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15 avril 2026 3 15 /04 /avril /2026 13:33

Le décor peint (1614, Giovanni Ferri et Rinaldo Lombardo) du  Salon de la Chasse — Stanze della Caccia— de la Villa d'Este à Tivoli : un art de l'illusion.

 Voir : 

PRÉSENTATION

Cette salle termine la succession des salons de réception du rez-de-chaussée de la Villa d'Este, face au jardin, toutes reliées par les portes de l'enfilade. Elle est étroite pour laisser de la place à l'escalier sur lequel elle s'ouvre. Au sud-ouest s'étend l'esplanade du jeu de paume. Deux fenêtres ouvrent sur le jardin.

 

 

Le Salon de la Chasse doit son nom aux scènes de chasse sur terre ou en mer des fresques des quatre murs. Deux larges panneaux peints accompagnent quatre tapisseries en trompe-l'œil et alternent avec des trophées (ours, cerfs, lièvres et volatiles) et des guirlandes de fleurs et de fruits.

D'autres petits paysages sont peints sur le renfoncement des portes et des fenêtres.

Parmi les scènes se trouve une aristocratique chasse à courre. Le cerf est acculé par les chiens vers une rivière, dans les eaux de laquelle se reflète les châteaux et résidences du Nord.

Une autre scène montre une bataille navale et un naufrage. Une scène d'incendie permet d'illustrer, parmi les Quatre éléments, le Feu.

Sur commande d'Allesandro d'Este, les fresques ont été créées en 1614 par Giovanni Ferri et Rinaldo Lombardo, qui se sont librement inspirés de gravures d'Antonio Tempesta et du Cavalier d'Arpin. Giovanni Maria Ferri de Sienne est un peintre de genre actif entre les années 1520 et 1530 pour les familles Mattei, Barberini et Borghese.

Selon Patrizia Tosini, " Les fausses tapisseries de la salle de chasse présentent également des points de convergence intéressants avec le répertoire d'un autre artiste, lui aussi lié à l'entourage des Barberini, Teodoro Filippo di Liaño, dit Filippo Napoletano, qui, en 1614, quitta Naples pour Rome (où il était né) afin de travailler avec le cardinal Del Monte. Dans les fenêtres en saillie, des vues marines avec navires, mers déchaînées, ports et tours côtières rappellent les premières œuvres de Filippo, étroitement liées aux peintures de Paul Bril et de son collègue Agostino Tassi, bien que dans un style plus brouillon et simplifié."

Des scènes de chasse similaires, par  Giovanni Ferri et Rinaldo Lombardo, se retrouvent dans les encadrements de fenêtres des appartements de Luigi d'Este au rez-de-chaussée (piano nobile) de la villa (Tosini 2010).

 

Comme pour les articles précédents, j'ai complété mes propres photos avec celles du site du ministère italien de la Culture.

Tapisserie en trompe-l'œil : chasse à courre.

Un couple noble, sur leurs chevaux, est précédé par trois piqueurs  dont l'un désigne le cerf (et lance le taäut?), l'autre sonne de sa trompe et le troisième excite la meute, qui poursuit l'animal. La scène se passe (bizarrement à mes yeux) sous les murs d'un palais, et de nombreuses spectattrices sont aux fenêtres, tandis que trois hommes et un chien, sur l'autre rive aménagée en escalier, attendent le cerf. La biche, ) droite, semble moins menacée.

 

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Chasse au canard, depuis une barque.

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Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

 

Sous une fenêtre : tryptique, scènes navales.

 

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Naufrage par tempête, Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Naufrage par tempête, Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Trophée de chasse entre deux guirlandes: des lièvres, un renard, un chevreuil.

 

 

 

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Détail d'une guirlande : un melon.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Chasse, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.

Vues générales de la salle.

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Diverses autres scènes.

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Trompe -l'œil : orangers dans des vases en cuivre avec un singe ; chien en laisse aboyant sur un cerf portant un collier.

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SOURCES ET LIENS

—TOSINI (Patrizia) , 2010, Esercizi di stile: pittori all’opera sui ponteggi di Villa d’Este tra Cinque e Seicento Studi di Memofonte 5/2010 

https://www.memofonte.it/home/files/pdf/V_%202010_TOSINI.pdf

— Site du Ministère de la Culture

https://fotografia.cultura.gov.it/va-ve/resource/IT-ICCD-PHOTO-0157-000320

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Published by jean-yves cordier - dans XVIIe siècle.
8 avril 2026 3 08 /04 /avril /2026 10:23

Le décor peint (Federico Zuccari, 1566-1567) du Salon de la Noblesse de la Villa d'Este de Tivoli. Un art de l'illusion et de la théâtralité.

 Voir : 

PRÉSENTATION

Dans l'enfilade des salles de l'étage de la Villa, le Salon de la Noblesse vient après le Salon de la Fontaine et le Salon d'Hercule.

La Sala della Nobiltà (Salle ou Salon de la Noblesse) fut peinte par Federico Zuccari et ses assistants en 1566. Sur les murs, le décor s'inspire des fresques romaines antiques, avec des bandeaux et des encadrements au centre desquels se détachent des figures féminines sur un fond rouge pompéien, ce qu'on retrouvera dans le Salon de la Gloire.

En partant du nord-est et en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre, on y voit des allégories de l'Amitié et de la Tempérance, puis de la Prudence et  de la Géométrie.

Au-dessus de portes réelles et factices sont peints les bustes de philosophes et de législateurs grecs comme Platon, Socrate, Diogène, Pythagore ou Solon.

Sur la voûte ornée de figures grotesques, des cadres ovales renferment les personnifications de l'Honneur et de Rerum Natura, ou Diane d'Éphèse, tandis que des cadres rectangulaires contiennent l'Opulence et l'Immortalité. Dans le panneau central sont représentées trois autres personnifications des Vertus : la  Noblesse entourée de la Libéralité, et de la Générosité.

 

 

 

 

 

 

I. LES PEINTURES DES MURS.

A. Les quatre allégories.

Elles occupent les murs nord-est et sud-ouest. Je suis frappé par le manque de cohérence du programme iconographique, du moins si on s'en tient aux interprétations admises. À la différence des autres salles, ces quatre personnifications ne composent aucune série.

 

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

L'Amitié ?

C'est ainsi qu'est interprété ce tableau qui réunit trois femmes nues, couronnées, aux voiles transparents, et tenant des bouquets, assises en se tenant par les épaules au dessus de deux putti. J'y verrai trois Muses, ou les trois Grâces.

 

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La "Tempérance", tenant une baguette ou lance, et une cruche qui se vide.

La Tempérance est représentée, avec trois autres Vertus cardinales, dans le Salon de la Gloire, mais avec ses attributs que sont le mors, et le geste de verser de l'eau d'un récipient dans un autre. Ici, le personnage féminin se contente de faire couler de l'eau vers le sol. Ne peut-on penser plutôt à l'allégorie d'une rivière (un Fleuve est représenté dans cette salle sur le retour de la fenêtre donnant vers le jardin) ?

Allégorie d'un Fleuve. fotografia.cultura.gov.it

 

 

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Le mur opposé : la Géométrie et la "Prudence".

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La Géométrie.

C'est à coup sûr la personnification d'un des quatre arts libéraux du Quadrivium, la Géométrie, puisqu'elle tient en main droite une feuille où sont tracées des figures géométriques et en main gauche une équerre et un compas. Le globe (terrestre?) qui est devant elle renvoie peut-être à la cartographie. 

On aurait aimé qu'elle soit accompagnée de l'Arithmétique, de l'Astronomie et de la Musique, pour compléter le Quadrivium. En tout cas, on retrouve parmi les références aux auteurs antiques (comme au portail de Chartres et au Puy-en-Velay) celle de Pythagore dans les bustes des autres murs.

Voir :

 

Buste de Pythagore, Salon de la Noblesse. fotografia.cultura.gov.it

 

 

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

La Prudence (?)

Qu'est-ce qui justifie cette identification? La Prudence, l'une des quatre Vertus cardinales, est représentée au Salon de la Gloire, mais avec tous ses attributs, alors qu'ici, nous somme devant une femme assise, les pieds sur des ouvrages reliés, et tenant en main un recueil. Il s'agit manifestement d'un recueil de partitions de musique. Alors, n'est-ce pas Musica, l'un des quatre arts libéraux du Quadrivium? Hippolyte II était le mécène de Palestrina et d'Adrien Willaert.

Motettorum quae partim quinis, partim senis, partim octonis vocibus concinnantur. Palestrina 1577 BnF

 

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

La Justice ??.

Retour de la fenêtre donnant sur le jardin. Cette femme nue semble plutôt une déesse qu'une allégorie, ce pourrait être Vénus accompagné d'Eros, mais pourquoi tient-elle une balance? La chèvre sur laquelle elle pose la main tandis qu'un enfant nu la tête pourrait être Amalthée, nourrice de Zeus.

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Quelques bustes.

SOCRATE, fotografia.cultura.gov.it

 

PLATONE, fotografia.cultura.gov.it

 

SOLON, fotografia.cultura.gov.it

 

 

LE PLAFOND

Aux quatre coins du plafond, des cartouches tenus par des putti montrent soit les armes du cardinal Hippolyte II d'Este, —frappées de son chapeau cardinalice et portant en pal la croix d'archevêque—, soit seulement l'aigle blanc emblématique, accompagné de la devise Ab insomni non custodita draccone, une allusion au onzième des travaux d'Hercule, la cueillette des pommes d'or du Jardin des Hespérides, que gardait Ladon. 

 

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Un article de La Nuova Ferrara commente cette devise :

"La devise « Ab insomni non custodita dracone » fait allusion à l'un des travaux d'Hercule, le héros bien-aimé de la famille d'Este, qui, par sa ruse, obtint les précieuses pommes d'or gardées par le dragon Ladon (qui ne dormait jamais) dans le jardin paradisiaque habité par les belles Hespérides. Parmi les nombreuses versions du mythe, la nature des fruits d'or fait débat : coing, agrumes, grenade et pêche se disputent la première place. Ce passage est tiré d'Ovide ( Métamorphoses IX, 190) dans la version disponible au XVIe siècle, différente de celle que nous connaissons aujourd'hui, où l'on lit « concustodita » (bien gardée) et non noncustodita, et donc avec une signification opposée.

Mais pour Hippolyte II d'Este, la première interprétation était la bonne. Il ne s'agit nullement d'un emblème héraldique à connotation galante et amoureuse, comme on l'interprète parfois ; en réalité, c'est tout le contraire. C’est ce qu’affirme Pirro Ligorio, antiquaire et conseiller artistique au service de la famille d’Este du milieu du XVIe siècle jusqu’à sa mort à Ferrare en 1583. Parmi ses manuscrits d’une grande érudition, on lit qu’Hercule (et donc Hippolyte), grâce aux pommes, « vainquit les trois penchants qui troublent l’homme : la colère, l’avidité et le plaisir, par la philosophie, représentée par la massue, symbole de sa force d’esprit. La peau du lion et le dragon tué symbolisent la maîtrise des appétits sensuels » ( Antiquités romaines , Bibliothèque biblique de Naples, ms. XIII.B.7, c.41v). Dans le même écrit (c.112r), Ligorio décrit une sculpture sur ce thème, ornant la porte de la résidence du cardinal romain de Monte Giordano. Une fois en possession, les trois pommes confèrent « calme, tranquillité et joie », qualités convenant à la chaste Diane, bien qu'associées à Vénus dans d'autres cas ( Antiquités romaines , livre XII, Archives d'État de Turin, vol. 11, cc. 26r-30r). Le poète français Muret chantait souvent la chasteté (idéale plutôt que réelle) d'Hippolyte II, son protecteur, par opposition à celle du mythique Hippolyte qui, portant le même nom, résista à la passion de sa belle-mère Phèdre ." (La Nuova Ferrara, 2011)

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Dans le panneau central est représentée sous un dais tenu par des putti  la  Noblesse entourée de la Libéralité, et de la Générosité.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Rerum Natura, la Diane d'Ephèse.

Cette peinture représente la Diane ou Artemis d'Éphèse symbolisant la Mère Nature, dont la statue du 2ème siècle ap. J.C appartenait aux collections Farnése, aujourd'hui au Musée archéologique de Naples. Le titre fait allusion au poème de Lucrèce, De rerum Natura, "De la nature des choses", reflet de l'épicurisme.

Jardin de la Villa d'Este, Statue de la Diane d'Ephèse par Gillis Van den Vliete en 1568. Cliché lavieb-aile .

Ici, la déesse  aux multiples seins, symbole de fertilité, tient une corne d'abondance.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Noblesse, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Autres cartouches.

L'Opulence

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L'Honneur.

 

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L'Immortalité.

 

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SOURCES ET LIENS.

 —BARISI (Isabella), 2003,Guide, De Lucca

https://archive.org/details/guidetovilladest0000isab/page/n1/mode/2up

— DESNOYERS (Gérard), 2015, la Villa d'Este ou le songe d'Hippolyte, ed Mirobolan page 73 et suiv.

https://books.google.fr/books?id=wvd0BgAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

—Ministère italien  de la culture:

https://fotografia.cultura.gov.it/va-ve/resource/IT-ICCD-PHOTO-0157-000318

— UNESCO World Heritage Centre

https://whc.unesco.org › document pdf

https://whc.unesco.org/uploads/nominations/1025.pdf

 

 

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tivoli,_Villa_d%27Este,_Stanza_della_Nobilt%C3%A0.jpg

https://personalitascritturaartefantasia.blogspot.com/2019/04/iii-parte-villa-deste-in-tivoli-le.html

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans XVIe siècle. Arts libéraux. Emblématique Villa d'Este
7 avril 2026 2 07 /04 /avril /2026 10:15

Le décor du Salon de la Gloire ou Stanza della Gloria (Federico Zuccari, 1566) de la Villa d'Este de Tivoli : un art maniériste de l'illusion et de la théâtralité.

 Voir : 

 

PRÉSENTATION

La villa d'Este, en son 1er étage, l'étage de réception (piano nobile), forme une succession d'une douzaine de pièces ou salons, dont huit donnent, par des porte-fenêtres, sur le jardin. Une longue enfilade de portes  les font toutes communiquer entre elles, près du jardin, tandis que, du côté opposé, une autre pseudo-enfilade voit se succéder des portes en trompe-l'œil. Cette pseudo-enfilade longe le vrai corridor du sud-est.  Les premières pièces à avoir été réalisées à partir de 1565 ont été le Salon de la Fontaine et le Salon d'Hercule, donnant directement sur la Loggia par laquelle on descend vers le jardin. Vinrent ensuite, vers le sud-ouest, le Salon de la Noblesse, puis, avec une surface diminuée de moitié par rapport aux précédentes, le Salon de la Gloire, précédent le Salon de la Chasse.

 

 

Ce Salon de la Gloire est traversé comme les autres par l'enfilade des portes aux vantaux de bois, mais on ne trouve vers le sud-est qu'une seule fausse-porte, occultée par un faux rideau, juste à côté de la porte donnant sur une pièce  arrière qui ne porte pas de nom. À l'opposé, dans l'angle sud, c'est un surprenant ensemble de deux placards en trompe-l'œil qui remplace la fausse-porte des autres pièces. Enfin, une seule porte-fenêtre donne sur le jardin.

Comme déjà  dans le Salon de la Noblesse, on ne trouve pas ici les fausses colonnes, ou les fausses ouvertures donnant sur des vues feintes de la ville et de la campagne environnant la villa, comme dans les deux salons de la Fontaine et d'Hercule inspirés du triclinium romain, mais  de lourdes tentures vertes qui s'écartent théâtralement sur des panneaux peints évoquant les décors des maisons de Pompéi, par leur fond blanc orné de grotesques d'une part, et par leur panneaux à fond rouge "pompéien" encadrés de cariatides qui donnent l'illusion d'être dans les chambres romaines ou cubiculum. 

On retrouve la tripartition horizontale de la peinture romaine avec une plinthe en marbre feint, puis les tableaux rouge sur fond blanc, puis une succession de panneaux centrés par des médaillons à l'antique de nobles romains de profil. Mais la dignité digne de la virtus  romaine est tournée en dérision par des masques facétieux relevant, cette fois, de la Commedia dell'arte.

Je ne dis pas, bien-sûr, que l'architecte s'est inspiré ni des peintures pompéiennes, qui seront découvertes bien plus tard (XVIIIe siècle), ni même sans doute de celles de la Domus aurea de Néron, hormis pour les  peintures à la grotesque, et je ne suis pas suffisamment informé de ce que pouvait connaître de la peinture romaine un archéologue italien du XVIe siècle : je dis seulement que les quatre figures allégoriques sur fond d'ocre rouge m'évoquent ce que j'ai pu découvrir à la Villa de Ménandre, des Vettii ou des Mystères à Pompei, mutans mutandi.

J'ai complété mes propres photos avec celles du site ministériel italien.

 

fotografia.cultura.gov.it/va-ve/item/VE_dgt_001207
Pompei, maison de Menandre. Cliché lavieb-aile.
Pompei, maison des Vettii. Cliché lavieb-aile.

 

 

La Salle de la Gloire célèbre et exalte les Vertus cardinales  (Force, Tempérance, Justice et Prudence) qui conduisent à la Gloire, tandis que le plafond montre des allégories de la Religion, de la Magnanimité, du Temps et de la Fortune, autour de l'allégorie de la Gloire qui occupait le centre du plafond (aujourd'hui non conservée). La pièce fut décorée par Federico Zuccari et ses assistants entre 1566 et 1568 et probablement retouchée plus tard.  Comme la Salle de la Noblesse, elle célèbre les vertus morales de la Maison d'Este et du cardinal Hippolyte, symboliquement représenté  par la mitre d'évêque et le chapeau cardinalice peints en trompe-l'œil dans un faux placard. Sur les murs, de fausse draperies vertes s'ouvrent sur des fonds ornés de grotesques, au centre desquels sont peints des carrés rouges portant les quatre Vertus cardinales. 

 

 

LES MURS DE LA PIÈCE.

 

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Les quatre  vertus cardinales  forment, avec les  trois vertus théologales le septenaire des vertus de l'Église . Elles sont peintes par exemple, avec leurs attributs, par Giotto à la chapelle des Scrovegni de Padoue en 1303-1306. Elles encadrent le tombeau de François II réalisé en 1502-1504 dans la cathédrale de Nantes. Etc.

https://portail.biblissima.fr/ark:/43093/desc842275b58a2e226fb2f857735bf5de83d128f6a3

 

La Force (force d'âme) appuyée à une colonne.

La colonne comme symbole de la force d’âme (Fortitudo en latin) trouve sa source dans un passage de l’Apocalypse (3, 11-12) : « Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. Celui qui vaincra, j’en ferai une colonne dans le temple de mon Dieu. »

 

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

La Prudence (ou Sagesse, phrónēsis) tenant un serpent, se regardant dans un miroir, et présentant un double visage, jeune et beau devant le miroir, et âgé et enlaidi au revers.

 

 

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

La Tempérance (le contrôle de soi, la retenue) tenant un mors au bout d'une rêne, et versant un liquide d'un récipient dans un autre, posé au sol.

voir : https://www.jepense.org/allegorie-temperance/

 

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

La Justice tenant une épée et la balance.

 

 

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Les deux placards ou étagères de l'angle sud.

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Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

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L'étagère au livre et au bougeoir.

Des trois rayonnages, celui du bas reste voilé par un drap vert. Celui du haut, partiellement dévoilé par le rideau vert retenu par une embrasse, contient un bougeoir en laiton (piètement tripode aux gueules de lions) à la bougie éteinte. Le trompe-l'œil laisse penser qu'un occupant de la pièce, très vraisemblablement le cardinal Hippolyte II d'Este, a passé ici un moment et y a consulté un ouvrage avant de s'en aller. Un cartellino (hélas illisible) fait croire à une lettre qu'il vient d'écrire ou de recevoir. On devine peut-être le nom du correspondant, un certain Di porto.

