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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 11:28

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Voir sur les cloches :

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PRÉSENTATION.

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Selon le chanoine Pérénnès (1940),

"L'église paroissiale, de forme rectangulaire et de style flamboyant, est du XVIe siècle, Ses murs latéraux sont penchés et lézardés. Elle a subi divers remaniements. Sur le mur, côté Nord, se trouve l'inscription : 1634 Hémon fabricien. Un pilier à l'intérieur porte la date de 1574. La sacristie a été faite en 1680, par M. Moënan, recteur. Le clocher fut foudroyé en 1735. Brisée par la chute des pierres, la cloche fut refondue la même année chez de Larivière aîné, à Brest. Elle eut pour parrain Pierre Larour, pour marraine Marie Marzin.

Abattu une seconde fois par une tempête, le clocher fut reconstruit du temps de M. Souètre, recteur en l'an 1893, sous la direction de Mr le chanoine Abgrall, architecte."

Cette  cloche de 1735, refonte d'une cloche de 600 livres réalisée sans doute vers 1675 (à l'époque, le clocher avait été foudroyée et les cloches brisées), est vraisemblablement tombée lors de la nouvelle chute du clocher vers 1893, puisqu'elle est conservée à l'intérieur de l'église, dans la chapelle sud. Elle est donc facile à examiner, du moins pour la face principale (qui porte l'inscription et le calvaire, et qui devait être orientée vers l'ouest). En effet, l'autre coté est si proche du mur que les photographies sont presque impossibles ; c'est cette face qui est ornée d'un petit médaillon de la Vierge. Elle semble intacte, hormis le sommet de l'anse. 

Le clocher de l'église de Ploéven était, en 1735,  doté de trois cloches, l'une, "la grosse" de 600 livres, l'autre de 450 livres et la troisième, toute petite, de 30 livres.

Le Finistère n'a pas conservé beaucoup de cloches de l'Ancien Régime, en raison de la fréquence des accidents ( clocher brisé ou atteint par la foudre, fissure des cloches ), mais aussi parce que les paroisses furent obligées, à la Révolution, de les faire fondre pour soutenir l'effort de guerre par la fabrication de canons. Je peux citer :

 

  • Quimper 1312. Réinstallée sur la cathédrale.
  • Pencran, 1365. En place ?
  • Landévennec 1513, (cloche de l'abbaye, en place sur le clocher de l'église paroissiale)
  • Daoulas 1568 chapelle Sainte-Anne. (déposée et exposée dans la chapelle)
  • Lampaul-Guimiliau 1715 La cloche de 1715 a été réalisée par Jean Le Beurrier et Jean François Le Beurrier, fondeurs à Brest. Encore en place ?
  • Le Faou : Thomas Le Soueff 1714, toujours à son poste.
  • Roscanvel 1781, en place.

 

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Cette rareté justifie à elle-seule l'intérêt qui peut être porté à la cloche de Ploéven. Sans compter que celle-ci est aussi une mine d'informations.

L'échantillon d'épigraphie campanaire qu'elle propose donne accès à des renseignements sur les tournures locales du français de l'époque, sur l'orthographe, sur les usages  (le nom de la cloche est omis), sur la ponctuation de séparation faisant appel aux manicules, fleurs de lys et hermines., tandis que l'iconographie campanaire renseigne sur les modèles transmis dans les ateliers .  L'inscription de dédicace fournit les noms du recteur, du parrain, de la marraine et du fabricien, précieux témoins de la vie de la paroisse lorsqu'ils sont rapprochés des données généalogiques. Enfin, la mention du nom du fondeur, I.B. B. de la Rivière, de sa localisation à Brest et de la date, permet de documenter un sujet d'étude important, celui des fondeurs de cloche dans le Finistère sous l'Ancien Régime.

Bref, elle permet un exercice de "campanographie", cette  "l'étude descriptive des cloches dans leur contexte géographique et historique. L'étude descriptive peut être menée par le biais d'une observation in situ de la cloche, elle peut s'appuyer et être complétée par une étude historique par le biais d'une exploitation des documents ou textes d'archives." (Eric Sutter). Cette discipline reste à développer en Finistère.

Quant à la "campanologie" ou étude de la dimension acoustique et musicale, des règles d'usage de cette cloche ouvrant à une dimension ethnographique, elle n' a pas pu être menée ici.

 Malgré son intérêt exceptionnel,  la cloche de Ploéven n'a pas fait l'objet de publication spécifique. Sur place, un panneau manuscrit donne diverses informations.

Elle ne semble pas avoir fait l'objet d'un classement M.H.

(Finalement, je trouve la notice de l'Inventaire général par Castel et Quillivic de 1971 IM 29001393)

Elle mesure 83 cm de diamètre à la pince et 70 cm de haut. Les lettrines ont 15 mm de haut.

 

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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L'INSCRIPTION DE DÉDICACE.

