Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490) de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue, II: les animaux et personnages des haut-dossiers.
Si les miséricordes de la chartreuse Saint-Sauveur ont reçu toute l'attention qu'elles méritaient, les "haut-dossiers" ou panneaux verticaux au dessus des sièges ont peut-être été moins étudiés ; du moins je n'ai pas su trouver de clichés en ligne les concernant, et encore moins d'étude monographique, alors qu'ils abritent chacun une paire de motifs sculptés passionnants. Ils sont au nombre de 34 pour 30 sièges, pour compenser les retours d'angle.
Ils relèvent d'un art médiéval (aucun élément Renaissance) où dominent largement — comme c'est également le cas pour les miséricordes— les représentations d'animaux (oiseaux, chien, lion, ours, dragons) associés à des humains (homme sauvage chasseurs, ou fous), à des feuillages, et, fait insigne, à un blason du donateur Vesian Valette et de son épouse. Mais à la différence des miséricordes, ces animaux et humains affrontés deux à deux dans chaque angle supérieur des dossiers composent souvent des saynètes évoquant les enluminures marginales des manuscrits. L'ambiance générale est sylvestre.
J'ai repris la numérotation choisis pour les miséricordes, juste modifiée par des numéros bis dans les encoignures.
Stalles sud de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.Stalles nord de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Chaque panneau de 1,25 m de haut, séparé de l'autre par un pinacle gothique, est orné d'un remplage flamboyant à quadrilobes inscrits dans une ogive. Ces réseaux sont tous semblables, mais ce sont les écoinçons, les angles triangulaires supérieurs, qui reçoivent ces saynètes souvent truculentes auxquelles je me suis intéressé.
J'étudiera au passage les panneaux d'oraison chantée qui se trouve en milieu de rangée de chaque côté. Et enfin, le blason du panneau 30 sera éclairé par une iconographie héraldique de l'ensemble de la chartreuse (vitraux, culots, etc. .
Je ne promets pas d'être exhaustif ; je débute par le numéro 1, à droite une fois la porte de clôture franchie.
LE CÔTE SUD
Dossier n°1 : un chien à collier / un lion affrontant un chien.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
à droite : un lion, si l'on veut, peut être coiffé d'un grelot, affronte touts crocs sortis un chien féroce.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
à gauche : un chien (un vrai dogue) doté d'un collier avec anneau surgit des bois représentés par des rameaux ligneux.
Sur ces dossiers, la forêt sera prédominante, avec ses animaux suvages et ses scènes de chasse.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossiers n°2 à 3 bis : éléments végétaux.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossiers n°4 bis, 4, 5 et 6 : feuillages.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 7: un ours à droite poursuivant un homme nu dans un bois.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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Dossier n° 8: un dragon ailé à longues oreilles crachant le feu /?
Dans le ventre du dragon de gauche se trouve une tête à longues oreilles.
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Dossier n°9 : un dragon ailé et cornu à longue queue serpentine, crachant le feu / un animal cornu crachant le feu et piétinant un dragon ailé.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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Dossier n°10 : fleurs boutonnées. Panneau de chantre ADOREMUS.
Le panneau indique le texte et les notes (neumes) d'un chant du rituel cartusien qu'on retrouve dans le Psalterium nocturnum pour le dimanche matin : Adoremus dominus qui fecit nos ("adorons le seigneur qui nous a fait") :
Les fleurs aux pétales très allongés et sinueux ont un cœur quadrillé.
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Dossiers n°11 à 12 : feuillages.
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Dossier n°13 : un ours dans les bois/ un lion rugissant.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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Dossier n° 14: Homme /fou crachant une fleur
Le fou, barbu, porte une tunique à cagoule dotée d'oreilles d'âne et de grelots. Il souffle sur une fleur, ou il la crache. Un rameau ligneux indique que nous sommes toujours dans la forêt.
Toujours dans les bois, un homme aux cheveux longs, vêtu d'une tunique serrée par une ceinture, pose une main sur la hanche. Derrière cette main un objet que je n'identifie pas.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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Dossier n° 15: feuillages
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
DU CÔTÉ NORD.
Dossier n° 16: deux oiseaux.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 17 : combat dans les bois d' une bête fauve qui terrasse un homme sauvage (tout velu, renversé tête en bas) et qui affronte /...un chien protégé par un bouclier à trois fleurons.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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Dossier n° 18 : homme (moine?) armé d'un gourdin et tirant la langue montrant de l'index / ... un ange tenant un phylactère.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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Dossier n° 18bis: deux oiseaux affrontés.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 19 : deux oiseaux.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 20 : visage lunaire d'un homme tirant la langue/ deux chiens, dont l'un tient dans sa gueule un oiseau.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 21 : tête d'ours, ailé/??
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier 23 : combat, dans les bois, d'un homme sauvage derrière son bouclier/et d'un ours se protégeant avec un bouclier orné de son portrait.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier 24 : un dogue colleté poursuivant/ un lièvre fuyant dans les bois.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier 25 : un ours (?) tenant un livre émettant un souffle/ un lion tenant un livre émettant un souffle.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier 25 : deux anges, l'un tenant une croix et l'autre un phylactère ; panneau de chantre.
Sous le panneau, les écoinçons sont sculptés d'un ange tenant une croix et d'un ange tenant un phylactère.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier 26 : dans les bois, combat de deux bêtes fauves, s'abritant derrière leur bouclier ; l'un est armé d'un rameau ligneux.
Les deux animaux sont comparables, avec des oreilles longues, un pelage lisse, un ventre proéminent et une queue fine et longue. Celui de gauche, de profil, a un museau pointu. Il évolue parmi les rameaux ligneux métonymiques des forêts. Son bouclier est lisse. À droite, l'animal tourne vers nous sa tête, qui peut évoquer celle d'un ours. Il grimpe sur une branche, il est armé d'un rameau ligneux ou branche écotée, et ce rameau orne oussi son bouclier. Pourquoi cette insistance ? Difficile de ne pas voir ici, comme pour la miséricorde n°13 où un chapeau de pèlerin était accompagné de rameaux, et au vu de la fréquence de ce motif sur l'ensemble des sculptures, l'indice d'une valeur emblématique de ces bois écotés, soit s'appliquant aux donateurs (mais leurs armoiries et blason de marchand n'en comporte pas), soit aux chartreux ou à la Grande Chartreuse. Faut-il alléguer une racine sanscrite krt "couper, séparer en coupant" aux mots chartreuse, latin cartusa, italien certosa ? En réalité le couvent tient son nom du massif éponyme, issu du francoprovençal calma trossa "la prairie troussée" c'est à dire défrichée. Donc, mauvaise piste, sauf si on voit dans ces tronçons de branches le symobole du défrichement... Je laisse donc ma réflexion ouverte.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier 27 : un fou et sa marotte/ un lion soufflant.
Nous retrouvons la figure du fou, déjà présent sur la miséricorde n°3 et sur le dossier n°14. Non seulement il porte la capuche à grelot, mais il tient son attribut, sa marotte qui le représente soufflant une plume, autrement dit du vent, réelle représentation de la folie du latin follis (issu de flo, "souffler") "baudruche, ballon, soufflet". Car le fou est un être vide, rempli de vent, qui vagabonde comme un feu follet et dont la parole est vaine.
Il n'est pas anodin qu'en tant qu'insensé, dépourvu de sens, il tourne la tête du côté opposé à celui de sa marche et de son geste.
Le galon de sa tunique et de sa capuche est ponctué de trous, qui recevaient peut-être jadis des paillettes dorées ou autres fanfreluches.
À droite, un lion aux pieds anthropomorphes et à la queue en fouet très fleurie tend la langue, mais celle-ci, par sa forme foliée, répond à la plume du fou.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossiers 28 à 30.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier 28 : deux oiseaux.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier 29 : deux oiseaux.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier 30 : un cheval hénissant et ruant / Blason des donateurs.
Cette joyeuse et énergique sculpture d'un cheval (un poulain?) est rare dans le répertoire des stalles européennes.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Armoiries du couple fondateur.
mi parti en 1 d'azur au chevron d'or, accompagné de trois demi-vols d'argent posés 1 en chef et 1 en pointe , (Vesian Valette) écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix d'argent clechée, vidée et pommelée, au 2 et 3 de gueules de lévrier d'or passant colleté de gueules (Catherine Carnier)
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Les armoiries des donateurs.
"La fondation de la charteuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue.
Résultant d'un vœu testamentaire du marchand [en drap] Vésian Valette , il s'inscrit dans le contexte général de forte expansion que connaît l'ordre à partir du XIVe siècle, favorisée par l'engouement qu'il suscite chez les princes et les élites urbaines. Bien souvent, le but des établissements fondés est d'en faire des nécropoles familiales. À l'origine. implantées dans des « déserts », les chartreuses sont de plus en plus fréquemment installées intra-muros ou, comme ici, en périphérie des villes. Décidé à partir pour Rome à l'occasion du jubilé de 1450, le notable ceste avant son départ, le 17 juin. Il y exprime sa volonté de voir fonder un monastère de l'ordre des Chartreux auquel il lègue sa fortune, à charge, pour les moines, de célébrer deux messes quotidiennes, dom une des Morts. Les dispositions énoncées prévoient également une inhumation dans l'église . Pendant son séjour à Rome il décède, sans douce de la peste qui sévit alors. Une fois la nouvelle parvenue en Rouergue, les exécuteurs testamentaires (sa veuve et les consuls) s'activent à la mise en œuvre rapide du vœu. En 1461, Vezian Valette est inhumé dans le tombeau qui lui avait été préparé ; sa veuve y est ensevelie en 1465. " (J. Dubois, en ligne)
On a décrit trois phases de construction: de 1451 à 1460, pour l'église, la sacristie, la salle capitulaire et le petit cloître; la fin du Xve siècle, pour le réfectoire et le grand cloître; 1528, pour la chapelle nord-ouest de l'église.
Les Valette, qui portent d'azur au chevron d'or, accompagné de trois demi-vols d'argent posés 1 en chef et 1 en pointe , font partie des principales familles dirigeantes de la ville à la fin du Moyen Âge en occupant l'une des quatre charge de consul. Le plus ancien membre rencontré à l'un de ces postes est un certain Hugues Valette en 1378, dont on peut penser que Jean et Arnaud, consuls en 1406, sont les fils. Jean, le père de Vésian Valette, exerce la profession de notaire. Le marchand Vésian occupe ensuite par trois fois l'une des charges municipales, en 1432, 1447 et 1448. Son épouse Catherine Garnier porte écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix d'argent clechée, vidée et pommelée, au 2 et 3 de gueules de lévrier d'or passant colleté de gueules appartient à une famille noble.
La chartreuse disposait à la fin du XVIIe siècle de 13 cellules; les moines-prêtres ou chartreux et des frères convers étaient dirigés par un prieur .
Sur la porte d'entrée, sur celle donnant vers le petit cloître, sur le lavabo de ce petit cloître, sur les culots (ou cul-de-lampes) des piliers des cloîtres, ou sur leurs clefs pendantes, ou encore sur les vitraux de 1620 où figure le couple des donateurs, les armoiries d'honorable Vesian Valette, en plein ou mi-parti avec celle de noble Catherine Garnier, sont largement représentées. On trouve aussi, sur les culots ou les clefs pendantes, un blason au chiffre du marchand donateur. En voici un aperçu.
1. La porte de la chapelle : deux chartreux présentent les blasons du couple fondateur : à gauche les armes de Vesian Valette, à droite celle de Catherine Garnier.
Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
2. les blasons du couple fondateur : à gauche les armes de Vesian Valette, à droite celle de Catherine Garnier .
a) dans l'église, (sous leur portrait et sous saint André et saint Antoine).Pièces anciennes vers 1470.
Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
b) dans la salle capitulaire baie axiale , vitrail de l'Annonce aux bergers,(détail) vers 1520.
Vitrail (détail) de la salle capitulaire de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
c) au centre du tympan.
Vitrail (détail) de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Le lavabo. Les armes du couple encadrent un entrelacs dans le monogramme M[aria]. Au dessus la scène du Lavement des pieds des apôtres.
Lavabo de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Les culots et clefs pendantes des cloîtres : le blason de marchand.
Ce blason est disposé sur la forme générale d'une clef, anneau en bas (une lettre D??), une traverse et au sommet un cercle associé à une croix. La marque peut rappeler les marques de typographe (Nicolas Jenson), ou vaguement l'insigne des Chartreux, mais elle reste unique et mystérieuse, comme toutes ces marques de marchand.
Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Je remarque pour fini parmi les culots celui où un chien et un lion se partagent le pétiole d'une feuille d'acanthe, non sans rapport avec le grand thème animalier et sylvestre des sculptures des hauts dossiers et des miséricordes
Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger, non consultée
https://theses.fr/2000TOU20015
— CABROL (Etienne),1860, Annales de Villefranche de Rouergue, Villefranche, Impr. Vve Cestan, 1860, t. I, p. 387-388, 394-395, 411-413, 416, 422, 626 ; t. II, p. 49-50. Tome 1 non consulté
— DUBOIS (Jacques), 2011, Villefranche-de-Rouergue, chartreuse Saint-Sauveur. L'architecture, dans Monuments de l'Aveyron, Congrès archéologique de France, 167e session, Paris, Société Française d'Archéologie, 2011.p. 387-399
—GAULEJAC (Bernard de), 1938, « La chartreuse de Villefranche-de-Rouergue », dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 p p. 106-121
"Le choeur des religieux, qui occupe la troisième travée de la nef, renferme trente stalles disposées sur un rang : douze au nord, le même nombre au sud et trois de chaque côté de l'entrée du choeur, à l'ouest.
Les hauts dossiers sont décorés d'un réseau flamboyant entre des contreforts à pinacles ; au-dessus s'avance un baldaquin en forme de voussure, couronné par une galerie ajourée, interrompue par des pinacles. Le travail des jouées, décorées d'enroulements et de motifs de feuillages, est assez remarquable ; il constitue, avec celui des parcloses et des miséricordes, la principale richesse des stalles de la Chartreuse. On y rencontre une grande variété de compositions, où apparaissent des motifs de feuillages, d'animaux sauvages ou fantastiques, de figures humaines et toute sorte d'emblèmes. Du côté nord, quelques hauts dossiers ont été mutilés à une époque moderne, pour permettre d'établir une chaire aujourd'hui inutilisée.
Dans la première travée de la nef, huit stalles, analogues aux précédentes, mais plus simples, encadrent le portail d'entrée ; elles étaient destinées aux frères.
Toutes ces stalles sont dues au ciseau du maître menuisier André Sulpice, qui est également l'auteur des stalles de la collégiale de Villefranche, de celles de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez. Le contrat est de 1462, et le travail dura seize ans."
—LAURIERE (Raymond), 1999 Thèse Toulouse 2, non consultée
https://theses.fr/1999TOU20040
—Gilhodes (abbé), 1973, La chartreuse de Villefranche de Rouergue, Analecta cartusiana, n 14
Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490) de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche de Rouergue. I, les miséricordes, les appui-mains et les jouées.
Les donateurs, Vésian Valette et Catherine Garnière, v.1450.
"En 1450, sire Vezian Valette, riche marchand de Villefranche, mourut à Rome où il était allé gagner l'indulgence plénière du premier jubilé du pape Clément VII ; sa veuve, Catherine Garnière, pour se conformer aux dispositions du testament, fit construire le couvent de la Chartreuse. Les travaux débutent en 1451, sous l'égide du prieur Pierre Marcellariis, envoyé par le prieur de la grande Chartreuse. L'église, le cloître et le chapitre sont achevés en 1458 par les maîtres maçons Corradus Rogier et Jean Copiac avec lesquels est en outre, la même année, baillé à prix-fait la construction dans les deux ans du petit cloître pour 700 écus d'or. En 1461, Vezian Valette est inhumé dans le tombeau qui lui avait été préparé ; sa veuve y est ensevelie en 1465. En 1491, la chartreuse est incorporée à son ordre par le chapitre général tenu à la grande Chartreuse de Grenoble . L'église est consacrée le 4 septembre 1546."
En 1561, les Chartreux de Villefranche sont chassés du couvent par la famille Valette, Huguenots se disant de la même famille que Vezian Valette, et se retirent au couvent des Cordeliers de Villefranche. En 1790, les Chartreux sont de nouveau chassés et la chartreuse mise en vente. En 1792, les religieuses de l'hôpital de Villefranche y installent leurs malades. Les bâtiments, déjà remaniés au 17e siècle, subissent de nouveaux aménagements pour se conformer à cette utilisation.
Les cloîtres, le chapitre et les chapelles témoignent d'une certaine recherche ornementale. Les cellules des moines étaient des pièces carrées surélevées d'un galetas dont l'accès se faisait par une trappe. Le chartreux y recevaient la nourriture par une ouverture pratiquée dans le mur de la galerie du cloître. Une sorte de petit promenoir couvert et un cabinet d'aisances formaient le complément de ce logis qu'entourait un petit enclos. Les chartreux se réunissaient au réfectoire les jeudis et dimanches."
Dans les temps calmes, les chartreux occupaient toutes les places des 30 stalles, mais à la Révolution de 1789, il ne restait que huit chartreux.
Plan de la chartreuse Saint-Sauveur d'après "Congrès archéologique de France - 1937" annoté par Mossot Wikipedia
La chapelle est divisée en deux parties par une haute cloison en bois, réalisée au XVIIIe siècle, séparant le chœur des moines qui se trouve dans la troisième travée, des convers ou d'éventuels visiteurs masculins.
Emplacement des stalles. Plan 1837.
Les stalles
Les moines disposent de 30 stalles en bois disposées en U sur un rang, douze au nord, autant au sud, et trois de chaque côté de l'entrée du chœur, mesurant 12,40 m de longueur.
Andre Sulpice, originaire de Lozère ou de Bourges (son nom y apparait en 1452), fut le concepteur entre 1462 et 1489-90, des stalles de la cathédrale de Mende (1460), de la chartreuse Saint-Sauveur et de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. a aussi travaillé à la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue, à l'abbaye de Loc-Dieu et à la cathédrale de Rodez.
"Le travail de la partie inférieure des sièges de la chartreuse de Villefranche, et de Loc-Dieu, fut exécuté par d'autres artistes, au nombre desquels figurait un sculpteur doué d'un talon remarqable d'observation pour les animaux, les oiseaux en particulier." (D et H Kraus)
Un copié-collé de Jacques Dubois :
"Comme chez les cisterciens ou les grandmontains par exemple, la totalité de l'église était réservée aux moines. L'espace était divisé en deux chœurs: l'un pour les pères. l'autre, à l'ouest, pour les frères. La séparation est encore matérialisée par un emmarchement à panier de la deuxième travée et par un jubé daté de la fin du XVIIe siècle. Le premier ensemble de stalles comprend trente sièges à une seule rangée, douze le long des murs et six en retour. Le second, plus simple, s'organise en deux séries de quatre sièges . Contre le mur pignon de part et d'autre de l'entrée les stalles sont surmontées de dorsaux à décor de remplage varié et sont couronnées d'un dais en quart-de-rond terminé par une petite balustrade. Au premier abord, elles sont très proches de celles, bien documentées, de la collégiale de Villefranche et de la cathédrale de Rodez. Par ailleurs, comme l'a montré N. Bournot-Didier, les techniques de confection et d'assemblage sont les mêmes, permettant d'attribuer les deux ensembles de la chartreuse à l'atelier d'André Sulpice . Alors que l'abbé Lafon plaçait leur réalisation de 1462 à 1477, N. Bournot-Didier penche plutôt pour un début de chantier vers 1468-1469.
