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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 12:24

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Vestiges d'un calvaire, kersanton, Maître de Lambader, vers 1550 / ou Maître de Plougastel vers 1600.

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Mise à jour 22 mars 2021

 

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 Voir sur Lambader :

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PRÉSENTATION

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Dans la chapelle de Lambader à Plouvorn, le visiteur découvre dès son entrée par la porte nord un beau groupe de la Présentation au Temple, et de l'autre coté de l'allée centrale de la nef, une Fuite en Égypte dominée par une Vierge de l'Annonciation agenouillée à son prie-Dieu. Tout cela est en beau kersanton gris à grain fin et suscite son intérêt. Lorsqu'il fait le tour du jubé, il découvre ensuite, de belles statues de bois polychrome, mais aussi, à nouveau en kersanton, une Vierge pleurante aux sept douleurs, une sainte Marguerite sortant de son dragon, et un saint Jean l'évangéliste avec son aigle. Mais au fond de la nef, dans une obscurité que la lumière venant des baies ouest accentue encore par effet de contre-jour, il trouve assemblé du coté sud-ouest une dizaine de personnages formant une Nativité entourée des Bergers et des Mages, tandis qu'au nord-ouest, c'est un bric-à brac de statues reliées par le thème de la Passion qui ont été rassemblées. Sans parler des trois statues de saints posées sur des consoles contre les murs adjacents.

Sa curiosité s'embrase, et s'il consulte la "plateforme ouverte du patrimoine" Pop-culture liée à la base Mérimée, il apprend que l'Adoration des Mages et la Fuite en Égypte, classés depuis 2014, sont "en pierre" (sic) et datent du XVe siècle, après avoir été initialement datés du XVIe siècle.

Pour peu qu'il ait exploré les œuvres sculptées, en kersanton, issues des ateliers de Basse-Bretagne au XVe siècle, notamment les œuvres de l'atelier ducal du Folgoët, il peut  s'étonner d'une datation si précoce (la région ne conserve pratiquement pas de sculptures en kersanton antérieures à 1423), ce qui suscite le désir de découvrir des travaux consacrés à ce corpus assez exceptionnel, et dont les auteurs motiveraient leurs affirmations. Il se reporte aux écrits du chanoine Abgrall (" quelques vieilles statues en pierre représentant la nativité de Notre-Seigneur, l'adoration des bergers et des mages, Notre-Dame de Pitié, saint Goueznou, saint Divy, saint Patern et saint Guénolé."), de L. Le Guennec (dont la monographie sur la chapelle n'est hélas plus accessible) qui écrit "Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit (sic), provenant de l'ancien Calvaire", de V.H. Debidour, de H. Pérennès, et de Le Seac'h, mais il ne récoltera que quelques bribes assez générales.

Dès 1838, Fréminville en constataient la présence " renversées et mutilées, leurs débris gisant sur le gazon dans le préau ou cour".

En 1864, Pol de Courcy écrit

"Vis-à-vis de Lambader se dresse une croix gothique dont les branches sont chargées des principaux personnages de la Passion. Plusieurs de ces statuettes, renversées par la tempête, ont été employés à macadamiser la route, d'autres jonchent aujourd'hui les douves de cette même route, sans que la fabrique de Plougourvest prenne souci de les rétablir sur leurs piédestaux."

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Que dit René Couffon, (auteur par ailleurs d'Evolution de la statuaire en kersanton) ? Il décrit  :

 "Statues en kersanton, dont plusieurs proviennent d'un calvaire monumental détruit : groupe de la Présentation au Temple, Fuite en Egypte, XVIè siècle (C.), Adoration des mages, XVIè siècle (C.), Vierge de l'Annonciation, Notre Dame des Sept Douleurs, Vierge Mère assise sur un trône, les trois Marie au Calvaire, sainte Marguerite, saint Jean l'Ev., saint Divy (S:DIVI), saint évêque (S.GOUYNIE), saint Gouesnou (S.GOUESNOU), saint Patern (S.PATERNE), Ange de l'Annonciation (décapité), Christ de calvaire (mutilé)". C'est pour l'instant  l'énumération la plus complète, avec une datation du XVIe siècle."

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Pour ma part, je viens de décrire le jubé de Lambader, et j'ai constaté que si sa datation la plus fréquemment mentionnée est celle de 1510-1520, on doit tenir compte d'une donation par Marc de Troërin en 1534 pour d'importants travaux de réfection du chevet et de réparations de l'ensemble du lieu. Dans le même ordre d'idée, la maîtresse-vitre datait de 1543, et la partie ancienne du calvaire est datée vers 1550. Le milieu du XVIe siècle est une période importante de créations, certes pour le gros-œuvre mais aussi pour le mobilier et sans doute la statuaire. 

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Après ces errances, j'accède enfin à deux descriptions d'Yves-Pascal Castel.

La première est la rubrique , datant de 1980, de son Atlas des Croix et Calvaires du Finistère :

"2385. Lambader, dans la chapelle, kersanton. Vers 1550, vestiges d’un calvaire dont certaines pièces sont placées à la croix de Spernen en Plougourvest (no 1977). Fuite en Egypte. Présentation au temple, Vierge de l’Annonciation, Vierge aux sept glaives, Nativité, saintes femmes, Crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

 

La seconde a été publiée dans le Courrier du Léon  en 1995 :

"Dans l'église Notre-Dame de Lambader sont réunies un certain nombre de sculptures en pierre de kersanton. Certaines proviennent de toute évidence d'un calvaire, tel le nœud creusé d'une large cavité pour l'assemblage au fût, et d'un autre pour recevoir la croix. Le nœud orné d'anges est assorti d'une console pour porter une statue. L'écusson aux cinq plaies, deux mains, deux pieds et un cœur est parfois appelé le blason des carriers. Un Christ mutilé est rangé dans un angle de la chapelle. Ces vestiges sont à mettre vraisemblablement en relation avec les statues géminées de la Vierge et de la Madeleine, de Jean et de Pierre replacées sur le calvaire de l'enclos, à l'époque moderne (n° 2385) par une famille qui l'a timbré du blason aux trois tours de Crec'hquérault (?).

Des groupes conservés dans la chapelle, on peut se demander s'ils ont autrefois fait partie d'un calvaire. L'Annonciation, la Nativité, la Circoncision, la Fuite en Égypte, la Vierge des douleurs sont d'excellente facture, mais d'une main différente de l'atelier Prigent ? Découvrant ainsi un nouvel atelier de sculpture dans le domaine du kersanton, on peut légitimement attribuer ces sculptures à un maître anonyme que l'on nommera le maître de Lambader".

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Si nous ajoutons à ces vestiges ceux replacés sur la croix (voisine de la chapelle) de Croas-Lambader en Plougourvest, mais aussi  deux statues en kersanton venant de Lambader et ornant la façade de la chapelle Saint-Trémeur du château de Keruzoret, le corpus est de taille vraiment conséquente. Et même s'ils ne relèvent pas tous du même atelier, et ne proviennent  pas tous d'un calvaire, de moins les différents groupes de l'Enfance du Christ et de la Passion, qui forment un ensemble séquencé,  supposent au départ un calvaire monumental.

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Je présenterai ces statues selon la chronologie de la Vie de Marie, de l'Enfance du Christ et de la Passion.

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Annonciation

Nativité, Annonce faite aux Bergers, Adoration des Mages et des Bergers.

Présentation au Temple

Fuite en Égypte

Crucifixion

Nœud de calvaire : les Cinq Plaies.

Saintes Femmes

Vierge à l'Enfant, assise.

Vierge aux sept glaives.

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LA VIERGE DE L'ANNONCIATION.

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La Vierge est représentée devant son livre de prières ouvert sur le prie-Dieu, à coté du vase fleuri symbolisant sa féconde virginité. 

Son visage est rond, avec un front épilé,  des sillons naso-labiaux soulignés, un philtrum présents et une petite bouche au dessus d'un menton pointu. Ses cheveux non retenus (privilège des jeunes filles) descendent bas au dessus de son manteau. La main droite est posée sur la poitrine, indiquant son acceptation à l'Annonce de l'ange, tandis que la main gauche, posée sur le livre, peut signifier qu'ainsi se réaliseront les Écritures.

La robe  dont le col remonte au ras du cou est lisse et ajustée sur le buste, puis plissée en dessous d'une ceinture nouée.

Si nous comparons cette Vierge à celle des Annonciations que j'ai réuni en comparatif dans mon article sur l'Arc de triomphe de Saint-Thégonnec retrouve de nombreux points de parenté, mais aucune ressemblance convaincante avec un sculpteur en particulier.

Annonciation ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Annonciation ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
Annonciation ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Annonciation ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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Vestige d'un Ange de l'Annonciation ?

Sous la baie nord-ouest du fond de la nef. La tête et les bras sont brisés, mais on identifie le personnage à sa position de chevalier servant un genou à terre ou à sa tunique recouverte d'un surplis.

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Ange ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Ange ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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DIEU LE PÉRE TENANT L'ORBE, SUR DES NUÉES.

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Il se trouve au fond de la nef coté nord, mais je le place ici par rapprochement avec celui de l'Annonciation de l'arc de triomphe de Saint-Thégonnec, ou du porche de Rumengol, ou du calvaire de Pleyben. Il porte une robe plissée, serrée par une ceinture nouée,  sous une chape fermée par un bouton rond, et il bénit de la main droite le globe terrestre.

Il est vraisemblable que cette Annonciation occupait un emplacement clef, un lieu de transition (porte, porche).

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Dieu le Père ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Dieu le Père ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LA NATIVITÉ ET L'ADORATION DES BERGERS ET DES MAGES.

 

Au fond de la nef, au sud-ouest.

Sous l'ange de l'Annonce aux Bergers, les trois Rois et trois bergers sont réunis autour de la Vierge, de Joseph et de l'Enfant-Jésus.

Beaucoup de ces statues sont brisées à leur base.

 

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Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La Nativité.

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L'Enfant-Jésus, nu, est à plat dos sur une crèche en osier tressé. La similitude avec l'Enfant de la Présentation au Temple (infra) est évidente, puisqu'il est représenté en Sauveur du Monde, bénissant de la main droite l'orbe tenu dans la main gauche.

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Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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La Vierge, agenouillée,  se penche vers lui, les mains jointes. Son visage est ovale, avec des yeux ourlés, et un nez droit dont les narines ne se développent en bulbe qu'à l'extrémité.

Elle porte un manteau dont les pans ne sont pas réunis par un fermail mais dont les angles supérieurs se maintiennent seuls devant les épaules en donnant l'impression d'une étoffe très ferme. Ce manteau se retrouve aussi dans la Vierge de la Présentation au Temple et de la Fuite en Égypte.

La robe, et la chemise, ont un col rond au ras du cou. Comme dans l'Annonciation, la robe est lisse et ajustée sur le buste, et plissée sur la jupe ; les manches sont également plissées, transversalement.

Les cheveux sont retenus par un voile que j'ai choisi de nommer bandeau occipital dans ce blog., car après avoir couvert l'arrière des cheveux, il passe devant eux, et derrière la nuque. Il tourne encore une fois autour des mèches de cheveux dans le dos de Marie. Ce bandeau occipital a une valeur de marqueur stylistique indiscutable  au XVIe et début XVIIe siècle en Basse-Bretagne, mais ne peut être attribué à un seul atelier de sculpture. On le voit par exemple, dans le comparatif déjà cité, sur l'Annonciation du porche de Pleyben (Prigent, vers 1555 ), mais aussi sur celle du porche de Saint-Thégonnec (Roland Doré, vers 1625-1635).

Sur le calvaire de Lambader (Prigent , v.1550), il retient les cheveux de Marie-Madeleine.

 

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Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Saint Joseph.

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Agenouillé également, il tient son bâton de marche entre le bras gauche et le torse, et entre les deux mains, un objet cylindrique qui ne peut être qu'un cierge, si on se rapporte à l'iconographie des Nativités (ici, par Robert Campin).

Il n'est pas représenté comme un vieillard, mais comme un bel homme, à la barbe taillée et aux cheveux aux mèches peignées. La moustache part en V inversé du coin des narines, laissant libre le philtrum (à la différence du Maître de Plougastel et de Roland Doré (Saint-Thégonnec), où les moustaches démarrent sous les narines).

Sous un manteau assez semblable à celui de Marie, il porte une robe serrée par une ceinture, ouvert par devant par une courte fente fermée par deux boutons ronds.

 

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Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nativité ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Les trois Mages.

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Melchior est agenouillé  tête nue et présente un récipient ouvert contenant l'or. Il a ôté sa couronne qui est posée sur sa robe entre ses genoux.

 

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Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Gaspard porte une couronne fleuronnée et perlée. Il  présente une coupe fermée par un couvercle, et qui, selon la tradition, doit contenir de l'encens.

Il est en armure (nous voyons les jambières) mais celle-ci est recouverte d'une tunique, d'un manteau, et d'un camail.

Derrière lui,  Balthazar, dont la tête manque, porte la myrrhe. Sa tunique est la plus courte. Il était souvent représenté avec un visage africain, imberbe, une boucle à l'oreille.

 

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Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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L'Annonce faite aux Bergers et l'Adoration des Bergers.

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Deux bergers, leur chien et quatre moutons sont sculptés dans le même bloc de kersantite. L'un des bergers tient sa houlette, bâton à l'extrémité dilatée et formant une crosse. Il est renversé en arrière et témoigne, par sa main ouverte, de sa stupeur devant l'apparition de l'ange du Seigneur. Il faut relire Luc:2 pour se souvenir de la frayeur suscitée par l'Annonce de la naissance d'un Sauveur :

"Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. "

À ses cotés, un autre berger joue d'une trompe, peut-être selon le chant traditionnel "jouez hautbois resonnez musettes", car de très nombreuses enluminures montre ce musicien (jouant souvent de la cornemuse). Grandes Heures d'Anne de Bretagne    Heures dites de Henri IV

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Annonce aux Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Annonce aux Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Un berger debout.

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Son visage est proche de celui de Joseph. Il est vêtu d'un manteau fermé par un bouton rond, et il tient dans la main la houlette de berger. Il s'incline respectueusement, le chapeau rond maintenu contre la poitrine.

Des rides horizontales sont tracées en ligne gravées sur le front (comme le fait le Maître de Saint-Thégonnec).

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Adoration des Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Bergers ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Une sage-femme (Zélomi ou Salomé).

Sur ce personnage fréquemment représenté sur les Nativités peintes, voir :

 

https://www.lavieb-aile.com/article-vierges-couchees-et-livres-d-heures-de-rennes-suite-113133129.html

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L'identification n'est bien-sûr pas certaine. La femme a la tête couverte d'un voile qui se confond avec le manteau ; elle porte une robe serrée à la taille par une ceinture nouée. Elle écarte ses deux bras, les deux paumes se faisant face.

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Sage-Femme  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Sage-Femme ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Sage-Femme  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Sage-Femme ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Ces statues servent de crèche pour les fêtes de Noël.

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Crêche  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Crêche ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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II. PRÉSENTATION AU TEMPLE.

À gauche de la nef, en face de la porte d'entrée latérale (nord) contre un  pilier

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La table d'offrande coté nord.

Notre-Dame de Lambader est l'objet de pèlerinages depuis au moins  le XVe siècle (1432), et des femmes y affluaient, aux fêtes de la Vierge et le Lundi de Pentecôte, et en 1856, le curé témoignait encore : " Une des dévotions consisterait à demander l'usage de la parole aux petits enfants qui sont tardifs à parler. Les offrandes qui se donnent à la chapelle les jours où on y fait l'office, consistent en argent, vêtements de femmes, lin, cire, etc...". Ces offrandes étaient placées sur ces tables." Sur le porche ouest, deux panneaux montrent deux groupes de pèlerins (six hommes et six femmes) à genoux devant la Vierge.

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Cette table d'offrande en kersanton, de style Renaissance porte trois masques humains en moyen-relief entre deux volutes. Emmanuelle Le Seac'h a attribué cet autel au Maître de Plougastel (1570-1621) et a remarqué le sillon naso-labial et le philtrum apparent de ces masques.

Je note les yeux en amande ourlés d'un double trait, les cheveux écartés dégageant largement le front, et pour le personnage inférieur la double ride frontale entre les yeux.

Un probable blason a été martelé.

E. Le Seac'h ne précise pas sa datation de cet autel ; mais elle attribue (cf. infra) au même sculpteur la statue de saint Christophe provenant de la chapelle et qui porte par inscription la date de 1600.

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Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Table d'offrande ( kersanton, Maître de Plougastel vers 1600), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La scène représente une Présentation au Temple, et non une Circoncision, comme en témoigne le panier contenant les deux colombes, offrande rituelle d'une Présentation. D'autre part, le grand prêtre tient l'Enfant dans ses bras mais ne tient aucun instrument.

« Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.» Luc 2,21-40

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9sentation_de_J%C3%A9sus_au_Temple

https://fr.wikipedia.org/wiki/Circoncision_de_J%C3%A9sus

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Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Saint Joseph tient à la fois un cierge et le panier d'osier tressé aux deux tourterelles (ou colombes).

Dans les peintures et enluminures, où les personnages sont plus nombreux, ce sont le plus souvent des servantes qui portent ces accessoires.

Joseph est vêtu d'un manteau à capuche et aux pans attachés par un bouton, et une robe à fente pectorale.

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Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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Le grand prêtre porte une mitre à fanons et une chape. Il dépose sur l'autel l'Enfant-Jésus, qui est nu, mais qui est figuré en Sauveur du Monde, bénissant l'orbe tenu en main gauche.

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Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge qui porte le même manteau que dans la Nativité, tend la main droite dans un geste de présentation.

Le visage est ovale, le front épilé et très dégagé par les deux mèches de cheveux, les yeux ourlés, la bouche petite et concave au dessus d'un petit menton à fossette. Le philtrum est précisé.

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Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LA FUITE EN ÉGYPTE.

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La scène occupe, à droite de la nef sur une table d'offrande et contre un pilier, une position symétrique à la précédente.

 

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Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge, voilée, tient dans ses bras son enfant solidement emmailloté.

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Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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Joseph, en avant, tient l'extrémité du licol, et une canne coudée obliquement. Il porte le même manteau que dans la Présentation, mais dont la capuche recouvre la tête. Par contre, la robe a laissé place à une courte tunique serrée par une ceinture de cuir. Les jambes sont protégées par des houseaux et les pieds par de solides chaussures. Cette tenue se rapproche de celle des paysans bretons.

L'amande des yeux est dessinée par un trait gravé. La ride frontale verticale est marquée.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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La table d'offrande présente deux possibles blasons, dont le dessin, identique à droite et à gauche,  a été partiellement martelé.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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VESTIGES D'UN CHRIST EN CROIX.

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Christ en croix (vestiges) ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Christ en croix (vestiges) ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Christ en croix (vestiges) ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Christ en croix (vestiges) ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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VESTIGES D'UN NOEUD DE CROISILLON: LES CINQ PLAIES .

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Le nœud montre d'un coté un ange présentant une sorte de blason carré  muet, et de l'autre  les Cinq Plaies du Christ, celles des mains et des pieds qui ont été transpercés par les clous, et celle du cœur censé avoir été transpercé par le coup de lance de Longin (bien que le texte évangélique précise que ce coup ait été porté sur le flanc droit).

Ce motif relève de la dévotion du sang, des plaies et des souffrances du Christ lors de la Passion, qui est la raison même des calvaires.

https://www.lavieb-aile.com/2020/11/devotion-franciscaine-aux-plaies-du-christ-a-la-cour-ducale-de-bretagne-au-xve-siecle-l-exemple-d-isabelle-stuart.html

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Il a été reproduit sur le calvaire du placître de Lambader au XXe siècle.

Le calvaire (kersantite, XVIe siècle vers 1550, atelier Prigent, et anonyme, 1910)  de la chapelle de Lambader en Plouvorn.

 

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Nœud de calvaire  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Nœud de calvaire ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Blason aux sept plaies  ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Blason aux sept plaies ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LES SAINTES FEMMES.

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Ces trois femmes sont, à la réflexion, d'interprétation difficile, car si deux d'entre elles sont voilées, celle du centre est tête nue, avec de longs cheveux. Ce serait Marie-Madeleine, mais qui tient ses mains jointes au lieu de tenir son attribut, le flacon d'aromates.

À ses cotés, ce serait Marie-Salomé et Marie-Jacobé, composant au total un groupe dit des Trois Marie.

La femme en retrait à notre gauche porte la guimpe et tient un chapelet, motif surprenant.

 

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Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Les Trois Marie ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE À L'ENFANT ASSISE.

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La Vierge est assise sur une cathèdre et tient sur ses genoux son Fils figuré comme un enfant nu, dont la tête a été brisée.

La raideur de la posture de Marie me rappelle les groupes d'Anne trinitaire, où nous retrouvons ce type de siège, et, après tout, l'enfant pourrait être Marie dans les bras de sainte Anne. Néanmoins, je ne retiens pas cette hypothèse.

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Le visage de la  Mère et très rond pour sa moitié supérieure. Les yeux sont ourlés, la boche et le menton petits. Les pans du manteau sont réunis par une large patte.

La coiffure au bandeau occipital, déjà notée sur la Nativité, vient enrubanner chaque natte.

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Vierge à l'Enfant ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE AUX SEPT GLAIVES (OU AUX SEPT DOULEURS).

 

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Au centre de la poitrine de Marie s'entrecroise sept glaives, symboles des sept douleurs de la Mère de Dieu, dont on trouve facilement la liste.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame_des_Douleurs

Des larmes s'écoulent des yeux de la Vierge, mais elles sont bien différentes des trois larmes que l'atelier Prigent a sculpté sous les yeux de Marie, de Jean et de Marie-Madeleine éplorés au pied de la Croix (calvaire de Lambader) ou sur leurs Déplorations.

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Vierge aux sept glaives ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge aux sept glaives ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge aux sept glaives ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

Vierge aux sept glaives ( kersanton, Maître de Lambader, vers 1550), de la chapelle de Lambader. Photographie lavieb-aile.

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DISCUSSION.

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I. À Plouvorn, certaines œuvres sculptées en kersanton du XVIe siècle ont été attribuées à des ateliers bien identifiés :

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L'atelier Prigent.

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1°). Un monument aux morts du cimetière de Plouvorn renferme une Vierge de Pitié dont les trois larmes font discuter une attribution à l'atelier Prigent.

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2°). Le calvaire de la chapelle de Lambader est attribué à l'atelier des Prigent et daté vers 1550.

Le calvaire (kersantite, XVIe siècle vers 1550, atelier Prigent, et anonyme, 1910)  de la chapelle de Lambader en Plouvorn.

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3°) Le calvaire de Croas Lambarder, à Plougourvest mais tout proche de la chapelle de Lambader sur la route qui y mène, est également daté vers 1550  par Y.-P. Castel et ses statues géminées (Vierge/Pierre et Jean/Madeleine) sont sans-doute de l'atelier Prigent par concordance des dates et présence des trois larmes sous les yeux de Marie, Jean et Marie-Madeleine comme sur le calvaire précédent.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plougourvest.html

Par contre, probablement au XIXe siècle, il a accueilli sur son emmarchement deux groupes sculptés en kersanton qui, selon Y.-P. Castel repris par Tanguy, proviendraient de la chapelle de Lambader : une Vierge de Pitié, et un Jésus parmi les Docteurs.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550-1600) de Croas-Lambader.

Elle a la tête brisée. La forme générale de la Mère voilée dans son manteau est triangulaire, et elle soutient sur ses deux genoux écartés le corps de son Fils, par une main placée sous la tête et une autre sur la cuisse droite. Le Christ forme une diagonale oblique vers le haut et la gauche et ses plaies des mains sont exposées, le bras droit fléchi pend (un peu maladroitement) le long de la jambe maternelle tandis que le bras gauche repose le long du corps.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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Jésus parmi les Docteurs (kersanton, vers 1550-1600) de Croas-Lambader.

L'interprétation de ce groupe est difficile, notamment car il est camouflé (comme la Pietà) par les rosaces blanches, gris-vert ou rosées de lichens. Mais Yves-Pascal Castel a raison d'y voir Jésus parmi les Docteurs, grâce à l'attitude émerveillée des assistants, et malgré l'absence de Jésus qui occupait sans doute la place la plus haute au centre.

Les quatre personnages, assis en tailleur devant un pupitre à degrés,  lèvent tous la tête et le regard vers le haut, et écartent les paumes vers l'orateur en signe d'admiration. Deux portent le chapeau conique des Juifs, tandis que deux autres portent le bonnet carré des docteurs en théologie du XVIe siècle (ou un bonnet à rabat). Trois sont barbus. Deux portent un manteau à large rabat sur le col.

Je ne peux être plus précis, car leur ghillie suit est terriblement efficace, tant pour mon regard que pour la capacité de discrimination de mon objectif photo.

La scène est rare dans la sculpture en kersanton (porche de La Martyre), mais on la trouve, dans une composition très différente, sur le calvaire monumental de Plougastel.

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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.
La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.

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L'atelier du Maître de Plougastel.

1°). La table d'offrande de la nef de la chapelle de Lambader, coté nord, est attribuée par E. Le Seac'h à l'atelier du Maître de Plougastel.

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2°). La façade ouest de la chapelle Saint-Trémeur du château de Keruzoret en Plouvorn montre, dans deux niches, les statues en kersanton de saint Trémeur tenant sa tête, et de saint Christophe.

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:1156_Ch%C3%A2teau_de_Keruzoret_chapelle_Saint-Tr%C3%A9meur.jpg

Le socle de cette statue porte l'inscription S:XPÕFLE 1600 :E.I.

Or, cette statue provient de la chapelle de Lambader et a été donnée par l'évêque au début du XXe siècle en remerciement des travaux offerts par la famille de Menou pour l'église de Plouvorn.

"Saint Christophe, la tête rejetée sur le coté, s'appuie sur son bâton, les jambes nues pour traverser une rivière poissonneuse. L'Enfant-Jésus, assis sur ses épaules, tient un globe dans la main gauche. Son visage est lisse et rond avec des cheveux mi-longs. Celui du saint rappelle les Apôtres et Évangélistes rencontrés jusqu'ici. Elle est de la plus belle facture du Maître de Plougastel.

La niche centrale contient une statue de saint Pierre, mitré, un livre ouvert dans la main gauche et tenant une clé géante dans la main droite. Le contour des yeux creusé et le modelé arrondi du visage sont caractéristiques de l'atelier." (E. Le Seac'h p. 194)

J'identifie plutôt le personnage mitré comme un saint abbé (Guénolé ?) tenant sa crosse.

Il existe aussi dans la niche latérale gauche une statue en kersanton de saint Trémeur (saint éponyme de cette chapelle), portant l'inscription S : TREMER en lettres gothiques.

On trouve aussi, encadrant la porte, deux anges sous un culot, comme on en voit aux extrémités de croisillons des calvaires, notamment à Lambader.

Je remarque qu'un Christophe de Troërin, écuyer, né vers 1590 à Plouvorn, est attesté par les généalogistes.

https://gw.geneanet.org/jmgarion?n=de+troerin&oc=&p=christophe

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Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Christophe (kersanton, 1600), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint abbé (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint abbé (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint abbé (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint abbé (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

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Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Saint Trémeur (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Anges, vestige de calvaire, (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Anges, vestige de calvaire, (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Anges, vestige de calvaire, (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

Anges, vestige de calvaire, (kersanton), chapelle Saint-Trémeur, château de Keruzoret à Plouvorn. Photo lavieb-aile.

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II. Un calvaire de Plouvorn, celui de Kerzesquez, Kerzescouez,  date vers 1550 et comporte un  socle cantonné de petits masques, l'inscription  M.I. PEZRON, calice.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

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Au total.

Ces éléments montrent, si on admet les datations proposées mais jamais basées sur des inscriptions,  l'intervention à Plouvorn de l'atelier des Prigent (1527-1577) dans les années 1550, peu de temps après la restauration et le ré-aménagement de la chapelle de Lambader entre 1534 et 1543. 

Néanmoins, on ne retrouve sur les statues de kersanton conservées dans la chapelle aucun des caractères stylistiques des Prigent (par exemple le voile replié et rigide ou "coqué" de Marie, ou les trois larmes en goutte d'eau, même si ces dernières ne peuvent concerner que les saints personnages au pied de la croix).  Et l'un des meilleurs connaisseurs des ateliers de sculpture, Yves-Pascal Castel, n'en n'a pas proposé l'attribution.

D'autre part, E. Le Seac'h attribue au  Maître de Plougastel dont l'atelier a succédé, à Landerneau, aux Prigent dans la sculpture du kersanton, deux statues provenant de la chapelle, et une table d'offrande. Par contre,  Yves-Pascal Castel, qui connait très bien cet atelier pour en avoir le premier défini le style "hiératique" (Ann. Bret. 1983), n'a pas proposé cette attribution.

Si malgré tout, nous suivions Le Seac'h dans sa proposition, il faudrait sans doute envisager de l'étendre à l'ensemble de la statuaire de kersanton que je viens de décrire, et dont le style est homogène. Et, du même coup, attribuer à ce groupe la date de 1600 inscrite sur le Saint-Christophe.

Je ne retrouve  pas non plus les caractères du Maître de Saint-Thégonnec (comme les rides frontales horizontales, sauf dans un cas).

Le catalogue des œuvres attribuées au Maître de Plougastel par Le Seac'h est publié ici :

https://fr.qaz.wiki/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

J'ai décrit dans ce blog un certain nombre d'œuvres du Maître de Plougastel :

 

Yves-Pascal Castel écrit à son propos (Ann. Bret. 1983) : 

"Au début du XVIIe siècle on décèle deux ateliers que l'anonymat des créateurs oblige à classer sous les titres du maître de Plougastel-Daoulas et du maître de Saint-Thégonnec.

Le calvaire de Plougastel-Daoulas, 1602-1604, aux confins du Léon et de la Cornouaille affiche un hiératisme que d'aucuns estiment figé par rapport à l'exubérance de Guimiliau. Mais il fait école car nombre de calvaires dans le Léon, non datés, se rattachent au maître de Plougastel. Les monuments de Gouesnou, Guipronvel, Locmélar, La Roche et Saint-Sauveur, entre autres, participent de cette esthétique austère, acheminant le calvaire vers un certain classicisme qui n'exclut pas des schémas de convenance."

 

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Conclusion

On peut s'étonner que, depuis l'unique article de Castel sur cet ensemble de statues dans le Courrier du Léon de 1995, ses conclusions n'aient pas été discutées par d'autres auteurs, notamment par E. Le Seac'h.

Il semble certes prudent de reprendre la proposition d'Y.-P. Castel de voir dans ce riche corpus le travail d'un sculpteur distinct, nommé du nom de convention "Maître de Lambader", actif vers 1550, mais il faudrait alors re-discuter les attributions des 2 calvaires, celui de la chapelle et celui de Craos-Lambader, qui datent de la même période

Il me semble plus audacieux  de ne pas écarter la suggestion d'E. Le Seac'h, et de retarder la datation vers 1600.

Mais pourrions-nous nous accorder sur un certain nombre de caractères stylistiques propres au corpus des statues de kersanton de Lambader ? Je propose :

Un visage rond pour la moitié supérieure puis ovale s'achevant par un petit menton retroussé.

Les yeux en amande effilée aux deux extrémités, et aux paupières ourlées, avec un regard fixe et absent.

Des sourcils en arc haut situé. 

Une bouche petite et concave sous un philtrum creusé.

 Les cheveux écartés de part et d'autre du visage à partir d'une raie  médiane qui dégage le front très loin vers le vertex, comme s'il était épilé.

Des moustaches partant souvent du coin de la narine et formant un V inversé ou deux virgules.

Des barbes sculptées en mèches parallèles recourbées en hameçon plus ou moins accentué.

Des manteaux masculins fermés par une patte ronde boutonnée.

