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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 15:15

La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la cloche de 1902... et celle de 1599! Une cloche à deux inscriptions .

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Voir sur cette chapelle :

 

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Voir sur les cloches :

L'abbé de Landévennec Jehan du Vieux-Chastel et la cloche de 1513 de l'église de Landévennec.

 

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Faire l'inventaire documenté systématique du patrimoine campanaire n'est pas encore passé dans les mœurs. Il est néanmoins nécessaire de s'y livrer, sans sélectionner uniquement les cloches qui nous paraissent dignes d'intérêt. Une cloche datée de 1902 possède déjà un âge vénérable, et la découverte de son inscription nous ouvre à un environnement humain précieux par le nom du parrain et de la marraine, et à un plaisir esthétique par les anses ornées d'étoile et de grappes de raisin ! Mais, heureuse surprise, elle garde le souvenir d'une cloche du XVIe siècle.

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CLIQUEZ SUR L'IMAGE.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

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Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

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Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie 3 juillet 2019.

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DESCRIPTION.

La cloche est décrite telle qu'elle m'apparaît,  touriste placé au sol et équipé de jumelles : des lacunes (mensuration, note dominante, décor) seront comblées par ceux qui accéderont à la chambre des cloches.

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-Commande manuelle par corde et chaîne depuis la nef.

-Anses ornées d'étoiles et de pampres.

-Inscription votive de 5 lignes :

 

J'AI ETE BENITE LE 15 SEPTEMBRE 1902 JAI EU POUR PARRAIN LOUIS TIRILLY DE KERASCOET

POUR MARRAINE FRANCINE HELPIN DE PENFRAT JAI ETE NOMMEE ANNE LOUISE FRANCINE SEBASTIENNE

JAI ETE F. POVR LA HAPELLE [sic] DE MONSIEVR ST SEBASTIEN AN SAINT-SEGAL IAN LE ROY

RECTEVR M PIERRE BRICHETTE HERVE RIOV FABRIQVES AN  PLEBEN ET S SEGAL

LAN MIL VCC IIII XX ET XVIIII [1599]

-Frise de guirlandes et étoiles.

-Crucifix.

-Inscription de signature :

DURAND CHAMBON [FONDEUR A MONTARGIS]

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COMMENTAIRES.

Il faut comprendre que cette cloche porte son inscription, mais aussi celle d'une cloche de 1599. Cette dernière inscription a été relevée par le chanoine Abgrall qui en a publié le texte en 1916, et il parle d'une ancienne cloche fêlée et hors de service sur laquelle il relève : JAY . ETTE . F . POVR . LA . CHAPELLE . DE . MONSIEVR . S . SEBASTIEN . AN . S . SEGAL . M . IAN . LE ROY . RECTEUR . ET . M. PIERRE . BRICHETTE . HERVE . RIOV . FABRIQVES . DE . PLEYBEN . ET . S . SEGAL . LAN . MIL . VCC IIII XX ET XVIII.

La fiabilité des relevés épigraphiques du Finistère du chanoine Abgrall est excellente. Mais il n'a pas publié ce texte dans sa première publication sur les inscriptions, celle de 1898 dans le Congrès archéologique de Morlaix. On ignore la date de son observation (avant 1902).

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Yves Madec, en 1915, mentionne "Une des cloches date de 1851, mais elle est fêlée et repose sur le pavé de la chapelle. Celle qui est en usage date de 1902, elle a eu pour parrain Louis Tirilly de Kerascoüet et pour marraine Francine Helpin, de Penfrat. Elle a été fondue à Montargis." Il signalait aussi la défense qui était faite en 1891 "de sonner les cloches à cause du mauvais état de la tour".

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J'imagine que la cloche de 1902 a été fondue à partir de la cloche de 1599, et que le fondeur a recopié l'inscription qu'elle portait à visée de commémoration. Il en a conservé la graphie, notamment pour les U en forme de V, alors que les U du texte moderne des deux premières lignes sont des U.  Nous conservons ainsi le nom du recteur et des fabriques de 1599. 

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L'inscription de 1902.

 

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1°) Louis Tirilly, parrain à (presque) 5 ans.

