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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 11:19

La chapelle Sainte-Brigitte à Landugentel en Esquibien. Sa fontaine, ses inscriptions lapidaires, ses panneaux sculptés Renaissance, etc.

 

 

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Voir sur Esquibien :

 


Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

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PRÉSENTATION.

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Par l'Inventaire général :

 

"Dans le bulletin de la société archéologique du Finistère de 1899, Hyacinthe Le Carguet affirme que la chapelle Sainte-Brigitte « se trouvait autrefois à Lanuign en Beuzec-Cap-Sizun et fut transportée, en 1651, à Traon-Lannugentel, en Esquibien ». La date de 1651 se trouve en effet inscrite au-dessus d’une porte sur la façade sud de l’édifice, accompagnée du nom de IAN LE BIS (recteur d’Esquibien entre 1633 et 1669). On retrouve ce nom sur la fontaine voisine ainsi que sur le croisillon du calvaire associé à la chapelle Sainte-Edwett au village de Landrevet.

D’autres inscriptions datées de l’époque de l’implantation de la chapelle à cet endroit sont visibles sur le bâtiment et à proximité : P CORNOV F : 1651 sur le pignon ouest, à droite de la porte, V : P : M : IEAN / LE BIS : RECTEVR : 1654 et MARTIN : LE : PEVOCH : FAB : LAN : 1654 sur la fontaine située à une vingtaine de mètres au nord-ouest de la chapelle, IVON : MENS : FA : LAN : 1671 sur une dalle funéraire intégrée au sol de l’édifice.

Une restauration importante a probablement eu lieu au 18e siècle comme l’indiquent les autres inscriptions relevées sur le bâtiment : H : H : G : GRIFFOVN / FABRI 1754 (à droite de la porte principale sud), PP l 7(?) / LE : Sr : KOVARNE / FAB, et MAVRICE : CALONEC (sur le clocher).

L’édifice est aujourd’hui en bon état à la suite de deux récentes restaurations (1999 et 2004). Ouverte en période estivale, elle accueille depuis plusieurs années une exposition sur les pardons en Cap-Sizun."

 

"Description : Nichée dans un vallon arboré au sud du village de Landugentel, la chapelle Sainte-Brigitte est un petit édifice en pierres de taille d’une grande simplicité.

De plan rectangulaire avec chevet polygonal, elle porte sur son pignon ouest un clocheton de style classique présentant dans sa partie haute de petites têtes sculptées. Elle arbore deux portes principales, l’une à l’ouest et l’autre au sud, toutes deux en plein cintre avec des pilastres et deux chapiteaux à décor géométrique. Une troisième, en anse de panier et arc mouluré en accolade, se trouve également au sud.

L’éclairage est assuré par deux fenêtres en plein cintre percées dans le chevet ainsi que par deux œils-de-bœuf percés dans la façade sud.

A ses abords se trouve une fontaine en pierres de taille très soignée avec bassin rectangulaire et ouverture en plein cintre. Celle-ci fait l’objet d’un dossier complet.

Plus au nord, vers le centre du village de Landugentel, se trouve une croix monumentale en granite d’environ cinq mètres de haut. Elle trône dans un petit enclos entouré d’un muretin et porte sur son nœud carré l’inscription : STANGUEN-NEC RECTEUR 1869. Son croisillon orienté nord-sud présente, côté avers, un Christ en croix et côté revers une Vierge à l’Enfant." (Ducouret et Serre 1983)

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Par Sauvegarde de l'Art Français :

"La chapelle Sainte-Brigitte est située à Landuguen tel, hameau à 2,5  km au nord-est du bourg  d’Esquibien.  Elle  aurait  été  à l’origine construite à 2 km plus au nord, à Lannuign, en Beuzec-Cap-Sizun, et déplacée sur le site actuel en 1651.

Deux inscriptions portent cette date, l’une au-dessus de la porte sud (V : P : M : IAN : LE / BIS : RECTEVR 1651), l’autre sur le mur ouest, à droite de la porte (P CORNOV F : 16 / 51).

À une vingtaine de mètres au nord-ouest de la chapelle, une fontaine architecturée porte aussi deux inscriptions tendant à rapporter à la même époque l’implantation de la chapelle en ce lieu : V : P : M : IEAN / LE BIS : RECTEVR : 1654, et MARTIN : LE : PEVOCH : FAB : LAN : 1654.

Une restauration fut probablement entreprise au XVIIIe s., comme en témoignent des inscriptions: H : H : G : GRIFFOVN / FABRI 1754 (à droite de la porte principale sud), PP l 7[illisible] / LE : Sr : KOVARNE / FAB, et MAVRICE : CALONEC (sur le clocher).

L’édifice est d’une grande simplicité : le plan est rectangulaire, avec un chevet à trois pans. Le mur occidental porte un clocheton de style classique. Les deux portes principales, à l’ouest et au sud, sont en plein cintre, avec des pilastres et deux chapiteaux à décor géométrique, la porte ouest étant surmontée d’un faux fronton triangulaire. Une troisième porte à linteau en accolade s’ouvre sur le mur sud. Un faible éclairage intérieur est assuré par deux petites fenêtres dans le chevet et deux œils-de-bœuf au sud.

Lors de la deuxième campagne de travaux, le mobilier a été déposé et mis en sécurité : le décor du chœur avec ses boiseries, l’autel et le retable (XVIIe s.) et cinq statues en bois polychrome dont deux de sainte Brigitte.

La statue de la fontaine est aussi une sainte Brigitte. La sainte honoré e en ces lieux est l’abbesse de Kildare, en Irlande, et non la sainte suédoise. En 1998, la Sauvegarde de l’Art français a accordé 90 000 F pour les maçonneries du clocher, le drainage et la réponse en sous-œuvre, la charpente et la couverture en ardoises." (Fondation Sauvegarde art français)

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Par Couffon :

"CHAPELLE SAINTE-BRIGITTE Jadis à Lannuign en Beuzec-Cap-Sizun, elle fut transportée en 1651 à Traon-Landugentel. C'est un édifice de plan rectangulaire à chevet polygonal et porte ouest de style classique. La longère sud porte deux inscriptions : "V. P.K M. IAN. LE BIS. RECTEVR. 1651" au-dessus de la porte, et "H. H. G. GRIFFOVN. FABRI. 1754" à droite de la même porte. Mobilier : Au maître-autel, retable à colonnes torsadées ; dans le fronton brisé, représentation en bas-relief de sainte Brigitte. Le tableau de la sainte en prière a disparu. Poutre de gloire portant le groupe de la Crucifixion ; au pied de la croix, moniale en prière. Deux statues en bois polychrome de sainte Brigitte. * Fontaine avec bassin rectangulaire, deux colonnettes en nid d'abeilles encadrent la niche. Deux inscriptions : "V. P. M. IAN. LE. BIS. RECTEVR. 1654" sur le fronton, et "MARTIN. LE. PEVOCH. FAB. LAN. 1654" sur l'un des versants de la toiture. (R. Couffon 1988)

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Par Abgrall : "les jeunes mères viennent invoquer sainte Brigitte pour avoir un  lait abondant pour leur nourrisson."

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J'ai visité cette chapelle lors de l'excursion de la SAF en 2016, guidée par madame Andrée Chapalain, présidente de l'Association Culture et Patrimoine d'Esquibien. Mes photos veulent rendre compte de la richesse du patrimoine d'inscription lapidaire d'une part, et des panneaux Renaissance de l'autel, mais aussi de tout ce qui a retenu mon attention.

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Toponymie .
 

(Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

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1°) Landugentel 

Formes anciennes attestées :

  • 1540 : Lannuguentel

  •  1541 : Laniguentel

  • 1573 : Languyntel

  • 1624 : Lanuguentel

  •  1752 : Landuguentel

  • 1815 : Landuguentel

  • 1836 : Landugantel

 

 Variantes orthographiques recensées actuellement : (Landugentel ; Landuguentel ; Landuquentel)

 Autres informations sur le sens du toponyme : Lann (pour le sens voir à Landreved -*-) précède ici un élément noté -uguentel en 1540. Ce terme pourrait contenir la racine ugent, vingt, à moins qu'il ne s'agisse en fait d'un élément - gentel, forme lénifiée à l'initiale de Kentel, leçon et par extension bon conseil. Le rajout de la consonne "d" entre Lann- et -ugentel, sans doute pour faciliter la prononciation, est relativement récent dans l'histoire du nom (milieu XVIIIe siècle). Cette consonne n'est pas étymologique.

 

-*-Landreved  :Nom de hameau qui se compose en première position du terme Lann, qui recouvrent deux réalités différentes : un lieu sacré, une fondation remontant au haut Moyen Age, sur laquelle un moine venu d'outre-Manche a établi un ermitage, un établissement religieux ; la deuxième acception est "lande", terrain pauvre où pousse notamment l'ajonc (qui se dit Lann en breton), toutefois d'une très grande utilité autrefois (en raison de l'exploitation de cette plante pour l'alimentation des chevaux). Le sens du Lann qui nous intéresse ici sera plutôt religieux." (Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

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2°) Chapel Santez Berc'hed

 Formes anciennes attestées :  1836 : Chapelle Sainte-Brigitte

 Variantes orthographiques recensées actuellement : (Chapelle Sainte Brigitte)

 "Autres informations sur le sens du toponyme : Cette chapelle, chapel en breton, se situe au village de Landugentel (pour le sens voir à cette entrée) elle se trouvait autrefois près du village de Lannuign en Beuzec et fut transférée à Esquibien en 1651. Santez veut dire sainte et Berc'hed, correspond à la forme française "Brigitte", protectrice de l'Irlande, qui fut abbesse du monastère de Kildare au VIe siècle, et dont le culte est relativement répandu en Bretagne. Sur Beuzec-Cap-Sizun les bretonnants prononcent Santez Berc'hed avec un B à l'initiale mais sur la commune d'Esquibien nous avons collecté, deux autres prononciations, Berc'hed mis à part, [santez verc'hed] avec mutation par lénition de B en V et [santez perc'hed] par renforcement de B en P. C'est sous dernière forme que l'on retrouve le nom dans Loperc'hed, commune du Finistère, mais également sous la plume de H. Le Carguet dans un article sur les saints du Cap-Sizun publié dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère en 1899. Dans le doute sur la forme légitime nous conserverons la forme classique du nom qui de surcroît est celle la plus utilisée." (Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES DE LA PORTE SUD.

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Les élévations de la chapelle sont en pierres de taille d'un granite clair, ou leucogranite encore nommé "granulite" : c'est celui qui est largement utilisé pour les bâtiments d'Esquibien (ou, plus largement, du Cap Sizun). Il pourrait être d'extraction locale, et les géologues soulignent sa clarté liée à sa richesse en muscovite :

"Leucogranite à muscovite et biotite de la pointe du Raz—Quimper. Le granite de la pointe du Raz—Quimper représente l'extrémité occidentale de la bande granitique de la pointe du Raz—Nantes (J. Cogné, 1957); il apparaît dès la pointe du Raz, constitue l'armature méridionale du Cap-Sizun (Plogoff, Primelin, Esquibien) avant de s'enfoncer dans l'intérieur des terres à partir de Plouhinec, en formant un vaste plateau qui occupe le centre de la feuille (Plouhinec, Plozévet, Landudec). En dehors des anciennes carrières au Nord-Ouest de Plouhinec et au voisinage de Plozévet, ce sont des affleurements en bordure de Goyen (Guiler, Mahalon, Audierne) et sur la côte entre l'anse du Cabestan et la plage de Guendrez qui sont les plus accessibles. Il s'agit d'un granité clair beaucoup plus riche en muscovite qu'en biotite et à grain millimétrique. Ces caractères sont assez constants, dans l'ensemble du massif ." (carte géologique)

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La porte en plein cintre voit ses piédroits ornés de petits chapiteaux à croisillons.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription au dessus de la porte. 1651.

Elle occupe un double cartouche à réglure par moulure et les lettres (en réserve et non gravées, comme c'est  la règle) sont en belles majuscules à empattement, avec  une I est perlée, et deux lettres conjointes VR. La ponctuation de séparation des mots fait appel au deux-points, en forme de losanges.

Les chiffres de la date sont particulièrement élégants.

On lit :

V : P : M : IAN : LE

BIS : RECTEVR / 1651 .

soit "Vénérable et Puissant Messire Jean Le Bis, recteur l'année 1651" .

La formule nobiliaire VPM plutôt que VDM (vénérable et discret) n'est pas courante.

Jean Le Bis a été recteur d'Esquibien de 1633 à 1669. Il a également inscrit son nom sur la fontaine, et sur le calvaire Sainte-Edwett près de Landrevet.

 

Le nom Le Bis est attesté à Goulien au XVIIe siècle.

 

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription à droite de la porte.  1754.

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L'inscription "H. H. G. GRIFFOVN. FABRI. 1754" prolonge et complète plus d'un siècle plus tard l'inscription précédente à droite de la porte, témoignant d'une probable restauration au XVIIIe siècle.

Elle s'inscrit en majuscules avec des losanges entre les mots.

Il faut lire "Honorable Homme G. GRIFFOUN, fabricien en 1754". 

Il faut selon toute vraisemblance identifier ce personnage avec Guillaume (LE) GRIFFON, né le 16 mai 1692 à Keréyoc'h 'Esquibien) et décédé le 5 février 1779 ... à Landuguentel.

Il avait épousé le 13 février 1719 Marguerite PELLAE (Kersigneau Plouhinec 1698-Landuguentel 1766), dont onze enfants  entre 1720 et 1742-1743. Ses 4 fils Jean, Guillaume, René et Alain étaient témoins à son décès.

Mais il peut aussi s'agir de son fils Guillaume LE GRIFFON, né le 25 mai 1729 à Esquibien, décédé le 26 novembre 1779 à Kervréac'h (Audierne). Il avait épousé le 28 août 1758 Marie CARADEC (1724-1779), dont 4 filles de 1759 à 1766 : seule la dernière, Thérèse, est né à Landuguentel.

En 1754, il était célibataire et âgé de 25 ans. Je pense que son père, âgé alors de 62 ans, est un meilleur candidat pour notre fabricien. Le qualificatif Honorable Homme laisse supposer qu'il était marchand .

 

https://gw.geneanet.org/mlappart?n=griffon&oc=1&p=guillaume

https://gw.geneanet.org/mlappart?lang=fr&pz=martine&nz=lappart&p=guillaume&n=le+griffon

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription de l'angle du mur ouest à droite de la porte, 1651.

P CORNOV F : 16 / 51

Soit "P. CORNOU Fabricien en 1651".

Un Pierre CORNOU est né le 26 février 1637 à Audierne et décédé le 20 avril 1691 à Esquibien. Il avait épousé Marie KERISIT le 17 février 1670.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=cornou&oc=2&p=pierre

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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LE CLOCHER ET LA CLOCHE.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscriptions de la chambre de la cloche :

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1°) Dans un cartouche à moulure, en lettres capitales, :

LE : Sr : KOVARNE / FAB

Soit : "Le sieur Kouarne, fabricien"

Nous pouvons supposer qu'il s'agit de Le SCOUARNEC. Le nom est attesté à Esquibien

https://gw.geneanet.org/cricroc?n=le+scouarnec&oc=&p=jean+marie

2°) Au dessus, en couronnement de la chambre des cloches  :

M. MAVRICE : CALONEC  / RR 17--

S'il faut lire Le Calonnec, le nom n'est pas attesté en Cap Sizun.

Il s'agit, selon une mention manuscrite de la Notice du BDHA, de Maurice ou Marc Le CALONNEC recteur d'Esquibien de 1704 à 1711.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La cloche.

Elle a été faite par la fonderie Ferrand de Vannes (sur laquelle je n'ai pas de renseignements). Le médaillon représente une sainte (la Vierge) piétinant des serpents.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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LA FONTAINE de 1654.

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"La fontaine Sainte-Brigitte a été bâtie en 1654, soit trois ans après le déplacement de la chapelle qui lui est associée à son emplacement actuel. On trouve cette date portée à trois reprises sur l’édicule : sur le pignon sud, le pan est du toit et le côté sud-est du bassin.

On doit sa construction à IAN LE BIS (recteur d’Esquibien entre 1633 et 1669) dont le nom, accompagné d’un calice en saillie, surplombe l’ouverture et apparaît également sur le mur sud de la chapelle. Le second nom présent sur l’édicule est porté sur le pan est du toit : MARTIN : LE : PEVOCH : FAB.

Notons qu’au moment sa construction, une stèle gauloise christianisée a été intégrée à l’angle sud-ouest de son bassin.

Elle est aujourd’hui bien entretenue et régulièrement fleurie." (Fabien Serre 2019)

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Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription du fronton, coté sud. 1654.

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L'inscription est disposée autour d'un calice, comme emblème ecclésiastique.

V : P : M : IAN : LE

BIS : RECTEVR / 1654

soit "Vénérable et Puissant Messire Jean Le Bis, recteur, l'an 1654".

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Je n'ai pas photographié l'autre inscription : MARTIN : LE : PEVOCH : FAB.

soit "Martin Le Peuoch fabricien"

Les généalogistes signalent Martin Le PEOC'H, né à Kersorn (Esquibien) vers 1714 et décédé le 15 mars 1679 à Esquibien. Il avait épousé Marie GOURRET, dont 5 enfants nés entre 1637 et 1648 à Audierne.

Kersorn n'est guère éloigné de la chapelle.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=peoch+le&oc=&p=martin

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=peoch+le&oc=&p=martin

Le mariage de sa fille Marie à Primelin avec l'honorable homme René Bourdon en présence d'Yves du Ménez, seigneur de Lezurec, montre que Martin Le Peoc'h occupait une belle situation sociale;

https://gw.geneanet.org/mjcoat?lang=fr&pz=olivier&nz=coat&p=marie&n=peoch+le&oc=1782

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Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE.

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L'autel.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La statue de sainte Brigitte, son livre et son mouton.

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La sainte de Kildare est représentée en habit monastique, tenant un livre, et avec un animal à ses pieds. Je l'identifie pour un mouton, en raison de la croyance en son pouvoir d'accorder à ceux qui la prie un cheptel d'ovins. Elle tenait sans doute le crosse d'abbesse dans la main droite.

On lit dans le Cogitosus :

"Je détaille ici un autre épisode qui prouve sa sainteté; épisode dans lequel ce que sa main fit, correspondait à la qualité de son esprit virginal pur. Elle faisait paître ses moutons sur une pelouse herbeuse de la plaine, quand elle fut inondée par une pluie torrentielle ; elle rentra chez elle avec des vêtements mouillés. Le soleil brillant au travers d’une ouverture dans le bâtiment, jeta un faisceau à l'intérieur qui, lors d’un coup d'œil distrait, lui sembla être une solive en bois massif, installée en travers de la maison. Elle posa son manteau humide dessus comme si elle était bien solide, et le manteau fut suspendu en toute sécurité au rayon de soleil immatériel. Lorsque les habitants de la maison furent frappés par ce grand miracle parmi les voisins, ils exaltèrent l’incomparable Brigitte de dignes louanges.

Et l’œuvre suivant ne doit pas être passé sous silence.

Sainte Brigitte était dans les champs avec des moutons en pâturage, occupée par ses travaux champêtres, quand un certain jeune méchant, qui connaissait sa réputation de donner ses biens aux pauvres, vola habilement et sournoisement puis emporta sept moutons durant une journée, et les dissimula. Mais vers le soir, quand le troupeau fut reconduit comme d'habitude à la bergerie, on les compta avec le plus grand soin trois ou quatre fois, et merveille à raconter, le nombre fut estimé exact et complet, sans pertes. Ceux qui savaient, furent submergés par la bonté de Dieu rendue évidente pour la jeune fille, et ils rendirent les sept moutons au troupeau. Mais le nombre de bêtes du troupeau n’augmenta ni ne diminua, il retrouva exactement sa quantité d'origine."  http://remacle.org/bloodwolf/eglise/cogitosus/brigitte.htm

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'autel et son retable sont posés sur un tour d'autel composé de huit panneaux rectangulaires d'un style et d'une composition homogènes, tous centrés par un médaillon, et tous ornés d'un décor Renaissance. Les couleurs bleu, rouge, vert-pâle ou crème sont ternes ou atténuées et contrastent avec le retable.

Cette homogénéité s'explique lorsque l'on apprend (A. Chapalain) que ces panneaux proviennent de l'ancien jubé paroissial. Celui-ci fut démonté après le Concile de Trente, et les panneaux furent ré-employés dans l'église pour une tribune de fond de nef, et pour cet autel.

Leur facture les datent vers 1550 (c'est à cette date, selon Debidour, que les jubés introduisirent le vocabulaire Renaissance dans leur décor), tandis que le Concile de Trente s'est achevé en 1563.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'inscription du cartouche. L'énigme du nom du fabricien.

Alors que la tribune de l'église ne comporte aucune inscription (malgré deux cartouches muets au dessus des navires), nous avons ici un cartouche, imitant un rouleau aux extrémités enroulés en cornets (comme ceux de l'église) qui porte une inscription gravée. Hélas, la partie haute est partiellement masquée par une baguette ajoutée en encadrement. 

La fin de l'inscription indique que nous avons affaire au nom du fabricien : F/ABRIC.

La deuxième  ligne se lit ENIQV : (ou ENIOV:)

L'exemple du mot "fabric" montre que le sculpteur n'hésite pas à couper les mots. 

La première ligne résiste à mes tentatives. 

Au total, j'ai pensé à LE NIOU, mais ce nom n'est pas attesté à Esquibien. DENIOU, PENIOU, RENIOU, GUENIOU ?

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Introduction : la Renaissance en Bretagne.

L'art ornemental de la Renaissance, d'origine italienne, est apparu très précocement en Bretagne, dès 1507, à Dol-de-Bretagne pour le Cénotaphe de l'évêque Thomas James sculpté par Jean Juste.

On y trouve déjà, en bas-relief, les dauphins, les putti, les mascarons, les lions et les dragons à corps végétalisés, les vases, les grotesques et les faunes, les bucranes, les rinceaux extravagants et les rubans ou linges suspendus, les coquilles, les figures accouplées par le cou ou la queue par un anneau, les cornucopia, les cartouches rectangulaires inspirés des ruines romaines, et, bien-sûr, les médaillons. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/08/le-cenotaphe-de-thomas-james-dans-l-ancienne-cathedrale-de-dol-par-jean-juste-et-1507.html

Tout semble organiser pour dissoudre les frontières entre terrestre et aérien, entre l'humain et l'animal, entre espèces animales, qui sont hybridées, et entre animal et végétal, puisqu'on ne n'y trouve aucune figure qui ne mêle pas ces différents genres. D'où naît une confusion illusionniste  enivrante, entretenue ou accentuée par les volutes de tous genres (tiges, queues, étoffes) qui tournoient autour des figures. La référence à l'antique, et le rôle de modèle des décors découverts à la fin du XVe siècle dans la Domus Aurea, y est évident. Or, la date de 1507 est fort précoce pour l'expression de cet art grotesque en France (et même en Italie, les Loggias du Vatican sont plus tardives, entre 1516 et 1519).

L'art de la Renaissance s'exprima un peu plus tard sous l'influence de François Ier libéré des prisons de Charles Quint à Fontainebleau, par les peintures, panneaux de bas-relief en bois et encadrements en stuc déterminant l'art ornemental bellifontain vers 1530.

La Première Renaissance bretonne débute réellement vers 1560. La chapelle Sainte-Yves de Kerfons en relève (1553-1559), tout comme le tombeau de Guy III d'Espinay, conçu par l'angevin Jean de l'Espine en 1552-1553. Le château de Kerjean en Saint-Vougay (1550-1580) en donne une magistrale expression, tant pour l'architecture que pour la sculpture sur bois des sablières (v.1580)

L'influence des ornemanistes bellifontains est précisément évidente dans les sablières de Kerjean, attribuées au Maître de Pleyben actif, à Pleyben, Plomodiern Saint-Divy, entre 1560 et 1580, et cette influence se reconnaît notamment par les cuirs à enroulement des cartouches.

Un autre sculpteur de sablières, que j'ai nommé Maître de Plomodiern (S. Duhem le nomme Brellivet), a multiplié les éléments Renaissance particulièrement par les figures hybrides et dragons végétalisés, à Plomodiern, et à Saint-Nic, mais aussi — ce qui nous concerne d'avantage ici — dans le Cap Sizun à Pont-Croix à la chapelle Saint-Tugen de Primelin ou à la Chapelle Saint-Trémeur de Beuzec-Cap-Sizun. Il est actif entre 1544 et 1564 environ.

Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

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Enfin, les sablières de l'église d'Esquibien n'échappent pas à cette influence de l'art de la Renaisssance.

 

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Les panneaux de gauche (mauve et vert céladon).

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— Panneau 1 : médaillons à motif floral ou à étoffe plissée en éventail, losanges à masques aux cheveux et barbes végétalisés.

— Panneau 2 : dauphins affrontés à corps végétalisés en volutes ; coquille dans un temple stylisé ; mascarons barbus à corps végétalisés, affrontés; rinceaux ; médaillon central bûché, repeint en bleu cobalt.

— Panneau 3 : rinceaux affrontés ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt ; paire de dauphins affrontés à corps végétalisés, autour d'une vasque et de tiges.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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— Panneau 4 : 2  losanges à masques aux cheveux et barbes végétalisés, médaillon central bûché repeint en bleu cobalt, 2 couples de dauphins à corps végétalisés et queue enrubannée. Notez le cadre des losanges orné d'encoches en I I . I I . par marques de gouges droites et de trous de foret, comme dans les sablières du Maître de Plomodiern.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Panneaux à droite de l'autre coté de l'autel.

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— Panneau 5 (rouge brique et vert) : masque crachant des feuillages dans une architecture antique à arc en plein cintre ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt ; rinceaux affrontés.

— Panneau 6 (bleu pâle et vert) : rinceaux ; cartouche en feuille à bords enroulés et inscription ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt.

