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26 août 2022 5 26 /08 /août /2022 20:38

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët.

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a. Les articles sur la chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët :

 

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b. Les vitraux de la chapelle Sainte-Barbe , Le Faouët:

 

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c. Chapelle Saint-Sébastien, Le Faouet.

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d. Eglise du Faouët.

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e. le Musée du Faouët.

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PRÉSENTATION.

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Tous les jubés ou clôtures de chœur que j'ai visité en Bretagne comportent, de chaque côté, une table d'offrande. C'est donc le cas pour le jubé de la chapelle Saint-Fiacre, le plus ancien des jubés en bois de Bretagne (1480).

On (j'ignore qui et depuis quand, cf. lithos) a placé sur la table d'offrande de droite une statue du duc Jean V agenouillé, tandis que celle de gauche accueille un retable en granite polychrome représentant le martyre de saint Sébastien. Ce dernier est déjà visible sur les lithographies de 1845 et de 1865 : est-ce son emplacement originel ? Avant même l'installation du jubé, qui est établi, sur le pilier, en s'encastrant dans une niche crédence antérieure ?

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Léon Gaucherel (1816-1886) : Eglise Saint-Fiacre Le Faouët (lithographie, tirée chez Thierry frères à Paris, 1845)

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Jubé de la chapelle Saint-Fiacre près du Faouët (Morbihan) - Lithographie de FICHOT, d’après un dessin de Félix BENOIST, publiée dans La Bretagne contemporaine, Nantes, 1865, t.II

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D'après cliché GFreihalter Wikipedia

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Ce retable provient de l'atelier ducal du Folgoët et sa datation est estimée par Le Seac'h vers 1450 : c'est dire son intérêt. En outre,  sa beauté m'émeut beaucoup, et répond, par sa peinture écaillée, à mon goût pour l'esthétique de l'usé, du fané et du souffrant.

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Au même atelier dit du Folgoët, actif dès 1423, sous le mécénat du duc Jean V,  à la collégiale du Folgoët (1423-1468), aux porches en granite de la cathédrale de Quimper(1424-1442) et du Kreisker de Saint-Pol-de-Léon (1436-1472), de Kernascléden (1433-1464), de Quimperlé (1420-1450) et de Notre-Dame-des-Portes (1438) ou aux porches en kersanton de La Martyre et de Rumengol, est attribué le porche sud en granite de la chapelle Saint-Fiacre, daté par son style gothique flamboyant vers 1450.

C'est aussi au même atelier que sont attribués les deux gisants conservés en l'église du Faouët, datés vers 1425 et représentant Bertrand de Trogoff et son épouse Perronnelle de Boutteville.

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Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Ce retable adossé à la pile nord-ouest de la croisée du transept et de la nef présente un haut-relief du martyre de saint Sébastien.

Il mesure 1,42 mètre de haut, 1,67 mètre de large et 24 cm de profondeur. Il est composé de trois hauts blocs principaux,  rectangulaires, et d'un appareillage en partie haute d'une dizaine de pierres. Il est mouluré sur les trois côtés non portants.

Les trois personnages en ronde-bosse sont placés sur des consoles de hauteur inégale, celle où est placée saint Sébastien étant la plus haute. Celle de droite est finement sculpté de croisillons, "une frise de feuilles de choux plates au dessin systématisé" pour Le Seac'h.

Les traces de polychromie sont abondantes et associent le blanc (pour les carnations), l'ocre jaune, le rouge (pour les lèvres), noir (pour les yeux), et un très beau bleu turquoise pour le tronc de l'arbre, les bas-de-chausses de l'archer de gauche et pour les feuilles et tiges des rinceaux.

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Le thème : le martyre de saint Sébastien.

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On sait que ce saint est invoqué pour lutter contre les épidémies de peste, au même titre que saint Roch, car les blessures de flèche évoquent les plaies et lésions de cette maladie. C'est dans le cadre de ce culte que sera construite, un siècle et demi plus tard (1598-1608) la chapelle Saint-Sébastien du Faouët lors d'épidémies de pestes.

On notera que la chapelle Saint-Fiacre s'est élevée près d'un ancien hôpital, ou un hébergement de pèlerins, dont témoigne une inscription lapidaire sur une maison voisine : LAN MIL CCCC XXXVI FUST FAIT CEST OSPITAL PAR C[BOUTE]VILLE. Il faut probablement attribuer aux Boutteville, famille normande passée dès le XIIIe siècle au service des ducs de Bretagne, l'introduction du culte de saint Fiacre, saint invoqué  contre les maladies de peau. Une fontaine située à 500 mètres de la chapelle a été redécouverte en 1979 ; il s'agit d'un ensemble exceptionnel de trois bassins, un véritable établissement thérapeutique dédié aux maladies de la peau" (J.J. Rioult 2021).

Le culte de saint Sébastien  est présent dans toute l'Europe. Et ses statues  sont aussi fréquentes dans les églises et chapelles que ses enluminures et prières d'invocations le sont dans les Livres d'heures.

https://www.persee.fr/doc/mefr_1123-9883_1997_num_109_2_3587

Il est représenté seul, les bras et les jambes liées à un arbre ou une colonne, et le corps nu transpercé de 5 à 7 flèches, ou bien entouré, dans la même posture, de deux archers bandant leur arc.

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Description.

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Saint Sébastien a les mains liées derrière le dos à un tronc d'arbre. Il est vêtu d'une simple culotte moulante à braguette distincte et ceinture serrée par deux lacets.

"Les côtes sont apparentes comme pour le Sébastien de Daoulas (atelier du Folgoët)  et celui du porche des Hommes de Kernascléden ( 1433-1464).

Son corps dégage une impression de vigueur caractéristique  de l'atelier avec un galbe musculaire marqué. Les cheveux sont coiffés en calotte, court sur le front et derrière les oreilles. Les yeux, le nez et les fossettes sont aux formes habituelles de l'atelier. Le pavillon des oreilles est large  comme sur les quatre évêques de la façade méridionale du Folgoët. Le saint esquisse un léger sourire qui est accentué par le carmin des lèvres et le sourcil  gauche en accent circonflexe." (E. Le Seac'h)

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La description d'Emmanuelle Le Seac'h, dont la préoccupation majeure  et bien légitime est de rattacher diverses œuvres, dont celles-ci, à l'atelier du Folgoët pour en dresser le catalogue critique, attribue "l'impression de vigueur" et le galbe musculaire marqué au style de cet atelier, mais par contre, il me faut souligner que cette constitution athlétique est propre au sujet iconographique lui-même. Saint Sébastien, qui était considéré comme un Athleta Christi,  est  représenté depuis le XVe siècle torse et jambes nues, c'est un éphèbe apollinien dont la virilité est, sans jeu de mots, un attribut au même titre que sa beauté solaire. Mais cette virilité est ambiguë, atténuée par une androgynie des traits, et souvent mais non ici par un  de la posture en contrapposto.

Un autre attribut (outre l'arbre auquel il est attaché, les flèches et les archers) est ce "léger sourire" qui, tout en participant à la grâce du visage,  témoigne, dans les choix artistiques modérés, d'une belle indifférence aux blessures qui le frappent, et dans des choix plus accentués, de la satisfaction du saint de souffrir en martyre pour son Dieu.

 

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Un élément remarquable est l'absence de flèches, ou d'orifice de flèches, sur le corps du saint.

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Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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"Les pommettes hautes et la vêture des deux soldats sont similaires à celles rencontrées à Quimperlé sur la statue du duc Jean V ou au Folgoët sur celles des Rois Mages. L'archer de droite porte un pourpoint long aux plis verticaux, resserrés à la taille par une ceinture plate aux manches à gigots fendues pour l'aisance. Il est coiffé d'une calotte ronde. Il est sculpté de face tandis que ses membres et sa tête sont de profil. La marque médiévale se reconnaît ici dans la difficulté  à rendre les mouvements, dans le hiératisme des corps et la grande schématisation des visages qui tendent vers l'épure." (E. Le Seac'h p. 68)

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Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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De chaque côté, des rinceaux à feuilles larges peints en bleu-vert s'élèvent de la gueule d'animaux, exactement comme sur les moulures des porches sculptés par l'atelier. Du côté droit, où le motif est le plus visible, on reconnaît un dragon ailé. 

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Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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"Celui de gauche porte un chaperon enturbanné à un pan aussi appelé chapeau à bourrelet et à crête. Sculpté de profil, il porte une armure dont le plastron est arrondi  dans le bas et fendu sur les côtés et au milieu. "(E. Le Seac'h p. 68)

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Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Le retable de Saint-Sébastien (granite polychrome, vers 1450, atelier du Folgoët)  de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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ANNEXE : ICONOGRAPHIE.

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Saint Sébastien, atelier du Folgoët, parc de l'abbaye de Daoulas. Photo lavieb-aile.

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Statue en bois de saint Sébastien, chapelle de la Magdelene à Briec-sur-Odet. Photo lavieb-aile.

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Eglise du Tréhou. Photo lavieb-aile.

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Saint Sébastien, bois, XVIe siècle, chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photo lavieb-aile.

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Saint Sébastien, kersanton. Photo lavieb-aile.
Calvaire de Saint-Ségal. Photo lavieb-aile.

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Entrée triomphale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photo lavieb-aile.

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Entrée triomphale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photo lavieb-aile.

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Entrée triomphale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photo lavieb-aile.

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Entrée triomphale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photo lavieb-aile.

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Saint Sébastien, calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photo lavieb-aile.

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archer, calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photo lavieb-aile.

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archer, calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photo lavieb-aile.

 

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Saint Sébastien, kersanton, porche de Ploudiry. Photo lavieb-aile.

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Saint Sébastien, kersanton, atelier Prigent vers 1550. Chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photo lavieb-aile.

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Saint Sébastien, kersanton, atelier Prigent vers 1550. Chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photo lavieb-aile.

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Verrière de saint Sébastien, XVIe siècle, église de Plogonnec. Photo lavieb-aile.

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Saint Sébastien, kersanton, vers 1640, Roland Doré, calvaire de la Croix-Rouge ou Creis Ru de Dirinon. Photo lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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—GROER (Léon de). L'architecture gothique des Xve et XVIe s. dans les anciens diocèses de Quimper et de Vannes. Etude de quelques ateliers. Thèse Ecole des Chartes, 1943. Doc dactylographié inédit.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3370857s/f1.item.texteImage

 — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Pages 69 et 314.

 

—LEFEVRE-PONTALIS (Eugène),  1914. Le Faouët, chapelle de Saint-Fiacre, dans Congrès archéologique de France, LXXXIe session tenue à Brest et à Vannes en 1914 par la Société française d'Archéologie, Paris, 1919, p. 348-355.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4224131z/f512.item

— MOIREZ ( Denise),  Rioult (Jean-Jacques), 1965, La chapelle Saint-Fiacre du Faouët,  Dossier IA00008411 de l'Inventaire général du patrimoine.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-fiacre-le-faouet/4613b595-0f59-4fae-8e14-169027523909

Présentation :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00008411_01.pdf

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00008411_02.pdf

Jubé :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00008411_03.pdf

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00008411_04.pdf

Vitraux :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00008411_05.pdf

— Le Faouët et Gourin. Inventaire topographique. Paris, 1975, p 43-50.

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculptures Atelier ducal du Folgoët Le Faouët.
25 août 2022 4 25 /08 /août /2022 20:38

Les sablières (1600-1608), les blochets (1939), les inscriptions lapidaires (1598-1599) et les culots  de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56). Le pardon de 2015. 

Reprise complétée de l'article de 2015.

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Voir les autres articles sur le patrimoine du Faouët:

a. Les articles sur la chapelle Saint-Fiacre :

b. Les vitraux de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët:

c. Chapelle Saint-Sébastien

d. L'église du Faouët.

 

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PRÉSENTATION.

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Inscription de fondation.

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La chapelle Saint-Sébastien est située sur la commune de Le Faouët, ( Morbihan) au lieu-dit de « Saint-Sébastien », à 50 mètres de la route menant du Faouët à Rostrenen, entourée de bosquets sur le plateau qui domine la vallée de l' Ellée.

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La construction de la chapelle a commencé en 1598 comme l'atteste l'inscription en caractères romains  sur une pierre encastrée dans le parement externe du mur Nord :

 

« CESTE CHAPELLE FUT TR / OVEE . LE . 22 . IOVR :  DE / IVILLET .  ET COMMANCE / LE .  21 DE .  SEPTEMBRE /  1598 .  I POVLIQVIN GOVE / RNEVR ET RECTEVR. »

Cette inscription est accostée et surmontée d'un motif d'anneaux en chaîne formant frise.  Au dessus,  frise de godrons surmontés d'une corniche en talon. Juste en dessous de cette inscription se trouve la date 1599.

Un expert comme J.-Y. Copy interprète  la phrase "la chapelle fut trovée", d'un emploi rare, dans le sens "fut trouée" , par le creusement des fondations, tout en exprimant son embarras.  

La date correspond au règne de Henri IV  (1589-1610), et à la fin des Guerres de religion, puisque  l'Edit de Nantes a été promulgué en avril 1598, précédé en mars de la prise de Dinan et de la soumission des ligueurs bretons. En 1589 et 1598, le duc de Merceur avait tenté de se constituer une principauté autonome. (Françoise, la fille du duc de Mercœur épousera César de Vendôme, fils du roi et de Gabrielle d'Estrées). En 1595, Guy de Fontenelle s'était emparé du château de Crémenec en Priziac et écumait la région de Priziac et du Faouët.

Cette date est tardive si on la compare à celle de la reconstruction, au Faouët, de la chapelle Saint-Fiacre (1450), ou de l'édification de la chapelle Sainte-Barbe (1498, voûtée en 1512). Aussi pense-t-on que la chapelle Saint-Sébastien a peut-être été construite,  entre 1598 et 1608,  sur un édifice plus ancien dont les seuls vestiges sont les écus réemployés dans les vitraux. Il s'agit des écus parti de France et de Bretagne (Anne de Bretagne, 1491-1513),  ceux des Bouteville (d'argent à cinq fusée de gueules) plein timbré d'une couronne comtale et encadrées de palmes, et parti de Bouteville (brisé d'une cotice d'azur) et de ?. Or, les Bouteville ne sont plus seigneurs du Faouët depuis le mariage de l'héritière du titre Jeanne de Bouteville, avec le marquis de Goulaine en 1559.

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Nous allons découvrir dans les sablières les dates de 1600 (deux fois) et 1608, indiquant que la charpente a été terminée au plus tard en 1608, dix ans après le début du chantier.

La couverture, la charpente, le lambris, et les vitraux ont été restaurés de 1920 à 1939.

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Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 écu parti de France et de Bretagne, armoiries  pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
 écu parti de France et de Bretagne, armoiries  pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

écu parti de France et de Bretagne, armoiries pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 

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La chapelle, dédiée à Saint Sébastien protecteur de la peste, a probablement été bâtie en réaction à l'épidémie de peste de 1598, que relate le chanoine Jean Moreau dans ses Mémoires des guerres de la Ligue en Bretagne. L'épidémie est attestée en 1598 à Pontivy, Malguénac et Vannes, et en 1605 à Vannes.

Photo Wikipédia Lanzonnet

 

La chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 28 décembre 1934.

 

L'édifice est en forme de croix latine, à large nef unique et chœur polygonal (trois pans et une travée droite à larges croisillons). Des contreforts angulaires sont amortis par des pinacles et ornés de gargouilles sculptées. Le chevet à trois pans-pignons est de type "Beaumanoir" du nom des maîtres d'œuvre  originaire de la région de Morlaix, mais dont l'influence s'étend jusqu'ici. On peut y voir une belle poutre de gloire. Le mobilier est constitué de quatre niches-crédences, un bénitier, un autel, un maître autel et un retable. Mais l'édifice est surtout remarquable par le décor de ses sablières.

La charpente : L'espace intérieur est couvert par une charpente lambrissée en berceau plein cintre nervuré, à fausses voûtes d'ogive sur la croisée et l'extrémité du chœur. Ligne de faîte ornée de boutons moulurés ; entraits à engoulants, sablières historiées, blochets et culots du chœur figurés. Ainsi, un siècle après la construction de la chapelle Sainte-Barbe, la voûte a été abandonnée, mais on a cependant conservée les piles de la croisée, le colonettes du transept et les culots en tas-de-charge du chœur, en leur donnant la fonction de supports des blochets et des retombées des fausses voûtes. ces retombées semblent découler directement de l'influence locale des chapelles de Saint-Fiacre et de Sainte-Barbe. (d'après Inventaire Général, 1975)

 

 

Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.
Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.

Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.

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Inscription de la niche-crédence du mur sud du chœur.

 

POVLIQUIN  1599

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Il s'agit du nom du recteur mentionné ultérieurement.

 

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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LES SABLIÉRES.

