"Les descendants de Jean Dunois, les seigneurs de Longueville, complètent le château construit par Jean de Dunois en ajoutant une aile au nord, côté Loir, entre 1509 et 1518. Commencée par François Ier de Longueville et son épouse Agnès de Savoie, pour les soubassements, elle fut élevée par ses petit-fils. La façade sur cour de l’aile Longueville contraste par la richesse de son décor avec la sobriété de la construction du xve siècle et constitue l’un des premiers témoignages de l’influence italienne à l’extrémité Nord du Val de Loire. La verticalité marquée par les hautes toitures conservent à l’édifice un caractère médiéval tandis que la relative symétrie de la composition et le répertoire ornemental de la cage d’escalier annoncent la Renaissance. Comme sur le mur de l’aile Dunois, un soubassement mouluré marquent les horizontales. De grandes croisées à double traverse ouvrent largement la façade. Leurs montants se prolongent en guirlandes de feuillage sur les linteaux, dont les culots sculptés et les trilobes rappellent les ornements de l’aile Louis xii de Blois. Une balustrade ajourée surmonte une corniche : ce motif décoratif évoque la Renaissance. Les deux niveaux de combles éclairés par des lucarnes à double fenêtres superposées, aujourd’hui disparues, amplifiaient encore la verticalité de l’ensemble." (Centre des monuments nationaux)
Les parties hautes, lucarnes et garde-corps, très endommagés, furent démolis en 1770, dont une restitution partielle a été réalisée au XXe siècle.
Aile de Longueville, château de Châteaudun, relevé de H.L. Dériré Devrez en 1879. Archives-map
L'aile Longueville du château de Châteaudun (4) est réputée pour ses deux escaliers (6 et 7 sur l'aquarelle de Devrez).
Celui de gauche, de style flamboyant, daté vers 1470, insére un escalier en vis à l'intérieur du bâtiment. De larges paliers, permettant de voir et d'être vu, s'intercalent entre la vis et la façade largement ajourée. Celle-ci porte un décor de motifs flamboyant jusqu'au sommet des lucarnes, ornées d'immenses fleurs de lys, rappelant que Dunois, bien que bâtard, est fils de Louis d'Orléans, frère de Charles VI.
Escalier flamboyant (1470) de l'aile de Longueville.
Celui de droite de style Renaissance dont l'ouverture des baies forme loggia, est orné de motifs italianisants. C'est celui qui motive ma visite.
En effet, ce décor italianisant témoigne de la pénétration à Châteaudun de l'influence de la Renaissance italienne, comme déjà en Normandie au château de Gaillon ou à Rouen sous l'influence du cardinal d'Amboise vers 1509, ou à Dol-de-Bretagne sous celle de l'évêque James en 1507.
Le décor de cet escalier a pu inspirer , à la cathédrale de Chartres, celui de la Tour d l'Horloge (1520) et du Tour de chœur (1527-1529), deux chantiers dirigés par le même architecte Jehan Le Texier, dit de Beauce.
À la même époque, en 1528, est réalisée avec le même décor la clôture de chœur de l'abbaye de la Trinité de Vendôme , qui complète le jubé et le tombeau livré par Jean Juste en 1530.
Je vais donc visiter cet escalier en portant tout mon intérêt sur ces décors, souvent en bas-reliefs.
Description générale
"Comme pour la demeure de Dunois, l’escalier est l’élément décoratif majeur de l’aile nord. Cet escalier est plus monumental que celui de l’aile Dunois mais sa conception est identique : une vis en œuvre précédée de paliers formant loggia, ici surmontée d’une salle haute accessible par un petit escalier en vis dans une tourelle en encorbellement. L’ensemble est coiffé d’une haute toiture en pavillon. Des contreforts à niches surmontés de dais cantonnent les deux travées et portent un riche décor flamboyant. De grandes baies couvertes d’arcs surbaissés laissent pénétrer le regard vers les paliers dont les balustrades italianisantes annoncent le décor intérieur." (Centre des monuments nationaux)
Les commanditaires de l'escalier Renaissance : la famille de François de Longueville et Françoise d'Alençon ? Le cardinal de Longueville ? Louis d'Orléans-Longueville (1510-1537), duc de Longueville?
Petit-fils du comte Jean de Dunois, fils de François Ier d'Orléans-Longueville et d'Agnès de Savoie , François II de Longueville (1478-1513) hérite des titres de son père à sa mort en 1491.
On notera qu'il accompagna le roi Charles VIII à la conquête du royaume de Naples et qu'il suivra ensuite le roi Louis XII en Italie en 1502.
Il obtint la charge de grand chambellan de France (1504–1512) et de gouverneur de Guyenne. Il épousa le 6 avril 1505 Françoise d'Alençon (1490-1550). Ils eurent deux enfants, morts prématurément :
En mai de cette même année 1505, François fut élevé duc de Longueville par le roi Louis XII lorsque la terre de Longueville fut érigée en duché.
À son décès en février 1513, François II d’Orléans fut inhumé dans la basilique Notre-Dame de Cléry-Saint-André, comme l'avait été avant lui le roi Louis XI en 1483. Françoise d'Alençon (qui devait survivre 37 années à François de Longueville) se remaria avec Charles IV de Bourbon, duc de Vendôme.
Jean de Longueville intervient en 1518 ou en 1516-1518.
Jean d'Orléans-Longueville (né à Parthenay en 1484 et mort à Tarascon le 24 septembre 1533) est le troisième fils de François 1er d'Orléans, comte de Dunois et duc de Longueville. Élu archevêque de Toulouse en 1503 et nommé évêque d'Orléans en 1521, il est crée cardinal en 1533. Il fit construire pà l'ouest de la demeure de Jean de Dunois un logis seigneurial à Beaugency (Loiret) entre 1518 et 1524, y faisant construire des voûtes dans l’escalier en vis du château. Ses armoiries, dans une couronne de houx et soutenues par deux béliers (emblème des Longueville), accompagnées de celles de son père François et de son frère Louis, sont sculptées sur la façade de l'Hôtel de ville de Beaugency, et peintes sur le cabinet de la tourelle du logis seigneurial de Dunois.
Or, on remarque sur le décor de la loggia du deuxième palier deux blasons dans des guirlandes, avec des armes à trois lys , traversées en pal par une croix d'archevêque. On les retrouvera sur le plafond à caisson à l'intérieur de cette loggia.
Effectivement; P.G. Girault écrit : "Les ornements du faîtage furent posés en 1518 sous le contrôle du cardinal d'Orléans, Jean de Longueville, alors archevêque de Toulouse "
Précision :
"L’art de la première Renaissance qui s’épanouit sur la façade de l’hôtel de ville [de Beaugency, achevé avant 1526] ne peut s’expliquer sans son apparition une dizaine d’années auparavant à l’hôtel-Dieu et sa poursuite sur le logis de Jean d’Orléans-Longueville au château peu après. Ainsi, un acte notarié du 25 janvier 1515 (n. st.) nous informe que Pierre Gadier et Olivier Chollet, maîtres maçons et tailleurs de pierre qui avaient travaillé sur le prestigieux chantier du château de Châteaudun, propriété principale des Orléans-Longueville, devaient édifier un escalier en vis sur la façade du bâtiment principal
Peu avant 1516, Jean d’Orléans fit encore appel à Pierre Gadier pour agrandir la cave de son futur logis en face de celui de Dunois son aïeul [à Beaugency]. Mais, entre 1513 et 1516, ses deux frères aînés, Louis le premier du nom de la lignée et François II, disparurent. Peu avant sa mort, Louis avait été fait prisonnier par les Anglais et libéré contre une forte rançon, tandis que la fille de François II décédait à son tour en bas âge. Jean arrêta alors les travaux de Beaugency durant deux années pour aider Jeanne de Hochberg, sa belle-sœur, mère de quatre enfants en bas âge [épouse de Louis Ier, comte puis duc de Longueville, gouverneur de Provence ], à régler une succession complexe et achever l’aile Longueville à Châteaudun. Les travaux du logis reprirent ensuite à Beaugency en 1518 avec deux nouveaux maîtres maçons et tailleurs de pierre orléanais, Pierre Chausse et Pierre Biard, et se prolongèrent jusqu’à la fin de 1520. " (https://books.openedition.org/pufr/8313#anchor-completeplanhttps://books.openedition.org/pufr/8313#anchor-completeplan)
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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Les deux guirlandes armoriées de Jean de Longueville, alors archevêque de Toulouse (1518).
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Ma visite (attention, j'irais lentement et m'arrêterais souvent!)
Sitôt parvenu près de l'entrée, je cherche les motifs sculptés.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La frise à tige de chêne tenu d'un côté par un monstre à bonnet de fou et de l'autre par une chimère à cornes de bélier est encore de style XVe siècle (j'en ai vu en quantité sur les porches bretons).
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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Ah, voilà !
Sur un chapiteau, deux putti chevauchant des feuilles encadrent un premier rinceau, charmant, surmonté par deux dauphins affrontés et centré par un personnage les pieds posés sur la tête d'autres dauphins. Là, c'est un enfant nu, ici un garçon portant une tunique plissée et courte. Puis voici un angelot et des cornes d'abondance. Ça, y est, je suis à pied d'œuvre!
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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En levant la tête; je vois au plafond quatre panneaux. Deux, aux extrémités, portent des rayons lumineux, que l'on retrouvent à l'identique peints au logis seigneurial de Beaugency dans un décor emblématique et héraldique de Jean de Longueville et de sa famille. L'autre un bouquet de feuilles de houx autour d'un bouton. Le troisième est un cuir en losange enrubanné dans un cercle de feuilles de houx (emblème des Longueville). Ils sont encadrés de banderoles en spire autour de grappes de fruits ronds.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
En entrant dans l'escalier par l'une des deux arches à galeries, un panneau "suite de la visite" dirige le visiteur, qui s'apprétait à gravir les marches, à pousser une porte. Mais avant de l'ouvrir, il est amené à en admirer son linteau, bel exemple de bas-reliefs Renaissance.
Il débute par un médaillon de profil d'un homme aux cheveux bouclés ceints par un ruban, inspiré d'un chef de guerre florentin ou d'un empereur romain. Au centre un masque de face, crachant les rinceaux, dans une guirlande est entouré des rinceaux animés par des chérubins et des putti tenant une ligne d'olives.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Un autre linteau lui répond en symétrie à droite, avec un médaillon féminin. Le motif est beaucoup plus simple et répétitif.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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La cheminée Renaissance.
Cette porte de droite donne accès à une salle dotée d'une cheminée très riche en décor Première Renaissance, tant sur ses montants que sur toutes les faces du linteau.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
1. Le blason
Au centre, un blason mi-parti est entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel et surmonté d'une couronne ducale. Les armes de l'époux, à gauche, sont celles des Longueville, car on voit encore le lambel, et la bande. Le collier est celui à la cordelière (et non aux aiguillettes, deveni caduc en 1515) mais les coquilles saint-Jacques ont été bûchées.
François Ier de Longueville, fils héritier de Jean de Dunois, hérite du blason de son père d'azur à trois fleurs de lys d'or brisé en chef d'un lambel d'argent et d'une barre d'argent brochant sur le tout . "Mais contrairement à ce dernier, il n’est pas un fils illégitime. Il peut donc inverser la barre qui devient une bande. Son blason se lit donc ainsi : d'azur à trois fleurs de lys d'or brisé en chef d'un lambel d'argent et d'une bande d'argent brochant sur le tout ."
Source: château de Blandy
Si on tient compte du décor du logis seigneurial de Beaugency, où le collier de Saint-Michel entoure les armes de François II de Longueville et de Louis Ier de Longueville, on peut hésiter entre les deux frères. François II est duc de Longueville depuis 1505 (mais porte la couronne comtale à Beaugency), Louis lui succède à ce titre après la mort de François en 1515.
"Beaugency :
"A l'ouest se sont les armes de François II, aîné de la famille, dont l'écu est surmonté d'une couronne comtale et d'un heaume à lambrequin tourné à dextre amorti d'un cimier effacé qui devait représenter un bélier, animal emblématique des chefs de famille des Orléans-Longueville depuis Dunois. Deux aigles forment supports et des branches de houx sont visibles sous les armoiries. Au nord, nous avons les armes de Louis I et au sud celles de leur mère. Les écus de François et de Louis sont entourés de l'ordre de Saint-Michel et ceux de Louis, Jean et Agnès d'une couronne de houx. Celui de cette dernière est en outre entouré de la cordelière de Savoie à noeuds en 8. Les armoiries des trois frères sont identiques : d'azur à trois fleurs de lys posées deux et un, au lambel d'argent et au bâton en bande de même." (Palissy 45001026)
Les armes de l'épouse, si on parie sur Louis Ier, seraient celles de son épouse Jeanne de Hochberg. Mais ce que l'on devine des armes en 2 ne correspond pas exactement :
Armoiries mi parti en 1 de Longueville et en 2 de Jeanne de Hochberg, duchesse de Longueville. Тѳм277 - Elements by Sodacan — Travail personnel
Je conserve l'hypothèse de voir ici les armes mi-parti de Louis de Longueville et de Jeanne de Hochberg.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Le décor.
Parmi les rinceaux — auxquels il va falloir s'habituer, car ils sont constants—, et les candélabres — autre motif incontournable— , on se plait à découvrir des oiseaux picorants, des putti triomphants, et toute une gamme de fruits, de grappes, d'épillets, ou de fleurs.
En se baissant, on voit que ces rinceaux se poursuivent à la partie inférieure, avec des bucranes .
Les montants sont tout aussi sculptés.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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Sortons de cette salle et préparons-nous à emprunter le fameux escalier de Longueville, que nous avons déjà entrevu.
Nous pouvons examiner les coupes relevées en 1878 par Devrez, mais sans oublier qu'il s'agit d'un projet de restauration qui n'a pas été réalisé.
Désiré Devrez (1824-1896), est cité dans une note administrative de 1898 parmi les grands architectes diocésains disparus, aux côtés de E. Viollet-le-Duc, P. Abadie, V. Ruprich-Robert et E. Boeswillwald . Entré à l'École des beaux-arts en 1844, il fut architecte diocésain d'Orléans (1857), puis de Meaux (1874) et enfin de Paris (1886). Attaché à la commission des Monuments historiques en 1866, il fut nommé architecte de la ville de Paris en 1871. Il présenta en 1885 onze relevés après la restauration menée en 1866 par Frédéric Debacq pour le compte du duc Théodore de Luynes, propriétaire du château. Les baies du grand escalier furent réouvertes et les meneaux des croisées de l'aile furent rétablies. Il proposa un projet de restauration de la façade de Longueville touchée par les bombardements prussiens de 1870, mais celui-ci ne fut pas exécuté. Un autre architecte, Abel Boudier, a proposé de son côté un projet de restauration en 1888.
Les rapprochements entre l'aile de Longueville et les châteaux de Blois, d'Ambroise et de Gaillon ont été soulignés par différents auteurs. P.G Girault souligne des rapprochements avec le château du Verger en Anjou, ou la tour nord de la cathédrale de Bourges avant de suggérer l'intervention à Châteaudun de l'architecte Colin Biart.
Le couronnement du grand escalier a été restauré à la fin du XXe siècle : on lira à ce propos l'article de P.G. Girault.
Quoiqu'il en soit, je n'ai pas trouvé d'informations laissant penser que les bas-reliefs Renaissance que je documente ici par ces clichés ne soient pas des œuvres originales.
relevé de Désiré Devrez 1878.
L'escalier : première volée, du rez-de-chaussée vers le premier étage.
Escalier de l'aile de Longueville, rez-de-chaussée, relevé Désiré Devrez v.1878. Médiathèque du patrimoine.
"C’est le décor intérieur de la cage qui introduit à la Renaissance : le noyau de calcaire blanc est décoré de candélabres.
Des colonnes couronnées de chapiteaux aux décors variés ornent les murs de la cage. Des caissons de pierre rythment les plafonds plats des paliers. Les linteaux des portes sont sculptés de motifs italianisants, cantonnés de médaillons. La qualité du décor sculpté n’est pas toujours égale, mais les sculpteurs locaux n’ont pas hésité à exécuter des décors à la variété débridée. On remarque des personnages anthropomorphes tels que sirènes ou hommes-poissons, des putti parfois ailés jouant de la trompette ou sortant de cornes d’abondance, au détour d’un chapiteau on identifie une silhouette casquée vêtue d’un drapé à l’antique, et même un enfant portant un bonnet d’âne." (Centre des monuments nationaux)
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Une colonne engagée et son chapiteau.
Deux jeunes hommes sont accroupis autour du candélabre. L'un d'eux porte le costume des fous (très diffusé au XVe siècle), avec une cagoule à longues oreilles coiffé d'un grelot.
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Autre colonne engagée et son chapiteau. Deux oiseaux à ailes rabattus contre le corps.
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Le pilier central.
À partir de la deuxième marche, une colonne centrale, sculptée d'une moulure en guise de rampe, est rythmée par un jeu de nervures et de niches trilobées. Ce sont elles qui reçoivent le décor en bas-relief à rinceaux et candélabres, jusqu'au palier. Là encore s'ébattent les dauphins, les oiseaux, ou des enfants tenant les fleurs des tiges. Certains sont coiffés d'un casques et vêtus d'une tunique.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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La première galerie.
C'est à ce niveau que le plafond est sculpté des emblèmes de la famille de Longueville témoignant de l'influence de Jean, archevêque de Toulouse (puis cardinal).
Cette loggia offre de jolies vues sur la cour, sur la grosse tour et sur la Sainte-Chapelle de Dunois.
L'escalier ne s'interrompt pas, et sa frise extérieure se poursuit, interrompue de colonnes suspendues à chapiteaux.
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Violet-le-Duc donne une figure de l'escalier de Châteaudun dans son Dictionnaire raisonné, article Escalier :
"Il existe une disposition d’escalier absolument semblable à celle-ci dans le château de Châteaudun. Mais dans la vis de Châteaudun les trompes d’angle arrivent du carré à l’octogone, et des culs-de-lampes posés aux angles de l’octogone portent la corniche spirale, dont la projection horizontale étant un cercle parfait soutient les bouts des marches.
Une vue prise à la hauteur de la première révolution de l’escalier de Châteaudun, figure 17, là où cette révolution coupe le portique du rez-de-chaussée dans sa hauteur, fait saisir l’arrangement des trompes, des culs-de-lampes, de la corniche en spirale et des marches délardées en dessous. Cet arrangement est d’ailleurs représenté en projection horizontale dans le plan (18).
Violet-le-duc, Dictionnaire, fig.18
Les trompes de la vis de Châteaudun sont appareillées ; ce sont des plates-bandes légèrement inclinées vers l’angle ; cet escalier était d’un assez grand diamètre pour exiger cet appareil."
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Escalier, fig 17.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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Sur le pilier, deux oiseaux picorent le cœur des fleurs des rinceaux. Sur le candélabre, deux garçons jouent avec , ou soufflent dans, des instruments ou outils dilatés à l'extrémité.
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Le premier étage.
Escalier de l'aile de Longueville, premier étage, relevé Désiré Devrez v.1878. Médiathèque du patrimoine.
L'escalier vers le deuxième étage.
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La porte vers la droite (corps principal de l'aile), et son linteau.
Le linteau débute, à gauche, par un candélabre au dessus d'une tête ailée d'ange. L'absence de panneau symétrique à droite s'explique par le fait que ce linteau trouve son complément sur la porte opposée.
Deux oiseaux, une patte dressée, et se répondant par symétrie, viennent picorer des friandises (graines ou fruits) dans une coupe qui leur est présentée.
Les deux chimères qui leur proposent ces coupes sont placées de part et d'autre d'un vase contenant des fleurs (tulipes).
À droite, la chimère a un buste féminin, avec une tête gracieuse aux cheveux longs dénoués. Ce buste se greffe sur un corps de bouc (sabots, touffe de poils) doté d'une queue qui pourrait être celle d'un coq. C'est une faunesse (à peine cornue).
À gauche, c'est le même assemblage, mais avec un buste masculin barbu et cornu : c'est un faune.
Au total : faune et faunesse offrant des mets à deux oiseaux.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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Le plafond et ses panneaux armoriés.
On y remarque dans un cuir au centre d'une guirlande les armoiries de Jean de Longueville avec, en pal, la croix d'archevêque (donc datable de 1503 à 1521). Le lambel et la bande sont bien conservés.
Les armoiries en losange de l'autre caisson sont celles d'une femme, dans une couronne de roses et entrelacées de rubans. On y distingue des lignes qui devraient peut-être permettre une identification avec un éclairage approprié.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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Autre ensemble : un cuir, sans motif apparent.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La porte vers la gauche, et son linteau.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
À droite : un trophée d'armes.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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Au centre : deux oiseaux à crète, plumage et queue feuillagés, picorant des fruits dans une vasque contenant des épis de blés et des épillets.
Dans l'écoinçon supérieur droit : oiseau se lissant l'aile.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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Reprenons la montée de notre escalier vers le deuxième étage. L'escalier est couronné par une voûte octogonale à huit voûtains.
L'escalier de Longueville, deuxième étage. Relevé Désiré Devrez v.1878. Médiathèque du patrimoine.
Fin de l'escalier :
relevé de Désiré Devrez 1878.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
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Le dernier étage n'est pas accessible au visiteur.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
— BONTEMPS (Daniel), 2017 L’hôtel de ville de Beaugency au début du XVIe siècle, in Hôtel de ville, Presses universitaires François-Rabelais p. 177-178
—CHÂTENET (Monique), 1970, La château de Châteaudun, mémoire de maîtrise, 1970, non consulté
— GIRAULT (Pierre-Gilles), 1998, "Le couronnement du grand escalier du château de Châteaudun. À propos d'une restauration récente" In: Bulletin Monumental, tome 156, n°4, année 1998. pp. 355-367;
—HABLOT (Laurent),2016 , « L'héraldique au service de l'histoire. Les armoiries des bâtards à la fin du Moyen Âge, études de cas », dans Carole Avignon (dir.), Bâtards et bâtardises dans l'Europe médiévale et moderne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2016, 560 p.
https://books.openedition.org/pur/44762?lang=fr
—ROSER (base), Jean Beuvier, 2019, Ornementation de l'aile Longueville du château de Châteaudun
Le château de Châteaudun. I, la Sainte-Chapelle et ses 15 statues (pierre calcaire avec reste de polychromie, v. 1460-1470 et 1494).
