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28 août 2019 3 28 /08 /août /2019 19:01

La cloche de l'église Notre-Dame de Béhuard offerte par Louis XI vers 1472.

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Voir :

 

 

Voir dans ce blog, sur les cloches :

 

 

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PRÉSENTATION.

Béhuard doit sa singularité à ce qu'elle est la seule commune dont le territoire est celui d'une île de la Loire, et à ce qu'elle voit ainsi son accès menacé par la survenue des crues. Cette situation explique que  Notre-Dame de Béhuard soit depuis longtemps  l'objet d'un pèlerinage des marins et des bateliers, ... et sans doute que ce soit elle que le jeune Louis XI ait invoqué alors qu'il était victime d'un naufrage en traversant un fleuve.

Cartographie IGN actuelle :

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-0.636874&y=47.378683&z=14&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

Cartographie ancienne (Cassini et Etat-Major) :

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-0.649835&y=47.377754&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&mode=doubleMap
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L'église est ancrée sur un socle rocheux apparent à l'intérieur.

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Église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Si les cloches médiévales sont rares en Bretagne (au nombre de 2 en Finistère  — à Pencran et Quimper —, de 6 en Côtes d'Armor,  de 2 en Ille-et-Vilaine, de 3 dans le Morbihan ) , elles ne sont pas non plus répandues dans le reste de la France (près de 500, dont  7 en Maine-et-Loire) : c'est ce qui justifie l'intérêt que j'ai porté à celle de Béhuard (Maine-et-Loire).

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DESCRIPTION.

Cette cloche du XVe siècle  est suspendue à un support en fer forgé (XXe siècle) à gauche du chœur. Une ficelle est accrochée au battant.

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copyright cliché mbzt sur Wikipédia.

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Elle date du XVe siècle, et puisqu'on dit qu'elle a été offerte par Louis XI, elle est alors datée entre 1469 et 1472.

Les six anses  sont décorées de stries ou godrons obliques sur la partie horizontale et la partie supérieure.

Le diamètre à la base est de 33 cm, le diamètre en couronne de 17,3 cm, et la hauteur est de 29,5 cm. (T. Gonon) 

La pince est droite, peu nette.

Elle porte deux décors (médaillons rectangulaires): une Vierge à l'Enfant avec 2 saints et un Christ en croix entre la Vierge et Marie Madeleine.

L'inscription AVE MARIA en lettres gothiques est encadrée par la croix d'Anjou à double traverse et par le deux-points en S. Elle est placée sous deux cordons et au dessus de trois cordons, juste au dessus du cerveau. Elle s'inscrit Ave mAria, avec deux A majuscules. Le fût des lettres minuscules est droit, avec un empattement oblique.

La note principale est le Do dièse 7.

De nombreux documents, non spécialisés, la décrivent faite à moitié de bronze et à moitié d'argent.

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Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Le don de cette cloche par Louis XI.

 

L'île de Béhuard est évangélisée au Ve siècle par l'évêque d'Angers Maurille, pourchassant les dieux païens, abattant leurs temples et prêchant le culte de Notre-Dame. Au milieu du XIe siècle, l'île est donnée en fief au chevalier Buhard qui y installe sa maison et une chapelle. Au XVe siècle, les pèlerins y sont nombreux. L'église, dédiée à Notre Dame, la Vierge Marie, est construite sur un rocher à cette époque et le sanctuaire est l'objet de la dévotion des marins et bateliers de la Loire qui s'y rendent en pèlerinage.

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Le mécénat de Louis XI

Le roi Louis XI (1461-1483), sauvé de la noyade à l'âge de 20 ans au passage de la Charente, fit le vœu de la construire.  Il y vint en pèlerinage sans doute dès 1462 à son passage à Angers et certainement en 1470 et y offrit force « cierges d'or et d'argent ». Il y revint en 1472 et en 1474. C'est de cette époque que date la reconstruction de l'édifice actuel. Louis XI fit un nouveau pèlerinage en 1478, un dernier en 1480. La maladie qui l'entreprit alors redoubla ses largesses aux églises. Par acte de mars 1481 il fit acheter la propriété de l'île aux moines, puis dans le dessein d'ériger la chapelle en paroisse, il y institua un Chapitre royal, composé d'un doyen, de six chanoines, de six chapelains et de trois chantres, à l'entretien desquels il affecta les revenus de la paroisse et de la seigneurie de Denée et du droit de Trépas de Loire, qui se percevait aux Ponts-de-Cé.

 

"En Juillet 1474 il se rendît à Paris, où il ne resta qu'un jour ; il alla à notre Dame faire ses priéres
devant l'Autel de la Vierge, & le lendemain il partit pour Amboise. Il prit ce tems de loisir pour aller en pélérinage à Notre-Dame de Béhuard en Anjou, y accomplir un vœu qu'il avoit fait trente-deux ans auparavant, n'étant que Dauphin. Il alloit pour lors accompagné du Comte du Maine son oncle, & de Valois, Ecuyer du Comte, pour joindre le feu Roi qui marchoit au secours de Tartas. S'étant embarqués pour passer la Douze, le bateau fut renversé par un coup de vent, tous trois tombèrent dans l'eau. Le péril fut extrême, le Dauphin prêt de se noyer fit son vœu à la Sainte Vierge de Béhuard. Echappé de ce danger, il crut toujours être redevable de la vie à l'intercession de la Mere de Dieu. Le Roi fit son offrande à la Vierge, & accorda des privilèges au Chapitre qui en jouit encore." (page 385)

En 1476 : "L'esprit du Roi étant assez tranquille, il s'amusa à son ordinaire à faire divers petits voyages promenade au voisinage de Tours dans les maisons et dans les petites villes délicieuses de cette Province, jardin de la France, & dont le Roi croyait que l'air lui était salutaire. II allait quelquefois voir à Amboise la Reine & le Dauphin , quoique la Reine lui fût assez indifférente & qu'il ne prît aucun soin de l'éducation du jeune Prince, du moins autant qu'il convenait à l'héritier de fa Couronne. II alla en pèlerinage à Notre - Dame de Béhuard en Poitou y rendre grâces à Dieu du bon succès de son voyage de Lyon, c'est-à-dire des adversités du Duc de Bourgogne."

En 1478

"Il passa quelque temps à Vendôme, et au delà alla encore en pèlerinage à Notre-Dame de Behuard en Poitou.Cet amour de la vie lui arrachait beaucoup de libéralités pieuses."

Le don de "la cloche de la paix".

C’est, selon la tradition, la dernière des cloches offerte au sanctuaire par Louis XI. Cette cloche est dite « cloche de la Paix » en référence à une requête  de Louis XI instituant de prier pour la paix par trois Ave Maria à l’Angélus de midi. 

http://sanctuaire-behuard.fr/2014/09/20/patrimoine-et-cloche-de-la-paix/

On déduit de ces données que la cloche date entre 1469 à 1472. Je n'ai pas trouvé le document attestant le don de cette cloche.

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Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

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L'inscription AVE MARIA en lettres gothiques est encadrée par la croix d'Anjou à double traverse et par le deux-points en S.

La croix d'Anjou a été introduite par René II d'Anjou, petit-fils du Roi René en Lorraine, aujourd'hui connue comme "croix de Lorraine"

"En 1241, Jean d'Alluye contribue à la défense de la Crète, pour le récompenser l'évêque Thomas de Crète lui donne des parcelles de la Croix, assemblés en forme de croix à double traverses. De par leur  volume, ces fragments de la Vraie Croix sont les deuxièmes de France, après ceux de la Sainte Chapelle et les onzièmes de toute la Chrétienté.

Rentré en France, Jean d'Alluye offre la relique à l'abbaye cistercienne de la Boissière, à Denezé sous le Lude.

 Pendant la guerre de Cent ans, la croix est mise sous la protection de duc d'Anjou. Le 12 juillet 1359, Louis 1er l'expose dans la chapelle du château d'Angers.

Les années passent, Charles V fait décorer la croix par ses orfèvres. Sur chaque face, ils placent un Christ en or surmonté d'un médaillon: une colombe et un agneau. Le sommet et les extrémités des traverses sont ornés de pierres précieuses.

On retrouve l'image de cette croix sur la tapisserie de l'Apocalypse.

René duc d'Anjou adopta la croix à double travers sur ses armes et ses monnaies.

René II, la plaça sur sa bannière. Vainqueur de Charles le Téméraire, il la donna pour emblème à son duché de Lorraine.

C'est ainsi que la Croix d'Anjou est devenue la croix de Lorraine."  

http://quercus49.over-blog.fr/article-bauge-ou-comment-la-croix-d-anjou-est-devenue-lorraine-61006872.html

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Or, René d'Anjou est l'oncle maternel de Louis XI. Il aurait offert une cloche en 1469 à Sainte-Marthe de Tarascon  qui porterait ses armes (pourtant, cette cloche encore visible, et décrite par T. Gonon,  porterait  celles de la collégiale )

https://books.openedition.org/pup/6052?lang=fr

http://theses.univ-lyon2.fr/documents/lyon2/2002/gonon_t/pdfAmont/gonon_t_corpus.pdf

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Voir aussi la cloche de Notre-Dame de Blou, de 1463, pesant près d'une tonne, et de 110 cm de diamètre à la base. Il s'agirait d'une commande du roi Louis XI pour la Collégiale d'Angers, aux six anses décorées de têtes de lion. Son inscription dit :  + S MARTINUS S XPICTUS VINCIT XPICTUS REGNAT XPRICTUS IMPERAT FAIT LAN MIL CCCC LXIII PECANT DEUX MILLES LIVRES. Son décor est une Vierge à l'Enfant et les armes de France. Elle sonne en Fa dièse 5.

https://www.youtube.com/watch?v=wlVogsonIhI

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Louis XI offrit aussi une cloche à l'église de Saint-Aignan d'Orléans en 1466.

On conclue en remarquant que cette cloche ne porte pas les armes du roi (comme celle de Blou), mais celles de René d'Anjou.

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Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Pratique de sonnerie  et pratique liturgique (campanologie).

https://books.google.fr/books?id=b1Fo2EiLNmwC&pg=PA242&dq=cloche+%22louis+XI%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjZzJnR7aXkAhVR-YUKHY4cBrEQ6AEISDAF#v=onepage&q=cloche%20%22louis%20XI%22&f=false

L'Ave Maria est lié au tintement des cloches.

Cette prière est la salutation de l'ange Gabriel à Marie : Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus. (Luc I:28-42)

Au Concile de Clermont (1095), le pape Urbain II demande que les cloches des cathédrales et églises de la chrétienté soient tintées le matin et le soir, afin que les prières soient faites à la Vierge pour le succès de la première croisade. Après la première croisade, une seule ville continua de pratiquer l'angélus : il s'agissait de Saintes, capitale du comté de Saintonge.

 

a) L'Ave Maria du soir dès le XIIe et XIIIe siècle. Le culte marial d'origine franciscaine.

La coutume s’était établie de réciter trois Ave Maria après l’office du soir dans les monastères franciscains, après la récitation des complies encouragée par saint Antoine de Padoue (1195-1231). Puis saint Bonaventure en 1269 recommanda aux fidèles de suivre cet exemple et  d’emblée la prière fut associée au tintement de la cloche : trois séries de trois coups, espacées pour laisser le temps de réciter chaque verset et chaque Ave Maria, suivies d’une sonnerie à la volée.

b) L'Ave Maria du matin au XIVe siècle, associe le culte christique au culte marial.

En France, en 1368, eut lieu à Lavaur (Tarn) un concile qui réunit treize évêques et fut présidé par Geoffroi de Vairolles, archevêque de Narbonne. On y prescrivit de réciter chaque matin cinq Pater en mémoire des Cinq Plaies du Christ et sept Ave pour rappeler les Sept Douleurs de Marie.

c) L'Ave Maria du midi est lié à Louis XI en 1472 et la mention de la Paix.

Par un édit du 1er mai 1472,  Louis XI ,  venu plusieurs fois à Saintes, demande qu'entre les sonneries du matin et du soir, une autre sonnerie ait lieu à midi afin de prier la Vierge pour implorer la paix du royaume. Il ordonna qu'on sonnât tous les jours la cloche à midi, qu'alors tout le monde mit un genou en terre et recitât trois fois l'Ave Maria, ou "salutation  angélique". Il demande qu'à cette heure-là l'intention de prières soit la paix. Aussi appelle-t-on l'Angélus de midi : " l'Ave Maria de la paix ". 

Le Pape  Sixte IV, à la prière de ce Roi  accorda en 1475 (ou le 6 janvier 1576)  trois cents jours d'Indulgence à tous les fidèles qui, aux trois coups de la cloche, diraient trois fois par jour à genoux 3 Ave Maria, pour la conservation de la personne du Roi & de son Royaume. Le pape Alexandre VI renouvellera cela en 1500.

d) L'Angelus.

Les 3 Ave Maria, précédés de la formule Angelus Dómini nuntiávit Maríae, « l’Ange du Seigneur annonça à Marie », constitue "l'Angelus". Il est récité et sonné par les cloches trois fois par jour pour rythmer les temps de travail et du repas de midi, à des horaires variables (six ou sept heures / midi / dix-huit ou dix-neuf heures). Il se sonne par trois séries de trois tintements (espacées le temps de réciter le verset ou l'Ave) suivis d'une pleine volée ou d'un cantique

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Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Le médaillon de la Vierge.

C'est pour moi la partie la plus intéressante, car la diffusion de l'image en ligne peut permettre soit d'en trouver la source (médaille, enluminure, etc.) soit de la rapprocher de celui  d'une autre cloche, et d'en affiner l'interprétation (identification des deux saints).

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Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Le seul des deux médaillons accessible à mon objectif est celui de la Vierge.

Il ne manque pas d'intérêt. Sous une niche gothique à trois loges à  gables, la Vierge à l'Enfant est nimbée et (semble-t-il) couronnée, la tête légèrement inclinée à gauche, le corps déhanchée, vêtue d'un manteau et d'une robe aux plis soit obliques (partie supérieure et moyenne) soit tubulaire (partie basse). L'Enfant, nimbé,  est droit, les deux jambes pendantes et non soutenues par sa Mère.

Les monogrammes christique et marial  IHS et M, tous les deux convenablement tildés, entourent la tête de Marie.

Deux saints (ils sont nimbés) prennent place de part et d'autre de la Vierge, tenant chacun un cierge et vêtus d'un habit monastique qu'une ceinture incite à attribuer aux Franciscains. S'agit-il de saint François et de saint Bonaventure ?

Il faut rappeler que parmi les 8 enfants de Louis XI, deux ont reçu le prénom de François. 

Il faut évoquer deux personnages, Jeanne de France (1464-1505), et Gilbert Nicolas (146-/1532), ou "Gabriel de l'Ave Maria. Bien qu'ils aient été adultes à une date a priori  postérieure à la date de la cloche, ils montrent l'attachement de la famille royale à l'Ordre des Franciscains :

Sainte Jeanne de France (1464-1505), fille du roi Louis XI et de la reine Charlotte de Savoie,fut élevée par  François de Linières. Elle a vécu à une époque marquée par un grand souci de réforme et par la figure emblématique de saint François d’Assise.

Elle a 7 ans lorsqu' en 1471, Louis XI institue dans tout son royaume la récitation de l’Ave Maria pour la paix. Jeanne appréciait cette prière, elle qui avait une affection particulière pour la Vierge Marie, mère de Jésus Christ. Elle écrira plus tard dans les statuts de l’ordre qu’elle fondera, que c’est cette année-là qu’elle reçut une prédiction de Marie : « Avant ta mort, tu fonderas une religion en mon honneur. (Wikipédia)

Mariée à Louis d’Orléans en 1476, celui-ci, devenu le roi Louis XII en 1498, la répudie pour raison d’Etat.

 Devenue duchesse de Berry, elle fonde, avec l’aide de son confesseur franciscain, le bienheureux Gabriel-Maria, l’Ordre de l'Annonciade de la Vierge Marie dont elle avait eu l’intuition en son enfance, alors qu’elle priait la Vierge qui lui aurait dit : “Avant ta mort, tu fonderas un ordre religieux en mon honneur…” Sa bonté, son souci des pauvres, son grand amour de la Vierge Marie ont marqué ceux et celles qui l’ont côtoyée. Elle meurt saintement à Bourges le 4 février 1505. Rapidement son culte se répand. Béatifiée en 1742, elle est canonisée par Pie XII en 1950.

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Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

Cloche du XVe siècle de l'intérieur de l'église Notre-Dame de Béhuard. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Entendre la cloche de Béhuard : 

https://www.youtube.com/watch?v=kG8BtyeaPEY

(ou sur la thèse de T. Gonon)

http://theses.univ-lyon2.fr/documents/lyon2/2002/gonon_t#p=225&a=TH.back.6

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Published by jean-yves cordier - dans cloches
7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 15:15

La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la cloche de 1902... et celle de 1599! Une cloche à deux inscriptions .

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Voir sur cette chapelle :

 

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Voir sur les cloches :

L'abbé de Landévennec Jehan du Vieux-Chastel et la cloche de 1513 de l'église de Landévennec.

 

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Faire l'inventaire documenté systématique du patrimoine campanaire n'est pas encore passé dans les mœurs. Il est néanmoins nécessaire de s'y livrer, sans sélectionner uniquement les cloches qui nous paraissent dignes d'intérêt. Une cloche datée de 1902 possède déjà un âge vénérable, et la découverte de son inscription nous ouvre à un environnement humain précieux par le nom du parrain et de la marraine, et à un plaisir esthétique par les anses ornées d'étoile et de grappes de raisin ! Mais, heureuse surprise, elle garde le souvenir d'une cloche du XVIe siècle.

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CLIQUEZ SUR L'IMAGE.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

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Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

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Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

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DESCRIPTION.

La cloche est décrite telle qu'elle m'apparaît,  touriste placé au sol et équipé de jumelles : des lacunes (mensuration, note dominante, décor) seront comblées par ceux qui accéderont à la chambre des cloches.

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-Commande manuelle par corde et chaîne depuis la nef.

-Anses ornées d'étoiles et de pampres.

-Inscription votive de 5 lignes :

 

J'AI ETE BENITE LE 15 SEPTEMBRE 1902 JAI EU POUR PARRAIN LOUIS TIRILLY DE KERASCOET

POUR MARRAINE FRANCINE HELPIN DE PENFRAT JAI ETE NOMMEE ANNE LOUISE FRANCINE SEBASTIENNE

JAI ETE F. POVR LA HAPELLE [sic] DE MONSIEVR ST SEBASTIEN AN SAINT-SEGAL IAN LE ROY

RECTEVR M PIERRE BRICHETTE HERVE RIOV FABRIQVES AN  PLEBEN ET S SEGAL

LAN MIL VCC IIII XX ET XVIIII [1599]

-Frise de guirlandes et étoiles.

-Crucifix.

-Inscription de signature :

DURAND CHAMBON [FONDEUR A MONTARGIS]

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COMMENTAIRES.

Il faut comprendre que cette cloche porte son inscription, mais aussi celle d'une cloche de 1599. Cette dernière inscription a été relevée par le chanoine Abgrall qui en a publié le texte en 1916, et il parle d'une ancienne cloche fêlée et hors de service sur laquelle il relève : JAY . ETTE . F . POVR . LA . CHAPELLE . DE . MONSIEVR . S . SEBASTIEN . AN . S . SEGAL . M . IAN . LE ROY . RECTEUR . ET . M. PIERRE . BRICHETTE . HERVE . RIOV . FABRIQVES . DE . PLEYBEN . ET . S . SEGAL . LAN . MIL . VCC IIII XX ET XVIII.

La fiabilité des relevés épigraphiques du Finistère du chanoine Abgrall est excellente. Mais il n'a pas publié ce texte dans sa première publication sur les inscriptions, celle de 1898 dans le Congrès archéologique de Morlaix. On ignore la date de son observation (avant 1902).

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Yves Madec, en 1915, mentionne "Une des cloches date de 1851, mais elle est fêlée et repose sur le pavé de la chapelle. Celle qui est en usage date de 1902, elle a eu pour parrain Louis Tirilly de Kerascoüet et pour marraine Francine Helpin, de Penfrat. Elle a été fondue à Montargis." Il signalait aussi la défense qui était faite en 1891 "de sonner les cloches à cause du mauvais état de la tour".

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J'imagine que la cloche de 1902 a été fondue à partir de la cloche de 1599, et que le fondeur a recopié l'inscription qu'elle portait à visée de commémoration. Il en a conservé la graphie, notamment pour les U en forme de V, alors que les U du texte moderne des deux premières lignes sont des U.  Nous conservons ainsi le nom du recteur et des fabriques de 1599. 

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L'inscription de 1902.

 

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1°) Louis Tirilly, parrain à (presque) 5 ans.

 Louis TIRILLY, né le 14 octobre  1897 à Saint-Ségal lieu-dit Rospiriou  et décédé le 14 septembre 1962 à Saint-Ségal, était le fils d'Emile TIRILLY et de Marie PÉRON (mariage 1894). Il ne se maria pas.

Son frère cadet Germain TIRILLY, né le 23 avril 1900, épousa Isabelle Marie Charlotte Francine LE NEST, née en 1910 à Saint-Ségal,  fille d'Yves Le Nest et de Anne Marie Francine HELPIN.

Un Tirilly fut maire de Saint-Ségal de 1864 à 1871. En 1898, un Tirilly était adjoint au maire de Port-Launay et un autre adjoint au maire de Saint-Ségal. Emile-Gustave Tirilly fut maire de Saint-Ségal en 1905. Aujourd'hui, Jean-Yves Tirilly appartient au conseil municipal.

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de Kerascoët.

Selon le site de l'Inventaire Général de 2009, "Kerascoët est un exemple de permanence de l'occupation des sites seigneuriaux. A quelques mètres au nord de ce qui a probablement été une ancienne métairie noble, aujourd'hui disparue, un nouveau logis de maître est construit en 1886 par la famille TIRILLY. Celle-ci fait fortune grâce à la culture de la pomme de terre et l'élevage des chevaux. Le grand hangar agricole à deux porches, actuellement en ruines, abritait les pommes de terre et le foin pour les chevaux. Un seul bâtiment d'écuries, daté 1875, subsiste aujourd'hui ainsi qu'une grange en cours de restauration. Située au nord du porche disparu, contemporaine du logis de maître, la maison du métayer, est à l'état de ruines."

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-metairie-noble-puis-ferme-kerascoet-saint-segal/326d5309-0c95-44b5-8db7-850b57b31174

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2°) Francine HELPIN, marraine de 21 ans

née le 16 avril 1881 à Saint-Ségal et décédée le 12 mars 1943 à Saint-Ségal, elle était la fille de Jean Henri HELPIN (1856-1908), cultivateur à Penfrat Izella.  Elle épousa le 27 mai 1906 Yves Marie LE NEST. Sa fille Isabelle épousera Germain TIRILLY, frère de Louis.

https://gw.geneanet.org/mvettier?lang=fr&pz=michel+jean+francois&nz=vettier&p=anne+marie+francine&n=helpin

https://gw.geneanet.org/boisgarin?lang=fr&pz=yann&nz=caillarec+glevarec&p=germain&n=tirilly&oc=2

Deux voisins de la chapelle.

Les lieux-dits de Rospiriou et de Penfrat sont très proches de Saint-Sébastien. Kerascoët est plus éloigné.

https://www.google.com/maps/place/Penfrat,+29590+Saint-S%C3%A9gal/@48.2253783,-4.1063568,16.5z/data=!4m5!3m4!1s0x48113167727cded7:0x5fd0657b0887ee13!8m2!3d48.2251707!4d-4.1008585

Le nom du recteur n'est pas mentionné.

 Yves Madec donne les noms suivants :

1893 :Mr. Miorcec, recteur.

1898 ; Mr Grall, recteur

1908 : Mr Olv, recteur.

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L'inscription de 1599.

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3°) "IAN LE ROY RECTEUR DE PLEBEN ET ST SEGAL"

Les archives mentionnent le  rectorat de Jean LE ROY de 1595 à 1610.  Il dut, en 1602, intenter une poursuite judiciaire contre des tréviens de Lampaul pour vol d’une cloche au cimetière de Pleyben.

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4°) "Pierre Brichette" [fabrique ]

C'est la graphie de l'époque pour Pierre BRICHET, un personnage bien connu.

BRICHET. Armes (d'après le Nobiliaire de Bretagne de Potier de Courcy) : d'azur au rencontre de cerf cantonné en chef et en pointe d'un croissant et aux flancs d'une étoile, le tout d'argent. - Armes enregistrées à l'Armorial général de 1696 : de gueules à un chevron d'argent accompagné de trois annelets de même.

La famille BRICHET est une des plus anciennes de la bourgeoisie de la Basse-Bretagne où elle a possédé, entre autres biens, la seigneurie de Kérilis. On trouvera sur elle beaucoup de renseignements dans le Répertoire de Bio-bibliographie bretonne de Kerviler. Elle est originaire du Maine. Son auteur, Pierre Brichet, vint de cette province s'établir à Saint-Ségal vers 1609, réalisa dans le commerce une grosse fortune et laissa une nombreuse postérité.

 

Brichet. — Nom de famille que je rencontre en Bretagne depuis Pétronille La Brichete, mère de Jean et  Agnès, donateurs à l'abbaye de Boquen, en 1271 et 1273, de leurs droits dans la moinerie de Saint-Cadoc en Sévigné (Anc. év. de Bret. III,, 264, 275)  — II a été principalement porté par une famille mancelle établie en Bretagne au commencement du XVIIe siècle et qui compte parmi ses membres un des administrateurs du Finistère décapités en 1794.

I. — Les Brichet de Kerilis, originaires de la province du Maine, dont une branche vint s'établir en Bretagne au XVIIe siècle, qui ont porté les titres de seigneurs de Kereffran, de Ker année et de Kerilis :

-Pierre Brichet, venu du Maine, établi à St-Ségal vers 1609, fît une grande fortune dans le commerce, laissa une dizaine d'enfants de plusieurs mariages, et mourut à St-Ségal, à 85 ans.

-Pierre Brichet, sieur de Kerannec, fils du précédent et d'Anne Daniel, notaire et procureur royal au siège de Châteaulin, mourut au Port Launay près Châteaulin, à 70 ans , vers le commencement du siècle.  [Notaire Royal de Châteaulin et de Trésiguidy.  Sieur de Kerannec 1636-1706]

-Pierre Brichet, sr de Kerannec, fils du précédent, et de Marie Hascouët, avocat à la Cour, mourut à Vannes, sans postérité." (Kerviler)

(Chaix d'Est-Ange).  http://www.infobretagne.com/famille-brichet.htm

 

https://gw.geneanet.org/mihailovitch?lang=fr&n=brichet+de+kereffran&oc=0&p=daniel+nicol as

 

 

On mentionne aussi dans les aveux de la réformation en 1678 pour la paroisse de Lennon « déclaration de Maître Yves Brichet, sieur de Resterniou, demeurant au Port Launnay, en la paroisse de Saint-Ségal, en privé et faisant pour Damoiselles Renée, Marie, Julienne, Anne et Louise Brichet, ses soeurs » .

La date de 1599 indique que le fabrique en titre est celui qui, " venu du Maine, établi à St-Ségal vers 1609, fît une grande fortune dans le commerce, laissa une dizaine d'enfants de plusieurs mariages, et mourut à St-Ségal, à 85 ans." Mais nous avons ici la preuve qu'il était déjà établit à Saint-Ségal en 1599.

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5°) Hervé RIOU, fabrique.

le patronyme est attesté par les généalogistes à Saint-Ségal au XVIIe siècle.

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L'inscription du fondeur.

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DURAND CHAMBON renvoie à Paul Durand-Chambon, fondeur à Montargis,  ancien mécanicien qui s'est fait connaître pour avoir trouvé un moyen de réparer en 1903 [?]   la cloche rendue hors d'usage par une fêlure de 38 cm de Zellenberg (Haut-Rhin), et qui répara aussi en 1901 la cloche de Saint-Jouan-les-Guérets, fondue en 1722 par Guy Reusse, puis en  celle de Soultzmatt (Haut-Rhin). Le procédé de M. Durand-Chambon consistait à aviver de très près les fentes et les cassures qui ont produit la fêlure.

Puisque cette cloche de Saint-Sébastien date de 1902, qu'elle porte l'inscription d'une cloche fêlée de 1599,  et que c'est en 1904 que le procédé eut l'honneur de la publication dans le bulletin de deux sociétés savantes, il semble nécessaire de s'interroger : la cloche de Saint-Ségal a-t-elle été fondue de novo, ou bien fondue en réemployant le métal de l'ancienne cloche ?  Ou bien l'ancienne cloche a-t-elle été réparée (car pourquoi aurait-on été chercher ce fondeur de Montargis plutôt que les fondeurs bretons ?) et incorporée, dotée en partie supérieure et inférieure d'un complément d'inscription ?

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En conclusion, cette cloche me pose une énigme dont la solution se trouve peut-être soit dans une archive locale qu'il serait intéressant de publier, soit dans une expertise spécialisée sur place qui compléterait les courtes lacunes de ma lecture. Quelque soit la réponse, cette énigme est passionnante, et cette cloche à deux inscriptions — peut-être un cas unique" — méritait bien un article pour elle toute seule.

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ANNEXE.

 

https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/cloche-n3/d59eeb8d-01ed-4351-82df-0bc114026a2e

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/cloche/544638b8-aa5f-43d7-801a-281d637ea585

Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse Société industrielle (Mulhouse, Haut-Rhin) 1904

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96100187/f102.item.r=cloche%20f%C3%A8lure

"A tout seigneur tout honneur. La plus ancienne de nos cloches, comme dit ci-dessus, datant de 1367, a toute une histoire, sans compter sa légende ; elle a sonné, dans notre vallée, depuis le mois de mai 1367 jusqu'au 21 avril 1903. 

Vieille donc de près de six siècles, elle doit être vénérée, comme monument historique  et familial, par tous les amis véritables des choses de l'Alsace, et surtout par les habitants de la vallée de Soultzmatt, qui considèrent en elle, non seulement un ancien monument de notre pays mais encore un souvenir des vieux temps, et se remémorent dans quelles circonstances elle a sonné pour tous les événements joyeux ou pénibles concernant leurs familles. 

Cette cloche a été fêlée, à cette dernière date, à la suite d'un changement de dispositif de l'appareil de mise en branle, dispositif sans doute insuffisamment réglé. 

Cet accident s'était donc produit le 21 avril 1903, et depuis cette époque l'on cherchait le moyen de réparer la lacune existant dans le jeu des quatre cloches composant le système de sonnerie de Soultzmatt. 

L'on s'adressa à différents fondeurs de cloches tant alsaciens que des pays avoisinants, qui répondirent tous : que n'importe quelle réparation était irréalisable, et que le seul moyen à employer était la refonte. 

Cette opération, outre son prix élevé, détruisait ipso facto un monument historique d'une grande valeur, et la municipalité de Soultzmatt, son maire, M. le Dr Heberlé en tète, était fort perplexe, ne pouvant se décider à la disparition d'une relique chère à toute la population. 

C'est alors qu'intervint un nouvel élément, sous la forme d'un artiste fondeur, inventeur d'un procédé inédit, M. Durand-Chambon, de Montargis (département du Loiret), qui venait de réparer deux cloches en Alsace : celle moderne d'Oberentzen, et surtout celle très ancienne de Zellenberg. Celle-ci étant de 1410, est donc plus jeune de 43 ans que la cloche de Soultzmatt, qui est, à son tour plus âgée de 33 ans que le premier bourdon de Notre-Dame de  Paris, qui fut fondu en 1400. (Celui-ci pesait, d'après les chroniques, 15,000 livres, la cloche de Soultzmatt t 800 kilos, et celle de Zellenberg 1122 kilos, poids constaté pour ces deux dernières cloches). 
Ces deux cloches étaient fêlées comme celle qui nous occupe, et M. Durand-Chambon, par son procédé spécial, leur avait rendu toute leur sonorité sans abîmer en quoi que ce soit la cloche elle-même. 
M. le Dr Heberlé, maire de Soultzmatt, se mit aussitôt en rapport avec l'inventeur, qui se chargea, à forfait, de la réparation de la cloche de Soultzmatt. 
L'opération réussit à souhait, si bien que notre « vieille Campane », muette pendant 7 mois, sonne aujourd'hui comme par le passé . 
Ce résultat est vraiment remarquable, alors que la cause semblait perdue et abandonnée, surtout après les dénégations catégoriques des grands fondeurs de cloches de la contrée et des pays adjacents. 


Le procédé de M. Durand-Chambon consiste à aviver de très près les fentes et les cassures qui ont produit la fêlure. 
Renversant ensuite la cloche, les oreillons ou anses en bas, dans un moule en argile, c'est-à-dire dans le sens inverse de la fonte originale, il établit, à l'intérieur, un four en briques qu'il actionne 
au moyen d'un ventilateur ou d'une soufflerie.  Ce four est destiné à chauffer le métal de la cloche de façon à l'amener très près de son point de fusion, c'est-à-dire au rouge cerise. 
Deux regards, dirigés l'un vers le milieu l'autre vers le bas, dans la couche extérieure de glaise, permettent de juger du degré d'incandescence du métal, en même temps qu'un cubilot, placé à côté et contenant un alliage dont la formule est la propriété de l'inventeur, est également chauffé pour amener ce métal à son point de fusion. 
Lorsque cloche et composition sont arrivées au degré de température que l'opérateur juge nécessaire et convenable, le métal en fusion est versé sur la partie préalablement surmoulée de la cloche où se trouvait la fêlure. Cette opération terminée, on laisse refroidir lentement l'appareil, puis on enlève la cloche de sa gaine. L'on ébarbe, au ciseau et à la lime, le métal qui déborde de la cassure et la cloche se trouve soudée d'une façon parfaite, ayant recouvré toute sa sonorité d'antan. 
L'invention de M. Durand-Chambon, qui est un ancien mécanicien de la marine française, comporte tout aussi bien une composition soudante spéciale qu'un tour de main particulier. "

Photo avant réparation.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96100187/f109.item.r=cloche%20f%C3%A8lure

Photo après réparation:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96100187/f111.item.r=cloche%20f%C3%A8lure

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Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, 1904,page 234.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5457656z/f258.item.r=cloche.texteImage


"Conservation des cloches anciennes. — Depuis les premiers travaux de campanologie normande publiés par le 
docteur Billon, en 1860, les cloches anciennes, déjà très rares dans nos quartiers, le sont devenues davantage. Beaucoup par suite d'accidents, hélas, inévitables, ont été jetées au creuset, sans que la plupart du temps ont ait même songé à relever leurs inscriptions, pourtant si précieuses pour l'histoire locale. Aujourd'hui, par suite d'une heureuse découverte appelée à rendre de grands services à l'archéologie, il n'est plus nécessaire de refondre une cloche fêlée, pour lui rendre sa sonorité primitive. 