— Panneau 7 (blanc crème et vert) : couple de dauphins séparé par un fleuron ; coquille dans un arc en plein cintre ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt ; mascarons de profil, affrontés autour d'une tige, et à corps végétalisé.

— Panneau 8 : (mauve pâle et vert) : demi-médaillon à plissé rayonnant ; losange à mascaron ; médaillon intact, à mascaron de face ;  losange à mascaron  ;  demi-médaillon à plissé rayonnant.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Discussion sur les médaillons.

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Il reste à s'interroger, avec André Chapalain, sur le contenu des médaillons qui ont été bûchés (ôtés à coup de ciseau à bois). Il persiste sur certains d'entre eux les traces d'implantation qui ne remplissent qu'une partie du cercle, comme le ferait un élément en haut relief ou demi-relief, tandis qu'un élément en bas-relief (comme les mascarons du panneau 8) laisseraient une surface bûchée se confondant avec le médaillon.

Les éléments sculptés en haut relief des médaillons sont le plus souvent, en Italie comme en Bretagne, des têtes d'hommes et de femme; Ce sont ces visages, en costumes Renaissance, qu'on voit sur les dais des bénitiers en kersanton des trumeaux des porches de La Roche-Maurice vers 1530-1550 ou de Landivisiau,

Bénitier du portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

 

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Mais pour quelle raison les têtes des médaillons d'Esquibien ont-ils été si soigneusement bûchés ? Il est probable que cela ait eu lieu lors de la Révolution. Il y a 12 panneaux sur la tribune d'Esquibien, 8 panneaux à Sainte-Brigitte, et 6 autres n'ont pas été ré-employés. Ce chiffre total de 26 panneaux s'oppose à l'hypothèse de portraits ou de blasons nobiliaires ou de personnalités connues (armateurs et marchands). S'il s'agissait de saintes figures (apôtres et prophètes), pourquoi auraient-ils, plus qu'ailleurs, provoqué la rage iconoclaste? S'agissait-il de figures offensantes pour la pudeur ou la bienséance ? 

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La poutre de gloire.

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Outre le Crucifié , la Vierge et saint Jean, il est émouvant de trouver au pied de la Croix sainte Marie-Madeleine agenouillé, avec son manteau rejeté sur les pieds en un vaste plissé. Émouvant, car c'est exactement la reprise des calvaires du Finistère sculptés en kersanton par les ateliers de Landerneau (Bastien Prigent à Pencran Saint-Ségal, Ste-Marie-du-Ménez-Hom et Lopérec puis Roland Doré, à Ste-Anne la Palud par exemple.

D'autant que le calvaire de Sainte-Anne-la-Palud est daté de 1642.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les blochets et leur inscription.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'inscription du blochet sud : 

V:P : M : I : BIS 1652.

 

Soit, pour la 3ème fois, "Vénérable et Puissant Messire I. Bis 1652" donc "Vénérable et Puissant Messire Jean Le Bis 1652".  

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PEYRON (Paul) 1909, Notice sur Esquibien, BDHA page 88

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f096b4a373bfb45f5ec65f9f1a363fcf.pdf

— CHAPALAIN (Andrée), 205, "La tribune de l'église Saint-Onneau", Reuz en Esquibien, bulletin n°13 de l'Association Culture et Patrimoine pages 10-13.

—COUFFON, (René), LE BARS, (Alfred), 1988, Notice sur Esquibien. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ESQUIBIE.pdf

—LE CARGUET (Hyacinte) 1899 « Les chapelles du Cap Sizun. Les saints et les migrations insulaires », Bull. SAF t. XXVI, 1899.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1899_0128_0142.html

— MUSSAT (André), La Renaissance en Bretagne.

— PERENNES (Chanoine Henri), Esquibien, 1940, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon dans, Bulletin de la Commission diocésaine d'histoire et d'archéologie de Quimper. 1940 Archives diocésaines de Quimper

— SAUVEGARDE DE L'ART FRANÇAIS

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/esquibien-chapelle-sainte-brigitte-de-landuguentel/

— SERRE (Fabien), 2019, La fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte, notice de l'Inventaire IA29132241.

Base patrimoine.bzh/ GERTRUDE

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/fontaine-sainte-brigitte-landugentel-esquibien-fusionne-en-audierne-en-2016/4e01571b-c11a-4305-b190-aef1fa5bc188

— DUCOURET (Jean-Claude), SERRE (Fabien), la chapelle Sainte-Brigitte

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-sainte-brigitte-landuguentel-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/d30c2bb2-c7c8-46a3-a75a-61e93d4c38d9

idem, annexe de 1978 :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00006373_01.pdf

— AUTRES NOTICES DE L'INVENTAIRE GENERAL :

L'église paroissiale d'Esquibien

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-onneau-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/7bba1475-a53c-4c9b-92b5-465f992b7088

Les croix d'Esquibien

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/les-croix-monumentales-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/9f709254-5bd3-419f-a0b5-3f6b874d1889

Calvaire Sainte-Edwett

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-sainte-edwett-pres-de-landrevet-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/4a817000-9485-4d46-bc4e-00d8302de810

Calvaire Sainte-Edwett, près de Landrevet (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale dite croix neuve (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, Trévenoen (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Keraudierne (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Kerboul (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Kerhuon (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Kervéoc (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Les écarts d'Esquibien

Ecart, Custrein (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Custrein (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Kerandraon (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Kergadou (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Kerhuon (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Pors Feunteun (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Trobey (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Tromao (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison puis dépendance, Kervreac'h (Audierne)

Maison, Brignéoc'h (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison, Keridreuff (Audierne)

Maison, Landrévet (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison, Le Créac'h (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison, Lervily (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Écart, Cosquer Bihan (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Écart, Kerivoas (Audierne)

Écart, Pors Feunteun (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Écart, Tromao (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)


 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/croix-monumentale-trevenoen-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/df918a4a-e0ff-48fc-bbc3-c43c574c541f

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ecart-cosquer-bihan-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/0e3341f1-4dc9-4d3d-8a78-17292fb5681f

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/maison-le-creac-h-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/6c0204b9-dbcf-4a8c-b966-3aa4e9c5d6c0

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ecart-tromao-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/c1ea5308-7ccb-497c-b21d-04dbfb0b541f

— TOSCER 1985 et TUGORES 1978,

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA29132241_01.pdf

— Carte géologique de la France : Pont-Croix.

http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0345N.pdf

Etude normative des toponymes. Esquibien. (Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

https://p1.storage.canalblog.com/25/87/986343/118848816.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Sculpture Renaissance Inscriptions
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 20:50
Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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8 rue des Écoles : encadrement de porte en microdiorite quartzique, linteau en anse de panier à accolade, chronogramme 1646, piédroits chanfreinés.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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[12] rue des Écoles. élévation en moellon, ouvertures en pierre de taille (microdiorite quartzique). Porte en anse de panier à linteau souligné d'un bandeau. Bords chanfreinés.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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En passant : 7 rue des Écoles. Prix spécial pour la pancarte "chien gentil".

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA RUE DU FORT.

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Le 1 (?) rue du Fort : encadrement de porte en kersantite, porte cintrée à claveau, chronogramme 1695.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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3 rue du Fort : encadrement de  fenêtre en microdiorite quartzique et kersantite. Bords chanfreinés ornés aux pieds d'une hermine ou animal à préciser.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA RUE DE LA GRÈVE.

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7 rue de la Grève. Encadrement de porte en microdiorite quartzique, linteau en trois blocs en anse de panier à accolade. Piédroits chanfreinés ornés à la base d'hermines.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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13 rue de la Grève. Encadrement de porte et fenêtres  en microdiorite quartzique et kersantite , linteau droit chanfreiné,  piédroits chanfreinés ornés à la base de griffes.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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17 rue de la Grève. Encadrement de porte  en microdiorite quartzique  , linteau droit à accolade,  piédroits chanfreinés ornés à la base de griffes.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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19 rue de la Grève. Encadrement de porte et fenêtres  en  kersantite , linteau droit; mention spéciale pour les jardinières.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA GRAND'RUE.

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17 Grand'rue. Trois blocs gravés. Kersantite 1699 (?) ; granite 1956 ; monogramme TB. 

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Ma description est très loin d'être exhaustive, on la complétera par les photographies prises par Erwana L'Haridon, et surtout, on partira à son tour en visite pour faire ses propres trouvailles.

Dans la campagne, de belles découvertes sont à faire, avec les chronogrammes 1651 ; 1745 ; 1749 ; 1780 ; 1806 ; 1834 ; 1855 ; 1857 ; 1866 ; 1869 ; 1870 ; 1892 ; 1894 ; 1925, en suivant les indications d'Erwana l'Haridon..

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SOURCES ET LIENS.

L'HARIDON (Erwana), 2011, Bourg de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bourg-de-lanveoc/b7c4b600-a33b-4a49-9ab7-8cd7ac044ca8

L'HARIDON (Erwana), 2011, Les fermes et maisons des écarts de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/les-fermes-et-maisons-des-ecarts-de-lanveoc/f5fc487d-2ebe-426b-84ce-494984cee580

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 13:26
14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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L'inscription de la fenêtre du rez-de-chaussée, coté est. Kersantite, 1694.

Le bloc de kersantite est creusé d'un cartouche rectangulaire à deux demi-cercles aux extrémités et un aménagement pour la croix. Les lettres sont taillées en réserve en majuscules aux empattements élargis. Elles sont rehaussés par la peinture bleu-gris.

On y lit :

IHS.1694.MARI

Le monogramme IHS où le H est surmonté d'une croix est celui de IESUS ( précision sur Wikipedia).

Le monogramme MARI où le M, le A sont superposés et où le fût du M et celui du le R sont confondus  est l'une des formes de celui de MARIA, désignant Marie, la Mère de Jésus.

Ces deux monogrammes sont des indices sérieux pour penser qu'en 1694, cette maison était la demeure d'un prêtre (ou d'une religieuse). Ce ne peut être le recteur puisque Lanvéoc était une paroisse de Crozon jusqu'en 1862. L'ancienne chapelle Saint-Joseph, du XVIe siècle, a alors été remplacée par celle dédiée à sainte Anne en 1872. Elle renferme des statues de la Vierge à l'Enfant, de sainte Anne éducatrice ou de saint Joseph datant (comme notre inscription) du XVIIe siècle.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La date de 1694 n'est pas anodine puisque c'est celle de la Bataille de Camaret, qui vit la tentative de débarquement des forces anglaises sur la plage de Trez Rouz être repoussée par les troupes françaises dirigées par Vauban.

Lanvéoc est située sur la route royale de Nantes à Brest et c'est de son port que les voyageurs et les marchandises prenaient le bateau (une gabarre d'une douzaine de mètres) pour traverser la rade.

C'est donc par Lanvéoc que passèrent le 9 juillet 1686 (8 ans avant notre chronogramme) la délégation venue du royaume de Siam pour rencontrer Louis XIV à Versailles.

Cette situation sur un grand axe de communication a déterminé l'organisation en rue-village en T avec la succession d'une vingtaine de maisons dans la descente de la Grand'Rue (au XIXe Rue Nationale), venant buter sur un front de façades plus court donnant vers les chemins descendant vers le port (actuelle Rue de la Grève et Rue du Fort). C'est là que se trouvent encore des vestiges ou les pierres importées des maisons du XVI et XVIIe début XVIIIe, principalement sous la forme de baies en kersantite et microdiorite quartzique ("kersanton" et "pierre jaune de Logonna") dont on se plait à observer l' ornementation sculptée  : ici  une accolade, un chanfrein, une moulure, là les volutes et coeurs sur les linteaux, les griffes, sifflets et amortissements à la base des piédroit. 

Le cadastre napoléonien de 1833 montre 12 maisons du coté ouest de la Grand'rue et autant du coté est, avec à l'arrière un courtil ou une dépendance. Le bourg comptait en 1786 350 habitants, des marins, pêcheurs, cultivateurs et artisans. Le chiffre passa à  328 habitants en 1830, , 394 en 1862 et 400 en 1871.

La chaussée étant empruntée par des cavaliers, des colonnes de troupes, des convois, des charrettes et des diligences, la voie principale du bourg est très large. Sa largeur répond aux normes des routes royales : 42 pieds de large, soit 13 mètres.

En 1786, Jean-Marie Bachelot de la Pylaie décrit les maisons de la grand'rue : "On y trouve une rue large, d'une certaine longueur, droite, bordée sans interruption de maisons couvertes en ardoise qui ont presque toutes un premier étage au dessus d'un rez-de-chaussée. On en remarque même qui ont une certaine apparence nobiliaire et paraissent remonter au 15e ou 16e siècle." 

Les enseignes visibles sur les  cartes postales confirment l'intuition que les commerces d'alimentation, auberges et tavernes devaient être nombreuses. (Boulangerie ; Buvette ; Leostic, on vend à boire et à manger : Au retour de Brest).

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Comparaison entre la carte d'Etat-Major 1820-1866 et la carte IGN actuelle.

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Les inscriptions lapidaires des maisons de Lanvéoc II. Les dates de 1694 et 1752 au 14 Grand'rue.

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L'inscription de la fenêtre médiane de l'étage. Kersantite 1752.

F : D : 1752 : A : B :

Les initiales ne peuvent être interprétées, mais la date de 1752 indique soit la construction d'un étage, soit une restauration de l'édifice et le percement d'une ouverture.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La porte et son encadrement de kersantite.

Le linteau en anse de panier est sculpté d'une accolade.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le propriétaire actuel : monsieur François Jestin.

Tandis que je prenais mes photos, le propriétaire (que j'assimile au nom indiqué sur la boite à lettres) est apparu, intrigué,  à la fenêtre. Nous avons discuté de cette inscription, puis il m'a signalé que la maison était jadis un magasin. "Attendez, je vous prends en photo". Il m'a quitté sur un "Bon, je retourne écrire", et son sourire fut comme le passage éphémère d'une amitié. Qu'il en soit remercié.

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Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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SOURCES ET LIENS.

— LHARIDON (Erwana), 2011, Bourg de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bourg-de-lanveoc/b7c4b600-a33b-4a49-9ab7-8cd7ac044ca8

— BDHA

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b798ad57b246d6b0cc6ec8e4596ca9fc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 21:22

Sur l'inscription lapidaire  Anne FOLGAR / LE BEULIN 1730 du bourg de Lanvéoc.

 

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Sur Lanvéoc, voir :

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Sur les inscriptions lapidaires de la Presqu'île de Crozon, voir :

Liste de mes 150 articles sur la presqu'île de Crozon.

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Sur la façade de l'actuel bar restaurant La Rade, à Lanvéoc, mais non sur sa façade principale,   1 rue de la Grève, orientée sud, mais sur celle de l'étroite rue du Fort, face à l'ouest. Elle n'a pas fait l'objet d'une description approfondie en ligne, mais d'un signalement et d'une photo dans le travail d'Erwana L'Haridon recensant le bâti du bourg pour l'Inventaire général. [J'ai eu accès plus tard à l'ouvrage de Marcel Burel Roscanvel d'un village à l'autre. qui y consacre ses pages 217-218.]

Dans ce travail, l'inscription est qualifiée de pierre de réemploi ; mais quelle curieuse idée de ré-employer une si belle pierre dans un emplacement adjacent. Et si, comme nous allons le voir, cette pièce appartient au patrimoine de mémoire de Roscanvel, que vient-elle faire ici ? Selon M. Burel, interrogeant le propriétaire du restaurant, c'était le linteau d'une des fenêtres de l'ancien établissement, détruit pendant la guerre de 39-45.

Malgré sa situation, elle est visible à tous les habitants de la commune, et à tous les visiteurs qui viennent admirer la place, centrée par son puits joliment fleuri. Comment son libellé a-t-il pu  susciter si peu d'intérêt ? Comment sa petite énigme n'a-t-elle pas excité d'avantage la curiosité?

Elle porte mention (certes en abrégé) d'un pilote vice-amiral. Ce titre est-il si connu, cette profession si banale pour nos contemporains ? Alors que tout au contraire, elle relève de cette ethnographie maritime, discipline jadis  en vogue grâce à Bernard Cadoret et son  équipe du Chasse-Marée, qui devrait veiller jalousement à ses trésors indiciaires.

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Description.

Ce bloc tout en longueur est sculpté dans la pierre jaune de Logonna ou microdiorite quartzique provenant de la rade de Brest, en face de Lanvéoc. C'est elle qu'on voit  utilisée à Lanvéoc, en mélange contrastée avec la kersantite de ton gris, pour les linteaux et entourages de portes et fenêtres du XVIIe et XVIIIe siècles, puisque le grès local ne se prête pas à la sculpture.

Ses caractères majuscules sont taillés en réserve sur deux lignes dans un cartouche dont les 4 bords nous assurent qu'elle est complète. Elle a bien résisté à l'altération, et sa lisibilité est bonne. La ponctuation de séparation des mots fait appel au deux-points.

Mensuration : longueur 135 cm, hauteur 26,5 cm. Hauteur des lettres de la première ligne : 10 mm. De la deuxième ligne : 8 à 9 cm.

Le mur est enduit tout autour  d'un crépi de ciment, mais le chaînage d'angle laisse voir la pierre de Logonna, comme l'appareillage de la façade sud.

 

 

 1 rue de la Grève, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

1 rue de la Grève, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Son texte est le suivant :

NH : LE : BEVLIN : PV : AMIRAL

DLLE : ANNE : FOLGAR : 1730

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Sa transcription en est : Noble Homme LE BEULIN Pilote Vice-amiral / Demoiselle Anne FOLGAR 1730.

L'une des  branches de la deuxième lettre V a été martelée, volontairement ou non.

Cette transcription s'appuie sur la copie, par un généalogiste consciencieux Poirrier78, de l'acte de mariage  de Jeanne Folgar avec Bernard LELIAS, précisément en 1730 :

Acte de mariage - Lélias Bernard - Folgar Jeanne - Roscanvel - 1730 - Copy - Le seisième janvier mil sept cent trente après les fiancailles faites en face d'église et les trois proclamations des bans sans opposition par trois dimanches consécutifs du futur mariage entre Maître Bernard Lelias fils de défunts Yves Lelias et Jeanne Anthoine de la paroisse de Camaret d'une part, et demoiselle Jeanne Folgar fille de défunts le sieur Pierre Folgar, et demoiselle Marie Lozeach de cette paroisse de Roscanvel de l'autre part, et vu le décret de mariage en faveur de la dite Janne Folgar par messieurs les juges de Crauzon en datte du trente unième octobre mil sept cent vingt et neuf. Les ayant publiquement interrogé de leur mutuel consentement par paroles de présent, je soussigné pretre recteur de Roscanvel les ay conjoints en mariage solemnellement en présence de noble homme Jan Lozeach Sieur de Trevarguen, de noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest, de Jan Folgar, de Jan Longen, de Charles Souben.

Signé : Bernard Lelias Janne Folgar Le Mignon Beulin pilote amiral Jean Lozeach Jean Rolland Jean Longen Charles Souben Jean Folgar Jean Souben Lélias

 

https://gw.geneanet.org/poirrier78?lang=fr&n=folgar&oc=1&p=jeanne

 Le mariage a été célébré le 16 janvier 1730 à l'église de Roscanvel par son recteur, et les témoins étaient Jean LOZEACH sieur de Trévarguen et oncle maternel de l'épouse, et noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest.

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1. Jeanne FOLGAR 1714-1754.

Jeanne FOLGAR est née à Roscanvel le 22 août 1714 de Pierre FOLGAR (Camaret avant 1689-Roscanvel entre 1714 et 1730) et Marie LOZEACH, demoiselle de Kerveguen (Roscanvel v.1683-Kervian, Roscanvel le 8 décembre 1747). Son grand-père Jean FOLGAR était un honorable marchand de Camaret. Son oncle maternel est, nous l'avons vu, Jean LOZEACH, sieur de Trévarguen à Roscanvel

Il est tentant de l'assimiler à "Anne FOLGAR".

Les deux lieux-dits (manoirs) de Trévarguen et de Kervian à Roscanvel sont séparés de 2 km.

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Voir  les fermes et écarts de Roscanvel.

 

2. Bernard LELIAS 1704-1768.

Bernard LELIAS est né le 10 octobre 1704 à Camaret, dans le quartier du Notic principalement habité par des pêcheurs, armateurs et marins, puisque les maisons donnaient sur la grève, des escaliers faisant office de cale à marée haute. C'est également au Notic qu'il est décédé, veuf, à 63 ans, le 16 février 1768. Son père Yves était ménager à Camaret, sa mère Jeanne ANTHOINE (1668-1728) est née et décédée à Camaret.

Il était capitaine du guet, c'est à dire chargé de la police municipale (ou, à l'époque, paroissiale). Voir à Landévennec la maison de Nicolas BUZARE, né vers 1642 à Trégarvan  et décédé le 9 février 1710 à Landévennec, qui était également Maistre, Capitaine de la paroisse de Landévennec, mais aussi Bourgeois, Sénéchal de la juridiction de Landévennec et Noble marchand. 

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N.B un homonyme, maître Bernard Lélias est  notaire de Crozon entre 1724 et 1744.

Le couple eut six enfants entre 1730 et 1747, dont Clotilde, qui épousa en 1764 à Camaret Jean-Marie PERON.

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3. Bernard LE BEULIN.

Selon la généalogie de Gilles Carichon  il est né en 1667 à Roscanvel de Jean Le BEULIN et de Marguerite HARVEL. Ses grands-parents paternels sont Hervé LE BEULIN, notaire de Crozon et du Poulmic en 1674, 1681   et Marie LE TREUT.

Les généalogistes signalent aussi Hervé LE BEULIN, né en 1667,  pilote, marié à Marie LE HOU en 1680.

Les familles LE BEULIN et HARVEL sont connues à Roscanvel, comme la famille TANIOU, pour appartenir au XVIIe siècle à ces familles possédant des manoirs ou riches demeures dans le bourg (Taniou en 1618, Le Beulin) et issues de ces patrons de barque, bateliers, canotiers ou chaloupiers principalement établis à Lanvernazal. Voir Lénaïg Laot, Inventaire général.

Les restes d'un manoir au Gouerest, qui aurait  appartenu à Bernard Le Beulin sont décrits par 2 sites en ligne :

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/roscanvel/manoirs-001.php

http://inventaire.eau-et-rivieres.org/media460

Mais les documents soutenant ces allégations ne sont pas fournies.

J'ai décrit les mentions épigraphiques témoignant de la prospérité de la famille HARVEL tant sur le clocher et le porche de l'église  paroissiale (1686) que sur leur manoir de Lodoën, portant les noms de Henri HARVEL et GUEGUENIAT en 1617 et 1622

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/l-eglise-de-roscanvel-son-epigraphie-ses-cloches-et-ses-vitraux.html

 

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Qu'est-ce qu'un pilote vice-amiral ?

Là encore, les renseignements doivent être piochés ici ou là .

La Marine de l'Ancien régime est divisé entre Grand Corps, (uniforme rouge), portant l'épée, et Petit Corps (ou Officiers Bleus). Parmi ceux-ci, qui sont depuis l'ordonnance de 1689  les Officiers de Port, on distingue les officiers de plumes (intendant, commissaires, écrivain) et les officiers mariniers : capitaine du port ses lieutenants et enseignes, Pilote Royal, pilote entretenus, Maître Canonnier, Canonniers entretenus, Maîtres d'équipage, Maîtres charpentiers, Maître mateur...

 Le pilote amiral  est, on le devine, le poste le plus élevé de cet emploi. Il n'est employé que dans les Ports de Brest, Rochefort et Toulon,, où c'est un important personnage chargé de la discipline, des cours d'Hydrographie suivis par les Garde-Marine et du Pavillon : car il dirige l'école d'Hydrographie. On est d'abord pilotin, puis  aide pilote ; second ; maitre pilote ; Officier Bleu ou auxiliaire ; puis maître pilote entretenu ; et enfin maître pilote vice amiral, comme ce Jean-Louis BELLON  qui exerça à Rochefort de 1779 à 1787, et fut promu sous-lieutenant de vaisseau en fin de carrière.  On cite François Azon , pilote vice-amiral sur les vaisseaux du roi à Rochefort, et ses états de services de 1720 à 1751. Ou Jean-Louis Calas, mort en 1771, pilote vice-amiral à Toulon, ou Jean-André Chauvet, à Rochefort entre 1741 et 1784. Ou Antoine Bernard, pilote  de 1724 à 1794 puis lieutenant de vaisseau.

Je trouve mention de grade suprême de "pilote réal" (distinct de "pilote royal"), premier pilote d'une escadre de galère.

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https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?irId=FRAN_IR_053796&udId=c32ngw6q29q--tiklbozk0xb9&details=true&gotoArchivesNums=false&auSeinIR=true&fullText=le%20beulin

À Brest en 1725 (donc tout à fait dans le cadre de notre inscription), on distingue Boisouze Liard, le Premier pilote Amiral, Michot, Pilote Amiral, Toussaint Maupin, Pilote Vice-Amiral, Alexandre Maupin, Pilote entretenu, Aubin Poiré, Pilote entretenu, Sané, Pilote entretenu. Et ce dernier n'est autre que Noël Sané (1695-1762) deviendra pilote vice-amiral en 1758 : c'est le père de l'illustre architecte naval Jacques-Noël Sané (1740-1831), "l'un des plus brillants de l'âge de la voile, surnommé aussi le « Vauban de la marine ». Il est l'architecte de la quasi-totalité des vaisseaux de ligne construits en France de la Guerre d'Indépendance Américaine à la fin du Premier Empire." 

Toujours à Brest, Joseph Nielly (1708-) débuta comme mousse-pilotin en 1727, puis 14 ans plus tard premier pilote entretenu, pilote amiral en 1756, capitaine de flûte en 1763, et lorsqu'il mourut en 1780 avec le grade de capitaine de brûlot, il avait fait quarante campagnes sur les vaisseaux du roi.

