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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 11:00
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.
Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.

Planches de l'album Ignis de Joris Hoefnagel.

Inventaire des papillons (Lepidoptera) figurant dans Animalia rationalia et insecta (Ignis) de Joris Hoefnagel, 1575-1582.

Voir dans ce blog sur Hoefnagel :

.

Résumé.
Le manuscrit Animalia rationalia et insecta a été peint par le miniaturiste anversois Joris Hoefnagel en 1575-1582 pour les ducs de Bavière. Conservé dans des collections privées jusqu'en 1987, puis acquis par la National Gallery de Washington en 1987, il est désormais consultable en ligne, ce qui permet de dresser un inventaire de ce qui constitue le premier témoignage illustré et complet d'une collection entomologique européenne (centrée sur la Bavière) dans l'histoire de l'Entomologie. Il comporte 80 (?) planches consacrées aux différents insectes, incluant les araignées. Dans les 35 premières, on peut compter 88 papillons (96 en incluant des planches conservées à Berlin) parmi lesquels 47 espèces différentes peuvent être identifiées avec un niveau assez satisfaisant de certitude et de précision : 23 rhopalocères et 24 hétérocères.


Préambule.
Hoefnagel reçu l'une de ses premières commandes alors qu'il travaillait à Munich pour le duc de Bavière Albrecht V auquel succéda à partir de 1579, le très catholique Guillaume V.
Le manuscrit rassemble 277 folios finement dessinés et colorés à l'aquarelle et la gouache sur
parchemin, présentant plus de 1000 animaux, chacun dans un ovale doré avec inscriptions latines et le numéro de la planche en chiffres romains. Les dimensions des planches sont de 143 x 184 mm.
Entre chaque vignette une feuille blanche comporte souvent des inscriptions supplémentaires, qui, comme celles de la vignette elle-même, sont souvent issus de la Bible, des Adages d'Erasme et d'autres sources. Il se compose de quatre parties qui symbolisent les éléments: la terre (Terra) représentés par les quadrupèdes et les reptiles (Animalia Quadrupedia et Reptilia), l'air (Aier) avec les animaux qui volent et les amphibiens (Animalia Volatilia et Amphibia), le feu (Ignis) avec des êtres rationnels (humains) et d'insectes (Animalia rationalia et insecta ) et enfin l'eau (aqua) et les animaux qui vivent dans l'eau, et les crustacés (Animalia aquatilia et conchiliata ). Les quatre parties sont rassemblées dans des reliures de maroquin rouge avec des coins et crampons dorés, qui sont conservées dans des coffrets matelassés (provenant de la bibliothèque de Henry Huth, 1913). Chaque section commence par un titre avec le monogramme de l'artiste (G/HF). Des dates allant de 1575 à 1582 sont portées sur certaines feuilles. Le manuscrit actuellement à Washington est demeuré en grande partie complet, deux feuilles se trouvant à Paris, au musée du Louvre, inv. nr RF 38985 (Aigle), 38987 (Vue de Naples). D'autres dessins similaires, qui ont probablement été faites pour une série parallèle avec les mêmes chiffres, mais avec des animaux différents sont soit à Berlin au Kupferstichkabinett, Staatliche Museen , inv. nr KDZ 4806-4821; soit à Prague, Narodni
Galerie inv. nr. R 37382 et 37383 ; soit à Weimar, Kunstsammlungen, Kupferstichkabinett, inv.
nr. KK 122 (Paon), 123; soit à Paris, Musée du Louvre, inv. nr. RF 38986 (Bélier) ; soit pour trois
folios dans une collection privée de Sürth près de Cologne. (Source :
https://rkd.nl/nl/explore/images/120530). Ces planches parallèles sont inventoriées ici après l'étude du codex de la National Gallery de Washington.
Par certains aspects, le travail ressemble à un livre d'emblème avec ses devises latines,
épigrammes et versets de la Bible. Mais toutes les images sont placées à l'intérieur d'un ovale doré, qui délimitent une surface d'observation scientifique conférant aux animaux (dont l'Homme) représentés le statut de spécimen d'Histoire naturelle. Hoefnagel n'a pas créé toutes les œuvres, mais il a plutôt copié celles d'autres artistes, comme les dessins d'animaux des Naturstudien peints par le peintre anversois Hans Verhagen den Stommen pour l'empereur Rodolphe II, et les gravures sur bois de l'Historia animalium de Konrad Gessner Zurich 1549-1556, vol. IV . Mais pour la partie sur les insectes, il n'existe pas d'œuvres préalables, et les dessins sont vraisemblablement le travail original de Hoefnagel. Il a pu prendre comme modèle une collection d'entomologie, peut-être réunie dans un Cabinet de curiosité (Kunst- und Wunderkammer ou « chambre de l’art et des merveilles ») des ducs de Bavière à Munich. L'origine des insectes décrits est une question importante, mais non résolue. Je consacre en Annexe une discussion sur ce point.
Le manuscrit enluminé représente un important monument de la science du 16ème siècle en
fournissant un recueil de l'ensemble des animaux connus du monde. Surtout, il va fournir aux
peintres des Natures-mortes flamandes une grande quantité de modèles d'insectes, qu'ils copieront pour les disposer autour de bouquets ou de compositions diverses. (Voir Jan van Kessel par exemple). Dès 1592, son fils Jacob Hoefnagel en reprendra les modèles présentés en gravure sur cuivre dans l'Archetypa studiaque patriis, afin d'être diffusé par l'impression.
Le manuscrit a été probablement « offert » — pour 1000 écus d'or — par l'artiste à l'empereur
Rodolphe II au début de son engagement à sa cour vers 1590 ; il est resté dans les collections
impériales à Prague jusqu'en 1612, puis a été acquis par des collectionneurs privées successivement à Vienne, à Munich, à Salzbourg, à Munich ou à Augsbourg, puis à Londres en 1861, et enfin à Philadelphie (Pennsylvanie) en 1946. En 1987, il a été légué à la suite de la succession de Mme Lessing Rosenthal à la National Gallery of Art de Washington où il est désigné sous le nom d' album Rosenwald (De vier elementen). C'est dire que les naturalistes européens, puis mondiaux qui ont décrit les espèces zoologiques et référencés leurs illustrations, à commencer par Linné, n'y ont pas eu accès. Outre à la National Gallery, divers folios sont conservés dans différents musées dont le Kupferstichkabinet de Berlin (Pl.XXIX), le Musée du Louvre à Paris et dans diverses collections privées.


