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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 18:07

L'église Saint-Laurent de Kairon (Saint-Pair-sur-Mer) : le vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967) et les deux statues en tuffeau (fin XV ou début XVIe), le Trône de grâce et la Vierge de Pitié.

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Voir aussi :

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PRÉSENTATION.

Le toponyme Kairon (noté Quéron au XVIIIe) dériverait de ker- "habitation, village", (E. Le Hérichier, 1881) et signifierait "le petit monastère". Nous retrouvons ce ker- à Carolles, ker-hoel. Pour certains, ce nom de Kairon semble indiquer que c’était là un des asiles des ermites de Scissy et que dès cette époque très reculée un oratoire a du s’élever sur ce lieu consacré. Ces ermites du V et VIe siècle ont leur tombeau dans l'église de Saint-Pair : les saints Pair,  Gaud, Aroaste, Scubilion et Senier.

Avant la Révolution, l'abbaye du Mont-Saint-Michel dispose à Kairon d'une maison de convalescence pour les religieux infirmes ou âgés. La chapelle de cette maison s'appelle alors « Notre Dame du Petit Monastère » (Ecclesia N.D. de Parvo Monasterio de Quéron, mss du Mont-Saint-Michel n°14) et sert d'église paroissiale aux populations avoisinantes. En 1802, à la restauration du culte, la chapelle est conservée comme chapelle vicariale de Saint-Pair.

Cet édifice fut déplacé et reconstruit au XIIIème siècle et bientôt un curé fut nommé. C’est en 1662 que le curé de Kairon [la cure ? fut supprimé. Le culte ne sera restauré qu’en 1802 et la paroisse rétablie en 1828.

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La carte de Cassini montre la situation de "Queron" sur les hauteurs nord de la vallée du Thar et de la Mare de Bouillon, et sa proximité du littoral. On y lit  au dessus du symbole de l'église la mention Saint-Pair Succursale.

 

 

Carte générale de la France. 127, [Saint-Malo - Grandville]. N°127. établie sous la direction de César-François Cassini de Thury ; 1758-1759

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Le patrimoine mobilier de l'église de Kairon ne semblait d'abord pas avoir fait l'objet d'un recensement ou d'une description disponible en ligne ; l'interrogation des bases Palissy et Pop-culture.gouv, ou de la Liste des Monuments Historiques de la Manche est restée d'abord vaine. La recherche d'une documentation iconographique est peu fructueuse. Le site Wikimanche signale le cadran solaire de 2013, la restauration du coq-girouette, celle d'un Christ en croix du XVIIe, et un vitrail patriotique 1914-1918.

Pourtant, on peut souligner l'intérêt des vitraux du XXe siècle (par Charles Champigneulle entre 1922 (?), 1926 et 1927), mais aussi celui du vitrail de 1967 exécuté en dalle de verre (technique innovante) par Gabriel Loire, et surtout surtout, les très remarquables, très anciennes et très belles statues ( ou groupes sculptés) en pierre calcaire polychrome : ce sont à mes yeux des œuvres majeures.

Avec plus de temps, on noterait la présence d'une bannière (fin XIXe ou XXe siècle) dédiée au patron [depuis quand ?]  de l'église, saint Laurent et une statue du saint avec la grille de son supplice. La bannière de l'autre coté montre une Assomption. Les figures peintes sur toile sont cousues sur un velours rouge et entourées de rinceaux brodés au fil d'or, tandis que les lambrequins et la bordure sont enrichies de cannetilles dorées. Inscrite MH 06/08/199

 
 

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Finalement, la liste des œuvres classées a été fournie par Ludivine Leteurtois, de l'Office Culturel de Saint-Pair-sur-Mer. Je la remercie. Voici la liste classée en fonction de la date d'inscription :

  • Statue Christ en croix XVIIIe siècle Œuvre restaurée Inscrite MH le 04/02/1974
  • Groupe sculpté – « La Pieta » (vierge de pitié) Limite XVe siècle-XVIe siècle ; Bon état ; Inscrite MH le 09/12/1975
  • Retable XVIIe siècle Œuvre restaurée Inscrite MH le 09/04/1975
  • Groupe sculpté – « La Trinité » XVIe siècle Etat moyen Inscrit MH le 06/06/1977

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  • Autel XVIIIe siècle État moyen Répertorié MH le 06/08/1998
  • Bannière Limite XIXe siècle – XXe siècle Bon état Répertoriée MH le 06/08/1998
  • Verrière Premier quart du XXe siècle Bon état Répertoriée MH le 08/08/2011 [Crucifixion]
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  • Verrière Quatrième quart du XXe siècle Bon état Répertoriée MH le 08/08/2011 [Assomption]
  • Verrière Premier quart du XXe siècle Bon état Répertoriée MH le 08/08/2011 [Décor géométrique à rosaces]
  • Verrière Troisième quart du XXe siècle Bon état Répertoriée MH le 08/08/2011 [Baie de Gabriel Loire]

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Enfin, j'aurai eu l'ensemble des informations souhaitées si j'avais su consulter le site Conservation des Antiquités et Objets d'Art de la Manche ou CAOA.

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Église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

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I. LE VITRAIL DE GABRIEL LOIRE (dalle de verre, 1967, 2m²).

 

 

Cette baie placée au coté nord du chœur montre un moine (tonsure en couronne) remettant un drap (suaire?) à une femme voilée (peut-être une moniale) agenouillée devant lui et levant les mains pour recevoir ce drap. Il faut aussi remarquer ce qui ressemble, dans le coin inférieur droit, à un panier d'osier.

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Le sujet.

Le sujet de ce vitrail reste à déterminer. Ce moine est nimbé, c'est donc un saint, et il est vêtu d'un manteau rouge  comme un prêtre célébrant la messe ; il porte une étole. On ne voit ni crosse ni mitre permettant d'évoquer un évêque ou un abbé.

La forme du drap blanc n'est guère compatible avec l'idée que le saint porte un défunt. Il pourrait s'agir de la remise de l'habit monastique. Une hypothèse séduisante, proposée par Christiane Paurd, propose de voir ici saint Vital remettant l'habit à sa sœur Adeline. Saint Vital (1050-1122) fut ermite au Neufbourg avant de fonder en 1105 le monastère de la Sainte Trinité au Neufbourg avec sa parente Adeline. Vers 1110, il fonde le monastère de Savigny selon la règle de Saint Benoit et à proximité, au lieu de "La Prise aux Nonnes", il pose les bases d'une communauté de femmes, à l'image des abbayes doubles fondées par Robert d'Arbrissel.

Source : http://shapfougeres.blogspot.com/2012/02/abbaye-de-savigny-ii-saint-vital_28.html

Par ailleurs, la couleur blanche de l'habit est cohérente avec cette notice Nominis sur sainte Adeline (ou Aline):

"Adeline (ou Aline) fut la première abbesse de l'abbaye des "Dames Blanches" à Mortain dans le département de la Manche en Normandie, au diocèse de Coutances.
"Sœur de saint Vital, abbé de Savigny, elle était comme lui attirée par la vie monastique et fonda un groupe de moniales au Neufbourg près de Mortain. Lorsque Vital fit bâtir un couvent à Mortain, la communauté s'y installa en adoptant la règle et l'habit de Cîteaux. On l'appela " abbaye des Dames Blanches " et plus tard " Abbaye Blanche ". Avec Adeline on fête ce jour les autres saints de Savigny, saint Geoffroy, abbé, et saint Guillaume Niobé, religieux." (diocèse de Coutances et Avranches - calendrier diocésain)
À Savigny en Normandie, vers 1125, sainte Adeline, première abbesse du monastère de Mortain, qu'elle avait construit avec l'aide de son frère saint Vital.
"

Le fait que saint Vital et sainte Adeline appartiennent au calendrier diocésain du diocèse de Coutances et d'Avranches est évidemment un argument important.

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L'inscription :

DON DES PAROISSIENS ET ESTIVANTS. 1967 . A. DOUCET CURÉ

L'abbé Doucet fut curé de Kairon et était le fils d'un Inspecteur de l'Enregistrement.

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La petite inscription

GABRIEL LOIRE CHARTRES FRANCE 1967.

Gabriel Loire fut élève puis associé (1929) du maître-verrier de Chartres Charles Lorin avant de créer son propre atelier à Chartres en 1946 et de participer à la restauration et la réparation par des créations originales de très nombreux sanctuaires de France (on en dénombre 450) dont les baies avaient été victimes de destructions pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Il utilise la peinture sur verre avec sertissage au plomb, mais il excelle dans la technique dite de la dalle de verre.

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La technique : la dalle de verre sur béton:

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La dalle de verre sur béton est une spécialité des ateliers Loire depuis leur fondation : ces vitraux sont réalisés à partir de dalles de verre de 22 mm d'épaisseur (et jusqu'à 30 ou 40 mm), colorées dans la masse.

Le Maître verrier taille la dalle de verre à la marteline et en éclate la surface pour que la lumière soit diffractée. Après avoir disposé les verres sur la table de coulage et réalisé un coffrage aux dimensions du panneau, il "coule" un mortier de ciment avec armature métallique (ou ensuite de résine époxy) pour les sertir. https://www.ateliers-loire.fr/fr/dalle-de-verre.php

https://www.journeesdesmetiersdart.fr/sites/default/files/plaquettes/plaquette_st_leu_v_01_05.pdf

"Mise au point au début des années 30 (Jean Godin, Jules Albertini), les réalisations en Dalles de Verre sont un élément architectural du patrimoine national (religieux et civil) et, néanmoins, un univers peu connu du grand public. Le Métier d’Art associé est une « niche » dans les Métiers d’Art du vitrail. Contemporaine, la Dalle de Verre offre un éventail élargi de visions et de formes où les signatures de peintres, de maîtres verriers et de mosaïstes se sont exercées, dont certaines reconnues sur la scène internationale : Jean Godin [en 1929 dans la verrerie Albertini], Gabriel Loire, Fernand Léger, Henri Guérin, Max Ingrand, Louis Barillet, Jacques Le Chevallier, Joseph Guevel, Jean Lesquibe, Henri Martin Granel, Claude Idoux, Tristan Ruhlmann, Pierre Soulage, Frédérique Duran, et d’autres. Depuis la fin du XXème siècle, une nouvelle dimension artistique contemporaine est en voie de développement grâce à des créateurs de talent dont l’ambition est de redonner ses lettres de noblesse à cette matière et à son Métier d’Art oublié. "

Parmi ces noms, il ne faut pas oublier celui d'Auguste Labouret, qui avait déposé un brevet dès 1933 

Cette technique a été reprise par l'atelier monastique d'En-Calcat et de Saint-Benoit-sur-Loire et se retrouve en Bretagne pour les vitraux de l'Île d'Hoedic, ou en Normandie pour ceux de l'Île de Chausey.

 

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Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vitrail de Gabriel Loire (dalle de verre, 1967), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

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II. LE TRÔNE DE GRÂCE, pierre blanche calcaire (tuffeau ?), larges traces de polychromie, XVIe siècle. Inscrit MH le 06/06/1977

Au fond de la nef coté nord. Hauteur 102 cm, largeur 50 cm. Il manque une aile à la colombe.

 

(On trouve encore l'appellation de "Trinité"). Comme l'explique correctement l'article Wikipédia, le Trône de grâce est une représentation verticale de la Trinité où Dieu le Père vêtu assis sur une cathèdre tient entre ses bras écartés la croix où son Fils est crucifié, tandis que la colombe de l'Esprit-Saint, issu des lèvres du Père comme son Verbe, pose le bec sur la tête du Fils. En peinture, l'exemple-type en est la fresque (1426-1428) de Masaccio pour Santa Novella de Florence. 

J'ai étudié ce motif iconographique ici:

 

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Voir aussi :

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Dieu le Père est tête nue (et non coiffée de la tiare), il est vêtu d'un manteau blanc aux pans croisés et d'une robe rouge aux plis resserrés par une fine ceinture. Son visage assez jeune et  à la barbe taillée le rapproche de son Fils. Celui-ci, vêtu d'un pagne,   a la tête légèrement inclinée ; tous les deux regardent devant eux.

Les couleurs sont le noir, le rouge et le jaune d'or, qui se retrouve aussi en sous-couche.

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Trône de grâce, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Trône de grâce, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Trône de grâce, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Trône de grâce, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Trône de grâce, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Trône de grâce, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

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III. LA VIERGE DE PITIÉ, pierre blanche calcaire (tuffeau ?), traces de polychromie, Fin XVe siècle-début XVIe . Inscrit MH 09/12/1975.

 

Au fond de la nef coté sud. Hauteur 60 cm, largeur 40 cm. 

(On trouve encore l'appellation, italienne, de "pietà").

La Vierge est assise et tient son Fils sur ses deux genoux ; la main droite soutient la tête, la main gauche le bassin. Elle regarde devant elle, c'est à dire qu'elle fixe du regard le spectateur ou fidèle. Elle est coiffée d'un voile formant un large auvent carré, mais sa gorge n'est pas couverte par la guimpe traditionnelle. Le nez est fin, la bouche est petite et triste.

Bien que les données de l'Inventaire donnent à cette Vierge de Pitié une date à cheval entre XVe et XVIe siècle, tandis que le Trône de grâce est daté du XVIe siècle, ces deux œuvres forment une unité tant par leur matériau que par le thème représenté, celui du Père tenant son Fils et celui de la Mère tenant son Fils. Néanmoins, nous n'avons pas ici une Trinité souffrante (où le Père porte le corps de son Fils d'une façon très analogue à celle de la Vierge), mais, avec ce trône de grâce, une affirmation plus théologique, et moins centrée sur le chagrin, du Plan du Salut.

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Vierge de pitié, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vierge de pitié, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vierge de pitié, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vierge de pitié, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vierge de pitié, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Vierge de pitié, calcaire et polychromie, fin XVe, église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

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IV. FRAGMENTS D'UN RETABLE EN BOIS POLYCHROME ET CRUCIFIX DU XVIIe.

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La prédelle de l'ancien tabernacle en bois polychrome et doré (Dimension 106 cm x 64 cm) montre deux saints apôtres (dont celui de gauche dérobé (*)) autour du  Christ Sauveur du Monde. Il s'agirait de saint Pierre et de saint Paul. Les personnages sont séparés par des colonnes torves et enserrés chacun dans une niche et entouré d'un décor végétal.

(*)Vers le 15 août 2019, un voleur dérobe une statue en bois datant du 17e siècle incrustée dans le retable restauré quelques année plus tôt.

Le Christ en croix du 17e siècle de 128 cm de haut a été restauré par l'atelier Frédéric Rouchet de Granville. Il provient de la poutre de gloire (ou perque, ou tref en Bretagne). Les deux pieds ensanglantés reposent sur deux têtes d'anges. La main gauche est mutilée.

 

https://www.wikimanche.fr/Fichier:Kairon-Christ-en-Croix.jpg

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Fragment de retable (bois polychrome, XVIIe)  église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Fragment de retable (bois polychrome, XVIIe) église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Christ en croix (bois polychrome, XVIIe, restauré), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

Christ en croix (bois polychrome, XVIIe, restauré), église Saint-Laurent de Kairon. Photographie lavieb-aile 15 mai 2021.

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SOURCES ET LIENS.

— DUJARDIN (Marius), "Autour de Carolles et Jullouville, extrait de la Revue de l'Avranchin

http://www.portedelabaie.com/index.php?id=152

 

 

 

— HULMEL (L.). 1942-1943 Notes d’histoire sur Saint-Pair-sur-Mer et Kairon, in: Revue de l’Avranchin, tome XXXII, 1942-1943, p. 583-588.

— LECANU (Auguste) 1878 Histoire du diocèse de Coutances - Volume 2 - Page 276

— LE HÉRICHER (Édouard), 1845 « Commune de Saint-Pair », Avranchin monumental et historique, vol.1, imprim. Tostain, 1845, p.567-628

https://books.google.fr/books?id=UWYPAAAAQAAJ&pg=PA567#v=onepage&q&f=false

"Sur une colline , entre la Mare de Bouillon et l'embouchure du Thar, où se trouve le Caillou-du-Thar, rocher d'où saint Pair fit jaillir une eau vive , s'élève l'église de Quéron. C'est une grande chapelle, dont on vient d'allonger la nef, sans : tour ni transept , couronnée seulement d'un campanier. Pla- . cée au milieu d'une bourgade de pêcheurs , elle est sous l'invocation de Notre-Dame, et n'offre que peu d'intérêt pour l'art et l'archéologie. Quéron , jeté entre la mer et le lac de Bouillon , entre de riantes campagnes et les montagnes sévères du Pignon-Butor, est dans un site admirable de grandeur et de variété. L'église est une annexe de celle de Saint-Pair ; mais Quéron forme une commune. Son nom d'Église du-Petit-Monastère semble indiquer que c'était un des asiles des ermites de Sciscy, et dès une époque très - reculée, un oratoire a dû s'élever sur ce lieu consacré. On a vu par les citations précédentes qu'il y avait une église au moins au XIII siècle, puisqu'un manuscrit de ce temps mentionne : « Ecclesia N. D. de Parvo monasterio de Queron . » Nous trouvons une plus ancienne mention de Quéron dans le Cartulaire de la Luzerne : « Unum pratum juxta pratum Geroldi de Cuiron , 11623. » Ce nom de Quéron semble être un nom propre normand, assez commun, Caron, ainsi prononcé à la manière saxonne. Il y avait dans la vicomté de Caen une paroisse de Caron aujourd'hui Cairon ."

— LE HÉRICHER (Édouard), 1881, Etymologie familiales de la topographie de la France... Manche.

https://www.google.fr/books/edition/Etymologies_familiales_de_la_topographie/3DMGAAAAQAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=kairon+ker+%22monast%C3%A8re%22&pg=PA34&printsec=frontcover

 

— NORMAND (Michel), 2012, La longue et riche histoire du patrimoine immobilier et mobilier à Saint-Pair-sur-Mer, Le Saint-Pairais , Bulletin municipal n°51, mai 2012

https://saintpairsurmer.fr/wp-content/uploads/2019/03/saint_pairais_mag_num_51.pdf

— WIKIMANCHE

https://www.wikimanche.fr/%C3%89glise_Saint-Laurent_de_Kairon_(Saint-Pair-sur-Mer)

https://www.wikimanche.fr/Gabriel_Loire

 

— LES VITRAUX

 

Baie n°0 à double lancettes  La Crucifixion, 1897, inscrite 08/08/2011. La fiche CACOA indique une date par inscription de 1897 sur cette verrière n°0 à double lancettes, la signature A. VERMONET, Reims, 1897 et la mention ROBERT DE LA VARDE 1897. Cet officier, saint-cyrien, (Cherbourg 4/03/1878, Saint-Pair 19/03/1961) fut conseiller municipal de Saint-Pair et surtout l'un des plus éminents bryologues — spécialistes des Mousses — européens. Il publia en 1925 une Contribution à la flore du département de la Manche . Il était membre de la Société linnéenne de Normandie depuis 1919. Le maître-verrier est André Vermonet-Pommery.

Baie n° 1 : La Vierge du Rosaire [1922] attribuée à Ch. Champigneulle, Paris. inscrite 08/08/2011.

Baie n°2 Vitrail patriotique 1914-1918 "Ils ont combattu le bon combat" attribuée à Ch. Champigneulle, Paris, inscrite 08/08/2011.

Baie n°4 : Jésus calme les flots 1926, attribuée à Ch. Champigneulle, Paris, inscrite 08/08/2011.

Baie n°5 : L'Assomption. 1927, attribuée à Ch. Champigneulle, Paris, inscrite 08/08/2011.

Baie n°6 : La Sainte Famille de Nazareth 1926. Signée Ch. Champigneulle, Paris, inscrite 08/08/2011.

Baie n° 7 L'Annonciation 1927, attribuée à Ch. Champigneulle, Paris, inscrite 08/08/2011.

Baie n°8 : Mort de saint Joseph 1926, , attribuée à Ch. Champigneulle, Paris, inscrite 08/08/2011.

Baies 9 à 12 : verrières décoratives dont une est datée de 1903, à médaillons et rinceaux, bordure de rinceaux de vigne eucharistique. La verrière portant la date de 1903 indique don de Mr le Commandant DETIEUX et Mme DETIEUX 1903]

 

http://objet.art.manche.fr/

http://vitrail.ndoduc.com/vitraux/htm6601/eg_StLaurent@Kairon_2.php

http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm13001/Saint-Laurent@Kairon.php

http://vitrail.ndoduc.com/vitraux/htm6601/eg_StLaurent@Kairon_all.php

https://www.wikimanche.fr/%C3%89glise_Saint-Laurent_de_Kairon_(Saint-Pair-sur-Mer)

 

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1°) Sur le vitrail :

— ATELIER GABRIEL LOIRE

https://ateliers-loire.fr/fr/gabriel-loire-kairon-saint-pair-sur-mer-eglise-saint-laurent.php

— Reconstruction patrimoine de la Manche (vitrail Gabriel Loire)

http://objet.art.manche.fr/xml/images/inventaire_patrimoine_reconstruction_2011.pdf

2°) Sur le Trône de grâce :

BOESPFLUG (François), 2009, , « La Trinité dans l’art breton (xve-xviiie siècle) », Revue des sciences religieuses [En ligne], 83/4 | 2009, mis en ligne le 15 novembre 2013, consulté le 04 octobre 2018. URL : http://journals.openedition.org/rsr/441 ; DOI : 10.4000/rsr.441

BOESPFLUG (François), La Trinité dans l’art d’Occident (1400-1460). Sept chefs d’oeuvre de la peinture, préface de Roland Recht, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 2000, 22006.

BOESPFLUG (François), « La Trinité dans l’art alsacien (XIIe-XVe siècle). À propos de quelques oeuvres, du Hortus Deliciarum à la tapisserie de Saint-Jean-Saverne », Cahiers alsaciens d’archéologie, d’art et d’histoire, XL, 1997, p. 99-123.

BOESPFLUG (François), ZALUSKA ( Yolanta) , Le dogme trinitaire et l'essor de son iconographie en Occident de l'époque carolingienne au IVe Concile du Latran (1215)  Cahiers de Civilisation Médiévale  Année 1994  37-147  pp. 181-240.

3°) Sur la Vierge de Pitié :

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Vitraux
10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 19:12

Les statues (kersanton, vers 1620-1660) sculptées par Roland Doré au cimetière de La Forest-Landerneau : un saint évêque et Catherine d'Alexandrie.

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1. Voir à La Forest-Landerneau :

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2. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

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PRÉSENTATION.

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Au sommet des rampes de l'escalier qui relie le cimetière bas et le cimetière haut de l'église de La Forest-Landerneau ont été placées deux statues en kersantite dans lesquelles se reconnaît au premier coup d'œil l'art et la manière de Roland Doré, dont l'atelier de Landerneau fut actif à Landerneau entre 1608 et 1663. Elles en ont le visage rond, et le fin sourire qualifié de "doréen" pour ce je ne sais quoi de serein et d'ironique qu'on n'oublie pas.

Occupent-t-elles leur emplacement d'origine, ou bien ont-elles été placées ici en ré-emploi, dans un site riche en calvaires fragmentaires ou remaniés ? En tout cas, elles ne sont pas géminées, et ne proviennent donc pas (a priori) des croisillons d'un calvaire.

Elles ne portent aucune inscription, et aucune archive ne permet d'en préciser la datation. Viennent-elles du même site ? Le faciès du kersanton, gris fin dans les deux cas, ne m'a pas semblé identique (plus jaune pour la Catherine), mais je ne suis pas docteur es géologie. Mes photos rapprochées ne témoignent plus de cette différence qui était convaincante à mon regard in situ.

Ce sont les statues d'un saint évêque, à gauche et de sainte Catherine à droite.

Les pupilles de l'évêque sont creusées, selon un trait caractéristique du sculpteur ayant atteint la maturité de son art. Celles de Catherine ne le sont pas. Est-ce un indice fiable ?

Elles ne sont pas inconnues, et E. Le Seac'h qui les signale en donne un cliché page 209 de son ouvrage ; par contre, elles n'ont jamais été décrites spécifiquement.

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Quoiqu'il en soit, ce sont des œuvres magnifiques, qui confirment une fois de plus du talent du grand Roland. Surtout, ne les loupez pas !

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Statues des piles de l'escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Statues des piles de l'escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le saint évêque.

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Il porte les attributs épiscopaux, que sont la mitre, la crosse tenue à gauche, et le geste de bénédiction. Aucun attribut ne permet de l'identifier parmi les nombreux saints évêques bretons.

Ses cheveux sont longs et tombent sur les épaules. Son visage est d'un ovale très allongé. Les yeux sont comme deux olives dénoyautées entre les paupières saillantes. Le nez, d'abord fin comme une lame, s'évase en narines presque épatées. Le philtrum est visible.  Le sourire doréen, en zig-zag, se reconnaît aux deux fossettes qui creusent les commissures.

La chape, ou manteau, tombe jusqu'au sol, et ses pans sont réunis par un fermail comparable à une sangle, dont le mors est un cabochon prismatique. Il recouvre le surplis au plis fins s'évasant sous le cou comme une petite fraise , et une cotte talaire aux plis plus larges. Le saint, en avançant la jambe droite, fait apparaître en museau de souris la courbe arrondie d'une solide chaussure.

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On peut le comparer aux saints évêques des statues géminées du Passage à Plougastel, de Locmélar d'Irvillac, de Saint-Vendal à Pouldavid-Douarnenez (où un poisson permet d'identifie saint Corentin),  de Saint-Nicodème de Ploéven et de la chapelle Seznec de Plogonnec (voir liens supra).

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Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sainte Catherine d'Alexandrie.

Roland Doré a représenté cette sainte ici, ainsi que sur le calvaire de Pen ar Feunteun de Guiclan, et sur celui de la chapelle de Sainte-Anne-du Portzic à Plonévez-Porzay.

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Elle porte une couronne à larges fleurons, des cheveux bouclés, et tient ses attributs, l'épée de sa décollation dans la main droite, pointe en haut vers la poitrine, et la roue équipée de lames, mais brisée, dans la main gauche. Elle est vêtue d'un manteau, qui s'entrouvre sur une robe serrée très haut sous la  poitrine par une ceinture. Elle est cambrée et projette le ventre vers l'avant, selon la mode dont témoignent les Vierges gothiques.

Son visage est vraiment rond (et non ovale comme celui de l'évêque), mais le sourire caractéristique est bien là, animant une bouche petite entre les parenthèses des sillons naso-géniens.

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Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1910, "Notice sur La Forest-Landerneau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Quimper, Kerangal. 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/60798cc0c60ed80e4fbabd1443d17155.pdf

— CASTEL ( Yves-Pascal) 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux, exposition au Musée des Jacobins de Morlaix, conservatrice Françoise Daniel.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_233/roland__dore__et__les_enclos__paroissiaux.pdf

 

— CASTEL ( Yves-Pascal), 1985, « Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du xviie siècle) », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome 94, pages 97-116.

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LA FOREST-LANDERNEAU, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7fe6b104461be9db56d8ced2650d285a.pdf

"Près de l'église, calvaire : base rectangulaire à pinacles gothiques, croix des larrons sur le croisillon"

—— COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton" Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc t. LXXXIX, 1961 p. 1-45. 

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Roland Doré
8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 11:31

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SAINTE MARGUERITE ISSANT DU DRAGON. BÉNITIER. BLASON DES LE BORGNE DE KERUZORET.

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La statue en kersanton se trouvait, selon la description de J.M. Abgrall en 1897 puis en 1904, en haut du trumeau des portes du porche nord.

La sainte sort (on dit qu'elle "isse") du dos du dragon qui a commis l'erreur d'avaler toute entière cette vierge (et future martyre) sans prendre garde qu'elle était armée de sa foi dans le Christ et d'un petit crucifix dont elle se serait servie, dit-on, pour se tailler une sortie. 

Ces statues de Marguerite d'Antioche étaient très fréquentes dans les églises et chapelles, en raison de sa vénération dans la protection des femmes enceintes.

Selon une tradition iconographique bien établie, la traîne de la robe de la sainte dépasse de la gueule du monstre, qui n'a pas encore eu le temps de l'avaler que déjà Marguerite effectue sa sortie miraculeuse. C'est mieux visible sur les statues peintes, où la robe rouge tranche avec la gueule noirâtre (voir par exemple sur le jubé de La Roche-Maurice), mais c'est néanmoins observable ici.

Comparer aussi (car cet atelier fut  actif à Lambader) avec la statue réalisée par Henri Prigent à Dinéault entre 1527 et 1577.

https://www.lavieb-aile.com/2017/02/l-eglise-sainte-marie-madeleine-de-dineault-iv.la-statue-de-sainte-marguerite.html

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Les cheveux de la sainte sont retenues par le bandeau occipital qui recouvre l'arrière de la tête avant de passer entre la nuque et les cheveux : on sait que je m'attache à recenser les occurrences de ce "chouchou" pour évaluer sa valeur de marqueur iconographique spatial et temporel ( a priori XVIe et début XVIIe et Basse-Bretagne) qu'on retrouve, parmi tant d'exemples, sur la Vierge de la Nativité et sur la Vierge à l'Enfant du fond de la chapelle de Lambader, ou sur la Marie-Madeleine du calvaire de Croas-Lambader.

 

 

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Le bénitier en kersanton  a été offert en 1876 (Bull. arch. assoc. bret. 1889) par la famille Audren de Kerdrel (qui possédait alors le château de Keruzoret). Amaury de Kerdrel, qui était alors maire de Plouvorn (entre 1880 et 1921) et conseiller général du Finistère, fut, avec M. de Réals, très influent dans la restauration de la chapelle.

Il porte les armes aux trois huchets liés en sautoir de la famille Le Borgne de Keruzoret.

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Blason aux armes des Le Borgne de Keruzoret.

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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SAINT PATERN EN ÉVÊQUE (kersanton, XVIe siècle).

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Inscription S.PATERNE. Tête brisée rescellée.

Saint Patern ou Paterne est le premier évêque de Vannes au Ve siècle. Il est assimilé au gallois saint Padarn, l'un des sept saints fondateurs de la Bretagne. On estime que le toponyme Lambader (anciennement Lanbader) pourrait signifier "le monastère de saint Patern".

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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SAINT GOUESNOU (kersanton, XVIe siècle).

 

Inscription gothique :  S.GOUESNOU

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Il s'agit d'un des premiers évêques du Léon (le 8ème selon la tradition), et l'un des premiers compagnons de saint Pol Aurélien, premier évêque.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Goueznou#:~:text=Ses%20vertus%20le%20firent%20choisir,sur%20le%20cr%C3%A2ne%20du%20saint).

La majorité  des saints évêques bretons n'ont pas d'attributs spécifiques, ce qui donne toute sa valeur à l'inscription nominative.  Comparer à la statue du saint à la fontaine Saint-Gouesnou de Gouesnou.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Goueznou#/media/Fichier:Gouesnou_08_Fontaine_de_saint_Gouesnou_Statue_de_saint_Gouesnou.JPG

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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SAINT ÉVÊQUE (kersanton, XVIe siècle).

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Inscription S.GOUNEIE ?

Abgrall y voyait saint Guénolé.

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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SAINT DIVY (kersanton, XVIe siècle).

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Inscription : S:DIVI .

Saint Divy  fils de sainte Nonne, a des statues à Dirinon, une à Plomelin, provenant de son église de Bodivit, une à Saint-Yvi, à Saint-David de Ouimperlé, et à Brennilis.

Voir La chapelle Saint-Divy à Dirinon.

Il tient sa crosse par l'intermédiaire d'un sudarium.

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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SAINT JEAN ÉVANGÉLISTE (kersanton, XVIe siècle).

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On retrouve ici, plus facilement que sur les statues précédentes, le style des ateliers landernéen de taille du kersanton.

Porche de Pencran (Prigent, v. 1553).

Le visage est particulièrement fin et allongé, avec des cheveux méchés depuis une raie médiane, des yeux ourlés,  un nez long aux narines bien ouvertes, une petite bouche faisant la moue au dessus d'un menton pointu. Il tient un phylactère témoignant de ses écrits (Evangile selon saint Jean et Livre de l'Apocalypse) et est accompagné de l'aigle du Tétramorphe, tenant dans son bec le plumier. Il est vêtu d'une robe dont la  fente nous est familière tant elle est fréquente sur les saints et les séries d'apôtres des statues de kersanton du Finistère, et cette fente est croisée par la boutonnière du manteau, à l'unique bouton.

L'inscription portée sur le socle, en lettres gothiques porte le nom S : JOHÃNES, avec une ponctuation par deux-points, une hampe fourchue de la H, des lettres stéréotypées proches d'une textura, et un tilde abréviatif du N. Globalement, cette inscription se rapproche de celles des trois saints évêques et de celle de la Vierge à l'Enfant du porche ouest. Alors que la statue de saint Christophe, provenant de Lambader, et datée de 1600, porte une inscription en lettres romaines.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. II, poursuite de l'inventaire.
Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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NOTRE-DAME DE LAMBADER. Bois polychrome, XVIe siècle.

