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17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 16:36

La sirène femme-serpent (granite, vers 1702 ?) de l'église du Juch, les gargouilles et les inscriptions lapidaires extérieures.

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Voir :

 

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PRÉSENTATION.

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Cet ornement  sculpté dans le granite n'est pas une gargouille, puisqu'elle ne se charge pas de l'écoulement des eaux pluviales. Elle occupe le sommet du rampant de la dernière lucarne, à sa jonction avec le chevet. Elle participe, par ses charmes, à la célébrité de l'église, et elle est décrite presque partout comme une sirène.

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1. Une sirène. Sophie Duhem, et tous les sites patrimoniaux sur le net.

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a) Sophie Duhem.

"L'infamie de la luxure a trouvé dans l'art breton un être à sa dimension —la femme— dont les nudités voluptueuses sont des gouffres de l'âme pour l'homme jouisseur taraudé par des pensées impures. Allégorie de la séduction, son corps paré aux ondulations dansantes a pris des aspects bien divers dans l'art. En Bretagne, par exemple, la sirène est l'emblème de sa vénusté et des sortilèges qui l'accompagnent."

Le Juch, église Notre-Dame, gargouilles, XVIe-XVIIe siècle. Le corps maudit, l'ensorcelante cambrure des sirènes.

La sirène sculptée parmi les gargouilles de l'église du Juch est d'une grande beauté : le visage a subi les injures du temps, cependant la finesse du portrait, le sourire timide, le traitement des cheveux délicatement posés sur les épaules donnent une idée de la qualité de la facture originelle. L'artiste voulait suggérer la beauté comme l'indique le buste incliné sur la corniche, la tête légèrement penchée de la femme séductrice, sans oublier la majestueuse poitrine qu'elle offre de ses deux mains en la projetant vers le monde des hommes. De toutes les ensorceleuses postées au sommet des églises dans l'attente de leur coupable forfait, c'est la plus convaincante. Son visage est si expressif qu'on l'entendrait presque chanter. » Sophie Duhem Avec 3 photos, p. 116 et 120.

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b) Le site eglise-lejuch.fr.

https://www.eglise-lejuch.fr/ses-richesses/architecture/.

Ce site est plus prudent, et, sous le titre "sirène", il décrit "une queue de reptile". Alors que Sophie Duhem reprend une interprétation moralisatrice par laquelle les sirènes et femmes sculptées sont des figures de la luxure et du péché incitant les fidèles à la conversion de leur conduite, ce site ouvre la porte à d'autres interprétations.

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"La sirène. Située au niveau de la toiture sur le flanc sud du sanctuaire, au pignon de la nef, la statue de sirène est une autre particularité de l’église. Sa chevelure est abondante et ondulée, ses seins généreux évoquent une mère allaitante. Le corps se prolonge ensuite en queue nouée, qui évoque une queue de reptile.

Cette statue a été soumise à nombre d’interprétations différentes.

    Dans ses mémoires, Hervé Friant, habitant du Juch au début XXe siècle, la nomme « Gwrac’hic ar Zal », la femme redoutable, la sorcière malfaisante. Cela renvoie à une vieille légende du Juch, celui d’une déesse mère, la Gwarc’h, ou « vielle femme ». Cette légende est antérieure au christianisme et pourtant présente sur la statue d’un édifice chrétien. 

Le serpent apparaît comme élément de la déesse, sirène aquatique ou créature reptilienne, gardienne des eaux souterraines. De par ses seins gonflés, elle symbolise la vie, comme déesse de la fécondité.

D’autres ont vu une référence à Eve et la Genèse : une figure féminine portant la marque du péché originel, et faisant référence au serpent de la tentation et de la chute.

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2. Une femme-serpent. Hiroko Amemiya.

 

Une observation plus attentive, et plus exigeante dans la nomenclature  de ces "ornements à type de femmes semi-humaine" est celle que l'on trouve dans l'ouvrage de Hiroko Amemiya, "Vierge ou Démone", largement cité dans ce blog.

L'universitaire de Rennes 2 qui a consacré sa thèse de 1996 aux figures maritimes de la déesse-mère remarque que nous ne voyons pas (encore faut-il regarder) une femme-poisson, mais une femme serpent.

"Femme-serpent : couchée sur le ventre, tête à gauche. Visage joufflu encadré d'une longue chevelure en torsade. Seins proéminents. Le bras droit accoudé, le gauche tendu vers l'arrière. La partie inférieure du corps a la forme d'une queue de serpent nouée, l'extrémité pointue dirigée vers le bas." (H. Amemiya)

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Illustration par Hiroko Amemiya, Vierge ou Démone page 177.

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N.B. La femme-serpent est aussi décrite par B. Rio dans son ouvrage Le Cul-bénit p. 80, avec une illustration p. 82 sous le titre "sirène".

