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9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 15:19

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin.

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1. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

2 Sur les Mises au tombeau et les Déplorations du Finistère :

 

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L'article Wikipedia Statues of Pietà in Finistere propose plus de 80 photos des Pietà du Finistère, puisque le terme, plus correct, de "Vierge de Pitié" n'est pas encore complètement passé dans les usages. Mais on trouve regroupées sous ce terme, comme dans l'article de l'abbé Castel Les Pietà du Finistère,  les "Vierges de pitié" proprement dites (la Vierge et le Christ mort), et les "Déplorations" (groupe incluant Jean et Madeleine, ou une sainte femme, ou un disciple).

Si, parmi les 80 "pietà" de l'article de Wikipedia , nous retenons celles qui sont en pierre (et, alors, en kersantite) et non en bois, et celles  qui ne sont pas des Déplorations, le nombre des œuvres est inférieur à 25.

Le nombre des Vierges de pitié en kersanton dans le Finistère est bien plus élevé, car on les trouve, au nœud d'un croisillon, sur de très nombreux calvaires sortis des ateliers landernéens des Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), ou d'ateliers anonymes.

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Les Vierges de Pitié et les Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):

-Brignogan, chapelle Pol, kersanton polychrome

-Dinéault, calvaire atlas n°408 (3 larmes)

-Le Folgoët, calvaire atlas n°520 (3 larmes).

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière haut, atlas n° 533 (3 larmes)

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière bas, atlas n° 534

-Landerneau, calvaire rue de la Tour d'Auvergne, atlas n°998 (3 larmes).

-Lothey, calvaire de Kerabri atlas n°1260 (3 larmes)

-Plourin-Ploudalmézeau, Déploration,  sur la pelouse (3 larmes)

-Saint-Derrien, calvaire atlas n°2690

-Saint-Nic, intérieur église, Déploration polychrome (3 larmes).

Liste à laquelle j'ajoute :

--Plouvorn, cimetière. (3 larmes)

--Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)

--Crozon, Tal-ar-Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes).

 

Vierges de pitié du Maître de Plougastel (1570-1621)

-Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven atlas n°914. Vierge décapitée.

-Loc-Eguiner Saint-Thégonner, calvaire du cimetière atlas n°1171

-Plougastel, calvaire du cimetière atlas n° 1910

-Plougastel, chapelle Sainte-Christine atlas n° 1919

-Primelin, Saint-Tugen, éléments du calvaire atlas n° 2571.

Vierges de pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663)

-Brennilis, calvaire

-Cast, calvaire de l'église.

-Châteaulin, Saint-Idunet

-Châteaulin, presbytère

-Dinéault, calvaire

-Irvillac, calvaire de Coatnan

-Plonévez-du-Faou, Sainte-Anne-la-Palud, calvaire,

-Plougastel, Le Passage, calvaire 1622

-Plougastel, chapelle Saint-Claude, calvaire

-Plourin-les-Morlaix, vestiges calvaire

-Rosnoën, calvaire 1648,

-Saint-Servais, calvaire église,

-Seven-Léhart, calvaire ,

-Trézivédé, calvaire

 

Voir aussi

-Saint-Urbain, Calvaire de la chapelle de Trévarn

-Saint-Urbain, Calvaire de Quinquis

-Le Drennec, calvaire de l'église

-Locmélar,

-Telgruc, église

-Bourg-Blanc, devant l'église

etc.

 

Et plus généralement voir Castel, Les Pietà du Finistère, SAF.

 

 

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PRÉSENTATION.

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On ne trouve pas de description de cette Déploration à quatre personnages, et on ne trouvera les brèves mentions de cette belle œuvre de Roland Doré que sous la désignation de "pietà". L'une de ces mentions se trouve dans le "Catalogue raisonné de Roland Doré" par E. Le Seac'h dans son ouvrage de 2014.

Elle provient vraisemblablement d'un calvaire des environs, occupant comme ailleurs le pied de la croix, sur le socle.

So forme générale est un peu celle d'une maison, soit un carré (Jean et Madeleine autour du Christ traçant la diagonale) coiffé d'un triangle, dont la Vierge est le sommet.

Mais de profil, les trois personnages du lamento sont penchés vers l'avant, et notamment la Mère dont le visage voilé et portant la guimpe semble tendu par la supplication des  deux mains jointes.

Même si Jean semble baisser les yeux vers le Christ, tous les trois nous font face, et nous font participer à leur chagrin dont il nous font les témoins.

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La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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Le visage de Marie est parfaitement représentatif du style de Roland Doré, avec le contour des yeux en losange souligné de deux traits, les iris en drupe (comme deux cerises) et les pupilles creusées, avec le nez dont le dorsum fin, aux bords parallèles s'élargit tardivement pour former le lobule aux deux  ails narinaires en bulbes, et, entre le philtrum et un petit menton pointu, la bouche courte et concave.

Elle est, comme pour la plupart des Vierges de Pitié finistériennes, en position de chevalier servant, genou droit fléchit supportant le dos du Fils, et genou gauche posé à terre.

La position du Fils est également la plis habituelle, avec le bras droit tombant en verticale, et bras gauche horizontal le long du corps. Les marques des clous sont ainsi visibles.

Mais le corps est ici soutenu par les deux fidèles disciples, Jean soutenant la tête et le bras gauche, et Marie-Madeleine placée près des pieds, et présentant le vase d'aromates.

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La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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Les cheveux de Marie-Madeleine sont retenus par le fameux bandeau occipital, qui passe derrière la nuque, et dont je me plais à souligner la fréquence au XVIe siècle, mais aussi au XVIIe siècle dans la sculpture bretonne.

Le visage de la sainte possède cette rondeur des joues et ce demi-sourire des lèvres, aux commissures creusées en fossettes, qui sont l'une des caractéristiques du sculpteur. Cela lui confère une sérénité énigmatique.

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La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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La plaque de fondation de l'ancien prieuré, en 1589.

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Maps. Rue Fenigan, Place du Prieuré, juste devant l'entrée de l'église dans le mur du parking.

 

L'inscription de fondation de la maison prieurale occupe la partie postérieure d'un bloc grossièrement trapézoïdal à l'arrière d'un lion présentant un écu, aux armes martelées.

Cette disposition évoque une position à la jonction d'un mur et d'une toiture, car  le lion rappelle fortement les lions de crossette , à la crinière bouclée, à la gueule de bon toutou, et surtout à la queue passant entre les pattes postérieures, revenant sur le dos, avant de s'élever en boucle autour du fouet, semblable à une fleur. Guy Leclerc a retrouvé un relevé d'armoiries de 1680, nous informant que cette inscription occupait le pignon du prieuré : ma remarque la localise plus précisément sur ce pignon.

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Elle est taillée en réserve en lettres majuscules perlées dans une disposition complexe des cartouches dont le principal, de forme carrée, fait saillie, et où les chiffres de la date sont de hauteur double des lettres.

M : IO : LÃS

VLIENPRI          1589

E /VR : CHÃVLIN

 

On la lit ainsi, en résolvant les tildes :  " Messire Louis Lansulien prieur de Châteaulin en 1589". Ce prieur, qui a construit la maison prieurale qui s'élevait ici, sur la Place du Prieuré, avait été nommé abbé de Landevennec en dépit des règlements. Ce Louis Lansulien fait partie des quelques moines de Landévennec qui y résident encore en 1597, avec Jean Mathézou (autre prieur de Châteaulin), Olivier et Pierre Le Beuzit, Pierre Le Gouez et Guillaume du Louet.

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 La crossette avec inscription de fondation (kersanton, 1589) de l'ancien prieuré de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La crossette avec inscription de fondation (kersanton, 1589) de l'ancien prieuré de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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Visible depuis le parking : fragment de calvaire.

On ne le trouve pas dans l'Atlas des croix et calvaires :

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/chateaulin.html

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Fragmant de calvaire, place du Prieuré,  Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

Fragmant de calvaire, place du Prieuré, Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL, 1917,  Notice extraite du Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3d4ddc200b55b91a631b1dee087ef917.pdf

 

—CASTEL (Yves-Pascal), Les Pietà du Finistère - Patrimoine du Finistère

http://patrimoine.du-finistere.org › art2 › ypc_pieta

"Et puis, n'oublions pas, dans l'église Saint-Idunet de Châteaulin, la Pietà à quatre personnages de Roland Doré. "

 

— COUFFON (René), Alfred Le Bars, 1988,  Notice sur Châteaulin, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 551 p. 

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/CHATEAUL.pdf

CHATEAULIN Ancien prieuré de l'abbaye de Landévennec et paroisse de l'ancien diocèse de Cornouaille maintenue au Concordat. EGLISE SAINT-IDUNET L'édifice actuel, construit sur les plans de l'architecte Joseph Bigot en 1868-1869, comprend un clocher semi-encastré, une nef avec bas-côtés de cinq travées et un choeur polygonal avec déambulatoire.

  Statues en pierre : Pietà d'un ancien calvaire, style R. Doré ;

 

— LECLERC (Guy),  2009

 

La maison prieurale du prieuré de saint Idunet, devenue bien national en novembre 1789, fut achetée par monsieur Blondin, ancien fermier du prieuré. Cette maison se trouvait près de l’endroit où se voit, à l’angle nord-ouest du mur du parking Saint-Idunet, la sculpture d’un lion tenant un écusson avec en arrière une inscription indiquant la date de 1589 et le nom du prieur de l’époque : Louis Lansulien. Le prieuré qui relevait de l’abbaye bénédictine de Landévennec avait été établi à la fin du XIe siècle ou tout au début du XIIe siècle.

En 1824, la Commune acheta la maison prieurale à M. Bois qui l’avait acquise et elle y installa le clergé. Elle récupéra l’ancien presbytère de la Place du Marché.

https://www.chateaulin.fr/de/node/171

— LE GRAND (Albert) La Vie des Saints , Catalogue des Abbés de Landévennec

« Louys Lansulien neveu de Bernard deceda le 2 Mars 1602 Ces deux derniers n’avoient que les noms d’Abbez, d’autant qu’en effet René du Mescoüez, Seigneur de Kmoalec frère de Trillus du Mescoüez, Marquis de la Roche, jouissoit des fruits de l’Abbaye,  & eust continué sa possession injuste, si Jean Briand ne s’en fut fait pourvoir

— OUEST-FRANCE 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/chateaulin-29150/chateaulin-le-lion-qui-parle-des-saints-idunet-et-guenole-6226860
 

— Frère Grégoire Ollivier, frère Marc SIMON, Les abbés de Landévennec : Bul. SAF 1982 page 194 : LANSULIEN (Louis), abbé de Landévennec, XVI' siècle.

— Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Idunet_de_Ch%C3%A2teaulin

Près du retable est placée une belle pietà sculptée dans le granit.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Roland Doré Kersanton Vierge de Pitié
5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 21:29

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau.

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Voir sur l'art tumulaire hors Bretagne:

 

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Sur les gisants de Bretagne, voir (approximativement par ordre chronologique) :

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PRÉSENTATION.

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Bien que je n'ai pas décrit, tant s'en faut, tous les monuments funéraires nobiliaires de Bretagne aux XVe-XVIIe siècle, la liste des liens donnée supra donne une idée de ceux que nous avons conservés. J'omets les tombes ducales, bien étudiées ailleurs.

Roland Doré a produit dans son atelier de taille du kersanton à Landerneau neuf gisants pour une clientèle de grands nobles comme les Barbier, Bois-Boissel, Bréhant, de la Noé, Bervet,  ou du Chastel. On ajoutera à ceux que j'ai décrits les gisants de Thébault de Tahouarn en l'église de Plérin, de Gilles de la Noë au château de Keranroux à Ploujean, et celui d'Auffray du Chastel, que voici.

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Après Emmanuelle Le Seac'h en 2014, Jean Guichoux en a donné en 2016 une description et une analyse complète pour Kaier ar Poher. Je me contente donc de donner ici mes images.

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Le gisant mesure (Le Seac'h) 1,73 m de long, 63 centimètres de large et 36 centimètres de hauteur. Le lion mesure 58 centimètres de long, 28 centimètres de large et 23 centimètres de haut. Le tombeau mesure 2,34 mètres de long, 1, 04 mètre de large et 93 centimètres de hauteur.

 

Le gisant d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau.

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Je propose d'examiner le gisant et le bâti sur lequel il repose face par face, avec les quatre écussons de kersanton désormais apposés sur ce bâti. En tournant dans le sens horaire.

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Le chevalier de Fréminville le décrit ainsi dans ses Antiquités du Finistère, tome 2 :

 

"C'est encore un modèle curieux du costume militaire du commencement du règne de Louis XIII , époque à laquelle il fut sculpté. François du Châtel (sic) , marquis de Mesle et seigneur de Châteaugal , est ici représenté armé de toutes pièces , à l 'exception de la tête , qui est découverte. Son armure est tout à fait analogue à celle de Sébastien Barbier, sieur de Kernaou, que nous avons décrite à la 1ère partie, page 104, sur la statue de ce seigneur, datant à peu près de la même époque. François (sic) du Châtel a , selon l'usage de son temps, les cheveux coupés assez courts sur le front , mais fort longs sur les deux côtés de la tête , où ils forment une multitude de grosses boucles réunies en touffes. II porte des moustaches relevées et une impériale sous la lèvre inférieure. II a une fraise plissée autour du cou , et son épée est suspendue par une bandoulière à son côté gauche. La garde en est recouverte par un grand écusson , où l'on remarque les armes pleines de l'illustre maison des du Châtel en Léonnais , dont était issu le marquis de Mesle."

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E. Le Seac'h :

"Le gisant d'Auffray du Chastel est identique aux autres réalisés par le sculpteur [Roland Doré] : allongé, mains jointes, et vêtu de la même armure au col à plis empesés, il porte à son bras gauche l'écusson des Du Chastel, "fascé d'or et de gueules de six pièces", qui cache la garde d'une longue épée dont la lame descend jusqu'aux solerets. Ses pieds reposent sur un lion. Une banderole en breton se déploie sur le dos de la bête et donne la devise des Du Chastel e, breton : MAR : CAR : DOE, "S'il plait à Dieu". 

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Armoiries  Du Chastel de Châteaugal. De gueules à trois châteaux d’or, deux et un.

 

Collier de l'Ordre de Saint-Michel. Couronne de marquis. Devise : DIEV :  POVRVOIRA.  Cette devise n'est attestée ou relevée nulle part sous sa forme française, mais celle des de Goësbriand est "Dieu y pourvoira". 

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Voir le Nobiliaire de Potier de Courcy :

 

Chateaugal (de) sr dudit lieu et du Granec, par. de Landeleau, év. de Cornouaille. De gueules à trois châteaux d'or.

Jeanne, abbesse de la Joie en 1370, † 1390.

La branche aînée fondue en 1312 dans les Kermellec qui adoptèrent les armes de Châteaugal, en retenant le nom de Kermellec, d’où la seigneurie de Châteaugal a passé par alliance en 1433 aux du Chastel-Mezle.

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Au pied du gisant, le lion portant sur une banderole la devise MAR : CAR : DOE,  "Sil plait à Dieu", forme bretonne équivalente de  DIEV POVRVOIRA.

Selon Kerbiriou, "Depuis 1438, la seigneurie de Châteaugal était passée par alliance à cette branche de Mezle, dont la devise était : Da vad e teui et Mar car Doue. "

Dans le culturezine d'Hervé Torchet la devise est celle de Tanneguy II du Chastel en 1449 : "Devise “ marc car doué ” ( s’il plait à Dieu ) sur son écu , “ da vad  è  tevy ” ( tu n’as qu’a venir) sur sa bannière, cri de guerre de sa maison, Tanneguy II du Chastel  1449". Mais avec une erreur de transcription sur "marc" au lieu de "mar".

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=480

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Note : j'ai eu, sur place, un doute sur le matériau dont sont sculptés les pieds et le lion du gisant. Si ceux-ci sont visibles sur la carte postale Vilard publiée par J. Guichoux, je me suis demandé s'il ne s'agissait pas d'une très habile reconstitution par P. Le Floch.

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Armoiries Du Chastel en alliance avec Ploeuc d'hermines à trois chevrons de gueules et Kermellec vairé d'argent et de gueules à la bordure engreslée d'azur.

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Mariage de Henri du Chastel, seigneur de Mezle et de Isabeau de Kermellec, dame de Châteaugal et fille de Jehan, vers 1420.

https://man8rove.com/fr/blason/smwz2d8-kermellec

Potier de Courcy, Nobiliaire :

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Potier_de_Courcy_-_Nobiliaire_et_armorial_de_Bretagne,_1890,_tome_2.djvu/116

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Armoiries avec Kermellec et Chastel de Châteaugal en alliance Languenoez fascé ondées d'or et d'azur de six pièces ; au chef de gueules.

Jehan de Kermellec, seigneur de Châteaugal, chambellan du duc, époux de Béatrice de Languenoez, dame de Châteaugal et demoiselle de la duchesse en 1426.

https://www.repertoire-breton.org/armorial-leborgne/page/167

https://www.tudchentil.org/spip.php?article687

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Blason placé en tête.

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Armoiries Du Chastel en alliance avec de Mezle (trois mains appaumées herminées).

 

Le mariage de Tanguy du Chastel et de Gabrielle de Mezle est daté vers 1350.

https://man8rove.com/fr/profile/ns97jede-henri-du-chastel

 

Les hermines des paumes sont bien présentes, mais j'aurai pu mieux en rendre compte par un éclairage rasant si j'avais été plus attentif. Voir sur ce détail :

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Pennon%20Quilbignon%20de%20Coatenes.pdf

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.+

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.+

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SOURCES ET LIENS.

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— ARMMA

https://armma.saprat.fr/?s=chastel

— FRÉMINVILLE (Chevalier de), 1835, Antiquités du Finistère, Brest page 200.

http://grandterrier.net/wiki/images/3/34/Fr%C3%A9minvilleAntiquit%C3%A9sBretagneFinist%C3%A8reV2.pdf

— Catalogue du musée archéologique et du musée des anciens costumes bretons de la ville de Quimper, 1885 page 95.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6527276z/texteBrut

— GUICHOUX (Jean), mars 2016, "L'église de Landeleau et l'étonnante histoire de la tombe d'Auffray du Chastel"; Kaier ar Poher n°42 pages 47 à 58.

http://www.plouye-poher.fr/ressources/files/rub/pdf/66.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, La sculpture sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, pages 225-226.

— KERBIRIOU (L.), les seigneurs de Landeleau

http://www.infobretagne.com/landeleau-seigneurs.htm.

—WAQUET Henri), 1926, La statue tombale de'Auffray du 

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/r-1885-31-2-lio-fa9bb

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Published by jean-yves cordier - dans Roland Doré Sculpture Kersanton Héraldique Gisants
3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 12:55

Quelques sculptures de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. La Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe). L'autel (kersanton, 1512). Le retable (Yves Le Guern, recteur, 1682). Etc.

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Voir sur cette chapelle :

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Quelques sculptures de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec.

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La Vierge à l'Enfant (kersanton,  Roland Doré 1618-1663), niche  sud du clocher-porche de 1580.

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On peut la comparer à celles de l'église de Rosnoën, ou de Plougourvest, ou de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal, On constate alors que cette Vierge de Locmaria-Lann est plus petite, moins élancée, que son visage, tout comme celui du Fils, est plus rond, et que ces caractères lui confèrent un aspect simple voire naïf.

Elle est couronnée et la chevelure tombe librement sur les épaules. Elle est vêtue d'une robe, ajustée au dessus de la ceinture et plissée au dessous, et d'un manteau très ouvert.

L'Enfant est assis sur l'avant-bras gauche, bénissant de la main droite l'assistance tandis que la main gauche est posée sur la poitrine. Il porte une tunique longue et plissée

Les traits stylistiques de Roland Doré sont les sourires aux commissures creusées en fossette et au philtrum marqué , et les  yeux aux paupières soigneusement ourlées ; mais dont les pupilles ne sont ici pas creusées.

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Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe s.) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe s.) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe s.) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe s.) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Les dais en kersanton des contreforts du porche.

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Porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Ces dais de 1580 sont marqués par le style Renaissance qui a fait son apparition, très peu de temps auparavant, au château de Kerjean, mais qui a été introduit en Bretagne par la famille de Goulaine soit à Champeaux, soit à Notre-Dame-de-Kerfons à Ploubezre, soit au château de Maillé. Dans ce château Maurice de Carman et Jeanne de Goulaine y placent leurs armoiries vers 1570 dans un cartouche à cuir découpé caractéristique de ce style. On remarque les liens unissant Maurice de Carman avec la famille plaçan, à Plabennec, ses armoiries sur le calvaire de 1527 et dans la nef de la chapelle.

Ici, le cuir découpé à enroulement est orné d'un masque crachant des rinceaux, et il est entouré de deux anges sonnant de la trompe.

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Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Un autre dais est plus abîmé mais on y reconnaît deux anges autour d'un vase.

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Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ Sauveur, fronton intérieur du porche (kersanton polychrome, Roland Doré ??).

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Voir ses homologues, entre autre, à l'intérieur des porches des églises de Bodilis, Guimiliau, Hôpital-Camfrout, Plestin-les-Grèves, Plougourvest, Rosnoën, Le Tréhou, tous attribués à Roland Doré par E. Le Seac'h, et dominant les apôtres disposés latéralement (ou les niches prévues pour les accueillir). C'est  ce rapprochement qui me permet de proposer l'attribution à Roland Doré de cette statue.

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Christ sauveur (kersanton polychrome, Roland Doré ?, XVIIe s. ?) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Christ sauveur (kersanton polychrome, Roland Doré ?, XVIIe s. ?) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré ?, XVIIe s. ?) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré ?, XVIIe s. ?) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le maître-autel (kersanton, 1512, signature Yves an Du).

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"Le maître-autel, en kersanton, mesure 3 mètres 50 de longueur. Il est gothique et décoré de [12] panneaux finement ouvragés. Au-dessus règne une belle frise de feuillages découpes et évidés. Dans les panneaux du centre on aperçoit deux angelots : l'un tient un écusson chargé d'un calice et une banderole portant, en caractères gothiques, l'inscription suivante : Yves an Du lan mil cincq centz xII. Le second porte une banderole qui offre aussi une dizaine de caractères gothiques très distincts."

Je rapproche, toutes proportions gardées,  cet autel de l'autel des anges du Folgoët réalisé vers 1445.

