Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 11:46

Les statues (kersanton, Maître de Plougastel v. 1610 et Roland Doré 1625 et 1635)  du clocher-porche sud de l'église de Saint-Thégonnec.

 

.

 

.

Peut-être ignorez vous, Monsieur, que dans notre pays on cultive les statues. (Jacques Abeille)

.

Sur cet enclos paroissial de Saint-Thégonnec, voir :

 

.

 

 

 

Sur les porches de Basse-Bretagne (ordre chronologique):

.

.

PRÉSENTATION.

Entre le début de construction de l'église actuelle en 1563, pour son clocher ouest, jusqu'à 1716, la construction de l'enclos  a duré 153 ans. 

En 1587 s'élève l'entrée triomphale, inspirée des traités architecturaux de Serlio, Philibert de L'Orme ou d'Androuet du Cerceau, et de l'atelier du château de Kerjean (Saint-Vougay), tout proche.

En 1599 débute la construction d'un porche sud surmonté d'un clocher de 43 mètres de haut. Celle-ci s'achève en 1637. Deux contreforts en équerre (et non plus en diagonale ouvrant le porche en éventail comme à Pencran et Guimiliau) montent jusqu'à la plateforme. Les deux étages de colonnes sont surmontées, tel un arc de triomphe, par un fronton fait d'un oculus entouré de volutes. Huit niches à dais Renaissance, à étages de colonnes et lanternons, accueillaient des statues, mais quatre sont actuellement vides.

La tour est intégrée, entre 1652 et 1656, au bas-coté sud lors de l'élargissement de celui-ci.

.

PLAN.

I. ATELIER DU MAÎTRE DE PLOUGASTEL (LANDERNEAU 1570-1621).

Saint-Thégonnec, niche centrale du porche extérieur, kersanton.

Saint Nicolas, niche centrale du contrefort droit du porche extérieur, kersanton.

Saint Pierre, première niche à gauche du porche intérieur, coté droit.

L'agrafe feuillagée du porche (hors atelier ?).

Les colonnes du porche (hors atelier ?).

 

.

II. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663)

Vierge de l'Annonciation, niche intérieure du contrefort gauche du porche extérieur, kersanton.

Ange de l'Annonciation, niche intérieure du contrefort droit du porche extérieur, kersanton.

Saint Jean l'Evangéliste, niche du contrefort gauche du porche extérieur, kersanton, 1625.

Saint Jean comme Apôtre, 6ème niche à gauche du porche intérieur, coté droit, kersanton.

Saint Jacques le Majeur,  6ème niche à gauche du porche intérieur, coté gauche, kersanton.

Saint Thomas,  1ère niche à gauche du porche intérieur, coté gauche, kersanton.

.

L'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

L'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

I. ATELIER DU MAÎTRE DE PLOUGASTEL (LANDERNEAU 1570-1621).

Saint Thégonnec, niche centrale du porche extérieur, kersanton, vers 1610.

.

Le saint patron de la paroisse est représenté en évêque, bénissant et marchant jambe droite en avant comme dans une procession épiscopale.

Ce qui le distingue de tout autre saint-évêque de Basse-Bretagne (où ils sont innombrables), c'est le chariot tiré par deux bœufs que nous voyons devant son pied droit.

On reconnaît la manière du Maître de l'atelier de Landerneau, qualifié d'hiératique ou d'austère : sous un grands front bombé, "les yeux globuleux participent à la gravité qui sacralise les visages" (Castel), tandis que la pose figée du personnage est accentuée par la rectitude des plis tuyautés du surplis.

Le nom de saint Thégonnec — Quonoc, Toquonoc, sanctus Tonochus, est attesté dès le IXe siècle, et la Vie de saint Pol Aurélien, écrite en 884, fait de lui l'un des principaux disciples du fondateur du diocèse de Léon. C'est une forme familière de Conoc, aujourd'hui Conec, qui a formé Plogonnec, Saint-Egonnec, Saint-Connec alias Saint-Conogan. (Bernard Tanguy)

Il est invoqué ici pour la préservation des récoltes, et une niche à volets de l'intérieur de l'église décrit les scènes de sa vie, et sur le volet de gauche se voient deux paysans amenant, chapeau à la main, un cerf attelé à une charrette.

.

Niche à volets de la vie de saint Thégonnec, église de Saint-Thégonnec. Photo lavieb-aile

.

Mais sur le calvaire de 1610, l'animal est un loup (et cette tradition a été reprise sur le vitrail de 1904 racontant "comment saint Thégonnec fit trainer par un loup des pierres pour la construction de son église".

Les deux bêtes à cornes (ou à longues oreilles pointues) sont attelées par un collier d'épaule (et non un joug) à un chariot à deux roues, qui porte un tombereau.

.

 

.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

II. ATELIER DU MAÎTRE DE PLOUGASTEL (LANDERNEAU 1570-1621).

Saint Nicolas, niche centrale du contrefort droit du porche extérieur, kersanton, vers 1610.

.

Ce saint Nicolas répond à l'iconographie traditionnelle où il est représenté en évêque (mitre, crosse, chape) avec à ses pieds le baquet d'où émergent les trois enfants (ou clercs) ressuscités, les mains jointes et le visage tourné vers le ciel.

Il est installé dans une niche polygonale à clocheton soutenue par deux colonnes (granite gris de Plounéour-Ménez. La niche de droite, identique, est vide. 

.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

IIbis. L'agrafe feuillagée et les colonnes .

.

Tous les porches du Léon, d'architecture classique et inspirés du traité d'architecture de Philibert De L'Orme comportent une agrafe feuillagée, mais aucune  n'est aussi belle que celle de Saint-Thégonnec, qui s'agrémente d'un masque féminin.

.

Agrafe du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Agrafe du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

Les colonnes cannelées et baguées inspirées de Philibert De L'Orme, kersanton noir à grain très fin.

.

Ces colonnes qu'on retrouve à Guimiliau suivent le modèle inventé par Philibert De L'Orme pour le palais des Tuileries en 1564 et publié dans le Livre d'architecture publié en 1567. Ces bagues avaient pour but de dissimuler les joints entre les tambours des colonnes, en accentuant la séparation entre chaque tambour, tout en  instituant un ordre de colonnes à la française, tel qu'il l'explique dans son Traité Livre VII chap. 13 :

« S'il a été permis aux anciens architectes, en diverses nations et pays, d'inventer nouvelles colonnes, ainsi que firent les Latins et Romains, la Toscane et composée les Athéniens l'Athénienne et longtemps devant les dits Latins et Romains, ceux de Dorie, la Dorique, de Ionie, la Ionique, et Corinthiens, la Corinthienne,, qui empêchera que nous Français n'en inventions quelques unes, et les appelions Françaises, comme pourraient être celles que j'inventai et fis faire pour le portique de la chapelle qui est dans le parc de Villiers coté Rets, du temps et règne de la majesté feu roi Henri ?

Vrai est que pour la nécessité ou je me trouvai de ne pouvoir recouvrer promptement, et sans grands frais, des colonnes toutes d'une pièce, je les fis faire de quatre ou cinq pièces, avec beaux ornements, et moulures, qui cachent leurs commissures ; de sorte qu'à les voir il semble qu'elles soient entièrement d'une pièce, se montrant fort belles, et de bien bonne grâce."

 

.

Colonnes du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Colonnes du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

Chapiteau corinthien d'une des deux colonnes  du porche.

Le fût des colonnes est cannelée et rudentée.

.

Chapiteau du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Chapiteau du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

.

III. ATELIER DU MAÎTRE DE PLOUGASTEL (LANDERNEAU 1570-1621).

.

 

 Saint Pierre tenant sa clef, première niche à droite du porche intérieur.

.

Statue de saint Pierre, intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Pierre, intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

.

IV. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663).

Vierge de l'Annonciation, niche intérieure du contrefort gauche du porche extérieur, kersanton, v. 1625.

.

Le groupe de l'Annonciation du porche de Saint-Thégonnec fait partie des statues les plus connues du sculpteur. 

Il reprend, en le métamorphosant mais avec une composition semblable, l'Annonciation de l'Arc de triomphe de 1587.

La Vierge est devant son prie-dieu, debout mais le genou fléchi comme si elle venait de se lever d'un bond, et la surprise que lui a causé l'irruption de l'ange est aussi marquée par l'envolée des plis du bas du manteau. 

La position de la main droite sur la poitrine signifie en même temps cette surprise ("qui ? Moi ?") et la réception confiante de l'annonce du messager (le "fiat" : "qu'il m'advienne selon ta Parole").

Le visage juvénile de Marie réunit toutes les caractéristiques du style de Roland Doré : les pupilles creusées dans des paupières ourlées, le nez droit, le délicieux sourire marqué par les fossettes des commissures, la petite lèvre inférieur, et le menton un peu pointu confèrent à ce visage une vie extraordinaire.

Les cheveux, qui tombent en nattes devant les épaules (privilège des jeunes filles) sont retenus par le bandeau occipital, plissé comme un "chouchou", dont j'ai très souvent signalé la valeur de marqueur iconographique, bien qu'il ne soit pas le propre de Roland Doré (on le trouve chez les ateliers qui le précédèrent, celui des Prigent et du Maître de Plougastel, ou dans les statues finistériennes en bois), ni le propre  de la Vierge (on le trouve sur les statues de sainte Anne et de Marie-Madeleine), mais il est "bien de chez nous" et bien propre au XVIe et XVIIe siècle de Basse-Bretagne.

https://www.lavieb-aile.com/2019/06/la-vierge-a-la-demone-de-la-chapelle-de-locmaria-lannn-a-plabennec.html

https://www.lavieb-aile.com/2019/06/la-chapelle-saint-sebastien-en-saint-segal-la-vierge-a-la-demone-et-le-retable-nord.html

Comme souvent, il s'agit d'avantage d'un voile qu'un bandeau ; la disposition de ces plis rend bien la qualité soyeuse de l'étoffe. Je l'ai qualifié d'occipital car il passe derrière  la nuque en débutant au ras du crâne, ou "occiput". Mais c'est un bandeau car il forme une boucle, non nouée.

La robe à encolure ronde est lisse au niveau du corsage, puis forme un bel éventail de plis sous l'effet de la fine ceinture, un éventail qui s'inverse vers le ventre et les jambes. 

Le pan droit du manteau est retroussé sous le poignet.

.

.

Le fabricien qui a fait inscrire son nom, G. POVLIQVEN en caractères romain (l'écriture gothique est bien abandonnée) est fort répandu ici, puisque la base Geneanet classe Saint-Thégonnec en  deuxième place, presque à égalité avec Sizun dans les occurrences de ce patronyme. Mais pour la fourchette 1575-1625, cette base ne propose que Guillaume Pouliquen, qui ne peut être notre homme car il est né en 1624 (les registres paroissiaux semblent faire défaut avant 1610).

.

 

 

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

 

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

V. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663). 

Ange de l'Annonciation, niche intérieure du contrefort droit du porche extérieur, kersanton v. 1625.

.

 L'ange Gabriel lève la main droite, dans un délicat geste d'énonciation ou de bénédiction, les dernières phalanges des doigts II et III sont brisées), tandis qu'il porte dans la main gauche le bâton de messager où s'enroule l'Annonce AVE GRATIA PLENA. Il est vêtu d'un surplis (dalmatique ?) à col carré sur une tunique à col rond aux longues manches plissées

.

Le nom du fabricien, :Y: GVILLERM, est moins fréquent que celui de Pouliquen, , et, là encore, Geneanet ne propose aucun individu nommé Yves Guillerm dans la période qui nous intéresse. 

Les noms de G. Pouliquen et de Y. Guillerm ne sont pas suivis de la lettre F. qui signalerait leur qualité de fabriciens. Ce sont peut-être des donateurs, et, nous allons le voir, peut-être même un couple de donateur.

.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

VI. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663). 

Saint Jean l'Evangéliste, niche du contrefort gauche du porche extérieur, kersanton, 1625.

.

Alors que les autres statues sont sculptées dans un kersanton noir grisâtre ou gris sombre, la statue de saint Jean est taillée dans un kersanton noir à grain fin (L. Chauris).

"Le saint Jean de Roland Doré est l'une des statues les plus abouties de Roland Doré. Le scribe penché sur le coté écrit dans un livre épais avec son stylet alors que l'aigle lui tend l'étui aux calames. La virtuosité du visage aux traits doux est remarquable. Les yeux des statues ont des sillons palpébraux creusés ainsi que leurs pupilles, ce qui crée une impression de mobilité au regard. Le saint Jean évangéliste regarde ainsi vers le bas." (Le Seac'h)

Une inscription en lettres capitales romaines se répartit sur les trois cotés du siège du saint. 

.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré,  1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v. 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

L'inscription.

.

Elle est de qualité aussi remarquable que la statue elle-même, par son intitulé très complet, sa disposition sur les trois faces, par sa facture aux lettres conjointes et sa ponctuation en deux-points. Et elle est précieuse, par la signature du sculpteur.

La lecture peut débuter sur la face principale, ou sur les faces latérales. Sur l'avant nous lisons dans un cartouche séparé :

I : MAZE : IAN

NE : INIZAN : MA

FAICT : FAIRE

et dans le deuxième cartouche:

: S : IAN :

soit "I. Mazé Ianne Inizan m'a fait faire. Saint Ian" et par extrapolation "Jean Mazé et Jeanne Inizan m'ont fait faire. Saint Jean."

.

Cette partie de l'inscription est étonnante car la plupart des sculptures antérieures, en kersanton, portent les noms des fabriciens (suivi de la lettre F. ou de la mention FABR.), surtout lorsque ces noms sont précédés de la mention "m'a fait faire" qui supposent un acte de commande et donc un pouvoir décisionnel. Nous nous attendrions à trouver ici les deux noms des fabriciens élus pour l'année, et nous trouvons en réalité un prénom féminin, "Jeanne", qui exclut cette hypothèse.

.

Or, Roland Doré a réalisé aussi à Saint-Thégonnec un calvaire à Bodéniry en 1632 avec l'inscription ANNA BREST JEAN GVILLERM, et une croix à Hellin en 1638 avec l'inscription FRANCESA POVLIQVEN FRANCOIS BROUSTAIL. (Un François Broustail est attesté à Hellin, fils de Jean : ici ; le prénom Francesca est attesté alors à Saint-Thégonnec ici )

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_thegonnec.html

Toujours à Saint-Thégonnec, la croix de Pennavern sculptée en 1647 par Roland Doré, porte l'inscription LOVIS BROVSTAIL. F. COVLLONNIER.

Or, il s'agit d'un couple, Louis Broustail et Françoise Coloigner, parents de Françoise Broustail née le  8 août 1628. Louis Broustail est décédé le 6 juillet 1647 à Pennavern.

https://gw.geneanet.org/yguillerm?n=broustail&oc=1&p=francois

 

À La Martyre, Roland Doré a sculpté le calvaire de Kerlavarec (sd) portant l'inscription, proche de celle de ce saint Jean : BEATRICE CABOVN MA FAICT FAIRE. ROLLAND DORÉ MA FAICT.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/la_martyre.html

Enfin, à une date plus tardive (1681), nous trouvons à Saint-Thégonnec l'inscription émouvante et explicite quant à la qualité d'époux de la croix de Brogadéon : FAIT:PAR:Y: ET: M: MADEC :EPOUS :1681.

À Brogadéon sont nés ou mort à cette époque un François Broustail (1625-1687), un François Coat, un François Madec (1681-1739) fils de Guillaume Madec (+Bogadéon 1696) et de Françoise Bellec. Mais généanet ne signale pas un Yves Madec et son épouse.

Ainsi, à Saint-Thégonnec et dans les communes voisines (qu'il conviendraient d'explorer), les épouses obtinrent de faire mentionner leur nom sur les pièces sculptées religieuses dont leur couple fit donation. C'est évidemment un fait sociologique qui mériterait une étude spécifique: est-il restreint à un petit secteur de la vallée de l'Élorn ? Est-il lié à la personnalité du sculpteur Roland Doré ? Se retrouve-t-il sur des dotations de sculptures en bois ? D'orfèvrerie ?

.

 

 

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

La deuxième partie de l'inscription débute sur le coté droit avec les mots : FAICT : LAN : 1625.

.

On croit lire 1623, mais il manquerait alors la traverse haute du 3.

Roland  Doré a débuté sa carrière à Penmarc'h en 1618 et l'a achevé en 1662 à Saint-Thégonnec; Il semble que de 1618 à 1622, date à laquelle il sculpte la croix de Croslen à Saint-Thégonnec pour messire Henri Caro, prêtre, il soit encore un compagnon de l'atelier du Maître de Plougastel. Mais en 1621-1622, l'acte de réparation de la croix du cimetière, aujourd'hui Croas-ar-Huré, le qualifie de "maistre Rolland Doré", à la tête de "ses compagnons" : il a alors repris l'atelier du Maître de Plougastel. En 1624, lorsqu'il termine le chantier du porche de Guimiliau, son style atteint  la maturité, et cette statue de saint Jean le confirme.  Et c'est à Saint-Thégonnec qu'il recevra le plus de commandes, de 1625 à 1662, pour neuf monuments (contre cinq à Logonna-Daoulas, quatre à Plougastel, Plounéour-Ménez et Hanvec, trois à Guiclan, Irvillac et Lampaul-Guimiliau, deux à Cléden-Cap-Sizun, L'Hôpital-Camfrout, Landerneau, La Martyre, Plabennec, Pleyben, Plogonnec, Saint-Nic, Saint-Servais et Saint-Urbain).

 

.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré,  1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le coté  opposé du siège porte l'inscription R : DORE : MA : FAICT.

.

Biographie.

.

Roland Doré (Rollandus an Alaouret en latino-breton) est peut-être originaire de Plouédern. Il a signé le bénitier de l'église Saint-Edern de Plouedern avec l'inscription franco-latine "LAN 1641 R : LE : DORE : FECIT" précédée des noms du recteur et des deux fabriciens.

Il est également décédé à Plouédern, le 13 février 1663 et enterré dans l'église ; un document (Bull. SAF 2001p. 167) indique son nom sous la graphie "Rolland le Doree" et la mention "du plecismeur" (le Plessis-Meur, en breton Quinquis Meur): il serait décédé chez sa fille, dame Kerdelent.

Celle-ci, Françoise Doré, née avant 1619 épousa avant 1639 (date de naissance de leur fille Jeanne) Guillaume Kerdelent (+ 1663).

Roland Doré aurait épousé selon Couffon (souvent péremptoire) Jeanne Sanquer, fille de Jean et de Michèle Gérault, née le 29 août 1589. (je note qu'une Guillemette Sanquer née vers 1585 est cultivatrice à Quenquis Meur). Ils auraient eu trois enfants (?) baptisés à Saint-Houardon de Landerneau, prénommés selon les actes en latin Maria (°1612), Elisabeth (°1622) et Johannes (°1629) —ou selon Couffon,  Catherine (+1624) et Jean (°1629) — Ces liens familiaux ont leur part d'ombre, comme l'indique Y.-P. Castel qui parle d'une "biographie difficile à cerner".

.

Signature.

Roland Doré a daté et signé cinq sculptures; outre le bénitier de Plouédern et le saint Jean de Saint-Thégonnec, il faut mentionner :

  • la croix Saint-Dodu de Guiclan : 1622 FAICT PAR R...
  • le calvaire de l'église de Commana : R : DORE : MA : FAIT : 1624
  • le vestige de croix de la forêt du Crannou à Hanvec : R: DORE : MA FAICT sur le fût et 1627 sur le socle.

Il a signé mais non daté :

  • le vestige de croix de Kerlavarec à La Martyre : ROLLAND : LE : DORE : MA : FAICT et BEATRICE : CABOVN : MA : FAICT : FAIRE
  • le vestige de croix de Landerneau (disparue) qui portait : LAN ... / ROLLAND : ... A FAIT CES ... / CROIS A SON DEV ... ("l'an ... Roland Doré a fait cette croix à son devis".

 

.

.

.

— Sur les autres œuvres de Roland Doré dans ce blog.

.

 

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

VII. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663). 

Saint Jean comme Apôtre, 6ème niche à droite du porche intérieur, kersanton v. 1625.

 

.

Le saint bénit de la main droite le calice de poison.

La statue porte sur son socle l'inscription (incomplète ?) IAN : GVILLOME.

Le patronyme Guillaume n'est pas attesté à Saint-Thégonnec à cette époque, même avec cette graphie.

 

 

 

.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v.1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v.1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v.1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v.1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

.

.

VIII. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663). 

Saint Jacques le Majeur,  1ère niche à gauche du porche intérieur, kersanton vers 1632.

 

 

.

Saint Jacques tient comme tout apôtre le livre (référence aux Actes des Apôtres), mais aussi en main droite le bourdon des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, auquel est attachée la gourde en forme de coloquinte. Il porte aussi le chapeau aux larges bords frappé, au dessus du front, de la coquille emblématique. Remarquons ses autres attributs, comme la besace suspendu à un baudrier orné de coquilles, et la pèlerine, fermée par une dizaine de boutons ronds.

Les pupilles sont creusées , les paupières ourlées, le double pli frontal est froncé. Quand aux moustaches, elles ne partent plus des ailes des narines, mais des bords du philtrum, ce qui est plus physiologique.

Roland Doré a sculpté 89 statues pour 25 paroisses différentes, dont 54 apôtres. Deux séries sont complètes (Pleyber-Christ et Plestin-les-Grèves), celle de Trémaouézan est presque complète (11/12), et celle de Guimiliau se partage avec le Maître de Plougastel. À   Pleyben (photo infra), seuls Jean et Jacques le Majeur sont de Roland Doré.

 On peut donc comparer ce saint Jacques avec les statues homologues des autres sites.

.

Saint Jacques le Majeur et saint Jean, kersanton, Roland Doré, porche de Pleyben. Photo lavieb-aile.

.

