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3 décembre 2021 5 03 /12 /décembre /2021 10:53

Cherchez le Pauvre ! Saint Yves et le Riche : les huit poteaux d'une maison de Quimper datant de la fin du XVe siècle, conservés au Musée départemental breton.

 

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— Voir  sur les groupes de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre :

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Et aussi Saint Yves et le geste de l'argumentation, etc. :

 

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PRÉSENTATION.

Le Musée Départemental Breton présente aux visiteurs six poteaux en chêne de plus de 80 cm de haut ornés de figures en haut-relief. Elles proviennent d'une maison de la fin du XVe siècle qui s'élevait en face du palais épiscopal, aujourd'hui Musée départemental breton, dans l'actuelle rue du Roi Gradlon. Elle fut détruite à la fin du XIXe siècle et vers 1930, l'immeuble de la Société Générale situé à l'extrémité de la rue s'éleva à son emplacement. Maps.

Lors de la destruction, la Société archéologique du Finistère en fit déposer au Musée le décor sculpté, dont ce fut l'une des premières acquisitions.

On y trouve un dragon, un ange portant un phylactère, saint Michel terrassant le dragon, saint Yves, le Riche, et saint François, ainsi que deux personnages non exposés, dont un saint Roch (?).

Puisque je m'attache, dans ce blog, à dresser une petite iconographie des groupes de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, je me propose de présenter, malgré l'absence du Pauvre, les poteaux de saint Yves et du Riche, et, tant qu'à faire, les autres poteaux de cette maison.

Néanmoins, une gravure de 1845 représente cette maison  à colombage, avec ses huit poteaux figurés : malgré le dessin forcément trop imprécis des figures, on identifie saint Yves et le Riche au centre,  séparés des autres par deux fenêtres à croisillons losangés. Le Pauvre était obligatoirement présent, à la droite d'Yves rendant la justice. 

Donc, le Pauvre pourrait être l'un des deux personnages des poteaux conservés en réserve, et dont la photographie est heureusement disponible sur le site du Musée.

Pourtant, sur ce site, il n'est pas identifié comme tel, et semble donc absent des collections.

C'est cette petite énigme que j'expose ici, à défaut de la résoudre péremptoirement.

 

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La gravure de 1845 représentant la maison . Numéro d'inventaire : 1993.43.1.

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1993-43-1-maiso-d89ce

Extrait de l'Album "Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France - La Bretagne", J. TAYLOR, Ch. NODIER, Alph. CAILLEUX (Les principaux collaborateurs sont E. Cicéri, Mayer, Gaucherel, Dauzats, Jacottet), Paris, 1845, page 177

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f371.item.r=morlaix

Photographie sur gélatino-bromure posé sur verre

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1998-7-45-repro-7bfe3

 

 

Description par le musée :

"Cette estampe "Maison à Quimper" fut publiée en 1843 par Taylor et Nodier dans les "Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France - La Bretagne". Elle représente la façade d'une maison à colombages de la fin du XVe siècle à Quimper. Située en face du Palais épiscopal, au coin de la place Saint-Corentin et de la rue de l'Evêché, cette maison fut détruite vers 1846-1848 et, en partie, reconstituée au Musée Breton. Une enseigne porte l'inscription en breton "MARC'HADOUREZ / MARC'HAD MAD"."

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La gravure est également présentée sur le site du Musée de Bretagne. Le commentaire donne la traduction de la pancarte accrochée à l'entretoise : "Marchandise bon marché". Une femme en coiffe, berçant son bébé emmailloté est assise sur le banc, tandis qu'un homme coiffé d'un chapeau rond sur des cheveux longs, et en costume local (veste sans manche, gilet, chemise blanche, bragou braz bouffant,  sabots, et peut-être guêtres et ceinture)) attend le client les bras croisés.

Les draps ou étoffes sont exposés à travers les quatre étroites fenêtres. Deux statues en moyen relief encadrent la porte de plein cintre.