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Elle apparaît en majuscules entre les cordons sous le cerveau . Une élégante manicule (petite main à l'index tendu) indique le début de chaque ligne (comme sur la cloche de 1823 fondue par Viel au Faou). Mais les manicules ne sont pas centrées les unes au dessous des autres, il y a un décalage entre le début des lignes.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Les mots sont séparés alternativement par une hermine (emblème de la Bretagne) et une fleur de lys (emblème du roi de France). Nous trouvions cette alternance sur les cloches de 1714 fondues par Thomas Le Soueff (Plouha et le Faou), et sur la cloche de Lampaul-Guimiliau de 1715 fondue par Jean et Jean-François Le Beurrier. Les deux ateliers sont apparentés (cf. infra).

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(manicule) SANTE * MEVEN * ORA * PRONOBIS * IE * ESTE * FAITTES * POVR * SERVIR * A LEGLISE * PARROISSIEALLE * DE * PLOVEVEN * DV * TEMPS * DE *

 

(manicule) VENERABLE * DISCRET * MISSIRE * IACQVES * MAHEE * RECTEVR DV DIT PLOVEVEN * ET *MON * PARAIN * EST * HONORABLE * HOMME * PIERRE *

manicule) LA * ROUR * ET * MA  MARAINE * EST * MARIE * MARZIN * MON * NOMMEE * ET *EST  JEAN * BOVRVOS * FABRIQVE * [puis frise géométrique]

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Soit :
 

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SANTE s MEVEN s ORA s PRONOBIS s IE s ESTE s FAITTES s POVR sSERVIR s A  s LEGLISE s PARROISSIEALLE s DE s PLOVEVEN s DV s TEMPS s DE s VENERABLE s ET s DISCRET sMISSIRE s IACQVES s MAHEE s RECTEVR s DV  s DIT s PLOVEVEN s ET  s MON s PARAIN sEST s HONORABLE s HOMME s PIERRE s LA sROVR s ET  s MA s MARAINE s ESTs MARIE s MARZIN s & MON s NOMMEE sET s EST s JEAN s BOVRVOS s FABRIQVEs 

ss LE s B s DE s LA s RIVIERE s LAINEE s MA s FAIT s A s BREST s LAN s 1753  s

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Transcription :

"Saint Meen ora pro nobis. J'ai été faite pour servir à l'église paroissiale de Ploéven du temps de vénérable et discret messire Jaques Mahéo recteur du dict Ploéven et mon parrain est honorable homme Pierre Larour et ma marraine est  Marie Marzin m'ont nommée et est [lors] Jean Bourvos fabrique. "

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Elle débute donc par une invocation au saint patron de l'église, SANTE MEEN ORA PRO NOBIS , Saint Méen priez pour nous.

Elle est suivie par la mention de la destination de cette cloche pour l'église paroissiale. L'orthographe PARROISSIEALLE n'est pas attestée ailleurs en ligne, mais on trouve, au XVII et XVIIIe, l'orthographe "parroissialle". La graphie PLOVEVEN pour Ploéven (le plou de l'ermite Even) n'est pas signalée non plus ailleurs.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Vient ensuite le nom du recteur IACQUES MAHEE, c'est à dire Jacques Mahéo.

Jacques Mahéo a été recteur de Ploéven du 15 mars 1732 à décembre 1739, en succédant à Pierre Furic. On trouve son nom inscrit sur la sacristie de la chapelle Sainte-Barbe et sur celle de Saint-Nicodème. Son évêque était alors Hyacinthe de Plœuc du Timeur (1707-1739). La formule "vénérable et discret" , fréquente en épigraphie locale, est bien commentée  par les membres d'un forum des généalogistes du Finistère :

 

"L'historien Fanch Roudaut a expliqué l'expression "vénérable et discret messire" qui s'appliquait à tous les prêtres : 
- "vénérable" s'explique par le respect dont ils devaient faire l'objet. 
- "discret" : cet adjectif ne s'expliquait pas par leur obligation d'observer le secret de la confession (ils y entendaient tous les péchés de nos ancêtres !), mais signifie la sagesse comme le prouve le dictionnaire de Grégoire de Rostronen (fur, avised-mad, segred) 
- "messire" désignait un notable, appellation partagée avec les nobles. 

Informations tirées des actes du colloque "Elites et notables en Bretagne de l'Ancien Régime à nos jours", éd. CRBC et UBO, 1999.

-DISCRET : Titre honorifique donné aux prêtres et docteurs de l'Eglise. Ex : Vénérable et discrète personne ou Vénérable et discret Missire (voir Missire) 

-MISSIRE : Terme honorifique donné aux ecclésiastiques (voir aussi Messire de sens différent). Le recteur, qui est le responsable de la paroisse est souvent qualifié dans les actes de « Vénérable et discret Missire ». Quant au curé, qui en Bretagne est le second du recteur, il lui sera donné seulement le titre de « Missire ».