Des robes masculines seulement ouverts par une courte fente à 2 boutons

Des manteaux féminins à pans écartés formant des pointes

Des voiles féminins rigides formant un carré à peine adouci,  mais sans plis (à la différence des Prigent)

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La comparaison avec d'autres œuvres du même atelier est difficile en raison du grand nombre de calvaires du Catalogue, ou de séries d'apôtres et évangélistes alors que nous avons affaire ici à des scènes de l'Enfance du Christ. Nous pouvons nous rapporter aux scènes analogues du pourtour du Calvaire de Plougastel, mais il s'agit de bas-relief et non de statues en ronde-bosse. On trouve un Mariage de la Vierge, une Nativité, une Adoration des Mages, une Circoncision, une Fuite en Egypte (dont l'enfant emmailloté est semblable à celui de Lambader).

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N.B Je décrirai dans un autre article les statues des saints (Jean, Pattern et Gouesnou) que j'ai écarté de cet article, ainsi que la statue de Notre-Damme de Lanbader du porche ouest.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie, L'Architecture bretonne

 

"Dans la paroisse de Plouvorn, la chapelle de LAMBADER a été entièrement reconstruite avec son clocher, en 1877- 1881,. et malgré cela on peut toujours la considérer comme ancienne, c.ar on a reconstitué aussi fidèlement que possible l'édifice primitif en se servant des anciens matériaux, de sorte que la chapelle, rajeunie et consolidée, possède cependant l'aspect digne et respectable d'un monument des vieux âges. Ce qui est le plus remarqué et le plus vanté à Lambader, c'est le clocher, dont la vanité locale ose presque faire un rival du Creisker. Comme détails particuliers d'architecture il y a à observer la porte sous le clocher, ornée de belles colonnettes, et dont l'archivolte à plein-cintre est composée de moulures et de tores avec dos de carpe; puis le petit porche Nord percé de deux portes ornées de colonnettes et séparées par un léger trumeau, au haut duquel est une Sainte-- Marguerite agenouillée sur son dragon. Au chevet, sous la -grande fenêtre, est une petite sacristie ou chambre du trésor, toute bâtie en pierres de taille, en y comprenant même le toit. A l'intérieur on est agréablement surpris à la vue des belles dimensions et des belles proportions de l'édifice, qui se compose d'une nef et de deux bas-côtés donnant une largeur de 13 m. 90 sur une longueur de 28 mètres, le tout divisé en huit travées."

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère Plouvorn n°2385 et 2386.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

2386. Lambader, placître, g. k. 6 m. XVIè, XIXè s. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût rond, écots. Croisillon, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre (décapitée). Croix, branches rondes, crucifix, écu. [YPC 1980]

2385. Lambader, dans la chapelle, k. Vers 1550, vestiges d’un calvaire dont certaines pièces sont placées à la croix de Spernen en Plougourvest (no 1977). Fuite en Egypte. Présentation au temple, Vierge de l’Annonciation, Vierge aux sept glaives, Nativité, saintes femmes, Crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal), 25 mars 1995, A la découverte des croix monumentales, Plouvorn. Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3fb594a410e97c243be96830ef21eeda.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— COUFFON, (René), LE BARS, Alfred), 1988, "Plouvorn",  Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/PLOUVORN.pdf

"Statues en kersanton, dont plusieurs proviennent d'un calvaire monumental détruit : groupe de la Présentation au Temple, Fuite en Egypte, XVIè siècle (C.), Adoration des mages, XVIè siècle (C.), Vierge de l'Annonciation, Notre Dame des Sept Douleurs, Vierge Mère assise sur un trône, les trois Marie au Calvaire, sainte Marguerite, saint Jean l'Ev., saint Divy (S:DIVI), saint évêque (S.GOUYNIE), saint Gouesnou (S.GOUESNOU), saint Patern (S.PATERNE), Ange de l'Annonciation (décapité), Christ de calvaire (mutilé)

— DANIEL (Tanguy), 1996, La chapelle de Lambader en Plouvorn,   Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires - Association bretonne et union régionaliste bretonne,  Congrès de Saint-Pol-de-Léon juin 1996 tome CV p. 50.

"On remarquera aussi et surtout les restes d'un ancien calvaire monumental, présenté en désordre en quatre endroits de la partie basse de la nef : une Présentation au Temple, une Annonciation et une Fuite en Égypte, une Nativité, un Christ (mutilé) et les Trois Marie. Il est possible que d ' autres éléments de ce grand calvaire figurent sur la croix de Spernen ( dite aussi Croaz - Lambader ) , à Plougourvest . Aucune date ne figure sur ces sculptures dont le style est celui du milieu du XVIe siècle . » .

 

https://books.google.fr/books/about/Comptes_rendus_proc%C3%A8s_verbaux_m%C3%A9moires.html?id=Ka0iAQAAIAAJ&redir_esc=y

 

— DUCOURET (Jean-Pierre), 1971, Inventaire pour le Patrimoine dossier IA00005484

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-lambader-plouvorn/8e820a5c-91e6-410a-9857-c05679006ec6

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005484_01.pdf

FRÉMINVILLE ((chevalier Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville) 1832, Antiquités de la Bretagne: Finistère, Volume 1, Lefournier et Deperiers, 1832 p. 69

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&dq=lambader&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

"Plusieurs statues ornaient jadis l'église de Lambader, elles ont été renversées et mutilées, leurs débris gisent sur le gazon dans le préau ou cour du monastère. J'en remarquai une qui me frappa par le fini et la précision de son travail, elle représente un chevalier armé de toutes pièces , tenant l'épée nue sur l'épaule ; la forme de son armure indique la fin du quatorzième siècle. On remarque au bas de la cuirasse l'assemblage de pièces de lames transversales qui recouvre le défaut des cuissards et que l'on nommait tasseltes ou braconnière. La tête de cette statue a malheureusement été brisée ( Pour préserver cette statue de mutilations plus considérables, M. le marquis du Dresnay en a fait récemment l'acquisition et l'a fait transporter à Saint-Pol de Léon , où elle est placée dans son jardin. ) : je présume qu'elle représentait quelqu'un des commandeurs de Malte titulaires de la commanderie de Lambader. Ce ne peut être un templier, car, lors de la destruction de l'ordre du temple, les .chevaliers portaient encore le haubert ou armure entièrement en mailles, celle que l'on voit ici est celle de plaque et de lames adoptée au quatorzième siècle."

 

GALLIC (Kristian), Le jubé de Lambader

https://www.youtube.com/watch?v=R8v-UGsxanQ&ab_channel=DanielleRopars— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat brochure in-8°, 88 pages.

 — GALLIC (Kristian), PLOUVORN INFORMATION mars 2017 n°3 

https://fr.calameo.com/read/0047577681bc06131f887

LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

"On vénère à Lambader une belle statue en kersanton de Notre-Dame. Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit, provenant de l'ancien Calvaire. La maîtresse vitre contenait un brillant vitrail de 1543, qui a été brisé vers 1845 et remplacé, dans sa partie basse, par une maçonnerie, et dans sa partie haute, par un voile rouge. On en voit quelques débris à la chapelle de Keruzoret, ainsi qu'un saint Christophe et un saint Trémeur portant sa tête entre ses mains."

— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages. Non consulté.

"La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument."

 https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1911_num_27_2_4166

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— MIORCEC DE KERDANET (L.), 1837, Les vies des Saints de la Bretagne-Armorique De Albert LE GRAND ... Avec des notes et observations historiques et critiques par D. L. Miorcec de Kerdanet et revues par M. Graveran. Brest 1837 Page 502

https://books.google.fr/books?id=PIhhAAAAcAAJ&pg=PA502&dq=lanbader&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiF4dfrsr_vAhXH3oUKHbu0B1UQ6AEwA3oECAQQAg#v=onepage&q=lanbader&f=false

 

Texte principal : "Si vous entrez dans Ploumorn (Plouvorn), vous ne pouvez faire beaucoup de chemin , sans remarquer la belle Eglise priorale de N. D. de Lanbader tant pour l'excellence du bastiment, qu'à raison de la grande devotion du peuple qui y aborde de plusieurs endroits. Ceste chappelle est construicte non loin du bourc parrochial , sur la pente d'une colline , prés d'un agreable ruysseau qui fait moudre nombre de moulins, avant de se rendre à l'ocean. Ce lieu est fort consideré par les personnes devotieuses , &, estant limitrophe à plusieurs paroisses de cest Evesché, les pelerins y arrivent en affluence aux festes de la Vierge, & surtout le lundy de la Pentecoste."

Note de Kerdanet : "Cette église est construite dans le style de l'architecture gothique arabe : elle a huit arcades élégantes dans chacun de ses bas-cotés., son clocher est très beau, c'est une tour carrée, ornée d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de quatre clochetons. Cette flèche, toute en pierres de taille, est travaillée à jour, ainsi que les clochetons qui l'accompagnent, dont l'un a été renversé par l'ouragan du 2 février 1836. Le clocher est supporté par des piliers formant trois arcades. Dans le fond est la porte d'entrée de l'église, couronnée d'une statue de la Vierge en kersanton avec ces mots : NOTRE DAME DE LANBADER ». À ses cotés, sont deux encadrements, l'un représentant six moines à genoux, sur trois lignes, et l'autre six religieuses dans la même position. Le dernier encadrement offre le millésime de 1598, et la légende : INTERCEDE P. DEVOTO FEIÕ SEXU » On remarque, de plus, autour de l'église, diverses statues curieuses, telles que celle de saint Christophe, ainsi désignée SXDÕPLE 1600 », et la statue de N.D de Pitié dans l'attitude la plus recueillie et la plus expressive.

Le jubé en bois de Lanbader est aussi fort renommé ; c'est un réseau de sculpture, presque aussi remarquable dans son genre que celui du Folgoët dans le sien : il a 16 pieds ½ de long sur 3 pieds , 9 pouces de large ; ses éventails ont 8 pieds 3 pouces de développement, et sa porte 4 pieds ½ d'ouverture ; son escalier tournant compte 22 marches ; le tout orné de petites statues d'anges, parmi lesquels vient figurer, on ne sait pourquoi, un joueur de biniou (musette)

M. de Fréminville pense que Lanbader était une ancienne commanderie ; il n'en n'est cependant fait aucune mention dans celles du duc Conan IV, de 1160 ; mais on trouvait autrefois, autour de cette chapelle, les propugnacula, turricula et alias munitiones dont parle Pierre Mauclerc das sa charte aux chevaliers du Temple. V. D. Morice, Pr. t. 1er col.638 et 850. Le gouvernement de Lanbader possédait, en 1790, 900 livres de revenu. »

— PENNEC (Cyrille) 1825, Le dévot pèlerinage de Notre-Dame du Folgoët Vatar-Jausions, 1825 - 122 pages

https://books.google.fr/books?pg=PA46&dq=lanbader&id=OQszcnHk2lEC&hl=fr&output=text

L'église de LANBADER, avec un très-beau clocher.

« On trouve en cet endroit plusieurs jolies statues en Kersanton, entre autres celle de S. Christophe, portant la date de 1600. Sur la porte étroite de la chapelle, on a figuré une petite assemblée de moines, et vis-à-vis des religieuses à genoux et les mains jointes, avec cette légende : Intercede pro devoto foemineo sexii ».

 

 

PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

 

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

"Dans le fond de la chapelle on a recueilli une trentaine de statues en pierres de taille qui doivent être les débris d'un ancien calvaire. Plusieurs de ces statues ont beaucoup d'expression dans la physionomie ; malheureusement presque toutes ont été mutilées pendant la révolution. Elles ressemblent comme travail aux statues du calvaire de Guimiliau et doivent être de la même époque."

 

FAUJOUR (Marc), La chapelle Notre-Dame de Kerzéan à Plouescat, ARMMA-SAPRAT : les armoiries possibles d'Audren de Kermel.

https://armma.saprat.fr/monument/plouescat-chapelle-notre-dame-de-kerzean/

L'UNIVERS 27 septembre 1877 Inauguration de la chapelle restaurée sur l'initiative du recteur Hellard. Bénédiction par l'évêque en présence de la comtesse de Kerdrel. Promesse d'indulgence le jour du Pardon le lundi de Pentecôte.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-keruzoret-plouvorn/0fabf1a2-bd3c-4ed6-ae2b-055ceffcfe5f

DIVERS, YOUTUBE

https://www.youtube.com/watch?v=CNQ221jkJZQ&ab_channel=ValentinDluz

https://www.youtube.com/watch?v=k9rsmv2Ih6g&ab_channel=XavierBoderiou

— DIVERS: ARCHIVE 1442.

Lettres et mandements de Jean V: duc de Bretagne, publiés ..., Volumes 4 à 5

Ordre de laisser les chapelains de Lambader et du Merzer jouir des dons qui leur ont été faits.

Vidimus du 10 oct. 1442 (Ar. Loire-Inf., E 83; anc. Ch. des comptes de Nantes).

A Redon, 1433, 13 mars. « Jehan... A nostre bien amé et feal conseiller Auffroy Guinot, nostre tresorier et receveur general, et aux fermiers de cest present impot par nous ordonné de XX s. par pipe estre levé en l'evesché de Leon, salut. De la partie de noz chappelains et orateurs dom Guillaume Baeleuc et dom Jehan le Saux, presbtres et gouverneurs des chapelles de Nostre Dame de Lanbader et du Merzer, nous a esté presentement exposé que, comme puix nagueres nous eussions donné en aulmosnes et de nostre devocion à lad. chapelle de Lambader, dont led. Guillaume est administrator, pour aider à l'eupvre et edifficacion d'icelle chapelle, la somme de quinze 1., à estre poiée sur et dud. impot, en mandant à vousd. fermiers d'en fere le paiement au desir de noz lettres sur ce données le vile jour de decembre darrein; mesmes à lad. chapelle du Merzer eussions voulu et octroié que tout le vin qui fust vendu en detaill en la maison de lad. chapelle par led. dom Jehan et ses commis, qui en est gouverneur, feust quicte de tout devoir d'impot, tant du temps que avenir, pour estre cellui devoir mis et emploié au bien et augmenttacion d'icelle chapelle, comme peust aparoir par noz lettres sur ce données en ceste nostre ville, dabtées du xuie jour de may, l'an mill mcc trante et un; ce neanmoinz, vousd. fermiers n'avez voulu oboir au contenu de nosd. lettres, ainczois les avez contrariées et contrariés, en disant icelles ne vous valoir pas descharge; par quoy lesd. suplians ne ont peu jouir de nosd. dons et octroitz, en grand retardement et prejudice du bien et augmentacion d'icelles chapelles... Pour ce est il que nous..., en ratiffiant nosd. premieres lettres..., octroions ausd. suplians et gouverneurs que ilz joissent desd. dons et octroiz... Et affin de se imformer du numbre desd. vins qui sont et seront venduz aud. lieu du Merzer..., avons commis nostre bien amé et feal conseiller Hervé le Ny, qui de ce vous baillera relacion... Si vous mandons, etc.

Ainxin signé, Par le duc, de sa main. - Par le duc, de son commandement et en son conseill, ouquel : Vous, l'evesque de Triguer, le president, le seneschal de Rennes, messire Pierres Eder et autres estoint. - J. PIRON. »

 


— WIKIPEDIA

Famille Audren de Kermel

https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Audren_de_Kerdrel

Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Chapelles bretonnes. Maître de Plougastel
14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 16:19

Zoonymie des Odonates : Lestes barbarus Fabricius, 1798), le Leste sauvage.

 

 

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

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BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

Genre Lestes, Leach, 1815. Entomology, in Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom vient du grec  λῃστής = "voleur, brigand, pirate". Le sens " prédateur" n'est pas cohérent puisque tous les Odonates sont des prédateurs. La seule espèce décrite en 1815 étant Agrion barbara de Fabricius, et celle-ci devant son nom à sa provenance du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée alors Barbarie ou Etats barbaresques, il est logique de considérer que Leach a donné le nom de genre Lestes , "pirate"  par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger.

— Espèce Lestes barbarus Fabricius 1798. La description originale de Fabricius pour son Agrion barbara explique parfaitement le choix de cet épithète géographique : "Habitat in Barbaria, Dom. Rehbinder".  Barbaria désigne alors l'Algérie, où le baron Johann Adam von Rehbinder (Kiel 1757- ?1809), qui a procuré ce spécimen au naturaliste danois Fabricius,  a été  consul du Danemark à Alger de 1780 à 1798. L'épithète devrait se traduire dans ce contexte par "de Barbarie" ou "venant d'Algérie". Sélys-Longchamps signalait dès 1840 qu'on trouvait cette espèce dans tout le midi de l'Europe, mais aussi en Allemagne et en Belgique, et nous savons  aujourd'hui qu'il est présent en Bretagne jusqu'à la pointe du Finistère !

— Noms en français.

 

1°) " [La] Lestes barbare", De Selys-Longchamps 1840, Monog. Libellulidées :142, est une transcription-trahison du nom scientifique.

2°) "[La] Lestès barbare " De Selys-Longchamps 1850, Rev. des Odonates :159, même chose, aggravé d'un barbarisme pour le pseudo grec  "Lestès".

3°) "[La] Lestès de Barbarie", Eugène Desmarest, 1860 in Jean-Charles Chenu, Annelés, Table alph.,  Encycl. Hist. nat., : 34. est le seul nom qui est fidèle à l'épithète géographique de Fabricius. Il ne sera pas retenu.

 

4°) "Le Leste sauvage", Paul-André Robert 1958 Les Libellules (Odonates)  : 82, provient d'une consultation dans le Larousse de l'adjectif "barbare" utilisé à tort par Selys-Longchamps.

5°) "Leste sauvage" est le nom vernaculaire préconisé officiellement par le Museum.

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DESCRIPTION PRÉALABLE :

Le nom scientifique et le nom vernaculaire ne seront d'aucune aide au  néophyte à reconnaitre cette espèce qui n'est ni sauvage ni barbare.  On repérera chez ce Zygoptère des eaux stagnantes ensoleillées par :

  • Les pterostigma bicolores .

  • Les larges rayures antehumérales pâles à l'arrière du thorax.

  • Le corps vert métallique. Pas de coloration bleue.

 

-exemples de bons sites :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65199/tab/fiche

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/leste_sauvage/leste_sauvage.html

https://british-dragonflies.org.uk/species/southern-emerald-damselfly/

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-Des planches anciennes.

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"Agrion barbarum" Charpentier 1840 pl. XXXV fig. 3 et 4.

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I. LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

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LE NOM DE GENRE LESTES (Leach, 1815).

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Le nom de genre Lestes Leach, 1815.

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LE NOM D'ESPÈCE LESTES BARBARUS (FABRICIUS, 1798).

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Agrion barbara  : Fabricius J.C. 1798 - Suplementum entomologiae systemicae. -Hafniae [Copenhagen] apud Proft et Storch,  : 582 pp. page 286.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/42138782#page/294/mode/1up

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Agrion barbara, Fabricius 1798. numérisé par BHL.

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Traduction sous réserve.

Agrion barbara 2-3 Agrion vert au dessus et jaune au dessous, ptérostigma noir et blanc.

Vit en Algérie, Monsieur Rehbinder.

Taille et envergure semblables à celles d'Agrion puella. Tête verte ou jaune. Thorax vert au dessus avec trois lignes dorsales jaunes, et dessous jaune. Abdomen cylindrique, vert au dessus, jaune au dessous. Ailes transparentes, dont les ptérostigmas sont d'ordinaire moitié noirs et blanc.

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"Habitat in Barbaria". : Barbaria désigne alors l'Algérie, où le baron Johann Adam von Rehbinder (Kiel 1757- ?1809)  a été secrétaire du consulat du Danemark à Alger en 1780, puis vice-consul en 1782  et consul de 1784 à 1798 (biographie). Ce dernier est (serait) l'auteur de "Nouvelles et remarques sur l'Etat algérien" Altona 1798., parus de 1798 à 1800 sous le titre Nachrichten und Bermerkungen über des algierischen Staat. J'ignore si ses spécimens entomologiques, que Fabricius explore en 1798, lui ont été adressées, ou étaient réunis dans un cabinet de curiosité (mais la référence serait alors Barbaria mus. Dom ...). Néanmoins, Fabricius décrivit en 1793 un Longicorne,  Saperda vitigera, [Conizonia detrita] dont l'holotype provenant de Rehbinder et  venant de la collection de Fabricius est conservé au Museum zoologique de Copenhague. Je présume que le spécimen de cet Agrion barbara communiqué par Rehbinder appartenait semblablement à la collection de Fabricius mais n'a pas été conservé. Fabricius était enseignant à Kiel (ville natale de Rehbinder) de 1775 à la fin de sa vie, et le prologue de son Supplementum Entomologia porte la mention Kiliae, 10 feb. 1798.

Voir aussi les Diptères Stratiomys flavipes  ou Milesia tomentosa cinerea (Habitat Algiriae Dom. de Rehbinder). Ou Anthrax syphax. Fabricius décrit des espèces venant d'autres correspondants ayant prospecté l'Algérie, comme le professeur Vahl, Desfontaines ou Bose.

Le féminin  s'accorde avec le genre alors en vigueur d'Agrion, déterminé par le groupe Libellula créé par Linné : toutes espèces de Libellules, ces Demoiselles, sont forcément féminines.

Voir : https://www.researchgate.net/publication/254243603_Seasonal_ecology_of_Algerian_Lestidae_Odonata

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Réception.

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— [ S.N. Schaeffer planche CXVII fig. 4 -5 ? (cité par Fonscolombe ; mais ptérostigmas monochromes brun-orange)]

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f319.item

— Agrion barbara Vander Linden 1825, Monographiae page 35

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q=agrion&f=false

— Charpentier 1825
 

— Agrion barbara Boyer de Fonscolombe, 1838, Monographie des Libellulines des environs d'Aix. Troisième partie.  page 354 n°3

https://books.google.fr/books?id=pgBMAQAAMAAJ&dq=Boyer+de+Fonscolombe+1838+Monographie+des+Libellulines+des+environs+d%27Aix.+Deuxi%C3%A8me+et+troisi%C3%A8me+parties.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

—  Agrion barbarum Charpentier 1840

— Lestes barbara "Lestes barbare" De Selys-Longchamps, , M. E. (1840), Monographie des Libellulidées d'Europe n°4 page 142

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f142.item

Lestes barbara "Lestes barbare", Boitard 1843; Nouveau manuel complet d'entomologie.

— Lestes barbara  "Lestès barbare", De Selys-Longchamps, , M. E. (1850) : Revue des Odonates ou Libellules d’Europe page 159 n°6.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f191.item.texteImage

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Synonymie 

  • Agrion nympha Hansemann, 1823, Hansemann, J. W. A. 1823. Anfang einer Auseinanderseßung der deutschen Arten der Gattung Agrion F. Zoologisches Magazin, Wiedemann, 2(1) page 161 

    https://www.biodiversitylibrary.org/page/14928647#page/164/mode/1up

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE BARBARUS.

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La description originale de Fabricius explique parfaitement le choix de cet épithète : "Habitat in Barbaria, Dom. Rehbinder".  Barbaria désigne alors l'Algérie, où le baron Johann Adam von Rehbinder (Kiel 1757- ?1809), qui a procuré ce spécimen au naturaliste danois Fabricius,  a été  consul du Danemark à Alger de 1780 à 1798. Pour d'autres espèces, Fabricius écrit " "Habitat in Algiriae, Dom. Ehlbinder". Les cartes de de Jode (1583), d'Ortelius (1592) et de Mercator (1590) désignent sous ce nom de Barbaria le nord-ouest de l’Afrique. Il reprend le latin barbaria, ae, "pays barbare", "pays étranger, inculte, sauvage" et a donné  "Berbérie" (1860), "Berbère", Barbarie ou Etats barbaresques. 

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BARBARIA, Carte de Mercator

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Le latin barbarus "étranger" d'après l'usage grec qui désignait ainsi tous les pays en dehors de la Grèce, a qualifié tous les autres pays et les autres peuples que les Romains parlant une autre langue qu'eux.

Il a donné par l'italien barbaresco l'adjectif "barbaresque" qui a désigné les pirates musulmans qui opéraient depuis les ports d'Alger, de Tunis, de Tripoli et de Salé. On se souvient de Cervantes resté captif à Alger de 1575 à 1580.

L'épithète doit donc se traduire dans ce contexte par "de Barbarie" ou "venant d'Algérie". On parlerait alors de ce "Lestes de Barbarie" comme on le fait du "Figuier de Barbarie" Opuntia ficus indica, très répandu en Afrique du Nord bien qu'il provienne du Mexique.

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Sélys-Longchamps signalait dès 1840 qu'on trouvait cette espèce dans tout le midi de l'Europe, mais aussi en Allemagne et en Belgique, et nous savons  aujourd'hui qu'il est présent en Bretagne jusqu'à la pointe du Finistère (Cléden-Cap-Sizun et Île Molène) !

Distribution en Bretagne  : http://51.83.44.201/atlas/espece/65199

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:1630_barbarie_mercator.jpg

https://books.google.fr/books?id=lCRkAAAAcAAJ&pg=PA86&dq=barbaria+g%C3%A9ographique&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjry-HHra_vAhV3DGMBHfFMDr8Q6AEwAHoECAUQAg#v=onepage&q=barbaria%20g%C3%A9ographique&f=false

 

 

"On a cru à tort cette espèce propre uniquement au nord de l'Afrique. Elle est commune dans tout le midi de l'Europe , et se trouve aussi , quoiqu'en plus petit nombre, en Allemagne et en Belgique. Je l'ai prise aux environs de Naples, le 20 mai; en Lombardie, vers la mi-juin ; à Baden , le 25 juillet. M. Putzeys la retrouvée aux environs d'Arlon (Belgique), le 24 août. Elle a aussi été observée près de Bruxelles par M. Robyns. En Provence, elle vole également en août et septembre." (Selys-Longchamps Monographie 1840)

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"Patrie . La Lestes barbara est une espèce qui semble commune aux côtes du bassin de la Méditerranée. Elle devient rare et locale dans L'Europe centrale, et n’existe pas en Scandinavie. Belgique , très-rare, observée dans quelques parties de Liège, du Luxembourg et du Brabant en août (De Selys, Putzeys). - Allemagne , Hanovre, du 15 juin au 24 septembre (Heyer); Prusse orientale, Koenigsberg, très-rare (Hagen); Silésie, très-commune en juin (Charpentier, Schneider); Bavíère, commune (Schœlfer, De Siebold); Vienne (Kollar); Baden, le 25 juillet (De Selys). - France , très commune en aoút et septembre et en mai; en Provence et en Languedoc (Rambur, Guinard, De Fonscolombe ); Angers (Millet); Lyon (Foudras)." (Selys-Longchamps ,Revue 1850)

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L'épithète est resté accordé au féminin tant avec le genre Agrion de Fabricius jusqu'au Agrion barbarum de Charpentier 1840. Il est également au féminin avec le genre de Lestes de Leach, car tous les genres des "Libellulidées" étaient féminins. On trouve "Lestes barbara" jusqu'à la fin du XIXe siècle. C'est en 1890 que W.F.  Kirby,  A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata. Guerney & Jackson, London. 202 pp., page 162) impose le masculin Lestes barbarus.

 

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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Tous les auteurs relient l'épithète barbarus à l'origine géographique en Afrique du Nord, et à la localité-type de l'espèce. L'analyse de Fliedner est la plus précise.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leste-sauvage/

"Lestes (gr) = brigand, pirate ; barbarus (gr/lat) = barbare. Cette espèce a été décrite du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée Barbarie ou Etats barbaresques jusqu’au début du XIXe siècle."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"after the Barbary coastal region of North Africa ('Barbaria' in Fabricius' description), from where the specimens he described originated"

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"barbarus (Lestes) - Dalla località tipica (Barbaria), regione del Nord-Africa."

 

.

H. FLIEDNER, 1997, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Wie schon erwähnt ist Lestes (lateinische Aussprache!) ein gr. Wort für ‘Räuber’. Einen Grund für die Wahl dieses Namens gibt Leach (1815) nicht an. Er gibt auch keinerlei diagnostische Hilfsstellung, da alle Libellen räuberisch leben.

- barbarus wurde als erste Art der Gattung beschrieben. Der Name besagt nicht, dass diese Kleinlibellen Barbaren von besonderer Brutalität wären; sondern die Exemplare, anhand derer Fabricius die Art beschrieb, stammten aus Nordwestafrika, einer Gegend, die damals unter dem Namen ‘Barbarei’ bekannt war. Diese Bezeichnung leitet sich von den dort lebenden ‘Berbern’ her. Und der Ursprung dieser Benennung liegt in der römischen Antike, in der die Völker, die ablehnten, die lateinische Sprache zu übernehmen, ‘barbari’ [- Fremde, Barbaren] genannt wurden."

"As already quoted Lestes [Latin pronunciation] is a Greek word for ‘robber’. Why LEACH (1815) chose this name he did not say. It does not give any diagnostic clue either because all Odonata are predators.

- barbarus was the first species of this genus to be described. The name does not say that these Zygoptera are barbarians of special brutality, but that the specimina, on which Fabricius founded his description, were from north western Africa which region was then known as ‘Barbary’, derived from the Berbers living there. And the origin of their denomination is in late Roman antiquity, when the people who refused to accept Latin as their language were called barbari [aliens, barbarians]."

 

 

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VAN HIJUM, 2005.

https://natuurtijdschriften.nl/pub/555521

"barbarus = afkomstig uit Barbarije (NW-Afrika; hier zijn ook de woorden ‘barbaar’en ‘berber’ van afgeleid)"

 

.

 

 

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II. LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) " [La] Lestes barbare", De Selys-Longchamps 1840, Monog. Libellulidées :142.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f142.item

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Fidèle à lui-même, le belge de Selys-Longchamps ne se soucie pas de créer un nom français qui ait du sens, mais de transcrire le nom scientifique Lestes barbara au plus près. Il a transcrit  le nom scientifique de genre : "Lestes" par "Lestes".  Il ouvre avec ce nom de "Lestes barbare", la porte à tous les contre-sens. 

Il est d'autant plus désinvolte avec les noms (mal) francisés qu'il n'en fait pas usage, et qu'il parle, en langage courant, de "la lestes barbara" en 1840, 1850 et 1862 ; comme l'ensemble de ses collègues.

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2°) "[La] Lestès barbare " De Selys-Longchamps 1850, Revue des Odonates :159.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f191.item.texteImage

L'accent aigu placé par Selys-Longchamps n'est pas une coquille, puisqu'il se retrouve pour la traduction du nom de genre et pour toutes ses espèces. Cette forme est reprise par l'auteur en 1862 dans son "Synopsis des agrionines, seconde Légion : Lestès". 

Il est probablement la reprise d'une graphie de la forme grecque lestès. Mais cette graphie grecque me semble ici incorrecte.

ληστης –  vient de 'leizomai' (piller) Du grec ancien λῃστής, lêistếs, masculin, 1. "Voleur, brigand". 2. (En particulier) "Pirate".

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N'est-ce pas ici l'occasion de donner la définition du barbarisme ? C'est "une faute de langue qui enfreint les règles de la morphologie, non celles de la syntaxe. Il consiste à importer dans une langue donnée des formes qui sont usuelles dans une langue étrangère. Ce mot s'emploie surtout pour les fautes de traduction dans les langues anciennes." Suivez mon regard.

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3°) "[La] Lestès de Barbarie", Eugène Desmarest, in Jean-Charles Chenu, 1860, Annelés, Table alphabétique,  Encyclopédie d'Histoire naturelle, Paris, page 34.

https://books.google.fr/books?id=B7QzpayI2voC&vq=lest%C3%A8s&dq=%22Lest%C3%A8s%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://www.biodiversitylibrary.org/item/246156#page/44/mode/1up

S'il reprend la forme Lestès de Selys-Longchamps, le médecin aide-major et naturaliste français Jean-Charles Chenu (1808-1879) se montre plus soucieux d'une traduction correcte de l'épithète barbara par "de Barbarie".

La table analytique a en réalité été  dressée par "M. E. Desmarest, du Museum d'Histoire naturelle, secrétaire à la Société entomologique de France, l'un des collaborateurs de M. le docteur Chenu pour diverses parties de l'Encyclopédie" (Avis introductif). C'est donc au crédit d'  Eugène Desmarest que doit être porté cette heureuse création de nom... qui n'aura pas de suite.

