit le côté qu'il avait pris de l'homme en forme de femme et il la présenta à l'homme." (Genèse 2:21-22, trad. M.A. Ouaknin)
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Dieu se tient debout à gauche et lève la main droite, tandis que, de la main gauche, il aide la jeune Ève à se redresser et à s'extraire du flanc droit d'Adam, dont elle naît. De celle-ci, au corps en grande partie brisée, nous voyons les mains jointes, les fesses, le ventre et les jambes : leurs formes laissent préjuger de la beauté du visage.
Adam est allongé sur le coté gauche, jambes fléchies, et cachant son sexe de la main droite.
À droite, derrière la tête d'Adam, une montagne est couronnée d'un édifice, vers lequel se dirige divers animaux : lion (?), renard (?) ou gallinacé (?). Ce n'est pas exactement ce qu'on attend d'une scène de création du monde et des animaux, ce qui excite la curiosité sur l'interprétation de cette partie.
Dieu est vêtu d'une robe, serrée à la taille par un cordon noué, et à larges manches. Une ample cape est fermé par un cabochon carré. La tête (hormis un morceau de la barbiche), et les bras sont brisés. Les drapés sont particulièrement élégants.
La pierre blanche, ici comme sur les autres colonnes que nous allons examiner, est calcaire, et il serait intéressant d'en connaître l'expertise géologique, qui pourrait indiquer la provenance.
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On comparera ce sujet avec celui du quadrilobe du portail de la Sainte-Chapelle par Geoffroy-Dechaume, peut-être inspiré du portail de la cathédrale de Lyon.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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La Faute d'Adam et d'Ève.
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"La femme contempla . Oui, l'arbre était bon à manger et enviable pour les yeux ! Oui, l'arbre engendrait le désir de devenir intelligent ! Alors elle prit de son fruit et elle mangea. Et elle en donna aussi à son homme qui était avec elle, et il mangea." (Genèse 2:5-6, trad. M.A. Ouaknin).
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Cette représentation du serpent à la poitrine (et au visage, même s'il est ici brisé) féminine, mais à la queue qui s'enroule autour du tronc de l'arbre, je la connais bien, tant elle est fréquente, taillée en kersanton à l'entrée des porches bretons contemporains de cette colonne ! Et toujours, le serpent-femme est tournée vers Ève. Je l'ai décrite par exemple à Pencran, à Guimiliau, à Sizun et à Ploudiry, et on en retrouve la source dans des enluminures comme celle du Livre d'Heures dites de Henri IV BnF Latin 1171 , au folio 20v (sauf que, pour me contredire, le serpent regarde Adam). Ces enluminures sont peintes par le Maître des Triomphes de Pétrarque. Or ce livre provient de la bibliothèque du château de Gaillon, et ce peintre a laissé "une empreinte durable sur le milieu rouennais" (E. Adam).
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Sans chercher une science exacte, on peut créer des liens entre le cardinal Georges d'Amboise, commanditaire du château de Gaillon qui a introduit en Normandie le vocabulaire de la Première Renaissance, son neveu Georges II d'Amboise qui fut archevêque de Rouen en 1511 et prolongea l'œuvre de son oncle (chapelle de Gaillon et ses stalles), l'église Saint-Maclou dont ils favorisèrent tous deux la reconstruction (dédicace en 1521), et cette Aître Saint-Maclou.
Et examiner, pour se rapprocher plus encore de Georges Ier d'Amboise, et de Rouen, voici une enluminure attribuée à Robert Boyvin, actif entre 1480 et 1536, et qui avait été formé par le Maître de l'échevinage de Rouen . Et cette fois-ci, Dame-serpent regarde Dame-Ève.
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Robert Boyvin, Heures à l'usage de Rouen, Rouen, vers 1500. Paris, BNF, Arsenal, Ms. 416, f.10
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Mais ici (et combien on regrette le vandalisme des exaltés qui ont fracassé ces colonnes), la femme-serpent dont les formes généreuses et la chevelure établissent un rapport de rivalité spéculaire avec Ève, lui posent la main gauche sur l'épaule, tandis que la main droite, toujours en imitation symétrique, se pose sur une spire de la queue en face de la main de la première femme, laquelle est posée sur son sexe.
Et s'il est fâcheux de ne pas voir l'œuvre d'art déployer la splendeur probable du temps où elle était intacte, par contre, cela libère l'imaginaire. Si bien que j'ai cru voir les deux visages se rapprocher dans leur entreprise de séduction, et s'embrasser.
J'ai ainsi pu bénéficier d'un unicum dont les perspectives spirituelles ou artistiques renouvelait le thème élimé de la Tentation.
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La main droite d'Ève, qui est brisée, tenait jadis la pomme. Dans certaines enluminures et sculptures, le serpent la tient, et la propose au désir. Dans d'autres, le fruit est encore tenu par les deux mains. Mais ici, le serpent ne l'a plus, Ève l'a saisi. Les jeux sont faits.
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Le relevé d'Eustache-Hyacinthe Langlois en 1837, gravure d'après le dessin d'Espérance Langlois.
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E.-H. Langlois Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche V. Gallica
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Il ne reste plus rien d'Adam, sauf une paire de pieds nus. Et à côté du pied droit, un pied de forte taille sort d'un drapé, laissant deviner un autre personnage :qui donc à cette époque, si ce n'est Dieu ou son messager ?
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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L'un des côtés de la colonne porte deux panneaux en bas-reliefs Renaissance. En haut, un couple nu entouré d'arbres stylisés (Adam et Ève dans l'Eden ?) au dessus d'une vasque. La femme qui nous tourne le dos a des cheveux très longs. L'homme, barbu, tient un objet (la pomme...?). En bas, un décor semblable à celui du château de Gaillon, avec une chimère au dessus de rinceaux. Entre les deux, un enfant, habillé, tient un fruit.
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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LES 7 COLONNES DES SIBYLLES.
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Cette série de sept colonnes, dont la plupart conservent encore, quoique mutilées, leurs personnages féminins assemblés par deux, pose un problème délicat.
En effet, il est certains que nous avons affaire à une série des sibylles, prophétesses de l'Antiquité dont le nombre, par parallélisme avec les prophètes bibliques, venait d'être fixé à douze à la fin du XVe siècle par Filippo Barbieri en Italie, et dont les attributs et l'association avec des épisodes de l'Enfance et de la Vie du Christ avait été durablement fixé par les Heures de Louis de Laval vers 1480-1485.
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Les Sibylles à Gaillon et à Rouen.
1. On sait l'influence des deux cardinaux Georges d'Amboise sur le développement artistique de Rouen et de sa région, à commencer par leur château de Gaillon. Or, les stalles de la chapelle du château de Gaillon, commanditées par Georges II d'Amboise qui y a placé ses armes et devises, montrent sur le premier registre des dorsaux le Dialogue des Sibylles et des Vertus. Les vaticinations des sibylles répondaient aux prophéties des 12 Prophètes. Persique est associée à la Prudence, Érythrée à la Force, Tiburtine à la Justice, Agrippa à la Tempérance, Delphique à la Foi, Hellespontique à la Charité. La Phrygique , associée à l' Espérance, était prévue dans le programme. (source)
Ces stalles ont été remontées dans le chœur de la basilique de Saint-Denis. Georges d'Amboise avait fait enluminer le manuscrit des Institutions divines de Lactance, texte qui décrit les Sibylles. Cf C. Meneau d'Anteroches 2020 et Wikipédia. Plus précisément, c'est Alphonse le Magnanime, roi d'Aragon et de Sicile, qui pourrait avoir commandé le manuscrit vers 1455 à Naples, et il aurait été acheté à Frédéric d'Aragon roi de Naples, avant sa mort en 1504, par Georges Ier d'Amboise pour sa bibliothèque de Gaillon. Voir BnF Lat. 1674, qui a perdu son frontispice, ainsi que BM Besançon MS 170 dont le frontispice armorié est intact. Les miniatures du BnF lat. 1674 sont huit initiales dorées entrelacées avec des bianchi girari, et non des enluminures où auraient pu figurer des sibylles...
2. Le portail Notre-Dame de la cathédrale de Rouen a été réalisé en 1512-1513. Les voussures portent, de l'intérieur vers l'extérieur, 12 Patriarches, 12 Sibylles et 12 Prophètes. Les sibylles sont sculptées par Nicolas Quesnel, tandis que Pierre Des Aubeaux a sculpté les Prophètes, et Richard Le Roux les Patriarches.
3. La Tour de Beurre de la cathédrale date de la in du XVe siècle. Elle comporte deux sibylles et deux prophètes au sud, et deux sibylles dont la Tiburine face à Auguste à l'est. (Source)
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L'idéal serait, pour disposer cette série, que la galerie nord ne compte que six colonnes. Hélas, elle en compte sept, en comptant les deux extrêmes qui sont aujourd'hui partiellement incluses dans l'entrée et dans l'escalier de droite.
Certains ont proposé de reconnaître ici quelques Vertus. Celles-ci sont, dans l'iconographie traditionnelle au nombre de sept, en associant les Vertus théologales et cardinales. Elles se distinguent par leur attribut. Mais cela complique encore le problème, et aucune n'est identifiée ici (sur la colonne n° 13, les auteurs voient la Prudence, Vertu portant un miroir, mais les rayons qui diffusent autour du cercle m'incitent à y voir une lampe, attribut de la sibylle Persique ou Lybique). J'écarte cette hypothèse.
L'autre possibilité est de penser que la série n'est pas complète, et que le personnage est dédoublé. C'est la solution envisagé pour expliquer qu'une femme tienne une colonne, à coté de la sibylle Agrippa tenant son attribut bien connu, le fouet de la Flagellation. Sa voisine porterait la colonne, l'un des Instruments de la Passion, où le Christ est lié. L'hypothèse résout ce cas particulier de la colonne 18, et éventuellement celui de la colonne n°18, mais il est très surprenant que le commanditaire ait choisi cette option, attestée nulle part ailleurs, et qui lui impose de ne pas présenter la série, au chiffre très fort symboliquement, de 12 alors qu'il dispose de sept colonnes.
On peut penser qu'il y a eu des modifications lors de réaménagements ou de restaurations.
La colonne n°17 fait exception par rapport aux autres, car elle est la seule à présenter un blason qui occupe une place importante. Les deux personnages, détruits et dont on ne voit que l'emplacement, étaient-ils des sibylles.
Si on exclut cette colonne, nous avons bien douze personnages féminins, dont trois sont détruits, quatre n'ont pas d'attribut permettant de les identifier, quatre ont un attribut caractérisé (lampe ; rameau fleuri ; fouet ; croix).
Enfin, la revue des iconographie montre (comme pour les 12 apôtres et leurs attributs) un certain nombre de variantes.
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Rappel des attributs : Les 12 Sibylles françaises issues des Heures de Louis de Laval s'organisent en deux sous-ensembles :
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— Vie de la Vierge :
1. La Persique tenant une lanterne et foulant un serpent : annonce la Vierge de l' Immaculée Conception foulant le serpent. : Incarnation : la Vierge donne naissance à celui qui se dira Lumière du Monde.
2. La Libyque tenant un cierge annonce la Vierge et l'Enfant apportant cette Lumière. Manifestation aux Gentils.
3. L'Erythréenne tenant la fleur prophétise l' Annonciation et la Conception virginale.
4. La Cuméenne tenant un bol (une boule) annonce la Virginité (ou Venue d'un enfant). Naissance dans une crèche
5. La Samienne tenant un berceau annonce la Nativité et l'Annonce aux Bergers.
6. La Cimmérienne tenant une corne (biberon) annonce l' allaitement de l'Enfant par la Vierge
7. L'Européenne tenant une épée annonce la Fuite en Égypte pour fuir le Massacre des saints Innocents.
— Passion et Christologie :
8. La Tiburtine tenant une main annonce les gifles infligées à Jésus lors de sa Passion.
9. L'Agrippine avec son fouet annonce la Flagellation.
10. La Delphique tenant une couronne :annonce le Couronnement d'épines de la Passion. Incarnation.
11. L'Hellespontine tenant une croix annonce la Crucifixion. Incarnation et Passion
12. La Phrygique tenant un étendard crucifère annonce la Résurrection
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On pourra lire ici les réflexions de E.-H. Langlois :
Colonne n° 13. Sibylle à la lampe (Persique) ; sibylle au rameau fleuri (Erythrée).
Colonne n°14. Deux sibylles indéterminées.
Colonne n°15. Deux personnages détruits.
Colonne n°16. Sibylles à la colonne. Sibylle au fouet (Agrippa).
Colonne n° 17. Deux personnages détruits. Grand blason central.
Colonne n°18. Sibylle à la lance. Sibylle à la croix (Hellespont).
Colonne 19. Un personnage détruit, une sibylle.
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Colonne n° 13 contre l'escalier. Sibylle tenant la lampe (Persique ? ) et sibylle Erythrée tenant le rameau fleuri.
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La tenue de ces deux jeunes femmes aux allures dansantes de Ménades est tout à fait celle que l'on retrouve sur les autres séries iconographiques de Sibylles, sous le signe de l'élégance, de la jeunesse et de l'exotisme. Les têtes étant brisées, nous ne pouvons pas chercher ici les turbans et coiffures à glands qui sont un attribut général de ces dames vaticineuses. Leurs chaussures sont à bout pointu.
Mais leur duo dansant en ronde poursuit aussi le thème des autres galeries, à l'ouest et à l'est, celui de la Danse Macabre des Laïcs et des Clercs.
La sibylle Persique (identifiée par les autres auteurs comme la Prudence tenant un miroir) tient la lampe dont l'éclat est manifesté par des rayons. C'est bien sûr une hypothèse.
La sibylle Erythrée tient le rameau fleuri (ailleurs une simple fleur) prophétisant la tige vierge qui fleurit et porte un fruit, virga et virgo.
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Relevé de Langlois en 1837 :
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E.-H. Langlois Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche V. Gallica
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Colonne n° 14. Deux sibylles.
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Quelle grâce ! Quel charme juvénile, presque insolent dans ce cimetière ! Quelle taille fine sous le corselet contrastant avec les manches bouffantes, les flots de plissé, les jupons, les frou-frous et les traines !
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Mais dans cette Aître où tout est destiné à rappeler au visiteur que le Temps passe, mais l'attend, la pierre usée, ces têtes brisées, ces accessoires de beauté qui ont perdu leur lustre, cette vétusté incitent à une méditation sur les Ruines et à une nostalgie du temps où ces Dames sculptées du temps Jadis venaient de surgir du ciseau du sculpteur.
La Beauté a deux ennemis : les vandales, et le vieillissement.
La Bêtise, et le Temps.
Mais elle montre ici, malgré tout, à qui sait en rêver, son triomphe : quelle grâce ! quelle charme juvénile !
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Le relevé de Langlois 1837 :
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Gravure d'E.H. Langlois 1837 Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche V. Dessin Espérance Langlois. Gallica
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Colonne n° 15. Sculpture trop abimée.
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Voilà à quoi cela ressemble sur l'application du Site pour mon portable :
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Colonne n° 16. Deux sibylles dont Agrippa tenant le fouet de la Flagellation.
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.La sibylle de gauche est difficile à identifier, elle porte une colonne brisée, qui est un symbole de la Passion (Ecce Homo, Outrages et Flagellation)
La sibylle de droite porte un fouet, par lequel elle annonce la Flagellation. C'est Agrippa.
Là encore, on remarque leur beauté, et l'allure dansante de leur procession.
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Le relevé de Langlois en 1837 :
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Gravure d'E.H. Langlois 1837 Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts. Dessin Espérance Langlois. Gallica
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Il faudrait revenir pour faire une étude de tous les chapiteaux.
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Colonne n° 17. Les sibylles ont été détruites. Un blason.
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Sur cette colonne, les sibylles sont effacées. Seul subsiste le blason qu'elles devaient tenir. Peut-être le blason d'un riche marchand ou bourgeois de Rouen, d'un clerc ou d'un membre de la fabrique qui n'a pas été identifié.
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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On comparera ce que nous avons sous les yeux avec le relevé qu'en donne Langlois ; En 1 deux ou trois animaux ; en 3, trois fers à cheval ou fers de mule ; à droite Deux quartiers avec 5 étoiles 2;1;2 (et des coquilles en chef ?).
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Gravure d'E.H. Langlois 1837 Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche V. Dessin Espérance Langlois. Gallica
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Le chapiteau de la colonne n°17.
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Les boules rondes sont-ils des fruits, ou plutôt des grelots ?
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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.
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Colonne n° 18. Deux sibylles dont l'Hellespontine tenant la croix.
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La sibylle de gauche relève sa robe et tient la lance.
— BETHMONT-GALLERAND (Sylvie), 2003, "Un autre travail du bois à Rouen : Les sablières de l’aître saint-Maclou", in Les stalles de la cathédrale de Rouen, C. Elaine Block, Frédéric Billiet p. 199-220 Presses universitaires de Rouen et du Havre
https://books.openedition.org/purh/7435?lang=fr
https://books.openedition.org/purh/7437
— LANGLOIS (E.-Hyacinthe ), 1833, "Rouen au XVIe siècle et la danse des morts", Bulletin de la Société libre d’émulation de Seine-Maritime, 6 juin 1832, Rouen, Baudry, 1833, p. 70. Non consulté.
« Dans les statuettes du cimetière de Saint-Maclou, tantôt la mort se montre dans une action d'entraînement plus ou moins brusque; tantôt, affectant une pose tranquille, elle parait employer le raisonnement plutôt que la violence. Sur quelques colonnes des plus mutilées, on retrouve des pieds décharnés dont l'élévation au-dessus du plan sur lequel posaient les figures atteste que plusieurs de ces cadavres symboliques gambadaient en s'emparant de leurs victimes. Quant à ces derniers personnages, ils montrent généralement, par leurs poses simples et calmes, plus de résignation que de résistance, » Langlois,
— LAFOND ( Jean), 1969, « L'iconographie des portes de Saint-Maclou de Rouen ». In: Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1969, 1971. pp. 283-294; doi : https://doi.org/10.3406/bsnaf.1971.2239 https://www.persee.fr/doc/bsnaf_0081-1181_1971_num_1969_1_2239
—LANGLOIS (Eustache-Hyacinthe), 1837, réed 1852, Essai historique, philosophique et pittoresque sur les Danses des Morts. Rouen, Lebrument, deux volumes I p.10-30, II p.10-61.
— LEVASSEUR (P.), 2003, « Observations sur l’iconographie de l’aître saint-Maclou : une synthèse de l’art macabre et des apports de la Renaissance », Actes du onzième congrès international d’études sur les Danses Macabres et l’art macabre en général , Rouen du 1er au 5 octobre 2003,éditions Danses Macabres d’Europe, p. 41. Non consulté.
—LOTH (Julien), 1910, L'Aître de Saint-Maclou, Rouen, Léon Gy, 28 p. Non consulté.
—MÂLE (Emile) 1922, L’art religieux de la fin du Moyen-Age en France, étude sur l’art religieux du Moyen Age et sur ses sources d’inspiration, Paris, Armand Colin, 1922, p. 253-sq.
— PAVIA (Amélie), 2011, L’aître Saint-Maclou de Rouen. Monographie historique et technique d’une construction à pans de bois du XVIe siècle. Étude stylistique et iconographique de ses sablières Mémoire de master 2 en histoire de l’art moderne, (LEUTRAT E. dir.), Rennes 2, 2011, 633 p. Voir p.30 à35 :
—PREVOST (Chanoine Louis), 1970 Histoire de la paroisse et des curés de Saint-Maclou, depuis la Fondation jusqu'à nos jours (1219-1966), Rouen, Éditions Maugard. Non consulté.
—VENOT ( Bernard), MOUILLESEAUX (Jean-Pierre), 1980,, L'Aître Saint-Maclou de Rouen : petit guide à l'usage des habitués du lieu et de ceux qui le découvrent, Rouen, 73 p. Non consulté.
— LAQUERRIÈRE) (A.), 1986, « L'aître Saint-Maclou et les anciens charniers », dans Églises, hôtels, vieilles maisons de Rouen, Rouen, Société des amis des monuments rouennais, 518 p., p. 323-330 Non consulté.
—THOMANN (Aminte), CHAPELAIN DE SEREVILLE-NIEL (Cécile),2021 « Rouen – Aître Saint-Maclou » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 04 juin 2021, consulté le 12 février 2022.
https://journals.openedition.org/adlfi/76013
"La campagne 2018 a permis la fouille et l’étude d’environ 250 sépultures, le corpus total sur l’ensemble de l’aître s’élevant à environ 500 sépultures. La densité funéraire est telle que le sol géologique (situé entre 4 et 6 m de profondeur par un précédent sondage géotechnique) n’a pu être atteint, même dans un petit sondage effectué jusqu’à 3,5 m de profondeur. La fouille de cet espace a mis en évidence une partie du cimetière paroissial utilisé jusqu’à la fin du xviiie s., mais aussi des fosses communes, accueillant jusqu’à six individus déposés simultanément. Des traces de fondation d’un bâtiment en bois inédit, probablement postérieur à l’occupation funéraire, ont également pu être observées directement au sud du calvaire.