Pour le grade au dessus, (les chanoines, par exemple) on trouve "noble & circonspet missire...". "

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=1186

 

Sur l'inscription lapidaire mentionnant Jacques Mahéo à la chapelle Sainte Barbe de Ploéven :

http://www.lavieb-aile.com/2018/07/la-chapelle-sainte-barbe-de-ploeven.son-calvaire-son-vitrail-sa-statuaire-son-pardon.html

 

Jacques Mahéo occupa ce poste après avoir été débouté de celui de recteur de Mellionnec  ; il y avait été nommé par son évêque le 21 mars  1730 mais René-Louis Le Pen, prêtre du diocèse et chanoine de la collégiale de Guémené, y avait été pourvu par le Pape, le 31 août 1730, d'où un long procès jusqu'au  6 janvier 1732.

Le 4 février 1719, un certain Missire Jacques Mahéo, prêtre, (peut-être donc notre personnage) assiste au mariage de sa sœur Perrine Mahéo avec Jan Odic à Neuillac (56). Le 9 mars 1721, il assiste en tant que curé de Saint-Michel (trève de Guern,56) aux funérailles de René Odic, époux de Janne Mahéo. Il occupe cette cure tréviale en mai 1721.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Le parrain et la marraine sont ensuite mentionnés :  Pierre Larour et Marie Marzin.

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Les données de généalogie sont nombreuses concernant ces deux noms. 

 

http://h2-online.heredis.com/fr/alaing44/genealogie_gautier/individus#66644

https://gw.geneanet.org/elagathu?lang=fr&n=marzin&oc=0&p=marie

 

Imprimer son arbre

Un certain Pierre Larour, "ménager", fils de Jean Larour 1607-30 mars 1691 et de Catherine Tudel  1620-1691,  né à Pouldergat , s'est marié le 5 juillet 1676, à Pouldergat, avec Marie MARZIN de Ploéven. Celle-ci est née en  1655 et est décédée en 1725. Ce couple Pierre Larour/Marie Marzin  ne peut être celui des parrain et marraine de cette cloche.

Mais ce couple eut  5 enfants dont Pierre LAROUR (ou LAROUR LAMOUR), né le 1er ou 2 mars 1683 à Plouergat et décédé le 25 novembre 1763 au manoir de Kergoulouarn à Ploéven. Il s'est marié le 25 novembre 1706 à Ploéven, avec Magdeleine Le PICLET  Saint-Nic,1681-/1752. Il aurait 52 ans en 1735. Dans l'inscription, il est qualifié d' honorable homme. Selon le Dictionnaire de Furetière (1690), c'est là "le titre que l'on donne dans les contrats à ceux qui n'en ont point d'autres, et qui n'ont ni charge ni Seigneurie qui leur donne une distinction particulière. C'est celle que prennent les petits bourgeois, les Marchands, et les Artisans. Ce titre est à présent avili, et est en quelque façon opposé à noblesse. Il se donnoit quelquefois à ceux qui avoient passé par les Magistratures, qu'on appelloit personnes honorables, de même que ceux dont il est fait mention dans le Code Theodosien, de comitibus vacantibus, qui sont maintenant nos Vétérans ou Conseillers honoraires." Il suppose néanmoins une certaine notoriété. Sa résidence (lors de son décès) au manoir de Keroulouarn peut en être un indice.

Il doit certainement se confondre avec Pierre Larour 1678-1763, mentionné sur le panneau dans l'église, et qui  est qualifié de chevalier  portenseigne, capitaine de garde-côte ; il est dit aussi capitaine de paroisse. 

Ce Pierre LAROUR 1683-1763 épousa le 25 novembre 1706 à Ploéven Magdeleine Le PICLET (Saint-Nic, 1681-av.1752) et   ils eurent six enfants. Ils baptisèrent l'aîné Pierre, bien-sûr. 

Ce 3ème Pierre Larour de notre série est né vers 1710 à Ploéven, au manoir de Keroulouarn et décéda le 2 novembre 1774 à Saint-Nic. Il fut lieutenant de la milice garde de côte au bataillon de Crozon. Marié le 26 novembre 1737, à Saint-Nic  avec Anne POLEZEC (LE) 1718-1772, ils  nommèrent également leur aîné  Pierre LAROUR LAMOUR 1738-1804, . Mais nous pouvons écarter la candidature de ce dernier 4ème Pierre Larour  comme parrain en 1735.

