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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 21:37

Les termes (cariatides et atlantes) et cartouches du porche sud (granite, 1570-1601) de Bodilis.

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Sur l'église de Bodilis, voir :

 


 

 

 

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Je continue à colliger une documentation iconographique sur les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne, inspirées l'art à la grotesque, et de l'École de Fontainebleau. Je reprends la description de l'intérieur du porche sud de Bodilis, déjà traité, en me limitant aux 14 Termes, Cariatides et Atlantes et aux cartouches à cuirs découpés et masques qui les séparent. Ce porche est contemporain du château de Kerjean et de sa chapelle, et est peut-être issu du même atelier.

 

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Voir sur l'art  de la Renaissance :

 

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.Voir sur  l'art  de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

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Le porche sud  de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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I. LES TERMES, CARIATIDES ET ATLANTES.

 

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Rappel.

On trouve des figures de cariatides et atlantes à la Renaissance dans la traduction de De architectura de Vitruve en 1511, dans celle de Giovanni Battista Caporal publiée à Pérouse en 1536,   sur des stucs de Polidoro Caldara à Rome vers 1525, ou sur des estampes d'après ces stucs au Louvre, sur le frontispice du livre d'architecture de Sebastiano Serlio en 1537 et sur ses cheminées, ou sur les stucs de Rosso Fiorentino dans la Galerie François Ier de Fontainebleau  en 1539 .

Les termes sculptés par Polidoro Caldara ont été relevés par Jacques Prevost vers 1535.

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/jacques-prevost_deux-termes_1535

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/cariatides_dessin-a-la-plume_lavis-brun_encre-brune

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/cariatides_encre-brune_plume-dessin_lavis-brun-d68db076-4747-46a3-b609-268d1768b5a8

Cette École de Fontainebleau est très féconde (estampes d'Antonio Fantuzzi en 1543)  et suscite des recueils de gravure, parfois consacrés exclusivement aux cariatides, termes et atlantes, comme le Recueil de 20 Termes de Jean Mignon (1543-1545) , les planches de 12 modèles de Termes et Caryatides d'Androuet du Cerceau publiées vers 1546-1550, celles de Quinque et viginti exempla arcum du même auteur (1549), sans compter les trouvailles que l'on peut faire dans ses Pièces diverses , ses Vases et coupes et ses Meubles, ou dans ses Compartiments ou dans ses Grands cartouches de Fontainebleau (1542-1545).

Sous cette influence des artistes de Fontainebleau ( Rosso Fiorentino et Le Primatice, Lucca Penni), le Maître de Henri II enlumine vers 1547 le Recueil des rois de France, dont les encadrements associent des cariatides et atlantes, des cartouches à cuirs découpés, et des masques à bandeau noué sur les tempes et guimpes, trois éléments qui se retrouvent à Bodilis. Le même enlumineur participe en 1542-1547, avec le groupe Bellemare, aux Heures dites de Henri II, où se retrouvent les trois mêmes éléments (folio 107v).

 

On connait les 4 cariatides sculptés en 1550 par Jean Goujon pour la galerie des musiciens du Louvre.

Vers 1565, Vredeman de Vries publie à Anvers son Caryatidum, dont le titre précise "Carytidum (vulgus termas vocat), sive Athlantidum multiformium ad quemlibet architecturae ordinem accomodatorum Centuria Primum in usum huius artis candidatorum artificiose excogitata. Veelderley dieverse Termen op de V ordene der Edificien tot behoef  alle  beelt ende steenhouwers, scrinwerkers, glaesscrivers ende alle constelicke hantwerkers  ost alle die de Antieckse Compertementsche Cieraet Beminnen Geinventeert duer Johannes Vreedman Vriese, Gerar de Iode excudebat"  , soit " Cariatides (vulgairement nommées "termes" ou Atlantes de toute variété pour l'architecture. Nombreux Termes selon les cinq ordres de l'architecture pour tous les sculpteurs et tailleurs de pierre, maître-verriers, artisans de cartouches à l'antique". On y trouve, outre les deux exemples du frontispice,  16 planches dont les Termes trouvent quelques correspondances avec ceux de Bodilis.

 

En 1572, Hugues Sambin publie son Oeuvre de la diversité des termes, dans lequel il présente 18 termes en 36 planches  gravées sur bois. Mais on ne trouve là aucun modèle convaincant pour les sculptures de Bodilis.

 

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Note : il existe une difficulté à nommer précisément ces pilastres de Bodilis à sujet anthropomorphe soutenant l'entablement par l'intermédiaire d'une volute (comparable à un chapiteau ionique). J'ai adopté, à tort mais par commodité, le nom général de "terme", alors que je souhaiterai réserver ce nom aux figures en bornes (le dieu romain Terminus étant chargé du respect des limites), et employer le nom "cariatide" pour les femmes-colonnes dont l'anatomie n'est pas hybridée (les figures ne sont pas engainées) et dont les jambes sont intactes et celui d'atlante (ou télamon) pour les hommes-colonnes. Je me suis débrouillé comme j'ai pu.

Je compte 8 figures féminines, et 6 figures masculines. Il y a deux figures à mi-corps sur des piliers ou bornes cannelées, deux figures dont les jambes sont remplacées par des arceaux en X, deux figures implantés sur des pattes et ventre d'oiseaux, et il y a le couple central du coté gauche, le plus spectaculaire, dont le bas du corps forme deux serpents entortillés.

Que l'on adopte la date de 1570 inscrite à l'intérieur du porche, ou celle de 1601 placée au dessus du portail extérieur, ces sculptures sont postérieures à la publication des principaux recueils de planches de Termes et Cariatides et y trouvent leur modèle, de manière plus ou moins précise.

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La pierre.

Bien qu'elle ne semble pas avoir été étudiée et caractérisée par Louis Chauris dans son passionnant travail de géo-archéologie du Patrimoine, il s'agit à l'évidence d'un granite dans lequel se distingue (surtout à partir du 6ème ensemble) l'inclusion de gros cristaux noirs. S'agit-il du "granite à tourmaline de Sainte-Catherine", comme le laisserait penser la carte publiée par Chauris dans son étude lithographique de Lanhouarneau ?

On remarquera, sur le terme n°11, de belles teintes rosées.

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Liste des 12 "termes".

 

 

 

Terme n°1. Femme (?) à jupe feuillagée (acanthe) dont les bras sont remplacés par des volutes et les jambes par des arceaux entrecroisés.

Terme n°2. Homme barbu, bras croisés devant le ventre, pagne feuillagé (acanthe) et pilier cannelé.

Terme n°3. Cariatide soutenant la volute du chapiteau de la main droite, la main gauche retenant les plis d'une jupe courte.  Un fleuron à cinq pétales sur la poitrine. Jambes nues.

Terme n°4. Atlante en homme sauvage (longue barbe, longs cheveux torsadés, pelage méché sur le corps).

Terme n°5. Femme (?) aux bras croisés sous la poitrine ; pagne au dessus d'un fût cannelé.

Terme n°6. Homme barbu et moustachu portant un pagne feuillagé (acanthe), dont les bras sont remplacés par des volutes et les jambes par des rubans en X.

Terme n°7. Cariatide bras croisés sous la poitrine, coiffée de longues et épaisses  nattes qui se croisent sous le menton et semblent se prolonger autour des bras. Robe plissée s'arrêtant au dessus des genoux

Terme n°8. Atlante, souriant, peut-être coiffé d'un bonnet ou turban,  bras croisés devant la poitrine, vêtu d'un pagne plissé. Jambes croisées.

Terme n°9. Association 1) d'une tête aux traits épais et grossiers, coiffée de palmettes et 2) de volutes en "S" s'achevant par des pattes griffues.

Terme n°10. Cariatide soutenant des deux mains les volutes du chapiteau. Robe plissée s'arrêtant au dessus des genoux. Jambes croisées.

Terme n°11. Couple nu s'étreignant et s'embrassant, les parties inférieures de leur corps étant remplacés par des formes de serpent, enlacées en tresse. L'homme est barbu ; les fronts sont séparés par une fleur à quatre pétales.

Terme n°12. Atlante barbu, mains jointes devant la poitrine, vêtu d'une tunique matelassée et d'une culotte bouffante, de chausses et de chaussures. Coiffure à préciser.

Terme n°13. Cariatide, nue, souriante, portant un collier à gros grains soutenant une croix. Sur le ventre, une fleur et ses pétales épineux. Ses bras se dirigent vers le pubis, et elle semble chevaucher un oiseau de type aigle qui masque ses jambes.

Terme n°14. Cariatide coiffée d'une coiffe à deux cornes. Elle est vêtue d'une robe plissée qu'elle maintient par le bras gauche. Le bras droit n'est pas visible. Les jambes sont nues sous les genoux.

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Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit,  Terme n°1. Femme (?) à jupe feuillagée (acanthe) dont les bras sont remplacés par des volutes et les jambes par des arceaux entrecroisés.

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On notera la forme bilobée du visage (une boule mentonnière greffée sur la boule plus grosse de la tête), qui va se retrouver si fréquemment ensuite qu'elle devient un véritable trait stylistique du sculpteur.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°2. Homme barbu, bras croisés devant le ventre, pagne feuillagé (acanthe) et pilier cannelé.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°3. Cariatide soutenant la volute du chapiteau de la main droite, la main gauche retenant les plis d'une jupe courte.  Un fleuron à cinq pétales sur la poitrine. Jambes nues.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit,  Terme n°4. Atlante en homme sauvage (longue barbe, longs cheveux torsadés, pelage méché sur le corps).

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°5. Femme (?) aux bras croisés sous la poitrine ; pagne au dessus d'un fût cannelé.

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Les modèles de termes dont le pilier est cannelé sont rares. Je retiens :

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Vredeman de Vries, [1565], Caryatidum...pl.I (détail).

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°6. Homme barbu et moustachu portant un pagne feuillagé (acanthe), dont les bras sont remplacés par des volutes et les jambes par des rubans en X.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°7. Cariatide bras croisés sous la poitrine, coiffée de longues et épaisses  nattes qui se croisent sous le menton et semblent se prolonger autour des bras. Robe plissée s'arrêtant au dessus des genoux

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°8. Atlante, souriant, peut-être coiffé d'un bonnet ou turban,  bras croisés devant la poitrine, vêtu d'un pagne plissé. Jambes croisées.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°9. Association 1) d'une tête aux traits épais et grossiers, coiffée de palmettes et 2) de volutes en "S" s'achevant par des pattes griffues.

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Recherche de modèle :

Termes et cariatides, Androuet du Cerceau vers 1550

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°10. Cariatide soutenant des deux mains les volutes du chapiteau. Robe plissée s'arrêtant au dessus des genoux. Jambes croisées.

 

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°11. Couple nu s'étreignant et s'embrassant, les parties inférieures de leur corps étant remplacés par des formes de serpent, enlacées en tresse. L'homme est barbu ; les fronts sont séparés par une fleur à quatre pétales.

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Recherche de modèle.

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Androuet du Cerceau, modèle de cheminée n°XIV, Second Livre d'architecture, 1561.