L’étude en cours de cette collection ostéo-archéologique se fait grâce à une approche pluridisciplinaire impliquant plusieurs approches biologiques : analyses paléopathologiques macroscopiques, menées en partie dans le cadre d’une recherche doctorale, pour appréhender l’état sanitaire de la population, analyses isotopiques, particulièrement informatives sur le régime alimentaire des défunts, analyses paléoparasitologiques, renseignant notamment sur les conditions de vie et analyses paléomicrobiologiques, détectant la présence de l’ADN ancien de certains pathogènes dans le matériel dentaire et osseux, tels que la tuberculose, la syphilis ou la peste. Des analyses paléomicrobiologiques préliminaires, menées sur le corpus provenant du diagnostic de 2016, ont déjà permis de détecter la présence très probable du bacille de la peste chez un individu daté du début du xve s.
Les résultats archéologiques et anthropologiques issus de cette fouille vont permettre de développer de manière significative les connaissances concernant la population rouennaise et la gestion de ce cimetière de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne."
— INRAP La boîte en plomb de l'Aître Saint-Maclou. Une boîte en plomb a été retrouvée dans une pierre sous la colonne (galerie ouest ?), contenant la plaque commémorative déposée en 1859 avec quelques pièces de monnaie contemporaines.
Dans le cadre des journées européennes de l’archéologie 2020, l’Inrap vous propose une vidéo inédite sur une curieuse boîte en plomb, découverte à l'aître Saint-Maclou, à Rouen. Que contient-elle ?
En 2019, lors des travaux de restauration du cimetière de l’aître Saint-Maclou, un site de la Métropole Rouen Normandie, des ouvriers trouvent une pierre évidée sous une colonne sculptée datant de la Renaissance. Et ils découvrent, enchâssée dans la pierre, une boîte en plomb.
Par ailleurs, on sait grâce aux archives qu’une plaque de cuivre portant une inscription a été laissée en dépôt dans l’édifice en 1859, lors d’une restauration antérieure.
Le service régional de l’archéologie (Drac Normandie) confie l’ouverture de la boîte à l’Institut national de recherches archéologiques préventives. La boîte contient-elle la plaque commémorative ou est-elle bien plus ancienne ?
Durée : 00:06:58 Sous-titres automatiques disponibles en français. Réalisation, montage : Serge Le Maho, Inrap Avec la participation de Sylvain Mazet Directeur-adjoint scientifique et technique Normandie (Seine-Maritime et Eure), Inrap
Les 13 verrières provenant du chœur de l'église Saint-Vincent de Rouen et magnifiquement remontées en 1979 dans l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, sont parfaitement présentées en ligne sur le site patrimoine-histoire.fr. La description de référence, dont je m'inspire largement, est celle du volume du Corpus Vitrearum consacré aux Vitraux de Haute-Normandie.
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L'église Saint-Vincent a été détruite par les bombardements de 1944, mais ses verrières avaient été mises à l'abri dès la fin 1938. Cette paroisse connue depuis le XIIIe siècle était devenue l'une des plus riches de Rouen, notamment grâce au privilège sur la vente du sel accordé en 1409 par Charles VI. L'église fut réaménagée à partir de 1458, et notamment en 1470 sous l'impulsion d'Ambroise Harel, puis de 1478 à 1483 sous celle de Thomassin et à partir de 1512 sous la direction de Guillaume Touchet secondé par Vincent Gaillard.
Le fenestrage de la chapelle Saint-Nicolas est repris de 1512 à 1514, puis un nouveau chœur est conçu ; au sud, la chapelle Saint-Anne est terminé en 1519 et le déambulatoire l'est en 1523.
En 1519, avant la démolition de la dernière partie du chœur, abattue à mesure que progressaient les fondations, Richart Le Voirrier a désassemblé les vitres de l'église et les a remis en état. En 1523, les fenêtres sont vitrées avant l'achèvement des voûtes, et la fabrique verse 20 livres "au gendre Barbe (*), verynier, pour deux verrières assise aux galeries".
(*) On reconnait sous cette désignation Olivier Tardif, qui épousa vers 1525 Jeanne Barbe, fille du verrier Jehan Barbe.
https://www.wikiwand.com/fr/Guillaume_Barbe
Avant la dédicace de l'église le 1er août 1531, l'église est nettoyée et le peintre verrier Maure Heurtault reçoit plus de 10 livres pour la réfection de toutes les verrières brisées. En en 1528-1529 les verrières ont été qui déposées puis reposées.
Les verrières basses du chœur de Saint-Vincent, qui avaient été posées entre 1520 et 1530, ont été remontées à l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, construite en 1979 sur la Place du Vieux-Marché par l'architecte Louis Arretche en forme de carène renversée. Elles sont toutes placées au nord et numérotées de 1 à 13 de gauche à droite. Ces treize verrières avaient été réalisées par deux ateliers, dont le plus célèbre est celui des Le Prince de Beauvais. on retrouve les initiales d'Engrand Le Prince sur le vitrail des Chars.
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Liste des vitraux.
Verrière de la Vie de saint Pierre, atelier rouennais, 1520-1530, don des Boyvin, seigneurs de Bonnetot . Provient de la baie 11 de Saint-Vincent, au nord.
Verrière de Sainte Anne, 1520-1530, œuvre de Jean (?) Le Vieil et probablement offerte par la confrérie de Compostelle ; Provient de la baie n°8 de Saint-Vincent, au Sud
Verrière du Triomphe de la Vierge ou vitrail des Chars, commandée en 1515 et réalisée vers 1522, œuvre de Jean et Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°10 de Saint-Vincent, au Sud
Verrière de la Parenté de sainte Anne, atelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°6 de Saint-Vincent, au Sud
Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, réalisée en 1525-1526, œuvre d'Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°13 de Saint-Vincent, au Nord.
Verrière des Œuvres de Miséricorde, réalisée en 1520-1530, œuvre d'Engrand et peut-être de Jean Le Prince ; Provient de la baie n°7 de Saint-Vincent, au Nord
Verrière de Saint Antoine de Padoue, atelier rouennais, 1520-1530, seule verrière uniquement en grisaille et jaune d'argent ; Provient de la baie n°5 de Saint-Vincent, au Nord
Verrière des Saints, atelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°9 de Saint-Vincent, au Nord
Verrière de l'Enfance et de la Vie publique du Christ, atelier rouennais, 1520-1530, don des Le Roux de Bourgtheroulde ; Provient de la baie n°3 de Saint-Vincent, au Nord.
Verrière de la Passion, atelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°1 de Saint-Vincent, au Nord.
Verrière de la Crucifixion, atelier rouennais, 1520-1530, ancienne verrière axiale ou baie 0 de l'église Saint-Vincent ;
Verrière de la Vie glorieuse du Christ, atelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°2 de Saint-Vincent, au Sud
Verrière du martyre de saint Vincent, atelier rouennais, 1520-1530, don des Le Roux, seigneurs de l'Esprevier. Provient de la baie n°4 de Saint-Vincent, au Sud.
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"L'atelier rouennais".
"Cet atelier regroupe en réalité l'œuvre de plusieurs peintres verriers dont le seul identifié est le rouennais Le Vieil auteur de la verrière de sainte Anne n°2. Ce pourrait être Jean Le Vieil, ancêtre des peintres verriers qui ont travaillé au XVIIe siècle à Saint-Vincent, et qui est mentionné à Saint-Maclou en 1519 et 1520.
Des caractères communs rassemblent ces verrières comme la densité des compositions, la vivacité de la gamme colorée ou l'emploi de verres soufflés en plateau (nombreuses traces de cives). Des techniques savantes sont mises en œuvre, notamment dans la verrière de saint Vincent, la plus richement travaillée de la série : ainsi la chape de l'évêque Valère est ornée de petites figures de saints gravés, la colonne de la comparution est faite en verre vénitien et même les fleurs sont l'occasion de raffinement technique puisqu'elles sont montées en chef d'œuvre.
Selon un procédé courant, l'atelier emploie souvent les mêmes cartons pour exécuter plus rapidement les anges symétriques des tympans ou pour reprendre des silhouettes, comme celle de l'enfant jouant avec un chien, utilisées à la fois dans la verrière de la Passion et dans celle de saint Vincent.
Ces peintres verriers ont repris des formules mises au point par Arnoult de Nimègue pour les types de personnage et le répertoire ornemental, hérité de Gaillon. Ainsi dans la verrière de la Crucifixion, les petits anges, les rinceaux peuplés de putti et de chimères ou bien, dans la verrière des saints, le décor du registre supérieur animé de putti et de pots à feu, les visages au contour hésitant, le traitement des carnations à la sanguine pure ou mêlée de grisaille, rappellent la verrière de l'Arbre de Jessé à l'église Saint-Godard de Rouen ou celle des Trois-Marie à l'église Notre-Dame de Louviers peintes par Arnoult de Nimègue.
Il serait vain de vouloir distinguer une personnalité distincte à l'origine de chacune de ces verrières ; plusieurs artistes peuvent collaborer à la même œuvre, comme on peut l'observer de façon spectaculaire , sur la verrière des saints où les deux registres inférieurs sont traités beaucoup plus simplement que le registre supérieur,...
... ou encore sur la verrière de saint Pierre où les deux scènes pleines de verve et de rivalité de saint Pierre et de Simon le Magicien contrastent avec celles, beaucoup plus placides, de la vocation de saint Pierre et de la pêche miraculeuse." (Callias-Bay & al. Corpus Vitrearum, page 403)
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lavieb-aile 2022.
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L'examen du plan de situation des verrières de Saint-Vincent montre la cohérence du programme iconographique de l'ancienne église : au centre l'abside du chœur est consacrée, de gauche à droite n°3, 1, 0 , 2, à la Vie et à la Passion du Christ, et enfin n°4 au saint patron de l'église, saint Vincent.
Le coté sud est réservé à sainte Anne (n°6 et 8) avant la verrière des Chars ou Triomphe de la Vierge.
Le coté nord est consacré aux saints, avec successivement saint Antoine (n°5), les Oeuvres de Miséricorde (n°7), les 6 Saints dont saint Nicolas (n°9), saint Pierre (n°11) et saint Jean-Baptiste (n°13).
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lavieb-aile 2022.
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DESCRIPTION.
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La baie n°1 de l'église Jeanne-d'Arc mesure 6,60 m de haut et 3,36 m de large. Ses 4 lancettes trilobées s'organisent en deux registres soit 4 épisodes de la Vie de saint Pierre, tandis que les 6 soufflets et 6 mouchettes du tympan moderne (1869) proposent d'autres épisodes, entourés d' anges.
À la partie inférieure, trois écus attribuent la donation de cette verrière aux Boyvins, seigneurs de Bonnetot.
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La verrière a été restaurée par Guillaume Le Vieil en 1721 et par Duhamel-Marette en 1869 (cf. inscription infra dans l'écu du bas de la 3ème lancette).
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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LE REGISTRE INFÉRIEUR.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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1. La vocation de saint Pierre et de saint André.
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La tête des apôtres a été restituée.
La Vie de saint Pierre commence par le début : comment il fut, avec son frère André, appelé par Jésus alors qu'il pêchait ,comme le raconte l'Évangile de Matthieu 4:18-20, sur le lac de Galilée, :
Un jour qu'il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères: Simon (qu'on appelle aussi Pierre), et André, son frère, qui lançaient un filet dans le lac, car ils étaient pêcheurs. Il leur dit:
---Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes.
Ils abandonnèrent aussitôt leurs filets et le suivirent.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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En arrière-plan, un navire (pas du tout adapté à la navigation sur le Lac de Tibériade ...) est représenté.
C'est une "galée" portant trois mâts chacun gréé d'une voile ferlée sur une antenne ou une vergue. Les châteaux avant et arrière sont excessivement élevés. Ce qui est remarquable, c'est la précision de tracé des haubans, où la garniture de protection des voiles contre le ragage est figurée.
Ce navire rappelle que saint Pierre est le saint patron des marins-pêcheurs. Mais il témoigne aussi de la vocation commerciale maritime et fluvial de Rouen dans les échanges de draps, de pastel ou de guède, et de vins. Le port du Havre est créé en 1517 par François Ier comme avant-port sur la Seine.
On trouve aussi à Beauvais sur la verrière de la baie N°16 des paysages maritimes similaires en arrière-plan, et j'avais déjà indiqué lors de ma description un certain nombre de données auxquelles je renvoie.
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"L'essor économique de la ville à la fin du xve siècle est dû essentiellement aux draperies, mais aussi à la soierie et à la métallurgie.
Les pêcheurs de Rouen allaient jusqu'à Terre-Neuve pêcher la morue et en Baltique pêcher le hareng. Le sel venait du Portugal et de Guérande.
Les draps étaient vendus en Espagne, qui fournissait alors la laine, et les Médicis ont fait de Rouen le principal point de revente de l'alun romain.
Au début du XVIe siècle, Rouen est devenue le principal port français de commerce avec le Brésil, principalement pour les colorants de draperies. En effet, les manufactures de Rouen utilisent des teintures directement importées du Nouveau Monde, le rouge tiré de l'essence du bois-brésil, le bleu issu de la culture et la transformation de l’indigo. Cette fonction teinturière de la ville est confirmée par la présence des Florentins qui en font la plaque tournante de l'alun romain dans le Nord de la France. L'alun est un minéral permettant la fixation des pigments sur les textiles. " (Wikipedia)
Rouen dispose d'un chantier naval : le "port aux Galées", même si la fondation du Havre mit un terme à son activité, le dernier bateau a en être sorti datant de 1532.
Malgré son caractère schématique, cet arrière-plan est un document ethnographique qui peut être rapproché des autres documents iconographiques concernant les navires du XVIe siècle, provenant par exemple des enluminures, mais aussi des graffiti normands, ou des sculptures sur pierre et sur bois des édifices religieux.
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La Grande vue de Rouen, 1525, vue du faubourg d'Emendreville (Saint-Sever). Le Livre des Fontaines de Jacques le Lieur, planche 15.
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Frédéric Vivien, Le Clos aux Galées de Rouen
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Une caravelle et son équipage, verrière datée de 1586.église Saint-Aubin de Neuville-les-Dieppe.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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2. La pêche miraculeuse.
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Jésus, en bleu, est figuré derrière les deux frères Pierre et André qui remontent leurs filets bien remplis.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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Derrière la tête du Christ, nous retrouvons figurés trois navires, et une barque à trois rameurs. Aucun navire n'est entièrement représenté, mais par contre, nous découvrons des détails très vivants, comme des haubans rompus par la tempête et qui battent au vent, un matelot en train de ferler la voile en bout de vergue, tandis qu'un équipier monte, par l'échelle disposée entre deux haubans pour accéder au poste de vigie en forme de panier (gabion) .
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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3. Chute de Simon le Magicien.
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Bien que les Actes des Apôtres (Ac 8. 4-25) mentionnent Simon le Magicien, sa conversion et son baptême, l'épisode représenté trouve sa source dans un texte apocryphe, les Actes de Pierre, selon lequel Simon aurait séduit la foule en s'envolant dans le ciel (Actes de Pierre, 32). L'Apôtre Pierre aurait alors invoqué le nom de Jésus et provoqué sa chute.
"Selon les Actes des Apôtres (VIII, 9-24), Simon était un magicien, qui opérait en Samarie et se faisait appeler la Puissance de Dieu, la Grande. Converti par la prédication de Philippe, il reçut le baptême. Mais, quand il offrit de l'argent à Pierre pour obtenir le pouvoir de donner lui aussi le Saint-Esprit en imposant les mains (de là vient le nom de simonie), Pierre le repoussa violemment. Les discussions de Simon avec Pierre et leur fin dramatique sur le Forum sont une légende qui remonte aux livres apocryphes intitulés Actes de Pierre et aux romans pseudo-clémentins, plus connus sous le nom d'Homélies pseudo-clémentines. Ces dernières résument la doctrine (III, 2) que Simon prétendait démontrer par les Écritures : le Dieu suprême est un dieu autre que celui qui a créé le ciel et la terre ; il est inconnu et ineffable et il pourrait être appelé le Dieu des dieux. Irénée et Hippolyte font de lui le père du gnosticisme et le fondateur d'une secte gnostique ; mais on peut se demander s'il s'agit du même personnage." (Universalis.fr)
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Le peintre a représenté Pierre levant la main (une des postures rhétoriques de l'Orateur) tandis que Simon qui s'était envolé retombe dans le Ciel, tête et mains dirigées vers le sol, environné de trois démons. Trois disciples contemplent la scène.
En partie basse, à une échelle plus petite, un homme vêtu (comme les "disciples") comme un bourgeois ou noble de Rouen à la Renaissance fait face à un démon enflammé et s'en protège de la paume.
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Plusieurs détails sont remarquables :
-le verre rouge gravé à l'acide du démon, qui permet de rendre les reflets éclatants du vermillon métallique de la créature bestiale (ailes de chiroptères, échine épineuse du dragon, oreilles d'âne et doigts ou orteils dilatés de crapaud) .
-Le verre rouge gravé d'un rond pour figurer le médaillon du bonnet d'un disciple.
-Les verres bleus gravés qui, après peinture au jaune d'argent, donnent les coloris verts.
-Le réseau de plomb, qui est traité par le peintre comme des branchages sur lesquelles il peint des ramifications et de petites feuilles.
-l'architecture du fond (détail infra), censé représenter un monument romain, mais dans laquelle nous serions tenter de reconnaître un monument local, exercice auquel invitent aussi les vitraux des Le Prince ici ou à Beauvais.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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4. Dispute de Pierre et de Simon le Magicien en présence de la foule.
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Scène qui précède l'épisode précédent. Saint Pierre reprend là aussi une posture de l'éloquence rhétorique , celle de l'exposé des arguments. Simon déchire ou piétine des livres.
Le livre à reliure rouge présente le double intérêt d'une part d'être en verre gravé, et d'autre part de porter un motif Renaissance, celui des "dauphins" affrontés. Un décor introduit en Normandie sur les pilastres du château de Gaillon pour Georges d'Amboise, archevêque de Rouen entre 1502 et 1509.
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Le fond architecturé montre une vue d'une cathédrale, qu'on comparera aux églises de sur la Grande Vue du Livre des fontaines de Jacques Le Lieur, contemporaine de cette verrière. La Querrière y reconnait par sa tour "l'église de l'abbaye de Saint-Ouen, et à coté à main droite une autre église ressemblant à Saint-Maclou".
Mais Saint-Ouen n'était-elle pas en pleine reconstruction? Voir les images suivantes :
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Grande vue de Rouen, Jacques de Lieur, 1525, Le livre des fontaines, BM de Rouen Gallica
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La tour de l'église de l'abbaye de Saint-Ouen.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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Les armoiries des donateurs, et le cartel de la restauration.
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La lancette B montre, présentées par un ange, des armoiries d'azur , à Trois croisettes d'or , 2 et 1 qui sont celles des Boyvin seigneurs de Bonnetot.
La lancette A montre deux anges présentant les mêmes armoiries en alliance avec d'autres, d'azur à trois [?] d'argent.
La lancette D montre les armes des Boyvin en alliance avec d'autres, d'or à deux ou trois merlettes de sable.
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Les informations sur la famille de Boyvin ou Boisvin que je réunis ici sont postérieures à la date de cette verrière.
"BOYVIN, Seigneur de Saint-Ouen & de Tourville en Normandie, Généralité de Rouen, famille maintenue dans sa Noblesse le 28 Août 1668. On trouve dans l'Hift. de Rouen , que Noel Boyvin, Sieur de Tourville, obtint des Lettres de Noblesse en 1574. Messire Noël de Boyvin, II. son fils, Seigneur de Tourville, Saint, Claville & de Boisguilbert, fut reçu Président en la Chambre des Comptes de Rouen, l'an 1582. Jena-baptiste Boyvin, Seigneur de Bonnetot, fut Premier Président de la même Chambre des Comptes en 1692. Il avoit épousé Marie Mallet de Graville. Charles Boyvin, Seigneur de Canonville, l'aîné de cette famille est mort au service du Roi, Capitaine de Vaisseau, & fut tué dans un combat naval. Il avoit épousé Antoinette de Nicolaï, fille d’Antoine de Nicolai, Premier Président de la Chambre des Comptes de Paris. Ses freres, Guillaume & Antoine Boyvin, furent tués au siège de Namur, & à la bataille de Nerwinde, Lieutenans dans le Régiment des Gardes. Les armes : d'azur , à trois croix d'or, 2 & 1."