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En résumé, le parrain de cette cloche est vraisemblablement Pierre LAROUR 1683-1763. Il est intéressant de pouvoir situer géographiquement son "manoir" à 2,3 km au nord-est de l'église, sur une hauteur ( 50 m) avec les toponymes Kegoulouarn Izella (du bas) et Huella (du haut) et son moulin. Les Larour quittèrent Kergoulouarn en 1738.

https://www.google.com/maps/dir/Plo%C3%A9ven,+29550/Kergoulouarn,+29550+Plo%C3%A9ven/@48.1658079,-4.215615,15.67z/data=!4m13!4m12!1m5!1m1!1s0x4816d2808cdb2459:0x3a46a16a875ecec4!2m2!1d-4.232907!2d48.1571659!1m5!1m1!1s0x4816cd5e05a9f8e7:0x6c16535b81e79da1!2m2!1d-4.214003!2d48.166796

plan cadastral 3 P 167/1/4 Section B 1 de Kergoulouarn. 

http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?label_v2_geogname=Lieu&form_search_v2_geogname=Plo%C3%A9ven&form_req_v2_geogname=%7B%3Ageogname%7D__VAL_&form_op_geogname=ET&label_genreform=Type+de+document&form_search_genreform=&form_op_genreform=ET&label_dao=Avec+document%28s%29+num%C3%A9ris%C3%A9%28s%29&form_search_dao=oui&btn_valid=Rechercher&action=search&id=recherche_cadastre

Il est possible de consulter la carte Cassini et la carte d'Etat-Major

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.217907&y=48.162835&z=15&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&mode=doubleMap

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MARIE MARZIN

Selon les travaux de Jean Le Bris (qui inspirent les panneaux affichés dans l'église, Marie Marzin épousa en 1730 Jean BOURVEAU, habitant Kerlasiou ou Kerlaziou, à l'est immédiat du bourg. Ils eurent 8 enfants. A partir de 1808, ils s'allient aux Le DROFF, Le NAM et ROIGNANT.

Je ne trouve ces informations en ligne :

https://gw.geneanet.org/fazery?lang=en&pz=kilian&nz=monsart&p=jean&n=bourveau&oc=7

https://gw.geneanet.org/aperson?lang=fr&iz=10449&p=joseph&n=le+bourveau&oc=2

JEAN LE BOURVEAU (1697-1769), Kerlasiou (Kerlaziou)

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Enfin, c'est le fabricien de l'année en cours qui est nommé : JEAN BOURVOS.

Il est tentant d'y lire JEAN BOURVEAU, le mari ou le fils de Marie Marzin.

Par ailleurs, le clocher porte l'inscription I : BOVRVEAU : F juste au dessus de la galerie, coté sud. Juste au dessus, une date est inscrite, on aimerait y lire 1735, mais elle est érodée. 

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Chambre des cloches de  l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Chambre des cloches de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Chambre des cloches de  l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Chambre des cloches de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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L'INSCRIPTION DU  FONDEUR DE CLOCHE. Jean-Baptiste LE BEURRIEE DE LA RIVIERE.

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Derrière l'inscription "I * B * LE * B * DE * LA * RIVIERE * LAINEE * MA * FAIT * A *BREST * EN L'AN * 1735", nous pouvons identifier un membre de la grande lignée de fondeurs de cloches, les Beurier (orthographié parfois Beurrié, parfois Beurrier ou Le Beurrié, ou encore Le Beurriée, le nom fut définitivement fixé par le tribunal civil de Brest, le 2 septembre 1824, sous la forme Le Beurriée. ) de la Rivière.  Les initiales I.B. peuvent correspondre à "Jean-Baptiste" . La mention "l'aîné" indique qu'un autre fondeur du même nom est actif en même temps : son frère.

La seule mention d'un "Jean-Baptiste Beurier de la Rivière" est signalée sur une cloche de la chapelle Saint-Roch de Daoulas, avec la date de 1732 et la qualification de Fondeur du roi à Brest. Mais je n'ai pu vérifier cette information. La cloche actuelle de cette chapelle  a été fondue par Alphonse Viel.

Je pense que nous pouvons assimiler ce "Jean-Baptiste" à "Jean Le Beurrier de la Rivière", frère aîné de Jean-François, également fondeur. Ils ont fondu en commun la cloche de Lampaul-Guimiliau en 1715, qui comporte le même type d'inscription (mais en latin). Ils signent JOANNES LARIVIERE LE BEVRIEE ET IOANNES FRANCISCVS LE BEVRIEE. C'est le bourdon, qui pèse 4000 livres et a 1,62 m de diamètre.

De même, ils co-signent les cloches suivantes :

  • Deux cloches à Milizac (dont une de 900 livres) le 18 avril 1717.
  • Une cloche à Plouguerneau en 1718 (pour 224 livres 5 sols puis 420 livres)
  • La cloche de Bodilis en 1719 JOANNES . LE .BEVRRIEE . DE . LA . RIVIERE JOANNES . FRANCISCVS . LE . BEVRRIEE . DE . LA . RIVIERE ME .FECERVNT 
  • la cloche de Guiclan en 1729

Jean[-Baptiste] et Jean-François sont qualifiés de fondeurs du Roi à Brest.