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Ces descriptions n'ont pas besoin d'être reprises. On remarquera seulement que la queue se termine par une flèche (un dard). Et que la main droite de la femme est posée sur le sein droit, dans un geste de caresse, mais qui rappelle celui des Démones tenant une pomme.

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Je crois qu'il faut garder ouverte l'interprétation de cette femme-serpent.

Certes, le père Julien Maunoir, grand moralisateur et évangélisateur de la Bretagne soucieux de conversion de ce qu'il considérait être une terre de paganisme, est venu au Juch en 1642, et, selon son biographe, en 1657 et en 1658 . IL effectua plusieurs guérisons avec l'huile de la lampe brulant devant saint- Michel :

 

« Les Pères [Maunoir et Bernard] partirent de Quimper Ie 21 Août 1642, et ils expérimentèrent l'efficace de la bénédiction du consolateur de Catherine [saint Corentin] pendant leur voyage. Pensant que ce saint directeur était l'Archange de Bretagne, ils brûlèrent en son honneur un peu d'huile, dans l'église de N.-D. du Juch, devant l'image de saint Michel, en faisant quelques prières. Dès le même jour, appliquant cette huile à Jeanne Le Cor, de Douarnenez, qui souffrait de la fièvre et de douleurs aiguës depuis quinze jours, elle fut guérie de ces deux infirmités. BDHA 1909 p.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f096b4a373bfb45f5ec65f9f1a363fcf.pdf

Mais on comprend mal que l'utilisateur des Tableaux de missions ou Taolennou dans lesquels les "vices" étaient toujours accompagnés de symboles qui les condamnaient expressément (luxure ici, accompagné d'un bouc) et les menaçaient toujours des flammes et tortures de l'enfer, puisse juger opportun de placer, en un lieu particulièrement ostensible, une femme nue si bien avantagée et si séduisante que la regarder est déjà commettre un péché de chair.

Cette sirène est trop joliment humaine et féminine pour être le support d'un sermon

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Il faut peut-être accepter que les villageois aient pu souhaiter — comme ailleurs des chanoines pour leurs stalles— orner leur église de figures emblématiques de leurs pulsions, sans vouloir aussitôt les dénoncer. Et qu'ils n'aient pas eu la même conscience dévote d'une bienséance catholique propre à des siècles plus tardifs.

Les exemples abondent dans l'ornementation sculptée des églises et chapelles bretonnes, notamment sous l'influence de la Renaissance, de représentations anthropomorphes hybrides dont l'unique but est d'être décoratif. Chassons les censeurs et transmetteurs de moraline et préservons notre plaisir d'admirer les œuvres des sculpteurs bretons témoins sans les recouvrir d'une "interprétation" anachronique. Ils ont été le relais d'un imaginaire  ancestral dont les clefs débordent largement les tribulations bas-bretonne de recteurs face à leurs ouailles mais explorent les frontières de l'animalité et de l'humanité.

L'assimilation d'éléments hybrides venant des modillons romans, des contacts orientaux et méditerranéens pour certains, germaniques pour d'autres, est d'abord un élément de vitalité plutôt qu'un agent de la diabolisation et du dénigrement.

Et Mélusine dont se réclame la famille de Lusignan, apporte la fécondité liée à l'élément aquatique qui permet à Raymondin de posséder des terres et des châteaux :

 

"Et voit Melusigne en la cuve, qui estoit jusques au nombril en figure de femme et pignoit ses cheveulx, et du nombril en aval estoit en forme de queue d'un serpent, aussi grosse comme une tonne où on met harenc, et longue durement [très longue], et debatoit de sa coue l'eaue tellement qu'elle la faisoit saillir [gicler] jusques à la voulte de la chambre. »

Jean d'Arras, Le Roman de Mélusine (1393-1394) https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9lusine_(f%C3%A9e)

 

LECLERQ-MARX (Jacqueline) 2002, Du monstre androcéphale au monstre humanisé. À propos des sirènes et des centaures, et de leur famille, dans le haut Moyen Âge et à l'époque romane , Cahiers de Civilisation Médiévale  Année 2002  45-177  pp. 55-67

https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_2002_num_45_177_2820

— MAZET (Christian), 2019, La « sirène » d’Orient en Occident comme exemple de la sélection culturelle des hybrides féminins en Méditerranée orientalisante (viiie-vie siècle av. J.-C.), in L'Animal-symbole, CTHS Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques,

https://books.openedition.org/cths/5065?lang=fr

https://www.chartes.psl.eu/fr/positions-these/sirene-entre-nature-lecture-livre-imprime-epoque-moderne-1475-1691-1692

 

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Cette figure est une fenêtre ouverte à notre imaginaire. Ne la refermons pas.

 

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In cauda venenum. La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Croquis lavieb-aile juillet 2022.

In cauda venenum. La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Croquis lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Croquis lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Croquis lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702)  de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

La femme-serpent (granite, vers 1702) de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Cet ornement du type femme-serpent appartient à une série de 11 exemples de la statuaire bretonne, dont  9 dans le Finistère.

