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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 13:44

Les 10 personnages sculptés (poteaux d'huisseries, bois, vers 1500) de la façade de la maison à pondalez de Morlaix dite  "Maison de la Duchesse Anne". Les sculptures intérieures.

 

PRÉSENTATION.

Morlaix a été envahie et en grande partie détruite par les troupes du roi anglais Henri VIII, en 1522. Lors de sa reconstruction, la ville est refaite dans un style très contemporain, de la Renaissance. La mode des maisons à lanterne émerge alors : la lanterne ne désigne pas ici une lampe mais une cour intérieure couverte chauffée par une très haute cheminée.

Ces habitations appartenaient à des nobles, qui avaient abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm.  Seules restent en place cette "maison de la Duchesse-Anne" et l Maison à Pondalez/Musée de Morlaix " de  9 Grand-Rue. Deux maisons dont l'escalier à pondalez est partiellement en place se trouvent rue Ange de Guernisac. Des poteaux corniers sculptés de saints et saintes sont conservés dans la Grand-Rue

Autour de 1530, cet hôtel particulier, haut de trois étages, est construit dans la rue des Nobles (actuelle rue du Mur), au dessus des Halles. Il sera dénommé "de la Duchesse-Anne" au XIXe siècle par souci publicitaire.

 

La Maison de la Duchesse-Anne, rue des Nobles. En bleu, le confluent du Jarlot et du Queffleuth. Plan de Morlaix par Del Michal, avant 1733.

 

Dans ses éléments les plus marquants, il compte une cheminée monumentale et un escalier en chêne richement sculpté dont la colonne principale, haute de 10 mètres, a été construite dans un tronc d’un seul tenant.  C'est ce pilier central, sur lequel s'appuie toute la charpente, qui est LA particularité de ces maisons à pondalez : une vraie prouesse architecturale, presque propre à Morlaix (un exemple à Tréguier, Maison Saint-Pierre vers 1490, un autre à Landerneau, Maison des treize lunes).

L’hôtel particulier a été construit pour Yves Pinart de Kerverziou, docteur es droits, qui fut notamment sénéchal du nord du Léon et du Goëlo, sénéchal de Pordic (1507), de Langarzeau (1511), de Plouha et d'Yvias (1516) ou de Coëtmen (1522) et conseiller au Parlement de Bretagne. Il épousa successivement Jeanne du Boisgelin dame de la Noëverte, Marguerite de Kerbuzic, dame héritière de Keranglas et de Kerlaouënan, et après 1562, Jeanne de Kersauzon.

 

À l'extérieur, la façade sur rue repose sur un rez de chaussée en granit ; les étages supérieurs sont structurés autour de pans de bois dont les interstices étaient initialement rempli avec un mélange d'argile. La façade de la maison donnant sur la rue (33 du Mur à Morlaix) est décorée de 10 statues :  ses quatre poteaux corniers  reçoivent des personnages religieux (deux saints et deux saintes), tandis que 3 de ses poteaux d'huisseries sont sculptés de personnages profanes souvent irrévérencieux :

-Poteaux corniers :

Saint Jacques

Saint Yves

Sainte Barbe

Sainte Catherine

-Poteaux d'huisserie :

Homme sauvage tenant un bâton écoté

Fou et sa marotte

Homme en position d'atlante

Homme accroupi, coiffé d'un chapeau de pèlerin

Homme tirant la langue

Vieil homme songeur.

Il m'a paru intéressant de les présenter en détail, notamment pour les confronter aux statues, crossettes, blochets des édifices religieux contemporains, largement documentés dans ce blog, pour constater qu'on y trouve la même iconographie associant les personnages religieux et les thèmes profanes fabuleux ou imaginaires. Ainsi, les saints Jacques et Yves sont très représentés dans les églises et chapelles bretonnes, tandis que les saintes Barbe et Catherine sont les premières du catalogue des représentations sculptées bretonnes du XVe-XVIe siècle. Dans le domaine profane, on trouve plus souvent dans les églises et chapelles des animaux (lions, dragons), puis viennent les acrobates et les sirènes ou femmes serpents ; l'homme sauvage s'y retrouve  souvent, notamment comme tenant d'écus armoriés.

