Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490) de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche de Rouergue. I, les miséricordes, les appui-mains et les jouées.
Les donateurs, Vésian Valette et Catherine Garnière, v.1450.
"En 1450, sire Vezian Valette, riche marchand de Villefranche, mourut à Rome où il était allé gagner l'indulgence plénière du premier jubilé du pape Clément VII ; sa veuve, Catherine Garnière, pour se conformer aux dispositions du testament, fit construire le couvent de la Chartreuse. Les travaux débutent en 1451, sous l'égide du prieur Pierre Marcellariis, envoyé par le prieur de la grande Chartreuse. L'église, le cloître et le chapitre sont achevés en 1458 par les maîtres maçons Corradus Rogier et Jean Copiac avec lesquels est en outre, la même année, baillé à prix-fait la construction dans les deux ans du petit cloître pour 700 écus d'or. En 1461, Vezian Valette est inhumé dans le tombeau qui lui avait été préparé ; sa veuve y est ensevelie en 1465. En 1491, la chartreuse est incorporée à son ordre par le chapitre général tenu à la grande Chartreuse de Grenoble . L'église est consacrée le 4 septembre 1546."
En 1561, les Chartreux de Villefranche sont chassés du couvent par la famille Valette, Huguenots se disant de la même famille que Vezian Valette, et se retirent au couvent des Cordeliers de Villefranche. En 1790, les Chartreux sont de nouveau chassés et la chartreuse mise en vente. En 1792, les religieuses de l'hôpital de Villefranche y installent leurs malades. Les bâtiments, déjà remaniés au 17e siècle, subissent de nouveaux aménagements pour se conformer à cette utilisation.
Les cloîtres, le chapitre et les chapelles témoignent d'une certaine recherche ornementale. Les cellules des moines étaient des pièces carrées surélevées d'un galetas dont l'accès se faisait par une trappe. Le chartreux y recevaient la nourriture par une ouverture pratiquée dans le mur de la galerie du cloître. Une sorte de petit promenoir couvert et un cabinet d'aisances formaient le complément de ce logis qu'entourait un petit enclos. Les chartreux se réunissaient au réfectoire les jeudis et dimanches."
Dans les temps calmes, les chartreux occupaient toutes les places des 30 stalles, mais à la Révolution de 1789, il ne restait que huit chartreux.
Plan de la chartreuse Saint-Sauveur d'après "Congrès archéologique de France - 1937" annoté par Mossot Wikipedia
La chapelle est divisée en deux parties par une haute cloison en bois, réalisée au XVIIIe siècle, séparant le chœur des moines qui se trouve dans la troisième travée, des convers ou d'éventuels visiteurs masculins.
Emplacement des stalles. Plan 1837.
Les stalles
Les moines disposent de 30 stalles en bois disposées en U sur un rang, douze au nord, autant au sud, et trois de chaque côté de l'entrée du chœur, mesurant 12,40 m de longueur.
Andre Sulpice, originaire de Lozère ou de Bourges (son nom y apparait en 1452), fut le concepteur entre 1462 et 1489-90, des stalles de la cathédrale de Mende (1460), de la chartreuse Saint-Sauveur et de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. a aussi travaillé à la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue, à l'abbaye de Loc-Dieu et à la cathédrale de Rodez.
"Le travail de la partie inférieure des sièges de la chartreuse de Villefranche, et de Loc-Dieu, fut exécuté par d'autres artistes, au nombre desquels figurait un sculpteur doué d'un talon remarqable d'observation pour les animaux, les oiseaux en particulier." (D et H Kraus)
Un copié-collé de Jacques Dubois :
"Comme chez les cisterciens ou les grandmontains par exemple, la totalité de l'église était réservée aux moines. L'espace était divisé en deux chœurs: l'un pour les pères. l'autre, à l'ouest, pour les frères. La séparation est encore matérialisée par un emmarchement à panier de la deuxième travée et par un jubé daté de la fin du XVIIe siècle. Le premier ensemble de stalles comprend trente sièges à une seule rangée, douze le long des murs et six en retour. Le second, plus simple, s'organise en deux séries de quatre sièges . Contre le mur pignon de part et d'autre de l'entrée les stalles sont surmontées de dorsaux à décor de remplage varié et sont couronnées d'un dais en quart-de-rond terminé par une petite balustrade. Au premier abord, elles sont très proches de celles, bien documentées, de la collégiale de Villefranche et de la cathédrale de Rodez. Par ailleurs, comme l'a montré N. Bournot-Didier, les techniques de confection et d'assemblage sont les mêmes, permettant d'attribuer les deux ensembles de la chartreuse à l'atelier d'André Sulpice . Alors que l'abbé Lafon plaçait leur réalisation de 1462 à 1477, N. Bournot-Didier penche plutôt pour un début de chantier vers 1468-1469.
Pourtant, les différents auteurs qui ont consacré quelques lignes aux stalles de la chartreuse ont bien précisé qu'elles s'éloignaient du style d'André Sulpice, l'abbé Lafon, le premier, écrivait: « Cependant pour peu qu'on ait l'œil exercé, on s'aperçoit facilement que les miséricordes de la Chartreuse ne sont pas de la même main que celles de Notre-Dame de Villefranche ni de la cathédrale de Rodez, qui ont entre elles de grandes similitudes." De fait, les sculptures des miséricordes présentent un modelé moins ferme et un dessin général plus sommaire. Huit stalles cependant font exception et sont en tout point similaires à celles documentées d'André Sulpice. Récemment, A. et Deschamps (A. et J. Deschamps, "André Sulpice, menuisier du XV siècle. Faiseur des stalles en Berry, en Gévaudan et en Rouergue" (coll. Pages d'Histoire du Bas-Rouergue ), Mémoires de la Société des amis de Villefranche et du Bas-Rouergue. Villefranche, 2009, p. 201. ) ont proposé d'y voir là les huit sièges retirés des stalles de la collégiale suite à un accord passé entre les consuls et le chapitre en date du 5 avril 1487. Pour étayer cette hypothèse, on peut souligner que la forme des sellettes de ces huit sièges correspond exactement à celle des ensembles de la collégiale et de la cathédrale, alors que pour les autres, elle est d'un travail plus simple.
Aussi est-il envisageable d'attribuer les stalles de la chartreuse, non pas à André Sulpice, mais plutôt à son fils Étienne, installé à Villefranche, ce qui explique leur parenté avec les deux grandes menuiseries réalisées par l'atelier de son père qu'il reprend après le décès de celui-ci vers 1489- 1490. Le travail remonterait alors aux années 1490 et l'ouvrage serait installé dans l'église vers 1510, comme semble vouloir l'indiquer la mise en place d'une nouvelle porte à la sacristie." (Jacques Dubois 2011)
Note : si on en juge par la forme rectangulaire de la sellette des miséricordes de la chartreuse, et en double parenthèse de celles de la collégiale, celles d'André Sulpice porteraient, dans ma description, les n° 4, 5 et 6, je ne parviens pas à identifier les 5 autres.
J'ai choisi de les numéroter en partant de l'entrée, juste après avoir franchi la porte de la clôture, en faisant le tour des stalles sud et jouées (A, B) dans le sens anti-horaire puis en reprenant le compte des stalles nord depuis l'entrée vers l'est dans le sens horaire. Un schéma sera plus clair :
Schéma de numérotation des 30 stalles de la chartreuse, lavieb-aile.
[Dans la première travée du choeur des convers, se trouvent également huit stalles encadrant le portail pour les frères convers Elles s'organisent en deux séries de quatre sièges : ils ne font pas partie de cet inventaire, je donne deux clichés à la fin.]
LES STALLES DU CÔTÉ SUD.
Jouée A, entrée sud. Volutes de feuillage s'achevant dans des gueules de dragons.
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°1: un chien, museau dans les pattes.
On voit comme le pelage est traité par des coups arciformes de gouge.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°2 : feuille d'acanthe.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°3 : homme à bouche concave portant une cagoule de fou à oreilles d'âne.
Le motif du fou est très répandu, tant dans les stalles européennes que dans le décor satirique en général. Le livre Das Narrenschift du strasbourgeois Sebastian Brant est paru en 1494, avec ses nombreusses planches fixant le modèle iconographique (oreilles d'âne, bonnet ou cagoule à grelots, marotte) et a été traduit aussitôt en français sous le titre La Nef des Fous.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°4 : feuille de vigne et rameau ligneux (sarment).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°5 : sarment de vigne et glands (quercus pubescens).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°6 : chien mordant un agneau.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°7 : oiseau ailes déployées, tête tournée à droite.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°8 : griffon (tête à bec d'oiseau, ailes d'aigle et corps de lion).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°9 : animal hybride à corps d'oiseau aux ailes déployées et à la tête anthropomorphe aux oreilles d'âne, tirant la langue.
Chauve-souris?? Voir la chauve-souris manifeste d'un culot du cloître :
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°10 : fleur à 6 pétales triples et bouton quadrillé; rameaux ligneux.
La présence de ces rameaux ligneux, ou branches écotées, déjà rencontrée en n° 4 et n°6, prend ici un développement important, si bien que je m'interroge sur sa valeur emblématique, interrogation renforcée par la miséricorde n°13. Ces rameaux sont innombrables sur les panneaux des dais.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°11 : chien à queue large et longue.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°12 : lion, patte antérieure gauche dressée.
Voir l'association d'un chien et d'un lion se partageant les extrémités d'un sarment de vigne sur un culot du cloître :
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°13 : chapeau de pèlerin (passementé de 2 glands) et rameau ligneux.
Voir un chapeau semblable sur un culot du cloître : ce dernier n'est pas placé ici dans une visée décorative. On peut lui accorder d'autant plus d'attention que c'est la seule, avec le Fou n°3, dont le sujet est humain, et non animal ou végétal.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°14 : masque animal à cornes et oreilles d'âne.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°15 : un chien colleté, à queue large comme une feuille, la patte antérieure droite au museau.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
La jouée B, au Sud-est
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
LES STALLES DU CÔTÉ NORD
Jouée C, entrée nord-ouest
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°16 : oisaeu ailes déployées, tête à droite (comme n°7)
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°17 : feuille de vigne et rameau ligneux (comme n°4 et 5).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°18 : homme de face, vêtu d'une large pelisse, coiffé d'un bonnet, bras écarté tirant la langue (pour vomir?)
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°19 : ange de face, mains rapprochées tenant un objet (brisé?).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°20 : chauve-souris. Cf n°9.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°21 : lion, tête de face.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°22 : oiseau (oie?) tenant dans son bec un fer à cheval (brisé).
D. et H Kraus citent p. 239 la miséricorde de Stratford-upon-Avon où une autruche (réputée digérer tout ce qu'elle avale) tient dans son bec un fer à cheval, et ils renvoient à celle de Saint-Martin aux-Bois (Oise) ou à celle de Saint-Jean-de-Maurienne où une oie (aux pattes terminées par des sabots) brandit un fer à cheval dans son bec.
Saint-Martin-aux-Bois. Cliché Alain Bonte
Les auteurs y voient une illustration de l'expression "bête à ferrer une oie". Mais, peut-être par confusion, les auteurs montrent la figure suivante, bien plus convaincante pour nous mais que la légende situe à Saint-Martin-aux-Bois, et non à Saint-Jean de Maurienne :
D et H. Kraus, Le monde caché des miséricordes p. 53
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°23 : ourson se grattant de la patte postérieure droite.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°24 : aigle se frappant la poitrine de son bec.
Difficile d'y voir un pélican, symbole christique
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°25 : chien, la queue entre les pattes.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°26 : ourson à la main (anthropomorphe) gauche placée sous le coude droit.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°27 : lièvre, de profil.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°28 : masque +/- anthropomorphe aux oreilles d'âne
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°29 : dragon au corps serpentiforme torsadé noué en 8.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°30 : oiseau, bec sur le croupion.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée D, nord-est.
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Quelques appui-mains.
1. Moine ou chartreux priant, tête sous la cuculle.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
2. ange assis.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Angle sud-ouest : mine sous la cuculle, tenant un phylactère; feuille d'acanthe.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Tête, gueule au nez épaté et à la bouche ouverte, yeux tournés vers le haut
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
5. feuillage enroulé.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
6. buste.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Deux autres miséricordes (des frères convers?)
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
— DUBOIS (Jacques), 2011, Villefranche-de-Rouergue, chartreuse Saint-Sauveur. L'architecture, dans Monuments de l'Aveyron, Congrès archéologique de France, 167e session, Paris, Société Française d'Archéologie, 2011.p. 387-399
— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger
https://theses.fr/2000TOU20015
Résumé : "Andre Sulpice, ligni faber menuisarlus fusterius, selon les textes, originaire de Bourges, fut le concepteur entre 1462 et 1489-90, des stalles de la cathédrale de Mende, de la chartreuse Saint-Sauveur et de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. D'autres chantiers lui furent longtemps attribués : les stalles de la cathédrale de Bourges, de la cathédrale de Vence, de Notre-Dame de la Carce de Marvejols, de la cathédrale de Béziers, de l’église de l'abbaye de Loc-Dieu et une partie des actuelles stalles basses de la cathédrale de Rodez. Cette thèse déclasse ces ensembles en s'appuyant, soit sur une stricte analyse comparative, soit sur l'existence de documents. Lorsqu'il ne subsiste aucun vestige, ni aucun texte d'archives les stalles ont été définitivement écartées des réalisations possibles de l'atelier d’André Sulpice. Malgré des qualités techniques de menuiserie et de sculpture dont ont fait preuve les ouvriers particulièrement expérimentes de l'atelier de Sulpice, son rayonnement dans le Rouergue et les environs fut peu important. Seules les stalles de Salles-Curan reflètent son influence en développant déjà les motifs ornementaux de la Renaissance, visibles depuis 1492-1498 aux dossiers des stalles consulaires de Villeneuve d'Aveyron, puis de Conques et dans une moindre mesure à Sauveterre-de-Rouergue. Conjointement et systématiquement à l'analyse formelle de chaque ensemble de stalles est menée une étude sur les chapitres de chanoines, les emplacements et les questions de préséance des ecclésiastiques et parfois des laïcs et la liturgie propre aux stalles. Ce travail ne se cantonne pas à une description iconographique des miséricordes, il aborde le fonctionnement d'un atelier de menuiserie, la personnalité d'un maître-d'œuvre en compte la destination originelle des stalles en tant que mobilier liturgique, reflet d'une sévère hiérarchie capitulaire, parfois facteur de conflits politiques."
— LAFON (Victor),1891 , Iconographie de la chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue. Rodez.
—GAULEJAC (Bernard de), 1938, « La chartreuse de Villefranche-de-Rouergue », dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 p p. 106-121
"Le choeur des religieux, qui occupe la troisième travée de la nef, renferme trente stalles disposées sur un rang : douze au nord, le même nombre au sud et trois de chaque côté de l'entrée du choeur, à l'ouest.
Les hauts dossiers sont décorés d'un réseau flamboyant entre des contreforts à pinacles ; au-dessus s'avance un baldaquin en forme de voussure, couronné par une galerie ajourée, interrompue par des pinacles. Le travail des jouées, décorées d'enroulements et de motifs de feuillages, est assez remarquable ; il constitue, avec celui des parcloses et des miséricordes, la principale richesse des stalles de la Chartreuse. On y rencontre une grande variété de compositions, où apparaissent des motifs de feuillages, d'animaux sauvages ou fantastiques, de figures humaines et toute sorte d'emblèmes. Du côté nord, quelques hauts dossiers ont été mutilés à une époque moderne, pour permettre d'établir une chaire aujourd'hui inutilisée.
Dans la première travée de la nef, huit stalles, analogues aux précédentes, mais plus simples, encadrent le portail d'entrée ; elles étaient destinées aux frères.
Toutes ces stalles sont dues au ciseau du maître menuisier André Sulpice, qui est également l'auteur des stalles de la collégiale de Villefranche, de celles de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez. Le contrat est de 1462, et le travail dura seize ans."
—LAURIERE (Raymond), 1999 Thèse Toulouse 2
https://theses.fr/1999TOU20040
Sur les miséricordes en général :
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 pages 26 et suiv.
— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 149-153 et notes 243-261.
Le premier auteur chrétien qui nous parle des Arts Libéraux est Augustin. Dans son De Ordine, II, 12, il définit sept disciplines qui sont presque toutes les connaissances que l’homme peut acquérir en dehors de la révélation. Au-dessus de ces sept arts, la philosophie en est la mère. Ils sont comme l’effort le plus ultime que peut fournir l’intellect humain, au delà commence l’intellect de Dieu. Elles sont divisées en deux groupes. Les sciences du langage, la grammaire, la dialectique et la rhétorique forment le trivium. Les sciences du nombre, la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie et la musique forment le quadrivium. Dans une perspective chrétienne, à la suite de Boèce, les Arts libéraux sont considérés comme propédeutiques à la théologie, c’est-à-dire à l’étude de l’Écriture sainte.
Ils ont été un sujet de représentation dès le IXe siècle mais c'est à partir du XIIe siècle qu'elle devient une véritable tradition iconographique.
Venant de publier mon article sur les 4 panneaux des arts libéraux (Arithmétique, Dialectique, Rhétorique et Géométrie) d'un vitrail de Chartres datant de 1415, j'étudie maintenant la peinture du Puy-en-Velay représentant également 4 arts libéraux, la Grammaire, la Dialectique, la Rhétorique et la Musique. Il s'agit d'une peinture à la détrempe présentant 4 personnages allégoriques féminins accompagnés d'un homme illustre de cette science, d'un attribut spécifique de la discipline figurée, et de phylactères avec des inscriptions propres à chaque allégorie. Dans les deux cas, l'artiste reste fidèle à une représentation fixée par un texte de Martianus Capella (Noces de Philologie et de Mercure ) dès le Ve siècle ou par celui d'Alain de Lille au XIIe siècle, et représentée dans des enluminures, notamment dans l'Hortus Déliciarum, composé au XIIe siècle par Herrade de Landsberg. Selon E. Mâle, les sept arts sont aussi sculptés aux porches des cathédrales, à Chartres, Auxerre, Rouen, Soissons, Laon, Sens ou Clermont ou de Fribourg.
Chartres :
Les sculptures des voussures de la porte nord du Portail Royal de la cathédrale de Chartres sont l’exemple majeur d'une formule iconographique demeurant pérenne jusqu’à la fin du Moyen Âge. Les arts sont représentés trônant sous leur forme féminine tenant des attributs et étant accompagnées, sur les claveaux qui les précèdent, de leurs acteurs antiques. Bien qu’aucune liste canonique n’en ait jamais été dressée, la tradition picturale a imposé une suite restreinte de savants et de philosophes associés à chaque art. Ainsi la Grammaire est-elle accompagnée de Donat ou de Priscien, la Dialectique d’Aristote, la Rhétorique de Tullius ou de Cicéron, la Géométrie et l’Arithmétique d’Euclide ou de Pythagore, l’Astronomie de Ptolémée et la Musique de Tubalcaïn. Chaque art est représentée avec exactement les mêmes attributs que Martianus Capella leur spécifie dans ses Noces de Philologie et de Mercure, l’ordre du cortège y est d’ailleurs respecté scrupuleusement. Chaque science est accompagnée de son inventeur oude l’homme qui lui a donné ses lettres de noblesse.
La Dialectique tient un dragon en main droite et un bouquet fleuri en main gauche.
la Dialectique cliché Centre Castel
La Rhétorique lève, de la main gauche, un voile, ce qui a été vu comme un effet de manche.
La Rhétorique, Chartres, cliché Centre Castel.
La Grammaire présente un grand livre ouvert et brandit de sa main droite une férule ; un petit garçon, sa tête frisée à demi-couverte par sa capuche, est assis sur un siège bas et se penche sur le livre qu'il tient ouvert sur ses genoux ; il sourit, la tête appuyée sur sa main ; son camarade, assis sur ses talons, a posé son livre grand ouvert sur sa cuisse ; il lève les yeux vers la Grammaire et il lui tend sa main ouverte qu'il pose sur la chevelure de son voisin ; il a le torse nu et l'on pourrait supposer d'abord qu'il a été fouetté, n'était l'échange de regards paisibles entre l'enfant et la femme.
Grammaire, Chartres, cliché Centre Castel.
La Musique
Elle joue du tintinnabulum avec un marteau dans chaque main. On voit aussi un psalterion, un monocorde et une vièle en huit (André Bonjour).
Rouen :
Au Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen, chacun des quatre bas-reliefs montre une figure féminine assise, dotée des attributs de sa discipline: la Géométrie tient une sphère et un compas: la Musique frappe avec un marteau sur les clochettes d’un tintinnabulum; l’Astronomie étudie les astres en tenant un livre dans lequel elle note ses observations ou bien consulte des données astronomiques; la Grammaire tient un livre sur ses genoux et elle lève son fouet ou ses verges vers un enfant agenouillé :
On consultera sur ces traditions iconographiques, non seulement le texte d'Émile Mâle, mais aussi le travail plus récent de Georges Fleury.
Voir ainsi :
Andrea di Bonaiuto, Triomphe de Thomas d’Aquin, Chapelle des espagnols à Santa Maria Novella, Florence.
Gentile da Fabriano, Arts Libéraux, Palais Trinci, Foligno.
Giovanni di ser Giovanni (lo Scheggia), Arts Libéraux, MNAC, Barcelone.
Sandro Botticelli, Arts Libéraux de la ville Tornabuoni, Musée du Louvre, Paris.
Le Pinturicchio, la Géométrie, appartements Borgia, Vatican.
Arrêtons-nous sur les sculptures des voussures de la porte nord du Portail Royal de la cathédrale de Chartres sont l’exemple majeur d'une formule iconographique demeurant pérenne jusqu’à la fin du Moyen Âge. Les arts sont représentés trônant sous leur forme féminine tenant des attributs et étant accompagnées, sur les claveaux qui les précèdent, de leurs acteurs antiques. Bien qu’aucune liste canonique n’en ait jamais été dressée, la tradition picturale a imposé une suite restreinte de savants et de philosophes associés à chaque art. Ainsi la Grammaire est-elle accompagnée de Donat ou de Priscien, la Dialectique d’Aristote, la Rhétorique de Tullius ou de Cicéron, la Géométrie et l’Arithmétique d’Euclide ou de Pythagore, l’Astronomie de Ptolémée et la Musique de Tubalcaïn.
Le Puy-en-Velay
La peinture murale des quatre Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
De même que les panneaux vitrés du Trésor de Chartres éclairaient jadis la "Librairie" ou bibliothèque des chanoines, la fresque du Puy-en-Velay décoraient l'ancienne bibliothèque de la cathédrale, transformée aujourd'hui en salle des reliques, sur le mur est de la deuxième travée. Elle mesure 2,10 m de haut et 4,30 m de large. Elle a été découverte en 1850 sous un enduit de badigeon. Mérimée en avait alors exécuté des calques des huit personnages, ils sont conservés dans la collection de relevés à l'aquarelle de peintures murales, déposés par le Service des Monuments historiques au Musée des Monuments français, modèle pour l'actuel musée des Sculptures comparées du Trocadéro.
La peinture illustre quatre femmes assises sur des trônes devant un paysage panoramique qui sont des personnifications féminines de quatre des Arts Libéraux : la Grammaire enseignant à deux enfants, accompagnée de Priscien tenant un livre ouvert ; la Logique tenant un lézard dans une main et un scorpion dans l’autre, accompagnée d’Aristote ; la Rhétorique tenant une lime, accompagnée de Cicéron qui tient également un livre ouvert ; enfin la Musique tenant un petit orgue portatif, accompagnée de Tubalcaïn qui frappe une enclume avec deux marteaux. Soit les trois arts du Trivium — la grammaire, la logique et la rhétorique — et un seul des arts du Quadrivium : la musique.
Les figures peintes devaient correspondre, dans la bibliothèque, à l'emplacement des pupîtres où étaient rangés les ouvrages selon leur sujet, comme, notamment à Bayeux et au Vatican. C'est ce qui pourrait expliquer que, sous la même arcade, la Musique, l'un des arts du Quadrivium, est associée aux trois arts du Trivium.
La fresque a été commanditée par le chanoine Pierre Odin qui avait été ambassadeur de Louis XI auprès du Pape Sixte IV. Il avait fait faire cette librairie, l'avait fait peindre et "estauffer" (doter de la plupart de ses 159 manuscrits) et y fut enseveli en 1502.
