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29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 19:02

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries.

 

 

Voir sur Runan :

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PRÉSENTATION.

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Données historiques.

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L'église de Runan, construite au XIV et XVe siècle est une  ancienne fondation des Templiers, devenue une commanderie  des Hospitaliers de Saint-Jean, mais dédiée à Notre-Dame,  est surtout redevable de sa magnificence aux fondations qu'y firent les ducs de Bretagne en raison de leur proche résidence de Châteaulin-sur-Trieux, et dès  1381, Jean IV y fonda une chapellenie d'une messe chaque jour, dans la "chapelle de Ruzargan". Cette fondation se traduit par la restauration du transept et l'ajout d'un bas-côté nord.

Puis Jean V concéda  une nouvelle foire à la fabrique le 2 juin 1414, à la fête de Notre-Dame.

Une nouvelle foire au jour de la Saint-Barnabé est octroyée le 19 mai 1421, son administration étant confiée à Henry du Parc. Ce dernier fera établir son gisant avec celui de son épouse Catherine de Kersaliou.

La nouvelle foire est établie "pour l'augmentation de la dite chapelle, et dès 1423, l'ancien plan en tau des templiers est modifié par la création du chevet et de la tour-porche. Sur la maîtresse-vitre à six lancettes de 1423, les nobles de Runan témoignent de leur participation au chantier et aux prééminences qu'ils y exercent : les familles Le Goales, de Lestrézec, Le Caourcin Le Saint de Kerambellec, de Lezversault, Kergrist et Plusquellec ont leurs armes sur les lancettes, Henry du Parc et Catherine de Kersaliou placent les leurs en tête de lancette; tandis que le tympan reçoit celles des Rostrenen, de Jean du Perrier (et de sa femme Constance Gaudin), avec celles des Kerchenériou dans les ajours. Enfin, en supériorité sur le tympan viennent les armes du duc Jean V et de son épouse Jeanne de France.

L'abondance de ces armoiries, et de celles que nous allons découvrir, amène à relativiser l'importance du mécénat ducal et de donner plus de poids à celui des bienfaiteurs locaux. En témoignent les chapellenies  mentionnés dans les aveux hospitaliers, appartenant  principalement aux prestigieux lignages établis à Runan et Plouëc, dont certains furent associés à la haute administration du duché dès la seconde moitié du XIVe siècle. (S. Lemaître)

 

Le 28 mars 1435 est accordée une nouvelle foire. 

Une enquête du 15 août 1439, relative à l'enlèvement par Olivier de Kernechriou des armes du commandeur du Palacret, Pierre de Keramborgne, indique, d'autre part, que la chapelle de la Commanderie, au sud de l'église, venait d'être terminée l'année précédente, ainsi que le porche méridional.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries.

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Mais avant de débuter, je décrirai l'ossuaire, daté par inscription .

 

 

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L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.

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Une crossette figurée représente un chien de chasse. Quelques décors témoignent de l'influence de la Renaissance. L'ossuaire a été édifié alors que Pierre de la Forest était commandeur.

 Elle est éclairée coté ouest par une galerie à balustres carrés surmontés de chapiteaux ioniques, et elle s'ouvre soit du côté ouest par une porte à fronton triangulaire et pilastres ornés de losanges, soit du côté sud par une baie au dessus de laquelle se lit encore une inscription en lettres gothiques  qui a été relevée ainsi (Couffon:

CE FVST FET 1552 MORVAN ROLLANT

 

 

Monnier avait lu la date de 1557.

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L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Au sommet du gable de l'ossuaire.

Armoiries de Kernechriou seigneur de Lestrézec (cf. L. Monnier) ?

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L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor.  Photographie lavieb-aile juin 2022.

L'ossuaire d'attache de 1552. Granite gris du Trégor. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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LES QUATRE PIGNONS DE LA FAÇADE.

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Nous pouvons décrire de gauche à droite (d'ouest à est) quatre pignons successifs. Le premier est celui de la chapelle des fonts baptismaux.

"Face au calvaire, se dresse l'imposante façade à file de pignons du bas-côté sud, la plus décorée des élévations externes de Notre-Dame de Runan. Les pignons plutôt homogènes sont en grand appareil de granite et sommés d'un épi de faîtage ; les rampants sont lisses et simplement chanfreinés et les pinacles des contreforts rythment la façade en partie haute. Sa construction s'est achevée avant l'année 1438, comme semble l'indiquer l'enquête, diligentée par le commandeur hospitalier Pierre de Keramborgne, du 15 août 1439." (S. Lemaître)

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Dans ce mandement devant le duc Jean V, reproduit infra (sources), Pierre de Keramborgne expose d'abord que l'église de Runazhan dépend de la commanderie de l'Ordre de saint Jean de Jérusalem : en témoigne sa situation au sein d'autres biens de cette commanderie, celle de la Feuillée unie à celle du Palacret, où Pierre de Keramborgne sera inhumé en 1499. (On reconnaît Runan  dans le « Runargant » de la charte donnée aux Templiers en 1182. Notre-Dame de Runan, jadis trêve de Plouëc, se trouvait, en effet, « assise dans le fief du Palacret. Malgré sa richesse, la fabrique de Runan ne devait au commandeur du Palacret que 24 sols de rente, et « pour les offrandes du lieu 100 sols, à la Nativité de Notre-Dame. » Par ailleurs, ce commandeur avait certains droits sur la halle de Runan, et jouissait de treize tenues et d'une dîme. )

Il signale ensuite qu'en cette église, et précisément en une chapelle du bas-côté sud ("chapelle devers le midi"), qu'on  désigne donc sous le terme de "chapelle de la commanderie" et qui était alors "commencée ou faite ou près d'être faite" (ces informations imprécises laissent penser que ses informations sont de seconde main), sur le pignon sud, un écu ("escuczon") en belle pierre de taille, sculpté et peint aux armes de l'exposant (Pierre de Keramborgne) placée en haut de la grande baie a été arasé ou ôté depuis un mois — donc juillet 1439—, après y être resté au moins un an, et remplacé par les armes de Rolland de Kernechriou, aîné de sa famille, avec la complicité de son frère Philippe et de leur oncle Alain.

L'intérêt de cet acte est de nous indiquer la date de la construction de cette chapelle , vers 1438. C'est aussi de nous fournir la précision que cet écu était timbré, et présenté par deux lions.

L'offense a-t-elle été constatée ? Fut-elle réparée par la restitution des armes de Keramborgne à la place de celle de Kernechriou? Ou bien un arrangement a-t-il été trouvé ?

 À quelle place se trouvait cette chapelle  ? S. Lemaître l'assimile à la première chapelle, celle des Fonts. Pierre de Keramborgne possédait une autre "chapelle du midi" en l'église Notre-Dame de Keramanac'h de Plonévez-Moëdec (commanderie de Plouaret appartenant à la fondation de La Feuillée) , placée elle-aussi à l'entrée de la nef au sud : les blasons de l'Ordre de Malte et des Keramborgne sont encore visibles sur les ajours trilobés du vitrail de 1499.

Autant de recherches qui peuvent aujourd'hui susciter notre curiosité lorsque nous nous trouvons devant ces quatre pignons.

Notons que les armes des Kernechriou, seigneurs de Lestrézec  (*) figure sur la chaire-calvaire hexagonale qui marque l'entrée du placître.

(*) écartelé d'argent et de sable, ou écartelé d'argent et de sable au bâton de gueules brochant.

 

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La façade méridionale de la chapelle des Fonts ou de la Commanderie (vers 1438), ou premier pignon.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H1 : un écu présenté par deux anges. Rostrenen de Brélidy ??

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Jean-Paul Rollant l'attribue à la famille Rostrenen de Brélidy. Les armoiries de Rostrenen se blasonnent : d'hermine à trois fasces de gueules.

https://man8rove.com/fr/blason/60gqkk-rostrenen

Les armoiries de la baronnie de Rostrenen sont ordinairement  timbrées d'une couronne  en dessous laquelle apparaît la devise "OULTRE". 

Elles figurent sur la maîtresse-vitre de Runan (1423).

Ici, dans un cartouche rectangulaire, les tenants sont deux anges de profil, dont la tête a été martelée ; l'écu placé de biais (sans meuble visible mais sur lequel je distingue une partition médiane) est timbré d'un heaume de profil vers la droite, lui-même surmonté d'un ornement (couronne ? tortil ?) et enfin d'un arbre.

Je ne vois là aucun élément d'attribution.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan et ses armoiries.

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H2. Un écu présenté par deux hommes d'armes Kernecheriou ? Kerbouric ?

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Les tenants sont deux soldats en cotte de maille, de profil mais la tête de face.

L'écu est incliné vers la droite. On devine une partition à quatre quartiers. Il est timbré d'un heaume, puis d'une coiffure et enfin surmonté d'un arbuste touffu.

 

"À droite de la baie, il semblerait que le timbre fiché dans la maçonnerie représente les armes de Kerbouric, car à la lumière rasante les quatre quintefeuilles du blason familial ressortent nettement." (S. Lemaître)

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H3. Écu présenté par deux léopards. 

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"Contre  le pignon de la chapelle des fonts, à l'équerre, un pan de mur fait jonction avec le mur pignon de la travée du porche.

À mi-hauteur, une fenêtre surbaissée à quatre quadrilobes cernée d'un tore et d'une gorge éclaire le bas-côté sud. Au dessus, un écu bûché, timbré d'un heaume à bourrelet, à cimier et lambrequins, tenu par deux léopards indique les armes d'un chevalier. Son cri d'alarme n'est malheureusement plus visible car la bannière qui surmonte le cimier est effacé. Souvent attribuées à Pierre de Keramborgne, ces armoiries ne peuvent être les siennes car il possède en tenant [support] deux lions et non deux léopards."

Rappel : les "léopards" héraldiques ont la tête de profil et les "lions" la tête de face.

L'ensemble héraldique est placé dans un cartouche rectangulaire bordé d'une frise de rinceaux.

Les supports, des léopards dressés sur leurs pattes postérieures ont la queue dressée verticalement derrière leur corps. Ils présentent un écu non incliné, sur lequel je crois deviner une barre oblique.

Le heaume est tourné vers la gauche. Il est surmonté d'un cimier en tête d'animal (lion ? dragon ? ) de profil tournée vers la gauche, dont la gueule est ouverte et les oreilles sont longues. Une banderole portait le cri.

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On comparera cet ensemble aux deux armoiries des contreforts du porche.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le troisième pignon, correspondant à la chapelle seigneuriale.

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"Dans la continuité du porche, le pignon suivant vers l'est abrite les troisième et quatrième travées qui correspondent à la chapelle seigneuriale. Il a été édifié en même temps que le mur pignon de la travée du porche comme l'indique le chaînage contigu du pinacle à deux corbeaux qui laisse s'écouler entre eux l'eau du chéneau.

Le pignon est ouvert d'une baie en tiers-point  liseré d'une colonnette au réseau à cinq lanternes surmonté d'une rosace flamboyante. Ces dispositions datent d'une restauration de 1855 (B. Jollivet). 

Les armoiries en partie basse ont été trop mutilées pour pouvoir être identifiable mais l'écu en bannière de Jean du Perrier se devine en haut et à droite de la baie." [N°7] S. Lemaître.

 

 

 

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H4 et H5.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H4. Écu présenté par un ange de face. 

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La tête de l'ange devait être fixée par un tenon dans la mortaise visible.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H5. Écu présenté par deux chiens. 

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Le cadre est rectangulaire.

Les supports sont deux chiens de chasse placés de profil.

L'écu est incliné vers la droite, timbré par un heaume de face et un cimier à tête et cou d'oiseau, de profil.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H6. L'écu et les emblèmes du duc de Bretagne (Jean V).

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"Sous le faîte, les armes facilement reconnaissable  du duc Jean V dominent la chapelle seigneuriale. Elles comportent une targe couronnée surmontée d'un heaume à deux cornes, au cimier du lion des Montfort tenu par deux hermines et ornées d'hermines passantes de part et d'autre.

Cette chapelle était réservée aux familles nobles de Runan, proches du haut rang du duc Jean V." (S. Lemaître)

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L'écu incliné vers la droite, et dont la partie haute est crantée et bombée (targe), est tenu par deux hermines dressées de profil. Le heaume est de face, surmonté d'une paire de cornes et du lion de Monfort.

Le complexe rectangulaire est encadré d'une frise de quatre hermines passant à travers les spires d'un phylactère. C'est un emblème bien connu des ducs de Bretagne, associé à la devise A MA VIE inscrite, lorsqu'elle est conservée, sur la banderole.

Voir notamment :

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Voir aussi le sceau de Jean V:

  • http://www.sigilla.org/sceau-type/jean-v-bretagne-deuxieme-contre-sceau-12783
  • http://www.sigilla.org/sceau-type/jean-v-bretagne-deuxieme-sceau-du-secret-48583
  • https://devise.saprat.fr/embleme/hermine-2

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H7. Jean du Perrier ?