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4°) "Le Leste sauvage", Paul-André Robert 1958 Les Libellules (Odonates)  : 82

C'est le Suisse Paul-André Robert qui supprime la -s finale pour la transcription dans notre langue du genre Lestes.

Il donne dans son guide de vulgarisation de la collection de Delachaux et Niestlé la signification suivante  :

"barbarus = "étranger, sauvage" (1ère signification de "barbare" dans Larousse)".

C'est ainsi que  s'est introduit dans notre langue un zoonyme qui trahit le nom scientifique, et propage un contre-sens laissant croire que l'épithète décrit un tempérament de cette espèce alors qu'il s'agit d'un épithète géographique.

Si P.-A. Robert avait lu la description originale de Fabricius plutôt que d'ouvrir son Larousse et de choisir, parmi les significations proposées, la plus discutable, il aurait, au moment où c'était encore possible, pu créer le nom de "Leste de Barbarie". Le Petit Larousse de 1964 donne pour barbare en 1 "étranger" et en 2 "sauvage", mais le Petit Larousse illustré de 1919 donne effectivement page 101 : -barbare, adjectif et nom, (grec barbaros "étranger") Peu civilisé, sauvage"

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3°) Nomenclature officielle : "Le Leste sauvage", INPN/ MNHM consulté le 9/03/2021.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65199

Le Museum a choisi, sur le site INPN, de valider le zoonyme "Leste sauvage", et ne cite même pas en seconde position "Leste barbare" (qui pouvait encore bénéficier d'une certaine polysémie).

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4°) Nom d'usage actuels.

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Dijkstra emploie "Leste barbare"  et en synonyme "Leste sauvage", Grand et Boudot donnent  "Le Leste sauvage" . Wikipedia : "Le Leste barbare ou sauvage". Précigout (Libellules de Poitou-Charentes) donne "Le Leste sauvage" mais ensuite le synonyme "Le Leste barbare".

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III. LES NOMS DE LESTES BARBARUS EN D'AUTRES LANGUES.

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Loin de les égarer comme en français, de nombreux noms vernaculaires donnent aux néophytes des renseignements utiles sur cette espèce, soit sur sa couleur verte "émeraude", soit (surtout pour les pays du Nord de l'Europe qui l'ont vu gagner du terrain depuis les années 1990) sur son comportement migrateur venant du sud.

Le faux-ami barbarus a néanmoins été "traduit" par "Shy" (sauvage, timide) dans l'un des trois noms anglais.

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- en anglais : "Migrant Spreadwing", "Southern Emerald Damselfly",  "Shy Emerald Damselfly" . (La migratrice du Sud,  Demoiselle émeraude du sud", "Demoiselle émeraude sauvage").

-en polonais : "Pałątka południowa" ("La Leste du Sud")

-en catalan : "Alaestès verd", ("le Lestès vert").

-en espagnol: "Caballito del diablo esmeralda", "Emeraude cheval du diable"

-en suédois : "Vandrande smaragdflickslända", ("La Demoiselle émeraude migratrice")

-en norvégien : Metallvassnymfer (pour les Lestidés]

-en néerlandais :  "Zwervende pantserjuffer"

-en dannois : "Sydlig Kobbervandnymfe"

-en allemand : "Südliche Binsenjungfer"

- en gallois : "Mursen werdd y de" sous réserve 

-en breton : "Dimezell [g]ouez " ("Demoiselle sauvage" composé d'après le français ) en attente validation

-en letton : "Migrējošā zaigspāre" "Libellule migratrice"

- en hongrois : "Foltosszárnyjegyű rabló" ("le voleur aux ailes tachetées")

en lituanien : "Pietinė strėliukė"

-en slovène : "Grmiščna zverca"

 

- en frison occidental :  "Strün hynderke", "Brüns hynderke" "Swalkhynderke"

-en estonien : "Lõunakõrsik" (--- du Sud)

-en finnois : "Kalveakeijukorento"

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SOURCES ET LIENS.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

Animalbase

http://www.animalbase.org/

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]
 

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R. ), 2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p. [http://www.delachauxetniestle.com/ouvrage/guide-des-libellules-de-france-et-d-europe/9782603021538]

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

— GBIF

https://www.gbif.org/species/1424076

— GRAND (D.) & BOUDOT (J.P.) ,2007 Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I:1-111. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA
— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false
  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

DELIRY

http://deliry.net/odonata/index.php/Lestes_barbarus

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, n°25 page 277 et planche 7 fig. 4 et 5

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f299.item.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f19.item.zoom#

 

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1769,  Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae... = D. Jacob Christian Schäffers natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten...   Regensburg, gedruckt bey Heinrich Gottfried Zunkel. [1766-1769] Illustrations par Johann Jakob Haid, (1704-1767). Johann Nepomuk Maag (1724?-1800). G. P. Trautner, . Johann Gottlieb Friedrich, (1742-1809). et Loibel.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f1.item

 

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1804, D. Jacobi Christiani Schaefferi Iconum insectorum circa Ratisbonam indigenorum enumeratio systematica par Georg Wolfgang Franz, Panzer, 1755-1829  (nomenclature systématique) :

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/101964

— SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines,  deuxième légion : Lestes, Extrait des Bulletins de l'Académie royale de Belgique 2. sér., t. XIII, no 4

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 11:32

Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec).

 

 


 

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Sur Saint-Thégonnec, voir :

 

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Sur les calvaires de Basse-Bretagne, voir :

Ateliers du XVe et début XVIe siècle :

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— atelier du Maître de Quilinen (vers 1500)

 

Atelier Prigent :

 

Atelier du Maître de Plougastel.

 

Atelier du Maître de Saint-Thégonnec (selon Castel et Le Seac'h)

 

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Atelier de Roland Doré.

 

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Divers ateliers.

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PRÉSENTATION.

Voir article partie I.

Si les 41 personnages du pourtour du socle se présentaient en costumes contemporains comme s'ils jouaient, non sans truculence, les scènes du Mystère de la Passion (et une Passion et Résurrection bretonne a été publiée en 1530 puis rééditée), la croix à deux croisillons où le Christ est entouré de ses disciples les plus proches relève d'une mystique du Sang versé, auquel répond l'effusion de larmes des témoins. Si on peut l'associer encore au texte de la Passion et Résurrection bretonne (qui devait être bien connu des paroissiens ayant demandé ce monument), c'est d'avantage le texte du Stabat Mater Dolorosa qu'il faut placer ici en contre-point : ce chant franciscain sera traduit en breton en 1622 par Tanguy Guéguen, chanoine à Morlaix.

Le duché de Bretagne, avant son annexion à la France, s'était montré très attaché au culte des Plaies du Christ : Voir Dévotion franciscaine aux Plaies du Christ à la cour ducale de Bretagne. La province de Bretagne, depuis Anne de Bretagne,  a poursuivi cette vénération, et a couvert le Léon du gris manteau d'un réseau de croix et de calvaires dans la belle pierre sombre de kersanton, extraite en Rade de Brest. L'atelier Prigent (1527-1577), à Landerneau, a sculpté des larmes en gouttes d'eau sous les paupières de Marie, la Mère du Christ, de Jean, son disciple préféré, et de Marie-Madeleine, la disciple auquel il réserva sa première apparition comme Ressuscité. Ces larmes, devenues visibles et presque charnelles, suscitent chez les paroissiens la même effusion. Et ces trois-là, de calvaire en calvaire, de Déploration en Mise au Tombeau, deviennent les médiateurs, pour les fidèles, de la participation émotionnelle aux souffrances endurées par le Sauveur, car les larmes magnifiées comme des diamants scintillent ensuite — mais bien plus rarement—sur les œuvres des autres ateliers, celui du Maître de Plougastel (sur le calvaire éponyme, dans la Montée au Golgotha) et, au XVIIe siècle, celui de Roland Doré. Ailleurs, ces larmes seront évoquées indirectement, sur les Déplorations, par le mouchoir dont Marie-Madeleine s'essuie les yeux.

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C'est donc en observant, sur la croix centrale, ces références au Sang et aux Plaies et celles aux Larmes que nous dépasserons une lecture descriptive du monument pour accéder à un partage de cœur et d'âme avec les paroissiens de Saint-Thégonnec et le sculpteur qu'ils avaient choisis.

 

 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Schéma lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Schéma lavieb-aile.

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I. SAINTE MARIE-MADELEINE AU PIED DE LA CROIX. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Une statue de Marie-Madeleine est visible sur le socle au pied de la croix. Elle lève la tête vers le Crucifié. Son pot d'aromates, posé à coté d'elle, est caché par les personnages de la Passion. 

C'est la reprise de la Marie-Madeleine du calvaire de Pencran (1521), mais surtout de celle du placître de Pencran, sculptée vers 1553 par les Prigent dans la même posture, avec pareillement le manteau rejeté des épaules et tombé en un éventail de plis lourds derrière les reins. Ce motif a eu tant de succès qu'on le retrouve sur de nombreux calvaires du Finistère, soit encore à Pencran sur son calvaire nord, soit à Pleyben en 1555, toujours par les Prigent, soit à la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1540 et v. 1630), puis à Lopérec vers 1552, mais aussi aux calvaires du bourg de Saint-Ségal et de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (celui-là étant attribué au Maître de Saint-Thégonnec), et par d'autres ateliers à Commana en 1585, ou, en Cornouaille,  isolée sur un contrefort de la chapelle Saint-Tugen à Primelin .

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Voir ma présentation ici :

https://www.lavieb-aile.com/2019/07/saint-segal-le-calvaire-du-bourg.html

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Celle-ci se distingue des autres par l'absence de bandeau occipital retenant la chevelure, par l'absence des 3 larmes de compassion, par la chemise plissée dont  le col et le poignets sont fraisés et tuyautés, par les manches (rapportées ?) bouffantes sur l'épaule , par la robe au décolleté carré , et non plissée et moulante sous la ceinture, ce qui souligne le doux volume du ventre.

On dira aussi les oreilles rondes  plaquées sur le crâne, le front épilé, les paupières ourlées, la délicieuse fossette du menton, et les narines pincées comme si elles inspiraient jusqu'à la suffocation l'extase mystique.

On remarquera que les deux paumes des mains de la sainte ne sont pas orientées vers le tronc écôté de la croix, figure de tous les arbres sacrés, de l'Arbre de la Connaissance jusqu'à l'Arbre de Vie : car l'une des paumes est tournée vers le sein, vers l'intimité du Moi, comme pour affirmer un lien privilégié  entre Marie de Magdala et son Rabbouni, son Maître, lien qui se révèlera en Jean 20:11-18.

Elle est la figure essentielle du calvaire (révérence gardée au Christ, bien entendu), celle à laquelle les fidèles peuvent s'identifier, dans leur piété individuelle ou devotio moderna, pour concilier leur nature peccamineuse et leur aspiration à ressentir dans leur cœur et dans leur chair cette participation émotionnelle aux souffrances endurées par le Rédempteur. Et elle reprend la figure de la poésie classique latine de la déréliction, et le "lamento magdalénien" déploie son esthétique de la lamentation amoureuse (Laurence Beck-Chauvard).

 

Nous l'avons déjà vu, en faisant le tour des saynètes de la plateforme, parmi les huit saints personnages entourant le Christ mort dans la Mise au Tombeau. On la retrouvera, avec le même costume, mais cette fois-ci en larmes, sur la Déploration du premier croisillon.

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J'ai découvert les sources de cette vénération envers Marie-Madeleine lors de mon étude sur le Puits de Moïse de la Chartreuse de Champmol (vers 1405), où Madeleine figurait également éplorée au pied de la croix : elle est extrêmement abondante et je ne citerai que le Polyptique Orsini, les Très Riches Heures du duc de Berry folio 156v, et la Crucifixion de Fra Angelico pour la cellule 25 de San Marco. Et au XVIe siècle, cette figure est repris dans presque toutes les maîtresse-vitres de la Passion du Finistère

Il ne me manque dans ce très ou trop riche corpus scripturaire et artistique qu'un écrit en moyen-breton équivalent de la Passion en Breton de 1530 et de la traduction bretonne du Stabat Mater, Ouz hars an croas centrée sur la figure de Marie.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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LA CROIX À DEUX CROISILLONS.

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Les calvaires bretons peuvent être classées de différentes façons. J'ai présenté dans le premier article comment les auteurs avaient distingué parmi eux sept calvaires "monumentaux", et celui de Saint-Thégonnec est le dernier d'entre eux. La forme de leur socle fondait déjà une typologie.

Nous pourrions aussi dresser en une liste chronologique, malgré leur nombre et les incertitudes de datation. Mais leur silhouette permet facilement de distinguer ceux sans croisillon, à un croisillon (Pleyben, Guimiliau) et à deux croisillons.

Parmi ces derniers, nous pouvons, toujours du premier coup d'œil, remarquer comme le propose J.-S. Gauthier ceux dont les deux croisillons sont de taille égale avec une structure en U (Pencran, Plounéventer, Plougastel, Lopérec, Le Tréhou, L'Hôpital-Camfrout, Commana et Saint-Thégonnec),  ceux dont le croisillon supérieur est plus étroit, donnant une structure en sapin (Quimerc'h,  Loqueffret, Plonéour-Ménez, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Plougonven, Locmélar, Saint-Sébastien en Saint-Ségal), et ceux dont au contraire le bras supérieur est plus large, avec une structure en V (Locmélar).

Nous pouvons aussi rechercher un schéma particulier où le Christ est entouré au croisillon supérieur des deux cavaliers du Golgotha, comme à Pencran, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, à Lopérec, Locmélar, Plougastel et Saint-Thégonnec.

Et mettre à part les calvaires où les gibets des larrons sont érigés séparément de la croix centrale.

 

Les calvaires à deux croisillons. Liste non limitative.

 

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  • Pencran nord, (1521 par inscription). Trois fûts. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Deux cavaliers, Madeleine/ Yves,  Jean/Pierre. Pietà, Vierge à l'Enfant . Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.

  • Plomodiern, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544, Prigent). Jean/Pierre et Madeleine/Yves. Pietà, Christ aux liens, Vierge à l'Enfant. Ange aux calices. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois larmes.

  • Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien (v.1541-1554, Prigent ou M° Saint-Thégonnec). Vierge et Jean  géminés avec des archers. Trois larmes.

  • Lopérec (1552) par l'atelier des Prigent ou de Fayet leur compagnon. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois fûts . Deux cavaliers, Christ aux liens, Jean ?/Marie-Madeleine / et Vierge/Pierre, Christ ressuscité. Les trois larmes.

  • Plougonven, (1554), Henri et Bastien Prigent. Calvaire monumental.  Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. les larrons sur des croix séparées (mais depuis le XIXe), saint Yves,  Vierge et Jean non géminés.

  • Loqueffret (1576?)

  • Plounéventer (1578)

  • Locmélar (vers 1600), par le Maître de Plougastel

  • Plougastel-Daoulas (1602-1604) par le Maître de Plougastel.

  • Saint-Thégonnec (1610)

 

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Au total, le calvaire de Saint-Thégonnec se définit par ses  trois croix (celles des larrons et celle du Christ), et sa croix centrale écôtée à deux croisillons au pied de laquelle Marie-Madeleine est agenouillée. Le croisillon inférieur porte les statues géminées de Jean/Yves, et de Pierre/Vierge, avec au centre la Vierge à l’Enfant à l'ouest, et la Vierge de Pitié à l'est. Le croisillon supérieur porte les cavaliers convertis du Golgotha (Longin et le Centurion) avec au centre la date de 1610 et 2 anges à l'ouest, et le Christ aux liens à l'est . Au sommet, sur la Croix à branches rondes et fleurons, le Christ, dont le sang est recueilli par des anges. Une colombe au sommet domine le titulus. 

 

 

 

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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II.  LE PREMIER CROISILLON DE LA CROIX, COTÉ OUEST. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Saint Jean et saint Pierre.

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Une anomalie saute aux yeux : alors que nous devrions trouver au pied du Crucifix, à la droite du Christ sa Mère la Vierge-Marie et à sa gauche saint Jean, en illustration des versets Jean 19:26-27 "Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère "Femme, voici ton fils" puis il dit au disciple "Voici ta mère", nous voyons saint Jean placé à notre gauche, le nez en l'air, et à notre droite saint Pierre.

"Il suffirait" d'inverser les deux statues géminées (un personnage sur chaque face) pour replacer saint Jean à notre droite, regardant le Christ tout en exprimant sa foi et son émotion de recevoir les dernières paroles du Christ avec la main sur la poitrine.

 Et "il suffirait" de faire pivoter de 180° l'autre statue, pour tourner vers l'ouest la Vierge géminée avec saint Pierre.

Pas si simple ! D'après Castel et Le Seac'h, l'erreur datant d'un ancien remontage n'a délibérément pas été corrigée lors de la restauration de 1970 par Maimponte pour ne pas déséquilibrer l'édifice. Étonnant !

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

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Les cheveux longs et bouclés retombent sur la robe longue et pas même plissée sous l'effet d'une ceinture (dont la boucle et son aiguillon sont détaillés). Le manteau rejeté en arrière est soutenu par un pan sur l'avant-bras droit, tandis que l'autre pan est rassemblé dans le poing gauche. La jambe droite est avancée, comme pour soutenir la gestuelle expressive de la main droite. Le livre (des Evangiles) est tenu cavalièrement sous le coude.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre.

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Le sculpteur n'a pas oublié de représenter, outre la clef et le livre, le toupet qui subsiste en îlot sur la calvitie frontale.

Sous le bouton qui ferme le manteau, on aperçoit la fente de la robe, véritable leitmotiv du thème des apôtres repris par tous les ateliers de sculpture, et répété par exemple dans la série des apôtres du porche.

Enfin, nous remarquons les rides frontales gravées, petite signature du Maître de Saint-Thégonnec. 

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant.

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La statue posée sur une console semble faire corps avec le fût.

Sous une couronne à fleurons, le visage est rond avec un menton à fossette. La Vierge est vêtue d'une chemise plissée, au col ras du cou,  et d'une robe à décolleté carré. Le pan d'un manteau est retenu par une troussière au coté gauche (à la taille ou au poignet), près d'une ceinture fine.

Marie tient un objet semblable à un fruit . Son Fils, nu, est présenté en Sauveur du Monde, bénissant l'orbe.

E. Le Seac'h signale que cette statue est identique à celle, provenant d'un vestige de calvaire, placée au sommet de  l'arc de triomphe de Guimiliau. La position de la main droite diffère.

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Vierge à l'Enfant, kersanton, Maître de Saint-Thégonnec. Guimiliau, arc de triomphe. Photo lavieb-aile.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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III.  LE PREMIER CROISILLON DE LA CROIX, COTÉ EST. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Des motifs Renaissance décorent les croix : les croisillons sont moulurés, et le croisillon inférieur est orné d'une frise de vagues ( "flots" ou  "postes").

Au centre, sous la Déploration,  une agrafe à demi soleil rayonnant domine un nœud  à godrons et d'oves.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

 

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Sur le croisillon : Saint Yves et la Vierge.

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1. La Vierge éplorée. Du coté gauche du croisillon.

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C'est elle qui devait figurer sur la face ouest à droite du Crucifié. Elle témoigne de son chagrin en tordant ses bras vers la droite, les deux mains ayant les doigts  noués.

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La Vierge porte un manteau qui la voile et une robe plissée, à décolleté carré, serrée par une ceinture, et enfin une guimpe voilant la gorge. Un des genoux est fléchi et avancé.

Seul un examen attentif permet de déceler les trois larmes presque gravées sous chaque œil. C'est la reprise du motif des trois larmes en gouttes d'eau que les Prigent sculptaient (en plein, et non en creux) sous les yeux de Marie, de Jean et de Marie-Madeleine au Calvaire. Le Maître de Plougastel y eut recours à son tour, et Roland Doré ultérieurement. Le Maître de Saint-Thégonnec se contente de ces trois formes géométriques radiantes, en très léger relief ; on reconnaît aussi son style aux yeux un peu globuleux et aux paupières ourlées, mais aussi aux rides frontales en lignes horizontales gravées (comme sur de nombreux personnages de la plateforme).

Je n'ai pas retrouvé ces larmes sur le saint Jean du croisillon  ouest, mais elles ont peut-être échappé à mes clichés. On va les retrouver, par contre, sur le saint Jean de la Déploration.

L'importance de ces larmes est considérable pour comprendre le mouvement de piété  qui est à l'origine de ces calvaires. Cet écoulement, cette effusion des trois personnages majeurs du drame de la Passion est mise en parallèles avec l'écoulement du sang du Rédempteur et il exprime leur participation émotionnelle à ce drame. Le fidèle, en les regardant, est incité à les imiter comme médiateurs et initiateurs de leur dévotion.

Tout cet étage inférieur est consacré à cette mystique des larmes et du chagrin. 

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Extrait du Stabat Mater en breton :

Bras voa an poan hac an anuy

Hac an galchar an goar Mary

Pan guelas, allas, an casty

He map hon car e Caluary.

 

Pyou en heny, ma studyhe

En e calon, na estonhe,

Guelet hon mam à estlame,

Allas de buguel ez gouele ?

 

Pyou eu an Christen nep heny

A calon quen dyuelcony

Pan sonch e glachar à Mary,

Na ve queuzet, na lequet sy ?

 

Euit gueffret hon peched

Ez guelas, allas, e gloasou,

A dyou abrant bet en plantau

Cannet yvez gant scourgezau.

 

An guerches santel á guelas

He quer map e poan en langroas ;

Credit certen, pan tremenas,

Gant poan dazlaou ez caffauas." (Tanguy Guéguen 1622)

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"Immenses furent la peine et l’affliction

Et le chagrin de la douce Marie

Au spectacle, hélas, de la détresse.

De son fils, notre ami, au Calvaire.

 

Quel est l’homme, s’il y réfléchissait.

Sincèrement, qui ne serait ébranlé .

En voyant notre mère crier (de douleur),

Hélas, pleurant son enfant ?

 

Quel est le chrétien, quel qu’il soit,

Aussi frivole que soit son esprit,

Songeant à la souffrance de Marie,

Qui ne serait contrit, assurément ?

 

À cause nos péchés à tous

Elle vit, hélas, ses tourments ;

Des sourcils jusqu’aux pieds

Battu en outre par des fouets.

 

La sainte Vierge vit

Son fils chéri souffrant en croix ;.

Croyez bien, quand il expira,

Qu’elle gémit de douleur à en pleurer." (Traduction Yves Le Berre)

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix.

 

 

 

2. Saint Yves. Du coté droit du croisillon.

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Le saint patron de la Bretagne est présent ici comme il l'est sur de nombreux calvaires contemporains. On le voit notamment sur celui de Pencran, celui de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, et sur les deux calvaires de Saint-Ségal (celui du bourg et celui de la chapelle Saint-Sébastien).

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Il est coiffé de la barrette de docteur sous des cheveux courts sans doute tonsurés, et ce bonnet carré est recouvert du capuchon du camail qui recouvre ses épaules. Il porte le surplis au dessus de la cotte talaire, qui ne laisse voir que l'extrémité de solides chaussures.

Il tient d'une main son Traité de Droit, placé dans une reliure qui forme sac, et qu'il retient grâce à une boule terminale : voir sur ce "livre-ceinture" mon commentaire ici :

https://www.lavieb-aile.com/2020/08/le-calvaire-de-mellac.html

http://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-motreff.html

On  trouve aussi ce livre-ceinture parfois sur les statues de saint Jean (Mellac, Motreff, Quilinen), sur  les figures des apôtres (saint Philippe sur le Calendrier des Bergers 1498), et,  porté par Yves, sur le calvaire de Pencran et sur des vestiges d'un calvaire de Guipavas. Entre autre.

Dans la main gauche, il tient un rouleau de papier, comme la pièce d'un procès dont il a la charge.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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La Déploration à quatre personnages.

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Nous les avons vu au pied du Crucifié, l'une en pleurs et les mains tordues après l'avoir entendu dire "Mère voici ton fils", l'autre maîtrisant son chagrin après avoir été désigné comme tuteur "Fils, voici ta mère", et la dernière effondrée étreignant la croix.

Le corps crucifié a été descendu de la croix, et, avant d'être placé sur la table d'embaumement (scène représenté sur la plateforme) puis descendu dans le tombeau creusé dans le roc, il a été remis aux siens, pour de brefs et poignants instants : la mère tient son fils  sur ses genoux, entourée de Jean qui soutient la tête et Marie-Madeleine qui place sa main sur les jambes. Chacun de ces trois là laisse aller ses larmes. 

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Les plaies du Christ sont visibles, celle du clou de la main droite et celle du coup de lance du flanc droit. Son corps forme une croix, avec le bras droit tombant et le bras gauche soutenu contre le sein maternel. Son visage est paisible.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Marie-Madeleine.

Son costume est la réplique de celui de la statue du pied de la croix, avec la même fraise du col, les mêmes manches bouffantes, la même chevelure dénouée, et aussi le manteau rejeté en plis serrés derrière les reins (comme cela se voit plus haut sur le cliché de la Vierge à l'Enfant). Ces deux représentations diffèrent par contre de celles du socle (Montée au Golgotha et Mise au Tombeau).

Au dessus des larmes en pétales de marguerite, les rides du front sont nettes. 

 Elle tient le pot d'aromates, mais un autre pot est posé sous la jambe du Christ. 

 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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IV.  LE  CROISILLON SUPÉRIEUR, COTÉ OUEST . Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

 

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Tout l'étage supérieur, crucifix inclus, est sous le signe du Sang versé et de la conversion.  Sang des plaies du Christ recueilli par des anges, sang s'écoulant du flanc droit et provoquant la conversion de Longin, sang versé pour la Rédemption et provoquant l'exclamation du Centenier, "Vraiment, celui-là était Fils de Dieu !".

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Il y a là une unité thématique, théologique et visuelle qui a débuté sur le calvaire de Pencran en 1521, s'est poursuivie à Plougonven (1554), à Pleyben (1555), Cléden-Poher, Lopérec (v.1552), à Locmélar (v.1600), et Plougastel-Daoulas (1602-1604).

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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A. LONGIN ET LE CENTURION, LES DEUX CAVALIERS CONVERTIS  DU GOLGOTHA.

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1. Le Centenier exprimant sa foi.

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Pour une raison inexpliquée, on trouve ce personnage désigné dans la littérature générale et sous la plume d'Y.-P. Castel et d'E. Le Seac'h sous le nom de Stéphaton. Ce nom n'est pas cité dans les Évangiles mais a servi a désigner dans la tradition médiévale le soldat Romain qui a tendu au Christ au bout d'un roseau (Matthieu 27:47) ou d'une branche d'hysope une éponge trempée dans un vase de vinaigre ou posca (Jean 19: 29).

Nous n'avons aucun motif pour valider cette hypothèse, et bien que l'éponge soit devenue l'un des Instruments de la Passion et une relique, ce Stéphaton n'a aucun titre de sainteté, et ce soldat n'est pas un exemple pour les Chrétiens lui permettant d'accompagner saint Longin au plus haut étage d'un calvaire. Bien au contraire, selon Marc 15:36, il accompagne son geste d'un défi de dérision : "à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte: Éloï, Éloï, lama sabachthani? ce qui signifie: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" Quelques-uns de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, dirent: "Voici, il appelle Élie". Et l'un d'eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau,  il lui donna à boire en disant "Laissez, voyons si Elie viendra le descendre!".

J'ajouterai qu'un simple soldat n'a aucun titre pour être un cavalier de l'armée romaine.

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Il en va tout autrement du Centenier qui, dans Matthieu 27:54, et Marc 15:39, s'exclame après avoir assisté à la mort du Christ dans un tremblement de terre, "Assurément cet homme était Fils de Dieu." Car cette exclamation est considéré comme un acte de foi exceptionnel. Dans les enluminures, les retables et peintures sur verre de la Passion, le Centenier est fréquemment représenté dans cette posture à la main levée ou à l'index tendu qui est, avec le phylactère VERE FILIUS DEI ERAT ISTE, son véritable attribut.

C'est donc cet officier, et donc cavalier, qui figure ici comme modèle de la foi en raison de sa brusque conversion .

S'il fallait un argument supplémentaire, et fort solide, il suffit de se référer au texte de la Passion de 1530 : juste après que Jésus ait remis son âme entre les mains de son Père, le Centurion, puis Longin entrent en scène, et concluent ce tableau de la Crucifixion. Quand à la scène de l'éponge de vinaigre, elle avait été décrite auparavant, de façon triviale, et attribuée à l'un des bourreaux nommé Dantard : "Je cois que j'ai une mixture de vinaigre, de myrrhe et de fiel, un tord-boyaux qu'on pourrait lui faire goûter tout de suite au moyen de cette éponge. Tiens, Jésus, ne discute pas, Bois tout sans faire d'histoires." Ce n'est certes pas lui qu'on aurait représenté à la droite du Christ tout en haut du calvaire.

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CENTURION

An den man, certen, me en toe,

Ayoa, hep quen tra a voe

Ha so map da Doe a croeas

An nef affet, na lequet mar,

An aelez ha den, me en goar,

An heaul, han loar, han douar bras

 

A huy na guel pebez synou

So hoaruezet en hon metou ?

An elementou, traou bras

Na pebez tra a gra Natur

Na pez glachar nagoa mar sur

Dreist musur da nep he furmas

Me cret an bet eshem detaill

Crenet en douar disparaill

Han mean heaul collet e sclaerder

Na loar ne gueler na steret. ( Passion bretonne de 1530 v. 3019-3037)

 

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LE CENTURION (voyant la terre trembler).

"Cet homme, j'en suis tout à fait persuadé,

Qui était, c'est certain, et qui fut,

Est assurément le fils du Dieu qui créa

Réellement le ciel

Et les anges et l'homme, j'en suis certain

Le soleil, la lune et la vaste terre.

Ne voyez-vous pas quels prodiges

Se produisent autour de nous

Dans les éléments, c'est inouï

Et comme la nature se manifeste ?

Mais aussi quelle douleur, et quel malheur certes

Immenses pour celui qui la créa !

Je crois bien que le monde se disloque ;

La terre est extraordinairement ébranlée

Et les pierres fendues par prodige.

L'obscurité a tout envahi ;

Le soleil a perdu sa clarté,

Et on ne voit ni lune ni étoiles. (Traduction Yves Le Berre)

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Ce texte de 1530, ou sa dramaturgie, que je suppose bien ancrée dans ma mémoire des paroissiens de 1610 (il a été réédité en 1609, puis à Morlaix en 1622) , place la Croix et les deux cavaliers dans ce moment glorieux d'ébranlement cosmique de suspension du Temps décrit par Matthieu 27 : 42-53, entre la 6ème et la 9ème heure, et qui précède immédiatement le verset  concernant le Centurion.  C'est la véritable acmé du drame; "Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes."

Si nous avons en tête ce contexte littéraire (des Évangiles synoptiques et du Mystère breton), les silhouettes de la Croix se détachant dans le ciel entre les deux Cavaliers sont magnifiées par une aura surnaturelle, terrifiante et grandiose, épiphanie de la Puissance Divine. Et ces cavaliers acquièrent, au delà des personnages qu'ils figurent, une dimension archétypale réunissant les couples de cavaliers de la mythologie indo-européenne tels que les Ashvins védiques, les Dioscures grecs et leurs homologues romains et, bien-sûr,  les Cavaliers de l'Apocalypse.

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Description :

Barbu, aux longs cheveux, le Centenier porte un casque (ou une coiffure) conique à rabats et un capuche à gland frangé (par confusion avec un grand prêtre ?) et une cape au dessus d'une cuirasse. Une épée, témoin de son grade, est suspendu au coté gauche. Il est incliné vers le haut de la croix, où il regarde le Christ, et il accompagne son exclamation du geste de sa main droite.

Le cheval est soigneusement harnaché, le mors, les guides et étrivières sont détaillés,  sa crinière est tressée, sa queue est relevée par une sangle.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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2. Le lancier Longin retrouvant la vue.