L'autel est taillé dans une seule pièce de kersantite de 3,10 m de long. La face principale est divisée en huit niches ogivales trilobées à crochets et fleuron. Seules les deux lancettes centrales sont habitées, par deux anges. 

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Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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L'ange de droite présente un  écusson meublé d'un calice et entouré d'un phylactère. Je pense y lire :

Y LE / GALL Y

Avec un doute sur les deux Y. Je préférerai  que le deuxième soit un P ..

Le patronyme Le Gall est attesté à Plabennec vers 1545. Le calice laisse supposer que le donataire, un certain Yves Le Gall, était un prêtre.

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Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le deuxième ange porte son phylactère entre les deux mains, mais la banderole en fait le tour.

Sur la partie verticale droite, je lit : LAN

Sur la partie diagonale, je lis, en écriture gothique textura dont les mots ne sont pas séparés :

MLCINCQCENTZXII

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Au total, j'obtiens : Y. LE GALL P / LAN M[I]L CINCQ CENTZ XII,

Soit "Yves Le Gall  prêtre l'an 1512".

Le calvaire de la chapelle date de 1527.

Je propose donc de reconsidérer la lecture initiale, reproduite par tous les auteurs depuis 1938.

 

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Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le retable de l'autel (bois polychrome et doré, détail des inscriptions).

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Première inscription coté nord :

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:I:LE GUEN

R : DE : & :

 

Le sigle & tente de traduire le sigle intermédiaire entre un S, un P et une esperluette.

J'interprète l'inscription ainsi : "Y[ves] LE GUEN RECTEUR DE PLABENNEC".

Yves LE GUEN est attesté comme recteur de Plabennec en 1676 et 1680 (témoin de mariage) ou en 1675, 1676, 1677 et 1678 comme parrain

https://gw.geneanet.org/sjoliff?n=le+guen&oc=&p=yves

https://gw.geneanet.org/catdrev?n=le+guen&oc=1&p=yves

https://gw.geneanet.org/mguezennec?n=le+guen&oc=&p=yves

https://gw.geneanet.org/jestinfem47?n=le+guen&oc=&p=yves

https://gw.geneanet.org/gsk3?n=le+guen&oc=2&p=yves

Il figure aussi, avec la date de 1682, dans la Liste des recteurs de Plabennec avant la Révolution dressée par H. Pérennès (1938).

Voici la description et la lecture faite par H. Pérennès : 

"Le retable de l'autel, en bois sculpté, porte des têtes d anges et deux oiseaux. Quant au tabernacle, il es double : la partie inférieure offre un ostensoir, tandis que le tabernacle supérieur présente le Christ crucifié, avec la Vierge et Saint Jean, encadré de deux vertus supportant des guirlandes de fleurs. Plus loin figurent deux autres vertus dans les mêmes conditions. A gauche et à droite du tabernacle s'étale cette inscription : Y : LE GUEN R : DE L : L'AN 1682."

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Retable (bois doré et polychrome, 1682)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Retable (bois doré et polychrome, 1682) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième inscription coté sud, lettres en réserve  sur un cartouche doré sur deux lignes séparées par une réglure :

LAN

1682.

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Retable (bois doré et polychrome, 1682)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Retable (bois doré et polychrome, 1682) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries des arcs nord de la nef.

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A l’intérieur c’est une nef et deux bas-côtés à cinq travées au Nord, à quatre au Midi, toutes en gothique du XVIème siècle. Comme parquet, c’est le sol de terre battue ; des bancs apparaissent à la base des piliers.

A la clef de voûte de la première arcade à gauche on voit le blason des Carman-Lesquelen, mutilé, mais encore lisible.

La troisième arcade présente un écusson armorié portant une fasce de 3 quintefeuilles et surmontée d’un lambel.

La porte du bas de la nef est surmontée d’un écusson fascé de 6 pièces (du Chastel ?)." (H. Pérennès)

 

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Nef   de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Nef de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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L'écartelé Lesquelen-Carman.

 En 1 et 4, d'azur à la tour d'argent portée par une roue de même (famille de Lesquelen). En 2 et 3 d'or au lion d'azur  (famille de Carman.

 

"Ce sont les Kerman-Lesquelen qui y avaient fait placer la verrière du chevet. On y voyait un groupe de N.-D. de Pitié, entouré des effigies de Tanguy de Kerman et de Louise de la Forest. Celle-ci est présentée par l'apôtre Saint Jean qui tient une coupe, son mari par Saint Goulven, en évêque. Au-dessous on lit : Sancte Golvine ora pro nobis. Au quatrième panneau figurent Saint Pierre avec sa clef, Saint Paul avec son épée, et le roi Saint-Louis rendant la justice assis, en grand manteau d’hermines semé de fleurs de lys d'or, et en chaperon rouge... Au-dessous : 1508 — S Louys. Les armes des Rohan, avec le collier de l'Ordre et la devise A plus brillent au sommet de la fenêtre, et onze écus de Kerman et alliances — entre autres Pestivien (?) Coëtmen et du Perrier — occupent les jours du remplage. Dans le quadrilobe d’une petite fenêtre latérale apparaît le lion de Léon (L. Le Guennec, Prééminences de la famille De Maillé-Kerman..., p. 22)." (H. Pérennès)

"Voir la discussion ici :

https://www.lavieb-aile.com/2020/05/le-calvaire-de-locmaria-lann-a-plabennec.html

et ici par Michel Mauguin :

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/sonj/Lezhisto.htm

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L'origine de la tour posée sur une roue est racontée ici :

"Écartelé aux cases 1 et 4 de couleur Azur (bleu) à la tour sommée de trois tourillons d’Argent, le tout porté sur une demi-roue, de même aux cases 2 et 3 de couleurs d’Or, un lion Azur. Un chef de cinq hermines, noires sur fond blanc. Au-dessus du chef, la couronne Or, support de sinople (vert) feuilles d’acanthe romane formant l’encadrement de l’écu.
Ce blason, qui est désormais celui de Plabennec, est l’illustration d’un fait d’armes qui se passa au cours de la vie de saint Thénénan ou Tinodorus vers l’an 630. Les Danois qui avaient débarqué dans le Léon, mettaient le pays à feu et à sang. L’alarme fut donnée à Ploubennec. Les barbares détruisirent l’église dont on voit encore une partie des ruines. Saint Thénénan et certains habitants gardaient les trésors du pays dans la tour de la « motte féo­dale » quand les barbares les attaquèrent. N’ayant pas eu le temps de fermer la porte, le saint boucha d’une demi-roue de charrette qu’il trouva près de lui. Ils allaient succomber lorsqu’ils furent sauvés par une armée alertée et apparut au sommet de la tour un beau cavalier armé de blanc et monté sur un coursier blanc également. Les Danois battirent aussitôt en retraite pour embarquer vers l'’Élorn. Pour glorifier ce fait d’arme, le seigneur de Kermorvan mit en son blason le lion du Léon, la tour et la demi-roue de charrette."

https://www.ville-plabennec.fr/decouvrir/histoire-et-patrimoine/

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Nef   de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Nef de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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L'écusson armorié portant une fasce de 3 quintefeuilles et surmontée d’un lambel.

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Nef   de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Nef de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Anne éducatrice (la statue de la Vierge est perdue) ou Anne trinitaire (les statues de Marie et de son Fils sont absentes). Pierre polychrome, XVIe siècle.

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Sainte Anne trinitaire ou éducatrice, nef   de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Sainte Anne trinitaire ou éducatrice, nef de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ.

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Chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Vierge au calvaire, mains jointes. Kersanton, XVIe s.

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Chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

 

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SOURCES ET LIENS.

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COUFFON (René), 1988, Nouveau répertoire ...

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/929d131ccf0e85c0f4d63b4794d6d5e9.pdf

Mobilier :

Maître-autel en kersanton, de 3,5 m. de longueur (C.). Le devant est orné de panneaux finement sculptés et d'une frise de feuillages découpés et évidés. Un ange tient une banderole portant l'inscription en caractères gothiques : "YVES. AN. DU. LAN. MIL. CINCQ. CENTS. XII."

Retable en bois sculpté avec deux tabernacles superposés ; inscription : "Y. LE GVEN. R. DE. LAN. 1682."

Statues anciennes : Crucifix, Vierge Mère dite Notre Dame de Locmaria, XVIIè siècle, saint Joseph, sainte Anne seule, et celles en bois autrefois dans le porche.

Deux bénitiers en pierre ; l'un d'eux porte l'inscription : ".P G. 1604" - Bénitier portatif de bronze : "NOSTRE DAME DE LANDE DE LOCMARIA."

DANIEL (Tanguy), Chapelle de Locmaria-Lann

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/plabennec-chapelle-de-locmaria-lann/

— PÉRENNÈS, (Henri), 1938  "Notices sur les paroisses : Plabennec" in Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Vol. 37,  (1938), p.167-179, 193-213.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Roland Doré Chapelles bretonnes. Héraldique
29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 21:22

Le calvaire (kersanton,1893), et les fragments de calvaire (kersanton, 1648, Roland Doré) intégrés au Monument aux morts,  de l'église de Rosnoën.

 

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Voir sur Rosnoën :

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2. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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PRÉSENTATION.

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L'église de Rosnoën porte à l'extérieur deux inscriptions lapidaires de fondation en caractères gothiques portant les dates de 1562 et de 1604 et le nom des fabriciens.

À l'intérieur, deux autres plaques plus tardives sont en caractères romains en lettres capitales. L'une porte le nom du recteur de Rosnoën  Jean Boulart et la date de 1674, l'autre porte le nom d'un autre recteur plus tardif, François Luguern, décédé en 1732. Ceci a déjà été présenté ici.

Église de Rosnoën et ses inscriptions lapidaires : tilde, N rétrograde, et esperluettes!

La sacristie porte la date de 1722.

Le calvaire visible actuellement a été construit en 1648 et porte le nom du recteur Maturin La Baron .

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Description.

 

Ce calvaire porte sur sa base les noms des commanditaires, prêtres et fabriciens, et la date de 1648. Il figure à son emplacement d'origine sur un plan de 1878. Ce calvaire a été remonté à une cinquantaine de mètres à l'ouest de son emplacement d'origine. Lors du déplacement et de la restauration intervenus en 1895, on remplace des statues géminées exécutées en 1648 par le sculpteur Roland Doré par des copies ; les originaux ont été remployés dans le monument aux Morts de la commune. La statue de la Vierge à l'Enfant, également l'œuvre de Doré, est placée dans une niche de l'élévation ouest de l'église.

Je ne parviens à connaître ni la raison de ce remplacement des statues, ni l'auteur des copies, de facture tout à fait honorable.

Le nouveau calvaire perd d'une part son orientation correcte (le crucifix fait désormais face à l'est, au lieu d'être symboliquement tourné vers le couchant), mais aussi sa cohérence, puis ce Christ en croix n'est plus encadré au pied de la croix par Marie et par Jean (ils sont remplacés par saint Pierre et saint Paul). 

Les inscriptions du socle, fort précieuses sur le plan historique, et la base des statues de Roland Doré, sont partiellement dissimulées aujourd'hui par des potées de géranium.

 

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La quittance du 25 août 1649 de Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne, pour Ollivier Camus, fabrique, pour le calvaire de l'église de Rosnoën est conservée aux Archives départementales du Finistère (234G2, comptes de fabriques de Rosnoën, f°140 r°).

"Je soubsigné Rolland Dorée, sculpteur du Roy en Bretaigne cognois avoir receu de Ollivier Camus fabrique esté en l église parochiale de Rosnohen la somme soixante cinq livres moins (?) deux souls en parpayement de quatre cents cinquante [livres] ? dix livres à moy deubs pour la construction d'une novelle croix par moy faitte à l'yssue du bourg parochial dudist Rosnohen ; dont quitte tant le dist Camus que les précédants fabriq(ue) : les deniers desquels j'avois receu avant l'année dudist Camus en fabriq(ue) et dist ledist Camus comme je cognois avoir touché par ses mains la somme de cent soixante livres t(ournoi)s qi il debvoit par accord et acte raporté par noble Charles Robin notaire que ladiste somme soit à décompter et déclarer a (illisible) pour debvoir par le compte cydevant à Guill(aume) Bihan et Charles Crenen à p(rese)nt fabriques à la diste église le diste Bihan présent en tesmoign de quoy soubs mon segin (seing) le quitte généralement et enthierement [jusqu'] à ce jour ; faist le vingt et cinquiesme jour d'aoust  mil six cents quarante et neuff le dist Bihan ne sachant signer a priè m(ess)ire Guill(aume) Camus de signer à sa requête."

L'acte est signé R le doré d'une écriture cursive nette et soignée.

Voir ici l'article de Y.-P. Castel page 18.

 

Nous apprenons que ce calvaire de 1648 en remplace un autre, et qu'il est placé à la sortie du bourg. La somme de  460 livres est à comparer à celle de 198 livres déboursée par les commanditaires à Roland Doré pour la tombe de Jacques Barbier dans un acte du 23 février 1638.

Le nom du fabrique pour 1648, Olivier Camus, se retrouve inscrit sur le socle, comme celui de messire  Guillaume Camus, curé de Rosnoën. Ses successeurs pour 1649 sont Guillaume Bihan et Charles Crenen. Mais il faut lire "Charles CREVEN", un nom propre bien attesté à Rosnoën. Charles Creven et Françoise Mallegol se sont mariés en 1630,  et ont eu notamment un fils Jean Creven, prêtre, cité sur la plaque d'inscription de l'intérieur de l'église.

 

 

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I. LE CALVAIRE DE 1648/1895.

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Il est placé devant la mairie et il atteint 6 mètres de haut .

L'emmarchement et le soubassement sont en microdiorite quartzique ("pierre de Logonna"). Quatre degrés à moulurations portent un soubassement à niches vides.

Le socle cubique en kersantite porte des inscriptions sur trois de ses faces, elles seront étudiées infra. Le fût à pans y est érigé. Le calvaire est en kersantite.

Le croisillon porte des statues géminées. On identifie sur la face ouest : un saint évêque, une Vierge à l'Enfant au centre, et encore un saint évêque. Et sur la face est  saint Pierre, puis au centre l'inscription RESTAUREE 1893, puis saint Paul tenant l'épée. Plus haut,   le Christ en croix. 

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Au centre : le Crucifié.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Sur le croisillon à notre gauche : saint Pierre.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Sur le croisillon à notre droite : saint Paul tenant l'épée de sa décollation.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE OUEST.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Au centre : la Vierge à l'Enfant.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Le saint évêque de gauche.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Le saint évêque à notre droite.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Le socle et ses inscriptions.

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Base du calvaire  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Base du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du coté est :

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MIRE : MATVRIN : /LE : BARON : RECTEVR 

Soit "messire Maturin Le Baron, recteur".

Cette  inscription est en réserve (en relief), les autres sont en creux.

Les auteurs y ont lu la date de 1648 que je n'ai pas trouvée.

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-Ce recteur est attesté en 1647 ("recteur de Rosnohen") comme parrain de Louise de Kersulguen, fille de François, et de Louise Menez. :

https://de.geneanet.org/archives/releves/publi/publication/jlm/r14kersulguen.html

-La même année, il fait inscrire son nom sur le clocher de Saint-Sauveur du Faou, alors en construction :

"VENERABLE : PERSONNE : MISSIRE : MATTVRIN : LE : BARON : RECTEVR. FINIS CORONAVIT OPVS/ . NOBLE JACQVE DEN GV  /1647".

Les inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).

-Les archives mentionnent le 11 juillet 1649 la fondation par ses parents  : "Maître Jacques Le Baron et Yvonne Le Dérédec, sa femme, fondent 3 livres 4 sols, pour jouir de la tombe où fut enterré Missire Mathurin Le Baron, leur fils, recteur de Rosnoën. " Les généalogistes signalent le couple Jacques Le Baron (v. 1595-1650) x Jeanne le Dérédec (Rosnoën 1595 -) et leurs sept enfants.

https://gw.geneanet.org/bernardc?n=baron&oc=&p=jacques

Armoiries : https://gw.geneanet.org/skrebs1?n=le+baron&oc=&p=jacques

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Le calvaire de l'église de Rosnoën.

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L'inscription du coté sud. 

 

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MIRE : GVILLE : CAMVS/CVRE : O : CAMVS : FABRIQ .

soir Messire Guillaume Camus curé [et] Olivier Camus fabrique".

Un Guillaume Le Camus a été parrain en 1657 de Corentin Hamon, et en 1664 de François Hamon.

Messire Guillaume Camus signe à la place du fabricien Le Bihan la quittance d'août 1649.

Olivier Camus est le fabricien qui a traité avec Roland Doré le règlement du calvaire, en 1648.

https://gw.geneanet.org/aconestabile?lang=en&pz=francoise+marie+corentine&nz=feunteun&p=corentin&n=hamon

Photo Glemoigne 2009 in Atlas

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Socle (kersanton,  1648) du calvaire  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Socle (kersanton, 1648) du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du coté ouest.

 

 MIRE : N : MORVAN : P/E : CVRE 

soit "Messire N. Morvan prêtre, curé."

Un Nicollas Morvan, prêtre,  est cité  dans un acte de Rosnoën du 9 mars 1680

https://www.geneanet.org/archives/registres/view/24570/269

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Socle (kersanton,  1648) du calvaire  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Socle (kersanton, 1648) du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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II. LES STATUES DE ROLAND DORÉ (FRAGMENTS DU CALVAIRE de 1648) REMONTÉS AUTOUR DU MONUMENT AUX MORTS.

 

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La Vierge au calvaire.

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Chacune de ces statues illustre de façon exemplaire l'expressivité du sculpteur landernéen.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)   de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)   de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)   de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean au pied du calvaire (géminé avec Barthélémy).

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La statue de saint Jean d'un calvaire de Roland Doré est toujours l'une des plus remarquables ; mais hélas celle-ci a été abîmée au niveau de l'œil et de la tempe gauche. Nous retrouvons la chevelure bouclée triangulaire en perruque, l'ovale longiligne du visage, les narines larges,  la bouche aux commissures évasées, les deux mains croisées sur la poitrine, le pan du manteau unique qui retombe sous l'avant-bras gauche, déjà détaillés à Croaz-Moudennou

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Saint Barthélémy (au dos de Jean).

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Cet apôtre se reconnaît par le couteau qu'il tient contre lui : ce fut l'instrument de son supplice puisqu'il fut dépecé.

Sa présence est rare sur un calvaire.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de   Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Un saint évêque (au dos de la Vierge).

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C'est cet évêque qui a servi de modèle aux deux évêques du calvaire de 1895, mais ici il porte une croix, et non une crosse.

Sa mitre évasée évoque le bonnet carré des docteurs et recteurs, et cela se retrouve souvent chez Roland Doré ; on le retrouvera chez saint Audoën infra.

Le visage est en ovale allongé.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de   Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de   Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de Pitié.

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Liste des Vierges de Pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663) :

Brennilis, calvaire (1625). Déploration.

Cast, calvaire de l'église  1660

Châteaulin, Saint-Idunet

Châteaulin, presbytère

Dinéault, calvaire

Irvillac, calvaire de Coatnan

Plonévez-du-Faou, Sainte-Anne-la-Palud, calvaire,

Plougastel, Le Passage, calvaire 1622

Plougastel, chapelle Saint-Claude, calvaire

Plourin-les-Morlaix, vestiges du calvaire

Rosnoën, calvaire 1648

Saint-Servais, calvaire église,

Seven-Léhart, calvaire ,

Trézivédé, calvaire

Elle se distingue des nombreuses Vierge de Pitié (pietà) du Finistère, car le corps du Christ est orienté tête à la gauche de la Vierge. L'inclinaison de la tête et du haut du buste de la Mère vers la gauche rompt avec l'habituelle composition parfaitement triangulaire des Prigent et rend la Vierge plus présente.

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Le dos du groupe est creusé, ce qui montre bien comment il se moulait sur le fût du calvaire.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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Saint Audoën, patron de la paroisse.

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Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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LA VIERGE À L'ENFANT DE ROLAND DORÉ DU CALVAIRE DE  1648  REMONTÉE AU PORCHE OUEST.

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Le visage à l'ovale allongé, les yeux aux pupilles creusées, le nez en  tour Effel (triangulaire à base élargie), la bouche aux commissures creusées montrent que nous avons affaire à une œuvre de Roland Doré. 

Cette Vierge à l'Enfant très élancée ressemble à celle du porche sud de l'église de Plougourvest, mais cette dernière ne présente pas, comme ici, un fruit à son fils.

Au contraire, celle de la chapelle de Saint-Sébastien en Saint-Ségal présente un fruit, probablement une poire.

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Vierge à l'Enfant  (kersanton, Roland Doré, v. 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, v. 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant  (kersanton, Roland Doré, v. 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, v. 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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LE CHRIST SAUVEUR (KERSANTON,  ROLAND DORÉ, v. 1648) DU PORCHE SUD.

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Inscription IESVS.

Le Christ, jambe gauche légèrement avancée,  bénit de la main droite le monde qu'il tient dans la main gauche.

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Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), 1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988

 

 https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a155cffa8f166b91ad6007528b055ff5.pdf

— DOUARD Christel, TOSCER (Catherine), 1995

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-audoen-rosnoen/ad95845c-9dcc-4f09-a114-f7c26d750b02

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-bourg-rosnoen/4acc96c3-3ed9-48bb-b0f7-7709565619b7

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. PUR éditions.

 

— Infobretagne

http://www.infobretagne.com/rosnoen.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Sculpture Roland Doré Vierge de Pitié
6 juillet 2021 2 06 /07 /juillet /2021 13:24

Le calvaire (kersanton, anonyme , vers 1550 et Roland Doré vers 1630) de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain.

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Voir sur Saint-Urbain :

 

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2. Sur le sculpteur anonyme, voir :

 

 

3. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

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Sur les calvaires de Dirinon, voir :

 


 


 

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PRÉSENTATION.

 

 

L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée dès le XIIe siècle : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trêve de Dirinon. L'édifice actuel est daté par inscriptions intérieures et extérieures : les travaux de construction s'échelonnent entre 1682 et 1701. 

Le toponyme, anciennement Treb Baharn,  puis Trevaharn,  qui avait en 1324 la forme Treffbarn  trouve là son explication : du breton  treff "trève" ou "habitat" et Barn, Baharn  nom de saint.