Matériel et méthode.
Le site de la National Gallery, NGA.gouv. et le site néerlandais RDK.nl https://rkd.nl/nl/ donnent
accès en ligne aux différentes planches du volume que Hoefnagel consacre aux insectes. L'ensemble des planches a été examiné, pour ne retenir que celles qui représentaient des papillons. Les planches VI à XXXIV, et la planche XXXXIV ont été étudiées pour en identifier les espèces, en utilisant les guides et manuels contemporains (M. Chinery, Insectes de France et d'Europe ; T. Lafranchis, Les Papillons de Jour ; etc.) et les sites d'identifications en ligne (Lepinet ; Ukmoths ; etc.). Ce travail d'amateur n'a pas été effectué à ma connaissance, ou bien les résultats n'ont pas été publiés : ses résultats pourront sans-doute être corrigés, et certainement être améliorés, notamment par l'accès aux planches elles-mêmes. Dans un certain nombre de cas, l'identification n'était pas certaine, mais suffisamment probable pour avoir été retenue, en arguant du fait que, l'artiste ayant représenté dans l'ensemble des espèces courantes, il fallait choisir la solution la plus facile.


Les planches sont consultables ici :
https://rkd.nl/en/explore/images#filters[naam]=Hoefnagel%2C%20Joris&start=150
https://rkd.nl/en/explore/images/record?filters[naam]=Hoefnagel%2C+Joris&query=&start=161


Résultats. Inventaire entomologique des papillons (Lepidoptera) Elementa depicta Pars
III :Animalia rationalia et insecta (Ignis), de Joris Hoefna
gel, 1575-1582.

Pour les rhopalocères, AE = "ailes étalées"
On compte 88 (Codex de Washington seul) à 96 papillons représentés.

Planche VI.

• Nymphalidae Nymphalis antiopa « le Morio » AE.