Zellenberg, dans la Haute-Alsace, possédait une vieille cloche datant de 1410, et mise hors d'usage par une fêlure de 38 centimètres. M. Durand-Chambon, fondeur de cloches à Montargis (Loiret), en a entrepris la réparation aux frais de l'Etat et de la Société des Monuments Historiques, et elle a fort bien réussi. Le coup de maître de l'artiste français est d'autant plus admiré que la réparation ne consiste pas dans une simple soudure, mais bien dans une refonte partielle. Le coulage dans la partie fêlée du même métal que celui de la cloche, gagne toutes les parties voisines jusqu'à 10 centimètres et au-delà, s'y infuse et les refond avec la partie lésée pour en faire une seule pièce. La solidité est à toute épreuve, et il n'y a pas de modification dans la tonalité ni la sonorité. 
Le cas d'ailleurs n'est pas unique. Entre beaucoup d'exemples, on a traité par le même procédé et avec le même succès une autre cloche historique, à Sulzmatt. Elle pesait 1730 kilos, et avait été fondue en 1367. Cette invention française est en train de faire son tour d'Allemagne. Chez nous,  elle devra lutter longtemps contre les préjugés routiniers, et aussi contre le parti-pris des fondeurs qui ne demandent qu'à faire du neuf. "

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments, recueillies par M. le chanoine Abgrall, Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. 46 page 97-98.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f159.item.zoom

 

ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898 page 155. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f222.image

CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— DUHEM, (Sophie), 1997. Les sablières sculptées en Bretagne. Images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.). Collection Arts et Société. Presses universitaires de Rennes, 1997.

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

Une des cloches date de 1851, mais elle est fêlée et repose sur le pavé de la chapelle. Celle qui est en usage date de 1902, elle a eu pour parrain Louis Tirilly de Kerascoüet et pour marraine Francine Helpin, de Penfrat. Elle a été fondue à Montargis.

1891. - Défense de sonner les cloches à cause du mauvais état de la tour.

 

 

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16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 20:24

Ploéven X : la cloche de 1817 de la chapelle Saint-Nicodème par Le Beurriée.

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Sur Ploéven, voir :

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Sur les cloches :

 

 

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Le clocher de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le clocher de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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1°) L' inscription.

Sur la cloche de la chapelle Saint-Nicodème en Ploéven, nous pouvons lire l'inscription presque complètement depuis le sol. Elle occupe quatre lignes. Les débuts de lignes sont indiqués par un manicule (paume à plat, pouce levé, index tendu) que je remplace ici par une barre  :

 

/FONDUE A BREST  EN MARS 1817 POUR SERVIR A LA CHAPELLE

/ ST NICODEME DE] PLOÉVEN  MR HENRY SAVINA RECTEUR ET  NOMMEE

/ PAR MR JEAN PIERRE -----  FABRIQUE PROPRIETAIRE DE  KERAMPOCHET /

/ ET DAME CORENTINE LE SANQUER VVE LE DOURÉ DE KERGOULOUARN

Soit : Fondue à Brest en mars 1817 pour servir à la chapelle St-Nicodème de Ploéven Henry Savina recteur et nommée par Mr Jean-Pierre ?-- fabrique et propriétaire de Kerampochet et Dame Corentine Sanquer veuve Le Doaré de Kergoulouarn.

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Notes :

Ligne 1 : la formule "fondue à Brest --- pour servir à la chapelle de" se retrouve sur les cloches de Plomodiern en 1810.

Ligne 2 : Henri SAVINA, recteur de Ploéven en 1783 et de 1816 à 1826 . 

"En 1783-1791. Henri Savina. Celui-ci ayant prêté serment à la Constitution civile du clergé (Peyron, Documents... I, 80) signe pour la dernière fois aux registres le 30 Avril 1791, puis est nommé curé constitution­nel de Crozon, où il prend possession de ses fonctions vers le 15 Mai. . Trois semaines après le départ de M. Savina, recteur, nous voyons apparaître le 22 Mai 1791, Pierre Le Pelliet, ancien vicaire assermenté de Trégarvan, qui signe « vicaire de Ploéven », jusqu’à la fin de 1792. De 1793 à la fin de 1796 il fera fonction dans la commune d’officier public.  — En 1816-1826. Henri Savina qui, durant l’époque révolutionnaire, avait joué un triste rôle à Crozon [Note : Pérennes, Saluden... Les prêtres du diocèse de Quimper morts pour la foi.... I, p. 426. — Sur son passage à Lambézellec comme curé voir Peyron et Abgrall, Notices sur les paroisses, vol. V, pp. 164-168. Voici ce qu’il écrit le 28 Juin 1822, quatre ans avant sa mort, à Mgr. Dombideau : « Quant à moi, Monseigneur, mon voeu est de me voir dégagé d’un surcroît de travail au-dessus de mes forces et de pouvoir recueillir avec tranquillité le fruit de ma retraite et songer avec plus de loisir aux années éternelles qui, certes, ne sont pas éloignées de moi ». Il fit graver sur sa pierre tombale, à Ploéven, ces mots qui témoignent de son repentir : Hic jacet Heuricus Savina sacerdos peccator expectans judicium]."

ligne 3 :  Kerampochet : lire Keramporchet (carte IGN) , à l'est du bourg ; mais le lieu-dit est bien orthographié KERAMPOCHET sur la carte de Cassini (fin XVIIIe) et sur la carte d'Etat-Major (1820-1866). Il possède une croix du XVIe siècle.

— ligne 4 : Manoir de Kergoulouarn : au nord-est du bourg.

Corentine SANQUER, née le 13 avril 1775, épousa en l'an III à Ploéven Thomas LE DOARÉ, d'où 3 filles Marie-Anne (1796-1822), Marie Corentine (1798-1814, mariée en 1813 avec Yves LE BRETON), et Anne Yvonne (1800-1845). Seul ennui, la généalogie qui la mentionne la fait mourir en 1800.

https://gw.geneanet.org/mlebastard?lang=en&pz=kenza+eden&nz=le+bastard&p=corentine&n=sanquer

 

 

 

Sa datation en 1817 lui donne une valeur patrimoniale forte . Celle-ci est renforcée par les trois décors : une palmette, un médaillon en mandorle à la Vierge, et un médaillon rond que je vais détailler.

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Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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2°) Le médaillon rond : une estampille des LE BEURRIÉE.

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Le médaillon  est timbré par une flamme encadrée par deux dauphins. La flamme naît de ce qui ressemble à une grenade (ou un heaume grillagé) au dessus d'une cloche et de deux canons tête-bêche placés dans un cartouche à enroulements. Le plus intéressant est l'inscription : LE BEVRRIEE / M'A FAIT.

 

Cette marque est connue, car elle est signalée aux Archives des Vosges 86 J "Fonds de la famille Farnier-Remy et de la fonderie de cloches Jeanne d’Arc de Robécourt (1839-[2000])" de la façon suivante : 

Le Beurriée m’a fait — Marque provenant d’une cloche du Relecq (Finistère) fondue en 1806. Dimensions : 6,9 x 6,5 cm

https://archives.vosges.fr/Portals/8/xNews/uploads/2017/3/27/Fonds%20de%20la%20famille%20Farnier-Remy%20et%20de%20la%20fonderie%20de%20cloches%20Jeanne%20d%E2%80%99Arc%20de%20Rob%C3%A9court%20(1839-[2000])_2.pdf

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Il est évidemment très émouvant de découvrir que le fondeur de cette cloche de Saint-Nicodème porte le même nom que le fondeur de la cloche de 1735 conservée à l'église de Ploéven.

On se souvient peut-être que la veuve de Jacques Le Beurrié (fondeur à Vannes) épousa le fondeur Thomas Le Soueff, et que le couple vint s'installer à Brest avec les enfants du premier mariage, Jean-Baptiste et Jean-François Le Beurriée de la Rivière.

Or, l'une des cloches de Thomas Le Soueff, celle du Faou en 1714) porte une estampille aux deux canons en sautoir sous une cloche.

La même marque a été décrite sur une cloche de la chapelle de Saint-Divy à Dirinon avec l'inscription FAIT A BREST EN 1782 R. LE BEURRIEE M'A FAITE .

http://www.lavieb-aile.com/2018/09/les-cloches-du-faou-et-les-fondeurs-de-cloche-du-finistere.i-thomas-le-soueff-1714.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/02/le-culte-de-sainte-nonne-a-dirinon-ii-la-chapelle-saint-divy.html

Ces canons rappellent qu'un fondeur de cloches peut devenir un fondeur de canons.

http://tchorski.morkitu.org/12/musee-tellin-01.htm

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Il reste à déterminer qui est ce LE BEURRIÉE actif au début du XIXe siècle. La date de 1817 n'exclut pas Julien François Marie LE BEURRIÉE, né le 24 septembre 1759 - Saint Louis - Brest,  et décédé le 20 mars 1818 -Centre  Brest,  à l'âge de 58 ans. D'autant que celui-ci, fondeur; conseiller Municipal de Brest (1809-1818), membre de La Fabrique de St Louis (1810-1818) avait reçu l'ordre de fondre en canons les cloches de Bretagne. Voir la généalogie sur mon article Ploéven I La cloche de 1735.

 

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Ploéven X : la cloche de 1817 de la chapelle Saint-Nicodème par Le Beurriée.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1987, Artistes en Bretagne, dictionnaire des artistes artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien-Régime. avec Tanguy Daniel et Georges-Michel Thomas. 

 

— SUTTER (Eric) 2006, La campanographie française

http://campanologie.free.fr/pdf/La_Campanographie_francaise.pdf

— TCHORSKI, épigraphie campanaire

http://tchorski.morkitu.org/1/epigraphie-01.htm

— Hervé du Halgouet 1949, Vieux sons de cloches

https://broceliande.brecilien.org/IMG/pdf/spm_1949_cloches.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans cloches Ploéven
5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 11:28

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Voir sur les cloches :

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PRÉSENTATION.

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Selon le chanoine Pérénnès (1940),

"L'église paroissiale, de forme rectangulaire et de style flamboyant, est du XVIe siècle, Ses murs latéraux sont penchés et lézardés. Elle a subi divers remaniements. Sur le mur, côté Nord, se trouve l'inscription : 1634 Hémon fabricien. Un pilier à l'intérieur porte la date de 1574. La sacristie a été faite en 1680, par M. Moënan, recteur. Le clocher fut foudroyé en 1735. Brisée par la chute des pierres, la cloche fut refondue la même année chez de Larivière aîné, à Brest. Elle eut pour parrain Pierre Larour, pour marraine Marie Marzin.

Abattu une seconde fois par une tempête, le clocher fut reconstruit du temps de M. Souètre, recteur en l'an 1893, sous la direction de Mr le chanoine Abgrall, architecte."

Cette  cloche de 1735, refonte d'une cloche de 600 livres réalisée sans doute vers 1675 (à l'époque, le clocher avait été foudroyée et les cloches brisées), est vraisemblablement tombée lors de la nouvelle chute du clocher vers 1893, puisqu'elle est conservée à l'intérieur de l'église, dans la chapelle sud. Elle est donc facile à examiner, du moins pour la face principale (qui porte l'inscription et le calvaire, et qui devait être orientée vers l'ouest). En effet, l'autre coté est si proche du mur que les photographies sont presque impossibles ; c'est cette face qui est ornée d'un petit médaillon de la Vierge. Elle semble intacte, hormis le sommet de l'anse. 

Le clocher de l'église de Ploéven était, en 1735,  doté de trois cloches, l'une, "la grosse" de 600 livres, l'autre de 450 livres et la troisième, toute petite, de 30 livres.

Le Finistère n'a pas conservé beaucoup de cloches de l'Ancien Régime, en raison de la fréquence des accidents ( clocher brisé ou atteint par la foudre, fissure des cloches ), mais aussi parce que les paroisses furent obligées, à la Révolution, de les faire fondre pour soutenir l'effort de guerre par la fabrication de canons. Je peux citer :

 

  • Quimper 1312. Réinstallée sur la cathédrale.
  • Pencran, 1365. En place ?
  • Landévennec 1513, (cloche de l'abbaye, en place sur le clocher de l'église paroissiale)
  • Daoulas 1568 chapelle Sainte-Anne. (déposée et exposée dans la chapelle)
  • Lampaul-Guimiliau 1715 La cloche de 1715 a été réalisée par Jean Le Beurrier et Jean François Le Beurrier, fondeurs à Brest. Encore en place ?
  • Le Faou : Thomas Le Soueff 1714, toujours à son poste.
  • Roscanvel 1781, en place.

 

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Cette rareté justifie à elle-seule l'intérêt qui peut être porté à la cloche de Ploéven. Sans compter que celle-ci est aussi une mine d'informations.

L'échantillon d'épigraphie campanaire qu'elle propose donne accès à des renseignements sur les tournures locales du français de l'époque, sur l'orthographe, sur les usages  (le nom de la cloche est omis), sur la ponctuation de séparation faisant appel aux manicules, fleurs de lys et hermines., tandis que l'iconographie campanaire renseigne sur les modèles transmis dans les ateliers .  L'inscription de dédicace fournit les noms du recteur, du parrain, de la marraine et du fabricien, précieux témoins de la vie de la paroisse lorsqu'ils sont rapprochés des données généalogiques. Enfin, la mention du nom du fondeur, I.B. B. de la Rivière, de sa localisation à Brest et de la date, permet de documenter un sujet d'étude important, celui des fondeurs de cloche dans le Finistère sous l'Ancien Régime.

Bref, elle permet un exercice de "campanographie", cette  "l'étude descriptive des cloches dans leur contexte géographique et historique. L'étude descriptive peut être menée par le biais d'une observation in situ de la cloche, elle peut s'appuyer et être complétée par une étude historique par le biais d'une exploitation des documents ou textes d'archives." (Eric Sutter). Cette discipline reste à développer en Finistère.

Quant à la "campanologie" ou étude de la dimension acoustique et musicale, des règles d'usage de cette cloche ouvrant à une dimension ethnographique, elle n' a pas pu être menée ici.

 Malgré son intérêt exceptionnel,  la cloche de Ploéven n'a pas fait l'objet de publication spécifique. Sur place, un panneau manuscrit donne diverses informations.

Elle ne semble pas avoir fait l'objet d'un classement M.H.

(Finalement, je trouve la notice de l'Inventaire général par Castel et Quillivic de 1971 IM 29001393)

Elle mesure 83 cm de diamètre à la pince et 70 cm de haut. Les lettrines ont 15 mm de haut.

 

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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L'INSCRIPTION DE DÉDICACE.

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Elle apparaît en majuscules entre les cordons sous le cerveau . Une élégante manicule (petite main à l'index tendu) indique le début de chaque ligne (comme sur la cloche de 1823 fondue par Viel au Faou). Mais les manicules ne sont pas centrées les unes au dessous des autres, il y a un décalage entre le début des lignes.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Les mots sont séparés alternativement par une hermine (emblème de la Bretagne) et une fleur de lys (emblème du roi de France). Nous trouvions cette alternance sur les cloches de 1714 fondues par Thomas Le Soueff (Plouha et le Faou), et sur la cloche de Lampaul-Guimiliau de 1715 fondue par Jean et Jean-François Le Beurrier. Les deux ateliers sont apparentés (cf. infra).

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(manicule) SANTE * MEVEN * ORA * PRONOBIS * IE * ESTE * FAITTES * POVR * SERVIR * A LEGLISE * PARROISSIEALLE * DE * PLOVEVEN * DV * TEMPS * DE *

 

(manicule) VENERABLE * DISCRET * MISSIRE * IACQVES * MAHEE * RECTEVR DV DIT PLOVEVEN * ET *MON * PARAIN * EST * HONORABLE * HOMME * PIERRE *

manicule) LA * ROUR * ET * MA  MARAINE * EST * MARIE * MARZIN * MON * NOMMEE * ET *EST  JEAN * BOVRVOS * FABRIQVE * [puis frise géométrique]

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Soit :
 

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SANTE s MEVEN s ORA s PRONOBIS s IE s ESTE s FAITTES s POVR sSERVIR s A  s LEGLISE s PARROISSIEALLE s DE s PLOVEVEN s DV s TEMPS s DE s VENERABLE s ET s DISCRET sMISSIRE s IACQVES s MAHEE s RECTEVR s DV  s DIT s PLOVEVEN s ET  s MON s PARAIN sEST s HONORABLE s HOMME s PIERRE s LA sROVR s ET  s MA s MARAINE s ESTs MARIE s MARZIN s & MON s NOMMEE sET s EST s JEAN s BOVRVOS s FABRIQVEs 

ss LE s B s DE s LA s RIVIERE s LAINEE s MA s FAIT s A s BREST s LAN s 1753  s

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Transcription :

"Saint Meen ora pro nobis. J'ai été faite pour servir à l'église paroissiale de Ploéven du temps de vénérable et discret messire Jaques Mahéo recteur du dict Ploéven et mon parrain est honorable homme Pierre Larour et ma marraine est  Marie Marzin m'ont nommée et est [lors] Jean Bourvos fabrique. "

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Elle débute donc par une invocation au saint patron de l'église, SANTE MEEN ORA PRO NOBIS , Saint Méen priez pour nous.

Elle est suivie par la mention de la destination de cette cloche pour l'église paroissiale. L'orthographe PARROISSIEALLE n'est pas attestée ailleurs en ligne, mais on trouve, au XVII et XVIIIe, l'orthographe "parroissialle". La graphie PLOVEVEN pour Ploéven (le plou de l'ermite Even) n'est pas signalée non plus ailleurs.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Vient ensuite le nom du recteur IACQUES MAHEE, c'est à dire Jacques Mahéo.

Jacques Mahéo a été recteur de Ploéven du 15 mars 1732 à décembre 1739, en succédant à Pierre Furic. On trouve son nom inscrit sur la sacristie de la chapelle Sainte-Barbe et sur celle de Saint-Nicodème. Son évêque était alors Hyacinthe de Plœuc du Timeur (1707-1739). La formule "vénérable et discret" , fréquente en épigraphie locale, est bien commentée  par les membres d'un forum des généalogistes du Finistère :

 

"L'historien Fanch Roudaut a expliqué l'expression "vénérable et discret messire" qui s'appliquait à tous les prêtres : 
- "vénérable" s'explique par le respect dont ils devaient faire l'objet. 
- "discret" : cet adjectif ne s'expliquait pas par leur obligation d'observer le secret de la confession (ils y entendaient tous les péchés de nos ancêtres !), mais signifie la sagesse comme le prouve le dictionnaire de Grégoire de Rostronen (fur, avised-mad, segred) 
- "messire" désignait un notable, appellation partagée avec les nobles. 

Informations tirées des actes du colloque "Elites et notables en Bretagne de l'Ancien Régime à nos jours", éd. CRBC et UBO, 1999.

-DISCRET : Titre honorifique donné aux prêtres et docteurs de l'Eglise. Ex : Vénérable et discrète personne ou Vénérable et discret Missire (voir Missire) 

-MISSIRE : Terme honorifique donné aux ecclésiastiques (voir aussi Messire de sens différent). Le recteur, qui est le responsable de la paroisse est souvent qualifié dans les actes de « Vénérable et discret Missire ». Quant au curé, qui en Bretagne est le second du recteur, il lui sera donné seulement le titre de « Missire ».

Pour le grade au dessus, (les chanoines, par exemple) on trouve "noble & circonspet missire...". "

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=1186

 

Sur l'inscription lapidaire mentionnant Jacques Mahéo à la chapelle Sainte Barbe de Ploéven :

http://www.lavieb-aile.com/2018/07/la-chapelle-sainte-barbe-de-ploeven.son-calvaire-son-vitrail-sa-statuaire-son-pardon.html

 

Jacques Mahéo occupa ce poste après avoir été débouté de celui de recteur de Mellionnec  ; il y avait été nommé par son évêque le 21 mars  1730 mais René-Louis Le Pen, prêtre du diocèse et chanoine de la collégiale de Guémené, y avait été pourvu par le Pape, le 31 août 1730, d'où un long procès jusqu'au  6 janvier 1732.

Le 4 février 1719, un certain Missire Jacques Mahéo, prêtre, (peut-être donc notre personnage) assiste au mariage de sa sœur Perrine Mahéo avec Jan Odic à Neuillac (56). Le 9 mars 1721, il assiste en tant que curé de Saint-Michel (trève de Guern,56) aux funérailles de René Odic, époux de Janne Mahéo. Il occupe cette cure tréviale en mai 1721.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Le parrain et la marraine sont ensuite mentionnés :  Pierre Larour et Marie Marzin.

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Les données de généalogie sont nombreuses concernant ces deux noms. 

 

http://h2-online.heredis.com/fr/alaing44/genealogie_gautier/individus#66644

https://gw.geneanet.org/elagathu?lang=fr&n=marzin&oc=0&p=marie

 

Imprimer son arbre

Un certain Pierre Larour, "ménager", fils de Jean Larour 1607-30 mars 1691 et de Catherine Tudel  1620-1691,  né à Pouldergat , s'est marié le 5 juillet 1676, à Pouldergat, avec Marie MARZIN de Ploéven. Celle-ci est née en  1655 et est décédée en 1725. Ce couple Pierre Larour/Marie Marzin  ne peut être celui des parrain et marraine de cette cloche.

Mais ce couple eut  5 enfants dont Pierre LAROUR (ou LAROUR LAMOUR), né le 1er ou 2 mars 1683 à Plouergat et décédé le 25 novembre 1763 au manoir de Kergoulouarn à Ploéven. Il s'est marié le 25 novembre 1706 à Ploéven, avec Magdeleine Le PICLET  Saint-Nic,1681-/1752. Il aurait 52 ans en 1735. Dans l'inscription, il est qualifié d' honorable homme. Selon le Dictionnaire de Furetière (1690), c'est là "le titre que l'on donne dans les contrats à ceux qui n'en ont point d'autres, et qui n'ont ni charge ni Seigneurie qui leur donne une distinction particulière. C'est celle que prennent les petits bourgeois, les Marchands, et les Artisans. Ce titre est à présent avili, et est en quelque façon opposé à noblesse. Il se donnoit quelquefois à ceux qui avoient passé par les Magistratures, qu'on appelloit personnes honorables, de même que ceux dont il est fait mention dans le Code Theodosien, de comitibus vacantibus, qui sont maintenant nos Vétérans ou Conseillers honoraires." Il suppose néanmoins une certaine notoriété. Sa résidence (lors de son décès) au manoir de Keroulouarn peut en être un indice.

Il doit certainement se confondre avec Pierre Larour 1678-1763, mentionné sur le panneau dans l'église, et qui  est qualifié de chevalier  portenseigne, capitaine de garde-côte ; il est dit aussi capitaine de paroisse. 

Ce Pierre LAROUR 1683-1763 épousa le 25 novembre 1706 à Ploéven Magdeleine Le PICLET (Saint-Nic, 1681-av.1752) et   ils eurent six enfants. Ils baptisèrent l'aîné Pierre, bien-sûr. 

Ce 3ème Pierre Larour de notre série est né vers 1710 à Ploéven, au manoir de Keroulouarn et décéda le 2 novembre 1774 à Saint-Nic. Il fut lieutenant de la milice garde de côte au bataillon de Crozon. Marié le 26 novembre 1737, à Saint-Nic  avec Anne POLEZEC (LE) 1718-1772, ils  nommèrent également leur aîné  Pierre LAROUR LAMOUR 1738-1804, . Mais nous pouvons écarter la candidature de ce dernier 4ème Pierre Larour  comme parrain en 1735.

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En résumé, le parrain de cette cloche est vraisemblablement Pierre LAROUR 1683-1763. Il est intéressant de pouvoir situer géographiquement son "manoir" à 2,3 km au nord-est de l'église, sur une hauteur ( 50 m) avec les toponymes Kegoulouarn Izella (du bas) et Huella (du haut) et son moulin. Les Larour quittèrent Kergoulouarn en 1738.

https://www.google.com/maps/dir/Plo%C3%A9ven,+29550/Kergoulouarn,+29550+Plo%C3%A9ven/@48.1658079,-4.215615,15.67z/data=!4m13!4m12!1m5!1m1!1s0x4816d2808cdb2459:0x3a46a16a875ecec4!2m2!1d-4.232907!2d48.1571659!1m5!1m1!1s0x4816cd5e05a9f8e7:0x6c16535b81e79da1!2m2!1d-4.214003!2d48.166796

plan cadastral 3 P 167/1/4 Section B 1 de Kergoulouarn. 

http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?label_v2_geogname=Lieu&form_search_v2_geogname=Plo%C3%A9ven&form_req_v2_geogname=%7B%3Ageogname%7D__VAL_&form_op_geogname=ET&label_genreform=Type+de+document&form_search_genreform=&form_op_genreform=ET&label_dao=Avec+document%28s%29+num%C3%A9ris%C3%A9%28s%29&form_search_dao=oui&btn_valid=Rechercher&action=search&id=recherche_cadastre

Il est possible de consulter la carte Cassini et la carte d'Etat-Major

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.217907&y=48.162835&z=15&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&mode=doubleMap

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MARIE MARZIN

Selon les travaux de Jean Le Bris (qui inspirent les panneaux affichés dans l'église, Marie Marzin épousa en 1730 Jean BOURVEAU, habitant Kerlasiou ou Kerlaziou, à l'est immédiat du bourg. Ils eurent 8 enfants. A partir de 1808, ils s'allient aux Le DROFF, Le NAM et ROIGNANT.

Je ne trouve ces informations en ligne :

https://gw.geneanet.org/fazery?lang=en&pz=kilian&nz=monsart&p=jean&n=bourveau&oc=7

https://gw.geneanet.org/aperson?lang=fr&iz=10449&p=joseph&n=le+bourveau&oc=2

JEAN LE BOURVEAU (1697-1769), Kerlasiou (Kerlaziou)

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Enfin, c'est le fabricien de l'année en cours qui est nommé : JEAN BOURVOS.

Il est tentant d'y lire JEAN BOURVEAU, le mari ou le fils de Marie Marzin.

Par ailleurs, le clocher porte l'inscription I : BOVRVEAU : F juste au dessus de la galerie, coté sud. Juste au dessus, une date est inscrite, on aimerait y lire 1735, mais elle est érodée. 

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Chambre des cloches de  l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Chambre des cloches de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Chambre des cloches de  l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Chambre des cloches de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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L'INSCRIPTION DU  FONDEUR DE CLOCHE. Jean-Baptiste LE BEURRIEE DE LA RIVIERE.

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Derrière l'inscription "I * B * LE * B * DE * LA * RIVIERE * LAINEE * MA * FAIT * A *BREST * EN L'AN * 1735", nous pouvons identifier un membre de la grande lignée de fondeurs de cloches, les Beurier (orthographié parfois Beurrié, parfois Beurrier ou Le Beurrié, ou encore Le Beurriée, le nom fut définitivement fixé par le tribunal civil de Brest, le 2 septembre 1824, sous la forme Le Beurriée. ) de la Rivière.  Les initiales I.B. peuvent correspondre à "Jean-Baptiste" . La mention "l'aîné" indique qu'un autre fondeur du même nom est actif en même temps : son frère.

La seule mention d'un "Jean-Baptiste Beurier de la Rivière" est signalée sur une cloche de la chapelle Saint-Roch de Daoulas, avec la date de 1732 et la qualification de Fondeur du roi à Brest. Mais je n'ai pu vérifier cette information. La cloche actuelle de cette chapelle  a été fondue par Alphonse Viel.

Je pense que nous pouvons assimiler ce "Jean-Baptiste" à "Jean Le Beurrier de la Rivière", frère aîné de Jean-François, également fondeur. Ils ont fondu en commun la cloche de Lampaul-Guimiliau en 1715, qui comporte le même type d'inscription (mais en latin). Ils signent JOANNES LARIVIERE LE BEVRIEE ET IOANNES FRANCISCVS LE BEVRIEE. C'est le bourdon, qui pèse 4000 livres et a 1,62 m de diamètre.

De même, ils co-signent les cloches suivantes :

  • Deux cloches à Milizac (dont une de 900 livres) le 18 avril 1717.
  • Une cloche à Plouguerneau en 1718 (pour 224 livres 5 sols puis 420 livres)
  • La cloche de Bodilis en 1719 JOANNES . LE .BEVRRIEE . DE . LA . RIVIERE JOANNES . FRANCISCVS . LE . BEVRRIEE . DE . LA . RIVIERE ME .FECERVNT 
  • la cloche de Guiclan en 1729

Jean[-Baptiste] et Jean-François sont qualifiés de fondeurs du Roi à Brest.

 Jean-Baptiste fondit seul :

  • Des cloches à Saint-Pierre-Quilbignon (Brest) en 1720,
  • à Saint-Thomas de Landerneau en 1822 : une cloche de  800 livres de poids, payée 600 livres, "d'un bon timbre sonnante,  d'un bon ton qu'elle s'accommode avec les deux autres cloches"
  • à la chapelle Notre-Dame-des-Anges à Landivisiau en 1725
  • à Plougastel-Daoulas en 1726 (refonte de la cloche de l'horloge, qui était fondue)
  • à Milizac le 9 octobre 1727  (poids 500 livres, payée 650 livres)
  • à Pleyber-Christ en 1727 (grosse cloche payée à 5 sols la livre de métal)
  • à la chapelle Sainte-Anne de Milizac, le 23 décembre 1727
  • à Bodilis en 1727 encore, une cloche payée 296 livres 8 sols, fondue à Landerneau 
  • à la chapelle Saint-Eloi de Plouarzel, en 1729
  • à Plouzévédé en 1730, payé 451 livres 25 sols "pour avoir fondu la grosse cloche, remis à sa place et le palan pour la monter)
  • à la chapelle Saint-Roch à Daoulas (cf supra) en 1732
  • à Sainte-Mélaine de Morlaix en 1732 (un timbre de 27 livres)
  • à Plougonvelin en 1742, une cloche payée 353 livres
  • à Camaret en 1754.

Castel et Thomas reproduisent sa signature, dont on constate qu'elle n'emploie que le prénom "Jean" :

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Signature de Jean-Baptiste Le Beurriée de la Rivière (in Castel et Thomas 1987)

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Ce sont tous les deux les fils de Jacques BEURRIER DE LA RIVIÈRE, né vers 1656 à La Colombe (Manche) tout près de Villedieu-les-Poêles, qui s'installa à Vannes où il épousa Jeanne Le Douarain (1665-1726). Il décéda à l'âge de 30 ans le 24 octobre 1686 , à Saint-Patern de Vannes.

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Jacques I BEURIER DE LA RIVIÈRE (v.1656-1686), père de Jean-Baptiste et de Jean-François.

"Jacques BEURIER DE LA RIVIÈRE, (alias LE BEURIER). Fondeur à Brest [?], puis à Vannes, et époux de Jeanne Le Douarain. Il fit, en 1683, deux cloches pour l'abbaye de Lanténac, et mourut en 1686. Son fils posthume, Jean-François, né à Vannes le 15 novembre 1686, devint fondeur à Vannes. Quant à sa femme, Jeanne Le Douarain, elle se remaria au fondeur Le Soueff. Le frère de Jacques, Etienne Beurier, était également fondeur. "

Selon la généalogie de David Dousse, Jacques LE BEURIER DE LA RIVIERE, Maître fondeur de cloches, dindandier, et Jeanne Douarain eurent trois fils, Jean-Baptiste, Yves  et Jean-François :

 

  • ♀ Vincente LE BEURIER 1683-1685

  •  Jean Baptiste LE BEURRIER, Sieur de la Rivière ca 1684-/1754 marié avec ? ?

  • Yves LE BEURIER 1685-

  • Jean François BEURIER, Saint-Patern - Vannes 15 novembre 1686-Brest Saint-Louis, 20 octobre 1756, Maître fondeur, marié entre 1710 et 1728 avec Marie PILOT 1697-1759

     

 

 

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L'installation à Brest de Jean [-Baptiste] Le Beurrier, sieur  de la Rivière.

Il avait 2 ans au décès de son père. Sa mère Jeanne Le Douarain épousa un autre fondeur de cloches venu de la région de Villedieu-les-Poêles, Thomas LE SOUEFF, et on peut penser que celui-ci lui fut un père adoptif (tout comme pour son frère Jean-François). En effet, on le retrouve à Brest, quartier des Sept-Saints, comme Thomas Le Soueff, et c'est comme maître-fondeur de cloche à Brest qu'il se fit connaître.  

Il épouse en 1718 Françoise Sandon, fille d'un maître tapissier. Neuf enfants naissent de cette union, dont Jacques [II].

Sous le prénom de Jean, il est mentionné dans un acte du  août 1718 à Brest : Liste et estimation des meubles et objets que veut mettre en loterie Marie-Jeanne Audinay, veuve de J.B Sandon, marchand-tapissier, et qui sont déposés chez son gendre, Jean Le Beurier de la Rivière, maître-fondeur du roi au port de Brest, six pièces de tapisserie de haute tisse, fine, à verdure, 600 ¹, un tourne-broche, 36 ¹, etc. 