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Androuet du Cerceau, modèle de cheminée n° XIV, Second Livre d'architecture, 1561

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Vredeman de Vries [1565], Caryatidum ... planche 16 (détail)

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On peut aussi remarquer la double figure anthropomorphe de l'arrière-plan du tableau de Peter Paul Rubens, Deborah Kip, épouse de Sir Balthasar Gerbier, et ses enfants, peint en 1629-30. La scène se déroule sous un portique qui s’appuie sur un soutien géminé formé des femmes nues dont le torse se transforme en un serpent selon le motif préfiguré par Jacques Androuet Du Cerceau.

https://www.meisterdrucke.fr/fine-art-prints/Peter-Paul-Rubens/121098/Deborah-Kip,-%C3%A9pouse-de-Sir-Balthasar-Gerbier-et-ses-enfants,-vers-1629-30.html

 

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°12. Atlante barbu, mains jointes devant la poitrine, vêtu d'une tunique matelassée et d'une culotte bouffante, de chausses et de chaussures. Coiffure à préciser.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°13. Cariatide, nue, souriante, portant un collier à gros grains soutenant une croix. Sur le ventre, une fleur et ses pétales épineux. Ses bras se dirigent vers le pubis, et elle semble chevaucher un oiseau de type aigle qui masque ses jambes.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°14. Cariatide coiffée d'une coiffe à deux cornes. Elle est vêtue d'une robe plissée qu'elle maintient par le bras gauche. Le bras droit n'est pas visible. Les jambes sont nues sous les genoux.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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II. LES PANNEAUX SCULPTÉS.

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Les 12 panneaux sont tous des cartouches, du type de ceux apparus en 1539 à la Galerie François Ier pour les stucs de Rosso Fiorentino et les boiseries de François de Carpi, et imitant les peaux de veau ou d'agneau des tanneurs, d'où leur dénomination de "cuirs découpés à enroulement". Des masques humains ou animaux occupent le centre de ces cuirs, à moins que ce soit des emblèmes ou des castels.

  Mais les artistes qui reprennent ce modèle s'affranchissent du modèle anatomique (avec les amorces des quatre pattes), faufilent des rubans dans des trous à l'emporte-pièce, multiplient les inventions, jusqu'à représenter des lames d'allure métallique évoquant alors plutôt des ouvrages de ferronnerie. De même, les volutes et courbes tracées au "perroquet" laissent parfois la place à des entrelacs géométriques.

Comme pour les Termes et cariatides, les modèles se diffusent vite dans les recueils de gravure , comme, une fois encore, ceux d'Androuet du Cerceau au milieu du XVIe siècle, ou ceux de Vredeman de Vries. Et on les retrouve sur les monuments, comme le cartouche armorié du château d'Anet.

En Finistère, on les comparera à ceux du château de Kerjean (cartouche armorié) et des sablières de sa chapelle. Ou au cartouche armorié du château de Maillé. Ou à l'ensemble des sablières de l'atelier du Maître de Pleyben (et de Kerjean). Voir la liste de mes articles supra.

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Panneau sculpté n°1 (au dessus du bénitier). Cartouche à cuir découpé à enroulement centré sur un masque féminin.

Panneau sculpté n° 2. Cartouche complexe, à cuir découpé et enroulé, vase, et volutes, portant en partie haute un masque féminin à la chevelure aux nattes torsadées, à la coiffure en palmettes, sur un bandeau de linge noué sur les tempes et voile sous le menton comme une guimpe.

Panneau sculpté n°3. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque féminin proche du précédent (palmette, bandeau, guimpe).

Panneau sculpté n° 4. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin.

Panneau sculpté n°5. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par une tresse à deux brins formant un fuseau vertical.

Panneau sculpté n°6. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin.

Panneau sculpté n°7. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin au dessus d'un vase ou calice.

Panneau sculpté n°8. Cartouche en cuir découpé à enroulement comportant un homme debout tenant les extrémités des volutes.

Panneau sculpté n°9. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin au dessus d'un vase ou calice.

Panneau sculpté n°10. Cartouche en cuir découpé à enroulement, et ferronnerie à entrelacs géométriques, centrés par un masque léonin.

Panneau sculpté n°11. Cartouche en ferronnerie centré par un masque léonin et deux masques humains masculin et féminin.

Panneau sculpté n°12. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin. . Au dessus, masque anthropomorphe crachant des feuillages. Au dessous, masque anthropomorphe entouré de feuilles/ailes.

 

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Coté droit, panneau sculpté n°1 (au dessus du bénitier). Cartouche à cuir découpé à enroulement centré sur un masque féminin.

 

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n° 2. Cartouche complexe, à cuir découpé et enroulé, vase, et volutes, portant en partie haute un masque féminin à la chevelure aux nattes torsadées, à la coiffure en palmettes, sur un bandeau de linge noué sur les tempes et voile sous le menton comme une guimpe.

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Ce type de masque se retrouve, sous de multiples variations, sur les gravures des ornemanistes, sur les enluminures du Maître de Henri II vers 1545-1547 ou sur le jubé de La Roche-Maurice (fin XVIe), ou sur le cartouche armorié du portail du château de Kerjean (v. 1570), ou, tout simplement, sur les sablières de Bodilis.

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Recueil des rois de France BnF fr. 2848

 

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Recueil des rois de France BnF fr 2848 f.90r

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Livre d'Heures dit de Henri II BnF lat.

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Vredeman de Vries

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n°3. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque féminin proche du précédent (palmette, bandeau, guimpe, ...).

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n° 4. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n°5. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par une tresse à deux brins formant un fuseau vertical.

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Ce fuseau a-t-il un rapport avec celui des tisserands, qui assurent la richesse du Léon ?

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n°6. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°7. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin au dessus d'un vase ou calice.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°8. Cartouche en cuir découpé à enroulement comportant un homme debout tenant les extrémités des volutes.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°9. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin au dessus d'un vase ou calice.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°10. Cartouche en cuir découpé à enroulement, et ferronnerie à entrelacs géométriques, centrés par un masque léonin.

 

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°11. Cartouche en ferronnerie centré par un masque léonin et deux masques humains masculin et féminin.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°12. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin. . Au dessus, masque anthropomorphe crachant des feuillages. Au dessous, masque anthropomorphe entouré de feuilles/ailes.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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III. LA FRISE.

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Je ne la détaillerai pas mais je montrerai quelques figures.

On y trouve des masques léonins, ou de moutons, ou d'homme coiffé d'un chapeau rond, d'homme barbu, deux exemples de la femme au bandeau noué et à la guimpe déjà décrit, d'un anthropomorphe crachant des feuillages,  parmi des rubans en volutes ou motif géométrique et des  feuillages. Ou encore deux lions entourant une fleur.

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La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Femme coiffée d'un bandeau noué en rosette sur les tempes et portant un linge formant guimpe.

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La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Femme coiffée de palmettes et d'un bandeau noué en rosette sur les tempes et portant un linge formant guimpe.

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La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les termes et cartouches du porche de Bodilis.
Les termes et cartouches du porche de Bodilis.
Les termes et cartouches du porche de Bodilis.

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CONCLUSION.

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Si on admet l'hypothèse proposée par Couffon d'un atelier de sculpteurs  de Kerjean, appelé par les Barbier pour bâtir et décorer leur château vers 1570 et jusque 1595 peut-être, et qui aurait rayonné dans le Léon (et la Cornouaille) pour diffuser le style de l'École de Fontainebleau (1539) et celui de la Seconde Renaissance Française (après 1540) en Basse-Bretagne, et notamment, après Lanhouarneau en 1582,  à Bodilis, nous pouvons constater que les réalisations de cet atelier, sur le  porche intérieur, sont parfaitement influencées par les constructions architecturales de ce style et par les recueils d'architecture et d'ornementation qui le diffusent. Si le matériau (le granite) est local, il est difficile de trouver ici une particularité régionale Mais cela n'exclut pas des traits stylistiques propres aux sculpteurs de Kerjean, et des travaux ultérieurs de comparaison des différents sites sauront peut-être les mettre en évidence (je ne note pour la part que ces visages bilobés à mentons en boule, une particularité que j'ai aussi remarquée, en sculpture sur bois, sur les sablières et blochets d'un hypothétique Maître de Saint-Nic vers 1640-1670).

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Une fois de plus, — comme en Haute-Bretagne à l'égard de la Première Renaissance à Dol, La Guerche et Champeaux, — la preuve est faite de la réactivité des Bretons, et de leur ouverture rapide aux nouveautés stylistiques de la Cour de François Ier et  de Henri II. À la pointe du Finistère, les monuments architecturaux sont vraiment "à la page" !

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SOURCES ET LIENS.

 

—BASE DE DONNÉES "ORNEMENTS ANTHROPOMORPHE"

http://www.fr-ornement.com/fr/anthropomorphe?page=8

— COUFFON, (René) 1948. L'architecture classique au Pays de Léon. Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. .

"Porche sud de Bodilis : À l'intérieur court un frise beaucoup plus importante que celle des porches précédents [Pleyben, Saint-Thégonnec] et comportant en fort relief, une série de cartouches séparés par d'étranges cariatides. Est-ce là simple fantaisie de l'artiste ou en a t-il copié les divers motifs ? Il semble bien qu'il faille opter pour la seconde hypothèse. L'une des cariatides, par exemple, représente un homme et une femme à corps de serpents enlacés attire tout particulièrement l'attention. Or, un motif identique décore précisément un modèle de cheminée de l'Architecture d'Androuet du Cerceau, traité que possédait forcément l'atelier de Kerjean. L'illustre architecte paraît, lui-même, avoir interprété quelque statue antique d'Isis et de Sérapis dont il a supprimé les coiffures emblèmes. Le musée égyptien de Berlin, entre autres, conserve un tel groupe dont la tête du dieu, barbue, ressemble à celle de Bodilis." (Couffon, L'architecture classique au pays de Léon p. 47)

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f463f1d171ef5.47213123/1948_02.pdf

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— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299. [Cette auteure ne s'étend pas sur un possible Atelier de Kerjean, et, au porche sud de Bodilis, décrit surtout les sculptures en kersantite du Maître de Plougastel et de Roland Doré]

— CHAURIS (Louis), 2006, « Éclairage lithologique sur l’église de Lanhouarneau (Finistère) : XIVe-XVIe-XVIIIe siècles », Revue archéologique de l'Ouest [En ligne], 23 | 2006, mis en ligne le 30 décembre 2008, consulté le 13 janvier 2021. URL : http://journals.openedition.org/rao/156 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rao.156

 

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OUVRAGES DE RÉFÉRENCE.

BASE DE DONNÉES "ORNEMENTS ANTHROPOMORPHES"

http://www.fr-ornement.com/fr/anthropomorphe?page=8

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1542-1545, Compartiments, ou  Grands cartouches de Fontainebleau. Deux séries de 10 planches.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1807-compartiments-de-fontainebleau-de-grand-format?offset=7

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1548-1549, Cartouches, 12 planches gravées sur cuivre.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1802-cartouches?offset=3

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1559 Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_Masson647.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1582, Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1592.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1549, Quinque et viginti exempla arcum

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1475.asp?param=

— DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Frederic Morel

 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

— DELORME (Philibert), 1561  Les Nouvelles Inventions pour bien bastir et a petits frais

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/Masson643Index.asp

 

— FROMMEL (Sabine), 2018 Supports anthropomorphes peints de la Renaissance italienne, in Frommel, Sabine – Leuschner, Eckhard – Droguet, Vincent – Kirchner, Thomas (dir.) Construire avec le corps humain/ Bauen mit dem menschlichen Korper. Les ordres anthropomorphes et leurs avatars dans l'art europèen de l'antiquité à la fin du XVIe siècle/ Antropomorphe Stùtzen von der Antike bis zur Gegenwart,  Campisano Editore 2 volumes pp 618, 40 ill. 