Pourtant, les différents auteurs qui ont consacré quelques lignes aux stalles de la chartreuse ont bien précisé qu'elles s'éloignaient du style d'André Sulpice, l'abbé Lafon, le premier, écrivait: « Cependant pour peu qu'on ait l'œil exercé, on s'aperçoit facilement que les miséricordes de la Chartreuse ne sont pas de la même main que celles de Notre-Dame de Villefranche ni de la cathédrale de Rodez, qui ont entre elles de grandes similitudes." De fait, les sculptures des miséricordes présentent un modelé moins ferme et un dessin général plus sommaire. Huit stalles cependant font exception et sont en tout point similaires à celles documentées d'André Sulpice. Récemment, A. et Deschamps (A. et J. Deschamps, "André Sulpice, menuisier du XV siècle. Faiseur des stalles en Berry, en Gévaudan et en Rouergue" (coll. Pages d'Histoire du Bas-Rouergue ), Mémoires de la Société des amis de Villefranche et du Bas-Rouergue. Villefranche, 2009, p. 201. ) ont proposé d'y voir là les huit sièges retirés des stalles de la collégiale suite à un accord passé entre les consuls et le chapitre en date du 5 avril 1487. Pour étayer cette hypothèse, on peut souligner que la forme des sellettes de ces huit sièges correspond exactement à celle des ensembles de la collégiale et de la cathédrale, alors que pour les autres, elle est d'un travail plus simple.
Aussi est-il envisageable d'attribuer les stalles de la chartreuse, non pas à André Sulpice, mais plutôt à son fils Étienne, installé à Villefranche, ce qui explique leur parenté avec les deux grandes menuiseries réalisées par l'atelier de son père qu'il reprend après le décès de celui-ci vers 1489- 1490. Le travail remonterait alors aux années 1490 et l'ouvrage serait installé dans l'église vers 1510, comme semble vouloir l'indiquer la mise en place d'une nouvelle porte à la sacristie." (Jacques Dubois 2011)
Note : si on en juge par la forme rectangulaire de la sellette des miséricordes de la chartreuse, et en double parenthèse de celles de la collégiale, celles d'André Sulpice porteraient, dans ma description, les n° 4, 5 et 6, je ne parviens pas à identifier les 5 autres.
J'ai choisi de les numéroter en partant de l'entrée, juste après avoir franchi la porte de la clôture, en faisant le tour des stalles sud et jouées (A, B) dans le sens anti-horaire puis en reprenant le compte des stalles nord depuis l'entrée vers l'est dans le sens horaire. Un schéma sera plus clair :
Schéma de numérotation des 30 stalles de la chartreuse, lavieb-aile.
[Dans la première travée du choeur des convers, se trouvent également huit stalles encadrant le portail pour les frères convers Elles s'organisent en deux séries de quatre sièges : ils ne font pas partie de cet inventaire, je donne deux clichés à la fin.]
LES STALLES DU CÔTÉ SUD.
Jouée A, entrée sud. Volutes de feuillage s'achevant dans des gueules de dragons.
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°1: un chien, museau dans les pattes.
On voit comme le pelage est traité par des coups arciformes de gouge.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°2 : feuille d'acanthe.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°3 : homme à bouche concave portant une cagoule de fou à oreilles d'âne.
Le motif du fou est très répandu, tant dans les stalles européennes que dans le décor satirique en général. Le livre Das Narrenschift du strasbourgeois Sebastian Brant est paru en 1494, avec ses nombreusses planches fixant le modèle iconographique (oreilles d'âne, bonnet ou cagoule à grelots, marotte) et a été traduit aussitôt en français sous le titre La Nef des Fous.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°4 : feuille de vigne et rameau ligneux (sarment).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°5 : sarment de vigne et glands (quercus pubescens).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°6 : chien mordant un agneau.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°7 : oiseau ailes déployées, tête tournée à droite.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°8 : griffon (tête à bec d'oiseau, ailes d'aigle et corps de lion).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°9 : animal hybride à corps d'oiseau aux ailes déployées et à la tête anthropomorphe aux oreilles d'âne, tirant la langue.
Chauve-souris?? Voir la chauve-souris manifeste d'un culot du cloître :
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°10 : fleur à 6 pétales triples et bouton quadrillé; rameaux ligneux.
La présence de ces rameaux ligneux, ou branches écotées, déjà rencontrée en n° 4 et n°6, prend ici un développement important, si bien que je m'interroge sur sa valeur emblématique, interrogation renforcée par la miséricorde n°13. Ces rameaux sont innombrables sur les panneaux des dais.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°11 : chien à queue large et longue.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°12 : lion, patte antérieure gauche dressée.
Voir l'association d'un chien et d'un lion se partageant les extrémités d'un sarment de vigne sur un culot du cloître :
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°13 : chapeau de pèlerin (passementé de 2 glands) et rameau ligneux.
Voir un chapeau semblable sur un culot du cloître : ce dernier n'est pas placé ici dans une visée décorative. On peut lui accorder d'autant plus d'attention que c'est la seule, avec le Fou n°3, dont le sujet est humain, et non animal ou végétal.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°14 : masque animal à cornes et oreilles d'âne.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°15 : un chien colleté, à queue large comme une feuille, la patte antérieure droite au museau.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
La jouée B, au Sud-est
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
LES STALLES DU CÔTÉ NORD
Jouée C, entrée nord-ouest
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°16 : oisaeu ailes déployées, tête à droite (comme n°7)
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°17 : feuille de vigne et rameau ligneux (comme n°4 et 5).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°18 : homme de face, vêtu d'une large pelisse, coiffé d'un bonnet, bras écarté tirant la langue (pour vomir?)
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°19 : ange de face, mains rapprochées tenant un objet (brisé?).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°20 : chauve-souris. Cf n°9.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°21 : lion, tête de face.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°22 : oiseau (oie?) tenant dans son bec un fer à cheval (brisé).
D. et H Kraus citent p. 239 la miséricorde de Stratford-upon-Avon où une autruche (réputée digérer tout ce qu'elle avale) tient dans son bec un fer à cheval, et ils renvoient à celle de Saint-Martin aux-Bois (Oise) ou à celle de Saint-Jean-de-Maurienne où une oie (aux pattes terminées par des sabots) brandit un fer à cheval dans son bec.
Saint-Martin-aux-Bois. Cliché Alain Bonte
Les auteurs y voient une illustration de l'expression "bête à ferrer une oie". Mais, peut-être par confusion, les auteurs montrent la figure suivante, bien plus convaincante pour nous mais que la légende situe à Saint-Martin-aux-Bois, et non à Saint-Jean de Maurienne :
D et H. Kraus, Le monde caché des miséricordes p. 53
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°23 : ourson se grattant de la patte postérieure droite.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°24 : aigle se frappant la poitrine de son bec.
Difficile d'y voir un pélican, symbole christique
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°25 : chien, la queue entre les pattes.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°26 : ourson à la main (anthropomorphe) gauche placée sous le coude droit.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°27 : lièvre, de profil.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°28 : masque +/- anthropomorphe aux oreilles d'âne
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°29 : dragon au corps serpentiforme torsadé noué en 8.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°30 : oiseau, bec sur le croupion.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée D, nord-est.
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Quelques appui-mains.
1. Moine ou chartreux priant, tête sous la cuculle.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
2. ange assis.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Angle sud-ouest : mine sous la cuculle, tenant un phylactère; feuille d'acanthe.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Tête, gueule au nez épaté et à la bouche ouverte, yeux tournés vers le haut
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
5. feuillage enroulé.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
6. buste.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Deux autres miséricordes (des frères convers?)
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
— DUBOIS (Jacques), 2011, Villefranche-de-Rouergue, chartreuse Saint-Sauveur. L'architecture, dans Monuments de l'Aveyron, Congrès archéologique de France, 167e session, Paris, Société Française d'Archéologie, 2011.p. 387-399
— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger
https://theses.fr/2000TOU20015
Résumé : "Andre Sulpice, ligni faber menuisarlus fusterius, selon les textes, originaire de Bourges, fut le concepteur entre 1462 et 1489-90, des stalles de la cathédrale de Mende, de la chartreuse Saint-Sauveur et de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. D'autres chantiers lui furent longtemps attribués : les stalles de la cathédrale de Bourges, de la cathédrale de Vence, de Notre-Dame de la Carce de Marvejols, de la cathédrale de Béziers, de l’église de l'abbaye de Loc-Dieu et une partie des actuelles stalles basses de la cathédrale de Rodez. Cette thèse déclasse ces ensembles en s'appuyant, soit sur une stricte analyse comparative, soit sur l'existence de documents. Lorsqu'il ne subsiste aucun vestige, ni aucun texte d'archives les stalles ont été définitivement écartées des réalisations possibles de l'atelier d’André Sulpice. Malgré des qualités techniques de menuiserie et de sculpture dont ont fait preuve les ouvriers particulièrement expérimentes de l'atelier de Sulpice, son rayonnement dans le Rouergue et les environs fut peu important. Seules les stalles de Salles-Curan reflètent son influence en développant déjà les motifs ornementaux de la Renaissance, visibles depuis 1492-1498 aux dossiers des stalles consulaires de Villeneuve d'Aveyron, puis de Conques et dans une moindre mesure à Sauveterre-de-Rouergue. Conjointement et systématiquement à l'analyse formelle de chaque ensemble de stalles est menée une étude sur les chapitres de chanoines, les emplacements et les questions de préséance des ecclésiastiques et parfois des laïcs et la liturgie propre aux stalles. Ce travail ne se cantonne pas à une description iconographique des miséricordes, il aborde le fonctionnement d'un atelier de menuiserie, la personnalité d'un maître-d'œuvre en compte la destination originelle des stalles en tant que mobilier liturgique, reflet d'une sévère hiérarchie capitulaire, parfois facteur de conflits politiques."
— LAFON (Victor),1891 , Iconographie de la chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue. Rodez.
—GAULEJAC (Bernard de), 1938, « La chartreuse de Villefranche-de-Rouergue », dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 p p. 106-121
"Le choeur des religieux, qui occupe la troisième travée de la nef, renferme trente stalles disposées sur un rang : douze au nord, le même nombre au sud et trois de chaque côté de l'entrée du choeur, à l'ouest.
Les hauts dossiers sont décorés d'un réseau flamboyant entre des contreforts à pinacles ; au-dessus s'avance un baldaquin en forme de voussure, couronné par une galerie ajourée, interrompue par des pinacles. Le travail des jouées, décorées d'enroulements et de motifs de feuillages, est assez remarquable ; il constitue, avec celui des parcloses et des miséricordes, la principale richesse des stalles de la Chartreuse. On y rencontre une grande variété de compositions, où apparaissent des motifs de feuillages, d'animaux sauvages ou fantastiques, de figures humaines et toute sorte d'emblèmes. Du côté nord, quelques hauts dossiers ont été mutilés à une époque moderne, pour permettre d'établir une chaire aujourd'hui inutilisée.
Dans la première travée de la nef, huit stalles, analogues aux précédentes, mais plus simples, encadrent le portail d'entrée ; elles étaient destinées aux frères.
Toutes ces stalles sont dues au ciseau du maître menuisier André Sulpice, qui est également l'auteur des stalles de la collégiale de Villefranche, de celles de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez. Le contrat est de 1462, et le travail dura seize ans."
—LAURIERE (Raymond), 1999 Thèse Toulouse 2
https://theses.fr/1999TOU20040
Sur les miséricordes en général :
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 pages 26 et suiv.
— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 149-153 et notes 243-261.
Le premier auteur chrétien qui nous parle des Arts Libéraux est Augustin. Dans son De Ordine, II, 12, il définit sept disciplines qui sont presque toutes les connaissances que l’homme peut acquérir en dehors de la révélation. Au-dessus de ces sept arts, la philosophie en est la mère. Ils sont comme l’effort le plus ultime que peut fournir l’intellect humain, au delà commence l’intellect de Dieu. Elles sont divisées en deux groupes. Les sciences du langage, la grammaire, la dialectique et la rhétorique forment le trivium. Les sciences du nombre, la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie et la musique forment le quadrivium. Dans une perspective chrétienne, à la suite de Boèce, les Arts libéraux sont considérés comme propédeutiques à la théologie, c’est-à-dire à l’étude de l’Écriture sainte.
Ils ont été un sujet de représentation dès le IXe siècle mais c'est à partir du XIIe siècle qu'elle devient une véritable tradition iconographique.
Venant de publier mon article sur les 4 panneaux des arts libéraux (Arithmétique, Dialectique, Rhétorique et Géométrie) d'un vitrail de Chartres datant de 1415, j'étudie maintenant la peinture du Puy-en-Velay représentant également 4 arts libéraux, la Grammaire, la Dialectique, la Rhétorique et la Musique. Il s'agit d'une peinture à la détrempe présentant 4 personnages allégoriques féminins accompagnés d'un homme illustre de cette science, d'un attribut spécifique de la discipline figurée, et de phylactères avec des inscriptions propres à chaque allégorie. Dans les deux cas, l'artiste reste fidèle à une représentation fixée par un texte de Martianus Capella (Noces de Philologie et de Mercure ) dès le Ve siècle ou par celui d'Alain de Lille au XIIe siècle, et représentée dans des enluminures, notamment dans l'Hortus Déliciarum, composé au XIIe siècle par Herrade de Landsberg. Selon E. Mâle, les sept arts sont aussi sculptés aux porches des cathédrales, à Chartres, Auxerre, Rouen, Soissons, Laon, Sens ou Clermont ou de Fribourg.
Chartres :
Les sculptures des voussures de la porte nord du Portail Royal de la cathédrale de Chartres sont l’exemple majeur d'une formule iconographique demeurant pérenne jusqu’à la fin du Moyen Âge. Les arts sont représentés trônant sous leur forme féminine tenant des attributs et étant accompagnées, sur les claveaux qui les précèdent, de leurs acteurs antiques. Bien qu’aucune liste canonique n’en ait jamais été dressée, la tradition picturale a imposé une suite restreinte de savants et de philosophes associés à chaque art. Ainsi la Grammaire est-elle accompagnée de Donat ou de Priscien, la Dialectique d’Aristote, la Rhétorique de Tullius ou de Cicéron, la Géométrie et l’Arithmétique d’Euclide ou de Pythagore, l’Astronomie de Ptolémée et la Musique de Tubalcaïn. Chaque art est représentée avec exactement les mêmes attributs que Martianus Capella leur spécifie dans ses Noces de Philologie et de Mercure, l’ordre du cortège y est d’ailleurs respecté scrupuleusement. Chaque science est accompagnée de son inventeur oude l’homme qui lui a donné ses lettres de noblesse.
La Dialectique tient un dragon en main droite et un bouquet fleuri en main gauche.
la Dialectique cliché Centre Castel
La Rhétorique lève, de la main gauche, un voile, ce qui a été vu comme un effet de manche.
La Rhétorique, Chartres, cliché Centre Castel.
La Grammaire présente un grand livre ouvert et brandit de sa main droite une férule ; un petit garçon, sa tête frisée à demi-couverte par sa capuche, est assis sur un siège bas et se penche sur le livre qu'il tient ouvert sur ses genoux ; il sourit, la tête appuyée sur sa main ; son camarade, assis sur ses talons, a posé son livre grand ouvert sur sa cuisse ; il lève les yeux vers la Grammaire et il lui tend sa main ouverte qu'il pose sur la chevelure de son voisin ; il a le torse nu et l'on pourrait supposer d'abord qu'il a été fouetté, n'était l'échange de regards paisibles entre l'enfant et la femme.
Grammaire, Chartres, cliché Centre Castel.
La Musique
Elle joue du tintinnabulum avec un marteau dans chaque main. On voit aussi un psalterion, un monocorde et une vièle en huit (André Bonjour).
Rouen :
Au Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen, chacun des quatre bas-reliefs montre une figure féminine assise, dotée des attributs de sa discipline: la Géométrie tient une sphère et un compas: la Musique frappe avec un marteau sur les clochettes d’un tintinnabulum; l’Astronomie étudie les astres en tenant un livre dans lequel elle note ses observations ou bien consulte des données astronomiques; la Grammaire tient un livre sur ses genoux et elle lève son fouet ou ses verges vers un enfant agenouillé :
On consultera sur ces traditions iconographiques, non seulement le texte d'Émile Mâle, mais aussi le travail plus récent de Georges Fleury.
Voir ainsi :
Andrea di Bonaiuto, Triomphe de Thomas d’Aquin, Chapelle des espagnols à Santa Maria Novella, Florence.
Gentile da Fabriano, Arts Libéraux, Palais Trinci, Foligno.
Giovanni di ser Giovanni (lo Scheggia), Arts Libéraux, MNAC, Barcelone.
Sandro Botticelli, Arts Libéraux de la ville Tornabuoni, Musée du Louvre, Paris.
Le Pinturicchio, la Géométrie, appartements Borgia, Vatican.
Arrêtons-nous sur les sculptures des voussures de la porte nord du Portail Royal de la cathédrale de Chartres sont l’exemple majeur d'une formule iconographique demeurant pérenne jusqu’à la fin du Moyen Âge. Les arts sont représentés trônant sous leur forme féminine tenant des attributs et étant accompagnées, sur les claveaux qui les précèdent, de leurs acteurs antiques. Bien qu’aucune liste canonique n’en ait jamais été dressée, la tradition picturale a imposé une suite restreinte de savants et de philosophes associés à chaque art. Ainsi la Grammaire est-elle accompagnée de Donat ou de Priscien, la Dialectique d’Aristote, la Rhétorique de Tullius ou de Cicéron, la Géométrie et l’Arithmétique d’Euclide ou de Pythagore, l’Astronomie de Ptolémée et la Musique de Tubalcaïn.
Le Puy-en-Velay
La peinture murale des quatre Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
De même que les panneaux vitrés du Trésor de Chartres éclairaient jadis la "Librairie" ou bibliothèque des chanoines, la fresque du Puy-en-Velay décoraient l'ancienne bibliothèque de la cathédrale, transformée aujourd'hui en salle des reliques, sur le mur est de la deuxième travée. Elle mesure 2,10 m de haut et 4,30 m de large. Elle a été découverte en 1850 sous un enduit de badigeon. Mérimée en avait alors exécuté des calques des huit personnages, ils sont conservés dans la collection de relevés à l'aquarelle de peintures murales, déposés par le Service des Monuments historiques au Musée des Monuments français, modèle pour l'actuel musée des Sculptures comparées du Trocadéro.
La peinture illustre quatre femmes assises sur des trônes devant un paysage panoramique qui sont des personnifications féminines de quatre des Arts Libéraux : la Grammaire enseignant à deux enfants, accompagnée de Priscien tenant un livre ouvert ; la Logique tenant un lézard dans une main et un scorpion dans l’autre, accompagnée d’Aristote ; la Rhétorique tenant une lime, accompagnée de Cicéron qui tient également un livre ouvert ; enfin la Musique tenant un petit orgue portatif, accompagnée de Tubalcaïn qui frappe une enclume avec deux marteaux. Soit les trois arts du Trivium — la grammaire, la logique et la rhétorique — et un seul des arts du Quadrivium : la musique.
Les figures peintes devaient correspondre, dans la bibliothèque, à l'emplacement des pupîtres où étaient rangés les ouvrages selon leur sujet, comme, notamment à Bayeux et au Vatican. C'est ce qui pourrait expliquer que, sous la même arcade, la Musique, l'un des arts du Quadrivium, est associée aux trois arts du Trivium.
La fresque a été commanditée par le chanoine Pierre Odin qui avait été ambassadeur de Louis XI auprès du Pape Sixte IV. Il avait fait faire cette librairie, l'avait fait peindre et "estauffer" (doter de la plupart de ses 159 manuscrits) et y fut enseveli en 1502.
"Originaire de Dijon, en plus d’être chanoine au Puy, il était également abbé de Saint-Vosy et official de Jean de Bourbon (1443-1485) et de Geoffroy de Pompadour (1486-1514). Le chroniqueur rapporte aussi que le duc de Guyenne, frère de Louis XI, se rend au Puy et visita la cathédrale et la bibliothèque en 1469 au cours d’un pèlerinage. Le roi vient à son tour deux fois successives en 1475 et 1476. Il est reçu à chaque occasion par le chanoine Odin aveclequel il s’entretient longuement. Nathalie Leblond pense, et nous la rejoignons sur ce point,que c’est au cours de ces visites que le roi décide de faire d’Odin son ambassadeur auprès du Pape. Il est très probable qu’à partir de cette date Odin ait entrepris un ou plusieurs voyages en Italie. Sans doute, sa qualité d’orateur a dû convaincre Louis XI de lui confier une tâche diplomatique aussi importante. Nous lui connaissons, en plus, des poèmes dont il est l’auteur, notamment un recueil rédigé en 1470 intitulé La Nativité du roy Charles VIII avec l’histoire de Notre-Dame du Puy en Auvergne. On pense qu'il est le commanditaire d’une Pietà de la cathédrale du Puy car elle porte des armoiries d’or à la fasce de gueules au chef d’azur chargé de trois étoiles d’argent que l’on pense être les siennes."(A. Cely)
La peinture inspira manifestement un spectacle donné le 18 juillet 1533 pour la visite de François Ier au Puy, le 18 juillet 1533. Selon la Chronique d' Etienne de Médicis, pour accueillir un prince ami des lettres et des arts, les consuls et marchands de la Ville dressèrent sur le passage du souverain des estrades allégoriques « des chafîaults » en forme de tableaux vivants.