 Jean-Baptiste fondit seul :

  • Des cloches à Saint-Pierre-Quilbignon (Brest) en 1720,
  • à Saint-Thomas de Landerneau en 1822 : une cloche de  800 livres de poids, payée 600 livres, "d'un bon timbre sonnante,  d'un bon ton qu'elle s'accommode avec les deux autres cloches"
  • à la chapelle Notre-Dame-des-Anges à Landivisiau en 1725
  • à Plougastel-Daoulas en 1726 (refonte de la cloche de l'horloge, qui était fondue)
  • à Milizac le 9 octobre 1727  (poids 500 livres, payée 650 livres)
  • à Pleyber-Christ en 1727 (grosse cloche payée à 5 sols la livre de métal)
  • à la chapelle Sainte-Anne de Milizac, le 23 décembre 1727
  • à Bodilis en 1727 encore, une cloche payée 296 livres 8 sols, fondue à Landerneau 
  • à la chapelle Saint-Eloi de Plouarzel, en 1729
  • à Plouzévédé en 1730, payé 451 livres 25 sols "pour avoir fondu la grosse cloche, remis à sa place et le palan pour la monter)
  • à la chapelle Saint-Roch à Daoulas (cf supra) en 1732
  • à Sainte-Mélaine de Morlaix en 1732 (un timbre de 27 livres)
  • à Plougonvelin en 1742, une cloche payée 353 livres
  • à Camaret en 1754.

Castel et Thomas reproduisent sa signature, dont on constate qu'elle n'emploie que le prénom "Jean" :

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Signature de Jean-Baptiste Le Beurriée de la Rivière (in Castel et Thomas 1987)

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Ce sont tous les deux les fils de Jacques BEURRIER DE LA RIVIÈRE, né vers 1656 à La Colombe (Manche) tout près de Villedieu-les-Poêles, qui s'installa à Vannes où il épousa Jeanne Le Douarain (1665-1726). Il décéda à l'âge de 30 ans le 24 octobre 1686 , à Saint-Patern de Vannes.

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Jacques I BEURIER DE LA RIVIÈRE (v.1656-1686), père de Jean-Baptiste et de Jean-François.

"Jacques BEURIER DE LA RIVIÈRE, (alias LE BEURIER). Fondeur à Brest [?], puis à Vannes, et époux de Jeanne Le Douarain. Il fit, en 1683, deux cloches pour l'abbaye de Lanténac, et mourut en 1686. Son fils posthume, Jean-François, né à Vannes le 15 novembre 1686, devint fondeur à Vannes. Quant à sa femme, Jeanne Le Douarain, elle se remaria au fondeur Le Soueff. Le frère de Jacques, Etienne Beurier, était également fondeur. "

Selon la généalogie de David Dousse, Jacques LE BEURIER DE LA RIVIERE, Maître fondeur de cloches, dindandier, et Jeanne Douarain eurent trois fils, Jean-Baptiste, Yves  et Jean-François :

 

  • ♀ Vincente LE BEURIER 1683-1685

  •  Jean Baptiste LE BEURRIER, Sieur de la Rivière ca 1684-/1754 marié avec ? ?

  • Yves LE BEURIER 1685-

  • Jean François BEURIER, Saint-Patern - Vannes 15 novembre 1686-Brest Saint-Louis, 20 octobre 1756, Maître fondeur, marié entre 1710 et 1728 avec Marie PILOT 1697-1759

     

 

 

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L'installation à Brest de Jean [-Baptiste] Le Beurrier, sieur  de la Rivière.

Il avait 2 ans au décès de son père. Sa mère Jeanne Le Douarain épousa un autre fondeur de cloches venu de la région de Villedieu-les-Poêles, Thomas LE SOUEFF, et on peut penser que celui-ci lui fut un père adoptif (tout comme pour son frère Jean-François). En effet, on le retrouve à Brest, quartier des Sept-Saints, comme Thomas Le Soueff, et c'est comme maître-fondeur de cloche à Brest qu'il se fit connaître.  

Il épouse en 1718 Françoise Sandon, fille d'un maître tapissier. Neuf enfants naissent de cette union, dont Jacques [II].

Sous le prénom de Jean, il est mentionné dans un acte du  août 1718 à Brest : Liste et estimation des meubles et objets que veut mettre en loterie Marie-Jeanne Audinay, veuve de J.B Sandon, marchand-tapissier, et qui sont déposés chez son gendre, Jean Le Beurier de la Rivière, maître-fondeur du roi au port de Brest, six pièces de tapisserie de haute tisse, fine, à verdure, 600 ¹, un tourne-broche, 36 ¹, etc. 

On signale aussi que le 26 Novembre 1720, Jean Le Beurier, sieur de la Rivière, maître fondeur pour le Roy, demeurant à Brest paroisse des Sept-Saints, visite les quatre cloches du Creisker (Bulletin diocèsain d'Histoire et d'Archéologie).

 

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Jacques [II] LE BEURRIER LA RIVIERE, fils de Jean-Baptiste.