 

https://www.academia.edu/36821730/Supports_anthropomorphes_peints_de_la_Renaissance_italienne_in_Frommel_Sabine_Leuschner_Eckhard_Droguet_Vincent_Kirchner_Thomas_dir_Construire_avec_le_corps_humain_Bauen_mit_dem_menschlichen_K%C3%B6rper_Co_%C3%A9dition_Picard_Campisano_Paris_Roma_2018_?email_work_card=view-paper

MAITRE DE HENRI II (membre du Groupe de Noël Bellemare) Heures dites de Henri II BnF Latin 1429

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447767x/f81.item#

MAITRE DE HENRI II 1546-1547 (offert à Charles IX en 1566), Jean du Tillet Recueil des rois de France BnF fr.2848

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84516158/f189.item#

https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc492956

SAMBIN ( Hugues), 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture reduict en ordre : par Maistre Hugues Sambin, demeurant à Dijon, publié à Lyon par Jean Marcorelle ou par Jean Durant.  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/36089-oeuvre-de-la-diversite-des-termes-dont-on-use-en-architecture-reduit-en-ordre-par-maitre-hugues-sambin?offset=1

 

SERLIO (Sebastiano ), 1551 Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1745.asp?param=

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

SERLIO (Sebastiano ), 1540 Il terzo libro ... Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Serlio1540.asp?param=

https://archive.org/details/ilterzolibronelq00serl

SERLIO (Sebastiano ), 1537 Regole generali di architectura, quatrième livre, Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

SERLIO (Sebastiano ), 1547, Livre V, Paris

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1476.asp?param=

 

VIGNOLE 1562, La Règle des cinq ordres d'architecture

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6327303x/f11.planchecontact.r=delagardette.langEN

VITRUVE 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_01665A0013.asp

VITRUVE, 1511, De architectura M. Vitruvius per Jocundum solito castigatior factus cum figuris et tabula, traduit par Fra Giovanni Giocondo en 1511 à Venise chez G. da Tridentino avec 136 gravures sur bois 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/CESR_2994.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_2994Index.asp

VITRUVE, 1513,  De architectura, traduit par Giovanni Giocondo

https://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=/mpiwg/online/permanent/library/488D7ND1/pageimg&start=11&viewMode=images&pn=17&mode=imagepath

 

VREDEMAN DE VRIES (Hans) [1565]  Caryatidum (vulgus termas vocat) sive Athlantidum multiformium ad quemlibet architecture. Anvers

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/36809/?offset=#page=43&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Renaissance Sculpture Chapelles bretonnes.
12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 12:19

L'atlante et la cariatide  ( 1571-1595) du château de Kerjean en Saint-Vougay. La Seconde Renaissance  dans le Léon.

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Je continue à colliger une documentation iconographique susceptible de servir de base de comparaison avec les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne (ou aux autres réalisations en France). 

 

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. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

 

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Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

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Les auteurs André Mussat et René Couffon  décrivent l' arrivée de l'art architectural classique (ou Seconde Renaissance) en Basse-Bretagne à partir de 1582 sur le porche de Lanhouarneau, dont le fronton montre deux Termes, masculin et féminin, encadrant une niche à coquille sous un fronton triangulaire.

On sait que ce style est apparu en France en 1540, date de l'arrivée à Paris de Sebastiano Serlio (Bologne 1475-Paris 1553) dont la Règle d'architecture était parue en 1537 à Venise : les Ordres toscan, dorique, ionique, corinthien et composite y étaient décrits. Et le frontispice de l'ouvrage montrait deux Termes, masculin et féminin au pilier coiffé d'une feuille d'acanthe soutenant le fronton triangulaire, comme à Lanhouarneau.

La publication de Serlio a été saluée par Jean Goujon et Philibert Delorme, dont les sculptures et les bâtiments illustrèrent le nouveau style. 

On retrouve ensuite cette influence dans le Léon (le nord de la Basse-Bretagne), dans un foyer de rayonnement proche de celui de l'atelier de Landerneau (ou de l'Elorn) qui avait assuré la transition entre gothique et Renaissance sur les monuments religieux de 1550 à 1565. 

Ainsi, le nouveau style se remarque, après Lanhouarneau,  (et après les guerres de la Ligue de 1580 à 1600) sur le porche de Bodilis en 1601, sur celui de Saint-Houardon à Landerneau en 1604.

Mais il faut citer aussi les cariatides de la porte d'entrée du manoir de Trebodennic (1584) en Ploudaniel, , les termes de l'ossuaire de Sizun (1585),  le couple cariatide-atlante  de l'intérieur du porche sud de Saint-Thégonnec (1599-1605),  ou les six termes de l'ossuaire de Landivisiau (1610-1620), le couple de termes et la cariatide de l'ossuaire de La Martyre (1619),  et enfin le couple de la porte de l'ossuaire (1676) de Saint-Thégonnec

René Couffon attribue plusieurs de ces réalisations à un atelier de Kerjean, du nom du château édifié par la famille Barbier à Saint-Vougay, et qui suit les modèles publiés par Androuet du Cerceau et Philibert Delorme.

À cet atelier est aussi attribué la chapelle Notre-Dame de Berven (1573) à Plouzévédé.

Néanmoins, on ignore la date exacte de la construction de ce château, et, si on se base sur les armoiries qui y sont visibles, celles de Louis Barbier (1523-1596) et de Jeanne Gouzillon,  la date de leur mariage en 1571 incite les auteurs à admettre la période 1571-1595. 

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DESCRIPTION

Le portail d'honneur à double entrée, évoque un arc de triomphe.

"La partie supérieure est un couronnement monumental. Elle comprend, en son milieu, une grande arcade voûtée en plein cintre décorée d’une clef en forme de tête de lion et encadrée de deux colonnettes corinthiennes à fût lisse. Ces colonnettes supportent un entablement sur lequel repose un fronton triangulaire, orné d’un cartouche dans son intérieur. Les deux petites arcades, de chaque côté, elles aussi voûtées en plein cintre, sont surmontées de volutes adossées par le sommet." (http://classeelementaire.free.fr/kerjean/parcours/Fiches-avant-visite.pdf)

 

On  trouve à Kerjean, sur ce portail d'entrée, et encadrant la triple arche du sommet du portail, deux termes, l'un masculin (atlante) et l'autre féminin (cariatide), en kersantite.

Note : je préférerai  réserver les termes de cariatide et atlante aux statues-colonnes dont le bas du corps n'est pas transformé en pilier, et employer celui de "terme". Mais, comme on l'imagine, il prête à confusion sémantique et n'aide pas les utilisateurs de moteurs de recherche. Et nous allons voir que les dessinateurs utilisaient, au XVIe siècle, les mots de cariatide et atlante.

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Entrée du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Entrée du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

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Le premier est barbu, avec un visage fin et longiligne, et il supporte la double volute par laquelle, en guise de chapiteau, il supporte l'entablement. Ses bras nus, ramenés par devant, et ses mains croisés, sont, avec peut-être une partie du buste, les seules parties qui ne soient pas enveloppées par  un corset de ferronnerie à la découpe savante (comme celle des cartouches des recueils contemporains).

La ferronnerie, dont les pattes concaves rappellent les cuirs découpés à enroulement, est centré par un masque humain grimaçant.

Je n'en trouve le modèle ni dans les Termes de Veneziano (1536), ni dans ceux d'Androuet du Cerceau (1549), ni dans ceux  de Hughes Sambin 1572. Ni sur les principaux bâtiments accessibles en ligne. Le modèle le plus proche est cette estampe du graveur René Boyvin :

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Terme grotesque féminin, René Boyvin (Angers, 1530 ; Rome, 1598), MBA Orléans

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Voir aussi : https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/36098/?offset=3#page=16&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=

 L'illustrateur Vredeman de Vries (1527-1604) semble partager les mêmes modèles (ou erreur d'attribution supra?) ; et ses cartouches (vers 1555-1583) en ferronnerie rappellent bien celles présentées sur le terme de Kerjean.

 

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Vredeman de Vries Caryatidum (Vulgus Termas Vocat) [...] Geinventeert dver Johannes Vreedman Vriese

 

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Vredeman de Vries Caryatidum (Vulgus Termas Vocat) [...] Geinventeert dver Johannes Vreedman Vriese

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Vredeman de Vries Caryatidum (Vulgus Termas Vocat) [...] Geinventeert dver Johannes Vreedman Vriese planche 12

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Terme masculin (kersantite, 1571-1590) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Terme masculin (kersantite, 1571-1590) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

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Le terme féminin ("caryatidum") est semblable à son partenaire, mais, comme sur le frontispice des estampes de Vredeman de Vries, sa poitrine nue est carapaçonnée dans le harnais de ferronnerie. Le mascaron n'est plus humain, avec son groin et ses canines proéminentes.

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Terme féminin (kersantite, 1571-1590) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Terme féminin (kersantite, 1571-1590) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

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Des moulages de ces statues sont présentés dans le château.

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Terme masculin (moulage) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Terme masculin (moulage) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Terme féminin (moulage) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Terme féminin (moulage) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

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J'accompagnerai cette présentation d'une image du cartouche armorié aux armes de Louis Barbier et de Jeanne Gouzillon. Je note le masque au bandeau noué en rosettes sur les tempes et retombant en voile sur la nuque, puisque j'ai remarqué sa présence sur le jubé de La Roche-Maurice ou sur le porche et les sablières de Bodilis.

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Château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Cartouche armorié (kersantite, après 1571) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Cartouche armorié (kersantite, après 1571) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Cartouche armorié (moulage) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

Cartouche armorié (moulage) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— COUFFON (René), 1948, l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean,  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

— LE BRAS (Em;), Le château de Kerjean.

http://www.infobretagne.com/saintvougay-chateaukerjean.htm

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

— MUSSAT (André), 1982 Trois châteaux de la seconde Renaissance en Léon : Maillé, Kerjean, Kergournadec'h SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f46a237208505.19686063/1982_07.pdf

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OUVRAGES DE RÉFÉRENCE

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ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1549, Quinque et viginti exempla arcum

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1475.asp?param=

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1559 Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_Masson647.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1582, Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1592.asp?param=

— DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

— DELORME (Philibert), 1561  Les Nouvelles Inventions pour bien bastir et a petits frais

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/Masson643Index.asp

Sambin  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

SERLIO (Sebastiano ), 1551 Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1745.asp?param=

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

SERLIO (Sebastiano ), 1540 Il terzo libro ... Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Serlio1540.asp?param=

https://archive.org/details/ilterzolibronelq00serl

SERLIO (Sebastiano ), 1537 Regole generali di architectura, quatrième livre, Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

SERLIO (Sebastiano ), 1547, Livre V, Paris

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1476.asp?param=

SAMBIN ( Hugues), (Lyon, 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture eduict en ordre par Maistre Huges

— VITRUVE 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_01665A0013.asp

— VITRUVE, 1511,  De architectura, traduit par Giovanni Giocondo, Venise, G. da Tridentino

 


http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_2994Index.asp
 

 

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Vitruve, De architectura, xylographie de la traduction de 1511 par G. Giocondo

 

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Cariatides 1511

 

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— VITRUVE, 1513,  De architectura, traduit par Giovanni Giocondo

https://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=/mpiwg/online/permanent/library/488D7ND1/pageimg&start=11&viewMode=images&pn=17&mode=imagepath

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Vitruve, traduction de fra Giocondo Atlantes 1513

 

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Vitruve, trad. fra Giocondo, cariatides 1513

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Renaissance
6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 14:55

Les termes (cariatides et atlantes) de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Una vergine corinthia.

 

 

Voir sur La Martyre (Finistère) :

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Je continue à colliger une documentation iconographique sur l'art à la grotesque, et sur l'École de Fontainebleau, pour servir de base de comparaison avec les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne (ou aux autres réalisations en France). 

 

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. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

 

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.Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

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J'avais déjà décrit cet ossuaire en décembre 2016, et j' avais étudié les sources des trois termes sculptés en kersantite par le sculpteur anonyme responsable, aussi, du Calvaire de Plougastel, et désigné sous le nom de Maître de Plougastel. 