L'une d'elles représentait les « Sept art liberalles », personnifiées par « de jeunes dames tout accoutrées de fin taffetas de diverses couleurs, leurs cheveux et testes à gaudailles et coiffes de chaines d'or...
"Et y estoit premierement Gramaire, tenant les lettres de l’alphabet, avec trois petits enfans, comme apprenans les lectres, tous acoutrés de taffetas, et ung peu plus bas, aux pieds de ladite Gramaire, estoit ung homme nommé Priscianus, escrivantung livre, et estoit escript sous luy, environ ses pieds : Quicquid agant Artes, ego semper predico partes.
Après, estoit Dialectique, que tenoit en une main ung escorpion, et en l’autre ung serpent à quatre pieds comme ung liserd, et à ses pieds estoit ung homme, nommé Aristoteles, faisant signe sur ses doigs, et estoit escript au dessoubs : Me sine, doctores frustra coluere Sorores.
Après, estoit Rhetorique, qui tenoit une lime, et au dessoubs d’elle, estoit ung homme, nommé Cicero, lisant en ung livre, et estoit escript dessoubs : Est michi dicendi ratio cum flore loquendi.
Après, estoit Musicque, tenant unes orgues, et, au dessoubs d’elle, ung homme nommé Thubal, avec une enclume et deux marteaulx, et estoit escript dessoubs : Invenere locum per me modulamina vocum.
Après, estoit Geometrie, tenant ung esquierre en une main et ung compas en l’autre, et au dessoubs d’elle, estoit ung homme nommé Pictagoras, tenant en une main une reigle, et ung compas en l’autre, faignant compasser quelque pierre, et estoit escript au dessoubs : Rerum mensuras et earum signo figuras.
Après, estoit Arismetique, tenant en une main une tablete oùt estoient les figures de chiffre,
et en l’autre des gects, et au dessoubs d’elle, ung homme nommé Euclides, tenant comme ladite
Arismetique, les figures de chiffre et les gects, et estoient escript en dessoubs : Explico per numerum que fit proportio rerum.
Après, estoit Astrologie, tenant une spere, et au dessoubs ung homme nommé Ptholomée, coronné d’une cronne dorée, faicte par hault à poinctes, tenant ung cadran, et estoit escript dessoubs : Astra viasque poli varias michi vendico soli.
Donc, les sept arts libéraux devaient être représentés au complet en fresques sur l'ancienne librairie du Puy. Les sept femmes étaient guidées, si on en croit la description de cette entrée royale en la ville du Puy, par Minerve, Mère de science, prête nom de la Sagesse ou de la Connaissance.
Item, au front dudit chaffault, toute droicte, estoit une dame, nommée Minerve, que fut dicte
Mere de Science, acoutrée de taffetas blanc et d’un joly armet d’argent sur la teste, tenant en sa
main un dard, que dit au Roy en passant :
Minerve fuis, que de toy ay la cure.
Avec mes fleurs, les Sept Arts Liberaulx
Venues sommes, par maintaignes et vaulx,
Veoir le triumphe de nostre nourriture.
Comme si elle vouloit dire, pour autant que le Roy est prince sçavant, que les Arts Liberalles
ont esté ses norrices, et qu’elles avoient laissé leurs estudes et universités pour venir voir le
triumphe qu’on faisoit, au Puy, à leur norriture et disciple."
Attribution.
En 1968, Charles Sterling ajoute un dernier paragraphe où il propose l’hypothèse qu’un collaborateur de Jean Hey serait parti en Italie avec Pierre Odin à la fin des années 1470 et serait entré en contact
avec Juste de Gand d’une manière ou d’une autre. Il aurait peint la bibliothèque du Puy à son retour d’Italie.
Pour Philippe Verdier, le peintre du Puy est un collaborateur de Juste de Gand (hypothèse de Martin Davies et de Max Friedländer), étant donné la proximité de la peinture du Puy avec une série des Arts Libéraux dont l’opinion dominante suppose qu’elle se trouvaient dans le studiolo du palais de Gubbio du duc Frédéric de Montefeltro. Cette série de quatre toiles est dispersée soit à la National Gallery de Londres, soit au Friedrich Museum de Berlin où les toiles ont disparues en 1945.
In Alejandro Cely 2020
Or, c'est à Pedro Berruguetepeintre espagnol (1450-1504), qu'A. Cely attribue ces quatres œuvres, mais aussi la Vierge du Prado, qui lui semble "comme un hybride" de la Logique et de la Rhétorique du Puy.
André Masson note : "En Espagne, les Arts libéraux figuraient dans la décoration des voûtes de la bibliothèque médiévale de l'Université de Salamanque, construite avant 1494. Ces peintures sont attribuées à Fernando Gallejo mais il est possible que Pedro Berruguete, dont on connaît le rôle dans la décoration de la bibliothèque d'Urbin (studio de Frederic de Montefeltre), y ait également travaillé."
Cette attribution pourrait expliquer la double influence stylistique de la fresque, avec l'influence flamande (les costumes devaient être rapprochés des tapisseries de Bruxelles et de Tournai ) et l'influence italienne. A. Cely écrit ainsi : "au niveau des costumes, il convient de souligner l’aspect un peu fantastique de ces derniers qui provient sans doute des Mystères du théâtre religieux franco-flamand. Les trônes quant à eux restent plus proches d’architectures italiennes de la Renaissance. Cette double identité est importante pour son hypothèse, car ellemontre que le peintre qui a exécuté l’oeuvre avait une connaissance de ces deux mondes".
Technique :
La technique de la peinture à la chaud, a fresco est utilisée pour les fonds. La tempera à l'oeuf est utilisée pour les figures.
La musique, la rhétorique, la logique et la grammaire sont représentées sous les traits de femmes assises dans des stalles de style gothique flamboyant : elles tiennent chacune leurs attributs : petit orgue pour la musique, lime pour la rhétorique, le lézard et le scorpion pour la logique et deux enfants écoutant ses règles pour la grammaire. chaque allégorie est accompagnée de son représentant : Tubalcaïn pour la musique, Cicéron pour la rhétorique, pour la logique Aristote et Priscien pour la grammaire. les différentes corpulences, la diversité des visages laissent à penser qu'il s'agit de portraits.
La peinture murale des quatre Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
1. La Grammaire enseignant à deux écoliers, accompagnée de Priscien.
Au dessus de la Grammaire : Grãmatica
Aux pieds de Priscien: PRISCIAN
phylactère
Latin Quidqid agãt artes, ego semꝑ p̓dico ꝑtes. (Quidquid agant artes, ego semper praedico partes) "Quoi que fassent les autres arts, c’est toujours moi qui fixe les parties du discours".
La femme est coiffée d'un voile rouge au galon d'or lesté de sphères, et qui se relève en visière sur le front. Sous un large manteau bleu clair à fermail d'or, elle porte une robe blanche à dessins gris. Ses manches fourrées révèlent une chemise brun-rouge. La femme ouvre les bras dans un geste d'enseignement. À ses côtés, mais plus petits, deux étudiants consultent sur leur livre, les régles enseignées. L'un tient sous son coude son chapeau.
Assis à sa droite, Priscien de Césarée, doit sa présence à sa réputation comme grammairien latin du Vie siècle ayant exercé à Constantinople. Les 18 livres de ses Institutiones grammaticae ont été à la base de l'enseignement à partir de la renaissance carolingienne.
Il porte un riche manteau rouge écarlate, fourré aux manches, et un chaperon nor. Il semble absorbé par la rédaction de son ouvrage, dont les rubriques sont déjà peintes.
L'artiste n'a pas repris ici les conseils de Martianus Capella pour qui Gammaire "porte à la main un étui
d’ivoire qui ressemble à la trousse d’un médecin, car la grammaire est une vraie thérapeutique qui nous guérit de tous nos vices de langage. Dans sa trousse on peut voir, entre autres choses, de l’encre, des plumes, un martinet, des tablettes et une lime où des traits d’or marquent huit divisions, symboles des huit parties du discours. On aperçoit encore une sorte de scalpel (scalprum), avec lequel la Grammaire fait diverses opérations à la langue et aux dents pour rendre la prononciation plus facile." (E. Mâle). Nous verrons que la lime sera confiée à Rhétorique.
La peinture murale des quatre Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des quatre Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
2. La Logique [Dialectique] accompagnée d'Aristote.
Au dessus de la logique : Loyca
Aux pieds d'Aristote: Aristoteles
Phylactère Me sine doctores frustra coluere sorores."Sans moi, les docteurs ont honoré mes sœurs en vain".
La Logique est coiffée d'un balzo, sorte de turban qui fit fureur lors de la Renaissance italienne.Les deux bourrelets latéraux sont entourés de résille perlée, tandis qu'une étoffe à rayures porte une escarboucle.
La robe lie-de-vin à manches rapportées blanche à motifs gris s'orne aussi de joailleries et de perles.
Elle tient dans la main droite un lézard à gueule ensanglantée, et dans la main gauche un scorpion.
Aristote, en richissime habit de docteur es sciences à bonnet rouge fourré et manteau damassé et doublé d'hermines, compte sur ses doigts, selon le procédé du comput digital scolastique, réfutant les arguments dans leur ordre d’énumération pour dominer une discussion sans fin.
Comparaison avec l'Aristote de Pedro de Berruguete, in Alejandro Cely, 2020
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
3. La Rhétorique accompagnée de Cicéron.
Au dessus de la rhétorique : Rhetorica
Aux pieds de Cicéron: Cicero
Phylactère Est michi dicẽti ratõ cũ flore loquẽdi. (Est michi dicenti ratio cum flore loquendi.) "C'est moi qui ai, par mes discours, l'art de parler un langage fleuri".
Cette sentence se retrouve sur le vitrail de Chartres un demi-siècle auparavant.
Rhétorique est coiffée d'un chapeau qui s'apparente à celui de Grammaire, mais replié en cornet, et bordé d'un ourlet à sphères à grenailles de perles (ou d'or). Un voile s'échappe de ses oreilles (sans retenir ses boucles brunes ni couvrir sa gorge) pour souligner l'ovale de son visage.
Sa première robe violette à larges orfrois est à emmanchure courte, sur des manches rapportées blanches laissant voir saux poignets sa robe dorée et damassée.
Elle tient son attribut, une lime, et c'est le seul exemple iconographique où cet instrument est dérobé à la Grammaire
Selon E. Mâle, "La Rhétorique est une vierge armée qui marche au son des trompettes. Elle est belle, grande, svelte ; un casque couvre sa chevelure et elle brandit des armes menaçantes. Sur sa poitrine étincellent des pierreries, et un manteau brodé de mille figures l’enveloppe ."
Cicéron n'a rien d'un auteur latin, mais tout du docteur avec son chaperon rouge et son manteau vert fourré. Il semble nous observer en pensant déjà à ce qu'il va écrire.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
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4. La Musique accompagnée de Tubal.
Au dessus de la musique: Musica
Aux pieds de Tubal: Tubal
Phylactère Invenere locum pr me modulamina vocũ. (Invenere locum per me modulamina vocum.) "Grâce à moi, les modulations des voix ont trouvé leur place".
L'inscription se retrouve sur une tapisserie des ateliers de Tournai datant du premier quart du XVIe siècle et conservée au MFA de Boston.
Musica porte une coiffure élaborée inspirée du balzo et du voile d'or perlé sur un bonnet de velours grenat. Un bouquet de fleurs (oeillets) est piqué sur ce chapeau.
Un ruban et un lacet double entrelacé en lacs d'amour orne sa gorge, au dessus du large orfoi à pierreries de son manteau lilas.
Elle tient un "positif de teneure", à 16 tuyaux, un petit orgue transportable muni d'un seul clavier, d'un seul jeu (éventuellement à plusieurs rangs), qui se posait sur une table et dont la tessiture correspondait au chant du ténor.
Trubal , richement vêtu et coiffé encore, frappe sur une enclume avec deux maillets. Si l'orgue donne la mélodie, lui donne le rythme.
À propos de Tubal :
Fils de Lamech et de Tsillah, descendant de Caïn, Tubal-Caïn passe pour avoir inventé l'art de travailler le fer et l'airain. Au chapitre 4 verset 22 du livre de la Genèse, il est indiqué que Cilla enfanta Tubal-Caïn : il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer. Dans certaines versions d'une légende médiévale, il a été tué par son père Lamech après avoir provoqué la mort accidentelle de leur aïeul Caïn.
Dans les représentations médiévales des arts libéraux, il est parfois l'homme associé à la musique en lieu et place de son demi-frère Jubal, et, peut-être, par confusion avec celui-ci.
"Entre le XIIIe et le XVIIIe siècle, les allégories picturales de la musique mettent en scène de manière récurrente un couple énigmatique : une jeune femme à l’orgue et un forgeron frappant sur son enclume.
Caïn connut sa femme qui conçut et enfanta Hénok. A Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaël, et Mehuyaël engendre Lamek. Lamek prit deux femmes : le nom de la première était Addah et le nom de la seconde, Sillah. Addah enfanta Yabal : il fut l’ancêtre de ceux qui vivent sous la tente et qui ont des troupeaux. Le nom de son frère était Yubal : il fut l’ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau. De son côté Sillah enfanta Tubal-Caïn : il fut l’ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer ; la sœur de Tubal Caïn était Naamah… ». (Bible, Genèse 4:22)
Yabal/Yubal/Tubal/ ; tous ces noms qui font assonance déclinent, entre l’épisode du meurtre d’Abel et celui du Déluge, la lignée des trois ancêtres : le berger, le musicien, le forgeron ; cependant, dans d’autres versions du Livre, Yubal le musicien et Yabal le berger sont fondus en un seul et unique personnage nommé Jubal. L’époque médiévale, fusionnant à son tour Jubal et son demi-frère Tubal-Caïn, forge, en particulier dans l’iconographie, une nouvelle figure : celle de Jubal Caïn, parfaitement équivalente, plutôt dans les textes cette fois, à celle de Tubal-Caïn ou Tubal dont on affirme dans maints ouvrages théoriques, déjà depuis le Haut Moyen Âge qu’il est le premier – ante diluvium – inventeur de la musique : «Primus autem inventor musicae artis fuit Tubal »Hugo Spechstshart von Reutlingen [vers 1488]. Annie PARADIS et Marie BALTAZAR https://journals.openedition.org/clio/2542
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
La peinture murale des Arts libéraux de la cathédrale du Puy-en-Velay. Cliché lavieb-aile 2024.
—CHARRON (Pascale), Les Arts libéraux dans la tapisserie à la fin du Moyen Âge : entre iconographie savante et pratiques d’atelier. Université de Tours-CESR/UMR 7323
— DELAPORTE (chanoine Yves) 1926, Vitraux de Chartres, .Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, tome XV, 1915-1922, Les vitraux de la Chapelle Saint-Piat, p. 35-58.
— FLEURY (Georges) Allégorie des arts libéraux. Académie de Touraine.
—MASSON, (André), 1958 « Les arts libéraux du Puy et la décoration des bibliothèques à la fin du Moyen Âge » Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 102-2 pp. 150-170
—VERDIER (Philippe), 1967, "L’iconographie des arts libéraux dans l’art du Moyen Âge jusqu’à la fin du quinzième siècle". Verdier, P. In Arts libéraux et philosophie au Moyen Âge. Actes du 4e congrès international de philosophie médiévale (Montréal, 1967), pages 305–332. Montréal, 1969. Non consulté.
La baie n°5 de la chapelle St-Piat de la cathédrale de Chartres, un vitrail composite : les quatre Arts libéraux (Jehan Périer, 1415) et une Vierge à l'Enfant au chanoine donateur (Jacques le Tonnelier vers 1520).
Situé à l'est du chevet de la cathédrale de Chartres, la chapelle Saint-Piat est une salle capitulaire de quatre travées voûtées d’ogives datant de 1323-1350 et qui fut dotée d' une chapelle pour y placer la châsse de saint Piat, évêque de Tournai. Cette chapelle était desservie par un collège de douze chanoines, distincts des chanoines de la cathédrale. Parée d’un magnifique ensemble de verrières anciennes , elle a été, des années 1970 au début des années 2000, l’écrin réunissant les œuvres précieuses et rares qui constituent le trésor connu depuis 1323. Ce trésor a rouvert en 2024, après 23 ans de fermeture et 7 ans de travaux. Datées pour les plus anciennes d’entre elles du milieu du XIVe siècle, les verrières ont été restaurées et ont bénéficié de la pose de verrières de doublage pour assurer leur protection et leur parfaite conservation.
La baie 5 (directement à gauche en entrant) est datée, selon ces sources, de la fin du 14e siècle et fut complétée au début du 16e siècle. Elle fut restaurée en 2017 par Claire Babet.
La baie 5, comme la baie 6, n'a pas été bâtie pendant la même campagne de travaux que les autres. "La travée à laquelle elles appartiennent a été ajoutée à l'édifice quelques années après sa construction, entre 1350 et 1358. Elles durent être vitrées aussitôt, au moins provisoirement, mais elles semblent n'avoir rien
conservé en fait de vitraux de cette époque. Tous les panneaux ou fragments qui s'y trouvent, ceux du moins qui ne viennent pas d'ailleurs, ne paraissent pas remonter plus haut que le XVe siècle." (Y. Delaporte)
Cette baie à 4 lancettes trilobées et un tympan à 3 roses quadrilobées et écoinçons accueille sur les 2 lancettes centrales une Vierge à l'Enfant vénérée par un donateur ; la partie basse des 4 lancettes est occupée par 4 panneaux consacrés aux Arts libéraux. Le reste des lancettes est occupée par une vitrerie losangée avec des bordures bleues à couronnes et fleurs de lys couleur or. Deux des roses du tympan sont dédiées à Marie, la rose supérieure à Jean-Baptiste.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
DESCRIPTION DES LANCETTES
I. LE REGISTRE INFÉRIEUR : Quatre Arts Libéraux. Dialectica, Arithmetica, Rhetorica, Geometrica. Jehan Périer, 1415, ancienne librairie
5 panneaux de 31 cm sur 21 cm. Cadre jaune complété par Lorin en 1920
C. Lautier décrivait en 1998 un cinquième panneau de même dimension, un personnage assis sur une cathèdre et replacé dans le grand triangle d'écoinçon du centre du tympan, où on le retrouve effectivement, portant un phylactère.
À la Géométrie, l'Arithmétique, la Dialectique, et la Rhétorique, s'ajoutait jadis la Musique, Musica (panneau relevé par Ferdinand de Lasteyrie et disparu au XIXe siècle, qui comportait une harpe et l'inscription sonus citharizantium), pour former les arts libéraux . Selon Y. Delaporte, deux noms manquent à cette liste pour qu'elle concorde avec celle des connaissances appartenant au Trivium et au Quadrivium : ceux de la Grammaire et de l'Astronomie, dont les figures, sans aucun doute, ont fait partie de la même suite. Par contre, il existe, dans la même fenêtre deux fragments semblant avoir fait partie du même ensemble, qui aurait ainsi possédé l'image d'autres personnifications ou allégories (les Vertus et les Vices).
Claudine Lautier a révélé que ces panneaux faisaient partie de l'ancienne bibliothèque capitulaire, dite "librairie" qui était parallèle au côté sud de la chapelle Saint-Piat. Sa construction décidée en 1411 fut achevée en 1415, et les comptes de 1415 ont enregistré le versement de sommes à Jehan Perier pour les verrières de la librairie.
Présentation des Arts libéraux à Chartres.
Les Arts libéraux, hérités de l’Antiquité, étaient enseignés par les ecclésiastiques, notamment dans les écoles des cathédrales.
Ils se divisent en deux degrés : le trivium et le quadrivium.
Le trivium, ( les trois voies ou matières d'études ), concerne le « pouvoir de la langue ». Il se divise en : grammaire ; dialectique ; et rhétorique.