Mais les œuvres sculptées des maisons à pondalez ne différent guère, dans leur facture, de celles des église et chapelles bretonnes, et, notamment, de celles des églises Saint-Mélaine et Saint-Mathieu de Morlaix.

Rappel :

1)Le poteau cornier est une pièce maîtresse de la structure de la maison à pan de bois.
A l’origine, il était réalisé d’une seule pièce du sol au toit (bois long). Il est situé à l’extérieur dans l’angle formé par le pignon sur rue et le mur gouttereau donnant sur la cour.
Cette poutre angulaire symbolisait à la fois la propriété et le soutien de la demeure paysanne. Il n’est donc pas étonnant que cette pièce de bois, située à un emplacement stratégique, soit fréquemment dotée d’inscriptions côté rue : date de construction, inscriptions patronymiques, symboles chrétiens, emblèmes et inscriptions ayant un rapport étroit avec la vie professionnelle et affective du propriétaire.

2) les maisons à pondalez sont des demeures de négociants en toile de lin ou crées, spécialité du Léon. Elles sont à pans de bois, datant du premier quart du XVIe siècle. Elles se caractérisent par un imposant escalier à vis qui soutient les « ponts d’allée » galeries intérieures. Beaucoup ont disparu, mais deux maisons morlaisiennes, témoins de cette époque florissante, sont ouvertes au public : la Maison à Pondalez au 9 Grand Rue et la Maison dite de la Duchesse Anne, rue du Mur.

Elles se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties : un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue, un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur, et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXe siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.

LES SCULPTURES EXTÉRIEURES

 

 

 

 

 

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'écu, non gravé,  est présenté non par un ange aux ailes déployées comme je le pensais, mais par un aigle, comme l'indique Daniel Leloup qui a remarqué la pointe du bec et les griffes des serres.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

LE PREMIER ÉTAGE.

1. Saint Jacques le Majeur.

Sous un dais à indentation, il est coiffé du fameux chapeau à larges bords des pèlerins de Compostelle. Il tient un livre ouvert dans la main gauche, tandis que sa main droite a perdu le bourdon qu'il tenait jadis. Sa robe est serrée par une ceinture, où on ne voit pas la classique besace.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

2. L'Homme sauvage tenant un bâton écoté.

L'homme sauvage, qui s'impose dans l'art occidental à partir du XIIIe siècle, est un personnage ambiguë : il est recouvert dans les textes comme dans les images d'une pilosité surabondante dont le caractère animal est attesté dans toutes les sources écrites (littérature, encyclopédisme, médecine). Il est une figure légendaire, folklorique et parfois héraldique couverte de poils et souvent armée d'un gourdin. Cet être anthropomorphe fait le lien entre l'humanité et l'animalité, entre le sauvage et le civilisé, et ces transitions ou transgressions de frontières, ces formes marginales entre humanité, régne animal et monde végétal fascinent les commanditaires d'églises et de chapelles, de manoirs et de châteaux, qui les réservent précisément aux espaces de transitions : sablières à la liaison entre le mur et la charpente à l'intérieur, crossettes entre mur et charpentes à l'extérieur, miséricordes et appuis-mains des stalles, charpente et boiseries intérieures et extérieures des maisons

Les trois régnes sont bien réunis, puisque le personnage est anthropomorphe, sa toison est animale, et le bâton est en bois écoté, brut de toute finition.

C'est ce même principe de métamorphose, très diffusé par l'œuvre d'Ovide, qui explique la profusion des êtres hybrides comme le dragon, la sirène, la femme-oiseau, les masques feuillus, les animaux feuillagés, et tant d'autres figures du vocabulaire ornemental médiéval et Renaissance.