1. église Saint-Idunet à Trégourez, granite,1687.

2. Le Juch, granite XVIIe.

3. église Notre-Dame , Bodilis, porche sud, granite, 1564-1570?

4. église Notre-Dame  de Brasparts, porche sud, granite, 1592.

5. église Saint-Edern à Lannedern, crossette de l'ossuaire, 1662.

6. église de la Sainte-Trinité de Lennon, crossette du porche sud, XVIe siècle

7. chapelle Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou, porche ouest, granite, 1516.

8. église Saint-Suliau à Sizun, crossette de l'ossuaire, kersanton.

9.  église Saint-Suliau à Sizun, ornement d'une frise du chevet, granite.

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Mais la ressemblance avec la crossette de l'ossuaire de Lannédern doit être particulièrement soulignée. Bien que cette dernière n'ait pas la beauté de la dame du Juch, elle a la même posture, la même position des bras, la même torsion de la queue et surtout la même pointe, a priori venimeuse, de la queue.

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Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Datation vers 1700 : éléments de discussion.

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a) les datations du  plan de l'association patrimoniale locale : "XVIIIe siècle.

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Annotation (flèche) sur le plan M.G Lemoigne du site lejuch-patrimoine.fr

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b) Les auteurs.

Selon Henri Waquet et Jacques Charpy, "L'influence de Ploaré, paroisse-mère de Juch avant la Révolution apparaît sur le chevet du XVIIe siècle (vers 1668) à trois pans."

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c) Les inscriptions lapidaires datées.

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Sur le mur voisin de cette sirène (je conserve la dénomination d'usage), on lit sur le mur de l'abside du chevet l'inscription :

M.RE. P. PHILIPPE

La mention Mre, abréviation de Messire, désigne en règle le recteur. Mais la liste des noms des recteurs de Ploaré ne comprend aucun Philippe. Le patronyme PHILIPPE est attesté à Ploaré. "Messire" peut aussi précéder le nom d'un prêtre, d'un curé.

Ce nom se retrouve sur le fronton du porche ouest, avec la mention M.G. PHILIPPE DE KERDALEC, P.[rêtre]. L'inscription ne peut être datée (en 1725-1726) que si on déchiffre le nom du recteur comme étant celui de Charles-Pierre Huchet.

Geneanet signale la famille PHILIPPE de Keralec.

 

Puis viennent dans deux cartouches séparés  les noms des fabriciens, suivi de la mention "F.", "fabricien (ou fabrique)", qui, comme les gendarmes, vont toujours par deux.

 R : CORNIC : F .

A : PERENNOV : F

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Un hasard d'archives ou de recherche généalogique  pourrait permettre par recoupement d'identifier ces individus et éventuellement de mieux  dater le monument.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Le chanoine Abgrall a soigneusement relevé les inscriptions de l'ensemble de l'église, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.

A l'intérieur, le chœur est daté par inscription de 1668 du coté nord (avec le nom du recteur de Ploaré, Guillaume Paillart (de 1676 à 1706) et de ses prêtres et curés), et de 1702 du coté sud, où se situe la sirène, avec le nom du curé, [Noël?]Le Billon. Cette famille Le Billon est bien établie à Kerstrat.

-Dans le sanctuaire, du côté de l'Evangile :

RE : M : GVILLAVME : PAILLART : DOCTEVR : EN : SORBONNE : ET : RECT. — ME : P : M : PAILLART : R - P : M : Y : LOVBOVTIN : C — 1668 : M : A : MESCVZ0

-Au côté de l'Epître :

Mre NO: LE : BILLON: DE : KERSTRAT: PRE: CVRE: 1702

Sur le bas-côté Midi, plus haut que le porche, s'ouvre une chapelle dans laquelle est un autel en granit largement sculpté, agrémenté d'anges cariatides, de moulures, fleurons et d'un médaillon central encadrant un buste de la Sainte Vierge. Le soubassement porte cette inscription :

M : N : LE : BILLON : P : CVRE : MIC : LE : BILLON : F

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Au total, la date de 1702 me paraît la plus judicieuse à choisir pour dater par approximation cette sirène.

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LES AUTRES FIGURES (MASQUES ET GARGOUILLES) ORNANT LE PIGNON EST ET LA FAÇADE SUD.

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Cette femme-serpent ne doit pas être décrite seule, isolée de son contexte, mais accompagnée des autres éléments sculptés figuratifs.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Les gargouilles : deux lions.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Le masque sur un voile du chevet.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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Les masques de la façade sud.