On signale aussi que le 26 Novembre 1720, Jean Le Beurier, sieur de la Rivière, maître fondeur pour le Roy, demeurant à Brest paroisse des Sept-Saints, visite les quatre cloches du Creisker (Bulletin diocèsain d'Histoire et d'Archéologie).

 

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Jacques [II] LE BEURRIER LA RIVIERE, fils de Jean-Baptiste.

Notre Jean-Baptiste LE BEURRIER LA RIVIERE, Sieur de la Rivière, né vers 1684, décédé avant 1754, Maître fondeur, marié avec Françoise Sandon, eut 6 (ou 9 ?) enfants :

  •  Marie Jeanne LE BEURRIER 1719-1734

  • Jeanne Barbe Thérèse LE BEURRIER 1720-1776

  • Jacques LE BEURRIER LA RIVIÈRE 1724-1797

  • Élie François LE BEURRIER 1726-

  • Michel Philippe LE BEURRIER 1728-

  • Jeanne Marie Françoise LE BEURRIER 1731-

Parmi ceux-ci, c'est Jacques qui reprit le métier familial :

 LE BEURRIER LA RIVIÈRE Jacques (Brest, 21 février 1724 - Brest, 1797), fondeur : Fils de Jean, maître fondeur, Jacques Le Beurrier épouse en août 1754 Marie-Josèphe La Test. Veuf, il se remarie avec Françoise Noëlle Ursule de La Mare qui lui donne un fils. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, il est fondeur du roi, fournisseur au port et partenaire de la marine, ayant obtenu le marché pour les clous de cuivre . En 1772, il est expert à Saint-Thégonnec pour une cloche de 3670 livres fondue par Guillaume de Morlaix, "cloche vissée [viciée] en son couronnement et défectueuse". et que des ouvriers maladroits ont fêlée en la hissant dans la tour. Il fond une cloche pour Saint-Thomas de Landerneau en 1776. Il est expert à Tréflez en 1777 et à Saint-Thomas de Landerneau en 1784 (il est dit alors "fondeur et fournisseur du roi"). En avril 1789, il participe à l'assemblée générale du tiers-état de la ville en tant que député de plusieurs habitants qui ne forment ni corps ni corporation.  Membre du conseil général révolutionnaire dès juillet 1789, il est élu notable du conseil général de la commune en mars 1790.  Mais en août 1790, il est promu officier municipal pour remplacer Gabriel Duplessis-Smith et il conserve cette fonction sans discontinuer jusqu'en janvier 1793. Au cours de cette période, il est notamment administrateur de l'hôpital de septembre 1790 à février 1792. Durant la Convention, il est détenteur du marché pour la fonte du cuivre de la marine et est un temps attaché à la fonderie des canons. Il meurt en thermidor an V (juillet 1797). 

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Jean-Baptiste, présent à un baptême le 19 mars  1718 à Brest, quartier des Sept-Saints : 

Famille « le soueff de Montalembert

https://gw.geneanet.org/jmignon2?lang=fr&p=rene+francois+marie&n=soueff+le+de+montalembert

http://lemarois.free.fr/jlm/data/r32malherbe.html

1711 - Catherine-Jeanne (ou Jeanne-Catherine) SOUEFF x Louis ROBERT d'où

1. Louis-Thomas °21.7.1711 Brest les Sept Saints (parrain: Thomas LE SOUEFF sieur signr le SOUETT, Jean LE DOARIN signe LE DOUARIN)

2. Marie-Françoise °4.8.1712 Brest les Sept Saints (parrain: François RABBY marchand, Marie-Anne PERRIER veuv de DE BELOIS chirurgien major de la marine elle signe Perrier Beloy, signatures: Antoine Raby Le Soueff Jan La Rivier La Beurrié)

3. Marie-Louise °19.3.1718 Brest les Sept Saints (parrain: Louise Sébastien de LACRAMPE lieutenant dans le régiment de Louvigny, marraine: Marie-Perrine ROME, jeune fille, signatures : Jan La Beurriée de la Rivière Jean François Le Beurriée Janne Le Duc Josèphe Romé François Larivière Elisabeth Soueff Caum Lévesque)

 

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Jean-François Le Beurrié de la Rivière, frère de Jean-Baptiste.

Né à Vannes le 15 novembre 1686 et mort à Brest le 27 octobre 1753. Il épouse à Brest Marie PILLOT, née à Londres, élevée en France depuis 1697 et à Brest depuis 1720, qui lui a donné 5 enfants entre 1723 et 1731. 

Il a fondu seul :

  • deux cloches à Tréflez en 1716
  • une à Bodilis en 1718 (acompte de 150 livres)
  • à Quimerc'h en 1720
  • à Saint-Pol-de-Léon en 1721 (il reçoit 164 livres puis 151 livres 15 sols)

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Les autres fondeurs de cloche de la famille LE BEURRIÉE.

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A. LES BEURIER de VANNES

Joseph Le Beurier, maître fondeur à Vannes, marié à Madeleine Chevrier, dont il a au moins cinq enfants entre 1715 et 1723. Fond deux cloches à Vannes en 1715, avec Etienne, qui suit. Décédé à Vannes, le 19 septembre 1733. Et fondeur de la cloche de Carmesse en Neuillac. 

Etienne Le Beurier, sieur des Jardins -dit Le Beurrier des Jardins-, maître-fondeur à Vannes,  demeurant au quartier du Méné à Vannes,  fils de Joseph et frère de Jacques I (et donc oncle de Jean-Baptiste) . Décédé le 2 avril 1719. Son épouse Suzanne Delabaye appartenait aussi à une famille de poêliers normands, en eut plusieurs enfants, une fille qui épousa un chirurgien, un fils qui entra dans les ordres et Joseph Le Beurier qui, après la disparition de son père en 1719, continua à fondre des cloches jusqu'à sa mort en 1734 (Le Pesant). Il fond deux cloches pour la paroisse de Bignan en 1695 et 1698, et deux autres pour Vannes avec Joseph.

A. D Morbihan. 6E 765 : 18 octobre 1694 : Bail de 7 ans passé entre Dlle Jeanne Gainche demeurant rue Saint Gwénaël paroisse Sainte Croix et Etienne Le Beurier Me fondeur.

Archives départementales du Morbihan : 6E 765 http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/immeuble-6-place-cabello-vannes/49dddd7c-90ba-4007-8bb5-8fa0aac60f48#historique

 

 

Jeanne Le Beurier épouse en 1718 Julien Huet, fils de Guillaume Huet, fondeur établi à Sainte-Melaine à Morlaix. Paroisse du Méné à Vannes

Il fond en 1721 les cloches de Neuillac et de Mûr ; en 1728 celle de Saint-Jean de Mûr ; en 1732 de Sainte-Suzanne de Mûr ; le 16 mai 1745 celle de la chapelle du Pont-d'Ars en Saint-Jacut ; en 1763 celle de Saint-Eloi en Ploudaniel (29) ; le 13 janvier 1765 une cloche pesant 1377 livres pour Noyal-Pontivy ; le 26 octobre 1766 une cloche pour Mohon ; in 1773, il refond la cloche de la chapelle de Saint-Cado en Nostang.

 Jeanne Le. Beurrier, supposée soeur de Joseph deuxième du nom, épouse un de ses voisins de la paroisse du Mené, nommé Julien Huet, né à Morlaix, évêché de Tréguier. Guillaume Huet, établi maître fondeur à Morlaix est présumé d'origine normande. Il n'est pas possible de dénombrer les cloches sorties des mains de Julien Huet, car durant une soixantaine d ' années, il exerça son art à travers nos campagnes, faisant étape à Missiriac,- Plouhinec, Saint-Jacut, Noyal-Pontivy, Saint- Goustan, Nostang, Inizio... et beaucoup d'autres-paroisses. Après une si longue et noble tâche, il s'éteignit, en 1777, rue des Douves du Mené à Vannes, laissant après lui au moins une fille. Renée, cette fille, avait contracté mariage avec un normand du diocèse de Coutances, Joachim-François Châtel, en résidence à Lorient (1774). - Hervé du Halgouet

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B. LES LE BEURRIÉE de BREST.

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Cette famille venue de Vannes passa du quartier des Sept-Saints (au pied du château, contre la Penfeld) à celui de Saint-Louis, l'église des Sept-Saints ayant été désaffectée en 1702 au profit de celle de Saint-Louis.

René-Claude LE BEURRIÉE (Brest 15 décembre 1731-1774), fils de Jean-François. Il épouse à Brest (Saint-Louis) le 26 novembre 1756 Hélène Jeanne GILBERT originaire de Paramé, dont il eut 2 enfants en 1759 (Julien, qui suit)et 1763. Il a fondu 2 cloches pour Ploumoguer, en 1760 et en 1765.

— Julien François Marie LE BEURRIÉE (24 septembre 1759 Saint Louis - Brest, décédé le 20 Mars 1818 à Brest), fils de rené-Claude,  Fondeur; Conseiller Municipal de Brest (1809-1818), Membre de La Fabrique de St Louis (1810-1818). Il épousa Marie-Olive Pincemin (1760-1828), fille de Noël Pincemin, maître pilote, baptisé aux Sept-Saints en 1712 et décédé à Saint-Louis de Brest en 1770. Il a 7 enfants entre 1784 et 1798. En 1789, il habite rue d'Aiguillon et paie 36 livres de capitation. En 1790, est commissaire des pauvres à Brest. Lors de la fête de la déesse Raison, célébrée à l'église Saint-Louis le 30 novembre 1793, de nombreux objets religieux étant mis en vente, il acquiert les chandeliers du maître-autel, deux grands candélabres et le lutrin, qu'il cache soigneusement dans sa cave. Le 14 janvier 1804, il les restitue à la fabrique au prix qu'il les avait achetés. En 1793, il reçoit 57 livres 3 sols pour supprimer les armes, écussons au pupitre et à un chandelier ainsi qu'à la grosse lampe de cuivre. Le 6 janvier 1794 (décret du 17 nivôse an II), il est chargé avec un autre fondeur, Neveu (nommé officier municipal après Thermidor), de fondre toutes les cloches du Finistère, du Morbihan, d'Ille-et-Vilaine, des Côtes du Nord et de la Manche. Ces cloches devaient, à la demande de Jean Bon Saint-André, qui voulait développer la fonderie de canon du port de Brest, être transformées en 50 canonnades et en canons. Toutes les cloches, sauf une par paroisse, avaient été descendues. Brest reçut les cloches du district de Pont-Croix, 146 de celui de Châteaulin, 100 de celui d'Auray. Celles du Haut-Léon furent rassemblées sur le quai de Léon à Landerneau. Au début de l'Empire, 100 cloches avaient échappé à la fonte. Elles furent restituées à leur paroisse ... ou à d'autres.

https://gw.geneanet.org/garric?lang=en&p=julien+francois+m&n=le+beurriee  

— Julien Marie Le BEURRIÉE (Brest 1790 -), fondeur, 

etc.

 

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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LES FIGURES : CROIX ET MÉDAILLON DE LA VIERGE À L'ENFANT.

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La croix en calvaire , sur trois degrés, et décorée de rinceaux est commune à la plupart des fondeurs de cloche du XVIII et XIXe siècle en Finistère.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Le médaillon rectangulaire de la face opposée représente une Vierge à l'Enfant, au dessus de rinceaux.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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La couronne.

Elle est à six anses, ornées de  têtes. Le nombre habituel d'anses est de 4, le nombre de 6 tient compte du poids de la cloche.

 

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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LES CLOCHES ACTUELLES.

Elles sont au nombre de deux. Leur inscription est difficilement lisible du sol. Je peux dire que pour l'une  l'inscription est :

 

St MEEN PATRON DE PLOEVEN

PRIEZ POUR NOUS

PARRAIN  C. PHILIPPOT

MARRAINE  M. DOARÉ.

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L'autre porte le nom de MARIE JEAN au dessus d'une Vierge à l'Enfant couronnée.

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Sur la face exposée à l'est, je lis sur "Marie Jean" :

JADIS COMME DEMAIN

PLOEVEN

[crucifix]

MARIE-THERESE QUINNIOU, MARRAINE

JEAN MARZIN  PARRAIN

ANNA DENNIEL

JEAN FOREY MAIRE

FRANÇOIS SAVINA, RECTEUR

ETS ----------------------

Jean Forey fut maire de 1989 à 2001.

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Sur la voisine, je lis :

MARIE-THERESE FOREY, MARRAINE

ANDRÉ BRESOT PARRAIN

MARIANNE ----

RENE ----

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On notera enfin que la Liste des recteurs affichée dans l'église signale qu'après la tempête de 1735,  la plus grosse des cloches de Ploéven "a été refondue chez BRIENS LOUVIERE, à Morlaix en 1735". Cette erreur témoigne néanmoins peut-être d'une cloche qui provenait de cette fonderie active au XIXe siècle.

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Ploéven.  I. Église de Ploéven, la cloche de 1735.

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ANNEXE.

extrait des archives : la chute de la cloche en 1735.

 

"Le neuf février mil sept cent trente cinq il y eut une si grande tempête pendant 24 heures que la curie et la pierre triangulaire vinrent à bas vers les trois heures après midy et les deux images qui sont st Pierre et st Jean placés du coté gauche sur la croix dans le cymetière et vers les quatre heures trois quart la grande cloche de la tour, pesant environ six cent livres fut levée en l'air et jettée sur les tombes des MARZIN du coté du reliquaire [ossuaire] et les deux autres dans le reliquaire dont l'une pesait environ quatre cent cinquante et l'autre environ trente et la tour sur les cloches depuis la plateforme et environ 1700 [17 heures?] la pointe de la tour avoit esté encore jetté sur l'église d'un coup de tonner et les bannières dans l'église après avoir esté tirées de leur armoires mais les cloches n'eurent point de mal. Voilà pourquoi il n'est pas à propose de relever la tour aussi haute comme auparavant. Il y a encore environ 60 ans au dire des anciens que la tour fut encore jettée a bas au gros temps et les cloches furent encore toutes brisées comme cette année cy."

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1987, Artistes en Bretagne, dictionnaire des artistes artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien-Régime. avec Tanguy Daniel et Georges-Michel Thomas. 

 

— LE BRIS (Jean), CGF 797 : panneaux explicatifs généalogiques dans l'église

— PÉRENNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

— SUTTER (Eric) 2006, La campanographie française

http://campanologie.free.fr/pdf/La_Campanographie_francaise.pdf

— TCHORSKI, épigraphie campanaire

http://tchorski.morkitu.org/1/epigraphie-01.htm

Hervé du Halgouet 1949, Vieux sons de cloches

https://broceliande.brecilien.org/IMG/pdf/spm_1949_cloches.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans cloches Ploéven
5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 20:16

L'abbé de Landévennec Jehan du Vieux-Chastel et la cloche de 1513 de l'église de Landévennec.

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Voir sur Landévennec :

 

 

 

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Voir aussi :

 

et  : Mes 150 articles sur la Presqu'île de Crozon.

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Voir sur les cloches :

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Présentation.

Les deux cloches de l'église de Landévennec sont remarquables par leur ancienneté. La plus petite cloche, qui sonne à la volée,  date de 1513 et appartenait à l'abbaye de Landévennec ; elle porte le nom et le sceau de l'abbé Jehan du Vieux-Chastel. C'est l'une des plus anciennes cloches de Bretagne. Diamètre  0,62 m à la pince pour une hauteur de corps de 0,55 m.
La seconde, nommée MARIE-ANNE, date de 1703 et sonne les coups sous l'effet d'un marteau.
Elles sont aujourd'hui électrisées.

Le clocher est classé par arrêté du 11 mai 1932, fiche Mérimée PA00090041, mais rien n'indique que la cloche vénérable soit classée.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090041

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Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Si l'église, dans sa structure, semble remonter à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle, le chevet porterait (C. Douard) la date de 1652 et les armes de Pierre Tanguy, abbé de Landévennec, tandis que la façade occidentale, appareillée en pierre jaune de Logonna, porte la date de 1693 sous le blason que j'attribue à Jacques Tanguy , neveu et successeur de Pierre Tanguy à la tête de l'abbaye. (*). La construction progresse ensuite vers l'élévation sud et le porche, dont le fronton porte le chronogramme de 1699. La grosse  cloche porte la date de 1703, cohérente si on situe la construction du clocher après celle de la façade ouest en 1693. Louis Chauris, par son étude lithographique, montre que ces datations ne sont que des repères dans une évolution complexe. Enfin, la sacristie a été ajoutée en 1740 (inscription).

 

(*) C. Douard fait dater cette façade et le clocher de 1659.

Voici la photographie du blason du pignon ouest sur laquelle se fonde ma datation. Il a été martelé mais on reconnaît (en le comparant à celui d'Argol) l'écartelé en 1 et 4 d'azur à l'aigle d'or accompagné de [2 ou ] 3 étoiles de même et en 2 et 3 d'azur à la colombe d'argent tenant en son bec un rameau d'olivier de sinople (en extrapolant les émaux et métaux en fonction des données de documentation).

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Armoiries de l'abbé de Landévennec Jacques Tanguy et date de 1693 sur le pignon occidental de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Armoiries de l'abbé de Landévennec Jacques Tanguy et date de 1693 sur le pignon occidental de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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La tour carrée abritant la chambre des cloches est surmontée d´une flèche polygonale peu ajourée et aux arêtes figurant des têtes humaines. "De telles flèches à arêtes sculptées figurant des têtes humaines existent aussi à Dinéault (chapelle Saint-Exupère de Loguispar), à Brasparts (église paroissiale Notre-Dame et Saint-Tugen) ou encore à Pleyben (chapelle de la Madeleine) et l'hypothèse qu'il s'agisse d'un même atelier de maçons ou de tailleurs de pierre n'est pas à exclure." (C. Douard)

Dinéault est proche de Landévennec. Le clocher à galerie et flèche et le pignon ouest à fronton cintré de la chapelle de Loguispar  sont de 1669.

:

http://www.lavieb-aile.com/2017/03/le-calvaire-de-la-chapelle-saint-exupere-a-dineault.html

La chapelle Sainte-Madeleine de Pleyben n'est guère éloignée non plus. Son calvaire date de 1652.Voir :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-de-la-madeleine/e42ecf8e-12b6-478a-8257-6818242ad23e

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Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Les deux cloches n'ont pas la même origine, puisque la plus petite provient, à une date non déterminée, de l'abbaye elle-même, dont elle porte le sceau, tandis que la plus proche, datant de 1703, appartient dès le début à l'église paroissiale.

On n'accédait à la chambre des cloches que de l'extérieur, en posant une échelle jusqu'à l'angle sud-ouest du toit, puis en montant prudemment la volée de marches parallèles au gable droit du pignon, puis en s'aventurant sur les pierres posées sur les cotés sud et est de la tour.

Jadis, des cordes écartées par des tanguons appendus à la chambre actionnaient les cloches et pénétraient par le toit jusqu'à la base de la nef. (voir CPA) Les cloches sont désormais électrisées et leur maintenance est confiée à une société spécialisée.

(CPA) : https://www.delcampe.net/fr/collections/cartes-postales/france/landevennec/landevennec-leglise-paroissiale-tres-bon-etat-738695030.html

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Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.
Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Cloches de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloches de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Description de la petite cloche de 1513.

Ronan Pérennec, et Annie Bardel ont eu la chance d'observer ces cloches de près et d'en donner une description ; ils écrivent :

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"En mai 1993, profitant des échafaudages d’un chantier de restauration, nous avons eu la possibilité d’avoir accès aux cloches de l’église paroissiale dans de bonnes conditions. Les inscriptions mentionnées ci-après ont été déchiffrées par le père Filibert Guernalec, OSB, Loïc Bellec et Ronan Pérennec. Un descriptif des cloches a été publié par R. Lars, Landévennec, les cloches de l’église paroissiale, dactylographié, juin 1993.

"D’un diamètre de 0,62 m à la pince pour une hauteur de corps de 0,55 m, elle est particulièrement décorée (fig. 9 et 10). Aux moulures du cerveau et de la partie basse de la jupe s’ajoute en effet une inscription se développant sur un double registre encadré de filets. L’écriture, de style gothique, est agrémentée de décorations : ostensoir encadré de deux colombes… Les lettres s’inscrivent dans un registre de 4,5 cm de hauteur. Bien que leurs gabarits aient été très raffinés et ornementés, elles sont bien formées, ce qui en facilite grandement la lecture. On peut ainsi lire :

LAN MVCTXIIIPOR LABAIE DE LANTEGVENEC FAICTAU TEPS DE LP IEHAN

DV VIELCHATEAU ABE DVDIT LIEV S GVENOLLOAY

["L'an 1513 pour l'abbaie de Lanteguenec faict au temps de Jehan du Viel Château abbé dudit lieu S. Guenolloay"]

Les deux sceaux de l'abbé encadrent un médaillon rectangulaire de 7 cm de hauteur pour 5,4 cm de largeur. Ce dernier représente une Vierge à l’Enfant sous un dais gothique ornementé.

Par ailleurs, le sceau de l’abbaye figure lui aussi sur la cloche. Il est circulaire (5 cm de diamètre), et représente une église sur fond d’hermines. Les inscriptions figurant autour des armes de l’abbaye sont difficilement déchiffrables, hormis

(O) ? SB MONASTERIUM.

L’usure de la pince donne visuellement à la cloche l’aspect d’un bord ébréché. Ce phénomène est sans doute aggravé par la corrosion due au milieu marin : la deuxième cloche du campanile, qui fut réalisée pour la paroisse, bien que plus récente (1703), présente le même aspect." (Bardel et Pérennec)

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Les caractères sont particulièrement recherchés, puisque dans ces lettres en écriture minuscule  gothique aux fûts droits, sans courbes et aux hastes fourchus, les traits sont perlés par de multiples boules qui se greffent sur leur bord (le -b- de ABE).

Je ne vois ni ponctuation entre les mots, ni signe d'abréviation.

Sur la face visible de la rue, nous parvenons à lire

...BAIE DE LANTEGVENEC

...EAU ABE DVDIT LIEV

avec le sceau de l'abbaye en dessous.

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Le sceau de l'abbaye (une église sur fond d'hermines entouré d'inscriptions)  a été relevé ainsi par Bardel et Pérennec:

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Mon cliché en rend compte ainsi :

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Le sceau de l'abbé qui a fait réaliser cette cloche, Jehan du Vieux-Chastel est visible sur le coté nord de la cloche, et après de multiples essais au téléobjectif, j'obtiens cette image sur laquelle se voient, en dessous de l'abbé, ses armoiries à trois fasces accompagnées d'hermines.

"Jean du Vieux-Châtel (†1522), fut le dernier abbé régulier du monastère avant l’introduction du système de la Commende : ses successeurs sont nommés par le roi et non plus élus par leurs frères. En 1648, Dom Noël Mars en parle ainsi : « Religieux de Landévennec dès l’an 1477, [il] fut eslu environ l’an 1497. Il semble que comme cet abbé devoit estre le dernier de la robbe, que la divine Providence l’inspira de faire travailler à plusieurs réparations, tant de l’abbaye de Landévennec qu’en ses Prieurez. »

Ses armoiries sont apposées à deux reprises sur la cloche de 1513, sur deux sceaux de 4 cm de largeur pour 6,8 cm de hauteur. On y voit, sous un dais, un personnage en robe, auréolé, tenant une crosse dans la main droite et un livre ouvert sur sa poitrine. Le traitement iconographique s’accompagne d’une inscription difficilement lisible :

ABATIS DE LANVENEC / IO DE VETERI CASTRO

" (Bardel et Pérennec)

IOHANNES DE VETERI CASTRO est la forme latine de Jean du Vieux-Chastel, sous laquelle il apparaît dans les actes de l'abbaye (comme par exemple le nécrologe).

Voir de plus amples développements dans l'article sur son gisant :

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-gisant-de-jehan-du-vieux-chastel-abbe-de-landevennec.html

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Un cliché de la face est de la cloche montre le deuxième sceau, ainsi que le " médaillon rectangulaire de 7 cm de hauteur pour 5,4 cm de largeur. Ce dernier représente une Vierge à l’Enfant sous un dais gothique ornementé".

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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La cloche de 1703 ne porte que peu d'inscriptions visibles pour l'observateur depuis le sol.

Je ne vois pas la mention de son nom MARIE-ANNE, mais je vois les signes très espacés.

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Cloche de 1703 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1703 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Deux cloches vénérables.

Une cloche datant de 1702, cela n'est pas fréquent en Bretagne. La cloche du Faou, fondue à Brest par Thomas Soueff et 1714, et sa sœur fondue par le même Le Soueff en 1712 pour le Prêcheur, sont déjà des antiquités fort précieuses.

Mais une cloche de 1513 !

Pourtant, ce n'est pas la cloche la plus ancienne du Finistère, puisque'elle est précédée par la cloche de la chapelle du Guéodet à Quimper, aujourd'hui installée sur la cathédrale, et qui date de 1312.

Dans cette compétition, il faut distinguer les cloches encore en fonction de celles qui sont conservées au sol. Voici quelques données :

  • Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) : fin XIIe siècle,
  • Fontenailles (Calvados) : 1202. (230 kg) . Elle est conservée au Musée Baron Gérard à Bayeux.
  • Sidiailles (Cher), datée de 1239, est la plus ancienne en activité.
  •  La cloche de Landas, église Saint-Vaast de 1285, 70 cm de diamètre,  en activité. 
  • Marines (Val d'Oise) : la cloche mesure 0,47 m de haut, 0,35 de long pour un poids de 265 kg. 
  •  Arlanc (Puy-de-Dôme),
  • Le Moutier-d'Ahun (Creuse),
  • Gros-Horloge de Rouen (Seine-Maritime),
  • Saccourvielle (Haute-Garonne),
  • Le Tech (Pyrénées-Orientales),
  • La Villedieu (Dordogne)
  • les deux cloches de l'église Saint-Georges de Haguenau (Bas-Rhin).
  • l'église de Fouqueure (Charente), se trouvent deux cloches de la fin du xiie siècle, 
  • La cathédrale Saint-Étienne de Metz comporte une cloche datée de 1398 qui sonne en La dièse.
  • Une autre cloche ancienne de cette cathédrale a été fondue en 1413, elle pèse environ 2 tonnes, mesure 1,20 m de hauteur et 1,56 m de diamètre inférieur. Elle sonne les heures en Ré dièse.
  • Le beffroi d'Obernai (Bas-Rhin) abrite un bourdon de 1429 du fondeur Hans Gremp et une autre cloche de 1474 du fondeur Lamprecht Johannes.
  • L'église Saint-Thibaud de Brageac (Cantal) abrite une cloche de 1466 la plus vieille du département.
  • Le bourdon de la cathédrale de Strasbourg  date de 1427

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La cloche de l'abbaye de Landévennec a très vraisemblablement été fondue sur place par des fondeurs itinérants. On sait par un procès-verbal de 1603 que, dans le dernier tiers du xvie siècle, l’abbaye possédait au moins trois grosses cloches. On n’a pas de vestiges repérables de leur fabrication, ni d’ailleurs de celles qui les ont directement précédées.

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Des hypothèses sur la cloche de 1513 par A. Bardel et R. Pérennec :

 

 

 

"Quand et comment cette cloche, coulée pour l’abbaye, a-t-elle été récupérée par la paroisse de Landévennec ? Cette dernière dépendait de l’abbaye, le « vicaire perpétuel » qui la desservait étant à nomination directe de l’abbé. Du reste, jusqu’à la construction de l’actuelle église paroissiale au milieu du xviie siècle près de Port-Maria, en bord de mer, le siège de la paroisse se trouvait juste à côté de l’entrée du monastère : si les vestiges de l’église ne sont plus visibles actuellement, le dernier état de l’enclos cimétérial est donné par les parcelles 1170 et 1171 du cadastre.

Si l’on ne connaît pas de façon certaine la date du transfert, on peut émettre des hypothèses, qui sont loin d’être exclusives.

La première consiste à envisager le don ou la vente d’une cloche à la paroisse sous l’abbatiat d’Arnoult ou Arnulphe Briant. Ce dernier fit en effet refaire la lanterne et « le grand clocher d’aprésent couvert d’ardoize, accompagné de plusieurs petits tourellons de mesme ». La date des travaux est connue par une inscription portée sur un pilier neuf à la croisée du transept : « L’an mil cinq cent quarante hoict ce pillier cy fut faict et construict avec ses arches, tour, et tout ce qui suit par honeste. » La reconstruction du clocher nécessitait au préalable la dépose des cloches. Pourquoi ne pas envisager que cet abbé ait pu en profiter pour en offrir une à la paroisse ? Il se pourrait d’ailleurs que la raison première ait été la volonté de faire de la place pour une cloche qu’il aurait lui-même fait fondre, et portant ses armoiries. L’intérêt porté par cet abbé au clocher de l’abbatiale est manifeste : Noël Mars relate que « ses armes sont de tous les costez tant sur les murailles que dedans les vitres, qui sont d’azur à trois guidons d’or ». Il se fit de plus « enterrer dans un grand sépulcre de pierre, dessous le clocher ».

Le fait que dans ce cas de figure ce soit une cloche neuve qui ait été offerte ou vendue, puisqu’elle n’avait que 35 ans, ne doit pas forcément surprendre. Les abbés n’étaient pas toujours très respectueux des travaux de leurs devanciers ou des signes de leur activité. Témoin le blason d’Henry Morillon découvert enfoui dans les fondations d’un mur postérieur.

Cette hypothèse du transfert de la cloche du temps d’Arnulphe Briant pourrait être corroborée par l’histoire postérieure du monastère. En effet, un procès-verbal de 1603 nous apprend que les Mesgouez, bénéficiaires de l’abbaye entre 1577 et 1606, « auroienct prins aussy faict rendre et fondre en leur mannoir de Trevalet pour en servir de canon deux des plus grosses cloches de la dicte abbaye depuis peu des jours auroict ledict sieur Marquis faict abattre du clocher une aultre grosse cloche quy restoict à mesme dessein de la faire fondre et en servir de canons ».

Un des témoins entendu par le Sénéchal de Carhaix, Hervé Le Magadur, maçon, dépose d’ailleurs avoir vu le « sieur de C/moalec faire descendre de la tour de ladicte abbaye une grosse cloche faire briser en pièces et porter au mannnoyre de Trevalet en des charrestes ».

On ne peut exclure, cependant, que certaines en aient réchappé : on ignore en effet leur nombre initial. Dans cette seconde hypothèse, la cloche aurait été donnée à l’occasion de la construction de l’actuelle église paroissiale, bâtie dans les années 1652-1659, sous l’abbatiat de Pierre Tanguy, dont elle porte d’ailleurs les armes. Or celui-ci, avant d’accéder à la charge abbatiale, était vicaire perpétuel de Landévennec. On peut donc imaginer qu’il s’en soit souvenu, d’autant plus facilement que ses relations avec les moines, à qui aurait été retirée la cloche, étaient plutôt mauvaises…"

 

CONCLUSION :

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"La cloche de Jean du Vieux Châtel, vieille de cinq siècles, est quasiment miraculée. Elle aurait pu être refondue, comme c’était souvent l’usage pour économiser le métal au moment de la fonte d’une cloche plus neuve. Lors des exactions des frères Mesgouez, elle a échappé à la fonte quand ceux-ci transforment en canons les cloches de l’abbaye. Elle a traversé sans dommages les guerres de la Ligue, puis la Révolution. Depuis cette époque, et malgré les avatars de la Communauté monastique, elle est restée une parcelle « vivante » de l’abbaye. À travers elle, la voix des moines n’a jamais cessé de se faire entendre à Landévennec." (A. Bardel et R. Pérennec)

 

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Cloches de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloches de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

L'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

L'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

 

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie) et PEYRON (chanoine Paul), 1917, Landévennec, [notices sur les paroisses], Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/017eb901a29a169d8d6edb403cc06c6b.pdf

 

ABWINNOC, 1951, Landévennec et son abbaye, photographies Jos Le Doaré.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_168/landevennec__et__son__abbaye.pdf

BARDEL (Annie), PÉRENNEC (Ronan), Les anciens fours à cloches de l’abbaye de Landévennec, in Louis Lemoine,  Bernard Merdrignac (dir.), CORONA MONASTICA. Moines bretons de Landévennec, histoire et mémorial celtique.  Mélanges offerts au père Marc Simon, p. 129-146

https://books.openedition.org/pur/20118

https://books.openedition.org/pur/20146?lang=fr#bodyftn5

CHAURIS (Louis), 2011, "Regards sur les pierres de l'église Notre-Dame à Landévennec", Avel Gornog n°19, juillet 2011, pages 82-84.


— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Landévennec

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LANDEVEN.pdf

"Elle comprend un clocher encastré à une chambre sans galerie, puis une nef sans bas-côtés séparée par un arc diaphragme d'un choeur à chevet plat ; ce choeur communique lui-même par deux arcades avec une chapelle nord en aile. L'édifice date en majeure partie du XVIIè siècle et a été restauré au XIXè siècle. Le clocher (I.S.) porte la date de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699 ; enfin, la sacristie est datée 1740 "

— DOUARD (Christel), Présentation de l'église de Landévennec, Service de l'Inventaire

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-landevennec/a3d63319-2d8e-427e-b84e-2b0c7cf106e0

— JOURDAN DE PASSARDIÈRES, 1912, :  Histoire de l'abbaye de Landévennec par dom Noël Mars Bibliothèque national manuscrit français  n° 22358 anciennement Blancs-Manteaux, Bulletin diocesain d'histoire et d'archéologie de Quimper pages 193-204

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/21ec271e9a430068fc93b7bb4845de55.pdf

 

PÉRENNEC (Ronan), Landévennec 1993-1994, rapport de fouilles.

http://bibliotheque.numerique.sra-bretagne.fr/files/original/cb43488063379a623b74da92a4618da0.pdf

— SIMON (Marc ), BARDEL (Annie), 1985, L'abbaye de Landévennec de saint Guénolé à nos jours,  Ouest-France, - 315 pages

— SIMON (Marc ),  1997, Saint Guénolé et l'Abbaye de Landévennec, Editions Jean-Paul Gisserot, 1997 - 32 pages

— TUDCHENTIL Nécrologe de l'abbaye de Landévennec.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article101

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 15:12

La chapelle Saints Côme et Damien de Saint-Nic : la cloche Herveline-Marie Anne (1927).

