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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 22:39

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Comme toutes les églises et chapelles du Finistère, l'église de l'enclos paroissial de Dirinon, et sa chapelle adjacente Sainte-Nonne, comportent de nombreuses crossettes, pierres d'amortissement nécessaires à la structure et à l'équilibre des rampants des pignons et fenêtres. Et comme dans les autres enclos paroissiaux et les autres paroisses, ces crossettes sont majoritairement figuratives et elles représentent des animaux et des anthropomorphes adoptant des modèles ou des postures stéréotypées.

A Brasparts, à Landerneau, à Landivisiau, à Lannédern, à Rumengol, à Saint-Urbain, ou à La Martyre, les lions et dragons tenaient des ossements ou emportaient des formes humaines (crânes, têtes, corps entier) comme des acolytes de la Mort tandis que des représentations féminines parfois animalisées (serpents ou poissons) et des hommes intempérants illustraient les  dangers d'une vie adonnée aux vices dans l' insouciance du trépas. Qu'allais-je découvrir à Dirinon ?

Pour la seule église, je dénombrais  1 gargouille et 8 crossettes . Et la chapelle en ajoutait 6 à ma collection. Emmanuelle Le Seac'h, qui m'a précédé pour la même enquête, a compté 1 ange, 1 dragon, 1 monstre, 6 humains, 2 lions, 2 chiens, 1 loup, ...et les 6 gargouilles-canons du clocher !

–Matériau :  Pierre de Logonna.

– Sculpture : Ronde-bosse et faible relief.

– Datation : déduite de celle des bâtiments :

  • 1577 : chapelle Sainte-Nonne.
  • 1588 à 1593 : gargouilles-canons des deux plate-formes du clocher-tour.
  • 1588 (date inscrite sur le contrefort sud-ouest) et 1618 (date inscrite sur le porche) : église Sainte-Nonne.

Voir en fin d'article quelques inscriptions lapidaires et chronogrammes.

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Comment les décrire ? Je choisis de faire le tour de l'église, par le nord et en partant de la porte ouest, sous le clocher. Puis de tourner dans le même sens autour de la chapelle.  Une, deux, trois petits tours, on y va.

 

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Plan schématique de l'église Sainte-Nonne : emplacement des crossettes en rouge.

Plan schématique de l'église Sainte-Nonne : emplacement des crossettes en rouge.

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LE PIGNON OUEST.

 

1. Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest.

Crossette d'angle en pierre de Logonna, rampant gauche de l'élévation ouest. ronde-bosse et faible relief, érodé. Vers 1618. 

Le lion, tourné vers le nord, est couché, mais les pattes antérieures repliées vers l'arrière, et donc courant. La gueule ouverte laisse pendre une longue langue. Il répond au stéréotype du "lion de crossette", avec son front frisé, sa crinière méchée, la moitié arrière lisse et fine, et, selon une règle constante, sa queue passe entre ses jambes postérieures, remonte sur l'échine et se divise en une fourche de trois branches. 

Il est difficile d'affirmer que les pattes antérieures prennent appui, ou maintiennent un objet, mais cela semble être le cas, car on voit une forme rectangulaire, peut-être un livre.

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 Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'ÉLÉVATION NORD.

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Avant le décroché du transept nord, deux lucarnes proposent chacune à notre curiosité deux crossettes.

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Vue nord-ouest de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Vue nord-ouest de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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La première lucarne ("fenêtre passante") nord et ses deux crossettes.

Les rampants de cette lucarne sont dentelés de crochets et coiffés d'un fleuron.

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Première fenêtre passante nord et ses deux crossettes.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Première fenêtre passante nord et ses deux crossettes. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Première lucarne nord.

Rampant droit de la première fenêtre passante de l'élévation nord, crossette en ronde-bosse et faible relief, datée entre 1618 et 1653. 

L'homme est en position de chevalier servant, la jambe droite allongée le long du mur et la jambe gauche repliée. Il fait face à l'ouest. Très ventru, avec l'abdomen plissé tombant en tablier, il tient entre ses mains ses moustaches tombant en tresses depuis ses narines. Ses cheveux sont longs, bien visibles sur l'épaule droiteQuoique son menton paraisse lisse, on ne peut exclure qu'il se caresse la barbe, ou encore qu'il tienne entre ses mains un objet ou un petit être. E. Le Seac'h y voit "un vieillard se caressant la barbe".

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Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. Crossette n°3 : Homme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. 

 

Pour E. Le Seac'h, "Acrobate se tenant le sexe".

Il s'agit d'un homme, nu, dans une posture proche du précédent car son genou gauche est fléchi, la jambe prenant appui sur le mur tandis que la cuisse gauche est étendue sur la partie visible de la base de la crossette. L'axe de son corps est orthogonale à celui  du mur. Selon un geste adopté souvent par les acrobates sculptés, l'homme tient sa cheville gauche par la main homolatérale, ramenant ainsi son talon vers sa fesse. Cette attitude corporelle n'est pas clairement acrobatique, car les amplitudes articulaires n'ont rien d'une performance, mais néanmoins elle nous interpelle car elle suppose une liberté contraire à l'étiquette de l'homme qui "se tient bien en public". 

Ce qui nous intrigue également, c'est la position de la main droite : elle est placée dans l'entre-cuisse, un index tendu ; mais le sexe de l'homme n'est que légèrement sculpté.

Il faut admettre que cet homme se tient ou se touche le sexe, que son visage exprime la jouissance, et que le maintien du talon sur la fesse a une valeur érotique. Le visage est concentré, les yeux dilatés et la commissure des lèvres basse. Les côtes sont bien marquées, évoquant une expansion thoracique. Les cheveux sont longs et tombent dans le dos. Les épaules et les bras sont athlétiques.

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Crossette n°3 : Homme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante.    Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°3 : Homme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante.   Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n°3 : Homme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°3 : Homme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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La deuxième lucarne ("fenêtre passante") nord et ses deux crossettes.

Les rampants de cette lucarne sont dépourvus de crochets mais coiffés d'un fleuron.

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4. Crossette n° 4. Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. 

 

Il saut' sur la fenêtre

Et groume du museau

Pasqu'il voit sur la crête

S'découper les oiseaux

Tirelo

 (Léon-Paul Fargue, Chanson du chat, in "Ludions")

Un animal est sculpté, de profil, tête dirigé vers l'occident. Sa queue est longue et fournie, ce qui m'évoque celle d'un renard, mais on peut penser aussi à un chien ou à un loup. Elle n'est pas tombante, mais au contraire tendue dans l'axe de l'arrière-train et de l'échine. Le pelage est lisse. Les pattes arrières sont semi-fléchies, les antérieures tendues, dynamiques. Cette bête tient dans sa gueule une proie (ce qui, hors dans le contexte d'une scène de chasse, n'est pas compatible avec un chien). J'ai cru voir dans la proie une volaille, et comme j'avais fait du quadrupède un renard, il s'agissait d'une poule. Mais pourquoi pas un agneau dans la gueule d'un loup ? 

Dans tous les cas, c'est une scène de prédation.

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Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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5. Crossette n°5. Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord.

Ce dragon ailé répond, comme le lion de la crossette n°1, aux stéréotypes du genre : yeux exorbités, oreilles pointues, dents pointues bien visibles, ailes nervurées de chauve-souris, queue de serpent formant des boucles et des nœuds (se prolongeant sur la pierre supérieure). Mais il a été amputé partiellement lors de la construction du bras du transept.

Il participe, comme le lion, de l'expression de forces terrifiantes et maléfiques menaçant l'homme qui les expulse ainsi dans les hauteurs du sanctuaire. Pour un chrétien, ces forces devaient être soit celles du péché et des vices, soit celle du danger de mort en état de péché.

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Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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ÉLÉVATION SUD.

6. Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept. 

L'animal est assis sur l'arrière-train, la tête tournée vers le visiteur. Il montre ses crocs.

 

Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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7. Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. 

Il est érodé et mangé par un lichen blanc. Pour E. Le Seac'h, "Buveur acrobate". 

L'homme tiendrait un verre tout en attrapant de la main gauche sa cheville. Il est difficile à observer en raison de la présence gênante de la gargouille, et la jambe droite n'est pas visible. Il est vêtu comme un jeune seigneur ou un homme aisé, coiffé d'une toque, au dessus de cheveux coupés à la mode qui cessa avec François Ier en 1515. Il porte des chaussures à bouts ronds, des chausses et une tunique courte à manches bouffantes. Les pans de cette veste sont sculptés de motifs pouvant correspondre à une succession de boutons, ou à des poches. Les yeux sont dilatés, fixant le ciel. 

Au vu de la connotation négative (en terme de morale) que l'homme nu de la crossette n°3 a conféré à la posture de la "prise de cheville", nous sommes amenés à suspecter que cet homme illustre un nouveau vice. Ceci est accentué par la cambrure exagérée qui peut être celle d'un acrobate. Cette crossette m'évoque celle du buveur, 6 rue des Boucheries à Landerneau, ou celle observée à La Martyre  (photo lavieb-aile

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Bien-sûr, c'est ce coté énigmatique de cette crossette (et des autres) qui fait notre bonheur, et lui donne toute sa poésie, clef d'exquises rêveries...

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Et puis c'est le hasard du croisement avec la gargouille qui crée cet effet de surprise parfaitement délicieux.

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Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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8. Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe.

Sur un contrefort à la jonction des rampants du porche et de l'ancien transept, érodée. Gargouille ayant une fonction effective d'évacuation des eaux pluviales, sa goulotte étant équipée de zinc.

C'est un  parallélépipède dont l' extrémité incurvée est  sculptée en une tête anthropomorphe, mais aux traits  grossiers. La bouche largement ouverte est armée de 18 dents environ. Du fait de l'incurvation, elle semble, telle la gueule de la murène, se projeter avec une férocité hilare vers nous. Cet effet est accentué par le grain très rugueux (accentué par le ciseau du sculpteur ?) de la pierre, évoquant des pustules sur la peau d'un reptile. 

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Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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9. Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche.

Voici encore un lion bien conforme au modèle-type. La queue passe exactement comme il se doit entre les pattes pour revenir se diviser en trois pointes sur le dos. La gueule est béante  à souhait, sur de belles quenottes, avec une longue langue pendante.  Le sculpteur lui a donné une crinière particulièrement généreuse, en trois rangs d'alvéoles. Entre ses pattes antérieures, il tient la tête d'un petit homme, dont on imagine le corps en arrière. Le lion va-t-il le dévorer, ou seulement exercer sur lui sa puissance d'émissaire de la Mort, et l'emmener aux Enfers ? Cette crossette me confirme dans ma conviction que ces lions et dragons sont, en Bretagne, les formes animales de l'Ankou.