Bin qu'aucun rapport n'ait été établi entre cette famille et l'enlumineur Robert Boyvin, je ne peux éviter de noter les informations qui concernent ce dernier :
"Robert Boyvin appartient à une famille de gens du livre rouennais installés depuis au moins le début du xve siècle. Un Jean Boyvin, écrivain et vendeur de livre est en effet installé à proximité de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, du côté du portail des libraires. C'est le cas également d'un Thomas Boyvin, mentionné dans les sources en 1479, à nouveau un Jean Boyvin en 1487-1488 puis, sans doute son fils, Robinet (petit Robert) à partir de 1487. Il occupe alors la quatrième échoppe du côté de l'archevêché. Il est indiqué sur place jusqu'en 1502. Son mariage est également documenté en 1480 avec la fille du libraire Jean Coquet.
À partir de 1503, il est indiqué comme prestataire pour Georges d'Amboise, archevêque de Rouen dans les comptes de son château de Gaillon. Les plus anciens manuscrits attribués à Robert Boyvin permettent de dire que ce dernier a probablement été formé au sein de l'atelier du Maître de l'Échevinage de Rouen, le plus important enlumineur rouennais du milieu du xve siècle. "(Wikipedia)
Je ne peux accéder à la généalogie de ces Boyvin seigneurs de Bonneville à l'époque qui nous concerne, ce qui ne me permet pas d'élucider les alliances des écus mi-parti.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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Inscription de restauration dans un écu.
Texte : "Cette verrière a été restaurée et complétée à l'aide des deniers de M. B.L [Bernard Leduc] pour lors membre de la fabrique de S. Vincent. 1869."
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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Lancette D : armoiries des Boyvin et alliance.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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4. Prédication de saint Pierre.
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Depuis une chaire de l'intérieure d'un édifice d'inspiration romaine, et à galerie, saint Pierre expose ses arguments à quatre hommes en tenue de riches bourgeois de Rouen(verre rouge gravée d'une toque et d'une aumônière).
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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Dans les galeries de l'édifice (dont on aimerait que les érudits rouennais recherchent des modèles dans les hôtels particuliers ou autres construction Renaissance), des personnages apparaissent aux rampes des balustrades à colonnes, tandis qu'une niche contient une statuette.
Une femme, à sa fenêtre, réalise un tableau charmant, très vivant par son impromptu, mais réservé aux curieux armés de jumelles.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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Dans la partie inférieure est peinte une scène qui semble un peu étrangère à la scène principale, dans laquelle une femme, assise contre la chaire, tient un enfant qui regarde vers le haut, ou qui est aveugle. Il tend le bras gauche vers un personnage accroupi, peut-être un artisan, qui sort d'un panier en osier au couvercle rabattu une planchette indistincte, peut-être un jouet.
Les bandes jaunes des manches et le galon de l'encolure sont gravés sur le verre rouge, et peints au jaune d'argent.
Comment sont faites les bandes jaunes et noires du plastron de l'enfant ?
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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5. Miracles opérés par saint Pierre.
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Le peintre semble décidé à nous présenter, à travers Pierre, une part du catalogue des gestes décrits dans le De institutione oratoria (De l’institution oratoire) de Quintilien.
— Catherine VERMOREL, « De la rhétorique au geste : l’actio dans le portrait peint de la Renaissance italienne », Laboratoire italien [En ligne], 25 | 2020, mis en ligne le 14 décembre 2020, consulté le 10 février 2022. URL : http://journals.openedition.org/laboratoireitalien/5357 ; DOI : https://doi.org/10.4000/laboratoireitalien.5357
Car le geste qu'il adopte à l'égard des scrofuleux, des paralytiques tenant leur béquille, d'un aveugle à la longue canne, et d'autres encore, n'est pas exactement un geste de bénédiction.
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Les prouesses techniques et les détails à découvrir abondent :
-verre rouge gravé de la culotte "à crevés" (dont la mode débute) et de la bourse du mendiant, ou du bol rouge à reflets du paralytique.
-verre rouge ponceau de la masse de feuillage s'éclaircissant en périphérie en rose.
-verre bleu gravé du buisson aux dégradés de verts et de bleu.
-feuilles rondes bourgeonnants autour des plombs.
-façade gothique vieux rose, et sa fenêtre où paraît un vieillard (??)
-scène d'extérieur en jaune d'argent dans laquelle un homme barbu court en portant sur ses épaules un homme handicapé, devant un pauvre homme s'aidant de deux béquilles d'aisselles,
-architecture civile, etc.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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6. Remise des clés à saint Pierre.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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7. Apparition du Christ à saint Pierre.
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Tête de saint Pierre restituée.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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Le fond bleu nous réserve encore une vue architecturée, une "fabrique", en ruine ou en construction, devant laquelle passe, une main sur la hanche et s'appuyant à un long bâton, un homme. Mon imagination, que ces détails enchantent, y voit un soudard, un soldat barbu, casqué et éreinté.
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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.
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LE TYMPAN (DUHAMEL-MARETTE, 1869).
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Saint Pierre marchant sur les flots.
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Ange présentant les clefs emblématiques.
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Résurrection de Tabitha.
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Crucifiement de Saint Pierre .
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Rencontre du Christ et de saint Pierre.
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Saint Pierre délivré de prison par un ange.
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Ange tenant un cartouche : PASCE AVES MEOS (Jn 15:17 Pais mes brebis).
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Ange tenant un livre.
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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Saint Pierre dans une gloire entouré d'anges.
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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.
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SOURCES ET LIENS.
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— BLONDEAU (Caroline), "L'escu de voirre", le vitrail à Rouen 1450-1530
— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001, Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum -p. 399-411, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2001 (ISBN 2-85822-314-9) ; p. 495
— DAVID (Véronique), 2004, Rouen, église Sainte-Jeanne d'Arc : les verrières, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, coll. « Itinéraires du patrimoine », 16 p. (ISBN 2-910316-03-3)
— DELSALLE (L.), 1998, "A St-Vincent de Rouen, vitrail dit des Œuvres de Miséricorde", Bull. CDA, 1998, p. 119-130.
— LAFOND (Jean), 1958, "Les vitraux de l'église St-Vincent et l'aménagement du Vieux-Marché", Bull. AMR, 1958-1970, p. 147-167.
— LAFOND (Jean), 1908, "Un vitrail de Engrand Leprince à l'église Saint-Vincent", Bull. AMR, 1908, p. 22, 23, 157-167.
— LANGLOIS (E.H), 1832, Essai historique et descriptif sur la peinture sur verre, Rouen, page 67-68.
—LAQUERRIERE (E. De) 1843, Eglise Saint-Vincent de Rouen, les vitraux, Revue de Rouen et de Normandie vol.11 page 359.
— PERROT (Françoise ) 1995, Vitraux retrouvés de Saint-Vincent de Rouen, Catalogue d'exposition Musée des Beaux-arts, Rouen, 190 p.
— PERROT (Françoise ), « Les vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent remontés place du Vieux-Marché » , Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1979, p. 49-98
— PROUIN (Norbert), PRÉAUX (André), JARDIN (Anne), 1983, Rouen place du Vieux-Marché, L'Église Jeanne-d'Arc et ses vitraux, Charles Corlet, 36 p.
— RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie, entre Renaissance et Réforme (1517-1596), Presses universitaires de Rennes, coll. Corpus Vitrearum .
—RIVIALE (Laurence), 2003, « Les verrières de l’église Saint-Vincent de Rouen remontées à Sainte-Jeanne d’Arc », Congrès archéologique de France, 161e session, 2003, Rouen et Pays de Caux, Paris, Société archéologique de France, 2006, p. 262-268.
Cette plaque gravée est vissée (au moins depuis 2011) sur le mur à la gauche de l'enfeu nord et du gisant du couple de Saint-Alouarn. Elle était auparavant conservée au presbytère, selon Pérennès (1941) cité par C. Jouin.
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J'emprunterai à René Couffon son relevé :
"Une plaque de cuivre, frappée des armes de Guengat, porte l'inscription :"Nous, haut et puissant Messire Charles, Joseph François Quemper, chevalier, Seigneur de Lanascol, de Guengat et autres lieux, permettons au général de la paroisse de Guengat de baisser notre tombe, existant au milieu du choeur de l'église de Guengat, à la hauteur de deux pieds et demi, et de la mettre au ras du pavé. Mais la pierre supérieure sera mise en même état au niveau des autres pierres du dit pavé, nous réservant la faculté de la rétablir à notre volonté à la hauteur où elle est aujourd'hui. A Lanascol, le 4 juillet mil sept cent quatre vingt un. Charles Quemper comte de Lanascol, Hamon recteur, Louboutin curé, Alain Le Garz fabrique."
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Il faut compléter cette description en précisant que les armes des Guengat, d'azur à trois mains dextres appaumées d'argent en pal 2.1, sont timbrées de la couronne de marquis et ornées de lambrequins principalement végétaux.
Ni Diverrès en 1891 ni Abgrall en 1906 n'en font mention.
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Elle pose à mon sens trois petites énigmes aux curieux.
1°) Pour quelles raisons ce sont les armes des premiers seigneurs prééminenciers de l'église, la famille de Guengat, qui figurent ici, et non celles des Quemper de Lanascol, d'argent au léopard de sable à trois coquilles de même en chef ?
2°) Qui est ce "Messire Charles, Joseph François Quemper, chevalier, Seigneur de Lanascol, de Guengat et autres lieux" ?
A priori, la réponse est facile, mais à condition de bien vouloir modifier les prénoms et y substituer Charles Claude Yves Joseph Quemper, chevalier , comte de Lanascol, lieutenant des maréchaux de France, colonel de la maréchaussée, grand voyer de Bretagne, né le 11 juillet 1723 à Keraudy, Ploumiliau, Côtes d'Armor et décédé le 4 novembre 1781 au château de Lanascol, même lieu.
La plaque datée de juillet 1781 précède de peu celle du décès du comte.
Il est le fils d'Yves Joseph Jacques Quemper, chevalier , seigneur de Lanascol, et de Marie Marquise de Cleuz.
Et c'est le père de Jacques Yves Joseph Marie, seigneur marquis de Lanascol, dont le nom apparait sur la cloche de 1773.
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3°) Pour quelle raison ce seigneur accepte-t-il d'abaisser la pierre tombale familiale, dont nous apprenons l'existence par cette inscription, et qui était placée au milieu du chœur, surélevée de 75 centimètres, pour la placer au ras du sol ? Pour des raisons pratiques qui s'imposent par leurs nécessités ? Par un nouvel équilibre des prétentions des trois Etats ?
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Les co-signataires :
— Le recteur HAMON est déjà en poste en 1773, puisque son nom apparaît sur la cloche ; son curé (vicaire) est alors un certain Kerlen.
— Le curé est Nicolas Louboutin, sur lequel les archives rapportées par Christian Jouin apporte de nombreuses informations. C. Jouin indique qu'il est né à Guengat le 1er mai 1754, qualifié de prêtre le 24 octobre 1778, et qui signe un baptême dès le 13 mars 1783. Il prêta serment, puis se rétracta en 1791 en même temps que son recteur Le Gorgeu. "Mais il se refusa à émigrer. Il resta sur le terrain, cinq années (de 1792 à 1797) durant, caché, exerçant un ministère clandestin". (C. Jouin)
— Alain Le Garz est sans doute celui que mentionnent les généalogistes : né le 2 septembre 1735 à Langolen (29), et marié le 5 février 1760 à Kerfeuteun avec Jeanne Thomas, il est décédé le 13 mars 1787 à Crinquellic, Guengat. Mais les généalogies sont confuses :
Les sculptures extérieures des façades sud et ouest de l'église de Guengat. Les gargouilles, et crossettes (granite, XVIe siècle). Les inscriptions (1557 et 1706). Les cloches (1773 et 1872).
— Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère (ou de Bretagne) destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :
L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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LES TROIS GARGOUILLES.
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Rappel : les gargouilles servent à l'évacuation des eaux pluviales afin qu'elles ne ruissellent pas sur les murs ou qu'elles ne favorisent l'humidité des fondations. Elles diffèrent donc par leur fonction des crossettes, pierres d'amortissement à l'union du toit et des murs.
Dans son Dictionnaire raisonné, Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc a consacré à la gargouille (ou « gargolle, guivre, canon, lanceur ») une notice détaillée et illustrée. « Beaucoup de ces gargouilles sont des chefs-d’œuvre de sculpture ; c’est tout un monde d’animaux et de personnages composés avec une grande énergie, vivants, taillés hardiment par des mains énergiques et sûres. Ces êtres s’attachent étroitement aux larmiers, se soudent à l’architecture et donnent aux silhouettes des édifices un caractère particulier, marquant leurs points saillants, accusant les têtes des contre-forts, faisant valoir les lignes verticales » (Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, Paris, A. Morel, 1868, tome VI p. 22).
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1°) Un dragon ailé.
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La gargouille est creusée ici en canalisation sur sa face supérieure, et elle reçoit les eaux pluviales par un trou du mur, communiquant avec les toitures des deux premières chapelles, puisqu'elle est placée au dessus du contrefort séparant les deux pignons.
Le motif du dragon (ou animal fantastique ailé) des gargouilles est certainement le plus courant.
Date-t-elle de la construction initiale (XVIe) ou de la restauration de 1706 ?
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Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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Deux écuyers jumeaux enlacés.
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C'est l'un des éléments sculptés les plus remarquables de cette façade, par son originalité.
La situation au dessus d'un contrefort séparant le pignon de la première chapelle de celui du porche et de sa chambre d'archives, est semblable à celle de la gargouille précédente, mais est plus élevée.
Une canalisation rectangulaire (recevant les eaux par un orifice du mur) est soutenue par deux personnages identiques. Ils évoquent les écuyers armés d'une épée et allongés horizontalement avec une jambe fléchie qui se retrouvent (mais sans ce doublement gémellaire) sur nos édifices en tant que crossettes, à Landerneau, Plougourvest, Notre-Dame-de-Berven, Le Tréhou, Locmélar et Saint-Servais.
Ils évoquent aussi les "acrobates" qui ont la même posture, mais tenant sa cheville empoignée, à La Martyre, en "acrobate lubrique" (Dirinon, Confort-Meilars, chapelle Saint-Nicodème de Ploéven, Doyenné du Folgoët) et en "acrobate-buveur" à Pontivy ou Roscoff.
Leur coude extérieur est fléchi, et je ne parviens pas à préciser si la main tient la poigne d'une épée ou d'une dague.
Ils n'ont d'autre coiffure que leurs cheveux mi-longs, mais sont vêtus d'un pourpoint dont l'encolure à larges rabats est bien visible.
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Le plus surprenant n'apparait que pour le visiteur qui se place juste en dessous et observe la face inférieure de la gargouille. On découvre que leurs bras (gauche pour celui de gauche et droit pour celui de droite) se croisent si bien que les mains se retrouvent au niveau de la ceinture ... ou un peu en dessous. Cet enlacement est-il d'ordre érotique ?
L'iconothème des jumeaux est présent sur les édifices de Bretagne, mais il n'y est pas fréquent. Pourtant, à l'intérieur même de l'église de Guengat, deux masques jumeaux sont sculptés en bois comme blochet de la chapelle Saint-Michel. Faut-il rappeler l'ancienneté du mythème des jumeaux divins cavaliers proto-indo-européens et la présence des Dioscures Castor et Pollux? J'avais trouvé dans le duo des saints Côme et Damien, duo presque jamais séparé en iconographie bretonne, un premier début de réflexion sur ce sujet.
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Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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3°) Une gargouille anthropomorphe lubrique. Pignon ouest.
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Le thème érotique est ici incontestable. Un homme nu (?) porte un doigt de la main gauche au coin de sa bouche, tandis que sa main droite est placée dans l'entrejambe ; le sexe n'est pas visible.
Les exemples identiques sont fréquents, à Brasparts notamment. Et d'une manière générale, les gargouilles sont souvent inconvenantes, ce qui assure un fond de commerce à de nombreux auteurs sûrs de trouver leur public.
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Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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LES CROSSETTES : TROIS LIONS.
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Les "lions de crossettes", comme je les nomme, sont légions en Bretagne, et particulièrement en Basse-Bretagne. Ils tiennent parfois un petit être, une "âme" entre leurs pattes ou dans leur gueules.
Ici, l'un tient un écu qui portait peut-être jadis les armes de Guengat.
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1. Lion de l'angle sud-est.
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Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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2. Lion de la façade sud.
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En dessous de l'extrémité des gables des pignons du porche et de la première chapelle, au dessus des écuyers jumeaux.
Le lion semble tenir quelque chose entre les pattes.
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Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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3. Lion tenant un écu.
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On peut penser que cet écu (comme celui placé au faîte du pignon de la chapelle Saint-Michel) portait les armes des seigneurs de Guengat, comme s'en réclame Jacques de Kergorlay dans son aveu de 1681.
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Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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L'inscription de l'ossuaire.
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1557 RESPICE FINEM.
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https://www.guengat.com/8/eglise02.html
Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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L'inscription du pignon de la troisième lucarne, correspondant à la chapelle du Rosaire (1706) .
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1. Sur la première pierre , sur trois lignes en réserve dans un cartouche à cupule latérale :
V : ET : D : MI :
I : LHOSTIS :
RECTEVR
soit : "« Vénérable et Discret Messire Jean LHOSTIS, recteur"
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2. Sur la pierre rectangulaire placée dans le prolongement, et également sur trois lignes en réserve dans un cartouche à cupule latérale :
V : MI : M : QVEMENER : C
UR : MI : F : IVZEAV : P :
G : LIZEN : F : LAN : 1706
Soit :
Ce qui signifierait : « Vénérable Messire M. QUÉMÉNER, curé ; Messire F. JUZEAU, prêtre - G. LIZEN, fabrique - l'an 1706 » .
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J'ai modifié le relevé (la "leçon") donnée par les auteurs précédents.
Comme l'indique C. Jouin, cette année là, au cours d'un orage, le clocher s'effondra, endommageant fort le bas-côté sud. Une inscription, sur le pignon de la chapelle du Rosaire, rappelle les travaux de restauration qui durent y être effectués .
a) Le recteur Jean L'Hostis n'a pu être clairement identifié ; On mentionne un Jan L'Hostis, prêtre, décédé à 45 ans à Plounéaour-Trez en 1710.
b) Ma lecture de l'initiale du prénom du curé, M, est fiable. La famille QUEMENER est bien attestée à Guengat,ais je ne trouve aucun Michel (par exemple) QUEMENER à Guengat à cette époque sur Geneanet.
c) La famille LUZEAU est bien attestée à Guengat, et les généalogistes signalent François LUZEAU né en 1675 à Guengat :
d) Le membre de la fabrique Guillaume LIZEN est parfaitement cerné par le forum CGF : il réside sans doute à Keranmarrec, Guengat, il est né de Yvon et de Adelice KERLEGAN, a été baptisé le 18 juillet 1660 à Plogonnec (paroisse voisine de Guengat), est mentionné comme parrain en 1697 et comme témoin de décès en 1705 ou de mariage en 1710, ou du décès de son beau-père en 1719. Il a épousé Marin (Marie) ROLLAND de Guengat le 9 février 1706 au Juch, et est décédé à Guengat, village de Keramarec.*
Il est mentionné sous le nom de Guillaume Le LIGEN, décédé en 1719, marié avec Marie ROLLAND (1664-1708), dont un fils Jean marié en 1711 avec Catherine LE MOENNER
Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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LES CLOCHES (1773 et 1872).
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Leur inscriptions ont été fidèlement relevées par Diverrès en 1871 et Pérennès en 1941 puis plus complètement par C. Jouin. Je complète ces informations par des photographies de la partie visible depuis l'ouest. Cela permet d'en préciser le décor et notamment les médaillons.
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Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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1. La petite cloche de 1773.
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La date la fait appartenir à la liste assez restreinte des cloches du Finistère qui ont échappé aux ordres de faire fondre les cloches lors de la Révolution. Elle est donc fort précieuse.
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Elle porte, selon les auteurs, l'inscription sur les deux lignes supérieures :
« F. PAR JACQUES Y. L. M. QUIMPER. 1773. C. DE LANASCOUET. LOUIS CADIC. ALÉNO DE SAINT-ALOUARN. M. HAMON. RECTEUR. P. KERLEN. CURE »
(B.S.A.F. : 1890 - p. 284 ; DIVERRÈS (H.) : Monographie de la commune de Guengat - B.S.A.F. 1891 )
Je lis pour ma part (il faut débuter les lignes par la petite main à l'index tendu) :
LAN 1773 J'AI ETE NOMMEE PAR IACQUES --------
HAMON RRE ------------------------- ALENO DE ST ALOUARN
Et sur la ligne inférieure :
J.FS GUILLAUME F.