Le quadrivium, (les quatre voies au-delà du trivium), se rapporte au « pouvoir des nombres ». Il se compose de : l'arithmétique ; la musique ; la géométrie ; l'astronomie.
L'École de la cathédrale de Chartres connaît sa renommée à partir du XIe siècle grâce à son fondateur Fulbert de Chartres.On venait y étudier de partout en Europe, avant la création des universités. Elle atteint son apogée au XIIe siècle, sous l’impulsion de plusieurs philosophes et théologiens, auteurs d’études philosophiques savantes basées sur Platon, menées principalement par Yves de Chartres, Bernard de Chartres, Gilbert de La Porrée, Thierry de Chartres, Guillaume de Conches, Jean de Salisbury (qui avait étudié à Chartres) et Bernard Silvestre.
Ce qui retint le plus l’école chartraine ce furent les thèses pythagoriciennes de Platon, et les Chartrains vont ainsi s’emparer des arts libéraux, puisque les sciences du Quadrivium sont déjà connues des pythagoriciens. C’est sur ce fond que les sculpteurs illustreront, sous forme d'allégories féminines et d'auteurs latins, les arts libéraux dans les voussures du tympan du portail de droite de la façade (l'une des portes du portail royal), lors de la première reconstruction de la cathédrale de Chartres vers 1145-1155. Mais les représentations (féminines) des Arts Libéraux, sont disposées autour de la Vierge trônant, affirmant ainsi l’assujétissement de la Connaissance à la Foi.
Iconographie des allégories des sept arts libéraux.
Voir le travail de Georges Fleury. Les Arts libéraux sont décrits, avec divers attributs non spécifiques, par Martianus Capella (De Nuptiis Philologiae et Mercurii) au Ve siècle ou par Alain de Lille au XIIe siècle, et représentés dans des enluminures, notamment dans l'Hortus Déliciarum, composé au XIIe siècle par Herrade de Landsberg. Selon E. Mâle, les sept arts sont sculptés non seulement à Chartres, mais à Auxerre, Rouen, Soissons, Laon, Sens ou Clermont ou de Fribourg.
On retrouve ainsi, pour la Dialectique, qui tient habituellement un serpent, la tête de dragon ou de "chien" (portail de Chartres, Hortus Deliciarum) qui devient, sur les vitraux de Chartres et la fresque du Puy, un couple de "lézards" se mordant réciproquement. De même, le compas de la Géométrie des vitraux de Chartres se retrouve dans la figure de l'Hortus Deliciarum, ou à l'abbatiale de Déols.
Une bordure royale.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
1. Dialetica, la Dialectique.
Dans une pose très hanchée, la Dialectique- Dialectica, tient deux dragons ou lézards ou basilics qui luttent entre eux, se mordant symétriquement le cou, sans espoir que l'un triomphe sur l'autre, symbole des argumentations subtiles de l'École médiévale.
Sa robe, très ajustée à la taille, et à l'encollure rectangulaire, est ornée d'un galon d'or orné de fleurettes, tout comme son manteau, posé sur ses épaules et dont le pan droit est accroché au poignet par une troussière. L'extrémité d'une chaussure pointue dorée sort sous la robe.
Son visage carré et peu amène est encadré d'une chevelure blonde retombant sur les épaules.
Elle se détache sur une tenture damassée verte.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Arithmetica, l'Arithmétique.
L'Arithmétique (ARI[THM]E[TI]C[A] se détache sur un drap rouge ornée de fleurs d'églantine doubles et de cages à mouches. Son manteau blanc à fleurs liées d'or cache presque entièrement sa robe, dont seul le décolleté rectangulaire est visible. Le front haut de son profil fin est encadré opar les rouleuax de sa chevelure blonde, retenue par un bandeau perlé. Elle écrit sur une tablette posée devant elle. La lecture des mots et des chiffres tracés sur cette tablette est assez difficile mais on arrive à lire presque entièrement l'inscription de la tablette.
Y. Delaporte, BnF gallica
Il y a d'abord un distique : Hic algorismus presens ars dicitur, inquam,
Talibus Indorum fruitur bis quinque figuris
« L'art ici représenté est l'Algorisme; il fait usage de ces dix signes empruntés aux Indiens. »
Mais le mot algorismus n'est guère reconnaissable.
Les signes de numération, en chiffres arabes sont tracés au-dessous des deux vers latins. On les lit de droite à gauche, sur une première ligne, de 1 à 9; une deuxième ligne renferme les suivants : 1, 0 2, 3, 4. Le zéro, suivant l'usage du moyen âge, est barré à la manière du 0 grec.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Rethorica, la Rhétorique.
"A droite, la Rhétorique — Rethorica (sic) — écrit d'une main, et de l'autre fait un geste oratoire . Sa pose rappelle celle de l'Arithmétique, mais elle regarde du côté opposé. Son profil se détache sur le fond bleu sombre du panneau. Le livre sur lequel elle écrit contient une inscription qui, cachée en grande partie par sa main, serait inintelligible si la comparaison avec une fresque à peu près contemporaine n'en rendait la lecture certaine. Cette fresque se trouve dans la salle capitulaire du Puy ; la Rhétorique y est accompagnée du vers suivant : Est michi dicendi ratio cum flore loquendi
« J'enseigne par mes discours à parler un langage fleuri. »
C'est bien ainsi qu'il faut compléter l'inscription du vitrail de Saint-Piat, dont les premiers et les derniers mots sont parfaitement lisibles." (Y. Delaporte)
Se détachant sur une tenture bleue damassée de longues fleurs, la dame se présente de trois-quart, jambe droite en avant, car elle se tourne vers le pupitre où est posé un cahier afin d'y écrire sa déclaration, tout en comptant sur les doigts de sa main gauche en repliant l'annulaire vers le pouce, selon le procédé du comput digital de l'argumentatio.
Ses cheveux ondulés sont coiffés d'un fin diadème de perles réunies en fleurs. Son manteau est broché de fleurettes dorées, et le pan droit fait retour pour s'attacher sous le poignet gauche. Le sol est également fleuri. Nul doute que ces éléments floraux illustrent son art de "parler un langage fleuri" grâce aux figures de rhétorique.
Le fait que la même formule versifiée se retrouve à Chartres dans le premier quart du XVe siècle et au Puy-en-Velay au dernier quart du même siècle (entre 1482 et 1492) montre, comme le souligne C. Lautier, la permanence de la tradition iconographique.
On retrouve ce vers inclus dans un ensemble de 9 vers dans les manuscrits médiévaux de Helmstedt Die Helmstedter Handschfriten: Codex guelf. 501 Helmst. bis 1000 Helmst Volume 2 , Herzog August Bibliothek 29) f. 151.
Arbor artium liberarium necnon scientiarum.
Daneben stehen die Verse:
Me pueris primum tradidit natura ministrum, ,
Frustra doctores sine coluere sorores, Est michi dicendi ratio cum flore loquendi,
Explico per numerum que sit proportio rerum,
Rerum mensuras et earum signo figuras,
Invenire vocum per me modulamina vocum,
Astra viasque poli varias michi vendico soli.
"La nature m'a d'abord donné le don d'être ministre auprès des enfants,
En vain les enseignants vénèrent-ils les sœurs sans vénération,
J'ai une façon de parler avec une éloquence raffinée,
J'explique par les nombres la proportion des choses,
Les mesures des choses et leurs figures par les signes,
Je trouve en moi les mélodies des mots,
Je m'approprie les étoiles et les diverses trajectoires du ciel."
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Geometria, la Géométrie.
"Dans la partie gauche de la fenêtre, au centre du quatrefeuille, la figure de la Géométrie — Geometria — se détache sur un fond rose. Elle tient d'une main une équerre, de l'autre un grand compas au moyen duquel elle semble tracer des figures sur le sol."
"La Géométrie se tient devant une tenture mauve damassée de palmettes disposées en quinconces sur un fond de cages à mouches. Vêtue d'un manteau galonné d'or qui s'évase en corolle sur ses pieds, elle manie au sol un grand compas de la main droite et tient une équerre jaune de la main, tout en comptant sur ses doigts" (C. Lautier)
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
" Telles sont aujourd'hui les quatre seules figures auxquelles on puisse attribuer avec certitude le nom d'un art libéral. Une cinquième existait autrefois; elle se trouvait probablement dans la partie gauche du quatrefeuille, actuellement close d'un verre blanc barbouillé de peinture.
Ce panneau a disparu, dit-on, il y a un peu plus de vingt ans |vers 1900]. Par bonheur, il en existe une assez bonne reproduction en couleur, de la grandeur de l'original, dans l'Histoire de la Peinture sur verre, de F. de Lasteyrie. La Musique —Musica — était représentée sous la forme d'une femme drapée de longs vêtements et jouant de la harpe. A sa gauche, était une inscription où le texte était accompagné de notes de musique; on y lisait : Sonus cytharizantium. Le fond était bleu, avec une décoration de fleurs de lis inscrites dans les losanges d'un treillage. (Y. Delaporte)
II. LE REGISTRE PRINCIPAL : Vierge à l'Enfant au chanoine donateur.
Les deux personnages sont placés dans une architecture Renaissance à arcades vitrées, et devant des tentures damassées, verte et rouge. Les pilastres et la niche à coquille sont surmontés d'angelots, dont des anges musiciens.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Le chanoine et l'oraison du phylactère.
Le chanoine est agenouillé en posture de donateur devant son prie-dieu où est ouvert son livre de prières. Il est âgé, ses cheveux sont blanc et ses mains noueuses.
Il porte l'habit de chœur des chanoines, avec l'aumusse de fourrure, le surplis blanc et la robe rouge. Un anneau d'or est passé à son index droit.
Devant lui, pour exprimer l'idée de paroles sortant de sa bouche, un phylactèe porte l'inscription, encadrée du deux-points : V----- toy : suis : pret~edãt : --couers : ton filz grace: attendent.
Cette inscription a été comprise ainsi : "Vierge de toi suis (le) prétentant. Secours ton fils grâces attendent."
(*)Prétendant : "Homme qui aspire à la main ou aux faveurs d'une femme." (CNRTL)
Cette partie centrale de la baie a été décrite par Maurice Jusselin en 1925 et en 1936 :
"On admire depuis quelques mois dans la première fenêtre de gauche de la chapelle Saint-Piat nouvellement restaurée deux panneaux conçus dans le style en honneur au temps de Louis XII (1498-1515). Longtemps égarés dans la première forme de la grande verrière de la chapelle Vendôme, ces morceaux ont retrouvé leur emplacement d'origine, grâce aux études de MM. d'Armancourtl et Yves Delaporte. Ils représentent, sous un ornement très riche en forme de dais, un chanoine de Chartres revêtu de la soutane rouge et du surplis, portant l'aumusse, à genoux devant un oratoire et adressant à la Vierge avec l'Enfant, figurée vis-à-vis, la charmante prière : V[ierge de. toy suis prete[dan]t [Secou]ers ton filz grace attendent. Nous eûmes déjà l'occasion de parler de ces panneaux dans le Bulletin monumental et nous leur assignâmes une date très voisine de celle de la construction d'un petit jubé à Saint-Piat, en 1517. « Ce beau travail »— l'expression est de M. le chanoine Delaporte, bon juge en la matière —, doit être attribué à Maugarnier le Tonnelier, ainsi qu'une grisaille fermant la première fenêtre de droite de cette même chapelle Saint-Piat et la bordure d'une verrière du croisillon sud de la cathédrale, ornée, comme celle de la grisaille précitée, d'une alternance de fleurs de lys et de couronnes. « Jacquet Tonnelier, dit Maugarnier », car il est cité sous cette forme aussi bien que sous celle de Maugarnier Tonnelier, vivait encore le 25 juin 1526, mais était mort avant le 12 septembre 1528 puisque sa veuve, Simone, et ses enfants, louent ce jour-là, à un vigneron de la paroisse Saint-Barthélémy un bien familial consistant en un quartier de vignes au clos « Feré1 » sur le chemin de Chartres à Oysème."
En 1925, Maurice Jusselin avait justifié par des documents d'archives le fait que les chanoines de Chartres portaient sous le surplis blanc une soutane ou robe rouge lors des fêtes solennelles. Il ajoutait : " S'il fallait mettre un nom sur ce portrait, le plus vraisemblable serait celui du chanoine Laurent Pommeraye, mort entre le 24 juillet et le 28 août 1522. II fait une fondation à Saint-Piat le 14 février 1519 et la confirme
le 18 juin 1521 . Son frère Nicole était chanoine de Saint-Piat et fit lui-même une fondation le 29 octobre 1522."
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La Vierge est assise sur une cathèdre, tenant sur la cuisse droite son fils qui ouvre ses bras au donateur. Les rayons d'or au dessus de la couronne relèvent de la technique du verre rouge gravé.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
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DESCRIPTION DU TYMPAN
1. La rose quadrilobée du sommet : Jean-Baptiste vénéré par deux anges.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
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La rose quadrilobée de gauche : la Vierge allaitant, vénérée par quatre anges.
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Les qutre anges présentent des phylactères où s'inscrit le texte suivant qui a été lu ainsi :
O gloriosa femina (ange du haut) Excelsa supra sydera,
Qui te creavit provide
Lactans sacrato ubere. ? Je lis LANCTARS, voire LANCTANS
O femme de nom glorieux !
Et plus haute que tous les Cieux !
A celui-là qui t'a creée,
Tu tends ta mammelle sacrée.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
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L'écoinçon au dessus du quadrilobe : Dieu le Père.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La rose quadrilobée de droite : Vierge (XIXe) vénérée par quatre anges.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
L'écoinçon au dessus de la couronne : le Christ couronné d'épines.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
J'ai omis de photographier correctement le panneau entre les roses. Il complétait les figures des arts libéraux. Ce personnage barbu et nimbé, assis sur une cathèdre a un phylactère portant l'inscription Divinis servio prudentes---exercet.
Pourrait-il s'agir de saint Augustin, qui conduisait les sept arts libéraux sur une tapisserie de 1380 appartenant à Charles V ?
SOURCES ET LIENS
—Cely (Alejandro), 2020, Les Arts libéraux du Puy-en-Velay : une œuvre de Pedro Berruguete ?
—CHARRON (Pascale), Les Arts libéraux dans la tapisserie à la fin du Moyen Âge : entre iconographie savante et pratiques d’atelier. Université de Tours-CESR/UMR 7323
— DELAPORTE (chanoine Yves.) (1915 - 1922) - Les vitraux de la Chapelle Saint-Piat Mémoires de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir vol. 15 (1915/22) p. 33-58
— FLEURY (Georges) Allégorie des arts libéraux. Académie de Touraine.
http://academie-de-touraine.com/gerard-fleury-allegories-des-arts-liberaux/#sdfootnote15anc—LAUTIER (Claudine), 1998, Les Arts libéraux de la "librairie" capitulaire de Chartres, Gesta Vol. 37, No. 2, Essays on Stained Glass in Memory of Jane Hayward (1918-1994), pp. 211-216 (6 pages), edité par The University of Chicago Press
https://www.jstor.org/stable/767261
— JUSSELIN (Maurice), 1936, "Les peintres-verriers à Chartres au XVIe siècle", Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, Volumes 16 à 17 page 170.
—MASSON, (André), 1958 « Les arts libéraux du Puy et la décoration des bibliothèques à la fin du Moyen Âge » Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 102-2 pp. 150-170
"La salle capitulaire qui remonte à 1323 existe encore, elle est surmontée d'une chapelle, à laquelle on accède par un escalier construit en 1358, la chapelle Saint-Piat. L'édifice est flanqué de deux tours rondes utilisées par les chanoines comme prison et comme dépôt d'archives. Parallèlement à la chapelle Saint-Piat, et dans la prolongation de la dernière chapelle dans l'axe du bas-côté sud, les chanoines avaient construit au xive siècle une salle connue sous le nom de Prétoire, où ils exerçaient leurs droits de justice. C'est au-dessus de cette dernière salle que, par délibération capitulaire du 7 août 1411, il fut décidé de construire la bibliothèque super domum Pretorii in quo consueverunt teneri pladta coram offlciale capituli.
La bibliothèque, située par conséquent au premier étage, mesurait environ 13 mètres sur 6 et était éclairée par dix fenêtres, cinq de chaque côté. Les comptes de l'OEuvre de 1414 et 1415 parlent « des armoires, des verrières, des serrures et surtout des chaînes avec lesquelles on attachait les livres de peur qu'ils ne fussent dérobés.Un plan du XVe siècle conserve la trace des dispositions intérieures, qui furent modifiées lors de l'agrandissement en 1730, date à laquelle furent percées de nouvelles fenêtres et où furent démontés sans doute les vitraux réutilisés dans la chapelle Saint-Piat. Ce sont des petits panneaux de verre, mesurant seulement 31 sur 21 centimètres, en grisaille rehaussé de jaune, se détachant sur un fond damassé. Avant leur remise en plomb, qui date de 1915, ils avaient été disposés sans ordre, manifestement pour boucher les trous, l'un d'eux étant même placé à l'envers, le côté peint vers le dehors."
Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots. Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.
Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.
En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre.
Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.
Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.
Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et le peintre Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858 et en donnèrent une planche entière d'illustrations. Néanmoins, Amédée Aufauvre, journaliste, historien polygraphe et rédacteur en chef du journal » Le Propagateur » se déclare choqué par la licence des saynètes, lui, qui pourtant, "Dieu merci, ne fait pas de pruderie" : y'a de l'abus !
"On reste confondu de la hardiesse des contrastes que les sujets offrent entre eux. La fantaisie du sculpteur a passé du profane au sacré, avec une liberté du ciseau que rien ne saurait justifier. On
comprend les grotesques de la rue, les sculptures hardies que les artistes du XVI e siècle imposaient aux sablières, aux brasseaux, aux bouts de poutres, aux façades. La liberté des mœurs et le choc des opinions religieuses devaient trouver alors au dehors, des caricaturistes à la hauteur de toutes les fantaisies de l’époque; mais dans une église, au chœur d’une collégiale, sur les sièges mêmes des prêtres, de pareilles singularités sont inexplicables. Dieu merci, nous ne faisons pas de pruderie ; nous savons que les arts ont des droits à une large indépendance et qu’il faut accorder aux caprices une très-grande latitude. Cependant, à Champeaux, la licence a dépassé les limites extrêmes de la mode, de l’habitude et de l’influence des usages. L'église n’a pas inspiré au sculpteur plus de circonspection que le plus profane des édifices : on en va juger par le simple énoncé des sujets et par le pêle-mêle qui les caractérise.
Les stalles datent du commencement delà Renaissance, époque de témérités de tout genre, dans les arts auxiliaires ou imitateurs par la caricature, de l’esprit de discussion et de ses ironies. Les écarts sont d’ailleurs innombrables quand une transformation artistique se produit, et c’est ce qui explique, jusqu’à un certain point, l’abus que nous signalons. Il se faisait alors une confusion étrange entre l’antique travesti et les sévérités du gothique : on mariait deux contrastes. Il n’est pas surprenant que les artistes d’un ordre inférieur aient outré les conséquences du nouveau système."
Elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet reprit leur description dans le Bulletin monumental de 1925 . On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.
Numérotation
Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.
Soit, ici :
Stalles SH sud hautes n°1 à 14
Stalles SB sud basses n° 15 à 27
Stalles NH nord hautes n° 28 à 41
Stalles NB nord basses n° 42 à 54.
La jouée nord-ouest : candélabre et rinceaux à deux profils anthropomorphes feuillagés et deux têtes d'oiseaux.
Miséricorde de la stalle n°28 : un faune armé d'un gourdin luttant contre un dragon.
A. Aufauvre y voit "un hercule luttant contre un monstre". Mais si on observe bien, on voit que le personnage, barbu, athlétique et quasi-nu hormis une collerette de poils, a des sabots de bouc, et que ses pattes sont velues. Les oreilles sont-elles longues et pointues ? On ne sait, elles sont cachées par la chevelure. Dans tous les cas, c'est là un beau face-à face. Le glissement entre le végétal, l'animal et l'humain, grand principe des métamorphoses de la Renaissance, s'observe peut-être aussi sur le gourdin, qui s'achève comme un os fémoral, à deux condyles.
Miséricorde de la stalle n°29 : Pélican nourrissant ses petits de son sang, en se blessant la poitrine.