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Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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10. Crossette mutilée n° 9. Angle sud-ouest.

A l'angle sud-ouest de l'église, sur le rampant droit de l'élévation ouest, une crossette mutilée et partiellement couverte de lichens ne montre plus qu'une paire de pattes (antérieures) reposant sur une console. A vos imaginations !

 

Crossette n°9, rampant droit du pignon ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°9, rampant droit du pignon ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA CHAPELLE SAINTE-NONNE.

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Les crossettes encadrent la fenêtre passante de la façade nord, qui donne presque devant le porche de l'église. 

La chapelle datant (inscription) de 1577, les 2 crossettes de  la chapelle Sainte-Nonne sont estimées de la même date. Le matériau est le même que celui de l'église, a priori la pierre de Logonna.

Je garde, pour les décrire, ma progression de l'ouest vers l'est.

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Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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11. Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne. 1577. 

Pierre érodée, quelques plaques de lichens et traces verdâtres par micro-organismes.

La sculpture représente un homme nu, aux traits assez grossiers (yeux fermés mais dilatés, pommettes saillantes, nez large) portant une moustache en accolade dont les extrémités remontent vers les joues. Le menton est sculpté en deux épaisses virgules que nous interprétons comme une barbe. Ses cheveux frisés encadrent de leurs boucles les cotés du visage. Il est agenouillé sur sa jambe gauche, celle placée du coté mur, alors que la jambe droite est maintenue pliée par la main droite qui empoigne la cheville. La main gauche est placée vers le pubis.

Bref, c'est un troisième exemple de cette posture "d'acrobate" qui pourrait avoir une signification érotique, ou stigmatisante, d'autant que, malgré l'absence de détails anatomiques formels, la nudité de cet homme, son visage vultueux et la position de sa main sont autant d'indices, appelons un chat un chat, de la masturbation.

En 1644, lors de la Mission du Père Maunoir à Dirinon, le récit de la conversion d'un jeune homme illustre la lutte de l'Église contre ce qu'elle considérait comme un vice s'opposant au Salut :

"Il y avait à cette mission un jeune homme très dévot à la Sainte Vierge, qui avait cependant contracté de mauvaises habitudes, dont il ne se pressait pas de se corriger ; une nuit, pendant son sommeil, il se voyait en pèlerinage vers un sanctuaire voisin de la Sainte Vierge, lorsque, sur son chemin, il remarqua une croix élevée au pied de laquelle reposait un ange tenant de la main droite une hostie et de la gauche un calice. Le jeune homme le voyant resplendissant de lumière, s'écria : « Ange de Dieu, comme tu es beau, qui t'a envoyé ici ? » — « C'est la Sainte Vierge, répondit l'ange. » — « Conduis-moi avec toi. » — « Je ne le puis. » — « Je t'en conjure. » « Non, cela est impossible. » — « Pourquoi donc ? » — « Si je te conduisais avec moi, Dieu te chasserait. » — « Pourquoi cela ? » — « Parce que, depuis l'âge de sept ans, tu as une mauvaise habitude, dont tu ne t'es pas débarrassé. Voilà la mission qui s'achève, les Pères vont partir, hâte-toi de te confesser, ne retombe plus dans ton péché, et sois sûr alors qu'un jour je te conduirai dans la céleste patrie ». "

En 1975, dans  la "Persona Humana, Déclaration de la Congrégation pour la foi sur diverses questions d'éthique sexuelle" le Vatican rappelle ceci :

La masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné. La raison principale en est que, quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux contredit essentiellement sa finalité. Il lui manque, en effet la relation sexuelle requise par l’ordre moral, celle qui réalise « le sens intégral d’un don réciproque et d’une procréation humaine dans le contexte d’un amour vrai ». C’est à cette relation régulière que l’on doit réserver tout l’exercice délibéré de la sexualité. Même si l’on ne peut assurer que l’Ecriture réprouve ce péché sous une appellation distincte, la tradition de l’Eglise a compris à juste titre qu’il était condamné dans le Nouveau Testament lorsque celui-ci parle d’« impureté », d’« impudicité » ou d’autres vices contraires à la chasteté et à la continence."

En janvier 1976, le curé de la paroisse saint-Louis de Brest est revenu dans le Bulletin diocésain de Quimper et du Léon, à propos de ce qu'il qualifie de "pavé dans la mare".

 

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Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne à Dirinon,  1577. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne à Dirinon, 1577. Photographie lavieb-aile 2017.

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12. Crossette n° 11. Ange tenant un livre, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne. 1577. 

L'ange, les yeux fermés,  est agenouillé sur une console. Il tient sur son cœur un livre.

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Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n° 11. Ange, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, (1577), chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

Crossette n° 11. Ange, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, (1577), chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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Les crossettes d'angle de la chapelle.

13. Crossette n°12 : Angle nord-ouest : Masque, sous un fronton. Érodé.

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chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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13. Crossette n° 14.  Angle nord-est : Masque, crossette sculptée sur la lèvre uniquement. Érodé. 

. Buste d'homme  coiffé d'un tortil ?.

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 Crossette n°16. Buste d'homme,  chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

Crossette n°16. Buste d'homme,  chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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14. Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, museau pointu et oreilles dressées,  tenant un rouleau entre ses pattes antérieures. Érodé.

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 Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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J'ajoute enfin (oublié dans mon parcour autur de l'église) cette crossette :

15. Crossette n°14.  Église de Dirinon.  Masque d'homme. 

Rampant gauche du transept nord de l'église.

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chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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COMPLÉMENT. QUELQUES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES ET CHRONOGRAMMES.

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La tour-clocher. 1588 et 1593.

Profitez-en pour découvrir les six gargouilles-canons.

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Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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Sur le contrefort sud-ouest du pignon ouest : chronogramme 1588.

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contrefort sud-ouest : chronogramme 1588. église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

contrefort sud-ouest : chronogramme 1588. église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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Sous la deuxième balustrade du clocher: inscription et chronogramme.

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Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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Inscription entre 2 chapiteaux (masque d'une femme en coiffe et guimpe à gauche).

1593. I KZVNCVF

Y. LEREST

Le premier patronyme doit être rectifié KERZVNCV[F], mais cela ne permet pas de le déterminer, à moins d'y lire KERDUNCUFF, assimilé à Kerdoncuff. En réalité, cette modification ne s'impose pas, car  A. Deshayes signale à propos de Kerdoncuff :  "les variantes lénifiées de ce patronyme [sont] Kerzoncuff et Kerzoncuf, et réduites Keroncuff (Keroncuff, 1627, Quimper ; Keroncuff, 1630, id. Keroncu, 1735, id. ) tous attestés à Plougastel-Daoulas. Elles  proviennent vraisemblablement du village de Loperhet, ancien lieu noble noté Kedoncuf en 1426. (Dict. des noms de famille bretonne, 1995). Loperhet est placée entre Dirinon et Plougastel-Daoulas.  Kerzoncuff est attesté à Dirinon en 1772 (Jean François KERZONCUFF 1772-1828 &1803 Marie Jeanne GUIRRIEC 1774-1853)

 Le nom est attesté dans la commune (Marc et François furent  maires entre 1796 à 1883). Le toponyme Keroncuff (près de la chapelle Saint-Divy) y existe aussi. 

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Inscription du clocher 1593, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription du clocher 1593, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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La statue en kersanton de sainte Nonne. 1588.

Attribuée par un auteur au Maître de Guimiliau.

Inscription STE NON[NE].  Notez le N rétrograde.

La sainte patronne de la paroisse est voilée, vêtue d'une cape ou manteau à fermail. Elle tient un livre.  C'est l'occasion de mentionner le Buhez santez Nonn hac ez map deuy  (La Vie de Sainte Nonne ), un manuscrit sur papier de la fin du  XVIe siècle, qui fut découvert  en 1834 par l'abbé Marzin, secrétaire de l'évêque de Quimper. Il s'agit d'un Mystère, racontant la vie de sainte Nonne, les miracles qui s'opérèrent sur son tombeau, l'épiscopat et la mort de saint Divy, et qui était peut-être joué par les habitants de Dirinon. Le caractère très précieux de ce document est qu'il a été  composé en langue bretonne . 

Et chacun peut consulter à sa guise, si ce n'est le manuscrit, du moins sa transcription et sa traduction par Le Gonidec.

https://archive.org/details/buhezsanteznonn01gonigoog

... ou par Yves Le Berre 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/80d88f81a9a064fda9b122ff0d667bbc.pdf

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Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton.

Le patron des jardiniers, horticulteurs et maraîchers a aussi sa statue (XVe siècle) au dessus de la porte nord de la chapelle Saint-Divy, montrant ainsi son importance pour les paroissiens. Et, peut-être, l'importance des cultes liés à la nature. Comme à la chapelle Saint-Divy, le saint est représenté avec son capuchon sur la tête.

Elle est classée MH depuis le 14 /11/1991 :  les spécialistes de l'Inventaire l'estiment exécutée vers 1600, "en granit de kersanton" (sic). Ils donnent les mensurations suivantes : hauteur 85 cm ; largeur 28 cm ; profondeur 24 cm.

Emmanuelle Le Seac'h l'attribue à l'atelier landernéen de Bastien et Henry Prigent (1527-1577).

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La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton. Atelier de Bastien et Henry Prigent. Photographie lavieb-aile 2017.

La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton. Atelier de Bastien et Henry Prigent. Photographie lavieb-aile 2017.

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Élévation sud : transept, cadran solaire, et crossette n°6.

 

 

Transept, élévation sud, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Transept, élévation sud, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le Cadran solaire de 1653.

Table de schiste de 55 cm de diamètre

Restauré par Mr Labat en 2010 qui installa un nouveau style orienté vers le nord géographique afin que le cadran indique l'heure solaire

"Au centre, un astre déploie ses rayons vers les heures du jour. Coté ouest, il est orné d'un soleil alors qu'en face, coté est, les heures du jour se déclinent vers une lune. Le décor aux volutes au dessus de la date est un calice surmonté d'une hostie."

Il apparaît dès lors que les initiales M.H.G.C sont celles du curé de l'époque et qu'il faut lire "Messire Hierosme Gayement Curé." .