Restaurée en 1998

 

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Elle porte sur son bras gauche l'Enfant, figuré en Sauveur du Monde, dont il tient le globe dans la main. Mais la Mère et son Fils ne se regardent pas, et Marie a un regard pensif et même déjà un peu triste. Sa posture est légèrement hanchée, sa ceinture dorée est portée très haute sous la poitrine.

Elle porte aussi le bandeau occipital, ou plutôt une variante, car le voile, qui se glisse bien entre la nuque et les cheveux, recouvre largement la tête, ne laissant visible que le haut des cheveux, et retombe sur les épaules et le haut du dos.

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant, bois doré,  bas-coté nord de la nef.

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Elle tient également l'Enfant bénissant le globe en Salvator Mundi.

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Les évangélistes.

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Saint Marc devant son lutrin.  bois polychrome, XVIe siècle ?. Pilier sud devant le jubé.

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Il est figuré en docteur (en théologie) et porte le bonnet rouge à quatre pointes ou "barrette" et le manteau rouge liés à ce titre. Plus exactement, ce serait là la tenue d'un docteur en médecine, (qui serait plus adapté pour saint Luc) mais le lion qui est à ses pieds l'identifie sans ambages.

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Saint Matthieu, bois polychrome.  XVIe siècle ? Pilier nord devant le jubé.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Geneviève. bois polychrome.

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Je reprends l'identification donnée par Couffon, mais l'attribut le plus précieux, le cierge, n'est pas représenté.

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Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Les statues de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LE PORCHE OUEST. NOTRE-DAME DE LANBADER ADORÉE PAR LES PÈLERINS.

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Le clocher de Lambader est très connu, et sa hauteur de près de 58 mètres lui permettrait presque de rivaliser avec celui  Notre-Dame-du-Kreisker de Saint-Pol-de-Léon. Il a été classé dès 1840, mais s'est trouvé menacé par la suppression en 1830 d'un arc triomphal qui l'étayait et le reliait à  la maison Ar Presbytal, tandis qu'au sud la maison du Gouverneur dont  il était mitoyen  disparut dès 1825. Une tempête vient l'ébranler le 2 juin 1836, et  la flèche et la partie supérieure de la tour durent finalement être démontées de 1837 à 1841. À  partir de 1881, il fut reconstruit par l'entreprise Le Naour. 

C'est un clocher-porche qui orienté vers l'ouest, et le porche proprement dit est ouvert sur trois cotés par des arcs ogivaux s'appuyant sur deux solides piles à contreforts.

On se base, pour le dater, sur la donation de Jean V en 1432, ce qui reste une hypothèse.

Note : le clocher-porche de Pleyben date de 1588 à 1591, celui de Saint-Thégonnec (sud)  a été construit entre 1599 et 1637. Celui de Goulven de 1593 à 1639. Celui de Lampaul-Ploudalmézeau de 1611-1622.

René Couffon (L'architecture classique dans le pays du Léon SHAB 1948 p.52) a dressé la liste des clochers léonards ayant imité le clocher du Kreisker. 

Voir aussi ceux de :

-Bodilis (ouest),construit vers 1564-1570 qui, comme celui de Lambader avait sa base ouverte sur ses quatre faces par quatre arcades brisées. https://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_1958_num_116_2_3832.pdf

-Landivisiau,

-Sizun. coté ouest, 54 mètres, 1723 ?

-Saint-Vougay, 1635

 

 

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Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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« La porte qui donne entrée dans l'église, sous le clocher, est orné de belles colonnettes, et l'archivolte en plein cintre est composée de moulures et de tores avec dos-de-carpe. Au dessus, un cul-de-lampe portait autrefois une statue de la Sainte- Vierge et aux deux cotés sont sculptés deux groupes de petits personnages agenouillés, six moines et six religieuses, avec l'inscription Interveni pro devoto foemino sexu, et la date de 1598. Ce bas-relief est donc de beaucoup postérieur au clocher et à la chapelle, qui sont du XVe siècle. » (Abgrall 1897)

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C'est pour moi la part la plus intéressante de cet article, du moins sur le plan documentaire, en raison de la forme orthographique de l'inscription centrale (Nostre Damme de Lanbader), en raison de la date portée par une inscription latérale (1598) et par la citation liturgique qu'on y trouve, et par la représentation, peut-être unique en sculpture bretonne, d'une scène de dévotion.

Par contre,  la prospection photographique est pénalisée par l'obscurité relative (les rayons du soleil ne s'y glissent que timidement et seulement à leurs heures), et par les grillages de protection placés devant les deux moyen-reliefs.

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La Vierge à l'Enfant.

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Elle est couronnée, et ses pieds reposent — c'est un élément important — sur un croissant de lune comme les Vierges de l'Apocalypse ou de l'Immaculée Conception. Elle avance la main droite (qui présente ou présentait un objet ?) à l'Enfant vêtu d'une tunique et aux cheveux courts. Deux fragments sont manquants, à partir de la main gauche et du pied gauche.

Le pan droit du  manteau de Marie fait retour vers le poignet ou le flanc gauche, sans doute fixé par une troussouère (ceinture ou agrafe de robe). Ce mouvement d'étoffe crée une succession de plis en becs.

La robe est à encolure carrée.

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Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Le socle cylindrique en kersanton (qui est apparemment solidaire de la statue) porte une inscription en lettres gothiques sur deux lignes.

Celle-ci  a fait l'objet de tentatives de descriptions :

"A la base du clocher est une porte gothique, surmontée d'une Vierge-Mère en granit, et d'une inscription où on peut lire : N. DAMME : DE : LAMBADER." (H. Pérennès)

"Dans le fond est la porte d'entrée de l'église, couronnée d'une statue de la Vierge en kersanton avec ces mots : NOTRE DAME DE LANBADER »."  (Kerdanet 1837)

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La vérité doit être placée entre ces deux propositions. En variant les angles de vue, je parviens à lire ceci :

NOSTRE  DAMME DE LANBADER (deux dernières lettres devinées plus que lues)

---OUR NOUS NV ----

On pourrait sans doute la déchiffrer entièrement par estampage en y accédant, ou en disposant d'une source de lumière adaptée.

La graphie Nostre Damme est attestée en France en 1287 à Reimsen 1480 en Anjou, ou à Liège dans la Chronique de Jean d'Oustremeuse, en Pays de Hainaut en 1461, à Rennes en 1526, à la chapelle de Quilinen en Landrévarzec,   mais aussi en 1776 dans l'appellation "Nostre-Damme de Kerdévot" en Ergué-Gabéric et sur un ex-voto de Notre-Dame de Quelven (56) . C'est dire qu'elle ne permet pas une datation précise.

On peut deviner pour la seconde ligne la demande  l'invocation "priez pour nous".

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Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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De chaque coté de la Vierge sont figurés deux groupes sculptés en demi-relief. Nous pouvons en trouver les descriptions suivantes :


 

"Sur la porte étroite de la chapelle, on a figuré une petite assemblée de moines, et vis-à-vis des religieuses à genoux et les mains jointes, avec cette légende : Intercede pro devoto foemineo sexii »." 'Cyrille Pennec 1825)

"À ses cotés, sont deux encadrements, l'un représentant six moines à genoux, sur trois lignes, et l'autre six religieuses dans la même position. Le dernier encadrement offre le millésime de 1598, et la légende : INTERCEDE P. DEVOTO FEIÕ SEXU »" (Miorcec de Kerdanet 1837)

." A gauche figurent six religieux agenouillés, à droite six religieuses, au-dessous desquelles on voit la date de 1592 et l'inscription: INTERVENI : P [RO] : DEVOTO : FE [M] I [N] EO : SEXY. " (H. Pérennès 1943)

On constate un désaccord sur le relevé de l'inscription et de la date. Mais la bonne lecture est celle de Miorcec de Kerdanet, comme le montrent les clichés qui suivent. La date est placée au dessus des derniers mots de l'inscription.

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1°) Les six dévots.

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Ils sont agenouillés et quatre d'entre eux tiennent devant eux un livre ouvert; Le dernier tient une canne ou une crosse.

Je ne discerne pas comment mes prédécesseurs (qui n'étaient pas gênés par le grillage de protection) ont reconnu ici des moines ; et les cheveux des personnages ne me semblent pas tonsurés.

Existait-il auparavant une inscription symétrique à celle de l'autre groupe, et portant les mots INTERVENI PRO CLERO ?

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Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2°) Les six dévotes.

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Six femmes sont agenouillées, la  tête recouverte d'un voile (ou plutôt d'une coiffe). Trois ont les mains jointes, les trois autres portent un livre ouvert.

Le principal intérêt vient de l'inscription, dont j'ai déjà donné ma leçon : INTERCEDE P. DEVOTO FEIÕ SEXU

qui se transcrit par Intercede pro devoto foemino sexu.

En effet, la simple consultation d'un moteur de recherche identifie ici la fin du cantique dédié à la Vierge :

Virgo perpetua, templum Domini,
sacrarium Spiritus Sancti,
sola sine exemplo placuisti Domino Iesu Christo;
ora pro populo,
interveni pro clero,
intercede pro devoto femineo sexu.

Bienheureuse Marie, mère de Dieu,
vierge éternelle, temple du Seigneur,
sanctuaire de l'Esprit Saint,
toi seule as plu au Seigneur Jésus Christ;
prie pour ton peuple,
intercède pour le clergé,
interviens pour les femmes dévouées.

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On trouve aussi ce cantique :

Sancta Maria Succurre miseris Juva pusillanimes Refove flebiles Ora pro populo
Interveni pro clero
Intercede pro devoto femineo sexu
Sentiant omnes Tuum juvamen Quicumque celebrant tuam sanctam commemorationem

 

Sainte Marie Viens au secours des malheureux Aide les timides Console les affligés Prie pour le peuple
Interviens pour le clergé
Intercède pour les femmes consacrées
Qu'ils ressentent tous ton aide Ceux et celles qui célèbrent ta sainte mémoire

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"Dans certains textes, ce dernier cantique est attribué à Saint Augustin (354-430). Le texte complet se trouve dans la Patrologie latine de Migne, t.39, col. 2104-07: " Sermo CXCIU " (Sermon 194) , alias " St Augustin, Sermon 18 de Sanctis " : De Annuntiatione Dominica. Il se trouve aussi dans les Œuvres Complètes de St Augustin, Paris 1893, p.318

Les paroles du " Sancta Maria " sont donc attribuées à Saint Augustin, évêque d'Hippone. Cependant une note du Patrologiae Latinae Supplementum (vol.2, Paris 1960, col.854) déclare qu'il s'agit des paroles d'Ambroise Autpert, un Bénédictin mort en 784, ou une compilation sur un texte d'Ambroise ...

Finalement il est impossible de savoir avec certitude qui est l'auteur de ce cantique, ni la date de sa composition.

Le texte du " Sancta Maria ". L'auteur exalte d'abord la Vierge Marie, en qui la malédiction portée sur Eve, pécheresse, s'est changée en bénédiction. Puis il présente Marie, par qui le salut nous est venu, et enfin Marie, Vierge et Mère, acquiesçant à la parole de l'ange par son " Ecce Ancilla Domini ". L'auteur termine par une prière dont la partie principale a été reprise par l'Église romaine, comme antienne à l'office du commun de la Vierge au bréviaire ." http://peresblancs.org/sancta_maria.htm

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Selon d'autres sources, le Sancta Maria, succurre miseris a été écrit par l'évêque  Fulbert of Chartres (c.952-1028), et est souvent associé à la fête du 5 août de la Dédicace de la basilique de Sainte-Marie-Majeure.

Le verset Intercede pro devoto femineo sexu se trouve aussi, sous le titre Beata Dei Genetrix Maria dans les antiphonaires de chants grégoriens ou dans les motets mis en musique par Luca Marenzio, Claudio Monteverdi , Cristóbal de Morales, Franciscus Strus , Ivo de Vento , Philippe Verdelot , Tomás Luis de Victoria , ou Samuel Webbe 

http://cantus.edu.pl/chant/31346

http://cantus.edu.pl/image/31296

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Au total, cette invocation  des six "femmes dévotes" ou "femmes consacrées" s'adresse directement à la Vierge et renvoie à la liturgie de l'office commun de la Vierge. Il reste à interpréter le fait que les pieds de la Vierge sont posés sur le croissant lunaire : est-ce un indice de l'importance croissante de l'attachement au dogme de l'Immaculée-Conception ?

Il faut aussi rappeler, face à ces 12 religieux agenouillés devant Notre-Dame de Lanbader, l'importance des pèlerinages signalée par Cyrille Le Pennec : "Ce lieu est fort consideré par les personnes devotieuses , &, estant limitrophe à plusieurs paroisses de cest Evesché, les pèlerins y arrivent en affluence aux festes de la Vierge, & surtout le lundy de la Pentecoste.".

Je peux penser que les six hommes et six femmes ne soient pas des moines et des religieuses, mais des "personnes devotieuses", venus en pèlerinage.

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Enfin, la date de 1598 fournit le témoignage d'une période d'aménagement de la chapelle, comme aussi la statue de saint Christophe datée de 1600.

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Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

 

 

 

 

 

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Le porche ouest de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1897, Le Livre d'or des églises de Bretagne,  Lambader, Berven, Lochrist, Goulven, illustrations de Charles Géniaux, Rennes pages 1-3.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_201/lambader__berven__lochrist__goulven.pdf

« La porte qui donne entrée dans l'église, sous le clocher, est orné de belles colonnettes, et l'archivolte en plein cintre est composée de moulures et de tores avec dos-de-carpe. Au dessus, un cul-de-lampe portait autrefois une statue de la Sainte- Vierge et aux deux cotés sont sculptés deux groupes de petits personnages agenouillés, six moines et six religieuses, avec l'inscription Interveni pro devoto foemino sexu, et la date de 1598. Ce bas-relief est donc de beaucoup postrérieur au clocher et à la chapelle, qui sont du XVe siècle. » 

"On est heureux de retrouver encore dans cette chapelle quelques vieilles statues en pierre représentant la nativité de Notre-Seigneur, l'adoration des bergers et des mages, Notre-Dame de Pitié, saint Goueznou, saint Divy, saint Patern et saint Guénolé."

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1904, L'Architecture bretonne, Quimper, de Kerangal éditeur

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f20eb990fd763d232327db92aeeb6869.pdf

 

"Dans la paroisse de Plouvorn, la chapelle de LAMBADER a été entièrement reconstruite avec son clocher, en 1877- 1881,. et malgré cela on peut toujours la considérer comme ancienne, c.ar on a reconstitué aussi fidèlement que possible l'édifice primitif en se servant des anciens matériaux, de sorte que la chapelle, rajeunie et consolidée, possède cependant l'aspect digne et respectable d'un monument des vieux âges. Ce qui est le plus remarqué et le plus vanté à Lambader, c'est le clocher, dont la vanité locale ose presque faire un rival du Creisker. Comme détails particuliers d'architecture il y a à observer la porte sous le clocher, ornée de belles colonnettes, et dont l'archivolte à plein-cintre est composée de moulures et de tores avec dos de carpe; puis le petit porche Nord percé de deux portes ornées de colonnettes et séparées par un léger trumeau, au haut duquel est une Sainte-- Marguerite agenouillée sur son dragon. Au chevet, sous la -grande fenêtre, est une petite sacristie ou chambre du trésor, toute bâtie en pierres de taille, en y comprenant même le toit. A l'intérieur on est agréablement surpris à la vue des belles dimensions et des belles proportions de l'édifice, qui se compose d'une nef et de deux bas-côtés donnant une largeur de 13 m. 90 sur une longueur de 28 mètres, le tout divisé en huit travées."

 

— COUFFON, (René), LE BARS, Alfred), 1988, "Plouvorn",  Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/PLOUVORN.pdf

"Statues anciennes en bois polychrome : Vierge à l'Enfant dite Notre Dame de Lambader, sainte Geneviève, saint Vincent Ferrier, saint non identifié (Guénolé ?), et les statuettes de la Vierge (dorée) et des quatre Evangélistes.

"Statues en kersanton, dont plusieurs proviennent d'un calvaire monumental détruit : groupe de la Présentation au Temple, Fuite en Egypte, XVIè siècle (C.), Adoration des mages, XVIè siècle (C.), Vierge de l'Annonciation, Notre Dame des Sept Douleurs, Vierge Mère assise sur un trône, les trois Marie au Calvaire, sainte Marguerite, saint Jean l'Ev., saint Divy (S:DIVI), saint évêque (S.GOUYNIE), saint Gouesnou (S.GOUESNOU), saint Patern (S.PATERNE), Ange de l'Annonciation (décapité), Christ de calvaire (mutilé).

 

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953,  la sculpture bretonne.

DANIEL (Tanguy), 1996, La chapelle de Lambader en Plouvorn,   Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires - Association bretonne et union régionaliste bretonne,  Congrès de Saint-Pol-de-Léon juin 1996 tome CV p. 50.

https://books.google.fr/books/about/Comptes_rendus_proc%C3%A8s_verbaux_m%C3%A9moires.html?id=Ka0iAQAAIAAJ&redir_esc=y

 

DUCOURET (Jean-Pierre), 1971, Inventaire pour le Patrimoine dossier IA00005484

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-lambader-plouvorn/8e820a5c-91e6-410a-9857-c05679006ec6

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005484_01.pdf

— FRÉMINVILLE ((chevalier Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville) 1832, Antiquités de la Bretagne: Finistère, Volume 1, Lefournier et Deperiers, 1832 p. 69

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&dq=lambader&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

"Plusieurs statues ornaient jadis l'église de Lambader, elles ont été renversées et mutilées, leurs débris gisent sur le gazon dans le préau ou cour du monastère. J'en remarquai une qui me frappa par le fini et la précision de son travail, elle représente un chevalier armé de toutes pièces , tenant l'épée nue sur l'épaule ; la forme de son armure indique la fin du quatorzième siècle. On remarque au bas de la cuirasse l'assemblage de pièces de lames transversales qui recouvre le défaut des cuissards et que l'on nommait tasseltes ou braconnière. La tête de cette statue a malheureusement été brisée ( Pour préserver cette statue de mutilations plus considérables, M. le marquis du Dresnay en a fait récemment l'acquisition et l'a fait transporter à Saint-Pol de Léon , où elle est placée dans son jardin. ) : je présume qu'elle représentait quelqu'un des commandeurs de Malte titulaires de la commanderie de Lambader. Ce ne peut être un templier, car, lors de la destruction de l'ordre du temple, les .chevaliers portaient encore le haubert ou armure entièrement en mailles, celle que l'on voit ici est celle de plaque et de lames adoptée au quatorzième siècle."

 

— LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

"On vénère à Lambader une belle statue en kersanton de Notre-Dame. Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit, provenant de l'ancien Calvaire. La maîtresse vitre contenait un brillant vitrail de 1543, qui a été brisé vers 1845 et remplacé, dans sa partie basse, par une maçonnerie, et dans sa partie haute, par un voile rouge. On en voit quelques débris à la chapelle de Keruzoret, ainsi qu'un saint Christophe et un saint Trémeur portant sa tête entre ses mains."

— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages. Non consulté.

"La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument."

 https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1911_num_27_2_4166

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

MIORCEC DE KERDANET (L.), 1837, Les vies des Saints de la Bretagne-Armorique De Albert LE GRAND (Morlaix 1637) ... Avec des notes et observations historiques et critiques par D. L. Miorcec de Kerdanet et revues par M. Graveran. Brest 1837 Page 502

https://books.google.fr/books?id=PIhhAAAAcAAJ&pg=PA502&dq=lanbader&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiF4dfrsr_vAhXH3oUKHbu0B1UQ6AEwA3oECAQQAg#v=onepage&q=lanbader&f=false

 

Texte principal (C. Le Pennec Morlaix 1647, liste des églises et chapelles de N.D. basties en l'évesché de Léon) : "Si vous entrez dans Ploumorn (Plouvorn), vous ne pouvez faire beaucoup de chemin , sans remarquer la belle Eglise priorale de N. D. de Lanbader tant pour l'excellence du bastiment, qu'à raison de la grande devotion du peuple qui y aborde de plusieurs endroits. Ceste chappelle est construicte non loin du bourc parrochial , sur la pente d'une colline , prés d'un agreable ruysseau qui fait moudre nombre de moulins, avant de se rendre à l'ocean. Ce lieu est fort consideré par les personnes devotieuses , &, estant limitrophe à plusieurs paroisses de cest Evesché, les pelerins y arrivent en affluence aux festes de la Vierge, & surtout le lundy de la Pentecoste."

Note de Kerdanet : "Cette église est construite dans le style de l'architecture gothique arabe : elle a huit arcades élégantes dans chacun de ses bas-cotés., son clocher est très beau, c'est une tour carrée, ornée d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de quatre clochetons. Cette flèche, toute en pierres de taille, est travaillée à jour, ainsi que les clochetons qui l'accompagnent, dont l'un a été renversé par l'ouragan du 2 février 1836. Le clocher est supporté par des piliers formant trois arcades. Dans le fond est la porte d'entrée de l'église, couronnée d'une statue de la Vierge en kersanton avec ces mots : NOTRE DAME DE LANBADER ». À ses cotés, sont deux encadrements, l'un représentant six moines à genoux, sur trois lignes, et l'autre six religieuses dans la même position. Le dernier encadrement offre le millésime de 1598, et la légende : INTERCEDE P. DEVOTO FEIÕ SEXU » On remarque, de plus, autour de l'église, diverses statues curieuses, telles que celle de saint Christophe, ainsi désignée SXDÕPLE 1600 », et la statue de N.D de Pitié dans l'attitude la plus recueillie et la plus expressive.

Le jubé en bois de Lanbader est aussi fort renommé ; c'est un réseau de sculpture, presque aussi remarquable dans son genre que celui du Folgoët dans le sien : il a 16 pieds ½ de long sur 3 pieds , 9 pouces de large ; ses éventails ont 8 pieds 3 pouces de développement, et sa porte 4 pieds ½ d'ouverture ; son escalier tournant compte 22 marches ; le tout orné de petites statues d'anges, parmi lesquels vient figurer, on ne sait pourquoi, un joueur de biniou (musette)

M. de Fréminville pense que Lanbader était une ancienne commanderie ; il n'en n'est cependant fait aucune mention dans celles du duc Conan IV, de 1160 ; mais on trouvait autrefois, autour de cette chapelle, les propugnacula, turricula et alias munitiones dont parle Pierre Mauclerc dans sa charte aux chevaliers du Temple. V. D. Morice, Pr. t. 1er col.638 et 850. Le gouvernement de Lanbader possédait, en 1790, 900 livres de revenu. »

PENNEC (Cyrille) 1825, Le dévot pèlerinage de Notre-Dame du Folgoët Vatar-Jausions, 1825 - 122 pages

https://books.google.fr/books?pg=PA46&dq=lanbader&id=OQszcnHk2lEC&hl=fr&output=text

L'église de LANBADER, avec un très-beau clocher.

« On trouve en cet endroit plusieurs jolies statues en Kersanton, entre autres celle de S. Christophe, portant la date de 1600. Sur la porte étroite de la chapelle, on a figuré une petite assemblée de moines, et vis-à-vis des religieuses à genoux et les mains jointes, avec cette légende : Intercede pro devoto foemineo sexii ».

 

 

— PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

 

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne,  31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

"Dans le fond de la chapelle on a recueilli une trentaine de statues en pierres de taille qui doivent être les débris d'un ancien calvaire. Plusieurs de ces statues ont beaucoup d'expression dans la physionomie ; malheureusement presque toutes ont été mutilées pendant la Révolution. Elles ressemblent comme travail aux statues du calvaire de Guimiliau et doivent être de la même époque."

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— L'UNIVERS 27 septembre 1877 Inauguration de la chapelle restaurée sur l'initiative du recteur Hellard. Bénédiction par l'évêque en présence de la comtesse de Kerdrel. Promesse d'indulgence le jour du Pardon le lundi de Pentecôte.

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DIVERS: ARCHIVE 1442.

Lettres et mandements de Jean V: duc de Bretagne, publiés ..., Volumes 4 à 5

Ordre de laisser les chapelains de Lambader et du Merzer jouir des dons qui leur ont été faits.

Vidimus du 10 oct. 1442 (Ar. Loire-Inf., E 83; anc. Ch. des comptes de Nantes).

A Redon, 1433, 13 mars. « Jehan... A nostre bien amé et feal conseiller Auffroy Guinot, nostre tresorier et receveur general, et aux fermiers de cest present impot par nous ordonné de XX s. par pipe estre levé en l'evesché de Leon, salut. De la partie de noz chappelains et orateurs dom Guillaume Baeleuc et dom Jehan le Saux, presbtres et gouverneurs des chapelles de Nostre Dame de Lanbader et du Merzer, nous a esté presentement exposé que, comme puix nagueres nous eussions donné en aulmosnes et de nostre devocion à lad. chapelle de Lambader, dont led. Guillaume est administrator, pour aider à l'eupvre et edifficacion d'icelle chapelle, la somme de quinze 1., à estre poiée sur et dud. impot, en mandant à vousd. fermiers d'en fere le paiement au desir de noz lettres sur ce données le vile jour de decembre darrein; mesmes à lad. chapelle du Merzer eussions voulu et octroié que tout le vin qui fust vendu en detaill en la maison de lad. chapelle par led. dom Jehan et ses commis, qui en est gouverneur, feust quicte de tout devoir d'impot, tant du temps que avenir, pour estre cellui devoir mis et emploié au bien et augmenttacion d'icelle chapelle, comme peust aparoir par noz lettres sur ce données en ceste nostre ville, dabtées du xuie jour de may, l'an mill mcc trante et un; ce neanmoinz, vousd. fermiers n'avez voulu oboir au contenu de nosd. lettres, ainczois les avez contrariées et contrariés, en disant icelles ne vous valoir pas descharge; par quoy lesd. suplians ne ont peu jouir de nosd. dons et octroitz, en grand retardement et prejudice du bien et augmentacion d'icelles chapelles... Pour ce est il que nous..., en ratiffiant nosd. premieres lettres..., octroions ausd. suplians et gouverneurs que ilz joissent desd. dons et octroiz... Et affin de se imformer du numbre desd. vins qui sont et seront venduz aud. lieu du Merzer..., avons commis nostre bien amé et feal conseiller Hervé le Ny, qui de ce vous baillera relacion... Si vous mandons, etc.

Ainxin signé, Par le duc, de sa main. - Par le duc, de son commandement et en son conseill, ouquel : Vous, l'evesque de Triguer, le president, le seneschal de Rennes, messire Pierres Eder et autres estoint. - J. PIRON. »

 


— WIKIPEDIA

Famille Audren de Kermel

https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Audren_de_Kerdrel

Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton
31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 09:38

Le calvaire (kersanton, v. 1550, atelier Prigent ?) de Croas Lambader à Plougourvest et deux pièces (Vierge de Pitié et Jésus parmi les Docteurs) d'un calvaire monumental (kersanton, v. 1550 ou 1600) de Lambader.

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 Voir sur Lambader :

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— Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent (1527-1577):

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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Voir sur le Maître de Plougastel (1570-1621)

 

 


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PRÉSENTATION.

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Le calvaire de Croas Lambader ou du Spernen appartient aujourd'hui à une propriété privée au 1 rue de Lambader sur le bord ouest de cette rue, à 200 m du calvaire de Lambader et de la chapelle.

La propriétaire de la maison m'a très gentiment proposé de pénétrer dans le jardin pour pouvoir observer la face principale portant le Crucifix et tournée vers l'ouest. Qu'elle trouve ici l'expression de ma gratitude pour cet accueil.

Le calvaire est situé aujourd'hui en Plougourvest, mais le cadastre de 1829 le montre à la frontière avec Plouvorn, et du coté de cette commune.

Il est classé monument historique (28 novembre 1910) et fait l'objet d'une notice Mérimée PA00090247 et d'une notice Monumentum avec 8 photographies, sous le titre "Croix de chemin en pierre de Lambader, XVIe siècle".

Wikipedia propose une photo de 2012 par GO69. Ce cliché montre que la statue de la Vierge était orientée par erreur vers l'orient. Ce défaut a été corrigé depuis, lors d'une intervention de réfection d'une partie d'un angelot d'extrémité de croisillon, par rotation de 180° de la statue géminée et rescellement.

Il est décrit par Y.-P. Castel dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère sous le n° 1977, avec un croquis :

" Spernen S, Croas-Lambader, g. k. 5,50 m. Vers 1550. Trois degrés. Socle, Vierge de Pitié, Jésus au milieu des docteurs. Fût à pans. Croisillon aux anges, statues géminées: Pierre-Vierge, Jean-Madeleine. Croix à branches rondes, anges en place des fleurons, titulus en lettres fleuries, crucifix, Christ aux liens. Les groupes conservés dans la chapelle voisine présentent la même facture que ceux-ci. [YPC 1980]"

 

Enfin, il est décrit par Christian Gallic dans le bulletin 2017 du journal municipal Plouvorn Information :

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C'est donc un calvaire composite, et les deux groupes de l'emmarchement, la Vierge de Pitié et Jésus parmi les Docteurs, ont dû être placés ici au début du XXe siècle. J'ai déjà décrit ces groupes dans mon article sur l'important ensemble de vestiges d'un calvaire monumental en kersanton (milieu du XVIe siècle ?), dont l'essentiel se trouve dans la chapelle. 

Le choix des personnages (Vierge et Jean d'un coté, Madeleine et Pierre de l'autre) est le même que sur le calvaire de Lambader mais ils ne sont pas couplés de la même façon (ici, la Vierge est couplée à Pierre alors qu'à Lambader elle est couplée à Marie-Madeleine).

Ni la carte de Cassini, ni la carte d'Etat-Major 1822-1866, ni les photos aériennes 1950-1965 (avant la construction des maisons bordant la rue), ne permettent de le situer, mais le cadastre napoléonien de 1829-1830 montre un symbole en étoile, à son emplacement actuel, tant sur la feuille d'assemblage que sur la 2ème feuille F du Bourg.

https://recherche.archives.finistere.fr/viewer/viewer/medias/collections/P/03P/3P211/FRAD029_3P211_01_01.jpg

Parmi les calvaires issus de l'atelier de Bastien et Henry Prigent (1527-1577), outre les  calvaires monumentaux  de Plougonven (1554) et  de Pleyben (1555), on conserve  6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier. Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré. Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages (statues non géminées).

3°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages ou 6 personnages avec statues géminées sur le croisillon

4°) Calvaire à deux croisillons.

Nous avons affaire ici au 3ème groupe, le plus nombreux.  On en voit des exemples à Saint Derrien, 1557,  à Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, à la chapelle Saint-Laurent de Pleyben, au cimetière de Bourg-Blanc, et à Saint-Divy.

 

 

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Feuille d'assemblage du plan cadastral 1829.

Feuille d'assemblage du plan cadastral 1829.

Feuille F2 du plan cadastral 1829.

Feuille F2 du plan cadastral 1829.

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LE COTÉ OUEST.

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Le crucifix central est entouré des statues de la Vierge et de Jean sur le croisillon.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Le Christ en croix.

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Il est placé sous un titulus aux lettres gothiques un peu effacées, dont le fût est perlé et l'empattement fourchu.

Sous une couronne d'épines à deux brins tressés, le visage est fin avec des yeux clos dont la paupière est ourlée, des pommettes émaciées, un nez droit et long, un philtrum creusé, une bouche entrouverte sur les dents, une moustache en V inversé qui naît à l'angle des narines et s'achève en hameçon, et une barbe dont les mèches forment des virgules. La chevelure tombe devant l'épaule droite, et derrière l'épaule gauche.

Sur les bras, le pli du coude est marqué par un V peu naturel.

Le torse court porte le dessin des mamelons, des côtes presque horizontales et de la plaie du coté ; le nombril est indiqué par un cercle.

Le pagne est noué avec un pan sortant à gauche, et rentré à droite, mais le dessin des plis est remarquable par son entrecroisement médian.

Il ne ressemble pas exactement au fragment de Christ conservé dans la chapelle, mais il en partage les éléments stylistiques.

Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Les anges orants et  hématophores.

Trois anges occupent les extrémités libres de la croix, ils sont agenouillés mains jointes, les ailes rabattues dans le dos; Ils portent une tunique bouffante au dessus du cordon de la taille.

Dans la même posture et le même habit, un quatrième ange présente le calice du sang des plaies du Christ.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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La Vierge éplorée.

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Elle est saisie dans une attitude recueillie, mains jointes et la tête légèrement penchée en avant.

L'élément le plus remarquable est le motif des trois larmes s'écoulant sous chaque œil. C'est l'un des traits stylistiques de l'atelier Prigent (1527-1577). Mais par contre, nous ne retrouvons pas le voile marqué de plis rigides qui est une autre de ces caractéristiques qui était présente sur  la Vierge du calvaire de Lambader et sur la Vierge de Pitié du Monument aux Morts de Plouvorn. Le voile encadre à angles droits le visage et rejoint la guimpe. (*)

Le visage est ovale, les yeux sont ourlés, le nez triangulaire et fort, la bouche petite et concave faisant la moue, le menton pointu.