On sait qu'il s'agit là d'une figure christique et un symbole eucharistique.
A. Aufauvre : "Pélican dans l'attitude qu'on lui donne prête pour nourrir ses petits."
Miséricorde de la stalle n°30 : homme assis, de face, vêtu d'une robe longue, coiffé d'un chapeau à larges bords, déroulant un phylactère.
Il n'a rien d'un chanoine, rien d'un prophète ou d'un apôtres (ces habitués des phylactères), et le texte de sa banderole est perdu.
A. Aufauvre : "un personnage déroulant une légende". C'est pas faux.
Le panneau intérieur du dais NW.
Miséricorde de la stalle n°31 : la Grappe de Canaan : deux hommes portant sur leurs épaules une perche où est suspendue une grappe de raisins disproportionnée à leur taille.
Les hommes portent la même tunique courte serrée par une ceinture, la même coiffure dont le rabat est relevé dans un cas, et protège les oreilles dans l'autre. Ils sont saisis dans l'allure de la marche, le pied levé pour le second, le corps penché en avant pour le premier.
A. Aufauvre : "la grappe de la Terre Promise, portée par deux hommes".
"Moïse les envoya pour explorer le pays de Canaan. Il leur dit : Montez ici, par le midi ; et vous monterez sur la montagne. Vous verrez le pays, ce qu’il est, et le peuple qui l’habite, s’il est fort ou faible, s’il est en petit ou en grand nombre ; ce qu’est le pays où il habite, s’il est bon ou mauvais; ce que sont les villes où il habite, si elles sont ouvertes ou fortifiées ; ce qu’est le terrain, s’il est gras ou maigre, s’il y a des arbres ou s’il n’y en a point. Ayez bon courage, et prenez des fruits du pays.
C’était le temps des premiers raisins. ...Ils arrivèrent jusqu’à la vallée d’Eschcol, où ils coupèrent une branche de vigne avec une grappe de raisin, qu’ils portèrent à deux au moyen d’une perche ; ils prirent aussi des grenades et des figues. On donna à ce lieu le nom de vallée d’Eschcol, à cause de la grappe que les enfants d’Israël y coupèrent. " (Nombres 13 :23-24)
"Bien qu'archaïque et dépassé depuis 1492, le monde triparti sert encore d'image du monde, en lien avec la partition du monde entre les trois fils de Noé. Rattaché au champ des symboles religieux par ses origines scripturaires , cette figure trine signifie que le monde ne cesse d'être à l'image de son créateur. Or c'est ce monde achevé avec la création ( Gen. 2 , 1 ) , qui est voué à la vanité des hommes , à la course du temps qui ronge tout et aux vices rongeurs . Rongé des rats , le monde a l'aspect d'un « fromage de Hollande » troué par les mulots qui l'attaquent . Le fromage est l'attribut du fou, et , comme dit le proverbe , « à fol fromage ». L'orbe réduit à l'état de fromage est sans doute l'une des premières transformations données à l'image du monde au début du XVI siècle . Vidé de sa substance , transparent entre les mains du Salvator mundi , il peut être traversé comme bulle de savon selon les auteurs des miséricordes de Bosward et de Walcourt , en Belgique . Il n'est plus qu'un signe plastique d'équivalence linguistique pour dire simplement « le monde ». (d'après Sylvie Bethmont-Gallerand : Le monde et le moine : essai de reconstitution et d’interprétation de l’iconographie des stalles de l’église de Gassicourt, Yvelines, Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2005, Numéros 31 à 32 page 102.)
"Ce motif de la « boule aux rats » est apparu à la fin du Moyen Age, en marge du grand art religieux. Les sculptures de stalles en forment le principal réservoir mais de nombreux exemples subsistent dans les marginalia des livres pieux et sur le décor extérieur des églises du gothique tardif. Ce motif ne se livre à l’intelligence qu’à la suite d’un patient détour par chacun des éléments qui le composent. Si la source semble en être une unique expression proverbiale, ses nombreuses occurrences dans l’art doivent être étudiées en fonction de leurs contextes respectifs. Ainsi se dégagent les caractéristiques d’une imagerie modeste accompagnant les grandes expressions de la foi dans la période de la pré-Réforme; des images auxquelles est souvent attribué, faute de mieux, un caractère populaire. Pourtant les commanditaires et les lieux d’élection de ces boules aux rats les font plutôt participer à l’oraison savante qu’à la piété des simples. Une oraison dirigée vers la moralisation, qui englobe tous les aspects de la vie civile, les aléas de l’histoire contemporaine, comme les travers des contemporains clercs et paroissiens, au sein de motifs non dénués d’humour." Sylvie Bethmont-Gallerand, Le motif de la boule aux rats dans la sculpture et la peinture (XVe–XVIe siècles) Reinardus, Volume 14, Issue 1, Jan 2001, p. 39 - 54
Le globe triparti apparaissait déjà sur la miséricorde n°6 (sud, stalles hautes, Dieu tenant le monde devant Satan), n° 53 (stalles basses nord, Deux hommes jouant au ballon avec le globe terrestre) et apparaîtra dans ces stalles nord hautes dans les miséricordes n° 34 et 39. C'est en souligner l'importance, mais la même clef d'interprétation (Le monde trompeur ou corrompu) fonctionne difficilement pour les quatre scènes. Pour réunir ces cinq exemple, il faut se contenter d'y voir une image du monde créé par Dieu.
Miséricorde de la stalle n°33 : Renart prêchant aux poules.
Renart s'est installé en chaire et, dans un geste d'éloquence inspiré, il prêche la bonne parole aux poules (ou du moins à des volailles) prosternées ou fascinées. Ici, il n'a pourtant pas pris la peine de se déguiser en moine prêcheur. Et sa queue qui s'échappe des arcades de la chaire pourrait le trahir, si les dévotes étaient moins aveuglées par le beau parleur.
Le thème du renard prêchant aux poules est très ancien, déjà présent dans la Haute-Antiquité puisqu’il apparaît sur des papyrus égyptiens. Comme d’autres motifs, il connaît un véritable succès au Moyen Âge, aidé en cela par la littérature, via la diffusion des Fables d’Ésope et, plus tard, du Roman de Renart. Le thème de Renart le bestourné (Rutebeuf, 1261), Renart Contrefait (Clerc de Troyes, 1319-1342) est également très populaire et représenté à de nombreuses reprises sur différents supports, manuscrits ( Livre de Prières de Marie de Clèves, les Heures de Marie de Bourgogne, ou encore les Heures de Montbéron, manuscrit breton du XVe siècle, conservé à la BM de Nantes), sculpture en pierre (culots), ou en bois (sablières, jubé, miséricordes).
Sur les miséricordes, Renart prêchant est très présent, à Saint-Lucien, Beauvais (Oise), Saint-Claude (Jura), à Bletterans, (Jura) , Saint-Taurin d'Evreux (Eure) , à Walcourt, Louvain, à Hoogstraeten, en la Nativité Sainte-Marie de Kempen, Allemagne (vers 1500) à la cathédrale da Se da Funchal, Madère, à Etchingham, East Sussex , à la Cathédrale d’Ely ou à Beverley Minster (vers 1520), et à l'église Sainte Marie de Beverley, dans le Yorkshire (vers 1445).
Voir :
—Renart dans le sculpture en bois bretonne dans mes articles d'iconographie commentée :
—Dominique Chancel, 2015, Renart déguisé en moine, prêchant de volailles pour mieux les séduire. Une revue iconographique exhaustive à propos du château de l’Arthaudière à Saint-Bonnet-de-Chavagne en Isère.
—Sophie Duhem, 1998, "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle" Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Année 1998 Volume 105 Numéro 1 pp. 53-69
Miséricorde de la stalle n°34 : un docte viellard chûte sous le poids du Monde (globus cruciger) accablant ses reins.
Nouxs retrouvons le globe triparti marqué de la croix de la miséricorde n° 32. Mais cette image du Monde pèse sur le dos d'un viellard, coiffé du même bonnet à rabats adopté par les autres personnages de ces stalles, vêtu d'une robe longue, mais dont la dignité est contredite à la fois par ses pieds nus, et à la fois par sa posture de renversement, de chute. Est-ce Dieu portant sur son dos le poids du monde chargé de péché (D. Kraus) ? Un Docteur qui perd la boule devant le spectacle de Nef des Fous (S. Brant 1494) du monde ? Ou, comme le voyait Aufauvre, un acrobate jonglant avec un globe ?
Dans tous les cas, cette sphère du Monde semble porteuse, comme pour la Boule aux rats, d'une leçon de morale face à un déclin.
A. Aufauvre : "un Atlas burlesque marchant sur ses mains et portant un globe cerclé".
Miséricorde de la stalle n°35 : deux aigles présentant un blason.
C'est le seul blason de ces stalles, et on l'aurai attendu sur l'emplacement le plus honorifique, les stalles 38-39 ou 8-9. Il devait porter des armoiries, peut-être l'une de celles qui sont multiples sur les vitraux, peut-être celles d'un évêque de Paris. Mais les meubles héraldiques ont été bûchées.
A. Aufauvre : "écusson becqueté par deux oiseaux affrontés".
Miséricorde de la stalle n°36 : une femme marchant comme à l'aveuglette, devant une tortue dressée de profil sur ses pattes arrières. Au dessus, un objet (corde, bâton ?) est partiellement effacé.
A. Aufauvre : "deux femmes séparées par un personnage (aujour'hui brisé) qu'elles semblent se disputer".
Miséricorde de la stalle n°37 : homme allongé sur le côté et dormant, relevant sa robe sur son genou gauche.
Ivresse de Noé??
A. Aufauvre : "Un homme en robe dans l'attitude du sommeil".
Miséricorde de la stalle n°38 : un musicien coiffé d'une toque à plumet jouant de la chalemie devant un globe crucifère.
A. Aufauvre : un joueur de trompe, en tunique, coiffée d'une toque empanachée, en avant d'u globe crucifère"
Voir la Fiche n°85 NH11 de Musicastallis :
"Un page sonnant l'éveil à la terre chrétienne". L'instrument est assez proche de la chalemie représentée dans la miséricorde SH-12 du même ensemble [Job devant deux musiciens]. En l'absence de toute possibilité de voir les trous de jeu, l'aérophone peut être trompe ou chalemie. Le musicien, vêtu d'un costume et d'un béret à plume souvent attribués aux ménétriers, joue d'une longue trompe mutilée. Illustration du proverbe : "tromper le monde" ?
Scène(s) associée(s): L’association du globe terrestre et de la trompe symbolise le jugement dernier (voir fiche n°323) mais la stalle SH-07 "il faut être fou pour porter le monde" pourrait accréditer l’hypothèse du dicton "je trompe le monde chrétien"
Miséricorde de la stalle n°39 : Un riche couple encadrant un récipient à couvercle. La femme semble y jeter un objet (bûché), l'homme s'apprête à dégainer son poignard.
A. Aufauvre : "un couple autour d'une marmite".
Miséricorde de la stalle n°40 : un lion dévorant un loup (ou un chien).
A. Aufauvre : "un lion dévorant un quadrupède".
Miséricorde de la stalle n°41 : un homme (robe logue, bonnet à rabats) est assis à l'envers sur un quadrupède et tend l'index droit vers son arrière-train tout en lui soulevant la queue. L'animal a les antérieurs fléchis. Il pourrait s'agir d'un taureau.
A. Aufauvre : "un cavalier au rebours, sur une bête fantastique".
Panneau intérieur du dais. Rinceaux à têtes de poisson et de bélier.
Les culs-de-lampe du dais.
Chanoine priant.
Homme barbu déroulant un phylactère.
Ange tenant une lance (instrument de la Passion).
Femme richement vêtue tenant des binocles.
Ange tenant des verges (instrument de la Passion).
Femme tenant un objet cylindrique.
Ange déroulant un phylactère.
Les 7 panneaux à claire-voie en couronnement du dais.
Corbeille + faune
Corbeille + 2 angelots chevauchant des griffons.
Pentacle + corne d'abondance à visage anthropomorphe.
Candélabre et rinceaux à femme-feuille et tête de dauphins.
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162.
Le Corpus des Miséricordes Médiévales (XIIIe-XXVIe siècles) se compose de cinq volumes. Les quatre premiers sont consacrés aux miséricordes et aux sculptures de stalles de chœur associées, dans des régions spécifiques d'Europe. Le cinquième volume comprend un index iconographique exhaustif des thèmes communs à différents pays, ainsi que des thèmes propres à chaque pays. Le premier volume de cette série, « Miséricordes Médiévales en France », recense environ 300 églises qui conservent des miséricordes gothiques ornées de figures sculptées et de récits inspirés des traditions orales (proverbes, contes populaires), mais aussi des annotations marginales de manuscrits, des chapiteaux romans, des bibles illustrées, des gravures, des cartes à jouer… Une vaste fresque de la vie médiévale – activités rurales, métiers urbains, relations conjugales, vie monastique – est présentée dans ces sculptures, sous les sièges des stalles, aux côtés des costumes d'époque, de l'architecture urbaine et collégiale, et des mécanismes. Des jeux de mots et des rébus s'entremêlent souvent à ces thèmes, créant des énigmes à la fois comiques et mystérieuses pour le regard du XXIe siècle. La perspective globale des miséricordes, généralement négligée dans les études sur l'art médiéval, est ici présentée comme une base multidisciplinaire pour de futures recherches menées par des sociologues, des historiens, des archéologues et d'autres médiévistes. Les volumes suivants traitent des miséricordes en Ibérie, en Flandre et dans le nord de l'Europe, ainsi qu'en Grande-Bretagne.
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.
Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots. Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.
Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.
En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre.
Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.
Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.
Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858 et en donnérent une planche entière d'illustrations, elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet reprit leur description dans le Bulletin monumental de 1925 . On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.
A. Aufauvre 1858, Gallica BnF
Le répertoire du côté nord diffère de celui du côté sud, et ce n'est pas un hasard si Amédée Aufauvre choisit, parmi les 14 miséricordes figurées sur la planche (dessinée et lithographiée par Charles Pichot), 13 du côté nord, plus pittoresques, plus savoureuses : le caractère populaire et médiéval y est mieux représenté, avec d'avantage de références (parfois énigmatiques pour nous), aux fabliaux, sentences et proverbes et au monde du merveilleux et du fantastique. Est-ce que les chanoines (ou les invités) du côté nord était moins collet-montés que ceux de l'autre côté du lutrin ? Quelle était la moyenne d'âge des nordistes, leur revenu (c'est-à-dire le nombre de prébendes dont ils disposaient dans leur portefeuille), leurs titres nobiliaires, en comparaison des sudistes? Toute une étude sociologique nous manque...Notons néanmoins que les graffiti se retrouvent au nord, et non au sud.
Numérotation
Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.
Soit, ici :
Stalles hautes sud n°1 à 14
Stalles basses sud n° 15 à 27
Stalles hautes nord n° 28 à 41
Stalles basses nord n° 42 à 54.
Numérotation lavieb-aile des stalles nord.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La jouée est : deux chiens affrontés.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 42 (la dernière du côté est) : un Triton.
A. Aufauvre : "une syrène nue, les cheveux au vent".
On peut y voir une sirène, car dotée d'une queue de poisson au dessous du tronc (la réunion entre les deux parties étant ornée d'un collerette), mais sa poitrine peu marquée, son visage et même sa chevelure incitent à y voir un personnage masculin, et donc, comme le propose la base Palissy "un triton, desinit in piscem" (*). Il/Elle ouvre les bras largement, mais ses mains et poignets sont brisés.
Si on admet qu'il s'agisse de Triton, c'es alors un emprunt, non plus au répertoire merveilleux médiéval, mais à la mythologie greco-latine, comme pour Hercule.
(*) Au début de l'Art poétique, Horace compare une œuvre d'art sans unité à un beau buste de femme qui se terminerait en queue de poisson : Desinit in piscem mulier formosa superne (De sorte que le haut soit d'une femme aimable, et le bas représente un poisson effroyable). Se dit des choses dont la fin se termine en queue de poisson, ne réalisant pas les promesses du début.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 43 : trois visages dans la même capuche de fous aux oreilles d'âne.
Allusion à une expression qui serait perdue, " trois têtes de fou dans un même bonnet" ?
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main : animal fabuleux sortant d'une coquille et la dévorant.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 44 : un homme en robe ouverte, coiffé d'un bonnet, urine dans un van.
Un van est un tamis servant ... à vanner les céréales, "du latin vannus , ustensile servant à séparer le grain d'impuretés plus légères".
Il s'agit d'un calembour pour illustrer le proverbe "Petite pluie abat grand vent", il suffit (parfois) de peu de chose pour calmer une grande querelle.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Graffiti des dorsaux.
ALLAN (stalle 45)
Une autre inscription non relevée sur le dossier.
On notera que, selon Aufauvre, "Au bas-côté nord est une inscription consacrée à Nicolas Allan, chanoine de Champeaux, donateur de 460 livres au profit de l’Eglise paroissiale, à la charge de divers services. Le contrat date du 12 mai 1636."
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
stalle 46 : graffiti effacés ou peu lisibles LANEE (?) 1697 -TAT
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalle 44 : graffiti non lisibles, lettres Q et N.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 45 : deux joueurs de volant.
comparer à la stalle n°17, côté sud.
Les deux joueurs, en tunique courte et chausses ajustées, sont coiffés d'un bonnet sur leurs cheveux mi-longs, ils se détachent sur un fond qui peut corresponbdre à un paysage champêtre (champs cultivés).
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main: homme assis, lisant ; tête (recouverte d'une capuche) au visage bûchée.
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Miséricorde de la stalle 46 : un homme ou enfant nu, monté sur un quadrupède, lui tire la queue alors qu'il tient les rènes.
A. Aufauvre : "un homme sur un chameau dont il tire la queue et la bride".
La miséricorde n°17, en vis à vis, montrait un singe monté sur un griffon, soit une scène assez proche, bien que l'animal n'ait pas, ici, de crinière, et soit harnaché.
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Appui-main: figure fabuleuse aux formes globuleuses.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 47 : un enfant nu, monté sur un cheval, lève un ustensile à manche.
A. Aufauvre : "un cavalier nu armé d'une pelle.".
On peut discuter de l'animal (âne, mulet), de ses pattes (pas de sabots mais des sortes d'orteils), de sa pelle, et de l'usage qu'il en fait (frapper sa monture? participer à un jeu ?).
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La stalle s'interrompt pour permettre le passage vers les stalles hautes. Les deux jouées sont décorées d'une archère et d'un archer.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée est : un jeune athlète nu et crépu bandant un arc en dansant.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée opposée : une jeune femme presque nue, cheveux au vent, armée d'un arc et tenant une flèche. Elle esquisse une danse.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 48 : homme faisant cuire dans un chaudron un couple d'êtres grotesques et simiesques, dont un dragon ailé.
A. Aufauvre : "un homme regardant deux diables ailés, dans une chaudière".
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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Appui-main : un homme coiffé d'un chaperon, lèchant un fruit (?) ou vomissant dans une coupe (?).
A. Aufauvre : "homme vomissant dans un plat à barbe."
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 49 : un diable (cornu, griffu, velu) tenant un bâton ou une planche ou une porte, tenu par la queue et suivi par une femme en robe longue et coiffe serrée sous le menton.
La queue a été bûchée.
Allusion à l'expression "tirer le diable par la queue".
A. Aufauvre : "un singe ou un démon fuyant armé d'un bâton, devant un homme qui défend un objet (aujourd'hui brisé).
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 50 : un homme faisant l'aumône à un infirme.
L'homme, un riche bourgeois vêtu d'un ample manteau (serré par une ceinture) et coiffé d'un bonnet, imberbe, cheveux mi-longs, pose une pièce dans la sébille d'un pauvre infirme, amputé au genou de la jambe gauche, appareillé d'un pilon, s'aidant d'une canne, et peut-être en outre aveugle car son visage barbu est tourné vers le ciel. De sa main gauche, le Riche referme son aumônière suspendue à sa ceinture.
A. Aufauvre : "un homme faisant l'aumône à un infirme."
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 51 : sainte Catherine d'Alexandrie.
La sainte, vierge et martyre est couronnée et tient un livre et une épée. Elle est encadrée de deux moitiés d'une roue, allusion à l'épreuve de la roue à lames acérées, dont elle sortit vainqueur par le miracle du bris de cette roue, qui alla blessr les bourreaux.