 

 

 

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

Les inscriptions S : IACQ.  I : MAZE et IACQVES PICART.

Elles indiquent presque certainement, après le nom du saint, celui  des deux fabriciens de l'année, qui ont commandité cette (ou ces) statues. Ou bien le nom de deux donateurs.

On lit S : IACQ sur le socle, I: MAZE sur le pli de gauche et IACQVES / PICART sur le pli de gauche.

 

.

1. I. Mazé.

L'initiale du prénom peut correspondre à Ian, "Jean". Geneanet ne propose rien d'autre que Jeanne.

Il faut remarquer néanmoins une Béatrice Mazé, car elle est décédée en 1690 à Bodéniry, Saint-Thégonnec : nous allons voir pourquoi je la retiens, bien qu'on ignore l'identité de ses parents.

La date n'est pas inscrite.

Bien entendu, la question se pose de savoir si ce I. MAZE est le même, ou est apparenté au J. MAZE de la statue de 1625 de Jean l'évangéliste.

.

2. Jacques Picart.

Les généalogistes décrivent un Jacques Picart, qui épousa Catherine Mallegol. Leur fils Jacques Picart, né à Saint-Thégonnec le 10 mars 1616 et décédé au même lieu le 16 septembre 1690, épousa Marguerite Mallegol. Il décéda le 16 septembre 1690 à Bodeniry, Saint-Thégonnec.

 

Y.P. Castel désigne, sans citer ses sources (et avec une erreur de graphie Picard pour Picart), comme donateur de cette statue Jacques Picart demeurant à Bodinery, "dont on sait, par ailleurs, qu'il paie des rentes à l'église en 1650". 

Il faut aussi corriger le lieu-dit pour le repérer sur les cartes sous la forme Bodéniry ou Bodeniri, ou Bodenery sur la carte de Cassini à 5 km au sud du bourg. C'est un hameau d'une douzaine d'habitations sur la carte EM de 1820-1866,  à 131 m d'altitude,  sur le plateau entre le cours de la Penzé et celui du Coat Toulzac'h — comme toute la paroisse —. Les registres paroissiaux y déclarent, sous la graphie Bodenery, les naissances de François Maguet en 1655 et d'Yves Tanguy en 1650 ... mais aussi sous la forme Bodiniri le lieu  de décès de Marguerite Mallegol, époux de Jacques Picart. Cqfd.

Nous retrouvons, trois ou quatre générations plus tard, un Jacques PICART né à Bodéniry (vers 1670 ?) qui épousa le 26 juin 1690 Marguerite Pouliquen, dont deux filles, Jeanne et Barbe. Cette dernière, après avoir épousé en 1714 Yves Billon, décéda à Bodiniri le 19 décembre 1738.

 

Il existe à Bodéniry (cf. supra) deux croix, dont l'une porte l'inscription ANNA BREST IAN GVILLERM 1632 . Elle est sculpté par Roland Doré.

L'autre porte les armes de Marie-Anne de la Haye et Jean du Dresnay (1670).

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_thegonnec.html

.

 

 

 

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

IX. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663).

  Saint Thomas, 6ème niche à gauche du porche intérieur, kersanton, 1632

.

Le saint tient son attribut, l'équerre des architectes. Sa barbe est identique à celle de saint Jacques. Sur la robe à trois boutons, le manteau forme, à gauche, un spectaculaire bouillonnement de plis en volutes doubles, et, au centre, une séquence de cinq plis en bec.

Sur le phylactère se trouve l'inscription CARNIS RESVRRECTIONEM, qui prouve, si besoin était, que les apôtres du porche forment un Credo apostolique. Il s'agit de l'avant-dernier article, ce qui montre que les statues ont changé de niche (on le savait, puisque saint Jacques le Majeur occupe la 3ème place du Credo, et Jean la 4ème).

Sur le pli est inscrit : Y : RIVOAL 1632.

Les généalogistes mentionnent Yves Rivoal né en 1620 à Saint-Thégonnec. Ses parents ne sont pas connus. Le défaut d'information sur un Yves Rivoal antérieur à celui-ci est certainement dû à l'absence de données disponibles sur les registres paroissiaux.

Comparaison avec la statue de saint Thomas au Tréhou (porche daté de 1610, statue postérieure à 1618) :

.

Saint Thomas (Roland Doré kersanton). Photographie lavieb-aile

.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

SOURCES ET LIENS.

 

CASTEL ( Yves-Pascal) 1956 Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

CASTEL ( Yves-Pascal) 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux, exposition au Musée des Jacobins de Morlaix, conservatrice Françoise Daniel.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_233/roland__dore__et__les_enclos__paroissiaux.pdf

 

CASTEL ( Yves-Pascal), 1985, « Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du xviie siècle) », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome 94, pages 97-116.

 

COUFFON (René), 1948, l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean,  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

—DE L'ORME (A.), 1900, Saint-Thégonnec, in L'art Breton du XIIIe au XVIIIe siècle. Bulletin de la Société archéologique de Brest p.103 à 123. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076565/f100.item

— DE L'ORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel

 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double


 

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

 

QUINIOU (François), 1929, “Saint-Thégonnec : une paroisse bretonne sous la Révolution,” Presses libérales, Brest, 232 p.

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/3696

ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p

 

 

-.

Partager cet article
Repost0
14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 11:34

Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617).

.

1°) Sur Guimiliau, voir :

 

 

2°) Les piédroits et voussures du porche de Guimiliau sont sculptés de petits personnages inspirés de la même thématique biblique que sur les porches réalisés par l' atelier des Prigent soit à Pencran ( 1553) soit  à Landivisiau (1554-1565)  et  qu'on retrouve plus tard sur le porche de Ploudiry (1665), sculpté par Le Bescont. Voir :

.

 

Sur les porches de Basse-Bretagne (ordre chronologique):

 

.
 

 

PRÉSENTATION.

.

Après m'être rendu à Pencran pour y décrire les moulures du porche sculpté par l'atelier Prigent en 1553, je reviens à Guimiliau, car l'atelier du Maître de Plougastel, qui succéda aux Prigent à Landerneau dans la taille du kersanton, s'est inspiré du porche de Pencran et de celui de Landivisiau (Prigent 1555) pour réaliser celui de Guimiliau une soixantaine d'années plus tard; pour ne pas dire qu'il en a recopié fidèlement les tableaux bibliques.

Ces saynètes ont été décrites par de nombreux auteurs, inutile de gaspiller ma prose :

 

.

 

"Dans la façade, encadrant l'entrée du porche, deux colonnes cannelées sont portées sur deux bases ornées de cartouches vigoureusement sculptés. Deux autres colonnes engagées forment l'intérieur de l'embrasure de l'arcade d'entrée.

Entre les moulures prismatiques des embrasures, et dans les voussures de l'arcade, sont sculptées différentes scènes de la Bible. Il faut les lire en partant du bas et en faisant alterner les deux côtés : - Adam et Eve : le démon tentant notre première mère ; L'ange les chassant du paradis terrestre ; - Eve avec ses deux premiers enfants au berceau ; - Adam pénitent, tenant des instruments de labourage ; - Sacrifice de Caïn : Caïn debout, la fumée du sacrifice descend vers la terre ; - Sacrifice d'Abel : Abel à genoux, la fumée monte vers le ciel ; - Arche de Noé : Noé et ses enfants, puis les différents animaux mettant la tête à la fenêtre ; - Noé cultivant la vigne et cueillant du raisin, puis foulant ce raisin dans une cuve ; - Ivresse de Noé, péché de Cham ; - Annonciation, avec tout le texte de l'Evangile inscrit sur une banderole ; - Visitation ; - L'Ange apparaissant aux bergers ; - Adoration des bergers ; - Adoration des mages ; - Présentation et Circoncision ; - Fuite en Egypte. Au-dessus de la Sainte Vierge, portant l'Enfant-Jésus sur un âne, se voit un groupe comprenant une femme et deux anges dont l'un tient un enfant.

Dans les voussures, une foule nombreuse d'anges tenant des encensoirs ou différents instruments de la Passion. D'autres prient, les mains jointes ou les bras levés. On y distingue aussi saint François d'Assise, saint Laurent et deux autres saints. Cette archivolte est fermée par une admirable clef composée d'une grande volute recouverte d'une longue feuille d'acanthe. Du côté droit de cette clef, on remarque la date 1617." (J.M. Abgrall)

Une contribution majeure à leur étude a été apportée par la thèse d'Emmanuelle Le Seac'h :

"Trois mains différentes sont décelables dans l'arc d'entrée, divisée en deux blocs par une console en forme de clef. Le Maître de Plougastel a sculpté la majorité des scènes des piédroits, de la Tentation d'Ève à l'Arche de Noé, et, plus haut, les anges des voussures et Joseph endormi. Le "Valet" du Maître a représenté le Sacrifice de Caïn et d'Abel, Noé aux vendanges et son Ivresse et l'Annonciation. Un compagnon de passage a prêté main forte, de la Nativité de Jésus à la Circoncision.

Le Maître de Plougastel est fidèle à son style en représentant de petits personnages hiératiques. " (E. Le Seac'h)

.

Les sculptures se succèdent dans les trois moulures des piédroits et des voussures en quinze blocs de kersanton de chaque coté autour de l'agrafe du sommet : sept pour les piédroits, huit pour les voussures. 

.

 

Le porche sud de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Comparaison avec les porches de Pencran et de Landivisiau (cliquez ) :

.

.

Le porche de Pencran (1553). Photographie lavieb-aile.

.

Le porche de Landivisiau (1555). Photographie lavieb-aile.

.

Nous retrouvons à Guimiliau la structure à deux contreforts d'angle vers lesquels les bancs et les piédroits s'ouvrent en éventail, nous retrouvons les deux crossettes (un lion et un dragon) presque en fac-simile, nous retrouvons l'ouverture en plein cintre de Landivisiau, mais par contre l'arc gothique à crochets et fleuron, les pinacles et le clocheton flamboyants ont disparu et l'entrée est surmontée d'une sorte de temple antique, avec son fronton triangulaire. Les modèles diffusés par Philibert Delorme dans Le premier livre de l'architectureparu en 1567, ne pouvaient pas concerner les architectes de Pencran et Landivisiau mais l'architecte de Guimiliau, après avoir vu (conçu ?) les porches de Lanhouarneau (1588), Saint-Thégonnec (1599) et Saint-Houardon de Landerneau (1604), et sous l'influence des innovations du château de Kerjean (v.1570) a fait un porche au goût du jour.

Autrement dit, cet architecte ou architecte-sculpteur a repris les piédroits et voussures avec leurs motifs bibliques encore médiévaux de l'atelier des Prigent et les a coiffé, dans un ensemble composite, d'un fronton Renaissance.

Note : Bastien et Henry Prigent ne sont pas, au XVIe siècle, des sculpteurs médiévaux et leur travail inclut de nombreux motifs Renaissance (masques, coquilles, volutes), mais sur des détails.

.

Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

.

.

Les colonnes engagées "à la française" sont  inspirées de Philibert Delorme, qui avait inventé cette innovation pour la chapelle du Parc de Villiers. "Ces colonnes [du porche] comprennent quatre tambours cannelés et trois bagues ornées, dans le genre des colonnes de la façade des Tuileries construite par Philibert Delorme. Ce genre de colonnes se retrouve encore au fond du porche, et a été reproduit dans plusieurs édifices de la même époque, notamment dans le porche de Saint-Houardon, à Landerneau." (Abgrall).

Mais si elle  sont cannelées et baguées, elle sont aussi rudentées au tiers inférieur (les cannelures contiennent des "rudentures" en demi-jonc), à la différence de l'illustration du Premier tome de l'architecture, ci-joint.

Le terme dérive (1546) du latin rudens, entis "cordage de navire, câble).

 

.

Philibert Delorme: illustration du Livre VII, chap. 13: "les colonnes françaises", in Le premier tome de l’architecture… , Paris, Frédéric Morel, 1567 

 

.

L'architecte a donc su utiliser tous les Ordres architecturaux dans ce porche. Corinthien et composé, mais aussi ionique, dorique, et à supports anthropomorphes à l'intérieur.

.

 

.

.

Le porche sud de Guimiliau : les colonnes (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau : les colonnes (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

La Tentation. Piédroit gauche. Kersanton, Maître de Plougastel, 1617.

.

Adam et Ève sont encastrés chacun dans une niche à dais coiffé d'un petit personnage, tandis que le serpent, enlacé à l'arbre, traverse l'arête  : sa tête féminine  apparait du coté d'Ève, et sa main gauche lui propose la pomme du délit. Le couple protège sa nudité d'une feuille ronde, alors que selon la Genèse il n'accédera à la pudeur qu'après l'Expulsion.

Non sans ironie, Ève tient son sein droit comme une pomme.

Comme toutes ces scènes bibliques réalisées par le Maître de Plougastel, celle-ci  est très semblable à celles de Bastien Prigent pour les porche de Pencran et de Landivisiau, que copiera aussi Jean Le Bescont à Ploudiry ; elle peut nous servir d'introduction à la comparaison iconographique.

https://www.lavieb-aile.com/2021/02/le-porche-de-pencran-les-moulures.html

https://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-1554-1559-de-l-eglise-de-landivisiau.ii.la-grande-arcade-exterieure.html

https://www.lavieb-aile.com/2020/04/le-porche-sud-de-l-eglise-de-ploudiry.html

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Comparaison :

.

La Tentation, Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

.

La Tentation, porche de Landivisiau. Photo lavieb-aile.

.

Piédroits du porche sud (1665, kersanton, Jean le Bescont) de l'église Saint-Pierre de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

 

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Les dais des scènes précédentes. Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Un petit personnage pose les deux mains sur sa tête, et son compagnon n'en pose qu'une seule, et glisse la main gauche sous sa ceinture.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

L'Expulsion de l'Eden. Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Adam et Ève dissimulent leurs sexes et posent une main sur la poitrine. L'Ange armé de son épée leur ordonne de quitter le paradis. Un palmier près d'Ève symbolise l'arbre de la connaissance.

.

Les dais sont ornés du ruban perlé formant deux volutes en S réunis à leur sommet, comme dans les ornementations de l'atelier des Prigent.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Deux dais avec personnage (dont un moine). Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

 Eve avec ses deux premiers enfants au berceau ; - Adam pénitent, tenant des instruments de labourage. Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

"Ève porte un enfant aux langes serrées alors qu'un autre est à ses pieds dans un berceau qu'elle pousse du pied. Adam est debout, appuyé sur sa bêche de paysan."

.

 

Sacrifice de Caïn : Caïn debout, la fumée du sacrifice descend vers la terre ; - Sacrifice d'Abel : Abel à genoux, la fumée monte vers le ciel. Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Caïn et Abel (suite).  Le Déluge et l'Arche de Noé.  Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

De l'autre coté (à droite), le crime de Caïn jouxte la scène de Noé. Le corps d'Abel, le crâne fendu, est appuyé contre les rainures du piédroit. Le sculpteur, ne disposant que de peu de place, a rusé pour le représenter. Caïn semble déjà se repentir de son geste, une arme encore en main, avec Dieu qui lui apparaît de façon fugitive comme le suggère le fait qu'il est représenté en buste." (Le Seac'h)

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Dieu le Père, tenant l'orbe et coiffé de la tiare, parle à Caïn. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

L'arche de Noé. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Noé (coiffé et vêtu comme un marchand ou armateur du XVIe siècle) et ses fils sont à bord d'une nef bordée à clins.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Deux dragons réunis par un collier. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

Ils renvoient à ceux qui abondent sur les porches sculptés par les Prigent. On les trouve sur le porche de Pencran, exactement au même emplacement des moulures

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

L'ivresse de Noé. Genèse 18:29.  Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Noé dans les vignes. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Un serviteur foulant le raisin en cuve. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

La malédiction de Cham. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mal%C3%A9diction_de_Canaan

Noé endormi  dévoile ses organes génitaux ; Cham le regarde, ce qui choque ses autres frères Sem et Japhet. Ceux-ci le rhabillent en lui tournant le dos.

À son réveil, Noé maudit Canaan, le fils de Cham, et le condamne à être le serviteur de Sem et Japhet.

.

 

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

L'Annonciation, scène de gauche : l'Ange Gabriel. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

Inscription :

Un premier phylactère énonce :

ANGELVS . DNI . NVNCIAVIT . MARIE . & CONCEPTIT . DE . SPIRITVS / SANCTO

Angelus domini nuciavit Marie et concepit de spiritus sancto "L’Ange du Seigneur porta l’annonce à Marie, et elle conçut du Saint-Esprit."

.

L'ange Gabriel tend vers la Vierge un bâton (le bras traverse l'arête de la moulure) où se déroule un second phylactère portant ses paroles :

AVE . GRATIA . PLENA . DÑS . TECUM

Ave gratia plena dominus tecum , "Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous."

cf. L'évangile selon Saint Luc Ch. 01 V. 28 et  V. 30.31.35  

On remarquera :

-la graphie gothique de SANCTO, dont les lettres possèdent un empattement fourchu.

-le recours au tilde (~) abréviatif 

-la ponctuation de séparation des mots par un (seul) point en losange.

- le bel éperluette &.

.

 

 

 

.

Le porche sud de Guimiliau : les moulures .

.

.

L'Annonciation, scène de droite : la Vierge. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Inscription :

ECCE . ANCILLA . DNI . FIAT . MIHI . SECVM . VERBVM . TVVM .ET

Ecce ancila domini fiat  mihi secum verbum tuum, "Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole".

La Vierge est séparé de l'ange, comme c'est la tradition, par un vase témoignant de sa virginité intacte (c'est un vase clos).

Elle est agenouillée à son prie-dieu. Elle est coiffée du bandeau occipital qui écarte  les cheveux du visage en les regroupant derrière la nuque. Ce bandeau est un marqueur iconographique de la sculpture finistérienne des XVIe et XVIIe siècle.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

La Nativité. Kersanton, 1606-1617.

.

"Les scènes de la Nativité, de la Visitation, de l'Adoration des Rois mages, de la Fuite en Égypte , de la Présentation de Jésus au Temple et de la Circoncision sont du style des ouvrages en pierre tendre peu connue des Bretons. Les personnages sont plus petits, plus menus et si leur composition est harmonieuse, elle est moins ordonnée que celle du Maître de Plougastel. Ici, les traits sont fins, les drapés tombent avec naturel. Les proportions sont davantage respectées. Cet apport extérieur est peut-être le fait d'un compagnon de passage qui aurait participé à des chantiers en Île-de-France, en Bourgogne, en Pays de Loire ..." (Le Seac'h)

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

L'Annonce aux Bergers. Kersanton, 1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

La Fuite en Égypte. Kersanton, 1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

L'Adoration des Mages. Kersanton,  1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

La Visitation. Kersanton,  1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Les anges et saints.

.

Les anges 1. Ange thuriféraire ; anges entourant l'Enfant Jésus ; ange présentant les clous et le marteau de la Passion. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Les anges 2. Trois anges orants. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Anges 3. Ange orant, soufflant dans une trompe, et thuriféraire. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

 

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Les anges 4. Trois anges orants. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Les anges 5. Trois anges orants. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Les anges 6.  Ange orants, présentant la couronne d'épines, et thuriféraire. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

 

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Les anges 7. Ange thuriféraire, soufflant dans une trompe, et orant. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

 .

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

Les anges 8. Trois anges orants. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

9. Saint François montrant ses stigmates et deux anges. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

10. Saint Yves, saint Jean l'évangéliste et saint Laurent. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

.

Je pense pouvoir identifier les deux saints qui, à coté de saint Laurent (facile à reconnaître avec son grill), n'ont pas été reconnus par les auteurs, à commencer par Abgrall.

-Saint Yves se reconnaît à son bonnet de docteur, recouvert par le capuchon de son camail, mais aussi par le livre ou pièce de procès qu'il tient en main gauche : c'est la représentation traditionnelle du saint patron de la Bretagne, particulièrement honoré à l'église Saint-Miliau puisqu'il figure en statue dans le chœur, sur les fonts baptismaux, sur les deux retables du chœur, et à l'entrée intérieure du porche.

-Saint Jean se reconnaît par le calice de poison qu'il bénit. 

.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1883, L'église de Guimiliau, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1883_0145_0161.html

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notice sur Guimiliau, BDHA

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/afef0cf82b371a72f35a42200cb9a127.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) 1924,  L'église de Guimiliau, porche, calvaire, ossuaire,  (Brest 1906, Morlaix, 1924 et 1935)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4c94b42ee1cf842a818f30319dac78c2.pdf

 

— DEBIDOUR (Victor-Henry), 1953, La sculpture bretonne: étude d'iconographie religieuse populaire, Plihon, 1953 - 245 pages, page 208.

 — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Guimiliau,  Extrait de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa région. page 268

—  LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. 

—  NANTEUIL (Alfred DE LA BARRE DE ), 1914,   Guimiliau (S.F.A. - C.A. 1914) Non consulté.

POTIER DE COURCY (Pol), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo: itinéraire historique et descriptif; L. Hachette et Cie, page 283

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=guengat+kergorlay+guimiliau&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

PRIGENT (Christiane) 1986, Guimiliau (Châteaulin, 1986).

ROYER (E.) 1979 : Guimiliau (Rennes, 1979) . Non consulté.

WAQUET (H.), 1952, Guimiliau (Châteaulin, 1952) - Guimiliau (Châteaulin, 1977) - Non consulté.

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Maître de Plougastel Renaissance
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 15:05

 

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.

 

 

.

Sur Guimiliau :
 


 

.

 

.

 

PRÉSENTATION.

.