 

 

 

 

 

 

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Le rayonnage du milieu est complètement dégagé, il contient un épais coussin de velours grenat à glands de passementerie dorés, et deux livres. Celui du fond est fermé et ne dévoile pas son titre. Au premier plan, le second ouvrage est ouvert et nous montre une illustration, et, à droite, une lettrine en rubrique, la lettre D. On devine même le n° de la page, 1211. Gérard Desnoyers a reconnu (p. 75)  dans la gravure "un âne cotoyant un personnage couché dans un lit sous le regard de trois comparses", illustrant l'Âne d'or des Métamorphoses d'Apulée fable dans laquelle le hros Lucius est métamorphosé en âne, compagnon d'une bande de brigants. Il précise que la gravure illustre le livre X, celui où une femme amoureuse de l'âne, l'achète et l'accueille dans son lit. Plus précisément, il s'agit du chapitre 35, où l'âne doit, devant la foule amassée devant la scène d'un cirque, s'unir à une femme accusée de meurtre. Lucius décide au dernier moment de ne pas avoir de relation avec celle-ci, et il s'enfuit à Cenchrées, où il s'endort sur la plage.

Cette fable, très prisée des humanistes néoplatoniciens, renferme aussi le récit du mythe d'Eros et de Psyché, représenté entre autre à Rome par Raphael vers 1513 dans  la Lggia de Psyché de la Villa Farnesina. 

 

Salon de la Gloire, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile.
Illustration de l'Âne d'Or d'Apulée, cliché lavieb-aile.

Je n'ai pu trouver ce livre dans l'inventaire de la librairie du cardinal , sa guardarobba, mais il était tellement courant, qu'Hippolyte ne pouvait pas en posséder un exemplaire. Sa première édition connue, à Rome, date de 1469.

https://www.tibursuperbum.it/ita/note/docantiquaria/TestiEreticiVilladEste.pdf

https://www.robinhalwas.com/n07-ippolito-destes-library

 

 

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

L'étagère au galero et à la mitre.

Sur l'autre mur de l'angle, l'étagère factice ne dévoile qu'une petite partie du rayonnage supérieure, qui semble remplie d'ouvrages reliés ; l'un d'eux porte sur la tranche les lettres -LA.

Le rayonnage du milieu montre un coussin de velours grenat, jumeau du précédent, une mitre blanche aux bords perlés et au bonnet orné d'un emblème doré, et un galero, ou chapeau cardinalice, accompagné d'une de ses houppes. Hippolyte II était cardinal diacre de Santa Maria d Via Lata (1564) puis  de Santa Maria de Nuove (de 1563 à 1572), mais aussi évêque succesivement de Tréguier, d'Autun, et de Maurienne , et archevêque, de Lyon, de Narbonne, d'Auch, ou de Milan. Lors de la construction de la Villa d'Este, il était archevêque d'Arles (de 1562 à 1567) et évêque de Maurienne (de 1563 à 1567). Lors de sa mort, c'est coiffé de la mitre que son corps fut exposé.

 

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Les masques italiens et les médaillons à l'antique.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

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Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

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Autres détails. L'encadrement des porte-fenêtres

 

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LE PLAFOND

Les quatre cartouches : la Fortune, le Temps, la Magnanimité et la Religion.

 


 

FORTUNA, la Fortune

Elle est assise sur un oiseau (une oie, une autruche, un aigle?) et elle brandit un sceptre à trois grelots. Elle tient dans son bras gauche des symboles de richesse et de puissance, dont une couronne, mais ces joyaux partent dans les airs au dessus de sa tête en formant une roue. Et on voit, dans cette valse des vanités, le galero cardinalice et la tiare papale, à côté de breloques et de colliers de perles. Une couronne impériale, un sceptre et un vase gisent à terre, tandis que six amours jouent entre eux ou ramassent des vases.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

RELIGIO, La Religion.

C'est une jeune femme nimbée d'or vêtu d'une chape d'or qui tient une baguette et deux clefs. Deux enfants nus tiennent soit un livre ouvert, soit deux demi-volumes séparées.

 

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

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MAGNANIMITAS, la Magnanimité

Dans un décor urbain en perspective, une femme est juchée sur un piedestal entre des colonnes de marbre, et assise sur un lion. Elle est couronnée d'or et tient une baguette en guise de sceptre . Deux enfants jouent à ses pieds, l'un tient un récipient, l'autre une balance.

 

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

TEMPUS, le Temps.

C'est un vieillard barbu qui est assis sur le cercle du Zodiaque. Ailé, couronné de guirlandes, il temps les bras écartés vers deux miroirs que lui présentent des enfants. À ses pieds, deux autres enfants consultent le grand livre du temps : l'un est coiffé du globe solaire, l'autre du croissant de lune.

 

 

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

Salon de la Gloire de la Villa d'Este à Tivoli. Cliché lavieb-aile.

SOURCES ET LIENS

 —BARISI (Isabella), 2003,Guide, De Lucca

https://archive.org/details/guidetovilladest0000isab/page/n1/mode/2up

— DESNOYERS (Gérard), 2015, la Villa d'Este ou le songe d'Hippolyte, ed Mirobolan page 73 et suiv.

https://books.google.fr/books?id=wvd0BgAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

—RIBOUILLAULT (Denis), 2011, Toward an Archaeology of the Gaze: Perception and Function of Garden Views in Italian Renaissance Villas, in Clio in the Italian garden : twenty-first-century studies in historical methods and theoretical perspectives, Éditeur Dumbarton Oaks Research Library and Collection.

 https://www.academia.edu/3429818/Toward_an_Archaeology_of_the_Gaze_the_Perception_and_Function_of_Garden_Views_in_Italian_Renaissance_Villas

— RIBOUILLAULT (Denis), 2006 ‘Paesaggio dipinto, Paesaggio reale’ : notes sur une fenêtre de la Villa d’Este à Tivoli, Actes du colloque international (Ferrare, Castello Sforzesco, 2006). Collection : Ferrara Paesaggio estense ; 4

https://www.academia.edu/3430314/_Paesaggio_dipinto_Paesaggio_reale_notes_sur_une_fen%C3%AAtre_de_la_Villa_d_Este_%C3%A0_Tivoli?sm=b&rhid=38794173488

—Ministère italien  de la culture:

https://fotografia.cultura.gov.it/va-ve/resource/IT-ICCD-PHOTO-0157-000319

— Site TIBURSUPERBUM

https://www.tibursuperbum.it/ita/museo/CascataWittel3.htm

—TUCKER (George Hugo ) 2018, Camenae n°22- décembre 2018 1 La description de la villa d'Este à Tivoli chez M. A.A Muret (Poematia, 1575)

https://www.saprat.fr/wp-content/uploads/2023/03/camenae-22-article-9-g-h-tucker.pdf

— UNESCO World Heritage Centre

https://whc.unesco.org › document pdf

https://whc.unesco.org/uploads/nominations/1025.pdf

 

 

 

 

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4 avril 2026 6 04 /04 /avril /2026 15:10
Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

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Corallina caespitosa ? Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Corallina caespitosa ? Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

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Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

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Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Lomentaria articulata, ou algue saucisson. Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Lomentaria articulata, ou algue saucisson. Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

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Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

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Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

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Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

La "voleuse d'huître" Colpomenia peregrina : elle se gonfle d'air et emporte son substrat de fixation, algue ou parfois huître.

https://doris.ffessm.fr/Especes/Colpomenia-peregrina-Voleuse-d-huitres-1885

Colpomenia peregrina. Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Colpomenia peregrina. Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Colpomenia peregrina. Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Colpomenia peregrina. Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Ceramium sp.

avec ses apex en forme de tenaille.

 

 

 

Ceramium sp, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Ceramium sp, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Ceramium sp, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Ceramium sp, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Ceramium sp, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Ceramium sp, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

La très commune Caulacanthus okamurae, une Algue Rouge, qu'on observe souvent en pompons enrobant la base des moules.

https://doris.ffessm.fr/Especes/Caulacanthus-okamurae-Caulacanthe-d-Okamura-5556/(rOffset)/12

J'aime bien son nom vernaculaire anglais, "Okamura's pom-pom weed".

Caulacanthus okamurae, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Caulacanthus okamurae, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Caulacanthus okamurae,Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Caulacanthus okamurae,Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Quelques déterminations (sortie Bretagne vivante/Patricia Moulin le 1/4/26, inventaire de 54 espèces d'algues).

À fleur d'eau.
À fleur d'eau.
À fleur d'eau.
À fleur d'eau.
À fleur d'eau.
À fleur d'eau.
À fleur d'eau.
À fleur d'eau.
À fleur d'eau.
À fleur d'eau.

LA FAUNE

Les œufs de la Nasse réticulée.

Oeufs de la Nasse réticulée Tritia reticulata. Cliché lavieb-aile.

Oeufs de la Nasse réticulée Tritia reticulata. Cliché lavieb-aile.

La Nasse réticulée.

https://doris.ffessm.fr/Especes/Tritia-reticulata-Nasse-reticulee-845

Deux nasses réticulées Tritia ou Nassia reticulata. Cliché lavieb-aile.

Deux nasses réticulées Tritia ou Nassia reticulata. Cliché lavieb-aile.

Les oursins violets  Paracentrotus lividus (sous réserve).

Ils sont amusants à observer, tant ils s'efforcent de se camoufler derrière des débris de coquilles, d'algues ou de rochers qu'ils serrent bien fort avec leurs épines (ou plutôt parait-il "avec leurs podia et leurs pédiculaires"). Ils se logent dans des cavités de la roche, en rangées ou en immeubles, qu'ils creusent patiemment,  à raison de 32 grammes/an sur du calcaire. Sur du granite, il mettraient 37 fois plus de temps. Mais ici, en plein terrain volcano-sédimentaire ordovicien de la Formation de Rozan (tufs à lapili et grés fins), disons qu'ils creusent leurs trous en cinq ans. Leurs enfants héritent-ils du logement?

https://doris.ffessm.fr/Especes/Paracentrotus-lividus-Oursin-violet-1437

 

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Pointe de Raguenès à Crozon. Cliché lavieb-aile 2026.

Les anémones.

composition d'anémones, cliché lavieb-aile

Anemona viridis, l'Anémone verte.

 

 Pointe de Raguenès, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenès, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Corréjou, Camaret.  Cliché lavieb-aile.

Corréjou, Camaret. Cliché lavieb-aile.

Actinia equina, l'Anémone chevaline, l'Anémone tomate.

 Pointe de Raguenès, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenès, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Actinia equina, et un chiton (polyplacophore).

https://nature22.com/estran22/mollusques/polyplacodentale/chitons.html

Grotte de Pen Hat, Camaret. Cliché lavieb-aile.

Grotte de Pen Hat, Camaret. Cliché lavieb-aile.

Actinia fragacea, l'anémone fraise.

Actinia fragacea, Corréjou, Camaret. Cliché lavieb-aile avril 2026

Actinia fragacea, Corréjou, Camaret. Cliché lavieb-aile avril 2026

Actinia fragacea, Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile avril 2026

Actinia fragacea, Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile avril 2026

Bunodactis verrucosa, la belle Anémone Gemme.

avec son disque oral vert olive.

https://doris.ffessm.fr/Especes/Bunodactis-verrucosa-Anemone-gemme-1103

 

Bunodactis verrucosa, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Bunodactis verrucosa, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

L'Anémone solaire Cereus pedunculatus

Cereus pedunculatus, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Cereus pedunculatus, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Cereus pedunculatus, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Cereus pedunculatus, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Clibanarius erythropus, un Bernard-l'Ermite, le Pagure des rochers

https://doris.ffessm.fr/Especes/Clibanarius-erythropus-Pagure-des-rochers-748

Clibanarius erythropus, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Clibanarius erythropus, Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Ponte de calmar

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Pointe de Raguenez, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Des vers rouges très mobiles dans une mare : Néphtys spp, la Gravette rose (Annélide, polychète errante)

https://doris.ffessm.fr/Especes/Nephtys-spp.-Gravette-blanche-ou-rose-3786

 

Il fuse comme un éclair dans la mare, comme s'il explorait chaque cavité, se déplace en  ondulant sans s'arrêter.

 

 

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

La bouche ?

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Au repos, il se met en boule.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Turritella communis ou Turritellinella tricarinata (Gasteropode), et ses squatteurs

https://www.mer-littoral.org/14/turritellinella-tricarinata.php

https://nature22.com/estran22/mollusques/gasteropodes/gasteropodes2.html

https://doris.ffessm.fr/Especes/Turritellinella-tricarinata-Turritelle-commune-4723

Les œufs (de Nasse réticulée probablement, comme supra)  sont  rassemblés sur la tige d'une algue épiphyte, et je n'ai pas compris si l'organe en forme de siphon que la Turritelle a sorti devant nous tentait de s'en nourrir, ou de le chasser.

Les capsules en forme de petite bouteille ovale contiennent des centaines d'œufs qui deviendront des larves.

https://doris.ffessm.fr/Forum/Oeufs-de-Nasse-reticulee2

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Ponte de Natice (N. porte-chaîne ou porte-collier)

Les œufs de ce gastéropode qui vit enfoui dans le sable sont mélangés avec du mucus et du sable pour former des rubans épais.

https://doris.ffessm.fr/Especes/Euspira-catena-Natice-porte-chaine-1471

https://bioobs.fr/blog/fiche-espece/?id_espece=3558

https://brigoudou.fr/Pages_documentation/Natice.htm

 

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques de Postollonec, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Les étoiles de mer ou Asterias rubens.

https://doris.ffessm.fr/Especes/Asterias-rubens-Etoile-de-mer-commune-132

Elles me paraissaient rejetées en haut de l'estran, dans les dernières flaques avant la plage, et je les croyais mortes. Que nenni, elles semblent brouter avidement  les algues alors qu'en réalité, elles mangent des huitres, moules et oursins.

Elles sont rouge-orange, violettes, blanches ou jaunes, mais ce sont toutes des Asterias rubens (du latin signifiant "rouge".

On voit très bien leur plaque madréporique au centre de la face dorsale et les "piquants" entourés de pédicellaires terminées par des pinces moins visibles. On voit aussi, à l'œil nu, des tubes qui s'allongent comme des tentacules pour leur permettre d'explorer les rochers, ils permettent la déambulation, on les nomme "pieds ambulacraires". Mous, cylindriques et creux, contractiles ou rétractiles, ils forment l'ambulacre de l'étoile.

 

Au bout de chaque bras, le podion ou podia, de couleur rouge, signe la présence de cellules photosensibles du "pied ambulacraire". Le bras se redresse lorsque l'étoile marche, comme pour s'éclairer, mais le podia fournit aussi des informations tactiles et olfactives.

 

 

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Flaques du Portzic, Crozon. Cliché lavieb-aile.

Revenu chez moi, j'ai mis quelques échantillons d'algues dans ma baignoire, et j'y ai plongé avec masque et tuba : quel aquarium !

 

 Cliché lavieb-aile.

Cliché lavieb-aile.

 Cliché lavieb-aile.

Cliché lavieb-aile.

 Cliché lavieb-aile.

Cliché lavieb-aile.

 Cliché lavieb-aile.

Cliché lavieb-aile.

 Cliché lavieb-aile.

Cliché lavieb-aile.

Ulve tubulaire du 1er avril , ou Popeye. Cliché lavieb-aile.

Ulve tubulaire du 1er avril , ou Popeye. Cliché lavieb-aile.

Lomentaria articulata du 1er avril. Cliché lavieb-aile 2026.

Lomentaria articulata du 1er avril. Cliché lavieb-aile 2026.

Speculos, autre algue rouge du 1er avril. Cliché lavieb-aile 2026.

Speculos, autre algue rouge du 1er avril. Cliché lavieb-aile 2026.

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Published by jean-yves cordier - dans Algues. Crozon
4 avril 2026 6 04 /04 /avril /2026 09:59

Les sculptures en bois des maisons à pondalez de Morlaix II : la Grand-Rue. Les 9 statues de la façade du musée au 9 Grand'Rue (1er quart du 16e siècle), les statues des autres maisons à pan de bois de la rue.

Voir aussi :

PRÉSENTATION

Voir pour les généralités l'article précédent sur la Maison de la Duchesse Anne.

"Rare exemple, encore assez complet, de ce type de maison typiquement morlaisienne, dite à lanterne, construit entre le 15e et le 17e siècle et réservée à la bourgeoisie locale, parmi laquelle on trouvait surtout des tisserands et des armateurs. Sa particularité est d'être divisée en trois parties : un bâtiment donnant sur la rue et dont la façade en encorbellement est ornée de statues, une cour intérieure éclairée en partie par une toiture vitrée et d'où part un grand escalier à vis en bois qui dessert tous les étages, et enfin, le bâtiment relié par des passerelles en bois appelées ponts d'allée. L'édifice est entièrement construit en pan de bois, hormis le rez-de-chaussée en granit. Les sablières sont moulurées, les montants sont décorés de colonnettes et les pièces principales sont ornées de niches et de statuettes parmi lesquelles la Vierge et l'Ange de l'Annonciation, Saint-Jacques, Saint-Laurent, Saint-Nicolas et Sainte-Barbe. L'escalier placé sur la cour intérieure, est composé d'un noyau d'une seule pièce, et est complètement ouvert sur l'extérieur. Les rampes sont à panneaux décorées de serviettes, le poteau qui les relie aux galeries des étages comporte des sculptures, et il se termine par une jolie statue de Saint-Jean l'Evangéliste." Palissy 00090133

La Maison à pondalez du 9 Grand Rue, est classé Monument Historique. Elle a été restaurée de 1993 à 1997 et  elle possède un des deux escaliers à pondalez les mieux conservés de Morlaix qui en font, avec la maison de la Duchesse Anne, rue du Mur, les témoins exceptionnels de ces maisons des nobles marchands de toile de lin et armateurs. Une cheminée monumentale en granite et un escalier en vis et ses passages en bois s’inscrivent dans un vaste espace central.

Seules seront décrites ici les sculptures de la façade extérieure.

 

I. LE MUSÉE DE MORLAIX, AU 9 GRAND'RUE.

Liste des 9 statues de la façade :

-Poteaux corniers :

Annonciation, l'ange Gabriel

Annonciation , la Vierge

Saint Jacques (2ème étage)

Sainte Barbe (2ème étage)

 

-Poteaux d'huisserie :

Ange musicien jouant du luth

Ange musicien sonnant dans une trompe

Saint Laurent (2ème étage)

Saint Nicolas (2ème étage)

Ange (faîte, 3ème étage)

 

 

Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Le premier étage.

1. L'Annonciation : l'ange Gabriel. Poteau cornier.

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2. L'ange musicien jouant du luth (moderne).

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3. L'ange musicien jouant de la trompe (moderne).

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4. L'Annonciation : la Vierge. Poteau cornier.

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Le 2ème étage.

5. Saint Jacques le Majeur. Poteau cornier.

Les différents angles de vue permettent de décrire le chapeau à large bord, timbré de la coquille, le bourdon tenu en main droite, le livre tenu en main gauche, et la besace avec son  gland de passementerie. Comparez avec le personnage homologue de la Maison de la Duchesse Anne.

 

 

 

Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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6. Saint Laurent tenant son grill et un livre.

Il est tonsuré et porte l'habit monastique, il tient un livre et l'instrument de son martyre.

 

 

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7. Saint Nicolas en évêque de Smyrne bénissant les trois enfants au saloir.

Les détails du gant épiscopal ou chirotèque ne sont pas oubliés : ni la plaque d'orfèvrerie  en losange du dos de la main, ni le gland qui pend au poignet.

 

Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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8. Sainte Barbe. Poteau cornier.

La protectrice des dangers du feu et de la foudre, mais aussi de la mort brutale, tient la palme du martyr et la tour à trois fenêtres attestant de sa foi dans le dogme trinitaire. On la retrouve sur le poteau cornier de la Maison de la Duchesse Anne, où sa coiffure (un turban oriental) et ses cheveux dénoués sont mieux détaillés.

 

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Le troisième étage.