Si on la compare à la Vierge du calvaire de Lambader, celle-ci est plus figée, son visage est moins marquée d'humanité, sa tête n'est pas inclinée, et même le plissé des vêtements est moins animé.

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(*) Ce plissement en Z du voile de la Vierge n'est pas constant sur les productions de l'atelier Prigent, et s'il est présent à Saint-Nic,  il est absent sur la Vierge de Dinéault.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Saint Jean éploré.

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Il porte une main sur la poitrine tandis que l'autre ramène le pan du manteau. Sa posture est hiératique (le terme s'applique aussi à la Vierge), figée par le chagrin, sans geste expressif, sans que la tête ou le regard ne soit tourné vers le Christ. Les deux angles pointus du col du manteau laissent voir la robe, fermée par deux (ou trois) boutons ronds.

Le visage est plus rond que celui de Marie, mais partage avec ce dernier la plupart des caractères, et notamment les trois larmes.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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LE COTÉ EST.

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Placé sur une console avancée, le Christ aux Liens est encadré par les statues du croisillon, celle de Pierre à sa gauche et Marie-Madeleine à sa droite.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Le Christ aux liens.

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Sa couronne et son visage sont proches de ceux du Crucifié, mais les yeux sont ouverts. 

Il porte le manteau de dérision, qui tombe directement à droite alors que le pan gauche fait retour par une large courbe au poignet. Les deux mains sont liées par une corde aux épais torons.

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D'autres Christ aux liens de l'atelier Prigent se trouvent au revers de la croix des calvaires de Bourg-Blanc, à Saint-Divy, ou, en tant que vestige, à Guissény (cimetière de l'église, 1555) et Lanneufret .

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Marie-Madeleine éplorée.

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Elle est vêtue d'une robe et d'un manteau au plissé très vivant. Elle tient de la main gauche le flacon d'onguent dont elle soulève le couvercle conique. De ses yeux coulent les trois larmes, aux extrémités recourbées en crochet.  Son visage est rond, avec de cheveux divisés en deux mèches autour d'une raie médiane.

Sa chevelure est retenue par le même bandeau occipital, enrubanné sur les mèches qui retombent dans le dos, que celui, par exemple, de la Vierge à l'Enfant des vestiges de calvaire de la chapelle de Lambader.

Elle n'est pas très différente de la Madeleine du calvaire de Lambader, mais sa tête est plus engoncée dans les épaules.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Saint Pierre tenant sa clef.

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Sa robe serrée par une ceinture  est recouverte d'un manteau fermée par une patte à bouton rond. Sa clef à poignée losangique est plus grande que son thorax.

Son visage, dont la bouche semble tendu en avant par l'imminence d'une parole, est presque léonin, peut-être en raison d'une mâchoire carrée et d'un barbe tortueuse. La moustache part en crochets à partir des coins des narines.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Les anges des extrémités du croisillon.

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Ils sont semblables aux anges orants de la croix, et sont agenouillés mains jointes, et les ailes plus écartés.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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LES GROUPES DES MARCHES DU SOCLE.

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Ils proviennent des vestiges d'un ancien calvaire (monumental) et daté vers 1550 et attribué par Castel à un anonyme nommé par convention "Maître de Lambader" , car la majorité des scènes de l'Enfance de Jésus et de la Vie de Marie sont rassemblés dans la chapelle de Lambader. Je reprends ma description donnée dans la description de ces vestiges dans l'article :

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Vestiges d'un calvaire, kersanton, Maître de Lambader, vers 1550 / ou Maître de Plougastel vers 1600.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550-1600).

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Elle a la tête brisée. La forme générale de la Mère voilée dans son manteau est massive et triangulaire, et elle soutient sur ses deux genoux écartés le corps de son Fils, par une main placée sous la tête et une autre sur la cuisse droite. Le Christ forme une diagonale oblique vers le haut et la gauche et ses plaies des mains sont exposées, le bras droit fléchi pend (un peu maladroitement) le long de la jambe maternelle tandis que le bras gauche repose le long du corps.

Cette formule est proche de celle des deux autres Vierges de Pitié de l'ancienne paroisse de Plouvorn, celle de la fontaine de Lambader  et celle du Monument aux Morts du cimetière, toutes deux attribuées à l'atelier Prigent. Le visage de la Vierge y est marquée de larmes.

Bien que cette Pietà n' est pas attribué par Castel à l'atelier Prigent, on la comparera à ses homologues des calvaires de 

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572,

-Saint Derrien, 1557 Calvaire de l'église

-Saint-Divy, Calvaire de l'église

-Loc-Brévalaire, Calvaire de l'église

-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : .

-Dinéault, Calvaire de l'église

-La Forest-Landerneau : cimetière haut 

-Landerneau :  calvaire de la Croix-de-la-Vierge 

-Lanneufret : Calvaire de l'église 

-Le Folgoët Calvaire de l'église 

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Jésus parmi les Docteurs (kersanton, vers 1550-1600).

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L'interprétation de ce groupe est difficile, notamment car il est camouflé (comme la Pietà) par les rosaces blanches, gris-vert ou rosées de lichens. Mais Yves-Pascal Castel a raison d'y voir Jésus parmi les Docteurs, grâce à l'attitude émerveillée des assistants, et malgré l'absence de Jésus qui occupait sans doute la place la plus haute au centre.

Les quatre personnages, assis en tailleur devant un pupitre à degrés,  lèvent tous la tête et le regard vers le haut, et écartent les paumes vers l'orateur en signe d'admiration. Deux portent le chapeau conique des Juifs, tandis que deux autres portent le bonnet carré des docteurs en théologie du XVIe siècle (ou un bonnet à rabat). Trois sont barbus. Deux portent un manteau à large rabat sur le col.

Je ne peux être plus précis, car leur tenue de camouflage est terriblement efficace, tant pour mon regard que pour la capacité de discrimination de mon objectif photo.

La scène est rare dans la sculpture en kersanton (porche de La Martyre), mais on la trouve, dans une composition très différente, sur le calvaire monumental de Plougastel.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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CONCLUSION.

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Ce calvaire associe à sa statuaire originale deux groupes provenant d'un autre calvaire.

Si on s'en tient aux données fournies par les sources de référence (Atlas de Calvaires et base Mérimée), ces deux sous-ensembles relève de la même datation, vers 1550. C'est aussi la datation acceptée pour le calvaire de Lambader. Cette proposition est suivie par Tanguy Daniel et par Christian Gallic.

Toujours selon les mêmes sources, aucun de ces deux sous-ensembles n'est attribué à un atelier déterminé. Rappelons que les ateliers actifs en Finistère (et en particulier dans le Léon) sont ceux de Bastien et Henry Prigent de 1527 à 1577, et de leur compagnon Fayet  de 1552 à 1563, puis du Maître de Plougastel de 1570 à 1621. 

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L'indice des trois larmes : l'atelier des Prigent ?

Néanmoins, il est possible ou probable qu'Yves-Pascal Castel ait choisit pour l'Atlas la date, très précise, de 1550 pour ces deux ensembles après avoir constaté la présence d'un indice stylistique de haute valeur sur les trois personnages du calvaire, indice qu'il avait signalé sur le calvaire monumental de Plougonven daté de 1554 et  signé des Prigent.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

E. Le Seac'h, qui n'a pas inclus le calvaire de Croas Lambader dans son Catalogue des sculpteurs de Basse-Bretagne, a attribué les statues de la Vierge et celle de Madeleine sur le calvaire de Lambader aux Prigent (Catalogue p. 331). Et c'est elle qui a insisté sur la description de ces trois larmes en écrivant (p.140): " Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, leurs Vierges de Pitié , de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés." 

Elle précise encore :"Si la manière de sculpter de  Bastien est plus souple, si ses drapés sont plus fluides si ses yeux sont taillés en un petit losange horizontal, tandis que celle d'Henry, moins habile,  est  hiératique, plus raide, avec un nez massif aux narines creuses,  l'appartenance au même atelier se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus."

Sur les statues de l'atelier Prigent :

 

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

 

Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

 

 

 

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie,), 1904,  L'Architecture bretonne Quimper, A. de Kerangall.

 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/3196

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère Plouvorn n°2385 et 2386.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

2386. Lambader, placître, g. k. 6 m. XVIè, XIXè s. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût rond, écots. Croisillon, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre (décapitée). Croix, branches rondes, crucifix, écu. [YPC 1980]

2385. Lambader, dans la chapelle, k. Vers 1550, vestiges d’un calvaire dont certaines pièces sont placées à la croix de Spernen en Plougourvest (no 1977). Fuite en Egypte. Présentation au temple, Vierge de l’Annonciation, Vierge aux sept glaives, Nativité, saintes femmes, Crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Plougourvest  n°1977.

"1977. Spernen S, Croas-Lambader, g. k. 5,50 m. Vers 1550. Trois degrés. Socle, Vierge de Pitié, Jésus au milieu des docteurs. Fût à pans. Croisillon aux anges, statues géminées: Pierre-Vierge, Jean-Madeleine. Croix à branches rondes, anges en place des fleurons, titulus en lettres fleuries, crucifix, Christ aux liens. Les groupes conservés dans la chapelle voisine présentent la même facture que ceux-ci. [YPC 1980]"

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plougourvest.html

— CASTEL (Yves-Pascal), "Patrimoine du Finistère : les Pietà du Finistère" , site de la SAF, et Revue Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/204bbff59e0b1d6cf65264a34d22701f.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 25 mars 1995, A la découverte des croix monumentales, Plouvorn. Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3fb594a410e97c243be96830ef21eeda.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005,  “Minihi Levenez 092 : guide des sept grands calvaires bretons,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 mars 2021, https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9398.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, (René), LE BARS, Alfred), 1988, "Plouvorn",  Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/PLOUVORN.pdf

"Statues en kersanton, dont plusieurs proviennent d'un calvaire monumental détruit : groupe de la Présentation au Temple, Fuite en Egypte, XVIè siècle (C.), Adoration des mages, XVIè siècle (C.), Vierge de l'Annonciation, Notre Dame des Sept Douleurs, Vierge Mère assise sur un trône, les trois Marie au Calvaire, sainte Marguerite, saint Jean l'Ev., saint Divy (S:DIVI), saint évêque (S.GOUYNIE), saint Gouesnou (S.GOUESNOU), saint Patern (S.PATERNE), Ange de l'Annonciation (décapité), Christ de calvaire (mutilé)

— DANIEL (Tanguy), 1996, La chapelle de Lambader en Plouvorn,   Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires - Association bretonne et union régionaliste bretonne,  Congrès de Saint-Pol-de-Léon juin 1996 tome CV p. 50.

"On remarquera aussi et surtout les restes d'un ancien calvaire monumental, présenté en désordre en quatre endroits de la partie basse de la nef : une Présentation au Temple, une Annonciation et une Fuite en Égypte, une Nativité, un Christ (mutilé) et les Trois Marie. Il est possible que d' autres éléments de ce grand calvaire figurent sur la croix de Spernen ( dite aussi Croaz-Lambader ), à Plougourvest . Aucune date ne figure sur ces sculptures dont le style est celui du milieu du XVIe siècle . » .

https://books.google.fr/books/about/Comptes_rendus_proc%C3%A8s_verbaux_m%C3%A9moires.html?id=Ka0iAQAAIAAJ&redir_esc=y

 

DUCOURET (Jean-Pierre), 1971, Inventaire pour le Patrimoine dossier IA00005484

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-lambader-plouvorn/8e820a5c-91e6-410a-9857-c05679006ec6

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005484_01.pdf

— FRÉMINVILLE ((chevalier Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville) 1832, Antiquités de la Bretagne: Finistère, Volume 1, Lefournier et Deperiers, 1832 p. 69

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&dq=lambader&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

"Plusieurs statues ornaient jadis l'église de Lambader, elles ont été renversées et mutilées, leurs débris gisent sur le gazon dans le préau ou cour du monastère. J'en remarquai une qui me frappa par le fini et la précision de son travail, elle représente un chevalier armé de toutes pièces , tenant l'épée nue sur l'épaule ; la forme de son armure indique la fin du quatorzième siècle. On remarque au bas de la cuirasse l'assemblage de pièces de lames transversales qui recouvre le défaut des cuissards et que l'on nommait tasseltes ou braconnière. La tête de cette statue a malheureusement été brisée ( Pour préserver cette statue de mutilations plus considérables, M. le marquis du Dresnay en a fait récemment l'acquisition et l'a fait transporter à Saint-Pol de Léon , où elle est placée dans son jardin. ) : je présume qu'elle représentait quelqu'un des commandeurs de Malte titulaires de la commanderie de Lambader. Ce ne peut être un templier, car, lors de la destruction de l'ordre du temple, les .chevaliers portaient encore le haubert ou armure entièrement en mailles, celle que l'on voit ici est celle de plaque et de lames adoptée au quatorzième siècle."

 — GALLIC (Kristian), PLOUVORN INFORMATION mars 2017 n°3 

https://fr.calameo.com/read/0047577681bc06131f887

— LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

"On vénère à Lambader une belle statue en kersanton de Notre-Dame. Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit, provenant de l'ancien Calvaire. La maîtresse vitre contenait un brillant vitrail de 1543, qui a été brisé vers 1845 et remplacé, dans sa partie basse, par une maçonnerie, et dans sa partie haute, par un voile rouge. On en voit quelques débris à la chapelle de Keruzoret, ainsi qu'un saint Christophe et un saint Trémeur portant sa tête entre ses mains."

— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages. Non consulté.

"La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument."

 https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1911_num_27_2_4166

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

MIORCEC DE KERDANET (L.), 1837, Les vies des Saints de la Bretagne-Armorique De Albert LE GRAND ... Avec des notes et observations historiques et critiques par D. L. Miorcec de Kerdanet et revues par M. Graveran. Brest 1837 Page 502

https://books.google.fr/books?id=PIhhAAAAcAAJ&pg=PA502&dq=lanbader&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiF4dfrsr_vAhXH3oUKHbu0B1UQ6AEwA3oECAQQAg#v=onepage&q=lanbader&f=false

 

Texte principal : "Si vous entrez dans Ploumorn (Plouvorn), vous ne pouvez faire beaucoup de chemin , sans remarquer la belle Eglise priorale de N. D. de Lanbader tant pour l'excellence du bastiment, qu'à raison de la grande devotion du peuple qui y aborde de plusieurs endroits. Ceste chappelle est construicte non loin du bourc parrochial , sur la pente d'une colline , prés d'un agreable ruysseau qui fait moudre nombre de moulins, avant de se rendre à l'ocean. Ce lieu est fort consideré par les personnes devotieuses , &, estant limitrophe à plusieurs paroisses de cest Evesché, les pelerins y arrivent en affluence aux festes de la Vierge, & surtout le lundy de la Pentecoste."

Note de Kerdanet : "Cette église est construite dans le style de l'architecture gothique arabe : elle a huit arcades élégantes dans chacun de ses bas-cotés., son clocher est très beau, c'est une tour carrée, ornée d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de quatre clochetons. Cette flèche, toute en pierres de taille, est travaillée à jour, ainsi que les clochetons qui l'accompagnent, dont l'un a été renversé par l'ouragan du 2 février 1836. Le clocher est supporté par des piliers formant trois arcades. Dans le fond est la porte d'entrée de l'église, couronnée d'une statue de la Vierge en kersanton avec ces mots : NOTRE DAME DE LANBADER ». À ses cotés, sont deux encadrements, l'un représentant six moines à genoux, sur trois lignes, et l'autre six religieuses dans la même position. Le dernier encadrement offre le millésime de 1598, et la légende : INTERCEDE P. DEVOTO FEIÕ SEXU » On remarque, de plus, autour de l'église, diverses statues curieuses, telles que celle de saint Christophe, ainsi désignée SXDÕPLE 1600 », et la statue de N.D de Pitié dans l'attitude la plus recueillie et la plus expressive.

Le jubé en bois de Lanbader est aussi fort renommé ; c'est un réseau de sculpture, presque aussi remarquable dans son genre que celui du Folgoët dans le sien : il a 16 pieds ½ de long sur 3 pieds , 9 pouces de large ; ses éventails ont 8 pieds 3 pouces de développement, et sa porte 4 pieds ½ d'ouverture ; son escalier tournant compte 22 marches ; le tout orné de petites statues d'anges, parmi lesquels vient figurer, on ne sait pourquoi, un joueur de biniou (musette)

M. de Fréminville pense que Lanbader était une ancienne commanderie ; il n'en n'est cependant fait aucune mention dans celles du duc Conan IV, de 1160 ; mais on trouvait autrefois, autour de cette chapelle, les propugnacula, turricula et alias munitiones dont parle Pierre Mauclerc das sa charte aux chevaliers du Temple. V. D. Morice, Pr. t. 1er col.638 et 850. Le gouvernement de Lanbader possédait, en 1790, 900 livres de revenu. »

PENNEC (Cyrille) 1825, Le dévot pèlerinage de Notre-Dame du Folgoët Vatar-Jausions, 1825 - 122 pages

https://books.google.fr/books?pg=PA46&dq=lanbader&id=OQszcnHk2lEC&hl=fr&output=text

L'église de LANBADER, avec un très-beau clocher.

« On trouve en cet endroit plusieurs jolies statues en Kersanton, entre autres celle de S. Christophe, portant la date de 1600. Sur la porte étroite de la chapelle, on a figuré une petite assemblée de moines, et vis-à-vis des religieuses à genoux et les mains jointes, avec cette légende : Intercede pro devoto foemineo sexii ».

 

— PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

"Dans le fond de la chapelle on a recueilli une trentaine de statues en pierres de taille qui doivent être les débris d'un ancien calvaire. Plusieurs de ces statues ont beaucoup d'expression dans la physionomie ; malheureusement presque toutes ont été mutilées pendant la révolution. Elles ressemblent comme travail aux statues du calvaire de Guimiliau et doivent être de la même époque."


— WIKIPEDIA

 

Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Sculpture Kersanton Maître de Plougastel Prigent
17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 12:24

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Vestiges d'un calvaire, kersanton, Maître de Lambader, vers 1550 / ou Maître de Plougastel vers 1600.

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Mise à jour 22 mars 2021

 

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 Voir sur Lambader :

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PRÉSENTATION

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Dans la chapelle de Lambader à Plouvorn, le visiteur découvre dès son entrée par la porte nord un beau groupe de la Présentation au Temple, et de l'autre coté de l'allée centrale de la nef, une Fuite en Égypte dominée par une Vierge de l'Annonciation agenouillée à son prie-Dieu. Tout cela est en beau kersanton gris à grain fin et suscite son intérêt. Lorsqu'il fait le tour du jubé, il découvre ensuite, de belles statues de bois polychrome, mais aussi, à nouveau en kersanton, une Vierge pleurante aux sept douleurs, une sainte Marguerite sortant de son dragon, et un saint Jean l'évangéliste avec son aigle. Mais au fond de la nef, dans une obscurité que la lumière venant des baies ouest accentue encore par effet de contre-jour, il trouve assemblé du coté sud-ouest une dizaine de personnages formant une Nativité entourée des Bergers et des Mages, tandis qu'au nord-ouest, c'est un bric-à brac de statues reliées par le thème de la Passion qui ont été rassemblées. Sans parler des trois statues de saints posées sur des consoles contre les murs adjacents.

Sa curiosité s'embrase, et s'il consulte la "plateforme ouverte du patrimoine" Pop-culture liée à la base Mérimée, il apprend que l'Adoration des Mages et la Fuite en Égypte, classés depuis 2014, sont "en pierre" (sic) et datent du XVe siècle, après avoir été initialement datés du XVIe siècle.

Pour peu qu'il ait exploré les œuvres sculptées, en kersanton, issues des ateliers de Basse-Bretagne au XVe siècle, notamment les œuvres de l'atelier ducal du Folgoët, il peut  s'étonner d'une datation si précoce (la région ne conserve pratiquement pas de sculptures en kersanton antérieures à 1423), ce qui suscite le désir de découvrir des travaux consacrés à ce corpus assez exceptionnel, et dont les auteurs motiveraient leurs affirmations. Il se reporte aux écrits du chanoine Abgrall (" quelques vieilles statues en pierre représentant la nativité de Notre-Seigneur, l'adoration des bergers et des mages, Notre-Dame de Pitié, saint Goueznou, saint Divy, saint Patern et saint Guénolé."), de L. Le Guennec (dont la monographie sur la chapelle n'est hélas plus accessible) qui écrit "Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit (sic), provenant de l'ancien Calvaire", de V.H. Debidour, de H. Pérennès, et de Le Seac'h, mais il ne récoltera que quelques bribes assez générales.

Dès 1838, Fréminville en constataient la présence " renversées et mutilées, leurs débris gisant sur le gazon dans le préau ou cour".

En 1864, Pol de Courcy écrit

"Vis-à-vis de Lambader se dresse une croix gothique dont les branches sont chargées des principaux personnages de la Passion. Plusieurs de ces statuettes, renversées par la tempête, ont été employés à macadamiser la route, d'autres jonchent aujourd'hui les douves de cette même route, sans que la fabrique de Plougourvest prenne souci de les rétablir sur leurs piédestaux."

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Que dit René Couffon, (auteur par ailleurs d'Evolution de la statuaire en kersanton) ? Il décrit  :

 "Statues en kersanton, dont plusieurs proviennent d'un calvaire monumental détruit : groupe de la Présentation au Temple, Fuite en Egypte, XVIè siècle (C.), Adoration des mages, XVIè siècle (C.), Vierge de l'Annonciation, Notre Dame des Sept Douleurs, Vierge Mère assise sur un trône, les trois Marie au Calvaire, sainte Marguerite, saint Jean l'Ev., saint Divy (S:DIVI), saint évêque (S.GOUYNIE), saint Gouesnou (S.GOUESNOU), saint Patern (S.PATERNE), Ange de l'Annonciation (décapité), Christ de calvaire (mutilé)". C'est pour l'instant  l'énumération la plus complète, avec une datation du XVIe siècle."

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Pour ma part, je viens de décrire le jubé de Lambader, et j'ai constaté que si sa datation la plus fréquemment mentionnée est celle de 1510-1520, on doit tenir compte d'une donation par Marc de Troërin en 1534 pour d'importants travaux de réfection du chevet et de réparations de l'ensemble du lieu. Dans le même ordre d'idée, la maîtresse-vitre datait de 1543, et la partie ancienne du calvaire est datée vers 1550. Le milieu du XVIe siècle est une période importante de créations, certes pour le gros-œuvre mais aussi pour le mobilier et sans doute la statuaire. 

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Après ces errances, j'accède enfin à deux descriptions d'Yves-Pascal Castel.

La première est la rubrique , datant de 1980, de son Atlas des Croix et Calvaires du Finistère :

"2385. Lambader, dans la chapelle, kersanton. Vers 1550, vestiges d’un calvaire dont certaines pièces sont placées à la croix de Spernen en Plougourvest (no 1977). Fuite en Egypte. Présentation au temple, Vierge de l’Annonciation, Vierge aux sept glaives, Nativité, saintes femmes, Crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

 

La seconde a été publiée dans le Courrier du Léon  en 1995 :

"Dans l'église Notre-Dame de Lambader sont réunies un certain nombre de sculptures en pierre de kersanton. Certaines proviennent de toute évidence d'un calvaire, tel le nœud creusé d'une large cavité pour l'assemblage au fût, et d'un autre pour recevoir la croix. Le nœud orné d'anges est assorti d'une console pour porter une statue. L'écusson aux cinq plaies, deux mains, deux pieds et un cœur est parfois appelé le blason des carriers. Un Christ mutilé est rangé dans un angle de la chapelle. Ces vestiges sont à mettre vraisemblablement en relation avec les statues géminées de la Vierge et de la Madeleine, de Jean et de Pierre replacées sur le calvaire de l'enclos, à l'époque moderne (n° 2385) par une famille qui l'a timbré du blason aux trois tours de Crec'hquérault (?).

Des groupes conservés dans la chapelle, on peut se demander s'ils ont autrefois fait partie d'un calvaire. L'Annonciation, la Nativité, la Circoncision, la Fuite en Égypte, la Vierge des douleurs sont d'excellente facture, mais d'une main différente de l'atelier Prigent ? Découvrant ainsi un nouvel atelier de sculpture dans le domaine du kersanton, on peut légitimement attribuer ces sculptures à un maître anonyme que l'on nommera le maître de Lambader".

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Si nous ajoutons à ces vestiges ceux replacés sur la croix (voisine de la chapelle) de Croas-Lambader en Plougourvest, mais aussi  deux statues en kersanton venant de Lambader et ornant la façade de la chapelle Saint-Trémeur du château de Keruzoret, le corpus est de taille vraiment conséquente. Et même s'ils ne relèvent pas tous du même atelier, et ne proviennent  pas tous d'un calvaire, de moins les différents groupes de l'Enfance du Christ et de la Passion, qui forment un ensemble séquencé,  supposent au départ un calvaire monumental.

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Je présenterai ces statues selon la chronologie de la Vie de Marie, de l'Enfance du Christ et de la Passion.

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Annonciation

Nativité, Annonce faite aux Bergers, Adoration des Mages et des Bergers.

Présentation au Temple

Fuite en Égypte

Crucifixion

Nœud de calvaire : les Cinq Plaies.

Saintes Femmes

Vierge à l'Enfant, assise.

Vierge aux sept glaives.

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LA VIERGE DE L'ANNONCIATION.

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La Vierge est représentée devant son livre de prières ouvert sur le prie-Dieu, à coté du vase fleuri symbolisant sa féconde virginité. 

Son visage est rond, avec un front épilé,  des sillons naso-labiaux soulignés, un philtrum présents et une petite bouche au dessus d'un menton pointu. Ses cheveux non retenus (privilège des jeunes filles) descendent bas au dessus de son manteau. La main droite est posée sur la poitrine, indiquant son acceptation à l'Annonce de l'ange, tandis que la main gauche, posée sur le livre, peut signifier qu'ainsi se réaliseront les Écritures.

La robe  dont le col remonte au ras du cou est lisse et ajustée sur le buste, puis plissée en dessous d'une ceinture nouée.

Si nous comparons cette Vierge à celle des Annonciations que j'ai réuni en comparatif dans mon article sur l'Arc de triomphe de Saint-Thégonnec retrouve de nombreux points de parenté, mais aucune ressemblance convaincante avec un sculpteur en particulier.

Annonciation ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Annonciation ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
Annonciation ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Annonciation ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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Vestige d'un Ange de l'Annonciation ?

Sous la baie nord-ouest du fond de la nef. La tête et les bras sont brisés, mais on identifie le personnage à sa position de chevalier servant un genou à terre ou à sa tunique recouverte d'un surplis.

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Ange ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Ange ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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DIEU LE PÉRE TENANT L'ORBE, SUR DES NUÉES.

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Il se trouve au fond de la nef coté nord, mais je le place ici par rapprochement avec celui de l'Annonciation de l'arc de triomphe de Saint-Thégonnec, ou du porche de Rumengol, ou du calvaire de Pleyben. Il porte une robe plissée, serrée par une ceinture nouée,  sous une chape fermée par un bouton rond, et il bénit de la main droite le globe terrestre.

Il est vraisemblable que cette Annonciation occupait un emplacement clef, un lieu de transition (porte, porche).

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Dieu le Père ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Dieu le Père ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LA NATIVITÉ ET L'ADORATION DES BERGERS ET DES MAGES.

 

Au fond de la nef, au sud-ouest.

Sous l'ange de l'Annonce aux Bergers, les trois Rois et trois bergers sont réunis autour de la Vierge, de Joseph et de l'Enfant-Jésus.

Beaucoup de ces statues sont brisées à leur base.

 

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Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La Nativité.

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L'Enfant-Jésus, nu, est à plat dos sur une crèche en osier tressé. La similitude avec l'Enfant de la Présentation au Temple (infra) est évidente, puisqu'il est représenté en Sauveur du Monde, bénissant de la main droite l'orbe tenu dans la main gauche.

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Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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La Vierge, agenouillée,  se penche vers lui, les mains jointes. Son visage est ovale, avec des yeux ourlés, et un nez droit dont les narines ne se développent en bulbe qu'à l'extrémité.

Elle porte un manteau dont les pans ne sont pas réunis par un fermail mais dont les angles supérieurs se maintiennent seuls devant les épaules en donnant l'impression d'une étoffe très ferme. Ce manteau se retrouve aussi dans la Vierge de la Présentation au Temple et de la Fuite en Égypte.

La robe, et la chemise, ont un col rond au ras du cou. Comme dans l'Annonciation, la robe est lisse et ajustée sur le buste, et plissée sur la jupe ; les manches sont également plissées, transversalement.

Les cheveux sont retenus par un voile que j'ai choisi de nommer bandeau occipital dans ce blog., car après avoir couvert l'arrière des cheveux, il passe devant eux, et derrière la nuque. Il tourne encore une fois autour des mèches de cheveux dans le dos de Marie. Ce bandeau occipital a une valeur de marqueur stylistique indiscutable  au XVIe et début XVIIe siècle en Basse-Bretagne, mais ne peut être attribué à un seul atelier de sculpture. On le voit par exemple, dans le comparatif déjà cité, sur l'Annonciation du porche de Pleyben (Prigent, vers 1555 ), mais aussi sur celle du porche de Saint-Thégonnec (Roland Doré, vers 1625-1635).

Sur le calvaire de Lambader (Prigent , v.1550), il retient les cheveux de Marie-Madeleine.

 

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Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Saint Joseph.

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Agenouillé également, il tient son bâton de marche entre le bras gauche et le torse, et entre les deux mains, un objet cylindrique qui ne peut être qu'un cierge, si on se rapporte à l'iconographie des Nativités (ici, par Robert Campin).

Il n'est pas représenté comme un vieillard, mais comme un bel homme, à la barbe taillée et aux cheveux aux mèches peignées. La moustache part en V inversé du coin des narines, laissant libre le philtrum (à la différence du Maître de Plougastel et de Roland Doré (Saint-Thégonnec), où les moustaches démarrent sous les narines).

Sous un manteau assez semblable à celui de Marie, il porte une robe serrée par une ceinture, ouvert par devant par une courte fente fermée par deux boutons ronds.

 

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Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Les trois Mages.

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Melchior est agenouillé  tête nue et présente un récipient ouvert contenant l'or. Il a ôté sa couronne qui est posée sur sa robe entre ses genoux.

 

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Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Gaspard porte une couronne fleuronnée et perlée. Il  présente une coupe fermée par un couvercle, et qui, selon la tradition, doit contenir de l'encens.

Il est en armure (nous voyons les jambières) mais celle-ci est recouverte d'une tunique, d'un manteau, et d'un camail.

Derrière lui,  Balthazar, dont la tête manque, porte la myrrhe. Sa tunique est la plus courte. Il était souvent représenté avec un visage africain, imberbe, une boucle à l'oreille.

 

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Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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L'Annonce faite aux Bergers et l'Adoration des Bergers.

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Deux bergers, leur chien et quatre moutons sont sculptés dans le même bloc de kersantite. L'un des bergers tient sa houlette, bâton à l'extrémité dilatée et formant une crosse. Il est renversé en arrière et témoigne, par sa main ouverte, de sa stupeur devant l'apparition de l'ange du Seigneur. Il faut relire Luc:2 pour se souvenir de la frayeur suscitée par l'Annonce de la naissance d'un Sauveur :

"Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. "

À ses cotés, un autre berger joue d'une trompe, peut-être selon le chant traditionnel "jouez hautbois resonnez musettes", car de très nombreuses enluminures montre ce musicien (jouant souvent de la cornemuse). Grandes Heures d'Anne de Bretagne    Heures dites de Henri IV

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Annonce aux Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Annonce aux Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Un berger debout.

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Son visage est proche de celui de Joseph. Il est vêtu d'un manteau fermé par un bouton rond, et il tient dans la main la houlette de berger. Il s'incline respectueusement, le chapeau rond maintenu contre la poitrine.

Des rides horizontales sont tracées en ligne gravées sur le front (comme le fait le Maître de Saint-Thégonnec).

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Adoration des Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Une sage-femme (Zélomi ou Salomé).

Sur ce personnage fréquemment représenté sur les Nativités peintes, voir :

 

https://www.lavieb-aile.com/article-vierges-couchees-et-livres-d-heures-de-rennes-suite-113133129.html

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L'identification n'est bien-sûr pas certaine. La femme a la tête couverte d'un voile qui se confond avec le manteau ; elle porte une robe serrée à la taille par une ceinture nouée. Elle écarte ses deux bras, les deux paumes se faisant face.

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Sage-Femme  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Sage-Femme ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Sage-Femme  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Sage-Femme ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Ces statues servent de crèche pour les fêtes de Noël.

