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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 21:22

La fondation d'un office anniversaire (obit) de la mort de Marie de Clère : une inscription de 1395 en l'église de Bourg-Achard (Eure).

 

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Obit : "service anniversaire pour un mort". tiré du latin obitus, "mort".

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Marie de Clère, dame des Authieux, fut l'épouse en second mariage (1376)  de Guy Chrétien, chevalier, bailli de Rouen et de Gisors, et conseiller du roi. Décédée le 5 octobre 1395, elle fut inhumée aux Cordeliers de Rouen, où se lisait son épitaphe, mais c'est à Bourg-Achard que se trouve cette plaque en pierre avec l'inscription datée du 15 novembre 1395 d'une fondation pour un service religieux à l'anniversaire de son décès, chaque année le 5 octobre, "éternellement".

Son mari est cité parmi les "Marmousets", conseillers de Charles VI issus de la bourgeoisie ou de la noblesse récemment nommée, et  dont le souci d'une gestion rigoureuse était vu d'un mauvais œil par le parti des princes tandis que le peuple les voyaient comme des profiteurs.  Aussi la carrière du nouveau général conseiller faillit être brusquement interrompue en 1392, lors de la chute de ces Marmousets et du rétablissement de la tutelle des oncles du roi. Il partagea le sort de Jean Le Mercier, au mois de septembre 1392 : " Et sire Jean Le Mercier et Mgr Guy Chrestien furent mis en garde comme en prison à la bastide Saint-Anthoine".

Le couple était  seigneurs de  Bosgouet, commune voisine de Bourg-Achard

Voir :

— Dictionnaire historique des communes de l'Eure :

https://archive.org/stream/bub_gb_MCVDAAAAcAAJ#page/n221/search/clere

— Duchemin ( Pierre-Polovic), 1890, Histoire de Bourg-Achard Impr. de Vve E. Dugas (Pont-Audemer), 1 vol. (404 p.) : pl. ; In-8° page 358-359

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k379765w/f364.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k379765w/f365.image

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A tous jours soit chose notable

Et a memoire pardurable [éternelle]

Que dame marie de clere

Fille du droit seigneur de clere

Fame dun homme renommé

Maistre guy chretien nommé

Conseiller du roy urexe [vous?]

A donne tant qui doit suffire

De ses bons [biens] venant de sa part

Au prieuré du bourachart

Au los et a lonneur de dieu

Que les religieux du lieu

Sont et seront tenus de faire

Son obit et anniversitaire

En leur eglise sans sejour [sans retard]

Dottobee le v jour [le cinquième jour d'octobre]

Chascun an pardurablement [chaque année à perpétuité]

Une fois lan tant seullement

Des mors o grant solempnite

De ce faire est en verité

Une chartre faite endonnée

Pour la dame ben ordonnée

Le xve jour de novembre

L'an mil ccc ben men remenbre [bien m'en souvient]

jjjjxx et xv eussement [quatre-vingt et quinze ensemble : 1395]

 

Et par ordre de testament

Aus cordeliers est enterree

A rouen la dame honorée

Ittecques gist la bonne dame

Dieu lui face pardon a lame Amen

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Cliquez sur l'image.

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Obit de Marie de Clère, 1395. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Obit de Marie de Clère, 1395. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions
2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 14:31

L'église Saint-Budoc de Trégarvan.  Ses inscriptions, ses sablières et ses blochets, sa statuaire, ses bannières.

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Vous pourrez lire aussi, sur le sujet des sablières de Bretagne, les articles suivants :

 

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Sur les réalisations du Maître de Pleyben (1567-1576), voir :

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Sur les réalisations du Maître de Saint-Nic (1561-1576) :

 

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Et enfin :

La plaque de cocher du Passage à Rosnoën : le Chemin de Grande Communication n°47, et le Passage de l'Aulne par bac.

 

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 SITUATION.

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L'Aulne maritime, ou Rivière de Châteaulin, creuse, dans sa progression rêveuse mais avide d'en finir avec une course de 144 km, une large et profonde ria où elle dessine quelques derniers méandres ; ce sont eux qui  font toute la beauté du paysage qu'un promeneur peut découvrir du haut du Bélvédère (152 m), à Rosnoën. Le fleuve vient de recevoir son dernier affluent en rive droite, la Douffine, à Pont-de-Buis, mais accepte encore une dernière contribution en rive gauche, celle des eaux du Garvan, et ses saumons.

C'est précisément ce Garvan qui donne son nom à Trégarvan, de  tref , "village", en en délimitant le territoire à l'est . 

 

 

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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J'ai utilisé en complément de mes clichés les ressources de GEOPORTAIL / REMONTERLETEMPS avec les cartes IGN, d'Etat-Major, de Cassini, et les photos aériennes.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.214302&y=48.251928&z=15&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=normal

 

Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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C'est ce ruisseau du Garvan, qui descend des pentes du Ménez-Hom (330 m) en alimentant des moulins, qui, associé au "ster" du  Cosquer, va dessiner ce chapeau de gendarme de Trégarvan.

Site Géoportail hydrographie.

https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

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Geoportail /photo aérienne / Hydrographie.

Geoportail /photo aérienne / Hydrographie.

Géoportail IGN hydrographie.

Géoportail IGN hydrographie.

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Une dernière photo de l'Aulne en amont de Trégarvan nous permet de comprendre que les habitants qui ont inscrit leur nom sur les murs de l'église au XVI et XVIIe siècle étaient de riches cultivateurs, ou des meuniers.

Pourtant, Marteville et Varin écrivait encore en 1853, dans la nouvelle édition du Dictionnaire d'Ogée

 

 

"Trégarvan, commune formée de l'ancienne trève d'Argol, sans desservance. Limit. : N. rivière de Châteaulin ; E. Dinéault, anse de Garvan ; S. Saint-Nic ; Dinéault ; O. Argol.

Principaux villages : Goulenes, Brigneun, Toulargloët, Kerfréval, Le Cosquer. Superficie totale 972 hectares, dont les principales divisions sont terres labourables : 201 ha. Près et pâtures : 16 ha. Bois : 8 ha; vergers et jardins : 8ha. Landes et terres incultes 711 hectares. Quatre moulins à –au, Kerfréval, Le Cosquer et du Garvan. "Cette commune est peut-être celle de toute la Bretagne qui a le plus de landes : celles-ci couvrent plus de 7/10e de son territoire. On parle breton."

La première édition, de 1778, décrivait Trégarvan avec Argol, mais dans des termes comparables :

"Argol ; située entre des montagnes ; à 7 lieues au Nord-Nord-Ouest de Quimper, son Evêché, à 41 lieues trois quarts de Rennes ;& à 2 lieues un tiers du Faou , la Subdélégation. On y compte 1050 communiants, y compris ceux de Trégarvan, sa trêve. Elle ressortit à Châteaulin, & la Cure est présentée par l'Abbé de Landevenec.

Ce territoire , couvert de montagnes serrées les unes contre les autres & plein de landes , ne contient que des terres stériles , Il vous en exceptez quelques-unes limées au Nord & à l'Est, qui produisent du froment & autres grains."

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L'Aulne et l'embouchure du Garvan. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

L'Aulne et l'embouchure du Garvan. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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COMMUNICATIONS.

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La carte de Cassini (fin XVIIIe) montre que les voies de communication longent l'Aulne par les  routes Châteaulin-Dinéault-Telgruc-Crozon au sud, Braspart-Quimerc'h-Rosnoën-Térenez au  nord. Deux "passages" traversaient le fleuve du nord au sud, à Térenez et à La Forest entre Rosnoën et Dinéault, comme le suggèrent — sans indiquer les passeurs — les voies qui s'interrompent sur les deux rives.

Aux XVIe - XVIIIe siècles, période de construction de l'église tréviale, Trégarvan est à l'écart relatif de ces voies, sauf par sa proximité du Passage La Forest-Maison-Blanche.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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La carte d'Etat-Major de 1820-1866 montre la même chose. Notez la rareté du bâti sur la colline (42 m et 78 m) qui domine Trégarvan, et l'indigence des chemins conduisant à Le Passage, entre Rosnoën et Dinéault.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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La carte au 1/50000 de 1950 indique enfin un enrichissement du bâti sur le petit promontoire, et mentionne clairement le bac et la route (ex Chemin de Grande Communication) Le Faou-Dinéault passant par le bac, dûment indiqué.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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PRÉSENTATION.

D'après Chrystel Douard 2010.

 

Relevant dès le 11e siècle de l´abbaye bénédictine de Landévennec et trève de la paroisse d´Argol, Trégarvan est érigé en commune en 1792 et devient paroisse indépendante en 1842.

Aucun tissu urbain n'existe avant la seconde moitié du 19e siècle. En 1831, l'ancienne chapelle tréviale devenue ensuite église paroissiale, entourée du cimetière, se situe dans un secteur dépourvu de toute construction. Une demi douzaine de maisons dont l'ancien presbytère  est construite à la fin du 19e siècle dont deux à usage temporaire d'école communale et plusieurs à usage de commerce. Le presbytère, aujourd'hui désaffecté, conserve un élément sculpté ancien remployé au-dessus de la porte nord provenant peut-être de l'église et portant des armoiries associées à une crosse et une mître d'abbé, peut-être celles d'un abbé de Landévennec. La mairie, petit bâtiment à pièce unique, est construite en 1907, peut-être, comme le groupe scolaire à Kergroas (actuellement Musée de l'Ecole Rurale en Bretagne), d'après le projet de l'architecte A. Marie, de Brest. En 1930, le cimetière a été légèrement agrandi vers le sud et l'ouest et quelques maisons d'habitation ont été bâties au sud de l'église dans la période de l'entre-deux-guerres .

En 1965, une monographie succinte, rédigée par le ministère de la construction dans le cadre de la préparation d´un « plan sommaire d´urbanisme révèle une population éparse mais plus concentrée autour du bourg. Entre 1936 et 1962, la population diminue de 27 %. Parmi les 51 exploitations agricoles recensées en 1946, 44 subsistent en 1965 (contre cinq en 2009). Les 968 hectares du territoire communal sont alors composés de 367 hectares de terres labourables, de 56 hectares de prés, de 10 hectares de vergers, de 25 hectares de bois et de 477 hectares de landes, ces dernières couvrant presque la moitié de la commune. On y cultive la pomme de terre et les céréales.

Le bateau-vapeur liant Brest à Port-Launay, hors service dans les années 1960, faisait longtemps escale à Trégarvan pour permettre aux touristes de gravir le Ménez-Hom. En 1965, le potentiel touristique de la commune était perçu comme un atout. On comptait alors une cinquantaine de mouillages de bateaux et quatre cafés-épiceries dont deux au bourg et deux à Kergroas et Pont-Carvan. Situé dans la partie sud-ouest du Parc Naturel Régional d´Armorique, Trégarvan (arrondissement et canton de Châteaulin) fait partie de la Communauté de Communes du Pays de Châteaulin et du Porzay (Châteaulin, Dinéault, Saint-Nic, Plomodiern, Plonévez-Porzay, Ploéven, Quéménéven, Cast et Saint-Coulitz, Port-Launay). A dominante rurale et résidentielle, la commune se distingue par la qualité de de ses espaces naturels remarquables dont l´Aulne maritime et le Ménez-Hom, site classé depuis 2004, « en raison des ses caractères pittoresque et légendaire ». La commune couvre une superficie de 968 hectares et comptait 146 habitants au 1er janvier 2009. Avec plusieurs gîtes ruraux et un village de vacances, la commune est aujourd'hui tournée vers le tourisme rural, en lien avec l'attrait exercé par l'Aulne et le Ménez-Hom.

Un recensement des objets mobiliers conservés dans l´église, non reconduit dans le cadre de la présente enquête (fiches descriptives, photographies), avait été réalisé en 1977 ; il est disponible au centre de documentation du patrimoine (Région Bretagne). Trégarvan conserve des éléments patrimoniaux identifiés et dignes d´intérêts parmi lesquels figurent le Musée de l´Ecole Rurale en Bretagne, remarquable au niveau régional, ainsi que l´église paroissiale Saint-Budoc récemment restaurée et mise en valeur. Les hameaux de Goulénez, Stanquélen, Kerfréval, Keryé, Brigneun et Toul ar Gloët conservent des éléments significatifs de l´architecture rurale de la commune.

 

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Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

L'église Saint-Budoc de Trégarvan. Inscriptions, sablières, statuaire.

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 L'EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-BUDOC.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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"Plan en croix latine à trois vaisseaux datée par inscription de  1527 ; 1590 ; 1629 ; 1658 ; 1670 ; 1696 ; 1706 ; 172. Gros-œuvre en granite ; kersantite ; grès ; appareil mixte ; pierre de taille ; moellon  toit à longs pans ; croupe ; noue ; pignon ; flèche en maçonnerie Charpente : lambris de couvrement."

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

Vue générale de l'Aulne maritime en amont de Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

Vue générale de l'Aulne maritime en amont de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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I. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES.

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Palissy :"Piles de la nef début 16e ; croix de cimetière en 1527 ; vers 1590 rehaussement des arcades, inscription : YVO CAPYTE ETON 1590 ; chevet en 1629, inscription : BVZEC CAPITEN F 1629 ; sacristie en 1658, inscription : N LE SCOARNEC FAB 1658 ; sablière angle N.O. de la croisée porte l'inscription : I MAZEAU FA 1670 ; nef pignon ouest : N SCOARNEC F ; clocher en 1696, inscription : ... NORD. F.1696 ; reprise de la 1ère arcade nord : M.Y.CAPITAINE. P.I.GVEOC A.MARC. 1706 ; sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"

À l'extérieur, les inscriptions lapidaires  portent les dates de 1629, 1658, 1696 et 1698, et les patronymes des fabriciens B[e]uzec Capitaine, N. Le Scoarnec,  Y. Scoarnec et F. Moro.

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1°) Au pan sud du chevet. Buzec Capitaine 1629.

2°) Sur le mur de la sacristie. N. Le Scoarnec 1658.

3°) Au dessus de la porte ouest. Y. Scoarnec

4°) Sous la galerie du clocher, côté sud. F : MORO  1696 " 

5°) Le cadran solaire de 1698.

 

 

 

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1°) Au pan sud du chevet. Buzec Capiten 1629.

Lettres capitales romaines ; fût perlé (I) . Ponctuation de séparation des mots par trois points. Pierre de Logonna (microdiorite quartzique). 

Longueur 50 cm, hauteur 40 cm

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BVZEC : CA

PITEN : F

1629.

"BUZEC : CAPITEN : F[ABRICIEN]  1629."

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BUZEC est vraisemblablement le prénom du fabricien, c'est une forme de Budoc.

Le patronyme CAPITAINE est très commun à Trégarvan.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Sur le mur de la sacristie.

Lettres capitales romaines. 

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N : LESCO

ARNEC :

FAB : 1658.

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"N : LE SCOARNEC : FAB[RICIEN] : 1658."

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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3°) Élévation occidentale,  au dessus de la porte .

Lettres capitales romaines.

Y : SCOARNEC : F.

"Y[ves] SCOARNEC F[ABRICIEN].

Sans date, mais la tour que soutient ce mur est datée de 1696.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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4°) Sous la galerie du clocher, côté sud.

F : MORO  1696 " (ou  1690 ?)

Microdiorite quartzite. Lecture douteuse du patronyme. Les auteurs de la notice de la base Palissy ont lu : "NORD 1696", ce qui est encore plus douteux.

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=24457

Je propose d'y voir une graphie pour MOREAU . Par exemple, on trouve dans la généalogie de Philippe Mérour Jean Moreau, père de Yves Moreau (décédé après 1699), lui-même père (?) de Jeanne Moreau, née à Dinéault le 10/02/1699 et décédée à Trégarvan (Cosquer) le 21/05/1771, qui épousa Jean Capitaine. Leurs enfants Corentin, Marie, Jeanne Catherine et Magdelaine ont vécu à Trégarvan, soit au Cosquer, soit à Brigneun. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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5°) Le cadran solaire de 1698.

Chambre des cloches. Schiste. cadran rayonné central, numérotation arabe de droite à gauche  7, 6,5,4,3,2,1 -fleur-11,10,9, 8, 7, 6, 5. 

Registre supérieur : cercle au monogramme christique I.~H S , le tilde surmonté d'une croix. Chronogramme 1698 entourant le motif religieux. 

L'inscription haute est partiellement (et sans doute volontairement) effacée, laissant lire ---N: ---:FA.

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Voir :Yves-Pascal CASTEL, L'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère, d'après Jean-Paul Cornec, Pierre Labat-Ségalen, «Cadrans solaires en Bretagne», Skol Vreizh, 2010

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/index_ypc_cadrans_solaires.html

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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II. LE CALVAIRE DE 1527.

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Description par Yves-Pascal Castel :

3022. Trégarvan, église, g. k. 1527. Trois degrés. Socle à cavet: MVCXXVII - - - FABRIQVE, écu usé. Fût à pans, griffes hautes. Croisillon aux anges, écu aux trois pommes de pin et à la crosse. (Alain de Trégain, de Briec, abbé commendataire de Landévennec). Croix, crucifix, anges au calice. [YPC 1980] http://croix.du-finistere.org/commune/tregarvan.html

Voir aussi Christel Douard:

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-du-cimetiere/df27706c-d01c-4250-bf59-7db1fb78d289

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1°) La face orientale : Vierge à l'Enfant.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) La face occidentale : Crucifix et anges au calice.

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Croquis de Yves Pascal Castel :

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Le blason d'Alain de Trégain, abbé de Landévennec de 1524 à 1530 : aux 3 pommes de pin pointes en haut, crosse en pâl.

Voir : 

 

. http://www.lavieb-aile.com/2019/05/les-blasons-de-quelques-abbes-de-landevennec.html

 

Le calvaire de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Le calvaire de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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III. LES STATUES EN KERSANTON DE L'ENTRÉE.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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1°) La Pietà aux anges de compassion.  Kersanton, XVIe siècle.

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inscrit au titre objet 2003/01/09 

h = 97 ; la = 105 ; pr = 36. "La Vierge agenouillée prie devant la dépouille de son fils soutenue par deux anges de part et d'autre du corps." Notice base Palissy.

Cette œuvre appartient donc au groupe des "Pietà aux anges de douceur", ou plus généralement aux crucifix où le Christ mort est assisté par deux anges. Voyez par exemple mon commentaire sur la Pietà de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou, où je donne une synthèse de l'iconographie.

 

Ici, l'ange de gauche soutient tendrement la tête du Christ, tandis que le deuxième ange enveloppe d'un linge les pieds.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Saint Budoc. Kersanton, XVIe siècle.

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a) Notice base Palissy

2003/01/09 : inscrit au titre objet

h = 135 ; la = 57 ; pr = 50 Saint Budoc en pied, en tenue d'évêque, tient la crosse de la main droite.

b) Saint Budoc : Evêque fêté le 9 décembre

 "Dans sa vie de saint Guénolé, écrite entre 850 et 885, Gurdisten reprend une tradition ancienne, selon ses propres paroles, quand il nous décrit Budoc comme "ministre angélique, richement doué de savoir, remarquable par sa droiture, que tout le monde de ce temps considérait comme l'une des plus fermes colonnes de l'Eglise". Budoc était le "maître" de l'Ile Lavret (Laurea), où Gwénolé fut, dès son enfance, élevé comme son disciple. Avec Maudez puis Budoc, nous sommes à la fin du 5e siècle et à l'aube de la grande expansion du monachisme chez nous : monachisme d'ermites où chacun a son "peniti" ; et, quand il s'agira d'un monastère, l'abbé continuera souvent à vivre en ermite (voir Goulven, Goeznou, Gwénolé) ; l'influence orientale reste prépondérante. Le culte de saint Budoc est couramment lié à celui de saint Gwénolé.

Saint Budoc (ou Beuzec) était le patron de l'ancienne paroisse de Beuzec-Cap-Caval (aujourd'hui en Plomeur). Il est toujours le saint patron des églises paroissiales de Beuzec-Cap-Sizun, Beuzec-Conq (en Concarneau), Trégarvan, Plourin-Ploudalmézeau et Porspoder." https://diocese-quimper.fr/fr/se-ressourcer/les-saints/story/917/saint-budoc

Saint Budoc, fils de sainte Azénor, fille du roi de Brest  donna son nom à la paroisse de Beuzec.

Les pêcheurs, obligés de lutter avec la mer ne croient pas avoir de meilleurs patrons que sainte Azénor  voguant sans voiles et sans rames  et son fils saint Beuzec, Buzec ou Budoc (littéralement le noyé, ou sauvé des eaux) .

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On comparera cette statue à celle de saint Guénolé (disciple de Budoc) en abbé (kersanton, vers 1520) dans l'ancienne abbaye de Landévennec ; il tient également  la crosse de la main droite.

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-reliquaire-et-les-statues-de-saint-guenole-au-musee-de-landevennec.html

Il est plus exact d'écrire que saint Budoc, si on admet cette identification non fondée, est représenté en abbé et non en évêque. Il s'agit peut-être aussi d'une statue de saint Guénolé, puisque nous sommes ici sur une possession de l'abbaye de Landévennec.

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Plaque émaillée à l'entrée du cimetière. Photo lavieb-aile.

Plaque émaillée à l'entrée du cimetière. Photo lavieb-aile.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La reliure ou couverte du livre qu'il tient porte cinq cercles placés en quinconce.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La mitre est également orné de de groupes de cinq fleurons en quinconce placés de chaque coté d'une bande verticale médiane décorée d'un fleuron et de deux languettes.

La mitre porte bien entendu des fanons.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Nous pouvons remarquer aussi que :

La crosse est tenue à droite, le crosseron (à crochets) orienté de façon axiale.

Cette crosse est tenue par l'intermédiaire d'un sudarium.

Des bagues sont enfilés sur chaque doigt long de la main droite (comme la statue de saint Guénolé à Landévennec).

Un manipule pend au poignet gauche, avec son gland de passementerie.

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IV. LE CLOCHER ET SES TÊTES.

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L'église paroissiale de Trégarvan partage certaines caractéristiques géologiques et stylistiques avec d'autres édifices religieux du Parc Naturel Régional d'Armorique. On retrouve, par exemple, des flèches à arêtes sculptées figurant des têtes humaines entre autres, à Landévennec (église paroissiale), à Dinéault (chapelle Saint-Exupère de Loguispar), à Brasparts (église paroissiale Notre-Dame et Saint-Tugen) ou encore à Pleyben (chapelle de la Madeleine). (d'après C. Douard)

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La galerie de la tour est cantonnée par quatre têtes, (deux têtes humaines et deux têtes animales), et l'élévation ouest est encadrée de deux crossettes (un ange et une sirène) : elles seront étudiés dans un article propre.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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V. LE CLOCHER : LES DEUX CLOCHES.

LA CLOCHE MARIE JOSEPH ANNA (1880).

Base Palissy Enquête de l'Inventaire : Castel Yves-Pascal ; Quillivic Claude

Cette cloche a été fondue, comme celle de la chapelle Saint-Jean et celle de Guengat, celle de l'hospice de Châteaulin, celle de la chapelle Saint-André d'Ergué-Gabéric (1854) par Jean Fondeur, de Quimper, en 1880. Haute de 70 cm, elle porte  en ornementation un Salvator Mundi, et  l'inscription : 

PAROISSE DE TREGARVAN M. JOSEPH BARBOU RECTEUR J. M. MOAL MAIRE HERVE LAGADEC TRESORIER JE M'APPELLE MARIE JOSEPH ANNA JEAN MEROUR PARRAIN MARIE LAGADEC MARRAINE L'AN 1880

JEAN FONDEUR QUIMPER

LA CLOCHE DE 1859.

Base Palissy Enquête de l'Inventaire : Castel Yves-Pascal ; Quillivic Claude

Egalement fondue par Jean Fondeur à Quimper, et haute de 76cm, elle est ornée d'une Vierge, d'une gloire et d'une étoile, avec l' inscription :

PAROISSE DE TREGARVAN MR POLIQUEN RECTEUR MM J. M. MOAL MAIRE J. CAPITAINE ADJOINT M. H. MOAL TRESORIER S. J. L. NICOLAS P. ALL LAGADEC F. P. J. LOUIS BATANY M. J. N. MEROUR

JEAN FONDEUR A QUIMPER 1859

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Elles sont ornées en début de ligne par des manicules dont l'index et l'auriculaire sont  tendus vers des couronnes ou O.

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L'église Saint-Budoc de Trégarvan. Inscriptions, sablières, statuaire.
L'église Saint-Budoc de Trégarvan. Inscriptions, sablières, statuaire.

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VI. UNE CROSSETTE.

Angle sud-est : un chien (?) attaquant sa proie.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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 L'INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-BUDOC.

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Trégarvan, est une ancienne trève d'Argol érigée en paroisse en 1841. Son église est en forme de croix latine, comprenant une nef de trois travées avec bas-côtés, deux chapelles en ailes formant faux transept au droit de la dernière travée et un chœur profond terminé par un chevet à trois pans. L'édifice présente des restes du XVIe siècle (arcades), mais a été en partie reconstruit au XVIIe siècle puis au début du XVIIIe siècle, ainsi que l'attestent les inscriptions. L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec sablières sculptées mais sans entraits. Les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers octogonaux. Arcs diaphragmes entre les bas-côtés et le transept. (Couffon)

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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I. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES : 1706 et 1590 (?).

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1°) dans l'évasement du mur nord au dessus du 2ème pilier de la nef.

Un bloc de pierre sombre, de 53 cm sur 28 cm en deux fragments :

M : Y : CAPITAI

NE : P : I : GOVEOC

A : MARC : 1706 (ou A : MARO)

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M :  Y : CAPITAINE : P : I : GOVEOC / A : MARC  : 1706.