Soit : L'an 1773, j'ai été nommée par Jacques L. Y. M. QUIMPER DE LANASCOL, Marie-Sophie ALÉNO DE SAINT-ALOUARN, HAMON : Recteur, KLEN : Curé, Louis CADIC, Jean QUÉAU : Fabriques, J. Fs Guillaume F.(fondeur)" ( in PÉRENNES (H., Chanoine) : Guengat - Rennes, 1941)
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Il est mentionné dans les registres : « 29/VIII/1773 a été bénite la deuxième cloche nommée Marie-Renée-Sophie-Jacquette, par Monsieur Jacques QUIMPER DE LANASCOL, représenté par Monsieur DE KERGADIO, et par Sophie ALÉNO DE SAINT-ALOUARN, qui ont signé. Ont signé en outre : Alain DE ROSMADEC, BARBIER DE LESCOET (*), de Reymond NOEL DE CARNE, J. LE GALL, recteur de Plonéis » " (C. Jouin)
(*)BARBIER : Seigneur de Lanarnuz (en Tréflez), Marquis de Kerjan en 1618 (en Saint-Vougay), Seigneur de Lanorgant (en Plouvorn), de Nernaou et de Quilimadec (en Ploudaniel), de Landouzan (au Drénec), Vicomte de Trouzilit (en Plouguin), Châtelain de Lescoët en 1656 (en Lesneven), Seigneur de Mezarnou (en Plounéventer), de Kerc'hoënt (en Minihy), de Rodalvez (en Languengar), de Kernatoux (en Ploudalmézeau), du Lescoat (en Lanarvily), de Kergoff et de Tromelin (en Kernouëz), de Kerhuon, de Kerannou, de Lesquiffiou (en Pleyber-Christ), de Kerally, de la Fontaine-Blanche, de Coëtmenec'h (en Plouider). In POTIER DE COURCY (DE) (Pol) : Nobiliaire et armorial de Bretagne - t. I. - p. 39 )
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Le fondeur "J. FS GUILLAUME".
Il s'agit sans doute de :
Jean-François GUILLAUME, Fondeur à Morlaix. Il fit, entre autres, en 1769, une cloche à Kersaint-Plabennec, en 1772, une cloche pour les Etats de Bretagne réunis à Morlaix, et une cloche pour Saint-Thégonnec ; en 1775, une cloche pour Locmaria-Plouzané, une pour Le Ponthou .. et une pour Plogastel-Saint-Germain (J.F. MA FAIT) ; en 1776; une pour Treflez ; en 1777, une pour Guilers Brest et une pour Milizac ; en 1778, une pour Plouézoch et une pour Kergloff ; en 1779, une cloche pour Saint-Mathieu ; en 1783, une pour Saint-Houardon de Landerneau ; en 1784, une :pour Le Ponthou ; en 1785, une pour Saint-Servais ; en 1791, une pour Saint-Jean-du-Doigt.
Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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Le médaillon armorié.
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Malgré le téléobjectif, il est difficile d'en avoir une image parfaite, mais néanmoins, nous avons la certitude que ce médaillon est surmonté d'une couronne de marquis (fleurons et perles), et que les meubles sont assez effacés pour qu'on ne distingue que deux ou trois traits horizontaux non alignés.
Ces armes ne peuvent se rapporter qu'aux familles citées sur la cloche:
— QUEMPER DE LANASCOL : D'argent, au léopard de sable, acc. de trois coquilles du même, rangées en chef
Jacques Yves Joseph Marie Quemper , chevalier marquis de Lanascol, est né en 1759 à Keraudy, Côtes d''Armor, et décédé en 1813 à Guingamp. Il émigra en 1791, combattit la France en 1792 dans les armées des princes et revint en France en 1801. Il épousa en 183 Marie Françoise Julie de la Boessière, d'où huit enfants.
— ALÉNO DE SAINT-ALOUARN : D'argent à trois hures de sanglier de sable, arrachées de gueules
https://man8rove.com/fr/blason/17xx7h2-alleno
Marie-Renée Sophie Aléno de Saint-Alouarn, fille de Louis, et de Marie Drouallen, est née à Quimper en 1763 et décédée en 1849. Elle épousa en 1791 François Pierre Marie Le Veyer.
Et moins probablement aux familles suivantes, citées dans les archives :
—DE KERGADIO (représentant de Jacques de Lanascol) : D'argent au lion morné de sable, accompagné de trois molettes de même.
—DE ROSMADEC, palé d'argent et d'azur
https://man8rove.com/fr/blason/cwcqm22-rosmadec
—BARBIER DE LESCOET : d'argent à deux fasces de sable.
DE CARNE, d'or à deux fasces de gueules.
https://man8rove.com/fr/blason/rgqxb13-carne
.La seule figure compatible serait celle des armoiries de la marraine, Sophie Aléno de Saint-Alouarn (Quimper 1763-Saint-Pol-de-Léon 1849, les trois traits horizontaux étant alors les bases des hures de sanglier.
Néanmoins la couronne de marquis impose le choix du parrain, Jacques-Yves-Joseph-Marie DE QUEMPER, IIème du nom, marquis, de Lanascol et du Guérand, seigneur de Kerhallin, de la châtellenie de Lanascol, de la Lande, de Ploumilliau, de Guengat et Lezarcoet, du Gage, du Cleux, de Chemillé, de Kermartin et de beaucoup d'autres lieux dont l'énumération serait trop longue, fils du précédent, naquit le 25 septembre 1759, et épousa, le 28 avril 1783, Marie-Marguerite-Françoise-Julie de la Boessière, fille de Bertrand-Pierre-Marie, IIIème du nom, marquis de la Boessière, seigneur de Lennuic, etc. et de Marie-Jeanne de Tavignon, dont les armes sont : de sable, au sautoir d'or.
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Un indice que j'ai omis de remarquer jusqu'alors est que ce blason est un losange, c'est un blason féminin.
Ce ne peut être celui de l'épouse de Jacques Quemper de Lanascol, car celui-ci se maria en 1783. Ni celui de sa mère, décédée en 1749.
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Enfin, il est intéressant de rapprocher ce motif héraldique de celui que porte une plaque en cuivre datée du 4 juillet 1781 et portant le nom de "Charles Joseph François Quemper, chevalier seigneur comte de Lanascol de Guengat et autres lieux", personnage que les généalogistes ignorent, du moins dans cette séquence de prénom. Les armes sont celles de Guengat et la couronne est celle de marquis.
Les trois marques verticales des armes de la cloche pourraient être compatibles avec la base des paumes.
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Photo lavieb-aile 2022.
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La mise en ligne des descriptions des cloches du Finistère est très incomplète, et éparpillée sur de très nombreux sites. Dans le meilleur des cas, on trouve le relevé (plus ou moins fidèle) des inscriptions, mais bien plus rarement la description, pourtant très précieuse, des médaillons et des décors.
La documentation photographique est encore plus souvent absente.
Je ne peux me baser que sur mon expérience pour indiquer que ce médaillon armorié est un cas unique, sauf à y ajouter les armoiries abbatiales de Landévennec sur la cloche de l'église de cette paroisse.
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Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.
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2. La grande cloche de 1872.
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Selon Christian Jouin :
"Réparée en 1866, car elle était fêlée, il fallut cependant la refondre en 1872, pour 480,62 francs ( Délibérations du conseil de fabrique - A.D.F. - V. Dépôt Guengat 1. ). Il fut même question de la remplacer (« Achat d'une cloche pour la tour en place de celle qui est fêlée » : (Budget et comptes de fabrique (1860-1879) - A.D.F. - V Dépôt Guengat 3 )). Cette cloche porte les inscriptions suivantes (H. Pérennes PÉRENNES 1941) :
Parrain : Jean-Louis NIHOUARN
Marraine : Marie-Catherine PHILIPPE
Recteur : Jean ROHOU
Maire : Jacques PLOUZENNEC
1872
Jean : Fondeur à Quimper."
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a) Le début des trois lignes supérieures est indiqué par une main tenant une couronne, et tournée vers la droite.
Première ligne :PARRAIN JEAN-[LOUIS NIHOUARN ]----------[PLOUZENNEC] JACQUES MAIRE 1872
Les autres lignes ne sont pas visibles du coté ouest.
b) La ligne inférieur montre bien JEAN FONDEUR / A QUIMPER, de part et d'autre d'un crucifix.
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Jean, fondeur à Quimper, est le nom du fondeur de cloches, comme l'atteste un moulage en plâtre d'une marque d'une cloche de Morlaix fondue en 1862.
L'église de Trégarvan, toute proche, possède deux cloches de Jean Fondeur, l'une de 1859 et l'autre nommée Marie Joseph Anna, de 1880.
"En 1706, la chute du clocher causa de graves dégâts, notamment aux pignons des chapelles sud dont les fenestrages furent brisés - d'où leurs réseaux simplifiés. L'inscription de l'aile sud se rapporte aux travaux de restauration : "V. ET. D. MI. LHOSTIS. RECTEVR. / V. M. QVEMENER. C. Y. M. F. IVZEAV / P. G. LIZEN. F. L. AN. 1706.". Le clocher ne fut reconstruit qu'en 1892 par le spécialiste Le Naour sur les plans du chanoine Abgrall ; galerie à balustrade classique, chambre de cloches et flèche octogonale à crochets. Le porche est voûté sur ogives avec liernes. Les arcs s'appuient sur des colonnettes couronnées de petits chapiteaux, mais dont le profil est prismatique. Il est surmonté d'une chambre d'archives A l'ouest du porche et accolé également à la façade ouest, est un ossuaire surmonté d'une chambre à laquelle on accède par un escalier extérieur. Il porte la date de 1557 et l'inscription : "RESPICE FINEM". Deux baies jumelées avec accolades simplement moulurées s'ouvrent sur sa face sud ; il porte à la base une plinthe à talon bien moulurée. Vue de l'ouest, l'église paraît être à trois nefs; le comble ne pouvait couvrir sous deux rampants continus le vaisseau élargi. Des arcs en accolade couronnent les cintres brisés des fenêtres du chevet et de la chapelle sud.
Cloche datée "LAN 1773... J Fs. GVILLAVME. F.". - L'acte de baptême :" le 29 août a été bénite la 2ème cloche nommée Marie Renée Sophie Jacquette, parrain Jacques Quimper de Lanascol, représenté par M. de Kergadio et par Sophie Aleno de Saint-Alouarn qui ont signé. Ont signé en outre : Alain de Rosmadec, Barbier de Lescoët, de Raymond, Noël de Carné, J. Le Gall, recteur de Ploneis." La grosse cloche de 1872 de Jean, fondeur à Quimper, a remplacé une précédente de 1790."
"
— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)
—DIVERRÈS (Henri), 1891, "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).
— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.
https://www.guengat.com/
— KERGORLAY (Jacques de), 1681, Extrait de l'aveu de Jacques DE KERGORLAY :1681 : [AN P/1689] - Quimper (Finistère, France) - Terriers | 1678 - 1682 - Geneanet
« A cause de laquelle terre et Seigneurie de guengat cy devant déclarées ledit Seigneur déclarant est patron fondateur et le premier préminancier de l'églize parroissialle de guengat, laquelle parroisse a tousiours porte le nom de la Maison de guengat comme estants Véritablement les seigneurs patrons et fondateurs d'Icelle, ainsy qu'il Se Justiffie par la déclaration cy devant où l'on a employé plusieurs tenues Situées audit bourg appartenantes audit Seigneur déclarant, en laquelle Église parroissialle de guengat tant en la maistresse Vitre aux plus haults Soufflets tant en la Maistresse Vitre, qu'aux autres Vitres de ladite Église et chapelles d'Icelle, mesme en bosse et relief autour des murailles tant par dehors que au dedans en plusieurs endroicts et en la tour et clocher d'Icelle Sont les arbres timbrés et alliances de ladite Maison de guengat et dans le coeur & chanceau de ladite Église, au milieu proche le balustre du grand autel est Un tumbeau de pierre de taille Enlevé de terre d'Environ deux pieds et demy armoyé par dessus et à l'entour des Armes et timbres de ladite Maison de guengat, Lequel tumbeau est l'ancienne Sépulture et Enfeu prohibitif des Seigneurs de guengat proche duquel tumbeau du costé de l'Évangille est Un banc à queue et Accoudouers Aussy Armoyé des Armes de ladite Maison appartenant audit Seigneur déclarant lequel et Ses prédécesseurs Seigneurs de guengat Sont En droict et possession Immémorialle de faire mettre Une ceinture et Lizière avec leurs Armes tant par dedans que par dehors à l’entour d'Icelle Églize parrochialle de guengat à chaque décéds des Seigneurs de guengat"
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire, 2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.
—PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté
— WAQUET (Henry ), 1957, Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -
Contre la porte de la sacristie précédant la chapelle Saint-Roch au nord du chevet, un enfeu est occupé par un gisant.
En position symétrique du coté sud (chapelle Saint-Michel) se trouve un autre enfeu, vide, et dont, comme ici, l'accolade à crochets et fleurons s'appuie sur deux écus muets (sans doute martelé à la Révolution).
On attribue, en toute logique, ces enfeus (déverbal d'"enfouir") à chacune des principales familles de la paroisse, Guengat et Saint-Alouarn. Et selon l'Aveu de Jacques de Kergorlay, héritier des prééminences après le mariage de son père René avec Louise de Guengat, l'enfeu "du côté de l'évangile" donc au nord est celui des seigneurs de Guengat (cf. Sources).
Ce n'est qu'au XXe siècle que l'enfeu nord reçut le monument funéraire qu'on y trouve aujourd'hui, et que les armoiries attribuent à la famille de Saint-Alouarn.
Celui-ci est l'un des rares gisants doubles (couple) de Bretagne avec celui d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, un siècle auparavant.
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Les tribulations du gisant de Saint-Alouarn.
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Ce gisant proviendrait des ruines du manoir (?) de Saint-Alouarn à Guengat, lequel disposait d'une chapelle seigneuriale, et fut vendu à la Révolution après la fuite de la famille à Jersey.(H. Torchet )
Selon Christian Jouin, qui cite toutes ses sources, il fut placé ensuite dans la chapelle Lanascol (bas-côté nord), puis dans le cimetière jusqu'en 1881, puis dans l'ossuaire attenant à l'église juste avant le porche. Une photo de Jos Doaré datant de 1968 (site POP. Culture) le montre, posé au sol, sans soubassement, contre le mur d'un local qui est sans-doute l'ossuaire. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29000324. C'est donc vers le dernier quart du XXe siècle qu'il fut placé dans cet enfeu.
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Description.
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L'enfeu associe à l'accolade gothique à crochets et fleurons retombant sur deux écus martelés une pierre plus haute (réemploi ??) où deux anges portent un écu également muet.
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Le gisant est a priori celui de Jean de Saint-Alouarn et son épouse Marie de Trégain . On identifie clairement la famille par le griffon du blason placé entre les époux et qui renvoie aux armes d'azur au griffon d'argent de Saint-Alouarn. L'animal est dressé, toutes griffes dehors, ses ailes sont visibles ainsi qu'une queue hérissée de spicules.
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SanglierT — Travail personnel Wikipedia
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Entre les deux époux, deux anges ont placé ce blason parfaitement lisible. De l'autre main, ils caressent les cheveux des défunts, et nous incitent à observer ces coiffures du XVIe siècle. Mais le plus admirable est la robe de la défunte, très ajustée, aux plis réguliers ne débutant que sous le bassin, mais dont le pli médian remonte sous forme d'une tresse serpentine jusqu'à l'amorce des seins.
Jehan de Saint-Alouarn est en armure. La ceinture est décorée de cabochons losangiques. La cuirasse est recouverte d'un tabard frangé à l'extrémité basse. Le bras droit est en bonne partie brisé, tout comme la hanche droite. Le seigneur ne porte pas d'épée, mais c'est peut-être un poignard qui a été brisé sur la hanche.
Ses pieds sont posés sur un lion (ce qui est conforme à un usage répandu) tandis que ceux de son épouse reposent sur un chien, dans lequel on peux imaginer l'habituel lévrier malgré les destructions.
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Données biographiques.
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Pol Potier de Courcy indique :
Saint-Alouarn (de) : seigneur dudict lieu et de Kervéguen, paroisse de Guengat . Référence et montres de 1423 à 1536 pour la dite paroisse, évêché de Cornouaille. D'azur au griffon d'argent (Armorial de l'Arsenal). Fondue dans Alleno.
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Cette fusion avec Alleno date de 1550, par le mariage de Claudine , nièce de René de Saint-Alouarn (présent à la montre de 1536) avec Pierre Alléno de Kersalic, conseiller du roi au Présidial de Quimper.
Dans cette famille, on connaît Daniel et Guillaume (montre de 1356), Jean (capitaine de Concarneau en 1393, René (1420), Hervé (montre de 1426), Jean (1470), Prigent (fondateur d'une chapelle Notre-Dame de Guengat en 1502, maître d'hôtel de Claude de Rohan en 1488), René (montre de 1536) et Daniel ( dernier abbé de l'abbaye de Quimperlé à partir de 1521, décédé en 1553).
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Le couple Jehan de Saint-Alouarn et Marie Trégain.
-Leur promesse de mariage date du 28 novembre 1471. Le 28/11/1471 mariage d'Alain de Kerraoul avec Marie du Fou fille d'Hervé du Fou. (Le même jour : promesse de mariage de Jehan le fils âgé de moins de 14 ans d'Alain de Kerraoul de Sainct Alouarn avec Marie Tregayn la fille aînée de Jehan de Trégayn et Marie du Fou."
"Aveux de Kerraoul: Jean Trégain décédé avant 1471 époux de Marie du Fou ( qui se remariera avec Alain de Kerraoul)
D’ou Catherine de Trégain épouse d’Hervé Mazéas." et Marie épouse en 1479 Jan de Kerraoul de St Alouarn, né en 1558.
-Le manuscrit BnF 22318 indique page 172 que Marie Trégain est veuve en 1510 (évocation de Prigent de Saint-Alouarn contre Marie Trégain veuve de Jehan de Saint-Alouarn).
Le même manuscrit indique page 214 que Marie Trégain est encore vivante en 1517 ("1517, Marie Trégain contre Guillaume de Trégain son frère aîné sur la succession de leur père).
Elle est également vivante, sauf homonymie, en 1524 : id. page 723 : 1/X/24, Marie Trégain contre Guillaume Trégain.
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Datation.
-Selon les documents :
-La date la plus précoce serait celle du mariage : 1479
-La date plus probable, si le monument est commandé par la veuve, qui s'y fait figurer (ce n'est pas rare) est celle qui suit le décès de Jean de Saint-Alouarn : peu avant 1510
-La adte la plus probable est celle qui suit le décès de sa veuve : après 1524.
-Selon les armoiries : celles-ci ne donnent aucune précision en dehors de la désignation de la famille du défunt.
-Selon les costumes : ces informations sont à prendre avec précaution, les défunts se faisant représenter selon des conventions, dans leur âge et leurs atours idéaux. Néanmoins des spécialistes des armures, ou de l'habillement féminin, pourraient apporter d'utiles précisions.
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L'enfeu nord, et le gisant (granite, après 1524 ?) de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.
L'enfeu nord, dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.
L'enfeu nord dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.
L'enfeu nord, et le gisant (granite, après 1524 ?) de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.
Le gisant (granite, après 1524 ?) de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.
Le gisant (granite, après 1524 ?) de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.
Le gisant (granite, après 1524 ?) de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.
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Document : Musée départemental breton (non exposé) R. 2001.15.1 et 2.
Une pierre en deux morceaux est conservée au Musée. Sur la première moitié de la pierre, un écusson est sculpté représentant un animal ailé de profil à tête d'aigle et pattes de lion (griffon) . Un blason entier et un demi se trouvent sur la deuxième moitié.
"Catalogue du Musée Archéologique et du Musée des Anciens Costumes Bretons de la ville de Quimper" / SERRET (A.).- Quimper : éd.Société Archéologique du Finistère ; Quimper, imprimerie Cotonnec, 1901. p.109, n°19-24
"Bulletin de la Société Archéologique du Finistère", 1894, tome XX, Séances du 22 février et 26 avril 1894 : "une troisième pierre porte à chaque extrémité un écusson aux armes de Saint-Alouarn : d'azur au griffon d'argent."
Pierre aux armoiries des Saint-Alouarn - Fragment de pierre tombale. Granit, XVIe siècle.
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SOURCES ET LIENS.
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— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper
"Au bas, la nef latérale Nord s'élargit sur l'espace de trois travées, de manière à former une vaste chapelle, autrefois chapelle seigneuriale des Lanascol ou Quimper. On y trouvait une tombe de cette famille avec deux gisants, couchés côté à côte, qui représentent, selon M. Pol de Courcy (Bret. Cont.) Hervé de Saint-Alouarn et sa femme, vivant en 1426. Cette tombe est maintenant transportée dans l'ancien ossuaire, au bas du collatéral sud."