 L’objet a été déplacé, car on voit « un encadrement mouluré encore visible au-dessus d’une des fenêtres Midi » (Abgrall 1907 p.191 et 237)

— LABAT-SEGALEN (Pierre), CORNEC (Jean-Pierre), 2010, Cadrans solaires de Bretagne, Oralajoù heol Breizh. , ed. Skol Vreizh

— LALOS (Michel), http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_brest.php

— CASTEL (Yves-Pascal), 2010, L'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_cadrans_solaires

  Hierosme Gayement fut diacre puis prêtre de Loperhet de 1636 à 1646   puis curé de  Dirinon de 1642 à 1671, et curé-témoin des missions du Père Maunoir en 1644 et 1666.

L'église de Dirinon, donnée comme prébende de l'abbaye de Daoulas par l'évêque de Quimper, Geoffroy, 1170-1185, fut possédée jusqu'à la fin du XVe siècle par un prieur chanoine régulier de Daoulas; mais en vertu d'une bulle du Pape Alexandre VI, ce prieuré fut uni à la mense conventuelle de Daoulas, le 7 Juin 1498, par l'official de Cornouaille, exécutant la bulle du Pape (Archives départementales, Daoulas). Depuis, la paroisse fut gouvernée par un prêtre séculier qui prit successivement le titre de curé, de vicaire perpétuel, puis de recteur. Ce furent, avant Jérôme Gayement, :

  • 1599-1620. Pierre Heleouet, curé.
  • 1621-1639. Claude Morvan.
  • 1639-1642. Briz.

"Lorsque les missionnaires, sous la conduite du Père Maunoir, quittèrent Plougastel-Daoulas, en 1644, pour prêcher à Dirinon, ils trouvèrent une certaine opposition de la part des ecclésiastiques des paroisses voisines et même de la part du recteur de Dirinon, M. Gayement qui, plusieurs années plus tard, avoua ses préventions au Père Maunoir et lui dit comment elles cessèrent lorsqu'il vit un ange assistant à la messe, le Père, directeur de la mission." ( Père Maunoir: Relation manuscrite des dix premières années de ses missions). Abgrall 1907

Ce curé semble avoir été fort actif et soucieux de placer les heures et le temps sous la tutelle de Dieu et de son Église puisqu'outre ce cadran de 1563, il fit réaliser trois cloches en  1666, année de la seconde mission .

a) L'une d'entre elles, sans nom de baptême mentionnée ["Mauricette", est encore en place : "La cloche datant de 1655, ayant 1 m. 12 de diamètre et 1 mètre de hauteur : elle est due à Jacques Le Louarn et porte l'inscription : "ESCVYER. G. DV. LOVET. SEIGNEVR. DE. LISQVIVIT. & C. PARIN. & DAME. MAVRICETTE. DV. LOVET. DAME. DE COATIVNVAL. MARINE. M. HIEROME. GAYEMANT. CVRE. C. CANN. & ANTO. CALVEZ. FAB 1655." Plus bas est un poinçon ou marque de fabrique, figurant un renard ; ce sont les armes parlantes du fondeur, car LOVARN signifie renard. — On lit au-dessous  :"IAC. LE. LOVARN. MA. FAICTE". (Abgrall 1907)

b) sans nom, 1661, bénie par Pierre Héleouet curé de Dirinon:

 "Les registres paroissiaux relatent plusieurs autres baptêmes de cloches. Le premier est du 15 Avril 1661. Les parrain et marraine furent le seigneur de Kerdoulas et la dame du Rouazle : « Anno Domini millesimo sexcentesimo primo, die vero decima quinta mensis Aprilis fuit facta benedictio unius campane in hac ecclesia de Dyrinon per me dominum Petrum Heleouet curionem dicte parochie de Dyrinon. Compatres fuerunt nobilis dominus de Kerdaulas et domina du Rouazle ». 

c) "Françoise", 1666 « Ce jour, 27 Octobre 1666 a esté benite et consacrée en l'église paroissiale de Dirinon en l'honneur de Dieu et de la Sainte-Vierge et de Madame sainte Nonne une cloche par Missire Hierome Gayement curé, le parein et maraine ont esté escuyer Marc Anthoine le Pappe, seigneur de Lezuzan, et dame Françoise Gousabatz, dame de Lesquiffit. On lui a imposé le nom de Françoise en présence des soubzsignants : Françoise Goasabatz, Marc-Anthoine le Pappe, Nouel Emdivat, prêtre, François André, prêtre, Vincent Coatagas, prêtre. Le Louarn, fondeur, Hierome Gayement ».

d) "Perrine", 1666. "Le 31 Octobre suivant fut bénite une autre cloche par Dom Noel Emdivat, prêtre de la paroisse, les parrain et marraine furent vénérable et discrète personne Missire Hiérosme Gayement, curé de Dirinon, et demoiselle Perrine Joliff, dame de Monval. On lui assigna le nom de Perrine. Louarn, fondeur." 

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Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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 Inscription de 1713.

N : DIVERRES : F. / 1713.

"N[icolas] Diverres, F[abrique] 1713"

Notez le N rétrograde. Il pourrait s'agir de Nicolas Diverres (mars 1662 / 9 juin 1720), fils de Jean Diverres et de Jeanne Caret, époux de Marie Le Bris et père de 5 enfants, Jacques, Marc, Marie, Jeanne et Hervé. Jean Diverres était fabrique en 1702, date à laquelle il a inscrit son nom sur la chapelle de Saint-Divy, à Dirinon.

Note : une inscription de l'aile sud du transept  indique G. DENIEL 1714. Avec un N rétrograde. 

Ces deux inscriptions sont contemporaines de l'agrandissement agréée par l'évêque en 1712 de l'église : destruction de l'ancien chœur et édification d'un nouveau transept plus large et plus haut que le premier, qui est néanmoins conservé

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Inscription de 1713 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1713 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Inscription de 1756  l'est du pignon nord de l'ancien transept.

FAIT PAR JEAN /  QVENECADEC / ET IOSEPH  MVSE / LEC, FABRIQVE, L'AN 1756.

Notez, à nouveau, le N rétrograde et le Q rétrograde de JEAN, QVENECADEC,  FABRIQVE, et AN.

Jean Quenecadec, né le 23 août 1725 à Dirinon et décédé au lieu-dit L'Isle à Dirinon le 3 décembre 1761 ; il est le fils de François Quenecadec et de Françoise Caret. Il est le frère aîné d'Hervé, Marie et Françoise Quenecadec. Il épousa en 1747 Marie Kernéis et eut cinq enfants. Voir généalogie G. Kerautret.

Un de ses successeurs a inscrit sur le pignon de la chapelle de Saint-Divy l'inscription F. QVECADEC FABRIQVE 1778. Il s'agit sans-doute de François Quenecadec, né le 8 avril 1748 au lieu-dit L'isle à Dirinon. 

Joseph Muzellec est né à Dirinon le 14 mai 1708 de Guillaume Muzellec et Marie Le Bot.

 

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L'inscription, en lettres majuscules romaines, signale la réfection, pour une cause inconnue, du pignon nord de l'ancien transept.

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Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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DISCUSSION.

Les crossettes de ces deux édifices sont placées soit aux angles, soit en encadrement des fenêtres passantes, mais sans orientation cardinale privilégiée. Sur un total de 15 figures exploitables, nous dénombrons 1 ange, 7 humains et 6 animaux :

  • 4 hommes dont 3 sont nus (et 3 têtes d'homme en masque) 
  • 2 lions dont un tenant un être humain .
  • 1 dragon ailé
  • 1 chien
  • 1 renard tenant une poule
  • 1 loup
  •  1 ange 

Cette distribution est globalement conforme  à celle des monuments religieux du Finistère, malgré l'absence de figures féminines (femme, femme serpent ou sirène). La constance de figures stéréotypées montre que ce décor n'est pas dû au bon plaisir d'un artisan local, mais qu'il répond soit à la volonté des commanditaires (les fabriques paroissiales) soit au savoir-faire et aux modèles d'ateliers de sculpture, et sans-doute de la conjonction des deux.

J'ai d'abord pensé que ce décor placé dans une zone très particulière des églises, zone intermédiaire entre les murs et la toiture, toujours en hauteur, témoignait d'une fonction d'exutoire, de projection des pulsions contraires à la morale chrétienne : un entre-deux de refoulement, rempli des animaux du légendaire pré-chrétien et de l'héritage fabuleux populaire. 

Je constate désormais que ces pierres saillantes sont organisés selon trois thèmes fondamentaux :

1. L'animal menaçant, dévorant ou prédateur est une forme de l'Ankou : un assistant de la Mort. Par sa présence, il est un rappel insistant du péril majeur que représente alors pour tout chrétien la mort en état de péché, qui l'expédierai droit en Enfer.

2. L'homme (ou la femme) peccamineux — j'adore ce mot, quitte à l'utiliser à tort—, soumis à un vice. Deux ordres de vices sont particulièrement illustrés : ceux du ventre, en latin Gula ou Gastrimargia (Gourmandise et Ivrognerie) et ceux du sexe, Luxuria ou Pornéia (plaisir sexuel recherché pour lui-même). Autrement dit, ces sculptures laissent de coté les autres péchés capitaux que sont l'Orgueil (sauf dans le cas du jeune seigneur richement vêtu), l'Avarice, l'Envie, la Colère et l'Envie. Voir Les sept péchés capitaux par Jérôme Bosch.

3. L'ange, en contrepoint, mais toujours comme messager. Soit il tient un phylactère, soit il s'entoure d'une inscription d'injonction, soit, comme ici, il tient un livre qui renvoie aux Évangiles. Il indique la Voie à suivre vers le Salut.

Dès lors, ce décor pittoresque (ou "sculptoresque") s'intégrerait dans une action pastorale, complétant par l'image le travail de prédication. 

La datation de ces crossettes les placent à la fin du XVIe siècle (1577) ou au début du XVIIe siècle (1618), après le Concile de Trente (1545-1563) qui s'est opposé aux décors fabuleux, et dans le cadre militant de la Contre-Réforme. Si la première mission du Père Maunoir à Dirinon date de 1644, les premières "cartes"  illustrant par l'image la prédication de Michel le Nobletz furent peintes entre 1613 et 1639. Ces crossettes pourraient être considérées, dans un style bien différent et exempt de toute moraline, comme des formes préalables, mais jubilatoires, de ces Taolennou.