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L'ensemble cultuel, à savoir la chapelle en totalité, le calvaire, les murs de clôture et la fontaine de dévotion est inscrit MH par arrêté du 18 août 1998.

 

Ce calvaire occupe le coté sud du placître (l'enclos) de la chapelle de Trévarn. Mais il  est  antérieur à la chapelle actuelle, car le style des sculptures le date du XVIe siècle. Il a été restauré une première fois par Roland Doré —dont le style toute en finesse se reconnaît très bien sur le Christ en croix et sur une tête de Sainte Femme —, et une seconde fois en 1995, grâce à l'Association des Amis de Trévarn et du Patrimoine. À cette occasion, une étude a dû être menée par des experts, et sa lecture serait  passionnante, mais elle n'est accessible en ligne.

On peut remarquer, pour estimer la date de son érection, que, sur le territoire de la commune de Saint-Urbain, la croix en kersanton de Croas-Madec porte la date de 1570, que le calvaire en kersanton de l'église est daté de 1575, celui de Cleuz Braz celle de 1580 (ou, Atlas, 1518), tandis que celui du Quinquis porte sur son fût la date de 1543.

Mais puisque Trévarn était une trève de Dirinon, c'est à cette paroisse que nous devons nous intéresser : elle possède encore deux croix du Moyen-Âge, cinq croix du XVe siècle (Ty Croas, Cimetière, Bourg, le calvaire de Croas ar Vossen de La Grange,  et Kerniouarn), quatre croix du XVIe siècle (Kermélénec vers 1550, Kergavarec en 1595, Comenec et Trébéolin), et le calvaire de La Croix Rouge réalisé par Roland Doré vers 1640.

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Ce calvaire est décrit dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère par Yves-Pascal Castel en 1980, avec un beau dossier photo de G. Lemoine 2009 sous le n°2882 :

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_urbain.html

2882. Trévarn, chapelle, l. k. XVIè s., vers 1630. Trois degrés. Socle cubique. Fût rond, écots, Christ lié, console-masque. Croisillon, entrelacs, culots godronnés, statues géminées: Vierge-Paul Aurélien, Jean-Pierre, au revers, angelots nus tenant la couronne d’épines. Croix, fleurons-boules godronnés, crucifix, groupe de la Vierge de Pitié, une tête refaite par Doré. Croix disparue: Pouldour. [YPC 1980]

 

Mais  15 ans plus tard, et juste avant la restauration de 1995, Yves-Pascal Castel en donna une description et une analyse précieuse. Je me suis permis de l'annoter (en rouge) :

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"Comme tout enclos d'église, Trévarn, trève paroissiale ancienne de Dirinon avait sa croix. On a exhumé récemment le socle de schiste du monument qui précéda le calvaire actuel. On peut découvrir cette dalle derrière le tronc d'un gros chêne à l'ouest de l'enceinte : il porte en son centre une cavité de 25 cm sur 35 cm approximativement, et ces dimensions correspondent à l'embase rectangulaire du fût.

Celui-ci fut érigé vers 1550 par un atelier de pierre de kersanton héritier du style du grand atelier de Bastien et Henry Prigent qui élevèrent le grand calvaire de Plougonven. Ce même atelier des Prigent, actif de 1527 à 1577,  a sculpté le saint Antoine qui borne l'entrée dans l'enclos, du coté droit. Emmanuelle Le Seac'h a identifié (Les ateliers de sculpture sur pierre de Basse-Bretagne ...) trois "héritiers" des Prigent, dont l'un est actif à Pleyben en 1555, l'autre, désigné sous le nom pour moi douteux de "Fayet", actif de 1552 à 1563, et dont le  style se confond avec celui des Prigent et ne correspond pas à celui de l'anonyme de Trévarn, et enfin Jacques Mazé, actif à Plounéventer en ... 1679 !

À l'atelier Prigent a succédé (dans le temps et le lieu landernéen, et peut-être par compagnonnage) celui du Maitre de Plougastel, actif  de 1570 à 1620, et dont les calvaires se remarquent par les hiératisme sévère des personnages.

Ici, à Trévarn, tout comme à La Magdeleine de Briec-sur-Odet, nous pouvons retenir deux caractéristiques stylistiques assez faciles à reconnaître : les cheveux en boule de saint Jean, et des mains très malhabilement exécutées, en large palette digitée. On peut ajouter des drapés de Marie et Jean comparable entre les deux sites. Les éléments propres aux Prigent, les trois larmes des éplorés du Calvaire et des Déplorations, la forme en ovale des figures, la manière de disposer les cheveux avec un jour entre les mèches et l'épaule, les replis accentués des voiles "coqués" de la Vierge, sont absents.

 

Vu les boutons que porte le fût de Trévarn on se demande si l'érection du monument n'est pas consécutive à quelques recrudescence de la peste sur ces bords-ci de l'Elorn.

L'hypothèse qui attribue les écôts des fûts de calvaires bretons à des épidémies de peste en les comparant à des bubons, d'où leur surnom de croas ar vossen "croix de peste"  relève plutôt, de l'avis même de l'abbé Castel, de la légende ; une hypothèse plus sérieuse y voit le rappel que la croix s'apparente à l'Arbre de la Connaissance, pierre d'achoppement d'Adam et Ève qui rendit nécessaire la Rédemption.

En revanche, on est sûr qu'il subit une grave agression trois ou quatre décennies après sa création. En effet, vers 1630, l'atelier landernéen de Roland Doré est appelé pour le réparer.

Les nombreuses restaurations effectuées à cette même époque semblent devoir être mises en relation avec les dégâts occasionnés au cours des troubles de la Ligue. Roland Doré restaure vers 1630 le calvaire du Quinquis et réalise un Crucifié comparable à celui de Trévarn. Il réalise aussi le calvaire de La Croix Rouge à Dirinon.

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Un monument attachant.

Au travers de ses avatars, l'analyse fine du monument n'en demeure que plus intéressante. Sur un emmarchement à trois degrés le socle cubique porte un fût à écots sur lequel est représenté le Christ lié, un roseau à la main, évoquant la scène de la Passion appelée Dérision du Christ. Le relief pris dans le même bloc que le fût est soutenu par une console au large masque, pur ornement sans signification religieuse particulière.

La branche terminée par des culots à godrons est ornée d'entrelacs et sur le revers deux angelots nus présentent une large couronne d'épines. Les statues géminées, c'est-à-dire à double face, sont à gauche la Vierge à laquelle s'adosse saint Pol terrassant le dragon, et à droite saint Jean appuyé à un saint Pierre. Ce saint Pierre inhabituel n'est pas représenté en apôtre, mais en pape, coiffé de la tiare.

Au revers du crucifix, une Déposition de croix groupe autour de Notre-Dame-de-Pitié portant son fils mort, une sainte femme et une Marie-Madeleine.

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Restauré par Roland Doré vers 1630.

Le travail de restauration du calvaire par Roland Doré n'a pas été une petite affaire. Le sculpteur de Landerneau refait de neuf le Christ, ménageant des trous latéraux dans le pagne destinés à fixer les anges porteurs de calices pour recueillir le sang du crucifié. Cette manière de faire particulière à l'atelier de Roland Doré s'est révélée peu efficace car peu solide. Les anges sont un jour tombés. L'un d'eux a été placé dans la fontaine de dévotion au Nord de la chapelle. Un second a été retrouvé dans le bénitier de la chapelle.

Roland Doré a eu d'autres problèmes à régler. Conservant le corps primitif du saint Jean, il en retaille la tête qui était fort abîmée. [ en légende de la photo de cette statue : "Roland Doré a retravaillé la tête de l'apôtre, dans le bloc même de la précédente qui avait subi de légères mutilations"]. On le voit bien, le style de cette tête, quelque peu menue, ne correspond pas à celui du bas du personnage. Voir discussion infra. En revanche, la tête de la sainte femme à gauche de la pietà étant trop mutilée, Doré en sculpte une nouvelle sans trop se préoccuper du raccord visible sur l'arrière.

Les anciens étaient respectueux du plus humble vestige, le Christ, trop mutilé pour être conservé dans la restauration de 1630, se trouve aujourd'hui posé dans une niche à la façade de l'église paroissiale de Saint-Urbain.

Et l'on se sera peut-être étonné de rencontrer sur ce calvaire cornouaillais, la représentation de Paul Aurélien et non pas celle de saint Corentin. Nous sommes ici sur un territoire proche de Daoulas qui releva longtemps des comtes de Léon et la commune de Saint-Urbain possède un lieu-dit toujours nommé Kerbaol.

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Restauration de 1995.

La restauration actuelle entreprise grâce au journal « Le Pèlerin » va être de réalisation délicate. Le restaurateur de 1995 aura à résoudre des problèmes différents de ceux auxquels fut affronté Roland Doré il y a trois cent cinquante ans. Il s'agit certes avant tout de consolidation d'un monument en relatif bon état. Mais saura-t-on y replacer les anges qui recueillent le sang ? Aux responsables de réfléchir. 

L'équipe des restaurateurs bénévoles de Trévarn était composée de Jeanne Jézéquel, Marie-Louise Richard, Hélène Kernéis, Jean-Paul Kernéis conseiller municipal, et Francis Jézéquel, conseiller paroissial. Le président de l'Association était Jean-Luc Richard.

Les anges n'ont pas été replacés.

Et puis profitera-t-on de la liberté qu'on a ici ? Le calvaire n'étant point classé monuments historiques — il le sera en 1998 —, on pourrait envisager de le mettre en valeur. Les sculpteurs d'antan livraient rarement leurs œuvres brutes, sous le coup de l'outil. Ils confiaient au peintre le soin d'en faire de grandes choses polychromes. Une première qui vaut la peine d'être tentée. https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/bc9edb4c78f76877bd9fc64969d3156d.jpg

Le projet de rendre au calvaire sa probable polychromie (dont il ne reste aucune trace) n'a pas été retenu. Une association "Quand les calvaires étaient peints" a repeint trois croix de Plougastel-Daoulas. L'un des mérites de cette idée est, à mes yeux, de protéger sans doute les œuvres de l'attaque, parfaitement révoltante, des calvaires par les lichens nitrophiles, mais d'autres procédés plus conservateurs de lutte contre les saprophytes, et qui préserveraient l'exceptionnelle beauté du kersanton brute, auraient ma préférence.

On verra ici combien le visage de saint Jean, défiguré par les excroissances blanches ou grises des lichens, perd sa lisibilité, et, accessoirement, ne permet plus d'analyser finement l'intervention de Roland Doré.

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Sur cette restauration, voir le dossier photo du blog de l'Association des Amis de Trévarn

http://les-amis-de-trevarn.over-blog.com/album-2022288.html

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En mai 1995, Yves-Pascal Castel, comme pour répondre à ma sainte colère contre les lichens écrit dans un bref article :

"On a pu admirer le travail accompli par Michel Cann de Plounéventer qui a lavé les sculptures. Désormais, les sculptures apparaissent telles qu'elles sont sorties il y a bientôt un demi-millénaire  du ciseau des sculpteurs de kersanton. Et le plus étonnant, c'est que chacun s'accorde à dire que débarrassé de ses lourds et disgracieux lichens, le calvaire resplendit de jeunesse. Les "putti" du revers du nœud, en particulier, révèlent la maîtrise des sculpteurs d'antan."

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En août 1995, Yves-Pascal Castel revient sur la description de ce chantier à l'occasion de la bénédiction du calvaire :

"Le remontage récent du calvaire confié à Michel Cann de Plounéventer a été fait de manière originale. Après avoir ceinturé le fût auquel était resté scellé le socle, le tout soulevé fut maintenu en suspens au milieu de l'échafaudage. Cela resta ainsi, tout le temps qu'il fallut pour réorganiser l'assise des degrés du triple emmarchement. On sait que dans cette partie des calvaires les pierres se disjoignent suite à l'envahissement de la végétation et au lavage des joints par les pluies. Il en est qui sont aussi bousculées par des engins lourds qui les accrochent par mégarde. Si on ne remédie pas à ces déplacements, minimes dans les débuts, des désordres graves se produisent qui peuvent entraîner la chute du monument.

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Le dimanche 27 août, l'abbé Kerléguer a procédé à la bénédiction du calvaire dûment consolidé et lavé afin de permettre de mieux en apprécier les sculptures et partant les personnages posés sur es branches.

François Lair du Pèlerin Magazine était présent, ainsi que Alain Denéchaux, président de l'Association Notre-Dame-de la Source, très impliqué dans la sauvegarde de ce qu'on pourrait appeler le petit patrimoine religieux."

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LA FACE PRINCIPALE. LE CRUCIFIÉ ENTRE LA VIERGE ET JEAN. LE CHRIST AU LIEN.

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Le Christ crucifié (kersanton, Roland Doré vers 1630).

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"Les représentations du Crucifié [de R. Doré] sont caractérisées par des corps allongés, aux longs bras  noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes, le Crucifié penche la tête sur le coté droit, les yeux clos. Les pagnes plats sont noués sur le coté gauche. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines. Les crucifix courts dont le canon est à cinq têtes se différencient des crucifix longs  à sept hauteur de tête. " (Le Seac'h)

On remarquera aussi la chevelure qui forme un voile triangulaire de la couronne jusqu'aux épaules.

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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"Dans la manière dont Doré a taillé ce Christ, on remarque un détail difficile à expliquer. Auprès de la grosse tête de clou en relief aux creux de chaque paume, est percée une petite cavité peu profonde. Nécessaire, pour fixer le condamné au gibet quand il s'agit d'un Christ en bois, on ne voit nullement la nécessité de pratiquer ce trou dans un Christ en kersanton. Est-ce un clin d'œil malicieux lancé aux ouvriers du bois affairés dans le même temps sur la charpente de l'église ?" (Y.-P. Castel 1995)

L'explication que je suggère est d'imaginer deux anges placés en diagonale entre les mains du Christ et son torse, et tenant le calice qui recueille le sang des plaies (comme nous en avons tant d'exemples, même s'ils sont rares chez R. Doré) : ces trous servent alors à leur fixation.

Le même détail se remarque sur le calvaire de Seven-Léhart.

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Le calvaire de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain.

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La Vierge au calvaire (anonyme, kersanton, vers 1550).

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Saint Jean au calvaire (anonyme, kersanton, vers 1550).

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Je suis incapable — en partie à cause des lichens — de reconnaître ici l'intervention de restauration de Roland Doré. En tout cas, elle est fort minime, car les belles têtes de saint Jean de ce sculpteur,  très caractéristiques avec des chevelures proches de perruques bouclées, et très vivantes, n'ont rien à voir avec celle-ci.

"Comme beaucoup d'ouvrages du genre, le calvaire de Trévarn a subi les outrages aux temps troublés de la Ligue. Si bien que, comme on le constate en d'autres endroits, le célèbre sculpteur landernéen Roland Doré a été appelé par la fabrique pour refaire entièrement le Christ. Il en profita pour retailler à même le bloc, avec son ingéniosité habituelle, la tête du saint Jean objet d'avaries de la part de gens qui s'arrêtèrent néanmoins leurs marteaux face au visage de la Vierge." (Castel)

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Comparez avec le saint Jean du calvaire de la chapelle de la Magdeleine à Briec : le port de tête fortement inclinée et tournée vers le Christ, le livre sous le bras, le pli du manteau formant une boucle, la ceinture, et, une fois encore, les cheveux en boules, sont identiques.

 

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calvaire de la chapelle de la Magdeleine à Briec

 

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Le Christ aux liens (anonyme, kersanton, vers 1550).

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Cette façon de sculpter en moyen relief un personnage inclus dans le fût, ce qui suppose un débitage important du bloc de pierre initial, est un point commun de nombreux calvaires de Basse-Bretagne.

Le Christ, les bras liés devant le bassin, tient, en dérision de la prétention qu'on lui reproche à la royauté, un roseau en guise de sceptre, sa nudité est recouverte d'un manteau (cape) pourpre, et on l'afflige d'une couronne tressée dans des rameaux épineux. Sa figure devient un exemple de l'abnégation devant les épreuves.

Je ne peux me livrer ici à une iconographie comparée des Christ aux liens de nos calvaires, mais on peut consulter ce travail de Charlotte CIRRET:

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/la-statuaire-du-christ-aux-outrages/4d898a0f-1de3-4efc-bb0e-caa23a953180

https://www.lavieb-aile.com/2021/04/fragments-d-un-calvaire-au-cimetiere-de-la-forest-landerneau.html

https://www.lavieb-aile.com/2020/04/le-calvaire-de-la-chapelle-de-quillidoare-a-cast.html

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Le calvaire de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain.
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Le culot : un masque disgracieux (anonyme, kersanton, vers 1550).

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On peut y voir une figure démoniaque, équivalent des diablotins qui occupent sur de nombreux calvaires le revers des bras des croisillons. 

Ou le vieil Adam ?

Ou, mon hypothèse préférée, l'un des hideux bourreaux ?

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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LA FACE ORIENTALE. UNE DÉPLORATION ENTRE SAINT PIERRE ET SAINT POL AURÉLIEN. DEUX ANGES PORTANT LA COURONNE D'ÉPINES.

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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La Déploration à quatre personnages (kersanton, anonyme, vers 1550).

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Le dos du Christ, déposé de la croix, dépourvu de sa couronne d'épines , repose sur le genou droit de la Vierge, son bassin sur le genou posé à terre de sa Mère, tandis que sa tête est soutenu par une des saintes femmes (Marie Salomé ou Marie Jacobé, au choix). Son bras droit retombe sur les pieds de Marie, sa main gauche est posée sur le pagne. Seule la plaie du flanc nous est montrée.

La Vierge, les bras croisés devant la poitrine, contemple son visage, d'un air grave. Elle porte, comme il se doit, le voile (au pli à peine marqué au dessus du front) et la guimpe.

Comme toujours, c'est sainte Marie-Madeleine qui me séduit le plus. Non seulement parce qu'elle choisit toujours la meilleure part, la plus humble, cette place près des pieds de son Maître, son Rabouni, qu'elle vénère et qu'elle a jadis baigné d'un parfum hors de prix. Mais aussi parce qu'elle brille par son élégance, ses cheveux défaits et longs, forcément blonds, par sa robe au décolleté carré, par son bustier moulé sur la poitrine (pas un pli), ses manches plissées, par sa taille fine soulignée par une ceinture dont la boucle et l'ardillon, tout comme l'extrémité libre qui retombe verticalement, sont soigneusement détaillés  et qui donne le départ de l'éventail du plissé de la robe.

Elle tient une albarelle dotée de son couvercle, et qui contient les aromates destinées à l'embaumement.

Son lourd manteau a glissé de ses épaules et est retombé au dessus de ses reins. Ce détail n'est pas anecdotique, puisqu'il s'agit d'une des caractéristiques de Madeleine au pied de la Croix des calvaires sculptés par les Prigent.

Voir le dernier article qui donne à voir ce détail et en recense l'iconographie :

https://www.lavieb-aile.com/2021/04/le-calvaire-du-cimetiere-bas-de-la-forest-landerneau.html

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Ne confondez plus les Déplorations et les Pietà :

 

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Le visage de la sainte femme (kersanton, Roland Doré, vers 1630).

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Il pourrait servir d'archétype de l'art doréen, avec ses paupières soulignant d'un double trait leur forme en amande acérée, ses yeux en drupe et ses pupilles creuses, son nez à la tige fine s'évasant en triangle, sa bouche petite, concave et lippue ou son menton pointu. C'en est en tout cas un bel exemple.

Une fissure en diagonale la menace.

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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La Vierge.

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Marie-Madeleine.

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Les anges nus présentant la couronne d'épines sur le nœud du croisillon (kersanton, anonyme, vers 1550).

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Ce tableau faisait l'admiration de l'abbé Castel :

"Érigé dans les années 1550, le calvaire de Trévarn, traditionnel comme tout calvaire analogue, montrait néanmoins une trace de modernité, dans le couple de jumeau qui tient la couronne d'épines au revers du nœud. Les anges médiévaux aux longues tuniques bien plissés ont laissé place ici à des putti ailés entièrement nus, bien dans le ton de la Renaissance et de l'âge classique qui s'annonce."

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Saint Pierre en pape portant la tiare (kersanton, anonyme, vers 1550).

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Saint Pol Aurélien tenant le dragon en laisse avec son étole (kersanton, anonyme, vers 1550).

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On connait sans-doute la légende selon laquelle Pol Aurélien, né au pays de Galles et ayant traversé la Manche pour évangéliser l'Armorique, débarrassa l'île de Batz et la région de Roscoff du dragon qui l'infestait, métaphore du paganisme, en l'asservissant de son étole. Il deviendra le premier évêque du diocèse de Saint-Pol-du-Léon au VIe siècle.

Vous pouvez réviser en lisant mon commentaire sur la jouée des stalles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon : vous y trouverez le texte des Vita du saint.

https://www.lavieb-aile.com/2017/12/les-jouees-des-stalles-du-choeur-1504-1520-de-l-ancienne-cathedrale-de-saint-pol-de-leon.html

Le dragon est ici un peu confus (où est la queue, où est la tête, mais l'étole est facile à trouver.

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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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LES STATUES ENCADRANT L'ENTRÉE. SAINT ANTOINE ET SAINT SÉBASTIEN.

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Saint Antoine (kersanton, atelier Prigent, vers 1550).

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Je ne reviens pas sur cette statue : voir :

L'enclos paroissial de Dirinon VIII: la statue de saint Antoine par les frères Prigent (XVIe siècle).

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Saint Antoine (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Saint Antoine (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Saint Antoine (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Saint Antoine (kersanton, atelier Prigent, vers 1550) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

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Le supplice de saint Sébastien (anonyme, XVIe siècle).

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Saint Sébastien (kersanton) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Saint Sébastien (kersanton) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Saint Sébastien (kersanton) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

Saint Sébastien (kersanton) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.

SOURCES ET LIENS.