Sous les niches des douze apôtres, les parois latérales de l'intérieur du porche sud de Guimiliau sont ordonnées par 2 x 7  pilastres cannelés. Ceux-ci supportent chacun, par leur chapiteau ionique, un masque de lion (sauf dans deux cas), et ces têtes de lions séparent des panneaux sculptés de motifs soit géométriques et ornementaux, soit figuratifs. Nous avons donc à décrire 12 masques de lions (dont certains valent vraiment le coup d'œil) et quatorze panneaux, dont trois ou quatre figuratifs et un portant la date de 1606. Le tout est en kersanton avec traces de polychromie ocre-rouge, et est attribué par E. Le Seac'h au Valet (ou second) du Maître de Plougastel

En outre, parce qu'Ils sont attribués au même sculpteur. et parce qu'ils prolongent, autour des deux portes d'entrée, cette frise, j'ajouterai deux sommets de colonnes figuratifs qui méritent, là encore, le détour.

Néanmoins, E. Le Seac'h écrit : "Je propose la date de 1624 comme date de reprise en main du chantier de Guimiliau par Roland Doré qui retaille à l'intérieur un lion de la frise en un masque aux rondeurs enfantines et au sourire ingénu, gallinacé, coq plutôt que paon, et à l'extérieur dans l'angle supérieur du fronton triangulaire le buste souriant de jeune fille tandis que les trois masques sont du Maître de Plougastel."

Voir en bibliographie la description de J.M. Abgrall.  Il a cru reconnaître dans les masques "la personnification des différents vices : orgueil, jalousie, avarice, colère, moquerie, vanité ou coquetterie accompagnée d'un paon." Je ne parviens pas à le suivre sur ce point.

.

Allons-y! Plongeons dans ce qui s'apparente, par cette alliance d'ocre et de gris, à la découverte d'une grotte magdalénienne et ses peintures rupestres.

.

 

.

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

I. DESCRIPTION DE LA FRISE (UN MASQUE, UN PANNEAU, ETC.).

 

.

 

 

Je débute la description et le décompte par l'angle nord-est (sous l'apôtre Pierre pour ceux qui n'ont pas de boussole ; saint Pierre ,c'est celui qui porte une clef : et on lit A : GO sur son socle).

.

 

.

Débutons par une réflexion. À quoi reconnaissons-nous tous sur ce masque et sur les suivants un lion, alors qu'il ne s'agit pas d'une représentation d'un individu zoologique, mais d'un "type" iconographique , et que plusieurs masques  vont varier par des hybridations et dénaturations artistiques ? Pour différencier un lion d'un dragon sur les sablières, les crossettes et autres supports des sculptures de notre patrimoine, je me repère sur le présence d'une crinière, et d'une queue dotée d'un fouet. Mais pour un masque ? 

Si on se réfère au "faciès léonin" (toujours cité, jamais décrit) de la lèpre et de ses déformations infiltrant les parties molles en les tuméfiant, la caractéristique repose sur une allure forte et carrée et des traits vultueux. Ces gonflements sont parfois soulignés  au niveau des rides du front,  ou au niveau des sourcils, parfois sous les yeux, parfois aux joues, et lorsqu'ils accentuent le nez, ils le retroussent et exposent largement les narines.

Une autre caractéristique, très évocatrice mais inconstante, réside en deux lèvres supérieures sculptées comme deux boules. La ligne qui les sépare forme avec les narines une ligne en Y, de couleur noire. 

Sur l'animal au naturel, ces lèvres hypertrophiées sont retroussées (et donc mises en évidence) chez le mâle  lors du "flehmen", cette attitude leur permettant, en inspirant de l'air par la bouche, de vérifier l'émission de phéromones indiquant la fécondité des femelles. Le lion ouvre alors largement la gueule, accentuant tous les plis de la face, retroussant les narines qui sont béantes et faisant apparaître ses deux paires de canines. C'est dans cette attitude spectaculaire que les lions de cette frise sont le plus souvent représentés.

Ces lèvres portent les vibrisses "mystaciales" ; mais sur nos sculptures, l'artiste n'a pas représenté  les petits trous de leur implantation,  et il a fait partir la moustache (lorsqu'elle est présente) de part et d'autre des narines. Et c'est un procédé qui se retrouvent dans les sculptures de cet atelier pour leurs masques humains ou les statues des apôtres.

Un détail souvent présent (mais souvent utilisé pour les hybridations imaginaires), c'est la toison du haut de la tête, frisée comme celle d'un mouton.

Enfin, notons les oreilles, qui sont petites et rondes, ou parfois en feuille de laurier.

La crinière est absente, mais elle est peut-être stylisée en rappel, dans le masque n°1, sous la forme d'un éventail de mèches.

.

Signification ou valeur.

Les lions sont une figure majeure de l'art antique et sont souvent placés à l'entrée des temples où ils exercent une fonction de protection. Cela pourrait être le cas ici, dans ce vestibule précédant les deux portes.

Ils peuvent, au Moyen-Âge, être une figure christique. Rien ne valide ici cette hypothèse.

Dans les églises et chapelles bretonnes du XV et XVIe siècle, on les voit à la jonction du toit et des murs, sur les crossettes (à l'extérieur) ou sur les sablières (à l'intérieur), très souvent associés aux dragons, formant une ceinture de protection, et de délimitation de l'espace sacré. Dans un bon nombre de cas, ils tiennent entre leurs pattes un os, ou un petit être humain. Nous verrons que c'est ici le cas, pour deux des 12 masques, qui acquiert alors une fonction psychopompe ou du moins d'avertissement d'un danger d'engloutissement, donc de trépas.

On remarque qu'aucun de ces masques ne cherche à provoquer l'effroi.

Nous pourrions considérer cet animal (avec le dragon) comme le porte-emblème de la Gueule, de l'Oral et de la Dévoration. Cette expression de puissance est d'une ambiguïté ou bipolarité indissociable entre la protection et la menace.

.

Masque de lion n°1.

 Ce lion n°1 écarte les coins de la bouche et montre ses dents, qu'il garde néanmoins serrées.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Le panneau n°1 est un entrelacs à brin simple.

.

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Panneau n°1 (suite) : Baptême du Christ par Jean-Baptiste.

.

Cette scène présente quelques singularités difficiles à comprendre, et sa présence elle-même dans ce coin isolé n'est pas banale.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°2.

.

Ce lion réunit les caractéristiques notées en présentation, mais se démarque par une tête anthropomorphe à la racine de la toison frontale. Comme un début d'hybridation.

 

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Panneau n°2. Entrelacs de deux types, ornés d'étoiles et de rosettes.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°3.

.

Trois particularités : une frisette du front se transforme en une volute d'architecture (hybridation animal/artefact) ; l'extrémité des vibrisses-moustaches se dilate en petits glands ; et la gueule se dénature en une figure géométrique (nouvelle hybridation animal/artefact).

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Panneau n°3. Entrelacs double-brins ornés de fleurons.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°4.

.

Ce masque présente les trois particularités du masque n°3.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Panneau n°4. Entrelacs double-brins à fleurons.

.

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°5.

Comme en n°3 et 4, l'extrémité des vibrisses-moustaches se dilate en petits glands. La crinière est visible, car elle revient sur les joues et sous le museau. Les yeux sont tournés vers le haut.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Le panneau n°5. Huit fleurons inégaux.

.

Ce panneau, qui a été modifié, est indissociable du masque féminin, et du coq qui le côtoie.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Le masque n°6.  masque féminin.

.

Le visage de femme, à la beauté et au sourire remarquables, n'est pas disposé au centre du chapiteau. Il voisine un coq dont la queue lui frôle la tête. 

Le coq, droit sur ses ergots et au plumage travaillé, rappellerait, selon Christiane Prigent, les combats de coq des enfants des écoles le jeudi gras, dont le vainqueur remporterait le titre de roi pour un an.

On a vu que E. Le Seac'h y a reconnu le style et le charme des visages de Roland Doré et en estime la réalisation vers 1624 en raison de la maîtrise d'exécution.

On retrouve ici le sourire délicieux mais énigmatique des visage féminins de Roland Doré, et sa façon de creuser la commissure des lèves en deux fossettes. Par contre, on ne retrouve pas les pupilles creusées qui sont sa deuxième caractéristique. Ce sculpteur est également l'auteur du buste de femme du sommet du fronton:

.

Buste féminin, kersanton, Roland Doré, vers 1624, fronton du porche de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Visage féminin et coq (kersanton, traces de polychromie ocre, Roland Doré, v.1624) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

Visage féminin et coq (kersanton, traces de polychromie ocre, Roland Doré, v.1624) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Panneau n°6. Entrelacs à deux brins de deux types, celui de droite à fleurons.

.

 

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°7.

.

La gueule est géométrique, comme pour le n°3. Les vultuosités forment des boules conjointes.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

LE COTÉ OUEST.

.

.

Le panneau n°7 : saint Yves exorciste et thaumaturge.

.

Voir : Le porche de Guimiliau. Saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, , traces de polychromie, 1606, Valet du Maître de Plougastel).

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°8.

.

Il est très intéressant parce qu'il tient entre ses dents le corps allongé d'un homme barbu, bras levés entourant la tête, et vêtu d'une veste aux manches plissées et nombreux boutons. Les jambes sont stylisées mais les chaussures sont présentes.

Le lion prend alors le rôle d'animal emportant les humains vers l'au-delà (psychopompe) ou ne se saisissant que des damnés. C'est soit un rappel de la mort ou memento mori, soit un avertissement incitant les fidèles, tant qu'il est temps, à redresser leur conduite et leur foi.

Le lion est très stylisé, avec des hachures autour des yeux et sur les oreilles ; le nez, fortement retroussé, expose les narines béantes.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

Panneau n° 8. Création des animaux et création d'Ève à partir de la côte d'Adam.

.

Ce panneau souvent remarqué est le seul de cette frise à présenter une scène biblique, décrite dans le Deuxième Livre de la Genèse ; et nous avons toujours intérêt à relire le texte. J'y découvre que la création des animaux (et leur dénomination par Adam) précède immédiatement celle d'Ève :

L'Éternel Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui.

19 L'Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l'homme.

20 Et l'homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs; mais, pour l'homme, il ne trouva point d'aide semblable à lui.

21 Alors l'Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.

22 L'Éternel Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers l'homme.

23 Et l'homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l'appellera femme, parce qu'elle a été prise de l'homme.

24 C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.

25 L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte. Genèse 2 :18-25

L'Eternel est présent à gauche, barbu comme il se doit, vêtu d'une tunique plissée et coiffé d'un début de tiare. Il aide Ève à sortir du flanc gauche d'Adam, lequel dort du sommeil du juste tout en dissimulant ses organes génitaux.

Mais l'autre moitié de la composition montre huit animaux. Les deux poissons et la langouste ou écrevisse (locusta marina et locusta fluvialis des bestiaires) sont en bas, puis viennent une licorne (?), un lion, un éléphant, un cerf, et, tout près d'Ève comme pour annoncer son éveil, le coq.

.

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°9.

.

Il grimace dents serrés et gueule géométrique ; la crinière qui cerne le museau est différente de la toison frisée du front.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Panneau n° 9 : date de 1606.

.

La date s'inscrit dans un cuir découpé à enroulement typique du style bellifontain introduit à Kerjean. Deux masques l'animent, l'un, humain, en haut, et l'autre, léonin, en bas, avec sa gueule géométrique rappelant les masques adjacents.

Après les guerres de la Ligue, qui ont déchirées la Bretagne, et auxquelles la conversion de Henri IV au catholicisme met un terme, le début du XVIIe siècle est une période de paix et donc de prospérité économique pour les marchands de toile du Léon, les Juloded qui financent par leur dons la poursuite de construction des enclos paroissiaux. Le coût du porche est évalué à 5000 livres (L.Élégoët)

La construction du porche, débutée en 1606 sous Henri IV, s'achèvera en 1617, sous Louis XIII.

À cette date de 1606, l'architecture de la Seconde Renaissance, définie par les ouvrages de Philibert Delorme, a diffusé dans le Léon grâce aux Barbier, famille noble qui a fait construire vers 1570 le château de Kerjean. Ce style est repris dans l'église de Lanhouarneau en 1588, de Saint-Thégonnec en 1599, etc. 

.

 

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°10.

.

Comme le masque n°8, celui-ci tient dans sa gueule un être humain, mais c'est ici une femme. Son costume est moins apparent que dans le cas précédent, car il est dissimulé par les fortes canines du lion, mais il se révèle par la coiffe perlée entourant sa tête. Les jambes et les pieds sont nus.

Le lion lui-même est proche du n°8,  et nous retrouvons les hachures des orbites et des oreilles, ou le nez aux narines béantes.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Panneau n° 10. Entrelacs à fleurons.

 

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°11.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Panneau n° 10. Entrelacs  à deux brins.

.

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Masque léonin n°12.

Il est si proche du masque n°11 que j'ai dû repérer soigneusement la différence qui les distinguent

.

 

 

 

 

 

 

 

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Panneau n° 12 et masque léonin n°13.

.

Le lion, au nez retroussé, est le seul qui tire la langue.

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

II. LES SCÈNES FIGURATIVES DES PORTES D'ENTRÉE.

.

L'arc en plein cintre des portes jumelles de l'entrée reposent sur des colonnes. Le chapiteau des deux colonnes extérieures est séparé du fût  cannelé par une scène figurative. À droite, nous trouvons deux lutteurs sauvages. À gauche,  deux femmes et un lion. .

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Les deux lutteurs sauvages.

.

Ce seraient des satyres, si on en croit leurs pieds fourchus et  les deux petites cornes sur le front de l'un d'eux. Ou seulement des lutteurs bretons, barbus, vêtus de pantalon en peau de mouton soutenu par des bretelles croisées. Pour Guy Jaouen, "le bas du corps représente celui du diable" (renvoyant à la diabolisation des jeux par le clergé), et les bretelles s'apparentent aux harnais imposés lors de l'entraînement des hommes d'armes, quand ce n'était pas une ceinture.

L'homme de droite a posé sa main sur l'épaule gauche de son adversaire. Celui-ci a saisi de la main droite l'une des courroies croisées (ou peut-être la main gauche du lutteur opposé)  et a croisé sa jambe (par règle ou pour la crocheter ?).

 

La règle de cette lutte est claire : une main doit être placée dans le dos, comme dans la "lutte française" illustrée sur une gravure d'un manuel de 1443 de Hans Talhoffer, ou un dessin du XVIIeme s. de Thomas Rowlandson « Wrestling at St Columb" en Cornouailles anglaise. (G. Jaouen p.26)

L'importance ethnographique de cette scène est évidente. Je renvoie à la passionnante et érudite étude de Guy Jaouen sur le lutte celtique.

.

 

Thomas Rowlandson (1756 - 1827), A Cornish wrestling match at St Columb

 

.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

Les deux femmes et le lion.

.

Deux femmes et un lion sont étroitement enlacés. Les femmes sont nues (ou portent un pagne minimal).

Je n'ai aucune interprétation à proposer.

.

 

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

.

.

 

 

SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie)

"Dans l'intérieur, ce qui frappe d'abord, ce sont les niches qui contiennent les statues des douze Apôtres. Ces niches sont séparées par des colonnettes ioniques dont les piédestaux sont ornés de cartouches et de têtes diverses. Sur l'un, deux petits personnages luttent de force en tirant sur une corde. Les statues des Apôtres ont la raideur et le caractère hiératique de la sculpture du XVème siècle en Bretagne. Elles rappellent, mais en moins bien, les statues du Folgoët. Les dais, quoique conçus en plein style de la Renaissance, sont agrémentés dans le bas de petites découpures flamboyantes.

 

La corniche qui soutient ces statues est couverte de fines sculptures dans les intervalles qui séparent les modillons. Ces modillons eux-mêmes sont ornés de représentations variées. Sous cette corniche est une frise où l'on remarque des têtes saillantes ayant un caractère étrange. On croit y reconnaître la personnification des différents vices : orgueil, jalousie, avarice, colère, moquerie, vanité ou coquetterie accompagnée d'un paon. Dans la même frise, du côté gauche en entrant, il faut noter deux scènes singulières sculptées en bas-relief : d'abord, un petit personnage presque en ronde-bosse, portant une aumusse et une tunique couvertes d'hermines ; puis, deux personnages à genoux ou estropiés : l'un crie et est surmonté d'une tête cornue et à longues oreilles, la femme prie et porte un chapelet ; ensuite, un estropié n'ayant qu'une jambe, marchant à l'aide de béquilles ; enfin, une sorte de Père-Eternel, les mains levées. La seconde scène représente le Seigneur créant Eve, qui sort du côté d'Adam endormi. Tout autour, se voient les animaux de la création. Dans le panneau suivant, on lit la date de 1606. Enfin, au côté opposé, dans le dernier panneau, près de la porte, se trouve saint Jean baptisant Notre Seigneur. Au fond du porche, deux portes séparées par un trumeau donnent accès dans l'église. Sous les chapiteaux des chambranles, on voit d'un côté deux personnages nus, représentant les pêcheurs retenus captifs par un lion qui figure le démon ; de l'autre, deux hommes sont liés ou semblent lutter ; leurs jambes sont couvertes de poils épais et sont terminés par des sabots fourchus. Les arcs des portes sont divisés par des claveaux saillants et par une clef sculptée. Au trumeau est adossé un joli bénitier porté sur une colonnette cannelée. Au-dessus du bénitier, un ange à genoux tient deux goupillons ; il est surmonté d'un dais orné de pilastres, gaines, cariatides, petites niches, etc...

 

Dans les côtés, deux colonnes à tambours cannelés, bagues sculptées et chapiteaux ioniques, supportent l'entablement, et dans le tympan, une niche, accostée de deux gaines et cariatides, renferme une statue de Notre Seigneur bénissant, revêtu d'une robe longue aux plis raides et serrés presque analogues à ceux des statues romanes de Chartres et d'Angers. Le porche est couvert d'une voûte découpée par de belles nervures, qui forment au milieu un pendentif assez remarquable (M. Abgrall).

— COUFFON (René), 1948, " l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de GUIMILIAU,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

— JAOUEN (Guy), 2006, Les luttes celtiques de Bretagne et du Cornwall.

https://celticwrestling.files.wordpress.com/2011/07/cornish-wrestling.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LA BRETÈQUE (François de ), 1984, Image d'un animal : le lion. Sa définition et ses «limites», dans les textes et 1' iconographie (XIe-XIVe siècles) Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public  Année 1984  15  pp. 143-154. Fait partie d'un numéro thématique : Le monde animal et ses représentations au moyen-âge (XIe - XVe siècles).

https://www.persee.fr/doc/shmes_1261-9078_1985_act_15_1_1443

— NIZETTE-GODFROID (Jeanine), 1972, Contribution à l'étude de l'influence du lion néo·hittite sur la constitution du type léonin dans l'art grec orientalisant , L'Antiquité Classique  Année 1972  41-1  pp. 5-48

https://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_1972_num_41_1_1648

—  PERU (Fanch), 1985, "Les jeux de pardon en Bretagne", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1985  92-3  pp. 309-326

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1985_num_92_3_3194

 

 —PRIGENT (Christiane) 1986, Guimiliau (Châteaulin, réed. 1992).

CIAP

https://www.ciap-enclos.fr/enclos/guimiliau/

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/guimiliau-enclos-paroissial-saint-miliau/

— Le bel article suivant :

https://en.wikipedia.org/wiki/Guimiliau_Parish_close

.

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 10:03

Les modillons et bases de colonnes (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de l'église de Guimiliau.

.

 

 

.

Les cotés ouest et est du porche intérieur de l'église de Guimiliau peuvent se diviser en deux registres : en haut, les niches à dais des douze Apôtres (six de chaque coté), et en bas une succession de six pilastres cannelés (et rudentés) soutenant une frise de masques et panneaux décoratifs.

Décrire les douze statues me nécessitera un article entier. La frise vous vaudra au moins deux articles.

Mais il faudrait décrire séparément chaque colonne séparant les Apôtres, avec leur chapiteau ionique, leur fût cannelé et rudenté, et leur piédestal, ou "base". Ah oui ? Yes, car chacune des trois faces visibles de ces bases cubiques sont sculptées d'un motif différent. Confinez-vous une après-midi dans ce porche  avec une lampe de poche, un miroir, et un plumeau (car c'est très empoussiéré et toiledaraignéisé ), et, au couvre-feu, vous devrez quitter les lieux sans avoir épuisé votre inventaire.

Voici donc quelques uns des 2x17 modillons qui soutiennent la corniche où se sont installés les Apôtres. Ils nous offrent une vraie leçon de sagesse, car, pour les examiner, il faut s'accroupir et s'abaisser pour en découvrir la face cachée aux profanes.   Mais c'est ainsi qu'on accède à un très beau répertoire de l'ornementation Renaissance, marqué par le principe de métamorphose entre humanité et végétaux : les masques feuillagés, les masques crachant des feuillages, alternent avec des compositions stylisées à volutes, godrons ou palmettes tandis que de beaux portraits de Guimiliens et Guimiliennes à fraises courtes se mêlent à ceux de géants aux barbes énormes. Autre leçon, ces modestes modillons, qui attendaient sans doute jusqu'à aujourd'hui pour vivre leur quart d'heure de célébrité, sont des petites choses, d'une dizaine de centimètres peut-être : petits par la taille mais grands par le talent.

.

Attribution et datation.

La date de 1606, inscrite sur la frise coté ouest, peut qualifier également ces modillons et ses colonnes. En étant strict, on élargira le compas de datation jusqu'à 1617, date inscrite à l'extérieur du porche.

Le porche est principalement l'œuvre du Maître de Plougastel (1570-1621), anonyme installé à Landerneau et auteur, comme son nom de convention l'indique, du calvaire de Plougastel (1602-1604), mais aussi du calvaire de Locmélar, de l'intérieur du porche de Bodilis, et de bien d'autres œuvres, dans 31 paroisses (4 en Cap-Sizun, 3 dans le diocèse de Tréguier, 2 en Haute-Cornouaille, et toutes les autres dans le Léon au nord de l'Élorn).