La force de la nature sauvage doit être canalisée, domestiquée (par des rituels), mais ne perd jamais sa menace d'explosion violente. La figure du chasseur ne se contrôlant plus et oubliant toute civilité, tout respect des règles — religieuses— apparaît dans la légende de saint Julien, de saint Eustache ou de saint Hubert.

Le bois écoté rappelle aussi l'importance de la forêt, source de revenus, et lieu de chasse, mais aussi lieu où, dans les Romans bretons, le héros accède au merveilleux du monde féerique.

On trouve à l'intérieur de la maison un écu présenté par deux hommes sauvages à genoux.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

3. Le Fou et sa marotte.

La proximité du Sauvage et du Fou est bien réelle puisque la folie est  le franchissement de la frontière de la raison. Mais rien n'est simple, et c'est ce qui fascine : la raison la plus sage peut se dissimuler dans les dérèglements de l'esprit, et l'apparence humaine est si préservée que le fou nous tend  un miroir où nous sommes troublés de nous reconnaître, ou charmés d'un monde poétique ou, là encore, merveilleux. On pensera aussi à l'ambiguïté des bouffons des cours seigneuriale.

Ce Fou a tous les attributs que l'iconographie a fixés à la fin du moyen-âge, lors des fêtes des fous ou des carnavals, renversement des valeurs, ou depuis la parution en français de la Nef des Fous , traduction du Narrenschiff de Sébastian Brant en 1494 : le bonnet à longues oreilles d'âne, se prolongeant en capuche à bords crantés ; les manches aux coudes ornés de glands à fanfreluches (dissimulant sans doute un grelot) qu'on retrouve aussi à la pointe pectorale de la capuche ; les extrémités des manches et des quartiers des chaussures également crantées (s'opposant aux bords droits autant que l'esprit s'écarte de la rectitude de la logique); et, bien sûr la marotte, ce spectre de dérision présentant à l'aliéné son visage spéculaire. Le Fou le serre ici contre sa poitrine comme une poupée et appuie son index contre le menton, geste où nous pouvons hésiter à reconnaître celui de la risette, où celui de la leçon de morale...

Enfin, remarquons le sourire grimaçant, montrant les dents.

Ces sculptures des maisons étaient certainement peintes, et on peut parier que les vêtements du Fou étaient bariolés, mi-partis.

Voir :

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

4. L'homme en robe, soutenant le corbeau, en position de chevalier servant.

Ce personnage accroupi, peut-être un clerc ou un bourgeois, est figuré en atlante.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

5. Saint Yves.

Saint Yves, qui fut Official à  Rennes puis Tréguier et recteur de Trédrez (Côtes d'Armor) avant de mourir en 1303, est largement vénéré en Finistère. Il est, on le sait, patron des juristes et des avocats et défenseur de droits des pauvres. Sa statue est bien abîmée. Il est assis sur un siège droit, comme une cathèdre, et est coiffé de la barrette de docteur recouverte de la capuche du camail qui recouvre ses épaules. Ses mains brisées ne fournissent plus les indices habituels : tenait-il un rouleau de parchemin? un livre de droit. Opposait-il pouce et index dans un geste d'argumentation juridique ?

Voir :

Yves Pinart avait plusieurs raison de faire représenter saint Yves : non seulement c'était son saint patron, mais il tenait son prénom de deux de ses ancêtres Yvon Pinart seigneurs du Val depuis le XIVe siècle. En outre, saint Yves de Kermartin était le patron des juristes, et il était docteur en droit. Et encore, la rue des Nobles se prolongeait par la rue Saint-Yves.


 


 

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

II. LE DEUXIÈME ÉTAGE.

 

6. Sainte Barbe tenant sa tour.

Sainte Barbe propose les édifices de la foudre, et les fidèles des risques  d'explosion, ou, plus largement, de mort subite. C'est une sainte majeure de nos églises et chapelles, incontournable avec sainte Catherine dans les Livres d'Heures. Elle est reconnaissable à son attribut, la tour à trois fenêtres : elle fut enfermée en raison de sa foi chrétienne dans une tour, mais elle l'a fit percer de trois fenêtres pour affirmer son attachement au dogme de la Trinité.