"Originaire de Dijon, en plus d’être chanoine au Puy, il était également abbé de Saint-Vosy et official de Jean de Bourbon (1443-1485) et de Geoffroy de Pompadour (1486-1514). Le chroniqueur rapporte aussi que le duc de Guyenne, frère de Louis XI, se rend au Puy et visita la cathédrale et la bibliothèque en 1469 au cours d’un pèlerinage. Le roi vient à son tour deux fois successives en 1475 et 1476. Il est reçu à chaque occasion par le chanoine Odin aveclequel il s’entretient longuement. Nathalie Leblond pense, et nous la rejoignons sur ce point,que c’est au cours de ces visites que le roi décide de faire d’Odin son ambassadeur auprès du Pape. Il est très probable qu’à partir de cette date Odin ait entrepris un ou plusieurs voyages en Italie. Sans doute, sa qualité d’orateur a dû convaincre Louis XI de lui confier une tâche diplomatique aussi importante. Nous lui connaissons, en plus, des poèmes dont il est l’auteur, notamment un recueil rédigé en 1470 intitulé La Nativité du roy Charles VIII avec l’histoire de Notre-Dame du Puy en Auvergne. On pense qu'il est le commanditaire d’une Pietà de la cathédrale du Puy car elle porte des armoiries d’or à la fasce de gueules au chef d’azur chargé de trois étoiles d’argent que l’on pense être les siennes."(A. Cely)
La peinture inspira manifestement un spectacle donné le 18 juillet 1533 pour la visite de François Ier au Puy, le 18 juillet 1533. Selon la Chronique d' Etienne de Médicis, pour accueillir un prince ami des lettres et des arts, les consuls et marchands de la Ville dressèrent sur le passage du souverain des estrades allégoriques « des chafîaults » en forme de tableaux vivants.
L'une d'elles représentait les « Sept art liberalles », personnifiées par « de jeunes dames tout accoutrées de fin taffetas de diverses couleurs, leurs cheveux et testes à gaudailles et coiffes de chaines d'or...
"Et y estoit premierement Gramaire, tenant les lettres de l’alphabet, avec trois petits enfans, comme apprenans les lectres, tous acoutrés de taffetas, et ung peu plus bas, aux pieds de ladite Gramaire, estoit ung homme nommé Priscianus, escrivantung livre, et estoit escript sous luy, environ ses pieds : Quicquid agant Artes, ego semper predico partes.
Après, estoit Dialectique, que tenoit en une main ung escorpion, et en l’autre ung serpent à quatre pieds comme ung liserd, et à ses pieds estoit ung homme, nommé Aristoteles, faisant signe sur ses doigs, et estoit escript au dessoubs : Me sine, doctores frustra coluere Sorores.
Après, estoit Rhetorique, qui tenoit une lime, et au dessoubs d’elle, estoit ung homme, nommé Cicero, lisant en ung livre, et estoit escript dessoubs : Est michi dicendi ratio cum flore loquendi.
Après, estoit Musicque, tenant unes orgues, et, au dessoubs d’elle, ung homme nommé Thubal, avec une enclume et deux marteaulx, et estoit escript dessoubs : Invenere locum per me modulamina vocum.
Après, estoit Geometrie, tenant ung esquierre en une main et ung compas en l’autre, et au dessoubs d’elle, estoit ung homme nommé Pictagoras, tenant en une main une reigle, et ung compas en l’autre, faignant compasser quelque pierre, et estoit escript au dessoubs : Rerum mensuras et earum signo figuras.
Après, estoit Arismetique, tenant en une main une tablete oùt estoient les figures de chiffre,
et en l’autre des gects, et au dessoubs d’elle, ung homme nommé Euclides, tenant comme ladite
Arismetique, les figures de chiffre et les gects, et estoient escript en dessoubs : Explico per numerum que fit proportio rerum.
Après, estoit Astrologie, tenant une spere, et au dessoubs ung homme nommé Ptholomée, coronné d’une cronne dorée, faicte par hault à poinctes, tenant ung cadran, et estoit escript dessoubs : Astra viasque poli varias michi vendico soli.
Donc, les sept arts libéraux devaient être représentés au complet en fresques sur l'ancienne librairie du Puy. Les sept femmes étaient guidées, si on en croit la description de cette entrée royale en la ville du Puy, par Minerve, Mère de science, prête nom de la Sagesse ou de la Connaissance.
Item, au front dudit chaffault, toute droicte, estoit une dame, nommée Minerve, que fut dicte
Mere de Science, acoutrée de taffetas blanc et d’un joly armet d’argent sur la teste, tenant en sa
main un dard, que dit au Roy en passant :
Minerve fuis, que de toy ay la cure.
Avec mes fleurs, les Sept Arts Liberaulx
Venues sommes, par maintaignes et vaulx,
Veoir le triumphe de nostre nourriture.
Comme si elle vouloit dire, pour autant que le Roy est prince sçavant, que les Arts Liberalles
ont esté ses norrices, et qu’elles avoient laissé leurs estudes et universités pour venir voir le
triumphe qu’on faisoit, au Puy, à leur norriture et disciple."
Attribution.
En 1968, Charles Sterling ajoute un dernier paragraphe où il propose l’hypothèse qu’un collaborateur de Jean Hey serait parti en Italie avec Pierre Odin à la fin des années 1470 et serait entré en contact
avec Juste de Gand d’une manière ou d’une autre. Il aurait peint la bibliothèque du Puy à son retour d’Italie.
Pour Philippe Verdier, le peintre du Puy est un collaborateur de Juste de Gand (hypothèse de Martin Davies et de Max Friedländer), étant donné la proximité de la peinture du Puy avec une série des Arts Libéraux dont l’opinion dominante suppose qu’elle se trouvaient dans le studiolo du palais de Gubbio du duc Frédéric de Montefeltro. Cette série de quatre toiles est dispersée soit à la National Gallery de Londres, soit au Friedrich Museum de Berlin où les toiles ont disparues en 1945.
In Alejandro Cely 2020
Or, c'est à Pedro Berruguetepeintre espagnol (1450-1504), qu'A. Cely attribue ces quatres œuvres, mais aussi la Vierge du Prado, qui lui semble "comme un hybride" de la Logique et de la Rhétorique du Puy.
André Masson note : "En Espagne, les Arts libéraux figuraient dans la décoration des voûtes de la bibliothèque médiévale de l'Université de Salamanque, construite avant 1494. Ces peintures sont attribuées à Fernando Gallejo mais il est possible que Pedro Berruguete, dont on connaît le rôle dans la décoration de la bibliothèque d'Urbin (studio de Frederic de Montefeltre), y ait également travaillé."
Cette attribution pourrait expliquer la double influence stylistique de la fresque, avec l'influence flamande (les costumes devaient être rapprochés des tapisseries de Bruxelles et de Tournai ) et l'influence italienne. A. Cely écrit ainsi : "au niveau des costumes, il convient de souligner l’aspect un peu fantastique de ces derniers qui provient sans doute des Mystères du théâtre religieux franco-flamand. Les trônes quant à eux restent plus proches d’architectures italiennes de la Renaissance. Cette double identité est importante pour son hypothèse, car ellemontre que le peintre qui a exécuté l’oeuvre avait une connaissance de ces deux mondes".
Technique :
La technique de la peinture à la chaud, a fresco est utilisée pour les fonds. La tempera à l'oeuf est utilisée pour les figures.
La musique, la rhétorique, la logique et la grammaire sont représentées sous les traits de femmes assises dans des stalles de style gothique flamboyant : elles tiennent chacune leurs attributs : petit orgue pour la musique, lime pour la rhétorique, le lézard et le scorpion pour la logique et deux enfants écoutant ses règles pour la grammaire. chaque allégorie est accompagnée de son représentant : Tubalcaïn pour la musique, Cicéron pour la rhétorique, pour la logique Aristote et Priscien pour la grammaire. les différentes corpulences, la diversité des visages laissent à penser qu'il s'agit de portraits.
La peinture murale des quatre Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
1. La Grammaire enseignant à deux écoliers, accompagnée de Priscien.
Au dessus de la Grammaire : Grãmatica
Aux pieds de Priscien: PRISCIAN
phylactère
Latin Quidqid agãt artes, ego semꝑ p̓dico ꝑtes. (Quidquid agant artes, ego semper praedico partes) "Quoi que fassent les autres arts, c’est toujours moi qui fixe les parties du discours".
La femme est coiffée d'un voile rouge au galon d'or lesté de sphères, et qui se relève en visière sur le front. Sous un large manteau bleu clair à fermail d'or, elle porte une robe blanche à dessins gris. Ses manches fourrées révèlent une chemise brun-rouge. La femme ouvre les bras dans un geste d'enseignement. À ses côtés, mais plus petits, deux étudiants consultent sur leur livre, les régles enseignées. L'un tient sous son coude son chapeau.
Assis à sa droite, Priscien de Césarée, doit sa présence à sa réputation comme grammairien latin du Vie siècle ayant exercé à Constantinople. Les 18 livres de ses Institutiones grammaticae ont été à la base de l'enseignement à partir de la renaissance carolingienne.
Il porte un riche manteau rouge écarlate, fourré aux manches, et un chaperon nor. Il semble absorbé par la rédaction de son ouvrage, dont les rubriques sont déjà peintes.
L'artiste n'a pas repris ici les conseils de Martianus Capella pour qui Gammaire "porte à la main un étui
d’ivoire qui ressemble à la trousse d’un médecin, car la grammaire est une vraie thérapeutique qui nous guérit de tous nos vices de langage. Dans sa trousse on peut voir, entre autres choses, de l’encre, des plumes, un martinet, des tablettes et une lime où des traits d’or marquent huit divisions, symboles des huit parties du discours. On aperçoit encore une sorte de scalpel (scalprum), avec lequel la Grammaire fait diverses opérations à la langue et aux dents pour rendre la prononciation plus facile." (E. Mâle). Nous verrons que la lime sera confiée à Rhétorique.
La peinture murale des quatre Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des quatre Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
2. La Logique [Dialectique] accompagnée d'Aristote.
Au dessus de la logique : Loyca
Aux pieds d'Aristote: Aristoteles
Phylactère Me sine doctores frustra coluere sorores."Sans moi, les docteurs ont honoré mes sœurs en vain".
La Logique est coiffée d'un balzo, sorte de turban qui fit fureur lors de la Renaissance italienne.Les deux bourrelets latéraux sont entourés de résille perlée, tandis qu'une étoffe à rayures porte une escarboucle.
La robe lie-de-vin à manches rapportées blanche à motifs gris s'orne aussi de joailleries et de perles.
Elle tient dans la main droite un lézard à gueule ensanglantée, et dans la main gauche un scorpion.
Aristote, en richissime habit de docteur es sciences à bonnet rouge fourré et manteau damassé et doublé d'hermines, compte sur ses doigts, selon le procédé du comput digital scolastique, réfutant les arguments dans leur ordre d’énumération pour dominer une discussion sans fin.
Comparaison avec l'Aristote de Pedro de Berruguete, in Alejandro Cely, 2020
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
3. La Rhétorique accompagnée de Cicéron.
Au dessus de la rhétorique : Rhetorica
Aux pieds de Cicéron: Cicero
Phylactère Est michi dicẽti ratõ cũ flore loquẽdi. (Est michi dicenti ratio cum flore loquendi.) "C'est moi qui ai, par mes discours, l'art de parler un langage fleuri".
Cette sentence se retrouve sur le vitrail de Chartres un demi-siècle auparavant.
Rhétorique est coiffée d'un chapeau qui s'apparente à celui de Grammaire, mais replié en cornet, et bordé d'un ourlet à sphères à grenailles de perles (ou d'or). Un voile s'échappe de ses oreilles (sans retenir ses boucles brunes ni couvrir sa gorge) pour souligner l'ovale de son visage.
Sa première robe violette à larges orfrois est à emmanchure courte, sur des manches rapportées blanches laissant voir saux poignets sa robe dorée et damassée.
Elle tient son attribut, une lime, et c'est le seul exemple iconographique où cet instrument est dérobé à la Grammaire
Selon E. Mâle, "La Rhétorique est une vierge armée qui marche au son des trompettes. Elle est belle, grande, svelte ; un casque couvre sa chevelure et elle brandit des armes menaçantes. Sur sa poitrine étincellent des pierreries, et un manteau brodé de mille figures l’enveloppe ."
Cicéron n'a rien d'un auteur latin, mais tout du docteur avec son chaperon rouge et son manteau vert fourré. Il semble nous observer en pensant déjà à ce qu'il va écrire.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
4. La Musique accompagnée de Tubal.
Au dessus de la musique: Musica
Aux pieds de Tubal: Tubal
Phylactère Invenere locum pr me modulamina vocũ. (Invenere locum per me modulamina vocum.) "Grâce à moi, les modulations des voix ont trouvé leur place".
L'inscription se retrouve sur une tapisserie des ateliers de Tournai datant du premier quart du XVIe siècle et conservée au MFA de Boston.
Musica porte une coiffure élaborée inspirée du balzo et du voile d'or perlé sur un bonnet de velours grenat. Un bouquet de fleurs (oeillets) est piqué sur ce chapeau.
Un ruban et un lacet double entrelacé en lacs d'amour orne sa gorge, au dessus du large orfoi à pierreries de son manteau lilas.
Elle tient un "positif de teneure", à 16 tuyaux, un petit orgue transportable muni d'un seul clavier, d'un seul jeu (éventuellement à plusieurs rangs), qui se posait sur une table et dont la tessiture correspondait au chant du ténor.
Trubal , richement vêtu et coiffé encore, frappe sur une enclume avec deux maillets. Si l'orgue donne la mélodie, lui donne le rythme.
À propos de Tubal :
Fils de Lamech et de Tsillah, descendant de Caïn, Tubal-Caïn passe pour avoir inventé l'art de travailler le fer et l'airain. Au chapitre 4 verset 22 du livre de la Genèse, il est indiqué que Cilla enfanta Tubal-Caïn : il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer. Dans certaines versions d'une légende médiévale, il a été tué par son père Lamech après avoir provoqué la mort accidentelle de leur aïeul Caïn.
Dans les représentations médiévales des arts libéraux, il est parfois l'homme associé à la musique en lieu et place de son demi-frère Jubal, et, peut-être, par confusion avec celui-ci.
"Entre le XIIIe et le XVIIIe siècle, les allégories picturales de la musique mettent en scène de manière récurrente un couple énigmatique : une jeune femme à l’orgue et un forgeron frappant sur son enclume.
Caïn connut sa femme qui conçut et enfanta Hénok. A Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaël, et Mehuyaël engendre Lamek. Lamek prit deux femmes : le nom de la première était Addah et le nom de la seconde, Sillah. Addah enfanta Yabal : il fut l’ancêtre de ceux qui vivent sous la tente et qui ont des troupeaux. Le nom de son frère était Yubal : il fut l’ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau. De son côté Sillah enfanta Tubal-Caïn : il fut l’ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer ; la sœur de Tubal Caïn était Naamah… ». (Bible, Genèse 4:22)
Yabal/Yubal/Tubal/ ; tous ces noms qui font assonance déclinent, entre l’épisode du meurtre d’Abel et celui du Déluge, la lignée des trois ancêtres : le berger, le musicien, le forgeron ; cependant, dans d’autres versions du Livre, Yubal le musicien et Yabal le berger sont fondus en un seul et unique personnage nommé Jubal. L’époque médiévale, fusionnant à son tour Jubal et son demi-frère Tubal-Caïn, forge, en particulier dans l’iconographie, une nouvelle figure : celle de Jubal Caïn, parfaitement équivalente, plutôt dans les textes cette fois, à celle de Tubal-Caïn ou Tubal dont on affirme dans maints ouvrages théoriques, déjà depuis le Haut Moyen Âge qu’il est le premier – ante diluvium – inventeur de la musique : «Primus autem inventor musicae artis fuit Tubal »Hugo Spechstshart von Reutlingen [vers 1488]. Annie PARADIS et Marie BALTAZAR https://journals.openedition.org/clio/2542
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
—CHARRON (Pascale), Les Arts libéraux dans la tapisserie à la fin du Moyen Âge : entre iconographie savante et pratiques d’atelier. Université de Tours-CESR/UMR 7323
— DELAPORTE (chanoine Yves) 1926, Vitraux de Chartres, .Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, tome XV, 1915-1922, Les vitraux de la Chapelle Saint-Piat, p. 35-58.
— FLEURY (Georges) Allégorie des arts libéraux. Académie de Touraine.
—MASSON, (André), 1958 « Les arts libéraux du Puy et la décoration des bibliothèques à la fin du Moyen Âge » Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 102-2 pp. 150-170
—VERDIER (Philippe), 1967, "L’iconographie des arts libéraux dans l’art du Moyen Âge jusqu’à la fin du quinzième siècle". Verdier, P. In Arts libéraux et philosophie au Moyen Âge. Actes du 4e congrès international de philosophie médiévale (Montréal, 1967), pages 305–332. Montréal, 1969. Non consulté.
La baie n°5 de la chapelle St-Piat de la cathédrale de Chartres, un vitrail composite : les quatre Arts libéraux (Jehan Périer, 1415) et une Vierge à l'Enfant au chanoine donateur (Jacques le Tonnelier vers 1520).
Situé à l'est du chevet de la cathédrale de Chartres, la chapelle Saint-Piat est une salle capitulaire de quatre travées voûtées d’ogives datant de 1323-1350 et qui fut dotée d' une chapelle pour y placer la châsse de saint Piat, évêque de Tournai. Cette chapelle était desservie par un collège de douze chanoines, distincts des chanoines de la cathédrale. Parée d’un magnifique ensemble de verrières anciennes , elle a été, des années 1970 au début des années 2000, l’écrin réunissant les œuvres précieuses et rares qui constituent le trésor connu depuis 1323. Ce trésor a rouvert en 2024, après 23 ans de fermeture et 7 ans de travaux. Datées pour les plus anciennes d’entre elles du milieu du XIVe siècle, les verrières ont été restaurées et ont bénéficié de la pose de verrières de doublage pour assurer leur protection et leur parfaite conservation.
La baie 5 (directement à gauche en entrant) est datée, selon ces sources, de la fin du 14e siècle et fut complétée au début du 16e siècle. Elle fut restaurée en 2017 par Claire Babet.
La baie 5, comme la baie 6, n'a pas été bâtie pendant la même campagne de travaux que les autres. "La travée à laquelle elles appartiennent a été ajoutée à l'édifice quelques années après sa construction, entre 1350 et 1358. Elles durent être vitrées aussitôt, au moins provisoirement, mais elles semblent n'avoir rien
conservé en fait de vitraux de cette époque. Tous les panneaux ou fragments qui s'y trouvent, ceux du moins qui ne viennent pas d'ailleurs, ne paraissent pas remonter plus haut que le XVe siècle." (Y. Delaporte)
Cette baie à 4 lancettes trilobées et un tympan à 3 roses quadrilobées et écoinçons accueille sur les 2 lancettes centrales une Vierge à l'Enfant vénérée par un donateur ; la partie basse des 4 lancettes est occupée par 4 panneaux consacrés aux Arts libéraux. Le reste des lancettes est occupée par une vitrerie losangée avec des bordures bleues à couronnes et fleurs de lys couleur or. Deux des roses du tympan sont dédiées à Marie, la rose supérieure à Jean-Baptiste.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
DESCRIPTION DES LANCETTES
I. LE REGISTRE INFÉRIEUR : Quatre Arts Libéraux. Dialectica, Arithmetica, Rhetorica, Geometrica. Jehan Périer, 1415, ancienne librairie
5 panneaux de 31 cm sur 21 cm. Cadre jaune complété par Lorin en 1920
C. Lautier décrivait en 1998 un cinquième panneau de même dimension, un personnage assis sur une cathèdre et replacé dans le grand triangle d'écoinçon du centre du tympan, où on le retrouve effectivement, portant un phylactère.
À la Géométrie, l'Arithmétique, la Dialectique, et la Rhétorique, s'ajoutait jadis la Musique, Musica (panneau relevé par Ferdinand de Lasteyrie et disparu au XIXe siècle, qui comportait une harpe et l'inscription sonus citharizantium), pour former les arts libéraux . Selon Y. Delaporte, deux noms manquent à cette liste pour qu'elle concorde avec celle des connaissances appartenant au Trivium et au Quadrivium : ceux de la Grammaire et de l'Astronomie, dont les figures, sans aucun doute, ont fait partie de la même suite. Par contre, il existe, dans la même fenêtre deux fragments semblant avoir fait partie du même ensemble, qui aurait ainsi possédé l'image d'autres personnifications ou allégories (les Vertus et les Vices).
Claudine Lautier a révélé que ces panneaux faisaient partie de l'ancienne bibliothèque capitulaire, dite "librairie" qui était parallèle au côté sud de la chapelle Saint-Piat. Sa construction décidée en 1411 fut achevée en 1415, et les comptes de 1415 ont enregistré le versement de sommes à Jehan Perier pour les verrières de la librairie.
Présentation des Arts libéraux à Chartres.
Les Arts libéraux, hérités de l’Antiquité, étaient enseignés par les ecclésiastiques, notamment dans les écoles des cathédrales.
Ils se divisent en deux degrés : le trivium et le quadrivium.
Le trivium, ( les trois voies ou matières d'études ), concerne le « pouvoir de la langue ». Il se divise en : grammaire ; dialectique ; et rhétorique.
Le quadrivium, (les quatre voies au-delà du trivium), se rapporte au « pouvoir des nombres ». Il se compose de : l'arithmétique ; la musique ; la géométrie ; l'astronomie.
L'École de la cathédrale de Chartres connaît sa renommée à partir du XIe siècle grâce à son fondateur Fulbert de Chartres.On venait y étudier de partout en Europe, avant la création des universités. Elle atteint son apogée au XIIe siècle, sous l’impulsion de plusieurs philosophes et théologiens, auteurs d’études philosophiques savantes basées sur Platon, menées principalement par Yves de Chartres, Bernard de Chartres, Gilbert de La Porrée, Thierry de Chartres, Guillaume de Conches, Jean de Salisbury (qui avait étudié à Chartres) et Bernard Silvestre.
Ce qui retint le plus l’école chartraine ce furent les thèses pythagoriciennes de Platon, et les Chartrains vont ainsi s’emparer des arts libéraux, puisque les sciences du Quadrivium sont déjà connues des pythagoriciens. C’est sur ce fond que les sculpteurs illustreront, sous forme d'allégories féminines et d'auteurs latins, les arts libéraux dans les voussures du tympan du portail de droite de la façade (l'une des portes du portail royal), lors de la première reconstruction de la cathédrale de Chartres vers 1145-1155. Mais les représentations (féminines) des Arts Libéraux, sont disposées autour de la Vierge trônant, affirmant ainsi l’assujétissement de la Connaissance à la Foi.
Iconographie des allégories des sept arts libéraux.
Voir le travail de Georges Fleury. Les Arts libéraux sont décrits, avec divers attributs non spécifiques, par Martianus Capella (De Nuptiis Philologiae et Mercurii) au Ve siècle ou par Alain de Lille au XIIe siècle, et représentés dans des enluminures, notamment dans l'Hortus Déliciarum, composé au XIIe siècle par Herrade de Landsberg. Selon E. Mâle, les sept arts sont sculptés non seulement à Chartres, mais à Auxerre, Rouen, Soissons, Laon, Sens ou Clermont ou de Fribourg.
On retrouve ainsi, pour la Dialectique, qui tient habituellement un serpent, la tête de dragon ou de "chien" (portail de Chartres, Hortus Deliciarum) qui devient, sur les vitraux de Chartres et la fresque du Puy, un couple de "lézards" se mordant réciproquement. De même, le compas de la Géométrie des vitraux de Chartres se retrouve dans la figure de l'Hortus Deliciarum, ou à l'abbatiale de Déols.
Une bordure royale.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
1. Dialetica, la Dialectique.
Dans une pose très hanchée, la Dialectique- Dialectica, tient deux dragons ou lézards ou basilics qui luttent entre eux, se mordant symétriquement le cou, sans espoir que l'un triomphe sur l'autre, symbole des argumentations subtiles de l'École médiévale.
Sa robe, très ajustée à la taille, et à l'encollure rectangulaire, est ornée d'un galon d'or orné de fleurettes, tout comme son manteau, posé sur ses épaules et dont le pan droit est accroché au poignet par une troussière. L'extrémité d'une chaussure pointue dorée sort sous la robe.
Son visage carré et peu amène est encadré d'une chevelure blonde retombant sur les épaules.
Elle se détache sur une tenture damassée verte.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Arithmetica, l'Arithmétique.
L'Arithmétique (ARI[THM]E[TI]C[A] se détache sur un drap rouge ornée de fleurs d'églantine doubles et de cages à mouches. Son manteau blanc à fleurs liées d'or cache presque entièrement sa robe, dont seul le décolleté rectangulaire est visible. Le front haut de son profil fin est encadré opar les rouleuax de sa chevelure blonde, retenue par un bandeau perlé. Elle écrit sur une tablette posée devant elle. La lecture des mots et des chiffres tracés sur cette tablette est assez difficile mais on arrive à lire presque entièrement l'inscription de la tablette.
Y. Delaporte, BnF gallica
Il y a d'abord un distique : Hic algorismus presens ars dicitur, inquam,
Talibus Indorum fruitur bis quinque figuris
« L'art ici représenté est l'Algorisme; il fait usage de ces dix signes empruntés aux Indiens. »
Mais le mot algorismus n'est guère reconnaissable.
Les signes de numération, en chiffres arabes sont tracés au-dessous des deux vers latins. On les lit de droite à gauche, sur une première ligne, de 1 à 9; une deuxième ligne renferme les suivants : 1, 0 2, 3, 4. Le zéro, suivant l'usage du moyen âge, est barré à la manière du 0 grec.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Rethorica, la Rhétorique.