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Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

Les figures sculptées sur les pignons et façades de l'église du Juch. Photographie lavieb-aile juillet 2022.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/clocher-de-leglise-du-juch

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/JUCH.pdfhttps://lejuch-patrimoine.fr/

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Les vases acoustiques.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/b3f809d87a4df58bb9856f14aa7ca9ba.jpg

COUFFON (René) 1980, , Notice,

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/JUCH.pdf

Ancienne trève de Ploaré érigée en paroisse le 16 août 1844. EGLISE NOTRE-DAME (C.)

Dédiée aussi à saint Maudez. Elle comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un chevet à trois pans. Accolée au porche, au sud, chapelle en aile. L'édifice a été profondément remanié au XVIIè siècle et au XVIIIè siècle ; les parties les plus anciennes, l'angle sud-ouest et le porche, remontent à la fin du XVè siècle ou au début du XVIè siècle.

 

ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et  Chanoine Peyron , 1914,  Le Juch, "Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie", 1914, pages 151, 178, 217  et suivantes

 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109993p/f148.image.r=Juch

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/e4da48706ff24aae5d00e7ac2b8d8f1f.pdf

"Léglise est bâtie sur le versant Ouest d'une colline qui est très escarpée du côté Est, et sur-laquelle on reconnaît les substructions du vieux château qui fut la résidence des barons du Juch.

Les parties les plus anciennes de cette église, l'angle Sud-Ouest et le porche, portent les caractères du commencement du xvie siècle, déclin de la période ogivale. Le porche est surmonté d'une chambre qui est de construction plus récente. Sur le reste de l'édifice sont réparties des dates diverses qui indiquent des remaniements et des agrandissements.. Le caractère général de l'édifice est le même que celui de l'église de Ploaré. L'abside est également dessinée en pans coupés, rehaussés de contreforts surmontés de clochetons et de lanternons, et ces petits couronnements, en se combinant et se mariant avec le clocher, donnent une très heureuse silhouette. A l'extérieur, sur le mur Sud de l'abside, on lit cette inscription : Mre PHILIPPE . R . CORNIC , F . A : PERENNOV : F

-Sur le côté Nord est une autre inscription plus longue, mais qui ne pourrait se lire qu'en montant à une échelle. Le clocher a été ajouté après coup, en 1700, et cela de fond en comble, en faisant une tranchée dans la façade Ouest.

La porte principale est accostée de deux colonnes à grandes volutes ioniques, portant un fronton courbe dont le tympan contient cette inscription :

Mre : P : CHARLES M :Mme : MAREC

I...OI : ET : LICENC DE : KISORE : P : C

IE : EN : LVNIVERSITE M : C : PHILIPPE DE : PARIS : ET : REC DE : KERDAEC : P

-Sur le pilastre ou contrefort Sud du clocher :

RENE : RENEVOT : P : 1700

-Et sur la porte en bois : 1720 : H : H : LE : BILLON : DE : KERSTRAT : FAB

 

-Le clocher, accompagné de deux tourelles octogonales, terminées en dômes, a sa base surmontée d'une chambre des cloches à deux baies, entourée d'une balustrade à forte saillie. Plus haut, une seconde balustrade encadre la naissance de la flèche. A l'intérieur, composé d'une nef principale et de deux bas-côtés, des piliers octogonaux très élevés, soutiennent des arcades à moulures prismatiques.

Sur le mur du bas-côté Nord on trouve :

i : BRVT : FA : 1600

et ailleurs :

G : IONCOVR : FA : DE : KERVELLOV : 1696

-Dans le sanctuaire, du côté de l'Evangile :

RE : M : GVILLAVME : PAILLART : DOCTEVR : EN : SORBONNE : ET : RECT. — ME : P : M : PAILLART : R - P : M : Y : LOVBOVTIN : C — 1668 : M : A : MESCVZ0

-Au côté de l'Epître :

Mre NO: LE : BILLON: DE : KERSTRAT: PRE: CVRE: 1702

Sur le bas-côté Midi, plus haut que le porche, s'ouvre une chapelle dans laquelle est un autel en granit largement sculpté, agrémenté d'anges cariatides, de moulures, fleurons et d'un médaillon central encadrant un buste de la Sainte Vierge. Le soubassement porte cette inscription :

M : N : LE : BILLON : P : CVRE : MIC : LE : BILLON : F

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Voici quel était l'état des armoiries dans cette église, en 1678 : « Dans l'église tréviale du Juch, ès principale vitre, il y a en éminence et en supériorité, les armes de France et de Bretagne, et plus bas, joignant les dites armes, un écusson au franc canton d'azur et un lion rampant dargent armé et lampassé de gueules, qui sont les armes de la seigneurie du Juch, quoique la dite fenêtre soit à présent au seigneur marquis de Molac « Le reste des vitres de la dite église sont armoyées des armes du dit Juch et de ses alliances sans qu'il y ait autres écussons ny armoiries, ès dites vitres. « Du côté de l'EpUre, joignant le petit balustre, est le banc et accoudoir du dit Le Juch armoyé de ses armes. « Au-dessus de la porte faisant l'entrée du chantouer et supportant le dôme, il y a un écusson du dit Juch en bosse. « Au haut du dit dôme et au niveau de la poutre, il y a un écusson des armes de Rosmadec. « ll y a aussi au-dessus de la fenêtre de la chambre de l'église, au second pignon du midy, un écusson des armes du Juch en bosse."