Le sculpteur a souligné sa beauté et sa richesse de princesse par sa robe ajustée, son fin visage et sa longue chevelure, tandis qu'en la coiffant d'un turban il indiquait son origine orientale : elle vivait au IIIe siècle à Nicomédie, dans la Turquie actuelle.


 


 

 

 

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Les trois personnages profanes qui occupent le second étage sont d’une catégorie différente de celle de leurs coreligionnaires du premier étage. Certains détails plaident pour une installation largement postérieure à la date de construction de l’hôtel particulier. À l’exception du vieillard endormi, à droite, elles détonnent par leur facture nettement inférieure à celle des trois statues profanes du premier étage, qui sont d’une grande unité stylistique. L’espace occupé par ces trois statues devait à l’origine contenir une ornementation plus simple, comme des « choux fleuris »."

7. Homme accroupi, coiffé d'un chapeau large.

Ce personnage ne paye pas de mine avec son visage très fruste engoncé sous son chapeau. Il porte un vêtement chaud sur les épaules, une tunique courte et des bottes basses. Il fait fonction d'atlante.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

8. Homme en tunique, tirant la langue, en position de chevalier servant.

Ce jeune homme est une figure de la dérision puisqu'il grimace les bras croisés en tirant la langue. Son tablier indique-t-il qu'il est un artisan?

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

9. Homme barbu dans l'attitude du songeur, posture du chevalier servant.

On a proposé qu'il s'agisse de Jessé, père de David et  d'un emprunt à un édifice religieux doté d'un Arbre de Jessé.

"Le vieillard endormi doit correspondre à un élément d’arbre de Jessé. Ses dimensions excédant la hauteur « standard » expliquent qu’il ne repose pas sur une console. L’individu bras croisés du milieu ne tire pas gratuitement la langue aux passants, comme cela a été écrit, mais montre par son expression le poids qu’il porte sur ses épaules. Avec son chapeau au large bord relevé au-dessus de sa tête et sa cape, le personnage de gauche échappe à toute identification. 

Soulignons que les consoles sur lesquelles reposent ces deux dernières statues sont identiques, alors que l’artiste ou l’atelier qui réalisa les autres statues de la façade prit soin d’en varier les motifs et les dimensions. Cet élément supplémentaire plaide pour un apport postérieur. Remarquons que la Maison dite de la duchesse Anne hébergeait au début des années 1880 la boutique d’un antiquaire, contexte favorable à une telle modification de la façade. Des éléments de maisons démolies à cette époque ont pu être récupérés pour « compléter » la décoration. La statue de Jessé doit par contre provenir d’un édifice religieux." (source)

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

10. Sainte Catherine, sa roue brisée et son épée.

Sous un dais bien préservé, elle porte une couronne à fleurons, un manteau couvrant une robe de princesse, et ses attributs : l'épée de sa décollation et la roue brisée de son supplice.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

11. Le décor des autres poteaux.

Les poteaux intermédiaires alternent leurs ornements en rangs de perles, en feuilles, ou en tuiles, et en écailles.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Selon Daniel Leloup, ces fûts à décor d'écailles est une constante du vocabulaire des maîtres sculpteurs morlaisiens. On les retrouvent sur le poteau de jonction de l'escalier conservé au Victoria et Albert Museum :

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

LES SCULPTURES INTÉRIEURES.

Il est difficile de rendre compte des volumes de la demeure en raison du manque de recul, et pourtant, c'est l'organisation spatiale qui est passionnante à découvrir. Les galeries, qui déservent aux étages les pièces de réception des clients venus acquérir des créées, ou toiles de lin du Léon, s'appuient sur un seul pilier central monoxyle, comme celui conservé au Victoria et Albert Museum  de Londres : Il s'élève sans être appuyé à son extrémité supérieure, qui est sculptée (ici d'un Jean-Baptiste). Placer ce pilier et l'étayer était le premier acte de la construction, sur lequel venait s'étager du bas vers le haut des échafaudages, et même le colombage des façades.