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CASTEL (Yves-Pascal), 8 avril 1995 “1120 Découverte de la Bretagne, le Calvaire de Trévarn... 08.04.95.,” Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon  

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/bc9edb4c78f76877bd9fc64969d3156d.jpg

CASTEL (Yves-Pascal), 27 mai 1995, "Pardon de Trévarn", ” Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon  

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a5b5f3314e1a49964fee1ff6317e18b4.jpg

CASTEL (Yves-Pascal), 9 septembre 1995, "Bénédiction du calvaire de Trévarn", ” Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon  

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c0c5e3b1025c5786ed4273ea02f2e446.jpg

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Saint-Urbain

https://www.saint-urbain.com/patrimoine-historique/patrimoine

CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.  numéro 69 de la revue Minihy-Levenez de juillet-août 2001. L'auteur y étudie une centaine de Pietà et de Déplorations.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/204bbff59e0b1d6cf65264a34d22701f.pdf

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice de Saint-Urbain

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/185205eb407bd5b842b7d8155b41425a.pdf

 — DANIEL (Tanguy), 2003, La sauvegarde de l'art français , cahier · Numéro 16 - Page 161

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/saint-urbain-chapelle-notre-dame/

"La commune de Saint-Urbain, située à quelques kilomètres au sud de Landerneau, a été constituée, lors de la Révolution, par la réunion de deux trèves détachées de la paroisse de Dirinon et devenues communes en 1790 : la trève de Saint-Urbain et la trève de Trévarn. En 1792, la commune de Trévarn fut rattachée à Saint-Urbain. Après le Concordat, Saint-Urbain devint paroisse, Trévarn n’étant plus que simple chapelle, dédiée à Notre-Dame.

C’est son statut d’ancienne église tréviale qui explique sans doute l’importance de cette dernière. L’existence d’une église en ce lieu est attestée depuis le Moyen Âge : en 1219 est mentionnée là une ecclesia sancti Baharni (nom de saint obscur) ; en 1324, le village portait le nom de Treffbarn. Ultérieurement, l’église fut dédiée à Notre-Dame-de-Pitié. Aujourd’hui, le placitre est entouré d’un mur d’enclos que l’on franchit par une ouverture encadrée de deux piliers supportant les statues en kersanton de saint Sébastien et de l’ermite saint Antoine. Un calvaire du XVIe s. porte une représentation du Christ aux Liens, une autre du Christ en Croix, le groupe d’une Pietà et, sur les extrémités de la traverse, deux saints dont saint Pierre. Les têtes du Christ en Croix et d’une sainte Femme, dont le style diffère de celui des autres, portent la marque de l’atelier du sculpteur landernéen Roland Doré (première moitié du XVIIe siècle). Hors de l’enclos, une fontaine de dévotion est l’indice, très vraisemblablement, de l’origine ancienne du lieu de culte.

L’église, en pierre de Logonna aux chaudes couleurs, a été construite à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe s. (plusieurs inscriptions portent les dates de 1666, 1683, 1700, 1701, 1719), selon un plan simple de croix latine, avec une abside à pans coupés. La façade occidentale est très dépouillée : un grand mur-pignon dans lequel s’ouvre un portail en plein cintre avec entablement en faible saillie, reposant sur deux colonnes en kersanton, le tout surmonté d’un clocher à une seule galerie, deux chambres de cloches et une courte flèche. Du côté sud, le transept fait une énorme saillie sur le mur gouttereau : de façon inhabituelle, il est percé d’une grande fenêtre et d’une porte en plein cintre datée 1700, (dont l’agrafe représente un angelot) ; elle est flanquée de deux pilastres ; son fronton cintré abrite une statuette de la Vierge. Une porte identique s’ouvre sur la nef, mais l’agrafe est ici constituée d’une simple volute. Une petite sacristie d’angle a été construite entre le bras sud du transept et le chevet.

Les travaux récents n’ont pas encore permis la remise en place de la totalité du mobilier. Le maître-autel en tombeau galbé n’est plus surmonté du retable qui datait de 1781 ; le groupe de la Pietà à quatre personnages, en bois polychrome (XVIIe s.), ainsi qu’une statue de saint Étienne, revêtu de sa dalmatique de diacre, tenant d’une main la palme du martyre et de l’autre les pierres de sa lapidation, reposent sur le plancher du chœur. La chaire à prêcher a été démontée, et une partie de ses éléments sont remisés dans le bras nord du transept, où un autel est surmonté d’un grand retable du Rosaire, en bois polychrome : dans le corps central, le tableau qui représentait l’Enfant Jésus debout sur le globe du monde, a disparu – il avait lui-même succédé à une représentation du groupe du Rosaire -, mais subsistent treize médaillons sur les quinze traditionnels, et une longue inscription en breton, datant du xixe siècle : Ra zeuio en hano Jesus / Peb glin da staouet en ÂÂ / var an Douar ac en ifern / a ra zeui peb Teod da anzao / penaus on autrou Jesus Christ / a so asezet e gloar Doue an Tad (« Qu’en vienne, au nom de Jésus, / chaque genou à plier, au ciel, / sur la terre et en enfer, / et qu’en vienne chaque langue à reconnaître / comment Notre Seigneur Jésus-Christ / est assis dans la gloire de Dieu le Père ») ; de part et d’autre, des niches encadrées de colonnes torses à pampres abritent, à gauche un groupe de sainte Anne et de la Vierge portant l’Enfant Jésus, à droite un groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (groupe qui, à l’origine, ne figurait probablement pas dans ce retable, puisqu’on peut lire sous la niche le nom de Joseph) ; chacune de ces niches est elle-même surmontée d’une niche plus petite servant de cadre à des statuettes d’évêques non identifiés.

Le reste de la statuaire, dans le transept, comprend un panneau de bois polychrome représentant l’Ascension, une statue de la Vierge tenant un livre ouvert sur les genoux de l’Enfant qu’elle porte sur le bras gauche (c’est Notre-Dame de Trévarn), et la statue d’un saint non identifié.

Au fond de la nef, près de la porte occidentale, deux bénitiers en pierre : l’un, en forme de vasque ovale décorée d’un angelot et d’un écusson martelé, porte la date de 1666, un autre, de forme cylindrique, celle de 1776 ; une pierre tombale en ardoise remonte à 1719.

D’importants travaux de restauration ont été entrepris au cours de la dernière décennie. Entre 1992 et 1996, avec l’aide d’une association locale, la commune a fait procéder à des interventions sur le clocher et la nef. À cette occasion, de graves désordres sont apparus dans la charpente, et un échafaudage de soutien fut placé dans le chœur ; par la suite, la charpente a été entièrement reprise, en gardant le maximum d’éléments d’origine ; arbalétriers, entraits, voliges, couverture d’ardoises ont été changés.

La Sauvegarde de l’Art français a participé au financement de ces travaux pour une somme de 24 392 € qui ont été versés en 2001. "T. D.

DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes 

— Photos sur Wikipedia 2013

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Saint-Urbain_(29)_Chapelle_de_Tr%C3%A9varn_11.JPG

 

LE GUENNEC (Louis), 1981,  Le Finistère monumental, t. III. Brest et sa région, Quimper, 1981, p. 562-564.

— POP-CULTURE. PA29000036 (2000-2001)

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/AP12R01767

"L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée au 12e siècle : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trêve de Dirinon. L'édifice présente un plan en croix latine avec transept saillant et chevet à trois pans. Sur le bras sud du transept se trouve une petite sacristie de plan carré, greffée à l'est. L'édifice actuel est daté par inscriptions intérieures et extérieures. Les travaux de construction s'échelonnent entre 1682 et 1701. Dans le placître, côté sud, se trouve un calvaire à personnages restauré partiellement par le sculpteur Landernéen Roland Doré vers 1630."

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Chapelles bretonnes. Roland Doré
10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 19:12

Les statues (kersanton, vers 1620-1660) sculptées par Roland Doré au cimetière de La Forest-Landerneau : un saint évêque et Catherine d'Alexandrie.

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1. Voir à La Forest-Landerneau :

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2. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

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PRÉSENTATION.

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Au sommet des rampes de l'escalier qui relie le cimetière bas et le cimetière haut de l'église de La Forest-Landerneau ont été placées deux statues en kersantite dans lesquelles se reconnaît au premier coup d'œil l'art et la manière de Roland Doré, dont l'atelier de Landerneau fut actif à Landerneau entre 1608 et 1663. Elles en ont le visage rond, et le fin sourire qualifié de "doréen" pour ce je ne sais quoi de serein et d'ironique qu'on n'oublie pas.

Occupent-t-elles leur emplacement d'origine, ou bien ont-elles été placées ici en ré-emploi, dans un site riche en calvaires fragmentaires ou remaniés ? En tout cas, elles ne sont pas géminées, et ne proviennent donc pas (a priori) des croisillons d'un calvaire.

Elles ne portent aucune inscription, et aucune archive ne permet d'en préciser la datation. Viennent-elles du même site ? Le faciès du kersanton, gris fin dans les deux cas, ne m'a pas semblé identique (plus jaune pour la Catherine), mais je ne suis pas docteur es géologie. Mes photos rapprochées ne témoignent plus de cette différence qui était convaincante à mon regard in situ.

Ce sont les statues d'un saint évêque, à gauche et de sainte Catherine à droite.

Les pupilles de l'évêque sont creusées, selon un trait caractéristique du sculpteur ayant atteint la maturité de son art. Celles de Catherine ne le sont pas. Est-ce un indice fiable ?

Elles ne sont pas inconnues, et E. Le Seac'h qui les signale en donne un cliché page 209 de son ouvrage ; par contre, elles n'ont jamais été décrites spécifiquement.

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Quoiqu'il en soit, ce sont des œuvres magnifiques, qui confirment une fois de plus du talent du grand Roland. Surtout, ne les loupez pas !

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Statues des piles de l'escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Statues des piles de l'escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le saint évêque.

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Il porte les attributs épiscopaux, que sont la mitre, la crosse tenue à gauche, et le geste de bénédiction. Aucun attribut ne permet de l'identifier parmi les nombreux saints évêques bretons.

Ses cheveux sont longs et tombent sur les épaules. Son visage est d'un ovale très allongé. Les yeux sont comme deux olives dénoyautées entre les paupières saillantes. Le nez, d'abord fin comme une lame, s'évase en narines presque épatées. Le philtrum est visible.  Le sourire doréen, en zig-zag, se reconnaît aux deux fossettes qui creusent les commissures.

La chape, ou manteau, tombe jusqu'au sol, et ses pans sont réunis par un fermail comparable à une sangle, dont le mors est un cabochon prismatique. Il recouvre le surplis au plis fins s'évasant sous le cou comme une petite fraise , et une cotte talaire aux plis plus larges. Le saint, en avançant la jambe droite, fait apparaître en museau de souris la courbe arrondie d'une solide chaussure.

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On peut le comparer aux saints évêques des statues géminées du Passage à Plougastel, de Locmélar d'Irvillac, de Saint-Vendal à Pouldavid-Douarnenez (où un poisson permet d'identifie saint Corentin),  de Saint-Nicodème de Ploéven et de la chapelle Seznec de Plogonnec (voir liens supra).

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Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint évêque, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sainte Catherine d'Alexandrie.

Roland Doré a représenté cette sainte ici, ainsi que sur le calvaire de Pen ar Feunteun de Guiclan, et sur celui de la chapelle de Sainte-Anne-du Portzic à Plonévez-Porzay.

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Elle porte une couronne à larges fleurons, des cheveux bouclés, et tient ses attributs, l'épée de sa décollation dans la main droite, pointe en haut vers la poitrine, et la roue équipée de lames, mais brisée, dans la main gauche. Elle est vêtue d'un manteau, qui s'entrouvre sur une robe serrée très haut sous la  poitrine par une ceinture. Elle est cambrée et projette le ventre vers l'avant, selon la mode dont témoignent les Vierges gothiques.

Son visage est vraiment rond (et non ovale comme celui de l'évêque), mais le sourire caractéristique est bien là, animant une bouche petite entre les parenthèses des sillons naso-géniens.

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Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Catherine, (kersanton, Roland Doré, v.1620-1660), escalier du cimetière de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1910, "Notice sur La Forest-Landerneau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Quimper, Kerangal. 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/60798cc0c60ed80e4fbabd1443d17155.pdf

— CASTEL ( Yves-Pascal) 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux, exposition au Musée des Jacobins de Morlaix, conservatrice Françoise Daniel.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_233/roland__dore__et__les_enclos__paroissiaux.pdf

 

— CASTEL ( Yves-Pascal), 1985, « Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du xviie siècle) », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome 94, pages 97-116.

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LA FOREST-LANDERNEAU, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7fe6b104461be9db56d8ced2650d285a.pdf

"Près de l'église, calvaire : base rectangulaire à pinacles gothiques, croix des larrons sur le croisillon"

—— COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton" Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc t. LXXXIX, 1961 p. 1-45. 

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Roland Doré
3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 23:48

Le calvaire monumental (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec, et Roland Doré) de Saint-Thégonnec.  I. Les 41 personnages (Passion et Résurrection) du socle.

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Sur Saint-Thégonnec, voir :

 

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Sur les calvaires, voir :

— Ateliers du XVe et début XVIe siècle :

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— Atelier Prigent

 

—Atelier du Maître de Plougastel.

 

— Atelier du Maître de Saint-Thégonnec (selon Castel et Le Seac'h)

 

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— Atelier de Roland Doré.

 

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— Divers ateliers.

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PRÉSENTATION.

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L'un des sept calvaires monumentaux.

On désigne sous le terme des "sept  calvaires monumentaux bretons" sept grands calvaires à nombreux personnages "jouant" la Passion au pied de la croix. Six d'entre eux sont en Finistère, seul celui de Guéhenno est en Morbihan.

-Tronoën en Saint-Jean-Trolimon (14501470). Granite. Mace rectangulaire.

-Guéhenno en 1550. Granite, mace rectangulaire à quatre ailes.

-Plougonven, kersantite, 1554 par Bastien et Henri Prigent. Mace (base d'implantation) octogonale

- Pleyben, kersantite, 1555 par Bastien et Henri Prigent.  Mace octogonale prolongée par quatre ailes,

-Plougastel,  Kersantite, 1602 à 1604, Maître de Plougastel. Mace octogonale prolongée par quatre ailes

-Guimiliau en 1581-1588, Maître de Guimiliau. Mace octogonale prolongée par quatre ailes

-Saint-Thégonnec, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec (et Roland Doré)

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On pourrait ajouter :

-Saint-Vénec à Briec-sur-Odet, 1556, à mace triangulaire (2 massifs triangulaires superposés en étoile)

-Quilinen en Landrevarzec à mace triangulaire (2 massifs triangulaires superposés en étoile). ( granite, fin XVe ? XVIe ?)

-Confort-Meilars à mace triangulaire.

-Cléden-Poher 1575, kersantite. 

-Kergrist-Moëllou 1578 par Guillaume Jézéquel. Mace octogonale

 

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Matériau. Le kersanton.

Les statues du socle sont en majorité en kersanton noir à grain fin , une pierre remarquable par son aptitude à la taille et son étonnante résistance à l'érosion. Mais plusieurs éléments sont en kersanton gris : la Mise au Tombeau ; le Christ aux liens ; la Flagellation ; le Lavement des mains.

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Description générale.

Daté par inscription de 1610, le calvaire de Saint-Thégonnec est le dernier en date des grands calvaires des enclos paroissiaux. 

Sa mace (terme local pour désigner le massif de soubassement) est une maçonnerie de base rectangulaire en granite proposant aux paroissiens un banc de taille basse, puis élevant ses flancs sans aucun décor sculpté, sauf à l'ouest où un "autel" ou table d'offrande est surmonté de la niche abritant la statue du saint patron de l'église.

Les parois de ce massif s'élargissent en une corniche moulurée, contribuant alors à une plateforme où une quarantaine de personnages en costumes Henri III se succèdent, groupés par 3 ou 4, pour donner à voir, comme dans les Mystères médiévaux, la Passion et la Résurrection du Christ.

Sur ce socle se dressent trois croix, celles des Larrons et celle du Christ. Le fût de cette dernière est barrée de deux croisillons, et on y dénombre dix personnages et quatre anges, ainsi que Marie-Madeleine au pied de la Croix. Cet ensemble sera décrit dans le second article.

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Le sculpteur ; éléments stylistiques.

L'auteur anonyme de ce calvaire est nommé par Y.-P. Castel et E. Le Seac'h d'un nom de convention,  "Maître de Saint-Thégonnec". Selon ces auteurs, ce sculpteur a aussi réalisé le calvaire de Saint-Sébastien en Saint-Ségal, datable de 1541-1554 et donc près de 60 ans avant le calvaire de Saint-Thégonnec, ainsi que les deux saints (Yves et François) de l'arc de triomphe de cette chapelle. Ils lui attribuent aussi celui de Locquénolé, près de Morlaix, daté vers 1600.

Le critère stylistique  d'attribution est une certaine "moue triste" des personnages, et l'utilisation de motifs décoratifs classiques (volutes, godrons, agrafes) s'inscrivant dans le courant Renaissance et témoignant de l'influence des motifs décoratifs du château de Kerjean.

"Les personnages ont de grandes oreilles plaquées sur les têtes (Jean de la Mise au Tombeau, Marie-Madeleine au pied de la croix). Leurs visages sont ovales, affichant des barbes taillées en pointe pour les hommes, des nez droits un peu larges, des sourcils arrondis, et une bouche faisant la moue avec des commissures des lèvres tombantes qui voisine avec le rictus dédaigneux." (Le Seac'h p. 288)

Le style du Maître de Saint-Thégonnec a été reconnu aussi (Le Seac'h) :

-dans des vestiges de calvaire de Bourg-Blanc.

-sur l'arc de triomphe de Guimiliau

-sur le grand calvaire de Guimiliau, pour les statues géminées de la Vierge/Pierre et de Jean/Yves

-dans la Marie-Madeleine de la fontaine de Pleyben

-dans la Sainte Pétronille de la fontaine de Ploudaniel

-dans un évêque du fût de la Croas-ar-Vossen de Plougastel

-dans une statue géminée de la croix de la chapelle de Pont-Christ à La Roche-Maurice 

-sur le calvaire du nord de l'église de Saint-Thégonnec

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Les costumes.

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"Un contraste existe entre d'une part, les costumes à l'antique des principaux personnages religieux (Jésus, les Saintes Femmes, Jean, ceux de la Mise au Tombeau) ou des notables (Pilate), et d'autre part les soldats qui sont inspirés de la mode Henri III (1574-1589). Ils sont ainsi vêtus de hauts-de-chausses courts et bouffants à crevés (à petites ouvertures appelées mouchetures — le bon larron — ou à grandes ouvertures appelées taillades : soldats tireurs de corde ou tirant la langue du Portement de croix), à la gréguesque (avec des bandes verticales laissant voir le tissu du dessous pour le mauvais larron, soldat siffleur du Portement de croix) ou moulants avec braguettes proéminentes."

"Les pourpoints sont variés, souvent à col rond, carré ou rabattu et fermé par une rangée de boutons visibles (Portement de croix) ou cachés sous une glissière (Christ aux liens). D'autres s'enfilent simplement par la tête  avec des manches bouffantes remontées très haut sur les bras (Flagellation). Un seul soldat porte un col à fraise (soldat siffleur du Portement de croix). Marie-Madeleine au pied de la croix du Christ et de la pietà bénéficie elle aussi de cette coquetterie. Trois soldats de la Résurrection et le cavalier Longin sont pour leur part revêtus d'armures.

Les tenues sont complétées par des bottes à rabats bien visibles pour les soldats du Christ aux liens et Joseph d'Arimathie. Les couvre-chefs sont de toutes les formes : calotte avec ou sans pompons (soldats du Portement de croix, soldats de la Flagellation), chapeau à fond conique tronqué et à bords relevés (Simon de Cyrène, personnage à la banderole Ecce Homo, Gamaliel) ou chapeau à fond mou (soldat siffleur du Portement de croix), casque à cime (soldats de l'Arrestation, de la Résurrection) ou casque protégeant le haut du crâne appelé cervelière (soldat tirant la langue du Portement de croix), feutre à bord  étroit  (personnage de la banderole de l'Arrestation, Longin) et feutre à bords découpés et arrondis fixés par des boutons et à cime sphérique ([soit-disant] Stéphaton).

Nicodème porte un chapeau plus mou et plus bas. Pilate est coiffé d'un bonnet conique à rebras, qui ressemble à une petite tour carrée et moulurée se terminant par un pompon. Il est vêtu d'une robe à fausses manches dites pertuisées qu'arboraient les hommes de loi, boutonnée sur le buste et recouvrant une tunique talaire.

Un personnage de l'Arrestation est vêtu d'une tenue d'ecclésiastique, un camail par dessus une tunique talaire et il porte un bonnet conique à l'orientale. Le bonnet conique à l'orientale est constitué de plusieurs lobes élevés sur le pourtour du crâne — ici deux — formant des évidements, ici devant et derrière. Il est important de ne pas le confondre avec la mitre dont les cornes se portent devant et derrière, (C. Enlarts, Manuel d'archéologie religieuse 1929). Joseph d'Arimathie est habillé d'une robe ouverte sur lescotés par des fentes dentelées qui recouvre une tunique s'arrêtant plus haut que les genoux. Les femmes sont drapées dans des manteaux enfilés sur des tuniques talaires. La Vierge et Véronique portent une guimpe autour du cou et leurs manteaux leur servent de voile (Saintes Femmes, Vierge de la pietà et de la Mise au Tombeau.)" Le Seac'h p. 288, citant Hélène Remeur 1997)

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Une typologie traditionnelle des costumes et traits des visages, héritée des enluminures depuis le XVe siècle, permettait aux spectateurs de reconnaître par codage quatre groupes : 1. les saints personnages évangéliques proches de Jésus, 2. les pharisiens et plus largement les Juifs, 3. les bourreaux, et 4. enfin les gardes et soldats, romains ou juifs. Ici, les saints personnages sont effectivement sobrement vêtus de robes longues, intemporelles, tandis que les costumes Henri III sont portés par les trois autres groupes, mais le codage est brouillé. Les éléments de reconnaissance des Juifs (bonnets coniques et à oreillettes, franges, barbes et cheveux longs, archaïsme, éléments orientalisants) sont absents ou inconstamment présents, et parfois à mauvais escient (Pilate). Les crevés et taillades ont été introduits par les lansquenets allemands et suisses, avant d'être adoptés par la Cour de France, mais ici, ils sont indifférement distribués aux pharisiens, aux bourreaux et aux soldats lorsqu'ils ne sont pas en armure.

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Datation.

La date de 1610 est très clairement lisible sur le nœud de la croix principale, au dessus de la Vierge à l'Enfant.

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Polychromie.