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Le cadre rectangulaire est cintré sur sa ligne intérieur. Les deux anges de profil présentent un écu rectangulaire couronné. Cet écu est dit "en bannière" : "Manière de disposer les armes en carré, comme les bannières féodales, plus honorable qu'en écusson ou en pointe."

Il m'est impossible de distinguer le moindre indice d'identification.

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Les armoiries de Jean du Perrier, seigneur de Quintin et chambellan du duc, se retrouvent sur la maîtresse-vitre de 1423.

"Dans les quatre quatrefeuilles, sont les armes d'azur à dix billettes d'or, quatre, trois, deux et un  de Jean du Perrier comte de Quintin et de son épouse Constance Gaudin décédée en 1423.

 Armes des du Perrier

 

  "Au troisième rang, un écu aux armes des du Perrier et un autre losangé mi-parti : au I, du Perrier, au II, écartelé Gaudin et Brienne de Beaumont, armes de Jean du Perrier, sire de Quintin et du Perrier et de Constance Gaudin sa femme, fille de Péan et de Jeanne Riboule. [...]

Ces grandes armoiries permettent de dater avec une très grande précision la verrière. En effet, l'on sait, d'une part, que c'est par contrat du 3 janvier 1423 que Jean du Perrier, veuf d'Olive de Rougé, épousa Constance Gaudin. (René Couffon) 

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La seigneurie de Quintin sera érigée en baronnie en 1551 en faveur de Tristan du Perrier.

Voir la généalogie de Jean I du Perrier (v1380-1461) :

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=jean&n=du+perrier&oc=1

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H8. Deux écus présentés par un ange assis,  de face.

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Les écus sont droits, aucun meuble n'est visible. Un évidemment dans la tête de l'ange laisse supposer que la face était rapportée.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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H9. Écu présenté par deux hommes sauvages.

 

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Les deux hommes sauvages (tenants très fréquemment adoptés en héraldique), de face ou trois-quarts, présentent un écu incliné vers la droite, timbré d'un heaume tourné vers la gauche, et surmonté d'un tortil et ? d'une tête féminine.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Autres ornements sculptés. Quatrième pignon.

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La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

La façade méridionale de l'église de Runan (granite, vers 1437, restauration en 1855) et ses armoiries. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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CONCLUSION.

1. La totalité des meubles des écus de cette façade méridionale de Runan, pourtant très riche en matériel héraldique, a disparu, si tant est qu'ils aient existé (ils pouvaient être peints). Bien sûr, on peut toujours imaginer qu'une nouvelle mission de collectage photographique, effectuée dans des conditions optimisées d'éclairage, par source additionnelle à jour frisant, puisse réserver de rares surprises. 

Il faut aussi tenir compte de l'apport des ouvriers et artisans de 1855 dont Benjamin Jollivet laisse entendre qu'ils sont intervenus par copie fidèle.

On ne voit plus les devises que cet auteur a relevé en 1855.

2. Par contre, si les écus sont muets, les autres éléments du complexe héraldique pourraient fournir, à des spécialistes, des éléments d'identification. Mais il faut sans doute, pour permettre des rapprochements, que la constitution d'un corpus iconographique breton indexé soit colligé de façon suffisamment vaste.

C'est le but de cet article d'y contribuer.

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SOURCES ET LIENS.

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ALAIN (Agnès), 2020, Sortie fontaines et petits patrimoines

https://docplayer.fr/189176009-Sortie-fontaines-et-petits-patrimoine-du-9-mars-2020-pontrieux-runan.html

BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371

1. Lettres du duc concédant à la chapelle de N. D. de Runan une foire qui devait se tenir le samedi précédant le pardon de la chapelle, fixé au dernier dimanche de juillet. Par le duc, de son commandement, présents : l'archidiacre d'Acreleon, Yvon Roscerf et autres. — Cador.

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n137/mode/2up

2. Mandement d'enquérir de l'injure faite au commandeur de la Feuillie en enlevant ses armoiries de l'église de Runan. Orîg. jad. scellé sur s. q. (Ar. CÔtes-du-Nord, H, f. de Malte).

A Vannes, 1439, 15 août. — « Jehan... A noz seneschalx, alloez et procureurs du ressort de Goelou, de Guigamp et de Lannuyon et à leurs lieutenans, à noz bien amez et fealx conseillers Eon de Roscerf, nostre maistre d'ostel, Jehan de Vennes, nostre contrerolleur gênerai, Robert Cador, nostre secrétaire, Alain Raison et Guillaume Labbé, salut.

De la partie de nostre bien amé et féal religieux et cher frère Pierres de Kaerenborgne, commandeur de la commanderie de la Feuillée et du Palacret, nous a esté exposé engrièvement complaignant, disant que l'église ou chapelle de N. D. de Runarzhan, tref ou fillete de la paroesse de Ploeuc, du diocèse de Treguer, est, comme on tient et dit on communeement, fondée et située en la terre ou fé de lad. commanderie, et ce est assez vroysemblable à croire, car celle chapelle est cernée et environée pour la plus grant partie, des fiez et terres d'icelle commanderie, et aussi en celle chapelle a telle et semblable indulgence et remission comme il a es aultres églises et chapeles fondées et situées es fonds, fiez et terres de lad. commanderie et des autres samblables commanderies de l'ordre de l'ospital Mr saint Jehan Baptiste de Jherusalem ; et que en celle chapelle et église de Runazhan, devers le midi, a esté puis nagueres une chapelle commancée et faicte ou près de faicte, et que au pingnon d'icelle nouvelle chapelle, devers led. midi, est assise et levée une belle fenestre de pierre de taille, et que en une belle pierre de taille assise ou hault d'un costé d'icelle fenestre, par dehors devers midi, led. exposant avoit fait mectre et entailler un escuczon ouquel estoient mises et entaillées les armes d'icellui exposant, avecques son timbre au dessus d'icelles armes, et y estoient entaillez et figurez deux leons, l'un d'un costé et l'autre de l'autre costé d'icelles armes, semblans en figure que celx deux leons tenoient led. escuçon où estoient celles armes, et que tout estoit bien et notablement figuré, entaillé et fiait de et en bel et bon ouvrage de pierre ; et ilecques mis, assis, souffert et laissé par le temps d'un an ou environ ou plus, et tellement que les voisins et demourans en celles mettes et celx qui aloient à lad. église ou passoient par auprès d'elle, au moins devers le midi, le povoient veoir et savoir ; et mesmes Rollant de Kernechriou, Phelipe de Kernechriou son frère et Alain de Kernechriou, oncle desd. frères, le savoient et povoient assez savoir, ainsi que sera déclaré et trouvé si mestier est, comme dit celui exposant ; disant oultre que lui, avecques ses biens, saisines et possessions quelxconcques estoient de piecza et encore sont en noz seurté, proteccion et sauvegarde générale et especiale, pupliés et faictes açavoir tellement que lesd. de Kernechriou ne autres d'icelles parties n'en porroient prétendre ignorance.

Et neantmoins tout ce que dit est, lesd. armes dud. exposant ont esté, puis un mois encza ou environ et que que soit nouvelement et puis nagueres, rompues, arrasées, deffaictes, desentaillées et ostées, et ou lieu et endroit où elles estoient, sont mises, figurez et peintes les armes desd. de Kernechriou ou des aucuns d'elx, car en icelui lieu, puis le démolissement desd. armes dud. exposant, furent mises et assises en peinture et colleurs les armes dud. de Kernechriou, o un cressant d'avantage qui sambloit estre manière de diferance, et que celles armes de Kernechriou o celle diferance furent ilecques par aucuns jours, et après ce en fut ostée lad. diference, et y demeurèrent les plaines armes dud. de Kernechriou, savoir dud. Rollant de Kernechriou, teles comme il les porte, car il est l'aisné de celx de Kernechriou ; et dit celui exposant que lad. offense a esté principalement procurée, pourchacée et faicte par lesd. Rollant et Phelipes de Kernechriou, et que de ce faire ilz et leurs adhérez et complices ont esté agens, consentens et participans, ainsi que plus à plaîn sera déclaré en lieu et temps ; quelle chose, si elle n'estoit reparée, seroit en grant foule, vitupère, deshoneur, préjudice, grief et domage dud. exposant ainsi qu'il dit, et nous a très humblement supplié de lui pourvoir sur ce de convenable remède.

Pour ce est il que nous, desirans justice estre faicte et ne voulanz tieulx deliz demeurer impuniz, quelx, s'ilz sont vroiz, sont cas de mal exemple et dignes de granit punicion, comme de violence faicte à l'iglise, commectant sacrilège et infraccion de nostre sauvegarde et grant offense faicte aud. commandeur et à son estât et honeur, qui est issu de bon et grant lignage appartenant à plusieurs des barons et autres grans nobles de nostre duchié  et grandement et dignement bénéficié..., Vous mandons... que vous vous transportez sur le lieu où l'en dit lesd. excès avoir esté faitz, et vous imformez et enquerez du cas sommairement et de plain...; et si vous trouvez lesd. de Kernechriou... coulpables, les requérez... d'en faire reparacion... et remectre les armes dud. commandeur es lieu et estât que trouverez [que] elles estoient avant lad. demolicion d'icelles... Par le duc, en son conseil, ouquel : Vous, l'evesque de S» Brieuc, le maistre d'ostel, Pierres Ivete, le seneschal de Moncontour et autres estoint. — Gunemar. »

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n225/mode/2up

— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , "Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté,", in Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

— COUFFON (René), 1950, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f154.image.r=runan

— DE COURCY (Pol Potier), 1864, Source : De Rennes à Brest et à Saint-Malo par 

"Quand on a quitté l'espèce d'entonnoir au fond duquel gît Pontrieux et qu'on s'est dirigé sur la route de Bégard, on arrive, après avoir monté pendant un kilomètre, à la chapelle de la Trinité, dite la belle église, dédiée à saint Jorand. Son architecture annonce le XVIe siècle, et elle montre sur ses murs la légende de son patron, dont elle possède aussi le tombeau. A trois kilomètres à l'ouest, est un joli bourg, entouré d'arbres et de verdure, et où l'on remarque une splendide église de la fin du XVe siècle : l'église de Runan. On y distingue surtout une maîtresse vitre restaurée avec soin ; un retable d'autel en pierre, divisé en plusieurs compartiments sculptés et représentant les scènes de la vie de la Vierge ; les tombeaux des sieurs de Kernec'hriou et de Boisboissel, et plusieurs piliers prismatiques très-délicatement travaillés. Le porche méridional abrite les statues des apôtres et est décoré extérieurement, ainsi que la façade de l'église, d'écussons à supports variés, mais dont le champ est martelé.

Dans le cimetière, un calvaire, composé de trois croix en granit, à sa base en forme de chaire à prêcher.

Runan obtint, par chartes des ducs Jean V et Pierre II, de 1414 à 1450, trois foires annuelles dont les droits devaient être consacrés à l'entretien de la chapelle de Notre-Dame. Ainsi s'expliquent les beautés architecturales que l'on y remarque. Les foires ducales existent encore, mais leurs revenus ont reçu une autre destination. On rejoint, par Ploëzal, la grande route de la Roche-Derrien.

 

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

— JOLLIVET (Benjamin-Philibert), 1855, Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes 

 

 

Étymologie et origine

La localité qui nous occupe, de vieux titres nous l'apprennent, se nommait autrefois Run-ar-Gan, trois mots celtiques dont l'usage a fait à la longue, par contraction, Runan. Son commerce et son importance relative datent évidemment de 1414, époque de l'institution de la première de ses foires ; mais son origine est moins facile à établir. Nous croyons, toutefois, que Run-ar-Gan ne prit naissance que dans le quatorzième siècle, après l'érection de Notre-Dame et lorsque la dévotion à cette chapelle eut attiré l'attention sur ce coin de terre.

Monuments

L'église est sous l'invocation de la Vierge, Notre-Dame de Runan. C'est un fort bel édifice de la fin du quinzième siècle, au pignons parsemés d'armoiries de toutes sortes, parmi lesquelles se remarquent les armes de Bretagne, d'hermine plein, avec cette devise : Potius mori quàm fædari, et cette autre : à ma vie, gravée sur le collier de l'hermine suspendue au-dessous de l'écu (Le collier de l'ordre de l'hermine, institué par Jean IV, en 1381, était composé de 2 chaines, attachées par leurs extrémités à 2 couronnes ducales renfermant chacune une hermine passante. Une des couronnes pendait sur la poitrine et l'autre était sur le cou. Les chaînes étaient composées chacune de 4 fermoirs, et ces fermoirs étaient une hermine avec un rouleau autour du corps, sur lequel ces mots étaient écrits : à ma mie. Les rouleaux étaient émaillés alternativement de blanc avec des lettres noires, ou de noir avec des lettres blanches. chacune des hermines portait un collier, d'où pendait un chainon composé de 4 ou 5 anneaux. Les colliers des chevaliers étaient d'or ou d'argent, suivant la qualité des personnes ; ceux des ducs étaient enrichis de pierreries. Les femmes étaient reçues dans cet ordre sous le titre de chevaleresses).