PRÉSENTATION
La Sainte-Chapelle du château de Châteaudun
Châteaudun abrite une des sept Sainte-Chapelles encore existantes ( avec celles de Paris, Aigueperse, Champigny-sur-Veude, Riom, Chambéry, Thouars, Vic-le-Comte et Vincennes) sur les onze construites en France entre le XIIIe et le XVe siècles pour abriter les reliques de la Sainte-Croix ou de la Couronne d'épines par un descendant de saint Louis. C'est une chapelle sur deux niveaux et à nef unique édifiée au tournant du XVe siècle. Elle était dédiée à la Vierge, à saint Jean-Baptiste et aux saints anges et était desservie par des chanoines.
"Si comme toute demeure seigneuriale, le château possédait une chapelle, celle-ci ne devint officiellement une Sainte-Chapelle qu’à partir de 1490, date de sa reconnaissance tardive par le pape Innocent VIII. Dès 1451, Jean Dunois fit démolir l’ancienne chapelle du château médiéval et entreprit la construction d’une Sainte-Chapelle de style gothique. Elle fit l’objet de trois campagnes de construction et ne fut achevée qu’en 1493, soit un quart de siècle après la mort de son commanditaire.
n.b :dédicace de la Sainte Chapelle le 5 juin 1465 par Guillaume d’Estouteville.
"Bâtie sur le modèle de la Sainte-Chapelle de Paris fondée par Louis IX en 1248 dans le palais de la Cité pour abriter les reliques de la passion du Christ, elle était destinée à recevoir un morceau
de la Vraie Croix offerte par Charles VII. Elle permettait au Bâtard d’Orléans d’affirmer sa qualité de prince du sang aux yeux du monde et le rattachait ainsi aux rois Valois, Philippe VI et Charles V, et aux plus grands princes de la famille royale, Louis Ier de Bourbon et Jean Ier de Berry, tous descendants de saint Louis. Cette première transformation du château médiéval n’était donc pas seulement l’expression de la piété insigne de Jean de Dunois, elle était aussi un acte politique et dynastique.
Les contraintes de la construction, la nécessité de l’orienter et d’y accéder par la cour conduisirent Dunois à choisir un parti original : la chapelle fut accolée à la grosse tour et aux logis. Comme la
Sainte-Chapelle ou de nombreuses chapelles castrales, elle est bâtie sur deux niveaux, mais ici c’est la chapelle basse qui est destinée au seigneur. Elle se compose d’un vaisseau unique de trois
travées, précédé d’une abside et suivi d’une courte nef séparée du chœur par un seuil. Elle est couverte de voûtes d’ogives dont les retombées s’appuient sur des contreforts placés à l’extérieur
de l’édifice. L’édifice diffère encore du modèle parisien à nef unique par la présence d’une sacristie au sud et de chapelles latérales dédiées aux saints François et Agnès vénérés par le fils et la brue de
Dunois, François Ier de Longueville et Agnès de Savoie. Un clocher quadrangulaire accolé au flanc nord en 1493 renforce l’asymétrie de l’ensemble." (Fiche de visite, Service d’actions éducatives du Château de Châteaudun / Centre des monuments nationaux pdf)
Un inventaire établi à la mort de Dunois en 1468 précise que la chapelle contenait alors "la vraie croix enchassée d'or".
Annotation sur le cartel proposé au visiteur.Plan H.L. Désiré-Devrez 1879. Annotation sur le cartel proposé au visiteur.
Aquarelle H.L. Désiré-Devrez 1879. Annotation sur le cartel proposé au visiteur.
Jean Dunois le Bâtard d'Orléans (1402-1468) et son épouse Marie d'Harcourt.
Le dîner du comte de Dunois, British Library, ms Yates Thompson 3, f°1 (detail)Jean de Dunois présenté par saint Jean devant le Jugement dernier, Heures de Dunois (détail), Londres, British Library, vers 1440-1450.
Représentation supposée de Marie d'Harcourt devant Châteaudun, en prière devant saint Georges, British Library, ms Yates Thompson 3, f°274
Ses armoiries.
"En France, Jean de Dunois, bâtard d’Orléans (v. 1403-1468) – il est le fils de Louis d’Orléans et de Mariette d’Enghien – est le premier bâtard de la maison capétienne à porter les pleines armes brisées par une barre et non plus par une simple pièce honorable aux lis. Les versions de ses armoiries varient d’ailleurs au fil du temps et des sources. Il porte d’abord France au lambel d’argent (Orléans), une barre du même brochant sur le tout. Cette barre est parfois lue de sable, peut-être en raison de l’oxydation de l’argent sur les miniatures ou en conformité avec les traités de Blason de la fin du XVe siècle, tel le Liber armorum de Bernard du Rosier (†1476), archevêque de Toulouse, qui précise que la barre transversale des bâtards doit être de couleur noire. À mesure que l’importance politique du bâtard d’Orléans s’accroît – il est créé comte de Dunois en 1439 et de Longueville en 1443 –, cette barre est progressivement diminuée en cotice dans les représentations de ses armes. Déjà presque invisible sur les miniatures de ses Heures, cette cotice y est devenue un filet – barre diminuée en largueur – qui se transforme chez ses descendants Longueville en bâton péri en barre progressivement mis en bande." (Laurent Hablot 2016)
Armoiries de Jean Dunois, British Library, ms Yates Thompson 3, détail
Armoiries de Jean Dunois, British Library, ms Yates Thompson 3, détail
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La chapelle basse.
C'est cette chapelle qui était desservie par les chanoines et qui accueillait Jean Dunois et sa famille, puis François 1er d'Orléans Longueville et son épouse Agnès de Savoie (mariés en 1466).
Plan.
On peut décrire à cette chapelle une nef sans bas-côtés, avec un oratoire à droite et une sacristie (?) à gauche, puis un chœur ouvrant sur deux oratoires, et enfin une abside, dans laquelle se trouve les statues de la Vierge à l'Enfant et de Jean-Baptiste, entourées de celles de Jean l'Évangéliste à gauche et de Marie-Madeleine à droite. Celles de François d'Assise patron du seigneur de Longueville et de sainte Agnès patronne de son épouse Agnès de Savoie sont venues compléter cet ensemble absidial.
Monique Martin-Demezil décrit trois campagnes de construction, dont la principale fut menée par Nicolle Duval, maître des œuvres de maçonnerie de Dunois depuis 1459 et constructeur du château.
Plan in Monique Martin-Demézil
L'emplacement des statues.
n.b. J'ai choisi une numérotation différente, débutant avec la Vierge de l'abside, ici en 7.
Cartel affiché dans la chapelle.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
Les quinze statues.
"Ce château bénéficie d'une importante étude réalisée par Monique Chatenet, qui a repéré trois campagnes de travaux : de 1451 à 1454, de 1460 à 1464 et autour de 1493. Cette chapelle présente deux niveaux : une chapelle haute dédiée à saint Vincent et une chapelle basse où se trouve l'ensemble de sculptures formant le programme de la sainte chapelle voulue par Jean Dunois.
La chapelle abrite 15 sculptures (PM28000979 à PM28000994) disposées sur des colonnes surmontées de chapiteaux. Elles sont détachées du mur et posées avec un joint de scellement sur ces chapiteaux. On peut en isoler 3 : les sculptures de sainte Agnès (PM28000993) et de saint François d'Assise (PM28000992) datées autour de 1493, de plus petites dimensions et celle de Jean Dunois (PM28000994), conçue sans doute pour un édifice civil.
La décoration date de la campagne de travaux de 1460-1464. Elle comprenait 12 statues aux chapiteaux décorés d'anges. On note l'inspiration réaliste dans les attitudes et les draperies et le côté idéalisé avec les proportions allongées des corps et les expressions des visages. Les vêtements reçurent une riche polychromie encore bien conservée. L'iconographie reprend la dédicace à la Vierge, datée vers 1400 et à saint Jean-Baptiste. Pour le reste des sculptures, l'iconographie est à rapprocher de l'illustration du livre d'heure de Dunois, conservé au British Museum (Londres), et décoré à Paris vers 1440, à l'exception de sainte Radegonde (PM28000989) qui fait l'objet d'une dévotion locale, comme sainte Madeleine (PM28000986). Cet ensemble présente d'une part une originalité dans le programme iconographique et d'autre part une qualité manifeste de la sculpture. Des rapprochements ont été fait avec l'art de la Bourgogne, la sculpture tourangelle (Val de Loire selon Elisabeth Taburet-Delahaye) et le Brabant (étude de Sophie Guillot de Suduiraut : groupe en rapport daté de 1460)." (POP.culture.gouv.fr)
La chapelle est décorée de douze statues représentant les patrons de la chapelle, la Vierge et saint Jean-Baptiste, et dix saints et saintes choisis par Dunois vers 1460 : saint Jean l'Évangéliste, sainte Madeleine, sainte Catherine d'Alexandrie, sainte Marguerite, sainte Geneviève, sainte Apolline, sainte Barbe, sainte Marie l'Égyptienne, sainte Élisabeth de Hongrie et sainte Radegonde. En 1494 ont été ajoutés les statues de saint François et sainte Agnès, patron de François Ier de Longueville et d'Agnès de Savoie son épouse.
La majorité repose sur des colonnettes engagées aux chapiteaux ornés d'un ange ; elles sont en pierre (calcaire) et comportent des traces de la polychromie primitive.
Ce choix de représenter des saints, et principalement des saintes, est original pour une Sainte-Chapelle, le choix traditionnel se portant vers les apôtres, considérés comme les piliers du Christ, ou des Prophètes, annonçant sa venue. Jean Dunois vouait un culte particulier aux saints et saintes. Les apôtres sont néanmoins présents dans la fresque du Jugement dernier (fin XVe), entourant le Christ Juge.
Une petite statue de la nef représente Jean Dunois en armure.
Il m'a semblé intéressant de comparer ces statues (et la fresque) aux enluminures du Livre d'Heures de Jean Dunois. En effet, on ne retrouve, dans les Suffrages de ce Livre d'Heures, aucun des saints invoqués du folio 259 à 279 (saints Pierre, Paul, André, Jacques, Thomas, Antoine, Christophe, Léonard, Martin, Nicolas, Eustache, Laurent, Georges, Bernard, et Julien — hormis Jean l'évangéliste f. 263v—mais bien les huit saintes et le saint invoqués ensuite (f. 280 à 289). Certes sainte Radegonde et sainte Agnès y font exception, mais ce rapprochement entre les deux corpus est remarquable. Marie d'Harcourt a-t-elle usée de son influence pour faire ces choix de statues de saintes ?
A. L'ABSIDE ET SES QUATRE STATUES.
"Dans l'abside sont placés la Vierge et saint Jean-Baptiste, patrons de Dunois et de Marie d'Harcourt à qui la chapelle était dédiée, ainsi que saint Jean l'Évangéliste, autre patron de Dunois, et la Madeleine, à qui était dédiée l'ancienne chapelle du château, desservie par le clergé de La Madeleine de Châteaudun (1). Or, sur un parement d'autel donné par Dunois à la Sainte-Chapelle figuraient, comme nous l'apprend l'inventaire de 1468, « la crucifixion, saint Jehan-Baptiste et Nostre Dame d'un costé, La Magdalaine et s. Jehan l'Euvangeliste de l'autre costé »." (M. Martin-Demezil)
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
1.La Vierge à l'Enfant. XIVe siècle.
Prof. : 44 cm H : 450 cm; l : 69 cm. La mesure de la hauteur comprend la statue ainsi que le fût de la colonne.
Dans les Heures de Dunois, la Vierge à l'Enfant est représentée au folio 22v assise sur un siège drapé d'étoffe d'or damassé de fleurs cramoisies, en majesté sous un dais tenu par des anges, adorée par Jean Dunois, portant un tabard à ses armes, tandis qu'un ange tient son blason surmonté d'un heaume sommé d'un tortil rouge et blanc drapé des armes de France, timbré d'un cimier en or ressemblant à un fleuron. Jean Dunois porte l'épée au côté gauche, et on peut noter parmi les pièeces d'armure les très longs éperons à molette en or, et les solerets pointus. Le fond est soigneusement peint d'une mosaïque or, azur et rouge.
Elle illustre la prière Obsecro te domina sancta mater dei pieta[te], une supplication à la Vierge lui demandant la grâce d’une bonne mort chrétienne, qui apparait comme prière de dévotions dans les Livres d’Heures depuis le XVème siècle.
Jean de Dunois en prière devant la Vierge, Heures de Dunois folio 22v (détail), Londres, British Library, vers 1440-1450.Heures de Dunois f. 22v détail
Le folio 27v montre, sur le même fond en mosaïque, une scène plus intime d'allaitement de l'Enfant. Elle est assise dans sa chambre sous un ciel de lit vermillon et or, elle est couronnée et nimbée d'or, vêtue d'un manteau bleu doublé d'une soie chatoyante, et vénérée par deux anges musiciens, l'un jouant d'un positif et l'autre d'une viole à archet. Elle illustre la mention O intemerata in eternum benedicta singularis atque..., « Ô toi immaculée » qui sont les premiers mots d'une prière d'indulgence du XIIe siècle, d’origine française, adressée comme la précédente à la Vierge.
Vierge allaitant l'Enfant, Heures de Dunois B.L. Yates Thompson MS3 f. 27v
La statue.
La vierge est couronnée et porte un voile qui dissimule presque entièrement sa chevelure avant que ses extrélmités ne se croisent. Elle est légèrement déhanchée, et son visage est tournée vers la gauche : son regard se dirige vers la tête de l'Enfant mais semble se perdre au loin.
De la main droite, elle écarte le pan gauche de son manteau, ce qui dégage son pied droit qui est avancé.
L'Enfant, presque nu sous le manteau maternel, tient de la main droite le voile de sa mère, et de la main gauche, de façon touchante car très familière, son pouce.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console : un ange faisant de la main gauche le signe de l'Annonciation et tenant en main droite un phylactère.
Il porte une aube rose en étoffe épaisse dont les plis se cassent notamment aux aiselles et aux manches. Ses deux ailes forment presque une mandorle. L'encolure ajustée forme un revers.
Le visage presque lunaire est très fin, avec des sourcils effacés, des yeux en amande et un demi-sourire paisible sur un menton souligné d'une fossette.
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2. Saint Jean-Baptiste portant sa robe en peau de chameau, et désignant de l'index l'Agneau de Dieu.
Aucune enluminure des Heures de Jean Dunois n'est consacrée au seul Saint Jean-Baptiste, mais on le trouve à une place d'honneur face à la Vierge au folio 32v , les mains jointes devant le Christ Juge. On l'identifie à ses cheveux et sa barbe longues et à sa tunique en poil de chameau.
Jean-Baptiste, Heures de Jean Dunois folio 32v du Jugement Dernier
La statue.
Jean-Baptiste porte la barbe et les cheveux non coupés témoin de sa vie d'ascète dans le désert, et la tunique en peau de chameau signalé par Matthieu 3:4 : "Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage." Mais l'artiste, comme c'est presque systématique dans la peinture et la sculpture du XVe siècle, représente une peau de chameau, avec l'animal entier y compris son échine et sa tête. Il le fait même de façon accentuée, en plaçant la gueule béante de l'animal juste devant les yeux du spectateur. Il n'oublie pas non plus la ceinture (même s'il s'agit ici d'une cordelette nouée, et non d'une ceinture de cuir).
Le Baptiste désigne de l'index l'agneau couché sur le livre (à fermoir, mais dépourvu des sceaux) porté sur son bras gauche, en illustration de l'évangile de Jean Jn 1:29 Ecce agnus dei qui tollit peccata mundi.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console : un ange tenant en main droite un phylactère.
La chevelure en tagliatelles emportées sur les côtés par un vent spirituel est propre au XVe siècle, et se retrouve à la même époque en Bretagne sur les sculptures en kersanton des porches et commandes ducales de Jean V. Sur le sommet du crâne, les cheveux sont si plaqués au cuir chevelu qu'on pourrait croire à un bonnet.
Il porte au dessus de sa robe un manteau bleu.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Saint Jean l'évangéliste. Calcaire et traces de polychromie, v.1460-1470
Dimensions normalisées (en cm) : h = 185 ; la= 62 ; pr = 35
Heures de Dunois.
Jean, imberbe bien-sûr et aux cheveux longs et bouclés, en robe lie-de-vin et manteau bleu, bénit la coupe de poison, dont s'échappe un scorpion, et tient la palme du Paradis, qui lui fut remise par la Vierge.
Saint Jean l'évangéliste, Heures de Jean Dunois f. 263v
La statue :
Elle répond au canon iconographique de la bénédiction de la coupe de poison. Il porte à la ceinture soit l'écritoire qui le caractérise souvent comme rédacteur de son évangile, soit plutôt à mon sens un livre de ceinture, dont l'enveloppe est retenue par un bouton. l est pieds-nus, comme tout apôtre.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console: un ange main sur la poitrine et tenant en main gauche un phylactère.
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Dimensions normalisées (en cm) : h = 191 ; la = 64 ; pr = 43
Livre d'Heures de Dunois f.280r : De la magdalene
La sainte est représentée en ermite pénitente du Massif de la Sainte-Baume, vêtue de peau de bête, et élevée aux Cieux depuis sa grotte par quatre anges, au dessus de l'antienne In diebus illis mulier quae erat in civitate peccatrix ut cognovit quod Jesus recubuisset in domo Simonis, "À cette époque, une femme considérée comme pécheresse dans la ville apprit que Jésus logeait chez Simon. Elle apporta au lépreux un vase d'albâtre rempli de parfum. Se tenant derrière lui, aux pieds du Seigneur Jésus, elle se mit à mouiller ses pieds de ses larmes et les essuya avec ses cheveux. Elle les baisa et les oignit de parfum." C'est un cantique inspiré de Luc 7:37-38. Mais l'enlumineur n'a pas représenté le flacon d'onguent, se concentrant sur la pécheresse pénitente et repentie.
Marie-Madeleine, Heures de Jean Dunois f. 280r.
La statue.
Le sculpteur a choisi de représenter la "disciple préférée de Jésus" qui a eu le privilège de la première apparition du Christ dans sa vie Glorieuse, et il a souligné sa beauté et sa féminité, son beau visage, ses cheveux longs dénoués, sa robe au fin décolleté ras-du-cou. Elle est pieds-nus comme les apôtres.
Mais l'artiste a tempéré ce tableau puisque la sainte ne porte ni bijoux ni riche coiffure, et que sa tête est couverte d'un voile ; en outre, son manteau au beau drapé l'enveloppe sans souligner sa poitrine et la finesse de sa taille. Certes ce manteau était jadis peint d'une couleur rouge luxueuse dont il reste des traces.
Elle tient le couvercle du pot de la main droite, et l'entrouvre.
Son regard grave et pensif est abaissé vers le spectateur.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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Dimensions normalisées (en cm) h = 143 ; la = 50 ; pr = 40
Selon la notice Palissy, " Sainte Agnès, tient un livre ouvert de la main gauche et désigne de la main droite l'agneau de Dieu qui est à ses pieds". Si Sainte Agnès est généralement représentée avec un agneau à ses pieds ou dans ses bras, c'est que, bien qu'il n'y ait aucun rapport étymologique entre le grec ἀγνή, agnê, (à l'origine du prénom Agnès) et le latin agnus (agneau), la tradition a très tôt rattaché la sainte au nom agnus par allusion à l'agneau mystique, faisant d'elle la personnification féminine de l'Agnus Dei. De cette étymologie populaire dérive la légende de la sainte dont on a fait un modèle de chasteté et de douceur ».
On remarquera que sa longue chevelure est ceinte d'une couronne, et qu'elle porte le surcot court fourré d'hermines propre aux princesses , sur une robe prune cintrée par une ceinture où est fixé un chapelet. Sa chape bleue est agrafée par une large sangle entre deux fleurons.
Elle tient un livre ouvert dont la reliure en cuir forme un étui, comme les livres de ceinture alors en usage.
Exemple d'enluminure : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105110980/f121.item.r=LATIN%201183
Cette représentation en princesse est loin d'être la règle, et est peut-être déterminée par la commanditaire Agnès de Savoie. On tiendra compte que c'est aussi la sainte patronne d'Agnès Sorel, favorite de Charles VII décédée en 1450, et parangon alors de la beauté, et de l'élégance.
Lettrine d'un antiphonaire, XVe siècle. Strasbourg, cabinet des Estampes et des Dessins, inv. MBA 1553 .Rondel, vers 1490, Metropolitan Museum of Art
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console, en si bon état, est-elle un apport des restaurateurs récents ? Elle illustre le martyre de sainte Agnès à Rome sous Dioclétien : un bourreau s'apprête à la décapiter, mené par le gouverneur, tandis qu'un soldat armé d'une hallebarde est figuré à droite.
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6. Sainte Catherine d'Alexandrie, dans l'oratoire nord.
La sainte est couronnée et porte le surcot court des princesses sous un manteau vermillon doublé d'hermines. Assise sous un dais rouge aux rideaux verts sur un siège de cour, elle tient l'épée de sa décollation et consulte un ouvrage de théologie sur un lutrin octogonal. D'autres ouvrages sont rangés sur des rayonnages, rappellant ses compétences élevées en théologie.
La roue aux lames acérées rappellent quant à elle le premier supplice dont elle échappa miraculeusement.
Le texte de l'antienne renvoie à un cantique des répertoires de l'époque : virgo sancta katherina graeciae gemma urbe alexandrina chosti regis erat filia , "la vierge sainte Katherine, joyau de la ville d'Alexandrie en Grèce, était la fille du roi Chostis. »
https://cantusdatabase.org/chant/547309
Sainte Catherine, Heures de Dunois Yates Thompson MS3 f.281v
La statue.
Sainte Catherine couronnée, en pied, tient de la main droite la palme du martyre et l'épée, et de la main gauche, la roue de son supplice. Ses souliers piétinent le buste de l'empereur portant barbe et couronne, qui s'aggripe encore à son sceptre.
Elle est vêtue du surcot court de princesse, au dessus d'une robe cintrée par une ceinture à maillons, placée haut sous la poitrine. Autant la robe est ajustée à la poitrine, autant elle s'évase ensuite en vastes plis en V, plis accentués par la main droite qui la soulève délicatement. Ses épaules sont couvertes par le manteau, largement ouvert.
Le visage reprend peu ou prou tous les codes de ce corpus, et notamment le front épilé mis à la mode par Agnès Sorel, ou la bouche au rouge alors accentué par un maquillage recherchant le contraste avec la blancheur du teint.