9. Un ange (moderne).

 

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II. LES FAÇADES DES AUTRES MAISONS À PANS DE BOIS DE LA GRAND'RUE.

 

1. un homme accroupi en atlante. Angle de la Grand'rue et de la Place Allende (place des Halles).

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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2. Un saint tenant une lance. L'apôtre Thomas?  32 Grand'rue. Poteau cornier, 1er étage.

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3. Sainte Marguerite issant du dragon. N° 32 Grand'rue. Poteau cornier, 2ème étage.

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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4. Sainte Anne avec sa fille Marie entourée d' une mandorle rayonnante dans son ventre. N° 32 Grand'rue. Poteau cornier, 2ème étage.

Le même sujet, rare, se trouve représenté dans la baie n°1 de l'église de Brennilis daté de 1500-1510. J'en détaille l'iconographie dans mon article.

 

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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5. Saint Jean-Baptiste tenant l'Agneau de Dieu. N° 32, Grand'rue. 

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6. Saint évêque. N° ? Grand'rue.

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7. Vierge allaitant l'Enfant.  N° 26 Grand'rue, 2ème étage.

Marie présente le mamelon de son sein droit vers l'Enfant qui tend sa main et ses lèvres.

 

 

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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8. Homme déguenillé accroupi en atlante. 1er étage

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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9. Saint en armure tenant une lance. Saint Georges?  N° 26 Grand'rue, 2ème étage.

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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10. Saint Christophe portant l'Enfant. N° 26 Grand'rue, 1er étage.

 

 

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11. saint François montrant ses stigmates.  N° 19 Grand'rue, 3ème étage.

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11 bis. En culot : ange scutifère.

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12. Sainte Catherine, couronnée, tenant l'épée de sa décollation. N° 19 Grand'rue, 2ème étage.

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13. Statue trop abîmée. Reste d'un saint Antoine? Tenant le battant d'une cloche ?

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Les sculptures des maisons à pondalez de Morlaix II : la Grand-Rue.
Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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13. Jean-Baptiste désignant de l'index l'Agneau de Dieu. 15 Grand'Rue  1er étage.

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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14. Homme en fonction d'atlante. 15 Grand'Rue  2ème étage.

Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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15. n°2, place des Halles. Sonneur de trompe

Maisons à pan de bois de Morlaix. 2, Place des Halles. Cliché lavieb-aile.

Maisons à pan de bois de Morlaix. 2, Place des Halles. Cliché lavieb-aile.

Statue des maisons à pan de bois de Morlaix. 2, Place des Halles. Cliché lavieb-aile.

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Statue des maisons à pan de bois de Morlaix. 2, Place des Halles. Cliché lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

—DE LA BARRE DE NANTEUIL (Vicomte Alfred de).

http://www.infobretagne.com/morlaix-maisons-pans-de-bois.htm#google_vignette

— Base PALISSY PA00090133, 34 photos

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090133

— LELOUP (Daniel), 2015, Demeures remarquables en Bretagne. Les maisons à pondalez du siècle d'or, Morlaix. Ed Skol Vreizh

— MUSEE DE MORLAIX Dossier de presse

https://musee.ville.morlaix.fr/wp-content/uploads/2015/05/Dossier_Presse_Maison%C3%A0Pondalez_2015.pdf

 

 

 

 

 

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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 17:22

Les peintures (G. Muziano, 1565-1568) du Salon d'Hercule de la Villa d'Este à Tivoli : un art de l'illusion.

Voir :

 

 

PRÉSENTATION

Hippolyte II D'Este

Comptant parmi les cardinaux les plus fortunés de son temps, le cardinal Hippolyte II d'Este (1509-1572), collectionneur insatiable d'antiquités et d'œuvres d'art de toutes sortes, était issu d'une famille à forte tradition d'érudition et de mécénat. Il avait reçu de Fulvio Pellegrino Morato et Celio Calcagnini une éducation humaniste traditionnelle et avait été élevé dans l'appréciation de l'art et de la musique. Il s'était nourri de la lecture d'Aristote, Thucydide, Xénophon, Ésope, César, Cicéron, Tite-Live, Martial, Appien, Virgile, et Horace, etc. Son intérêt pour l'archéologie de la Rome Antique l'amena à s'intéresser aux fouilles menées sur la Villa d'Hadrien, et son Théâtre d'Hercule. C'est l'auteur de ces fouilles, Pirro Ligorio, qu'il choisit comme architecte de sa villa d'Este. Il étudiait avec enthousiasme l'astronomie et les instruments, et possédait la Géographie de Ptolémée, en grec, les Ephémérides de Luca Gaurico, deux ouvrages de Sebastian Münster ( Organum uranicum ; Horologiographia ), quatre d'Oronce Finé Parmi sa collection de cartes se trouve « La descriptione del mondo in carta pecora scritta a mano miniata » du cartographe dieppois Pierre Desceliers, datée de 1543. 

Grand protecteur des arts, il était le mécène des musiciens Adrien Willaert et Palestrina.

Le Salon d'Hercule.

Tout le décor et la conception de la villa d'Este —notamment ses jardins— étaient consacrés à Hercule, ancêtre mythique de la famille d'Este, et  Tivoli  était désignée par le nom de "ville d'Hercule", Herculei Tiburis

La salle célèbre donc Hercule, associé à la création mythologique de Tivoli et l'ancêtre légendaire de la famille d'Este. 

La partie inférieure du plafond en voûte est divisée en quatre sections ornées de figures grotesques par des corniches et des bandeaux en stuc blanc et or. On y trouvent 12 scènes tirées des aventures du héros et notamment des 12 travaux d'Hercule. Elles sont inspirées du Genealogia Deorum gentilium libri de Boccace ou Généalogie des Dieux et héros païens, rédigés à la fin du XIVe siècle, ouvrage dont Hippolyte II d'Este possédait une copie dans sa bibliothèque, riche de 200 volumes selon un inventaire réalisé à Tivoli en 1555.

La légende d'Hercule joue un rôle central dans la conception du plan iconographique de la villa, qui renvoie au Jardin des Hespérides, où poussaient les pommes d'or, gages d'immortalité.

Le lien entre Hercule et le cardinal d'Este est renforcé par ses armes, présentées dans des blasons en stuc aux quatre coins du plafond supportées par deux cupidons ailés sous le chapeau de cardinal.

La fresque centrale montre l'épilogue de la vie d'Hercule, lorsque qu'après avoir accompli ses 12 travaux, il est accueilli parmi les dieux de l'Olympe. Il fait face à Jupiter et Junon.

Mais le salon lui-même, en faisant abstraction du plafond, est, comme le salon de la Fontaine, un espace illusoire, et, alors qu'il n'est ouvert vers les jardins que par deux portes fenêtres, il laisse croire au visiteur qu'il se trouve dans une pièce agrémentée de tous les côtés par des paysages de la campagne et des monts de Tivoli avec ses villas antiques et sa rivière, l'Aniène.

 

 

LE PLAFOND : LES TRAVAUX D'HERCULE

A. Hercule et le Lion de Némée.

B : au centre : Hercule capture le bétail de Géryon

C : Hercule et l'Hydre de Lerne

 

 

 

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

D : Hercule combat le Minotaure

E : Hercule et la toison de Nessus (au centre)

F : Hercule et les oiseaux du lac Omphale

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

G. Hercule se saisit des colonnes fermant le détroit de Gibraltar

H : Hercule devient fou lorsqu'il apprend la mort de ses enfants et de Mégara.

I : Hercule soutient le globe terrestre pour relayer Atlas.

 

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

L : Hercule combat le chien à trois têtes Cerbère qui garde les Enfers.

M : Hercule triomphe d'Antée en le soulevant de terre (cartouche du centre)

A la poursuite des pommes d'or, Héraclès rencontre en Libye Antée, fils de Poséidon et de la Terre. Lutteur acharné, Antée obligeait les voyageurs à se mesurer à lui, sachant que, si l'un d'eux réussissait à lui faire toucher la terre, sa mère lui donnait de nouvelles forces. Héraclès, pour une fois, comprit l'avantage de son adversaire, et l'étouffa en le maintenant au-dessus du sol.

N : Hercule combat le Centaure.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

O: L'apothéose d'Hercule sur le mont Olympe.

Cliché wikipédia

 

 

P : Les vertus cardinales. 

Prudence (Sagesse) tenant un miroir et un serpent

Justice tenant un glaive et une balance

Force tenant un sceptre fleuri

Tempérance tenant un mors attaché à des rênes.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

II. LES PEINTURES EN TROMPE L'OEIL DE LA SALLE.

Le Salon d'Hercule communique par trois portes avec le Salon de la fontaine, avec le Salon de la Noblesse, et, à l'arrière, avec le long corridor. Deux fenêtres donnent sur le jardin.

Une succession élégante de faux pilastres corinthiens encadrent des fausses portes et des fausses fenêtres en fausses encoignures peintes de grotesques, reprenant l'art illusionniste maniériste déjà décrit dans le Salone della Fontana. Au centre des murs, au dessus de marbres feints ou sous de fausses tentures suspendues, les paysages avec des ruines antiques et des architectures rustiques ont été peints par Girolamo Muziano.

Il est évident que le but de ces trompe-l'œil

mur sud-est (donnant sur le corridor).

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

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Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Mur nord-est mitoyen avec le Salon de la Fontaine)

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Mur sud-ouest (mitoyen avec le Salon de la Noblesse)

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Le paysage est une vue de Tivoli, où serpente l'Aniène, avec un moulin dominant une cascade, et, au fond le temple de Vesta. Ce point de vue pourrait correspondre à celui qui donne sur la Petite et la Grande Cascatelle, où il est dit qu'un moulin avait été établi sur les ruines de la villa de Mécène ou villa Mecenate. Mais je n'ai pas les compétences d'un Denis Ribouillault pour aller plus loin dans cette suggestion.

Cette vue de l'Aniène complète les vues de la rivière et de ses ponts, peints dans le Salon de la Fontaine juste voisin.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

Peinture (1565, G. Muziano) du Salon d'Hercule, villa d'Este, Tivoli. Cliché lavieb-aile 2024.

SOURCES ET LIENS

—RIBOUILLAULT (Denis), 2011, Toward an Archaeology of the Gaze: Perception and Function of Garden Views in Italian Renaissance Villas, in Clio in the Italian garden : twenty-first-century studies in historical methods and theoretical perspectives, Éditeur Dumbarton Oaks Research Library and Collection.

 https://www.academia.edu/3429818/Toward_an_Archaeology_of_the_Gaze_the_Perception_and_Function_of_Garden_Views_in_Italian_Renaissance_Villas

— RIBOUILLAULT (Denis), 2006 ‘Paesaggio dipinto, Paesaggio reale’ : notes sur une fenêtre de la Villa d’Este à Tivoli, Actes du colloque international (Ferrare, Castello Sforzesco, 2006). Collection : Ferrara Paesaggio estense ; 4

https://www.academia.edu/3430314/_Paesaggio_dipinto_Paesaggio_reale_notes_sur_une_fen%C3%AAtre_de_la_Villa_d_Este_%C3%A0_Tivoli?sm=b&rhid=38794173488

—Ministère italien  de la culture:

https://fotografia.cultura.gov.it/va-ve/resource/IT-ICCD-PHOTO-0157-000316

— Site TIBURSUPERBUM

https://www.tibursuperbum.it/ita/museo/CascataWittel3.htm

—TUCKER (George Hugo ) 2018, Camenae n°22- décembre 2018 1 La description de la villa d'Este à Tivoli chez M. A.A Muret (Poematia, 1575)

https://www.saprat.fr/wp-content/uploads/2023/03/camenae-22-article-9-g-h-tucker.pdf

— UNESCO World Heritage Centre

https://whc.unesco.org › document pdf

 

 

 

 

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 13:06

Le décor sculpté (leucogranite : navires, poissons, Sheela na gig, cheval etc.) de la Tour Carrée (1489) de Penmarc'h.

1°) Sur Penmarc'h, voir :

2°) Sur les bas-reliefs maritimes du Cap-Sizun/région de Penmarc'h.

 

  •  

liste qui sera à compléter par :

l'église de Plouhinec (ex Poulgoazec) 

-la chapelle Saint-Julien de Poulgoazec

-Chapelle Saint-Yves (moitié du XVIIe) de Plogoff .

-Chapelle Saint-Trémeur, (façade, deux barques)

-église de Goulien (barque de pêche à 3 marins).

-église Saint Codoan de Poullan-sur-mer

Voir aussi dans la même région du Cap Sizun mes articles sur  les embarcations de pêche sculptées en bois sur les sablières :

Voir aussi à Roscoff:

 

PRÉSENTATION

La Tour Carrée est classée monument historique par décret du 7 février 1916. Elle témoigne de l'existence jadis ici de l'église tréviale de Saint-Guénolé dont la construction s'achève en 1489, et qui comportait, à l'ouest de  cette Tour, une nef de 38 m de long à l'est avec un seul bas-côté. Comme les autres églises des paroisses du Cap Sizun, elle est contemporaine alors de cette époque de grande prospérité économique où les capitaines marchands et amateurs participaient largement à leur financement, et le signalaient en faisant sculpter sur les porches les silhouettes de leurs navires hauturiers (les carvelles) et des poissons, source de leur richesse. C'est en effet depuis le XIIIe siècle mais surtout aux XVe et XVIe siècle que  fleurit l’industrie des pêcheries, des sécheries et fumures de poissons exportés (sardines, maquereaux, congres, juliennes et surtout merlus)  et que se développa le commerce maritime. 

L'église était en ruine dès 1700. Elle est réunie à Penmarc'h en 1802. Une petite chapelle accolée à la tour date de 1845. 

La ressemblance de cette tour, surmontée de guérites en pierre, et ornées de clochetons gothiques avec celui de Saint-Nonna en Penmarc'h a été soulignée.  Le porche, entre deux solides contreforts, est le même, avec ses  deux portes, la baie à trois lancettes qui le surmonte  est identique. Le porche sud de la tour, hélas, a été démantelé  pour la construction d’une chapelle, dans la propriété d' Armand de Chatellier, le château de Kernuz, près de Pont-l'Abbé. Nous ne pouvons donc le comparer avec celui de Saint-Nonna, mais nous allons voir qu'on retrouve à la Tour Carrée des éléments sculptés propre aux porches  de l'église Saint-Nonna, notamment ses poissons. La comparaison des deux monuments va nous permettre d'identifier ou de rapprocher leurs divers éléments sculptés

 

Voici d'abord trois vues permettant de comparer les deux tours.

 

 

 

 

 

 

Le porche ouest de la Tour Carrée de Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

Le porche ouest de la Tour Carrée de Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

Vue du porche ouest de l'église Saint-Nonna vers le milieu du XIXe siècle (Isidore Taylor et Charles Nodier, Voyages pittoresques et romantques dans l'ancienne France)
Le porche sud de l'église Saint-Nonna à Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

I. LE PORCHE OUEST DE LA TOUR CARRÉE.

Ses portes cintrées  géminées sont séparées par un trumeau, les voussures de l'archivolte sont sommés d'un gable qui s'appuie sur deux pinacles. Dans le tympan, une niche est soutenue par un culot figuré. Plus haut, une fenêtre à réseau flamboyant de trois lancettes cintrées est soulignée par un arc en accolade. 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

1. Au centre du tympan au dessus du trumeau. L'écuyer de bienvenue.

Il est très érodée, et ce n'est qu'en le comparant avec la figure occupant le même emplacement sur les porches ouest et sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h que je l'identifie : cet écuyer porte la main à son bonnet en guise de salutation, et il tient un phylactère. C'est un personnage très fréquent sur les édifices de la région, où on peut lire encore sur son phylactère les mots PAX VOBIS.

J'en ai recensé quelques-uns dans mon article sur Ty Mamm Doué de Quimper. On le trouve 3 fois à Saint-Nonna de Penmarc'h (sur les deux porches surtout le portail sud, mais aussi en crossette), mais aussi du côté droit du portail Saint-Herbot en Plonévez-Porzay (page saluant en touchant son bonnet  du haut d'un rempart), puis à Saint-Tugen en Primelin  (page saluant en touchant son bonnet  du haut d'un rempart) ou à Plogoff (page saluant en touchant son bonnet), sur le porche sud de Lampaul-Guimiliau (vers 1533 sur le culot d'un apôtre, et présenté par un page la main sur son bonnet à l'entrée) et sous le porche de Landivisiau, tenue par un ange, et enfin à Ty Mamm Doué, ou le  page en habit noble salue le visiteur de l'inscription de bienvenue de sa banderole et faisant le geste de courtoisie de se préparer à ôter son bonnet.

Exemples :

Le page du porche sud (1508-1509) de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.
Crossette de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

Porche ouest de Ty Mamm Doué à Quimper. Cliché lavieb-aile.

 

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

2. Les poissons des moulures du porche.

Ils sont en tout point comparables à ceux du porche ouest et du porche sud de Saint-Nonna de Penmarc'h

a) du côté droit.

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

b) du côté gauche.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

Les culots des  niches (vides de statue)

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

3. Culot de la niche gauche du porche : une femme nue .

Elle est représentée de face, la généreuse poitrine projetée en avant, les deux jambes écartées proche de l'accroupissement. Son entrejambe est gonflé et percé d'un orifice, et cette vulve dilaté la classe parmi les Sheela na gig. Mais ses deux bras tendus en arrière tiennent des objets. Dans sa main droite, la forme m'évoque un oiseau au ventre plein. La forme triangulaire à quatre cavités du côté de la main  gauche est moins évocateur, il pourrait s'agir d'une feuille (en comparaison avec le culot n°4 à droite). On peut penser à une Maîtresse des animaux. Voir la dernière image de mon article sur Châtelaudren

Ce n'est en tous cas ni une sirène ni une femme serpent.

On la comparera au trumeau du porche sud de Saint-Nonna :

Trumeau du porche sud (1508-1509) de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

4. Culot de la niche de droite. Un acrobate ? Un page ?

Ce que je vois le mieux, c'est, outre la tête, le plissement d'une tunique. Une ceinture peut-être. Et des bras écartés.

Voir :

Culot d'une niche du porche sud (1508-1509) de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

5. Autre culot à droite : un masque crachant les tiges des rinceaux ?

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

6. Les deux carvelles du côté droit du porche.

Leurs images  sont souvent publiées mais elles ont été peu décrites. Certains ne portent qu'un mât central, avec une hune pour le gabier ou veilleur, un seul bras de hunier (dont on distingue les étais), les autres ont également deux autres mâts. On voit souvent bien le château avant et le château arrière, et, dans ces deux carvelles du côté droit, deux espars obliques (dont un beaupré très apiqué, comme ailleurs), et à l' étrave et à la proue, de solides avancées .

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

7. Les deux carvelles et les poissons du côté gauche.

La première est la mieux conservée de l'érosion, et c'est le bâtiment le plus imposant, avec un rang de batteries, doublée sur les deux châteaux. La poupe tombe tout droit sous la légère avancée du château arrière, mais on ne voit pas de gouvernail. Les trois mâts sont très épais, disproportionnés. L'étrave nous échappe en partie.

Comparez avec la carvelle de l'ossuaire de Roscoof :

La carvelle de l'ossuaire de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

Sous le navire, on peut se demander si les trois animaux, au corps très fuselés, sont bien des poissons, ou si ce ne sont pas des cétacés... pour ne pas dire des cachalots. À débattre !

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

Sur ce troisième exemple, on retrouve une forme en sabot avec poupe verticale, un  grand-mât et son hunier, mais aussi un mât de misaine également pourvu d'un hunier. La superstructure de l'étrave se prolonge en une sorte de curieux bec de canard.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

LA FRISE À MI-HAUTEUR ET SES  CROSSETTES .

Partant de la base de la baie ouest, une corniche à frise de motifs végétaux fait le tour de l'édifice (elle s'interrompt à l'est) et s'orne de crossettes.

Les deux premières crossettes représentent des femmes nues les bras rejetés en arrière pour se retenir à la corniche.