• Nymphalidae Nymphalis antiopa « le Morio »
• Nymphalidae Polygonia c-album « Le Robert-le-Diable »
Planche VII.
• Papilionidae Papilioninae Papilio machaon « Le Machaon ».
Planche VIII.
• Pieridae Pierinae Anthocharis cardamines « L'Aurore ».
• Nymphalidae Vanessa cardui « La Belle-Dame ».
• Pieridae Pierinae Pieris [mannii]
• Nymphalidae Aglais urticae « La Petite Tortue » AE.
Planche IX.
• Nymphalidae Maniola jurtina « Le Myrtil »
• Nymphalidae Pyronia tithonus « Le Tircis ».
• Pieridae Coliadinae Colias crocea « Le Souci ».
• Pieridae Pierinae Pontia daplidice « Le Marbré-de-vert » AE.
Planche X. (posés sur rameau de Mirabilis jalapa ou « Belle-de-nuit »)
• Lycaenidae Thecla betulae « La Thécla du Bouleau »
• Nymphalidae Argynnis paphia « Le Tabac d'Espagne »
• Pieridae Coliadinae Colias crocea « le Souci » AE.
Planche XI. (avec un Orthoptère: la Courtilière Gryllotalpa gryllotalpa L.).
• Nymphalidae Aglais urticae « La Petite Tortue » AE
• Nymphalidae Vanessa atalanta « Le Vulcain ».
Planche XII. (avec la Courtilière Gryllotalpa gryllotalpa L. vue ventrale)
• Nymphalidae Argynnis [aglaja ?] « Le Grand ? Nacré ». AE et AR
Planche XIII. (avec une libellule Anisoptera)
• Papilionidae Papilio machaon « Le Machaon » AE
• Nymphalidae Vanessa atalanta « Le Vulcain ». AE
Planche XIV.
• Pieridae Coliadinae Gonepteryx rhamni Le Citron.
• Pieridae Pierinae Pieris sp.
• Nymphalidae Vanessa atalanta « Le Vulcain ».
Planche XV.
• Nymphalidae Hipparchia semele « L'Agreste ». Deux exemplaires affrontés
• Geometridae Ennominae Abraxas grossulariata « La Zérène du Groseiller ». Ailes dressées.
• Chrysalides [de Pieridae]

Planche XVI.

• Pieridae Pierinae Aporia crataegi « Le Gazé ».
• Pieridae Coliadinae Colias crocea « Le Souci ».
• Lycaenidae Satyrium sp. (Satyrium pruni?)
• Lycaenidae Polyommatinae [Eumedonia eumedon??] AE et AR
• 2 Chrysalides.
Planche XVII. (avec un Odonate à corps bleu et deux autres insectes +/- 1 fourmi hors cadre)
• Pieridae Coliadinae Gonepteryx rhamni ♀« Le Citron ».
• Nymphalidae Maniola jurtina « Le Myrtil »
Planche XVIII. (avec 7 autres insectes dont 1 zygoptère et deux fourmis)
• Pieridae Pierinae Anthocharis cardamines « L'Aurore ».
• Nymphalidae Lasiommata megera ♂ « Le Satyre ».
• Pyralidae Pyralis farinalis « La Pyrale de la farine ».
Planche XIX. (avec 5 autres insectes)
• Pieridae Pierinae Aporia crataegi « Le Gazé ».
• 3 petites espèces ou à petite échelle. NI.