Mes articles sur ces Tableaux :

http://www.lavieb-aile.com/2015/10/douze-tableaux-de-mission-de-l-eveche-de-quimper-la-serie-de-plouguerneau-1.html

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/la-tribune-des-peches-capitaux-de-la-chapelle-saint-yves-a-priziac.html

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, in Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

https://archive.org/stream/bulletindiocsai00arcgoog/bulletindiocsai00arcgoog_djvu.txt

—APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

—  "Buhez santez Nonn" ou "Vie de sainte Nonne et de son fils saint Divy, archevêque de Ménevie en 519" avec une introduction de l'abbé Sionnet et accompagné d'une traduction littérale de Legonidec et d'un fac-similé du manuscrit, Paris, Merlin, 1837

https://archive.org/details/buhezsanteznonn01gonigoog

— Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

 

— COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

—FALC'HUN (Chanoine François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages, pages 30 et 31.

— LE MEN (Annie) , Dirinon Kerliezec, 1998, la cloche de 1573

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a64395e3a45082e87616943e6418235b.jpg

—CASTEL (Yves-Pascal)  1990, Retrouvaille des cloches en 1990. Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c723cbe89ac41b0f1c6516d4a7c97b0a.jpg

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun, mémoire de maîtrise, 2 vol.

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Published by jean-yves cordier - dans Dirinon. Gargouilles et crossettes
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 09:18

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"L'église actuelle de Landivisiau, construite dans le cours des années 1864 et 1865, a remplacé un édifice du XVIe siècle qui était arrivé à menacer ruine par suite de la suppression des tirants de la charpente. Du corps principal de l'ancienne église on n'a rien gardé, si ce n'est les clochetons ou lanternes à dômes qui couronnent les contreforts ; mais, du moins, nous avons la bonne fortune de voir conservés le clocher et le porche qui sont deux ouvrages remarquables et du plus grand intérêt." (J-M. Abgrall)

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L'ancien enclos paroissial est néanmoins visible sur une lithographie de Thierry Frères d'après une   figure  d'A. Bayot gravée par A. Guesdon accompagnant la description de Landivisiau dans les Voyages romantiques et pittoresques dans l'Ancienne France du baron Taylor et Charles Nodier, parus en 1845-1846. Elle porte le titre d' Eglise et ossuaire de Landivisiau . Source : Bnf Gallica)

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Dans les rues tendues de drap, au terme d'un parcours fleuri agrémenté de halte devant les reposoirs,  la procession de la Fête-Dieu fait se succéder le dais tout emplumé, la bannière paroissiale dédiée à la Vierge à l'Enfant, des prêtres et chanoines en chape et calotte (noire), des femmes en coiffe tenant leur missel, les jeunes filles en blanc et peut-être bleu brandissant la petite bannière de leur confrérie mariale, des enfants de chœur thuriféraires, tout ce monde arrivant devant le recteur qui les accueille devant l'entrée du placître, tandis qu'un garde suisse se tient devant un mendiant, et des bas-bretons sceptiques.

La foule va s'engager devant l'ossuaire (qui fut déplacé dans l'actuel cimetière vers 1865 lors de la reconstruction de l'église), dont nous reconnaissons les statues (termes masculins et féminins), mais dont les baies ne sont pas vitrées et laissent voir un amoncellement de crânes.

A gauche, une construction oblongue où est sculpté un quatre-feuilles indique qu'à défaut d'arc triomphal, le terre-plein était délimité par une enceinte. Au sommet de quatre marches, une large pierre posée sur champ, un échalier, barre transversalement l''entrée du cimetière afin d' interdire l'accès aux animaux errants.

En arrière-plan, le porche, la tour-clocher et une lucarne (dont le pignon porte la statue de saint Michel) sont dessinés avec minutie et exactitude, fournissant ainsi une base documentaire précieuse. Nous allons constater que le porche actuel n'est guère différent de celui de 1845, même si, après la suppression du cimetière, un emmarchement à deux volées de cinq et sept marches a du être créé, donnant directement sur une rue très fréquentée par les automobiles. 

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I. L'EXTÉRIEUR DU PORCHE.

 

"Le porche est d'autant plus intéressant à étudier qu'il est comme le trait d'union entre les porches gothiques et ceux de la Renaissance. Il ne faut pas dire, avec quelques archéologues, que le mouvement artistique était en retard dans notre pays, mais les traditions gothiques se sont conservées longtemps ; les sculpteurs avaient de la peine à s'en détacher, et, pendant tout le cours du XVIème siècle, nous les voyons mélanger et combiner les formes et la flore du gothique flamboyant avec l'ornementation de la Renaissance. De là résulte une architecture absolument ingénieuse et originale, parfois d'un très heureux effet, dénotant une riche imagination, une grande habileté dans la science du trait et une adresse admirable chez les ouvriers tailleurs de pierre.

On peut voir des spécimens curieux de ce style mixte au fronton du porche de Lampaul-Guimiliau, 1533 ; aux portails Ouest de l'Hôpital-Camfrout et de Rumengol, 1537 ; aux porches de Daoulas, 1566, et de Brasparts, 1589 ; mais nulle part peut-être ce mélange n'est plus frappant que dans le porche de Landivisiau. L'édifice est encore gothique, et cependant il porte, à l'intérieur, la date de 1554, et, à l'extérieur, celle de 1559 ; ce sont encore les moulures prismatiques, les colonnettes tordues en spirale avec semis d'hermines et de fleurs de lis, les guirlandes de feuillages découpées à jour garnissant les gorges profondes ; mais, au milieu de cette ornementation du siècle précédent, vous trouvez, conçus dans le style de François Ier et de Henri II, les culs-de-lampe des grandes niches et une partie de leurs couronnements, le bénitier avec le dais qui le surmonte, ainsi que la plupart des décorations qui tapissent le tympan antérieur." (J-M. Abgrall)

Depuis la publication de E. Le Seac'h (2014), ce porche et ses sculptures sont attribuées à l'atelier landernéen de Bastien et Henry Prigent (1527-1577), qui avait réalisé le porche de Pencran en 1533, et qui reprend ici la même disposition : "Toutes ces statues sont de Bastien Prigent" (Le Seac'h p. 152)

Le porche a été démonté et remonté en 1728 par Jean Perrot et Sébastien Roussel, entrepreneurs ; ils remarquent qu'ils ont trouvé « les figures de geneze qui font la face du dit portique bien arrangées, ainsi que les figures des 12 apôtres » (G. 240 in Archives du diocèse de Quimper et Léon, cité in BDHA 1917).

Je le décrirai du haut vers le bas et de la périphérie vers l'arcade centrale.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le lanternon (vers 1570) .

Ses colonnes cannelées, ses chapiteaux ioniques  ou composites, ses coquilles Saint-Jacques, ses cuirs  et  ses masques affirment son style Renaissance, mais son pinacle  gothique fait exception. Trois faces reçoivent des niches abritant des statues, celles de saint Thuriau (ou Thivisiau), d'un saint évêque et d'un autre saint. Le dais de la niche de saint Thivisiau est sculpté de blasons et de masques. 

 

 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Deux blasons et des masques.

 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les trois masques : une tête d' homme, une tête de femme et un grotesque.

 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Niche de saint Thivisiau.

Le saint porte une mitre précieuse, une crosse (crosseron brisée) tenue par un linge, le sudarium, des chirothèques, et des bagues, dont l'anneau épiscopal. La chape pluviale, dont le fermail est orné d' un médaillon, est remarquable par ses orfrois, successions de carrés et de cercles par le biais d'entrelacs.

Devant le bas de sa dalmatique, une inscription est de lecture délicate, car rongée par les lichens. Une lettre G se distingue, soit : J : G----. Peut-être J : GAUDIC (P-Y. Castel, E. Le Seac'h)). Le patronyme est attesté sous cette forme un peu plus tard à Lampaul-Guimiliau par les généalogistes. Peut-être une graphie de (Le) Gaudec ou Godec attesté par A.  Deshayes. Mais je lirai plutôt GAUDIN cf forum ici.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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A la pointe du faux gable gothique, un écu bûché présenté par deux lions.

Ces lions tournent leur face vers le spectateur (lions rampant léopardisés en termes héraldiques). L'écu est losangique, comme celui des demoiselles. Il est coiffé par un dais sous une couronne. Les armes ne sont plus lisibles. Sur la lithographie de 1845, on devine peut-être les macles des Rohan.

Au même endroit, Y-P. Castel  décrit des armoires  présentées par deux anges,  dans lesquelles il y a deviné celles, écartelé d'or et d'azur, de François de Tournemine, seigneur de Coatmeur, de Kermelin en Tréfflaouénan et de Liscoat, époux de Renée de Saint-Amadour. Commanditaire du porche en 1554, son gisant se trouvait dans le chœur de l'ancienne église. Les panneaux de kersanton de ce gisant ornent aujourd'hui la fontaine Saint-Thivisiau, la statue de saint Michel est placée sur la façade sud de l'église (cf. infra) tandis que la partie supérieure du gisant se trouve à la mairie de Saint-Pol-de-Léon, après avoir été, sous le nom de saint Bidouzen, dans la cour  de la chapelle de l'îlot Sainte-Anne de cette ville. Jadis, les jeunes filles allaient interroger cette statue de saint Bidouzen : si l’aiguille qu’on lui plantait dans le nez restait en place, c’était de bon augure pour un mariage en cours d’année.

"Hévin, dans ses Consultations sur la Coutume de Bretagne, nous dit que, le 4 Décembre 1554, François de Tournemine, Sgr. de Coetmeur, de Kermelin et du Liscoet, et dame Renée de Saint-Amadour, fondèrent « une chapellenie, dans l'église tréviale de Landivisiau, de deux messes à chaque jour, l'une à haute, l'autre à basse voix, et autres offices, pour être célébrés par le nombre de sept prêtres chapelains, desquels les dits seigneur et dame se sont réservé la nomination pour eux et leurs descendants, à perpétuité, pour l'entretien de laquelle ils affectent les droits qu'ils avaient en la paroisse de Pommelvez, dans la commanderie de ce nom ». Cette fondation fut autorisée par l'Evêque de Léon, le 4 Janvier 1555, et ensuite le dit Sgr. de Tournemine nomma premier chapelain Missire Bizien Tanguy, prêtre ; et celui-ci étant décédé, il nomma Missire Goulven Floc'h, le 24 Avril 1560. En 1621, étaient chapelains : Jean Abgrall, François Muzellec, Yves Abgrall, Maurice L'Espagnol et Jean Bellec."

http://fr.topic-topos.com/gisant-de-saint-jacques-de-tournemine-treflaouenan

Le premier recteur, "missire Bizien Tanguy" fera sculpter son nom sur le socle de la statue placée dans le tympan intérieur (article suivant).