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Crêche  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Crêche ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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II. PRÉSENTATION AU TEMPLE.

À gauche de la nef, en face de la porte d'entrée latérale (nord) contre un  pilier

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La table d'offrande coté nord.

Notre-Dame de Lambader est l'objet de pèlerinages depuis au moins  le XVe siècle (1432), et des femmes y affluaient, aux fêtes de la Vierge et le Lundi de Pentecôte, et en 1856, le curé témoignait encore : " Une des dévotions consisterait à demander l'usage de la parole aux petits enfants qui sont tardifs à parler. Les offrandes qui se donnent à la chapelle les jours où on y fait l'office, consistent en argent, vêtements de femmes, lin, cire, etc...". Ces offrandes étaient placées sur ces tables." Sur le porche ouest, deux panneaux montrent deux groupes de pèlerins (six hommes et six femmes) à genoux devant la Vierge.

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Cette table d'offrande en kersanton, de style Renaissance porte trois masques humains en moyen-relief entre deux volutes. Emmanuelle Le Seac'h a attribué cet autel au Maître de Plougastel (1570-1621) et a remarqué le sillon naso-labial et le philtrum apparent de ces masques.

Je note les yeux en amande ourlés d'un double trait, les cheveux écartés dégageant largement le front, et pour le personnage inférieur la double ride frontale entre les yeux.

Un probable blason a été martelé.

E. Le Seac'h ne précise pas sa datation de cet autel ; mais elle attribue (cf. infra) au même sculpteur la statue de saint Christophe provenant de la chapelle et qui porte par inscription la date de 1600.

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Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La scène représente une Présentation au Temple, et non une Circoncision, comme en témoigne le panier contenant les deux colombes, offrande rituelle d'une Présentation. D'autre part, le grand prêtre tient l'Enfant dans ses bras mais ne tient aucun instrument.

« Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.» Luc 2,21-40

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9sentation_de_J%C3%A9sus_au_Temple

https://fr.wikipedia.org/wiki/Circoncision_de_J%C3%A9sus

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Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Saint Joseph tient à la fois un cierge et le panier d'osier tressé aux deux tourterelles (ou colombes).

Dans les peintures et enluminures, où les personnages sont plus nombreux, ce sont le plus souvent des servantes qui portent ces accessoires.

Joseph est vêtu d'un manteau à capuche et aux pans attachés par un bouton, et une robe à fente pectorale.

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Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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Le grand prêtre porte une mitre à fanons et une chape. Il dépose sur l'autel l'Enfant-Jésus, qui est nu, mais qui est figuré en Sauveur du Monde, bénissant l'orbe tenu en main gauche.

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Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge qui porte le même manteau que dans la Nativité, tend la main droite dans un geste de présentation.

Le visage est ovale, le front épilé et très dégagé par les deux mèches de cheveux, les yeux ourlés, la bouche petite et concave au dessus d'un petit menton à fossette. Le philtrum est précisé.

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Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LA FUITE EN ÉGYPTE.

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La scène occupe, à droite de la nef sur une table d'offrande et contre un pilier, une position symétrique à la précédente.

 

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Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge, voilée, tient dans ses bras son enfant solidement emmailloté.

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Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Joseph, en avant, tient l'extrémité du licol, et une canne coudée obliquement. Il porte le même manteau que dans la Présentation, mais dont la capuche recouvre la tête. Par contre, la robe a laissé place à une courte tunique serrée par une ceinture de cuir. Les jambes sont protégées par des houseaux et les pieds par de solides chaussures. Cette tenue se rapproche de celle des paysans bretons.

L'amande des yeux est dessinée par un trait gravé. La ride frontale verticale est marquée.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La table d'offrande présente deux possibles blasons, dont le dessin, identique à droite et à gauche,  a été partiellement martelé.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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VESTIGES D'UN CHRIST EN CROIX.

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Christ en croix (vestiges) ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Christ en croix (vestiges) ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Christ en croix (vestiges) ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Christ en croix (vestiges) ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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VESTIGES D'UN NOEUD DE CROISILLON: LES CINQ PLAIES .

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Le nœud montre d'un coté un ange présentant une sorte de blason carré  muet, et de l'autre  les Cinq Plaies du Christ, celles des mains et des pieds qui ont été transpercés par les clous, et celle du cœur censé avoir été transpercé par le coup de lance de Longin (bien que le texte évangélique précise que ce coup ait été porté sur le flanc droit).

Ce motif relève de la dévotion du sang, des plaies et des souffrances du Christ lors de la Passion, qui est la raison même des calvaires.

https://www.lavieb-aile.com/2020/11/devotion-franciscaine-aux-plaies-du-christ-a-la-cour-ducale-de-bretagne-au-xve-siecle-l-exemple-d-isabelle-stuart.html

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Il a été reproduit sur le calvaire du placître de Lambader au XXe siècle.

Le calvaire (kersantite, XVIe siècle vers 1550, atelier Prigent, et anonyme, 1910)  de la chapelle de Lambader en Plouvorn.

 

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Nœud de calvaire  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nœud de calvaire ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Blason aux sept plaies  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Blason aux sept plaies ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LES SAINTES FEMMES.

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Ces trois femmes sont, à la réflexion, d'interprétation difficile, car si deux d'entre elles sont voilées, celle du centre est tête nue, avec de longs cheveux. Ce serait Marie-Madeleine, mais qui tient ses mains jointes au lieu de tenir son attribut, le flacon d'aromates.

À ses cotés, ce serait Marie-Salomé et Marie-Jacobé, composant au total un groupe dit des Trois Marie.

La femme en retrait à notre gauche porte la guimpe et tient un chapelet, motif surprenant.

 

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Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE À L'ENFANT ASSISE.

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La Vierge est assise sur une cathèdre et tient sur ses genoux son Fils figuré comme un enfant nu, dont la tête a été brisée.

La raideur de la posture de Marie me rappelle les groupes d'Anne trinitaire, où nous retrouvons ce type de siège, et, après tout, l'enfant pourrait être Marie dans les bras de sainte Anne. Néanmoins, je ne retiens pas cette hypothèse.

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Le visage de la  Mère et très rond pour sa moitié supérieure. Les yeux sont ourlés, la boche et le menton petits. Les pans du manteau sont réunis par une large patte.

La coiffure au bandeau occipital, déjà notée sur la Nativité, vient enrubanner chaque natte.

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Vierge à l'Enfant ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE AUX SEPT GLAIVES (OU AUX SEPT DOULEURS).

 

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Au centre de la poitrine de Marie s'entrecroise sept glaives, symboles des sept douleurs de la Mère de Dieu, dont on trouve facilement la liste.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame_des_Douleurs

Des larmes s'écoulent des yeux de la Vierge, mais elles sont bien différentes des trois larmes que l'atelier Prigent a sculpté sous les yeux de Marie, de Jean et de Marie-Madeleine éplorés au pied de la Croix (calvaire de Lambader) ou sur leurs Déplorations.

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Vierge aux sept glaives ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge aux sept glaives ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge aux sept glaives ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge aux sept glaives ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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DISCUSSION.

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I. À Plouvorn, certaines œuvres sculptées en kersanton du XVIe siècle ont été attribuées à des ateliers bien identifiés :

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L'atelier Prigent.

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1°). Un monument aux morts du cimetière de Plouvorn renferme une Vierge de Pitié dont les trois larmes font discuter une attribution à l'atelier Prigent.

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2°). Le calvaire de la chapelle de Lambader est attribué à l'atelier des Prigent et daté vers 1550.

Le calvaire (kersantite, XVIe siècle vers 1550, atelier Prigent, et anonyme, 1910)  de la chapelle de Lambader en Plouvorn.

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3°) Le calvaire de Croas Lambarder, à Plougourvest mais tout proche de la chapelle de Lambader sur la route qui y mène, est également daté vers 1550  par Y.-P. Castel et ses statues géminées (Vierge/Pierre et Jean/Madeleine) sont sans-doute de l'atelier Prigent par concordance des dates et présence des trois larmes sous les yeux de Marie, Jean et Marie-Madeleine comme sur le calvaire précédent.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plougourvest.html

Par contre, probablement au XIXe siècle, il a accueilli sur son emmarchement deux groupes sculptés en kersanton qui, selon Y.-P. Castel repris par Tanguy, proviendraient de la chapelle de Lambader : une Vierge de Pitié, et un Jésus parmi les Docteurs.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550-1600) de Croas-Lambader.

Elle a la tête brisée. La forme générale de la Mère voilée dans son manteau est triangulaire, et elle soutient sur ses deux genoux écartés le corps de son Fils, par une main placée sous la tête et une autre sur la cuisse droite. Le Christ forme une diagonale oblique vers le haut et la gauche et ses plaies des mains sont exposées, le bras droit fléchi pend (un peu maladroitement) le long de la jambe maternelle tandis que le bras gauche repose le long du corps.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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Jésus parmi les Docteurs (kersanton, vers 1550-1600) de Croas-Lambader.

L'interprétation de ce groupe est difficile, notamment car il est camouflé (comme la Pietà) par les rosaces blanches, gris-vert ou rosées de lichens. Mais Yves-Pascal Castel a raison d'y voir Jésus parmi les Docteurs, grâce à l'attitude émerveillée des assistants, et malgré l'absence de Jésus qui occupait sans doute la place la plus haute au centre.

Les quatre personnages, assis en tailleur devant un pupitre à degrés,  lèvent tous la tête et le regard vers le haut, et écartent les paumes vers l'orateur en signe d'admiration. Deux portent le chapeau conique des Juifs, tandis que deux autres portent le bonnet carré des docteurs en théologie du XVIe siècle (ou un bonnet à rabat). Trois sont barbus. Deux portent un manteau à large rabat sur le col.

Je ne peux être plus précis, car leur ghillie suit est terriblement efficace, tant pour mon regard que pour la capacité de discrimination de mon objectif photo.

La scène est rare dans la sculpture en kersanton (porche de La Martyre), mais on la trouve, dans une composition très différente, sur le calvaire monumental de Plougastel.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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L'atelier du Maître de Plougastel.

1°). La table d'offrande de la nef de la chapelle de Lambader, coté nord, est attribuée par E. Le Seac'h à l'atelier du Maître de Plougastel.

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2°). La façade ouest de la chapelle Saint-Trémeur du château de Keruzoret en Plouvorn montre, dans deux niches, les statues en kersanton de saint Trémeur tenant sa tête, et de saint Christophe.

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:1156_Ch%C3%A2teau_de_Keruzoret_chapelle_Saint-Tr%C3%A9meur.jpg

Le socle de cette statue porte l'inscription S:XPÕFLE 1600 :E.I.

Or, cette statue provient de la chapelle de Lambader et a été donnée par l'évêque au début du XXe siècle en remerciement des travaux offerts par la famille de Menou pour l'église de Plouvorn.

"Saint Christophe, la tête rejetée sur le coté, s'appuie sur son bâton, les jambes nues pour traverser une rivière poissonneuse. L'Enfant-Jésus, assis sur ses épaules, tient un globe dans la main gauche. Son visage est lisse et rond avec des cheveux mi-longs. Celui du saint rappelle les Apôtres et Évangélistes rencontrés jusqu'ici. Elle est de la plus belle facture du Maître de Plougastel.

La niche centrale contient une statue de saint Pierre, mitré, un livre ouvert dans la main gauche et tenant une clé géante dans la main droite. Le contour des yeux creusé et le modelé arrondi du visage sont caractéristiques de l'atelier." (E. Le Seac'h p. 194)

J'identifie plutôt le personnage mitré comme un saint abbé (Guénolé ?) tenant sa crosse.

Il existe aussi dans la niche latérale gauche une statue en kersanton de saint Trémeur (saint éponyme de cette chapelle), portant l'inscription S : TREMER en lettres gothiques.

On trouve aussi, encadrant la porte, deux anges sous un culot, comme on en voit aux extrémités de croisillons des calvaires, notamment à Lambader.

Je remarque qu'un Christophe de Troërin, écuyer, né vers 1590 à Plouvorn, est attesté par les généalogistes.

https://gw.geneanet.org/jmgarion?n=de+troerin&oc=&p=christophe

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Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint abbé (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint abbé (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint abbé (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint abbé (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

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Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Anges, vestige de calvaire, (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Anges, vestige de calvaire, (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Anges, vestige de calvaire, (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Anges, vestige de calvaire, (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

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II. Un calvaire de Plouvorn, celui de Kerzesquez, Kerzescouez,  date vers 1550 et comporte un  socle cantonné de petits masques, l'inscription  M.I. PEZRON, calice.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

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Au total.

Ces éléments montrent, si on admet les datations proposées mais jamais basées sur des inscriptions,  l'intervention à Plouvorn de l'atelier des Prigent (1527-1577) dans les années 1550, peu de temps après la restauration et le ré-aménagement de la chapelle de Lambader entre 1534 et 1543. 

Néanmoins, on ne retrouve sur les statues de kersanton conservées dans la chapelle aucun des caractères stylistiques des Prigent (par exemple le voile replié et rigide ou "coqué" de Marie, ou les trois larmes en goutte d'eau, même si ces dernières ne peuvent concerner que les saints personnages au pied de la croix).  Et l'un des meilleurs connaisseurs des ateliers de sculpture, Yves-Pascal Castel, n'en n'a pas proposé l'attribution.

D'autre part, E. Le Seac'h attribue au  Maître de Plougastel dont l'atelier a succédé, à Landerneau, aux Prigent dans la sculpture du kersanton, deux statues provenant de la chapelle, et une table d'offrande. Par contre,  Yves-Pascal Castel, qui connait très bien cet atelier pour en avoir le premier défini le style "hiératique" (Ann. Bret. 1983), n'a pas proposé cette attribution.

Si malgré tout, nous suivions Le Seac'h dans sa proposition, il faudrait sans doute envisager de l'étendre à l'ensemble de la statuaire de kersanton que je viens de décrire, et dont le style est homogène. Et, du même coup, attribuer à ce groupe la date de 1600 inscrite sur le Saint-Christophe.

Je ne retrouve  pas non plus les caractères du Maître de Saint-Thégonnec (comme les rides frontales horizontales, sauf dans un cas).

Le catalogue des œuvres attribuées au Maître de Plougastel par Le Seac'h est publié ici :

https://fr.qaz.wiki/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

J'ai décrit dans ce blog un certain nombre d'œuvres du Maître de Plougastel :

 

Yves-Pascal Castel écrit à son propos (Ann. Bret. 1983) : 

"Au début du XVIIe siècle on décèle deux ateliers que l'anonymat des créateurs oblige à classer sous les titres du maître de Plougastel-Daoulas et du maître de Saint-Thégonnec.

Le calvaire de Plougastel-Daoulas, 1602-1604, aux confins du Léon et de la Cornouaille affiche un hiératisme que d'aucuns estiment figé par rapport à l'exubérance de Guimiliau. Mais il fait école car nombre de calvaires dans le Léon, non datés, se rattachent au maître de Plougastel. Les monuments de Gouesnou, Guipronvel, Locmélar, La Roche et Saint-Sauveur, entre autres, participent de cette esthétique austère, acheminant le calvaire vers un certain classicisme qui n'exclut pas des schémas de convenance."

 

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Conclusion

On peut s'étonner que, depuis l'unique article de Castel sur cet ensemble de statues dans le Courrier du Léon de 1995, ses conclusions n'aient pas été discutées par d'autres auteurs, notamment par E. Le Seac'h.

Il semble certes prudent de reprendre la proposition d'Y.-P. Castel de voir dans ce riche corpus le travail d'un sculpteur distinct, nommé du nom de convention "Maître de Lambader", actif vers 1550, mais il faudrait alors re-discuter les attributions des 2 calvaires, celui de la chapelle et celui de Craos-Lambader, qui datent de la même période

Il me semble plus audacieux  de ne pas écarter la suggestion d'E. Le Seac'h, et de retarder la datation vers 1600.

Mais pourrions-nous nous accorder sur un certain nombre de caractères stylistiques propres au corpus des statues de kersanton de Lambader ? Je propose :

Un visage rond pour la moitié supérieure puis ovale s'achevant par un petit menton retroussé.

Les yeux en amande effilée aux deux extrémités, et aux paupières ourlées, avec un regard fixe et absent.

Des sourcils en arc haut situé. 

Une bouche petite et concave sous un philtrum creusé.

 Les cheveux écartés de part et d'autre du visage à partir d'une raie  médiane qui dégage le front très loin vers le vertex, comme s'il était épilé.

Des moustaches partant souvent du coin de la narine et formant un V inversé ou deux virgules.

Des barbes sculptées en mèches parallèles recourbées en hameçon plus ou moins accentué.

Des manteaux masculins fermés par une patte ronde boutonnée.

Des robes masculines seulement ouverts par une courte fente à 2 boutons

Des manteaux féminins à pans écartés formant des pointes

Des voiles féminins rigides formant un carré à peine adouci,  mais sans plis (à la différence des Prigent)

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La comparaison avec d'autres œuvres du même atelier est difficile en raison du grand nombre de calvaires du Catalogue, ou de séries d'apôtres et évangélistes alors que nous avons affaire ici à des scènes de l'Enfance du Christ. Nous pouvons nous rapporter aux scènes analogues du pourtour du Calvaire de Plougastel, mais il s'agit de bas-relief et non de statues en ronde-bosse. On trouve un Mariage de la Vierge, une Nativité, une Adoration des Mages, une Circoncision, une Fuite en Egypte (dont l'enfant emmailloté est semblable à celui de Lambader).

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N.B Je décrirai dans un autre article les statues des saints (Jean, Pattern et Gouesnou) que j'ai écarté de cet article, ainsi que la statue de Notre-Damme de Lanbader du porche ouest.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie, L'Architecture bretonne

 

"Dans la paroisse de Plouvorn, la chapelle de LAMBADER a été entièrement reconstruite avec son clocher, en 1877- 1881,. et malgré cela on peut toujours la considérer comme ancienne, c.ar on a reconstitué aussi fidèlement que possible l'édifice primitif en se servant des anciens matériaux, de sorte que la chapelle, rajeunie et consolidée, possède cependant l'aspect digne et respectable d'un monument des vieux âges. Ce qui est le plus remarqué et le plus vanté à Lambader, c'est le clocher, dont la vanité locale ose presque faire un rival du Creisker. Comme détails particuliers d'architecture il y a à observer la porte sous le clocher, ornée de belles colonnettes, et dont l'archivolte à plein-cintre est composée de moulures et de tores avec dos de carpe; puis le petit porche Nord percé de deux portes ornées de colonnettes et séparées par un léger trumeau, au haut duquel est une Sainte-- Marguerite agenouillée sur son dragon. Au chevet, sous la -grande fenêtre, est une petite sacristie ou chambre du trésor, toute bâtie en pierres de taille, en y comprenant même le toit. A l'intérieur on est agréablement surpris à la vue des belles dimensions et des belles proportions de l'édifice, qui se compose d'une nef et de deux bas-côtés donnant une largeur de 13 m. 90 sur une longueur de 28 mètres, le tout divisé en huit travées."

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère Plouvorn n°2385 et 2386.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

2386. Lambader, placître, g. k. 6 m. XVIè, XIXè s. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût rond, écots. Croisillon, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre (décapitée). Croix, branches rondes, crucifix, écu. [YPC 1980]

2385. Lambader, dans la chapelle, k. Vers 1550, vestiges d’un calvaire dont certaines pièces sont placées à la croix de Spernen en Plougourvest (no 1977). Fuite en Egypte. Présentation au temple, Vierge de l’Annonciation, Vierge aux sept glaives, Nativité, saintes femmes, Crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal), 25 mars 1995, A la découverte des croix monumentales, Plouvorn. Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3fb594a410e97c243be96830ef21eeda.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— COUFFON, (René), LE BARS, Alfred), 1988, "Plouvorn",  Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/PLOUVORN.pdf

"Statues en kersanton, dont plusieurs proviennent d'un calvaire monumental détruit : groupe de la Présentation au Temple, Fuite en Egypte, XVIè siècle (C.), Adoration des mages, XVIè siècle (C.), Vierge de l'Annonciation, Notre Dame des Sept Douleurs, Vierge Mère assise sur un trône, les trois Marie au Calvaire, sainte Marguerite, saint Jean l'Ev., saint Divy (S:DIVI), saint évêque (S.GOUYNIE), saint Gouesnou (S.GOUESNOU), saint Patern (S.PATERNE), Ange de l'Annonciation (décapité), Christ de calvaire (mutilé)

— DANIEL (Tanguy), 1996, La chapelle de Lambader en Plouvorn,   Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires - Association bretonne et union régionaliste bretonne,  Congrès de Saint-Pol-de-Léon juin 1996 tome CV p. 50.

"On remarquera aussi et surtout les restes d'un ancien calvaire monumental, présenté en désordre en quatre endroits de la partie basse de la nef : une Présentation au Temple, une Annonciation et une Fuite en Égypte, une Nativité, un Christ (mutilé) et les Trois Marie. Il est possible que d ' autres éléments de ce grand calvaire figurent sur la croix de Spernen ( dite aussi Croaz - Lambader ) , à Plougourvest . Aucune date ne figure sur ces sculptures dont le style est celui du milieu du XVIe siècle . » .

 

https://books.google.fr/books/about/Comptes_rendus_proc%C3%A8s_verbaux_m%C3%A9moires.html?id=Ka0iAQAAIAAJ&redir_esc=y

 

— DUCOURET (Jean-Pierre), 1971, Inventaire pour le Patrimoine dossier IA00005484

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-lambader-plouvorn/8e820a5c-91e6-410a-9857-c05679006ec6

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005484_01.pdf

FRÉMINVILLE ((chevalier Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville) 1832, Antiquités de la Bretagne: Finistère, Volume 1, Lefournier et Deperiers, 1832 p. 69

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&dq=lambader&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

"Plusieurs statues ornaient jadis l'église de Lambader, elles ont été renversées et mutilées, leurs débris gisent sur le gazon dans le préau ou cour du monastère. J'en remarquai une qui me frappa par le fini et la précision de son travail, elle représente un chevalier armé de toutes pièces , tenant l'épée nue sur l'épaule ; la forme de son armure indique la fin du quatorzième siècle. On remarque au bas de la cuirasse l'assemblage de pièces de lames transversales qui recouvre le défaut des cuissards et que l'on nommait tasseltes ou braconnière. La tête de cette statue a malheureusement été brisée ( Pour préserver cette statue de mutilations plus considérables, M. le marquis du Dresnay en a fait récemment l'acquisition et l'a fait transporter à Saint-Pol de Léon , où elle est placée dans son jardin. ) : je présume qu'elle représentait quelqu'un des commandeurs de Malte titulaires de la commanderie de Lambader. Ce ne peut être un templier, car, lors de la destruction de l'ordre du temple, les .chevaliers portaient encore le haubert ou armure entièrement en mailles, celle que l'on voit ici est celle de plaque et de lames adoptée au quatorzième siècle."

 

GALLIC (Kristian), Le jubé de Lambader

https://www.youtube.com/watch?v=R8v-UGsxanQ&ab_channel=DanielleRopars— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat brochure in-8°, 88 pages.

 — GALLIC (Kristian), PLOUVORN INFORMATION mars 2017 n°3 

https://fr.calameo.com/read/0047577681bc06131f887

LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

"On vénère à Lambader une belle statue en kersanton de Notre-Dame. Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit, provenant de l'ancien Calvaire. La maîtresse vitre contenait un brillant vitrail de 1543, qui a été brisé vers 1845 et remplacé, dans sa partie basse, par une maçonnerie, et dans sa partie haute, par un voile rouge. On en voit quelques débris à la chapelle de Keruzoret, ainsi qu'un saint Christophe et un saint Trémeur portant sa tête entre ses mains."

— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages. Non consulté.

"La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument."

 https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1911_num_27_2_4166

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— MIORCEC DE KERDANET (L.), 1837, Les vies des Saints de la Bretagne-Armorique De Albert LE GRAND ... Avec des notes et observations historiques et critiques par D. L. Miorcec de Kerdanet et revues par M. Graveran. Brest 1837 Page 502

https://books.google.fr/books?id=PIhhAAAAcAAJ&pg=PA502&dq=lanbader&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiF4dfrsr_vAhXH3oUKHbu0B1UQ6AEwA3oECAQQAg#v=onepage&q=lanbader&f=false

 

Texte principal : "Si vous entrez dans Ploumorn (Plouvorn), vous ne pouvez faire beaucoup de chemin , sans remarquer la belle Eglise priorale de N. D. de Lanbader tant pour l'excellence du bastiment, qu'à raison de la grande devotion du peuple qui y aborde de plusieurs endroits. Ceste chappelle est construicte non loin du bourc parrochial , sur la pente d'une colline , prés d'un agreable ruysseau qui fait moudre nombre de moulins, avant de se rendre à l'ocean. Ce lieu est fort consideré par les personnes devotieuses , &, estant limitrophe à plusieurs paroisses de cest Evesché, les pelerins y arrivent en affluence aux festes de la Vierge, & surtout le lundy de la Pentecoste."

Note de Kerdanet : "Cette église est construite dans le style de l'architecture gothique arabe : elle a huit arcades élégantes dans chacun de ses bas-cotés., son clocher est très beau, c'est une tour carrée, ornée d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de quatre clochetons. Cette flèche, toute en pierres de taille, est travaillée à jour, ainsi que les clochetons qui l'accompagnent, dont l'un a été renversé par l'ouragan du 2 février 1836. Le clocher est supporté par des piliers formant trois arcades. Dans le fond est la porte d'entrée de l'église, couronnée d'une statue de la Vierge en kersanton avec ces mots : NOTRE DAME DE LANBADER ». À ses cotés, sont deux encadrements, l'un représentant six moines à genoux, sur trois lignes, et l'autre six religieuses dans la même position. Le dernier encadrement offre le millésime de 1598, et la légende : INTERCEDE P. DEVOTO FEIÕ SEXU » On remarque, de plus, autour de l'église, diverses statues curieuses, telles que celle de saint Christophe, ainsi désignée SXDÕPLE 1600 », et la statue de N.D de Pitié dans l'attitude la plus recueillie et la plus expressive.

Le jubé en bois de Lanbader est aussi fort renommé ; c'est un réseau de sculpture, presque aussi remarquable dans son genre que celui du Folgoët dans le sien : il a 16 pieds ½ de long sur 3 pieds , 9 pouces de large ; ses éventails ont 8 pieds 3 pouces de développement, et sa porte 4 pieds ½ d'ouverture ; son escalier tournant compte 22 marches ; le tout orné de petites statues d'anges, parmi lesquels vient figurer, on ne sait pourquoi, un joueur de biniou (musette)

M. de Fréminville pense que Lanbader était une ancienne commanderie ; il n'en n'est cependant fait aucune mention dans celles du duc Conan IV, de 1160 ; mais on trouvait autrefois, autour de cette chapelle, les propugnacula, turricula et alias munitiones dont parle Pierre Mauclerc das sa charte aux chevaliers du Temple. V. D. Morice, Pr. t. 1er col.638 et 850. Le gouvernement de Lanbader possédait, en 1790, 900 livres de revenu. »

— PENNEC (Cyrille) 1825, Le dévot pèlerinage de Notre-Dame du Folgoët Vatar-Jausions, 1825 - 122 pages

https://books.google.fr/books?pg=PA46&dq=lanbader&id=OQszcnHk2lEC&hl=fr&output=text

L'église de LANBADER, avec un très-beau clocher.

« On trouve en cet endroit plusieurs jolies statues en Kersanton, entre autres celle de S. Christophe, portant la date de 1600. Sur la porte étroite de la chapelle, on a figuré une petite assemblée de moines, et vis-à-vis des religieuses à genoux et les mains jointes, avec cette légende : Intercede pro devoto foemineo sexii ».

 

 

PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

 

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

"Dans le fond de la chapelle on a recueilli une trentaine de statues en pierres de taille qui doivent être les débris d'un ancien calvaire. Plusieurs de ces statues ont beaucoup d'expression dans la physionomie ; malheureusement presque toutes ont été mutilées pendant la révolution. Elles ressemblent comme travail aux statues du calvaire de Guimiliau et doivent être de la même époque."

 

FAUJOUR (Marc), La chapelle Notre-Dame de Kerzéan à Plouescat, ARMMA-SAPRAT : les armoiries possibles d'Audren de Kermel.

https://armma.saprat.fr/monument/plouescat-chapelle-notre-dame-de-kerzean/

L'UNIVERS 27 septembre 1877 Inauguration de la chapelle restaurée sur l'initiative du recteur Hellard. Bénédiction par l'évêque en présence de la comtesse de Kerdrel. Promesse d'indulgence le jour du Pardon le lundi de Pentecôte.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-keruzoret-plouvorn/0fabf1a2-bd3c-4ed6-ae2b-055ceffcfe5f

DIVERS, YOUTUBE

https://www.youtube.com/watch?v=CNQ221jkJZQ&ab_channel=ValentinDluz

https://www.youtube.com/watch?v=k9rsmv2Ih6g&ab_channel=XavierBoderiou

— DIVERS: ARCHIVE 1442.

Lettres et mandements de Jean V: duc de Bretagne, publiés ..., Volumes 4 à 5

Ordre de laisser les chapelains de Lambader et du Merzer jouir des dons qui leur ont été faits.

Vidimus du 10 oct. 1442 (Ar. Loire-Inf., E 83; anc. Ch. des comptes de Nantes).

A Redon, 1433, 13 mars. « Jehan... A nostre bien amé et feal conseiller Auffroy Guinot, nostre tresorier et receveur general, et aux fermiers de cest present impot par nous ordonné de XX s. par pipe estre levé en l'evesché de Leon, salut. De la partie de noz chappelains et orateurs dom Guillaume Baeleuc et dom Jehan le Saux, presbtres et gouverneurs des chapelles de Nostre Dame de Lanbader et du Merzer, nous a esté presentement exposé que, comme puix nagueres nous eussions donné en aulmosnes et de nostre devocion à lad. chapelle de Lambader, dont led. Guillaume est administrator, pour aider à l'eupvre et edifficacion d'icelle chapelle, la somme de quinze 1., à estre poiée sur et dud. impot, en mandant à vousd. fermiers d'en fere le paiement au desir de noz lettres sur ce données le vile jour de decembre darrein; mesmes à lad. chapelle du Merzer eussions voulu et octroié que tout le vin qui fust vendu en detaill en la maison de lad. chapelle par led. dom Jehan et ses commis, qui en est gouverneur, feust quicte de tout devoir d'impot, tant du temps que avenir, pour estre cellui devoir mis et emploié au bien et augmenttacion d'icelle chapelle, comme peust aparoir par noz lettres sur ce données en ceste nostre ville, dabtées du xuie jour de may, l'an mill mcc trante et un; ce neanmoinz, vousd. fermiers n'avez voulu oboir au contenu de nosd. lettres, ainczois les avez contrariées et contrariés, en disant icelles ne vous valoir pas descharge; par quoy lesd. suplians ne ont peu jouir de nosd. dons et octroitz, en grand retardement et prejudice du bien et augmentacion d'icelles chapelles... Pour ce est il que nous..., en ratiffiant nosd. premieres lettres..., octroions ausd. suplians et gouverneurs que ilz joissent desd. dons et octroiz... Et affin de se imformer du numbre desd. vins qui sont et seront venduz aud. lieu du Merzer..., avons commis nostre bien amé et feal conseiller Hervé le Ny, qui de ce vous baillera relacion... Si vous mandons, etc.

Ainxin signé, Par le duc, de sa main. - Par le duc, de son commandement et en son conseill, ouquel : Vous, l'evesque de Triguer, le president, le seneschal de Rennes, messire Pierres Eder et autres estoint. - J. PIRON. »

 


— WIKIPEDIA

Famille Audren de Kermel

https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Audren_de_Kerdrel

Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Chapelles bretonnes. Maître de Plougastel
13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 11:32

Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec).

 

 


 

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Sur Saint-Thégonnec, voir :

 

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Sur les calvaires de Basse-Bretagne, voir :

Ateliers du XVe et début XVIe siècle :

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— atelier du Maître de Quilinen (vers 1500)

 

Atelier Prigent :

 

Atelier du Maître de Plougastel.

 

Atelier du Maître de Saint-Thégonnec (selon Castel et Le Seac'h)

 

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Atelier de Roland Doré.

 

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Divers ateliers.

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PRÉSENTATION.

Voir article partie I.

Si les 41 personnages du pourtour du socle se présentaient en costumes contemporains comme s'ils jouaient, non sans truculence, les scènes du Mystère de la Passion (et une Passion et Résurrection bretonne a été publiée en 1530 puis rééditée), la croix à deux croisillons où le Christ est entouré de ses disciples les plus proches relève d'une mystique du Sang versé, auquel répond l'effusion de larmes des témoins. Si on peut l'associer encore au texte de la Passion et Résurrection bretonne (qui devait être bien connu des paroissiens ayant demandé ce monument), c'est d'avantage le texte du Stabat Mater Dolorosa qu'il faut placer ici en contre-point : ce chant franciscain sera traduit en breton en 1622 par Tanguy Guéguen, chanoine à Morlaix.