Notre Jean-Baptiste LE BEURRIER LA RIVIERE, Sieur de la Rivière, né vers 1684, décédé avant 1754, Maître fondeur, marié avec Françoise Sandon, eut 6 (ou 9 ?) enfants :

  •  Marie Jeanne LE BEURRIER 1719-1734

  • Jeanne Barbe Thérèse LE BEURRIER 1720-1776

  • Jacques LE BEURRIER LA RIVIÈRE 1724-1797

  • Élie François LE BEURRIER 1726-

  • Michel Philippe LE BEURRIER 1728-

  • Jeanne Marie Françoise LE BEURRIER 1731-

Parmi ceux-ci, c'est Jacques qui reprit le métier familial :

 LE BEURRIER LA RIVIÈRE Jacques (Brest, 21 février 1724 - Brest, 1797), fondeur : Fils de Jean, maître fondeur, Jacques Le Beurrier épouse en août 1754 Marie-Josèphe La Test. Veuf, il se remarie avec Françoise Noëlle Ursule de La Mare qui lui donne un fils. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, il est fondeur du roi, fournisseur au port et partenaire de la marine, ayant obtenu le marché pour les clous de cuivre . En 1772, il est expert à Saint-Thégonnec pour une cloche de 3670 livres fondue par Guillaume de Morlaix, "cloche vissée [viciée] en son couronnement et défectueuse". et que des ouvriers maladroits ont fêlée en la hissant dans la tour. Il fond une cloche pour Saint-Thomas de Landerneau en 1776. Il est expert à Tréflez en 1777 et à Saint-Thomas de Landerneau en 1784 (il est dit alors "fondeur et fournisseur du roi"). En avril 1789, il participe à l'assemblée générale du tiers-état de la ville en tant que député de plusieurs habitants qui ne forment ni corps ni corporation.  Membre du conseil général révolutionnaire dès juillet 1789, il est élu notable du conseil général de la commune en mars 1790.  Mais en août 1790, il est promu officier municipal pour remplacer Gabriel Duplessis-Smith et il conserve cette fonction sans discontinuer jusqu'en janvier 1793. Au cours de cette période, il est notamment administrateur de l'hôpital de septembre 1790 à février 1792. Durant la Convention, il est détenteur du marché pour la fonte du cuivre de la marine et est un temps attaché à la fonderie des canons. Il meurt en thermidor an V (juillet 1797). 

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Jean-Baptiste, présent à un baptême le 19 mars  1718 à Brest, quartier des Sept-Saints : 

Famille « le soueff de Montalembert

https://gw.geneanet.org/jmignon2?lang=fr&p=rene+francois+marie&n=soueff+le+de+montalembert

http://lemarois.free.fr/jlm/data/r32malherbe.html

1711 - Catherine-Jeanne (ou Jeanne-Catherine) SOUEFF x Louis ROBERT d'où

1. Louis-Thomas °21.7.1711 Brest les Sept Saints (parrain: Thomas LE SOUEFF sieur signr le SOUETT, Jean LE DOARIN signe LE DOUARIN)

2. Marie-Françoise °4.8.1712 Brest les Sept Saints (parrain: François RABBY marchand, Marie-Anne PERRIER veuv de DE BELOIS chirurgien major de la marine elle signe Perrier Beloy, signatures: Antoine Raby Le Soueff Jan La Rivier La Beurrié)

3. Marie-Louise °19.3.1718 Brest les Sept Saints (parrain: Louise Sébastien de LACRAMPE lieutenant dans le régiment de Louvigny, marraine: Marie-Perrine ROME, jeune fille, signatures : Jan La Beurriée de la Rivière Jean François Le Beurriée Janne Le Duc Josèphe Romé François Larivière Elisabeth Soueff Caum Lévesque)

 

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Jean-François Le Beurrié de la Rivière, frère de Jean-Baptiste.

Né à Vannes le 15 novembre 1686 et mort à Brest le 27 octobre 1753. Il épouse à Brest Marie PILLOT, née à Londres, élevée en France depuis 1697 et à Brest depuis 1720, qui lui a donné 5 enfants entre 1723 et 1731. 

Il a fondu seul :

  • deux cloches à Tréflez en 1716
  • une à Bodilis en 1718 (acompte de 150 livres)
  • à Quimerc'h en 1720
  • à Saint-Pol-de-Léon en 1721 (il reçoit 164 livres puis 151 livres 15 sols)

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Les autres fondeurs de cloche de la famille LE BEURRIÉE.

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A. LES BEURIER de VANNES

Joseph Le Beurier, maître fondeur à Vannes, marié à Madeleine Chevrier, dont il a au moins cinq enfants entre 1715 et 1723. Fond deux cloches à Vannes en 1715, avec Etienne, qui suit. Décédé à Vannes, le 19 septembre 1733. Et fondeur de la cloche de Carmesse en Neuillac. 