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Elles font la réputation de cette chapelle, et les motifs de la danse bretonne et du joueur de cornemuse, de la chasse au sanglier, du jeu de bâton, ou du martyre de Sébastien font l'objet d'études spécialisées. Mais je n'ai pas trouvé, en ligne, d'étude systématique des 22 sablières exécutées entre 1600 et 1608 par Gabriel Brenier. Ce dernier s'est inspiré, pour divers motifs, du jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët.

 

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LES SABLIÉRES DE LA NEF.

 

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Nous avons affaire, je crois, à une charpente "à chevrons-formant-fermes" à la voûte, non lambrissée aujourd'hui, en carène : les entraits découpent les sablières en ensembles (correspondants aux travées ) qui ont leur propre cohérence iconographique.  Je compte ainsi quatre ensembles pour chaque coté de la nef, le dernier (vers le chœur) étant de moitié plus court. Je les décrirai d'ouest en est, en avançant vers le chœur. Dans mon décompte, je pars de la première sablière décorée, sans tenir compte de la travée de la tribune.

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I. Sablières du coté nord de la nef.

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Nous trouvons successivement :

  • Décor géométrique

  • Chaîne de danseurs et danseuses.

  • Jeu du bâton breton, et inscription.

  • Masque et rinceaux.

 



 

Les sablières portent plusieurs dates ainsi que l'inscription :

« FAICT PAR GABRIEL BRENIER L'AN 1608. »

Sablières et entraits ,  coté nord de la nef, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablières et entraits , coté nord de la nef, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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1. Composition géométrique.

 

 

 

Frise de sept carrés divisés par des diagonales et ponctuées de ronds en creux et en bosses. Décor périphérique de quadrilobes et de tirets en I.

 

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Sablière première travée nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière première travée nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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2. Chaîne ouverte de danseurs et danseuses.

 

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C'est sans-doute la scène la plus connue, notamment grâce à une exposition organisée par l'association Dastum. Une sarabande est menée par conduite  à droite d'un joueur de cornemuse.

Pris sur Wikipédia : " Les costumes portés par les personnages sont représentatifs de ceux portés par l'aristocratie et la bourgeoisie au tout début du xviie siècle. Les danseurs de la sarabande portent chapeau à bords relevés, pourpoint et culotte bouffante tandis que les danseuses sont coiffées d'une barrette terminée en pointe sur le front. L'une d'entre-elle, celle au centre, porte même busc à la taille, fraise et larges jupons"

 

Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Chaîne de danse ouverte, , nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Chaîne de danse ouverte, ,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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La danse est menée, à droite,  par un joueur de cornemuse.

Jean-Luc Matte a recensé plus de 40 données iconographiques de cornemuses en Morbihan, dont 4 au Faouët. Il n'a bien-sûr pas oublié le joueur de Saint-Sébastien : "cornemuseux jouant pour une chaîne ouverte où alternent danseuses et danseurs. A l’opposé du cornemuseux, un personnage fantastique, assis à terre, tient la main de la dernière danseuse et une chope de l’autre main. 1 bourdon d'épaule à deux raccords"

Ce musicien a figuré, inversé, sur la couverture du catalogue de l'exposition "Instruments du diable, musique des anges", Dastum, Musée de Bretagne à Rennes et Musée de la Cohue à Vannes, 1999 :

http://dastum.org/index.php?id_product=54&controller=product

 

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On le comparera à celui qui joue sa musique diabolique sur le jubé de Saint-Fiacre du Faouët, et à celui qui officie sur la tribune de la chapelle Saint-Yves de Priziac.

Sonneurs, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, 1480-1492, photographie lavieb-aile.

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Joueur de cornemuse, chapelle Saint-Yves, Priziac, photographie lavieb-aile.

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Anges  joueurs de cornemuses, vitrail baie 2, chapelle sainte-Barbe, Le Faouët.Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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En somme, ces sonneurs dont le talent endiablé et irrésistible de faire danser a été dénoncé par les recteurs bretons depuis des siècles  ne sont nulle part plus nombreux que dans les églises et les chapelles. 

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Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le Diable prend note des personnes présentes à la fête.

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Le Diable possède de nombreux traits animaliers : œil de bœuf,  groin de porc, cornes dépassant de son chapeau rond, tignasse hirsute, oreilles pointues, pattes fourchues. Pourtant, il se dissimule sous un vêtement fort civil, et il porte à la ceinture son plumier et son encrier. Il tient ses comptes des futurs pensionnaires de l'Enfer sur une tablette, tandis que galamment il tient la main d'une cavalière. 

Une scène analogue figure sur le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, où le diable écrit les propos de deux femmes se livrant au commérage.

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Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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3. Troisième travée. Jeu du bâton breton, et inscription.

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a) Jeu de bâton breton.

Deux hommes tête-bêche luttent pour la possession d' un bâton. Ils sont vêtus d'un pourpoint, de braies (bouffantes et peut-être à crevés pour celui de gauche), de guêtres, et, pour l'un d'entre eux, de chaussures.

Il s'agit sans-doute de la représentation d'un jeu de pardon, modifiée pour résoudre la difficulté technique imposée par la sablière.

  Selon Fanch Peru, qui rappelle l'adage « Jeux de bâtons, jeux de Bretons » , les Celtes en général et les Bretons en particulier semblent avoir eu une sorte de prédilection pour les jeux de bâtons, notamment lors des pardons. On en décrit essentiellement deux, le bâton à bouillie (ar vazh-yod) et le bâton par le bout (ar vazh-a-benn).

1. Le bâton à bouillie (ar vazh-yod)

Ce jeu met en présence deux concurrents assis par terre, face à face, les pieds calés contre une planche fixée à chant et tenant à deux mains par le travers un gros bâton. Pour gagner il faut amener l'adversaire de son côté ou l'obliger à lâcher le bâton.

2. Le bâton par le bout (ar vazh-a-benn)

Portés à plat ventre par quatre solides gaillards pendant que d'autres leur tirent sur les pieds, les concurrents serrent à deux mains dans le sens de la longueur un bâton de taille moyenne. Le vainqueur est celui qui garde le bâton en main.

On lit dans « Contes populaires des anciens Bretons », de Théodore de la VILLEMARQUÉ (Paris, 1842, p. 288), la description suivante :

« COMBAT DU BATON.
Ce genre d’escrime était en usage dans le pays de Galles avant le dix-septième siècle. A cette époque, les ministres de la religion prétendue réformée l’abolirent avec les autres jeux nationaux gallois, qui sont maintenant remplacés par les orgies du cabaret. Il existe encore en Bretagne, dans certaines paroisses rurales, notamment en Cornouaille, et la manière dont on le pratique, semblerait autoriser à croire qu’il n’était point étranger, dans le principe, aux vieilles institutions celtiques.
La nuit de la fête des Morts, des jeunes gens et des jeunes filles qui se sont donné le mot, se rendent secrétement dans une chapelle écartée ; on allume des cierges, on récite des prières, on chante des cantiques en l’honneur des trépassés ; puis un vieillard, généralement le sorcier du pays, qui a le privilège d’assister à la lutte et de la présider, crie trois fois : Lis ! lis ! lis ! Aussitôt un cercle se forme ; deux champions y entrent : parfois ils sont armés chacun d’un penn-baz, ou casse-tête, et la lutte s’engage selon les règles ordinaires du combat au bâton ; mais le plus souvent, ils n’en ont qu’un seul, et se le disputent à force de bras, assis à terre en face l’un de l’autre. Le bâton reste au vainqueur, et le vaincu a la honte de recevoir la bascule de la main des jeunes filles. »

 

 

Troisième travée : jeu de bâton breton,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Troisième travée : jeu de bâton breton,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Troisième travée : jeu de bâton breton, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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b) Inscription.

Deux anges présentent un rouleau où est inscrit « FAICT : PAR : CA / BRIEL . BRENIER /  : LAN 1608. »

Les "deux points" sont en fait des points triples.

Gabriel Brenier n'est pas connu autrement que par cette inscription.

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sablière de la troisième travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
sablière de la troisième travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

sablière de la troisième travée, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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4. Hémi-travée : masque feuillagé crachant des  rinceaux.

 

Tête d'homme au nez épaté et aux yeux écarquillés, tonsuré (ou coiffé d'un chapeau de paille) au chef surmonté de trois feuilles. Barbe, ou fraise. De sa bouche partent deux tiges qui se déroulent en rinceaux à feuilles (lancéolées) et à fleurons.

Ce motif est repris plus loin.

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tête et rinceaux.  dernière travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

tête et rinceaux. dernière travée, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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II. Sablières du coté sud de la nef.

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 S1 : Masque avec godrons divergents.

 

La tête coiffée d'un chapeau rond est ailée.

 

 nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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S2.Deux hommes endormis tête bêche.

 

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Cette sculpture a un sens qui nous échappe. Un autre jeu breton ? La position symétrique des corps, l'appui des deux pieds l'un contre l'autre,  la posture dite "du songeur", main soutenant la tête, nous interrogent.

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nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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S3.Scène de chasse : chien portant un collier devant un lièvre.

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Un homme (rabatteur ?) sonne de la trompe et tient une pique. Deux chiens, reconnaissables à leur collier, poursuivent deux animaux sauvages, sur un fond de feuillage.

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Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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S4. Chasse au sanglier.

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C'est une scène rare où nous voyons un chasseur enfoncer son épieu dans la gueule d'un sanglier assailli par un chien.

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Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).

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Animal à tête anthropomorphe tenant un rouleau.

 

 
nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 
 

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SABLIÉRES DES BRAS DU TRANSEPT.

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I. Bras nord du transept.

1°) Le coté est.

a) sablière de gauche, au dessus de la fenêtre.

A gauche, trois personnages à genoux. Le premier, à capuche et bure, présente un livre. Le second, également encapuchonné, pose sa main sur la tête nue du troisième, barbu, qui lui fait face. Cette scène est interprétée comme " saint Martin baptisant un catéchumène " ou comme "scène d'exorcisme".

Dans un cartouche, Inscription datée : 1600 / LE : 26 D / E : IV / IN

qui est transcrite comme : "1600, le 26 de juin". 

Un cerf (? deux oreilles et un bois ; sabots) se tourne gueule ouverte vers l'inscription.

Deux anges tiennent un cartouche. Inscription en lettres latines I :

POV / LIQV / IN : R : I / HOARN / ER M C H R

(dernière ligne douteuse)

Nous retrouvons ici le nom du recteur I[ann] Pouliquin déjà relevée avec la date de 1598 sur l'inscription lapidaire. Si on l'associe au cartouche précédent, cela peut donner "1600, le 26 de avril Iann Pouliquin Recteur,  Iann Hoarner [---]"

 

L'orthographe Pouliquin est attestée en variante de la forme commune Pouliquen. La famille Le Hoarner est attestée au Faouët par les généalogistes : couple Guillaume Le Hoarner  1643-1698 / Jacquette Laour. La variante plus commune est Houarner ou Le Houarner, Le Hoüarner

 

 

 

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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b) Sablière de l'hémi-travée du centre.

(sauf confusion d'image)

Chasse : chien poursuivant un cerf.

Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 
 

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2°) Le coté ouest.

 

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II. Bras sud du transept.

1°) Coté est.

L'entrait la divise en une sablière entière, et une demi-sablière jusqu'au pilier de la croisée.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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a) Sablière au dessus de la fenêtre. Inscription.

de gauche à droite :

 

Inscription dans un rouleau tenu par deux anges agenouillés (manches bouffantes)  :

I : PO / LIQV / IN : P : R : DE : MEz

Je propose la transcription suivante : "I[ann] Pouliquin Prêtre ? Recteur de Mez", mais le -z final est vraisemblablement une abréviation.

 

 

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Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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martyre de saint Sébastien.

Ce motif où deux archers se faisant face vise le saint martyr placé au milieu d'eux se retrouve dans un groupe sculpté de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, ou à l'entrée de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (29)

Martyre de saint Sébastien, sablière du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Martyre de saint Sébastien, sablière du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Je propose ici une photographie du retable de Saint-Sébastien de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Il date du milieu du XVe siècle ; le  Retable cadre fait corps avec la pile nord-ouest de la croisée h = 142 ; la = 167 . Sébastien, comme dans le modèle le plus fréquent, est nu à l'exception d'un pagne court dont la ceinture est lacée. Attaché à une colonne, il sourit, indifférent aux flêches que les soldats dont il était l'officier tirent à bout portant. Les archers sont vêtus d'un costume  époque Charles VII,. L'ornementation latérale est faite de rosettes et de pampres ; le socle du bourreau de droite porte un décor à rosettes.

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Martyre de saint Sébastien, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Martyre de saint Sébastien, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 
 
Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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b) Sablière près de la croisée.

Frise d'une banderole pliée en zig-zag, avec 5 hommes bras étendu, en costume "d'époque". Cheveux courts, frisés, coupés au bol (clercs ?). veste à l'encolure très serrée sur un col en V (fraise pour le n°2 ?) et aux manches bouffantes aux épaules. Visages ronds, aux yeux ronds et au sourire stéréotypé.

Inscription G: BRENI / ER DICT FERR / 1600.

Il s'agit du charpentier Gabriel Brenier, qui a signé la sablière de la nef nord avec la date 1608. Il fut donc actif ici de 1600 à 1608.

Un Jean Brenier est attesté par les généalogistes avec les dates 1575-1626, parmi d'autres exemples postérieurs affirmant que Gabriel Brenier est un artisan local.

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Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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2°) Coté ouest.

Au dessus d'une porte.

a) Frise en bande pliée à sept anges.

Même motif en ruban replié en zig-zag, mais sans inscription. Il s'agit ici d'anges, dont la coiffure est la même que les clercs de la sablière du coté est, mais dont les vestes, sauf dans un cas, ne sont pas fermés par une ligne médiane. la ligne de drapé, qui se casse en épingle à cheveux au creux de chaque angle, est très élégante.

 

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Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 
 

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b) Renard attaqué par des poules.

 

 

Un renard entré dans la basse-cour a saisi une poulette par le cou, mais deux oiseaux (a posteriori des poules) l'assaillent en mordant ses oreilles de leur bec tandis qu' un coq le mord sur l'arrière-train.  

 

Goupil attaqué par les poules, Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Goupil attaqué par les poules, Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Cette scène est célèbre, d'autant que le thème de Goupil (ou Renart) et les poules est fréquent dans les sablières et autres sculptures bretonnes. Sophie Duhem, docteur en Histoire à Rennes 2 puis maître de conférences en Histoire de l'art moderne à l'Université de Toulouse-Le-Mirail, y a consacré un article dont je donne les extraits suivants : 

DUHEM (Sophie), 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle  

 

"Le renard se démarque de ses congénères par sa nature maléfique.

Mais Renard est surtout connu pour le rôle de premier plan qu'il joue dans la vaste épopée qui porte son nom. Ce roman satirique, rédigé par des clercs successifs entre 1170 et 1250, remporte un vif succès en France et donne naissance à un genre parodique où le monde animal présente un reflet de la société humaine et de ses excès. C'est ce monde que parcourt le goupil, et ce sont ses aventures que bon nombre d'artistes trouvent plaisir à illustrer dans les divers domaines de l 'art, tout au long du Moyen Âge. Ainsi Renard apparaît à de nombreuses reprises dans la sculpture bretonne, sur des supports de bois qui remontent pour les plus anciens à la fin du XVe siècle, et sur quelques décors de charpentes plus tardifs, pour certains datés du milieu du XVIIe siècle !

Les aventures de Renaît qui inspirent ces représentations sont certainement bien connues des populations bretonnes, sans cloute véhiculées par les conteurs et les conteuses lors des veillées. Noël du Fail évoque à plusieurs reprises le goupil dans les descriptions qu'il fait du milieu paysan des campagnes rennaises au X VIe siècle.

Renart prêchant les poules, une image appréciée des artisans bretons à la fin du Moyen Âge.

L'illustration d'un thème original, celui de Renart prêchant les poules, apparaît sur quelques décors de bois. Cette image présente le goupil revêtu d'un habit monacal, placé debout dans une chaire et s 'adressant à une assemblée de poules attentives.

La figure caricaturale de l'animal travesti en moine doit être rattachée aux écrits satiriques inspirés du roman ; Ysengrimus, un manuscrit réalisé en Flandres vers 1150 évoque déjà la figure de l 'animal travesti en moine — ici le loup Ysengrin — qui annonce celle plus tardive de Renart camouflé, jouant sournoisement de cet artifice pour tromper son entourage.

Une illustration de Renart apparaît sur le jubé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët, décoré par le sculpteur Olivier Le Loërgan dans les années 1480. La saynète située au niveau de la clôture, face à la nef, raconte en quatre épisodes les péripéties de Renart. À gauche, il est monté en chaire, prêchant les gelines placées face à lui. Il dévore l'une d'elles sur le relief suivant ; les autres volailles se regroupent et l'attaquent, et dans la dernière scène, aidées du coq, écorchent vif le goupil. Plus que l'envers parodique de l'enseignement prêché par l'Église, il a conféré consciemment ou non à son discours une portée moralisatrice dont témoigne la fin tragi-comique du faux moine, écorché par les poules.