Planche XX. Inscription Homo Bombylius (avec 4 autres insectes dont deux charançons –Curculio ?)
• Pieridae Pieris sp ?
• ?
• ?
• Chenille « oursonne ».
• 2 chrysalides.
Planche XXI. (avec 8 autres insectes dont 1 punaise, 1 zygoptère, 1 coccinelle)
• Nymphalidae Satyrinae
Planche XXII. (sur rameau fleuri avec un hanneton, un autre insecte)
• Lycaenidae Polyommatinae
• Lycaenidae Polyommatinae
• Arctiidae Tyria jacobaeae « La Goutte-de-Sang ».
• Sphingidae ? butinant la fleur
• ?
• Chenille de ?
Planche XXIII. (sur rameau fleuri de Symphoricarpos albus « Symphorine » ; un autre insecte)
• Sphingidae Macroglossinae Macroglossum stellatarum « Le Moro sphinx »
• Nymphalidae Satyrinae [Erebia??]
• Hesperidae Hesperinae
• ?
Planche XXIV. : Unam Roseam, nec aliquis papilio ...
Planche XXV.
• Sphingidae Macroglossinae Hyles euphorbiae « Le Sphinx de l'Euphorbe ».• Noctuidae Catocalinae Catocala fraxini « La Lichénée bleue »
Planche XXVI.
• Sphingidae Sphinginae Agrius convolvuli (ressemble à …) « Le Sphinx du Liseron »
• Sphingidae Sphinginae Agrius convolvuli, sous un angle différent.
Planche XXVII. (avec deux Coccinellidae et un autre insecte)
• Sphingidae Smerinthinae Smerinthus ocellata Le Sphinx Demi-paon »
• Limantriidae Euproctis chrysorrhoea (L.) ou E. similis. « Le Cul brun » ou « Le Cul doré »
• 2 chrysalides (de Smerinthus ocellata ?)
Planche XXVIII.
• Noctuidae Noctuinae Noctua pronuba « Le Hibou »
• Noctuidae Noctuinae Triaena psi « Le Psi »
• ?
• 5 petites espèces.
Planche XXX.
• Noctuidae Melanchra persicaria « Noctuelle de la Persicaire ».
• Noctuidae Autographa gamma « Le Gamma ».
• Geometridae Xanthorhoe fluctuata ? « La Phalène ondée »
• Pterophoridae Pterophorus pentadactylus « Le Ptérophore blanc ».
• Pterophoridae différent
• Tortricidae Tortricinae Cacoecimorpha pronubana « La Tordeuse de l'œillet »
• Crambinae ?
https://rkd.nl/en/explore/images/record?filters[naam]=Hoefnagel%2C+Joris&query=&start=189
Planche XXXI.
• Notodontinae Stauropinae Harpyia milhauseri « Le Dragon ».
• Arctinae Spilosoma [urticae ; lubricipeda ]
• Geometridae Idaea aversata
Autographa gamma ?
• ?
• ?
• ?
https://rkd.nl/en/explore/images/record?filters[naam]=Hoefnagel%2C+Joris&query=&start=190
Planche XXXII :
• Geometridae Larentiinae Xanthorhoe fluctuata « La Phalène ondée »
• ?
• ?
• ?
• ?
• ?Planche XXXIII (avec une fleur, sept insectes dont 1 orthoptère)
• Noctuinae Acronictinae Acronicta lepinora L. « La Noctuelle-Lièvre ». / ou Lymandra
dispar ♀ « Le Zig-Zag » (?)
• Papillon trop petit peut-être Polyommatinae
https://rkd.nl/en/explore/images/record?filters[naam]=Hoefnagel%2C+Joris&query=&start=192
Planche XXXIV. (avec six autres insectes)
Euclidia glyphica ?
• Trop petit. (Geometridae Chiasmia claratha??)
Planche XXXXIV :
• Geometridae Ennominae Pseudopanthera macularia L. « La Panthère ».

Les planches supplémentaires et parallèles.
Les seules planches supplémentaires comportant des insectes, et accessibles en ligne, sont celles de Berlin. Cela représente un apport de 8 papillons supplémentaires, dont deux espèces nouvelles.


Berlin Planche XIV.
trois papillons et deux chrysalides.
https://rkd.nl/nl/explore/images/121025
• Nymphalidae Satyrinae Lasiommata megera « La Mégère ».
• Nymphalidae Nymphalinae Aglais urticae « La Petite Tortue »
• Pieridae Coilaninae Colias crocea « Le Citron »
Berlin XXIX (avec Ancolie et 5 autres insectes)
https://rkd.nl/nl/explore/images/record?query=hoefnagel+ignis+berlin&start=3
• Arctiidae Arctia caja, « L'Écaille martre »
• Pieridae Pierinae Aporia crataegi « Le Gazé »
• ?
Berlin Planche XXXV (Avec deux fleurs dont œillets, et 2 autres insectes dont Forficula
auricularia)
Légende Quot in campo flores, et, Tot sunt in amore dolores.
• Nymphalidae non identifiable sur le cliché disponible
• Noctuidae Catocala nupta « La Lichénée rouge ».


Liste récapitulative des 47 espèces identifiées sur les 96 papillons représentés.