 Louis TIRILLY, né le 14 octobre  1897 à Saint-Ségal lieu-dit Rospiriou  et décédé le 14 septembre 1962 à Saint-Ségal, était le fils d'Emile TIRILLY et de Marie PÉRON (mariage 1894). Il ne se maria pas.

Son frère cadet Germain TIRILLY, né le 23 avril 1900, épousa Isabelle Marie Charlotte Francine LE NEST, née en 1910 à Saint-Ségal,  fille d'Yves Le Nest et de Anne Marie Francine HELPIN.

Un Tirilly fut maire de Saint-Ségal de 1864 à 1871. En 1898, un Tirilly était adjoint au maire de Port-Launay et un autre adjoint au maire de Saint-Ségal. Emile-Gustave Tirilly fut maire de Saint-Ségal en 1905. Aujourd'hui, Jean-Yves Tirilly appartient au conseil municipal.

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de Kerascoët.

Selon le site de l'Inventaire Général de 2009, "Kerascoët est un exemple de permanence de l'occupation des sites seigneuriaux. A quelques mètres au nord de ce qui a probablement été une ancienne métairie noble, aujourd'hui disparue, un nouveau logis de maître est construit en 1886 par la famille TIRILLY. Celle-ci fait fortune grâce à la culture de la pomme de terre et l'élevage des chevaux. Le grand hangar agricole à deux porches, actuellement en ruines, abritait les pommes de terre et le foin pour les chevaux. Un seul bâtiment d'écuries, daté 1875, subsiste aujourd'hui ainsi qu'une grange en cours de restauration. Située au nord du porche disparu, contemporaine du logis de maître, la maison du métayer, est à l'état de ruines."

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-metairie-noble-puis-ferme-kerascoet-saint-segal/326d5309-0c95-44b5-8db7-850b57b31174

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2°) Francine HELPIN, marraine de 21 ans

née le 16 avril 1881 à Saint-Ségal et décédée le 12 mars 1943 à Saint-Ségal, elle était la fille de Jean Henri HELPIN (1856-1908), cultivateur à Penfrat Izella.  Elle épousa le 27 mai 1906 Yves Marie LE NEST. Sa fille Isabelle épousera Germain TIRILLY, frère de Louis.

https://gw.geneanet.org/mvettier?lang=fr&pz=michel+jean+francois&nz=vettier&p=anne+marie+francine&n=helpin

https://gw.geneanet.org/boisgarin?lang=fr&pz=yann&nz=caillarec+glevarec&p=germain&n=tirilly&oc=2

Deux voisins de la chapelle.

Les lieux-dits de Rospiriou et de Penfrat sont très proches de Saint-Sébastien. Kerascoët est plus éloigné.

https://www.google.com/maps/place/Penfrat,+29590+Saint-S%C3%A9gal/@48.2253783,-4.1063568,16.5z/data=!4m5!3m4!1s0x48113167727cded7:0x5fd0657b0887ee13!8m2!3d48.2251707!4d-4.1008585

Le nom du recteur n'est pas mentionné.

 Yves Madec donne les noms suivants :

1893 :Mr. Miorcec, recteur.

1898 ; Mr Grall, recteur

1908 : Mr Olv, recteur.

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L'inscription de 1599.

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3°) "IAN LE ROY RECTEUR DE PLEBEN ET ST SEGAL"

Les archives mentionnent le  rectorat de Jean LE ROY de 1595 à 1610.  Il dut, en 1602, intenter une poursuite judiciaire contre des tréviens de Lampaul pour vol d’une cloche au cimetière de Pleyben.

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4°) "Pierre Brichette" [fabrique ]

C'est la graphie de l'époque pour Pierre BRICHET, un personnage bien connu.

BRICHET. Armes (d'après le Nobiliaire de Bretagne de Potier de Courcy) : d'azur au rencontre de cerf cantonné en chef et en pointe d'un croissant et aux flancs d'une étoile, le tout d'argent. - Armes enregistrées à l'Armorial général de 1696 : de gueules à un chevron d'argent accompagné de trois annelets de même.