J'ai, depuis cette date, recensé dans ce blog un certain nombre de réalisations témoignant en Bretagne de l'art de la Renaissance, soit sur le mode des Grotesques, soit sur celui "à l'antique", soit par l'emploi de Termes, ou Cariatides, ou Atlantes, soit encore, le plus souvent, dans une alliance de ces trois registres.

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INTRODUCTION.

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Les Termes, cariatides et atlantes peuvent peut-être caractériser la pénétration en Bretagne de l'art architectural classique (Seconde Renaissance), apparu en France à partir de 1540 sous l'influence des traités d'architecture de Vitruve , de Serlio, d'Androuet du Cerceau et de Philibert Delorme. Ce motif architectural peut servir de marqueur facile à repérer, et on le trouve dans la traduction de Vitruve par Giovanni Giocondo (Venise 1511), dans les modèles architecturaux de Serlio ou encore d'Androuet du Cerceau qui lui consacre en 1549 une série de 12 planches (36 types de termes).

On repère alors en premier lieu, dès 1553, les trois Termes du tombeau de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine, réalisé par l'angevin Jean de Lespine pour la collégiale de Champeaux, en Ille-et-Vilaine.

Puis on trouve en 1559, mais en Côtes d'Armor, les 4 Termes du campanile de Kerfons à Ploubezre. Ils coiffent la chapelle sud ou chapelle Saint-Yves rebâtie en 1559 par Claude de La Touche et dans laquelle repose Marquise de Goulaine (1500-1531), épouse de Renaud de La Touche-Limousinière et surtout fille de Christophe II de Goulaine. Cette introduction précoce de l'art classique trouve ses modèles dans la Porte Dorée de Fontainebleau datée de 1528 (pour la porte à encadrement de colonnes et agrafe à l'italienne en forme de S), dans les termes gainés du frontispice de Serlio (Venise 1537), dans les niches à la Philibert Delorme. Or, Marquise de Goulaine est la demi-sœur de Louise de Goulaine, toutes les deux étant les filles de  Christophe II de Goulaine (1445-1530). 

On peut suivre la trace de l'influence de cette famille de Goulaine dans la pénétration de la Renaissance en Bretagne dans le château de Maillé à Plounevez-Lochrist, puisque deux cartouches issus des modèles d'Androuet du Cerceau y montrent les armes de Maurice Carman (ou Kermavan) et de Jeanne de Goulaine, mariés en 1541. Mais l'aile Renaissance de ce château construit sous l'influence de Philibert Delorme ne présente pas, à ma connaissance, de cariatides.

Il était important de souligner le rôle de cette famille de la noblesse, dont les attaches en Touraine et Val-de-Loire sont notables, dans l'importation en Bretagne de la Renaissance, puisque, dans le Finistère et en particulier dans le Léon, c'est l'atelier du château de Kerjean (vers 1571-1590) qui introduisit, dans l'architecture religieuse, les décors inspirés de Serlio, Delorme et Du Cerceau.

Mais est-ce un hasard si la première apparition de ce style dans l'architecture religieuse en Finistère se fait en 1582 à Lanhouarneau sous un un écu, aujourd'hui martelé, qui portait mi-parti Maillé et Carman, armes de François de Maillé et de Claude de Carman  ?

Quoiqu'il en soit,  la valeur d'indice, sur ce décor de la Seconde Renaissance,   des cariatides et atlantes  s'avère appréciable, puisqu'on peut suivre grâce à eux la progression de l'atelier de Kerjean : après avoir examiné les deux termes en kersantite de l'entrée du château de Kerjean (v.1570-1595), nous les retrouvons au fronton du porche de Lanhouarneau (1582),  puis nous admirons les cariatides de la porte d'entrée du manoir de Trebodennic (1584) en Ploudaniel, , les termes de l'ossuaire de Sizun (1585), les 14 cariatides et atlantes de l'intérieur du porche de Bodilis (1570-1601),  le couple cariatide-atlante  de l'intérieur du porche sud de Saint-Thégonnec (1599-1605),  celui en kersantite surmontant le porche sud de Saint-Houardon à Landerneau (1604), avant de découvrir les six termes de l'ossuaire de Landivisiau (1610-1620), le couple de termes et la cariatide de l'ossuaire de La Martyre (1619),  et enfin le couple de la porte de l'ossuaire (1676) de Saint-Thégonnec. Entourant, comme à La Martyre, une statue de saint Pol-de-Léon, ce dernier a tant de points communs avec ce site qu'il semble en être une copie, inférieure à l'original.

On les comparera aussi, pour la sculpture en bois aux 14 cariatides et atlantes du jubé de La Roche-Maurice, et à ceux du jubé de Saint-Nicolas en Priziac.

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Je découvre aujourd'hui, dans ce 2ème article sur l'ossuaire de La Martyre,  le modèle de la cariatide de l'angle en pan coupé de l'ossuaire : le Quatrième Livre d'architecture de Sebastiano Serlio, publié à Venise en 1532 et traduit en français à Anvers en 1542. Cela me permet de désigner dorénavant la jeune personne sous le qualificatif de "la vierge corinthienne".

 

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Glossaire

TERMES.

 Dans l'antiquité, borne qui marquait la limite d'un terrain, d'un champ, qui matérialisait une frontière. Terminus  est une divinité romaine qui est le gardien des bornes. Il fut d'abord représenté sous la figure d'une grosse pierre quadrangulaire ou d'une souche puis, plus tard, on lui donna une tête humaine placée sur une borne pyramidale (un terme) qui servait de limite aux particuliers ou à l'État. Il était toujours sans bras et sans pieds, afin qu'il ne pût changer de place.

Architecture. Statue représentant un buste d'homme ou de femme dont la partie inférieure se termine en gaine et qui sert d'ornement. 

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CARIATIDE

Une cariatide est une statue de femme drapée et debout, dont la tête sert de support à un entablement, une architrave ou une corniche.
Dans un ensemble architectural ou dans un meuble, elle s'emploie à la place d'une colonne ou d'un pilastre.

Parfois leurs bras ne sont figurés que par des tronçons : le bas du corps se termine souvent en gaine. Lorsque les cariatides portent sur la tête une corbeille formant un chapiteau, on les appelle canéphores.
Lorsque le personnage est représenté par un homme, la cariatide prend le nom d'Atlante ou de Télamon, sorte d'Hercule soutenant l'architrave sur ses épaules courbées.

Le nom, féminin, apparaît dans notre langue en 1546 (Caryatidecomme substantif ou comme adjectif qualifiant des colonnes dans l'Hypnerotomachie ou Discours du Songe de Poliphile de J. Martin, folio 14r (Caryatides canelees). Ces colonnes encadrent une porte dont l'architecture est minutieusement décrite. 

La deuxième apparition de ce nom en français, sous la forme moderne cariatide, se fait en 1550 dans le troisième livre d'architecture de Sebastiano Serlio (S. Serlio, Des Antiquites. Le troisiesme livre translaté d'italien en franchois, chap. III, 2 v.).

Etymologie : Le nom serait, par un emprunt à l'italien cariatide au latin impérial caryatides, du grec κ α ρ υ α ́ τ ι δ ε ς, subst. fém. plur., proprement « femmes de Karyes (bourg de Laconie) »,   D'après Vitruve, 1, 1, 5 ces femmes emmenées captives après la destruction de Karyes qui avait soutenu les Perses lors de l'invasion de Xerxès, servirent de modèle aux statues construites en forme de colonnes. Pour des raisons historiques et archéologiques il semble plutôt que κ α ρ υ α ́ τ ι δ ε ς désigne des jeunes filles célébrant les fêtes d'Artémis Karyatis ainsi nommée en raison du temple où on l'honorait à Karyes. 

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Porche sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Porche sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

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De chaque coté de saint Pol de Léon, les deux termes, l'un féminin et l'autre masculin, soutiennent une volute. Ils ont les mains dans le dos, et le bas du corps est un fût sous un pagne de feuillage, cette transition par une feuille d'acanthe assurant le passage entre l'humain et le minéral.

 

Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

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L'un des modèles possibles est le frontispice du Quatro Libro de la Règle générale d'architecture de Sebastiano Serlio, dans l' édition italienne parue à Venise en 1537.

Les sources de Sebastano Serlio pour ces termes sont étudiées par Raphaël Tassin ici :

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02903415/document

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Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Terme féminin (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Terme féminin (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Terme féminin (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Terme féminin (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Terme masculin (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Terme masculin (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Terme masculin (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Terme masculin (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

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Comparaison avec le fronton du porche sud (1604) de Saint-Houarnon à Landerneau.

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La ressemblance est frappante, notamment sur le détail du collier et de la coiffure de la cariatide.

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Porche sud (1604) de Saint-Houarnon à Landerneau, photo lavieb-aile.

Porche sud (1604) de Saint-Houarnon à Landerneau, photo lavieb-aile.

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Comparaison avec le fronton de l'ossuaire (1676) de Saint-Thégonnec.

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Ossuaire (1676) de Saint-Thégonnec. Photo lavieb-aile.

Ossuaire (1676) de Saint-Thégonnec. Photo lavieb-aile.

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La cariatide de l'angle sud-ouest de l'ossuaire.

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Ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Cariatide  (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Cariatide (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

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On en trouve le modèle assez convainquant dans le dessin d'une cheminée du Quatrième Livre d'architecture de Sebastiano Serlio, publié à Venise en 1532 et traduit en français à Anvers en 1542. Dans son texte, l'auteur explique qu'il a représenté en guise de colonne la  vierge de Corinthe qui, selon Vitruve, est à l'origine du chapiteau corinthien.

Il n'explique pas pourquoi ses deux cariatides ont deux paires de seins ; ni pourquoi le bandage de leurs jambes (qui laisse voir les pieds, à la différences des "termes" proprement dit) laisse échapper des jeunes feuilles. Et le Maître de Plougastel ne l'a pas suivi sur ces deux points.

L'emblème central, un globe qui éclate sous la pression de flammèches (ou feuilles) est peut-être en rapport avec cette pulsion vitale qui fait naître les feuilles entre les bandages, comme elle a su faire croitre le plant d'acanthes écrasé par un vase, dans la légende qu'on lira ci-dessous.

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Sebastiano Serlio, Cheminée corinthienne, quatrième livre sur les ordres, ou Reigles generales/ de l’Architecture, sur/ les cincq manieres d’e/difices, ascavoir, Thus/cane, Doricque, Ionicque,/ Corinthe, & Compo/site, auec les exemples/ danticquitez, selon la/ doctrine de Vitruve. Anvers 1542, traduction par Pieter Coecke van Aelst. Deuxième édition Anvers 1545

Regole generali di architettura di Sabastiano Serlio Bolognese : sopra le cinque maniere de gliedifici, cioe, thoscano, dorico, ionico, corinthio, e composito ; con gli essempi de l'antiquita, che per la maggior parte concordano con la dottrina di Vitruuio Venise, F. Marcolini, 1532

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/Serlio1542Index.asp

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/12648-regles-generales-de-l-architecture-sur-les-cinq-manieres-d-edifices?offset=1

https://archive.org/details/regolegeneralidi00serl

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Serlio1542.asp?param=

 

 

 

 

 

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Sebastiano Serlio, Regoli generali di architetura, Venise F. Marcolini, 1537

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"En une salle ou grande chambre appartient aussi une cheminée de grande formosite, proportionnée selon le lieu, laquelle dût avoir spacieuse ouverture : pourtant, veut-on faite les modillons suffisant à telle saillie, occuperont deux places des cotés ; mais à tel sujet j'entends de faire un pilier plat, et devant celui-ci une ronde colonne séparée de l'autre, en sorte qu'entre les deux colonnes reste quelque espace, et en cette manière aisément [aisance] et décoration

Et ainsi que j'ai dit au commencement de ce chapitre, que cette mode Corinthe a son origine d'une pucelle, de la même ville de Corinthe, à cette cause je l'ai voulu constituer servant de colonne. La hauteur donc et latitude de l'ouverture située selon la place, sera l'altitude de celle-ci divisée en neuf mesures, et l'une d'elles sera pour le chef [la tête] de la fille, et le résidu de la figure formée et bandée ainsi qu'on voit.