La figure insolite de « Renart escorché »

Un épisode particulier, associé aux représentations de Renart prêchant, met en scène un goupil écorché, cruellement dévêtu de sa fourrure par les poules courroucées. À nouveau, le thème semble puiser ses racines dans le fonds littéraire de l'épopée satirique rapportant l'histoire du goupil : ainsi, la chasse qui s'engage contre le renard est-elle surtout motivée par l'espoir de le déposséder de son manteau.

L'animal apparaît sur la face est du jubé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët, dans la bouche d'un homme qui escorche le renard .

Renart, acteur de saynètes comiques sur les reliefs sculptés des XVIe et XVIIe siècles

En marge des thèmes anciens, des images de Renart dans le cadre de séquences comiques ornent les sablières plus tardives, datées des XVIe et XVIIe siècles. L'animal est cette fois pourchassé par une fermière pour avoir dérobé poissons et saucisses.

Le thème de la paysanne frappant l'animal avec sa quenouille est connu des illustrateurs de manuscrits et des sculpteurs depuis le XIIIe siècle. 

Dépourvus de modèle iconographique défini, il semble que les artisans se soient inspirés des images sculptées dans les bourgs voisins — les supports sont localisés — tout en les enrichissant de détails puisés dans leur propre fond culturel. L'observation de ces exemples conduit également à un constat : le choix des sculpteurs s'est davantage porté au XVIe siècle sur les épisodes comiques plutôt que sur les images intellectualisées de Renart prêchant ou de Renart écorché.

Le renard et les poules : la naissance d'un modèle stéréotypé (XVIe-XVII siècles)

 Les représentations inventives que nous avons présentées ne constituent pas l'essentiel des images du goupil sculptées sur les sablières des XVIe et XVIIe siècles. Le thème du renard attaquant les poules, isolé du cycle narratif de Renart prêchant dans lequel il était inséré à la fin du Moyen Âge, apparaît sur de nombreux décors. Dans la chapelle Saint-Sébastien au Faouët, où la charpente est précisément datée de 1600-1608, une poutre de belle facture montre l'animal aux prises avec plusieurs gélincs: il tord le cou à l'une d'entre elles mais cstassailli de tous côtés par des volailles de grande taille qui dévorent ses oreilles et piquent son arrière-train. Les décors stylisés de la charpente sculptée de l'église de Trémeur présentent des figures enchevêtrées parmi lesquelles se distinguent quelques poules et plus loin Renart attrapant l'une d'elles.

Si le thème de l'animal en quête de nourriture et dévorant sa proie est fréquent dans la décoration des sablières, la vengeance des volailles apparaît peu, en dehors des représentations anciennes montrant le goupil écorché. Une sablière de Gourin illustre néanmoins la fin tragique de l'animal : la facture de l'ensemble est très rudimentaire, mais la séquence est des plus insolites ! D'un côté un coq apparaît, de l'autre le Goupil, suspendu horizontalement, empalé sur deux broches .

Pourtant, sur bien des reliefs la saynète est réduite à sa plus simple expression, celle d'une image stéréotypée montrant la poule menacée par le prédateur.

L'étude de ces images laisse entrevoir le changement des goûts qui s'opère entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle dans le milieu des sculpteurs sur bois. Jusqu'au début du XVIe siècle, les artisans s'accommodent parfaitement de la représentation satirique du renard qu'ils insèrent de façon cohérente et réfléchie dans leurs programmes décoratifs. L'absence de représentations sur les sablières postérieures à 1 5 1 3 accuse une désaffection pour le thème, alors qu'apparaît l'image plus distrayante du goupil et de la paysanne. Si quelques artisans traitent de manière personnelle et originale cette nouvelle représentation, et ceci jusqu'au milieu du XVIIe siècle 31, la plupart simplifient le thème originel, créant ainsi l'image binaire et stéréotypée de type renard I poule. Cette simplification iconographique amène une remarque : elle est l'expression d'un désintérêt des sculpteurs pour les séquences narratives, un désintérêt qui est probablement lié à une incompréhension des modèles originaux. La méconnaissance des récits épiques et satiriques aurait graduellement détourné les sculpteurs des représentations élaborées de Renart, en vogue dans les ateliers bretons à la fin du Moyen Âge."

"INVENTAIRE Images de Renart dans la sculpture sur bois bretonne.

— Représentations de Renart prêchant aux poules et de Renart écorché : Le Faouet (Ch. St-Fiacre, v. 1480), Le Faouët (Ch. Ste-Barbe, XVIe s.), Grâces-Guingamp (1506-1512), Plumelec (Ch. St-Aubin, 1513), Saint-Gilles-Pli- geaux (XVe-XVIe s.), Tréflévenez (XVIe s.). 

— Représentations de Renart et la fermière et variantes : Cléguérec (Ch. de laTrinilé, milieu XVIe s.), Guilligomarc'h (Ch. St-Éloi, XVIe s.), Meslan (1527), Ploërdut (Ch. de Crénenan, 1652), Plougras (Ch. du Cimetière, XVIe s.), Plourac'h (XVIe s.), Pont-Aven (Ch. de Trémalo, XVIe s.), Saint-Nicolas-du-Pé- lem (Ch. St-Éloi, milieu XVIe s.), Séglien (Ch. St-Jean, XVIe s.) .

— Renart et les poules : Callac (Ch. St-Treffrin, XVP/XVIF s.), Châtelaudren (Ch. Notre-Dame-du- Tertre, XVIe s.), Edern (Ch. du Niver, XIXe-XXe s.?), Le Faouët (Ch. St-Sebastien, 1600-1608), Gourin (XVIe s.), Guern (Ch. de Quelven, XVe-XVIc), Guimiliau (lere moitié du XVIIe s.), Landerneau (Ég. Si-Thomas, XVIe s., représentation disparue), Landudal (XVIe-XVIP s.), Langast (Ch. St-Jean, XVIe s.), Lanvénégen ( XVIe s.), Magoar (XVIe s.), Neuillac (Ch. de Carmes, XVIe s.), Plévin (Ch. St-Abibon, XVIIe s.), Plouay (Ch. de Locmaria, XVIe s.), Plourac'h (XVIe s.), Le Quillio (Ch. St-Maurice, XVIe s.), Séglien (Ch. de Locmaria (XVIe s.), Suscinio (Château, fragment provenant de l'église de la Roche-Bernard, XVIe s.), Trémeur (milieu XVIe s.) 

— Autres images de Renart : Daoulas (Abbaye, XVe s.), Hopîtal-Camfrout (XVIe s.), Loqueffret (XVIe s.)." (S. Duhem)

Nous avons donc ici un Renart attaquant les poules, et attaqué par les poules et le coq, dans le cadre d'un cycle narratif dont les divers épisodes, détaillés à la chapelle Saint-Fiacre et rappelés à la chapelle Sainte-Barbe du Faouët, devait être suffisamment connu des paroissiens pour  que la scène fonctionne comme rappel de l'ensemble, et comme mascotte surdéterminée par des interprétations libres.

Voici l'image que j'avais admiré à Saint-Fiacre, et qui sert manifestement de modèle ici. Je la place entre la scène précédente (Renart prêchant) et  la scène suivante (Renart dépecé par les poules et le coq). Cliquez sur l'image.

 

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Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
 
 

Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le chœur. 

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I. sablière du coté nord.

 

 

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Sablière du coté nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du coté nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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a) Tête à front ceint  ou masque dont la bouche donne naissance à deux tiges se terminant en spirales

Motif voisin de celui de la nef nord.

Armoiries (sur une pièce du XXe siècle) parti de France et de Bretagne comme sur les vitraux. 

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Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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b) Deux hommes tête-bêche soufflant dans une trompe à la destination équivoque.

L'instrument à embouchure mince  descend et passe entre les jambes avant de remonter près de l'épaule et de conduire le pavillon près de l'oreille, L'un des hommes a le front ceint d'un bandeau .

Notez les traces de polychromie.

Sophie Duhem y reconnaît une busine. On peut évoquer aussi le tournebout (cromornekrummhorn), mais on reconnaîtra qu'il s'agit alors d'une version caricaturale.

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Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du chœur , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du chœur , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du chœur , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Sablières du chœur coté sud. Frise de quatre médaillons à bustes d'hommes.

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Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Les oubliés.

Le diable est venu mélanger mes photos et les séparer de leur lieu d'origine. Chœur, transept nord, nef sud, saurez-vous retrouver leurs places ? 

 

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Masque tirant la langue et menacé par deux dragons (queue portant une tête).

Tête fantastique, des plantes poussant de son crâne.

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Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Deux dragons aux queues entrelacées.

Armoiries de Bouteville.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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BLOCHETS DE LA CROISÉE DU TRANSEPT.

Les quatre blochets de la croisée du transept ont été réalisés en 1939 par A Jaffré, restaurateur de la chapelle.

inscription de restauration, prolongement de la sablière nord du chœur au pied du blochet nord-ouest.

FAICT PAR JAFFRE A LAN : 1939

 
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 chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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1°) Blochet nord-est.

Une jeune homme, agenouillé, se tient les chevilles. Son visage est fin, féminin, mais ses cheveux bouclés en flammes courtes pourraient faire évoquer la toison d'un faune  ou d'un démon. Il porte un baillon. Une veste courte, sans col, est fermée par deux boutons et resserrée par une ceinture.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Blochet sud-est.

Femme agenouillée, tenant ses chevilles,  tournée vers la charpente  mais  tournant la tête vers la croisée du transept,

 

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 

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Blochet nord-ouest :

Femme portant l'écu aux armes des Bouteville.

 

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

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Blochet sud-ouest.

femme enlacée par un serpent.

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Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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LES CULOTS.

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Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).

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La statue de saint Sébastien.

 

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Descendue de son socle le jour du pardon pour être portée en procession.

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Statue de saint Sébastien, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Statue de saint Sébastien, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Sébastien, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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L'EXTERIEUR : LES GARGOUILLES.

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Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).

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L'EXTERIEUR : QUELQUES MASQUES ET CULOTS.

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Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).

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L'inscription 1599 de la porte sud.

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Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).
Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).

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La procession de pardon (20 septembre 2015).

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Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
 
 

Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Le Comité de sauvegarde de la Chapelle Saint-Sébastien, présidée par Patrick Le Petitcorps, organise le  pardon de Saint-Sébastien le 3e dimanche de septembre au profit de la rénovation de la chapelle (messe-repas et animations toute la journée). Samedi 19 et dimanche 20 septembre 2015, Patrick Le Petitcorps et son équipe sont intervenus en marge du pardon pour animer la fête profane, avec  concours de palets organisé par le Palet faouëtais, randonnées pédestres libres. À 11 h, messe le dimanche à 11 h, repas, et v ers 15 h 30, fest-deiz avec Didoënn et Le Dour-Gloaguen. Sur place, vente de crêpes. 

http://www.ouest-france.fr/saint-sebastien-dernier-pardon-de-la-saison-3701674

Le dernier pardon de la commune se déroulera, ce week-end, autour de la chapelle Saint-Sébastien. Depuis quelques jours, les bénévoles du comité de sauvegarde sont sur place pour préparer les lieux, les services techniques de la commune ayant procédé à une fauche de l'herbe sur les terrains qui accueilleront les pèlerins ce week-end. Fest-deiz et visite de la chapelle Le programme des festivités débutera samedi, à 14 h, avec un concours de palets sur route. Dimanche, dès 9 h, rendez-vous pour des randonnées libres au départ de la chapelle, avant la procession, vers 10 h 30-10 h 45, qui sera suivie de la messe dans la chapelle, à 11 h. À midi, sera servi le repas, un rôti de porc cuit à l'ancienne au four à pain (tarif : 11 €). Tout au long de la journée, il sera possible de découvrir l'histoire de la chapelle et de ses statues avec Catherine Zuber, artiste qui a participé à la réalisation des statues de la Vierge à l'Enfant et celle de saint Roch. Il sera aussi possible de découvrir les magnifiques sablières sculptées qui ornent la chapelle. Puis, à 15 h 30, ce sera le fest-deiz animé par Didoënn et le duo Le Dour-Gloaguen. En fin de journée, animation musicale avec Disco 2000. Toute la journée, vente de crêpes et buvette.
http://www.lefaouet.fr/index.php/Details/Comite-de-sauvegarde-de-la-chapelle-Saint-Sebastien.html

 

 

Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
 
 

Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile

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SOURCES ET LIENS.

— Chapelle Saint-Sébastien du Faouët  Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Saint-S%C3%A9bastien_du_Faou%C3%ABt

 

— Costume Henri IV : http://www.ac-grenoble.fr/argouges/v1/PEDAGOGI/Costume/Henriquatre.htm

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe sPresses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index  

— DUHEM (Sophie), 1998, "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle"  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  Volume 105  Numéro 1  pp. 53-69 http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

 Inventaire General des monuments et richesses artistiques de la France Morbihan. Cantons le Faouët et Gourin, Paris Imprimerie Nationale 1975. XII + 680 p. Notice sur Saint-Sébastien : pp 51-53. Photos et plan pp 323-329.

—PATRIMOINE.BZH/GERTRUDE

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-le-faouet/025087d2-c4ee-4c5b-b80e-10aa3cd4f365

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00008419_01.pdf

— PERU (Fanch), 1985, "Les jeux de pardon en Bretagne", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1985  Volume 92  Numéro 3  pp. 309-326

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1985_num_92_3_3194

— POP

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00091192

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Sculptures Chapelles bretonnes
25 août 2022 4 25 /08 /août /2022 11:03

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Les vitraux, et leur grillage de protection ont été restaurés en 2020-2022. Je présente ici les photographies de 2012 et celles d'août 2022 : certains plombs de casse ont été remplacés par un collage.

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PRÉSENTATION.

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La baie d'axe mesure 6 mètres de haut et 2,65 m. de large. Elle est divisée en  4 lancettes trilobées, et  renferme parmi de la vitrerie blanche losangée  4 scènes de la Vie de la Vierge, ou de l'Enfance du Christ, posées à l'initiative de Guillaume de Penhoët (mort après 1470), après que sa seigneurie de Coëtfrec eut été érigé en baronnie en 1451.

On pourra comparer le style de cet artiste  à celui de la maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic (Olivier Le Coq et Jehan Le Lavanant, vers 1460-1470), ou ceux de Saint-Nicolas-du-Pélem ou de Tonquédec, selon un regroupement stylistique suggéré par Gatouillat et Hérold 2005.

Je m'intéresse surtout aux larges visages féminins au  front  épilé très en arrière, aux yeux en fente étroite (surtout pour la Vierge) encadrée par d'épaisses paupières et au menton très court. Ces yeux-bananes ou en fente effilée confère un air exotique particulier à ce groupe d'œuvres.

  Mais on peut aussi noter le surcot clos blanc qui apparaît sous le manteau bleu de Marie, à son  décolleté arrondi et qui est fortement  cintré très haut sous la poitrine (par une ceinture dans la Présentation). Ou les cheveux des hommes, partagés par le milieu.

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Attribution par F. Gatouillat et M. Hérold à Olivier Le Coq et Jean Le Lavenant, peintres-verriers de la maîtresse-vitre de Lantic (22).

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Dans Les Vitraux de Bretagne, volume VII du Corpus vitrearum, ces deux auteurs définissent les caractéristiques stylistiques des deux peintres verriers qui ont apposé peur signature sur la maîtresse-vitre de Lantic, puis retrouvent celles-ci dans un groupe de verrières des décennies 1460-1480 , notamment le Credo apostolique de Quemper-Guézennec, la maîtresse-vitre de la chapelle de Cohazé à Saint-Thuriau

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"La verrière de Lantic, authentifiée avec exactitude, est une grande composition narrative à registres superposés, chaque scène et chaque lancette étant encadrée et couronnée de grandes niches d'architecture aux dais très développés, qui donnent à l'œuvre une tonalité fort claire. Sols dallés et fonds damassés — qui éclipsent toute mention de paysage — portent des personnages assez trapus mais non dénués d'élégance ; parmi les caractéristiques principales, on note les larges visages féminins, les yeux petits et très marqués, les chevelures roulées en arrière et partagées par le milieu des hommes barbus, dégageant des fronts très hauts, les expressions intériorisées de toutes ces figures et, pour le décor, les tissus ornés de motifs géométriques et les galons larges, souvent repris au jaune d'argent.

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Ces caractères existent dans d'autres verrières des décennies 1460 à 1480, dont plusieurs pourraient émaner du même groupe d'artistes.

