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6 décembre 2018 4 06 /12 /décembre /2018 23:41

La verrière des Miracles de  l'Eucharistie (vers 1515) ou baie 20 de l'église de Pont-Audemer.

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PRÉSENTATION.

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La baie 20 éclaire la première chapelle du bas-coté sud de l'église.

Son sujet est très intéressant : c'est celui des "Miracles de l'Eucharistie" commandé par la Confrérie du Saint-Sacrement de Pont-Audemer.  L'intérêt est historique d'une part, et iconographique d'autre part.

I. Sur le plan historique.

a) Les confréries du Saint-Sacrement.

Les confréries étaient  nombreuses au XV et XVIe siècle, et plus nombreuses encore aux XVIIe et XVIIIe : on comptait 80 confréries à Rouen au XV-XVIe, dont 19 dans les paroisses, et 267 confréries à Rouen, (contre 337 à Paris) en 1621 . Elles étaient souvent, en Normandie, désignées sous le nom de « Charités ». La moitié des paroisses de Rouen avaient leur confrérie du Saint-Sacrement. 

Les données concernent surtout les XVIIe et XVIIIe siècle, après la réforme tridentine et après leur multiplication dans le cadre de la lutte contre les hérésies.  On distingue les confréries professionnelles (de corporation) et les confréries de dévotion. Ces dernières peuvent être réparties en confréries d'agonisants, mariales (du Rosaire), christologique (du Saint-Sacrement), et de saints.  Elles associent un culte privé — récitation régulière d'oraison, adoration et autres exercices de piété,— et un culte public. Ce dernier repose sur la création d'une chapelle propre et d'un autel où seront allumés des flambeaux, ainsi que sur l'organisation de processions. Des Indulgences sont accordées aux participants. Les confréries du Saint-Sacrement réunissent une  élite paroissiale et sociale. 

Le but des confréries du Saint-Sacrement est la diffusion du culte eucharistique, c'est à dire de la lutte contre le doute à l'égard de la présence réelle du corps du Christ dans l'hostie consacrée : c'est le dogme de la transsubstantiation, promulgué par Innocent III en 1215, et officialisé par Jean XXII en 1317. Ce dernier officialisa la fête du Corps du Christ, ou Fête-Dieu, 60 jours après Pâques, fondée par Urbain IV et la bulle Transiturus.  L’Eucharistie y est présenté dans un ostensoir sous un dais porté par quatre notables au milieu des rues et des places qui étaient  richement pavoisées.

Afin de convaincre les fidèles de la réalité de cette présence réelle, les prédicateurs avaient recours à un certain nombre de miracles de l'Eucharistie

b) Le contexte de la Réforme.

Cinq ans après ce vitrail, en 1520, Luther opposa à ce dogme  la doctrine de la consubstantiation (la présence réelle du corps du Christ ne modifie pas la substance de l'hostie ou du vin). À la même époque,  le suisse Zwingli ne voit dans la communion qu'une commémoration et dans les espèces eucharistiques qu'un symbole. Pour Calvin la rémanence du Christ dans l'hostie est d'ordre spirituelle, et il ne peut y avoir de sacrilège concernant les espèces eucharistiques.

Dès 1525, la remise en cause de la transsubstantiation permet de distinguer les hérétiques. En 1551, le Concile de Trente réaffirme ce dogme.

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II. Sur le plan iconographique

a) La procession du Saint-Sacrement lors de processions des charitons et/ou lors de la Fête-Dieu.

Elle est représentée dans huit vitraux de Haute-Normandie au XVIe siècle dont :

  •  Louviers baie 26, 1480-1500 et baie 9, disparue
  • Montchaux-Soreng (disparu)
  • Offranville, baie 17
  • Gisors (baie détruite), en 1571
  • Caudebec-en-Caux  (baie 28) en 1530 : 
  • Rouen, Saint -Nicolas-le-Painteur après 1520

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b) Les Miracles eucharistiques.

Ces miracles forment le sujet de quelques verrières de Haute-Normandie

  • Rouen, église Saint-Vincent, baie 7, 1520-1530 : génuflexion d'une mule devant une hostie.

  • Rouen, Saint-Nicolas-le-Painteur 1542, disparue

  • Nonancourt, baie 107, 1525 : Messe de saint Grégoire 

  • Pont-Audemer

Un miracle particulier, celui des Hosties profanées dit "des Billetttes" est représenté dans 3 verrières de Haute-Normandie, la principale étant :

  • Rouen, église saint-Eloi (Musée des antiquités de la Seine-Maritime) vers 1540-1550

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Mais surtout, trois des scènes des Miracles de la baie 20 de Pont-Audemer trouvent leurs équivalents  sur une tenture de l'abbaye de Ronceray (1505-1520 ) et dans une verrière de l'église saint-Sulpice  de Nogent-le Roy (1510-1515) . Ces trois œuvres (Pont-Audemer, Nogent-le-Roy et Ronceray) partagent des cartons communs provenant d'un même peintre parisien,  Gauthier de Gampes , alias le Maître de Montmorency,  le Maître des Privilèges de Tournai, le maître de saint Gilles : le  peintre le plus fécond à Paris sous François Ier.

Les scènes du tympan sont attribuées à un autre peintre, rouennais, auteur de la baie 18.

La tapisserie de la grande et riche abbaye du Ronceray, située dans un faubourg d’Angers, était exposée lors de la célèbre procession du Saint-Sacrement. Ses 22 pièces  sont aujourd'hui dispersées au Louvre, au Château de Langeais, au Museum de Boston, au château de Leeds, etc. A chaque tableau correspond un quatrain en vers français de dix pieds, expliquant la scène. Ces inscriptions sont tissées en lettres gothiques blanches sur fond rouge dans la partie inférieure de la tapisserie.