Par contre, les statues du porche ne lui sont pas attribuées, hormis celle des apôtres Pierre et Jean dans ce porche, et son compagnon ou élève Roland Doré a pris le relais vers 1618.

Dans son Catalogue des ateliers de sculpture sur pierre Emmanuelle Le Seac'h attribue au Maître, à l'intérieur du porche sud de Guimiliau, les termes gainés et les deux bustes du fronton, le bénitier du trumeau, les apôtres déjà cités.

Mais elle attribue d'autres éléments à une deuxième main, celle d'un compagnon, qu'elle baptise du nom de Valet du Maître de Plougastel. (Dans les archives, le "valet" est le bras droit du maître d'atelier, son second). Elle définit son style ainsi, à propos de quatre scènes des piédroits de l'extérieur du porche: "Les yeux sont globuleux, taillés en amande, avec des paupières ourlées. Le nez est droit, gros, avec des ailes larges. Les trous des narines sont creux, ce qui fait la particularité de ces sculptures. À l'inverse, les lèvres sont serrées, à peine dessinées. L'ensemble est relevé par une barbe bien peignée, avec des moustaches transversales qui démarrent sous les narines, laissant le haut des lèvres glabres. Le philtrum est inexistant. Une petite frange de cheveux reproduit la sinuosité des arcades sourcilières. ... Les visages suivent une inflexion au niveau des tempes contrairement aux visages du Maître de Plougastel qui sont tous ronds."

Ce serait à lui qu'aurait été confié la frise intérieure du porche, et les chapiteaux de la porte d'entrée (le menu de mon prochain article).

E. Le Seac'h ne mentionne pas les modillons ou les colonnes séparant les apôtres, et nous pouvons les attribuer, au sens large, à l'atelier du Maître de Plougastel : soit au Maître, soit à son "Valet". Observons donc les trous des narines! Il me semble bien qu'ils soient creux, j'opte pour le Valet.

 

 

 

.

Plan.

I. Quelques-uns des 34 modillons (j'en montre 25).

II. Quelques décors truculents des bases des colonnes. (Surprise)

.

 

 

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

QUELQUE-UNS DES 34 MODILLONS.

.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

LES BASES DES COLONNES SÉPARANT LES NICHES.

.

Si nous numérotons les colonnes en partant pour le n°1 de celle qui est à droite de saint Pierre (et c'est la moindre des choses, c'est la colonne n°11 qui remporte, à l'unanimité, le prix du Jury. Entre saint Mathias, porteur de hache, et saint Barthélémy, porteur de coutelas.

.

La base de la colonne n°11. Lutte à la corde entre quatre personnages.

.

C'est là un vieux jeu breton, "an tortis" ou "chech fun". Il appartient aux "jeux de pardons". Fanch Peru le décrit ainsi :

"La corde a environ 25 m de long. Au centre se trouve un témoin que l'on amène au-dessus d'une marque tracée au sol, l'axe. Deux équipes de 5 ou 6 s'affrontent. Le jeu consiste à amener l'équipe adverse de l'autre côté de l'axe. Chaque partie se fait en deux «manches» et éventuellement une «belle» avec inversion des équipes. L'ordre des affrontements est obtenu par tirage au sort. Dans certains terroirs et dans les jeux fédérés de la F.N.S.A.B. il n'est pas nécessaire pour gagner d'amener l'équipe adverse de l'autre côté de l'axe. Deux témoins placés à la même distance (3 mètres le plus souvent) du témoin central servent alors de repères pour désigner les vainqueurs."

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1985_num_92_3_3194

Fanch Peru (Jeux traditionnels de Bretagne, 1987 p.50),  illustre sa description de ce jeu par une photo du moyen-relief de Guimiliau, et il décrit sur cette sculpture deux lutteurs. Mais ils sont en réalité quatre, pour ceux qui savent regarder les facettes moins visibles du cube.

.

Les joueurs sont coiffés d' un béret très plat, et porté sur le coté. Ce béret est remarquable par sa valeur documentaire ethnographique. Mais hormis cette coiffure, ils sont parfaitement nus, même si les attributs virils des lutteurs les plus visibles aient été escamotés. Leurs postures sont également de forte valeur documentaire, les hommes agrippés à la corde s'opposant par par la plante de leur pied tandis que le genou de la jambe opposée est à terre.

Sur le coté droit, le lutteur tient l'extrémité de la corde, celle-ci passant derrière son dos. Il est allongé et  prend appui des deux pieds sur la tête et sur le coude de son compagnon.

Sur le coté gauche, nous retrouvons les mêmes appuis.

.

 

 

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Base de la colonne n°9 : masque d'un anthropomorphe. Autres masque humains sur les cotés.

.

 

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Base de la colonne n°13 : masque d'un homme barbu coiffé d'un bonnet. Autres masque humains sur les cotés.

.

 

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Base  de la colonne n°5 : masque de femme dans un cartouche à cuir découpé. Masques anthropomorphes sur les cotés.

.

Le cuir découpé à enroulement témoigne de l'influence du style bellifontain introduit dans le Léon par l'atelier du  château de Kerjean. La femme porte une fraise courte (autrement dit, plutôt Charles IX que Henri IV).

.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Base  de la colonne n°3 : masque d'homme barbu dans un cartouche à enroulement. Masques humains sur le coté.

.

L'homme est coiffé d'un bonnet muni d'une petite queue au sommet de de volutes retroussées sur le coté. Son nez long et pointu me rappelle celui du terme féminin du bénitier du trumeau (par le même atelier).

À sa droite et à sa gauche, ses collègues sont coiffés d'un turban (peut-être) et portent une large fraise (comme la collerette du Pierrot Gourmand). 

.

 

 

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

.

 

 

SOURCES ET LIENS.

 

 

— COUFFON (René), 1948, " l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de GUIMILIAU,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

—  PERU (Fanch), 1985, "Les jeux de pardon en Bretagne", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1985  92-3  pp. 309-326

CIAP

https://www.ciap-enclos.fr/enclos/guimiliau/

.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 22:50

Le bénitier (kersanton, traces de polychromie,  Maître de Plougastel, v.1606) du porche sud de Guimiliau, son ange aux goupillons et ses termes gainés.

.

.

 

A. Sur les termes gainés, voir :

-Sculpture en pierre :

-Sculpture en bois :

.

B. Sur Guimiliau, voir :

 

 

.

C. Sur quelques bénitiers du Finistère :

.

.

INTRODUCTION.

.

Le porche sud de l'église Saint-Miliau de Guimiliau porte, sur sa frise, la date de 1606, et sur son portail extérieur près de la clef de voûte, celle de 1617. Il est en kersantite, cette pierre extraite de la Rade de Brest et transportée par bateau sur le premier port de l'Elorn, celui de Landerneau où se sont installés successivement les ateliers prestigieux de taille du "kersanton".

Le Maître de Guimilau avait réalisé le calvaire monumental de Guimiliau entre 1575 et 1588. C'est l'atelier du Maître de Plougastel (auteur du calvaire monumental de Plougastel qui a débuté, vers 1606, le chantier du porche sud, et s'est chargé d'une bonne part du décor de l'arcature du porche extérieur, des masques des contreforts, du fronton du porche intérieur avec ses termes gainés, de deux apôtres des niches, et du bénitier du trumeau séparant les portes en plein cintre.

Son compagnon, baptisé "Valet du Maître de Plougastel" par Le Seac'h, a poursuivi le chantier en complétant l'arcature du portail extérieur, en réalisant les bas-reliefs de la frise intérieure et les deux chapiteaux de la porte d'entrée de droite. Quelques années plus tard (1619), il se charge de l'ossuaire de La Martyre, avec ses termes gainés semblable à ceux de Guimiliau et sa cariatide.

Enfin (donc plutôt vers 1617), un autre compagnon du Maître de Plougastel, Roland Doré, termine le chantier et sculpte, pour l'intérieur,  six apôtres et le Christ Sauveur , et pour l'extérieur, les trois des  statues des quatre niches, et un beau buste féminin au fronton.

.

Le Maître de Plougastel, avant de sculpter le bénitier de Guimiliau, avait réalisé celui de La Martyre, avec son ange aux goupillons, où il avait inscrit la date de 1601. Et auparavant il avait fini le porche sud de Bodilis, avec ses successions de termes gainés.

.

Et, près de cinquante ans auparavant, l'atelier des Prigent avait réalisé pour l'église Saint-Thuriau de Landivisiau un bénitier de trumeau, à cuve à godrons et dais Renaissance, où l'ange proposait déjà son goupillon d'eau bénite.

 

.

C'est dire si ce bénitier du trumeau de Guimiliau, ne serait-ce que par deux de ses caractéristiques, l'ange aux deux goupillons et les trois termes gainés, ouvre tout un jeu de comparaison associant les autocitations et les innovations.

.

Lorsqu'on pénètre à l'intérieur du porche, on baigne dans un bain coloré rouge-orangé, car tout le décor a conservé, à l'état de traces suffisamment importances, sa polychromie où prédomine l'ocre mais où persistent quelques éclats de bleu. Mais lorsque la pierre a été usé, comme sur la marge du bénitier, par l'usage répété des fidèles qui se signaient, le kersanton au grain fin. luit de la teinte noire qui fait sa réputation.

.


 

.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

LA CUVE À GODRONS ET L'ANGE AUX GOUPILLONS.

.

La cuve est posée sur une colonne cannelée ; son décor à godrons est surmonté d'un rang d'arceau puis d'une frise d'oves (ou de feuille d'eau ? Que diriez-vous ?).

Puis vient le panneau portant l'ange aux goupillons, l'un tourné vers le haut et l'autre vers le bas. Il est agenouillé, un seul genou posé, en position de chevalier servant. Il est vêtu d'une aube longue ; ses cheveux descendent derrière ses épaules. Son visage est très rond. Ses larges et hautes ailes s'étalent comme un éventail protecteur. Une coquille au naturel, sculptée dans le dais, forme un toit au dessus de sa tête. Il aurait fallu examinée plus attentivement cette voûte, peinte en rouge et traversée par une diagonale à volutes avant une petite clef pendante.

 

.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

LES TERMES GAINÉS DU DAIS.

.

Le dais est une haute pièce montée qui échafaude au moins six étages avant d'être couronnée par un chapiteau ionique qui soutient l'entablement.

Le premier rang alterne des pilastres suspendus et des couples d'animaux feuillagés et affrontés.

Le deuxième alterne des masques et des rosettes.

Le troisième, des pommes de pin et trois têtes (une femme au centre, deux hommes barbus sur les cotés)

Le quatrième accueille trois niches (vides) et les trois termes gainés que je me réserve de décrire ensuite.

Le cinquième est orné de modillons cannelés.

Le sixième forme l'échine du chapiteau, il est sculpté de moulure, de rinceaux, de cylindres et de perles.

Mais celui qui voudrait fouiller les détails de cela trouverait des rais-de-cœur et bien d'autres choses.

.

La polychromie, notamment d'un beau bleu, est bien conservée en partie haute et dans les zones profondes.

.

 

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le premier support anthropomorphe est en réalité double, et deux hommes barbus et coiffés (en guise de chapiteau) d'un bonnet phrygien, bras réunis devant l'abdomen, sont installés comme au zinc au dessus de la console à volutes et feuillages qui forme leur piètement. Les sabots bifides qui en dépassent en font un couple de satyres.

.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le deuxième est un terme féminin, une cariatide si vous voulez, fort gracieuse avec son beau minois et sa poitrine nue, mais son profil vient révéler un nez de taille un peu excessive. Elle porte sur ses cheveux longs et nattés un chapiteau ionique.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le troisième est un beau barbu, coiffé d'un bonnet à revers et vêtu d'une veste à large rabat de col. Ses bras croisés sur le ventre sont finalement dissimulés par un pan frontal, dont je ne saisis pas toute la fonction, d'autant qu'il est orné de quatre papillotes avant que les coins de la veste ne s'évasent avec conviction.

Le piètement est cannelé ; le bonnet fait office de chapiteau.

 

.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier (kersantite, traces de polychromie, Maître de Plougastel, v. 1606) du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

.

.

Au total, ces trois termes gainés indiquent l'influence de l'atelier des sculpteurs du château de Kerjean, qui ont introduit dans le Léon vers 1570 ce motif ornemental et architectural de la Seconde Renaissance : ils placent ce trumeau dans "l'ordre anthropomorphe" ( Sabine Frommel) de cette nouvelle architecture. [H. Sambin considère en 1572 ces supports comme un sixième ordre architectural]

Et ils fonctionnent un clin d'œil avec le couple de termes masculin et féminin du fronton, immédiatement au dessus de ce bénitier. 

Ce motif liée dans l'Antiquité  à la soumission et aux châtiments (les perses et cariatides décrites par Vitruve sont des esclaves, des punis ou des vaincus entravés) deviennent à la Renaissance, en portant les chapiteaux, des colonnes vivantes des entrées de temples, d'arcs de triomphe, et des encadrement de frontispice ou de cheminée. C'est à dire qu'ils marquent une transition.

En effet,  Dans son Premier tome de l’architecture (1567), Philibert Delorme écrit« qu’il est permis à l’exemple des anciens, d’inventer et faire nouvelles colonnes ; ainsi que nous en avons faits quelques unes, appelées colonnes françaises » [DELORME1567, vol. 1, livre 7, chap. XIII, non paginé], et admet l’usage de cariatides ainsi que de figures de satyres, à condition qu’elles soient adaptées à la configuration du site et à la structure de l’édifice.  Et  l’architecte Androuet du Cerceau  affirme en 1561 que les figures anthropomorphes peuvent être utilisées comme des éléments décoratifs pour des portes et des fenêtres.

Ainsi, ils ont toute leur place ici, à la fois sur le plan spatial lors du franchissement du seuil et des portes de l'église,  à la fois sur le plan symbolique par le passage dans l'espace sacré, et à la fois enfin sur le plan du rituel, puisque le bénitier est indéfectiblement relié au signe de croix avec l'eau bénite, tracée à l'entrée dans le sanctuaire.

Et ces colonnes anthropomorphes sont à relier aux "colonnes françaises" de Philibert Delorme, qu'on retrouve, baguées et cannelées, de chaque coté des portes (ma photo n°2 supra), ou à celles, cannelées, baguées et rudentées au tiers inférieur, qui encadrent l'entrée du porche à l'extérieur.

 

.

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

— COUFFON (René), 1948," l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de GUIMILIAU,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

.

OUVRAGES DE RÉFÉRENCE sur les supports anthropomorphes :

BASE DE DONNÉES "ORNEMENTS ANTHROPOMORPHES"

http://www.fr-ornement.com/fr/anthropomorphe?page=8

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1542-1545, Compartiments, ou  Grands cartouches de Fontainebleau. Deux séries de 10 planches.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1807-compartiments-de-fontainebleau-de-grand-format?offset=7

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1548-1549, Cartouches, 12 planches gravées sur cuivre.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1802-cartouches?offset=3

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1559 Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_Masson647.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1582, Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1592.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1549, Quinque et viginti exempla arcum

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1475.asp?param=

— DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

— DELORME (Philibert), 1561  Les Nouvelles Inventions pour bien bastir et a petits frais

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/Masson643Index.asp

— DE GRANDE (Angelo), 2014, "De Fontainebleau vers la Lorraine: l’ordre anthropomorphe de la maison «des Sept Péchés capitaux» à Pont-à-Mousson" in Gravures d'architecture et d'ornement au début de l'époque moderne : processus de migration en Europe (sous la direction de S, Frommel et E. Leuschner), pp.205-218, 2014.

https://www.academia.edu/11289409/De_Fontainebleau_vers_la_Lorraine_l_ordre_anthropomorphe_de_la_maison_des_Sept_P%C3%A9ch%C3%A9s_capitaux_%C3%A0_Pont_%C3%A0_Mousson

— FROMMEL (Sabine), 2018 Supports anthropomorphes peints de la Renaissance italienne, in Frommel, Sabine – Leuschner, Eckhard – Droguet, Vincent – Kirchner, Thomas (dir.) Construire avec le corps humain/ Bauen mit dem menschlichen Korper. Les ordres anthropomorphes et leurs avatars dans l'art europèen de l'antiquité à la fin du XVIe siècle/ Antropomorphe Stùtzen von der Antike bis zur Gegenwart,  Campisano Editore 2 volumes pp 618, 40 ill. 

"Rares sont les motifs architecturaux qui témoignent d'une persistance telle que les ordres anthropomorphes, depuis l'Antiquité jusqu'à la période actuelle, en passant par le Moyen Âge. Leur évolution s'articule par de subtiles interactions entre les domaines sculptural, architectural et pictural, alors qu'une fortune théorique durable a été instaurée par la description détaillée par Vitruve des "Perses" et des "Caryatides" dans son traité De architectura libri decem. Contrairement aux ordres architecturaux canoniques, ce " sixième ordre " invite à des interprétations et des variations plus souples et plus personnelles. Il put ainsi assimiler des traditions locales très diverses lors de son parcours triomphal dans toute l'Europe. Si la signification originelle de soumission et de châtiment de ces supports reste valable, les valeurs narratives ne cessèrent de s'enrichir et de s'amplifier, en faisant de ce motif un protagoniste abondamment présent dans de multiples genres artistiques, des meubles aux monuments les plus prestigieux, et qui révèle les mutations typologiques et stylistiques au fil du temps. Les contributions réunies dans ces deux volumes fournissent un large panorama européen de ces occurrences, offrant un large éventail de synergies et d'affinités révélatrices."

https://www.academia.edu/36821730/Supports_anthropomorphes_peints_de_la_Renaissance_italienne_in_Frommel_Sabine_Leuschner_Eckhard_Droguet_Vincent_Kirchner_Thomas_dir_Construire_avec_le_corps_humain_Bauen_mit_dem_menschlichen_K%C3%B6rper_Co_%C3%A9dition_Picard_Campisano_Paris_Roma_2018_?email_work_card=view-paper

— MAITRE DE HENRI II (membre du Groupe de Noël Bellemare) Heures dites de Henri II BnF Latin 1429

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447767x/f81.item#

— MAITRE DE HENRI II 1546-1547 (offert à Charles IX en 1566), Jean du Tillet Recueil des rois de France BnF fr.2848

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84516158/f189.item#

https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc492956

SAMBIN ( Hugues), 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture reduict en ordre : par Maistre Hugues Sambin, demeurant à Dijon, publié à Lyon par Jean Marcorelle ou par Jean Durant.  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/36089-oeuvre-de-la-diversite-des-termes-dont-on-use-en-architecture-reduit-en-ordre-par-maitre-hugues-sambin?offset=1

 

SERLIO (Sebastiano ), 1551 Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1745.asp?param=

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

 Le premier livre d’architecture et Le second livre de perspective de Sebastiano Serlio furent publiés par Jean Martin pour la première fois à Paris en 1545; le troisième livre, fut publié à Anvers, en 1550 chez Pieter Coecke qui en 1542 avait publié une version pirate du Quatrième livre. Le quinto libro d’architettura traduit en françois par Jean Martin fut édité à Paris en 1547 par Michel de Vascosan ; le Livre extraordinaire le fut àLyon par Jean de Tournes en 1551.

SERLIO (Sebastiano ), 1540 Il terzo libro ... Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Serlio1540.asp?param=

https://archive.org/details/ilterzolibronelq00serl

SERLIO (Sebastiano ), 1537 Regole generali di architectura, quatrième livre, Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

SERLIO (Sebastiano ), 1547, Livre V, Paris

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1476.asp?param=

 

 

— VIGNOLE 1562, La Règle des cinq ordres d'architecture

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6327303x/f11.planchecontact.r=delagardette.langEN

La  Regola delli cinque ordini d’architettura de Vignole sans cesse ré-éditée depuis 1562, fut publiée en édition quadrilingue in-folio (italien, néerlandais, français et allemand) en 1617 par Willem Jansz Blaeu à Amsterdam et, ensuite, en français en très nombreuses éditions parisiennes : Regles des cinq ordres d’architecture de Vignolle /  Reveuee (sic) augmentees et reduites de grand en petit par le Muet , Paris, chez Melchior Tavernier, 1631-1632 ; chez Pierre Mariette en1644-55 ; 1702 ; chez Nicolas Langlois, s.d. ; Seconde édition, 1657,1658, 1684 ;Reigle de cinq ordres d’architecture éd.par Pierre Firens,s.d. [1620-1630] ; chez Pierre Mariette, 1662, 1665 ; chez Nicolas Bonnart, 1665 ; éd. Jean Le Pautre, chez Gérard Jollain, 1671, 1691,1694.

— VITRUVE 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_01665A0013.asp

— VITRUVE, 1511, De architectura M. Vitruvius per Jocundum solito castigatior factus cum figuris et tabula, traduit par Fra Giovanni Giocondo en 1511 à Venise chez G. da Tridentino avec 136 gravures sur bois 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/CESR_2994.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_2994Index.asp

— VITRUVE, 1513,  De architectura, traduit par Giovanni Giocondo

https://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=/mpiwg/online/permanent/library/488D7ND1/pageimg&start=11&viewMode=images&pn=17&mode=imagepath

— VREDEMAN DE VRIES (Hans) [1565]  Caryatidum (vulgus termas vocat) sive Athlantidum multiformium ad quemlibet architecture. Anvers

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/36809/?offset=#page=43&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Maître de Plougastel
28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 12:04

Les termes gainés  (cariatide et atlante) de l'intérieur du porche sud (1606) de l'église de Guimiliau. Atelier du Maître de Plougastel, kersanton.

 

.

.

 

 

 

 

.

Je continue à colliger une documentation iconographique sur les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne, inspirées  de l'art à la grotesque, et de l'École de Fontainebleau, et je m'intéresse maintenant aux Termes, Cariatides et Atlantes que les architectes et sculpteurs bretons ont créés en Finistère à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. On les attribue, pour les premières réalisations, à l'atelier qui a travaillé à l'édification du château de Kerjean en Saint-Vougay vers 1570, et qui a introduit dans le Léon les nouveautés stylistiques de la Seconde Renaissance de l'École de Fontainebleau (1539) diffusés par des recueils comme ceux de Sebastiano Serlio (1537) et d'Androuet du Cerceau (vers 1550).