À Ploubezre, les scènes de l'Enfance du Christ de la chapelle Notre-Dame de Kerfons, posés à l'initiative de Guillaume de Penhoët présentent des équivalents du vitrail de Lantic, mais suivant une formulation graphique légèrement postérieure.

Le Credo apostolique de l'église de Quemper-Guézennec peut lui aussi être attribué au groupe Le Coq-Le Lavenant, tant est frappante la parenté avec la verrière de Lantic. 

Dans le Morbihan, la "Vie du Christ", don de l'évêque de Vannes Yves de Pontsal (1449-1476) à la maîtresse-vitre de la chapelle de Cohazé à Saint-Thuriau, se rattache directement à la façon de l'atelier Le Coq, comme la Crucifixion de Saint-Anne-de-Boduic à Cléguérec.

Parmi les œuvres contemporaines de  la verrière de Lantic se détache Notre-Dame-du-Roncier de Josselin, qui ne conserve plus que des lambeaux d'un vitrage autrefois somptueux, malheureusement dégradé et fort complété par les soins diligents de l'atelier Huché. Dispersés en quatre baies, les panneaux anciens réalisés vers 1470-1480 sont d'une lecture difficile mais répondent clairement aux principes formels décrits à Lantic, dominés par la tonalité blanche accordée aux niches importantes et complexes. [...] 

On citera parmi cinq autres dans les Côtes d'Armor les vitraux (1500-1520) déposés de la chapelle Saint-Pabu de Saint-Guen."

Gatouillat et Hérold 2005 , p. 30-31.

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Quelques balises : place au sein des vitraux bretons du XVe siècle.

1402 : maîtresse-vitre de Merléac.

1417 : baies du chœur de la cathédrale de Quimper.

1er quart XVe : baie 1 de l'église Saint-Gilles de Malestroit.

vers 1423 : Maîtresse-vitre de l'église de Runan.

2eme quart XVe : Crucifixion de la chapelle de Kergrist à Grâces-Guingamp.

vers 1460-1470 : Credo de la maîtresse-vitre de Quemper-Guezennec par Olivier Le Coq et Jean Le Lavenant

1468-1469 : Maîtresse-vitre de la cathédrale de Tréguier 

vers 1460-1470 : Maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic par Olivier Le Coq et Jean Le Lavenant.

vers 1470 : chapelle de Cohazé, Saint-Thuriau. Maîtresse-vitre attribuée à Olivier Le Coq et Jean Le Lavenant.

vers 1470-1480 : maîtresse-vitre de Saint-Nicolas-du-Pélem.

vers 1470-1480 : maîtresse-vitre de l'église de Tonquédec.

1476-1479 : maîtresse-vitre de Locronan

vers 1470-1480 : vitraux de l'église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Panneaux anciens attribué à Olivier Le Coq et Jean Le Lavenant.

vers 1450-1475 : Crucifixion de la maîtresse-vitre de la chapelle Saint-Anne-de-Boduic à Cléguérec.

vers 1480-1490 : Vie de la Vierge de la chapelle Notre-Dame de Kerfons à Ploubezre (22). Influence de l'atelier d' Olivier Le Coq et Jean Le Lavenant.

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Je m'inspire très largement dans ma description de celle de F. Gatouillat et M. Hérold.

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1. Visitation.

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​​​​​​Panneau de 0,90 cm sur 0,60 cm, restauré dans le deuxième quart du XVIe siècle, avec une bordure faite de troncs écotés. 

La scène a été très refaite, avec de nombreux bouche-trous, et  avec un soubassement moderne conçu pour s'accorder  à ceux des lancettes voisines.

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Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

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2. Nativité.

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Importantes restaurations : encadrement architectural, tête de Joseph, buste du Christ, une partie des animaux et du toit de la crèche, une partie du fond rouge.

La comparaison entre la tête de Joseph, récente, et celle de la Vierge permettra de souligner les caractéristiques stylistiques de l'atelier du XVIe siècle. Le peintre n'utilise la grisaille qu'avec parcimonie soit pour le tracé, limité au dessin très dépouillé de l'ovale, des yeux, du nez et de la bouche, soit pour quelques indications de modelé des sourcils, paupières, narines, lèvres ou de la mâchoire, uniquement par ombrage en grisaille diluée, sans aucune hachure ni aucun "enlevé".

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Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

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3. Adoration des Mages.

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L'encadrement a été refait, à l'exception d'une pièce, mais la scène centrale est bien conservée. La Vierge est assise, portant l'Enfant debout sur ses genoux. Melchior, à la longe barbe, est agenouillé, il a posé la couronne devant lui et présente le vase contenant l'or à l'Enfant, qui l'accepte et qui bénit. Puis vient Gaspar, à la barbe courte, levant les yeux et tendant l'index vers l'étoile que Balthasar, imberbe, luis désigne en levant le bras droit. Cette composition est parfaitement conforme à l'iconographie, où les trois Mages témoignent des trois âges de la vie. Balthasar au doigt tendu vers l'étoile se retrouve sur les sculptures des tympans des chantiers ducaux du début du XVe siècle, comme à Le Folgoët et La Martyre.

Le plomb de casse qui barrait le visage de Melchior en 2012 a été remplacé par un collage bord à bord.

Le gros plan sur les yeux des Mages permet d'étudier le rendu des iris en trois cercles noir, gris et blanc, et de la pupille dont le reflet cornéen est variable selon les visages.

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Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

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4. Présentation de Jésus au temple.

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L'encadrement a été refait. En 2020-2022, le plomb de casse divisant le corps de Jésus a été remplacé. La Vierge et Joseph sont en face du prêtre, qui tend les mains vers l'Enfant. Une servante, à gauche, apporte le panier contenant l'offrande des deux tourterelles, et une autre servante, à droite, semble distraite.

Nous retrouvons les mêmes yeux en fente effilée presque orientale de la Vierge, et  la même parcimonie dans l'emploi de la grisaille, qui

renforce la blancheur (alors très recherchée comme critère d'élégance, mais aussi ici critère de pureté) de son visage. Les mains sont joliment rendues, avec des doigts longs et fins et des gestes gracieux.

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 Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

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5. Le tympan.

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La tête du Christ a été refaite dans le groupe d'ajours sommitaux. Les motifs végétaux des autres ajours ont été en grande partie refaits.

Huit anges (aux yeux caractéristiques de l'atelier) portent des phylactères dont je n'ai pu déchiffrer les inscriptions gothiques (Te gloria ms apostolorum ? Sunt ...).

Selon un procès-verbal de 1770, les armoiries de Guillaume de Penhoët et de son épouse Béatrix de Coëtmen se trouvaient dans ce tympan pour affirmer les prééminences de ce seigneur. On les voyaient dans la partie haute entourée d'anges et d'une colombe du Saint-Esprit (selon Guillotin de Corson en 1903).

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Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

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La baie sud.

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Baie de la chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Baie de la chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Baie de la chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

Baie de la chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2022.

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SOURCES ET LIENS.

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— ARSSAT mars 2022.

https://arssat.info/2022/03/travaux-de-la-chapelle-de-kerfons/

GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , impr. 2005

 

SOURCES ET LIENS.

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COUFFON, René, 1939, « Répertoire des églises et chapelles de Saint-Brieuc et Tréguier. Second fascicule », Société d’émulation des Côtes-du-Nord. Bulletins et mémoires, 71, 1939, p. 141.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6562108b/f169.item

— COUFFON (René), 1948, l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean,  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

— FRANCE (Abbé), 1885, excursion, Bulletin archéologique de l'association bretonne, volume 27 page 9

https://www.google.fr/books/edition/Bulletin_arch%C3%A9ologique_de_l_Association/McVLAAAAMAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22vitraux%22+%22kerfons%22&pg=RA1-PA9&printsec=frontcover

—  JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

LE LOUARN, Geneviève. 1983 "La chapelle Notre-Dame de Kerfons". Rennes, Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, t. 60, 1983, p. 301-305.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f47279f486ba7.18741049/1983_25.pdf

 

 —LÉCUILLER ( Guillaume), 2014, Chapelle de Kerfons (Ploubezre), Inventaire général, Gertrude, 2014. Dossier IA22132120 

 

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-de-kerfons-ploubezre/537c3869-09be-477c-a478-f17a69e1a52f

—NOTICE de 1936.

http://www.infobretagne.com/ploubezre-kerfons.htm 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Chapelles bretonnes.
24 août 2022 3 24 /08 /août /2022 16:09

Une revue de quelques portraits de jolies filles, en coiffe ou non,  des musées bretons. Brodeuses et couturières, regards et sourires, reflets cornéens. Musées du  Faouët (56) et de  Quimper (29).

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Un conseil : cliquez sur l'image pour activer le diaporama, je n'ai mis aucun texte.

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I. Exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", 9 avril 2022-9 octobre 2022.

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Elisabeth Sonrel (1874-1953) , Jeune bigoudène, aquarelle sur papier. coll. P. Le Goff. Photographie lavieb-aile août 2022.

Elisabeth Sonrel (1874-1953) , Jeune bigoudène, aquarelle sur papier. coll. P. Le Goff. Photographie lavieb-aile août 2022.

Elisabeth Sonrel (1874-1953) , Jeune bigoudène, aquarelle sur papier. coll. P. Le Goff. Photographie lavieb-aile août 2022.

Elisabeth Sonrel (1874-1953) , Jeune bigoudène, aquarelle sur papier. coll. P. Le Goff. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1908, Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1908, Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1908, Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1908, Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1908, Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1908, Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1909 Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1909 Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1909 Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1909 Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1909 Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

John Recknagel (1870-1940) Portrait d’une jeune Fouesnantaise, 1909 Pastel sur papier, 99,5 x 46 cm Collection particulière. Photographie lavieb-aile août 2022.

Henri Guinier. Fillette faouëtaise à la pomme. Fusain et rehaut de couleurs sur papier.  Coll. Musée d'Arts Charles Danielou, Locronan. Photographie lavieb-aile 2022.

Henri Guinier. Fillette faouëtaise à la pomme. Fusain et rehaut de couleurs sur papier. Coll. Musée d'Arts Charles Danielou, Locronan. Photographie lavieb-aile 2022.

Henri Guinier. Fillette faouëtaise à la pomme. Fusain et rehaut de couleurs sur papier.  Coll. Musée d'Arts Charles Danielou, Locronan. Photographie lavieb-aile 2022.

Henri Guinier. Fillette faouëtaise à la pomme. Fusain et rehaut de couleurs sur papier. Coll. Musée d'Arts Charles Danielou, Locronan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

Léon MORICOURT (1830 - 1908), La tricoteuse. exposition au Musée du Faouët, "Le portrait dans la peinture en Bretagne", photographie lavieb-aile août 2022.

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Narcisse Chaillou (1835-1916) Le Prix d’honneur, avant 1894 Huile sur toile, 93,9 x 70,7 cm Collection des musées de Vitré, inv. 1894.2.2. Photo lavieb-aile août 2022.

Narcisse Chaillou (1835-1916) Le Prix d’honneur, avant 1894 Huile sur toile, 93,9 x 70,7 cm Collection des musées de Vitré, inv. 1894.2.2. Photo lavieb-aile août 2022.

Narcisse Chaillou (1835-1916) Le Prix d’honneur, avant 1894 Huile sur toile, 93,9 x 70,7 cm Collection des musées de Vitré, inv. 1894.2.2. Photo lavieb-aile août 2022.

Narcisse Chaillou (1835-1916) Le Prix d’honneur, avant 1894 Huile sur toile, 93,9 x 70,7 cm Collection des musées de Vitré, inv. 1894.2.2. Photo lavieb-aile août 2022.

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II. QUIMPER.

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Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Alfred Delobbe, Jeunes dentellières de Beuzec-Conq, huile sur toile, v.1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Alfred Delobbe, Jeunes dentellières de Beuzec-Conq, huile sur toile, v.1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Alfred Delobbe, Jeunes dentellières de Beuzec-Conq, huile sur toile, v.1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Alfred Delobbe, Jeunes dentellières de Beuzec-Conq, huile sur toile, v.1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Alfred Delobbe, Jeunes dentellières de Beuzec-Conq, huile sur toile, v.1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Alfred Delobbe, Jeunes dentellières de Beuzec-Conq, huile sur toile, v.1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Alfred Delobbe, Jeunes dentellières de Beuzec-Conq, huile sur toile, v.1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Alfred Delobbe, Jeunes dentellières de Beuzec-Conq, huile sur toile, v.1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

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Emile Simon, Femme de Vannes, huile sur toile, 1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

Emile Simon, Femme de Vannes, huile sur toile, 1950. Musée départemental breton de Quimper. Photo lavieb-aile.

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Jean Le Merdy, Femme de Fouesnant, huile sur toile, 1950. Musée départemental breton  de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Jean Le Merdy, Femme de Fouesnant, huile sur toile, 1950. Musée départemental breton  de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Louis Caradec, Jeunes bretonnes à la fontaine, vers 1860.  Musée départemental breton  de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Louis Caradec, Jeunes bretonnes à la fontaine, vers 1860. Musée départemental breton  de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Les portraits des jolies filles ... des musées bretons.
René Quillivic, Jeune femme assise, plâtre, 1944. Musée départemental breton  de Quimper. Photographie lavieb-aile.

René Quillivic, Jeune femme assise, plâtre, 1944. Musée départemental breton de Quimper. Photographie lavieb-aile.

René Quillivic, La brodeuse, bronze. Musée des Beaux-arts de Quimper. Photographie lavieb-aile.

René Quillivic, La brodeuse, bronze. Musée des Beaux-arts de Quimper. Photographie lavieb-aile.

René Quillivic, La brodeuse, bronze. Musée des Beaux-arts de Quimper. Photographie lavieb-aile.

René Quillivic, La brodeuse, bronze. Musée des Beaux-arts de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Pour finir, votre miroir, mesdames.

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 Musée départemental breton  de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Musée départemental breton  de Quimper. Photographie lavieb-aile.

 Musée départemental breton  de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Musée départemental breton  de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Peinture. Sculptures Quimper.
24 août 2022 3 24 /08 /août /2022 14:26

Les gisants ou dalles funéraires (granite, premier quart du XVe siècle) de Bertrand de Trogoff et  de Perronnelle de Boutteville  en l'église du Faouët (56).

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Voir les autres articles sur le patrimoine du Faouët:

a. Les articles sur la chapelle Saint-Fiacre :

b. Les vitraux de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët:

c. Chapelle Saint-Sébastien

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PRÉSENTATION.

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Dans le bras sud du transept d l'église Notre-Dame-de-l'Assomption, près de l’autel de la Vierge, se trouve un couple de « gisants debout ». Il s’agirait des statues funéraires de Bertrand de TROGOFF, seigneur de TROGOFF-MOYSAN, et de Perronnelle de BOUTTEVILLE. Les dalles sont adossées et scellées, en léger oblique, à un support de maçonnerie. 

Les BOUTTEVILLE, d’origine normande, étaient seigneurs du Faouët depuis 1340, et leurs armes se retrouvent dans les chapelles de Sainte Barbe, de Saint Fiacre et autres. Ces gisants sont  classés au titre d'objet depuis le 7 décembre 1912.

Les dalles mesurent  174 cm de haut, 86 cm de large et 29 cm de profondeur.

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À l’origine, le tombeau de Péronnelle et Bertrand, devait se trouver à l’intérieur de l’église dont les BOUTTEVILLE étaient les fondateurs et prééminenciers. Aujourd’hui, ces deux gisants sont séparés d’une partie de leur tombeau qui se trouve à l’extérieur de l’église au sud, près de la croix, dans l’ancien cimetière. Il porte les armes des familles BOUTEVILLE et celles à trois fasces des TROGOFF.

Ce tombeau comportait un socle rectangulaire, orné sur les côtés d'arcades trilobées , et sculpté sur la face Sud de deux blasons avec à gauche les armes des Boutteville et à droite les armes à trois fasces attribué a priori aux Trogoff. Il  portait les deux gisants jusqu'à l'incendie qui, en  1917, a ravagé l'église. À cette date ils furent déposés à l'intérieur de l'église . Le seul couple liant les familles de Boutteville et de Trogoff est celui de Bertrand de Trogoff et de Perronnelle de Boutteville. Le tombeau est toujours présent à l'extérieur.

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cliché éclairci de : "© Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion RMN-GP"

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Armoiries d'argent à trois fasces de gueules de Trogoff, Wikipédia, par Yricordel

 

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Armoiries d'argent, à cinq fusées de gueules accolées et rangées en fasce des Boutteville. Wikipédia.

 

 

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Attribution.

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Emmanuelle Le Seac'h date ce monument funéraire vers 1425, et l'attribue  au premier atelier ducal du Folgoët, qui a réalisé au Faouët le porche sud de la chapelle Saint-Fiacre vers 1450, ainsi que le retable de Saint-Sébastien entre deux archers et des statues d'un personnage en armure, de sainte Catherine et de Marie-Madeleine, conservées dans la chapelle.