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DESCRIPTION.

Haute de 5 m et large de 1,70 m, cette baie a vu sa troisième lancette, à droite, être obstruée par un mur de séparation. 

— Registre inférieur: la procession du Saint-Sacrement. (suite en baie 18).

— Registre moyen et supérieur, et tympan : 6 scènes des Miracles eucharistiques :

1. Mort d'un pêcheur qui a communié sans avoir reçu l'absolution. L'hostie le blesse en sortant de sa gorge.

2. Guérison par la communion d'un possédé que son gardien tient enchaîné dans l'église.

3. Le Saint-Sacrement jeté à la rivière par un prêtre provoque la noyade de 2 magiciens qui marchaient sur l'eau, tandis que deux anges récupèrent le ciboire.

4. La communion miraculeuse d'Archambaud de Bourbon à son lit de mort.

. Mouchette gauche : un Juif est mordu par un chien à qui il avait jeté une hostie.

6. Mouchette  droite : miracle des abeilles qui construisent une ruche-tabernacle pour protéger une hostie.

— Sommet du tympan : la Cène.

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Le registre inférieur : la procession du Saint-Sacrement.

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Lancette gauche : le prêtre portant l'ostensoir marche en procession sous un dais porté par quatre notables de la Confrérie.

Lancette droite : la foule des fidèles et des bourgeois de la ville suit la procession derrière quatre notables, portant bonnet.

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Inscription : elle a été déchiffrée par Montier, qui signale  que la vitre a été donnée pendant que Leroy était prévost et Jehan Lepetit eschevin de cette confrérie.    Je lis

[o]ST JEHAN LE PETIT D~ CE LIEUE ES LI 

MAISTER MAIL---CESTE ---

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Voir la suite sur la baie 18.

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Registre intermédiaire.

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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1. Mort d'un pêcheur qui a communié sans avoir reçu l'absolution. L'hostie le blesse en sortant de sa gorge.

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Quatrain de la tenture de Ronceray :

UNG PECHEUR QUI INDIGNEMENT RECEUT LA TRES SACREE HOSTIE MORUT TOST ET VISIBLEMENT PAR LA GORGE FIST LA SORTIE.

Le vitrail de Pont-Audemer est le plus fidèle aux modèles originaux (les cartons du Maître de Montmorency), tels qu'ils apparaissent à Nogent-le-Roi. La composition est seulement resserrée pour occuper une lancette plus étroite, alors que dans la tenture du Ronceray, elle est inversée, et  deux figures y ont été rajoutées au premier plan. (G. Leproux)

 

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Verrière de Nogent-le-Roy. Photographie lavieb-aile.

 

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tenture de l'abbaye de Ronceray.

 

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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2. Guérison par la communion d'un possédé que son gardien tient enchaîné dans l'église.

Devant le possédé, un garde tenant une lance porte le trousseau de clés d'une probable prison.

Inscriptions (lettres en désordres et parfois à l'envers) sur le bas de la robe du "démoniaque".

 

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Quatrain de la tenture de Ronceray :

PAR LA VERTU DU SACRAMENT FUT DEMONSTRE UNG GRAND MIRACLE CAR LE DYABLE VISIBLEMENT SORTIT HORS DUNG DEMONIACLE.

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Verrière de Nogent-le-Roy. Photographie lavieb-aile.

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Registre supérieur.

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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3. Le Saint-Sacrement jeté à la rivière par un prêtre provoque la noyade de 2 magiciens qui marchaient sur l'eau, tandis que deux anges récupèrent le ciboire.

Inscriptions en lettres capitales romaines dépourvues de sens sur la bordure du manteau bleu du seigneur placé à gauche ; verre rouge gravé pour sa toque.

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Quatrain de la tenture de Ronceray :

NOYES FURENT DEUX HERETIQUES PAR LA VERTU DU SACREMENT LESQUELZ DEVANT PAR ARS MAGIQUES MARCHOIENT SUR LEAU FRANCHEMENT.

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, baie 9, Nogent-le-Roy. Photographie lavieb-aile.

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Tenture de Roncheray

 

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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4. La communion miraculeuse d'Archambaud de Bourbon à son lit de mort.

La communion miraculeuse d'Archambaud de Bourbon ne figure ni à Nogent-le-Roy, ni sur la tenture de Ronceray, mais elle  est représenté dans la tenture bruxelloise de Trajan et Herkenbald, d'après Van der Weyden conservé au musée d'histoire de Berne. Un auteur en fait le commentaire suivant :

 

 "Le troisième sujet est la justice d'Herkinhal, plongeant un poignard dans le cœur de son neveu qui avait fait violence à une jeune fille. Herkinbal saisit de la main gauche par les cheveux son neveu agenouillé au pied de son lit, et de la main droite, lui enfonce un couteau dans la gorge.
4° Herkinbal se sentant près de mourir fait venir, un évêque pour l'administrer ; le prélat part en refusant de donner la sainte communion.  Herkinbal qui ne voulait pas se confesser, comme d'un crime, du meurtre de son neveu,  rappelle l'évêque et lui montre l'hostie sortie du ciboire qui est venue se placer d'elle-même dans sa bouche. Le prélat entonne les louanges du Seigneur."


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La Justice de Trajan et Herkinbald, tenture, vers 1450 d'après Van der Weyden Musée Historique de Bern.

 

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LE TYMPAN.

 

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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5. Mouchette gauche : un Juif est mordu par un chien à qui il avait jeté une hostie.

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Au premier plan, le juif a jeté l'hostie à terre, pour que son chien la mange. Au lieu de cela, l'animal ploie les genoux et en même temps mord son maître à la main.