La dérivation du chapiteau corinthien fut d'une pucelle de Corinthe, mais pour ce que Vitruve au quatrième livre chapitre premier de sa dérivation, a celle cause ne m'empêcherai plus avant d'en faire narration. Néanmoins je veux bien dire que si l'on avait faire quelque Temple pour la Vierge Marie, ou pour autres saints ou saintes de vie virginale, pareillement quelques maisons ou sépultures pour aucunes personnes de necte chaste et honnête vie, l'on pourrait user de cette manière."

 

« L'architecte romain Vitruve donne une explication légendaire aux chapiteaux corinthiens dotés de feuilles d'acanthe : 

« Une jeune fille de Corinthe […] fut atteinte d'une maladie qui l'emporta ; après sa mort, de petits vases […] furent recueillis par sa nourrice, arrangés dans une corbeille et déposés sur sa tombe, et […] elle les recouvrit d'une tuile. Cette corbeille avait été par hasard placée sur une racine d'acanthe […]. Cette racine poussa vers le printemps des tiges et des feuilles […]. Le sculpteur Callimaque, […] passant auprès de ce tombeau, aperçut ce panier […]. Charmé de cette forme nouvelle, il l'adopta pour les colonnes qu'il éleva à Corinthe". Vitruve, De architectura, 15 avant J.-C.

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Cet abrégé s'enrichit de la lecture du texte de Philibert de L'Orme (Architecture, Livre VI) :

"Duquel l'invention est attribuée à un nommé Callimachus; qui pour l'excellence & subtilité de son art, en matiere de tailler marbres, fut par les Atheniens surnomé Catatechnos, c'est à dire homme industrieux & plein d'artifice. L'invention en fut telle: Advint un jour qu'apres le deceds & inhumation de quelque jeune fille Corinthienne, sa nourrice, en consolation de ses douleurs, se souvint que ladicte fille en son vivant vouloir prende grandissime plaisir à aucuns vases qu'elle avoit: parquoy en memoire de ce, elle les mist tous dans un panier, & les porta sur la sepulture de sadite fille, pour le soulagement de ses douleurs & recordation de la defuncte. Et afin qu'ils fussent long temps conservez, & deffendus contre l'injure du temps & des pluyes, elle couvrit le panier d'une grosse tuile. Mais notez que par cas fortuit ledit panier fust mis sur une racine d'Acanthe ou branque Ursine, laquelle par succession de temps, pour este empechée & pressée du susdit panier, elle jecta ses tiges environ le printemps tout à l'entour dudit panier, tellement que ainsi que l'herbe croissoit autour d'iceluy, la tuile l'empechoit de monter, & la rabbatoit sur les bords & coings: de sorte qu' elle estoit contrainte de se courber & descendre contre bas: quasi comme vous le voyes aux rouleaux & volutes des chapiteaux qu'on fait aujourd'huy. Passant donc se susdit Callimachus aupres du sepulchre de la susdite Vierge Corinthienne, & voyant l'artifice de nature envers ledit Acanthe & panier, il pratiqua & prit de là l'ornement du chapiteau Corinthien, tel que vous le verrez cy-apres, & pourrez aussi voir au premier chapitre du quatrieme livre de Vitruve. Mais devant qu'entrer à la description dudit chapiteau Corinthien, il me semble qu'il sera tres bon de parler premierement de sa colomne, basse & stylobate."

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En résumé, cette jeune femme est la Vierge corinthienne sur la tombe de qui un vase fut placé sur un plant d'acanthes. Leurs feuilles, contraintes et rabattues, sont à l'origine du  chapiteau corinthien, avec ses volutes.

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On  retrouve la trace de ces rubans gainant les jambes tout en produisant des feuilles dans l'encadrement de l'enluminure de saint Louis dans le Recueil des rois de France par le Maître de Henri II, BNF fr 2848, daté vers 1545-1547 :

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Maître de Henri II, v.1545 "Jean du Tillet, Recueil des rois de France", BnF 1248 f.90r

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Cariatide  (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Cariatide (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Cariatide  (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Cariatide (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Cariatide  (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Cariatide (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Cariatide  (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Cariatide (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

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AUTRES DÉTAILS D'ARCHITECTURE.

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Les modillons ou agrafes.

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Modillon   (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Modillon (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Modillon   (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Modillon (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

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Un chapiteau.

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Chapiteau corinthien    (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Chapiteau corinthien (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

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Les masques feuillagés.

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Masque feuillagé (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Masque feuillagé (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Masque  (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

Masque (kersanton, Maître de Plougastel, 1619) de l'ossuaire de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, par Fons de Kort.

— ​​​​​​KEROUANTON (abbé) / PÉRÉNES (Henri), 1931, Notice sur La Martyre, BDHA page 173 ; page 225 ; page 281.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1931.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

— LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques, Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

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—Androuet du Cerceau (Jacques), Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

—Androuet du Cerceau (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

—Androuet du Cerceau (Jacques), Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

—SERLIO (Sebastiano ), Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

—SAMBIN ( Hugues), (Lyon, 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture eduict en ordre par Maistre Huges Sambin  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

— VIGNOLE 1562, La Règle des cinq ordres d'architecture

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6327303x/f11.planchecontact.r=delagardette.langEN

— VITRUVE De architectura M. Vitruvius per Jocundum solito castigatior factus cum figuris et tabula, traduit par Fra Giovanni Giocondo en 1511 à Venise avec 136 gravures sur bois

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/CESR_2994.asp?param=

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Published by jean-yves cordier - dans Renaissance Sculpture Chapelles bretonnes.
4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 11:08

Le calvaire (kersantite, XVIe siècle vers 1550, atelier Prigent, et anonyme, 1910)  de la chapelle de Lambader en Plouvorn.

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— Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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PRÉSENTATION.

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Nous disposons de deux descriptions analytiques (en dehors des brèves mentions) du calvaire qui se dresse aujourd'hui sur le placître de Lambader, celle d'Yves-Pascal Castel en 1980, et celle d'Emmanuelle Le Seac'h en 2014.

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Yves-Pascal Castel décrit en 1980 un monument en granite et kersantite de 6 mètres de haut, datant du XVIe siècle et XIXe siècle, débutant par un soubassement à trois degrés et un socle cubique, sur lequel se dresse un fût rond à écots. Puis vient la partie en kersanton (de teinte plus sombre) avec un croisillon portant deux statues géminées, celles de la Vierge couplée à Marie-Madeleine, et celle de Jean couplée à saint Pierre, dont la tête est manquante. Puis  au centre un écu et la croix à branches rondes et le crucifix. La description est complétée par un schéma.

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Yves-Pascal Castel, 1980, croquis du calvaire de Lambader.

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Yves-Pascal Castel, dans un article de 1995, complète ces informations. Les vestiges de croix, en kersantite, réunis au fond de la chapelle, coté nord sont à mettre vraisemblablement en relation avec les statues géminées  de la Vierge et de la Madeleine, de Jean et de Pierre replacées sur le calvaire de l'enclos à l'époque moderne par une famille qui l'a timbré du blason aux trois tours de Crec'hquerault (?)". Ces vestiges sont 1. un nœud creusé d'une large cavité pour l'assemblage à un fût, 2. un autre nœud creusé d'une large cavité pour recevoir la croix ; (l'un des deux est orné d'anges et assorti d'une console pour porter une statue), 3. un écusson aux cinq plaies, 4. un Christ mutilé.

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En 2014, Emmanuelle Le Seac'h attribue une partie de ce calvaire à l'atelier des frères Prigent, de Landerneau, atelier actif de 1527 à 1577. "À Plouvorn, le calvaire de Lambader porte une statue géminée de la Vierge avec Madeleine qui est de l'atelier ainsi que l'ange au blason chargé de trois tours, armes des Audren de Kerdrel, sur le milieu du croisillon. Au revers se trouve l'emblème des Cinq-Plaies;" (p. 169 et page 331) Précision page 137 : "À Plouvorn, à la chapelle de Lambader, l'écu est chargé des trois tours des Kerdrel de Kéruzoret, dont le blason est de gueules à trois tours couvertes d'or, maçonnées de sable (Potier de Courcy, Nobiliaire)"

E. Le Seac'h signale aussi page 337 que deux statues  en kersantite, des niches occidentales de la chapelle Saint-Trémeur du Manoir de Keruzoret, en Plouvorn sont à attribuées au Maître de Plougastel, plus tardif (1570-1621).

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Enfin, nous disposons d'un document datant de 1845.  C'est une peinture d'Auguste Mayer pour les Voyages Pittoresques de Nodier et Taylor. Le soubassement, le croisillon et sa croix semblent identiques, mais il faut remarquer au moins quatre différences : le fût, polygonal et non écoté ,  la présence d'une Vierge à l'Enfant du coté oriental : la présence d'une autre statue au pied du fût, coté oriental. l'existence d'anges sous les  trois consoles (celles des 2  croisillons et celle de la Vierge à l'Enfant). Nous ne voyons pas d'anges portant un écu, et la moulure perlée du croisillon ne semble pas être interrompue par un nœud.

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Croix de Lambader, peinte par Mayer, lithographie Sabathier et Mathieu, dans Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Bretagne par MM. Ch. Nodier, J. Taylor et Alph. de Cailleux 1845-1846

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Enfin, Kristian Gallic   indique dans le bulletin Plouvorn Infos que le calvaire  a été remonté sur le placître de la chapelle pour le 15 août 1910. Et que le crucifix date du XXe siècle.

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DISCUSSION.

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Il est à mon sens  assez facile de confirmer l'attribution des personnages à Bastien Prigent (ou à son frère), grâce à deux traits stylistiques propres à cet atelier : les trois larmes en triangles sous chacun des yeux de la Vierge, ainsi que son voile "coqué" (c'est à dire d'allure rigide) et plié au dessus et sur les cotés du visage par un pli caractéristique, comme s'il était empesé. Les articles de mon blog en donnent maints exemples. Si les trois larmes se trouvent également chez le Maître de Plougastel et chez Roland Doré,  le voile coqué et plié ajoute un critère supplémentaire.

Ces larmes se retrouvent souvent sur le visage de Jean, mais ici, la tête a été brisée et remplacée par une autre, de belle facture certes mais étrangère à l'atelier (même si je n'ai pas la caution d'E. Le Seac'h, qui est muette sur ce point).

Un autre détail stylistique est le bandeau occipital de Marie-Madeleine, qui couvre l'occiput et fait retour derrière la nuque. Là encore, je l'ai décrit très souvent, et  sil n'est pas spécifique des Prigent, il l'est de la statuaire bretonne du XVIe siècle.

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Par contre, je rejoins Y.-P. Castel pour ne pas attribuer aux Prigent le nœud portant le blason aux trois tours, et de l'autre coté les cinq plaies. La première raison est qu'il est d'une facture récente, absolument pas altérée par le temps. Une deuxième raison est que le motif aux cinq plaies, qui est lui, très altéré, est conservé dans la chapelle : nous avons donc sur le calvaire une copie.

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Discussion héraldique.