 

INFOBRETAGNE, Ploaré :

http://www.infobretagne.com/ploare.htm

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-pa00090014.html

PEYRON in Infobretagne

http://www.infobretagne.com/juch.htm

WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Juch

  • L'église Notre-Dame du Juch (xvie - xviie siècle). cette église a été, en grande partie, reconstruite aux xviie et xviiie siècles. 

 

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 23:48

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Le clocher comporte une tour qui prolonge le pignon occidental, encadré de deux contreforts à pilastres. Puis, au dessus d'une galerie en surplomb, vient une première chambre de cloches, carrée, et ensuite dans une flèche octogonale, une fausse chambre de cloche qui s'ouvre par des frontons encadrés de pilastres.  

Selon l'abbé Billant, 

"Le clocher ne porte pas de date de construction. Il a dû être bâti au plus tard au commencement du XVIIe siècle. Dans un procès soutenu vers 1670 contre les prétentions du recteur de Hanvec, les tréviens de Rumengol, accusés de mal employer les deniers de leur église, allèguent « qu'ils ont fait et bâti une « tour magnifique et y ont mis des cloches ». Les galeries de la tour n'ont été construites qu'en 1750, d'après les comptes rendus par le marguillier, fabrique en 1751: «quittance de la somme de 75 livres pour premier terme passé avec Yves Tellier pour les guérides au clochet »,

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Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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D'après André Mussat, qui écrit en 1957 :

"Ce type de façade, comportant un large pignon-mur sur lequel se fonde un grand clocher posé en encorbellement, à la chambre des cloches ajourée et à la flèche haute et légère découpée par de grands gâbles, est bien connu en Cornouaille. Comme à Confort, à Kérinec en Poullan, la tourelle d'escalier rond flanque le clocher nord et se termine par une coupolette en lanternon. Aucune fenêtre ne viendra altérer le caractère mural. […] C'est l'heureux moment où les motifs lombards renouvellent les grands partis architecturaux français traditionnels. Les choux des arcs deviennent d'élégants fleurons, les pinacles se muent en candélabres, les niches s'ornent de coquilles ; l'anse de panier profondément mouluré de la porte, l'alternance dans une corniche de consoles et d'une frise de feuillages très refoulés, la finesse des colonnes torses sont autant de signes de cette adaptation élégante et éphémère. Il n'y a sans doute pas en Bretagne d'exemple plus réussi.

Les niches des contreforts sont, comme à l'Hôpital-Camfrout, surmontées de deux banderoles dont les extrémités se retournent en s'accolant : ce thème, que l'on voit à Lampaul-Guimiliau en 1533, connaîtra une belle destinée dans la région : on le retrouve, tout près de là, au porche de Lopérec en 1586. Il ne reste dans toute cette façade malheureusement qu'une seule statue dans la niche centrale. Elle paraît d'ailleurs bien petite pour son emplacement. C'est sainte Catherine, avec sa roue, son livre et l'empereur foulé aux pieds. L'exécution est élégante, sans être exceptionnelle,et se rattache au style de la Loire."

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Clocher et façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Clocher et façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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I. LA FAÇADE OUEST.

 

Commençons, sur le conseil de l'abbé Billant qui nous sert de guide,  par admirer, à l'ouest, le frontispice, d'un très gracieux effet.

"Devant vous se dresse un clocher svelte avec une chambre de cloches percée à jour d'un incroyable légèreté, à laquelle on accède par une tourelle ronde d'escalier couronnée d'un dôme et d'une petite lanterne. Au-dessus de la chambre des cloches s'élance, « suspendue en l'air, dirait-on, par un prodige d'équilibre, une flèche octogonale aussi hardie que gracieuse, aux rampants munis de crochets  (abbé Millon, les ·grandes Madones bretonnes).  Au dessous de la galerie saillante de ce  clocher s'épanouit un portail qui est, .avec celui de l'Hôpital-Camfrout l'une des plus belles pages de la Renaissance en Basse-Bretagne.  Une porte centrale en anse de panier est encadrée de moulures prismatiques, puis  de deux colonnettes formées des mêmes moulures qui se tordent en hélice et se terminent par des chapiteaux soutenant deux petits pinacles appliqués et un arceau saillant qui se résout en une accolade d'où surgit un troisième pinacle. (M. le chanoine Abgrall).