Au moment où nous écrivons (novembre 1855), les maçons et, les tailleurs de pierre ont mis à découvert la nef de droite ; ils relèvent plusieurs pignons, et, copistes fidèles, reproduisent les belles fenêtres ogivales à compartiments dont la conservation n'était plus possible. Les premiers ouvriers de cette église ont reçu depuis longtemps la qualification d'artistes, les seconds s'appellent simplement des tailleurs de pierre ; mais quand le temps aura noirci le travail de ces derniers, les soi-disant antiquaires s'arrêteront pour admirer ce chef-d'œuvre du quinzième siècle, et nos tailleurs de pierre, eux aussi, seront proclamés artistes, à moins qu'ils n'aient la malencontreuse idée de mettre une date à leur œuvre. Alors tout serait perdu ; car les admirateurs systématiques du passé n'accueillent les choses du présent qu'avec froideur et dédains.

L'intérieur de l'église de Runan est d'une grande irrégularité. Il se compose de trois nefs, dont l'une, celle de gauche, est étroite et écrasée, tandis que celle de droite, plus large et plus élevée, se divise en compartiments communiquant entre eux par des arcades disposées dans le sens de la largeur de cette nef, circonstance en dehors, croyons-nous, des règles de l'art architectural et du bon goût. Les piliers diffèrent presque tous : les uns sont de forme carrée et chargés d'ornements, d'autres sont composés de colonnettes en faisceau, d'autres enfin sont ronds, massifs, sans aucune ornementation. Cette nef renferme l'autel du Rosaire, les fonds baptismaux à l'extrémité opposée, et, dans le compartiment du milieu, une énorme pierre sépulcrale sur laquelle sont grossièrement sculptés un homme et une femme, reposant à côté l'un de l'autre. Ces statues ont de 15 à 20 centimètres de relief ; elles sont de grandeur naturelle, et comme l'ouvrier leur a donné à toutes les deux même taille et mêmes proportions, la femme apparaît sur cette pierre froide comme un phénomène de stature. Pauvre Jeanne de France ! car cette femme c'est la fille de Charles VI, roi de France : le guerrier qui repose à ses côtés est Jean V, dit le bon (Jean V fut élevé a la cour de France. Il fit hommage au roi Charles VI; envoya des ambassadeurs en Italie pour travailler a l'extinction du schisme ; marcha plusieurs fois au secours du roi de France, qui lui restitua St-Malo ; conclut une trêve avec le roi d'Angleterre ; retourna à Paris après le massacre des Armagnac ; conduisit le dauphin à Saumur ; fut arrêté à Chantoceaux par Marguerite de Clisson, puis délivré par ses sujets ; confisqua, à la suite de cette trahison, les terres des Penthièvre ; fit alliance avec le dauphin a Sablé. peu de temps après avec le roi Charles VI ; fit armer les communes ; rendit hommage au roi Charles VII ; traita avec le duc de Belfort et ratifia le traité de Troyes), son époux dont les restes mortels, comme nous le verrons plus bas, reposèrent pendant une nuit dans l'église de Runan, il y a de cela 404 ans ! Les statues dont nous venons de parler ont beaucoup souffert de la part du temps ou des hommes.

La maîtresse-vitre a conservé plusieurs fragments de vitraux peints, au milieu de ses gracieux enroulements de granit. Mais, pour admirer les uns et les autres, il faut d'abord savoir que cette maîtresse-vitre existe, complètement cachée par un énorme baldaquin en menuiserie formant tout-à-la-fois et comme d'une seule pièce, autel, tabernacle et retable ; puis, certain de trouver ce que l'on désire derrière cette boiserie malencontreuse, chercher longtemps des yeux un passage. On finit par découvrir deux petites portes placées de chaque côté du maître-autel ; celle de gauche résiste ; mais celle de droite cède à la première pression, et l'on se trouve tout-à-coup en présence de l'objet de ses recherches, dans un couloir étroit et encombré de vieilleries sans nom.

La chaire est ornée de sculptures d'un travail remarquable.

Le clocher a été refait en entier en 1822, mais sans tenir compte du style architectural du reste de l'édifice, avec lequel il n'est plus en harmonie.

Cette jolie église est désignée dans les vieux titres sous le nom de chapelle de Notre-Dame de Plouëc ; et, en effet, nous verrons plus loin que Runan était jadis simple trêve de cette paroisse. Elle appartenait, lorsque éclata la révolution de 1789, à la commanderie du Paraclet, ordre de Malte, et lorsque les commandeurs venaient y faire des visites pastorales, on était tenu de leur présenter les comptes des fabriciens. L'évêque de Tréguier ayant voulu, lui aussi, se faire servir ces comptes, l'ordre plaida et obtint de Louis XIV une ordonnance qui rappelait l'évêque comme d'abus.

Dès les premières années du quinzième siècle, Notre-Dame de Plouëc était en grande vénération parmi les fidèles, et comptait au nombre de ses bienfaiteurs Jean V, dit le Bon, 21° duc de Bretagne, dont les dépouilles mortelles furent solennellement transportées à la cathédrale de Tréguier en 1451, après de vives contestations entre le clergé de cette cathédrale et celui de Nantes. A l'occasion de cette translation, voici ce que rapporte la tradition : Le char funèbre roulait lentement et à petites journées pour se rendre au lieu de sa destination, lorsqu'arrivé en face de la porte de la chapelle de N.D. de Plouëc les roues se brisèrent en éclats ; il fallut donc renoncer à poursuivre la route. On descendit le cercueil renfermant les reliques précieuses, et on le déposa dans l'église de Runan, où il passa la nuit. Dès le lendemain, l'évêque de Tréguier, Jean de Plœuc, accompagné de son clergé, vint au-devant des restes mortels de son ancien duc et les conduisit en grande pompe à Tréguier.

Cette halte, a dit l'histoire, était réglée dans le cérémonial ; mais la tradition n'est pas de cet avis ; elle l'attribue à l'impossibilité, où fut le char de continuer son chemin, par suite de la rupture de ses roues, et regarde cet accident comme une circonstance miraculeuse, comme un avertissement de déposer là les précieuses et saintes reliques, Jean V, de son vivant, ayant eu, comme nous l'avons dit plus haut, une grande dévotion pour cette chapelle de Notre-Dame de Plouéc, devenue depuis église paroissiale de la commune de Runan.

Calvaire et bas-relief en granit

Dans le cimetière, assez mal entretenu, de Runan, le touriste visite avec admiration deux créations artistiques paraissant, l'une et l'autre, appartenir au quinzième siècle. C'est d'abord, au milieu d'une enceinte en maçonnerie formant balustrade, un superbe Calvaire dont la base a 6 pans et supporte trois croix d'inégales grandeurs. Ce monument, de même que l'église, était chargé d'armoiries et de riches sculptures ; mais le marteau des mauvais jours de notre révolution de 1789 a laissé là des témoignages nombreux de la fièvre de destruction qui fut un des traits caractéristiques de cette terrible époque.

Plus heureux que le Calvaire, dont les profondes cicatrices attristent les regards, le Bas-Relief a été préservé de toute atteinte. Découvert, en juillet 1854, par un enfant qui s'amusait à gratter le mur qui le soutient, et débarrassé, à cette époque, de l'épaisse couche d'argile sous laquelle la paroisse l'avait caché en 1793, il est devenu depuis un but de pèlerinage assez fréquenté, et laisse voir maintenant sans crainte les gracieuses statuettes, disposées en groupe, dont nous regrettons de n'avoir pu reproduire ici qu'une partie. Cette œuvre représente les scènes principales de la vie de la Vierge. Elle est incrustée maintenant dans la muraille intérieure d'une masure dont la toiture est complètement détruite. Située dans un coin du cimetière et transformée en mairie lors de l'érection de Runan en commune, cette masure était anciennement disposée en oratoire et formait une petite chapelle. Il ne serait donc pas impossible que ce bas relief eût été fait pour la place qu'il occupe ; mais on suppose qu'il servait autrefois de retable au maître-autel de l'église. Quoi qu'il en soit, nous pensons qu'on ne saurait mieux faire aujourd'hui que de faire revivre l'oratoire des temps anciens, et de lui conserver surtout les admirables sculptures dont nous venons de parler."

http://patrimoine-de-france.com/cotes-d-armor/runan/eglise-notre-dame-et-cimetiere-1.php

 

 

LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

— LE BARZIC (E.), Crec'hriou, Sur les traces d'une vieille maison bretonne, 1969, Bull. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_194/sur__les__traces__dune__vieille__maison__bretonne.pdf

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 195.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f388.item.r=runan

"Cette fenêtre est accostée de deux écussons qui seraient ceux des anciennes familles dominantes de Runan : les Lestrezc et les Kerambellec. Ces derniers portaient d'argent au lion de sable accompagné de quatre merlettes de même. Les armoiries de Lestrezec se lisent encore très facilement plus à notre droite, au haut du pignon de l'ossuaire qui voient, en cet endroit, s'accoler au mur de l'église."

 

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

— WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculptures Héraldique Chapelles bretonnes
28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 10:41

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan.

 

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PRÉSENTATION.

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Données historiques.

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L'église de Runan, construite au XIV et XVe siècle est une  ancienne fondation des Templiers, devenue une commanderie  des Hospitaliers de Saint-Jean, mais dédiée à Notre-Dame,  est surtout redevable de sa magnificence aux fondations qu'y firent les ducs de Bretagne en raison de leur proche résidence de Châteaulin-sur-Trieux, et dès  1381, Jean IV y fonda une chapellenie d'une messe chaque jour, dans la "chapelle de Ruzargan". Cette fondation se traduit par la restauration du transept et l'ajout d'un bas-côté nord.

Puis Jean V concéda  une nouvelle foire à la fabrique le 2 juin 1414, à la fête de Notre-Dame.

Une nouvelle foire au jour de la Saint-Barnabé est octroyée le 19 mai 1421, son administration étant confiée à Henry du Parc. Ce dernier fera établir son gisant avec celui de son épouse Catherine de Kersaliou.

La nouvelle foire est établie "pour l'augmentation de la dite chapelle, et dès 1423, l'ancien plan en tau des templiers est modifié par la création du chevet et de la tour-porche. Sur la maîtresse-vitre à six lancettes de 1423, les nobles de Runan témoignent de leur participation au chantier et aux prééminences qu'ils y exercent : les familles Le Goales, de Lestrézec, Le Caourcin Le Saint de Kerambellec, de Lezversault, Kergrist et Plusquellec ont leurs armes sur les lancettes, Henry du Parc et Catherine de Kersaliou placent les leurs en tête de lancette; tandis que le tympan reçoit celles des Rostrenen, de Jean du Perrier (et de sa femme Constance Gaudin), avec celles des Kerchenériou dans les ajours. Enfin, en supériorité sur le tympan viennent les armes du duc Jean V et de son épouse Jeanne de France.

L'abondance de ces armoiries, et de celles que nous allons découvrir, amène à relativiser l'importance du mécénat ducal et de donner plus de poids à celui des bienfaiteurs locaux. En témoignent les chapellenies  mentionnés dans les aveux hospitaliers, appartenant  principalement aux prestigieux lignages établis à Runan et Plouëc, dont certains furent associés à la haute administration du duché dès la seconde moitié du XIVe siècle. (S. Lemaître)

 

Le 28 mars 1435 est accordée une nouvelle foire. 

Une enquête du 15 août 1439, relative à l'enlèvement par Olivier de Kernechriou des armes du commandeur du Palacret, Pierre de Keramborgne, indique, d'autre part, que la chapelle de la Commanderie, au sud de l'église, venait d'être terminée l'année précédente, ainsi que le porche méridional.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile  2013.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2013.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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LE TYMPAN DU PORCHE.

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Le tympan du porche sud, édifié par Pierre de Keramborgne entre 1435 et 1438, en arc brisé, porte un décor sculpté en moyen-relief sur deux registres.

Le registre principal s'inscrit sur une corniche moulurée de part et d'autre du fleuron de l'accolade. Elle associe une Annonciation à gauche et une Déploration à quatre personnages à droite. Une frise de sarment la surmonte.

Le registre supérieur, encadré de la frise de rinceaux, n'a qu'un tableau, consacré à un ange aux ailes déployées, qui écarte les bras en signe d'accueil ou de salutation.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La Déploration.

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Au centre, la Vierge, un genou à terre et peut-être assise, vêtue d'un manteau qui la voile, tient son Fils, dont le corps vu de face les bras parallèles au tronc, forme une diagonale.

À sa droite, saint Jean offre la particularité de tenir la palme, celle que, dans les récits apocryphes, lui sera remis par la Vierge pressentant sa mort., et qu'on voit dans les Dormitions.

À sa gauche, sainte Marie-Madeleine, la tête inclinée et les cheveux longs tombant sur ses épaules,  tient le flacon d'aromates de la main gauche.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile  2013.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2013.