Le couple de termes masculin et féminin de l'entrée du château de Kerjean est repris (encadrant une sculpture du patron du sanctuaire) au fronton du porche sud de Lanhouarneau en 1588, au fond du porche de Saint-Thégonnec en 1599,  au fronton du porche sud de  Saint-Houardon de Landerneau en 1604, ici à Guimiliau en 1606, puis au fronton de la porte de l'ossuaire de La Martyre en 1619, et de l'ossuaire de Saint-Thégonnec en 1676. Toujours en kersanton.

Ce sont des "termes" car leur piètement est en forme de bornes, mais aussi des "cariatides" et "atlantes" (voire des "télamons"), car ils supportent sur leur tête, par un chapiteau ionique, un entablement. Face à ce flottement sémantique, il vaudrait mieux désigner ces figures comme des "supports anthropomorphes". J'ai choisi de rester simple, au prix de l'incorrection.

On retrouve aussi cet ornement, décliné avec beaucoup d'imagination, en granite à l'intérieur du porche de Bodilis (1570-1601), ou sur la façade de l'ossuaire de Sizun (1585), et, en sculpture sur bois, sur les jubés et clôtures de chœur de La Roche-Maurice,  et de la chapelle Saint-Nicolas en Priziac.

 

 

Sur Guimiliau, voir :

 

.


.

Sur les Termes, cariatides et atlantes :

-Sculpture en pierre :

-Sculpture en bois :

.

Voir sur l'art  de la Renaissance :

 

.

.Voir sur  l'art  de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

 

.

PRÉSENTATION DU PORCHE PAR RENÉ COUFFON.

"Le porche en kersanton, voûté sur croisée d'ogives à clef pendante, est l'un des plus remarquables du Léon. Il porte à l'intérieur la date de 1606 sur le mur ouest et a été achevé par l'atelier de Roland Doré, le buste de femme du fronton est de lui (d'après Y.-P. Castel : Sur les pas de Roland Doré, de Keranroux à Guimiliau, B.S.A.F. 1986, p. 369-370) ; sur la façade, près de la clef de voûte, celle de 1617. Sur le rampant du gable de la chapelle qui suit, à l'est, celle de 1642. L'arcade extérieure à voussures multiples est en plein cintre avec clef de voûte et colonnes baguées. Deux colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens soutiennent un entablement à fronton ; dans la frise, une inscription : "O QVAM. METVENDVS EST. LOCVS. ISTE/ VERE. NON. EST. HIC. ALIVD. NISI. DOMVS. DEI.". Dans le gable, niche à fronton cintré abritant une statue en kersanton de saint Miliau, et plus haut, clocheton terminé par un lanternon. Dans les contreforts, statues en kersanton : saint Sébastien, saint portant la tiare (Pierre ?), saint évêque et saint moine.

A l'intérieur, dans les niches à dais Renaissance, statues des douze Apôtres (C.), huit en pierre (sans doute d'après 1606), quatre en bois (XVIIIe siècle). Sur le socle de la statue de saint Pierre on lit une inscription en creux : "A: GO". Sous les niches, frise de bas-reliefs parmi lesquels la Création d'Eve.

Bénitier en kersanton au trumeau (C.), surmonté d'un dais Renaissance. - Dominant les deux portes géminées, statue en pierre du Christ bénissant entre deux cariatides gainées."

.

Entrée extérieure du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Entrée extérieure du porche sud. Photographie lavieb-aile.

.

.

DESCRIPTION .

Attribution.

E. Le Seac'h attribue au Maître de Plougastel les piédroits et les voussures de l'arc d'entrée du porche de Guimiliau . Cet atelier de Landerneau est intervenu dès le début du chantier (daté en 1606 selon l'inscription de l'intérieur du porche) et jusqu'en 1617, date figurant à l'extérieur à droite de la grande agrafe feuillagée.

Dans le Catalogue de ce sculpteur, elle lui attribue aussi, à l'intérieur du porche, "les deux termes gainés, homme et femme, et les deux bustes homme et femme les encadrant sur le fronton intérieur", le bénitier du trumeau, et deux apôtres, Pierre et Jean. 

Par contre, elle attribue à Roland Doré le Christ Sauveur qu'encadrent les termes gainés. (Roland Doré est aussi l'auteur de six apôtres sous le porche, et de quatre statues en kersanton de l'extérieur du porche).

.

Sur le portail intérieur du porche, les deux portes jumelles en plein cintre sont séparées par le trumeau et son bénitier. Les deux colonnes cannelées de chaque porte supportent une arcade dont les moulures sont interrompues  par quatre clefs et une agrafe centrale, évoquant vaguement l'alternance métope-triglyphe. Ces portes prennent place dans un portail où le chapiteau ionique de deux colonnes cannelées et baguées —introduites en architecture par Philibert Delorme —, supportent l'entablement orné d'une frise aux rinceaux peints de couleur ocre-rouge.

Le tympan reçoit une niche formée par nos deux supports anthropomorphes supportant un fronton curviligne portant trois pots à feu. Cette niche en kersanton est reliée à la corniche par deux volutes s'appuyant sur de nouveaux pots à feu.

 

 

.

.

 

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

.

 

.

 

.

Cette disposition générale reprend celle du porche de Lanhouarneau (atelier de Kerjean ?, 1588), du porche intérieur de Saint-Thégonnec (v.1599) et celle de l'ossuaire de La Martyre (Maître de Plougastel 1619) qui sera copiée sur l'ossuaire de Saint-Thégonnec (1676-1677). 

.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

.

Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

 

.

 

.

 

Ossuaire de Saint-Thégonnec (Jean Le Bescont 1677)

.

.

Les deux termes masculin et féminin autour du Christ Sauveur.

.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

.

.

Au centre, et un peu à l'étroit, la statue en ronde bosse montre le Christ Sauveur du Monde, en latin Salvator Mundi. Représenté en gloire (revêtu du manteau rouge de la victoire sur la Mort), mais non nimbé, il donne sa bénédiction de la main droite au Monde, figuré par un orbe tenu dans la main gauche. La jambe gauche est avancée, avec un genou fléchi.

Cette statue, je l'ai dit, est l'œuvre de Roland Doré (1618-1663), alors à ses débuts puisqu'il  achevait le chantier débuté par  le Maître de Plougastel (1570-1621), qui l'avait formé dans son atelier. Cette transition explique que les cinq visages de ce fronton conservent une unité certaine. Les pupilles ne sont pas encore creusées, comme cela deviendra un trait stylistique de Roland Doré.

C'est également un Christ Sauveur qui occupe le porche intérieur de Lanhouarneau, église dont le fronton qui sert ici de modèle. On le trouve aussi aux porches de Dirinon et de Bodilis.

.

 

Fronton (kersanton  polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Christ Sauveur (Roland Doré). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Christ Sauveur (Roland Doré). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

.

.

Les deux termes.

.

Comme à Lanhouarneau, (et comme dans les modèles de gravure de Serlio ou Androuet du Cerceau)  ces supports anthropomorphes portent un pagne feuillagé d'acanthe et reposent sur un fût prismatique, non cannelé. Mais à l'inverse de Lanhouarneau leurs bras sont croisés dans le dos. Leur anatomie humaine est très fidèle, et non envahie par des métamorphoses. Ils supportent un chapiteau à volute ionique.

.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le terme féminin ou cariatide.

.

La femme est nue jusqu'à la taille, jeune, fraîche et jolie, et elle porte autour du cou le collier à médaillon qui se retrouve à La Martyre, à Saint-Thégonnec et sur les gravures d'Androuet du Cerceau.

 

.

 

.

Termes gainés (Maître de Plougastel ).Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ).Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le terme masculin ou atlante.

.

L'homme, torse nu, porte des cheveux mi-longs et une barbe taillée.

Je m'afflige de  voir ces sculptures, comme la paroi, si altérées dans sa polychromie.

.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le couple figurant à la base du fronton.

Ils évoquent, par leurs costumes contemporains et leur toilette, de jeunes paroissiens.

La femme porte une robe noire sur un corsage bleu. Son front est épilé.

L'homme porte une veste bleue et un gilet rouge boutonné (chupenn et jiletten du costume breton), sa barbe est taillée, ses cheveux tombent sur les épaules.

.

Femme  (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Femme (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme  (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme  (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome , v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome , v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

 

 

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

— COUFFON (René), 1948," l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de GUIMILIAU,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

 

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

—CIAP

https://www.ciap-enclos.fr/enclos/guimiliau/

Le porche sud permet d’entrer dans l’espace sacré de l’église. Ceci explique la richesse de sa décoration qui affiche également la prospérité de la paroisse. Pour le réaliser, Guimiliau a fait appel à deux sculpteurs de renom ; le Maître de Plougastel entre 1606 et 1617, puis Roland Doré. Ceint de contreforts ornés de niches et amortis de lanternons, il allie les styles gothique et Renaissance.
L’entrée en plein cintre est bordée extérieurement par deux colonnes corinthiennes et intérieurement par des colonnes baguées. Elle est surmontée d’un fronton triangulaire portant un buste de femme, œuvre de Roland Doré, puis d’un second avec une statue de saint Miliau. Un clocheton surmonté d’un lanternon coiffe l’ensemble. Dans les voussures de l’entrée sont représentées des scènes bibliques avec Adam et Eve, Abel et Caïn, Noé et, plus haut, des événements de l’enfance de Jésus.
A l’intérieur, la voûte est formée d’une belle croisée d’ogives. Les portes de l’église sont surmontées d’une statue polychrome du Christ enseignant entre deux cariatides figurant Adam et Eve. Entre les portes, sous un dais, un ange armé de goupillons trempe le pied dans un bénitier. Sur les murs latéraux, abrités par des dais Renaissance et des niches à colonnettes ioniques, les apôtres adoptent un maintien majestueux avec leurs attributs : saint Pierre et sa clé, saint Jacques et sa coquille, saint André et sa croix en X, etc. Sous les apôtres, des têtes symbolisent les péchés capitaux. En bas-relief apparaissent un moine exorciste et la création d’Eve

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/850

 

.

OUVRAGES DE RÉFÉRENCE

BASE DE DONNÉES "ORNEMENTS ANTHROPOMORPHES"

http://www.fr-ornement.com/fr/anthropomorphe?page=8

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1542-1545, Compartiments, ou  Grands cartouches de Fontainebleau. Deux séries de 10 planches.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1807-compartiments-de-fontainebleau-de-grand-format?offset=7

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1548-1549, Cartouches, 12 planches gravées sur cuivre.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1802-cartouches?offset=3

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1559 Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_Masson647.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1582, Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1592.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1549, Quinque et viginti exempla arcum

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1475.asp?param=

— DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel

 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

— DELORME (Philibert), 1561  Les Nouvelles Inventions pour bien bastir et a petits frais

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/Masson643Index.asp

— DE GRANDE (Angelo), 2014, "De Fontainebleau vers la Lorraine: l’ordre anthropomorphe de la maison «des Sept Péchés capitaux» à Pont-à-Mousson" in Gravures d'architecture et d'ornement au début de l'époque moderne : processus de migration en Europe (sous la direction de S, Frommel et E. Leuschner), pp.205-218, 2014.

https://www.academia.edu/11289409/De_Fontainebleau_vers_la_Lorraine_l_ordre_anthropomorphe_de_la_maison_des_Sept_P%C3%A9ch%C3%A9s_capitaux_%C3%A0_Pont_%C3%A0_Mousson

— FROMMEL (Sabine), 2018 Supports anthropomorphes peints de la Renaissance italienne, in Frommel, Sabine – Leuschner, Eckhard – Droguet, Vincent – Kirchner, Thomas (dir.) Construire avec le corps humain/ Bauen mit dem menschlichen Korper. Les ordres anthropomorphes et leurs avatars dans l'art europèen de l'antiquité à la fin du XVIe siècle/ Antropomorphe Stùtzen von der Antike bis zur Gegenwart,  Campisano Editore 2 volumes pp 618, 40 ill. 

Rares sont les motifs architecturaux qui témoignent d'une persistance telle que les ordres anthropomorphes, depuis l'Antiquité jusqu'à la période actuelle, en passant par le Moyen Âge. Leur évolution s'articule par de subtiles interactions entre les domaines sculptural, architectural et pictural, alors qu'une fortune théorique durable a été instaurée par la description détaillée par Vitruve des "Perses" et des "Caryatides" dans son traité De architectura libri decem. Contrairement aux ordres architecturaux canoniques, ce " sixième ordre " invite à des interprétations et des variations plus souples et plus personnelles. Il put ainsi assimiler des traditions locales très diverses lors de son parcours triomphal dans toute l'Europe. Si la signification originelle de soumission et de châtiment de ces supports reste valable, les valeurs narratives ne cessèrent de s'enrichir et de s'amplifier, en faisant de ce motif un protagoniste abondamment présent dans de multiples genres artistiques, des meubles aux monuments les plus prestigieux, et qui révèle les mutations typologiques et stylistiques au fil du temps. Les contributions réunies dans ces deux volumes fournissent un large panorama européen de ces occurrences, offrant un large éventail de synergies et d'affinités révélatrices.

https://www.academia.edu/36821730/Supports_anthropomorphes_peints_de_la_Renaissance_italienne_in_Frommel_Sabine_Leuschner_Eckhard_Droguet_Vincent_Kirchner_Thomas_dir_Construire_avec_le_corps_humain_Bauen_mit_dem_menschlichen_K%C3%B6rper_Co_%C3%A9dition_Picard_Campisano_Paris_Roma_2018_?email_work_card=view-paper

— MAITRE DE HENRI II (membre du Groupe de Noël Bellemare) Heures dites de Henri II BnF Latin 1429

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447767x/f81.item#

— MAITRE DE HENRI II 1546-1547 (offert à Charles IX en 1566), Jean du Tillet Recueil des rois de France BnF fr.2848

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84516158/f189.item#

https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc492956

SAMBIN ( Hugues), 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture reduict en ordre : par Maistre Hugues Sambin, demeurant à Dijon, publié à Lyon par Jean Marcorelle ou par Jean Durant.  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/36089-oeuvre-de-la-diversite-des-termes-dont-on-use-en-architecture-reduit-en-ordre-par-maitre-hugues-sambin?offset=1

 

SERLIO (Sebastiano ), 1551 Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1745.asp?param=

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

SERLIO (Sebastiano ), 1540 Il terzo libro ... Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Serlio1540.asp?param=

https://archive.org/details/ilterzolibronelq00serl

SERLIO (Sebastiano ), 1537 Regole generali di architectura, quatrième livre, Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

SERLIO (Sebastiano ), 1547, Livre V, Paris

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1476.asp?param=

 

— VIGNOLE 1562, La Règle des cinq ordres d'architecture

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6327303x/f11.planchecontact.r=delagardette.langEN

— VITRUVE 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_01665A0013.asp

— VITRUVE, 1511, De architectura M. Vitruvius per Jocundum solito castigatior factus cum figuris et tabula, traduit par Fra Giovanni Giocondo en 1511 à Venise chez G. da Tridentino avec 136 gravures sur bois 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/CESR_2994.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_2994Index.asp

— VITRUVE, 1513,  De architectura, traduit par Giovanni Giocondo

https://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=/mpiwg/online/permanent/library/488D7ND1/pageimg&start=11&viewMode=images&pn=17&mode=imagepath

 

— VREDEMAN DE VRIES (Hans) [1565]  Caryatidum (vulgus termas vocat) sive Athlantidum multiformium ad quemlibet architecture. Anvers

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/36809/?offset=#page=43&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=

 

 

Partager cet article
Repost0
24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 14:09

Le calvaire (kersantite, Maître de Plougastel, 1621) de l'église du Relecq-Kerhuon.

.

Sur le Maître de Plougastel, voir :

 

 

 

Sur les calvaires en général, utiliser l'onglet "rechercher"

.

PRÉSENTATION.

.

.

 

Le Maître de Plougastel.

Ce sculpteur, et son atelier probablement installé à Landerneau sont responsables d'œuvres en kersanton dans une cinquantaine de paroisses, essentiellement situées en Léon au nord de l'Élorn, mais aussi à Plougastel où il réalisa entre autres en 1602-1604 le calvaire monumental qui lui donne son nom, et en Cornouaille à Confort-Meilars et Saint-Tugen de Primelin (voir les articles supra), à Plogoff et Tréguennec.

Il intervient après l'atelier des Prigent (1527-1577) et avant celui de Roland-Doré (1618-1663), également sculpteurs de kersanton à Landerneau.

Il a travaillé pour 4 croix et 24 petits calvaires dont six sont complets, à la chapelle Christ de Guimaëc, pour le calvaire de Corran à Plougasnou en 1594 , à la chapelle Saint-Trémeur de Plougastel en 1600,  à la chapelle de Locmazé au Drennec et enfin au cimetière de Gouesnou.

Il est également l'auteur des statues géminées (mais non du Christ) des calvaires de la chapelle Saint-Adrien et de la chapelle Sainte Christine de Plougastel.

"Le style du Maître de Plougastel, dans sa maturité [après 1602] se caractérise par une certaine rigueur et un hiératisme prononcé, visible dans la gestuelle des personnages et les plis des vêtements. La rondeur des traits imprimés aux visages donne aux sculptures une quiétude magnifiée proche de l'ataraxie de pierre." Postérieures aux guerres de la Ligue (1589-1598 et à la peste de 1598 (Plougastel), les créations majeures du Maître de Plougastel ont pu être marquées par les atrocités et la souffrance physiques qu'il a dû voir autour de lui et qui imprègnent son œuvre d'une note d'intériorité froide." (Le Seac'h 2014) 

"Les crucifix se répétant sur le même  modèle avec la Vierge et Jean : les statues sont toutes en kersanton. Les sculptures du Crucifié sont de petites dimensions avec le thorax réduit et des flancs creusés. Les bras sont lisses, sans articulations visibles. La rotule du genou et le pli caractéristiques de la peau ne sont pas oubliés. Le bas-ventre est recouvert d'un pagne formé de plis plats ressemblants à des bandelettes, maintenu par un nœud simple dont chaque pan retombe sur les hanches. Les pieds larges se croisent avec des orteils marqués, le pied droit sur le pied gauche selon une tradition constante. Il en est de même pour la tête toujours incliné à droite. (Le Seac'h 2014) 

.

DESCRIPTION.

.

Le soubassement de granite porte un socle cubique chanfreiné, portant sur la face ouest la date de 1621 et le monogramme M.S.B.P. autour d'un calice indiquant que le commanditaire est un ecclésiastique. On peut  interpréter ces lettres ainsi :" Messire Sébastien Billant Prêtre", puisque Abgrall (BDHA Guipavas) signale ce nom dans la liste des curés ou vicaires attachés à Guipavas en 1614, et ajoute qu'il a été enterré en 1623 à Saint-Pierre de Plovavatz. Missire Sébastien Billant  fit également une fondation à la chapelle du Relecq.

Le Relecq est un démembrement de la paroisse de Guipavas : "La paroisse de Guipavas se divisait en huit cordellées, savoir : Le Froulven ; La Lande, le côté donnant sur Gouësnou et comprenant le bourg; l'EUès; Saint-Yves; Saint-Nicolas; Le Hellec; Sainte-Barbe, et Camfrout. Ces trois dernières cordellées étaient ordinairement désignées sous le nom de Trétrit, et sont devenues, en grande partie, Ia paroisse du Relecq-Kerhuon (1869)" (BDHA)

 .

On lit aussi sur l'autre face CALVAIRE RESTAURE MISSION 1902.

.

Le fût à pans porte un croisillon à culots portant les statues de Jean (à gauche) et de la Vierge (à droite). On remarque qu'elles ont été inversées, puisque en règle la Vierge est à gauche, c'est à dire à la droite du Christ crucifié. On remarque aussi que ces statues sont simples, et non géminées comme dans les autres calvaires du Maître de Plougastel.

La croix à fleurons porte le Christ crucifié, conforme à la description donnée supra par Le Seac'h.

Le nœud entre les bras du croisillon porte les armoiries du seigneur de Guengat ( trois mains dextres en pal)  associées à celles de son épouse Marie de Poulpry ( au rencontre de cerf), propriétaires du fief de Lossulien et des terres du Relecq. Jacques III de Guengat épousa Marie de Poulpry (fille d'Allain, conseiller au Parlement de Bretagne) en 1606. Le manoir de Lossulien (XVème siècle) fut la propriété des familles de Guengat, puis de Kergolay, Fleury, Kergroadès et enfin Kerouartz au XVIIIème siècle. En 1536, Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien, était l'époux de Françoise de Lanroz. La chapelle seigneuriale  de Lossulien  date du XVIème siècle et était dédiée à Saint-Pierre. 

Poulpry : d'argent au rencontre de cerf de gueules.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f307.textePage.langFR

https://gw.geneanet.org/hamety?n=du+poulpry&oc=&p=francois

.

 

 

 

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

La Vierge est très sobre dans sa gestuelle (les mains croisées devant la poitrine) et l'expression sévère du visage, presque absent.

Comparez avec la Vierge du Grand calvaire monumental de Plougastel :

.

Maitre de Plougastel, Grand calvaire de Plougastel (kersantite, 1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Jean est imberbe, bien-sûr. Il tient son livre sous l'aisselle gauche et pose la main droite sur la poitrine. Il est vêtu d'une robe serrée à la taille par une ceinture, et d'un manteau dont le pan gauche, délicatement pincé entre les doigts de la main gauche, est tenu par la main droite en un retour accentué. Ce mouvement du drap est le seul qui rompe la statique verticale et grave du personnage.

.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

 

.

 

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

La face orientale ne présente pas de figures.