La famille BRICHET est une des plus anciennes de la bourgeoisie de la Basse-Bretagne où elle a possédé, entre autres biens, la seigneurie de Kérilis. On trouvera sur elle beaucoup de renseignements dans le Répertoire de Bio-bibliographie bretonne de Kerviler. Elle est originaire du Maine. Son auteur, Pierre Brichet, vint de cette province s'établir à Saint-Ségal vers 1609, réalisa dans le commerce une grosse fortune et laissa une nombreuse postérité.

 

Brichet. — Nom de famille que je rencontre en Bretagne depuis Pétronille La Brichete, mère de Jean et  Agnès, donateurs à l'abbaye de Boquen, en 1271 et 1273, de leurs droits dans la moinerie de Saint-Cadoc en Sévigné (Anc. év. de Bret. III,, 264, 275)  — II a été principalement porté par une famille mancelle établie en Bretagne au commencement du XVIIe siècle et qui compte parmi ses membres un des administrateurs du Finistère décapités en 1794.

I. — Les Brichet de Kerilis, originaires de la province du Maine, dont une branche vint s'établir en Bretagne au XVIIe siècle, qui ont porté les titres de seigneurs de Kereffran, de Ker année et de Kerilis :

-Pierre Brichet, venu du Maine, établi à St-Ségal vers 1609, fît une grande fortune dans le commerce, laissa une dizaine d'enfants de plusieurs mariages, et mourut à St-Ségal, à 85 ans.

-Pierre Brichet, sieur de Kerannec, fils du précédent et d'Anne Daniel, notaire et procureur royal au siège de Châteaulin, mourut au Port Launay près Châteaulin, à 70 ans , vers le commencement du siècle.  [Notaire Royal de Châteaulin et de Trésiguidy.  Sieur de Kerannec 1636-1706]

-Pierre Brichet, sr de Kerannec, fils du précédent, et de Marie Hascouët, avocat à la Cour, mourut à Vannes, sans postérité." (Kerviler)

(Chaix d'Est-Ange).  http://www.infobretagne.com/famille-brichet.htm

 

https://gw.geneanet.org/mihailovitch?lang=fr&n=brichet+de+kereffran&oc=0&p=daniel+nicol as

 

 

On mentionne aussi dans les aveux de la réformation en 1678 pour la paroisse de Lennon « déclaration de Maître Yves Brichet, sieur de Resterniou, demeurant au Port Launnay, en la paroisse de Saint-Ségal, en privé et faisant pour Damoiselles Renée, Marie, Julienne, Anne et Louise Brichet, ses soeurs » .

La date de 1599 indique que le fabrique en titre est celui qui, " venu du Maine, établi à St-Ségal vers 1609, fît une grande fortune dans le commerce, laissa une dizaine d'enfants de plusieurs mariages, et mourut à St-Ségal, à 85 ans." Mais nous avons ici la preuve qu'il était déjà établit à Saint-Ségal en 1599.

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5°) Hervé RIOU, fabrique.

le patronyme est attesté par les généalogistes à Saint-Ségal au XVIIe siècle.

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L'inscription du fondeur.

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DURAND CHAMBON renvoie à Paul Durand-Chambon, fondeur à Montargis,  ancien mécanicien qui s'est fait connaître pour avoir trouvé un moyen de réparer en 1903 [?]   la cloche rendue hors d'usage par une fêlure de 38 cm de Zellenberg (Haut-Rhin), et qui répara aussi en 1901 la cloche de Saint-Jouan-les-Guérets, fondue en 1722 par Guy Reusse, puis en  celle de Soultzmatt (Haut-Rhin). Le procédé de M. Durand-Chambon consistait à aviver de très près les fentes et les cassures qui ont produit la fêlure.

Puisque cette cloche de Saint-Sébastien date de 1902, qu'elle porte l'inscription d'une cloche fêlée de 1599,  et que c'est en 1904 que le procédé eut l'honneur de la publication dans le bulletin de deux sociétés savantes, il semble nécessaire de s'interroger : la cloche de Saint-Ségal a-t-elle été fondue de novo, ou bien fondue en réemployant le métal de l'ancienne cloche ?  Ou bien l'ancienne cloche a-t-elle été réparée (car pourquoi aurait-on été chercher ce fondeur de Montargis plutôt que les fondeurs bretons ?) et incorporée, dotée en partie supérieure et inférieure d'un complément d'inscription ?