Interprétation possible  : "Messire Yves Capitaine Prêtre, I. Goveoc et A. Marc (fabriciens), en 1706."

a) le nom Capitaine est attesté comme nous l'avons vu. La lettre M précédant l'initial du prénom m'incite à y voir le titre messire qui précède le nom des recteurs, et la lettre P la mention "prêtre", mais aucun prêtre de ce nom n'est mentionné dans la paroisse d'Argol, dont Trégarvan est la trève jusqu'en 1842. Un "Yves Capitaine " est mentionné à Trégarvan, mais un peu plus tardivement puisque ses parents sont nés en 1704 et 1699.

b) le patronyme GOVEOC n'est  attesté, ni à Trégarvan ou Argol, ni comme patronyme en France. Nous trouvons en Bretagne Le Govec (diminutif de Le Goff : Le Goffic, Le Govic, Le Gouic,  Le Govec). Peut-être  une graphie dérivée de (LE) CORREOC ? Dans cette famille où Jean est attesté en 1685 à Dinéault, Anna Le Correoc épousa Yves Capitaine, et décéda à Brigneun, Trégarvan, en 1772.

c) A : MARC ou MARO pourrait correspondre aux patronymes Le Maro, Le Marchou, Le Marc'h, Le Marc, dérivé du breton marc'h, "cheval".

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Dans l'évasement du mur nord au dessus du 3ème pilier de la nef (1570 ? 1590 ?)

Elle semble être un fragment d'une inscription plus complète. Elle est elle-même traversée par une fissure (comblée de mortier ?). Les lettres latines sont irrégulières. On trouve des lettres conjointes liant entre eux le nom et le prénom, et un N rétrograde. La lecture est hasardeuse, notamment celle de la date, pourtant cruciale.

70 cm x 43 cm.

 

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Je lis 

YVOCAPYTE

ETON : 1570

 

Couffon a lu : " YVO CAPITE.../PETON. 1590. "

On peut penser à Yvon Capiten (Capitaine) , et , peut-être au patronyme Peton ou Petto

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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LES SABLIÈRES ET BLOCHETS : 1670 (NEF) et 1720 (CHOEUR).

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1°) Les sablières de la nef.

Si les trois travées découpent la nef, ce sont cinq entraits (poutres transversales que je numérote 1 à 5 d'ouest en est)) qui scandent la charpente lambrissée. Des pannes sablières sculptées s'intercalent entre les entraits, de la tribune de l'ouest jusqu'au chœur. Les premières ne sont ornées que d'une frise de tulipes, sans intérêt. Les pièces anciennes débutent après le premier pilier et le troisième entrait.

Je décrirai d'abord les sablières du coté nord, d'ouest en est.

a) Les sablières de la nef du coté nord. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet nord, contre le troisième entrait.

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C'est un personnage peut-être féminin, taillé dans une pièce de bois rectangulaire comme une poutre, sans aucune extension latérale. De ce fait, les cotés sont rabattus ; ils ressemblent à deux feuilles nervurées, mais pourraient être les ailes d'un ange.

Ce personnage est vêtu d'une tunique boutonnée de haut en bas, et serré au cou par une fraise courte mais cet habit est peu réaliste.

Deux éléments stylistiques doivent être notés :

a) le menton en godet ou en rideau forment avec les joues rondes un contraste particulier. Ce détail se retrouve sur le bas-coté sud de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic en 1661.

b) les trous forés assez profondément pour représenter les yeux et les boutons. Ils sont soigneusement exécutés, très réguliers, et nous allons les retrouver régulièrement. J'émets l'hypothèse qu'ils ont pu servir de mortaise pour des éléments décoratifs colorés.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Première sablière nord ancienne, entre le 3ème et le 4ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

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Cette frise est exactement comparable à celle exécutée à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic en 1653, mais se rapproche également des sablières de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de la même commune.

Elle se double d'une étroite  frise inférieure, faite de pampre avec ses grappes.

Trous pour les yeux de l'angelot et de l'oiseau.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Deuxième sablière nord ancienne, entre le 4ème et le 5ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Inscription sur la frise inférieure, à droite.

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I MAZEAV  FA : 16 / 76

René Couffon a lu : " M : I : MAZEAV : FA : 1676.  sur la corniche du choeur "

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Les généalogistes signalent à Trégarvan Budoc Mazeau, décédé le 2 février 1718. Ou un Jean Mazeau, compatible avec l'initiale I de Ian, dont le fils Nicolas s'est marié en 1717.

L'inscription, placée dans la frise sous-jacente à la sablière ornée, et tracée en capitales romaines très géométriques, est comparable à celles de la nef de la chapelle Saint-Côme à Saint-Nic, datées de 1641. Les lettres elles-mêmes sont identiques, hormis le A dont la traverse est droite à Saint-Côme, et en V ici. .

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

 

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Les sablières anciennes de la nef , coté sud, du chœur vers l'ouest.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Troisième sablière sud ancienne, après le 5ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Deuxième sablière sud ancienne, entre le 5ème et le 4ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Première sablière sud ancienne, entre le 4ème et le 3ème entrait. Deux dragons affrontés attachés par un anneau entourant le cou.

Cette pièce est exactement comparable à celle exécutée à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic en 1653, mais se rapproche également des sablières de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de la même commune.

Les caractéristiques en sont ici :

  • les écailles du corps traités, selon les zones, par deux entailles différentes, soit en coup de biseau, soit en ligne irrégulière et sinueuse.
  • Les plages du corps lisses, dépourvues d'écailles, 
  • les langues dont le caractère épineux est figuré par un aspect foliaire.
  • Le fouet des queues traité comme des épis ou des grappes.
  • Les trous des pupilles.

Toutes, sauf les langues foliées, sont présentes à Saint-Nic.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet sud, en avant du 3ème entrait. Ange ?

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Menton en galoche ou godet (cf. supra)

Vêtement stylisé, non réaliste.

Trous d'ornementation pour les yeux, la collerette et la ceinture.

La collerette en larges pétales , comme celle d'un Pierrot, se retrouve sur les blochets de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de Saint-Nic.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Les six blochets et les sablières du chœur (1720 et 1750).

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°1.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°2.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière entre les blochets 2 et 3.

Inscription : IA 1750.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°3. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Inscription entre les blochets 3 et 4 :

I : F. MASEO : CVRE : BVJOC : LEPAN : FABICN

La notice Palissy mentionne : "sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"

René Couffon a lu : " I : F : MASEO CVRE BVDOC LERAN FABRIC. " au mur nord de la nef."

Le chronogramme 1720 a pu être détruit lors de restauration, puisque la corniche s'arrête là, avant une pièce de bois récente. Néanmoins, il faut bien lire LEPAN et non LERAN, d'une part par constatation de la photo, d'autre part car le patronyme LE PANN est attesté à Trégarvan.

On transcrira donc : I : F : MASEO : CURÉ : BUDOC : LE PAN[N] : FABRI[QUE] [1720]

ou" I.F. Mazeau curé, Budoc Le Pann fabricien (1720 ?)"

Je ne trouve pas d'information sur Budoc Le Pann, mais la famille Le Pann est attestée à Argol, (Bodogat) et à Trégarvan (Yves Le Pann, 1689-1742, père de Michel, père d'Alain qui épouse Marie Mazeau en 1780 à Trégarvan).

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°4.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière entre les blochets 4 et 5.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

Blochet du chœur n°5.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°6.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Les sablières du faux-transept sud.

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Blochets et sablières de la chapelle latérale sud (Sainte-Marguerite).

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet de gauche.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière de gauche, coté ouest du faux-transept. Deux dragons affrontés tête reliées par un anneau. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière de droite, coté ouest du faux-transept. Frise à pampre, oiseaux.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Oiseau picorant les grappes : notez les trous d'ornementation.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet de droite du faux transept sud. Ange et inscription MARIA.

Inscription MARIA avec les deux premières lettres jointes comme dans le monogramme marial. Le personnage en buste est un ange, dont les ailes se devinent sur les cotés et dont le col est stylisé en collerette à la Pierrot. 

Cou large, menton en godet, trous pupillaires.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Synthèse : les sablières de Trégarvan et l'atelier de Saint-Nic.

Les sablières sculptées de l'église de Trégarvan sont, finalement au nombre de six pièces : deux dans la nef nord, deux dans la nef sud et deux dans la chapelle sud. J'exclus les  autres pièces, celle du début de la nef, aux successions de "tulipes", et celles du chœur, en frise géométriques dont seules les inscriptions datées (1720 ? et 1750) sont dignes d'intérêt. 

Ces six pièces sont non seulement homogènes mais aussi répétitives, puisqu'on n'y trouve que deux motifs : celui des dragons affrontés et liés, et celui des pampres aux grappes picorées par les oiseaux, de part et d'autre d'une tête d'angelot.

À cet ensemble ne s'applique pas les dates de 1720 et 1750, mais la date de 1676 associée au nom du maître d'ouvrage le fabricien I. MAZEAU.

Nous devons attacher à cet ensemble de six sablières les 12 blochets (deux dans la nef, six dans le chœur et quatre dans la chapelle sud) car ils sont tous cohérents sur le plan stylistique et qu'ils ont des caractères de style communs avec ces sablières : utilisation de trous pour les pupilles et le décor, menton en godet, double contour des yeux en amande, lignes sinueuses ornementales, stylisation non réaliste des vêtements.

Ces six sablières et ces douze blochets  de 1676 peuvent, par ces caractéristiques, être attribuées au sculpteur d'une partie des sablières de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, réalisées en 1653 sous la direction du recteur Guillaume Perfezou, M. Kervarec étant fabricien, et où les deux mêmes motifs des pampres à angelots et oiseaux et de dragons affrontés sont réalisés à l'identique. Et au sculpteur des sablières des bas-cotés de la chapelle Saint-Côme, à Saint-Nic, réalisées en 1661 et 1670-1675 sous la direction du même recteur Perfezou, tandis que R.G Marzin était fabricien en 1661 et  Alain Roignant en 1675 ; et où les mêmes motifs des sablières s'associent au caractères des blochets, notamment le caricatural menton en godet.

Faut-il déduire des inscriptions datées de Saint-Côme que le sculpteur était cet Alain Roignant, qui se signale à deux reprises comme "charpentier" ? C'est ce que suggérait Sophie Duhem dans sa thèse de 1997 :

 

"Un autre compagnon se joint aux ouvriers [ Olivier Guillosou et Jacques "Bolesec en 1641 et 1646] ,  une dizaine d'année plus tard, pour exécuter un ouvrage de même goût dans le bas-coté sud de l'église. Une poutre précise l'époque (nous sommes en 1661) et l'une des factures identifie le nouvel artisan : il s'agit d'Alain Roignant, qui reproduit fidèlement les thèmes sculptés par ses compagnons mais pour un résultat plus médiocre que tente de camoufler une excessive décoration de stries, d'encoches et de points. L'artisan a visiblement été formé aux « méthodes » des sculpteurs et familiarisé avec les images de l'atelier.

Son activité ne débute pas en 1661 puisqu'il exerce déjà son métier en 1653. il réalise à cette époque les décors sculptés de la chapelle Saint-Jean, toujours pour le recteur Guillaume Perfezou. Ses déplacements le conduisent à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Trégarvan qui l'emploie à l'ornementation de la charpente. La date de réalisation de cet ensemble n'est pas connue ; elle est probablement contemporaine des travaux de Saint-Nic et de l'achèvement des reliefs du bas-coté nord en 1670."

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Avec plus de prudence, mais en me basant sur des critères stylistiques précis et un corpus d'images placées en ligne, je propose de définir un atelier, celui du Maître de Saint-Nic, actif entre 1661 et 1676 entre les deux chapelles de Saint-Nic et l'église de Trégarvan.

Il reste à définir la filiation entre cet atelier et celui qui avait réalisé les sablières de la nef de Saint-Côme en 1641-1646. Par la parenté entre l'inscription MAZEAU FA 1676 et celles des sablières de  la nef (et non plus des bas-cotés) de Saint-Côme, ou par la présence d'ornementation par trous dans le corps des dragons de cette nef, je suis tenté d'étendre l'activité de cet atelier à la période 1641-1676. Définir, dans cet atelier, les différentes "mains", sera la tâche suivante.

 

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LA STATUAIRE.

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I. Les statues du chœur.

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1°) Saint Budoc. Pierre polychrome. XVIIe

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Le saint est représenté en évêque avec mitre rouge et or, chirothèque, pantoufles épiscopales, cape, surplis et soutane, mais il tient le bâton pastoral en forme de croix simple, sans crosse ni double traverse.

Notice Palissy : h = 135 ; la = 42 ; pr = 26

1992/01/21 : inscrit au titre objet

Ou bien Base Palissy  h =140, la = 40, attribuée à Roland Doré. Base réparée au ciment.

Emmanuelle Le Seac'h n'inclut pas cette œuvre dans son catalogue critique de Roland Doré.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Saint Pierre en premier pape.

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Base Palissy. inscrit MH 1992/01/21

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Saint Sébastien.

Ce saint était invoqué contre la peste, ou les épidémies apparentées, tout comme saint Roch (infra).

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Saint Roch et son chien Roquet.

Le médecin de Montpellier Roch, en costume de pèlerin de Rome, montre sa plaie bubonique, tandis que son chien Roquet,, miraculeusement, lui apporte chaque jour le secours d'un morceau de pain.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La chapelle nord et le retable de saint Étienne.

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Base Palissy.

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Prédelle : la lapidation de saint Étienne.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Saint Antoine. Bois polychrome, XVIIe ?

 

Base Palissy  Inscrit 1992/01/21

Attribut : son habit d'Antonin,  son cochon et son chapelet. Il manque la cloche et le tau, mais c'est le livre que devait tenir la main gauche.

Hauteur 90 cm, largeur 34 cm, profondeur 25. Inscription peinte S. ANTON.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Statues de la chapelle sud.

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La Pietà. Bois (chêne) polychrome, XVIe.

Base Palissy Yves-Pascal Castel et Claude Quillivic

1960/02/23 : classé au titre objet

Statue d'applique à revers évidé, haute de 90 cm et large de 40 cm. La Vierge est assise, les mains jointes, le corps de son Fils étendu en arc sur ses genoux.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sainte Marguerite issant du dragon. Bois polychrome, XVIIe. 

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Base Palissy. inscrit MH 1960/02/23

Sainte Marguerite sort miraculeusement du dos du dragon qui l'avait avalé, et qui tient encore dans sa gueule l'extrémité du manteau bleu à revers rouge.

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Ses cheveux sont retenus par un bandeau postérieur, de même étoffe que le manteau.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Statue du bas-coté nord de la nef. Dieu le Père.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Les fonts baptismaux. Grès, XVIe siècle.

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Base Palissy 

" grès peint faux granite ; cuve carrée, sur pied, avec piscine accolée de moindre hauteur, base commune ornée de moulures ; dimensions : h = 95" (Castel et Quillivic)

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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LES BANNIÈRES DE PROCESSION.

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Dans la tribune :

Velours rouge brodé 

SAINT PIERRE PRIEZ POUR NOUS.

SACRÉ COEUR DE JÉSUS SAUVEZ LA FRANCE.

Cette bannière peut être datée de la Grande Guerre 1914-1918 par son inscription votive patriotique.

 

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Bannières de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

Bannières de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Bannière de sainte Anne et de Notre-Dame de Lourdes.

Soie brodée, début XXe (?)

a) Bannière de sainte Anne.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Bannière de Notre-Dame de Lourdes.

inscription N-D DE LOURDES P.P. NOUS [Priez pour nous]

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Bannière de la guerre de 1914-1918 et de sainte Jeanne d'Arc.

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Soie brodée et peinte, cannetille. Début XXe.

a)  Bannière de la guerre de 1914-1918.

Inscription DON DES PAROISSIENS CONSOLATRICE DES AFFLIGÉS GUERRE 1914-1918.

La Vierge.

Une religieuse en cornette (probable sœur de la congrégation des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul) se penche sur le bras gauche garotté  d'un blessé dont elle pose le pansement.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320122201056nuca/4b322446-e624-4c07-ab04-a30a5dbd0e7a

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bannieres-de-procession-4/d49b2893-870c-46dc-a5e5-e003356dd97b

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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b. Bannière de Jeanne d'Arc.

Inscription JHESUS MARIA.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Bannière de Notre-Dame de Lourdes et de  l'ange gardien

 

a) Bannière de l'ange gardien : soie rouge. Inscription SOYEZ MON GUIDE.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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b) Bannière de Notre-Dame-de-Lourdes.

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N-D. DE LOURDES PRIEZ POUR NOUS.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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La plaque tombale du dernier grenadier de Napoléon.

 

 

"Michel Hicher, grenadier de la garde impériale, est décédé à Trégarvan le 8 août 1857. En 2014, la plaque a été .redorée :

« Ici repose Michel Hicher né à Plonévez-Porzay, grenadier du 1er régiment de l'ex-garde impériale, Chevalier de la Légion d'honneur, décédé à Trégarvan le 8 août 1857 à l'âge de 86 ans ». 

Deux articles de  Jean-Jacques Kerdreux et de Patrick Jadé ont donné tous les renseignements sur ce grenadier : présentées dans « Avel Gornog » n°22 d'août 2013. 

Michel Hicher est né en 1771, au moulin de Lesvren en Plonévez-Porzay, dans une famille de meuniers de Dinéault (moulin de Tréfiec depuis 1760). Il fut enrôlé comme soldat de la Révolution lors de la levée en masse de 1794. ll devient fusillier du 1er bataillon des Ardennes.

Mesurant plus de 1,70 m, il devint grenadier dans l'armée d'Italie, sous les ordres de Napoléon Bonaparte.

Dans la 106e demi-brigade, il participe à la défense de Gènes en avril-juin 1800. Il est en Autriche en 1805, 1809, puis intègre le 1er régiment de grenadiers à pied de la garde impériale, l'une des quatre seules unités de la Vieille Garde et "la plus valeureuse de tous les temps". Cette unité accompagne Napoléon jusqu'à Moscou, et parvient à garder un ordre à peu près régulier pendant la retraite de Russie. 

 

Puis c'est la campagne d'Allemagne en 1813, puis la campagne de France en 1814, au cours de laquelle Michel Hicher reçoit la Légion d'honneur le 2 avril 1814, juste avant l'abdication de Napoléon le 6 avril. Il participe à la campagne de Belgique en 1815 mais est absent à Waterloo le 18 juin.

 

 

 

 

 En 1815, après 23 ans et 6 mois de service dont 23 ans de campagne,  il revient à Dinéault comme cultivateur. Il se marie le 25 septembre 1918 à Dinéault avec Laurence Bescou de Trégarvan et s'installe à Brigneun (Trégarvan). Il aura cinq enfants et aujourd'hui, plusieurs de ses descendants habitent la commune.

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Cimetière de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

Cimetière de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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SOURCES ET LIENS.

—Base Palissy :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/dapapal_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Tr%e9garvan&DOM=MH&REL_SPECIFIC=3

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_8=REF&VALUE_8=IA00005336

"Piles de la nef début 16e ; croix de cimetière en 1527 ; vers 1590 rehaussement des arcades, inscription : YVO CAPYTE ETON 1590 ; chevet en 1629, inscription : BVZEC CAPITEN F 1629 ; sacristie en 1658, inscription : N LE SCOARNEC FAB 1658 ; sablière angle N.O. de la croisée porte l'inscription : I MAZEAU FA 1670 ; nef pignon ouest : N SCOARNEC F ; clocher en 1696, inscription : ... NORD. F.1696 ; reprise de la 1ère arcade nord : M.Y.CAPITAINE. P.I.GVEOC A.MARC. 1706 ; sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"

— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère, 1980. Quimper, p. 356-357.

— CHAURIS, Louis. (2015) Pour une géo-archéologie du Patrimoine : Pierres, carrières et constructions en Bretagne. Revue archéologique de l ouest p. 259-283

https://journals.openedition.org/rao/925?lang=en

La langue bretonne emploie quelques termes pour désigner les roches, mais ceux-ci s’avèrent dans l’ensemble peu précis. Ainsi, la dolérite, appelée mein houarn ou menhouarn (pierre de fer), en raison de sa ténacité, n’est aucunement un minerai de ce métal. En presqu’île de Crozon, lorsqu’elles est altérée, la même roche est dénommée men rouz (pierre rousse) du fait de sa teinte ; plusieurs parcelles l’évoquent ainsi à Crozon : « Men roux » (section 36, n° 1364 à 1374) et « Parc Men roux » (section n° 36, n° 1375). Parfois, (à Trégarvan ou à Dinéault), les cultivateurs appellent la dolérite « Kerzanton », confusion éminemment fâcheuse (Chauris et Kerdreux, 2000). Il est rare qu’en breton le toponyme indique la nature de la pierre de manière relativement précise. 

— CHAURIS, L., KERDREUX, J.-J., 2000 – La dolérite : une pierre de construction singulière en presqu’île de Crozon, Avel Gornog (Crozon), 8, p. 18-23.

On trouve de la dolérite par exemple dans certains gisements affleurants dans le centre de la Bretagne et notamment près du village de Plussulien sur le site de Quelfennec qui est connu comme étant l'un des principaux sites de fabrication de haches polies de la période Néolithique qui s'exportèrent dans tout l'ouest de la France.

 

—CHAURIS, Louis. Un projet de haut fourneau à Trégarvan au XIXe siècle. Dans : Les Cahiers de l´Iroise, n° 147. Brest, 1990, p. 156-163.

— COUFFON (René), LE BARS, (Alfred), 1988,, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.;

"TREGARVAN Ancienne trève d'Argol érigée en paroisse en 1841.

EGLISE SAINT-BUDOC En forme de croix latine, elle comprend une nef de trois travées avec bas-côtés, deux chapelles en ailes formant faux transept au droit de la dernière travée et un choeur profond terminé par un chevet à trois pans.

L'édifice présente des restes du XVIè siècle (arcades), mais a été en partie reconstruit au XVIIè siècle puis au début du XVIIIe siècle, ainsi que l'attestent les inscriptions :

" BVZEC : CAPITEN : F : 1629. " au pan sud du chevet,

" N : LE SCOARNEC. FAB. 1658. " sur le mur de la sacristie,

" M : I : MAZEAV : FA : 1676. " sur la corniche du choeur,

" 1696 " et " MORO. F. " sous la galerie du clocher, côté sud, -

" M : Y : CAPITAINE : P :/I : GOVEOC : A : MARC : 1706. " sur un pilier de la nef,

" YVO CAPITE.../PETON. 1590. " sur un autre pilier de la nef,

" I : F : MASEO CVRE BVDOC LERAN FABRIC. " au mur nord de la nef,

" MI CAPITEN PBRE. " sur une sablière du choeur.

L'accès au clocher est extérieur. Une galerie à forte balustrade classique entoure la chambre de cloches. Au sommet des gables de la flèche, mascarons ; autres mascarons sur les arêtes. Ossuaire d'attache à deux baies. L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec sablières sculptées mais sans entraits. Les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers octogonaux. Arcs diaphragmes entre les bas-côtés et le transept.

Mobilier Maître-autel en tombeau galbé. - Deux autels latéraux : au sud, petit retable à quatre colonnes lisses ; au nord, retable à deux colonnes torsadées évidées, représentation en bas-relief polychrome de saint Etienne dans le panneau central, et martyre du diacre dans la prédelle. Fonts baptismaux de granit."

Statues anciennes

- en pierre polychrome : saint " BVDOC " ;

- en bois polychrome : Dieu le Père portant la tiare et assis sur son trône, XVIIe siècle (porche),

-saint Pierre,

-saint Sébastien, XVIIe siècle (C.),

-saint Roch, XVIIe siècle (C.),

-sainte Marguerite, XVIIe siècle (C.),

-saint Antoine ermite, XVIIe siècle,

-Vierge de Pitié, XVIe siècle (C.),

-Christ en croix, XVIe siècle ;

- en bois doré : Immaculée Conception (statuette de procession), XVIIIe siècle.

Trois vitraux figuratifs dans le choeur, vers 1946.

Cadran solaire de 1698. 

A l'entrée de l'enclos, deux statues en kersanton :

Vierge de Pitié à genoux, contemplant son Fils étendu à terre et dont deux anges soutiennent la tête et les pieds ;

- saint Budoc en évêque.

Dans l'enclos, calvaire aux sculptures rongées par le temps, consoles vides ; sur le socle : " M Vc XXVII.

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. Presses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index . Voir pages 60 et 147.

— ARCHIVES PAROISSIALES.

https://diocese-quimper.fr/fr/archives/story/2484/archives-paroissiales-de-tregarvan

— — OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843, p. 917.

— OGEE, édition 1778 :

https://archive.org/stream/dictionnairehist01og#page/22/mode/2up

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Published by jean-yves cordier - dans Bannières. Sablières Inscriptions Chapelles bretonnes.
3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 15:24

Les crossettes et l'inscription gothique (kersanton, 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice.

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Cet article fait suite à celui sur le Moulin de Brezal, situé juste en face de l'église, de l'autre coté de l'Elorn et de la départementale D 712.

Les crossettes et l'inscription gothique du moulin de Brezal (Plounéventer / Pont-Christ).

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Sur les inscriptions lapidaires en Bretagne, voir :

 

— Sur les crossettes, voir :

Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

Les crossettes de l'église de Plougourvest (29).

 

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Ce matin, j'ai consulté à nouveau le site d'André Croguennec sur  Pont-Christ Brezal, et plus précisément sur l'église de Pont-Christ. La qualité des photos et le caractère exhaustif du texte rendent superflu tout complément. Peut-être vais-je placer ici quelques crossettes qui manquent à ses images ? Ou pinailler sur des peanuts ?  C'est petit, mesquin, et je vous oriente tout de suite vers la bonne direction ; ça vaut vraiment le coup :

http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/eglise-PC.htm

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I. QUELQUES VUES GÉNÉRALES.

S'approcher d'une église en ruine, dont la toiture s'est effondrée à la fin du XIXe siècle avant de voir ses arcades gothiques s'écrouler vers 1960, est toujours poignant. Loin d'être saisi par l'esthétique du sublime que goûtèrent les romantiques devant les ruines de Rome ou d'Athènes, ou d'être atteint par le "trouble de mémoire " de Freud sur l'Acropole,  c'est une grande tristesse qui m'étreint devant le gâchis,  la perte, l'incapacité à transmettre intact un patrimoine. 