Le duché de Bretagne, avant son annexion à la France, s'était montré très attaché au culte des Plaies du Christ : Voir Dévotion franciscaine aux Plaies du Christ à la cour ducale de Bretagne. La province de Bretagne, depuis Anne de Bretagne,  a poursuivi cette vénération, et a couvert le Léon du gris manteau d'un réseau de croix et de calvaires dans la belle pierre sombre de kersanton, extraite en Rade de Brest. L'atelier Prigent (1527-1577), à Landerneau, a sculpté des larmes en gouttes d'eau sous les paupières de Marie, la Mère du Christ, de Jean, son disciple préféré, et de Marie-Madeleine, la disciple auquel il réserva sa première apparition comme Ressuscité. Ces larmes, devenues visibles et presque charnelles, suscitent chez les paroissiens la même effusion. Et ces trois-là, de calvaire en calvaire, de Déploration en Mise au Tombeau, deviennent les médiateurs, pour les fidèles, de la participation émotionnelle aux souffrances endurées par le Sauveur, car les larmes magnifiées comme des diamants scintillent ensuite — mais bien plus rarement—sur les œuvres des autres ateliers, celui du Maître de Plougastel (sur le calvaire éponyme, dans la Montée au Golgotha) et, au XVIIe siècle, celui de Roland Doré. Ailleurs, ces larmes seront évoquées indirectement, sur les Déplorations, par le mouchoir dont Marie-Madeleine s'essuie les yeux.

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C'est donc en observant, sur la croix centrale, ces références au Sang et aux Plaies et celles aux Larmes que nous dépasserons une lecture descriptive du monument pour accéder à un partage de cœur et d'âme avec les paroissiens de Saint-Thégonnec et le sculpteur qu'ils avaient choisis.

 

 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Schéma lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Schéma lavieb-aile.

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I. SAINTE MARIE-MADELEINE AU PIED DE LA CROIX. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Une statue de Marie-Madeleine est visible sur le socle au pied de la croix. Elle lève la tête vers le Crucifié. Son pot d'aromates, posé à coté d'elle, est caché par les personnages de la Passion. 

C'est la reprise de la Marie-Madeleine du calvaire de Pencran (1521), mais surtout de celle du placître de Pencran, sculptée vers 1553 par les Prigent dans la même posture, avec pareillement le manteau rejeté des épaules et tombé en un éventail de plis lourds derrière les reins. Ce motif a eu tant de succès qu'on le retrouve sur de nombreux calvaires du Finistère, soit encore à Pencran sur son calvaire nord, soit à Pleyben en 1555, toujours par les Prigent, soit à la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1540 et v. 1630), puis à Lopérec vers 1552, mais aussi aux calvaires du bourg de Saint-Ségal et de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (celui-là étant attribué au Maître de Saint-Thégonnec), et par d'autres ateliers à Commana en 1585, ou, en Cornouaille,  isolée sur un contrefort de la chapelle Saint-Tugen à Primelin .

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Voir ma présentation ici :

https://www.lavieb-aile.com/2019/07/saint-segal-le-calvaire-du-bourg.html

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Celle-ci se distingue des autres par l'absence de bandeau occipital retenant la chevelure, par l'absence des 3 larmes de compassion, par la chemise plissée dont  le col et le poignets sont fraisés et tuyautés, par les manches (rapportées ?) bouffantes sur l'épaule , par la robe au décolleté carré , et non plissée et moulante sous la ceinture, ce qui souligne le doux volume du ventre.

On dira aussi les oreilles rondes  plaquées sur le crâne, le front épilé, les paupières ourlées, la délicieuse fossette du menton, et les narines pincées comme si elles inspiraient jusqu'à la suffocation l'extase mystique.

On remarquera que les deux paumes des mains de la sainte ne sont pas orientées vers le tronc écôté de la croix, figure de tous les arbres sacrés, de l'Arbre de la Connaissance jusqu'à l'Arbre de Vie : car l'une des paumes est tournée vers le sein, vers l'intimité du Moi, comme pour affirmer un lien privilégié  entre Marie de Magdala et son Rabbouni, son Maître, lien qui se révèlera en Jean 20:11-18.

Elle est la figure essentielle du calvaire (révérence gardée au Christ, bien entendu), celle à laquelle les fidèles peuvent s'identifier, dans leur piété individuelle ou devotio moderna, pour concilier leur nature peccamineuse et leur aspiration à ressentir dans leur cœur et dans leur chair cette participation émotionnelle aux souffrances endurées par le Rédempteur. Et elle reprend la figure de la poésie classique latine de la déréliction, et le "lamento magdalénien" déploie son esthétique de la lamentation amoureuse (Laurence Beck-Chauvard).

 

Nous l'avons déjà vu, en faisant le tour des saynètes de la plateforme, parmi les huit saints personnages entourant le Christ mort dans la Mise au Tombeau. On la retrouvera, avec le même costume, mais cette fois-ci en larmes, sur la Déploration du premier croisillon.

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J'ai découvert les sources de cette vénération envers Marie-Madeleine lors de mon étude sur le Puits de Moïse de la Chartreuse de Champmol (vers 1405), où Madeleine figurait également éplorée au pied de la croix : elle est extrêmement abondante et je ne citerai que le Polyptique Orsini, les Très Riches Heures du duc de Berry folio 156v, et la Crucifixion de Fra Angelico pour la cellule 25 de San Marco. Et au XVIe siècle, cette figure est repris dans presque toutes les maîtresse-vitres de la Passion du Finistère

Il ne me manque dans ce très ou trop riche corpus scripturaire et artistique qu'un écrit en moyen-breton équivalent de la Passion en Breton de 1530 et de la traduction bretonne du Stabat Mater, Ouz hars an croas centrée sur la figure de Marie.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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LA CROIX À DEUX CROISILLONS.

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Les calvaires bretons peuvent être classées de différentes façons. J'ai présenté dans le premier article comment les auteurs avaient distingué parmi eux sept calvaires "monumentaux", et celui de Saint-Thégonnec est le dernier d'entre eux. La forme de leur socle fondait déjà une typologie.

Nous pourrions aussi dresser en une liste chronologique, malgré leur nombre et les incertitudes de datation. Mais leur silhouette permet facilement de distinguer ceux sans croisillon, à un croisillon (Pleyben, Guimiliau) et à deux croisillons.

Parmi ces derniers, nous pouvons, toujours du premier coup d'œil, remarquer comme le propose J.-S. Gauthier ceux dont les deux croisillons sont de taille égale avec une structure en U (Pencran, Plounéventer, Plougastel, Lopérec, Le Tréhou, L'Hôpital-Camfrout, Commana et Saint-Thégonnec),  ceux dont le croisillon supérieur est plus étroit, donnant une structure en sapin (Quimerc'h,  Loqueffret, Plonéour-Ménez, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Plougonven, Locmélar, Saint-Sébastien en Saint-Ségal), et ceux dont au contraire le bras supérieur est plus large, avec une structure en V (Locmélar).

Nous pouvons aussi rechercher un schéma particulier où le Christ est entouré au croisillon supérieur des deux cavaliers du Golgotha, comme à Pencran, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, à Lopérec, Locmélar, Plougastel et Saint-Thégonnec.

Et mettre à part les calvaires où les gibets des larrons sont érigés séparément de la croix centrale.

 

Les calvaires à deux croisillons. Liste non limitative.

 

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  • Pencran nord, (1521 par inscription). Trois fûts. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Deux cavaliers, Madeleine/ Yves,  Jean/Pierre. Pietà, Vierge à l'Enfant . Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.

  • Plomodiern, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544, Prigent). Jean/Pierre et Madeleine/Yves. Pietà, Christ aux liens, Vierge à l'Enfant. Ange aux calices. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois larmes.

  • Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien (v.1541-1554, Prigent ou M° Saint-Thégonnec). Vierge et Jean  géminés avec des archers. Trois larmes.

  • Lopérec (1552) par l'atelier des Prigent ou de Fayet leur compagnon. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois fûts . Deux cavaliers, Christ aux liens, Jean ?/Marie-Madeleine / et Vierge/Pierre, Christ ressuscité. Les trois larmes.

  • Plougonven, (1554), Henri et Bastien Prigent. Calvaire monumental.  Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. les larrons sur des croix séparées (mais depuis le XIXe), saint Yves,  Vierge et Jean non géminés.

  • Loqueffret (1576?)

  • Plounéventer (1578)

  • Locmélar (vers 1600), par le Maître de Plougastel

  • Plougastel-Daoulas (1602-1604) par le Maître de Plougastel.

  • Saint-Thégonnec (1610)

 

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Au total, le calvaire de Saint-Thégonnec se définit par ses  trois croix (celles des larrons et celle du Christ), et sa croix centrale écôtée à deux croisillons au pied de laquelle Marie-Madeleine est agenouillée. Le croisillon inférieur porte les statues géminées de Jean/Yves, et de Pierre/Vierge, avec au centre la Vierge à l’Enfant à l'ouest, et la Vierge de Pitié à l'est. Le croisillon supérieur porte les cavaliers convertis du Golgotha (Longin et le Centurion) avec au centre la date de 1610 et 2 anges à l'ouest, et le Christ aux liens à l'est . Au sommet, sur la Croix à branches rondes et fleurons, le Christ, dont le sang est recueilli par des anges. Une colombe au sommet domine le titulus. 

 

 

 

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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II.  LE PREMIER CROISILLON DE LA CROIX, COTÉ OUEST. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Saint Jean et saint Pierre.

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Une anomalie saute aux yeux : alors que nous devrions trouver au pied du Crucifix, à la droite du Christ sa Mère la Vierge-Marie et à sa gauche saint Jean, en illustration des versets Jean 19:26-27 "Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère "Femme, voici ton fils" puis il dit au disciple "Voici ta mère", nous voyons saint Jean placé à notre gauche, le nez en l'air, et à notre droite saint Pierre.

"Il suffirait" d'inverser les deux statues géminées (un personnage sur chaque face) pour replacer saint Jean à notre droite, regardant le Christ tout en exprimant sa foi et son émotion de recevoir les dernières paroles du Christ avec la main sur la poitrine.

 Et "il suffirait" de faire pivoter de 180° l'autre statue, pour tourner vers l'ouest la Vierge géminée avec saint Pierre.

Pas si simple ! D'après Castel et Le Seac'h, l'erreur datant d'un ancien remontage n'a délibérément pas été corrigée lors de la restauration de 1970 par Maimponte pour ne pas déséquilibrer l'édifice. Étonnant !

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

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Les cheveux longs et bouclés retombent sur la robe longue et pas même plissée sous l'effet d'une ceinture (dont la boucle et son aiguillon sont détaillés). Le manteau rejeté en arrière est soutenu par un pan sur l'avant-bras droit, tandis que l'autre pan est rassemblé dans le poing gauche. La jambe droite est avancée, comme pour soutenir la gestuelle expressive de la main droite. Le livre (des Evangiles) est tenu cavalièrement sous le coude.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre.

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Le sculpteur n'a pas oublié de représenter, outre la clef et le livre, le toupet qui subsiste en îlot sur la calvitie frontale.

Sous le bouton qui ferme le manteau, on aperçoit la fente de la robe, véritable leitmotiv du thème des apôtres repris par tous les ateliers de sculpture, et répété par exemple dans la série des apôtres du porche.

Enfin, nous remarquons les rides frontales gravées, petite signature du Maître de Saint-Thégonnec. 

Il me parait important de rechercher si le sculpteur n'a pas gravé les pétales en marguerite de quelques larmes sous les yeux  de saint Pierre. En effet, les larmes de son repentir après le chant du coq qui sonne son reniement sont célèbres, mentionnées par le texte évangélique, ainsi que par l'Erbarme dich mein Gott de la Passion selon saint Matthieu de Bach. Vu l'importance donnée aux larmes sur ce calvaire, nous pourrions même nous demander si ce ne sont pas elles qui orientent le choix de placer saint Pierre sur ce croisillon, plutôt (ou autant que) son titre de premier évêque et chef de l'Église.

Mais je ne distingue pas ici ce détail.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant.

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La statue posée sur une console semble faire corps avec le fût.

Sous une couronne à fleurons, le visage est rond avec un menton à fossette. La Vierge est vêtue d'une chemise plissée, au col ras du cou,  et d'une robe à décolleté carré. Le pan d'un manteau est retenu par une troussière au coté gauche (à la taille ou au poignet), près d'une ceinture fine.

Marie tient un objet semblable à un fruit . Son Fils, nu, est présenté en Sauveur du Monde, bénissant l'orbe.

E. Le Seac'h signale que cette statue est identique à celle, provenant d'un vestige de calvaire, placée au sommet de  l'arc de triomphe de Guimiliau. La position de la main droite diffère.

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Vierge à l'Enfant, kersanton, Maître de Saint-Thégonnec. Guimiliau, arc de triomphe. Photo lavieb-aile.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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III.  LE PREMIER CROISILLON DE LA CROIX, COTÉ EST. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Des motifs Renaissance décorent les croix : les croisillons sont moulurés, et le croisillon inférieur est orné d'une frise de vagues ( "flots" ou  "postes").

Au centre, sous la Déploration,  une agrafe à demi soleil rayonnant domine un nœud  à godrons et d'oves.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

 

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Sur le croisillon : Saint Yves et la Vierge.

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1. La Vierge éplorée. Du coté gauche du croisillon.

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C'est elle qui devait figurer sur la face ouest à droite du Crucifié. Elle témoigne de son chagrin en tordant ses bras vers la droite, les deux mains ayant les doigts  noués.

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La Vierge porte un manteau qui la voile et une robe plissée, à décolleté carré, serrée par une ceinture, et enfin une guimpe voilant la gorge. Un des genoux est fléchi et avancé.

Seul un examen attentif permet de déceler les trois larmes presque gravées sous chaque œil. C'est la reprise du motif des trois larmes en gouttes d'eau que les Prigent sculptaient (en plein, et non en creux) sous les yeux de Marie, de Jean et de Marie-Madeleine au Calvaire. Le Maître de Plougastel y eut recours à son tour, et Roland Doré ultérieurement. Le Maître de Saint-Thégonnec se contente de ces trois formes géométriques radiantes, en très léger relief ; on reconnaît aussi son style aux yeux un peu globuleux et aux paupières ourlées, mais aussi aux rides frontales en lignes horizontales gravées (comme sur de nombreux personnages de la plateforme).

Je n'ai pas retrouvé ces larmes sur le saint Jean du croisillon  ouest, mais elles ont peut-être échappé à mes clichés. On va les retrouver, par contre, sur le saint Jean de la Déploration.

L'importance de ces larmes est considérable pour comprendre le mouvement de piété  qui est à l'origine de ces calvaires. Cet écoulement, cette effusion des trois personnages majeurs du drame de la Passion est mise en parallèles avec l'écoulement du sang du Rédempteur et il exprime leur participation émotionnelle à ce drame. Le fidèle, en les regardant, est incité à les imiter comme médiateurs et initiateurs de leur dévotion.

Tout cet étage inférieur est consacré à cette mystique des larmes et du chagrin. 

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Extrait du Stabat Mater en breton :

Bras voa an poan hac an anuy

Hac an galchar an goar Mary

Pan guelas, allas, an casty

He map hon car e Caluary.

 

Pyou en heny, ma studyhe

En e calon, na estonhe,

Guelet hon mam à estlame,

Allas de buguel ez gouele ?

 

Pyou eu an Christen nep heny

A calon quen dyuelcony

Pan sonch e glachar à Mary,

Na ve queuzet, na lequet sy ?

 

Euit gueffret hon peched

Ez guelas, allas, e gloasou,

A dyou abrant bet en plantau

Cannet yvez gant scourgezau.

 

An guerches santel á guelas

He quer map e poan en langroas ;

Credit certen, pan tremenas,

Gant poan dazlaou ez caffauas." (Tanguy Guéguen 1622)

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"Immenses furent la peine et l’affliction

Et le chagrin de la douce Marie

Au spectacle, hélas, de la détresse.

De son fils, notre ami, au Calvaire.

 

Quel est l’homme, s’il y réfléchissait.

Sincèrement, qui ne serait ébranlé .

En voyant notre mère crier (de douleur),

Hélas, pleurant son enfant ?

 

Quel est le chrétien, quel qu’il soit,

Aussi frivole que soit son esprit,

Songeant à la souffrance de Marie,

Qui ne serait contrit, assurément ?

 

À cause nos péchés à tous

Elle vit, hélas, ses tourments ;

Des sourcils jusqu’aux pieds

Battu en outre par des fouets.

 

La sainte Vierge vit

Son fils chéri souffrant en croix ;.

Croyez bien, quand il expira,

Qu’elle gémit de douleur à en pleurer." (Traduction Yves Le Berre)

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix.

 

 

 

2. Saint Yves. Du coté droit du croisillon.

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Le saint patron de la Bretagne est présent ici comme il l'est sur de nombreux calvaires contemporains. On le voit notamment sur celui de Pencran, celui de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, et sur les deux calvaires de Saint-Ségal (celui du bourg et celui de la chapelle Saint-Sébastien).

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Il est coiffé de la barrette de docteur sous des cheveux courts sans doute tonsurés, et ce bonnet carré est recouvert du capuchon du camail qui recouvre ses épaules. Il porte le surplis au dessus de la cotte talaire, qui ne laisse voir que l'extrémité de solides chaussures.

Il tient d'une main son Traité de Droit, placé dans une reliure qui forme sac, et qu'il retient grâce à une boule terminale : voir sur ce "livre-ceinture" mon commentaire ici :

https://www.lavieb-aile.com/2020/08/le-calvaire-de-mellac.html

http://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-motreff.html

On  trouve aussi ce livre-ceinture parfois sur les statues de saint Jean (Mellac, Motreff, Quilinen), sur  les figures des apôtres (saint Philippe sur le Calendrier des Bergers 1498), et,  porté par Yves, sur le calvaire de Pencran et sur des vestiges d'un calvaire de Guipavas. Entre autre.

Dans la main gauche, il tient un rouleau de papier, comme la pièce d'un procès dont il a la charge.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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La Déploration à quatre personnages.

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Nous les avons vu au pied du Crucifié, l'une en pleurs et les mains tordues après l'avoir entendu dire "Mère voici ton fils", l'autre maîtrisant son chagrin après avoir été désigné comme tuteur "Fils, voici ta mère", et la dernière effondrée étreignant la croix.

Le corps crucifié a été descendu de la croix, et, avant d'être placé sur la table d'embaumement (scène représenté sur la plateforme) puis descendu dans le tombeau creusé dans le roc, il a été remis aux siens, pour de brefs et poignants instants : la mère tient son fils  sur ses genoux, entourée de Jean qui soutient la tête et Marie-Madeleine qui place sa main sur les jambes. Chacun de ces trois là laisse aller ses larmes. 

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Les plaies du Christ sont visibles, celle du clou de la main droite et celle du coup de lance du flanc droit. Son corps forme une croix, avec le bras droit tombant et le bras gauche soutenu contre le sein maternel. Son visage est paisible.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Marie-Madeleine.

Son costume est la réplique de celui de la statue du pied de la croix, avec la même fraise du col, les mêmes manches bouffantes, la même chevelure dénouée, et aussi le manteau rejeté en plis serrés derrière les reins (comme cela se voit plus haut sur le cliché de la Vierge à l'Enfant). Ces deux représentations diffèrent par contre de celles du socle (Montée au Golgotha et Mise au Tombeau).

Au dessus des larmes en pétales de marguerite, les rides du front sont nettes. 

 Elle tient le pot d'aromates, mais un autre pot est posé sous la jambe du Christ. 

 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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IV.  LE  CROISILLON SUPÉRIEUR, COTÉ OUEST . Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

 

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Tout l'étage supérieur, crucifix inclus, est sous le signe du Sang versé et de la conversion.  Sang des plaies du Christ recueilli par des anges, sang s'écoulant du flanc droit et provoquant la conversion de Longin, sang versé pour la Rédemption et provoquant l'exclamation du Centenier, "Vraiment, celui-là était Fils de Dieu !".

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Il y a là une unité thématique, théologique et visuelle qui a débuté sur le calvaire de Pencran en 1521, s'est poursuivie à Plougonven (1554), à Pleyben (1555), Cléden-Poher, Lopérec (v.1552), à Locmélar (v.1600), et Plougastel-Daoulas (1602-1604).

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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A. LONGIN ET LE CENTURION, LES DEUX CAVALIERS CONVERTIS  DU GOLGOTHA.

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1. Le Centenier exprimant sa foi.

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Pour une raison inexpliquée, on trouve ce personnage désigné dans la littérature générale et sous la plume d'Y.-P. Castel et d'E. Le Seac'h sous le nom de Stéphaton. Ce nom n'est pas cité dans les Évangiles mais a servi a désigner dans la tradition médiévale le soldat Romain qui a tendu au Christ au bout d'un roseau (Matthieu 27:47) ou d'une branche d'hysope une éponge trempée dans un vase de vinaigre ou posca (Jean 19: 29).

Nous n'avons aucun motif pour valider cette hypothèse, et bien que l'éponge soit devenue l'un des Instruments de la Passion et une relique, ce Stéphaton n'a aucun titre de sainteté, et ce soldat n'est pas un exemple pour les Chrétiens lui permettant d'accompagner saint Longin au plus haut étage d'un calvaire. Bien au contraire, selon Marc 15:36, il accompagne son geste d'un défi de dérision : "à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte: Éloï, Éloï, lama sabachthani? ce qui signifie: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" Quelques-uns de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, dirent: "Voici, il appelle Élie". Et l'un d'eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau,  il lui donna à boire en disant "Laissez, voyons si Elie viendra le descendre!".

J'ajouterai qu'un simple soldat n'a aucun titre pour être un cavalier de l'armée romaine.

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Il en va tout autrement du Centenier qui, dans Matthieu 27:54, et Marc 15:39, s'exclame après avoir assisté à la mort du Christ dans un tremblement de terre, "Assurément cet homme était Fils de Dieu." Car cette exclamation est considéré comme un acte de foi exceptionnel. Dans les enluminures, les retables et peintures sur verre de la Passion, le Centenier est fréquemment représenté dans cette posture à la main levée ou à l'index tendu qui est, avec le phylactère VERE FILIUS DEI ERAT ISTE, son véritable attribut.

C'est donc cet officier, et donc cavalier, qui figure ici comme modèle de la foi en raison de sa brusque conversion .

S'il fallait un argument supplémentaire, et fort solide, il suffit de se référer au texte de la Passion de 1530 : juste après que Jésus ait remis son âme entre les mains de son Père, le Centurion, puis Longin entrent en scène, et concluent ce tableau de la Crucifixion. Quand à la scène de l'éponge de vinaigre, elle avait été décrite auparavant, de façon triviale, et attribuée à l'un des bourreaux nommé Dantard : "Je cois que j'ai une mixture de vinaigre, de myrrhe et de fiel, un tord-boyaux qu'on pourrait lui faire goûter tout de suite au moyen de cette éponge. Tiens, Jésus, ne discute pas, Bois tout sans faire d'histoires." Ce n'est certes pas lui qu'on aurait représenté à la droite du Christ tout en haut du calvaire.

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CENTURION

An den man, certen, me en toe,

Ayoa, hep quen tra a voe

Ha so map da Doe a croeas

An nef affet, na lequet mar,

An aelez ha den, me en goar,

An heaul, han loar, han douar bras

 

A huy na guel pebez synou

So hoaruezet en hon metou ?

An elementou, traou bras

Na pebez tra a gra Natur

Na pez glachar nagoa mar sur

Dreist musur da nep he furmas

Me cret an bet eshem detaill

Crenet en douar disparaill

Han mean heaul collet e sclaerder

Na loar ne gueler na steret. ( Passion bretonne de 1530 v. 3019-3037)

 

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LE CENTURION (voyant la terre trembler).

"Cet homme, j'en suis tout à fait persuadé,

Qui était, c'est certain, et qui fut,

Est assurément le fils du Dieu qui créa

Réellement le ciel

Et les anges et l'homme, j'en suis certain

Le soleil, la lune et la vaste terre.

Ne voyez-vous pas quels prodiges

Se produisent autour de nous

Dans les éléments, c'est inouï

Et comme la nature se manifeste ?

Mais aussi quelle douleur, et quel malheur certes

Immenses pour celui qui la créa !

Je crois bien que le monde se disloque ;

La terre est extraordinairement ébranlée

Et les pierres fendues par prodige.

L'obscurité a tout envahi ;

Le soleil a perdu sa clarté,

Et on ne voit ni lune ni étoiles. (Traduction Yves Le Berre)

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Ce texte de 1530, ou sa dramaturgie, que je suppose bien ancrée dans ma mémoire des paroissiens de 1610 (il a été réédité en 1609, puis à Morlaix en 1622) , place la Croix et les deux cavaliers dans ce moment glorieux d'ébranlement cosmique de suspension du Temps décrit par Matthieu 27 : 42-53, entre la 6ème et la 9ème heure, et qui précède immédiatement le verset  concernant le Centurion.  C'est la véritable acmé du drame; "Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes."

Si nous avons en tête ce contexte littéraire (des Évangiles synoptiques et du Mystère breton), les silhouettes de la Croix se détachant dans le ciel entre les deux Cavaliers sont magnifiées par une aura surnaturelle, terrifiante et grandiose, épiphanie de la Puissance Divine. Et ces cavaliers acquièrent, au delà des personnages qu'ils figurent, une dimension archétypale réunissant les couples de cavaliers de la mythologie indo-européenne tels que les Ashvins védiques, les Dioscures grecs et leurs homologues romains et, bien-sûr,  les Cavaliers de l'Apocalypse.

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Description :

Barbu, aux longs cheveux, le Centenier porte un casque (ou une coiffure) conique à rabats et un capuche à gland frangé (par confusion avec un grand prêtre ?) et une cape au dessus d'une cuirasse. Une épée, témoin de son grade, est suspendu au coté gauche. Il est incliné vers le haut de la croix, où il regarde le Christ, et il accompagne son exclamation du geste de sa main droite.

Le cheval est soigneusement harnaché, le mors, les guides et étrivières sont détaillés,  sa crinière est tressée, sa queue est relevée par une sangle.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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2. Le lancier Longin retrouvant la vue.

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Ce cavalier est le lancier, nommé Longin ou Saint Longin par la tradition qui a transpercé le flanc droit de Jésus pour en attester la mort. Là encore, la tradition iconographique des enluminures, retables et vitraux rendent compte du miracle que les textes apocryphes lui attribue. Le sang s'écoulant de la plaie le long de la hampe de la lance éclabousse le visage de Longin, qui est souvent guéri du trouble de la vue dont il était affecté. Ce miracle entraîne sa conversion.

C'est ainsi qu'on le reconnaît immédiatement à l'index qu'il porte à la paupière gauche.

Cet épisode associe le thème de la Foi et celui du Sang versé, d'où son importance au sommet du calvaire.

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Dans la Passion bretonne de 1530, le texte décrivant le miracle de Longin suit immédiatement celui du Centurion :

LONGIUS:

Sevet ma goaf en e saf sonn,

So lem ha moan, didan e bronn,

Ha men scoy en calon gronnet;

Pe tost, en he gres am deseu,

Ha querz ez guelhet, rac pret eu,

Pe ef so beu pe nac eu quet.

Chetu marvaill nomparailhaf

Rac ma guelet an pret quentaf

So roet ent scaf gant dif;

Allas am goall me so fallet

En e quefver, disemperet

Hac ennhaf pepret ez credif

Hac evel doe en avoeif,

Hac a glan coudet en pedif,

Her dre bevif, ne fillif pret,

A guyr calon dam pardonaf

Dren meur trugarez: anezaf

Rac amantaf ne gallaf quet. (Passion bretonne de 1530 v 3038-3055)

LONGIN.

 

"Si j'arrive à lever ma lance mince et acérée

Bien droit sous son sein,

Je frapperai le cœur enclos

Dans sa poitrine ou tout près, j'espère ;

Et on verra bien, car il en est temps,

S'il vit encore ou non.

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Miracle à nul autre pareil !

Ma vue, tout soudain,

Il me l'a parfaitement rendue.

Hélas, je suis par ma faute coupable

envers lui, désespéré ;

Et je croirai toujours en lui,

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Et je le reconnaîtrai comme Dieu,

Et je le prierai de tout mon cœur,

Tant que je vivrai, à tout instant,

De me pardonner sincèrement

Dans mon immense miséricorde

Car je ne puis réparer ma faute." (Traduction Yves Le Berre)

 

 

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Longin porte, comme le Centenier, la barbe, des cheveux longs, un bonnet conique entouré d'un bourrelet, une cuirasse à crête médiane recouverte d'une cape, une armure protégeant ses jambes, des éperons, une épée à son coté gauche. Mais la lance n'est pas visible dans la main droite au pouce dressé.

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Sa monture est également harnaché et paré avec soin, bien que la crinière soit plus simplement tressée.

Ces deux cavaliers sont très proches de ceux du calvaire de Saint-Sébastien en Saint-Ségal, attribué au même Maître de Saint-Thégonnec. Mais aussi à ceux de Pencran 1521 et de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, de Lopérec, de Plougonven et de Pleyben, Locmélar, Plougastel-Daoulas.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST EN CROIX ET LES ANGES HÉMATOPHORES.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_anges.html

Dans un vol gracieux, un ange recueille dans deux calices le sang s'écoulant de la paume droite du Christ et de son flanc.

Un autre ange recueille le sang de la plaie de la paume gauche.

Leurs corps forment un V qui donne plus d'élan à l'écartement des bras du condamné.

Deux anges se réunissent, sur le nœud du croisillon, pour recueillir le sang des pieds.

"La croix du Christ est garnie d'écots, symbolisant le tronc d'arbre que l'on vient d'ébrancher  pour en faire une potence. Le Crucifié paraît calme, les bras cloués sur des branches de croix décorées de boules godronnées. 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Le titulus Crucis.

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Son inscription INRI est étonnante par son archaïsme, puisqu'en cette fin de Renaissance, les lettres y sont gothiques, aux empattements fourchus, aux fûts perlés, avec un bel exemple de N rétrograde, et avec une ponctuation entre chaque lettres par le deux:points.

Mais si je me réfère à la façade et au clocher du Faou, c'est précisément en ce début du XVIIe siècle que se situe la transition entre les inscriptions lapidaires gothiques et celles en lettres romaines.

Au dessus de ce cartel, la croix est coiffé d'une colombe, symbole de l'Esprit de Dieu, dont le Plan du Salut s'accomplit par cette mort rachetant le Péché originel.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix.
Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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VI.  LE  CROISILLON SUPÉRIEUR, COTÉ EST . Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST AUX LIENS.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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VII. LES LARRONS SUR LEUR GIBET. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Ils sont liés par les bras sur la traverse, et par un seul pied sur le fût. Je pense que le fait de ne lier qu'une seule jambe permet au sculpteur de représenter l'autre jambe fléchie (et comme brisée), afin de rendre compte du verset de l'évangile de Jean 19:31-32 : "Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après leur avoir bisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l'autre homme crucifié avec Jésus".

Ils sont torse nu, et portent une culotte bouffante (braie ou bragou) marquée de taillades ou de crevé, avec pour l'un une ostensible braguette rembourrée.

Le nœud des croix est en forme de pot à godrons évidé dans sa partie horizontale.

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Le Bon Larron.

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Il dirige sa tête et son regard vers Jésus pour témoigner de sa foi en son Royaume.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Le Mauvais Larron.

 

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Ses cheveux longs et bouclés sont retenus par un bandeau. Il baisse la tête et détourne le regard du Christ, et tire la langue, signifiant ainsi son refus du Salut.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1902,  Les croix et les calvaires du Finistère, Bulletin monumental 66 pp. 176-209

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

— CASTEL ( Yves-Pascal) 1956 Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

— CASTEL ( Yves-Pascal) 1980, et contributeurs,  Atlas en ligne des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_thegonnec.html

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne croix et calvaires, Kroaziou ha kalvariou or bro, Minihi Levenez, Saint-Thonan, 1997, ISBN 2.908230.09.7

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9374

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez Saint-Thonan, n°92.,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

CASTEL (Yves-Pascal), 1998, les larrons en Bretagne , articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a36ed6ce279ecec1b3fb8aff74cf6302.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f102406c740df26fa859695c87b46090.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/512240fd9710421f0c9c5f3960a6a552.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

DEBIDOUR (Victor H.) 1954, Grands calvaires de Bretagne ed Jos Le Doaré.

 —DE L'ORME (A.), 1900, Saint-Thégonnec, in L'art Breton du XIIIe au XVIIIe siècle. Bulletin de la Société archéologique de Brest p.103 à 123. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076565/f100.item

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

ENLART (Camille), 1929, Manuel d'archéologie religieuse 1929 tome II et III

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36492m.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3041444j/f12.item

GAUTHIER (Joseph Stany), 1944, Croix et calvaires de Bretagne.