.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PEYRON, Notice BDHA Quimper, Kerangal ed.

http://www.infobretagne.com/relecq-kerhuon.htm

le manoir de Lossulien (XVème siècle), propriété des familles de Guengat, Kergolay, Fleury, Kergroadès et Kerouartz (XVIIIème siècle). En 1536, Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien, était l'époux de Françoise de Lanroz. En 1727, le domaine appartient à Michel Corentin de Fleury ;

la chapelle de Lossulien (XVIème siècle), dédiée à Saint-Pierre. Il s'agit d'une ancienne chapelle privée de plan rectangulaire remontant en partie au XVIème siècle. La chapelle abrite une statue ancienne de saint Jean. Le coffrage d'autel ancien comporte un bas relief représentant saint Suliau

— ABGRALL (Jean-Marie), Notice de Guipavas, BDHA Quimper, Kerangal ed.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/commune/le_relecq_kerhuon.html

"2630. Le Relecq-Kerhuon, église, g. k. 5 m. 1621. Soubassement. Socle cubique: calice, M.S.B.P. 1621. Autre inscription peu lisible et: CALVAIRE RESTAURE MISSION 1902. Fût à pans. Croisillon à culots, écu, statues: Jean, la Vierge. Croix, fleurons, crucifix. Les armoiries sont de Guengat, seigneurs de Lossulien. Le type de sculpture est de l’atelier du calvaire de Plougastel. [YPC 1980] "

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, nouveau répertoire des églises et chapelles.

https://www.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9903d7bdec041f2bee26eb26ce7db93e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Description matérielle : 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm. Description : Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Édition : Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut page 191

WIKI-BREST

http://www.wiki-brest.net/index.php/Calvaire_de_1621

 

.

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel
8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 15:11

Sortir d'une épidémie : le calvaire de Plougastel. III.

.

 

 

 

.

Voir : 

Résumé.

J'ai tenté de montrer que le grand calvaire de Plougastel, réalisé 4 ans après la fin d'une épidémie de peste de 1598, mais aussi d'une situation de guerre (la Ligue) et de pénurie, a été une salutaire aventure de refondation des identités individuelles et collectives. La première partie présentait le soubassement, avec ses frises de personnages hiératiques aux visages défaits, comme une image de l'expérience traumatique. La deuxième partie décrivait une plate-forme aux personnages hauts en couleur, multipliant les marques identitaires par leur costume, leur postures expressives et théâtrales, comme la réponse résiliente des habitants, habilement traduite par le même sculpteur qui avait changé de style.

Néanmoins, sur le visage de trois saints personnages, Véronique, Jean et Marie, le sculpteur anonyme, dénommé "Maître de Plougastel" au XXe siècle, avait repris la marque de fabrique de l'atelier Prigent de Landerneau (1527-1577): trois larmes en stalactite sous chaque œil.

La troisième partie  décrira les trois croix du Calvaire : les deux croix simples des deux larrons, et la croix à deux croisillons du Crucifié. J'y rechercherai quelle est la part d'originalité et d'innovation du Maître, et quelle est la part de fidélité à l'atelier des Prigent.

.

.

Les calvaires à deux croisillons.

Nous pouvons d'emblée remarquer que le schéma du  Christ entouré, sur le croisillon supérieur, de deux cavaliers, et sur le croisillon inférieur, des statues géminées de Jean  et Marie, avec la Pietà au centre, se retrouve en Finistère sur de nombreux calvaires antérieurs à deux croisillons. Par exemple à Pencran en 1521(?), Lopérec en 1542-1552, Plomodiern en 1544, Saint-Ségal vers 1550, et sur les deux calvaires monumentaux de Plougonven en 1554 et Pleyben en 1555. Chacun de ces monuments est soit clairement attribué aux Prigent, ou comportent leurs marques stylistiques, comme les fameuses trois larmes (culte des larmes) ou à Lopérec notamment les anges aux calices  culte du Précieux Sang). 

.

  • Pencran nord, (1521 par inscription). Trois fûts. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Deux cavaliers, Madeleine/ Yves,  Jean/Pierre. Pietà, Vierge à l'Enfant . Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.

  • Plomodiern, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544, Prigent). Jean/Pierre et Madeleine/Yves. Pietà, Christ aux liens, Vierge à l'Enfant. Ange aux calices. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois larmes.

  • Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien (v.1541-1554, Prigent). Vierge et Jean  géminés avec des archers. Trois larmes.

  • Lopérec (1552) par l'atelier des Prigent. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois fûts . Deux cavaliers, Christ aux liens, Jean ?/Marie-Madeleine / et Vierge/Pierre, Christ ressuscité. Les trois larmes.

  • Plougonven, (1554), Henri et Bastien Prigent. Calvaire monumental.  Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. les larrons sur des croix séparées (mais depuis le XIXe), saint Yves,  Vierge et Jean non géminés.

  • Pleyben (1555) par Henri et Bastien Prigent. Calvaire monumental. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.  Vierge et Jean non géminés.

  • Cléden-Poher (1575)

  • Loqueffret (1576?)

  • Plounéventer (1578)

  • Guimiliau (1581-1588)

  • Locmélar (vers 1600), par le Maître de Plougastel

.

Voir aussi d'autres calvaires par les Prigent :

.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Une remarque s'impose. La composition de cette partie du grand calvaire est strictement la même que le calvaire de Lopérec, à un détail près. Mêmes statues Vierge/Pierre et Jean-Madeleine, même Pietà et même Christ aux liens, même couple de cavalier, mêmes anges au calice au pied. Mais les deux anges voletant pour recueillir, à Lopérec, le sang des plaies des mains sont absents ici. Or, ceux-ci sont attestés à Plougastel, car on voit autour du pagne du Christ les deux consoles qui les portaient.

Autre différence : à Lopérec (et à Pencran, aux chapelles de Ste-Marie du Ménez-Hom et de St-Sébastien), sainte Marie-Madeleine est agenouillée au pied de la Croix. Or, Flaubert décrit lors de sa visite à Plougastel en 1847, au pied de la Croix, "La Madeleine en pleurs [qui] répand sa belle chevelure tressée".

.

Le calvaire de Lopérec est daté de 1542 ou 1552 (avec un doute sur la lecture du chronogramme). Il est attribué à un certain Fayet par Y.-P. Castel, et ce "Fayet" serait un compagnon des Prigent de Landerneau, tant les styles sont proches ou identiques.

Nous ne pouvons pas assimiler le Maître de Plougastel avec ce "Fayet", mais je peux souligner la filiation entre les œuvres. Comme je ne peux dresser un parallélisme photo après photo avec ce calvaire, je renvoie à mon article : 

Le calvaire (Fayet, 1552 ou Prigent 1542?) de l'église de Lopérec.

.

 

 

.

 

 

.
.

.

LE CROISILLON INFÉRIEUR.

.

Le coté principal , tourné vers l'ouest, montre la Vierge à droite et Marie-Madeleine à gauche et la Pietà au centre.

Les statues latérales sont géminées, portant un second personnage au dos : nous avons les couples Marie/Pierre et Marie-Madeleine/Jean.

La disposition actuelle relève d'une erreur au remontage car nous devrions trouver face à l'ouest, entourant le Crucifié et donc au pied de la croix Marie à gauche et Jean à droite. La statue Jean/Marie-Madeleine a subi une rotation de 180°. Le chanoine Abgrall, en 1904, a observé la disposition correcte, avec la Pietà entre la Vierge et Jean.

Je n'ai photographié que la face occidentale.

.

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

La Vierge.

.

Bizarrement,  E. Le Seac'h décrit celle-ci sous le nom de Marie-Cléophas

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Marie-Madeleine.

.

Elle tient le flacon d'aromates de l'embaumement (Luc 24:1 "elles se rendirent au sépulcre de grand matin, portant les aromates qu'elles avaient préparées") .

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Le très habituel bandeau occipital de la sainte se transforme en un linge qui enrubanne les cheveux en deux nattes. C'était déjà le cas dans la Mise au Tombeau de la plate-forme. Mais Marie-Madeleine ne porte plus le voile à pans cassés.

.

Mise au Tombeau, calvaire de Plougastel. Photo lavieb-aile.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

La Pietà.

.

La Vierge porte le corps de son Fils sur son genou droit fléchi et sur son genou gauche abaissé, si bien que le corps est presque couché horizontalement. Les pieds sont croisés. La Vierge ne soutient pas la tête de la main droite, ou le bras de la main gauche, comme ailleurs, mais elle prie, mains croisées.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Ma photo ne permet pas de dire qu des larmes sont présentes,  mais pas non de l'exclure. Il faudrait revenir.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

.

LE CROISILLON SUPÉRIEUR. LES DEUX CAVALIERS.

.

.

 

 

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Longin le lancier guéri de son trouble de la vue.

.

Il tient dans la main droite la poignée de la lance (en bois, brisée) et place l'extrémité de l'index sous la paupière gauche. Le sang qui a jailli de la plaie qu'il a causé au flanc droit du Christ a atteint son œil et instantanément, il a été guéri d'un trouble visuel.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Comparez avec le même cavalier à Lopérec (cliquez si besoin). La différence principale provient de la profusion des lichens à Lopérec. Le harnachement du cheval, la coiffure du cavalier (un bonnet conique entouré d'un turban) sont identiques.

.

Calvaire (kersantite, 1552, Prigent) de l'église de Lopérec. Photographie lavieb-aile 2020.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Le Bon centenier convaincu que le Crucifié est le Fils de Dieu.

.

Il ne serait pas d'origine, et pourrait être (Le Seac'h) dû à Millet après 1944.

Son homologue était présent sur la plate-forme, en tête du portement de Croix.

.

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

.

LE CHRIST EN CROIX.

Notez les "bosses" du fût, rapprochés des bosses de la peste.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Les quatre anges.

Deux anges joignent les mains à l'extrémité du bras de la croix. Deux anges tiennent en commun un calice qui recueille le sang s'écoulant des pieds du Christ. Les deux mêmes anges sont présents sur le calvaire de Lopérec.

Les consoles vides près du pagne accueillaient les deux autres anges au calice.

.

 

 

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

LE BON LARRON.  UN ANGE CONDUIT SON ÂME AU CIEL.

Ses jambes sont fléchies en grenouille car, selon les évangiles, on leur brisa les jambes des larrons pour précipiter leur mort en les privant de cet appui qui, seul, leur permettait de respirer.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

LE MAUVAIS LARRON. LE DIABLE S'EMPARE DE SON ÂME.

Il grimace et tire la langue, et détourne son regard du Christ. Tout faux.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1904, "Le calvaire de Plougastel-Daoulas", Bulletin de la Société archéologique du Finistère t. XXXI p. 182-189 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207669n/f239

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1904_0250_0258.html

ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1902, Les croix et les calvaires du Finistère , Bulletin Monumental  Année 1902  66  pp. 176-209, 

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31081n/f255.item.texteImage#

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/plougastel_daoulas.html

 

CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

CASTEL (Yves-Pascal),  articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

Plougastel-Daoulas, le Calvaire au péril de son grand âge... 0485 Pedenn An Deiz... 14.01.89. Yves-Pascal Castel : articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

0484 Plougastel-Daoulas, le Calvaire au péril de son grand âge... 0485 Pedenn An Deiz... 14.01.89.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 8 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1972

-CASTEL 1336 Auscultation des Calvaires à Plougastel et Guimiliau par la CGG... 18.10.97.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bfdc8148eb09d0bc7254d5705e51fd16.jpg

-1014 Plougastel-Daoulas, Calvaire, Évangile de Pierre... 26.03.94.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c1955e8d223fda5940d8ef924d117b36.jpg

 

— COUFFON (René), 1988, Couffon, Répertoire des églises : paroisse de PLOUGASTEL-DAOULAS, notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/daea80685ebe3292bb10ce1933e48782.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE GOFFIC (Charles), 1924, -Édouard Champion série 4 - ‎L'Âme bretonne page 10

https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%82me_bretonne_s%C3%A9rie_4/Une_cellule_de_l%E2%80%99organisme_breton_II_Le_calvaire

 

PÉRENNÈS Henri, “Plougastel-Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 6 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9785.

— LIST OF THE WORKS OF THE MAÎTRE DE PLOUGASTEL

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

INFOBRETAGNE

http://www.infobretagne.com/plougastel-calvaire.htm

WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Calvaire_de_Plougastel-Daoulas


 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 21:50

Sortir d'une épidémie de peste (1598) et sortir d'une guerre (1598 ET 1944) : le calvaire monumental (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604) de Plougastel-Daoulas. Deuxième partie : la plate-forme.

 

.

Voir :

 

 

Sortir d'une épidémie de peste (1598) et sortir d'une guerre (1598 ET 1944) : le calvaire monumental (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604) de Plougastel-Daoulas . Première partie. le soubassement

 

 

.

.

Résumé. 

Les habitants de Plougastel ont édifié en 1602-1604 un grand calvaire pour commémorer la fin d'une épidémie de peste en 1598, et la fin des guerres de la Ligue. Autour d'une niche obscure contenant  saints  Sébastien et Roch, recours réputé contre les épidémies, le sculpteur a placé en soubassement diverses scènes de la Vie de Jésus, dans un style non seulement hiératique (digne, stricte et dépouillé) mais aussi désincarné, comme s'il témoignait de la perte des repères identitaires et temporels propre aux traumatismes.

Va-t-il, sur la plate-forme à quatre faces, témoigner de la ré-animation d'une collectivité éprouvée et sortir de sa réserve ? Les habitants ont tenu à inscrire les noms de leurs représentants (les "fabriques") ; vont-ils y jouer leur rôle?

.

.

LA FACE EST DE LA PLATE-FORME (SUITE).

.

 

 

La Comparution  devant Anne.

Puisque la Comparution devant un grand prêtre, disons Caïphe, a déjà été présentée, les auteurs considèrent que cette deuxième scène correspond à la comparution devant Anne, autre grand prêtre et beau-père de Caïphe. C'est, en réalité, dans les évangiles, la première comparution : voir Jean 18:13. C'est là que se place le reniement de Pierre. Anne renverra Jésus devant Caïphe, le "souverain sacrificateur cette année là". Peu importe en fait. 

.

Le Christ, mains liées derrière le dos, est présenté par un garde à Caïphe, qui, raide comme la Justice, reste de marbre. Ou de kersantite. Nous sommes encore dans la veine "hiératique" du sculpteur.

.

Mais ce qui est intéressant, c'est de voir le soldat qui derrière, nous fait un coucou avec sa main libre (en réalité, il s'apprête à donner un soufflet au Christ). Ce grand dadais nous regarde, il est présent et vivant. Derrière lui, les deux autres gardes  discutent. Les tenues vestimentaires s'individualisent puisque l'un porte une tenue de soldat romain composée d'un casque, et d'une armure légère à lames. Il tient l'extrémité de la corde qui ceinture le prisonnier. Son visage grimaçant sort de la stéréotypie avec ces rides frontales et naso-labiales.

 Son interlocuteur est un officier (épée au coté),  Juif (chapeau conique), aux gestes animés. 

Oui, nous sommes sortis du silence blanc du soubassement.

.

 

 

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

C'est à ce moment que je commence à imaginer les Plougastelois qui sont montés sur les planches. Je les entends, le film muet devient parlant. Ils ont en tête le texte de leur Passion en breton :

 

An Test: Goude e quempret ez voe dereet affet da quentaff digracc diffaeczon da annas felon da questionaff ouz e blasfemaff  hac ouz e canaff cals a gouzafus palamour hep quen da caret map den louen en prenas. Pan oa oar he stat questionet mat esz deuz vn flater goude bout graet salu ha gant quil palu a scoaz hon saluer oar  h guen tener precius ha guer hac en eurhas goude a deury ez stlegat gant cry da ty cayphas.

Je vous le traduis, mais il fallait d'abord entendre l'accent, et les rimes en -et, en -aff , et le rythme des vers.

"—Le Récitant : Après son arrestation, il fut mené en tout premier lieu, sana ménagement, avec brutalité, chez le cruel Anne afin d'être interrogé. Des injures qu'on lui fit, et des coups qu'il reçut, il souffrit beaucoup, seulement à cause de son amour pour l'humanité ; il la racheta pleinement.

Tandis qu'on l'interrogeait en détail sur sa condition, vint un faux-témoin qu'il avait guéri et qui frappa Notre-Seigneur du revers de la main sur sa tendre joue précieuse et chérie et il l'insulta. Ensuite, rudement, il fut traîné sous les huées chez Caïphe."  (Le Berre 2011 p.186)

C'est tout autre chose maintenant que l'ambiance devient celle d'un match de catch, que nous entendons les hou ! hou !, que nous savons que le grand dadais est un ingrat, un faux-témoin (breton flater "mensonge") qui avait été guéri par Jésus.

Et c'est tout autre chose lorsque nous apprenons que le garde qui présente Jésus à Caïphe se dénomme Dragon (ça veut tout dire) et que nous l'entendons dire (chacun reconnaît la voix de Jo Kervella, le marchand de poisson qui joue ce rôle) :

—Dragon : "Monseigneur Anne, comme vous le voyez, le grand charlatan  [dans le public : hou, hou !]  vient comparaître devant vous. Examinez son cas sur-le-champ."

[Anne l'interroge.]

— Jésus : Je n'ai en vérité rien prêché secrètement à personne. Au contraire, c'est tout à fait publiquement qu'à la synagogue et dans votre ville j'ai toujours pris la parole, incontestablement chacun le sait en cette cité"

Et l'officier Juif qui se tient à gauche,  nous comprenons que c'est Malchus, le serviteur du grand prêtre, et le voilà qui donne sa réplique (c'est Vigouroux, le bedeau) :

"—Malchus :  Dis-donc, imposteur, c'est comme ça que tu réponds au pontife ? Attends un peu ! Pour ta sotte réponse tu vas avoir droit illico à une gifle." Vlan ! Paf !

.

 

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Changement de plateau :

LA FACE NORD DE LA PLATE-FORME.

.

.

La Flagellation et le Couronnement d'épines. 15 personnages.

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

La Flagellation.

.

À gauche (car ça commence à gauche), Jakez, le fils à  Dédé Le Gall, qu'on surnomme Lost Krank (queue de crabe) est monté sur scène avec son père. Ils font les bourreaux, Dantart an tirant et son compère Bruyant.

 Jakez  a repéré sa belle amie Marig an Ajou et lui dit un p'tit bonjour avec son faisceau de genêt.  "Tiens ton rôle" bougonne le papa, ça va être à toi."

—Bruyant : Stagomp ennhaf dezrouomp de fustaf affo. (Mettons-nous y, commençons à les fouetter !)

— Dantart : Gant ma scourgez en deuezo Dalet a me sco a tro mat! (Il va tâter de mon fouet, Tenez ! L'ai-je-bien administré ?)

.

 

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

À droite, le bourreau porte le turban retenant un mouchoir qui couvre la nuque : c'est le dress-code des artistes pour le désigner comme Juif. Mais sa tunique et ses chausses à taillades sont celles des soldats du XVIe siècle.

À gauche, la tenue est celle des seigneurs Renaissance, avec le bonnet à bords relevés, les cheveux bouclés, la tunique et les chausses plissées. 

Il y a donc apparition sous le burin du sculpteur des vêtements  des habitants de Plougastel : ils peuvent s'y reconnaître, ou même, se voir représentés jouant le Mystère de la Passion, adoptant quelques accessoires orientalistes (turban) pour mieux jouer leur rôle. Ils ne sont pas venus comme ça, ils se sont mis beaux, mais dans les armoires, ils n'ont trouvé que les habits d'avant la guerre. Un peu démodés mais beaux. 

Le meunier Alain Le Goff, qui est musclé, a fait le Jésus. 

Et puis, à droite, on a toujours celui qui se penche pour être sur la photo. 

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ensuite, ils jouent le Couronnement d'épines.

Mais c'est cette fois Guillaume Calvez (qui n'a pas encore de poil au menton), le vieux Jacques Lagathu et Jean Thomas, le cordonnier moustachu, qui feront les bourreaux. 

— Bruyant : Ne croyez-vous pas qu'il lui faut une belle robe, afin qu'il soit vêtu de pourpre ?

— Dantart : C'est tout à fait certain ! La voici ; elle ne vaut plus rien !

— Dragon : Donnons-lui aussi un sceptre ; ce roseau, par exemple !

Et le petit Xavier Le Du, qui n'est pas bien beau, s'agenouille en lui tirant la langue : "Dieu vous sauve, Aliboron, assurément roi des Juifs!"

— Dantart "Mettons-lui donc sur la tête une couronne fait avec une ronce qu'on tresserait, bien serrée tout autour."

— Gadifer : "Voilà une grande couronne d'épines, placez là en force sur son crâne, qu'elle perce carrément les os sans ménagements ; ça lui fera passer son rhume" (hac a toullo fresq e esquern Hep espern maz disifferno.)

— Dragon : "Faisons tous cercle autour de lui ; nous allons maintenant le couronner, et lui rendre l'hommage dû à son rang.

— Bruyant : "Tenez ! cette couronne est rude et acérée, et elle sied à votre visage ; Je suis sûr qu'elle va maintenant vous transpercer.

— Dantart : "Appuie avec ce bâton. Voilà comme ça ! On va lui écraser le crâne." (Trad. Y. Le Berre)

Et ainsi de suite, une réplique entraînant la suivante, dans le grand plaisir d'épater la galerie en improvisant sa répartie. Ah, ils se donnent du plaisir. Pensez ! Depuis le temps !

Sous l'épais manteau rouge du Christ, Hervé Le Moal proteste de temps en temps : doucement quand même   ! 

 

.

.       

 

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

À coté d'eux, un garçon s'est approché avec une cruche et une cuvette.

"Qu'est-ce que tu fais là, petit ! Tu joue dans la Comparution devant Pilate, le studio à coté !"

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

La Comparution devant Pilate.