Le calvaire devait être polychrome à l'origine comme le suggère un compte de fabrique de 1703-1704 où il est fait mention d'une rémunération pour Godefroy de Morlaix et Yvon Thoribé du bourg qui ont peint la grande croix : "[...] disent avoir payé au sr Godefroy de la ville de Morlaix pour avoir peint et estoffer la grande croix de pierre de grain qui est dans le cimetière 102 livres. [...] payé à Yvon Thoribé du bourg pour avoir aydé lors de la peinture de la croix du cimetière 3 livres 5 sols» [...] .  (A.d. 255 G 60) Cité par Guy Leclerc , Les Enclos de Dieu 1996.

Ce Godefroy, maître-peintre à Morlaix, avait fait, avec Bourricquen, la peinture vers 1702 de la Mise au Tombeau de la crypte de l'ossuaire.

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"Ce calvaire a été l’objet d’un acte de vandalisme dans la nuit du 28 septembre 1908. Plusieurs groupes ont été renversés sur le socle et d’autres jetés à terre. Trois sujets : la flagellation, le portement de croix et Jésus souffleté par des soldats, ont même été brisés." (F. Quiniou)

Le calvaire a été restauré en 1970 par l'atelier Marcel Maimponte de Paris, également restaurateur de celui de Plougastel.

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Des bases littéraires bretonnes.

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La Passion.

Cette pratique des Mystères n'était pas abandonnée à la Renaissance, puisqu'en 1530, Yves Quillévéré édita à Paris le Mystère breton de la Passion (Aman ez dezrou an Passion). Cet imprimeur-libraire parisien avait imprimé en latin en  1516 le Bréviaire de Léon et en 1526 le Missel du Léon, c'est dire que cet évêché du Nord de la Basse-Bretagne, à laquelle Saint-Thégonnec appartient comme une majorité d'enclos paroissiaux, n'est pas indifférent à cet imprimeur. On sait qu'il existait à Paris jusqu'en 1610 un Collège de Léon, doté de sa chapelle Saint-Yves-des-Bretons. Ce Collège formait une quarantaine de clercs qui seront abbés, évêques ou à défaut recteurs après avoir obtenu leur bonnet de docteurs.

Tout cela pour souligner que cette Passion bretonne, quoiqu'imprimée à Paris, devait être diffusée dans les couches les plus cultivées du Léon, et on sait que les fabricants et marchands de toile de Saint-Thégonnec n'étaient pas, tant s'en faut, incultes.

Le Mystère de la Passion et de la Résurrection sera réimprimé en 1609, puis  à Morlaix à l'époque baroque en 1622, par Georges Allienne, et suivi de la Buhez Mabden ("La Vie de fils d'homme"), des Pemzec Leuenez Maria ("Les quinze joies de Marie") et du Tremenuan an Ytron Guerches Maria (Le Trépassement de madame la vierge Marie) Le texte est corrigé et amendé par Tanguy Guéguen, prêtre et organiste de Notre-Dame-de-Murs à Morlaix et natif de Saint-Pol-de-Léon. 

 

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Le Stabat Mater.

 

Ce même Tanguy Guéguen a traduit en breton le Stabat Mater sous le titre Ouz hars an Croas ["Au pied de la croix"], et l'a publié à la suite de sa Doctrin an christenien (Morlaix, 1622). Or, ce Stabat Mater est une incitation franciscaine à participer émotionnellement (de cœur) aux souffrances de Marie et de Jean au pied de la croix. Et cette incitation est à la base de l'érection des calvaires en Bretagne.

Voir le texte sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8608266g/f64.item.zoom

Voir la traduction par Y. Le Berre : 

Ouz hars an croas chanté par Yann-Fañch Kemener :https://www.youtube.com/watch?v=_TFiKx9VrtU&feature=emb_logo

https://lyricstranslate.com/en/stabat-mater-stabat-mater.html-1

Tanguy Guéguen a publié aussi l'auteur  en 1623 d'une traduction d’une Vie de saint Yves ,  de deux poèmes acrostiches (1623); et des Nouelou ancien ha devot publiés après sa mort (1650).

À propos du Stabat traduit par Tanguy Guéguen, Y. le Berre écrit que cet auteur assigne à son travail les buts suivants : "faire comprendre à tous les fidèles le message pédagogique qu’ils n’auraient pu recevoir en latin; produire un niveau de langue capable de favoriser la perception du mystique, plus souvent portée par une langue sacrée ; provoquer chez les auditeurs des sentiments d’admiration et d’exaltation esthétiques susceptibles d’entraîner leur adhésion spontanée à l’exécution publique de l’œuvre."

Mutatis mutandis, ce sont sans doute aussi les buts des commanditaires des calvaires des enclos, dans un projet bien plus fin que celui d'éduquer des masses supposées ignares par un "livre d'images". Il  s'agit moins de convertir les foules que de fournir à une communauté un lieu et une scène de participation collective à un exaltant mystère.

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On n'oubliera pas les éléments suivants, que je jetterai en vrac, pour témoigner du  bain culturel et spirituel du Léon et de la frange ouest du diocèse de Tréguier :

-L'existence de l'inscription en vers breton de l'arc de triomphe de Saint-Thégonnec, daté de 1587.

-L'existence à Morlaix d'un couvent de franciscains (Cordeliers), le monastère Saint-François de Cuburien, fondé en 1458,  construit en 1527-1530 et consacré en 1531 par Jean du Largez, abbé de Daoulas. Onze kilomètres séparent ce couvent de l'enclos de Saint-Thégonnec. Christophe de Penfeunteuniou en fut le frère le plus renommé, puisqu'il devint en 1571 général de son ordre. Une imprimerie y aurait fonctionné entre 1575 et 1585. Le fameux Mirouer de la Mort, rédigé en 1519 par Jehan an Archer Coz de Plougonven fut imprimé à Cuburien en 1575. 

-Un couvent de Cordeliers s'installa à Landerneau en 1588.

-La rédaction en 1499 du Catholicon par Jehan Lagadeuc, de Plougonven.

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Vu du coté ouest.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Vu du coté est.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Plan du calvaire monumental de Saint-Thégonnec. Schéma lavieb-aile.

Plan du calvaire monumental de Saint-Thégonnec. Schéma lavieb-aile.

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I. L'AUTEL DU COTÉ OUEST ; LA STATUE DE SAINT THÉGONNEC.

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Dominant la table d'offrande, la statue du saint patron occupe une niche sommaire. Il est vêtu en évêque (chape à fermail, surplis, cotte plissée, mitre et crosse) et il bénit l'assemblée. À ses pieds, un chariot tiré par un animal (loup ? Cerf ? bœuf ? âne ?) rappelle la légende selon laquelle il apporta miraculeusement toutes les pierres  de la construction de l'église. (Cf. F. Quiniou ; cf. la statue du saint sur le clocher-porche (vers 1606) et la niche à volets du bas-coté nord). La tête a été recollée, et des fragments brisés de la hampe ou des plis témoignent des dégâts subis.

La console soutenant la table d'offrande est à godrons divergents et cupules.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Thégonnec (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Thégonnec (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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II. LA PASSION ET LA RÉSURRECTION DE LA PLATEFORME.

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A. LE COTÉ  SUD.

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L'Arrestation. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté sud.

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Le point de départ du récit se trouve à l'angle sud-ouest. On y voit deux hommes tenant un phylactère accompagnés d'un soldat, qui serait le vestige d'une Arrestation du Christ au Jardin des Oliviers après le Baiser de Judas. Ces personnages seraient les grands prêtres chargés de l'arrestation, accompagnés d'un garde l'épée en bandoulière.

Selon F. Quiniou

"À certains groupements, il manque même quelques personnages. Quand ces personnages ont-ils disparu, et à quelle époque, l’ordre des groupes a-t-il été bouleversé ? D’après une tradition encore vivante à Saint-Thégonnec, ce serait lors de l’époque révolutionnaire.

Les officiers municipaux de Saint-Thégonnec, comme bien d’autres d’ailleurs, reçurent une lettre pleine de menaces du district de Morlaix pour n’avoir pas encore abattu les croix qui se trouvaient sur le territoire de la commune.

« 16 Thermidor, an II (3 Août 1794). Je suis instruit que, malgré les diverses instructions que nous avons faites d’enlever les croix qui existent sur votre commune, vous n’avez fait jusqu’ici aucune démarche pour les faire disparaître ; je vous déclare que si, à la prochaine tournée que je ferai dans votre arrondissement, ces restes impurs du fanatisme insultent encore aux yeux des bons citoyens, je serai forcé de vous dénoncer aux autorités supérieures, et vous serez traités comme suspects, et vous savez la honte attachée à cette punition. »

 La municipalité n’exécuta pas cet ordre impie. On peut croire que, si les croix du calvaire sont encore debout, c’est que la chute de Robespierre et la réaction thermidorienne qui en fut la conséquence, arrêtèrent le zèle du district de Morlaix. Quant aux statuettes posées sur le socle du calvaire, la population se chargea elle-même de les faire disparaître. C’est à qui prendrait sa statue pour la soustraire à la haine iconoclaste des sans-culottes. Lorsque revint le calme, on vit le calvaire se reconstituer comme par enchantement. Les statuettes remontèrent de nouveau sur leur socle, et la reproduction des groupes se fit tant bien que mal. Quelques personnages de ces groupes furent même si bien cachés, qu’il fut dans la suite impossible de les retrouver."

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On remarquera sur ce cliché les deux faciès de kersanton.

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Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ aux outrages. Kersanton, Roland Doré, vers 1625-1632, coté sud.

Datation : Roland Doré a sculpté pour le porche de l'église plusieurs statues, dont deux sont datées de 1625 et de 1635. Sa carrière autonome débute en 1618, et son style ne s'affirme avec maîtrise qu'à partir de 1624. 

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"Roland Doré a ajouté au calvaire réalisé en 1610 la célèbre scène du Christ aux outrages. Les deux soldats qui encadrent le Christ sont traités avec une parfaite symétrie, les mains levées à hauteur d'épaules, prêts à frapper. Ils tirent sur une corde qui lie les  mains du Christ sur le devant. La position de leurs pieds est la même. Seuls les bas des pourpoints diffèrent : en pointe pour l'un, en rond pour l'autre. La fermeture du vêtement est aussi traitée différemment sur le milieu, par un bord droit ou par un bord dentelé et arrondi. Les coiffures des soldats changent d'un personnage à l'autre : barbu et les cheveux frisés à la droite du Christ et pour l'autre imberbe, une mèche rassemblée sur le front. Les bas-de-chausses sont collants, resserrés aux genoux par des boutons et avec une braguette proéminente. Entre les deux, Jésus se tient droit et impassible, les yeux ceints d'un bandeau. À sa droite, le soldat serait la caricature d'Henri IV, assassiné en 1610, l'année de l'érection du calvaire de Saint-Thégonnec." (E. Le Seac'h p. 215)

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On notera les pupilles creusées, caractéristiques de la maturité de Roland Doré (bien qu'on les retrouvera sur d'autres personnages de ce calvaire, sur l'Ecce Homo).

Remarque. J'ai respecté la dénomination d'usage, employé par Y.-P. Castel puis par Le Seac'h, mais elle peut faire l'objet de discussions dont voici les éléments.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/la-statuaire-du-christ-aux-outrages/4d898a0f-1de3-4efc-bb0e-caa23a953180

https://patrimoine.bretagne.bzh/decouvrir/les-christ-aux-outrages-memoire-universitaire-et-inventaire/

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La même scène, où le Christ est frappé par les bourreaux tandis qu'il a les yeux bandés,  est représentée sur le calvaire de Plougastel (Maître de Plougastel, 1602-1604).

https://www.lavieb-aile.com/2020/04/sortir-d-une-epidemie-le-calvaire-de-plougastel.ii.html

Elle résulte d'un vaste iconographie (enluminures, vitraux, etc.)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f57.item.zoom

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Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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B. LE COTÉ EST.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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La FlagellationKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

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"Dans la scène de la Flagellation de la face est, la violence est contenue dans la gestuelle des bourreaux. Jésus, en pagne et le visage impassible, est encadré de deux soldats. Le premier l'empoigne par les cheveux en lui tirant la langue, un fouet à la main. Le second lui tourne le dos en serrant la corde relié à ses mains nouées dans le dos. Le jeu de jambes des soldats contraste avec l'impassibilité du visage du Christ. L'un lève le pied, alors que ceux de l'autre sont tournés vers l'intérieur." (Le Seac'h)

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Je remarque les yeux globuleux, mais aux paupières ourlées; les lignes sinueuses des rides du front ; les barbes taillées en pointe. Ce sont des éléments que nous retrouverons.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Ecce HomoKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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"À coté, un pharisien, les rouleaux de la loi à la main, proclame : ECCE HOMO". Le Christ, les mains liées, se tourne vers lui, portant la cape royale et la couronne d'épines. Il semble manipulé comme un pantin, le corps déséquilibré par le soldat qui le pousse en avant." (Le Seac'h)

 

Le pharisien est coiffé du bonnet conique serti d'un turban.

Je  remarque les pupilles creusées des personnages. Faut-il attribuer ce groupe à Roland Doré ?

Voir aussi les traces de polychromie ocre.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le Lavement de main de Pilate. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

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Pilate, assis, se lave les mains dans un bassin qu'un serviteur remplit en levant très haut son broc tout en proposant au gouverneur de la Judée une serviette  sur son avant-bras droit.

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Ponce Pilate est coiffé d'un bonnet conique à rabats ; son visage aux cheveux longs et à la barbe longue est marqué de rides frontales. Il porte un robe à rangée de boutons ronds, et aux manches à crevés, recouverte d'un camail.

Son serviteur, à la barbe taillée,   est coiffé d'un bonnet plat ; il porte des hauts-de-chausses ajustés en collants.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

 

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Ecce Homo (2) : le Christ présenté à la foule. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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"Ensuit, Jésus, après sa condamnation, est amené par deux soldats au visage grave, pour l'un, et exprimant une certaine bêtise, pour l'autre. Il est habillé d'une grande robe longue. " (E. Le Seac'h)

 

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Le Christ est couronné d'épines ; sa bouche est entrouverte, sa barbe taillée en pointe. L'ouverture de sa robe se ferme par un unique bouton rond grâce à une patte  en S bien connue des ateliers de taille du kersanton depuis le XVe siècle, notamment pour les statues des apôtres. Ses mains sont liées par deux tours d'une corde épaisse. Son hiératisme, qui témoigne de son courage face aux bourreaux, est atténué par l'avancée de la jambe gauche, fléchie, qui donne aux plis de la robe une discrète ondulation.

Les deux gardes sont coiffés d'un bonnet rond assimilable à un casque. Les narines larges, les lèvres épaisses, le menton retroussé, les paupières supérieures plissées et les rides horizontales du front du premier participent de la caricature soulignant la bestialité cruelle des bourreaux. Ils portent une veste fendue en avant et courte, un peu comme le chupenn breton, et des braies plissées (ou fendues ?) semblables aux bragou ;  les jambes sont protégées par des houseaux.  Les braguettes rembourrées sont peut-être un peu démodées au début du XVIIe siècle. 

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Marie, Jean et Marie-Madeleine lors de la Montée au Golgotha . Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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Ce groupe de trois personnages associe Marie-Madeleine (très élégante, aux cheveux longs et libres, au pan de manteau retroussé vers le poignet droit,   et qui tient son flacon de parfum), saint Jean ( beau, jeune et imberbe, à la chevelure en mèches solaires, pieds nus, portant la robe à bouton rond et patte en S déjà signalée) qui soutient Marie (voilée, portant la guimpe, les mains jointes).

C'est un très beau groupe, et le visage de Marie-Madeleine (tête recollée) est d'une finesse remarquable. E. Le Seac'h a été frappé par son "drôle de sourire vague aux lèvres". Sans doute l'artiste voulait souligner son charme en évitant de la faire grimacer de chagrin.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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C. LE COTÉ NORD.

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Le Portement de Croix. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté nord.

Sainte Véronique.

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Sept personnages en trois groupes sont réunis par la diagonale de la croix, puis par la corde à laquelle le Christ est lié.

En premier (et appartenant encore en partie à la face ouest) est figurée sainte Véronique présentant à la foule le voile avec lequel elle a essuyé le visage en sueur et ensanglanté du Christ ; et ce voile porte l'empreinte, l'image vraie du supplicié.

La sainte porte un long manteau qui n'attire pas l'attention, alors  que les traits dramatiquement attristés de son visage concentrent toute l'expressivité du personnage. La tête est voilée, le cou entourée d'une sorte de fraise.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le deuxième personnage est Simon de Cyrène, qui a été requis pour aider le Christ à porter la lourde pièce de bois.  Son chapeau, sa barbe et son manteau long tentent peut-être de souligner qu'il s'agit d'un monsieur lambda, un brave passant, qui revenait des champs et passait par là ; sa seule particularité est être originaire de Cyrène, ville d'Afrique du Nord, mais on comprend bien que cela ne puisse fournir un "type" capable de le caractériser. On le reconnait néanmoins car au lieu d'être impliqué activement dans la scène, il n'y figure que du bout des doigts, le corps un peu en retrait, et le regard ailleurs.

Il faut, pour imaginer comment les gens regardaient ces saynètes,   avoir en tête le texte (que les paroissiens connaissaient peut-être par cœur, si c'était leur rôle) de la Passion en breton. En voici la traduction par Y. Le Berre, pour cette scène :

 

— Gadifier (l'un des soldats, s'adressant à Simon) : "Celui-là n'en peut plus. Eh, mon gars, au lieu de passer ton chemin, fais donc un crochet par ici!"

—Simon de Cyrène : "Pour quoi faire, mon Dieu ?"

— Dragon (autre soldat) : "Prends cette croix-là, bonhomme, Donne un coup de main à cet homme qui n'en peut plus."

— Simon : "Moi ? Sauf votre respect, je ne veux point le faire."

— Bruyant : "Tu ne veux pas ? Tu vas le faire, ou je te casse le nez"

— Simon : "Vous n'avez qu'à la porter, vous, si ça vous plaît. Moi, je n'y toucherai pas ; c'est tout !"

— Bruyant : "Tu vas la prendre sur ton dos, maraud ! Et tiens ça ! Tu en veux une autre ?"

— Simon : "Malheur à moi ! Ce serait une grande honte [de toucher à cette croix]"

— Dantard : "Allons, allons, avance ! Fais ce qu'on te dit"

— Simon : "Ah ! Il va bien falloir que je la porte, hélas !"

— Gadifier : "Oui, et illico !"

—Simon : "Bon, donnez moi la croix, maintenant. Elle a beau être fort conséquente et fort grande, j'arriverai sûrement à la porter. Mettez-la moi donc vivement (sur le dos). que je l'emporte sans traîner sur la hauteur, en dehors de la ville. Oh oh, j'ai beau être costaud, elle pèse son poids ! J'ai eu tort de croire que je serais capable de porter aujourd'hui un poids pareil jusqu'en haut. Je ne tiens plus ! Laissez-moi ici, parce que, là, je suis rendu. !"

—Dragon : "Allons, allons, maraud, marche, marche !"

— Simon : "Alors, là, si vous me donnez des coups, je n'avancerai pas, j'en serai bien incapable. Vous avez tort de me presser. Laissez-moi me reposer un petit peu, ou je vais tomber sous la charge. J'ai la tête qui tourne ; je n'en puis plus."

— Bruyant : " Redresse-toi, ou je te torche le nez !"

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Vient ensuite le soldat qui frappe du pied le Christ tombé à terre, une anecdote que les artistes  manquent rarement de représenter. Il porte un casque rond, une tunique à manches courtes et à encolure fermée par la patte en S et à bouton rond, et des chausses à deux motifs de crevés. Il tire la langue vers le condamné.

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Son voisin menace le Christ de son gourdin (ou de son fouet). Si on interprète le pompon de son casque comme un plumet, c'est peut-être un officier. Sa veste est boutonnée jusqu'en bas.

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Devant lui, un autre soldat, arc-bouté, tire violemment sur la corde pour inciter le Christ à se relever.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Enfin, en tête, un soldat tient un épais bâton et porte la main à la bouche, pour crier (ou siffler) un ordre. Sa culotte à la braguette généreuse est bouffante et ornée de crevés ; sa veste boutonnée est serrée par une ceinture, et enfin il porte une fraise.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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D. LE COTÉ OUEST.

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La Mise au TombeauKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté ouest.

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Sous cette dénomination d'usage, il faut plutôt voir ici l"Embaumement du corps du Christ sur la pierre de l'onction", pour reprendre l'analyse que Nicole Reynaud a donné de l'enluminure des Heures d'Etienne Chevalier par Jean Fouquet.

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Jean Fouquet, Heures d'Etienne Chevalier v.1452-1460.

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En effet, nous n'assistons pas à une scène, active, de descente du corps du Christ dans le sépulcre "taillé dans le roc" Jn19:41, (comme ici ou )  mais au recueillement, passif, de huit personnages autour du corps placé sur un linge plissé. Joseph d'Arimathie vient de lui ôter la couronne d'épines et Nicodème s'apprête à le couvrir d'un linceul. Outre Marie-Madeleine — dont c'est l'attribut —, un second personnage tient un flacon d'onguent destiné à l'embaumement. Il s'agit sans doute de Gamaliel, oncle de Nicodème selon l'évangile apocryphe éponyme. Voir ma discussion sur ce personnage ici:

Voir La Mise au Tombeau (calcaire, v.1500) de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

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Nous avons donc de gauche à droite : Joseph d'Arimathie ; une Sainte Femme ; Marie-Madeleine ; Jean soutenant Marie ; une Sainte Femme (ou le jeune Abibon fils de Gamaliel, car le bonnet ne correspond pas au voile habituel des saintes femmes) : Nicodème.

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Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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COMPARATIF.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Sortie du Tombeau : la Résurrection. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté ouest.

 

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"La résurrection est traitée beaucoup plus simplement qu'à Guimiliau et se rapproche davantage de celle de Plougastel-Daoulas, sensiblement contemporaine. " (E. Le Seac'h)

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Le Christ ressuscité enjambe la margelle. Il porte au dessus du pagne le grand manteau (rouge) témoignant de la gloire de la Résurrection, et il tenait jadis en main gauche la hampe de l'étendard de sa victoire dur la Mort. Il est barbu, bouche entrouverte, le front plissé. Les stigmates sont peu ou pas visibles.