"A droite, la Rhétorique — Rethorica (sic) — écrit d'une main, et de l'autre fait un geste oratoire . Sa pose rappelle celle de l'Arithmétique, mais elle regarde du côté opposé. Son profil se détache sur le fond bleu sombre du panneau. Le livre sur lequel elle écrit contient une inscription qui, cachée en grande partie par sa main, serait inintelligible si la comparaison avec une fresque à peu près contemporaine n'en rendait la lecture certaine. Cette fresque se trouve dans la salle capitulaire du Puy ; la Rhétorique y est accompagnée du vers suivant : Est michi dicendi ratio cum flore loquendi
« J'enseigne par mes discours à parler un langage fleuri. »
C'est bien ainsi qu'il faut compléter l'inscription du vitrail de Saint-Piat, dont les premiers et les derniers mots sont parfaitement lisibles." (Y. Delaporte)
Se détachant sur une tenture bleue damassée de longues fleurs, la dame se présente de trois-quart, jambe droite en avant, car elle se tourne vers le pupitre où est posé un cahier afin d'y écrire sa déclaration, tout en comptant sur les doigts de sa main gauche en repliant l'annulaire vers le pouce, selon le procédé du comput digital de l'argumentatio.
Ses cheveux ondulés sont coiffés d'un fin diadème de perles réunies en fleurs. Son manteau est broché de fleurettes dorées, et le pan droit fait retour pour s'attacher sous le poignet gauche. Le sol est également fleuri. Nul doute que ces éléments floraux illustrent son art de "parler un langage fleuri" grâce aux figures de rhétorique.
Le fait que la même formule versifiée se retrouve à Chartres dans le premier quart du XVe siècle et au Puy-en-Velay au dernier quart du même siècle (entre 1482 et 1492) montre, comme le souligne C. Lautier, la permanence de la tradition iconographique.
On retrouve ce vers inclus dans un ensemble de 9 vers dans les manuscrits médiévaux de Helmstedt Die Helmstedter Handschfriten: Codex guelf. 501 Helmst. bis 1000 Helmst Volume 2 , Herzog August Bibliothek 29) f. 151.
Arbor artium liberarium necnon scientiarum.
Daneben stehen die Verse:
Me pueris primum tradidit natura ministrum, ,
Frustra doctores sine coluere sorores, Est michi dicendi ratio cum flore loquendi,
Explico per numerum que sit proportio rerum,
Rerum mensuras et earum signo figuras,
Invenire vocum per me modulamina vocum,
Astra viasque poli varias michi vendico soli.
"La nature m'a d'abord donné le don d'être ministre auprès des enfants,
En vain les enseignants vénèrent-ils les sœurs sans vénération,
J'ai une façon de parler avec une éloquence raffinée,
J'explique par les nombres la proportion des choses,
Les mesures des choses et leurs figures par les signes,
Je trouve en moi les mélodies des mots,
Je m'approprie les étoiles et les diverses trajectoires du ciel."
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Geometria, la Géométrie.
"Dans la partie gauche de la fenêtre, au centre du quatrefeuille, la figure de la Géométrie — Geometria — se détache sur un fond rose. Elle tient d'une main une équerre, de l'autre un grand compas au moyen duquel elle semble tracer des figures sur le sol."
"La Géométrie se tient devant une tenture mauve damassée de palmettes disposées en quinconces sur un fond de cages à mouches. Vêtue d'un manteau galonné d'or qui s'évase en corolle sur ses pieds, elle manie au sol un grand compas de la main droite et tient une équerre jaune de la main, tout en comptant sur ses doigts" (C. Lautier)
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
" Telles sont aujourd'hui les quatre seules figures auxquelles on puisse attribuer avec certitude le nom d'un art libéral. Une cinquième existait autrefois; elle se trouvait probablement dans la partie gauche du quatrefeuille, actuellement close d'un verre blanc barbouillé de peinture.
Ce panneau a disparu, dit-on, il y a un peu plus de vingt ans |vers 1900]. Par bonheur, il en existe une assez bonne reproduction en couleur, de la grandeur de l'original, dans l'Histoire de la Peinture sur verre, de F. de Lasteyrie. La Musique —Musica — était représentée sous la forme d'une femme drapée de longs vêtements et jouant de la harpe. A sa gauche, était une inscription où le texte était accompagné de notes de musique; on y lisait : Sonus cytharizantium. Le fond était bleu, avec une décoration de fleurs de lis inscrites dans les losanges d'un treillage. (Y. Delaporte)
II. LE REGISTRE PRINCIPAL : Vierge à l'Enfant au chanoine donateur.
Les deux personnages sont placés dans une architecture Renaissance à arcades vitrées, et devant des tentures damassées, verte et rouge. Les pilastres et la niche à coquille sont surmontés d'angelots, dont des anges musiciens.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Le chanoine et l'oraison du phylactère.
Le chanoine est agenouillé en posture de donateur devant son prie-dieu où est ouvert son livre de prières. Il est âgé, ses cheveux sont blanc et ses mains noueuses.
Il porte l'habit de chœur des chanoines, avec l'aumusse de fourrure, le surplis blanc et la robe rouge. Un anneau d'or est passé à son index droit.
Devant lui, pour exprimer l'idée de paroles sortant de sa bouche, un phylactèe porte l'inscription, encadrée du deux-points : V----- toy : suis : pret~edãt : --couers : ton filz grace: attendent.
Cette inscription a été comprise ainsi : "Vierge de toi suis (le) prétentant. Secours ton fils grâces attendent."
(*)Prétendant : "Homme qui aspire à la main ou aux faveurs d'une femme." (CNRTL)
Cette partie centrale de la baie a été décrite par Maurice Jusselin en 1925 et en 1936 :
"On admire depuis quelques mois dans la première fenêtre de gauche de la chapelle Saint-Piat nouvellement restaurée deux panneaux conçus dans le style en honneur au temps de Louis XII (1498-1515). Longtemps égarés dans la première forme de la grande verrière de la chapelle Vendôme, ces morceaux ont retrouvé leur emplacement d'origine, grâce aux études de MM. d'Armancourtl et Yves Delaporte. Ils représentent, sous un ornement très riche en forme de dais, un chanoine de Chartres revêtu de la soutane rouge et du surplis, portant l'aumusse, à genoux devant un oratoire et adressant à la Vierge avec l'Enfant, figurée vis-à-vis, la charmante prière : V[ierge de. toy suis prete[dan]t [Secou]ers ton filz grace attendent. Nous eûmes déjà l'occasion de parler de ces panneaux dans le Bulletin monumental et nous leur assignâmes une date très voisine de celle de la construction d'un petit jubé à Saint-Piat, en 1517. « Ce beau travail »— l'expression est de M. le chanoine Delaporte, bon juge en la matière —, doit être attribué à Maugarnier le Tonnelier, ainsi qu'une grisaille fermant la première fenêtre de droite de cette même chapelle Saint-Piat et la bordure d'une verrière du croisillon sud de la cathédrale, ornée, comme celle de la grisaille précitée, d'une alternance de fleurs de lys et de couronnes. « Jacquet Tonnelier, dit Maugarnier », car il est cité sous cette forme aussi bien que sous celle de Maugarnier Tonnelier, vivait encore le 25 juin 1526, mais était mort avant le 12 septembre 1528 puisque sa veuve, Simone, et ses enfants, louent ce jour-là, à un vigneron de la paroisse Saint-Barthélémy un bien familial consistant en un quartier de vignes au clos « Feré1 » sur le chemin de Chartres à Oysème."
En 1925, Maurice Jusselin avait justifié par des documents d'archives le fait que les chanoines de Chartres portaient sous le surplis blanc une soutane ou robe rouge lors des fêtes solennelles. Il ajoutait : " S'il fallait mettre un nom sur ce portrait, le plus vraisemblable serait celui du chanoine Laurent Pommeraye, mort entre le 24 juillet et le 28 août 1522. II fait une fondation à Saint-Piat le 14 février 1519 et la confirme
le 18 juin 1521 . Son frère Nicole était chanoine de Saint-Piat et fit lui-même une fondation le 29 octobre 1522."
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La Vierge est assise sur une cathèdre, tenant sur la cuisse droite son fils qui ouvre ses bras au donateur. Les rayons d'or au dessus de la couronne relèvent de la technique du verre rouge gravé.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
DESCRIPTION DU TYMPAN
1. La rose quadrilobée du sommet : Jean-Baptiste vénéré par deux anges.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La rose quadrilobée de gauche : la Vierge allaitant, vénérée par quatre anges.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les qutre anges présentent des phylactères où s'inscrit le texte suivant qui a été lu ainsi :
O gloriosa femina (ange du haut) Excelsa supra sydera,
Qui te creavit provide
Lactans sacrato ubere. ? Je lis LANCTARS, voire LANCTANS
O femme de nom glorieux !
Et plus haute que tous les Cieux !
A celui-là qui t'a creée,
Tu tends ta mammelle sacrée.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
L'écoinçon au dessus du quadrilobe : Dieu le Père.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La rose quadrilobée de droite : Vierge (XIXe) vénérée par quatre anges.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
L'écoinçon au dessus de la couronne : le Christ couronné d'épines.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
J'ai omis de photographier correctement le panneau entre les roses. Il complétait les figures des arts libéraux. Ce personnage barbu et nimbé, assis sur une cathèdre a un phylactère portant l'inscription Divinis servio prudentes---exercet.
Pourrait-il s'agir de saint Augustin, qui conduisait les sept arts libéraux sur une tapisserie de 1380 appartenant à Charles V ?
SOURCES ET LIENS
—Cely (Alejandro), 2020, Les Arts libéraux du Puy-en-Velay : une œuvre de Pedro Berruguete ?
—CHARRON (Pascale), Les Arts libéraux dans la tapisserie à la fin du Moyen Âge : entre iconographie savante et pratiques d’atelier. Université de Tours-CESR/UMR 7323
— DELAPORTE (chanoine Yves.) (1915 - 1922) - Les vitraux de la Chapelle Saint-Piat Mémoires de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir vol. 15 (1915/22) p. 33-58
— FLEURY (Georges) Allégorie des arts libéraux. Académie de Touraine.
http://academie-de-touraine.com/gerard-fleury-allegories-des-arts-liberaux/#sdfootnote15anc—LAUTIER (Claudine), 1998, Les Arts libéraux de la "librairie" capitulaire de Chartres, Gesta Vol. 37, No. 2, Essays on Stained Glass in Memory of Jane Hayward (1918-1994), pp. 211-216 (6 pages), edité par The University of Chicago Press
https://www.jstor.org/stable/767261
— JUSSELIN (Maurice), 1936, "Les peintres-verriers à Chartres au XVIe siècle", Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, Volumes 16 à 17 page 170.
—MASSON, (André), 1958 « Les arts libéraux du Puy et la décoration des bibliothèques à la fin du Moyen Âge » Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 102-2 pp. 150-170
"La salle capitulaire qui remonte à 1323 existe encore, elle est surmontée d'une chapelle, à laquelle on accède par un escalier construit en 1358, la chapelle Saint-Piat. L'édifice est flanqué de deux tours rondes utilisées par les chanoines comme prison et comme dépôt d'archives. Parallèlement à la chapelle Saint-Piat, et dans la prolongation de la dernière chapelle dans l'axe du bas-côté sud, les chanoines avaient construit au xive siècle une salle connue sous le nom de Prétoire, où ils exerçaient leurs droits de justice. C'est au-dessus de cette dernière salle que, par délibération capitulaire du 7 août 1411, il fut décidé de construire la bibliothèque super domum Pretorii in quo consueverunt teneri pladta coram offlciale capituli.
La bibliothèque, située par conséquent au premier étage, mesurait environ 13 mètres sur 6 et était éclairée par dix fenêtres, cinq de chaque côté. Les comptes de l'OEuvre de 1414 et 1415 parlent « des armoires, des verrières, des serrures et surtout des chaînes avec lesquelles on attachait les livres de peur qu'ils ne fussent dérobés.Un plan du XVe siècle conserve la trace des dispositions intérieures, qui furent modifiées lors de l'agrandissement en 1730, date à laquelle furent percées de nouvelles fenêtres et où furent démontés sans doute les vitraux réutilisés dans la chapelle Saint-Piat. Ce sont des petits panneaux de verre, mesurant seulement 31 sur 21 centimètres, en grisaille rehaussé de jaune, se détachant sur un fond damassé. Avant leur remise en plomb, qui date de 1915, ils avaient été disposés sans ordre, manifestement pour boucher les trous, l'un d'eux étant même placé à l'envers, le côté peint vers le dehors."
"Les remarquables vitraux figurent parmi les réalisations artistiques notables des XVe siècle et XVIe siècle en région parisienne." (Wikipedia)
D'après l'inventaire des vitraux par le chanoine Martin Sonnet en 1653, soixante-douze panneaux de verre peints décoraient la collégiale et garnissaient quarante fenêtres parmi les cinquante-deux que compte la collégiale, le transept et les parties hautes du chœur, côté sud n'ayant jamais possédé que du verre blanc.
Outre saint Martin, patron de la collégiale, saint Nicolas était particulièrement invoqué. On trouve aussi une invocation à saint Victor, patron de l'abbaye qui avait des droits, à l 'origine, sur Champeaux.
"Des cinquante-deux fenêtres de la collégiale, une quarantaine étaient enluminées à l'époque de la Révolution. Aujourd'hui, moins d'une vingtaine conservent des débris plus ou moins complets, des fragments dont il est parfois impossible de deviner les motifs. La plupart de ces vitraux étaient de bonne facture. Quelques-uns dataient de la fin du XVe siècle, mais le plus grand nombre appartenaient au XVIe siècle, à l'époque de la Renaissance... Chaque verrière aurait coûté 4 à 5 livres. " (G. Leroy, 1896)
Les comptes ou Chartier du Chapitre de 1519 à 1528 conservés aux archives départementales de Seine-et-Marne, mentionnent les noms des verriers Nicolas Maçon de Melun, et Allain Courjon .
"Les vitraux de Champeaux n’ont plus aujourd’hui l’importance qu’ils avaient encore en 1790. Nul doute que des dévastations, et plus encore la négligence de la fabrique ancienne n’aient entraîné leur perte. Ils sont presque tous mutilés." (Amédée Aufauvre)
Nonobstant cet état de conservation lacunaire, certains comptent parmi les chefs-d'œuvre du gothique flamboyant finissant ou de la Renaissance. Leur style et leur technique les apparentent étroitement aux vitraux champenois. (Wikipedia)
Y sont représentés les chanoines donateurs, et les blasons des familles civiles qui ont participé au financement.
A. Aufauvre 1858, Gallica BnFcliché lavieb-aile 2025.
I. LES BAIES BASSES.
Plan de numérotation personnel (principe de numérotation du Corpus vitrearum).
Numérotation des baies basses de la collégiale de Champeaux
Les baies 1 et 2
Elles sont vitrées de verre blanc.
La baie 3. Chapelle d'angle nord-est, fenêtre est. L'Arbre de Jessé.
Dans la lancette B, qui présentait jadis un saint Denis (*), seul est visible aujourd'hui le sommet d'une architecture avec deux lions portant chacun, accroché par des sangles à leur poitrine, un blason muet.
(*) et une scène de donation : "un "cavalier" [ou chevalier?] dans l'attitude de la prière, disant Jesu fili David miserere dei", la référence à David étant approprié au thème de Jessé. "À ses côtés cinq enfants, et derrière lui une femme priant accompagnée de six filles" (G. Leroy)
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : un Arbre de Jessé (fragment)
Il était jadis caché par un retable et A. Aufauvre ne l'a pas vu ; G. Leroy se contente d'en citer le sujet.
Jessé est absent, on ne peut que parier sur sa présence, plongé dans son songe, tandis qu'un arbre naît de sa poitrine. Mais on voit bien l'arbre au tronc vert, sur les branches duquel sont installés les 12 rois de Juda. Le bas de leur corps est escamoté au profit d'une collerette florale, qui leur donne naissance. Ils tiennent chacun leur sceptre et portent la couronne royale. seul est identifiable, par sa harpe, le roi David, mais c'est Salomon qui doit être à ses côtés.
Au sommet de l'arbre, Marie émerge d'un bouton rouge, elle est couronnée et tient l'Enfant.
Fond bleu azur. Bordure : couronnes et fleurs de lys.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La rose : une Crucifixion.
La rose accueille un Christ en croix, entre sa mère et saint Jean sur fond de remparts. Autour, les quatre animaux du Tétramorphe tenant le nom de l'un des 4 des évangélistes, et enfin saint Martin partageant son manteau et saint Nicolas bénissant les 3 clercs.
Les bordures sont de fleurs de lys fleuronnées rappelant celels des baies hautes.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Deux blasons montrent des armoiries épiscopales traversées par une crosse en pal.
D'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules. Ces armoiries se retrouvent dans les baies hautes baies 103 et 101. Le blason de droite est exact, celui de gauche est son image en miroir.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 4. Chapelle d'angle sud-est, fenêtre est. Saint Michel terrassant le dragon (fragment) et Jean l'évangéliste + chanoine donateur.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : l'archange saint Michel terrassant le dragon (fragment).
Bordure : couronne et rameau fleuri.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette B : saint Jean rédigeant l'Apocalypse ; chanoine donateur (fragment).
Le phylactère indique JOH[AN]NES SEPTEM ECCLIIS CAM PETT, nous orientant vers le chapitre 7 de l'évangile de saint Jean. Celui-ci, de profil, nimbé, imberbe, lève les yeux pour recevoir l'inspiration divine. En arrière-plan, les remparts d'une ville, et des palmiers. On voyait encore en 1896 l'aigle de saint Jean tenant son écritoire, et les mots GRATIA ET PAX sur le phylactère (G. Leroy).
La consultation du texte de la Vulgate Je:7 n'a pas permis de déchiffrer eccliis cam pett, qui échappe aussi à une traduction à partir du latin.
Il s'agirait alors plutôt de Jean rédigeant sur l'île de Patmos le Livre de l'Apocalypse, renvoyant au passage où Jean entend une voix forte lui dictant "ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée. L'inscription du phylactère aurait été mal restaurée et renverrait à septem ecclesiam ou mieux à Ap 1:11 :Quod vides, scribe in libro: et mitte septem ecclesiis, quae sunt in Asia, Epheso, et Smyrnae, et Pergamo, et Thyatirae, et Sardis, et Philadelphiae, et Laodiciae.
Le tympan va confirmer cette hypothèse.
Au dessous, un chanoine mains jointes, en posture de donateur. Il était accompagné jusqu'en 1896 de ses armes d'azur à six besants d'or, au chef de même et d'une inscription ou devise LE MONDE ME PLAIST (G. Leroy)
Bordure : couronne et rameau fleuri.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Tympan : rose aux sept églises de l'Apocalypse ; anges thuriféraires.
Les sept églises d'Éphèse, de Smyrne, de Pergame, de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie et de Laodicée sont peintes au jaune d'argent sur un tracé de grisaille.
Je corrige donc l'interprétation L. Michelin (1841) et de E. Liébert (1869), couramment reprise, qui voyait là "une allusion aux sept églises paroissiales qui formaient le doyenné de Champeaux. Ces sept églises sont représentées dans la rose. On sait qu'il s'agissait des paroisses de Notre-Dame de Champeaux, saint Jean-Baptiste d'Andrezel, Saint-Martin de La Chapelle-Gauthier, Saint-Merry de Saint-Merry-les-Vallées, Saint-Martin de Quiers, Saint-Louis de L'Etang-de-Vernouillet,et Sainte-Marie-Madeleine de Fouju .
Mais la rose est correctement interprétée sur le site églisesduconfluent.
Bien-sûr, les chanoines ont parfaitement pu établir un parallèle entre les sept églises de leur Doyenné et les sept églises d'Asie.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 5. Chapelle d'angle nord-est, fenêtre nord. Annonciation.
Les deux panneaux ont été restaurés, notamment les visages.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Dans la lancette A, un blason d'azur à la fasce d'argent et aux cinq losanges d'or, trois en chef et deux en pointe. Armes des donateurs de la baie 7.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 6. 5ème travée du collatéral sud. Résurrection des morts (rose) et Marie priant.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Rose : dans 3 lobes, résurrection des morts.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
écoinçon : un chevalier en donateur.
Ce chevalier en armure porte un tabard à ses armes, d'azur à la fasce d'argent et aux losanges d'or, correspondant au blason de la baie 7. Une inscription contient des lettres peu explicites.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Dans l'autre écoinçon, un forme fantôme (la donatrice ?) mains jointes libère le phylactère FAE ME SICUT UNVM DE MERCENARIIS TVIS, citation de Luc 15:9 "[je ne suis plus digne d'être appelé ton fils;] traite-moi comme l'un de tes mercenaires".
L'inscritpion en bande contient un fragment VNQVAM(?)
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 7. 5ème travée du collatéral nord. Épisodes de la Vie de Marie.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : Baiser d'Anne et de Joachim devant la Porte Dorée. Présentation de Marie au Temple. Boutique de changeurs.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Le baiser d'Anne et de Joachim devant la Porte Dorée de Jérusalem, baiser d'où découle la chaste conception de la Vierge.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Présentation de Marie au Temple, conduite par ses parents Anne et Joachim (à gauche).
Le grand prêtre s'apprête à l'accueillir. les murs du Temple sont ornés de trois gueules de lion en macarons. Deux femmes sont visibles, regardant par les fenêtres.
On sait que la Présentation de Marie n'est pas décrite dans les évangiles, mais qu'elle provient du Protoévangile de Jacques chapitre 6 à 10.
"Et l'enfant atteignit l'âge de trois ans et Joachim dit : « Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument» et que l'enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s'éloigne pas de la maison de Dieu. » Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple. Et le prince des prêtres reçut l'enfant et il l'embrassa et il dit : « Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des fils d'Israël. » Et il la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit. Et ses parents descendirent, admirant et louant Dieu de ce que l'enfant ne s'était pas retournée vers eux."
L'artiste a bien placé Marie sur le troisième degré de l'escalier. Elle est résolument tournée vers le Temple, et ses parents peuvent être rassurés, elle ne se retournera pas.
À gauche, blason d'azur à la fasce d'argent, accompagnée de cinq losanges d'or, 3 en chef et 2 en pointe" , déjà observé en baie 5 et 6. Cette famille a joué un rôle important dans le financement des vitraux du début du XVIe siècle.
À droite, blason mi-parti associant en 1 le précédent et en 2, de gueules à 3 croissants d'or, 2 en chef, 1 en pointe. Il s'agit donc d'un blason désignant précisément un couple.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
L'atelier des changeurs.
Il est facile de décrire ici ce qu'on voit, mais plus difficile de l'expliquer, et je crois qu'aucun auteur ne s'y est risqué, au delà de cette proposition d'y voir "un atelier de changeurs". Pourquoi cette scène est-elle insérée dans cette Présentation de Marie au Temple ?
On voit une table dressée sur des tréteaux, et couverte d'une nappe brodée d'or. Si l'un des deux personnages, qui compte des pièces, pourrait être un Juif (bonnet conique), l'autre est un chanoine ou du moins un clerc (tonsure, surplis blanc), il tient une bourse. Sur la table se trouvent des piècesde monnaie, mais aussi des objets liturgiques, dont des bougeoirs et des objets de dévotion. Un donateur a-t-il voulu se faire figurer dans son rôle de trésorier ou de responsable des achats?
Existe-il un rapport avec les blasons?
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Détail de la bordure à couronne royale, fleur de lys et sarment.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette B. La naissance de la Vierge. Le mariage de la Vierge.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La naissance de la Vierge.
Anne, la mère, est couchée dans son lit et reçoit d'une servante le brouet, un espèce de bouillon au lait et au sucre, son premier repas après l'accouchement.
Son mari Joachim est assis à son chevet, appuyé sur sa canne.
Deux femmes (une sage-femme et une servante?) prennent soin de l'enfant et lui donne son premier bain.
Un foyer en brique, en arrière-plan laisse penser que la pièce est bien chauffée.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Le mariage de la Vierge.
La scène est classique, mais l'originalité est ici de représenter (mais comme dans l'huile de Raphaël, 1504), non seulement les deux époux Marie et Joseph devant le grand prêtre, mais aussi, la scène de l'élection de Joseph devant les autres prétendants. Ceuc-ci tiennent sur l'épaule la baguette, mais seule celle de Joseph a fleuri. En fait, la floraison de la baguette de Joseph n'est pas visible, son extrémité se fond dans la robe verte du prêtre.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Le tympan
L'Annonciation dans les deux écoinçons.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La rose : la Vierge de l'Immaculée-Conception.
La Vierge à l'Enfant a les pieds posés sur un croissant de lune, et elle est placée au centre d'un mandorle jaune rayonnant, dans des nuées où volent en file des chérubins multicolores. C'est la Vierge de l'Apocalypse.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 9. 4ème travée nord du collatéral du choeur. Adoration des Mages.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette A : les rois Gaspar et Balthazar.
Balthazar a traditionnellement la peau noire, ou les traits d'un maure ; il en a ici le cimeterre, et la boucle d'oreille. Il vient en dernier et offre la myrrhe. Il désigne de la main l'étoile qui les a guidés.
Ses manches a crevé incitent à dater ce vitrail du début du XVIe siècle. Il porte aussi une tunique courte (au dessus des genoux) et à revers d'hermines, et des chausses ajustées comme nos collants.