Le blason aux trois tours correspond aux armes de la famille Audren de Kerdrel. Mais cette famille est possessionnée au XVIe siècle sur la paroisse de Lannilis, et ne s'est installée, au château de Keruzoret en Plouvorn, que vers 1830. Ce château, construit vers 1550, avait appartenu aux Le Borgne de Kervennec, puis aux Le Borgne de Keruzoret (d'azur à 3 huchets  [ou gresliers] d'or, liés et virolés de même).  Jean-François Le Borgne, comte de Keruzoret, enseigne de vaisseau, 1701-1792, est mort à Jersey (en émigration) le 5 mars 1792, et son fils Alexandre  y est décédé en septembre 1791.  De retour en Bretagne, Jean-François Le Borgne de Keruzoret, autre fils de Jean-François, épousa Marie Le Borgne de la Tour . Leur fils ainé fut tué en duel sous la Restauration. Leur fille Sidonie, née à Keruzoret en 1811 va s'allier aux de Kerdrel :

— Jean Casimir Audren de Kerdrel (Lesneven 1781-1813) x1805 Zoë Calloët de Lanidy , d'où

— Casimir Audren de Kerdrel 1807-1862 x  Sidonie Le Borgne de Keruzoret 1811- d'où

— Amaury  Audren de Kerdrel, (conseiller général du Finistère, maire de Plouvorn de 1880 à 1921)  1837-1921. Il fit restaurer le manoir de Keruzoret en 1865.  Il épousa le 16 juin 1862   Allyre Cécile Renée  De Pluvié,  1841-1921 d'où

— Amaury  Casimir Audren de KerdrelL, Vicomte 1866-

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Sachant que la chapelle, fondée par Marc de Troérin (Une fasce ondée accompagnée de six besants) en 1481, a été rebâtie en 1877 notamment avec l'aide d'Amaury Audren de Kerdrel, qui fit  réaliser un bénitier en kersanton portant les armes des Le Borgne de Keruzoret, on conclut que les armoiries du calvaire datent de la restauration du calvaire en 1910 et sont celles de la famille de Kerdrel. C'est ce que confirme H. Pérennès : "Dans l'enclos de Lambader on voyait, aux premières années du XXème siècle, les restes d'une croix bosselée, avec deux anges tenant des écussons frustes. Cette croix a été restaurée en 1910. Elle porte les statues du Christ, de la Vierge, de saint Jean, d'une sainte femme et de saint Pierre. Aux pieds du Christ un ange présente un écusson chargé de trois tours, blason des Audren de Kerdrel."

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AU TOTAL

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Ce calvaire est composite et associe deux statues géminées en kersanton de l'atelier des Prigent (vers 1550), à un Christ,  à un nœud de croisillon dont les armes aux trois tours (Audren de Kermel) et à un nœud au  motif aux Cinq Plaies en kersanton, qui sont datables de 1910. Un document de 1845 permet de connaître à peu près la disposition ancienne incluant des anges, une Vierge à l'Enfant et un autre personnage. 

Les vestiges sculptés dans le kersanton et conservés dans la chapelle sont peut-être  en partie issus du calvaire du XVIe siècle, mais cette hypothèse devrait être étayée par des mensurations et rapprochements plus précis, et par une étude stylistique. Néanmoins, la présence du fragment de nœud aux Cinq Plaies semble cohérente.

Les larmes de la Vierge au pied de la Croix, et la composition aux Cinq Plaies (celles des mains et des pieds du Crucifié et plaie du cœur valant pour celle du flanc droit) témoignent d'un culte très ardent en Bretagne dès le XVe siècle pour la contemplation participative des souffrances du Rédempteur sur la Croix, culte d'origine ducale expliquant la fondation de très nombreux calvaires aux XVIe et XVIIe siècles.

Dévotion franciscaine aux Plaies du Christ à la cour ducale de Bretagne au XVe siècle : l'exemple d'Isabelle Stuart méditant devant la Pietà, étudié par les enluminures.

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On retrouve ces larmes sur une statue en kersanton conservée dans l'église, celle de Notre-Dame des Douleurs et ses sept poignards.

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LE COTÉ OCCIDENTAL.

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Le calvaire n'est pas à son emplacement initial, mais il est correctement orienté, avec le Crucifix tourné vers le soleil couchant.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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La Vierge au pied de la Croix, statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ).

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Saint Jean l'évangéliste, statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ).

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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L'ange portant le blason aux armes d'Audren de Kerdrel, sur le nœud du croisillon (anonyme, kersantite, 1910).

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Nœud ouest (kersanton,  anonyme vers 1910)  du calvaire de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Nœud ouest (kersanton, anonyme vers 1910) du calvaire de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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LE COTÉ ORIENTAL. MARIE-MADELEINE, SAINT PIERRE ET LES CINQ-PLAIES.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Marie-Madeleine portant son flacon d'aromates, statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ).

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ) de la Vierge et de sainte Marie-Madeleine.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Statue  (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ) de saint Pierre .

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ) de saint Pierre et de saint Jean.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Les Cinq Plaies, kersantite, nœud sculpté du croisillon (XXe siècle)

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Les Cinq Plaies, kersantite, nœud sculpté conservé dans la chapelle.

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Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile  2020.

Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2020.

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Fragment d'un Christ en croix en kersantite, conservé dans la chapelle.

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Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile  2020.

Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2020.

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Vierge des Sept Douleurs, kersantite, chapelle de Lambader.

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Vierge des sept douleurs, kersantite, chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile  2020.

Vierge des sept douleurs, kersantite, chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2020.

Le calvaire de Lambader en Plouvorn.

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Armoiries des Le Borgne de Keruzoret, bénitier du bas-coté sud, XIX ou XXe siècle, kersantite.

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Bénitier du bas-coté sud, XIX ou XXe siècle, kersantite, chapelle de Lambader

Bénitier du bas-coté sud, XIX ou XXe siècle, kersantite, chapelle de Lambader

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ANNEXE.

I. CATALOGUE DE L'ATELIER PRIGENT.

Extrait de Emmanuelle Le Seac'h, 2014, "Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les Ateliers du XVe au XVIIe Siècle".  Presses Universitaires de Rennes.  PAGE 166

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent

 

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"Outre les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), on conserve de l'atelier des Prigent 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier.

Les 13  croix et calvaires complets:

Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré.

-Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

-Le Tréhou, croix de l'ouest du bourg -

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572, signée des Prigent

-Le Crucifié avec une pietà :

-Lanhouarneau, croix de Kerlaouérat, attribué à Henri Prigent.

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages C, V, J. . Le Christ crucifié est entouré de la Vierge et Jean sur le croisillon.

-Calvaire du sud du bourg de Saint-Servais.

2°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages (statues géminées du croisillon) ou 6 personnages (toutes les statues sont géminées, y compris celles du centre ).

-Saint Derrien, 1557 ?, C, V, J, saint Georges et pietà.

-Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, saint Hervé au revers du Crucifié, le guide et le loup géminé avec la Vierge. Saint Houarneau sous le Crucifié

-Pleyben, chapelle Saint-Laurent, 6 personnages : Crucifié/Christ ressuscité, Vierge / Laurent, Jean/évêque. On reconnaît ici le style de Bastien Prigent.

-Bourg-Blanc, calvaire du cimetière, Crucifié/Christ aux liens, et croisillon à 3 personnages Vierge, Jean et Marie-Madeleine géminées aux trois acteurs de saint Yves entre le Riche et le Pauvre.

-Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous., attribué à Henri Prigent.

3°) Calvaire à deux croisillons.

-Loc-Brévalaire, église : Jean/Yves et Madeleine / Brévalaire, Christ aux liens/ pietà, selon le style délié de Bastien Prigent.

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Les 17 vestiges de croix et calvaires :

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-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : le Crucifié et l'ange orant, attribués à Henry Prigent  Dans la chapelle elle-même, d'autres statues de Prigent, qui faisaient partie du calvaire, sont représentées dos à dos : celles de Saint Paul Aurélien et d'un saint non identifié, ainsi que de saint Nicolas une pietà et un "Christ ressuscité" .

-Dinéault, Calvaire de l'église Sainte Marie Madeleine. les Prigent ont travaillé sur le piédestal supportant le calvaire, Bastien Prigent a sculpté Marie-Madeleine, la tête levée vers Jésus sur la croix et Jean-l'Évangéliste debout, la tête baissée et le front plissé, tandis que François d'Assise est représenté et, à l’avant du piédestal, un bas-relief représentant un moine tenant un tissu sur lequel est gravé un visage sacré. Ces œuvres datent de 1550. Les statues sur la traverse ne sont pas de l'atelier des Prigent, mais datent de 1696 et représentent  des statues géminées de la Vierge jumelées à Saint Sébastien, un évêque soutenu par un pietà, Marie-Madeleine agenouillée soulevant le couvercle de son pot à onguents et Jean l'évangéliste s'associe à Saint Pierre, tandis que la sculpture de Jésus crucifié renversé avec un "Christ aux liens" est attribuée à l'atelier de Roland Doré. Ce calvaire a une hauteur de 6,00 mètres. D'autres sculptures de Prigent peuvent être vues dans l'église Sainte Marie Madeleine elle-même

 

-Guiclan, calvaires de la Croix-Neuve et de Kersaingilly. Il y a deux calvaires dans la région de Guiclan. Parmi les sculptures impliquées dans le calvaire de la Croix-Neuve, seules la statue de Sainte Véronique et la Vierge à l'Enfant sont de l'atelier Prigent. Le calvaire est simple et contient des statues de Sainte Véronique et de la Vierge Marie avec un enfant placé de chaque côté de la représentation du Christ crucifié. Le calvaire de Kersaingilly présente des représentations de Saint Yves, le Christ crucifié inversé avec la Vierge Marie avec son enfant et Saint Gilles. L'atelier des Prigent ne travaillait que sur la statue de Saint Yves. Bastien Prigent est attribué au travail. Saint Yves est représenté dans la robe d'un avocat. Cette statue venait de La Roche-Maurice et a été ajoutée au calvaire lors de sa restauration en 1889 par Yan Larhantec.

-Guissény,  calvaire du cimetière de l'église. Il porte l'inscription "J. Habasc gouver (neur) 1555" et les statues sont attribuées à Henry Prigent. Le calvaire était à l'origine situé en la chapelle Saint-Yves à Kervézennec, mais après la mission de 1920, il a été érigé à Guissény par le restaurateur Donnart. Le calvaire a une représentation de la Vierge Marie adossée à une représentation de saint Yves, du Christ crucifié inversé avec un "Christ lié" et de Jean l'évangéliste soutenu d'une représentation d'un évêque. La tête de Jean l'évangéliste a disparu et la tête de l'évêque n'est pas la tête d'origine.

-Kerlouan : Croix Saint-Sauveur : Trinité de Bastien Prigent.

-La Forest-Landerneau : cimetière haut : statues géminées Jean/autre saint et Vierge/Madeleine et Pietà : présence des 3 larmes.

-La Forest-Landerneau : cimetière bas : Marie-Madeleine agenouillée au pied de la Croix.

-Landerneau : Le calvaire de la Croix-de-la-Vierge. Il y a une pietà de Henry Prigent mélangée à d'autres statues qui datent de 1681.

-Lanneufret : Calvaire de l'église. Des statues géminées de l'atelier Prigent (la Vierge, associée à un "Christ liė", une pietà et à Jean l'évangéliste, associé à un moine), sont associées à une crucifixion du XXe siècle. 

-Le Folgoët Calvaire de l'église Notre Dame. La pietà de l'atelier Prigent sur la face ouest du calvaire est associée à une représentation du cardinal de Coëtivy par le maître du Folgoët et à une crucifixion attribuée à la Maître de Plougastel.

-Le Folgoët, musée  : vestige d'un Crucifié par Bastien Prigent.

-Plonevez-Porzay : Calvaire de l'église. Le Crucifié et un ange portant un titulus sont attribués à l'atelier de Prigent. 

-Ploudaniel, calvaire de l'église : Dans la chapelle Saint-Éloi se trouvent les restes de deux calvaires. Il y a une statue géminée de Jean/un autre saint et un "Christ aux outrages". 