. ... Une xpiene vendit la saincte h(ostie)

 A ung faulx iuif cruel et inhum(ain) 

Qui a son chien iecta par mocque(rie)

Lequel ladore mort le iuif en la m(ain)

UNG XPRETRE VENDIT LA SAINTE HO [STIE] A UNG FAULX JUIF CRUEL ET INHUM [AIN] QUE A SON CHIEN JECTA PAR MOQUERIE LEQUEL LADORE MORT LE JUIF EN LA MAIN.

 

 L'histoire du juif sacrilège, mordu par son chien figure généralement parmi les « exemples moraux » de   Jean Mansel  : "le recueil d'exemples moraux", de Jean Mansel (1401-1500)  BnF fr. 911 f.276-277 :

 

"Un Juif acheta une fois le corps de notre seigneur d'une fausse chrétienne elle lui bailla. Sitôt comme le Juif le tint il le donna à son chien pour le manger. Mais le chien s'agenouilla et n'y toucha oncques. Lors le Juif par grand dépit voulut battre son chien . Il advint par vengeance que le chien prit son maître par un bras et le fit crier moult haut à grande angoisse et e le laissa aller jusqu'à ce que les chrétiens y accourent et le Juif qui était repentant de son péché leur dit toute la vérité de cette chose et fit baptiser lui et toute sa famille et la chrétienne fut punie qui lui avait baillé le corps de notre seigneur. »

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10720727t/f296.item.zoom

 

 

 

 

 

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Le Juif mordu par son chien, tenture de l'abbaye de Roncheray, Boston Museum of Art

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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6. Mouchette  droite : miracle des abeilles qui construisent une ruche-tabernacle pour protéger une hostie.

Lettres inscrites sur le col du personnage barbu agenouillé.

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Quatrain de Roncevay  (les "mouches" désignent les abeilles)

 

« Une femme au pays de Pourvence

jecta es mouches l’hostie sacrée

Lesquelles lors en grande révére(n)ce

Luy firent une chapelle ornée. »

cf :  https://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/Edition%20Hostie/ostie.html#DOCUMENT5

  

 L'histoire des abeilles figure également, comme la précédente, parmi les « exemples moraux » de   Jean Mansel  : "le recueil d'exemples moraux", de Jean Mansel (1401-1500)  BnF fr. 911 f.273 : La femme décide de nourrir ses abeilles, qui se mourraient, d'une hostie, mais celles-cu firent "une moult belle chapelle, et avait dedans un autel et sur l'autel était le corps de notre seigneur".

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10720727t/f293.item.zoom

 

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Nogent-le Roy, baie 9 (1500-1525), Miracle des abeilles. Photographie lavieb-aile.

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  Le Miracle des Abeilles , tenture de l'  abbaye de Ronceray, 1505-1520,  laine et soie, Château de Langeais, Chambre des carreaux verts

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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7. Mouchette sommitale : la Cène, institution de l'Eucharistie.

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Quatrain de Roncevay :

DEVANT SA MORT SACRA SON SANG ET CORPS ET PRESBRES FAIT SES APOTRES A LHEURE DE FAIRE AINSI LEUR DIST ET SOIENT RECORS QUE SOUBS CE PAIN SON CORPS ENTIER DEMEURE.

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Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière des Miracles de l'Eucharistie, vers 1515. Baie 20 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Annexe I . La tenture de Roncheray.

"Quant au lieu de confection, plusieurs hypothèses ont été suggérées. Pour certains historiens, comme Guiffrey, Göbel ou Marillier (97), elle aurait été confectionnée dans la Vallée de la Loire. Pour d’autres, comme Barbier de Montault, de Coupigny, de Tervarent (98), il s’agirait d’un tissage flamand. Quoi qu’il en soit, on peut affirmer que ces tapisseries se rattachent, par leur format et par leur style, à un groupe de tapisseries commandées pour décorer les stalles d’églises. A ce jour, elle reste la seule suite de tapisseries conçue d’après ces cartons. Cependant, on sait, qu’en 1539, la cathédrale de Tours possédait une série de tapisseries comportant presque les mêmes sujets de l’Ancien Testament. « D’autre part, on sait que Jacques Fourré, évêque de Châlons, commanda deux grandes tapisseries (exécutées entre 1573 et 1578), pour le chœur de l’église, l’une représentait le symbole du Saint-Sacrement et l’autre la Vérité du Saint-Sacrement » (99). Reste à savoir ce que représentaient exactement ces tapisseries. La série à laquelle appartient la tapisserie des Miracles comprenait à l’origine un nombre inconnu de pièces longues et étroites divisées en quatre ou six grands tableaux qui étaient accrochés de part et d’autre du chœur. En 1888, onze fragments existaient, en 1941, le fragment de la Cène et de la Crucifixion avait été divisé en deux parties. Aujourd’hui, ne sont conservés au château de Langeais que deux pans de cette fresque, Les Miracles de la sainte Hostie et Abel, Melchisédech et la Pâque juive. Les dix autres fragments ont été dispersés en 1971 dans différentes collections ." SALATKO PETRYSZCZE (

 

1°Abel, Melchisédech et la Pâque juive, Château de Langeais.

2°Moïse frappant le rocher. / David et le passage de la mer rouge. Elie enlevé par les anges. New-York, The Century Association.

3°La Cène. Boston, Museum of Fine Arts.

4°La Crucifixion. Ohio, Allen Memorial Art Museum. Oberlin College.

5°L’idole renversée. Paris. Musée des Gobelins.

6°Saint Grégoire et la femme incrédule. / Doute et vision d’un prêtre. Leeds Castle.

7°Guérison d’un démoniaque./  Le cheval d’un païen rend hommage à l’Eucharistie. Boston. Museum of Fine Art.

8°Le Miracle des Abeilles. / Le Miracle des Billettes. Château de Langeais.

9°La mort d’un pêcheur qui communie./  Châtiment d’un prêtre coupable. Paris. Louvre.