L'étage, en avancée sur la boutique, est orné de deux rangs de 18 colonnes au total. Les fenêtres sont divisées en deux parties, supérieure à montant fixe, et inférieure ouverte, les deux étant vitrées par des croisillons losangées. Ce sont vraisemblablement d'anciennes fenêtres à meneaux, ceux-ci ayant été supprimés après la loi de 1798 sur l'imposition des portes et fenêtres. Un  drap noir est exposé par la fenêtre de gauche.

Au pignon, partiellement protégé par des rangs d'ardoises sur un encorbellement, une fenêtre à deux battants est également ouverte : une grande cruche est placée dans l'embrassure, tandis qu'une perche assez frêle laisse pendre une vague poche qui excite ma curiosité.

Enfin, sous ce pignon crédenté, sont représentées les huit poteaux figurés qui en soutiennent l'avancée. Toutes les figures font face à la rue.

 

"L'une des plus belles pièces du musée archéologique n'a pu encore recevoir d'emplacement définitif : c'est la façade à pans de bois dune maison située naguère en face de l'évêché. Traverses et montants, tout est sculpté. Sur la partie supérieure des montants se trouvent de petites statuettes d'hommes, de femmes, d'animaux fantastiques traitées avec beaucoup de verve." (Henri Waquet)

 

 

 

 

Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f371.item.r=morlaix

Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f371.item.r=morlaix

Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f371.item.r=morlaix

Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f371.item.r=morlaix

BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f371.item.r=morlaix

BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f371.item.r=morlaix

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Les cartels explicatifs.

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Copyright musée départemental breton. Photographie lavieb-aile.

Copyright musée départemental breton. Photographie lavieb-aile.

Copyright musée départemental breton. Photographie lavieb-aile.

Copyright musée départemental breton. Photographie lavieb-aile.

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Le groupe d'Yves et le Riche.

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Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

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Saint Yves. Inv. 1847-1-3.

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1e4488d1-0e3a-4e2f-894c-ae566b77f397

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1847-1-3-saint--d14aa

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Description par le musée :

Poteau représentant saint Yves: Chêne sculpté et peint. Hauteur en cm : 82 ; Largeur en cm : 20 ; Profondeur en cm : 42

"Saint Yves est représenté debout sur une console moulurée. Souriant et les bras légèrement ouverts, il tient de sa main gauche un rouleau qui fait rôle de procès. Le pilier est taillé dans un bloc principal auquel la main droite (non originale) a été fixée par clouage et collage. La façon dont a été taillée la partie supérieure se justifie par l'intégration de ce pilier à une architecture aujourd'hui démolie."

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Le saint est présenté en Official de Tréguier, portant la cotte talaire et le camail, et coiffé d'un haut chapeau évasé et non de l'habituel bonnet carré. Cette coiffure rappelle les mortiers des juges, cette toque de velours noir. La main droite n'est pas d'origine mais nous retrouvons globalement la posture de l'éloquence judiciaire, le bras droit écarté et la main gauche serrant les pièces du procès. L'autre posture habituelle, celle de l'argumentation avec les deux mains rapprochées pour énumérer les arguments, doit être écartée.

La tête du saint est penchée vers le bas, sans doute par l'impératif — majeur!— de le représenter plus grand que les plaideurs alors que les poteaux sont, eux, de taille identique.

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Les poteaux sont en chêne peint de cette peinture chocolat dont on abusa au XIXe siècle par souci de protection, souci d'autant plus justifié que le bois était exposé aux intempéries. Mais il est plus que vraisemblable que ces poteaux bénéficiaent d'une polychromie vive et séduisante.

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Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

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Le Riche. Inv. 1847-1-4.