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L'Annonciation.

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À droite, l'archange Gabriel, de trois-quarts, est agenouillé un seul genou à terre, ses cheveux sont rassemblés par un bandeau puis forment deux masses latérales polylobées, et ces boucles angéliques rappellent fortement  la manière de l'atelier ducal du Folgoët tant à la collégiale du Folgoët, qu'à Rumengol , à Saint-Herbot et sur le porche sud de la cathédrale de Quimper.

De grosses joues arrondies encadrent une bouche très petite.

Il est vêtu d'une tunique longue dont le large revers (ou l'amict) descend en pectoral.

Il est séparé de la Vierge par un vase d'où s'élève comme une colonne fleuronnée le lys métaphorique de la fleur de pureté et du vase clos de la virginité.

D'une main droite placée en avant paume vers le haut et d'une main gauche tendue en arrière, il déploie un phylactère (celui de l'Ave Maria), mais si nous voulons suivre le déroulé de ce dernier, nous le voyons à la fois à la base du vase, s'enroulant autour de la colonne, passant en diagonale et se retrouvant en haut à droite devant l'une des ailes.

L'autre aile, la droite, montre son bord crénelé entre l'épaule, et la colonne.

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Devant lui, et sculpté sur un bloc séparé, la Vierge est représenté de face, faisant de la paume gauche le geste d'acceptation du Fiat, tandis que la main droite est encore posée sur le lutrin et le livre dont elle récitait les prières avant d'être surprise par l'irruption du messager divin. Un phylactère se retrouve sur le piètement du lutrin, et une inscription peinte courait peut-être sur l'ensemble de la banderole.

Là encore, le visage de la Vierge est particulièrement joufflue ; un bandeau ou un cordon passe autour de son voile.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile  2013.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile 2013.

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L'Ange aux bras écartés.

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Il semble agenouillé et donc en adoration ; sa tunique est serrée par une ceinture.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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LES CONTREFORTS ET LEURS ÉCUS.

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Ils sont décrits par S. Lemaître comme "des contreforts obliques armoriés  qui se détachent de la file de pignon". 

Ces contreforts à orientation obliques sont une innovation que se retrouvera une décennie plus tard à La Martyre.

Couffon écrit : "Les contreforts sont ornés d'écus d'une très belle sculpture, mais que les lions servant de supports permettent, d'après l'enquête de 1439, d'attribuer au commandeur Pierre de Keramborgne."

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Pierre de Keramborgne et ses armoiries.

Une enquête du 15 août 1439 est relative à l'enlèvement par Olivier de Kernechriou des armes du commandeur du Palacret, Pierre de Keramborgne, sur le pignon sud, après qu'elle y soient restée au moins une année avant le procès, soit un chantier débuté entre le milieu de  l'année 1437 et le début de l'année 1438.

 

Cette enquête d'un procès dont on ignore l'aboutissement , "en cette chapelle et église de Runazhan, devers le midi, [qui] a esté puis nagueres commancee et facte ou près de faicte" disait: "Led. exposant avoir fait mestre et entailler un escuczon ouquel estoient mises et entaillees les armes d'icelui exposant, avecques son timbre au dessus d'icelles armes, et y estoient entaillez et figurez deux leons tenoient led. escuçon ou estoient celles armes."

Ces armes se retrouvent avec celles de l'Ordre de Malte sur les ajours trilobés de la maîtresse-vitre. On les trouve aussi sur la maîtresse-vitre de la chapelle de Keramanach en Plounevez-Moëdec. Elles se blasonnent de gueules à un heaume de profil d'or accompagné de trois coquilles d'argent.

http://www.infobretagne.com/plounevez-moedec-keramanach.htm

La famille de Keramborgne était établie près de Vieux-Marché. Pierre était le fils de Guillaume, homme d'armes lors de la montre de Tréguier de 1481, et de Catherine de Coëtvoult.

"Cette famille a notamment fondée la chapelle de Sainte-Barbe à Plouaret. Leurs armoiries sont d'ailleurs visibles sur le calvaire daté de 1612. Cette seigneurie possédait un droit de haute, moyenne et basse justice qu'elle exerçait au bourg de Plouaret. On peut citer dans cette famille : Merien de Keramborgne (1437), Jean de Keramborgne (époux d'Anne Loz), Guillaume de Keramborgne (époux de Catherine de Coatvoult, il comparait à Tréguier en 1481 avec 400 livres de revenu comme homme d’armes) et Pierre de Keramborgne (1498). La seigneurie passe ensuite entre les mains des familles La Haye (suite au mariage de Jeanne de Keramborgne avec Jean de La Haye), de Bellisle (cité en 1526 et 1556), Perrien (en 1583, suite au mariage de Louise de Bellisle avec Charles de Perrien)." http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ferme-de-keramborn-le-vieux-marche/6ce960cc-2062-46c6-8112-69871cafefc6

 

Les pinacles de ces contreforts ont été ajoutés selon Couffon  pendant  les restaurations de 1895.

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Le complexe armorié de gauche.

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Je n'en n'ai pas trouvé de description précise. Les gens ne sont-ils point curieux ? Gardent-ils le fruit de leurs recherches pour eux ?

Les supports en sont deux lions, dressés sur les pattes arrières, et présentant entre leurs pattes antérieures le complexe héraldique. Mais celui de gauche a la tête de profil ("lion" héraldique) et l'autre, à droite, a la tête de face ("léopard" héraldique). Leur queue se dresse verticalement derrière leur corps.

L'écu est-il réduit à la partie rectangulaire inférieure (muette), ou inclut-il le heaume, comme meuble, heaume représenté ici de face ?

Dans ce dernier cas, peu convainquant, l'écu est surmonté d'une couronne, puis vient le cimier que je compare à un vase (c'est difficile à décrire) et à une fleur à plusieurs boutons. À la réflexion le "vase" est un coussin (ou un tortil, mais qui ferait double emploi avec la couronne.

Je penche plutôt pour un (petit) écu aujourd'hui muet, surmonté d'un heaume de face et d'une couronne, puis d'un coussinet d'un cimier en fleur stylisé.

L'écu étant muet, nous ne pouvons en déterminé le possesseur.

Au secours les amis experts !!

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le complexe armorié de droite.

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Il ressemble fort au premier, mais pourtant...

1. Le lion de notre gauche est de profil mais sa tête est tournée vers nous, le support est un léopard à dextre. Et inversement, le support senestre est un lion.

2. Leurs queues passent entre les jambes puis devant le ventre.

3. L'écu est couché, la pointe vers notre droite.

4. Le coussin se prolonge en une tige, cerclée d'un anneau, et le cimier ressemble à un arbre.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Les armoiries ducales du faîte.

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C'est ballot. J'ai oublié de prendre en gros plan l'écu rectangulaire couronné, paraît-il, en bannière. Ce serait l'écu du duc. Je n'y vois rien de précis, hormis la couronne. 

Ma photo montre en arrière-plan le cadran solaire qui surmonte la rosace.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Le cadran solaire.

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 Michel Lalos cite l'inventaire de la SAF [inv. SAF : 2226901-1]  et décrit un cadran peu déclinant de l'après-midi, semi-circulaire, gravé sur pierre, aux  lignes chiffrées dans demi-couronne, avec un moignon de style

 

 

Il existe un autre cadran solaire, "canonial" (*), à dix secteurs égaux, en réemploi sur le soubassement d'une banquette du porche.

(*) CORNEC (Jean-Paul), LABAT-SEGALEN (Pierre), ROUXEL ( Bernard), 2010 Cadrans solaires en Bretagne Skol Vreizh

https://www.sahpl.asso.fr/site_sahpl/Cornec%20-%20S%C3%A9galen%20-%20Rouxel%20-%20Cadrans%20solaires%20en%20Bretagne.pdf

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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RAPPROCHEMENT AVEC LA CHAPELLE NOTRE-DAME-DE-LA-CLARTÉ DE PERROS-GUIRREC.

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S. Lemaître a souligné les ressemblances  entre ce décor et celui du tympan de la chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté ( à 25 km au nord-ouest), datant du milieu du XVe siècle et décrite en 2010 par Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult. Elle peut être datée entre 1445 (inscription sur un pilier) et 1485.

Malgré l'absence d'ange aux bras écartés en partie haute, la composition 'apparente dans tous ses détails à celle de Runan, tant pour l'Annonciation et la Déploration séparées par l'imposant fleuron d'accolade que pour les choux frisés des rampants au dessus du gable et que pour  les deux panneaux des armes   présentées par deux lions, et avec des heaumes.

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Chapelle de la Clarté à Perros-Guirec.

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LES PIÉDROITS ET VOUSSURES DU PORCHE : DOUZE PERSONNAGES ASSIS ET DES ANGES BANDEROLÉS.

 

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S. Lemaître décrit ici les piédroits, la triple voussure en tiers point, le cortège des anges banderolés, et l'archivolte en accolade rehaussée de choux frisés. 

Je retrouve bien, de l'intérieur à l'extérieur, une voussure à sarments, puis une voussure à douze personnages, puis l'accolade s'appuyant sur une console feuillagée et sculptée de douze anges enrubannés du côté interne et  de feuilles côté externe, et des deux pinacles engagés à denticules.

Les auteurs, lorsqu'ils se prononcent sur ces personnages, les tiennent, comme Lemaître, pour des apôtres. Parce qu'ils vont par douze sans doute. Je n'y crois pas. Les apôtres sont rarement assis. Leurs barbes ne sont pas taillées en pointe, et ils ne sont pas coiffés de bonnets. J'inclinerait pour des prophètes. C'est drôle comme dès qu'on approfondit un peu l'examen des sites, on se retrouve avec plus de questionnements et moins de certitudes. 

L'usure du granite ne facilite pas les choses. Ce n'est pas ici le beau kersanton de Basse-Bretagne. 

Certains de ces messieurs ont un point commun, celui de lever la main vers le haut, pour désigner le ciel, ou plutôt un saint personnage (Christ ou Vierge) qui les dominerait . Comme les rois de Juda et les Prophètes dans les Arbres de Jessé.

Ceux qui débutent les séries, en bas à droite et à gauche (n°1 et n°12), s'encadrent dans les moulures transformées en colonnes à chapiteaux.

J'ai pris mes photos des personnages en débutant par la gauche, ce qui reste arbitraire tant qu'aucun d'eux n'est identifié. En tout cas, je ne vois nulle part un saint Pierre tenant sa clef.

Des restes de polychrome ocre sont visibles.

 

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°1.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°2.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°3.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°4.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°5.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°6.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°7. On redescend vers la droite.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°8.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°9.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°10.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°11.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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N°12.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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L'INTÉRIEUR DU PORCHE.

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"À l'intérieur du porche, la porte en tiers-point est simplement soulignée aux piédroits par deux colonnettes qui s'effacent dans les claveaux de la voussure supérieure. L'entrée du porche est couverte d'une voûte octopartite reposant sur de fines arcatures qui ont pour clé une rose couronnée d'angelots." (S. Lemaître)

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L'ange à phylactère du côté ouest. 

On remarquera la coiffure à boules ou macarons, si typique des sculpteurs de l'atelier ducal, au Folgoët, à Quimper et à Rumengol.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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Une console feuillagée du côté est.

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Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

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La rose feuillagée ou nuée entourée de huit anges à phylactères.

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Mes photos des têtes d' anges ne sont pas excellentes, mais tendent à montrer les coiffures en macarons, largement illustrés dans mes articles sur l'atelier ducal dit "du Folgoët" (E. Le Seac'h).

 

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

Le porche sud (granite, vers 1437) de l'église de Runan. Photographie lavieb-aile juin 2022.

 

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SOURCES ET LIENS.

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ALAIN (Agnès), 2020, Sortie fontaines et petits patrimoines

https://docplayer.fr/189176009-Sortie-fontaines-et-petits-patrimoine-du-9-mars-2020-pontrieux-runan.html

—BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371

Lettres du duc concédant à la chapelle de N. D. de Runan une foire qui devait se tenir le samedi précédant le pardon de la chapelle, fixé au dernier dimanche de juillet. Par le duc, de son commandement, présents : l'archidiacre d'Acreleon, Yvon Roscerf et autres. — Cador.

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n137/mode/2up

Mandement d'enquérir de l'injure faite au commandeur de la Feuillie en enlevant ses armoiries de l'église de Runan. Orîg. jad. scellé sur s. q. (Ar. CÔtes-du-Nord, H, f. de Malte).

A Vannes, 1439, 15 août. — « Jehan... A noz seneschalx, alloez et procureurs du ressort de Goelou, de Guigamp et de Lannuyon et à leurs lieutenans, à noz bien amez et fealx conseillers Eon de Roscerf, nostre maistre d'ostel, Jehan de Vennes, nostre contrerolleur gênerai, Robert Cador, nostre secrétaire, Alain Raison et Guillaume Labbé, salut.