 

 

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

8. La première crossette, une femme nue.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

9. La deuxième crossette, une femme nue.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

10. La troisième crossette.

Un homme portant un animal ??

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

11. La quatrième crossette, un homme nu.

Du côté nord-est, la frise reprend, et la première crossette représente un homme (?)nu  aux bras écartés vers la corniche, aux jambes écartés et au pubis dilaté. Il adopte une posture d'acrobate avec les genoux hyper fléchis, et ses pieds sont liés avec ses poignets.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

12. La cinquième crossette, une tête de cheval ?.

Cette crossette à la forme singulière n'est pas aisée à interpréter, et je ne propose d'y voir une tête et l'encolure d'un cheval que par comparaison avec les deux têtes de la tour de Saint-Nonna. Et en imaginant le même animal emblématique de Penmarc'h dépourvu de ses oreilles, et de ses pattes.

Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

 

 

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

13. La dernière crossette, un homme aux mains jointes.

Il semble se pencher du dessus de la corniche.

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

13. masque d'un pinacle.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

14. les armoiries du côté est.

Les armes en bannière (forme rectangulaire) sont un fascé de six pièces qu'on attribue à la famille Tanguy du Chastel (fascé d'or et de gueules). Mais mon cliché me montre trois "jumelles". Ne s'agit-il pas plutôt des armes de la famille de Lespervez, Seigneurs dudit lieu, paroisse de Plonéour, portant de sable à trois jumelles d'or ?

Les armes des Lespervez sont deux fois à la cathédrale de Quimper, soit dans le blason épiscopal de Jean de Lespervez, évêque de Quimper de 1451 à 1472, soit sur la baie 120.

L'écu en bannière est couronné d'un casque (ce n'est pas un heaume) ceint d'un tortil de baron et sommé d'un lionceau (ou d'un chien?). En guise de lambrequin, un cordon à glands espacés se termine par un gland de passementerie.

 

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

15. le calvaire devant le porche ouest.

Il porte le n°1403 de l'Atlas des croix et calvaires du Finistère. et est décrit ainsi : granite, 5 m. XVIè, XXè s. Soubassement, corniche. Socle à deux étages, cubique et octogonal. Vierge de Pitié, anges, encadrée par autre ange et saint Guénolé. Fût, croix récente de section carrée en marbre. [Yves-Pascal Castel 1980]

Une Vierge à l'Enfant est sulptée au revers du Christ en croix. Le saint identifié comme saint Guénolé (patron de la paroisse d'origine de la Tour) tient une canne coudée en main droite plutôt qu'une vraie crosse d'abbé. 

À l'opposé, un homme vêtu d'une tunique longue présente un écu muet.

 

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

Calvaire de la Tour Carrée. Cliché lavieb-aile.

FIN

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

La Tour Carrée, Penmarc'h. Cliché lavieb-aile.

SOURCES ET LIENS.

—COUFFON (René), 1988, “Couffon, Répertoire des églises : paroisse de PENMARCH,” Collections numérisées  Diocèse de Quimper et Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/939

—QUINIOU (François),1925, Penmarc'h : son histoire, ses monuments, ed.Le Goaziou (Quimper)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9733

— QUINIOU (François), 1925, Penmarc'h : église et chapelles, ed.Bargain (Quimper)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/14967

https://saint-guenole.net/tour-carree/

https://www.ex-voto-marins.net/pages/lieupage29Penmarch.htm

https://tour-carre-stguenole.blogspot.com/p/histoire.html

https://www.ouest-france.fr/bretagne/finistere/les-rouliers-de-la-mer-et-la-richesse-de-penmarc-h-4828088

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28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 12:20

Le Salon de la fontaine (Salone della fontana, entre 1565 et 1568) de la Villa d'Este  à Tivoli : un art de l'illusion et de la théâtralité.

 Voir : 

 

PRÉSENTATION

Le Salone della fontana de la Villa d'Este à Tivoli était destiné à accueillir les somptueux banquets organisés par le cardinal Hippolite II d'Este pour sa cour de poètes et de lettrés. Le Festin des dieux représenté sur la voûte célébrait le rôle de Rome et honorait le cardinal et ses invités.

Les colonnes torsadées des murs, inspirées des colonnes « salomoniques » de la basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul, reproduisaient l'architecture illusionniste d'une loggia ouverte sur le paysage et ornée de guirlandes de fruits, de fleurs et de légumes.

Les scènes panoramiques (restaurées après 1920 et entièrement restaurées en 1949) furent conçues par Girolamo Muziano (*) dans le style vénitien et offraient des vues simultanées sur le territoire tiburtin et les somptueuses résidences du cardinal. La scène principale représente la Villa d'Este et ses jardins d'après les plans de 1565.

Girolamo Muziano est un peintre  né à Brescia et à qui Hyppolite d'Este avait confié  en 1560 les peintures de sa Villa du Quirinal. Selon les livres de comptes, il dirigea une équipe de six peintres dans la Sala della Fontanina et le Salon d'Hercule entre 1565 et 1566. (M. Hochmann). Ils  furent remplacés  en 1567 par une équipe dirigée par Federico Zuccari. Ce dernier peignit les fresques au centre des voûtes.

La fontaine rustique, conçue par le graveur Curzio Maccarone (achevée en 1568 par Paolo Calandrino de Bologne et embellie en 1570 par Molino), accentue l'effet théâtral de ce jardin artificiel, en lien direct avec les espaces extérieurs. La petite fontaine est ornée de mosaïques et d'émaux polychromes et abrite, dans sa niche, une représentation du temple de la Sibylle de Tibur.

Cette grande salle fut la première à être décorée, en même temps que la salle d'Hercule adjacente, à partir de 1565. Les travaux furent menés par une équipe de six artistes sous la direction de Girolamo Muziano. La fausse loggia à colonnes, qui amplifie l'illusion d'espace, fut probablement ajoutée par le Siennois Matteo Neroni en 1565.

 

A : Fontaine rustique.

B : La fontaine ovale de la Villa d'Este.

C : Résidence de Montecavallo sur la colline du Quirinal à Rome, propriété d’Hippolyte d'Este

D : Vue de la Villa d'Este et de son jardin, basé sur un dessin de 1565

E : Viviers et fontaine de l'Orgue de la Villa d'Este dans sa version primitive (repeint en 1949)

F : Fontaine de l'Orgue dans son aspect originel.

I. LE PLAFOND.

 

G : Pluton, Neptune, Junon et Jupiter

H: Couple de dieux supportant l'emblème des aigles de la famille d'Este : Jupiter et Junon ; Mercure et Minerve ; Mars et Venus ; Bacchus et Cérès.

I : Sacrifices en l'honneur d'Apollon, de Diane, de Cérès et de Bacchus

L : Le Festin des dieux accueillant Hercule.

 

Le Festin des dieux, Federico Zuccari v. 1565.

Federico Zuccari est l'un des maîtres romains du maniérisme romain dans la seconde moitié du XVIe siècle. Il venait de peindre le Casino du pape Pie IV.

La scène centrale du plafond est une première illustration de l'art illusionniste du Maniérisme , car elle donne l'impression d'être située dans un étage supérieur, soutenue par des colonnades qui laissent apercevoir des mosaïques ou panneaux de marbres.

Dans l'art maniériste italien de la réinterprétation d'un modèle antique à partir de sources écrites, le Salone,  pièce principale de l'appartement de représentation, a été conçu comme une loggia-belvédère ouvrant sur les jardins et le paysage. Cette ouverture se fait ici vers le haut, vers les espaces factices d'un atrium romain, laissant apercevoir dans les nuées une scène céleste.

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

On voit Hercule, de dos, sa massue contre son siège, être accueilli par les dieux de l'Olympe, dont Jupiter et Junon, au centre.

"Au centre de la voûte, la scène du Festin des dieux auquel est convié le héros Hercule apparaît comme une allusion supplémentaire à la double fonction de la salle et au prestige qu'elle recouvrait dans la vie de la villa La scène est inspirée de la célèbre fresque des Noces de Psyché de Raphaël dans la loggia homonyme de la villa Farnesina à Rome. Poursuivant sur le thème de la salle à manger antique, le peintre, probablement Federico Zuccari, a représenté là une véritable accubatio, c'est-à-dire un dîner où les personnages semi couchés à la mode antique et entourés de danseurs et de musiciens, discutent et se restaurent. En s'inspirant de l'architecture et de la décoration antiques pour leurs villas et palais, les cardinaux romains du XVIe siècle comme Hippolyte d'Este cherchaient à recréer un décor mais aussi une organisation sociale romaine basée sur le cérémonial et la représentation. C'est dans cette pièce que, à l'exemple des anciens, Hippolyte divertissait ses invités par des spectacles de danse, de musique, de théâtre ou de poésie. Offrant au regard des convives attablés la scène du Festin des dieux, le cardinal faisait preuve de magnificence, attitude appropriée à son rang, et d'un sens aigu de la flatterie, dont ses hôtes, rompus au jeu de l'imprese et du symbole, lui savaient sûrement gré." (D. Ribouillault)

 

Le banquet de noces de Psyché accueillie parmi les dieux de l'Olympe, Raphaël, 1518, Loggia de Psyché, Palais Parnesina. Cliché lavieb-aile

 

"Le Salone est conçu comme la récréation d'une salle à manger antique, et  dans la description de la villa par Umberto Foglietta en 1569, la salle était  désignée par le terme explicite de triclinio, c'est-à-dire salle à manger antique. La fonction de salle à manger du Salone, dans le contexte du revival de l'antiquité qui qualifie la villa d'Este, dépasse de beaucoup une simple définition typologique des pièces d'un palais cardinalice : elle donne au Salone un statut de prestige et d'apparat et conditionne la forme de sa décoration, son rapport au paysage et son iconographie.

À l'époque antique, l'événement central de toute réunion entre membres de la haute société était le banquet. Que l'on commence par se rendre aux bains ou que l'on s'exerce à la chasse, le banquet venait toujours couronner la journée par un cérémonial bien défini. Les auteurs anciens, de Cicéron racontant la réception qu'il offrit à Jules César dans sa villa de Puteoli (Ad Att., 13,52) jusqu'à Sidoine Apollinaire relatant cinq siècles plus tard son séjour agreste en Gaulle (Ep., 2, 9), s'accordent à placer le banquet au centre du concept d'hospitalité. ". (D. Ribouillault)

 

 

 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

La partie périphérique du plafond est encore consacrée aux dieux romains, mais sans effet d'illusion. Par contre, l'artiste place les médaillons et grands cartouches de stuc sur un fond blanc egayé de tout le vocabulaire de l'art grotesque inspiré — depuis le début du XVIe siècle, notamment par Raphaël au Vatican— de la Domus aurea de Néron.

Parmi les vues murales, peintes en 1568 par Matteo Neroni da Siena, certaines sont particulièrement importantes pour l'histoire de la Villa d'Este, car elles représentent des paysages ou des détails du jardin et des fontaines ; ainsi, la grande fresque du mur nord-est témoigne de l'avancement des travaux du palais en 1568, avant l'ajout des ailes latérales, et montre le jardin « tel qu'il aurait dû être » selon A. Del Re.

 

Les médaillons ovales.

Dans les cadres ovales des bordures, quatre peintures de dieux sur des chars symbolisent les quatre éléments : Neptune l'eau, Jupiter l'air, Pluton le feu et Junon la terre. Aux angles, les armoiries en stuc du Cardinal se trouvent près de couples de dieux : Bacchus et Cérès, Jupiter et Junon, Mars et Vénus, Minerve et Mercure, ce dernier étant probablement un autoportrait de Gerolamo Muziano.

Les médaillons nous présentent donc Pluton sur son char armé de son bident , Neptune dont le char, vu de face jaillit des flots sous la fougue de ses chevaux, , Junon sur un char mené par ses paons et Jupiter à cheval sur un aigle et brandissant, bien-sûr, la foudre.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Les sacrifices en l'honneur d'Apollon, de Diane, de Cérès et de Bacchus.

Au centre des quatre côtés de la voûte, des édicules en stuc représentent des scènes offrant des sacrifices à Apollon, Diane, Cérès et Bacchus.  J'en présenterai deux.

1 Le sacrifice offert à Bacchus.

Sous le regard d'une tête couronnée de lauriers posée sur une colonne, trois bergers offrent à la statue de Bacchus (buvant à une coupe et tenant une grappe) un bouc, et une plante. À droite, trois faunes foulent le raisin.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

2. Le sacrifice offert à Diane.

J'hésite avec Cérès en raison des gerbes de blé. On retrouve la composition avec une tête posés sur une colonne, une statue dorée de l'idole (tenant un arc), le sacrifice d'une biche, et trois hommes offrant des gerbes de blé et un main, ou un fruit.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Le décor à la grotesque.

Toujours dans le cadre d'une ornementation illusionniste, mais sans souci de trompe-l'œil d'e rapport avec la réalité, le peintre reprend pour l'arrière-plan des médaillons et cartouches le style découvert dans les fresques de la Domus aurea de Néron et répandu depuis 1480 par Ghirlandaio ou  Pinturicchio puis suprbement mis en scène par Giovanni da Udine sur les pilastres de la Loggia de Raphaël du Vatican en 1516 ou sur le plafond de la Villa Madama de Rome vers 1520-1521.

Suspendus par de fins rubans à des guirlandes d'étoffes, sous des bucranes et autres têtes animales, ou simplement posés sur le fond blanc, toutes sortes d'objets votifs, de putti, d'animaux, de nymphes ailées crééent ce décor de lignes courbes léger et onirique dans lequel l'imagination flotte avec délice. Certains personnages sont feuillagés en dessous du tronc, voisinant avec des chimères, tandis que d'autres prennent des poses théâtrales sans aucune justification.  La vie est un songe, le monde une scène de théâtre, mais un théâtre fait de rêves éphémères, dépourvus de toute logique.

 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

II. LES MURS DU SALON : UN PIÈGE VISUEL.

Parmi les quatre murs de la pièce, un seul, celui du nord-ouest, est ouvert vers le jardin et la longue perspective de l'Axe d'Hercule par trois porte-fenêtres. Sur les deux murs latéraux, une porte donne accès à gauche au Salon d'Hercule, et à droite à la première Stanze Tiburtine.

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Mais les quatre murs sont peints en trompe-l'œil de 11 fausses ouvertures qui créent l'illusion que la pièce est placée à l'extérieur, dans le jardin,  dans un édifice de colonnades. En outre, une vraie fontaine occupe le centre de la paroi nord-est. Des peintures de paysages se succèdent sur les quatre côtés et font croire que nous les apercevons à travers les colonnes. Porur renforcer l'effet, un paon est représenté devant le parapet d'une loggia fictive sur le mur sud-ouest, et se trouve donc compris dans l'espace du spectateur, « à l'intérieur » de la salle.

La conception suit donc  la tradition du triclinum romain :

"Toutes les sources s'entendent pour faire du rapport entre intérieur et extérieur et de l'importance de la vue sur le jardin et le paysage les caractéristiques principales de ce type de pièces. En effet, le triclinium pouvait être ouvert sur l'extérieur au moyen d'une rangée de colonnes ou situé directement en plein air, la végétation jouant alors le rôle d'architecture grâce à des tonnelles ou des pergolas 8. Souvent, dans les pièces fermées et là où de véritables baies étaient impossibles, les murs étaient décorés de peintures illusionnistes qui en rompaient la continuité. Cette ouverture sur l'extérieur permettait d'y installer des fontaines, des cascades, ou même de véritables cours d'eau qui reliaient l'espace domestique à l'espace du jardin." (D. Ribouillault)

 

Mais l'examen des paysages fictifs montrent, selon D. Ribouillault, que le Salon est une représentation du jardin d'Este et du territoire entre Tivoli et Rome : tout comme dans le jardin avec la succesion Fontana dell Ovato/ allée des cents fontaines/ Fontana di Rometta , il est traversé métaphoriquement par l'écoulement de l'Aniene vers le Tibre.

 

"Paysage réel et paysage peint forment donc un tout continu, un paysage panoramique dans le véritable sens du terme. La continuité du paysage peint est soulignée plus avant par un expédient théâtral classique consistant à encadrer chacune des vues par des arbres placés au tout premier plan, créant ainsi, au-delà des colonnes de la loggia fictive, une rangée régulière d'arbres qui entoure littéralement « l'extérieur » de la pièce. Dans le jardin, on retrouve en outre certains motifs comme les colonnes torses ornées de vignes et de putti utilisées par le peintre dans le Salone . En bref, le même vocabulaire architectonique et décoratif qualifie les jardins et le Salone.  Le Salone apparaît ainsi comme la transposition de la réalité topographique du jardin lui-même, de son orientation géographique et partant, de son fonctionnement iconographique. Sa forme rectangulaire reproduit celle du jardin qu'il surplombe immédiatement et dont il est pour ainsi dire l'antichambre, les deux entités Salone et jardin étant géométriquement parallèles et unifiées par leurs positions analogues sur Taxe d'Hercule."(D. Ribouillault)

 

 

1. Villa d'Horace  à Tivoli

2. Villa de Macio Vopisco à Tivoli

3. Porte feinte au courtisan (ou courtisane)

4. Fontaine de l'Ovale et allée des cent fontaines au jardin de la Villa d''Este

5. Villa d'Hippolyte d'Este sur le mont Quirinal de Rome (de Montecavallo)

6. Vue d'un pont sur l'Aniène

7. Le Ponte Lucano traversant l'Aniène à Tivoli

8. Le Ponte Cornuto  traversant l'Aniène

9. Porte feinte que franchit un homme, sans doute le cardinal Hippolyte d'Este

10. Grande vue de la Villa d'Este et de son jardin, avec l'Aniène coulant vers Rome, basé sur un dessin de 1565

11 : Villa d'Auguste (?) à Tivoli

12 :  Viviers et fontaine de l'Orgue de la Villa d'Este .

13 : Villa d'Hippolyte d'Este de Belriguardo sur le Pô, avec ses viviers.

14 : Fontaine de l'Orgue dans sa version primitive.

(identification des sites par Denis Rigouillault)

 

La fontanina.

Nous pouvons débuter la description de la pièce par son mur nord-est centré par la petite fontaine, qui donne son nom au Salon, et qui occupe une niche encadrée de rinceaux de vignes.

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La fontanina est une réduction ou citation métonymique de  la topographie de Tivoli avec son temple de la Sibylle de Tibur, ses monts et sa fameuse cascade. Elle est placée  au nord-est du salon, tout comme la fontaine réelle se trouve dans l'angle est du jardin.

Elle est ornée de céramiques et de sculptures polychromes, incrustées de fragments de verre, de coquillages et de pierres précieuses, et surmontée de l'aigle blanc de la famille d'Este. Elle fut achevée en 1568 par Paolo Calandrino. 

Sa vasque repose sur de gros poissons ou dauphins, figurant le cours d'eau s'épanchant dans l'espace de la pièce. Elle a la forme des barges qui ornent le canal supérieur de l'Allée des Cent Fontaines dans les jardins. 

Le Salon est donc métaphoriquement baigné par les eaux de l'Aniene tout comme l'est concrètement le jardin et le territoire. Débouchant depuis la petite fontaine rustique à une extrémité de la salle, la rivière réapparaît dans la fresque sur la paroi opposée, la Vue de la Villa d'Este, un rappel des cours d'eaux traversant les triclinia antiques dont parlent les sources classiques mentionnées plus haut.

On la doit peut-être au peintre Matteo da Sienna et daterait de 1568. Elle est encadrée par deux supports anthropomorphes ou cariatides, deux statues identiques d'allégories féminines.

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Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Les peintures en trompe-l'œil encadrant la fontanina.

Elles sont consacrées à des vues de paysage de villas romaines de Tivoli. Elles ont été identifiées par D. Ribouillault comme représentant peut-être la Villa d'Horace à gauche et la Villa romaine  de Mancio Vopisco, à droite.

1. La villa d'Horace à Tivoli.

Je ne distingue pas grand chose de la vue de la villa d'Horace. Pour accroître l'effet d'illusion, qulques fruits sont peints sur le sol.