I. Rhopalocères = 23 espèces.

— Hesperidae Hesperinae
— Pieridae Pierinae :
• Anthocharis cardamines
• Pieris [mannii]
• Pont
ia daplidice
• Pieris sp.
• Aporia crataegi
— Pieridae Coliadinae
• Gonepteryx rhamni ♂ et ♀
• Colias crocea
— Papilionidae Papilioninae
• Papilio machaon.
— Nymphalidae :
• Nymphalis antiopa
• Polygonia c-album
• Vanessa cardui
• Aglais urticae
• Maniola jurtina
• Pyroni
a tithonus
• Argynnis paphia
• Vanessa atalanta
• Argynnis [aglaja ?]
• Hipparchia semele
• Lasiommata megera ♂
— Lycaenidae
• Thecla betulae
• Satyrium sp. (Satyrium pruni?)
• Polyo
mmatinae [Eumedonia eumedon??]


II. Hétérocères : 24 espèces.


— Geometridae
Ennominae Abraxas grossulariata

Ennominae Pseudopanthera macularia L.
Xanthorhoe fluctuata
• Idaea aversata
— Sphingidae
• Sphingidae Macroglossinae Macroglossum stellatarum
• Sphingidae Macroglossinae Hyles euphorbiae
• Sphingidae Sphinginae Agrius convolvuli
• Sphingidae Smerinthinae Smerinthus ocellata
— Notodontinae
• Stauropinae Harpyia milhauseri
— Limantriidae
• Euproctis chrysorrhoea (L.) ou E. similis.
— Noctuidae Noctuinae
Noctua pronuba

Triaena psi
• Melanchra persicaria
• Autographa g
amma
• Euclidia glyphica ?
• Noctuinae Acronictinae Acronicta lepinora L.ou Lymandra dispar
— Noctuidae Catocalinae
• Catocala fraxini
Catocala nupta
— Arctiidae
Tyria jacobaeae
• Arctinae Spilosoma [urticae ; lubricipeda ]
• Arctia caja
— Pyralidae
• Pyralis farinalis
— Pterophoridae
• Pterophorus pentadactylus
— Tortricidae Tortricinae
• Cacoecimorpha pronubana


Discussion.


Avant l'apparition des premières descriptions des collections entomologiques d'Histoire naturelle proprement dites, celle d' Aldrovandi en 1602 et celle de Conrad Gessner par Thomas Mouffet en 1634, et bien avant que les insectes, et notamment les papillons, ne reçoivent des noms scientifiques ou vernaculaires (Aldrovandi 1602 ; Petiver 1695-1703 ; Linné 1746 et 1752 ; Geoffroy 1762), les espèces de lépidoptères européens étaient suffisamment connus pour permettre à un des derniers enlumineurs d'en représenter près d'une centaine, avec une précision irréprochable. Il est aujourd'hui possible d' identifier dans Animalia rationalia et insecta (Ignis), de Joris Hoefnagel, daté de 1575-1582, parmi une centaine de modèles, 48 espèces, dont 23 rhopalocères et 24 hétérocères.
Or, ce manuscrit a été suivi, sous le pinceau d'Hoefnagel, d'un second, réalisé une vingtaine
d'années plus tard, puis ses figures entomologiques ont été reprises par son fils qui leur a fait
bénéficier de la diffusion liée à l'imprimerie. Aussi le corpus d'Histoire naturelle de Joris Hoefnagel (1542-1601) et de son fils Jacob (1575-1630) peut-il être énuméré ainsi:

• Joris Hoefnagel, 1575-1582, Elementa depicta Pars III :Animalia rationalia et insecta (Ignis). Peinture sur manuscrit

• Joris Hoefnagel, Georg Bocksay, 1591-1596 Mira calligraphiae monumenta. Peinture sur
manuscrit.
• Jacob Hoefnagel, 1592, Archetypa studiaque patris Georgii Hoefnagelii, Francfort .
Ouvrage imprimé, gravure sur cuivre.
• Jacob Hoefnagel, 1630, Diversae Insectarum Volatium icones ad vivum accuratissimè
depictae per celebe
rrimum pictorem, Nicolao Ioannis Visscher Amsterdam

On peut y ajouter diverses miniatures créées séparément, comme les deux Allégories du Musée de Lille.
J'ai donc été amené à dresser aussi l'inventaire des lépidoptères pour les trois ouvrages ultérieurs, ce qui permet d'en comparer les résultats.