On voit que cette fonction n'est pas celle d'un pilote côtier assurant les entrées de port, mais celle d'un pilote hauturier exigeant courage et habileté manœuvrière lors des combats.

https://vieillemarine.pagesperso-orange.fr/histoire/Port_et_arsenaux/Pages_finales/pageOrganigramme.htm

Par contre, je ne trouve aucune autre mention d'un pilote amiral de Brest du nom de Le BEULIN. Sans-doute faut-il consulter les archives de la Marine.

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Le Beulin, pilote vice-amiral, ou pilote amiral ?

Sur l'inscription, datée de 1730, il est clairement qualifié de Vice-amiral. Mais Jeanne FOLGAR est qualifiée de "demoiselle".

Sur l'acte de mariage du 16 janvier 1730, il est qualifié de pilote amiral.

Cela peut s'expliquer par les délais d'exécution de l'inscription, qui aurait été commandée quelque temps avant  (avant les fiançailles le 31 octobre 1729 ?).

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Bernard Le Beulin, apparenté à Jeanne FOLGAR ?

Notre pilote avait 63 ans lors du mariage. Il y est présent — comme témoin — au même titre que l'oncle de l'époux. Est-il apparenté, à un titre ou à un autre, avec la mariée ?

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Comment expliquer cette inscription.

Que vient faire à Lanvéoc cette inscription qui se réfère à des personnages connus à Roscanvel ?

Si nous supposons qu'elle était apposée sur un bâtiment civil (un manoir ?), comment expliquer la présence de ces deux noms ?

Le contrat de mariage de Jeanne FOLGAR spécifie bien que les parents de cette dernière étaient décédés. Bernard Le BEULIN jouait-il le rôle de tuteur ? Avait-il recueilli chez lui la demoiselle ? En avait-il fait son héritière par contrat ?

Autant d'interrogations qui ne peuvent être levées, mais qui peuvent inciter un internaute à faire un lien avec une pièce du puzzle dont il disposerait.

Exista-t-il une Anne FOLGAR distincte de Jeanne ? Je découvre tardivement que oui.

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4. Anne FOLGAR.

a) Jocelyn Person décrit dans sa généalogie cette Anne FOLGAR, née le 26 février 1702 à Crozon, décédée le 30 novembre 1741 à Crozon, fille d'Yves FOLGAR (1682-1764), officier marinier et de Louise CARN (v.1684-1711). Elle épousa Marc DERRIEN vers 1723 (date de naissance de son fils Gabriel). Le couple vit à Tremet (1735) puis "Kerlern" ou Quélern en 1735 . Marc Derrien, veuf, continue à vivre à Quélern, notamment en 1742 lors du décès de son fils Marc.

 

 

https://gw.geneanet.org/j438?lang=en&p=anne&n=folgar

b) Il existe une autre Anne FOLGAR, qui est sœur du tiers ordre de saint Dominique, et vit à Kergadiou. En juillet 1750, elle hérite de deux pièces de terre, Parc Cardinal et Leac'h Cardinal, près de l'étang de Kervian à Quéler, Roscanvern. Elle est la fille de Pierre FOLGAR, décédé vers 1719. Dont nous ne savons s'il s'agit du même Pierre FOLGAR père de Jeanne ( supra).

https://www.tybian.fr/31-11_cardinal/

https://www.tybian.fr/21-21_les-ascendants-de-jean-derrien/

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Remonter les chaînes ou réseaux généalogiques locaux de Roscanvel dépasse mes attributions, mais j'ai voulu montrer que les informations de cette inscription peuvent être croisées avec celles des généalogistes, ou avec d'autres sources, pour un enrichissement mutuel des connaissances.

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Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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ADDENDA. 

 

Je n'ai eu accès à l'ouvrage de Marcel Burel sur Roscanvel qu'une semaine après la rédaction initiale de cet article. Je découvris aux pages 217 et 218 les renseignements nécessaires. 

a) l'acte de baptême de Bernard Le BEULIN en 1667.

Je le transcris comme je peux d'après l'acte original:

"Ce jour 13ème octobre 1667 fut baptisé sur le en  fond baptismal de roscanvel bernard, fils naturel et légitime d'honorables gens Jean  le beulin et marguerite harvel par la nommination d'honorable ----lucas et marie le beulin le baptême fut -messire lucas teffany prêtre et curé dudit roscanvel --"

Il est donc le fils de Jean Le Beulin et de Marguerite Harvel. Selon M. Burel, Lucas et Marie Le Beulin sont les frère et sœur aînés du nouveau-né, de même que le notaire Hervé Le Beulin. Il serait né au manoir du Gouérest.

 

b) le mariage en 1703.

Selon M. Burel, le 15 octobre 1703, Bernard Le Beulin épouse à Camaret Anne Folgar, la fille de Jean Folgar, un honorable marchand qui habite le village de Ty ar Guern, mais qui est originaire de Roscanvel. Anne Folgar est née en 1684 au village de Gouerest à Roscanvel, elle est âgée de 19 ans. Les deux familles étant apparentées par un grand-père commun Le Treut, les futurs époux ont demandé une dispense de consanguinité.

c) la naissance des enfants du couple, tous nés à Roscanvel.

  • Marie, née en 1708
  • Clémence, née en 1710,
  • Anne, née en 1711,
  • Jeanne, née en 1713
  • Hervé Toussaint en 1716.

d)  Le déménagement  au Notic à Camaret vers 1722 .

e) la carrière de Bernard Le Beulin.

Il a obtenu son brevet de pilote le 17 août 1709.

Il était pilote entretenu en 1711

Il a été promu pilote vice-amiral en 1722 : "Sachant que le nommé Bernard LE BUSLIN a les qualités nécessaires pour bien s'acquitter, sa Majesté Louis retiens et ordonne pilote vice amiral pour en faire fonction sur les pavillons et autres vaisseaux de sa Majesté".

Il est décédé vraisemblablement en 1741 dans le naufrage du Bourbon au large d'Ouessant.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bourbon_(1719)

f) Les pilotes du port de Brest et Roscanvel

Le nombre de pilote en service à Brest était de 9 en 1679 et a été porté à 12 en 1709 pour tenir compte de l'accroissement du commerce maritime, notamment avec les colonies.

Il existe à Roscanvel une tradition de pilotes entretenus, comme en témoigne les noms dans les registres de Noël MARTIN et de Jean HARVEL, de Roscanvel.

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Tout cela ne dit pas pourquoi le  pilote vice amiral Le BEULIN et "demoiselle Anne FOLGAR" sont venus s'établirent à Lanvéoc en 1730.

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SOURCES ET LIENS.

— BUREL (Marcel), 2019, Roscanvel, d'un village à l'autre, ed. Les éditions buissonnières, Crozon.

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 14:46

Le calvaire (fin XVe ou début XVIe siècle) de l'église d'Argol. Pour les amateurs de lichens.

 

 

Voir :

 

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION. Un oeuvre du XVe siècle, de 1593, de 1617, de 1891 et 1909.

 

Ce calvaire en granite (socle) et kersanton de 4,50 m de haut est un ensemble composite ou plusieurs fois modifié. Sur une base maçonnée à corniche de trois degrés, où est encastrée une table d’offrande, un socle à pans porte sur ses quatre faces    l'inscription L’AN 1909 MISSION. L’AN 1891 MISSION. L’AN 1593 POSEE. L’AN 1891 RESTAUREE. Le fût octogonal, avec sa statue de saint Pierre en haut relief, serait du XIXe siècle. Sur le nœud ouest du croisillon se voient les armes de Jean Briant, abbé de Landévennec ( 1608-1632) qui témoignerait d'une autre époque encore, mais qui relève sans-doute d'une reconstitution de la fin du XIXe siècle. De l'autre coté, l'inscription date de 1617 :   "IAN GVELMALC, Y. GAL 1617". Le croisillon porte les statues géminées de la Vierge/Vierge, et de saint Jean/ ange du Jugement. Au centre coté ouest, le Crucifié sous un dais sur une  Croix fleuronnée. Au revers se trouve la partie la plus intéressante, avec au centre le  Christ ressuscité sur un arc en ciel présidant au Jugement dernier surmonté d'une banderole de lecture hasardeuse GARDE QUIL FERA SELON ESTANT / JUGERA. 

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L'attaque par les lichens est considérable et dénature les diverses parties de ce précieux témoin artistique : on peut en suivre les dégâts sur les cartes-postales et les photos prises en 2012 pour l'Inventaire. L'étude de l'inscription de la banderole en est pénalisée.

L'incurie à l'égard de cette œuvre est regrettable par le respect qui est dû à notre patrimoine, mais aussi car elle prive les visiteurs d'une satisfaction esthétique, et surtout car elle n'a pas encore livré tous ses secrets.

L'intérêt principal est de voir ici repris le même thème du Jugement dernier qui figure sur le coté oriental du calvaire de Châteaulin, à 20 km de là, datant du XVe siècle. On y trouve le même Christ au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montrant ses stigmates, assis sur l'arc en ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde, tandis qu'un ange souffle dans une trompe pour annoncer le Jugement. La banderole est plus complète à Châteaulin, mais nous retrouvons une partie commune, GARDE QUIL FERA SELON --JUGERA. 

J'ai discuté de ce motif iconographique dans mon article sur Châteaulin. Le texte reste opaque, mais rappelle les versets de Matthieu 7:1-2 Nolite judicare, ut non judicemini, in quo enim judicio judicaveritis, judicamini : et in qua mensura mensi fueritis, remetietur vobis. En gros, prends garde que tu seras jugé de la même façon que tu auras jugé.

C'est la comparaison avec Châteaulin qui me permet d'identifier l'ange sonnant de la trompe, identification qui a échappé à Yves-Pascal Castel et à Christel Douard. De même, la femme du coté droit ne peut être que la Vierge, dans son rôle d'intercession. Les autres personnages, ici manquant, sont les individus sortant de leur tombeau à l'appel de la trompette : ils permettent d'imaginer l'état initial avant les modifications successives.

Je fais donc avancer l'étude de ce calvaire, mais j'achoppe face aux inscriptions. Je passe le relais au suivant.

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE OCCIDENTALE : LE CRUCIFIX.

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Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

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Le socle.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre sur le fût.  1891.

C. Douard suggère que le fût polygonal, et le haut relief de saint Pierre, datent "probablement du XIXe siècle" (et donc de la restauration de 1891 indiquée sur le socle). Un rapprochement s'impose alors avec le fût et le haut relief de saint Yves sur la place Saint-Yves de Plomodiern, datant de 1893 et qu'on attribue à Yan Larc'hantec, de Landerneau.

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Calvaire de 1893 de la place Saint-Yves de Plomodiern.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries du nœud.

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L'état de ce blason sur la carte postale (début XXe?), comparé à celui des mêmes blasons sur d'autres sites, incite à y voir une restitution datant vers 1891. Mais nous pouvons imaginer que ce blason a repris une figure comparable mais trop altérée.

Jean Briant, abbé de Landévennec de 1608 à 1630  portait d'azur (bleu) au pigeon portant dans son bec un rameau de sinople (vert). Avec la crosse en pal.

La façade de l'église ainsi que son arc de triomphe porte les armes d'autres abbés de Landévennec, ses successeurs les Tanguy, en affirmation de leurs droits sur cette paroisse.

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

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Le Crucifix.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Le Crucifié sous un dais.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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Elle a la tête  voilée par son manteau, et tient les mains croisées sous sa poitrine. Sa tête est fléchie vers sa gauche.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

Il tient le livre de ses écrits, et garde la main droite sur la poitrine. Sa tête est légèrement levée et tournée vers sa droite. Les yeux sont des amandes recouverts par les paupières.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE ORIENTALE : LE CHRIST DU JUGEMENT DERNIER.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ du Jugement, au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montre ses stigmates, assis sur l'arc-en-ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde.

L'arc-en-ciel est particulier par sa forme de trapèze.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription :

[GA]RDE QUIL FERA SELÕ FE

JUGERA

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'ange sonnant de la trompe.

Cette trompe est brisée. L'ange est vêtu d'un manteau dont le pan fait retour sur le bras gauche.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

Elle présente les paumes de ses mains à la façon de son Fils montrant ses stigmates. Cela m'embarrasse un peu. 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du croisillon.

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IANCVEVMALCY GAL 1617

Nous pouvons essayer Ian ou Jean GVEN et Yves GALL, mais en tordant un peu la réalité.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL, Jean-Marie. PEYRON, Paul. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Quimper, 1904, vol. 1, p. 1-9.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fed8f088bb179f59656c3eefce913b48.pdf

"Elle porte cette date : LAN. 1593. A sa base est un petit autel en pierre, au-dessus duquel est une Notre-Dame-de Pitié, dont la robe et le manteau offrent des plis bien drapés. Deux anges debout soutiennent les bras de Notre Seigneur et deux autres plus petits, à genoux, recueillent le précieux sang coulant des plaies de ses mains. Sur les croisillons, de chaque côté de Notre-Seigneur en croix, sont les statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean, auxquelles sont adossées deux Saintes Femmes, et au milieu, le Sauveur assis, triomphant."

— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère. Quimper, 1980.

http://croix.du-finistere.org/commune/argol.html

COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, Eglises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/argol.pdf

"Dans le cimetière, croix dont le socle de granit porte la date de 1593, et le croisillon, en kersanton et timbré des armes de l'abbé Jean Briant, celle de 1617 ; elle a été restaurée en 1891. Statue de saint Pierre contre le fût."

DOUARD (Christel), LE LU ( Stéphanie), 2012, Calvaire (Argol), Dossier IA29005029 réalisé en 2012

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-argol/8ec861c2-6392-403d-bd43-6de18e724bad

 

h : 4,50 m

Œuvre hétérogène datant de plusieurs époques. Groupe de crucifixion, dais et phylactère avec inscription en lettres gothiques probablement début 16e siècle. Traverse datée 1617 portant les armoiries de Jean Brient, abbé de Landévennec (ouest) et le nom des fabriciens, peut-être Ian Guen et Marc Gall (est). Socle daté 1593 et 1891 (restauration). Fût (face ouest avec haut-relief figurant saint Pierre) probablement fin 19e siècle.

1593, porte la date
1617, porte la date
1891, porte la date

Base avec table d'offrande à l'ouest. Socle de 1593 remployée lors de la restauration de 1891. Fût monolithe en kersantite avec haut-relief figurant saint Pierre sur la face ouest. Statues géminées de la Vierge et de saint Jean (ouest), d'un apôtre ou saint Thomas (?) et d'une sainte femme (est). Dais gothique coiffant les statues géminées du Christ en croix (ouest) et du Christ ressuscité (est)

Il s'agit d'une oeuvre remaniée à plusieurs reprises. La lecture faite de l'inscription en lettres gothiques sur le phylactère (garde qu'il fera le roy estant jugera) demeure à être confirmée. Cette partie, la plus ancienne du calvaire, se distingue par sa structure encore médiévale dont le dais ouvragé et l'iconographie peu commune de la Résurrection du Christ. Il faudra sans doute rectifier la datation actuelle de cette oeuvre ; la date de 1593 qui figure sur la base semble correspondre à un remaniement et non à la création.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes. héraldique Inscriptions
29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 21:13

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Voir aussi  :

Le moulin de Kereuzen (Crozon) et son inscription de 1795.

Liste de mes 150 articles sur la presqu'île de Crozon.

 

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Qui est Eugène Andrieux, de Trélannec (Crozon) ? Le linteau de l'élévation nord d'une longère appartenant à une exploitation agricole de Trélannec porte l'inscription :

FAIT FAIRE PAR 

EUGENE ANDRIEUX 1867.

 

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Inscription lapidaire  de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Inscription lapidaire de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Inscription lapidaire  de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Inscription lapidaire de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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Le généalogiste Patrick Voirin  consacre une fiche à Eugène Henri ANDRIEUX , né le 29 juin 1814 à Crozon et décédé le 5 novembre 1890 à Crozon à 76 ans. Il avait épousé Marie Anne LE CORRE le 3 octobre 1842. Il en eut trois filles, Jeanne Louise en 1843, Henriette Marie en 1852 et Rosalie Marie en  1863.

Il était le fils de Antoine Aubin ANDRIEUX 1775-1858 Lieutenant des douanes retraité, et de Marie-Henriette Le SENECHAL 1781-1861 ; il était le 6ème de leurs dix enfants.

Son épouse Marie Anne LE CORRE était la fille de Jean Marie et de Marie Claudine LASTENNET

La généalogie de Nathalie Bervas indique que la jeune fille était mineure, née le 12 novembre 1824 et âgée de 18 ans. À leur mariage, l'époux (notre Eugène Henri) habitait, comme ses parents,  Kerarstrobel (le village voisin) et était cultivateur; 

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La fille aînée, Jeanne Louise ANDRIEUX.

Elle est née le 7 octobre 1843 à Trélannec. Elle était domicilée à Trélannec lorsqu'elle épousa le 16 février  1867 à Crozon Jean Marie HERJEAN, né en 1843, cultivateur, né à Kerbasguen.

 

https://gw.geneanet.org/nbervas?lang=fr&pz=nathalie+catherine&nz=bervas&p=marie+anne&n=le+corre&oc=1

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J'en déduis que Eugène Henri a quitté son domicile de Kerarstrobel pour s'installer dans le village de son épouse, dès son mariage. À son tour, Jean Marie Herjean, lorsqu'il a épousé la fille aînée Jeanne Louise, est venue s'installer dans le village de celle-ci.

C'est à Trélannec que le registre de recensement de 1896 les recense (page 124) : Jean Marie Herjean cultivateur, Jeanne Louise Andrieux femme, et leurs quatre filles  Henriette, Marie, Marie et Claudine.

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Nous pouvons penser que Eugène Henri a fait construire le corps de ferme de 1867 sur laquelle il fait porter l'inscription, en raison de l'agrandissement de la famille liée à l'installation de son gendre. Ses deux autres filles (et leur époux Jean-Claude  Danielou et Jean François POSTIC) ne sont pas mentionnées à Trélannec en 1896.

http://www.notrepresquile.com/population/recensement/crozon/1896.php

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Aujourd'hui, l'exploitation, sauf erreur,  est celle d'Hervé Le Roux, en élevage laitier.

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Le contexte.

Selon l'enquête de Christel Douard, de Florent Maillard et Judith Tanguy-Schroër en 2010 pour l'Inventaire général :

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/les-maisons-rurales-fermes-et-hameaux-de-la-commune-de-crozon/812a1d79-aefa-46d4-87a9-42a74ec7c508

"Des résultats observés et plus particulièrement des chronogrammes relevés sur le bâti, se dégagent plusieurs tendances situant le corpus des constructions rurales dans une chronologie allant de la fin du 16e siècle aux années 1930. Les dates inscrites sur les bâtiments vont de 1580 à 1934, elles sont majoritairement gravées ou sculptées sur les linteaux de porte, rarement sur les souches ou les linteaux de cheminées. Le grès local étant très difficile à tailler, seul 14, 3 % du bâti rural est daté : 146 chonogrammes ont été relevés sur 1020 maisons rurales recensées. Les dates figurent sur des pierres importées, plus propices à la taille (microdiorite quartzique, granite, kersantite), parfois sur une ardoise incluse dans la maçonnerie. Deux dates gravées dans du grès armoricain ont été relevées : 1785 sur une maison de Ménesguen et 1854 sur une maison du Bouis.

En l'absence de chronogrammes, il est parfois délicat de dater avec précision des maisons construites entre la deuxième moitié du 18e siècle et la première moitié du 19e siècle car les proportions sont quasiment identiques durant un siècle et les baies sont dépourvues de décors. Les baies des maisons construites entre la fin du 16e siècle et le début du 18e siècle font souvent l'objet d'une ornementation sculptée sur des pierres importées (accolades, chanfreins, moulures, volutes et coeurs sur les linteaux, griffes, sifflets et amortissements à la base des piédroits).

LES COMMANDITAIRES

Quelques inscriptions ou monogrammes relevés sur des logis révèlent le nom des bâtisseurs : DV : PRE : 1590 : GVILLAUME CO : KANDRIN (Porte provenant de Kerandrin remployée à Morgat) ; RENE HERIAN 1626 (Le Bouis) ; F : M : 1627 (Kergonan) ; A L : STEHAN 1663 JC (Dinan) ; H : H : MICHEL LE : DV 1696 (Saint-Jean-Leïdez) ; FAIT FAIRE PAR EUGENE ANDRIEUX 1867 ; A : P : 1745 (Dinan) D V 1855 J (Penfrat) ; E 1927 R (Poraon). Deux beaux puits moulurés du 17e siècle sont également signés et datés, ils témoignent de l'aisance des constructeurs et d'une certaine fierté paysanne : JEAN CANVET 1644 (Tromel) ; Y. CARN 1646 (Kerellot-Tremet). Trois anciennes maisons d'artisan affichent les attributs professionnels de leurs propriétaires : à Kervezennec, la maison d'un tailleur de pierre se signale par une équerre et un marteau sculptés en relief sur le linteau de porte avec son nom YVON et la date 1688 ; à Kerigou, la porte d'un logis de maréchal-ferrant du 17e siècle conserve la pince, le marteau et l'enclume sculptés dans la microdiorite quartzique ; à Trébéron une tenaille et un marteau sont gravés à côté de la date et des initiales du maréchal-ferrant (H : D 1814) ; à Kernaou le linteau du puits est orné d'une navette de tisserand."

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L'inscription du moulin de Kereuzen, que je viens de relever (article précédent) employait déjà en 1795 la formule "fait faire par", mais par abréviation F F P.

La rareté relative de ces inscriptions justifie mon souci d'en rendre compte en ligne et de tenter de préciser, derrière les texte, le contexte anthropologique.

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon Inscriptions
28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 23:28

Le moulin de Kereuzen à Crozon, et son inscription de 1795.

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Voir aussi :

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Sur les inscriptions lapidaires de la Presqu'île de Crozon, voir :

 

Et

 

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Mes remerciements à Mr Joseph Pigent pour son accueil.

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Je passe souvent, dans mes promenades autour de la Réserve naturelle de l'Aber, devant cet ancien moulin. 

Le moulin à eau de Kereuzen, sur la rivière de l'Aber à Crozon, est connu depuis le XVIIIe. Il figure, sous le nom de Moulin Colin, sur la carte de Cassini de 1783, et sous celui de Kereuzen, sur le cadastre de 1831. Il a été fermé en 1961.

 

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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Toponymie.

Disons d'abord que ce nom de lieu Kereuzen est rare. Je le trouve attesté à Elliant sur un aveu de 1663.

(le village de Kereuzen ô ses issues & apartenances & autres terres non icy spéciffiées sont sittuées en la Trêve nommée Treffnevez en laditte paroisse d'Eslyan).

Comme l'a remarqué M. Guilcher (12), le déterminatif de la plupart des villages en Ker— est un nom d'homme. Il s'agirait de Ker -Euzen, le village d'Euzen ou Eusen. Albert Deshayes signale pour ce nom Euzen 1446, Ploemeur ; 1513, Remungol ; 1644, Quimper, etc. Il dériverait du vieux breton Eudon , "bon talent", et se diffuse sous les formes Abeozen, Euzenat, Euzénou, Euzénès . Aucune de ces formes n'est attesté à Crozon avant le XVIIe siècle (sauf Guillaume EUSEN 1678).

Si le toponyme KEREUZEN est rare, l'anthroponyme correspondant ne l'est pas moins. À Lannion ,   Jean LE GUALLES, écuyer, sieur de Kereuzen, Ledict sieur de KERYVON, se fait connaître en 1600 par ses prééminences en l'église de Baly. Un Kereuzen représente Plonéour à la  montre de 1481. On trouve un Kereuzen-Brelivet en Châteauneuf-du-Faou ; un Jehan Nouvell Kereuzen à Plougasnou ; à Plouezoc'h en 1545-1550  une Françoise de Kereuzen puis en 1578-1608 Maria de Kereuzen ou Marie de Kereuzen de Kerjean. Et enfin à Bieuzy (56) Françoise Le RUYET DE KEREUZEN 1580-1611, Jan Le RUYET DE KEREUZEN son frère, Yvonnette Le RUYET DE KEREUZEN sa soeur.

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Pour en revenir au toponyme, Pierre Trépos note en 1953  : "Quant à Kerezen et Petit- Kerezen, j'ai d'abord hésité à les classer avec les toponymes en « Vrins » : M. Buffet a interprété le Kerezen de Port-Louis par Ker-Euzen ; mais deux formes relativement anciennes de ce toponyme morbihannais, avec 2 r, (en Hello Querrezen } Besquellec Querrezen , 1080) me font penser que l'hypothèse Kezen, au lieu de Euzen peut au moins se discuter — avant qu'elle cède peut-être la place à une troisième : Kerezen, cerisier."

Henri-François Buffet, étudiant  la toponymie du canton de Port-Louis  suggère de rattacher à Ker-Euzen les lieux-dits Querezen, 1640, et Kerzine.

Quoiqu'il en soit, ce toponyme en ker- est très ancien, vers le Xe siècle :

"Les Bretons venant de l’île de Bretagne apportent en Armorique leur système toponymique. Aux nobles, l’on doit les noms formés sur Lez (qui désigne une cour et résidence seigneuriales). Aux prêtres, les différents Lann (lieu consacré), remplacés par Log après le Xe siècle ; aux paysans, les noms en Trev (lieu habité et cultivé), puis en Kêr. Ce dernier désignait d’abord un lieu défensif, comme c’est toujours le cas en gallois (cf. Car dans Cardiff). Mais c’est à partir du Xe siècle que fleurissent partout les noms en Kêr, lorsque le terme prend le sens d'exploitation rurale et d’endroit habité."  (Office Public de la langue bretonne)

http://www.fr.brezhoneg.bzh/7-noms-de-lieux.htm#par889

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Il signale peut-être une seigneurie disparue, puisque de nombreux moulins à eau dépendaient des manoirs  de seigneurs, qui les affermaient à des meuniers.

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Je découvre pour la première fois aujourd'hui qu'une pierre a été conservée de l'ancien moulin, détruit au XXe siècle pour construire une exploitation agricole. Ce bloc de kersantite porte la date de 1795 et le nom du meunier d'alors, Isidore KERAUDREN. Les inscriptions, c'est ma passion. Surtout lorsque j'apprends que plusieurs ne sont pas parvenus à déchiffrer celle-ci. Un défi ?