10°Hérétiques noyés. /  Des animaux s’agenouillent devant l’hostie. Leeds Castle.

11°Le Miracle du Lendit. Musée des Gobelins.

12°Le Juif sacrilège mordu par son chien. Leeds Castle. 

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Description par le Museum of Arts de Boston :

I. Panel of 3 subjects, acquired by M. Siegfried, of the ChAteau de Langeais, and still there. [PLATE I, A].

(1) Adam and Eve. Cain and Abel. The scene shows Adam delving and Eve spinning, with the two boys at play beside an incongruous rustic cottage. On the left is a stone altar with Cain and Abel sacrificing and God appearing in a cloud. The foreground contains the murder of Abel. The verse along the bottom, in black letters on a red band, runs as follows :

CY COMANCE LYSTOIRE ET LA FIGURE DE' JHU CHRIST ET SON SAINCT SACREMENT DEPUIS ABEL ET LA LOY DE LA NATURE' JUSQUES A SON CRUEL CRUCIFIEMENT.

(2) Abraham and Melchizedek. The subject is divided from the last by a tree. Before the inscription below are the arms of Ysabelle de Jaille 3 and her initial Y twice. Abraham is dressed as a warrior of the period, in a jewelled helmet with red and white plumes. From his lance hangs a blue oriflamme. He is accompanied by a bravely clad suite. Melchizedek issues from an ornamental palace bearing bread and a gold wine-cup, and one of his staff carries an ewer. In the second plane are seen Abraham and the three angels, and the Sacrifice of Isaac. The verse runs:

MELCHISEDECH PBRE DU DIEU DIVIN OFFRIT AU BON PRIARCHE ABRAHAM ET LE RECONFORTANT DU PAIN ET VIN A SON RETOUR DE LARMEE DE SALAM.

(3) The Passover. This scene is divided from the last by the door from which Melchizedek appears. A pheasant is perched upon a balustrade. The Passover is represented by nine persons standing round a table with staves in their hands. One is adjusting his footgear. On the table is the paschal lamb and a dish of bitter herbs. In the background Moses is seen keeping his sheep, and God in the burning bush. The verse runs:

LE PEUPLE DISRAEL CHAUSSE ET CEINT TENANT ES MAIS BASTONS BLANS ET HONNESTES MANGEOIT IADIS P. MISTERE TRESAINCT LAIGNEL PASCHAL AUX LAICTUES AGRESTES. II. Panel of three subjects, acquired by M. Jumel, Avocat of Amiens. [PLATE I, B.]

(4) Moses striking the Rock. In the foreground a richly robed woman bends before Moses and offers him a wicker basket filled with manna. Half of the subject and the inscription is missing. The remainder of the latter is as follows: AU DIT PEUPLE QUI AUX DESERS ESTOI[ DESIROIT CELUI QUI EN GOUSTOIT.

(5) David and the Shew-bread. The High-priest wears a white brocaded robe edged with pearls and little bells, and has on his breast the ephod of twelve coloured stones representing the tribes. He offers the shew-bread on a linen cloth to David, who is dressed in a Burgundian costume of blue velvet beneath an ermine-trimmed cloak, and a hat adorned with crown and jewels. A subordinate scene shows the decapitation of Ahimelech, and in the distance is David dancing and playing before the Ark. The verse runs :

ACHIMELECH A DAVID DOULCEMENT DONNA DU PAIN DE PROPOSICION POURQUOI SAUL LE FIST CRUELLEMENT DECAPITER ET SANS DILACION.

(6) Elijah fed by an angel. A holly bush divides this scene from the last. Below, as in various other panels, are the arms on a lozenge of Dame Loyse le Roux. Elijah is reclining in the foreground tended by the angel. Behind, he is taken up in the chariot of fire, watched by Elisha. The verse runs: DE CHEMINER HELYAS SI TRES FORT FUT TRAVAILLE ET LAS QUIL ENDORMIT AUQUEL DIEU POUR LUY DONER RECONFORT PAR UNG ANGE PAIN ET EAU LUY TRANSMIT. III. Double panel, acquired by M. IUvy of Paris.

(7) The Last Supper. Christ, surrounded by the disciples, is seated beneath a canopy, holding the cup. In a subordinate scene, He is washing their feet. The quatrain runs:

DEVANT SA MORT SACRA SON SANG ET CORPS ET PRESBRES FAIT SES APOTRES A LHEURE DE FAIRE AINSI LEUR DIST ET SOIENT RECORS QUE SOUBS CE PAIN SON CORPS ENTIER DEMEURE.

(8) The Crucifixion. The Calvary, with the three crosses; St. John and the Virgin at the foot of the centre cross, and mounted men insulting the Saviour. The quatrain runs:

PUIS EN CALVAIRE IL FUT SACRIFIE AU SAINCT AUTEL DE LA CROIX PAR MISTERE QUANT DES JUIFS IL FUT CRUCIFIE POUR LES HUMAINS SOUFFRIT MORT TRES AUSTERE.

Below this inscription is the name of the donor, " Dame Loyse le Roux, doyenne et dame de chambre céans," who is depicted embracing the foot of the cross itself.

IV. Single subject, acquired by the Musée des Gobelins. (20)

A sacrilegious theft. The subject is the theft from St. Gervais of a Host, which floats miraculously above the head of the thief in the plain of St. Denis. The Bishop of Paris, the abbot of St. Denis, and the curb of St. Gervais bearing a communion cloth, come to seek it. The quatrain runs:

A SAINCT GERVAIS UNG LARRON PRINT LOSTIE QUE AU LENDICT MIST OU SEN ALLA LEVESQUE DE PARIS L ABBE SAINCT DENYS AVECQUE MAIS AU CURE DUDIT LIEU EST SORTIE.