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1847-1-4-riche--40bfc

 

 

Description :

Hauteur en cm : 82 ; Largeur en cm : 18 ; Profondeur en cm : 33

"Ce pilier de maison fait partie du groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre. Il s'agit du Riche figuré sous un baldaquin, les pieds posés sur une console moulurée. L'homme est vêtu d'une tunique à large col, il porte un chapeau orné de cabochons et il est chaussé de bottes. A sa ceinture est accrochée une bourse sur laquelle il pose la main gauche. Dans l'autre main, tendue vers la droite, repose une pile de trois pièces. Le pilier est taillé dans un bloc de bois monoxyle. Seul l'élément situé au niveau de l'épaule gauche est rapporté d'origine. Le bois est du chêne. La partie supérieure présente un épaulement servant à loger une pièce d'appui et un tenon assurant l'assemblage avec la sablière haute. Il existait aussi un tenon dans la partie basse pour permettre l'assemblage avec la salière basse, mais il a été scié."

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Je n'ai rien à ajouter à cette description, les détails manquants s'observeront sur la photographie.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

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Le dragon ailé . Inv 1847-1-1

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https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1847-1-1-dragon-9e08a

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Ce serait, sur la gravure, la deuxième figure en partant de la gauche.

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Description par le Musée.

"Hauteur en cm : 82 ; Largeur en cm : 19 ; Profondeur en cm : 35

Ce pilier rectangulaire figure sous un baldaquin sommairement esquissé, une statue de dragon debout, gueule ouverte, langue sortie, ailes repliées de chaque côté. Il repose sur une console moulurée. Il semble fouler aux pieds une sorte de serpent aux yeux ronds tirant la langue. L'ensemble est sculpté dans un seul bloc. La partie supérieure est creusée d'encoches pour l'assemblage dans la maison. La partie inférieure présentait à l'origine le même type d'encoches d'assemblage, celles-ci ont été sciées afin de présenter une base plane et stable facilitant la présentation muséale."

 

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Je pense que le dragon ne foule pas un serpent, mais sa propre queue serpentiforme. Le corps et la queue sont couverts de verrucosités en boutons. C'est le type même du dragon débonnaire si fréquent, en bois, sur les sablières ou, en pierre, sur les crossettes.

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Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle),. Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

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L'ange au phylactère. Inv 1847-1-2.

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1847-1-2-ange-a-fc2e8

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Ce serait, sur la gravure, la sixième figure en partant de la gauche.

 

Description par le musée :

Hauteur en cm : 84 ; Largeur en cm : 19 ; Profondeur en cm : 39

"Ce pilier de maison de forme rectangulaire représente un ange. Il est debout sous un baldaquin sommairement esquissé, et sur une console octogonale moulurée, à trois niveaux. Il tient en main un phylactère. Vêtu d'une longue robe à collerette, plissée et ceinturée à la taille, il porte de longs cheveux bouclés et de longues aîles repliées dans le dos. Son pied droit est nu, son pied gauche ne possède plus d'orteils et présente une forme arrondie de chaussure. Il pourrait s'agir de saint Gabriel, ange de l'Annonciation, venant annoncer à Marie la venue prochaine de son enfant. Le pilier sculpté représentant la Vierge et faisant pendant à l'ange aurait été perdu.
L'ensemble est sculpté dans un seul bloc de chêne. La partie supérieure présente des encoches destinées à l'assemblage sur la façade, et des traces d'outils."

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On comparera cet ange, pour ses cheveux bouclés et on aube à amict, à ceux du porche sud de la cathédrale, 1423-1433. Alors à moins de 50 mètres de cette façade. 

Je ne retiens pas l'hypothèse  d'un ange de l'Annonciation, et moins encore d'une Vierge dont le poteau aurait été perdu, puisque tous les poteaux sont visibles sur la gravure, et que le Musée en conserve la totalité.

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Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

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Saint Michel terrassant le dragon. Inv. 847-1-7.

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1847-1-7-saint--5eadd

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Peut-être le septième en partant de la gauche ?

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Description par le Musée.