La Vierge de Melun, portrait présumé d'Agnès Sorel
Au revers, seule la chevelure est sculptée.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console.
L'ange aux cheveux bouclés au vent en trois tortillons de chaque côté semble s'être tout juste installé, les ailes encore largement ouvertes ; il place sa main gauche sur la poitrine, l'index seul tendu, comme un servant, et tient de la main droite une plaque rectangulaire qui n'est pas exactement un phylactère. Il porte une aube ou vêtement de chœur dont l'étoffe épaisse fait, comme partout dans ce corpus, des plis profonds.
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7. Sainte Barbe, dans la nef au nord.
Le Livre d'Heures de Jean Dunois De sancta barbara f 289v.
Sainte Barbe est peinte devant les portes d'une église, elle tient en main gauche son principal attribut, la tour où elle fut enfermée et qu'elle fit percer de trois fenêtres par attachement au dogme de la Trinité divine. Elle tient aussi la palme des vierges et martyres. L'antienne est la suivante : Gaude serena barbara virgo patris quam effrena non flexit insania ... "Réjouis-toi Barbara, vierge sereine que la folie paternelle n'a pas brisée", un hymne qu'on retrouve aussi dans un manuscrit de Bruxelles provenant de la chartreuse de Trèves, ou dans un manuscrit viennois.
La robe est resserrée sous la poitrine par une ceinture, puis le ventre est projeté en avant, selon les critères de la mode du temps.
Sainte Barbe, Jean Haincelin, Heures de Dunois f. 289v, B.L Yates Thompson MS3
La statue. Anonyme, v.1460-1470, pierre et traces de polychromie.
Dimensions normalisées (en cm) h = 180 ; la = 55 ; pr = 40
La statue reprend la figuration de l'enluminure, avec les mêmes attributs, la même posture, les mêmes vêtements, mais les cheveux sont réunis en deux coques latérales bouclées contrastant avec le front largement épilé et les cheveux du vertex très étirés et à peine visibles, contenus par un bijou comme sur le portrait d'Agnès Sorel ou au sommet du front de la Vierge du dyptique de Melun.
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En continuant d'observer le côté nord de la nef, il reste deux statues à décrire, celles de sainte Apolline et celle d'Elisabeth de Hongrie.
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8. Sainte Apolline, dans la nef au nord.
Le livre d'Heures de Jean de Dunois f. 284v De sancte appoline.
L'enluminure : Dans une salle d'un château, sous un dais rouge damassé, Apolline, à demi couchée sur un siège de cour, ligotée, subit le supplice de l'arrachage de ses dents des mains d'un bourreau armé d'une paire de tenailles. Un roi très barbu à la coiffure orientale (la scène se passe à Alexandrie) surveille l'exécution de ses ordres. Un dignitaire coiffé d'un bonnet conique exotique à revers de fourrure maintient les épaules de la victime. (on retrouve ces coiffures orientales sur la tête des bourreaux de l'enluminure correspondante des Heures d'Etienne Chevallier peinte par Fouquet.)
L'antienne : Beata apolonia grave tormentum pro dominum sustinuit "la bienheureuse Apolline a enduré de terribles tourments pour le Seigneur".
En voici la suite : " : primo, tyranni extraxerunt dentes ejus cum ma(l)- leis ferréis, et cum esset in illo tormento, oravit ad Dominum Jesum Christum ut quicumque nomen suum (devote) invocaret, malum in dentibus non sentiret. Ora pro nobis beata Apollonia, ut digni efficia mur promissionibus Christi », ": d’abord, les tyrans lui ont arraché les dents à coups de marteau de fer (*), et pendant ce supplice, elle a prié le Seigneur Jésus-Christ afin que quiconque invoquerait son nom avec dévotion ne ressente aucun mal dans ses dents. Priez pour nous, bienheureuse Apollonia, afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ."
(*) marteaux probablement inspirés par l'histoire telle que la rapporte la Légende dorée : « après avoir fait sauter toutes ses dents... », alors que les enlumineurs et sculpteurs représentenet toujours des pinces.
Cette antienne où Apolline est invoquée contre le mal de dents, est la plus fréquemment utilisée , BNF, lat. 1171, f. 89v ; lat. 1163, f. 119v ; lat. 1369, f. 382 ; lat. 1375, f. 153 ; lat. 1384, f. 200 ; lat. 1427, f. 205v ; lat. 9475, f. 64v ; lat. 13275, f. 159 ; lat. 13284, f. 184v ; lat. 13306 ; lat. 18017, f. 151v ; lat. 18026, f. 135 ; lat. 18028, f. 112 ; n. a. lat. 392, f. 161 ; Smith-Lesouef 25, f. 23 ; Smith-Lesouef 36, f. 108v ; Smith-Lesouef 39, f. 103v. Horæ ad usum Romanum, France c.1490-1500 Copenhagen - The Royal Library - Ms. GkS 1612 4°
cf : DOMINGUEZ ( Véronique), 2004, "La scène et l'enluminure. L'Apolline de Jean Fouquet dans le livre d'Heures d'Etienne Chevalier", Romania Année 2004 487-488 pp. 468-505
Sainte Appolline tient de la main droite la palme du martyre et de la main gauche une paire de tenailles. Son front épilé est ceint d'une couronne ornée de roses, et sa chevelure tombe librement sur ses épaules. Elle porte sous un manteau agrafé d'un bijou perlé une robe dont les plis bouillonnent de sa poitrine jusqu'au sol en plis en éventail.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console.
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9. Sainte Élisabeth de Hongrie, au fond de la nef au nord.
Les Heures de Dunois, Jean Haincelin f.286. De sancte elisabeth
Élisabeth de Hongrie est figurée nimbée devant un drap d'honneur damassé de rinceaux, la tête recouverte d'un voile et la gorge couverte d'un guimpe, tenant un livre relié. Elle porte un manteau bleu doublé d'or et une robe gris-bleu. C'est l'antienne qui précise son identité (elle est la fille du roi André II de Hongrie) : Illa regis filia haec comtemptibilia mundi non elegit "La fille de ce roi n'a pas choisi les choses méprisables du monde".
Sainte Elisabeth, Jean Haincelin, Heures de Dunois f. 286v B.L. Yates Thompson 3
La statue. Anonyme, v.1460-1470, pierre et traces de polychromie.
Sainte Elisabeth de Hongrie, voilée et portant la guimpe comme sur l'enluminure, en habit de franciscaine ( ou de clarisse) mais à la robe trop cintrée alors, porte une corbeille de sa main droite tandis qu'elle protège d'un pan de manteau soulevé de sa main gauche, un infirme se soutenant d'une béquille axillaire. Celui-ci est presque nu, ne portant qu'un caleçon et un bonnet laçé sous le menton.Il est amputé de la jambe gauche, à mi-hauteur, car il est appareillée sommairement d'une "béquille de genou".
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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Les statues de la nef du côté sud.
En repartant depuis l'abside vers la nef sud, et sur le contrefort encadrant l'entrée de l'oratoire sud, vient la statue de saint François, correspondant à celle de sainte Agnès au nord.
10. Saint François d'Assise (vers 1493)
a.Le Livre d'Heures de Jean Dunois
Saint François recevant les stigmates f. 288r. De sancto francisco
L'enluminure très fidèle à l'iconographie montre François sur le mont Alverne, tombé à genoux face à l'apparition dans les cieux du Crucifié-séraphin dans une mandorle radieuse. Il en reçoit les stigmates.
Antienne : O Patriarca pauperum, Francisce, tuis precibus auge tuorum numerum in caritate Christi
b.La statue. Anonyme, v.1460-1470, pierre et traces de polychromie.
Saint François d'Assise , en pied, en habit de franciscain montrant ses stigmates.
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La console.
Elle semble décrire l'avènement de Clovis présenté par l'évêque Rémi, et elle conviendrait mieux à la statue de sainte Geneviève.
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11. Sainte Marguerite.
a.Le Livre d'Heures de Jean Dunois f. 282v
De sancte margarite.
Sous l'arcade trilobée d'une pièce d'un château à la fenêtre à meneaux (alors que la scène se passe selon la Légende dans une prison), Marguerite est figurée mains jointes tenant le crucifix grâce auquel elle vient de s'extraire (on dit de "se isser") du dos du dragon qui tourne vers elle sa gueule et ses flammes.
Antienne [antiphona]: Erat autem Margarita annorum quindecim cum ab impio Olimbrio tradebatur in carcere. " Or, Marguerite avait quinze ans au moment où elle était jetée en prison par Olibrius l'impie."
Sainte Marguerite, les mains jointes en prière, issant du dragon ailé qui a encore dans sa gueule l'extrémité de sa robe. La sainte a le même front très épilé et la même coiffure que sainte Barbe, à deux chignons ou "truffeaux" sur les tempes. "Pour porter une telle coiffe, soit les femmes ramenaient leurs cheveux en arrière du front, les nattaient et les emmaillotaient dans une résille (ou crépine), soit les cheveux étaient rasés ou épilés notamment en vue de mettre en valeur un front bombé". On peut hésiter avec la description de coiffure en raquette. Comme pour sainte Barbe, on voit au sommet du crâne ce qui doit être un bijou au centre d'un bandeau soutenant les truffeaux, si bouclés qu'ils ressemblent à des éponges.
Le visage est semblable à ceux des saintes Madeleine, Agnès, Catherine, Apolline, Radegonde, ou Geneviève, et parfaitement conforme au "standard" lancé par Agnès Sorel.
La robe est simple sur le buste, avant de s 'épanouir en épais plis en éventail depuis le pan fixé au poignet droit.
J'ai omis de photographier ce que devient la queue du dragon : est-elle dardée vers le haut ? Ou forme-t-elle un nœud?
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console : une muraille à tourelles d'angle en encorbellement, meurtières, créneaux, et fenêtres jumelées.
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12. Sainte Geneviève.
a.Le Livre d'Heures de Jean Dunois f. 283v
Sainte Geneviève, voilée dans un grand manteau rouge doublé de blanc (hermine?) tient un livre ouvert, et le fameaux cierge du combat de la foi, qu'un ange allume, tandis qu'un démon tente de l'éteindre grâce à un soufflet (en souvenir de la construction de la première basilique de Saint-Denis, dont elle visitait le chantier, de nuit, avec ses compagnons. Alors que le cierge que tient l'un d'eux s'éteint brusquement, elle le prend en main et il se rallume miraculeusement). Elle est représentée sur la pente d'un bois, dont plusieurs troncs sont coupés.
Le texte : De sancte geneuiesue.
Antienne : O felix ancilla dei nos pondere pressos exonera et fessos mordacibus exue culpis etheris ut pateat te supplice janua nobis "Ô bienheureuse servante de Dieu, délivre-nous du fardeau de l'oppression, et libère-nous qui sommes las de la culpabilité lancinante de l'éther, afin que la porte de ta supplication nous soit ouverte. "
h = 195 ; la = 72 ; pr = 42
Sainte Geneviève, le regard grave baissé, tient un livre dans la main droite mais le cierge qu'elle devait tenir en main gauche en même temps qu'un pli de son lord manteau, est absent (brisé?). Le manteau est doublé d'hermines (rendu par des mouchetures noires).
La chevelure est, là encore, plaquée (ou rasée) en région parietale par un bandeau à orfevrerie, avant de se libérer sur les côtés, en couronne, puis en mèches sur les épaules.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console : un ange à la coiffure caractéristique, vêtu d'une cape à fermail en quadrilobe, tient un phylactère des deux mains.
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13. Portrait présumé de Jean Dunois en armure, ou saint Georges. Anonyme, v.1460-1470, pierre et traces de polychromie.
Portrait en pied, présumé de Jean Dunois revêtu de son armure.
h = 108 ; la = 40 ; pr = 23.
"Il est représenté en armure caractéristique du règne de Charles VII et coiffé d'une couronne de lauriers. Il est identifiable par son collier reliquaire, qu'on retrouve aussi sur l'enluminure du Jugement dernier du Livre d'Heures f.32."
Néanmoins, la couronne de lauriers est surprenante pour un chevalier sous Charles VII. La forme rectangulaire du bouclier m'évoque le scutum romain. On la voit mieux sur le moulage réalisé au XIXe :
Moulage de la statue présumée de Jean Dunois. POP.culture.gouv.fr
La statue n'était probablement pas destinée à la chapelle puisque Dunois n'est pas représenté en priant. On ne trouve d'ailleurs aucune mention de cette œuvre avant la fin du XIXe siècle. Elle proviendrait d'un édifice civil.
"Elle est réalisée en calcaire fin, dur et de grande qualité. De nombreux détails viennent notamment décrire l'armure. La polychromie présente sur le visage est travaillée : l'iris est peint en brun, cerclé de noir, et le tour de l'œil est également cerclé de noir. Il reste très peu de polychromie sur l'armure, contrairement aux autres sculptures qui présentent un décor de brocarts appliqués d'une qualité exceptionnelle. Quelques traces de bleu ont été observés sur la couronne et la chevelure. Le visage de Dunois présente une parenté stylistique évidente avec le reste du groupe sculpté : visage juvénile aux grands yeux légèrement globuleux, arcades sourcilières hautes et marquées, chevelure bouclée, silhouette gracile et étirée, même type de polychromie sur le visage, nombreux détails sculptés du costume. Toutefois, les traits sont plus individualisés, soulignant sans doute la volonté de distinguer la figure de Dunois." (Anne Embs 2024)
Quelques arguments plaident pour une statue de saint Georges (cf. folio 274 des Heures) comme le rappelle Sophie Jugie dans le catalogue de l'exposition Les arts sous Charles VII au Musée de Cluny en 2024. "
cf Donatello 1415-1417, où on retrouve la couronne de lauriers.
La statue a été restaurée par Delphine Bienvenut dans son atelier d'Indre-et-Loire avant sa présentation au printemps 2024 au Musée National du Moyen-Âge.
Saint Georges, Heures de Dunois f.274v
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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14. Sainte Radegonde.
La sainte n'est pas invoquée dans les suffrages du Livre d'Heure
Sainte Radegonde en pied porte sous le bras droit un livre et tenait le sceptre (aujourd'hui brisé) de la main gauche.
Vêtue d'une robe plissée par une large ceinture d'étoffe, et d'un manteau très ouvert, elle incline la tête vers la droite .
On retrouve la chevelure plaquée par un bandeau sur le vertex, avant que les mèches bouclées ne se libèrent sur les épaules.
Le visage est très fin, et on est frappé par les yeux effilés sous l'effet de paupières bien marquées.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console :
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15. Marie l'Egyptienne .
a.Le Livre d'Heures de Jean Dunois f.287v De sancte egipcienne.
Marie l'Égyptienne est représentée en ascète "sauvage", comme Marie-Madeleine, vêtue de peau de bête, dans une forêt aux flancs d'une montagne escarpée. Jean Haincelin a peint la scène suivante, tirée de la Légende dorée :
"Sainte Marie l’Égyptienne, qu’on appelle aussi la Pécheresse, mena pendant quarante-sept ans, au désert, une vie de repentir et de privations. Certain abbé, nommé Zosime, qui avait franchi le Jourdain et parcourait le désert, dans l’espoir d’y rencontrer quelque saint ermite, aperçut un jour devant lui une créature bizarre, toute nue, avec un corps tout noir et brûlé du soleil. Cette créature aussitôt s’enfuit, et Zosime se mit à courir à sa poursuite, de toute la force de ses jambes. Alors elle lui dit : « Abbé Zosime, pourquoi me poursuis-tu ? Pardonne-moi de ne pouvoir me retourner vers toi ; mais c’est que je suis une femme et que je suis nue ! Lance-moi ton manteau, afin que, m’en étant couverte, je puisse te regarder sans honte ! »
L'anachorète explique alors à l'abbé qu'elle s'est prostituée jadis à Alexandrie, puis s'est repentie
"Et, pendant que j’adorais pieusement la sainte Croix ; un inconnu me remit trois pièces de monnaie, avec lesquels j’achetai trois pains. Et j’entendis une voix qui me disait : « Traverse le Jourdain, et tu seras sauvée ! »
Je traversai donc le Jourdain et vins dans ce désert, où, depuis quarante-six ans, je demeure sans avoir jamais vu figure humaine, vivant des trois pains que j’ai emportés avec moi ; et qui, devenus maintenant durs comme des pierres, suffisent encore à ma nourriture. Quant à mes vêtements, depuis longtemps déjà ils sont tombés en morceaux."
Le texte de l'antienne se retrouve, comme les précédents, dans les antiphonaires (ou dans un bréviaire à l'usage de Paris de 1290-1310 BnF lat 15181 f. 477) : In procellis huius naufragii nobis esto portus refugii atque tua festa colentibus tuis sanctis succurre precibus et meritis maria, "Dans les tempêtes de ce naufrage, sois pour nous un havre de refuge, et un secours aux mers par tes saintes prières et tes mérites,et par tes saintes fêtes, et par tes saints mérites".
Faut-il en déduire qu'elle était invoquée contre les naufrages et les risques des traversées? La Légende décrit comment Zosime, plus tard, lui donne rendez-vous sur la rive opposée du Jourdain pour lui donner la communion et comment Marie l'Égyptienne traverse le fleuve en marchant sur les eaux.
Marie l'Égyptienne, Heures de Dunois f. 287v; BL. Yates Thompson MS.3
Dimensions normalisées (en cm) h = 171 , la = 60 ; pr = 41
Marie l'Égyptienne a le corps entièrement recouvert d'une toison bouclée qui se confond avec sa longue chevelure ; elle tient entre ses mains, contre la poitrine, trois petits pains. Ses pieds sont posés sur un lion, en allusion à ce passage de la Légende dorée :
« Zosime, ensevelis mon corps, rends mes cendres à la terre, et prie pour moi le Seigneur, sur l’ordre de qui j’ai enfin été délivrée de ce monde, le second jour d’avril ! » Ainsi le vieillard découvrit qu’elle était morte presque aussitôt après avoir reçu la sainte communion. Et comme il s’épuisait à creuser une fosse, il vit un lion, qui, doucement, s’approchait de lui. Et il lui dit : « Cette sainte femme m’a ordonné d’ensevelir son corps ; mais, vieux comme je le suis, et n’ayant point de bêche, je ne parviens pas à creuser la fosse. Toi donc, mon ami, creuse une fosse, afin que nous puissions ensevelir le corps vénéré de Marie l’Égyptienne ! » Et aussitôt le lion se mit à creuser une grande fosse, après quoi il s’en alla, doux comme un agneau ; et le vieillard s’en retourna vers son monastère en glorifiant Dieu."
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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LA FRESQUE DU JUGEMENT DERNIER.
Le Christ Juge trône encadré de la Vierge et de saint Jean-Baptiste. Dans la partie droite, les morts sortent de leurs tombeaux : les anges aident les élus à gagner le paradis tandis que l'archange saint Michel livre les damnés aux démons de l'Enfer.
a. Le Livre d'Heures f. 32v
le Jugement dernier, Heures de Dunois f 32v, B.L, Yates Thompson MS3
le Jugement dernier, Heures de Dunois f 32v (détail), B.L, Yates Thompson MS3
le Jugement dernier, Heures de Dunois f 32v (détail), B.L, Yates Thompson MS3
voir aussi
1°) f. 201v : Office des Morts.
Heures de Jean de Dunois, f 201v, Office des morts.
Des anges et un démon se disputant une âme : un cadavre gisant dans une tombe ouverte, avec un parchemin indiquant « Circumdederunt me dolores mortis et pericula inferni invenerunt me ». Sperantem in domino misericordia circumdabit'; à droite, un démon sortant de la terre et s'emparant de l'âme sortant du cadavre, avec un parchemin indiquant « Lubricus fuit » ; deux anges au-dessus avec des parchemins indiquant « Penituit et elemosinam dedit » et « Sinite illam : iustum et impium iudicabit dominus » ; une cérémonie funéraire, à la frontière.
2°) f. 211r : Heures des Morts.
Un prêtre administrant le sacrement de l'extrême-onction, Heures des morts, Heures de Jean de Dunois f. 211r
L'Office des Morts, avec , dans la bordure.
b. La peinture murale (après 1493).
"Le Jugement dernier est placé sur le mur sud de l'oratoire, c'est-à-dire dans une partie construite dès 1461-1464. Mais l'extrémité gauche de la peinture, comportant le groupe des Élus, est placée sur l'ébrasement de la fenêtre du mur est. Aussi conclurait -on volontiers que la peinture ne saurait être antérieure à 1493 ; elle s'inscrit bien dans la période d'aménagement de l'oratoire par Agnès de Savoie. Mais elle a été extrêmement retouchée au xixe siècle, et les repeints sont si nombreux qu'il est difficile de dire ce qui est authentique, et seule une restauration permettrait peut-être de dégager des conclusions. Cependant, il semble douteux que le groupe des Élus soit une pure création de Steinheil. Dans un article récent,( "Paoul Grymbault, éminent peintre français du XVe siècle", dans Revue de l'art, t. VIII, 1970, p. 17 sq) M. Charles Sterling a daté le Jugement dernier des années 1468-1469 et l'a attribué à Paoul Grymbault. Le compte des dettes de Dunois mentionne en effet : « A Me Paoul Grymbault, maistre escolle de Partenay, pour avoir paint plusieurs choses en la chappelle du chastel de Chasteaudun du vivant de feu mondit seigneur, la some de XXVII 1. X s. Et pour achapter des couleurs CX s. t. Et pour son logeiz durant ung an VIII 1. VI s. t., qui est en tout quarante une livre V s. t., comme appert par quictance cy rendue. Pour ce ... XLI 1. V s.. » Ce texte conduit à plusieurs constatations. Tout d'abord, si l'on sait que Paul Grymbault a travaillé à la chapelle du vivant de Dunois, on ne peut préciser la date, car, comme nous l'avons dit, le compte dont provient cette mention n'est pas daté et certaines dettes remontent à 1432. D'autre part, la somme de XXVII livres X sols tournois, même si on ajoute les CX sols tournois du prix des couleurs, est extrêmement modeste. Le seul autre texte connu concernant Grymbault provient du compte des obsèques de Dunois ; il permet une comparaison : « A maistre Pol Goybault pour II«X excussons de papier, aux armes de feu mondit seigneur, par luy faitz a Chasteaudun, c'est assavoir LXX de deux fueilletz a XV d. chascun"(Martin-Demezil)
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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Les vitraux.
On ne peut admirer que le remplage, car les verrières ont disparu.
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Les croisées d'ogive et leurs blasons.
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console : un ange présente les armes d'Agnès de Savoie.