 

Au-dessus de la porte, une belle frise feuilIagée et moulurée entrecoupée par des écussons supporte trois niches dont celle du milieu abrite la statue en pierre, d'une rare beauté et malheureusement mutilée, de sainte Catherine d'Alexandrie, richement vêtue et portant d'une main un livre, de l'autre une· épée, ayant à ses côtés la roue brisée, et sous ses pieds le tyran Maximin Daïa, ce dernier revêtu du manteau et de la toque des ducs de Bretagne. Cependant, d'après Charles- Baussart (Semaine littéraire du 22 juin 1913), ce n'est pas le tyran Maximin Daïa qui serait sous ses pieds, mais le rhéteur Porphyre qui l'avait défiée à un ·combat de philosophie ; aussi est-il sous ses pieds, vaincu,. terrassé par la vérité. Dans tous les détails de ce portail l'on trouve un mélange étonnant du style gothique qui allait disparaître et du style renaissance qui allait bientôt régner en maître.  Et  cependant le gothique n'avait pas encore dit son dernier mot, car nous le trouvons bien franc et bien caractérisé dans les pinacles et pyramides des contreforts, dans les crossettes du rampant principal, dans le porche et les portes latérales, dans les· meneaux et pignons des fenêtres. »

 

 

Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de pèlerinage.

Cette statue moderne (elle était absente en 1957)  est une représentation de la statue vénérée à Rumengol lors des pèlerinages, une statue en bois du XVe siècle (photo sur Wikipédia). Cette Vierge en chêne est couronnée (couronne dorée ouverte qualifiée de "ducale"), mais l'Enfant est tête-nue. Elle porte un sceptre, et Jésus porte le globus cruciger. Le thème du couronnement de la Vierge et de sa royauté, déjà présent sur le calvaire de Rumengol, était présent dès l'origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La statue est caractéristique de la statuaire bretonne du fin XVe-début du XVIe par son encolure droite (portrait d'Anne de Bretagne vers 1508), et par son voile qui ne recouvre que l'arrière des cheveux avant de faire retour derrière la nuque en bandeau ou "chouchou"  tel que je l'ai étudié ici, ou encore là (Le Folgoët, XVe), ou bien aussi à Brennilis, ou sur sainte Anne à Pencran en 1553, sur sainte Marie-Madeleine au calvaire de Pencran par Bastien Prigent, sur la cariatide de La Martyre, etc... 

Le 16 mai 1857, Pie IX avait accordé les honneurs du Couronnement papal à la Vierge Noire et à l’Enfant Jésus de Notre-Dame-de-Bon-Secours de Guingamp . La cérémonie avait eu lieu le 30 septembre 1858. La Vierge Noire et son Fils furent alors habillés de robes blanches et bleues

Le même privilège avait été demandé par Mgr Sergent dès 1856 pour Rumengol. Il fut accordé à la date du 8 mai 1857 par Pie IX, le pape de l'Immaculée-Conception. Le Grand Couronnement eut lieu le 30 mai 1858. Par cette date, Rumengol peut prétendre au titre de première Vierge du Couronnement en Bretagne. La Vierge et l'Enfant reçurent un riche costume avec robe, manteau, voile, et couronne royale, fermée. 

 

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Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

La statue de Notre-Dame de Rumengol, habillée et couronnée.  Photographie lavieb-aile.

La statue de Notre-Dame de Rumengol, habillée et couronnée. Photographie lavieb-aile.

La statue de Notre-Dame de Rumengol, habillée et couronnée.  Photographie lavieb-aile.

La statue de Notre-Dame de Rumengol, habillée et couronnée. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge est entourée des deux principales saintes invoquées dans les Livres d'Heures, appartenant aux Saintes Auxiliatrices : Catherine d'Alexandrie et Barbe.

Sainte Catherine d'Alexandrie

La fille du roi Costus tient l'épée de sa décapitation, et le livre signalant qu'elle est docteur de l'Église. Près d'elle, la roue brisée du supplice dont elle fut sauvée. A ses pieds, le roi ou empereur Mayence qui ordonna sa mort devant son refus de l'épouser et de renoncer à sa pieuse virginité. Elle associe la Connaissance (science théologique), la Virginité, et le Martyre. Ses cheveux longs et défaits témoignent de la virginité. Le manteau à fermoir fait repli vers la main droite. La robe est cintrée. Un collier en maillons de chaîne porte un médaillon en soleil-fleur.

 

 

Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.
Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Barbe et sa tour.

Trace de peinture rouge.

Sainte Barbe. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Sainte Barbe. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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II. LES GARGOUILLES.

Elles sont au nombre de six entre la tour et la  chambre de cloches, et quatre plus petites entre cette chambre  et la flèche. 

Ce n'est pas en Bretagne qu'on donnerait tort à Viollet-le-Duc lorsqu'il écrit :

"La variété des formes donné aux gargouilles est prodigieuse ; nous n’en connaissons pas deux pareilles en France, et nos monuments du moyen âge en sont couverts. Beaucoup de ces gargouilles sont des chefs-d’œuvre de sculpture ; c’est tout un monde d’animaux et de personnages composés avec une grande énergie, vivants, taillés hardiment par des mains habiles et sûres. Ces êtres s’attachent adroitement aux larmiers, se soudent à l’architecture et donnent aux silhouettes des édifices un caractère particulier, marquant leurs points saillants, accusant les têtes des contre-forts, faisant valoir les lignes verticales."