— GRUYER Paul, 1930 ? Les calvaires bretons, Paris : H. Laurens (Paris), 64 p

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/57074072b6d66d3a38320a0005bb8854.pdf

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

Hélène Remeur a consacré un mémoire de maîtrise (UBO, Brest, 1997) à l'Étude des costumes dans les grands calvaires bretons. Mais je n'ai pu consulter ce document de deux volumes (120 +113 pages) illustrés.

— ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p

Site  Les 7 calvaires monumentaux

http://www.7calvaires.fr/saint-thegonnec/

 

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I. Sur le Mystère de la  Passion en breton :

LA VILLEMARQUÉ. 1865, Le Grand mystère de Jésus, Passion et Résurrection, drame en breton.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7a2bf53ea6a74542a552585167e006b5.pdf

Le Mystère breton de la Passion, Aman ez dezrou an Passion  Paris 1530, Eozen Quilliveré.  BnF Res. Yn.11.

https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33527847m

Le Mystère breton de la Passion de 1609 : A Man es dezrou an Passion, ha he Goude an Resurrection, Gant Treme︣van an Ytron Maria, ha he Pemzec levenez, hac en divez ezedi buhez mab den. E S. Malo, Gant Pierre Marcigay, imprimer, & librer. M. DC. IX. Bibliothèque Mazarine RES 8° 46623 

 

http://mshb.huma-num.fr/prelib/edition/1707/

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Le Mystère breton de la Passion, Aman ez dezrou an Passion annoté par  Tanguy Guéguen Morlaix 1622.  BnF Res. Yn.13.

http://mshb.huma-num.fr/prelib/edition/1927/

LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, UBO CRBC.

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II. Sur les Mystères de la Passion en France :

ROY (Emile), 1905, Le Mystère de la Passion en France du XIVe siècle au XVIe siècle, Dijon-Paris,

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k118904x.texteImage

PARIS (Gaston) 1878, Le Mystère de la Passion d'Arnoult Gréban

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5510572p.texteImage

http://ebooks.unibuc.ro/lls/MihaelaVoicu-LaLiterature/Mystere%20de%20la%20Pasion.htm

Le Mystère de la Passion, attribué à Eustache Marcadé (v. 1425) ; 24 944 vers, 4 journées de représentation

La Passion, d'Arnoul Gréban (1452) ; 34 574 vers, 400 personnages, 4 journées de représentation

Le Mystère de la Passion de Jésus-Christ, par personnages  de Jean Michel (1486 ;  1493-1494) ; 65 000 vers,

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626768z.image

La Résurrection, de Jean Michel ; 20 000 vers, 105 personnages, 3 journées de représentation

— La Passion et Résurrection de nostre saulveur et redempteur Jhesucrist, ainsi qu'elle fut juée en Valenchiennes, en le an 1547, par grace demaistre Nicaise Chamart, seigneur de Alsembergue, alors prevost de la ville... ». Texte composite, pour lequel on a surtout fait usage de la Passion de Greban, révisée et amplifiée par Jean Michel. — A la suite du texte sont des notes sur l'organisation de la représentation, les acteurs et la recette. Nombreuses figures peintes. BnF Fr. 12536

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55005970q.image


 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Sculpture Calvaires
8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 22:02

Le jubé (chêne non peint, 1534-1543 ? et Denis Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. 

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1. Voir sur Lambader :

 

2. Voir sur les jubés de Bretagne (ordre +/- chronologique) :

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3. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

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 Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

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GÉNÉRALITÉS : LES JUBÉS BRETONS.

 

Dans une église, le jubé est une tribune formant clôture de pierre ou de bois séparant le chœur liturgique de la nef, car suivant la conception médiévale, l'autel, lieu du mystère sacré, ne doit pas être directement visible. : le chœur était réservé au clergé, et les fidèles, installés dans la nef, écoutait la lecture et les prédications, chants liturgiques, et apercevait le chœur à travers la claire-voie.

 Il se compose de 3 parties :
- La clôture appelée chancel,, elle est à claire-voie et dotée d'une ou deux portes.
- Au-dessus la tribune (le véritable jubé), parfois en encorbellement, à laquelle on accédait pour prêcher ou chanter, par un ou deux escaliers.
- Et l'ensemble étant dominé par un groupe de crucifixion ou « tref » — du latin trabs (« poutre ») — .

Nous pouvons ajouter une quatrième partie, les autels latéraux destinés parfois à déposer des offrandes en nature (St-Herbot) ou à la célébration des messes à l'intention des fidèles, le maître-autel leur étant interdit.

La tribune est souvent ornée, coté nef, de douze panneaux figurant dans un but didactique les apôtres.

Au XVIe siècle, le concile de Trente (achevé en 1563) provoqua une évolution de la liturgie catholique en réponse au succès des églises protestantes. Le chœur devant désormais être visible pour les fidèles, les jubés étaient condamnés. Tandis que les chaires à prêcher les remplaçaient, ils seront déplacés ou détruits aux siècles suivants, quelquefois tardivement au XIXe siècle. Curieusement, plusieurs jubés bretons ont été construits pendant ou après le Concile de Trente.

La Bretagne conserve encore 12 jubés complets  et quelques chancels. Les panneaux des tribunes furent remontés ici ou là comme tribune d'orgue (Goulven) ou tribune de fond d'église, comme à Esquibien.

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LISTE  DES JUBÉS BRETONS.

 

Sur la centaine d'origine, il  subsiste douze jubés entiers en Bretagne  : j'ai tenté de les classer chronologiquement.

— église du Folgoët (29), un jubé en pierre. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-place-de-l-eglise-le-folgoet/5f4c4b00-49a8-4644-a69b-f36f08115031

chapelle St-Fiacre du Faouët (56) : c'est le plus ancien des jubés de bois bretons , puisqu'il a été réalisé vers 1480.

http://www.lavieb-aile.com/2016/01/le-jube-de-la-chapelle-saint-fiacre-du-faouet-i-le-cote-de-la-nef-ouest-b-la-tribune.html

— chapelle de Kerfons en Ploubezre (22), vers 1491-1495. 12 apôtres disposés comme dans le Calendrier des Bergers de 1493. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube-de-la-chapelle-de-kerfons/5c64208e-8ddc-4391-b955-0ff20004cab9

 

— chapelle St-Fiacre de Melrand (56), fin XVe (chapelle 1460). 12 apôtres disposés comme dans le Calendrier des Bergers 1493.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube/f3d4975b-c112-4d60-b888-612dff2f546b

chapelle St-Pabu de Saint-Guen (22). 1501 ? Jubé gothique

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089629

https://actu.fr/bretagne/mur-de-bretagne_22158/a-saint-guen-pres-mur-bretagne-tresor-patrimonial-va-etre-restaure_16545697.html

chapelle de Lambader à Plouvorn (29) : vers 1520 ou 1534 (discussion infra)

— chapelle Ste-Avoye de Pluneret (56), daté de 1555. 12 apôtres coté nef (Pierre-André-Jacques Philippe avec épée-Jean-Thomas avec équerre - Mathieu avec lance-Barthélémy=couteau -Jacques min. foulon - Jude+scie- Simon tourne le dos- Mathias hallebarde), Vertus et saints coté chœur

https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=56176_3

église St-Yves de La Roche Maurice (29), daté de 1570-1580. Apôtres coté nef.

Le jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29).I. La tribune.

—  chapelle St-Nicolas de Priziac (56)   achevé en 1580. Apôtres coté chœur. Pierre-André-Jacques Maj.-Jean-Thomas-Philippe-Matthieu-Barthélémy-Jude-Simon-Jacques min.-Mathias.

http://www.lavieb-aile.com/article-chapelle-st-nicolas-en-priziac-104337834.html

—   chapelle St-Herbot en Plonevez-du-Faou (29), seconde moitié du XVIe siècle. 12 apôtres coté nef.

—  chapelle ND de la Croix à Plélauff (22)  XVIe siècle.

http://www.plelauff.fr/decouvrir/la-chapelle-le-jube

chapelle de Locmaria en Belle-Isle-en-Terre (22)12 apôtres coté chœur, ordre recomposé. Après 1516.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-de-pendreo-locmaria-belle-isle-en-terre/728ce742-202f-4535-a9b4-e30a8442598c

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Les jubés en ré-emploi :

église de La Martyre (29) : chancel de pierre, XVe siècle.

église de Goulven (29) : la tribune d'orgue, ancien jubé du XVIe siècle. Décor Renaissance (dauphins, griffons, arabesques, masques)

église ND de Rochefort-en-Terre (56) : jubé transformé en tribune au XIXe siècle.

église de Loc-Envel (22) : ré-emploi en tribune. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jub%C3%A9_de_l%27%C3%A9glise_Saint-Envel_de_Loc-Envel 

"Le jubé présente trois styles différents. Les panneaux de la tribune et les baies du côté subsistant de la clôture sont de style gothique flamboyant. Les pilastres et les meneaux à décor d'écailles ou de rosettes, les nids-d'abeilles et les torsades des colonnes, de style Louis XIII, sont inspirés des décorations du château de Blois. Les panneaux de soubassement, où l'on reconnaît de fins oiseaux affrontés, des vases, des candélabres, des arabesques, datent de l'époque de la Renaissance italienne et sont l'œuvre d'un atelier morlaisien."

Cathédrale Saint-Paul Aurélien de Saint-Pol-de-Léon (29)

Lamballe (22) restes de jubé : tribune d'orgue

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/buffet-d-orgue-lamballe-fusionnee-en-lamballe-armor-en-2019/c3763869-0343-4347-a923-b59b5686e23a

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube-lamballe-fusionnee-en-lamballe-armor-en-2019/e970ddf1-22e2-4788-93a6-cafe584b86d5

Les Iffs (35): les 12 apôtres, 12 panneaux restant du jubé (deuxième moitié XVIe siècle), remontés dans un bâti :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IM35001291_01.pdf

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube/8a842632-bcbc-4f03-b37b-5f500aa5dd9f

 

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PRÉSENTATION : LES INCERTITUDES DE LA DATATION.

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L'article de Wikipédia me permettra d'exposer la difficulté de datation que pose ce jubé :

"Le jubé de la chapelle de Lambader est situé à la jonction des cinquième et sixième travées de l'édifice. Construit en bois de chêne, il affecte une architecture flamboyante. Cette œuvre sculptée présente des affinités certaines avec le jubé de la chapelle de Kerfons sise en Ploubezre. Dépourvu aujourd'hui de toute polychromie, il date du dernier quart du XVe siècle, voire du début du XVIe siècle. L'art de la Renaissance y fait une timide apparition, les panneaux de la galerie, enchâssés dans des arcs en accolade, s'ornant de vases, rinceaux et autres motifs italianisants."

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

En effet, les deux blasons de ce jubé, qui portent les armes de Troërin et de Kermellec, et sont attribuées à   Marc de Troërin et Isabeau de Kermellec, mariés en 1481, ont longtemps incité les chercheurs  à  estimer que le jubé fut donné en 1481

C'est le vicomte de Reals, propriétaire du château de Troërin, maire de Plouvorn à l'origine de la restauration de la chapelle, qui affirme :

"D'après les titres des Troërin, ce jubé fut donné à l'église en 1481, par Marc de Troërin, époux d'Isabeau de Kermellec; les armes du donateur sont soutenues par un ange formant l'un des pendentifs du jubé du côté du chœur; elles sont aussi reproduites, ainsi que celles de sa femme, au dessus de la porte du milieu." Mais il ajoute : " Les motifs multiples de ce jubé sont du style flamboyant et ils reproduisent le dessin de la maitresse vitre.". Or, ce vitrail porte la date de 1543.

D'autre part, argument faible contre l'hypothèse d'être en capacité de faire donation,  en 1481, Marc de Troërin n'était pas présent à la Montre de l'Évêché de Léon, à la différence de Guillaume de Troërin, son père a priori.

Mais V.-H. Debidour, en 1979, après une étude stylistique comparative des jubés bretons, proposait pour celui de Lambader la date de 1520, au vu des panneaux italianisants.
 

En 1976, Tanguy Daniel écrit dans un article de 4 pages sur ce jubé :

"De quand dater ce chef-d'œuvre ? Certaines analogies avec le jubé de Kerfons en Ploubezre, daté, lui aussi des années 1481-1485, ont poussé certains auteurs à faire remonter aussi celui de Lambader aux années 1480, d'autant qu'un écusson des donateurs, Marc de Troënin et Isabeau de Kermellec, vivant à cette époque, figure du coté du chœur tenu par un ange en pendentif. Cela peut correspondre à la partie flamboyante du jubé, mais la tribune, avec ses éléments décoratifs de la première Renaissance, ne peut remonter au delà des années 1510-1520. Quoiqu'il en soit, ce chef-d'œuvre fragile a été considérablement restauré en 1877 , au moment de la reconstruction de la chapelle, par Denis Derrien, sculpteur à Saint-Pol-de-Léon : il a refait bien des entrelacs de la claire-voie, et surtout remplacé la plupart des statues accolées à la tribune du coté du chœur. Il n'en reste pas moins que le jubé de Lambader, même s'il n'a pas — ou plus ? — de polychromie, est en Bretagne une œuvre majeure de la fin du flamboyant et du début de la Renaissance."

 De même en 1977,  Michel de Mauny, écrit dans Le Pays de Léon :

"La date se rapproche beaucoup plus de 1510-1520, en raison du décor Renaissance des panneaux de la tribune, comparables à ceux de Goulven : rinceaux, candélabres et chimères sous des accolades jumelées sont identiques. Par la délicatesse de ses découpures, ce jubé mérite d'être placé en parallèle avec les plus beaux jubés conservés de Bretagne, tels celui de Kerfons en Ploubezre avec lequel il a en commun certains détails, l'escalier notamment, celui de Locmaria en Belle-Isle-en-Terre, celui encore de Saint-Fiacre du Faouët."

 

C'est aussi l'évaluation des services du Patrimoine (base Palissy) qui donne la datation du "premier quart du XVIe siècle".

Les cartes de l'examen iconographique, stylistique et héraldique sont brouillés par l'importante réfection de novo et la restauration de 1877. Ainsi, les deux blasons, très bien conservé, semblent en relever.

 "En 1877, Denis Derrien sculpteur de Saint-Pol démonta et restaura ce jubé et l'état des statues détermina leur remplacement . Par un contresens aussi grossier que déplorable , dû à l'ignorance , on le remonta à l'envers, plaçant les statues  des apôtres face au chœur, au lieu de les remettre face à la nef où ils doivent obligatoirement se trouver puisqu'ils sont là pour  rappeler qu'ils figurent les portes par lesquelles on entre dans l'Eglise apostolique les deux portes de la Jérusalem céleste. Du coté opposé on a mis le pélican qui se perce le flanc, figure du Christ dont le sang vivificateur ressuscite à la vie spirituelle les hommes morts par le péché, allégorie en raison de laquelle il devrait se placer face au chœur. Des anges, portant les instruments de la Passion, terminent les pendentifs." (Michel de Mauny)

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Je peux donc, pour reprendre ces auteurs, poser ce postulat : la clôture de chœur est de style gothique flamboyant, tandis que la tribune relève de la Première Renaissance. Soit de façon contemporaine (comme cela se voit pour la clôture de chœur de la chapelle haute de Gaillon, 1502-1510), soit par deux chantiers distincts et successifs. 

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Rappel : On divise la Renaissance entre un Style Louis XII (1495-1525/1530) de transition avec le gothique, une Première Renaissance française (1515-1530/1540) et une Seconde Renaissance ou Classicisme (1540 à 1560/1590, incluant le Style Henri II) qui s'achève avec le Maniérisme. L'Ecole de Fontainebleau (1534-1539) y joue un rôle pivot, avec l'introduction dans l'ornementation des créations de Primatice, Rosso Fiorentino, et, pour les boiseries, de Scibec de Carpi.

Mais ces datations qui qualifient l'architecture française doivent être interrogées pour leur application à la sculpture en Bretagne.

  Les premières manifestations de la sculpture Renaissance en Bretagne se trouvent en Haute-Bretagne, à Dol-de-Bretagne en 1508, puis à Guerche-de-Bretagne (stalles, 1518-1525), à Notre-Dame de Vitré (vers 1530-1550) sous l'influence de Guy XV de Laval, puis à Champeaux (stalles, v.1530-1550) sous l'influence des familles d'Espinay et de Goulaine. Le style de la Seconde Renaissance ne s'introduit en Basse-Bretagne qu'en 1553-1559 à la chapelle de Kerfons, sous l'influence de Marquise de Goulaine, puis au château de Kerjean vers 1570 et au château de Maillé sous l'influence de Maurice de Carman et Jeanne de Goulaine, mariés en 1541. Ce sont ces familles d'Espinay, de Goulaine, de Carman, de Boutteville, de Montejean, de Vertus-d'Avaugour qui diffusèrent le style italianisant qui s'était développé à la Cour de France dans le Val-de-Loire.

D'où mon interrogation : les panneaux sculptés de Lambader (que je vais présenter en détail), de style Première Renaissance avec leurs rinceaux symétriques autour d'un axe vertical, leurs dauphins et dragons affrontés, leurs putti ailés, leurs oiseaux fabuleux buvant aux mêmes vasques, leurs candélabres, et leurs crânes animaux, comparables à ceux de Gaillon, Dol-de-Bretagne, La Guerche et Champeaux, mais sans aucun élément bellifontain comme les cartouches, cuirs découpés  et mascarons, ont-ils, si on accepte la datation de 1510-1520, précédé ceux des collégiales de Haute-Bretagne et sont-ils apparus, de façon presque virginale, en Basse-Bretagne sans y être introduit par un haut seigneur fréquentant le Val-de-Loire et la Cour?

Ne faut-il pas accorder un peu plus de temps à la Première Renaissance pour pénétrer le Léon ? 

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L'un des arguments que je propose est de remarquer que la chapelle fut victime d'une importante destruction du chevet, nécessitant de la part de Marc de Troërin une donation du 17 janvier 1534. 

"dans les papiers de la famille de Troërin, famille fondue dans la maison de Réals, nous trouvons un acte de 1534 par lequel le seigneur de Troërin, à l'occasion d'une reconstruction du pignon sud de l'église, donne au prieur de Lambader un champ sis au terroir de Kerguidal. L'acte n'indique pas à quel ordre appartenait le prieur de Lambader. En reconnaissance de ce don, le dit prieur reconnut au seigneur de Troërin le droit à trois tombes dans la chapelle, plus le droit à la troisième arcade, plus le droit de placer ses armes dans trois endroits différents de l'église. Diverses tombes ont été découvertes pendant la démolition ; mais aucune inscription n'a permis de reconnaître quels étaient les personnages que recouvraient ces sépultures." (Vicomte de Réals)

N.B Tanguy Daniel signale que ce don permit non seulement la reconstruction "du pignon suzain [haut, supérieur] d'icelle chapelle" mais aussi la réparation de la chapelle.

On peut déduire de cet acte que Marc de Troërin n'avait pas, avant 1534, droit à apposer ses armoiries dans la chapelle. On remarque que le nombre des blasons concédés par le prieur est le même que celui des écus qui existent aujourd'hui sur le jubé.  

Le nouveau chevet est achevé en 1543, puisqu'on y installa la maîtresse-vitre représentant une Passion (elle sera brisée en 1845) portant cette date. .

On ajoutera à cela  que le calvaire date de 1550 environ. La période 1534-1550 est celle d'une importante activité pour Lambader.

 

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Au total, j'incite les chercheurs à reconsidérer la datation du jubé (ou peut-être seulement de sa tribune) et, pour les motifs héraldiques et stylistiques exposés, de le retarder autour de 1534-1539 (avant la Galerie de François Ier de Fontainebleau) ou de 1534-1543.

Un autre élément de datation pourrait, comme Jérôme Lafeuille l'a si élégamment fait à Kerfons, se baser sur les statues des apôtres Credo apostolique. Mais celles-ci, qui ne forment pas un Credo apostolique,  sont dues au ciseau de Denis Derrien en 1877, et il faudrait , pour s'y fier, supposer qu'il s'est fondé, pour les réaliser, sur des modèles préexistants. Son orientation inhabituelle de la tribune, et l'étude de ces statues, n'encouragent pas à les inclure dans une iconographie comparative permettant une datation.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LE JUBÉ VU DEPUIS LA NEF.

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Le jubé de la chapelle de Lambader est situé à la jonction des cinquième et sixième travées de l'édifice.

Nous voyons les trois arcades de la clôture  de style flamboyant, l'arcade du milieu étant ouverte en partie basse pour permettre un passage vers le chœur. Était-elle fermée par une porte ?

Au dessus des voûtains de ces arcades, la tribune se déploie, rythmée par 12 panneaux, un crucifix central et deux statues du XIXe siècle.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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I. LA TRIBUNE, COTÉ NEF.

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Sous une frise de fleurs et feuilles de chardons, douze arcatures jumelées deux à deux sont séparées par des  pinacles à crochets ou des pinacles suspendus. Ces arcatures imitent des baies gothiques avec un remplage chargé de choux frisés, découpant des mouchettes et marquées, comme des yeux, par  deux roses contiguës.

Cette dentelle flamboyante se répète sans varier, mais chacune des 12 arcades renferme un panneau rectangulaire, de style Renaissance, qui diffère à chaque fois. Je les présenterai de gauche à droite.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES DOUZE PANNEAUX "GROTESQUES".

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Premier panneau.

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Feuilles larges et fleurons dans un rinceau symétrique autour d'un axe vertical.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième panneau.

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Dans une symétrie autour d'un axe vertical formé par un candélabre, deux dauphins s'affrontent dans le réseau de rinceaux produisant des masques anthropomorphes de profil .

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Troisième panneau.

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L'axe vertical est un candélabre (ou vase, ou bassin) recevant la tête d'un putto ailé. Deux oiseaux fantastiques et hybrides viennent en mordre le bord. La tête, le corps, les ailes et la queue de ces oiseaux sont feuillagés, selon le procédé de métamorphose et effacement des limites entre monde animal et végétal.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième panneau.

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L'axe vertical est un encore un vase, contenant des fruits ronds que deux oiseaux viennent picorer. Ces oiseaux sont feuillagés comme les précédents.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Cinquième panneau.

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L'axe vertical est un candélabre (ou vase, ou bassin) auquel deux dauphins copieusement feuillagés viennent s'abreuver. Leur queue bascule du monde naturel vers le monde artificiel en adoptant la forme d'une lame marquée de I.  

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sixième panneau.

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L'axe vertical est un candélabre supportant une tête plus animale qu'humaine, aux longues oreilles, aux yeux caves et au nez épaté. De part et d'autres, deux dragons (ou unicornes) s'ébattent, mais leur buste laisse vite place à des rubans de feuillages.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Septième panneau.

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Au dessus du candélabre central, une tête vaguement anthropomorphe, mais feuillagée, crachent trois rinceaux de chaque coté. L'un s'achève en feuillage, l'autre en corne, et le troisième est la queue d'un dauphin. Feuillagé, cela va de soit.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Huitième panneau.

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Deux dragons, qui reprennent la plupart des traits des animaux précédents, s'opposent de chaque coté du candélabre.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Neuvième panneau.

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Deux oiseaux picorent un fruit rond trouvé sur la vasque du candélabre central.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Dixième panneau.

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Deux dragons feuillagés autour d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Onzième panneau.

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Le candélabre supporte un masque de forme lunaire; Il est gardé par deux dragons ailés, assis comme des sphinx.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Douzième panneau.

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Composition à feuilles larges creusées en cupules au centre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES DEUX STATUES (1877).

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Elles occupent les deux consoles à godrons (d'origine ?) encadrant le Crucifix? Comme ce dernier, elles sont dues au ciseau de Denis Derrien, et il est très improbable que ce dernier se soit basé sur des statues antérieures ; le culte de saint Joseph s'est développé au XIXe siècle. Joseph et son fils, Anne et sa fille célèbrent les vertus des liens familiaux.

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1. Saint Joseph et l'Enfant-Jésus.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Anne éducatrice.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES SEPT ANGES PRÉSENTANT LES INSTRUMENTS DE LA PASSION.

 

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1. Ange ayant perdu son attribut.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2. Ange présentant la croix (traverse perdue)

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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3. Ange présentant le marteau et les tenailles du crucifiement.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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4. Ange présentant la couronne d'épines.

Le pélican dans une corbeille s'ouvre la poitrine pour nourrir ses petits de son sang. Allégorie de l'Eucharistie.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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5. Ange présentant l'échelle de la Descente de croix.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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6. Ange présentant la lance de Longin.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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7. Ange volant (accessoire perdu ?).

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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II. LA CLÔTURE, COTÉ NEF.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Les montants de la porte présentent les statues de l'ange Gabriel et de la Vierge Marie, tandis qu'au centre un ange montrent le blason aux armes de Kermellec. Tout autour court un rinceau de vigne, avec ses grappes, symbole eucharistique au même titre que le pélican.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Ange présentant un blason.

Le blason porte, selon Pol de Courcy (1864) repris par  De Réals (1889) puis Abgrall (1897) les armes de la famille de Kermellec, d'or à une fasce de gueule, accompagnée de trois molettes d'éperon de même, deux en chef et une en pointe.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article789

Selon les auteurs, Isabeau de Kermellec épousa Marc de Troërin en 1481.

Les meubles du blason, tout comme l'ange, ne montrent aucun signe d'altération : il s'agit sans doute d'une copie de 1877. Les molettes sont remplacées par des étoiles. La fasce porte des hachures verticales, comme dans le codage de représentation monochrome en héraldique, pour rendre la fasce de gueules.

L'affirmation de Pol de Courcy peut s'étayer sur les  informations réunis par le site d'Hervé Torchet,  La Pérenne :

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=616

a) Ysabeau de Kermellec est la fille de  Tanguy de Kermellec et de Constance de Coetanroch

1499, Partage : Guillaume de Cornouaille seigneur de Cornouaille sgr de Kerguern et de Coetanroch à Ysabeau de Kermellec, héritage de feus Tanguy de Kermellec et Constance de Coetanroch père et mère de ladite Ysabeau et aïeuls dudit Guillaume.
b) en 1505, ladite Ysabeau est femme de Marc Tuonquirin ( en marge Troerin)

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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L'Annonciation sur l'encadrement de la porte.

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J'ai remarqué récemment (Arc de triomphe de Saint-Thégonnec) combien les Annonciations étaient disposées à l'entrée des sanctuaires, sur les portes monumentales, les porches, et, ici, la porte de clôture.

Les statues sont placées dans une niche à dais gothique.

Gabriel qui ébauche une génuflexion, tient le lys, fleur pur et blanche symbolisant la conception virginale. Le phylactère de son message entoure la tige.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge Marie.

Elle tient le livre des Écritures (qu'elle réalise) et fait le geste de son acceptation au plan divin de l'Incarnation.

Son front est largement épilé, ses cheveux ne sont pas voilés ou retenus, ses joues sont particulièrement rondes et pleines. Elle porte sur une chemise à col rond une robe à encolure carrée et un manteau. Le vase portant le lys est à ses pieds.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LE JUBÉ VU DEPUIS LE CHOEUR.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

 

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I. LA TRIBUNE.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES DOUZE PANNEAUX "GROTESQUES".

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Nous trouvons plusieurs fois les mêmes motifs, déjà présents sur la face ouest, sans pouvoir affirmer si ces panneaux sont ceux d'origine, ou encore si Denis Derrien a complété des espaces manquants ou trop altéré.

Il me manque, pour l'ensemble des boiseries de ce jubé, une expertise des bois qui en daterait la réalisation. 

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Premier panneau.

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Un candélabre supporte un masque feuillagé qui crache des rinceaux, dont deux s'achève en tête de dragons.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième panneau.

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Un candélabre supporte un crâne animal (bucrâne? mais sans cornes) aux oreilles longues. Deux dragons ou unicornes voient leur queue s'empanacher en rinceaux.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Troisième panneau.

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Deux oiseaux huppés et feuillagés  boivent ou picorent le bord du vase central, lequel est dominé par une tête de putto ailé.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième panneau.

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Deux oiseaux feuillagés picorent les fruits ronds disposés sur la coupe d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Cinquième panneau.

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Deux dauphins s'affrontent autour d'un candélabre, croisant le trajet de deux rinceaux qui s'épanouissent en masques anthropomorphes de profil.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sixième panneau.

Rinceaux autour d'un candélabre.

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Septième panneau.

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Deux dauphins cornus s'ébattent sur la margelle d'un candélabre ; leur tête, leur corps et leur queue libèrent des volutes de feuillages.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Huitième panneau.

Rinceaux autour d'un vase et d'une fleur.

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Neuvième panneau.

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Semblable au 3ème panneau.

Deux oiseaux huppés et feuillagés  boivent ou picorent le bord du vase central, lequel est dominé par une tête de putto ailé.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Dixième panneau.

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Rinceaux autour d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Onzième panneau.

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En registre supérieur, deux oiseaux fabuleux picorent les fruits ronds proposés sur un candélabre.

Au centre, un médaillon (aux bords marqués de I ) renferme un fleuron inscrit dans  par un losange.

En registre inférieur, deux dauphins autour d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Douzième panneau.

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Identique au onzième.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES TREIZE STATUES , LES DOUZE APÔTRES.

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L'étude des 13 statues en ronde-bosse  s'est avérée décevante. Elles sont posées sur un culot, la plupart polyédrique, un seul à godrons) sous des dais gothiques. Une seule (saint Jacques), placée devant la porte de l'escalier, n'a pas de dais. 

Cette étude est décevante car la plupart des statues ont été crées par Denis Derrien en 1877 sans que nous ne sachions s'il disposait, ou non, de modèles. 

 

Elle est décevante, car nous ne retrouvons ni l'ordre traditionnel des Credo apostoliques (Pierre, puis André, puis Jacques le Majeur, puis Jean, etc.),  ni les phylactères portant l'article du Credo qui est leur est attribué. Or, cet ordre et ces phylactères sont présents dans les autres jubés "contemporains" (notion vague en raison du manque de consensus sur cette datation). À Kerfons en Ploubezre vers 1495 et Saint-Fiacre en Melrand les 12 apôtres suivent l'ordre du Credo du Calendrier des Bergers de 1493. 

Elle est décevante car ces apôtres sont tournés vers le chœur et non vers la nef comme dans les autre cas, ce qui amène Michel de Mauny à en rendre responsable Denis Derrien. Ce serait vraiment la preuve d'une grande incompétence ; mais cette orientation des apôtres se retrouve aussi à Saint-Nicolas en Priziac.

Elle est décevante car la représentation des apôtres semble fautive (par égard à l'iconographie traditionnelle). C'est ainsi que saint Jean est figuré en évangéliste (accompagné de l'aigle du Tétramorphe), au lieu de tenir en main gauche son attribut, le calice de poison. La main droite brisée ne permet pas d'en dire plus.

Et enfin elle est décevante car l'identification de nombreux apôtres nous plonge dans l'embarras.

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Que savons-nous de ce sculpteur de Saint-Pol-de-Léon?

Fils de Jean-François, menuisier à Saint-Pol, Jean-Denis Derrien (Saint-Pol,1816/ Saint-Pol, 1897) installa en 1854 dans une ancienne demeure du XVIe un atelier de sculpture religieuse au 5 rue Saint-Yves (ex Venelle-aux-poules), près de la cathédrale, où, pendant plusieurs décennies, une quinzaine d'ouvriers réalisèrent des statues, autels, retables pour les églises de la région. Il réalisa ainsi un autel et le baptistère (1897) de la cathédrale, pour l'église de Carantec la chaire à double escalier, trois confessionnaux et l'autel de Saint-Sacrement, les chaires du Folgoët et de La Feuillée, les stalles de la cathédrale de Quimper et de Saint-Brieuc, et les stalles de l'église de Rumengol (1874) . Et peut-être deux statues de saints (Corentin et Guénolé) à l'église de Rumengol vers 1886, tout comme la niche (1883) de la Trinité et celle de Notre-Dame de-Rumengol (1883). Il a travaillé aussi à Plounéventer et Carhaix.

Il est aussi entrepreneur (c'est sa qualification sur son acte de décès), et se chargea de la construction de l'église Saint-Pierre de Plounevez-Lochrist en 1871 sur les plans de Rivoalan, architecte de Brest.

On le trouve désigné aussi sous le terme "atelier Derrien-Pondaven", en association avec son concurrent Yves-Marie Pondaven, qui employait à la même époque jusqu'à 29 ouvriers dans son atelier de la Grand-Rue ; ce dernier réalisa les retables et autels de Plouvien, le reliquaire en acajou de Rumengol en 1855, deux autels et le maître-autel de Pleyber-Christ en 1869. Le reliquaire de Rumengol porte une inscription associant leurs deux noms : "gant D.M. Pondaven ha Derrien D. 