De chaque coté, les deux soldats chargés de veiller le corps se sont endormis. Leur lance est brisée. Ils portent l'armure et le casque.

Un autre soldat, également en armure complète et casqué,  est allongé sur le devant du tombeau, lui aussi profondément endormi, les jambes pliées, tenant une hallebarde. 

Derrière le tombeau, deux hommes sont casqués, mais en habit civil ; et l'un d'entre eux lève les yeux, comme émerveillé ou ébloui par le Christ.

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Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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COMPARATIF. Cliquer sur l'image.

 

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Calvaires de Plougonven (1554) et Pleyben (1555) par l'atelier Prigent.

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L'atelier Prigent a réalisé une Sortie du Tombeau pour les deux calvaires monumentaux de Pleyben et de Plougonven (tous les deux restaurés). La cuirasse des soldats est à deux facettes formant un angle sternal, comme pour le soldat assis de Saint-Sébastien.

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Sortie du Tombeau, calvaire de Pleyben (1555, Prigent). Photographie lavieb-aile.

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Sortie du Tombeau, calvaire de Plougonven (Prigent, 1554). Photographie lavieb-aile.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Calvaire attribué par Y.-P. Castel au Maître de Saint-Thégonnec et daté de 1541-1554.

 

 

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile.

 

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Calvaire de Plougastel, Maître de Plougastel 1602-1604

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

 

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1902,  Les croix et les calvaires du Finistère, Bulletin monumental 66 pp. 176-209

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

CASTEL ( Yves-Pascal) 1956 Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

CASTEL ( Yves-Pascal) 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux, exposition au Musée des Jacobins de Morlaix, conservatrice Françoise Daniel.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_233/roland__dore__et__les_enclos__paroissiaux.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne croix et calvaires, Kroaziou ha kalvariou or bro, Minihi Levenez, Saint-Thonan, 1997, ISBN 2.908230.09.7

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9374

CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez Saint-Thonan, n°92.,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1998, les larrons en Bretagne , articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a36ed6ce279ecec1b3fb8aff74cf6302.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f102406c740df26fa859695c87b46090.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/512240fd9710421f0c9c5f3960a6a552.jpg

CASTEL ( Yves-Pascal), 1985, « Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du xviie siècle) », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome 94, pages 97-116.

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

— DEBIDOUR (Victor H.) 1954, Grands calvaires de Bretagne ed Jos Le Doaré.

 

DE L'ORME (A.), 1900, Saint-Thégonnec, in L'art Breton du XIIIe au XVIIIe siècle. Bulletin de la Société archéologique de Brest p.103 à 123. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076565/f100.item

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— ENLART (Camille), 1929, Manuel d'archéologie religieuse 1929 tome II et III

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36492m.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3041444j/f12.item

— GAUTHIER (Joseph Stany), 1944, Croix et calvaires de Bretagne.

GRUYER Paul, 1930 ? Les calvaires bretons, Paris : H. Laurens (Paris), 64 p

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/57074072b6d66d3a38320a0005bb8854.pdf

— LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, UBO CRBC.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

—Hélène Remeur a consacré un mémoire de maîtrise (UBO, Brest, 1997) à l'Étude des costumes dans les grands calvaires bretons. Mais je n'ai pu consulter ce document de deux volumes (120 +113 pages) illustrés.

ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p

— Site  Les 7 calvaires monumentaux

http://www.7calvaires.fr/saint-thegonnec/

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Calvaires Kersanton Roland Doré
18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 11:46

Les statues (kersanton, Maître de Plougastel v. 1610 et Roland Doré 1625 et 1635)  du clocher-porche sud de l'église de Saint-Thégonnec.

 

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Peut-être ignorez vous, Monsieur, que dans notre pays on cultive les statues. (Jacques Abeille)

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Sur cet enclos paroissial de Saint-Thégonnec, voir :

 

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Sur les porches de Basse-Bretagne (ordre chronologique):

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PRÉSENTATION.

Entre le début de construction de l'église actuelle en 1563, pour son clocher ouest, jusqu'à 1716, la construction de l'enclos  a duré 153 ans. 

En 1587 s'élève l'entrée triomphale, inspirée des traités architecturaux de Serlio, Philibert de L'Orme ou d'Androuet du Cerceau, et de l'atelier du château de Kerjean (Saint-Vougay), tout proche.

En 1599 débute, comme en témoigne l'inscription du bénitier de l'intérieur du porche,  la construction d'un porche sud surmonté d'un clocher de 43 mètres de haut. En 1605 (inscription au dessus de l'agrafe) le porche proprement-dit est achevé, et l'année suivant, le premier étage est terminé, puisque le cadran solaire du contrefort oriental, à la hauteur de la statue de saint Thégonnec, porte le chronogramme 1606.

La construction de ce clocher s'achève en 1637. Deux contreforts en équerre (et non plus en diagonale ouvrant le porche en éventail comme à Pencran et Guimiliau) montent jusqu'à la plateforme. Les deux étages de colonnes sont surmontées, tel un arc de triomphe, par un fronton fait d'un oculus entouré de volutes. Huit niches à dais Renaissance, à étages de colonnes et lanternons, accueillaient des statues, mais quatre sont actuellement vides.

 

La tour est intégrée, entre 1652 et 1656, au bas-coté sud lors de l'élargissement de celui-ci.

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PLAN.

I. ATELIER DU MAÎTRE DE PLOUGASTEL (LANDERNEAU 1570-1621).

Saint-Thégonnec, niche centrale du porche extérieur, kersanton.

Saint Nicolas, niche centrale du contrefort droit du porche extérieur, kersanton.

Saint Pierre, première niche à gauche du porche intérieur, coté droit.

L'agrafe feuillagée du porche (hors atelier ?).

Les colonnes du porche (hors atelier ?).

 

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II. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663)

Vierge de l'Annonciation, niche intérieure du contrefort gauche du porche extérieur, kersanton.

Ange de l'Annonciation, niche intérieure du contrefort droit du porche extérieur, kersanton.

Saint Jean l'Evangéliste, niche du contrefort gauche du porche extérieur, kersanton, 1625.

Saint Jean comme Apôtre, 6ème niche à gauche du porche intérieur, coté droit, kersanton.

Saint Jacques le Majeur,  6ème niche à gauche du porche intérieur, coté gauche, kersanton.

Saint Thomas,  1ère niche à gauche du porche intérieur, coté gauche, kersanton.

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L'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

L'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Éléments de datation. 1599, 1605, 1606.

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Bénitier intérieur (kersanton, 1599) du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Bénitier intérieur (kersanton, 1599) du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Agrafe et date de 1605 du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Agrafe et date de 1605 du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Cadran solaire (kersanton, 1606).

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Dans ce cadran carré, 15 rayons désignent les chiffres 7 6 5 4 3 2 1 (à droite)  et 5 6 7 8 9 10 11 12 (à gauche). Ces chiffres sont placés dans un cartouche périphérique délimité par une fine réglure.

Au sommet de ce cartouche, les chiffres 1.6.0.6. indiquent la date.

Le cadran occupe l'angle du oriental du contrefort.

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Cadran solaire (kersanton 1606) du contrefort oriental du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Cadran solaire (kersanton 1606) du contrefort oriental du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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I. ATELIER DU MAÎTRE DE PLOUGASTEL (LANDERNEAU 1570-1621).

Saint Thégonnec, niche centrale du porche extérieur, kersanton, vers 1610.

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Le saint patron de la paroisse est représenté en évêque, bénissant et marchant jambe droite en avant comme dans une procession épiscopale.

Ce qui le distingue de tout autre saint-évêque de Basse-Bretagne (où ils sont innombrables), c'est le chariot tiré par deux bœufs que nous voyons devant son pied droit.

On reconnaît la manière du Maître de l'atelier de Landerneau, qualifié d'hiératique ou d'austère : sous un grands front bombé, "les yeux globuleux participent à la gravité qui sacralise les visages" (Castel), tandis que la pose figée du personnage est accentuée par la rectitude des plis tuyautés du surplis.

Le nom de saint Thégonnec — Quonoc, Toquonoc, sanctus Tonochus, est attesté dès le IXe siècle, et la Vie de saint Pol Aurélien, écrite en 884, fait de lui l'un des principaux disciples du fondateur du diocèse de Léon. C'est une forme familière de Conoc, aujourd'hui Conec, qui a formé Plogonnec, Saint-Egonnec, Saint-Connec alias Saint-Conogan. (Bernard Tanguy)

Il est invoqué ici pour la préservation des récoltes, et une niche à volets de l'intérieur de l'église décrit les scènes de sa vie, et sur le volet de gauche se voient deux paysans amenant, chapeau à la main, un cerf attelé à une charrette.

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Niche à volets de la vie de saint Thégonnec, église de Saint-Thégonnec. Photo lavieb-aile

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Mais sur le calvaire de 1610, l'animal est un loup (et cette tradition a été reprise sur le vitrail de 1904 racontant "comment saint Thégonnec fit trainer par un loup des pierres pour la construction de son église").

Les deux bêtes à cornes (ou à longues oreilles pointues) sont attelées par un collier d'épaule (et non un joug) à un chariot à deux roues, qui porte un tombereau.

La date de 1610 pour cette statue est proposée par Y.-P. Castel, mais on peut suggérer aussi la date de 1606 indiquée par le cadran solaire. 

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Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Thégonnec, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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II. ATELIER DU MAÎTRE DE PLOUGASTEL (LANDERNEAU 1570-1621).

Saint Nicolas, niche centrale du contrefort droit du porche extérieur, kersanton, vers 1610.

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Ce saint Nicolas répond à l'iconographie traditionnelle où il est représenté en évêque (mitre, crosse, chape) avec à ses pieds le baquet d'où émergent les trois enfants (ou clercs) ressuscités, les mains jointes et le visage tourné vers le ciel.

Il est installé dans une niche polygonale à clocheton soutenue par deux colonnes (granite gris de Plounéour-Ménez. La niche de droite, identique, est vide. 

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Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Nicolas, clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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IIbis. L'agrafe feuillagée et les colonnes .

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Tous les porches du Léon, d'architecture classique et inspirés du traité d'architecture de Philibert De L'Orme comportent une agrafe feuillagée, mais aucune  n'est aussi belle que celle de Saint-Thégonnec, qui s'agrémente d'un masque féminin.

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Agrafe du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Agrafe du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Les colonnes cannelées et baguées inspirées de Philibert De L'Orme, kersanton noir à grain très fin.

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Ces colonnes qu'on retrouve à Guimiliau suivent le modèle inventé par Philibert De L'Orme pour le palais des Tuileries en 1564 et publié dans le Livre d'architecture publié en 1567. Ces bagues avaient pour but de dissimuler les joints entre les tambours des colonnes, en accentuant la séparation entre chaque tambour, tout en  instituant un ordre de colonnes à la française, tel qu'il l'explique dans son Traité Livre VII chap. 13 :

« S'il a été permis aux anciens architectes, en diverses nations et pays, d'inventer nouvelles colonnes, ainsi que firent les Latins et Romains, la Toscane et composée les Athéniens l'Athénienne et longtemps devant les dits Latins et Romains, ceux de Dorie, la Dorique, de Ionie, la Ionique, et Corinthiens, la Corinthienne,, qui empêchera que nous Français n'en inventions quelques unes, et les appelions Françaises, comme pourraient être celles que j'inventai et fis faire pour le portique de la chapelle qui est dans le parc de Villiers coté Rets, du temps et règne de la majesté feu roi Henri ?

Vrai est que pour la nécessité ou je me trouvai de ne pouvoir recouvrer promptement, et sans grands frais, des colonnes toutes d'une pièce, je les fis faire de quatre ou cinq pièces, avec beaux ornements, et moulures, qui cachent leurs commissures ; de sorte qu'à les voir il semble qu'elles soient entièrement d'une pièce, se montrant fort belles, et de bien bonne grâce."

 

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Colonnes du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Colonnes du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Chapiteau corinthien d'une des deux colonnes  du porche.

Le fût des colonnes est cannelée et rudentée.

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Chapiteau du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Chapiteau du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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III. ATELIER DU MAÎTRE DE PLOUGASTEL (LANDERNEAU 1570-1621).

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 Saint Pierre tenant sa clef, première niche à droite du porche intérieur.

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Statue de saint Pierre, intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Pierre, intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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IV. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663).

Vierge de l'Annonciation, niche intérieure du contrefort gauche du porche extérieur, kersanton, v. 1625.

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Le groupe de l'Annonciation du porche de Saint-Thégonnec fait partie des statues les plus connues du sculpteur. 

Il reprend, en le métamorphosant mais avec une composition semblable, l'Annonciation de l'Arc de triomphe de 1587.

La Vierge est devant son prie-dieu, debout mais le genou fléchi comme si elle venait de se lever d'un bond, et la surprise que lui a causé l'irruption de l'ange est aussi marquée par l'envolée des plis du bas du manteau. 

La position de la main droite sur la poitrine signifie en même temps cette surprise ("qui ? Moi ?") et la réception confiante de l'annonce du messager (le "fiat" : "qu'il m'advienne selon ta Parole").

Le visage juvénile de Marie réunit toutes les caractéristiques du style de Roland Doré : les pupilles creusées dans des paupières ourlées, le nez droit, le délicieux sourire marqué par les fossettes des commissures, la petite lèvre inférieur, et le menton un peu pointu confèrent à ce visage une vie extraordinaire.

Les cheveux, qui tombent en nattes devant les épaules (privilège des jeunes filles) sont retenus par le bandeau occipital, plissé comme un "chouchou", dont j'ai très souvent signalé la valeur de marqueur iconographique, bien qu'il ne soit pas le propre de Roland Doré (on le trouve chez les ateliers qui le précédèrent, celui des Prigent et du Maître de Plougastel, ou dans les statues finistériennes en bois), ni le propre  de la Vierge (on le trouve sur les statues de sainte Anne et de Marie-Madeleine), mais il est "bien de chez nous" et bien propre au XVIe et XVIIe siècle de Basse-Bretagne.

https://www.lavieb-aile.com/2019/06/la-vierge-a-la-demone-de-la-chapelle-de-locmaria-lannn-a-plabennec.html

https://www.lavieb-aile.com/2019/06/la-chapelle-saint-sebastien-en-saint-segal-la-vierge-a-la-demone-et-le-retable-nord.html

Comme souvent, il s'agit d'avantage d'un voile qu'un bandeau ; la disposition de ces plis rend bien la qualité soyeuse de l'étoffe. Je l'ai qualifié d'occipital car il passe derrière  la nuque en débutant au ras du crâne, ou "occiput". Mais c'est un bandeau car il forme une boucle, non nouée.

La robe à encolure ronde est lisse au niveau du corsage, puis forme un bel éventail de plis sous l'effet de la fine ceinture, un éventail qui s'inverse vers le ventre et les jambes. 

Le pan droit du manteau est retroussé sous le poignet.

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Le fabricien qui a fait inscrire son nom, G. POVLIQVEN en caractères romain (l'écriture gothique est bien abandonnée) est fort répandu ici, puisque la base Geneanet classe Saint-Thégonnec en  deuxième place, presque à égalité avec Sizun dans les occurrences de ce patronyme. Mais pour la fourchette 1575-1625, cette base ne propose que Guillaume Pouliquen, qui ne peut être notre homme car il est né en 1624 (les registres paroissiaux semblent faire défaut avant 1610).

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Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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V. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663). 

Ange de l'Annonciation, niche intérieure du contrefort droit du porche extérieur, kersanton v. 1625.

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 L'ange Gabriel lève la main droite, dans un délicat geste d'énonciation ou de bénédiction, les dernières phalanges des doigts II et III sont brisées), tandis qu'il porte dans la main gauche le bâton de messager où s'enroule l'Annonce AVE GRATIA PLENA. Il est vêtu d'un surplis (dalmatique ?) à col carré sur une tunique à col rond aux longues manches plissées

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Le nom du fabricien, :Y: GVILLERM, est moins fréquent que celui de Pouliquen, , et, là encore, Geneanet ne propose aucun individu nommé Yves Guillerm dans la période qui nous intéresse. 

Les noms de G. Pouliquen et de Y. Guillerm ne sont pas suivis de la lettre F. qui signalerait leur qualité de fabriciens. Ce sont peut-être des donateurs, et, nous allons le voir, peut-être même un couple de donateur.

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Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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VI. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663). 

Saint Jean l'Evangéliste, niche du contrefort gauche du porche extérieur, kersanton, 1625.

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Alors que les autres statues sont sculptées dans un kersanton noir grisâtre ou gris sombre, la statue de saint Jean est taillée dans un kersanton noir à grain fin (L. Chauris).

"Le saint Jean de Roland Doré est l'une des statues les plus abouties de Roland Doré. Le scribe penché sur le coté écrit dans un livre épais avec son stylet alors que l'aigle lui tend l'étui aux calames. La virtuosité du visage aux traits doux est remarquable. Les yeux des statues ont des sillons palpébraux creusés ainsi que leurs pupilles, ce qui crée une impression de mobilité au regard. Le saint Jean évangéliste regarde ainsi vers le bas." (Le Seac'h)

Une inscription en lettres capitales romaines se répartit sur les trois cotés du siège du saint. 

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Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré,  1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v. 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v. 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription.

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Elle est de qualité aussi remarquable que la statue elle-même, par son intitulé très complet, sa disposition sur les trois faces, par sa facture aux lettres conjointes et sa ponctuation en deux-points. Et elle est précieuse, par la signature du sculpteur.

La lecture peut débuter sur la face principale, ou sur les faces latérales. Sur l'avant nous lisons dans un cartouche séparé :

I : MAZE : IAN

NE : INIZAN : MA

FAICT : FAIRE

et dans le deuxième cartouche:

: S : IAN :

soit "I. Mazé Ianne Inizan m'a fait faire. Saint Ian" et par extrapolation "Jean Mazé et Jeanne Inizan m'ont fait faire. Saint Jean."

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Cette partie de l'inscription est étonnante car la plupart des sculptures antérieures, en kersanton, portent les noms des fabriciens (suivi de la lettre F. ou de la mention FABR.), surtout lorsque ces noms sont précédés de la mention "m'a fait faire" qui supposent un acte de commande et donc un pouvoir décisionnel. Nous nous attendrions à trouver ici les deux noms des fabriciens élus pour l'année, et nous trouvons en réalité un prénom féminin, "Jeanne", qui exclut cette hypothèse.

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Or, Roland Doré a réalisé aussi à Saint-Thégonnec un calvaire à Bodéniry en 1632 avec l'inscription ANNA BREST JEAN GVILLERM, et une croix à Hellin en 1638 avec l'inscription FRANCESA POVLIQVEN FRANCOIS BROUSTAIL. (Un François Broustail est attesté à Hellin, fils de Jean : ici ; le prénom Francesca est attesté alors à Saint-Thégonnec ici )

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_thegonnec.html

Toujours à Saint-Thégonnec, la croix de Pennavern sculptée en 1647 par Roland Doré, porte l'inscription LOVIS BROVSTAIL. F. COVLLONNIER.

Or, il s'agit d'un couple, Louis Broustail et Françoise Coloigner, parents de Françoise Broustail née le  8 août 1628. Louis Broustail est décédé le 6 juillet 1647 à Pennavern.

https://gw.geneanet.org/yguillerm?n=broustail&oc=1&p=francois

 

À La Martyre, Roland Doré a sculpté le calvaire de Kerlavarec (sd) portant l'inscription, proche de celle de ce saint Jean : BEATRICE CABOVN MA FAICT FAIRE. ROLLAND DORÉ MA FAICT.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/la_martyre.html

Enfin, à une date plus tardive (1681), nous trouvons à Saint-Thégonnec l'inscription émouvante et explicite quant à la qualité d'époux de la croix de Brogadéon : FAIT:PAR:Y: ET: M: MADEC :EPOUS :1681.

À Brogadéon sont nés ou mort à cette époque un François Broustail (1625-1687), un François Coat, un François Madec (1681-1739) fils de Guillaume Madec (+Bogadéon 1696) et de Françoise Bellec. Mais généanet ne signale pas un Yves Madec et son épouse.

Ainsi, à Saint-Thégonnec et dans les communes voisines (qu'il conviendraient d'explorer), les épouses obtinrent de faire mentionner leur nom sur les pièces sculptées religieuses dont leur couple fit donation. C'est évidemment un fait sociologique qui mériterait une étude spécifique: est-il restreint à un petit secteur de la vallée de l'Élorn ? Est-il lié à la personnalité du sculpteur Roland Doré ? Se retrouve-t-il sur des dotations de sculptures en bois ? D'orfèvrerie ?

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Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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La deuxième partie de l'inscription débute sur le coté droit avec les mots : FAICT : LAN : 1625.

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On croit lire 1623, mais il manquerait alors la traverse haute du 3.

Roland  Doré a débuté sa carrière à Penmarc'h en 1618 et l'a achevé en 1662 à Saint-Thégonnec; Il semble que de 1618 à 1622, date à laquelle il sculpte la croix de Croslen à Saint-Thégonnec pour messire Henri Caro, prêtre, il soit encore un compagnon de l'atelier du Maître de Plougastel. Mais en 1621-1622, l'acte de réparation de la croix du cimetière, aujourd'hui Croas-ar-Huré, le qualifie de "maistre Rolland Doré", à la tête de "ses compagnons" : il a alors repris l'atelier du Maître de Plougastel. En 1624, lorsqu'il termine le chantier du porche de Guimiliau, son style atteint  la maturité, et cette statue de saint Jean le confirme.  Et c'est à Saint-Thégonnec qu'il recevra le plus de commandes, de 1625 à 1662, pour neuf monuments (contre cinq à Logonna-Daoulas, quatre à Plougastel, Plounéour-Ménez et Hanvec, trois à Guiclan, Irvillac et Lampaul-Guimiliau, deux à Cléden-Cap-Sizun, L'Hôpital-Camfrout, Landerneau, La Martyre, Plabennec, Pleyben, Plogonnec, Saint-Nic, Saint-Servais et Saint-Urbain).

 

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Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré,  1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le coté  opposé du siège porte l'inscription R : DORE : MA : FAICT.

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Biographie.

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Roland Doré (Rollandus an Alaouret en latino-breton) est peut-être originaire de Plouédern. Il a signé le bénitier de l'église Saint-Edern de Plouedern avec l'inscription franco-latine "LAN 1641 R : LE : DORE : FECIT" précédée des noms du recteur et des deux fabriciens.