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Ce cavalier est le lancier, nommé Longin ou Saint Longin par la tradition qui a transpercé le flanc droit de Jésus pour en attester la mort. Là encore, la tradition iconographique des enluminures, retables et vitraux rendent compte du miracle que les textes apocryphes lui attribue. Le sang s'écoulant de la plaie le long de la hampe de la lance éclabousse le visage de Longin, qui est souvent guéri du trouble de la vue dont il était affecté. Ce miracle entraîne sa conversion.

C'est ainsi qu'on le reconnaît immédiatement à l'index qu'il porte à la paupière gauche.

Cet épisode associe le thème de la Foi et celui du Sang versé, d'où son importance au sommet du calvaire.

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Dans la Passion bretonne de 1530, le texte décrivant le miracle de Longin suit immédiatement celui du Centurion :

LONGIUS:

Sevet ma goaf en e saf sonn,

So lem ha moan, didan e bronn,

Ha men scoy en calon gronnet;

Pe tost, en he gres am deseu,

Ha querz ez guelhet, rac pret eu,

Pe ef so beu pe nac eu quet.

Chetu marvaill nomparailhaf

Rac ma guelet an pret quentaf

So roet ent scaf gant dif;

Allas am goall me so fallet

En e quefver, disemperet

Hac ennhaf pepret ez credif

Hac evel doe en avoeif,

Hac a glan coudet en pedif,

Her dre bevif, ne fillif pret,

A guyr calon dam pardonaf

Dren meur trugarez: anezaf

Rac amantaf ne gallaf quet. (Passion bretonne de 1530 v 3038-3055)

LONGIN.

 

"Si j'arrive à lever ma lance mince et acérée

Bien droit sous son sein,

Je frapperai le cœur enclos

Dans sa poitrine ou tout près, j'espère ;

Et on verra bien, car il en est temps,

S'il vit encore ou non.

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Miracle à nul autre pareil !

Ma vue, tout soudain,

Il me l'a parfaitement rendue.

Hélas, je suis par ma faute coupable

envers lui, désespéré ;

Et je croirai toujours en lui,

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Et je le reconnaîtrai comme Dieu,

Et je le prierai de tout mon cœur,

Tant que je vivrai, à tout instant,

De me pardonner sincèrement

Dans mon immense miséricorde

Car je ne puis réparer ma faute." (Traduction Yves Le Berre)

 

 

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Longin porte, comme le Centenier, la barbe, des cheveux longs, un bonnet conique entouré d'un bourrelet, une cuirasse à crête médiane recouverte d'une cape, une armure protégeant ses jambes, des éperons, une épée à son coté gauche. Mais la lance n'est pas visible dans la main droite au pouce dressé.

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Sa monture est également harnaché et paré avec soin, bien que la crinière soit plus simplement tressée.

Ces deux cavaliers sont très proches de ceux du calvaire de Saint-Sébastien en Saint-Ségal, attribué au même Maître de Saint-Thégonnec. Mais aussi à ceux de Pencran 1521 et de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, de Lopérec, de Plougonven et de Pleyben, Locmélar, Plougastel-Daoulas.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST EN CROIX ET LES ANGES HÉMATOPHORES.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_anges.html

Dans un vol gracieux, un ange recueille dans deux calices le sang s'écoulant de la paume droite du Christ et de son flanc.

Un autre ange recueille le sang de la plaie de la paume gauche.

Leurs corps forment un V qui donne plus d'élan à l'écartement des bras du condamné.

Deux anges se réunissent, sur le nœud du croisillon, pour recueillir le sang des pieds.

"La croix du Christ est garnie d'écots, symbolisant le tronc d'arbre que l'on vient d'ébrancher  pour en faire une potence. Le Crucifié paraît calme, les bras cloués sur des branches de croix décorées de boules godronnées. 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Le titulus Crucis.

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Son inscription INRI est étonnante par son archaïsme, puisqu'en cette fin de Renaissance, les lettres y sont gothiques, aux empattements fourchus, aux fûts perlés, avec un bel exemple de N rétrograde, et avec une ponctuation entre chaque lettres par le deux:points.

Mais si je me réfère à la façade et au clocher du Faou, c'est précisément en ce début du XVIIe siècle que se situe la transition entre les inscriptions lapidaires gothiques et celles en lettres romaines.

Au dessus de ce cartel, la croix est coiffé d'une colombe, symbole de l'Esprit de Dieu, dont le Plan du Salut s'accomplit par cette mort rachetant le Péché originel.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix.
Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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VI.  LE  CROISILLON SUPÉRIEUR, COTÉ EST . Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST AUX LIENS.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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VII. LES LARRONS SUR LEUR GIBET. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Ils sont liés par les bras sur la traverse, et par un seul pied sur le fût. Je pense que le fait de ne lier qu'une seule jambe permet au sculpteur de représenter l'autre jambe fléchie (et comme brisée), afin de rendre compte du verset de l'évangile de Jean 19:31-32 : "Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après leur avoir bisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l'autre homme crucifié avec Jésus".

Ils sont torse nu, et portent une culotte bouffante (braie ou bragou) marquée de taillades ou de crevé, avec pour l'un une ostensible braguette rembourrée.

Le nœud des croix est en forme de pot à godrons évidé dans sa partie horizontale.

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Le Bon Larron.

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Il dirige sa tête et son regard vers Jésus pour témoigner de sa foi en son Royaume.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Le Mauvais Larron.

 

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Ses cheveux longs et bouclés sont retenus par un bandeau. Il baisse la tête et détourne le regard du Christ, et tire la langue, signifiant ainsi son refus du Salut.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1902,  Les croix et les calvaires du Finistère, Bulletin monumental 66 pp. 176-209

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

— CASTEL ( Yves-Pascal) 1956 Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

— CASTEL ( Yves-Pascal) 1980, et contributeurs,  Atlas en ligne des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_thegonnec.html

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne croix et calvaires, Kroaziou ha kalvariou or bro, Minihi Levenez, Saint-Thonan, 1997, ISBN 2.908230.09.7

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9374

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez Saint-Thonan, n°92.,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

CASTEL (Yves-Pascal), 1998, les larrons en Bretagne , articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a36ed6ce279ecec1b3fb8aff74cf6302.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f102406c740df26fa859695c87b46090.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/512240fd9710421f0c9c5f3960a6a552.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

DEBIDOUR (Victor H.) 1954, Grands calvaires de Bretagne ed Jos Le Doaré.

 —DE L'ORME (A.), 1900, Saint-Thégonnec, in L'art Breton du XIIIe au XVIIIe siècle. Bulletin de la Société archéologique de Brest p.103 à 123. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076565/f100.item

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

ENLART (Camille), 1929, Manuel d'archéologie religieuse 1929 tome II et III

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36492m.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3041444j/f12.item

GAUTHIER (Joseph Stany), 1944, Croix et calvaires de Bretagne.

— GRUYER Paul, 1930 ? Les calvaires bretons, Paris : H. Laurens (Paris), 64 p

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/57074072b6d66d3a38320a0005bb8854.pdf

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

Hélène Remeur a consacré un mémoire de maîtrise (UBO, Brest, 1997) à l'Étude des costumes dans les grands calvaires bretons. Mais je n'ai pu consulter ce document de deux volumes (120 +113 pages) illustrés.

— ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p

Site  Les 7 calvaires monumentaux

http://www.7calvaires.fr/saint-thegonnec/

 

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I. Sur le Mystère de la  Passion en breton :

LA VILLEMARQUÉ. 1865, Le Grand mystère de Jésus, Passion et Résurrection, drame en breton.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7a2bf53ea6a74542a552585167e006b5.pdf

Le Mystère breton de la Passion, Aman ez dezrou an Passion  Paris 1530, Eozen Quilliveré.  BnF Res. Yn.11.

https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33527847m

Le Mystère breton de la Passion de 1609 : A Man es dezrou an Passion, ha he Goude an Resurrection, Gant Treme︣van an Ytron Maria, ha he Pemzec levenez, hac en divez ezedi buhez mab den. E S. Malo, Gant Pierre Marcigay, imprimer, & librer. M. DC. IX. Bibliothèque Mazarine RES 8° 46623 

 

http://mshb.huma-num.fr/prelib/edition/1707/

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Le Mystère breton de la Passion, Aman ez dezrou an Passion annoté par  Tanguy Guéguen Morlaix 1622.  BnF Res. Yn.13.

http://mshb.huma-num.fr/prelib/edition/1927/

LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, UBO CRBC.

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II. Sur les Mystères de la Passion en France :

ROY (Emile), 1905, Le Mystère de la Passion en France du XIVe siècle au XVIe siècle, Dijon-Paris,

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k118904x.texteImage

PARIS (Gaston) 1878, Le Mystère de la Passion d'Arnoult Gréban

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5510572p.texteImage

http://ebooks.unibuc.ro/lls/MihaelaVoicu-LaLiterature/Mystere%20de%20la%20Pasion.htm

Le Mystère de la Passion, attribué à Eustache Marcadé (v. 1425) ; 24 944 vers, 4 journées de représentation

La Passion, d'Arnoul Gréban (1452) ; 34 574 vers, 400 personnages, 4 journées de représentation

Le Mystère de la Passion de Jésus-Christ, par personnages  de Jean Michel (1486 ;  1493-1494) ; 65 000 vers,

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626768z.image

La Résurrection, de Jean Michel ; 20 000 vers, 105 personnages, 3 journées de représentation

— La Passion et Résurrection de nostre saulveur et redempteur Jhesucrist, ainsi qu'elle fut juée en Valenchiennes, en le an 1547, par grace demaistre Nicaise Chamart, seigneur de Alsembergue, alors prevost de la ville... ». Texte composite, pour lequel on a surtout fait usage de la Passion de Greban, révisée et amplifiée par Jean Michel. — A la suite du texte sont des notes sur l'organisation de la représentation, les acteurs et la recette. Nombreuses figures peintes. BnF Fr. 12536

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55005970q.image


 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Sculpture Calvaires
9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 21:21

Zoonymie des Odonates : Ischnura pumilio (Charpentier, 1825), l' Agrion nain ou Ischnure naine.

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

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BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

Ischnura, Charpentier 1840, Libell. Europ. Lipsiae :9 :  du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue" soit pour les insectes "abdomen"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de "la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable, mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia

pumilio Charpentier 1825,  du latin signifiant "nain" ; Charpentier le décrit alors comme "Le plus petit de tous les Agrions européens". L'espèce mesure 26 à 31 mm de long, mais le plus petit Zygoptère d'Europe est Nehalennia speciosa, avec 24-26 mm de long.

— Noms en français :

1°) "L'Agrione naine",  de Sélys-Longchamps 1840.

2°) "L'Agrion pumilion", de Sélys-Longchamps 1850.

3°) "L'Agrion nain" Paul-André Robert 1958, syn. "L'Ischnure naine".

 

 

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DESCRIPTION PRÉALABLE :

 

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-exemples de bons sites :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65115/tab/fiche

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_nain/agrion_nain.html

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-Des planches anciennes.

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Agrion pumilio mâle, Charpentier 1840 planche XXXIX. Source BHL.

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Agrion pumilio femelle et variété, Charpentier 1840 planche XXXIX

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Planche par Lucas 1900

 

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Pierre Rambur, 1842. Gallica.

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I. LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

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LE NOM DE GENRE ISCHNURA CHARPENTIER, 1840.

Ischnura, CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 9 et page 20. https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Lire :  http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-ischnura-charpentier-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE ISCHNURA PUMILIO (CHARPENTIER, 1825).

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 Charpentier, T. de 1825. Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. - pp. I-XVI [= 1-16], 1-255, [1-3], Tab. I-IX [= 1-9]. Wratislaviae. (Gosohorsky). page 22Tableau I fig. 27.

 

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Toussaint von Charpentier, 1825, De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae, page 22.

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Toussaint von Charpentier, 1825, De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae, page 23.

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La description originale.

 

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Traduction (sous réserve) : "Agrion peint de couleur bronze, blanc pâle et bleu ; collier marginal du dernier segment légèrement arrondi. Vit en Hongrie, et en Italie du nord.

Le plus petit de tous les Agrions européens, mon spécimen étant jusqu'ici le seul notifié. C'est un Agrion semblable à A. tuberculatum," etc.

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Réception et illustrations.

-Charpentier reprendra sa description en 1840 sous le nom d'Agrion pumilio (Libellulinae europaeae  ...) pages 154-155 n°52 et  planche 39 : mâle, femelle et variété femelle. : "Agrion vert-bronze au dessus, blanc ou bleu au dessous, ...)

https://www.biodiversitylibrary.org/page/60211815#page/155/mode/1up

-De Sélys le décrira en français en 1840 sous le nom d'Agrion pumilio dans sa Monographie des Libellulidées d'Europe puis en 1850 dans sa Revue des Odonates. Il emploiera le nom Ischnura pumilio en 1872 (Matériaux pour une faune névroptérologique de l'Asie p. 17.

Il avait en 1837 décrit la variété aurantiaca comme une espèce nouvelle sous le nom d'"Agrione orangée" Agrion aurantiaca dans le Tableau des Libellulines précédant son Catalogue des papillons de Belgique. Cette forme orange correspond à la couleur des femelles immatures.

Enfin, il décrivit dans la Revue zoologique de 1840 page 214, comme espèce nouvelle, l'Agrion cognata.

-Pierre Rambur le décrit sous le nom d'Agrion pumilio en 1842 dans son Histoire naturelle des insectes n°25 page 277 avec deux illustrations en planche 7.

Aujourd'hui, l'INPN/MNHN donne comme synonymes à Ischnura pumilio  : 

  • Agrion aurantiaca Selys, 1837
  • Agrion cognata Selys, 1840

  • Agrion pumilio Charpentier, 1825)

 

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ÉTUDE DE L'EPITHÈTE PUMILIO.

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Gaffiot donne le nom masculin latin pumilio, onis, "[un] nain", à coté de pumilus, i,  "[un ] nain". Le suffixe -io se retrouve dans ovilio ("berger") et tabellio "clerc". Mais pumilio a été concurrencé puis évincé par nanus, même sens. 

De même que le substantif "nain" a été adjectivé dans notre langue dès le XIIIe siècle, pumilio a été adjectivé comme épithète en  Sciences naturelles, par exemple par Pitton de Tournefort en 1700 avec sa tulipe naine Tulipa pumilio. Puis viendra le Coq nain Gallus pumilio de Brisson, etc. Voir aujourd'hui en zoologie la grenouille dendrobate de 2 cm  Oophaga pumilio  Schmidt 1857 et en botanique Pinus mugo Pumilio.

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=pumilus

http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.04.0059:entry=pumilio

 

Résumé : pumilio, du latin signifiant "nain" ; Charpentier écrit dans sa description de 1825 "Le plus petit de tous les Agrions européens". L'espèce mesure 26 à 31 mm de long, mais le plus petit Zygoptère d'Europe est Nehalennia speciosa, avec 24-26 mm de long.

 

 

Les plus petits individus d'Ischnura pumilio sont de la même taille que Nehalennia speciosa, connue comme la plus petite Libellule d’Europe. Dijkstra la qualifie de l'une des plus petites espèces d'Europe.

 

LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/?s=pumilio

"De pumilio (lat) = "nain" ; il s’agissait du plus petit odonate connu par Charpentier jusqu’en 1825."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. pumilio = "dwarf" :  the smallest species then known to Charpentier"

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"pumilio (Ischnura) - pumilio, onis = "nano". Per la taglia più piccola rispetto alla congenere elegans."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"pumilio [lat. "Zwerg"] ist die kleinste Art in CHARPENTIER (1825)."

"- pumilio [lat. "dwarf"] was the smallest species Charpentier then knew."

 

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VAN HIJUM, 2005.

https://natuurtijdschriften.nl/pub/555521

"pumilio , - dwerg"

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II. LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS D'ISCHNURA PUMILIO EN FRANÇAIS.

 

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[Pour mémoire, "L'Agrione orangée" pour une femelle considérée comme espèce nouvelle par De Sélys-Longchamps 1837.]

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1°) "L'Agrione naine", de Sélys-Longchamps  1840, Monographie des Libellulidées d'Europe page 156.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f156.item.r=selys.langFR

En 1840, de Sélys-Longchamps introduit parmi ses Libellulidées  le genre "Agrione", Agrion Fabricius, au féminin comme les Lestes, les Sympecma et les Calépteryx. Il y admet 11 espèces d'Agrione. Le genre (invalidé) Agrion de Fabricius était féminin, avec deux espèces décrites sous le genre Libellula  par Linné,  Agrion virgo et Agrion puella.

Fabricius, J. C. 1775. Systema entomologiae, sistens insectorvm classes, ordines, genera, species, adiectis synonymis, locis, descriptionibvs, observationibvs. - pp. [1-31], 1-832. Flensbvrgi, Lipsiae. (Kort). Page 425

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN578515547?tify={%22pages%22:[425],%22panX%22:0.424,%22panY%22:0.779,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:0.363}

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN578515547

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2°) "L'Agrion pumilion", de Sélys-Longchamps  1850   Revue des Odonates  page 182

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f216.item.r=pumilio

En 1850, le genre Agrion est masculin. De Sélys donne au nom scientifique Agrion Pumilio la forme francisée Agrion Pumilion, selon son principe d'une transcription au plus près du nom scientifique, sans aucun souci d'éviter, bien au contraire, les barbarismes et néologismes. 

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f222.item

Le nom scientifique adopté par de Sélys est bien Agrion pumilio, le nom de genre Ischnura Charpentier 1825 n'ayant été appliqué à cette espèce, au plus tôt, qu'en 1876 (Bull. Acad. Royale Sciences Lettres et des Beaux-arts de Belgique p. 276), alors même que Sélys-Longchamps la place en 1850 dans le quatrième groupe Ischnura de Charpentier.

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Je donne ici une transcription du texte :

 

Revue des odonates ou libellules d'Europe - Page 182

"6. AGRION PUMILIO. (Charp.) AGRION PUMILION.

Diagnose. — Occiput noirâtre , avec deux points arrondis clairs, peu marqués chez la femelle; dessus de l'abdomen bronzé; extrémité du 8è segment et le 9è en entier bleus chez le mâle seulement; tubercule du 10e bifide , peu saillant ; lobe postérieur du prothorax un peu élevé, arrondi , pas en crête saillante. Appendices anals supérieurs du mâle courts, arrondis en dessus, courbés vers les inférieurs qui sont plus longs, cylindriques, courbés en dedans.

Var. Y aurantiaca. Derrière de la tête, côtés du thorax et les deux premiers segmens de l'abdomen orangés , nervures roussâtres.

Agrion pumilio. De Selys , Monogr., p. 156. Appendices du mâle, pl. 4 , fig. 36.

Agrion aurantiaca. De Selys , Monogr. p. 159 (var. femelle ).

ADDITIONS.

-Agrion pumilio. Charp. 1840, p. 154 , tab. xxxix. Mâle, femelle et variété femelle.Ramb., No 25.

Hagen , No 7.

-Evans. aurantiacum. Hagen , N° 8.

- venustum. Kollar, Mus. Vienne ( var. Femelle).

- cognata. De Selys , Revue Zool. 1841.

- rubellum. Curt., pl. (varietas aurantiaca). 

-xanthopterum. Steph. Evans. (varietas aurantiaca ).

J'ajouterai ce qui suit à la description :

. Des deux lignes bronzées du devant de la tête, celle du nasus est toujours bien marquée, mais celle de la lèvre supérieure est parfois oblitérée. M. Rambur décrit ainsi les appendices anals : bord du dernier segment un peu saillant, bifide ; appendices anals supérieurs un peu saillans à leur base en dedans, ensuite dilatés et courbés sur la base des inférieurs, ayant une forme elliptique, arrondis supérieurement , jaunes , velus antérieurement, avec une bande noire ; les inférieurs cylindriques, coniques , allongés, un peu courbés surtout par en haut , jaunes, noirs à l'extrémité. Le ptérostigma est jaunâtre, celui des ailes supérieures, qui est plus petit, a sa moité interne noirâtre.

. La ligne bronzée de la lèvre supérieure est réduite à un point. Les deux taches rondes du derrière de la tête sont verdâtres ou jaunâtres, et, en général, confondues avec le reste du derrière de la tête qui est de même couleur. Le devant du thorax n'offre qu'une seule bande dorsale vert bronzé, le reste du devant et des côtés est olivâtre ou bleuâtre, sans ligne humérale. Le dessus du 9e segment n'est jamais clair, il est bronzé comme tous les autres, excepté les deux premiers où le bronzé se fond dans la couleur olivâtre.

Var. q aurantiaca. En 1839 , j'avais supposé que si ce n'était pas une espèce distincte, ce pourrait être une variété de l'elegans (pupilla). J'étais dans l'erreur; c'est une femelle du pumilio et je l'ai souvent trouvée accouplée avec des mâles ordinaires. La description que j'en ai donnée dans la Monographie est bonne , et faite sur le vivant.

Les exemplaires de l’A. pumilio que l'on trouve en Belgique, sont de taille plus forte que la plupart de ceux de la Provence et de l'Italie. Les nervures des ailes sont plus robustes et plus noires; les transversales un peu plus nombreuses surtout vers l'extrémité des ailes, qui n'ont pas de reflet irisé ; enfin, le dessus de l'abdomen est d'un brun bronzé moins métallique. C'est d'après ces différences que j'avais cru pouvoir décrire comme espèce, ces individus , sous le nom d'Agrion cognatum, mais j'ai bientôt reconnu que ce n'est qu'une légère modification septentrionale du pumilio ; on peut encore ajouter que dans le midi , surtout à Alger , le prothorax du mâle est bien bordé de bleu , tandis qu'en Belgique, cette bordure est en général très-incomplète.

Patrie. Le midi et le centre de l'Europe ; pas observée au nord de Lunebourg , ni à l'est de Breslau. Cependant un exemplaire m'a été envoyé comme de la Russie. — Angleterre, dans le sud locale , à Cambridge (Jenyns); dans le Dorset (Dale). — Irlande, près de Belfast (Haliday). — Belgique, locale sur les flaques d'eau marécageuses en juin , juillet et août ; j'en ai pris un individu le 14 septembre. — France, rare à Paris (Rambur); commun dans le midi à Lyon (Foudras); en Provence ( de Fonscolombe); à Montpellier (Guinard); dans les Pyrennées ( Castex ). - Italie, en Lombardie (Charpentier); à Turin en septembre (De Selys). -Hongrie, (Charpentier). — Allemagne , locale : en Hanovre (Hansemann); Silésie très-rare près de Breslau (Schummel); Autriche (Kollar);

Turquie , Constantinople (Loew). - Madeire (Rambur). Algérie, rapporté par M. Lucas.

Egypte ? Museum de Paris.
Asie mineure , à Smyrne et Stanchio (Loew.)

Il est bon de faire observer que partout où l'espèce type a été trouvée, on a aussi observé la variété femelle orangée qui n'est pas en général très-rare. Il ne faut pas confondre cette variété avec les variétés analogues des espèces voisines; on l’en distinguera par le dessus du 8e et du 9e segment bronzé, par les trois premiers orangés, et par la forme du prothorax. Le prothorax , la bande dorsale unique du thorax, et le 8 et le 9° segmens bronzés , distinguent aussi la femelle type de celle des trois autres espèces.

Quant au mâle, le 9° segment bleu empêche de le confondre avec aucun autre de ce groupe."

 

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3°) "L'Agrion nain", Synonyme : "l'Ischnure nain". P.-A. Robert 1958. Les Libellules (Odonates), Delachaux & Niestlé page 99. 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+%28Paul-A.%29%2C+Les+Libellules%3A+%28Odonates%29%2C+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9%2C+1958&focus=searchwithinvolume&q=Ischnure+%C3%A9legant

Paul-A. Robert, après avoir remplacer le barbarisme "pumilion" de Sélys-Longchamps par la traduction littérale du nom scientifique, donne ensuite, pour ce nom et ses synonymes,  "la signification  : pumilio = nain. ; aurantiacum = doré; xanthopterum = ailes jaunes ; cognata = parent."

 

 

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3°) Nomenclature officielle : "L'Agrion nain", INPN/ MNHM consulté le 9/03/2021.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65115/tab/fiche

 

4°) Nom d'usage.

 

Dijkstra emploie" Ischnure naine" et en second "Agrion nain", Grand et Boudot donnent :  "L'Agrion nain". Wikipedia : "L'Agrion nain". Précigout (Libellules de Poitou-Charentes) donne "L'Agrion nain" mais ensuite le synonyme "L'Ischnure naine"

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LES NOMS D'ISCHNURA PUMILIO EN D'AUTRES LANGUES.

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- en anglais : Scarce Blue-tailed Damselfly "Rare Demoiselle à queue bleue"

-en polonais : Tężnica mała

-en catalan : El Llantió menut "La petite Lanterne".

-en suédois : Mindre kustflickslända 

-en néerlandais :  Tengere grasjuffers

-en allemand : Die Kleine Pechlibelle "La petite libellule couleur de brai"

- en gallois : mursen dinlas fach 

-en breton : Dimezellig penn-lost glaz "Demoiselle à l'extrémité de queue bleue"

- en hongrois : Apró légivadász

en lituanien : Mažoji strėliukė

-en slovène : Bledi kresničar

- en frison occidental :  Koweskaad Koweskaad Lyts blausturtsje

-en estonien : Väike-pigiliidrik

-en finnois : Keritytönkorento

.

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SOURCES ET LIENS.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— Animalbase

http://www.animalbase.org/

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]
 

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R. ), 2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p. [http://www.delachauxetniestle.com/ouvrage/guide-des-libellules-de-france-et-d-europe/9782603021538]

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

GRAND (D.) & BOUDOT (J.P.) ,2007 Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA
— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false

  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY

http://www.deliry.net/odonata/index.php/Ischnura_pumilio_(de_Charpentier,_1825)

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, n°25 page 277 et planche 7 fig. 4 et 5

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f299.item.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f19.item.zoom#

 

SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1769,  Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae... = D. Jacob Christian Schäffers natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten...   Regensburg, gedruckt bey Heinrich Gottfried Zunkel. [1766-1769] Illustrations par Johann Jakob Haid, (1704-1767). Johann Nepomuk Maag (1724?-1800). G. P. Trautner, . Johann Gottlieb Friedrich, (1742-1809). et Loibel.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f1.item

 

SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1804, D. Jacobi Christiani Schaefferi Iconum insectorum circa Ratisbonam indigenorum enumeratio systematica par Georg Wolfgang Franz, Panzer, 1755-1829  (nomenclature systématique) :

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/101964

— SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 22:02

Le jubé (chêne non peint, 1534-1543 ? et Denis Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. 

.

1. Voir sur Lambader :

 

2. Voir sur les jubés de Bretagne (ordre +/- chronologique) :

.

3. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

.

 Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

.

.

GÉNÉRALITÉS : LES JUBÉS BRETONS.

 

Dans une église, le jubé est une tribune formant clôture de pierre ou de bois séparant le chœur liturgique de la nef, car suivant la conception médiévale, l'autel, lieu du mystère sacré, ne doit pas être directement visible. : le chœur était réservé au clergé, et les fidèles, installés dans la nef, écoutait la lecture et les prédications, chants liturgiques, et apercevait le chœur à travers la claire-voie.

 Il se compose de 3 parties :
- La clôture appelée chancel,, elle est à claire-voie et dotée d'une ou deux portes.
- Au-dessus la tribune (le véritable jubé), parfois en encorbellement, à laquelle on accédait pour prêcher ou chanter, par un ou deux escaliers.
- Et l'ensemble étant dominé par un groupe de crucifixion ou « tref » — du latin trabs (« poutre ») — .

Nous pouvons ajouter une quatrième partie, les autels latéraux destinés parfois à déposer des offrandes en nature (St-Herbot) ou à la célébration des messes à l'intention des fidèles, le maître-autel leur étant interdit.

La tribune est souvent ornée, coté nef, de douze panneaux figurant dans un but didactique les apôtres.

Au XVIe siècle, le concile de Trente (achevé en 1563) provoqua une évolution de la liturgie catholique en réponse au succès des églises protestantes. Le chœur devant désormais être visible pour les fidèles, les jubés étaient condamnés. Tandis que les chaires à prêcher les remplaçaient, ils seront déplacés ou détruits aux siècles suivants, quelquefois tardivement au XIXe siècle. Curieusement, plusieurs jubés bretons ont été construits pendant ou après le Concile de Trente.

La Bretagne conserve encore 12 jubés complets  et quelques chancels. Les panneaux des tribunes furent remontés ici ou là comme tribune d'orgue (Goulven) ou tribune de fond d'église, comme à Esquibien.

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LISTE  DES JUBÉS BRETONS.

 

Sur la centaine d'origine, il  subsiste douze jubés entiers en Bretagne  : j'ai tenté de les classer chronologiquement.

— église du Folgoët (29), un jubé en pierre. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-place-de-l-eglise-le-folgoet/5f4c4b00-49a8-4644-a69b-f36f08115031

chapelle St-Fiacre du Faouët (56) : c'est le plus ancien des jubés de bois bretons , puisqu'il a été réalisé vers 1480.

http://www.lavieb-aile.com/2016/01/le-jube-de-la-chapelle-saint-fiacre-du-faouet-i-le-cote-de-la-nef-ouest-b-la-tribune.html

— chapelle de Kerfons en Ploubezre (22), vers 1491-1495. 12 apôtres disposés comme dans le Calendrier des Bergers de 1493. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube-de-la-chapelle-de-kerfons/5c64208e-8ddc-4391-b955-0ff20004cab9

 

— chapelle St-Fiacre de Melrand (56), fin XVe (chapelle 1460). 12 apôtres disposés comme dans le Calendrier des Bergers 1493.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube/f3d4975b-c112-4d60-b888-612dff2f546b

chapelle St-Pabu de Saint-Guen (22). 1501 ? Jubé gothique

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089629

https://actu.fr/bretagne/mur-de-bretagne_22158/a-saint-guen-pres-mur-bretagne-tresor-patrimonial-va-etre-restaure_16545697.html

chapelle de Lambader à Plouvorn (29) : vers 1520 ou 1534 (discussion infra)

— chapelle Ste-Avoye de Pluneret (56), daté de 1555. 12 apôtres coté nef (Pierre-André-Jacques Philippe avec épée-Jean-Thomas avec équerre - Mathieu avec lance-Barthélémy=couteau -Jacques min. foulon - Jude+scie- Simon tourne le dos- Mathias hallebarde), Vertus et saints coté chœur

https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=56176_3

église St-Yves de La Roche Maurice (29), daté de 1570-1580. Apôtres coté nef.

Le jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29).I. La tribune.

—  chapelle St-Nicolas de Priziac (56)   achevé en 1580. Apôtres coté chœur. Pierre-André-Jacques Maj.-Jean-Thomas-Philippe-Matthieu-Barthélémy-Jude-Simon-Jacques min.-Mathias.

http://www.lavieb-aile.com/article-chapelle-st-nicolas-en-priziac-104337834.html

—   chapelle St-Herbot en Plonevez-du-Faou (29), seconde moitié du XVIe siècle. 12 apôtres coté nef.

—  chapelle ND de la Croix à Plélauff (22)  XVIe siècle.

http://www.plelauff.fr/decouvrir/la-chapelle-le-jube

chapelle de Locmaria en Belle-Isle-en-Terre (22)12 apôtres coté chœur, ordre recomposé. Après 1516.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-de-pendreo-locmaria-belle-isle-en-terre/728ce742-202f-4535-a9b4-e30a8442598c

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Les jubés en ré-emploi :

église de La Martyre (29) : chancel de pierre, XVe siècle.

église de Goulven (29) : la tribune d'orgue, ancien jubé du XVIe siècle. Décor Renaissance (dauphins, griffons, arabesques, masques)

église ND de Rochefort-en-Terre (56) : jubé transformé en tribune au XIXe siècle.