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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L'inscription se déchiffre ainsi :

F : F : P : IIOSSE KINEC

ISIDOR KAUDREN 1795.

Soit "fait faire par [Joseph] Kerinec. Isidore Keraudren 1795".

Les lettres IIOSSE me tracassent un peu. On connait l'habitude d'abréger les noms en Ker- par la seule lettre K, aussi il n'est pas difficile de transcrire KINEC par KERINEC et KAVDREN par KERAUDREN. La date ne prête pas à discussion, lorsqu'on connait la façon d'écrire le 5 en forme de S.

Ma lecture va se trouver validée dès que je vais interroger les données généalogiques.

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Une deuxième inscription, en pierre de Logonna cette fois, est sculptée dans une pierre de réemploi de la façade ouest du logis : On y lit en réserve dans un cartouche :

ANNE / COLIN.

 

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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On trouvera aussi sur le mur est de la grange rénovée qui lui fait face le chronogramme 1831 : une inscription plus tardive donc.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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Les deux premières inscriptions prennent tout leur sens lorsque l'on sait qu'Isidore KERAUDREN a été le meunier  de Kereuzen au XIVIIIe siècle, qu'il avait épousé Anne COLIN, et que sa mère était Marguerite KERINEC.

 

Les données généalogiques sont bien documentées.

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Un peu de généalogie.

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https://gw.geneanet.org/gabrielle5?n=keraudren&oc=&p=isidore

https://gw.geneanet.org/fharmegnies?n=keraudren&oc=&p=isidore

https://gw.geneanet.org/aperson?lang=fr&iz=10684&p=marie&n=keraudren&oc=10

Isidore KERAUDREN est né le 12 octobre 1741 à Kerdaniou – Crozon ; il faut assimiler le toponyme à celui de Kersaniou , noté Kerdaniou sur la carte de Cassini. Le lieu-dit Kersaniou se trouve sur le flanc sud de la vallée de l'Aber, à 1,2 km du moulin. Isidore a été baptisé le lendemain de sa naissance,  à Kerdaniou.

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Il est né de Jacques KERAUDREN, décédé avant 16 février 1813, et de Marguerite KERINEC, décédée avant 16 février 1813.

  • Jacques KERAUDREN, né le 17 décembre 1721 à Kerdaniou, Crozon, est décédé le 18 octobre 1787 à Moulin Rhun, Crozon à l'âge de 65 ans.  Il se maria le 21 novembre 1740 à Crozon, avec

  • Marguerite KERINEC, née le 20 avril 1715 à  Kerglintin Tréboul - Crozon, et décédée le 6 août 1779 à Kerglintin Tréboul - à l'âge de 64 ans. Elle était la fille de Jean KERINEC, né en 1692 à Ranvédan (au dessus de Postolonnec)  et  décédé le 20 janvier 1716 à Kerglintin Tréboul  à l'âge de 24 ans  . Marié le 5 juillet 1714 avec Jeanne SENECHAL, née en 1683, et décédée le 14 mai 1771 à Kerglintin Tréboul  : veuve à 31 ans, elle épousa Jean KERAVEL, d'où 6 enfants. Marguerite KERINEC avait un frère Jean, né en septembre 1716-  (contradiction avec le décès du père) ; j'y reviens.

Quel est ce "Moulin Rhun" de Crozon où décéda Jacques Keraudren ? Était-il lui-même meunier ? La carte de Cassini indique, en aval du moulin Colin, le moulin Kerune.

Isidore a donc un oncle maternel, Jean KERINEC (Kerglintin 1716-Kerdaniou1782), qui épousa Gilette KERAUDREN, 1718-1776,  née à Kerdaniou (comme Isidore lui-même, et comme son père) et décédée à Kerdaniou, où le couple s'était semble-t-il installé. Enfin, il faut remarquer parmi les 8 enfants de ce couple Joseph KERVINEC, né à Kerglintin en 1749, et dont la date de décès est ignorée. Je le rapproche du IOSSE KERINEC de l'inscription de kersanton.

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Isidore est l'aîné de 5 garçons, Jean (ca 1744-1747), Corentin (1749-1750), Allain (1752 -?), marié en 1775 avec Anne BOUSART, et Joseph, marié en 1767 avec Marie BOZENEC.

 

Isidore épousa le 8 juillet 1761, à Crozon,  Anne COLIN, décédée avant le16 février 1813. Elle était la fille d'Yves et de Marguerite LE ROUX. Le couple eut 7 enfants.

  •  Yves KERAUDREN ca 1767-1799

  •  Joseph KERAUDREN 1767-1841 marié Avec Marie Françoise ROLLAND /1777

  •  Marie KERAUDREN 1770-  Mariée le 23 juillet 1788 avec Henry LE BOUSSARD. Leur fille Anne Marguerite épousera en 1811 à Telgruc Louis Maurice LE MONZE (Telgruc 1789-Crozon 1857) . Ils eurent trois enfants, Louis-Maurice (Telgruc 1816-Crozon 1878), Jean-Pierre (Crozon 1817 -Crozon 1853) qui épousa en 1850 Marie Perrine LE CAP, et Corentin (Crozon 1820-Crozon 1889) qui épousa en 1844 Marie HERJEAN.

  •  Julien KERAUDREN 1772-1808  Marié le 16 février 1802 à Crozon, avec Marie LE CORRE/1785

  •  Anne KERAUDREN 1776-1844  Mariée le 18 juillet 1799 à Crozon avec Pierre LE MIGNON ca 1771-

  •  Marie Anne KERAUDREN ca 1780-1781

  • Jeanne KERAUDREN 1783-1859  Mariée le 16 février 1802 à Crozon, avec Pierre Marie GOURMELEN 1777-1808 dont un fils Pierre Marie GOURMELEN 1805-1863, qui se maria  le 15 juin 1829, Crozon, avec Marie Jeanne POSTIC 1810-1850. Jeanne KERAUDREN 1783-1859  se remaria le 7 novembre 1810, Crozon, avec Yves QUEMENER

Pour ces sept enfants, nous disposons pour la plupart du lieu de leur baptême, à Kerglintin-Tréboul, près du Véniec, à près de 3 km du moulin. C'est a priori leur lieu de naissance. Anne Colin venait donc accoucher à Kerglintin ? C'était la maison d'origine de sa belle-mère (le domicile de ses beaux-parents ?) et certainement un lieu de convergence familiale.  La petite Marie-Anne y fut inhumée le 21 novembre 1781.

- J'ai surligné en gras les enfants du couple Marie KERAUDREN/Henry LE BOUSSARD, car les naissances montrent que ce couple est venu s'installer à Crozon en 1817. Or, les noms de Louis LE MONZE et de Corentin  LE CAP figurent au cadastre de 1831 pour les moulins de Pont-Men et de Kereuzen.

- J'ai surligné en gras le nom de Jeanne KERAUDREN, car c'est apparemment elle et son mari Pierre-Marie GOURMELEN I (déclaré meunier à leur mariage en 1802 et à son décès en 1808) qui reprirent le moulin. Elle est déclarée cultivatrice. Jeanne Keraudren est décédée à Kereuzen à 76 ans le 4 juin 1859. Son fils Pierre-Marie II Gourmelen est qualifié à son décès à Kereuzen de "forgeron cultivateur meunier".

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Isidore KERAUDREN est décédé le 13 février 1813 à Kerdaniou. Il était alors veuf de son épouse Anne Colin.

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généalogie Madeleine Harmegnies

 

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Je note incidemment  en 1838 un Philippe KERAUDERN demeurant à Trébéron et  un Bernard KERAUDREN père et fils demeurant au Véniec.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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Une pierre d'une forme particulière.

Le bloc de kersantite, actuellement déposé et présenté sur un muret fleuri devant la cour,  n'est pas rectangulaire, mais le biseau du coté droit est sans doute intentionnel, puisqu'il est souligné par une moulure. Il est creusé de deux cavités de 4 cm de diamètre environ, et entaillé en sa partie basse par un onglet biaisé.

Ce n'est pas un linteau habituel, et il devait assurer un emploi précis dans le moulin.

Si on réfléchit au sens de l'inscription Fait faire par Joseph KERINEC / Isidore KERAUDREN 1795, nous pouvons penser que l'oncle et son neveu maternel ont fait exécuter des travaux suffisamment importants pour justifier la commande d'un tel travail de sculpture.

La date de 1795 ne correspond à aucun événement familial connu. Isidore KERAUDREN avait alors 54 ans.

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Ce que nous savons du Moulin de Kereuzen.

Aujourd'hui, le moulin a été rasé, les pierres et les meules ont été enfouis par les bulldozer pour permettre la création des bâtiments actuels, qui reprennent des parties anciennes. C'est aujourd'hui une exploitation agricole (Joseph et Laurent Prigent ?)  consacrée à l'élevage de vaches allaitantes (Charolais et Blonde d'Aquitaine).

Deux vestiges en pierre sont conservés, qui portent la marque de leur adaptation au fonctionnement du moulin.

 

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Des fragments de la meule en silex.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Qu'apportent les cartes et photos aériennes ?

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Allons du présent vers le passé. Cliquez sur les photos pour les agrandir. Source Geoportail Remonterletemps

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.405460&y=48.235703&z=16&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

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La carte IGN.

La station de distribution d'eau potable de Poraon et son bassin de stockage de 3000 m3, qui remplace le moulin de Pont-Men, n'est pas encore indiquée. Elle assure 20% de la consommation d'eau potable de la commune.

 

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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La photo aérienne 2015.

L'usine de Poraon y est bien visible, de même que les bâtiments agricoles et d'habitation de Kereuzen et le petit pont.

Le trajet de la rivière peut se deviner par les hésitations de sa ceinture d'arbres, contrastant avec la rectitude des haies.

On lit aussi  la persistance partielle de l'ancien maillage (jadis bien plus serré) des parcelles (mez, mezou) lanières orientés dans le sens de la pente. 

En 1957, Pierre Flatrès, étudiant la structure rurale du Sud-Finistère d'après les anciens cadastres , écrivait : "Les parcelles des méjous bretons étaient de dimensions et de formes très diverses. On pouvait rencontrer des parcelles de dimensions très variables, depuis les parcelles minuscules des courtils, jusqu'aux lanières de certains terroirs de Crozon qui atteignaient 400 m de long. Dans cette commune, certaines parcelles étaient particulièrement étirées. Nous avons noté, près du Moulin Kereuzen (environs de l'Aber), une parcelle de 394 m x 3,2 m. Toutefois, sur la plupart des terroirs, les dimensions moyennes (100 à 150 m x 10 à 20) prédominaient. La forme des parcelles était aussi variable que leurs dimensions. La plupart, comme il est naturel, étaient longues et étroites, laniérées, mais certaines étaient rectilignes, d'autres incurvées, sans qu'on puisse en donner immédiatement une raison. "

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Photo aérienne 2005.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Photo aérienne ancienne 1950-1976.

Deux remarques :

-le maillage plus étroit des champs-lanières

-la meilleure lisibilité du cours d'eau, qui se dédouble après Kereuzen .

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Scan50 historique des années  1950.

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Entre les villages de Poraon et Kerun au nord et de Kersaniou au sud, la rivière passe par Kerenzen (4 bâtiments, dont un sur la rivière), et Moulin de Pont-Men (symbole en roue dentée pour "moulin"). La rivière se dédouble entre les deux lieux en deux bras, forment une retenue apparente.

La graphie Kerenzen est étonnante pour la date de 1959.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Carte d'Etat-Major 1820-1866.

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Même constatation, mais "Kerenzen" est précédé de la mention "Moulin". Un chemin descend de Kersaniou à Pont-Men , traversant la rivière en ce point pour regagner Trelannec ; un autre long la rivière au sud entre la route Quimper-Lanvéoc et Le Véniec et Kerglintin.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Cadastre de 1831, vue générale.

Le plan montre mieux la rivière se dédoublant en deux bras distincts entre Moulin de Kereuzen et Moulin de Pont-Men. Le bras nord, formant bief, est barré par le bâtiment de Pont-Men. Le moulin de Kereuzen semble avoir aussi un usage de ferme, car les trois bâtiments sont sur le chemin, et non sur la rivière. Il pourrait , comme un petit hameau, rassembler plusieurs familles qui ne travaillent pas en meunerie.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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La carte de Cassini (1783).

Les feuilles du Finistère ont été levées vers 1783 et publiées entre 1789 et 1815. Les informations qu'elles comportent datent donc de 1783.

"Les formes des toponymes proviennent des usages locaux. En effet, les ingénieurs ont reçu pour mission de travailler, pour leur collecte, avec les habitants — le plus souvent, les curés et les seigneurs — des lieux cartographiés."

http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/7_cassini.htm 

La feuille Carhaix-Plouher n° 171  dressée les ingénieurs Langelay, Fessard et C. Aldring sous la direction de de César-François de Thury de Cassini (1714-1784) est divisée en 21 rectangles. Celui le plus occidental nous concerne. La route Quimper-Lanvéoc y rejoint la route Le Faou-Crozon au dessus de la chapelle Saint-Laurent, en un carrefour qui deviendra Tal-ar-Groas "croisement des routes"

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095252f/f1.item.zoom

 

 

Nous y voyons l'Ance de l'Aber ,  la Rivière de l'Aber dominée au nord par Trébéron et Trellanec puis Porraon et au sud par Ruguenes [Raguenes]la Presqu'ile de Rozan et Kerdaniou [Kersaniou]. Lorsque l'estuaire se referme en un trait noir, le tracé de la rivière, les moulins apparaissent, signalé par une roue dentée : celui de Kerune, et celui de Colin. Ce dernier est accompagné du symbole indiquant un hameau. Plus loin, après la chapelle de Port-Salut (Porzh-Salo) un moulin n'est pas nommé : c'est celui de Ronvarc'h.

Nous constatons que le moulin Kereuzen a été nommé "moulin Colin" en 1783, du nom d'Anne Colin, la propriétaire (ou locataire), et non de celui de son mari Isidore Keraudren. Rappelons qu'Yves Colin, père d'Anne, y était décédé en 1766, tout comme sa mère Marie LE ROUX en 1779, et son frère Corentin COLIN en 1783 à 36 ans, alors que cette famille COLIN était passé par Landévennec (lieu de naissance d'Anne), Plogonnec ou Lennon, et Telgruc. Anne est venue à Kereuzen accompagnée dès 1766 (et vraisemblablement dès son mariage en 1761) de ses parents et de son frère.

Il n'est pas possible de préciser pourquoi le moulin n'est pas nommé KERAUDREN, alors qu'Isidore n'était pas décédé en 1783 et qu'il a inscrit son nom en 1795.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Qu'apportent les plans du cadastre de 1831 ?

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https://kartenn.region-bretagne.fr/sviewer/?&x=-300998&y=6138966&z=9&lb=0&layers=rb%3Aassemblage_cadastre_napoleonien&title=Acc%C3%A9der%20aux%20feuilles%20du%20cadastre%20napol%C3%A9onien

 

La limite entre Telgruc et Crozon passe par la rivière : le moulin de Kereuzen est décrit sur le cadastre de Telgruc, ainsi que les terrains du sud de la rivière

 

Plan cadastral 3P45/2/54 section 24-5.

Etat de section 3P 45/6 volume 4 sections  24-29. Section 24 de Saint-Laurent.

Treboul 3P 45/1/44  section 23-1. Les états de section ne sont pas disponibles (un seul volume, 3P 282/2-3)

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1. Telgruc, section 23-1.

Le dédoublement des bras, et donc le creusement d'un bief vers Pont-Men n'apparaît pas : il aurait été construit après 1831. Au contraire, c'est en amont de Kereuzen qu'un bief, rectiligne, suit, le long du chemin,  le tracé serpentin de la rivière.

Les champs lanières qui descendent de Kersaniou sont orientés soit nord-sud, soit est-ouest.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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2. Cadastre de Telgruc, section 23-1. Le moulin de K[er]euzen.

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Parmi les bâtiments 12, 14 (en pointillé) 15, 18, 22 , le moulin correspond à 15, avec le symbole d'une roue : l'eau venant du bief et de la retenue 19 passe sous l'arche du bâtiment 15. Une autre roue est symbolisée près de 14, correspondant à un trajet accessoire de l'eau dessiné au crayon bleu. L'eau regagne le ruisseau juste après un pont.

Ce plan indique donc une roue horizontale sous le bâtiment, comme au moulin de Rosmadec à Telgruc, avant qu'une roue verticale y soit installée après 1831.

Cette roue à pirouette était sans doute mieux adaptée à un cours d'eau à faible débit et faible dénivelé : l'altitude passe de 23 m environ à Kerledan à 12 m à Kerezeun, 3 km en aval. On la retrouve à Pont-Men.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Le plan cadastral de Crozon.

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Le moulin de Kereuzen n'y est pas représenté, hormis le "Pont du moulin de Kereuzen".  Il correspond à une zone déchirée. Bizarrement (le plan est-il plus tardif ?), juste après ce pont, un bief est figuré, au nord du ruisseau, se dirigeant vers l'étang 2173 puis le moulin avec sa roue. Là encore, une deuxième roue occupe le bâtiment 2175.

Après les parcelles 2423 à 2425, la parcelle 2426, nommée foennec vras ar pont (grand pré du pont)  est attribuée sur l'état de section à "Le Cap Corentin, meunier moulin de Kereuzen".

La parcelle 2299 appartenant à Pierre Le Corre est nommée foennec pont ar veil, "pré du pont du moulin".

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Entre le bief et la rivière, les parcelles 2175 à 2178  et 2294 à 2297 portent le nom de Tré an daou dour, "pâture entre deux eaux". 

Sur la pente nord, les parcelles en lanières 2179 (foennec vras), 2180 (foennec voan) et 2181 (foennec arguyoarch), et suivantes sont soit des landes, soit des près.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Le moulin de Pont Men.

Il est intéressant à étudier pour nous documenter sur celui de Kereuzen. L'état de section indique :

2167 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men  : Pratiz ar veil ("la pâture du moulin")

2168 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men . [Soldiv ?] à eau et courtil.

2173 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men ; étang : al len ("la mare")

2174 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men ; ar veil hir du [le long moulin noir]; Moulin à eau [Soldiv ?] à eau et courtil.

Didier Cadou a lu ar rodo goll : "canal de décharge". Il précise comment Louis Maurice Le Monze, cultivateur, demeurant à Kerdaniou,  a acquis le 15 septembre 1825 le moulin à Louis, René et Adélaïde Visdelou de Bedée, héritiers de leur père Charles-François Hyacinthe-Claude marquis de Bedée, et de leur mère Bonne du Han, décédée en 1816.

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Le bief aboutit à l'étang de retenue 2173 qui se déverse sous le moulin 2168 avec sa roue placée au milieu (et non latéralement) : une roue à pirouette ? Puis elle traverse la pâture 2167 pour rejoindre la rivière.

L'étang peut être dérivée directement dans la rivière par un canal, auquel se rattache un bâtiment comportant un roue de moulin : 2174, qui est décrit de la même façon que le moulin 2168.

Dans les deux moulins, l'eau passe sous le moulin et non à coté.

Le moulin de Pont-Men, mentionné dès 1725, sera définitivement fermé en 1956 par Alain LE CORRE.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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L'apparition de Corentin LE CAP, Meunier à Kereuzen entre (au moins) 1831 et (au moins) 1859.

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1°) Le nom de Corentin Le Cap avec le qualificatif de meunier au Moulin de Kereuzen apparaît dans l'état de section du cadastre de Crozon pour la parcelle 2426 Foennec vras ar pont

Il est possible ou vraisemblable que nous aurions retrouvé ce nom pour les parcelles du cadastre de Telgruc correspondant au moulin de Kereuzen, mais l'état de section n'est pas disponible.

2°) Il apparaît comme déclarant sur l'acte de décès de Jeanne Keraudren, cultivatrice, 78 ans, le 5 juin 1859 au moulin de Kereuzen. L'acte précise l'âge de Corentin LE CAP, 65 ans, sa profession, meunier, et son domicile, Moulin de Kereuzen.. Il était donc né en 1794. Il est accompagné d'un deuxième déclarant, Michel LE CAP,  cultivateur, 29 ans, Moulin de Kereuzen. 

 

https://gw.geneanet.org/harmegniesmad?lang=fr&p=jeanne&n=keraudren&oc=1

3°) Un généalogiste, François HARMEGNIES, signale son décès un an plus tard,  le 27 décembre 1860, au Moulin de Kereuzen.Il indique les identités de son père, Jean LE CAP, né vers 1768, décédé le 4 août 1814 à Kerazoret - Crozon (au nord de Kergoff-Port-Salut), cultivateur,  marié le 10 février 1790 avec Anne Le Corre (16 août 1765, Penanhoat en Crozon - 30 novembre 1844 à Crozon, cultivatrice)

https://gw.geneanet.org/fharmegnies?lang=en&pz=francois+edouard&nz=harmegnies&p=corentin&n=le+cap&oc=2

4°) Un autre généalogiste, Jocelyn Person indique sa date de naissance le 12 Octobre 1794 et son décès le 27 décembre 1860, ainsi que son mariage avec Jeanne KERMARREC (12 janvier 1802-17 avril 1885 à Kerbastum, Crozon), fille de André KERMAEC et de Jeanne GOURMELEN. 

La même source indique les neuf  enfants de Corentin LE CAP :

https://gw.geneanet.org/j438?lang=en&p=corentin&n=le+cap&oc=2

  • 1.  Anne Perrine LE CAP 1822-1845  Mariée le 23 Juillet 1844 avec Jean Marie KERAUDREN 1818, d'où :

    •  Marie Perrine KERAUDREN 1845-1884 Mariée le 18 juillet 1865 avec Joseph Marie GRAVERAN 1835-1869 

  • 2.  Marie Anne LE CAP 1824-1846  Mariée le 23 Juillet 1844 à Crozon (la même date que sa soeur),  avec Jean Pierre LE MONZE 1817-1853 d'où

    •  Louis Marie LE MONZE 1846-1856

  • 3.  Marie Perrine LE CAP 1827  Mariée le 6 février 1850  à Crozon , avec Jean Pierre LE MONZE 1817-1853 , d'où

    •  Jean Michel LE MONZE 1851-1851

    •  Anne Perrine LE MONZE 1852 x 4 Juillet 1868 à Alain DERRIEN 1846 

     Puis cette Marie Perrine LE CAP épousa le 14 février 1857 à Crozon Jean Marie BILLANT 1828 d'où 3 enfants

  • 4.  Marie Michelle LE CAP 1829-1829

  •  5. Jean Michel LE CAP 1830  Marié le 12 Janvier 1856 à Crozon avec  Barbe LE SENECHAL 1838  d'où 

    •  Jean Pierre LE CAP 1859-1889 

    •  Marie Yvonne LE CAP 1865 Mariée le 6 Janvier 1886 à  Crozon  avec Alain BOUSSARD 1861 

    •  Marie Claude LE CAP 1870-1930 x 29 January 1893 à Jean-Claude LE CORRE 1864  :

  • 6. Pierre Marie LE CAP 1832-1883  x Marie DERRIEN †1897 

  • 7. François LE CAP 1835-1899 x 11 Janvier 1864 à Marie Anne BODENAN 1836-1873

  • 8.  Corentin LE CAP 1838-1838

  • 9. Jean Claude LE CAP 1839-1840 x  Anne Perrine KERAUDREN, décédée 14 February 1820

 

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Pierre-Marie Gourmelen, meuniers à Kereuzen.

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1. Pierre-Marie GOURMELEN , (Crozon 1777 -Crozon 1808), meunier 1802-1808.

Sa profession de meunier est indiquée sur l'acte de mariage du 16 février  1802 avec Jeanne KERAUDREN, sur l' acte de naissance de son fils Pierre-Marie en 1805, et sur son acte de décès à 36 ans.

https://gw.geneanet.org/harmegniesmad?lang=fr&p=pierre+marie&n=gourmelen

 

2. Jean Pierre-Marie GOURMELEN , (Crozon 1805-Kereuzen Crozon 1863), forgeron cultivateur meunier .

https://gw.geneanet.org/harmegniesmad?lang=fr&p=jean+pierre+marie&n=gourmelen

Sa profession de meunier apparaît sur  un acte de 1849. Cette année, (sans doute en renouvellement d'un bail de 1840), Pierre Gourmelen, "meunier et cultivateur", loue pour neuf ans l'île de Rozan à son propriétaire, Louis-Victor Bourassin.  (J.J. Kerdreux, Avel Kornog  n°24 p. 53).

Elle apparaît aussi en 1861, 1862, 1863, 1863 et 1865 sur l'acte de naissance de ses enfants Anne, Jean-Pierre, François-Mathurin, et Catherine.

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Enfin, les actes d'état-civil mentionnent deux femmes  :

a) Marie-Anne Kerspern, cultivatrice à Kereuzen en Crozon en 1935

b) Marie-Berbiline RITA, cultivatrice, demeurant Moulin de Kereuzen où elle décéda le 12 avril 1953

https://gw.geneanet.org/ritap?n=rita&oc=&p=marie+berbiline

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La population de Kereuzen en 1841.

Registre de recensement Crozon 6M241.

Ce registre décrit deux lieux-dits "Moulin de Pont-Neuf": le second doit être assimilé à Kereuzen.

a) Moulin de Pont-Men n° 7863 à 7872. 8 personnes.

Louis LE MONZE, meunier.

Jean-Pierre LE MONZE, son fils, meunier.

Corentin LE MONZE, charpentier

Louis Maurice LE MONZE,, cultivateur,

Marie-Jeanne KERAUDREN, cultivatrice.

Marie-Claude LE BOUSSARD, domestique,

Alain LASTENNET, domestique.

b) Moulin de Pont-Men n° 8098-8118. 22 personnes (moulin de Kereuzen)

Corentin LE CAP, cultivateur

Marie-Jeanne KERMARREC, son épouse,

Anne, Marie-Anne, Perrine, Michel, Pierre, et François LE CAP cultivateurs

Jeanne Cor---ff, domestique, enfant trouvé

Pierre THIEC, domestique.