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Voir sur la commune de Saint-Nic :

— L'église :

 

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— La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

 

 

 

 

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— La chapelle Saint-Jean :

 

L'église de Trégarvan (sablières de 1570 par le Maître de Saint-Nic) :

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La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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La chapelle Saint-Côme et saint-Damien possédait jadis deux cloches, mais une seule a été remplacée, une dizaine d'année après la fin de la Première Guerre, en 1927. 

À la Révolution, toutes les paroisses du Finistère reçurent l'ordre de déposer leurs cloches, sauf une, pour les mener à Brest afin de les fondre pour fabriquer des canons. Mais celles de Saint-Côme échappèrent à cette contribution à l'effort de guerre :

"[en 1793] Le même jour, enfin, qui est un dimanche, à l'issue de la messe, ils enjoignent à un certain nombre d individus « nommés à haute voix », de descendre les cloches des clochers des chapelles et de les transporter à l'église paroissiale pour être ensuite envoyées à la fonderie, eux-mêmes, officiers municipaux et procureur de la commune, se chargeant de descendre celle de l'église paroissiale. Effectivement, les cloches des chapelles furent descendues. Mais elles n'allèrent pas à la fonderie. La population aimait trop ses chapelles pour laisser commettre le sacrilège. Elle s'y opposa énergiquement, et les cloches de Saint-Côme furent cachées dans une prairie pour échapper à la réquisition. Du moins, c'est ce que rapporte la tradition ; aucun document n'en parle. La légende s'est empare du fait et l'a embelli selon son habitude : . depuis plusieurs années déjà, le clocher de Saint-Côme était vide et muet, lorsque, par un soir d'été, la tourmente ayant passé, l'on entendit un carillon mystérieux semblant provenir d'une prairie de Saint-Côme. C'était l'appel des cloches invisibles qui demandaient à être délivrées de leur prison de boue et à remonter dans leur clocher à jour. Guidés par leur son, les _habitants du village les trouvèrent facilement, et, tout joyeux, les rendirent à leur chapelle. On peut se demander si l'unique .cloche de l'église paroissiale - car si Saint-Côme avait alors deux cloches, l'église paroissiale n'en avait qu'une – fut descendue. Il semble bien que si le maire, les officiers municipaux et le procureur de la commune déclarent se charger eux-mêmes de cette besogne, c'est avec l'intention bien arrêtée de n'en rien faire. En effet, plus d'un mois plus tard, la cloche est toujours en place. Mieux encore, la municipalité convient, le lendemain de Noël, avec Corentin Gannat, marechal ferrant. à Pratigannat, en Plomodiern, de faire des réparations « sur nostre cloche et sur nostre orlauge » (sic). (Corentin Parcheminou)

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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Description.

Cloche suspendue, de volée, non électrifiée, à mouton en barre en bois, à quatre brides rondes en fer, à battant en fer (boule corrodée), couronne à quatre anses ornées de palmettes. Décor sur la face est : crucifix.  Décors sur la face nord et sud : petite croisette.

Note sonnée : à déterminer.

Poids : inconnu.

Mesures : non prises.

 

La cloche est actionnée depuis la nef par une corde, mais ce système simple a été perdu ou ôté pendant une partie du XXe siècle, obligeant le sonneur à accéder, par une échelle, à l'escalier en pierre du rampant du toit pour sonner la cloche directement depuis la chambre.

En 1790, Saint-Nic avait un sonneur de cloche attitré, Olivier le Baron, qui fut chargé de faire "incanter" trois dimanches de suite les  annonces d'adjudication des travaux de réparation de la chapelle.

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Le cerveau est orné de 3 rinceaux ( palmettes, lambrequins), le vase comporte à l'ouest l'inscription de sept lignes, et la faussure porte le nom de la fonderie.

 

La face principale (tournée vers l'ouest).

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PAROISSE DE SAINT-NIC

JE M'APPELLE : HERVELINE – MARIE-ANNE

PAUL STEPHAN, RECTEUR.

PIERRE BIDEAU, MAIRE.

PARRAIN : HERVÉ KERNÉVEZ

MARRAINE : MARIE-ANNE LAROUR

1927

FONDERIE SPÉCIALE DE CLOCHES BREST FINISTERE

 

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

 

 

Hervé Kernévez, le parrain, est peut-être le même que celui dont parle Georges-Michel Thomas : " cultivateur à Brégalor, né en 1889, « ancien des Crapouillots » pendant la Première-Guerre," et encore présent pendant la Seconde.

https://books.google.fr/books?isbn=2402059451

La "Fonderie spéciale de cloches" est très probablement celle de Maurice Gripon, qui a repris la fonderie des frères Briens, une famille venue de Villedieu-les Poêles. Cette Maison Briens revendiquait sur ses publicités son installation à Brest depuis 1804.

La fonderie Gripon était installée 59 rue Yves Collet. Son activité a été florissante dans l'après-Guerre, vers 1925, pour remplacer un peu partout en France les cloches de tous les clochers abattus.

Voir mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/les-cloches-du-faou-et-les-fondeurs-de-cloche-du-finistere.ii-viel-a-brest-1823.html

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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Quelques images complémentaires.

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Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La plage de Pentrez vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La plage de Pentrez vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

—PARCHEMINOU (Corentin), 1930, Saint-Nic, ses monuments.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 14:56

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La cloche de Plouha (Côtes d'Armor) a été fondue par Thomas Le Soueff en 1712, la même année que la cloche du Prêcheur (La Martinique) dont elle est la sœur jumelle, et deux ans avant la cloche du Faou, dont elle est proche. Cette cloche de Plouha a disparue, mais elle a été décrite avec précision par Léon Germain de Maidy en 1896. 

Voici les photographies des cloches encore existantes, qui nous permettent de l'imaginer :

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La cloche du Prêcheur (Thomas Le Soueff, 1712) à La Martinique. Photographie Eric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas Le Soueff, 1712) à La Martinique. Photographie Eric Brottier 2018.

La cloche du Faou (Thomas Le Soueff, 1714), dans le Finistère.

La cloche du Faou (Thomas Le Soueff, 1714), dans le Finistère.

 

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DESCRIPTION.

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MAIDY ( L. Germain de ), 1896, " Sept cloches anciennes des Côtes-du-Nord", Congrès archéologique de France : séances générales tenues par la  Société française d'archéologie. 1898 (63). Contient les Séances générales tenues à Morlaix et à Brest, en 1896. pages 294-297.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f377.image

Numérisation Gallica, copie manuelle par mes soins.

"Deux cloches de 1712 appartenaient à l'église de Plouha.

1°) La plus petite, de 0,90 kilog (diam. 0,535 m ; haut. 0,59 m) offre en haut l'inscription suivante, commençant par une croisette et dont chaque mot est suivi alternativement d'un e fleur de lis et d'une moucheture d'hermine :

IESVS MARIA IOSEPH ANNA 1712.

Au dessous, six filets.

Sur la panse, une croix posée sur trois degrés, le tout formé de fragments de frises.

 

2°) L'autre de ces cloches, très belle et grande, pèse 557 kilog (diam. 1 m ; haut. 0,91 m.) Elle existe encore à la fonderie de M.L. Robert. L'inscription suivante, avec une fleur de lis entre chaque mot et à la fin, se développe sur trois lignes, qui débutent chacune par une tête d'ange ailée.

CETTE CLOCHE SAPELLE PIERRE MARIE FAITE EN LAN 1712 AU FRAIS DE LA FABRICE DE PLOVHA PAR LES SOINS DE N : ET DISCRET F. CORENTIN LE MILIN CHANOINE REGULIER DE PREMONTRE PRIEVR RECTEVR DU DIT PLOVHA 

C'est à dire "Cette cloche s'appelle Pierre-Marie ; faite en l'an 1712 aux frais de la fabrique de Plouha, par les soins de vénérable et discret frère Corentin Le Milin, chanoine régulier de Prémontré, prieur recteur dudit Plouha ».

 

Plus bas on lit, précédés d'une tête d'ange ailée, ces mots, séparés alternativement par une fleur de lis et une moucheture d'hermine :

IAI ETE FONDVE A BREST PAR THOMAS LE SOVEFF

La panse est décorée d'une grande croix sur trois degrés, le tout orné de feuillages en arabesque.

Cette croix est accostée de deux médailles ou plutôt des deux faces d'une même médaille, rectangulaire, à pans largement coupés, c'est-à-dire presque octogone.

La première représente le Christ, en buste, tourné à senestre, à longs cheveux et la tête encadrée par un nimbe.

Il est entouré de cette très curieuse légende en langue italienne : ALLEGREZA - DEL - CIELO - E - DELLA - TERRA.

La seconde, offrant la Vierge en buste, tournée à. dextre, la tète également encadrée par un nimbe, a pour légende: REFVGIVM PECCATORVM OR . PRO . N. Note : Refugium peccatorum, ora pro nobis, invocation des litanies laurétanes.

Il s'agit donc d'une médaille dont les deux faces, placées l'une à coté de l'autre, représente les effigies en regard du Christ et de la Vierge, figuration que commença d'être en vogue à la fin du XVIe siècle mais le fut surtout aux deux siècles derniers [XVII et XVIIIe]. Sur ce sujet, relativement auquel j'ai recueilli beaucoup de notes, on peut trouver quelques renseignements dans Jules Rouyer, Un rosaire lorrain du XVIIe siècle, dans les Mém. De la soc. D'archéol. Lorr. 1881.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33701k/f162.item

À l'opposé existe un assez grand médaillon ovale avec cadre rectangulaire, les écoinçons ornés de têtes d'anges ailées. On voit sur ce médaillon la Vierge debout, joignant les mains, ayant sept étoiles autour de la tête et le croissant sous les pieds ; elle est entourée d'une auréole rayonnante et d'un cordon ouvert en haut, terminé d'un coté en boucle, et ayant, régulièrement espacés, huit nœuds en forme de renflements cylindriques."

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DISCUSSION.

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Les trois médaillons se retrouvent à l'identique sur la cloche du Prêcheur, et j'ai montré que ceux du Christ et de la Vierge de profil venaient d'une médaille de dévotion . Voir :

La  cloche Corentin, de la cathédrale de Quimper. 1701 : 3901 livres (1909 kilos pour la livre de Paris), a été faite par "les sieurs Soüef et Le Moyne, fondeurs du roy à Brest" : certains l'attribuent à Jean Le Souef, mais elle pourrait être faite par Thomas Le Soueff, "fondeur du roi à Brest.

 

RAPPEL : Thomas Le Soueff.

Installé à Landerneau puis à Brest, Thomas Le Soueff fondit les cloches suivantes

1691 Briec  :

"La cloche du côté Nord a 25 pouces de hauteur sur 30 pouces de diamètre, elle ne porte aucun écusson, mais l'inscription suivante : ANNO : DNI : 1691 : LVDOVICO : MAGNO : XIV° : REGNANTE : ILLMO : DD :FRANCISCO : DE : COETLOGON : DIOECESIM : CORISOPITEN : GUBERNANTE : JOANNES : HVELVAN : SACR : FACULT : PARISIEN : BACCALAUREVS : THEOLOGVS : DOMVS : SORBONAE : NEC : NON : PAROCHIAE : BRIZIEC : RECTOR. Au bas est écrit : T. LE : SOUEFF : FONDEVR : Au milieu, côté du Nord : IHS. Côté du Midi, dans un médaillon circulaire de 4 pouces de diamètre, la Vierge avec l'Enfant-Jésus dans ses bras, assise sur des nuages.

Sur la seconde cloche, du côté du Midi, qui a 27 pouces de haut et 31 pouces de diamètre, est écrit : SIT : NOMEN : DOMINI : BENEDICTVM : 1702. Sans armoiries, mais elle porte une croix sous laquelle on lit FRANCOIS : LE : MOYNE : FONDEVR. De l'autre côté, est une Vierge en pied ayant les mains jointes. Cette cloche est éclatée." (Abgrall, 1904)


 

1699, Saint-Thomas de Landerneau, (perdue)

1699 Lochrist au Conquet (perdue)

1701, cathédrale de Quimper, 3901 livres (1909 kg ?) [fondeur Le Soueff sans précision de prénom]. (perdue)

1704,  Plouguerneau, en 1704. (perdue)

1706,  Plougourvest (perdue)

1707,  Lanhouarneau. (perdue)

1707 Plougastel-Daoulas (perdue)

1708, Bodilis, pesant 231 livres. (perdue)

1711,  Plouzané . (perdue)

1711,  Plougoulm, (perdue)

1712 « Le Prêcheur » à la Martinique. 560 kg, Diam. 99,5 cm. Note : Fa Sans nom. Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions allegreza del cielo et del tierra... et Refugium peccatorum . Anse  à têtes . Inscription débutant par une croix: Chaque mot est séparé par une petite fleur de lys.

1712, Plouha 757 kg, diam. 91 cm , nom Pierre-Marie. Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions allegreza del cielo et del tierra  et Refugium peccatorum ora pro nobis. Inscription débutant par une croix et dont  chaque mot est séparé par une petite fleur de lys et une moucheture d'hermine. Cloche perdue.

1714 Le Faou 1389 l (679 kg?) , diam. 101 cm, sans nom.  Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions  à déchiffrer.   Inscription débutant par une croix et dont  chaque mot est séparé par une petite fleur de lys et une moucheture d'hermine.

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 14:27

La cloche du Prêcheur, (Thomas Le Soueff, 1712) offerte par Louis XIV à la demande de Madame de Maintenon, et atteinte par l'éruption de la Montagne Pelée en 1902.

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Voir :

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Un très grand merci à Eric Brottier, expert campanaire MCC, qui m'a autorisé à reprendre les données et les photographies de son expertise d'octobre 2018. 

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Il y a des cloches qui vont, par les airs, à Rome : c'est  économe.

Il en est d'autre qui prenne le bateau au port de Brest et qui débarquent, au début du XVIIIe siècle, sur l'Île de la Martinique : c'est plus chic.

La cloche du Faou, restée en Métropole, a communiqué à lavieb-aile le courrier qu'elle a reçu de sa sœur martiniquaise.

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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PRÉSENTATION.

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Chère petite sœur du Faou ! Comme je suis heureuse de pouvoir te donner de mes nouvelles, plus de 300 ans après la séparation de notre famille !

Depuis que j'ai découvert ta description sur internet grâce à lavieb-aile, je sais combien nous nous ressemblons, et j'étais impatiente de te le montrer avec de belles photos.

Je ne te raconte pas comment j'ai été fondue par notre père Thomas Le Soueff, "fondeur du Roi" à Brest, puisque tu as connu cela. Lorsqu'un des vaisseaux des escadres royales m'a chargée à son bord  au port de Brest et m'a débarquée à Fort-de-France (ou à Saint-Pierre ?), en l'île de Martinique, j'ai été  transportée par un navire jusqu'au  village du Prêcheur, tout au nord de l'Île,  8 kilomètres au dessus de Saint-Pierre, sous la sombre masse de la Montagne Pelée nous dominant de ses 1397 m. Depuis l'embarcadère, il a fallu me conduire au sommet du Morne Danty, où, sous l'impulsion du fameux père Du Tertre, qui fut en 1647 curé de cette paroisse érigée en 1644, avait été construite la première église du village. Il n'en reste aujourd'hui que le clocher, haut de 12 m. où j'ai vécu pendant près de trois siècles. Je te joins un copier-coller :

"Ses murs épais, en moellons andésites ramassés dans la rivière voisine sont établis sur un plan carré de 6m de côté et n’ont d’ailleurs que 7m de hauteur, de sorte que l’édifice se rapproche plus d’un cube que d’une flèche et prend un aspect massif et fortifié.
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1979, il est certainement le plus ancien monument français de la Martinique."

 

Ce qui est plaisant, pour une cloche, c'est d'avoir élu domicile dans un lieu nommé "Le Prêcheur" (en raison de la forme d'un rocher, selon J-B. du Tertre, ) , car on nous a toujours expliqué que notre sainte mission était une sorte de prédication, et que déjà  l'évêque Guillaume V Durand (1230-1296), dans son  Le Rationale divinorum officiorum associait la dureté du métal de la cloche à la force du prêcheur.

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Fiche Mérimée PA 105946

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Le clocher de l'église Saint-Joseph , Le Prêcheur.

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En 1870, je fus rejointe par deux collègues, issues de la fonderie parisienne Dubuisson-Gallois (comme celles de la flèche de Notre-Dame !).

En 1902 survint la terrible éruption de la Montagne-Pelée .

Nous fûmes touchées dans notre chair d'airain  par ce déchaînement de feu, et nous en avons gardé les plaies. Pour nous permettre de remplir à nouveau nos fonctions, un emplâtre de métal fut appliqué, tant bien que mal.

En 1930, nous fûmes installées dans le clocher de la nouvelle église, mais nous en fûmes déposées cinq ans plus tard sous prétexte que nous étions trop lourdes. On nous a installées en présentation  sous un petit abri  sur le devant de l'église. C'est encore là que chacun peut nous rendre visite, mais l'inactivité nous pèse.

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J'ai gardé une vieille photo,prise par le curé du Prêcheur, Jean-Baptiste Delaware, en 1936, avec  la nouvelle église, le presbytère et l'ancien clocher au fond  :

 

 

http://www.patrimoines-martinique.org/ark:/35569/a011273060641w3KTJP/1/1

http://www.patrimoines-martinique.org/ark:/35569/a011273060641w3KTJP/1/1

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Et maintenant, voici une photo de 2018 (E. Brottier), sur laquelle je t'indique notre emplacement :

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 Photographie Éric Brottier 2018.

Photographie Éric Brottier 2018.

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Sur ce bref document, je suis celle du milieu, incarcérée dans notre cage de fer à béton.

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https://www.youtube.com/watch?v=JwCThgAe5rw

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Je t'envoie ma photo, mais aussi celles de mes moindres grains de beauté pour que tu puisse vérifier les marques que nous a choisi  notre père commun. Tout le monde rend hommage à ma grande beauté.

Par contre, je ne peux pas te faire connaître mon nom, car, — comme toi d'ailleurs — je ne porte pas l'inscription de mon nom de baptême. Vu la durée du voyage, le paternel ignorait sans doute qui allait être choisie comme marraine. 

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Si tu veux, voici d'abord mon poids : 560 Kg. Mon diamètre (mesuré comme d'habitude à l'extérieur de la pince) est de 995 mm. Je suis donc plus légère et plus fine que toi, puisque tes mensurations sont divulguées ( près de  680 kg et un diamètre de 1010 mm). Je sonne en Fa, et je forme ainsi un carillon avec mes deux voisines qui jouent le sol et le la. 

Je porte, sur deux lignes au cerveau,  en lettres capitales antiques, l'inscription :

IAY ESTE FAITTE POVR SERVIR A LEGLIZE PAROISSE DE St IOSEPH LISLE DE / LAMARTVNIQUE MONSr RENAVDOL MARGVILLIER

L'inscription débute par un angelot (une tête entre deux ailes), comme celui que tu as sous tes filets, puis par une croix pattée, comme toi également. Les lettres proviennent certainement du même moule d'alphabet de l'atelier.  Chaque mot est séparé par une belle fleur de lis.

Papa a utilisé pour toi la même formule "Iai este faitte pour servir à l'église ---" .  Même sous la graphie "J'ai été faite pour servir à l'église de --", elle est fort rare (1688, Saint-Sauveur de Cressé, Charente-Maritime ; Notre-Dame du Pariset,  Isère ).

Tout le monde me charrie pour mes belles fautes d'orthographe, celle de EGLIZE et surtout celle de MARTVNIQVE. Martunique, moi, j'en suis fière, je suis unique !

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Chacun me demande qui est ce  monsieur "RENAVDOL" mais  il s'agit certainement encore d'une coquille et il faut peut-être lire RENAUDOT. C'est un nom attesté sur l'île :  Christophe Renaudot, riche planteur-sucrier, fut directeur de l'hôpital de Saint-Pierre en 1665. Mon marguillier serait-il son fils ? Ou bien faut-il lire RENAUDIN ? Ce nom figure dans la Liste des habitants propriétaires de La Martinique en 1671 (Dessales, Hist. gen. des Antilles p. 565), précisément pour Le Prêcheur, tandis que le curé est Jacques Hébert. Un Michel Renaudin figure dans la liste des habitants sucriers de l'Île en 1720. 

Les limites de la paroisse du Prêcheur furent fixées en 1680, et la paroisse fut confiée au Jésuites. En 1687, le curé est le R.P Bernard, et les notables de la paroisse s'adresse au roi pour demander une aide financière pour diverses réparations. Le marguillier est alors Jean Roy, riche habitant du quartier, évergète du village, capitaine de sa milice (1680), conseiller du Conseil souverain de Martinique, propriétaire d'une habitation et concession de 72 ha à Anse Couleuvre et principal mécène de l'église. Mais parmi les quatre autres signataires de la demande figure un certain RENAUDIN.  (Rennard, Origine des paroisses et des quartiers de la Martinique, page 18) .

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Un autre point commun avec ton inscription est l'utilisation de lettres suscrites entre deux filets. C'est le cas pour le T de ST IOSEPH, placé au dessous de deux points.

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Comme toi, je porte  la signature de celui qui nous a mis au monde, sur une ligne sur la partie basse du profil : Chaque mot est séparé par une petite fleur de lys (remplacé ici par un point) : 

. IAI . ESTE . FONDVE . A BREST . PAR . THOMAS . LE . SOVEFF .  EN .  LAN .  1712.

Mon inscription est donc un peu plus explicite que celle que tu portes et qui dit TH. LE SOVEF ME FECIT. Mais dans les deux cas, nous sommes sûres toutes les deux de son identité, puisque le prénom Thomas est indiqué.

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

Ce qui m'amuse beaucoup, c'est de retrouver sur toi le décor que je porte au dessus de la signature paternelle : une croix remplie de rinceaux, posée sur trois  ou cinq degrés, et entourée de deux médaillons. Les tiens sont ronds et les miens octogonaux, mais dans les deux cas ils sont sculptés du profil de la Vierge et du Christ, et comportent une inscription.

Le médaillon de la Vierge porte les mots REFUGIUM PECCATORUM, une  locution signifiant "refuge du pêcheur " qui  fait référence à la Vierge dans les litanies de Lorette, dans la mesure où elle intercède en faveur des pécheurs vis à vis de Dieu. 

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Le médaillon du Christ porte les mots ALLEGREZA DEL CIELO E DELLA TIERRA, une formule en italien qui qualifie, nous allons le voir, le Christ comme Sauveur du Monde. Il est représenté nimbé, avec des cheveux longs et bouclés, une barbe courte et pointue, et le buste de trois-quart.

 

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Tu avais déjà remarqué que la locution ALLEGREZA DEL CIELO E DELLA TIERRA figure dans un ouvrage italien de Trattenimenti spirituali per chi desidera d'avanzarsi nella servitu, e nell'amore della santissima Vergine, Volume 1 p. 42 de Alessandro Diotallevi della Compagnia di Gesù, 1716.

Mais j'ai découvert mieux : Thomas Le Soueff s'est contenté d'utiliser les deux faces d'une médaille de dévotion comme d'un sceau dans un bloc de cire pour réaliser les deux médaillons, ce qui lui a permis d'en placer le moule en cire perdue  sur la fausse cloche (voir les détails de fabrication d'une cloche ici). 

Des exemplaires de cette médaille octogonale existent encore :  ils portent bien au recto la formule ALLEGREZA DEL CIELO E DELLA TIERRA (avec la graphie "allegreza" avec un seul Z) autour du profil du Christ, mais aussi  verso la formule REFUGIUM PECCATORUM ORA P.N. autour du profil de la Vierge.

Cette médaille est recensée sous le numéro 83  dans le catalogue d'un ouvrage spécialisé espagnol, "La Medalla de Devoción en Europa entre los siglos XVI y XIX" de Fernando Sainz Varona (2008), et elle est présentée sur un forum web consacré à l'étude des collections de médailles religieuses, Cruces y medallas http://www.cruces-medallas.com/ . Copyright ©2008-2018 Todos los derechos reservados. Registro de la Propiedad Intelectual Nº 1210202542553 .

Elle est décrite ainsi :

 

 XVIIe siècle. BRONZE DORÉ médaille octogonale de 44 x 39 mm. Avec poignée perpendiculaire sur la tranche.

recto :  Buste de Jésus-Christ tourné vers la droite, aux cheveux longs et nimbe circulaire Autour de la légende: ALLEGREZA. DEL. CIELO .E. DELLA. TERRA. sur le bord inférieur gauche de la médaille.

verso : Buste de la Vierge tourné vers la gauche, avec voile de drap et nimbe circulaire. Autour de la légende: REFVGIVM. PECCATORVM. ORA. P. N.
 

On y apprend que les médailles de dévotion représentant au verso les profils de Jésus-Christ et de la Vierge, de profil,  ont été officiellement diffusées par l’Église à l’occasion de l’année jubilaire de 1650.

Parmi les médailles de dévotion après le Concile de Trente (milieu du XVIe au XIXe siècles), se distingue par la fréquence de sa représentation, celle représentant  Jésus-Christ comme Sauveur du monde (Christ Rédempteur); par conséquent, de son action rédemptrice de l'humanité devant le Dieu-Père, à travers sa passion et sa mort sur la croix. Les artistes de la Renaissance et du Baroque représentent un portrait du Christ de profil (à droite ou à gauche), avec une barbe et de longs cheveux éparpillés et parfois une couronne d'épines et sa tête, magnifiée par un halo ou un rayon de rayons . Une telle image est diffusée en la couplant avec le visage de la Vierge sur son verso, avec les variantes suivantes de légende qui, nous le croyons, changent dans son énonciation au fil des siècles, probablement en suivant les directives doctrinales et cultuelles proclamées par la hiérarchie des sociétés.  Pour le Christ : ECCE HOMO ; GESU CRISTO ; LVX MVNDI ;  EGO SVM LVX MVNDI ; EGO SVM VIA VERITAS E VITA ; IES. CHRISTVS ; IESVS CRISTVS FILI DEI VIVI ;  IESVS CHRISTI MIS NOBIS ;  QVI. SEQVITVR. ME. NON. AMEVLAT. IN. TENEBRIS ;  SPECIOSVS FORMA PRAN FILIS HOMINVM ; IN ME SPECVLENTVR OMNIA ; SOLE CLARIOR ; ALLEGREZA DEL CIELO E TERRA ; CREATORE DEL CIELO E DELLA TIERRA ; SALVATOR MVNDI ; SALVATOR MUNDI ; SALVATOR MVNDI MISERERE NOBIS ; SALVATOR. MVNDI. SALVA. NOS ; JESUS TENED PIEDAD DE NOSOTROS.

Pour la Vierge :  SPECVLVM SINE MACVLA ; TV ES SPECVLVM MACVLA ;  REFVGIVM. PECCATORVM. ORA. P.N ; TV. SOLA. SVPERGRESSA. ES. VNIVERSAS ; MATER IESV CHRISTI ORA P.N ; MATER CAELI ; REGI. CAELI ; REGINA CAELI ; MATER. CHRISTI. ORA. PRO. NOB ; MATER DIVINAE GRATIAE ; MATER SALVATORIS ; MATER. SAVATORIS. ORA. PRO. NOB ; MATER SALVATORIS SALVA NOS ; HE AQUÍ VUESTRA MADRE.

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http://www.cruces-medallas.com/t8313-salvator-mvndi-mater-salvatoris-83

http://www.cruces-medallas.com/t8313-salvator-mvndi-mater-salvatoris-83

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Une autre version de cette médaille est proposée en vente, cette fois-ci circulaire et avec un nimbe ovale, mais avec la même inscription :

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Je porte encore un autre médaillon, rectangulaire, représentant la Vierge de l'Immaculé-Conception, voilée, mains jointes, les pieds sur un croissant, dans une mandorle de rayons lumineux circonscrite par une cordelière et cantonnée de quatre têtes d'anges (?).

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Enfin, je terminerai la comparaison de nos anatomies respectives par celle de nos anses : dans les deux cas, il s'agit de têtes masculines composant une couronne à six anses ; mais dans ton cas, tu as eu droit à six beaux gaulois à moustache impressionnante !

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Maintenant que je me suis mise à nue devant toi, ma chère sœur cadette, je dois t'annoncer une grande nouvelle. Dans le même temps où je faisais des recherches pour renouer le contact avec mes racines brestoises, j'ai découvert avec stupéfaction dans les archives que j'avais une sœur jumelle.

Oui, tu as bien lu, j'ai une jumelle, née comme moi en 1712, et donc te voilà avec deux sœurs aînées à présent !

Mais hélas, j'ai le regret de t'annoncer en même temps que cette sœur n'est plus là. Elle a occupé pendant des siècles le clocher de Plouha, dans les Côtes d'Armor. Si je connais son nom de baptême, PIERRE-MARIE,  je n'ai même pas une seule de ses photos, mais j'ai, par contre, sa description, suffisamment précise pour m'avoir fait pleurer d'émotion : elle me ressemble trait pour trait.

Elle portait exactement les mêmes vignettes octogonales de la Vierge et du Christ, et la même vignette de la Vierge de l'Immaculée-Conception ! Mais comme j'ai encore beaucoup de choses à te dire, et que je dois te laisser le temps de te remettre de tes émotions, je te la décrirai dans un autre courrier.

La cloche de Plouha fondue par Thomas Le Soueff en 1712 : une sœur aînée de la cloche du Faou (Thomas Le Soueff 1714) !

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Mes blessures, stigmates de l'éruption de la Montagne-Pelée en 1902.

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En 1902 le Prêcheur fut sévèrement touché par l'éruption volcanique de la Montagne-Pelée.

5e cliché d’une série de six de la nuée ardente du 16 décembre 1902 par Lacroix, dans La montagne Pelée et ses éruptions.

Si l'éruption est connue  avoir détruit la ville de Saint-Pierre le 8 mai, ainsi que ses habitants, l'activité de la Pelée s'est tout d'abord fait ressentir au Prêcheur pendant toute la période de signes avant-coureurs précédant la nuée ardente paroxystique. Une partie habitants fut contrainte de se déplacer à Saint-Pierre moins exposée au danger à ce moment. Dans la nuit du 7 au 8 mai, résultat de pluies torrentielles et d'orage volcanique mélangés à des débris volcaniques, une énorme coulée de boue provoque la mort de 400 personnes.

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Nous trois les cloches du Prêcheur , (moi, et mes consœurs de 9870 LEONIE ADÈLE PIERRE , et ANTOINETTE JOSEPH) ,  conservons les traces de ce drame. Voici comment l'expert Eric Brottier décrit cela :

 

"Les cloches portent les stigmates des nuées ardentes et leur analyse fait entrevoir quelques détails intéressants sur la façon dont ils sont apparus.

La cloche N°1 de 1712 est la plus atteinte. Cette cloche est de belle facture : la définition des décors et inscriptions est relativement fine et démontre que le fondeur n’est pas un débutant et qu’il devrait maîtriser parfaitement sa technique. D’autres cloches en Bretagne comme celle du Faou, coulée en 1714 sont également là pour en témoigner.

Pourtant, sur le profil extérieur de la cloche apparaissent des accidents de surface que l’on pourrait dans un premier temps interpréter comme des défauts de fonderie grossiers, résultant d’une décohésion des matériaux du moule extérieur ou de la fausse cloche. Mais on ne peut en même temps qu’être surpris qu’un fondeur de ce niveau ait pu se résoudre à livrer une cloche aussi défectueuse alors qu’elle aurait été commandée par Louis XIV, et ce d’autant plus que la cloche a été fabriquée à Brest pour être expédiée en Martinique. Ce que l’on observe, notamment en partie basse n’est pas exceptionnel et j’ai pu observer de diverses cloches anciennes présentant des défauts de fonderie dont l’aspect est très similaire. On constate que ces défauts sont alignés sensiblement sur une verticale et ce de façon discontinue tandis qu’au bas du profil les défauts sont moins marqués mais s’étalent sur une plus grande surface.

C’est en examinant le profil intérieur de la cloche dans la même zone qu’un début d’explication peut être apporté : On constate sur la même hauteur une « cicatrice » verticale qui s’élargit également en partie basse. Rappelons également que du haut vers le bas, l’épaisseur du profil d’une cloche augmente progressivement jusque sur l’anneau de frappe puis s’amincit à nouveau dans la partie de la pince. Ce type d’aspect fait également penser que l’on aurait pu essayer de pratiquer une restauration de la cloche par soudage, ce qui aurait pu se justifier en cas de félure. Cependant c’est improbable car dans cette hypothèse la cloche aurait du être soudée autant sur l’intérieur que l’extérieur alors que sur l’extérieur dans la zone concernée il existe des parties saines où n’existe aucune fêlure.

En revanche on peut constater que la partie basse est recouverte d’une couche grise qui semble bien révéler une tentative de restauration plus locale : il semble, sous réserve d’analyse, qu’il s’agisse d’un mastic époxy de type « sintofer » qui a été appliqué sur la partie basse ce type de produit étant présenté par le fabricant comme une véritable « soudure à froid ». Cette consolidation de surface est d’ailleurs recouverte au niveau de l’anneau de frappe d’une couche rougeâtre pouvant être de l’oxyde de fer, ce qui met en évidence qu’après la catastrophe on a effectivement remis cette cloche en usage à la volée lors de la construction de la nouvelle église en 1930. C’est un peu plus tard en 1935 que l’on redescend ces cloches du clocher au prétexte de leur poids était trop important.

La partie haute est d’aspect irrégulier et fait apparaître une surface rugueuse avec des inclusions colorées semblant contenir des traces d’oxyde de fer, sans doute des scories de produits d’origine volcanique.