V. Single subject, acquired by Comte de L'Estoile, of Château la Colletrie, Anjou. Now at Leeds Castle with Nos. VII and VIII. [PLATE I, C.] (21)

Punishment of a sacrilegious Jew. A Christian having sold the Host to a jew, the latter throws it to his dog, which bites him in the hand. The quatrain runs:

UNG XPRETRE VENDIT LA SAINTE HO [STIE] A UNG FAULX JUIF CRUEL ET INHUM [AIN] QUE A SON CHIEN JECTA PAR MOQUERIE LEQUEL LADORE MORT LE JUIF EN LA MAIN.

 

According to M. de Farcy, there was attached to this piece a fragment of No. 22, the Birth of Christ, which has disappeared. It showed God the Father overhead, with the words " Ab initio et ante secula creata sum." Below was a town with the seated Virgin, probably holding the Infant, and to her left a nun (possibly the donor) reading her Hours. The only words remaining of the inscription were de BETH . . . SAINCT . . . DONT. . . BROU . . .

VI. Single subjects, acquired by the Musbe des Gobelins.

(9) An Idol overthrown. A pagan stands beside an altar on which is an idol of a crowned King, which is overthrown from its pedestal on the arrival of the Host, borne by St. Antony. A franciscan in blue-grey habit accompanies him. The quatrain runs:

UNG IDOLATRE QUI LA FOI REGNIA AVOIT UNG FILZ SAINCT ANTHOINE CORDELIER DEVANT LYDOLE LOSTIE SACREE PORTA SOUDAINEMENT ON LA VIT TREBUCHER.

VII. Double panel, acquired by Comte de L'Estoile. Now at Leeds Castle. [PLATE II, A.]

(18) Two heretics drowned. It is recorded that in the era of the Albigenses, heretics walked on the water by the aid of Satan. Two of these are shown in the act, but a priest cast the Host upon the water and the heretics were drowned. Angels recovered the Host. The quatrain runs:

NOYES FURENT DEUX HERETIQUES PAR LA VERTU DU SACREMENT LESQUELZ DEVANT PAR ARS MAGIQUES MARCHOIENT SUR LEAU FRANCHEMENT.

(19) Conversion of a heretic. An ox, an ass, and a horse prostrate themselves before a priest bearing the Host. A heretic is converted by the sight. The quatrain runs:

UNG CHEVAL UNG B(EUF ET UNG ASNE ADORENT LEUR CREATEUR DONT UNG HERETIQUE PROPHANS FUT GECTE HORS DE SON ERREUR.

VIII. Double panel, acquired by Comte de L'Estoile. Now at Leeds Castle. [PLATE II, B.] (io)

St. Gregory converts the sacrament into flesh. The pope is communicating a man and a woman, assisted by a cardinal and a priest bearing the double cross, when the Host is transformed into a figure of Christ crucified. The quatrain runs:

SAINCT GREGOIRE COMMUNIOIT UNE FEMME MAL ADVERTIE DONT AINSI QUELLE SENS SOUBZRIOIT FUT LOSTIE EN CHAIR CONVERTIE.

(I I) A sceptical priest converted. Miracle of the transubstantiation; a vision of the Virgin and Child appearing to a doubting celebrant. The quatrain runs:

UNG PBTRE DOUBTA LA HOSTIE POUR QUOY ELLE SE DISPARUT MAIS LA SACREE VIERGE MARIE TENANT SON FILS LUY APPARUT.

 

IX. Double panel, acquired by M. Helft, Paris. Now at the Louvre. [PLATE II, C.] 

10. Death of an unworthy communicant. A priest in a blue chasuble with gold orphreys is preparing to communicate a sinner who has not received absolution, when the latter falls back dead. The quatrain runs:

UNG PECHEUR QUI INDIGNEMENT RECEUT LA TRES SACREE HOSTIE MORUT TOST ET VISIBLEMENT PAR LA GORGE FIST LA SORTIE.

(11) Punishment of a sinful priest. During the profane administration of the sacrament, a sinful priest is consumed by fire from heaven. The quatrain runs:

UNG PRESTRE IMMONDE CELEBRANT NON CRAIGNANT DIEU NI LES HUMAINS FUT DU FEU DU CIEL DESCENDANT EMBRASE' LES BRAS ET LES MAINS.

Double panel, acquired by M. Bailly, of Paris. This figured later in the Tollin sale of 1897, and is now in the possession of the Boston (Mass.) Museum of Fine Arts. [PLATE II, D.]

(I2) Deliverance of a demoniac. The possessed man is kneeling before a priest, who administers to him the sacred wafer, whereupon the devil escapes from his mouth in the shape of a small black goblin. A man provided with whips stands on the right, in case they should be required. The quatrain runs:

PAR LA VERTU DU SACRAMENT FUT DEMONSTRE UNG GRAND MIRACLE CAR LE DYABLE VISIBLEMENT SORTIT HORS DUNG DEMONIACLE.

(13) Conversion of an infidel. A priest bearing the Host, and accompanied by three acolytes carrying candles, meets a mounted pagan in the street. The pagan takes no notice, but his horse kneels down under him. The quatrain runs:

UNG PAYEN SANS HONNEUR PASSA PAR DEVANT LE SAINCT SACREMENT MAIS SON CHEVAL SE HUMILIA ET CREUT LE PAYEN FERMEMENT.

XI. Double panel, acquired by M. Siegfried, of Chateau de Langeais. [PLATE I, D.]

(14) The bees build a chapel. A wicked woman throws the sacred wafer into a hive of bees, and marvels when the bees build from it a tiny chapel. The quatrain runs:

UNE FEMME AU PAYS DE POURUECE JECTA ES MOUCHES LHOSTIE SACREE LESQUELLES LORS EN GRANDE REUERECE LUY FIRENT UNE CHAPELLE ORNEE.