Galeries présumées du 17 Grand'Rue à Morlaix. V&A Museum, Londres

Cet escalier  occupait un hall central fermé et reliait les pièces donnant sur la rue à celles de l'arrière, donnant sur une cour. Le poteau d'escalier décalé, bien visible, est orné d'un mélange de motifs de la fin du Moyen Âge et représente un évêque, saint Clément, un roi de France et saint Jean-Baptiste (en haut), peut-être le saint patron du premier propriétaire. Les balustrades encadrent des panneaux à plis de serviette, très répandus en Europe du Nord entre 1460 et 1550, et sont surmontées de figures représentant sainte Catherine, des paysans et des animaux dont des dragons. Richement sculptés et faiblement éclairés par le bas, ces escaliers devaient créer un effet magnifique dans cet espace haut et étroit.

J'emprunte cet écorché au site Baie de Morlaix : le pan manquant est celui ou s'élève l'immense cheminée qui chauffe tout le hall.

 

Voir aussi une maquette au 1/10e réalisée par des élèves du lycée de Quintin:

 

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Je décrirai deux ensembles d'éléments sculptés : les sculptures du pilier et des galeries, en bois. Et celles, en pierre, des deux frises de la cheminée.

 

I. LES SCULPTURES EN BOIS.

On trouve sur le pilier, de bas en haut :

un ange à écusson

un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes

une tête isolé

saint Yves, assis, tenant un phylactère 

saint Roch et son Roquet (1ère galerie)

Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson

un saint  tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)

Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson

saint Christophe (3ème galerie).

Saint Michel (3ème étage couronnement de la poutre centrale)

Sur les galeries :

un acrobate tenant un tonnelet

un homme buveur.

un homme sauvage portant un écu

Sur les murs :

un crucifix

Samson et le lion

Un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes puis une tête isolée.

Remarquez les gardes-corps à panneaux de serviettes plissées.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Ce motif m'a beaucoup intrigué mais hélas je n'ai pu l'élucider, car le personnage occupant la chaire est partiellement détruit. Globalement, il m'a évoqué les scènes de Renart prêchant aux poules, mais c'est à l'évidence autre chose. Les crânes font-ils allusion aus prédications de saint Vincent Ferrier sur la mort. Sur le garde-corps de ce que j'appelle la chaire, on voit une série de barres qui peuvent évoquer les doigts d'une main.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Les sculptures des maisons à pondalez de Morlaix. I. La maison de la Duchesse Anne.

Je ne m'explique pas non plus cette tête sans corps. La série de références codées m'échappent. Un saint dont la tête fut tranchée? Un saint céphalophore? Denis? Mélar ? La tête d'un roi piétinée par sainte Catherine??

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Un clerc tenant un phylactère : saint Yves.

Ce personnage partage avec saint Yves la coiffure (barrette de docteur), le camail recouvrant la tête, et la cotte talaire. Il ressemble au saint Yves de la façade extérieure.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Un ange présentant un écusson.

 

Les armoiries d'Yves Pinart étaient un fascé ondé d'or et d'azur de six pièces au chef de gueules chargé d'une pomme de pin d'or. Mais Daniel  Leloup a montré que depuis 1451-1456,  les nobles de Morlaix, lorsqu'ils se consacraient au commerce, appartenaient alors à la "noblesse dormante" et abandonnaient leurs prérogatives, comme celle d'afficher les armes. Ils n'étaient plus exemptés d'impôts.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Poteau de jonction de l'escalier du 1er étage. Saint Roch montrant le bubon pesteux de sa cuisse droite, que désigne un ange ; son chien roquet lui amène un morceau de pain.

Le saint protecteur de la peste, barbu, est coiffé du chapeau des pèlerins vers Rome, dont il tient le bourdon et dont il porte la pèlerine.

 

 

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Ornements intermédiaires. Un ange tenant un écusson.