Je me promène sur le site (désert, bien-sûr) et je finis par atténuer le sens tragique du temps qui passe et qui m'emporte en retrouvant des formes familières, et en circulant dans des volumes que je m'approprie. Tout le vocabulaire architectural des chapelles du Finistère m'accueille avec douceur et les retrouvailles inopinées avec les anges porteurs de blason achèvent de m'apaiser.

Mais il y a quelque chose de dérisoire à lire le panonceau placé à l'entrée : 

"La chapelle a été consolidée et restaurée dans le cadre de l'Opération Intégrée de Développement (O.I.D) 1988-1992 : consolidation du pont et de l'enrochement de la berge, rejointoiement des maçonneries et du clocher, pavement du sol, installation du maître-autel, drainage périphérique de l'édifice et remise en forme de l'enclos paroissial. Financement : Direction Régionale de l'Action Culturelle, Fonds Européens, Conseil Régional, Conseil Général ; Commune..."

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Vue de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Vue de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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II. LES CROSSETTES.

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1. La crossette du rampant droit du pignon est. Un homme (tenant un bâton ou une épée ?).

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Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Je mets un certain temps pour retrouver mes repères, mais il s'agit d'un homme aux jambes allongées et fléchies (l'une croisant l'autre), et dont la tête et les épaules sont tournés vers le spectateur : un motif de crossettes très courant. J'ai cru qu'il avait les mains réunis comme pour prier, mais l'examen récent des soldats dégainant leur épée (Landerneau, le Tréhou, Locmélar, Saint-Servais, Plougourvest, Notre-Dame-de-Berven ...) m'a incité à en retrouver les formes ici. Or, je discerne clairement un axe diagonal qui pourrait être un bâton ou une épée, même s'il est interrompu par une encoche (photo annotée).

Enfin, je m'intéresse aux chaussures : ne sont-ce pas là des souliers "à la polonaise", ou "poulaines", comme au Tréhou ou à La Martyre ? Mais oui !

Le Lion ou le Dragon ne devaient pas être très loin.

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Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.
Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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2. La crossette du rampant gauche du pignon est : un ange (?).

La tunique plissée longue et couvrant les pieds nus s'accorde avec mon hypothèse, mais je ne sais que faire de la trompe médiane en arc de cercle. En outre, je crois remarquer une chaussure. Ou un bras empoignant un genou. Qui a dit "le charme des crossettes tient à leur caractère énigmatique" ? 

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Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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3.La crossette de l'ossuaire :  Un ange portant un blason. 

Un reliquaire est adossé à l'église, sur son coté sud, recouvert par une partie du toit de celui-ci. La crossette appartient au rampant de l'élévation ouest, ou à l'angle de l'ossuaire. Et là, pas de mystère ni de boule de gomme : c'est un ange et son blason. Chic, je vais pouvoir placer "scutifère", qui compte triple.

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Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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III. AUTRES SCULPTURES.

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Trois anges scutifères :

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Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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La statue géminée du calvaire du placître : la Vierge et saint Pierre. Kersanton, XVIe.

Décrit dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère.

http://patrimoine.dufinistere.org/commune/index.php?groupe=croix&art=la_roche_maurice

 

Note : sur les cartes postales anciennes proposées par André Croguennec et montrant le calvaire non mutilé, les statues étaient mal orientées. On y voit à l'est  le Christ en croix entouré de saint Pierre à gauche et d'un saint non identifié, et à l'ouest une Vierge à l'Enfant entourée à droite de la Vierge affligée et à gauche de sainte Marie-Madeleine tenant les aromates, mais dont le visage est tourné vers l'extérieur. Il est certain qu'initialement, le Crucifix était tourné vers l'ouest et entouré de la Vierge du pied de la Croix, et de Marie-Madeleine regardant le Christ. Du coté ouest, on trouvait autour de Notre-Dame-de-Bon-Secours saint Pierre à droite, et le saint non identifié à gauche. (saint Jean-Baptiste ??).

a) la Vierge.

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Statue géminée  (Kersanton, vers 1533) du calvaire de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Statue géminée (Kersanton, vers 1533) du calvaire de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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b) Saint Pierre et sa clef.

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Statue géminée  (Kersanton, vers 1533) du calvaire de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

Statue géminée (Kersanton, vers 1533) du calvaire de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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IV. L'INSCRIPTION DE FONDATION DE 1533.

Treize ans après avoir fondé le Moulin de Brezal et avoir inscrit leurs noms sur la pierre de fondation, Guillaume,  seigneur de Brezal et Marguerite Le Sénéchal son épouse récidivent en fondant une chapelle en face de leur château ou manoir, de l'autre coté de la vallée de l'Élorn. 

L'inscription est placée dans un cadre délimité par une moulure demi-jonc laissant à l'extérieur une marge occupée par 40 besants (meubles des armoiries des seigneurs de Brezal) et quatre fleurs à quatre pétales nervurés (allusion au prénom Marguerite ?).

J'en donne le relevé suivant (différent de celui d'André Croguennec et de René Couffon), et je place entre crochet les lettres remplacées par un tilde :

: EN LAN : MILL VCC : XXXIII :

GUILLE[M] DE BRESAL & MARGARTE

LE SENECHAL FIRENT FAIRE

CESTE CHAPELLE EN LONEUR

DE DIEU & N[OT]RE DAME DE SECORE

"En lan Mill V Cent XXXIII Guillem de Bresal et Margarite Le Sénéchal firent faire ceste chapelle  en lhoneur de Dieu et Notre Dame de Secore".

Le texte n'est pas très différent de la première inscription : "lan mill cinq cent XX Guillem de Bresal & Margarite Le Sénéchal seigneur & dame de Bresal, firent faire cest etanc & moulin au dyvys de Olivier Garric."

Le deux-points entre les mots est encore fait de deux losanges, mais son recours est réservé à la première ligne.  La conjonction ET est encore abrégée en une sorte d'esperluete. 

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Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Les deux premières lignes.

Malgré la présence de lichens blanchâtres qui revêtent l'inscription d' une tenue léopard pour en brouiller l'émission, la lecture ne pose pas de problèmes. Il faut bien remarquer le tilde sur le -e- de GUILLE qui donne la leçon GUILLEM proche des formes bretonnes Gwilherm ou Guillerme (dixit Wikipédia) . 

Outre les lichens, ce sont les lettres conjointes (dont deux parties sont fusionnées) qui peuvent nous tendre des pièges : comme le BR de BRESAL.

Le nom MARGARITE est écrit MARGARTE, avec élision du -i-. Le prénom est issu du latin Margarita. On trouve en breton Marc'harit. Dans son Histoire de Bretagne, Pierre Le Baud utilise couramment en 1638 cette forme Margarite.

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Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

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La comparaison entre les deux inscriptions : mill cinq cc XX versus  mill V cc XXXIII :

Entre 1520 et 1533, le style de l'écriture a légèrement changé : les lettres sont moins raides, moins alignées en bâtonnets, elles sont très légèrement inclinées sur la gauche ce qui suffit à leur conférer un certain dynamisme. Leur fût est plus mince. La différence est spectaculaire, quoique ténue, en comparant le chiffre XX et le chiffre XXXIII. Le jambage des X s'était déjà départi de toute raideur dans la première inscription, mais sur la seconde, les lettres s'envolent comme de gracieuses hirondelles, qui s'élancent à la poursuite des trois -i-. Ceux-ci envoient gaiement leurs points comme trois ballons dans une cour de récréation.

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Les deux inscriptions de 1520 et 1533.
Les deux inscriptions de 1520 et 1533.

Les deux inscriptions de 1520 et 1533.

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Les deux lignes suivantes .

LE SENECHAL FIRENT FAIRE

CESTE CHAPELLE EN LONEUR

Lettres conjointes IR de FIRENT, et UR de LONEUR.

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Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

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La dernière ligne.

DE DIEU & N[OT]RE DAME DE SECORE.

. Lettres conjointes DE et NR de NOTRE. Tilde remplaçant les lettres OT de NOTRE.

Le travail le plus intéressant concernerait l'appellation "NOTRE DAME DE SECORE", qui est transformée en "Notre Dame du Bon Secours". Il faudrait savoir qui a institué ce culte (quel ordre religieux, quelle haute personnalité de la noblesse ou du clergé, ou quel événement) ou dressé la liste des sanctuaires bretons qui lui sont dédiés. 

Quant à la forme SECORE, elle est citée par Godefroy et est habituelle en ancien et moyen français : de l'ancien verbe succurer, secorer "porter secours" . Godefroy donne le verbe Secorer, socurer "secourir", le nom secorse "secours" et secoreor "celui qui secourt". De même dans Chrétien de Troyes où secors signifie "secours".

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Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

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V. MARGINALIA.

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Le blason de la porte cintrée du jardin en face de l'église : de Coroller ?

Ce blason s'inscrit dans un cuir à enroulement de la seconde Renaissance. On y voit une couronne de comte, trois besants autour d'un cerf et d'une étoile.

J'identifie ici les armoiries de la famille de Coroller, décrite ainsi par Potier de Courcy . Je souligne elur possession dans la paroisse de Ploudiry, dont Pont-Christ était une église tréviale : 

 Coroller (le), Sr de la Roche, par. de Saint-Martin des Champs, — de Kerdannot, — de *Kervescostou par. de Plougasnou, — de Kerosven, — de la Vieuxville, — de Keropartz, — de Pratalan, — du Maretz, — de Kerguélen, — de Coëtlez, par. de Ploudiry, — du Nec'hcoat, par. de Ploujean.

Maint, au conseil en 1717 et par arrêt du parlement de 1773, neuf. gén.

Réf. et montres de 1427 à 1543, par. de Garlan et Saint-Melaine de Morlaix, év. de Tréguier.

De sable au cerf passant d'or, accomp. de trois besants de même.

 Eon, écuyer et son porte-targe, dans une montre de 1356, fut suivant la tradition, pendu à la Roche-Corroller avec 50 notables de Morlaix, en 1374 pour avoir exterminé la garnison anglaise que le duc Jean IV avait mise dans cette ville ; Pezron, épouse en 1540 Anne Gérault, dame de Kervescontou ; un gouverneur au château du Taureau en 1608.

Voir aussi :

https://histoiresdemorlaix.wordpress.com/2015/08/24/18-enfants-jacques-alain-et-marie-coroller-un-couple-du-grand-siecle/

Je n'en sais pas plus.

 

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Pont-Christ, La Roche-Maurice, photographie lavieb-aile août 2017.

Pont-Christ, La Roche-Maurice, photographie lavieb-aile août 2017.

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Blason de Coroller, Pont-Christ, La Roche-Maurice, photographie lavieb-aile août 2017.

Blason de Coroller, Pont-Christ, La Roche-Maurice, photographie lavieb-aile août 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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— ANDRÉ CROGUENNEC :

http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/eglise-PC.htm

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ROCHEMAU.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Gargouilles et crossettes
31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 21:42

Les crossettes et l'inscription gothique du Moulin de Brezal (Plounéventer / Pont-Christ).

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— Sur Pont-Christ :

— Sur les inscriptions lapidaires en Bretagne, voir :

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— Sur les crossettes, voir :

Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

Les crossettes de l'église de Plougourvest (29).

 

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Aujourd'hui, le Moulin de Brezal est, sinon en ruine, du moins en piteux état, et on peut l'acquérir pour la modique somme de 216 000 € : faites-vous plaisir !

"EXCLUSIF. Entre LANDERNEAU et LANDIVISIAU. En bord d'étang et dominant l'ELORN propriété comprenant sur un terrain de 3 hectares un ensemble de bâtiments du XVIème. Le bâtiment principal, ancien moulin à farine fut construit en 1520 par le Seigneur de BREZAL. Il est proposé avec une dépendance en pierres sur deux étages, un colombier de l'Ancien régime, un calvaire dénommé "La Croix de BREZAL" et un étang et une parcelle boisée. Anciennement consacré en un établissement hôtelier dédié à la restauration, le domaine nécessitera une restauration pour votre projet professionnel ou d'habitation. La surface des bâtis est d'environ 300 m2 et attendent une nouvelle vie !"

.Il avait été restauré de 1959 à 1967, puis un beau restaurant avait été ouvert par Jean-Claude Thuilliez et Hélène Plos avant de céder la place en 1972 à  Michèle et Arsène Heliez, on faisait du pédalo sur l'étang. Jusqu'en 2007.

 

Comme si une malédiction funeste pesait sur cet endroit, il suffit de passer le pont qui enjambe l'Elorn pour  découvrir les ruines assez sinistres de l'église de Pont-Christ classée en 1916 (base Mérimée), qui fut construite en 1533 par le seigneur de Brezal et dont la toiture se serait effondrée à la fin du XIXe siècle. 

A contrario, pour un amateur de belles pierres et de témoignages sur le patrimoine breton, quel aubaine !  

Le moulin, l'église, l'ensemble du site dominé par son château, tout cela a été décrit avec minutie, passion et photographies par André Croguennec : impossible de faire mieux.

Néanmoins, j'ai succombé au charme des crossettes et des inscriptions, et je n'ai pas pu interdire à mon appareil photo de s'égayer sur la toiture et de revenir avec, dans la gueule, quelques belles proies pour enrichir ma gibecière iconographique sur les crossettes de Basse-Bretagne. Merci Fidèle, ici, au pied !

Une chasse à partager avec les amis.

PRÉSENTATION.

Un coup d'œil sur la carte IGN permet de repérer l'axe est-ouest de la vallée de l'Élorn, entre Landivisiau et Landerneau, empruntée par la départementale D712 et par la voie ferrée Rennes-Brest. La rivière passe entre deux escarpements, culminant à 106 m du coté de Pont-Christ au sud, et à 93 m au nord sur le site occupé par le château de Brezal. Cette rivière vient de faire un coude à 90°, non sans agitation sans doute comme l'indiquerait les toponymes Le Frout, le Frout Vras et le Frout Bihan (où existait un moulin).  Ar Froud, c'est "le torrent" (absent du Catholicon, mais présent dans Le Gonidec page 324) , mais ar frouden, c'est l'impétuosité, la fougue. N'oublions pas que depuis la création du lac du Drennec en 1979, le caractère de l'Élorn a changé.

Ce n'est pas sur le fougueux Élorn, mais sur le débouché de son affluent coulant dans un vallon étroit selon un axe nord-sud depuis Plounéventer, le Brezal (4 km), que le moulin est établi en 1520 par Guillaume, seigneur de Brezal et son épouse Marguerite Le Sénéchal. En amont, ils créent une retenue d'eau, l'étang de Brezal. Le moulin à farine va ainsi rapporter de beaux bénéfices puisque tous les habitants sont obligés de lui confier leur blé.

La Carte de Cassini montre qu'à la fin du XVIIIe siècle, la seule route figurée, Landerneau-Landivisiau-Morlaix,  passe à 500 m. au nord. Mais une voie gauloise de direction nord-sud de Kerilien vers la Martyre, parfaitement présentée par A. Croguennec, passait par Pont-Christ où ele traversait l'Elorn, et une villa gallo-romaine a été retrouvée sur cet axe à Valy-Cloistre, au sud de Pont-Christ.

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Vue ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Vue ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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En amont, à droite du raidillon qui relie l'étang et la route départementale, on voit le pigeonnier :

 

Pigeonnier de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Pigeonnier de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Tout en conservant mon équilibre sur le raidillon en question, j'aperçois la première crossette sur le rampant gauche du pignon ouest. C'est un chien, un mâtin montrant ses dents, sans collier, les pattes antérieures rejoignant les postérieures sur un support. Ses oreilles sont longues : un chien de chasse type Saint-Hubert ? Tourné vers le nord (vers l'étang), il garde l'édifice.

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Un chien, crossette du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Un chien, crossette du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Puis je découvre le bas du pignon ouest, où la partie gauche conserve son appareillage de pierres de taille et deux belles accolades gothiques.

La plus haute est une arcature à deux crochets un fleuron et deux pinacles tronqués.

Quatre pierres de kersanton aux formes caractéristiques témoignent de la présence de blason qui ont été martelés. Une autre, sous l'aisselle de l'arc, comportait-elle un blason complet, à cimier et lambrequins ?

Ce qui m'attire avec gourmandise, c'est l'inscription centrale. Eh eh, zoomons, zoomons !

Arcatures en accolade du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Arcatures en accolade du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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L'inscription de fondation (kersanton, 1520).

Je la relève ainsi (les lettres entre crochets traduisent les élisions par tilde ; seul celui du A de MARGARITE n'a pas été remplacé) : 

: LAN : MILL : CINQCC : XX : GUILLE[M] : DE : BRESAL

& : M~ARGARITE : LE : SENECHAL : SER : & : DA[M]E : DE

BRESAL : FIRE[N]T : FAIRE : CEST : ESTA[N]C : & : MOULI[N]

AU : DYVYS : DE : OLIVIER : GARRIC :

 :

"L'an mil cinq cent vingt, Guillaume de Bresal et Marguerite Le Senechal, seigneur et dame de Bresal, firent faire cet estanc et moulin au devis d'Olivier Garric."

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La forme Dyvys : Godefroy atteste dans son Dictionnaire de l'ancien français du IXe au XVe siècle les formes divis, dyvis, avec le sens « division, partage, disposition, souhait, désir, intention, volonté". Mais le DMF ou Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) y ajoute l'acceptation "plan, projet" : "Devis 1, B : Disposition établie ; plan, projet, description détaillée d'une construction à exécuter ; disposition que l'on prend, intention projet, souhait". Ce sens de "plan, dessin"  est aussi mentionné avec trois exemples anciens dans le Dictionnaire Anglo-normand.

Dés lors, on peut mieux rendre compte de l'inscription en la donnant comme "...firent faire cet étang et moulin sur les plans d'Olivier Garric". Ce dernier prend alors le rôle d'architecte, ou d'entrepreneur-concepteur.

 

 

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Inscription de fondation (kersanton, 1520) du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Inscription de fondation (kersanton, 1520) du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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J'ai déjà rencontré Olivier Garric : c'était sur l'inscription de la sablière de l'ancienne abbatiale de Daoulas  : 

"L'abbé Charles [Jégou] fit en son temps ce bois de céans l'an 1529 par O[livier] Garic et ses aidants".

Dans le BSAF de 1995, l'abbé Castel écrivait : Après le moulin de Brezal, "neuf ans plus tard, en 1529, Garric se signale à Daoulas, cette fois comme charpentier, selon l'inscription de la sablière au nord de la nef de l'église abbatiale. Les chantiers de Brézal et de Daoulas révèlent donc un maître d'oeuvre qui déploie avec bonheur des talents divers. Homme du bois autant que de la pierre et de l'eau, polyvalent dans l'art de bâtir, Olivier Garric peut prendre légitimement place dans la galerie des artistes de Bretagne".

Mais si on accepte de comprendre le mot dyvys comme "plan, dessin, projet", Olivier Garric doit être considéré non pas comme un "maître d'œuvre", ni comme un menuisier-charpentier polyvalent se doublant d'un maçon ou tailleur de pierre, bref un artiste ou artisan, mais bien comme un maître d'ouvrage. Ce que ne contredit pas l'inscription de Daoulas. Un point sur lequel je rejoins André Croguennec.

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Garric étant un mot occitan signifiant "chêne kermes", et étant un patronyme du Languedoc, on peut penser que notre Olivier Garric n'est pas d'origine bretonne.

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La pierre est sculptée en un rectangle creusé de 4 mm de profondeur environ dont seules les lettres et signes ne sont pas creusés, et restent en réserve. Mais une moulure souligne la dernière ligne, si près des jambages que ceux-ci (le G de GARRIC) empiète dessus. Cela montre le soin pris par l'artiste pour rendre hommage à son texte.

Une vue rapprochée permet d'admirer la beauté de l'écriture. On peut la comparer à celle de l'inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien de Landerneau, sculptée l'année suivante, en 1521. Ou à celle de la chapelle de Rocamadour (1527).  Mais son modèle est sans-doute plutôt  celle du pont de Landerneau, réalisée dix ans avant celle-ci, en 1510 sur la commande du vicomte Jean de Rohan.

Comme cette dernière, elle est encadrée par des motifs héraldiques : macles et A couronné à Landerneau, et besants (martelés) des armoiries du seigneur de Brezal ici . En effet, celles-ci se blasonnent de gueules à six besants d'or, 3, 2, 1 ( rouge à six boules jaunes). Je renvoie à l'article Tudchentil et à son illustration.

Chaque besant est alterné avec un losange, qui n'est certainement pas un macle de Rohan (car c'est un losange évidé en son centre), mais une fusée, un losange étroit et vertical, bien connu par les armoiries de Bouteville. Mais qui appartient aussi aux armoiries de Marguerite Le Sénéchal, qui sont de sable, à cinq fusées d'argent, accolées en bande, assorties de six besants de même, trois de chaque coté. (de Genouillac).

Les besants ont été bûchés sur la partie horizontale du cadre, mais non sur la partie verticale et latérale gauche, ce qui permet de les admirer intacts à coté des fusées. Quant à la partie droite, elle ne comporte pas cette marge. 

Marguerite Le Sénéchal était la fille de Guion Le Sénéchal, sieur de Coettelan, décédé avant 1520, et d'Amette de Kergournadech. Elle épousa Guillaume de Brezal, décédé avant 1577, capitaine des francs-archers et élus du Léon. 

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La ponctuation de séparation des mots repose sur le deux-points, mais ces derniers ne font pas appel à l'ornementation très courante qui relie chaque point par une ligne en S. Ces deux points ne sont pas ronds, mais en losange, sans qu'il faille y voir une allusion héraldique, car cette graphie est courante Les lettres sont serrées, très régulières, au fût vertical, à l'empattement en triangle pointe vers le bas. La répétition de ces triangles resserrés crée en bas de ligne un aspect en dents de scie dont la régularité est recherchée. Et comme le sommet des fûts est également triangulaire (c'est un rectangle incliné ), l'interligne est délimité par ces deux lignes en dents de scie. 

Ce serait monotone si cet interligne n'était pas occupé par les hampes ( jambages supérieurs) des lettres l, d, etc. ou bien par les points des -i- (un tiret incliné), par les tildes remplaçant les -n- par abréviation, par les lettres ou chiffres suscrits (CC pour "cent"), mais aussi par le jambage inférieure des lettres concernées, ou du jambage ornemental du -n- (le premier mot : lan).

La conjonction -et- est remplacée par une ligature équivalente à l'esperluète &.

C'est tout ? Non bien-sûr : cette inscription s'offre à la curiosité de chacun. Le mot "moulin", par exemple, est écrit MOU~LI . Le tilde ne devrait-il pas être posé sur le i ? 

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Inscription de fondation (kersanton, 1520) du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Inscription de fondation (kersanton, 1520) du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Les crossettes et l'inscription gothique du moulin de Brezal (Plounéventer / Pont-Christ).

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En progressant, je parviens en contrebas et je vois mieux le rampant droit, qui se casse d'ailleurs en passant au dessus d'une fenêtre. Et là, deux nouvelles crossettes qui m'attendent.

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Vue  ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Vue ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Les deux crossettes du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Les deux crossettes du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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La première est un homme empoignant sa cheville. Et bien malade.

André Croguennec l'intitule "l'homme blessé", sans dire pourquoi. 

L'homme est en position de chevalier servant, le genou droit à terre, et l'autre fléchi.

Entre les deux cuisses, la partie saillante correspond bien-sûr à la mode des braguettes rembourrées et avantageuses en usage sous la Renaissance jusqu'aux années 1580.

Il est vêtu d'un pourpoint aux manches plissées, serré par une ceinture, au dessus de chausses, et d'une paire de chaussures dont la semelle est distincte. Sa coiffure est globalement cylindrique.

Il lève la tête et les yeux vers le ciel, et porte la main gauche sur sa joue.

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 L'Homme malade, crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

L'Homme malade, crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Une vue de profil stricte montre que la région cervicale antérieure est le siège d'un volumineux phlegmon sous l'angle de la mandibule. Un peu trop bas pour les oreillons. Mais pas pour l'adénopathie cervicale tuberculeuse chronique, ou scrofule ou écrouelle, que guérissait les rois de France (on pouvait aussi prendre une tisane de Scrofulaire Scrophularia nodosa, si on croyait à la théorie des signatures).

En revenant au cliché précédent, on voit que cette intumescence est double : cet apostume se pique d'être bilatéral, ce bubon se rengorge de sa symétrie ; est-ce une parithymie ? Une étude de Rasmané Béogo sur 115 patients a montré que ces disgracieuses gorges chaudes étaient "multiples  chez 96,5% des patients et abcédés chez 30%" (Pan Afr Med J. 2013; 15: 131)

Or, précisément, mon cliché (slide suivante ) montre au centre de l'adénite une zone ulcérée de 1,85 mm de diamètre qui ne peut correspondre qu'à l'abcédation du site.

Ah mon dieu ! Le pauvre homme ! Tomber malade 450 ans avant la commercialisation de la Rifampicine !

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 L'Homme malade, crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

L'Homme malade, crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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J'attire l'attention de mon auditoire sur le fait que la communication de ce cas singulier prend une certaine importance, car il s'agit de la première crossette représentant un homme souffrant d'écrouelles. Et même peut-être de la seule sculpture bretonne du XVIe siècle fournissant une donnée iconographique de cette atteinte : allez savoir. Bien-sûr, j'invite chacun  à se livrer maintenant à une revue de littérature la plus vaste exhaustive possible avant de procéder à une méta-analyse basée sur des preuves. 

Par contre, le motif de "l'homme empoignant sa cheville" est d'une grande banalité en matière de crossette ; j'y voyais jusqu'à présent une posture à signification licencieuse, par son caractère un peu acrobatique intermédiaire entre une asana du Yoga-Sûtra et celle d'un Sûtra concurrent : une attitude irrévérencieuse, dont le code se serait perdu, mais qui placerait son adepte dans ce monde carnavalesque du renversement des valeurs et de la débandade des mœurs.