—CHUTO (Pierrick), 2010, Le manoir de Saint-Alouarn de 1792 à 1834 à Guengat en Basse-Bretagne.
"Le 30 mars 1792, un décret confisque les biens des ennemis de la Révolution. Le 27 juillet, un autre décret en ordonne la vente. La famille Aléno de Saint-Alouarn, propriétaire d’un immense domaine à Guengat, petite commune rurale à deux lieues environ de Quimper, émigre à Jersey. Depuis de nombreuses années, la famille ne séjournait que rarement au manoir. Le superbe hôtel de la rue Saint-Mathieu à Quimper et le manoir de La Villeneuve en Plomeur avaient ses préférences.
Deux jours de suite, ils parcourent les terres. Avant de quitter les lieux, ils entrent dans la salle au rez-de-chaussée de la maison de Saint-Alouarn, donnant à gauche de l’entrée et « aperçoivent au-dessus de la cheminée, les armes imprimées de morceaux de grappes blanches de la ci-devant noblesse ». François Morvan est chargé de monter sur une échelle et d’enlever les armes à l’aide d’un levier de fer. Il les a en garde jusqu’au moment où Laurent Ollivier se charge de les faire transporter par charrette à Quimper."
— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur les paroisses,...
— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.
https://www.guengat.com/
— KERGORLAY (Jacques de), 1681, Extrait de l'aveu de Jacques DE KERGORLAY :1681 : [AN P/1689] - Quimper (Finistère, France) - Terriers | 1678 - 1682 - Geneanet
« A cause de laquelle terre et Seigneurie de guengat cy devant déclarées ledit Seigneur déclarant est patron fondateur et le premier préminancier de l'églize parroissialle de guengat, laquelle parroisse a tousiours porte le nom de la Maison de guengat comme estants Véritablement les seigneurs patrons et fondateurs d'Icelle, ainsy qu'il Se Justiffie par la déclaration cy devant où l'on a employé plusieurs tenues Situées audit bourg appartenantes audit Seigneur déclarant, en laquelle Église parroissialle de guengat tant en la maistresse Vitre aux plus haults Soufflets tant en la Maistresse Vitre, qu'aux autres Vitres de ladite Église et chapelles d'Icelle, mesme en bosse et relief autour des murailles tant par dehors que au dedans en plusieurs endroicts et en la tour et clocher d'Icelle Sont les arbres timbrés et alliances de ladite Maison de guengat et dans le coeur & chanceau de ladite Église, au milieu proche le balustre du grand autel est Un tumbeau de pierre de taille Enlevé de terre d'Environ deux pieds et demy armoyé par dessus et à l'entour des Armes et timbres de ladite Maison de guengat, Lequel tumbeau est l'ancienne Sépulture et Enfeu prohibitif des Seigneurs de guengat proche duquel tumbeau du costé de l'Évangille est Un banc à queue et Accoudouers Aussy Armoyé des Armes de ladite Maison appartenant audit Seigneur déclarant lequel et Ses prédécesseurs Seigneurs de guengat Sont En droict et possession Immémorialle de faire mettre Une ceinture et Lizière avec leurs Armes tant par dedans que par dehors à l’entour d'Icelle Églize parrochialle de guengat à chaque décéds des Seigneurs de guengat"
—PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté
— Site Tout sur l'église : http://www.guengat.com/8/eglise07.html
— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm
http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise
— Bull. SAF 1968 ...sition de fonds qui appartenoit à la Maison de St Alloarn ) les armoiries de la Maison de Saint - Alouarn et le ... Et le soufflet du milieu au plus bas desdits soufflets a aussy un griffon des armes de Saint - Alouarn les autres vitrages estans de verres peints et en assez bon estat a l'exception de deux petits trous qu'il faut reparer , avons ..
— Daniel de Saint-Alouarn, dernier abbé régulier de l'abbaye de Quimperlé vers 1538, mort en 1553 :
Les vitraux armoriés (quatrième quart XVIe siècle ; XXe ; 1957) de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven lors d'une excursion de la Société archéologique du Finistère.
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Le 26 novembre 2021, les Journées d'études de la Société archéologique du Finistère, menées par le président Yves Coativy, ont débuté par une visite du four à pain et de l'enclos mégalithique de Kerambris à Névez, et se sont poursuivies par une visite du Musée de Pont-Aven, où Daniel Le Feuvre, qui venait de publier dans le dernier bulletin de l'association une étude très approfondie des œuvres du peintre André Joly (1882-1969), a enrichi de ses commentaires la présentation de la médiatrice.
Le soleil était déjà couché lorsque nous terminâmes la journée par la découverte, incontournable, de la chapelle de Trémalo. Nous y admirâmes, bien sûr, et à nouveau sous la guidance de Daniel Le Feuvre, le Christ Jaune qui a donné à la chapelle sa renommée internationale. Mais pas que.
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PRÉSENTATION.
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La chapelle, qui est privée, a été restaurée en 1755, par Jean-Baptiste Mahé, recteur de Nizon, et en 1957 à l'initiative du propriétaire du Plessis, le vicomte Patrice de la Villemarqué de Cornouaille. Après lui, son fils Xavier a présidé l’Association pour la sauvegarde de la chapelle de Trémalo, laquelle a, en 2009, fait procéder au drainage, au rejointoiement des maçonneries de la façade est, de la voûte de la porte sud et de l’escalier du clocher.
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L’intérieur de la chapelle est composé d’une nef et de deux bas-côtés. Il est divisé en six travées soulignées par des arcades gothiques. Les poutres sont sculptées d'engoûlants et et les sablières de figures humaines et animales. Un (et peut-être deux) motifs héraldiques y sont présents.
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La maîtresse-vitre comportait jadis un Arbre de Jessé, déjà absent lors de la visite du chanoine Pérennès en 1938 . Le tympan lui-même ne conservait que quelques pièces anciennes, la seule intacte étant une précieuse Messe de saint Grégoire, et il a été restauré et largement complété en 1957 par Etienne Scaviner, verrier de Pont-Aven.
La description qu'en donnent Françoise Gatouillat et Michel Hérold en 2005 pour le Corpus Vitrearum est brève, et ces auteurs n'avaient pas identifié les éléments héraldiques. Je m' appuierai néanmoins sur leur travail pour décrire les panneaux. Mais c'est Yves-Pascal Castel et Catherine Puget qui , en 2007, en ont décrypté les armoiries, sans doute aidée par le propriétaire de la chapelle dont le père avait commandité les panneaux récents en 1957. Leur notice est reprise en ligne sur le site municipal Pont-Aven Histoire et Patrimoine. Je me suis appuyé sur ces descriptions, non sans les vérifier et les commenter.
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Mais puisque ces verrières nous conduisent à une étude héraldique, il nous faut présenter les données connues sur l'histoire de la chapelle seigneuriale du manoir de Plessis en Nizon, et étudier les blasons sculptés à l'extérieur.
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HISTORIQUE (d'après T. Daniel et C. Puget, etc.).
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Étymologie.
— Plessis (Plessix) est la forme française de Quinquis.
Quinquis est un toponyme très fréquent, parfois sous la graphie kenkis, issu du moyen-breton kenkist "maison de plaisance" désignant à l'origine des maisons entourées d'une haie de branches entrelacées (on a rapproché le préfixe kenkis du radical gallois cainc- , "branche"). Le vieux français plesse avait un sens identique et a donné plessis, "entrelacement". Le toponyme s'applique souvent, en Bretagne, à d'anciennes mottes féodales ou castrales, dont le sommet est défendu par de fortes palissades. Pour F. Tournier, "Kenquiz, quenquis (plessis, clôture), équivalent de "haia" (enceinte faite de haies) peut dénoter aussi bien des enclosures à vocation agricole qu'à vocation défensive militaire." Mais la situation du manoir (cf. topologie) permet d'évoquer un site idéal pour une vocation défensive. Mon opinion se trouve confirmée dans un article de J. Le Goff-Ruiz 2011.
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—Trémalo.
"Du point de vue étymologique, la particule “Tré-” désigne, selon Bernard Tanguy, non une trève dépendant d’une paroisse, mais un village d’origine ancienne qui tirerait son nom d’un personnage, un certain Malo dont la silhouette se perd dans la nuit des temps. Paradoxalement, si un acte de 1653 donne à la chapelle le titre de “Notre-Dame de Saint-Malou, en laditte paroisse de Nizon”, aucune statue n’évoque ici le patron de la cité des corsaires. A moins que Malo étant bien loin, on lui ait, à une époque donnée, attribué le nom de Corentin, fondateur du diocèse de Cornouaille. Ce ne serait pas la seule fois qu’une statue ait été rebaptisée pour les besoins de la cause locale." (Castel et Puget)
Je note sur la carte IGN le toponyme Pontic-Malo ("petit pont Malo"), mais il doit être récent, n'est pas attesté sur les cartes antérieures, et doit se rattacher au nom de la chapelle qui le domine.
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Les seigneurs de Quinquis ou Quenquis/Plessis et le manoir de Plessis-Nizon.
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La seigneurie du Plessix à Nizon appartint successivement aux familles du Plessis, Feydau et Hersart de la Villemarqué.
"La Réformation de 1426 (pour 1427?) révèle, dans la paroisse de Nizon, l’existence des manoirs suivants : Le Quenquis ou Plessix ; Kerazret appartenant à Guillaume de la Rue Neuve ; Penboutou possédé par Yvon du Plessix ; Penisquin, à Pierre du Hautbois ; Penalen, à Jehan Penquelen. Celle de 1536 mentionne quelques autres manoirs, au nombre desquels figure celui de Rustéphan .
La réformation de 1427 sous le rapport de paroisse de Nizon mentionne "le manoir de Paubatoux (?), Yvon du Plessix, noble, et Jehan du Plessix, noble.
A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, est présent Maurice le Quinquis, représenté par Guillaume son fils, archer en brigandine ;
A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1536 qui s'est tenue à Quimper le 10 et 11 mai est présent Guillaume du Plessix, sieur dudit lieu, à deux chevaux et armé
A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Nizon apparait : François du Plessix, sieur du Plessix, présent, dict faire corselet suivant sa déclaration .
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"Plessix (du), en breton Quenquis (du), sieur dudit lieu, paroisse de Nizon, - de Missirien, paroisse de Kerfeunteun, - de Kerfrez [39], paroisse d’Ergué-Gabéric, - de Kerminihy et de Penbuel, paroisse d’Elliant, - de Kervidal, paroisse de Tourc’h.
Ancienne extraction., réf. 1669, huit générations, références et montres de 1426 à 1562. dites paroisses, évêché de Cornouaille.
D’argent au chêne de sinople englanté d’or ; au franc canton de gueules, chargé de deux haches d’armes adossées d’argent en pal.
-Yves, vivant en 1427, épouse Marie de la Villeblanche.
La branche aînée fondue en 1690 dans Feydeau, puis Hersart ; la branche de Missirien fondue dans Autret ; la dernière branche fondue dans la Marche.
Le sr de Kerhouaz, paroisse de Lesbin-Pontscorff, débouté à la Réformation de 1671.
Le sr de Penfrat, débouté au conseil en 1700.
Pol Potier de Courcy édition de 1895, tome II, page 397. Correction 2005" https://www.tudchentil.org/spip.php?article738
Remarque.
Les armoiries des Quenquis figurent sur la baie 107 de la cathédrale de Quimper où se voit un chanoine qui les porte. Il s'agit de Pierre de Quenquis :
Pierre de Quenquis fut reçu chanoine de la cathédrale le 20 janvier 1415. Il décéda en 1459, et son tombeau fut placé dans la chapelle Saint-Corentin ( depuis, chapelle Saint-Paul). Ses armes sont aussi sculptées sur l'un des deux écussons des clefs de voûte du bas-coté nord de la nef, et en deux écussons accolés, à la naissance de la voûte du porche du portail nord.
Généalogie (des aînés) de la famille du Plessix : https://www.tudchentil.org/spip.php?article583
Yves du Plessix x Amice de la Villebranche [Montre 1427]
Maurice x Clemence Kergoet [ décédés en 1502]
Guillaume I x Constance Kerjequel [Montre 1481. Lui ou son fils :Montre 1536]
Guillaume II x Marguerite du Rinquier du Poulguin (fille de Louis du Rinquier et Louise Didoueget). Ils fondent l'actuelle chapelle de Trémalo, datée de 1550.
François I x Marguerite Le Glas (décédée en 1582). [Montre 1562. Existe en 1568]
François II x Marie Du Moulin [mariage en 1574]
Nicolas x Hélène Guimarho [Existe en 1602 ; Marié en 1638 ]
Georges-Joseph (1640-1669) x Mauricette de Bouvans . [ Marié en 1659 ; Existe en 1659]. Ils ont une fille unique Anne du Plessix, héritière, épouse en 1690 Charles Feydeau de Saint-Remy, cf. infra.
Jacques du Plessix, frère de Georges, héritier du nom. [Existe en 1669]
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Généalogie des descendants : Feydeau et Hersart :
Marie-Anne du Plessix, fille et héritière de Georges du Plessix, x 1690 Charles Feydeau de Saint-Remy, chevalier de Malte.
Louis-Charles Feydeau (1732-1786) x Marie-Josèphe Briant Du Stang, d'où
Jean-Marie Feydeau de Vaugien, seigneur du Plessis Nizon, officier de marine, x 1774 Marie-Thérèse de Talhouët-Grationnaye.
De ce mariage naquirent huit enfants, dont le plus jeune fut Théodore-Claude-Henri, l’auteur du Barzaz Breiz ( Plessix-Nizon 1815 - 1895 manoir de Keransquer, près de Quimperlé). Le manoir du Plessix , la chapelle de Trémalo et le Bois d'Amour appartiennent encore à la famille de la Villemarqué. Mais la propriété passent à :
Roland Eleonore Marie Cyprien Armand (Quimperlé 1861-Kermaria Pont-Aven 1937 X Jeanne Marcetteau du Brem 1867-1958
Xavier de la Villemarqué de Cornouaille (-décédé au manoir de Plessis 19 septembre 2018)
Yann Hersart de la Villemarqué de Cornouaille
(sous réserve)
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Le manoir.
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Un article illustré de photos de J. Le Goff-Ruiz permet de le découvrir, avec un bâtiment rectangulaire de style classique bien éclairé par de nombreuses fenêtres et datant de la seconde moitié du XVIIe, et l'ancien manoir contemporain de la chapelle (1550), et "dont les pierres énormes servant de linteaux aux portes et fenêtres, toutes curieusement dissemblables, et où figurent quelques belles accolades" incitaient Bertrand Queinec (*) à évoquer "très facilement la réutilisation des matériaux d'un manoir primitif, peut-être victime d'un incendie". Une chapelle du début du XIXe siècle, des écuries et un puits ancien complètent cet ensemble.
(*) Bertrand QUEINEC, 1992, page 187
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Situation : topologie.
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L'examen des cartes est, comme toujours, très utile.
La carte IGN et la photo aérienne permettent de repérer la proximité du château (ancien manoir) et de la chapelle, reliés par une route traversant Quistilliau et Trémalo-Kerhuil en restant sur la crête. En effet, le château est à 67 m d'altitude, à la pointe d'un quadrilatère aux pentes abruptes, tracées par le cours de l'Aven et d'un ruisseau prenant sa source vers Kerhuil (étymologie non retrouvée). Et la chapelle est à la même altitude approximativement.
Cette situation en hauteur mais dominant directement un cours d'eau est évidemment très avantageuse sur le plan militaire et économique. Plus précisément, il permet l'établissement d'un moulin (associé aux droits seigneuriaux), "le moulin du Plessis", aujourd'hui démoli mais où un bief subsiste. Le zoom de la carte IGN en détaille l'implantation (le site Pont-Aven signale une installation de pisciculture ; cela rappelle que les seigneurs percevaient des droits sur la pêche). Ce n'est qu'un des nombreux moulins qui ont fait la prospérité de Pont-Aven.
Juste en face, un site symétrique porte le nom de Colline Sainte Marguerite, témoignant d'une ancienne chapelle et donc d'une sanctification de ces promontoires.
La situation de la chapelle est celle que je retrouve presque constamment : point haut, proximité d'une rivière, moulin. On peut l'expliquer par les avantages économiques et politiques, ou par la reprise d'anciens cultes, les deux ne s'excluant pas.
On peut observer la situation des ruines de Rustéphan, deuxième manoir de Nizon.
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La carte d'Etat-Major (1820-1866) rend plus visible, par le hachurage des pentes, les reliefs et l'hydrologie. La carte de Cassini dressée en 1783, permet de repérer tous les moulins indiqués par une petite roue dentée, d'examiner la modification du paysage, et de relever les toponymes (ici : Trémalo ?)
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Carte IGN Géoportail Remonterletemps.
Carte IGN et Etat-Major Géoportail Remonterletemps.
Carte de Cassini Gallica https://gallica.bnf.fr/html/und/cartes/france-en-cartes/la-carte-de-cassini?mode=desktop
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"L’édifice, situé sur les hauteurs qui dominent Pont-Aven (mais sur le territoire de la paroisse de Nizon), se trouve sur le chemin qui monte du bourg vers le manoir du Plessis-Nizon et, d’autre part, vers le hameau de Trémalo. On y accède par une longue allée de chênes et de châtaigniers, dans ce qu’on appelle localement le Bois d’amour, et la majesté de ce parcours contraste avec la simplicité de la chapelle, formant un ensemble réellement harmonieux.
Construite en 1550 (comme en témoigne une inscription au-dessus de la porte sud), elle est de fondation seigneuriale : le blason des du Plessis figure en plusieurs endroits de l’édifice : sur la façade ouest, sur la maîtresse-vitre, sur les sablières. Le style relève encore du gothique flamboyant, ce qui n’a rien d’étonnant dans cette région où la tradition médiévale persiste en même temps que pénètrent les nouveautés de la Renaissance.
Le plan est rectangulaire, orienté est-ouest. La longueur de l’édifice est de 24 m, la largeur de 13 m. À l’extérieur, les murs en granit sont soigneusement appareillés en pierre de taille ; le chevet plat comporte trois baies flamboyantes, celle de gauche étant murée ; la façade occidentale est d’une grande simplicité : une porte en anse de panier, quatre contreforts (deux droits de part et d’autre de la porte, et deux biais aux extrémités nord et sud), un blason sculpté au milieu de la façade, un petit clocher de type cornouaillais, à une seule cloche.
Du côté nord, une seule petite fenêtre passante, contrastant avec les ouvertures du côté sud : deux portes en anse de panier (l’une toute simple, l’autre surmontée d’une accolade et de pinacles latéraux), et quatre fenêtres (deux ouvertes dans le muret, deux passantes, la première du XVIe siècle avec son remplage d’origine, la seconde construite en 1755). L’ensemble est couvert d’une imposante toiture dissymétrique qui descend, au nord, jusqu’à hauteur d’homme." (T. Daniel)
D'après Castel et Puget citant Bertrand Quéinec I, 1992:
La chapelle était desservie par les prêtres de la paroisse de Nizon. La fabrique était tenue d'y célébrer deux messes, l'une à l'intention du seigneur de/u Plessis "le jour de Monsieur saint Marc", l'autre à l'intention du sieur Troguidic (un patronyme qui échappe à mes recherches) à la Saint Grégoire. Ces clauses n'ayant pas été respectée, il fallut une sentence de la cour royale de Concarneau en 1624 pour obliger la fabrique à reprendre ces célébrations à l'intention du sieur du Plessis à la Saint-Marc, et à l'intention du même sieur du Plessis, héritier des Troguidic, à la Saint Grégoire.
Trémalo fondée par la famille du Plessis est considérée par eux comme leur chapelle privée où sont célébrés les baptêmes de la famille, mais cette appropriation était contestée par Charles de la Roche-Rouxe, du manoir voisin de Penanroz, qui déclarait en 1653 "avoir le droit de faire figurer ses armoiries dans la maîtresse-vitre de Saint-Malou en la paroisse de Nizon, comme elles figuraient depuis longtemps dans l'église paroissiale."
C'est sans doute le même différend qui entraîna un affreux scandale le 11 septembre 1661, le jour du pardon, quand un groupe de cinq gentilhommes pénétra dans le sanctuaire avec à leur tête Alain de Guer, marquis de Pont-Callec, seigneur de la Porte-Neuve en Briec. Ce dernier bondit l'épée à la main dans le chœur pour attaquer le jeune Georges du Plessis, qui aurait manqué de respect au procureur fiscal du puissant marquis.