Mon analyse est donc la suivante : dans la mesure où, contrairement à la surface extérieure où les stigmates sont discontinus, une surchauffe s’est produite à l’intérieur peut-être par projection de scories ou de lave ou sous le fait d’un contact avec un élément incandescent lors d’un incendie consécutif à l’éruption. La cloche devait être encore en position verticale puisque ces projections sont localisées sur une verticale. La progression de l’échauffement a agi de l’intérieur vers l’extérieur, et les effets s’en sont fait sentir en premier lieu vers le haut de la zone affectée là où le profil de la cloche est le plus mince. Il en a résulté un début de fusion sur la partie haute du profil extérieur de la cloche. Cette fusion localisée d’un élément de bronze, se trouvant sans doute encore dans un état plus ou moins pâteux, a produit un début d’écoulement qui a marqué dans sa chute le profil en milieu de zone, pour s’échouer sur la partie où le profil est le plus épais. Il en découle à cet endroit une dégradation plus forte affectant l’inscription (nom du fondeur) et les filets. Le bronze fondu s’est ensuite réparti sur une surface plus grande au niveau de la pince donc en marquant moins la surface le liquide étant mieux réparti : effacement des filets inférieurs, modification de l’état de surface.

Et ric Brottier ajoute :

Voici donc comment ces cloches gardent à jamais marquées dans leur profil, pour ne pas dire dans leur chair, l’événement tragique de l’éruption de la Montagne Pelée du 8 mai 1902. Ne valent-elles pas à ce titre d’être aujourd’hui protégées au titre des monuments historiques ?

Eric Brottier. 17/11/2018.

Voici les images de mes cicatrices :

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Ces lésions font de nous de véritables lieux de mémoire du drame de 1902 et des 30 000 victimes de l'éruption péléenne.

Mais le bourdon de la cathédrale de Saint-Pierre témoigne elle aussi de ce destin :

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photo Jean-Louis Lascoux. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ruption_de_la_montagne_Pel%C3%A9e_en_1902#/media/File:Le_bourdon_de_saint-Pierre,_Martinique.JPG

photo Jean-Louis Lascoux. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ruption_de_la_montagne_Pel%C3%A9e_en_1902#/media/File:Le_bourdon_de_saint-Pierre,_Martinique.JPG

Il est temps de te parler de ma mère, ou de ma marraine, celle qui est à l'origine de ma présence ici : François d'Aubigné. C'est grâce à elle que je fus offerte par Louis XIV, au temps où elle était devenue, sous le titre de Madame de Maintenon,  épouse "secrète", (non officielle) du roi.  C'est là encore une histoire très émouvante.

La vie de cette femme est remplie de mystères ou de dissimulations.

Une ascendance calviniste ; un père débauché ; une enfance rocambolesque.

Françoise d'Aubigné (27 novembre 1635-15 avril 1719) est la petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, poète ami de Henri Iv et calviniste intransigeant. 

Son père, Constant d'Aubigné (1585-1647), abjure le protestantisme en 1618 pour mener une vie de débauche dans le château paternel de Maillezais, avant de tuer en 1619 sa première femme, qu'il surprend en flagrant délit d’adultère dans une auberge, puis de se remarier en décembre 1627, à Bordeaux, avec  Jeanne de Cardilhac, la fille du capitaine de la prison où il était enfermé, le château Trompette à Bordeaux. Ils ont d'abord deux fils enfants : Constant (1628-1647), Charles, comte d'Aubigné (1634-1703), — dont la fille deviendra duchesse de Noailles. Constant dilapide la dot de son épouse. Enfermé pour dettes  à la prison de Niort, avec son épouse enceinte, ce serait en prison que serait née la future madame de Maintenon ; mais nous ne disposons que de la date de son baptême, le 27 novembre 1635.

La jeune Françoise passe les premiers mois de sa petite enfance chez Madame de Villette, sa tante huguenote, au château de Mursay, au nord de Niort.

Arrivée au Prêcheur à l'âge de 1 an.

 Puis elle passe les six années suivantes avec ses parents à la Martinique qui y arrivent en 1636.  Françoise vit avec ses parents dans le village du Prêcheur,  à Grand-Case, à l’Anse Belleville. 

Voir Grand-Case sur la carte Geoportail.

Grand-Case sur le diagramme du DEAL de la Martinique :  

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Étude pluridisciplinaire Versants Nord Ouest de la Montagne Pelée / Volet historique / DEAL de la Martinique /

 

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Une vie de pauvreté avec sa mère au Prêcheur jusqu'à ses 12 ans (?).

"Officiellement, son père est gouverneur de la toute petite île de Marie-Galante, toute proche. Mais ce titre ne lui est pas reconnu et il n'a pas les moyens de le valoriser. L'île est alors vierge et doit en principe gouverner la Martinique, elle-même couverte aux neuf dixièmes de forêts, où Indiens et boucaniers font la loi. La famille de Françoise survit en fait dans la pauvreté, alors que la Barbade anglaise, non loin accède bientôt à la richesse. Ce séjour de six ans lui vaudra le surnom de « Belle Indienne ». Il s'achève à l'époque où les Martiniquais tentent sans succès d'introduire la culture de la canne à sucre, qui s'avère très rentable à la Barbade dès les années 1640, et entraîne l'éviction des planteurs de tabac. À son retour en France, en 1647, Françoise apprend la mort de son père, parti en 1645 chercher à faire reconnaître son titre de gouverneur." (Wikipédia)

Élevée dans la foi calviniste qu'elle renie ensuite. 

"Françoise perd aussi très vite sa mère qui vivait dans la quasi-misère. Elle doit faire des procès à la famille de son père pour essayer de récupérer ses biens, puis est à nouveau prise en charge par sa tante de Niort, Mme de Villette, fervente protestante. Sa marraine, Madame de Neuillant, fervente catholique, obtient de la reine-mère Anne d'Autriche une lettre de cachet pour récupérer Françoise et lui permettre de pratiquer le catholicisme (en effet à sa naissance Madame d'Aubigné l'avait fait baptiser dans la religion catholique) et renier sa foi calviniste. Elle la place contre sa volonté au couvent des Ursulines de Niort, puis chez les Ursulines de la rue Saint-Jacques à Paris où, grâce à la douceur et l'affection d'une religieuse, sœur Céleste, la jeune fille renonce définitivement au calvinisme, condition indispensable pour pouvoir accompagner Mme de Neuillant dans les salons parisiens. C'est à l'une de ces réunions mondaines qu'elle rencontre le chevalier de Méré qui se prend d'affection pour celle qu'il nomme « la belle Indienne » et s'offre de l'instruire convenablement.

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Épouse de Scarron, elle n'oublie pas son Île.

Quatre ans après son retour en France, en avril 1652, à l'âge de seize ans, Françoise d'Aubigné, sans le sou mais jolie et sage, épouse le poète burlesque Paul Scarron, de vingt-cinq ans son aîné et gravement handicapé. Le salon de ce lettré amateur de fêtes et ami de nombreux artistes est fréquenté par les plus prestigieux noms de la capitale, Scarron est partiellement paralysé depuis un malencontreux bain nocturne dans l’Huisne (une rivière de la Sarthe) en hiver. Il propose à une Françoise orpheline, très pauvre (elle ne possède absolument rien) et fragilisée, de la doter pour qu'elle puisse entrer au couvent, ou de l'épouser lui-même. Le contrat de mariage conclu le 4 août 1652 lui reconnaît ainsi vingt-quatre mille livres de pension.

« La belle Indienne » influence la deuxième partie de l'œuvre de Paul Scarron, qui fera ensuite fréquemment référence à la nécessité d'aller aux Indes et à la Martinique. Le poète a très sérieusement investi 3 000 livres dans une société commerçant avec la Martinique. Pour faire plaisir à sa jeune épouse, Scarron accepte aussi d'enlever de son œuvre des répliques trop grivoises.

Madame Scarron devient l’animatrice du salon ouvert par son mari, très fréquenté par les écrivains de l'époque. Dès lors, elle se tisse un solide réseau de relations avec les beaux esprits du Marais parmi lesquels se trouvent Françoise-Athénaïs de Montespan et Bonne d'Heudicourt, nièces du maréchal d'Albret, Madame de La Fayette, Madame de Sévigné, Ninon de Lenclos, et bien d'autres.

En 1660, alors qu'elle a vingt-cinq ans, Paul Scarron, qui lui avait transmis une grande culture, meurt en ne lui léguant que des dettes. Elle se forge dès lors une image de femme pieuse et dévote, comme en atteste sa correspondance avec l'abbé Gobelin, son confesseur depuis 1666.

Gouvernante des enfants bâtards  du roi ; richesse .

Madame de Montespan l'invite à la cour de France en 1668. En 1669, elle accepte la charge de gouvernante des enfants illégitimes du roi et de Mme de Montespan. Elle s’installe donc à proximité de la capitale dans un grand hôtel du village de Vaugirard y vit dans la plus grande discrétion et y rencontre pour la première fois le roi qui s’y aventurait pour voir ses enfants.

Elle réapparaît à la cour en 1673 lors de la légitimation des bâtards royaux. Mais la gouvernante doit affronter la jalousie de plus en plus grande de Madame de Montespan, si bien qu'elle menace de démissionner. Le roi lui fait don d'une gratification extraordinaire de 100 000 écus pour qu'elle reste.

Une préoccupation opiniâtre : la Martinique. Elle prend le titre de Madame de Maintenon

Madame de Maintenon acquiert en 1674, l'année de la dissolution de la Compagnie française des Indes occidentales, la nouvelle ferme du tabac, un monopole fiscal sur les 2,5 millions de livres produites annuellement à Saint-Domingue, qu'elle revend rapidement à un consortium de financiers mené par le banquier Antoine Crozat, futur entrepreneur de la Louisiane.

Selon le P. Labat, elle possédait une raffinerie de sucre à Saint-Pierre.

 

Le 27 décembre 1674, elle achète pour 150 000 livres, avec l'argent de sa revente, le château et le titre de Maintenon à Françoise d’Angennes, épouse d'Odet de Riantz marquis de Villeroy, et héritière de Charles François d’Angennes, marquis de Maintenon, qui fut gouverneur de Marie-Galante (le titre qu'avait convoité le père de Françoise) et qui devient l'année suivante l'un des chefs des flibustiers aux Antilles pendant deux ans, avant de pourchasser ces mêmes flibustiers pour le compte du roi, puis devenir le plus riche planteur de la Martinique, dans le village même où avait habité Françoise, au nord de Saint-Pierre de la Martinique.

"Charles François d’Angennes, marquis de Maintenon est une autre illustration des corsaires qui ont fait prospérer l’île : au départ enseigne de vaisseau à Toulon, il arrive aux Antilles en 1670 et il guerroie avec ses navires en qualité de corsaire du Roi au large de Saint-Domingue et de la Jamaïque. Revenu en France en 1673, il vend son château et son titre à Françoise d’Aubigné ; en 1675, il quitte Nantes au commandement d’un navire de guerre partant à nouveau combattre d’autres flibustiers au nom du Roi. En 1679, il sert de pilote à l’escadre du comte d’Estrées et il repasse ensuite en France. Gouverneur de Marie-Galante, il signe un contrat avec la compagnie du Sénégal ; figurant alors parmi les protagonistes modernes de la Traite des Noirs, il s’engage à livrer 1 600 esclaves africains en 4 ans. Possédant environ 200 esclaves en 1685, il est alors devenu le plus riche planteur de canne à sucre de la Martinique."

 

 

"Les enfants bâtards du roi, d'abord élevés à Vaugirard, le sont ensuite aussi dans le château de Maintenon. L'un d'eux accompagnera en 1691 Cavelier de la Salle dans l'expédition de trois navires en Louisiane, qui se terminera par un fiasco.

Même s'ils se sont rencontrés dès 1669, le roi ne parut pas apprécier la Veuve Scarron dans un premier temps. En 1675, tout s'accéléra, sa faveur grandit, Louis XIV lui conféra la charge de seconde « dame d’atours » de la dauphine Marie-Anne de Bavière le 8 janvier 1680, et elle forma aussitôt avec le roi le vrai couple parental des bâtards."

Elle épouse "secrètement" (pour ne pas avoir le titre de reine de France) le roi Louis XIV le 10 octobre 1683, moins de trois mois après la mort de la reine Marie-Thérèse d'Autriche. Son "règne" va durer 32 ans.

Mme de Maintenon fait planer sur la cour à la fin du règne de Louis XIV une ère de dévotion et d'austérité. On lui prête une grande influence sur le roi et sur la Cour, mais cette influence, notamment sur la répression du protestantisme, est très discutée.

Féministe ? Soucieuse de venger son enfance pauvre ? Elle crée la Maison royale de Saint-Cyr en 1686, un pensionnat 'une école destinée aux jeunes filles de la noblesse pauvre.

" L'origine de la Maison Royale de Saint-Louis est fortement liée à la jeunesse de Madame de Maintenon. Issue elle-même d'une famille noble, mais ruinée, elle ne connut dans sa jeunesse qu'une instruction limitée, celle dispensée par les couvents qui assuraient l'instruction des jeunes filles nobles. On n'y enseignait qu'un minimum de connaissances en français, latin, calcul et travaux ménagers, l'accent était mis principalement sur la religion et la liturgie, et on n'y donnait aucune ouverture sur le monde réel.  Elle fréquenta par la suite les milieux intellectuels grâce à son premier mari Scarron, puis devint gouvernante des enfants de Madame de Montespan, ce qui lui donna une expérience et une vocation d'éducatrice. Une fois aux côtés du roi Louis XIV, Madame de Maintenon eut à cœur d'améliorer l'instruction des jeunes filles de la noblesse pauvre, de plus en plus nombreuses dans le pays, car beaucoup de gentilshommes de province se faisaient tuer lors des guerres ou se ruinaient au service de l'État."

En 1712, elle obtient du roi le don d'une cloche pour son village du Prêcheur. La cloche est fondue à Brest par Thomas le Soueff  fondeur du roi"

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À la mort du roi en 1715, elle  se retire à Saint-Cyr .

Je découvre que la litanie refugium peccatorum figure dans un ouvrage pieux (Le Cours du jour chrétien)  dédié à madame de Maintenon et datant de 1714. 

Ces litanies étaient chantées par les Demoiselles de Saint-Cyr, puisqu'on les retrouvent sur un recueil de Chants et motets à l'usage de l'église et communauté des dames de la Royale Maison de St-Loüis à St-Cyr, composés par Nivers, organiste du Roy, mort en 1714. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53059257t/f165.image

 

Elle y  meurt le 15 avril 1719.

Une plaque à la mémoire de Madame de Maintenon a été apposée près de l'église du Prêcheur.

 

 

 

Voilà ma chère sœur tout ce que je peux t'apprendre sur mon sort, et, quand je retrace mon parcours, je réalise quel roman s'est écrit à travers mon existence   : un temps glorieux, un temps  heureux, un temps tragique mais toujours palpitant.

Comme je ne te rendrai jamais visite dans ta guérite surveillant la rivière du Faou, dans ce Finistère que j'ai quitté en 1712 mais auquel mon cœur reste aussi fidèle que celui de Françoise d'Aubigné à l'égard de son village du Prêcheur, et comme je suis désormais muette (à moins que ?), je te dis : Kenavo kalonig !

Ta grande sœur créole.

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LES DEUX CLOCHES DE 1870.

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1°) Cloche n°2 : LEONIE ADELE PIERRE, Dubuisson-Gallois, 1870 441 kg, diam 918 cm, Note : Sol.

 

inscription : sur la robe (côté mairie) sur 6 lignes :

JESUS MARIE JOSEPH / VIVE PIE IX PONTIFE ROI / PAROISSE DE St JOSEPH DU PRECHEUR / DON DES PAROISSIENS 1870 / LEONIE ADELE PIERRE

Sur la robe (côté église) sur 7 lignes :  

LEON ALBERT MAIRE CHEVALIER / DE LA LEGION DHONNEUR / LUCOTTE PRESIDENT DU CONSEIL / DE FABRIQUE / LETANG TRESORIER MARGUILLIER / THOUIN CURE /

DUBUISSON -GALLOIS FONDEUR A PARIS

Ces inscriptions sont encadrées dans une guirlande type cordon.

Cette cloche du 19ème siècle de belle facture a subi, comme la cloche de 1712, les méfaits de l'éruption de 1902, mais à un niveau d'intensité cependant. Surchauffée, le seuil de fusion n'a pas été atteint et les stigmates sur la face extérieure se limitent à de légères déformations en surface, ainsi qu'une dégradation plus importante à la base de la pince sur une partie de la circonférence. Les cloches devaient avoir chuté au sol et été envahies par l'intérieur de scories provoquant une progression de l'échauffement sur la génératrice du profil intérieur au point le plus bas de l'intérieur vers l'extérieur, comme pour la cloche de 1712. 

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La cloche  LEONIE ADELE PIERRE, (Dubuisson-Gallois, 1870) du Prêcheur. Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche LEONIE ADELE PIERRE, (Dubuisson-Gallois, 1870) du Prêcheur. Photographie Éric Brottier 2018.

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Cloche n°3 : ANTOINETTE JOSEPH, Dubuisson-Gallois, 1870,  diam 798, note la.

Inscriptions :

JESUS MARIE JOSEPH / VIVE PIE IX PONTIFE ROI / PAROISSE DE St JOSEPH DU PRECHEUR / DON DES PAROISSIENS 1870 /ANTOINETTE JOSEPH

LEON ALBERT MAIRE CHEVALIER / DE LA LEGION DHONNEUR / LUCOTTE PRESIDENT DU CONSEIL / DE FABRIQUE / LETANG TRESORIER MARGUILLIER / THOUIN CURE /

DUBUISSON -GALLOIS FONDEUR / PARIS

Cette cloche du 19ème siècle de belle facture a subi, comme la cloche de 1712, les méfaits de l'éruption de 1902, mais à un niveau d'intensité cependant. Surchauffée, le seuil de fusion n'a pas été atteint et les stigmates sur la face extérieure se limitent à de légères déformations en surface. Les cloches devaient avoir chuté au sol et été envahies par l'intérieur de scories provoquant une progression de l'échauffement sur la génératrice du profil intérieur au point le plus bas de l'intérieur vers l'extérieur, comme pour la cloche de 1712.

 

 

La cloche ANTOINETTE JOSEPH   (Dubuisson-Gallois, 1870) du Prêcheur. Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche ANTOINETTE JOSEPH (Dubuisson-Gallois, 1870) du Prêcheur. Photographie Éric Brottier 2018.

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ANNEXE.

EXPERTISE DES EFFETS DE L'ERUPTION DE 1902 SUR LES TROIS CLOCHES. ERIC BROTTIER 2018.

"Les cloches portent les stigmates des nuées ardentes et leur analyse fait entrevoir quelques détails intéressants sur la façon dont ils sont apparus.

La cloche N°1 de 1712 est la plus atteinte. Cette cloche est de belle facture : la définition des décors et inscriptions est relativement fine et démontre que le fondeur n’est pas un débutant et qu’il devrait maîtriser parfaitement sa technique. D’autres cloches en Bretagne comme celle du Faou, coulée en 1714 sont également là pour en témoigner.

Pourtant, sur le profil extérieur de la cloche apparaissent des accidents de surface que l’on pourrait dans un premier temps interpréter comme des défauts de fonderie grossiers, résultant d’une décohésion des matériaux du moule extérieur ou de la fausse cloche. Mais on ne peut en même temps qu’être surpris qu’un fondeur de ce niveau ait pu se résoudre à livrer une cloche aussi défectueuse alors qu’elle aurait été commandée par Louis XIV, et ce d’autant plus que la cloche a été fabriquée à Brest pour être expédiée en Martinique. Ce que l’on observe, notamment en partie basse n’est pas exceptionnel et j’ai pu observer de diverses cloches anciennes présentant des défauts de fonderie dont l’aspect est très similaire. On constate que ces défauts sont alignés sensiblement sur une verticale et ce de façon discontinue tandis qu’au bas du profil les défauts sont moins marqués mais s’étalent sur une plus grande surface.

C’est en examinant le profil intérieur de la cloche dans la même zone qu’un début d’explication peut être apporté : On constate sur la même hauteur une « cicatrice » verticale qui s’élargit également en partie basse. Rappelons également que du haut vers le bas, l’épaisseur du profil d’une cloche augmente progressivement jusque sur l’anneau de frappe puis s’amincit à nouveau dans la partie de la pince. Ce type d’aspect fait également penser que l’on aurait pu essayer de pratiquer une restauration de la cloche par soudage, ce qui aurait pu se justifier en cas de félure. Cependant c’est improbable car dans cette hypothèse la cloche aurait du être soudée autant sur l’intérieur que l’extérieur alors que sur l’extérieur dans la zone concernée il existe des parties saines où n’existe aucune fêlure.

En revanche on peut constater que la partie basse est recouverte d’une couche grise qui semble bien révéler une tentative de restauration plus locale : il semble, sous réserve d’analyse, qu’il s’agisse d’un mastic époxy de type « sintofer » qui a été appliqué sur la partie basse ce type de produit étant présenté par le fabricant comme une véritable « soudure à froid ». Cette consolidation de surface est d’ailleurs recouverte au niveau de l’anneau de frappe d’une couche rougeâtre pouvant être de l’oxyde de fer, ce qui met en évidence qu’après la catastrophe on a effectivement remis cette cloche en usage à la volée lors de la construction de la nouvelle église en 1930. C’est un peu plus tard en 1935 que l’on redescend ces cloches du clocher au prétexte de leur poids était trop important.

La partie haute est d’aspect irrégulier et fait apparaître une surface rugueuse avec des inclusions colorées semblant contenir des traces d’oxyde de fer, sans doute des scories de produits d’origine volcanique.

Évidemment, cet examen serait à consolider avec une analyse chimique des composants observés.

Mon analyse est donc la suivante : dans la mesure où, contrairement à la surface extérieure où les stigmates sont discontinus, une surchauffe s’est produite à l’intérieur peut-être par projection de scories ou de lave ou sous le fait d’un contact avec un élément incandescent lors d’un incendie consécutif à l’éruption. La cloche devait être encore en position verticale puisque ces projections sont localisées sur une verticale. La progression de l’échauffement a agi de l’intérieur vers l’extérieur, et les effets s’en sont fait sentir en premier lieu vers le haut de la zone affectée là où le profil de la cloche est le plus mince. Il en a résulté un début de fusion sur la partie haute du profil extérieur de la cloche. Cette fusion localisée d’un élément de bronze, se trouvant sans doute encore dans un état plus ou moins pâteux, a produit un début d’écoulement qui a marqué dans sa chute le profil en milieu de zone, pour s’échouer sur la partie où le profil est le plus épais. Il en découle à cet endroit une dégradation plus forte affectant l’inscription (nom du fondeur) et les filets. Le bronze fondu s’est ensuite réparti sur une surface plus grande au niveau de la pince donc en marquant moins la surface le liquide étant mieux réparti : effacement des filets inférieurs, modification de l’état de surface.

Cette description du processus peut être sujette à caution, car il est étonnant que les autres parties de la cloche soient si bien conservées par rapport à cette zone surchauffée. Une autre hypothèse que je ne peux totalement exclure serait que l’on aurait tenté de souder les cloches par l’intérieur en des zones fragilisées. Mais cela reste très douteux car cette intervention qui aurait fait plus de mal que de bien aurait porté sur des cloches dont le profil externe aurait été jusque là épargné et la maladresse du soudeur aurait conduit à surchauffer le profil par l’intérieur pour provoquer une fusion superficielle sur le profil extérieur, cela reste assez difficile à croire.

Or l’examen des deux autres cloches apporte un éclairage complémentaire . En effet si l’on examine le profil extérieur de la cloche N°3 de 1870, l’attention est attirée par un élément particulier qui pourrait être également sujet à une interprétation erronée :Vu de loin, les motifs situés sur une verticale à droite du portique abritant la Vierge pourraient évoquer des étoiles faisant partie du décor de la cloche. Si tel est le cas, on peut d’emblée s’étonner du fait qu’un tel décor ne soit pas symétrique par rapport à l’ensemble du décor. S’agit-il alors d’un défaut de fonderie affectant la surface ? On note que l’état de surface de ces sortes « d’efflorescences » est peu rugueux, leur relief est peu marqué, alors qu’en général ce n’est pas le cas lorsque des particules se détachent d’un moule de cloche qui a mal séché ou qui ne résiste pas au flux du métal en fusion lors de la coulée de la cloche. Il faut noter également un écart plus important entre l’efflorescence supérieure par rapport aux deux autres. C’est également en observant le faciès du profil intérieur au même endroit que l’on note une dégradation de surface très similaire à celle remarquée dans la cloche de 1712 :Une fusion localisée peut être remarquée en deux plages superposées dont la forme pourrait évoquer une carte de la Corse et de la Sardaigne. Ces deux plages correspondent aux défauts de surface du profil extérieur. La plage haute se décompose d’ailleurs en deux zones superposées :

- Une zone supérieure légèrement en creux conséquence d’une perte de métal qui s’est écoulé par fusion (flèche rouge),

- Une zone inférieure où le métal issu de la zone supérieure a coulé par gravité sur une surface encore solide, ce qui a refroidi cette coulure de métal qui s’est collée ou ressoudée sur la surface de ce fait devenue légèrement saillante (flèche bleue).

Ce processus de dégradation explique notamment pourquoi le faciès extérieur présente une distance plus marquée entre les deux plages affectées telles qu’on les observe côté inférieur.

Ce que l’on peut déduire de cette observation - La progression du flux thermique n’a pu se faire que de l’intérieur vers l’extérieur et en aucun cas l’inverse, sinon la fusion aurait été intégrale à l’extérieur et la cloche serait transpercée.

- Le phénomène s’est figé en se limitant à une seule déformation de surface du profil extérieur passant d’un état solide à un état à un état viscoplastique, juste avant apparition d’une fusion.

On en déduit que ce qui s’est passé sur la cloche de 1712 est l’illustration du même phénomène qui a progressé jusqu’à un stade un peu plus avancé puisque qu’un début de fusion a bien eu lieu sur le profil extérieur.

De toute évidence ces cloches auraient pu être considérablement plus endommagées si la température du milieu ambiant avait continué à se maintenir.

On peut noter un phénomène similaire sur la phase opposée de la cloche N°3 qui présente sur son profil une zone d’aspect similaire.

La cloche N°2 quant à elle a été fortement surchauffée sur une partie de la base du profil (au niveau de la pince) mais ne comporte pas de stigmates plus haut sur le profil. Sur deux parties de la base, l’état pâteux du bronze a été atteint sans fusion massive, détruisant les filets décoratifs :

La zone en creux désignée par la flèche correspond à une fusion localisée, peut-être due à l’impact d’un élément incandescent.

Voici donc comment ces cloches gardent à jamais marquées dans leur profil, pour ne pas dire dans leur chair, l’événement tragique de l’éruption de la Montagne Pelée du 8 mai 1902. Ne valent-elles pas à ce titre d’être aujourd’hui protégées au titre des monuments historiques ?

Eric Brottier. 17/11/2018.

 

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RAPPEL : Thomas Le Soueff.

Installé à Landerneau puis à Brest, Thomas Le Soueff fondit les cloches suivantes

1691 Briec  :

"La cloche du côté Nord a 25 pouces de hauteur sur 30 pouces de diamètre, elle ne porte aucun écusson, mais l'inscription suivante : ANNO : DNI : 1691 : LVDOVICO : MAGNO : XIV° : REGNANTE : ILLMO : DD :FRANCISCO : DE : COETLOGON : DIOECESIM : CORISOPITEN : GUBERNANTE : JOANNES : HVELVAN : SACR : FACULT : PARISIEN : BACCALAUREVS : THEOLOGVS : DOMVS : SORBONAE : NEC : NON : PAROCHIAE : BRIZIEC : RECTOR. Au bas est écrit : T. LE : SOUEFF : FONDEVR : Au milieu, côté du Nord : IHS. Côté du Midi, dans un médaillon circulaire de 4 pouces de diamètre, la Vierge avec l'Enfant-Jésus dans ses bras, assise sur des nuages.

Sur la seconde cloche, du côté du Midi, qui a 27 pouces de haut et 31 pouces de diamètre, est écrit : SIT : NOMEN : DOMINI : BENEDICTVM : 1702. Sans armoiries, mais elle porte une croix sous laquelle on lit FRANCOIS : LE : MOYNE : FONDEVR. De l'autre côté, est une Vierge en pied ayant les mains jointes. Cette cloche est éclatée." (Abgrall, 1904)


 

1699, Saint-Thomas de Landerneau, (perdue)

1699 Lochrist au Conquet (perdue)

1701, cathédrale de Quimper, 3901 livres (1909 kg ?) [fondeur Le Soueff sans précision de prénom]. (perdue)

1704,  Plouguerneau, en 1704. (perdue)

1706,  Plougourvest (perdue)

1707,  Lanhouarneau. (perdue)

1707 Plougastel-Daoulas (perdue)

1708, Bodilis, pesant 231 livres. (perdue)

1711,  Plouzané . (perdue)

1711,  Plougoulm, (perdue)

1712 « Le Prêcheur » à la Martinique. 560 kg, Diam. 99,5 cm. Note : Fa Sans nom. Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions allegreza del cielo et del tierra... et Refugium peccatorum . Anse  à têtes . Inscription débutant par une croix: Chaque mot est séparé par une petite fleur de lys.

1712, Plouha 757 kg, diam. 91 cm , nom Pierre-Marie. Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions allegreza del cielo et del tierra  et Refugium peccatorum ora pro nobis. Inscription débutant par une croix et dont  chaque mot est séparé par une petite fleur de lys et une moucheture d'hermine. Cloche perdue.

1714 Le Faou 1389 l (679 kg?) , diam. 101 cm, sans nom.  Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions  à déchiffrer.   Inscription débutant par une croix et dont  chaque mot est séparé par une petite fleur de lys et une moucheture d'hermine.

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SOURCES ET LIENS.

— BROTTIER (Eric), 29-10-2018, rapport d'expertise des cloches de l'église Saint-Joseph, Le Prêcheur, Martinique, Patrimoine campanaire de Martinique, dir. des Affaires Culturelles de Martinique, Ministère de la Culture. Non publié, mais communiqué aimablement.

 

— DURAND (Pierre, 1954, Première description en France de la cloche du Prêcheur : Bull. SAF 1954 page VII

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_135/SociAtA_archAologique_du_FinistAre_1954_tome_130_.pdf

 

 

— Vincent Huygues Belrose _ historien ; Geneviève Nouhaud _ muséographe _ urbaniste ; Alise Meuris _ paysagiste Jean-Pierre Fiard _ botaniste Léa Dubreuilh _ géographe _ urbaniste Alexandre Moisset _ paysagiste Thierry L’Étang _ anthropologue Coordination et mise en forme Geneviève Nouhaud Alise Meuris Étude pluridisciplinaire d’approfondissement des connaissances sur les versants nord-ouest de la Montagne Pelée [03] Volet Histoire Ecriture et données Maîtrise d’ouvrage DEAL de la Martinique

http://www.martinique.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Pages_de_03_Histoire_13-03-29-_normal1partief-red_cle0d1112.pdf

http://www.martinique.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Pages_de_03_Histoire_13-03-29-_normal-22partief-red_cle6f8bf9.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans cloches
11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 21:54

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INTRODUCTION.

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Le but de cet article, au delà du nécessaire inventaire patrimonial détaillé de l'art campanaire (latin campana = cloche) est d'enquêter sur la singularité d'une profession, celle des fondeurs de cloche, et plus précisément sur un phénomène d'émigration de ces fondeurs à partir d'une collectivité professionnelle constituée en Normandie, autour de Villedieu-Les-Poêles. Cette émigration s'est faite notamment vers la Bretagne, et précisément vers la Basse-Bretagne (cf. G. Haraux) depuis le XVIIe siècle (Huet, Julien Le Soueff, Thomas Le Soueff), s'est développée au XVIIe siècle (Etienne et François Le Moyne, Thomas Le Soueff, Jean et Jean-François Beurrié de la Rivière Pierre François et Pierre Michel Viel, ) et s'est poursuivie au XIXe siècle avec l'installation à Brest d'une fonderie en 1804 par les enfants des Viel, puis le mariage de la fille de Nicolas François Marie Viel avec Richard Briens, qui reprendra la fonderie. 

La famille Le Jamtel est attestée dès le XVIe siècle à Villedieu : un de ses membres s'installa à Guingamp au XIXe et sa signature se retrouve sur une cloche de Rumengol, commune du Faou.

Au total, parmi les six cloches actuelles de la commune du Faou, cinq portent les noms de familles originaires de Villedieu-les-Poêles : Le Soueff en 1714, Viel  en 1823, Briens aîné en 1883 , Havard/Le Jamtel en 1899 pour 2 cloches. La sixième n'est pas signée, voilà tout.

Les causes de cette émigration restent à préciser : saturation démographique à Villedieu, pression fiscale (G. Haraux), recherche de clientèle, appel de sourdins (habitants de Villedieu) ayant réussi en Bretagne, alliances familiales, ou seulement attirance de compétences rares par des villes bretonnes ayant perdu leurs cloches (foudre, guerres, décret révolutionnaire) ou cherchant à dépasser en puissance sonore le son d'un clocher voisin et concurrent.

Je me contente de rappeler  l'originalité de Villedieu-les-Poêles, et de ses trois villages de Sainte-Cécile, Saint-Pierre-du-Tronchet et Saultchevreuil-du-Trouchet : elle tient à   la création  au XIIème siècle sous Henri Ier Beauclerc, Duc de Normandie et roi d'Angleterre, d'une Commanderie aux chevaliers de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem en récompense de grands services aux Croisées en Terre-Sainte lors de la première croisade. Villa Dei (la ville de Dieu) devint  la plus ancienne commanderie hospitalière d’Europe de l’ouest.