église de Loc-Envel (22) : ré-emploi en tribune. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jub%C3%A9_de_l%27%C3%A9glise_Saint-Envel_de_Loc-Envel 

"Le jubé présente trois styles différents. Les panneaux de la tribune et les baies du côté subsistant de la clôture sont de style gothique flamboyant. Les pilastres et les meneaux à décor d'écailles ou de rosettes, les nids-d'abeilles et les torsades des colonnes, de style Louis XIII, sont inspirés des décorations du château de Blois. Les panneaux de soubassement, où l'on reconnaît de fins oiseaux affrontés, des vases, des candélabres, des arabesques, datent de l'époque de la Renaissance italienne et sont l'œuvre d'un atelier morlaisien."

Cathédrale Saint-Paul Aurélien de Saint-Pol-de-Léon (29)

Lamballe (22) restes de jubé : tribune d'orgue

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/buffet-d-orgue-lamballe-fusionnee-en-lamballe-armor-en-2019/c3763869-0343-4347-a923-b59b5686e23a

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube-lamballe-fusionnee-en-lamballe-armor-en-2019/e970ddf1-22e2-4788-93a6-cafe584b86d5

Les Iffs (35): les 12 apôtres, 12 panneaux restant du jubé (deuxième moitié XVIe siècle), remontés dans un bâti :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IM35001291_01.pdf

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube/8a842632-bcbc-4f03-b37b-5f500aa5dd9f

 

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PRÉSENTATION : LES INCERTITUDES DE LA DATATION.

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L'article de Wikipédia me permettra d'exposer la difficulté de datation que pose ce jubé :

"Le jubé de la chapelle de Lambader est situé à la jonction des cinquième et sixième travées de l'édifice. Construit en bois de chêne, il affecte une architecture flamboyante. Cette œuvre sculptée présente des affinités certaines avec le jubé de la chapelle de Kerfons sise en Ploubezre. Dépourvu aujourd'hui de toute polychromie, il date du dernier quart du XVe siècle, voire du début du XVIe siècle. L'art de la Renaissance y fait une timide apparition, les panneaux de la galerie, enchâssés dans des arcs en accolade, s'ornant de vases, rinceaux et autres motifs italianisants."

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

En effet, les deux blasons de ce jubé, qui portent les armes de Troërin et de Kermellec, et sont attribuées à   Marc de Troërin et Isabeau de Kermellec, mariés en 1481, ont longtemps incité les chercheurs  à  estimer que le jubé fut donné en 1481

C'est le vicomte de Reals, propriétaire du château de Troërin, maire de Plouvorn à l'origine de la restauration de la chapelle, qui affirme :

"D'après les titres des Troërin, ce jubé fut donné à l'église en 1481, par Marc de Troërin, époux d'Isabeau de Kermellec; les armes du donateur sont soutenues par un ange formant l'un des pendentifs du jubé du côté du chœur; elles sont aussi reproduites, ainsi que celles de sa femme, au dessus de la porte du milieu." Mais il ajoute : " Les motifs multiples de ce jubé sont du style flamboyant et ils reproduisent le dessin de la maitresse vitre.". Or, ce vitrail porte la date de 1543.

D'autre part, argument faible contre l'hypothèse d'être en capacité de faire donation,  en 1481, Marc de Troërin n'était pas présent à la Montre de l'Évêché de Léon, à la différence de Guillaume de Troërin, son père a priori.

Mais V.-H. Debidour, en 1979, après une étude stylistique comparative des jubés bretons, proposait pour celui de Lambader la date de 1520, au vu des panneaux italianisants.
 

En 1976, Tanguy Daniel écrit dans un article de 4 pages sur ce jubé :

"De quand dater ce chef-d'œuvre ? Certaines analogies avec le jubé de Kerfons en Ploubezre, daté, lui aussi des années 1481-1485, ont poussé certains auteurs à faire remonter aussi celui de Lambader aux années 1480, d'autant qu'un écusson des donateurs, Marc de Troënin et Isabeau de Kermellec, vivant à cette époque, figure du coté du chœur tenu par un ange en pendentif. Cela peut correspondre à la partie flamboyante du jubé, mais la tribune, avec ses éléments décoratifs de la première Renaissance, ne peut remonter au delà des années 1510-1520. Quoiqu'il en soit, ce chef-d'œuvre fragile a été considérablement restauré en 1877 , au moment de la reconstruction de la chapelle, par Denis Derrien, sculpteur à Saint-Pol-de-Léon : il a refait bien des entrelacs de la claire-voie, et surtout remplacé la plupart des statues accolées à la tribune du coté du chœur. Il n'en reste pas moins que le jubé de Lambader, même s'il n'a pas — ou plus ? — de polychromie, est en Bretagne une œuvre majeure de la fin du flamboyant et du début de la Renaissance."

 De même en 1977,  Michel de Mauny, écrit dans Le Pays de Léon :

"La date se rapproche beaucoup plus de 1510-1520, en raison du décor Renaissance des panneaux de la tribune, comparables à ceux de Goulven : rinceaux, candélabres et chimères sous des accolades jumelées sont identiques. Par la délicatesse de ses découpures, ce jubé mérite d'être placé en parallèle avec les plus beaux jubés conservés de Bretagne, tels celui de Kerfons en Ploubezre avec lequel il a en commun certains détails, l'escalier notamment, celui de Locmaria en Belle-Isle-en-Terre, celui encore de Saint-Fiacre du Faouët."

 

C'est aussi l'évaluation des services du Patrimoine (base Palissy) qui donne la datation du "premier quart du XVIe siècle".

Les cartes de l'examen iconographique, stylistique et héraldique sont brouillés par l'importante réfection de novo et la restauration de 1877. Ainsi, les deux blasons, très bien conservé, semblent en relever.

 "En 1877, Denis Derrien sculpteur de Saint-Pol démonta et restaura ce jubé et l'état des statues détermina leur remplacement . Par un contresens aussi grossier que déplorable , dû à l'ignorance , on le remonta à l'envers, plaçant les statues  des apôtres face au chœur, au lieu de les remettre face à la nef où ils doivent obligatoirement se trouver puisqu'ils sont là pour  rappeler qu'ils figurent les portes par lesquelles on entre dans l'Eglise apostolique les deux portes de la Jérusalem céleste. Du coté opposé on a mis le pélican qui se perce le flanc, figure du Christ dont le sang vivificateur ressuscite à la vie spirituelle les hommes morts par le péché, allégorie en raison de laquelle il devrait se placer face au chœur. Des anges, portant les instruments de la Passion, terminent les pendentifs." (Michel de Mauny)

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Je peux donc, pour reprendre ces auteurs, poser ce postulat : la clôture de chœur est de style gothique flamboyant, tandis que la tribune relève de la Première Renaissance. Soit de façon contemporaine (comme cela se voit pour la clôture de chœur de la chapelle haute de Gaillon, 1502-1510), soit par deux chantiers distincts et successifs. 

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Rappel : On divise la Renaissance entre un Style Louis XII (1495-1525/1530) de transition avec le gothique, une Première Renaissance française (1515-1530/1540) et une Seconde Renaissance ou Classicisme (1540 à 1560/1590, incluant le Style Henri II) qui s'achève avec le Maniérisme. L'Ecole de Fontainebleau (1534-1539) y joue un rôle pivot, avec l'introduction dans l'ornementation des créations de Primatice, Rosso Fiorentino, et, pour les boiseries, de Scibec de Carpi.

Mais ces datations qui qualifient l'architecture française doivent être interrogées pour leur application à la sculpture en Bretagne.

  Les premières manifestations de la sculpture Renaissance en Bretagne se trouvent en Haute-Bretagne, à Dol-de-Bretagne en 1508, puis à Guerche-de-Bretagne (stalles, 1518-1525), à Notre-Dame de Vitré (vers 1530-1550) sous l'influence de Guy XV de Laval, puis à Champeaux (stalles, v.1530-1550) sous l'influence des familles d'Espinay et de Goulaine. Le style de la Seconde Renaissance ne s'introduit en Basse-Bretagne qu'en 1553-1559 à la chapelle de Kerfons, sous l'influence de Marquise de Goulaine, puis au château de Kerjean vers 1570 et au château de Maillé sous l'influence de Maurice de Carman et Jeanne de Goulaine, mariés en 1541. Ce sont ces familles d'Espinay, de Goulaine, de Carman, de Boutteville, de Montejean, de Vertus-d'Avaugour qui diffusèrent le style italianisant qui s'était développé à la Cour de France dans le Val-de-Loire.

D'où mon interrogation : les panneaux sculptés de Lambader (que je vais présenter en détail), de style Première Renaissance avec leurs rinceaux symétriques autour d'un axe vertical, leurs dauphins et dragons affrontés, leurs putti ailés, leurs oiseaux fabuleux buvant aux mêmes vasques, leurs candélabres, et leurs crânes animaux, comparables à ceux de Gaillon, Dol-de-Bretagne, La Guerche et Champeaux, mais sans aucun élément bellifontain comme les cartouches, cuirs découpés  et mascarons, ont-ils, si on accepte la datation de 1510-1520, précédé ceux des collégiales de Haute-Bretagne et sont-ils apparus, de façon presque virginale, en Basse-Bretagne sans y être introduit par un haut seigneur fréquentant le Val-de-Loire et la Cour?

Ne faut-il pas accorder un peu plus de temps à la Première Renaissance pour pénétrer le Léon ? 

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L'un des arguments que je propose est de remarquer que la chapelle fut victime d'une importante destruction du chevet, nécessitant de la part de Marc de Troërin une donation du 17 janvier 1534. 

"dans les papiers de la famille de Troërin, famille fondue dans la maison de Réals, nous trouvons un acte de 1534 par lequel le seigneur de Troërin, à l'occasion d'une reconstruction du pignon sud de l'église, donne au prieur de Lambader un champ sis au terroir de Kerguidal. L'acte n'indique pas à quel ordre appartenait le prieur de Lambader. En reconnaissance de ce don, le dit prieur reconnut au seigneur de Troërin le droit à trois tombes dans la chapelle, plus le droit à la troisième arcade, plus le droit de placer ses armes dans trois endroits différents de l'église. Diverses tombes ont été découvertes pendant la démolition ; mais aucune inscription n'a permis de reconnaître quels étaient les personnages que recouvraient ces sépultures." (Vicomte de Réals)

N.B Tanguy Daniel signale que ce don permit non seulement la reconstruction "du pignon suzain [haut, supérieur] d'icelle chapelle" mais aussi la réparation de la chapelle.

On peut déduire de cet acte que Marc de Troërin n'avait pas, avant 1534, droit à apposer ses armoiries dans la chapelle. On remarque que le nombre des blasons concédés par le prieur est le même que celui des écus qui existent aujourd'hui sur le jubé.  

Le nouveau chevet est achevé en 1543, puisqu'on y installa la maîtresse-vitre représentant une Passion (elle sera brisée en 1845) portant cette date. .

On ajoutera à cela  que le calvaire date de 1550 environ. La période 1534-1550 est celle d'une importante activité pour Lambader.

 

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Au total, j'incite les chercheurs à reconsidérer la datation du jubé (ou peut-être seulement de sa tribune) et, pour les motifs héraldiques et stylistiques exposés, de le retarder autour de 1534-1539 (avant la Galerie de François Ier de Fontainebleau) ou de 1534-1543.

Un autre élément de datation pourrait, comme Jérôme Lafeuille l'a si élégamment fait à Kerfons, se baser sur les statues des apôtres Credo apostolique. Mais celles-ci, qui ne forment pas un Credo apostolique,  sont dues au ciseau de Denis Derrien en 1877, et il faudrait , pour s'y fier, supposer qu'il s'est fondé, pour les réaliser, sur des modèles préexistants. Son orientation inhabituelle de la tribune, et l'étude de ces statues, n'encouragent pas à les inclure dans une iconographie comparative permettant une datation.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LE JUBÉ VU DEPUIS LA NEF.

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Le jubé de la chapelle de Lambader est situé à la jonction des cinquième et sixième travées de l'édifice.

Nous voyons les trois arcades de la clôture  de style flamboyant, l'arcade du milieu étant ouverte en partie basse pour permettre un passage vers le chœur. Était-elle fermée par une porte ?

Au dessus des voûtains de ces arcades, la tribune se déploie, rythmée par 12 panneaux, un crucifix central et deux statues du XIXe siècle.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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I. LA TRIBUNE, COTÉ NEF.

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Sous une frise de fleurs et feuilles de chardons, douze arcatures jumelées deux à deux sont séparées par des  pinacles à crochets ou des pinacles suspendus. Ces arcatures imitent des baies gothiques avec un remplage chargé de choux frisés, découpant des mouchettes et marquées, comme des yeux, par  deux roses contiguës.

Cette dentelle flamboyante se répète sans varier, mais chacune des 12 arcades renferme un panneau rectangulaire, de style Renaissance, qui diffère à chaque fois. Je les présenterai de gauche à droite.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES DOUZE PANNEAUX "GROTESQUES".

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Premier panneau.

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Feuilles larges et fleurons dans un rinceau symétrique autour d'un axe vertical.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième panneau.

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Dans une symétrie autour d'un axe vertical formé par un candélabre, deux dauphins s'affrontent dans le réseau de rinceaux produisant des masques anthropomorphes de profil .

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Troisième panneau.

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L'axe vertical est un candélabre (ou vase, ou bassin) recevant la tête d'un putto ailé. Deux oiseaux fantastiques et hybrides viennent en mordre le bord. La tête, le corps, les ailes et la queue de ces oiseaux sont feuillagés, selon le procédé de métamorphose et effacement des limites entre monde animal et végétal.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième panneau.

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L'axe vertical est un encore un vase, contenant des fruits ronds que deux oiseaux viennent picorer. Ces oiseaux sont feuillagés comme les précédents.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Cinquième panneau.

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L'axe vertical est un candélabre (ou vase, ou bassin) auquel deux dauphins copieusement feuillagés viennent s'abreuver. Leur queue bascule du monde naturel vers le monde artificiel en adoptant la forme d'une lame marquée de I.  

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sixième panneau.

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L'axe vertical est un candélabre supportant une tête plus animale qu'humaine, aux longues oreilles, aux yeux caves et au nez épaté. De part et d'autres, deux dragons (ou unicornes) s'ébattent, mais leur buste laisse vite place à des rubans de feuillages.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Septième panneau.

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Au dessus du candélabre central, une tête vaguement anthropomorphe, mais feuillagée, crachent trois rinceaux de chaque coté. L'un s'achève en feuillage, l'autre en corne, et le troisième est la queue d'un dauphin. Feuillagé, cela va de soit.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Huitième panneau.

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Deux dragons, qui reprennent la plupart des traits des animaux précédents, s'opposent de chaque coté du candélabre.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Neuvième panneau.

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Deux oiseaux picorent un fruit rond trouvé sur la vasque du candélabre central.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Dixième panneau.

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Deux dragons feuillagés autour d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Onzième panneau.

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Le candélabre supporte un masque de forme lunaire; Il est gardé par deux dragons ailés, assis comme des sphinx.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Douzième panneau.

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Composition à feuilles larges creusées en cupules au centre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES DEUX STATUES (1877).

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Elles occupent les deux consoles à godrons (d'origine ?) encadrant le Crucifix? Comme ce dernier, elles sont dues au ciseau de Denis Derrien, et il est très improbable que ce dernier se soit basé sur des statues antérieures ; le culte de saint Joseph s'est développé au XIXe siècle. Joseph et son fils, Anne et sa fille célèbrent les vertus des liens familiaux.

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1. Saint Joseph et l'Enfant-Jésus.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Anne éducatrice.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES SEPT ANGES PRÉSENTANT LES INSTRUMENTS DE LA PASSION.

 

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1. Ange ayant perdu son attribut.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2. Ange présentant la croix (traverse perdue)

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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3. Ange présentant le marteau et les tenailles du crucifiement.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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4. Ange présentant la couronne d'épines.

Le pélican dans une corbeille s'ouvre la poitrine pour nourrir ses petits de son sang. Allégorie de l'Eucharistie.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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5. Ange présentant l'échelle de la Descente de croix.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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6. Ange présentant la lance de Longin.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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7. Ange volant (accessoire perdu ?).

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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II. LA CLÔTURE, COTÉ NEF.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Les montants de la porte présentent les statues de l'ange Gabriel et de la Vierge Marie, tandis qu'au centre un ange montrent le blason aux armes de Kermellec. Tout autour court un rinceau de vigne, avec ses grappes, symbole eucharistique au même titre que le pélican.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Ange présentant un blason.

Le blason porte, selon Pol de Courcy (1864) repris par  De Réals (1889) puis Abgrall (1897) les armes de la famille de Kermellec, d'or à une fasce de gueule, accompagnée de trois molettes d'éperon de même, deux en chef et une en pointe.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article789

Selon les auteurs, Isabeau de Kermellec épousa Marc de Troërin en 1481.

Les meubles du blason, tout comme l'ange, ne montrent aucun signe d'altération : il s'agit sans doute d'une copie de 1877. Les molettes sont remplacées par des étoiles. La fasce porte des hachures verticales, comme dans le codage de représentation monochrome en héraldique, pour rendre la fasce de gueules.

L'affirmation de Pol de Courcy peut s'étayer sur les  informations réunis par le site d'Hervé Torchet,  La Pérenne :

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=616

a) Ysabeau de Kermellec est la fille de  Tanguy de Kermellec et de Constance de Coetanroch

1499, Partage : Guillaume de Cornouaille seigneur de Cornouaille sgr de Kerguern et de Coetanroch à Ysabeau de Kermellec, héritage de feus Tanguy de Kermellec et Constance de Coetanroch père et mère de ladite Ysabeau et aïeuls dudit Guillaume.
b) en 1505, ladite Ysabeau est femme de Marc Tuonquirin ( en marge Troerin)

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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L'Annonciation sur l'encadrement de la porte.

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J'ai remarqué récemment (Arc de triomphe de Saint-Thégonnec) combien les Annonciations étaient disposées à l'entrée des sanctuaires, sur les portes monumentales, les porches, et, ici, la porte de clôture.

Les statues sont placées dans une niche à dais gothique.

Gabriel qui ébauche une génuflexion, tient le lys, fleur pur et blanche symbolisant la conception virginale. Le phylactère de son message entoure la tige.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge Marie.

Elle tient le livre des Écritures (qu'elle réalise) et fait le geste de son acceptation au plan divin de l'Incarnation.

Son front est largement épilé, ses cheveux ne sont pas voilés ou retenus, ses joues sont particulièrement rondes et pleines. Elle porte sur une chemise à col rond une robe à encolure carrée et un manteau. Le vase portant le lys est à ses pieds.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LE JUBÉ VU DEPUIS LE CHOEUR.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

 

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I. LA TRIBUNE.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES DOUZE PANNEAUX "GROTESQUES".

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Nous trouvons plusieurs fois les mêmes motifs, déjà présents sur la face ouest, sans pouvoir affirmer si ces panneaux sont ceux d'origine, ou encore si Denis Derrien a complété des espaces manquants ou trop altéré.

Il me manque, pour l'ensemble des boiseries de ce jubé, une expertise des bois qui en daterait la réalisation. 

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Premier panneau.

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Un candélabre supporte un masque feuillagé qui crache des rinceaux, dont deux s'achève en tête de dragons.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième panneau.

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Un candélabre supporte un crâne animal (bucrâne? mais sans cornes) aux oreilles longues. Deux dragons ou unicornes voient leur queue s'empanacher en rinceaux.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Troisième panneau.

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Deux oiseaux huppés et feuillagés  boivent ou picorent le bord du vase central, lequel est dominé par une tête de putto ailé.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième panneau.

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Deux oiseaux feuillagés picorent les fruits ronds disposés sur la coupe d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Cinquième panneau.

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Deux dauphins s'affrontent autour d'un candélabre, croisant le trajet de deux rinceaux qui s'épanouissent en masques anthropomorphes de profil.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sixième panneau.

Rinceaux autour d'un candélabre.

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Septième panneau.

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Deux dauphins cornus s'ébattent sur la margelle d'un candélabre ; leur tête, leur corps et leur queue libèrent des volutes de feuillages.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Huitième panneau.

Rinceaux autour d'un vase et d'une fleur.

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Neuvième panneau.

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Semblable au 3ème panneau.

Deux oiseaux huppés et feuillagés  boivent ou picorent le bord du vase central, lequel est dominé par une tête de putto ailé.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Dixième panneau.

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Rinceaux autour d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Onzième panneau.

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En registre supérieur, deux oiseaux fabuleux picorent les fruits ronds proposés sur un candélabre.

Au centre, un médaillon (aux bords marqués de I ) renferme un fleuron inscrit dans  par un losange.

En registre inférieur, deux dauphins autour d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Douzième panneau.

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Identique au onzième.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES TREIZE STATUES , LES DOUZE APÔTRES.

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L'étude des 13 statues en ronde-bosse  s'est avérée décevante. Elles sont posées sur un culot, la plupart polyédrique, un seul à godrons) sous des dais gothiques. Une seule (saint Jacques), placée devant la porte de l'escalier, n'a pas de dais. 

Cette étude est décevante car la plupart des statues ont été crées par Denis Derrien en 1877 sans que nous ne sachions s'il disposait, ou non, de modèles. 

 

Elle est décevante, car nous ne retrouvons ni l'ordre traditionnel des Credo apostoliques (Pierre, puis André, puis Jacques le Majeur, puis Jean, etc.),  ni les phylactères portant l'article du Credo qui est leur est attribué. Or, cet ordre et ces phylactères sont présents dans les autres jubés "contemporains" (notion vague en raison du manque de consensus sur cette datation). À Kerfons en Ploubezre vers 1495 et Saint-Fiacre en Melrand les 12 apôtres suivent l'ordre du Credo du Calendrier des Bergers de 1493. 

Elle est décevante car ces apôtres sont tournés vers le chœur et non vers la nef comme dans les autre cas, ce qui amène Michel de Mauny à en rendre responsable Denis Derrien. Ce serait vraiment la preuve d'une grande incompétence ; mais cette orientation des apôtres se retrouve aussi à Saint-Nicolas en Priziac.

Elle est décevante car la représentation des apôtres semble fautive (par égard à l'iconographie traditionnelle). C'est ainsi que saint Jean est figuré en évangéliste (accompagné de l'aigle du Tétramorphe), au lieu de tenir en main gauche son attribut, le calice de poison. La main droite brisée ne permet pas d'en dire plus.

Et enfin elle est décevante car l'identification de nombreux apôtres nous plonge dans l'embarras.

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Que savons-nous de ce sculpteur de Saint-Pol-de-Léon?

Fils de Jean-François, menuisier à Saint-Pol, Jean-Denis Derrien (Saint-Pol,1816/ Saint-Pol, 1897) installa en 1854 dans une ancienne demeure du XVIe un atelier de sculpture religieuse au 5 rue Saint-Yves (ex Venelle-aux-poules), près de la cathédrale, où, pendant plusieurs décennies, une quinzaine d'ouvriers réalisèrent des statues, autels, retables pour les églises de la région. Il réalisa ainsi un autel et le baptistère (1897) de la cathédrale, pour l'église de Carantec la chaire à double escalier, trois confessionnaux et l'autel de Saint-Sacrement, les chaires du Folgoët et de La Feuillée, les stalles de la cathédrale de Quimper et de Saint-Brieuc, et les stalles de l'église de Rumengol (1874) . Et peut-être deux statues de saints (Corentin et Guénolé) à l'église de Rumengol vers 1886, tout comme la niche (1883) de la Trinité et celle de Notre-Dame de-Rumengol (1883). Il a travaillé aussi à Plounéventer et Carhaix.

Il est aussi entrepreneur (c'est sa qualification sur son acte de décès), et se chargea de la construction de l'église Saint-Pierre de Plounevez-Lochrist en 1871 sur les plans de Rivoalan, architecte de Brest.

On le trouve désigné aussi sous le terme "atelier Derrien-Pondaven", en association avec son concurrent Yves-Marie Pondaven, qui employait à la même époque jusqu'à 29 ouvriers dans son atelier de la Grand-Rue ; ce dernier réalisa les retables et autels de Plouvien, le reliquaire en acajou de Rumengol en 1855, deux autels et le maître-autel de Pleyber-Christ en 1869. Le reliquaire de Rumengol porte une inscription associant leurs deux noms : "gant D.M. Pondaven ha Derrien D. 

Au total, nous avons la certitude que ces statues du jubé sont sorties d'un atelier prestigieux et prolifique de Saint-Pol-de-Léon, mais cet atelier s'est illustré dans les créations de mobilier religieux neuf, et non dans les restaurations de monuments historiques. [Le jubé de Lambader est classé Mh depuis 1840].

Dernière remarque. Beaucoup d'auteurs pensent que ce jubé était, à l'origine, peint. Si cela était le cas, il ne subsiste pas la moindre trace de polychromie, ce qui supposerait de la part du restaurateur un décapage très sérieux. Les visiteurs qui ont décrit au XIXe siècle et avant 1877 le jubé "en bois sculpté" se sont tous extasiés sur "la finesse du travail et la multiplicité des détails qui pourraient le comparer à un ouvrage de dentelle brodé dans le chêne" et aucun n'en mentionne les couleurs. Certes ils recopient peu ou prou les Antiquités de Fréminville (1832-1835), mais cela m'amène à penser que ce jubé était alors en bois brut. 

Un autre sujet d'étonnement est qu'aucun de ces voyageurs ne signale, bien au contraire, le mauvais état de conservation des sculptures, y compris en 1864 dans la description de Pol de Courcy.

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Liste des statues. On a compris que les identifications sont plutôt des propositions ou interrogations destinées à susciter des échanges que des affirmations.

Saint Jacques le Majeur ?? Chapeau ; bâton. Statue ancienne ?

Saint Pierre. Clef ; livre ; toupet frontal

Saint Paul. Epée ; livre ; calvitie.

Saint André. Croix en X (?), livre.

Saint Jean. Imberbe, aigle du Tétramorphe, phylactère (évangile ?)

Saint Thomas. Équerre, livre.

Apôtre non identifié. Geste de bénédiction ; livre ; attribut en demi-lune près du pied droit.

Apôtre non identifié. Deux livres ?

Saint Barthélémy (couteau ?) ou Matthieu (hache ?). Livre.

Apôtre non identifié. Attribut brisé (manche  d'outil?) en main droite ; livre.

Saint Jacques le Majeur. Chapeau de pèlerin, coquille sur une courte pèlerine, bourdon (brisé) ; livre.

Apôtre non identifié. Attribut brisé en main droite ; livre. Statue plus ancienne ; le manteau est lacé par devant selon un motif rare.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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1. Saint Jacques le Majeur ?? Chapeau ; bâton. Statue ancienne ?

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2. Saint Pierre. Clef ; livre ; toupet frontal

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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3. Saint Paul. Epée ; livre ; calvitie.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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4. Saint André. Croix en X (?), livre.

Il me manque un cliché pour préciser l'objet tenu en main droite et que je suppose être la croix de Saint-André.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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5. Saint Jean. Imberbe, aigle du Tétramorphe, phylactère (évangile ?).

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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6. Saint Thomas. Équerre, livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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7. Apôtre non identifié. Geste de bénédiction ; livre ; attribut en demi-lune près du pied droit.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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8. Apôtre non identifié. Deux livres ?

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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9. Saint Barthélémy (couteau de dépeçage ?) ou Matthieu (hache ?). Livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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10. Apôtre non identifié. Attribut brisé (manche  d'outil?) en main droite ; livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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11. Saint Jacques le Majeur. Chapeau de pèlerin, coquille sur une courte pèlerine, bourdon (brisé) ; livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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12. Apôtre non identifié. Attribut brisé en main droite ; livre. Statue plus ancienne ; le manteau est lacé par devant selon un motif rare.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES CINQ ANGES .

Quatre anges présentent des phylactères autour d'un ange tenant le blason de Marc de Troërin. ils sont décrits de gauche à droite.

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1. Ange volant, présentant un phylactère.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2. Ange volant, présentant un phylactère.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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3. Ange volant, présentant un phylactère. Aile gauche brisée.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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4. Ange volant, présentant le blason de Marc de Troërin. Aile droite brisée.

Selon l'Armorial ou nobiliaire de l’évêché de Saint-Pol-de-Léon, en Bretagne, en 1443, par le marquis du Refuge, (BnF RES 8-LM2-124) ces armoiries de Troërin ou Traonvilin sont : d'azur à la fasce vivrée d'argent accompagnée de six besants de même.

Ici, le sculpteur a figuré une fasce simple, et non "vivrée", découpée en grandes dents de scie.

On trouve aussi ici  d'azur à la face ondée ... mais la fasce sculptée est parfaitement droite (mais marquée d'un croissant en bord inférieur, comme une moitié de besant).

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La chapelle a été restaurée à l'initiative du vicomte de Réals (cf. biblio), qui demeurait au château de Troërin. On peut penser qu'il a superviser le travail de restauration du sculpteur, et tout spécialement celui des blasons. En tout cas, le blason aux armes de Marc de Troërin et tenu par un ange du jubé est attesté, avant la restauration de 1877, par les voyageurs du XIXe siècle.

https://books.google.fr/books?id=yWQDAAAAQAAJ&pg=PA79&dq=lambader&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjE3dm_-aDvAhVgA2MBHU8ZBew4ChDoATAAegQIARAC#v=onepage&q=lambader&f=false

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La famille de Troërin et son manoir. Selon Wikipedia :

"Montres et réformations du XVème siècle font mention d'une famille Tuonhirin ou Tuonquerin, dont le vocable a évolué dans la suite en « Troérin ». Sa descendance mâle s'est éteinte en la personne de M. de Troérin, chanoine et grand-chantre de Léon en 1789, dont la sœur, Marie, avait épousé, en 1770, François de la Tullaye, seigneur de Coëquelfen, capitaine de vaisseau. Leur fille fit passer le manoir, le 16 janvier 1796, dans la famille de Réals par son mariage avec Charles Boscat de Réals, ancien capitaine au régiment de Bresse.

Troérin est toujours possédé par cette famille de Réals.

Les archives du manoir contiennent les titres de la famille de Troérin, depuis le XVème siècle, et ceux des familles de Coëtquelfen, de la Tullaye, de Réals... On y voit également des notes sur Plouvorn, des extraits des anciens registres paroissiaux, et des, notices généalogiques sur plusieurs familles du pays, rédigées par le colonel de Réals."

"La famille de Troërin est connue depuis au moins le XIIe siècle : le sire Pierre Michel de Troërin est cité comme participant à l'assise du comte Geoffroy en 1185 et le sire Pierre Michel de Troërin participe à la première croisade de Saint-Louis à partir de 1248. La famille de Troërin, seigneurs du dit lieu (l'existence du manoir de Troërin est attestée dès 1413), de Kerjean, de Kergounan (en Lampaul-Ploudalmézeau, de Kerrannou (en Saint-Pol-de-Léon), présente aux montres de 1426 à 1534, fut reconnue d'ancienne extraction noble lors de la réformation de 1669, à la demande d'Anne de Troërin, épouse de Louis de Kerhoas, seigneur de Coatcoulouarn (en Saint-Thégonnec) et du Quellenec. En 1638, Charles de Troërin épousa à Lampaul-Ploudalmézeau Louise de Kerlec'hb. Leur petit-fils Jan de Troërinc fut lieutenant des maréchaux de France en Bretagne ; il transforma le manoir en château aux alentours de 1717 et fit faire par Isaac Robelin un nouvel aménagement paysager du parc.

 Le 16 janvier 1798, Henriette-Marie-Salomé de La Tullaye, fille de François-Henri de La Tullayed et de Marie-Anne-Corentine de Troërin, mariés le 20 octobre 1767 à Plouvorn, épousa Charles-Marie-Henri Boscal de Réalse, capitaine au régiment de Bresse en 1790, issu d'une famille originaire du Poitou. Depuis le château de Troërin appartient à la famille Boscal de Réals."

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-troerin-plouvorn/06f06d2a-a963-4976-b197-cd69d0a8bb95

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Marc de  Troërin.

Il est présent, équipé en brgiandine (*) à la  Montre de l'Evêché de Léon en 1503 ("Marc Truongirin").