(15) Story of the jew Jonathas. A jew pierces the holy wafer with a knife and blood gushes from it. He boils it in a pot and an image of the crucified Christ emerges. The quatrain runs:

UNG JUIF AYANT A PARIS PAINS ACHEPTE LHOSTIE AU SANG LA FERUT DUNG COUTEAU PUYS LA JECTANT BOUILLIR SAILLANT HO . . . UNG CRUCIFIX SEST DEDANS PRESENTE.

 

Boston Museum Bulletin, Volumes 72 à 74, Museum of Fine Arts, 1974.

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ANNEXE II.  Gauthier de Gampes , alias le Maître de Montmorency, le Maître des Privilèges de Tournai, le maître de saint Gilles. Peintre le plus fécond à Paris sous François Ier. Guy LEPROUX.

https://books.google.fr/books?id=Qj3gePI5adsC&pg=PA212&lpg=PA212&dq=%22leproux%22+%22pont-audemer%22&source=bl&ots=f64m_c2v7A&sig=EqvhRsUUQfXAP3rQYbN8tI5jO7E&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiC35r2pYjfAhXCaFAKHUIaBiYQ6AEwBnoECAIQAQ#v=onepage&q=%22pont-audemer%22&f=false

a) Notes de lecture : Le Maître de Montmorency est à l'origine des oeuvres suivantes

 

-six ou 7 verrières de la Collégiale Saint-Martin de Montmorency, 1524-1525

-Repas chez Simon de Triel

-Vie de la Vierge de la chapelle d'axe de Saint-Gervais à Paris

-Tenture de la Vie de la Vierge et de la Vie de saint Rémi de Reims (1530)

-Tenture de la Vie de saint Martin d'Angers

-Tenture de la Vie de saint Gervais et Protais le Mans

-Tenture de  saint Julien le Mans

-Tenture de la  Vie de saint Jean-Baptiste Angers

-Tenture de Ronceray près d'Angers

-Verrière Ferrières-en-Gâtinais, Vie de la Vierge et Vie de saint Aldric

-Verrières de HERBLAY

 

carton —>saint Merry, nef et Saint-Gervais tympan de la Vie de Sainte-Madeleine

- église Saint-Gervais de Paris : verrière où étaient figurés les Miracles de l'Eucharistie, avait été offerte en 15 10 par Marie Favart, veuve de Nicolas Lecler. Elle a disparu.

- Verrières de Nogent-le Roy église saint-Sulpice

"À Pont-Audemer, seules les quatre scènes des lancettes sont imputables à un artiste parisien. Elles ont été complétées, dans le tympan, par un peintre rouennais, auquel on doit aussi la verrière voisine ainsi que la procession du Saint-Sacrement qui occupe le soubassement des deux baies. Il apparaît donc que les cartons « modernisés » qui ont servi n'ont pas été créés pour l'édifice, mais que ce sont des remplois adaptés localement. La communion miraculeuse d'Archambaud de Bourbon n'existant ni dans les tapisseries de Ronceray ni à Nogent-le-Roy, seuls trois miracles peuvent utilement être comparés : la Mort du pêcheur qui communie, les Hérétiques noyés et la Guérison d'un démoniaque . Dans le premier, c'est le vitrail de Pont-Audemer qui reste le plus fidèle aux modèles originaux, tels qu'ils apparaissent à Nogent-le-Roi. La composition est seulement resserrée pour occuper une lancette plus étroite, alors que dans la tenture du Ronceray, elle est inversée, et que deux figures ont été rajoutées au premier plan. Pour l'épisode suivant, c'est le contraire : les attitudes des deux hérétiques sont modifiées dans le vitrail et non dans la tapisserie. On pourrait donc penser à des adaptations indépendantes à partir des mêmes maquettes, mais la troisième scène s'oppose à cette interprétation. Dans la Guérison d'un démoniaque, en effet, certaines libertés prises avec les anciens cartons sont identiques : le bras du gardien, par exemple, est dans les deux cas, ramené sur la poitrine, alors qu'il ne l'était pas initialement. Une certaine parenté stylistique, qui transparait malgré la médiocrité du tissage, confirme cette observation : c'est bien le même atelier qui a produit les deux séries de cartons modifiés, et il s'agit encore du Maître de Montmorency. On retrouve en effet le même gardien, le bras tenant les verges replié, dans l'épisode de saint Rémi guérissant un possédé de la tenture de Robert de Lenoncourt, où l'on voit aussi un diable rappelant les démons de Pont-Audemer et, tout à fait à l'arrière-plan, des assistants comparables à ceux de Ronceray. De plus , le schéma de la scène est repris dans une autre pièce, au centre de laquelle est représentée la dernière messe célébrée par le saint. Ce ne sont d'ailleurs pas les seuls liens que l'on peut établir avec les tapisseries attribuées au Maître de Montmorency : le Melchisédech se penchant vers Abraham est, par exemple, le jumeau du Grand Prêtre des scènes de la Présentation de Jésus au Temple des tentures de Reims et de Saint-Bertrand-de-Comminges.

Le Maître de Montmorency, auteur des cartons de la Vie de la Vierge de Saint-Gervais, possédait dans son atelier des modèles et des cartons issus d'un atelier parisien actif à la fin du XVe siècle, celui du Maître d'Anne de Bretagne. Lui-même était à Paris depuis le début du XVIe siècle puisqu'on a pu lui attribuer les plus anciens vitraux de Ferrières-en-Gâtinais et la tenture de Saint-Etienne offerte avant 1505 par Jean Baillet à la cathédrale d'Auxerre. Enfin, il était sans contexte le fournisseur de cartons le plus prolifique de son époque, aussi bien pour les lissiers que pour les verriers, et qu'une production suppose des collaborateurs ou, à défaut, de multiples associations de confrères."