Au total, nous avons la certitude que ces statues du jubé sont sorties d'un atelier prestigieux et prolifique de Saint-Pol-de-Léon, mais cet atelier s'est illustré dans les créations de mobilier religieux neuf, et non dans les restaurations de monuments historiques. [Le jubé de Lambader est classé Mh depuis 1840].

Dernière remarque. Beaucoup d'auteurs pensent que ce jubé était, à l'origine, peint. Si cela était le cas, il ne subsiste pas la moindre trace de polychromie, ce qui supposerait de la part du restaurateur un décapage très sérieux. Les visiteurs qui ont décrit au XIXe siècle et avant 1877 le jubé "en bois sculpté" se sont tous extasiés sur "la finesse du travail et la multiplicité des détails qui pourraient le comparer à un ouvrage de dentelle brodé dans le chêne" et aucun n'en mentionne les couleurs. Certes ils recopient peu ou prou les Antiquités de Fréminville (1832-1835), mais cela m'amène à penser que ce jubé était alors en bois brut. 

Un autre sujet d'étonnement est qu'aucun de ces voyageurs ne signale, bien au contraire, le mauvais état de conservation des sculptures, y compris en 1864 dans la description de Pol de Courcy.

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Liste des statues. On a compris que les identifications sont plutôt des propositions ou interrogations destinées à susciter des échanges que des affirmations.

Saint Jacques le Majeur ?? Chapeau ; bâton. Statue ancienne ?

Saint Pierre. Clef ; livre ; toupet frontal

Saint Paul. Epée ; livre ; calvitie.

Saint André. Croix en X (?), livre.

Saint Jean. Imberbe, aigle du Tétramorphe, phylactère (évangile ?)

Saint Thomas. Équerre, livre.

Apôtre non identifié. Geste de bénédiction ; livre ; attribut en demi-lune près du pied droit.

Apôtre non identifié. Deux livres ?

Saint Barthélémy (couteau ?) ou Matthieu (hache ?). Livre.

Apôtre non identifié. Attribut brisé (manche  d'outil?) en main droite ; livre.

Saint Jacques le Majeur. Chapeau de pèlerin, coquille sur une courte pèlerine, bourdon (brisé) ; livre.

Apôtre non identifié. Attribut brisé en main droite ; livre. Statue plus ancienne ; le manteau est lacé par devant selon un motif rare.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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1. Saint Jacques le Majeur ?? Chapeau ; bâton. Statue ancienne ?

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2. Saint Pierre. Clef ; livre ; toupet frontal

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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3. Saint Paul. Epée ; livre ; calvitie.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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4. Saint André. Croix en X (?), livre.

Il me manque un cliché pour préciser l'objet tenu en main droite et que je suppose être la croix de Saint-André.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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5. Saint Jean. Imberbe, aigle du Tétramorphe, phylactère (évangile ?).

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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6. Saint Thomas. Équerre, livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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7. Apôtre non identifié. Geste de bénédiction ; livre ; attribut en demi-lune près du pied droit.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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8. Apôtre non identifié. Deux livres ?

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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9. Saint Barthélémy (couteau de dépeçage ?) ou Matthieu (hache ?). Livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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10. Apôtre non identifié. Attribut brisé (manche  d'outil?) en main droite ; livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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11. Saint Jacques le Majeur. Chapeau de pèlerin, coquille sur une courte pèlerine, bourdon (brisé) ; livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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12. Apôtre non identifié. Attribut brisé en main droite ; livre. Statue plus ancienne ; le manteau est lacé par devant selon un motif rare.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES CINQ ANGES .

Quatre anges présentent des phylactères autour d'un ange tenant le blason de Marc de Troërin. ils sont décrits de gauche à droite.

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1. Ange volant, présentant un phylactère.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2. Ange volant, présentant un phylactère.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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3. Ange volant, présentant un phylactère. Aile gauche brisée.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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4. Ange volant, présentant le blason de Marc de Troërin. Aile droite brisée.

Selon l'Armorial ou nobiliaire de l’évêché de Saint-Pol-de-Léon, en Bretagne, en 1443, par le marquis du Refuge, (BnF RES 8-LM2-124) ces armoiries de Troërin ou Traonvilin sont : d'azur à la fasce vivrée d'argent accompagnée de six besants de même.

Ici, le sculpteur a figuré une fasce simple, et non "vivrée", découpée en grandes dents de scie.

On trouve aussi ici  d'azur à la face ondée ... mais la fasce sculptée est parfaitement droite (mais marquée d'un croissant en bord inférieur, comme une moitié de besant).

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La chapelle a été restaurée à l'initiative du vicomte de Réals (cf. biblio), qui demeurait au château de Troërin. On peut penser qu'il a superviser le travail de restauration du sculpteur, et tout spécialement celui des blasons. En tout cas, le blason aux armes de Marc de Troërin et tenu par un ange du jubé est attesté, avant la restauration de 1877, par les voyageurs du XIXe siècle.

https://books.google.fr/books?id=yWQDAAAAQAAJ&pg=PA79&dq=lambader&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjE3dm_-aDvAhVgA2MBHU8ZBew4ChDoATAAegQIARAC#v=onepage&q=lambader&f=false

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La famille de Troërin et son manoir. Selon Wikipedia :

"Montres et réformations du XVème siècle font mention d'une famille Tuonhirin ou Tuonquerin, dont le vocable a évolué dans la suite en « Troérin ». Sa descendance mâle s'est éteinte en la personne de M. de Troérin, chanoine et grand-chantre de Léon en 1789, dont la sœur, Marie, avait épousé, en 1770, François de la Tullaye, seigneur de Coëquelfen, capitaine de vaisseau. Leur fille fit passer le manoir, le 16 janvier 1796, dans la famille de Réals par son mariage avec Charles Boscat de Réals, ancien capitaine au régiment de Bresse.

Troérin est toujours possédé par cette famille de Réals.

Les archives du manoir contiennent les titres de la famille de Troérin, depuis le XVème siècle, et ceux des familles de Coëtquelfen, de la Tullaye, de Réals... On y voit également des notes sur Plouvorn, des extraits des anciens registres paroissiaux, et des, notices généalogiques sur plusieurs familles du pays, rédigées par le colonel de Réals."

"La famille de Troërin est connue depuis au moins le XIIe siècle : le sire Pierre Michel de Troërin est cité comme participant à l'assise du comte Geoffroy en 1185 et le sire Pierre Michel de Troërin participe à la première croisade de Saint-Louis à partir de 1248. La famille de Troërin, seigneurs du dit lieu (l'existence du manoir de Troërin est attestée dès 1413), de Kerjean, de Kergounan (en Lampaul-Ploudalmézeau, de Kerrannou (en Saint-Pol-de-Léon), présente aux montres de 1426 à 1534, fut reconnue d'ancienne extraction noble lors de la réformation de 1669, à la demande d'Anne de Troërin, épouse de Louis de Kerhoas, seigneur de Coatcoulouarn (en Saint-Thégonnec) et du Quellenec. En 1638, Charles de Troërin épousa à Lampaul-Ploudalmézeau Louise de Kerlec'hb. Leur petit-fils Jan de Troërinc fut lieutenant des maréchaux de France en Bretagne ; il transforma le manoir en château aux alentours de 1717 et fit faire par Isaac Robelin un nouvel aménagement paysager du parc.

 Le 16 janvier 1798, Henriette-Marie-Salomé de La Tullaye, fille de François-Henri de La Tullayed et de Marie-Anne-Corentine de Troërin, mariés le 20 octobre 1767 à Plouvorn, épousa Charles-Marie-Henri Boscal de Réalse, capitaine au régiment de Bresse en 1790, issu d'une famille originaire du Poitou. Depuis le château de Troërin appartient à la famille Boscal de Réals."

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-troerin-plouvorn/06f06d2a-a963-4976-b197-cd69d0a8bb95

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Marc de  Troërin.

Il est présent, équipé en brgiandine (*) à la  Montre de l'Evêché de Léon en 1503 ("Marc Truongirin").

(*) La Brigandine était selon Fréminville une cuirasse légère formée de bandes d'acier larges de deux ou trois doigts, assemblées transversalement et doublées d'un cuir de cerf.

On le trouve ensuite à celle de 1534 :

 Plouemorn
Le sieur de Penfentenyou, homme d'armes.
Le sieur de Kerounyant (Jean de Kergorlay), homme d'armes.
Le sieur de Créachquerault (Jean de Créachquerault), homme d'armes.
Le sieur de Coatudavel (Ulivier de Coatudavel) , archer .
Jan Kersainctgily, sieur de Keruzoret, archer à deux chevaux.
Marc Traouirin, sieur dudit lieu ou Troërin, archer en brigandine.

Etc

L. Le Guennec, "Convocation du ban et de l’arrière-ban de l’Evêché de Léon et de la chatellenie de Morlaix-Lanmeur (1534-1708)", Bull. SAF 1911 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207700g/f135.item

Son père (?) Guillaume Trouhirin ("Tnouhirin"), 20 livres de revenu, archer en brigandine est présent à la Montre de 1481 parmi 40 nobles de Plouvorn. Et à la Réformation de 1443 (base de l'Armorial du marquis du refuge), c'est Jean de Troërin ou de Traonvilin qui est mentionné.  

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Ajoutons que Troërin est le nom du ruisseau, affluent de l'Horn, qui passe  juste au sud de la chapelle de Lambader,  et alimente l'étang du château de Troërin. Un moulin de Troërisi  ou Troërin y était installé (Marteville et Varin 1853). 

 Le bourg de Plouvorn est situé sur une éminence, vers 80 mètres d'altitude, entre les vallées des deux ruisseaux de Troërin (au sud) et de Keruzoret (au nord).

Un simple coup d'œil sur les cartes permet de comprendre le lien entre la chapelle, et le manoir.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.041294&y=48.573442&z=16&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

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Voir  les Preuves de la noblesse de Tanguy-Marie de Troérin de Kerjan, réunies en 1774. 

https://www.tudchentil.org/spip.php?article1260

 

 

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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5. Ange volant, présentant un phylactère. Aile gauche brisée.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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L'ESCALIER À VIS.

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Entièrement en bois et construit autour d'un axe central qui le rend indépendant des piliers,  il se déploie sur un tour et quart pour accéder par une porte à la tribune.

On retrouve un tel escalier au jubé de Kerfons.

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Deux des soutiens verticaux qui l'étayent à l'extérieur sont ornés à l'extrémité de belles gueules de dragons avalant le montant comme des engoûlants d'entraits.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Le joueur de cornemuse.

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Il remplace, à l'extrémité nord de la tribune, l'un des anges et, comme ces derniers, il est figuré volant jambes fléchies derrière lui et  vêtu d'une tunique plissée. Comme eux, il a le visage poupon et des cheveux bouclés. Mais il est coiffé d'un chapeau rond (mais évasé après l'étranglement du galon), et ses yeux sont mi-clos, comme un instrumentiste regardant son public placé plus bas. Jean-Luc Matte, qui n'a pas manqué de décrire l'instrument dans son Encyclopédie de la cornemuse signale le bourdon d'épaule brisé, le hautbois également brisé en dessous des mains du musicien, les dites mains étant presque à la même hauteur que le hautbois. Il ne dit rien du porte-vent, qui descend verticalement des lèvres du joueur et qui comporte une encoche. Les deux viroles par lesquelles le bourdon et le hautbois s'implantent dans le sac sont visibles.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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II. LA CLÔTURE, COTÉ CHOEUR.

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Nous retrouvons la disposition symétrique du coté nef, mais au dessus du fleuron de la frise d'acanthes, et au lieu des armoiries d'Isabeau de Kermellec, nous trouvons celles de son mari Marc de Troërin, toujours très "restaurées" (ou remplacées) et dont la fasce n'est ni vivrée ni ondée.

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Jubé de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie), 1897, Le Livre d'or des églises de Bretagne,  Lambader, Berven, Lochrist, Goulven, illustrations de Charles Géniaux, Rennes pages 1-3.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_201/lambader__berven__lochrist__goulven.pdf

— COUFFON, René), LE BARS, Alfred), Notice sur Plouvorn,   Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

 

— COURCY (Pol de ), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo, itinéraire historique et descriptif, Hachette et Cie page 289

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=lambader+%22ma%C3%AEtresse-vitre%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

La chapelle prieurale de Notre-Dame de Lambader (à 8 kil. au nord de Landivisiau), se recommandait, il y a peu d'années, par une tour du XIVe siècle. Cette tour était couronnée d'une flèche élancée, une des plus hautes et des plus belles du Finistère, bâtie à l'imitation du célèbre clocher de Creizker, à Saint-Pol de Léon. Classé au rang de monument historique, Lambader avait reçu de l'État une allocation destinée à sa consolidation; cette somme a été employée, en 1837, à descendre la flèche et les étages supérieurs de la tour, fortement ébranlée par la démolition d'un arc de triomphe qui lui servait de contre-fort au nord-ouest, et dont la fabrique a vendu les pierres. Il y aurait une bien triste énumération à faire des édifices détruits ou mutilés sous le prétexte de les restaurer, et ceux qui subsistent encore pourraient dire en défilant devant leurs juges, comme les gladiateurs devant la loge de César, lorsqu'ils allaient combattre dans l'amphithéâtre: Morituri te salutant!

La démolition de son clocher n'est pas le seul acte de vandalisme dont Lambader ait eu à souffrir; sa maitresse vitre, garnie d'une brillante verrière de 1543, a été maçonnée, les vitraux ont été dispersés et plusieurs statues en pierre renversées ou mutilées. Elles gisent aujourd'hui dans l'enclos du prieuré parmi les débris de la tour et de ses clochetons, les rosaces de la flèche et les quatrefeuilles de sa galerie, qu'on ne songe pas à relever, mais qu'on a cherché à vendre. Les murs, qui surplombent de tous côtés, ne tarderont pas à s'effondrer à leur tour.

La fontaine sacrée, qui coule au midi de la chapelle, est le but d'un pieux pèlerinage; mais la merveille de Lambader, depuis l'amputation dont son clocher a été victime, est un jubé en bois travaillé à jour, ainsi que la rampe de son escalier tournant. Cet ouvrage de dentelle, digne d'admiration pour l'élégance et la multiplicité de ses motifs flamboyants, est dû à la munificence de Marc de Troërin, époux, en 1481, d'Isabeau de Kermellec; les armes du donateur sont soutenues par un ange formant l'un des pendentifs du jubé du côté du chœur.

Un devant d'autel sur bois, dans la même chapelle, représente un martyr qu'à la mitre qu'il porte pour tout vêtement, on reconnait pour un évêque. Il est couché sur le dos, le ventre ouvert, et plusieurs soldats roulent, en riant, ses intestins autour d'un cabestan. On croit retrouver dans cet évêque saint Érasme, qui avait enduré le même genre de supplice. Les statues en kersanton de Notre-Dame de Pitié et de Notre-Dame de Lambader, sont reléguées dans des coins obscurs de l'église. Celle de ces statues qui surmontait le portail ouest, était accostée d'un groupe de 1598, qui n'a pas été déplacé, représentant six moines et six religieuses agenouillés.

Les statues de saint Christophe, portant l'enfant Jésus sur ses épaules, et de saint Trémeur, portant sa tête entre ses mains, ont été recueillies à la chapelle du château de Keruzoret, château où l'on conserve un riche cabinet du xviie siècle, à panneaux et à volets sculptés en ébène. Les sujets figurés sur ce beau meuble, qu'envierait le musée de Cluny, sont tirés du roman de l'Ariane, de Desmaretz, un des membres de l'Académie française à sa fondation, en 1635.

Vis-à-vis de Lambader se dresse une croix gothique dont les branches sont chargées des principaux personnages de la Passion. Plusieurs de ces statuettes, renversées par la tempête, ont été employés à macadamiser la route, d'autres jonchent aujourd'hui

les douves de cette même route, sans que la fabrique de Plougourvest prenne souci de les rétablir sur leurs piédestaux."

— DANIEL (Tanguy), 1996,  "La chapelle de Lambader en Plouvorn, le jubé XVe-XVIe siècle", Bulletin de l'Association bretonne et union régionaliste bretonne 123e Congrès à Saint Paul de Léon Kergournadec'h Cléder Lambader plouvorn Morlaix Léon Roscoff Saint Paul Aurélien Monsiegneur de la Marche Keremma Berven – 1 janvier 1996 C 1996, I 1997 pages 47-50

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1979 L'Art de Bretagne , Arthaud éditeur, pages 197-199.

"Dans la trentaine d'années qui suit [le jubé de Saint-Fiacre, commencé en 1480], le décor se modifie imperceptiblement. Les jubés ont traduit un peu plus tôt que le décor architectural de pierre les évolutions de style. Les panneaux, aveugles ou ajourés, continuent à agencer leurs flammes de cent façons, les anges à se cambrer au dessus du vide portant un blason ou les instruments de la Passion. Ainsi à la tribune de Rochefort-en-Terre ; mais à celle de Goulven, vers 1515, et à Lambader certains panneaux, sont déjà meublés de rinceaux et de candélabres à l'italienne.

Si Saint-Pabu et les reste de chancel de Kernitron se contentent de broder en tradition flamboyante, Kerfons, qui le fait aussi, introduit vers 1490 la torsade perlée sur les poteaux de soutien et les écailles sur les montants : détails "Louis XII" qui se retrouvent à Locmaria en Belle-Isle-en-Terre, à Loc-Envel, à Lamballe, à Saint-Roch en Lannion-Brélévenez. Pour l'iconographie, Kerfons inaugure aussi l'idée de l'alignement des douze apôtres : on les retrouve vers 1520 à Lambader (restauration de 1877) et pendant plusieurs générations. 

Après 1550, le goût nouveau a pleinement triomphé : les colonnettes sont en candélabres, les culots sont en toupie ; vases godronnées, coquilles, cartouches à enroulement, feuillages à profils humains se multiplient, têtes casquées dans les médaillons, bustes en demi-ronde bosse (Sainte-Croix en Plélauff, Rosquelfen, Saint-Jean en Guern, ancien dais à Rochefort-en-Terre, Brennilis, etc.).

À Sainte-Avoye, le jubé signé Bizoel (vers 1565) [1555] avec les apôtres d'un coté, des saints et les sept vertus de l'autre, n'a plus rien de gothique, et les voûtains de sa tribune  sont peints en faux marbre.

Beaucoup plus remarquable est celui de Saint-Nicolas de Priziac, achevé en 1580. La clairevoie a des masques grimaçants (plusieurs ont les yeux et la bouche percés) qui broutent des rinceaux. D'un coté les apôtres, de l'autre la légende de saint Nicolas : il défend la vraie foi au concile de Nicée, et meurt couché sur une planche, pleuré de ses clercs, dont un l'asperge d'eau bénite : les sept autres panneaux ont trait à des miracles : dès sa venue au monde, il se tient debout dans la cuvette de son bain [...] Et entre ces scènes toutes médiévales, ce sont cariatides et atlantes nus, dont les bras, quand ils ne tournent pas court en volutes, s'allongent pour cueillir des pommes au sommet des pilastres qui les gaines, ou dont les jambes serpentiformes s'enchevêtrent comme un caducée.

À La Roche-Maurice, dernière étape : la tribune n'est plus sur voûte, mais sur plafonds à caissons décorés d'entrelacs en "cuirs" avec des toupies pendantes ; de monstrueuses consoles animales, accroupies obliquement soutiennent ce plafond, les corniches sont à denticules et à grosses virgules, et les colonnes cannelées de la claire-voie montent par anneaux godronnés vers les chapiteaux corinthiens. La tradition ne se marque plus que par les rangées d'apôtres et de saints : si leurs douze dais sont à balustrades, ils ont encore sous les pieds six anges suspendus ...

De la même seconde moitié du XVIe siècle est le chancel de Saint-Herbot. Il est d'une extrême richesse  iconographique et ornementale. C'est une claire-voie faite de colonnettes tournées en candélabres  au dessus d'un buffet vêtu, ainsi que les montants de la porte, de reliefs légers, rubans enlacés et noués, vases, masques et mufles, guirlandes de feuillages et de fruits. Il est couronné d'une longue bande de panneaux historiés, somptueusement encadrés, et séparés par des figures engainées : apôtres, prophètes, sibylles et personnages laïcs. Vers l'intérieur, au dessus des stalles de bois ciré, court un baldaquin à caissons. Tout en haut d'une série de petits frontons triangulaires, festonnés de rinceaux à jour.

Le chancel de Berven est plus tardif encore : daté de 1601 — et même de 1720 pour le portique supplémentaire dont il a été doté, solennel et froid avec ses quatre grandes colonnes lisses —il offre vers la nef une claire-voie en pierre. Mais les faces latérales sont en bois avec des colonnettes cannelées prises jusqu'au tiers de leur hauteur dans des manchons feuillagés. Chapiteaux corinthiens, entablement à têtes ailées, tout l'ensemble est pleinement classicisant. Les saints et les saintes sont toujours là aux panneaux inférieurs, Catherine avec sa roue, Apolline avec sa tenailles serrant une molaire ; mais à coté d'elles, Lucrèce s'enfonce une épée dans le sein : "martyre " elle aussi de  sa pudicité, mais en bonne païenne, elle est figurée nue.

Mais au second quart du XVIIe siècle, c'était vraiment la fin des jubés et des chancels. Une conception toute nouvelle de l'aménagement et du décor des églises se faisait place : celle des retables monumentaux."

 

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953 La sculpture bretonne

— FRÉMINVILLE ((chevalier Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville) 1832, Antiquités de la Bretagne: Finistère, Volume 1, Lefournier et Deperiers, 1832 p. 69

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&dq=lambader&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

"Eglise de de Lambader, ancienne maison de l'ordre des Templiers qui, après la spoliation des biens de cet ordre en 1314; passa en la possession des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte. Cette église , assez vaste , est construite dans le style d'architecture gothique-arabe. Son clocher est très-beau ; c'est une tour carrée ornée en haut d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche très-élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de quatre clochetons. Cette flèche, toute en pierre de taille , est travaillée à jour ainsi que les clochetons qui l'accompagnent. Au pied du clocher est une porte donnant sur un petit porche qui précède l'église.

Presque tous les édifices appartenant aux Templiers portaient le cachet de l'esprit guerrier de leur institution, et leurs églises même avaient quelqu'apparence de forteresse; la commanderie de Lambader était environnée d'une forte muraille à plate-forme, on en voit encore une partie adjacente au clocher et dans laquelle est pratiquée la principale porte de ce monastère demi-couvent, demi-place de guerre. A droite de cette porte en est une autre plus petite ; une espèce de poterne ouverte au pied de l'escalier par où l'on monte sur la plate-forme.

· Entre le portail et le clocher on remarque quelques niches dans lesquelles étaient placées des statues de saints.

Dans l'intérieur de l'église , la boiserie gothique et travaillée à jour qui sépare la nef du choeur, est digne d'être admirée pour l'élégance et la multiplicité de ses détails, sa légèreté pourrait la faire comparer à un ouvrage de dentelle. Dans le choeur je vis suspendus à la muraille des fers tels qu'en portaient les esclaves : ils furent sans doute consacrés en ce lieu par quelque chevalier qui, ayant longtemps gémi captif chez les infidèles, les a apportés comme offrande à cette église après avoir recouvré sa liberté.

Les vitraux, bien conservés , sont d'une époque postérieure à l'édifice, les personnages qui y sont représentés, portent le costume et l'armure du seizième siècle. Ce sont, selon toute apparence, les seigneurs aux dépens desquels ces vitraux ont été faits.

Plusieurs statues ornaient jadis l'église de Lambader, elles ont été renversées et mutilées, leurs débris gisent sur le gazon dans le préau ou cour du monastère. J'en remarquai une qui me frappa par le fini et la précision de son travail, elle représente un chevalier armé de toutes pièces , tenant l'épée nue sur l'épaule ; la forme de son armure indique la fin du quatorzième siècle. On remarque au bas de la cuirasse l'assemblage de pièces de lames transversales qui recouvre le défaut des cuissards et que l'on nommait tasseltes ou braconnière. La tête de cette statue a malheureusement été brisée ( Pour préserver cette statue de mutilations plus considérables, M. le marquis du Dresnay en a fait récemment l'acquisition et l'a fait transporter à Saint-Pol de Léon , où elle est placée dans son jardin. ) : je présume qu'elle représentait quelqu'un des commandeurs de Malte titulaires de la commanderie de Lambader. Ce ne peut être un templier, car, lors de la destruction de l'ordre du temple, les .chevaliers portaient encore le haubert ou armure entièrement en mailles, celle que l'on voit ici est celle de plaque et de lames adoptée au quatorzième siècle."

 

 

GALLIC (Kristian), Le jubé de Lambader, vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=R8v-UGsxanQ&ab_channel=DanielleRopars

— LAFEUILLE (Jérôme), 2020, Un nouveau regard sur le jubé de Kerfons, Coll. Les cahiers de l'ARSSAT n°4.

— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat brochure in-8°, 88 pages.

 

LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

 

Le magnifique jubé, « l'expression la plus parfaite du travail sur bois » fut démonté et reconstitué avec un goût parfait par Denis Derrien, de Saint-Pol-de-Léon. C'est de ses ateliers que sortent les statues des douze Apôtres qu'on y remarque. « Le jubé de Lambader, dit le chanoine Abgrall (Cours d'architecture bretonne professé au Grand Séminaire de Quimper), est une large galerie portée sur une sorte de cloison aux compartiments découpés et fouillés avec la plus grande finesse. L'habileté et l'imagination des huchers de l'époque flamboyante s'y sont donné libre champ. C'est un fenestrage compliqué et néanmoins harmonieux, c'est une dentelle avec dessins variés et toujours pleins de grâce. Sur les torsades des deux montants de la porte étaient gravées des hermines ; le ciseau des révolutionnaires les a toutes mutilées comme des emblèmes dangereux.  La galerie est soutenue en encorbellement de chaque côté de ce chancel, par des nervures et des demi-berceaux. Des pendentifs représentent les anges portant des instruments de la Passion, et au milieu est un beau pélican qui nourrit ses petits de son sang. Un écusson tenu par un ange en pendentif, du côté du chœur, indiquerait que cet admirable ouvrage serait dû à la munificence de Marc de Troerin, époux en 1481 d'Isabeau de Kermellec. La balustrade de la galerie est garnie de panneaux encadrés de beaux motifs flamboyants, tandis que la décoration des panneaux eux-mêmes est dans le genre de la Renaissance.  Et dans tout cet ensemble, ce qu'on devra encore plus admirer, c'est le petit escalier à vis, qui monte au jubé dans l'angle nord, compris et disposé avec une élégance parfaite, indiquant la spirale de ses marches au moyen de ses gracieuses colonnettes. »

LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages

La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument.

 — LE GUENNEC (Louis), 1911, "La chapelle de Lambader", in Vieux souvenirs bas-bretons, édition 1938 par Les Amis de Louis Le Guennec, Quimper.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_139/Vieux_Souvenirs_Bas_Bretons_.pdf

 

"On admire le magnifique jubé de chêne sculpté qui a fait le renom de Lambader. Sa large galerie, garnie de panneaux encastrés de motifs flamboyants, repose sur un chancel aux compartiments découpés et fouillés avec un art où l'habileté et l'imagination des huchiers de l'époque se sont donnés libre cours.

La présence des armoiries (une fasce ondée accompagnée de six besants) de Marc, seigneur de Troërin en 1481, sur ce splendide ouvrage ne prouve pas que ce personnage ait été le donateur . Le jubé de Lambader a très probablement été fait aux frais de la fabrique, et, si le seigneur de Troërin l'a timbré de son écusson, c'est au titre de simple prééminencier de la chapelle". (Le Guennec, Vieux souvenirs bas-bretons.)

 — LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa régionédité par Les Amis de Louis Le Guennec, Quimper.

"La célèbre chapelle de Lambader s'élève à un kilomètre au sud-ouest du bourg. La tradition y voit un établissement de moines Rouges ou de chevaliers Hospitaliers, qui auraient eu leur château à l'enceinte retranchée voisine de Castel-ar-Vouden, en Plouzévédé, mais l'abbé Guillotin de Corson, qui a publié, en 1896, dans le Bulletin de l'Association Bretonne, une intéressante étude sur la « Commanderie de La Feuillée et de ses annexes » en Cornouaille, Tréguier et le Léon, ne fait nulle mention de Lambader.

Le clocher de la chapelle de Lambader, haut de 57,48 mètres, est, des imitations du Creisker dans notre région, celle qui s'en rapproche le plus : aussi le dicton local s'exprime-t-il ainsi Ma vefe diskaret K re isker, Ne vo ket par da Lambader. Ce magnifique clocher, qui avait été mutilé par une tempête le 2 février 1836, et démoli l'année suivante, fut reconstruit en 1882, par Le Naour, entrepreneur à Quimper, qu'on a appelé le « bâtisseur de clochers». A la même époque, grâce aux dons généreux des familles Boscal de Réais et Audren de Kerdrel, on entreprit la restauration intérieure de la chapelle.

 

Le magnifique jubé, « l'expression la plus parfaite du travail sur bois » fut démonté et reconstitué avec un goût parfait par Denis Derrien, de Saint-Pol-de-Léon. C'est de ses ateliers que sortent les statues des douze Apôtres qu'on y remarque. « Le jubé de Lambader, dit le chanoine Abgrall (Cours d'architecture bretonne professé au Grand Séminaire de Quimper. ), est une large galerie portée sur une sorte de cloison aux compartiments découpés et fouillés avec la plus grande finesse. L'habileté et l'imagination des huchers de l'époque flamboyante s'y sont donné libre champ. C'est un fenestrage compliqué et néanmoins harmonieux, c'est une dentelle avec dessins variés et toujours pleins de grâce. Sur les torsades des deux montants de la porte étaient gravées des hermines ; le ciseau des révolutionnaires les a toutes mutilées comme des emblèmes dangereux. « La galerie est soutenue en encorbellement de chaque côté de ce chancel, par des nervures et des demi-berceaux. Des pendentifs représentent les anges portant des instruments de la Passion, et au milieu est un beau pélican qui nourrit ses petits de son sang. Un écusson tenu par un ange en pendentif, du côté du chœur, indiquerait que cet admirable ouvrage serait dû à la munificence de Marc de Troerin, époux en 1481 d'Isabeau de Kermellec. La balustrade de la galerie est garnie de panneaux encadrés de beaux motifs flamboyants, tandis que la décoration des panneaux eux-mêmes est dans le genre de la Renaissance. « Et dans tout cet ensemble, ce qu'on devra encore plus admirer, c'est le petit escalier à vis, qui monte au jubé dans l'angle nord, compris et disposé avec une élégance parfaite, indiquant la spirale de ses marches au moyen de ses gracieuses colonnettes. »

 

Aux murs du chœur sont suspendus des fers d'esclaves, ex-voto de croisés qui furent captifs chez les infidèles. On vénère à Lambader une belle statue en kersanton de Notre-Dame. Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit, provenant de l'ancien Calvaire. La maîtresse vitre contenait un brillant vitrail de 1543, qui a été brisé vers 1845 et remplacé, dans sa partie basse, par une maçonnerie, et dans sa partie haute, par un voile rouge. On en voit quelques débris à la chapelle de Keruzoret, ainsi qu'un saint Christophe et un saint Trémeur portant sa tête entre ses mains."

PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

LA RESTAURATION DE LAMBADER LETTRE De M. le Vicomte de Réals à M. le Vicomte DE LA VILLEMARQUÉ, Directeur

Troërin, le 3 septembre 1888.

MONSIEUR,

L'excursion archéologique, à laquelle vous devez consacrer une des journées du Congrès, vous conduira peut-être dans le voisinage de Plouvorn, et dans ce but je désire appeler votre attention sur notre ancienne chapelle de Lambader et son beau clocher, que nous regardons dans le pays comme digne d'intéresser le touriste. Que cette prétention soit fondée ou non, vous trouverez sans doute légitime que, administrateur de la commune de Plouvorn depuis de longues années, je tienne à effacer la mauvaise impression que peut laisser aux étrangers les reproches un peu vifs adressés par M. de Courcy, dans son excellent itinėraire de Nantes à Brest, à nos bons plouvorniens et à l'administration municipale de cette époque.

L'église priorale de Lambader, pourvue de huit arcades élégantes dans chacun de ses bas-côtés, est surmontée d'un clocher très beau, qui a beaucoup de ressemblance avec celui du Creisker à Saint-Pol-de-Léon. C'est une tour carrée, ornée d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de 4 clochetons. La hauteur totale du clocher est de 57 mètres; il est absolument creux dans l'intérieur, et du sol on peut voir la pierre terminale ; l'escalier est à vis dans l'un des piliers.