"Saint Michel est représenté debout en armure, foulant un dragon à ses pieds. De sa main droite, il tient une épée qui devait se ficher dans la gueule du monstre. L'ensemble repose sur une console moulurée. Le pilier est taillé dans un bloc principal. On constate cependant que trois éléments non originaux sont rapportés : le premier représentant le haut de l'épée et le second le prolongement des pieds du saint ainsi qu'une partie du corps du monstre. Il est probable que ces parties aient été retaillées suite à une importante attaque par les insectes xylophages. Le troisième élément consiste en une longue baguette ajustée à l'arrière du profil gauche, destinée peut-être à faciliter la présentation du pilier. La façon dont a été taillée la partie supérieure ainsi que la présence de trous disposés régulièrement sur le profil droit témoignent de l'intégration de ce pilier à une architecture aujourd'hui démolie."
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Je corrigerai "épée" par "lance".

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Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

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Saint François d'Assise. Inv. 1847-1-5.

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1847-1-5-saint--83169.

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Le huitième ??

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Description par le musée :

Hauteur en cm : 82 ; Largeur en cm : 18 ; Profondeur en cm : 39

"Ce pilier de maison représente saint François d'Assise debout, habillé d'une robe de bure avec capuche et une cordelière nouée à la taille. L'ensemble repose sur une console moulurée. Le pilier est taillé dans un seul bloc de chêne de bonne qualité. On constate cependant la présence de deux petits morceaux de bois rapportés à l'arrière. Il est probable que ces éléments aient servi à fixer la sculpture sur la structure architecturale."

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Il expose ses stigmates en présentant les paumes de ses mains.

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Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Photographie lavieb-aile.

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Deux autres poteaux, non exposés. Inv. 1847-1-6. Saint Roch ? Le Pauvre ?

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1847-1-6-saint--9290c

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Sous un seul numéro d'inventaire et le titre "Saint Roch, poteau de maison à pans de bois. Pilier", le site du Musée place une photo principale d'un homme grimaçant, les yeux écarquillés,  au visage tourné vers sa droite, vêtu d'une tunique descendant sous les genoux. Sa main droite vient saisir un objet long (une bourse? ) placé du coté gauche, près de la taille. Les éléments d'identification de saint Roch, et notamment le roquet et la cuisse gauche blessée, sont absents.

Mais dans l'ensemble des sept photos placées en registre inférieur, six montrent un deuxième personnage, main droite près de l'oreille, vêtu d'une robe longue et plissée, et dont la main gauche est placée sur le genou gauche, fléchi. On peut y voir un saint Roch remontant sa robe pour dévoiler le bubon de sa cuisse. Mais en fait, la jambe droite est également nue, avec un pan d'étoffe entre les deux jambes. Le personnage est peut-être accroupi.

La description donnée en notice par le musée est compatible avec le premier ("édenté" ; "tenant une bourse dans la main droite"), ou avec le second ("l'autre main — mais c'est la main droite— dans la chevelure chignon").

Il est impossible de les identifier parmi les personnages de la gravure.

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Description par le musée :

Saint Roch. Chêne sculpté et peint. Hauteur en cm : 86 ; Largeur en cm : 20 ; Profondeur en cm : 40

Ce pilier de maison représente un personnage non identifié édenté, debout, tenant une bourse de sa main droite, l'autre dans la chevelure (chignon). L'ensemble repose sur une console moulurée. Le pilier est taillé dans un seul bloc de chêne de bonne qualité. On constate cependant la présence de deux petits morceaux de bois rapportés à l'arrière. Il est probable que ces éléments aient servi à fixer la sculpture sur la structure architecturale. porte une étiquette portant son ancien numéro de montage (32).

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Au total, le Musée possède bien la totalité des huit poteaux figurés. Et il est inconcevable que le Pauvre n'accompagne pas saint Yves et le Riche, et n'occupe pas la troisième place, à droite du saint breton.

Néanmoins, je ne peux aller plus loin dans ma réflexion, et je suis incapable de désigner le Pauvre parmi les deux derniers personnages. S'il faut choisir, j'opte pour le second, dont peut se convaincre qu'il soit déguenillé.

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Note : j'ai copié les photos du site du Musée, mais je les ai éclaircies pour mieux les examiner.