Différents actes, dont l’un daté de 1187, montrent le développement rapide de la commanderie sous la direction de son Commandeur. Ce développement s'explique par un ensemble de privilèges reçus par Henri Ier Beauclerc. En plus d'être traversée par le fleuve de la Sienne et située sur l'un des chemins de pèlerinage vers le Mont Saint Michel, Villedieu a eu l'autorisation. L'exemption pour les habitants de la Commanderie étaient exempts d'impôts royaux, de dîme et de service militaire.


Forts des droits et exemptions d’impôts royaux de dîme et de service militaire,  et du privilège d'organiser un marché hebdomadaire, et une foire annuelle, ( associés au droit de percevoir des taxes sur toutes les marchandises vendues en ville) les Hospitaliers de Villedieu  introduisent l’artisanat du cuivre dans la cité, qui va devenir un des plus grands centres européens de poeslerie et chaudronnerie dès les XIIème et XIVème siècles. Les habitants de Villedieu s’appellent les « Sourdins », du fait du bruit assourdissant du travail du cuivre dans les très nombreux ateliers de la ville. Villedieu sera, du reste, rapidement surnommée Villedieu « les Poêles », car sa production de poêles à bouillie la rendra célèbre, en des temps où ce récipient n’a pas d’égal.

Les fondeurs de cuivre sont des fondeurs-marchands, car pour fondre une cloche, ils doivent réunir les métaux (cuivre et étain) nécessaires même s'ils récupèrent la matière d'une ancienne cloche fêlée.

Leur maîtrise  d'alliances familiales et commerciales fructueuses est aussi remarquable.

Ces émigrations ont été étudiées par Le Pesant 1972 pour la période de l'Ancien-Régime.

 

 

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LES CLOCHES DE ST-SAUVEUR, ÉGLISE DU FAOU.

Vue du clocher de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

Vue du clocher de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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Vue du clocher de  l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

Vue du clocher de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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Description.

Après avoir gravi les 63 marches de l'escalier à vis du clocher et avoir atteint la chambre des cloches, l'heureux privilégié reprendra son souffle en admirant la vue qu'offre la galerie sur la Rivière du Faou, rivière dont le charme principal vient de la fluctuation des marées.

Cette chambre des cloches en abrite deux : l'une, vénérable par sa date de 1714, est la plus grande, et, pour cela, elle a survécu à l'ordre donné aux paroisses le 1er janvier 1794, imposant de faire descendre toutes les cloches sauf une (pour continuer à pouvoir sonner le tocsin) et de les conduire à Brest afin de les fondre pour fabriquer de nouveaux canons.

La cloche sacrifiée pour la défense de la Patrie n'a été refondue qu'en 1823, et il fut fait appel à un fondeur installé depuis le tout début du siècle à Brest. C'est elle qui forme le sujet de cet article

 

Haute de  73 cm de hauteur et mesurant  96 cm de diamètre, elle est comme ses consœurs en airain— une qualité sonore de bronze alliant  généralement  78% de cuivre et 22% d'étain)—, elle fut fondue à la cire perdue avec un décor en bas-relief et deux inscriptions, l'une sur le vase supérieur liée à son baptême, l'autre au dessus de la panse comportant la signature du fondeur  VIEL et la date de 1823.

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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Alors que l'anse de la cloche de 1714 est ornée de six têtes de solides moustachus, l'anse de cette cloche plus petit est ornée de quatre têtes, vaguement féminine, aux faces émergeant d'un chaperon et dirigées vers le ciel.

Le même motif se retrouve sur une cloche de Guilers nommée Nicolas et fondue par Alphonse Viel en 1841.

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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L'inscription supérieure  se dispose  entre cinq des six moulures qui entourent le vase supérieur. Une frise de feuilles suspendues  court sous la dernière moulure .

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-ligne 1 : ($) EGLISE DE  ST-SAUVEUR AU FAOU (*) M GUILLAUME MOYSAN CURE (*) MR MORVAN MAIRE (*) JE ME NOMME . .

-ligne 2 : ($) MELANIE FRANÇOISE (*) PARIN Mr F. EUGÈNE LE STIR ET MARAINE MLLE MÉLANIE NOEL (*) MAMBRES DE LA

-ligne 3 : ($) FABRIQUE (*) M.M.A. NOËL PRÉSIDENT ET JUGE DE PAIX (*). J.F. LE STIR SECRÉTAIRE (*) J.F. LEMENN TRÉSORIER.

-ligne 4 : ($) M.N. GOURMELON (*) J- TELLIER (*). ---------

 

($) : Poignet à dentelle, main à l'index pointé 

(*) : fleur de lys 

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L'inscription débute à chaque ligne par un manicule, cette main à l'index pointé. J'ai retrouvé cela sur une cloche fondue par Paul Havard, de Villedieu-les-Poêles, en 1837 pour Picauville (musée Cornille-Havard).

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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Les personnages cités sont les suivants :

 

1°) Guillaume MOYSAN, curé.

Moysan Guillaume : Né le 1-05-1790 à Briec ; 1814, prêtre ; 1816, recteur de Lennon ; 1818, curé du Faou ; décédé le 30-04-1838.

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2°) Mr MORVAN, maire.

Le nom du maire de la commune  n'est pas connu entre 1792 (Yves Jacques Nouvel, premier maire du Faou) et 1862 où Caurant a été nommé par le pouvoir impérial. L'inscription de cette cloche vient combler cette carence pour 1823.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Faou#Les_maires_du_Faou

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3°) F[rançois] Eugène LESTIR,  parrain.

Un François Marie  Eugène Le Stir est décédé le 23 avril 1890 au Faou.

https://gw.geneanet.org/bprevosto?lang=fr&pz=bruno&nz=prevosto&ocz=0&p=francois+marie+eugene&n=le+stir

Le garçon dit Eugène a 12 ans (il serait donc né en 1811) . Sa famille était déjà au Faou en 1750. Il sera percepteur au Faou comme son père Jean-François et épousera Eugénie Pennec de Port-Launay (une grande pianiste selon M. Danguy des Déserts).

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4°) Mélanie NOËL, marraine.

 

Née le 18 November 1814 à Quimper, décédée le 24 Janvier  1841 au  Faou, 

Mariée le 23 Janvier 1836  à Quimper, à  Félix Yves CHARUEL 1804-1882 (Parents : Henry François Marie CHARUEL 1772-1829 & Jacquette Yvonne NOUVEL 1774-) 

 d'où une fille, Mélanie Zoé CHARUEL 1838-1868 mariée le 22 Novembre 1863 à Félix CHARDON 1835-

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5°) A[lexandre] NOËL,  président de la fabrique de l'église, et juge de paix.. 

C'est le père de Mélanie Noël. Il a épousé (avant 1814...) Mélanie Louise Le Moyne. Il était décédé en 1836.

https://gw.geneanet.org/alaing44?lang=en&pz=alain+yves+georges&nz=gautier&ocz=0&p=melanie&n=noel

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6°) Jean-François LESTIR, secrétaire de la fabrique du Faou 

C'est le père de François Marie Eugène, le petit parrain. Il fut percepteur au Faou. Il est né en 1776, fils de François LE STIR ( 15 janvier 1750, Le Faou / 10 novembre 1818, Pen arPavé, Le Faou) et de Marie COATELAN (ca 1752-1788)

Nous constatons donc que les deux membres principaux de la fabrique de St-Sauveur ont fait tenir le rôle de parrain et de marraine de la cloche à leur enfant :  le parrain ayant 12 ans et la petite marraine 8 ans.

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7°) Jean-François LE MENN, trésorier de la fabrique. 

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8°) N[icolas] GOURMELON, membre de la fabrique

Un Nicolas Gourmelon est signalé à Hanvec, Coatmeur :

http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=recherche_grandpublic_detail&open=11677&doc=accounts%2Fmnesys_cg29%2Fdatas%2Fir%2Fserie_j%2FFRAD029_00000057J%2Exml&page_ref=11677

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9°) Jean TELLIER, membre de la fabrique

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Inscription basse :

Elle est disposée de part et d'autre d'un calvaire (un crucifix encadré par la Vierge agenouillé et saint Jean). On y lit :

"FAITE PAR VIEL [calvaire] FONDEUR À BREST [médaillon de saint Martin] LE 25 MARS 1823."

La date n'est pas indifférente : elle correspond à la fête de l'Annonciation. (Victor Hugo, dans Les Misérables, date la lettre écrite par Fantine sur son lit de mort enjoignant à Thénardier de remettre Cosette à Valjean est datée du 25 mars 1823, jour de l'Annonciation, soit neuf mois avant le soir de Noël le 25 décembre : une sorte de grossesse masculine de Valjean). Il serait tout de même abusif d'y voir une relation avec le patronyme Noël de la marraine. Mais c'est bien un jour de fête qui a été choisi, le premier à partir de Pâques qui tombait en 1823 au 18 mars.

Il est rare que la date complète de la fonte (ou du baptême) de la cloche soit portée sur l'inscription.

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La disposition de la signature de part et d'autre d'un calvaire, loin d'être commune, est néanmoins retrouvée sur les cloches de Paul Havard, de Villedieu.

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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Médaillon : saint Martin coupant son manteau et le donnant à un pauvre.

Il est également présent sur la cloche "Nicolas" de Guilers, par Alphonse Viel 1841.

L'exécution du moule (qui a certainement servi plusieurs fois) est d'une finesse remarquable, et s'inspire certainement elle-même d'un modèle. L'harnachement du cheval, l'uniforme et la coiffure  de saint Martin, la tenue du pauvre unijambiste sont parfaitement visible. 

 

 

Les photographies de ces détails, in situ, n'est pas très aisée et les difficultés ne permettent pas de rendre suffisamment hommage à leur qualité.

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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Médaillon : sainte Catherine (couronne, palme, épée, roue brisée).

Nous remarquons la même précision dans les détails, comme les glands de passementerie de la robe. Et je regrette d'autant plus la médiocrité de mon image. 

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La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

La cloche de 1823 par Viel, fondeur à Brest de l'église Saint-Sauveur au Faou. Photographie lavieb-aile 15 septembre 2018.

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Pour apprécier ce décor, appliqué en cire perdu sur la fausse cloche en argile avant la fonte, je propose ces images prises au musée Cornille-Havard de Villedieu-les-Poêles :

Pose du décor pour une cloche de la cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo :.

 

 

Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

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Quelques moules anciens, et des moulages en cire (ou plutôt aujourd'hui en silicone).

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Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

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Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

Fonderie Cornille-Havard, Villedieu-les-Poêles. Photographie lavieb-aile 11 septembre 2018.

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LES FONDEURS  VIEL  À BREST. UNE FAMILLE VENANT DE NORMANDIE DEPUIS LA FIN DU XVIIIe.

Avec les Beatrix, les Tétrel, les Havard, les Pitel,  la famille Viel est une vieille famille de Villedieu. Elle est affiliée aux HAVARD, aux LE DÔ, aux ENGERRAN.  Ainsi, par exemple," Jean-Nicolas Viel, décédé en 1810 et marié à Madeleine Loyer, était le père de Gilles-François Viel, également fondeur, qui épousa le 7.5.1813 Agathe Pitel... Julien-Ferdinand Viel, né en 1823 et marié à Michelle Havard était lui aussi fondeur... On a également trace d’un certain Etienne Viel, marchand fondeur qui épousa Marie-Adélaïde Ozenne, d’ou au moins Pierre-Guillaume Viel, né en 1812 (marié à Thérèse-Elmina Havard). On retrouve  les familles Viel Tétrel et Viel-Ozenne . (D. Havard de la Montagne, 2012)

http://www.musimem.com/fondeurs_villedieu-les-poeles.htm

La lignée qui va arriver à Brest  voit se succéder, à Villedieu-les-Poêles :

  • Marin VIEL, d'où
  • Jean VIEL et Gilette HAVARD, mariés le 11/02/1657, d'où 5 enfants, dont
  • Jean VIEL et Jeanne BADIN, mariés le 19/02/1691, 5 enfants dont :
  • Jean VIEL et  Marie BATAILLE, mariés le 15/06/1712, 8 enfants (alliance avec HAVARD, HUET, ...), dont deux enfants qui nous concernent :

 

a) François VIEL, né à Villedieu-les-Poêles le 10 mars 1713 époux le 23 juin 1738  de Françoise VOISIN; son  fils, Jean-François VIEL, uni en 1772 avec Jeanne-Gabrielle MARTINAUX née à Villedieu, eut un fils, Pierre François VIEL, qui s'installa à Brest comme fondeur.

b) Jean VIEL, né le 18 octobre 1726 et époux de Agathe Noëlle GUILLAUME, eut un fils Pierre-Michel VIEL qui s'installa à Brest comme fondeur.

Donc, deux lignées cousines se créèrent à Brest en même temps en venant de Villedieu-les-Poêles à la fin du XVIIIe siècle. Pourquoi ? Nous pouvons alléguer une tradition propre au métier de fondeur de cloche, nécessitant de se déplacer d'église en église et donc de ne pas rester sédentaire. Par ailleurs,  le Cotentin ne pouvait absorber pour sa demande de cloches les (très) nombreux enfants qui avaient déjà essaimé dans la province. Thomas Le SOUEFF, un HUET, ou les BEURRIER, s'étaient  déjà établis en Bretagne au XVIIe et XVIIIe siècle en se déplaçant au fur à mesure des marchés.   Surtout à mes yeux, la demande créée par le décret du 1er janvier 1794 de fondre les cloches pour en faire des canons a obligé l'ensemble des paroisses à commander, une fois la paix revenue, de nouvelles cloches. "D'après les archives du District de Brest, quatre cents cloches d’églises et de chapelles furent déposées de 1792 à 1799 pour être transformées en canons suivant les ordres de la Convention. Une seule cloche par commune était conservée pour sonner uniquement les heures et annoncer les réunions du Conseil municipal. Le Concordat de 1801 conclu, de nouvelles cloches devenaient nécessaires. " (Chanoine Saluden)

 

A.  PREMIÈRE LIGNÉE.

 Pierre François VIEL, fils de Jean-François VIEL et de  Jeanne-Gabrielle MARTINAUX (unis en 1772). Né le 26 novembre 1774 à Villedieu-les-Poêles et décédé à Brest le 23 août 1809.  Il épousa à Brest le 30 janvier 1800 Marie Madeleine Jacqueline GAUTIER native de Villedieu-les-Poêles. Profession fondeur. Il eut 5 enfants dont deux fils.

Cette lignée ne va pas nous retenir, puisque d'une part les enfants de Pierre François ne reprirent pas son activité, et d'autre part qu'il est décédé en 1809, avant la date de fonte de la cloche du Faou.

B. DEUXIÈME LIGNÉE .

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1ère génération : Pierre-Michel VIEL.

fils de Jean VIEL et de Agathe GUILLAUME, est né le 29 septembre (ce qui explique son prénom) 1767 à Villedieu-les-Poêles et est décédé le  9 juin 1820 à Brest. Il exerçait la profession de fondeur. Il épousa le 23 avril 1796 à Landerneau Jeanne-Madeleine METTE, née le 10 septembre 1770 à Villedieu-les-Poêles et décédée le 2 février 1845 à Brest.

NB  Les frères Pierre et Jean-Baptiste GUILLAUME, nés respectivement en 1778 et 1779 à Saultchevreuil (voisin de Villedieu-les-Poêles), fils de Pierre et de Marie-Françoise Havard, étaient aussi fondeurs.

Pierre-Michel VIEL était fondeur et résidait  24 rue Royale à Brest, avec le titre de fondeur patenté. Cette adresse sera celle de Hypolite Philémon (infra)

Ce couple qui a émigré de Villedieu à Brest depuis 1796 au plus tard eut 15 enfants dont 10 fils. Je retiendrai dans cette descendance ceux qui exercèrent comme fondeurs.

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2éme génération : les fils de Pierre Michel VIEL

2a. Nicolas François Marie VIEL 

né le 4 décembre 1798 à Brest et décédé le 16 juin 1853 à Brest, il exerça la profession de fondeur. Selon Joel VIEL, c'est lui qui se désigne par le terme de VIEL L'AINÉ. Il épousa le 22 septembre 1823  Augustine  Amélie Esther BRIANT, dont il eut trois enfants, Auguste Marie Joseph, Marie Amélie Alphonsine, et Caroline.

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2b. Pierre Alphonse VIEL, dit Alphonse Viel.

né le 8 septembre 1800 à Brest, décédé le 31 décembre 1847 à Brest, il exerçait la profession de fondeur. Il épousa le 23 novembre 1825 Marie-Félicité JACOLOT, décédée le 2 mai 1836 à Brest, dont 2 enfants décédés en bas-âge, puis le 06 octobre 1836 à Brest Françoise Adrienne Victorine DEVILLERS, dont il eut 3 enfants. Au moins une cloche est attestée à son actif, car elle est mentionnée sur l'inventaire après décès : "Du pour une cloche vendue à la commune de Saint-Pierre-Quilbignon ....300 francs". Le même inventaire mentionne aussi des travaux pour la nouvelle porte de la ville, 700 francs, et Pour le port en façon d'ouvrage, 600 francs."

Il a signé d'autres cloches, Lanidut en 1832, à Plabennec chapelle de Lanorven en 1833, à Lannilis chapelle Saint-Sébastien en 1841, à Guilers en 1841, à Châteaulin pour la chapelle N-D. de Kerluan en 1843, à Goulien en 1846, à Plonevez-Lochrist chapelle du Lochrist en 1844, à Plougar église Saint-Pierre en 1847.

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3b. Hypolite Philémon VIEL, dit Philémon.

né le 4 avril 1806 à Brest, décédé le 4 mars 1863 à Brest, il exerça les professions de ferblantier et  de fondeur, au 24, Grand'rue à Brest. Il avait suivi une formation de ferblantier en apprentissage auprès de Mr Marchand.

La  Grand'Rue était l'artère la plus importante de Brest, plus large que la rue de Siam..Elle descendait de la place des Portes jusqu'à la Penfeld à la porte Tourville. Ce fut la rue de la République en l'An II et en 1848, la rue Impériale sous le Premier Empire, les Cent-Jours et le Second Empire, la Rue Royale pendant la Restauration avant de reprendre son nom de Grande Rue en 1870 et d'être renommée  rue Louis-Pasteur en 1907.

 

Il épousa le 11 juin 1827 Jeanne Constance SCHMIT avec laquelle il eut deux enfants, puis le 18 octobre 1837 Clémence Léocadie Esther LEBOEUF dont il eut en 1838 un fils, Jules Alphonse Philémon VIEL.

 

3ème génération : la fille et le gendre de Nicolas François Marie VIEL :   Marie Amélie Alphonsine VIEL / Richard Jean-Baptiste BRIENS.

3a Marie Amélie Alphonsine VIEL : 

Généalogie ici. née le 2 septembre 1826 à Brest, et décédée le 26 novembre 1856 à Brest (à 30 ans), elle épousa le 13 décembre 1848 Richard Jean-Baptiste BRIENS. 

3b. Richard Jean-Baptiste BRIENS.

Ce Richard Briens appartient également à une très ancienne famille de Villedieu-les-Poêles.

https://gw.geneanet.org/fondeurdecloches?lang=en&m=N&v=briens

Il va apparaître dans les publicités et les annuaires comme "gendre et successeur de M. Viel l'aîné."

Richard Jean Baptiste BRIENS, né le 20/02/ 1818 à Villedieu-les-Poêles de Michel-Léonard Briens (lui-même fils du fondeur Jean-Baptiste Briens) et décédé à Brest le 13 septembre 1883, Brest, marchand fondeur.

Généalogie ici :

a) Marié le 13 décembre 1848, Brest, avec Marie Amélie Alphonsine VIEL, dont 
- Stanislas Ferdinand Nicolas BRIENS, né le 28 novembre 1852, Brest. 

b)  Marié le 22 juillet 1857, Brest, avec Pauline Estelle BOCHE, dont 
- Auguste Michel Alexis BRIENS, né le 27 novembre 1865, Brest, décédé le 16 mai 1898, Brest (à l'âge de 32 ans). 

https://gw.geneanet.org/fondeurdecloches?lang=en&m=N&v=briens

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CONCLUSION

Nous avons donc

—Pierre François VIEL, domicilié à Brest et installé comme fondeur jusqu'à son décès en 1809, et à qui il est difficile  d'attribuer un atelier ou une cloche en particulier.

— Pierre Michel VIEL (1767-1820), fondeur patenté à Brest 24 rue Royale à partir de 1796 environ, d'ou :

— Son fils Nicolas François Marie VIEL (1798-1853), qui signe ses cloches VIEL L'AINÉ entre 1809 et 1811.

— Son autre fils Alphonse VIEL (1800-1847) actif selon les cloches qui sont attestées entre 1832 et 1847.

— Son autre fils Philémon VIEL (1806-1863)  ferblantier et  fondeur, au 24, Grand'rue à Brest.

— le gendre et successeur de Nicolas VIEL, Richard Jean-Baptiste BRIENS (1818-1887)

Les signatures des cloches, les annonces et publicités incitent à retenir essentiellement : 

a) Alphonse VIEL (1800-1847) d'une part : je note 17 cloches ayant sa signature, immuable.

 

Milizac Viel Alphonse fondeur à Brest. 1817

Lanidut en 1832,  Viel Alphonse 1832

Plabennec chapelle de Lanorven en 1833, Viel Alphonse fondeur à Brest.

Locmaria-Plouzané : Viel Alphonse, fondeur, Brest. 1834 (2 cloches).

Lopérec. 1838 Viel Alphonse fondeur à Brest.

— Lannilis chapelle Saint-Sébastien en 1841, Viel Alphonse fondeur à Brest 1841.

Guilers en 1841, Alphonse Viel 1841.

Châteaulin pour la chapelle N-D. de Kerluan en 1843, Viel Alphonse, fondeur à Brest, 1843

Goulien en 1846,

Hôpital-Camfrout  "  Les cloches ont été fondues en 1845 et 1850 par Alphonse Viel, fondeur à Brest. "

—  Plonevez-Lochrist chapelle du Lochrist  : Alphonse Viel 1844

Plougar église Saint-Pierre : Viel Alphonse fondeur  à Brest, 1847.

Tréglonou . Viel Alphonse Fondeur à Brest 1840

Trémaouezan Viel Alphonse fondeur à Brest 1842

Brest, Saint-Pierre-Quilbignon : Viel Alphonse 1843.

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b) et son frère Nicolas Nicolas  (1798-1853),  VIEL L'AINÉ ainsi que son gendre et successeur Richard BRIENS (1818-1888). Je considère que c'est à eux qu'il faut attribuer les cloches signées au pluriel, tels que MM. Viel fondeurs brestois : 

 

Plounévez-Lochrist, église paroissiale Saint-Pierre. "Viel aîné 1809" .

Plonevez-Porzay relevé par Abgrall : "Viel aîné 1809".

— Kersaint-Landunvez : Viel aîné, 1811.

—Le Faou, Notre-Dame de Rumengol. Viel aîné en 1812

— Plounévez-Lochrist, église paroissiale Saint-Pierre. "Viel 1845" [?]

Bohars, Saint-Pierre-aux-liens." MM. Viel fondeurs brestois 1850".

Trémaouezan église, M. Viel-Briens fondeurs à Brest  1851

Lanhouharneau, église paroissiale Saint-Hervé : "Viel Briens 1853".

— Pont-Christ." Viel Briens Bre[st] 1856".

Tréflez , église paroissiale Sainte-Édiltrude : "Briens Vieil Aîné, Brest, 1858"

Lanvéoc, église Sainte-Anne : " Briens aîné, (?) fondeur à Brest".

.— Plougar, église Saint-Pierre  "Briens à Brest 1892".

—Le Faou, Notre-Dame de Rumengol. "Briens aîné Brest 1899".

 

 

Nous constatons que l'inscription de la cloche du Faou, "Viel fondeur à Brest 25 mars 1823" ne permet pas une attribution claire.

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Il nous reste à confronter cela aux documents sur les fonderies elles-mêmes.

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LES FONDERIES DE BREST AU XIXe SIÈCLE.

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Où se situaient les ateliers et magasins de nos fondeurs ?

1°) Le premier établissement est sans doute la fonderie installée à Lambezellec, au fond de la Penfeld, et  attribuée à Philémon Viel, le ferblantier-fondeur.  Elle était voisin du Parc au bois, de l'ïle factice et de la digue, du manoir Kerhallet, à l'Anse Goyen, et de la buanderie de l'Anse Saupin, mais je n'ai pu obtenir plus de précision. Un annuaire de 1867  situe une fonderie de Ph. Viel à Gouesnou. Mais il faudrait pouvoir différencier une "fonderie de fer" et une "fonderie de cuivre, la seule qui nous occupe.

Une fonderie de cuivre a bien été installée dans le port de Brest, notamment pour la fonte des cloches réquisitionnées pour en faire des canons : son fonctionnement fut confié à Julien Le Beurrié et Jacques Bruslé ( Arch. mun. Brest, 2D3, courrier du 16 germinal an II (5 avril 1794). ) Mais ce n'est pas un établissement privé

La création d'une fonderie nécessitait une autorisation : un dossier 5M 71 des archives départementales renferment des documents sur les fonderies Gripon, Le Beurrié et Viel.

2°) Une piste plus ...fondée repose sur l'examen des annuaires. Ainsi, dans l'Annuaire de Brest et du Finistère publié par la Société d'émulation de Brest, de 1851, nous pouvons lire :

Ferblantiers et plombiers :

VIEL Ph.  Grand'rue, 24.

Fondeurs :

VIEL P. Grand'rue, 24.

VIEL N. et BRIENS, Rue du rempart, 7.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207459p/f251.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207459p/f252.item

Voir page 79 de :http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_82/Le_Vieux_Brest_A_travers_ses_Rues_.pdf

Nous avons donc deux adresses à Brest, l'une au 24 Grande Rue pour P[ierre ?] et PH [ilémon], et l'autre 7 rue du Rempart, rue qui sera renommé en 1860 rue d'Algésiras.

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Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.

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La fonderie de la Grand'rue, ou rue Royale, ou rue Louis-Pasteur à Brest.

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CPA, Brest. L'Hôtel Moderne, sans date.  Archives municipales de Brest 3Fi079140.

Sur ce document se remarque le petit édifice d'un étage et toit à deux mansardes adossé aux cinq étages de l'hôtel. 

https://www.delcampe.net/fr/collections/cartes-postales/france/brest/cpa-france-29-brest-hotel-moderne-bus-634876759.html

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Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.

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La façade est ornée entre les deux fenêtres d'une enseigne :

À LA CLOCHE

Dans un cartouche où est dessiné une cloche, nous lisons :

FONDERIE DE CUIVRE.

Le rez de chaussé est un Commerce de vins.

Sa situation proche de l'angle de la rue correspond bien avec l'adresse 5, grand'rue de la publicité de Briens.

 

Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.

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Une autre CPA permet de lire sur la façade le nom de BRIENS.

https://www.delcampe.net/fr/collections/cartes-postales/france/brest/brest-lhotel-moderne-tramway-pub-ricqles-fonderie-ll-editeur-472279452.html

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Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.

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Cette CPA est à mettre en relation avec un dessin contenu dans le dossier 22BIO15 des archives municipales de Brest.

Ce document est titré Ancienne maison Viel et Briens, Grand'Rue, Brest. Ce dessin a choisi un point de vue plus frontal qui montre un détail crucial : la cheminée qui s'élève à droite de la toiture.

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dossier 22BIO15 des archives municipales de Brest.

dossier 22BIO15 des archives municipales de Brest.

dossier 22BIO15 des archives municipales de Brest.

dossier 22BIO15 des archives municipales de Brest.

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Le Grand Hôtel fut construit en 1898-1899 au  coin entre la Grand'rue /rue Louis-Pasteur et la rue Algésiras. Donc la carte-postale et le dessin sont postérieurs à cette date, ce qui explique les mentions "Ancienne maison Viel-Briens".

Je note que 1898 correspond à la date de décès d'Auguste Michel Alexis Briens, le fils de  Richard Briens : cela expliquerait-il une vente du terrain adjacent à la fonderie ? Notez encore que l'adresse de N. VIEL et BRIENS au 7 rue du Rempart correspond à la rue Algésiras.

La fonderie fut détruite plus tard et un immeuble de rapport fut construit.

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http://www.lebouguen-lesbaraques.infini.fr/spip.php?page=imprimer&id_article=163

http://www.lebouguen-lesbaraques.infini.fr/spip.php?page=imprimer&id_article=163

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Curieusement, une photo montre, juste devant cet immeuble, une exposition de cloches (sans-doute par les Ets Gripon).

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Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.
Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.

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MAURICE GRIPON, SUCCESSEUR DE VIEL ET BRIENS.

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Une publicité de 1925 (à 25 reprises dans le Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie BDHA) indique ceci :

FONDERIE DE CLOCHES

Ancienne Maison Briens, fondée en 1804.

SOCIETE ANONYME DES ETABLISSEMENTS GRIPON SUCCURSALE

59-61 rue Yves Collet, Brest (Finistère). Tel 2.64.

Fournitures et réparations.

Bourdons. Cloches. Carillons. 

Beffrois en fer et en bois

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On la trouvait déjà à 12 reprises dans La Semaine Religieuse de 1923

Dans le courant de l'année 1925, le nom d'un nouveau directeur, L. AMELINE, apparaît dans les encarts..

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Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.

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Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.

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Le publi-reportage suivant   explique le développement de la fonderie GRIPON  par le besoin de cloches survenu après la Première Guerre Mondiale :

"Le remplacement des milliers de cloches détruites ou volées par l'ennemi pendant la Grande Guerre dans une grande partie de l'Europe a fait revivre en France une industrie peu connue.

Il nous a été donné de visiter à Brest les Établissements Maurice Gripon, ancienne maison Briens fondée en 1804, une des plus vieilles maisons de France et peut-être du monde entier pour la fabrication des cloches.

Nous avons pu constater grâce à l'extrême amabilité de M. Gripon, que réaliser une cloche parfaite au double point de vue de l'aspect et de la qualité musicale n'était pas chose facile. La forme des cloches doit être gracieuse et élégante, mais il est indispensable qu'elle soit combinée de manière à lui faire rendre le maximum de sonorité.

Les nombreuses cloches qu'il nous a été donné de voir dans le hall de la fonderie des Établissements Maurice Gripon nous ont absolument émerveillés. Le fini des inscriptions,et des décorations est absolument parfait, quant au son il nous faut reconnaître qu'il est difficile d'obtenir un ton plus nourri et plus harmonieux.

Mais là ne se bornent pas les difficultés de la fabrication. Dans une sonnerie de plusieurs cloches, il faut obtenir une harmonisation convenable entre elles. Les Établissements Maurice Gripon grâce à une longue pratique et à un outillage approprié, arrivent à sortir de cloches qui, brutes de fonderie, sans aucune retouche, donne la note voulue.

Les difficultés de trouver des sonneurs et les exigences qu'ils manifestent ont amené les Établissements Maurice Gripon à étudier un système de mise en volée des cloches par l'électricité ; c'est ainsi qu'il nous a tété donné de voir fonctionner dans les Établissements Maurice Gripon une cloche de 1500 kilos mue par l'électricité. Dès la fermeture de l'interrupteur, cette cloche s'est mise à cueillir d'abord doucement, puis progressivement a atteint le maximum d'amplitude pendant que le battant d'acier forgé venait frapper les parois de cette cloche dont les sons impressionnants s'élançaient dans l'espace.

Les Établissements Maurice Gripon produisent mensuellement 10 à 12 000 kilogrammes de cloches et peuvent couler des cloches d'un poids unitaire de 8000 kilos. Des sonneries importantes ont été livrées en Alsace et dans les régions dévastée, où cette maison s'est acquis une renommée bien méritée. »

Légende des images : Un départ de cloches pour l'Alsace. Un coin de la fonderie.

 

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Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.

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D'autres fondeurs plaçaient aussi leur publicités dans le Bulletin diocésain : soit de Douai, soit de Robécourt, soit de Villedieu.

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Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.
Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.
Les cloches du Faou et les fondeurs de cloche du Finistère. II : Viel à Brest 1823.

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INVENTAIRE CAMPANAIRE.

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Bohars, Saint-Pierre-aux-liens. Viel 1850.

"Les trois cloches de l'ancienne église sont installées dans la nouvelle église. La grande cloche date de 1815, la moyenne cloche date de 1841, la petite date de 1850. Ces cloches ont été exécutées dans les ateliers de MM. Viel, fondeurs brestois. " BDHA 1903

Brest, quartier Saint-Pierre-Quilbignon puis N-D de Kerbonne : Alphonse Viel 1843


« Dans le clocher branlant, la plus petite des cloches est fendue. Une fêlure de 27 centimètres rend sa refonte indispensable, d'autant plus que les ferrures sont oxydées, et que le bois est en mauvais état. Aussi le conseil décida-t-il de restaurer cette "pièce de la sonnerie". Ce fut l'oeuvre de M. Viel, fondeur à BREST, dont les ateliers se situaient dans ce qui est actuellement la rue Yves Collet, entre le cimetière et la rue Saint-Marc. Pour votre information, c'est cette même cloche qui fut envoyée vers 1907/1908 à Kerbonne, quand on a converti l'un des anciens magasins de la corderie Kerros en chapelle de secours. Le clocheton reçut donc Jeanne-Françoise, tel était le prénom de notre cloche, M. J.R. de Rodellec du Portzic étant maire de Saint-Pierre à l'époque." « L'église de Saint-Pierre-Quilbignon, d'après les archives de Michel Floch, historien de St Pierre 1890/1967

http://www.echodesaintpierre.infini.fr/msp/msp30.htm

 

 

Le journal Partage numéro 9 – Juin 1984

https://kerbonne.wordpress.com/page/6/

Les cloches de N.D. de Kerbonne

La première des cloches de Notre-Dame de Kerbonne, la Jeanne-Françoise, avait été coulée en 1843, par le fondeur Alphonse Viel, sur les bords de la Penfeld et installée à Saint-Pierre Quilbignon. Elle pesait 200,7 kg. En 1908, elle fut donnée à la toute nouvelle église de Kerbonne. On lui adjoignit deux petites compagnes qui avaient achevé leur temps sur des bateaux de la Royale.