Etienne Le Beurier, sieur des Jardins -dit Le Beurrier des Jardins-, maître-fondeur à Vannes,  demeurant au quartier du Méné à Vannes,  fils de Joseph et frère de Jacques I (et donc oncle de Jean-Baptiste) . Décédé le 2 avril 1719. Son épouse Suzanne Delabaye appartenait aussi à une famille de poêliers normands, en eut plusieurs enfants, une fille qui épousa un chirurgien, un fils qui entra dans les ordres et Joseph Le Beurier qui, après la disparition de son père en 1719, continua à fondre des cloches jusqu'à sa mort en 1734 (Le Pesant). Il fond deux cloches pour la paroisse de Bignan en 1695 et 1698, et deux autres pour Vannes avec Joseph.

A. D Morbihan. 6E 765 : 18 octobre 1694 : Bail de 7 ans passé entre Dlle Jeanne Gainche demeurant rue Saint Gwénaël paroisse Sainte Croix et Etienne Le Beurier Me fondeur.

Archives départementales du Morbihan : 6E 765 http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/immeuble-6-place-cabello-vannes/49dddd7c-90ba-4007-8bb5-8fa0aac60f48#historique

 

 

Jeanne Le Beurier épouse en 1718 Julien Huet, fils de Guillaume Huet, fondeur établi à Sainte-Melaine à Morlaix. Paroisse du Méné à Vannes

Il fond en 1721 les cloches de Neuillac et de Mûr ; en 1728 celle de Saint-Jean de Mûr ; en 1732 de Sainte-Suzanne de Mûr ; le 16 mai 1745 celle de la chapelle du Pont-d'Ars en Saint-Jacut ; en 1763 celle de Saint-Eloi en Ploudaniel (29) ; le 13 janvier 1765 une cloche pesant 1377 livres pour Noyal-Pontivy ; le 26 octobre 1766 une cloche pour Mohon ; in 1773, il refond la cloche de la chapelle de Saint-Cado en Nostang.

 Jeanne Le. Beurrier, supposée soeur de Joseph deuxième du nom, épouse un de ses voisins de la paroisse du Mené, nommé Julien Huet, né à Morlaix, évêché de Tréguier. Guillaume Huet, établi maître fondeur à Morlaix est présumé d'origine normande. Il n'est pas possible de dénombrer les cloches sorties des mains de Julien Huet, car durant une soixantaine d ' années, il exerça son art à travers nos campagnes, faisant étape à Missiriac,- Plouhinec, Saint-Jacut, Noyal-Pontivy, Saint- Goustan, Nostang, Inizio... et beaucoup d'autres-paroisses. Après une si longue et noble tâche, il s'éteignit, en 1777, rue des Douves du Mené à Vannes, laissant après lui au moins une fille. Renée, cette fille, avait contracté mariage avec un normand du diocèse de Coutances, Joachim-François Châtel, en résidence à Lorient (1774). - Hervé du Halgouet

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B. LES LE BEURRIÉE de BREST.

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Cette famille venue de Vannes passa du quartier des Sept-Saints (au pied du château, contre la Penfeld) à celui de Saint-Louis, l'église des Sept-Saints ayant été désaffectée en 1702 au profit de celle de Saint-Louis.

René-Claude LE BEURRIÉE (Brest 15 décembre 1731-1774), fils de Jean-François. Il épouse à Brest (Saint-Louis) le 26 novembre 1756 Hélène Jeanne GILBERT originaire de Paramé, dont il eut 2 enfants en 1759 (Julien, qui suit)et 1763. Il a fondu 2 cloches pour Ploumoguer, en 1760 et en 1765.

— Julien François Marie LE BEURRIÉE (24 septembre 1759 Saint Louis - Brest, décédé le 20 Mars 1818 à Brest), fils de rené-Claude,  Fondeur; Conseiller Municipal de Brest (1809-1818), Membre de La Fabrique de St Louis (1810-1818). Il épousa Marie-Olive Pincemin (1760-1828), fille de Noël Pincemin, maître pilote, baptisé aux Sept-Saints en 1712 et décédé à Saint-Louis de Brest en 1770. Il a 7 enfants entre 1784 et 1798. En 1789, il habite rue d'Aiguillon et paie 36 livres de capitation. En 1790, est commissaire des pauvres à Brest. Lors de la fête de la déesse Raison, célébrée à l'église Saint-Louis le 30 novembre 1793, de nombreux objets religieux étant mis en vente, il acquiert les chandeliers du maître-autel, deux grands candélabres et le lutrin, qu'il cache soigneusement dans sa cave. Le 14 janvier 1804, il les restitue à la fabrique au prix qu'il les avait achetés. En 1793, il reçoit 57 livres 3 sols pour supprimer les armes, écussons au pupitre et à un chandelier ainsi qu'à la grosse lampe de cuivre. Le 6 janvier 1794 (décret du 17 nivôse an II), il est chargé avec un autre fondeur, Neveu (nommé officier municipal après Thermidor), de fondre toutes les cloches du Finistère, du Morbihan, d'Ille-et-Vilaine, des Côtes du Nord et de la Manche. Ces cloches devaient, à la demande de Jean Bon Saint-André, qui voulait développer la fonderie de canon du port de Brest, être transformées en 50 canonnades et en canons. Toutes les cloches, sauf une par paroisse, avaient été descendues. Brest reçut les cloches du district de Pont-Croix, 146 de celui de Châteaulin, 100 de celui d'Auray. Celles du Haut-Léon furent rassemblées sur le quai de Léon à Landerneau. Au début de l'Empire, 100 cloches avaient échappé à la fonte. Elles furent restituées à leur paroisse ... ou à d'autres.