Des lettres sont inscrites sur le galon de son manteau jaune, lettres sans signification, comme c'est la tradition depuis le XVe siècle.
Gaspar est barbu, et il offre l'encens. Il est coiffé , comme Balthasar, d'un bonnet de velours rouge qui supporte la couronne. Il porte une aumônière, une collier de maillons d'or, et un lourd manteau doublé d'hermines.
Les deux rois évoluent dans un paysage de ruines antiques.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette B
Le roi Melchior, le plus âgé, est agenouillé devant Marie et son Fils et présente à l'enfant la coupe d'or. Sa couronne est posée à terre.
On voit encore Joseph, l'âne et le bœuf, l' étable , lles murailles de Bethléem, et, dans le ciel, l'étoile à queue de comète.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Le tympan.
Dans la rose est représentée la Fuite en Égypte, et dans les lobes l'épisode de la chûte des idoles païennes, ou le miracle du champ de blé qui dissimule la Sainte Famille aux soldats d'Hérode, qui la recherche. On voit aussi deux scènes du Massacre des Innocents, et un soldat avertissant Hérode de la naissance de Jésus.
Deux anges adorateurs, en chape , sont agenouillés sur des petits nuages.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 10: travée du côté sud.
Seul le tympan a conservé ses vitraux. Les lancettes contenaient encore en 1896 les débris informes d'un Baptème du Christ par saint Jean , Dieu le Père et le Saint-Esprit, et sainte Barbe.
On y voit, entre deux anges thuriféraires des écoinçons, saint Nicolas bénissant les clercs dont l'un enjambe le baquet, mais aussi Adam de Ève d'abord réuni autour de l'arbre de la Tentation, puis expulsés du Paradis terrestre, tandis que l'ange, l'aigle, le taureau et le lion du Tétramorphe portent un phylactère portant le nom de l'évangéliste correspondant, Matthieu, Jean, Luc et Marc.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 11. 3ème travée nord du collatéral du choeur. Le Christ de la Parousie. Crucifixion.
Baie 11 de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : Le Christ Sauveur du Monde.
Ses pieds sont posés sur le globe du monde, il est assis sur l'arc-en-ciel de l'Alliance, il porte, sur son corps nu marqué par es stigmates, le manteau glorieux de sa victoire sur la Mort, et l'épée de la justice divine qui est dirigé vers sa joue se transforme, à droite, en un bouquet de fleurs de miséricorde. Les anges volent dans l'azur, soufflant dans les trompes de la Parousie et énonçant les paroles inscrites dans les phylactères disent : Surgite mortui venite ad Judicem Levez-vous les morts et venez au jugement.
Le phylactère In te dominum speravi non confundar in aeternum provenait jadis de la bouche des donateurs, au registre inférieurs.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette B: la Crucifixion entre les larrons.
Le Christ en croix et les larrons (restaurés) se détachent sur le ciel bleu-nuit au dessus des remparts de Jérusalem.
À droite de la Croix, Marie, soutenue par Jean, une sainte femme, Marie-Madeleine les mains jointes et le regard tourné vers la Croix. Derrière eux, deux cavaliers, dont Longin qui vient de transpercer le flanc droit de Jésus de sa lance.
À gauche, dans une foule plus confuse avec insertion de pièces exogènes, un ou deux cavaliers et, remplacé par un visage barbu ahaut en couleurs, le Centenier s'esclamant "Celui-ci est vraiment le fils de Dieu".
En partie inférieure, deux soldats se disputent avec leur poignard la tunique qu'ils ont tiré aux dès.
Un chanoine (robe rouge sous le surplis, aumusse dont les six queues d'écureuil sont détaillées ) est en posture de donateur, agenouillé sur son prie-dieu à ses armes, un fascé d'azur et d'argent de six pièces.
G. Leroy indique, "dans les segments, à gauche, la lune et les étoiles. À droite, le soleil avec ces armes d'or, au sautoir engreslé de sable cantonné de quatre arbalètes de gueules. Jean et Nicolas Arbalète, frères, 1513. Ces personnages appartenaient à la famille des Arbalète, vicomtes de Melun en partie, seigneurs de la Borde, localité voisine de Champeaux."
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 11, le tympan.
Dans la rose, Dieu le Père, entouré de chérubins dans les lobes. Dans les écoinçons, la lune et le soleil.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 13. Deuxième collateral nord du chœur. Saint Nicolas ; saint Georges terrassant le dragon.
Cette baie a été offerte en 1508, (après le mariage de Louis XII et d'Anne de Bretagne en 1499, —ce qui explique la bordure de lys, de couronnes et d'hermines,—) par Nicolas Sauvaige, chanoine de Champeaux et procureur, mort le 15 septembre 1522 et inhumé dans la chapelle Saint-Nicolas, existant originellement dans la travée où se trouve la verrière.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette A, à gauche : saint Nicolas et un chanoine donateur.
Dans une niche architecturée et devant une tenture damassée rouge, Saint Nicolas, en évêque, bénit les trois clercs qui sortent du baquet, miraculeusement ressuscité de leur salaison. À gauche, le chanoine Nicolas Sauvaige est agenouillé dans la posture du donateur, et porte l'aumusse des chanoines au bras droit. G. Leroy décrit un chanoine "vêtu d'une robe rouge", sous les armoiries d'azur, au tronc d'arbre naturel en pal, accosté à senestre d'un gland et d'une feuille de sinople, à dextre d'un croissant de gueules et d'une feuille de chêne de sinople".
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les armoiries (présentes dans les deux lancettes).
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette B : saint Georges terrassant le dragon devant une bergère.
G. Leroy a vu dans la bergère en robe rouge accompagnée d'un agneau une sainte Agnès priant. C'est bien entendu une erreur, et l'iconographie s'attache à être fidèle à la Légende dorée, selon laquelle c'est la fille du roi qui sans l'intervention du saint chevalier, était condamnée à être dévorée par le dragon. On voit d'ailleurs, peint en grisaille, les remparts de la ville de Silène, en Lybie, du haut duquel le roi et la reine (couronnés et vêtus de manteau à larges manches fourrées) suivent le combat.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 13 : le tympan et sa rose.
Le motif de la rose est perdu, G. Leroy le décrivait encore en 1896 comme le sacre d'un évêque ( a priori St Nicolas) assisté de 2 prélats et autres ecclésiastiques. Les 6 lobes ont été conservés, contenant des anges chantant un hymne au texte indiqué par leur phylactère : Sospitati dedit egros olei perfusio /Nicolaus naufragantium affuit presidio /revelatur a defunctis defunctus in bivio /baptizatur auro viso Judeus indicio/vas in mari mersum patri redditur cum filio /O quam probat sanctum dei faris augmentatio /
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Dans les écoinçons, les anges tiennent des phylactères : Auro per eum virginum tollitur infamia / atque patris earundem levatur inopia.
Il s'agit d'une "prose sur saint Nicolas" conservé dans le manuscrit BR ms 184 folio 51 verso du XIe siècle et publiée par Edélestand du Méril en 1843. Nommé également Séquence de Saint Nicolas (6 décembre) avec la mention : cette séquence du XIIe siècle est attribuée à Adam de St Victor (Patrol. t CXCVI p.1470)
Inutile d'insister sur la valeur de ces inscriptions.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 14.
La rose
La rose contenait Dieu le Père et saint Victor à cheval avec les paroles vicisti beate victor vicisti . Il ne reste que les anges aux phylactères : Vicit carnem. Vicit mundum. Vicit hostem furibundum. Fide vicit omnia.
Il s'agit d'un extrait de la Séquence de saint Victor : voir Sequencia de Sancto Victore Paris, B.N. lat. 15045, f. 84V-85V.
"On trouve que dès l'an 1124 cette collégiale étoit du nombre de celles dont cet évêque avoit accordé les annuels à l'abbaye de Saint-Victor; ce qui fut confirmé l'année suivante par Louis-le-Gros. Il semble que cette abbaye de Saint-Victor eût, environ l'an 1138 ou 1140, des vues pour obtenir totalement l'église de Champeaux et en faire une maison de chanoines réguliers." (L. Michelin)
Dans les écoinçons sont figurés en couple donateur une femme en robe rouge et coiffe, et un homme ayant devant lui trois pièces de monnaie, et un outils qui serait selon G. Le Roy propre aux tonnelliers.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 15. 1ère travée nord du collatéral du choeur. Donateur, Marie-Madeleine, évêque.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : un chanoine donateur.
isolé sur la vitrerie losangée, un chanoine en posture de donateur, en robe rouge sous le surplis blanc, et portant l'aumusse canoniale. G. Leroy signale que le chanoine accompagnait jadis saint Nicolas, avec les lettres I.E inscrites dans un écusson .
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette B: Marie-Madeleine ; un évêque.
sainte Marie-Madeleine portant le pot d'aromates, et un évêque bénissant
Bordure de fleurs de lys, de couronnes et d'hermines, donc datation du début du XVIe siècle.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Tympan de la baie 15.
Au centre de la rose, selon G. Leroy, "Charles VIII jeune, tenant la main de justice et vêtu d'un manteau fleurdelysé avec des hermines de Bretagne." On peut peut-être dire simplement que le manteau royal azur est fourré d'hermines au revers. Diamètre 0,48 m.
La base Palissy y voit saint Louis. Mais elle voyait dans le saint Georges de la baie 13 un saint Michel !
Tous les lobes sont fleurdelysés dans les bandes entrecroisées bleues avec une bordure circulaire rouge à fleurs de lys et hermines.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 21. 4ème travée nord du collatéral de la nef. Saint Michel, sainte Geneviève et chanoine donateur.
De cette lancette, il ne reste qu'un registre, se détachant sur la vitrerie losangée, et la bordure à couronnes et fleurs de lys. Et même dans ce registre, il manque le panneau central supérieur. On ne peut que présumer qu'il représentait la Vierge, dont on voit le manteau bleu, et vers qui les trois autres personnages sont tournés. Le fond est rouge, c'est un drap d'honneur damassé.
À gauche, saint Michel, en armure d'archange, terrasse le dragon et le menace de son épée, levée.
À droite, c'est sainte Geneviève tenant un livre ouvert, qu'on identifie à son cierge q'un diablotin tente d'éteindre avec son soufflet. Il manque, en contre-point, l'ange qui le rallume.
Sainte Geneviève présente le chanoine donateur qui est agenouillé à ses pieds. Ce qu'on voit de sa robe et de son col est noir, et non rouge. Il porte l'aumusse en fourrure de petit-gris (écureuil) dont les queues pendent à l'extrémité. Autant de queues, autant de peaux d'écureuil gris Sciurus vulgaris d'Europe du Nord, et autant de prestige pour le chanoine, dont l'aumusse répondait, ailleurs du moins , à des règles précises. L'usage du blanc de l'hermine était réservé aux fonctions plus élevées, mais on pouvait imposer l'utilisation pour l'aumusse des seules peaux grises du dos de l'animal (petit-gris) ou autoriser d'associer celles-ci en damier avec la peau du ventre blanc (vair). Nous avons vu en baie 11 un chanoine dont l'aumusse, plus large, était de six peaux.
Une inscription précise :
[MESTRE MICHIEL ] PAIEN, CHANOINE
[DE CHAMPEAUX], A FAIT FAIRE CEST
[VERRIÈRE DIEU] ET L'AME DE LIEU.
...que G. Leroy a lu ainsi : Messire Michiel Paien chanoine de Champeaux a fait faire ceste verrière Dieu ayt l'ame de luy".
Le chapitre de Champeaux était composé de 12 chanoines, puis de 24 jusqu'à la fin du XVIe siècle ; il était dirigé par un prévôt, et disposait d'enfants de chœur et d'un maître de musique.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 23. 3ème travée nord du collatéral de la nef. Messe de saint Martin.
La lancette ne conserve que 4 panneaux de vitraux, et sa bordure. Ces panneaux ont été très restaurés. La scène se passe dans une église. À gauche, quatre fidèles, dont une femme voilée. Au centre, un prêtre en chasuble célèbre l'eucharistie, au mome,nt de l'élévation de l'hostie, devant un enfant de chœur tenant un cierge. Le célébrant lève les yeux, et Dieu le Père lui apparaît dans des nuées, tandis qu'un ange lui remet une étole.
Sur le panneau de droite, un homme lève la main, comme s'il révélait cette scène à son auditoire. Rien ne permet de l'identifier, si ce n'est, détail significatif, un cœur rouge sur la poitrine.
Est-ce réellement, comme c'est admis, une "messe de saint Martin" , celle lors de laquelle le saint, qui, ayant donné ses vêtements à un pauvre et n'est que partiellement vêtu, voit son dénuement masqué, lors de l'élévation, par une boule de feu au dessus de sa tête symbolisant sa charité ?
Il ne peut s'agir d'une Messe de saint Grégoire, car ce serait le Christ de la Passion qui apparaîtrait.
Une Messe de saint Martin de Simone Martini, fresque de Saint-François à Assise datant de 1280, montre l'enfant de chœur et son cierge, et deux anges apportant une sorte d'étole, mais pas la vision de Dieu le Père.
G. Leroy indique cette inscription : "Messire Macé Comnaux et Louis Vierne, chanoine, ont donné ceste verrière"et ajoute que Macé Comnaux est mentionné comme chanoine de Champeaux dans un registre de 1491.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Un évêque.
Panneau isolé. Un évêque, peut-être saint Nicolas, tenant un livre, se détache sur une tenture damassée rouge.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
LES BAIES HAUTES DU CHŒUR.
1°) Les 4 baies de l'abside, Description de gauche à droite :
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie n° 103 : fragments.
Fragments d'un donateur dont on ne voit que le bas de la robe et le blason, aux armes déjà rencontrées en baie 3, d'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie n° 101 : fragments plus complets d'une Crucifixion du Christ entre Marie et Jean.
Les trois visages sont en pleurs.
Soubassements de niches architecturées.
On retrouve le blason épiscopal d'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules, a priori d'un évêque de Paris, comme en baie 3. Mais je n'ai pas retrouvé ces armes parmi celles des évêques et archevêques de Paris de 1439 à 1622.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie n° 102 : fragments d'une Charité de saint Martin.
Saint Martin, à cheval, en armure, fend en deux son manteau. On ne voit du pauvre que le visage.
Soubassements de niches architecturées.
Blason : semé de France à la crosse d'or en pal . Ce sont les armes des archevêques de Paris .(La Chesnaye, "Saint-Cloud").
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie n° 104 : fragments d'un saint Nicolas ressuscitant les 3 clercs.
Il s'y trouvait aussi jadis un donateur agenouillé, et les mêmes armes qu'en baie 101 et 3.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 105 (au nord) : fragments d'un saint Denis portant sa tête coupée.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 107 (au nord) : fragments d'une sainte Catherine .
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 109 (au nord) : fragments d'une sainte Geneviève.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 111 (au nord) : fragments d'une sainte Barbe .
La sainte s'identifie à la palme de martyre, à son livre de théologie, et surtout à la tour aux trois fenêtres défendant le dogme de la Trinité.
Blason d'azur au tronc d'arbre naturel en pal, accosté à senestre d'un gland et d'une feuille de chêne de sinople, à dextre d'un croissant de gueules et d'une feuille de chêne de sinople, comme en baie 13 lancette A.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
SOURCES ET LIENS
—Vitraux , notice PM77000274, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
—LEROY ( G. ), 1896, , « Vitraux de la collégiale Saint-Martin à Champeaux-en-Brie : restitués d'après d'anciens documents », Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, Paris, p. 101-115 (ISSN 0071-8394,
— LIÉBERT (Eugène), 1869, "Vitrerie de l'église collégiale de Champeaux", Bulletin de la société archéologique, sciences, lettres et art de Melun vol. V page 247
"A la cathédrale même, pas un seul vitrail peut-être n'a été conservé dans son intégrité. Quelques-uns sont entièrement renouvelés; le plus grand nombre de ceux où l'on aperçoit encore des fragments du moyen âge, parfois considérables, les montrent mélangés avec des débris venus de toutes parts, posés le plus souvent sans le moindre souci d'accorder les lignes ou les tons, pas plus que les époques. En effet, les verrières à demi brisées, enlevées aux églises supprimées en 1792, furent apportées, les unes dans les collatéraux du chœur de la cathédrale transformés en magasins de dépôt, les autres chez le verrier Sarraute, au faubourg Saint-Michel. Lorsque le culte fut rétabli en 1803, la cathédrale était tombée dans un grand état de délabrement. Les vitraux disparus ou cassés par places laissaient entrer le vent et la pluie. On se hâta de fermer les vides avec les fragments pris au hasard dans les nefs. On reprit cette opération en 1813 avec ceux qui furent alors retirés de chez Sarraute; enfin, en 1817, avec ceux qui étaient encore demeurés aux Cordeliers et que les chanoines demandèrent au maire de la ville ."(Jules de Lahondès, 1890)
Les vitraux seront présentés en partant de l'entrée, au nord-ouest, et en progressant dans le chœur dans le sens horaire jusqu'au début de la nef raymondine. Ils seront accompagnés des citations de deux publications consacrées aux vitraux de la cathédrale, celle de Jules de Lahondès et celle de M. Rey.
La baie de chapelle du Saint-Sépulcre. 2 lancettes trilobées et rose à 9 rayons. XVIe siècle. 2 registres.
"Les tons chauds et la belle ordonnance d'un vitrail du commencement du seizième siècle arrêtent les regards devant la chapelle du Sépulcre. Il représente saint Sébastien et saint Roch accompagné d'un petit ange aux ailes violettes, au-dessus une descente de croix. Le disciple qui soutient le Christ porte un pourpoint vert et des chausses rouges; Joseph d'Arimathie, une robe damassée d'or. La Vierge et le Christ de la Piéta que l'on voit à côté sont médiocres. La partie inférieure du vitrail a été détruite, et l'on aperçoit seulement la tête d'un squelette appuyé contre une colonne; l'ensemble est enveloppé par des pilastres et un entablement dans le goût de la première Renaissance." (J. de Lahondès)
"Au xvie siècle appartient le vitrail de la chapelle du Sépulcre où les formes de la Renaissance apparaissent entourant les personnages aux colorations puissantes rappelant les vitraux d'Auch, mais dont le dessin est déparé par des. ombres grossières et des tons violacés." (M. Rey)
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Registre inférieur : Saint Roch et Saint Sébastien.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Saint Roch, portant la pèlerine et le bourdon, son chapeau posé sur la poitrine, désigne de l'index son bubon pesteux de la cuisse, qu'un ange semble soigner (partie remaniée). Son chien Roquet est à ses côtés, tenant dans sa gueule le pain qu'il amène à son maître.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Saint Sébastien, en éphèbe seulement vêtu d'un maillot blanc, est attaché à un arbre et transpercé de trois flèches, tandis qu'un ange vient le couronner. Le visage est refait. Décor Renaissance peint au jaune d'argent sur l'architecture.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Soubassement.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Registre supérieur. La Descente de Croix. La Vierge de Pitié.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
La Descente de Croix.
Joseph d'Arimathie, au pied de la croix, porte une tunique longue d'or et damassé, et un bonnet conique (c'est un membre du Sanhédrin).
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
La Vierge de Pitié ou Déploration entre Jean et Marie-Madeleine.
Le visage de Marie est en pleurs, mais il a été restauré.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Verrière du XIVe siècle. Saint Jean-Baptiste ; saint apôtre (Jacques?) tenant un livre et un bourdon; sainte foulant un serpent ; saint Étienne, à dalmatique bleue, tenant les cailloux de sa lapidation ; 2 évêques cachés par le retable.
Deux lancettes, l'une à fond rouge, l'autre à fond bleu. Très riche bordure perlée à saints personnages dans des niches gothiques, mais le même personnage (Jean) est répété avec reprise du carton.
Tympan dont la rose à 9 rayons porte des écussons.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Verrière du XIVe siècle. Deux saints évêques dont l'un, en rouge, tient la maquette d'une voûte. Au registre inférieur, fragments d'un saint Michel terrassant le dragon et jugeant les âmes.
Notez dans les bordures les personnages tenant des phylactères (apôtres, prophètes, sibylles peut-être) occupant les pilastres des niches à gables aigus.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie à 2 lancettes trilobées. Deux saints (inscriptions non déchiffrées)
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie : la Vierge à l'Enfant ; saint ou sainte martyre (palme) au visage remplacé par une pièce en réemploi ; un donateur (tonsuré, moine ou chanoine) présenté par un saint moine tenant une verge verte (tunique brune et manteau blanc, tonsure et palme).
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Chapelle à quatre baies à quatre lancettes ogivales.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
ST HONORÉ ; ST CEURIN (Sevrin) ; ST GERMIER ; ST LOUIS évêque de Toulouse.
"Le premier vitrail historié montre trois évêques de Toulouse et le premier évêque de Bordeaux, introduit par une dévotion particulière du donateur : saint Honoré, en chape verte doublée de rouge, soutane violette, un des plus anciens exemples de violet sur le vêtement des évêques dans les vitraux, mitre blanche, gants rouges, crosse fleuronnée; saint Seurin, en chape rouge doublée de vert, aube blanche couverte d'enroulements d'or, mitre et manipule violets, crosse fleuronnée; saint Germier, en chasuble bleue avec un large orfroi d'un beau jaune, mitre violette à infules vertes, gants rouges, manipule vert; saint Louis, en chasuble bleue avec un large orfroi rougegroseille et de hardis enroulements verts, doublée de vert, gants violets.
Au-dessous des évêques, les armes des Tholosany de la Sesquière1, des d'Assézat2, des Redon3, des Maniban 4 :
1. D'azur au chevron d'or accompagné de neuf épis de même en trois groupes, posés deux en chef et un en pointe. L'avocat Gabriel d'Ouvrier était capitoul en 1611.
2. D'argent à l'aigle aux deux têtes et aux ailes éployées de sable, au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent accompagné de deux étoiles d'or. François d'Aldéguier était capitoul en 1611.
3 D'azur aux deux lions d'or dressés et affrontés. Le nom de La Jugie figure dans le capitoulat dès le quatorzième siècle.
4. D'or à l'arbre arraché de sinople au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or. Jacques de Lombrail était conseiller au Parlement. Son fils Jacques de Lombrail, seigneur de Rochemontés, fut président des trésoriers de France, à Toulouse. L'or du champ est devenu pourpre par la cuisson."
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
"Sur le second vitrail, on voit encore quatre évêques de Toulouse : saint Hilaire, en chasuble jaune avec orfroi rouge, mitre et gants violets; saint Sylve, en chasuble verte doublée de rouge, étole bleue, encore, selon la forme du Moyen Âge, avec croix rouge au bas, gants blancs, tenant l'église de Saint-Sernin dans la main droite; saint Exupère, en chape bleue dont l'orfroi est orné de perles et de gemmes entre des torsades d'or, gants rouges, tenant un goupillon de la main droite; saint Sernin, en chape rouge à l'orfroi bleu, manipule blanc, tenant de ses deux mains gantées de violet un livre à couverture verte avec une gemme sur le plat, embrassant la crosse inclinée sur la poitrine; le taureau est à ses pieds.
Au-dessous, quatre blasons du généreux prévôt Jean Daffis, évêque de Lombez, [sous une mitre] d'argent à la bande de gueules chargée de deux roses " Jules de Lahondès
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
"Sur le troisième vitrail, les évêques portent des costumes plus riches : saint Martial, en chape bleue avec enroulements verts, dont l'orfroi est orné de figures de saints, chaperon rouge, mitre d'or, gants blancs; saint Remy, en chape rouge à chaperon vert, mitre bleue rehaussée de perles, gants bleus; saint Martin, en chasuble de drap d'or à orfroi bleu, doublée de vert, mitre de velours rouge rehaussée de perles, gants rouges; saint Denis, portant sa tête mitrée dans les mains, en chape bleue à l'orfroi d'or et à chaperon rouge. Saint Martin porte l'anneau au pouce droit, de même que saint Hilaire et saint Sylve.
Les armes de France qui brillent au-dessous de ce beau vitrail où sont représentés des évêques protecteurs des rois, indiquent qu'il fut donné par Louis XIII et sa mère régente , Armes de France et de Navarre timbrées de la couronne fermée, entourées du cordon du Saint-Esprit..
Dans les meneaux supérieurs de ces vitraux s'enroulent des rinceaux or et argent sur fond pourpre, blanc et or sur fond bleu."
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
"La chapelle suivante a conservé le vitrail le plus précieux de la cathédrale, préservé par la saillie des contreforts et surtout par son exposition au sud-est, vers le cloître. Il n'est pas cependant intact lui-même et le panneau central a reçu un fragment nouveau avec le Christ du seizième siècle, accosté d'une Vierge et d'un saint André beaucoup plus grands, de la même époque. Les panneaux inférieurs du côté de l’Évangile portent encore une sainte Madeleine et un saint Christophe venus d'ailleurs, de même que le saint Jean dans le panneau à côté du roi à genoux. Ces remaniements et ces confusions avaient arrêté jusqu'ici les attributions certaines de ce beau vitrail.