(*) La Brigandine était selon Fréminville une cuirasse légère formée de bandes d'acier larges de deux ou trois doigts, assemblées transversalement et doublées d'un cuir de cerf.

On le trouve ensuite à celle de 1534 :

 Plouemorn
Le sieur de Penfentenyou, homme d'armes.
Le sieur de Kerounyant (Jean de Kergorlay), homme d'armes.
Le sieur de Créachquerault (Jean de Créachquerault), homme d'armes.
Le sieur de Coatudavel (Ulivier de Coatudavel) , archer .
Jan Kersainctgily, sieur de Keruzoret, archer à deux chevaux.
Marc Traouirin, sieur dudit lieu ou Troërin, archer en brigandine.

Etc

L. Le Guennec, "Convocation du ban et de l’arrière-ban de l’Evêché de Léon et de la chatellenie de Morlaix-Lanmeur (1534-1708)", Bull. SAF 1911 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207700g/f135.item

Son père (?) Guillaume Trouhirin ("Tnouhirin"), 20 livres de revenu, archer en brigandine est présent à la Montre de 1481 parmi 40 nobles de Plouvorn. Et à la Réformation de 1443 (base de l'Armorial du marquis du refuge), c'est Jean de Troërin ou de Traonvilin qui est mentionné.  

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Ajoutons que Troërin est le nom du ruisseau, affluent de l'Horn, qui passe  juste au sud de la chapelle de Lambader,  et alimente l'étang du château de Troërin. Un moulin de Troërisi  ou Troërin y était installé (Marteville et Varin 1853). 

 Le bourg de Plouvorn est situé sur une éminence, vers 80 mètres d'altitude, entre les vallées des deux ruisseaux de Troërin (au sud) et de Keruzoret (au nord).

Un simple coup d'œil sur les cartes permet de comprendre le lien entre la chapelle, et le manoir.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.041294&y=48.573442&z=16&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

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Voir  les Preuves de la noblesse de Tanguy-Marie de Troérin de Kerjan, réunies en 1774. 

https://www.tudchentil.org/spip.php?article1260

 

 

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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5. Ange volant, présentant un phylactère. Aile gauche brisée.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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L'ESCALIER À VIS.

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Entièrement en bois et construit autour d'un axe central qui le rend indépendant des piliers,  il se déploie sur un tour et quart pour accéder par une porte à la tribune.

On retrouve un tel escalier au jubé de Kerfons.

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Deux des soutiens verticaux qui l'étayent à l'extérieur sont ornés à l'extrémité de belles gueules de dragons avalant le montant comme des engoûlants d'entraits.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Le joueur de cornemuse.

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Il remplace, à l'extrémité nord de la tribune, l'un des anges et, comme ces derniers, il est figuré volant jambes fléchies derrière lui et  vêtu d'une tunique plissée. Comme eux, il a le visage poupon et des cheveux bouclés. Mais il est coiffé d'un chapeau rond (mais évasé après l'étranglement du galon), et ses yeux sont mi-clos, comme un instrumentiste regardant son public placé plus bas. Jean-Luc Matte, qui n'a pas manqué de décrire l'instrument dans son Encyclopédie de la cornemuse signale le bourdon d'épaule brisé, le hautbois également brisé en dessous des mains du musicien, les dites mains étant presque à la même hauteur que le hautbois. Il ne dit rien du porte-vent, qui descend verticalement des lèvres du joueur et qui comporte une encoche. Les deux viroles par lesquelles le bourdon et le hautbois s'implantent dans le sac sont visibles.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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II. LA CLÔTURE, COTÉ CHOEUR.

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Nous retrouvons la disposition symétrique du coté nef, mais au dessus du fleuron de la frise d'acanthes, et au lieu des armoiries d'Isabeau de Kermellec, nous trouvons celles de son mari Marc de Troërin, toujours très "restaurées" (ou remplacées) et dont la fasce n'est ni vivrée ni ondée.

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Jubé de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie), 1897, Le Livre d'or des églises de Bretagne,  Lambader, Berven, Lochrist, Goulven, illustrations de Charles Géniaux, Rennes pages 1-3.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_201/lambader__berven__lochrist__goulven.pdf

— COUFFON, René), LE BARS, Alfred), Notice sur Plouvorn,   Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

 

— COURCY (Pol de ), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo, itinéraire historique et descriptif, Hachette et Cie page 289

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=lambader+%22ma%C3%AEtresse-vitre%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

La chapelle prieurale de Notre-Dame de Lambader (à 8 kil. au nord de Landivisiau), se recommandait, il y a peu d'années, par une tour du XIVe siècle. Cette tour était couronnée d'une flèche élancée, une des plus hautes et des plus belles du Finistère, bâtie à l'imitation du célèbre clocher de Creizker, à Saint-Pol de Léon. Classé au rang de monument historique, Lambader avait reçu de l'État une allocation destinée à sa consolidation; cette somme a été employée, en 1837, à descendre la flèche et les étages supérieurs de la tour, fortement ébranlée par la démolition d'un arc de triomphe qui lui servait de contre-fort au nord-ouest, et dont la fabrique a vendu les pierres. Il y aurait une bien triste énumération à faire des édifices détruits ou mutilés sous le prétexte de les restaurer, et ceux qui subsistent encore pourraient dire en défilant devant leurs juges, comme les gladiateurs devant la loge de César, lorsqu'ils allaient combattre dans l'amphithéâtre: Morituri te salutant!

La démolition de son clocher n'est pas le seul acte de vandalisme dont Lambader ait eu à souffrir; sa maitresse vitre, garnie d'une brillante verrière de 1543, a été maçonnée, les vitraux ont été dispersés et plusieurs statues en pierre renversées ou mutilées. Elles gisent aujourd'hui dans l'enclos du prieuré parmi les débris de la tour et de ses clochetons, les rosaces de la flèche et les quatrefeuilles de sa galerie, qu'on ne songe pas à relever, mais qu'on a cherché à vendre. Les murs, qui surplombent de tous côtés, ne tarderont pas à s'effondrer à leur tour.

La fontaine sacrée, qui coule au midi de la chapelle, est le but d'un pieux pèlerinage; mais la merveille de Lambader, depuis l'amputation dont son clocher a été victime, est un jubé en bois travaillé à jour, ainsi que la rampe de son escalier tournant. Cet ouvrage de dentelle, digne d'admiration pour l'élégance et la multiplicité de ses motifs flamboyants, est dû à la munificence de Marc de Troërin, époux, en 1481, d'Isabeau de Kermellec; les armes du donateur sont soutenues par un ange formant l'un des pendentifs du jubé du côté du chœur.

Un devant d'autel sur bois, dans la même chapelle, représente un martyr qu'à la mitre qu'il porte pour tout vêtement, on reconnait pour un évêque. Il est couché sur le dos, le ventre ouvert, et plusieurs soldats roulent, en riant, ses intestins autour d'un cabestan. On croit retrouver dans cet évêque saint Érasme, qui avait enduré le même genre de supplice. Les statues en kersanton de Notre-Dame de Pitié et de Notre-Dame de Lambader, sont reléguées dans des coins obscurs de l'église. Celle de ces statues qui surmontait le portail ouest, était accostée d'un groupe de 1598, qui n'a pas été déplacé, représentant six moines et six religieuses agenouillés.

Les statues de saint Christophe, portant l'enfant Jésus sur ses épaules, et de saint Trémeur, portant sa tête entre ses mains, ont été recueillies à la chapelle du château de Keruzoret, château où l'on conserve un riche cabinet du xviie siècle, à panneaux et à volets sculptés en ébène. Les sujets figurés sur ce beau meuble, qu'envierait le musée de Cluny, sont tirés du roman de l'Ariane, de Desmaretz, un des membres de l'Académie française à sa fondation, en 1635.

Vis-à-vis de Lambader se dresse une croix gothique dont les branches sont chargées des principaux personnages de la Passion. Plusieurs de ces statuettes, renversées par la tempête, ont été employés à macadamiser la route, d'autres jonchent aujourd'hui

les douves de cette même route, sans que la fabrique de Plougourvest prenne souci de les rétablir sur leurs piédestaux."

— DANIEL (Tanguy), 1996,  "La chapelle de Lambader en Plouvorn, le jubé XVe-XVIe siècle", Bulletin de l'Association bretonne et union régionaliste bretonne 123e Congrès à Saint Paul de Léon Kergournadec'h Cléder Lambader plouvorn Morlaix Léon Roscoff Saint Paul Aurélien Monsiegneur de la Marche Keremma Berven – 1 janvier 1996 C 1996, I 1997 pages 47-50

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1979 L'Art de Bretagne , Arthaud éditeur, pages 197-199.

"Dans la trentaine d'années qui suit [le jubé de Saint-Fiacre, commencé en 1480], le décor se modifie imperceptiblement. Les jubés ont traduit un peu plus tôt que le décor architectural de pierre les évolutions de style. Les panneaux, aveugles ou ajourés, continuent à agencer leurs flammes de cent façons, les anges à se cambrer au dessus du vide portant un blason ou les instruments de la Passion. Ainsi à la tribune de Rochefort-en-Terre ; mais à celle de Goulven, vers 1515, et à Lambader certains panneaux, sont déjà meublés de rinceaux et de candélabres à l'italienne.

Si Saint-Pabu et les reste de chancel de Kernitron se contentent de broder en tradition flamboyante, Kerfons, qui le fait aussi, introduit vers 1490 la torsade perlée sur les poteaux de soutien et les écailles sur les montants : détails "Louis XII" qui se retrouvent à Locmaria en Belle-Isle-en-Terre, à Loc-Envel, à Lamballe, à Saint-Roch en Lannion-Brélévenez. Pour l'iconographie, Kerfons inaugure aussi l'idée de l'alignement des douze apôtres : on les retrouve vers 1520 à Lambader (restauration de 1877) et pendant plusieurs générations. 

Après 1550, le goût nouveau a pleinement triomphé : les colonnettes sont en candélabres, les culots sont en toupie ; vases godronnées, coquilles, cartouches à enroulement, feuillages à profils humains se multiplient, têtes casquées dans les médaillons, bustes en demi-ronde bosse (Sainte-Croix en Plélauff, Rosquelfen, Saint-Jean en Guern, ancien dais à Rochefort-en-Terre, Brennilis, etc.).

À Sainte-Avoye, le jubé signé Bizoel (vers 1565) [1555] avec les apôtres d'un coté, des saints et les sept vertus de l'autre, n'a plus rien de gothique, et les voûtains de sa tribune  sont peints en faux marbre.

Beaucoup plus remarquable est celui de Saint-Nicolas de Priziac, achevé en 1580. La clairevoie a des masques grimaçants (plusieurs ont les yeux et la bouche percés) qui broutent des rinceaux. D'un coté les apôtres, de l'autre la légende de saint Nicolas : il défend la vraie foi au concile de Nicée, et meurt couché sur une planche, pleuré de ses clercs, dont un l'asperge d'eau bénite : les sept autres panneaux ont trait à des miracles : dès sa venue au monde, il se tient debout dans la cuvette de son bain [...] Et entre ces scènes toutes médiévales, ce sont cariatides et atlantes nus, dont les bras, quand ils ne tournent pas court en volutes, s'allongent pour cueillir des pommes au sommet des pilastres qui les gaines, ou dont les jambes serpentiformes s'enchevêtrent comme un caducée.

À La Roche-Maurice, dernière étape : la tribune n'est plus sur voûte, mais sur plafonds à caissons décorés d'entrelacs en "cuirs" avec des toupies pendantes ; de monstrueuses consoles animales, accroupies obliquement soutiennent ce plafond, les corniches sont à denticules et à grosses virgules, et les colonnes cannelées de la claire-voie montent par anneaux godronnés vers les chapiteaux corinthiens. La tradition ne se marque plus que par les rangées d'apôtres et de saints : si leurs douze dais sont à balustrades, ils ont encore sous les pieds six anges suspendus ...

De la même seconde moitié du XVIe siècle est le chancel de Saint-Herbot. Il est d'une extrême richesse  iconographique et ornementale. C'est une claire-voie faite de colonnettes tournées en candélabres  au dessus d'un buffet vêtu, ainsi que les montants de la porte, de reliefs légers, rubans enlacés et noués, vases, masques et mufles, guirlandes de feuillages et de fruits. Il est couronné d'une longue bande de panneaux historiés, somptueusement encadrés, et séparés par des figures engainées : apôtres, prophètes, sibylles et personnages laïcs. Vers l'intérieur, au dessus des stalles de bois ciré, court un baldaquin à caissons. Tout en haut d'une série de petits frontons triangulaires, festonnés de rinceaux à jour.

Le chancel de Berven est plus tardif encore : daté de 1601 — et même de 1720 pour le portique supplémentaire dont il a été doté, solennel et froid avec ses quatre grandes colonnes lisses —il offre vers la nef une claire-voie en pierre. Mais les faces latérales sont en bois avec des colonnettes cannelées prises jusqu'au tiers de leur hauteur dans des manchons feuillagés. Chapiteaux corinthiens, entablement à têtes ailées, tout l'ensemble est pleinement classicisant. Les saints et les saintes sont toujours là aux panneaux inférieurs, Catherine avec sa roue, Apolline avec sa tenailles serrant une molaire ; mais à coté d'elles, Lucrèce s'enfonce une épée dans le sein : "martyre " elle aussi de  sa pudicité, mais en bonne païenne, elle est figurée nue.

Mais au second quart du XVIIe siècle, c'était vraiment la fin des jubés et des chancels. Une conception toute nouvelle de l'aménagement et du décor des églises se faisait place : celle des retables monumentaux."

 

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953 La sculpture bretonne

— FRÉMINVILLE ((chevalier Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville) 1832, Antiquités de la Bretagne: Finistère, Volume 1, Lefournier et Deperiers, 1832 p. 69

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&dq=lambader&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

"Eglise de de Lambader, ancienne maison de l'ordre des Templiers qui, après la spoliation des biens de cet ordre en 1314; passa en la possession des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte. Cette église , assez vaste , est construite dans le style d'architecture gothique-arabe. Son clocher est très-beau ; c'est une tour carrée ornée en haut d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche très-élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de quatre clochetons. Cette flèche, toute en pierre de taille , est travaillée à jour ainsi que les clochetons qui l'accompagnent. Au pied du clocher est une porte donnant sur un petit porche qui précède l'église.

Presque tous les édifices appartenant aux Templiers portaient le cachet de l'esprit guerrier de leur institution, et leurs églises même avaient quelqu'apparence de forteresse; la commanderie de Lambader était environnée d'une forte muraille à plate-forme, on en voit encore une partie adjacente au clocher et dans laquelle est pratiquée la principale porte de ce monastère demi-couvent, demi-place de guerre. A droite de cette porte en est une autre plus petite ; une espèce de poterne ouverte au pied de l'escalier par où l'on monte sur la plate-forme.

· Entre le portail et le clocher on remarque quelques niches dans lesquelles étaient placées des statues de saints.

Dans l'intérieur de l'église , la boiserie gothique et travaillée à jour qui sépare la nef du choeur, est digne d'être admirée pour l'élégance et la multiplicité de ses détails, sa légèreté pourrait la faire comparer à un ouvrage de dentelle. Dans le choeur je vis suspendus à la muraille des fers tels qu'en portaient les esclaves : ils furent sans doute consacrés en ce lieu par quelque chevalier qui, ayant longtemps gémi captif chez les infidèles, les a apportés comme offrande à cette église après avoir recouvré sa liberté.

Les vitraux, bien conservés , sont d'une époque postérieure à l'édifice, les personnages qui y sont représentés, portent le costume et l'armure du seizième siècle. Ce sont, selon toute apparence, les seigneurs aux dépens desquels ces vitraux ont été faits.

Plusieurs statues ornaient jadis l'église de Lambader, elles ont été renversées et mutilées, leurs débris gisent sur le gazon dans le préau ou cour du monastère. J'en remarquai une qui me frappa par le fini et la précision de son travail, elle représente un chevalier armé de toutes pièces , tenant l'épée nue sur l'épaule ; la forme de son armure indique la fin du quatorzième siècle. On remarque au bas de la cuirasse l'assemblage de pièces de lames transversales qui recouvre le défaut des cuissards et que l'on nommait tasseltes ou braconnière. La tête de cette statue a malheureusement été brisée ( Pour préserver cette statue de mutilations plus considérables, M. le marquis du Dresnay en a fait récemment l'acquisition et l'a fait transporter à Saint-Pol de Léon , où elle est placée dans son jardin. ) : je présume qu'elle représentait quelqu'un des commandeurs de Malte titulaires de la commanderie de Lambader. Ce ne peut être un templier, car, lors de la destruction de l'ordre du temple, les .chevaliers portaient encore le haubert ou armure entièrement en mailles, celle que l'on voit ici est celle de plaque et de lames adoptée au quatorzième siècle."

 

 

GALLIC (Kristian), Le jubé de Lambader, vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=R8v-UGsxanQ&ab_channel=DanielleRopars

— LAFEUILLE (Jérôme), 2020, Un nouveau regard sur le jubé de Kerfons, Coll. Les cahiers de l'ARSSAT n°4.

— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat brochure in-8°, 88 pages.

 

LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

 

Le magnifique jubé, « l'expression la plus parfaite du travail sur bois » fut démonté et reconstitué avec un goût parfait par Denis Derrien, de Saint-Pol-de-Léon. C'est de ses ateliers que sortent les statues des douze Apôtres qu'on y remarque. « Le jubé de Lambader, dit le chanoine Abgrall (Cours d'architecture bretonne professé au Grand Séminaire de Quimper), est une large galerie portée sur une sorte de cloison aux compartiments découpés et fouillés avec la plus grande finesse. L'habileté et l'imagination des huchers de l'époque flamboyante s'y sont donné libre champ. C'est un fenestrage compliqué et néanmoins harmonieux, c'est une dentelle avec dessins variés et toujours pleins de grâce. Sur les torsades des deux montants de la porte étaient gravées des hermines ; le ciseau des révolutionnaires les a toutes mutilées comme des emblèmes dangereux.  La galerie est soutenue en encorbellement de chaque côté de ce chancel, par des nervures et des demi-berceaux. Des pendentifs représentent les anges portant des instruments de la Passion, et au milieu est un beau pélican qui nourrit ses petits de son sang. Un écusson tenu par un ange en pendentif, du côté du chœur, indiquerait que cet admirable ouvrage serait dû à la munificence de Marc de Troerin, époux en 1481 d'Isabeau de Kermellec. La balustrade de la galerie est garnie de panneaux encadrés de beaux motifs flamboyants, tandis que la décoration des panneaux eux-mêmes est dans le genre de la Renaissance.  Et dans tout cet ensemble, ce qu'on devra encore plus admirer, c'est le petit escalier à vis, qui monte au jubé dans l'angle nord, compris et disposé avec une élégance parfaite, indiquant la spirale de ses marches au moyen de ses gracieuses colonnettes. »

LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages

La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument.

 — LE GUENNEC (Louis), 1911, "La chapelle de Lambader", in Vieux souvenirs bas-bretons, édition 1938 par Les Amis de Louis Le Guennec, Quimper.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_139/Vieux_Souvenirs_Bas_Bretons_.pdf

 

"On admire le magnifique jubé de chêne sculpté qui a fait le renom de Lambader. Sa large galerie, garnie de panneaux encastrés de motifs flamboyants, repose sur un chancel aux compartiments découpés et fouillés avec un art où l'habileté et l'imagination des huchiers de l'époque se sont donnés libre cours.

La présence des armoiries (une fasce ondée accompagnée de six besants) de Marc, seigneur de Troërin en 1481, sur ce splendide ouvrage ne prouve pas que ce personnage ait été le donateur . Le jubé de Lambader a très probablement été fait aux frais de la fabrique, et, si le seigneur de Troërin l'a timbré de son écusson, c'est au titre de simple prééminencier de la chapelle". (Le Guennec, Vieux souvenirs bas-bretons.)

 — LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa régionédité par Les Amis de Louis Le Guennec, Quimper.

"La célèbre chapelle de Lambader s'élève à un kilomètre au sud-ouest du bourg. La tradition y voit un établissement de moines Rouges ou de chevaliers Hospitaliers, qui auraient eu leur château à l'enceinte retranchée voisine de Castel-ar-Vouden, en Plouzévédé, mais l'abbé Guillotin de Corson, qui a publié, en 1896, dans le Bulletin de l'Association Bretonne, une intéressante étude sur la « Commanderie de La Feuillée et de ses annexes » en Cornouaille, Tréguier et le Léon, ne fait nulle mention de Lambader.

Le clocher de la chapelle de Lambader, haut de 57,48 mètres, est, des imitations du Creisker dans notre région, celle qui s'en rapproche le plus : aussi le dicton local s'exprime-t-il ainsi Ma vefe diskaret K re isker, Ne vo ket par da Lambader. Ce magnifique clocher, qui avait été mutilé par une tempête le 2 février 1836, et démoli l'année suivante, fut reconstruit en 1882, par Le Naour, entrepreneur à Quimper, qu'on a appelé le « bâtisseur de clochers». A la même époque, grâce aux dons généreux des familles Boscal de Réais et Audren de Kerdrel, on entreprit la restauration intérieure de la chapelle.

 

Le magnifique jubé, « l'expression la plus parfaite du travail sur bois » fut démonté et reconstitué avec un goût parfait par Denis Derrien, de Saint-Pol-de-Léon. C'est de ses ateliers que sortent les statues des douze Apôtres qu'on y remarque. « Le jubé de Lambader, dit le chanoine Abgrall (Cours d'architecture bretonne professé au Grand Séminaire de Quimper. ), est une large galerie portée sur une sorte de cloison aux compartiments découpés et fouillés avec la plus grande finesse. L'habileté et l'imagination des huchers de l'époque flamboyante s'y sont donné libre champ. C'est un fenestrage compliqué et néanmoins harmonieux, c'est une dentelle avec dessins variés et toujours pleins de grâce. Sur les torsades des deux montants de la porte étaient gravées des hermines ; le ciseau des révolutionnaires les a toutes mutilées comme des emblèmes dangereux. « La galerie est soutenue en encorbellement de chaque côté de ce chancel, par des nervures et des demi-berceaux. Des pendentifs représentent les anges portant des instruments de la Passion, et au milieu est un beau pélican qui nourrit ses petits de son sang. Un écusson tenu par un ange en pendentif, du côté du chœur, indiquerait que cet admirable ouvrage serait dû à la munificence de Marc de Troerin, époux en 1481 d'Isabeau de Kermellec. La balustrade de la galerie est garnie de panneaux encadrés de beaux motifs flamboyants, tandis que la décoration des panneaux eux-mêmes est dans le genre de la Renaissance. « Et dans tout cet ensemble, ce qu'on devra encore plus admirer, c'est le petit escalier à vis, qui monte au jubé dans l'angle nord, compris et disposé avec une élégance parfaite, indiquant la spirale de ses marches au moyen de ses gracieuses colonnettes. »

 

Aux murs du chœur sont suspendus des fers d'esclaves, ex-voto de croisés qui furent captifs chez les infidèles. On vénère à Lambader une belle statue en kersanton de Notre-Dame. Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit, provenant de l'ancien Calvaire. La maîtresse vitre contenait un brillant vitrail de 1543, qui a été brisé vers 1845 et remplacé, dans sa partie basse, par une maçonnerie, et dans sa partie haute, par un voile rouge. On en voit quelques débris à la chapelle de Keruzoret, ainsi qu'un saint Christophe et un saint Trémeur portant sa tête entre ses mains."

PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

LA RESTAURATION DE LAMBADER LETTRE De M. le Vicomte de Réals à M. le Vicomte DE LA VILLEMARQUÉ, Directeur

Troërin, le 3 septembre 1888.

MONSIEUR,

L'excursion archéologique, à laquelle vous devez consacrer une des journées du Congrès, vous conduira peut-être dans le voisinage de Plouvorn, et dans ce but je désire appeler votre attention sur notre ancienne chapelle de Lambader et son beau clocher, que nous regardons dans le pays comme digne d'intéresser le touriste. Que cette prétention soit fondée ou non, vous trouverez sans doute légitime que, administrateur de la commune de Plouvorn depuis de longues années, je tienne à effacer la mauvaise impression que peut laisser aux étrangers les reproches un peu vifs adressés par M. de Courcy, dans son excellent itinėraire de Nantes à Brest, à nos bons plouvorniens et à l'administration municipale de cette époque.

L'église priorale de Lambader, pourvue de huit arcades élégantes dans chacun de ses bas-côtés, est surmontée d'un clocher très beau, qui a beaucoup de ressemblance avec celui du Creisker à Saint-Pol-de-Léon. C'est une tour carrée, ornée d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de 4 clochetons. La hauteur totale du clocher est de 57 mètres; il est absolument creux dans l'intérieur, et du sol on peut voir la pierre terminale ; l'escalier est à vis dans l'un des piliers.

Classée comme monument historique au commencement de ce siècle, la tour de Lambader dut être démolie en 1842, par mesure de sécurité publique. Un des clochetons était déjà tombé; la flèche elle-même était penchée et menaçait ruine. Pendant de longues années ses débris restèrent épars sur le sol ; la chapelle, toute lézardée et mal entretenue, ne semblait plus devoir résister longtemps aux outrages du temps, et le monument allait disparaître, lorsqu'en 1873, sur une demande du Conseil municipal que je présidais, l'évêque de Quimper, Mgr Nouvel, autorisa la reconstruction de l'édifice. Grâce à la pieuse générosité du clergé paroissial de Plouvorn et de ses habitants, tant châtelains que cultivateurs, grâce aussi à celle des nombreux prêtres nés dans la commune qui, à l'appel du recteur, M. Hillard, envoyèrent tous, sans exception, de belles offrandes, cette reconstruction a pu se faire presque uniquement au moyen de dons; et à part la restauration de la flèche, la fabrique n'y a contribué que pour une part très minime. Aussi les travaux, commencés en 1875, n'ont été terminés qu'en 1877 pour la chapelle et la base de la tour, et en 1881 pour la flèche .

La légende de Lambader est un peu obscure ; d'après la tradition populaire la plus accréditée, un seigneur breton, captif des Sarrasins, délivré par l'intercession de la sainte Vierge, aurait élevé la chapelle au lieu où il se trouva miraculeusement transporté sans savoir comment. Des chaines, que l'on voit encore suspendues des deux côtés du chour seraient celles du captif reconnaissant. D'après Fréminville, Lambader a été le siège d'une ancienne commanderie de Templiers. Il est en cela d'accord avec la tradition populaire qui rapporte que le prieuré de Lambader était autrefois occupé par des moines rouges. En effet, la chapelle n'était pas isolée, mais se rattachait, comme toutes les commanderies de templiers, à un ensemble de constructions dont les vestiges se retrouvent même aujourd'hui. C'est ainsi que, du côté ouest, une grande galerie, formant une voûte sous laquelle passait la route de Landivisiau à Saint-Pol-de-Léon et reliant la chapelle à une maison actuellement démolie, existait encore au commencement de ce siècle. Du côté nord, une deuxième galerie reliait aussi la tour avec une maison d'un style particulier, habitée maintenant par le sacristain. Cette deuxième galerie, qui n'a été détruite qu'en 1842, était terminée par deux anges avec exergue. Tout semble donc attribuer à Lambader une origine très ancienne. La dernière reconstruction en a fourni des preuves certaines. J'ai eu la direction de tous les travaux de Lambader ; j'ai ainsi suivi la démolition jour par jour et j'ai constaté que la chapelle était à sa quatrième reconstruction partielle ou totale. Dans les murs se trouvaient employés, comme moëllons, des fragments de pierres taillées pour former des pleins cintres du style roman grossier ; tandis qu'à côté se voyaient d'autres fragments du style gothique. Ni les uns, ni les autres de ces fragments n'avaient de rapport avec la chapelle que je faisais démolir; ils appartenaient à un édifice plus ancien encore. Dans deux autels en Kersanton, qui sont adossés aux piliers mitoyens de droite et de gauche de la nef, les ouvriers ont mis à découvert des ossements, et des pierres sur lesquelles étaient gravées, à l'un des autels la date de 1500, à l'autre celle de 1300. Enfin, dans les papiers de la famille de Troërin, famille fondue dans la maison de Réals, nous trouvons un acte de 1534 par lequel le seigneur de Troërin, à l'occasion d'une reconstruction du pignon sud de l'église, donne au prieur de Lambader un champ sis au terroir de Kerguidal. L'acte n'indique pas à quel ordre appartenait le prieur de Lambader. En reconnaissance de ce don, le dit prieur reconnut au seigneur de Troërin le droit à trois tombes dans la chapelle, plus le droit à la troisième arcade, plus le droit de placer ses armes dans trois endroits différents de l'église. Diverses tombes ont été découvertes pendant la démolition ; mais aucune inscription n'a permis de reconnaître quels étaient les personnages que recouvraient ces sépultures.

Dans l'intérieur de l'église, on remarque un jubé en bois de chêne, travaillé à jour, ainsi que la rampe de son escalier tournant qui est très admirée. C'est un réseau de sculptures et de fines dentelures du plus bel effet. Les motifs multiples de ce jubé sont du style flamboyant et ils reproduisent le dessin de la maitresse vitre. D'après les titres des Troërin, ce jubé fut donné à l'église en 1481, par Marc de Troërin, époux d'Isabeau de Kermellec; les armes du donateur sont soutenues par un ange formant l'un des pendentifs du jubé du côté du cheur; elles sont aussi reproduites, ainsi que celles de sa femme, au dessus de la porte du milieu.

Le corps du jubé qui fait face à l'autel, est orné de douze statues représentant les apôtres; sur la face opposée on remarque principalement un pélican qui, suivant l'allégorie connue, se perce le flanc; et, enfin, en forme de pendentifs, des anges portant les attributs de la passion.

A côté de la porte sud, la famille de Kerdrel a fait placer en 1876 un bénitier en Kersanton d'un joli travail : il porte les armes de la famille.

Dans le fond de la chapelle on a recueilli une trentaine de statues en pierres de taille qui doivent être les débris d'un ancien calvaire. Plusieurs de ces statues ont beaucoup d'expression dans la physionomie ; malheureusement presque toutes ont été mutilées pendant la révolution. Elles ressemblent comme travail aux statues du calvaire de Guimiliau et doivent être de la même époque.

Les pèlerins ne quittent jamais Lambader sans aller boire à la fontaine sise à deux mètres du pignon sud. La source, qui alimente cette fontaine, est située sous le maitre-autel.

Tels sont, Monsieur, les quelques renseignements que je puis fournir sur la chapelle de Lambader. Je serais heureux s'ils pouvaient vous être de quelque utilité. Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée."

Vicomte DE RÉALS.

 

— TUDCHENTIL, "Troërin de Kerjan, preuves pour la grande écurie (1744)

https://www.tudchentil.org/spip.php?article1260

 

— TUDCHENTIL, "Kermellec (de). Réformation de 1669.

http://www.tudchentil.org/spip.php?article949

L'UNIVERS. 27 septembre 1877 Inauguration de la chapelle restaurée sur l'initiative du recteur Hellard. Bénédiction par l'évêque en présence de la comtesse de Kerdrel. Promesse d'indulgence le jour du Pardon le lundi de Pentecôte.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-keruzoret-plouvorn/0fabf1a2-bd3c-4ed6-ae2b-055ceffcfe5f

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— Wikipedia Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

—Domaine de Troërin à Plouvorn

https://monumentum.fr/domaine-troerin-pa29000069.html

—Style des panneaux sculptés :

https://www.ecoutelebois.com/guide-amoureux-des-styles-de-mobilier-renaissance/

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes. Renaissance Jubé
5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 11:41

Zoonymie des Odonates :les noms d' Ischnura elegans (Vander Linden, 1820), "L'Agrion élégant", "l'Ischnure élégante".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

Ischnura, Charpentier 1840, Libell. Europ. Lipsiae :9 :  du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue" soit pour les insectes "abdomen"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de "la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable, mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia

elegans Vander Linden, 1820, du latin signifiant "distingué, de bon goût, délicat."  Vander Linden ne donne dans sa description aucune indication sur le choix de son épithète. C'est donc à nous de rêver. Au chic que confère cette bague turquoise du 8ème segment de l'abdomen, ce bijou de prince, et un signe de  grande distinction. Mais c'est un contresens, car l'adjectif dérive du verbe eligere, "choisir, trier, élire" et donc "sélectionner" : l'épithète signale que cette espèce se distingue ainsi des autres aux yeux des taxonomistes. 