 

Rappel : Un premier atelier ducal attaché à la collégiale du Folgoët a travaillé entre 1423 et 1509, réalisant notamment l'autel des Anges, les Anges des façades, le porche des Apôtres, le tympan du porche occidental et de nombreuses statues de la collégiale du Folgoët, mais aussi le porche sud de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, le calvaire et le porche de Notre-Dame-de-Rumengol, le porche sud de l'église de La Martyre, la chapelle Notre-Dame du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon, le gisant de Sainte-Nonne dans l'enclos paroissial de Dirinon, le gisant de Jean de Kérouzéré dans l'église Saint-Pierre de Sibiril, plusieurs statues de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas, des sculptures en ronde-bosse à Kernascléden, Saint-Fiacre du Faouët, Quimperlé, etc.

Un second atelier ducal, qui a fonctionné entre 1458 et 1509 a réalisé entre autres le porche sud de Saint-Herbot et le porche de l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Plourac'h.

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Description par Emmanuelle Le Seac'h.

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L'exercice de copie qu'exige la citation de ce texte est un hommage à sa qualité remarquable, aux capacités d'attention aux détails et de déductions de cette auteure.

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"Les drapés des statues de sainte Catherine d'Alexandrie et de saint Marie-Madeleine sont similaires à ceux des gisants en granite de Perronnelle de Boutteville et de Bertrand de Trogoff de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption. Ils sont conservés à l'intérieur de l'église dans le transept sud depuis l'incendie de l'église en 1917. Le socle en granite se trouve à l'extérieur, entre le bras sud et le porche. Deux blasons sculptés sur la face antérieure permettent d'identifier les personnages avec à gauche les cinq fusées des Boutteville et, à droite, probablement les trois fasces des Trogoff.

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Cliché Le Seac'h CD 99, recadré.

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Les deux gisants se tiennent les mains jointes, leur tête reposant chacune sur un coussin agrémenté de pompons. Le personnage masculin porte des canons d'arrière-bras et d'avant-bras avec les articulations des coudes et des épaules protégées par des cubitières et des épaulières hémisphériques. Un vêtement de corps au col en V est recouvert par un plastron dont le bas semble articulé par des tassettes en forme de bandes horizontales. Les cuisses et les mollets solides sont similaires à ceux du saint Sébastien et du saint en armure de la chapelle Saint-Fiacre. Les lèvres fines, les yeux bridés et l'hélix développé sont conformes aux conventions stylistiques du premier atelier du Folgoët.

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Cliché Le Seac'h : la statue d'homme en armure conservée à la chapelle Saint-Fiacre.

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La femme porte une robe longue à l'encolure en V resserrée à la taille par une ceinture lâche dont la boucle rectangulaire tombe sur le côté. Les plis imitent un tissu de texture épaisse par leur tombant régulier et parallèle en cônes cachant presque les pieds. Seul un petit bout pointu de pied gauche dépasse de la robe. La poitrine est plate par opposition à l'abondance de plis verticaux sur la jambe. 

Elle porte une coiffure à cornes dont la mode perdura jusqu'en 1425 (C. Enlart, Manuel d'archéologie), ce qui permet de dater cette sculpture du premier quart du XVe siècle et place cette sculpture et celles  des deux saintes de Saint-Fiacre dans les premières faites par l'atelier."

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Cliché Le Seac'h : les deux statues de saintes conservées à la chapelle Saint-Fiacre.

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Gisant de Bertrand de Trogoff et Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff et Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff et Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff et Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Bertrand de Trogoff, seigneur de Trogoff en Plouegat-Moysan et seigneur de Callac , décédé en 1406), écuyer, est  couché sur le dos, les yeux ouverts, la bouche affichant un léger sourire, et les mains jointes. Ses cheveux épais sont coupés "au bol", en calotte, selon l'usage des chevaliers de l'époque. Il est  en armure compète, portant l'épée ceinte du côté gauche par un baudrier et la dague suspendue à la ceinture du côté droit.

Il était le fils d'Éon ( décédé en 1400), chevalier, seigneur de Trogoff  et de Marguerite de Léon, dame de Frémerville Il eut deux filles de son mariage avec Perronelle de Boutteville : Jeanne, dame de Trogoff qui épousa Olivier de Plusquellec ( - 1444), chevalier, et  Marguerite qui épousa Jean du Mur, écuyer.

 

 

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Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Bertrand de Trogoff, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Perronnelle de Boutteville était la fille de Jean de BOUTTEVILLE, décédé en 1340, et d' Andrée de La RIVIÈRE. Son frère aîné était Bizien de BOUTTEVILLE, seigneur du Faouët , marié avec Jeanne de QUELEN (décédée en 1426).

Ses yeux sont ouverts, ses mains jointes devant la poitrine. Elle porte, sur un front épilé,  un hennin à double cornes orné d'un médaillon. Sa robe au décolleté en V est, comme c'est l'usage, très ajustée au dessus de la taille, puis plissée en dessous. Une ceinture large, à long passant sous la boucle, est portée descendant sur le côté gauche.

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Gisant de Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Gisant de Perronnelle de Boutteville, granite, début XVe siècle. Église du Faouët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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SOURCES ET LIENS.

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 — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Pages 69 et 314.

 

 

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https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM56000259

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM56002599

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-de-l-assomption-le-faouet/5c1b4e15-12c3-4d76-9fa5-8df7888511ab

https://www.google.fr/books/edition/Revue_historique_de_l_Ouest/2ZwsAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22Bertrand+de+Trogoff%22&pg=PA346&printsec=frontcover

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&n=de+trogoff&oc=0&p=bertrand

https://man8rove.com/fr/blason/yk0xq22-bouteville

https://man8rove.com/fr/blason/ii6a2o-trogoff-olim-lanvaux

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Le_Faou%C3%ABt_gisants.JPG

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_fam_fr_de_Trogoff.svg

https://www.lefaouet.fr/tourisme-culture-patrimoine/patrimoine/eglise-dame-de-lassomption/

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Published by jean-yves cordier - dans Sculptures Monument funéraire Gisants
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 13:14

L'acrobate(kersantite) de la porte du Doyenné (XVe siècle) du Folgoët.

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Voir : 

 

Sur le Folgoët, voir encore:

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Sur les acrobates sculptés en pierre ou en bois :

— en pierre :

 

—En bois sur les charpentes ou les miséricordes: 

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PRÉSENTATION.

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J'avais été surpris, lors de ma visite de l'église du Juch, de découvrir un acrobate sculpté en pierre à droite de la porte d'entrée, sous le porche. Dans une contorsion, il plaçait ses pieds derrière ses oreilles et montrait à tous son anus : un spectacle réellement inconvenant à un emplacement si sacré.

Les acrobates contorsionnistes en enroulement antérieur, comme celui-ci, ou en renversement postérieur, et très souvent exhibitionnistes de leur sexe ou de leur fondement, j'en avais observé des quantités, sculptés dans le bois, dans mes nombreuses visites des églises et des chapelles bretonnes, mais c'était le plus souvent grâce à de bonnes jumelles ou un téléobjectif, lors de l'examen des sablières et abouts de poinçon des charpentes, ou en inspectant de près les miséricordes et appui-mains des stalles : ces localisations éloignées ou confidentielles semblaient convenir à leurs écarts de conduite.

De même, l'accès à leurs confrères sculptés dans la pierre à l'extérieur des édifices, sous forme de crossettes à la jonction des murs et des toits, restait réservé à ceux qui les recherchaient avec attention.

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La présence d'un acrobate au seuil d'un sanctuaire m'avait donc surpris.  Mais à nouveau, sur le porche sud de l'église de Penmarc'h, sur le trumeau séparant les deux arches extérieures, un acrobate, cette fois-ci en renversement postérieur et exhibant son sexe, accueillait les fidèles qui ne pouvaient guère en ignorer la présence.

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Mais il faut croire que, comme pour la "Lettre volée" d'Edgar Poe, la position ostensible d'un objet le dissimule parfois étrangement à nos yeux. Ainsi, j'avais visité en 2017 le Doyenné du Folgoët, j'avais observé aux jumelles dans les hauteurs l'acrobate qui, comme crossette d'une des lucarnes, ébauchait sa figure de renversement, tout en restant entièrement habillé et convenable, mais j'avais été incapable de remarquer la figure sculptée, comme culot d'arcature gothique, à droite de la porte d'entrée, et sa posture osée : à hauteur de mon regard.

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La porte gothique de ce Doyenné du XVe siècle est de plein cintre. Sa courbe est rehaussée par l'arc en accolade en pierre de kersanton, à crochets et à fleuron de feuilles d'acanthe. Cette arc s'appuie sur deux culots. L'acrobate est placé sous le culot de droite.

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Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Il est coiffé d'un bonnet. Il tend ses bras en arrière, se saisit de ses chevilles et tire ses pieds (chaussés) vers ses oreilles. Sans le savoir sans doute, il réalise la posture de l'arc dite Dhanurasana. 

Cette posture crée un renversement de nos repères, et même des repères du sculpteur qui semble avoir inversé la représentation des pieds. Ce sont les talons, et non comme il le montre, la pointe des chaussures, qui devraient se rapprocher de la tête.

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L'acrobate est vêtu d'une tunique courte serrée par une ceinture. Elle s'ouvre, sur la poitrine, par un col à revers.

 

 

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Mais ce drôle n'est pas tout à fait correct. Son sexe en érection apparait, sous sa tunique, entre ses cuisses.

Mais personne ne vous demande d'aller regarder les sculptures par en dessous. Tandis que j'y suis contraint, pour les besoins de mes recherches !

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Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

Culot de la porte du Doyenné (kersanton, XVe siècle) du Folgoët. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Dernière précision. 

Il faut toujours étudier une figure dans son contexte et dans l'ensemble du décor. Ici, l'acrobate fait paire avec le culot de gauche, qui représente un ange. 

D'autre part, les crossettes des lucarnes représentent de gauche à droite un acrobate tenant son pied, puis trois dragons ailés.

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CONCLUSION.

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Dans cette succession d'articles où les acrobates apparaissent, je ne cesse de m'interroger sur le sens et les raisons de leur présence dans les églises et chapelles.

J'utilise, comme d'autres, le terme acrobate pour désigner des contorsionnistes, plus que des "artistes faisant des exercices au sol ou en hauteur", des trapézistes, des artistes marchant sur une corde, ou effectuant des sauts de saltimbanque.

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Voici quelques unes de mes réponses... provisoires.

1. Ils sont là car ils proviennent du vocabulaire thématique de l'art roman, où ils apparaissent sur les modillons, culots et chapiteaux.

L'article Wikipédia sur les modillons est remarquable. Il incite à décliner ce thème en acrobates en renversement postérieur [penchés en arrière de façon à dessiner un arc de cercle avec leur corps en plaçant les pieds près des oreilles], acrobate n'attirant qu'un seul pied vers leur nuque,  acrobate en enroulement antérieur [penchés en avant en plaçant les pieds près des oreilles, la tête se retrouvant entre les cuisses],  acrobates musiciens, acrobates habillés et acrobates nus, ou demi-nus, et alors fréquemment exhibitionnistes anal, exhibitionnistes génital, parfois  ithyphalliques. Nous pourrions créer trois catégories : les acrobates de spectacle, les acrobates vicieux ou licencieux et notamment buveurs, et les acrobates obscènes.

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Cette réponse fait rebondir la question initiale : quel est le sens de ces personnages dans l'art roman?

Ils sont interprétés soit comme des saltimbanques en marge de la société, et en marge de l'église, donc comme des pécheurs, soit au contraire, par leur pieds dirigés vers le haut, comme des figures de la conversion spirituelle.

Ce sont avec les bateleurs et les jongleurs, des figures des artistes de spectacles condamnés par l'église.

Ce sont aussi des figures de la transformation, du déguisement, de l'illusion. Avec la triple interprétation morale : image de la transformation intérieure, ou image de l'accès à une surnature, ou image de la transgression illicite des règles, des limites. 

Certains n'y voit que des images de la vie quotidienne laïque . 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Iconographie_des_modillons_romans

http://chapiteaux.free.fr/TXT_acrobates.html

https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1986_num_29_116_2341

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2. Ils occupent des espaces de transition entre espace laïque et espace sacré.

C'est vrai lorsqu'on les trouve à l'entrée des porches, sur le seuil. C'est vrai aussi lorsqu'ils balisent, sur le plan vertical, le passage entre les murs et la charpente (sablières, et crossettes). Ce n'est plus approprié aux miséricordes et appui-mains des stalles.

Or ces espaces de transitions sont, comme toute frontière, tout passage, des lieux de danger. 

Les acrobates obscènes pourraient avoir une valeur de protection atropopaïque, comme les bornes hermaïques ithyphalliques des carrefours.

(Voir le rôle atropopaïque des figures géantes de saint Christophe sur les seuils des sanctuaires en Espagne).

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3. Ils sont l'équivalents des drôleries et grimaces des marges des manuscrits religieux, livres d'heures notamment.

"Le décor qui fait son irruption à partir du XIIIe siècle dans les marges des manuscrits fascine, interroge, déroute. Des animaux, des êtres hybrides, mais aussi des femmes et des hommes viennent entourer le texte et remplir les espaces vierges de la page. On les appelle des drôleries, représentations parodiques, transgressives, insolites, profanes ou profanatrices, satiriques, voire même irrévérencieuses. De 1200 à 1350, un nouveau décor marginal, d’abord codifié dans les ateliers parisiens, puis dans le Nord de la France, en Angleterre, enfin en Italie, en Espagne et en Allemagne, revendique sa progressive autonomie dans des ouvrages essentiellement religieux, psautiers ou livres d’heures par exemple. " Andrea Martignoni, « Jean Wirth, Les marges à drôleries des manuscrits gothiques (1250-1350) », Cahiers de recherches médiévales et humanistes . https://journals.openedition.org/crm/11605

Ce rapprochement est pertinent pour les acrobates occupant les espaces marginaux des églises (sablières et crossettes) mais moins pour ceux des portes et des porches.

Il permet d'admettre qu'il n'y a pas plus de liens entre ce décor, et le caractère sacré de l'édifice, qu'entre les drôleries des enluminures et les prières ou textes sacrés qu'ils accompagnent.

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4. Ils répondent à un besoin de distraction de la part des fidèles... et du clergé.

 

C'est un peu étonnant pour nous. Mais ce sont les chanoines de la cathédrale de Tréguier qui exigent, en 1508, lors du contrat passé à la commande de leurs stalles, certes des "ymaiges" (religieuses) mais aussi des "grimasses et feillages". Ces grimaces, ce seront, selon leurs vœux, des fous et des acrobates exhibitionnistes ou non, des danseuses, des oiseaux, des ours, des poissons, des hommes sauvages et des séries d'onanistes.

Et ils ne sont pas les seuls puisque ces "grimasses" se retrouvent sur les miséricordes et appui-mains des autres stalles bretonnes ou françaises.

Lorsqu'on voit la grande unité de l' iconographie des crossettes (lions, dragons, chiens, acrobates, sirènes et anges) des édifices bretons, on constate que les sculpteurs ne répondent pas à leur imagination ou à une demande locale, mais à une attente des paroissiens partagée de village en village.

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Ils exercent sur nous un effet de surprise et de questionnement. 

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Ma question initiale est née de mon étonnement. Mais cet étonnement n'est-il pas, en même temps, la réponse ?

Ces acrobates, ainsi que les autres figures humaines  transgressives, et les figures semi-humaines (sirènes, femmes-serpents, masques anthropomorphes) ou d'animaux fantastiques (dragons, grylles, centaures, faunes) suscitent notre curiosité, notre amusement, notre indignation pour certains et notre attrait pour d'autres : ils ne nous laissent pas indifférents, ils créent la surprise.

Cette surprise a-t-elle une valeur esthétique ? Certainement. A-t-elle une valeur de stimulation psychique ? Sans-doute. Crée-t-elle les conditions d'une transformation psychique facilitant une rupture avec le train-train mental de la vie quotidienne professionnelle et domestique pour faciliter l'accès à un dépassement spirituel ? Peut-être.

Cet effet de surprise et d'intérêt était-il opérant pour les contemporains de ces œuvres ?

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Ma dernière réflexion, même si je ne peux en faire une certitude, aura eu le mérite de m'interroger, de manière générale, sur le champ de la valeur éthique de la surprise : disponibilité à l'accueillir de façon fructueuse ( sérendipité), effet facilitateur de l'admiration et de l'émerveillement, ouverture à la tolérance et aptitude à être transformé par l'inattendu. Certains écrivent que par  la surprise, nous accédons à la magie du monde, et des autres.