Sainte Catherine est représentée plusieiurs fois sur les vitraux. Son culte était alors de première importance . Elle était vénérée par les filles à marier (les catherinettes du 25 novembre), par les femmes en général et surtout pour être protégé des périls mortels.
C'est la seule miséricorde à thème religieux de cette rangée.
A. Aufauvre : "une sainte Catherine".
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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Retour d'angle : deux figures faisant fonction d'appui-main.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Homme assis, vêtu d'une robe longue, coiffé d'un chaperon, écrivant sur un phylactère.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Enfant accroupi, l'index sur les lèvres.
Est-ce une figure du Silence, déjà rencontré, sinon dans les stalles canoniales, mais en milieu monastique (Brou ; Naples) ? mais l'index n'est pas posé verticalement. Ou une figure d'Harpocrate? Ou un homme se faisant vomir? etc.
Amédée Aufauvre : "homme qui s'ouvre la bouche et se gratte le pied".
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main : animal fabuleux de type dragon à pattes feuillagé.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 52 : un cochon jouant de la cornemuse pour l'un de ses petits.
Cette miséricorde figure (bien sûr) dans l'encyclopédie de Jean-Luc Matte qui décrit ici le bourdon d'épaule, tandis que le hautbois et la partie supérieur du sac sont brisés.
Voir aussi la notice de la base Palissy (erronée, datation "du 11ème siècle") qui donne en légende "Une truie qui file ou joue de la cornemuse ou amusant son petit", à une photographie antérieure à 1896.
Le cochon (on ne voit pas les mamelles qui permettrait d'affirmer qu'il s'agit d'une truie) est assis sur ses pattes arrière. Le porcelet est assis sur un rocher et le regarde.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 53 : deux hommes jouant au ballon avec le globe terrestre.
On peut y voir (base Palissy) "le monde livré à la dispute des savants". Mais les deux hommes ne sont pas habillés comme des docteurs médiévaux, en robe longue fourrée et coiffés d'une barrette, au contraire, même si l'un est coiffé d'un bonnet, leur tunique courte, et la tenue "sportive" et désinvolte du second ne permet pas de voir là des savants.
Les gestes des bras montrent qu'ils s'envoient et se renvoient le globe.
A. Aufauvre : "Deux hommes s'envoyant le globe terrestre, comme un ballon".
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 54 : deux hommes frappent avec des maillets un petit homme allongé sur une enclume.
Légende de la base Palissy : "entre le marteau et l'enclume".
La sculpture conserve pour moi un côté énigmatique.
Le "petit homme" est peut-être un enfant ; il est coiffé d'une capuche à oreilles, qui pourrait être un bonnet de fou, mais qui ressemble à la coiffure de l'homme barbu de gauche. La collerette de son habit peut aussi appartenir au costume du Fou.
Les deux hommes ont l'aspect et la posture des bourreaux, notamment cette façon de dégager la cuisse droite de tout vêtement pour ne pas entraver le mouvement du bras.
A. Aufauvre : "deux maréchaux frappant sur une enclume le personnage de la Folie."
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.
Les 54 stalles (chêne, 1522, Richard Falaise) de la collégiale de Champeaux en Seine et Marne, le côté sud. Ib, les 13 stalles basses. Miséricordes, appui-mains, jouées.
Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots. Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.
Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.
En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre.
Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.
Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.
Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858, elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet, en reprenant leur description dans le Bulletin monumental de 1925, en donna une planche entière d'illustrations. On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.
VUES GÉNÉRALES
Vue de la collégiale de Champeaux depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Numérotation adoptée.
Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.
Soit, ici :
Stalles hautes sud n°1 à 14
Stalles basses sud n° 15 à 27
Stalles hautes nord n° 28 à 41
Stalles basses nord n° 42 à 54.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut de la jouée sud-est : deux dragons affrontés.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°15 : combat de 2 enfants nus, l'un tenant un bouclier rond, l'autre un bouclier rectangulaire.
A. Aufauvre : "Deux enfants ayant chacun un bouclier; l’un d’eux tient un bâton".
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°16 : centaure tenant son épée à l'abri de son bouclier rond.
A. Aufauvre : "Un corps d’homme armé, sur des pattes de bipède".
La tête est coiffée d'une capuche, le torse est vêtu d'une tunique.
Ce type de bouclier rond avec bulbe central ou umbo déviant les coups se nomme à l'époque médiévale "bocle", il est utilisé pour l'escrime. Voir aussi "rondache" ou rouelle, et "targe"
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°17 : deux jeunes hommes jouant dans un bois, l'un s'apprête à frapper avec une batte ou raquette.
Les deux hommes se ressemblent, mais celui qui est armé de la raquette porte un chapeau.
A. Aufauvre : "Un jeune homme présentant ses fesses à un individu armé d’une batte".
Ce siège se trouve presque en face de la miséricorde 45, où deux hommes jouent au volant, armés de la même "batte". Ne peut-on imaginer qu'ici, l'un des joueurs n'a pas pu rattraper le volant, et qu'il parte à sa recherche?
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°18 : un semeur à la volée, un sac de grain près de lui.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°19 : un singe monté sur un griffon.
Un griffon est une créature légendaire qui a ici un bec d'aigle, des oreilles de cheval, un corps de lion dont il a la crinière, et des serres d'oiseau.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°20 : un homme propose une charge (bûche) à un paysan déjà lourdement chargé d'une hotte pleine de buches.
Il s'agit sans doute de l'illustration d'un proverbe.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée est de l'accès aux stalles hautes. Un médaillon d'un homme de profil, casqué, et décor de rubans Renaissance.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée ouest de l'accès aux stalles hautes. Un médaillon d'un homme de profil, coiffé d'un chapeau, et décor Renaissance d'angelot et de rubans .
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°21 : un cavalier portant sur son épaule un lourd sac (grains? farine?).
La scène, relevant des proverbes, dictons et sentences, dénonce la stupidité de l'homme qui croit épargner sa monture en portant ainsi le sac, plutôt que de le poser sur l'encollure.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°22 : un singe à cheval sur un lion à tête de cheval.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main. animal hybride feuillagé.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°23 : un sagittaire.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°24 : un centaure tenant un bâton et se protégeant derrière son bouclier.
La partie humaine est celle d'un personnage barbu et coiffé d'une cagoule, elle se réunit à la partie équine par une collerette detouffes de poils. Le bouclier est de type bocle.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Angle des deux parties des stalles basses. Deux créatures hybrides.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Créature hybride à tête d'angelot, à corps sphérique, avec collerette feuillagée.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Dragon ailé.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°25 : homme à faciès vultueux tournant le dos à un singe tenant une pelle.
A. Aufauvre : "Deux singes se battant à coup de pelle et de pierres et se tirant la queue".
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°26 : deux chiens rongeant le même os.
Illustration d'un proverbe "deux chiens pour un seul os ne s'entendent pas", dénonçant la passion ou l'envie. Mais pour D. Krausz, l'artisan détourne le sens premier en sculptant un os si grand qu'il semble satisfaire les deux chiens.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°27 : Phénix renaissant des flammes
A. Aufauvre : Le phénix sur son bûcher.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La jouée ouest : candélabre Renaissance.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.
"Les remarquables vitraux figurent parmi les réalisations artistiques notables des XVe siècle et XVIe siècle en région parisienne." (Wikipedia)
D'après l'inventaire des vitraux par le chanoine Martin Sonnet en 1653, soixante-douze panneaux de verre peints décoraient la collégiale et garnissaient quarante fenêtres parmi les cinquante-deux que compte la collégiale, le transept et les parties hautes du chœur, côté sud n'ayant jamais possédé que du verre blanc.
Outre saint Martin, patron de la collégiale, saint Nicolas était particulièrement invoqué. On trouve aussi une invocation à saint Victor, patron de l'abbaye qui avait des droits, à l 'origine, sur Champeaux.
"Des cinquante-deux fenêtres de la collégiale, une quarantaine étaient enluminées à l'époque de la Révolution. Aujourd'hui, moins d'une vingtaine conservent des débris plus ou moins complets, des fragments dont il est parfois impossible de deviner les motifs. La plupart de ces vitraux étaient de bonne facture. Quelques-uns dataient de la fin du XVe siècle, mais le plus grand nombre appartenaient au XVIe siècle, à l'époque de la Renaissance... Chaque verrière aurait coûté 4 à 5 livres. " (G. Leroy, 1896)
Les comptes ou Chartier du Chapitre de 1519 à 1528 conservés aux archives départementales de Seine-et-Marne, mentionnent les noms des verriers Nicolas Maçon de Melun, et Allain Courjon .
"Les vitraux de Champeaux n’ont plus aujourd’hui l’importance qu’ils avaient encore en 1790. Nul doute que des dévastations, et plus encore la négligence de la fabrique ancienne n’aient entraîné leur perte. Ils sont presque tous mutilés." (Amédée Aufauvre)
Nonobstant cet état de conservation lacunaire, certains comptent parmi les chefs-d'œuvre du gothique flamboyant finissant ou de la Renaissance. Leur style et leur technique les apparentent étroitement aux vitraux champenois. (Wikipedia)
Y sont représentés les chanoines donateurs, et les blasons des familles civiles qui ont participé au financement.
A. Aufauvre 1858, Gallica BnFcliché lavieb-aile 2025.
I. LES BAIES BASSES.
Plan de numérotation personnel (principe de numérotation du Corpus vitrearum).
Numérotation des baies basses de la collégiale de Champeaux
Les baies 1 et 2
Elles sont vitrées de verre blanc.
La baie 3. Chapelle d'angle nord-est, fenêtre est. L'Arbre de Jessé.
Dans la lancette B, qui présentait jadis un saint Denis (*), seul est visible aujourd'hui le sommet d'une architecture avec deux lions portant chacun, accroché par des sangles à leur poitrine, un blason muet.
(*) et une scène de donation : "un "cavalier" [ou chevalier?] dans l'attitude de la prière, disant Jesu fili David miserere dei", la référence à David étant approprié au thème de Jessé. "À ses côtés cinq enfants, et derrière lui une femme priant accompagnée de six filles" (G. Leroy)
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : un Arbre de Jessé (fragment)
Il était jadis caché par un retable et A. Aufauvre ne l'a pas vu ; G. Leroy se contente d'en citer le sujet.
Jessé est absent, on ne peut que parier sur sa présence, plongé dans son songe, tandis qu'un arbre naît de sa poitrine. Mais on voit bien l'arbre au tronc vert, sur les branches duquel sont installés les 12 rois de Juda. Le bas de leur corps est escamoté au profit d'une collerette florale, qui leur donne naissance. Ils tiennent chacun leur sceptre et portent la couronne royale. seul est identifiable, par sa harpe, le roi David, mais c'est Salomon qui doit être à ses côtés.
Au sommet de l'arbre, Marie émerge d'un bouton rouge, elle est couronnée et tient l'Enfant.
Fond bleu azur. Bordure : couronnes et fleurs de lys.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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La rose : une Crucifixion.
La rose accueille un Christ en croix, entre sa mère et saint Jean sur fond de remparts. Autour, les quatre animaux du Tétramorphe tenant le nom de l'un des 4 des évangélistes, et enfin saint Martin partageant son manteau et saint Nicolas bénissant les 3 clercs.
Les bordures sont de fleurs de lys fleuronnées rappelant celels des baies hautes.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Deux blasons montrent des armoiries épiscopales traversées par une crosse en pal.
D'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules. Ces armoiries se retrouvent dans les baies hautes baies 103 et 101. Le blason de droite est exact, celui de gauche est son image en miroir.
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La baie 4. Chapelle d'angle sud-est, fenêtre est. Saint Michel terrassant le dragon (fragment) et Jean l'évangéliste + chanoine donateur.
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Lancette A : l'archange saint Michel terrassant le dragon (fragment).
Bordure : couronne et rameau fleuri.
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Lancette B : saint Jean rédigeant l'Apocalypse ; chanoine donateur (fragment).
Le phylactère indique JOH[AN]NES SEPTEM ECCLIIS CAM PETT, nous orientant vers le chapitre 7 de l'évangile de saint Jean. Celui-ci, de profil, nimbé, imberbe, lève les yeux pour recevoir l'inspiration divine. En arrière-plan, les remparts d'une ville, et des palmiers. On voyait encore en 1896 l'aigle de saint Jean tenant son écritoire, et les mots GRATIA ET PAX sur le phylactère (G. Leroy).
La consultation du texte de la Vulgate Je:7 n'a pas permis de déchiffrer eccliis cam pett, qui échappe aussi à une traduction à partir du latin.
Il s'agirait alors plutôt de Jean rédigeant sur l'île de Patmos le Livre de l'Apocalypse, renvoyant au passage où Jean entend une voix forte lui dictant "ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée. L'inscription du phylactère aurait été mal restaurée et renverrait à septem ecclesiam ou mieux à Ap 1:11 :Quod vides, scribe in libro: et mitte septem ecclesiis, quae sunt in Asia, Epheso, et Smyrnae, et Pergamo, et Thyatirae, et Sardis, et Philadelphiae, et Laodiciae.
Le tympan va confirmer cette hypothèse.
Au dessous, un chanoine mains jointes, en posture de donateur. Il était accompagné jusqu'en 1896 de ses armes d'azur à six besants d'or, au chef de même et d'une inscription ou devise LE MONDE ME PLAIST (G. Leroy)
Bordure : couronne et rameau fleuri.
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Tympan : rose aux sept églises de l'Apocalypse ; anges thuriféraires.
Les sept églises d'Éphèse, de Smyrne, de Pergame, de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie et de Laodicée sont peintes au jaune d'argent sur un tracé de grisaille.
Je corrige donc l'interprétation L. Michelin (1841) et de E. Liébert (1869), couramment reprise, qui voyait là "une allusion aux sept églises paroissiales qui formaient le doyenné de Champeaux. Ces sept églises sont représentées dans la rose. On sait qu'il s'agissait des paroisses de Notre-Dame de Champeaux, saint Jean-Baptiste d'Andrezel, Saint-Martin de La Chapelle-Gauthier, Saint-Merry de Saint-Merry-les-Vallées, Saint-Martin de Quiers, Saint-Louis de L'Etang-de-Vernouillet,et Sainte-Marie-Madeleine de Fouju .
Mais la rose est correctement interprétée sur le site églisesduconfluent.
Bien-sûr, les chanoines ont parfaitement pu établir un parallèle entre les sept églises de leur Doyenné et les sept églises d'Asie.
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La baie 5. Chapelle d'angle nord-est, fenêtre nord. Annonciation.
Les deux panneaux ont été restaurés, notamment les visages.
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Dans la lancette A, un blason d'azur à la fasce d'argent et aux cinq losanges d'or, trois en chef et deux en pointe. Armes des donateurs de la baie 7.
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La baie 6. 5ème travée du collatéral sud. Résurrection des morts (rose) et Marie priant.
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Rose : dans 3 lobes, résurrection des morts.
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écoinçon : un chevalier en donateur.
Ce chevalier en armure porte un tabard à ses armes, d'azur à la fasce d'argent et aux losanges d'or, correspondant au blason de la baie 7. Une inscription contient des lettres peu explicites.
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Dans l'autre écoinçon, un forme fantôme (la donatrice ?) mains jointes libère le phylactère FAE ME SICUT UNVM DE MERCENARIIS TVIS, citation de Luc 15:9 "[je ne suis plus digne d'être appelé ton fils;] traite-moi comme l'un de tes mercenaires".
L'inscritpion en bande contient un fragment VNQVAM(?)
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La baie 7. 5ème travée du collatéral nord. Épisodes de la Vie de Marie.
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Lancette A : Baiser d'Anne et de Joachim devant la Porte Dorée. Présentation de Marie au Temple. Boutique de changeurs.
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Le baiser d'Anne et de Joachim devant la Porte Dorée de Jérusalem, baiser d'où découle la chaste conception de la Vierge.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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Présentation de Marie au Temple, conduite par ses parents Anne et Joachim (à gauche).
Le grand prêtre s'apprête à l'accueillir. les murs du Temple sont ornés de trois gueules de lion en macarons. Deux femmes sont visibles, regardant par les fenêtres.
On sait que la Présentation de Marie n'est pas décrite dans les évangiles, mais qu'elle provient du Protoévangile de Jacques chapitre 6 à 10.
"Et l'enfant atteignit l'âge de trois ans et Joachim dit : « Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument» et que l'enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s'éloigne pas de la maison de Dieu. » Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple. Et le prince des prêtres reçut l'enfant et il l'embrassa et il dit : « Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des fils d'Israël. » Et il la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit. Et ses parents descendirent, admirant et louant Dieu de ce que l'enfant ne s'était pas retournée vers eux."
L'artiste a bien placé Marie sur le troisième degré de l'escalier. Elle est résolument tournée vers le Temple, et ses parents peuvent être rassurés, elle ne se retournera pas.
À gauche, blason d'azur à la fasce d'argent, accompagnée de cinq losanges d'or, 3 en chef et 2 en pointe" , déjà observé en baie 5 et 6. Cette famille a joué un rôle important dans le financement des vitraux du début du XVIe siècle.
À droite, blason mi-parti associant en 1 le précédent et en 2, de gueules à 3 croissants d'or, 2 en chef, 1 en pointe. Il s'agit donc d'un blason désignant précisément un couple.
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L'atelier des changeurs.
Il est facile de décrire ici ce qu'on voit, mais plus difficile de l'expliquer, et je crois qu'aucun auteur ne s'y est risqué, au delà de cette proposition d'y voir "un atelier de changeurs". Pourquoi cette scène est-elle insérée dans cette Présentation de Marie au Temple ?
On voit une table dressée sur des tréteaux, et couverte d'une nappe brodée d'or. Si l'un des deux personnages, qui compte des pièces, pourrait être un Juif (bonnet conique), l'autre est un chanoine ou du moins un clerc (tonsure, surplis blanc), il tient une bourse. Sur la table se trouvent des piècesde monnaie, mais aussi des objets liturgiques, dont des bougeoirs et des objets de dévotion. Un donateur a-t-il voulu se faire figurer dans son rôle de trésorier ou de responsable des achats?
Existe-il un rapport avec les blasons?
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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Détail de la bordure à couronne royale, fleur de lys et sarment.
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La lancette B. La naissance de la Vierge. Le mariage de la Vierge.
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La naissance de la Vierge.
Anne, la mère, est couchée dans son lit et reçoit d'une servante le brouet, un espèce de bouillon au lait et au sucre, son premier repas après l'accouchement.
Son mari Joachim est assis à son chevet, appuyé sur sa canne.
Deux femmes (une sage-femme et une servante?) prennent soin de l'enfant et lui donne son premier bain.
Un foyer en brique, en arrière-plan laisse penser que la pièce est bien chauffée.
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Le mariage de la Vierge.
La scène est classique, mais l'originalité est ici de représenter (mais comme dans l'huile de Raphaël, 1504), non seulement les deux époux Marie et Joseph devant le grand prêtre, mais aussi, la scène de l'élection de Joseph devant les autres prétendants. Ceuc-ci tiennent sur l'épaule la baguette, mais seule celle de Joseph a fleuri. En fait, la floraison de la baguette de Joseph n'est pas visible, son extrémité se fond dans la robe verte du prêtre.
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Le tympan
L'Annonciation dans les deux écoinçons.
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La rose : la Vierge de l'Immaculée-Conception.
La Vierge à l'Enfant a les pieds posés sur un croissant de lune, et elle est placée au centre d'un mandorle jaune rayonnant, dans des nuées où volent en file des chérubins multicolores. C'est la Vierge de l'Apocalypse.
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La baie 9. 4ème travée nord du collatéral du choeur. Adoration des Mages.
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La lancette A : les rois Gaspar et Balthazar.
Balthazar a traditionnellement la peau noire, ou les traits d'un maure ; il en a ici le cimeterre, et la boucle d'oreille. Il vient en dernier et offre la myrrhe. Il désigne de la main l'étoile qui les a guidés.
Ses manches a crevé incitent à dater ce vitrail du début du XVIe siècle. Il porte aussi une tunique courte (au dessus des genoux) et à revers d'hermines, et des chausses ajustées comme nos collants.