Tout le long du XVIIIe siècle les finances de la fabrique de Trémalo sont saines, et les revenus permettent un bon entretien de la chapelle.
Le 3 messidor an III (juin 1795), on procéda à la vente aux enchères des biens de la fabrique de Nizon, dont la chapelle de Trémalo, la chapelle Saint-André et la chapelle Saint-Maudez devenus biens nationaux. La chapelle de Trémalo, son petit placître au sud planté de trois chênes et de deux châtaigniers, ainsi que les matériaux en pierre de taille d'une croix écroulée, est adjugée pour 5320 livres au citoyen Pierre Caudan, riche cultivateur de Keramperchec et maire de Nizon. L'intention de ce dernier, dont deux de ses fils seront prêtres dont l'un vicaire à Nizon) est de rendre au culte la chapelle après les troubles. C'est après 1805 que la famille de la Villemarqué y effectue des travaux et édifie un nouveau calvaire en 1807.
Au cadastre de 1832, la chapelle est indiquée avec ses 300 m² de superficie comme propriété de la commune.
En 1852, Cyprien de la Villemarqué fait donation à la fabrique de "l'église succursale de Nizon" d'une rente annuelle pour la célébration des messes à Trémalo.
Le grand pardon était célébré à la Nativité de la Vierge le 8 septembre, et un autre avait lieu le dimanche le plus rapproché de la Sainte-Anne, le 26 juillet. Plus tard on institua une troisième célébration le 15 août, jour de l'Assomption.
Le 11 mai 1932, la chapelle est classée "monuments historiques".
Le groupe de Sainte-Anne, la statue de la Vierge et le Christ Jaune sont classés "monuments historiques" à titre d'objet le 16 août 1957.
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Je note sur la base Geneanet que Trémalo figure comme lieu de décès sur les actes paroissiaux dans la deuxième moitié du XVIIe siècle pour les familles Couric ou Gouric (Pierre Coric 1630-Trémalo1690), Le Calvez, Le Du, Le Deuff, Le Tallec, Quénéhervé.
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Le pignon ouest.
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Sur le pignon ouest, sous le clocher à gables aigus, pinacles et pointe à crochets, et au dessus de la porte cintrée flanquée de contreforts, un ange aux ailes éployées tient un blason des armoiries de la famille des Seigneurs Plessis Nizon, fondateurs de la chapelle. La pierre étant érodée, on devine les meubles (notamment le chêne) plus qu'on ne les distingue avec certitude.
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La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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La façade sud et sa porte flamboyante.
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L’élément architectural le plus intéressant est la porte sud en anse de panier, où l'ocre rouge qui rehaussait jadis les contours du panneau d'inscription a laissé quelques traces.
L'accolade à fleurs d'acanthes et fleuron s'appuie sur deux culots qui supportent des pinacles à fleurs ampulliformes et masques.
Deux blocs de pierre, de chaque coté du fleuron, sont sculptés d'inscriptions en réserve. Leur lecture est difficile, surtout pour un visiteur qui ne bénéficie pas des meilleurs conditions d'ensoleillement et de lumière rasante (chaque inscription, comme les personnages des horloges astronomiques, ne livre son message qu'à une heure et parfois une date bien précise et la réserve aux fidèles patients et persévérants). La première, à gauche, est en lettres gothiques sur deux lignes, et on y a lu :
ALAIN AUDREN
FABRIQUE DE CEANS
La seconde porte, sur une ligne, la date : LAN 1550. Numérotation en chiffre arabe.
La base Geneanet ne fournit aucune donnée sur ce nom AUDREN à Nizon ou Pont-Aven avant 1743, et encore moins avec ce prénom.
C'est la lecture la plus assurée. Citons d'autres leçons : GUILQUENQUIS 1558 (renvoyant à Guillaume de Quenquis), pour la notice de l'exposition Gauguin et le Christ Jaune du Musée d'Orsay et de Pont-Aven (Puget, 2000), ou bien LAN 1556 (pour René Couffon).
Néanmoins, Castel estime que sa lecture de 1550 est "claire".
"Le “fabrique”, paroissien en charge de l’édifice, assure les rentrées d’argent et pourvoit aux dépenses. On sait, mais par ailleurs, que le recteur de Nizon, est alors Jacques Le Vescoz . Pourvu de son poste en 1549, il s’y maintient jusqu’en 1580 (“Bulletin diocésain d’histoire et d’Archéologie”, 1938, p. 47)." C. Puget.
Je me demande s'il ne s'agit pas d'une coquille pour Le Vergoz ou Le Vergos, patronyme bien plus attesté en Finistère. Mais cette hypothèse ne permet pas d'aller plus loin. Le corpus épigraphique finistérien conserve la mention d'un recteur Guillaume Le Vergoz (Kerlaz, Sainte-Anne-la-Palud) dans les années 1653 et 1654.
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La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile juillet 2022.
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La crossette d'angle sud-est : un lion tenant un blason.
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C'est un lion de crossette typique, avec la gueule débonnaire, la langue tirée, la crinière bouclée et la queue faisant retour sur l'arrière-train. Sa tête est tournée vers l'est, et donc vers le manoir et ses seigneurs. Mais il tient un blason bien érodé et défiguré ("démeublé") par les lichens. Y.-P. Castel y reconnaît les armes du Plessis.
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La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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On remarque aussi ce bloc sculpté.
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La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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Nous pouvons maintenant entrer dans la chapelle et nous diriger vers le chœur.
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La chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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Mais avant d'examiner la maîtresse-vitre, nous remarquerons le blason intégré dans la frise des sablières, du coté gauche près du chœur.
Ce sont les armes de la famille du Plessis. Le chêne et ses glands pourraient renvoyer au nom quinquis. Le chêne est figuré par un tronc central, trois feuilles de chêne vertes, et des glands au bout de leurs tiges ou pétioles (gland et petioles rouges et non jaune d'or comme il siérait) ; ce serait alors un chêne pédonculé Quercus robur. Les deux haches en pal occupent une place un peu exagérée. Voici le modèle :
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https://www.tudchentil.org/spip.php?article583
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Castel, citant apparemment Bertrand Quéinec, décrit page 2 "les deux écussons de bois peint sur une poutre au dessus du chœur, la place d'honneur, montrent les armes de Guillaume du Plessis et de Catherine de Botigneau son épouse." Mais je n'ai pu trouver une confirmation de ce couple. Il ajoute : "on retrouvait d'ailleurs dans un vitrail disparu les armes du même Guillaume du Plessis accolées à celles de sa deuxième épouse Marguerite du Rinquier du Poulgwin." Je n'ai pas trouvé confirmation d'un deuxième mariage de Guillaume II du Plessis.
Annotation d’un descendant de la famille Keransquer, Mikaël Ansker (comm. pers.) :
"Concernant la chapelle de Trémalo, située à Pont-Aven, le blason situé dans l’un des vitraux (d’argent à deux haches de gueules adossées), est celui des Keransker ou Kerasker. Il est donc possible qu’il y ait eut une fusion de cette famille Hersart avec les Ansquer (Ansker), primitivement propriétaires de cette terre (la donation ayant été effectuée par le duc de Bretagne afin de disperser les moines dans les grands espaces pour transmettre leur foi. Ces haches d’armes font sans doute référence à un Anscher virgiferi, cité dans le Cartulaire de Kemperlé au XIème siècle (*), et l’on sait que leurs attributs étaient, déjà au temps des Romains, un faisceau de deux haches entouré de verges."
Sablières de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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A noter cet aigle bicéphale des sablières, aux têtes becquées de gueules.
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Sablières de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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LA MAÎTRESSE-VITRE.
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Cette baie d' 1,80 m de haut et 1, 50 m de large comporte 3 lancettes et un tympan à 6 ajours — dont deux soufflets et 4 mouchettes — et deux écoinçons. Elle a été presque complètement détruite, et seule le soufflet du rang inférieur consacré à la Messe de saint Grégoire, et la mouchette placée à droite représentant les Saintes Femmes au tombeau sont du quatrième quart du XVIe siècle (Corpus Vitrearum) ou de 1550 environ (Y.-P. Castel). Les lancettes sont occupées par des vitreries à bornes modernes, et les autres ajours du tympan de tableaux héraldiques dont certains datent de 1957.
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Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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Les trois ajours supérieurs.
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Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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Le soufflet du sommet.
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Le Corpus Vitrearum le qualifie "d'écu de fantaisie (XXe siècle) sommé d'une couronne ancienne".
Ce sont les armoiries d'or à la herse sarrasine de sable de la famille Hersart de la Villemarqué qui sont placées en prééminence, témoignant du fait qu'elle est présente au Plessis depuis 1798. L'écu est surmonté d'un casque fermé et timbré de la couronne comtale posée sur un bourrelet.
La devise des Hersart, evertit et oequat (sic, pour evertit et æquat) "Il bouleverse et aplanit", en accord avec la métaphore de la herse de labourage, n'a pas été retenue dans la restauration.
Si on consulte en ligne les représentations de ce meuble héraldique, on trouve très généralement la représentation d'une herse rectangulaire et quadrillée, qui ne correspond pas à ce qui est représenté ici où deux traverses se croisent comme le tipi qui sert de logo pour annoncer un camping.
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copyright wikipedia
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La herse héraldique est décrite ainsi :
HERSE SARRASINE. Ce meuble, qui prend aussi le nom de coulisse, est composé de six pals alésés, aiguisés par le bas, et de cinq traverses horizontales, jointes par des clous aux intersections, enfin, la traverse du haut est munie d'un anneau dans sa partie du milieu.
HERSE, subst. fém., meuble de l'écu, qui représente un instrument propre à renverser les terres entre les sillons sur les grains, pour les couvrir après qu'ils ont été semés.
D'après le Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason », une herse symboliserait un commandement de place forte.
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Pol Potier de Courcy écrit dans son Nobiliaire : d'or à la herse sarrasine de sable; sceau 1381).Il faut retrouver les sceaux de la famille pour retrouver cette forme en X, et notamment ceux conservés au musée Dobrée de Nantes :
D'or à la herse de sable. (Potier de Courcy : d'or à la herse sarrasine de sable; sceau 1381). / Parti, au 1 d'hermine plein, Bretagne : au 2 d'azur au mouton passant d'argent, accorné et onglé d'or, Cornouailles. (Potier de Courcy : écartelé aux 1 et 4 : de Cornouailles ancien ; aux 2 et 3 : de Kerguern ; sur le tout : d'argent au croissant de gueules, qui est Kernéau ; alias : fretté d'argent et d' azur qui est Kerguern, chargé d'un croissant de gueules qui est Kernéau; sceau 1313).
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En alliance :
Hersart du Buron / Breil du Buron (Du)
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Bréart de Boisanger / Hersart de la Villemarqué
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Ecartelé au 1 de gueules à trois fasces échuiquetées d'argent et d'azur, Cambout ; au 2 d'argent au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or, du Breil ; au 3 d'azur à la croix engeslée d'or, au 4 de gueules semé de fleurs de lys d'or, Chateaubriand ; sur le tout d'or à la herse de sable, Hersart. (Potier de Courcy : d'or à la herse sarrasine de sable; sceau 1381).
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Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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La mouchette supérieure gauche : du Plessis.
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Le blason des du Plessis, déjà présenté dans la sablière, est d’argent au chêne arraché et tigé de sinople, englanté d’or au franc-canton aussi chargé de deux haches d’armes de gueules adossées et posées en pal.
"Armes pleines d'argent à l'arbre de sinople sous un heaume empanaché couronné et cimé d'une tête de lion : assez bien conservé (Gatouillat et Hérold)
"Sous un casque fermé, cimier au lion sur le bourrelet, lambrequins tailladés en volutes feuillagées, un détail emprunté à l’héraldique germanique : “d’argent au chêne arraché et tigé de sinople, englanté d’or au franc-canton aussi d’argent chargé de deux haches d’armes de gueules adossées et posées en pal. ” (Castel et Puget)
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Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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Mouchette supérieure droite.
Placé lors de la restauration, l’écu d’azur au chevron d’or cantonné de coquilles de même , 2, 1, évoque les Feydeau de Vaugien, qui ont été les propriétaires du Plessis de 1690 à 1798.
Il trouve place dans un chapeau de triomphe ancien orné de mascarons et de rubans rehaussés de bandes au jaune d'argent. Le mascaron supérieur, une femme au voile en bavoir, est un motif typique de la Seconde Renaissance, repris très largement après la construction vers 1571 du château de Kerjean.
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Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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Mouchette inférieure gauche.
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En alliance, les armes de Guillaume du Plessis et de Marguerite du Rinquier du Poulguin de gueules au lion rampant morné d’or, fondateurs de la chapelle en 1550. Selon Castel, un blason analogue occupait l’oculus qui éclairait l'autel de Sainte-Anne, avant qu'on le remplace par une large baie en 1755.
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Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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Mouchette centrale de la rangée inférieure : Rare vitrail représentant la Messe de saint Grégoire
Quasi intacte, “la Messe de Saint Grégoire” est datée du 4ème quart du XVIe siècle . Gatouillat et Hérold signalent la présence de verres colorés et l'emploi de sanguine.
Le thème a joui d’une vogue prodigieuse aux XVe et XVIe siècles, pour affirmer, contre les thèses de la Réforme, la présence réelle du Christ lors de la Consécration, dans sa chair (hostie) et dans son sang (vin du calice). C'est dire l'importance du sang qui s'écoule des plaies du Christ qui apparaît nu, sortant du Tombeau, au pape Grégoire (540-604) qui célèbre à la messe entre deux acolytes céroféraire (porteurs de cierge). Le Christ est nimbé, couronné d’épines, flanc percé, mains liées, le fouet de la flagellation et autres instruments posés à son côté.
Selon la légende , pendant qu'il célèbre la messe, une des personnes de l'assistance doute de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. Quand Grégoire se met à prier, l'assistance aurait eu la vision du Christ sur l'autel, entouré des instruments de la Passion et versant dans le calice eucharistique le sang de sa plaie au côté.. L'iconographie montre souvent le pape assistant à la messe, sans la célébrer lui-même. Le détail important est le jet de sang qui, depuis le flanc, rempli le calice. (Ici)
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Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët (1480 à 1492) . I. Le coté de la nef (Ouest).
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Maître de Flémalle (Robert Campin ?) (d'après?) La messe de saint Grégoire (dernier quart XVe siècle)
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Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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Mouchette droite de la rangée inférieure . “Visite des saintes femmes au tombeau”. Deux des trois têtes restaurées en 1957. Fragment d'un panneau réutilisé en réemploi. 4ème quart XVIe, provenant peut-être des lancettes.
Les trois femmes portant les aromates d'empressent de se rendre, au matin de Pâques, au Tombeau où leur maître a été enseveli après la Crucifixion. Il y avait là selon Luc 24:10 Jeanne, Marie, mère de Jacques et Marie de Magdala (Marie-Madeleine), qui porte le vase de parfums ou d'aromates.
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Maîtresse-vitre de la chapelle de Trémalo. Photographie lavieb-aile 28 décembre 2021.
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Les vitraux modernes.
Celui qui éclaire l'autel Sainte-Anne a été réalisé en 2013 par Charles Robert de Pluguffan, après que la baie, qui avait été bouchée au XVIIIe siècle, ne soit réouverte, et son meneau restauré.
—CASTEL (Yves-Pascal), PUGET (Catherine), 2007 La chapelle de Trémalo, Association des amis du musée de Pont-Aven éditeur au profit de l'Association de sauvegarde de la chapelle de Trémalo, 60 pages couleurs.
Un ouvrage coécrit par Catherine Puget, ancien conservateur du musée des Beaux-Arts de Pont-Aven et Yves Pascal Castel, docteur en histoire de l'art et ancien vicaire de la paroisse de Pont-Aven, de 1952 à 1955. Photos de Michel Thersiquel
Les bénéfices de la vente de cet ouvrage serviront à la restauration de la chapelle. Cet ouvrage est le premier livre complet sur la chapelle; outre les très belles photos des sablières et des oeuvres réalisées par des peintres des XIX e et XX e siècles inspirés par la chapelle, le lecteur peut y découvrir l'histoire de la chapelle, l'étude de l'architecture et la statuaire.
"PONT-AVEN-NIZON Depuis la fusion en 1955 des deux communes de Pont-Aven et de Nizon, le territoire de la nouvelle commune comprend deux paroisses : 1. Pont-Aven - 2. Nizon.
CHAPELLE DE TREMALO (I.S.) Dédiée à Notre Dame. Edifice de plan rectangulaire comprenant une nef de six travées avec bas-côtés. Il date du XVIe siècle ; les grandes arcades sont à pénétration directe dans les piliers cylindriques, les poutres et les sablières sont sculptées. Une inscription en petits caractères gothiques est encore lisible au-dessus de l'arcade flamboyante de la porte sud : le nom du fabrique et la date : "LAN. 1556". Des armoiries tenues par un ange sur le pignon ouest et un escalier sur le rampant sud du même pignon.
Mobilier : Maître-autel en tombeau droit, avec tabernacle surmonté d'un dais à colonnettes torses ; sacraire muni de sa porte dans le mur du chevet. - L'autel latéral sud est dédié à sainte Anne ; dans le petit retable à deux colonnes corinthiennes qui bouche la fenêtre du chevet, groupe sculpté de l'Education de la Vierge. La balustrade est encore en place. Statues anciennes en bois polychrome : Crucifix du XVIIe siècle qui a inspiré à Gauguin son "Christ jaune" (C.), groupe de sainte Anne et de la Vierge, XVIe siècle (C.), saint Etienne portant des cailloux, saint Laurent, saint Corentin, saint portant un livre ouvert, saint moine en chasuble gothique ; - en pierre blanche polychrome : Vierge à l'Enfant dite Notre Dame de Trémalo, XVe siècle (C.).
Dans le remplage de la fenêtre d'axe, débris de vitraux anciens : armoiries, messe célébrée devant un Christ ressuscité (?).
Dans le placitre, deux croix de granit, sans sculptures, la plus grande, côté du midi, posée sur un marchepied octogonal, la petite contre le chevet. "
— DANIEL (Tanguy) Pont-Aven, chapelle Notre-Dame de Trémalo, Sauvegarde de l'Art Français
La chapelle de Trémalo, c’est la chapelle du Christ jaune de Gauguin. C’est à celui-ci qu’elle doit sa renommée, qu’on peut dire internationale : en 1889, le peintre, frappé par le caractère fruste du Christ en croix fixé sur un mur (alors) chaulé, en face de la porte d’entrée sud, en fait le sujet d’une toile célèbre (aujourd’hui conservée à l’Albright-Knox Art Gallery de Buffalo aux États-Unis) et, l’année suivante, reproduit cette même figure hiératique dans son Autoportrait au Christ jaune (musée d’Orsay à Paris). Cependant, avant Gauguin, bien des artistes avaient été inspirés par la chapelle de Trémalo (mais non par le Christ en croix) : l’Allemand Otto Weber vers 1863, l’Américain Frederick A. Bridgmann entre 1866 et 1871, le Français Auguste Anastasi vers 1869-1870, le Suisse Henri Girardet en 1871, l’Anglais George Sherwood Hunter en 1873, l’Irlandais Augustus Burke en 1876, l’Américain Franck C. Penfold vers 1880, la Finlandaise Hélène Schjerfbeck en 1884. C’est dire que l’édifice a séduit nombre de peintres et de dessinateurs de toutes nationalités avant 1889, et a continué à les attirer jusqu’à nos jours.
Il est juste de dire que la chapelle de Trémalo ne peut laisser indifférent, et qu’elle doit son charme particulier à son environnement naturel et au caractère à la fois simple et recueilli du sanctuaire. L’édifice, situé sur les hauteurs qui dominent Pont-Aven (mais sur le territoire de la paroisse de Nizon), se trouve sur le chemin qui monte du bourg vers le manoir du Plessis-Nizon (résidence du propriétaire de la chapelle, M. Xavier de La Villemarqué) et, d’autre part, vers le hameau de Trémalo. On y accède par une longue allée de chênes et de châtaigniers, dans ce qu’on appelle localement le Bois d’amour, et la majesté de ce parcours contraste avec la simplicité de la chapelle, formant un ensemble réellement harmonieux.