En haut, du côté de l'Évangile, un roi à genoux, vêtu d'un manteau bleu fleurdelysé d'or, portant une couronne à grandes fleurs de lys, offre une couronne. La figure du roi, très individuelle, rappelle le type bien connu des Valois et permet de reconnaître Charles VII ." (J. de Lahondès)
"Denis du Moulins (1421-1439) fit disposer une grande verrière dans la chapelle Saint-Jean l'Évangéliste, aujourd'hui dédiée à saint Joseph. C'est là qu'on voit les portraits de princes contemporains, amis du prélat qui allait devenir archevêque de Paris: Charles VII et le dauphin Louis à genoux. On y reconnaît aussi saint Jean, patron du duc de Berry; saint Louis, évêque de Toulouse; sainte Catherine, patronne d'une fille du roi et l'archevêque lui-même avec la croix ancrée de sable de ses armes, peinte sur l'orfroi de sa chape. Le panneau du milieu a disparu et a été remplacé par des fragments composites. Il est probable que le roi saint Louis était figuré au centre, imploré par Charles VII et le dauphin".(M. Rey)
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Saint Christophe traversant le fleuve, avec sur son épaule l'Enfant portant le Monde.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Un saint évêque.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Le roi Charles VII agenouillé, deux lions à ses pieds.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
"La fenêtre, du côté de l'épître, absolument intacte, montre en haut un jeune prince, tête nue, vêtu d'une cotte fleurdelysée, avec jambières et chaussures de plate, l'épée au côté; il ressemble au roi. C'est évidemment le dauphin, son fils, le futur Louis XI.
A côté de lui est un évêque nimbé, portant une chape dont l'orfroi est orné de fleurs de lys; c'est saint Louis, évêque de Toulouse, qui appartenait à la famille royale.
Au-dessous, sainte Catherine porte la roue et la palme, superbement vêtue d'une robe blanche à petits points d'or groupés par trois, d'un manteau vert doublé de rouge, se détachant sur un fond blanc fleuronné d'or, bordé de fleurs de lys d'or sur fond bleu. Une des filles de Charles VII portait, en effet, le nom de Catherine et fut mariée, en 1434, au duc de Bourgogne.
Enfin, à côté de cette belle figure, un évêque à genoux dont les traits fins mais énergiques sont très caractérisés, est coiffé d'une mitre d'argent, et vêtu d'une chape rouge bordée d'un orfroi sur lequel s'étagent des écus d'argent à la croix ancrée de sable, précisant la date du vitrail. Ce sont, en effet, les armes de Denis du Moulin, archevêque de Toulouse, de 1423 à 1439, année dans laquelle il fut promu au siège de Paris. Denis du Moulin s'était montré très dévoué au roi dans les temps périlleux. Il se rendit en ambassade auprès du roi de Castille, du duc de Savoie, et du duc de
Quelques fragments étrangers sont rapportés sur l'aube de Denis du Moulin et sur la robe de la princesse Catherine."
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Saint Jean-Baptiste et sainte Catherine. Restauration en 1816.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Saint Jean-Baptiste, vêtu de la peau de chameau, et montrant l'Agneau.
Bordure à rinceaux de feuilles de chêne, et phylactère enroulé en spire. tenture d'honneur du fond, damassée d'or.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Sainte Catherine tenant la palme du martyre et la roue dentée de son supplice.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Le voyage de sainte Ursule, le martyre des onze mille vierges. Leur nef parvenat à Cologne est visée par les archers Huns.
"Le vitrail de la chapelle de saint François de Sales montre un groupe de saints du quinzième siècle: saint Étienne, tenant un pavé dans ses mains; saint Jean, vêtu comme les paysans de l'époque et portant l'image de l'Agneau; au-dessus, un crucifiement avec la Vierge et saint Jean l'Évangéliste. Mais ce vitrail a été très remanié.
Le dais qui couronnait saint Étienne, est remplacé par un panneau venu sans doute du couvent des chanoinesses de Saint-Pantaléon, peut-être de l'église des Augustins qui avait aussi une chapelle consacrée aux Onze mille vierges; il représente, en effet, les jeunes martyres conduites par les évêques sur le vaisseau miraculeux, avec le mot undecim tracé au-dessus en caractères gothiques."
"Cependant, les vierges se mirent en route pour leur retour, en compagnie du pape Cyriaque, du cardinal Vincent et de Jacques, archevêque d’Antioche, qui était, lui aussi, originaire de Bretagne. Jacques, qui était venu à Rome pour voir le pape, allait déjà repartir pour Antioche lorsque, apprenant le prochain départ des vierges, il prit le parti d’aller avec elles au-devant du martyre. Et de même fit encore Maurice, évêque de Modène, qui était l’oncle de Babille et de Julienne ; de même firent Follau, évêque de Lucques, et Sulpice, évêque de Ravenne.
Lorsque toute cette troupe arriva à Cologne, elle trouva la ville investie par les Huns. Et ces barbares, avec de grands cris, se jetèrent sur les pieuses vierges, qu’ils massacrèrent toutes, comme des loups s’élançant sur un troupeau d’agneaux. Seule, Ursule restait encore vivante. Et le prince des Huns, émerveillé de sa beauté, lui offrit de l’épouser, pour la consoler de la mort de ses compagnes. Mais, comme la sainte repoussait avec horreur sa proposition, furieux de se voir dédaigné, il la transperça d’une flèche et acheva son martyre." (Légende dorée)
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Dans les fenêtres hautes. Les douze apôtres (XVIIe siècle).
"Après l'incendie et la construction des œuvres hautes du chœur, les sept grandes fenêtres du rond-point furent munies de verrières. Les quatre panneaux de chacune d'elles sont remplis par des figures d'apôtres ou d'évêques, ceux de la fenêtre centrale par les images du Christ, de la Vierge, de saint Étienne et de saint Laurent." (M. Rey, 1930)
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
SOURCES ET LIENS
—Jules de Lahondès, 1890, L'église Saint-Étienne, cathédrale de Toulouse, ed. Privat, 482 pages
Isabelle Séré, Yves Bruand, Michèle Pradalier-Schlumberger, 1987, Les verrières du XIVème siècle de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, non consulté
Les peintures murales du XVe siècle de l'abbatiale de Walbourg (Bas-Rhin) : un Credo apostolique.
PRÉSENTATION.
Présentation générale.
En 1074 fut fondé par le comte de Montbéliard Thierry Ier un ermitage, pour deux moines Wibert et Mancius, près d'une source dédiée à sainte Walburge. Celle-ci, sainte du VIIIe siècle, était la fille de saint Richard, elle fut abbesse du couvent de Heidenheim en Franconie. Il ne reste rien de ce sanctuaire.
Une église fut élevée à partir de 1105 par la volonté de Frédéric, duc de Souabe et de Pierre, comte de Lutzelbourg et père de l'empereur Frédéric Barberousse. De cet édifice subsistent les parties inférieures des murs de la nef et deux piédroits sculptés (incomplets) d'une porte, au sud. En 1456, l'abbé Burckhard de Mullenheim fit reconstruire le chœur, surélever les murs de la nef, élever une tour entre chœur et nef, repercer des ouvertures dans le mur ouest de la nef et construire une chapelle dite des anges, actuelle sacristie, sous la direction de l'architecte Hans Boeblinger.
Trois vitraux de l'abside du chœur forment un cycle consacré à la Vie de la Vierge, à l'Enfance du Christ et à Jean-Baptiste. Datant de 1461, ils sont attribués à Pierre d'Andlau. Dans les baies 3 et 4 sont rassemblés aujourd'hui des éléments provenant de diverse verrières de l’église datant de la même époque.
En 1484 fut sculptée par Clément de Bade la custode remarquable du chœur .
Après une longue période de prospérité, l'abbatiale subit les destructions en 1525 causée par la Guerre des Paysans, et elle perdit alors son cloître. Vers 1545 le monastère fut incorporé au chapitre de Wissembourg.
En 1685, l'abbaye fut occupée par le Séminaire de Strasbourg, dirigé par des jésuites. A la Révolution, elle fut vendue à des particuliers et l'église fut offerte à la commune de Walbourg par Michel Pierre Saglio en 1805. Les vitraux du XVe siècle furent classés Mh en 1862 et l'église en 1898.
En 1945, l'église fut durement touchée par des bombardements aériens avec notamment la destruction des voûtes du chœur.
Dès 1949 et de 1969 à 1971 l'église fut restaurée, mettant à jour la partie romane de la nef dont les baies avaient été murées. Les baies hautes furent vitrées à cives en 1971 par Jacques Le Chevallier, lequel créa en 1983 9 verrières en composition colorée à grisaille pour les baies basses de la nef.
Le chœur gothique (1456, inscription lapidaire pilier gauche).
Le chœur est rectangulaire jusqu'à l'abside à trois pans éclairée des vitraux de 1461.
Le haut du chœur est porté par quatre voûtes d'ogives dont les clefs de voûte en grès portent successivement depuis l'Est l'Agneau pascal, le blason de Frédéric le Borgne duc de Souabe (1090-1147, qui reposait dans l'église avec ses deux épouses) d'or aux trois lions léopardés de sable , son heaume et son cimier timbré de plumes de paon, et enfin les armes à la crosse abbatiale en pal de l'abbé Burckhard de Mullenheim (abbé de 1430 à son décès en 1479), de gueules à la fleur à cinq pétales de sable boutonné d'or. On retrouve dans la sacristie les armes de l'abbé, et des armes non identifiées à 3 fleurons. Les mêmes armes se retrouvent sur la dalle funéraire jadis présente dans le chœur, et adossée aujourd'hui contre le mur de souténement ouest, ou encore sur la porte de la sacristie.
Les peintures murales à fresque.
Elles occupent le chœur et dateraient du XVe siècle. On lit que le peintre Hans Baldung Grien (1484-1545), qui, après avoir été compagnon de divers peintre Souabes, fut l'assistant d’Albrecht Dürer dans son atelier de Nuremberg de 1503 jusqu'en 1507, aurait été, comme graveur, l'auteur des esquisses, ce qui retarderait sans doute la datation vers le premier quart du XVIe siècle. Parmi ses figures d'apôtre, son Jude Thaddée date de 1538, son Barthélémy de 1516, son saint Jean, son saint Thomas, Jacques le Mineur de 1516-1519, saint Philippe, saint Simon etc
Les êintures sont classées M.H ; elles ont été endommagées pendant la Seconde Guerre.
Débutant par saint Pierre, les douze apôtres forment un Credo apostolique, car ils sont entourés d'un phylactère citant le verset du Credo qui leur est attribué par la tradition. Il faut partir de l'angle sud-est pour en suivre la succession, dans le sens horaire, puis traverser le chœur vers le nord pour y voir les 4 derniers apôtres. Vient alors, avant la custode, et en face de Pierre, saint Paul.
Dans l'abside, les angles séparant les pans, et les verrières, portent les représentations des quatre Pères et Docteurs de l'Église, les saints Grégoire, Augustin, Ambroise et Jérôme.
Croquis lavieb-aile
Le thème iconographique du Credo apostolique est largement exploré dans mon blog, soit en peinture murale, soit surtout en sculpture, en particulier en Bretagne sous les porches sud.
C'est une manière d'affirmer les fondements incontournables de la Foi chrétienne en couplant les douze articles avec les douze apôtres. Ici, l'association avec les figures des Pères de l'Église renforce cette affirmation des bases théologiques de la Foi, d'autant que les verrières illustrent les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption.
— Sur ce thème du Credo apostolique, voir ici dans l'ordre chronologique:
Si on compare mes images à celles de Marie-Philippe Scheurer, prises en 1999 pour l'Inventaire, on constate
que certaines inscriptions sont désormais moins lisibles.
Vues générales.
L'abside.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Le côté nord.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Le côté sud.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
LES DOUZE APÔTRES ET LEUR ARTICLE DU CREDO + SAINT PAUL.
Chaque apôtre se reconnait par son attribut, et/ou le nom inscrit en latin, par leur ordre dans la série, et par l'article qu'il présente.
Je donne l'article du Credo porté par le phylactère, déduit des fragments qu'on peut encore y lire, ou qu'on déchiffre sur les clichés plus anciens. L'attribution des articles aux apôtres est conforme à la tradition. Voir par exemple mes articles ici et ici .
1. Saint Pierre Sanctus [Petrus]
Il tient un livre ouvert, et une clé en main gauche. Il se reconnaît aussi à son crâne dégarni.
Inscription : Credo in Deum, Patrem omnipotentem, creatorem caeli et terrae
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Saint André. Sanctus Andreas.
On ne distingue pas son attribut, la croix en X.
Article : Et in Iesum Christum Filium eius unicum , Dominum nostrum.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Saint Jean
Attribut : le visage imberbe ; le calice de poison tenu de la main gauche et béni de la main droite
Article : Qui conceptus est de Spirituo Sancto natus est Maria Virgine
Saint Jean est plus souvent en 4ème position après Jacques le Majeur, et présente alors le quatrième article.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Saint Jacques le Majeur. Sanctus Jacobus maior
Attributs : la pèlerine, le bourdon, la besace (rouge) et le chapeau à larges bords timbré de la coquille.
Article : passus sub Pontio Pilato, crucifixius, mortuus et sepultus.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
5. Saint Thomas. Sanctus Thomas
Attribut : la lance. Un rouleau de parchemin.
Le 5ème article : descendit ad inferos, tertia die ressurrexit a mortuos.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
6. Saint Jacques le Mineur. Sanctus Jacobus minor
Attribut : un instrument singulier, semblable à une grande clé formant un arc où une corde est tendue. D'habitude, Jacques le Mineur tient le bâton de foulon de son supplice, celui des fouleurs d'étoffe. Ici, il tient l'ensouple, ou pièce d'un métier à tisser, sur lequel on monte les fils de chaîne.
La peinture est plus compréhensible si on la compare avec une gravure de Hans Baldung Grien : c'est donc un argument important pour soutenir la thèse d'une influence du peintre-graveur souabe.
Hans Baldung Grien, 1519, gravure sur bois, National Gallery of Art Rosenwald collection
6 ème article : ascendit ad caelos ; sedet ad dexteram patris Dei Patris omnipotentis.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
7. Saint Philippe. Sanctus Philippus.
Attribut : la croix à longue hampe.
7ème article : inde venturus est iudicare vivos et mortuos.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
8. Saint Barthélémy. Sanctus Bartholomeus
Il tient le coutelas de son supplice par écorchement.
8ème article : Credo in Spiritum Sanctum.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Du côté nord, en partant de l'ouest.
9. Saint Matthieu. Sanctus Mathaeus.
Il tient une lance à très longue lame.
9ème article : sanctam ecclesiam catholicam
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
10. Saint Simon. Sanctus Simon.
Il tient un livre placé dans un étu, un livre de ceinture, et une croix à ample traverse. Il est imberbe.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
11. Saint Jude Thaddée. Sanctus Judas Thaddeus.
Il est vu de profil, la main droite posant sur une table un petit instrument peut-être tranchant.
11ème article : carnis resurrectionem
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
12. Saint Mathias. Sanctus Mathias.
Vu de face, vêtu d'un manteau bleu, il tient une hache à large tranchant.
12eme et dernier article du Credo : vitam eternam. Amen.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
13. Saint Paul, le treizième apôtre. Sanctus Paulus
Il tient l'épée de sa décollation, et un livre.
Inscription : Ego enim sum mínimus Apostolórum, qui non sum dignus vocári Apóstolus, quóniam persecútus sum Ecclésiam Dei. (citation de l'épître aux Corinthiens 1:15 déchiffrée par l'abbé Staub en 1863) "car je suis le moindre des apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu" .
Abbé A. Straub, bulletin pour la société pour la conservation des monuments historiques d'Alsace Berger-Levrault., 1863
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
LES QUATRE DOCTEURS DE L'ÉGLISE.
Les quatre docteurs de l’Eglise, de dimensions un peu plus grandes paraissent à J. Walter d’une autre main et offrant plus de mérite artistique. Chacun des phylactères qui se déroulent autour de ces images pré-
sente une inscription ayant rapport à l’Eucharistie.
A. Saint Grégoire.
Saint Grégoire porte la tiare ornée de trois couronnes et la croix à trois branches dont celle du milieu est la plus longue. Par une erreur assez curieuse à signaler, le peintre a oublié la colombe divine qui accompagne toujours ce père de l’Eglise dans les anciennes images, et l’a donnée ce symbole à Saint Augustin. Ce docteur est le mieux conservé quant à l’ensemble des contours. Comme Saint Ambroise dont la majestueuse figure se dessine près de lui, il tient d’une main un livre, de l’autre une crosse munie du sudarium.
Inscription : Ad firmandam plebis fidem panis Christi p.... est in temeratam carnemS. Gregorius doctor.
"Pour raffermir la foi du peuple le pain [est changé] en la chair du Christ véritable".
Comparer au cliché de 1999 :
Base Palissy cliché Marie Philippe Scheurer
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
B. Saint Augustin, évêque d'Hippone. S. Augustinus, doctor.
Inscription : Licet figura panis et vini videntur nil tamen aliud quam cara christi et sanguis post conversionem credenta est. Attribué à Ambroise par Thomas d'Aquin, Somme théologique 50547
"Quoique l'œil n'aperçoive que l'apparence du pain et du vin, après la consécration, la foi doit admettre autre chose sous ce voile que le corps et le sang de Jésus Christ".
Cliché avant 1934, in WalterCliché Marie-Philippe Scheurer 1999 Base Palissy
C. Saint Ambroise. S. Ambrosius doctor.
On ne voit plus de l'évêque de Milan que sa mitre, sa chape bleue, et un livre tenu en main gauche.
Citation : In singulis porcionibus christus dominus tot est, non per singulas minuitur sed integrum in singulis tenemus.
"Le Christ Seigneur est tout entier dans chaque parcelle de l'hostie, il ne perd rien par la fraction, dans chacune nous recevons le Sauveur tout entier.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
D. Saint Jérôme.S. Jheronimus doctor.
Saint Jérôme est vêtu en cardinal, il tient une croix double.
Citation : Accedit verbum ab ore sacerdotis ad elementum et fit verum sacramentum. S. Jheronimus doctor.
"La parole de la bouche du prêtre touche l’élément qui accomplit le sacrement."
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Clés de voûte datant de la construction du choeur et de la chapelle des anges, entre 1456 et 1465. Elles portent les armoiries de l'abbé Burckhard de Mullenheim, commanditaire et celles du premier bienfaiteur de l'abbaye, Frédéric duc de Souabe.
Armoiries : dans le choeur, armoiries de l'abbé Burckhard de Mullenheim (une rose et une crosse), armoiries de Frédéric, duc de Souabe (trois lions superposés) et son cimier aux plumes de paon. Dans la sacristie (ancienne chapelle des anges) armoiries de l'abbé de Mullenheim et armoiries non identifiées : trois roses, deux et une séparées par une fasce, non identifiées.
—LORENTZ (Philippe), 2006, "Les vitraux de l'abbatiale de Walbourg" Congrès archéologique de France 162e session 2004 : Strasbourg et Basse-Alsace. Edité par Paris : Derache, 2006 - 2004.
— STRAUB (abbé), 1860, "Les vitraux de l'abbatiale de Walbourg", Congrès archéologique de France, Volumes 26 à 27 p. 344
— Vitraux : Gatouillat Françoise ; Decrock Bruno IM67008562
Ces 3 grandes verrières de l'abside constituent un ensemble homogène et bien conservé de 63 panneaux demeurés à leur place d'origine ; elles sont dues à l'atelier connu depuis le début du 20e siècle sous le nom de Maître de Walbourg de 1461 ; elles illustrent en 56 scènes l'histoire de la Vierge et du Christ, complétée par la légende du précurseur ; ces cycles comportent des représentations rares (consultation des prêtres pour le Mariage de la Vierge, les soldats renversés par le Christ au Jardin des oliviers, visite des apôtres au Baptiste emprisonné) ; l'ensemble entoure la Crucifixion, de plus grande échelle ; les scènes sont juxtaposées sans bordures ni encadrement architectural ; les cartons utilisés sont repris très précisément, mais sans les damas, dans ce qui subsiste de la Vie de la Vierge et de la vie du Christ à Saint-Guillaume de Strasbourg (67) ; des dessins correspondant à des scènes des baies 0 et 2 sont conservés à la bibliothèque nationale de Madrid (Espagne) et au cabinet des estampes de Berlin (Allemagne), et des copies à la plume exécutées en 1476 d'après d'autres panneaux de la baie axiale appartiennent au cabinet des estampes de Cobourg (Allemagne).
Les vitraux de l'église de Wissembourg : la baie 18 . Verrière datée de 1487, don de Hans Bonn de Wachenheim, bailli de Wissembourg, et de son épouse Anne de Weingarten.
La baie 18, sur le bas-côté sud, est composée de trois lancettes trilobées et d'un tympan a un oculus hexalobé, 2 trilobes et 2 écoinçons, consacré au Jugement dernier. h = 260 ; la = 180 mm. L'ensemble est peu restauré dans ses parties principales (mains de la Vierge et corps de l'enfant de la Vierge à l'enfant restaurés, ainsi que le panneau montrant les damnés en Enfer) . On compte un bouche-trou dans cette dernière scène.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Le sujet principal, dans la lancette centrale, est une Vierge à l'Enfant. La Vierge, couronnée, les cheveux blonds tombant sur les épaules, tient l'Enfant sur son bras droit ; celui-ci, nu, porte le gloge crucigère en main droite et une fleur en main gauche.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette A, à gauche, est occupée par Hans Bonn de Wachenheim, agenouillé en donateur et présenté par saint Jacques le Majeur.
Il est identifié par une inscription en lettres gothiques où on lit, si on résoud les abbréviations par tilde remplaçant les -n, HANS BONNE VAN WACHENHEIM FAUT ZU [WISSEMBURG 887]. J'assiùile FAUT avec VOGT pour traduire : Hans Bonne de Wachenheim, bailli de Wissembourg. La date a été lue comme étant celle de 1487 (Gatouillat et Hérold 1994).
On sait que Hans Bonne fut bailli de Wissembourg en 1488 et avoué impérial de Wissembourg ; il était encore en vie le 29 novembre 1501 (acte archivé avec Philippe de Palatinat). Wachenheim est une commune allemande de Rhénanie-Palatinat.
Le saint est identifié comme étant saint Jacques car il tient un bourdon auquel est suspendue une besace, mais il ne porte pas le chapeau à larges bords des pèlerins, pas de coquille, et sa tête à barbe très fournie est coiffée d'un turban, exactement comme siant Christophe du côté gauche.
Les personnages sont placés dans une niche architecturale identique à la niche centrale, rehaussée de feuillages peints au jaune d'argent, devant une tenture damassée verte à motifs feuillagés. Le chevalier est en armure complète, la cuirasse est damassée, les solerets sont pointus et les éperons sont longs et droits.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette de droite montre son épouse Anne de Weingarten, également agenouillée en donatrice, et présentée par saint Christophe, portant l'Enfant.
La tenture damassée de feuillages est jaune. Chrtistophe porte un manteau vert, Jésus une tunique pourpre, la donatrice un manteau rouge écarlate doublée d'hermines aux revers, une robe dorée et une coiffe en drap blanc damassée d'or ; trois bagues sont visibles sur sa main gauche, deux à l'annulaire et une à l'auriculaire.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
L'inscription :
elle peut être lue ainsi ENNELT VAN WINGARTEN SEINE ELICHE HUS FRAU.
La formule "seine eliche haus frau", littéralement "sa légitime femme au foyer " se retrouve à la même époque sur les inscriptions lapidaires (on trouve aussi elichen, même sens):
L'inscription ayant identifié ici une Anne von Weingarten, je tiens "Ennelt" comme une forme de Anne.
Weingarten est une localité de Rhénanie-Palatinat.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
À la partie inférieure de la lancette centrale, sous la Vierge à l'Enfant, et placés là en réemploi, on trouve deux ensembles héraldiques non identifiées : deux écus cimés de casques sont environnés de lambrequins, Sur le tout est ajouté une banderole posée à l'envers avec la devise EN SI VALE suivie d'un globe crucigère.
Le blason de gauche peut-il être décrit comme de sable à la croix en sautor, d'or, chargé de cinq alerions de sable ? Nous ne pouvons l'identifier. Le casque est timbré d'un oiseau noir à bec jaune, un aigle aux ailes éployées.
Françoise Gatouillat note que "Les armoiries qui figurent dans la verrière , si elles correspondent à celles de la famille de Wachenheim , peuvent être celles de la génération suivante , car elles semblent postérieures à l'exécution du vitrail ."
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Le blason de droite porte un fascé d'argent et d'azur brisé d'un lambel de gueules à cinq pendants. Le casque porte une trompe de chasse (huchet) non suspendu mais posé sur un coussin noir ; du milieu de cette trompe s'élève une tige virolée s'achevant en une sorte de palmier.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
LE TYMPAN : le Jugement dernier.
Il est aussi intéressant à détailler que les lancettes.
Au centre, l'oculus de la rose polylobée montre le Christ de la Parousie, assis, montrant les plaies de son corps sous le manteau glorieux, selon un schéma classique, mais l'élément original est de voir l'arc-en-ciel remplacé par un cercle à huit cadrans alternativement bleu, jaune, rouge et blanc.
Il est entouré de Marie à sa droite et de Jean-Baptiste à sa gauche, reconnaisable à son manteau en poils de chameau.