Le Maître de Montmorency est identifié comme étant Gauthier de Campes actif à Paris jusque vers 1530 et dont le nom est lié à la Tenture de l'Histoire de saint Etienne (Musée de Cluny).

Note : j'ai pu commettre des erreurs : on se reportera au texte de Guy-Michel Leproux.

 

— LEPROUX (Guy-Michel) La peinture à Paris sous le règne de François Ier, Presses de l'Université Paris-Sorbonne (collection Corpus Vitrearum), Paris, 2001, chapitre II, Gauthier de Campes alias le Maître de Montmorency, alias le Maître des Privilèges de Tournai, alias le Maître de Saint-Gilles, p. 39-110

https://books.google.fr/books?id=Qj3gePI5adsC&pg=PA39#v=onepage&q&f=false

— NASSIEU MAUPAS ( Audrey), 2000,

« Peinture, vitrail et tapisserie au début du XVIe siècle : l’exemple du Maître de Montmorency », Cahiers de la Rotonde, n° 22, 2000, p. 45-60.

 

  •  

 


 

 

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— France ? entre 1505 et 1518 Deux Miracles de l'Hostie de la tenture L'Histoire du saint Sacrement aux armes d'Isabelle de La Jaille, abbesse de 1505 à 1518 de l'abbaye du Ronceray, près d'Angers  Tapisserie, laine

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not&idNotice=14640

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— tapisserie de Ronceray

https://www.abbaye-chaise-dieu.com/IMG/pdf_Le_patrimoine_francais.pdf

— GATOUILLAT ( Françoise) 2001, Eglise Saint-Ouen : Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France, Paris, CNRS, 2001. p. 194-195.

 

— GATOUILLAT  (Françoise),, "L'utilisation de modèles graphiques dans le vitrail parisien au début du XVIe siècle", dans Michel Hérold et Claude Mignot (dir.), Vitrail et arts graphiques XVe-XVIe siècles, actes de la table ronde de Paris, Ecole nationale du patrimoine, 29-30 mai 1997, Paris, 1999, p. 159.
Michel Hérold, "A propos du "Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste : recherches sur l'usage des patrons à grandeur au début du XVIe siècle", dans Michel Hérold et Claude Mignot (dir.), Vitrail et arts graphiques XVe-XVIe siècles, actes de la table ronde de Paris, Ecole nationale du patrimoine, 29-30 mai 1997, Paris, 1999, p. 182.

— GATOUILLAT  (Françoise), 1996, Eglise paroissiale Saint-Ouen, Pont-Audemer : les verrières, inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, commission régionale Haute-Normandie, Rouen, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, Itinéraires du patrimoine n°103, 1996 ;

— GATOUILLAT  Françoise,Notice © Monuments historiques, 2005,

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Pont-Audemer&NUMBER=4&GRP=0&REQ=((Pont-Audemer)%20%3ALOCA%20)&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

"L'ensemble est constitué de 14 verrières des 15e et 16e siècles : le Saint Sacrement, Légende de saint Ouen et procession de la Charité, l'Annonciation, Saint Pierre et Saint Paul, Saint Eustache, saint Léon, saint Nicolas et donateur de Freville et sa famille (vitrail allemand), Dormition de la Vierge, Vie de saint Jean-Baptiste, Saint Pierre, saint Yves, sainte Barbe, Saint Mathurin, saint Sébastien, saint Jacques le Majeur, saint Jean-Baptiste, l'Apparition du Christ aux Apôtres, Légende de saint Honoré, Martyre de saint Vincent, Légende de saint Nicolas, Histoire de la Rédemption.

Verrière consacrée à la vie de Saint Ouen (baie 18) offerte par la confrérie du Saint-Sacrement de Pont-Audemer. Le peintre verrier pourrait être un élève d'Arnoult de Nimègue, grand maître néerlandais.

Légende de saint Nicolas, Histoire de la Rédemption (1556).

Chaque baie de l'église Saint-Ouen est ornée d'un vitrail ancien ou moderne. Elles présentent une grande diversité du fait de leur chronologie, de leurs sujets et de leur facture. La plupart d'entre elles sont d'un haut niveau de qualité. Les deux verrières les plus anciennes de cet ensemble décoraient l'église précédente, l'une demeurée dans le choeur non rebâti, l'autre datée de 1475 ayant été réadaptée dans la première chapelle du bas-côté nord. Les douze autres ont été conçues pour le nouvel édifice, offertes principalement par la bourgeoisie locale et des confréries. Toutes ces oeuvres portent témoignage de la vitalité des ateliers de peinture sur verre implantées à Rouen et de l'influence de différents centres de production français. Par exemple, la vie de saint Jean-Baptiste (baie 8) est une réplique voulue par le donateur d'une des verrières des Le Prince à Saint-Vincent de Rouen (1525-1526) commandée au peintre verrier rouennais Mausse Hertault en 1535."

"Une autre (baie 13) reflète aussi par sa facture, l'influence d'un grand atelier de Beauvais. Du point de vue iconographique, les verrières ne comportent pas de programme d'ensemble. Les vitraux sont commandés pour orner les chapelles privatives. Le sujet est le choix du donateur. On peut noter toutefois plusieurs cycles hagiographiques rarement illustrés, ceux dédiés à saint Ouen (baie 18), à saint Mathurin (baie 12) et à saint Honoré (baie 13). [...] Après la seconde guerre mondiale, Max Ingrand (1908-1969) replace les verrières anciennes mises à l'abri en 1939, sans intervention notable car elles étaient en bon état, et complète les baies 9 et 11 ; ce peintre verrier crée aussi, pour remplacer des oeuvres du XIXe siècle détruites, un cycle marial et christique, pratiquement absent du programme iconographique ancien. Les nouvelles verrières ont pris place vers 1950 dans le choeur et dans les baies de la façade."