I. Joris Hoefnagel ; Mira calligraphiae, 1591-1596.

J'indique par une astérisque les espèces nouvelles. 61 papillons représentés.
Rhopalocères : 7 espèces identifiables .
— 7 imagos :
• *Melanargia galathea ssp. galathea (L.)
• *Pararge aegeria (L.)
• *Erebia medusa (D.& S.)
• *Aphantopus hyperantus (L.)
• The
cla betulae (L.)
• *Polyommatus icarus (Rottemburg)
• *Issoria lathonia (L.)
—1 chenille et 3 chrysalides de Pieridae (Pieris brassicae ?)


Hétérocères: 17 dont 12 espèces identifiables.
— 5 imagos. 4 espèces, 1 genre
*Mythimna straminea (Treitschke)
• Abraxas grossulariata (L.)
• Smerinthus oce
llata (L.)
• *Callimorpha dominula (L.)
• Pyrolidae Crambinae.
— 12 chenilles. 8 espèces :
Hyles euphorbiae (L.)
• Agrius convolvuli (L.)
• Macroglossum stellatarum (L.)
• *Hemaris fuciformis (L.)
• Saturnia pavonia
(L.)
• Lasiocampa quercus
• Lasiocampa quercus ; ou Euthryx [Philudoria] potatoria
Acronicta euphorbiae (D.& S.) menyanthides (Esper)


II. Jacob Hoefnagel, Archetypa : 1592
Cette collection de 48 planches comprend de façon non limitative, et parfois en plusieurs exemples les lépidoptères suivants (entre parenthèse si douteux) :


Rhopalocères : 16 espèces
•Gonepteryx rhamni
•Vanessa atalanta
•Nymphalis polychloros
•(Plebejus argus)
•Papilio machaon
•(Thecla betula
e)
•Aglais io
•Polygonia c-album
•Nymphalis antiopa
•(Anthocharis cardamines)
•*(Melitaea cinxia)
•Lasiommata maera/megera•

  • *Iphiclides podalirius

•Quercusia quercus
•*(Erynnis tage
s)
•(Aphantopus hyperanthus)


Hétérocères : 11 espèces
Macroglossum stellatarum
•Agrius convolvuli
•*(Zygaena filipendulae)
•*Achero
nta atropos (larva)
•Smerinthus ocellatus
•*Hyles Gallii (larva + nympha + imago)
•Phalaena
•Saturnia pavonia.
•Arctia caj
a
•Noctua pronuba
•Euclidia glyphica


III. Jacob Hoefnagel 1630 Diversæ insectarum volatilium icones
16 Planches ; 340 sujets représentés : 302 insectes dont 37 Coleoptères, 22 Orthoptères, 14
Odonates, 16 Neuroptères, 72 Lépidoptères, 35 Hyménoptères, 78 Diptères, 21 Hémiptères et 7 chenilles. Ces espèces viennent du centre et du nord de l'Allemagne.
Les Lépidoptères : Au total : 72 papillons et une chenille. Parmi les papillons qui peuvent être
classés on trouve 30 rhopalocères dont 18 espèces déterminées, et 16 hétérocères dont 7 espèces identifiées:
Rhopalocères : 15 à 18 espèces identifiées :
• Papilio machaon
• Iphiclides podalirius
• Thecla betulae
• Gonepteryx rhamni,
• Anthocharis cardamines,
• Colias crocea,
• Aporia crataegi,
• Gonepteryx rhamni
• Nymphalis polychloros,
• Polygonia c-album,
• Nymphalis ant
iopa,
• Vanessa cardui,
• * Nymphalis io,
• Vanessa atalanta,
• Issoria lathonia,
• et sans certitude Pararge aegeria, Coenonympha pamphilus, Lasiommata maera.

Hétérocères : 7 espèces identifiées :
• Acherontia atropos,
• Macroglossum stellatarum,
• Agrius convolvuli, • Hyles euphorbiae,
• Smerinthus oc
ellata
• Saturnia pavonia.
• Abraxas grossulariata
Ce sont donc 10 nouveaux Rhopalocères qui viennent s'ajouter à la première liste, et 5 hétérocères.
On peut donc conclure que Joris Hoefnagel (et à un moindre degré Jacob Hoefnagel) ont décrit à la fin du XVIe siècle 62 espèces de lépidoptères, dont 33 rhopalocères et 29 hétérocères, en ne représentant que des espèces locales. C'est un chiffre considérable, si on le compare aux 17 espèces identifiables — 11 rhopalocères et 6 hétérocères) chez Aldrovandi (1602), dont les gravures sur bois sont frustes, et aux 48 rhopalocères décrits par James Petiver un siècle plus tard.