Car il est temps de confier le fonds de ma pensée : ces crossettes sont, par leur caractère stéréotypé, similaires aux lames des tarots. De même que vous avez aux Tarots 22 arcanes, aux figures immuables, le Mat, le Bateleur, Le Pendu, la Roue de la Fortune, de même vous avez dans les crossettes, le Lion, le Dragon, le Chien, le Soldat dégainant l'épée, l'Homme empoignant sa cheville, l'Ange, la Femme nue, la Sirène, et quelques raretés. Chaque édifice religieux ou civil bat le jeu et dispose sa levée au su et au vu de chacun, laissant les amateurs interpréter à l'infini ce que cela peut signifier.  

Mais un tuberculeux échappé de sana qui monte sur le toit d'un moulin pour se saisir de sa cheville droite et de sa joue gauche enflée, c'est... particulier .

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Dés lors, je suis amené à m'intéresser à la petite crossette de rien du tout qui est placé devant notre impatient patient : à quoi sert cette oblongue capsule ? est-ce un canon arrimé à son affût par son allonge ? Un crachoir ?  Un pied pour parasol ?

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L'improbable crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

L'improbable crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Vous aimez les énigmes ? En voici une :

La crossette suivante se présente comme une chimère associant la queue d'un dragon avec le torse d'une sirène. 

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La dernière  crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

La dernière crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Et si je vous le montre de l'autre coté, vous voyez mieux ?

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La dernière  crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

La dernière crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Et nous voilà arrivé au pied de ce rampant droit, là où, après deux minuscules crossettes cuboïdes,  j'ai fait une belle prise, digne de Tartarin : un Lion.

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Partie droite du  pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Partie droite du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Le Lion, quatrième crossette du pignon ouest.

Ici, il n'y a plus d'énigme : c'est le Lion de crossette, cent fois décrit, sa gueule ouverte, sa crinière de mouton, sa queue faufilée entre les cuisses pour chasser les mouches de son dos, les pattes antérieures prenant obliquement appui sur une console (ou un os ?), les postérieures appuyées au sol pour rejoindre les antérieures. Tout est dit.

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Le Lion, dernière crossette du  pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Le Lion, dernière crossette du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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J'ai presque fini, il me reste à décrire la lucarne de la façade sud.

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Vue de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Vue de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Les deux crossettes encadrant le rampant de  la lucarne de la façade sud.

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La lucarne de  la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

La lucarne de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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À gauche : l'homme accroupi.

Il n'a pas l'air très heureux, avec ses coudes en appui sur les genoux et son menton projeté en avant. Il porte un chapeau. Sa joue gauche et son oreille homolatérale sont fort gonflées, à moins qu'il n'ait ses oreillettes. Je ne l'ausculte pas, ce n'est pas le moment de le déranger.

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L'Homme accroupi, crossette du rampant gauche de lucarne de  la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

L'Homme accroupi, crossette du rampant gauche de lucarne de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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À droite : le Chien. 

C'est le chien assis du chien-assis.

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Le Chien, crossette du rampant gauche de lucarne de  la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

Le Chien, crossette du rampant gauche de lucarne de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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SOURCES ET LIENS.

Une seule adresse : André Croguennec:

http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/moulin-brezal.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Inscriptions
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 22:30

L'enclos paroissial de Saint-Herbot à Plonévez-du-Faou IV. Le porche sud (1498-1509) par le Second atelier du Folgoët : les Apôtres et le Credo apostolique.

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— Sur la chapelle Saint-Herbot, voir :

 

— Sur ce thème du Credo apostolique, voir :

 

— Voir aussi d'autres porches du Finistère, dans l'ordre chronologique : 

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INTRODUCTION.

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—Datation du porche : 1498-1509.

Le porche est parfaitement daté par l'inscription donnant à l'intérieur le début des travaux en 1498 : MESSIRE IEHAN DE LAVLNAY P[RE]B[T]RE GOVVERNEVR DE CEANS FIST FAIRE CEST PORTAL COMENCE[ME]NT LE PREMIER IOVR DE IVITET LAN MIL QVATRE CETS QVATRE VINTS DIX OVIT   "Messire Jean de Launay prêtre gouverneur de céans fit faire ce portail dont la construction commença le premier jour de juillet  de l'an 1498."

— Datation des Apôtres : 1481.

Les statues des Apôtres ont de même style que celle de Saint-Herbot, sur la console de la porte d'entrée, avec son inscription : S[anctus] HERBAUD LA[N] M CCCC IIII XX I : Saint Herbaud l'an 1481.

Les statues de l'intérieur du porche seraient donc antérieures au porche lui-même. Surprenant, non ?

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Statue de saint Herbot et plaque de fondation, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Statue de saint Herbot et plaque de fondation, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Statue de saint Herbot et plaque de fondation, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Statue de saint Herbot et plaque de fondation, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Statue en kersanton polychrome de Saint Herbaud. Trumeau de la porte géminée au fond du porche.

Le saint protecteur des bêtes à cornes, dont la tête et la barbe sont encadrées par la capuche d'une longue pèlerine, a calé son bâton de marche, ou de pasteur d'âme, dans le creux de son bras pour présenter un livre saint ouvert à une page particulièrement intéressante qu'il désigne de son majeur. L'homme de peu de foi que je suis n'a rien su y lire, hélas.

Ah, encore un détail : voyez-vous la petite houppe de son front, posée comme une petite pâtisserie insolite au sommet de ce phare de sainteté ? Nous allons la retrouver sur le chef de presque tous les apôtres, comme un bibelot de collectionneur monomaniaque posé sur chaque desserte, ou la signature tarabiscotée du sculpteur. 

Herbot  est pied nus dans de grosses éponges bleues qui s'efforcent de ressembler à des feuillages.

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Statue de saint Herbot (1481) , porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Statue de saint Herbot (1481) , porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Socle de la statue de saint Herbot, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Socle de la statue de saint Herbot, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Socle de la statue de saint Herbot, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Socle de la statue de saint Herbot, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Plaque de fondation de 1498, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Plaque de fondation de 1498, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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—Attribution : le Second Maître du Folgoët (1458-1509) ou Atelier des enfants du Maître du Folgoët.

Le porche sud de Saint-Herbot est attribué à l'atelier qui édifia aussi le porche — très similaire — de Plourac'h (1458-1488) en Côte d'Armor, atelier qu'Emmanuelle Le Seac'h nomme "le second atelier du Folgoët". En effet, celui-ci s'est cantonné à reproduire le style du Premier atelier ducal du Folgoët (1423-1468), et à perpétuer l'esprit des bâtisseurs de porche de ses sculpteurs, dont nous avons examiné le travail sur kersanton à La Martyre (1450-1468), et à Rumengol (vers 1468).

De façon générale, le style des sculptures des "enfants est plus lourd et plus raide que celui des "parents", et on s'éloigne de la souplesse et de la grâce qui caractérisent le premier Maître du Folgoët  pour gagner plus de raideur et d'hiératisme. Les deux porches de ce second atelier ont aussi leurs particularités : ils sont voûtés d'ogives et sont exhaussés. On trouve à l'étage une chambre des archives de la fabrique, accessible par une tourelle d'escalier. Enfin les contreforts sont dotés de pinacles. Le granite est utilisé pour l'architecture alors que le kersanton est réservé aux sculptures des Apôtres ou à la plaque de fondation.

Or, à Plourac'h, un registre de paroisse indique que le porche fut bâti par "les enfants du célèbre maître qui construisit la merveille du Folgoët" : les sculpteurs du second atelier sont donc de la même famille que le Maître du Folgoët.

Comme au Folgoët, comme à Quimper et comme à Saint-Fiacre du Faouët, l'influence ducale est attestée à Saint-Herbot, puisque le duc Jean V y a fait des donations, faisant dire pour la somme de cinq livres et quatre sols des messes en 1424 à l'intention de sa fille Isabelle, reine de Sicile.  De même, Anne de Bretagne accorda une rente de dix louis pour deux messes par semaine lors de son mariage avec Charles VIII en 1491, prorogeant ce don en 1509. Ces dates de 1491 et 1509 sont à rapprocher de celles du porche.

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DESCRIPTION. 

 

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Le porche intérieur de Saint-Herbot.

Il réunit deux travées sur croisées d'ogives, et ses parois sont scandés par des nervures prismatiques. Les statues en kersanton des Apôtres sont disposés à l'intérieur du porche dans des niches à dais gothiques, en kersanton également. Elles sont posées sur des consoles à feuillage gras, surmontant une frise de niches aveugles surmontées d'accolade gothiques à crochets et fleuron.

 L'intérieur est profond de deux travées sur croisées d'ogives. Les niches abritent  sous leurs dais les statues des Apôtres, reconnaissables à leurs noms gravés et leurs attributs. Au-dessus de la porte d'entrée, la statue en pierre de saint Herbot, déjà présentée.

 

Je suivrai ici, parfois très fidèlement, la description donnée par Emmanuelle Le Seac'h pages 96 à 98 de son ouvrage. Je débuterai par cette citation :

"Ici aussi, les Apôtres sont caractéristiques du style du second atelier du Folgoët. Ils ne tiennent pas leur tête de la même façon ; ils l'inclinent d'un coté ou de l'autre. Les drapés des tuniques tombent à la verticale en forme de bec marqué au niveau des pieds. Des plis variés se dessinent pour les manteaux : en U étagés, en volutes. Pour certains, les manteaux ouverts laissent voir la tunique ceinturée à la taille et blousante. Les fronts sont larges et bombés. Les cheveux longs descendent sur les épaules. les barbes sont méchées en stries ondulantes et incurvées comme à Plourac'h. Une petite houppe sur le dessus termine quelques coiffures. Les barbes sont bifides et s'enroulent sur elles-mêmes à leur extrémité pour André, Jacques le Majeur, Thomas, Mathias. Certaines sont juste échancrées sur le milieu comme celles de Philippe, Barthélémy, Simon. Elles sont toutes pointées vers l'avant. Jean est imberbe, conformément à la tradition. Ses cheveux en mèches bouclés rappellent les anges du tombeau de Gatien de Monceau à Quimper. Le nez des Apôtres sont droits et les narines creusées. Le philtrum est bien net."

Polychromie.

Les statues conservent les traces des statues "peintes et dorées" observées par Mérimée en 1835. Cette dorure, dont on imagine la magnificence, est encore bien visible sur le manteau de saint Jean.

Disposition. 

Les Apôtres sont identifiables sans ambages par leur nom sculpté en caractère gothique sur le socle de leur statue, ce qui supprime une source très régulière d'hésitations et d'avis divergents dans les autres porches. Les attributs spécifiques ne sont portés que par quatre apôtres, puisqu'ils ne servent plus à l'identification.  De plus, le texte de leur phylactère, correspondant à l'article du Symbole des Apôtres qui leur correspond, est également sculpté, alors qu'il est souvent effacé ailleurs après avoir été peint. .  Nous disposons donc d'une série du Credo apostolique complète et d'une correspondance certaine entre titulaire et articles du Credo. 

La séquence suivie est celle du Canon romain, Pierre-André-Jacques-Jean-Thomas-Jacques-Philippe- Barthélémy-Matthieu-Jude-Simon-Matthias, modifiée selon  l'ordre courant où  la même succession se termine par Simon-Jude-Matthias.


 

Cet ordre, et l'attribution des articles du Credo, obéit à celui établit par le Sermon du Pseudo-Augustin : Sermo CCXLI De symbolo, P.L. 39 col; 2190 ; C'est aussi l'ordre du Speculum Theologiae ou Verger de Soulas du XIIIe siècle, Bnf Fr 9220 folio 13v ; des Grandes heures du duc de Berry (1409) folio 1r à 6v  ; du  Psautier de Jean de Berry, BNF latin 13091, dont les enluminures sont dues à André Beauneveu en  1380-1400 .

Le texte des phylactères est celui du Symbole des Apôtres (Credo in Deum), qu'on ne confondra pas avec le Credo, ou Symbole de Nicée (Credo in unum Deum), récité lors de la messe.

 

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1. Pierre. Clef. Credo in Deum Patrem omnipotentem, Creatorem celi et terre.

2. André. Croix de saint-André. Et in Ihesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum

3. Jacques le Majeur. Bourdon, chapeau, besace. qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine.

4. Jean. Plume de l'évangéliste. passus sub pontio pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus.

5. Thomas . descendit ad inferna, tertia die resurrexit a mortuis,

6. Jacques le Mineur. ascendit ad celos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis.

7. Philippe. inde venturus  iudicare vivos et mortuos.

8. Barthélémy. Coutelas. Credo in Spiritum Sanctum

9.Matthieu. sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem .

10. Simon. remissionem peccatorum.

11. Jude Thaddée. carnis resurrectionem

12. Mathias. vitam eternam. Amen

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Épigraphie lapidaire en latin.

Cette épigraphie est l'un des intérêts majeurs de ce porche. Pour la mettre en valeur, j'ai utilisé le procédé de l'estampage humide suggéré par l'abbé Y-P. Castel et qui consiste à tamponner légèrement la surface de la lettre en relief avec une éponge humide.  Le corpus, sculpté en réserve,  en lettres gothiques,  se divise en deux ensembles, celui du texte du Credo sur les phylactères, et celui des noms des Apôtres sur les socles, en caractères plus petits, et probablement d'une autre main.

Le premier ensemble abonde en signes abréviatifs imposés par la nécessité d'adapter la longueur variable des articles de la profession de foi à la taille réduite et fixe des banderoles. C'est le tilde (un simple tiret suscrit) qui est principalement utilisé, pour remplacer les lettres -n- et -m-, comme dans l'incipit Credo in deum omnipotentem qui devient "Credo i deu oipotete". Le tilde remplace parfois un groupe de lettres, comme dans patrem qui devient "p~trem".   L'autre procédé utilisé pour gagner de la place est celui des lettres conjointes (accolées) comme, pour le premier article, le -do- du Credo, le -de- de deum, .

L'écriture de type textura se caractérise par :

  • l'absence de ponctuation de séparation des mots (sauf le deux-points encadrant "petrus")

  • des fûts droits, réguliers, épais, cassés en biais à 45° aux extrémités par des empâtements en losange (les apex)

  • l'absence de lettres capitales (mais des majuscules ornées, inconstantes, en début de nom ou d'article de foi) . Les majuscules étaient peut-être peintes en rouge vermillon, comme en calligraphie des manuscrits. Remarquer le S de l'apôtre Simon.

  • les jambages sont soit pattés (le -p ), soit prolongés d'une volute sinueuse rappelant la trompe d'éléphant ( elephantrüssel)

  • La lettre -s minuscule  comporte deux graphies (s et ſ) selon sa position de la lettre dans un mot. En fin de mot, le -s est élégamment barré  d'une diagonale formée par les deux barres de ses extrémités et se prolongeant très haut et très bas (cf "andreas"). Ces barres sont droites  (noms des apôtres) ou bouclées ("natus" du phylactère de Jacques M, par exemple). 

  • La graphie de Symon avec un point sur le Y se retrouve sur les Grandes Heures du duc de Berry . De même, les graphies celi ou terre au lieu de caeli et terrae sont attestées dans le Psautier et dans les Grandes Heures du duc de Berry, comme la graphie Ihesum 

En 1481, l'utilisation de l'écriture gothique n'a rien d'anachronique. 

Plaisir esthétique. 

Dans sa préface à sa traduction de la Bible d'Amiens de Ruskin, Marcel Proust prétend ( en parfait démenti de sa vie et de son œuvre) que le plaisir d'érudition altère le plaisir esthétique et ajoute "Une sorte de retour sur soi-même est inévitable dans ces joies mêlées d'érudition et d'art où le plaisir esthétique peut devenir plus aigu, mais non rester aussi pur".

Je suis persuadé (comme lui, au fond) du contraire, mais  je serais peiné si, dans ma présentation de ce porche, les données documentaires occultaient ("altéraient") l'intensité de mon admiration : c'est elle qui est ici première, c'est elle qui guide mon geste de photographe, c'est elle que je veux avant tout partager. Tout le baratin précédent n'aura qu'un rôle ancillaire et sera le caudataire de la Beauté  du travail du sculpteur. 

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LES SIX APÔTRES DU COTÉ EST.

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1. Saint PIERRE. PETRUS.  Credo in Deum Patrem omnipotentem, Creatorem celi et terre.

— Attribut : la clef. La calvitie temporo-frontale respectant un toupet médian (qui n'a rien de spécifique ici).

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Saint Pierre,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Pierre, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Pierre, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Pierre, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription. 1er article : CREDO IN DEUM PATREM OMNIPOTENTEM CREATOREM CELI ET TERRE  : "Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre."

Voir le Psautier du duc de Berry folio 10r .

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Saint Pierre, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Pierre, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du nom :

: PETRUS :

Voir les Grandes Heures du duc de Berry folio 1r : S. PETRUS

 

 

 

Saint Pierre, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Pierre, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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2. Saint ANDRÉ. ANDREAS. Et in Ihesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum.

— Attribut : la croix en X où l'apôtre fut crucifiée.

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Saint André, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint André, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint André, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint André, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du phylactère : ET IN IHESUM CHRISTUM FILIUM EIUS UNICUM DOMINICUM NOSTRUM : "Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ".

Voir le Psautier du duc de Berry folio 10r

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Saint André, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint André, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint André, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint André, Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du nom :

ANDREAS

Voir Grandes Heures du duc de Berry folio 1v.

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Andreas, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Andreas, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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3. Saint JACQUES LE MAJEUR. JACOBUS .  qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine.

— Attribut : Bourdon (dont le nœud portait sans-doute la gourde calebasse aujourd'hui brisée), chapeau à coquille, besace à coquille, baudrier à coquilles.

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Saint Jacques le Majeur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jacques le Majeur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du phylactère : QUI CONCEPTUS EST DE SPIRITUO SANCTO NATUS EX MARIA VIRGINE  : "qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie".

Voir Psautier du duc de Berry folio 12r 

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Saint Jacques le Majeur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jacques le Majeur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Jacques le Majeur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jacques le Majeur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du nom :

JACOBUS

Voir Grandes Heures du duc de Berry folio 2r : S. iacobus maior.

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Jacobus, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Jacobus, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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4. Saint JEAN. JOHANNES.  passus sub pontio pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus.

— Attribut : plume [plutôt que palme] de l'évangéliste ; Visage imberbe ; Coiffure capillaire "solaire". Robe dorée.

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Saint Jean,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jean, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du phylactère : PASSUS SUB PONTIO PILATO CRUCIFIXUS MORTUUS ET SEPULTUS : "a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli".

Psautier du duc de Berry folio 14r : on retrouve le y doté d'un point correspondant à la forme abrégée et resserrée de notre porche : p[on]tiopylato. 

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Saint Jean,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jean, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Jean,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jean, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Jean,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jean, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du nom : JOHANNES

Voir Grandes Heures du duc de Berry  folio 2v : "Sus IOHANES EVANG[el]I" Curieusement, dans cette enluminure, Jean est barbu.

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Johannes,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Johannes, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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5. THOMAS. THOMAS . descendit ad inferna, tertia die resurrexit a mortuis,

— Attribut non spécifique : le livre (fermé, à fermoir, tenu par la tranche de queue, tranche de gouttière tournée vers nous) .

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Saint Thomas,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Thomas, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Thomas,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Thomas, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du phylactère : DESCENDIT AD INFERNA TERTIA DIE RESURREXIT A MORTUIS :  "est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts".

Comparer au folio 16r du Psautier du duc de Berry qui  emploie aussi la forme "ad inferna" « dans les enfers » (et non ad inferos, une « descente dans les sphères souterraines »). La situation basse, souterraine des Enfers, qu'implique le verbe descendus, relève de la conception hébraïque d'un monde à trois étages (ciel, terre, monde souterrain ou chéol en hébreu), différente de la conception helléniste où la terre se meut librement dans l'espace, entourée de la région sublunaire réservée aux esprits des hommes et des puissances démoniaques, et de la région supralunaire réservée aux dieux.  Voir Hans Küng. La même forme est retrouvée dans les Grandes Heures du duc de Berry.

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Saint Thomas,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Thomas, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du nom : THOMAS.

Voir Grandes Heures du duc de Berry folio 3r

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Saint Thomas,  porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Thomas, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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6. Saint JACQUES LE MINEUR. JACOBUS MINOR. ascendit ad celos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis.

— Attribut non spécifique : le livre (fermé, tenu par le dos, fermoir rabattu sur le plat de devant).

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Saint Jacques le Mineur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jacques le Mineur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du phylactère : ASCENDIT AD CELOS SEDET AD DEXTERAM DEI PATRIS  OMNIPOTENTIS   "est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant"  .

Voir le Psautier du duc de Berry folio 18r

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Saint Jacques le Mineur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jacques le Mineur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du nom :  JACOBUS MINOR

Voir les Grandes Heures du duc de Berry folio 3v. Jacobus minor

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Saint Jacques le Mineur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jacques le Mineur, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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LES SIX APÔTRES DU COTÉ OUEST.

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. Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

. Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Diaporama : les six apôtres du coté ouest. Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.
Diaporama : les six apôtres du coté ouest. Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.
Diaporama : les six apôtres du coté ouest. Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.
Diaporama : les six apôtres du coté ouest. Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.
Diaporama : les six apôtres du coté ouest. Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Diaporama : les six apôtres du coté ouest. Porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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7. Saint PHILIPPE. PHILIPPUS. inde venturus  iudicare vivos et mortuos.

— Attribut : non spécifique : le livre, (tenu, par l'intermédiaire du manteau,  ouvert face au spectateur. La patte du fermoir est rabattue sur le coté et se pose sur le phylactère. On sent que le sculpteur s'amuse à ces variations sur un thème.)

— Inscription du phylactère  : INDE VENTURUS  IUDICARE VIVOS ET MORTUOS   : "d'où il viendra pour juger les vivants et les morts."

Voir le Psautier du duc de Berry folio 20r. inde venturus est iudicare vivos et mortuos, avec la traduction en moyen français : "Il est avenir iugier les vis et les mors."

— Inscription du nom : PHILIPPUS.

Voir les Grandes Heures du duc de Berry folio 4r : Philippus.

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L'apôtre Philippe, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

L'apôtre Philippe, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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L'apôtre Philippe, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

L'apôtre Philippe, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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8. Saint Barthélémy. BARTHOLOMEUS. Credo in spiritum sanctum.

— Attribut : le coutelas qui servit à son supplice (il fut dépecée).

 

— Inscription du nom : BARTHOLOMEUS.

Voir les Grandes Heures du duc de Berry folio 4v : S. bartholomeus.

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Saint Barthélémy, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Barthélémy, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Barthélémy, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Barthélémy, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du phylactère : CREDO IN SPIRITUM SANCTUM  : "Je crois en l'Esprit-Saint".

Voir le Psautier du duc de Berry folio 22r : emploi dans les deux cas des lettres conjointes -do du Credo.

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Saint Barthélémy, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Barthélémy, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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9. Saint MATTHIEU. MATHEUS. sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem.

— Attribut non spécifique : le livre (ouvert à mi-volume, mais tenu dans le sens perpendiculaire de celui de la lecture. Le pouce est placé du coté de la tranche de queue, puisque la patte du fermoir, fixé sur le plat verso, pend vers le bas).

 

— Inscription du nom : MATHEUS.

Voir les Grandes Heures du duc de Berry folio 5r  : Matheus

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Saint Matthieu, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Matthieu, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Matthieu, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Matthieu, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du phylactère : SANCTAM ECCLESIAM CATHOLICAM SANCTORUM COMMUNIONEM   : "à la sainte Église catholique,  la communion des saints".

Voir le Psautier du duc de Berry folio 24r  ; comparer avec la forme abrégée ici par les lettres conjointes -ho de catholicam et l'abréviation radicale d'ecclesiam et de sanctorum. Le S initial est comparable dans les deux inscriptions.

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Saint Matthieu, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Matthieu, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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10. Saint SIMON. SYMON. remissionem peccatorum

— Attribut non spécifique : le livre (fermé, tenu verticalement, tranche vers nous).

— Inscription du phylactère : REMISSIONEM PECCATORUM : " la rémission des péchés".

Voir le  Psautier du duc de Berry folio 26r.

 

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Saint Simon, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Simon, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Simon, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Simon, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du nom : SYMON.

Voir  les Grandes Heures du duc de Berry folio 5v utilisant la même graphie avec un Y surmonté d'un point.

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Saint Simon, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Simon, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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11. Saint JUDE-THADDÉE. JUDAS. carnis resurrectionem.

— Attribut non spécifique : le livre (fermé, première de couverture face à nous).

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Saint Jude-Thaddée, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jude-Thaddée, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Jude-Thaddée, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jude-Thaddée, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du phylactère : CARNIS RESURRECTIONEM : " la résurrection de la chair".

Remarquez la barre verticale du C majuscule , et les volutes en diagonale du S de CARNIS.

Voir le Psautier du duc de Berry folio 28r.

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— Inscription du nom : JUDAS.

Voir les Grandes Heures du duc de Berry folio 6r qui préfère la mention S. Thadeus.

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Saint Jude-Thaddée, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jude-Thaddée, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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12. Saint MATTHIAS. MATHIAS. vitam eternam. Amen

— Attribut non spécifique : le livre (fermé, présenté tranche face à nous).

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Saint Matthias, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Matthias, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Matthias, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Matthias, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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— Inscription du phylactère : VITAM ETERNAM AMEN : "  la vie éternelle amen."

Notez le V majuscule.

Voir le Psautier du duc de Berry folio 30r .

— Inscription du nom : MATHIAS.

Voir les Grandes Heures du duc de Berry folio 6v.

 

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Saint Matthias, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Matthias, porche sud de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    — CHAUSSEPIED (Charles),1914, Notice sur la chapelle de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou,  Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. XLI pages 128-139

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207714b/f191.image

    — COUFFON (René), 1953, L'église de Saint-Herbot , Bulletin Monumental Année 1953 Volume 111 Numéro 1 pp. 37-50

    http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_1_3732

    — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur les paroisses du Diocèse de Quimper

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLONEVFA.pdf

    — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Pages 95-100.