Pierre GOURMELEN, meunier et Marie-Jeanne POSTIC son épouse,

Jean-Pierre Marie, fils, , Isidore, Anne, Marie Corentine, et Joseph GOURMELEN, cultivateurs,

Anne KERAUDREN cultivatrice

Etienne KERAUDREN, Henry RIOU et Anne Alix, domestiques

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La population de Kereuzen en 1911.

Le registre de recensement (où Pont-Men ne figure pas) comptabilise trente personnes appartenant à cinq familles : celle de Yves KERSPERN, Pierre LE CORRE, Corentin DERRIEN, Joseph LE CORRE et Alain DERRIEN. Les chefs de famille sont qualifiés de cultivateur, et aucun de meunier. Ainsi :

Yves KERSPERN (né en 1868), "cultivateur", "chef, patron"

Marie-Yvonne (1874), son épouse

Marie (1901), Jeanne (1902), Anna-Perrine (1903?), Marie-Anne (1907) et Joseph-Marie (1911), leurs enfants

Marie-Anne LASTENNET (1834), "mère" (de Marie-Yvonne ?)

Eugène (Kerspern?), domestique, cultivateur

http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=viewer&doc=accounts/mnesys_cg29/datas/ir/serie_m/FRAD029_00000006M.xml&page_ref=20449&lot_num=3&img_num=1&index_in_visu=

 

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Pour évaluer la valeur de ces chiffres de nombre d'habitants au moulin de Kereuzen, je peux me baser sur le registre du recensement de Telgruc en 1841  — page 11— pour le moulin de Ronvarc'h, immédiatement en amont de Kereuzen, avec ses 9 habitants : outre les deux  meuniers Jean MORÉ, veuf, ( et ses enfants Yves et Barbe), et Pierre-Marie MORÉ   (et son épouse Marguerite FOUEST et leur fils Jean), 3 domestiques sont employés.  http://www.notrepresquile.com/population/recensement/telgruc/1841.php

Au moulin de Kerloc'h, toujours sur Telgruc, le meunier Yves FOUEST habite avec sa femme Marie-Jeanne QUEMENER, leurs fils Nicolas et Pierre et leur fille Anne.

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CONCLUSION.

J'ai abordé ce sujet en simple curieux, sans connaissances locales ni compétences   ; mon enquête sur place m'a appris que d'autres m'avaient précédés, mais je n'ai pas trouvé de publication ni de documents : je souhaite que cet article incite les auteurs plus qualifiés que moi à approfondir la connaissance sur ce moulin, et à corriger mes erreurs.

 

 

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LES AUTRES MOULINS À EAU DE LA PRESQU'ÎLE.

La carte de Cassini en montre :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095237v/f1.item.zoom

— 6 sur la rivière de l'Aber, Kerune, Colin, [Ronvarc'h], puis sur Telgruc  Kerspern, Kerledan et sur Argol Kerenpren.

—2 à Telgruc sur le ruisseau alimentant le Port de Goat : ceux de  Kergreac'h (Port du Craon) et Kerstaigoff [Rostégoff]

— 1 sur Roscanvel, "Pointe du Diable" (sur le ruisseau Ragadal IGN).

Cette quantité est sans doute sous-estimée, mais la recherche est rendue plus difficile sur les cartes postérieures. On signale aujourd'hui que plusieurs dizaines de moulins à eau existaient  sur la Presqu'île.

Didier Cadiou en compte 10 sur le cours de la rivière de l'Aber : Pont-Men, Kereuzen, Ronvarc'h (ou Meil Gorré), Le Launay, Meil Jeun, Keredan, Peran, Kernon, Kerloc'h, et Moulin-Neuf sur Argol.

Parmi ceux de Telgruc, le Moulin de Kerledan a été restauré et remis en fonctionnement.

Sur la presqu'île de Crozon, il signale en outre ceux de Lostmarc'h, Tromel, Penfond (ou Penfont, sur la rivière de Kerloc'h), La Fraternité (Roscanvel), Poulmic (Lanvéoc), et Rosmadec (Telgruc).

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/lanveoc/manoir-de-poulmic-001.php

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/moulin-a-farine/bc94c3fe-6e98-46df-b209-2506b9be7511

" Le moulin de Rosmadec est lié au manoir disparu du même nom. La porte du 16e siècle semble être le seul vestige du moulin primitif. Le cadastre ancien figure un moulin à roue horizontale alimenté par un canal qui mène l'eau sous le bâtiment. Le moulin actuel semble avoir été partiellement reconstruit après 1831selon un autre système de fonctionnement. "

Moulin à eau de Roscanvel. https://www.presqu-ile-de-crozon.com/roscanvel/moulin-a-eau-roscanvel-001.php

Les moulins à eau les plus nombreux se trouvaient sur les ruisseaux se jetant dans l'Aulne, à Trégarvan (n=4) et à Dinéault (n=16).

À Trégarvan, : "Des quatre moulins figurant sur le cadastre de 1831 (moulin de Garvan, deux petits moulins au Cosquer, moulin de Kerfréval), seul celui du Garvan subsiste en partie en élévation. Les trois autres, situés sur le Stêr ar Pont Men, un affluent de l'Aulne séparant Trégarvan d'Argol, à l'ouest de la commune, ont disparu. Envisagé en 1837, le projet d´installer un haut fourneau près du moulin du Garvan n'a pas été réalisé."

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/les-moulins-sur-la-commune-de-tregarvan/443d850d-fe90-41f2-8b56-8f1690fb47c1

À Dinéault , il en existait 16 en 1848, dont 9 ont disparu. Il persiste les vestiges des moulins de Coz Veil, Kergoat, de Rouinstin et du Veyer. Le "Moulin d'Eau" dépendait du manoir de Trévoazec (Trefgoazec en 1536). Le Moulin de Rozarnou dépendait du manoir de Rozarnou.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-le-moulin-d-eau-dineault/6fbc1207-1856-4c17-b9b5-0e08807b87bf

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-le-moulin-de-lezaff-dineault/7a464384-31f8-40d8-8332-43abd0ef8c4c

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-le-moulin-d-eau-dineault/6fbc1207-1856-4c17-b9b5-0e08807b87bf

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-rozarnou-dineault/24b97466-8340-4ae2-b701-bcd9b77d1858

"Pour la plupart déjà présents sur la carte de Cassini (vers 1770), les moulins à eau de Dinéault étaient particulièrement nombreux. Parmi les seize sites localisés sur le cadastre de 1848, douze figurent sur le Garvan, un affluent de l´Aulne (Cosquer, Kerveur, Veyer, Lézaff, Treffiec, Ty Voënnec, le Stir, Kernevez, Kergoat, Roscoat, Coz Milin, Rouistin), un sur un affluent du Garvan (moulin de Dourvénez), un sur un affluent de l´Aulne (Roudouhir) et deux sur des affluents de la rivière de l´Aulne (Moulin d´Eau, Rozarnou). Les édifices, pour l'essentiel bâtis aux 17e et 18e siècles, s'ils n'ont pas disparu, ont connu des remaniements successifs ou des reconstructions entières. En 1799, le moulin de Veyer, tenu à titre de domaine congéable depuis 1766 par un nommé Le Pennec, était couvert de chaume. A l'état de vestiges en 1968, le rez-de-chaussée était divisé en deux parties abritant les mécanismes d'un côtés (deux roues horizontales) et la salle commune de l'autre. Le moulin de Coz Veil, remanié, porte la date de 1799. Le moulin de Kergoat (Ty Coz) abritait en 1970 les vestiges de meules. Plusieurs moulins, dont deux dans un état de conservation critique (Rozarnou, Moulin d'Eau), conservaient encore une partie de leurs mécanismes lors de l'enquête de 1968-1970. Ils font, tout comme le moulin de Lézaff, l'objet de dossiers individuels."

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-rozarnou-dineault/24b97466-8340-4ae2-b701-bcd9b77d1858

Moulin de Lézaff sur le Garvan

Le moulin était alimenté par plusieurs cours d'eau dérivés du ruisseau du Garvan. Il dépendait à l'origine du manoir éponyme situé à quelques centaines de mètres au sud. En 1719, il fait toujours partie du domaine noble de Lézaff. Le bâtiment actuel, qui abritait à la fois les mécanismes et le logis du meunier, porte la date de 1792. L'activité s'est arrêtée dans les années 1950. Parmi les deux meules en place en 1968, une seule subsiste aujourd'hui. Le cadastre de 1848 fait état d'un système hydraulique complexe, encore en grande partie identifiable (retenue, canaux d'amenée) alors que le four à pain situé au milieu de la cour a disparu. D'une ferme au sud subsistent le logis et les dépendances (transformées).

Le site a gardé l'empreinte de son usage ancien. Le moulin de Lézaff est le seul moulin de Dinéault qui conserve encore une de ces meules en pierre calcaire concassé et cerclé.

 le Moulin d'Eau (Dinéault)

Le moulin dépendait du manoir de Trévoazec (Trezfgoazec en 1536). Le cadastre de 1848 fait état de deux parties ; les bâtiments au nord correspondent au logis (18e siècle remanié au 19e siècle) et à un four à pain, les deux bâtiments au sud dont un portait la date de 1694 abritaient respectivement les mécanismes d'un moulin à pirouettes avec une roue horizontale et une remise surmontée d'un grenier, à l'origine également un moulin comme le montre le cadastre se 1848. Ces deux corps de bâtiments étaient traversés par un petit ruisseau, affluent de l'Aulne. L'ensemble était en ruine avant 1970. Le logis et le four à pain sont en cours de réhabilitation.

Le Moulin de Rozarnou

Le moulin dépendait du lieu noble de Rozarnou, propriété des Kersauson en 1536. Situé dans l'ancien bois seigneurial et alimenté par un affluent de l'Aulne, il a été reconstruit au 19e siècle. En 1968, la structure du bâtiment et les mécanismes, bien que désaffectés, étaient intacts et le bâtiment était partiellement couvert de chaume. Un nouveau logis a été récemment construit à côté du moulin ruiné. Le site, inaccessible lors de l'enquête, a été profondément restructuré à l'époque contemporaine, avec, notamment, la création d'un étang au nord.

Je signale en Finistère les moulins à eau conservés :

Moulin du Pont à Daoulas (écomusée)

Moulin de Keriolet à Beuzec-Cap-Sizun

Musée de la Rivière à Sizun (Parc d'Armorique)

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Plans cadastraux de quelques moulins.

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Plan cadastral du moulin de Ronvarch (Telgruc) 1831

Plan cadastral du moulin de Ronvarch (Telgruc) 1831

Plan cadastral 1831 du moulin de Launay (Telgruc)

Plan cadastral 1831 du moulin de Launay (Telgruc)

Plan cadastral du moulin de Kerledan (Telgruc) 1831

Plan cadastral du moulin de Kerledan (Telgruc) 1831

Plan cadastral du moulin de Penfont (Crozon) 1831

Plan cadastral du moulin de Penfont (Crozon) 1831

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SOURCES ET LIENS.

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— BUFFET (Henri-François), 1952, La toponymie du canton de Port-Louis  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1952  59-2  pp. 313-336

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1952_num_59_2_4403

— CADIOU (Didier), KERDREUX (Jean-Jacques), 2015, Toponymie de Tal-ar-Goas, Avel-Gornog n°24 pages 73-79.

— CADIOU (Didier), 1994, Le moulin de Pont-Men, Echo des Moulins, 2 pages.

— FLATRÈS ( Pierre), 1957,  La structure rurale du Sud-Finistère d'après les anciens cadastres . In: Norois, n°16, Octobre-Décembre 1957. pp. 425-453; doi : https://doi.org/10.3406/noroi.1957.1191 https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1957_num_16_1_1191

https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1957_num_16_1_1191

— TRÉPOS (Pierre), 1953  La notation des toponymes bretons Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1953  60-1  pp. 200-212

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1953_num_60_1_1927

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon Inscriptions
30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 14:14

Les navires sculptés (leucogranite, v.1547) de l'église de Plogoff.

 

 

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« Les nombreuses églises et chapelles disséminées le long des côtes [du Cap Sizun] furent justement construites en ce 16e siècle qui vit fleurir intensément l’industrie des pêcheries, des sècheries et de la navigation. Pour bien marquer la part qui leur revenait dans ces bâtisses élevées de leurs deniers, les marins firent sculpter sur les tympans des portails et des porches des bateaux avec leur mât et leurs équipages navigant au milieu des poissons et des oiseaux de mer. » (Daniel Bernard)

Cet article appartient à une série d'articles  sur les "carvelles" (navires de commerce) ou les embarcations de pêche sculptées sur pierre en Finistère  (liste =/- chronologique): 

 

liste qui sera à compléter par :

 l'église de Plouhinec (ex Poulgoazec) ou chapelle Saint-Julien de Poulgoazec

Chapelle Saint-Yves (moitié du XVIIe) de Plogoff .

Chapelle Saint-Trémeur, (façade, deux barques)

Chapelle Sainte-Hélène à Douarnenez (poissons et Fou de Bassan et barque à  3 ou 4 marins)

église de Goulien barque de pêche à 3 marins.

église Saint Codoan de Poullan-sur-mer

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Voir aussi dans la même région du Cap Sizun les embarcations de pêche sculptées sur bois sur les sablières :

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Voir les graffiti normands :


 

-Dives-sur-mer, église : 400 graffiti

-Saint-Vaast la Hougue, chapelle des Marins, graffito,  XVIe

http://www.saintvaast.fr/pageLibre000125fc.aspx

-Vatteville-la-rue graffiti des murs de l'église

http://www.jpdugene.com/camping_car/normandie_2012/2012-08-07.htm

-Fécamp, abbatiale Ste-Trinité, graffiti

http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/sites/default/files/forge/vignettes/abbatialeFecamp.jpg

-Région de Fécamp :

http://www.fecamp-terre-neuve.fr/GalerieGraffiti.html

-Honfleur, Maison Erik Satie, graffiti XVIe-XIXe

-Eglise d'Hénouville:

http://perso.numericable.fr/~arnaudser/serander/Henouville/Graffiti.htm

-Dreux, beffroi, graffiti de 1537 :

https://www.sagaphoto.com/photo.asp?from=liste&id=PF008391#.XlEHBWhKiM8

-Couvent Sainte-Barbe de Canteleu près de Rouen:

https://rouen.blogs.com/photo/2007/11/o-trouver-ce-gr.html

 

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PRÉSENTATION.
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Je l'emprunte au dossier de l'Inventaire Général (Ducouret, 1983) :

"La partie la plus ancienne de l’église paroissiale de Plogoff remonte au 16e siècle, ainsi que l’indique l’inscription en lettres gothiques sur le portail ouest déchiffrée ici par H. PERENNES : « Jour de Mae l’an mil V centz XLVII fust fonde le cllohe. »

Puis s’en est suivi, au cour des siècles suivants, une série de restaurations et modifications rappelées par plusieurs inscriptions datées sur différentes parties de l’édifice : 1649 et 1661 (à l’envers) sur le bras nord du transept, 1737 sur le clocher (date qui renvoie à l’époque où le clocher, qui se trouvait jusqu’alors au milieu de l’église, a été rebâti à son emplacement actuel), 1764 et 1777 au niveau du porche sud et 1853 au fond du sanctuaire.

On sait également que l’église a été rehaussée et lambrissée à l’intérieur en 1835.

La dernière grande restauration en date a débutée en 2008 et achevée en 2012. Les interventions ont eu lieu sur le clocher, la toiture, la voûte et les vitraux.

Voici les différentes inscriptions qui accompagnent les dates relevées sur le bâtiment :

Bras nord du transept : MRE : HENRY GUILLOU R : 1649

Chambre des cloches : A. PH. LICAVAN. R 1737 DOM JEAN PERCHERIN. Ptre CVRE. H. NORMANT FABRIQVE. H. ROSEN FABRIQVE

Mur sud, près du porche : VD : M : C : PRISER R : 1764 Porche sud : B.M.LORIENT Rr 1777 (précisons que ce nom orne également trois croix monumentales de la commune datées de 1773 à 1776)

Fond du sanctuaire : 1853, Yves recteur, Jean-Marie Carval, maire. J.-Y. Marzin, trésorier.

En forme de croix latine, l’église en pierres de taille [leucogranite] comprend une nef avec bas-côtés et deux chapelles formant transept. A l’intérieur, les arcades sont soit gothiques, soit en plein cintre.

Le clocher se trouve sur le pignon ouest et surplombe une porte du même style et de la même époque que celle de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. On peut observer sur ce même pignon deux des trois « vaisseaux de pierre » sculptés sur les murs extérieurs de l’édifice, le troisième se trouvant sur la façade sud. D’autres sont sculptés sur certains piliers de la nef. Ce type de motif se rencontre régulièrement dans le Cap-Sizun. On en trouve un autre dans la commune sur le pignon est de la chapelle Saint-Yves."

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J'en retiens que les navires de pierre de l'église datent, au plus tôt, de sa fondation (ou de celle du clocher) en 1547. J'en présenterai quatre.

1.  Au-dessus du porche ouest, à gauche du fleuron du gable. Chaloupe de pêche, 5 marins remontant les lignes chargées de poissons.

2. Au-dessus du porche ouest, à gauche du fleuron du gable. Chaloupe de pêche, 3 marins remontant les lignes chargées de poissons.

3.  Sur la façade sud. Chaloupe de pêche, trois marins dont le maître de barque tenant la barre.

4. Sur un pilier sud de la nef. Nef avec deux marins. 

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Je montrerai aussi, tant qu'à être là,   :

-les inscriptions lapidaires que j'ai pu relever.

-les autres chapiteaux de la nef.

- les vitraux 

-la Pietà

-la statue en kersanton par le Maître de Plougastel avec l'inscription I. BOCOV, que je commenterai.

 

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription de fondation au dessus du porche ouest. Leucogranite érodé, 1547.

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En 1940, Pérennès lisait encore « Jour de Mae l’an mil V centz XLVII fust fonde le cllohe. ». En 1988, Couffon lisait " ... JOUR DE MA... / LAN MIL V...Z / XLVII FUST / FOND... LE CLO...", ce que nous pouvons encore deviner en partie en 2020. Donc, "un jour de mai 1547 fut fondé le clocher".

La construction du porche occidental avait dû, en toute logique, précédée celle du clocher de quelques années, mais la position de l'inscription de fondation en haut du gable du porche s'applique aux deux navires de pierre qui encadrent le fleuron.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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1.  Au-dessus du porche ouest, à gauche du fleuron du gable. Chaloupe de pêche, 5 marins remontant les lignes chargées de poissons.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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2. Au-dessus du porche ouest, à gauche du fleuron du gable. Chaloupe de pêche avec 3 marins remontant les lignes chargées de poissons.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LA FAÇADE SUD.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Une porte cintrée est sévèrement encadrée, comme à la règle et à l'équerre, par deux pilastres barrés d' une corniche qui est la base du fronton ; et, au centre de ce dernier, une niche qui reproduit en miniature le même motif. La niche est vide,et l'œil s'oriente vers les austères majuscules d'une inscription  surveillée par un masque. Le soleil et l'ombre nous aident à déchiffrer : B.M.LORIENT RR 1772.

  Ce nom orne également trois croix monumentales de la commune datées de 1773 à 1776, à Trogor, Kervergar et  à la chapelle Saint-André  à Landrer. C'est celui de Bernard-Marie LORIENT, recteur de Plogoff de 1768 à son décès le 14 octobre 1782 

J'ai omis de photographier l'inscription "SIMON. CARVAL. F. 1772." sur un contrefort de ce porche.

https://gw.geneanet.org/lydie6463?lang=en&pz=liliane+jeanne+mauricette&nz=le+floch&p=simon&n=carval

Plusieurs individus répondent à ce nom.

Simon CARVAL, né en 1714 à Goulien et décédé le 26 juin 1774 au manoir de Kerivoa à Audierne, marié à Hélaine LE BORGNE , d'où Simon CARVAL, né en 1744 à Kerivoas, Esquibien.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Inscription de la façade sud, juste avant l'avancée du porche sud.

inscription du mur sud, dans un cartouche asymétrique en leucogranite près du porche :

VD : M : C : / PRISER RII : 1764

RII correspond à RR de l'inscription du porche : Recteur. Nous pouvons transcrire ainsi : Vénérable et Discret Messire C. PRISER, recteur en 1764. Il s'agit de Clet PRISER, né à Trogor (Plogoff) le 17 mai 1528 de Jean et de Marie Guillou, curé de Plogoff de 1747 à 1757 puis recteur de Plogoff de 1757 jusqu'à son décès le 11 novembre 1768 (BDHA 1940).

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Nous étions sur le coté gauche du porche sud, mais nous voici de l'autre coté, à droite, dans le recoin qui précède la baie. C'est là que nous trouvons une inscription et un navire sculpté , dans un emplacement peu avantageux qui indique un ré-emploi.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Inscription de la façade sud, juste après l'avancée du porche sud.

Lettres capitales romaines, de taille irrégulière. Pierre de réemploi, peut-être incomplète

H : GVILLOV.

Selon Couffon, L'aile nord du transept porte l'inscription : "Mre. HENRY. GVILLOV. R. 1649.", puis la date de 1661 à l'envers.

La chapelle  Saint-Yves de Plogoff porte au fronton ouest  l'inscription "Mre. H. GVILLOV. RECTEVR. 1648.".

Henry Guillou fut recteur de Plogoff de 1646 à 1667.

Les généalogistes mentionnent un Yvon GUILLOU, né à Audierne vers 1630, qui épousa Éléonore BOCOU (un nom sur lequel nous allons revenir), d'où 7 enfants, dont Henry GUILLOU, sieur de Kerversit, "noble homme"  né à Audierne en 1659, marié à Marie Priol  et décédé à Plogoff le 30 octobre 1713. Mais aucun de ses 7 enfants ne porte le prénom Henry.

https://gw.geneanet.org/jargor?lang=en&p=henry&n=guillou&oc=3

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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3.  Sur la façade sud. Chaloupe de pêche, trois marins dont le maître de barque tenant la barre.

La barque est à clins, en forme de sabot, avec une étrave convexe et un étambot incliné, et surtout un gouvernail assez large et dont la barre est finement représenté.

Le patron tient la barre de la main droite et se tient au plat-bord de la main gauche. Les deux matelots se tiennent par la taille. On ne voit aucun matériel de pêche et aucun mât.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le cliché de Fabien Serre pour l'Inventaire Général est bien meilleure et dégagée de l'ombre:

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Fabien Serre, copyright Région Bretagne.

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4. Sur un pilier sud de la nef. Nef avec deux marins. 

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Pour continuer à suivre le fil thématique de mon article, je vous fais pénétrer dans l'église pour découvrir les chapiteaux sculptés de ses piliers. Le premier au sud montre, entre des feuillages, une barque de pêche. Je l'ai désigné prudemment comme une "nef" car le dessin est plus rudimentaire,  (le pilier serait-il plus ancien ?) et  montre une sorte de château arrière.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Quelques autres chapiteaux.

Les photos sont ce quelles sont, mais donneront une idée de ce décor :

Un couple bras dessus bras dessous.

Masque crachant des feuilles.

Armoiries des Rosmadec.

Barque et feuillages

Angelot

feuillages

Scène animalière : renard (?) goûtant une feuille.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Les armoiries des Rosmadec : pallé d'argent et d'azur à sic pièces.

Elles se justifient par les droits prééminenciers des seigneurs du manoir de Kergaradec, à un kilomètres du bourg de Plogoff. Selon Pérennès, "la terre de Kergaradec, qui avait primitivement fait partie de la seigneurie de Tyvarlen en Landudec, fut baillée en partage le 26 Août 1474, par Riou de Rosmadec à sa sœur Marguerite de Rosmadec, épouse de François de Boiséon, baron de Kerouzeré." En 1628, Claude , comte de Boiséon, céda cette terre à Yves Autret.

Plus important pour mesurer le lien entre ces seigneurs et les barques de pêche, "Les propriétaires de Kergaradec avaient une rente sur les pêcheries du Cap-Sizun, garantie par des actes du 2 Juillet 1494 et 31 Janvier 1499."

Les armoiries pleines ou en alliance des Rosmadec se trouvaient sur une croix dite de Keroullant, ou sur le porche du cimetière, sur les fonts baptismaux, et sur la maîtresse-vitre.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Restons à l'intérieur pour examiner

QUELQUES VITRAUX.

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1. Comment Notre-Dame révéla à Dom Michel Le Nobletz qu'il devait donner des missions en Cornouailles. Signature E. Lobin à Tours, 1917. Coté nord.

Un autre vitrail montre au sud par le même verrier "Comment le R. P. Julien Maunoir par aide et assistance de Notre Dame put en huit jours apprendre la langue bretonne et faire le catéchisme à la chapelle de Ty-Mam-Doue."

Je photographié celui-ci pour la peinture de la famille bretonne en costume d'époque, devant l'église.

L'atelier Lobin de Tours a été créé en 1848 par Julien-Léopold Lobin (1814-1864), auquel a succédé Lucien-Léopold Lobin (1837-1892), époux de Louise-Anne Florence, puis son beau-frère Joseph-Prosper Florence (ou Jean-Prosper)jusqu'en 1905. L'affaire périclite sous le nom de "Lobin et Florence".

La signature "E. LOBIN TOURS 1917" pose alors problème : mais il s'agit d'Etienne Lobin, qui réalisa par exemple entre 1920 et 1922 quasiment l’ensemble des verrières de l’église Saint-Martin de Tournon. Il  était à l’époque actif à Paris, mais  avait encore comme adresse commerciale TOURS en Indre-et-Loire. Voir les 215 résultats de l'interrogation Pop.culture.gouv.fr :

https://www.pop.culture.gouv.fr/search/list?mainSearch=%22etienne%20lobin%22

 

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Comment le R. P. Julien Maunoir par l'aide et assistance de Notre Dame put en huit jours apprendre la langue bretonne et faire le catéchisme à la chapelle de Ty-Mam-Doue.