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Un saint  tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)

Saint Nicolas est le patron des marins, et donc des armateurs et du commerce maritime. On retrouve sa statue en façade du 9 Grande Rue à Morlaix (en évêque avec les 3 enfants dans le chaudron). Au 17 Grande-Rue, c'est le pape saint Clément également patron des marins qui est représenté tenant une ancre.

Victoria & Albert Museum

 

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Saint Christophe portant l'Enfant-Jésus et traversant le gué, s'appuyant sur son bâton.

Saint Christophe est le patron des voyageurs.

 

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Je ne présenterai pas de cliché du Saint Michel terrassant le dragon du couronnement du poteau, car l'accès au troisième étage n'est pas autorisé aux visiteurs. Voici saint Jean-Baptiste, sculpture sommitale du 17 rue du Mur (V&A Museum).

 

LES AUTRES ÉLÉMENTS SCULPTÉS.

1°) Sur les autres montants des galeries.

 

Poteau d'huisserie du 1er étage. Un acrobate tirant la langue et tenant un tonnelet.

Le motif de l'acrobate est très répandu sur les sablières, crossettes des églises, ou en ornement des manoirs et châteaux. Le thème du buveur l'est tout autant. Mais il est rare que les deux soient associés.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Un homme en position de chevalier servant, coiffé d'un chapeau rond et buvant à une bouteille. 

Le chapeau est ornementé d'un gland de passementerie. Le nez du personnage est épaté. Autre dénonciation du vice de l'ivresse.

 

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Deux hommes sauvages à genoux, gourdin en main, tenant un écu non gravé.

Nous retrouvons le thème de l'homme sauvage remarqué sur la façade extérieure. 

 

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Les poteaux de jonction sont ornés de feuilles quadrilobées et de rubans  à incrustations de perles.

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2°) sur les murs.

Samson et le lion.

Il s'agit sans doute d'une pièce de collection d'antiquaire d'origine exogène.

 

 

 "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Homme supportant le corbeau (atlante)

La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Pièce à l'étage de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Pièce à l'étage de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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LA CHEMINÉE DE LA COUR INTÉRIEURE.

Cette cheminée est ornée de deux frises, l'une sur le manteau, l'autre à mi-hauteur. Ces frises montrent des vignes (les feuilles alternent avec des grappes) dont les tiges partent de la bouche ou des mains de masques grotesques aux yeux exorbités qui en occupent les angles.

 

 

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

https://www.14grandrue.eu/14grandrue.eu/Divers.html#3

— « La façade [archive] », sur mda-morlaix.com, Maison dite de la duchesse Anne - Morlaix, 2006 

https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.mda-morlaix.com%2Findex.php%2Ffr%2Fun-hotel-particulier-du-debut-du-xvie-siecle%2F80-the-house%2F72-the-facade

— Base PALISSY PA00090135, 64 photos

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090135

—Baie de Morlaix

https://www.baiedemorlaix.bzh/fr/planifier/les-maisons-a-pondalez-de-morlaix/

https://www.baiedemorlaix.bzh/fr/activite/maison-dite-de-la-duchesse-anne-pcubre029v53ktza/

"La ville de Morlaix, fréquentée dès l’époque romaine, n’est au XIIe qu’une simple bourgade de pêcheurs qui entre définitivement dans le Duché de Bretagne en 1187. Ville prospère grâce à ses actifs armateurs, elle subit de nombreuses invasions et pillages jusqu’à la construction, au XVIè siècle, du Château du Taureau pour protéger la baie. La Grand rue garde, dans sa configuration actuelle, l’image de la riche cité médiévale telle qu’elle a perduré au-delà de la Renaissance, même si aucune des constructions qui la bordent n’est antérieure au XVIè siècle.

Il semblerait, que dès le XVè siècle, on voit à Morlaix, se construire des maisons d’un genre particulier qu’on ne rencontre dans aucune autre ville de Bretagne et qui, dans cette ville, est, dès le XVIè siècle, très répandu.

Construites par des marchands, des négociants en toiles de lin, fines toiles appelées crées, spécialité du Léon, ces maisons à pans de bois, se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties :

-un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue,

-un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur

-et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXè siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.