    — MÂLE (Emile), 1908, L'art religieux à la fin du Moyen-Âge en France, Paris, Colin, page 248-252 

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/246/mode/2up/search/credo

    — MANDRAGORE : Credo / Apôtres

    http://mandragore.bnf.fr/jsp/switch.jsp?classement=1&niveauRech=3&idRech=499&idPere=639&division=Mix&desc=cr%E9do.ap%F4tres&idDesc=6673

    Grandes heures du Duc de Berry horae ad usum parisiensem, Latin 919 (1409) 

    — MÉRIMÉE (Prosper), 1836, Notes d'un voyage dans l'ouest de la France , Fournier, page 167.

    https://books.google.fr/books?id=KOBdAAAAIAAJ&dq=anne+de+bretagne+%22saint-herbot%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    PÉRENNÈS (Henri), 1942, Monographie de la paroisse de Plonévez-du-Faou. Imprimerie bretonne (Rennes) 55 p.: ill.; 21 cm. Pérennès Henri, “Plonévez-du-Faou : monographie de la paroisse,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 19 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9799.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bd492284b708d27c6305fbdba8d5639a.pdf

     

     

    Infobretagne "Enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou"

    http://www.infobretagne.com/enclos-saint-herbot.htm

    — TOPIC-TOPOS

    http://fr.topic-topos.com/apotres-plonevez-du-faou

    —MONUMENTSHISTORIQUES.FREE.FR

    http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/herbot/herbot.html

    —Infobretagne L'enclos paroissial de Saint-Herbot

    http://www.infobretagne.com/enclos-saint-herbot.htm

    — http://saintherbot.chez-alice.fr/chapelle.htm

    —Images Wikipédia Henri Moreau :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Saint-Herbot_4_Porche_sud_Six_statues_d'ap%C3%B4tres_c%C3%B4t%C3%A9_est.JPG

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Saint-Herbot_5_Porche_sud_Six_statues_d'ap%C3%B4tres_c%C3%B4t%C3%A9_ouest.JPG

    Sur le Credo apostolique :

    Site http://idlespeculations-terryprest.blogspot.fr/2014/02/the-apostles-creed.html

    — Grant Kalendrier et compost des bergiers , 1529, imprimé à Troyes.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86095054/f89.item.zoom

     

    — Émile Mâle : http://patrimoine.amis-st-jacques.org/documents/000135_e_male_credo_des_apotres_2.pdf

    —Denis Pichon Note sur les peintures murales de Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren : présence d'un Credo prophétique Société d'émulation des Côtes-d'Armor, 2000, 130, p. 115-122

    — Robert Favreau Les autels portatifs et leurs inscriptions, Cahiers de civilisation médiévale 2003 Volume   46 pp. 327-352 :http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ccmed_0007-9731_2003_num_46_184_2865

     — Baptistère de Sienne : http://www.viaesiena.it/fr/caterina/itinerario/battistero/articoli-del-credo/articoli-della-seconda-campata

     — Psautier de Jean de Berry, Enluminures de André Beauneveu 1380-1400 : gallica 

    — RANSON (Lynn) 2002 A franciscan program of illumination Insights and Interpretations: Studies in Celebration of the Eighty-fifth .publié par Colum Hourihane  ..pp 84-89 En ligne

     

    — GAY (Françoise) 1993, Le choix des textes des prophètes face aux apôtres au Credo", in Actes du Colloque Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon 

    — HASENORH (Geneviève), 1993 "Le Credo apostolique dans la littérature française du Moyen-Âge", Actes du Colloque Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon 

    — LACROIX (Pierre) , Renon, Andrée,  Mary, Marie-Claude, Vergnolle, Éliane [Publ.] Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon (1993).Sommaire en ligne 

     — GAULTIER DU MOTTAY (Joachim) Répertoire archéologique du département des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, 1883-1884, extrait des Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, nouvelle série, T.I, 1883-1884.

     

    — RENON F, relevé du Credo du chœur de la cathédrale de Cambray en 1404 Revue de l'art chrétien: recueil mensuel d'archéologie religieuse, Volume 8 Arras ; Paris 1864 page 262.

    —  RITZ-GUILBERT, Anne 1993 ; "Aspects de l'iconographie du Credo des apôtres dans l'enluminure médiévale", Pensée, image & communication en Europe médiévale : à propos des stalles de Saint-Claude; Besançon; Asprodic L'auteur analyse les Credo typologiques apparus dans l'enluminure du 13e siècle, puis la version originale qu'en donne Jean Pucelle dans le Bréviaire de Bellevill (Paris, B. N., ms lat. 10483) aux environs de 1323-1326. Le peintre a utilisé le Credo des apôtres comme attribut de la vertu personnifiée de la Foi

    SCHMITT (Jean-Claude), 1989  "Les images classificatrices", in Actualité de l'histoire à l'Ecole des chartes: études réunies à l'occasion publié par Société de l'Ecole des charte 1989 pp.311-341.

    — Bréviaire de Belleville, - 1323-1326

    Breviarium ad usum fratrum Predicatorum, dit Bréviaire de Belleville.  vol. I (partie hiver) - vol. II (partie été) -http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447295h

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    Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Saint-Herbot
    7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 23:22

    L'inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien de Landerneau (1521).

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    Outre sa beauté graphique, l'un des principaux intérêts de cette inscription est de pouvoir être comparée avec une autre inscription de fondation d'un édifice civil, dans la même ville de Landerneau et à une époque proche :

    On l'a placera aussi en parallèle avec d'autres exemples épigraphiques de Basse-Bretagne, souvent lors de fondation d' édifices religieux :

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    Les inscriptions qui nous préoccupent aujourd'hui proviennent du portail de l'ancienne église Saint-Julien. Les deux pierres de kersanton  ont été déplacées lors de la destruction de cet édifice et intégrées en 1960 à l'Oratoire de la Fontaine Blanche créé en saillie du mur extérieur du cimetière de la ville,  rue du Cimetière, de l'autre coté de la voie ferrée par rapport au Centre-ville. L'une d'elles évoque la fondation du portail de l'église Saint-Julien, l'autre permet de savoir que l'église était dédiée à saint Julien l'Hospitalier. L'homogénéité de leur style permet de s'assurer qu'elles appartenaient au même ensemble, d'autant qu'elles forment deux quatrains d'octosyllabes rimés AABB CCDD. Elles sont en français, comme c'est très largement le cas alors en Bretagne sans attendre l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539). 

    Commençons par les découvrir, avant d'approfondir nos connaissances sur cette ancienne église landernéenne. Une première photographie a été prise au naturel :


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    Inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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    Les inscriptions lapidaires peuvent être mieux lisibles en lumière rasante, lorsqu'elles sont placées, comme ce n'est pas le cas ici, sur des façades exposées au soleil. En épigraphie, les chercheurs utilisent, pour obtenir une copie exacte,  le long procédé de l'estampage, en appliquant une feuille de papier spécial, mouillée puis tamponnée sur le motif. L'abbé Yves-Pascal Castel, à qui on doit l'un des premiers relevés (après celui du chanoine Abgrall en 1916), signale qu'il a pratiqué "l'humectage des reliefs avec l'eau qui coule tout près", dans le bassin qui précède cet oratoire. C'est le procédé que j'ai employé.

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    Inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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    1°) La plaque supérieure.

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    Première inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

    Première inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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    Transcription :

    EN : LAN MIL CINCQ CENTZ VI[N]GT ET UNG

    ET LE LU[N]DI . TIERS JOUR : DE JUIGN :

    FUT : AU . PORTAL DE CEST : EGLISE :

    LA : PRIMIERE : PIERRE : MISE

    "En l'an 1521 et le lundi troisième jour de juin fut au portail de cette église la première pierre mise."

    Cette première pierre fut donc posée le lundi 3 juin 1521. Le lundi se vérifie selon le calendrier perpétuel de Morel. La date n'est pas en relation avec la fête du saint le 12 février. 

    L'orthographe de la date "lan mil cincq cents vingt et ung" se retrouve exactement sur un manuscrit des Archives du Finistère 1E1236 ( contrat avec Guymarch de Treanna). C'est bien la forme notariée de l'époque.

     – Le mot "portal" est une forme précoce attestée de "portail", et on lit dans le Trésor de la Langue Française pour "portail" :

    " Étymologie et Histoire. 1. Ca 1165 portal «grand panneau de bois servant de porte» (Benoit, Troie, 22884 ds T.-L.); id. subst. plur. portaus (Id., ibid., 16003, ibid.); début xiiies. portail (Floire et Blancheflor, éd. M. Pelan, 2551);

     2. 1606 «façade d'une église où est la porte principale» (Crespin); 1688 «grande porte d'une église ou d'un temple» (Rich. t.2). Dérive de porte1*; portail s'est substitué à portal par suite d'une confusion partie du pluriel portaux dont la terminaison -aux correspond à la fois à -al et -ail du singulier."

    On peut penser qu'il désigne ici le porche de l'église.

    La graphie "primière" est attestée au XVIe siècle, elle témoigne de  la forme initiale "primers" de l'adjectif en ancien français. Voir Cnrtl et Godefroy

    L'inscription utilise des lettres en minuscule gothique, avec des mots séparés par des points, des deux-points et des deux-points réunis par une ligne en S. On note l'utilisation du tilde abréviatif remplaçant certains -n (vingt, lundi). La très belle lettre majuscule E initiale est à la fois perlée et fleurie. Le jambage de nombreuses lettres est orné de crochets par fois perlés (-z de centz, -s et -j de tiers jour, -j de juign, etc.).   Une vue de détail de la partie droite permet d'admirer les rinceaux qui occupent l'espace libre laissé par les lignes, à la place des bouts-de-ligne des manuscrits médiévaux. Elle permet aussi d'admirer les deux-points, aux points losangiques. 

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    Inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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    2°) La plaque inférieure.

    A LHON[NEU]R DE DIEU FILZ . ET . PERE 

    : LE : SAINCT : ESPERIT : ET : SA : MERE.

    CEST LOSPITAL : DE : CESTE . VILLE :

    ET : A. SAINCT : JULIEN : DOMICILLE :

    "A l'honneur de Dieu Fils et Père le Saint--Esprit et sa Mère cet hôpital de cette ville et à Saint Julien domicile. "

    Là encore, les graphies "esperit" (j'occulte le tilde indéniable mas embarrassant) et "domicille" sont bien attestées, quoique peut-être archaïques en 1521.

    Après la mention de l'église sur la plaque précédente, voici celle de l'hôpital et son patronage à la Sainte Trinité et à saint Julien. 

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    Deuxième inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

    Deuxième inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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    Deuxième inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

    Deuxième inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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    Sur ce détail du début de l'inscription, on peut admirer le A majuscule orné et perlé comme un bonnet de fou. 

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    COMMENTAIRES.

    Je me baserai surtout sur la Notice du chanoine Abgrall, en 1916-1917.

    La date de 1521 correspond au règne de François Ier et, pour la vicomté de Rohan dont dépend Landerneau, de Jacques Ier de Rohan, 16ème vicomte de sa lignée de 1516 à 1527 en succession de Jehan II de Rohan (en titre de 1562 à 1516), qui avait fait apposer la plaque de fondation du Pont de Rohan en 1510.

     

    L’Elorn est un petit fleuve côtier qui traverse la partie nord du Finistère, selon une direction générale Est-Ouest . Il prend sa source dans les tourbières des Monts d’Arrée, à un peu plus de 300 m d’altitude, juste entre les deux plus hauts sommets de Bretagne, puis, après avoir traversé Sizun, Landivisiau et Landerneau, il rejoint la mer au niveau de la rade de Brest, où il se mêle aux eaux de la Penfeld, de l’Aulne, et de la Mignonne. Par son trajet, il sépare le Léon au nord et la Cornouaille au sud. Landerneau est la limite de remontée de la marée, et donc, pendant longtemps, le point le plus distal pour établir un pont, et donc une ville-pont ( traditionnellement, le dernier pont avant l'embouchure se trouvait  à la limite de la zone de remontée de la marée, provoquant l'essor d'une « ville-pont ». Plus en aval, seuls des bacs et des passeurs permettaient de franchir l'estuaire. Voir Châteaulin, Morlaix, Pont-L'Abbé, Pont-Aven, etc.)

    Pour cette raison, le gué, puis le pont de bois, puis le pont de pierre que Jehan II de Rohan édifia en 1510 étaient d'une importance géo-politique considérable, contrôlant le commerce fluvial est-ouest, et les voies de communication Léon-Cornouaille dans le sens nord-sud pour des motifs commerciaux ou cultuels (pèlerinages). Comme tous les ponts, lieux de transition donc de dangers, il dut être placé sous la protection d'un saint protecteur. Il pouvait s'agir ailleurs  de saint Jean Népomucène, de saint Nicolas, de saint Christophe, mais c'est un oratoire en l'honneur de saint Julien l'Hospitalier qui fut probablement construit à l'entrée du pont. C'est aussi le cas en Bretagne à Poulgoazec, Plouhinec (église Saint-Julien-le-Passeur), ou à Acigné sur la Vilaine. Saint Julien est le patron des passeurs et des hôpitaux placés sur la rive d'un pont pour recevoir les pèlerins en raison de ce passage de sa légende, très proche de celle de saint Christophe : 

     

    "Ainsi, s’enfuyant ensemble, ils allèrent demeurer au bord d’un grand fleuve dont la traversée était pleine de périls ; et là, tout en faisant pénitence, ils transportaient d’une rive à l’autre ceux qui voulaient traverser le fleuve. Et ils les recueillaient dans un hôpital qu’ils avaient construit. Et, longtemps après, par une nuit glaciale, Julien, qui s’était couché accablé de fatigue, entendit la voix plaintive d’un étranger qui lui demandait de lui faire traverser le fleuve. Aussitôt, se levant, il courut vers l’étranger, à demi mort de froid ; et il l’emporta dans sa maison, et alluma un grand feu pour le réchauffer. Puis, le voyant toujours glacé, il le porta dans son lit et le couvrit avec soin. Or voici que cet étranger, qui était rongé de lèpre et répugnant à voir, se transforma en un ange éclatant de lumière. Et tout en s’élevant dans les airs il dit à son hôte : « Julien, le Seigneur m’a envoyé vers toi pour t’apprendre que ton repentir a été agréé, et que ta femme et toi pourrez bientôt vous reposer en Dieu. » Et l’ange disparut, et, peu de temps après, Julien et sa femme s’endormirent dans le Seigneur, pleins d’aumônes et de bonnes œuvres." Jacques de Voragine, Légende Dorée, Traduction par T. de Wyzewa .Perrin et Cie, 1910 (pp. 114-120).

     1°) L'hôpital Saint-Julien, 1336.

    Ce ne fut qu'au commencement du XIVème siècle, qu'un hôpital fut établi sur le pont, grâce à la libéralité d'Hervé de Léon, qui en organisa le service et le dota d'un chapelain. Dom Morice nous a conservé l'acte de cette fondation, dans le premier volume de ses Preuves, col. 1.376 ; il est daté du vendredi après la Quasimodo 1336. 

    En voici une analyse assez complète : 

    « Sachez que nous, Hervé de Léon, chevalier, seigneur de Noyon, que nous avons donné ce qui suit à l'hôpital que nous avons fondé pour le soulagement des infirmes, et établi à la tête du pont de Landerneau, en la paroisse de Ploudiry, en l'honneur de Dieu et des Saints, spécialement de saint Georges, martyr, et saint Julien, confesseur. D'abord, pour l'entretien d'un prêtre qui dira trois messes au dit hôpital, chaque semaine, 10 livres de monnaie courante à prendre sur nos droits sur le vin, à Landerneau. De même, pour l'entretien des infirmes et de ceux qui en prendront soin, 50 mesures rases de froment, dont 25 à prendre sur nos dîmes de Ploudaniel et 25 sur notre droit de minage (droit sur les poids et mesures) de Landerneau. De plus, 8 livres de cire pour la messe, sur la ferme de nos moulins du Bourg-Blanc. Item, 100 sols pour la pitance des malades et 16 sols pour une paire de vêtements à celui qui sera, par nous ou nos héritiers, préposé à la garde et visite des dits malades ; ces 116 sols seront perçus sur notre taille en Ploudaniel. Item, donnons au dit hôpital 12 lits bien garnis, ayant chacun une coëte et un traversin de plume et deux paires de linceuls, que nies héritiers devront entretenir en bon état. Ordonnons que le prêtre chargé du service divin, et les gardiens de l'hôpital, homme ou femme, soient tenus à rendre compte de leur administration, tous les deux mois. Voulons que l'appenti qui sera construit près l'hôpital ait un foyer, et qu'on y établisse des lieux d'aisance. De plus, nous lui adjoignons un jardin, situé sur la paroisse de Ploudiry, près du bourg, appelé Ruploudiry ».

    Cet hôpital était bien situé, à la tête de ce pont, d'une importance majeure pour assurer les communications de Cornouailles avec le Léon et faciliter le passage considérable de pèlerins se rendant soit à l'abbaye de Saint-Mathieu fin de la terre, soit à Saint-Michel du mont Gargan, qui ne devait être autre que Saint-Michel de Lesneven ; car pour se rendre de Cornouaille à Saint-Michel in periculo maris, il n'était pas nécessaire de passer par Landerneau. Or, ce pont ayant été ruiné, et l'hôpital Saint-Julien dévasté, par suite des guerres de Succession, sur les instances de Jean de Kéroulas, maître en théologie, Grégoire XI, par lettres données à Avignon, le 2 Août 1372, accordait des indulgences à ceux qui, par leurs aumônes, contribueraient à leur restauration [Note : Acte du Saint-Siège : « Hospitale St Juliani situm in capite pontis de Landerneau ubi magnus concursus est perigrinorum euntium ad ecclesias Beatorum Michaelis in monte Gargano et Mathei in finibus terrarum, pauperes que recipiuntur et reficiuntur, frementibus guerris jam est pene destructum.... »].

    En 1511, le 28 Janvier, Jean, vicomte de Léon, confirmant la première fondation, constate qu'il y a quelque temps qu'on a négligé de dire les trois messes requises ; les pauvres ne sont plus bien entretenus, car l'hôpital ne jouit plus en leur intégrité des revenus de la fondation primitive ; par conséquent, le vicomte de Léon, outre les dîmes de Ploudaniel, et le bois de chauffage de ses bois de Ploeavaz (Guipavas), donne 17 livres à partager entre le chapelain de son église de La Roche-Morice, et celui de l'hôpital ; et 25 livres pour les gardiens des pauvres. Missire Hervé Gouzien est chapelain de l'hôpital ; missire Olivier Nicolas, chapelain de la Roche-Morice ; et Jean Le Guirieuc, gouverneur de l'hôpital. (J-M. Abgrall, 1916-1917).

    La  fameuse statue du "Pauvre petit bonhomme Landerneau", présent sur la façade de l’hôpital, représente en fait Saint-Julien le Pauvre et l’entrée dans la paroisse du même nom.

     

    2°) L'église de Saint-Julien (1521-1532)

    l'ancienne église Saint-Julien est aujourd'hui détruite. Commencée le 3 juin 1531, elle avait été terminée en 1532, puis érigée en trève de Ploudiry le 18 mai 1619. Elle a été rasée en 1823.

    CONCLUSION.

    Autant la plaque de fondation du Pont de Landerneau par Jehan II de Rohan en 1510 est bien mise en valeur aujourd'hui à l'amorce du pont, coté Léon, accessible à l'admiration de  tous les touristes et amateurs, autant ces deux plaques de fondation de l'église de l'hôpital Saint-Julien sont, certes sous l'effet d'un désir indéniable de bien faire, remisées dans un endroit à l'écart de la ville, son Cimetière, sans aucun rapport avec leur vocation et leur  lieu géographique d'origine. Il semblerait plus opportun de les présenter au public sur le coté Cornouaille du Pont de Rohan, à proximité de la statue du Pauvre Petit Bonhomme. Elles offrent un intérêt historique, et un plaisir esthétique évidents, et sont un témoin précieux de notre langue (versification en moyen français) et de notre écriture (minuscule gothique). 

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie ), 1916 et 1917,  Landerneau, Notice sur les paroisses, Bulletin diocésain d'histoire et d'archélogie, diocèse de Quimper. Quimper, 16e année 1916, Quimper, 17e année 1917,  p. 321-332, 353-361, 5-12, 33-47, 65-76, 97-106.

    http://diocese-quimper.fr/fr/archives/story/1166/notices-sur-les-paroisses

    — CASTEL (Yves-Pascal), Saint-Julien au passage de l'Elorn. article du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon 0819 Landerneau,  28.03.92.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 9 janvier 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2318.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6f9b56591e766cf76a074eab4506ddb1.jpg

    — Site Topic-topos

    http://fr.topic-topos.com/oratoire-de-la-fontaine-blanche-landerneau

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    Published by jean-yves cordier - dans Landerneau Inscriptions
    5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 18:27

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    INTRODUCTION.

    Les inscriptions lapidaires ou non de l'église de La Martyre offrent  les noms de quelques fabriciens d'alors, mais aussi  les chronogrammes suivants : 1601 (bénitier, déjà décrit), 1619 (ossuaire), 1693 (vantail du porche sud), 1697 et 1699 (sacristie), et 1749  (œil de bœuf du pignon nord). C'est un fil rouge comme un autre pour en aborder la visite, quitte à faire digression du thème épigraphique et à admirer le travail de sculpture et d'architecture. Derrière chaque nom de fabriciens, je tenterai de découvrir l'homme, sa situation, et sa famille. 

    Voici les dates principales des étapes de construction de l'édifice :

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    L'église Saint-Salomon de La Martyre.  IV. L'ossuaire, les inscriptions  et les crossettes.

     

     

    I. L'ossuaire de 1619.

    Accolé contre le porche sud, il est entièrement bâti en kersantite. La proximité d'une aile de la maison du guet a imposé la découpe d'un large pan coupé, et interdit une vision d'ensemble, ou du recul. Un dessin de Fons de Kort (droits réservés) en rendra mieux compte.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    La composition de la façade est savante, témoignant d'une connaissance approfondie des planches gravées des recueils d'architectures de Sébastiano Serlio (Livre III, 1540)  et de Philibert Delorme (Le premier tome de l'architecture, 1567)  et du vocabulaire fait de pilastres et de frontons, de colonnes, d'urnes et de lanternons.

    La porte de plein cintre compose un trio plein d'humour avec les deux baies étroites, de même forme, mais surhaussées. Le chiffre trois rythme aussi les panneaux de l'architrave, les statues du fronton, ou la superposition de deux lanternons et d'un pot à feu.

    L'ossuaire est l'œuvre de l'atelier du Maître de Plougastel, auteur du Calvaire de cette paroisse entre 1602 et 1604. Au sein de cet atelier, l'essentiel des sculptures est due à celui qu'Emmanuel Le Seac'h a nommé "Le Valet" du Maître, son bras droit, également repérable aux piédroits du porche de Guimiliau. Je reprendrai la description d'E. Le Seac'h, 2014.

    De style Renaissance, le bas de la façade principale est d'ordre corinthien avec les colonnes cannelées et les chapiteaux à feuille d'acanthe, le fronton est d'ordre ionique avec les termes couronnés de chapiteaux ioniques.

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    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.
    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Le Maître de Plougastel y réalise la statue de saint Paul-Aurélien terrassant le dragon. Placé au dessus de l'inscription S : PAOL (Saint Paul) trace une bénédiction d'une main habillé du   chirothèque tandis qu'il jugule le dragon par la pointe de son bâton pastorale, et non, comme le veut la tradition, en le tenant en laisse par son étole. Les yeux sont en épaisse amande, la paupière inférieure est soulignée par un double trait.Le nez est fin, la bouche pincée et hautaine, le menton rond.

    Notez, en pleine façade, le masque en faible relief et ses cheveux en guirlande florale.

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    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Le terme gainé masculin à gauche de Pol-Aurélien est de la main du Valet du Maître de Plougastel. 

     

     

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    La figure féminine engainée a plus de charmes, malgré son regard bas ou obtus, son hiératisme, sa froideur. Ce charme provient de la rondeur du bas du visage, de la douceur du poli de la pierre, du tressage des cheveux en nattes serpentines, du collier à bague et à médaillon, ou des seins en V, presque androgynes. La pupille des yeux en mandorle est creusée, et nous fixe. Sous ses côtes en V et son ventre plat, une feuille d'acanthe lui fait office de pagne.

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    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    L'architrave va-t-il, d'un coup de sa baguette,  nous dérider un peu ?

    L'élément central, dont le collier de l'ordre de Saint-Michel entoure des armoiries bûchées, nous laissera froid si nous n'observons pas le lit d'algues (fucus vesiculosus) sur lequel il nous est servi, ni la tête de Pierrot Gourmand qui remplace l'Archange officiel de l'Ordre. C'est un collier de fantaisie.  Les armes étaient-elles celle de Henri II duc de Rohan ?

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    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Plus amusant est le panneau de gauche : une femme (ou saint Jean ?), la main sur la poitrine, se tourne sur le coté et désigne l'objet de sa foi d'un index gauche convainquant. Notez la trace de polychromie.

    Que nous montre-elle ? L'entrée de l'ossuaire, bien entendu, pour nous dire que cela sera bientôt notre tour.

     

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    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Si nous n'avions pas compris, son compagnon nous présente des arguments convaincants : une tête de mort et un fémur (aux condyles inversés) comme prélevés dans l'ossuaire.

    Mais cet homme soigneusement habillé à la mode Henri IV a un faciès léonin, tant par son nez en museau que par sa chevelure peignée comme une succession de petites madeleines, d'où un effet en rayons de soleil, et surtout par sa barbe dont les mèches forment une véritable crinière.