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En conclusion, cette cloche me pose une énigme dont la solution se trouve peut-être soit dans une archive locale qu'il serait intéressant de publier, soit dans une expertise spécialisée sur place qui compléterait les courtes lacunes de ma lecture. Quelque soit la réponse, cette énigme est passionnante, et cette cloche à deux inscriptions — peut-être un cas unique" — méritait bien un article pour elle toute seule.

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ANNEXE.

 

https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/cloche-n3/d59eeb8d-01ed-4351-82df-0bc114026a2e

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/cloche/544638b8-aa5f-43d7-801a-281d637ea585

Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse Société industrielle (Mulhouse, Haut-Rhin) 1904

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96100187/f102.item.r=cloche%20f%C3%A8lure

"A tout seigneur tout honneur. La plus ancienne de nos cloches, comme dit ci-dessus, datant de 1367, a toute une histoire, sans compter sa légende ; elle a sonné, dans notre vallée, depuis le mois de mai 1367 jusqu'au 21 avril 1903. 

Vieille donc de près de six siècles, elle doit être vénérée, comme monument historique  et familial, par tous les amis véritables des choses de l'Alsace, et surtout par les habitants de la vallée de Soultzmatt, qui considèrent en elle, non seulement un ancien monument de notre pays mais encore un souvenir des vieux temps, et se remémorent dans quelles circonstances elle a sonné pour tous les événements joyeux ou pénibles concernant leurs familles. 

Cette cloche a été fêlée, à cette dernière date, à la suite d'un changement de dispositif de l'appareil de mise en branle, dispositif sans doute insuffisamment réglé. 

Cet accident s'était donc produit le 21 avril 1903, et depuis cette époque l'on cherchait le moyen de réparer la lacune existant dans le jeu des quatre cloches composant le système de sonnerie de Soultzmatt. 

L'on s'adressa à différents fondeurs de cloches tant alsaciens que des pays avoisinants, qui répondirent tous : que n'importe quelle réparation était irréalisable, et que le seul moyen à employer était la refonte. 

Cette opération, outre son prix élevé, détruisait ipso facto un monument historique d'une grande valeur, et la municipalité de Soultzmatt, son maire, M. le Dr Heberlé en tète, était fort perplexe, ne pouvant se décider à la disparition d'une relique chère à toute la population. 

C'est alors qu'intervint un nouvel élément, sous la forme d'un artiste fondeur, inventeur d'un procédé inédit, M. Durand-Chambon, de Montargis (département du Loiret), qui venait de réparer deux cloches en Alsace : celle moderne d'Oberentzen, et surtout celle très ancienne de Zellenberg. Celle-ci étant de 1410, est donc plus jeune de 43 ans que la cloche de Soultzmatt, qui est, à son tour plus âgée de 33 ans que le premier bourdon de Notre-Dame de  Paris, qui fut fondu en 1400. (Celui-ci pesait, d'après les chroniques, 15,000 livres, la cloche de Soultzmatt t 800 kilos, et celle de Zellenberg 1122 kilos, poids constaté pour ces deux dernières cloches). 
Ces deux cloches étaient fêlées comme celle qui nous occupe, et M. Durand-Chambon, par son procédé spécial, leur avait rendu toute leur sonorité sans abîmer en quoi que ce soit la cloche elle-même. 
M. le Dr Heberlé, maire de Soultzmatt, se mit aussitôt en rapport avec l'inventeur, qui se chargea, à forfait, de la réparation de la cloche de Soultzmatt. 
L'opération réussit à souhait, si bien que notre « vieille Campane », muette pendant 7 mois, sonne aujourd'hui comme par le passé . 
Ce résultat est vraiment remarquable, alors que la cause semblait perdue et abandonnée, surtout après les dénégations catégoriques des grands fondeurs de cloches de la contrée et des pays adjacents. 