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LA CHAPELLE HAUTE ET SA CHARPENTE SCULPTÉE.
Les trois entraits de la charpente en lambris de châtaignier sont sculptés sur les côtés d'anges "volants" émanant de nuées, et au centre de l'Agneau de Dieu, dans un cartouche soutenu par un ange, en hommage à saint Jean-Baptiste. Des masques ornent la sablière à la retombée des nervures.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle haute. Cliché lavieb-aile 2025.
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Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle haute. Cliché lavieb-aile 2025.
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Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle haute. Cliché lavieb-aile 2025.
SOURCES ET LIENS.
—BOISSIEU A.-B. (de), 1901, "Les statues de la Sainte Chapelle du château de Châteaudun, d'après un ouvrage récent", in Bull. de la Société Dunois, t. X, 1901-1904, p.393-404, planches photographiques
— BORD (Pauline), 2019, . Jean Bâtard d’Orléans (1402-1468) : étude d’un bâtard princier dans le royaume de France au XV siècle. Histoire. Université de Lille, 2019. Français. ffNNT : 2019LILUH034ff. fftel02509038f
— EMBS (Anne), 2024, "statue présumée de Jean Dunois", Les arts sous Charles VII, Dossiers de l'art n°316, mars 2024
—HABLOT (Laurent),2016 , « L'héraldique au service de l'histoire. Les armoiries des bâtards à la fin du Moyen Âge, études de cas », dans Carole Avignon (dir.), Bâtards et bâtardises dans l'Europe médiévale et moderne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2016, 560 p.
https://books.openedition.org/pur/44762?lang=fr
—GUILLOT DE SUDUIRAUT (Sophie), 2014, Quelques réflexions sur la polychromie des sculptures en France dans la seconde moitié du xve et au xvie siècle
https://journals.openedition.org/techne/12451
—GUILLOUET (Jean-Marie), 2003, La sculpture du Val de Loire au XVe siècle : une école introuvable ?. 303 : arts, recherches et créations, 2003, 75, pp.250-259. ffhalshs-00564926
https://shs.hal.science/halshs-00564926/document
"Plus en amont dans la Loire moyenne, l’ensemble monumental de la Sainte-Chapelle de Châteaudun, réalisé pour Jean, bâtard d’Orléans, comte de Dunois et de Longueville, vers 1460-1464 selon Monique Châtenet (*), s’intègre assez mal à cette vision d’un art ligérien caractérisé par la douceur des formes et le calme des drapés. Cette statuaire a été récemment comparé à la sculpture du Brabant septentrional ou de la région d’Utrecht et, notamment, à une Vierge à l’Enfant en chêne, possiblement de Jan Nude et conservée au musée du Louvre (**). Ce rapprochement n’emporte cependant pas l’adhésion en dépit de certaines similitudes dans le traitement des visages et l’élongation du canon. Quoi qu’il en soit de leurs sources d’inspiration, les saints de Châteaudun ne paraissent pas devoir s’inscrire parfaitement dans le paysage stylistique de cet art du Val de Loire. Ils témoignent bien néanmoins du recentrage de la commande artistique le long du cours du fleuve au XVe siècle. La célèbre tête dite de saint Maurice du Musée Historique d’Orléans (provenant de l’église Saint-Eloi-saint-Maurice) constitue un autre jalon possible de cette production orléanaise mais reste difficilement analysable en raison de son état très fragmentaire."
(*) Monique Chatenet, Le château de Châteaudun, Paris, 1999, pp. 15-19. 26.
(**)Sophie Guillot de Suduiraut (« Les sculptures de l’ancienne abbaye de Ferrière-en-Gâtinais », dans Michel Colombe et son temps, Jean-René Gaborit (dir.), actes du 124e congrès des sociétés historiques et scientifiques, section Histoire de l’art et archéologie, tenu à Nantes du 19 au 26 avril 1999, Paris, éd. CTHS, 2001, pp. 73-90 ; p. 87.
Sur Jan Nude, voir W. Halsema-Kubes, G. Lemens, G. de Werd, Adriaen Van Wessel. Een utrechtse beeldhouwer uit de late middeleeuwen, exposition du Rijksmuseum d’Amsterdam (20 déc. 1980-15 mars 1981), Amsterdam, 1981, pp. 22-23.
Voir également les rapprochements établis dans ce sens par Andrea Scheiding (Les statues de la Sainte-Chapelle de Châteaudun, mémoire de maîtrise, université Paris-IV (dir. Anne Prache), octobre 1987, pp. 89-96).
— MARTIN-DEMEZIL (Monique), « La Sainte-Chapelle du château de Châteaudun », dans Bulletin Monumental, 1972, 130, II, pp. 120-125 ;
" Les statues sont sans aucun doute l'œuvre d'un même atelier. On peut cependant distinguer plusieurs mains. La Vierge et saint Jean-Baptiste, dues probablement au chef d'atelier, sont d'une qualité raffinée, mais d'un style encore proche du XIVe siècle. Cinq autres statues : Barbe, Marguerite, Apolline, Geneviève et Marie-Madeleine se distinguent par des vêtements aux plis tumultueux; ceux de sainte Barbe sont le mieux traités; les autres sont plus secs (Apolline). Deux autres statues, Catherine et Radegonde, ont des draperies très différentes au plissé beaucoup plus simple. Enfin, Elisabeth et Jean l'Évangliste, statues-appliques, très plates, présentent un drapé extrêmement fruste."[...]
"Les autres statues, exception faite du portrait de Dunois, forment un groupe homogène. Elles reposent sur des colonnettes engagées aux chapiteaux sculptés de figures d'anges. L'architecture environnante ne peut donner une datation précise : certes, les colonnettes ne sont pas en liaison avec les murs de la nef et les bandeaux moulurés ont été bûches pour laisser place aux statues, mais cela ne signifie pas pour autant que celles-ci soient postérieures à la seconde campagne : il était plus simple, même si elles existaient déjà, de les disposer seulement après l'achèvement du gros œuvre. On remarquera d'ailleurs qu'il y a douze statues et que la chapelle primitive avait douze retombées d'ogives, alors que la disposition actuelle est très irrégulière. D'autre part, l'iconographie montre que ces œuvres ont été au moins commandées par Dunois. Dans l'abside sont placés la Vierge et saint Jean-Baptiste, patrons de Dunois et de Marie d'Harcourt à qui la chapelle était dédiée, ainsi que saint Jean l'Évangéliste, autre patron de Dunois, et la Madeleine, à qui était dédiée l'ancienne chapelle du château, desservie par le clergé de La Madeleine de Châteaudun (1). Or, sur un parement d'autel donné par Dunois à la Sainte-Chapelle figuraient, comme nous l'apprend l'inventaire de 1468, « la crucifixion, saint Jehan-Baptiste et Nostre Dame d'un costé, La Magdalaine et s. Jehan l'Euvangeliste de l'autre costé ». Une telle analogie des thèmes iconographiques ne peut être le fait du hasard. Les autres statues sont placées dans le chœur, la nef et les chapelles latérales. Elles représentent huit saintes : Marguerite, Catherine d'Alexandrie, Barbe, Geneviève, Elisabeth de Hongrie, Radegonde, Apolline et Marie l'Égyptienne. Ce choix est très curieux pour une Sainte-Chapelle, où figurent traditionnellement apôtres ou prophètes ; aussi est-il significatif de voir figurer les mêmes saintes dans le livre d'Heures de Dunois conservé au British Museum. Ces saintes faisaient donc l'objet de dévotions personnelles du bâtard, auxquelles Dunois semble attacher plus d'attention qu'à l'évocation des personnages des Écritures. La piété sincère de Dunois, qui se manifesta en d'autres occasions, comme son vœu à Notre-Dame de Cléry ou sa dévotion aux reliques de la Vraie Croix, s'embarrassait peu des usages ; les péripéties de la fondation de la Sainte-Chapelle sont, elles aussi, très expressives de ce trait de caractère. En effet, au lieu de fonder une collégiale comme il était de coutume pour les Saintes-Chapelles, Dunois voulut établir, pour le service de sa chapelle castrale, un prieuré dépendant de Saint-Victor de Paris ; cela sans doute parce qu'il avait eu pour précepteurs des religieux de cette abbaye. La décision fut prise dans le testament de 1463 : « Veullent et ordonnent que pour faire le divin service en ladite chapelle, c'est assavoir pour dire toutes les heures ordonnées par l'eglize et chanter deux grans messes par chacun jour dont la première sera de Nostre-Dame et l'autre du jour, y ait un prieur, quatre prestres et quatre cueriaux de l'ordre de Saint- Augustin, de regle et habit comme sont les religieux de Saint- Victor de Paris. »
— Heures de Jean Dunois, Paris 1436-1450, manuscrit éponyme du Maître de Dunois (connu comme le principal collaborateur du Maître de Bedford et identifié comme Jean Haincelin, fils probable de Haincelin de Haguenau). British Library Yates Thompson MS 3.
La décision de construire une clôture de choeur monumentale en pierres est prise dans la première décennie du 16e siècle. La maîtrise d'oeuvre est confiée au maçon Jehan de Beauce, qui a dirigé la reconstruction du clocher nord, achevée en août précédent. Les travaux débutent en 1514, la maçonnerie générale élevée d'ouest en est à partir de la croisée encercle les deux côtés du choeur qui est entièrement clos en 1529. L'ornementation du soubassement et de la claire-voie, de style gothique d'abord puis Renaissance, sculptée parallèlement, est terminée en 1529.
Le Tour de chœur de la cathédrale de Chartres se développe environ sur 100 mètres de longueur et six mètres de hauteur. C'est une véritable muraille de pierre sculptée qui se dresse à plus de six mètres de hauteur en s'adossant aux piles et colonnes de l'édifice en enserrant la totalité du choeur qui n'est accessible que par la croisée du transept et les deux portes latérales ouvrant sur le déambulatoire. Rytmée par les travées, sa lecture architecturale verticale et horizontale s'effectue traditionnellement du sud au nord en suivant l'ordre narratif des 40 grandes scènes religieuses des niches.
On lui décrit de haut en bas un étage supérieur ou dais, une galerie de niches consacrées à la Vie de la Vierge et de Jésus, une ancienne claire-voie aujourd'hui vitrée ornée dès la 3eme tracée d'un répertoire luxuriant d'ornements décoratifs Renaissance (vers 1525), et d'un soubassement formant mur de soutènement habillé de faux fenestrages et de médaillons.
Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Le soubassement
il s'orne de 36 bas-reliefs débutant à la 5ème travée, au sud, par la levée du siège de Chartres en 911 et qui se poursuit jusqu'au rond-point axial par des scènes de l'Ancien Testament, certainement choisies avec soins par les chanoines pour leur portée théologique, alors que les cinq travées nord sont illustrées par des scènes antiques débutant par les travaux d'Hercule, ou des scènes mythologiques — petits tableaux mettant en scène Vénus, Mars, putti et faunes —, avant de s'achever à la treizième travée par des profils d'empereurs de l'ancienne Rome inspirés de médailles antiques. La douzième travée montre le buste d'un homme en médaillon identifié comme le roi Louis XII, sous le règne duquel les travaux de la clôture ont débuté.
Un ensemble de 24 médaillons inscrits dans un losange, lui même inscrit dans un carré dont les écoinçons sont ornés d'angelots ou de personnages s'associe à 11 médaillons directement inscrits dans un carré et d'un bas-relief, à la douzième travée, en partie dissimulé par un jambage de chambranle.
Les carrés dans lesquels s'inscrivent les médaillons mesurent 70 cm de haut sur 70 cm de large .
Je n'ai pas trouvé en ligne la description détaillée des 36 médaillons, ce qui justifier cet article.
0. La chemise de la Vierge présentée dans un écusson par un angelot. quatrième travée sud,
On sait que la cathédrale de Chartres s'enorgueillit de posséder en relique le voile de la Vierge de Chartres, connu autrefois sous le nom de « chemise » ou sancta Camisia qui aurait été envoyée de Byzance par l'empereur d'Orient à Charlemagne et qui, selon la tradition, est le voile que portait Marie lors de l'Annonciation. Cette relique majeure de la cathédrale était devenue l'insigne unique du chapitre au début du XVIe siècle.
Elle est sculptée en médaillon sur le soubassement, mais on la voit aussi représentée sur les pilastres de la claire-voie.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La cinquième travée sud
première section
deuxième section
gauche
droit
gauche
droit
Levée du
siège de Chartres
en 911
David et
Goliath
Daniel dans la
fosse aux lions
1. La Levée du siège de Chartres en 911. Cinquième travée sud, soubassement de la première section, médaillon gauche
On y voit Rollon, roi des Normands, lever le siège mis devant Chartres en 911, grâce à l'ostension de la relique de la Sainte-Chemise sur les remparts de la ville par l'évêque Guillaume.
Les écoinçons montrent un possible roi tenant une bourse et la poignée d'un sceptre ou d'une épée, et un possible pape tenant un ruban ou phylactère.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
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Les écoinçons.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
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2.David et Goliath, cinquième travée sud, soubassement de la première section, médaillon droit.
Le médaillon, qui illustre le premier Livre de Samuel :17, relate la victoire de David, armé de sa fronde, sur le géant Goliath armé de sa massue. Dans une seconde scène en arrière-plan, David brandit la tête de Goliath sous le regard de Saül accoudé à la fenêtre de la muraille.
Deux écoinçons inférieurs montrent des personnages coiffés de cagoules (des fous, comme le suggèreraient les petites oreilles de la cagoule ?) et tenant un phylactère.
Jean Beuvier indique que le motif de David vainqueur de Goliath apparaît notamment dans le décor du cloître Saint-Martin à Tours (ca. 1508-1519).
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
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3. Une bataille, troupe de cavaliers, cinquième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche.
Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Daniel dans la fosse aux lions. Cinquième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.
Il illustre le passage du Livre de Daniel 14, 31-39. Daniel est debout dans la fosse, tandis que le prophète Habacuc, tenu par les cheveux par l'archange Michel lui donne à manger. Au-dessus de la fosse, le roi de Babylone, Evilmérodac, appuyant sa tête sur sa main droite se lamente sur le sort de Daniel. Au fond, l'ange du Seigneur rejoint Habacuc qui porte le repas des moissonneurs.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
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La sixième travée sud.
première section
deuxième section
gauche
droit
gauche
droit
le Pharaon ordonne
de tuer les garçons
Hébreux nouveau-nés
Moïse exposé sur le Nil
et sauvé des eaux
Massacre des
Hébreux nouveau-nés
Moïse et le
Buisson ardent
Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
5. Pharaon ordonne la massacre des Hébreux nouveaux-nés, sixième travée sud, soubassement de la première section, médaillon gauche.
Source littéraire : Bible, Livre de l'Exode 1, 22. ": Alors Pharaon donna cet ordre à tout son peuple: Vous jetterez dans le fleuve tout garçon qui naîtra, et vous laisserez vivre toutes les filles". Pharaon lève le bras droit en un geste oratoire et de commandement, un homme agenouillé demande grâce pour les enfants, un héraut sonne de la trompette et tient l'édit de proscription. Thermutis, la fille de Pharaon, se tient près du trône portant un petit animal (chien ?). C'est elle qui (selon Eusèbe de Césarée), recuillit l'enfant du médaillon suivant et le nomma "Moïse".
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Pilastre entre les deux médaillons.
On y voit des putti, dont l'un joue du traverso, l'Allégorie de l'Occasion dans le médaillon central entre un crâne et un livre, et un enfant , et une sphinge au dessus d'un candélabre.
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6. Moïse exposé sur le Nil et sauvé des eaux, sixième travée sud, soubassement de la première section, médaillon droit.
Le récit est réparti dans deux registres du bas-relief. Il illustre la Bible, Exode 2:1-10
En bas, au premier plan:
"Un homme de la maison de Lévi avait pris pour femme une fille de Lévi. Cette femme devint enceinte et enfanta un fils. Elle vit qu'il était beau, et elle le cacha pendant trois mois. Ne pouvant plus le cacher, elle prit une caisse de jonc, qu'elle enduisit de bitume et de poix; elle y mit l'enfant, et le déposa parmi les roseaux, sur le bord du fleuve. La soeur de l'enfant se tint à quelque distance, pour savoir ce qui lui arriverait."
En haut, sous les murailles de la capitale :
"La fille de Pharaon descendit au fleuve pour se baigner, et ses compagnes se promenèrent le long du fleuve. Elle aperçut la caisse au milieu des roseaux, et elle envoya sa servante pour la prendre. Elle l'ouvrit, et vit l'enfant: c'était un petit garçon qui pleurait. Elle en eut pitié, et elle dit: C'est un enfant des Hébreux! Alors la soeur de l'enfant dit à la fille de Pharaon: Veux-tu que j'aille te chercher une nourrice parmi les femmes des Hébreux, pour allaiter cet enfant?"
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Deuxième section.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
7. Massacre des Innocents ordonnés par Hérode, sixième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche.
Cet épisode des Évangiles est mis en parallèle dans une démarche typologique, avec le massacre des nouveaux-nés Hébreux . Dans le premier cas, les enfants de Palestine sont tués par l'épée, dans le deuxième le Pharaon ordonne qu'ils soient noyés.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
8. Moïse et le Buisson ardent, sixième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.
Source littéraire : Bible, Livre de l'Exode 3. Moïse agenouillé et déchaussé face au Buisson ardent. Au second plan, Yahvé remet à Moïse les Tables de la Loi.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La septième travée sud
première section
deuxième section
gauche
droit
gauche
droit
Gédéon fait une offrande à Yahvé
David rencontre Abigaïl ?
Gédéon et la toison sèche
Samson tuant les Philistins à l'aide d'une mâchoire d'âne
Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
9. Gédéon apporte l'offrande à Yahvé, septième travée sud, soubassement de la première section, médaillon gauche
Source littéraire : Bible, Livre des Juges 6, 17-19. Gédéon apporte son sacrifice à Yahvé. Un assistant tient un flambeau allumé et la corbeille contenant la viande de chevreau. Gédéon tend les trois pains sans levain à Yahvé qui a déjà reçu le pot de jus de viande. Derrière, un temple a sa porte entrouverte. Gédéon est accompagné d'un soldat encore à cheval.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
10. David rencontre Abigaïl montée sur un âne? [ou Balaam ?] Septième travée sud, soubassement de la première section, médaillon droit
Source littéraire : Bible, Premier Livre de Samuel 25, 20 (?).
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
11. Gédéon et le miracle de la toison sèche puis humide, septième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche.
« Gédéon dit à Dieu : Si tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l’as dit, voici, je vais mettre une toison de laine dans l’aire ; si la toison seule se couvre de rosée et que tout le terrain reste sec, je connaîtrai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l’as dit. Et il arriva ainsi. Le jour suivant, il se leva de bon matin, pressa la toison, et en fit sortir la rosée, qui donna de l’eau plein une coupe. Gédéon dit à Dieu : Que ta colère ne s’enflamme point contre moi, et je ne parlerai plus que cette fois : Je voudrais seulement faire encore une épreuve avec la toison : que la toison seule reste sèche, et que tout le terrain se couvre de rosée. Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. La toison seule resta sèche, et tout le terrain se couvrit de rosée. » (Juges, 6, 36-40)
Gédéon porte une armure Renaissance. La toison est visible sur le flanc de la colline représentée en haut à droite. À gauche, le cheval de Gédéon, et au sommet Yahvé dans ses nuées.
Cette scène, très illustrée, figure notamment dans la Biblia pauperum , ouvrage où chaque scène de l'Ancien Testament est mise en parallèle avec le Nouveau Testament. Dans le cas du miracle de la Rosée, ce signe envoyé à Gédéon est mis en parallèle avec l'Annonciation.
On aimerait alors que les commanditaires aient placé les scènes bibliques des médaillons sous les épisodes de l'Évangile correspondant, tels qu'ils apparaissent dans les niches de la galerie. Mais cela n'est pas le cas.
Source littéraire : Bible, Livre des Juges 15, 9-16.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La huitième travée sud
première section
deuxième section
gauche
droit
gauche
droit
Samson capturé par les Philistins
sacrifice d'Abraham
Samson enlève les portes de Gaza
Jonas et la baleine
13. Samson capturé par les Philistins suite à la trahison de Dalila,huitième travée sud, soubassement de la première section, médaillon gauche.
Source littéraire : Bible, Livre des Juges 16, 20-21.
Samson tenait sa force redoutable de la vigueur de sa chevelure ; il eut le tort de confier ce secret à Dalila, qui le trahit. On voit sur le bas-relief que Samson, allongé, les yeux crevés, a la tête rasée.
"Après ces événements, il s’éprit d’une femme de la vallée de Soreq, nommée Dalila.Les princes des Philistins vinrent la trouver et lui dirent : « Séduis Samson : vois en quoi réside sa grande force et comment on peut triompher de lui. Alors nous le ligoterons pour le maîtriser, et nous te donnerons chacun onze cents pièces d’argent. [...]Dalila dit alors à Samson : « Tu t’es moqué de moi ; tu as menti. Révèle-moi maintenant comment tu devrais être ligoté. » Il lui répondit : « Si on me liait avec des cordes neuves et non travaillées, je perdrais ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. » Dalila le lia avec des cordes neuves, puis elle lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Des hommes étaient embusqués dans sa chambre ; mais il rompit les cordes qui lui enserraient les bras comme si c’était du fil. Dalila dit encore à Samson : « Jusqu’ici, tu t’es moqué de moi, et tu m’as menti. Révèle-moi comment tu devrais être ligoté ! » Samson lui dit : « Si tu tissais les sept tresses de ma chevelure avec la chaîne d’un tissu, et si tu les resserrais avec un peigne de tisserand, alors je perdrais ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. » Elle le laissa s’endormir, tissa les tresses de sa chevelure avec la chaîne, les resserra avec le peigne, puis elle lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Samson s’éveilla, et il arracha le peigne, la navette et la chaîne. Dalila lui dit alors : « Comment peux-tu me dire : “Je t’aime”, alors que tu ne m’ouvres pas ton cœur ! Voici trois fois que tu te joues de moi. Tu ne m’as pas révélé d’où vient ta grande force ! » Tous les jours, elle le harcelait, répétant les mêmes paroles. Samson, excédé à en mourir, lui ouvrit tout son cœur. Il lui dit : « Le rasoir n’a jamais passé sur ma tête, car je suis voué à Dieu depuis le sein de ma mère. Si j’étais rasé, je perdrais toute ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. » Dalila vit qu’il lui avait ouvert tout son cœur, et elle fit appeler les princes des Philistins en leur disant : « Venez, car cette fois, il m’a ouvert tout son cœur. » Les princes des Philistins se rendirent chez elle, avec l’argent en main. Elle le laissa s’endormir sur ses genoux, et elle fit appel à un homme qui rasa les sept tresses de sa chevelure. Alors, il commença à faiblir, et sa vigueur l’abandonna. Dalila lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Il s’éveilla et dit : « J’en sortirai comme les autres fois et je me dégagerai. » Mais il ne savait pas que le Seigneur s’était éloigné de lui. Les Philistins le saisirent et lui crevèrent les yeux ; ils l’emmenèrent à Gaza et le lièrent avec une double chaîne de bronze. Samson tournait une meule dans sa prison."