Construite en 1550 (comme en témoigne une inscription au-dessus de la porte sud), elle est de fondation seigneuriale : le blason des du Plessis (d’argent au chêne arraché et tigé de sinople, englanté d’or au franc-canton aussi chargé de deux haches d’armes de gueules adossées et posées en pal) figure en plusieurs endroits de l’édifice : sur la façade ouest, sur la maîtresse-vitre, sur les sablières. Le style relève encore du gothique flamboyant, ce qui n’a rien d’étonnant dans cette région où la tradition médiévale persiste en même temps que pénètrent les nouveautés de la Renaissance. Le plan est rectangulaire, orienté est-ouest. La longueur de l’édifice est de 24 m, la largeur de 13 m. À l’extérieur, les murs en granit sont soigneusement appareillés en pierre de taille ; le chevet plat comporte trois baies flamboyantes, celle de gauche étant murée ; la façade occidentale est d’une grande simplicité : une porte en anse de panier, quatre contreforts (deux droits de part et d’autre de la porte, et deux biais aux extrémités nord et sud), un blason sculpté au milieu de la façade, un petit clocher de type cornouaillais, à une seule cloche. Du côté nord, une seule petite fenêtre passante, contrastant avec les ouvertures du côté sud : deux portes en anse de panier (l’une toute simple, l’autre surmontée d’une accolade et de pinacles latéraux), et quatre fenêtres (deux ouvertes dans le muret, deux passantes, la première du xvie s. avec son remplage d’origine, la seconde construite en 1755). L’ensemble est couvert d’une imposante toiture dissymétrique qui descend, au nord, jusqu’à hauteur d’homme.
L’intérieur comporte une nef à six travées, séparée des deux bas-côtés par des arcades en arc brisé, à l’exception de deux qui sont en plein cintre). Les colonnes sont cylindriques (sauf une, octogonale) et à pénétration directe, c’est-à-dire sans chapiteaux, ce qui est commun dans les édifices de cette époque. La voûte est couverte d’un lambris de bois, et la solidité de l’ensemble est assurée par des entraits engoulés reliés entre eux, en haut des murs, par des sablières ornées de nombreuses sculptures représentant des animaux, réels ou fabuleux, et des têtes de personnages aux expressions les plus diverses. La maîtresse-vitre a conservé quelques éléments anciens, de la fin du xvie s., en particulier une Messe de saint Grégoire (sujet iconographique rare en Bretagne), les Saintes Femmes au tombeau, et plusieurs écus armoriés.
Le mobilier est constitué de trois autels adossés au chevet, simples coffres en bois peu ornés, séparés de la nef par une grille de communion d’un bout à l’autre du chœur. Curieusement, la statuaire ne comporte pas d’image de saint Malo, que l’on attendrait par référence au nom du lieu : au xviie s., la chapelle était appelée « Notre-Dame de Saint-Malou ». En revanche, on y trouve, outre le célèbre Christ jaune (bois, fin du XVe s., cl. M.H. 1957), des statues de bonne facture : Notre-Dame de Trémalo (en pierre tendre du Val de Loire, XVe s., cl. M.H. 1957), un groupe de sainte Anne éducatrice (Anne assise, un livre sur les genoux, et la Vierge debout à ses côtés, bois polychrome, xviie s., cl. M.H. 1957), et d’autres d’un style rustique, toutes en bois polychrome : saint Corentin, saint Laurent, saint Étienne, saint Léger, sainte Madeleine (?).
La chapelle a connu bien des restaurations depuis sa construction : on connaît celle de 1755, entreprise par Jean-Baptiste Mahé, recteur de Nizon, celle de 1957, effectuée par le vicomte Patrice de La Villemarqué. En 2009 enfin, l’Association pour la sauvegarde de la chapelle de Trémalo, présidée par M. Xavier de La Villemarqué, a fait faire le rejointoiement des maçonneries de la façade est, de la voûte de la porte sud et de l’escalier du clocher. Pour le drainage de la chapelle, la Sauvegarde de l’Art français a fait un don de 5 000 € en 2008. Tanguy Daniel
— GUEGUEN, Michel, 1997, "Pont-Aven. Nizon. Chapelle de Trémalo" in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Vol. CXXVI, , p.154-155.
—PERENNES, Henri, 1938, "Notices sur les paroisses : Nizon" in Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Vol. 37,
"NOTRE-DAME DE TRÉMALO Enfoui sous les arbres qui l'enveloppent de toutes parts, ce charmant édifice du xvr siècle, à clocher à jour, s'élève à l'orée du Bois-d'Amour, à un kilomètre E.N.E. de Rustéphan. ll comporte trois nefs, et douze arcades gothiques. Les poutres sont ornées de sablières sculptées, La fenêtre du chevet a encore quelques restes du vitrail, où figurait un arbre de Jessé. Le maître autel est encadré de deux statues : N.-D. de Trémalo et Saint Etienne qui porte des cailloux dans sa dalmatique. Un vieux tableau présente le Christ et deux saintes femmes dont l'une est la Madeleine. La chapelle a deux autels secondaires. L'un possède les statues de sainte Anne et de saint Laurent, l'autre celles de saint Corentin et de saint Léger. Au Sud de la chapelle se dresse une petite croix de granit. Les pardons de N.-D. de Trémalo ont lieu le dimanche après le 26 Juillet (en l'honneur de sainte Anne), le 15 Août, et le dimanche après le 8 Septembre."
En 1885, Eugène Cadel entre dans l'atelier de Luc-Olivier Merson puis, en 1886 devient l'élève de Léon Bonnat. En 1889, admis au salon des artistes français, il côtoie Messonier et Puvis de Chavannes et obtient en 1899 une mention honorable. Aujourd'hui, l'artiste es surtout connu comme illustrateur de la revue l'Assiette au beurre publiée dans les années 1900.Cette peinture sur bois, sans date, exécutée sans doute au tournant des XIXe et XXe siècles, représente l'intérieur de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven
Au premier plan, sont représentés deux prie-Dieu nimbés par la lumière du vitrail et placés sous l'arcature de la nef, et devant la table de communion. A l'arrière-plan, on remarque, sur la droite, l'autel sud surmonté du bois polychrome situé dans la niche, qui représente sainte Anne et la Vierge Marie. À gauche de l'autel, se trouve sur une console sculptée d'un large masque, la statue en bois polychrome de saint Léger. Tout personnage est absent de cette composition, m^me si la disposition des prie-Dieu laisse à penser qu'ils viennent d'être occupés ou qu'ils le seront bientôt. Ce site d'inspiration a été peint par de nombreux autres artistes, tels que Pierre-Eugène Clairin, Emile Jourdan ou Otto Weber, dont les œuvres sont exposées au Musée de Pont-Aven.
Estelle Guille des Buttes-Fresneau, Directrice des équipements culturels CCA, Conservatrice en chef du Musée de Pont-Aven et du Musée de la Pêche de Concarneau.
« Chapelle de Trémalo », Eugène Cadel, Huile sur panneau Ht : 22 cm, L:27 cm. Don des Amis du Musée de Pont-Aven. Collection du Musée de Pont-Aven
—PUGET (Catherine), 2000, "La chapelle de Trémalo en Nizon", in "Gauguin et le Christ jaune", Musée de Pont-Aven, Pont-Aven, 31 pages. Plaquette de l'exposition éponyme du Musée de Pont-Aven.
Lors de ma visite du château de Pontivy le 18 août dernier, j'ai admiré, avec ceux qui m'accompagnaient et sous la houlette de notre guide Anne, les deux cheminées et le "passe-plat" polychromes et armoriés provenant du château de Coëtcandec. Celui-ci, situé sur la commune de Locmaria-Grand-Champ, au nord de Vannes, de Plescop et de Saint-Avé, est tombé en ruine, avant que l'association Les Amis de Coëtcandec ne prennent en charge sa restauration, et les cheminées ont été vendues en 1960 au château de Pontivy.
Les ensembles armoriées me causent, comme les inscriptions lapidaires, un vrai plaisir, s'apparentant à des mots croisés par les énigmes successives qu'il faut élucider, et j'accueillais ces cheminées avec l'excitation d'un aoûtien ouvrant, allongé sur sa serviette de plage, son album des Jeux de l'été.
Mais le niveau était élevé, pour joueur confirmé, et je cherchais à réunir, sinon les solutions à l'envers en bas de page, du moins un peu de documentation sur la famille Chohan qui possédait alors, comme nous l'expliqua notre guide, le château.
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Hervé du Halgouet avait publié en 1944 dans le bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne ou SHAB l'article "La Bretagne inconnue. Demeures seigneuriales. Coëtcandec, Le Plessis Josso, Les Ferrières, Cadoudal.". J'y trouvais les renseignements les plus complets, et la description page 154-155 de la cheminée de la salle seigneuriale, "véritable tapisserie de pierre, brodée en relief d'écussons tirés de la filiation des seigneurs de Coëtcandec" sur 14 m². Le décryptage des devinettes héraldiques semblait si complet que je m'intéressais plutôt à la deuxième cheminée, de taille et de décor plus limité, celle de la chambre seigneuriale.
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Le site des Amis de Coëtcandec fournissait beaucoup d'informations, et même presque l'ensemble des solutions : j'ai commencé ma grille des jeux sans lire la totalité, me réservant ce recours pour triompher de mes échecs.
Enfin, les sites généalogiques étaient, pour cette famille Chohan et ses alliances, bien détaillés. Sur Geneanet, la meilleure source pour la généalogie Chohan, la plus fiable et de loin la plus complète est réalisée par Hervé Offredo.
Trop facile ? Non, les erreurs ou errements seront nombreux. Mais, finalement, ma "grille" a été corrigée par Eric Trolez, administrateur du site Les Amis de Coëtcandec : j'ai complété , en reprenant ma publication une semaine plus tard, mon article par les informations qu'il m'a très aimablement communiquées, et dont je le remercie.
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Commençons par une vue globale, de face.
Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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L'INSCRIPTION EXTRAITE DU TE DEUM.
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Elle débute sur le coté gauche et se poursuit à droite. On lit :
SANCTE SANCTE SANCTE DNE DEVS SABAOTH MISERERE NOSTRI
Sancte Sancte Sancte domine deus sabaoth miserere nostri,
On reconnait dans cette formule dans laquelle on reconnait le début du Sanctus chrétien Sanctus Sanctus Sanctus Dominus Deus Sabaoth (Saint Saint Saint le Seigneur Dieu de l'univers —littéralement Sabaoth =" des Armées" —). Mais la fin nous incite à y voir un extrait du Te Deum, l'hymne ambrosien chanté en action de grâce et dont l'un des derniers vers est, précisément, Miserere nostri.
Elle se traduit donc : "Saint Saint Saint le Seigneur dieu Sabaoth [des Armées] Prends pitié de nous".
Pourquoi ce choix ?
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LA FACE PRINCIPALE.
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1. Les trois blasons du centre.
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— Au centre, le blason de la famille de Chohan, d'argent au cerf passant de gueules, présenté par deux lions.
— À notre gauche et dans un losange (blason féminin), des armes de gueules à onze besants d'or au chef endenché d'argent. Il peut par approximation correspondre aux armes de la famille Phélippot qui serait de gueules à cinq besants d'or, 3 et 2, au chef endenché d'argent , ou à celles de la famille de Coëtregal de gueules aux six besants d'or, au chef endenché d'argent.
Pour Eric Trolez, "On peut plutôt opter pour la famille Phélippot pour les armoiries de gueules aux besants (5, 6, 11, semis...suivant les emplacements dans le manoir) au chef endenché d'argent; Janne Phélippot épouse de Pierre Chohan vers 1460 était la fille de Eon Phélippot et de N. de Coëtregal aux armoiries identiques à un besant prêt (respectivement 5 & 6)."
— À notre droite un autre blason féminin, d'azur à la croix ancrée d'or, qui sont les armes de la famille de Grillon.
Ces éléments héraldiques permettent d'identifier le propriétaire, Pierre IV de Chohan (1488-1577), qui épousa en 1516 à Crac'h Jeanne de Grillon (Crac'h 1493-1571) dame de Rosnarho.
Il resterait à élucider le blason de gauche (qui se retrouve dans des écartelés ailleurs à Coët-Candec). Hervé du Halgouet avait opté pour Philippot. Le grand-père de Pierre IV de Chohan, Pierre III, avait épousé Jeanne Philippot. Il manquerait alors la référence à la mère de Pierre IV, Guillemette de Bilno : cela ne saurait tarder.
Il y a encore, au dessus de tout cela, un écusson en losange, mais qui est illisible. Deux autres écussons semblables se trouvent sur les cotés et seront décrits.
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
[Pierre IV] Chohan, d'argent au cerf passant de gueules. Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
Philippot ? De gueules à onze besants d'or au chef endenché d'argent. Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
Jeanne de Grillon, d'azur à la croix ancrée d'or. Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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De part et d'autre de cet ensemble se trouvent deux autres blasons en écartelé, dans lesquels les quartiers 1 et 4 sont de Chohan, d'argent au cerf passant de gueules.
Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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À gauche, les quartiers 2 et 3 sont un fascé d'argent et d'azur de six pièces.
Deux hypothèses :
—De Quifistre .D’argent à trois fasces de sable. Hypothèse privilégiée (cf. infra)
En effet, Jacquette de Quiffistre, dame de Kerleau et fille de Nicolas de Quifistre et de Catherine de Languéoüez, est l'épouse d'Alain de Bino, seigneur du Rest, c'est la mère de Guillemette (-1515) et la belle-mère de Jean Chohan. Cf infra.
Voir le manoir de Kerlo ou Kerleau dans la commune d'Elven, qui appartenait d'abord à la famille de Quifistre . Après Sylvestre de Quifistre, Nicolas en hérite, il eût deux frères, Guy et Bertrand deviennent chanoines de Vannes et de Nantes. Guy et Bertrand de Quifistre étant décédés sans descendance, le manoir de Kerlo passe aux héritiers de leur sœur Nicole, la famille Chohan,
https://www.tudchentil.org/spip.php?article784
https://man8rove.com/fr/blason/u7u3sx5-quifistre
—De Kerampartz : fascé d'or et de sable de six pièces (selon Hervé du Halgouet) . Perrot, fils de Pierre IV, a épousé Jeanne de Kerambartz.
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Eric Trolez : "Une autre incertitude mais assez faible celle là, les armoiries de Quiffistre d'argent à trois fasces de sable dessinées comme telles par d'Hozier, mais décrites à trois fasces d'azur par de Courcy et visibles comme cela en alliance avec Chohan sur la cheminée de la chambre. Lequel des deux se trompe, ou est-ce le restaurateur de polychromie ? Mais ce sont bien des alliances avec les Quiffistre."
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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À droite, les quartiers 2 et 3 sont d'’argent à trois têtes de loup arrachées de sable, lampassées de gueules. Ce sont les armes de la famille de Bino dont voici la notice par Potier de Courcy
Bino ou Binot, sr du Chauchix et de l’Isle-Baussan, par. de Ménéac, — de la Touche, par. de Gaël, — des Noës, par. de la Chapelle-Launay, — de la Koberie, par. de Donges, — de Quillivala, par. de Merdrignac, — du Resto et de Kergall, par. de Grandchamp.
Anc. ext. réf. 1670, cinq gén., réf. et montres de 1426 à 1536, par. de Ménéac et Gaël, év. de Saint-Malo, et Grandchamp, év. de Vannes.
François épouse, en 1513, Julienne de Guitté, dame de l’Isle-Baussan.
La branche du Resto fondue vers 1500 dans Chohan.
Cet écartelé se réfère aux parents de Pierre IV Chohan, Jean Chohan et Guillemette Bino (Grand-Champ vers 1470- Locmaria-Grand-Champ 1515), dame du Resto et de Kergall, paroisse de Grand-Champ.
Guillemette Bino était la fille de Guillaume Alain et de Jacquette de Quifistre, dame de Kerleau en Elven.
Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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En s'écartant encore du centre, nous parvenons aux coins arrondis de la cheminée, ornés du même blason aux armes de Chohan, mais brisés d'un lambel, et placés sous un chapeau d'évêque, noir et à trois rangs de houppes. Néanmoins, le blason n'est pas timbré de la crosse et de la mitre.
Aucun membre de la famille Chohan n'a été évêque.
C'est là une énigme de taille, puisque les deux blasons occupent une place notoire, mais aussi que les cotés de la cheminée sont ornés de mitres aux longs fanons.
On peut seulement évoquer Pierre Chohan, qui fut chanoine de Vannes de 1506 à 1536 et recteur de Plescop et de Saint-Avé. Son frère Sylvestre lui succéda comme chanoine de Vannes et recteur de Plescop. Ils furent enterrés dans la cathédrale. Ils seraient les frères de Pierre IV Chohan.
1536-1548 (sic). Chohan (Pierre), reçu par le chapitre le 20 décembre 1506, mourut le 24 mars 1536 (n. s.) et fut enterré à la cathédrale, vis-à-vis de la grande porte du chœur.
1536-1548. Chohan (Sylvestre), clerc du diocèse, reçu par le chapitre en juillet 1536 à la placé de son frère Pierre, décéda le 28 octobre 1548 et fut enterré auprès de son susdit frère.
Remarque farfelue : Plescop signifie étymologiquement "la paroisse de l'évêque" et les évêques de Vannes y venaient en résidence d'été à Kerango. Les recteurs s'arrogeaient-ils le droit de placer leurs armes sous le chapeau de l'évêque ?
Le lambel s'expliquerait puisque ces frères ne sont que les cadets de la famille.
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Remarque : sur la grande cheminée de la salle, nous retrouvons au même endroit (les angles arrondis) les deux mêmes blasons sous les mêmes chapeaux noirs à cordelière.
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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LE COTÉ GAUCHE DE LA CHEMINÉE.
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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On remarque au dessus de la mitre dorée à fanons et étole perlée et du mot SANCTE le blason féminin mi-parti de Chohan et du Breil de gueules à trois lions d'or, à la bordure d'argent chargée de huit merlettes de sable .
Ces armes sont celles de Nicole du Breil de Liré (v.1550-Vannes 1604), cousine du poète Joachim du Bellay, et qui épousa en 1577 Guillaume Chohan fils de Pierre IV.
Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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À l'extrême gauche : écartelé en 1 et 4 des armes de Bino et en 2 et 3 de Quifistre (mais chacune brisée d'un lambel), et brochant sur le tout d'argent à la croix engrelée de sable, portant aussi un lambel à trois pendants de gueules.
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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À droite : mi-parti en 1 de Grillon et en 2 de QUIRISEC, d'argent à six hermines de sable, 3, 2 et 1, au chef cousu d'argent chargé de deux coquilles de gueules.
La famille de Quirisec ou du Quirizec appartenait à la noblesse de Crac'h ; ce sont des ascendants de Jeanne de Grillon. On trouve les graphies Kerissec, Querizec.
— Eric Trolez : "Le losange parti le Grillan/de Quirizec serait celui de Marie de Quirizec mariée à Olivier le Grillan (deux familles de la paroisse de Crac'h), et parents de Jeanne le Grillan épouse de Pierre IV Chohan."
Cette Marie de Quirizec(née vers 1493 ou 1500) est donc la belle-mère de Pierre IV Chohan.
Il s'agirait plutôt selon Hervé Offredo de son aïeule Françoise de Querisec ou Querizec, fille de Jehan de Querisec et de Jeanne du Chaffault, ce qui explique que les armes des du Chaffault, de sinople au lion d'or, soient sur la grande cheminée, précisément associées par quartiers à celles de Querisec).
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Grande cheminée , château de Pontivy. Photo lavieb-aile.
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Le prénom Marie est un virus qui aurait contaminé les notices généalogiques. Hervé Offredo apporte les pièces suivantes :
Veufve d'Olivier Le Grillan , 18 avril 1526 contre Pierre Chohan
"18/4/1526 évocation pour Pierre Chohan sr d de coetcandec curateur de Jeanne Grillan sa compagne contre Bertrand de la Haye et Françoise de Quirizec sa femme" (Blancs-Manteaux 22318: p793)
"1/12/1526 évocation pour Françoise de Quirisec delle veuve de feu Olivier Le Grillan sr de Roznarho , à présent femme de Bertrand de La Haye contre Pierre, Jean et Jeanne Le Grillan" ( 22318 ).
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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LE COTÉ DROIT DE LA CHEMINÉE.
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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Les armes féminines (losange) mi-parti Chohan et Grillon sont celles de Jeanne Grillon épouse de Pierre IV de Chohan.
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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Armoiries féminines d'argent à la fasce nouée d'azur accompagnée de six merlettes de gueules 3 & 3 de la famille de Lestrelin.
Elles renvoient à Jehanne de Lestrelin, de Saint-Avé épouse vers 1459 d'Eon de Chohan (1420-1476).
On lit aussi une inscription partiellement effacée : 1-8-/auxil.
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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À l'extrême droite : le même blason que du coté gauche : écartelé en 1 et 4 des armes de Bino et en 2 et 3 de Quifistre (mais chacune brisée d'un lambel), et brochant sur le tout d'argent à la croix engrelée de sable, portant aussi un lambel à trois pendants de gueules.
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Cheminée de la chambre du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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Conclusion.
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J'ai élucidé, en faisant appel à mes jokers, la plupart des figures, sauf la dernière, mais sans comprendre vraiment la présence de ce chapeau d'évêque sur les armes brisées de Chohan. Des zones d'ombres demeurent concernant, par exemple, l'alliance avec la famille de Quirisec, et sur l'identification des armes à besants d'or (Philippot ??).