-Ploudaniel : calvaire de la chapelle Saint-Pétronille. Sont attribuées à l'atelier de Prigent  les statues de Saint-Pétronille et de Jean l'évangéliste de Bastien Prigent et près du corps de la croix, une Marie-Madeleine attribuée à l'atelier.

-Quimper, jardin du cloître de l'église Notre-Dame de Locmaria de Quimper, restes d'un calvaire . À l'atelier Prigent est attribué à une statue géminée de la Vierge/Saint-Pierre.

-Plouider, calvaire à Brondusval : Il ne reste plus grand chose du calvaire mais les statues de saint Yves, de saint Fiacre et d'un saint non identifié sont attribuées à l'atelier de Prigent. 

-Plouhinec, calvaire de la "Maison du sculpteur Quillivic" Il s’agit d’un calvaire contemporain où l’image du Christ crucifié est remplacée par la partie supérieure du cadre d’une fenêtre gothique. Le calvaire a des statues géminée de la Vierge /saint Yves et de Jean

-Plouvorn, calvaire de la chapelle de Lambader : des statues de la Vierge Marie et de Marie Madeleine sont de l'atelier des Prigent qui ont également sculpté le blason d'Audren de Kerdrel et l'emblème des "Cinq-Plaies" .

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A cette liste, on peut ajouter les calvaires de Fayet, un compagnon des Prigent au style « si proche de celui des sculptures des Prigent qu'il est parfois difficile de le différencier », s'il n'avait signé de son nom le calvaire de Lopérec avec la date de 1552.

Il rentrerait dans la liste des calvaires à deux croisillons avec la Vierge/Pierre et Jean/Marie-Madeleine en bas, les deux cavaliers de la Passion sur le 2ème croisillon et le Crucifié au dessus, avec le Christ aux liens au revers et deux anges au calice sous le Crucifié. Marie-Madeleine est au pied de la croix.

E. Le Seac'h lui attribue aussi :

Le haut du calvaire du cimetière du calvaire de Laz : le Crucifié, les anges au calice, et l'Ecce Homo au revers.

Le Christ mutilé de Coat-Nant en Irvillac.

Le vestige du Crucifié du jardin du Doyenné au Folgoët.

Le vestige du Crucifié du pignon de l'école Notre-Dame du Tromeur de Landerneau

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II. STYLISTIQUE « REALISTE » DE L'ATELIER PRIGENT.

Henri (frère ou fils de Bastien) est le moins habile. Bastien, par sa manières plus souple, qui produit un effet expressionniste, voire maniériste, contraste avec le hiératisme , la raideur des réalisations d' Henri.

a) Le Crucifié :

Les yeux en amande à l'arcade sourcilière cassée

Les mèches de cheveux quine sont pas collés au cou, laissant un vide = un espace ajouré entre les mèches de cheveu et le visage.

La couronne tressée 

Les yeux clos

Les grandes narines
La bouche charnue aux lèvres entrouvertes.

Une barbe étagée ou bifide

un torse étiré, aux côtes horizontales déployées en éventail ; le nombril en forme de bouton

Un pagne volant, noué sur le coté par une brande boucle

b) La Vierge

Elle porte une guimpe montant jusqu'au menton et un voile coqué.

Trois ou cinq larmes coulent sur la joue , en forme de patte d'oiseau avec une larme plus grande au milieu

Vierge de pietà : agenouillée, se tenant bien droite, le visage impassible, elle tient son Fils dans ses bras, le corps de celui-ci renversé en diagonale, en appui sur le genou de sa mère.

c) Marie-Madeleine agenouillée (Pleyben et Plougonven, Bastien Prigent) : tête inclinée en arrière, elle porte une robe aux plis lourds et harmonieux. Son voile a glissé sur son dos.

d) Par ailleurs

Visages rectangulaires ou ovales. Arcades sourcilières « aiguisées ». Les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides.

"Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, leurs Vierges de Pitié , de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés. L'appartenance au même atelier se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus."

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Fayet se distingue par :

un style sévère avec des Crucifiés raides

l'association de la statuaire gothique et d'un décor renaissance, avec les fleurons godronnés entourés d'un galon décoratif, des consoles moulurées et des feuilles d'acanthe sur le culots.

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SOURCES ET LIENS.

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—CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère Plouvorn n°2386.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

2386. Lambader, placître, g. k. 6 m. XVIè, XIXè s. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût rond, écots. Croisillon, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre (décapitée). Croix, branches rondes, crucifix, écu. [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, A la découverte des croix monumentales, Plouvorn.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3fb594a410e97c243be96830ef21eeda.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— COUFFON, René), LE BARS, Alfred), . Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

— GALLIC (Kristian), Le jubé de Lambader

https://www.youtube.com/watch?v=R8v-UGsxanQ&ab_channel=DanielleRopars— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat brochure in-8°, 88 pages.

 — GALLIC (Kristian), PLOUVORN INFORMATION mars 2017 n°3 

https://fr.calameo.com/read/0047577681bc06131f887

— LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages. Non consulté.

"La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument." https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1911_num_27_2_4166

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

— PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

 

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

 

— FAUJOUR (Marc), La chapelle Notre-Dame de Kerzéan à Plouescat, ARMMA-SAPRAT : les armoiries possibles d'Audren de Kermel.

https://armma.saprat.fr/monument/plouescat-chapelle-notre-dame-de-kerzean/

— L'UNIVERS 27 septembre 1877 Inauguration de la chapelle restaurée sur l'initiative du recteur Hellard. Bénédiction par l'évêque en présence de la comtesse de Kerdrel. Promesse d'indulgence le jour du Pardon le lundi de Pentecôte.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-keruzoret-plouvorn/0fabf1a2-bd3c-4ed6-ae2b-055ceffcfe5f

—DIVERS, YOUTUBE

https://www.youtube.com/watch?v=CNQ221jkJZQ&ab_channel=ValentinDluz

https://www.youtube.com/watch?v=k9rsmv2Ih6g&ab_channel=XavierBoderiou

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— WIKIPEDIA

Famille Audren de Kermel

https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Audren_de_Kerdrel

Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Prigent Chapelles bretonnes. Sculpture
2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 12:26

La chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé VI. La tribune ou jubé . (1724)

 

 

 

 

Note : en 2020-2021, la chapelle est fermée pour une restauration générale sous la maîtrise d'œuvre de Madame Marie-Suzanne de Ponthaud.

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— Sur la chapelle Notre-Dame de Berven, voir :

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Sur les jubés :

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PRÉSENTATION.

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"Dès l'achèvement du gros-œuvre, on construisit, en 1607, un chancel de granite ; le dessin de ses colonnes à cannelures garnies d'un jonc et de ses chapiteaux doriques surmontés d'une double corniche à fort relief se retrouve dans les piédroits d'une cheminée ornant une salle en étage située au bout de l'aile gauche du château de Kerjean. Très vite, il apparaîtra trop austère, et, vers le milieu du XVIIe siècle, il sera complété, au Nord et au Sud, par un chancel en bois à chapiteaux corinthiens d'un style Renaissance plus adouci, déjà presque baroque, dans lequel s'intégreront des sculptures, le groupe de l'Annonciation et des bas-reliefs représentant des apôtres, des saintes et des vertus."

 

"En 1724, ce chancel sera transformé en jubé par l'adjonction d'une tribune reliée au premier étage de la sacristie. L'iconographie de son décor indique une modification du statut de la Vierge puisque c'est surtout son aspect douloureux qui y est souligné : en effet, si les vertus théologales témoignent de l'aspect doctrinaire de l'iconographie de la Contre-Réforme, les prophètes à phylactère, les versets du Magnificat et du Cantique des Cantiques sont mêlés aux scènes dramatiques de la Passion en hauts reliefs, à la citation d'un hymne à la croix rédemptrice, et à la représentation d'un groupe du calvaire, prolongée sur la face interne par des panneaux peints figurant les instruments de la Passion." (Roger Barriè 1982)

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724, en rouge) et clôture (1607 et milieu XVIe, en bleu) sur un plan M.H. de Ponthaud ACMH.

Tribune (1724, en rouge) et clôture (1607 et milieu XVIe, en bleu) sur un plan M.H. de Ponthaud ACMH.

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J'ai reconstitué le passage d'accès à la tribune depuis la sacristie en partant d'un plan de l'architecte en chef  M.H. de Ponthaud ACMH présenté sur le panonceau annonçant la restauration.

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Tribune (1724, en rouge) et clôture (1607 et milieu XVIe, en bleu) sur un plan M.H. de Ponthaud ACMH.

Tribune (1724, en rouge) et clôture (1607 et milieu XVIe, en bleu) sur un plan M.H. de Ponthaud ACMH.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

La chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé VI. La tribune ou jubé .

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Au centre 


O CRUX AVE, SPES UN[I]CA
HOC PASSIONIS TEMPORE
AUGE PIIS JUSTITIAM,
REISQUE DONA VENIAM
1724

 

 

 

Il s'agit de la sixième strophe de l’hymne Vexilla Regis, composé au VIe siècle par Venance Fortunat, évêque de Poitiers et poète chrétien.

Le texte peut se traduire ainsi : « Salut ô Croix, unique espérance. En ces temps difficiles de la Passion, augmente la droiture des gens de bien et accorde le pardon aux pécheurs ».

De part et d'autre, les statues de Marie et de Jean participent, avec le Christ en croix qui les domine, à former l'équivalent des Poutres de Gloire des jubés.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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À gauche :

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a) Le prophète Isaïe tient l'inscription Ecce virgo concipiet et pariet (Isaïe 7:14) "Voici que la Vierge concevra et engendrera" (un fils et on lui donnera le nom d'Emmanuel). Ce verset repris notamment sur la plupart des Arbres de Jessé souligne, dans une démarche typologique très ancienne, que l'Incarnation et la Rédemption ont été annoncées par les prophètes de l'Ancien Testament.

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b) dans le cartouche rectangulaire du fronton :


QVÆ EST ISTA QVÆ
ASCENDIT DE DESERTO DELICIIS
AFFLVENS CANTIC. 8

Il s'agit du verset 8:5 du Cantique des cantiques "Quelle est celle qui monte du désert,  appuyée sur son bien-aimé ?". Ce cantique était attribué au prophète Salomon ; et ce verset (une question posée par le chœur des filles de Jérusalem aux époux) s'applique dans ce contexte à la Vierge. Dans le Cantique, la jeune femme répond, en s'adressant au jeune homme : "Je t'ai réveillé sous les pommiers. C'est là que ta mère est tombée enceinte de toi ". 

 Voir aussi Cantique 3:6 Quae est ista quae ascendit per desertum sicut virgula fumi es aromatibus myrrrae, et thuris, et universi pulveris pigmentarii, rapporté à la Vierge par Gilbert de Hoyland († 1172) (Sermons sur le Cantique des cantiques, XV, 3) et par  Rupert de Deutz († 1129) (PL 168, 377 A)..

On remarquera enfin que cette citation est inscrite à la base du clocher de l'église de Berrien avec la date de 1575.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Du coté droit.

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a) Un ange au diadème frappé d'une étoile porte un titulus où est inscrit : VOCABIS NOMEN EJ JESUM, soit Vocabis nomen ejus Jesum , "elle enfantera un fils, et tu lui donnera le nom de Jésus", parole adressée par l'ange à Joseph et  citation de Matthieu 1:21 qui répond bien-sûr à la citation d'Isaïe vocabis nomen ejus Emmanuel 

http://cantus.uwaterloo.ca/chant/378141

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b) dans le cartouche rectangulaire du fronton :

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FECIT MIHI MAGNA
QUI POTENS EST
LVC : 1.9

 

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Il faut corriger l'indication du verset en Luc 1:49 " il fit pour moi de grandes choses celui qui est puissant". Ces sont les paroles de Marie, reprises dans le Magnificat. Elles s'appliquent à cette conception miraculeuse préservant la virginité de la jeune femme. 