Parmi les six lobes, les trois supérieurs accueillent les anges du Jugement. Les autres lobes montrent les scènes des morts éveillés par les sonneries de trompe et sortant de leurs tombeaux. Reprise de cartons inversés pour les deux lobes latéraux. Dans le lobe inférieur, une figure démoniaque s'approche d'un couple.
Les trilobes montrent à gauche les Élus accueillis au Royaume par les anges, et à droite les Damnés entrainés par des démons grimaçants.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 18 de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
SOURCES ET LIENS.
—GATOUILLAT (Françoise), Michel Hérold, 1994, Les vitraux de Lorraine et d'Alsace, Éditions du Centre national de la Recherche scientifique, 328 pages - Page 258
Situé sur une légère éminence à l'écart du bourg, le quartier de Brou renoue avec sa vocation religieuse antique dès le Xe siècle lorsque saint Gérard, évêque de Mâcon, vient s'y retirer. Suivi par de nombreux disciples, il bâtit un premier ermitage. Saint Gérard meurt à Brou en 958 : une église est bâtie autour de sa tombe tandis que l'ermitage s'organise en cellules individuelles.
À cette première église dédiée à saint Pierre succèdent, au cours du Moyen-Âge d'autres édifices construits sur une nécropole gallo-romaine. Il s'agit d'abord d'un prieuré bâti à la demande de Marguerite de Bourbon(. L'église construite par Marguerite d'Autriche conserve les traces de ces bâtiments antérieurs notamment deux baies romanes, un contrefort gothique sont pris dans la maçonnerie du mur nord du premier cloître ; la statue de saint Pierre ou encore l'ensemble des stalles hautes et basses en ch$êne datant du XVe siècle.
Longs de 4,80 m et larges de 1,70 m, ces rangées de stalles en chêne, restaurées en 1990 par Pierre Nillon, sont présentées dans le monastère royal de Brou, dans la pièce qui précède l'entrée de l'exposition. Leurs miséricordes représentent essentiellement des visages d'hommes et de femmes : on ne trouve qu'un élément végétal, une feuille. Les traits de ces visages sont souvent accentués par un trait graphique proche de celui de la caricature, plusieurs grimacent, tirent la langue, mais le grotesque se porte souvent d'avantage sur leur coiffure non réalistes : nombreuses sont celles qui sont dotées d'oreille d'âne — voire d'oreilles fabuleuses—, et désignent ainsi les personnages comme des fous.
On retrouve ces costumes de fous sur les appuie-mains, qui représentent tous des personnages en bustes, coiffés de bonnet ou de cagoules, vêtu de tuniques, là encore parfois explicitement dotés d'oreilles fabuleuses.
Voir sur les stéréotypes du Fou au Moyen-Âge et Renaissance :
Toute la série relève donc de la tradition carnavalesque ou de "l'esprit de mardi-gras" (Kraus p. 85), ou d'un joyeux esprit rabelaisien et moqueur des huchiers, mais ne peut non plus être sans rapport avec le succès considérable et la diffusion de la Nef des Fous de Sebastian Brant dénonçant dans une vision pessimiste du monde la folie du monde contemporain voguant vers son naufrage moral. Les éditions des traductions françaises débutent en 1497, peu de temps avant la création de ces stalles. Je pense néanmoins qu'il s'agissait ici de proposer aux chanoines un décor distrayant et d'introduire, dans ces éléments sculptés marginaux, seulement visibles lorsque le siège n'est pas rabattu, un contrepoint ludique et prosaïque à leurs exercices de chants religieux.
Les stalles sont classées au titre objet au 18 juillet 1934.
Si elles diffèrent beaucoup des 74 stalles de l'église Saint-Nicolas-de-Torentou du monastère de Brou, elles se rapprochent, par ce choix de portraits d'hommes et de femmes et par l'acuité du trait, des miséricordes de la co-cathédrale Notre-Dame de Bourg-en-Bresse, attribué à Pierre Teraillon ou au genevois Pierre Mochet et datées de 1512 ou vers 1530.
Les dorsaux et les jouées ne portent qu'un décor gothique répétitif.
Je regrette bien-sûr le flou de certaines de mes photos, prises à la volée lors d'une visite touristique. Je n'en ai supprimé pourtant aucune par souci documentaire.
Les 7 miséricordes et appuie-mains des stalles basses du côté gauche.
1. Visage d'homme moustachu, vu de profil. La coiffure descend bas derrière la nuque et se retrousse en revers exubérants.
2. Visage d'homme à bonnet de fou.
3. Visage de femme de face, portant une coiffe.
4. Visage d'homme de profil, portant un bonnet à revers frontal et queue en gousset.
Le nez busqué et les plis commissiaux accentués se rapprochent de la caricature.
5. Visage d'homme de profil, renfrogné, au bonnet de fou ( en cagoule à oreilles d'âne) relevé sur le front dégarni et rebiquant en arrière en pointe loufoque.
6. Visage d'homme de face, aux traits renfrognés, portant le bonnet de fou à oreilles d'âne.
7. Visage d'homme de face, au nez et à la bouche déformés, portant un bonnet serré sous le menton par des lanières à bouton.
Quelques appuie-mains.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à oreilles d'âne.
Les 7 miséricordes et appuie-mains des stalles hautes du côté gauche.
8. Visage de femme de trois-quart, portant une coiffe à crevés.
9. Visage d'homme de face, au sourire figé, portant un chapeau plat.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à crête.
10. Visage d'homme de face, aux traits renfrognés, enserré dans une cagoule à revers crenelé.
11. Visage d'homme de trois-quart, coiffé d'un chapeau complexe formant une corne autour de l'oreille.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à oreilles d'âne.
12. Visage d'homme de face, à casquette à revers temporaux.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à crête.
13. Visage d'homme de face à coiffure à revers.
14. Feuillage
L'une des jouées des stalles de gauche.
LES DEUX RANGS DE STALLES DU CÔTÉ DROIT.
Les sept miséricordes des stalles basses.
15. visage d'homme "mauresque" de face, grimaçant, enturbanné.
16. visage d'homme barbu grimaçant à coiffure fantaisiste à deux boules latérales.
17. visage d'homme de face, au nez et à la bouche tordus sur la gauche; tirant la langue. Coiffure fantaisiste à bords festonnés portant des cupules.
18. visage d'homme chauve, de face, grimaçant en montrant les dents.
19. visage d'homme de profil, moustachu, à coiffure fantaisiste à large rabat vers l'arrière s'achevant par un enroulement.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à cornes.
20. visage d'homme de face, dans une cagoule étroite. La figure est placée perpendiculairement à l'axe de la miséricorde.
21. visage d'homme de profil semblable à la miséricorde n°1.
Les sept miséricordes et appuie-mains des stalles hautes.
22. visage d'homme de face, coiffé d'un chapeau plat à rabat replié vers l'arrière .
23. visage d'homme de face, moustachu, aux cheveux peignés en mêches, s'achevant en arrière par deux crochets.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à cornes.
24. visage d'homme barbu coiffé d'un bonnet de fou aux oreilles très étroites et pointues.
25. visage d'homme au nez tordu, tirant la langue, coiffé d'un bonnet de fou aux oreilles d'âne.
26. visage d'un homme de face, aux cheveux bouclés mi longs sous un bonnet à rabats latéraux.
27. visage d'un homme de profil, barbu, coiffé d'un turban.
28. visage d'un homme de face, joufflu, aux cheveux peignés en mêches bouclées, aux oreilles très larges.
Cet article destiné à partager mes clichés est largement documenté par l'ouvrage suivant :
Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Centre international du vitrail de Chartres, 2010 (pages 56 à 93 notamment).
J'ai repris (en retrait) leurs commentaires, mis en ligne sur le site suivant :
Jusqu'à la Révolution, Chartres comportait onze paroisses en plus des églises conventuelles (église Sainte-Foy, des Cordeliers, Saint-Hilaire, Saint-André, abbatiale Saint-Père-en-vallée), etc. La plupart de ces églises ont été détruites, ou leurs verrières démontées, procurant ainsi aux restaurateurs de l'église Saint-Pierre et de l'église Saint-Aignan un matériel disponible pour compléter les verres existant.
L'église Saint-Aignan aurait été fondée par saint Aignan, évêque d'Orléans vers 400, au cœur de la cité chartraine au Ve siècle. Elle fut rapidement la première paroisse de la cité : sa situation à l’intérieur des murs et sa proximité du château en font une de ses églises remarquables. Elle était la paroisse des comtes de Blois et de Chartres.
Détruite puis reconstruite aux 15e et 16e siècles, elle présente alors une architecture de style gothique.
Les vitraux les plus anciens datent du XV et XVIe siècle mais beaucoup ont été détériorés pendant le siège de Chartres en 1568, lors de la deuxième guerre de religion. Malgré ces destructions, l'édifice présente un ensemble de 20 verrières classées monuments historiques . Si elle proviennent bien de Saint-Aignan, elles ont perdu pour la plupart leur emplacement d'origine, et elles ont été complétées par des pièces de réemploi.
"Rebâtie à la fin du XIIIe siècle, détruite puis reconstruite aux XVe et XVIe siècles, l’église Saint-Aignan, ancienne paroisse du château comtal et collégiale, présente un décor vitré d’une grande richesse. Les vitraux actuellement conservés sont pour l’essentiel ceux qui lui étaient destinés mais replacés de manière anarchique vers 1823. Seules les baies 12 et 18 sont demeurées homogènes et quelques panneaux de tympans sont encore en place."
"L'église Saint-Aignan renferme vingt-et-une baies (7, 9, 11 à 15, 18, 20, 22 et 100 à 110) garnies de vitraux exécutés entre la fin du XVe siècle et 1656. C’est en 1514 que débutèrent les travaux de construction de l’église, à partir des vestiges des édifices antérieurs. La pose des vitraux historiés s’effectua probablement au moment de l’achèvement de l’église et au cours des années suivantes. L’un d’entre eux est daté de 1547, un autre de 1566. Endommagés par faits de guerre, en 1568, leur restauration se poursuivit au cours du XVIIe siècle, notamment par les soins d’un verrier, Pierre Dubois, chargé en outre de l’exécution de 14 baies hautes dans la nef (marchés passés en 1630-1634). Certaines d’entre elles ont conservé les panneaux héraldiques des différents bienfaiteurs de l’église (XVIe et XVIIe siècles). Dans les années 1634-1646, les frères Massonet, « vitriers », procédèrent à quelques restaurations dans les verrières historiées du XVIe siècle. À nouveau fortement endommagés sinon totalement brisés par la grêle, en 1724, les vitraux furent réparés par M. Hubert, « vitrier ». Les vitraux de la nef ont été mis en caisses à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle : ils furent alors remisés chez le vitrier qui les avait ôtés ou dans une dépendance du monument. Reposés vers 1823, peu après la réouverture de l'église au culte, ces vitraux ont été redistribués de manière anarchique dans neuf des fenêtres de la nef : toutes abritent aujourd'hui des verrières composites, dans lesquelles rien n’est à sa place d’origine à l’exception des baies 12 et 18, restées homogènes, et de quelques panneaux des tympans qui n’ont jamais dû être retirés (baies 11, 14, 15, 20). L'atelier Lorin, établi à Chartres, restaura les vitraux des fenêtres hautes dans les années 1890 puis en 1923, ainsi que ceux de la nef autour de 1914. Déposés en 1939, ces vitraux ont été restaurés en 1943 par François Lorin sous la direction de Jean Trouvelot, architecte en chef des Monuments historiques, puis reposés en 1948. Endommagée par un incendie, la baie 14 a été restaurée en 1976 par l'atelier Hermet-Juteau (Gatouillat et Leproux, 2010)."
J'ai placé les baies dans un ordre chronologique.
La baie 9. Dormition de la Vierge par Pierre Courtois v.1485-1490.
"Les huit scènes dispersées d’un cycle de la Dormition de la Vierge, en grande partie regroupées dans la baie 9, illustrent l’activité d’artistes étrangers à la ville. Cette verrière, réalisée vers 1485-1490, est attribuée à l’atelier du peintre-verrier Pierre Courtois, sans doute installé à Évreux, en Normandie, dont le rayonnement est déjà identifié à Bernay (Eure), Dreux (Eure-et-Loir) et jusqu’à La Ferté Bernard (Sarthe).
Dans des encadrements architecturés de style flamboyant peints en grisaille et jaune d’argent sont figurés les différents épisodes de la Dormition, depuis l’Agonie de la Vierge (en bas à gauche) jusqu’à son Couronnement par la Trinité (tympan). L’attribution de la verrière de Saint-Aignan à Pierre Courtois repose sur ce qui caractérise ses œuvres attestées, entre autres le goût des tons rompus, les carnations peintes de préférence sur verre blanc, les visages féminins à l’ovale très pur, ou l’expression mélancolique des figures christiques. Outre la finesse d’exécution, on relève certains procédés techniques délicats, à l’exemple de la scène du miracle des impies dont les mains collées sur le cercueil sont des pièces montées en chef-d’œuvre, dans le panneau des funérailles de Marie (au milieu à droite)." (Gatouillat et Leproux in Arviva)
Les auteurs comparent cette Dormition avec celle de Notre-Dame des Marais de La Ferté-Bernard, peinte par Robert Courtois, auteur en 1498 de l'Arbre de Jessé de cet église. Les vitraux réalisés par Pierre Courtois (père de Robert?) datent vers 1480.
Chacune des cinq scènes de la Dormition est encadrée par des colonnettes au fût taillé de losanges et soutenant un arc en rinceaux de tiges et de feuilles, et un phylactère décrivant la scène.
Un panneau de donation datant du XVIe siècle s'y ajoute en haut à gauche.
L'épisode est fondé sur des écrits apocryphes, comme celui du Pseudo-Jean, Sur la mort de Marie (IVe ou Ve siècle) ou La Légende dorée de Jacques de Voragine rédigée en latin entre 1261 et 1266.
Voir aussi : Petrus Christus 1457-1467 https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mort_de_la_Vierge_(Petrus_Christus)
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
1. La Vierge alitée et mourante est entourée des apôtres. Elle est assistée d'une jeune femme (ou d'un ange, à bandeau portant une escarboucle).
Inscription COMME TOUS SALUÉRENT [...] NOSTRE DAME.
Jean est à sa gauche, tenant la palme du paradis qui lui a été remis par un ange. Pierre, précédent les autres apôtres, est agenouillé . Les draps du lit sont rouges.
L'épisode de la palme remis par un ange :
'Lorsque les apôtres se furent séparés, pour aller prêcher l’évangile aux nations, la sainte Vierge resta dans leur maison, qui était près de la montagne de Sion. Elle ne cessait point de visiter pieusement tous les lieux consacrés par son fils, c’est-à-dire ceux de son baptême, de son jeûne, de sa prière, de sa passion, de sa sépulture, de sa résurrection et de son ascension. Et Épiphane nous apprend qu’elle survécut vingt-quatre ans à l’ascension de son fils. Il ajoute que, comme la Vierge avait quinze ans lorsqu’elle mit au monde le Christ, et comme celui-ci avait passé sur cette terre trente-trois ans, elle avait donc soixante-douze ans lorsqu’elle mourut. Mais il paraît plus probable d’admettre, comme nous le lisons ailleurs, qu’elle ne survécut à son fils que douze ans, et qu’elle avait soixante ans, lors de son assomption : car l’Histoire ecclésiastique nous dit que, pendent douze ans, les apôtres prêchèrent en Judée et dans les régions voisines.
Un jour enfin, comme le désir de revoir son fils agitait très vivement la Vierge et la faisait pleurer très abondamment, voici qu’un ange entouré de lumière se présenta devant elle, la salua respectueusement comme la mère de son maître, et lui dit : « Je vous salue, Bienheureuse Marie ! Et je vous apporte ici une branche de palmier du paradis, que vous ferez porter devant votre cercueil, dans trois jours, car votre fils vous attend près de lui ! » Et Marie : « Si j’ai trouvé grâce devant tes yeux, daigne me dire ton nom ! Mais, surtout, je te demande avec instance que mes fils et frères, les apôtres, se rassemblent autour de moi, afin que je puisse les voir de mes yeux avant de mourir, et rendre mon âme à Dieu en leur présence, et être ensevelie par eux ! Et je te demande encore ceci : que mon âme, en sortant de mon corps, ne rencontre aucun méchant esprit, et échappe au pouvoir de Satan ! » Et l’ange : « Pourquoi désirez-vous savoir mon nom, qui est grand et admirable ? Mais sachez qu’aujourd’hui même tous les apôtres se réuniront ici, et que c’est en leur présence que s’exhalera votre âme ! Car celui qui, jadis, a transporté le prophète de Judée à Babylone, celui-là n’a besoin que d’un moment pour amener ici tous les apôtres. Et quant au malin esprit, qu’avez-vous à le craindre, vous qui lui avez broyé la tête sous votre pied, et l’avez dépouillé de son pouvoir ? » Cela dit, l’ange remonta au ciel ; et la palme qu’il avait apportée brillait d’une clarté extrême. C’était un rameau vert, mais avec des feuilles aussi lumineuses que l’étoile du matin.
Or, comme saint Jean prêchait à Éphèse, une nuée blanche le souleva, et le déposa au seuil de la maison de Marie. Jean frappa à la porte, entra et salua respectueusement la Vierge. Et elle, pleurant de joie : « Mon fils Jean, tu te souviens des paroles de ton maître, qui m’a recommandé à toi comme une mère, et toi à moi comme un fils. Et voici que le Seigneur me rappelle, et que je confie mon corps à ta sollicitude. Car j’ai appris que les Juifs se proposaient, dès que je serais morte, de ravir mes restes et de les brûler. Mais toi, fais porter cette palme devant mon cercueil lorsque vous conduirez mon corps au tombeau ! » Et Jean lui dit : « Oh ! comme je voudrais que tous les apôtres mes frères fussent ici, pour préparer tes funérailles, et proclamer tes louanges ! » Et, pendant qu’il disait cela, tous les apôtres, dans les lieux divers où ils prêchaient, furent soulevés par des nuées, et déposés devant la maison de Marie. Et quand ils se virent réunis là, ils se dirent, tout surpris : « Pour quel motif le Seigneur nous a-t-il rassemblés aujourd’hui ? » Alors Jean sortit vers eux, leur annonça la mort prochaine de la Vierge, et ajouta : « Prenez garde, mes frères, à ne point pleurer quand elle sera morte, de peur que le peuple en voyant vos larmes, ne soit troublé et ne se dise : « Ces gens-là prêchent aux autres la résurrection, et, eux-mêmes, ils ont peur de la mort ! » Et saint Denis, le disciple de saint Paul, dans son livre sur les Noms de Dieu, nous fait un récit analogue, ajoutant que lui aussi était là, et que la Vierge sommeillait pendant l’arrivée des apôtres." (Légende Dorée)
Nombreux bouche-trous.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Les apôtres et la Vierge sont agenouillés autour du lit vide.
Les apôtres ont la tête levée et attendent la venue du Christ.
Inscription COMME TOUS CHANTÉRENT
Le dais du lit, rouge à franges dorées, recouvre la pièce, associé à des rideaux verts et une tête de lit rouge où une fleur blanche est gravée.
"Quand la Vierge vit tous les apôtres réunis, elle bénit le Seigneur et s’assit au milieu d’eux, parmi des lampes allumées. Or, vers la troisième heure de la nuit, Jésus arriva avec la légion des anges, la troupe des patriarches, l’armée des martyrs, les cohortes des confesseurs et les chœurs des vierges ; et toute cette troupe sainte, rangée devant le trône de Marie, se mit à chanter des cantiques de louanges. Puis Jésus dit : « Viens, mon élue, afin que je te place sur mon trône, car je désire t’avoir près de moi ! » Et Marie : « Seigneur, je suis prête ! » Et toute la troupe sainte chanta doucement les louanges de Marie." (Légende Dorée)
Nombreux bouche-trous dont une tête masculine sur l'épaule de la Vierge.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
3. La Dormition de la Vierge entourée des apôtres.
On reconnaît saint Jean, toujours placé à gauche et qui place la palme entre les mains de Marie. la palme et Pierre tenant le goupillon. Un autre apôtre tient le seau d'eau bénite, tandis qu'un autre encore tient une croix à longue hampe.
Inscription COM[MENT], suite non déchiffrée.
Devant saint Pierre, un personnage au fin visage tient les chaines d'un encensoir. Faut-il y voir Marie-Madeleine, célèbre pour sa beauté et son élégance et caractérisée par son lien avec les parfums ? Sa robe blanche est brodé d'or, autour du cou et sous la forme de fleurs à trois pétales.
Au coin inférieur droit, peint au trait sur verre blanc avec rehaut de jaune d'argent, deux criquets (réemploi).
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Les funérailles de la Vierge.
Les apôtres, Jean en tête tenant la palme, portent le cerceuil, couvert du drap rouge.
Inscription COMME LES APOTRES PORTENT LE CORPS.
Un homme en armure d'or (tête en réemploi de Dieu le Père barbu coiffé d'une tiare à triple couronne fleurdelisée) et tenant une épée s'approche du cercueil et y pose la main. Il s'agit du "prince des prêtres" de la Légende Dorée, qui, avec d'autres Juifs, voulut s'emparer du cercueil. Les mains du prince se désséchèrent tandis que les autres Juifs étaient aveuglés.
Les deux mains blanches (dont une gantée de l'armure) sont montées en chef d'œuvre sur le verre rouge.
F. Gatouillat fait remarquer le sol en tapis de fleurs peint en grisaille et jaune d'argent sur le verre bleu.
"Attirés par la douceur de cette musique, tous les Juifs accouraient, s’informant de ce qui se passait. Quelqu’un leur dit : « C’est Marie que les disciples de Jésus portent au tombeau ! » Sur quoi les Juifs de prendre les armes et de s’exhorter l’un l’autre, en disant : « Venez, nous tuerons tous les disciples, et nous brûlerons ce corps qui a porté l’imposteur ! » Et le prince des prêtres, furieux, s’écria : « Voilà donc le tabernacle de celui qui a troublé notre race ! Et voilà les honneurs qu’on lui rend ! » Ce disant, il voulut s’approcher du cercueil pour le jeter à terre. Mais aussitôt ses deux mains se desséchèrent, et restèrent attachées au cercueil, pendant que les anges, cachés dans les nuées, aveuglaient tous les autres Juifs. Et le prince des prêtres gémissait et disait : « Saint Pierre, ne m’oublie pas dans ma peine, mais prie ton Dieu pour moi ! Rappelle-toi comment, un jour, je te suis venu en aide et t’ai excusé, quand une servante t’accusait ! »
Et Pierre lui dit : « Je n’ai pas le loisir de m’occuper de toi ; mais si tu veux croire en Jésus-Christ et en celle qui l’a enfanté, j’espère que tu pourras recouvrer la santé ! » Et le prince des prêtres : « Je crois que Jésus est le fils de Dieu et que voici sa sainte mère ! » Aussitôt ses mains se détachèrent du cercueil ; mais ses bras restaient desséchés et endoloris. Et Pierre lui dit : « Baise ce cercueil et dis que tu crois en Jésus-Christ ! » Ce qu’ayant fait, le prêtre recouvra aussitôt la santé ; et Pierre lui dit : « Prends, cette palme des mains de notre frère Jean, et pose-la sur les yeux de tes compagnons privés de la vue ; et tous ceux d’entre eux qui croiront recouvreront la vue ; mais ceux qui refuseront de croire seront privés de leur vue pour l’éternité ! »"
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
5. La mise au tombeau de la Vierge par les apôtres.
Saint Pierre bénit la défunte, en suivant sur un livre l'oraison. Saint Jean tient la palme, mais son visage a été remplacé par celui d'une tête barbue "peinte vers 1520" (Gatouillat et Leproux). L'inscription n'est que fragmentaire.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
6. Un couple de donateurs.
Ce panneau, tout comme celui, jumeau, remonté en baie 15, devait provenir d'une verrière distincte datée vers 1500-1515.
Dans une niche surbaisée à décor arborescent, un couple de donateurs est suivi de ses six enfants. Le mari, suivi de deux fils, est présenté par saint Jacques le Majeur, la femme suivie de quatre filles, par un saint archevêque.
Saint Jacques s'identifie son visage barbu, par son chapeau frappé d'une coquille, par sa besace elle aussi frappée d'une coquille, et par son bourdon.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
7. Le tympan en quadrilobe : le couronnement de la Vierge par la Trinité.
C'est la scène qui achève le cycle de la Dormition. "La tête du Christ, au nimbe orné de rais terminés en fleur de lys, est caractéristique du style de Pierre Courtois." (Gatouillat et Leproux).
Les écoinçons renferment deux anges en grisaille et jaune d'argent sur fond bleu, datés vers 1500-1515 et réalisés sur le même carton que la baie 7 : ils occupent sans doute à leur place d'origine.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 15. Dormition de la Vierge par Pierre Courtois v.1485-1490 (suite) et panneaux de différentes origines et époques.