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Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Les huit poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

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Détail du troisième personnage, à l'emplacement attendu du Pauvre. Et une réflexion tardive.

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f371.item.r=morlaix.zoom#

En regardant la gravure, je constate que sous le rythme des accolades, ce sont dix supports qui sont disposés, mais que   les fenêtres ont pu en faire disparaître deux, dont, précisément, le poteau placé à droite de saint Yves. Y a-t-il eu  percement des fenêtres hautes, découpe de la corniche inférieure, et suppression de deux poteaux ?

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Saint Yves entre le Riche... Cherchez le Pauvre! À Quimper au Musée départemental Breton.

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Le décor à gueules de monstre, écailles et torsades. Inv. 1847-1-26. Non exposé.

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1847-1-26-potea-f3dcf

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Décor

 

Description par le musée :

Hauteur en cm : 98,5 ; Largeur en cm : 17 ; Profondeur en cm : 16

"Décor à gueules de monstres, écailles et torsades."

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Là encore, je n'ai pu photographier les œuvres, et j'ai donc téléchargé les photos du Musée.

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Poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

Poteaux d'une maison de Quimper (fin du XVe siècle). Copyright musée départemental breton.

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TENKAYAITRE : LES POTEAUX À DÉCOR SCULPTÉ D'UNE MAISON DE MORLAIX.

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"Le Musée expose dans la même salle quatre poteaux d'une maison du XVe siècle qui s'élevait à Morlaix  à l'angle des rues du Pavé et du Pont Notre-Dame. Elle fut démolie en 1866-1867 lors des travaux d'élargissement du centre-ville. Seul l'élément décoratif du rez-de-chaussée, un joueur de cornemuse,  est resté en place. Ces décors témoignent de la qualité des ateliers morlaisiens de la fin du Moyen-Âge et du début de l'époque moderne.

La thématique religieuse prédomine dans le décor des maisons "à pans de bois" de Morlaix : Vierge, saints porteurs de leurs attributs occupent les éléments importants de la façade , et laissent peu de place aux sujets profanes. Les figures de saint Martin et de saint Michel étaient placés à l'encoignure de l'édifice, comme le montre une lithographie des Voyages pittoresques et romantiques (1845). Leur taille monumentale a peu d'équivalent dans les autres villes de Bretagne.

L'homme buvant et le porteur de tonneau étaient situés sur des poteaux d'huisserie du deuxième étage de la façade du Pont-Notre-Dame, qui abritait sans doute une auberge." (Cartel du musée départemental breton)

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Copiés-collés :

"Jusqu’au milieu du 18è siècle, le principal carrefour de la ville se nommait le Pavé. Là se rejoignaient les routes venant de Brest (par la porte de Bourret) et de Paris (par la porte de l’hôpital), ainsi que les 2 principales artères de la ville close, la Grand-Rue et la rue des Nobles. Une dernière rue, celle du Pont-Notre-Dame, menait vers la porte du pont Notre-Dame, donnant sur la confluence des 2 rivières (Jarlot et Queffleuth), où fut construit la maison de ville à partir de 1610, et le port." https://histoiresdemorlaix.wordpress.com/2014/09/07/le-pave-a-morlaix/

"Les deux maisons qui s’élevaient avec une double façade aux angles de la rue du Pont-Notre-Dame, étaient des plus originales. La première, au nº 9, était ornée au rez-de-chaussée d’une petite figure qui semblait supporter avec peine tout l’édifice. Au-dessus, dans une niche à pinacles, se détachait la statue de saint Roch, accompagné de son chien fidèle, qui s’élevait sur ses pattes de derrière pour regarder son maître d’un air attendri. Au second se trouvait la figure de saint François qui montrait ses stigmates, on y voyait encore la Vierge et sainte Catherine. La façade, qui se trouvait sur la rue du Pont-Notre-Dame, était ornée de quinze personnages, parmi lesquels on distinguait un saint Nicolas, un Bateleur, qui, de ses deux mains, relevait la jambe gauche pour porter son pied jusqu’au menton, et un Homme sauvage armé d’une main d’un bouclier, sur lequel était gravé une tête de Méduse et de l’autre, d’un bâton noueux. La maison moderne n’a conservé qu’un bonhomme en chemise qui semble grelotter de froid.