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
14. Le sacrifice d'Isaac par Abraham, huitième travée sud, soubassement de la première section, médaillon de droite.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
15.Samson enlève les portes de Gaza, huitième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche
L'épisode précède celui du médaillon n° 13. Source : Juges 16 :1-3
"Puis Samson se rendit à Gaza ; il y vit une prostituée et il entra chez elle.
On fit savoir aux gens de Gaza : Samson est venu ici. Ils firent des rondes et le guettèrent toute la nuit à la porte de la ville. Toute la nuit ils se tinrent tranquilles. Attendons, disaient-ils, jusqu'au point du jour, et nous le tuerons.
Mais Samson resta couché jusqu'au milieu de la nuit et, au milieu de la nuit, se levant, il saisit les battants de la porte de la ville, ainsi que les deux montants, il les arracha avec la barre et, les chargeant sur ses épaules, il les porta jusqu'au sommet de la montagne qui est en face d'Hébron."
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16 . Jonas dans la gueule de la baleine, huitième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.
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La neuvième travée sud
première section
deuxième section
gauche
droit
gauche
droit
Hercule enfant ?
Hercule ?
Hercule
arbre
déraciné
fontaine
Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
17. Quatre enfants parmi des arbres, neuvième travée nord, soubassement de la première section, médaillon gauche.
Deux enfants nus au premier plan pourraient être jumeaux, leur nudité est voilée par une bande d'étoffe. Ne s'agit-il pas de fillettes? L'une tient un miroir, l'autre une chaîne où est suspendu un cartouche avcec la date de 1528.
Au dessus d'elles, un troisième enfant est entièrement nu, il tient un poignard.
Enfin, en arrière-plan, un quatrième enfant tient un voile.
Dans les écoinçons, deux homme couronnés de laurier, de profil, à l'antique, et deux femmes en buste, au visage acariâtre .
Scène mythologique ?
Sur le pilastre, un décor Renaissance avec un carquois suspendu à un ruban, un visage d'enfant joufflu dans un médaillon, et deux vases à couvercles, suspendus aussi à des rubans.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
18. Hercule enfant ? neuvième travée nord, soubassement de la première section, médaillon de droite.
Un enfant portant un pagne et ceint d'une épée, ar)thlétique et de grande taille, tient une fronde, accoudé à une console au bas-relief sculpté d'un carquois.
À ses pieds, à droite, une tête d'un homme barbu, et à gauche, un corps nu décapité dont un deuxième enfant soulèle le bras gauche. Et en arrière-plan un château.
Une scène de meurtre mythologique, mais de qui?
Les écoinçons supérieurs poretnt les profils de belles femmes, et les écoinçons inférieurs deux bustes, celui d'un enfant tenant une fleur et celui d'un homme pointant vers lui un poignard.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
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19. Combat entre un cavalier, et un homme armé d'un arbre déraciné, neuvième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche.
Au sol, un bouclier, et le corps d'un homme décapité.
Dans les écoinçons, quatre jeunes hommes et femmes, en buste, les cheveux au vent.
Sur le pilastre, un médaillon d'un homme barbu, et des piques et flambeaux entrecroisés.
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20. Un couple nu autour d'une fontaine, neuvième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon de droite.
La fontaine a un bassin carré et deux étages circulaires. À gauche, une femme nue, de face, lève la main vers un arbre, tandis que son compagnon, à droite, est endormi. Dans le lointain, un château.
Les écoinçons montrent quatre femmes en buste, cheveux au vent ; celle du bas à gauche pointe vers sa poitrine un poignard, telle Lucrèce.
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LE CÔTÉ NORD, APRÈS LE ROND-POINT CENTRAL.
La dixième travée nord
première section
deuxième section
gauche
droit
gauche
droit
Allégorie de l'Occasion
Hercule terrassant Anté
cavalier terrassant
un dragon
la Mort sur un cheval
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21. Allégorie de l'Occasion, dixième travée nord, soubassement de la première section, médaillon gauche.
La femme assise sur une cuirasse et un bouclier et presque adossée à un arbre, a la poitrine nue mais est entourée par un grand voile qui reunit son épaule et son bassin. Elle tient un objet oblong que je ne définis pas (une conque marine? Une pièce d'armure?).
Au sommet de l'arbre se discerne un aigle.
Dans les écoinçons, quatre angelots.
Jean Beuvier en trouve le modèle dans une médaille réalisée par Giovanni Pomedelli et conservée au NGA de Washington. Sur cette médaille, Fortune (selon NGA) a le pied sur un crâne et présente une bride, ou mors.
Fortune Seated on a Rock [reverse] probably 1511/1517 Giovanni Maria Pomedelli, NGA , inv 1957.14.775.b
Mais ce qui distingue l'Occasion (Kairos), et qui se remarque sur cette médaille, c'est qu'elle est chauve à l'arrière de sa tête : on ne peut la saisir que par devant, lorsqu'elle est passée, c'est trop tard.
Sur le médaillon de Chartres, effectivement la chevelure forme une longue mèche sur le devant, emportée par le vent. Mais on ne voit pas de franche calvitie.
Si l'objet qu'elle tient est une cornucopia une corne d'abondance dont elle récolte les bienfaits par l'extrémité inférieure, elle mérite plutôt d'être reconnue comme la Fortune.
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22. Hercule étouffant Antée ; le Lion de Némée, dixième travée nord, soubassement de la première section, médaillon de droite
Au premier plan, Hercule étouffe Antée. A gauche au second plan se tient le lion de Némée (premier travail d'Hercule).
Ce médaillon a pu trouver son modèle dans une plaquette de bronze de Galeazzo Mondella, dit Moderno (Vérone, 1467-Rome 1528):
Moderno, Hercule et Antée, version du Germanisches Nationalmuseum
Des plaquettes et des médailles de Moderno ont aussi dû être utilisées comme modèles pour la réalisation de certaines sculptures (travaux d'hercule notamment) du château d'Assier construit entre 1518 et 1535 dans le Lot pour un proche de François 1er, et de la frise sculptée à thème guerrier de l'église Saint-Pierre d'Assier.
D’autres plaquettes figurant les travaux du héros antique réalisées par Moderno ont été employées pour le décor de la chapelle Poillot de la collégiale Notre-Dame-du-Châtel d’Autun (ca. 1527-1529) dont les reliefs témoignent par leur format d’une étroite proximité avec ceux du tour de chœur (Jean Beuvier) : Hercule et le centaure de Nassos, Hercule et le Lion de Némée.
On pourrait rechercher ici l'influence des épisodes de L'Enlèvement de Déjanire, Hercule tuant les Serpents, Hercule et le Taureau de Crète, Hercule et l'Hydre de Lerne, etc.
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23. Un cavalier combattant un dragon, dixième travée nord, soubassement de la deixième section, médaillon gauche
Le cavalier, au manteau spectaculairement emporté par son élan, lève son glaive tandis que son cheval très fugueux piétine un dragon. Au fond, la coupole d'un monument, et les murailles d'une cité.
Dans les écoinçons, les têtes joufflues de garçon, ébouriffés.
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24. La Mort armée d'une flèche, montée sur un cheval, dixième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.
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La onzième travée nord
deuxième section
première section
gauche
droit
gauche
droit
Couple
(Mars et Vénus)
autour d'une
fontaine
3 enfants
1 faune
1 idole
Cacus volant
les boeufs
d'Hercule
Cavalier
25. Mars et Vénus autour d'une fontaine, onzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon gauche.
On peut identifier Mars dieu de la guerre, par son arc et son carquois, et son enseigne (qui porte la date 1527), et Vénus par la fleur qu'elle a en main. La fontaine est dominée par Eros, amour ailé, fils de Vénus.
Je n'ai pas pris de clichés détaillés des écoinçons et je le regrette, tant ce sont des miniatures très fines venant en écho de la scène centrale.
-En haut à gauche, un putto tient un aigle, et l'enseigne militaire de Mars, avec la date de 1527. La Sainte Chemise est représentée sur son siège.
-En haut à droite, Eros tient une fleur avec sur le cartouche la date de 1527.
-En bas à gauche, un Amour endormi ou pensif porte un carquois et tient en main un serpent.
-En bas à droite, un autre amour (ou putto) tient d'autres attributs de Mars : la flèche, l'arbalète, un bouclier, un casque ailé, et une corne d'abondance.
Jean Beuvier dans la base ROSER (Répertoire de l'Ornement Sculpté des Églises de la Renaissance), reconnait la source du Cupidon endormi dans une médaille en bronze de Fra Antonio de Bresca réalisée vers 1500 et conservée au NGA de Washington. "Dans la région, cette dernière a aussi été sculptée dans le décor de la clôture de chœur de la Trinité de Vendôme (ca. 1525) et atteste l’échange de modèles entre ces deux chantiers."
Fra Antonio da Brescia, Cupidon endormi, vers 1500, Washington, National Gallery of Art, inv. 1942.9.186
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26. Trois putti et un faune, onzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon droit.
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27. Le géant Cacus volant les boeufs d'Hercule endormi, onzième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche
Jean Beuvier fait remarquer que ce thème se retrouve sur la tribune d’orgue de Saint-André de Bordeaux (ca. 1531), provenant de l’ancien jubé, et que ce médaillon a pu trouver son modèle dans une plaquette de bronze de Galeazzo Mondella, dit Moderno (Vérone, 1467-Rome 1528).
Moderno Caecus volant les boeufs d'Hercule endormi, National Gallery of Art
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28. Cavalier (Hercule?) domptant un cheval, onzième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.
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La douzième travée nord.
première section
deuxième section
gauche
droit
gauche
droit
emblèmes :
carquois et flammes
Roi Louis XII ou
homme Renaissance
de profil
PORTE
Empereur
romain
29. carquois et flammes, douzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon droit
Ce panneau n'est peut-être pas achevé, on voit clairement un carquois et sa lanière, des flammes, et un oiseau, mais aussi en bas à gauche une gueule de chien. Cette composition a probablement une valeur emblématique.
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30. Le roi Louis XII (?), douzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon droit.
C'est bien le style Louis XII (régnant entre 1498 et 1515) que le chapître adopta pour réaliser ce tour de chœur en abandonnant le style gothique flamboyant. Le roi avait financé en 1507 le remplacement du clocher de la tour nord, qui avait brûlé après avoir été atteint par la foudre.
Le personnage en buste et profil droit porte un bonnet au revers marqué de trois séries de trois bâtonnets qui sont peut-être des marques de pèlerinage ou simplement des ornements. Son visage est jeune, ses cheveux mi-longs à la mode sous Louis XII et François Ier.
C'est sur l'ancienn porte méridionale de ma troisième travée du tour de chœur que sont sculptés les chiffres royaux de François Ier et de Claude de France (lettre F et couronne, hermine et couronne), à côté de représentation de la ceinture de la Vierge offerte par Anne de Bretagne en 1510. François 1er et Claude de France firent leur entrée dans la cathédrale le 11 novembre 1518 .
Des recherches de Sarah Munoz en 2016 lui ont permis de proposer de reconnaître ici Charles Quint, sans que cela n'emporte la conviction de Jean Beuvier en 2022.
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"À partir de la treizième travée, les bas-reliefs historiés disparaissent pour laisser place à des portraits en médaillon d’empereurs (Titus, qui apparaît deux fois, Vespasien, Néron, Domitien et Jules César) et d’un héros antique (Hector) (fig. 4). Ces têtes coiffées de casques de fantaisie ornent aussi la partie haute de l’horloge astrolabique de la troisième travée. Aucun modèle précis n’a été identifié, mais leur disposition – le buste de face et la tête de profil – est assez commune et se retrouve notamment dans la région, comme dans les portraits de l’hôtel de ville de Beaugency (ca. 1526-1533) et dans celui d’homme casqué sculpté sur la jouée d’une stalle de la collégiale Saint-Jean-Baptiste de Montrésor (ca. 1530).
Références directes à l’Antiquité et rattachés par leur forme à la Renaissance italienne, ces portraits sont aussi liés à l’histoire de Chartres et de sa cathédrale. Ainsi, Jules César est le premier à avoir mentionné le culte druidique de la Virgini pariturae dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules, et Néron – qualifié de « cruel César » par l’inscription qui l’accompagne – était tenu comme responsable de la persécution des premiers chrétiens chartrains dont les ossements ont été jetés dans le puits des Saints-Forts, conservé juste en-dessous du portrait, dans la crypte." (Jean Beuvier)
31. Empereur ou soldat romain, douzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon droit.
Bas-relief partiellement dissimulé par le jambage gauche du chambranle de l'ancienne porte d'accès au choeur : soldat à l'antique ou héros coiffé d'un casque et portant une cuirasse, ou empereur romain.
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La treizième travée nord
première section
deuxième section
troisième section
sans précision
gauche
droit
gauche
droit
l'empereur romain
César Titus
l'empereur romain Domitien
l'empereur romain
Jules César
une impératrice
romaine
l'empereur romain Néron le Cruel
32. L'empereur romain Titus, treizième travée nord, soubassement de la première section.
Inscription TITVS CESAR.
Le casque fantaisiste et feuillagé, à la visière en bec d'aigle, est orné d'un plumet. Il est comparable à celui de Jules César en n°34
Inscription CESAR DOMIGIANVS. Les médailles romaines de l'empereur Domitien portent la mention DOMITIANVS.
Le casque feuillagé est fantaisiste. La cuirasse aux épaules ornée de gueules de lions se rapproche de celle attribuée à Louis XII, mais le centre est orné d'une tête d'ange.
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34. l'empereur Jules César, treizième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon droit
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35. Impératrice,treizième travée nord, soubassement de la troisième section, médaillon gauche
Ce buste à l'antique au profil droit d'une femme romaine pourrait correspondre à l'une des trois épouses de Néron, puisqu'elle lui fait face, et notamment à l'impératrice Poppée (62-65).
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36. l'Empereur Néron, treizième travée nord, soubassement de la troisième section, médaillon droit
Inscription : NERON LE CRUEL CESAR (autour du personnage).
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—ensemble des 36 bas-reliefs du soubassement du Tour du choeur : scènes de l'Ancien Testament, travaux d'Hercule, scènes mythologiques et personnages à l'antique Notice IM28000456
—BEUVIER (Jean), L'ornementation, in La restauration du tour de choeur - Cathédrale Notre-Dame de Chartres (28) Collection "Patrimoines en région Centre-Val de Loire" Patrimoine restauré n°29, juin 2022, 86 p.
Histoire des Orthoptères : Roesel von Rosenhorf 1749 reconnu par Linné 1758.
PRÉSENTATION
Dans l'histoire de l'étude naturaliste des Orthoptères (Grillons, Sauterelles et Criquets), l'étape clef a été, comme pour tous les autres classes d'insectes (et comme pour toute la Zoologie et la Botanique), la publication par Linné du Systema Naturae de 1758, et l'adoption d'une nomenclature binominale, à deux noms, nom de genre et nom d'espèce.
Malgré l'effet de tabula rasa de cette publication, il nous faut explorer l'état des études naturalistes avant 1758, c'est-à-dire avant que chaque espèce soit nommément désignée. La période où, depuis l'Antiquité, ces petites espèces animales —que chacun pouvaient entendre, observer, voire côtoyer (le grillon du foyer) ou même adopter comme jouet, ou faire apparaître dans des fables ou des récits (le grillon Frobert dans le Roman de Renart) — ne pouvaient être désigné que par des noms très généraux, tandis que les savants, pour leurs études (dès Aristote, Pline l'Ancien ou Albert le Grand) et leurs collections (à partir de la fin du XVe siècle), devaient se référer à des "diagnoses" (descriptions concises de l'animal), presque obligatoirement associées à des illustrations par planches, d'abord grossières car gravées sur bois, puis plus fines car peintes par des miniaturistes ou gravées sur cuivre.
Linné lui-même nous fournit, en 1767-1770, les noms des auteurs dont il s'est inspiré dans son travail sur les Insectes (SN 13e ed p. 535) : les anciens comme Aldrovandi, Mouffet et Jonston, ou bien pour les descriptions ou les monographies, celle de John Ray, de Lister [donc Goedart] Schaeffer et de Clerck (Icones insectorum rariorum, 1759) , ou pour l'iconographie les planches de Hoefnagel ou de Petiver, de Bradlaeus ou de Robert. Enfin pour la systématique, il indique que son travail de nomenclature a été poursuivi par Geoffroy (1762) Scopoli, Poda, Sultzer et Gronovius.
Il ne cite Roesel von Rosendorf que parmi les auteurs d'études sur les métamorphoses (avec Mérian).
Pourtant, le naturaliste allemand Roesel ou Rösel (1705-1759), formé à l'académie des Beaux-Arts de Nuremberg, est un miniaturiste et graveur sur cuivre hors-pair, et un observateur méticuleux des insectes, dans son Insecten Belustigung de ou "divertissement sur les insectes" à parution mensuelle. C'est le père de l'entomologie allemande, pour ne pas dire européenne, avec Réaumur.
La deuxième partie de son Insecten Belustigung est parue en 1749. Elle débute par l'étude des Scarabés, puis des insectes aquatiques (dont des libellules) avant de nous présenter les Orthoptères, qu'il dénomme "Heuschrecken und Grillen", Sauterelles et Grillons, ce qui n'exclue pas les Criquets inclus dans les Heuschrecken ou Sauteurs, à antennes courtes.
L'influence de ses descriptions sur Linné fut considérable, puisque le savant suédois, qui cite pour chacune de ses 49 espèces d'Orthoptères [désignés par lui comme Gryllus accheta, Tettigonia et Locusta, n'entrons pas dans ces subtilités] les descriptions des auteurs qui les ont décrites avant lui, cite 17 fois Roesel. Tous les autres naturalistes ne sont cités qu'une ou deux fois ou au mieux quatre fois pour John Leonhard Frisch et son Beschreibung von allerley Insecten in Teutsch-Land de 1720-1760. Dix-sept fois pour Roesel, c'est énorme, plus d'un tiers des espèces.
Pour souligner l'importance de Roesel dans l'histoire de l'entomologie — en me limitant ici aux Orthoptères—, je veux présenter ici les 19 Planches qu'il leur consacre. Seulement ses planches, alors que celles-ci sont chaque fois précédées d'un long texte de description et de commentaires, d'une dizaine de pages d'écriture gothique allemande assez serrée.
Dans l'histoire de l'illustration entomologique (d'Aguilar 1966), on ne trouve pas d'équivalent dans la peinture des Orthoptères, même chez Joris Hoefnagel vers 1579 ou chez Daniel Rabel en 1624, et c'est la précision et la fidélité des peintures qui ont permis à Linné une identification spécifique.
Note : je n'ai pas retiré de ces planches les Mantes, que Linné incluait en 1758 dans le genre Gryllus.
Rösel von Rosenhof, August Johann: Der monatlich-herausgegebenen Insecten-Belustigung ... Theil. 2, Zweyter Theil
I. Pages 1 à 48 : Bordericht zu der Heuschrecken und Grillensammlung in welchem vornchmilch. Zwischen verschieben auslandischen und denen hiesigen arten eine Vergleichung angestellet wird. « Zone limitrophe de la collection de sauterelles et de grillons dans laquelle une comparaison est effectuée entre différentes espèces étrangères et locales. »
7 planches d'espèces exotiques "d'Inde".
Planche I et II
Linné la décrit commme Gryllus Mantis religiosus et ajoute "vit en Afrique" : les naturalistes européens ne la connaissait-il pas chez eux?
Planche III
Linné la nomme Gryllus Mantis strumarius et précise qu'elle vit en Inde.
Planche IV
Linné nomme une espèce Gryllus Acrida nasutus [aujourd'hui Truxalis nasuta], et renvoie à Roesel planche 1 (sic) et 4, en précisant qu'elle est d'origine africaine.
Planche V
Linné l'a baptisé Locusta cristatus et il précise Habitat in America, Arabia, Asia. C'est aujourd'hui Tropidacris cristata, localisée en Amérique centrale et du Sud
Planche VI
—La figure 2 correspond à Locusta elephas de Linné, espèce vivant en Afrique et classé dans le genre Pamphagus.
—Linné nomme l'espèce de la figure 3 Tettigonia pupus, et ajoute qu'elle vit en Ethiopie. On la nomme aujourd'hui Hetrodes pupus, et on la localise à la corne sud de l'Afrique, ce qui s'accorde avec le fait que Petiver (Gazophylacci. t.13 f.7 page 6) l'avait nommé Locusta-talpa Capensis, car le specimen provenait du Cap de Bonne-Espérance.
Planche VII Locusta Indica praefat
Linné baptise cette espèce Gryllus Mantis gongylodes du grec signifiant "arrondi" (pl.7 fig 1, 2, 3) venant des Indes, aujourd'hui Gongylus gongylodes, c'est une empuse (en anglais Wandering violin, le violoniste vagabond). Elle est particulièrement connue pour balancer son corps d'avant en arrière afin d'imiter un bâton qui se balance au vent.
II. Pages 49 à 104 Sammlung der Heuschrecken und Grillen hiesigen landes Collection de sauterelles et de grillons de ce pays
I.Die in grass kebende grösste hellschreckte mit ihrer Fortpflanzung und übrigen Eigenschaften. "La plus grande sauterelle vivant dans l'herbe : reproduction et autres caractéristiques". Planche VIII et IX
Linné, en 1758, la reconnaît et la nomme Decticus verricuvorus, c'est notre Dectique verrucivore qui, selon Linné en Suède, était utilisé pour traiter les verrues, qu'elles mordait.
On voit comment Roesel ne se contente pas de la représenter en ses deux sexes (mâle 1, femelle 2), mais l'observe avec soin (comme Jean-Henri Fabre plus tard) et décrit la ponte de la femelle, puis la sortie des formes juvéniles du nid (fig.8). Il va jusqu'à disséquer une femelle et en dessiner les organes.