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2. La villa de Mancio Vopisco à Tivoli.

Entre les deux colonnes salomoniques, la vue de la villa de Mancio Vopisco me montre surtout les temples de la Vesta et de la Sibylle, dans une direction nord-est par rapport à la Villa d'Este. Mais une illustration de D. Ribouillault 2009, décidémment incontournable, nous offre une image plus précise.

D. Ribouillault 2009

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

3. La porte feinte au courtisan.

Cette porte aux vantaux entrouverts laisse imaginer une communication avec la salle voisine, ou Stanze Tiburtina. De l'autre côté, l'endroit correspond aussi à une fausse porte, aux vantaux fermés

La décoration de cette Première Salle Tiburtine, réalisée en 1569 par une équipe d'artistes dirigée par Cesare Nebbia, est dédiée à la fondation et à la construction de la ville de Tivoli qui, selon la légende, fut fondée avant Rome par Tiburtus, Corax et Catillus, trois frères grecs descendants des Sept Rois de Thèbes. 

Ce courtisan en habit coordonné  de soie turquoise et or et portant une fraise fait face, du côté opposé, à une porte feinte semblable où arrive un homme. 

Mais ce courtisan a un visage jeune et imberbe et une chevelure féminine.  Verena Hake s'est interrogée à son propos.

 

cliché V. Hake

"Enfin, la question se pose de savoir qui pourrait être l’autre personnage représenté en fresque grandeur nature dans la fausse porte orientale, face à « Ippolito ». L’hypothèse de Coffin, selon laquelle il pourrait s’agir d’un page, n’est pas convaincante compte tenu de l’importance des fausses portes décrites précédemment. De plus, les traits physionomiques décrits dans la section III.2 permettent d’envisager qu’il puisse s’agir d’une figure féminine (malgré les vêtements « masculins »). Une possibilité est qu’il s’agisse d’une femme proche d’Ippolito II d’Este, avec laquelle il aurait entretenu une liaison. Outre ses relations avec Diane de Poitiers et Madame d’Étampes, déjà mentionnées dans la section consacrée à la Loggia, Violante Lampugnano figurait peut-être parmi les amantes d’Ippolito, dont il y en eut certainement d’autres. Selon la programmation ornementale du Salone della Fontana, il serait logique que la figure s’approche de lui depuis la Fontana dell’Ovato, près de la Grotta di Venere, et donc depuis la partie du jardin dédiée à Volupta.

De plus, elle tourne la tête précisément vers cette vue en trompe-l’œil, peinte sur une fresque, qui représente exactement cette fontaine. Cette interprétation concorderait également avec la programmation palatiale du Salone proposée au point III.4, car dans l’aile est du palais, d’où le trompe-l’œil « pénétre » dans la pièce, se trouve une Sala di Venere.

Cependant, si l'on se souvient du trompe-l'œil de la Villa Barbaro à Maser, il semble également plausible que le trompe-l'œil oriental représente un membre (peut-être une femme) de la famille d'Ippolito. Sa fille, Renée d'Este, est-elle représentée ici ? Bien que Renée soit décédée en 1555, elle avait donné naissance peu avant à une petite-fille prénommée Ippolita, portant ainsi le nom de son grand-père. Renée, en tant que descendante illégitime, rencontre-t-elle ici son père déguisée ? Ou bien Ippolita avec son grand-père ? Dans cette interprétation, il s'agit d'une réunion familiale symbolique qui, à l'instar de la Villa Barbaro à Maser, pourrait symboliser la continuité dynastique et la perpétuation d'Ippolito II d'Este dans la génération suivante. Si l'on considère la Loggia comme une architecture de la rencontre, il convient de se demander si le Salone della fontana, l'antichambre du jardin, représente la rencontre de deux personnes qui, de là, progressent dans une séquence chorégraphiée d'approche et de départ, descendent dans le jardin par le chemin décrit au début, passent devant la double loggia, descendent les marches en cascade et pénètrent dans le Vialone." (V. Hake 2024)

La porte feinte, côté Stanze Tiburtina


 

 

4. Dans l'angle gauche de la paroi nord-ouest, les deux colonnes laissent voir une vue de la Fontaine de l'Ovale à Tivoli et de l'allée des cent fontaines.

 

Ribouillault 2011 fig. 8.5

 

 

5. La villa de Montecavallo sur le mont Quirinal.

 

Cette vue représente les jardins et la villa de Montecavallo, propriété du cardinal sur le mont Quirinal considérée par ses contemporains, Hondius, Boissard ou Vasari, comme une des merveilles de Rome. L'air frais et sain du Quirinal y attirait les aristocrates et les familles papales qui y construisirent des villas à l'emplacement des anciens jardins de Salluste.  En 1550, parallèlement à la réalisation des jardins de sa Villa d’Este, à Tivoli, le cardinal Hippolyte II d’Este, fils du duc de Ferrare et de Lucrèce Borgia, fit réaliser d’importants travaux dans les jardins du Quirinal , à la suite du renouvellement pour quinze ans du bail de propriété qui lui fut accordé (1550-1565). Au début des années 60, Hippolyte d'Este devait construire au Quirinal des pavillons s'inspirant d'édifices sacrés -le baptistere Saint- Jean et la coupole de Santa Maria del Fiore de Florence (S. Frommel).

Cette vue  constitue la seule représentation de la villa avant la construction par le pape à l'époque où les travaux d'aménagement furent relancés. Sa fontana del Bosco commencée en 1560 1561 et achevée en 1565, fut décorée  par Girolamo Muziano.  Dans la partie sud, un nouveau tracé des allées du jardin en trident fit converger les allées vers la fontaine. Muziano aurait peint  sa vue pour le Salon vers 1565-1566, avant ces modifications.

Une visite à la villa du cardinal Luigi d'Este, héritier d'Hippolyte, en 1573 convainquit le pape Grégoire XIII de commencer la construction d'une résidence d'été l'année suivante.

 

 

 

C.L. Frommel 1999
C.L. Frommel 1999

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

6. Paysage non déterminé. Un pont sur l'Aniène. Lugano ? 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

7. Le Ponte Lucano sur l'Aniene

Maps.

Wikipédia

Il est situé entre les Thermes de Tivoli et la villa d'Hadrien, au pied des hauteurs de Tivoli?£. Son site archéologique comprend sur la rive gauche une grosse tour ronde, datant du 1er siècle av. J.C, et bardée d'inscriptions, le mausolée des Plautii.

 

"Au centre de la paroi ouvrant sur le cryptoportique, on peut aisément reconnaître le fameux ponte Lucano, clairement dessiné avec ses cinq arches originales, le troisième pont à enjamber l'Aniene près de Tivoli en aval dela rivière . Le mausolée des Plauzi, imposant monument circulaire à l'extrémité du pont auquel le peintre a rendu son dôme originel, est aisément identifiable et la disposition de l'ensemble correspond fidèlement aux nombreuses gravures du site réalisées aux XVIIIe et XIXe siècles ainsi qu'aux photographies modernes . On reconnaît de surcroît au fond à droite dans le paysage la route qui mène aux anciennes carrières romaines de travertin avec, se détachant bien visiblement sur le ton blanc des pierres, les arches de l'aqueduc antique qui y conduisait les eaux sulfureuses de Vaqua Albula, sans doute pour actionner les scies nécessaires à la découpe des blocs. En comparant la vue avec la carte du site, on constate que le peintre a reproduit avec une grande précision les linéaments de la rivière, qui disparaît dans l'arrière-plan à l'endroit où elle forme une boucle. Au loin, le profil du col Cesarano est parfaitement reconnaissable.

Il est probable que la représentation dans le Salone de cette zone autour du ponte Lucano devait faire allusion, au-delà du thème central de l'Aniene, à la réserve de chasse, ou Barco, que le cardinal avait créé à cet endroit entre les sources sulfureuses de Vaqua Albula et le ponte Lucano, là où la via Tiburtina traverse le fleuve. La zone fut entourée à partir de 1564 d'un long mur de clôture et on y introduisit de nombreux animaux sauvages, en particulier des faisans. Le fait que la plupart des terres que le cardinal s'était approprié pour son Barco, appartenaient à la commune, le rendit extrêmement impopulaire. Cette question fut débattue lorsqu'une action en justice fut intentée par la commune contre les abus du cardinal en 1568. L'année suivante cependant, les terres lui furent concédées." (D. Ribouillault)

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

8. Le Ponte Cornuto traversant l'Aniène.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

9. Porte feinte franchie par un homme, identifié comme étant peut-être Hippolyte d'Este, apparaissant sur la « scène » de son propre théâtre-salle à manger


 À gauche de la vue panoramique de la Villa d'Este se trouve une fausse porte ornée de fresques, à travers les vantaux desquels s’ouvre un personnage masculin grandeur nature qui semble entrer sur la scène du Salone della fontana. Il a les cheveux gris coupés courts, une barbe, et est représenté en costume profane d’époque, portant un pourpoint à taillades et sans manches sur un gilet rouge et une chemise blanche  une pantalon bouffante et des chausses. Le visage de cette figure fantomatique présente des zones indistinctes, parfois abîmées, mais on reconnaît clairement qu'elle regarde, les sourcils levés, vers la porte qui mène du salon à la double loggia et donc au jardin. Dans sa main gauche, elle tient une rapière, dans sa main droite une chaîne auquel est attaché un singe assis à ses pieds. Et elle aussi tourne la tête vers le jardin.

S'agit-il du cardinal Hippolyte II d'Este ?

C'est du moins la thèse de Verena Hake : qui d’autre aurait-il voulu être représenter de façon si ostentatoire dans cette pièce, la plus importante du palais, sinon lui-même ? À qui d’autre aurait-il accordé cette visibilité extraordinaire et l’attention qui en découle ? Ces fausses portes font partie d’une enfilade de fausses portes, et on les retrouvent dans le Salon d'Hercule  adjacent (au dos de celle-ci), et, nous l'avons vu, dans la Stanze Tiburtine, alignées de la même manière. "En suivant cet alignement, on arrive directement au généreux escalier en colimaçon qui relie le piano nobile à l’étage supérieur, l’Appartamento Ippolito. On peut donc conclure que notre pseudo-« Ippolito » « entre » dans le Salone par un Salon dédiée à son alter ego mythologique – Hercule – (et donc, en pratique, à lui-même), et qu’il « entre » également dans le Salon, au sens large, depuis son appartement privé. Outre la programmation topographiquement correcte du Salone della Fontana par rapport aux axes du jardin, telle qu’identifiée par Denis Ribouillaut, il convient dès lors de se demander si l’apparition d’« Ippolito » depuis l’appartement susmentionné implique également une programmation palatiale de l’espace. Ribouillaut estime également que, dans la partie centrale de la fresque du plafond du Salone, on peut discerner une représentation d’Hippote II d’Este – ici sous la forme d’un portrait déguisé en Hercule. Selon son interprétation de la fresque du plafond située sur l’axe d’Hercule et celle de la fausse porte occidentale proposée ici, l’Hippote II d’Este « mythologique » serait ainsi réuni à l’Hippote II d’Este « réel » du Salone." (V. Hake)

 

Plan du rez-de-chaussée de l'étage noble. L'enfilade feinte est schématisé en pointillés (V. Hake). Les flèches montrent la rencontre du couple peint dans le Salon de la Fontaine.



Les fresques du Salone della Fontana n’ont été découvertes qu’en 1949 et restaurées par la suite, et les traits du visage de la fausse figure occidentale sont mal conservés, ce qui rend son identification formelle difficile.

 



"Néanmoins, une comparaison avec les représentations d’Ippolito II d’Este s’avère pertinente : l’un des portraits les plus connus d'Hippolyte d'Este figure sur une fresque de la Sala dei fasti Farnesiani du Palazzo Farnese à Caprarola . Il le représente de profil, avec un nez proéminent et des cheveux clairsemés. Une représentation moins fréquente d’Hippolite est son portrait publié en 1777 dans les « Memorie istoriche di lefèreti ferraresi » de Giannandrea Barofi  ; celui-ci est particulièrement intéressant pour notre étude car ses caractéristiques biométriques essentielles – notamment les distances respectives entre le sommet du crâne, les yeux, le bout du nez et le menton – correspondent à la tête ou aux traits du visage conservés du mannequin de Tivoli "(V. Hake).

 

Comparaison des portraits d’Hippolite II d’Este provenant de la Sala dei fasti Farnesiani du Palazzo Farnese à Caprarola et des « Memorie istoriche di letterati Ferraresi » de Giannandrea Barotti (reproduit ici en miroir) avec la tête/le visage de la pseudo-figure occidentale de Tivoli . Ces deux derniers portraits présentent de nombreuses similitudes biométriques frappantes. in Verena Hake

On peut s'étonner de ses vêtements civils, mais il faut imaginer le cardinal d'Este comme un "prince" de la Renaissance, avide de bénéfices ecclésiastiques pour financer non seulement son mécénat, mais ses chasses, ses fêtes, ses bals, et ses banquets, et lui  permettre de mener une  vie dissolue, voire extravagante bien documentée ; par exemple, il possédait une collection exceptionnellement importante et sans cesse croissante de vêtements principalement civils, et il  affectionnait des couleurs  peu  appropriées à son rang de cardinal  comme le « lionato », un orange foncé. Sur le dessin du Primatice "Un Turc" conservé à la Bibliothèque de Florence, dans des costumes peut-être réalisés pour la turquerie faite à Blois le 16 mars 1541,  François Ier, le cardinal de Lorraine, Hippolyte d’Este et Charles d’Angoulême apparaissent "vêtus de belles livrées de diverses couleurs et coiffés de turbans".

Dans le salon de la Fontaine de sa résidence d'Este, dominé par le Banquet d'Hercule,  se tenaient des réceptions qui, assurément, dégénéraient fréquemment en excès . . Dans le Salon "della Gloria", située trois salons plus à l'ouest et également ornée de fresques en trompe-l'œil sur toutes ses faces, son chapeau de cardinal est  négligemment à côté d'une mitre blanche, au rayon des accessoires et posée sur la fausse étagère représentée sur le mur ouest, à côté d'ouvrages érudits.

Villa d'Este, Salon de la Gloire. Cliché lavieb-aile.

On peut dès lors imaginer que Hippolyte se dirige vers la jeune femme : le Salon de la Fontaine devient le milieu d'une rencontre annoncée, suspendue, attendue.
 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

10. Le grande vue du Jardin de la Villa d'Este.

Sous des guirlandes suspendues aux colonnes salomoniques, accentuant comme ailleurs le côté décor de théâtre,  et le cartouche HIP CAR FER (Hippolyte cardinal de Ferrare), la vue de la Villa, de la partie haute en pente du jardin puis de sa partie basse, montre dans le lointain et la lumière du couchant l'Aniène qui serpente vers Rome.

Réalisée  alors que le chantier n’était pas encore terminé, car basée sur un dessin de 1565, cette fresque est une vue de profil de l’ensemble du site. Au centre, un arbre dédié à Jupiter marque symboliquement la construction de l’image qu’il divise en deux parties distinctes : une surface plane et un plan fortement incliné, sur la gauche de l’image, offert au regard comme une sorte d’écritoire. Une troisième partie est constituée par le ciel - où l’on distingue des oiseaux - et un horizon lointain. La fresque est dessinée depuis le flanc intérieur de la colline à laquelle s’adosse le plateau du jardin, sa face oblique et le bâtiment qui domine l’ensemble, comme une coupe. "Le choix de ce point de vue fait en effet porter le regard vers Rome, à l’ouest, donc vers le soleil couchant, ces deux horizons se confondant avec le point de fuite de la fresque. La construction de la fresque rend possible une manipulation, un jeu de l’esprit, un jeu sur et avec les sens, certains points de vue de la villa in situ offrant également une telle jouissance spectaculaire. Si l’on ne connaît pas l’orientation du site ou, plus subtilement, si l’on en suspend volontairement la géographie objective, plus encore, si l’on abandonne son attention à la puissance magique et flottante, ambiguë, d’une rêverie éveillé par le lieu, l’on peut imaginer que la lumière venant frapper la face dressée obliquement est celle d’un soleil qui se lève sur une nouvelle création, non celle d’un soleil qui se couche sur Rome. Les signes semblent alors pouvoir s’inverser et tournoyer dans l’air du soir, comme la promesse d’une aube nouvelle : ce n’est plus Rome qui domine le monde, c’est le cardinal qui semble dominer Rome en attirant à lui toute la force conquérante de la ville éternelle." (Philippe Nys)

Rappel : "En fonction de la structure du terrain, le jardin fut divisé en trois sections distinctes : une première partie abrupte (30 mètres de profondeur et 15 mètres de dénivelé) est suivie d'une seconde en pente douce (60 mètres de profondeur et 15 mètres de dénivelé), se terminant par une troisième section plane de 85 mètres de profondeur. Le motif géométrique du plan, basé sur un module carré (30 mètres sur 30), est clairement évident dans les deuxième et troisième sections, divisées en carrés réguliers par plusieurs chemins rectilignes perpendiculaires.
Ce motif est moins évident dans la section la plus élevée, car elle est traversée par une série de chemins diagonaux destinés à faciliter l'ascension. L'axe perpendiculaire au palais, partant de l'ancienne entrée du jardin située Via del Colle, constitue la ligne de perspective principale du plan et est donc appelé « Viale della Prospettiva » (Chemin de la Perspective). Un thème architectural récurrent, mis en évidence par la perspective mentionnée ci-dessus, est celui de la loggia, réinterprétée avec différents niveaux de complexité compositionnelle, de la Fontana dei Draghi (Fontaine des Dragons) au palais : la succession de loggias représente en effet le seul élément reliant le volume du palais au jardin en contrebas." (Unesco)

Rappelons la présence du paon, accentuant le trompe-l'œil en déambulant queue trainante entre le fond du renfoncement factice organisé par les quatre colonnes, et le plancher. C'est encore un rappel du décor des maisons romaines et dominant au VIe siècle ap. J.C, notamment à Pompei et dans le Latium. Il était mis en relation avec le thème du renouveau et de la renaissance, car ses plumes caudales repoussent chaque année, et il était devenu, en Grèce, l'attribut d'Héra entre le VIe et le Ve siècle av. J.C avant d'acquérir une dimension eschatologique, médiateur entre le ciel et la terre, l'humain et le divin (Raphaël Démes 2017)

On en voitr un exemple sur une fresque de la Villa de Poppée à Pompéi.

 

 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

11. Vue de la villa d'Auguste à Tivoli.

angle gauche de la façade ouvrant sur le jardin. Pas de photo. D. Ribouillault a publié cette figure :

Denis Rigouillault 2009

 

12. Vue de la fontaine de l'Orgue et des  trois  bassins à poissons dans le jardin de la Villa d'Este.

Aux deux extrémités du mur donnant sur le jardin se trouvent deux vues de la Fontana dell'Organo, dont celle de droite représente la fontaine avant les modifications du XVIIe siècle et celle de gauche, retouchée à plusieurs reprises, son état actuel.

Un oiseau est posé sur la guirlande de fruits.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

13. Vue de la Delizia de Belriguardo sur le Pô, propriété d'Hippolyte d'Este.

Voir : D. Ribouillault 2009 p. 362-363

Bâtie  en 1435 par Nicolas d'Este, la Délice de Belriguardo, au sud de Voghiera, fut la première demeure construite en dehors des remparts de Ferrara. Ce fut l'une des plus grandes et des plus somptueuses résidences nobiliaires de la Renaissance. Lucrèce Borgia, mère d'Hippolyte d'Este, y séjournait fréquemment.

 Un peu après qu'Hercule d'Este eut construit au début des années 1540 la Montagna di Sotto avec des viviers et fossés faisant de l'eau l'élément principal du décor, la célèbre villa de Belriguardo fut agrémentée d'un réseau de fossés assurant fraicheur et encadrant les grands parterres de surfaces cristallines (S. Frommel)

 

14. Fontaine de l'Orgue à la villa d'Este.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

CONCLUSION.