Lors du siège de Brest en 1944, Jeanne-Françoise reçu un éclat d’obus. La voix cassée, elle continua cependant son travail jusqu’à la veille du cinquantenaire de la paroisse (1957). A cette époque, des spécialistes constatèrent que les axes étaient branlants, déchaussés, que les coussinets étaient usés jusqu’à la corde.

A la demande du recteur, l’abbé Cornen, des jeunes acrobates du Patro, André Urvoas en tête, descendirent les trois cloches et la doyenne de Kerbonne prit ainsi sa retraite à lâge de 115 ans. Retraite? Erreur! Sans protester elle se laissa conduire à la fonderie.

Mais avant même son départ, une souscription avait été ouverte pour l’achat de nouvelles cloches."

Châteaulin, Halles Fonderie de Penfeld,  Viel 1866.

Édifice à ossature métallique sur soubassement en granite ...L'ossature métallique porte la marque : FONDERIE DE PENFELD VIEL PHce ET CIE BREST..

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/les-halles-chateaulin/5b6e438f-e125-45e9-bdd8-0284e40520e2

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/les-halles-chateaulin/5b6e438f-e125-45e9-bdd8-0284e40520e2

— Châteaulin, chapelle de Kerluan. Viel Alphonse, fondeur à Brest, 1843.

https://www.letelegramme.fr/finistere/chateaulin/kerluan-la-chapelle-continue-a-livrer-ses-secrets-11-10-2017-11697554.php

« Faite en 1843 pour Notre-Dame de Kerluan. Je m'appelle Jeanne Marie. J'ai pour parrain et marraine Jean Bauguion et Marie Yvonne Poulmarc'h ».  « Viel Alphonse, fondeur à Brest ».

« Les parrains et marraines sont en général des personnes importantes, puisque participant au financement. Celles qui sont mentionnées sur la cloche sont de la famille Bauguion, de la trêve de Kerluan, de Quélennec précisément »

En 1843, cette cloche vient combler une longue absence car, à la suite d'un décret de la Convention, sa prédécesseure fut transformée en canon, en 1794, à Brest."

Goulien. Viel fondeur à Brest 1846. Alphonse Viel (??) 1885.


 

 

 " La seconde cloche, au sud, porte l’inscription suivante : « FAITE EN 1846 POUR L’EGLISE DE GOULIEN, J’AI ETE NOMMEE JEANNE MARIE – PAR JEAN LE MOULLEC ET MARIE ANNE DAGORN, HENRI JANNIC RECTEUR- MATHIEU LE DREAU, MARIE ALLAIN DONNART, TRESORIER. En 1847, on a payé à Viel fondeur, pour fondre deux cloches et leurs fournitures 315 frs 90.

 1885 : La plus grande des cloches, celle du nord, a été refondue, toujours chez Alphonse Viel à Brest.

Guilers. Cloche Nicolas, Alphonse Viel 1841.

ANNO DOMINI MDCCCXLI ON MA NOMME

MICHEL CONSEIL CHEF DE

POUR MARRAINE MADAME

TRESORIER J.M RIOU FR MARGUILIER

DE LA PAROISSE DE GUILERS

 

"La cloche était sans conteste destinée à l’église Saint-Valentin : les inscriptions qu’elle porte permettent de penser que son nom lui vient de son parrain, Nicolas Michel Conseil, conseiller municipal à Guilers de 1852 à 1865.

On y lit aussi les noms de sa marraine, Marie-Jeanne Aimée Bérubé, fille des propriétaires du manoir de Keroual ; du recteur de la commune, M. de Kerverson ; et de son maire, M. Riverieux. Le fondeur brestois a aussi immortalisé son nom et son blason. « Il s’agit d’Alphonse Viel, qui est issu d’une vieille famille de fondeurs de Villedieu-les-Poêles (Manche). »

La cloche, qui mesure 80 cm à sa base, a la particularité de posséder six anses surmontées de visages de femmes. Sa robe est ornée de motifs religieux : le Christ en croix, la Vierge avec l’enfant et saint Martin découpant son manteau."

Hôpital-Camfrout 

"  Les cloches ont été fondues en 1845 et 1850 par Alphonse Viel, fondeur à Brest. "

Kersaint-Landunvez : Viel aîné, 1811.

"Le clocher renferme deux cloches dont la plus petite porte cette inscription : « Sophie-Hervé Parrain, Hervé Lenvec, maire ; marraine Madame Carof, née Marzin ; A. Toux, recteur.

La grande cloche a nom: Françoise et Pélagie Parrain et marraine ont été : M. Bazil aîné avocat, et mme Dubois, née Le Guen. M. Floch, recteur ; Y. Lamour, maire. Hervé Godebert et Le Hir, marguilliers, 11 août 1811.

Fait par Viel aîné, fondeur à Brest ."

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/54aa7295dcabff4f87ca6d8fa1b98830.pdf

 

Lanhouharneau, église paroissiale Saint-Hervé : Viel Briens 1853.

 

-Cloche 1 : Georges Farnier, Robicourt (88), 1938 :

  • décor : Sacré-Cœur, entrelacs, liserés

  • inscription : JE M APPELLE HERVELINE / M ONT AINSI NOMMEE PIERRE LHESOT DE MILIN SOUL ET MADAME YVONNE JEZEQUEL DE COAT HUEL / J AI ETE BENITE PAR MR LE CHANOINE AUGUSTE KERBAOL CURE DOYEN DE PLOUESCAT JOSEPH MERIN RECTEUR DE LANHOUARNEAU RENE MEAR MAIRE.

-Cloche 2 : Viel Briens, Brest , 1853 :

  • décor : Vierge à l'Enfant, Christ en croix, 6 masques sur les anses

  • inscription : MNE CAROLINE PARRAIN MR EMILE DE KERMENGUY ET CONSEILLER GENERAL NE C CHAMPA JOSEPHINE MARIE FRANCOISE DE LA FRUGLAYE VICOMTESSE DE NOMPERE DE CHAMPAGNY MAIRE BERTHOU JEAN TRESORIER LERROL CHARLES LE PICHOURON RECTEUR LANHOUARNEAU 1853.

Lanildut, église Alphonse Viel 1832

 

Chanoine SALUDEN, Bulletin paroissial de Brest 1932 Kannadig de Brélès-Lanildut N° 32 - 1994 Les cloches de l’église de Lanildut

Sur la plus ancienne des 3 cloches actuelles, nous trouvons une date postérieure de 46 ans à la reconstruction de l’église saint Ildut en 1786.
Les cloches de Lanildut ont-elles été victimes de la Révolution ?
D'après les archives du District de Brest, quatre cents cloches d’églises et de chapelles furent déposées de 1792 à 1799 pour être transformées en canons suivant les ordres de la Convention. Une seule cloche par commune était conservée pour sonner uniquement les heures et annoncer les réunions du Conseil municipal. 
Le Concordat de 1801 conclu, de nouvelles cloches devenaient nécessaires et BRIENS s’y employa. Originaire de Villedieu-les-Poëlles, département de la Manche, ville fameuse pour son industrie chaudronnière, BRIENS prit la succession de son beau-père VIEL, fondeur à Brest.

L'alliage de ses cloches est fait de deux métaux seulement : “le cuivre rouge (cuivre pur) et l'étain le meilleur de la marque Banka”. Les ecclésiastiques qui commandent les cloches, sous l'impression de légendes racontant que jadis dans la fonte des cloches, de généreux personnages y jetaient leurs bijoux, venaient parfois demander d'ajouter à l'alliage des pièces d'or ou d'argent, ou des bijoux de coquettes pieuses ou repenties, BRIENS s'y refusait absolument. "Si vous voulez que votre cloche donne la note que vous exigez, il ne faut rien ajouter à mon alliage, sinon je ne garantis point la note, je ne la fondrai même pas." 


-Sur la cloche du bas à droite, d’un poids de 496 livres, on relève les inscriptions suivantes :  Fait à Brest en septembre 1832 pour l’église de Lanildut. J’ai été nommée Marie par M. JACOB, maire et Mme BASIL, née Alexandrine DURVILLE - M. BONNAVENTURE - Jean CAER, desservant - M. JEZEQUELLE, trésorier - M. Vincent COZIEN, adjoint -
VIEL Alphonse, fondeur.

-Sur celle du bas à gauche : 1890 - Paroisse de Lanildut - Je me nomme Yvonne-Marguerite - M. LE GUEN, recteur, qui m’a achetée a été mon parrain et ma marraine a été Marguerite LEOSTIC - J’ai été bénite par M. LE GUEN, chanoine honoraire, supérieur de la Maison St Joseph à St Pol de Léon.
M. PELLEAU, vicaire - M. JACOB Guillaume, maire - M. Tanguy JACOB, trésorier -
BRIENS, fondeur à Brest.

-Sur la cloche supérieure : 1890 - Paroisse de Lanildut - Je me nomme Caroline-Marie-Anne - J’ai eu pour parrain Ernest KERROS et pour marraine Marie Anne CALVEZ - J’ai été bénite par M. LE GUEN, chanoine honoraire, supérieur de la Maison St Joseph à St Pol de Léon.
M. LE GUEN, recteur - M. PELLEAU, vicaire - M. JACOB, maire - M. Tanguy JACOB, trésorier -
BRIENS, fondeur à Brest.

 

http://www.lanildut.fr/histoire/HistolanC77.html

Lannilis, chapelle de Saint-Sébastien.  Viel Alphonse fondeur à Brest 1841.

j’ai été faite en aout 1841 ; j’ai été nommé Jeanne-Yvonne par Yves Le Hir et Jeanne Pellen . côté route : une croix côté toiture : une vierge .Viel Alphonse fondeur à Brest.

Cette cloche a remplacée une précédente bénite le 29 septembre 1697 prénommée Catherine Elisabeth ;marraine : Catherine-Elisabeth De Bellingant, parrain : Jean François Toussaint De Kerouartz (fils ainé de la Motte)

http://sauvegarde-du-patrimoine-de-lannilis.e-monsite.com/medias/files/histoire-st-sebastien-troubirou.pdf

Le Faou, église Saint-Sauveur, cloche n°2, Viel fondeur à Brest 1823.

"VIEL FONDEUR A BREST 25 MARS 1823".

Le Faou, Notre-Dame de Rumengol. Viel aîné en 1812

cloche faite par Viel aîné en 1812 et remplacée en 1899 : Fait faire du temps de M. Hervé Auffret, desservant de Rumengol - Bernard kernéis, maire, parrain M. Jn Comte, inspecteur de la forêt impériale maritime du Cranou, marraine Catherine Le Mignon. poids 546 kilos. faite par Viel a^tné fondeur à Brest ce 16 septembre 1812. (Danguy des Deserts)

Le Faou, Notre-Dame de Rumengol. Briens aîné Brest 1899.

Locmaria-Plouzané. Jean-François Guillaume 1774. Viel Alphonse, fondeur, Brest. 1834 (2 cloches).

Les cloches. — Loc-Maria possède un clocher à trois cloches, de forme élancée. En une délibération du corps politique du 6 novembre 1774, nous lisons : « Nous, corps politique... sommes d'avis de refondre la grande cloche et la petite, et de faire monter Ia plus grande jusqu'à 800 livres et la plus petite de 400 à 500 livres; paierons au sieur Jean-François Guillaume, fondeur, pour refondre du vieux métal desdites cloches 100 livres, et 30 sqls pour chaque livre du nouveau métal. Les cloches seront fondues sur place et le corps politique s'oblige à fournir audit sieur Guillaume, tous les matériaux nécessaires aux fourneaux et bois et charbon, avec douze ou quinze journées d'homme; la moitié de la somme sera payée à la fin du travail, l'autre moitié en deux ans ».

Puis, le 13 mai 1781 : « Nous, corps politique, chargeons le marguillier Claude Ropars de faire fondre la moyenne cloche de l'église et de la porter à 600 livres ». La grande cloche mentionnée en 1774, refondue en 1775, et portée à 800 livres, est la grosse cloche actuelle. Sa fusion eut lieu sous M. Inisan, recteur de Plouzané et treve de Loc-Maria. Voici l'inscription que nous y lisons : « L'an 1774, bénie par Mre J. C Inisan, recteur de Plouzané, - Mre Jean Goret, curé. — Haut et puissant seigneur Messire René de Rodellec, chevalier du Portzic, lieutenant des vasseaux-du Roi, parrain. — Haute et puissante dame Barbier de Lescoët, comtesse de Kervasdoué, marraine. — Y. Coatanea, fabrique__ Le Guillaume m'a faite. » Nous ne savons ce qu'il advint de l'idée de refondre la moyenne et la petite cloche.

En 1834, le 29 avril, les deux autres cloches actuelles (la petite et la moyenne) reçurent la bénédiction de M. Le Hir, curé de Saint-Renan.

La moyenne, « Caroline », porte l'inscription suivante: « Faite en avril 1834, pour l'église de Loc-Maria, — H. Charles Kenjuizlau Kervasdoué, parrain, et Mme de Kervasdoué, née Marie-Renée de Lestant du Rusquec, marraine - M René-Marie Marc, recteur. - Hervé Rioual, maire - M. Y. Quéau, vicaire. - Viel Alphonse, fondeur, Brest ».

La petite, « Marie », porte : « Faite en avril 1834, pour l'église de Loc-Maria. - M. Hervé Rioual, maire et parrain. — Mme veuve Hervé Le Moign, de Lesconvel, née Marie-Renée Le Hir, marraine — M. René Marc. recteur. - M. Yves Quéau, vicaire. - Viel Alphonse, fondeur, Brest. » Abgrall, BDHA

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b9ab9f6fb6019f35565390b458d0b502.pdf

Lopérec. 1838 Viel Alphonse fondeur à Brest.

"Une cloche fut bénite le 20 Juillet 1738, par messire Jean le Calloc’h, recteur. Elle reçut le nom de François-Julien-Ursule-Louise et eut comme parrain vénérable et discret messire Julien de Blois, sous-brigadier des gardes du pavillon amiral, comme marraine Ursule-Louise de la Coudraye, dame de Penguern. Voici les signatures du procès-verbal qui fut dressé à cette occasion : De la Coudraye de Penguern. — Chevalier de Blois. — De Blois de la Saulsotte. — Du Mains de Blois. — De Blois, marié de Blois. — Le chevalier du Vergier de Kerhorlay. — Jacques-Hyerome de Penguern. — Marie-Urbanne-Marie de Penguern. — Gabrielle-Corentine du Hanuot de Penguern. — Marie-Michelle de Kerbrest de Penguern. — Frère Anselme de Brest, prêtre capucin, missionnaire apostolique de Syrie et Palestine. — Frère Bernard de Dinan, également missionnaire apostolique.

Il y a deux cloches au clocher de Lopérec. Sur la plus grande on lit : Jacques de Penguern. Jesus-Maria-Joseph-Joachim-Anna. Sancte Petroce; ora pro nobis. P. Tourmel. parin. Geneviève de Tréouret. marène. Faict l’an 1681.

La petite cloche porte cette inscription : J’ai été nommée Marie-Anne par François Fichan et Marie-Anne Signard. Faite en avril 1838. M. Pellen desservant. Jean Thomas fabrique. Viel Alphonse fondeur à Brest.

En 1829, le Conseil de Fabrique avait voté 900 fr. pour l’acquisition de cette cloche". (M. Abgrall).

Milizac Viel Alphonse fondeur à Brest. 1817

 "Le 18 Avril 1718 , un marché fut passé avec Jean et Jean-François Beurrier, fondeur s à Brest , pour faire refondre une des cloches de Milizac et la porter jusqu'a u poids d e 900 livres. La dépense fut d e 20 0 livres. Quelques années plus tard, l e 26 Juillet 1725 , on décide de faire fondre par Jean Beurrier deux autres cloches , pour en faire une nouvelle d e 650 livres . Aux termes du marché on lui paiera 1 livre, 12 sols, O deniers pour chaque livre de poids , poids du roi. Le clocher contient actuellement 4 cloches La plus ancienne porte cette inscription : Faite en 1817 pour l'église de Milizac. J'ai été nomme Constance Marie-Françoise par M. François-Marie Fagon, maire et Mme Constance Marie-Guillemette de Lespine de Grinville, épouse de M Gilart de Keranflech, Recteur Alançon Mathias. Président Mailloux Yves, Trésorier Pondaven Michel. Vicaire Kerdiles. Viel Alphonse fondeur à Brest. Les 3 autres cloche s datent, deux de 1886 , la troisième de 1904 . Cette dernière reçut à son baptême le nom d e Marie-Françoise." BDHA 1934

Plabennec, chapelle Sainte-Anne de Lanorven:  1833 "Viel Alphonse fondeur à Brest ".

"Relevé des inscriptions sur la cloche :

  • 1ère ligne : Faite en mai 1833 pour la chapelle de Lanorven en Plabennec Meur LE BARS.

  • 2ème ligne : Curé Marie François ABYVEN Trésorier TENENNA JEZEQUEL Parrain ANNE

  • 3ème ligne : TANGUY Marraine

  • Viel Alphonse fondeur à Brest.

Sur la cloche un calvaire avec le Christ et une rosière avec Ste Anne priant."

 

 

http://www.ville-plabennec.fr/2014/08/13/focus-sur-la-chapelle-sainte-anne-de-lanorven/


 

Plounévez-Lochrist, église paroissiale Saint-Pierre. Viel aîné 1809 et Viel 1845.

Cloche 1 : Viel, Brest, 1845 ; D = 116 cm RECTEUR, JEAN CLAUDE INISAN TRESORIER. FAIT PAR VIEL.

Cloche 2 : Brest, 1932 ; D = 96 cm. J'AI ÉTÉ NOMMÉE MARIE-FRANÇOISE ... FONDEUR DE BRETAGNE BREST FINISTÈRE 1932.

Cloche 3 : Viel Aîné, Brest, 6 avril 1809 432 H R TREVIEN / FAIT PAR VIEL AÎNE FONDEUR A BREST CE 6 AVRIL 1809.

Plonevez-Lochrist, chapelle de Lochrist : Viel Alphonse fondeur à Brest 1844.

 

Cloche : D = 48 cm ; Alphonse Viel, Brest, 1844. inscription : FAITE EN OCTOBRE 1844 POUR LA CHAPELLE DE LOCHRIST EN PLOUNEVEZ / PARRAIN ET MARRAINE CHRISTOPHE LE HAN ET JEANNE LE HIR / TRESORIER JEAN CLAUDE INIZAN / VIEL ALPHONSE FONDEUR A BREST.

Plonevez-Porzay relevé par Abgrall : Viel aîné 1809.

-Cloche 1 :1765 "fait à Brest 1765"

-cloche 2 : 1809 : "Fait par Viel ainé fondeur à Brest"

Plougar, église Saint-Pierre: Viel Alphonse fondeur  à Brest, 1847 et Briens à Brest 1892.

relevé par Abgrall

-Cloche 1 : par  Viel Alphonse fondeur  à Brest, 1847

  • décor : Christ en croix avec la Vierge et Marie-Madeleine, évêque bénissant

  • inscription : J'AI ETE FONDUE DANS LE CIMETIERE DE PLOUGAR EN 1745 ET REFONDUE A BREST EN 1847 / NOMMEE JOSEPH PAR GUY LE BRAS ET MARIE CATH PINVIDIC GABRIEL ME CAROFF RECTEUR / YV OLLIVIER TRESORIER AFERTE DOMINO GLORIAM NOMINI EJUS VIEL ALPHONSE FONDEUR A BREST.

 

-Cloche 2 : par A. Briens à Brest, 1892 (fig.)

  • décor : Christ en croix, Vierge à l'Enfant, guirlandes de roses

  • inscription : PAROISSE DE PLOUGAR 1892 / J'AI NOM ROSALIE HERVELINE J'AI EU POUR PAR / IN MR HERVE COQUIL ET POUR MARRAINE ROSALIE DAFFNIET MR O HELIEZ / RECTEUR MR A KERVELLA VICAIRE MR G BRAS MAIRE MR J L F ROUX TRESORIER / VOX GAUDI VOX LAUDIS VOX LETUS.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/le-patrimoine-mobilier-de-l-eglise-paroissiale-saint-pierre-plougar/796686d1-903c-453b-a5a8-8c4441f30518

Pont-Christ. Viel Briens 1856.

La cloche de Pont-Christ, fondue en 1856 porte la signature VIEL BRIENS BRE?? (les deux dernières lettres sont illisibles, il s'agit certainement de ST). Cette cloche est visible dans l'ossuaire de La Roche-Maurice. 

Tréflez , église paroissiale Sainte-Édiltrude Briens Vieil Aîné, Brest, 1858

-Cloche 1 : Jean-François GUILLAUME, Morlaix, 1776 ; d = 120 cm

  • décor : une croix et armoiries de lecture difficile.

  • inscription : L'AN 1776 MISSIRE LOUS M OLIVIER RECTEUR CL CAER CURE / NOMMEE PAR MESSIRE YVE M G CHEF DE NOM & D'ARMES / DE KERMENGUY CHR SEIGR DUDIT LIEU & PAR JULITTE C KERQUELLEN DAME DE KEROULAS.

 

-Cloche 2 : Briens Vieil Aîné, Brest, 1858 ; d = 96 cm

  • sans décor

  • inscription : PARRAIN CLAUDE TRAON ADJOINT MAIRE MARRAINE CECILE EMMA MICHAUD VEUVE ROUSSEAU TRESORIER JACQUES ROUDAUT MAIRE JEAN CORRE VICAIRE Y CAM RECTEUR G LE ROUX. BRIENS.

Lanvéoc, église Sainte-Anne : Briens aînéfondeur à Brest.

  • Je m'appelle Anne, mère de la Vierge, mon parrain est Henri de Pompéry, ma marraine, Virginie le Bloas." Briens aînéfondeur à Brest.

Saint-Pol-de-Léon. Briens frères Morlaix.

BRIENS , sur une cloche du Kreisker a St-Pol-de-Léon . exposée a la Maison Prébendale de Saint-Pol-de-Léon.... La cloche de St-Pol porte la marque "Briens Frères de Morlaix". 

Tréglonou . Viel Alphonse Fondeur à Brest 1840.

Trois cloches :

-la plus petite, celle du haut, est aussi la plus récente puisqu'elle date de 1959. Elle se nomme "Thérèse - Perrine - Yvonne - Marie". Il y a quatre médaillons représentant respectivement : Thérèse de Lisieux, Notre Dame de Lourdes, le Sacré Coeur et une croix ;

-celle de droite, lorsque l'on regarde le clocher de la place, porte les inscriptions suivantes : "faite en mai 1840 pour l'église de Tréglonou, j'ai été nommé Joséphine par M. Saliou, Recteur, et par M. G. Falheun et M. Revrieuxl née JP Dalila Demarert". Quatre médaillons représentant respectivement : Marie et son enfant tenant un globe du monde, Pol Aurélien, une croix, et l'écusson du constructeur Viel Alphonse Fondeur à Brest ;

-la cloche de gauche porte cette inscription : "faite en mai 1841 pour l'église de Tréglonou, jai été nommée Marie - Emilie. Parrain, M. Riveurieuxl Emile fils et Marie Klosquet, Marraine. Riveurieuxl Maire, Saliou Recteur, J. Falhun Trésorier". Quatre médaillons identiques à la cloche de droite.

http://treglonou.free.fr/eglise/eglise.htm

Trémaouezan église, F. Guillaume 1805, J.P. Guilaume 1808, Louvière 1812, Viel Alphonse 1842 , M. Viel-Briens fondeurs à Brest  1851 .

Le clocher de Trémaouézan resta muet pendant une dizaine d'années. En 1805, on réussit à réunir un millier de francs, avec lesquels on se procura une nouvelle cloche qui fut fondue par François GUILLAUME. En 1808, J. P. GUILLAUME en fournit une autre, et M. LOUVIÈRE, une troisième en 1812. Mais ces cloches éprouvèrent des avaries ou faisaient trop regretter les anciennes, car on les renvoya au fondeur et on les remplaça par deux autres qui arrivèrent, l'une en 1842 et l'autre en 1851. La première sortait de la fonderie de M. Viel, de Brest, et coûta 1.293 francs. La seconde venait de chez M. Viel-Briens, et fut Payée 1.394 fr. 85.

La cloche la plus ancienne, qui est aussi la plus forte, porte cette inscription :

J'AI ETE NOMMEE MARIE FELICITE PAR M. MASSON ET FELICITE JEZEQUEL. — RECTEUR J. M. CAROFF. — MAIRE CANDIDE FRANÇOIS JEZEQUEL, ET TRESORIER ETIENNE FREMONT. — FONDUE EN 1842 POUR L'EGLISE DE TREMAOUEZAN. — VIEL ALPHONSE, FONDEUR A BREST.

Sur l'autre on lit :

J'AI ETE NOMMEE JEAN MARIE, ETAIT RECTEUR CAROFF JEAN MARIE, TRESORIER FREMONT ETIENNE, MAIRE MASSON YVES MARIE, PARRAIN LE GALL YVES, MARRAINE SIMON MARIE YVONNE. TREMAOUEZAN, 1851. — VIEL BRIENS, FONDEURS A BREST.

http://www.infobretagne.com/tremaouezan-eglise-cloches-horloge.htm

 

.

 

 

 

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

.

ABGRALL (Jean-Marie), 1883, "Inscriptions de quelques cloches anciennes du diocèse de Quimper," Bulletin Société archéologique du Finistère pages 304-306.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2075789/f288.image

—  ABGRALL (Jean-Marie), 1890, Inscriptions de cloches , Bulletin Société archéologique du Finistère pages 281-285.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207610h/f373.image

—  ABGRALL (Jean-Marie),  et PEYRON, 1903, Notice sur Le Faou, Bull. Diocésain d'Histoire et d' Archéologie [BDHA], Quimper, Kerandal. 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1909.pdf

— ANNUAIRE DE BREST ET DU FINISTÉRE

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32695819c/date

à Brest :

HAVARD, ferblantier- plombier 57 rue Royale à Brest

VIEL (veuve), ferblantier- plombier rue Royale à Brest

VIEL, ferblantier- plombier 25 rue de Traverse, à Brest

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207444f/f244.imageBRIENS à Morlaix https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207444f/f248.image

à Morlaix :

marchands de fer : fondeurs, quincailler et fabricant de cierge au Pavé.J. LOUVIERE, BRIENS frères, 

— Annuaire général du commerce vol. 10.

Brest page 878 :

"ferblantier : Viel (P.)

"fondeur en cuivre : Viel (A[lphonse]) "

 

Annuaire général du commerce, de l'industrie, de la magistrature ..., Volume 10

—  CASTEL (Y.P.), DANIEL (T.), THOMAS (G.M.), 1987, Artistes en Bretagne : dictionnaire des artistes, artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien Régime / Yves-Pascal Castel, Georges-Michel Thomas ; avec la collab. de Tanguy Daniel ; introd. par André Mussat / Quimper : Société archéologique du Finistère , 1987

— CORNILLE-HAVARD (Fonderie)les atapes de fabrication d'une cloche de a à z.

http://cornille-havard.com/la-fonderie/une-cloche-de-a-z/

COUFFON (René), 1988, Notice du Faou

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

DANGUY DES DESERTS (Mad), 1993, Les cloches du Faou, in bulletin municipal Le Contact.

https://arfaou.net/archives_documents/Bulletin%20municipal/1993/contact041993.pdf

DANGUY DES DESERTS (Mad), 1993, Les cloches du Faou (suite) , in bulletin municipal Le Contact, mai 1993. https://lefaou.net/archives_documents/Bulletin%20municipal/1993/contact051993.pdf

Extrait :

"La deuxième cloche suspendue au 18ème près de celle refaite en 1714 est un peu plus petite: diamètre =96 cm; hauteur 73 cm. Son parrain François-Manie Le Stir et sa marraine Mélanie Noël sont aussi bien plus jeunes que les parrains précédents.

Le garçon dit Eugène a 12 ans. Sa famille était déjà au Faou en 1750. Il sera percepteur au Faou comme son père Jean-François et épousera Eugénie Pennec de Port-Launay (une grande pianiste).Son frère Martial Barthélémy Nicolas Le Stir né en 1813,médecin, fait don de sa fortune à La ville de Morlaix où il exerçait.On lui donne Le titre de bienfaiteur  des pauvres",une Rue a un nom, une chapelle dans le cimetière avec son buste en marbre et le musée possède un tableau le représentant. lt avait déshérité ses trois neveux qui se fichaient complétement de Leur tonton célibataire".

Mélanie Noêl, attendrissante marraine de huit ans, était la fille du Juge de paix Alexandre Noël dont le nom est inscrit sur le métal avec d'autre membres de la fabrique: J.F. Le Soin secretaire,J.F. Le Menn trésorier, N. Gourmelon-Tellieer sans oublier Le curé Guillaume Moisan, le maire Morvan et le fondeur Viel de SAe4t.

Mélanie sera très peu de temps l'épouse de Félix Charuel, notaire rue de la mairie Elle ne connaitra pas son mari,premier magistrat municipal pendant 34 ans (1837/1848 - 1861/1882).Elle décède à 26 ans en novembre 1841 peu de temps avant son fils de 22 mois; Curieusement, sa fille,une autre Mélanie, aura Le même destin que sa mère.(4)"

— GONON (Thierry) Le nom des cloches au Moyen-Âge, Patrimoine campanaire. Revue francophone de campanologie n° 52, maiaoût 2006, et n° 53, septembre-décembre 2006

http://campanologie.free.fr/pdf/Noms_de_cloches_au_Moyen_Age.pdf

HARAUX (Geoffrey ) Communauté et identité individuelle dans la France préindustrielle, Villedieu-les-Poêles, bourg industriel normand (1680-1740)

http://theses.enc.sorbonne.fr/2014/haraux

— HAVARD DE LA MONTAGNE (Denis), 2012,   Les fondeurs de cloche de Vileldieu-les-Poêles

http://www.musimem.com/fondeurs_villedieu-les-poeles.htm

 

— LE BARS (Alfred) et COUFFON (René) Liste des fondeurs de cloche de l'Ancien Régime, in Table Sommaire des Artisans· et Artistes originaires du Finistère ou y ayant travaillé antérieurement au XI Xe siècle, REPERTOIRE DES ÊGLISES ET CHAPELLES DU DIOCÊSE DE QUIMPER ET DE LÊON, Quimper 1959.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

LE PESANT (Michel), 1972,, "Un centre d'émigration en Normandie sous l'Ancien Régime. Le cas de Percy." Bibliothèque de l'École des chartes, t. CXXX (1972), p. 163-225.

https://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_1972_num_130_1_449915.pdf

— LES FONDEURS DE CLOCHES DE VILLEDIEU-LES-POÊLES.

http://www.musimem.com/fondeurs_villedieu-les-poeles.htm

DU HALGOUET (Hervé ),1949, « Vieux sons de cloches », Bulletin et mémoires de la Société Polymathique du Morbihan,

http://broceliande.brecilien.org/IMG/pdf/spm_1949_cloches.pdf

— OUEST-FRANCE 28 janvier 2018, cloche de Guilers par Viel en 1841

https://www.ouest-france.fr/bretagne/guilers-29820/guilers-la-cloche-nicolas-aurait-deja-sonne-5529430

https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/guilers-la-cloche-nicolas-mis-176-ans-pour-arriver-5482946

"La cloche était sans conteste destinée à l’église Saint-Valentin : les inscriptions qu’elle porte permettent de penser que son nom lui vient de son parrain, Nicolas Michel Conseil, conseiller municipal à Guilers de 1852 à 1865.

On y lit aussi les noms de sa marraine, Marie-Jeanne Aimée Bérubé, fille des propriétaires du manoir de Keroual ; du recteur de la commune, M. de Kerverson ; et de son maire, M. Riverieux. Le fondeur brestois a aussi immortalisé son nom et son blason. « Il s’agit d’Alphonse Viel, qui est issu d’une vieille famille de fondeurs de Villedieu-les-Poêles (Manche). »

La cloche, qui mesure 80 cm à sa base, a la particularité de posséder six anses surmontées de visages de femmes. Sa robe est ornée de motifs religieux : le Christ en croix, la Vierge avec l’enfant et saint Martin découpant son manteau."

LE TELEGRAMME 9 janvier 2018

https://www.letelegramme.fr/finistere/guilers/patrimoine-la-cloche-nicolas-donnee-a-la-ville-09-01-2018-11806196.php

—  THOMAS (Georges-Michel), 1981, "Fondeurs de cloches du temps passé", Bulletin Société archéologique du Finistère pages 263 à 274.

Inventaire général du Patrimoine :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/presentation-du-canton-du-faou/d18fd0cc-1825-455d-a90c-1a7b4ee440da

— Site LA CAMPANOLOGIE.

http://campanologie.free.fr/Benediction_cloches.html

—  dossier biographique et généalogique sur la famille Viel déposé aux Archives municipales de Brest cote 22 BIO15 (VIEL)

— VIOLLET-LE-DUC (Eugène), 1854-1868, article "cloche, in Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle tome 3 

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Cloche

"On distingue dans les cloches plusieurs parties qui, chacune, ont un nom :

  • la patte, ou le bord inférieur qui est mince ;
  • la panse (d’autres disent la pinse), c’est la partie la plus épaisse contre laquelle frappe le battant ;
  • les saussures, c’est la partie moyenne de la cloche se rapprochant de la forme cylindrique ;
  • la gorge ou la fourniture, c’est le passage entre les saussures et la panse, le point où le métal s’épaissit et où la cloche commence à prendre un diamètre plus fort ;
  • le vase supérieur, c’est la partie supérieure de la cloche à peu près cylindrique, entre les saussures et le cerveau ;
  • le cerveau, c’est la calotte supérieure, recevant l’anneau auquel le battant est suspendu ;
  • les anses, qui sont les bras supérieurs au moyen desquels on suspend la cloche au mouton ;
  • le battant, qui est de fer forgé, en forme de poire très-allongée terminée par un appendice ou poids, destiné à lui donner de la volée. Le battant porte au sommet de sa tige un anneau qui sert à l’attacher à l’intérieur du cerveau au moyen d’une forte courroie en cuir. "

 

"La fonte des cloches était autrefois une affaire majeure. Les fondeurs n’avaient pas d’usine, mais se transportaient dans les localités où l’on voulait faire fondre des cloches. On creusait une fosse près de l’église, on bâtissait un fourneau, et c’était, pour les habitants des paroisses, une préoccupation grave de savoir si la fonte réussirait ou non. "

 

"À dater du xvie siècle, les cloches sont décorées de filets d’ornements, de rinceaux, de fleurs de lis, d’armoiries, de petits bas-reliefs représentant le crucifiement de Notre-Seigneur, avec la sainte Vierge et saint Jean, Jésus descendu de la croix entre les bras de sa mère, de sceaux des chapitres, abbayes, églises et donateurs ; il faut dire que plus on se rapproche du xviie siècle et moins la fonte des cloches est pure.