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Pour montrer la puissance de cet affect, et la richesse de ce thème tout en quittant mon sujet, je note que la surprise contemplative peut générer l'inquiétante étrangeté d'un dépaysement troublant, dont témoignent le "trouble de mémoire sur l'Acropole" de Freud lors de sa visite d'Athènes et le malaise de Stendhal lors de la contemplation des Sybilles de la basilique de Santa Croce à Florence : dépossession du soi entre perte de mémoire, et exaltation.

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Published by jean-yves cordier - dans Kersanton Sculptures Acrobate
21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 17:10

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Les armoiries (restaurées en 1840) de la famille Richard en clé de voûte de la chapelle.

Les Richard sont armoriés :  d’azur au rencontre de cerf d’or surmonté d’une étoile à huit rais d’argent accosté de deux roses de même  et ont pour devise « Meuli Doue » (Louez Dieu), alias « Dominus in circuitu », ("le seigneur Dieu est tout autour" ?)

C'est le chanoine Richard qui a fait construire vers 1535 la Maison Prébendale dont s'enorgueillit à juste titre la ville.

https://www.saintpoldeleon.fr/maison-prebendale

 

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Guy Le Borgne, dans son Armorial Breton de 1667, indique :

"Richard jadis à Kerriel et Ponchasteau près Lesneven, Kerja en Plestin évesché de Tréguier et autres, d’azur au massacre de cerf d’or surmonté d’une rose de gueulle et acostée de deux tourteaux de mesme en pointe ; l’un des trente chevaliers choisis pour combattre à la bataille de Trente, estoit de cette famille-là."

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Armes de la famille LE SCAFF, 1840. Clef de voûte de la chapelle Saint-Roch,   cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Armes de la famille LE SCAFF, 1840. Clef de voûte de la chapelle Saint-Roch, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Armes et devise de la famille LE SCAFF, 1840. Clef de voûte de la chapelle Saint-Roch,   cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Armes et devise de la famille LE SCAFF, 1840. Clef de voûte de la chapelle Saint-Roch, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Le panneau armorié en kersanton du monument funéraire.

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Classé le 4 décembre 1914

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Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton,   cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les armoiries mi-parti LE SCAFF/RICHARD à gauche, présentées par deux lions.

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1°) Éléments héraldiques.

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Les armoiries de la famille LE SCAFF de gueules à la croix d'or frettée d'azur.

Le  "fretté" est un composé de cotices entrelacées, mises en diagonale, ordinairement par trois, en bande et en barre. Donc un motif à croisillons.

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On trouve dans le Nobiliaire de Pol de Courcy :

SCAFF (LE), sieur de Kerriel, paroisse de Plouguin, sieur de Kergoët, paroisse de Guiclan. Réformation. et montres de 1427 à 1538, paroisse de Plouguin , évêché de Léon. De gueules a la croix d'or frettée d'azur; aliàs : cantonnée à dextre d'une merlette d'or.

Jean, sénéchal de Léon en 1500, épouse Jeanne, dame de Kergoët. Fondu dans Richard.

Ou bien , dans le Nobiliaire de 1890 :

SCAFF (le), sieur de Kerriel, par. de Tréglonou, — de Kergoët, paroisse de Guiclan. Réformations et montres de 1427 à 1538, par. de Plouguin, év. de Léon. De gueules à la croix d’or, frettée d’azur ; aliàs : cantonnée à dextre d’une merlette d’or.

 

Jean, sénéchal de Léon en 1500, épouse Anne du Bois, de la maison de Kerlosquet. La branche de Kerriel fondue dans Richard ; la branche de Kergoet fondue en 1555 dans du Chastel-Mezle.

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Un missire Jehan Le SCAFF est bien mentionné dans un acte d'archive comme docteur es lois et sénéchal à la cour de Saint-Pol, en date du 27 février 1539. (Société d'Emulation des Côtes du Nord 1903 p. 75.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207842x/f94.item

 

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Michel Mauguin décrit ces armoiries de Le Scaff sur une pierre tombale du porche de l'église Saint-Pierre de Guiclan. 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/PATRIMOINE-ARMORIE-GUICLAN.pdf
 

Les armoiries Le Scaff sont également présentes à  l'église de Saint-Divy.

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2°) Données biographiques et généalogiques.

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L'épitaphe, qui sera détaillée infra, attribue ce monument à Jehan Le Scaff, sénéchal du Léon en 1500, et à sa compagne Anne DU BOIS, dame de Kergoët .

Les familles DU BOIS sont très nombreuses. On considère qu'il s'agit ici de DU BOIS, sieurs de Kerlosquet et de Beuzit, paroisse du Minihy de Saint-Pol-de-Léon, blasonnant d'argent au cyprès de sinople. Le manoir de Kerlosquet, sur la route de Plouénan, est proche de Saint-Pol-de-Léon.

Selon le Nobiliaire :

Bois (du), sieur de Kerlosquet et du Beuzit, paroisse du Minihy de Léon. Réformations et montres de 1448 à 1534, paroisse de Plouénan et du Minihy, évêché de Léon. D’argent au cyprès de sinople.

Michel Mauguin, dans  Kerlouan héraldique, décrit le blason mi-parti de  Marguerite Du Bois, décédée le 9-5-1694 à Landerneau.

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Kerlouan-Heraldique.pdf

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Les deux branches : Richard et de Kergoët.

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Pol de Courcy signale, après le mariage de Jehan Le Scaff et d'Anne du Bois, deux branches, qui correspondent d'ailleurs aux deux blasons : celle des RICHARD et celle des KERGOËT. 

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Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton,   cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton,   cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les armoiries mi-parti LE SCAFF/KERGOAT à gauche, présentées par deux lions.

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Ces lions présentent le blason correspondant à la branche Kergoët des Le Scaff. Le panneau de kersanton du monument funéraire est donc (très) postérieure à la date de 1500 mentionnée par l'épitaphe de  Jehan Le Scaff et d'Anne du Bois.

Les armes des Le Scaff sont du côté gauche (pour nous), côté réservé à la famille de l'époux, et les armes des Kergoat ou Kergoët sont à notre droite, côté réservé à l'épouse. On y reconnaît le cyprès avec ses racines, son tronc et sa frondaison. Si ce blason a été peint jadis, l'arbre était vert (de cinople) sur fond blanc (d'argent).

 

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On lit dans le Nobiliaire :

KERGOËT (DE), sieur dudit lieu et de Guernjahan, paroisse de Guiclan. Réformation et montres de 1427 a 1534, dite paroisse, évêché de Léon. Fondu dans Le Scaff. Moderne : Oriot.

Ou encore :

De Kergoet, Sr. de Guernjahan ; fondu dans Le Scaff, puis Oriot.oryot

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Voici les données généalogiques que je retrouve en ligne :

 

Un Jean LE SCAFF seigneur de Kerriel a épousé Jeanne de KERGOET. Leur fille Marie LE SCAFF dame du Mesle épousa le 2 septembre 1575 Antoine du Chastel, seigneur de Mezle et de Châteaugal d'où 4 ou5 enfants.

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/du_Chastel.pdf

https://gw.geneanet.org/jcbo?lang=fr&n=de+penfentenyo&oc=0&p=jehan+v

https://books.google.fr/books?id=nYZSiT3VisYC&pg=PA364&lpg=PA364&dq=%22Jean+LE+SCAFF%22+Jeanne+de+KERGOET+,&source=bl&ots=dI_pzd7ik1&sig=ACfU3U2cv00kR6nBmsG41F_Pw_OiRotpYQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj44c_gkdj5AhUsxoUKHaF7CcIQ6AF6BAgdEAM#v=onepage&q=%22Jean%20LE%20SCAFF%22%20Jeanne%20de%20KERGOET%20%2C&f=false

 

Un Georges LE SCAFF, licencié en droit et sénéchal de Léon, sieur de Kériel, eut une fille unique, qui épousa Anthoine du Chastel, seigneur de Mezle et de Châteaugal.

http://www.plouye-poher.fr/ressources/files/Autre/05-du_chastel_de_mezle.pdf

Une Marie Le Scaff épousa en 1574 Jean V de Penfentenyo : 

"Jehan de Penfentenyo a également épousé (3ème épouse) MARIE LE SCAFF , fille du Seigneur Kerriel ...Jean LE SCAFF xJeanne de KERGOET , le 24/2/1574.., fille unique de de KERGOET (Guiclan) veuve d'Antoine du CHASTEL , sa mère Anne DU BOIS ..."

 

https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/search.php?st=0&sk=t&sd=d&sr=posts&sid=8d4f16d559a8f0de56007f4191d59dd9&author_id=64&start=210

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Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton,   cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton,   cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022

Armoiries des alliances de la famille LE SCAFF, kersanton, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022, cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022

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L'épitaphe (XVIIe ?), sur marbre noir.

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a) Le texte.

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ICI REPOSENT

JEHAN LE SCAFF, SENESCHAL DE LEON EN MVc

&

ANNE DV BOIS SA COMPAIGNE, SIEVR & DAME DE KGOËT

o visqvis ades sic morte cades Sta, respice , plora ,

Svm quod eris , modicvm cineris , pro me precor , ora

Vermibvs hic donor, sic transit glor

Et velvt hic honor, ponitvr omnis honor

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b) La transcription et la traduction des distiques.

Quisquis ades, sic morte cades ; Ita, respice, plora; sum quod eris, modicum Cineris, pro me precor, ora.

Vermibus hic donor, sic transit gloria mundi, Et velut hic ponor, ponitur omnis homo.

«Qui que tu sois, ici présent, c'est ainsi que tu tomberas sous les coups de la mort; Arrête toi, regarde, pleure ; . Je suis ce que tu seras, un peu de cendre, prie pour moi, je t'en supplie.

Ici je suis la proie des vers, Ainsi passe la gloire du monde, et comme je suis ici déposé, ainsi l'est tout homme."

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c) les sources des quatre vers léonins.

Chacun de ces distiques a été publié par Philippe Labbé dans son recueil d'épitaphes de 1666, mais en les attribuant à des auteurs différents : le premier dans le tome I (page 110) et le second dans le tome II page 370.

Faut-il estimer que la table de marbre noire est postérieure à ce recueil ?

 

Philippe Labbe · 1666 Thesaurus epitaphiorum veterum ac recentium, selectorum ex ..., Paris page 110

https://www.google.fr/books/edition/Hortus_epitaphiorum_selectorum_Ou_Iardin/TNPGYuTOXS0C?hl=fr&gbpv=1&dq=o+visquis+ades+sic+morte+cades&pg=PA110&printsec=frontcover

https://books.google.fr/books?id=pkN-1Koz--oC&hl=fr&pg=RA1-PA370#v=onepage&q&f=false

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Pourtant, le second distique est cité dans les compléments de la Grande Danse Macabre publiée en 1641.

https://books.google.fr/books?id=5ohfAAAAcAAJ&pg=PP57&lpg=PP57&dq=Qualiter+hic+ponor,+ponitur+omnis+honor.&source=bl&ots=LsA3vNLho5&sig=ACfU3U2zS7FLBRDGpR_2RUPT5nIv7h2G4A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjN1pjuz9f5AhUW0oUKHbJMDIwQ6AF6BAgCEAM#v=onepage&q=Qualiter%20hic%20ponor%2C%20ponitur%20omnis%20honor.&f=false

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Pourtant, ce deuxième distique, avec ses rimes en -or,  est retrouvé dès le XVe siècle :

— FAVREAU (Robert), 2000, Les inscriptions du XVe siècle en France. Gertrude Mras; Renate Kohn. Epigraphik 2000 : neunte Fachtagung für mittelalterliche und neuzeitliche Epigraphik Klosterneuburg, 9.-12. Oktober 2000, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, pp.131-151, 2006, 978-3-7001- 3634-7. ffhalshs-03322724f

À Attigny (Ardennes) une brève épitaphe en prose et en français indique le décès d’un chanoine de grande science Jacques d’Attigny, docteur en droit, décédé en 1438. Elle est suivie de dix hexamètres latins dont tous les hémistiches et toutes les finales sont en -or . On la rapprochera de deux vers de l’épitaphe du chanoine Jean de Neuilly-Saint-Front à Notre-Dame de Paris, et de l’épitaphe de l’abbé de Saint-Martin de Laon Pierre du Pont où l’on a le même procédé : VERMIBUS HIC DONOR, ET SIC OSTENDERE CONOR QUALITER HIC PONOR, PONITUR OMNIS HONOR « Ici je suis donné aux vers, et ainsi je m’efforce de montrer que de la même manière que je suis ici déposé, tout honneur est déposé ». Jean de Neuilly-Saint-Front avait ordonné que sur sa tombe soient écrits ces deux vers (Émile CHENON, « Testaments du règne de Charles VI », Bulletin Société Antiquaires de France, 1915, p. 135. Le tombeau de Pierre du Pont représentait le cadavre rongé de vers d’un abbé avec sa crosse et sa mitre (L. Broche « Laon », Congrès archéologique de France, Reims 1911. t. 1. p. 238). Voir H. WALTHER, Carmina ... I/1 (n° 2), p. 1060. n° 20209, et II/5, Proverbia sententiaeque latinita Medii Aevi, l967, p. 677, n° 33161a. .

 

 

Enfin, on remarquera que toutes les versions de ces vers font débuter le deuxième par le mot qualiter ("ainsi que, comme").

Sur la pierre funéraire St-Pol-de-Léon, les mots synonymes et velvt ("et comme") ne sont pas attestés ailleurs.

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Epitaphe sur plaque de marbre noir du monument funéraire de Jehan Le Scaff et Anne de Kergoët (sic), cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Epitaphe sur plaque de marbre noir du monument funéraire de Jehan Le Scaff et Anne de Kergoët (sic), cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022.

Epitaphe sur plaque de marbre noir du monument funéraire de Jehan Le Scaff et Anne de Kergoët (sic), cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022

Epitaphe sur plaque de marbre noir du monument funéraire de Jehan Le Scaff et Anne de Kergoët (sic), cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022

Epitaphe sur plaque de marbre noir du monument funéraire de Jehan Le Scaff et Anne de Kergoët (sic), cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022

Epitaphe sur plaque de marbre noir du monument funéraire de Jehan Le Scaff et Anne de Kergoët (sic), cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile août 2022

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LES VITRAUX PEUT-ÊTRE OFFERTS PAR JEAN LE SCAFF ET ANNE .

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"Seules trois verrières de la cathédrale contiennent encore des vitraux anciens ; encore sont-elles largement recomposées.

"La baie 14, située dans l'une des chapelles du déambulatoire sud, a été offerte par la famille Le Scaff dans la seconde moitié du xvie siècle ; elle a été très recomposée en 1884. Composée de trois lancettes et d'un tympan à sept ajours, elle figure au tympan un écu moderne, entouré d'anges musiciens également modernes. Dans la lancette gauche, on voit un donateur agenouillé, peut-être Jean Le Scaff, protégé par saint Jean Baptiste ; il ne reste plus du panneau ancien que des fragments (jambes du saint et quelques fragments du costume du donateur). Au centre, une scène de l'Enfer, dans une architecture Renaissance, est bien conservée du xvie siècle. Enfin, à droite, une donatrice, peut-être Anne du Bois, est présentée par sainte Anne et saint Jean l’Évangéliste. Cette lancette est  bien conservée, notamment la jupe armoriée est en partie ancienne." (d'après Wikipédia et Gatouillat)

Françoise Gatouillat et Michel Hérold, « Saint-Pol-de-Léon. Cathédrale Saint-Paul-Aurélien », dans Les vitraux de Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Corpus Vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France » (no 7), 2005, 367 p. p. 193-194.

En résumé, pour notre sujet, parmi les documents héraldiques, seule la jupe de la donatrice est en partie ancienne. On reconnait sur cette jupe la croix frettée des armes Le Scaff . En outre, ces vitraux sont datés de la seconde moitié du XVIe siècle par Gatouillat et Hérold, ce qui est un peu tardif pour un don par un homme occupant un poste de sénéchal en 1500. On peut avancer l'hypothèse d'un don par leurs descendants.

 

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GFREIHALTER WIKIPEDIA

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GFREIHALTER WIKIPEDIA

 

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GFREIHALTER WIKIPEDIA

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GFREIHALTER WIKIPEDIA

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SOURCES ET LIENS.

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— BROUCKE (Paul-François) , 2012, mémoire de master, soutenu à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO) à Quimper, consacré au chantier de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, inédit.

https://www.letelegramme.fr/finistere/saint-pol-de-leon/a-la-decouverte-des-quatre-vingts-armoiries-de-la-cathedrale-21-09-2020-12621700.php

— CASTEL ( Yves-Pascal ) 1987, "Les armoiries de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon" in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, N° 116 .

— CLECH (abbé  J.), 1907, “Visite à la cathédrale de Saint-Pol de Léon et à la chapelle de N.-D. du Créisker,” Morlaix.

 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a55da7841d33fec3a113d04a2b398753.pdf

Chapelle Saint-Roch .