Le linteau honore Pierre IV Chohan, son épouse Jeanne Grillon, ses parents et ses grands-parents, ses frères peut-être, et son fils Guillaume marié à Nicole du Breil.
Comme ce mariage date de 1577, le décor de cette cheminée est postérieur à cette date. Et comme Guillaume Chohan a reçu le collier de l'Ordre de Saint-Michel en 1584, et qu'on ne le trouve pas ici, la cheminée serait datée entre 1577 et 1584. Ou bien : Eric Trolez : "La construction de Coëtcandec fut commencée par Pierre IV Chohan et achevée par son fils Guillaume. Le programme héraldique de la cheminée de la chambre est probablement commandé par Pierre, celui de la cheminée de la salle également; mais profondément modifié par Guillaume."
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On comprendra bien que je rends public ma copie, alors que je n'ai aucune autorité en la matière ; mais rien n'était requis pour jouer.
Et comme j'y ai pris goût, j'entame une nouvelle grille : le "passe-plat".
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LE PASSE-PLAT (chapelle du château de Pontivy). Pierre polychrome.
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https://lesamisdecoetcandec.fr/le-passe-plats/
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Hervé du Halgouet désignait cet ouvrage comme une niche ou crédence, mais il est désormais présenté comme un passe-plat. Il était placé dans le vestibule d'entrée. Il écrit :
"Sur le parement des murs de cette même pièce, plusieurs blasons écartelés et, surtout, sujet rare : un écu chargé d'alliances, inscrit dans une couronne de fleurs et de fruits, se détache en fort relief au-dessus d'une sorte de crédence portant sur ses parois une inscription gravée de trois mots, le premier en capitales romaines : TIMENTIBUS ; celui du milieu, en hébreu, dans un soleil d'or, signifie Jehovah ; le dernier, en caractères grecs : AOTAPKYA. Traduction : l'immortalité appartient à ceux qui craignent Dieu. Sentence que les Chohan semblent avoir adoptée comme devise, car on la retrouvait, il y a quelques années encore, accompagnant leurs armes, à Rosnarho en Crach et dans l'église paroissiale d'Elven, sur l'enfeu de Kerléau.
La niche, ou crédence, portant cette devise est ornée d'une accolade gothique à feuillage et de cornes d'abondance, représentatives de la Renaissance. Ces cornes d'abondance, symboles de la fortune, s'étirent depuis le pied de la niche, jusque sur les côtés où elles s'épanouissent. Ce motif est ciselé au trait et en creux dans une pierre dure, d'un grain très fin. L'ouvrier s'y est montré expert en son art. Cette crédence évoque l'idée d'un autel symbolique dédié aux mânes de la famille Chohan. "
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"Passe-plat" du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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Le blason est placé dans un chapeau de triomphe. C'est un écartelé en 1 et 4 des armes de gueules à neuf besants d'or 3,3,3 et en 2 et 3 de celles d'azur à la croix ancrée d'or (Jeanne Grillon) avec le cerf des Chohan brochant sur le tout.
Me voilà bien embarrassé pour commenter ces armes, et l'hypothèse Phélippot ne tient plus car il faudrait trouver le titulaire des armes aux besants en alliance avec la famille (le) Grillon de Rosnarho (ou Le Grillan).
E. Trolez : "Il semble que vous n'ayez pas remarqué le chef endenché des mêmes Phélippot, ce qui vous fait chercher une autre alliance mais là avec la famille le Grillan... "
Moi : ma description des armes en 1 et 4 était abrégée, mais le chef endenché ne m'avait pas échappé ; c'est l'alliance Phélippot / Grillon ou Grillan qui m'intriguait.
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"Passe-plat" du château de Coëtcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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Il y a ce soleil bleu et or, et ces lettres "en hébreu" , et qui pour Du Halgouet signifierait Jehovah. C'est plutôt le tétragramme Yahvé YHWH, et on peut imaginer le triangle d'or dans lequel il s'inscrit.
Mais il trouve en règle sa place dans les sanctuaires catholiques consacrés. Le triangle s'inscrit souvent dans le rond d'un soleil émetteur de rayons.
Consulter :
https://www.louvrebible.org/consultation?id=162
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"Passe-plat" du château de Coetcandec, château de Pontivy. Photographie lavieb-aile 18 août 2021.
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Sur les piédroits s'inscrivent le mot latin TIMENTIBVS et le mot grec
Timentibus, datif pluriel de timens "craignant" se traduit par "Ceux qui craignent" ; il est attesté comme devise en numismatique : Timentibus Deum Nihil Deest, Il n'y a pas de peur en Dieu. (famille de Mathan).
Du coté droit se lit le mot ΑΦΤΑΡΚYΑ en lettres grecques. Il a été rapproché de ἀθανασία (athanasía), "immortalité".
Il faudrait considérer la devise comme une formule savante trilingue, latin-hébreu-grec, TIMENTIBUS YHWH ΑΦΤΑΡΚYΑ, dont la meilleure approximation est « A ceux qui craignent Dieu, l’immortalité »."
On remarquera qu'un passe-plat est un drôle d'endroit pour une devise de telle ampleur. Mais elle faisait face à celle qui est inscrite sur la cheminée de la salle. On la trouve aussi sur le linteau de porte de la chambre seigneuriale.
—Eric Trolez : "Pour la niche crédence mentionnée par du Halgouët, il l'a vue obturée dans un vestibule créé au 19ème siècle, mais dans la configuration 16ème il s'agissait bien du passe-plat entre salle et cuisine, on en voit encore l'emplacement dans le mur côté cuisine. Reste à savoir pourquoi l'accolade semble amputée et surmontée de ce blason au fort relief unique parmi tous les autres.."
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On retrouve ces trois mots sur la cheminée de la grande salle. Et dans un enfeu d'Elven, et à Rosnarho en Crac'h, les Chohan étant seigneurs de Coëtcandec, de Rosnarho et de Keriau en Elven.
Eglise d'Elven, enfeu :
"A gauche du chœur, enfeu à anse de panier et accolade avec chou et crosses : au sommet et à chaque extrémité , un ange tient un écusson uni; entre l'anse et l'accolade, inscription gravée de trois mots dont le premier en capitales romaines, le dernier en caractères grecs, et celui du milieu figuré par un soleil entouré de rayons ou un Jéhovah : TIMENTIBVS (soleil) AOTAPEYA; peut-être faut-il lire : Timentibus (Deum) ἀθανασία (immortalitas); chaque côté offre une corne d'abondance; on retrouve cette devise accompagnant les armes de Chohan au château de Coëtcandec en Grand-Champ et à Rosnarho en Crach (les Chohant étaient seigneurs de Coëtcandec, de Rosnarho et de Kerieau en Elven )."
L'enfeu de l'église d'Elven n'existe plus mais l'accolade surmonte maintenant en réemploi la porte du transept sud, et on y distingue encore une partie de la devise.
"Eglise d'Elven, construite par Bertrand de Quifistre : « Sur la place, la porte Sud est en anse de panier chanfreinée et surmontée d’une accolade à choux et à crosses. Une inscription y figure : TIMENTIBUS (Deum) en latin, un soleil entouré de rayons, Aphtarsia en caractères grecs, qui signifie l’immortalité."
Le projet de décrire la tour du palais épiscopal de Quimper était — et reste — une mauvaise idée. Ce monument très connu des Quimpérois, des visiteurs du Musée départemental breton et des spécialistes de l'architecture flamboyante en Cornouaille s'est avéré fort difficile à décrire pour un néophyte. Il occupe l'angle de deux ailes en L, mais un L dont les branches forment un angle aigu. On prête volontiers à la façade de la tour trois faces, formant la moitie d'un hexagone, mais c'est déjà une simplification car le troisième pan (je débuterai toujours de la gauche pour le visiteur) forme un décroché. Mais surtout, en hauteur, lorsque la tour se dégage des toitures, au dessus d'une ligne de faux mâchicoulis, elle se complexifie encore.
Fort bien, ce n'est pas insurmontable, non ? Mais les fenêtres, au lieu de s'aligner gentiment comme sur les galeries classiques, se placent, sur chaque face, de façon diabolique pour échapper, en nombre, en alignement vertical et horizontal, en taille et en style, à toute organisation.
Certes, mais un monument aussi emblématique a certainement fait l'objet de publications spécialisées, d'articles, de monographies, de congrès, d'autant que le musée départemental est une émanation de la Société archéologique du Finistère ! Chaque fenêtre, chaque figure, chaque élément héraldique en a été mesuré, photographié, dessiné, mis en plan et décrit dans les règles de l'art ! Réfère-toi à ces spécialistes, ces érudits, ces professionnels du patrimoine et ces antiquaires, que diable ! Tu reprendra leur typologie et leur vocabulaire, et tes photographies seront éclairées à leur lanterne !
Mais voilà où le bât me blessa. Je ne trouvai dans mes recherches en ligne aucun document semblable, et j'ai été incapable de découvrir ces trésors. Ils existent, j'en suis convaincu, mais je n'ai pas mis la main — ou la souris— dessus.
Mon projet était une mauvaise idée, mais je me suis jeté à l'eau, et maintenant je lance cet article comme une bouteille à la mer pour que vous me fassiez parvenir de vigoureux secours sous forme de bonne correction. Rassurez-vous, je suis vivant, le ridicule ne tue pas.
Ah, j'oubliais. En plus, les photos ne sont pas fameuses. C'est que les sculptures sont faites sur du granite, les contours sont moins tranchés qu'avec du kersanton ; que les motifs placés très haut sont bien éloignés du piéton de Quimper ; et que j'ai fait ce que j'ai pu, et c'est bien peu.
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Sur la piste des macles des Rohan.
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Si je me trouvais là, au pied de cette tour, c'est pour avoir visité auparavant les deux châteaux de Jean II de Rohan, le père de l'évêque Claude de Rohan. Le premier, c'est le château de Pontivy, aux dates de construction incertaine vers 1489-1517. Le second, c'est celui, incroyablement somptueux, de Josselin, construit entre 1495 et 1510. Puisque le palais de Claude de Rohan date de 1507, je voulais le comparer à ce que faisait, un peu avant et un peu après, son papa. Et y rechercher les fameuses macles de leurs armoiries.
À pied d'œuvre, je décide de désigner par les lettres A, B et C les façades en pan coupé de la tour. Mais auparavant, puisqu'une ligne de faux mâchicoulis court de façon presque continue sur les hauteurs de ces trois pans, de débuter par sa description.
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LES FAUX MÂCHICOULIS.
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On les comparera aux vrais mâchicoulis des tours du château de Pontivy, ceux par lesquels, depuis le chemin de ronde, les gardes se promettaient de déverser de l'eau bouillante, des pierres ou du bois sur les assaillants lancés à l'eschalade sur leurs échelles (escalade vient de scala, 'échelle"). Des consoles en pyramides inversées supportent un chemin de ronde et les linteaux s'ornent d'une accolade stylisée.
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Tour sud-ouest du château de Pontivy. Photo lavieb-aile.
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À Quimper, ces structures perdent toute prétention défensive mais sont une citation des château paternels. Ils ne supportent rien, sauf une console décoré d'une frise de sarments de vigne. Par contre, puisqu'ils sont décoratifs, la pointe de leurs accolades s'ornent de fleurons (ou, plusieurs fois, d'un losange et même d'un losange évidé pouvant rappeler la macle) et leur base de deux lignes de points en quinconce. Surtout, les consoles portent sur leur partie haute et droite des sculptures à thème végétal, animal et humain rappelant des chapiteaux. J'ai compté douze consoles (numérotés depuis notre gauche), et si tout va bien je devrai décrire 12 faux chapiteaux. Je vais conserver ce terme, bien que je vois dans l'assistance des architectes en chef qui froncent les sourcils, ce sera plus commode.
En outre, la pointe pyramidale des consoles s'enrichit, de temps en temps d'une autre sculpture figurée de type masque.
Vous me suivez ? Ça me console.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°1. Non sculpté, ou forme géométrique.
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Chapiteau de la console n°2. Feuillages.
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Chapiteau de la console n°3. Acrobate exhibitionniste jambes écartées, pieds aux oreilles.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Pointe de la console n°3. Masque humain souriant.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°4. Feuillages.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°5. Hermine dont la queue fait une boucle.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°6. Feuillages.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°7. Élément cornu non identifié.
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Pointe de la console n°7. Masque humain crachant des feuillages.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°8. Dragon.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°9. Ange tenant un écusson carré (muet).
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°10. Feuille d'acanthe.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°11. Ange présentant un écusson (muet).
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Pointe de la console n°11. Masque humain souriant ou grimaçant, coiffé d'une capuche.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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Chapiteau de la console n°12. Feuillages.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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LE PAN A ET SES TROIS FENÊTRES.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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LE PAN B, SA PORTE CINTRÉE ET SA FENÊTRE.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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LE PAN C, SES PORTES ET ET FENÊTRES. SES FRISES EN RACCORD.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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AU DESSUS DES FAUX MÂCHICOULIS.
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LA CHEMINÉE ET SES A.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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LES FENÊTRES À ACCOLADE FLAMBOYANTE.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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. LA PREMIÉRE FENÊTRE À MENEAUX. LES CULOTS DE L'ACCOLADE, DONT UN CHIEN.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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. LA DEUXIÈME FENÊTRE À MENEAUX. LES CULOTS DE L'ACCOLADE : ANGES PRÉSENTANT LES ARMES DES ROHAN.
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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LA GARGOUILLE : UN DRAGON AILÉ À QUEUE DE SERPENT.
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Voici pour finir un morceau de roi, et bien sot qui le laisserait. Cette gargouille est belle, elle est de grande taille, mais je n'ai trouvé aucune photo d'elle en ligne, et encore moins de descriptions.
Elle semble drainer la toiture de la tour, et elle barre, à mi-hauteur et après un retour d'angle, la tourelle accolée à la partie haute de la tour. Une corniche faisant office de canalisation en compose la queue, puis la bête s'élance dans le vide, les pattes posées sur un os qui lui sert d'appui, les ailes non déployées mais serrées contre un corps annelé et hérissé de verrucosités. À plus d'un mètre de la muraille, elle ouvre une large gueule, et déverse ses eaux pluviales.
Je présume qu'elle est contemporaine de la construction de la tour, et qu'on peut y voir un nouvel exemple du souci des Rohan d'embellir, comme à Pontivy et Josselin, leurs conduites de gouttières par des figures imaginaires proches du monde aquatique ; mais l'os rappelle ici que ce dragon, ou cette vouivre, peut être une figure de la Surnature immortelle contrôlant les destinées des humains.
On s'a
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Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Tour épiscopale (leucogranite, 1507) de Claude de Rohan à Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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LE BÂTIMENT DE 1776 REMANIÉ EN 1866 SIECLE PAR JOSEPH BIGOT, COTÉ ODET.
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Les amateurs d'énigmes du "petit patrimoine" remarqueront les armoiries présentées par deux anges en culot de l'accolade gothique. Elles portent une vierge bras écarté, sur un fond burelé. La figure centrale évoque l'Ave Maris Stella des armoiries de monseigneur Sergent, évêque de Quimper et de Léon de 1855 à 1871.
Anciens logis épiscopaux de Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Anciens logis épiscopaux de Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Anciens logis épiscopaux de Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
Anciens logis épiscopaux de Quimper. Photographie lavieb-aile 2021.
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CONCLUSION.
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J'ai relevé le défi que je m'étais proposé de décrire le décor de cette tour, très naïvement et en tombant — sans m'en apercevoir — dans toutes les chausse-trappes possibles. Cet essai permettra à un auteur plus qualifié de n'y point tomber, et lui procurera la jubilation de me corriger. Il me sera beaucoup pardonné, car j'ai beaucoup fauté.
J'ai néanmoins fourni l'illustration nécessaire à une étude sur l'influence des constructions de Jean II de Rohan sur celle de son fils, l'évêque simple d'esprit Claude, qui dut bénéficier sans doute des mêmes équipes d'architecte et de sculpteurs. Et j'ai souligné la présence de blasons encore intacts, et, je le crois, celle du A emblématique des Rohan, renvoyant à leur devise A PLUS.
Mais c'est la découverte de la gargouille qui m'a donné le plus de plaisir, et ce plaisir s'amplifierait si dorénavant les yeux des touristes, avant de franchir la porte du musée départemental, la saluait du regard.
— CHAURIS (Louis), 2016, Pour une géo-archéologie du Patrimoine : pierres, carrières et constructions en Bretagne :Le batholite leucogranitique hercynien de Bretagne méridionale
https://journals.openedition.org/rao/3557
— LE MEN ( René-François), 1877, “Monographie de la cathédrale de Quimper (XIIIè - XVè siècle) », Quimper, Lemercier ed.
"Un autre monument d’une toute autre importance, le palais épiscopal, vient aussi se rattacher à la cathédrale avec laquelle il forme un angle du côté du sud. Les parties les plus anciennes de cet amas de constructions de diverses époques, ne remontent pas au-delà du commencement du XVIe siècle. Claude de Rohan, nommé évêque de Quimper, le 25 juin 1501, à la mort de Raoul Le Moël, voulut se préparer, dans sa ville épiscopale, avant d’y faire son entrée, un palais dont la magnificence fut digne de l’illustre famille à laquelle il appartenait. Les travaux commencèrent à la fin du mois de mars 1507. Les maîtres de l’œuvre furent Daniel Gourguff et Guillaume Goaraguer."
"On construisait en 1507, le palais épiscopal de Claude de Rohan. Dans le seul compte qui nous soit parvenu de ce travail, Le Goaraguer ne figure pas parmi les ouvriers employés régulièrement à la construction de ce monument, dont le maître de l’œuvre fut Daniel Gourcuff, mais il est assez souvent chargé de choisir et de mesurer de la pierre, dans différentes carrières, notamment des « pas de vis » pour le grand escalier, qui, en raison de leur dimension peu ordinaire, étaient difficiles à trouver. Comme Le Goaraguer était payé 5 sous par jour, tandis que Gourcuff, le maître de l’œuvre, ne recevait que 3 sous 4 deniers, il est très-probable qu’il avait une bonne part dans la direction de ce remarquable édifice"
"Daniel GOURCUFF.
Claude de Rohan, nommé à l’évêché de Quimper en 1501, peu de temps après la mort de l’évêque Raoul Le Moël, voulut, avant de venir prendre possession de son évêché, se faire construire un nouveau palais épiscopal. Il commit à cette fin Prigent de Saint-Alouarn, son maître d’hôtel, qui institua François du Perier, comme contrôleur des travaux. Francois Le Scanff, receveur des Reguaires de Cornouaille, fut chargé de la dépense. Les travaux commencèrent en 1307 [pour 1507]. Du 31 mars de cette année, au 21 octobre suivant, il fut extrait de différentes carrières, mais principalement de celle du Boulc’hat, en la paroisse de Kerfeunteun, 1995 quartiers de pierres de taille, sans compter les pas de vis, ou marches d’escalier, qui avaient neuf pieds de longueur. Daniel Gourcuff, tailleur de pierres, fut le maître de l’œuvre. Il était payé à la journée à raison de 3 sous 4 deniers (4 fr. 50 c.) par jour. Le salaire [p. 295] journalier des compagnons qui travaillaient sous ses ordres, était de 2 sous 6 deniers (3 fr. 37 c.). J’ai exprimé plus haut, l’opinion que G. Le Goaraguer n’était pas demeuré étranger à cette construction. Je ne répéterai pas ce que j’ai dit à la page 228, de ce palais, qu’on appelait le « grand logis de Rohan » et qui faisait, à juste titre, l’admiration de tous. Il n’y a pas, à mon avis, dans le département du Finistère, de monument d’architecture civile de style ogival, qui puisse être comparé à ce qui reste de ce logis, dont les détails d’ornementation peuvent nous donner une idée de l’habileté du maître qui l’a construit ".
"Les pierres qui servirent à la construction du palais épiscopal de Claude de Rohan, furent extraites des carrières du Boulc’hat, en Kerfeunteun ; de la Belle-Croix, en Briec ; de Saint-Affredec (Saint-Evarzec) ; de Langurun et de la Roche-Dagorn (Roc’h-Dagorn). La situation de ces deux dernières carrières m’est inconnue. C’est de la perrière de Roc’h-Dagorn, que furent extraits la plupart des « pas de vis » on marches, d’escaliers, longs de 3 mètres et destinés aux tourelles du palais épiscopal. Le port d’un seul de ces pas de vis, coûtait 5 sous (6 fr. 25 c.) en 1507, tandis qu’une charretée de pierres de la même carrière de Roc’h-Dagorn, était payée 3 sous 4 deniers (5 francs) seulement".
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1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)