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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On retrouve ces armes, intactes,  sur la façade du bras sud du transept de l'église ; mais elles comportent un lambel indiquant une branche cadette. Elles sont semblables à celles d'Alain de Tournemine à Tréflaouénan.  La devise serait, selon Y-P. Castel, AULTRE NE VUEIL (que je retrouve attribuée à la famille de Plusquellec).

http://callac.joseph.lohou.fr/armoiries.html

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église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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 Face est de la tour. Saint évêque.

 

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Lanternon sommital, niche est. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Lanternon sommital, niche est. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Face nord de la tour : un autre saint évêque (sans mitre).

En réalité, cette statue n'a pas sa tête d'origine et E. Le Seac'h suggère une interversion : la tête de ce saint, qui serait un pape coiffé d'une tiare, aurait été placé sur la statue du Christ sauveur de l'intérieur du porche, et inversement, la tête barbue du Christ aurait été placée ici. Je ne suis pas entièrement convaincu, car je vois ici un saint évêque tenant sa crosse et bénissant, et car la tête aux cheveux frisés et à la calvitie frontale n'est guère christique.

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Lanternon sommital, niche nord. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Lanternon sommital, niche nord. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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"Le porche est de conception encore toute gothique. Sa grande arcade extérieure, contrebutée aux angles par de puissants contreforts, est surmontée d'une accolade avec contre-courbe et d'un faux gable décoré de choux frisés puis d'un tympan couronné d'une niche monumentale." 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Puis vient, posée sur le fleuron sommital, une statue de sainte femme, la tête et le corps couverts d'un grand voile de deuil, portant la guimpe, les mains croisées sur la poitrine en signe d'affliction. Le très long passant d'une ceinture descend devant la robe. Y-P. Castel y voyait une Vierge issue d'un Calvaire.

 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Dans l'espace laissé entre l'archivolte et l'accolade, la sainte aux longs cheveux défaits, et qui tient un livre, pourrait être sainte Marie-Madeleine (le livre serait inhabituel), ou bien sainte Barbe (mais sans sa tour) ou sainte Suzanne (comme celle sculptée à Pencran par Bastien Prigent) une autre Vierge et Martyre. Devant ses pieds un écu porte les initiales M.J.A.P. entourant un calice. Ce dernier indique que le donateur est un prêtre, incitant à lire : "Messire J. A, Prêtre". 

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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LES CROSSETTES (vers 1560).

Elles amortissent l'assise des rampants du pignon.

 

1. Le lion de droite.

Il a tous les caractères des lions des multiples crossettes du Finistère et en forme même l'archétype : 

E. Le Seac'h, qui a examiné les gargouilles et les crossettes des quatre cantons de Ploudiry, Landivisiau, Landerneau et Sizun   a compté 49 lions (sur un total de 381 sculptures). Ils diffèrent des dragons par leur crinière soigneusement peignée couvrant la moitié antérieure du corps, par l'aspect lisse et svelte de la partie postérieure, par le caractère trifide de l'extrémité de la queue (correspondant au pinceau de poils noirs et à l'ergot de l'animal sauvage), par leurs petites oreilles, par le front ondulé comme celui d'un mouton, par les yeux globuleux, par la gueule qui montre non pas des dents pointues, mais une langue protruse.  Dans la plupart des cas, l'animal resserre ses griffes antérieures sur un os, dont les condyles sont parfois brisés rendant l'identification malaisée ; mais parfois il prend appui sur la tête d'un être humain qu'il emmène, ou sur un rouleau, ou sur une sorte de patère, sur un écu, ou une banderole. L'artiste manque rarement de souligner les mèches de la toison  du tarse des pattes postérieures. Ici, les sabots s'apparentent à ceux d'un bouc, en faisant un animal chimérique. Mais la caractéristique la plus frappante est la manière dont la queue passe comme une corde entre les pattes, s'enroule autour de l'arrière-train, revient sur le dos et s'y divise en trident. On en voit d'autres beaux exemples à Landerneau, Pencran, Guimiliau, ou Sizun,

Puisqu'on le voit si souvent exerçant sa vigilance sur le fémur (humain) qu'il détient, ou sur un crâne, un petit être qui n'en mène pas large, il est pour moi l'équivalent animal de l'Ankou, c'est à dire celui qui vient prendre possession des vivants au nom de la Mort ; mais à la différence du squelette armé d'une lance ou d'une flèche désigné par le terme d'ankou, sa force et sa rapidité à la course lui suffissent pour effectuer cette mission.

 

Bastien Prigent, crossette en lion, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en lion, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2. Le dragon.

http://ns230684.ovh.net/dragon-sculpte-landivisiau

Comme le lion, le dragon de Landivisiau peut revendiquer le titre d'archétype des dragons de crossette par ses longues oreilles et ses ailes nervurées l'apparentant aux chauves-souris, par sa peau boursouflée (front, gorge), par ses yeux dilatés, par sa gueule hilare, jamais vraiment terrifiante, et par sa denture acérée. Nous notons aussi ses pattes crochues, et ses narines tubulaires comme des lance-flammes. Mais l'attribut dont il est le plus fier est sa queue dentelée et verruqueuse, qui forme une boucle avant de revenir contourner en collier sa poitrine. Elle est si longue que nous nous perdons dans ses sinuosités et ne comprenons pas toujours tout de suite que c'est à elle qu'il s'agrippe énergiquement comme à un hochet ou un anneau magique. Il faut se placer sur son coté droit pour découvrir que cette queue, loin de n'avoir ni queue ni tête, s'achève par un petit renflement céphalique dotée, microcosme ou inversion en abyme, de deux yeux, deux narines et d'une gueule parfaitement fonctionnels.

On pourrait y voir une figure de la coincidentia oppositorum, de l'unité des contraires qui est bien le propre, quoiqu'il en soit, des dragons. Comme la salamandre, ce sont des bêtes réunissant le froid et l'humide de leur nature reptilienne et chtonienne avec le chaud du feu destructeur de leur souffle nauséabond, et avec leur nature aérienne d'êtres volants. 

Comme les sphinx égyptiens veillant sur les nécropoles, cette dualité d'opposés font d'eux des énigmes, des figures de l'inconcevable.

Comme le lion avec lequel il est associé, il est un rappel de la puissance de la Mort sur nos frêles et éphémères existences. 

Et ça le fait rire.

 

 

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Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560 Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560 Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le couple de "naturels" (ou "satyres").

Au pied du premier rampant, au départ des pinacles, se voient deux personnages :

1. à droite un homme sauvage, (homme des bois, "sylvain") au nez épaté, aux oreilles larges, coiffé d'un bonnet,  dont tout le corps est velu et qui se caressait la barbe, avant que le bras droit et la pointe de cette barbe ne se brisent. Sa main gauche tient une massue. Il est à demi accroupi (posture du "chevalier-servant"). Il symbolise pour moi, comme les nains forestiers ou mineurs germaniques les forces chtonienne, comme les nains, les gnomes, ou les lutins des croyances médiévales .

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Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560 Nain sauvage caressant sa barbe, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560 Nain sauvage caressant sa barbe, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1560. Nain sauvage caressant sa barbe, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Nain sauvage caressant sa barbe, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2. Du coté gauche, une femme nue accroupie.

Elle forme, par son emplacement et par sa posture accroupie, un couple avec le satyre précédent, et, d'ailleurs, son nez est épaté et ses oreilles de grande taille, bien que ces caractéristiques ne soient pas exagérés et ne lui ôtent pas un charme certain.

Comme dans le cas des femmes-serpents, des sirènes et des Démones recensées par Hiroko Amemiya dans Vierge ou Démone. Exemple dans la statuaire bretonne, sa féminité, accentuée par la longueur considérable de sa chevelure et par l'importance de sa poitrine, est élevée à la dimension d'une Allégorie, tandis que sa main droite placée sur le pubis indique que cette allégorie est indissociable de celle de la Sexualité, du Désir, ou, pour saint Augustin et après lui pour l'Église, de la "Concupiscence" qui en forme le versant peccamineux.

Aussi ce couple pourrait représenter la figure animale de l'humanité, avant la Rédemption. 

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Bastien Prigent, v. 1560. Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1560. Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1560. Dragon et Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Dragon et Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les niches couronés de dais gothiques qui décorent les deux contreforts d'angle abritent les statues assises des quatre Evangélistes avec leurs attributs, celle de la Sainte-Vierge provenant d'un ancien groupe de l'Annonciation, et enfin la statue de sainte Anne.

Les quatre évangélistes, la Vierge et sainte Anne.

1) le groupe de droite. Matthieu et Luc, sainte Anne éducatrice.

 

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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a) sainte Anne éducatrice.

A l'extrême droite, tournée vers l'est, Anne tête couverte d'un voile, est assise et tient sur ses genoux un livre. A son coté droit, la jeune Marie, sa fille, les cheveux dénoués et la tête découverte, apprend  à lire, et à déchiffrer les Écritures. On admirera la manière dont les deux femmes se tiennent la main, les doigts entrecroisés.

Un objet était tenu dans la main gauche de la sainte. 

Sur le pan plissé de la robe, un panneau porte les mots : MES: J FLOCH P. (ou IA ou IM J FLOCH P(rêtre)

Voir infra la statue de Jean-Baptiste, à l'ouest, avec l'inscription MI : J. FLOCH .

Voir la statue d'Anne éducatrice à Pencran (1553) par le même atelier des Prigent, placé également sur le contrefort de droite du porche.

 

 

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Bastien Prigent, v. 1560. Anne éducatrice. Kersanton. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Anne éducatrice. Kersanton. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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b) Saint Matthieu et l'ange.

On sait que selon la tradition, chaque évangéliste est associé à l'un des quatre termes du Tétramorphe de l'Apocalypse : L'Homme ou Ange pour Matthieu, le Lion pour Marc, le Bœuf pour Luc et l'Aigle pour Jean. A Landivisiau comme ailleurs (Retable de l'Arbre de Jessé  à Burgos), les   évangélistes sont représentés à leur pupitre, comme un moine copiste médiéval, et, là comme ailleurs (porche de Pencran, etc.), ils disposent de leur encrier (rond) et de leur étui (allongé) destiné aux roseaux. Il ne manque que le canif nécessaire à la taille de ces calames.

Matthieu semble chercher la divine inspiration en levant les yeux vers les Cieux, alors qu'un charmant angelot tient son matériel d'écriture. Le pupitre est marqué par l'influence Renaissance, avec un terme dont le menton se prolonge en un bâton. En fait de terme, c'est en réalité un drôle qui passe sa tête à travers un pan d'étoffe – ou un "cuir"–, mais dont on voit les mains, et, si on se place de coté, le corps nu.