Grâce à des auteurs comme Denis Rigouillault  et Verena Hake  entre 2005 et 2025, la compréhension du décor peint  du Salon de la Fontaine a fortement progressé, mettant en évidence les volontés de l'architecte et du commanditaire d'imiter les anciens (triclinum romain, grotesques de la domus aurea, divinités romaines), et de répondre aux principes maniéristes de théatralité et de jeu avec le spectateur, dans un très savant réseau de références au génie du lieu (la Sibylle...), à la rivière (l'Aniène), à l'espace environnant et à ses monuments antiques,  à l'ancêtre mythique de la famille d'Este (Hercule), et aux propriétés du cardinal Hippolyte II d'Este. Que ces auteurs soient remerciés de nous faire approcher de la complexité savante de la conception de la Villa d'Este.

SOURCES ET LIENS.

— FROMMEL (Sabine), 2008. Hippolyte d'Esté à Chaalis.  In: Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, tome 87, 2008. pp. 143-172;

https://www.persee.fr/doc/piot_1148-6023_2008_num_87_1_1647

—HAKE (Verena), 2024, Transition et rencontre, dissolution et connaissance : La Loggetta dans le jardin d’eau de la Villa d’Este à Tivoli Avec des remarques sur les fausses portes du Salone della Fontana, INSITU – Zeitschrift für Architekturgeschichte

https://www.academia.edu/144944417/%C3%9Cbergang_und_Begegnung_Aufl%C3%B6sung_und_Erkenntnis_Die_Loggetta_im_Wassergarten_der_Villa_dEste_zu_Tivoli_Mit_Bemerkungen_zu_den_Scheint%C3%BCren_im_Salone_della_fontana

— HOCHMANN (Michel), Venise et Rome 1500-1600 p. 366

https://www.google.fr/books/edition/Venise_et_Rome_1500_1600/VVkFELS4m4oC?hl=fr&gbpv=1&dq=fontanina+%22villa+d%27este%22&pg=PA368&printsec=frontcover

—RIBOUILLAULT (Denis), 2005,« Le Salone de la Villa d'Este à Tivoli : un théâtre des jardins et du territoire » Studiolo : revue d'histoire de l'art de l'Académie de France à Rome  Année 2005  3  pp. 65-94 Fait partie d’un numéro thématique : Arts visuels et théâtre.

https://www.persee.fr/doc/studi_1635-0871_2005_num_3_1_1139

—RIBOUILLAULT (Denis), 2009, Le ville dipinte del cardinale Ippolito d’Este a Tivoli : l’architettura di fronte all’antico, la tradizione ferrarese, e un nuovo documento su Belriguardo 2009, Delizie estensi. Architetture di villa nel Rinascimento italiano ed europeo, F. Ceccarelli, M. Folin, ed., Florence, Olschki.

https://www.academia.edu/3430333/Le_ville_dipinte_del_cardinale_Ippolito_d_Este_a_Tivoli_l_architettura_di_fronte_all_antico_la_tradizione_ferrarese_e_un_nuovo_documento_su_Belriguardo

—RIBOUILLAULT (Denis), 2011, Toward an Archaeology of the Gaze: Perception and Function of Garden Views in Italian Renaissance Villas, in Clio in the Italian garden : twenty-first-century studies in historical methods and theoretical perspectives, Éditeur Dumbarton Oaks Research Library and Collection.

 https://www.academia.edu/3429818/Toward_an_Archaeology_of_the_Gaze_the_Perception_and_Function_of_Garden_Views_in_Italian_Renaissance_Villas

— RIBOUILLAULT (Denis), 2006 ‘Paesaggio dipinto, Paesaggio reale’ : notes sur une fenêtre de la Villa d’Este à Tivoli, Actes du colloque international (Ferrare, Castello Sforzesco, 2006). Collection : Ferrara Paesaggio estense ; 4

https://www.academia.edu/3430314/_Paesaggio_dipinto_Paesaggio_reale_notes_sur_une_fen%C3%AAtre_de_la_Villa_d_Este_%C3%A0_Tivoli?sm=b&rhid=38794173488

—Ministère italien  de la culture:

https://fotografia.cultura.gov.it/va-ve/resource/IT-ICCD-PHOTO-0157-000316

— Site TIBURSUPERBUM

https://www.tibursuperbum.it/ita/museo/CascataWittel3.htm

— UNESCO World Heritage Centre

https://whc.unesco.org › document pdf

Je reproduis ici ce texte après l'avoir traduit.

 

Symbolisme. La Villa d'Este fut créée selon un programme iconographique d'une grande érudition, conçu par Pirro Ligorio, le cardinal Hippolyte II d'Este et son conseiller et secrétaire dévoué, l'humaniste Marc-Antoine Muret. Ce programme visait à ennoblir la demeure et le cardinal lui-même en exaltant ses vertus et sa lignée, et en conférant une signification profonde à son œuvre architecturale. Fondé sur une connaissance intime des mythes et thèmes classiques, même les plus insolites et les plus ésotériques, ce programme tisse des récits à travers les différents espaces de la Villa, tissant des liens entrelacés aux niveaux de signification de plus en plus complexes et sophistiqués. Les significations symboliques, allégoriques et festives furent développées par l'ensemble des éléments du complexe architectural : des innombrables fontaines aux allées et jeux d'eau, de l'agencement de la végétation aux décorations picturales intérieures, jusqu'aux statues antiques qui ornaient à l'origine le palais et le jardin. La forte unité et la cohérence entre le contenu symbolique et l'apparence extérieure du jardin du XVIe siècle s'atténuèrent progressivement après la mort du cardinal, pour finalement disparaître en raison des modifications apportées à la décoration du jardin au cours des siècles suivants. De ce fait, il est aujourd'hui assez difficile de reconstituer les différents niveaux de signification symbolique.

Les allégories et les symboles de la villa peuvent être interprétés selon deux parcours différents, de haut en bas et inversement. Le premier parcours, « logique et destiné au public » (Madonna, 1979), est ascendant et débute par la porte de la Via del Colle, empruntée par les invités du cardinal. Au cours de l'ascension, parfois éprouvante, vers le palais, la succession des terrasses et le plan géométrique du jardin permettaient au visiteur de percevoir la structure spatiale et le contenu allégorique de la villa de manière ordonnée et logique. Tout au long de l'allée ascendante, le visiteur découvrait la succession de représentations du mythe d'Hercule, le symbole le plus évident du jardin, explicitement mentionné dans les deux épigrammes de Marc-Antoine Muret : « La fatigue n'eut pas raison d'Hercule, ni le plaisir voluptueux – l'âme du chaste Hippolyte – enflammé par l'amour de ces deux vertus – à Hercule et Hippolyte, Hippolyte dédia ces jardins.» « Les pommes d'or qu'Hercule déroba au dragon endormi appartiennent désormais à Hippolyte – reconnaissant de ce don, il voulut que celui qui l'avait offert soit dédié aux jardins qu'il avait plantés ici.» La figure centrale du programme iconographique « public » est donc Hercule, auquel la villa est liée par une double relation : il est à la fois l'un des dieux protecteurs de la région et le fondateur légendaire de la Maison d'Este. De même, la Villa célèbre le cardinal de Ferrare qui, à l'instar de son ancêtre mythique, dut accomplir des travaux mémorables pour créer son jardin et reçut ainsi les pommes d'or volées par Hercule au dragon Ladon, le gardien des Hespérides.

À ce mythe est dédiée la Fontaine des Dragons, située au centre du jardin où Hercule, et en son nom son héritier, le cardinal de Ferrare, et actuel propriétaire des pommes des Hespérides, représente le protecteur des vertus et des qualités morales léguées depuis l'Antiquité et actuellement gardées dans les jardins mythiques de la Villa d'Este. Le mythe s'est développé le long de la succession de loggias de l'étage supérieur : la Loggia di Hercole (où, dans la niche centrale, se trouvait à l'origine la statue d'un Hercule au repos), et la Loggia del Cardinale (avec la statue d'Hercule à la massue, qui faisait alors face au jardin). La série de statues d'Hercule le représentant à différentes étapes de sa légende symbolisait le développement espéré des vicissitudes personnelles d'Hippolite II : la lutte, la victoire, l'immortalité. Une salle du rez-de-chaussée du palais est dédiée aux travaux d'Hercule, et il figure également parmi les figures mythologiques représentées dans la première salle tiburtine, illustrant le mythe de la fondation de Tivoli.

Lié à Hercule est aussi le thème du choix entre la Vertu et le Vice (Hercule à la croisée des chemins), que la « Descrittione Anonima» place dans la grotte de Vénus « dédiée aux plaisirs voluptueux » et celle de Diane« dédiée aux plaisirs honnêtes et à la charité ». Dans cette grotte, située au sommet d'une pente abrupte, la statue de Diane est placée côte à côte avec celle du mythique Hippolyte, qui porte le nom du cardinal et auquel ce dernier s'identifie. Hippolyte est un emblème de chasteté, ayant préféré la mort à l'inceste avec sa belle-mère Phèdre. Il fut ramené à la vie par Esculape grâce à l'intercession de Diane, pour être réincarné en Virbius latin. Hippolyte était également le protagoniste du récit qui aurait été représenté sur les seize tapisseries conçues par Pirro Ligorio lui-même pour les salles du Piano Nobile.

La voie descendante propose un itinéraire antithétique, du palais au jardin, à la fois exotérique et alogique,destiné à une élite exclusive d'initiés capables de décrypter les différentes strates de signification héodonique, avec une« relecture globale des lieux comme une cosmogonie d'origine hésiodique, resématisée par l'orphisme néoplatonicien, et historicisée pour célébrer le génie de Joci » (Madonna, 1979).
La fontaine située dans la cour du palais, avec la statue d'une Vénus couchée plongée dans un sommeil néoplatonicien prédisposant à un niveau de connaissance supérieur, marque le début d'un voyage initiatique vers les mystères les plus profonds de la nature, ouvrant la voie à la rencontre avec la Sibylle de Tibur et son monde hermétique.
Vénus est ici représentée comme la Nimpha Loci, la gardienne sacrée de la première source qui alimente le jardin. L' identification de Vénus à la Nimpha Loci s'effectue par l'intermédiaire de l'élément eau, car toutes deux incarnent la fécondation et la nourriture vitale. Dans le jardin de Tivoli, Vénus ne doit pas être perçue comme la déesse de la luxure, mais comme Vénus Génératrice, le principe vital d'où naissent tous les éléments naturels, et vers qui ils retournent tous.
De nombreuses fontaines lui sont dédiées, de la grotte du Giardino Segreto à celle de l'enceinte de l'Ovato, en passant par la fontaine de la terrasse de l'Organo ; plusieurs statues la représentant ornaient autrefois les salles du palais, la loggia principale et diverses niches du jardin. Vénus émergeant des eaux est représentée au centre d'un mur de la seconde salle Tiburtine, où est représentée la représentation du mythe de l'une des principales divinités de Tivoli, à savoir la Sibylle Albunea, sous ses diverses personnifications : Ino, Leucothea, la Sibylle Tiburtine, Mater Natura, Diane d'Éphèse, Déesse de la Nature.
La figure de Vénus, allégorie de la vie et du mystère de la naissance, de la mort et de la régénération dans le cycle naturel, préfigure en effet la Sibylle, avec laquelle elle partage plusieurs caractéristiques. Ces caractéristiques peuvent être plus facilement comprises en revenant brièvement sur le mythe, décrit à plusieurs reprises par Pirro Ligorio dans son « Libro dell'Antichità » (Madonna, 1979-1981) : Vénus est la mère d'Harmonie, Concordia discors, qui, à son tour, engendra Ino et Cadmos, roi de Thèbes. Afin d'échapper à la folie de son époux Athamas, Ino se jeta à la mer avec son fils Mélicerte ; elle fut ramenée à la vie grâce à l'intercession de Vénus et de Bacchus, dont elle était la mère nourricière, et, transformée en Leucothée, elle fut accueillie parmi les Néréides, devenant déesse de la mer et protectrice des marins, tandis que son fils devint Palémon, dieu des ports. Entraînée avec Palémon par les eaux du Tibre jusqu'à Rome, devant l'île Tibérine, elle fut attaquée par les Bacchantes et sauvée par Hercule Saxanus. Tous deux trouvèrent réfugié auprès de la déesse Carmenta, qui prophétisa leur transformation en Mater Matuta et Portunus.

On ignore encore à quelle phase du mythe il convient d'attribuer sa personnification en la Sibylle Albunea Tiburtina, qui, entre autres, prophétisa la ruine de Rome (« urbs mollis, iniqua nefanda ») et, selon la tradition, l'avènement du Christ.

Le lien entre le mythe et l'élément principal de la villa, à savoir l'eau, est très clair. La mort symbolique d'Ino et sa métamorphose ont lieu dans l'eau. De sauvée, elle devient la protectrice des marins et la déesse de la mer, cette dernière étant à la fois l'origine et la fin de toutes les eaux. Leucothea entreprend alors son voyage initiatique et arrive à Rome par les eaux du Tibre, « symbolisant cette fois la détresse et le risque » (Madonna, 1980), et devient ici Mater Matuta, « la mère de toutes les eaux, la mère de la nature, la mère, c’est-à-dire l’origine, de toutes les activités » (Madonna, 1979).

On peut rattacher au mythe de la Sibylle tous les thèmes développés dans les trois fontaines principales, situées au même niveau, à mi-hauteur de la colline : le thème de la nature physique, le thème de l’exotérisme et de la nature mystique, le thème des éléments féminins (l’eau et la terre), le thème de la musique… le thème de la Grèce antique » (Madonna, 1979). Les trois fontaines marquent également les étapes du voyage initiatique de la déesse-prophétesse « comme une allégorie du transport physique de l'eau depuis l' Aniene » (Madonna, 1979). La Fontana di Tivoli, dominée
par la grande statue d'Albunea, est la représentation symbolique de ses multiples rôles : source, rivière,
montagne sacrée, forêt. Dans l'enceinte de la fontaine, le double secours apporté par Vénus et Bacchus est commémoré, avec la grotte et les deux petites fontaines qui leur sont dédiées. Le mystère du voyage initiatique de la Sibylle est symbolisé par le long chemin de la Cento Fontane, marqué par les Métamorphoses d'Ovide, une allégorie des changements opérés par le temps. La barque au centre de la fontaine de Rometta fait référence à l'Isola Tiberina, le lieu où Leucothea a débarqué, et à toute la scène théâtrale 

La scène rappelle la malédiction de la Sibylle contre Rome. Le mythe s'achève à la Fontana dell'Organo, avec la glorification de la Sibylle comme Grande Mère, la Mater Matuta, représentée par la statue de Diane d'Éphèse déesse de la Nature, qui se dressait autrefois devant la grande niche centrale ; la déesse, par l'eau jaillissant de ses seins, est un être créateur de vie et produit les sons de la Musique et de l'Art. La clé d'interprétation du spectacle unique offert au XVIe siècle par la fontaine réside dans la
représentation des principales forces transformatrices de la Nature par la combinaison de quatre
éléments : la Terre, symbolisée par la statue de la déesse créatrice ; l'Air, qui donnait le souffle aux instruments de musique et reproduisait les cris des animaux ; Le Feu, évoqué par les miroirs qui, au XVIe siècle, furent disposés le long de la perspective afin de refléter les rayons du soleil, et l'Eau, qui coulait partout pour donner la vie au monde.

Les étonnantes métamorphoses de la nature provoquées par la Sibylle - Matuta, par son mystérieux pouvoir cosmogonique, sontégalement symbolisées par les trois Grottes des Sibylles situées sous la terrasse de la Fontaine de l'Organe. Le rugissement assourdissant de la cascade qui dévale de la grotte centrale, symbole du sein de la Grande Mère, ne peut manquer de rappeler que la voix prophétique de la Sibylle se métamorphose ici en le rugissement hermétique et terrifiant de la Terre Mère.
À la Sibylle, figure centrale du parcours exotérique, source de toute connaissance et de toute créativité, peut également être rattaché au thème de la Vertu, développé non seulement dans le jardin, mais aussi dans les décorations picturales des salles du Piano Nobile du palais. « La Vertu peut être comparée à la Sibylle, indiquant aux Romains le chemin du salut »(Fagiolo, 1979) : le paganisme peut être christianisé en opposant le chemin de la Vertu à celui de Volupté, représentée par la Rometta, emblème de la tromperie et des valeurs négatives. Le thème du choix entre la Vertu et le Vice, attribué par l'interprétation « publique » à Hercule, est en réalité rapporté à la Sibylle. Dans l'iconographie du XVIe siècle, la Sibyle de Tivoli est souvent accompagnée du Y pythagoricien, préfiguration de la croix, symbole d'Hercule à un carrefour, et, par analogie, du Cardinal lui-même. Comme les autres figures clés de l'iconographie de la Villa, de Vénus génératrice à Hercule et Hippolyte, Virbius, la Sibyle poétesse, vierge et mère, fait référence au Cardinal de Ferrare qui s'était arrogé le même rôle d'ordonner le monde à Tivoli et dans le jardin qu'il avait créé.

En effet, le Cardinal est symbolisé par la Sibylle dans ses activités de gouvernance et de réglementation, ainsi que sa nature de prêtresse et sa virginité.

L'ambiguïté apparente inhérente à la coexistence de natures opposées dans la figure de la Sibylle de Tibur (Vierge et Terre Mère) est à attribuer au syncrétisme de la culture de l'époque, se traduisant par l'
attitude mentale de « l'intellect supérieur » selon laquelle une vérité cachée se trouve dans la synthèse de significations opposées. En conséquence, la contradiction, ou plutôt la double signification des valeurs attribuées à Rome dans la fontaine qui porte son nom, peut être perçue : à la célébration de son image triomphante, lieu où les mythes et les vertus de l'antique Tibur se renouvellent et où coulent les eaux purificatrices de cette dernière, but convoité du parcours de vie du cardinal, s'oppose la condamnation implicite du rôle négatif de Rome, cité de la tromperie, corruptrice des âmes et objet d'ambitions sans bornes.

Le Salon de la Fontaine

Le salon principal central est appelé la Sala della Fontana diTivoli, en raison de la petite fontaine rustique placée contre le mur nord-est (n° 8), commencée par le graveur de fontaines Curzio Maccarone et achevée en 1568 par Paolo Calandrino. Entièrement recouverte de mosaïques et d'émaux, la fontaine est dédiée à la ville de Tivoli, représentée de manière synthétique dans le bas-relief de la niche centrale par les deux éléments paysagers les plus représentatifs de la ville, à savoir les ruines antiques, avec le temple de la Sibylle, et les eaux qui, coulant entre les rochers de tartre aujourd'hui disparus, se déversaient supposément dans le bassin en contrebas. La décoration picturale de cette salle, comme celle de la salle voisine d'Hercule, fut réalisée – à partir de 1565 – par six artistes sous la direction de Gerolamo Muziano, qui, en 1567, furent remplacés par une équipe dirigée par Federico Zuccari. Ce dernier peignit les fresques au centre des voûtes. Les peintures agrandissent l'espace de manière illusionniste, non seulement le long du périmètre des murs – une fausse loggia à colonnes torsadées s'ouvrant sur des vues du paysage –, mais aussi vers le haut, où une colonnade en perspective encadre le ciel en arrière-plan, le théâtre du « Banquet des Dieux », une fresque inspirée de celle de Raphaël à la Farnesina.

Au centre des quatre côtés de la voûte, ornés de figures grotesques, des édicules en stuc représentent des scènes allant des sacrifices à Apollon, Diane, Cérès et Bacchus. Dans les cadres ovales des bordures, quatre peintures de dieux sur des chars symbolisent les quatre éléments : Neptune l'eau,
Jupiter l'air, Pluton le feu et Junon la terre. Aux angles, les armoiries en stuc du Cardinal se trouvent près de couples de dieux : Bacchus et Cérès, Jupiter et Junon, Mars et Vénus, Minerve et Mercure, ce dernier étant probablement un autoportrait de Gerolamo Muziano. Parmi les vues murales, peintes en 1568 par Matteo Neroni da Siena, certaines sont particulièrement importantes pour l'histoire de la Villa d'Este, car elles représentent des paysages ou des détails du jardin et des fontaines ; ainsi, la grande fresque du mur nord-est témoigne de l'avancement des travaux du palais en 1568, avant l'ajout des ailes latérales, et montre le jardin « tel qu'il aurait dû être » selon A. Del Re.