De la partie de nostre bien amé et féal religieux et cher frère Pierres de Kaerenborgne, commandeur de la commanderie de la Feuillée et du Palacret, nous a esté exposé engrièvement complaignant, disant que l'église ou chapelle de N. D. de Runarzhan, tref ou fillete de la paroesse de Ploeuc, du diocèse de Treguer, est, comme on tient et dit on communeement, fondée et située en la terre ou fé de lad. commanderie, et ce est assez vroysemblable à croire, car celle chapelle est cernée et environée pour la plus grant partie, des fiez et terres d'icelle commanderie, et aussi en celle chapelle a telle et semblable indulgence et remission comme il a es aultres églises et chapeles fondées et situées es fonds, fiez et terres de lad. commanderie et des autres samblables commanderies de l'ordre de l'ospital Mr saint Jehan Baptiste de Jherusalem ; et que en celle chapelle et église de Runazhan, devers le midi, a esté puis nagueres une chapelle commancée et faicte ou près de faicte, et que au pingnon d'icelle nouvelle chapelle, devers led. midi, est assise et levée une belle fenestre de pierre de taille, et que en une belle pierre de taille assise ou hault d'un costé d'icelle fenestre, par dehors devers midi, led. exposant avoit fait mectre et entailler un escuczon ouquel estoient mises et entaillées les armes d'icellui exposant, avecques son timbre au dessus d'icelles armes, et y estoient entaillez et figurez deux leons, l'un d'un costé et l'autre de l'autre costé d'icelles armes, semblans en figure que celx deux leons tenoient led. escuçon où estoient celles armes, et que tout estoit bien et notablement figuré, entaillé et fiait de et en bel et bon ouvrage de pierre ; et ilecques mis, assis, souffert et laissé par le temps d'un an ou environ ou plus, et tellement que les voisins et demourans en celles mettes et celx qui aloient à lad. église ou passoient par auprès d'elle, au moins devers le midi, le povoient veoir et savoir ; et mesmes Rollant de Kernechriou, Phelipe de Kernechriou son frère et Alain de Kernechriou, oncle desd. frères, le savoient et povoient assez savoir, ainsi que sera déclaré et trouvé si mestier est, comme dit celui exposant ; disant oultre que lui, avecques ses biens, saisines et possessions quelxconcques estoient de piecza et encore sont en noz seurté, proteccion et sauvegarde générale et especiale, pupliés et faictes açavoir tellement que lesd. de Kernechriou ne autres d'icelles parties n'en porroient prétendre ignorance.

Et neantmoins tout ce que dit est, lesd. armes dud. exposant ont esté, puis un mois encza ou environ et que que soit nouvelement et puis nagueres, rompues, arrasées, deffaictes, desentaillées et ostées, et ou lieu et endroit où elles estoient, sont mises, figurez et peintes les armes desd. de Kernechriou ou des aucuns d'elx, car en icelui lieu, puis le démolissement desd. armes dud. exposant, furent mises et assises en peinture et colleurs les armes dud. de Kernechriou, o un cressant d'avantage qui sambloit estre manière de diferance, et que celles armes de Kernechriou o celle diferance furent ilecques par aucuns jours, et après ce en fut ostée lad. diference, et y demeurèrent les plaines armes dud. de Kernechriou, savoir dud. Rollant de Kernechriou, teles comme il les porte, car il est l'aisné de celx de Kernechriou ; et dit celui exposant que lad. offense a esté principalement procurée, pourchacée et faicte par lesd. Rollant et Phelipes de Kernechriou, et que de ce faire ilz et leurs adhérez et complices ont esté agens, consentens et participans, ainsi que plus à plaîn sera déclaré en lieu et temps ; quelle chose, si elle n'estoit reparée, seroit en grant foule, vitupère, deshoneur, préjudice, grief et domage dud. exposant ainsi qu'il dit, et nous a très humblement supplié de lui pourvoir sur ce de convenable remède.

Pour ce est il que nous, desirans justice estre faicte et ne voulanz tieulx deliz demeurer impuniz, quelx, s'ilz sont vroiz, sont cas de mal exemple et dignes de granit punicion, comme de violence faicte à l'iglise, commectant sacrilège et infraccion de nostre sauvegarde et grant offense faicte aud. commandeur et à son estât et honeur, qui est issu de bon et grant lignage appartenant à plusieurs des barons et autres grans nobles de nostre duchié  et grandement et dignement bénéficié..., Vous mandons... que vous vous transportez sur le lieu où l'en dit lesd. excès avoir esté faitz, et vous imformez et enquerez du cas sommairement et de plain...; et si vous trouvez lesd. de Kernechriou... coulpables, les requérez... d'en faire reparacion... et remectre les armes dud. commandeur es lieu et estât que trouverez [que] elles estoient avant lad. demolicion d'icelles... Par le duc, en son conseil, ouquel : Vous, l'evesque de S» Brieuc, le maistre d'ostel, Pierres Ivete, le seneschal de Moncontour et autres estoint. — Gunemar. »

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n225/mode/2up

— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , "Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté,", in Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

— COUFFON René Couffon, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f154.image.r=runan

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

—LALOS (Michel)

 http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/cotes_d_armor/cs_22_guingamp.php

 

— LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf

— LE FLOC'H (Loieiz), La chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_175/notre__dame__de__la__clarta__perros__guirec.pdf

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

MAN8ROVE

https://man8rove.com/fr/blason/dul7nwn-parc

https://man8rove.com/fr/profile/yru34x5gc-henry-du-parc

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 195.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f387.image.r=runan?rk=21459;2

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f285.image.r=runan

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411435g/f134.image.r=runan?rk=42918;4

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

— WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculptures Héraldique Chapelles bretonnes
15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 07:46

Sculptures et inscriptions lapidaires (1695-1704) de l'église de Plozévet. Statues de la Vierge à l'Enfant, de la Vierge de Pitié, de sainte Marie-Madeleine et de saint Alar (Éloi).

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Voir sur Plozévet :

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Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Inscription lapidaire du fronton:

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LE PENNANRVN (?)

P. LE PENNEC F.1695.

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Suggestions généalogiques :

-Jean PENNARUN (1654-1703, vicaire à Plozévet, décédé au presbytère :

https://gw.geneanet.org/mcff?n=pennarun&oc=1&p=jean

-Pierre LE PENNEC (1654-1716), laboureur domicilié à Kermenguy à son mariage en 1702, et décédé à Kervinily.

https://gw.geneanet.org/eguillard1?n=pennec+le&oc=3&p=pierre

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Note : La sacristie porte l'inscription : "V. ET. D. M. I. PEN(NARVN). R/Y. GENTRIC. F. 1701." soit "Vénérable et Discret Messire Jean Pennarun Recteur Yves Gentric fabricien en 1701".

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Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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La tour du clocher : inscription lapidaire.

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V. M. LE PENNARVN ----GOFF P. 1704.

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Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LES ARMOIRIES DE L'ENFEU (BRAS NORD DU TRANSEPT).

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"Sous la fenêtre du bras Nord du transept se trouve un enfeu, c'est une niche funéraire destinée à recevoir une tombe. Il est possible que des seigneurs  y aient été enterrés, mais nous n’en n'avons pas de preuve. Sur le mur au fond  de l’enfeu, une sculpture en bas-relief érodée, et de ce fait difficile à lire, est  placée dans un rectangle bien plus haut que large. Peut-être provient-elle de la tombe haute qui était placée dans le chœur de  l’église, « chargée de cinq écussons des armes pleines ou seigneurs de Lanavan » (Conen de Saint-Luc, notice paroissiale Mahalon 1915). 

La sculpture montre un écu en position oblique, et au-dessus, un heaume surmonté d'un "arraché de cygne" en guise de cimier. Ce type de panneau pouvait être placé sur le côté d’un tombeau.

Actuellement, deux cygnes sont encore visibles sur l'écu, représentation relativement rare en héraldique. Ils doivent être l’emblème d’une famille seigneuriale de Lanavan, manoir du Sud de Mahalon, à la limite de Plozévet. Probablement la famille GEFFROY, qui y a vécu pendant une bonne partie du XVIe siècle."

IPNS Histoire et Patrimoine raconte, Autrefois à Plozévet, n°18, septembre 2016  http://commune.plozevet.free.fr/index.php?static17/autrefois

http://commune.plozevet.free.fr/data/documents/autrefois/autrefoisaplozevet18.pdf

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Peut-on deviner les armoiries qui ont été érodées ou bûchées ? Je vois trois oiseaux  tenant dans leur bec des poissons.

 

 Enfeu des seigneurs de Lanavan dans l' église de Plozévet (Bulletin diocèsain d'Histoire et d'Archéologie , année 1931- Diocèse de Quimper)

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9789330ac3d730aa7c3378800b833b77.pdf

1 - Le blason des PENFRAT dans l' église de Plozévet et dans la chapelle Saint-Michel de Mahalon

"Parti d’azur, à l’éléphant d’argent portant une tour d’or et au chevron d’argent accompagné de trois cignards de même".  A Mahalon, dans la chapelle Saint-Michel, à droite du choeur, une tombe sur laquelle était sculpté un éléphant portant un château (armes des Penfrat); - A Plozévet, dans le choeur, une tombe haute chargée de cinq écussons des armes pleines ou en alliance des seigneurs de Lanavan et, dans la maîtresse-vitre, un écusson parti au 1, d'azur à l'éléphant d'argent portant une tour d'or ; au 2, d'azur au chevron d'argent accompagné de trois cignards de même, 2, 1. Enfin, le blason de Lanavan se voyait à la Trinité, dans la fenêtre de l'abside, au-dessous des armoiries des Rohan et des Le Barbu.

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Enfeu de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Enfeu de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Enfeu de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Enfeu de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LA VIERGE À L'ENFANT. Bois polychrome, XVIIe siècle (selon pop.culture.gouv).

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Elle mesure 130 cm de haut, 45 cm de large et 50 cm de profondeur.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004501

Inscrit M.h au titre d'objet 1989/04/12.

Elle est remarquable par le bandeau occipital, que je surnomme "chouchou", et qui se retrouve comme un leitmotiv dans tant de statues de la Vierge et de Marie-Madeleine dans la statuaire du Finistère au XVIe et du tout début du XVIIe siècle. Voir l'annexe de mon article sur la Vierge de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal. Ce bandeau est ici large, lissé (comme toujours ou presque), et rassemble le flot de la chevelure avant qu'elle ne se libère derrière les épaules.

Bien que le genou gauche soit fléchi, le corps n'est pas hanché, et seule la tête s'incline vers la gauche.

La main droite retient le pan gauche du manteau bleu, tandis que le pan droit est fixé à la ceinture dorée qui sert de  troussouère.

Les pieds sont nus sous la robe jaune-orangé.

La Vierge ne regarde pas son Fils, mais un point du plancher, avec un regard las ou triste, tandis que Jésus, assis sur l'avant-bras gauche de sa mère, et tenant le globus cruciger des deux mains, fixe un point du plafond. Son visage est un peu gras, un peu disgracieux et trop adulte.

Cette absence de complicité, et même de destination des regards crée un malaise, comme si les deux saints personnages traversaient un moment difficile. C'est théologiquement inconcevable, mais cela confère à cette statue son climat et son originalité.

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Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LA VIERGE DE PITIÉ EN BOIS POLYCHROME, DU XVIe SIÈCLE.

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https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004502

Elle mesure 82 cm de haut, 41 cm de large et 22 cm de profondeur. Elle est placée sur le tabernacle de l'autel du bras sud du transept, devant une grande toile représentant l'Ange gardien (?) ou Tobie guidé par l'ange Gabriel.

Elle est classée M.h au titre d'objet au 1989/04/12.

L'une de ses particularités est de tenir son fils tête à gauche. Elle est assise sur une cathèdre, est vêtue d'un manteau bleu et est coiffée d'un voile rabattu devant la gorge. Son regard est tourné vers la gauche, dans le vide.

Le Christ, de taille proportionnellement plus petite, est allongé sur ses genoux, jambes fléchies, bras droit soutenu par sa Mère et bras gauche pendant. Plus que le sentiment de chagrin ou de douleur, c'est l'impression d'absence, d'anesthésie émotionnelle et de dévastation qui domine.

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https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004502

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Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.


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MARIE-MADELEINE. BOIS POLYCHROME .

Coté nord du chœur.

Je n'en trouve pas la description sur la base pop.culture.gouv, pourtant je l'admire beaucoup. On sait que la sainte est réputée pour son élégance et sa coquetterie, véritable attribut au même titre que le flacon de parfum ou d'aromate qu'elle porte dans sa main gauche. Cette coquetterie est aussi, subtilement, celle de ses yeux, aux axes légèrement décalés. 

Je retiens d'abord de son costume les crevés de sa manche droite, et où le coude est largement entaillé pour laisser s'échapper une étoffe blanche bouffante de manière excessive et provocatrice.  Nous ne sommes plus sans doute dans la mode Renaissance qui vit apparaître ces taillades, mais dans la seconde partie du XVIe siècle sous Henri II ou un peu plus tard. Le maniérisme est patent également dans le geste précieux et affété de la main droite, ou dans la coiffure sophistiquée dont les nattes serpentines, à peine retenues par un diadème, se nouent et se dénouent.