Il est également décédé à Plouédern, le 13 février 1663 et enterré dans l'église ; un document (Bull. SAF 2001p. 167) indique son nom sous la graphie "Rolland le Doree" et la mention "du plecismeur" (le Plessis-Meur, en breton Quinquis Meur): il serait décédé chez sa fille, dame Kerdelent.

Celle-ci, Françoise Doré, née avant 1619 épousa avant 1639 (date de naissance de leur fille Jeanne) Guillaume Kerdelent (+ 1663).

Roland Doré aurait épousé selon Couffon (souvent péremptoire) Jeanne Sanquer, fille de Jean et de Michèle Gérault, née le 29 août 1589. (je note qu'une Guillemette Sanquer née vers 1585 est cultivatrice à Quenquis Meur). Ils auraient eu trois enfants (?) baptisés à Saint-Houardon de Landerneau, prénommés selon les actes en latin Maria (°1612), Elisabeth (°1622) et Johannes (°1629) —ou selon Couffon,  Catherine (+1624) et Jean (°1629) — Ces liens familiaux ont leur part d'ombre, comme l'indique Y.-P. Castel qui parle d'une "biographie difficile à cerner".

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Signature.

Roland Doré a daté et signé cinq sculptures; outre le bénitier de Plouédern et le saint Jean de Saint-Thégonnec, il faut mentionner :

  • la croix Saint-Dodu de Guiclan : 1622 FAICT PAR R...
  • le calvaire de l'église de Commana : R : DORE : MA : FAIT : 1624
  • le vestige de croix de la forêt du Crannou à Hanvec : R: DORE : MA FAICT sur le fût et 1627 sur le socle.

Il a signé mais non daté :

  • le vestige de croix de Kerlavarec à La Martyre : ROLLAND : LE : DORE : MA : FAICT et BEATRICE : CABOVN : MA : FAICT : FAIRE
  • le vestige de croix de Landerneau (disparue) qui portait : LAN ... / ROLLAND : ... A FAIT CES ... / CROIS A SON DEV ... ("l'an ... Roland Doré a fait cette croix à son devis".

 

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— Sur les autres œuvres de Roland Doré dans ce blog.

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Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625)  contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, 1625) contrefort ouest du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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VII. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663). 

Saint Jean comme Apôtre, 6ème niche à droite du porche intérieur, kersanton v. 1625.

 

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Le saint bénit de la main droite le calice de poison.

La statue porte sur son socle l'inscription (incomplète ?) IAN : GVILLOME.

Le patronyme Guillaume n'est pas attesté à Saint-Thégonnec à cette époque, même avec cette graphie.

 

 

 

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Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v.1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v.1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v.1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Roland Doré, v.1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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VIII. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663). 

Saint Jacques le Majeur,  1ère niche à gauche du porche intérieur, kersanton vers 1632.

 

 

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Saint Jacques tient comme tout apôtre le livre (référence aux Actes des Apôtres), mais aussi en main droite le bourdon des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, auquel est attachée la gourde en forme de coloquinte. Il porte aussi le chapeau aux larges bords frappé, au dessus du front, de la coquille emblématique. Remarquons ses autres attributs, comme la besace suspendu à un baudrier orné de coquilles, et la pèlerine, fermée par une dizaine de boutons ronds.

Les pupilles sont creusées , les paupières ourlées, le double pli frontal est froncé. Quand aux moustaches, elles ne partent plus des ailes des narines, mais des bords du philtrum, ce qui est plus physiologique.

Roland Doré a sculpté 89 statues pour 25 paroisses différentes, dont 54 apôtres. Deux séries sont complètes (Pleyber-Christ et Plestin-les-Grèves), celle de Trémaouézan est presque complète (11/12), et celle de Guimiliau se partage avec le Maître de Plougastel. À   Pleyben (photo infra), seuls Jean et Jacques le Majeur sont de Roland Doré.

 On peut donc comparer ce saint Jacques avec les statues homologues des autres sites.

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Saint Jacques le Majeur et saint Jean, kersanton, Roland Doré, porche de Pleyben. Photo lavieb-aile.

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Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Les inscriptions S : IACQ.  I : MAZE et IACQVES PICART.

Elles indiquent presque certainement, après le nom du saint, celui  des deux fabriciens de l'année, qui ont commandité cette (ou ces) statues. Ou bien le nom de deux donateurs.

On lit S : IACQ sur le socle, I: MAZE sur le pli de gauche et IACQVES / PICART sur le pli de gauche.

 

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1. I. Mazé.

L'initiale du prénom peut correspondre à Ian, "Jean". Geneanet ne propose rien d'autre que Jeanne.

Il faut remarquer néanmoins une Béatrice Mazé, car elle est décédée en 1690 à Bodéniry, Saint-Thégonnec : nous allons voir pourquoi je la retiens, bien qu'on ignore l'identité de ses parents.

La date n'est pas inscrite.

Bien entendu, la question se pose de savoir si ce I. MAZE est le même, ou est apparenté au J. MAZE de la statue de 1625 de Jean l'évangéliste.

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2. Jacques Picart.

Les généalogistes décrivent un Jacques Picart, qui épousa Catherine Mallegol. Leur fils Jacques Picart, né à Saint-Thégonnec le 10 mars 1616 et décédé au même lieu le 16 septembre 1690, épousa Marguerite Mallegol. Il décéda le 16 septembre 1690 à Bodeniry, Saint-Thégonnec.

 

Y.P. Castel désigne, sans citer ses sources (et avec une erreur de graphie Picard pour Picart), comme donateur de cette statue Jacques Picart demeurant à Bodinery, "dont on sait, par ailleurs, qu'il paie des rentes à l'église en 1650". 

Il faut aussi corriger le lieu-dit pour le repérer sur les cartes sous la forme Bodéniry ou Bodeniri, ou Bodenery sur la carte de Cassini à 5 km au sud du bourg. C'est un hameau d'une douzaine d'habitations sur la carte EM de 1820-1866,  à 131 m d'altitude,  sur le plateau entre le cours de la Penzé et celui du Coat Toulzac'h — comme toute la paroisse —. Les registres paroissiaux y déclarent, sous la graphie Bodenery, les naissances de François Maguet en 1655 et d'Yves Tanguy en 1650 ... mais aussi sous la forme Bodiniri le lieu  de décès de Marguerite Mallegol, époux de Jacques Picart. Cqfd.

Nous retrouvons, trois ou quatre générations plus tard, un Jacques PICART né à Bodéniry (vers 1670 ?) qui épousa le 26 juin 1690 Marguerite Pouliquen, dont deux filles, Jeanne et Barbe. Cette dernière, après avoir épousé en 1714 Yves Billon, décéda à Bodiniri le 19 décembre 1738.

 

Il existe à Bodéniry (cf. supra) deux croix, dont l'une porte l'inscription ANNA BREST IAN GVILLERM 1632 . Elle est sculpté par Roland Doré.

L'autre porte les armes de Marie-Anne de la Haye et Jean du Dresnay (1670).

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_thegonnec.html

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Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, v. 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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IX. ATELIER DE ROLAND DORÉ (LANDERNEAU, 1618-1663).

  Saint Thomas, 6ème niche à gauche du porche intérieur, kersanton, 1632

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Le saint tient son attribut, l'équerre des architectes. Sa barbe est identique à celle de saint Jacques. Sur la robe à trois boutons, le manteau forme, à gauche, un spectaculaire bouillonnement de plis en volutes doubles, et, au centre, une séquence de cinq plis en bec.

Sur le phylactère se trouve l'inscription CARNIS RESVRRECTIONEM, qui prouve, si besoin était, que les apôtres du porche forment un Credo apostolique. Il s'agit de l'avant-dernier article, ce qui montre que les statues ont changé de niche (on le savait, puisque saint Jacques le Majeur occupe la 3ème place du Credo, et Jean la 4ème).

Sur le pli est inscrit : Y : RIVOAL 1632.

Les généalogistes mentionnent Yves Rivoal né en 1620 à Saint-Thégonnec. Ses parents ne sont pas connus. Le défaut d'information sur un Yves Rivoal antérieur à celui-ci est certainement dû à l'absence de données disponibles sur les registres paroissiaux.

Comparaison avec la statue de saint Thomas au Tréhou (porche daté de 1610, statue postérieure à 1618) :

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Saint Thomas (Roland Doré kersanton). Photographie lavieb-aile

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Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635)  intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas Saint Jacques le Majeur (kersanton, Roland Doré, 1635) intérieur du clocher-porche de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

CASTEL ( Yves-Pascal) 1956 Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

CASTEL ( Yves-Pascal) 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux, exposition au Musée des Jacobins de Morlaix, conservatrice Françoise Daniel.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_233/roland__dore__et__les_enclos__paroissiaux.pdf

 

CASTEL ( Yves-Pascal), 1985, « Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du xviie siècle) », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome 94, pages 97-116.

 

COUFFON (René), 1948, l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean,  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

—DE L'ORME (A.), 1900, Saint-Thégonnec, in L'art Breton du XIIIe au XVIIIe siècle. Bulletin de la Société archéologique de Brest p.103 à 123. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076565/f100.item

— DE L'ORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel

 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double


 

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

 

QUINIOU (François), 1929, “Saint-Thégonnec : une paroisse bretonne sous la Révolution,” Presses libérales, Brest, 232 p.

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/3696

ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p

 

 

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 11:59

Les statues extérieures (kersanton, Roland Doré, 1617) du porche de l'église de Guimiliau.

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Voir sur Guimiliau :

 

 

 

 

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PRÉSENTATION.

Attribution et datation.

On sait que le calvaire monumental de Guimiliau date de 1581 et 1588.

« Le porche de Guimiliau est un monument complexe et l'observation attentive révèle la participation de quatre  mains différentes à son élaboration. L'équipe du Maître de Plougastel (1578-1621) est intervenue dès le début du chantier vers 1606 — une inscription à l'intérieur du porche le précise — jusqu'à 1617, date figurant sous l'architrave à droite de la grande agrafe feuillagée. Onze années ont ainsi été nécessaires pour monter le porche jusqu'à la voûte de pierre intérieure . » L'atelier du Maître de Plougastel a répondu aux goûts de l'époque, inspiré par le style renaissant adapté de Philibert Delorme et que l'on retrouve dans les colonnes doriques cannelées et baguées. » (E. Le Seac'h)

 

Le porche est principalement l'œuvre du Maître de Plougastel (1570-1621), anonyme installé à Landerneau et auteur, comme son nom de convention l'indique, du calvaire de Plougastel (1602-1604), mais aussi du calvaire de Locmélar, de l'intérieur du porche de Bodilis, et de bien d'autres œuvres, dans 31 paroisses (4 en Cap-Sizun, 3 dans le diocèse de Tréguier, 2 en Haute-Cornouaille, et toutes les autres dans le Léon au nord de l'Élorn).

Dans son Catalogue des ateliers de sculpture sur pierre Emmanuelle Le Seac'h attribue au Maître, à l'extérieur du porche, quatre scènes des piédroits et les voussures de l'arc d'entrée, les trois masques de l'architrave, quatorze petits masques sur les dais des contreforts

À l'intérieur du porche sud de Guimiliau, il est l'auteur des termes gainés et des deux bustes du fronton, du bénitier du trumeau, et des apôtres Pierre et Jean.

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Mais elle attribue d'autres éléments à une deuxième main, celle d'un compagnon, qu'elle baptise du nom de Valet du Maître de Plougastel. (Dans les archives, le "valet" est le bras droit du maître d'atelier, son second). Il a réalisé quatre scènes de l'arcature du porche, et est intervenu à l'intérieur du porche. Elle définit son style ainsi, à propos de quatre scènes des piédroits de l'extérieur du porche: "Les yeux sont globuleux, taillés en amande, avec des paupières ourlées. Le nez est droit, gros, avec des ailes larges. Les trous des narines sont creux, ce qui fait la particularité de ces sculptures. À l'inverse, les lèvres sont serrées, à peine dessinées. L'ensemble est relevé par une barbe bien peignée, avec des moustaches transversales qui démarrent sous les narines, laissant le haut des lèvres glabres. Le philtrum est inexistant. Une petite frange de cheveux reproduit la sinuosité des arcades sourcilières. ... Les visages suivent une inflexion au niveau des tempes contrairement aux visages du Maître de Plougastel qui sont tous ronds."

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Enfin, Roland Doré, qui a débuté dans l'atelier du Maître de Plougastel avant de prendre son autonomie, de sortir de l'anonymat et d'acquérir dans la sculpture du kersanton la célébrité qu'on saint, a réalisé le buste féminin du fronton, trois de quatre statues des niches des contreforts, et, à l'intérieur, six apôtres et le Christ Sauveur. Alors que le style du Maître de Plougastel se caractérise par son hiératisme, par la raideur des corps et ses visages ronds, Roland Doré s'affirme avec ses corps plus étirés, ses visages plus allongés et par le sourire espiègle et ingénu à la fois de ses personnages.

 

La statue de saint Sébastien, d'allure plus ancienne, n'a pas été attribuée par Le Seac'h, de même que les deux crossettes.

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Datation des œuvres de Roland Doré : 1624 ?

Si on suit toujours la publication d'E. Le Seach, on lit, page 204, ceci :

"Le montage du porche, qui aurait fait en 1617 selon  l'année indiquée sur l'ouvrage, n'était pourtant pas terminé à cette date. L'atelier du Maître de Plougastel est repris par Roland Doré, vers 1621, à en croire d'une part la date inscrite sur la dernière œuvre datée du Maître de Plougastel au Relecq-Kerhuon et, d'autre part, le document d'archives daté de 1621-1622 de la réparation de la croix du cimetière de Hanvec qui mentionne "maître Rolland Doré et [...] ses compaignons". Le style pourtant est encore celui d'un débutant et Roland Doré n'atteint la maîtrise de son art qu'en 1624 sur le calvaire de Commana. C'est pourquoi je propose la date de 1624 comme date de reprise en main du chantier de Guimiliau par Roland Doré qui retaille à l'intérieur un lion de la frise en un masque aux rondeurs enfantines et au sourire ingénu, gallinacé, coq plutôt que paon, et à l'extérieur dans l'angle supérieur du fronton triangulaire le buste souriant de jeune fille tandis que les trois masques sont du Maître de Plougastel."

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Ce sont ces travaux qui rendent passionnants l'examen de ce porche.

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Porche sud (kersanton, 1606-1617) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (kersanton, 1606-1617) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (kersanton, 1606-1617) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (kersanton, 1606-1617) de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LE LION ET LE DRAGON (Kersanton, 1606-1617, atelier du Maître de Plougastel).

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Le chanoine Abgrall les décrivait ainsi :"Aux angles, deux gargouilles formées de deux chimères remarquablement galbées et d'une maigreur prodigieuse". Mais ce ne sont pas des gargouilles (qui assurent l'écoulement des eaux pluviales), mais des crossettes, comme à Pencran (1553), Landivisiau (1555-1565) et Guipavas (1563) où les sculptures de kersanton sont attribuées à l'atelier d'Henri et Bastien Prigent.

https://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-de-l-eglise-de-landivisiau.html

 

https://www.lavieb-aile.com/2017/03/l-enclos-paroissial-de-pencran-i.les-crossettes-du-porche-1553.html

https://www.lavieb-aile.com/2017/03/l-eglise-de-guipavas-i.les-crossettes.html

À Landivisiau et Pencran, ces crossettes forment un couple associant un lion et un dragon ailé. À Guipavas, ne se trouve qu'un dragon en kersanton (et un lion en pierre sur la façade opposée).

Nous trouvons donc à Guimiliau une véritable citation, un demi-siècle plus tard, des sculptures réalisées par l'atelier landernéen des Prigent qui avait précédé celui du Maître de Plougastel (notons que E. Le Seac'h n'en précise pas spécifiquement  l'attribution ; mais leur emplacement ne permet pas d'autre hypothèse).

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Le dragon.

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Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le lion.

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Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LE FRONTON.

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Deux colonnes cannelées aux chapiteaux corinthiens supportent un entablement composé d'une architrave moulurée, d'une frise et d'une corniche soutenue par des modillons.

L'inscription.

Sur la frise est sculptée l'inscription suivante : O QVAM : METVENDVS  VERE : NON : EST : HIC : AL EST : LOCUS : ISTE  IVD : NISI : DOMS : DEI.

Il s'agit d'un cantique grégorien qui reprend un verset de la Genèse 28:17 O quam metuendus vere non est hic al est locus iste nisi domus dei "O combien ce lieu est redoutable ! Vraiment ce n'est rien d'autre que la maison de Dieu.". On le trouve dans l'Antiphonaire des Vêpres pour la fête de dédicace d'une église.

https://gregorien.info/chant/id/5817/0/fr

https://cantus.uwaterloo.ca/chant/682215

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On retrouve cette inscription sur le chevet de l'église (voisine) de Lampaul-Guimiliau (vers 1627),  sur le clocher de  l'église Saint-Sauveur du Faou avec la date de 1628, et dans le porche (1640) de l'église de Gouesnou. Voir mes commentaires sur cette antienne dans l'article sur Le Faou.

 

https://www.lavieb-aile.com/2019/04/les-inscriptions-lapidaires-de-l-enclos-de-lampaul-guimiliau.html

Les inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).

https://www.lavieb-aile.com/article-eglise-de-gouesnou-inscriptions-et-armoiries-117905766.html

 

 

 

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Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le buste féminin du sommet du fronton. Kersanton, Roland Doré, vers 1624 .

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"Au milieu et aux deux extrémités, au-dessus de la clef et des deux chapiteaux, sont trois bustes en cariatides, une femme et deux hommes ; ceux-ci coiffés d'une toque, celle-là, la tête nue, avec un collier de perles soutenant un médaillon. Dans le fronton qui couronne la corniche est un autre buste de femme ou de sirène. En dehors du fronton on voit deux têtes de chérubins." (Abgrall).

"

Plus haut, règne le second entablement et le second fronton, dont les rampants aigus sont décorés de volutes ajourées remplaçant les crossettes de la période gothique. Au milieu de ce fronton, une niche formée de colonnettes ioniques abrite la statue de saint Miliau. Le saint Patron de l'église est assis, la couronne ducale en tête, la cordelière passée au cou. Il est vêtu du manteau ducal et tient de la main droite l'épée et de la gauche le sceptre. Le clocheton qui couronne l'ensemble du porche est encore plus beau et plus important que ceux des contreforts d'angle."

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Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le buste masculin de l'architrave. Kersanton, Maître de Plougastel, vers 1617.

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Comparez avec le buste sculpté par le Maître de Plougastel sur le fronton du porche intérieur.

Fronton du porche intérieur deGuimiliau. Photo lavieb-aile.

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Celui-ci porte sur le gilet boutonné un manteau plus riche que la veste de son collègue de l'intérieur, avec ses pans rabattus et ses manches plissées : c'est le portrait d'un marchand de toile, un de ces riches juloded qui sont les fabriciens de la paroisse. Mais à la différence du porche de Saint-Thégonnec, ces commanditaires élus pour un an à la tête de la gestion de la paroisse n'ont inscrit nul part leur nom.

On remarque sa longue chevelure et son bonnet large et plat.

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Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le buste féminin de l'architrave. Kersanton, Maître de Plougastel, vers 1617.

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Elle pourrait se comparer également, pour son costume,  à son homologue du porche intérieur. Mais celle-ci n'a pas le visage austère, le nez et le menton trop fort et le hiératisme de celle-là. Son collier rappelle celui des cariatides de l'atelier de Kerjean.

 

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Buste féminin (Maître de Plougastel, 1606) porche intérieur de Guimiliau.

 

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Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le buste masculin du coté droit de l'architrave. Kersanton, Maître de Plougastel, vers 1617.

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C'est sans doute ici le portrait du deuxième fabricien de l'année où les travaux ont été commandités. Il a la même chevelure à mèches crantées que son collègue, la même élégance pour le choix de son manteau, mais diffère par son chapeau, ceint d'une sorte de turban.

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Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Un ange à coté de l'architrave. Kersanton.

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Deux têtes d'anges, identiques, encadrent l'architrave. Ne seraient-ils pas l'œuvre de Roland Doré, vers 1624, puisque nous retrouvons les pupilles creuses, et le sourire aux commissures accentuées qui le caractérise ?

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Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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L'agrafe feuillagée du sommet de l'arcature. Kersanton, Maître de Plougastel, vers 1617.

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Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LE SECOND FRONTON ET LA STATUE DE SAINT MILIAU (kersanton,1624 ?) .

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Dans sa niche à colonnes cannelées ioniques, la statue porte sur son socle une inscription dont je ne déchiffre que le début : S : MILIO : & POL...

Le saint patron de la paroisse fut prince de Cornouailles et roi de Cornouailles et d'Armorique en 510 avant d'être décapité. On le voit ici couronné, portant le sceptre et l'épée, ceint de deux chaines (qu'on présume d'or), mais il est vêtu, comme un prince de la Renaissance, d'une tunique courte serrée par une ceinture, de chausses et chaussures, d'une cape, et d'une fraise de style Henri IV. Il ne lui manque que la barbe pour être parfaitement contemporain du sculpteur qui l'a taillé. On appréciera la différence avec le saint Miliau du retable éponyme, en l'église de Lampaul-Guimiliau, qui porte certes couronne, épée, sceptre et chaine d'or, mais n'a pas ces détails vestimentaires.

Elle n'a pas été attribuée, notamment pas à Roland Doré; Elle est entourée de deux têtes d'anges, similaires à ceux de l'étage inférieure, et qui me semblent sortir, eux, de l'atelier de Roland Doré.

 

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Fronton supérieur  du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Fronton supérieur du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Fronton supérieur  du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Fronton supérieur du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LES CONTREFORTS.

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"Dans les contreforts d'angle, le soubassement est composé de panneaux encadrés de solides moulures sculptées dans le granit ; plus haut, immédiatement, viennent des sculptures en Kersanton. Les profils ont conservé toute la netteté, toute la finesse des premiers jours ; ils ont la pureté des plus belles moulures des temples grecs. D'abord, on voit une petite frise formée de cartouches alternant avec des têtes variées et la plupart grimaçantes. Dans deux des panneaux, de petits amours portent des cartouches ; à côté, est un petit personnage portant toque et grande braie. Les niches qui couvrent les côtés des contreforts sont formées de colonnettes supportant des dais en forme de lanternons. Elles abritent : 1° Un saint moine tenant un livre ; 2° Un saint évêque en chape, avec mitre et crosse ; 3° Un saint pape bénissant ; 4° Un saint Sébastien. Au bout de ces contreforts, un solide entablement supporte de beaux clochetons carrés, terminés par une coupole et une petite lanterne ronde." (J.M. Abgrall)

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Le contrefort de droite. Face extérieure. Saint Sébastien. Kersanton.