A la voûte de cette chapelle nous voyons les deux écus suivants: d'argent à deux chevrons de sable, armes de la famille de Kerrom. Le second porte : Ecartelé au 1. et 4. d'or, au lion d'azur brisé en l'épaule d'une tour portée sur une roue d'argent; qui est Carman-Lesquelen; aux 2 et 3 d'azur, à la fasce d'hermines, accmnpagnée de trois feuilles rie laurier d'or, avec la devise : Ioul Doue la , volonté de Dieu. Ce sont les armes de la famille de Kerliviry de Cléder.

Dans cette chapelle deux vieux vitraux, dont l'un restauré dernièrement représente dans le panneau du milieu, l'enfer; des diables de toutes couleurs et de toutes formes s'agitent dans la fournaise ; au-dessus plane un ange à l'épée flamboyante ; au-dessous l'inscription : Sanctum et terribile nomen ejus, son nom est saint et terrible ; snr un petit cartouche les mots : Domine in nomine tuo, dœmonia subjiciuntur nobis : Seigneur, en ton nom les démons nous son..t soumis ; dans les lobes flamboyants : Et cruciabuntur igne et sulfure, et ils seront châtiés par le feu et par le soufre, angelorum in conspectu, en présence des anges. Dans le panneau de gauche un chevalier est à genoux, saint Jean se tient derrière lui, ecce agnus dei ; dans le panneau de droite, une noble dame est en prière, derrière elle un prêtre tient un calice. Au haut du vitrail les armes de la famille Le Scaff: De gueules à la croix frettée d'azur.

Un sénéchal de Léon à la fin du xv• siècle, appartenait à cette famille; son tombeau se trouve dans l'enfeu en accolade audessous de ce vitrail ; le tombeau porte en bosse sur la partie antérieure deux écus tenus par deux léopards grossièrement sculptés : mi parti : de gueules à la croix d'or frettée d'azur, qui est Le Scaff; et d'azur alf rencontre de cerf surmonté d'une rose d'argent et accosté de 2 besants de même, qui est Richard. Le second écu porte: mi parti : d'azur au rencontre de cerf, qui est Richard ; et d'argent au cyprès de sinople, qui est du Bois.

Sur la pierre tombale nous lisons l'inscription suivante très pieuse et très belle : Ici repose Jehan Le Scaff, sénéchal de Léon en MV et Anne du Bois sa compagne, sieur et dame de !{goët (les Le Scaff ont retenu les armes des Kergoët).

Quisquis ades, sic morte cades ; Ita, respice, plora; sum quod eris, modicum Cineris, pro me precor, ora. Vermibus hic donor, sic transit gloria mundi, Et velut hic ponor, ponitur omnis homo. «Qui que tu sois, ici présent, c'est ainsi que tu tomberas sous les coups de la mort; Arrête toi, regarde, pleure ; . Je suis ce que tu seras, un peu de cendre, prie pour moi, je t'en supplie. Ici je suis la proie des vers, Ainsi passe la gloire du monde, et comme je suis ici déposé, ainsi l'est tout homme."

 

 

—MAUGUIN (Michel) Les pierres armoriées de l'église Saint-Pierre (XVII e siècle)  Guiclan

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/PATRIMOINE-ARMORIE-GUICLAN.pdf

—Autres liens

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29000777

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001057

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-pol-de-leon-29250/le-manoir-de-kerlosquet-cherche-preneur-3197815

https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/viewtopic.php?t=5638

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculptures Monument funéraire Kersanton Vitraux
17 août 2022 3 17 /08 /août /2022 16:46

La tapisserie La Mer, ou "Allégorie de la vie marine" (6m; sur 4 m., Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe, ... et son carton.

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Voir  dans ce blog:

 

 

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PRÉSENTATION.

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La tapisserie de haute lisse dite "La Mer", tissée à la manufacture des Gobelins entre le 3 juin 1941 et le 23  mai 1946 mesure 350 x 595 cm. Son carton a été peint par  Mathurin Méheut (1882-1958) en septembre 1939. Elle est exposée au Musée Mathurin Méheut (ouvert depuis le 18 juin 2022 aux Haras National, )  par dépôt du Mobilier national, avec son carton récemment restauré, présenté dans la même salle en face à face, ce qui est très instructif.

Musée Mathurin Méheut, Haras national, 15 place du Champ-de-Foire, 22400 Lamballe-Armor.Tél. 02 96 31 19 99
www.musee-meheut.fr 

http://www.musee-meheut.fr/fr/accueil/bienvenue-musee-meheut-exposition-actualites.html

En même temps, le Musée de Pont-Aven propose l' exposition « Mathurin Méheut, arpenteur de la Bretagne », jusqu’au 31 décembre 2022.

 Musée de Pont-Aven, place Julia, 29930 Pont-Aven Tél. 02 98 06 14 43 www.museepontaven.fr 

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Cette tapisserie était déposée à la Préfecture de Saint-Brieuc, où elle décorait le bureau du Préfet. Elle a était tissée à Aubusson, où Les Gobelins s'étaient retirés pendant la guerre. Quand au carton, qui vient d'être restauré, il a été retrouvé récemment par Denis-Michel BOËLL dans une des réserves des Gobelins, à Beauvais. 

Le peintre avait reçu comme sujet de sa commande "une allégorie de la vie marine". Il a créé un espace central associant la scène pittoresque de la remontée des barques sur la grève d'Étretat, ou plutôt sur celle d'Yport à d'autres scènes de marins pêcheurs au travail, issues, elles, d'observations bretonnes.

En cadre de ces scènes, l’artiste crée une composition très dense, où tous ses croquis et peintures de la flore et faune marine sont réunis suivant une orchestration ornementale.

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Mathurin Méheut photographié devant son carton (communication Gilles Baratte) :

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NOTE : l'analyse de cette tapisserie m'est entièrement personnelle, n'ayant eu accès à aucun travail similaire : j'assume  donc seul le risque de mes erreurs...

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer du Musée Mathurin Méheut de Lamballe.
La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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I. LES SCÈNES CENTRALES : LES METIERS DE LA PÊCHE ET DU LITTORAL.

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Fin de la pêche : la voile est affalée.

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Le gréement à deux mats dont un tape-cul, est conforme à celui des caïques d'Yport décrit par Yves Duboys Fresney : 

"D'abord gréé en lougre à trois mâts au tiers, puis à deux mâts gréés en bourcetmalet ; le grand mât est rabattable; il va disparaître sur les plus petits navires, à deux mats, dont le mât d’avant ou misaine sera aussi rabattable ; la voilure est aurique, gréée au tiers, sur le mât d’avant et arrière également ; nous sommes proches du lougre (lougre à deux mâts) et du dundee ."

Les deux voiles sont tannées et de couleur cachou ; la grand-voile au tiers (le bourcet) est en train d'être affalée. Le mat de tapecul est implanté contre le tableau arrière, et la voile (le malet) est bordée sur un espar nommé "queue de malet".

Nous voyons quatre matelots.

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Carton. La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton. La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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La remontée des barques sur la grève après la pêche, au cabestan. D'après une scène observée à Yport, ou un document.

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Sur la côte cauchoise , à Étretat ou surtout à Yport, mais aussi à Bruneval et aux Dalles, à Saint-Pierre, à Saint-Jouin , au début du XXe siècle, les caïques ( embarcations locales à coque très rondes pour favoriser l'échouage ) étaient remontés sur les plages de galets qui est immédiatement au dessous des maisons à l'aide d'un cabestan à bras, contre des bateaux désaffectés recouverts de toits de chaume, nommés caloges et servant de cabanes. C'était les femmes qui le plus souvent viraient cet engin . Ils y sont attestés depuis le milieu du XIXe siècle, mais existeraient déjà au début du XVIIIe siècle.

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Le site d'Yves Dubois Fresney donne des renseignements très complets sur cet usage à Yport.

https://www.duboysfresney.fr/index.php?page=docu0151

Pour Etretat, c'est le site Etretat. Carnet de polycarpe.com qui donne la description de cet équipement.

http://www.etretat.carnetsdepolycarpe.com/2020/06/30/les-cabestans-detretat/

"Dans le cas du cabestan manuel, mû par la seule énergie humaine, de longs leviers en bois amovibles (appelés anspects) étaient insérés dans des alvéoles de l’axe vertical afin de démultiplier l’effort, permettant ainsi à un petit groupe d’individus unissant leurs efforts d’enrouler autour de l’axe du treuil l’aussière (cordage d’amarrage) fixée à l’avant du bateau et de déplacer ainsi les 230 kg d’un doris ou –pire- les 10 tonnes d’une caïque. Les cabestans étaient solidement fixés sur le perré, à l’abri des plus hautes marées. Sur le galet, on glissait sous la quille de l’embarcation en mouvement des planchettes de bois suiffé (les pans) au fur et à mesure de sa remontée."

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"L’utilisation du cabestan pour hisser les plus grosses embarcations telles que les caïques nécessitait la coopération d’une dizaine à une quinzaine de personnes, ce qui supposait une entraide mutuelle. Les femmes et les enfants étaient mis à contribution. On peut supposer que ces actions, comme les manœuvres effectuées en mer, étaient accompagnées de chants destinés à coordonner et à rythmer l’effort. Les vues anciennes montrent que deux anspects, longs d’environ 4 mètres, étaient utilisés, disposés perpendiculairement l’un à l’autre ; le travail était réparti entre deux groupes : les haleurs, qui tiraient l’anspect au moyens de cordages et ceux qui le poussaient. L’exécution de la manœuvre, qui pouvait s’avérer dangereuse, était commandée par un homme assis à l’arrière du cabestan et qui veillait au bon enroulement de l’aussière sur la bobine de l’axe vertical, comme on peut le voir sur la vue ci-dessous."

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Lire aussi François Beaudouin, Bateaux des côtes de France,1975, page 256.

"Les plages de galets sont divisés par leur profondeur en trois  bandes horizontales parallèles au rivage séparées par des glacis en pente. Dans la bande supérieure, qui n'est jamais touchée par la mer, on trouve les caloges qui servent de magasin, et sur le bord du glacis, les cabestans (de deux types) qui servent à remonter les bateaux.

C'est sur cette troisième bande que  les bateaux en activité sont hissés à chaque marée. Le travail est très intense à ce niveau : amorçage des lignes, réparation et nettoyage des filets, entretien des bateaux, etc...

C'est au pied de ce troisième glacis qu'ont lieu le débarquement et la vente du poisson ; c'est là aussi que les femmes lavent leur linge.

Dans la bande moyenne stationnent les bateaux en désarmement prolongé ; c'est là, sur les bateaux et sur les galets, que sèchent les lignes, les filets et les casiers.
 

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Le peintre a représenté deux cabestans, légèrement différents. Ils sont équipés de deux bras longs ou anspects, que poussent, chacun, trois ou quatre personnes, dont des femmes et des jeunes.

Les coques sont noires mais peintes d'un triangle blanc caractéristique, nommé "moustache". Le franc-bord est blanc et bleu.

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Etretat, un cabestan, vers 1900.

 

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Le musée de Fécamp possède un tableau dont la composition est très proche de celle adoptée par Mathurin Méheut : l'huile sur toile "Les Cabestans à Yport" de Paul Morchain, datée de 1920.

Paul Morchain (1876-1939), élève des Beaux-arts de Paris, est un peintre officiel de la marine de la même promotion (1921) que Mathurin Méheut. Il a travaillé en Vendée et en Bretagne, notamment beaucoup  à Douarnenez mais aussi par exemple dans le Golfe du Morbihan et à Morlaix. 

" Paul Morchain deviendra un habitué de Douarnenez et de sa région. Travaillant dans la mouvance régionaliste, il s’impose comme un peintre majeur du pays de la Cornouaille. Très influencé par le style et la thématique des peintres de Pont-Aven, sa peinture transcrit l’atmosphère de la vie locale et la sincérité des scènes de genre."

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Il est donc légitime de penser que Mathurin Méheut le connaissait, et que sa vue des Cabestans à Yport a pu l'influencer .

 

 

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Paul MORCHAIN, Les Cabestans à Yport, 1920, huile sur toile, Dépôt de l’État (FNAC, n°6937), inv. D.48, collection Les Pêcheries, Musée de Fécamp © Musée de Fécamp

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Carton. La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton. La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Cette vue de détail montre parfaitement l'embarcation, qui roule ici sur des billots. Le cordage de remorque est relié à une estrope qui passe dans la base de l'étrave.

Les détails techniques, et l'effort déployé par l'équipage, correspondent bien à la réalité, fixée par cette carte postale :

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Les caïques à Yport, site Yves Duboys Fresney

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 Les caïques ont des carènes à clins ; elle ne sont pas pontées. L'étrave est presque droite. 

"La carène est faite à tableau et bordée à clins d’orme, la quille est curviligne et en chêne

Le tirant d'eau est faible pour permettre le halage à terre

Les joues sont développées à l’avant pour affronter la houle et les rouleaux." (Yves Duboys Fresney)

Le long bout-dehors a été rentré. Le grand-mât a été rabattu, avec sa grand-voile et la vergue ferlée autour.

Le long du bord, on distingue deux espars : il s'agit sans doute des perches utilisées pour la pêche à la corde : 

"La pêche aux cordes se réalise jusqu’au large des côtes anglaises, à la traine avec quatre grandes perches deux de chaque côté ; on mouillait 90 pièces de cordes de 100 m de long garnies d’environ 1 500 hameçons boëttés avec du maquereau. A Etretat les caïques, plus petites, sont essentiellement des "trémailleurs", alors qu'à Yport ce sont plutôt des "cordiers".  (Yves Duboys Fresney)

La proximité des fonds rocheux poissonneux et inaccessibles au chaluts, et de celle du marché parisiens amateurs de poissons frais de qualité, c'est-à-dire de poissons de cordes, a conduit à adopter cette technique.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les filets teints en bleu sont suspendus sur une ligne artificielle, alors qu'ils sont habituellement tendus en travers des mâts du voilier.

Nous avons vu que les caïques d'Yport pêchaient à la corde. Mathurin Méheut mélange donc les scènes, et s'inspire de ses vues et croquis relevés auprès des sardiniers de Bretagne, notamment en Finistère, par exemple à Concarneau.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les cordages sont épissés.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les paniers de sel.

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Je ne suis pas certain de mon interprétation. Il y a bien là des paniers, certains retournés, équipés de solides sangles, et on devine deux poissons, dont une raie. Et le pêcheur semble puiser dans un panier du sel afin de le verser dans le panier voisin.

Pour comparaison des postures de travail, ce tableau  d'Yport:

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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La pêche est ramenée sur le dos dans des hottes.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les filets teints en bleu sont inspectés, ravaudés et mis à sécher.

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Les filets teints en bleu et équipés de flotteurs de liège sont suspendus ici sur une ligne artificielle du dessin, alors qu'ils sont habituellement tendus en travers des mâts du voilier.

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Nous avons vu que les caïques d'Yport pêchaient à la corde (ils pêchaient aussi au filet, si on juge par ce tableau). Mathurin Méheut mélange donc les scènes, et s'inspire de ses vues et croquis relevés auprès des sardiniers de Bretagne, notamment en Finistère, par exemple à Concarneau.

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Carton. La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton. La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Au premier plan, les casiers à homard en osier tressé. Là encore, ces caseyeurs sont bretons.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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II. LES DÉCORS : FAUNE ET FLORE MARINE.

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Entre 1910 et 1912, le grand artiste et naturaliste Mathurin Méheut réalisa 400 aquarelles, 2000 croquis,100 toiles, 200 dessins sur la faune littorale lors de son séjour à la station biologique de Roscoff à l'invitation du professeur Lacaze-Duthiers pour son œuvre : L'étude de la Mer (1924) qui dresse un inventaire de la faune et de la flore marine locale. Il puise souvent ici dans ce "vivier".

Les savants de la Station de biologie marine de Roscof ne disposaient pas de réel moyen d’accès à la mer et privilégiaient l’étude des animaux en laboratoire, un contexte qui obligera Mathurin Méheut à faire appel aux pêcheurs locaux pour préparer son Étude de la Mer.

Mes déterminations d'espèces sont des suggestions indiquées sous réserve.

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Les macareux.

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Les Macareux-moines étaient chassés, notamment sur le Rocher du Lion de Camaret. Ils étaient d'observation plus courante qu'aujourd'hui.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les courlis.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Un oiseau de mer...

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Le couple de goélands.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les poissons.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les crabes.

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Pour comparaison :

 

 

 

Musée de Lamballe. Photographie lavieb-aile 2022.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les homards et langoustes.

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Les langoustes nous amènent à Camaret, Audierne ou Douarnenez, où les pêcheurs  pêchaient la langouste rouge, après la grande crise sardinière de 1904, au casier en Angleterre, au Portugal et en Espagne puis après 1910 en Mauritanie.