Conclusion.


Malgré l'absence de noms et de tout texte descriptif, l'apport de Joris Hoefnagel, donnant la
représentation splendide et méticuleuse de 62 espèces de papillons, a été sans-doute sous-estimée, peut-être parce que les manuscrits enluminés sont restés confidentiels.
Mais je dois rendre justice à ces deux chefs d'œuvre, l'Ignis et le Mira calligraphiae. En y détachant les espèces de lépidoptères, je me suis conduit comme un pilleur de trésor saccageant une fresque, un retable ou une coiffure royale pour en accaparer les joyaux. Bien plus que des illustrations d'histoire naturelle, et quelqu'en soit la splendeur, ces enluminures sont des compositions où le texte, rare mais dense, entraîne le lecteur dans une méditation philosophique sur le caractère éphémère de la vie, sur la place de l'homme dans la nature, et sur le prodige mystérieux de l'infiniment beau au cœur des plus petits êtres animaux. Il faut relire Ignis avec leur parure de psaumes, de poèmes d'Ovide ou d'un pseudo-Virgile, ou d'Adages d'Erasme. Il faut déchiffrer dans la planche XXIV en haut de l'ovale qui ne contient qu'une rose la phrase Rosam quae praeterierit, ne quaeras iterum, et, découvrant qu'Érasme en est l'auteur, trouver la traduction « Ne demandes pas à la rose fanée de fleurir à nouveau ». Il faut alors, s'interroger sur la phrase qui lui répond, en bas de l'ovale : Ambigeres raperetne Rosis Aurora ruborem./ An daret, et flores tingeret orta dies. Ce sont deux vers du poème De rosis nascentibus d' Ausone que Lionel-Edouard Martin a traduit ainsi :

« L’aurore emprunte-t-elle aux roses sa rougeur ? La leur confère-t-elle à la montée du jour ?
Même rosée, même couleur, même matin :Car la même Vénus régit l’astre et la fleur. »

De planche en planche la lecture se poursuit, fragmentaire, incitant à retrouver ce qui n'est pas écrit, invisible pour les yeux mais non pour l'esprit :
« À peine née la rose est déjà défraîchie.
Je parle, et la fleur courbe au sol sa tête rouge;[...]
Cueille la rose fraîche, ô fraîche jeune fille :
Ton âge, souviens-t ’en, comme elle est éphémère. »


ANNEXE Origine des Insectes décrits par Hoefnagel. Les Cabinets de curiosités, les
Kunstkammer princiers et les collections des n
aturalistes.


Hoefnagel a pu avoir l'occasion lors de séjours en Italie ou en Allemagne de visiter des collections prestigieuses comme celles du Studiolo de Francesco I de Medicis au Palazzo Vecchio, ou de Ferdinand II du Tyrol au château d’Ambras, etc. Par ailleurs, ses activités le mettaient en relation avec de nombreux naturalistes et collectionneurs. Parallèlement à ces collections princières d'autres collections plus spécialisées et complètement différentes dans leur objectif, dans leur contenu — principalement des objets naturels— et leur organisation se sont développées dans la seconde moitié du 16e siècle, les plus célèbres étant celles de Francesco Calceolari à Vérone, d'Ulisse Aldrovandi à Bologne, de Michele Mercati à Rome et de Ferrante Imperato à Naples.
Hoefnagel a également pu se constituer, au gré de ses voyages, ou d'échanges, ou d'activités commerciales, un port-folio d'illustrations d'espèces. Il a pu aussi en observer directement quelquesunes dans son environnement. Enfin, il est l'un des derniers enlumineurs, (il a notamment orné un missel pour l'Archiduc Ferdinand de Tyrol), et son héritage culturel du XVe siècle incluait les papillons des peintures flamandes (Hans Memling) et des marges des Livres d'Heures, où Vanessa atalanta et Aglais urticae d'une part, les Pieridae et Papilionidae d'autre part, tiennent lieu symboliquement du Mal et du Bien.
On sait qu' en 1571, sur recommandation du marchand Max Fugger et du spécialiste en
numismatique Adolf Occo, le géographe Abraham Ortelius et Joris Hoefnagel reçurent la
permission de visiter la Kunstkammer de Munich pendant deux jours. Le Cabinet de curiosité des ducs de Bavière doit donc être étudié puisque Hoefnagel appartenait à leur cour, mais aussi parce qu'il joua un rôle fondateur dans l'organisation des collections. Néanmoins, les inventaires de Fickler de 1598 et de Hainhofer de 1611 ne mentionnent pas de collections d'insectes.