Des lettres sont inscrites sur le galon de son manteau jaune, lettres sans signification, comme c'est la tradition depuis le XVe siècle.
Gaspar est barbu, et il offre l'encens. Il est coiffé , comme Balthasar, d'un bonnet de velours rouge qui supporte la couronne. Il porte une aumônière, une collier de maillons d'or, et un lourd manteau doublé d'hermines.
Les deux rois évoluent dans un paysage de ruines antiques.
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La lancette B
Le roi Melchior, le plus âgé, est agenouillé devant Marie et son Fils et présente à l'enfant la coupe d'or. Sa couronne est posée à terre.
On voit encore Joseph, l'âne et le bœuf, l' étable , lles murailles de Bethléem, et, dans le ciel, l'étoile à queue de comète.
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Le tympan.
Dans la rose est représentée la Fuite en Égypte, et dans les lobes l'épisode de la chûte des idoles païennes, ou le miracle du champ de blé qui dissimule la Sainte Famille aux soldats d'Hérode, qui la recherche. On voit aussi deux scènes du Massacre des Innocents, et un soldat avertissant Hérode de la naissance de Jésus.
Deux anges adorateurs, en chape , sont agenouillés sur des petits nuages.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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La baie 10: travée du côté sud.
Seul le tympan a conservé ses vitraux. Les lancettes contenaient encore en 1896 les débris informes d'un Baptème du Christ par saint Jean , Dieu le Père et le Saint-Esprit, et sainte Barbe.
On y voit, entre deux anges thuriféraires des écoinçons, saint Nicolas bénissant les clercs dont l'un enjambe le baquet, mais aussi Adam de Ève d'abord réuni autour de l'arbre de la Tentation, puis expulsés du Paradis terrestre, tandis que l'ange, l'aigle, le taureau et le lion du Tétramorphe portent un phylactère portant le nom de l'évangéliste correspondant, Matthieu, Jean, Luc et Marc.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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La baie 11. 3ème travée nord du collatéral du choeur. Le Christ de la Parousie. Crucifixion.
Baie 11 de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : Le Christ Sauveur du Monde.
Ses pieds sont posés sur le globe du monde, il est assis sur l'arc-en-ciel de l'Alliance, il porte, sur son corps nu marqué par es stigmates, le manteau glorieux de sa victoire sur la Mort, et l'épée de la justice divine qui est dirigé vers sa joue se transforme, à droite, en un bouquet de fleurs de miséricorde. Les anges volent dans l'azur, soufflant dans les trompes de la Parousie et énonçant les paroles inscrites dans les phylactères disent : Surgite mortui venite ad Judicem Levez-vous les morts et venez au jugement.
Le phylactère In te dominum speravi non confundar in aeternum provenait jadis de la bouche des donateurs, au registre inférieurs.
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Lancette B: la Crucifixion entre les larrons.
Le Christ en croix et les larrons (restaurés) se détachent sur le ciel bleu-nuit au dessus des remparts de Jérusalem.
À droite de la Croix, Marie, soutenue par Jean, une sainte femme, Marie-Madeleine les mains jointes et le regard tourné vers la Croix. Derrière eux, deux cavaliers, dont Longin qui vient de transpercer le flanc droit de Jésus de sa lance.
À gauche, dans une foule plus confuse avec insertion de pièces exogènes, un ou deux cavaliers et, remplacé par un visage barbu ahaut en couleurs, le Centenier s'esclamant "Celui-ci est vraiment le fils de Dieu".
En partie inférieure, deux soldats se disputent avec leur poignard la tunique qu'ils ont tiré aux dès.
Un chanoine (robe rouge sous le surplis, aumusse dont les six queues d'écureuil sont détaillées ) est en posture de donateur, agenouillé sur son prie-dieu à ses armes, un fascé d'azur et d'argent de six pièces.
G. Leroy indique, "dans les segments, à gauche, la lune et les étoiles. À droite, le soleil avec ces armes d'or, au sautoir engreslé de sable cantonné de quatre arbalètes de gueules. Jean et Nicolas Arbalète, frères, 1513. Ces personnages appartenaient à la famille des Arbalète, vicomtes de Melun en partie, seigneurs de la Borde, localité voisine de Champeaux."
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Baie 11, le tympan.
Dans la rose, Dieu le Père, entouré de chérubins dans les lobes. Dans les écoinçons, la lune et le soleil.
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La baie 13. Deuxième collateral nord du chœur. Saint Nicolas ; saint Georges terrassant le dragon.
Cette baie a été offerte en 1508, (après le mariage de Louis XII et d'Anne de Bretagne en 1499, —ce qui explique la bordure de lys, de couronnes et d'hermines,—) par Nicolas Sauvaige, chanoine de Champeaux et procureur, mort le 15 septembre 1522 et inhumé dans la chapelle Saint-Nicolas, existant originellement dans la travée où se trouve la verrière.
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La lancette A, à gauche : saint Nicolas et un chanoine donateur.
Dans une niche architecturée et devant une tenture damassée rouge, Saint Nicolas, en évêque, bénit les trois clercs qui sortent du baquet, miraculeusement ressuscité de leur salaison. À gauche, le chanoine Nicolas Sauvaige est agenouillé dans la posture du donateur, et porte l'aumusse des chanoines au bras droit. G. Leroy décrit un chanoine "vêtu d'une robe rouge", sous les armoiries d'azur, au tronc d'arbre naturel en pal, accosté à senestre d'un gland et d'une feuille de sinople, à dextre d'un croissant de gueules et d'une feuille de chêne de sinople".
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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Les armoiries (présentes dans les deux lancettes).
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La lancette B : saint Georges terrassant le dragon devant une bergère.
G. Leroy a vu dans la bergère en robe rouge accompagnée d'un agneau une sainte Agnès priant. C'est bien entendu une erreur, et l'iconographie s'attache à être fidèle à la Légende dorée, selon laquelle c'est la fille du roi qui sans l'intervention du saint chevalier, était condamnée à être dévorée par le dragon. On voit d'ailleurs, peint en grisaille, les remparts de la ville de Silène, en Lybie, du haut duquel le roi et la reine (couronnés et vêtus de manteau à larges manches fourrées) suivent le combat.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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Baie 13 : le tympan et sa rose.
Le motif de la rose est perdu, G. Leroy le décrivait encore en 1896 comme le sacre d'un évêque ( a priori St Nicolas) assisté de 2 prélats et autres ecclésiastiques. Les 6 lobes ont été conservés, contenant des anges chantant un hymne au texte indiqué par leur phylactère : Sospitati dedit egros olei perfusio /Nicolaus naufragantium affuit presidio /revelatur a defunctis defunctus in bivio /baptizatur auro viso Judeus indicio/vas in mari mersum patri redditur cum filio /O quam probat sanctum dei faris augmentatio /
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Dans les écoinçons, les anges tiennent des phylactères : Auro per eum virginum tollitur infamia / atque patris earundem levatur inopia.
Il s'agit d'une "prose sur saint Nicolas" conservé dans le manuscrit BR ms 184 folio 51 verso du XIe siècle et publiée par Edélestand du Méril en 1843. Nommé également Séquence de Saint Nicolas (6 décembre) avec la mention : cette séquence du XIIe siècle est attribuée à Adam de St Victor (Patrol. t CXCVI p.1470)
Inutile d'insister sur la valeur de ces inscriptions.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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La baie 14.
La rose
La rose contenait Dieu le Père et saint Victor à cheval avec les paroles vicisti beate victor vicisti . Il ne reste que les anges aux phylactères : Vicit carnem. Vicit mundum. Vicit hostem furibundum. Fide vicit omnia.
Il s'agit d'un extrait de la Séquence de saint Victor : voir Sequencia de Sancto Victore Paris, B.N. lat. 15045, f. 84V-85V.
"On trouve que dès l'an 1124 cette collégiale étoit du nombre de celles dont cet évêque avoit accordé les annuels à l'abbaye de Saint-Victor; ce qui fut confirmé l'année suivante par Louis-le-Gros. Il semble que cette abbaye de Saint-Victor eût, environ l'an 1138 ou 1140, des vues pour obtenir totalement l'église de Champeaux et en faire une maison de chanoines réguliers." (L. Michelin)
Dans les écoinçons sont figurés en couple donateur une femme en robe rouge et coiffe, et un homme ayant devant lui trois pièces de monnaie, et un outils qui serait selon G. Le Roy propre aux tonnelliers.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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La baie 15. 1ère travée nord du collatéral du choeur. Donateur, Marie-Madeleine, évêque.
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Lancette A : un chanoine donateur.
isolé sur la vitrerie losangée, un chanoine en posture de donateur, en robe rouge sous le surplis blanc, et portant l'aumusse canoniale. G. Leroy signale que le chanoine accompagnait jadis saint Nicolas, avec les lettres I.E inscrites dans un écusson .
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Lancette B: Marie-Madeleine ; un évêque.
sainte Marie-Madeleine portant le pot d'aromates, et un évêque bénissant
Bordure de fleurs de lys, de couronnes et d'hermines, donc datation du début du XVIe siècle.
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Tympan de la baie 15.
Au centre de la rose, selon G. Leroy, "Charles VIII jeune, tenant la main de justice et vêtu d'un manteau fleurdelysé avec des hermines de Bretagne." On peut peut-être dire simplement que le manteau royal azur est fourré d'hermines au revers. Diamètre 0,48 m.
La base Palissy y voit saint Louis. Mais elle voyait dans le saint Georges de la baie 13 un saint Michel !
Tous les lobes sont fleurdelysés dans les bandes entrecroisées bleues avec une bordure circulaire rouge à fleurs de lys et hermines.
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La baie 21. 4ème travée nord du collatéral de la nef. Saint Michel, sainte Geneviève et chanoine donateur.
De cette lancette, il ne reste qu'un registre, se détachant sur la vitrerie losangée, et la bordure à couronnes et fleurs de lys. Et même dans ce registre, il manque le panneau central supérieur. On ne peut que présumer qu'il représentait la Vierge, dont on voit le manteau bleu, et vers qui les trois autres personnages sont tournés. Le fond est rouge, c'est un drap d'honneur damassé.
À gauche, saint Michel, en armure d'archange, terrasse le dragon et le menace de son épée, levée.
À droite, c'est sainte Geneviève tenant un livre ouvert, qu'on identifie à son cierge q'un diablotin tente d'éteindre avec son soufflet. Il manque, en contre-point, l'ange qui le rallume.
Sainte Geneviève présente le chanoine donateur qui est agenouillé à ses pieds. Ce qu'on voit de sa robe et de son col est noir, et non rouge. Il porte l'aumusse en fourrure de petit-gris (écureuil) dont les queues pendent à l'extrémité. Autant de queues, autant de peaux d'écureuil gris Sciurus vulgaris d'Europe du Nord, et autant de prestige pour le chanoine, dont l'aumusse répondait, ailleurs du moins , à des règles précises. L'usage du blanc de l'hermine était réservé aux fonctions plus élevées, mais on pouvait imposer l'utilisation pour l'aumusse des seules peaux grises du dos de l'animal (petit-gris) ou autoriser d'associer celles-ci en damier avec la peau du ventre blanc (vair). Nous avons vu en baie 11 un chanoine dont l'aumusse, plus large, était de six peaux.
Une inscription précise :
[MESTRE MICHIEL ] PAIEN, CHANOINE
[DE CHAMPEAUX], A FAIT FAIRE CEST
[VERRIÈRE DIEU] ET L'AME DE LIEU.
...que G. Leroy a lu ainsi : Messire Michiel Paien chanoine de Champeaux a fait faire ceste verrière Dieu ayt l'ame de luy".
Le chapitre de Champeaux était composé de 12 chanoines, puis de 24 jusqu'à la fin du XVIe siècle ; il était dirigé par un prévôt, et disposait d'enfants de chœur et d'un maître de musique.
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La baie 23. 3ème travée nord du collatéral de la nef. Messe de saint Martin.
La lancette ne conserve que 4 panneaux de vitraux, et sa bordure. Ces panneaux ont été très restaurés. La scène se passe dans une église. À gauche, quatre fidèles, dont une femme voilée. Au centre, un prêtre en chasuble célèbre l'eucharistie, au mome,nt de l'élévation de l'hostie, devant un enfant de chœur tenant un cierge. Le célébrant lève les yeux, et Dieu le Père lui apparaît dans des nuées, tandis qu'un ange lui remet une étole.
Sur le panneau de droite, un homme lève la main, comme s'il révélait cette scène à son auditoire. Rien ne permet de l'identifier, si ce n'est, détail significatif, un cœur rouge sur la poitrine.
Est-ce réellement, comme c'est admis, une "messe de saint Martin" , celle lors de laquelle le saint, qui, ayant donné ses vêtements à un pauvre et n'est que partiellement vêtu, voit son dénuement masqué, lors de l'élévation, par une boule de feu au dessus de sa tête symbolisant sa charité ?
Il ne peut s'agir d'une Messe de saint Grégoire, car ce serait le Christ de la Passion qui apparaîtrait.
Une Messe de saint Martin de Simone Martini, fresque de Saint-François à Assise datant de 1280, montre l'enfant de chœur et son cierge, et deux anges apportant une sorte d'étole, mais pas la vision de Dieu le Père.
G. Leroy indique cette inscription : "Messire Macé Comnaux et Louis Vierne, chanoine, ont donné ceste verrière"et ajoute que Macé Comnaux est mentionné comme chanoine de Champeaux dans un registre de 1491.
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Un évêque.
Panneau isolé. Un évêque, peut-être saint Nicolas, tenant un livre, se détache sur une tenture damassée rouge.
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LES BAIES HAUTES DU CHŒUR.
1°) Les 4 baies de l'abside, Description de gauche à droite :
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La baie n° 103 : fragments.
Fragments d'un donateur dont on ne voit que le bas de la robe et le blason, aux armes déjà rencontrées en baie 3, d'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules.
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La baie n° 101 : fragments plus complets d'une Crucifixion du Christ entre Marie et Jean.
Les trois visages sont en pleurs.
Soubassements de niches architecturées.
On retrouve le blason épiscopal d'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules, a priori d'un évêque de Paris, comme en baie 3. Mais je n'ai pas retrouvé ces armes parmi celles des évêques et archevêques de Paris de 1439 à 1622.
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La baie n° 102 : fragments d'une Charité de saint Martin.
Saint Martin, à cheval, en armure, fend en deux son manteau. On ne voit du pauvre que le visage.
Soubassements de niches architecturées.
Blason : semé de France à la crosse d'or en pal . Ce sont les armes des archevêques de Paris .(La Chesnaye, "Saint-Cloud").
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La baie n° 104 : fragments d'un saint Nicolas ressuscitant les 3 clercs.
Il s'y trouvait aussi jadis un donateur agenouillé, et les mêmes armes qu'en baie 101 et 3.
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La baie 105 (au nord) : fragments d'un saint Denis portant sa tête coupée.
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La baie 107 (au nord) : fragments d'une sainte Catherine .
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La baie 109 (au nord) : fragments d'une sainte Geneviève.
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La baie 111 (au nord) : fragments d'une sainte Barbe .
La sainte s'identifie à la palme de martyre, à son livre de théologie, et surtout à la tour aux trois fenêtres défendant le dogme de la Trinité.
Blason d'azur au tronc d'arbre naturel en pal, accosté à senestre d'un gland et d'une feuille de chêne de sinople, à dextre d'un croissant de gueules et d'une feuille de chêne de sinople, comme en baie 13 lancette A.
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SOURCES ET LIENS
—Vitraux , notice PM77000274, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
—LEROY ( G. ), 1896, , « Vitraux de la collégiale Saint-Martin à Champeaux-en-Brie : restitués d'après d'anciens documents », Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, Paris, p. 101-115 (ISSN 0071-8394,
— LIÉBERT (Eugène), 1869, "Vitrerie de l'église collégiale de Champeaux", Bulletin de la société archéologique, sciences, lettres et art de Melun vol. V page 247
Les 54 stalles (chêne, 1522, Richard Falaise) de la collégiale Saint-Martin de Champeaux (77). Ia. Les stalles hautes du côté sud. Miséricordes, appuis-mains, jouées, dais.
PRÉSENTATION.
"Dans les conclusions du chapitre pour l'année 1585, Richard Falaise, menuisier parisien, est dit avoir reçu 450 livres pour avoir fait en 1522 les chaires du chœur de la collégiale. Ces stalles sont au nombre de cinquante-quatre dont vingt-huit sont des stalles hautes. Les hauts-dossiers sont surmontés d'un dais en quart de cercle que couronne un large rinceau découpé à jour et qu'agrémentent de petits personnages mêlés à des arabesques variées où l'influence italienne se fait nettement sentir. Sous ce rinceau, des arcs en anse de panier se terminent par des clefs pendantes ornées de petites figurines, Anges portant des Instruments de la passion, Vertus, Prophètes, etc.
Les miséricordes sont toutes sculptées; quelques sujets sont tirés de l'histoire sacrée, d'autres illustrent des proverbes, quelques-uns enfin sont nés de la libre fantaisie de l'artiste et ne comportent pas d'interprétation .
La vulgarité de certaines scènes faillit causer la perte de ces stalles en 1883, Mgr de Juigné, archevêque de Paris, après une visite pastorale à Champeaux, ordonne aux chanoines changer le plus tôt qu'il sera possible les figures bizarres et singulières qui se trouvent dans les stalles (Archives de Seine-et-Marne, G. 187).Il n'en fut heureusement rien fait et les stalles sont encore intactes. En 1925, elles étaient encore défigurées par un affreux badigeon ocre." (J. Messelet 1925)
LES 14 HAUTES STALLES.
A. La jouée : rinceaux Renaissance à candélabre, couronne et poissons (dauphins) affrontés.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
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Miséricorde de la stalle n°1 : un donateur agenouillé devant saint Martin faisant l'aumône à un pauvre . On peut voir sans doute dans ce personnage le donateur de ces stalles se plaçant sous la protection du saint patron de la collégiale, célèbre par sa charité.
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Miséricorde de la stalle n°2 : un évêque ou grand prêtre célébrant un mariage (ou : Mariage de la Vierge? Mariage de Job??) .
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Puis l'histoire de Job se déroule sur les miséricordes des douze stalles suivantes.
Miséricorde de la stalle n°3 : Job dans la prospérité, avec sa femme.
C'est l'interprétation admise, et je ne la conteste pas ; mais Job (si c'est lui) tient une bourse (suspendue au poignet); son index droit est brisé, mais on peut penser qu'il tenait une pièce de monnaie, pièce que la femme s'apprêterait à saisir, puisqu'elle tend la main.
Job, à la longue barbe (c'est un patriarche), porte un manteau de voyage, et un bonnet rond à visière et revers rabattu vers le haut.
La femme, en robe et manteau, est coiffée d'un turban.
Les deux coiffures indiquent aux spectateurs (les chanoines) que la scène se passe en Orient, indice pour comprendre qu'elle décrit une scène biblique.
Les murailles et tours crénelées sont celles des remparts des villes du XVe-XVIe siècle.
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La rangée principale des stalles hautes.
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Miséricorde de la stalle n°4 : Job avec ses enfants.
Job, dont la robe est recouverte d'un camail couvrant les épaules, est sorti de la ville et répète, devant ses enfants , le geste de don d'une pièce de monnaie : il est généreux. Les deux enfants (ses fils, mais aussi bien des paysans de ses terres) tienennt leur chapeau dans la main, en signe de respect.
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L'appui-main : une chimère, hybride escargot/humain.
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Miséricorde de la stalle n°5 : Job devant le métayer de ses troupeaux.
Job, en robe et cape, est assis, l'index gauche posé sur un parchemin posé sur sa cuisse. Devant lui, un homme (plus petit) qui le regarde, lui présente un taureau, tandis que des moutons sortent de l'étable.
"Il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents ânesses, et un très grand nombre de serviteurs. Et cet homme était le plus considérable de tous les fils de l’Orient." (Job 1)
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Miséricorde de la stalle n°6 : Dieu livre Job à Satan afin qu'il en éprouve la foi face aux épreuves.
Dieu apparaît dans les nuées, tenant le globe crucigère. Devant les remparts de la ville, Satan (visage vultueux, cheveux coiffés à la diable, queue entre les jambes, pieds crochus, portant une sorte de massue regarde vers le haut.