    Or, sur toutes les toitures des église du Finistère, le lion est un animal au service, sinon du diable, du moins à coup sûr de la Mort, c'est la forme animale de l'Ankou, et nous le voyons se dresser, les pattes antérieures serrées sur la tête ou le corps d'un humain. Nous le verrons encore tout à l'heure. 

    Ce Marquis de Carabas ci est sans doute chez lui dans la boutique de la mort.

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    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    L'entablement placé en encorbellement au dessus de la porte cintrée est soutenu par deux colonnes corinthienne et par une console à clef de l'arc ou agrafe en feuille d'acanthe (qui porte sur un drapé des armoiries martelées entourées d'une guirlande) . Placés dans le renfoncement de la table, à son ombre et comme participant eux aussi à la soutenir, deux anges joufflus présentent chacun une longue banderole. Les deux textes sont en breton.

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    L'ange de gauche montre ceci :

    AN MARO : HAN : BARN : HAN IFERN : IEN : PA : HO

    SOING : DEN : E : TLE  : CRENA FOL : EO : NA : PREDER.

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    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Son associé à droite tient le texte suivant :

    E : ESPERET : GVELET: EZ : EO : RET : DECEDI : AN : 1619.

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    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Les deux inscriptions forment une seule citation, an maro han barn han ifern ien pa ho soing den e tle crena fol eo na preder e esperet guelet ez eo ret decedi    suivie de la mention de datation  AN 1619. Elle se traduit ainsi :

    "La mort, et le jugement, et  l'enfer froid, quand l'homme y médite, il doit trembler

    " Il est fou, celui dont l'esprit ne réfléchit pas, vu qu'il faut mourir. "


     

    Elle est extraite de Le Mirouer de la Mort de Jehan an archer coz (Jehan Larcher), poème en breton de 3602 vers rédigé en 1519  et publié en 1575 au couvent des Cordeliers de Cuburien près de Morlaix. Ce Mirouer aborde le thème des quatre fins dernières de l'homme, la mort, le jugement dernier, l’enfer ou le paradis, Son auteur vient de la paroisse de Plougonven, à une quarantaine de kilomètres à l'est de La Martyre. Le distique  provient de la seconde des deux inscriptions qui suivent le poème proprement dit, (folio 72v) et qui encadrent la gravure d'une tête de mort stylisée, au milieu d'un miroir. 

    An Maru, han Barñ han Yfferñ yen

    Pan ho soing den ez dle crenaff.

    Foll eu na preder è Spéret,

    Guelet ez ev ret decedaff

    On notera la mention d'un Yfern yen, "enfer froid", témoignant de la croyance bretonne en un au-delà humide dans l'obscurité  de l'eau noire et fétide, des marais, des rivières des étangs ou des abîmes plein de givre (abim yen), avec le concept de  la mort froide (maru yen). On le trouve cet enfer dans les poésies galloises du XII et XIIIe siècle, mais aussi chez Dante, et dans une soixantaine de cantiques, de poésie ou de pièces théâtrales bretonnes (Mystère de Louis Eunius) du XVe au XVIIe siècle (Alain Croix).  Pourtant l’Enfer est traditionnellement pour l’Église le royaume du feu « dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges » (Mt, XXV, 41), et quoiqu’attestée chez certains auteurs chrétiens, la notion d’un enfer glacé est rejeté habituellement par l’Église. Certains ont cru que le mot yen dans ifern yen « enfer froid » était à prendre au seul sens d’insensible, cruel. Mais il est impossible de restreindre yen au seul sens de « cruel ». La présence du froid, de la glace, du verglas, du frimas infirme cette explication. (G. Le Menn)

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    La source latine de ce Miroer est le Quatuor novissimorum liber seu Memoria mortis, (Paris, Jean Petit 1512) de Gérard de Vliederhoven  ou Denys le Chartreux. L'idée d'un miroir magique qui montre à celui qui s'y fixe l'aspect qu'il aura à sa mort est spectaculairement illustré par le tableau de Lucas Furtenagel  Hans Burgkmaier et son épouse Anna, en 1529. 

     

     

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    Pour être complet, il faut ajouter que ces vers figurent aussi en folio 1, sous le titre, et au dessus d'une gravure assez semblable, mais où, dans le miroir, le crâne tient un os entre les dents. On note aussi en pseudo-grec la formule MIRE TOYLA.FIK, "Mire toi là". Rien ne permet d'affirmer que ces vers sont de la main de Jehan Larcher, et qu'ils n'ont pas été empruntés ailleurs et placés ici par l'éditeur.

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    Le bénitier actuellement placé sous le porche appartenait jadis à l'ossuaire et s'intégrait à ce programme iconographique centré sur la Mort.

    http://www.lavieb-aile.com/2016/12/l-eglise-saint-salomon-de-la-martyre.iii.les-benitiers.html


     


     

     

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    Bénitier à Ankou,  église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Bénitier à Ankou, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    La cariatide.

    Dans un pan cassé du mur extérieur, une surprenante cariatide aux bandelettes, de taille presqu'humaine semble faire le pied-de-grue. De sa consœur transformée en  terme gainé, elle a les yeux en amande et les pupilles creusées, les paupières ourlées, les mains dans le dos, une poitrine fatiguée, des côtes en X sur un ventre plat au nombril creusé. Le corps est longiligne, les jambes soigneusement bandées. Les doigts de pieds à l'Égyptienne sont sculptés avec soin . Son collier de pierres rondes souligne le port élégant du cou. 

    C'est ma marotte, mon péché mignon de collectionner dans la statuaire féminine bretonne le type de coiffure qu'elle a adoptée : un bandeau passe derrière le cou et la masse des mèches. Ce bandeau est plissé comme un chouchou aux vertus élastiques, il sert à rassembler en une courbe concave la chevelure sans la dissimuler ou la contraindre sur le dessus de la tête, et sans s'opposer à sa dispersion en flots divergents sur les épaules. Mais, si vous le souhaitez, vous le ramenez d'un seul geste plus haut derrière ou par dessus la tête, en voile. Son étoffe est souvent blanche, finement rayée de bleu ou de couleur brique, mais comme cela ne se voit pas ici, c'est ma précieuse collection d'images, digne du coupeur de nattes de von Kraft-Ebing, qui me permet de le dire. 

    On dit qu'elle sort tout droit des dessins de Serlio, l'architecte que François Ier recruta pour Fontainebleau. Mais Serlio n'en n'userait que pour les cheminées

    Voir aussi Termes et cariatides de Jacques Audrouet du Cerceau, 12 planches gravées sn, sd http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-4R85BIndex.asp

    Ou Quinque et viginti exempla arcuum Orléans, 1549, de Jacques Audrouet du Cerceau:

    http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/INHA-4R1475Index.asp

    Mais je n'ai pu trouver dans ces pages feuilletées avec l'espoir de la revoir, la belle cariatide de La Martyre. 

    Les termes et cariatides connurent une fortune certaine en France, comme en témoignent les ouvrages d’Hugues Sambin (Œuvre de la diversité des termes, Lyon, 1572) puis de Joseph Boillot

    (Nouveaux portraits et figures de termes, Langres, 1592) et dans l’ensemble de l’Europe du Nord, Flandres, Allemagne et Angleterre.

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    Cariatide, ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Cariatide, ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Cariatide, ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Cariatide, ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Cariatide, ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Cariatide, ossuaire de 1619, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    II. Le baldaquin du baptistère. 1635. 

    La cuve baptismale en granit a six pans et repose sur une colonne et une double base cylindriques.

    Fonts baptismaux, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Elle est abritée par un baldaquin en chêne, de forme hexagonale, posée sur six piliers corinthiens. la corniche de l'entablement est ornée de denticules, et sa frise couvert d'ornements et d'anges. Le dais est ajouré, sur chaque pans, de deux fenêtres cintrées encadrées de colonnettes d'ordre composite. Au dessus de sa corniche règne une balustrade entourant la base d'un dôme. Celui-ci se termine en deux lanternons superposés. Le monument est surmonté d'une croix portant un cœur entouré d'une couronne d'épines. (Fons de Kort)

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    Baldaquin (1635),, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Baldaquin (1635),, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

     

    Au dessus du premier lanternon, on lit :

    EN LAN 1635 YVO NICOLAS ET C MAVBIAN FABRIQ ONT FAIT FAIRE CE TABERNACLE PAR MRE IAN MOIGN .

    La base généalogique www.breneol.fr indique la descendance d'un Yves Nicolas (~1623) , et celle de Jean Maubian, tous deux de La Martyre.

    Baldaquin (1635),, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Baldaquin (1635),, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Baldaquin (1635),, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Baldaquin (1635),, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Baldaquin (1635),, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Baldaquin (1635),, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    III. 1693 : la porte du porche sud.

     

    Les deux portes de bois du porche sud sont du XVIIe siècle. Celle de droite porte l'inscription :

    GABRIEL : LE : SANCQVER : FRANCOIS : LE. ROVX / FABRIQVES : 1693 : MONT : FAIT : FAIRE.

    "Gabriel Le Sanquer (et) François Le Roux fabriques en 1693 m'ont fait faire."

    Les lettres sont des majuscules romaines fines, à léger empattement, avec des A à traverse brisée en chevron. Seule la lettre Q est en minuscule. Elles sont gravées en creux et peintes à l'or.

    Gabriel Le SANCQUER est mentionné par un généalogiste comme né en 1686 (ce qui est ici aberrent) fils de Guillaume Le SANCQUER (1661, La Martyre) et de Jacquette KERBRAT, et ayant 6 frères et sœurs dont Guillaume et Marie.

    Mieux, un fil de discussion du forum des Généalogiques du Finistère de 2016 précise que Gabriel Le Sancquer (Le Sanquer) était le frère de Ian Le SANQUER.  Au décès de ce dernier, sa veuve Marie KERDELANT, curatrice de ses enfants mineurs, s'est remarié avec François Abgrall.

    Or, François ABGRALL apparaît sur l'inscription suivante comme Fabricien en 1697.

    L'arrêt du 13 octobre 1693 précise que Gabriel SANCQUER est alors "marchand, demeurant en la ville de Morlaix".

    De même, une généalogie indique que François LE ROUX, fils de François LE ROUX et de Jeanne SALAUN, décédé le 8 novembre 1694 à Ploudiry (dont La Martyre est une trève) , a eu sept enfants de son épouse Anne MARC épousée en 1694. Sa fille Françoise (1704-1742) épousa Jean CLOAREC.

     

    Vantail de la porte droite du porche sud, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Vantail de la porte droite du porche sud, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    IV. La sacristie de l'angle nord-est. 1697-1699.

     

    A la fin du XVIIe siècle l'on construisit la sacristie au surprenant dessin quadrilobé ; il fut payé, en 1697, 13 livres 17 sols à Yves Laurans pour copie des plans et devis de Jean Bras, mais le bâtiment fut construit de 1697 à 1699 sous la direction de Christophe Kerandel, maître architecte, qui venait de terminer quelques années plus tôt la sacristie de Lampaul-Guimiliau (1678)  puis de Bodilis (1677-1682). Le même modèle se voit à Pleyben.

    C'est un bâtiment Renaissance, du type à deux étages et de plan rectangulaire ,  à dôme coiffé d'un lanternon et flanqué de quatre toits à pas coupés plus petits qui font pénétration dans ses murailles et qui sont séparés par des contreforts saillants surmontés de lanternons (Fons de Kort) . Il est raccordé à la deuxième nef par son angle nord-est. Christophe Kerandel, maître-architecte de Lanneufret, suit les modèles de chapelle de Philibert Delorme et de Serlio : chapelle du château d'Anet. Il donne ici une version plus monumentale qu'à Bodilis : "redents fortement marqués à toits en pavillon, jeu d'ombre des contreforts, dôme à tambour. Cette synthèse des formules de la Renaissance tardive et du style classique amené par les ingénieurs de Brest est une des plus monumentales réalisations du genre en Bretagne" (Rioult 2009).

    D'imposantes attaches de fer montrent que la sacristie servait aussi de chambre de conservation du trésor (considérable) de la paroisse, avec son reliquaire d'argent. A Bodilis, il est attesté en 1775 qu'un sacristain y logeait, chargé de sonner la cloche en cas d'alerte.

    Les archives disposent de documents mentionnant le nom des architectes. "Les Kerandel" renvoient à  Christophe Kerandel, maître-architecte, maçon et picoteur de pierre, marié avant 1674 à Catherine Nédelec (1648-1718) et décédé en 1714, qui est le père de Joseph Kerandel, (Lanneufret 1673-1713 Plouguerneau) maître-architecte.  

    "Ordonnance du seigneur Evêque de Léon, sur requête à lui présentée par M. le Prieur recteur de Ploudiry, fabriques et habitants de la trève de La Martyre, par laquelle ils auraient demandé une nouvelle sacristie et chambre pour la conservation du trésor et des ornements, laquelle ordonnance aurait adjoint un devis, ensuite de laquelle est l' état estimatif du bâtiment le 9 dudit mois, lequel porte à la somme de 4973 livres 10 sols, y joint une quittance donnée aux marguillers par les Kerandel, maîtres-architectes pour la construction de la dite sacristie du 2 janvier 1699." (cité par Fons de Kort)

     

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    Sacristie de La Martyre, dessin de Fons de Kort (droits réservés).

    Sacristie de La Martyre, dessin de Fons de Kort (droits réservés).

    Elle porte une première inscription datant du début des travaux. C'est une plaque rectangulaire de kersanton, aux lettres majuscules romaines aux larges empattements,  taillées en faible relief , encadré d'un fin liseré. La ponctuation séparant les mots est basée sur le deux-points, fait de deux losanges pleins. On y lit :

    FRANCOIS : A / BGRALL : E : LAN / : POVLMARCH :  LORS :  F : 1697

    "François Abgrall et Jean Poulmarch étant alors Fabriciens : 1697."

    Ce François Abgrall est sans-doute le même qui est signalé en 1734 propriétaire du manoir de Poulbroc'h en La Martyre. Ce serait l'époux (10 août 1693) de Marie Kerdelant, veuve de Ian Le Sanquer , décédée le 14 novembre 1705 en La Martyre.  Il s'agirait d'un producteur de toiles et notamment de toiles de lin, principale source de richesse de la région.

    Jean Poulmarch épousa Marguerite Nédelec et ils eurent trois fils, Guillaume, Hervé, et Jean, né à La Martyre le 28 juillet 1698. 

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    Plaque de fondation de la sacristie, 1697, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Plaque de fondation de la sacristie, 1697, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Sur le coté sud de la sacristie, sous la corniche, une inscription suit les huit pans de murs successifs qui constituent la jonction avec la nef, le contrefort à lanternon et le premier pignon à fenêtres grillées. On y lit, en suivant les recoins :

     

    IEAN : BRAS : F : YVES : CLOAREC : F : LAN. 1699

    Jean LE BRAS est peut-être apparenté à son riche homonyme, recteur de Plabennec né en 1718 à Saint-Divy, et qui possédait une dizaine de fermes et plus de 80 pièces de terres, notamment à La Martyre. Une généalogie mentionne Jean Le BRAS, né à La Martyre le 10 mars 1669, décédé à La Martyre en 1724, et qui épousa le 24 juillet 1692 à La Martyre Marguerite PERON (1675-1733). C'est un candidat acceptable pour le fabricien qui traça les plans de cette sacristie.

    Les généalogistes décrivent deux Yves CLOAREC à La Martyre, le père,  et le fils (1700-1774). Yves CLOAREC père (notre fabricien vraisemblable) épousa le 21 février  1689 Jeanne SANQUER , fille d'Alain SANQUER et de Jeanne LE BRAS : ils eurent sept enfants.

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    Sacristie de 1697, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Sacristie de 1697, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Sacristie de 1697, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Sacristie de 1697, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Sacristie de 1697, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Sacristie de 1697, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Vue de la sacristie montrant l'escalier à vis(à droite).

     

    Sacristie de 1697, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Sacristie de 1697, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    La porte intérieure de la sacristie. 1697.

    Cette porte en anse de panier est divisée en six panneaux octogonaux surmontés d'un tympan en demi-lune. Les boiseries sont peintes d'harmonieuses couleurs vert d'eau et jaune-orangé.

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    Porte intérieure de la sacristie, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Porte intérieure de la sacristie, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Dans la demi-lune est gravée l'inscription :

    F: ABGRALL : I : POVLMARCH : G . /  1697. 

    C'est à peu de chose près la même inscription que sur la plaque de kersanton extérieure, et ce sont les mêmes fabriciens (qui se qualifient ici de gouverneurs) qui laissent leur nom à la postérité. 

    Leur porte n'est pas de la basse besogne, elle est destinée à protéger le trésor constitué du reliquaire en argent de Saint-Salomon, daté de la seconde moitié du XVIe siècle, et donc, à l'époque, assez récent. Il renferme aussi une statue en argent de l'Enfant-Jésus, de 0,38 m de haut, portant l'inscription

    1667 FAICT DU TEMPS DE H BEON  ET DE H. SANQVER FABRIQVES.

    Nous retrouvons le patronyme SANQUER déjà cité (Gabriel Sancquer fabricien en 1693). Les prénoms de ces fabriciens (ou marguilliers) nous sont connus par un conflit opposant La Martyre à la duchesse de Rohan qui voulait transférer la foire à Landerneau: "Le 10 Avril 1669, le Parlement de Dijon, confirmant l’arrêt du Parlement de Rennes, donna gain de cause à La Martyre, représenté par Hervé Le Sanquer et Hervé Le Béon, marguilliers, contre la duchesse de Rohan, veuve de messire Henri Chabot duc de Rohan. La duchesse ayant interjeté appel, le même Parlement confirma sa première sentence, le 26 Février 1678, en la condamnant elle, avec le duc son fils, à payer à la fabrique de La Martyre une amende de 12 livres." (La foire de La Martyre).

    La généalogie www.breneol.net donne toute la descendance de Hervé Béon (vers 1658-1741), de La Martyre marié à Jeanne Poulmarch.  Mais ce dernier est trop jeune en 1667 pour être fabricien.

    ... Le trésor devait contenir bien d'autres richesses, soit en orfèvrerie (calice en vermeil, ostensoir de 1648,croix et chandeliers de 1675, notamment en paramentique. Les bannières étaient renfermées dans l'armoire aux bannières datant de 1633.

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    Porte intérieure de la sacristie, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Porte intérieure de la sacristie, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Si j'insiste sur le trésor que renfermait cette sacristie, c'est qu'elle est dotée de deux serrures assez extraordinaires. Ce sont elles qui correspondent sans-doute au travail réalisé en 1700 par François Riou, de Landerneau, réputé être le serrurier le plus habile du pays. L'une des clefs est engagée dans la serrure la plus haute et n'est plus fonctionnelle, mais la porte se ferme et s'ouvre aujourd'hui encore avec une grande et forte clef qui commande la serrure basse. 

    Ah oui, mais un dispositif discret doit être commandé, pour introduire la clef, ou, au contraire, pour l'ôter. Chut !

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    Serrures de la porte intérieure de la sacristie, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Serrures de la porte intérieure de la sacristie, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    V. L'œil de bœuf de 1749.

    Je le place ici pour être complet. J'en profite pour signaler que j'ai écrit un bel hommage à la pulsion scopique chez Flaubert, qui n'a jamais reçu la moindre considération. Adhuc tua messis in herba est. Per aspera ad astra.

    http://www.lavieb-aile.com/article-l-oeil-de-boeuf-chez-flaubert-le-dais-de-saint-sacrement-de-ste-suzanne-a-serent-2-107035911.html

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    œil de bœuf, pignon occidental, 1749, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    œil de bœuf, pignon occidental, 1749, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    LES CROSSETTES.

    1. Angle nord de la maison du Guet. Un personnage.

    Il ou elle tient une pomme dans la main droite et semble emporter une petite créature devant son ventre. Une queue contourne la cuisse gauche et s'enroule vers le bras.

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    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    2. Angle de la maison du Guet, à gauche de l'arc triomphal. Lion emportant une âme.

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    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    3. Homme  tenant un phylactère.

    Maison contiguë à la porte triomphale. Notez la position cambrée de l'homme, qui pourrait être un acrobate (cf C. Prigent), et observez sa chaussure, à bout pointu et en crochet "à la poulaine" (c'est à dire "à la polonaise".  

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    Acrobate ?,  La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Acrobate ?, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    4. Un buste d'homme.

    Situé à l'angle sud-est de l'église, il porte une moustache, ses yeux sont fermés,  il a la tête ceinte d'un bandeau, et il tient entre ses mains un rouleau de tissu ou de papier. 

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    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.
    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    3. Un lion tenant un petit être.

    Il tient entre ses pattes antérieures un petit personnage que j'identifie mal. La queue fait retour sur la croupe et se divise en une fourche correspondant au plumeau terminal des lions. Cet exemple atteste encore que le lion est, en Basse-Bretagne du XVI et XVIIe siècle, la forme animale de l'Ankou, celui qui emporte les vivants, le percepteur de la Mort.

     

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    Crossette, maison du Guet,  La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Crossette, maison du Guet, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    LES GARGOUILLES.

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    Lion tenant entre ses pattes un [être humain ??]

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    Gargouille de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Gargouille de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Autre lion.

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    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Crossette, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Personnage simiesque se lissant la barbe.

     

    Gargouille de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Gargouille de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Homme sauvage bouche ouverte se lissant la barbe.

    Si on se rapporte aux autres exemples de lisseurs de barbe bifide dans la sculpture des modillons romans, (support en saillie du faîte des murs en soutien de la corniche, dont les thèmes animaliers ou impudiques ont précédé ceux des crossettes et gargouilles de l'art gothique et Renaissance), il ne semble pas exagéré de voir un sexe en érection dans le cylindre sculpté entre les jambes du personnage.

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    Gargouille de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Gargouille de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    AUTRES SCULPTURES.

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    Deux femmes.

    Les statues en ronde-bosse sont érodées, mais les cheveux longs ramassés en deux volumineuses masses latérales permettent de dire qu'il s'agit de femmes. Elles semblent nues, et ont chacune, en miroir, une main posée sur le haut de la cuisse. La première tient un objet long dans la main gauche.

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    Statue, chevet de  l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Statue, chevet de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Statue, chevet de  l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Statue, chevet de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Chevet : buste d'homme.

    Ce buste montre un homme barbu vêtu d'une veste plissée, qui lève la tête et les yeux vers le ciel tout en tenant son chapeau rond sur son ventre, et en posant la main gauche sur sa poitrine. Est-ce un paroissien dévot qui bat sa coulpe et rend grâce à Dieu, ou tout autre chose ?

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    Statue, chevet de  l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Statue, chevet de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Porte nord.

    Le fronton de la porte nord porte un personnage en buste : c'est un homme barbu coiffé d'un bonnet à plumet. Il porte la main droite à son chapeau et sa main gauche est posé sur sa poitrine. Alors que son panache retombe comiquement en crochet sur le coté gauche, sa longue barbe tressée semble métamorphosée et emportée par mimétisme vers le même coté, tout cela survenant peut-être sous l'effet d'un coup de vent. De nordé.

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    Porte nord de  l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Porte nord de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    .

    SOURCES ET LIENS.

     COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

    — DAVY  (Christian), 2013 « La prospection des peintures murales des Pays de la Loire », In Situ [En ligne], 22 | 2013, mis en ligne le 15 novembre 2013, consulté le 07 décembre 2016. URL : http://insitu.revues.org/10792 ; DOI : 10.4000/insitu.10792

    — DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et )aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

    — FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, par Fons de Kort.

    — ​​​​​​KEROUANTON (abbé) / PÉRÉNES (Henri), 1931, Notice sur La Martyre, BDHA page 173 ; page 225 ; page 281.

    https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1931.pdf

     

     LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

    — LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques, Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

    — LE MENN (Gwennolé), 1978, « La Mort dans la littérature bretonne du XVe au XVIIe siècle », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, t. 56, 1979, p. 5-40.

    — LE MENN (Gwennolé),  2003, Les croyances populaires dans quelques textes bretons (xve-xviie siècles) in Religion et mentalités au Moyen-Âge, Sophie Cassagnes-Brouquet, Amaury Chauou,  Daniel Pichot, et al. p. 427-435 http://books.openedition.org/pur/19847?lang=fr

    — PEYRON (Paul), 1891, "La Martyre et sa foire", in Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. XVIII pages 129-139.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f204.item

    — PRIGENT (Christiane), 2011, Sculptures de danseurs et de jongleurs dans les édifices religieux, à l'époque romane et à l'époque gothique.  

    http://hicsa.univ-paris1.fr/documents/pdf/MondeRomainMedieval/Prigent.pdf

    — REILLE-TAILLEFERT (Geneviève), 2010, Conservation-restauration des peintures murales: De l'Antiquité à nos jours, Eyrolles, 382 pages.

    https://books.google.fr/books?id=tIjP4ErDkXwC&dq=peinture+murale+%22xive+si%C3%A8cle%22+jugement+dernier&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    — RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149. 

     SPREV :

    http://www.sprev.org/centre-sprev/la-martyre-eglise-saint-salomon/

    — WITKOWSKI (G.J.A.), 1908, L'Art profane à l'église:ses licences symboliques, satiriques et fantaisistes, contribution à l'étude archéologique et artistique des édifices religieux, Jean Schemit, Paris.

     

    https://archive.org/stream/lartprofanelglis01witk#page/n5/mode/2up

     

    — Iconographie des modillons romans.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Iconographie_des_modillons_romans

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    Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions La Martyre
    19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 18:37

     

    De curieux "blasons roturiers" de Rumengol sont  visible sous le socle d'une statue de saint Matthieu évangéliste (avec son attribut, l'Ange, son évangile, sa plume dans la main droite et son encrier dans la main gauche).

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    Statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Le premier blason en partant de la droite a été lu par André Mussat (1957) comme  "trois fasces brisés d'une cotice, qui est Colin". Pourtant, la bande oblique est de la même épaisseur que les fasces. La disposition des meubles ne semble pas respecter un dessin héraldique. Je n'ai pas retrouvé les armoiries de  ce "Colin". 