Puisqu'on les regarde toujours le nez en l'air, de bas en haut, on méconnaît parfois la façon dont elles sont creusées à leur face supérieure :

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Mais les images suivantes le laisse deviner par le doublage en zinc moulé sur la rigole.

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Balustrade autour de la chambre des cloches. Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Balustrade autour de la chambre des cloches. Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Balustrade autour de la chambre des cloches. Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Balustrade autour de la chambre des cloches. Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Les six gargouilles encadrant la balustrade.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Moine vomissant.

Un homme à la tête recouverte d'un capuchon ou d'une coule déverse les eaux de pluie par sa bouche largement ouverte.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Homme "urinant".

Un homme à la barbe courte est accroupi. Son visage, tourné vers le coté, bouche à demi ouverte, reflète la béatitude ...ou la jouissance. Sa main droite empoigne sa jambe. La main gauche, posée sur le genou, tend l'index vers un sexe en érection. L'eau pluviale suit une rigole doublée de zinc creusée sur la face dorsale et s'écoule au dessus de la tête, mais sans orifice apparent.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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3°) Homme vomissant.

Cet homme agenouillé, tête couverte, est richement habillé, avec des manches et un pantalon court à crevés, un manteau court ou tunique dont le parement épais évoque un revers de fourrure. Il porte une barbe longue, bouclée et taillée au carré. L'embonpoint de son ventre replet, et sa braguette saillante font de lui le type de l'Intempérant, bon buveur et bon mangeur qui se soulage ici de ses excès.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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4°) Dragon chauve-souris.

Ce dragon aux oreilles et aux ailes de chauve-souris déverse sous son museau retroussé les eaux du ciel, rares sous le climat aride de notre région.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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5°) Gargouille-dragon. Écoulement au dessus de la tête.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Les quatre gargouilles hautes.

On trouve dans ces hauteurs un lion, un ange, un monstre et un oiseau aux quatre coins de l'espace.

 

1°) Lion tenant entre ses pattes avant un bâton. Écoulement par la bouche.

Ce cylindre est si régulièrement retrouvé dans les crossettes que je m'interroge, sans avoir encore trouvé une réponse, sur sa signification.
 

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.
Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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2°) Un monstre tenant un écu.

Blason losangique frappé d'une croix.

L'église Notre-Dame de Rumengol.  V : les gargouilles et crossettes. 

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3°) Un ange. Écoulement au dessus de la tête.

Il tient un livre ouvert. Ses jambes s'étendent sur le coté de l'angle.

Ange-gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Ange-gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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4°) Oiseau.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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A droite du porche.

Gargouille de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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La crossette coté nord : un cochon (ou sanglier).

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Crossette  de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

 

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    LES CLOCHES.

    L'indispensable abbé Billant, indique :

    "Enfin, l'une des cloches (546 kilos) étant fêlée, ils la remplacèrent en 1899 par deux autres de moindre poids ( 400 kilos et 280 kilos), mais qui réalisent avec la vieille cloche un carillon des plus gracieux. "

    "...M. Hervé Auffret (1810-1813), dont le nom se trouvait sur une cloche fondue en 1812 et refondue comme fêlée en 1899. "

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    1°) La première cloche : Marie-Jeanne

    Elle porte l'inscription que mon angle de vue décrypte partiellement ainsi : 

    A l'ouest :

    NOMMEE MARIE JEANNE

    PAR

    Mr JEAN LANN MAIRE

    ET

    Mme FRANCOISE HOUE

    Motif : En haut : frise à personnages. En bas : Assomption de la Vierge parmi les anges ; trois croix fleuronnées

    A l'est :

    1899

    S.S LÉON XIII PAPE

    M M

    OLLIVIER LE PAPE RECTEUR DE RUMENGOL

    JEAN LE LANN MAIRE

    JEAN-MARIE GALL PRÉSIDENT

    FRANCOIS GRALL TRÉSORIER

    HERVE POULMARCH

    JEAN-LOUIS HOUE

    HERVE GOASGUEN FABRICIENS

    HAVARD A VILLEDIEU   Vve E LE JAMTEL

    • Léon XIII fut pape de [1878-1903]

    • Ollivier Le Pape fut recteur de Rumengol de 1895 à 1915 (il succéda à son frère Yves-Marie Le Pape, de Landivisiau,  Petit-Séminaire de Saint~Pol-de-Léon, puis recteur de Rumengol de 1889 à 1895 et de 1916 à 1919. Un frère cadet, François Le Pape, était également prêtre et sera recteur de l'Hôpital-Camfrout puis du Drennec.