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Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contrefort du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le contrefort de droite. Face intérieure. Un saint pape. Kersanton, Roland Doré, vers 1624.

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Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le contrefort de gauche. Face intérieure. Saint évêque. Kersanton, Roland Doré, vers 1624.

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Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le contrefort de gauche. Face extérieure. Saint moine cordelier. Kersanton, Roland Doré, vers 1624.

 

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Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Contreforts du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LA PORTE SUD. LE BLASON DES GUENGAT.

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" Passé le porche, on voit se développer le mur du bas-côté Sud. Il est divisé en trois travées, séparées par des contreforts armés de bandeaux, de niches avec pilastres et dais, et surmontés de clochetons. Chacune de ces travées est percée d'une longue fenêtre à trois baies que surmonte un pignon terminé aussi par un clocheton.

Au bas du rampant du premier gable, tout contre le porche, est une pierre portant la date de 1642.

Dans cette même travée, près du contrefort, est percée une porte à plein-cintre, accostée de deux pilastres ioniques, et couronnée par un entablement et un fronton.

Au tympan de ce fronton est un blason portant trois mains bénissantes, 2 et 1, armes de Kerbalanec, le tout surmonté d'une couronne et entouré de la décoration de la Toison d'Or ou de l'Ordre de Saint-Michel. De l'autre côté du premier contrefort, on remarque une tourelle ronde noyée dans la muraille : c'est une cage d'escalier montant à une tribune intérieure, maintenant détruite ; c'était la tribune des seigneurs de Kerbalanec." (J.M. Abgrall)

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Cette porte est murée ; le blason en kersanton est bien conservé. On y voit le collier de l'Ordre de Saint-Michel dont on reconnaît les coquilles, et une couronne à trois fleurons. Les meubles sont-ils vraiment des "mains bénissantes", dont les deux derniers doigts sont repliés ? Je les décrit plutôt comme des mains apaumées, et je les attribue (avec Pol de Courcy et Louis Le Guennec) aux seigneurs de Guengat (d'azur à trois mains apaumées d'argent en pal), qui devinrent sieurs de Kerbalanec.

"La commune ne contient aucune chapelle. Les terres nobles étaient Kerbalanec, Penhoat-Huon et Coëtquelfen. Kerbalanec appartenait en 1636 à Gabriel Le Maucazre, capitaine de la paroisse de Guimiliau, et plus tard à la famille de Guengat, dont on voit les armes, trois mains appaumées, entourées du collier de l'Ordre de Saint-Michel, au-dessus d'une porte de l'église." (Le Guennec)

"Les voussures du porche renferment plusieurs scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament délicatement sculptées en kersanton. Sur une porte latérale condamnée, on voit les armes de la famille de Guengat, fondue en 1636 dans celle de Kergorlay, et sur une pierre tombale , un écusson en losange, mi-partie de Cornouaille et de Kergorlay, armes répétées à l'extérieur de l'église, ainsi que sur le baptistère élevé en 1675 , « du temps de vénérable et discret messire H . Guillerm , recteur. » La cuve baptismale est entourée de colonnes torses enlacées par des vignes chargées de raisins, et par une variété charmante de fleurs , de fruits et même d'insectes. Ces colonnes supportent un baldaquin ayant pour amortissement un Dauphin , au -dessus duquel deux Renommées, embouchant la trompette, élèvent une couronne royale. De petits drapeaux, aux armes des donateurs, flottent au -dessous des trompettes, et l'on y reconnait , comme nous l'avons dit, les armes d'un sieur de Cornouaille et d 'une demoiselle de Kergorlay, sa compagne, possesseurs , au xviie siècle , de la seigneurie de Kerbalanec , dans la paroisse de Guimiliau." (Pol de Courcy)

Les armes de Kerbalanec étaient d'or à un arbre de sinople, sommé d'une pie au naturel.

Celles de Le Maucazre, d'or à trois roses de gueules alias à trois tourteaux de gueules.

Celles de Kergolay étaient un vairé d'or et de gueules.

Pour aller plus loin, il faut considérer que le titre de sieur de Guengat  appartient, au XVIIe siècle,  à la famille de Kergolay. ( Vincent de Kergolay (1669), Jacques-Claude, puis Gabriel-Claude et René-François).

Les Kergolay possédaient au XVIe siècle le manoir de Kervern à Guimiliau.

Il reste à comprendre la présence d'une couronne.

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 Porte sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

 Porte sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Armes de Guengat. Porte sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Armes de Guengat. Porte sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie), 1883, L'église de Guimiliau, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1883_0145_0161.html

ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notice sur Guimiliau, BDHA

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/afef0cf82b371a72f35a42200cb9a127.pdf

ABGRALL (Jean-Marie) 1924,  L'église de Guimiliau, porche, calvaire, ossuaire,  (Brest 1906, Morlaix, 1924 et 1935)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4c94b42ee1cf842a818f30319dac78c2.pdf

 

DEBIDOUR (Victor-Henry), 1953, La sculpture bretonne: étude d'iconographie religieuse populaire, Plihon, 1953 - 245 pages, page 208.

 — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Guimiliau,  Extrait de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

— LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa région. page 268

—  LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. 

—  NANTEUIL (Alfred DE LA BARRE DE ), 1914,   Guimiliau (S.F.A. - C.A. 1914) Non consulté.

— POTIER DE COURCY (Pol), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo: itinéraire historique et descriptif; L. Hachette et Cie, page 283

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=guengat+kergorlay+guimiliau&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

PRIGENT (Christiane) 1986, Guimiliau (Châteaulin, 1986). Non consulté.

ROYER (E.) 1979 : Guimiliau (Rennes, 1979) . Non consulté.

TUGORES (M.M.) 1979 : Eglise Saint-Miliau, la tribune des orgues (B.S.A.F. 1979) Non consulté.

WAQUET (H.), 1952, Guimiliau (Châteaulin, 1952) - Guimiliau (Châteaulin, 1977) - Non consulté.

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Roland Doré Kersanton Chapelles bretonnes.
28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 12:04

Les termes gainés  (cariatide et atlante) de l'intérieur du porche sud (1606) de l'église de Guimiliau. Atelier du Maître de Plougastel, kersanton.

 

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Je continue à colliger une documentation iconographique sur les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne, inspirées  de l'art à la grotesque, et de l'École de Fontainebleau, et je m'intéresse maintenant aux Termes, Cariatides et Atlantes que les architectes et sculpteurs bretons ont créés en Finistère à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. On les attribue, pour les premières réalisations, à l'atelier qui a travaillé à l'édification du château de Kerjean en Saint-Vougay vers 1570, et qui a introduit dans le Léon les nouveautés stylistiques de la Seconde Renaissance de l'École de Fontainebleau (1539) diffusés par des recueils comme ceux de Sebastiano Serlio (1537) et d'Androuet du Cerceau (vers 1550).

Le couple de termes masculin et féminin de l'entrée du château de Kerjean est repris (encadrant une sculpture du patron du sanctuaire) au fronton du porche sud de Lanhouarneau en 1588, au fond du porche de Saint-Thégonnec en 1599,  au fronton du porche sud de  Saint-Houardon de Landerneau en 1604, ici à Guimiliau en 1606, puis au fronton de la porte de l'ossuaire de La Martyre en 1619, et de l'ossuaire de Saint-Thégonnec en 1676. Toujours en kersanton.

Ce sont des "termes" car leur piètement est en forme de bornes, mais aussi des "cariatides" et "atlantes" (voire des "télamons"), car ils supportent sur leur tête, par un chapiteau ionique, un entablement. Face à ce flottement sémantique, il vaudrait mieux désigner ces figures comme des "supports anthropomorphes". J'ai choisi de rester simple, au prix de l'incorrection.

On retrouve aussi cet ornement, décliné avec beaucoup d'imagination, en granite à l'intérieur du porche de Bodilis (1570-1601), ou sur la façade de l'ossuaire de Sizun (1585), et, en sculpture sur bois, sur les jubés et clôtures de chœur de La Roche-Maurice,  et de la chapelle Saint-Nicolas en Priziac.

 

 

Sur Guimiliau, voir :

 

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Sur les Termes, cariatides et atlantes :

-Sculpture en pierre :

-Sculpture en bois :

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Voir sur l'art  de la Renaissance :

 

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.Voir sur  l'art  de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

 

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PRÉSENTATION DU PORCHE PAR RENÉ COUFFON.

"Le porche en kersanton, voûté sur croisée d'ogives à clef pendante, est l'un des plus remarquables du Léon. Il porte à l'intérieur la date de 1606 sur le mur ouest et a été achevé par l'atelier de Roland Doré, le buste de femme du fronton est de lui (d'après Y.-P. Castel : Sur les pas de Roland Doré, de Keranroux à Guimiliau, B.S.A.F. 1986, p. 369-370) ; sur la façade, près de la clef de voûte, celle de 1617. Sur le rampant du gable de la chapelle qui suit, à l'est, celle de 1642. L'arcade extérieure à voussures multiples est en plein cintre avec clef de voûte et colonnes baguées. Deux colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens soutiennent un entablement à fronton ; dans la frise, une inscription : "O QVAM. METVENDVS EST. LOCVS. ISTE/ VERE. NON. EST. HIC. ALIVD. NISI. DOMVS. DEI.". Dans le gable, niche à fronton cintré abritant une statue en kersanton de saint Miliau, et plus haut, clocheton terminé par un lanternon. Dans les contreforts, statues en kersanton : saint Sébastien, saint portant la tiare (Pierre ?), saint évêque et saint moine.

A l'intérieur, dans les niches à dais Renaissance, statues des douze Apôtres (C.), huit en pierre (sans doute d'après 1606), quatre en bois (XVIIIe siècle). Sur le socle de la statue de saint Pierre on lit une inscription en creux : "A: GO". Sous les niches, frise de bas-reliefs parmi lesquels la Création d'Eve.

Bénitier en kersanton au trumeau (C.), surmonté d'un dais Renaissance. - Dominant les deux portes géminées, statue en pierre du Christ bénissant entre deux cariatides gainées."

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Entrée extérieure du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Entrée extérieure du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION .

Attribution.

E. Le Seac'h attribue au Maître de Plougastel les piédroits et les voussures de l'arc d'entrée du porche de Guimiliau . Cet atelier de Landerneau est intervenu dès le début du chantier (daté en 1606 selon l'inscription de l'intérieur du porche) et jusqu'en 1617, date figurant à l'extérieur à droite de la grande agrafe feuillagée.

Dans le Catalogue de ce sculpteur, elle lui attribue aussi, à l'intérieur du porche, "les deux termes gainés, homme et femme, et les deux bustes homme et femme les encadrant sur le fronton intérieur", le bénitier du trumeau, et deux apôtres, Pierre et Jean. 

Par contre, elle attribue à Roland Doré le Christ Sauveur qu'encadrent les termes gainés. (Roland Doré est aussi l'auteur de six apôtres sous le porche, et de quatre statues en kersanton de l'extérieur du porche).

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Sur le portail intérieur du porche, les deux portes jumelles en plein cintre sont séparées par le trumeau et son bénitier. Les deux colonnes cannelées de chaque porte supportent une arcade dont les moulures sont interrompues  par quatre clefs et une agrafe centrale, évoquant vaguement l'alternance métope-triglyphe. Ces portes prennent place dans un portail où le chapiteau ionique de deux colonnes cannelées et baguées —introduites en architecture par Philibert Delorme —, supportent l'entablement orné d'une frise aux rinceaux peints de couleur ocre-rouge.

Le tympan reçoit une niche formée par nos deux supports anthropomorphes supportant un fronton curviligne portant trois pots à feu. Cette niche en kersanton est reliée à la corniche par deux volutes s'appuyant sur de nouveaux pots à feu.

 

 

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Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Cette disposition générale reprend celle du porche de Lanhouarneau (atelier de Kerjean ?, 1588), du porche intérieur de Saint-Thégonnec (v.1599) et celle de l'ossuaire de La Martyre (Maître de Plougastel 1619) qui sera copiée sur l'ossuaire de Saint-Thégonnec (1676-1677). 

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Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

 

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Ossuaire de Saint-Thégonnec (Jean Le Bescont 1677)

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Les deux termes masculin et féminin autour du Christ Sauveur.

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Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Au centre, et un peu à l'étroit, la statue en ronde bosse montre le Christ Sauveur du Monde, en latin Salvator Mundi. Représenté en gloire (revêtu du manteau rouge de la victoire sur la Mort), mais non nimbé, il donne sa bénédiction de la main droite au Monde, figuré par un orbe tenu dans la main gauche. La jambe gauche est avancée, avec un genou fléchi.

Cette statue, je l'ai dit, est l'œuvre de Roland Doré (1618-1663), alors à ses débuts puisqu'il  achevait le chantier débuté par  le Maître de Plougastel (1570-1621), qui l'avait formé dans son atelier. Cette transition explique que les cinq visages de ce fronton conservent une unité certaine. Les pupilles ne sont pas encore creusées, comme cela deviendra un trait stylistique de Roland Doré.

C'est également un Christ Sauveur qui occupe le porche intérieur de Lanhouarneau, église dont le fronton qui sert ici de modèle. On le trouve aussi aux porches de Dirinon et de Bodilis.

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Fronton (kersanton  polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Christ Sauveur (Roland Doré). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Christ Sauveur (Roland Doré). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Les deux termes.

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Comme à Lanhouarneau, (et comme dans les modèles de gravure de Serlio ou Androuet du Cerceau)  ces supports anthropomorphes portent un pagne feuillagé d'acanthe et reposent sur un fût prismatique, non cannelé. Mais à l'inverse de Lanhouarneau leurs bras sont croisés dans le dos. Leur anatomie humaine est très fidèle, et non envahie par des métamorphoses. Ils supportent un chapiteau à volute ionique.

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Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Le terme féminin ou cariatide.

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La femme est nue jusqu'à la taille, jeune, fraîche et jolie, et elle porte autour du cou le collier à médaillon qui se retrouve à La Martyre, à Saint-Thégonnec et sur les gravures d'Androuet du Cerceau.

 

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Termes gainés (Maître de Plougastel ).Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ).Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Le terme masculin ou atlante.

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L'homme, torse nu, porte des cheveux mi-longs et une barbe taillée.

Je m'afflige de  voir ces sculptures, comme la paroi, si altérées dans sa polychromie.

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Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Le couple figurant à la base du fronton.

Ils évoquent, par leurs costumes contemporains et leur toilette, de jeunes paroissiens.

La femme porte une robe noire sur un corsage bleu. Son front est épilé.

L'homme porte une veste bleue et un gilet rouge boutonné (chupenn et jiletten du costume breton), sa barbe est taillée, ses cheveux tombent sur les épaules.

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Femme  (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Femme (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme  (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme  (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome , v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome , v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

— COUFFON (René), 1948," l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de GUIMILIAU,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

 

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

—CIAP

https://www.ciap-enclos.fr/enclos/guimiliau/

Le porche sud permet d’entrer dans l’espace sacré de l’église. Ceci explique la richesse de sa décoration qui affiche également la prospérité de la paroisse. Pour le réaliser, Guimiliau a fait appel à deux sculpteurs de renom ; le Maître de Plougastel entre 1606 et 1617, puis Roland Doré. Ceint de contreforts ornés de niches et amortis de lanternons, il allie les styles gothique et Renaissance.
L’entrée en plein cintre est bordée extérieurement par deux colonnes corinthiennes et intérieurement par des colonnes baguées. Elle est surmontée d’un fronton triangulaire portant un buste de femme, œuvre de Roland Doré, puis d’un second avec une statue de saint Miliau. Un clocheton surmonté d’un lanternon coiffe l’ensemble. Dans les voussures de l’entrée sont représentées des scènes bibliques avec Adam et Eve, Abel et Caïn, Noé et, plus haut, des événements de l’enfance de Jésus.
A l’intérieur, la voûte est formée d’une belle croisée d’ogives. Les portes de l’église sont surmontées d’une statue polychrome du Christ enseignant entre deux cariatides figurant Adam et Eve. Entre les portes, sous un dais, un ange armé de goupillons trempe le pied dans un bénitier. Sur les murs latéraux, abrités par des dais Renaissance et des niches à colonnettes ioniques, les apôtres adoptent un maintien majestueux avec leurs attributs : saint Pierre et sa clé, saint Jacques et sa coquille, saint André et sa croix en X, etc. Sous les apôtres, des têtes symbolisent les péchés capitaux. En bas-relief apparaissent un moine exorciste et la création d’Eve

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/850

 

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OUVRAGES DE RÉFÉRENCE

BASE DE DONNÉES "ORNEMENTS ANTHROPOMORPHES"

http://www.fr-ornement.com/fr/anthropomorphe?page=8

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1542-1545, Compartiments, ou  Grands cartouches de Fontainebleau. Deux séries de 10 planches.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1807-compartiments-de-fontainebleau-de-grand-format?offset=7

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1548-1549, Cartouches, 12 planches gravées sur cuivre.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1802-cartouches?offset=3

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1559 Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_Masson647.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1582, Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1592.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1549, Quinque et viginti exempla arcum

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1475.asp?param=

— DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel

 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

— DELORME (Philibert), 1561  Les Nouvelles Inventions pour bien bastir et a petits frais

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/Masson643Index.asp

— DE GRANDE (Angelo), 2014, "De Fontainebleau vers la Lorraine: l’ordre anthropomorphe de la maison «des Sept Péchés capitaux» à Pont-à-Mousson" in Gravures d'architecture et d'ornement au début de l'époque moderne : processus de migration en Europe (sous la direction de S, Frommel et E. Leuschner), pp.205-218, 2014.

https://www.academia.edu/11289409/De_Fontainebleau_vers_la_Lorraine_l_ordre_anthropomorphe_de_la_maison_des_Sept_P%C3%A9ch%C3%A9s_capitaux_%C3%A0_Pont_%C3%A0_Mousson

— FROMMEL (Sabine), 2018 Supports anthropomorphes peints de la Renaissance italienne, in Frommel, Sabine – Leuschner, Eckhard – Droguet, Vincent – Kirchner, Thomas (dir.) Construire avec le corps humain/ Bauen mit dem menschlichen Korper. Les ordres anthropomorphes et leurs avatars dans l'art europèen de l'antiquité à la fin du XVIe siècle/ Antropomorphe Stùtzen von der Antike bis zur Gegenwart,  Campisano Editore 2 volumes pp 618, 40 ill. 

Rares sont les motifs architecturaux qui témoignent d'une persistance telle que les ordres anthropomorphes, depuis l'Antiquité jusqu'à la période actuelle, en passant par le Moyen Âge. Leur évolution s'articule par de subtiles interactions entre les domaines sculptural, architectural et pictural, alors qu'une fortune théorique durable a été instaurée par la description détaillée par Vitruve des "Perses" et des "Caryatides" dans son traité De architectura libri decem. Contrairement aux ordres architecturaux canoniques, ce " sixième ordre " invite à des interprétations et des variations plus souples et plus personnelles. Il put ainsi assimiler des traditions locales très diverses lors de son parcours triomphal dans toute l'Europe. Si la signification originelle de soumission et de châtiment de ces supports reste valable, les valeurs narratives ne cessèrent de s'enrichir et de s'amplifier, en faisant de ce motif un protagoniste abondamment présent dans de multiples genres artistiques, des meubles aux monuments les plus prestigieux, et qui révèle les mutations typologiques et stylistiques au fil du temps. Les contributions réunies dans ces deux volumes fournissent un large panorama européen de ces occurrences, offrant un large éventail de synergies et d'affinités révélatrices.

https://www.academia.edu/36821730/Supports_anthropomorphes_peints_de_la_Renaissance_italienne_in_Frommel_Sabine_Leuschner_Eckhard_Droguet_Vincent_Kirchner_Thomas_dir_Construire_avec_le_corps_humain_Bauen_mit_dem_menschlichen_K%C3%B6rper_Co_%C3%A9dition_Picard_Campisano_Paris_Roma_2018_?email_work_card=view-paper

— MAITRE DE HENRI II (membre du Groupe de Noël Bellemare) Heures dites de Henri II BnF Latin 1429

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447767x/f81.item#

— MAITRE DE HENRI II 1546-1547 (offert à Charles IX en 1566), Jean du Tillet Recueil des rois de France BnF fr.2848

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84516158/f189.item#

https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc492956

SAMBIN ( Hugues), 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture reduict en ordre : par Maistre Hugues Sambin, demeurant à Dijon, publié à Lyon par Jean Marcorelle ou par Jean Durant.  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/36089-oeuvre-de-la-diversite-des-termes-dont-on-use-en-architecture-reduit-en-ordre-par-maitre-hugues-sambin?offset=1

 

SERLIO (Sebastiano ), 1551 Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1745.asp?param=

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

SERLIO (Sebastiano ), 1540 Il terzo libro ... Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Serlio1540.asp?param=

https://archive.org/details/ilterzolibronelq00serl

SERLIO (Sebastiano ), 1537 Regole generali di architectura, quatrième livre, Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

SERLIO (Sebastiano ), 1547, Livre V, Paris

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1476.asp?param=

 

— VIGNOLE 1562, La Règle des cinq ordres d'architecture

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6327303x/f11.planchecontact.r=delagardette.langEN

— VITRUVE 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_01665A0013.asp

— VITRUVE, 1511, De architectura M. Vitruvius per Jocundum solito castigatior factus cum figuris et tabula, traduit par Fra Giovanni Giocondo en 1511 à Venise chez G. da Tridentino avec 136 gravures sur bois 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/CESR_2994.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_2994Index.asp

— VITRUVE, 1513,  De architectura, traduit par Giovanni Giocondo

https://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=/mpiwg/online/permanent/library/488D7ND1/pageimg&start=11&viewMode=images&pn=17&mode=imagepath

 

— VREDEMAN DE VRIES (Hans) [1565]  Caryatidum (vulgus termas vocat) sive Athlantidum multiformium ad quemlibet architecture. Anvers

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/36809/?offset=#page=43&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=

 

 

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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