II. Die auf den Bäumen und Büschen sich aufhaltende grösste heuschreckte, mit ihrer Fortpflanzung und übrigen Eigenschafften. " La plus grande sauterelle vivant dans les arbres et les buissons, avec son mode de reproduction et d’autres caractéristiques". Planche X et XI
Linné la nomme Gryllus Tettigonia viridissimus, aujourd'hui Tettigonia viridissima Linné, 1758, notre Grande sauterelle verte.
III. Die Haus-Grille nest ihrem Ursprung und Forpflanzung. "Le grillon domestique, son nid
son origine et sa reproduction". Pl. XII.
Linné la nomme Gryllus domesticus, aujourd'hui Acheta domesticus ,c'est le Grillon domestique (ou du foyer). Roesel le représente mâle ou femelle, au repos, en vol (ou saut), il montre les formes juvéniles et les œuds. En bon miniaturiste, il crée un effet de réel en dessinant l'ombre porté (comme les miniaturiste de Gand)
IV. Die Schwarze Feldgrille mit ihrem Urfsprung "Le grillon noir et son origine" pl XIII
Linné le nomme Gryllus campestris, c'est le Grillon champêtre. Roesel le représente mâle ou femelle, il montre les formes juvéniles et les œuds, mais aussi et surtout son terrier.
V. Der geflügelte Maulwurf ("La taupe ailée") XIV et XV
Linné reprend le nom attribué par Moffet en 1649, " Gryllo talpa", le Grillon-taupe, ou Courtilière. Le souci pédagogique (didactique si vous préférez) de Roesel est flagrant. Il ne veut pas montrer un specimen de collection, mais veut partager son émerveillement face au vivant. Il montre ici la finesse des ailes (fig.10), la forme en pelle des pattes (fig.11).
Pages 105 à 124 Sammlung verschiedener ausländischer heuschrecken Collection de diverses criquets exotiques Pl XVI et XVII (LOCUSTA INDICA)
Planche XVI : selon Linné, il s'agit de sa Gryllus Bulla serratus, (Prionolopha serrata) qui vit "en Inde" (ou du moins en Amérique du Sud dans la forêt tropicale).
Pl XVII
Linné y reconnaît Coleoptera Gryllus Mantis siccifolius (pl. 17 f.4 et 5), espèce des Indes aujourd'hui Phyllium siccifolius de l'Ordre des Phasmes ;
Pl XVIII
La spectaculaire figure 6 montre la Locusta morbillosus de Linné, qui porte bien son nom, "morbilleux" dérivé de morbillus "rougeole". Aujourd'hui Phymateus morbillosus, qu'on trouve en Afrique du Sud
Pl XIX (LOCUSTA INDICA)
Linné y reconnaitra Gryllus Mantis gigas pl 19 f 9 et 10, provenant de l'île d'Ambon en Indonésie, aujourd'hui Phasma gigas.
Puis page 125 -149 Beschreibung etlicher an grösse und farbe verschiedener hiesiger heuschreden , "Description de plusieurs sauterelles locales de tailles et de couleurs variées"Pl. XX et XXI
Planche XXI
Fig 2 : Die sogenannte Schmetter oder Klapper Heuschrecke "La sauterelle dite papillon ou sauterelle à sonnettes" . Linné nomme cette espèce aux ailes rouges vif Locusta stridulus (Psophus stridulus ou Oedipode stridulante). Elle émet lorsqu"elle se déplace un bruit de crécelle.
fig 4 Die mit schonene blaulich, grünen unterflügeln gezierte heuschrecke "La sauterelle ornée de magnifiques sous-ailes bleu-vert" Linné la nomme G. Locusta caerulescens
fig 6 : Roesel écrit :Noch eine andere Art dieser heuschrecken-Gattung, mit rosen-farben unterflügeln "Encore une autre espèce de ce genre de sauterelle, avec des ailes inférieures de couleur rose." :
Citée par Linné dans sa descrition de G. Locusta italicus qui précise qu'elle habite en "Europe australe", c'est le criquet italien ou caloptène italien Calliptamus italicus aux superbes ailes roses.
Beschreibung noch zwener heuschrecken dieses landes davon die eine grünliche, die andere blauliche unterflügel führet "Description de deux sauterelles de cette région, l'une à ailes inférieures verdâtres, l'autre à ailes inférieures bleuâtres," pl XXII
Sammlung der Heuschrecken und Grillen hiesigen landes
Die schädliche Strich Heuschrecke XXIV = "La sauterelle rayée nuisible"
Linné la nomme Locusta migratorius
En 1822, le naturaliste (et peintre de planches) Jacob Johann Hagenbach nomma en son honneur son espèce de sauterelle, une Decticelle, Roeseliana Roeselii. Symbola faunae insectorum Helvetiae exhibentia vel species novas vel nondum depictas page 39 et pl. 24
Mais on trouve aussi le cilié Stentor roeseli Kahl ou Ehrenberg 1835, le coléoptère aquatique Cybister roeseli (forme synonyme de C. lateromarginus De Geer 1774) et le charançon Hilipus roeseli C.H.Boheman, 1836.
Cet article s'appuie sur la description princeps de Gatouillat 2011.
Construite au XIéme siècle dans le style roman, l’église collégiale Saint-Etienne d’Eymoutiers a été fortement endommagée, en particulier pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), guerre qui fut particulièrement acharnée dans le Limousin situé alors à la limite des possessions françaises et anglaises.
Le chœur roman, totalement détruit, sera remplacé par un magnifique chœur gothique tardif, commencé en 1451.
Un ensemble de 14 verrières anciennes de l'abside, des deux absidioles et de leurs collatéraux, auquel s'ajoute l'oculus du bras nord du transept, constituent selon Gatouillat "la plus importante série de vitraux du Limousin", ensemble où dominent de remarquables camaïeux de grisaille et de jaune d'argent plus ou moins ponctués de taches de couleur. Le programme formel réunit dans les lancettes de saints personnages en pieds, la Vierge et l’Enfant, Joseph, Jean l’Evangéliste et Jean le Baptiste, Anne, Laurent, Madeleine, Michel, Antoine, Catherine, Jacques, Pierre, Thomas, Paul, Etienne Christophe, Philippe, Barthélemy, Sébastien, etc. Mais les saints locaux comme Léonard, Valérie et Psalmet ne sont pas absents. Ils sont parfois accompagnés de donateurs, alors que les tympans accueillent des scènes de l'Histoire du Salut, de plus petite échelle. Le chantier débuta en 1451, bénéficia des largesses de Louis XI (donc après 1461) puis du dauphin et futur Charles VIII (dont on trouve les armoiries sur les vitraux), mais aussi de Jacques d'Armagnac, comte de la Marche vers 1475. Selon un document, trois des fenêtres du chœur était vitrées en 1479, et l'ensemble du chantier était achevées en 1485.
Les verrières des deux bas-côtés (sauf une) présentent des similitudes dans l’emploi de la peinture en grisaille et du jaune d’argent. De même, les trois verrières centrales du chœur 0, 1 et 2 montrent une grande analogie dans la composition de l’image et se distinguent par l’abondance et l’intensité des couleurs vives ; elles seraient les plus récentes (vers 1480).
Les chanoines d'Eymoutiers bénéficièrent aussi de l'aide de l'évêque de Limoges (de 1457 à 1484) Jean I Barthon de Montbas dont le portrait figure en baie 1, mais aussi des dons privés de couples (armoiries des Romanet en baie 14), ou de confréries.
Le ou les verriers anonymes figuraient certainement parmi les meilleurs de l'époque, du moins pour le chœur, comme en témoigne le raffinement des damas, ou la grande variété des teintes des verres.
Les vitraux furent restaurés par Lucien-Léopold Lobin vers 1872 (baie 13), puisb par l'atelier Champigneulle de Bar-le-Duc vers 1883-1884, puis par Francis Chigot, de Limoges en 1916-1931.
Endommagé par un dynamitage dans le voisinage en 1944, les vitraux furent remis en état en 1947-1949 par l'atelier Chigot de Limoges, puis à nouveau restauré lors d'une campagne échelonnée entre 1980 et 1990 par l'Atelier du vitrail de Limoges (ancien atelier Chigot). L’ensemble des verrières a été classé monument historique en 1907.
En 2004, des panneaux furent déposés et confiés au LRMH devant l'acceptation de la corrosion (voir le dossier technique), ils sont remplacés par des caches noirs.
Les vitraux pourtant anciens et classés n'ont pas bénéficié d'un double vitrage, et ne sont "protégés" que par un grillage dont l'ombre défigure en partie leur examen, et les images.
Numérotation In Gatouillat 2011
LA BAIE 0 OU BAIE AXIALE DE L'ABSIDE.
Cette baie de 10, 60 m de haut et 1,60 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 3 registres présentant 6 saints en pieds, et un tympan à un trilobe et 2 quadrilobes au dessus d'un large écoinçon.
Les six figures de saint sont placées dans des niches architecturales devant des tentures damassées, galonnées et frangées. La verrière a été complétée par Champigneulle en 1883 (notamment pour les dais, qui ont été refaits), restaurée par Chigot en 1932 puis par l'Atelier du Vitrail de Limoges en 1985.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Le registre supérieur des lancettes : Saint Joseph (moderne) et la Vierge à l'Enfant (v.1479).
Saint Joseph tient une fleur de lys.
La Vierge à l'Enfant
Devant une tenture damassée verte au motif de rinceau de feuilles et de petits fruits ronds, la Vierge en robe bleue sous un manteau blanc damassé et galonné de pierreries, porte l'Enfant nu qui tient une rose.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Le registre médian des lancettes : saint Pierre et saint Étienne.
Saint Pierre, en manteau rouge damassé et tunique blanche, portant le livre et une clef, cotoie saint Étienne, tenant la palme du martyre et un livre où est posé une pierre, allusion à sa lapidation. Seule la tête de ce dernier est d'origine.
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Le registre inférieur : saint Jean et saint André.
Saint Jean l'évangéliste porte une bleue sous un manteau jaune, il bénit la coupe empoisonnée d'où s'échappe le démon sous forme d'un petit dragon.
Saint André tient sa croix en X, il est vêtu d'un manteau pourpre et d'une tunique blanche.
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Le tympan : le Jugement dernier.
Dans le trilobe supérieur, le Christde la Parousie trône sur l'arc-en-ciel, portant le manteau de pourpre et montrant ses plaies. En dessous, la Vierge (moderne) et saint Jean.
Dans le quadrilobes inférieurs, la résurrection des morts : un roi et un empereur sortent de leur tombe, sous la'ppel de la trompe d'un ange placé dans l'écoinçon central.
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LA BAIE 1 OU BAIE GAUCHE DE L'ABSIDE.
Comme la précédente, cette baie de 10, 60 m de haut et 1,60 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 3 registres présentant 6 saints en pieds, et un tympan à un trilobe et 2 quadrilobes au dessus d'un large écoinçon.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Registre supérieur : Jean Barthon de Montbas en donateur devant saint Jean-Baptiste.
Sous des dais architecturaux ouvrant sur des arcs en accolade, très remaniés, les personnages sont présentés devant des tentures damassées, galonnées et frangées.
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1°) L'évêque de Limoges Jean Barthon de Montbas
La tenture damassée verte a le même motif de damas qu'ailleurs, un entrelacs de tiges à feuilles larges et de fruits ronds groupés par trois.
L'évêque de Limoges Jean I Barthon de Montbas est agenouillé devant son prie-dieu au livre ouvert, tenant la crosse épiscopale, portant la mitre à fanons, une chape damassée rouge bordée de pierreries, et ganté de chitothèques à bagues et plaques d'orfèvrerie. La tête et la mitre sont modernes.
Contre le prie-dieu, ses armoiries d'azur au cerf d'or à la reposée, au chef échiqueté d'or et de gueules, sommées de la mitre et traversées par la crosse en pal.
Ce panneau, comme le suivant, devait se trouver au regitre inférieur.
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2°)Saint Jean-Baptiste.
Il est vêtu de la peau de chameau recouverte d'un manteau bleu damassé et il désigne de l'index l'Agneau de Dieu reposant sur le livre.
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Registre médian : saint Paul et saint Philippe.
Saint Paul tient l'épée de sa décollation. Il est vêtu d'un manteau bleu clair damassé et d'une tunique juane d'or également damassée.
Saint Philippe tient son attribut, la croix à longue hampe. Il porte un manteau vert dont un pan voile sa tête, et une robe pourpre.
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Registre inférieur : saint Jacques le Majeur et sainte Marie-Madeleine.
Saint Jacques, curieusement de dos, est coiffé du chapeau à larges bords à coquille, et vêtu d' un manteau rouge. Il tient son bourdon sous l'aiselle.
Marie-Madeleine tient le flacon d'onguent, elle porte sous un manteau damassé bleu une robe rouge.
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Le tympan.
Dans le trilobe central est peint en jaune d'argent sur fond rouge l'Arbre de la Connaissance autour duquel s'entoure le serpent à tête anthropomorphe cornue. Sur un fond de murailles crénelées, Adam, et Ève tenant la pomme, occupent les quadrilobes latéraux, masquant leur nudité d'une feuille.
Une rose boutonnée d'or est peinte dans l'écoinçon central tandis que les écoinçons latéraux montrent le soleil et la lune.
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LA BAIE 2 OU BAIE DROITE DE L'ABSIDE.
Cette baie de 10, 60 m de haut et 1,60 m de large comporte également 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 3 registres présentant 6 saints en pieds, et un tympan à un trilobe et 2 quadrilobes au dessus d'un large écoinçon. Les lancettes montrent six apôtres, Jacques le Mineur, Simon, Thomas, Barthélémy, Jude Thaddée et Matthieu, dans des niches à voutains colorés, creusés d'une fenêtre, ouvrant par des arcs en accolade, devant des tentures damassées, galonnées et frangées, le sol en mosaïque de carrés ou de triangle indiquant la perspective. Chaque apôtre, pieds nus, tient le livre et son attribut distinctif.
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Registre supérieur : les apôtres Jacques le Mineur et Simon.
Saint Jacques le Mineur se reconnaît à son bâton de foulon, il porte une tunique verte sous un manteau rouge. Saint Simon, aux habits de couleurs inversées, tient une scie.
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Registre médian : les apôtres Thomas et Barthélémy.
Saint Thomas porte une lance, saint Barthélémy un couteau à dépecer.
Registre inférieur : saint Jude et saint Matthieu.
De profil, un saint apôtre (probablement Jude Thaddée) tient une sorte de piquet. Il porte un manteau-voile damassé rouge et une robe verte.
Saint Matthieu (tête moderne) tient une hache . Il est vêtu d'un manteau pourpre clair et d'une robe bleue.
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Le tympan.
On y voit trois anges musiciens peints au jaune d'argent sur grisaille. L'un joue une sorte de trompe ou de flûte, l'autre du luth, le troisième de la harpe. On retrouve la rose sur l'écoinçon central.
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LA BAIE 3 AU NORD DE L'ABSIDE.
Cette baie de 9 m de haut et 1,30 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 4 registres , et un tympan à 3 ajours et 6 écoinçons.
Les lancettes présentent 6 saints personnages, et un couple de donateurs.
Les personnages en pieds sont placés dans des niches à voutains colorés, creusés d'une fenêtre, ouvrant par des arcs en accolade, devant des tentures damassées, galonnées et frangées, sous des dais architecturés hérissés de fleurons, le sol en mosaïque de carrés ou de triangle indiquant la perspective.
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Registre supérieur : un saint archevêque, et saint Léonard de Noblat.
Le saint archevêque , bénissant d'une main portant un gant à gland de passementerie, porte une chasuble rouge à croix chargée de pierreries, sur une tunique bleue galonnée d'or et une tunique longue blanche d'où dépasse une pantoufle à extrémité pointue. Tenture verte damassée du motif à rinceaux habituel ici.
Saint Léonard de Noblat , saint du Limousin du Ve siècle, est le patron des prisonniers dont il est réputé obtenir la libération. C'est ce qui explique qu'on le voit ici tenant des fers.
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Registre médian : saint Louis et saint Jean-Baptiste.
Saint Louis est revêtu d'un manteau bleu fleurdelysé à collet d'hermines.
Jean-Baptiste porte l'habituelle peau de chameau sous un manteau rouge et désigne de l'index l'Agneau de Dieu portant l'étendard à croix blanche.
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Troisième registre : sainte Marguerite et sainte Catherine d'Alexandrie.
Sainte Marguerite est identifiée par son dragon (en gris à ses pieds) et son crucifix, ici à longue hampe, elle porte une robe bleue et un manteau rouge.
La tenture damassée verte porte un motif à feuilles crénelées et ponctuées qu'on retrouve sur la tenture rouge derrière sainte Catherine.
Sainte Catherine se reconnaît à sa couronne, son épée, son livre ouvert, et la palme de martyre, elle porte un manteau blanc damassé d'un large motif blanc et une robe bleue.
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Registre inférieur : couple de donateurs.
Les commanditaires sont présentés face à face devant leur prie-dieu portant des livres ouverts.
Le chevallier en armure porte une cotte armoriée d'or à la croix ancrée d'argent chargée d'une étoile de même mais ces armoiries n'ont pas permis de l'identifier. On remarque ses cheveux jaune paille, ses longs éperons sur des solerets pointus.
Son épouse est coiffée d'un hennin haut et pointu dont le voile descend jusqu'à ses reins, ce qui est un signe de distinction sociale. On remarque aussi ses bretelles de chemise jaune fourrées, fourrure qu'on retrouve près du coussin rouge, et sa ceinture large à pierrerie sur sa robe bleue.
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Le soubassement porte deux écussons précisant la restauration par Champigneulle de Bar-le-Duc en 1884.
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Le tympan.
Dans cette scène reconstituée du Calvaire, le Christ en croix a été inséré au sommet, avant 1846, tandis que la Vierge et saint Jean ont été créés par Champigneulle en 1884.
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LA BAIE 4 AU SUD DE L'ABSIDE.
Cette baie de 9 m de haut et 1,30 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 4 registres , et un tympan à un grand trilobe entouré d' écoinçons.
Les lancettes présentent 6 saints personnages, et une assemblée de donateurs.
Les personnages en pieds sont placés dans des niches à voutains colorés, creusés d'une fenêtre, ouvrant par des arcs en accolade, devant des tentures damassées, galonnées et frangées, sous des dais architecturés flamboyant, le sol en mosaïque de carrés ou de triangle de diverses couleurs, indiquant la perspective.
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Registre supérieur : sainte Anne à gauche, la Vierge à droite.
Sainte Anne présente un livre ouvert à sa fille Marie. Elle porte une guimpe, une robe bleue serrée par une ceinture verte et un manteau rouge.
La Vierge en robe pourpre et manteau bleu tient l'Enfant sur le bras droit et lui présente un objet, une bourse liée par un cordonnet. L'Enfant tient, par un manche, jaune, un objet polyédrique (un hochet?). Mais pour Françoise Gatouillat, il tient un fruit, tandis que l'objet tenu par sa mère n'est pas mentionné. En fait, le "cordonnet" est vraisemblablement la main du Fils, posée sur quelque citron.
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Registre inférieur : un saint évêque ; saint Sébastien.
L'évêque bénissant de la main droite, en tunique verte sous une chasuble violette, n'est pas identifiable.
Sébastien est présenté comme à l'accoutumée, athlétique, seulement vêtu d'un petit pagne blanc, et tenant son arc et quatre flèches de son supplice (dont une quinzaine de plaies sont visibles).
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Registre médian : saint Antoine et saint Christophe.
Saint Antoine, à la barbe d'ermite, porte l'habit de son Ordre hospitalier, les Antonins, avec ce couvre-chef caractéristique dont les deux pattes descendent plus ou moins bas devant les oreilles, et qui, associé à au manteau à larges manches, forme la "coule", que F. Gatouillat décrit comme marqué du tau spécifique, mais que je ne retrouve pas. Par contre, la poignée de sa canne est bien incurvée en tau. Il porte le chapelet à gros grain, autre de ses attributs, et il tient le livre, la Règle qui le désigne comme fondateur de son Ordre. On voyait jadis, selon l'abbé Texier, le cochon, dernier de ses attributs.
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Saint Christophe traversant le fleuve en portant l'Enfant Sauveur du Monde
Il porte une robe verte et un manteau rouge, et s'aide de son bâton de passeur.
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Le registre inférieur : les donateurs.
Ils sont rassemblés sous des niches gothiques à 3 baies, tendues de draps d'honneur.
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À gauche, une femme et trois clercs (tonsurés, en robe blanche et col de couleur bleu ou rouge, probables chanoines), sont précédés par un homme (un riche marchand?) en long manteau pourpre, agenouillé sur un coussin : appartiennent-ils tous à la même famille, ou seulement à la même confrérie ? Un livre posé sur le sol indiquait peut-être leurs noms, on lit Secu---, Secu---, Ann, Bencu--, Dum--, Varu---.
Les deux panneaux ont été fortement complétés au XIXe, voire au XXe siècles.
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À droite, une femme en robe rouge et coiffe violette est devant, agenouillée sur le coussin écarlate, suivie de trois hommes jeunes et de trois jeunes femmes. Là encore, s'agit-il d'une famille (comme j'ai tendance à le penser), ou à une possible confrérie, de sainte-Anne par exemple? La première et la dernière femmes tiennent un chapelet et un missel.
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Le tympan.
Autour d'un soleil ondé central, deux anges jouent à l'aide d'un plectre d'un instrument à cordes pincées. Même carton retourné, avec fond rouge damassé.
Dans le lobe supérieur a été placé (par Champigneulle sans doute) un panneau du XVIIe siècle en grisaille, sanguine et jaune d'argent représentant le Christ aux liens, émergeant du tombeau entouré d'une gloire rayonnante.
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LA BAIE 5 DE L'ABSIDIOLE NORD.
Cette baie de 6,20 m de haut et 1,20 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à un grand trilobe entouré d' écoinçons.
Les lancettes, très remaniées présentent 4 saints personnages, et un couple de donateurs avec des armoiries.
Un panneau a été déposé et confié au LRMH : il s'agit du vitrail représentant la tête de saint Michel, situé sur le deuxième registre de la lancette b, panneau b2. Voir LRMH page 28
Les personnages en pieds sont placés dans des niches gothiques à voutains, devant des tentures damassées,, sous des dais architecturés modernes. Le sol en mosaïque de carrés ou de triangle de diverses couleurs, indique la perspective.