    • Jean-Marie Le Lann fut maire de Rumengol de 1878 à 1881 et de 1884 à 1902 

    • "Jean-Marie Gall président"

    • "François Grall trésorier". Je note Jacques Grall, organiste à Rumengol, qui sera décoré du Mérite diocésain en 1942.

    • Hervé Poulmarch. La famille Poulmarc'h est signalé depuis le XVIe siècle au moins sur Rumengol. L'un d'entre eux fut maire en 1858-1860. Hervé-Marie Poulmarc'h sera maire de 1943 à 1969. Un Bernard Poulmarc'h était trésorier de la fabrique en 1864 (inscription de la chaire à prêcher)

    • Jean-Louis Houé. Jean-Louis Le Houé, conseiller paroissial de Rumengol, fut décoré du Mérite diocésain en 1930.

    •  La famille Le Jamtel était fondeurs de cloche à Guingamp depuis la veille de la Révolution et ont réalisé, parmi tant d'autres,  les cloches de Brasparts. Voir : http://ville-brasparts.forum-actif.net/t592-le-bapteme-des-cloches-de-brasparts. Ce sont des fondeurs  qui représentaient la fonderie Cornille Havard de Villedieu-les-Poêles,et  qui s'occupèrent pendant plus d'un siècle de la fabrication des cloches d'église. (par ex : La chapelle Sainte-Croix à Guingamp ; l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec en 1926 ). Au XIXe siècle, ils montent peu à peu une entreprise de commerce de gros et de détail de fers, de fontes et quincaillerie. Bernard Le Jamtel exerce aujourd'hui cette profession de  campaniste. En 1899, Émile Le Jamtel plaçait des encarts publicitaires dans chaque parution hebdomadaire de La Semaine Religieuse du Diocèse de Quimper (page 32) pour la Fonderie de cloches Adolphe Havard.

     

     

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    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    2°) Deuxième cloche.

    A l'ouest :

    NOMMEE IMMACULEE CONCEPTION

    JEAN-MICHEL

    Motif : Guirlandes. Crucifix

    A l'est :

    R M. SERRE VICAIRE GENERAL LE 25

    E CATHERINE CEVAER M LE GRAND P

    Motif : Assomption de la Vierge parmi les anges ; trois croix fleuronnées

    Mr Adolphe Serré ancien recteur de Roscoff, était Vicaire général du diocèse de Quimper depuis 1881 jusqu'à son décès en 1893.  Mr Legrand était recteur

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    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    3°) Troisième cloche : Marie-Victorine.

    J'AI ETE BENITE PAR SON EX. MGR

    MARIE-VICTORINE PAR JACQUES

    SON EX Mgr DUPARC EVEQUE JOSEPH BOT

    Ornements: frise de losanges ; autre frise. Calvaire.

    Monseigneur Duparc a été évêque de Quimper de 1908 à 1946.

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    4°) Quatrième cloche : Marie-Françoise.

     

    NOMMEE MARIE-FRANCOISE

    PAR

    Mr JEAN LE LANN 

    ET

    Mme FRANCOISE HOUE

    Motif : pietà et croix.

     

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    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    SOURCES ET LIENS.

     

    — BILLANT (Abbé Nicolas)  Rumengol, son sanctuaire et son pèlerinage, 1924, sn.  Brest, Imprimeries de la Presse Libérale.

    (L'abbé Billant de Saint-Urbain fut recteur de Rumengol de 1920 à ? après avoir été recteur de l'Île Tudy.)

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

    ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Quimper, Ar de Kerangal.

    https://archive.org/details/architecturebre00abgrgoog

     

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

    — LECLERC (Guy), 1996-97, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1996) : Le Faou, églises Notre-Dame de Rumengol et Saint-Sauveur du Faou  Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (126, p. 145-149)

    — LECLERC (Guy), 2000, Monuments et objets d'art du Finistère. Etudes, découvertes, restaurations (année 2000) : Le Faou, église Notre-Dame de Rumengol, porche méridional, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 2000, (129, p. 59-62)

    LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes, pages 74 et 92.

    MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur). Pages 161-177.

    VIOLLET-LE-DUC "Gargouilles", Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle

    https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Gargouille

    — Infobretagne :

    http://www.infobretagne.com/faou.htm

    — Médiathèque des Monuments historiques

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr

    — http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/rumengol/eglise.html

    — http://www.cc-aulne-maritime.fr/patrimoine.htm

    — http://nd-rumengol-quimper.cef.fr/index.php/vie-de-la-paroisse/ensemble-paroissial

    — Liste des maires de Rumengol :

    http://www.archives-finistere.fr/sites/default/files/maires_rumengol.pdf

    A PROPOS DES CLOCHES ET DES CAMPANISTES :

    http://www.bodet-campanaire.com/fr/

    http://www.bodet-campanaire.com/fr/metier-du-campaniste.html

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