L’autre maison qui était vis-à-vis de celle que nous venons de décrire, et qui avait le nº 7, portait à l’angle un Joueur de biniou ; cette figure grossière de sculpture, mais charmante de naïveté, d’attitude et d’expression, a été conservée et on la voit encore à l’angle de la nouvelle maison qui porte aussi le nº 7. La musique municipale, tenait tous les ans, le soir de la Sainte-Cécile, donner une sérénade au vieux sonneur, patron des ménétriers, qui font danser depuis des siècles les filles et les garçons dans les pardons de l’Armorique ; les amateurs trouveront cette figure curieuse dans l’ouvrage que le baron Taylor a consacré à la Bretagne. Au-dessus du joueur de biniou, était l’image de saint Martin, et au second étage était placée la statue de saint Michel. Ces saints personnages étaient accompagnés de grotesques, parmi lesquels figuraient des Buveurs d’une bonne facture, une Vieille qui filait et un Homme barbu.

Si on repassait devant le nº 9, on arrivait au nº 11 ; cette maison avait aussi deux figurines qui ne manquaient pas de mérite : l’une  représentait un Fou jouant avec sa marotte et un autre grotesque qui se tirait la barbe en faisant une horrible grimace. Le peuple les désignait sous le nom de Comus et de Momus ; ces deux caricatures semblaient servir d’enseigne à la librairie de M. Lédan, à qui appartenait cette maison. «  (Source http://www.mda-morlaix.com/images/pdf/1879aallier.pdf)

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f115.item.r=morlaix.zoom#

Maps.

 

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Voyage romantique... BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f115.item.r=morlaix.zoom#

Voyage romantique... BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f115.item.r=morlaix.zoom#

Voyage romantique... BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f115.item.r=morlaix.zoom#

Voyage romantique... BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f115.item.r=morlaix.zoom#

Voyage romantique... BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f115.item.r=morlaix.zoom#

Voyage romantique... BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f115.item.r=morlaix.zoom#

Voyage romantique... BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f115.item.r=morlaix.zoom#

Voyage romantique... BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f115.item.r=morlaix.zoom#

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On trouve une illustration de cette maison dans la gravure sur acier coloriée "Morlaix (L'ancien pavé)", in  "Histoire des villes de France avec une introduction pour chaque province" - Tome I : Bretagne, Touraine / Aristide Guilbert.- Paris : Furne ; Perrotin ; H. Fournier, 1844.- 12-456 p. ; 27 cm.

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/hrzsvqhzx5rwzddefxvqyxums5k2jd7r2l54h39x9h0v21a4jc

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Morlaix, l'ancien Pavé en 1844. https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/hrzsvqhzx5rwzddefxvqyxums5k2jd7r2l54h39x9h0v21a4jc

Morlaix, l'ancien Pavé en 1844. https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/hrzsvqhzx5rwzddefxvqyxums5k2jd7r2l54h39x9h0v21a4jc

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/le-joueur-de-biniou-manque-cruellement-de-soutien-663409

 

 

 

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Saint Martin en évêque, bénissant.

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Je reprends la dénomination habituelle, mais je remarque que rien ne permet d'identifier cet évêque.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Sculptures_in_Mus%C3%A9e_d%C3%A9partemental_breton#/media/File:053.Saint_Martin_b%C3%A9nissant.jpg

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/r-1885-4-1-sain-de9e8?isPdf=1

Description par le musée : R.1885.4.1

"Bois sculpté en haut relief Mesures : Hauteur en cm : 140 ; Largeur en cm : 34 ; Profondeur en cm : 28,5 Description : Saint Martin est habillé en évêque, avec une robe recouverte d'une chape retenue sur la poitrine par une barrette; sa tête est recouverte d'une mitre. Il bénit de la main droite, la main gauche tient une crosse ornée de trois boules. Il offre un visage encadré de courtes boucles régulières."