 

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969 ;

—  LEPROUX Guy-Michel, 2001,  La peinture à Paris sous le règne de François Ier, Presses Paris Sorbonne, 223 pages, p.39-85

https://books.google.fr/books?id=Qj3gePI5adsC&dq=%22leproux%22+%22pont-audemer%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— MARILLIER (H. C.), The Ronceray Tapestries of the Sacraments, The Burlington Magazine for Connoisseurs , Vol. 59, No. 344 (Nov., 1931), pp. 232-235+238-239

https://www.jstor.org/stable/864915

 

— MONTIER, (Armand), 1895,Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 105.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f141.item.texteImage

— MUSEUM OF FINE ARTS OF BOSTON : Tapestry, the story of Holy Sacrament

 

https://www.mfa.org/collections/object/tapestry-the-sacreligious-jew-from-the-series-the-story-of-the-holy-sacrament-123736

— NASSIEU MAUPAS ( Audrey), 2000,

« Peinture, vitrail et tapisserie au début du XVIe siècle : l’exemple du Maître de Montmorency », Cahiers de la Rotonde, n° 22, 2000, p. 45-60.

 

— OTTIN, sd. 1896, p. 223

— PERROT (Françoise), 1972, M. Baudot et J. Lafond. Églises et vitraux de la région de Pont-Audemer, numéro spécial des Nouvelles de l'Eure, 3e trimestre 1969 , [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1972  130-1  pp. 87-88

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1972_num_130_1_5138_t1_0087_0000_3

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine)  en 1853, non consulté

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté

 

— SALATKO PETRYSZCZE (Camille), Le Mistere de la Saincte Hostie, introduction, édition du texte et notes , mémoire de Master sous la direction de D. Hüe, , préparé pour la mise en ligne par Camille Salatko Petryszcze

https://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/Edition%20Hostie/ostie.html

 

Le Mistere de la Saincte Hostie fait partie des nombreux mystères français conservés dans une édition imprimée entre la fin du XVe et le début du XVIIe siècle. Ce mystère figure dans les principaux répertoires du théâtre médiéval français, mais jamais ne fit l’objet d’une édition critique moderne. Trois éditions datées du XVIe siècle sont aujourd’hui connues et conservées. Pour la seconde et la troisième, on parlera d’avantage de réimpression dans la mesure où chacun de ces deux textes ne sont qu’une recomposition quasi fac-similé de la première. C’est la raison pour laquelle on ne relèvera entre les trois textes que des variantes essentiellement de type graphique. En revanche, et ce sans grande surprise, les trois ouvrages présentent un format et une présentation identiques. Les 1581 vers du mystère sont à chaque fois imprimés sur les 36 feuillets non chiffrés d’un petit volume in-octavo. Sur chacun de ces feuillets figure une colonne de texte centrée de 27 octosyllabes à rimes plates rédigés en caractères gothiques.

 La première édition, intitulée Le Mistere de la Saincte Hostie, fut imprimée à Paris, chez la Veuve Trepperel, approximativement entre 1512 et 1519. Ces dates, qui correspondent bien à la période durant laquelle exerçait ce libraire, apparaissent dans une petite note manuscrite rédigée à l’intérieur de la couverture. Un exemplaire de cette édition est conservé à la B.N.F. sous la cote Réserve p Yf 564. 
    La seconde édition, intitulée Le Mistere de la Saincte Hostie nouvellement imprimé à Paris, fut publiée à Paris entre 1530 et 1537 par Jean II Trepperel ou Alain Lotrian (l’incertitude vient du fait qu’ils exerçaient tous deux à l’enseigne de l’écu de France rue Neuve-Notre-Dame). Dans son Inventaire Chronologique des Editions Parisiennes du XVIe siècle, B. Moreau date approximativement cette impression de 1531 d’après l’illustration. Un exemplaire de cette édition se trouve actuellement à la Bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence sous la cote Rés. S. 60. 

    La troisième et dernière édition qui nous est parvenue se démarque des éditions antérieures par la prolixité de son titre : Le Jeu et Mystere de la Saincte Hostie par personnages. A Paris pour Jehan Bonfons, libraire demourant en la rue Neufve Nostre Dame a l’enseigne sainct Nicolas. Le nom de l’éditeur et du lieu de l’impression y sont mentionnés. En revanche, comme pour les précédentes la date fait défaut. La période durant laquelle exerçait le libraire définit tout de même une période, 1547-1566. Deux exemplaires sont aujourd’hui conservés. Le premier à la B.N.F. coté Réserve Yf 2915, le second à la bibliothèque du Musée Condé à Chantilly sous la cote IV.D.76.

— TERVARENT (Guy de ), 1938, Les énigmes de l'art du Moyen Âge, Volumes 1 à 2 “Les” Éditions d'Art et d'Histoire, 1938 - 137 pages

—  Le Mistere de la Saincte Hostie Première édition connue et conservée imprimée à Paris chez la veuve Trepperel (1512-1519)

Paris B.N.F. Réserve p Yf 564

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6355669x/f8.image

— Le Mistere de la Saincte Hostie nouvellement imprimé à Paris Seconde édition connue et conservée imprimée chez Alain Lotrian ou Jean II Trepperel (1530-1537)

Aix-en-Provence Bibliothèque Méjanes Rés. S. 60.

— Le Jeu et Mystere de la Saincte Hostie par personnages Troisième et dernière édition connue et conservée imprimée à Paris chez Jean Bonfons (1547-1566)

Paris B.N.F. Réserve Yf 2915

https://data.bnf.fr/16648387/mystere_de_la_sainte_hostie/

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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