C'est le fameux et édifiant miracle de Ty-Mamm-Doué, mieux connu par la peinture de Yann d'Argent en la cathédrale de Quimper.

Ici, le peintre nous donne un tableau d'un groupe d'enfants en costume breton.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Comment S. Corentin montra intact et vivant au roi Grallon le poisson de sa fontaine. Signature J-P. Florence et Cie, Tours 1903. Coté sud.

Saint Guénolé, abbé fondateur de Landévennec et saint Corentin, évêque de Quimper mais auparavant ermite sur le Ménez-Hom (qui domine Landévennec) sont face au roi Gradlon, agenouillé.

Joseph-Prosper Florence est également intervenu à Quimper pour les vitraux de l'église Saint-Mathieu en 1896.

http://www.lavieb-aile.com/2020/03/les-vitraux-de-saint-mathieu-a-quimper.html

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Comment S. Cotodoc venant de Grande-Bretagne en Armorique s'établit à Cléder. Signature  J.P. Florence et Cie  Tours 19--
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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Comment S. Cotodoc assista dans ses derniers moments son ami S. Kerrien. Signature  J.P. Florence et Cie  Tours 19--

 

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Une Pietà.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le clocher, ses tours et ses inscriptions.

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"Le clocher, qui jadis se trouvait, dit-on, au milieu de l'église, fut rebâti, en 1733, à l'endroit où il est actuellement. On lit, en effet, au bas de la chambre des cloches : A. PH. LIGAVAN. RECTEUR. 1733.DON JEAN PERCHERIN. ptre CVRE. H. NORMANT FABRIQVE. H. ROSEN FABRIQVE : (Pérennès)

 

"Le clocher, qui, jusqu'au XVIIIe siècle, était au milieu de l'église, fut rebâti sur le pignon en 1733. On lit, sur la chambre des cloches : "A. PH. LIGAVAN. RECTEVR. 1733. DOM. IEAN. PERROSEN. FABRIQVE."

Sur le pignon, des bateaux en bas-relief indiquent la participation des pêcheurs. A la base de la flèche courte, tympans ajourés ; galerie à balustrade classique." (Couffon)

 

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Je lis sur le coté gauche sur trois lignes dans un cartouche réglé:

V.V --A

LIGAVAN

RR 1733.

que je transcris comme [Vénérable ?] Alain Ligavan, recteur 1733.

Alain Ligavan fut recteur de Plogoff de 1686 à 1727.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Je lis péniblement à droite l'inscription de 3 lignes:

V--- [peut-être V:D IAN]

PERCHIR

---C

La transcription s'inspire de la lecture de Pérennès DON JEAN PERCHERIN. ptre CURÉ. (le titre DON est très improbable et non confirmé). La leçon de Couffon DOM. IEAN. PERROSEN. FABRIQVE." n'est pas confirmée.

Le même auteur relève le nom de Jean PERHIRIN, curé de Plogoff de 1724 à 1746.

Je transcris Vénérable et discret(?) Jean Perchirin Prêtre Curé. Placée en symétrie à la suite de l'inscription précédente, celle-ci indique, après le nom du recteur LIGAVAN, celle de son curé.

Le nom est bien attesté à Plogoff (33 mentions), sous la forme PERCHERIN, mais aussi ailleurs avec les graphies PEHERIN , PEHIREN , PEHIRIN , PENCHIRIN , PENHIRIN , PER'HIRIN , PERCHEIN , PERCHIRIN , PERHERIN , PERHIRIN , PERHYRYN , PERIHIN , PESCHEIN , PIHERIN , PIHIRIN , PIRCHERIN , PIRCHIRIN , PIREHEN , PIREHIN , PIRHERIN , PIRHIRIN , PIRIHIN , PRIREHEN  et PRIRHEN (Geneanet)

Les individus mariés sont mieux retenus dans les généalogies, et on trouve à Plogoff les prénoms de Paul, Jean François ou Hervé.

 

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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En dessous : longue inscription de deux lignes.

La première ligne n'a pas été déchiffrée par les auteurs. Je comprends pourquoi. Je devine pourtant quelque chose comme :

-CI-H.H LENIEHCANT

La deuxième ligne a été lue H. NORMANT FABRIQVE. H. ROSEN FABRIQVE , mais je crois que le mot  FABRIQVE est extrapolé de la simple initiale F.

NORMANT F. H. ROSEN F

Le patronyme Le NORMANT est attesté au XVIe siècle à Plogoff, de même que celui de ROSEN ou ROZEN ; ainsi, Henry Rosen sur geneanet

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le clocher, coté nord, et sa tourelle.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Masques et frise de la tourelle.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Retour au porche ouest.

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Comparez avec celui de la chapelle Saint-Tugen, où le tympan est ajouré, et le gable découpé. :

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Porche sud de la chapelle Saint-Tugen à Primelin. Photo lavieb-aile

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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La statue d'un apôtre, en kersanton d'une niche à dais du porche ouest.

Cet apôtre qui a perdu l'attribut qu'il portait en main droite est peut-être saint Pierre (calvitie et toupet frontal). Il s'apparente aux statues d'apôtres de la chapelle Saint-Tugen et de l'église de Confort-Meilars attribuée au Maître de Plougastel actif de 1570 à 1621 (E. Le Seac'h). On retrouve le noble hiératisme de cet atelier (dont Roland Doré est l'élève).

On retrouve aussi les mêmes détails vestimentaires, la tenue du livre ouvert, la même disposition du pan de manteau, des plis et du phylactère déroulé sous la main gauche.

Mon hypothèse se trouve confirmée en consultant l'ouvrage de Le Seac'h page 195 dans son chapitre consacré à ce Maître et page 336  : elle l'admet bien dans son Catalogue raisonné de ses œuvres .

Voir :

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Saint Pierre, kersanton, Maître de Plougastel; Porche sud de la chapelle Saint-Tugen. Photo lavieb-aile.

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Credo des Apôtres de la façade ouest de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile.

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Credo des Apôtres de la façade ouest de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le socle porte l'inscription I : BOCOV.

Faut-il transcrire "Ian Bocou",  et se référer à Jean (ou Yves) ou "Iac Bocou"  et se référer à Jacques ? Faut-il y voir le même individu que celui qui a inscrit son nom J. BOCOV avec le chronogramme 1626 sur le clocher de la chapelle Saint-André de Plogoff ?

Un Yves BOCOU est né en 1608 à Pont-Croix, de même qu'un Jacques Bocou. Un Jean Bocou est né le 25 février 1628 à Pont-Croix, et décédé le 29 juillet 1706 à Esquibien.

Comme il n'existe aucune mention d'un prêtre ou recteur correspondant à I. BOCOU ou J. BOCOU, il faut, et c'est assez logique à la base d'une statue, y voir le nom d'un fabricien.

La date gravée à la chapelle Saint-André est presque cohérente mais un peu tardive avec la période d'activité du Maître de Plougastel.

Guillaume Bocou.

On connait mieux Guillaume Baucou, qui fut recteur de Cléden-Cap-Sizun entre 1644 et 1647 puis une seconde fois entre 1656 et 1660, car dont le nom apparait sur deux linteaux de'une maison de Lescoff en Plogoff. Elles se lisent M : G : BOCOU P CANONICUS CORISOP (?) ET REC DE CLEDEN ou « Monseigneur Guillaume Bocou chanoine de Quimper et recteur de Cléden » (linteau de la porte d’entrée), et M : G : BOCOU P CANONICUS LEONEN : 1661 ou « Monseigneur Guillaume Bocou chanoine de Léon » (linteau fenêtre est de l’étage).

Un Guillaume BOCOU chanoine de Quimper et pourvu de la prébende de Beuzec-Cap-Sizun, résilia celle-ci pour devenir  recteur d'Elliant de 1674 à 1678. Il signe comme chanoine de Quimper en 1662.

Le même fut effectivement recteur de Beuzec-Cap-Sizun de 1641 à 1674 avant de se démettre.

Sa statue est érigé sur la façade sud de l'église de Cleden-Cap-Sizun.

Un Guillaume BOCOU, chanoine du Léon, fut recteur de Pleyber-Christ de 1639 à 1644 (BDHA 1914).

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— BERNARD (Daniel), 1950,  Cléden-Cap-Sizun : monographie d'une paroisse et d'une commune de la presqu'île du Cap-Sizun, 1952. Bull. SAF

 

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin/annee_1950.html

 

 

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, Maison de prêtre de Lescoff

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/maison-dite-de-pretre-dite-ti-bras-lescoff-plogoff/df1322a6-fc78-485c-9bd7-5e66f292d759

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, Eglise paroissiale Saint-Collodan de Plogoff, Dossier IA00006280 de l'Inventaire Général.

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-collodan-plogoff/2e45a8a7-4e4b-4942-b513-86b4411aa1a4

— LE CARQUET (H.), 1899 : Les chapelles du Cap Sizun (Bull.S.A.F. 1899).

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.pages 189-191

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— PÉRENNÈS (Chanoine Henri), 1940, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon dans, Bulletin de la Commission diocésaine d'histoire et d'archéologie de Quimper. 1940 Archives diocésaines de Quimper

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Chapelles bretonnes. Navires sculptés
22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 15:04

Le calvaire (kersanton, 1660, Roland Doré), la Vierge à l'Enfant (kersanton, v.1660, Roland Doré), et Marc évangéliste (kersanton, v.1660, Roland Doré) de l'église de Cast.

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1°) Voir sur la commune de Cast :

 

— Sur cette église Saint-Jérôme de Cast :

Sur la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Cast :

 

 2°) Sur les œuvres de Roland Doré, voir : 

 

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Sur des calvaires d'autres ateliers (Prigent, Maître de Plougastel, etc.) :

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PRÉSENTATION.

Le calvaire de Cast est l'un des nombreux calvaires sculptés dans la kersantite par l'atelier landernéen de Roland Doré. 

Nous y retrouvons inévitablement les mêmes Christ en croix avec tous les traits spécifiques à cet atelier, tels que je les ai présentés dans mes articles précédents, et que je rappelle ici en annexe. Ainsi que l'une des nombreuses Pietà de l'atelier, et une Marie-Madeleine aux cheveux retenus par le fameux bandeau occipital.

Alors, à quoi bon jouer au paparazzi pour multiplier les clichés de ce calvaire semblable à mille autres calvaires?

Pour un amateur, la question est presque sacrilège. En effet, toute œuvre d'art est unique. Surtout, parfois, par ses originalités.

a) La première originalité (si fréquente après tout qu'elle n'en n'est plus une), c'est le remontage fautif des statues géminées (à deux personnages dos à dos). La règle théorique est de trouver la Vierge à droite du Christ crucifié, et Jean à gauche. Mais l'ignorant qui a, (j'ignore quand, tant mieux pour lui) remis en place les éléments dispersés (Couffon indique que l'église conservait de son temps "débris de calvaire dont un Christ en croix de Roland Doré") a confondu la Vierge et Marie-Madeleine (pourtant facile à reconnaître avec son flacon d'aromates), et a inversé la statue géminée de ce groupe.  Première singularité, bien que je souhaite que cette faute  soit un jour régularisée.

b) Deuxième rareté : le groupe géminé du coté droit montre deux saints presque jumeaux : sont-ce deux saint Jean ? Lançons sur cette enquête les plus fins limiers du Patrimoine.

c) Autre chose : ce calvaire appartient, parmi les 98 croix et calvaires de Roland Doré au sous-groupe des 41   qui portent une date ; c'est même, avec sa date de 1660, l'un des plus tardif du corpus des calvaires (avec Saint-Thégonnec 1662), et également une œuvre de maturité dans la carrière de Roland Doré (1618-1663).

d) enfin, les inscriptions mentionnent les noms des commanditaires (environ 20 calvaires /98) . Il est possible de relier ces noms (le recteur Guillaume Le Glinec et le fabricien Jacques Le Croissant) avec des renseignements généalogiques qui ancrent cette œuvre dans son sous-sol humain.

e) le visiteur pourra admirer à l'église de Cast deux autres œuvres de Roland Doré : une Vierge à l'Enfant (niche du porche sud) et un Saint Marc évangéliste dans la niche de la façade occidentale.

g) L'attaque par les lichens est une des dix plaies de la statuaire monumentale dont il faudra bien qu'on se soucie un jour en Finistère, car elle défigure les trésors des enclos bretons. On restaure les vitraux attaqués par les micro-organismes et on les protège d'une nouvelle agression, on nettoie patiemment les peintures, on a procédé au ravalements des façades, mais on abandonne ces chefs-d'œuvres de sculpture du XVIe siècle aux conséquences de la pollution. Faut-il y voir "un biofilm protecteur" ? La conscience des effets secondaires de traitements mécaniques ou biocides trop agressifs doit-elle nous paralyser?.

— Geneviève Reille-Taillefert, 2010, Conservation-restauration des peintures murales: De l'Antiquité à nos jours Editions Eyrolles,

https://books.google.fr/books?id=tIjP4ErDkXwC&dq=prolif%C3%A9ration+lichens+monuments+historiques&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 Clifford A. Price, Eric Doehne, 2011, Stone Conservation: An Overview of Current Research Getty Publications, 15 févr. 2011 - 164 pages

https://books.google.fr/books?id=SVeJ4eOKU70C&dq=%22lichens%22+brunet&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

M.R.D. SEAWARD and C. GIACOBINI, LICHEN-INDUCED BIODETERIORATION OF ITALIAN MONUMENTS, FRESCOES AND OTHER ARCHAEOLOGICAL MATERIALS STUDIA GEOBOTANICA 8: 3-11, 1988

https://www.openstarts.units.it/bitstream/10077/15124/1/SEAWARD_GIACOBINI_3-11.pdf

Mais ici, les lichens incrustants blancs (peut-être la Lécanore des murs Protoparmeliopsis muralis , nitrophile) forment des lignes marbrées sur le gris sombre du kersanton, des moires et serpentins déstructurant la reconnaissance des formes, comme dans les meilleures techniques de camouflage. À défaut de pouvoir résoudre le problème, on en appréciera sur ces photos, en esprit curieux, la créativité graphique, tandis que le lichénologue complétera son inventaire de biodiversité, et préparera une Flore lichénologique de la kersantite du Finistère, ... Les botanistes et  frères Crouan, gloires brestoises, avaient déjà décrit dans leur Florule de 1867 sur ce biotope Umbilicaria pulsulata  (page 98) et Urceolaria scruposa (page 94) aujourd'hui Diploschistes muscorum, qui, comme son épithète l'indique, est muscicole (pousse sur les mousses) et choisit les dunes. 

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VUE GÉNÉRALE.

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L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le socle et l'emmarchement.

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Base octogonale à trois niveaux, moulures. Socle octogonal à large chanfrein:

L'inscription a été lue par le chanoine Abgrall en 1905 avec la leçon  sur les 2 côtés du socle, "N : G : H : GLINEC : R - A. ROGNANT : F : 1660".

L'abbé Castel a lu en 1980 : M: G-G: IC GLINEC R. IAC: CROISSANT F 1660." (Castel, 1980)

L'inscription que je n'ai pu relever, doit se transcrire ainsi : "Messire Guillaume Le Glinec recteur, Jacques Croissant fabricien, 1660".

Les deux noms se retrouvent sur les croisillons, celui du recteur à l'ouest, celui du fabricien à l'est.

1. Le recteur Guillaume LE GLINEC.

Il a été recteur de Cast de  1648 à 1667.  Son identité est précisée par une inscription des archives concernant une cloche de la chapelle Saint-Mahouarn ou Saint Magloire , chapelle disparue en 1787. Ce jour, 13 de Mai (1650), en l'église paroissiale de Cast, a été une cloche faicte et dédiée pour la chapelle de Monsieur de St Mahouarn, en la paroisse du dit Cast, baptisée par vénérable personne Missire Grégoire Blaise, prêtre de la dite paroisse, et nommée soulz et au nom de Monsieur St Louis par vénérable et discret Missire Guillaume le Glinec, recteur du dit Cast, et dame Louise de Moellien, dame douarière de Kerstrat, propriéteresse de Chef du Bois et autres lieux, présents les soussignants, à l'issue de la grand'messe, selon les formalités de notre mère Ste Eglise, Louise de Moelien, Quoetsquiriou, T. Le Louarn, Blaise prêtre, G. Glivec, Jouan, H. Le Queffellec, Guillerme". (in Abgrall 1905)

Selon villadesresedas, in genenanet, il serait né vers 1620, serait  le frère de Marguerite GLINEC, née vers 1615 à Cast, et décédée en août 1660 à Poul ar Sarf, Cast. Sa seconde sœur est Anne GLINEC, née et décédée à Cast. Un parent, Alain GLINEC, était prêtre. Née au milieu du XVIIe siècle, on mentionne aussi à Cast Marie et Françoise GLINEC.

Le recteur Guillaume Le Glinec  a signé 19 actes de naissance ou baptême entre 1648 et 1665.

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2. Jacques (Le) Croissant, fabricien.

Là encore, les généalogistes peuvent retrouver la famille LE CROISSANT à Cast. Il y a ainsi un Jacques LE CROISSANT, (Jacques  Croissant le vieux) né à Cast vers 1620 et décédé à Plogonnec en 1678. Il a épousé Jeanne JEZEQUEL (Cast v. 1630-Cast 1680) dont il eut deux filles et un fils, Jacques (Cast 1651-Cast 1713) et demeurant à Porzrichard, ou Porrichart Isellaff  . Pors Richard se trouve à 2,7 km à l'est de l'église.

L'orthographe est alors parfois LE CROASSANT.

Jacques Le CROISSANT le vieux a 2 frères prêtres, Guillaume et Hervé. Son fils Jacques était peut-être, et son petit-fils Jacques surement, notaire royal.

https://gw.geneanet.org/croissant29?lang=fr&m=N&v=CROISSANT

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=20206

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Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LE COTÉ OCCIDENTAL. LA PIETÀ, LE CRUCIFIÉ ENTRE SAINTE MARIE-MADELEINE ET SAINT JEAN

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La Pietà.

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On en trouve d'autres exemples à Brennilis, Saint-Thégonnec, Sainte-Anne la-Palud de Plonévez-Porzay, Le Passage à Plougastel, la chapelle Saint-Claude de Plougastel, et à Trézilidé.

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Nous retrouvons la composition de la Pietà de Saint-Claude en Plougastel, où la ligne courbe de la Mère enveloppe avec tendresse et affliction le corps aux lignes rompues de son Fils, assis sur son genou droit. Mais les deux œuvres diffèrent, et si je suis plus ému par la Vierge de Saint-Claude, le visage émacié du Christ de Cast, à l'humanité sublimée par la souffrance,  me semble mieux réussi que la version plus réaliste de Saint-Claude.

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La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La croix et le croisillon.

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Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le Christ en croix.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.
Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'ange et le titulus INRI.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Sainte Marie-Madeleine à gauche de la croix.

Sa main droite est posée à plat sur la poitrine (comme beaucoup de statues de saint Jean), et elle tient en main gauche un objet qui ne peut-être que le flacon d'aromates.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le bandeau occipital.

Sur ce bandeau, voir la Vierge à l'Enfant de Cast (infra), et pour l'iconographie :

 

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean à gauche de la croix.

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Il tient par dessus et au dessous le livre de ses écrits (son évangile plutôt que l'Apocalypse). Il nous fait face, exactement comme Marie-Madeleine. Nous retrouvons la perruque bouclée triangulaire habituelle. Mais il a sa petite particularité.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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En effet, une fine moustache dresse ses deux fines pointes au dessus de la lèvre. 

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription du croisillon.

Je n'ai pas bénéficié de la lumière parfaite pour la lire, mais elle  a été relevée par Couffon qui a lu (avant la prolifération de lichens, mais ne revenons pas là-dessus) : "M. G. GLINEC. RECTEVR/DE CAST. M. R. CARIOV. C", et par Castel qui lit : M: L(?) GLINEC RETR DE CAST. M R CARCHEC (?).

Comme j'ai le choix, et parce que je lui ai fait parfois du tort par les critiques, je donne cette fois-ci ma préférence à René Couffon. Je transcris "Messire G[uillaume] [Le ] Glinec, recteur de Cast [et] Messire René Cariou curé".

Le recteur a déjà été présenté plus haut. Cariou n'est pas le fabricien, car l'inscription du socle nous avait révélé son  nom, Jacques Le Croissant, et, si nous l'avions oublié, nous le retrouverons inscrit sur le croisillon, coté est. Cariou est donc vicaire, ou curé c'est pareil.

Ma puissance  déductive se trouve  confirmée à la lecture de la notice de Jean-Marie Abgrall, qui mentionne "le 29e Octobre 1673, ont été faites Ies cérémonies requises et nécessaires par vénérable et discrete personne Missire René Cariou, curé de la paroisse de Cast, pour la bénédiction d'une cloche pour servir dans la chapelle de Monsieur S^Mahouarn du Loc, située en la dite paroisse." Certes,  Abgrall mentionne François CARIOU prêtre de Cast en 1661 : la date est plus proche de celle du calvaire.  Citons aussi en 1673, un Guillaume CARIOU est qualifié de "prêtre promoteur" sur une cloche de la chapelle de Quillidoaré, et la même année, 

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE COTÉ ORIENTAL. JEAN ET LA VIERGE. UN SAINT ABBÉ.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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 Contre le fût : un saint abbé. Saint Guénolé ?

C'est un saint abbé car il tient une crosse en main droite, à extrémité pointue mais dont le crosseron est brisé. Il ne porte pas de mitre (bien que le haut de la tête semble manquer), et nous ne voyons pas de fanons derrière la nuque. Les cheveux sont courts, une tonsure pourrait être imaginé. Il ne porte ni gants ni anneau.

Il est vêtu, sous sa dalmatique ornée d'orfrois, d'une coule de moine, bien visible autour du cou.

Castel ne le mentionne pas. Couffon l'identifie comme moi en tant que saint abbé, et suggère "saint Gildas ?", peut-être en raison de l'existence d'une chapelle Saint-Gildas avec deux statues de pierre, "saint Gildas piétinant un dragon, autres saint Gildas en moine" . Ainsi qu'un vitrail, dans l'église Saint-Jérôme, de saint Gildas, mais du XIXe siècle.

À l'intérieur de l'église se trouvent plusieurs statues en pierre de saints portant une crosse à droite ; mais l'un est casqué, c'est saint Georges ; sa "crosse" est en réalité un étendard. L'autre (en chape, tenant un livre) est mitré. Le troisième, barbu, tête nue, pieds nus, place l'extrémité de la hampe dans la gueule d'un animal; ce serait saint Tugen maitrîsant un chien enragé. 

Ici, en l'absence de tout indice, je conclue à saint Guénolé, abbé fondateur de Landévennec la plus haute et la plus ancienne autorité du diocèse de Cornouaille avec saint Corentin, qui est, lui, le premier évêque de Quimper.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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La Vierge à droite.

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La tête voilée par son manteau et serrée dans la guimpe, les bras croisées devant la poitrine, le visage figé, anéanti, la chute dans la déréliction signifiée par les plis tubulaires de la robe et ceux en plis de serviette du manteau, elle est le prototype des Vierges au calvaire de Doré.

Je rappelle qu'elle devrait être orientée vers le couchant, autre symbole de la Mort avant le renouveau, et qu'elle retrouverait ainsi sa place à droite de la croix.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean.

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C'est le sosie du saint Jean du coté ouest, un sosie qui aurait rasé sa moustache et aurait déplacé sa main droite pour la placer sur la poitrine. 

Comme il est très troublant d'avoir deux fois le même personnage sur une statue géminée, Abgrall, Castel et Couffon puis Le Seac'h ont contourné la difficulté en ne décrivant pas ces statues. Castel suivi par Le Seac'h mentionne un vague "saint au livre", mais la comparaison avec l'ensemble des Jean au calvaire de Roland Doré ne permet pas une autre identification. Est-ce au contraire le sosie moustachu qui doit être identifié comme un autre saint personnage?  Rien ne permet de le dire.

On voit ici un des traits stylistiques du sculpteur landernéen : la bouche dont les commissures se creusent en fossettes, ce qui génère un demi-sourire caractéristique.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription des bras du croisillon .

On lit    JACOB CROISS[ANT]. Nous savons qu'il s'agit de Jacques Le CROISSANT : la forme Jacob est la forme hébraïque, ou biblique de Jacques.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'évangéliste saint Marc sur la façade occidentale.

Il est placé dans la niche centrale du sommet du porche occidental, entre deux statues qui sont, elles, issus d'un Credo apostolique.

Nous ne quittons pas notre sujet principal, car il provient selon Le Seac'h du calvaire.

Le saint est assis et rédige son évangile ouvert sur ses genoux.  Coiffé du bonnet carré de docteur et revêtu d'un camail à capuchon sur son surplis, il tient le calame en main droite et l'encrier en main gauche, alors que  son lion l'accompagne allongé à ses pieds.

Il est comparable au saint Jean évangéliste du porche sud de Saint-Thégonnec, daté de 1625.

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Porche ouest de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersantite, Roland Doré, v.1660), porche ouest de l'église   de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersantite, Roland Doré, v.1660), porche ouest de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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La Vierge à l'Enfant.

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Il existe cinq Vierges analogues par Roland Doré, énumérées par Emmanuelle Le Seac'h :   celle de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal, de l'église de Plougourvest, de la chapelle de Locmaria-Lan de Plabennec, du fronton du porche de l'église de Trémaouézan, et de l'église de Penmarc'h.

En voici quelques exemples.

 

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal :

Vierge à l'Enfant, kersanton, Roland Doré. Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle de Locmaria-Lan de Plabennec

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Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré). Chapelle de Locmaria-Lan. Photo lavieb-aile.

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Penmarc'h. Croix de Lescors, conservée à l'église Saint-Nonna et datant de 1618, début de l'activité de Roland Doré.