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Registre supérieur : la Vierge et saint Michel terrassant le dragon.
La Vierge, couronnée, rvêtue d'un manteau blanc galonné d'or, présente à son Fils une fleur à la tige et aux feuilles dorées. L'Enfant est nu, nimbé d'or, et trace une bénédiction.
Saint Michel, en armure recouverte d'un manteau rouge et brandissant une lance à croix pattée qui pénêtre dans la gueule du dragon (voir clichés LRMH), le terrasse de la pointe de ses solerets.
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Registre inférieur : Saint Joseph et un donateur : saint Antoine et une donatrice.
Les panneaux de la lancette de gauche sont modernes.
À droite, saint Antoine tenant sa canne en tau, piétine des flammes, rappelant son efficacité face au Mal des ardents.
La petite donatrice est coiffée d'un hénnin.
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À gauche, les armoiries restituées, de gueules au chevron d'or traversé d'une omble d'argent accompagné de 3 coquilles de même, sont dites par Joseph Boulaud de la famille de Ruben de L'Ombre de Coudert.
À droite , un écu écartelé d'azur à trois croisettes d'argent aux un et quatre , de gueules à trois maillets d'argent au deux , et de gueules à trois fasces d'or au trois sont dites inversées de la famille de Disnematin de Salles, et, selon Alain Sené (1979) elles sont là pour Martial Disnematin, consul de Limoges en 1460.
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LA BAIE 6 DE L'ABSIDIOLE SUD.
Cette baie de 6,00 m de haut et 1,15 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 4 trilobes imbriqués entourés d' écoinçons.
Les lancettes, très remaniées présentent la Vierge et saint Psalmet, vénérés par les donateurs de la confrérie de Saint-Psalmet.
Les personnages en pieds sont placés dans des niches gothiques avec gables à crochets et fleurons, devant des tentures damassées.
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À gauche, la Vierge à l'Enfant, tenant une fleur de lis.
À droite, saint Psalmet, en jeune homme imberbe tenant un livre, debout pieds nus sur un ilôt entouré de la mer où nagent des poissons.
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La confrérie de Saint-Psalmet.
Inscription : C'EST LA CONFRERIE DE S. PSAUMUS (*) / C'EST LA CONFRERIE MONSr S. PSAUME.
(*) pour Psalmodius.
[ou de saint Psalme]
À gauche, cinq personnages sont regroupés mains jointes derrière un homme en habit blanc et chaperon rouge. Sa tunique est plissée sous une ceinture à la taille. Il est agenouillé sur un coussin à pampilles. 0 ses pieds est posée une couronne. Il est assimilé à Louis XI.
À droite, cinq autres personnages sont groupés derrière un homme assez semblable à son vis-à-vis, mais qui porte l'épée et qui a posé devant lui un chapeau que F. Gatouillat compare au chapel doré de Charles VI exhumé dans la Cour Carrée du Louvre. Il pourrait s'agir de Jacques de la Marche, comte d'Armagnac à partrir de 1646 (arrêté en 1475, il sera décapité en 1477).
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
LA BAIE 7 DE L'ABSIDIOLE NORD.
Cette baie de 6,20 m de haut et 1,20 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à un grand trilobe entourés d' écoinçons.
Les lancettes présentent quatre personnages en pied . Les grands gables des dais architecturaux sont ornés de statuettes de prophètes portant des phylactères.
Les personnages en pieds sont placés dans des niches gothiques, devant des tentures damassées.
Trois panneaux ont été déposés et confiés au LRMH de Champ-sur-Marne .
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Registre supérieur : saint Jean-Baptiste et saint Louis.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Saint Louis.
Seule la partie inférieure est d'origine, la partie supérieure étant restituée. Et le manteau d'hermines au dessus d'une robe rouge fourrée, laisse penser qu'il s'agissait plutôt d'un saint docteur de théologie, de droit ou de médcine, comme saint Yves, ou saint Côme.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Registre inférieur, à gauche : saint Antoine et un donateur.
Il est identifié par son habit, sa canne en tau, la marque en tau de sa robe, son livre, les flammes rappelalnt le Mal des ardents, mais aussi par sa clochette, celle que portaient les cochons dont les Antonins avaient le privilège de leur divagation dans les forêts communes.
Le panneau manquant montre, à ses pieds, en donateur, un chevalier en armure, et une blason de fantaisie, d'azur à trois chérubins d'or.
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Registre inférieur, à droite : sainte Catherine et une donatrice.
Seule nous est accessible la donatrice, portant un hennin.
Le blason de gueules au calice d'or entouré du monogramme IPM renvoie à Jean-Pierre Maury, curé de l'église en 1870-1872, suite à une restauration par Lobin.
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Le tympan.
Autour de l'oculus central montrant la Sainte Face (nimbe crucifère sur fond rouge), trois anges (sur fond damassé de rinceaux) tiennent des phylactères où est indiqué GLORIA IN EXCELSIS [DEO].
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Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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LA BAIE 8 DE L'ABSIDIOLE SUD.
Cette baie de 6,00 m de haut et 1,15 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 4 trilobes imbriqués entourés d' écoinçons.
Les lancettes présentent quatre saints en pied sous des niches à dais dont les gables sont à crochets : saint Martial, saint Pierre, sainte Valérie et saint Antoine .
Saint Martial et saint Pierre.
À gauche, saint Martial (SANCT MARSAU), portant la mitre et tenant un livre et la croix archiépiscopale, est vêtu d'une chape blanche à revers rouge.
Saint Pierre, en manteau blanc doublé de vert, tient le livre et la clé.
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Sainte Valérie et saint Antoine.
Sainte Valérie (inscription VALERIA) porte, d'une facture moderne, la palme du martyre.
Saint Antoine est entièrement moderne.
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LA BAIE 9 DU COLLATERAL NORD.
Cette baie de 6,00 m de haut et 1,15 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 1 trilobe entouré d' écoinçons.
Les lancettes présentent 4 saints en pied: un saint évêque et saint Michel, et Anne trinitaire devant sainte Marie-Madeleine.
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Registre supérieur : saint évêque ou saint abbé : Saint Michel terrassant le dragon.
Le saint abbé (il tient sa crosse en main droite) tient un livre dans la main gauche, comme un fondateur d'ordre ou de monastère.
Le motif du damas de la tenture bleue à grossees feuilles polylobées, n'avait pas été employé dans les autres verrières.
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Registre inférieur : sainte Anne trinitaire et sainte Marie-Madeleine.
Sainte Anne présente la Vierge Marie sa fille (couronnée, robe bleue et manteau blanc) qui tient l'Enfant dont on remarque surtout la tête nimbée.
Marie-Madeleine (robe rouge et manteau blanc) tient le flacon d'onguent, sur une tenture bleue à motif de damas à grosses feuilles.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Le tympan.
Dans l'oculus central, l'Agneau de Dieu avec le nimbe crucifère et l'étendard de la résurrection est entouré de 3 anges tenant (en rapport avec le tympan de la baie 7) des phylactères portant l'inscription TE DEUM LAUDAM, sur des fonds à rinceaux colorés au jaune d'argent.
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LA BAIE 10 DU COLLATERAL SUD.
Cette baie de 6,40 m de haut et 1,20 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 1 grand trilobe entouré d' écoinçons.
Les lancettes présentent quatre saints en pied, saint Christophe et saint Barthélémy, puis saint Martial et sainte Valérie.
Il faut toute la perspicacité de Françoise Gatouillat pour savoir découvrir, dans les quadrilobes des fenêtres des dais architecturaux, deux minuscules blasons, l'un à gauche aux armes du dauphin, l'autre à droite aux armes de France d'azur aux trois fleur de lys.
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Registre supérieur : saint Christophe et l'apôtre saint Barthélémy.
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Saint Christophe, barbu, porte l'Enfant Sauveur du Monde et tourne son regard vers lui, tandis qu'il franchit le fleuve, en s'appuyant sur une perche. Il porte une tunique rouge et un manteau blanc, et ses cheveux sont retenus par un bandeau, conformément à la tradition iconographique.
Dans l'eau du fleuve a été peint en grisaille et jaune d'argent un navire (un mât, une vergue, un nid-de-pie).
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Saint Barthélémy tient le couteau à dépecer de son martyre, on y lit la marque de coutellerie "R".
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Registre inférieur : saint Martial et sainte Valérie (figures modernes).
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Le tympan : le Jugement dernier.
Dans le lobe supérieur du trilobe, le Christ Juge drapé de pourpre trône sur l'arc-en-ciel, montrant ses plaies et entouré , en haut, d'instruments de la passion et sur les côtés de deux anges soufflant dans leur trompe.
En dessous, un empereur sort du tombeau, coiffé de la tiare.
Les anges des lobes latéraux sont du XIXe siècle.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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LA BAIE 11 DU COLLATERAL NORD.
Cette baie de 6,00 m de haut et 1,65 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 1 quadrilobe et 2 écoinçons.
Les lancettes présentent quatre saints en pied, saint Laurent et saint Eutrope et sainte Valérie (sic) et saint Amand.
L'oculus central du tympan a été déposé et confié au Laboratoire de Champs-sur-Marne.
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Le registre supérieur.
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Saint Laurent, tonsuré, tenant le grill en main droite et le livre en main gauche.
Il porte la dalmatique. Son nom est inscrit sur le socle.
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Saint Eutrope en évêque.
L'inscription du socle indique S. EUTROPI EPI[SCOPUS].
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Registre inférieur : saint tenant une épée ; saint Amand.
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À gauche, devant une tenture rouge à grosses feuilles, un saint tient une épée dressée et un livre. Ses cheveux sont courts et blonds. Il porte un manteau bleu à fermail doré et une tunique blanche serrée par une ceinture dorée, tunique qui est bordée d'hermines en partie basse.
Une inscription moderne le désigne, selon Gatouillat comme "Sainte Valérie", alors que je lis SANCTA puis VIFANA ?? (mais non HELENA)
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
À droite, saint Amand ermite de Limoges, désigné par inscription SANCTUS AMANT. Il porte la barbe et tient un bâton et un livre.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le tympan.
Le panneau déposé représente saint Martial tenant la croix archiépiscopale et sainte Valèrie acéphale.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
—DELAGRANGE (Robert), DESPROGES (abbé), 1943, "La Collégiale d'Eymoutiers (Haute-Vienne) : monument historique... : [Description des vitraux : leur symbolisme, identification des personnages" Introduction par Dupelaud / Limoges : Impr. Société des journaux et publications du Centre , 1943, non consulté.
—GATOUILLAT (Françoise), 2011. Eymoutiers, ancienne collégiale Saint-Etienne. In : Gatouillat & Hérold, Les vitraux d'Auvergne et du Limousin, Corpus Vitrearum Medii Aevi, Recensement IX pages 253-265
— SENÉ (Alain), 1962, Les vitraux anciens de l'église collégiale d'Eymoutiers Thèse de doctorat de Lettres, Poitiers (non consulté, cité par F. Gatouillat)
— SENÉ (Alain), 1979, Signatures de donateurs et de verriers relevées sur les vitraux de l'église Saint-Etienne d'Eymoutiers, Haute-Vienne / Alain Sené / Limoges : [S.n] , 1979
—TEXIER (Jacques), 1846, Vitraux d'Aymoutiers, Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin p.86, 221-230
L'église du 12e siècle a été remaniée aux 13e et 14e siècles.
A partir de 1451, le choeur et des chapelles collatérales du chevet furent reconstruites après les destructions de la guerre de Cent ans. Vers 1475, les remarquables vitraux du choeur et des chapelles collatérales furent mis en place .
Peu de temps après la construction de ce chevet, la collégiale fut dotée de stalles ; il s’agit d’un ensemble de la fin du XVe siècle qui a été modifié, reconstitué peut-être avec les éléments existants et l’apport probable de boiseries du chœur des églises voisines (Saint-Pierre-Château ou Notre-Dame, actuellement détruites), et remontés dans une structure moderne.
K. Lemé-Hebuterne a proposé en 2013 une mise en perspective, aussi bien stylistique qu’iconographique, de l’ensemble d’Eymoutiers avec les stalles contemporaines conservées dans la région. C’est avec celles de Solignac que les points communs sont les plus nombreux, ce qui permet de confirmer une datation dans les années 1470-1480.
Les miséricordes ne sont pas sculptées, et je m'attache à présenter ici les 29 appuis-main des parcloses des 23 stalles, en en détaillant l’iconographie.
L'ensemble des stalles d'Eymoutiers se distingue par la rareté des moulures croisées.
Aujourd'hui, les stalles du chœur, derrière la balustrade les séparant de la nef, sont ordonnées à proximité du lutrin et d'un autel , en deux ensemble nord et sud se faisant face, avec 9 stalles hautes au sud et 8 stalles hautes au nord, et 3 stalles basses de chaque côté.
Je les désignerai en les numérotant de la nef vers le chevet en les désignant sous l'abréviation SH et SB, NH et NB pour Stalles Hautes et Stalles Basses, Sud et Nord. Les appui-mains portent le n° de la stalle dont ils assurent le soutien de la main droite de l'occupant, sauf mention contraire.
Liste:
SH1, côté gauche : homme coiffé d'une pèlerine à capuche.
SH1 : visage grimaçant au nez épaté, coiffé d'un bonnet.
SH2 : homme coiffé d'un voile-manteau et tenant un phylactère.
SH3 : canard.
SH4 : homme barbu portant une capuche.
SH5 : personnage au buste brisé, tenant sur ses genoux un objet (assiette, écuelle).
SH6, main gauche : Samson combattant le lion, ou, paysan ouvrant la gueule d'un lion.
SH6 : homme, partie haute bûchée.
SH7 : dragon ailé ou oiseau au bec brisé.
SH8 : joueur de cornemuse.
SH9 : canard.
SB1 côté gauche : homme barbu.
SB1 : chanoine à tête de chien tenant des deux mains son bonnet.
SB2 : dragon ailé, tête repliée et menaçante.
SB3 : visage d'homme à la barbe courte et peignée .
NH1 : chien jouant de la flûte à bec.
NH2 : chien (ou ours, ou singe) assis, portant un capuche rabattue.
NH3 : tête d'animal aux longues oreilles, sortant ses deux pattes de l'habit monastique qu'il porte : évocation de Renart prêchant aux poules?
NH4 : tête d'homme, bûchée, coiffé d'un chaperon.
NH4 : tête d'un homme coiffé d'une capuche et riant aux éclats.
NH5 : centaure coiffé et vêtu, agrippé à sa patte droite et armant sa main gauche près du visage.
NH6 : quadrupède (chien ? ours ?) tête posée sur le dos.
NH7 : oiseau ou chimère dont la tête est brisée (aigle?)
NH8 : personnage à tête animalisée, coiffé d'un bonnet et d'un chaperon rabattu, vêtu d'une robe ample ; main droite brisée.
NH8 : chien rongeant un os.
NB1 : buste d'homme casqué à visière relevée.
NB2 : personnage à tête simiesque.
NB3 : palmipède.
NB3 : animal à crinière et museau allongé et évasé.
On compte ainsi parmi ces 29 motifs 13 hommes (aucune femme) dont de possibles caricatures de chanoines ; 5 animaux à costume ou accessoire humains ; 5 animaux (canards, chien) ; 2 dragons ; et 3 animaux hybrides. Je note l'importance des motifs dont l'interprétation est en partie difficile à préciser.
On remarque la présence de deux instruments de musique : cornemuse et chalémie.
On remarque l'absence, rare, de végétaux.
Vue générale.
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LES 12 STALLES DU CÔTÉ SUD
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Les stalles hautes HS
Appui-main de la stalle SH1, côté gauche : homme coiffé d'une pèlerine à capuche.
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Appui-main de la stalle SH1 : visage grimaçant au nez épaté, coiffé d'un bonnet.
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Appui-main de la stalle SH2 : homme coiffé d'un voile-manteau et tenant un phylactère.
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Appui-main de la stalle SH3 : canard.
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Appui-main de la stalle SH4 : homme barbu portant une capuche.
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Appui-main de la stalle SH5 : personnage au buste brisé, tenant sur ses genoux un objet (assiette, écuelle) .
Le contenu du plat est sculpté avec précision, mais je n'ai pu l'identifier (Coq??)
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Appui-main de la stalle SH6, main gauche : Samson combattant le lion, ou, paysan ouvrant la gueule d'un lion.
Le même motif se trouve sur une miséricorde SH2 de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue (André Sulpice, 1473-1487), ou sur les jouées des stalles de Saint-Pol-de-Léon (1504-1520).
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Appui-main de la stalle SH6 : homme, partie haute bûchée.
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Appui-main de la stalle SH7 : dragon ailé ou oiseau au bec brisé.
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Appui-main de la stalle SH8 : joueur de cornemuse.
Jean-Luc Matte le décrit ainsi dans son Encyclopédie de la cornemuse : " musicien aux joues gonflées, début XVIème (sic), 1 bourdon d'épaule, le hautbois a disparu ainsi que les bras et les mains du musicien."
L'outre est aussi gonflée que les joues du joueur de musette, mais ce qui a disparu, c'est le souffle-vent qui sortait initialement de la bouche du musicien.
Il est vêtu de houseaux, ces guêtres en tiges grossièrement nouées par deux cordelettes, laissant deviner l'origine paysanne du joueur, ou du moins son statut pauvre et itinérant.
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Appui-main de la stalle SH9 : canard.
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Appui-main de la stalle SB1 côté gauche : homme barbu.
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Appui-main de la stalle SB1 : chanoine à tête de chien tenant des deux mains son bonnet.
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Appui-main de la stalle SB2 : dragon ailé, tête repliée et menaçante.
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Appui-main de la stalle SB3 : visage d'homme à la barbe courte et peignée .
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LES STALLES DU CÔTÉ NORD.
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Appui-main de la stalle NH1 : chien jouant de la flûte à bec.
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Appui-main de la stalle NH2 : chien (ou ours, ou singe) assis, portant un capuche rabattue.
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Appui-main de la stalle NH3 : tête d'animal aux longues oreilles, sortant ses deux pattes de l'habit monastique qu'il porte : évocation de Renart prêchant aux poules?
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Appui-main de la stalle NH4 : tête d'homme, bûchée, coiffé d'un chaperon.
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Appui-main gauche de la stalle NH4 : tête d'un homme coiffé d'une capuche et riant aux éclats.
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Le côté est des stalles hautes : NH5 à NH8.
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Appui-main de la stalle NH5 : centaure coiffé et vêtu, agrippé à sa patte droite et armant sa main gauche près du visage.
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Appui-main de la stalle NH6 : quadrupède (chien ? ours ?) tête posée sur le dos.
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Appui-main de la stalle NH7 : oiseau ou chimère dont la tête est brisée (aigle?)
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Appui-main de la stalle NH8 : personnage à tête animalisée, coiffé d'un bonnet et d'un chaperon rabattu, vêtu d'une robe ample ; main droite brisée.
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Appui-main gauche de la stalle NH8 : chien rongeant un os.
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Les 3 stalles basses nord.
Appui-main de la stalle NB1 : buste d'homme casqué à visière relevée.
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Appui-main de la stalle NB2 : personnage à tête simiesque.
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Appui-main de la stalle NB3 : palmipède.
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Appui-main gauche de la stalle NB3 : animal à crinière et museau allongé et évasé.
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—LABORDERIE, (A. de), 1927, Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin t.LXXII
—LEMÉ-HÉBUTERNE (Kristiane), 2013, . Les stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 2013, T. CXLI. Non consulté.
"Peu de temps après la construction de ce chevet, la collégiale fut dotée de stalles (Kristiane Lemé-Hébuterne, « Les stalles de la collégiale d’eymoutiers », p. 93-110) ; il s’agit d’un ensemble de la fin du xVe siècle qui a été modifié, reconstitué peut-être, à partir d’éléments anciens remontés dans une structure moderne. Les miséricordes n’étant pas sculptées, l’auteur s’attache aux vingt-neuf appuis-main dont elle détaille l’iconographie et termine par une mise en perspective, aussi bien stylistique qu’iconographique, de l’ensemble d’eymoutiers avec les stalles contemporaines conservées dans la région. c’est avec celles de solignac que les points communs sont les plus nombreux, ce qui permet de confirmer une datation dans les années 1470-1480."
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162
— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 211.
La période de reconstruction de l'abbaye débute dans la seconde moitié du XVème siècle, moment où l'abbaye, riche et protégée, se dota des magnifiques stalles du choeur, mobilier spectaculaire.
Les 56 stalles sont aujourd'hui réparties en 4 rangées disposées symétriquement en deux ensembles contre les murs de la nef, chaque ensemble est composé de 13 stalles basses et 15 stalles hautes. Les sellettes comportent des miséricordes. Le bois de chêne est teinté et ciré.
La décoration est similaire qu'il s'agisse des stalles basses ou hautes : miséricordes sculptées d'animaux ou de personnages, parcloses à colonnettes et appui-mains figurés, ceinture supérieure moulurée, jouées richement décorées de motifs architecturaux. Les dorsaux des stalles hautes sont décorés d'arcatures tréflées dont les écoinçons accueillent des ornements végétaux, leurs jouées à enroulements présentent des personnages en ronde bosse.
Plusieurs fois déplacées dans l'édifice, ces stalles ont systématiquement été recomposées. Actuellement situées entre les piliers de la seconde travée de la nef, elles ont pour cela été raccourcies, et le blason du donateur mutilé, en 1983-1984. Stalles nettoyées et remises en cire en 2000. Quatre sellettes (qui avaient été bloquées en position fermée pour éviter que le public ne s'y asseye pendant les concerts) ont été vandalisées entre 2000 et 2006 : trois sont conservées par les gens de la paroisse, une aurait disparu.
Ces 56 stalles de la seconde moitié du 15e siècle portaient jusqu'à une restauration récente les armes de gueules à trois annels d'or posés 2 et 1 de Martial de Bony, 57e abbé de Solignac de 1457 à 1484. Un document de 1676 atteste l'existence de 92 stalles.(https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM87000444 )
Le monogramme MH (Monument historique) a été ajouté sur certaines miséricordes .
"Elles étaient placées initialement dans la nef. Soit dans la partie haute de la nef et une portion du transept (schéma archives départementales) soit dans la nef (schéma des Oblats de 1953) et fermées par un jubé selon la coutume d'avant le Concile de Trente.
Elles ont été faites sous l'abbatiat de Martial Bony de La Vergne dont le blason apparaissait tronqué sur la stalle haute à gauche du mur nord. Elles ont été déplacées en 1633 après l'arrivée des moines de la Congrégation de Saint-Maur et mises dans le choeur, masquant les absidioles.