Classée comme monument historique au commencement de ce siècle, la tour de Lambader dut être démolie en 1842, par mesure de sécurité publique. Un des clochetons était déjà tombé; la flèche elle-même était penchée et menaçait ruine. Pendant de longues années ses débris restèrent épars sur le sol ; la chapelle, toute lézardée et mal entretenue, ne semblait plus devoir résister longtemps aux outrages du temps, et le monument allait disparaître, lorsqu'en 1873, sur une demande du Conseil municipal que je présidais, l'évêque de Quimper, Mgr Nouvel, autorisa la reconstruction de l'édifice. Grâce à la pieuse générosité du clergé paroissial de Plouvorn et de ses habitants, tant châtelains que cultivateurs, grâce aussi à celle des nombreux prêtres nés dans la commune qui, à l'appel du recteur, M. Hillard, envoyèrent tous, sans exception, de belles offrandes, cette reconstruction a pu se faire presque uniquement au moyen de dons; et à part la restauration de la flèche, la fabrique n'y a contribué que pour une part très minime. Aussi les travaux, commencés en 1875, n'ont été terminés qu'en 1877 pour la chapelle et la base de la tour, et en 1881 pour la flèche .

La légende de Lambader est un peu obscure ; d'après la tradition populaire la plus accréditée, un seigneur breton, captif des Sarrasins, délivré par l'intercession de la sainte Vierge, aurait élevé la chapelle au lieu où il se trouva miraculeusement transporté sans savoir comment. Des chaines, que l'on voit encore suspendues des deux côtés du chour seraient celles du captif reconnaissant. D'après Fréminville, Lambader a été le siège d'une ancienne commanderie de Templiers. Il est en cela d'accord avec la tradition populaire qui rapporte que le prieuré de Lambader était autrefois occupé par des moines rouges. En effet, la chapelle n'était pas isolée, mais se rattachait, comme toutes les commanderies de templiers, à un ensemble de constructions dont les vestiges se retrouvent même aujourd'hui. C'est ainsi que, du côté ouest, une grande galerie, formant une voûte sous laquelle passait la route de Landivisiau à Saint-Pol-de-Léon et reliant la chapelle à une maison actuellement démolie, existait encore au commencement de ce siècle. Du côté nord, une deuxième galerie reliait aussi la tour avec une maison d'un style particulier, habitée maintenant par le sacristain. Cette deuxième galerie, qui n'a été détruite qu'en 1842, était terminée par deux anges avec exergue. Tout semble donc attribuer à Lambader une origine très ancienne. La dernière reconstruction en a fourni des preuves certaines. J'ai eu la direction de tous les travaux de Lambader ; j'ai ainsi suivi la démolition jour par jour et j'ai constaté que la chapelle était à sa quatrième reconstruction partielle ou totale. Dans les murs se trouvaient employés, comme moëllons, des fragments de pierres taillées pour former des pleins cintres du style roman grossier ; tandis qu'à côté se voyaient d'autres fragments du style gothique. Ni les uns, ni les autres de ces fragments n'avaient de rapport avec la chapelle que je faisais démolir; ils appartenaient à un édifice plus ancien encore. Dans deux autels en Kersanton, qui sont adossés aux piliers mitoyens de droite et de gauche de la nef, les ouvriers ont mis à découvert des ossements, et des pierres sur lesquelles étaient gravées, à l'un des autels la date de 1500, à l'autre celle de 1300. Enfin, dans les papiers de la famille de Troërin, famille fondue dans la maison de Réals, nous trouvons un acte de 1534 par lequel le seigneur de Troërin, à l'occasion d'une reconstruction du pignon sud de l'église, donne au prieur de Lambader un champ sis au terroir de Kerguidal. L'acte n'indique pas à quel ordre appartenait le prieur de Lambader. En reconnaissance de ce don, le dit prieur reconnut au seigneur de Troërin le droit à trois tombes dans la chapelle, plus le droit à la troisième arcade, plus le droit de placer ses armes dans trois endroits différents de l'église. Diverses tombes ont été découvertes pendant la démolition ; mais aucune inscription n'a permis de reconnaître quels étaient les personnages que recouvraient ces sépultures.

Dans l'intérieur de l'église, on remarque un jubé en bois de chêne, travaillé à jour, ainsi que la rampe de son escalier tournant qui est très admirée. C'est un réseau de sculptures et de fines dentelures du plus bel effet. Les motifs multiples de ce jubé sont du style flamboyant et ils reproduisent le dessin de la maitresse vitre. D'après les titres des Troërin, ce jubé fut donné à l'église en 1481, par Marc de Troërin, époux d'Isabeau de Kermellec; les armes du donateur sont soutenues par un ange formant l'un des pendentifs du jubé du côté du cheur; elles sont aussi reproduites, ainsi que celles de sa femme, au dessus de la porte du milieu.

Le corps du jubé qui fait face à l'autel, est orné de douze statues représentant les apôtres; sur la face opposée on remarque principalement un pélican qui, suivant l'allégorie connue, se perce le flanc; et, enfin, en forme de pendentifs, des anges portant les attributs de la passion.

A côté de la porte sud, la famille de Kerdrel a fait placer en 1876 un bénitier en Kersanton d'un joli travail : il porte les armes de la famille.

Dans le fond de la chapelle on a recueilli une trentaine de statues en pierres de taille qui doivent être les débris d'un ancien calvaire. Plusieurs de ces statues ont beaucoup d'expression dans la physionomie ; malheureusement presque toutes ont été mutilées pendant la révolution. Elles ressemblent comme travail aux statues du calvaire de Guimiliau et doivent être de la même époque.

Les pèlerins ne quittent jamais Lambader sans aller boire à la fontaine sise à deux mètres du pignon sud. La source, qui alimente cette fontaine, est située sous le maitre-autel.

Tels sont, Monsieur, les quelques renseignements que je puis fournir sur la chapelle de Lambader. Je serais heureux s'ils pouvaient vous être de quelque utilité. Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée."

Vicomte DE RÉALS.

 

— TUDCHENTIL, "Troërin de Kerjan, preuves pour la grande écurie (1744)

https://www.tudchentil.org/spip.php?article1260

 

— TUDCHENTIL, "Kermellec (de). Réformation de 1669.

http://www.tudchentil.org/spip.php?article949

L'UNIVERS. 27 septembre 1877 Inauguration de la chapelle restaurée sur l'initiative du recteur Hellard. Bénédiction par l'évêque en présence de la comtesse de Kerdrel. Promesse d'indulgence le jour du Pardon le lundi de Pentecôte.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-keruzoret-plouvorn/0fabf1a2-bd3c-4ed6-ae2b-055ceffcfe5f

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— Wikipedia Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

—Domaine de Troërin à Plouvorn

https://monumentum.fr/domaine-troerin-pa29000069.html

—Style des panneaux sculptés :

https://www.ecoutelebois.com/guide-amoureux-des-styles-de-mobilier-renaissance/

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes. Renaissance Jubé
3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 23:48

Le calvaire monumental (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec, et Roland Doré) de Saint-Thégonnec.  I. Les 41 personnages (Passion et Résurrection) du socle.

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Sur Saint-Thégonnec, voir :

 

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Sur les calvaires, voir :

— Ateliers du XVe et début XVIe siècle :

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— Atelier Prigent

 

—Atelier du Maître de Plougastel.

 

— Atelier du Maître de Saint-Thégonnec (selon Castel et Le Seac'h)

 

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— Atelier de Roland Doré.

 

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— Divers ateliers.

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PRÉSENTATION.

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L'un des sept calvaires monumentaux.

On désigne sous le terme des "sept  calvaires monumentaux bretons" sept grands calvaires à nombreux personnages "jouant" la Passion au pied de la croix. Six d'entre eux sont en Finistère, seul celui de Guéhenno est en Morbihan.

-Tronoën en Saint-Jean-Trolimon (14501470). Granite. Mace rectangulaire.

-Guéhenno en 1550. Granite, mace rectangulaire à quatre ailes.

-Plougonven, kersantite, 1554 par Bastien et Henri Prigent. Mace (base d'implantation) octogonale

- Pleyben, kersantite, 1555 par Bastien et Henri Prigent.  Mace octogonale prolongée par quatre ailes,

-Plougastel,  Kersantite, 1602 à 1604, Maître de Plougastel. Mace octogonale prolongée par quatre ailes

-Guimiliau en 1581-1588, Maître de Guimiliau. Mace octogonale prolongée par quatre ailes

-Saint-Thégonnec, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec (et Roland Doré)

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On pourrait ajouter :

-Saint-Vénec à Briec-sur-Odet, 1556, à mace triangulaire (2 massifs triangulaires superposés en étoile)

-Quilinen en Landrevarzec à mace triangulaire (2 massifs triangulaires superposés en étoile). ( granite, fin XVe ? XVIe ?)

-Confort-Meilars à mace triangulaire.

-Cléden-Poher 1575, kersantite. 

-Kergrist-Moëllou 1578 par Guillaume Jézéquel. Mace octogonale

 

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Matériau. Le kersanton.

Les statues du socle sont en majorité en kersanton noir à grain fin , une pierre remarquable par son aptitude à la taille et son étonnante résistance à l'érosion. Mais plusieurs éléments sont en kersanton gris : la Mise au Tombeau ; le Christ aux liens ; la Flagellation ; le Lavement des mains.

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Description générale.

Daté par inscription de 1610, le calvaire de Saint-Thégonnec est le dernier en date des grands calvaires des enclos paroissiaux. 

Sa mace (terme local pour désigner le massif de soubassement) est une maçonnerie de base rectangulaire en granite proposant aux paroissiens un banc de taille basse, puis élevant ses flancs sans aucun décor sculpté, sauf à l'ouest où un "autel" ou table d'offrande est surmonté de la niche abritant la statue du saint patron de l'église.

Les parois de ce massif s'élargissent en une corniche moulurée, contribuant alors à une plateforme où une quarantaine de personnages en costumes Henri III se succèdent, groupés par 3 ou 4, pour donner à voir, comme dans les Mystères médiévaux, la Passion et la Résurrection du Christ.

Sur ce socle se dressent trois croix, celles des Larrons et celle du Christ. Le fût de cette dernière est barrée de deux croisillons, et on y dénombre dix personnages et quatre anges, ainsi que Marie-Madeleine au pied de la Croix. Cet ensemble sera décrit dans le second article.

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Le sculpteur ; éléments stylistiques.

L'auteur anonyme de ce calvaire est nommé par Y.-P. Castel et E. Le Seac'h d'un nom de convention,  "Maître de Saint-Thégonnec". Selon ces auteurs, ce sculpteur a aussi réalisé le calvaire de Saint-Sébastien en Saint-Ségal, datable de 1541-1554 et donc près de 60 ans avant le calvaire de Saint-Thégonnec, ainsi que les deux saints (Yves et François) de l'arc de triomphe de cette chapelle. Ils lui attribuent aussi celui de Locquénolé, près de Morlaix, daté vers 1600.

Le critère stylistique  d'attribution est une certaine "moue triste" des personnages, et l'utilisation de motifs décoratifs classiques (volutes, godrons, agrafes) s'inscrivant dans le courant Renaissance et témoignant de l'influence des motifs décoratifs du château de Kerjean.

"Les personnages ont de grandes oreilles plaquées sur les têtes (Jean de la Mise au Tombeau, Marie-Madeleine au pied de la croix). Leurs visages sont ovales, affichant des barbes taillées en pointe pour les hommes, des nez droits un peu larges, des sourcils arrondis, et une bouche faisant la moue avec des commissures des lèvres tombantes qui voisine avec le rictus dédaigneux." (Le Seac'h p. 288)

Le style du Maître de Saint-Thégonnec a été reconnu aussi (Le Seac'h) :

-dans des vestiges de calvaire de Bourg-Blanc.

-sur l'arc de triomphe de Guimiliau

-sur le grand calvaire de Guimiliau, pour les statues géminées de la Vierge/Pierre et de Jean/Yves

-dans la Marie-Madeleine de la fontaine de Pleyben

-dans la Sainte Pétronille de la fontaine de Ploudaniel

-dans un évêque du fût de la Croas-ar-Vossen de Plougastel

-dans une statue géminée de la croix de la chapelle de Pont-Christ à La Roche-Maurice 

-sur le calvaire du nord de l'église de Saint-Thégonnec

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Les costumes.

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"Un contraste existe entre d'une part, les costumes à l'antique des principaux personnages religieux (Jésus, les Saintes Femmes, Jean, ceux de la Mise au Tombeau) ou des notables (Pilate), et d'autre part les soldats qui sont inspirés de la mode Henri III (1574-1589). Ils sont ainsi vêtus de hauts-de-chausses courts et bouffants à crevés (à petites ouvertures appelées mouchetures — le bon larron — ou à grandes ouvertures appelées taillades : soldats tireurs de corde ou tirant la langue du Portement de croix), à la gréguesque (avec des bandes verticales laissant voir le tissu du dessous pour le mauvais larron, soldat siffleur du Portement de croix) ou moulants avec braguettes proéminentes."

"Les pourpoints sont variés, souvent à col rond, carré ou rabattu et fermé par une rangée de boutons visibles (Portement de croix) ou cachés sous une glissière (Christ aux liens). D'autres s'enfilent simplement par la tête  avec des manches bouffantes remontées très haut sur les bras (Flagellation). Un seul soldat porte un col à fraise (soldat siffleur du Portement de croix). Marie-Madeleine au pied de la croix du Christ et de la pietà bénéficie elle aussi de cette coquetterie. Trois soldats de la Résurrection et le cavalier Longin sont pour leur part revêtus d'armures.

Les tenues sont complétées par des bottes à rabats bien visibles pour les soldats du Christ aux liens et Joseph d'Arimathie. Les couvre-chefs sont de toutes les formes : calotte avec ou sans pompons (soldats du Portement de croix, soldats de la Flagellation), chapeau à fond conique tronqué et à bords relevés (Simon de Cyrène, personnage à la banderole Ecce Homo, Gamaliel) ou chapeau à fond mou (soldat siffleur du Portement de croix), casque à cime (soldats de l'Arrestation, de la Résurrection) ou casque protégeant le haut du crâne appelé cervelière (soldat tirant la langue du Portement de croix), feutre à bord  étroit  (personnage de la banderole de l'Arrestation, Longin) et feutre à bords découpés et arrondis fixés par des boutons et à cime sphérique ([soit-disant] Stéphaton).

Nicodème porte un chapeau plus mou et plus bas. Pilate est coiffé d'un bonnet conique à rebras, qui ressemble à une petite tour carrée et moulurée se terminant par un pompon. Il est vêtu d'une robe à fausses manches dites pertuisées qu'arboraient les hommes de loi, boutonnée sur le buste et recouvrant une tunique talaire.

Un personnage de l'Arrestation est vêtu d'une tenue d'ecclésiastique, un camail par dessus une tunique talaire et il porte un bonnet conique à l'orientale. Le bonnet conique à l'orientale est constitué de plusieurs lobes élevés sur le pourtour du crâne — ici deux — formant des évidements, ici devant et derrière. Il est important de ne pas le confondre avec la mitre dont les cornes se portent devant et derrière, (C. Enlarts, Manuel d'archéologie religieuse 1929). Joseph d'Arimathie est habillé d'une robe ouverte sur lescotés par des fentes dentelées qui recouvre une tunique s'arrêtant plus haut que les genoux. Les femmes sont drapées dans des manteaux enfilés sur des tuniques talaires. La Vierge et Véronique portent une guimpe autour du cou et leurs manteaux leur servent de voile (Saintes Femmes, Vierge de la pietà et de la Mise au Tombeau.)" Le Seac'h p. 288, citant Hélène Remeur 1997)

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Une typologie traditionnelle des costumes et traits des visages, héritée des enluminures depuis le XVe siècle, permettait aux spectateurs de reconnaître par codage quatre groupes : 1. les saints personnages évangéliques proches de Jésus, 2. les pharisiens et plus largement les Juifs, 3. les bourreaux, et 4. enfin les gardes et soldats, romains ou juifs. Ici, les saints personnages sont effectivement sobrement vêtus de robes longues, intemporelles, tandis que les costumes Henri III sont portés par les trois autres groupes, mais le codage est brouillé. Les éléments de reconnaissance des Juifs (bonnets coniques et à oreillettes, franges, barbes et cheveux longs, archaïsme, éléments orientalisants) sont absents ou inconstamment présents, et parfois à mauvais escient (Pilate). Les crevés et taillades ont été introduits par les lansquenets allemands et suisses, avant d'être adoptés par la Cour de France, mais ici, ils sont indifférement distribués aux pharisiens, aux bourreaux et aux soldats lorsqu'ils ne sont pas en armure.

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Datation.

La date de 1610 est très clairement lisible sur le nœud de la croix principale, au dessus de la Vierge à l'Enfant.

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Polychromie.

Le calvaire devait être polychrome à l'origine comme le suggère un compte de fabrique de 1703-1704 où il est fait mention d'une rémunération pour Godefroy de Morlaix et Yvon Thoribé du bourg qui ont peint la grande croix : "[...] disent avoir payé au sr Godefroy de la ville de Morlaix pour avoir peint et estoffer la grande croix de pierre de grain qui est dans le cimetière 102 livres. [...] payé à Yvon Thoribé du bourg pour avoir aydé lors de la peinture de la croix du cimetière 3 livres 5 sols» [...] .  (A.d. 255 G 60) Cité par Guy Leclerc , Les Enclos de Dieu 1996.

Ce Godefroy, maître-peintre à Morlaix, avait fait, avec Bourricquen, la peinture vers 1702 de la Mise au Tombeau de la crypte de l'ossuaire.

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"Ce calvaire a été l’objet d’un acte de vandalisme dans la nuit du 28 septembre 1908. Plusieurs groupes ont été renversés sur le socle et d’autres jetés à terre. Trois sujets : la flagellation, le portement de croix et Jésus souffleté par des soldats, ont même été brisés." (F. Quiniou)

Le calvaire a été restauré en 1970 par l'atelier Marcel Maimponte de Paris, également restaurateur de celui de Plougastel.

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Des bases littéraires bretonnes.

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La Passion.

Cette pratique des Mystères n'était pas abandonnée à la Renaissance, puisqu'en 1530, Yves Quillévéré édita à Paris le Mystère breton de la Passion (Aman ez dezrou an Passion). Cet imprimeur-libraire parisien avait imprimé en latin en  1516 le Bréviaire de Léon et en 1526 le Missel du Léon, c'est dire que cet évêché du Nord de la Basse-Bretagne, à laquelle Saint-Thégonnec appartient comme une majorité d'enclos paroissiaux, n'est pas indifférent à cet imprimeur. On sait qu'il existait à Paris jusqu'en 1610 un Collège de Léon, doté de sa chapelle Saint-Yves-des-Bretons. Ce Collège formait une quarantaine de clercs qui seront abbés, évêques ou à défaut recteurs après avoir obtenu leur bonnet de docteurs.

Tout cela pour souligner que cette Passion bretonne, quoiqu'imprimée à Paris, devait être diffusée dans les couches les plus cultivées du Léon, et on sait que les fabricants et marchands de toile de Saint-Thégonnec n'étaient pas, tant s'en faut, incultes.

Le Mystère de la Passion et de la Résurrection sera réimprimé en 1609, puis  à Morlaix à l'époque baroque en 1622, par Georges Allienne, et suivi de la Buhez Mabden ("La Vie de fils d'homme"), des Pemzec Leuenez Maria ("Les quinze joies de Marie") et du Tremenuan an Ytron Guerches Maria (Le Trépassement de madame la vierge Marie) Le texte est corrigé et amendé par Tanguy Guéguen, prêtre et organiste de Notre-Dame-de-Murs à Morlaix et natif de Saint-Pol-de-Léon. 

 

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Le Stabat Mater.

 

Ce même Tanguy Guéguen a traduit en breton le Stabat Mater sous le titre Ouz hars an Croas ["Au pied de la croix"], et l'a publié à la suite de sa Doctrin an christenien (Morlaix, 1622). Or, ce Stabat Mater est une incitation franciscaine à participer émotionnellement (de cœur) aux souffrances de Marie et de Jean au pied de la croix. Et cette incitation est à la base de l'érection des calvaires en Bretagne.

Voir le texte sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8608266g/f64.item.zoom

Voir la traduction par Y. Le Berre : 

Ouz hars an croas chanté par Yann-Fañch Kemener :https://www.youtube.com/watch?v=_TFiKx9VrtU&feature=emb_logo

https://lyricstranslate.com/en/stabat-mater-stabat-mater.html-1

Tanguy Guéguen a publié aussi l'auteur  en 1623 d'une traduction d’une Vie de saint Yves ,  de deux poèmes acrostiches (1623); et des Nouelou ancien ha devot publiés après sa mort (1650).

À propos du Stabat traduit par Tanguy Guéguen, Y. le Berre écrit que cet auteur assigne à son travail les buts suivants : "faire comprendre à tous les fidèles le message pédagogique qu’ils n’auraient pu recevoir en latin; produire un niveau de langue capable de favoriser la perception du mystique, plus souvent portée par une langue sacrée ; provoquer chez les auditeurs des sentiments d’admiration et d’exaltation esthétiques susceptibles d’entraîner leur adhésion spontanée à l’exécution publique de l’œuvre."

Mutatis mutandis, ce sont sans doute aussi les buts des commanditaires des calvaires des enclos, dans un projet bien plus fin que celui d'éduquer des masses supposées ignares par un "livre d'images". Il  s'agit moins de convertir les foules que de fournir à une communauté un lieu et une scène de participation collective à un exaltant mystère.

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On n'oubliera pas les éléments suivants, que je jetterai en vrac, pour témoigner du  bain culturel et spirituel du Léon et de la frange ouest du diocèse de Tréguier :

-L'existence de l'inscription en vers breton de l'arc de triomphe de Saint-Thégonnec, daté de 1587.

-L'existence à Morlaix d'un couvent de franciscains (Cordeliers), le monastère Saint-François de Cuburien, fondé en 1458,  construit en 1527-1530 et consacré en 1531 par Jean du Largez, abbé de Daoulas. Onze kilomètres séparent ce couvent de l'enclos de Saint-Thégonnec. Christophe de Penfeunteuniou en fut le frère le plus renommé, puisqu'il devint en 1571 général de son ordre. Une imprimerie y aurait fonctionné entre 1575 et 1585. Le fameux Mirouer de la Mort, rédigé en 1519 par Jehan an Archer Coz de Plougonven fut imprimé à Cuburien en 1575. 

-Un couvent de Cordeliers s'installa à Landerneau en 1588.

-La rédaction en 1499 du Catholicon par Jehan Lagadeuc, de Plougonven.

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Vu du coté ouest.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Vu du coté est.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Plan du calvaire monumental de Saint-Thégonnec. Schéma lavieb-aile.

Plan du calvaire monumental de Saint-Thégonnec. Schéma lavieb-aile.

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I. L'AUTEL DU COTÉ OUEST ; LA STATUE DE SAINT THÉGONNEC.

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Dominant la table d'offrande, la statue du saint patron occupe une niche sommaire. Il est vêtu en évêque (chape à fermail, surplis, cotte plissée, mitre et crosse) et il bénit l'assemblée. À ses pieds, un chariot tiré par un animal (loup ? Cerf ? bœuf ? âne ?) rappelle la légende selon laquelle il apporta miraculeusement toutes les pierres  de la construction de l'église. (Cf. F. Quiniou ; cf. la statue du saint sur le clocher-porche (vers 1606) et la niche à volets du bas-coté nord). La tête a été recollée, et des fragments brisés de la hampe ou des plis témoignent des dégâts subis.

La console soutenant la table d'offrande est à godrons divergents et cupules.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Thégonnec (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Thégonnec (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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II. LA PASSION ET LA RÉSURRECTION DE LA PLATEFORME.

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A. LE COTÉ  SUD.

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L'Arrestation. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté sud.

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Le point de départ du récit se trouve à l'angle sud-ouest. On y voit deux hommes tenant un phylactère accompagnés d'un soldat, qui serait le vestige d'une Arrestation du Christ au Jardin des Oliviers après le Baiser de Judas. Ces personnages seraient les grands prêtres chargés de l'arrestation, accompagnés d'un garde l'épée en bandoulière.

Selon F. Quiniou

"À certains groupements, il manque même quelques personnages. Quand ces personnages ont-ils disparu, et à quelle époque, l’ordre des groupes a-t-il été bouleversé ? D’après une tradition encore vivante à Saint-Thégonnec, ce serait lors de l’époque révolutionnaire.

Les officiers municipaux de Saint-Thégonnec, comme bien d’autres d’ailleurs, reçurent une lettre pleine de menaces du district de Morlaix pour n’avoir pas encore abattu les croix qui se trouvaient sur le territoire de la commune.

« 16 Thermidor, an II (3 Août 1794). Je suis instruit que, malgré les diverses instructions que nous avons faites d’enlever les croix qui existent sur votre commune, vous n’avez fait jusqu’ici aucune démarche pour les faire disparaître ; je vous déclare que si, à la prochaine tournée que je ferai dans votre arrondissement, ces restes impurs du fanatisme insultent encore aux yeux des bons citoyens, je serai forcé de vous dénoncer aux autorités supérieures, et vous serez traités comme suspects, et vous savez la honte attachée à cette punition. »

 La municipalité n’exécuta pas cet ordre impie. On peut croire que, si les croix du calvaire sont encore debout, c’est que la chute de Robespierre et la réaction thermidorienne qui en fut la conséquence, arrêtèrent le zèle du district de Morlaix. Quant aux statuettes posées sur le socle du calvaire, la population se chargea elle-même de les faire disparaître. C’est à qui prendrait sa statue pour la soustraire à la haine iconoclaste des sans-culottes. Lorsque revint le calme, on vit le calvaire se reconstituer comme par enchantement. Les statuettes remontèrent de nouveau sur leur socle, et la reproduction des groupes se fit tant bien que mal. Quelques personnages de ces groupes furent même si bien cachés, qu’il fut dans la suite impossible de les retrouver."

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On remarquera sur ce cliché les deux faciès de kersanton.

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Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ aux outrages. Kersanton, Roland Doré, vers 1625-1632, coté sud.

Datation : Roland Doré a sculpté pour le porche de l'église plusieurs statues, dont deux sont datées de 1625 et de 1635. Sa carrière autonome débute en 1618, et son style ne s'affirme avec maîtrise qu'à partir de 1624. 

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"Roland Doré a ajouté au calvaire réalisé en 1610 la célèbre scène du Christ aux outrages. Les deux soldats qui encadrent le Christ sont traités avec une parfaite symétrie, les mains levées à hauteur d'épaules, prêts à frapper. Ils tirent sur une corde qui lie les  mains du Christ sur le devant. La position de leurs pieds est la même. Seuls les bas des pourpoints diffèrent : en pointe pour l'un, en rond pour l'autre. La fermeture du vêtement est aussi traitée différemment sur le milieu, par un bord droit ou par un bord dentelé et arrondi. Les coiffures des soldats changent d'un personnage à l'autre : barbu et les cheveux frisés à la droite du Christ et pour l'autre imberbe, une mèche rassemblée sur le front. Les bas-de-chausses sont collants, resserrés aux genoux par des boutons et avec une braguette proéminente. Entre les deux, Jésus se tient droit et impassible, les yeux ceints d'un bandeau. À sa droite, le soldat serait la caricature d'Henri IV, assassiné en 1610, l'année de l'érection du calvaire de Saint-Thégonnec." (E. Le Seac'h p. 215)

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On notera les pupilles creusées, caractéristiques de la maturité de Roland Doré (bien qu'on les retrouvera sur d'autres personnages de ce calvaire, sur l'Ecce Homo).

Remarque. J'ai respecté la dénomination d'usage, employé par Y.-P. Castel puis par Le Seac'h, mais elle peut faire l'objet de discussions dont voici les éléments.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/la-statuaire-du-christ-aux-outrages/4d898a0f-1de3-4efc-bb0e-caa23a953180

https://patrimoine.bretagne.bzh/decouvrir/les-christ-aux-outrages-memoire-universitaire-et-inventaire/

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La même scène, où le Christ est frappé par les bourreaux tandis qu'il a les yeux bandés,  est représentée sur le calvaire de Plougastel (Maître de Plougastel, 1602-1604).

https://www.lavieb-aile.com/2020/04/sortir-d-une-epidemie-le-calvaire-de-plougastel.ii.html

Elle résulte d'un vaste iconographie (enluminures, vitraux, etc.)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f57.item.zoom

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Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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B. LE COTÉ EST.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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La FlagellationKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

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"Dans la scène de la Flagellation de la face est, la violence est contenue dans la gestuelle des bourreaux. Jésus, en pagne et le visage impassible, est encadré de deux soldats. Le premier l'empoigne par les cheveux en lui tirant la langue, un fouet à la main. Le second lui tourne le dos en serrant la corde relié à ses mains nouées dans le dos. Le jeu de jambes des soldats contraste avec l'impassibilité du visage du Christ. L'un lève le pied, alors que ceux de l'autre sont tournés vers l'intérieur." (Le Seac'h)

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Je remarque les yeux globuleux, mais aux paupières ourlées; les lignes sinueuses des rides du front ; les barbes taillées en pointe. Ce sont des éléments que nous retrouverons.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Ecce HomoKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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"À coté, un pharisien, les rouleaux de la loi à la main, proclame : ECCE HOMO". Le Christ, les mains liées, se tourne vers lui, portant la cape royale et la couronne d'épines. Il semble manipulé comme un pantin, le corps déséquilibré par le soldat qui le pousse en avant." (Le Seac'h)

 

Le pharisien est coiffé du bonnet conique serti d'un turban.

Je  remarque les pupilles creusées des personnages. Faut-il attribuer ce groupe à Roland Doré ?

Voir aussi les traces de polychromie ocre.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le Lavement de main de Pilate. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

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Pilate, assis, se lave les mains dans un bassin qu'un serviteur remplit en levant très haut son broc tout en proposant au gouverneur de la Judée une serviette  sur son avant-bras droit.

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Ponce Pilate est coiffé d'un bonnet conique à rabats ; son visage aux cheveux longs et à la barbe longue est marqué de rides frontales. Il porte un robe à rangée de boutons ronds, et aux manches à crevés, recouverte d'un camail.

Son serviteur, à la barbe taillée,   est coiffé d'un bonnet plat ; il porte des hauts-de-chausses ajustés en collants.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

 

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Ecce Homo (2) : le Christ présenté à la foule. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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"Ensuit, Jésus, après sa condamnation, est amené par deux soldats au visage grave, pour l'un, et exprimant une certaine bêtise, pour l'autre. Il est habillé d'une grande robe longue. " (E. Le Seac'h)

 

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Le Christ est couronné d'épines ; sa bouche est entrouverte, sa barbe taillée en pointe. L'ouverture de sa robe se ferme par un unique bouton rond grâce à une patte  en S bien connue des ateliers de taille du kersanton depuis le XVe siècle, notamment pour les statues des apôtres. Ses mains sont liées par deux tours d'une corde épaisse. Son hiératisme, qui témoigne de son courage face aux bourreaux, est atténué par l'avancée de la jambe gauche, fléchie, qui donne aux plis de la robe une discrète ondulation.

Les deux gardes sont coiffés d'un bonnet rond assimilable à un casque. Les narines larges, les lèvres épaisses, le menton retroussé, les paupières supérieures plissées et les rides horizontales du front du premier participent de la caricature soulignant la bestialité cruelle des bourreaux. Ils portent une veste fendue en avant et courte, un peu comme le chupenn breton, et des braies plissées (ou fendues ?) semblables aux bragou ;  les jambes sont protégées par des houseaux.  Les braguettes rembourrées sont peut-être un peu démodées au début du XVIIe siècle. 

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Marie, Jean et Marie-Madeleine lors de la Montée au Golgotha . Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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Ce groupe de trois personnages associe Marie-Madeleine (très élégante, aux cheveux longs et libres, au pan de manteau retroussé vers le poignet droit,   et qui tient son flacon de parfum), saint Jean ( beau, jeune et imberbe, à la chevelure en mèches solaires, pieds nus, portant la robe à bouton rond et patte en S déjà signalée) qui soutient Marie (voilée, portant la guimpe, les mains jointes).

C'est un très beau groupe, et le visage de Marie-Madeleine (tête recollée) est d'une finesse remarquable. E. Le Seac'h a été frappé par son "drôle de sourire vague aux lèvres". Sans doute l'artiste voulait souligner son charme en évitant de la faire grimacer de chagrin.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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C. LE COTÉ NORD.

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Le Portement de Croix. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté nord.

Sainte Véronique.

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Sept personnages en trois groupes sont réunis par la diagonale de la croix, puis par la corde à laquelle le Christ est lié.

En premier (et appartenant encore en partie à la face ouest) est figurée sainte Véronique présentant à la foule le voile avec lequel elle a essuyé le visage en sueur et ensanglanté du Christ ; et ce voile porte l'empreinte, l'image vraie du supplicié.

La sainte porte un long manteau qui n'attire pas l'attention, alors  que les traits dramatiquement attristés de son visage concentrent toute l'expressivité du personnage. La tête est voilée, le cou entourée d'une sorte de fraise.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.