 

Une grande cheminée en pierre richement moulurée occupe un des murs mitoyens sur la hauteur de plusieurs étages, tandis que, lui faisant face dans un angle du vide central, l’escalier représente une permanence du genre : il est composé d’une vis, ensemble de marches pleines, assemblées sur un noyau cylindrique et d’une série de passerelles accrochées à l’escalier par l’intermédiaire d’un poteau d’angle, élément sculpté qui caractérise la maison et se termine par une représentation du saint patron, protecteur du propriétaire. Des passerelles, ou « ponts d’allée », permettent d’aller de l’escalier à la partie arrière."

La Maison dite de la duchesse Anne, à Morlaix, en Bretagne, offre un exemple particulièrement bien conservé de maison à lanterne, principe architectural emblématique de la ville à la Renaissance.

Le visiteur y découvre la lanterne – cour intérieure couverte – abritant une cheminée monumentale et un escalier en vis, en chêne richement sculpté, qui garantit le passage entre les pièces de l’avant et celles de l’arrière, ainsi sur trois étages.

Le 28 mai 1883, Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, signait le décret de classement « au nombre des Monuments historiques » de la Maison dite de la duchesse Anne. Le premier monument morlaisien à bénéficier de cette mesure de sauvegarde et le seul de tout le 19e siècle.

Demeure de famille noble, bâtie vers 1530, la Maison dite de la duchesse Anne a échappé in extremis à la destruction programmée dans le cadre de lourds travaux d’urbanisme. Elle doit sa sauvegarde à l’intérêt suscité par sa cour couverte – sa lanterne – qui abrite son remarquable escalier sculpté.
Cet escalier unique en son genre, objet d’admiration, a suscité ce commentaire élogieux de Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments historiques, le découvrant lors de sa visite de la ville en 1835 :
« Dans une maison de la rue des Nobles (aujourd’hui rue du Mur) on voit un magnifique escalier gothique, en bois, du quinzième siècle, parfaitement conservé, quoique d’un usage journalier. Ses ornements, variés à chaque étage, sont d’une délicatesse inouïe. Je n’avais jamais rien vu de plus parfait et de meilleur goût. »
Aux yeux des urbanistes, cette notoriété ne devait pas préserver l’édifice de la démolition. Tout au plus imaginait-on démonter l’escalier pour en assurer au moins la conservation. Ce fut le mérite d’Henri de Lestang du Rusquec de saisir toute l’importance du maintien de l’escalier en l’état, sur place, dans l’écrin constitué par la maison.
Henri de Lestang du Rusquec (1822-1906), maire de Sibiril, propriétaire du château de Kerouzéré, qui fut classé le même jour que la Maison dite de la duchesse Anne, en fit l’acquisition en octobre 1882 et obtint son classement huit mois plus tard.

Quelle ironie que celle de ce « crime d’avancer de quelques cinquante centimètres sur l’alignement imposé », soulignée par l’illustrateur et romancier Albert Robida, heureux de constater que « ce beau spécimen des riches maisons du Morlaix d’autrefois » ait pu finalement être préservé et restauré.
Pour le plus grand plaisir des amateurs du patrimoine, de l’art et de son histoire, la Maison dite de la duchesse Anne commet toujours ce crime. Elle devrait le commettre encore de très nombreuses années grâce aux travaux de restauration programmés qui permettront d’ouvrir de plus larges espaces à la visite tout en assurant sa pérennité.

La Maison est ouverte du jeudi au samedi, de 14 h à 17 h, jusqu’aux vacances de Pâques.
A partir du 8 avril, la Maison sera ouverte du mardi au samedi, de 14 h à 18 h, même les jours fériés.