Les amateurs de gauloiseries qui égayent notre art sacré, ne manqueront pas de noter qu'un gamin montre ses fesses aux passants, sous le culot qui reçoit l'ange.

Mêmes motifs sur le grand Calvaire de Guimiliau (1581-1588).

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Kersanton. Saint Matthieu.Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.
Bastien Prigent, v. 1554-1565. Kersanton. Saint Matthieu.Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Kersanton. Saint Matthieu.Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Polisson, pierre de kersanton . Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Polisson, pierre de kersanton . Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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c) Luc et le bœuf.

Sa console est supporté par un ange qui tenait un phylactère, muet.

Il tient sa plume de la main droite et son matériel d'écriture dans la main gauche. Son bœuf (très érodé) est à sa droite. Son pupitre est soutenu par un homme nu qui croise les jambes. Même motif sur le grand calvaire de Guimiliau (1581-1588).

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Luc. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Luc. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2) Le groupe de gauche. Saint Marc, saint Jean,   et la Vierge. 

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Bastien Prigent, v. 1554-1565 . Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565 . Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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a) Saint Marc et son lion.

Il est supporté par un ange, bras ouverts.

Il se tient à son pupitre, tenant une sorte de crayon, son plumier suspendu sur le coté gauche. Le lion se tient comme il le peut entre la colonne de l'écritoire et les pieds de l'apôtre. Tout cela est bien sage ... sauf lorsqu'on découvre de coté, derrière le dossier du saint, le buste nu d'une femme aux seins en spirale, et un autre terme masculin servant de piétement au fauteuil.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Marc. Kersanton. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Marc. Kersanton. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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b) Saint Jean et son aigle.

L'apôtre préféré du Christ, imberbe, vêtu du manteau qui lui est familier au dessus d'une tunique boutonnée sur le devant, lève, peut-être avec circonspection, les yeux vers le ciel breton. Son stylo s'apprête à écrire un nouveau verset. Son aigle semble avoir enfoui sa tête (brisée) sur les jambes de son maître, faisant voltiger l'encrier. 

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Jean. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Jean. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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c) La Vierge de l'Annonciation.

Elle est agenouillée devant son prie-dieu, mais elle a déjà entendu le message de l'ange puisqu'elle fait de la main droite le geste d'acceptation du Fiat  et se déclare la servante du Seigneur, ancilla Domini.

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Bastien Prigent, v. 1554-1565.  Vierge de l'Annonciation, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Vierge de l'Annonciation, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Complément : les têtes sculptées sous les évangélistes.

Les stylobates de granite servant de support à ces groupes sont décorés de médaillons en forme de disques avec des masques en bas-relief et des angelots très érodés.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les inscriptions lapidaires extérieures.

Ce porche n’a pas été construit d’un seul tenant. En effet, on peut distinguer 4 campagnes de travaux :
— 1554 : portail en plein air, sous la direction des fabriciens Y. Martin et J. Abgral.
—  1554/1559 : piles latérales de la grande arcade. En 1559, les fabriciens étaient Tanguy Laboucz et Hervé Coulignir. En 1557, J. Floch, prêtre, fait don de la statue de son saint patron Jean-Baptiste. 

— 1559/1565 : voûte et murs latéraux, 
—  Lors d'une phase d’achèvement non datée (évaluée jusqu'en 1570 environ)  se construisent le pignon et le lanternon. 

Y-P. Castel a comptabilisé onze inscriptions lapidaires au total. J'ai photographié à l'extérieur de l'église trois pierres de fondation, celles de 1559, 1565 et (hors du portail) de 1718. On peut y ajouter celle des statues de Saint Thivisiau, de sainte "Madeleine", de sainte Anne, et de saint Jean-Baptiste (1557). Elles sont toutes écrites en lettres romaines (minuscules ou majuscules), les chiffres étant romains. 

Cet abandon de l'écriture gothique est récent : en 1536, la pierre de fondation de Rumengol utilise les lettres gothiques, comme celle de 1526 de la chapelle Rocamadour de Camaret, comme celles de 1526, 1544, mais aussi 1593 de l'église du Faou, ou celle de 1562 de l'église de Rosnoën (qui tend vers le romain).

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1. Sur la joue Ouest du contrefort de l'angle S.-0. un petit soldat, en costume du temps, indique l'inscription suivante  en lettres romaines capitales avec une ponctuation de séparation par trois points  :

LAN : 1559* ESTOINT  [* les deux derniers chiffres sont effacés] [second N rétrograde]

LORS : FABRIQVES :

TANGVY : LABOVCEZ

ET : HERVE : COVLOVGNIR [N rétrograde]

"En l'an 1559 étaient alors fabriciens Tanguy Labous et Hervé Couloigner."

n.b : En 1666, un Tanguy Labous ou Labouce sera curé de Landivisiau.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.
Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Sur le côté droit de la façade on lit en lettres minuscules romaines l'inscription (en partie brisée à droite ?)  :

1565 : ESTOI / LORS : FABRI/  0 ; PERRO / N : CONLOU : "1565 étaient alors fabriques O. Perrot et  N. Conlou [ ou : "O. Perrot et N.  Couloignier" ]. Voir aussi la lecture de Fréminville, et celle de Castel.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Abgrall signale aussi sur la façade est l'inscription: POVR . LORS : FABRICQVES : 0 ; PEYRON Y. JONGOVR".

Hors sujet en ce qui concerne le porche, on peut signaler encore, sur le côté Est de la sacristie, l'inscription plus tardive  : JEAN : TANGUY : ET IACQVE : ABGRALL / FA : LAN : 1718. "Jean Tanguy et Jacques Abgrall Fabriques l'an 1718"

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Sacristie de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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La statue de Saint Michel terrassant le dragon ; les trois angelots.

Cette statue de l'archange terrassant un dragon a perdu son épée ou sa lance ; elle provient du gisant de François de Tournemine et de son épouse.

http://ns230684.ovh.net/saint-michel-landivisiau

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Saint Michel, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Michel, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Michel, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Michel, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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La statue de saint Jean-Baptiste, sur la base de la tour, au nord.

Kersanton. 1,60 m. .

" Le Précurseur est vêtu d'une tunique en peau de chameau ; la tête de l'animal retombe par devant, entre ses deux pieds. Par-dessus, il porte un manteau en étoffe. Le Saint tient de la main gauche un livre surmonté d'un petit agneau qu'il montre de la droite."

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Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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"Sur le pan du manteau, on lit la date de 1557, et sur le socle, en lettres gothiques : M. J. FLOCH . Un calice sculpté au milieu de cette inscription indique que le donateur, missire Jean Floc'h, était un prêtre." (J-M. Abgrall)

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Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23.  “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau",, Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1991, Le porche de Landivisiau, fondé en 1554. Actes des conférences 1991. : .Éditeur: Pays d'accueil des enclos et des Monts d'Arrée, 1992 . p. 59-76 : ill. ; 21 cm

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  "De Saint-Pol à Landivisiau: à la recherche des sieurs de Tournemine", Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon samedi 14 mai 1983. 

“0135 de St-Pol-de-Léon à Landivisiau, à la recherche des sieurs de Tournemine. 14.05.83,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1616.  

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/408be039e7a310691325124ca16674fa.jpg

— COUFFON

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

—TAYLOR, Justin NODIER (Charles) 1845-1846, Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Bretagne.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84521739/f209.item.r=FOL-UB-24

 

—Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/porche-sud-landivisiau

— Site de la mairie :

http://www.landivisiau.fr/fr/information/61960/le-patrimoine-landivisien

— GUEGANTON (Olivier ), 2009, "Landivisiau"  :

http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Landivisiau.htm

— WIKIPEDIA consulté le 30/01/2017 : List of the works of Bastien and Henry Prigent https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 08:57

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I. LE CALVAIRE.

Placé au centre du cimetière parmi les tombes, ce calvaire de kersanton de  6,50 m de haut est basé sur trois hautes marches hexagonales et un dé octogonal .  Il daterait du XVIe siècle (XVIIe selon Couffon). . Le fût à pans détache un premier bras latéral droit pour recevoir saint Édern, puis un croisillon mouluré à culot porte le gibet des larrons aux extrémités, des statues géminées vers le milieu, le le crucifix au centre, surmonté d'un ange tenant le titulus. Le revers porte un Christ aux liens entre saint Pierre et Marie-Madeleine.

 

L'enclos paroissial de Lannédern, vu du sud-ouest. Photographie lavieb-aile.

L'enclos paroissial de Lannédern, vu du sud-ouest. Photographie lavieb-aile.

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1. La face principale.

 

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Saint Édern, patron de la paroisse,  et son cerf.

Sur un  croisillon, à mi-hauteur du fût et à sa droite, Saint-Edern en robe et manteau à capuchon, est représenté tenant un bâton et chevauchant un cerf.

 

Saint Édern, Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Saint Édern, Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le bon larron.

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Le bon larron. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Le bon larron. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le mauvais larron.

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La mauvais larron. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

La mauvais larron. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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La Vierge. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

La Vierge. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

 

Saint Jean. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ en croix.

 

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Anges recueillant dans un calice le sang des plaies des pieds du Christ.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ange tenant le titulus portant les lettres INRI.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le revers du calvaire.

Le Christ aux liens est entouré de saint Pierre et de sainte Marie-Madeleine tenant le flacon d'onguent.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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II. L'OSSUAIRE  (ou Chapelle sainte-Anne).

 


La façade classique de cet édifice  rectangulaire  comporte quatre baies en plein cintre, une porte médiane à fronton cintré, et deux bénitiers. Entre les fenêtres, se trouvent des têtes de morts et des fémurs entrecroisés.

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Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Il date de 1660-1662 ainsi que l'indique l'inscription sur la corniche de la façade :

"G. COLIN. F. /  F. BRAS. F.  / M. I. KDEVEZ. R." .

Il faut comprendre : "G. Colin, fabricien. F. Bras fabricien. Messire I. Kerdevez Recteur."

Or, Jean Kerdevez fut recteur de Lannédern de 1660 à 1662. Le nom de ce recteur figure aussi à l'église selon J-M. Abgrall sur un tableau du Rosaire avec la date de 1660 (YVES QVINTIN.1660. Msre KERDEVEZ : LORS. R. MAVDIRE. LORS. FAB ). On le retrouve aussi sur les piliers d'entrée du cimetière, où deux inscriptions indiquent: "M. GRE. KDEVEZ." et "M. G. ABALAIN. R/ 1835.". Et enfin, on le retrouve sur le porche de l'église : H: BRAS :I MODIRE . VE . I. KERDEVEZ. RECTOR. C. ALLAIN. 1662 . 