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Au dessus du contrefort : Christ aux outrages.

La scène trouve naturellement place en surélévation de la plate-forme. Jésus, assis, les yeux bandés, les bras liés, toujours revêtu du manteau de pourpre, reçoit les moqueries et les gifles des gardes et des bourreaux.

.

Je coupe la bande-son, qui n'est pas pour vos chastes oreilles.

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

LA FACE OUEST DE LA PLATE-FORME.

.

 

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le Diable tenant des pains. La Tentation au Désert.

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nouvelle Comparution.

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

La Sortie du Tombeau.

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Jésus face aux Docteurs de la Loi.

Finalement, le réalisateur de ce Mystère  est  d'avant-garde, car il a découvert la technique de flashback, et il nous fait revivre une scène qui, dans une technique narrative linéaire complètement dépassée aujourd'hui, viendrait après la Circoncision. Dans l'évangile de Luc, c'est le chapitre 2.

Jésus, âgé de 12 ans, tient la dragée haute aux Docteurs de la Loi du Temple de Jérusalem. Il porte cette tunique à deux boutons que nous avons vu sur (presque) tous les protagonistes du  soubassement, mais par contre l'un des docteurs est bien en phase avec les nouvelles règles qui régissent la plate-forme : des habits contemporains, plaisants, le temps confiné c'est fini ! Il porte le bonnet carré des docteurs du XVIe siècle en France (et non le bonnet conique hébraïque), et son manteau est impeccablement coupé, tout comme sa barbe. La scène se passe aujourd'hui !

Du coup, nous retrouvons ici des éléments de l'iconographie de saint Yves patron des avocats, comme le rouleau de papier dans la main et, surtout, le geste d'énonciation et d'argumentation, index sur le pouce (contact pulpo-pulpaire pollici-digital, quoi!).

Voir ici :

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

La Descente du Christ aux Limbes.

.

Entre le Vendredi Saint et le jour de Pâques, le Christ descend aux Limbes où sont enfermés les âmes de tous les morts  d'avant sa Résurrection, et il les libère. Traditionnellement, il ouvre une porte ou la gueule d'un Leviathan, et tend la main à Adam et Ève qui sont les premiers à y être entrés.

Ici, portant le manteau rouge et l'étendard de sa victoire sur le Mort, il  accompagne deux  personnages de petite taille. Dont sans doute Adam. Mais où est passée Ève ?

Dans la scène voisine, le Léviathan, ou la bouche des Enfers, attisée par des diablotins, ouvre une large gueule et, sous les cris horrifiés d'un démon, laisse échapper ses proies.

Parmi celles-ci, une femme, qu'un autre démon tente de retenir. Ce serait, pour moi, Ève.

Mais les guides aiment raconter qu'il s'agit de Katell Gollet, une servante pervertie qui avait cachée ses péchés en confession : le diable la retient ici aux Enfers. Ce qui est bien plus séduisant, mais impossible, puisque la confession n'existait pas avant Jésus-Christ...

.

Voir sur ce thème  des Limbes, et l'illustration des démons attisant le feu tandis que les âmes sortent:

.

 

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

.

LA FACE SUD DE LA PLATE-FORME.

Quatorze personnages... et un cheval.

.

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

C'est Marie-Jo Le Gall qui joue an Veronic. Elle prend une voix triste mais elle est toute contente de jouer ce rôle, d'autant qu'elle a peint elle-même le visage sur un drap brodé ; et c'est celui de son père, qui est mort de la peste il y a 4 ans; il avait quoi ? Même pas quarante-cinq.

— La Véronique 

"Hélas ! c'est bien Jésus que je vois Passant par cette rue ; On le conduit au terrible supplice (dan maru garu du : "à la rude mort noire"). L'angoisse le fait transpirer ; Je vais aller tout de suite essuyer .  Délicatement et affectueusement, si je puis arriver jusqu'à lui."

Marie-Jo respire un grand coup, lève le linge qui se déroule, et lève les yeux aux Cieux comme une vraie tragédienne. 

E facc diuin ha luminer

Dam maestr crist mab doe ma croer

Seder gant an couricher man.

Ach iesu glan croet an bet

Seul a anquen hac a penet

A gouzafuer oar an bet man.

"La face divine et rayonnante, De mon maître, le Christ, le fils de Dieu, mon créateur, Avec ce linge, respectueusement, Ô Jésus saint, créateur de l'univers,Que de peines et de tourments Vous aurez subis ici-bas !"

C'est beau ! Dans le public, son amie Marité Merdy essuie ses larmes dans son tablier.

.

 

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Juste après elle, ceux qui jouent Jean et Marie font leur entrée. Jean soutient la Vierge. Ils gardent les yeux baissés.

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Sur cette photo, je vois clairement trois larmes couler des yeux des trois personnages. Or, le sculpteur, notre Maître de Plougastel, n'a pu apprendre cela que chez Bastien Prigent, dont c'est l'une des caractéristiques stylistiques majeures. C'est pour moi la preuve qu'avant d'être Maître, il a été apprenti à Landerneau chez les Prigent.

Nous retrouverons ces larmes ailleurs.

Un autre caractéristique des Prigent, c'est le voile "en coque", dont la toile raide fait des plis en pince. Comme ici.

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le Portement de Croix.

.

Tous les jeunes voulaient y participer. On a pris les plus beaux (pour leurs moustaches) et les riches ( pour leur garde-robe aux chausses à crevés comme à Quimper). Ils ont conservé leurs chapeaux ronds. 

Deux veneurs encadrent la procession, avec leur épieu et leur trompe : un à l'avant, l'autre à l'arrière.

Un costaud  a été requis pour aider discrètement le Christ à porter la croix ; c'est Jehan Guergoz, dit Monot : le forgeron. Car il faut de la force pour soulever la croix toute en chêne. Il porte un costume de centurion romain. Et celui qui fait le Simon de Cyrène, c'est Guillaume Calvé, de Sainte-Christine, le fossoyeur. Qui a eu beaucoup de travail avec cette épidémie.

Broustail, le maître-maçon, est en train de faire l'andouille en prenant la pose, armé de son fouet, avec ses camarades, devant le public qui l'acclame. Sa réplique "au naturel", qui lui vaut ce succès, explique la position de sa jambe : 

Dalet a treux an quil bilen

Da crisquif certen hoz penet

Querzet .

"Prends ça dans les cul, maraud, ça te fera encore plus mal ! Avance !" (trad. Y. Le Berre)

Et son collègue surenchérit :

— Sus sus hastet na fellet tro. "Allez, allez, dépêche-toi, ne traîne pas !"

.

 

 

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

En tête, le cortège est mené à la baguette par un tambour (c'est bien-sûr le garde-champêtre) et par un cavalier. Ce dernier, coiffé du bonnet conique et drapé d'un manteau d'officier, est peut-être un réemploi du Centenier, car il lève la tête vers le sommet de la croix et tend le doigt comme celui qui s'écrie "Cet homme était vraiment le Fils de Dieu". 

Observez la minutie des détails vestimentaires. C'en est bien fini de la grise uniformité de la frise du soubassement et de la dissolution identitaire qu'elle signifiait. Chaque costume est différent, et haut en couleurs.  Ici les crevés, là les rangées de boutons, là les chapeaux ronds et là les bonnets plats ou les casques.

La vie est revenue !

.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

.

.

Conclusion.

Qu'en pensez-vous ? N'assistons-nous pas, sur la plate-forme, à un spectacle qui a perdu, dans un joyeux désordre narratif, toute sévérité sacrée, et dont les acteurs, loin de s'absorber dans le chagrin de la Passion, se préoccupent plutôt de se montrer au public dans une pose avantageuse ?

Ne dirait-on pas que le sculpteur a abandonné son registre de lugubres fantômes assoupis (plutôt commémoratif de l'épidémie) pour prendre comme modèle chacune des personnalités d'un village soucieux de retrouver sa fierté, son "orgueil" breton ?

Et peut-on placer sous le signe du baroque, de la théâtralisation spéculaire des existences, cette érection d'un monument qui reste encore aujourd'hui l'emblème d'une "résilience" effrontée après une série de catastrophes déstructurantes ?

.

SOURCES ET LIENS.

Cf article Ier.

et

—LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, texte établis et traduits du breton par Yves le Berre d'après l'édition d'Eozen Quillivéré. centre de Recherche Bretonne et Celtique Brest.

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Plougastel Maître de Plougastel
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 09:21

Sortir d'une épidémie de peste (1598) et sortir d'une guerre (1598 ET 1944) : le calvaire monumental (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604) de Plougastel-Daoulas .

Première partie. le soubassement.

C'était un temps déraisonnable

On avait mis les morts à table

Moi si j'y tenais mal mon rôle

C'était de n'y comprendre rien. Aragon.

 

.

Voir :

 

et sur Plougastel :

 

 

 


 

 

 

Voir dans ce blog  les œuvres du Maître de Plougastel  : 

 

 

 

 

.

PRÉSENTATION.

En 1598, la population de Plougastel-Daoulas décida la construction d'un calvaire, probablement (ou selon la tradition) pour honorer un vœu si le fléau de la peste s'achevait.

.

Le rôle de la peste. rumeur ou vérité ?

On peut en effet attribuer ce monument à la Peste, car dans la niche principale de son soubassement se voient les statues de saint Sébastien et de saint Roch, dont la peste est la spécialité, à coté de saint Pierre, patron de la paroisse.  La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal a été bâtie dans la seconde moitié du XVIe siècle pour conjurer la peste. Saint Sébastien, tout comme saint Roch, sont invoqués contre les épidémies meurtrières regroupées sous le nom de "peste". On pense que la chapelle "Saint-Côme et Saint-Damien" de Saint-Nic fut  aussi  construite au début du XVIe siècle pour la même raison.  À Plougasnou, la croix de Kergreis dite aussi "croix de la peste noire", est datée de 1598 ; elle a également été réalisée par le "Maître de Plougastel".

Un autre argument, discuté, est la présence de bosses sur le fût de la croix : ces croas ar bossen, comme celle de Kerzivez Huella à Plougastel témoigneraient des bubons de peste.

Surtout, Charles Le Goffic avance deux preuves.

La première, c'est la mention de cette peste de 1598 par le chanoine Moreau, auteur de référence sur les Guerres de la Ligue :  « Après ce troisième fléau (la guerre, la famine, les loups), dit-il, s’ensuivit la peste, qui était le quatrième, qui fut l’année 1598, un an après la paix, qui commença par les plus pauvres, mais enfin elle attaqua, sans exception de personnes, aussi bien aux riches qu’aux pauvres et en moururent les plus huppés…, et ce en punition des péchés des hommes qui y étaient si débordés que l’on n’y savait plus prier Dieu que par manière d’acquit.[Histoire de ce qui s’est passé en Bretagne durant les guerres de la Ligue, ch. xliii. p. 340] Mais Le Goffic ne précise pas que Moreau parle ici de la ville de Quimper. 

La seconde, c'est l'existence, sur une dalle funéraire de schiste du manoir de Kerérault, aujourd'hui bien connu à Plougastel pour abriter le Rocher de l'Impératrice et son site archéologique unique) portant l'inscription :  CY GIST LE FEU SIEUR DE KERERAULT MORT DE LA PESTE LE DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 1598. Le Goffic a vu cette dalle, même si il n'y a lu correctement que le mot PESTE. La dalle existe-t-elle toujours ? Parfaitement. Elle est signalée dans la chapelle (1780) du manoir de Kerérault  et l'abbé Castel en a donné un relevé graphique et descriptif très précis et une analyse critique de l'inscription

.

Castel, relevé de la pierre tombale (schiste, 1598) de Henri III de Kérérault, mort de la peste..

.

.

 

Six autres calvaires monumentaux.

L'édification du calvaire a été entreprise de 1602 à 1604 selon un plan octogonal prolongé par des ailes, aménageant un escalier permettant aux prédicateurs d'accéder à la plateforme. Ce n'est pas, tant s'en faut, le premier "calvaire monumental" à "mace" associant aux calvaires à un ou deux croisillons les multiples personnages des scènes de la Passion, puisqu'il est précédé par celui — en granite— de Tronoën en 1450-1470,  par celui  de de Plougonven en 1554 par Bastien et Henri Prigent, par celui de Pleyben en 1555 par le même atelier, de Guimiliau en 1581-1588. Il sera suivi par celui de Saint-Thégonnec en 1610.

.

.

Un atelier de Landerneau spécialisé dans la taille du kersanton.

Emmanuelle Le Seac'h  a établi le catalogue raisonné d'un sculpteur anonyme qu'elle a nommé le "Maître de Plougastel". Ce catalogue est mis en ligne avec des photographies sur le site en.wikipedia

 https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

Elle divise la carrière de ce sculpteur  en trois parties : 1) période de jeunesse de 1570 (porte d'entrée du porche de Bodilis) à 1588 (Croix de Kerangroas de Plougasnou et calvaire de Guimaec), 2) maturité jusqu'en 1602 (calvaire de Plougastel), puis 3) maîtrise avec l'arc d'entrée de Guimiliau (1606-1617). Voir plus de détails dans l'article sur Saint-Tugen.

Je suis tenté de voir dans ce Maître un élève de l'atelier, également de Landerneau, celui de Bastien et Henry Prigent, actif de 1527 à 1577.

.

Style du Maître.

E. Le Seac'h le caractérise d'un mot : le hiératisme.

" Dans la plupart des cas, les personnages [du calvaire de Plougastel] respectent une frontalité rigoureuse. Une impression d'ordre et de rigueur se dégage de leurs attitudes. Ici, l'exubérance n'est pas de mise et les personnages défilent en scènes bien structurées. Le Maître de Plougastel, qui n'a pas souhaité exploiter la veine caricaturale de Guimiliau, n'a pas non plus basculé dans la candeur ou l'innocence. On est loin également du réalisme empreint de tristesse [cf. les trois larmes propres aux Prigent] des Prigent. Ici, tout est homogène et précis."

Pourtant,  je pense que cet adjectif ne s'applique que pour une partie, certes conséquente, du calvaire. 

Je peux  décrire à ce monument quatre parties :

1. Au centre de la partie occidentale du soubassement, désigné par le terme de "mace"), une niche en demi-cintre avec les trois saints Pierre, Sébastien et Roch. Cela forme un petit sanctuaire : l'invocation ou l'expression de la gratitude des fidèles.

2. Un registre du soubassement, où les statues (ronde-bosse) occupent une bande aménagée sur fond des blocs jaune de pierre de Logonna. Ce registre est scandé aux angles par les quatre évangélistes. Les personnages sont regroupés par trois ou quatre pour illustrer la Vie de Jésus avant sa Passion ( Adoration des Rois,  la Cène, le Lavement des pieds) puis le début de celle-ci : Comparution, Nuit à Gethsémani, Arrestation, .... Le hiératisme y règne.

3. Le registre supérieur, implanté sur la plateforme, où sont montrés les moments les plus tragiques de la Passion : Flagellation, Couronnement, Ecce Homo, Comparution, ainsi que la Descente aux Limbes et la Résurrection. Le changement est grand : les personnages sont sculptés pour la plupart de façon individuelle, ils s'animent de gestes expressifs. Ce que je vois alors, c'est  l'immobilité de postures théâtrales, comme si les habitants, participant à jouer devant leur parvis le Mystère de la Passion, avaient posé, non sans humour et complicité, pour un photographe. Un caractère, très baroque,  de distanciation et de théâtralisation que je n'éprouve pas devant d'autres calvaires monumentaux.

4. Le calvaire proprement dit, où le Christ crucifié entre les deux larrons est entouré des deux cavaliers (Longin et le Centenier), de Jean, de Marie et Marie-Madeleine. Le hiératisme s'impose à nouveau, en phase avec la gravité du moment. 

.

Cet ensemble, dont l'orientation principale se fait  vers l'ouest, est centré de haut en bas par la Croix et l'inscription de son fût,  par le Christ ressuscité / par l'inscription de son socle et l'inscription tout le long du bord supérieur du soubassement / la statue de Sébastien.

Ces trois inscriptions ne portent aucune oraison, aucun texte liturgique, mais exclusivement les noms des Plougastelois (fabriciens et recteur).

.

.

Conclusion.

Après avoir connu  l'épidémie, sa peur, ses décès, ses recherches de protection, les paroissiens qui ont survécu, et qui accèdent à la reprise de la Vie utilisent les figures du Martyre (Sébastien), de la Maladie (Roch), de la Mort et de la Résurrection du Christ pour sublimer en Récit, non dépourvue d'espérance chrétienne et de Foi bien-entendu, leur épreuve.

Toute épidémie est déstructurante pour le collectif, car elle rompt le ciment relationnel d'inter-dépendance ; et elle conteste la validité des Fictions qui l'anime vers l'avenir, lors d' un temps d'attente bloqué sur le Présent.

Toute épidémie est déstructurante pour l'individu, en lui faisant perdre sa construction identitaire.

.

Je pose l'hypothèse que leur décision de se cotiser pour élever un monument grandiose est parfaitement judicieuse pour célébrer la Sortie d'épidémie, et qu'il est fructueux d'en comprendre les mécanismes pour passer d'une attitude d'inspection et d'émotion esthétique à une participation cathartique des mécanismes en jeu devant tout Traumatisme collectif.

Ces mécanismes sont pour moi les suivants :

1. Recentrer le territoire par un point crucial et refonder la cosmogonie du microcosme. (Cela s'associe à un autre impératif, celui de borner les frontières : il n'est pas en jeu ici mais ce serait amusant d'en rechercher les manifestations).

2. Revaloriser l'identité en inscrivant des patronymes sur l'axe spirituel de la Croix. Ces patronymes sont individuels, mais ces noms locaux sont ceux d'une constellation de familles solidaires.

3. Jouer ( au sens scénique) la Fiction qui s'impose à la collectivité pour la réunir. Je propose l'hypothèse de voir, dans les personnages de la Passion du registre supérieur, des portraits (ou des miroirs) des paroissiens, ce qui expliquerait leurs attitudes si théâtrales.

Autrement dit, je propose de voir dans le Calvaire monumental de Plougastel un Mystère de la Passion pétrifié permettant un double mouvement : de participation émotionnelle aux souffrances (Devotio moderna) , mais surtout de distanciation spéculaire par le jeu scénique. Un processus parfaitement baroque.

Yves Le Berre a traduit en 2011 une Passion Bretonne en vers qui parût d'abord en 1530, mais qui reparût  en 1609 et 1622, au moment même, écrit-il dès les premières lignes de son Introduction, où "le baroque fleurit dans tous les arts".  La Passion contient 50 rôles différents. La Résurrection ajoute 9 nouveaux rôles.  Un Récitant (an test, "le témoin") intervient régulièrement. Les répliques sont hautes en couleurs, riches en interjection, en jurons, et le texte, truculent, hyperbolique, est très éloigné des versets évangéliques. Les paroissiens de Plougastel ont certainement participé à ces Jeux. 

Le Maître de Plougastel a sculpté le registre inférieur et les croix à croisillons en respectant la retenue digne et sévère des saints personnages qu'il donne à voir, mais s'est inspiré pour le registre supérieur de la liberté de ton et d'action des Mystères, pour que les paroissiens s'approprie ce monument comme l'expression de leur propre jeu. 

.

Flaubert et son M. Genès avant moi.

Lors de sa visite, Flaubert se montre sensible au coté comique et très vivant des scènes, dont il ne décrit — ce n'est pas là hasard — que le registre supérieur. Mais c'est finalement leur guide et compagnon de route, un monsieur Genès de Brest "qui fait pour soixante mille francs d'affaire par an" et dont  il écrit "rien n'est plus plat, plus nul, plus incolore et plus insipide que M. Genès. Il est bête comme un juge.", qui se montre le plus clairvoyant : "Ils jouent ! C'est farce !"

"A Plougastel cependant il s'arrêta comme nous, pour que nous puissions voir le calvaire, petit monument de granit, carré, dont chaque face représente un tableau de la vie de Jésus, et dont les quatre coins sont occupés par les évangélistes dans leurs attributions. Les personnages un peu lourds, n'en sont pas moins mouvementés, vivants, amusants : les hommes qui tiennent le Christ tirent de toute leurs forces, à faire éclater leurs muscles ; celui qui lui grimace au nez en tirant la langue grimace si bien qu'il fait rire ; l'âne qui porte Notre-Seigneur entrant à Jérusalem a une vraie mine d'âne, bonasse et pacifique ; les soldats qui le mènent au calvaire, en soufflant de la trompe et battant du tambour, sont précédés d'un officier chevauchant, la figure en l'air, avec une arrogance sublime : aux pieds (sic) de la croix la Madeleine en pleurs répands sa belle chevelure tressée. Mettez à tous ces personnages les costumes des tableaux de Teniers, les petits chapeaux ronds retroussés, les bons pourpoints serrant de grosses bedaines, de grandes manches, des hautes chausses, de larges visages, des yeux ouverts, et vous aurez un ensemble d'une fantaisie solide, quelque chose de très naïf, de très élevé et d'une poésie toute moyen âge, quoique le monument n'ait été construit qu'en 1602 en acquittement d'un vœu fait quatre ans auparavant à propos de je ne sais quel épidémie qui ravageait la Basse-Bretagne. Tout cela fut complètement perdu pour M. Genès [leur Monsieur touriste moyen]. Il ne se doutait même pas de ce que cela voulait dire ; en regardant la Cène, il prit les plats pour des cartes, les coupes pour des dés, et dit, fort ébahi : « Ils jouent. C'est farce! » " (Par les champs et les grèves)

Et dans ses notes : "Calvaire de Plougastel. — Amusant ; animaux lourds, chevaux et ânes ; mine d'un homme qui..... . le Christ en lui tirant la langue ; air raide de deux hommes qui vont le souffleter — Mr Genès prenait la Pâque  pr une scène de  jeu «ils jouent» — un tambour un joueur de [mot illisible] trompe, un cavalier la figure toute levée en l'air précédant Jésus allant au mont des Oliviers."