— Noms en français : 

1°) L'Agrion élégant, de Sélys 1850.

2°) L'Agrion élégant, P.-A. Robert 1958, synonyme "L'Ischnure élégant".

3°) INPN/MNHM : "l'Agrion élégant". Le contresens est entériné. J'aurais préféré "L"Agrion distingué".

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DESCRIPTION PRÉALABLE :

deux bons sites :

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_elegant/agrion_elegant.html

http://www.dragonflypix.com/speciespages/ischnura_elegans_fi.html

Planches.

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Ischnura elegans, Lucas 1900

 

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Agrion elegans, Rambur 1842, Gallica

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 LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

LE NOM DE GENRE ISCHNURA CHARPENTIER, 1840.

Ischnura, CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 9 et page 20.

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Lire :  http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-ischnura-charpentier-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE ISCHNURA ELEGANS (VANDER LINDEN, 1840).

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Vander Linden, P. L. (1820) Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1..

L'auteur belge y décrit les libellules qu'il a observées et collectionnées à Bologne, lorsqu'il menait ses études de médecine.

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La date de la description originale est celle de 1820 ; mais l'INPN ne précise pas la publication en cause, et renvoie, dans son onglet taxonomie, à KIRBY 1890. Or cet auteur donne, page 142 d'A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata,  la date de 1823.

http://biodiversitylibrary.org/page/4431633

 

En effet, la publication de 1820 (une brochure de 11 pages et 1 planche ?)  est rare, et non consultable en ligne. Il faut se référer à la publication de 1823, Opuscoli scientifici, numérisée par Google, dans son chapitre Agriones bolonienses [Agrions de Bologne]. Dans celui-ci, Vander Linden décrit 7 espèces ; il est l'auteur de trois d'entre elles :

  • Agrion virgo [Calopteryx virgo (Linnaeus, 1758)]
  • A. viridis. [Chalcolestes viridis ? (Vander Linden, 1825)]
  • A. fusca [Sympegma fusca, ( Vander Linden, 1820)].
  • A. platypoda [Platycnemis pennipes (Pallas, 1771) ]
  • A. puella [Coenagrion puella (Linnaeus, 1758)]
  • A. elegans [Ischnura elegans, (Vander Linden, 1820)]
  • A. rubella [Ceriagrion tenellum (de Villers, 1789)].

 

  Vander Linden, P. L. (1823) Opuscoli scientifici, IV, p.104, n°6, tab. 4 fig. 5.

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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La description originale.

6. Agrion Elegans.

A. supra fusca, subtus virescens, puncto post oculum utrumque, lineaque utrinque longitudinali in thorace, caeruleis aut viridibus: penultimo abdominis segmento in mare, (aliquando in femina) caeruleo Tab. III. fig. 5. mas.

Schaeff. Icon. Tab. CXXI., fig. 4, 5?

Descr. Mas supra niger, puncto post oculum utrumque, linea utrinque longitudinali in thorare penultimoque abdominis segmento et nonnunquam etiam in primo caeruleis. Subtus, caput, oculi, pectus pallide caerulescentia, abdomen virescens apice caeruleo. Pedes pallidi, femoribus supra nigris . Alae albae macula marginali obscura , saepius puncto nigro notata.

Femina supra fusca puncto post oculum utrumque, lineaque longitudinali in thorace viridi luteis: subtus virescens. Saepe penultimum. abdominis segmentum pallidius est, aliquando punctis duobus caerulescentibus notatum. Femina etiam aliquando mari simillima est, abdomine lantum crassiori.

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Traduction périlleuse et commentaires :

"Agrion brun au dessus, verdâtre au dessous, un point derrière chaque œil, lignes longitudinales sur le thorax, bleu ou vert , avant-dernier segment abdominal bleu chez le mâle (et parfois la femelle)."

Vander Linden cite ensuite en référence la publication en 1769 par Jacob Christian Schaeffer de son  Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum planche CXXI figure 4-5.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f323.item

 

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Jacob Christian Schaeffer (1718-1790) est un botaniste, entomologiste, mycologue, ornithologue  et inventeur (un peu comme notre Réaumur, avec lequel il est en correspondance) dont le cabinet de curiosité à Ratisbonne (Regensburg en allemand), le Museum Schaefferianum, est célèbre.   En 1779, il fait paraître les trois volumes des Icones insectorum circa ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae, comprenant 280 planches gravées sur cuivre et coloriées à la main, illustrant environ 3 000 insectes. En 1789, il fait paraître une introduction à l’entomologie sous le titre de Elementa entomologica.  Il est membre correspondant de l’Académie des sciences de Paris.

Les deux spécimens des figures 4 et 5 de la planche CXXI sont désignées en latin comme Libellula alis erectis et en allemand comme Jüngferchen mit aufgerichteten flügeln. Puis, la nomenclature systématique  de ces Icones, parue en 1804 les désignent page 181 comme Agrion puella ou Libellula puella.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f272.item

https://www.biodiversitylibrary.org/item/181857#page/160/mode/1up

 

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Jacob Christian Schaeffer,.  Icones insectorum circa Ratisbonam (1769) CXXI f.4 & 5. Droits BnF Gallica.

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La qualité de cette planche peinte à l'aquarelle par Loibel et gravée par Johann Gottlieb Friedrich, (Nuremberg 1742- Copenhague 1809) compense la médiocrité de la planche de Vander Linden telle qu'elle est numérisée en noir et blanc. Mais les yeux rouges, entre autre, ne correspondent pas à la description.

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Suite de la traduction.

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Description. Mâle. Dessus noir, un point derrière chaque œil, lignes longitudinales sur les deux cotés du thorax. Avant-dernier segment abdominal et parfois même le premier, bleu. Le dessous, la tête, les yeux sont d'un bleu pâle. L'abdomen est verdâtre à pointe bleue. Les pattes sont pâles, le haut des fémurs noirs. Les ailes ont une tache marginale blanche parfois marquée d'un point noir.

Femelle. Dessus noir,  un point derrière chaque œil, la lignes longitudinale sur les deux cotés du thorax est vert-jaune; Le dessous est  verdâtre. L'avant-dernier segment abdominal est souvent blanchâtre, mais parfois marqués de deux points bleus. La femelle est très proche du mâle, mais son abdomen est plus épais.

 

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ÉTUDE DE L'EPITHÈTE ELEGANS.

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Comme nous l'avons vu, Vander Linden ne donne dans sa description aucune indication sur le choix de son épithète, et ne fait aucun commentaire sur l'esthétique de sa nouvelle espèce. Le qualificatif est un adjectif latin signifiant "distingué, de bon goût, délicat."  Vander Linden ne donne dans sa description aucune indication sur le choix de son épithète, et ne fait aucun commentaire subjectif sur sa nouvelle espèce. C'est donc à nous de rêver. Au chic que confère cette bague turquoise, ce bijou de prince. Un signe de  grande distinction.

Mais traduire elegans par "élégant" est un contresens qui nous évoque, surtout depuis George Brummel et les dandy, une exigence et un raffinement vestimentaire. Mais même dans notre langue, l'adjectif n'a été employé pour désigner une personne qu'au XVIII avec les substantifs "un élégant, une élégante" (1771). Et le sens continue à dériver, puisque le Wiktionnaire le traduit par "trop élégant, efféminé". Si les naturalistes utilisent depuis Linné des épithètes en latin, c'est pour se référer à un sens stable et faisant consensus quelque soit la langue d'usage. 

La lecture de l'article du Dictionnaire de Felix Gaffiot nous délivre de l'équivalence elegans "élégant" et élargit notre point de vue. L'adjectif dérive du verbe eligere, "choisir, trier, élire" et donc "sélectionner" : il a donné electus "choisi" et nos "élu", "élection". Il faut penser aussi au verbe legere, "ramasser, cueillir" puis "choisir" (puis "lire").

On voit comme cet épithète, si on se laisse emporter par le réseau de proxémie lexicale, concerne l'entomologiste, à la fois dans sa cueillette sur le terrain d'une espèce remarquable, et à la fois dans sa démarche en taxonomie de recherche du caractère spécifique : cueillir (les libellules d'un coup de filet avisé), puis choisir (dans le lot l'insecte qui sort du lot) et enfin élire (ce spécimen au rang de l'espèce nouvelle). Et enfin le nommer, d'un terme qui, en faisant illusion au vulgaire, résumera ses efforts et les couronnera.

Voir CNRTL

https://www.cnrtl.fr/definition/%C3%A9l%C3%A9gant

Le site Dicolatin donne pour elegans en latin classique (Cicéron) les sens suivants : "châtié, correct, délicat, de bon goût, exquis (pour les choses) "

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L'épithète est très couramment utilisé par les naturalistes. Voir liste ici. Et liste animalbase ici. Ainsi, Caenorhabditis elegans Maupas 1900, un nématode d'un millimètre de long,  doit sa célébrité à avoir été le premier animal dont le génome a été entièrement séquencé, en 1998. Sa simplicité l'a imposé comme modèle de laboratoire dans l'étude de l'apoptose et du vieillissement. Doit-il son épithète à son "élégance" ? Non, bien-entendu, mais peut-être à sa finesse. Nous remarquerons qu'aucun nom vernaculaire ne lui a été appliqué.

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-elegant/

elegans (lat.) : élégant.

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"Du latin elegans, "élégant""

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"elegans (Ischnura) - elegans,-antis = elegante. Per l’aspetto del corpo"

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

"elegans (Vander Linden) [l. - elegant, geschmackvoll] ist ein weiterer Name, der den Bezauberungseffekt von Libellen reflektiert.

"- elegans (Vander Linden) [l. elegant] is another name to describe the charming effect of Odonata."

.

VAN HIJUM, 2005.

Ep van Hijum. (2005). Friese namen van libellen. Twirre, 16(4), 142–147.

https://natuurtijdschriften.nl/pub/555521

"elegans : "mooi, gracieus"

.

.

 

 

.

Synonymie (d'après INPN):

[Source de la synonymie] Kirby (1890) : 142. . A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata. Guerney & Jackson, London. 202 pp. [http://biodiversitylibrary.org/page/4431625]

.

.

.

LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

 

LES NOMS D'ISCHNURA ELEGANS EN FRANÇAIS.

 

.

1°) "L'Agrion élégant", Sélys 1850. Revue des Odonates page 188.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f222.item

Le nom scientifique adopté par de Sélys est bien Agrion elegans, le nom de genre Ischnura n'ayant été appliqué à cette espèce, au plus tôt, qu'en 1876 (Bull. Acad. Royale Sciences Lettres et des Beaux-arts de Belgique p. 276)

.

Le belge Edmond de Sélys est ici fidèle à sa règle de donner comme nom vernaculaire  une traduction ou transposition littérale du nom scientifique, sans se préoccuper du sens. 

.

2°) "L'Agrion élégant", Synonyme : "l'Ischnure élégant". P.-A. Robert 1958. Les Libellules (Odonates), Delachaux & Niestlé page 99. 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+%28Paul-A.%29%2C+Les+Libellules%3A+%28Odonates%29%2C+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9%2C+1958&focus=searchwithinvolume&q=Ischnure+%C3%A9legant

Paul-A. Robert donne ensuite, pour ce nom et ces synonymes,  "la signification du nom : elegans = élégant, fin. ; tuberculatum = tuberculé, bosse du prothorax ; pupilla = petite fille ; zonatum = zoné, annelé, 8ème segment bleu".

C'est lui qui valide le nom proposé par de Sélys, mais en commettant le contre-sens dans la traduction du faux-ami elegans. J'aurai choisi "l'Agrion distingué", qui restait fidèle au latin tout en laissant ouverte la polysémie d'évocation.

.

 

3°) Nomenclature officielle : "L'Agrion élégant", INPN/ MNHM consulté le 3/03/2021.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65109/tab/taxo

4°) Nom d'usage.

Grand et Boudot donne :  L"Agrion élégant". Wikipedia : L'Agrion élégant. Précigout (Libellules de Poitou-Charentes) donne L'Agrion élégant" mais ensuite le synonyme "L'Ischnure élégante"

.

 

.

LES NOMS D'ISCHNURA ELEGANS EN D'AUTRES LANGUES.

 

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Ces noms nous montrent que, plutôt que de donner une transcription erronée du nom latin, nous aurions pu trouver un nom imagé, facilitant la mémorisation des caractéristiques de l'espèce. Mais tant-pis,  le plus important pour un nom n'est pas d'être juste, mais d'être adopté par les locuteurs, et de faciliter les échanges.

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- en anglais : The blue-tailed damselfly or common bluetail [Demoiselle à queue bleue, ou Queue bleue commune]

-en polonais : Tężnica wytworna

-en catalan El llantió nansat [la lanterne]

-en suédois : Större kustflickslända [grande Demoiselle côtière]

- en norvégien : Kystvannymfe [Nymphe des zones côtières]

-en néerlandais :  "De lantaarntjes" ("lanternes", à cause du segment bleu allumé à l'extrémité de l'abdomen sombre), ou "grasjuffers" 

-en allemand : Die Große Pechlibelle  [La grande Demoiselle couleur de brai (de pech = brai, poix, à cause de l'abdomen à prédominance noire)]. 

- en gallois : Mursen dinlas gyffredin [L'épine commune ?]

-en gaélique : Béchuil earrghorm

-en breton : Dimezell penn-lost glaz (par similitude avec le nom anglais)

- en hongrois : Kék légivadász [Chasseur aérien bleu]

en lituanien Elegantiškoji strėliukė [La Flèche élégante]

-en slovène : Modri kresničar [Luciole bleue]

- en frison occidental : Reade wetterjuffer ; Blaukontjufferke, Blaupuntjufferke, Blausturtsje

-en estonien Suur-pigiliidrik

-en finnois Hoikkatytönkorento

.

 

.

.

SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— Animalbase

http://www.animalbase.org/

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

 

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R. ), 2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p. [http://www.delachauxetniestle.com/ouvrage/guide-des-libellules-de-france-et-d-europe/9782603021538]

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

— GRAND (D.) & BOUDOT (J.P.) ,2007 Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA
— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false

  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f296.item.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f19.item.zoom#

 

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1769,  Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae... = D. Jacob Christian Schäffers natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten...   Regensburg, gedruckt bey Heinrich Gottfried Zunkel. [1766-1769] Illustrations par Johann Jakob Haid, (1704-1767). Johann Nepomuk Maag (1724?-1800). G. P. Trautner, . Johann Gottlieb Friedrich, (1742-1809). et Loibel.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f1.item

 

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1804, D. Jacobi Christiani Schaefferi Iconum insectorum circa Ratisbonam indigenorum enumeratio systematica par Georg Wolfgang Franz, Panzer, 1755-1829  (nomenclature systématique) :

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/101964

— SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 23:48

Le calvaire monumental (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec, et Roland Doré) de Saint-Thégonnec.  I. Les 41 personnages (Passion et Résurrection) du socle.

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Sur Saint-Thégonnec, voir :

 

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Sur les calvaires, voir :

— Ateliers du XVe et début XVIe siècle :

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— Atelier Prigent

 

—Atelier du Maître de Plougastel.

 

— Atelier du Maître de Saint-Thégonnec (selon Castel et Le Seac'h)

 

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— Atelier de Roland Doré.

 

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— Divers ateliers.

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PRÉSENTATION.

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L'un des sept calvaires monumentaux.

On désigne sous le terme des "sept  calvaires monumentaux bretons" sept grands calvaires à nombreux personnages "jouant" la Passion au pied de la croix. Six d'entre eux sont en Finistère, seul celui de Guéhenno est en Morbihan.

-Tronoën en Saint-Jean-Trolimon (14501470). Granite. Mace rectangulaire.

-Guéhenno en 1550. Granite, mace rectangulaire à quatre ailes.

-Plougonven, kersantite, 1554 par Bastien et Henri Prigent. Mace (base d'implantation) octogonale

- Pleyben, kersantite, 1555 par Bastien et Henri Prigent.  Mace octogonale prolongée par quatre ailes,

-Plougastel,  Kersantite, 1602 à 1604, Maître de Plougastel. Mace octogonale prolongée par quatre ailes

-Guimiliau en 1581-1588, Maître de Guimiliau. Mace octogonale prolongée par quatre ailes

-Saint-Thégonnec, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec (et Roland Doré)

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On pourrait ajouter :

-Saint-Vénec à Briec-sur-Odet, 1556, à mace triangulaire (2 massifs triangulaires superposés en étoile)

-Quilinen en Landrevarzec à mace triangulaire (2 massifs triangulaires superposés en étoile). ( granite, fin XVe ? XVIe ?)

-Confort-Meilars à mace triangulaire.

-Cléden-Poher 1575, kersantite. 

-Kergrist-Moëllou 1578 par Guillaume Jézéquel. Mace octogonale

 

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Matériau. Le kersanton.

Les statues du socle sont en majorité en kersanton noir à grain fin , une pierre remarquable par son aptitude à la taille et son étonnante résistance à l'érosion. Mais plusieurs éléments sont en kersanton gris : la Mise au Tombeau ; le Christ aux liens ; la Flagellation ; le Lavement des mains.

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Description générale.

Daté par inscription de 1610, le calvaire de Saint-Thégonnec est le dernier en date des grands calvaires des enclos paroissiaux. 

Sa mace (terme local pour désigner le massif de soubassement) est une maçonnerie de base rectangulaire en granite proposant aux paroissiens un banc de taille basse, puis élevant ses flancs sans aucun décor sculpté, sauf à l'ouest où un "autel" ou table d'offrande est surmonté de la niche abritant la statue du saint patron de l'église.

Les parois de ce massif s'élargissent en une corniche moulurée, contribuant alors à une plateforme où une quarantaine de personnages en costumes Henri III se succèdent, groupés par 3 ou 4, pour donner à voir, comme dans les Mystères médiévaux, la Passion et la Résurrection du Christ.

Sur ce socle se dressent trois croix, celles des Larrons et celle du Christ. Le fût de cette dernière est barrée de deux croisillons, et on y dénombre dix personnages et quatre anges, ainsi que Marie-Madeleine au pied de la Croix. Cet ensemble sera décrit dans le second article.

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Le sculpteur ; éléments stylistiques.

L'auteur anonyme de ce calvaire est nommé par Y.-P. Castel et E. Le Seac'h d'un nom de convention,  "Maître de Saint-Thégonnec". Selon ces auteurs, ce sculpteur a aussi réalisé le calvaire de Saint-Sébastien en Saint-Ségal, datable de 1541-1554 et donc près de 60 ans avant le calvaire de Saint-Thégonnec, ainsi que les deux saints (Yves et François) de l'arc de triomphe de cette chapelle. Ils lui attribuent aussi celui de Locquénolé, près de Morlaix, daté vers 1600.

Le critère stylistique  d'attribution est une certaine "moue triste" des personnages, et l'utilisation de motifs décoratifs classiques (volutes, godrons, agrafes) s'inscrivant dans le courant Renaissance et témoignant de l'influence des motifs décoratifs du château de Kerjean.

"Les personnages ont de grandes oreilles plaquées sur les têtes (Jean de la Mise au Tombeau, Marie-Madeleine au pied de la croix). Leurs visages sont ovales, affichant des barbes taillées en pointe pour les hommes, des nez droits un peu larges, des sourcils arrondis, et une bouche faisant la moue avec des commissures des lèvres tombantes qui voisine avec le rictus dédaigneux." (Le Seac'h p. 288)

Le style du Maître de Saint-Thégonnec a été reconnu aussi (Le Seac'h) :

-dans des vestiges de calvaire de Bourg-Blanc.

-sur l'arc de triomphe de Guimiliau

-sur le grand calvaire de Guimiliau, pour les statues géminées de la Vierge/Pierre et de Jean/Yves

-dans la Marie-Madeleine de la fontaine de Pleyben

-dans la Sainte Pétronille de la fontaine de Ploudaniel

-dans un évêque du fût de la Croas-ar-Vossen de Plougastel

-dans une statue géminée de la croix de la chapelle de Pont-Christ à La Roche-Maurice 

-sur le calvaire du nord de l'église de Saint-Thégonnec

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Les costumes.

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"Un contraste existe entre d'une part, les costumes à l'antique des principaux personnages religieux (Jésus, les Saintes Femmes, Jean, ceux de la Mise au Tombeau) ou des notables (Pilate), et d'autre part les soldats qui sont inspirés de la mode Henri III (1574-1589). Ils sont ainsi vêtus de hauts-de-chausses courts et bouffants à crevés (à petites ouvertures appelées mouchetures — le bon larron — ou à grandes ouvertures appelées taillades : soldats tireurs de corde ou tirant la langue du Portement de croix), à la gréguesque (avec des bandes verticales laissant voir le tissu du dessous pour le mauvais larron, soldat siffleur du Portement de croix) ou moulants avec braguettes proéminentes."

"Les pourpoints sont variés, souvent à col rond, carré ou rabattu et fermé par une rangée de boutons visibles (Portement de croix) ou cachés sous une glissière (Christ aux liens). D'autres s'enfilent simplement par la tête  avec des manches bouffantes remontées très haut sur les bras (Flagellation). Un seul soldat porte un col à fraise (soldat siffleur du Portement de croix). Marie-Madeleine au pied de la croix du Christ et de la pietà bénéficie elle aussi de cette coquetterie. Trois soldats de la Résurrection et le cavalier Longin sont pour leur part revêtus d'armures.

Les tenues sont complétées par des bottes à rabats bien visibles pour les soldats du Christ aux liens et Joseph d'Arimathie. Les couvre-chefs sont de toutes les formes : calotte avec ou sans pompons (soldats du Portement de croix, soldats de la Flagellation), chapeau à fond conique tronqué et à bords relevés (Simon de Cyrène, personnage à la banderole Ecce Homo, Gamaliel) ou chapeau à fond mou (soldat siffleur du Portement de croix), casque à cime (soldats de l'Arrestation, de la Résurrection) ou casque protégeant le haut du crâne appelé cervelière (soldat tirant la langue du Portement de croix), feutre à bord  étroit  (personnage de la banderole de l'Arrestation, Longin) et feutre à bords découpés et arrondis fixés par des boutons et à cime sphérique ([soit-disant] Stéphaton).

Nicodème porte un chapeau plus mou et plus bas. Pilate est coiffé d'un bonnet conique à rebras, qui ressemble à une petite tour carrée et moulurée se terminant par un pompon. Il est vêtu d'une robe à fausses manches dites pertuisées qu'arboraient les hommes de loi, boutonnée sur le buste et recouvrant une tunique talaire.

Un personnage de l'Arrestation est vêtu d'une tenue d'ecclésiastique, un camail par dessus une tunique talaire et il porte un bonnet conique à l'orientale. Le bonnet conique à l'orientale est constitué de plusieurs lobes élevés sur le pourtour du crâne — ici deux — formant des évidements, ici devant et derrière. Il est important de ne pas le confondre avec la mitre dont les cornes se portent devant et derrière, (C. Enlarts, Manuel d'archéologie religieuse 1929). Joseph d'Arimathie est habillé d'une robe ouverte sur lescotés par des fentes dentelées qui recouvre une tunique s'arrêtant plus haut que les genoux. Les femmes sont drapées dans des manteaux enfilés sur des tuniques talaires. La Vierge et Véronique portent une guimpe autour du cou et leurs manteaux leur servent de voile (Saintes Femmes, Vierge de la pietà et de la Mise au Tombeau.)" Le Seac'h p. 288, citant Hélène Remeur 1997)

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Une typologie traditionnelle des costumes et traits des visages, héritée des enluminures depuis le XVe siècle, permettait aux spectateurs de reconnaître par codage quatre groupes : 1. les saints personnages évangéliques proches de Jésus, 2. les pharisiens et plus largement les Juifs, 3. les bourreaux, et 4. enfin les gardes et soldats, romains ou juifs. Ici, les saints personnages sont effectivement sobrement vêtus de robes longues, intemporelles, tandis que les costumes Henri III sont portés par les trois autres groupes, mais le codage est brouillé. Les éléments de reconnaissance des Juifs (bonnets coniques et à oreillettes, franges, barbes et cheveux longs, archaïsme, éléments orientalisants) sont absents ou inconstamment présents, et parfois à mauvais escient (Pilate). Les crevés et taillades ont été introduits par les lansquenets allemands et suisses, avant d'être adoptés par la Cour de France, mais ici, ils sont indifférement distribués aux pharisiens, aux bourreaux et aux soldats lorsqu'ils ne sont pas en armure.

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Datation.

La date de 1610 est très clairement lisible sur le nœud de la croix principale, au dessus de la Vierge à l'Enfant.

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Polychromie.

Le calvaire devait être polychrome à l'origine comme le suggère un compte de fabrique de 1703-1704 où il est fait mention d'une rémunération pour Godefroy de Morlaix et Yvon Thoribé du bourg qui ont peint la grande croix : "[...] disent avoir payé au sr Godefroy de la ville de Morlaix pour avoir peint et estoffer la grande croix de pierre de grain qui est dans le cimetière 102 livres. [...] payé à Yvon Thoribé du bourg pour avoir aydé lors de la peinture de la croix du cimetière 3 livres 5 sols» [...] .  (A.d. 255 G 60) Cité par Guy Leclerc , Les Enclos de Dieu 1996.

Ce Godefroy, maître-peintre à Morlaix, avait fait, avec Bourricquen, la peinture vers 1702 de la Mise au Tombeau de la crypte de l'ossuaire.

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"Ce calvaire a été l’objet d’un acte de vandalisme dans la nuit du 28 septembre 1908. Plusieurs groupes ont été renversés sur le socle et d’autres jetés à terre. Trois sujets : la flagellation, le portement de croix et Jésus souffleté par des soldats, ont même été brisés." (F. Quiniou)

Le calvaire a été restauré en 1970 par l'atelier Marcel Maimponte de Paris, également restaurateur de celui de Plougastel.

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Des bases littéraires bretonnes.

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La Passion.

Cette pratique des Mystères n'était pas abandonnée à la Renaissance, puisqu'en 1530, Yves Quillévéré édita à Paris le Mystère breton de la Passion (Aman ez dezrou an Passion). Cet imprimeur-libraire parisien avait imprimé en latin en  1516 le Bréviaire de Léon et en 1526 le Missel du Léon, c'est dire que cet évêché du Nord de la Basse-Bretagne, à laquelle Saint-Thégonnec appartient comme une majorité d'enclos paroissiaux, n'est pas indifférent à cet imprimeur. On sait qu'il existait à Paris jusqu'en 1610 un Collège de Léon, doté de sa chapelle Saint-Yves-des-Bretons. Ce Collège formait une quarantaine de clercs qui seront abbés, évêques ou à défaut recteurs après avoir obtenu leur bonnet de docteurs.

Tout cela pour souligner que cette Passion bretonne, quoiqu'imprimée à Paris, devait être diffusée dans les couches les plus cultivées du Léon, et on sait que les fabricants et marchands de toile de Saint-Thégonnec n'étaient pas, tant s'en faut, incultes.

Le Mystère de la Passion et de la Résurrection sera réimprimé en 1609, puis  à Morlaix à l'époque baroque en 1622, par Georges Allienne, et suivi de la Buhez Mabden ("La Vie de fils d'homme"), des Pemzec Leuenez Maria ("Les quinze joies de Marie") et du Tremenuan an Ytron Guerches Maria (Le Trépassement de madame la vierge Marie) Le texte est corrigé et amendé par Tanguy Guéguen, prêtre et organiste de Notre-Dame-de-Murs à Morlaix et natif de Saint-Pol-de-Léon. 

 

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Le Stabat Mater.

 

Ce même Tanguy Guéguen a traduit en breton le Stabat Mater sous le titre Ouz hars an Croas ["Au pied de la croix"], et l'a publié à la suite de sa Doctrin an christenien (Morlaix, 1622). Or, ce Stabat Mater est une incitation franciscaine à participer émotionnellement (de cœur) aux souffrances de Marie et de Jean au pied de la croix. Et cette incitation est à la base de l'érection des calvaires en Bretagne.

Voir le texte sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8608266g/f64.item.zoom

Voir la traduction par Y. Le Berre : 

Ouz hars an croas chanté par Yann-Fañch Kemener :https://www.youtube.com/watch?v=_TFiKx9VrtU&feature=emb_logo

https://lyricstranslate.com/en/stabat-mater-stabat-mater.html-1

Tanguy Guéguen a publié aussi l'auteur  en 1623 d'une traduction d’une Vie de saint Yves ,  de deux poèmes acrostiches (1623); et des Nouelou ancien ha devot publiés après sa mort (1650).

À propos du Stabat traduit par Tanguy Guéguen, Y. le Berre écrit que cet auteur assigne à son travail les buts suivants : "faire comprendre à tous les fidèles le message pédagogique qu’ils n’auraient pu recevoir en latin; produire un niveau de langue capable de favoriser la perception du mystique, plus souvent portée par une langue sacrée ; provoquer chez les auditeurs des sentiments d’admiration et d’exaltation esthétiques susceptibles d’entraîner leur adhésion spontanée à l’exécution publique de l’œuvre."

Mutatis mutandis, ce sont sans doute aussi les buts des commanditaires des calvaires des enclos, dans un projet bien plus fin que celui d'éduquer des masses supposées ignares par un "livre d'images". Il  s'agit moins de convertir les foules que de fournir à une communauté un lieu et une scène de participation collective à un exaltant mystère.

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On n'oubliera pas les éléments suivants, que je jetterai en vrac, pour témoigner du  bain culturel et spirituel du Léon et de la frange ouest du diocèse de Tréguier :

-L'existence de l'inscription en vers breton de l'arc de triomphe de Saint-Thégonnec, daté de 1587.

-L'existence à Morlaix d'un couvent de franciscains (Cordeliers), le monastère Saint-François de Cuburien, fondé en 1458,  construit en 1527-1530 et consacré en 1531 par Jean du Largez, abbé de Daoulas. Onze kilomètres séparent ce couvent de l'enclos de Saint-Thégonnec. Christophe de Penfeunteuniou en fut le frère le plus renommé, puisqu'il devint en 1571 général de son ordre. Une imprimerie y aurait fonctionné entre 1575 et 1585. Le fameux Mirouer de la Mort, rédigé en 1519 par Jehan an Archer Coz de Plougonven fut imprimé à Cuburien en 1575. 

-Un couvent de Cordeliers s'installa à Landerneau en 1588.

-La rédaction en 1499 du Catholicon par Jehan Lagadeuc, de Plougonven.

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Vu du coté ouest.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Vu du coté est.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Plan du calvaire monumental de Saint-Thégonnec. Schéma lavieb-aile.

Plan du calvaire monumental de Saint-Thégonnec. Schéma lavieb-aile.

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I. L'AUTEL DU COTÉ OUEST ; LA STATUE DE SAINT THÉGONNEC.

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Dominant la table d'offrande, la statue du saint patron occupe une niche sommaire. Il est vêtu en évêque (chape à fermail, surplis, cotte plissée, mitre et crosse) et il bénit l'assemblée. À ses pieds, un chariot tiré par un animal (loup ? Cerf ? bœuf ? âne ?) rappelle la légende selon laquelle il apporta miraculeusement toutes les pierres  de la construction de l'église. (Cf. F. Quiniou ; cf. la statue du saint sur le clocher-porche (vers 1606) et la niche à volets du bas-coté nord). La tête a été recollée, et des fragments brisés de la hampe ou des plis témoignent des dégâts subis.

La console soutenant la table d'offrande est à godrons divergents et cupules.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Thégonnec (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Thégonnec (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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II. LA PASSION ET LA RÉSURRECTION DE LA PLATEFORME.