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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 13:44

Les 10 personnages sculptés (poteaux d'huisseries, bois, vers 1500) de la façade de la maison à pondalez de Morlaix dite  "Maison de la Duchesse Anne". Les sculptures intérieures.

 

PRÉSENTATION.

Morlaix a été envahie et en grande partie détruite par les troupes du roi anglais Henri VIII, en 1522. Lors de sa reconstruction, la ville est refaite dans un style très contemporain, de la Renaissance. La mode des maisons à lanterne émerge alors : la lanterne ne désigne pas ici une lampe mais une cour intérieure couverte chauffée par une très haute cheminée.

Ces habitations appartenaient à des nobles, qui avaient abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm.  Seules restent en place cette "maison de la Duchesse-Anne" et l Maison à Pondalez/Musée de Morlaix " de  9 Grand-Rue. Deux maisons dont l'escalier à pondalez est partiellement en place se trouvent rue Ange de Guernisac. Des poteaux corniers sculptés de saints et saintes sont conservés dans la Grand-Rue

Autour de 1530, cet hôtel particulier, haut de trois étages, est construit dans la rue des Nobles (actuelle rue du Mur), au dessus des Halles. Il sera dénommé "de la Duchesse-Anne" au XIXe siècle par souci publicitaire.

 

La Maison de la Duchesse-Anne, rue des Nobles. En bleu, le confluent du Jarlot et du Queffleuth. Plan de Morlaix par Del Michal, avant 1733.

 

Dans ses éléments les plus marquants, il compte une cheminée monumentale et un escalier en chêne richement sculpté dont la colonne principale, haute de 10 mètres, a été construite dans un tronc d’un seul tenant.  C'est ce pilier central, sur lequel s'appuie toute la charpente, qui est LA particularité de ces maisons à pondalez : une vraie prouesse architecturale, presque propre à Morlaix (un exemple à Tréguier, Maison Saint-Pierre vers 1490, un autre à Landerneau, Maison des treize lunes).

L’hôtel particulier a été construit pour Yves Pinart de Kerverziou, docteur es droits, qui fut notamment sénéchal du nord du Léon et du Goëlo, sénéchal de Pordic (1507), de Langarzeau (1511), de Plouha et d'Yvias (1516) ou de Coëtmen (1522) et conseiller au Parlement de Bretagne. Il épousa successivement Jeanne du Boisgelin dame de la Noëverte, Marguerite de Kerbuzic, dame héritière de Keranglas et de Kerlaouënan, et après 1562, Jeanne de Kersauzon.

 

À l'extérieur, la façade sur rue repose sur un rez de chaussée en granit ; les étages supérieurs sont structurés autour de pans de bois dont les interstices étaient initialement rempli avec un mélange d'argile. La façade de la maison donnant sur la rue (33 du Mur à Morlaix) est décorée de 10 statues :  ses quatre poteaux corniers  reçoivent des personnages religieux (deux saints et deux saintes), tandis que 3 de ses poteaux d'huisseries sont sculptés de personnages profanes souvent irrévérencieux :

-Poteaux corniers :

Saint Jacques

Saint Yves

Sainte Barbe

Sainte Catherine

-Poteaux d'huisserie :

Homme sauvage tenant un bâton écoté

Fou et sa marotte

Homme en position d'atlante

Homme accroupi, coiffé d'un chapeau de pèlerin

Homme tirant la langue

Vieil homme songeur.

Il m'a paru intéressant de les présenter en détail, notamment pour les confronter aux statues, crossettes, blochets des édifices religieux contemporains, largement documentés dans ce blog, pour constater qu'on y trouve la même iconographie associant les personnages religieux et les thèmes profanes fabuleux ou imaginaires. Ainsi, les saints Jacques et Yves sont très représentés dans les églises et chapelles bretonnes, tandis que les saintes Barbe et Catherine sont les premières du catalogue des représentations sculptées bretonnes du XVe-XVIe siècle. Dans le domaine profane, on trouve plus souvent dans les églises et chapelles des animaux (lions, dragons), puis viennent les acrobates et les sirènes ou femmes serpents ; l'homme sauvage s'y retrouve  souvent, notamment comme tenant d'écus armoriés.

Mais les œuvres sculptées des maisons à pondalez ne différent guère, dans leur facture, de celles des église et chapelles bretonnes, et, notamment, de celles des églises Saint-Mélaine et Saint-Mathieu de Morlaix.

Rappel :

1)Le poteau cornier est une pièce maîtresse de la structure de la maison à pan de bois.
A l’origine, il était réalisé d’une seule pièce du sol au toit (bois long). Il est situé à l’extérieur dans l’angle formé par le pignon sur rue et le mur gouttereau donnant sur la cour.
Cette poutre angulaire symbolisait à la fois la propriété et le soutien de la demeure paysanne. Il n’est donc pas étonnant que cette pièce de bois, située à un emplacement stratégique, soit fréquemment dotée d’inscriptions côté rue : date de construction, inscriptions patronymiques, symboles chrétiens, emblèmes et inscriptions ayant un rapport étroit avec la vie professionnelle et affective du propriétaire.

2) les maisons à pondalez sont des demeures de négociants en toile de lin ou crées, spécialité du Léon. Elles sont à pans de bois, datant du premier quart du XVIe siècle. Elles se caractérisent par un imposant escalier à vis qui soutient les « ponts d’allée » galeries intérieures. Beaucoup ont disparu, mais deux maisons morlaisiennes, témoins de cette époque florissante, sont ouvertes au public : la Maison à Pondalez au 9 Grand Rue et la Maison dite de la Duchesse Anne, rue du Mur.

Elles se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties : un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue, un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur, et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXe siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.

LES SCULPTURES EXTÉRIEURES

 

 

 

 

 

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'écu, non gravé,  est présenté non par un ange aux ailes déployées comme je le pensais, mais par un aigle, comme l'indique Daniel Leloup qui a remarqué la pointe du bec et les griffes des serres.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

LE PREMIER ÉTAGE.

1. Saint Jacques le Majeur.

Sous un dais à indentation, il est coiffé du fameux chapeau à larges bords des pèlerins de Compostelle. Il tient un livre ouvert dans la main gauche, tandis que sa main droite a perdu le bourdon qu'il tenait jadis. Sa robe est serrée par une ceinture, où on ne voit pas la classique besace.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

2. L'Homme sauvage tenant un bâton écoté.

L'homme sauvage, qui s'impose dans l'art occidental à partir du XIIIe siècle, est un personnage ambiguë : il est recouvert dans les textes comme dans les images d'une pilosité surabondante dont le caractère animal est attesté dans toutes les sources écrites (littérature, encyclopédisme, médecine). Il est une figure légendaire, folklorique et parfois héraldique couverte de poils et souvent armée d'un gourdin. Cet être anthropomorphe fait le lien entre l'humanité et l'animalité, entre le sauvage et le civilisé, et ces transitions ou transgressions de frontières, ces formes marginales entre humanité, régne animal et monde végétal fascinent les commanditaires d'églises et de chapelles, de manoirs et de châteaux, qui les réservent précisément aux espaces de transitions : sablières à la liaison entre le mur et la charpente à l'intérieur, crossettes entre mur et charpentes à l'extérieur, miséricordes et appuis-mains des stalles, charpente et boiseries intérieures et extérieures des maisons

Les trois régnes sont bien réunis, puisque le personnage est anthropomorphe, sa toison est animale, et le bâton est en bois écoté, brut de toute finition.

C'est ce même principe de métamorphose, très diffusé par l'œuvre d'Ovide, qui explique la profusion des êtres hybrides comme le dragon, la sirène, la femme-oiseau, les masques feuillus, les animaux feuillagés, et tant d'autres figures du vocabulaire ornemental médiéval et Renaissance.

La force de la nature sauvage doit être canalisée, domestiquée (par des rituels), mais ne perd jamais sa menace d'explosion violente. La figure du chasseur ne se contrôlant plus et oubliant toute civilité, tout respect des règles — religieuses— apparaît dans la légende de saint Julien, de saint Eustache ou de saint Hubert.

Le bois écoté rappelle aussi l'importance de la forêt, source de revenus, et lieu de chasse, mais aussi lieu où, dans les Romans bretons, le héros accède au merveilleux du monde féerique.

On trouve à l'intérieur de la maison un écu présenté par deux hommes sauvages à genoux.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

3. Le Fou et sa marotte.

La proximité du Sauvage et du Fou est bien réelle puisque la folie est  le franchissement de la frontière de la raison. Mais rien n'est simple, et c'est ce qui fascine : la raison la plus sage peut se dissimuler dans les dérèglements de l'esprit, et l'apparence humaine est si préservée que le fou nous tend  un miroir où nous sommes troublés de nous reconnaître, ou charmés d'un monde poétique ou, là encore, merveilleux. On pensera aussi à l'ambiguïté des bouffons des cours seigneuriale.

Ce Fou a tous les attributs que l'iconographie a fixés à la fin du moyen-âge, lors des fêtes des fous ou des carnavals, renversement des valeurs, ou depuis la parution en français de la Nef des Fous , traduction du Narrenschiff de Sébastian Brant en 1494 : le bonnet à longues oreilles d'âne, se prolongeant en capuche à bords crantés ; les manches aux coudes ornés de glands à fanfreluches (dissimulant sans doute un grelot) qu'on retrouve aussi à la pointe pectorale de la capuche ; les extrémités des manches et des quartiers des chaussures également crantées (s'opposant aux bords droits autant que l'esprit s'écarte de la rectitude de la logique); et, bien sûr la marotte, ce spectre de dérision présentant à l'aliéné son visage spéculaire. Le Fou le serre ici contre sa poitrine comme une poupée et appuie son index contre le menton, geste où nous pouvons hésiter à reconnaître celui de la risette, où celui de la leçon de morale...

Enfin, remarquons le sourire grimaçant, montrant les dents.

Ces sculptures des maisons étaient certainement peintes, et on peut parier que les vêtements du Fou étaient bariolés, mi-partis.

Voir :

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

4. L'homme en robe, soutenant le corbeau, en position de chevalier servant.

Ce personnage accroupi, peut-être un clerc ou un bourgeois, est figuré en atlante.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

5. Saint Yves.

Saint Yves, qui fut Official à  Rennes puis Tréguier et recteur de Trédrez (Côtes d'Armor) avant de mourir en 1303, est largement vénéré en Finistère. Il est, on le sait, patron des juristes et des avocats et défenseur de droits des pauvres. Sa statue est bien abîmée. Il est assis sur un siège droit, comme une cathèdre, et est coiffé de la barrette de docteur recouverte de la capuche du camail qui recouvre ses épaules. Ses mains brisées ne fournissent plus les indices habituels : tenait-il un rouleau de parchemin? un livre de droit. Opposait-il pouce et index dans un geste d'argumentation juridique ?

Voir :

Yves Pinart avait plusieurs raison de faire représenter saint Yves : non seulement c'était son saint patron, mais il tenait son prénom de deux de ses ancêtres Yvon Pinart seigneurs du Val depuis le XIVe siècle. En outre, saint Yves de Kermartin était le patron des juristes, et il était docteur en droit. Et encore, la rue des Nobles se prolongeait par la rue Saint-Yves.


 


 

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

II. LE DEUXIÈME ÉTAGE.

 

6. Sainte Barbe tenant sa tour.

Sainte Barbe propose les édifices de la foudre, et les fidèles des risques  d'explosion, ou, plus largement, de mort subite. C'est une sainte majeure de nos églises et chapelles, incontournable avec sainte Catherine dans les Livres d'Heures. Elle est reconnaissable à son attribut, la tour à trois fenêtres : elle fut enfermée en raison de sa foi chrétienne dans une tour, mais elle l'a fit percer de trois fenêtres pour affirmer son attachement au dogme de la Trinité.

Le sculpteur a souligné sa beauté et sa richesse de princesse par sa robe ajustée, son fin visage et sa longue chevelure, tandis qu'en la coiffant d'un turban il indiquait son origine orientale : elle vivait au IIIe siècle à Nicomédie, dans la Turquie actuelle.


 


 

 

 

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Les trois personnages profanes qui occupent le second étage sont d’une catégorie différente de celle de leurs coreligionnaires du premier étage. Certains détails plaident pour une installation largement postérieure à la date de construction de l’hôtel particulier. À l’exception du vieillard endormi, à droite, elles détonnent par leur facture nettement inférieure à celle des trois statues profanes du premier étage, qui sont d’une grande unité stylistique. L’espace occupé par ces trois statues devait à l’origine contenir une ornementation plus simple, comme des « choux fleuris »."

7. Homme accroupi, coiffé d'un chapeau large.

Ce personnage ne paye pas de mine avec son visage très fruste engoncé sous son chapeau. Il porte un vêtement chaud sur les épaules, une tunique courte et des bottes basses. Il fait fonction d'atlante.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

8. Homme en tunique, tirant la langue, en position de chevalier servant.

Ce jeune homme est une figure de la dérision puisqu'il grimace les bras croisés en tirant la langue. Son tablier indique-t-il qu'il est un artisan?

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

9. Homme barbu dans l'attitude du songeur, posture du chevalier servant.

On a proposé qu'il s'agisse de Jessé, père de David et  d'un emprunt à un édifice religieux doté d'un Arbre de Jessé.

"Le vieillard endormi doit correspondre à un élément d’arbre de Jessé. Ses dimensions excédant la hauteur « standard » expliquent qu’il ne repose pas sur une console. L’individu bras croisés du milieu ne tire pas gratuitement la langue aux passants, comme cela a été écrit, mais montre par son expression le poids qu’il porte sur ses épaules. Avec son chapeau au large bord relevé au-dessus de sa tête et sa cape, le personnage de gauche échappe à toute identification. 

Soulignons que les consoles sur lesquelles reposent ces deux dernières statues sont identiques, alors que l’artiste ou l’atelier qui réalisa les autres statues de la façade prit soin d’en varier les motifs et les dimensions. Cet élément supplémentaire plaide pour un apport postérieur. Remarquons que la Maison dite de la duchesse Anne hébergeait au début des années 1880 la boutique d’un antiquaire, contexte favorable à une telle modification de la façade. Des éléments de maisons démolies à cette époque ont pu être récupérés pour « compléter » la décoration. La statue de Jessé doit par contre provenir d’un édifice religieux." (source)

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

10. Sainte Catherine, sa roue brisée et son épée.

Sous un dais bien préservé, elle porte une couronne à fleurons, un manteau couvrant une robe de princesse, et ses attributs : l'épée de sa décollation et la roue brisée de son supplice.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

11. Le décor des autres poteaux.

Les poteaux intermédiaires alternent leurs ornements en rangs de perles, en feuilles, ou en tuiles, et en écailles.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Selon Daniel Leloup, ces fûts à décor d'écailles est une constante du vocabulaire des maîtres sculpteurs morlaisiens. On les retrouvent sur le poteau de jonction de l'escalier conservé au Victoria et Albert Museum :

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

LES SCULPTURES INTÉRIEURES.

Il est difficile de rendre compte des volumes de la demeure en raison du manque de recul, et pourtant, c'est l'organisation spatiale qui est passionnante à découvrir. Les galeries, qui déservent aux étages les pièces de réception des clients venus acquérir des créées, ou toiles de lin du Léon, s'appuient sur un seul pilier central monoxyle, comme celui conservé au Victoria et Albert Museum  de Londres : Il s'élève sans être appuyé à son extrémité supérieure, qui est sculptée (ici d'un Jean-Baptiste). Placer ce pilier et l'étayer était le premier acte de la construction, sur lequel venait s'étager du bas vers le haut des échafaudages, et même le colombage des façades.

Galeries présumées du 17 Grand'Rue à Morlaix. V&A Museum, Londres

Cet escalier  occupait un hall central fermé et reliait les pièces donnant sur la rue à celles de l'arrière, donnant sur une cour. Le poteau d'escalier décalé, bien visible, est orné d'un mélange de motifs de la fin du Moyen Âge et représente un évêque, saint Clément, un roi de France et saint Jean-Baptiste (en haut), peut-être le saint patron du premier propriétaire. Les balustrades encadrent des panneaux à plis de serviette, très répandus en Europe du Nord entre 1460 et 1550, et sont surmontées de figures représentant sainte Catherine, des paysans et des animaux dont des dragons. Richement sculptés et faiblement éclairés par le bas, ces escaliers devaient créer un effet magnifique dans cet espace haut et étroit.

J'emprunte cet écorché au site Baie de Morlaix : le pan manquant est celui ou s'élève l'immense cheminée qui chauffe tout le hall.

 

Voir aussi une maquette au 1/10e réalisée par des élèves du lycée de Quintin:

 

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Je décrirai deux ensembles d'éléments sculptés : les sculptures du pilier et des galeries, en bois. Et celles, en pierre, des deux frises de la cheminée.

 

I. LES SCULPTURES EN BOIS.

On trouve sur le pilier, de bas en haut :

un ange à écusson

un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes

une tête isolé

saint Yves, assis, tenant un phylactère 

saint Roch et son Roquet (1ère galerie)

Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson

un saint  tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)

Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson

saint Christophe (3ème galerie).

Saint Michel (3ème étage couronnement de la poutre centrale)

Sur les galeries :

un acrobate tenant un tonnelet

un homme buveur.

un homme sauvage portant un écu

Sur les murs :

un crucifix

Samson et le lion

Un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes puis une tête isolée.

Remarquez les gardes-corps à panneaux de serviettes plissées.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Ce motif m'a beaucoup intrigué mais hélas je n'ai pu l'élucider, car le personnage occupant la chaire est partiellement détruit. Globalement, il m'a évoqué les scènes de Renart prêchant aux poules, mais c'est à l'évidence autre chose. Les crânes font-ils allusion aus prédications de saint Vincent Ferrier sur la mort. Sur le garde-corps de ce que j'appelle la chaire, on voit une série de barres qui peuvent évoquer les doigts d'une main.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Les sculptures des maisons à pondalez de Morlaix. I. La maison de la Duchesse Anne.

Je ne m'explique pas non plus cette tête sans corps. La série de références codées m'échappent. Un saint dont la tête fut tranchée? Un saint céphalophore? Denis? Mélar ? La tête d'un roi piétinée par sainte Catherine??

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Un clerc tenant un phylactère : saint Yves.

Ce personnage partage avec saint Yves la coiffure (barrette de docteur), le camail recouvrant la tête, et la cotte talaire. Il ressemble au saint Yves de la façade extérieure.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Un ange présentant un écusson.

 

Les armoiries d'Yves Pinart étaient un fascé ondé d'or et d'azur de six pièces au chef de gueules chargé d'une pomme de pin d'or. Mais Daniel  Leloup a montré que depuis 1451-1456,  les nobles de Morlaix, lorsqu'ils se consacraient au commerce, appartenaient alors à la "noblesse dormante" et abandonnaient leurs prérogatives, comme celle d'afficher les armes. Ils n'étaient plus exemptés d'impôts.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Poteau de jonction de l'escalier du 1er étage. Saint Roch montrant le bubon pesteux de sa cuisse droite, que désigne un ange ; son chien roquet lui amène un morceau de pain.

Le saint protecteur de la peste, barbu, est coiffé du chapeau des pèlerins vers Rome, dont il tient le bourdon et dont il porte la pèlerine.

 

 

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Ornements intermédiaires. Un ange tenant un écusson.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Un saint  tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)

Saint Nicolas est le patron des marins, et donc des armateurs et du commerce maritime. On retrouve sa statue en façade du 9 Grande Rue à Morlaix (en évêque avec les 3 enfants dans le chaudron). Au 17 Grande-Rue, c'est le pape saint Clément également patron des marins qui est représenté tenant une ancre.