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Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

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Saint Michel terrassant le dragon.

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/r-1885-4-2-sain-d0ff3

 

Description par le musée . R.1885.4.2

"Bois sculpté en haut relief. Hauteur en cm : 144 ; Largeur en cm : 32 ; Profondeur en cm : 31

Ce pilier de maison représente saint Michel terrassant le dragon. Le groupe est figuré sous un dais à rinceaux de type gothique et sur une console ornée de feuillages; il est encadré par deux colonnettes torsadées. Saint Michel, aîlé, est vêtu d'une lourde armure; des cheveux mi-longs bouclés encadrent son visage. Il se tient debout sur le dragon et lui enfonce sa lance dans la gueule, tandis qu'il brandit une épée de la main droite pour lui donner le coup fatal. Le monstre aux yeux exorbités et à la gueule terrifiante semble se débattre et essaie de retenir la lance de sa patte antérieure droite.
Le pilier est constitué d'une bille de bois de chêne dans laquelle est sculptée la représentation. Seuls quelques éléments étaient rapportés : l'extrémité supérieure de la lance et la moitié de la lame de l'épée. A l'avant, de chaque côté de la console, des orifices circulaires ont été creusés dans la paroi du pilier, ils correspondent à l'arrière avec de grandes encoches. Ces éléments font partie du système d'assemblage du pilier à la structure de la maison."

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Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

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Homme buvant au tonnelet.

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:055._Buveur_et_porteur_de_tonneau.jpg

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/r-1885-4-4-homm-3ea01

Les deux pièces suivantes sont sans doute celles qu'on devine, en culot de corniches au dessus d'une enseigne "[Au] Bon Vin" signalant une auberge.

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Description par le musée R. 1885.4.4:

"Bois sculpté en haut relief. Hauteur en cm : 56 ; Largeur en cm : 16 ; Profondeur en cm : 19

L'homme est en génuflexion, le genou gauche posé sur le sol ; il porte entre ses deux mains un tonnelet. La partie renflée de celui-ci se prolonge en un goulot, que son personnage porte à ses lèvres. L'homme est imberbe, a des cheveux mi-longs bouclés. Il est coiffé d'un chapeau dont les pans sont relevés sur les oreilles et vêtu d'une robe longue ceinturée à la taille. Il repose sur une console et s'intègre dans une architecture voûtée. Le personnage est sculpté dans un seul bloc de bois (chêne)."

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Cet homme buvant au tonnelet est un motif fréquent des sculpteurs sur bois (sablières, miséricordes) et sur pierre (crossettes):

 

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Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

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Homme tenant un pichet et buvant au gobelet.

 

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/r-1885-4-3-homm-1fb5b

 

 

Description par le musée :R.1885.4.3

"Bois sculpté en haut relief. Hauteur en cm : 58 ; Largeur en cm : 22 ; Profondeur en cm : 19

L'homme en génuflexion (genou gauche au sol), est habillé d'une robe longue drapée, ceinturée à la taille et porte des chaussures au bout carré. Il tient dans la main droite un pichet, posé sur son genou. De son pouce, il ouvre le couvercle du pichet. De la main gauche, il tient un verre, qu'il porte à ses lèvres. Ses cheveux sont mi-longs et bouclés; il est imberbe. Le personnage se tient sur une console, directement taillé dans la masse de bois. Le personnage est sculpté dans un seul bloc de bois (chêne), non évidé au dos. Le haut de l'objet semble avoir été retaillé (élimination de zones trop vermoulues ?)."

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C'est là encore un motif fréquent des huchiers et sculpteurs sur pierre. Voir par exemple  au 6 rue des Boucheries à Landerneau :

 

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Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

Poreaux d'huisserie de la maison du XVe siècle rue du Pavé à Morlaix. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Quimper Saint Yves

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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