"Le « désordre » du vitrage de Saint-Aignan reflète l’histoire mouvementée de l’église : vendue en 1792 à l’architecte voyer Laurent Morin, elle abrita un hôpital militaire, puis servit de grange à foin avant d’être restituée à la ville en décembre 1822 pour être rouverte au culte. Pendant cette période les vitraux de l’étage inférieur avaient été déposés et conservés en caisses. Le vitrier chargé de regarnir les fenêtres de la nef n’eut qu’à puiser dans ce stock, ce qui n’exclut pas qu’il ait pu introduire en complément quelques morceaux étrangers à Saint-Aignan. Les panneaux remployés furent alors restaurés en comblant les manques par des bouche-trous retaillés dans d’autres vitraux, à l’image de la baie 15, recomposée vers 1893 à l’aide de morceaux auparavant dispersés" arviva.univer-Tours
"L’ensemble des lancettes de la baie 15 a été recomposé vers 1893 par l’atelier Lorin de Chartres, à l’aide de morceaux auparavant dispersés, deux d’entre eux, le buste de saint Jean et la scène relative à sainte Catherine, étant probablement étrangers à l’église. Tandis que le tympan et les quatre panneaux du registre supérieur proviennent de plusieurs verrières narratives exécutées entre 1485 et 1510, le soubassement de la baie présente les restes des compositions héraldiques des fenêtres hautes de l’église, réalisées vers 1625-1630." arviva.univer-Tours
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
1 et 2. branches de lauriers entrecoupées , cadre ornemental provenant des fenêtres hautes (vers 1625-1630).
Les branches de laurier sont teintées d'émaux rouge et bleus.
Panneau 1.
L'écu est remplacé par un panneau civil du XVIIe siècle où quatre anges (jaune d'argent, grisaille et émail bleu) sont en adoration devant un reliquaire d'or en forme de chapelle.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Panneau 2 :
Le champ de l'écu est occupé par un rondel figurant sainte Marguerite issant du dragon (grisaille et jaune d'argent, vers 1500) au dessus d'un autre panneau civil rectangulaire du XVIIe siècle représentant sainte Catherine, dont on voit la roue et l'épée, la jupe bleue, et le buste du roi à ses pieds.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Sainte Catherine dans sa prison. Vers 1510-1520.
La sainte, nue mais assistée par deux anges, convertit l'impératrice, femme de Maxence, et Porphyre, capitaine des gardes.
La scène est tirée d'une suite narrative provenant d'un autre édifice chartrain.
Les deux visages féminins sont très ronds. L'impératrice porte sur la tête une coiffe comme en portait Anne de Bretagne à la même époque, et un manteau rouge à manches larges et fourrées. Porphyre porte un bonnet rouge, tout à fait Renaissance, et qui devait être orné d'un plumet.
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Scène de la Dormition. 1485-1490.
"À gauche, deux apôtres assis, l’un muni d’un livre, proviennent d’une des scènes du cycle de la Dormition de la Vierge exécuté en 1485-1490 ; leurs têtes, aux carnations réchauffées, sont des exemples de la restauration subie par la verrière vers 1520. À droite, saint Jean l’Évangéliste tient la coupe empoisonnée, son attribut habituel ; la figure, dont le buste est seul conservé, patronnait probablement des donateurs ; elle pouvait appartenir à un vitrail d’une autre église. Fin du XVe siècle. Comme le panneau 3, ces deux éléments servaient de bouche-trou dans une baie de l’étage supérieur avant 1850.
Remontés au-dessous d’eux et à l’extrême droite, on reconnaît deux fragments de la verrière du Jugement dernier déjà signalée dans les baies 13 et 14 : un ange porte une âme devant la tour du paradis, un autre sonne la résurrection des morts. Vers 1500-1510." https://www.arviva.univ-tours.fr/oeuvre/641
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
5. Un couple de donateurs et ses onze enfants présentés par saint Jacques Le Majeur et un saint évêque.
"Un couple de donateurs, avec ses onze enfants, est présenté par un saint évêque et saint Jacques le Majeur, identifiable par les insignes des pèlerins ; la tête de ce dernier est perdue, comme celle du père de famille, remplacée par une autre. Le panneau, utilisé en baie 7 avant 1893, est similaire à celui décrit en baie 9. L’arc supérieur est rogné, mais l’amorce du culot de l’encadrement est conservée d’un côté. Vers 1500-1515." https://www.arviva.univ-tours.fr/oeuvre/641
Ce sont les mêmes donateurs que pour la scène homologue aujourd'hui en baie 9 (cf). Le chapeau de Jacques Le Majeur, seul indice d'identification avec la barbe longue et le bourdon, est peint de façon très réaliste, puisqu'il porte non seulement la coquillle des pèlerins, mais aussi un bourdonnet, et une image de pèlerinage (un visage vu de face).
Le donateur, mains jointes, visage remplacé par un réemploi, porte une robe rouge-pourpre recouvert par un manteau gris, plissé, aux manches fendues et doublées de fourrures. Il pourrait s'agir d'un marchand.
Derrière lui viennent ses cinq fils, portant le même manteau.
L'épouse porte une coiffe dont le voile, formant un cornet vers l'arrière, débute par deux ailes couvrant les tempes et les joues. Elle est vêtue d'un manteau du rouge le plus vif, au décolleté en V et aux manches à larges revers. Son front et ses sourcils sont épilés. Ses yeux sont en amande, mais ce terme est trop vague pour désigner leurs formes en croissant effilé . La bouche est pulpeuse.
Les filles, plus grandes que les fils, portent une coiffe semblable à celle de leur mère, et un manteau, de couleur verte ou bleue.
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
6. Un des panneaux de la Dormition de Pierre Courtois v. 1485-1490.
"L’encadrement de colonnettes à décor losangé permet de reconnaître dans cette scène un des panneaux du cycle de la Dormition de la Vierge attribué à Pierre Courtois, bien qu’elle soit devenue confuse en raison des bouche-trous qui altèrent toute la partie centrale.
Parmi les pièces d’origine, on distingue, à gauche, des objets d’orfèvrerie posés sur une table, et à droite, deux têtes féminines – la Vierge et une suivante ? –, ainsi que quelques fragments de drapés. Ce sujet, décrit comme « trois saintes femmes » en 1850 et 1860, était alors placé en baie 7. Vers 1485-1490." https://www.arviva.univ-tours.fr/oeuvre/641
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
7. Le tympan : miracle de saint Sébastien.
"Cette scène de la vie de saint Sébastien, restée à sa place initiale, est la seule rescapée du cycle qui remplissait toute cette fenêtre. D’après la Légende dorée, saint Sébastien procède ici à la guérison du préfet de Rome Chromace, en présence du fils de celui-ci, Tiburce, et de Polycarpe. La scène serait intacte sans les plombs de casse qui y ont été introduits. Vers 1515-1520.
Écoinçons : les putti peints en grisaille et jaune d’argent sur fond bleu sont probablement en place. Vers 1515-1520." (Gatouillat et Leproux)
Sur cette scène d'une coloration raffinée, Sébastien, le fameux capitaine de la garde prétorienne de Dioclétien, un bel éphèbe blond, est coiffé d'une toque à quatre plumes blanches, tandis que le préfet porte un turban rouge constellé de bijoux. Des pots en étain sont rangés sur une étagère, et à gauche une main en gros plan tend une coupe : nous sommes à l'intérieur d'une chambre. Les deux hommes se serrent les mains, chacun avançant la jambe vers son interlocuteur. À droite, un homme (Tiburce?) porte une boîte rectangulaire.
Je consulte le texte de la Légende Dorée : il y est fait mention d'une chambre d'astronomie :
"Et le vieux Tranquillin, qui était atteint d’une maladie grave, guérit dès qu’il fut baptisé. Ce qu’apprenant le préfet de la ville de Rome [Chromace], qui était lui-même très malade, demanda à Tranquillin de lui amener l’homme qui l’avait guéri. Et quand le vieillard lui eut amené Sébastien et Polycarpe, il les pria de lui rendre la santé. Mais Sébastien lui dit qu’il ne guérirait que s’il permettait à Polycarpe et à lui de briser en sa présence les idoles des dieux. Et, le préfet Chromace ayant fini par y consentir, les deux saints brisèrent plus de deux cents idoles. Puis ils dirent à Chromace : « Puisque l’acte que nous venons de faire ne t’a pas rendu la santé, c’est donc que, ou bien tu n’as pas encore abjuré tes erreurs, ou bien que tu gardes debout quelque autre idole ! » Alors il avoua qu’il possédait, dans sa maison, une chambre où était représenté tout le système des étoiles, et qui lui permettait de prévoir l’avenir : ajoutant que son père avait dépensé plus de deux cents livres d’or pour l’installation de cette chambre. Et saint Sébastien : « Aussi longtemps que cette chambre ne sera pas détruite, tu ne retrouveras pas la santé ! » Et Chromace consentit à ce qu’elle fût détruite. Mais son fils Tiburce, jeune homme des plus remarquables, s’écria : « Je ne souffrirai pas que l’on détruise impunément une œuvre aussi magnifique ! Mais comme, d’autre part, je souhaite de tout mon cœur le retour de mon père à la santé, je propose que l’on chauffe deux fours, et que, si après la destruction de cette chambre mon père ne guérit pas, les deux chrétiens soient brûlés vifs ! » Et Sébastien : « Qu’il en soit fait comme tu as dit ! » Et pendant qu’il brisait la chambre magique, un ange apparut au préfet et lui annonça, que le Seigneur Jésus lui avait rendu la santé. Alors le préfet et son fils Tiburce et quatre mille personnes de sa maison reçurent le baptême. Et Zoé, qui s’était convertie la première, fut prise par les infidèles et mourut après de longues tortures ; ce qu’apprenant le vieux Tranquillin s’écria : « Voici que les femmes nous devancent au martyre ! » Et lui-même fut lapidé peu de jours après."
Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 11. Quatre saints évêques, vers 1515-1530.
H = 3 m-L = 1,10 m."Les deux lancettes abritent quatre saints évêques en pied provenant de verrières différentes, complétées par de nombreux bouche-trous. Lesencadrements architecturaux en arc surbaissé indiquent les premières décénnies du XVIe siècle. La baie 11 est constituée de deux lancettes trilobées, divisées en deux registres, surmontées d'un tympan à trois ajours."
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
1. Saint Martin de Tours.
"Saint Martin, archevêque de Tours, identifié par l’inscription portée au centre de l’arc supérieur de sa niche, se tient dans un édicule tendu de damas, muni d’un livre et de la croix archiépiscopale. Sa chape est enrichie d’un galon rouge gravé, technique également employée pour le nimbe. Dans la partie inférieure perturbée de bouche-trous, on discerne le contour d’un écu. Vers 1515-1520." https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637
Sur le verre rouge gravé (verre rouge plaqué à un verre blanc, et gravé à l'acide ou à la molette), lire Roger Barrié :
Le galon est gravé de points blancs, le nimbe est cerclé d'un trait blanc.
La niche est tendue d'un drap d'honneur bleu damassé et bordé d'or comme dans une chapelle seigneuriale sous quatre baies cointrées à verrières losangées.
Le motif du damas du manteau doublé de soie verte s'apparente à un ananas au centre d'un cercle flammé.
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Saint Denis, évêque de Paris.
"Saint-Denis, soutenu par deux anges, tient dans ses mains sa tête tranchée ; un paysage apparaît au fond. La chape faite de verres rouges gravés a été partiellement remplacée. L’encadrement, un arc orné de médaillons à l’antique, est en revanche resté presque intact. Le nom du saint est inscrit sur un phylactère placé en bas à gauche. Vers 1520-1530." https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Saint Nicolas de Myre.
"identifiable grâce à la représentation des trois enfants qu’il a ressuscités, il protège un clerc donateur, agenouillé à gauche sur un sol carrelé teinté de jaune d’argent. Le panneau a subi maintes altérations : le saint est défiguré par une restauration, et la tenture du fond est constituée de bouche-trous. Mais sa qualité transparaît dans la souplesse du drapé de la chape bleue bordée de jaune d’argent. Vers 1515-1520.
Tête de lancettes : un sommet de dais gothique sur fond rouge abrite le haut d’un paysage peint sur verre bleu clair. Premier quart du XVIe siècle. "
On retrouve la présentation du saint dans une chapelle à verrière cintrées, tendue d'un drap d'honneur rouge à galon doré.
Le clerc donateur porte un manteau plissé blanc à larges manches sur une robe rouge.
Les trois enfants sauvés par saint Nicolas sortent du saloir, mains jointes.
Une belle pièce de réemploi en grisaille et jaune d'argent sur verre blanc montre une jeune femme (Grâce?) parmi des rinceaux perlés où est suspendue une clochette.
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Saint Aignan, évêque de Chartres.
"Il se tient dans un paysage où se voit, selon Métais, le château de Vauventriers, celui de sa famille. Il est nommé sur une inscription placée en bas à gauche : Ygnen. Le panneau, quasiment intact, provient d’une verrière du bas-côté sud offerte par le chapitre de l’église, qui portait la date de 1518."
Tête de lancette : un fragment de dais Renaissance, rapporté, est orné de putti tenant des guirlandes de perles. Premier quart du XVIe siècle. "
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
7. Tympan, quadrilobe Premier quart du XVIe siècle : la Trinité souffrante.
"La Trinité souffrante apparaît dans une gloire ovoïde, entourée d’une nuée d’anges peints sur fond bleu-gris. Dieu le Père, coiffé de la triple couronne, tient devant lui le Christ en croix, la colombe du Saint-Esprit étant figurée devant sa barbe. Ce panneau bien conservé est demeuré à sa place initiale.
Écoinçons : deux anges, revêtus de dalmatiques colorées, sont tirés du même carton retourné. Comme le précédent, les deux panneaux paraissent en place. Premier quart du XVIe siècle." (Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 72).
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 13. Adam et Ève ; Vie de saint Denis ; Vie de sainte Barbe ..., vers 1500, 1520 et 1656.
"La baie 13 est constituée d'une lancette divisée en trois registres : I. Partie rectiligne de la fenêtre : des panneaux originaires de trois verrières distinctes se trouvent ici regroupés, deux provenant de l’histoire de saint Denis, deux autres de celle de sainte Barbe, et deux éléments de l’Expulsion du paradis."
Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
1 L’ange chasse Adam et Ève du paradis. Jean Chastellain, v. 1520
2. Adam et Éve expulsé du paradis, Jean Vacher 1656.
"1. l'ange est environné de phylactères édictant la condamnation divine (Genèse 3, 1 6-19) : MULTIPLICABO […] MALEDICTA EX EA […] Ce fragment, attribuable au parisien Jean Chastellain, est le panneau supérieur gauche de la scène qui occupait initialement le bas des lancettes de la baie nord de la chapelle de la Vierge. Vers 1520. La tête de l’ange, interpolée, est une pièce tirée d’un vitrail du milieu du XVIe siècle.
2. Adam et Ève quittent le paradis. Cette portion de scène, complément du panneau 1, est une réfection du milieu du XVIIe siècle, peinte sur fond d’émaux bleus et violets, aujourd’hui écaillés."
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Éve, par Jean Vacher 1656.
Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Inscription de restauration.
"Au-dessus de ce panneau et du précédent, se lit l’inscription qui soulignait la scène du registre supérieur de la verrière, relative aux Litanies de la Vierge : QUAE EST ISTA QUAE PROGREDITUR UT AURORA CONSURGENS […] ELECTA UT SOL […] UT CASTRORUM ACIE […], et la référence du Cantique des Cantiques, suivie de la date de [16]56 et de la signature de Jean Vacher, le peintre-verrier auteur de cette restauration."
La référence du Cantique des Cantiques 6:9 est :
Quae est ista quae progreditur quasi aurora consurgens, pulchra ut luna, electa ut sol, terribilis ut castrorum acies ordinata? Canticum Canticorum 6:9 "Une seule est ma colombe, ma parfaite; Elle est l'unique de sa mère, La préférée de celle qui lui donna le jour. Les jeunes filles la voient, et la disent heureuse; Les reines et les concubines aussi, et elles la louent."
Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Saint Denis comparaît devant le préfet Fescennius assis sur un trône.
"Le saint a les mains entravées de cordes que tient le soldat qui le suit ; Rustique et Eleuthère, figurés à l’arrière-plan, attendent leur jugement. Les débris du commentaire […] RUSTIQUE ET […] FURENT AMENEZ […] sont complétés des fragments d’une autre inscription. Vers 1515-1520."
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Sainte Barbe s’apprête à subir le martyre.
"Dans un paysage rocheux, le père de la sainte, richement vêtu d’un manteau damassé doublé d’hermine, la menace de son sabre ; à droite, la représentation de la sainte, altérée par diverses interpolations, laisse à peine deviner qu’elle tournait le dos, agenouillée en prière. Le début de l’inscription est conservé : COMMENT SON PERE LA VEULT [OCCIRE]. Vers 1515-1520."
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
5. Saint Denis et ses compagnons.
"La dernière communion de saint Denis et de ses compagnons, les diacres Rustique et Eleuthère, dans leur prison, leur est administrée par le Christ suivi d’un ange. Des bouche-trous ont remplacé la tête du Christ et une partie de la tunique de l’ange. Sur l’inscription en partie conservée se déchiffre […] EN LA CHARTRE LUI DONNA MESSIRE […]. Vers 1515-1520."
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
6. Sainte Barbe, emprisonnée, reçoit les consolations du Christ.
"La scène est bien conservée, mais l’inscription, soulignant la représentation comme dans la légende de saint Denis, a presque disparu : COMMENT NOTRE [SEIGNEUR…]. Vers 1515-1520."
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Amortissement : 7 et 8.
"L’ensemble est composé de bouche-trous divers, parmi lesquels plusieurs fragments d’une cour céleste, petits personnages peints en grisaille rousse et jaune d’argent, provenant de la verrière d’une Jugement dernier dont on reconnaît d’autres éléments en baies 14 et 15. Vers 1500-1510. D’autres fragments sont teintés d’émaux, notamment des portions de bordures du XVIIe siècle intégrant deux écus armoriés, sans doute originaires des fenêtres hautes (1625-1630).
L’écu de gauche est parti des familles Chouayne, d’azur à deux épées d’argent gainées d’or posées en sautoir, cantonnées de quatre croissants d’or, et Symon, d’azur au chevron d’argent accompagné de trois cygnes becqués et membrés de sable.
L’écu de droite, d’azur fascé d’argent, accompagné en chef de trois coquilles d’argent, et en pointe d’une étoile d’or, est celui des Lebeau, qui possédaient la chapelle éclairée par la baie 7, et qui ont laissé d’autres marques de leur contribution au vitrage de l’étage supérieur, l’une en baie 106, l’autre maintenant remployée en baie 22."
(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 76).
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 14. Parenté de la Vierge v.1500-1520.
"La fenêtre est celle de la chapelle octroyée en 1504 à Regnault de Gyvès, prévôt de Chartres; sa verrière est conservée en grande partie à son emplacement initial, y compris les panneaux des têtes de lancettes et ceux du tympan.
Lancettes : restées à leur place d’origine dans la partie supérieure, quatre scènes encadrées d’architectures mêlant les vocabulaires flamboyant et Renaissance illustrent la Parenté de la Vierge (nos 3 à 6) ; l’une figure sainte Anne, les autres ses trois filles avec leurs familles, les soeurs de la Vierge ayant pour progéniture six des futurs apôtres. La partie inférieure a été complétée de scènes provenant de deux autres verrières. " Gatouillat et Leproux, https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
1. Légende de saint Denis.
"Cette scène du début de la légende de saint Denis provient de la même verrière que celles remontées en baie 13. Elle représente l’autel du Dieu inconnu érigé dans un temple d’Athènes (une inscription précise : DEO IGNOTO), devant lequel vient prier un aveugle que guérit Denis l’Aréopagite sur ordre de saint Paul. Ce dernier est rendu méconnaissable par le bouche-trou qui remplace sa tête. Vers 1515-1520. " Gatouillat et Leproux, https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640
Sauint Denis porte la tenue des docteurs en théologie médiéval, avec le bonnet carré , la robe rouge, le camail et la fourrure d'hermines. L'aveugle montre les signes de son indigence : couvre-chef, tunique trouée, culotte mal ajustée par une pauvre ceinture, chausses trouées au genou, gamelle de mendicité, et husseaux.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Jugement dernier.
"Le panneau appartient à la verrière du Jugement dernier signalée en baie 13. Il figure la résurrection des morts, une âme assistée d’un ange quittant le plateau de la balance que tenait saint Michel – jadis figuré à droite –, et les élus se pressant au seuil de la tour d’or qui commande l’entrée du Paradis, gardée par saint Pierre, dont la tête est une réfection du XVIIe siècle. La scène est peinte en camaïeu de grisaille rousse et de jaune d’argent, avec quelques pièces de verres de couleurs. Des bouche-trous l’élargissent du côté gauche. Vers 1500-1510." Gatouillat et Leproux, https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640
À droite, un homme sort de son tombeau, mains jointes, regard tourné vers les cieux.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Marie Jacobé, Alphée et leurs quatre fils.
"Marie Jacobé, coiffée d’un volumineux atour de tête à la mode germanique, et son époux Alphée sont assis dans une cathèdre, leurs quatre enfants, les saints Jude, Joseph le Juste, Simon et Jacques le Mineur, se tenant debout devant eux. La scène est presque intacte. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux
Le premier enfant tient un livre ouvert, le deuxième (saint Joseph le Juste ou Joseph Barsabas ?) porte un un écritoire glissé dans sa ceinture ; Jacques le Mineur se reconnaît à son bâton de foulon, instrument de son supplice.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Marie Salomé, Zébédé et leurs deux fils.
"Marie Salomé et son époux Zébédée se tiennent derrière leurs fils, saint Jean et saint Jacques le Majeur, munis de leurs attributs habituels. La scène comprend des bouche-trous et des restaurations, notamment dans la partie supérieure. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux
Zébédée porte une aumônière à la ceinture. Saint Jean l'évangéliste bénit la coupe de poison (un dragon ailé) afin de la boire sans danger et de témoignenr de la puissance de son Dieu. Jacques Le Majeur se reconnaît à son chapeau, à sa besace et à son bourdon.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
5. La Vierge filant.
"La Vierge file la laine près du berceau de Jésus veillé par un ange, et saint Joseph travaille le bois, des anges recueillant les copeaux. On retrouve dans ce panneau peu altéré chacune des figures du Séjour de la Sainte Famille en Égypte d’Albrecht Dürer, y compris des détails tels que la couronne dont est coiffé l’ange de droite. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640
Albrecht Dürer, Le séjour de la Sainte Famille en Égypte, de La Vie de la Vierge, vers 1504.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
6. Sainte Anne, Joachim et la Vierge enfant.
"Sainte Anne, Joachim et la Vierge enfant sont tous trois assis, occupés à lire dans une salle au décor Renaissance ouverte sur un paysage. Le panneau est bien conservé. Vers 1505-1510.
Têtes de lancettes : 7 et 8. Sur fond rouge, un entablement supporte des anges assis autour de vases godronnés, panneaux demeurés à leur place primitive ; vers 1505-1510.
Le sommet est complété de bouche-trous, parmi lesquels deux écus du XVIe siècle aux meubles mis en plombs, l’un, d’azur à trois fasces ondées d’argent, identifié comme celui de la famille Bouffineau, l’autre de gueules à deux fasces d’or, peut-être celui de la famille d’Harcourt, placé sous un fragment du précédent remonté de biais."Gatouillat et Leproux https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
7 et 8 Têtes de lancettes.
"Sur fond rouge, un entablement supporte des anges assis autour de vases godronnés, panneaux demeurés à leur place primitive ; vers 1505-1510.
Le sommet est complété de bouche-trous, parmi lesquels deux écus du XVIe siècle aux meubles mis en plombs, l’un, d’azur à trois fasces ondées d’argent, identifié comme celui de la famille Bouffineau, l’autre de gueules à deux fasces d’or, peut-être celui de la famille d’Harcourt, placé sous un fragment du précédent remonté de biais."Gatouillat et Leproux https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640
"Les familles de la haute bourgeoisie charlraine donnèrent de nombreux lévites a l'église pendant l'épiscopal d'Erard de la Marck. Nous citerons parmi eux Michel de Champrond, [...] Claude Grenet, Charles Bouffineau, Guillaume Poussemotte, Sébastien Grenet." https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56057220.texte.r=.ngFR
Les Bouffineau furent marchands de sel à Chartres.
Tympan.
"Tympan, ajour principal : 9. Dieu le Père apparaît en buste dans une gloire d’or, portant la couronne fermée ; il tient le globe d’une main et bénit de l’autre. De part et d’autre, deux anges tiennent des phylactères exaltant la généalogie de la Vierge d’après le prophète Isaïe : EGREDITUR VIRGA DE RADICE IESSE. Le panneau serait intact sans le trou qui a fait perdre la tête de l’ange de gauche. Vers 1505-1510.
Écoinçons : deux anges jouent de la viole ; le style de ces figures, traitées en grisaille et jaune d’argent à l’exception de leurs ailes, s’accorde à celui des panneaux de la Sainte Parenté. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux, https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640
(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 78).