La Kunstkammer des ducs de Bavière à Munich.
Elle a été organisée d'une manière originale et fondatrice par Samuel Quiccheberg. Ce conseiller artistique du duc Albrecht V d'origine flamande,mentionne la Kunstkammer pour la première fois en 1565 dans ses écrits sous l'appellation de Theatrum Sapientiae.
Si on compare la Kunstkammer de Munich avec les autres Kunstkammer princiers de la seconde moitié du 16e siècle, Munich serait un des premiers du genre. Venant chronologiquement après celui de Ferdinand I à Vienne et quelques années seulement après celui de Dresden, la Kunstkammer de Munich peut être considérée comme la première collection à réaliser l'idéal encyclopédique de façon significative.
Quiccheberg avait publié à Munich en 1565 " Inscriptiones vel tituli theatri amplissimi ", considéré comme le premier véritable traité muséologique. Il suggérait d'édifier un Cabinet de curiosité non comme une réunion hétéroclite d'objets insolites, mais selon un système de classification détaillé basée sur le concept d'une encyclopédique. Il répartit les collections d’Albert V en Naturalia, Mirabilia, Artefacta, Scientifica, Antiquites et Exotica.


L'autre Cabinet auquel Hoefnagel pouvait avoir eu accès est la Kunstkammer de l’archiduc
Ferdinand
II du Tyrol. Les collections « présentaient les richesses de l’univers avec une volonté didactique de représentation du monde, tout en montrant l’intérêt des princes germaniques pour les collections minéralogiques et zoologiques locales des Alpes : sud de l’Allemagne, Autriche et provinces du nord de l’actuelle Italie . Elles constituent encore de nos jours la base du Cabinet de curiosités du château d'Ambras. Un inventaire après-décès de l’archiduc Ferdinand II en 1596 décrit la disposition des collections d’animaux exotiques, précèdant les collections de curiosités des Alpes. Quatre animaux marins suspendus au plafond du cabinet devancent un ours abattu par l’archiduc Ferdinand et des bois de cerf. Le plafond du cabinet était entièrement recouvert d’animaux.Mais les collections exotiques avaient la préséance sur les collections alpines, tant par la position qu’elles occupent au sein de l’inventaire que par leur écrasante majorité en nombre de spécimens. Parmi les spécimens appendus, on compte pas moins de sept crocodiles, une défense d’éléphant, quatre cornes de rhinocéros et autres cornes de gazelle, cinq nageoires de grands poissons et une tête d’éléphant entraînés par un premier grand crocodile. Les collections de Ferdinand comprenaient des œuvres d’art, des pierres précieuses, des médailles et des monnaies. Ces objets s’étaient ajoutés au vieux trésor des Habsbourg composé de tableaux, de sculptures, de dessins, de livres, de mammifères empaillés, d’oiseaux, de poissons, de squelettes, de fossiles, d’horloges et d’automates achetés ou reçus en héritage, et dont certaines pièces remontaient parfois au Moyen-Age. »
Dans cette description, on ne trouve pas mention d'une collection entomologique d'espèces
indigènes. A contrario, les planches d'Hoefnagel ne comportent aucun insecte exotique.

Liens


https://rkd.nl/en/explore/images/record?filters[naam]=Hoefnagel%2C+Joris&query=&start=183


National Gallery of Art

http://www.nga.gov/content/ngaweb/global-site-search-page.html?
searchterm=hoefnagel&searchpath=%2Fcontent%2Fngaweb%2Fcollection-searchresult&pageNumber=1

Bibliographie.

— LECLERCQ, J., THIRION, C., 1989 -" Les insectes du célèbre diptyque de Joris Hoefnagel (1591) conservé au musée des Beaux Arts de Lille" . Bull. Ann. Soc.R. belge Ent., 125, 302-308. (non consulté)

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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