 

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, H. 65 × L. 25 × P. 15 ) de l'église de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant de Cast est couronnée, et ses cheveux sont retenus derrière la nuque par le même bandeau occipital que j'ai signalé sur la statue de Marie-Madeleine au calvaire (et qui s'observe aussi à la chapelle Saint-Sébastien).

Son visage est plus allongé qu'à Plabennec et Penmarc'h, dans un canon semblable à celui de Plougourvest, mais on y reconnait les  commissures labiales en fossettes et le menton rond pointé en avant. Sa robe au décolleté rond et timide, est vite dissimulée par le large pan du manteau qui revient en diagonale vers l'aisselle gauche.

Elle tient sous l'index et le majeur la tige d'un objet , que Le Seac'h décrit comme "une pomme piquée sur un bâtonnet", comme à Saint-Ségal. Je pourrai voir dans cet objet piriforme, non pas un cornet de glace, mais un hochet.

L'Enfant enlace tendrement de sa main droite le cou de sa mère, et sa main gauche, qui  tient à  Plougourvest une pomme, est ici brisée. Ses deux petites jambes sont nues, et non couvertes par une tunique plissée comme dans les autres exemples.

À propos de pommes, on ne peut que souligner la rondeur appétissante des joues, encadrant un sourire délicieux : Roland Doré, c'est ça!

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Porche sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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ANNEXE

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ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 97 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)

 

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre.

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pietà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (v.1630) de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) de l'église Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-vi-le-calvaire-de-la-chapelle-saint-nicodeme.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-nic.html

 

Mais aussi : Dinéault, croix de Ty-ar-Névez

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-ty-ar-nevez-ou-croaz-moudennou-a-dineault.html

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STYLISTIQUE DE ROLAND DORÉ (d'après E. Le Seac'h)

 

Roland Doré a sculpté uniquement dans le kersanton. Son style dépouillé, facilement reconnaissable et proche de l'épure, a contribué à établir sa réputation. Il se distingue par sin souci de replacer la réalité des formes dans l'espace en allant à l'essentiel. Sa virtuosité à sculpter les visages doux de ses Vierges ou à donner un tempérament à ses œuvres profanes en fait un sculpteur d'exception. Il a débuté comme compagnon dans l'atelier du Maître de Plougastel (1585-1617) puis a entrepris une carrière prolifique à Landerneau.

Le Christ :

Les représentations du Crucifié sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes. Les Christ penchent la tête du coté droit, les yeux clos. Leurs pagnes plats sont noués sur le coté gauche. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines. Les crucifix courts dont le canon est à cinq têtes se différencient des crucifix longs à sept têtes (Y-P. Castel).

La couronne d'épines est caractéristique, aux deux brins entrelacés en forme de carré

 

Les Vierges à l'Enfant : elles portent leur enfant sur le bras gauche, la main droite tenant une pomme. Elles ont le visage poupin , les yeux en amande au sillon palpébral bien dessiné. et arborent le fin sourire « doréen ». 

Les personnages de Roland Doré se reconnaissent aussi à leurs yeux aux iris creusés.

Saint Jean accompagne la Vierge sur les croix et calvaires. Sa gestuelle varie peu : les deux mains posées sur la poitrine, (Seznec à Plogonnec, N.D de Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Nicodème à Ploéven (1637), Tinduff à Plougastel, Saint-Vendal à Douarnenez) ou simplement une seule main, l'autre étant cachée sous sa tunique (Sainte-Anne-la-Palud à Plonévez-Porzay). Plus rarement, il serre le pan de sa tunique et appuie un livre fermé contre sa poitrine (Coatnan à Irvillac) . Parfois il joint les mains, les doigts entrelacés (Plogonnec) ou il tient un livre dans le creux formé par sa main gauche (Cast, 1660). Sa physionomie est partout similaire. Le seul changement appréciable se voit dans sa chevelure lisse (Seznec ou Saint-Pierre à Plogonnec, Commana, Tinduff à Plougastel, à l'ouest de l'église de Plounéour-Ménez en 1641) ou bouclée (Saint-Nicodème à Ploéven en 1637, Coatnan à Irvillac en 1644, Saint-Vendal à Douarnenez (1655) , Sainte-Anne-la-Palud à Ploénevz-Porzay, Saint-Nic, Cast) comme sur les gisants mais d'une manière aléatoire sans que l'on puisse repérer une évolution chronologique.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1905, Notice sur Cast, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie du diocèse de Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5ae9108578870bb6ca4958aedb0d9a8d.pdf

"Dans le cimetière, une croix ou calvaire dont le croisillon porte la Ste Vierge et St Jean avec 2 autres statues adossées, au pied, une N.D. de Piété, et sur les 2 côtés du socle, on lit ces inscriptions, "N : G : H : GLINEC : R - A. ROGNANT : F : 1660"."

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère. Photo Gilbert Lemoigne.

http://croix.du-finistere.org/commune/cast.html

194. Cast no 1, église, k. g. 7 m. 1660. Atelier Doré. Base octogonale à trois niveaux, moulures.

Socle octogonal à large chanfrein: M: G-G: IC GLINEC R. IAC: CROISSANT F 1660.

Groupe de N.-D. de Pitié. Fût à pans. Croisillon à culots feuillagés, portant inscriptions: M: L(?) GLINEC RETR DE CAST. M R CARCHEC (?), au revers.. JACOB CROISS- - - A,

statues géminées: Madeleine-Vierge, saint au livre-Jean l’Evangéliste.

Croix à branches rondes, fleurons-boules, crucifix, un ange au dessus. [YPC 1980]

198. Cast no 5, vers 1630. Vestiges divers. Crucifix mutilé (jardin du presbytère). Vierge à l’Enfant (église). Saint Luc, évangéliste (église). Atelier de Roland Doré. [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle) , Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/52e804fd7d01573ff17156ea10bcef19.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Cast, Notices.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/CAST.pdf

EGLISE SAINT-JEROME (C.)  Calvaire du placitre, oeuvre de Roland Doré (C.). Statues géminées sur le croisillon ; Pietà et un saint abbé (Gildas ?) au pied du fût ; sur le socle, inscription : "P.O. 1660", - "M. G. LE. GLINEC. R/A. ROGNANT. F. 1660", - et, sur le croisillon : "M. G. GLINEC. RECTEVR/DE CAST. M. R. CARIOV. C".

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

— DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm

DILASSER ( Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille: Locronan et sa région .

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.page 211 et 

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— WIKIPEDIA

https://fr.qwe.wiki/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Inscriptions Roland Doré Pietà
22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 13:17

 

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Présentation, toponymie.

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   Kerlaz est une ancienne trève de Plonévez-Porzay devenue paroisse en 1874, puis commune en 1932. L'origine du toponyme est d'autant plus discutée qu'on ne dispose pas d'attestation avant la forme Kerlaz de 1653, suivie de Kerlas en 1670, Ker-las en 1780 et Kerlas en 1815. La tentation est grande de rapprocher ce nom du nom latin Oppidium Occisionis, le chateau du meurtre (occidio, onis, f. assassinat), mentionnée le 26 juin  1518 dans une délibération écrite en latin (mais traduite du breton en usage) du Général (ou Conseil de Fabrique) de Plonévez-Porzay et d'y voir, comme Abgrall et Peyron en 1915 dans leur Notice du Bulletin diocésain, l'étymologie bretonne kêr-, lieu fortifié et -lazh,  le meurtre. Ils reprenaient là les travaux de l'abbé Horellou, qui n'avait pas encore publié son "Kerlaz, son histoire, ses légendes, ses familles nobles" (1920) mais  qui signalait que le nom ancien était Treffri, ou Treffriot, et qu'il avait été modifié pour garder la mémoire du jour où, à la suite d'une rixe entre l'équipe de foot (alors nommé la soule, avec un ballon en pierre...) du village du Juch et celle de la future Kerlaz, la saine émulation sportive chère au Baron de Coubertin se transforma en un sanglant pugilat.

  "Non non,_ rétorquait le recteur de Plonevez-Porzay, Monsieur Pouchous, autre érudit local, ce n'est pas cela du tout, je vais vous raconter : c'était un dimanche, et voilà que les agents seigneuriaux s'en viennent tondre la laine des pauvres paroissiens et exiger d'eux le versement d'une nouvelle taxe ! Les kerlasiens voient rouge, ils lâchent le goupillon pour le sabre, ou pour la fourche ou le penn bazh, et massacrent les percepteurs indélicats (un dimanche, toud-même !). Monsieur le recteur voit tout-de-suite qu'ils viennent de commettre une grosse boulette, il prend lui-même la bannière dédiée à Sant Jermen et se met à la piétiner et la lacérer, puis il décroche la grande croix en argent, la fracasse contre le sol, la tord sur ses genoux, et réunit ses ouailles dégrisés pour leur déclarer : "on dira à M'sieur l'baron que ses gendarmes nous ont attaqué en pleine procession, qu'ils ont voulu s'emparer de nos reliques et de la bannière de Pardon, et que c'est pour défendre ces biens sacrés que nous avons affronté ses soldats !"  Voyant qu'il ne pourrait contester une si sainte version, le seigneur (peut-être Yvon du Quelen, baron du Vieux-Chastel) trouva sage de se contenter d'exiger le versement de son champart, et de son cens et  de son droit de moulin, du droit de four, ajouté aux arrérages du droit de pressoir, d'y adjoindre les novales sur les terres mises en friche, et de retrouver une facture impayée de quelques droits d'afforage sur des tonneaux mis en perce à la Saint-Jean et dont les droits de bouchon avaient été négligés. Pourvu qu'on n'oublie pas de lui apporter sa part des bénéfices du Pardon de juillet dernier, et il passait l'éponge. Ah, il ajoutait ceci : désormais, cet endroit se nommerait Kerlaz, et ce nom sinistre persécuterait les toponymistes de tout poil pendant des générations.

Source, cuisinée façon lavieb : http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=36 

 

    Mais les linguistes suggèrent qu'il puisse s'agir d'une forme mutée du breton kerglas ( à St Jean-du-Doigt un lieu-dit Kerlaz était  noté Kerglas en 1543) qui signifie kêr-, village et -glas, "vert, bleu, gris". Ou bien -laz serait un nom de personne et Kerglaz serait "le village de Laz". Encore une fois, personne ne peut trancher le noeud gordien à défaut de forme attestée ancienne. On se consolera en pensant à la commune de Laz (13,5 km de Pleyben), qui ne parvient pas non plus à résoudre l'énigme de son nom, et qui, de guerre lasse, pense l'attribuer au vieux breton lath-, "baguette, lance", évoquant peut-être une borne ou un menhir.

 

 L'église .

Ce qui est sûr, c'est que l'église est dédiée à Saint Germain, le mérovingien (380-448), qui fut un si dévoué agent impérial et qui participa si bien aux conciliations territoriales entre Francs et Bretons qu'il fut nommé évêque d'Auxerre en mai 418. Certains le croient breton parce qu'il est né en "Armorique", mais il s'agit de l'Armorique gallo-romaine du Ve siècle, qui inclut Auxerre dans les cinq provinces lyonnaises, sénonaises et d'Aquitaine. D'autres croient qu'il évangélisa la Bretagne parce que, en 429, Céléstin Ier l'envoya avec Saint-Loup de Troyes lutter contre l'hérésie pélagique qui sévissait outre-Manche, mais c'est, bien-sûr, de la Grande-Bretagne qu'il s'agit. C'est au cours de ce voyage que, s'arrétant à Nanterre, il décela les saintes dispositions d'une enfant nommée Geneviève, qu'il consacra : elle devint Sainte Geneviève. 

  Saint Germain est aussi le patron de l'église de Pleyben, de Laz et de Plogastel-Saint-Germain, des chapelles de Plougonven ou de Saint-Martin à Morlaix ou des chapelles du temps jadis à Crozon ou Clohars-Carnoet (René Couffon). Il est fété le 31 juillet. Il appartient à la série des saints exorciseurs et guérisseurs ; à Glomel, devant sa statue, des parents suspendaient leur enfant épileptique par les pieds au dessus des fonts baptismaux. Aucun témoignage de ce type à Kerlaz, tant à l'église qu'à la fontaine de saint Germain, Dour feunteun Sant Germen.

   L'église conserve de sa construction au XVIe siècle son porche sud (1572, 1576), son ossuaire d'attache où ont été placés depuis les fonts baptismaux, et le chevet plat. Un arc de triomphe de 1558 donnait accès au cimetière, d'où des pierres tombales de 1539 ont été placées en dallage dans l'église.Au XVIIe, le pignon ouest a été reconstruit en 1620, 1630 et 1635 en l'ornant de colonnes supportant un fronton triangulaires. La chambre des cloches fut construite en 1635, la cloche date de 1644. L'une des deux tourelles d'escalier porte la date de 1677.

 

 

http://catholique-quimper.cef.fr/annuaires/patrimoine/K.html

http://www.douarnenez-tourisme.com/fr/bienvenue/dsp/771

 

I. LES INSCRIPTIONS 

Corpus chronologique :

[1541 ?? maîtresse-vitre (détruite) : « L'AN.. M. D XLI. FUST. FAICT. CE PANNEAU ».] non vérifié

1558 : arc de triomphe du cimetière.

1566 : socle de la statue de la Vierge.

1567 : Fonts baptismaux.

1569 : socle de statue de saint Sébastien, blason Quelen/Vieux-Chastel

1572 : porche sud. blason Quelen/Vieux-Chastel.

[1576 : tympan du porche sud] Couffon, non vérifié

1588 : élévation nord

Interruption lors des guerres de la Ligue.

1603 et 1606 : élévation nord

1620 : fronton du portail ouest

1630 : Tour du clocher

1631 : galerie du clocher 

1644 : cloche (disparue) 

1660 et 1671 : flèche .

1675 : tourelle sud

 

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A l'extérieur :

1.  Au dessus du portail ouest à fronton dans le cartouche supérieur gauche :

 

M:P : BOCER . P. DE  PLONEVE & C

P. BRELIVET. FAB 1620

 Horellou a lu : "M. P. BOCER : DE PLONIAFF. Y. LUCAS. F. BRELIVET. FA."

Je propose "Messire P. BOCER, recteur de Plonévez et P. BRELIVET, fabricien, 1620". Le nom des recteurs de Plonévez-Porzay est connu de 1517 à 1538 (Harlé de Quélen) puis en 1644  (Guillaume Vergoz) et à partir de 1657  (Jean Féburier  de 1657 à 1665, Jean Corentin Billuart de 1666 à 1700, Charles Pezron de 1755 à 1763 et Mathurin Le Maître à partir de 1764). 

 

BOCER est une forme de BOSSER. Le nom Bosser ou Le Bosser est courant à Plonevez-Porzay, et on peut retrouver par exemple un Guillaume le Bosser né en 1666. Brélivet est un anthroponyme attesté à Kerlaz, et qui figure toujours dans l'annuaire de cette commune.

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kerlas 4644c

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2. Sur la face ouest de la tour :

  Y (?) LVCAS : F : 1630  

Un Bernard Lucas a fait inscrire son nom en 1653 comme fabricien de l'année sur le calvaire du placître de la chapelle Sainte-Anne La Palud, qui dépend comme Kerlaz alors de la paroisse de Plonevez-Porzay. Le nom Lucas, toujours en vigueur à Kerlas, est ainsi attesté à Plonevez ; Sébastien Lucas est signalé à Kerlaz comme décédé avant 1760. Nous trouvons de nombreux Yves Lucas dans la paroisse, mais pas vers 1630.

Horellou décrit "un clocher à flèche élancée, portant la date de 1660, et flanquée de deux tourelles couronnées de pyramides aigües, dont l'une porte la date de 1671."

 

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kerlas 4645c

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Sur le linteau ouest de la chambre des cloches :

M.G. AVAN . RECTEVR .G.QUINIOV.F. 1631 

  Le seul nom compatible avec -AVAN me semble être PICHAVANT, attesté à Kerlaz et à Plonevez. (Un Jean Pichavant fut recteur de Meilars -Confort en 1691). J'ai bien conscience qu'il est difficile de transformer AVAN en Pichavant. La fontaine Saint-Germain (sur la route de Trezmalaouen) porte l'inscription bien lisible I. AVAN : F 1639 (avec un bel exemple de N rétrograde) : il ne peut donc s'agir d'une erreur. Mais nous apprenons qu'il s'agit du fabricien et non du recteur. Si le V se lit U, nous obtenons AUAN qui ne nous avance pas.

Je veux tenter l'hypothèse de lire KERAZAN, avec la graphie K/AZAN ; mais cela n'aboutit pas. Plus acrobatique, mais plus fructueuse,  l'hypothèse K[ER]MAVAN renvoie à une famille dont Tanguy III épousa Aliette de Quelen, dame du Vieux-Chastel.

QUINIOU est un nom toujours en usage à Plonevez-Porzay.

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kerlas 4646c

Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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date de 1671.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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LES CLOCHES.

3. Sur la cloche ouest  : "Nommée Marie-Françoise par François Marc et Marie-Anne Guidat--"...

4. Une cloche date de 1903 avec l'inscription  S.S LEON XIII pape,  Mgr Dubillard évêque de Quimper [1900-1907] , Abbé Charles Salou recteur, Guillaume Le Floch président Corentin Cornic trésorier. Elle a été fondue par Havard à Villedieu. Ornement : 2 coeurs enflammés, ceint de couronne d'épine.

5. L'autre date de 1879.

Une ancienne cloche datait de 1644. Elle portait l'inscription  S, GERMAIN . KERLAZ . 1644. LORS . ETOIT . RECTEUR . M'. GUILLAUME . VERGOZ . M- . HENRI . KERSALE. CVRE . E . IEAN . CARADEC. FABRIQUE.  Le nom de Guillaume Le Vergoz est également inscrit sur le calvaire de Sainte-Anne-La Palud, paroisse de Plonévez-Porzay dont il fut recteur de 1630 à 1656.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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LE PORCHE SUD : INSCRIPTIONS ET BLASONS.

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.kerlas 4648c

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Illustration Bruno Pilorget

Illustration Bruno Pilorget

Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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6. L'inscription lapidaire (leucogranite) du porche sud et ses blasons.

Cette inscription est remarquable par son esthétique. Elle débute sur la moitié du mur de gauche, et fait retour sur l'angle pour indiquer la date, au dessus de l'ange présentant un blason. 

La partie présente sur le mur occidental est sculpté en réserve sur trois blocs de pierre. Sa lecture n'est pas immédiate, d'autant qu'elle débute par le cartouche  inférieur et se complète par un petit cartouche au dessus. Surtout, les lettres gothiques  de belle taille, aux fûts  s'achevant en losange ou en fourche, sont animés d'une liberté plus habituelle sous la plume d'un secrétaire de chancellerie que sous le biseau. L'artisan, après avoir étendu avec insouciance les premières lettres, semble s'être aperçu trop tard qu'il allait manquer de place pour le nom propre, qu'il a collé au deux-points, dont il a bricolé le début CA, avant de reporter la fin DEC au dessus. En outre, il place la ponctuation en plein milieu du nom : "CARA:DEC". 

C'est bizarre, mais cela rend l'exploration de ces témoignages du passé passionnante, car on se prend à participer  avec empathie aux difficultés du sculpteur. Ah, ce n'est pas son jour. Et je l'entends même jurer ou maugréer (ce qui est presque pareil, me dit madame CNRTL).

Bref, nous finissons par lire : PHILIBERT : CARA : DEC F

Nous nous tournons maintenant tous ensemble vers la droite et nous lisons la date : 1572. Facile !

D'où la transcription "Philibert Caradec, fabricien en 1572", sur laquelle nous pouvons désormais travailler. 

Genenanet indique 277 occurrences de ce patronyme à Kerlaz, et 1171 à Douarnenez. Il vient du gallois Craddock.

Ce qui est plus intéressant, c'est que parmi les 6 nobles de Plonévez-Porzay présents à la Montre de Carhaix en 1481 figure Yvon Caradec, "archer en pal", et Henri Caradec, "en pal". La famille n'apparaît plus lors de la Montre de Quimper en 1562.

D'autre part, la cloche de 1644 portait l'inscription suivante : S, GERMAIN . KERLAZ . 1644. LORS . ETOIT . RECTEUR . M'. GUILLAUME . VERGOZ . M- . HENRI . KERSALE. CVRE . E . IEAN . CARADEC. FABRIQUE . Jean Caradec était donc fabrique ou fabricien en 1644. Cette fonction était confiée aux membres les plus aisés ou les plus notables d'une paroisse ou d'une trève.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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L'ange au blason sous la date de 1572.

Ce blason est muet. Il l'est peut-être depuis l'origine, faisant pendant à l'ange de droite.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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Vue générale de la porte intérieure.

C'est une porte moulurée, en plein cintre encadrée de pilastre et sommée d'une accolade à feuilles et fleurons. L'aisselle de l'accolade porte un visage en masque.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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Ange présentant le blason de Quelen-Vieux-Castel.

L'ange aux ailes éployées et à  la tunique plissée présente un blason mi-parti .

En 1 (c'est à dire dans la moitié gauche), les armoiries de Quelen, qui sont  burelé de dix pièces d'argent et de gueules.

En 2, les armoiries de Vieux-Chastel qui sont, et c'est amusant, presque semblable à trois fasces (ou burelles) accompagnées d'hermines 4, 3, 2, 1. 

Il faudrait reprendre cette photo à lumière frisante pour vérifier la présence des hermines ou mouchetures, que je devine en partie haute. J'ai décrit les armoiries de Jehan du Vieux-Chastel, abbé de Landévennec, ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/l-abbe-de-landevennec-jehan-du-vieux-chastel-et-la-cloche-de-1531-de-l-eglise-de-landevennec.html

 

Nous savons qu'en 1300, Geoffroy était seigneur du Vieux-Chastel. Son fils, Guillaume du Vieux-Chastel épousa, en 1335, Pleuzou de Quintin, fille de Geffroy II, sir de Quintin, et leur fille Aliette du Vieux-Chastel épousa en 1372  Yvon (Eon) de Quélen, gouverneur de Carhaix. Puis viennent Conan IV et Typhaine Quelennec, puis Yvon II et Jeanne La Jeune du Chastel, puis Olivier (v1440-1521) et Marie de Berrien, puis Jean de Quelen (1490-1547) et Jeanne de Troguindy, puis René et Marie du Bot. Leur fils Pierre (dont les dates correspondent à celle de 1572 qui nous concerne), décéda en 1586 sans descendance. La branche aînée des Quélen, baron de Vieux-Chastel,  a fini à leur fille Renée de Quélen, dame du Vieux-Chastel, qui épousa, vers 1590, Claude de Lannion, Sgr de Quinipilly. Pierre de Lannion, leur fils, prend le titre de baron de Vieux-Chastel ainsi que ses successeurs.

En conclusion, ce serait ici le blason affirmant, en 1572, les droits prééminenciers de la famille de Quelen-du Vieux-Chastel, du vivant de Pierre de Quelen.

Il correspond, en inversant les parti, à cette schématisation proposée par Michel Mauguin :

 

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Michel Mauguin : Histoire de Lez-kelen.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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LES INSCRIPTIONS INTÉRIEURES.

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7. Socle de la statue de Saint Sébastien : armoiries Quelen/Vieux-Chastel 1569.

 La date de 1569 entourent dans un entrelacs les armoiries déjà découvertes sous le porche avec la date de 1572.  C'est sans doute un ré-emploi. Là encore, un nouvel examen avec un éclairage adapté révélerait peut-être les hermines des Vieux-Chastel.

 Quoiqu'il en soit, cela avance de 3 ans  la date de construction de l'église.

   En 1569, c'est le règne de Charles IX (1560-1574) qui a alors dix-neuf ans. Les guerres de religion aboutiront au massacre de la Saint-Barthélémy (24 août 1572). Puis viendront, de 1588 à 1598, les guerres de la Ligue en Bretagne, et les pillages de la Fontenelle, installé à l'île Tristan toute proche de Kerlaz.

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kerlas 8886c

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  8.    Sur le sol devant cette statue : 1539 : la date la plus précoce de toute l'église ? Elle proviendrait d'une dalle funéraire du cimetière réemployée comme pavement . Mais selon Horellou, "Lors du dallage de l'église, du temps de M. Latreille, on dut transporter du cimetière de Plonévez-Porzay un grand nombre de vieilles pierres, tombales qu'on utilisa comme dalles à Kerlaz."

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kerlas 8887c

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  9.   Sur le mur intérieur nord de la nef :

 IA : BRILIVET : FA 1603

Horellou a lu : "SEB. CAUNAN 1606. JEAN, BRELIVET. F. 1603"

Ce Jacques BRILIVET fabricien en 1603 renvoie au BRELIVET fabricien en 1620 et dont le nom est inscrit sur la tour.

Dans l'histoire de la construction de l'église, que ces inscriptions nous racontent, il y eut une première période en  1569-1572 et même 1588, puis une interruption liée aux violences de la Ligue, puis une reprise entre 1603 et 1620.

 

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 10. Sur le même mur : une très belle inscription cachée par l'art saint-sulpicien, et par l'absence d'éclairage adéquat pour la mettre en valeur. Pourtant on voit les deux registres séparés par une barre, les lettres gothiques qui, au lieu d'être régulières, s'harmonisent avec le cadre, un beau R et un superbe H en onciale dont la hampe revient sous la ligne.  Ici ce serait  G.BOVRCH.1588 . Actuellement, c'est la forme Le Bourch qui est attestée à Plonevez-Porzay (annuaire Pages Blanches 2011).

  La graphie ressemble à celle de l'inscription du porche sud qui porte PHILIBERT CARADEC F; 1572 .

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  11. Sur le mur du bas-coté nord ont été ré-employées des pierres portant les inscriptions :

   H. COBNAN en onciale, hormis le N central. Elle est lue de façon avisée "H. CONNAN" dans le Nouveau Répertoire de René Couffon et Alfred Le Bars. Le patronyme Cobnan n'est pas attesté, mais le premier N a la forme des lettres b ou h .