 

Ainsi, l'image suivante montre la Langouste rouge Palinurus elephas :  Mathurin Méheut reprend ici une peinture publiée dans l'Étude de la Mer (2 vol.) en 1913.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Etude de langouste en 1910 par Mathurin Méheut.

Mathurin Méheut, étude de langoustes. Photo lavieb-aile.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Un homard se cachant sous une laminaire flexible Laminaria digitata, ou une laminaire bulbeuse Sacchoriza polyschides ?

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les coquillages.

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Deux ormeaux.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Des Nasses réticulées Nassarius reticulatus ? Parmi les Pélvéties, ou algues à gouttières Pelvetia canaliculata ?

Ce gastéropode de 4 cm environ est représenté dans l'Etude de la Mer. Sa coquille abandonnée sert de refuge aux Bernard-l'hermite.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les pagures, ou Bernard-l'hermite.

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Des Calliostomes Calliostoma zizyphinum ?

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Des Anémones Tealia felina.

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En 1912, Mathurin Méheut avait peint au laboratoire de biologie marine de Roscoff ces Urticina felina ou Dahlias de mer serrées les unes contre les autres sur fond d'algues calcaires :

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Mathurin Méheut à Roscoff en 1911-1912. Copyright Musée de Lamballe

 

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Gouache exposée à Pont-Aven en 2022. Photo lavieb-aile.

 

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Etoiles de mer, ou plutôt des échinodermes Ophiothrix ?

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Une colonie de moules ?

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Les algues et autres.

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Les panaches terminaux des vers polychètes Sabella spallanzanii ?

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La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

La tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Le carton de 1939.

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Carton de la tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton de la tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton de la tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton de la tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton de la tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton de la tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton de la tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton de la tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton de la tapisserie La Mer,  Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

Carton de la tapisserie La Mer, Mathurin Méheut sept.1939 / Les Gobelins juin 1941-mai 1946) exposée au Musée Mathurin Méheut de Lamballe. Photographie lavieb-aile août 2022.

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COMMENTAIRE.

Monsieur Gilles Baratte me fait parvenir le 19 septembre le commentaire suivant du professeur Michel Glémarec, auteur de l'ouvrage La Biodiversité littorale vue par Mathurin Méheut (Le Télégramme 2010, Locus Solus 2015 et 2022), et membre de l'Association des Amis de Mathurin Méheut, 

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"Dans « l’allégorie de la vie marine  » (tapisserie des Gobelins) les activités marines sur les grèves d’Yport sont présentées, dans la partie intérieure, derrière un encadrement fait d’un portique  soutenu par des coraux blancs, qui soutiennent les filets bleus des sardiniers. Le tout simule ainsi  un rideau de théâtre. Les activités des « cordiers » normands apparaissent avec véracité et précision et Méheut dans ce qui est l’avant-scène utilise des documents personnels empruntés aux activités bretonnes entrevues dans les ports de Douarnenez, Audierne, Sieck. C’est le cas des coraux blancs érigés en support de portique grâce à une étonnante disproportion par rapport à leur modeste taille (quelques décimètres), vivant aux accores du plateau continental que fréquentent les pêcheurs d’Audierne par exemple. Les filets bleus des sardiniers de ces mêmes ports, les casiers à grands crustacés sont bien ceux de la région de Roscoff, l’ensemble de la faune représentée… tout cela est bien importé du « Finis terrae » en Normandie, sauf le crabe sentinelle de Hawaï bien entendu ! "

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COMPLEMENTS BIOGRAPHIQUES. POURQUOI UN CRABE DE HAWAÏ ?

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"En 1914, Méheut obtient de la fondation Albert-Kahn une bourse pour faire le tour du monde avec le titre d’observateur scientifique. Le directeur de Roscoff Yves Delage l’avait recommandé auprès du prince Albert Ier, qui faisait partie du jury d’attribution des bourses. De ce voyage interrompu en août 1914 par la déclaration de guerre, Méheut revient avec des gouaches réalisées à l’aquarium de Honolulu ou sur le terrain grâce à la lunette de calfat . Le crabe sentinelle aux pinces dressées, les échinodermes pentacrines épanouis tels des ombrelles, lui offrent des formes nouvelles et complètent magnifiquement la palette de couleurs auxquelles il n’était pas accoutumé sur les côtes bretonnes. Méheut constate ainsi qu’en zone tropicale la biodiversité s’exprime aussi de façon exubérante.

Très éprouvé par la guerre, Méheut va séjourner dès 1919 en pays bigouden et à Quimper où il devient conseiller principal de la faïencerie Henriot. Il y prépare l’exposition internationale des arts décoratifs où il obtiendra un grand prix avec le « Service de la mer ». C’est un ensemble de 104 pièces, qui fait appel à la biodiversité des faunes roscovite et hawaïenne où les formes et les couleurs flamboyantes s’entremêlent de façon harmonieuse. Face à ce succès, l’artiste réalise plusieurs autres services de la mer chez Henriot et à la manufacture de Sèvres, car il s’est rapproché de Paris où il enseigne. Dans ces services de table, dans les céramiques et sculptures, l’artiste fait appel à ses espèces emblématiques, pieuvre, hippocampe, seiche, homard, langouste… À partir des années 1920 et jusqu’à son décès (1958), quelle que soit la forme artistique choisie, illustration d’ouvrages, sculpture, céramique, décors de paquebots, de restaurants, de domiciles particuliers… c’est bien la riche matière marine accumulée tant à Roscoff qu’à Hawaï qui va dominer dans son œuvre prolifique de décorateur. En 1921, à la suite de sa célèbre exposition personnelle au pavillon de Marsan, le Musée océanographique de Monaco acquiert quelques gouaches et aquarelles représentant essentiellement la faune chaude entrevue à Hawaï, poissons et crustacés.

Méheut illustre une trentaine d’ouvrages littéraires, en s’adaptant au mieux au thème et à l’auteur concerné. Dans certains il n’hésite pas à reprendre des motifs de la biodiversité marine, tels ceux de l’Étude de la mer. C’est notamment le cas de l’ouvrage Regarde, réalisé en collaboration avec Colette, où l’objectif est bien de présenter la vie marine aux enfants sous une forme très épurée. À partir des années 1930 l’artiste décore de nombreux paquebots et pétroliers, mais il reste peu de traces de cette importante activité. Par ailleurs, les décors de restaurants, Prunier à Paris, l’Huîtrière à Lille… expriment les couleurs, les formes et les rapports de coexistence entre les espèces marines. C’est aussi le cas des décors de l’Institut de géologie de Rennes.

La grande tapisserie réalisée à la manufacture des Gobelins est une œuvre majeure. Elle représente au centre le travail des pêcheurs sur le littoral d’Étretat et sur le pourtour on retrouve pratiquement toute la faune de la Manche, ainsi que les grandes algues brunes. Le thème des oiseaux est aussi présent, bref Méheut affirme bien que la mer et sa biodiversité sont une source d’inspiration très importante pour lui.

En 1956, deux ans avant sa mort, l’artiste participe à l’illustration de l’ouvrage de Roger Vercel Pêcheurs des quatre mers. Autant Méheut avait-il utilisé les camaïeux de brun dans la plupart de ses œuvres, autant ici le mélange de vives couleurs nous surprend. L’habitat des langoustes reconstitué dans les aquariums de Roscoff, les scènes de pêche en mer et les débarquements dans les ports méditerranéens… tout cela nous présente un aspect sans cesse rénové chez cet artiste. L’art de Méheut s’est largement inspiré de la réalité du monde marin et de sa biodiversité. Artisan d’art et observateur naturaliste, Méheut a su joindre à la vérité scientifique une forme esthétique qui relève de l’harmonie. L’artiste en observant les associations d’espèces et les biotopes a saisi la notion d’équilibre existant dans la nature. C’est ce concept qu’il a découvert et auquel il a semblé très attaché, tout en le traduisant avec son art incomparable." Michel Glémarec.

https://www.oceano.org/wp-content/uploads/2020/02/84.Me%CC%81heut_Gle%CC%81marec.pdf

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ANNEXE.

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En comparaison avec cette tapisserie, voici cette œuvre peinte à Camaret en septembre 1943, et qui témoigne de l'attention portée par l'artiste aux tâches et postures des professionnels : trois voiliers cousent et taillent une voile neuve (pas encore tannée), assis sur leurs bancs où sont fichés leurs outils. Leur main droite porte la paumelle. La toile est mise en tension par un crochet fiché dans le banc. Au second plan, la voile d'un pilote du port (elle porte une ancre) est tannée couleur cachou. En arrière-plan, un filet bleu équipé de ses flotteurs est tendu entre deux navires, échoués (la béquille du voilier de gauche est visible). Enfin, un bateau (langoustier) est en cours de construction  sur la grève. Le regard du peintre est celui d'un artiste, mais aussi d'un ethnographe.

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Mathurin Méheut, Voiliers à Camaret. Exposition 2022 Musée de Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2022.

 

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Mathurin Méheut, Voiliers à Camaret (détail). Exposition 2022 Musée de Pont-Aven. Photographie lavieb-aile 2022.

 

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Mathurin Méheut. Photo prise lors de l'exposition au Musée de Pont-Aven 2022.

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SOURCES ET LIENS.

— https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/lamballe-armor/lamballe-mathurin-meheut-prophete-en-son-nouveau-musee-16-06-2022-13070459.php

— ESCARD-BUGAT (Myriam), 19/07/2022, LAMBALLE-ARMOR, MATHURIN MÉHEUT (1882-1958), MUSÉE DE PONT-AVEN, MUSÉE MATHURIN MÉHEUT, YVONNE JEAN-HAFFEN (1895-1993), L'OBJET D'ART, EXPOSITIONS, À LA UNE

https://www.actu-culture.com/la-bretagne-celebre-mathurin-meheut/

 

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Published by jean-yves cordier
15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 19:38

L'église Saint-Jacques de Perros-Guirec : une surprenante visite. Les sculptures romanes du début du XIIe siècle.

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I. LE "BÉNITIER" OU FONTS BAPTISMAUX DU XIIe SIÈCLE.

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On le trouve immédiatement à l'entrée, à gauche, posé sur un support cubique, et adossé au mur limitant la chapelle actuelle des fonts  baptismaux.

Cette cuve, ronde à l'intérieur et à sa base, et globalement quadrangulaire sur sa lèvre supérieure, voit ses angles  scandés par trois personnages qui sont accroupis mais dont la tête nous faisant face. Deux d'entre eux lèvent les bras. Il est difficile de dire s'ils sont figurés de dos, les mains agrippés au rebord, comme je le crois, (mais alors leur tête effectue une rotation extrême et non physiologique) ou de face. Le troisième, à la tête rudimentaire, anguleuse voire brisée, écarte les bras vers ses compagnons. Tous les pieds (chaussés ?) se touchent, les jambes étant écartées.  

Un quatrième personnage occupe la face adossée au mur. Je n'ai bien-sûr pas pu l'observer.

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La base Palissy le décrit comme un bénitier à trois têtes sculptées et le date, manifestement par erreur, du XVe siècle. Il est classé depuis le 30 mars 1904.

Léon Dubreuil, dans sa description princeps de l'église pour le Congrès archéologique, le décrit comme un bénitier roman du XIIe siècle, en forme de coquille. L'article Wikipédia reprend ce terme de bénitier et cette datation.

J'ai pensé pour ma part à une vasque baptismale. Viollet-le-Duc souligne que les bénitiers étaient, jusqu'au XIIIe siècle, des récipients en métal et transportables. Puis vinrent des récipients en pierre, mais de taille modeste.

Les 9 fonts baptismaux du XIIe siècle réunis par une catégorie Wikipédia montrent la fréquence, dans leur décor, de quatre têtes placés aux angles, de face.

Alamy montre une photo des fonts à quatre "sirènes" (masculines) de Cambridge qu'il est intéressant de comparer avec ces fonts de Perros-Guirec.

Voir :

 

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Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Calque des sculptures relevées sur photos.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Calque des sculptures relevées sur photos.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Fonts baptismaux de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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LES CHAPITEAUX DES PILIERS DU XIIe SIÈCLE.

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I. LES PILIERS NORD.

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Sculpture romane des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Masque et bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Masque et bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Masque et bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Masque et bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Masque  (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Masque (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Masque  (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Masque (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Le panneau interprété comme "Sacrifice d'Abraham" : on distingue un homme levant son arme (épée ? couteau ?) qui serait Abraham, et qui tient par les cheveux un autre personnage (Isaac ?) au dessus d'un animal (le bélier ?).

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Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Bas-relief (début XIIe siècle) des piliers nord de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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I. LES PILIERS SUD.

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Deux personnages luttant ou dansant, s'opposant par le sommet de la tête. 

Aux angles du chapiteau, des masques anthropomorphes.

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Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Plusieurs personnages.

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Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Deux quadrupèdes (lion et lionne ?) entrecroisés par le poitrail. Dans les angles, des masques anthropomorphes.

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Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Deux oiseaux buvant au même vase.

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Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Un homme et une femme.

Un homme et deux femmes.

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Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Suite de personnages se tenant par la main.

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Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Suite de personnages.

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Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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Autres.

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Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane  (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

Sculpture romane (début XIIe siècle) des piliers sud de l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Photographie lavieb-aile août 2022.

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SOURCES ET LIENS.

— BASE GERTRUDE

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-jacques-place-de-l-eglise-perros-guirec/32fa438f-52c1-4723-bdec-cf3c2d35236c

"l'église paroissiale Saint-Jacques de Perros-Guirec est un édifice de la fin du 11ème siècle ou du début du 12ème siècle (nef et bas-côtés primitifs), agrandi et remanié probablement à la fin du 14ème ou au début du 15ème siècle (tour et porche à l'ouest, prolongement de la nef et des bas-côtés à l'est) et au cours du 2ème quart du 20ème siècle (bras sud et nord du transept). 

 La partie supérieure des piliers nord reçoit, côté nef, un décor en bas-relief. Les chapiteaux des piliers sud présentent un décor en demi-relief. Outre des décors de feuillage et d'animaux, plusieurs scènes de l'Ancien testament, dont Adam endormi, la création d'Eve, le sacrifice d'Abraham, l'Eucharistie et la Cène, y sont représentées. "

— COSMOVISIONS : Les bénitiers.

https://www.cosmovisions.com/artBenitier.htm

COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939, p. 287

http://www.infobretagne.com/perros-guirec.htm

 

DUBREUIL (Léon), 1949, Perros-Guirrec, dans Congrès archéologique de France. 107e session. Saint-Brieuc. 1949, Société française d'archéologie, 1950, p. 124-132

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f128.item

 

 

"A l’époque romane se rapportent également deux bénitiers en granit — tous les deux du XIIe siècle — l’un en forme de coquille près des fonts baptismaux, à gauche du porche d’entrée, l’autre, une ancienne mesure à blé, à gauche du portail méridional."

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"Telle qu’elle se présente à nos yeux, l’église paroissiale de Perros-Guirec est un édifice quadrangulaire sans transept. Construite en granit, elle est formée de deux parties distinctes séparées par un arc diaphragme : une partie romane construite au XIIe siècle, une partie gothique construite au xiv e siècle. Elle offre au regard une nef de onze travées avec bas-côtés. La nef romane comprend six travées. Les arcades en plein cintre sont à triple rouleau et surmontées d’un mur aveugle raidi par des colonnettes coupées par un cordon horizontal. Elles reposent, au nord, sur des colonnes dont les chapiteaux à corbeilles et à tailloirs cylindriques indiquent une influence normande et, au midi, sur des colonnes cantonnées de colonnettes qui leur donnent plus de légèreté. Les premières sont incontestablement plus anciennes que les secondes. Les sculptures des chapiteaux en apportent d’ailleurs la certitude.
--Celles de la partie septentrionale sont très particulières.
S’il est facile de reconnaître sur un chapiteau le Sacrifice d’Abraham, il est moins aisé de donner une explication
des sculptures du chapiteau le plus voisin des fonts baptismaux. On y croit voir une sirène.
D’autres chapiteaux n’offrent que des figures géométriques, plus ou moins heureusement agencées.
--Les chapiteaux des colonnes méridionales montrent un art plus avancé. Le sculpteur a été nettement inspiré par des sujets bibliques : Adam accepte d’Eve la pomme fatale ; honteux, les deux coupables s’enfuient ; Noé lâche la colombe ; les prophètes serrent sur leur poitrine les livres sacrés ; deux oiseaux boivent dans un calice, « emblème de la douceur et des vertus chrétiennes »."

— MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-saint-jacques-pa00089383.html

— VIOLLET-LE-DUC, Le bénitier au Moyen-Âge

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/B%C3%A9nitier

http://www.lecerclemedieval.be/histoire/Le-benitier-au-Moyen-age.html

—Wikipedia

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Jacques_de_Perros-Guirec

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