https://gw.geneanet.org/garric?lang=en&p=julien+francois+m&n=le+beurriee  

— Julien Marie Le BEURRIÉE (Brest 1790 -), fondeur, 

etc.

 

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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LES FIGURES : CROIX ET MÉDAILLON DE LA VIERGE À L'ENFANT.

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La croix en calvaire , sur trois degrés, et décorée de rinceaux est commune à la plupart des fondeurs de cloche du XVIII et XIXe siècle en Finistère.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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Le médaillon rectangulaire de la face opposée représente une Vierge à l'Enfant, au dessus de rinceaux.

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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La couronne.

Elle est à six anses, ornées de  têtes. Le nombre habituel d'anses est de 4, le nombre de 6 tient compte du poids de la cloche.

 

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Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

Cloche de 1735 conservée en l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 2 juin 2019.

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LES CLOCHES ACTUELLES.

Elles sont au nombre de deux. Leur inscription est difficilement lisible du sol. Je peux dire que pour l'une  l'inscription est :

 

St MEEN PATRON DE PLOEVEN

PRIEZ POUR NOUS

PARRAIN  C. PHILIPPOT

MARRAINE  M. DOARÉ.

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L'autre porte le nom de MARIE JEAN au dessus d'une Vierge à l'Enfant couronnée.

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Sur la face exposée à l'est, je lis sur "Marie Jean" :

JADIS COMME DEMAIN

PLOEVEN

[crucifix]

MARIE-THERESE QUINNIOU, MARRAINE

JEAN MARZIN  PARRAIN

ANNA DENNIEL

JEAN FOREY MAIRE

FRANÇOIS SAVINA, RECTEUR

ETS ----------------------

Jean Forey fut maire de 1989 à 2001.

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Sur la voisine, je lis :

MARIE-THERESE FOREY, MARRAINE

ANDRÉ BRESOT PARRAIN

MARIANNE ----

RENE ----

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On notera enfin que la Liste des recteurs affichée dans l'église signale qu'après la tempête de 1735,  la plus grosse des cloches de Ploéven "a été refondue chez BRIENS LOUVIERE, à Morlaix en 1735". Cette erreur témoigne néanmoins peut-être d'une cloche qui provenait de cette fonderie active au XIXe siècle.

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Ploéven.  I. Église de Ploéven, la cloche de 1735.

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ANNEXE.

extrait des archives : la chute de la cloche en 1735.

 

"Le neuf février mil sept cent trente cinq il y eut une si grande tempête pendant 24 heures que la curie et la pierre triangulaire vinrent à bas vers les trois heures après midy et les deux images qui sont st Pierre et st Jean placés du coté gauche sur la croix dans le cymetière et vers les quatre heures trois quart la grande cloche de la tour, pesant environ six cent livres fut levée en l'air et jettée sur les tombes des MARZIN du coté du reliquaire [ossuaire] et les deux autres dans le reliquaire dont l'une pesait environ quatre cent cinquante et l'autre environ trente et la tour sur les cloches depuis la plateforme et environ 1700 [17 heures?] la pointe de la tour avoit esté encore jetté sur l'église d'un coup de tonner et les bannières dans l'église après avoir esté tirées de leur armoires mais les cloches n'eurent point de mal. Voilà pourquoi il n'est pas à propose de relever la tour aussi haute comme auparavant. Il y a encore environ 60 ans au dire des anciens que la tour fut encore jettée a bas au gros temps et les cloches furent encore toutes brisées comme cette année cy."

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1987, Artistes en Bretagne, dictionnaire des artistes artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien-Régime. avec Tanguy Daniel et Georges-Michel Thomas. 

 

— LE BRIS (Jean), CGF 797 : panneaux explicatifs généalogiques dans l'église

— PÉRENNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

— SUTTER (Eric) 2006, La campanographie française

http://campanologie.free.fr/pdf/La_Campanographie_francaise.pdf

— TCHORSKI, épigraphie campanaire

http://tchorski.morkitu.org/1/epigraphie-01.htm

Hervé du Halgouet 1949, Vieux sons de cloches

https://broceliande.brecilien.org/IMG/pdf/spm_1949_cloches.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans cloches Ploéven

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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