Victoria & Albert Museum

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Saint Christophe portant l'Enfant-Jésus et traversant le gué, s'appuyant sur son bâton.

Saint Christophe est le patron des voyageurs.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Je ne présenterai pas de cliché du Saint Michel terrassant le dragon du couronnement du poteau, car l'accès au troisième étage n'est pas autorisé aux visiteurs. Voici saint Jean-Baptiste, sculpture sommitale du 17 rue du Mur (V&A Museum).

 

LES AUTRES ÉLÉMENTS SCULPTÉS.

1°) Sur les autres montants des galeries.

 

Poteau d'huisserie du 1er étage. Un acrobate tirant la langue et tenant un tonnelet.

Le motif de l'acrobate est très répandu sur les sablières, crossettes des églises, ou en ornement des manoirs et châteaux. Le thème du buveur l'est tout autant. Mais il est rare que les deux soient associés.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Un homme en position de chevalier servant, coiffé d'un chapeau rond et buvant à une bouteille. 

Le chapeau est ornementé d'un gland de passementerie. Le nez du personnage est épaté. Autre dénonciation du vice de l'ivresse.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Deux hommes sauvages à genoux, gourdin en main, tenant un écu non gravé.

Nous retrouvons le thème de l'homme sauvage remarqué sur la façade extérieure. 

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Les poteaux de jonction sont ornés de feuilles quadrilobées et de rubans  à incrustations de perles.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

2°) sur les murs.

Samson et le lion.

Il s'agit sans doute d'une pièce de collection d'antiquaire d'origine exogène.

 

 

 "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Homme supportant le corbeau (atlante)

La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Pièce à l'étage de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Pièce à l'étage de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

LA CHEMINÉE DE LA COUR INTÉRIEURE.

Cette cheminée est ornée de deux frises, l'une sur le manteau, l'autre à mi-hauteur. Ces frises montrent des vignes (les feuilles alternent avec des grappes) dont les tiges partent de la bouche ou des mains de masques grotesques aux yeux exorbités qui en occupent les angles.

 

 

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

SOURCES ET LIENS.

 

https://www.14grandrue.eu/14grandrue.eu/Divers.html#3

— « La façade [archive] », sur mda-morlaix.com, Maison dite de la duchesse Anne - Morlaix, 2006 

https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.mda-morlaix.com%2Findex.php%2Ffr%2Fun-hotel-particulier-du-debut-du-xvie-siecle%2F80-the-house%2F72-the-facade

— Base PALISSY PA00090135, 64 photos

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090135

—Baie de Morlaix

https://www.baiedemorlaix.bzh/fr/planifier/les-maisons-a-pondalez-de-morlaix/

https://www.baiedemorlaix.bzh/fr/activite/maison-dite-de-la-duchesse-anne-pcubre029v53ktza/

"La ville de Morlaix, fréquentée dès l’époque romaine, n’est au XIIe qu’une simple bourgade de pêcheurs qui entre définitivement dans le Duché de Bretagne en 1187. Ville prospère grâce à ses actifs armateurs, elle subit de nombreuses invasions et pillages jusqu’à la construction, au XVIè siècle, du Château du Taureau pour protéger la baie. La Grand rue garde, dans sa configuration actuelle, l’image de la riche cité médiévale telle qu’elle a perduré au-delà de la Renaissance, même si aucune des constructions qui la bordent n’est antérieure au XVIè siècle.

Il semblerait, que dès le XVè siècle, on voit à Morlaix, se construire des maisons d’un genre particulier qu’on ne rencontre dans aucune autre ville de Bretagne et qui, dans cette ville, est, dès le XVIè siècle, très répandu.

Construites par des marchands, des négociants en toiles de lin, fines toiles appelées crées, spécialité du Léon, ces maisons à pans de bois, se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties :

-un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue,

-un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur

-et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXè siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.

 

Une grande cheminée en pierre richement moulurée occupe un des murs mitoyens sur la hauteur de plusieurs étages, tandis que, lui faisant face dans un angle du vide central, l’escalier représente une permanence du genre : il est composé d’une vis, ensemble de marches pleines, assemblées sur un noyau cylindrique et d’une série de passerelles accrochées à l’escalier par l’intermédiaire d’un poteau d’angle, élément sculpté qui caractérise la maison et se termine par une représentation du saint patron, protecteur du propriétaire. Des passerelles, ou « ponts d’allée », permettent d’aller de l’escalier à la partie arrière."

La Maison dite de la duchesse Anne, à Morlaix, en Bretagne, offre un exemple particulièrement bien conservé de maison à lanterne, principe architectural emblématique de la ville à la Renaissance.

Le visiteur y découvre la lanterne – cour intérieure couverte – abritant une cheminée monumentale et un escalier en vis, en chêne richement sculpté, qui garantit le passage entre les pièces de l’avant et celles de l’arrière, ainsi sur trois étages.

Le 28 mai 1883, Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, signait le décret de classement « au nombre des Monuments historiques » de la Maison dite de la duchesse Anne. Le premier monument morlaisien à bénéficier de cette mesure de sauvegarde et le seul de tout le 19e siècle.

Demeure de famille noble, bâtie vers 1530, la Maison dite de la duchesse Anne a échappé in extremis à la destruction programmée dans le cadre de lourds travaux d’urbanisme. Elle doit sa sauvegarde à l’intérêt suscité par sa cour couverte – sa lanterne – qui abrite son remarquable escalier sculpté.
Cet escalier unique en son genre, objet d’admiration, a suscité ce commentaire élogieux de Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments historiques, le découvrant lors de sa visite de la ville en 1835 :
« Dans une maison de la rue des Nobles (aujourd’hui rue du Mur) on voit un magnifique escalier gothique, en bois, du quinzième siècle, parfaitement conservé, quoique d’un usage journalier. Ses ornements, variés à chaque étage, sont d’une délicatesse inouïe. Je n’avais jamais rien vu de plus parfait et de meilleur goût. »
Aux yeux des urbanistes, cette notoriété ne devait pas préserver l’édifice de la démolition. Tout au plus imaginait-on démonter l’escalier pour en assurer au moins la conservation. Ce fut le mérite d’Henri de Lestang du Rusquec de saisir toute l’importance du maintien de l’escalier en l’état, sur place, dans l’écrin constitué par la maison.
Henri de Lestang du Rusquec (1822-1906), maire de Sibiril, propriétaire du château de Kerouzéré, qui fut classé le même jour que la Maison dite de la duchesse Anne, en fit l’acquisition en octobre 1882 et obtint son classement huit mois plus tard.

Quelle ironie que celle de ce « crime d’avancer de quelques cinquante centimètres sur l’alignement imposé », soulignée par l’illustrateur et romancier Albert Robida, heureux de constater que « ce beau spécimen des riches maisons du Morlaix d’autrefois » ait pu finalement être préservé et restauré.
Pour le plus grand plaisir des amateurs du patrimoine, de l’art et de son histoire, la Maison dite de la duchesse Anne commet toujours ce crime. Elle devrait le commettre encore de très nombreuses années grâce aux travaux de restauration programmés qui permettront d’ouvrir de plus larges espaces à la visite tout en assurant sa pérennité.

La Maison est ouverte du jeudi au samedi, de 14 h à 17 h, jusqu’aux vacances de Pâques.
A partir du 8 avril, la Maison sera ouverte du mardi au samedi, de 14 h à 18 h, même les jours fériés.

Infos pratiques 33, rue du Mur, 29600 Morlaix Téléphone : 02 98 88 23 26

— DEMEURE HISTORIQUE

https://www.demeure-historique.org/collectes/maison-de-la-duchesse-anne/

La Maison dite de la duchesse Anne, fleuron du patrimoine de Morlaix (Finistère) situé dans l’ancien quartier des halles, a été bâtie vers 1530. Il s’agit du plus bel exemple conservé de maison à lanterne, type d’architecture caractéristique du Morlaix de la Renaissance. Le terme de lanterne désigne la cour couverte au centre de l’édifice, à l’origine éclairée par une suspension. Cette cour est ici particulièrement remarquable par sa hauteur de seize mètres, son escalier à galeries « à pondalez » tout en chêne, richement sculpté, haut de onze mètres et sa cheminée monumentale. Le terme « pondalez » désigne à Morlaix les galeries menant de l’escalier à vis vers les pièces de l’arrière. Cet ensemble unique par sa qualité justifia la préservation in extremis de l’édifice par son classement au titre des monuments historiques dès 1883. Il est ouvert à la visite de façon continue depuis 1983.

— LELOUP (Daniel), 2015, Demeures remarquables en Bretagne. Les maisons à pondalez du siècle d'or, Morlaix. Ed Skol Vreizh

— MUSEE DE MORLAIX Dossier de presse

https://musee.ville.morlaix.fr/wp-content/uploads/2015/05/Dossier_Presse_Maison%C3%A0Pondalez_2015.pdf

—OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/les-maisons-pondalez-des-joyaux-au-coeur-de-la-ville-3566072

Chacune de ces maisons, construites en bois, nécessitait d'abattre un hectare de forêt de chêne. Un matériel robuste et moins inflammable que d'autres essences. Dans la maison à Pondalez, chaque marche pèse 80 kg. Le pilier qui tient l'escalier est réalisé en un seul tenant, dans un tronc de plus de 10 mètres.
Derrière le viaduc, blottie dans une vallée, la ville de Morlaix a conservé ses maisons à pans de bois ou à colombages. Certaines sont à pondalez. Elles datent du XVIe siècle. Les deux plus connues et les mieux conservées sont la maison dite de la duchesse Anne, rue du Mur, et la maison à Pondalez, Grand rue, qui fait partie du musée de Morlaix.

Pour constater la particularité de ces habitations, il faut y rentrer. À l'intérieur, une pièce principale, dont la hauteur de plafond représente une dizaine de mètres, et un escalier en vis, menant aux chambres. « Pondalez signifierait en breton corridor ou pallier. En français, on disait le pont pour aller d'un côté et de l'autre de l'habitation », explique un des guides du musée de Morlaix, Philippe Pogam. La grande cheminée centrale est aussi un élément marquant de leur architecture.

Ces habitations appartenaient à des nobles, qui ont abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. « Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm », décrit Philippe Pogam.

La maison de la duchesse Anne était à l'origine un hôtel particulier. Elle a appartenu à plusieurs propriétaires avant d'être en possession de la famille Lahellec. Elle a été habitée jusqu'en 1983. Un étage sur trois et la grande salle sont ouverts au public. Les propriétaires aimeraient ouvrir les cuisines et les jardins. Ils font des recherches sur la date de construction de l'édifice.

Au plus fort de la période, il y en aurait eu une centaine à Morlaix. Au fil des années et des successions, elles ont été modifiées ou détruites. À la crêperie Atypik Bilig, place de Viarmes, et au bar le Ty Coz, place Alliende, l'escalier est encore visible. Il y en a aussi rue Longue, rue Basse, rue Ange de Guernisac. "

—Maisons d'alsace en bois

https://www.couloirs-du-temps.com/2019/10/25/decors-des-poteaux-corniers/

—VIOLLET-LE-DUC, Dictionnaire d'architecture

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Poteau

—VIDEOS

https://www.youtube.com/watch?v=r4pdE5FwGbQ

— VICTORIA & ALBERT MUSEUM

https://collections.vam.ac.uk/item/O55930/staircase-unknown/

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Published by jean-yves cordier - dans XVIe siècle. Acrobate Sainte Barbe. Saint Christophe. Saint Yves Fou.
18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 10:55

La renaissance en 2026 de la cloche Marie-Jeanne de Rumengol fondue en 1899.

Voir :

PRÉSENTATION

Parmi les quatre cloches de l'église Notre-Dame de Rumengol, très célèbre lieu de dévotion du Finistère dans la commune du Faou, deux ont été fondues par Adolphe Havard avec la collaboration de Le Jamptel en 1899, « Marie-Jeanne », elle sonne un La3 pour 84,1cm de diamètre et un poids de 280 kg et « Marie-Françoise », qui chante un Si3 pour un diamètre de 74, 5cm. et un poids de  400 kgs.

L'entreprise de Morieux (Côtes d'Armor) Art Camp', chargée de la maintenance des cloches, a remarqué en 2023 un problème de corrosion de l'anse de Marie-Jeanne qui menaçait son intégrité. Elle avait été mise à l'arrêt pour éviter tout risque de chute.

Exemple d'une anse ancienne provenant d'une autre fonderie avec un problème de corrosion. Fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

La Mairie du Faou avait le choix entre la fonte d'une nouvelle cloche, sa restauration, la copie à l'identique de l'ancienne cloche en fac-similé, ou sa "renaissance", un concept patrimonial récent par lequel les caractéristiques techniques et d'ornementation sont conservées, où une partie du bronze de la cloche ancienne est utilisée, mais par une fonte nouvelle assurant les garanties des fonderies actuelles.  Une souscription publique fut lancée pour une somme de 12 000 €.

C'est ce dernier choix qui a été fait puisque le coût est inférieur à une nouvelle cloche car on récupère une part du métal, et l'attachement au patrimoine campanaire y trouve son compte. On palie à la cause qui a conduit sans doute à la félure de l'anse par oxydation.

La réalisation a été confiée, par l'intermédiaire d'Art Camp', à la fonderie Paccard, d'Annecy, campaniste depuis 1796, qui peut s'enorgueillir des plus belles réalisations nationales et internationales.

Plaque aux carillonneurs de la fonderie Paccard. Cliché lavieb-aile.
Verrière aux carillonneurs de la fonderie Paccard. Cliché lavieb-aile.

 

La fonte qui a eu lieu le 22 janvier 2026 a été commentée par Philippe Paccard à la délégation municipale menée par le maire du Faou Ludovic Lassagne.

Elle avait été précédée bien-entendu par la spectaculaire descente de Marie-Jeanne de son clocher le 10 juillet (voir la vidéo) et par son transport à Annecy (Art Camp') .

Puis se succédèrent les étapes habituelles de la réalisation d'une cloche (texte venant du site Paccard) : 

  • confection du "noyau",  la partie du moule qui représente l’intérieur de la cloche construit en briques habilement disposées, cerclées avec du fil de fer et recouvert d’argile. Après la coulée, le noyau remplira entièrement l’intérieur de la cloche. 
  • confection de la "fausse cloche", cette partie du moule, en terre friable, représente la cloche elle-même, qui va tenir provisoirement la place de la future cloche et en a les mêmes dimensions, et la même épaisseur .

  • Mise en place de l’ornementation et les inscriptions, en cire et en relief selon la  technique de la cire perdue. Les inscriptions reprennent celles de Marie-Jeanne, mais le nom du fondeur de 1899 est remplacé par celui de la fonderie Paccard (et du logo d'Art Camp'). Les médaillons et les croix de baptême ne sont pas reproduites sauf pour l'Assomption et pour les cœurs couplés du Sacré-Cœur qui ont été moulés, et reproduits en cire. Ce n'est pas une copie, et la nouvelle cloche ne portera ni les armoiries papales, ni deux autres décors christiques. La frise supérieure de vignes et grappes sera reprise, et complétée par le même motif en frise inférieure sous la faussure.

  • Réalisation de la "chape",  partie supérieure du moule qui va recouvrir la fausse cloche. Elle est également en terre et formée de couches successives. Les premières couches sont obtenues au moyen d’une terre très fine, presque liquide, que l’on nomme  « potée » . Ensuite, on continuera la fabrication de la chape avec de la terre glaise, plus épaisse, armée de chanvre, qui assurera à l’ensemble une plus grande solidité.

  • On procède alors à la cuisson du moule, opération qui fera fondre les décorations en cire placées au préalable et dont les empreintes resteront en creux et à l’envers dans la chape.

    Le moule étant terminé. Alors, va-t-on procéder aussitôt à la coulée ? Pas encore. Ici se place l’opération du démoulage. La fausse cloche, avons-nous dit, remplace provisoirement la future cloche en bronze ; elle n’est alors utile que pour la fabrication de la chape. Le moment est donc venu de l’enlever. A l’aide d’un palan, on soulève la chape et l’on brise la fausse cloche. La chape est alors replacée sur le noyau. Entre ces deux parties du moule et grâce à une portée minutieusement établie, il reste un vide créé par la disparition de la fausse cloche. C’est ce vide que viendra occuper le métal en fusion lors de la coulée .

 

  • Maquette de démonstration du noyau, de la fausse cloche et de la chape, musée Paccard. Cliché lavieb-aile.
    Maquette de démonstration du noyau, de la fausse cloche et de la chape, musée Paccard. Cliché lavieb-aile.

     

 

Moule de silicone et décor, musée Paccard. Cliché lavieb-aile.

 

Pose des lettres d'une inscription en cire perdue, entreprise Paccard. Cliché lavieb-aile.

 

Puis vient le grand jour de la fonte.

 

 

 

Le maire du Faou Ludovic Lassagne assistant à la fonte de La cloche Marie-Jeanne, à la fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Le maire du Faou Ludovic Lassagne assistant à la fonte de La cloche Marie-Jeanne, à la fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Ce moment est commenté à l'équipe municipale du Faou par Philippe Paccard lui-même.

Philippe Paccard commentant la fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Philippe Paccard commentant la fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Les anses de l'ancienne Marie-Jeanne vont être placées dans la cuve de métal en fusion : moment symbolique confié au maire et à l'association Tenzorioù Bro Ar Faou  !

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Un morceau de l'anse de l'ancienne Marie-Jeanne qui va être fondu. Fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Un morceau de l'anse de l'ancienne Marie-Jeanne qui va être fondu. Fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Les anses sont placées au bord de la cuve : dans un instant on pourra dire "feu marie-Jeanne"!

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Le bronze fondu est versé dans un verseur.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Lorsqu'il est rempli, un pont roulant l'entraîne au dessus du moule.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

La coulée du bronze dans le moule.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Robin tourne le volant du verseur tandis que Valentine contrôle sa position. David tient la commande du pont roulant. Louison va retirer la quenouille et la coulée débute. Elle ôte progressivement les impuretés (scories) qui remontent à la surface car elles sont plus légères. Par deux évents, l'air du moule s'échappe, accompagné des fumées et flammes de la cire d'abeille en fusion. Cela va très vite, et on ne peut s'empêcher de les applaudir.

La renaissance de la cloche Marie-Jeanne de Rumengol.
Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

La renaissance de la cloche Marie-Jeanne de Rumengol.
La renaissance de la cloche Marie-Jeanne de Rumengol.

On va laisser la cloche refroidir cinq jours dans son moule, puis vient le moment très émouvant aussi du décochage.

Un fondeur frappe vigoureusement sur le moule, et peu à peu les briques réfractaires en tombent.

 

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Il continue, il frappe en haut, en bas, devant, derrière,

et soudain, la cloche se détache et tombe sur le sol. Quelle émotion !

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Voici la cloche à côté du moule vide.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

La voilà, toute grise et terne et pas débarbouillée.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Ensuite, la cloche va être sablée et poli. Quelle est belle!

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Et enfin, moment capital, Philippe Paccard va  l’accorder en ôtant de la matière. À quelques centièmes de tons près, car c'est un musicien très exigeant et à l'oreille très fine. Et un geste malheureux de meulage serait fatal, car on peut ôter du bronze, mais non revenir en arrière.

La nouvelle "Marie-Jeanne" déposée en l'église de Rumengol en mars 2026 après sa renaissance.

MARIE-JEANNE EST MORTE, VIVE MARIE-JEANNE!

 

 

 

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

LIENS

https://www.intramuros.org/lefaou/actualites/817045

https://www.intramuros.org/lefaou/actualites/790293

https://www.facebook.com/watch/?v=1370685094299772

https://www.facebook.com/watch/?v=1954553642126010

https://www.art-camp.com/

https://paccard.com/

https://www.youtube.com/watch?v=z9EBzLWj6-0&t=12s

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faou

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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