"L’Éternel dit à Satan : D’où viens-tu ? Et Satan répondit à l’Éternel : De parcourir la terre et de m’y promener.
L’Éternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre ; c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal. Et Satan répondit à l’Éternel : Est-ce d’une manière désintéressée que Job craint Dieu ? Ne l’as-tu pas protégé, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui ? Tu as béni l’œuvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays. Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu’il te maudit en face.
L’Éternel dit à Satan : Voici, tout ce qui lui appartient, je te le livre ; seulement, ne porte pas la main sur lui. Et Satan se retira de devant la face de l’Éternel."
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Miséricorde de la stalle n°7 : Job prie devant sa maison (ou les murailles de sa ville) en flammes.
Job est à genoux, mains jointes, les yeux levés.
"Un jour que les fils et les filles de Job mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné, il arriva auprès de Job un messager qui dit : Les bœufs labouraient et les ânesses paissaient à côté d’eux ; des Sabéens se sont jetés dessus, les ont enlevés, et ont passé les serviteurs au fil de l’épée. Et je me suis échappé moi seul, pour t’en apporter la nouvelle. Il parlait encore, lorsqu’un autre vint et dit : Le feu de Dieu est tombé du ciel, a embrasé les brebis et les serviteurs, et les a consumés. Et je me suis échappé moi seul, pour t’en apporter la nouvelle."
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Miséricorde de la stalle n°8 : un fils de Job est écrasé avec sa famille par l'écroulement de sa maison en flamme.
"Il parlait encore, lorsqu’un autre vint et dit : Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné ; et voici, un grand vent est venu de l’autre côté du désert, et a frappé contre les quatre coins de la maison ; elle s’est écroulée sur les jeunes gens, et ils sont morts. Et je me suis échappé moi seul, pour t’en apporter la nouvelle."
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Miséricorde de la stalle n°9 : Job sur son fumier.
"Alors Job se leva, déchira son manteau, et se rasa la tête ; puis, se jetant par terre, il se prosterna, et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni ! En tout cela, Job ne pécha point et n’attribua rien d’injuste à Dieu."
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Miséricorde de la stalle n°10 : Job subit les réprimandes de son épouse.
Job, sur la paille, répond à sa femme, dans un geste rhétorique d'élocution. Son corps est couvert de pustules.
"Et Satan se retira de devant la face de l’Éternel. Puis il frappa Job d’un ulcère malin, depuis la plante du pied jusqu’au sommet de la tête.
Et Job prit un tesson pour se gratter et s’assit sur la cendre.
Sa femme lui dit : Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Maudis Dieu, et meurs !
Mais Job lui répondit : Tu parles comme une femme insensée. Quoi ! nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! En tout cela Job ne pécha point par ses lèvres." (Job 2)
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Un appui-main.
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Miséricorde de la stalle n°11 : Job reçoit la visite de ses amis et écoute leurs conseils.
"Trois amis de Job, Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, apprirent tous les malheurs qui lui étaient arrivés. Ils se concertèrent et partirent de chez eux pour aller le plaindre et le consoler !
Ayant de loin porté les regards sur lui, ils ne le reconnurent pas, et ils élevèrent la voix et pleurèrent. Ils déchirèrent leurs manteaux, et ils jetèrent de la poussière en l’air au-dessus de leur tête.
Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur était grande."
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Un appui-main.
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Miséricorde de la stalle n°12 : Job devant deux musiciens.
Job, toujours sur la paille de son fumier regarde deux misiciens qui, debout, lui joue une aubade. L'un joue de la chalémie à embouchure évasée, l'autre du tambourin (visible contre sa hanche). Si le joueur de tabourin est coiffé d'un bonnet à rabats, l'autre porte une sorte de foulard noué. À l'arrière, les remparts de la propriété ou de la ville.
Le geste de Job est-il un geste d'accueil, ou Job est-il offusqué?
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Miséricorde de la stalle n°13 : Job reste fidèle à Dieu, et Dieu lui promet sa récompense.
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Miséricorde de la stalle n°14 : Job remercie Dieu de lui avoir rendu ses biens.
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Les dais des stalles hautes sud.
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Clefs pendantes ornées de petites figurines : homme (chanoine?) tenant un marteau et une enclume, prophète et son phylactère.
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Anges portant des Instruments de la Passion : échelle de la Déposition, colonne de la Flagellation, couronne d'épines.
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Décor supérieur à claire-voie : Volutes et candélabre, oiseaux affrontés, fleurs, personnage féminin à corps feuillagé, pentacle dans une couronne de guirlande.
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SOURCES ET LIENS
— AUFAUVRE (Amédée) et Fichot(Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p.
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
—LEROY ( G. ), 1896, , « Vitraux de la collégiale Saint-Martin à Champeaux-en-Brie : restitués d'après d'anciens documents », Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, Paris, p. 101-115 (ISSN 0071-8394,
"A la cathédrale même, pas un seul vitrail peut-être n'a été conservé dans son intégrité. Quelques-uns sont entièrement renouvelés; le plus grand nombre de ceux où l'on aperçoit encore des fragments du moyen âge, parfois considérables, les montrent mélangés avec des débris venus de toutes parts, posés le plus souvent sans le moindre souci d'accorder les lignes ou les tons, pas plus que les époques. En effet, les verrières à demi brisées, enlevées aux églises supprimées en 1792, furent apportées, les unes dans les collatéraux du chœur de la cathédrale transformés en magasins de dépôt, les autres chez le verrier Sarraute, au faubourg Saint-Michel. Lorsque le culte fut rétabli en 1803, la cathédrale était tombée dans un grand état de délabrement. Les vitraux disparus ou cassés par places laissaient entrer le vent et la pluie. On se hâta de fermer les vides avec les fragments pris au hasard dans les nefs. On reprit cette opération en 1813 avec ceux qui furent alors retirés de chez Sarraute; enfin, en 1817, avec ceux qui étaient encore demeurés aux Cordeliers et que les chanoines demandèrent au maire de la ville ."(Jules de Lahondès, 1890)
Les vitraux seront présentés en partant de l'entrée, au nord-ouest, et en progressant dans le chœur dans le sens horaire jusqu'au début de la nef raymondine. Ils seront accompagnés des citations de deux publications consacrées aux vitraux de la cathédrale, celle de Jules de Lahondès et celle de M. Rey.
La baie de chapelle du Saint-Sépulcre. 2 lancettes trilobées et rose à 9 rayons. XVIe siècle. 2 registres.
"Les tons chauds et la belle ordonnance d'un vitrail du commencement du seizième siècle arrêtent les regards devant la chapelle du Sépulcre. Il représente saint Sébastien et saint Roch accompagné d'un petit ange aux ailes violettes, au-dessus une descente de croix. Le disciple qui soutient le Christ porte un pourpoint vert et des chausses rouges; Joseph d'Arimathie, une robe damassée d'or. La Vierge et le Christ de la Piéta que l'on voit à côté sont médiocres. La partie inférieure du vitrail a été détruite, et l'on aperçoit seulement la tête d'un squelette appuyé contre une colonne; l'ensemble est enveloppé par des pilastres et un entablement dans le goût de la première Renaissance." (J. de Lahondès)
"Au xvie siècle appartient le vitrail de la chapelle du Sépulcre où les formes de la Renaissance apparaissent entourant les personnages aux colorations puissantes rappelant les vitraux d'Auch, mais dont le dessin est déparé par des. ombres grossières et des tons violacés." (M. Rey)
Vitraux du chœur de la cathédrale de Toulouse. Cliché lavieb-aile 2025.
Registre inférieur : Saint Roch et Saint Sébastien.
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Saint Roch, portant la pèlerine et le bourdon, son chapeau posé sur la poitrine, désigne de l'index son bubon pesteux de la cuisse, qu'un ange semble soigner (partie remaniée). Son chien Roquet est à ses côtés, tenant dans sa gueule le pain qu'il amène à son maître.
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Saint Sébastien, en éphèbe seulement vêtu d'un maillot blanc, est attaché à un arbre et transpercé de trois flèches, tandis qu'un ange vient le couronner. Le visage est refait. Décor Renaissance peint au jaune d'argent sur l'architecture.
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Soubassement.
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Registre supérieur. La Descente de Croix. La Vierge de Pitié.
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La Descente de Croix.
Joseph d'Arimathie, au pied de la croix, porte une tunique longue d'or et damassé, et un bonnet conique (c'est un membre du Sanhédrin).
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La Vierge de Pitié ou Déploration entre Jean et Marie-Madeleine.
Le visage de Marie est en pleurs, mais il a été restauré.
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Verrière du XIVe siècle. Saint Jean-Baptiste ; saint apôtre (Jacques?) tenant un livre et un bourdon; sainte foulant un serpent ; saint Étienne, à dalmatique bleue, tenant les cailloux de sa lapidation ; 2 évêques cachés par le retable.
Deux lancettes, l'une à fond rouge, l'autre à fond bleu. Très riche bordure perlée à saints personnages dans des niches gothiques, mais le même personnage (Jean) est répété avec reprise du carton.
Tympan dont la rose à 9 rayons porte des écussons.
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Verrière du XIVe siècle. Deux saints évêques dont l'un, en rouge, tient la maquette d'une voûte. Au registre inférieur, fragments d'un saint Michel terrassant le dragon et jugeant les âmes.
Notez dans les bordures les personnages tenant des phylactères (apôtres, prophètes, sibylles peut-être) occupant les pilastres des niches à gables aigus.
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Baie à 2 lancettes trilobées. Deux saints (inscriptions non déchiffrées)
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Baie : la Vierge à l'Enfant ; saint ou sainte martyre (palme) au visage remplacé par une pièce en réemploi ; un donateur (tonsuré, moine ou chanoine) présenté par un saint moine tenant une verge verte (tunique brune et manteau blanc, tonsure et palme).
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Chapelle à quatre baies à quatre lancettes ogivales.
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ST HONORÉ ; ST CEURIN (Sevrin) ; ST GERMIER ; ST LOUIS évêque de Toulouse.
"Le premier vitrail historié montre trois évêques de Toulouse et le premier évêque de Bordeaux, introduit par une dévotion particulière du donateur : saint Honoré, en chape verte doublée de rouge, soutane violette, un des plus anciens exemples de violet sur le vêtement des évêques dans les vitraux, mitre blanche, gants rouges, crosse fleuronnée; saint Seurin, en chape rouge doublée de vert, aube blanche couverte d'enroulements d'or, mitre et manipule violets, crosse fleuronnée; saint Germier, en chasuble bleue avec un large orfroi d'un beau jaune, mitre violette à infules vertes, gants rouges, manipule vert; saint Louis, en chasuble bleue avec un large orfroi rougegroseille et de hardis enroulements verts, doublée de vert, gants violets.
Au-dessous des évêques, les armes des Tholosany de la Sesquière1, des d'Assézat2, des Redon3, des Maniban 4 :
1. D'azur au chevron d'or accompagné de neuf épis de même en trois groupes, posés deux en chef et un en pointe. L'avocat Gabriel d'Ouvrier était capitoul en 1611.
2. D'argent à l'aigle aux deux têtes et aux ailes éployées de sable, au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent accompagné de deux étoiles d'or. François d'Aldéguier était capitoul en 1611.
3 D'azur aux deux lions d'or dressés et affrontés. Le nom de La Jugie figure dans le capitoulat dès le quatorzième siècle.
4. D'or à l'arbre arraché de sinople au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or. Jacques de Lombrail était conseiller au Parlement. Son fils Jacques de Lombrail, seigneur de Rochemontés, fut président des trésoriers de France, à Toulouse. L'or du champ est devenu pourpre par la cuisson."
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"Sur le second vitrail, on voit encore quatre évêques de Toulouse : saint Hilaire, en chasuble jaune avec orfroi rouge, mitre et gants violets; saint Sylve, en chasuble verte doublée de rouge, étole bleue, encore, selon la forme du Moyen Âge, avec croix rouge au bas, gants blancs, tenant l'église de Saint-Sernin dans la main droite; saint Exupère, en chape bleue dont l'orfroi est orné de perles et de gemmes entre des torsades d'or, gants rouges, tenant un goupillon de la main droite; saint Sernin, en chape rouge à l'orfroi bleu, manipule blanc, tenant de ses deux mains gantées de violet un livre à couverture verte avec une gemme sur le plat, embrassant la crosse inclinée sur la poitrine; le taureau est à ses pieds.
Au-dessous, quatre blasons du généreux prévôt Jean Daffis, évêque de Lombez, [sous une mitre] d'argent à la bande de gueules chargée de deux roses " Jules de Lahondès
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"Sur le troisième vitrail, les évêques portent des costumes plus riches : saint Martial, en chape bleue avec enroulements verts, dont l'orfroi est orné de figures de saints, chaperon rouge, mitre d'or, gants blancs; saint Remy, en chape rouge à chaperon vert, mitre bleue rehaussée de perles, gants bleus; saint Martin, en chasuble de drap d'or à orfroi bleu, doublée de vert, mitre de velours rouge rehaussée de perles, gants rouges; saint Denis, portant sa tête mitrée dans les mains, en chape bleue à l'orfroi d'or et à chaperon rouge. Saint Martin porte l'anneau au pouce droit, de même que saint Hilaire et saint Sylve.
Les armes de France qui brillent au-dessous de ce beau vitrail où sont représentés des évêques protecteurs des rois, indiquent qu'il fut donné par Louis XIII et sa mère régente , Armes de France et de Navarre timbrées de la couronne fermée, entourées du cordon du Saint-Esprit..
Dans les meneaux supérieurs de ces vitraux s'enroulent des rinceaux or et argent sur fond pourpre, blanc et or sur fond bleu."
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"La chapelle suivante a conservé le vitrail le plus précieux de la cathédrale, préservé par la saillie des contreforts et surtout par son exposition au sud-est, vers le cloître. Il n'est pas cependant intact lui-même et le panneau central a reçu un fragment nouveau avec le Christ du seizième siècle, accosté d'une Vierge et d'un saint André beaucoup plus grands, de la même époque. Les panneaux inférieurs du côté de l’Évangile portent encore une sainte Madeleine et un saint Christophe venus d'ailleurs, de même que le saint Jean dans le panneau à côté du roi à genoux. Ces remaniements et ces confusions avaient arrêté jusqu'ici les attributions certaines de ce beau vitrail.
En haut, du côté de l'Évangile, un roi à genoux, vêtu d'un manteau bleu fleurdelysé d'or, portant une couronne à grandes fleurs de lys, offre une couronne. La figure du roi, très individuelle, rappelle le type bien connu des Valois et permet de reconnaître Charles VII ." (J. de Lahondès)
"Denis du Moulins (1421-1439) fit disposer une grande verrière dans la chapelle Saint-Jean l'Évangéliste, aujourd'hui dédiée à saint Joseph. C'est là qu'on voit les portraits de princes contemporains, amis du prélat qui allait devenir archevêque de Paris: Charles VII et le dauphin Louis à genoux. On y reconnaît aussi saint Jean, patron du duc de Berry; saint Louis, évêque de Toulouse; sainte Catherine, patronne d'une fille du roi et l'archevêque lui-même avec la croix ancrée de sable de ses armes, peinte sur l'orfroi de sa chape. Le panneau du milieu a disparu et a été remplacé par des fragments composites. Il est probable que le roi saint Louis était figuré au centre, imploré par Charles VII et le dauphin".(M. Rey)
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Saint Christophe traversant le fleuve, avec sur son épaule l'Enfant portant le Monde.
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Un saint évêque.
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Le roi Charles VII agenouillé, deux lions à ses pieds.
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"La fenêtre, du côté de l'épître, absolument intacte, montre en haut un jeune prince, tête nue, vêtu d'une cotte fleurdelysée, avec jambières et chaussures de plate, l'épée au côté; il ressemble au roi. C'est évidemment le dauphin, son fils, le futur Louis XI.
A côté de lui est un évêque nimbé, portant une chape dont l'orfroi est orné de fleurs de lys; c'est saint Louis, évêque de Toulouse, qui appartenait à la famille royale.
Au-dessous, sainte Catherine porte la roue et la palme, superbement vêtue d'une robe blanche à petits points d'or groupés par trois, d'un manteau vert doublé de rouge, se détachant sur un fond blanc fleuronné d'or, bordé de fleurs de lys d'or sur fond bleu. Une des filles de Charles VII portait, en effet, le nom de Catherine et fut mariée, en 1434, au duc de Bourgogne.
Enfin, à côté de cette belle figure, un évêque à genoux dont les traits fins mais énergiques sont très caractérisés, est coiffé d'une mitre d'argent, et vêtu d'une chape rouge bordée d'un orfroi sur lequel s'étagent des écus d'argent à la croix ancrée de sable, précisant la date du vitrail. Ce sont, en effet, les armes de Denis du Moulin, archevêque de Toulouse, de 1423 à 1439, année dans laquelle il fut promu au siège de Paris. Denis du Moulin s'était montré très dévoué au roi dans les temps périlleux. Il se rendit en ambassade auprès du roi de Castille, du duc de Savoie, et du duc de
Quelques fragments étrangers sont rapportés sur l'aube de Denis du Moulin et sur la robe de la princesse Catherine."
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Saint Jean-Baptiste et sainte Catherine. Restauration en 1816.
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Saint Jean-Baptiste, vêtu de la peau de chameau, et montrant l'Agneau.
Bordure à rinceaux de feuilles de chêne, et phylactère enroulé en spire. tenture d'honneur du fond, damassée d'or.
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Sainte Catherine tenant la palme du martyre et la roue dentée de son supplice.
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Le voyage de sainte Ursule, le martyre des onze mille vierges. Leur nef parvenat à Cologne est visée par les archers Huns.
"Le vitrail de la chapelle de saint François de Sales montre un groupe de saints du quinzième siècle: saint Étienne, tenant un pavé dans ses mains; saint Jean, vêtu comme les paysans de l'époque et portant l'image de l'Agneau; au-dessus, un crucifiement avec la Vierge et saint Jean l'Évangéliste. Mais ce vitrail a été très remanié.
Le dais qui couronnait saint Étienne, est remplacé par un panneau venu sans doute du couvent des chanoinesses de Saint-Pantaléon, peut-être de l'église des Augustins qui avait aussi une chapelle consacrée aux Onze mille vierges; il représente, en effet, les jeunes martyres conduites par les évêques sur le vaisseau miraculeux, avec le mot undecim tracé au-dessus en caractères gothiques."
"Cependant, les vierges se mirent en route pour leur retour, en compagnie du pape Cyriaque, du cardinal Vincent et de Jacques, archevêque d’Antioche, qui était, lui aussi, originaire de Bretagne. Jacques, qui était venu à Rome pour voir le pape, allait déjà repartir pour Antioche lorsque, apprenant le prochain départ des vierges, il prit le parti d’aller avec elles au-devant du martyre. Et de même fit encore Maurice, évêque de Modène, qui était l’oncle de Babille et de Julienne ; de même firent Follau, évêque de Lucques, et Sulpice, évêque de Ravenne.
Lorsque toute cette troupe arriva à Cologne, elle trouva la ville investie par les Huns. Et ces barbares, avec de grands cris, se jetèrent sur les pieuses vierges, qu’ils massacrèrent toutes, comme des loups s’élançant sur un troupeau d’agneaux. Seule, Ursule restait encore vivante. Et le prince des Huns, émerveillé de sa beauté, lui offrit de l’épouser, pour la consoler de la mort de ses compagnes. Mais, comme la sainte repoussait avec horreur sa proposition, furieux de se voir dédaigné, il la transperça d’une flèche et acheva son martyre." (Légende dorée)
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Dans les fenêtres hautes. Les douze apôtres (XVIIe siècle).
"Après l'incendie et la construction des œuvres hautes du chœur, les sept grandes fenêtres du rond-point furent munies de verrières. Les quatre panneaux de chacune d'elles sont remplis par des figures d'apôtres ou d'évêques, ceux de la fenêtre centrale par les images du Christ, de la Vierge, de saint Étienne et de saint Laurent." (M. Rey, 1930)
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SOURCES ET LIENS
—Jules de Lahondès, 1890, L'église Saint-Étienne, cathédrale de Toulouse, ed. Privat, 482 pages
Isabelle Séré, Yves Bruand, Michèle Pradalier-Schlumberger, 1987, Les verrières du XIVème siècle de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, non consulté
:
1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)