Les inscriptions façonnées dans les moules pour chaque cloche, pendant les xiiie et xive siècles, sont faites, à partir de la fin du xve siècle, au moyen de caractères de plomb ou de bois servant à imprimer chaque lettre sur une petite plaque de cire que l’on appliquait sur le modèle avant de faire le creux ; par suite de ce procédé, les lettres se trouvent inscrites chacune dans une petite tablette plus ou moins décorée."

VIVIER (E. ), 1995. La fonderie de canons de Villedieu (Manche) (1794) , Annales de Normandie  Année 1955  5-2  pp. 161-171

https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1955_num_5_2_6506

Création d'une fonderie de canons par Jean-Nicolas et Guillaume Viel

—Clichés des cloches équipant l’Église Saint-Martin de Brest.

 

L'atelier de fonderie, présenté sur la photo, se trouvait rue Victor Pengam entre les rues Yves Collet et la rue Richelieu.

http://www.wiki-brest.net/index.php/Cloches_de_Saint-Martin

SITE DE ROBÉCOURT / Ecu, marques et signatures de fondeurs, :

 Maurice GRIPON ; Fondeur à Brest (1909-1924). Cloches à St Philibert & Thournus (1925)

http://www.clocherobecourt.com/Robecourt/MarquesG.php

VIEL-TETREL, cloche de 1868 :

http://www.clocherobecourt.com/Robecourt/MarquesR.php

Fonds DELCAMPE :

https://www.delcampe.net/nl/verzamelingen/advertising/brest-fonderie-de-cloches-ets-maurice-gripon-269125768.html

https://www.delcampe.fr/fr/collections/non-classes-2/fonderie-de-cloches-maurice-gripon-brest-finistere-29-416892118.html

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Published by jean-yves cordier - dans cloches
11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 08:52

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Je reprends ici, avec quelques compléments, la liste publiée en 1959 et qui serait due aux relevés d'Alfred Le Bars :

Couffon (René) Le Bars (Alfred) 1959, "Liste des fondeurs de cloche, in Table Sommaire des Artisans· et Artistes originaires du· Finistère ou y ayant travaillé antérieurement au  XIXe siècle, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper et de Léon,, Quimper 1959, p. 498-502

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

La meilleure référence pour trois familles de  fondeurs venus s'installer en Bretagne depuis la région de Villedieu-les-Poêles, les Beurrier de la Rivière, les Le Moyne et les Le Soueff, est l'article publié par G-M. Thomas dans le bulletin de la S.A.F.  en 1981 (cf. sources).

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BARET. Fondeur à Dinant, il fait en 1763 une cloche pour Le Drennec, une en 1775 pour Le Folgoët, et, en 1780, une pour Tourc'h.

BEURRIER DE LA RIVIÈRE, Jean. Fondeur du Roi à Brest. II fit; avec Jean-François Beurrier de la Rivière, une cloche à Lampaul-Guimiliau en 1715, deux cloches à Milizac en 1718, une cloche à Bodilis en 1719. Il fondit seul, en 1725, deux cloches à Milizac, en 1726, une à Landerneau, et, en 1729, la cloche de Saint-Eloi de Plouarzel, en 1732, un timbre de 27 livres pour Saint-Melaine, en 1742, une cloche pour Plougonvelin.

BEURRIER DE LA RIVIÈRE, Jean-François. Fondeur du Roi à Brest, voir ci-dessus ..

BEURRIER DE LA RIVIÈRE, René. Il fondit à Brest pour Ploumoguer une cloche en 1760 et une autre en 1765.

BOURDON, Paul. Fondeur à Morlaix, rue des Nobles,- Etant protestant, il dut s'exiler à Jersey après la Révoca~ion de l:Edit de Nantes. Il fondit, en 1664, une cloche pour Samt-Melame ; en 1670, deux cloches pour Saint-Mathieu de Morlaix ; en 1671, trois cloches pour Locmélar ; en 1672, une cloche pour Landivisiau ; en 1678, une cloche pour la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon et une pour N.~D. du Mur. .

CADIER, R. Fit une cloche pour Saint-Melaine de Morlaix en 1568.

CADOUDAL, Gouesnou. En 1598, il fondit la cloche nommée Guillaouic de N.-D. du Mur à Morlaix ; en 1612, la cloche « Le Rolland » de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon ; en 1614 deux cloches de La. Forêt-Fouesnant avec Pierre Migorel.

CADOUDAL, Jean. Il fondit une cloche à Guimaëc en 159,9 et deux la même année pour Plouézoch. .

CIANI Dominique : Goulien : Dominicus Ciani fecit 1760 :

"Une cloche avait été fondue en 1760. L’inscription indiquait la fonction protectrice de la cloche : ECCE + CRUCEM . DOMINI . FVGITE . PARTES. ADVERSAE . (Voici la croix du Seigneur, fuyez puissances ennemies) CAMPANA . HAEC . BENEFA (pour cela, la cloche est efficace) + ELEEM… PRAESIDIS A. D. MDCCLX. – DOMINICVS CIANI . FECIT. (Dominique Ciani l’a faite l’an du seigneur 1760). Ce nom semble indiquer un fondeur étranger à la région, parcourant le pays pour exercer son industrie. Si la prière portée sur la cloche n’a pas été si efficace en 1790, quand le clocher s’effondra, elle a tout au moins survécu à la catastrophe. On trouve la description de cette cloche dans la notice sur la paroisse de Goulien publiée en 1911 par Peyron et Abgrall." https://goulien.fr/notice-sur-lhistoire-de-leglise-paroissiale/

 

CHAUCHARD, Guillaume, dit LE COMTE• Fondeur à Bourmonten-Bassigny, près Brévannes. Il refondit en 1746 une cloche pour Saint-Melaine de Morlaix. N ... , Daniel et Roger, son frère. ~ De Courtray, exécutèrent en 1345 une cloche, actuellement à Pencran. ·

DECHARME, François. En 1745-1747, il fondit avec Jean Jacquot plusieurs clochces pour Plouneour-Trez. En 1751, il exécuta deux cloches pour La Martyre moyennant mille trente trois livres.

FALCHIER Guillaume. Le Bulletin de la Société Archéologique, 1903, page 52, signale, parmi les cloches déposées au port de Rrest et mises à la disposition de l'Evêque de Quimper, en 1829, une cloche provenant de Cléden-Poher, pesant 79 kilos, portant cette inscription : Vénérable et discret missire, Claude Dumain, recteur, Guillaume Falchier, fabrique 1760.

GOUELAFF, Yvon. Fondeur à Quimper. En 1506. il fondit la grosse cloche de la eathédrale de Tréguier .

GUILLAUME, Jacques. Fondeur à Rennes, il fit en 1691 une cloche pour N.-D. du Mur à Morlaix et refondit en 1699 la grosse cloche de Saint-Thégonnec. En 1700, il fondit une cloche pour Lan-rivoaré.

GUILLAUME, Jean-François. Fondeur à Morlaix. Il fit, entre autres, en 1769, une cloche à Kersaint-Plabennec, en 1772, une cloche pour les Etats de Bretagne réunis à Morlaix, et une cloche pour Saint-Thégonnec ; en 1775, une cloche pour Locmaria-Plouzané, une pour Le Ponthou .. et une pour Plogastel-Saint-Germain (J.F. MA FAIT) ; en 1776; une pour Treflez ; en 1777, une pour Guilers Brest et une pour Milizac ; en 1778, une pour Plouézoch et une pour Kergloff ; en 1779, une cloche pour Saint-Mathieu ; en 1783, une pour Saint-Houardon de Landerneau ; en 1784, une :pour Le Ponthou ; en 1785, une pour Saint-Servais ; en 1791, une pour Saint-Jean-du-Doigt.

 

GUYOMARC'H, Arius. Fondeur à Morlaix. Il fondit, en 1563, la cloche de la cathédrale de Saint-Pol, appelée Jacques ; une cloche à Tréouergat, toujours existante ; et, en 1568, avec Gouesnou Guyomarc'h, la cloche de.N.-D. de Guingamp.

GUYOMARC'H, Gouesnou. Fondeur à Morla1x, voir ci-dessus.

HÉRISSÉ, Gilles. En 1628, il fondit une cloche pour Saint-Melaine. .

HERVÉ .Léonard, Fondeur à Nantes, il fit en 1667 le grand bourdon de 136 cm de diamètre de Pleyben (Abgrall en a relevé l'inscription  : HERVE MA FAICT.) ; en 1668, une cloche pour Le Cloître-Pleyben ; en 1670, la grosse Cloche de Sainte-Croix de Quimperlé et une cloche pour Riec.

HUET, Guillaume. Fondeur à Morlaix, d'origine normande. Il fit, en 1690, une cloche pour Plouzané ; en 1691, une pour Notre-Dame du Mur, et, en 1707, une autre pour la même paroisse. HUET, .Julien. Il fondit une cloche pour Saint-Eloi de Ploudaniel en 1763. . . . .

JACOB, Jean. Fit en 1760 une cloche pour Garlan, en 1769, une cloche pour Le Cloître-Saint-Thégonnec, en 1771, une pour Laz.

JACOB, Louis. Fit, en 1754, une cloche pour Saint-Thégonec.

JACOBUS VADENSIS : Abgrall a relevé ce nom sur la cloche de Cleden-Poher : « Cleden-Poher : Deuxième cloche, venant dit-on de Carhaix : Mentem sanctam spontaneam In honorera deot patriae liberacionem. Jacobus vadensis me fecit, MDCXIX. « J'ai une âme sainte et spontanée pour honorer Dieu et procurer la liberté du pays. « J'ai été fondue par Jacques de Vaud en 1619. » C'est donc un fondeur nomade, venant de Suisse, du canton de Vaud, qui a fondu cette cloche ; et telle était en effet la pratique durant le Moyen-Age ; les fondeurs parcouraient le pays et établissaient leur fourneau au pied du clocher qu'ils devaient enrichir de cloches nouvelles. Cette inscription : Mentem sanctam spontaneam, etc., était communément employée par les fondeurs suisses à cette époque. On la retrouve ou on la retrouvait sur deux cloches de l'ancienne cathédrale de Genève, portant la date de 1481 et 1509 ; sur une cloche de Jussy, dans le même canton, avec le même millésime que celle de Cléden, 1519 ; — à Aigle, canton de Vaud, 1435 ; — à Saint-François de Lausanne, 1508, ainsi que sur plusieurs cloches de Bourgogne, d'Angleterre, même de Rome. (Blavignac, la Cloche, p. 449 et s.) Le mot : Patriœ liberationem, qui semble dabord difficile à expliquer, se rapporte à une des attributions de la cloche que Ton trouve indiquée dans un statut du Chapitre de Quimper, du 30 Juin 1596, disant que, en temp de guerre, on doit sonner la cloche de la commune pour appeler le peuple contre l'ennemi. « 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1905.pdf

JACQUOT, Jean. fondeur lorrain. En 1745-47, fondit avec Francois Decharme plusieurs cloches pour Plounéour-Trez. Il fit en 1756 une cloche pour Plougonven, et, en 1759, la cloche de Kernouès. Il portait pour marque une cloche entourée de son nom.

"Maître Jean Jacquot" fit en 1747 une cloche de 1200 livres à Rumengol (Le Faou), nommée Jean-Jacquotte. Elle fut fondue dans le cimetière au pied du clocher et la somme de 150 livres fut versée à l'un des receveurs du Faou pour les cuivres. En 1758, il réalisa, pour la somme de 327 livres, une seconde cloche pour l'église de Rumengol.

JOLY, François. Fondeur à Brévannes (Lorraine), fondit le 7 .mai 1735 la cloche « Renée-Mauricette » de Saint-Corentin ; le mois suivant, il fondit deux grosses cloches pour la cathédrale de Tréguier.

JULIEN Guillaume . Fondeur à Morlaix. Fit en 1575 une cloche neuve pour Saint-Mathieu de Morlaix. .

LAPAIRE, Jacques. Fondeur à Chateauneuf-du-Faou, fondit en 1763 la grande cloche de Brasparts.

LE LOUARN, Jacques, dit LA FOSSE. I1 fondit en 1664 avec François Rouzot une cloche pour Trémaouézan et, en 1655, une cloche pour Dirinon, de 112 cm de diamètre.

LE MOYNE, Etienne. Fondeur du Roi à Brest. Il fit en 1732 une cloche pour Plozévet : en 1733, avec François Le Moyne, une cloche pour Plogonnec ; en 1738, une cloche pour N.-D. de Confort en Meilars ; et, en 176., une cloche pour Saint-Urbain.

LE MOYNE, François. Fondeur du Rov à Brest. Il fit en 1701, avec Le Soueff, la cloche « Corentin » de la cathédrale de Quimper ; en 1702, une cloche pour Briec ; en 1704, une pour Ergué-Gaberic ; en 1706,. une cloche pour Plogonnec ; en 1708, la cloche « Le Sébastien » de Saint-Mathieu. de Quimper. Il fondit plusieurs cloches avec Etienne. Le Moyne (voir ci-dessus).

LE PELLETIER, François. Fondeur à Morlaix. Il fit, en 1639, plusieurs cloches pour Pleyben, et, en 1645, il fondit avec Michel Migorel les deux cloches « René » et « Marguerite » de Saint-Corentin.

LE PICART, Clément. Fondeur à Morlaix,· décédé à Quimper en 1657. Il fondit en 1611 la grosse cloche de la cathédrale de Tréguier.

LÉPINE, N ... (son vrai nom était Lauranyant dit Lépine). Fondit, en 1783, la grosse cloche de Milizac ; et, la même année, une cloche à Tréonergal ; en l787, une cloche pour Plouzané ; en 1788, une à Névez.

LE SOUEFF, Julien. Fondeur à Quimper en 1690.

LE SOUEFF, Thomas. Fondeur à Quimper, puis à Landerneau et Brest où il est fondeur du roi.   Il épousa le 8 septembre 1689 à Saint-Patern de Vannes, Jeanne Le Douarain, veuve du fondeur Jacques Beurrier. Thomas Le Soueff fondit les cloches suivantes

-1691 Briec  :

"La cloche du côté Nord a 25 pouces de hauteur sur 30 pouces de diamètre, elle ne porte aucun écusson, mais l'inscription suivante : ANNO : DNI : 1691 : LVDOVICO : MAGNO : XIV° : REGNANTE : ILLMO : DD :FRANCISCO : DE : COETLOGON : DIOECESIM : CORISOPITEN : GUBERNANTE : JOANNES : HVELVAN : SACR : FACULT : PARISIEN : BACCALAUREVS : THEOLOGVS : DOMVS : SORBONAE : NEC : NON : PAROCHIAE : BRIZIEC : RECTOR. Au bas est écrit : T. LE : SOUEFF : FONDEVR : Au milieu, côté du Nord : IHS. Côté du Midi, dans un médaillon circulaire de 4 pouces de diamètre, la Vierge avec l'Enfant-Jésus dans ses bras, assise sur des nuages.

Sur la seconde cloche, du côté du Midi, qui a 27 pouces de haut et 31 pouces de diamètre, est écrit : SIT : NOMEN : DOMINI : BENEDICTVM : 1702. Sans armoiries, mais elle porte une croix sous laquelle on lit FRANCOIS : LE : MOYNE : FONDEVR. De l'autre côté, est une Vierge en pied ayant les mains jointes. Cette cloche est éclatée." (Abgrall, 1904)


1699, Saint-Thomas de Landerneau, (perdue)

1699 Lochrist au Conquet (perdue)

1701, cathédrale de Quimper, 3901 livres (1909 kg ?) [fondeur Le Soueff sans précision de prénom]. (perdue)

1704,  Plouguerneau, en 1704. (perdue)

1706,  Plougourvest (perdue)

1707,  Lanhouarneau. (perdue)

1707 Plougastel-Daoulas (perdue)

1708, Bodilis, pesant 231 livres. (perdue)

1711,  Plouzané . (perdue)

1711,  Plougoulm, (perdue)

1712 « Le Prêcheur » à la Martinique. 560 kg, Diam. 99,5 cm. Note : Fa Sans nom. Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions allegreza del cielo et del tierra... et Refugium peccatorum . Anse  à têtes . Inscription débutant par une croix: Chaque mot est séparé par une petite fleur de lys.

http://www.lavieb-aile.com/2018/12/la-cloche-fondue-en-1712-par-le-soueff-a-brest-pour.html

1712, Plouha 757 kg, diam. 91 cm , nom Pierre-Marie. Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions allegreza del cielo et del tierra  et Refugium peccatorum ora pro nobis. Inscription débutant par une croix et dont  chaque mot est séparé par une petite fleur de lys et une moucheture d'hermine. Cloche perdue. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/12/la-cloche-de-plouha-fondue-par-thomas-le-soueff-en-1712.html

1714 Le Faou 1389 l (679 kg?) , diam. 101 cm, sans nom.  Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions  à déchiffrer.   Inscription débutant par une croix et dont  chaque mot est séparé par une petite fleur de lys et une moucheture d'hermine.

http://www.lavieb-aile.com/2018/09/les-cloches-du-faou-et-les-fondeurs-de-cloche-du-finistere.i-thomas-le-soueff-1714.html

 

MIGOREL, Michel. Fondeur à Morlaix. Il fondit en 1636 deux cloches pour Lampaul-Ploudalmézeau, et, en 1645, avec François Le Pelletier, deux cloches de Saint-Corentin. Il était fils de Pierre.

MIGOREL, Pierre. Fondeur à Morlaix. En 1612, il fondit deux cloches de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon : « le René », avec Gouesnou Cadoudal, et « Le Rolland » ; en 1614, également avec Gouesnou Cadoudal, les cloches de La Forêt-Fouesnant ; en 1621, deux cloches pour Saint-Melaine, et, en 1628, une cloche pour Saint-Albin de Plogonnec.

PÉPIN, Christophe, Il fit en 1609, avec Henry Riouallen, une roue à clochettes pour La Forêt-Fouesnant, roue pour sonner · pendant l'élévation.

RIOUALLEN, Henry. Fondeur à Lannion. Il fit en 1607, deux cloches pour Saint-Mathieu de Morlaix, et. en 1609, avec Pépin, une roue à clochettes pour La Forêt-Fouesnant.

SALOMON. Fit une cloche à Brasparts en 1654.

TALBOT, Guillaume. de Guelvain.. Fondit en 1630 deux cloches pour N.-D. des Portes à Chateauneuf-du-Faou. « La fonte fut faite sur place, et le comptable porte en dépense : « Pour le soupper du fondeur, ses serviteurs et autres assistants, la nuit de la fonte desdites cloches, comprins ce qui fut porté en ce jour au dit fondeur et autres assistants la somme de 4 livres 12 sols, comprins aussi le soupper de deux personnes qui gardèrent les métaux en la chapelle de Monsieur SÉ Laurent la nuit précédente la fonte des dites cloches. » Comptes de 1630. Abgrall, BDHA 1905 https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1905.pdf

TROUSSEL, François. Fit en 1644 une cloche pour Loperhet. ·

TROUSSEL, François (autre), dit. LA CROIX. Fondeur à Morlaix. Il fit une cloche pour Plouzané en 1676 ; des cloches pour Saint-Thégonnec en 1685 ; deux clochès pour Saint-Mathieu· en 1687 ; une pour Saint-Mathieu de Morlaix en 1689 ; une pour N-D. du Mur ·en 1691 ; une pour Plouénan en 1695 ; une pour Plouégat-Moysan en 1701. -Il avait vingt enfants, dont, entre autres, Julien, fondeur, qui fit une cloche à Quintin en 1696.

TROUSSEL, Julien. En 1714, fait un coussinet à une cloche de Saint-Jean-du-Doigt. Il a signé la cloche exposée de nos jours dans les jardin de l'Hôpital Maritime de Brest, sans-doute pour la chapelle de cet hôpital ; elle porte sous des feuilles de saule l'inscription IESU MARIA LAN 1698 , et, entourant une croix, les mots ME FECIT VLIANVS TROVSSEL. 

http://www.lavieb-aile.com/article-le-jardin-botanique-de-l-hopital-maritime-a-brest-119485842.html

TROUSSEL, Louis. Il fondit, en 1693, une cloche pour _Plouzané.

TROUSSEL, Nicolas. Fondeur à Morlaix. Il fit une cloche pour Garlan en 1682, et une pour Saint-Thomas de Landerneau en 1698.


 

 

Miscellanées : inscriptions par lieu, sans nom de fondeur :

 

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CAST : « Le second jour de Décembre 1685, ont esté par moi soussigné, Guillaume Mauguen, prétre de la paroisse de Cast, parla permission de M F1 Il mo et R me Évêque de Quimper, faictes les cérémonies pour la bénédiction d'une grande cloche pesante avec son battant 914 livres pour servir à l'église paroissiale du dit Cast, laquelle a esté nommée Gilette- Annt par discrète personne M' re Pierre Jule, recteur de la dite paroisse, et dame Gilette Gouriou, dame douarière de Penellé Tréouret, qui ont signé, et autres soussignants, qui ont assisté aux dites cérémonies et bénédiction : « P. PELÉ, recteur. « Gilette GOURIO, douarière de Pennellé. « Gabriel-Philippe LE BIHAN. « Ursule-Gabrielle GOURIO. « B. COSQUÉRIC, prêtre. « Claude LE BIHAN. « Toussaint LE BIHAN. « PELLIET, prêtre. « G. MAUGUEN, prêtre. « B. QUILLIEN. « J, CARIOU, » Abgrall, BDHA 1905 https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1905.pdf

CAST, NOTRE-DAME DE QUILLIDOARÉ

« Ce jour, 3* Juillet 1633, ont été faites les cérémonies requises et nécessaires par vénérable et discrète personne Missire Louis Deshayeux, official et grand-vicaire de Cornouaille, pour la bénédiction d'une cloche pour le service de la chapelle de Notre-Dame de Quilledoaré, située en la paroisse, laquelle cloche a été bénite en l'église paroissiale du dit Cast et nommée Marie-Françoise par Écuyer François du Bois, S'du Rest, et damoiselle Marie-Gabrielle de Lescu, dame de Pontlez, fondatrice de la dite chapelle, ses parrain et marraine, qui signent : « Marie-Gabrielle de LESCU. « François-Joseph DC BOIS. « TANGUY, prêtre de Landerneau. « Sébastien DE MOLLIEN. « François DE LESCU. « Guillaume CARIOU, prêtre promoteur. « Louis DESHAYEUX, official de Cornouaille. » Abgrall, BDHA 1905 https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1905.pdf

CAST, église St-MALHOUARN

« Ce jour, 15e de Mai 1650, en l'église paroissiale de Cast, a été une cloche faicte et dédiée pour Ia chapelle de Monsieur de Saint-Mahouarn, en la paroisse du dit Cast, baptisée par vénérable personne Missire Grégoire Blaise, prêtre de la dite paroisse, et nommée soulz et au nom de Monsieur Saint-Louis par vénérable et discret Missire Guillaume Le Glinec, recteur du dit Cast, et dame Louise de Moellien, dame douarière de Kerstrat, propriéteresse de Chef du Bois et autres lieux, présents les soussignants, à lissue de la grand'messe, selon les formalités de notre mère Ste Eglise : « Louise DE MOELIEN ; QUOETSQUIRIOC ; T. LE LOUARN ; BLAISE, prètre ; G. GLIVEC ; JOUAN ; H. LE QUEFFELLEC ; GUILLERME, » « Ce jour, 296 Octobre 1673, ont été faites les cérémonies requises et nécessaires par vénérable et discrete personne Missire René Cariou, curé de la paroisse de Cast, pour la bénédiction d'une cloche pour servir dans la chapelle de Monsieur S l -Mahouarn du Loc, située en la dite paroisse, « Laquelle cloche a été bénite en l'église paroissiale de Cast et nommée Françoise - Corentine par discrete personne Missire Pierre Jule, recteur de la dite paroisse, et demoiselle Françoise Jouan, ses parrain et marraine, qui signent : « P. JULE ; G. MAUGUEN, prêtre ; G. CHAUZON, prêtre ; Françoise JOUAN ; Marguerite LE BIHAN ; R. CARIOU, prêtre. »

CHÂTEAUNEUF-DU-FAOU.

Deux vieilles cloches, refondues en 1905, portaient les inscriptions suivantes :

1°) Sr Mr O . P , N . PR. LORS . ETOICT . RECTEVR. DE. CHATEAVNEVF. Mre IAN . FOXVS. ARCHEDIACRE. DE. CORNOALE . FABRIQVE , MATHIEV, GVEGAN . FAICTE, EN. 1613. 2°) Sr YVO . O . P . N . PR . LORS . ETOICT . FABRIQVE. MATHIEV GVEGAN . FAICTE . LAN . 1613

Abgrall, BDHA 1905 https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1905.pdf

CLEDEN-POHER «Inscriptions des cloches. — Première cloche : « Jésus —- Marie, vénérable et discret missire Jean Le Gléau, licencié en droit, recteur de Cléden-Poher, évêché de Cornouaille ». M. Le Gléau était recteur de Cléden en 1732-1737.

Abgrall, BDHA 1905 https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1905.pdf

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PENDANT LA RÉVOLUTION.

1°)

"En 1790, Julien François Le Beurrié est dit commissaire aux pauvres à Brest. Il sera chargé, avec un autre fondeur, Neveu, nommé officier municipal après Thermidor, de fondre toutes les cloches du Finistère, du Morbihan, de l'Ille-et-Vilaine, des Côtes-du-Nord et de la Manche (arrêté du 17 nivôse an II, ou 6 janvier 1794.Ces cloches devaient, à la demande de Jean Bon Saint-André, qui voulait développer la fonderie du port, être transformées en 50 canonnades et en canons. Brest reçues celles du district de Pont-Croix, 146 de celui de Châteaulin, 100 de celui d'Auray. Celles du Haut-Léon furent rassemblées sur le quai Saint-Houardon à Landerneau. Au début de l'Empire, 100 cloches avaient échappé à la fonte. Elles furent restituées à leur paroisse .. ou à d'autres." (Thomas 1981)

2°) Extrait de : Bruno Baron. Élites, pouvoirs et vie municipale à Brest, 1750-1820. Histoire. Université de Bretagne occidentale - Brest, 2012. Français. .

https://tel.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/724666/filename/These-2012-SHS-Histoire-BARON_Bruno.pdf

(pour les numéros des notes de bas de page voir le document original)

"Ainsi, dès brumaire an II (novembre 1793), il décide de se servir des bourdons et carillons des églises pour fondre des canons supplémentaires et nécessaires aux troupes de la République. Dans le district de Brest, Jean Bon Saint-André donne l’ordre de descendre des clochers toutes les cloches sauf une ( Arch. dép. Finistère, 21L40, arrêté du 17 brumaire an II (7 novembre 1793). ), et dans la ville ce travail est confié à Pierre Mollard, Jacques Dagorne, François Bunelle et René Le Lay, tous quatre officiers municipaux115. ( Toutes les églises et chapelles brestoises sont amputées de leurs cloches (sauf une), mis à part Saint-Louis qui en conserve trois : celle qui annonce les réunions de l’administration municipale, celle du beffroi et celle qui donne le timbre pour le quart et la demi-heure. ) . La gestion de la fonderie est attribuée à Jacques Bruslé et à Julien Le Beurrier qui transforment en canons les cloches d’une partie du Finistère dont 17 proviennent de Brest (  Arch. mun. Brest, 2D3, courrier du 16 germinal an II (5 avril 1794) ) .

 

203- LE BEURRIER LA RIVIÈRE Jacques (Brest, 1724 – Brest, 1797), fondeur : Fils de Jean, maître fondeur, Jacques Le Beurrier épouse en août 1754 Marie-Josèphe La Test. Veuf, il se remarie avec Françoise de La Mare qui lui donne un fils. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, il est fondeur du roi, fournisseur au port et partenaire de la marine, ayant obtenu le marché pour les clous de cuivre1032. En avril 1789, il participe à l’assemblée générale du tiers-état de la ville en tant que député de plusieurs habitants qui ne forment ni corps ni corporation1033 . Membre du conseil général révolutionnaire dès juillet 1789, il est élu notable du conseil général de la commune en mars 17901034. Mais en août 1790, il est promu officier municipal pour remplacer Gabriel Duplessis-Smith (112) et il conserve cette fonction sans discontinuer jusqu’en janvier 1793. Au cours de cette période, il est notamment administrateur de l’hôpital de septembre 1790 à février 1792. Durant la Convention, il est détenteur du marché pour la fonte du cuivre de la marine1035 et est un temps attaché à la fonderie des canons1036. Il meurt en thermidor an V (juillet 1797).

204- LE BEURRIER Julien (Brest, 1759 – Brest, 1818), fondeur : Fils de René (fondeur) et neveu de Jacques (203), Julien Le Beurrier épouse en janvier 1782 Marie-Olive Pincemin, ils ont quatre enfants. Il est élu notable du conseil général de la commune en mars 1790 et siège en même temps que son oncle. Il reste en poste jusqu’en novembre 1791 et adhère à la Société des Amis de la Constitution. En novembre 1793, les représentants en mission le nomment officier municipal. Parallèlement à cette activité politique, il a en charge, avec Bruslé (54), la fonderie des canons, ce qui semble l’occuper énormément car il demande à être ôter de l’administration municipale1037, requête acceptée en pluviôse an II (février 1794). Pour mener à bien sa tâche de fondeur, il bénéficie du soutien des représentants de la Convention qui lui permettent de réquisitionner du bois selon ses besoins1038 ou de se rendre à Belle-Île-en-Terre pour faire un examen complet des mines afin de les « rendre profitables à la République » 1039. À partir du Directoire, il est employé régulièrement par la marine qui le rémunère 1 500 livres par an1040. En l’an XII, il vend à la fabrique de la paroisse SaintLouis les chandeliers du maître-autel, les deux grands candélabres et le lutrin qu’il avait achetés à des pilleurs le jour du saccage de l’église le 10 nivôse an II (30 décembre 1793)1041. En mai 1809, il est nommé conseiller municipal et en juillet de la même année, le ministre de l’Intérieur lui offre une place d’administrateur de l’hospice civil1042 mais il refuse à cause de sa santé1043. Par contre en septembre 1810, il accepte d’être membre du conseil de fabrique de Saint-Louis1044. En mai 1815, il démissionne de l’administration municipale à cause de « ses occupations et sa mauvaise santé » 1045 mais cette demande est rejetée. Quand il meurt à son domicile rue d’Aiguillon en mars 1818, il est toujours conseiller municipal et membre de la fabrique de Saint-Louis.

Le notable Jacques Le Beurrier est l’oncle du notable Julien Le Beurrier (Julien est le fils de René, frère de Jacques, ils exercent tous les trois la profession de fondeur)

 

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1883, "Inscriptions de quelques cloches anciennes du diocèse de Quimper", Bulletin Société archéologique du Finistère pages 304-306.

—  ABGRALL (Jean-Marie), 1890, "Inscriptions de cloches" , Bulletin Société archéologique du Finistère pages 281-285.

—  ABGRALL (Jean-Marie),  et PEYRON, 1903, Notice sur Le Faou, Bull. Diocésain d'Histoire et d' Archéologie [BDHA], Quimper, Kerandal. 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1909.pdf

—  BOURDE DE LA ROUGERIE (H.), [1829] 1903. "Restitution de cloches aux paroisses du Finistère", Bulletin Société archéologique du Finistère pages LI-LVIII

—  CASTEL (Y.P.), DANIEL (T.), THOMAS (G.M.), 1987, Artistes en Bretagne : dictionnaire des artistes, artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien Régime / Yves-Pascal Castel, Georges-Michel Thomas ; avec la collab. de Tanguy Daniel ; introd. par André Mussat / Quimper : Société archéologique du Finistère , 1987

 

—  CASTEL (Y.P.), DANIEL (T.), THOMAS (G.M.), Artistes en Bretagne Tome 2, Additions et corrections : dictionnaire des artistes, artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien Régime / Yves-Pascal Castel, Tanguy Daniel, Georges-Michel Thomas / Quimper : Société archéologique du Finistère , DL 2013

DANGUY DES DESERTS (Mad), 1993, Les cloches du Faou, in bulletin municipal Le Contact.

https://arfaou.net/archives_documents/Bulletin%20municipal/1993/contact041993.pdf

LE PESANT (Michel), 1972,, Un centre d'émigration en Normandie sous l'Ancien Régime. Le cas de Percy. — Bibliothèque de l'École des chartes, t. CXXX (1972), p. 163-225.

 

https://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_1972_num_130_1_449915.pdf

— DU HALGOUET (Hervé ),1949, « Vieux sons de cloches », Bulletin et mémoires de la Société Polymathique du Morbihan,

http://broceliande.brecilien.org/IMG/pdf/spm_1949_cloches.pdf

—  THOMAS (Georges-Michel), 1981, Fondeurs de cloches du temps passé, Bulletin Société archéologique du Finistère pages 263 à 274.

 

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