 

 

.

.

Yves-Pascal Castel avant moi. Fantaisie ; théâtre médiéval.

L'abbé Castel conclut un passionnant article sur la symbolique cachée du Calvaire (symbolique des nombres, nombre d'or, étoile de David etc...), en tempérant le qualificatif de "hiératisme" qui colle au Monument : "Fantaisies dans un ensemble hiératique. D'une manière curieuse, le calvaire de Plougastel, considéré par tous comme le plus hiératique des monuments du genre, fait place à des fantaisies de détail que ne manquent pas de faire observer les guides plus attentifs au piquant qu'au message profond" [ce sont les descendants de M. Genès...]. "De ces fantaisies, la plus remarquée est l'enfournement dans l'enfer de Katell Gollet, la catin punie de ses péchés. On signale volontiers dans la Montée au calvaire inspirée des Passions médiévales des trompes et des tambours. Et pour les guides en mal de détail piquant, je compte sept personnages, gardes et soudards un pied chaussé et l'autre nu, héritiers encore du théâtre."

 

.

La Sortie de guerre.

Une inscription raconte un autre épreuve : car le Calvaire de Plougastel témoigne aussi du drame de la Seconde Guerre Mondiale et de la destruction de Brest, et, surtout, de la re-fondation du monde local par la re-construction de leur monument emblématique.

Il avait été restauré en 1860 par le sculpteur et marbrier Lapierre de Brest, et vous ne verrez pas facilement les chiffres qu'il a gravé au revers des statues de la plate-forme.

Le 23 août 1944, lors de l'avancée de l'armée américaine, le calvaire ainsi que l'église et le monument aux morts furent touchés par les obus. La partie supérieure fut sérieusement endommagée, plusieurs statues cassées et il ne restait plus que des moignons des trois croix. "Seule, la pietà, restée en place, semblait pleurer sur ce sinistre".

 

 

.

Capture d'écran du Musée de la Fraise de Plougastel. Copyright.

.

Heureusement, un officier américain, John D. Skilton, conseiller d'art aux Etats-Unis, et le maire Jean Fournier mirent en lieu sûr les pièce cassée. J. D. Skilton, rentré dans son pays, fonda la Plougastel Calvary restoration fund Inc et recueillit les fonds nécessaires à la réfection du calvaire. 

Engagée pour une durée de quatre mois, la restauration s’est achevée en mars 2004, pour l’ouverture des célébrations du 400ème anniversaire du « Grand Calvaire » le 4 avril 2004. Elle a été réalisée par une entreprise bretonne spécialisée, sous la direction de l’Architecte en chef des Monuments Historiques, et a consisté en la dépose complète, le nettoyage et la restauration du socle et de toute la statuaire, notamment la réparation des pierres éclatées et la réfection des joints d’étanchéité. (gebete29)

.

.

Mais cette restauration, ce sauvetage aux jours mêmes de la Libération rappelle que le Calvaire de Plougastel a été construit également juste après la fin des Guerres de la Ligue. Qui cessèrent ... en 1598. Cette après-guerre sous le roi Henri IV fut féconde pour de nombreuses chapelles de Plougastel, puisqu'à Saint-Trémeur s'observent les dates de 1581 et 1636, à Saint-Claude celles de 1574, 1630 et 1632, à Saint-Guénolé celle d'un calvaire de 1654, à Saint-Adrien la date de 1616, à Sainte-Christine celle de 1605, au Languis celle de 1603 et 1622, à Saint-Jean celle de 1607.

.

.

.


 

 VUES GÉNÉRALES.

.

Mes schémas illustrent les 4 parties que j'ai décrit plus haut, avec au centre, l'inscription de fondation de 1604 et le Christ sortant du Tombeau.

De très nombreuses descriptions du calvaire sont disponibles en ligne, ainsi que de très belles photos. Je ne me livrerai pas ici à une description méthodique.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

 LES SAINTS PIERRE, SÉBASTIEN ET ROCH.

.

Désolé pour les photos ! Si ces statues restent à l'ombre, au fond de cette niche-cave, ce n'est pas un hasard. Et c'est dans cette pénombre qu'il faut les découvrir.

.

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

 LES INSCRIPTIONS.

.

Le calvaire porte plusieurs inscriptions : sur la frise du massif en 1602, au dos de la croix en 1603 et  sur la pierre du tombeau en 1604. Sept fabriques ( deux par année ?) et deux curés  y ont leur nom. Devoir de mémoire après un trauma ? On comprend que je leur accorde toute l'importance nécessaire.

.

Inscription de 1602.

Elle est placée sur la face occidentale (celle du couchant, celle de la Mort du Christ, la face principale comme pour tout calvaire), au dessus de la table d'offrande et des trois saints. Et sous le tombeau dont le Christ sort vainqueur.

Elle dit :

CE: MACE: FVT: ACHEVE: A:  A: 1602 FABRIQVES LORS M: A: CORR: F: PERIOV: I: BAOD: CVRE.

Je transcris "Ce mace fut achevé à l'an 1602 les fabriques étant alors messieurs A. Corre, F. Periou, et I. Baod étant curé".

Le curé.

Je pense que la graphie BAOD doit renvoyer au patronyme (LE) BAOT, BAUD, BAULT,  LE BOT, bien attesté à Plougastel sur geneanet, mais à partir du XVIIe siècle. L'initiale du prénom peut correspondre à Ian (Jean), ou à Yves. La liste des prêtres et curés de Plougastel donnée par Pérennès débute par un Yves Baod, curé, 1602, mais sans doute par référence à cette inscription. 

En juillet 1657, parmi les quinze prêtres de Plougastel figure un Yves Le Baot et Alain Le Baot (H. Pérennès).

Les fabriciens ou fabriques.

A. CORRE : le nom est courant à Plougastel. Voir infra F. Corre 1616-1619. La chapelle Saint-Claude porte l'inscription "IAN CORRE fabrique 1632".

F. PERIOU. Le patronyme PERIOU est attesté en Bretagne vers 1084-1131 sur le cartulaire de Quimperlé, puis en 1427 avec la graphie PERRIOU à Ploumgoar et PERYOU à Ergué-Gabéric. Ses variantes sont (LE) PIRIOU, PERIO, PERRIO.  Le site geneanet me procure un François PIRIOU, né en 1580 d'Yves PIRIOU, et marié à ... Catherine Corre.

.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

2. L'inscription de 1603 sur le dos de la croix.

H : ROLLANT : I : LE MO AL : 1603

Soit "H. Rollant et I. Le Moal  1603".

-Hervé ROLLAND, ou Henri ROLLAND ? À Plougastel nous connaissons bien Antoine Rolland, le facteur d'orgue né vers 1585, ou son fils Hervé, né en 1621. Mais je vois bien que les archives manquent pour la période antérieure à 1600. Les archives lapidaires comblent cette carence. La chapelle Saint-Adrien de Plougastel fut agrandie en 1616-1619, date d'une inscription portant le nom de Iac Davit, curé, H. ROLLANT et F. CORRE étant gouverneurs (de la fabrique).

-Quant I. LE MOAL, ce n'est pas Joseph LE MOAL de Plougastel, né vers 1600.

Si ce n'est lui, c'est bien quelqu'un des siens.

.

Je n'ai pas photographié cette inscription. J'aurais dû.

.

 

.

.

.

3. L'inscription de 1604.

C'est sur le tombeau, d'où sort le Christ ressuscité, que nous lisons une des inscriptions qui datent le calvaire :

1604

I : KGVERN :

 L : THOMAS :

0 : VIGOV FAB

ROUX : CURÉ:

Soit "1604, I. Kerguern, L. Thomas (et) O. Vigouroux fabriques, Roux Curé."

.

-I. KERGUERN : pour Jean Kerguern.

-L. THOMAS : là encore, le patronyme est renseigné vers 1600 mais je ne trouve aucun Louis, voire Luc dans cette famille. Par contre, une inscription lapidaire de la chapelle Sainte-Christine (porte sud) datant de 1605 porte le nom de FRANCES THOMAS, fabricien, tandis que le socle du calvaire porte A. THOMAS 1587.

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-chapelle-sainte-christine-de-plougastel-suite-de-la-visite.html

-O. VIGOUROUX. Ah, les Vigouroux à Plougastel, c'est comme les Kervella et les Le Gall ! Mais les archives restent muettes sur ce fabricien. 

Interrogez-moi sur la période d'après 1600, là je serai bavard !

Puisque les archives papiers sont muettes, il reste — c'est dire leur importance— les archives lapidaires.

Ainsi, la chapelle Saint-Trémeur porte l'inscription "Y. VIGOVROVX F.F: FAICT : FAIRE :  CESTE CHA[PELL]E 1581".

ROUX, curé.

 

.

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Il y a plusieurs façons de visiter le monument, soit face par face en quatre étapes, soit, comme le suggère l'abbé Castel, en en faisant huit fois le tour. Mais pour suivre mon idée, je le découpe en tranche, comme les gâteaux quand j'étais petit.

.

LA FRISE DU SOUBASSEMENT : LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.

.

.

On comparera ces évangélistes à ceux de la chapelle Saint-Tugen de Primelin.

.

 

Matthieu et l'homme.

.

 

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Marc et son lion.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Luc et son taureau. Pas de photo.

Jean et son aigle (qui tient le plumier dans son bec).

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

L'angle nord-ouest.

Une grille protège l'accès à la plate-forme par l'escalier.

Un évêque donne sa bénédiction : saint Corentin, patron du diocèse ?

À droite, saint Jean l'évangéliste.

En haut, la scène de la Flagellation.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

.

 

LA FRISE DU SOUBASSEMENT .

.

Le tour du monument débute par la face orientale.

.

La frise Est.

.

— La Vierge de l'Annonciation; La Visitation; pas d'image.

— Le Mariage de la Vierge.

Plougastel est le seul calvaire à traiter du Mariage de la Vierge et de Joseph, qu'on voit debout entre le prêtre coiffé d'une mitre et habillé comme un moine, d'une longue tunique, d'un rochet et d'un camail. Le prêtre, beaucoup plus grand que les époux, les tient par la main.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

La Nativité

.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

.

La Circoncision.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

La fuite en Égypte de la Sainte Famille ; L’Ange de l’Annonciation ;

 

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

 

 

.

La frise Nord.

.

.

 

 

 

 

 

 

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

La description débute à gauche.

Jésus en prière au Jardin des Oliviers, alors que les trois apôtres qui devaient veiller avec lui, Pierre, Jean et Jacques, se sont endormis.

.

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

Puis viennent de gauche à droite huit personnages :

 

- Un garde retient saint Pierre qui vient de couper l’oreille de Malchus.

.

- Jésus redresse le serviteur du grand prêtre Malchus, qui a dans la main son oreille coupée. Il est adossé à une lanterne (la scène se déroule la nuit). Judas s'approche de Jésus, tenant la bourse des trente deniers.

- Un officier et des soldats, ou des notables pharisiens.

Notez les culottes (chausses) à taillades, témoignant de la mode —lancée en Allemagne par les lansquenets suisses,—  des crevés,  ces petites fentes assurant à la fois assouplissement et aération (taillades d'aisance) et aussi décor, surtout lorsqu'on prenait soin d'y laisser passer la doublure, ou chiquetade. Ici, ces taillades sont plus modestes : bien attestée au XVIe siècle sous François Ier et Henri II, la mode en disparaît à partir du début du XVIIe siècle.

Cf. Christine Aribaud 2006

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

La comparution de Jésus devant Caïphe.

Notez l'apathie des gardes, qui semblent frappés par une indifférence lasse et nous fixent de leur regard absents. Rien à voir avec la vigueur musclée de la même scène sur les Passions des gravures de Dürer ou Schongauer, ou des verrières bretonnes du XVIe siècle. Et rien à voir avec ce qui va survenir sur la plate-forme. J'ai dû faire exprès de prendre des photos un peu floues, embuées dans une ombre triste.

.

.

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

 

Le grand prêtre Caïphe sur son trône.

Le Maître de Plougastel  ne rigole pas  et impose à ses modèles un frontalité impassible : inutile de tenter de les dérider, ils sont façonnés à la règle, par des traits exclusivement verticaux : mèches de la barbe, mèches des cheveux, plis de la tunique, pans de l'habit, geste du doigt et axe du sceptre, axe des jambes et plis à peine évasés au dessus des chaussures : ver-ti-cal. "J'veux voir qu'une seule ligne !".

Bon. Faire rire un grand prêtre, même chez d'autres artistes, c'est pas gagné.

 .

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

.

Sur la frise Ouest :

.

Entrée de Jérusalem à gauche. Adoration des Mages à Droite.

.

.

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

1. L'Entrée à Jérusalem.

  Les remparts de la ville sont  représentés par une petite tour crénelée. Jésus s’apprête à entrer dans la ville, accompagné de saint Jean (imberbe, devant), de  saint Pierre et de trois autres apôtres. Les habitants (en échelle réduite) accueillent le Christ comme un roi en tendant leurs manteaux sous les pattes de l'ânon.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

 

.

Ce sont les mêmes apôtres que le Maître a sculpté à Confort-Meilars et à la chapelle Saint-Tugen de Primelin.

Avec les deux boutons ronds de leur robe, leurs moustaches tombantes, leurs mèches de barbe tombantes, leurs plis tombants, et leurs regards ... Ah, mais ces rudes pêcheurs de Tiberiade  n'avaient pas encore eu la visite de l'Esprit Saint !

.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

2. L'Adoration des Mages.

.

L'ordre chronologique n'est pas respectée puisque cette scène devrait venir juste après la Nativité, et appartient à la Vie privée du Christ,, tandis que l'Entrée à Jérusalem appartient à la Vie Publique.

On veut l'expliquer par des théories théologiques. C'est peut-être simplement dû aux différents remontages des groupes en ronde-bosse sur cette corniche. Mais force est de constater que l'Ordre, celui de la Chronologie, est ici défait. Et que ça me parle.

.

Enfin un peu de tendresse, grâce à l'âne qui frotte son museau sur celui du bœuf.

Les artistes s'ingénient d'habitude à souligner les différences entre les trois rois, du vieux Melchior agenouillé au jeune Gaspard et à Balthazar l'africain. À glisser une boucle à l'oreille de ce dernier. Et à conférer au petit Jésus une expression charmante de gratitude. Ou, du moins, à éclairer le visage de l'heureuse Mère d'un joli sourire.

Ce n'est pas le genre de la maison.

.

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

 

.

.

 

La frise Sud :

.

 

 

.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

1. La Cène. Elle est représentée par trois groupes de quatre personnages.  Deux apôtres font un geste d'énonciation, l’index sur le pouce indiquant, ainsi, qu’ils discutent des paroles que Jésus vient de prononcer, annonçant sa trahison .

Les Apôtres et le Christ s'alignent à l'identique derrière une table à festons où l'agneau pascal disposé dans un plat est difficilement reconnaissable. Certains tiennent le couteau à la main, d'autres font le geste de l'argumentation, lèvent un verre ou un pain. Deux Apôtres sont assis en bout de table dont Judas, à droite, assis plus bas que les autres, la bourse à la main. La tête du disciple préféré de Jésus est couchée sur sa poitrine. Jésus tient un morceau de pain à la main : selon Matthieu 26, celui qui a mis la main dans le plat en même temps que lui est le traître. Ou bien chez Jean :

 

"Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.

 Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.

 Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »

Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.

Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » (Jean 13:23-27)

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

2. Le Lavement des pieds.

Le Lavement des pieds des Apôtres précède en fait la Cène. C'est un geste de purification et de sollicitude donné comme une métaphore aux Apôtres. Placé avant le repas, cela n'a plus de sens.

Jésus est à genoux devant Pierre. Trois groupes constituent la scène. Ils sont onze, puisque Judas a trahi .

Faut-il, devant cet excès de passivité atone, cet effacement de toute individualité des visages, parler encore de "hieratisme", cette digne raideur propre aux choses sacrées ?  

Et si cet étage, ce registre enfoui sous la plate-forme exprimait quelque chose  du vécu des bretons lors de l'épidémie et de la guerre ? Et s'il donnait à percevoir  la perte identitaire,  la pensée blanche, la parole  désincarnée  ou la froideur des sentiments propre à la sidération traumatique ? S'il témoignait d'un désinvestissement émotionnel ? D'un profond désintérêt ? D'une désertion des interactions? D'une interruption de l'élan temporel?

 S'il était la couche psychique sous-jacente, que l'élaboration d'une plate-forme de projets collectifs se donnait le but de dépasser ?

.

.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

.

LA PLATE-FORME.

.

Le Récit, le Storytelling déjà bouleversé dans le soubassement va perdre d'avantage encore son Ordre. Mais l'abbé Castel, auteur de référence du lieu, nous incite  à reprendre la visite par le coté oriental. Pourquoi pas ? Le fil narratif est brisé.

J'aurai pu le reconstituer en allant d'une face à l'autre. Remettre du bon sens. Mais le monument nous joue un théâtre de la perte provisoire et éprouvante de ce dernier.

.

 

La plate-forme Est .

.

La Mise au Tombeau (Jean 19:38-42) voisine le Baptême de Jésus (premier chapitre de l'évangile de Jean).... 

Il est toutefois possible de justifier cette position de la Mise au Tombeau puisqu'elle est diamétralement opposée à la Sortie du tombeau qui centre la face occidentale, et qui est la fin glorieuse de ce récit : son Ouverture à la Vie.

.

 

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

 

—Le Baptême de Jésus, où un ange tient la tunique. Le Christ barbu se tourne légèrement vers Jean-Baptiste.

Pas de photo.

 

— La Mise au Tombeau

 

 

Elle est très ordonnée avec huit personnages autour du Christ dont la dépouille repose sur un linceul. Joseph d'Arimathie, levant la main droite vers la tête du Christ  et tenant un linge, porte le bonnet conique à oreillette à glands des Juifs en tant que membre du Sanhédrin. Il est secondé par une femme coiffée d'un turban et  qui tient un linge.

  À coté, Jean soutient Marie qu'il entoure de son bras gauche. Il porte la robe à deux boutons sur une fente en S que le sculpteur fait revêtir à tous les apôtres. Je crois que des larmes s'échappent de ses yeux, mais mon cliché ne permet pas de m'en assurer.

Madeleine tient son flacon d'aromates pour l'embaumement. Son visage est encadré par le voile très rigide et à angles droits qui est l'un des traits stylistiques des Prigent. Ses cheveux sont torsadés par plusieurs tours d'un linge plissé.

Vient ensuite un homme dont le chapeau conique indique qu'il est Juif : c'est Gamaliel, un pharisien que la tradition iconographique place dans ces Mises au Tombeau. Voir tous les renseignements dans mon article :

 

Dès lors, je suis amené à rejoindre l'opinion courante qui voit dans le deuxième personnage un homme et non une sainte femme comme je l'ai fait. Cet homme jeune serait Abibon, fils puîné de Gamaliel.

Ensuite, nous voyons une sainte femme : Marie Cléophas ou Marie Salomé, comme on veut.

 Enfin, Nicodème tend les mains protégées par un linge par respect vers les pieds du Christ. Curieusement, il n'est pas coiffé du bonnet conique, mais sa longue barbe et sa robe fendue latéralement depuis un bouton, comme Joseph d'Arimathie, indique qu'il appartient aussi aux pharisiens.

Le groupe est représentatif de l'art du Maître de Plougastel, et de son "hiératisme", de la sobriété de l'expression du chagrin, des visages graves penchés vers le cadavre, ou des gestes peu variés puisque toutes les mains ne s'éloignent pas de plus de 20 cm de la ceinture (sauf les mains croisées de Marie).

.

.

 

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

.

.

J'interromps la première partie sur cette Mise au Tombeau. Je teste mon hypothèse image après image, et j'ai justifié à mes yeux son premier argument : dans le soubassement le sculpteur a mis en scène, par la pénombre, par son style désincarné et figé, son ton plus envoûtant, plus monocorde que le terpnos logos, par le regard éteint des personnages désindividualisés, dé-visagés,  par le bris des repères narratifs, l'épreuve vécue par la population lors d'un temps de guerre, de peste, de famine et de carence. Une hantise.

Ma deuxième partie poursuivra la visite de la plate-forme : y montrerais-je un changement de style témoignant d'un réveil des habitants se libérant en jouant la Passion ?

La troisième partie sera consacrée aux trois croix du Christ et des Larrons, pour en comparer les figures avec celle des autres ateliers de sculpture de Basse-Bretagne.

.

 

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, "Le calvaire de Plougastel-Daoulas", Bulletin de la Société archéologique du Finistère t. XXXI p. 182-189 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207669n/f239

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/plougastel_daoulas.html

 

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

— CASTEL (Yves-Pascal),  articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

-thèse Michel Hamonic Plougastel-Daoulas 13.10.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 6 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1479.

-CASTEL 1336 Auscultation des Calvaires à Plougastel et Guimiliau par la CGG... 18.10.97.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bfdc8148eb09d0bc7254d5705e51fd16.jpg

-1014 Plougastel-Daoulas, Calvaire, Évangile de Pierre... 26.03.94.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c1955e8d223fda5940d8ef924d117b36.jpg

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE GOFFIC (Charles), 1924, -Édouard Champion série 4 - ‎L'Âme bretonne page 10

https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%82me_bretonne_s%C3%A9rie_4/Une_cellule_de_l%E2%80%99organisme_breton_II_Le_calvaire

 

— PÉRENNÈS Henri, “Plougastel-Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 6 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9785.

LIST OF THE WORKS OF THE MAÎTRE DE PLOUGASTEL

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

— INFOBRETAGNE

http://www.infobretagne.com/plougastel-calvaire.htm

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Calvaire_de_Plougastel-Daoulas

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Plougastel Maître de Plougastel

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
  • Contact

Profil

  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

Recherche