Le cou est souple et fin, le port de tête délicat. La petite bouche minaude et le nez fin et droit contrastent avec les grands yeux largement ouverts, mais songeurs. Les sourcils et le front sont épilés, cela va sans dire. On ne peut s'empêcher de penser à Ingres.

Couffon la date du XVIIIe.

Finalement, je trouve, mais non sur pop.culture, la notice de la base Palissy (avec une photo de 2010) : selon celle-ci, elle la date du quatrième quart du XVe siècle elle est classée MH au 1991/11/19, et mesure 133 cm de haut, 38 cm de large et 25 cm de profondeur. Le dos est creux.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001352

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Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sainte Barbe. Bois polychrome.

Coté gauche du chœur, à l'angle du transept.

Elle porte son attribut, la tour témoin de son attachement au dogme de la Trinité. La palme du martyre l'a quittée.

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Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Saint Éloi (sant Alar). Bois polychrome. Fin XVIe siècle (Couffon)

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On connait peut-être la légende de saint Eloi, qui, pour ferrer un cheval, trouva plus commode de sectionner la patte, d'y placer le fer, puis de la remettre en place.

La légende est un peu plus compliquée que cela, je l'ai raconté dans mon article sur le vitrail du Miracle de saint Eloi de la chapelle Notre-Dame-du-Crann à Spézet.

http://www.lavieb-aile.com/2016/06/les-vitraux-de-la-chapelle-notre-dame-du-crann-a-spezet-la-verriere-de-saint-eloi.html

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Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Une bannière de saint René. Début XXe ?

Saint René correspond à saint Ronan (celui de Locronan par exemple), qui a sa chapelle à Plozévet.

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Bannière de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Bannière de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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SOURCES ET LIENS.

 

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COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Plozévet.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0547dd502285d509467f930ed5105e3.pdf

EGLISE SAINT-DEMET (I.S.) En forme de croix, elle comprend une nef de cinq travées avec bas-côté nord de l'extrême fin du XIVè siècle, séparée par un arc diaphragme de la même époque d'un vaste transept, et un choeur profond à chevet plat, datant du XVIè siècle ainsi que le porche méridional.

Ce dernier est voûté sur croisée d'ogives : sur les parois intérieures, deux niches encadrées de colonnes encastrées en nid d'abeilles ; sur le fronton, inscription : ".../ LE PENNEC. F. 1695." L'arcature séparant la nef du bas-côté et comportant quatre arcades en plein cintre et une en tiers-(point provient d'un édifice antérieur remontant au XIIIe siècle et sensiblement contemporain de Pont-Croix. Les archivoltes, simplement épannelées, reposent au-dessus des chapiteaux sur des culots, dont l'un, contre le pignon ouest, est figuré. La façade ouest est du début du XVè siècle ; le clocheton date de 1793.

La sacristie porte l'inscription : "V. ET. D. M. I. PEN(NARVN). R/Y. GENTRIC. F. 1701." Mobilier : Autel en tombeau galbé installé face au peuple. Deux autels latéraux avec retables classiques à colonnes lisses (XVIIIè siècle ou XIXè siècle) et tableau : le Rosaire au nord et l'Ange gardien (?) au sud. Sur la vasque des fonts baptismaux, représentation de saint Pierre avec ses clefs, l'Ankou avec sa charrette et deux paysans au champ, illustration de l'évangile : "De deux hommes qui travaillent au champ, l'un sera pris, l'autre laissé."

Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, sainte Anne seule, XVIIIè siècle, sainte Marie Madeleine, saint Joseph, XVIIIè siècle, saint Ronan dit "Sant Reun", XVIIè siècle, saint Démet en évêque, XVIIè siècle, saint Alar ferrant un cheval, fin XVIè siècle, saint Corentin, XVIIè siècle, autre Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, saint Mathurin, XVIIè siècle, saint Jean-Baptiste, XVIIè siècle, saint François d'Assise, XVIIè siècle; - en pierre blanche : Pietà, XVIè siècle.

Vitraux : verrière du transept Nord, verre peint du XIXè siècle. Dans la fenêtre axiale à réseau flamboyant, vitrail d'H. de Sainte-Marie, 1957, qui a remplacé une ancienne Passion. Orfèvrerie : calice en argent, 1673 (C.).

 Le porche sud est entouré de deux fontaines qui sourdent sous les fondations. - A 50 m, à l'angle nord-est de l'église, autre fontaine, dite Feunteun Sant-Délo. Près de l'église, croix de granit avec Christ ressuscité au revers du Crucifix.

MONUMENTUM.FR

 

https://monumentum.fr/eglise-saint-demet-pa00090280.html

PÉRENNÈS ( Henri), 1941, Plozévet (Brest, 1941). 

http://www.infobretagne.com/plozevet.htm

— Pop.culture.gouv

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090280

armoiries

Congrès archéologique de France - Volumes 114 à 115 - Page 228

 

 

 

Société française d'archéologie - 1956 - ‎Extraits

 LA CHAPELLE DE LA TRINITÉ par M. André MUSSAT A la limite des régions du Cap-Caval ... Voici peu encore, la maîtresse vitre gardait des armoiries : Lanavan (3), Mahalon (4) et, en supériorité, Rohan (5) et Le Barbu (6).

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ABGRALL (Jean-Marie), 1909, "Esquibien", BDHA, Quimper, Kerangall.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f096b4a373bfb45f5ec65f9f1a363fcf.pdf

 

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l'église Saint-Démet (XIII-XIVème siècle). Il s'agit d'un édifice en forme de croix qui comprend une nef de cinq travées avec bas-côté nord du XIVème siècle, séparée par un arc diaphragme d'un vaste transept et d'un choeur en saillie datant du XVIème. Le porche méridional date du XV-XVIème siècle. L'arcature, séparant la nef du bas-côté et comportant quatre arcades en plein cintre et une en tiers point, provient d'un édifice antérieur remontant au XIIIème siècle. La façade ouest est du début du XVème siècle. Le clocheton date de 1793 et la sacristie, qui date de 1701, porte l'inscription "V. et D. MI. I. Pennarun. R. Y. Centric. F. 1701". Le vitrail de M. Hubert de Sainte-Marie à la maîtresse vitre date de 1957. L'église abrite les statues de saint Démet en évêque, saint Jean-Baptiste, saint Mathurin, saint Corentin, saint Michel, saint Alar (XVIIème siècle), saint Charles, la Vierge-Mère (XVIIème siècle) et une Pietà ;

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants de Plozévet (Plouzevet) étaient présents :

Henry de Kerboguy, représenté par Henry son fils, en pal et vouge ;

Jehan Gourchat, en pal et vouge.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Plozévet (Plouzevet) apparaissent :

Le sieur de Kersaudy, représenté par Maître Christophe de Kersaudy, garde, dict faire homme d'armes ;  Kersaudy (de). — D'azur, au léopard d'argent.

Jehanne le Flouch, default ;

Henry le Rougeart, default ;

Pierre le Goarec, default ;

La dame de Lescongar, default.

EGLISE SAINT-DEMET (I.S.)

En forme de croix, elle comprend une nef de cinq travées avec bas-côté nord de l'extrême fin du XIVè siècle, séparée par un arc diaphragme de la même époque d'un vaste transept, et un choeur profond à chevet plat, datant du XVIè siècle ainsi que le porche méridional.

Ce dernier est voûté sur croisée d'ogives : sur les parois intérieures, deux niches encadrées de colonnes encastrées en nid d'abeilles ; sur le fronton, inscription : ".../ LE PENNEC. F. 1695." L'arcature séparant la nef du bas-côté et comportant quatre arcades en plein cintre et une en tiers-(point provient d'un édifice antérieur remontant au XIIIè siècle et sensiblement contemporain de Pont-Croix. Les archivoltes, simplement épannelées, reposent au-dessus des chapiteaux sur des culots, dont l'un, contre le pignon ouest, est figuré. La façade ouest est du début du XVè siècle ; le clocheton date de 1793.

La sacristie porte l'inscription : "V. ET. D. M. I. PEN(NARVN). R/Y. GENTRIC. F. 1701."

Mobilier : Autel en tombeau galbé installé face au peuple. Deux autels latéraux avec retables classiques à colonnes lisses (XVIIIè siècle ou XIXè siècle) et tableau : le Rosaire au nord et l'Ange gardien (?) au sud. Sur la vasque des fonts baptismaux, représentation de saint Pierre avec ses clefs, l'Ankou avec sa charrette et deux paysans au champ, illustration de l'évangile : "De deux hommes qui travaillent au champ, l'un sera pris, l'autre laissé."

Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, sainte Anne seule, XVIIIè siècle, sainte Marie Madeleine, saint Joseph, XVIIIè siècle, saint Ronan dit "Sant Reun", XVIIè siècle, saint Démet en évêque, XVIIè siècle, saint Alar ferrant un cheval, fin XVIè siècle, saint Corentin, XVIIè siècle, autre Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, saint Mathurin, XVIIè siècle, saint Jean-Baptiste, XVIIè siècle, saint François d'Assise, XVIIè siècle; - en pierre blanche : Pietà, XVIè siècle.

Vitraux : verrière du transept Nord, verre peint du XIXè siècle. Dans la fenêtre axiale à réseau flamboyant, vitrail d'H. de Sainte-Marie, 1957, qui a remplacé une ancienne Passion. Orfèvrerie : calice en argent, 1673 (C.). * Le porche sud est entouré de deux fontaines qui sourdent sous les fondations.

- A 50 m, à l'angle nord-est de l'église, autre fontaine, dite Feunteun Sant-Délo.

Près de l'église, croix de granit avec Christ ressuscité au revers du Crucifix.

 

B.S.A.F. Chanoine Abgrall, 16-8-1913. - H. Pérennès : Plozévet (Brest, 1941). - A. Mussat : La chapelle de la Trinité (S.F.A. - C.A. 1957).

1903, 170, 172 (église et chapelles);

1909, 59-60 (église); 1920, 178-179 (monuments historiques);

1928, XXXII (écusson sur un cadran solaire);

1929, XVIII (sarcophage, statue de saint Ronan), XXXVI (chapelle Saint-Démet);

1934, XXVII (manoir de Kerguinaou et croix armoriée);

1956, XIX, XXII (calvaire et manoir du bourg); 1965, CV (maison du corsaire);

1966, XLVI (moulin à vent de Keringar);

1971, 440 (calice, M.C.); 1972, 670 (monuments historiques et sites).

Monumentum

https://monumentum.fr/eglise-saint-demet-pa00090280.html

Fiche Mérimée : PA00090280

Mobilier classé Monument Historique conservé dans l'édifice :

Statue : Vierge à l'Enfant
Statue : Saint Jean-Baptiste
Statue : Saint Démet
Statue : Sainte Anne
Statue : Saint Joseph
Statue : Saint François d'Assise
Statue : Saint Corentin
Statue : Vierge à l'Enfant
Statue : Saint Mathurin
Groupe sculpté : Piéta
Statue : Saint Ronan

Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2020-07-10

POP

Pietà en bois polychrome  XVIe  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004502

Vierge à l'Enfant bois polychrome XVIe

Bois : taillé, peint (polychrome)

Vierge à l'Enfant

 

H = 90 ; la = 30 ; pr = 18

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004501

WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ploz%C3%A9vet

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SOURCES ET LIENS.

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Sculptures
14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 14:04

La Pietà aux trois anges de tendresse (calcaire, XVIe siècle) de l'église de Plozévet.

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— Sur les anges de compassion, et la gestuelle de l'ange, voir :

 

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— Sur les statues en calcaire du Finistère :

 

 

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PRÉSENTATION.

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S'il est bien une œuvre absolument remarquable dans l'église Saint-Demet de Plozévet, c'est à mes yeux la Vierge de Pitié. Non pas celle en bois polychrome, bien belle, et que je n'omettrai pas de décrire dans un autre article, qui est classée M.H et qui bénéficie d'une notice sur le site pop.culture.gouv, mais celle en calcaire, décrite par Couffon : "statue en pierre blanche : Pietà, XVIe siècle", et par Le Seac'h, cf infra.

On en trouve une photo dans le recensement des Pietà du Finistère sur Wikipedia, image GO69)

Elle n'est pas placée, comme la Pietà de bois, en évidence sur un autel sud, mais reléguée dans un sombre recoin nord, où il n'est pas possible de l'examiner sous toutes ses faces.

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Emmanuelle Le Seac'h, dans  Sculpteurs sur pierre de Basse-Bretagne, (2014) a souligné tout son intérêt , en lui consacrant 15 lignes de description (cf. Description infra), et une photo :

1. Elle s'intègre dans un ensemble, celui des Pietà aux anges de douceur, suffisamment rare (une vingtaine d'exemples) et homogène pour être isolé. Ces anges soutiennent la tête ou les pieds du Christ.