    Les deux autres sont qualifiés par le même auteur de "monogrammes", ce qui est mon modeste point de vue. Néanmoins, Louis Le Guennec avait suggéré d'y voir (cf. Annexe) des marques professionnelles. Certes, dans le pêle-mêle du second, une ancre peut être trouvée.  On constatera que le relevé de Le Guennec n'est pas scrupuleusement exact, ni pour la figure  n° 49 ni pour la n° 50.

    Si on adopte une autre clef de déchiffrement et qu'on cherche à y trouver des lettres, on voit apparaître sur le blason du milieu  un P, un S, un T, un J, et deux A , tête-bêche, ou des V, et un L.

    A 3 km de Rumengol, le calvaire du Faou présente sur son socle (aujourd'hui au cimetière communal) une inscription qui inclut ce monogramme. (Atlas des croix et calvaires du Finistère Faou n°501) . L'inscription de 1526 porte le nom de Y. Cozkelec. 

     

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    Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    .

    Dans le troisième, on peut voir des chevrons, ou bien deux V, deux S, etc..

    Mais le secret de ces blasons reste entier. Sera-t-il percé en le partageant sur la toile ?

    Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    ANNEXE.

    Je transcris ici un article publié en 1928 par Louis Le Guennec :.

    Marques et signes sur des pierres tombales à Penmarc'h . Louis Le Guennec 1928 :

    "Décrivant l'église de Tréoultré-Penmarc'h dans la substantielle notice qu'il a consacrée en 1925 à l'histoire et aux monuments de cette commune, M. l'abbé Quiniou, recteur de Penmarc'h, y signale (pp. I63-I64) « des pierres tombales armoriées de signes caractéristiques que tel armateur ou telle famille mettait sur ses bateaux, ses maisons ou ses tombes. Ce sont des formes d'ancres, de bateaux, de poissons, et parfois de caractères hiéroglyphiques : armoiries de ceux qui n'avaient pas de blason et signature de ceux qui ne savaient pas écrire ». 

    Il existe en effet de nombreux signes dans l'église de Penmarc'h, sur des dalles tumulaires pavant la nef et les bas-côtés. J'en ai relevé vingt-six, et je suis certain que quelques autres m'ont échappé, soit à cause de l'éclairage plus ou moins favorable, soit parce que dissimulés sous des bancs ou des chaises. Ils sont généralement gravés en creux au centre de la pierre. Deux ou trois à peine offrent un léger relief. Les deux planches qui accompagnent le présent texte les montrent réduits environ au cinquième de leur dimension réelle.  tel marchand, tel patron de barque des temps prospères du vieux Penmarc'h, lui constituait une sorte de « blason roturier a dont il timbrait, à volonté, aussi bien la porte de son logis que la voile ou le bordage de son navire et même ses ballots de toiles ou de poissons séchés. 

    Un essai de classement des 26 signes reproduits ci-contre permet de les répartir en six groupes : 1° initiales ; 20 attributs maritimes (ancres ou barques) ; 3° armes ou instruments divers ; marques ayant le « quatre de chiffre » ; 5° emblèmes végétaux ; 6° signes divers. Le premier groupe comprend les nos 1, sorte de monogramme où paraissent s'assembler un A, un V et un L ; le n° 14, où les lettres I et L accompagnent une ancre et peut-être le n° 26, qui pourrait être un F dessiné à rebours. Le second groupe montre, soit des arrières de barques schématisés (nos 3, 9 et peut-être 20) soit des ancres de marine (nos 6, 8, 14, 18, 24 et 25). 

    .



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    Dans le troisième groupe figurent un poids d'horloge (n° 2) en relief ; une tenaille (n° 4) ; un fer de hallebarde (n° 12) ; trois poids accolés (n° 17). Les deux signes (nos 16 et 22) du quatrième groupe sont surmontés de ce fameux « quatre de chiffre » si fréquent dans les marques typographiques des imprimeurs et des libraires du XVIe siècle, dont on ignore encore la signification précise et dans lequel on a proposé de voir « l'emblème du commerce ». Le cinquième groupe ne se compose que d'une unité, une feuille de trèfle (n° 5). Enfin le sixième groupe, le plus nombreux, (n°s 5, 7, 10, 11, 13, 19, 20, 21, 23) est formé de signes caractérisés par des croix à longue hampe, que coupent de traits horizontaux ou obliques et qu'accompagnent des sphères, des crochets, des lignes droites et courbes d'un tracé bizarre. 

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    Une autre marque analogue se voit dans l'église, sur un bénitier qui porte la date 1617 et un « Nom de Jésus », c'est- à-dire le monogramme I. H. S. Cette marque (n° 27) offre à  sa base les lettres A et V, puis une longue hampe munie d'anses et de crochets, que termine le « quatre de chiffre » tourné à droite. De l'autre côté est figuré un instrument singulier, qui ressemble à une béquille. Je n'ai remarqué aucun des poissons signalés par M. l'abbé Quiniou sur les pierres tombales. Il n'en existe à ma connaissance, qu'au portail sud de l'église (poissons croisés et scène de pêche). 

    Outre la reproduction des curieuses marques-signatures copiées par M. l'abbé Toulemont sur les anciens registres;  baptistaires de Tréoultré-Penmarc'h, je joins à ces notes le dessin (relevé par mon ami, M. Victor Surel, peintre-décorateur à Morlaix) d'un monogramme daté de 1565, sculpté sur une pierre de kersanton encastrée dans le mur de la métairie du château de Lannuguy, en Saint-Martin-des-Champs, (n° 48). On y trouve un A, un G et un « quatre de chiffré » retourné. A la date ci-dessus, la terre de Lannuguy appartenait à la famille de Crémeur, qui faisait le commerce de mer à Morlaix. Mais le G est trop bien formé pour qu'aucune confusion avec l'initiale des Crémeur soit possible.

     Les nos 49 et 50 représentent deux autres signes passablement cabalistiques, en relief sur des écussons qui timbrent deux consoles, dans le bas-côté gauche de l'église de Rumengol

    .

    Couverture

    .

    On peut signaler encore, dans la catégorie de ces « blasons roturiers » qui mériteraient une recherche et une étude attentives, le marteau et la règle sculptés sur un bénitier de la chapelle de Saint-Germain (en Plogastel), avec le nom : Y. PIZIVEN, du brave tailleur dé pierres de la fin du xvre siècle qui le façonna ; un autre marteau sculpté sur le pied-droit d'une porte latérale de la chapelle de N.-D. de Lannien, en Edern ; une tenaille, sur l'écusson d'une console de la nef de l'église de Locronan, adroite, près de l'entrée de la chapelle du Pénity; un troisième marteau et une pelle (?) en saillie sur deux des pans coupés d'un bénitier octogonal, dans l'église de Guipavas ; enfin, une tenaille et un marteau de forgeron,   timbrant un bénitier qui gît dans le cimetière de Milizac, à gauche du portail. 


    Le procès-verbal des prééminences de l'église de Ploudalmézeau, dressé en 1762 (Arch. départ. B. 1849) nous décrit, parmi les tombes de la nef, diverses dalles portant respectivement une croix longue, un «Nom de Jésus », les lettres I. P. N., une hache en demi-relief, une ancre dans un cartouche et en dessous un marteau renversé, une autre croix et un poids d'horloge en relief. Le chevalier de Fréminville, parcourant vers 1830 le pays de Léon et visitant l'église de Lanrivoaré, près Saint-Renan, la trouva « pavée de pierres tombales sur lesquelles on voit sculptées des bâches, des piques, des pioches, etc. Ce sont, ajoute-t-il, les instruments des diverses professions qu'exerçaient ceux qui gisent sous ces pierres sépulcrales. (Antiquités du Finistère, tome Ier, 1832, p. 257). J'ai visité l'église, d'ailleurs rebâtie, de Ploudalmézeau, et celle de Lanrivoaré, sans avoir remarqué ces dalles. Mais il est probable qu'un examen attentif en révélerait un certain nombre, principalement dans les églises des anciennes localités maritimes et commerçantes du littoral finistérien.

    La chapelle de Saint-Jean-du-Créach, en Plédran (Côtes-du-Nord) conserve aussi plusieurs dalles chargées d'attributs professionnels que j'ai examinées en 1908 (1)." L. LE GUENNEC. 

    (1) Genavia, Bulletin du Musée d'art et d'histoire de Genève, t. VI, 1928, mentionne, dans les collections lapidaires de ce Musée, plusieurs dalles ou fragments de dalles provenant des anciennes églises de la ville et qui portent des attributs de métier ou des « marques de maison ou de commerce» d'un type assez voisin de celles de Penmarc'h, fer à cheval, marteau, équerre, tenaille, pot d'étain, figures géométriques surmontées de croix et de « quatre de chiffre ». Ces dalles sont du XVe et du XVIe siècles. A la page 137, un tableau reproduit une cinquantaine de ces « marques de maison », « marques de propriété », «motifs souvent fort anciens, emblèmes talismaniques, astrologiques, magiques», qui ont aussi le plus grand rapport avec nos marques basses-bretonnes. Ces insignes, aujourd'hui encore employés par les hôteliers allemands, étaient jadis d'un usage général dans l'Ouest de l'Europe. 

    .

    SOURCES ET LIENS.

    — LE GUENNEC (Louis), 1928, XI. Marques et signes sur des pierres tombales à Penmarc'h Bulletin de la Société archéologique du Finistère. Page 100 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5786704t/f154.image.r=rumengol

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    Published by jean-yves cordier - dans Rumengol Inscriptions
    18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 10:57

     

    .

    Je  découvre ces fonts baptismaux dans la pièce (qui sert de débarras et est encombrée de meubles, bannières démodées et panneaux) qui se trouve immédiatement à gauche de la porte d'entrée.

    Il s'agit d'une cuve de kersanton (?), ovoïde, à la base creusée de 16 ou 18 godrons, scellée à un fût cylindrique (plus ancien ?) dont la tête et le pied sont sculptés de rinceaux et de masques. Quatre chérubin marquent le centre des quatre faces, et, inspiré par l'exemple tout proche des fonts baptismaux de l'église du Faou, on peut penser qu'ils représentent les quatre fleuves du Paradis. Néanmoins, ici, ils ont la bouche fermée et n'ont jamais servi à l'évacuation de l'eau. Sur une des faces est sculpté un blason au lion ou plutôt au léopard (la tête est vue de face) passant . Ce sont les armoiries des vicomte du Faou, d'azur au léopard d'or.  C'est Marie Françoise de Guémadeuc, nièce de Toussaint du Beaumanoir, qui en sa qualité d'héritière du titre donna l'autorisation de placer des fonts baptismaux dans l'église de Rumengol (Billant, 1924).

     

     

    Une cuve déversoir est placée à son flanc sud. Toutes les deux sont fermées par un couvercle en plomb.

    Ma première tâche est d'en relever l'inscription qui en fait le tour, en capitales romaines sur un cartouche en réserve.

     

    Y : BAVT : F :  1660 : A NOSTRE : DAME : DE : TOVT : REMEDE.

    "Y[ves] Baut. F[abricien]. 1660. A Notre-Dame-de-Tout-Remède"

    Cette inscription a déjà été relevée par André Mussat puis par René Couffon, avec une seule erreur (A. BAUT), le remplacement des deux-points par des points, et du V par un U :  "A. NOTRE. DAME. DE. TOUT. REMEDE. A. BAUT. 1660".

     

    Au XVIIe siècle, Rumengol continue à être un célèbre pèlerinage : en 1660, le Père Maunoir, le grand prédicateur jésuite, prêche une mission à Hanvec, d'où dépendait toujours la « trêve » de Rulmengol, et son disciple  M. de Trémaria,  conduisit au pèlerinage de la Vierge une procession de dix mille pèlerins.

    La mention du nom de la Vierge vénérée ici est intéressante puisqu'elle succède de peu à celle du cadran solaire : en 1638, celle-ci indiquait A NOTRE DAME DE REMETOLL. J'emprunte à l'article Wikipédia Rumengol son commentaire étymologique :

     

    "Les graphies françaises varient de Remangol (1173), à Rumengol (1225), Runmengol (1460), Remungol (1535), Rumengoll (1686), transcriptions plus ou moins fantaisistes d'un breton surtout oral. De même le sens du toponyme est resté mystérieux et a donné naissance à des interprétations aussi nombreuses que fantaisistes.

    Certaines propositions, édifiantes, datent du XVIIe siècle. Une étymologie populaire fait notamment référence à Notre-Dame de Remet-Oll (« Notre-Dame de Tout Remède). Le cantique breton "Itron Varia Rumengol" (Madame Marie de Rumengol) fait référence à cette "puissante vierge de tout-remède" (Gwerc'hez galloudus Remed-oll, en breton) "pour la santé du corps et de l'âme" (yehed ar horv hag an ene)."

    Je complète cela du texte rédigé en 1924 par l'abbé Billant, dont la synthèse n'en est pas moins dépourvue de parti-pris :

    1°) Les uns, à la suite d'Albert Le Grand et de Fréminville, proposent  ru mean gou-lu , (la pierre rouge de lumière), par allusion au dolmen rougi de sang et consacré à Teutatès, le dieu père de la lumière. C'est l'explication qui s'accorde le mieux avec la poésie et la légende.

    2°).- D'autres, s'appuyant sur le cartulaire de Landévennec, citent un passage où il est fait mention de la pierre de Guénolé, et proposent  ru mean Guenol , (la rouge pierre de Guénolé), Saint Guénolé ayant en effet , transformé la pierre druidique en un sanctuaire chrétien. (Le cartulaire, fixant les limites d'une donation de terrain, émet ces termes: « usque ad petram quae dicitur Padrum Sancti Vingolei in quâ sculptum est signum '' sanctae crucis », c'est-à-dire, «  jusqu'à la ''pierre dite Pierre de Saint Guénolé, dans laquelle est sculpté le signe sacré de la  croix ". (Donation faite par une charte du comte Grallon vers 930).

    -3°). D'aucuns ont dit: run-mean-oll  , (la hauteur toute pierreuse), par allusion à la topographie du lieu et à la nature du terrain.

    4°). Plusieurs font remarquer que l'emploi du mot Remengoll est aussi ancien et aussi répandu que celui de Rumengol, (les comptes et actes des XVIIe et XVIIIe siècles en font foi), et croient que l'on a d'abord prononcé  Intron Varia re 'n em goll , (Notre- Dame de ceux qui périssent, ou plutôt,  de ceux qui vont périr).

    . 5°). - Enfin, le sentiment qui a prévalu et· semble avoir été adopté depuis de longues .années est que "Intron Varia. Rumengol " serait venu de Intron Varia remed oll , (Notre-Dame de Tout Remède). Le cadran solaire qui domine le portail sud est surmonté d'une inscription conçue en ces termes: « A Notre-Dame de Remet-oll, 1638 "· Aux fonts baptismaux l'on trouve la même inscription en français: « A Notre-Dame de Tout Remède, 1660 ". Enfin un grand nombre d'actes du XVIe et du XVIIe siècle désignent l'église de Rumengol sous le nom ·de « chapelle de Notre-Dame de Tout-Remède ». , Il semble que cette dernière interprétation adoptée au moins depuis trois cents ans a pour elle une prescription suffisante pour être maintenue; et quoi qu'il en soit des autres versions, celle-ci nous apparaît comme un titre de gloire pour le premier sanctuaire érigé à la Sainte Vierge parmi nous.

    .

    Je ne trouve pas de renseignement sur Y[ves] Baut, mais je remarque qu' au Faou (à 3 km d'ici) la maison, située 2, place des Halles (XVI-XVIIème siècle), était en 1630 propriété de Allain Le Bault et de Francoise Bellanger.

    Il faut élargir la recherche avec les graphies LE BAUT, LE BAULT , LE BOT et LE BAOT.

    On trouve alors sur un forum généalogiste par Joel Morvan les indications suivantes concernant  Yves Le Bault et son frère Jean, demeurant Kerazeas, à Rumengol (alors trève de la paroisse de Hanvec) et leur frère Jean demeurant Rulann à Rumengol, fils de Jean Le Bault et d'Amice TROMEUR (née le 14 février 1631 à Quimerc'h). Cet Yves Le Bault est né en 1676, il n'est donc pas l'auteur de l'inscription. Néanmoins, la consultation de ces documents permet d'attester l'existence de ce patronyme à Rumengol, de connaître les lieux-dits qui lui sont associés, et les alliances de cette famille. Notamment celle avec Jacques Ballay, de Penanprat en Rumengol, auteur de l'inscription de la sacristie de l'église de Rumengol en 1694.

     

    http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=20410&start=15  :

    http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=11514

    Les aveux concernant la terre de Kerandistribil en Quimerch retrouvés en série 57 J 81 (Fonds Traounouez), notaire au Faou)

    " 30//11/1684 : IMG 8353/8354/8355/8356 
    Devant nous nottaires de la cour et vicomté du Faou avec debeüe soubmission et prorogation de juridiction y juré ont comparus en leur personnes JAN LE BAULT &
    YVES LE BAULT du lieu de Kerazeas paroisse de Hanvec, faisant tant en privé que pour autre JAN LE BAULT leur frère du lieu de Rulann audit Hanvec et autres leurs consorts, FRANCOIS QUINTIN du lieu de Pennanoat en la dite paroisse de Hanvec, JAN BALLE du lieu de Pennaprat Rumengol faisant pour soy et pour ANNE LE GALLOU du lieu de Garzangoff paroisse de Quimerch en consortie avec le dit YVES LE BAULT et FRANCOIS LE GOASGUEN du bourg de Rumengol faisant tant pour soy que pour DENIS LE GOASGUEN, GUILLAUME LE GOASGUEN, FRANCOISE LE GOASGUEN & JACQUETTE LE GOASGUEN ses frères et soeurs, lesquels sont confessants et cognoissants avoir tenir et que defaict ils tiennent de et soubs Escuier Hervé Du Bot Seigneur du dit lieu, les Salles, Lohan, ...scadec et Kerlecun en seigneurie de ligence avec les debvoirs seigneuriaux lors que le cas y eschoit, le dit lieu et village de Kereuzennic et terres en dépendants, ainsi qu'ils sont cy après describés, scavoir : 
    Les dits
    JAN & YVES LE BAULT une 1/9 ème partie … escheues aux dits LE BAULT par acquest de deffuncts NICOLAS QUINTIN & JAN QUINTIN père et fils, le dit FRANCOIS QUINTIN les 2 parts dudit lieu et terres ... escheues audit QUINTIN par acquest de YVES LE GOFF et de la succession de PAOL QUINTIN son père, et audit JAN BALLE audit nom est eschue par acquest fait de SEBASTIEN GUILLOU et YVES GALLOU un parc ..., à la ditte ANNE LE GALLOU est escheu de succession de NICOLAS LE GALLOU son père ..., plus est escheu audit YVES LE BAULT la moitié d'un journal à faucheur … par acquest faict de SEBASTIEN GUILLOU et YVES GALLOU ..., plus audit JAN LE BAULT faisant pour soy et pour MARYE LE GOFF mère et curatrice de ses enfans mineurs de son mariage avec feu HERVE TRELLU son mary de la paroisse du Tréou diocèse de Léon, soubs laquelle il est fermier, est escheu en consortie avec le dit YVES LE BAULT par acquest fait de FRANCOIS TRELLU & FRANCOISE TRELLU ..., et ledit FRANCOIS LE GOASGUEN audit nom le total d'un parc …, de plus les dits JAN & YVES LE BAULT en privé et faisants pour leurs consorts déclarent tenir soubs le dit Seigneur à mesme tiltre de cheffrante les héritages et terres cy après spécifiés, leur appartenant, scavoir la moitié par succession de deffunct JAN LE BAULT leur père, l'autre moitié par acquest faict de deffunct Escuier Jacques Du Bot son prédécesseur, en premier …, pour payer par an en contribution avec les dits BALLE, QUINTIN, TRELLU et GALLOU scavoir cinq sols monoy d'ancienne cheffrante sur la totalité dudit lieu de Kereuzennic et les dits BAULT en paier sur le dit acquest quatre livres tournois à chacun jour et terme de St Michel au mois de septembre en la maison du Bot à paine du double de la dite cheffrante de cinq sols monoy. Tout ce que dessus les dits advouants cognoissent et confessent contenir vérité, s'obligeants …, faict et le gré pris au bourg de Rumengol soubs les signs des dits JAN & YVES LE BAULT pour soy, de JAN BALLE et FRANCOIS LE GOASGUEN pour soy et celuy de Missire NICOLAS LE BAULT prestre requérant le dit FRANCOIS QUINTIN affirmant ne scavoir signer, à nous nottaires le trentiesme novembre mil six cents quatre vingts et quatre …" 

    .




    " 16/02/1713 : IMG 8357/8358/8359/8360 
    Aveu et déclaration spéciffique par tenants et aboutissants des terres et hérittages que jouissent et proffittent au lieu de Thy Kereuzennic ou Kerendistribil sittués en la paroisse de Quimerch, JACQUES
    LE BAULT en privé et comme tuteur des enffants mineurs de + GUILLAUME MILLIN et MARIE LE BAULT sa femme, FRANCOIS LE BAULT et CATHERINE LE BAULT veuve de + BERNARD PAPE décédé puis les 3 ans, icelle BAULT épouze dudit MILLIN décédé puis les 6 ans demeurant au lieu de Kerezeas, FRANCOIS QUINTIN veuff de deffunte ANNE GRALL décédée puis les 8 ans demeurant au lieu de Pennanoat, JACQUES BALLAY fils hérittier de deffunt JAN BALLAY faisant en privé et Messire MATHURIN BALLAY, PIERRE BALLAY, JAN BALLAY & YVES BALLAY ses frères demeurant au lieu de Pennanprat Rumengol, NICOLAS LE BAUT faisant pour JAN LE BAUT son père demeurant au lieu de Rulann, SEBASTIEN LE CAM faisant en privé pour DENIS LE GOASGUEN & JANNE LE GOASGUEN enffants de deffunt FRANCOIS LE GOASGUEN décédé puis les « non inscrit » ans et comme mary de JACQUETTE LE GOASGUEN sa femme demeurant au bourg de Rumengol tous paroissiens d'Hanvec et JOSEPH LE BAUT demeurant au lieu de Kereuzennic fils et hérittier de deffunt YVON LE BAUT décédé puis les 3 ans, à Messire Jacques Joseph Du Bot Cheff de nom et d'armes Seigneur dudit lieu du Bot, Escuyer et noble d'ancienne extraction Chevallier et conseiller d'honneur au siège présidial de Quimper et Seigneur des Salles, Lohan, Kerleuz, Kerascoet, Messamer, Stangarbot et autres lieux demeurant en son manoir du Bot susditte paroisse de Quimerch, scavoir lesquels JACQUES LE BOT & JOSEPH LE BOT une neuffiesme partye du lieu et terres comme cy après …, escheus aux dits BAUD des successions de JAN (?) & YVES LE BAUT acquéreurs de JAN QUINTIN & NICOLAS QUINTIN père & fils, et le dit FRANCOIS QUINTIN les deux tiers du dit lieu et terres scavoir … par acquest de YVES LE GOFF et de la succession de PAUL QUINTIN son père décédé puis les « illisible », et audit JACQUES BALLAY en privé et au dit nom de la succession de feu JAN BALLAY son père décédé puis les 10 ans appartient un parc ..., plus audit JOSEPH LE BAUT comme hérittier dudit feu YVES LE BAUT dcd environ 12 ans acquéreur de ANNE GALLOU en son vivant deux journeaux de terre froide …, avec de plus la moitié d'un journal de faucheur dans la prée nommé « foennec trellu » acquis par le dit deffunt de SEBASTIEN GUILLOU …, et aux dits FRANCOIS LE BAUT & CATHERINE LE BAUT en privé et comme curatrisse des enffants de son mariage avec ledit PAPE décédé comme dit est puis les 3 ans comme acquéreur des hérittiers de HERVE TRELLU embonné comme devant …, … escheux aux dits GOASGUEN par la succession de FRANCOIS LE BAOT leur ayeul et bisayeul décédé puis les 33 (?) ans, de plus lequel JACQUES LE BAUT en privé et au dit nom et JOSEPH LE BAOT et NICOLAS LE BAOT au dit nom déclarent tenir soubs le Seigneur du Bot l'autre moitié par acquest de feu Messire Jacques Du Bot Seigneur du Bot une garaine … " 

     

     

    Cela confirme (si besoin) que les fabriciens étaient choisis parmi les propriétaires terriens aisés de la paroisse, reliés par des liens familiaux étroits, et dans un périmètre réduit autour de l'église .

     

     

     

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Ce qui m'impressionne, c'est que les deux cuves sont taillées dans un seul bloc. J'ai cherché en vain des traces de scellement, mais non.

     

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Attribution ?

    Je ne crois pas que ces fonts ont été attribués à un atelier de sculpture particulier. L'année 1660, appartient  à la période d'activité de Roland Doré, entre 1618 et 1663, et Emmanuelle Le Seac'h  indique que le sculpteur landernéen a réalisé du mobilier liturgique pour les fabriques de Plouédern et de Bodilis, dont les Fonts baptismaux  de Plouédern (1641, avec une cuve godronnée comme à Rumengol) et en partie le baptistère de Bodilis.

    Liste chronologique de quelques fonts baptismaux du Finistère (Agrall, 1904):

    https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Baptismal_fonts_in_Finist%C3%A8re

    • Saint-Jean-du-Doigt fin XVe
    • Plonéour-Lanvern, fin XVe
    • Quimperlé, N-D. De l'Assomption, fin XV
    • Penmarc'h fin Xve
    • Plouégat-Guérand fin XVe
    • Le Faou v.1570
    • Locmaria-Plouzané 1583
    • Pencran 1619
    • Plouedern 1641
    • Lampaul-Guimiliau 1650-1651
    • Commana 1656
    • Guiclan 1658
    • Saint-Rivoal 1661
    • Crozon, 1742

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Le couvercle en plomb est orné de huit chérubins. On distingue sur le bord en pierre quatre trous carrés, plutôt destiné à la fixation d'un couvercle en bois ou de ferrures qu'à un écoulement.