Le procédé de M. Durand-Chambon consiste à aviver de très près les fentes et les cassures qui ont produit la fêlure. 
Renversant ensuite la cloche, les oreillons ou anses en bas, dans un moule en argile, c'est-à-dire dans le sens inverse de la fonte originale, il établit, à l'intérieur, un four en briques qu'il actionne 
au moyen d'un ventilateur ou d'une soufflerie.  Ce four est destiné à chauffer le métal de la cloche de façon à l'amener très près de son point de fusion, c'est-à-dire au rouge cerise. 
Deux regards, dirigés l'un vers le milieu l'autre vers le bas, dans la couche extérieure de glaise, permettent de juger du degré d'incandescence du métal, en même temps qu'un cubilot, placé à côté et contenant un alliage dont la formule est la propriété de l'inventeur, est également chauffé pour amener ce métal à son point de fusion. 
Lorsque cloche et composition sont arrivées au degré de température que l'opérateur juge nécessaire et convenable, le métal en fusion est versé sur la partie préalablement surmoulée de la cloche où se trouvait la fêlure. Cette opération terminée, on laisse refroidir lentement l'appareil, puis on enlève la cloche de sa gaine. L'on ébarbe, au ciseau et à la lime, le métal qui déborde de la cassure et la cloche se trouve soudée d'une façon parfaite, ayant recouvré toute sa sonorité d'antan. 
L'invention de M. Durand-Chambon, qui est un ancien mécanicien de la marine française, comporte tout aussi bien une composition soudante spéciale qu'un tour de main particulier. "

Photo avant réparation.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96100187/f109.item.r=cloche%20f%C3%A8lure

Photo après réparation:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96100187/f111.item.r=cloche%20f%C3%A8lure

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Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, 1904,page 234.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5457656z/f258.item.r=cloche.texteImage


"Conservation des cloches anciennes. — Depuis les premiers travaux de campanologie normande publiés par le 
docteur Billon, en 1860, les cloches anciennes, déjà très rares dans nos quartiers, le sont devenues davantage. Beaucoup par suite d'accidents, hélas, inévitables, ont été jetées au creuset, sans que la plupart du temps ont ait même songé à relever leurs inscriptions, pourtant si précieuses pour l'histoire locale. Aujourd'hui, par suite d'une heureuse découverte appelée à rendre de grands services à l'archéologie, il n'est plus nécessaire de refondre une cloche fêlée, pour lui rendre sa sonorité primitive. 

Zellenberg, dans la Haute-Alsace, possédait une vieille cloche datant de 1410, et mise hors d'usage par une fêlure de 38 centimètres. M. Durand-Chambon, fondeur de cloches à Montargis (Loiret), en a entrepris la réparation aux frais de l'Etat et de la Société des Monuments Historiques, et elle a fort bien réussi. Le coup de maître de l'artiste français est d'autant plus admiré que la réparation ne consiste pas dans une simple soudure, mais bien dans une refonte partielle. Le coulage dans la partie fêlée du même métal que celui de la cloche, gagne toutes les parties voisines jusqu'à 10 centimètres et au-delà, s'y infuse et les refond avec la partie lésée pour en faire une seule pièce. La solidité est à toute épreuve, et il n'y a pas de modification dans la tonalité ni la sonorité. 
Le cas d'ailleurs n'est pas unique. Entre beaucoup d'exemples, on a traité par le même procédé et avec le même succès une autre cloche historique, à Sulzmatt. Elle pesait 1730 kilos, et avait été fondue en 1367. Cette invention française est en train de faire son tour d'Allemagne. Chez nous,  elle devra lutter longtemps contre les préjugés routiniers, et aussi contre le parti-pris des fondeurs qui ne demandent qu'à faire du neuf. "

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments, recueillies par M. le chanoine Abgrall, Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. 46 page 97-98.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f159.item.zoom

 

ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898 page 155. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f222.image

CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— DUHEM, (Sophie), 1997. Les sablières sculptées en Bretagne. Images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.). Collection Arts et Société. Presses universitaires de Rennes, 1997.

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

Une des cloches date de 1851, mais elle est fêlée et repose sur le pavé de la chapelle. Celle qui est en usage date de 1902, elle a eu pour parrain Louis Tirilly de Kerascoüet et pour marraine Francine Helpin, de Penfrat. Elle a été fondue à Montargis.

1891. - Défense de sonner les cloches à cause du mauvais état de la tour.

 

 

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