2. Elle est en calcaire polychrome, une pierre d'importation étrangère (a priori le "tuffeau" de la vallée de la Loire) mais taillée -dans notre cas- sur place. Dans l'ensemble précédent, ce matériau n'est retrouvé que dans quatre œuvres de cet ensemble de Pietà (Plozévet, Plonévez-du-Faou, Penmarc'h et Névez en Finistère). Et le calcaire est de toute façon bien rare dans la statuaire du Finistère.  

3. Elle est très comparable à la Pietà de Plonévez-du-Faou (mais cette dernière a bénéficié d'une restauration en 1997) : ces deux sculptures sont certainement du même auteur. Elle n'est pas étrangère non plus à celle de Ploudiry.

Pourtant, Emmanuelle Le Seac'h ne décrit à la Vierge de Pitié de Plozévet que deux anges, ceux placés à la tête du Christ, et méconnaît le troisième, comme j'ai failli le faire. Car il faut venir se placer dans l'espace exiguë (et, lors de ma visite, encombré de bancs) entre le mur et la statue et recourir à un éclairage d'appoint pour le découvrir caressant les pieds du Christ.

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Si ces arguments étaient jugés trop techniques, il en resterait un qui, pour peu que la statue soit présentée dignement, ne devrait laisser personne indifférent : l'émotion qu'elle suscite est intense, si on veut bien s'extraire du contexte de dévotion et se représenter une femme dévastée par la mort de son fils, et, délicate consolation dans cet océan de chagrin, la présence surnaturelle de trois enfants témoignant par la tendresse inquiète et compatissante de leurs gestes de l'Amour qui, malgré tout, vit encore.

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C'est pour privilégier cette émotion esthétique que je place d'abord ici les photographies, repoussant mes commentaires à la fin.

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Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Vierge de Pitié aux trois anges (calcaire polychrome, XVIe siècle) de l'église de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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COMMENTAIRES.

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1.Les Vierges de Pitié aux  anges de douceur : un thème iconographique breton du XVe et XVIe siècle.

Dans son ouvrage —un catalogue de la production des ateliers de sculpture sur pierre du XVe au XVIIIe siècle, issue de sa thèse —, Emmanuelle Le Seach consacre un chapitre au Maître de Tronoën, auteur du calvaire éponyme à Saint-Jean-Trolimon, en Cornouaille, vers 1470. Remarquant que la Vierge de Pitié de Tronoën  est entourée de deux anges aptères qui tiennent la tête et les pieds du Christ, mais aussi le voile de Marie, dans un geste de douceur, elle développe une étude d'iconographie comparée sur ce thème des "anges de douceur".

Elle décrit alors les quatorze pietà du Maître du calvaire de Tronoën, et parmi ce groupe, les sept qui comportent des anges, ailés ou aptères. Ce sont celles de Tronoën, du calvaire de Collorec, de l'ossuaire de Saint-Hernin, de Béron et du calvaire du Moustoir à Châteauneuf-du-Faou, du jardin de l'ancien presbytère de Laz et de l'église de Plusquellec. Ces œuvres sont en granite avec parfois des traces de polychromie, et les Pietà ont les mêmes caractéristiques stylistiques ; les anges sont au nombre de deux, debout à la tête et aux pieds, et soulèvent généralement le voile de la Vierge.

L'auteure ajoute ensuite un certain nombre d'autres exemples, mais où les anges ne touchent plus le voile de la Vierge. Le catalogue des œuvres de cet atelier donne la liste suivante :

Les  Pietà aux anges de douceur du XVe siècle :
 

  • Châteauneuf-du-Faou (29), calvaire de Béron. Pietà aux deux anges de douceur géminés aux personnages de la Crucifixion. Granite, Maître de Tronoën, vers 1470.
  • Châteauneuf-du-Faou (29) , calvaire de la chapelle du Moustoir. Pietà aux deux anges de douceur géminés aux personnages de la Crucifixion.  Granite, Maître de Tronoën, vers 1470.
  • Collorec (29), église Notre-Dame, vestige de calvaire. Pietà aux deux anges de douceur. Granite, Maître de Tronoën, vers 1470.
  • Laz (29), ancien presbytère, au dessus de la porte d'entrée du jardin. Grès arkosique. Maître de Tronoën, vers 1470.
  • Le Moustoir (22), calvaire. Vestiges de pietà accompagné de deux anges de douceur, celui à la tête du Christ est décapité. Maître de Tronoën, vers 1470.
  • Plusquellec (29), église Notre-Dame-de-Grâces. Pietà aux quatre anges de douceur. Granite polychrome. Maître de Tronoën.
  • Saint-Hernin (29), ossuaire dit "chapelle Sainte-Anne". Pietà aux anges de douceur. Maître de Tronoën, vers 1470.
  • À Carhaix (29), église Saint-Trémeur de Carhaix, une Vierge de Pitié  présente les mêmes caractères qu'à Tronoën, mais les anges ne touchent plus le voile de Marie. Granite, Maître de Tronoën, vers 1470.  https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Statues_of_Piet%C3%A0_in_Finist%C3%A8re#/media/File:Carhaix_38_Eglise_Saint-Tr%C3%A9meur_Pi%C3%A9t%C3%A0_en_granite_(milieu_XVe).jpg
  • La Vierge de Pitié de l'église de Kergloff (près de Carhaix) est en calcaire polychrome, mesure 90 cm de haut et est posée sur l'autel  nord de la nef daté de 1581. Elle porte l'inscription J. SALOMON. Le Seac'h l'attribue au Maître de Tronoën.

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Le Seac'h décrit ensuite les Pietà des "héritiers de la gestuelle de l'ange". Sept autres Pietà également recensées par Le Seac'h  reprennent ce motif des anges autour de la Vierge et du Fils, cette fois-ci au XVIe siècle. Cinq se trouvent en Finistère, et j'ai décrit dans ce blog celle de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou (en calcaire polychrome), ou celle de l'église Saint-Sauveur du Faou (à 3 anges et en granite polychrome). Aucune des sept  n'est en kersanton.

  • Plonévez-du-Faou (29), église Saint-Herbot. Pietà à deux anges. Calcaire polychrome. XVIe siècle.

  • Plozévet (29), Pietà aux trois anges. Calcaire polychrome. XVIe siècle.

  • Penmarc'h (29), église Saint-Nonna, pietà aux six anges. Calcaire polychrome. XVIe siècle.

  • Névez (29), chapelle de Trémorvézen. Pietà à 1 seul ange, placé à la tête du Christ et lui tenant la main. Calcaire polychrome. XVIe siècle.

  • Melgven (29), église paroissiale. inscription de 1499. Pietà à 1 seul ange, placé à la tête du Christ et lui tenant la main. Calcaire polychrome. fin XVe siècle.

  • Le Faouët (29), façade de l'église paroissiale. Pietà à 1 seul ange (décapité), placé à la tête du Christ et lui tenant la main. Granite, fin XVe ou début XVIe.

  • Meslan (56), chapelle Saint-Armel. Pietà à 1 seul ange, placé à la tête du Christ, lui tenant la main et soutenant la tête. Granite polychrome, XVIe.

 

 

L'inventaire de ces anges apportant leur aide et leur tendresse à la scène de la Vierge de Pitié n'est pas clos ; on peut citer ainsi:

  • le calvaire de Plovan (29), non loin de Saint-Jean-Trolimon. (Atlas Plovan 2449), et sa pietà de kersanton.
  • La Pietà de La Feuillée (29), où un ange est à la tête tandis qu'un ange recueille le sang des plaies des pieds du Christ.
  • Ploudiry (29), intérieur de l'église, Déploration avec la Vierge et Marie-Madeleine. Un ange ailé tend la main vers le visage du Christ et le caresse.
  •  Collorec (29), église. Le visage de la Vierge est proche de celui de la Pietà de Plozévet.
  • Pleyben (29) calvaire de la chapelle de la Trinité. Kersanton. Un seul ange à la tête du Christ.

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Pleyben, chapelle de la Trinité. Photographie lavieb-aile.

Pleyben, chapelle de la Trinité. Photographie lavieb-aile.

Saint-Hernin, chapelle Sainte-Anne. Photo lavieb-aile.

Saint-Hernin, chapelle Sainte-Anne. Photo lavieb-aile.

Ploudiry, église.Photo lavieb-aile.

Ploudiry, église.Photo lavieb-aile.

Ploudiry, église. Photo lavieb-aile.

Ploudiry, église. Photo lavieb-aile.

Collorec, église. Photographie lavieb-aile.

Collorec, église. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION
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Notice Palissy :

Elle est classée à titre d'objet à la date du 26 novembre 1991 . Elle mesure 82 cm de haut, 41 cm de large et 22 cm de profondeur. Elle a été restaurée en 1999, date d'un cliché après restauration.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001800

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/AP29W03634

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"On retrouve pratiquement la même pietà à Plozévet [qu'à l'église Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou] dans l'église Saint-Démet, dans l'angle nord-est du transept nord. Elle est du même sculpteur. La statue, qui mesure 1,14 mètre est aussi en calcaire. La polychromie n'a pas été refaite [?]. Le Christ a ici la tête penchée vers le bas. Mais sa barbe et ses cheveux se divisent en bouclettes comme à Saint-Herbot. Son pagne est aussi rabattu en un plissé harmonieux. La Vierge a le même visage rond à la chair tremblante. Ses cheveux sont rentrés dans le col empesé du manteau. Ils sont retenus par un bandeau qui fait office de couronne. Sa robe forme trois plis cassés sur le devant et le bord en est décoré par un galon doré, relevé par des étoiles rouges au dessus. Deux anges du même coté cette fois, posent leurs mains sur l'épaule droite du Christ et lui tiennent le pouce et l'avant-bras. Cette pietà date aussi du XVIe siècle." (Le Seac'h 2014)

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Les anges sont vêtus, sur l'aube blanc-crème, d'un habit — rouge ou vert — fendu sur le coté en partie basse, à large revers de manche, et ils portent l'amict, replié en petite capuche à l'arrière et s'évasant sous le menton. Deux d'entre eux ont la taille serré par un cordon. Les cheveux sont bouclés et ces boucles courtes forment une petite houppe sur le devant. Les visages sont ronds et poupins. Ces anges sont ailés.

La main droite de l'ange supérieur gauche est tendu vers l'oreille droite du Christ, dans un geste très tendre accordé aux traits inquiets du visage.

L'ange inférieur gauche pose sa main droite sur celle du Christ, et entoure de la main gauche son avant-bras, tandis qu'il pose, très affectueusement, son menton près du coude et qu'il lève les yeux vers le visage défunt. La posture a la grâce des gestes enfantins, tout en étant empreinte de commisération.

L'ange de droite fait symétrie avec celui de gauche, entourant la jambe comme l'autre entourait le bras, et posant la main sur le talon avec plus de douceur que de force. Comme lui, il appuie sa joue contre la jambe et lève les yeux vers le Christ.

Le bloc de pierre est brisé en partie basse au niveau du pied droit du Christ, et à gauche où une partie de la joue de l'ange supérieur est amputé.

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Comparaison avec la Vierge de Pitié de Saint-Herbot.

Je renvoie à ma description :

La Pietà de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou

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L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. La Pietà et les deux anges de douceur (Calcaire polychrome, XVIe siècle). Photographie lavieb-aile.

L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. La Pietà et les deux anges de douceur (Calcaire polychrome, XVIe siècle). Photographie lavieb-aile.

L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. La Pietà et les deux anges de douceur (Calcaire polychrome, XVIe siècle). Photographie lavieb-aile.

L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. La Pietà et les deux anges de douceur (Calcaire polychrome, XVIe siècle). Photographie lavieb-aile.

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CONCLUSION.

On ne peut que rêver de la beauté que ce groupe sculpté a  pu connaître, lorsque sa polychromie aux ors rutilants, le damassé de la robe de la Vierge ou son galon étaient dans leur fraîcheur d'origine. 

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 

"Les Pietà les plus anciennes associent parfois des anges pour consoler s'il est possible la douleur maternelle Au calvaire de Tronoën, à Saint-Jean-Trolimon, deux acolytes relèvent délicatement les plis latéraux du voile de tête de la Mère de Dieu. De même à Saint-Hernin, et au calvaire du Moustoir à Châteauneuf-du-Faou. Ces trois oeuvres sortent de toute évidence d'un atelier unique qui travaillait le granite, vers le milieu du XVe siècle et que nous nommons l'atelier du Maître de Tronoën. A Plougoulm un ange " vient, selon la formule de Debidour, en plein vol horizontal " se saisir de la paume percée du Christ . A Langolen, des anges soutiennent le bras et le pied du Christ, sa tête et son bras à Kergloff. A La Feuillée, alors qu'un premier ange se tient près du Christ en prière, un second tend la coupe pour recueillir le sang qui découle de la blessure du pied. A Penmarc'h l'artiste, imprégné d'esprit médiéval, multiplie les angelots qui constituent une cohorte riche d'une demi-douzaine d'acolytes ailés. Au centre du socle, ils sont deux à encadrer un écu à la croix pattée, tandis que, toujours au même niveau, deux autres caressent la main et le pied du Christ. Placés plus haut, les deux derniers exercent leur office auprès de la tête et de la main gauche, une véritable action liturgique... Parmi les autres Pietà aux anges, on signalera celle de Collorec, qui a été exhumée en 1997."