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12. A coté dans la même graphie malhabile : H. LORANS : F

 

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13.   Les fonts baptismaux ont été placés dans l'ancien ossuaire d'attache. On lit tout autour de la cuve :LMVcLXVII. MOR : AVTRET : FAB , c'est-à-dire 1567 MOR : AUTRET : Fabricien. A comparer avec la date 1569 en chiffres arabes du socle de St Sébastien, et avec la graphie de la  date LMVccLXVI (1566) du socle de la Vierge.

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14. Un bénitier : 1779 Y G  dans un placard en creux, sur une cuve ornée de denticules et  posée sur un fragment de colonne réemployé.

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II. LES STATUES : 

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  1°) Saint Germain : 

       Statue en granit polychrome du XVIe-XVIIe située à gauche du choeur dans une niche en bois du XVIIe (?) siècle. Inscription non déchiffrée sur le socle. Le commentaire des Monuments Historiques lors de l'enquête 1978 indique, sous la référence 29001214 que c'est l'oeuvre du même atelier que la Vierge qui lui fait face à droite du Choeur dans une niche analogue et avance une datation du XVIe assortie d'un point d'interrogation.

  La niche associe, sur un beau travail de restauration de la menuiserie, des éléments classiques comme les colonnes cannelées à la base peinte en faux-marbre et les chapiteaux corinthiens,  avec des rinceaux qui se rejoignent en encadrant des armoiries épiscopales stylisées. Il subsiste un pot à feu,  symbole de charité qui voisine avec un décor floral.

 

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  Le saint est représenté comme il se doit en évêque, bénissant de la main droite, tenant la crosse à gauche, coiffé de la mitre, revêtu d'une lourde chasuble à orfroi, portant l'étole au dessus d'une tunicelle et d'une soutane ou d'une robe violette.

   Les deux fanons de la mitre, à frangés bouillon de cannetille or, encadrent le cou comme les barbes d'une coiffe bretonne.  

 

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   Il apparaît  que la hampe de la crosse épiscopale est tenue par l'intermédiaire d'un linge.  C'est le sudarium, parfois fixé à la hampe par un crochet aménagé par les motifs ornementaux . Il figure sur les armoiries des abbés et des prélats inférieurs aux évêques, qui ne portaient pas de gants initialement. Ce voile, autrement nommé velum ou panisellus, servait à éviter de toucher le bois ou le métal précieux avec des mains moites. 

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 Les gants épiscopaux ou chirothèques sont parfaitement représentés, avec l'anneau épiscopal (où un chrisme est ébauché) qui se porte au dessus, le motif doré en quatre-feuille sur le dos du gant, et le gland qui s'oppose aux plis de l'évasement sur le poignet. Mais quelque-chose ne va pas : un anneau épiscopal se porte à la main droite, et toujours sur l'annulaire alors que ce carré doré est placé sur les majeurs des deux mains. J'ai déjà noté cela à Plogonnec sur la statue de St Thurien  Église de Plogonnec : statues et bannières. Les premiers chrétiens portaient de nombreux anneaux, ornés de symboles christiques comme le poisson, la nef, et les dignitaires reprenaient l'usage romain des annuli sigillarii ou annuli signatarii pour frapper de leur sceau leurs documents : Clovis en confère le droit aux évêques, et saint Augustin fait allusion à cet usage. Les docteurs médiévaux portaient un anneau au pouce droit pour témoigner de leur doctorat.

   L'anneau épiscopal est remis à l'évêque lors de sa consécration en signe de l'étroite alliance qu'il contracte avec l'Église comme un époux. Mais autrefois il ne pouvait le porter à l'annulaire droit que lorsqu'il célébrait la messe, et ils le plaçaient au pouce le reste du temps. Aucun autre écclesiastique ne peut porter un anneau, du moins durant la messe. (Abbé André, cours de droit canon, article "anneau", 1860).

 Puisqu'il était porté au dessus du gant, il pouvait glisser, et il était parfois assuré par un deuxième anneau de sécurité.

 

  Dans l'église de Cast, une statue de Saint évêque montre également le sudarium, et une main gauche portant une bague sur le majeur et sur l'auriculaire.

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 2°) St Even :

  Selon Wikipédia, qui sait tout, Saint Even ou Ewen n'est autre que Saint Ouen, plus simplement nommé Dadon mais néanmoins chancelier ou référendaire (garde du sceau) du roi Dagobert et donc collègue de l'orfèvre Éligius, dit Saint-Éloi. 

   Mais selon Monsieur Pouchous,  le recteur de Plonevez-Porzay de 1832 à 1885 après avoir été celui de Rumengol, an aotrou person, ce Saint Even serait un ermite né à Quimper de parents nobles qui le chassèrent de leur manoir néobreton tant ils n'en pouvaient plus de le voir, à seize ans, réciter le chapelet au lieu d'aller jouer à la soule avec les autres, faire pénitence du samedi au jeudi en plus du vendredi réglementaire, donner aux mendiants l'argenterie armoriée familiale plutôt que de mettre le couvert, et regarder tristement sa mère en se signant lorsqu'elle allait danser. Maman  lui donna son argent de poche et Papa le jeta dehors. Bien-sûr, Even commença par s'agenouiller pour se recommander à Notre-Dame et à Saint Corentin,  puis chercha si bien qu'il trouva une famille éplorée pour distribuer ses économies, et le coeur et la bourse légère, il s'enfonça dans la forêt de Nevet (celle de Locronan) pour y camper et faire des feux de bois.  Et selon les termes de M. Pouchous " il vécut saintement dans son ermitage, il y mourut vénéré des voisins" et cette vie exemplaire lui valu, non seulement une statue à Kerlaz, mais une chapelle à son nom, et son pardon le troisième dimanche de septembre. (voir Abgrall & Peyron, Notice, Bdha 1915, p. 17).

  Indépendamment de cette tradition auriculaire précieusement recueillie par l'abbé, on peut aussi noter que Saint Even est le patron de la paroisse de Ploéven, Plou-Even, paroisse dont dépendait Kerlaz avant la création de celle de Plonevez-Porzay. 

  Dans les profondeurs de Koad-Nevet, ancien nemeton gaulois où tout baigne dans une mystérieuse ambiance druidique et sacrée se trouve la fontaine de saint Even, Feunteun Sant-Even, dont les eaux sont, c'est la moindre des choses, miraculeuses.

 

   D'ailleurs, cette statue vient directement de la chapelle Saint-Even, tombée en ruine dans le bois de Nevet : c'est tout-à-fait lui, en habit monastique avec son bourdon de pélerin avec lequel il arpentait landes et taillis, garennes (Ar Waremm) et marais, empruntant hent-ar-Spern et hent-ar-Louarn, hent-ar-Maro et hent-ar-Kreiz, hent-ar-Stankou et hent-plas-ar-Lochou, tous ces chemins de Koad-Nevet.(http://www.ofis-bzh.org/upload/travail_fichier/fichier/69fichier.pdf)  .

  Elle est estimée datée du XVII-XVIIIe par les Monuments historiques, qui signalent une inscription de restauration à l'arrière : MARC F. 1885.

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3°) St Sébastien : (placé sur le socle daté 1569)

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... que les chanoines J.M. Abgrall et P. Peyron intitulèrent Ecce Homo pour un motif inexplicable, puisque les plaies sont celles des flèches du martyr de Saint Sébastien. A leur décharge, reconnaissons qu'il est inhabituel que les jambes du saint ne soient pas entravées et liées sur la colonne (aux allures de palmier) où les mains sont nouées, et encore plus inhabituel que l'éphèbe apollinien porte la barbe.  J'ai pourtant un doute puisque les Monuments Historiques y ont vu aussi en 1994 (ref PM 29000385) un Christ de Pitié ! J'examine comme un médecin légiste les onze ou douze plaies sanguinolentes, elles sont punctiformes, arrondies, elles ne peuvent correspondre à une flagellation par fouet (fut-il muni de boules de plomb) ou par branches d'épineux, et sont celles crées par la sagittation. Enfin, aucune couronne d'épine n'est présente. 

  Mais (rien n'est simple) les mêmes services MH classent sous la référence IM29001220 avec une notice rédigée par Jean-Pierre Ducouret un Saint-Sébastien statue en bois repeint daté "limite 16e-17e siècle (?)" de 140 cm avec la "mention du classement : s'agirait-il du Christ de Pitié, statue en bois de 1569 ?" dont la taille était de 131cm. 

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  4°)  Saint Michel terrassant le dragon : XVIe siècle.

 

  Certainement l'une des belles pièces de l'église, cette statue en bois peint de 1,08 m représente le chef des milices célestes brandissant son épée de feu et tenant de la main gauche la balance avec laquelle il pèsera nos âmes le jour fatal des ultimes bilans. (Un sortilège du Malin a rendu cette balance invisible).

  Cheveux longs à la mode du début XVIe, les lèvres peintes, il porte le manteau rouge à galon d'or qui le caractérise et dont il montre la doublure blanche à fleurs, au dessus de la courte armure Renaissance. N'étant pas expert, je ne m'aventurerai pas à décrire la tunique bleu-métal portant le christogramme IHS sans savoir s'il ne s'agit pas d'une brigandine, ce pourpoint de cuir recouvert de lames de métal superposées en tuiles et d'une finition extérieure en cuir, en velours ou en soie que tant de seigneurs bretons portent lors des Montres. Les canons d'avant-bras, les cubitières ou les genouillères rivetées sont peints de la même couleur métallique, alors que les cuissots, les grèves et solerets semblent remplacées par des chausses et des bas très ajustés sur de courtes chaussures. Les bandes dorées pourraient être damasquinées, ou seulement brodées. 

  Autour de la taille, une pièce protégeant bassin et trochanters  réunit braconnière et tassettes en une petite jupette bien seyante.

  Mais bien-sûr, la star involontaire est cet espèce de dobermann mâtiné de Pluto qui fait office de dragon et que son maître chatouille du pied, non sans provoquer moult aboiements et gémissements de plaisir.

 

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5°) Groupe de la crucifixion : la Vierge.

 

   Cette statue en bois de la Vierge fait partie d'une Crucifixion dont les trois éléments, vierge, crucifix et saint Jean, ont été séparés.

 

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6°) Groupe de la crucifixion : Saint Jean.

  Il indique qu'il est Jean l'évangéliste en tenant le livre de son évangile. D'habitude le manteau bleu est réservé à la Vierge et lui porte un manteau rouge, mais cette couleur est placée ici en doublure interne.  Il est imberbe, comme tout Jean l'évangéliste qui se respecte, et comme c'était la mode à la fin du XVe avec la coiffure page et l'association menton rasé-cheveux longs qui allait s'inverser vers 1520. Le cheveu est taillé court sur le front en une curieuse épilation des golfes temporaux formant une pointe, avant de libérer les mèches bouclées.

   La robe boutonnée comme une soutane est bordée en bas et aux manches  de fourrure.

 

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 III. Les sablières et les blochets.

  Elles valent à elles seules le détour, d'autant qu'elles ont été parfaitement restaurées en même temps sans-doute que le beau lambris de recouvrement de la charpente. Là, pas de boitier élécrique gris, pas de cables munis de cavaliers, pas de projecteurs mal placés, du beau travail.   Ces sculptures de chêne datent de la deuxiéme moitié du XVIe siècle et sont donc contemporaines des différentes inscriptions et statues que nous avons vu. 

        A la croisée du transept, quatre personnages vêtus de bleus contemplent le choeur. Le fait qu'ils soient barbus, sauf un (Jean) me fait penser aux quatre évangélistes.

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 Cet apôtre (?) semble singer par une frise de visages qui font les acrobates entre des angelots.

 

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   Le personnage suivant subit la même dérision de voir son portrait démultiplié par un écho visuel semblable aux éclats capricants d'un vaste rire.

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      Ici, c'est une figure ailée aux pommettes saillantes, chevelue, couronnée de feuilles, les mains jointes, à mi-chemin entre un chérubin et une renommée;

 

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   Le mystère et l'étrangeté, qui sont les charmes des sablières de nos chapelles, s'accentuent face à cette sorte de rébus où un cuir ou un drap est présenté à droite par une femme dépoitraillée comme une Bacchante et à gauche par une ange : deux mains, deux pieds, un cœur C'est un cartouche à cuir découpé des Cinq plaies du Christ, comme ceux réalisés par le Maître de Pleyben à Pleyben, ou  Sainte-Marie-du Ménez-Hom. On retrouve d'ailleurs, de ce Maître, la façon de faire tenir le coin du cartouche par un ange plein d'allant, comme celui de droite.

Mais là encore, le visage de la femme et celui de l'ange reprennent par ricochet ironique les traits du personnage qui se tient debout.

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Et que dire de ce visage coiffé d'un chapeau rond et que deux animaux écailleux encadrent ?

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On se  retrouve plus serein face aux  anges orants et adorants :

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/KERLAZ.pdf

En forme de croix latine, elle comprend une nef irrégulière de trois travées avec bas-côtés séparée par un arc diaphragme d'un transept spacieux, et un choeur peu profond accosté de deux sacristies. Le porche ouvre directement sur la nef, réduisant le bas-côté sud à une seule travée. Elle date des XVIè et XVIIè siècles. Le chevet plat est percé d'une fenêtre dont le remplage est semblable à celui de la fenêtre du transept de Pont-Croix. En 1880, elle contenait encore quatre panneaux d'une verrière datée 1541.

Le vaisseau est du type à nef obscure. Les grandes arcades ont des archivoltes très gauches pénétrant directement dans les piliers. Le mur nord de la nef porte les inscriptions : "IA. BRELIVET. F. 1603" et "G. BOVRCH. 1588". Des sablières sculptées et des blochets subsistent dans le choeur et dans le transept. Le porche porte l'inscription en lettres gothiques : "PHILIBERT. CARA. /DEC. F." (mur latéral), la date 1572 (à gauche de la porte) et celle de 1576 (tympan). Le portail ouest à fronton porte l'inscription : "M. P. BOCER. P. DE/ PLONEVE & C/P. BRELIVET. FAB. 1620".

La tour, datée à l'ouest "Y. LVCAS. F. 1630", est flanquée de deux tourelles d'escalier et porte une flèche très élancée (1671 ou 1675 sur le pan sud). Sur le linteau ouest de la chambre des cloches, inscription :"M. G. AVAN. RECTEVR. G. QVINIOV. F. 1631." ; "IAN. DOARE. F. 1675" sur la tourelle sud ; "H. CONNAN" et "H. LORANS. F" sur le mur du bas-côté nord (pierres remployées)

Mobilier : Mobilier de style néo-gothique, fin du XIXe siècle : maître-autel, chaire transformée en ambon, un confessionnal, stalles. Un second confessionnal du début du XIXe siècle. Fonts baptismaux en granit (C.), dans l'ancien ossuaire d'attache ; inscription : "L. MVcLXVII. MOR. AVTRET. FAB". Bénitier de pierre portant l'inscription : "1779. Y. G.". Statues - en pierre polychrome : dans des niches en bois polychrome ornées de pilastres, saint Germain évêque, XVIe siècle (C.), et Vierge à l'Enfant dite Notre Dame de Tréguron, datée "L. MVccLXVI (GV) IDAL. FABRI..." sur la console (C.) ; - en bois polychrome : groupe de la Crucifixion (le crucifix est séparé de la Vierge et de saint Jean), saint Sébastien, sans lien avec la date de 1569 sur la console (C.), saint Michel terrassant le dragon, XVIe siècle (C.), saint Even ; - en bois naturel : Vierge de la Médaille miraculeuse, vers 1950 ; - en plâtre peint : groupe de la Sainte Famille. Vitraux de l'atelier Léglise, 1917-1918 : Education de la Vierge, prédication du père Maunoir à Kerlaz, saints locaux et, dans les trois fenêtres du baptistère, épisodes de la persécution religieuse sous la Révolution. Orfèvrerie : Calice et patène en argent, il aurait appartenu à J.C. Billouart (1660-1679).

Cloche de 1644, elle porte l'inscription : "S. GERMAIN. KERLAZ. 1644. LORS. ESTOIT. RECTEVR. Mre. GVILLAVME. VERGOS. Mre. HENRI. KSALE. CVRE. E. IEAN. CARADEC. FABRIQVE.".

Trois dalles funéraires remployées dans le pavé de l'église : sur l'une, date de 1539, - sur une autre, l'inscription : "NOBLE/ MI. IOSE/PH COR/ENTIN/ BILLOVA(RT)/ 1679", et, sur la troisième : "1731/ MISSIRE/ IEAN/ LE BOT/ CVRE." (Ces pierres proviendraient de l’église ou du cimetière de Plonévez).

* L'arc de triomphe du cimetière porte la date de 1558 (C.) ; dans des niches, statues en pierre de saint Yves et de saint Germain. La croix du cimetière est aussi datée : "HIEROSME LE CARO. F. 1645" (C.). Fontaine Saint-Germain, sur la route de Trezmalaouen ; sur le fronton, "1639. I. AVAN. F." ; statue en granit du saint.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, B.D.H.A. 1915 : Notice sur Kerlaz

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/7985bcf61d3df7aee5988d08dd5558ee.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) Inscriptions gravées et sculptées sur les églises du Finistère.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_divers/abgrall_inscriptions-gravees.pdf

 

KERLAZ. A l'interieur du porche: .. ;PHILlBERT. Aux fonts baptismaux : L : MVc LXVII : MaR AUTRET· FAB. Sur le mur- nord: H : conNAN " Y . KERSALE ', ,F . H . LORENS' F. Croix du cimetiere : H[EROSME' LE . CAROF . 1645. Arc de lriomphe : 1558.

— HORELLOU (abbé) v.1920 : Kerlaz, son histoire, ses légendes, ses familles nobles (Brest, vers 1920)

http://infobretagne.com/kerlaz-eglise.htm

L'église de Kerlaz, sous le vocable de Saint-Germain-l'Auxerrois, a été construite à différentes reprises, à en juger d'après les différentes dates qu'on lit sur les murs. Elle est assez grande, mais irrégulière. Quoique d'ordre assez modeste, elle présente, dit M. le chanoine Abgrall, un caractère de noblesse et de distinction, surtout pour ce qui est de l'extérieur. Le portail ouest est surmonté d'un clocher à flèche élancée, portant la date de 1660, et flanquée de deux tourelles couronnées de pyramides aigües, dont l'une porte la date de 1671. Ces dates semblent en désaccord avec la physionomie gothique de tout cet ensemble, mais elles doivent cependant être vraies, car les profils de certaines moulures et des bandeaux horizontaux concordent avec le style de cette époque. La hauteur totale du clocher est de 40 mètres. La flèche est postérieure de plusieurs années à la base, sur laquelle on lit les dates de 1620 et 1630. Outre ces dates, le clocher porte diverses inscriptions. Au-dessus de la porte principale on lit : M. P. BOCER : DE PLONIAFF. Y. LUCAS. F. BRELIVET. FA. Les ouvriers de M. Gassis ont rendu plusieurs de ces inscriptions illisibles en voulant les rajeunir. Le clocher possédait jusqu'au rectorat de M. Salou une ancienne cloche portant l'inscription suivante : « 1644 : S. GERMAIN P. P. N. LORS ETAIT RECTEUR GUILLAUME VERGOZ ET HENRI KERSALE, CURE. J. CARADEC. F. ». Cette cloche était fêlée depuis longtemps et sa voix n'était guère harmonieuse ; malgré cela, la population était restée très attaché à cette relique de l'ancien temps, et lorsqu'il fut question de la remplacer, M. Salou, alors recteur de la paroisse, rencontra une opposition très sérieuse ; mais on se consola bien vite lorsqu'on entendit le nouveau carillon jeter aux quatre coins de la paroisse ses notes argentines et harmonieuses.

Sur la facade midi, fait saillie un porche qui est absolument dans la note gothique de la première moitié du XVIème siècle. A l'intérieur du porche, de chaque côté de la porte d'entrée de l'église, on voit des écussons portant les armoiries des Quélen-Vieux-Châtel. Sur le mur Ouest, à gauche quand on entre sous le porche, on lit le nom de PHILIBERT CARADEC. F. 1572.

Entre ce porche et l'angle de la façade ouest, était autrefois un petit ossuaire ajouré de deux baies moulurées, à cintres surbaissés. M. Latreille a transformé cet ossuaire en une élégante petite chapelle où se trouvent aujourd'hui les fonts baptismaux.

A l'intérieur de l'église, sur le mur nord, on lit : SEB. CAUNAN 1606. JEAN, BRELIVET. F. 1603 et plus loin la date de 1588.

L'église est pourvue d'un mobilier neuf, datant du temps de M. Latreille. Le maître-autel, les deux autels latéraux, la balustrade, la chaire à prêcher et le nouveau confessionnal sont en châtaignier sculpté et verni.

Les statues vénérées dans l'église sont saint Germain l'Auxerrois, patron de la paroisse, et Notre-Dame de Tréguron, qui est invoquée surtout par les mères et les nourrices qui ont besoin de lait pour leurs nourrissons. Outre ces deux grandes statues, on voit encore sur la façade Est, du côté de l'Epître, les statues de Jeanne d'Arc, de la Sainte-Famille, groupe bizarre et de mauvais goût, de saint Even et de saint Sébastien, que quelques-uns ont pris pour un Ecce Homo. Cette dernière porte sur son socle un écusson avec les armoiries des Quélen-Vieux-Châtel.

Sur la même façade, du côté de l'Evangile, on voit les statues du Sacré-Cœur, de saint Jean-Baptiste, de saint Michel terrassant un dragon, cette dernière provenant de la chapelle de Saint-Michel en Plonévez-Porzay. Plus loin, sur le mur nord, se trouve une autre statue très ancienne, ne portant pas de nom. On dit qu'elle est venue de la chapelle de Saint-Even.

On voyait, aussi autrefois, adossé au pilier midi, un groupe en pierre, très curieux et très primitif, représentant saint Hervé, le chanteur aveugle, guidé par son petit compagnon Guic'haran, qui conduit un loup en le menaçant d'un fouet armé de gros nœuds. Ce groupe provenait ide la chapelle de Saint-Mailhouarn, à Lesvren (Plonévez-Porzay). M. le chanoine Abgrall déplore à juste titre sa disparition de l'église de Kerlaz. Sous prétexte que c'était une œuvre de style un peu barbare, on a cédé, pour une destination profane, cette statue qui avait été vénérée pendant quatre siècles par les paroissiens de Kerlaz. En attendant sa rétrocession et sa réinstallation à la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter, le R. P. Le Floch a eu la bonne et pieuse pensée de la reproduire aussi fidèlement que posible dans un des nouveaux vitraux.

La fenêtre absidale contenait autrefois, une maitresse-vitre qui a disparu. Elle était composée des sujets suivants : 1°) Couronnement d'épines ; 2° Notre Seigneur en croix entre deux larrons ; 3°) Descente de croix ; 4°) saint Jean-Baptiste présentant un chanoine donateur, avec un écusson portant « d'azur à trois poissons d'argent ». Au bas se trouvait cette inscription : « L'AN.. M. D XLI. FUST. FAICT. CE PANNEAU ». Le nouveau vitrail reproduit toutes ces scènes, à l'exception de la dernière.

Au milieu de la nef, en face de la chaire à prêcher, se trouvent deux pierres tombales qui pourraient faire croire au visiteur non averti qu'il y a là deux sépultures. La première porte l'inscription : « Jean Le Bot, curé de Kerlaz » ; la seconde : « Corentin Billova, etc. ». Le reste est illisible. D'après les renseignements fournis par M. l'abbé Briand, recteur de Plomeur, ce Corentin Billova est né à « Maner ar Goff », en Plomeur. Il fut pendant quelques années recteur de sa paroisse natale, d'où il fut transféré à Plonévez-Porzay, le 2 février 1666, et où il mourut le 11 juin 1700. La présence de cette pierre tombale à Kerlaz a fait croire à plusieurs que M. Billova y a été enterré. C'est une erreur. Cette pierre provient du cimetière de Plonévez-Porzay. Lors du dallage de l'église, du temps de M. Latreille, on dut transporter du cimetière de Plonévez-Porzay un grand nombre de vieilles pierres, tombales qu'on utilisa comme dalles à Kerlaz. La pierre tombale de M. Billova, qui méritait assurément un meilleur sort, se trouva du nombre. C'est ce qui explique sa présence à Kerlaz ; mais il ne faut pas en conclure autre chose, et croire, par exemple, que M. Billova, a été enterré à Kerlaz. L'autre pierre tombale vient du cimetière de Kerlaz, du tombeau de M. Le Bot, ancien curé de la trève.

Cimetière de Kerlaz.

Le cimetière de Kerlaz n'offre rien de particulier à signaler. C'est le vieux cimetière de campagne assis à l'ombre de l'église paroissiale. Kerlaz, quoique trève de Plonévez-Porzay, possédait de temps immémorial le privilège d'enterrer tous ceux qui mourraient dans la trève. Un petit arc de triomphe de tournure Renaissance, portant la date de 1558, donne entrée dans le cimetière. Deux niches renfermant deux anciennes statues en bois encadrent la porte d'entrée appelée « An or varo ». A l'angle sud se trouve un calvaire décapité. Au milieu du cimetière s'élève un autre calvaire d'une tournure plus artistique portant la date de 1645, avec, cette inscription : « HIERONYME CARO : F. ». Autrefois, dit M. Pouchous, on exposait les Reliques à toutes les foires de Pouldavid, sur la pierre qui est au-dessus de cette inscription, et qui était appelée pour cette raison : « Aoter ar Relegou », l'autel des Reliques. Au-dessous des pieds du Christ, il y a un écusson rongé par le temps, avec les armes de Lezarscoët. Le grand vitrail du transept Sud représente le P. Maunoir, debout sur les marches du Calvaire, prêchant aux paroisiens de Kerlaz la grande mission de 1658.

- Ass. Bret : Congrès de Douarnenez, 1965

— Dilasser (Maurice)  : Locronan et sa région (Paris, 1979).

— Site de la Mairie :

https://kerlaz.bzh/patrimoine/?lang=bzh

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Sablières

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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