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A. LE COTÉ  SUD.

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L'Arrestation. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté sud.

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Le point de départ du récit se trouve à l'angle sud-ouest. On y voit deux hommes tenant un phylactère accompagnés d'un soldat, qui serait le vestige d'une Arrestation du Christ au Jardin des Oliviers après le Baiser de Judas. Ces personnages seraient les grands prêtres chargés de l'arrestation, accompagnés d'un garde l'épée en bandoulière.

Selon F. Quiniou

"À certains groupements, il manque même quelques personnages. Quand ces personnages ont-ils disparu, et à quelle époque, l’ordre des groupes a-t-il été bouleversé ? D’après une tradition encore vivante à Saint-Thégonnec, ce serait lors de l’époque révolutionnaire.

Les officiers municipaux de Saint-Thégonnec, comme bien d’autres d’ailleurs, reçurent une lettre pleine de menaces du district de Morlaix pour n’avoir pas encore abattu les croix qui se trouvaient sur le territoire de la commune.

« 16 Thermidor, an II (3 Août 1794). Je suis instruit que, malgré les diverses instructions que nous avons faites d’enlever les croix qui existent sur votre commune, vous n’avez fait jusqu’ici aucune démarche pour les faire disparaître ; je vous déclare que si, à la prochaine tournée que je ferai dans votre arrondissement, ces restes impurs du fanatisme insultent encore aux yeux des bons citoyens, je serai forcé de vous dénoncer aux autorités supérieures, et vous serez traités comme suspects, et vous savez la honte attachée à cette punition. »

 La municipalité n’exécuta pas cet ordre impie. On peut croire que, si les croix du calvaire sont encore debout, c’est que la chute de Robespierre et la réaction thermidorienne qui en fut la conséquence, arrêtèrent le zèle du district de Morlaix. Quant aux statuettes posées sur le socle du calvaire, la population se chargea elle-même de les faire disparaître. C’est à qui prendrait sa statue pour la soustraire à la haine iconoclaste des sans-culottes. Lorsque revint le calme, on vit le calvaire se reconstituer comme par enchantement. Les statuettes remontèrent de nouveau sur leur socle, et la reproduction des groupes se fit tant bien que mal. Quelques personnages de ces groupes furent même si bien cachés, qu’il fut dans la suite impossible de les retrouver."

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On remarquera sur ce cliché les deux faciès de kersanton.

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Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ aux outrages. Kersanton, Roland Doré, vers 1625-1632, coté sud.

Datation : Roland Doré a sculpté pour le porche de l'église plusieurs statues, dont deux sont datées de 1625 et de 1635. Sa carrière autonome débute en 1618, et son style ne s'affirme avec maîtrise qu'à partir de 1624. 

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"Roland Doré a ajouté au calvaire réalisé en 1610 la célèbre scène du Christ aux outrages. Les deux soldats qui encadrent le Christ sont traités avec une parfaite symétrie, les mains levées à hauteur d'épaules, prêts à frapper. Ils tirent sur une corde qui lie les  mains du Christ sur le devant. La position de leurs pieds est la même. Seuls les bas des pourpoints diffèrent : en pointe pour l'un, en rond pour l'autre. La fermeture du vêtement est aussi traitée différemment sur le milieu, par un bord droit ou par un bord dentelé et arrondi. Les coiffures des soldats changent d'un personnage à l'autre : barbu et les cheveux frisés à la droite du Christ et pour l'autre imberbe, une mèche rassemblée sur le front. Les bas-de-chausses sont collants, resserrés aux genoux par des boutons et avec une braguette proéminente. Entre les deux, Jésus se tient droit et impassible, les yeux ceints d'un bandeau. À sa droite, le soldat serait la caricature d'Henri IV, assassiné en 1610, l'année de l'érection du calvaire de Saint-Thégonnec." (E. Le Seac'h p. 215)

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On notera les pupilles creusées, caractéristiques de la maturité de Roland Doré (bien qu'on les retrouvera sur d'autres personnages de ce calvaire, sur l'Ecce Homo).

Remarque. J'ai respecté la dénomination d'usage, employé par Y.-P. Castel puis par Le Seac'h, mais elle peut faire l'objet de discussions dont voici les éléments.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/la-statuaire-du-christ-aux-outrages/4d898a0f-1de3-4efc-bb0e-caa23a953180

https://patrimoine.bretagne.bzh/decouvrir/les-christ-aux-outrages-memoire-universitaire-et-inventaire/

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La même scène, où le Christ est frappé par les bourreaux tandis qu'il a les yeux bandés,  est représentée sur le calvaire de Plougastel (Maître de Plougastel, 1602-1604).

https://www.lavieb-aile.com/2020/04/sortir-d-une-epidemie-le-calvaire-de-plougastel.ii.html

Elle résulte d'un vaste iconographie (enluminures, vitraux, etc.)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f57.item.zoom

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Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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B. LE COTÉ EST.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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La FlagellationKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

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"Dans la scène de la Flagellation de la face est, la violence est contenue dans la gestuelle des bourreaux. Jésus, en pagne et le visage impassible, est encadré de deux soldats. Le premier l'empoigne par les cheveux en lui tirant la langue, un fouet à la main. Le second lui tourne le dos en serrant la corde relié à ses mains nouées dans le dos. Le jeu de jambes des soldats contraste avec l'impassibilité du visage du Christ. L'un lève le pied, alors que ceux de l'autre sont tournés vers l'intérieur." (Le Seac'h)

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Je remarque les yeux globuleux, mais aux paupières ourlées; les lignes sinueuses des rides du front ; les barbes taillées en pointe. Ce sont des éléments que nous retrouverons.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Ecce HomoKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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"À coté, un pharisien, les rouleaux de la loi à la main, proclame : ECCE HOMO". Le Christ, les mains liées, se tourne vers lui, portant la cape royale et la couronne d'épines. Il semble manipulé comme un pantin, le corps déséquilibré par le soldat qui le pousse en avant." (Le Seac'h)

 

Le pharisien est coiffé du bonnet conique serti d'un turban.

Je  remarque les pupilles creusées des personnages. Faut-il attribuer ce groupe à Roland Doré ?

Voir aussi les traces de polychromie ocre.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le Lavement de main de Pilate. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

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Pilate, assis, se lave les mains dans un bassin qu'un serviteur remplit en levant très haut son broc tout en proposant au gouverneur de la Judée une serviette  sur son avant-bras droit.

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Ponce Pilate est coiffé d'un bonnet conique à rabats ; son visage aux cheveux longs et à la barbe longue est marqué de rides frontales. Il porte un robe à rangée de boutons ronds, et aux manches à crevés, recouverte d'un camail.

Son serviteur, à la barbe taillée,   est coiffé d'un bonnet plat ; il porte des hauts-de-chausses ajustés en collants.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

 

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Ecce Homo (2) : le Christ présenté à la foule. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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"Ensuit, Jésus, après sa condamnation, est amené par deux soldats au visage grave, pour l'un, et exprimant une certaine bêtise, pour l'autre. Il est habillé d'une grande robe longue. " (E. Le Seac'h)

 

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Le Christ est couronné d'épines ; sa bouche est entrouverte, sa barbe taillée en pointe. L'ouverture de sa robe se ferme par un unique bouton rond grâce à une patte  en S bien connue des ateliers de taille du kersanton depuis le XVe siècle, notamment pour les statues des apôtres. Ses mains sont liées par deux tours d'une corde épaisse. Son hiératisme, qui témoigne de son courage face aux bourreaux, est atténué par l'avancée de la jambe gauche, fléchie, qui donne aux plis de la robe une discrète ondulation.

Les deux gardes sont coiffés d'un bonnet rond assimilable à un casque. Les narines larges, les lèvres épaisses, le menton retroussé, les paupières supérieures plissées et les rides horizontales du front du premier participent de la caricature soulignant la bestialité cruelle des bourreaux. Ils portent une veste fendue en avant et courte, un peu comme le chupenn breton, et des braies plissées (ou fendues ?) semblables aux bragou ;  les jambes sont protégées par des houseaux.  Les braguettes rembourrées sont peut-être un peu démodées au début du XVIIe siècle. 

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Marie, Jean et Marie-Madeleine lors de la Montée au Golgotha . Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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Ce groupe de trois personnages associe Marie-Madeleine (très élégante, aux cheveux longs et libres, au pan de manteau retroussé vers le poignet droit,   et qui tient son flacon de parfum), saint Jean ( beau, jeune et imberbe, à la chevelure en mèches solaires, pieds nus, portant la robe à bouton rond et patte en S déjà signalée) qui soutient Marie (voilée, portant la guimpe, les mains jointes).

C'est un très beau groupe, et le visage de Marie-Madeleine (tête recollée) est d'une finesse remarquable. E. Le Seac'h a été frappé par son "drôle de sourire vague aux lèvres". Sans doute l'artiste voulait souligner son charme en évitant de la faire grimacer de chagrin.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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C. LE COTÉ NORD.

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Le Portement de Croix. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté nord.

Sainte Véronique.

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Sept personnages en trois groupes sont réunis par la diagonale de la croix, puis par la corde à laquelle le Christ est lié.

En premier (et appartenant encore en partie à la face ouest) est figurée sainte Véronique présentant à la foule le voile avec lequel elle a essuyé le visage en sueur et ensanglanté du Christ ; et ce voile porte l'empreinte, l'image vraie du supplicié.

La sainte porte un long manteau qui n'attire pas l'attention, alors  que les traits dramatiquement attristés de son visage concentrent toute l'expressivité du personnage. La tête est voilée, le cou entourée d'une sorte de fraise.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le deuxième personnage est Simon de Cyrène, qui a été requis pour aider le Christ à porter la lourde pièce de bois.  Son chapeau, sa barbe et son manteau long tentent peut-être de souligner qu'il s'agit d'un monsieur lambda, un brave passant, qui revenait des champs et passait par là ; sa seule particularité est être originaire de Cyrène, ville d'Afrique du Nord, mais on comprend bien que cela ne puisse fournir un "type" capable de le caractériser. On le reconnait néanmoins car au lieu d'être impliqué activement dans la scène, il n'y figure que du bout des doigts, le corps un peu en retrait, et le regard ailleurs.

Il faut, pour imaginer comment les gens regardaient ces saynètes,   avoir en tête le texte (que les paroissiens connaissaient peut-être par cœur, si c'était leur rôle) de la Passion en breton. En voici la traduction par Y. Le Berre, pour cette scène :

 

— Gadifier (l'un des soldats, s'adressant à Simon) : "Celui-là n'en peut plus. Eh, mon gars, au lieu de passer ton chemin, fais donc un crochet par ici!"

—Simon de Cyrène : "Pour quoi faire, mon Dieu ?"

— Dragon (autre soldat) : "Prends cette croix-là, bonhomme, Donne un coup de main à cet homme qui n'en peut plus."

— Simon : "Moi ? Sauf votre respect, je ne veux point le faire."

— Bruyant : "Tu ne veux pas ? Tu vas le faire, ou je te casse le nez"

— Simon : "Vous n'avez qu'à la porter, vous, si ça vous plaît. Moi, je n'y toucherai pas ; c'est tout !"

— Bruyant : "Tu vas la prendre sur ton dos, maraud ! Et tiens ça ! Tu en veux une autre ?"

— Simon : "Malheur à moi ! Ce serait une grande honte [de toucher à cette croix]"

— Dantard : "Allons, allons, avance ! Fais ce qu'on te dit"

— Simon : "Ah ! Il va bien falloir que je la porte, hélas !"

— Gadifier : "Oui, et illico !"

—Simon : "Bon, donnez moi la croix, maintenant. Elle a beau être fort conséquente et fort grande, j'arriverai sûrement à la porter. Mettez-la moi donc vivement (sur le dos). que je l'emporte sans traîner sur la hauteur, en dehors de la ville. Oh oh, j'ai beau être costaud, elle pèse son poids ! J'ai eu tort de croire que je serais capable de porter aujourd'hui un poids pareil jusqu'en haut. Je ne tiens plus ! Laissez-moi ici, parce que, là, je suis rendu. !"

—Dragon : "Allons, allons, maraud, marche, marche !"

— Simon : "Alors, là, si vous me donnez des coups, je n'avancerai pas, j'en serai bien incapable. Vous avez tort de me presser. Laissez-moi me reposer un petit peu, ou je vais tomber sous la charge. J'ai la tête qui tourne ; je n'en puis plus."

— Bruyant : " Redresse-toi, ou je te torche le nez !"

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Vient ensuite le soldat qui frappe du pied le Christ tombé à terre, une anecdote que les artistes  manquent rarement de représenter. Il porte un casque rond, une tunique à manches courtes et à encolure fermée par la patte en S et à bouton rond, et des chausses à deux motifs de crevés. Il tire la langue vers le condamné.

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Son voisin menace le Christ de son gourdin (ou de son fouet). Si on interprète le pompon de son casque comme un plumet, c'est peut-être un officier. Sa veste est boutonnée jusqu'en bas.

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Devant lui, un autre soldat, arc-bouté, tire violemment sur la corde pour inciter le Christ à se relever.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Enfin, en tête, un soldat tient un épais bâton et porte la main à la bouche, pour crier (ou siffler) un ordre. Sa culotte à la braguette généreuse est bouffante et ornée de crevés ; sa veste boutonnée est serrée par une ceinture, et enfin il porte une fraise.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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D. LE COTÉ OUEST.

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La Mise au TombeauKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté ouest.

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Sous cette dénomination d'usage, il faut plutôt voir ici l"Embaumement du corps du Christ sur la pierre de l'onction", pour reprendre l'analyse que Nicole Reynaud a donné de l'enluminure des Heures d'Etienne Chevalier par Jean Fouquet.

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Jean Fouquet, Heures d'Etienne Chevalier v.1452-1460.

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En effet, nous n'assistons pas à une scène, active, de descente du corps du Christ dans le sépulcre "taillé dans le roc" Jn19:41, (comme ici ou )  mais au recueillement, passif, de huit personnages autour du corps placé sur un linge plissé. Joseph d'Arimathie vient de lui ôter la couronne d'épines et Nicodème s'apprête à le couvrir d'un linceul. Outre Marie-Madeleine — dont c'est l'attribut —, un second personnage tient un flacon d'onguent destiné à l'embaumement. Il s'agit sans doute de Gamaliel, oncle de Nicodème selon l'évangile apocryphe éponyme. Voir ma discussion sur ce personnage ici:

Voir La Mise au Tombeau (calcaire, v.1500) de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

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Nous avons donc de gauche à droite : Joseph d'Arimathie ; une Sainte Femme ; Marie-Madeleine ; Jean soutenant Marie ; une Sainte Femme (ou le jeune Abibon fils de Gamaliel, car le bonnet ne correspond pas au voile habituel des saintes femmes) : Nicodème.

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Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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COMPARATIF.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Sortie du Tombeau : la Résurrection. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté ouest.

 

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"La résurrection est traitée beaucoup plus simplement qu'à Guimiliau et se rapproche davantage de celle de Plougastel-Daoulas, sensiblement contemporaine. " (E. Le Seac'h)

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Le Christ ressuscité enjambe la margelle. Il porte au dessus du pagne le grand manteau (rouge) témoignant de la gloire de la Résurrection, et il tenait jadis en main gauche la hampe de l'étendard de sa victoire dur la Mort. Il est barbu, bouche entrouverte, le front plissé. Les stigmates sont peu ou pas visibles.

De chaque coté, les deux soldats chargés de veiller le corps se sont endormis. Leur lance est brisée. Ils portent l'armure et le casque.

Un autre soldat, également en armure complète et casqué,  est allongé sur le devant du tombeau, lui aussi profondément endormi, les jambes pliées, tenant une hallebarde. 

Derrière le tombeau, deux hommes sont casqués, mais en habit civil ; et l'un d'entre eux lève les yeux, comme émerveillé ou ébloui par le Christ.

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Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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COMPARATIF. Cliquer sur l'image.

 

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Calvaires de Plougonven (1554) et Pleyben (1555) par l'atelier Prigent.

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L'atelier Prigent a réalisé une Sortie du Tombeau pour les deux calvaires monumentaux de Pleyben et de Plougonven (tous les deux restaurés). La cuirasse des soldats est à deux facettes formant un angle sternal, comme pour le soldat assis de Saint-Sébastien.

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Sortie du Tombeau, calvaire de Pleyben (1555, Prigent). Photographie lavieb-aile.

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Sortie du Tombeau, calvaire de Plougonven (Prigent, 1554). Photographie lavieb-aile.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Calvaire attribué par Y.-P. Castel au Maître de Saint-Thégonnec et daté de 1541-1554.

 

 

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile.

 

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Calvaire de Plougastel, Maître de Plougastel 1602-1604

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

 

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1902,  Les croix et les calvaires du Finistère, Bulletin monumental 66 pp. 176-209

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

CASTEL ( Yves-Pascal) 1956 Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

CASTEL ( Yves-Pascal) 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux, exposition au Musée des Jacobins de Morlaix, conservatrice Françoise Daniel.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_233/roland__dore__et__les_enclos__paroissiaux.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne croix et calvaires, Kroaziou ha kalvariou or bro, Minihi Levenez, Saint-Thonan, 1997, ISBN 2.908230.09.7

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9374

CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez Saint-Thonan, n°92.,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1998, les larrons en Bretagne , articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a36ed6ce279ecec1b3fb8aff74cf6302.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f102406c740df26fa859695c87b46090.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/512240fd9710421f0c9c5f3960a6a552.jpg

CASTEL ( Yves-Pascal), 1985, « Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du xviie siècle) », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome 94, pages 97-116.

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

— DEBIDOUR (Victor H.) 1954, Grands calvaires de Bretagne ed Jos Le Doaré.

 

DE L'ORME (A.), 1900, Saint-Thégonnec, in L'art Breton du XIIIe au XVIIIe siècle. Bulletin de la Société archéologique de Brest p.103 à 123. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076565/f100.item

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— ENLART (Camille), 1929, Manuel d'archéologie religieuse 1929 tome II et III

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36492m.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3041444j/f12.item

— GAUTHIER (Joseph Stany), 1944, Croix et calvaires de Bretagne.

GRUYER Paul, 1930 ? Les calvaires bretons, Paris : H. Laurens (Paris), 64 p

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/57074072b6d66d3a38320a0005bb8854.pdf

— LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, UBO CRBC.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

—Hélène Remeur a consacré un mémoire de maîtrise (UBO, Brest, 1997) à l'Étude des costumes dans les grands calvaires bretons. Mais je n'ai pu consulter ce document de deux volumes (120 +113 pages) illustrés.

ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p

— Site  Les 7 calvaires monumentaux

http://www.7calvaires.fr/saint-thegonnec/

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Calvaires Kersanton Roland Doré
26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 12:20

L'arc de triomphe (1587, granite de Plounéour-Ménez et 1589, kersanton) de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Son Annonciation et son inscription en vers bretons.

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Sur cet enclos paroissial de Saint-Thégonnec, voir :

 

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PRÉSENTATION.

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Avant de partir pour Saint-Thégonnec, j'avais relu les bons auteurs.

— "Quatre grosses piles ornées de volutes ou consoles renversées que surmontent des lanternons à la fois trapus et  élégants. Les deux piles du milieu sont reliées par une arcade au-dessus de laquelle règne une galerie d’arcatures séparées par des pilastres à gaines et terminées par des frontons. À la hauteur de la galerie est la représentation du mystère de l’Annonciation ; d’un côté la Vierge agenouillée sur un prie-Dieu, de l’autre, l’archange Gabriel. Plus bas, dans la frise cette inscription : ITRON : MARIA . VIR . SICOVR NI . O . PET : HUANTEC. DON. RECOUR HUI.EN.QUENTAF. ADVOCADES EVIT. PECHER. HA. PECHE RES. - 1587. "Dame Marie de Vrai-Secours Nous vous prions ardemment de nous venir en aide. Vous êtes première avocate Pour pécheur et pécheresse"." (J.M. Abgrall 1904 , Architecture bretonne, p. 107.)

 

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Inscriptions gravées : Saint-Thégonnec J.M. Abgrall Congrès arch. France 1898 et Bull. SAF 1916 :

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— "L'arc triomphal, décoré de lanternons se compose de quatre pilastres formant trois ouvertures; la principale est surmontée de niches à frontons dont l'une contient la statuette du saint patron de la paroisse. Dans la frise centrale, on lit ce quatrain rimé, en moyen-breton, avec rimes internes, et la date 1587 : ITROVN MARIA. GVIR : SICOVR NI : HO. PET : CHV ANTEC : DON RECOVR HVI. EN : QVENTAF ADVOCADES EVIT : PECHER : HA : PECHERES. " (L. Le Guennec, Morlaix et sa région)

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"L'année qui précède l'entrée du duc de Merceur dans la Ligue contre Henri de Navarre, en 1587, la Porte Monumentale rompt définitivement avec les styles anciens : niches à coquilles, frontons triangulaires ou cintrés, volutes, lanternons à dômes, belles moulurations apportent à Saint-Thégonnec un esprit nouveau qui sera bridé un moment par les désordres de la Ligue. Mais après la pacification due à l'Edit de Nantes et à l'arrestation de brigands trop célèbres tels que Fontenelle, l'élan constructeur reprend. Les paysans de la région qui avaient pris prétexte des temps troublés pour faire justice de leurs griefs contre les nobles n'auront qu'un désir, bâtir leurs églises dans le style des châteaux." (Y.-P. Castel)

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— "Un élève du Maître de Guimiliau (1589). À frais nouveaux, la présente enquête commence du coté de la porte monumentale de l'enclos, dominée dans le ciel du fronton triangulaire par le Père Éternel. La date du monument, 1587, s'inscrit entre les cerfs de la légende de saint Thégonnec. Celui de gauche traîne une sorte de charrette. Une hache énigmatique se dresse près de celui de droite. L'inscription lapidaire entremêle selon l'usage breton assonances intérieures, rythmes et rimes : I[N]TRON. MARIA : GVIR SICOUR NI : HO : PET : HVANTEC : DON : RECO[VR] HVI ENQVE[NT]AF. ADVOCAD ES EVIT . PECHER : HA PECHERES. "Notre-Dame du Vrai-Secours , de tout cœur nous recourons à vous, la première avocate du péché et de la pécheresse".

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"À l'étage, on remarque peu l'Annonciation, l'ange Gabriel et la Vierge se faisant face de part et d'autre des niches centrales vides. Le groupe en pierre de kersanton ouvre la série statuaire de l'enclos. La date 1589, inédite à ce jour, gravée sur le pupitre de Marie, permet d'attribuer l'œuvre à l'atelier du Maître de Guimiliau, l'auteur du célèbre calvaire. Le Maître y travailla de 1581 à 1588, à en croire les dates gravées sur celui-ci. L'Annonciation de Guimiliau et celle de Saint-Thégonnec sont indubitablement de la même main. Les prie-Dieu sont identiques, les vases de fleurs ont les mêmes anses à large volutes, les panses sont ornées de canaux et de godrons similaires, les bouquets, dans leur stylisation, se ressemblent. Le traitement des visages ne laisse, lui non plus, aucun doute sur l'étroite parenté des deux groupes. Celui de Saint-Thégonnec, précisément daté avons-nous dit, de 1589, vient ainsi éclairer l'histoire du calvaire de Saint-Thégonnec et réfuter l'idée d'une réfection moderne importante avancée par différents auteurs, dont R. Couffon suivi par V.-H. Debidour." (Castel in Roudaut p. 81-83)

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"La porte triomphale — ou arc de triomphe —, à l’entrée de l’enclos, est un édifice de style Renaissance en granite de Plounéour-Ménez réalisé dans l’atelier du château de Kerjean entre 1587 et 1589. Elle est composée de quatre piliers massifs surmontés de lanternes cubiques et de lanternons. Deux échaliers relient les piliers extérieurs et l’entrée centrale est faite d’un arc en plein cintre fermé à l’époque par une grille. L’arc est orné de trois statues en Kersanton : à droite Notre-Dame du Vrai Secours, à gauche l’archange Gabriel et au centre Dieu le père entouré de deux canons.  L'arc de triomphe est classé monument historique depuis 1914. Le mur de cimetière attenant est, quant à lui, classé en 1928." (Wikipedia)

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"L'arc de triomphe date de 1587 et se compose d'une grande arcade entre deux pylônes. C'est l'un des premiers ouvrages de ce type destiné à donner une entrée monumentale au cimetière." (Base Mérimée)

 

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J'arrive donc un bon matin en me frottant les mains, car j'ai au menu une inscription lapidaire (moi qui adore ça), une Annonciation (que je pourrais comparer à celles que j'ai photographiées dans la même situation de chaque coté d'une porte monumentale ou d'un porche), et l'arc de triomphe lui-même, avec, là encore, des perspectives de comparaison stylistiques avec les mêmes monuments des enclos voisins.

Mais une visite touristique, vous savez ce que c'est, dépend beaucoup de l'heure, de la lumière, de l'humeur du visiteur et de l'éveil variable de son regard. Saurai-je voir ? Le soleil, l'ombre ou la pluie voudront-ils me montrer ce que recèlent les pierres ?

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Enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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On lit souvent que les portes monumentales de nos enclos sont nommées en breton (à Sizun) Porz ar maro, "Porte de la mort", car elles marquent l'entrée du cimetière, mais avant d'en attribuer la présence  à je ne sais quel atavisme bas-breton, ou quelque réminiscence celte peut-être, on se souviendra que les architectes de la Renaissance, soucieux de s'inspirer des arcs de triomphe antique pour marquer l'entrée de leurs villes ou des châteaux, après que les peintres italiens comme Botticelli ou Mantegna aient réalisé des structures provisoires pour célébrer les entrées triomphales des princes et prélats dans leurs villes, ont créé de tels monuments, ou en ont proposé les modèles dans leurs traités. Les exemples sont nombreux. Philibert De L'Orme s'inspira de l'arc de triomphe de Septime Sévère pour le tombeau de François Ier et Claude de France à Saint-Denis (1558). Ou pour l'entrée du château d'Anet.

 

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Voici comment Yves Pauwels présente le Quinque et viginti exempla arcum ("25 exemples d'arcs") publié par Androuet du Cerceau en 1549 :

 

"Ce recueil de gravures compte parmi les publications les plus précoces de Jacques Androuet du Cerceau. Il a été composé dans le contexte de l’avènement de Henri II et des nombreuses entrées solennelles que le nouveau roi allait faire dans ses villes. Lyon avait donné l’exemple en 1548, et, en 1549, l’année même de la parution de l’ouvrage, c’est Paris qui offrait au jeune monarque une mémorable cérémonie. Les arcs de triomphe devenus indispensables au décorum de ces fêtes, il était plus qu’opportun d’en proposer des modèles. L’ouvrage donc se présente comme une anthologie d’exempla, variations sur le thème de l’arc de triomphe. De ce point de vue, il revêt une importance considérable, que peu d’historiens de l’art ont remarquée. En effet, en 1549, l’arc de triomphe vient à peine de faire son apparition dans l’architecture française. Le frontispice de l’aile principale d’Anet est encore en chantier, de même que les avant-corps de la cour du Louvre; ceux d’Écouen sont, au mieux, à l’état de projet. Mais de superbes exemples, sans doute dessinés par Serlio, avaient embelli les rues de Lyon en 1548, lors de l’entrée de Henri II. Et l’année même de la parution du recueil d’Androuet du Cerceau, Jean Martin et Jean Goujon préparaient pour les fêtes parisiennes plusieurs arcs inspirés de modèles serliens. L’arc à l’antique, par ses référents symboliques, historiques et culturels, était ainsi consacré comme le lieu commun par excellence d’une nouvelle architecture qui aspire au plus haut niveau de l’expression, celui du sublime. Or, 1549 est aussi l’année de la publication de la Défense et Illustration de la langue française par Joachim du Bellay ; celle du premier livre des Odes de Ronsard est imminente. La consécration du thème architectural va de pair avec celle d’une nouvelle poésie, celle de la Pléiade, dont l’ambition est la même : élever la littérature française au niveau du grand style, celui des odes ou de l’épopée. Avec une grande perspicacité, du Cerceau a senti l’évolution de l’art de bâtir, et son petit recueil s’inscrit parfaitement dans le grand mouvement de renouvellement qui bouleverse l’architecture française dans les années cruciales de l’avènement de Henri II." (Y. Pauwels 2007)

Dans cet ouvrage, après les arcs romains (arcs de Titus, de Septime-Sévère, de Constantin), et les arcs italiens (arcs d’Ancône, de Vérone, de Bénévent, de Pola, de Suse, de Ravenne), viennent les arcs « inventés » par du Cerceau, une suite de modèles classés selon la succession des ordres, trois doriques, deux ioniques, huit corinthiens, un « sus l’ordre corinthe » et deux de l’ordre salomonique. 

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Mais chacun de ces modèles voit son "ordre" déterminé par les caractères de ses colonnes, or, l'arc de triomphe que j'ai sous les yeux à Saint-Thégonnec ne présente aucune colonne. Seules deux consoles, de part et d'autre de l'arcature, sont cannelées comme des triglyphes doriques. La face nord est encore plus dépouillée.

 

"À la même époque, en 1587, s'élève à Saint-Thégonnec un arc très différent des précédents. Ici, quatre piliers de grande épaisseur sont amortis par de puissantes volutes en consoles renversées et couronnées de doubles lanternons. Ils déterminent trois passages, dont ceux des extrémités fermés par des échaliers, tandis qu'entre les deux piles centrales, formant l'entrée principale, est bandée une arcade à claveaux rustiques. Celle-ci supporte un attique décoré de quatre niches ornées de la coquille de Kerjean et séparées par des pilastres. Trois frontons surmontés, comme des lanternons, de nombreuses boules godronnées, le couronnent. De part et d'autre, ainsi qu'à La Martyre, se voit le groupe de l'Annonciation. L'ensemble, extrêmement lourd et d'une ornementation compliquée, ne manque cependant pas d'originalité et a probablement servi d'inspiration à l'entrée de Plounéour-Ménez où toute décoration a été bannie, exceptée les niches ornées de la coquille si particulière à Kerjean, et, plus tard mais très simplifiée et sans arcades, à celles de Bodilis et de Plouzévédé (1771).» (R. Couffon 1948)

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Pourtant, à Sizun,  quatre colonnes corinthiennes séparent les trois arcades de la porte monumentale (vers 1588) .

"À Sizun vers 1588 l'arc de Sizun également de style classique, est composé de trois arcades, en plein cintre et à claveaux rustiques, séparées par des colonnes corinthiennes. Celles-ci supportent un entablement correspondant à la coursière, qui subsiste et a conservé sont autel et son petit calvaire.. L'ensemble, bien qu'un peu lourd et de proportions moins bonnes que l'arc de Berven, ne manque cependant pas de caractère monumental et est le meilleur spécimen des portails complets de style classique subsistants en Léon." (R. Couffon)

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Arc de triomphe de Sizun photo yfernyen wikipedia

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L'arc de triomphe de Lampaul-Guimiliau, avec sa seule arcade, dispose aussi de deux colonnes corinthiennes.

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Arc de triomphe de Lampaul-Guimiliau (1668). Photo lavieb-aile.

 

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On comparera encore cette porte monumentale de Saint-Thégonnec avec l'entrée du château de Kerjean en Saint-Vougay, avec ses deux arches inégales et sa galerie couverte reliant la chapelle et la chambre des archives. Les deux portes (cochère et piétonne) sont flanquées de trois pilastres doriques cannelées, reposant sur des bases en saillie.

 

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Entrée du château de Kerjean (vers 1571). Photo lavieb-aile.

 

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L'arcade principale de la porte (1652) de l'enclos  d'Argol, en Presqu'île de Crozon, est également encadrée par deux pilastres cannelés

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Arc de triomphe d'Argol. Photo lavieb-aile.

 

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À la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé, l'arc de triomphe a été réalisé entre 1575 et 1580 par l'atelier de Kerjean. Trois larges arcades en plein cintre, séparées par des colonnes corinthiennes, supportent une plateforme dont le couronnement n'a pas été achevé ou a été détruit.

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