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

— PÉRENNÈS ( Henri), 1941, Plozévet (Brest, 1941). 

http://www.infobretagne.com/plozevet.htm

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Plozévet.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0547dd502285d509467f930ed5105e3.pdf

EGLISE SAINT-DEMET (I.S.) En forme de croix, elle comprend une nef de cinq travées avec bas-côté nord de l'extrême fin du XIVè siècle, séparée par un arc diaphragme de la même époque d'un vaste transept, et un choeur profond à chevet plat, datant du XVIè siècle ainsi que le porche méridional.

Ce dernier est voûté sur croisée d'ogives : sur les parois intérieures, deux niches encadrées de colonnes encastrées en nid d'abeilles ; sur le fronton, inscription : ".../ LE PENNEC. F. 1695." L'arcature séparant la nef du bas-côté et comportant quatre arcades en plein cintre et une en tiers-(point provient d'un édifice antérieur remontant au XIIIe siècle et sensiblement contemporain de Pont-Croix. Les archivoltes, simplement épannelées, reposent au-dessus des chapiteaux sur des culots, dont l'un, contre le pignon ouest, est figuré. La façade ouest est du début du XVè siècle ; le clocheton date de 1793.

La sacristie porte l'inscription : "V. ET. D. M. I. PEN(NARVN). R/Y. GENTRIC. F. 1701." Mobilier : Autel en tombeau galbé installé face au peuple. Deux autels latéraux avec retables classiques à colonnes lisses (XVIIIè siècle ou XIXè siècle) et tableau : le Rosaire au nord et l'Ange gardien (?) au sud. Sur la vasque des fonts baptismaux, représentation de saint Pierre avec ses clefs, l'Ankou avec sa charrette et deux paysans au champ, illustration de l'évangile : "De deux hommes qui travaillent au champ, l'un sera pris, l'autre laissé."

Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, sainte Anne seule, XVIIIè siècle, sainte Marie Madeleine, saint Joseph, XVIIIè siècle, saint Ronan dit "Sant Reun", XVIIè siècle, saint Démet en évêque, XVIIè siècle, saint Alar ferrant un cheval, fin XVIè siècle, saint Corentin, XVIIè siècle, autre Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, saint Mathurin, XVIIè siècle, saint Jean-Baptiste, XVIIè siècle, saint François d'Assise, XVIIè siècle; - en pierre blanche : Pietà, XVIè siècle.

Vitraux : verrière du transept Nord, verre peint du XIXè siècle. Dans la fenêtre axiale à réseau flamboyant, vitrail d'H. de Sainte-Marie, 1957, qui a remplacé une ancienne Passion. Orfèvrerie : calice en argent, 1673 (C.).

 Le porche sud est entouré de deux fontaines qui sourdent sous les fondations. - A 50 m, à l'angle nord-est de l'église, autre fontaine, dite Feunteun Sant-Délo. Près de l'église, croix de granit avec Christ ressuscité au revers du Crucifix.

— MONUMENTUM.FR

 

https://monumentum.fr/eglise-saint-demet-pa00090280.html

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ploz%C3%A9vet

—Wikipedia, Liste et photo des Pietà du Finistère.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Statues_of_Piet%C3%A0_in_Finist%C3%A8re

 

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Published by jean-yves cordier - dans sculptures Pietà
22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 17:15

L'église de Locronan : la statue ( calcaire polychrome, XVIe siècle) de Notre-Dame de la Délivrance.

 

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Voir sur Locronan :

 

Les chapelles :

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Voir  les œuvres en tuffeau de ce blog :

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PRÉSENTATION.

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Au cinquième pilier sud de l'église de Locronan se cache dans la pénombre relative une statue remarquable, celles de Notre-Dame de la Délivrance. Cette dénomination était réservée aux Vierges invoquées pour l'élargissement des captifs, mais surtout pour l'aboutissement d'une grossesse.

Henri Waquet écrivait en 1919 « Le mobilier de l'église principale ne comporte aucune œuvre d'art d'une valeur exceptionnelle. » C'était mettre la barre à une hauteur peu accessible. Les chanoines Abgrall et Pérennès, à l'œil pourtant très averti, ne la mentionnent pas en 1925.

Il est rare qu'un touriste franchisse les obstacles visant à le décourager de se détourner ainsi de la pratique du culte, tels que les rangs de chaise, l'absence d'éclairage dédiée ou d' une signalétique appropriée voire, ne rêvons pas, d'un cartel didactique. Et en 1997, l'abbé Castel, qui le premier se préoccupa de l'étudier, remarqua vite que les visiteurs de l'été ne s'approchait qu'intrigués par le spectacle d'un prêtre jugé sur une échelle.

Car il faudrait bien un escabeau pour déchiffrer le très riche matériel épigraphique et héraldique qu'offre cette statue.

Que fait ici cette statue ? Comment se fait-il que son blason épiscopal soit resté inattribué (alors que les armoiries des évêques de Cornouailles ou des abbés du diocèse sont bien connus) ? Comment ne pas errer en des recherches inutiles. Donnons ici une information capitale.

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Un don et une installation datant de 1909.

 

Ce serait (Debidour in Dilasser p. 577) un don de madame Lemonnier vers 1909.

 

Madame Marie-Louise Lemonnier, (Rennes, 1840-Nantes 1924) fille de l'avoué et sculpteur  rennais René Toulmouche, avait  épousé en 1885  Mr Paul-Hippolyte  Lemonnier (1836-1894), ingénieur des mines :

Puis, au décès de son mari, elle se rendit "par hasard" de Nantes où elle demeurait à Guengat puis à  Locronan, où, sous l'influence d'une injonction soudaine, elle fit en 1903 un don de 10000 F pour la restauration de l'église (le conseil municipal versant 1000 frs, la fabrique 1000 frs et le recteur 1000frs), créa coup sur coup l'école des filles "Sainte-Anne" (1912), l'école des garçons, une maison pour les maîtres, un théâtre à la demande de Guillaume Hémon, puis, ayant peut-être épuisé les possibilités locales,  fit construire une station de sauvetage en mer à Primelin (d'où son Canot "Paul Lemonnier"), une digue à Loctudy, une école de pêche et de navigation à Groix, un orphelinat de la marine à Pornic, un laboratoire de chimie à l'école de médecine de Nantes avant de léguer des œuvres d'art aux musées de Quimper et de Rennes. 

   *René Toulmouche, avoué près la Cour Royale de Rennes, sculpteur, membre de la Société d'Archéologie, ami de Souvestre. 

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DESCRIPTION.

Cette statue en petite nature en calcaire monolithique polychrome mesure 98 cm de haut, 34 cm de large et 18 cm de profondeur. Elle été restaurée et repeinte par les Monuments historiques au XXe siècle mais n'est pas classée. Elle daterait du quatrième quart du XVe siècle et proviendrait du Maine-et-Loire.

La Vierge est couronnée (bandeau réticulé, fleurons brisés); ses cheveux bruns tombent librement derrière ses épaules. on retient de son visage un peu épais ou carré le regard pensif qui ne fixe pas l'enfant, le nez droit et long, la bouche très fine et petite et le menton pointu ; le front et les sourcils sont épilés.

Elle est vêtue d'un lourd manteau bleu proche de la chape, fermé par un mors à deux agrafes. Sous ce manteau, la robe verte est tenue par deux larges bretelles dessinant un décolleté carré. Les manches blanches, visibles aux poignets, ne sont pas très larges. Sous la taille, la robe est blanc écru, et ses plis cassés recouvrent partiellement le sol. Des fleurs de lys ont été peintes (postérieurement ?), en or sur la robe et en noir sur le manteau.

Les chaussures noires sont à bouts ronds.

L'Enfant est nu, recouvert partiellement par le manteau maternel, son visage rappelle celui de sa mère. Il tend une banderole. Un soleil noir radiant est peint sur sa poitrine.

 

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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LE CORPUS DES SEPT INSCRIPTIONS.

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La statue offre à l'amateur non seulement l'inscription de son socle, la désignant, mais aussi sur les galons, l'étole de l'Enfant et autres supports six inscriptions religieuses.

Elles sont toutes gravées en relief et emploient des lettres perlées. Y.-P. Castel parle de « lettres fleuronnées » et «  qui, sans éliminer le gothique, a été introduit dès le début du XVIe siècle » et il renvoie à l'inscription de 1536 de l'église de Rumengol au Faou ; mais nous pourrions citer celle de la sacristie de 1544 de l'église du Faou, celle de Saint-Nic en 1561.

 

L'inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien de Landerneau (1521).

L'inscription de fondation du pont de Landerneau  en 1510 :

On les placera aussi en parallèle avec d'autres exemples épigraphiques de Basse-Bretagne, souvent lors de fondation d' édifices religieux :

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L'inscription du socle.

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NTE NOSTRE DAME DE LA DELIVR[ANCE].

Les trois lettres NTE ne reçoivent pas d'explication. Il ne semble pas qu'elles soient la fin d'un mot (entente, etc).

Le socle est manifestement brisé sur son coté droit, amputant la finale de DELIVRANCE, mais la tranche a été repeinte à l'or.

Les lettres sont perlées sur ls fûts droits (N ; T ; M ; R ), elles sont dotées de larges empattements (T, S, A ;E) lorsque les fûts ne sont pas empattés et bifides. Le A est doté d'une traverse supérieure. Le D est une onciale. La diagonale du N est courbe. Il n'y a ni signe de ponctuation, ni élision, ni signe abréviatif.

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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L' inscription de la banderole.

L'Enfant-Jésus tient une banderole portant l'inscription EGO SVM ALPHA ET O[MEGA], « Je suis l'Alpha et l'Oméga. Cette citation de l'Apocalypse désigne le Christ comme début et fin de toute chose.

Le H de ALPHA est incomplet, lié vers le A.

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du mors de chape.

Elle est également facile à lire : MATER DEI. Elle se poursuit sur la bordure repliée à droite du manteau MEMENTO MEI , « Mère de Dieu, souviens-toi de moi ».

Je l'ai étudié ici :

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du galon du manteau.

Elle commence à l'arrière de l'Enfant sur l'ourlet du manteau de la Vierge MARIA, se continue sur la bordure de la chape retenue par la main de Marie : DEI ORA PRO NOIS. Soit MARIA [MATER] DEI  ORA PRO NOBIS, « Marie mère de Dieu priez pour nous »

L'inscription des replis du liseré inférieur gauche du manteau se perd dans un feston : AVE [A]NCILLA TRINI[TATIS], « Salut, servante de la Trinité ». Deux lettres, peintes et non sculptées en partie cachées sous le blason, ne sont pas compréhensibles.

Inscription du galon de droite.

MA[TER] DEI « Mère de Dieu » et CELI REG[INA], « Reine des cieux ».

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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Le blason.

Son titulaire n'a pas été identifié. Il n'est pas à rechercher dans les armoriaux bretons si la provenance est exogène.

La crosse en pal indique un évêque, un abbé ou une abbesse. L'écartelé en 1 et 4 de sinople plein et en 2 et 3 fascé d'or et d'azur de six pièces est traversé par une bande de gueules à trois merlettes d'or brochant sur le tout. Si la statue a été repeinte après effacement des couleurs, les émaux du blasonnement sont peut-être une source d'égarement.

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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La broche de l'épaule gauche de la Vierge sous l'agrafe du fermail.

Elle forme un monogramme à deux lettres superposées C (ou G ) et I  (ou L, T) qui pourraient renvoyer aux initiales du donateur.

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Locronan, statue de Notre Dame de la Délivrance, article pour le Progrès ou Courrier du Léon du 11 octobre 1997.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bd11cf3b114f13d9b7e05c3f7fe3118.jpg

— BOCCARD (Michèle), 2009, "Locronan, église Saint-Ronan", Congrès Archéologique de France, 165ème session (Finistère, 2007), Paris, Société Française d'archéologie pages 185-189.

https://www.academia.edu/26540787/_Locronan_%C3%A9glise_Saint-Ronan_Congr%C3%A8s_Arch%C3%A9ologique_de_France_165%C3%A8me_session_Finist%C3%A8re_2007_Paris_SFA_2009_p._185-189

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

DEBIDOUR (V.H), 1953, La sculpture bretonne, Plihon, Rennes.

—  DILASSER (Maurice), 1979, M. Dilasser : Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ;

—  DILASSER (Maurice), 1981,Locronan (Rennes, 1981)

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.

— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f675.image

— WAQUET (Henri), Locronan ; Images de Bretagne, ed. Jos le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_148/Locronan__.pdf

 

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29001260

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Published by jean-yves cordier - dans sculptures Chapelles bretonnes.

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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