Leur nombre a sans doute été réduit puisqu'à la Révolution on ne comptait que 56 sièges.
En 1981 les Monuments Historiques souhaitèrent les replacer dans la nef, ce qui fut fait en 1984/1985, mais pour cela il fallut rogner certaines parties (dont le blason) et les statues des angles sont en partie masquées. C'est un mobilier original, de qualité malgré les nombreuses mutilations dues à des déplacements successifs et à une utilisation sans protection. Les sculptures étaient toutes différentes à l'origine mais 13 miséricordes très abîmées ou absentes ont dû être refaites par les Monuments Historiques d'après les originaux. Elles sont estampillées MH.
On compte actuellement 56 stalles : 15 hautes et 13 basses de chaque côté ; les passages se trouvent à chaque extrémité. Elles ne comportent pas de dais (absents à l'origine ou disparus ?). la largeur de chaque siège au niveau des épaules est de 46 cm, ce qui est peu et tous les sièges ont la même largeur ce qui est inhabituel (la largeur varie habituellement avec le niveau hiérarchique de son occupant) et laisse penser qu'un certain nombre a été perdu.
Les hauts dossiers présentent des arcs trilobés séparés par des écoinçons. Les jouées basses sont ornées de rosaces de style gothique flamboyant. Une miséricorde est absente. C'était une copie des MH, elle a été volée !Les colonnettes et les arrondis des parcloses sont très soignés.
La décoration se caractérise par une abondance de feuillages sur les miséricordes et les écoinçons des dossiers : plus de 31 %. Les monstres occupent environ 24%, les humains 19% , les animaux 10,7% et les références religieuses seulement 9,2%.
Ce faible pourcentage de décoration à thème religieux est curieux mais caractéristique des sculptures du sud de la France." (http://renaissancesolignac.free.fr/patrimoine/stal.htm)
On remarquera aussi l'absence de musiciens ; de scènes vulgaires ; de saynètes de la vie quotidienne ou laissanr deviner des proverbes ou des fables.
Numérotation :
Les 56 stalles seront numérotées de la nef vers le chœur par rangées SH et SB (Sud Hautes et Sud Basses) et NH et NB (Nord Hautes et Nord Basses).
LES STALLES DU CÔTÉ SUD.
II. Les 15 stalles hautes SH.
La jouée nord
Elle porte deux statuettes, celle de saint Michel terrassant l'archange, et celle, en haut de saint Pierre, patron de l'église, tenant ses clefs et coiffé de la tiare papale.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH1 : figure hybride à deux têtes, de sanglier, et d'anthropomorphe cornu.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH2 : femme (ailée?) portant un hénnin et grimaçant.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH3 : griffon mi-aigle et mi-lion.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH4 : singe attaché par une chaine à un boulet, et mangeant un fruit
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH5 : hybride aux ailes de chiroptère, et aux pattes palmées.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH6 : rat mordant dans un fromage.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH7 : couple adossé en buste, coiffés de chaperons.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH8 : moine tirant un dragon ailé par la queue.
D et H. Kraus y voient, par allusion à l'expression proverbiale, un moine tirant le diable par la queue et l'illustrent d'un cliché.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH9 : feuilles.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH10 : feuille.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH11 : gueule de dragon figuré en engoulant.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH12 : feuilles finement dentelées (de hêtre, ou de charme)
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH13 : ensemble de feuilles tortueuses.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH14 : être fantastique à longues oreilles, vêtu d'un camail, crachant une feuille.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH15 : tête de moine, de profil.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
II. Les 13 stalles basses SB.
La jouée ouest.
L'écoinçon est décoré d'un dragon ailé.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB1 :Homme barbu et cornu, à curieuses oreilles.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB2 : tête de profil d'un jeune homme coiffé d'un chaperon.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB3 : feuilles finement dentelées.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB4 : rameau de feuilles de chêne rouvre.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB5 : feuille.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB6 : animal (renard?) se lêchant.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB7 : plusieurs feuilles tortueuses.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB8 : Hybride : une seule tête pour deux corps.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB9 : Tête de fou (longues oreilles) tirant la langue.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB10 : feuillage.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB11 : tête d'homme barbu et cornu. Copie de SB1?
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB12 : tête de moine, de profil.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB13 : feuille.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
La jouée est.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
LES STALLES DU CÔTÉ NORD.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
I. Les 15 stalles hautes NH
La jouée ouest.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
I. Les 13 stalles hautes NH.
NH1 : Homme barbu couché à plat-ventre et tenant une écuelle (ou son béret) : un mendiant?
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH2 : feuilles.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH3 : 2 dragons se mordant la queue.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH4 : moine prosterné se tenant la tête.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH5 : femme ailée tenant un objet long.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH6 : feuille et/ou blason.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH7 : hybride à tête anthropomorphe
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH8 : une sirène se coiffant devant son miroir.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH9 : feuille.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH10 : feuille
NH11 : animal fantastique à tête de chien, et ailes de chauve-souris.
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Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH12 : rameau de chêne rouvre.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH13 : chien rongeant un os.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH14 : tête de fou (longues oreilles) tirant la langue.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
NH15 : un lion couché.
Stalles nord de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
II. Les 13 stalles basses NB.
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NB1 : personnage à bonnet long et robe plissée tenant un phylactère.
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NB2 : feuille.
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NB3: feuille.
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NB4 : dragon de profil, ailes écartées de face.
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NB5 : jeune homme coiffé d'un bonnet de docteur et tenant un livre ouvert qu'il nous présente.
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NB6 : feuille.
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NB7 : hybride (pattes palmées, queue de serpent) à tête anthropomorphe encapuchonnée.
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NB8 : feuille
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NB9 : miséricorde volée.
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NB10 : tête de bœuf, langue tirée.
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NB11 : dragon ou serpent ailé, dont le corps fait un huit.
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NB12 : dragon bicéphale dont les deux têtes se mordent
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NB13 : homme ou femme, bras écartés en V, mains en sabots.
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LES APPUI-MAINS
Stalles de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
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Stalles de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
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— GRZELACK (Gaëlle) 2008, Les stalles de l'abbatiale de Solignac, reflet de la société médiévale, Issoudun : A. Lyner, 1 vol. (134 p.) : ill. en noir et en coul., carte, couv. ill. en coul. ; 24 cm
—LEMÉ-HEBUTERNE (Kristiane). Les stalles de l’abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul de Solignac. Presses universitaires de Limoges. in L’abbaye de Solignac (VIIe-XVIIIe siècle). Mémoires plurielles d’une très ancienne fondation, actes de colloque
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162
— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 211.
Jusqu'en 1950, de grands panneaux en bois imitant le marbre et soutenant des autels recouvraient les murs de l'abbatiale. On décida de les enlever pour mettre à nu l'appareillage de pierre. L'enduit à la chaux recouvrant le pilier droit laissa apparaître des traces de couleurs et une fois enlevé fit place à une peinture murale de 5 m de haut sur 3,20 m dont le bas était détruit. L'humidité risquait de l’abîmer. L'œuvre fut restaurée à plusieurs reprises : en 1973 par Robert Baudouin, en 1984 puis en 1991 par Albert Carré. Pour raisons de préservation, la peinture a été déposée en 1999 par Véronique Legoux et reposée en avant de son emplacement original en 2001.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Au centre du panneau est représentée l'image gigantesque du saint portant sur ses épaules l'Enfant Jésus. Il s'appuie sur un bâton de la main droite et retient l'Enfant de l'autre. Ce dernier, représenté de face, tient entre ses mains un globe marqué d'une croix. Autour de cette représentation prennent place différents épisodes de la vie de saint Christophe, d'après la "Légende dorée" de Jacques de Voragine (XIIIe siècle) , et, en bas à gauche, la figure d'un chevalier donateur.
Les sujets se détachent sur un fond damassé à fleurs de lys et couronnes dorées suggérant une influence royale (comme pour le vitrail de l'abbatiale, offert entre 1457 et 1484 par l'abbé Martial de Bony, et où un roi couronné est agenouillé devant une Vierge de Pitié avec sa prière Ave Maria gratia plena sur le phylactère).
Cliché lavieb-aile.Cliché lavieb-aile.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Saint Christophe, de son vrai nom Reprobus, (le réprouvé) était originaire du pays de Chanaan où vivaient des géants (entre autre : Goliath). Il mesurait dit-on 12 coudées soit 4 mètres ! C'est précisément en géant que la peinture le représente. Résolu à ne servir que le maître le plus puissant, il alla tout d'abord chez un roi. Le château en haut à droite pourrait certes relater cet épisode, malgré des éléments discordants.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Mais ce roi avait peur du diable et Reprobus le quitta pour se mettre au service du diable.
Au détour d'un chemin, tous deux rencontrèrent une croix et, la voyant, le diable prit la fuite.
On aperçoit sous le château un dragon (le diable) qui s'écarte du calvaire et que Reprobus, en costume du Moyen-Âge (du règne de Charles VII plus précisément) s'apprête à quitter pour chercher ce Christ capable de fair fuir le diable. Au dessus, une licorne, symbole de pureté, pourrait représenter le Christ [ou la virginité de la Vierge NDE].
Sous le calvaire, on voit un homme, de dos, attaché à une croix (larron, saint Sébastien ?)
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Tout à sa recherche, Reprobus rencontra un ermite du nom de Babylas auquel un corbeau apportait quotidiennement du pain. On voit à gauche un ermite sortir d'une toute petite chapelle surmontée d'une croix et d'un oiseau noir [en réalité à bec et pattes rouges : un Crave à bec rouge]. L'ermite élève une lanterne.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Mais Reprobus avait servi le diable et Babylas lui imposa une pénitence : faire traverser le fleuve aux pèlerins en les transportant sur ses larges épaules puisqu'il n'y avait pas de pont ? Un jour, qu'il transportait un enfant, il faillit se noyer car cet enfant était très lourd : c'était Jésus portant tout le poids du monde. Reprobus devint alors Christophoros « celui qui porte le Christ ».
"Mais voilà que, peu à peu, l’eau enflait, et que l’enfant devenait lourd comme un poids de plomb ; et sans cesse l’eau devenait plus haute et l’enfant plus lourd, de telle sorte que Christophe crut bien qu’il allait périr. Il parvint cependant jusqu’à l’autre rive. Et, y ayant déposé l’enfant, il lui dit : « Ah ! mon petit, tu m’as mis en grand danger ; et tu as tant pesé sur moi que, si j’avais porté le monde entier, je n’aurais pas eu les épaules plus chargées ! » Et l’enfant lui répondit : « Ne t’en étonne pas, Christophe ; car non seulement tu as porté sur tes épaules le monde entier, mais aussi Celui qui a créé le monde. Je suis en effet le Christ, ton maître, celui que tu sers en faisant ce que tu fais. Et, en signe de la vérité de mes paroles, quand tu auras franchi le fleuve, plante dans la terre ton bâton, près de ta cabane : tu le verras, demain matin, chargé de fleurs et de fruits. » Sur quoi l’enfant disparut ; et Christophe, ayant planté son bâton, le retrouva, dès le matin suivant, transformé en un beau palmier plein de feuilles et de dattes." (Jacques de Voragine)
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
COMPLÉMENT ET DISCUSSION.
1°) Le donateur.
Il est agenouillé, en armure, son heaume devant lui, mains jointes. Sa prière figure sur un phylactère vertical, et elle semble s'adresser à Marie (dernières lettres MA) ; l'inscription a été déchiffrée en 1953 mais je n'ai pu y accéder. Un auteur a remarqué que "l'épée, avec sa garde à quillons retournés vers la pointe de la lame, fut en usage aux XIVe et XVe siècle. ;La forme de l'armure à plates semble indiquer le XVe siècle."
Ses armoiries sont un écartelé qui associent en 1 et 3 les armes de la famille de Bony de gueules à trois besants d'argent posés 2 et 1 et celles d'une autre famille, portant de gueules à la fasce d'argent accompagnée de 3 étoiles de même en chef.
Selon un auteur qui a publié dans le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin de 1949 :
"Il y eut vraisemblablement deux donateurs dont l'un doit être un religieux . A cause des deux écus dont les armes appartiennent à deux membres différents de la même famille . Quels auraient donc été ces deux donateurs ? Probablement d'abord un Abbé de Solignac , puisque cette peinture en orne l'église abbatiale . Or nous connaissons trois personnageş appartenant à la maison de Bony qui furent abbés de Solignac . D'abord Hugues , qui vivait au XIV ° siècle . Puis Martial , élu , suivant certains auteurs , en 1456 et auquel nous devons le vitrail armorié dont nous avons parlé , ainsi que les stalles établies en 1479. Enfin Aymeric , qui appartint à la génération suivante . L'époque indiquée par divers éléments de la fresque désignerait donc de préférence l'abbé Martial de Bony . Nous avons vu que l'un des donateurs , celui qui est représenté priant à genoux en armure , l'épée au côté et le casque devant lui , était un laïc. Ce dernier devait être proche parent du précédent abbé Martial , puisque ses armes le désignent aussi comme un membre de la famille de Bony . Or nous savons que cet abbé avait justement un frère portant le prénom de Christophe : c'était noble Christophe de Bony, damoiseau , fils de Jean ( 1409-1458 ) de Bony de Lavergne, damoiseau , et de Jeanne de Bruny . Il épousa lui-même par contrat du 5 septembre 1445 Antoinette Cotet et rendit hommage en 1465 . Il est donc vraisemblable que cette fresque , exécutée au XVe siècle , est due à Martial de Bony , abbé de Solignac , et à son frère , Christophe de Bony . et à son frère , Christophe de Bony , seigneur de Lavergne . Mais ce n'est là qu'une probabilité , car une certitude ne pourrait être obtenue qu'après identification des armes écartelant l'écu peint au-dessus du chevalier …"
Christophe de Bony eut des enfants : Pierre, seigneur de Lavergne et de Saint-Priest-Ligoure qui épousa Marguerite de Tranchillon [Tranchelion] et qui existait en 1465 et jusqu'en 1492; Jean, prieur de l'Artige ; Jeanne ; Aymeric, abbé de Solignac.
Mais on peut remarquer que :
a) les armoiries pleines de la famille de Bony, en bas à droite, ne sont pas marquée de la crosse abbatiale (à la différence du blason du vitrail de l'abbatiale, avec sa crosse en pal).
b) les armes en 2 et 4 de l'écartelé ne sont pas celles de l'épouse de Christophe de Bony (les armes ne seraient pas alors un écartelé, mais un blason mi-parti). Sont-elles celles de ses parents? Je ne peux retrouver les armes de la mère, Jeanne de Bruny. (Les généalogistes indiquent Jeanne Brun). Le donateur pourrait être Pierre de Bony, qui honorerait par cette dévotion à saint Christophe la mémoire de son père ; mais cela ne règle pas la difficulté.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
2°) Les trois personnages dans un pli de la robe de saint Christophe évoquent très fortement les trois pèlerins que, sur les fresque espagnoles, notamment à la cathédrale de Burgos, le saint porte à la ceinture.
— GRAU LOBO, Luis (1994-1995): “San Cristóbal, Homo Viator en los caminos bajomedievales: avance hacia el catálogo de una iconografía particular”, a Brigecio, 4-5, p. 167-184. http://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=1402347
Je ne vois pas d'autre explication à la présence de ces trois hommes sur la robe du saint.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
3°) la collerette blanche de saint Christophe ne pourrait-elle être une roue de moulin , par rapprochement avec ces roues de moulin portées autour de l'avant-bras de saint Christophe à Burgos et à de nombreux autres sanctuaires espagnols?
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
4°) Les deux scènes, à droite et à gauche, incluant un château sont difficiles à interpréter.
A droite ( sur la rive précédant le miracle de la conversion de Reprobus) le château porte les armes de la famille de Bony. Le Géant s'y présente tenant à la main son bâton de marche reverdi — ce qui atteste de l'inrtervention miraculeuse de Jésus—, et il est accueilli par une jeune femme qui semble surprise ou enthousiaste.
Un cavalier quitte le château.
Cliché lavieb-aile.
À gauche, donc sur la rive que Reprobus/Christophe a fait traverser à l'Enfant-Jésus, l'ermite tient la lanterne, c'est logique, car il a guidé les voyageurs, on retrouve cet ermite de la rive gauche sur de très nombreux exemples.
Cliché lavieb-aile.
Mais le château qui domine l'ermitage est difficile à interprêter. Sous la herse, la porte est gardée par un soldat tenant une hallebarde, et un personnage vêtu de rouge (un roi? Dieu ??) regarde à travers une fenêtre grillagée.
"Au centre du panneau est représentée l'image gigantesque du saint portant sur ses épaules l'Enfant Jésus. Il s'appuie sur un bâton de la main droite et retient l'Enfant de l'autre. Ce dernier, représenté de face, tient entre ses mains un globe marqué d'une croix. Autour de cette représentation prennent place différents épisodes de la vie de saint Christophe, d'après la 'Légende dorée' de Jacques de Voragine. En haut à droite, saint Christophe se présente devant un château, lieu où il recherche le seigneur le plus puissant qu'il abandonne ensuite pour se mettre au service du diable qui lui apparaît alors plus fort ; mais il quitte ce dernier dont il découvre la crainte devant un calvaire, comme le montre la scène juste en dessous. Puis, éclairé par un saint ermite, peint au centre du côté gauche, il devient passeur, et trouve enfin l'homme le plus puissant du monde : le Christ qu'il porte pour lui faire traverser le gué. En haut à gauche se poursuit le cycle, avec un autre château qui doit représenter la prison de Lycie ; puis comme scène finale, l'avant-dernier supplice de saint Christophe : les flèches qui lui étaient destinées se détournent de lui, atteignant ses bourreaux. Le bas du panneau se rapporte aux donateurs : sur la gauche, un homme en armure est agenouillé en prière, en dessous d'un phylactère et d'un blason. Devant lui, une nef transportant trois ou quatre personnages est représentée. Un second donateur dont il ne reste que l'écu devait être représenté plus loin.
Oeuvre restaurée à plusieurs reprises : en 1973 par Robert Baudouin, en 1984 puis en 1991 par Albert Carré. Pour raisons de préservation, la peinture a été déposée en 1999 par Véronique Legoux et reposée en avant de son emplacement original en 2001.
Ecu de gauche au bas du panneau : écartelé aux 1 et 4 de gueules à trois annelets d'argent, qui est Bony ; aux 2 et 3 de gueules à la fasce d'argent accompagné en chef de trois étoiles de même rangées en fasce (non identifié). Ecu de droite : de gueules à trois besants d'argent posés 2 et 1, (famille Bony). Inscription actuellement illisible peinte sur le phylactère au bas du panneau (relevée en 1953).
Cette peinture murale représentant la vie de saint Christophe date de la 2e moitié du 15e siècle, ses commanditaires pourraient être l'abbé Martial de Bony (élu en 1456) et son frère Christophe de Bony. Elle a été découverte en 1951."
— DENIS (Hortense), 2020. Les représentations artistiques de saint Christophe dans le diocèse de Chartres, du Moyen âge au XVIe siècle. Art et histoire de l’art. Mémoire de recherche (2de année de 2e cycle) en histoire de l’art appliquée aux collections présenté sous la direction de Mme Ioanna RAPTI et M. Jannic DURAND
—RIGAUX (Dominique), 1996, "Une image pour la route. L'iconographie de saint Christophe dans les régions alpines (XIIe-XVe siècle)", Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public Année 1996 26 pp. 235-266
— VORAGINE (Jacques de) 1261, ou IACOPO DA VARAZZE, Legenda aurea, traduite en français par JEAN DE VIGNAY sous le titre de Légende des Sains au plus tard en 1348.
Les stalles de l'abbaye de Mozac ont été installées au début du XVe siècle durant l’abbatiat de Philibert 1er d’Archambaud (abbé d'avril 1406 jusqu'à sa mort en 1419), et certaines ont été redécouverte en 1967 par le Club historique mozacois dans le grenier du presbytère. 39 stalles sont toujours en place dans le chœur de l’église, dont la stalle de l'abbé, non présentée ici, et qui porterait les armes de Raymond de Marcenat.
Elles sont réparties en stalles hautes et basses de part et d'autre du chœur, à raison de 11 stalles hautes et 8 stalles basses de chaque côté.
Le décor sculpté des miséricordes alterne des éléments figurés animaux et humains, les plus intéressants, avec des feuillages stylisés ou des éléments géométriques en pyramide ou en simples rectangles (21 au total). Parmi les 9 représentations humaines, on compte 8 hommes et 1 femme. Parmi les 8 animaux, pas toujours identifiables précisément, on trouve 1 lion, un chien rongeant un os, un griffon, 2 sangliers, 1 oie.
Les jouées sont banales et surmontées de volutes toutes semblables ; les appui-mains sont tous identiques ; les dossiers et haut-dossiers ne sont pas sculptés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
LES STALLES SUD.
Les stalles hautes sud HS.
HS11. visage d'un homme.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS10 : feuillage stylisé.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS9 : buste d'un homme, bras écartés et mains sur le ventre.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS8. Pyramide à degrés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS7. visage d'un homme barbu coiffé d'un chapeau feuillagé.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS6. feuillages.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS5. Lion ? faciès léonin à longues oreilles.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS4 : feuille
HS3. griffon.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS2. chien tenant un os.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS1. feuille et son rameau.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Les stalles basses sud.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 1 : homme de face, à barbiche, cheveux écartés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 2 : feuilles.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 3 : pyramide à degrés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 4 : homme de profil, coiffé d'un bonnet, qui lève la main.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 5 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 6 : homme coiffé d'un bonnet pointu (à grelot?) et vêtu d'une tunique à gros boutons.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 7 : rectangle.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 8 : tête de sanglier de profil.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
LES STALLES NORD.
Stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Les stalles basses nord BN.
BS 8 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 7 : tête d'homme barbu.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 6 : rectangle
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 5 : tête d'animal aux oreilles pointues.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 4 : tête de femme à chevelure ou coiffe exubérante.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 3 : pyramide à degrés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 2 : pyramide à degrés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 1 : un oiseau de profil : une oie ?.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles hautes nord.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN1 : feuille stylisée.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN2 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN3 : tête de bœuf, de face.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN4 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN5 : tête d'homme (?) coiffé d'un bonnet, aux cheveux écartés en deux masses latérales.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN6 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN7 : feuille finement dentelée.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN8 : rectangle.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN9 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN10 : rectangle.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN11 : tête de sanglier.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
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1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)