 

 

 

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Aux extrémités de la corniche, deux anges à phylactères portent des banderoles. A l'angle sud on lit l' inscription : COGITA MORI

"Pense que tu vas mourir"

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Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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L'ange de l'angle nord présente les mots  RESPICE FINEM.

Cette locution latine peut être traduite par "Songe à ta fin dernière !"

Elle termine la locution complète Quidquid agis, prudenter agas et respice finem ! « Quoi que tu fasses, fais-le avec prudence, sans perdre de vue la fin. » qui est la morale de la fable 45 Le Renard et le Bouc  d'Ésope, ou la formule des Proverbes dorés des pseudo-pythagoriciens (Βουλεύου δὲ πρὸ ἔργου, ὅπως μὴ μῶρα πέληται). Le libraire Poncet Le Preux (1481-1559), éditeur des Croniques de France de Robert Gaguin l'avait adopté comme devise, avec sapienter au lieu de prudenter.

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Ange de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ange de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Autres crossettes de l'ossuaire.

1. La démone à queue de serpent.

Cette crossette de la base des rampants du pignon sud représente une femme-serpent allongée sur le coté, son visage joufflu  tournée vers nous, le buste dressé et la main gauche tendue vers l'arrière, paume de face. Elle est comme accoudée sur le bras droit, dont la main fait retour sous le menton. En arrière d'un front épilé, sa longue chevelure ondulée retombe sur ses épaules. Sa poitrine est forte et lourde. La partie inférieure du corps est curieusement séparée du buste par un bourrelet. Elle a la forme d'une queue dont l'extrémité forme une boucle avant de se terminer par une pointe en  flèche. 

   Elle figure parmi les 10 "Ornements du type femme-serpent" colligés par Hiroko Amemiya dans son ouvrage Vierge ou démone. Exemples dans la statuaire bretonne. Neuf  d'entre elles sont dans le Finistère, alignées sur un axe  nord-sud entre Bodilis (1564-1570?), Lannédern (1662), Brasparts (1592), Sizun, Lennon, Trégourez (1687), la chapelle Saint-Herbot (1516) de Plonévez-du-Faou, et Le Juch.

LE THOMAS Louis, « Les démones bretonnes », in Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXVII, 1961, p. 173. 

AMEMIYA (Hiroko), 2005, Vierge ou Démone - Exemples dans la statuaire bretonne, Préface de Pierre-Yves Lambert Keltia Graphic, Spézet, 269 pages, ISBN 2-913953-82-4

CORDIER (Jean-Yves), 2009-2016, La Vierge à la démone, liste de 18 articles du blog lavieb-aile :

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-enclos-paroissial-de-brasparts.i.la-demone-tentatrice-du-porche-sud.html

http://www.lavieb-aile.com/2016/10/la-vierge-a-l-enfant-et-a-la-demone-de-la-collegiale-notre-dame-du-folgoet-29.html

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Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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2. Ce personnage joufflu qui a posé une main sur sa poitrine tient un objet rond (une pièce ?) dans la main droite.

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Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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III. LES CROSSETTES DE L'ÉGLISE.

On désigne sous le terme de "crossettes" (ou "traversière") une pierre d'amortissement à la terminaison des rampants d'un pignon. Ressemblant à la gargouille, mais dépourvue de fonction d'évacuation des eaux pluviales, la crossette exerce un rôle de renfort là où la verticale du parement fait place à la ligne biaise. Sa fonction principale d'amortissement se double, si elle est placée à l'angle de deux élévations, de celle de pierre d'angle.  Sur le plan esthétique, elle ponctue de sa saillie ostensible les angles des pignons et des gables et constitue un ensemble thématique cohérent soit en dualité avec la crossette qui lui fait vis à vis (base d'un gable), soit aux quatre coins d'un édifice. Elle peut être simple (forme géométrique), ornée (la face libre de la pierre est sculptée à faible relief), ou, cas le plus courant, figurée (en ronde-bosse). La crossette figurée possède un corps ou socle horizontal non sculpté, qui fait saillie hors du mur par une queue et se termine en une lèvre. (d'après E. Le Seac'h). 

On peut les observer aux angles des murs pignons des églises, chapelles et ossuaires, sur les rampants des chapelles latérales, des bras de transept, des chevets, sur les porches (Landivisiau, Guimiliau, Pencran), les fenêtres passantes (Bodilis, Dirinon, etc.., ), plus rarement sur les clochers, sur les sacristies. 

En Basse-Bretagne, les motifs sont si stéréotypés qu'ils appartiennent à un vocabulaire familier et attendu de nos sanctuaires  : le lion et sa variante le dragon rarement absent, parfois remplacé par le chien. Puis vient la femme-serpent, ou la femme-poisson, qualifiée alors de sirène, ou la femme coquette tenant un miroir. Son équivalent masculin est l'homme vicieux, soit gourmand, soit lubrique. Les anges sont aussi très présents, souvent porteurs de banderoles. Mais les Ankou que nous allons découvrir ici sont plus rares (Lannédern, Brasparts). Bien qu'ils semblent issus d'un légendaire populaire, parfois qualifié de "celte", ils relèvent d'un discours moral et chrétien sur les dangers auxquels sont exposés les paroissiens s'ils oublient que la mort peut à tout instant les faucher, et que s'ils sont alors en état de péché, ils iront en Enfer. 

 

1°) Les lions.

1er lion.

Les lions des crossettes ont des caractères communs qui permettent même des les identifier en cas d'hésitation. La partie antérieure du corps est couverte par une crinière dont les mèches sont soigneusement rendus par des lignes parallèles, ou au contraire tressées en mailles de filets. La gueule est ouverte sur des dents menaçantes, et laisse pendre une langue soit longue, soit très longue. Néanmoins la face du lion est souvent débonnaire, parfois hilare, rarement terrifiante. La moitié postérieure du corps est lisse, fine et s'affinant vers l'arrière. La queue est d'une taille fabuleuse, elle passe presque constamment d'abord entre les pattes postérieures, fait retour sur le dos, et se divise alors en fourche à moins qu'elle ne prolonge encore son trajet.

Les pattes antérieures sont très souvent posées sur un objet. C'est parfois une sorte de cylindre souvent trop usé pour être compris, mais qui doit probablement être assimilé à l'os que le lion de Landivisiau tient très visiblement. Ou bien ces pattes antérieures maintiennent la tête d'un humain, ou son corps entier, ou un crâne. Dans tous ces cas, c'est un lion qui emporte les êtres humains après leur mort, ou qui menace de les emmener : il a une fonction psychopompe. Il est la forme animale de l'Ankou.

Les pattes postérieures sont, au niveau du tarse, ornées de bouclettes ou de mèches stylisées. 

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Crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le 2ème lion.

 

Les pattes arrières velues de ce lion se retrouvent aussi sur l'ossuaire de Brasparts (1715).

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-enclos-paroissial-de-brasparts.ii.le-clocher-et-ses-gargouilles.html

Lion, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Lion, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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2°) La première baie sud de la nef : l'ange et l' Ankou.

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Lucarne à crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Lucarne à crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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L'ange psychopompe.

La figure de droite  de droite est tournée vers l'est, mais elle tient une inscription (non déchiffrée) qui est disposée en équerre derrière lui. Deux barres, au dessus de son bras, pourraient correspondre à la hampe d'une arme (flèche ou lance).

Marie Duais ne voit pas ici, comme je l'avais cru, un Ankou, mais un ange (et c'est vrai qu'on voit une tunique plissée qui va dans ce sens) avec "des ailes schématisées, placées derrière son dos. Le reste de la figure étant érodée, nous ne pouvons plus qu’identifier les formes grossières de son corps et de sa tête. Malgré l’œuvre du temps, nous reconnaissons le même modèle que dans les deux cas précédents [Cléden-Poher et Brasparts], délivrant donc un message identique.".

En effet, l'ossuaire de Cléden-Poher (XVIe siècle) et celui de Brasparts 

 

 

 

Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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L'Ankou.

La figure de gauche est manifestement un squelette, à la mandibule ricanante, qui est comme assis au bord du toit, et tourné (comme l'ange), vers l'est. Il tient une flèche dont la large pointe est tournée vers son propre bassin. Une inscription est disposée devant ses pieds, mais je ne discerne (en m'aidant d'une photo de meilleure qualité) que les premières et la dernière lettres CRIR---R.

 

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Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Discussion sur l'Ankou et le programme iconographique de l'enclos.

L'Ankou est, en Bretagne, le personnage qui vient chercher les vivants dont la dernière heure est venue, qui les fait passer de vie à trépas et les conduit dans l’autre monde, ce qui correspond au qualificatif de "psychopompe", "guide des âmes. Mais, comme "Valet de la Mort", il possède surtout la part initiale de cette fonction, fondée sur l'usage d'une arme qui n'est jamais la faux, mais la lance ou la flèche.

Marie Druais a recensé huit enclos paroissiaux de Basse-Bretagne où ces représentations de la Mort sont figurées, et les divisent en deux groupes de situation géographique un peu différentes :

"En Cornouaille, à Cléden-Poher, Lannédern et Brasparts, la figure de la Mort est associée à un ange psychopompe, la perspective de salut offerte aux fidèles étant donc mise en exergue.

Dans le Léon, à Landivisiau, Ploudiry et La Roche-Maurice, mais également à Bulat-Pestivien en Cornouaille, c’est dans un programme qui, tout comme les Danses macabres, représente l’égalité de tous face à la mort que nous trouvons les représentations de l’Ankou.

Enfin la figuration de la Mort située au sein de l’enclos de La Martyre, initialement associée à l’ossuaire, s’inscrit dans un programme se référant à une version bretonne du Miroir de la mort de Chastelain." (Marie Druais, 2016)

La comparaison entre l'ange et l'Ankou de Lannédern, et ceux de Cléden-Poher et de Brasparts est essentielle, afin de mieux éclairer réciproquement les œuvres de ce premier groupe :

 

"Concernant le premier groupe de représentations, le même schéma est utilisé dans les trois programmes. L’Ankou et l’ange se situent sur les rampants de pignons, de l’ossuaire ou de l’avancée d’une baie de l’église.