    Il y a 25 ans environ, les boiseries des fonts baptismaux  ont été déposées  sans qu' aucune photographie de cet ensemble en place ne semble avoir été prise avant le démontage. En 2011, l'entreprise Le Ber (menuiserie et restauration) avait été chargée d'effectuer une étude sur la possibilité de restaurer et reposer les boiseries. 

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Il faut parler maintenant du long procès que ces fonts entraînèrent.

    "En 1660 commence une longue procédure où l'on voit les tréviens de Rumengol essayer de se dégager de leurs obligations envers le prieuré-cure de Hanvec. En 1669, en effet, l'évêque de Quimper et la comtesse douairière du Faou donnent l'autorisation d'élever dans l'église des fonts baptismaux, ce qui provoque une contre-requête du curé de Hanvec. Le différend dura près de trente ans et alla jusqu'au Parlement de Rennes. En 1674, l'officialité de Quimper avait confirmé le caractère trévial de la chapelle, attribuant au recteur (le prieur était alors Urbain de Kerouartz, 1666-1680) le tiers des revenus y afférant. Mais ce n'est que le 21 juillet 1685 que, sur la requête des tréviens, ces fonts furent bénis, et en 1699 enfin on garnissait la piscine." (A. Mussat, 1957)

     

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    SOURCES ET LIENS.

    ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Quimper, Ar de Kerangal.

    https://archive.org/details/architecturebre00abgrgoog

    BILLANT (Abbé N.), 1924, Rumengol, son sanctuaire et son pèlerinage, Brest, Imprimerie de la Presse Libérale

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Notice du Faou, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

     

    MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur).

    Notre-Dame de Rumengol Éditeur: s.n., s.d..

    Infobretagne :

    http://www.infobretagne.com/faou.htm

    — http://nd-rumengol-quimper.cef.fr/index.php/vie-de-la-paroisse/ensemble-paroissial/34-rumengol

    Photographie des fonts par Henri Moreau en 2008 :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:175.Rumengol.Eglise.Le_baptist%C3%A8re.JPG

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    Published by jean-yves cordier - dans Rumengol Inscriptions Fonts baptismaux
    13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 19:54

    L'église Notre-Dame de Rumengol (29).  I. Les inscriptions lapidaires.

    Épigraphie lapidaire gothique XVIe siècle.

     

    Voir aussi :

     

     

    Et sur Rumengol :

     

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    J'explore ici les inscriptions visibles à l'extérieur de l'église de Rumengol.

     

    L'église Notre-Dame de Rumengol, lieu de pèlerinage attesté dès le 14e siècle, est un monument historique classé depuis 1985. La construction de l'édifice originel est attribuée au roi Grallon (5e siècle) et à saint Guénolé. La notice de la Base Mérimée PA00089926 © Monuments historiques, 1992 indique que   "L'édifice date du XVIe siècle (les deux porches, les portes et fenêtres, les murs du transept) par les Quelennec, vicomtes du Faou et fut largement reconstruite au XVIIIe siècle entre 1731 et 1754 (chœur, ajout des bras du double transept)."

    Pourtant, le calvaire porte des armoiries qui le font dater entre 1433 et 1457, et les sculptures du porche sud ont conduit A. Mussat puis E. Le Seac'h à le dater vers 1468.

    La première date inscrite sur l'église ne doit donc pas être considérée rapidement comme celle de sa fondation.

     

    I. L'INSCRIPTION DU REBORD DE FENÊTRE SUD. 1523.

     

    Sur la pente de l'appui de la fenêtre sud située à droite du porche, devant le calvaire,  on peut apercevoir une inscription en lettres onciales gothiques, dont la première ligne est en partie masquée par le grillage de protection du vitrail.

     : LAN : MIL :

    - Vcc XXIII [Q]A (ou plutôt VccXXIJ A = 1524, à )

    - H : GOUV  

    - DE C  : FIST -

    -- : C [3?]  : PIER

    CIL. 

    La lecture de cette inscription est incertaine. Sa transcription l'est encore plus . Le site Infobretagne donne : « L’an mil cinq cent vingt trois, Q(uéné)ah ( ?), gouverneur) de c(éans) tailla c(ette) pierre ». 

     

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    Inscription de la pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de la pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    II. L'INSCRIPTION DE FONDATION. 1536.

     

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    La première chose qui apparaît avec évidence lorsqu'on la découvre, dans la lumière tamisée par les pins du placître, c'est sa beauté. Si on s'en approche, on pressent qu'il s'agit d' un chef-d'œuvre de sculpture. 

    1. Description.

    Je décrirai d'abord son installation dans une fausse porte en anse de panier, inscrite sous une arcature gothique. Un rinceau de vignes alterne une marge feuille et son cep avec une grappe à une dizaine de reprise.

    La pierre sculptée est rectangulaire, plus large que haute. C'est une pierre de  kersanton à grain fin, dont les caractères sont sculptés en réserve et donc en relief. On évalue sans peine la qualification nécessaire pour découper la pierre en préservant les fûts graciles des lettres. Elle comporte six lignes horizontales sans cadre, ni marges ni réglures,  d'une écriture gothique arrondie. Les quelques 75 à 78 lettres sont des majuscules gothiques pour la plupart, et seules les lettres D, G et H sont en onciales. Le style n'est pas le même pour les deux dernières lignes, dont les lettres sont moins hautes, plus épaisses et moins ornées. L'ensemble est, globalement, en très bon état de conservation, malgré quelques réserves qui seront faites plus loin.

    –Dimensions : 58 cm de long sur 47 cm de large.

    –Hauteur des lettres : 8 cm pour les 3 premières lignes. 5,5 cm pour les deux dernières.

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    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Examinons les premières lettres : LA

    Le fût ou haste du L est perlé par l'adjonction d'une perle entière de chaque coté. Chaque extrémité du fût se termine en fourche dont chaque branche reçoit un empattement, ce qui forme à la base et au sommet un triangle à peine ouvert ou un losange. Ces extrémités  en losange évidé se retrouveront sur chaque lettre à la place des empattements habituels. Ces élargissements distaux évoquent aussi ceux de la croix dite "pattée".  Je les désignerai faute de mieux sous le nom de "patte en carreau" (de carte à jouer). 

     La traverse horizontale du L est remplacée par un crochet à deux  pattes à carreau.

    Le A est doté au niveau de sa pointe d'une traverse ou plateau débordant et d'une barre transversal à chevron. Ce chevron forme une boucle à son sommet. 

    Les fûts de ces lettres sont droits, mais leurs bases élargies par les "pattes à carreau" leurs donnent un aspect convexe. 

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    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Ponctuation.

    Chaque mot est séparé du voisin par un deux-points. Sur la première ligne,  les deux points de ces derniers sont réunis par une ligne en "ouïe de violon" ou en "f", selon un procédé retrouvé aussi en la chapelle de Rocamadour à Camaret (1527), et à l'église Saint-Sauveur du Faou (1593). 

    Seulement, la ligne en question s'est brisée et n'apparaît plus qu'en pointillé. Cela s'est peut-être produit lors de la sculpture de la première ligne, amenant l'artisan à se contenter ensuite de d'un point en losange plein sur la seconde ligne, de retenter un eux-points en "ouïe de violon" en fin de ligne, puis d'y renoncer ensuite au profit d'un deux-points en losanges pleins.

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    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Sur l'image précédente, j'ai cerclé aussi le caractère en forme de 3 que je lis comme une lettre Z gothique du mot CENTZ (voir Lecture infra), agrémentée de son empattement.

     

     

     

    Exemple de graphie : A deiz en deiz (Catholicon, 1521)

    L'orthographe "centz" se trouve dans l'Histoire de Bretaigne d'Argentré, ed. 1588. 

    Ou tout simplement sur la plaque de fondation de la chapelle de Bonne-Rencontre à Rohan, dans l'écriture du chiffre 1510  sous la forme" mill cinq centz X"

    .

    On comparera cette écriture gothique où prédominent les  majuscules en dentelle courbe, gracile et exubérante avec celle, beaucoup plus sobre  de la fondation par Jehan II de Rohan du Pont de Landerneau (1510), en minuscules gothiques aux fûts droits serrés, et réguliers mais non dépourvus d'ornementation, et avec celle de l'église toute proche de Saint-Sauveur du Faou, plus tardive (1593) , en minuscules gothiques à empattements très discrets, aux fûts également droits comme une gothique textura, mais dont les jambages s'envolent en courbes gracieuses.

    .

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    2. Sa lecture et son interprétation.

    Le XVIe siècle n'est pas si éloigné de nous. Pourtant, déchiffrer une inscription lapidaire, sur le mur d'une église bretonne, peut s'avérer un exercice plein d'embûches. Celle de Rumengol m'en offre un nouvel exemple. Malgré une similitude apparente des transcriptions des auteurs de référence en matière de description du patrimoine religieux du Finistère, un examen attentif montre des différences infimes, mais significatives.

    1°) Le premier sans doute à la relever fut le chevalier de Fréminville en 1832. Il écrit :

    "L'église de Rumengol, comme toutes les autres en ce pays, fut d'abord  en bois  ; celle qu'on y voit aujourd'hui bâtie en pierre le fut en 1536 : elle est grande et assez belle, et son intérieur est  décoré d'une profusion de sculptures de mauvais goût d'ailleurs, et toutes dorées. Le clocher élevé et travaillé à jour est d'un style élégant et hardie. Sur une pierre placée près de l'angle de sa façade, on lit cette inscription sculptée en lettres majuscules gothiques fleuronnées :

     

    L'an mil ciq cens trente  VI, le XIIII jour de may fust fundé. Guenolé go. H. Inisan Fabrique frt lors.

    Il faut la lire ainsi : L'an mil cinq cens trente six, le quatorzième jour de may fust fundé. Guenolé gouverneur et H. Inisan fabrique furent lors.

    Ce relevé est précis, les tildes sont figurées, mais il ajoute une apostrophe (L'an), écrit cens plutôt que centz,   et introduit une ponctuation arbitraire. Il lit "Inisan" et non "Inison". Il corrige les V en U. Dans sa transcription, il mélange les tournures et orthographes de moyen français avec sa propre lecture. Surtout, il détermine la phrase dans un sens particulier, qui va être suivi par les successeurs.

    2°) Le second à se donner la peine de relever ce texte fut le chanoine Abgrall, en 1896. Il publia son relevé en 1898 puis en 1916 (figure). 

     

     

     

     

     

     

     

    .

    Comme rien n'est facile, nous constatons un meilleur respect du texte (pas d'apostrophe, respect partiel de la ponctuation par deux-points). Mais le Z de centz est omis,  il lit aussi "Inisan" et surtout, il introduit une erreur de date en écrivant TRENTE VII au lieu de TRENTE VI. 

    .

    3°) René Couffon et Alfred Le Bars (1988) écrivent :

    Près du porche, une inscription en lettres gothiques fleuries donne la date du début des travaux : "LAN. MIL. CIQ / CENTS. TRENTE VI. /LE. XIIII. IOVR. DE/ MAY. FVST. FVNDE. / GVENOLE. GO. H. INISON / FABRIQVE. LORS."

    La lecture d'"Inison" est correcte. L'ancienne graphie V est reprise. Les deux-points sont réduits à un point. Les auteurs ne se risquent pas à une transcription.

    4°) Le site remarquable d'Infobretagne (consulté en 2016), avec un superbe dossier photo, écrit :

    " Lan Mil Ci(n)q cents trente VI, le XIIII jour de may fust funde Guenole Go. H. Inisan Fabrique lors ".

      (Gwénolé Gouverneur Hervay Inisan fabrique alors ». 

    Le relevé du texte est scrupuleux mais omet les deux-points, et reprend la faute sur Inisan. Surtout, la transcription attribue un prénom (Hervay) à cet Inisan sans l'argumenter. (Je découvrirai la source de cette transcription : la brochure de l'abbé Billant en 1924 p.38)

    5°) L'article Wikipédia propose

    « L'an mil ciq cens trente VI, le XIHI jour de may fust fundé. Guenolé go. H. Inisan Fabrique. »

    et achoppe donc sur la lecture de XIIII, les deux I aux fûts perlés en abusant pour un H.

    6°) Emmanuelle Le Seac'h (2014), très attentive et précise dans sa lecture des inscriptions, donne en note de sa description du porche le relevé suivant (p. 106) :

    "LAN :MIL :CI[N]Q / CENTS : TRENTE VI : / LE XIIII : IOUR : DE / MAY : FVST : FUNDE / GVENOLE : GO (VERNEUR) : H : INISON / FABRIQUE : LORS".

    Presque sans faute, malgré la modification du Z de CENTS et l'omission de 2 ou 3 signes entre FABRIQVE, et LORS.

    .

    Et maintenant, monsieur le donneur de leçon, voyons comment vous allez vous en tirer. 

    Je lis :

    LAN : MIL : CI[N]Q

    CENTZ :TRENTE . VI :

    LE : XIIII : IOVR : DE

    MAY : FVST : FVNDE

    GVENOLE : GO : H : INISON

    FABRIQVE T---LORS

    "L'an mil cinq cent trente six, le 14 jour de mai fut fondé Guénolé Go H. Inison fabrique -- lors".

    La date du 14 mai 1536 nous place sous le règne de François Ier, et cinq jours avant la décapitation d'Anne Boleyn par ordre de Henri VIII. Dans l'histoire de l'écriture et de la typographie, nous sommes 85 ans après le premier livre imprimé par Gutenberg (1451), 35 ans après les derniers incunables (1501) – parmi eux, le Catholicon de Jehan Lagadeuc date de 1499–, 7 ans après la parution du Champ Fleury de Gabriel Tory (1529),  mais avant la création des caractères typographiques de Claude Garamont, fils de l'imprimeur morlaisien Yvon Garamour. 

    Plus significativement, nous sommes alors 15 ans après la parution du Catholicon édité à Paris par Yvon Quillivéré (1521). Ce qui permet de comparer les lettres gothiques majuscules :

    .

    Si nous cherchons à situer cette inscription dans l'organisation de la sculpture sur pierre du Finistère mise au point par E. Le Seac'h, la date de 1536 peut correspondre :

    • à l'atelier de Landerneau de Bastien et Henry Prigent
    • à divers petits sculpteurs de la Renaissance bretonne de 1511 à 1542 (Toinas et Conci 1511, Maître de Cast v.1525, S. Coëtdeleu v.1527, ),

    mais exclut totalement le célébrissime sculpteur de kersanton Roland Doré (1618-1663).

    La date du 14 mai 1536, près d'un mois après Pâques, qui tombait alors le 16 avril, peut être celle de la pose de la première pierre de la nouvelle église ("fut fondée") plutôt que celle de sa dédicace. Soit cette date était fixée longtemps à l'avance, soit la pierre a été sculptée dans l'année ou les quelques années suivantes : le travail de sculpture peut dater de 1537-1538. 

    .
     

     

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    L'interprétation habituelle du texte peut être soumise à discussion. En effet, sa seconde partie est ambiguë. Dans son acceptation acceptée communément "L'an 1536, le 14ème jour de mai fut fondé Guénolé Gouverneur H. Inison Fabrique  lors", le verbe n'a pas de sujet.

    Dans les autres exemples suivants, le sujet n'est pas omis. :

    "Le 18e jour de mai l'an 1544, furent ces chapelles fondées J. Elez fabrique" (Saint-Sauveur, Le Faou)

    "Y. Quelfellec . fab. Ce pingnon fut parachevé lan mil cix cent quatre, le 8 juillet." (Rosnoën)

    "L'an 1527 fut fondée la chapelle Notre-Dame du roc" (Rocamadour, Camaret)

    "Y : VIGOVROVX : FF : FAICT : FAIRE : CETTE CHAPE(LLE) P 1581 " (chapelle Saint-Trémeur à Plougastel.

    " Y[ves] toux  procureur lan mil CCCC IIII XX  + cinq [1485] : au cõmenceme[n]t   de . ceste . chappele". (Église de Brennilis)

    Il est donc nécessaire d'envisager, ne serait-ce qu'une fois, la possibilité que "Guénolé" soit le sujet du verbe . Nous aurions "L'an 1536, le 14ème jour de mai fut fondé Guénolé  Go,  H. Inison Fabrique pour  lors". On sait que saint Guénolé est à l'origine, avec le roi Gradlon, de la fondation de Rumengol selon la légende, que sa statue se trouve sur la fontaine de pèlerinage, et son effigie sur un vitrail, certes tardif, de l'église. 

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    Enfin, il faut s'interroger sur les 2 ou trois derniers caractères qui précèdent LORS sur cette inscription, et dont le relevé est parfois omis. Juste après le E de FABRIQVE vient la lettre T, (j'ai cru d'abord à un P) dont la moitié gauche de la traverse est brisée  lecture est certaine. Puis vient un 3 auquel vient s'accoler un S inversé et informel. Ces deux caractères qui n'en forment peut-être qu'un échappent à mes tentatives de déchiffrement. 

    In fine, j'adopte la suggestion de l'abbé Billant, auteur d'une brochure de 1924 qui voit en ce Guénolé le gouverneur, et en Henri Inison le trésorier. D'où les deux lettres TR après FABRIQVE.

    Donc ma transcription est :

    "L'an 1536, le 14ème jour de mai (cette chapelle) fut fondé(e) (par) Guénolé Go(uverneur)  H. Inison fabrique tr(ésorier) lors".

     

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    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Discussion.

    Notons d'abord que le Finistère ne dispose pas de datations épigraphiques pour la période 1150-1420, que les seules dates épigraphiques du XIVe siècle se trouveraient sur une croix de Plogonnec (1305) et sur un calvaire à Plozévet (1400). Les inscriptions épigraphiques sont recensées sur le plan national par le Corpus des inscriptions de la France médiévale, mais le champ d'étude de ce dernier s'arrête au XIIIe siècle. Le volume 23 du Corpus, paru en 2008,  concerne les régions Bretagne et Pays de la Loire : sur les six départements, le Finistère ne totalise que 15 inscriptions (dont 8 disparues !), alors que la Vendée en compte 38 et la Loire-Atlantique 59.

    Un atlas iconographique de l'épigraphie lapidaire  du Moyen-âge tardif et de la Renaissance pour les 333 églises, 465  chapelles, et 23 ossuaires du Finistère, manque ici "cruellement". La meilleure source reste la liste du chanoine Abgrall dressée en 1896 et publiée en 1898; elle totalise 337 inscriptions relevées sur 86 paroisses et 149 monuments religieux ou civils. L'auteur la compléta en 1915-1916 avec un total de 505 inscriptions, du XVe siècle et au delà. 

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    III. LA DATE DE 1631 SUR LE COTÉ NORD-EST.

    La chambre forte au nord a été rajoutée en 1631.

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    1631, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    1631, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    IV. LE CADRAN SOLAIRE DE 1638 

    Le cadran solaire gravé sur ardoise.

    Inscription :

    A NOTRE DAME DE REMETOLL. 1638. IESVS AVE MARIA.

    Le mot REMETOLL vient du breton remed-holl qui signifie "tout remède". Le nom de Rumengol a été relu par l'étymologie populaire pour venir prier dans cet ancien sanctuaire druidique "Notre-Dame-de-tout-remède", qui guérit tout.

    Cf Olivier Escuder, "Paroles de soleil Devises des cadrans solaires en France" Tome I, , Edition Le manuscrit 2005.

    https://books.google.fr/books?id=T62V8zfcKtwC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    Michel Laos, Cadrans solaires du Finistère

    http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_chateaulin.php

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    Cadran solaire de 1638, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Cadran solaire de 1638, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    V. L'INSCRIPTION DE LA SACRISTIE. 1694.

    Elle est sculptée dans le linteau de la fenêtre à barreaux de la sacristie. Le texte est sculpté en relief sur deux lignes placées dans des cartouches en creux. Lettres capitales romaines (et b minuscule) et chiffres arabes. Ponctuation : deux-points. Langue latine pour la ligne supérieure. Non relevée par Abgrall.

    HANC  : F : CVRAVIT

    IAC : bALLAY : 1694

    "Jacques Ballay a surveillé en 1694 la construction de ceci."

    (Curavit vient du verbe curo, as, are : "avoir soin, veiller, s'occuper de, veiller à l'exécution (d'un pont par ex.)". Accessoirement car ce n'est pas le sens ici, le participe passé de curo, curatus, à donner le mot "curé", celui qui veille (sur les âmes). A l'ère gallo-romaine, la formule facere curavit, faciendum curavit  "a pris soin de faire"  était si courante qu'elle s'inscrivait sous forme d'initiales sur les monuments : F.C. ou, pour un autel, H.A.F.C Hanc aram faciendam curavit.

    La sacristie, avec toiture en carène renversée, date donc de 1694. 

    On trouve la famille Ballay ou Balay établie à Rosnoën et le Faou, avec des mentions d'un Jacques Ballay en 1697 (Jacques Ballet), 1699 et 1704 sur ce forum généalogique.

    http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=18525

    Jacques Ballay,  époux de Marguerite Le Jollec (née le 14-02-1667, du manoir de Kermorvan en Quimerch ) et père de Mathurin Ballay qui fut procureur à Châteaulin, demeurait à Pennanprat à Rumengol. Vivant en 1708 et en  1730 où il était témoin du mariage de son fils.

    Voir aussi Jacques Balay, né en 1670, demeurant à Penanprat, fils de Jean Balay et de Marguerite Cevaer, dans la généalogie Poulmarc'h/Le Bault par Joel Morvan :

    http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=20615

    Et voir dans ce blog  l'inscription des Fonts baptismaux de 1660 de l'église Notre-Dame de Rumengol : "Y : BAVT : F : 1660 :  A NOSTRE : DAME : DE : TOVT : REMEDE" incitant à découvrir les liens entre les familles LE BAULT et BALLAY. 

     

     

     

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    Sacristie 1660, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Sacristie 1660, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Inscription de la sacristie, 1694, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Inscription de la sacristie, 1694, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    VI. LE PORTAIL DU PORCHE OUEST. 1698.

    Je conviens qu'il ne s'agit pas d'une inscription lapidaire, mais je la cueille au passage. Il paraît incroyable que le portail en bois du porche ouest date de 1698. L'inscription a plutôt été recopiée sur la porte récente. On lit néanmoins : 

    - - L GVERMVR 1698.

    J'ai cru à une erreur pour Guermeur, mais un forum mentionne une Isabelle Le Guermur, marraine en 1712 d'un fils de meunier de Hanvec (tout proche de Rumengol qui en était la trève)

    BRELIVET Laurens né le 25/12/1725 au moulin de Bodellec à Hanvec fils de rené et SALAUN Isabelle. C'est également un fils de meunier. 
    Le couple BRELLIVET René x SALAUN Isabelle a eu d'autres enfants tous nés au moulin de Bodellec: 
    Le 22/08/1712 Salomon dont le parrain était Brellivet Salomon marraine Le Guermur isabelle   

    En 1628, un Jean Guermeur était gouverneur de l'église du Faou et y a apposé son nom.

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    VII. LE BONUS.

    Ce petit animal  à la tête de chauve-souris et la queue de serpent peut être aperçu sur le pignon sud du transept.

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    pignon sud du transept, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    pignon sud du transept, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Jean-Marie) 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère T. 42. page 189.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f241.item

     

    — ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère page 95.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f126.item

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f155.item

     

    — ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898 page 155. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f222.image

     

    — BILLANT N Abbé .1924, Rumengol, son sanctuaire et son pélerinage Éditeur: Impr. de la Presse Libérale, 1924.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

     

    — CAMBRY (Jacques), SOUVESTRE (Emile), 1835,  Voyage dans le Finistère page 62.

    https://books.google.fr/books?id=Rm32310wpkIC&dq=%C3%A9tymologie+Rumengol&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1991,.Essai d'épigraphie appliquée. Dates et inscriptions sur les croix et calvaires du Finistère du XVème au XVIIIème siècle Ouvrage: Charpiana : mélanges offerts par ses amis à Jacques Charpy..Fédération des Sociétés Savantes de Bretagne, 1991.

    — CHAMARD-BOIS Pierre ; HAMON Jean-Yves ; HERVE Gusti .2001,  Puiser à la source. Notre-Dame de Rumengol Éditeur: (s.n.), 2001.

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

    — FAVREAU (Robert), 1979, Les inscriptions médiévales .Éditeur: Brepols, 1979. 

    — FRÉMINVILLE (Christophe-Paulin de la Poix, Chevalier de), 1832,  Antiquités de la Bretagne, Finistère. Brest. Volume I page 282.

    https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    — JADART 1898, Les inscriptions commémoratives de la construction d'églises dans la région rémoise et ardennaise, par MM. H. Jadart et L. Demaison
    Société française d'archéologie. Auteur du texte. Bulletin monumental / publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont. 1834.1898 (SER7,T3 = VOL63).

    — LAGADEUC (Jeahan), 1521,  Catholicon, Yvon Quillévéré, 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122841f/f4.image

    LECLERC (Guy), 1996-97, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1996) : Le Faou, églises Notre-Dame de Rumengol et Saint-Sauveur du Faou  Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (126, p. 145-149)

    LECLERC (Guy), 2000, Monuments et objets d'art du Finistère. Etudes, découvertes, restaurations (année 2000) : Le Faou, église Notre-Dame de Rumengol, porche méridional, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 2000, (129, p. 59-62)

    — MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur).

    — TREFFORT Cécile ; DEBIAIS Vincent ; FAVREAU Robert ; MICHAUD Jean ; BROUARD Jean-Pierre . 2008, Corpus des inscriptions de la France médiévale. : Côtes-d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan (région Bretagne), Loire-Atlantique et Vendée (région Pays de la Loire). Éditeur: CNRS Editions, 2008. 

     

    Notre-Dame de Rumengol Éditeur: s.n., s.d..

    Infobretagne :

    http://www.infobretagne.com/faou.htm

    Médiathèque des Monuments historiques

     

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr

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