La citation Egredietur virga de radice Iesse, (et flos de radice ejus ascende) est souvent associée aux verrières mariales ou aux Arbres de Jessé. Elle signifie : "Un rameau poussera sur la racine de Jessé, un rejeton naîtra de ses racines, et portera du fruit" et est lu comme une annonce de la naissance de Jésus.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 18. Apparitions du Christ à saint Pierre et à saint Paul. Jean Jouan, Jean Cousin v. 1540.
"Cette verrière, consacrée aux apparitions du Christ à saint Pierre et à saint Paul après sa Résurrection, paraît ne pas avoir subi beaucoup de modifications et pourrait être encore à son emplacement d’origine, les bordures du registre supérieur épousant parfaitement la forme de la baie. Elle est constituée de deux scènes superposées dont les modèles ont certainement été commandés au peintre parisien Jean Cousin dans les années 1540 : l’inventivité et l’élégance du répertoire décoratif, la complication et l’amplitude des drapés, les physionomies des protagonistes, le dessin des mains et les paysages à l’antique sont en effet caractéristiques du style de l’artiste. De plus, de nombreux éléments de la Conversion de saint Paul se retrouvent dans une gravure attribuée à Cousin par Henri Zerner. Une autre version a été par la suite gravée par Delaune.
Selon Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, la facture de la verrière est semblable à celle du vitrail de Saint Michel combattant les anges rebelles dans la même église (baie 12) et à celle des panneaux de la Vie de la Vierge de Saint-Pierre de Chartres (Chartres, Center international du Vitrail), attribués au peintre-verrier Jean Jouan."
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
1. Domine quo vadis ?
"Cet épisode de la vie de saint Pierre, qui ne figure pas dans les Actes des apôtres, semble d’invention tardive. Il est rapporté par saint Ambroise et repris par Jacques de Voragine dans la Légende dorée : fuyant les persécutions de Néron, l’apôtre cherche à quitter Rome par la voie Appienne, lorsqu’il voit apparaître Jésus portant sa Croix. Il lui demande : « Seigneur, où vas-tu ? » (DOMINE, QUO VADIS ?). Le Christ lui répond : « À Rome, pour me faire crucifier une seconde fois » (ROMAM EO ITERUM CRUCIFIGI). Honteux, Pierre retourne dans la ville subir le martyre. C’est ce dialogue, en latin, qui figure sur le cartouche placé au bas de la scène, dont la partie gauche a disparu.
L’encadrement, très plastique, est constitué de motifs de « cuirs » découpés, inspirés de ceux conçus par Rosso pour la Galerie François Ier de Fontainebleau et diffusés par des graveurs comme Antonio Fantuzzi ou Jean Mignon. Cependant, on ne relève aucune copie directe, l’ensemble étant savamment réinterprété par un artiste visiblement à l’aise dans ce répertoire.
Deux écus sont figurés dans les écoinçons de la partie supérieure. Les armoiries, traditionnellement associées à la famille Godeffroy, sont plus vraisemblablement celles de François Arroust, prévôt de Chartres de 1540 à 1547, et de sa femme Catherine Michon. La moitié droite de l’écu écartelé est restaurée." https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/642
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
2. La Conversion de saint Paul
"Saül, Juif hellénisé servant dans l’armée romaine, se rendait à Damas pour pourchasser les disciples du Christ, lorsqu’il fut aveuglé par une vive lumière qui le fit chuter de cheval. Il entendit alors une voix lui disant « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? ». Il se convertit et prit le nom de Paul. La scène prend place dans un encadrement tout aussi recherché que celui de la partie inférieure, quoique de structure différente, puisé à des sources de même origine interprétées avec autant de science : deux termes supportent un arc brisé orné d’une frise de rinceaux et de bucrânes qui épouse la forme de la baie. On note quelques restaurations, notamment la tête de l’un des soldats, et un emploi d’émail bleu plus abondant que dans le registre inférieur, où il se limitait à la couronne d’épines du Christ et à son voisinage. On en trouve en particulier pour le harnachement de l’un des chevaux et les guêtres de son cavalier. L’une des pièces présente même la particularité d’être peinte à l’émail bleu sur un verre de même couleur. En revanche, les paysages peints sur verre bleu sont traités de façon similaire dans les deux scènes."
(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 51 et 82).
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 12. Saint Michel combattant les anges rebelles. Jean Jouan, 1547.
"Cette verrière, demeurée quasiment entière, est à son emplacement d’origine. Elle fut commandée au peintre-verrier Jean Jouan par la famille Grenet, titulaire de la chapelle, et fut posée en avril 1547.
Le sujet, le combat victorieux de l’archange saint Michel et des armées célestes contre Lucifer et les anges rebelles, est tiré de l’Apocalypse : « Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon […] Le grand dragon appelé Satan fut précipité sur la terre et ses anges furent précipités avec lui. » (Apocalypse, 1 2, 7). Le choix de cet épisode revient probablement à l’un des membres de la famille, l’avocat Michel Grenet qui, dans son testament rédigé quelques mois plus tard, demanda qu’une statue de son protecteur soit placée sur l’autel.
Saint Michel vêtu d’une armure étincelante, accompagné de deux anges, précipite Lucifer et d’autres démons dans les flammes de l’enfer.L’artiste possédait probablement la planche correspondante del’Apocalypse de Dürer, ainsi que la gravure de Jean Mignon sur le même sujet (Zerner, JM 50), mais ses emprunts à l’une comme à l’autre sont très ponctuels.
On sait aussi que le peintre-verrier Pierre Massonnet restaura la verrière en 1650. La tête de l’ange de gauche est une réfection de Charles Lorin en 1914, tandis que celle de l’ange de droite porte les traces d’une intervention plus ancienne, remontant probablement au XIXe siècle."
(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 74). https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/638
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Le tympan : Dieu le Père.
"Au sommet, dans une nuée peuplée de chérubins, Dieu le Père assiste au combat, entouré par deux angelots tirant des flèches."
Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Le soubassement.
"Le soubassement, orné d’un grand cartouche et de serviettes, comporte des éléments insérés postérieurement. Il s’agit, au centre, d’un petit panneau carré peint à la grisaille, au jaune d’argent et à l’émail bleu, représentant une femme assise tenant un livre et, à droite, d’un écu dont les armes, d’azur au chevron d’argent accompagné de deux croix potencées d’or et, en pointe, d’une feuille de chêne de même, sont celles des Challine, descendants des Grenet et possesseurs de la chapelle à partir de la fin du XVIe siècle. Ces modifications pourraient être consécutives à des dégâts survenus pendant le siège de 1568."
Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les vitraux anciens de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les fenêtres hautes.
"Trente-trois fenêtres en plein cintre éclairent l'étage supérieur de l'église, les cinq du rond-point étant suivies de deux baies par travées."La baie 100, dans l'axe et ses voisines de part et d'autre regroupent les restes des armoiries et des emblèmes de ceux qui ont contribué à la réalisation de ces verrières blanches à bordures teintées d'émaux, menée en deux temps, en 1625 dans le chœur et vers 1630 dans la nef. Les panneaux, tous peints en grisaille, jaune d'argent et émaux, ont été redistribués tels qu'on les voit aujourd'hui à l’occasion de la restauration de ces fenêtres survenues vers 1895. Les doubles filets qui cernent chaque baie furent alors réalisés à partir des débris des anciennes bordures." (Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 51 et 82).
Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 100.
"Ecu d'azur ouvert en chevron surmonté d'une crossette d'or accompagné de trois épis de blé."
Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 103.
Cet écu de sable au ciboire d'or est peut-être l'emblème d'une confrérie.
Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 105.
Ecu d'argent à la fontaine jaillissante d'or.
Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 107.
Écu au monogramme sur fond d'argent incluant peut-être les lettres A, V, B, R, et F.
Il évoque les marques des imprimeurs et des libraires, mais aussi des verriers de la cathédrale de Troyes à la fin du XVe siècle.
Marque de la baie 132 (par le verrier Pierre, 1499) de la cathédrale de Troyes. Photographie lavieb-aile.
— COFFINET (Abbé Jean-Baptiste), 1858,Les peintres-verriers de Troyes pendant trois siècles depuis 1375 jusqu'à 1690 "Peintres-verriers. Nomenclature des peintres-verriers de Troyes depuis 1375 jusqu'à 1690". Annales archéologiques, 1858, t. 18, p. 212-224.
Les 13 vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Les fragments du milieu du XVe siècle (baies 3 et 9). Les 11 vitraux des Litanies de la Vierge de Max Ingrand en 1954-56.
L'enclos du Grouanec comprend l'église et son ossuaire d'attache, sa fontaine de dévotion, et son enclos à porte triomphale, et un calvaire de 1761 tandis que l'ancien calvaire a été déplacé au centre du cimetière.
La nef, le chœur (séparé de la nef par un arc diaphane) et l'aile nord de l'église paroissiale du Grouanec datent, selon P.F. Brouc'h, du milieu du XIVe siècle, près du manoir des Coatquénan. La statue en kersanton de Notre-Dame-du- Grouanec (une Vierge à l'Enfant assise) date de cette époque.
Les baies gothiques rayonnant/flamboyant (avant 1500) reçoivent des verrières au milieu du XVe siècle (maîtresse-vitre avec rosace).
Au début du XVIe siècle (v. 1503), le chœur fut agrandie au sud par une chapelle dédiée à saint Fiacre (où la famille Le Nobletz de Kerodern avait ses prééminences), et le porche fut élevé par la famille de Boutteville, nouveaux seigneurs de Coatquénan, qui y placent leurs armes. De cette époque datent les statues de saint Antoine, de saint Roch, et le calvaire de 1505 —déplacé au centre du cimetière— .
Puis, durant "l'âge d'or" des Enclos paroissiaux du Léon, furent ajoutés l'ossuaire d'attache, le maître-autel, la fontaine de dévotion (1604)
Carte IGN annotée
Carte de Cassini, annotée fin XVIIIe s.
1°) Les fragments anciens (d'après Gatouillat et Hérold).
L'édifice médiéval a été augmenté en 1503 de la chapelle bâtie au sud du chœur. Il était autrefois pourvu de plusieurs verrières dont l'entretien est attesté par de nombreuses archives : en 1689-1690, elles furent "accommodées" par Le Bodelec, maître-verrier de Brest. L'édifice conservait au XIXe siècle une partie de ses vitraux anciens, décrits par Pol Potier de Courcy en 1859 : les 24 ajours de la grande rose de la maîtresse-vitre avaient été ornés d'un concert céleste et d'anges munis de phylactère, avec les armes des familles Le Nobletz, de Kergadiou et de Kerourfil.
Intégrés en 1956 dans une nouvelle composition en baie 3, les rares fragments qui en subsistent permettent de dater cette composition du milieu du XVe siècle.
Dans son état originel, la maîtresse-vitre figurait un Calvaire avec deux donateurs, les bisaïeux du missionnaire Michel Le Nobletz (1577-1652). Jean Le Nobletz sieur de Kerodern en cotte armoriée devant la Vierge, et sa femme Ysabeau de Kerourfil devant saint Jean. L'œuvre, déjà fragmentaire en 1900, disparut etotalement ensuite , "jetée au fond de l'ossuaire quand on eut un vitrail neuf à placer", selon Le Guennec 1987.
On les comparera donc aux autres baies bretonnes du XVe siècle encore existantes :
Elles ont été réalisées en 1956 sur le thème des Litanies de la Vierge, puisque l'église est placée sous le vocable de Notre-Dame..
On trouve dans le sens horaire à partir de l'angle nord-ouest :
-L'Etoile du Matin (baie 13)
-La Reine des Vierges (baie 11)
-La Mère du Sauveur (baie 5)
-La Maison d'or (baie 1)
-La Reine des Apôtres ; la Reine des Anges (baie 0 ou maîtresse-vitre)
-La Porte du Ciel (baie 2)
-Le Trône de la Sagesse (baie 4)
-La Tour de David (baie 6)
-Le Miroir de Justice (baie 6)
-Le Vase spirituel (baie 102 au dessus de la porte ouest)
-Max Ingrand a aussi réalisé pour un oculus (baie 10) une composition colorée pour les 3 mouchettes en triskell .
Max Ingrand (1908-1969) de son vrai nom Maurice Max-Ingrand , est un maître-verrier et décorateur français, l'un des plus réputés de l'après-guerre. Après une enfance passée à Chartres, il a suivi l'enseignement de l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris où il eut pour maîtres Jacques Gruber, l'un des fondateurs de l'Ecole de Nancy, et Charles Lemaresquier. Il a réalisé les vitraux de plus de soixante sanctuaires français, et en particulier en Bretagne ceux de la cathédrale de Saint-Malo, de la basilique de Hennebont, de l'église Notre-Dame de Lamballe et de celle Dinard, de l'église Saint-Germain, de l'église de Toussaints et de la chapelle du séminaire Saint-Yves de Rennes, de l'église Saint-Melaine de Morlaix.
PLAN ET NUMÉROTATION selon les règles du Corpus vitrearum :
I. LES BAIES ANCIENNES.
1°) la baie n°3, 1956, fragments du milieu XVe.
C'est une baie rectangulaire de 80 cm sur 60 cm, dans laquelle Max Ingrand a utilisé en réemploi 8 fragments anciens provenant de la baie axiale dans une verrière colorée. Les fragments principaux comportent trois têtes d'anges à cheveux bouclés et portant des amicts (linge brodé couvrant le cou et les épaules). Les cheveux et les broderies sont rehaussées au jaune d'argent, tandis que les traits du visage sont tracés et rehaussés à la sanguine (ou, selon F. Gatouillat, une grisaille corrodée). L'ange le plus haut a été manifestement restauré (boucles, amict).
On trouve aussi dans la moitié supérieure un fragment où deux mains pincent les cordes d'une harpe, et dans la moitié inférieure un fragment de dais gothique provenant sans doute d'une tête de lancette. On découvrira aussi des éléments de drapés et de phylactères. Neuf étoiles, jaunes ou bleues, ont été ajoutées.
L'élément central, moderne, est un blason aux armes d'azur au château d'or sommé de trois tourelles de même : celles de la famille de Coatquénan.
Les Coatquénan.
"Les vicomtes de Coatquénan jouissaient de tous les droits de fondateurs dans l'église de Plouguerneau comme dans les chapelles de Saint-Quénan, de Loguivy et de N.-D. du Grouanec.
Au XVème siècle la vicomté de Coatquénan comprenait les manoirs de Measfallet, de Castel-Bihan, de Pont-an-Lez, d'An Ty-Coz, de Grouanec, possédés par Blanche de Cornouaille, épouse d'Olivier de Launay, fils d'Henri (1401), en son nom et pour sa fille Alex (1426). Sa juridiction s'étendait sur les paroisses de Plouguerneau, Tréménec'h, Kernoues, Sibiril, Kernilis et sur la terre du Pont en Plounéour-Trez. Les vicomtes de Coatquénan jouissaient de tous les droits de fondateurs dans l'église de Plouguerneau comme dans les chapelles de Saint-Quénan, de Loguivy et de N.-D. du Grouanec.
Le manoir de Coatquénan (Koad Kenan, IGN) se trouve à 500 mètres au nord-ouest de l'église.
Coatquénan passa aux Bouteville par le mariage d'Alex ou Aliette avec Jean III de Bouteville, seigneur du Faouët, chambellan du duc de Bretagne (1455), puis Jean IV de Boutteville chevalier, vicomte de Coëtquenan, cofondateur de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët et son épouse Marie de Kérimerc'h, puis à Louis de Boutteville, Yves de Boutteville. Coatquénan passe Claude de Goulaine, seigneur de Pommerieux, grâce à son union en 1559 avec Jeanne de Bouteville, fille d'Yves. " (d'après H. Pérennes complété)
C'est la raison pour laquelle on trouve, sur un pinacle du porche, les armes des Bouttevilled'argent à cinq fusées de gueules accolées et rangées en fasce, associées à des armes à un lion rampant (qui ne sont celles des de Launay, des Parcevaux, des Goulaine ou des Ploeuc). On retrouve les armes de Boutteville sur la clef de voûte du porche. [ Pol Potier de Courcy écrit "à l'extérieur , sur une console supportant la statue d'un saint ermite que nous prenons pour saint Quénan , honoré dans le voisinage , sont les armes d'Yves de Parcevaux , mort en 1588 et de Jeanne de Bouteville sa compagne , sieur et dame de Mezarnou et de Coatquénan ."]
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
L'ange figuré de face.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
La harpe jouée par les mains d'un ange musicien.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
La partie inférieure.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Visage d'ange, de trois-quart.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Visage d'ange, de trois-quart.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Trois autres fragments, dont celui d'un dais de niche.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
2°) la baie n°9 dans la sacristie, fragments d'une Crucifixion de la première moitié du XVIe siècle.
Milieu XVIe : ancienne maîtresse-vitre de Saint-Gunthiern à Langolen, aujourd'hui au Musée Départemental Breton de Quimper. Larmes. Mêmes cartons qu'à Guenguat, Guimiliau et Gouezec.
3e quart XVIe siècle (vers 1560), Quéménéven église Saint-Ouen : Attribuable à l'atelier Le Sodec . Cartons communs (Le Bihan) avec Guengat, Gouezec et Guimiliau, ou La Martyre et La Roche-Maurice (Gatouillat). Larmes de compassion (une seule femme). Pas d'inscription ni de verres gravés.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
On pourra comparer ce panneau à celui de Plogonnec : l'écriture du titulus est la même, à lettres perlées et à empattement bifide. L'écoulement du sang des poignets et du flanc est peint, à N.-D. du Grouanec, en sanguine, tout comme celui du visage, causé par la couronne d'épines. La scène, dans les deux cas, s'inscrit dans une niche.
Maîtresse-vitre (atelier Le Sodec, 1520) de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile .
Nous pouvons comparer aussi ce panneau à celui de Guimiliau :
1550 : La maîtresse-vitre (atelier quimpérois Le Sodec, v.1550) de l'église Saint-Miliau de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.
Mais à Grouanec, les lances et le roseau portant l'éponge sont absents, remplacés par un pan du perizonium emporté par le vent, et par un nuage.
Dans ce fragment, le visage a été moins restauré qu'ailleurs, et certes le verre est corrodé , moucheté de points noirs, mais le verre peint est par ailleurs mieux préservé.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Dans la tête de lancette a été placé un très beau visage d'ange, tout à fait dans le style des verriers [et des sculpteurs] du XVe siècle avec les cheveux soufflés en arrière par le vent, et formant des volutes.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
II. LES 11 VERRIÈRES DE MAX INGRAND (1955-1956).
Tous ces vitraux sont en verre antique (de la verrerie de Saint-Just) serti au plomb, peints à la grisaille cuite (ombres des visages, des vêtements et phylactères, lettres), encadrés par une fine bordure blanche divisée par les plombs. Les plombs ne servent pas seulement à réunir des morceaux de verre de forme justifiée par le dessin (main, pied, visage, aile) mais aussi à morceler le fond en motifs colorés géométriques où le triangle prédomine et où les couleurs vives s'affrontent. Les verres colorés (notamment des rouges et des bleus, qui prédominent) sont parfois gravés à l'acide pour rompre leur unité par des zones plus claires.
Chacune des 11 litanies est inscrite sur un phylactère présenté par un ange, tandis qu'un attribut illustre l'épithète ("Reine des Vierges" : une couronne = royauté et un lys = virginité).
Au tympan se placent des emblèmes mariaux : monograme MA et croix tréflée, , étoiles, collier de perles, fleurs de lys.
Le maître-verrier s'adapte à des formes de baies et donc à des remplages très variables.
Les verrières seront décrites dans le sens horaire à partir de l'angle nord-ouest :
1. L'Etoile du Matin(baie 13).
Baie à deux lancettes ogivales et un tympan à une rose et quatre écoinçons.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
2-La Reine des Vierges(baie 11).
Baie à deux lancettes ogivales et un tympan à une rose et deux écoinçons.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
3-La Mère du Sauveur (baie 5).
Très belle baie à deux lancettes crénelées de trois indentations et un haut tympan à quatre mouchettes et un quadrilobe.
On retrouve ce remplage sur la baie 3, du XVe siècle, de la chapelle Saint-Jaoua à Plouvien, avec les mêmes lancettes et le même tympan.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
4-La Maison d'or (baie 1).
Baie à deux lancettes trilobées et un tympan à un quadrilobe.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
5-La Reine des Apôtres ; la Reine des Anges (baie 0 ou maîtresse-vitre).
Baie à quatre lancettes trilobées et un tympan à une grande rosace et six autres ajours dont quatre mouchettes.
La très belle rosace comporte un polylobe au monogramme marial au centre, puis un cercle de 8 mouchettes à fleurs de lys, puis un cercle extérieur de 16 mouchettes et 15 écoinçons.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
6-La Porte du Ciel (baie 2).
Baie à trois lancettes lancéolées et un tympan à quatre mouchettes, un soufflet et deux écoinçons.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
7-Le Trône de la Sagesse (baie 4).
Baie à trois lancettes trilobées et un tympan à quatre mouchettes et deux écoinçons.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
8-La Tour de David (baie 6).
Baie à trois lancettes trilobées et un tympan à quatre mouchettes, un soufflet et deux écoinçons.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
9-Le Miroir de Justice (baie 8).
Baie à trois lancettes trilobées et un tympan à quatre mouchettes, un soufflet et deux écoinçons.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
10.Oculus à composition colorée organisé en 3 mouchettes en triskell (baie 10) .
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
11-Le Vase spirituel (baie 102 au dessus de la porte ouest).
Les vitraux de l'église Notre-Dame du Grouanec en Plouguerneau. Cliché lavieb-aile 2024.
SOURCES ET LIENS.
—CASTEL (Yves - Pascal ): Plouguerneau . L'enclos du Grouanec . Non consulté.
—CASTEL (Marcel), s.d, L'enclos paroissial du Grouaneg-Eglise Notre-Dame. Dépliant de présentation.
— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988, « Plouguerneau », Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper
PAROISSE DU GROUANEC Paroisse érigée par l'ordonnance épiscopale du 11 novembre 1949.
EGLISE NOTRE-DAME (I.S.)
L'édifice, en forme de tau irrégulier, comporte une nef étroite et un choeur séparés par un arc diaphragme en tiers-point ; le choeur communique, au sud, par deux arcades, avec une chapelle en aile et, au nord, par trois arcades, avec une chapelle également en aile. Il date de plusieurs époques : la longère nord paraît remonter en partie au XIIIè siècle, la belle rose rayonnante du chevet à la fin du XIVè siècle ou au début du XVè siècle, la chapelle sud à la fin du XVè siècle ; la chapelle nord a été reconstruite en 1954 par l'architecte Péron, elle a gardé deux fenêtres flamboyantes. Une pierre, avec fleuron, porte l'inscription : " LAN MIL VcIII. I. NOUEL. "
Porche sud : arcade extérieure en tiers-point sous une accolade reposant sur des culots ; pinacles et crossettes au bas des rampants, voûte sur croisée d'ogives ; au flanc ouest, ossuaire d'attache. La nef est lambrissée en berceau brisé sur entraits. Dans la chapelle sud, un entrait engoulé et des sablières sculptées représentant les vices, en particulier l'ivrognerie. Les arcades en tiers-point des ailes, au nord, reposent sur les chapiteaux des piliers octogonaux et, au sud, pénètrent directement dans les piliers cylindriques.
Mobilier
Maître-autel en kersanton, table monolithe avec cinq croix de consécration sur un massif à décor d'arcatures trilobées.
Statues
- en pierre polychrome : Vierge Mère dite Notre Dame du Grouanec, la Vierge tenant une pomme, l'Enfant un livre ; Pietà ; saint Eloi en évêque
- en kersanton : Vierge Mère mutilée, saint Matthieu Ev. (pignon), saint Fiacre (porte aile sud) ;
- en bois polychrome : Christ en croix, Immaculée conception, saint Joseph, deux Anges thuriféraires, saint Sébastien, saint Roch, sainte Catherine d'Alexandrie, saint Antoine ermite, sainte non identifiée ; - en bois : sainte Thérèse de Lisieux.
Sur la porte en bois du porche, bas-relief de la Vierge à l'Enfant, " N. D. DU GROUANEC. "
Vitraux de Max Ingrand : Litanies de la Vierge avec anges à banderoles (1956).
Dans une petite fenêtre de l'aile nord, débris de vitrail représentant une Crucifixion, autrefois dans la fenêtre d'axe. On y voyait encore à la fin du XIXè siècle les portraits des donateurs, Jean Le Nobletz et Isabeau de Kerourfil.
Peintures sur le lambris de voûte du choeur : saint Pierre et saint Paul Apôtres, inscriptions au bas des deux panneaux.
Orfèvrerie : ciboire en argent, la coupe, postérieure, est montée sur un pied de calice portant l'inscription : " CALISSE. A. LA. CHAPELLE. DV. BIEN. HEVREV. NOBLES. EN. TREMENAC. 1785. "
* Dans l'enclos, fontaine de dévotion de 1604, dite Feunteun ar Gwelleat (Fontaine de la Guérison), statue de la Vierge Mère sous la voûte ; croix de granit monolithe, 1761 sur le socle. Devant l'entrée de l'enclos, menhir tronqué surmonté d'une croix, mentionné dans la Vie de saint Paul Aurélien.
—FAUJOUR (Marc) Plouguerneau, chapelle Notre-Dame du Traon,
:
1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)