Infos pratiques 33, rue du Mur, 29600 Morlaix Téléphone : 02 98 88 23 26

— DEMEURE HISTORIQUE

https://www.demeure-historique.org/collectes/maison-de-la-duchesse-anne/

La Maison dite de la duchesse Anne, fleuron du patrimoine de Morlaix (Finistère) situé dans l’ancien quartier des halles, a été bâtie vers 1530. Il s’agit du plus bel exemple conservé de maison à lanterne, type d’architecture caractéristique du Morlaix de la Renaissance. Le terme de lanterne désigne la cour couverte au centre de l’édifice, à l’origine éclairée par une suspension. Cette cour est ici particulièrement remarquable par sa hauteur de seize mètres, son escalier à galeries « à pondalez » tout en chêne, richement sculpté, haut de onze mètres et sa cheminée monumentale. Le terme « pondalez » désigne à Morlaix les galeries menant de l’escalier à vis vers les pièces de l’arrière. Cet ensemble unique par sa qualité justifia la préservation in extremis de l’édifice par son classement au titre des monuments historiques dès 1883. Il est ouvert à la visite de façon continue depuis 1983.

— LELOUP (Daniel), 2015, Demeures remarquables en Bretagne. Les maisons à pondalez du siècle d'or, Morlaix. Ed Skol Vreizh

— MUSEE DE MORLAIX Dossier de presse

https://musee.ville.morlaix.fr/wp-content/uploads/2015/05/Dossier_Presse_Maison%C3%A0Pondalez_2015.pdf

—OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/les-maisons-pondalez-des-joyaux-au-coeur-de-la-ville-3566072

Chacune de ces maisons, construites en bois, nécessitait d'abattre un hectare de forêt de chêne. Un matériel robuste et moins inflammable que d'autres essences. Dans la maison à Pondalez, chaque marche pèse 80 kg. Le pilier qui tient l'escalier est réalisé en un seul tenant, dans un tronc de plus de 10 mètres.
Derrière le viaduc, blottie dans une vallée, la ville de Morlaix a conservé ses maisons à pans de bois ou à colombages. Certaines sont à pondalez. Elles datent du XVIe siècle. Les deux plus connues et les mieux conservées sont la maison dite de la duchesse Anne, rue du Mur, et la maison à Pondalez, Grand rue, qui fait partie du musée de Morlaix.

Pour constater la particularité de ces habitations, il faut y rentrer. À l'intérieur, une pièce principale, dont la hauteur de plafond représente une dizaine de mètres, et un escalier en vis, menant aux chambres. « Pondalez signifierait en breton corridor ou pallier. En français, on disait le pont pour aller d'un côté et de l'autre de l'habitation », explique un des guides du musée de Morlaix, Philippe Pogam. La grande cheminée centrale est aussi un élément marquant de leur architecture.

Ces habitations appartenaient à des nobles, qui ont abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. « Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm », décrit Philippe Pogam.

La maison de la duchesse Anne était à l'origine un hôtel particulier. Elle a appartenu à plusieurs propriétaires avant d'être en possession de la famille Lahellec. Elle a été habitée jusqu'en 1983. Un étage sur trois et la grande salle sont ouverts au public. Les propriétaires aimeraient ouvrir les cuisines et les jardins. Ils font des recherches sur la date de construction de l'édifice.

Au plus fort de la période, il y en aurait eu une centaine à Morlaix. Au fil des années et des successions, elles ont été modifiées ou détruites. À la crêperie Atypik Bilig, place de Viarmes, et au bar le Ty Coz, place Alliende, l'escalier est encore visible. Il y en a aussi rue Longue, rue Basse, rue Ange de Guernisac. "

—Maisons d'alsace en bois

https://www.couloirs-du-temps.com/2019/10/25/decors-des-poteaux-corniers/

—VIOLLET-LE-DUC, Dictionnaire d'architecture

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Poteau

—VIDEOS

https://www.youtube.com/watch?v=r4pdE5FwGbQ

— VICTORIA & ALBERT MUSEUM

https://collections.vam.ac.uk/item/O55930/staircase-unknown/

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Published by jean-yves cordier - dans XVIe siècle. Acrobate Sainte Barbe. Saint Christophe. Saint Yves Fou.

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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