À Cleden-Poher, ces deux éléments prennent place sur l’ossuaire, réalisé au e siècle. À l’angle nord-est se trouve un ange,dont on identifie la robe et les ailes, ainsi que ce qui semble être un sourire malgré l’état de la pierre. Celui-ci tient aujourd’hui ce qui n’est plus qu’une forme indistincte mais qui fut décrit par Jean-Marie Abgrall comme la représentation d’une âme. Sculpté dans la pierre d’angle, l’Ankou est identifiable par quelques éléments caractéristiques, tel le crâne ou la cage thoracique, et ce malgré l’érosion et le synthétisme de la réalisation initiale. Son arme,une double lance, est clairement visible en se plaçant face au pignon nord. Son buste avancé, ses membres disposés à l’arrière de son corps suggèrent un mouvement vers l’avant, comme c’était le cas concernant l’ange situé sur l’angle opposé de ce pignon. La Mort se lance en avant pour frapper, l’ange quant à lui mène une âme au paradis en volant. Ainsi deux moments de la mort du chrétien sont représentés, la mort terrestre, incarnée par l’Ankou, puis l’espérance incarnée par l’ange. Les phylactères qui accompagnent ces figures, aujourd’hui illisibles, devaient inviter les paroissiens à réfléchir à leur fin future mais également à prier pour les trépassés. Les rites que les fidèles de la paroisse se doivent d’accomplir pour les morts de la communauté, entassés pêle-mêle dans l’édifice, sont facilités parla présence d’un bénitier placé sous la représentation de l’Ankou.

À Braspart, l’ossuaire présente deux Ankous et deux anges, associés par couple et disposés à chaque angle de l’édifice. Il ne demeure parfois que de simples formes, l’identification des anges se réalisant principalement grâce à la trompette que porte à la bouche le personnage situé à l’angle sud-est de l’ossuaire. Cette référence au Jugement dernier et au réveil des morts s’accompagne d’une inscription on ne peut plus explicite : « Réveillez-vous ». Concernant le personnage situé à l’angle nord-ouest de l’édifice, nous pensons, sans éléments probants cependant, qu’il s’agit également d’un ange. À Brasparts, comme à Cléden-Poher, la Mort est représentée par deux squelettes en mouvement. Leurs formes, érodées, ne devaient pas originellement être très élaborées, mais l’ensemble demeure clairement identifiable. La personnification de la Mort, située sur le pignon nord, semble se balancer sur le côté, comme dans une danse.Elle porte la seule représentation de faux comme arme de la Mort qu’il nous ait été donné de voir, pour cette période, en Bretagne.Sous cet Ankou, un bénitier suggère des pratiques rituelles associées à cette sculpture. Le second Ankou, se développant sur l’angle sud-ouest, est également représenté par un squelette extrêmement synthétique. Cet Ankou semble s’élancer en avant, ses membres étant jetés en arrière, et son arme est ici un dard dont il ne demeure de l’empennage qu’un léger relief. Là encore, les phylactères ne sont plus déchiffrables, nous pouvons néanmoins émettre l’hypothèse qu’il s’agissait de messages concernant la mort des fidèles ou des indications de prières pour les trépassés.

À Lannédern, l’Ankou et son pendant, l’ange psychopompe, se situent sur l’avancée d’une lucarne au sud de l’église. Il semble s’élancer sur le côté, d’une manière irréaliste ou maladroite, ce qu’induisent les contraintes techniques liées à ces pierres d’angle. Cette personnification de la Mort porte également un dard disproportionné, à l’exemple de Brasparts qui ne se trouve qu’à quelques kilomètres, l’empennage étant cette fois à peine marqué. En face, l’ange porte des ailes schématisées, placées derrière son dos. Le reste de la figure étant érodée, nous ne pouvons plus qu’identifier les formes grossières de son corps et de sa tête. Malgré l’œuvre du temps, nous reconnaissons le même modèle que dans les deux cas précédents, délivrant donc un message identique [On trouve également à Lannédern des phylactères dont les inscriptions ne sont plus lisibles aujourd’hui.]." (Marie Druais, 2016)

Mais ces regroupements iconographiques doivent être élargis à l'ensemble du programme, et associer le thème de l'ange psychopompe ou du Jugement et de l'Ankou serviteur de la Mort à celui du Lion régnant sur les ossements ou les âmes et à celui de la Femme-serpent opposée à la Vierge à l'Enfant, dans un discours (une prédication) sur le Mal et sur la Rédemption. Le calvaire, le cimetière, l'ossuaire, l'Arc triomphal (Pors ar Maro, Porte des morts),  le porche initiatique donnant accès à l'église, et enfin l'église elle-même avec ses crossettes et inscriptions ne forment pas seulement un ensemble paroissial défini sous le terme d'enclos, ils forment un ensemble thématiquement cohérent fondé sur un discours chrétien des XVI et XVIIe siècles.

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3°) Les anges.

 

Ange, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ange, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ange tenant une inscription non déchiffrée.

Peut-être MORI à la fin.

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Ange à banderole, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ange à banderole, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ange tenant le titulus INRI.

Notez le N rétrograde.

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Ange, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ange, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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IV INSCRIPTIONS DU PORCHE.

Autour d'une niche contenant actuellement une statue de Vierge à l'Enfant de 1969, on lit l'inscription déjà mentionnée :

A notre gauche : "H. BRAS /MO... /I. HEN... / 1662/ (ou H:BRAS / C: MODIRE/ L: HEN ../  1662)

A notre droite : MI. I. KDEVEZ/ RECTOR/ C : ALAN..." (ou M : I: KDEVEZ / : RECTOR / C: ALAN : F CV...) 

Notez le N rétrograde utilisé dans la graphie de "ALAN".

Le site de la mairie voit en H. Bras et I. Modire  les deux fabriciens en charge comptables des rentrées et des sorties des deniers, et en C. Ala(i)n un vicaire ou curé.

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Porche sud  de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Au sommet du pignon, un visage d'ange ou d'enfant et la date 1668.

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Porche sud  de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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LES CLOCHES.

 

1°) Inscriptions  de la grande cloche Jeanne-Louise.

: J’AI ETE NOMMEE JEANNE LOUISE PAR JEAN LOUIS CRAS PRESIDENT DE LA FABRIQUE ET JEANNE LE GALL.

SANT EDERN PEDIT EVIDOMP

AN 1905 M.M. C MICHEL ETANT RECTEUR DE LANNEDERN, JEAN LOUIS BOURLEST MAIRE, JEAN LOUIS CRAS PRESIDENT DE LA FABRIQUE, JEROME GOURVEST TRESORIER – FABRICIENS – JEAN LOUIS SALAUN, MATHIEU BARAER, LOUIS LE REST -

FONDEUR, CORNILLE HAVARD A VILLEDIEU ET LE JAMTEL A GUINGAMP. 

2°) Inscription de la cloche Marie-Jeanne.

La petite cloche de gauche porte le nom de Marie-Jeanne et porte une inscription similaire.

Elles ont donc été fondues par Le Jamtel de Guingamp, qui représentait la fonderie Cornille Havard de Villedieu-les-Poêles ...comme beaucoup d'autres cloches du Finistère comme celles de Brasparts et de Rumengol.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-eglise-notre-dame-de-rumengol.v-les-gargouilles-et-crossettes.html

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Les deux cloches de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Les deux cloches de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

Le site de la mairie : 

http://www.mairie-lannedern.bzh/spip.php?article39

ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et PEYRON (chanoine Paul) 1919, , "[Notices sur les paroisses] Lannédern", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 19e année 1919, p. 50-57.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/lannedern.pdf

ABGRALL, (Chanoine Jean-Marie)  1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, recueillies par le chanoine ABGRALL , Bulletin de la Société archéologique du Finistère.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f267.image

ABGRALL, (Chanoine Jean-Marie) 1897, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, recueillies par le chanoine ABGRALL , Congrés archéologique de France, Morlaix

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f201.image

ABGRALL, (Chanoine Jean-Marie) , Architecture bretonne,

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n145/mode/2up/search/kerdevez

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et calvaires du Finistère, version numérisée en ligne par Y. Auffret 1998 :

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/lannedern/lannedern.html

COUFFON (René) et LE BARS (Alfred), 1988, Lannédern, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles  - Quimper : Association diocésaine, 1988. - 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LANNEDER.pdf

DRUAIS (Marie-Suzon), 2016, Les représentations de la personnification de la Mort, l’Ankou, en Basse-Bretagne, aux XVIe et XVIIe siècles, par Marie-Suzon Druais, Université de Rennes 2.  Mort suit l'homme pas à pas, Représentations iconographiques, variations littéraires, diffusion des thèmes Actes du XVIIe Congrès international Danses macabres d’Europe Troyes, 25-28 mai 2016 Textes réunis par  Alessandro Benucci, Marie-Dominique Leclerc et Alain Robert. Université de Reims Champagne-Ardenne 2016

https://www.academia.edu/30367252/Les_repr%C3%A9sentations_de_la_personnification_de_la_Mort_l_Ankou_en_Basse-Bretagne_aux_XVIe_et_XVIIe_si%C3%A8cles_Marie_Druais

 

DRUAIS (Marie Suzon) L’Ankou et la représentation de la mort en Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles, thèse en préparation en histoire de l'art à Rennes 2 sous la direction de Bruno Boerner.

"L’Ankou incarne la personnification de la mort en Bretagne dont la persistance et l’importance dans la culture populaire bretonne sont illustrés par les recensements de la culture orale effectués à partir du XIXe siècle. Une telle figure comprend alors une certaine richesse symbolique, dont l’image, dans une culture majoritairement orale, comporte une forte fonction communicative. Ces éléments portent à s’interroger sur les premières représentations faites de cette personnification de la mort qui constituent les premières traces de cette figure allégorique. Cette étude concerne ces premières images connues prenant place dans des programmes iconographiques catholiques ainsi que les premières mentions qui en sont faites aux XVIe et XVIIe siècles, principalement dans le théâtre populaire. Ces siècles correspondent à une période de prospérité économique pour la province de Bretagne, qui permet l’édification des enclos paroissiaux. Ces ensembles constituent des cadres particuliers permettant d’accéder à un art populaire illustrant une culture aux multiples influences. Les pratiques religieuses et certains éléments relevés, dans une période contemporaine aux réalisations étudiées, démontrent que la particularité de l’Ankou réside à priori dans l’intérêt porté par les bretons à la mort. L’objet de cette étude est de comprendre quel rôle prend l’image concernant la mort dans une culture donnée ainsi que de définir les influences en jeu dans la construction de cette figure allégorique dont la persistance démontre l’importance."

Monuments historiques  « Notice no PA00090060 » base Mérimée, ministère français de la Culture :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00090060

 

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué. "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha

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