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Nous pouvons donc regrouper ces quatre citations qui célèbrent toutes l'Incarnation. Rappelons que l'Annonciation est représenté au dessus des deux portes latérales de la clôture dans des frontons en arc brisé similaires à celui-ci.

 Même si elles sont placées sous le crucifix, (comme tout jubé surmonté de la Poutre de Gloire), il ne me semble pas que cela justifie de penser, avec Roger Barrié, que c'est surtout son aspect douloureux de la Vie de Marie qui  est souligné. Ces citations bibliques et évangéliques, et les statues en ronde-bosse qui s'y appliquent, sont joyeuses ou incitent à l'émerveillement, à la célébration kérigmatique et à la glorification du Plan de Salut sans dolorisme.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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Sous le fronton, la tribune se trouve décentrée vers notre droite par un prolongement de la tribune, au delà  du vaisseau de la nef puisqu'elle s'engage dans le bas-coté sud.

Le programme iconographique des cinq panneaux en bas-relief et des cinq statues des Vertus en ronde-bosse débute  à droite (malgré un désordre certain) et est consacrée à la Passion, et donc à la Rédemption.

1. Une Vertu brandissant un serpent. La Prudence ?

2. La jeune femme en marche (Une Vertu à identifier)

3. Ecce Homo.

4. La Charité (Femme et deux enfants)

5. La Vierge de Pitié entre deux anges

6. Autre Vertu à identifier. La Justice ?

7. Le Portement de croix.

8. L'Espérance.

9. La Mise au Tombeau.

10. La Tempérance et ses deux vases.

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Les auteurs ont longtemps qualifié les Vertus de Sibylles.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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1. Une Vertu brandissant un serpent. La Prudence ?

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La Prudence est l'une des quatre vertus cardinales ; son attribut est le serpent (vous connaissez l'expression "gardons du serpent le silence prudent", tirée d'un vert de Boileau).

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Un panneau manque. Puis vient :

2. Une Vertu en train de marcher.

Est-ce la Force, est-ce la Justice ?

Il est impossible de deviner l'attribut qu'elle portait sur le bras droit. J'admire son pied léger, son entrain, son diadème d'or, ses manches et poignets  à taillades, et sa poitrine fièrement soulignée par une ceinture très haute. J'admire le port de tête de cette danseuse de tango, regard dirigé vers le haut et la gauche, sa belle robe rouge et les glands de passementerie dorés qui en soulignent les rondeurs. Je l'aime presque autant que Gradiva ou que les Danseuses Borghèse.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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3. Ecce Homo. Pilate présentant à la foule Jésus vêtu du manteau rouge de la dérision.

 

Sur le prétoire (dont on s'amusera à noter le style Renaissance inspiré de l'antique), Pilate présente à la foule des Juifs Jésus, nu sous une cape rouge, tenant un roseau et couronné d'épine, pour se moquer de sa prétention à se dire, selon leur accusation, roi d'Israël.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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4. La Charité tenant deux enfants nus, dont l'un sur son sein.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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5. La Vierge de Pitié entre deux anges.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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6. L'Espérance tenant son ancre (et un autre attribut, perdu).

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La deuxième vertu théologale tient son attribut, l'ancre.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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7. Le Portement de Croix.

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Précédé peut-être par les deux larrons (en vert), Jésus porte la Croix, mais il chancelle et fléchit le genou. Il est alors frappé du pied et de la main (armée) par deux soldats. Nous voyons ensuite Véronique, agenouillée et tenant son voile, puis Simon de Cyrène portant le bout de la Croix, puis Marie accompagnée de Jean, puis les notables Juifs sur leurs chevaux.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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8. Une Vertu.

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Puisque nous venons de voir l'Espérance et la Charité, il s'agit sans doute de la troisième vertu théologale, la Foi. Tenait-elle son attribut, la croix, dans la main gauche ?

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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9. La Mise au Tombeau.

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Entre deux anges porteurs d'instruments de la Passion (la Colonne de Flagellation et la Croix) est représentée dans une grotte  une Mise au Tombeau où se distingue Joseph d'Arimathie en grand costume de pharisien, portant la tête du corps du Christ, et Nicodème (lui aussi en costume hébraïque au bonnet conique et longs cheveux) portant les pieds. La Vierge (en bleu) est debout devant une Sainte Femme de l'arrière plan, puis vient saint Jean (?) qui essuie ses larmes, une Sainte Femme, tandis que Marie-Madeleine est  agenouillée devant la main du Christ.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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10. La Tempérance.

Cette vertu cardinale se reconnait car elle verse l'eau d'un vase dans un deuxième, pour équilibrer les quantités de liquide entre les deux récipients : point trop n'en faut. Elle symbolise l'équilibre des forces, des tempéraments et des idées.

http://expositions.bnf.fr/renais/grand/039.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vertu_cardinale#/media/Fichier:La_Rochelle_-_HdV_statue_4.jpg

Mais le récipient supérieur est perdu, tandis que le flux de liquide est partiellement brisé.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Les Vertus reposent sur des larges consoles, au dessus de têtes d'angelots et entre des frises rouge et or dont les rinceaux alternent avec des cartouches (muets) parfois tenus par des enfants au corps feuillagé. C'est le seul rappel des thèmes grotesques et bellifontains qui s'exprimaient plus d'un siècle plus tôt sur les sablières (1579-1580). Le décor central présente un blason, muet.

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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La tribune, coté chœur.

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J'ai eu le tort de ne pas m'y attarder, et de ne jeter qu'un coup d'œil pressé aux stalles, dont Abgrall écrivait pourtant "Les stalles, au nombre de vingt-quatre, sont fort remarquables, surtout par leurs montants de séparations ou accoudoirs, qui sont formés de cariatides ailées, d'un galbe excellent et ayant un peu la physionomie de sphinx".

Sous le Pélican, les panneaux de la tribune sont peints soit de faux marbre, soit de six tableaux du Christ ressuscité et des Anges portant les instruments de la Passion.  Selon Maud Hamoury, les anges de la Passion sont inspirés des gravures de Thomas de Leu (Anvers 1595-Paris 1620).

Six niches surmontant des consoles sont vides.

Sous les consoles sont six têtes d'angelots (ou de putti ailés, comme on veut).

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Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

Tribune (1724) de la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé. Photographie lavieb-aile août 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie)

 http://www.infobretagne.com/plouzevede-chapelle-notredame-berven.htm

BARRIÉ (Roger), 1982, "Notre-Dame de Berven en Plouzévédé", SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f46a2395e4204.95694625/1982_17.pdf

—BARRIÉ (Roger), 1983, Mobilier cultuel et décor intérieur dans l'église de Basse-Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 377-386

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_4692

Dans la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé, le chancel de pierre commencé en 1607 est, par la suite, continué en bois ; l'adjonction d'une tribune à sculptures le transforme en 1724 en grand jubé ; dans cet édifice de plan et d'élévation très simples, la constitution de cet ensemble mobilier tend peut-être à compenser l'absence de rythme architectural, notamment le défaut d'arc diaphragme, dans un édifice de plan simple et d'élévation neutre. Des considérations historiques ou purement formelles ont pu donc contribuer à retarder la focalisation progressive de l'espace centré sur le maître-autel et le tabernacle.

COUFFON (René) LE BARS (Alfred), 1988, "Plouzévédé",  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/cb0bd8f06e2ee52afbe766530797e0c2.pdf

— HAMOURY (Maud) · 2010 La peinture religieuse en Bretagne: aux XVIIe et XVIIIe siècles page 182

LE BARS (Alfred), 1951, Notre-Dame de Berven, Morlaix

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_194/la__chapelle__notre__dame__de__berven.pdf

LE GUENNEC (Louis), 1913, réed. Les Amis de Louis Le Guennec. Morlaix et sa région.

"La nef est séparée du chœur par une clôture ou chancel en pierre, formée de quatorze colonnes cannelées et d'une porte centrale, en bois sculpté, au-dessus de laquelle on lit la date 1601. Le jubé, également en bois, d'un travail plus grossier, est surmonté d'une Crucifixion, accostée de la Sainte Vierge et de saint Jean. Au-dessous, quatre panneaux en bas-reliefs, séparés par des sibylles, retracent dans un ordre renversé les scènes suivantes de la Vie de Notre-Seigneur : l'Ecce Homo; Jésus tombe sous la Croix; Marie reçoit le corps de son Divin Fils; Jésus est mis au tombeau."

 

TOSCER (G.), 1907, "Le Finistère pittoresque"

https://archive.org/details/bub_gb_IwItAAAAYAAJ/page/n49/mode/2up

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes.
31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 13:38

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LE CHANCEL OU CLÔTURE DE CHOEUR.

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Comme la majorité des chancel (dont le nom signifie étymologiquement "treillis"), celui-ci est à claire-voie dans sa moitié supérieure, grâce à des séries de colonnades, permettant aux fidèles d'entendre et de voir les offices célébrés à l'autel.

Cette clôture ne ferme pas seulement le passage sous la tribune, entre nef et chœur, mais aussi la communication avec les chapelles latérales. D'où une forme en U dont chaque partie est percée par une porte. Mais elle est composite, puisqu'elle est en bois sur les cotés, et en pierre au centre pour les 14 colonnes (en deux périodes différentes  selon R. Barrié).

 

"Dès l'achèvement du gros-œuvre, on construisit, en 1607, un chancel de granite ; le dessin de ses colonnes à cannelures garnies d'un jonc et de ses chapiteaux doriques surmontés d'une double corniche à fort relief se retrouve dans les piédroits d'une cheminée ornant une salle en étage située au bout de l'aile gauche du château de Kerjean.

Très vite, il apparaîtra trop austère, et, vers le milieu du XVIIe siècle, il sera complété, au Nord et au Sud, par un chancel en bois à chapiteaux corinthiens d'un style Renaissance plus adouci, déjà presque baroque, dans lequel s'intégreront des sculptures, le groupe de l'Annonciation et des bas-reliefs représentant des apôtres, des saintes et des vertus." (Roger Barrié 1982)

 

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Coté nef, la date de 1607 (1601 pour d'autres) est inscrite au dessus de la clef de la clef. Cette réalisation est donc bien tardive, et bien postérieure aux injonctions du Concile de Trente demandant la suppression des clôtures et des jubés au profit de chaires à prêcher.

La date est également tardive par rapport à celles de la construction des murs (1573 à 1580) et de la charpente ( sablières, 1579-1580), éléments marqués par le style Renaissance du château de Kerjean. Aussi les boiseries sculptées de la clôture sont-ils dépourvues — à quelques exceptions près — des marques de l'art grotesque ou de l'art bellifontain, qui se retrouvent sur les sablières. 

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Clôture en pointillé, et tribune en n° 9.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven vue depuis la nef. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven vue depuis la nef. Photographie lavieb-aile.

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LE COTÉ NORD : LES APÔTRES.

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Les colonnes en bois  sont cannelées en partie haute, et sculptées d'enroulement de feuillages (dont la vigne et l'olivier), et elles portent des chapiteaux corinthiens.

En dessous, neuf panneaux sculptés (dont deux sur la porte) sont séparés par des pilastres sculptés de rameaux d'olivier.

Les Apôtres sont représentés pieds nus, vêtus d'une tunique longue serrée par une ceinture et un manteau ouvert (agrafé par un fermail), et tenant le Livre (Les Actes des Apôtres).

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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1. Saint Pierre et sa clef.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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2. Saint André et sa croix en X.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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3. Saint Jacques le Majeur, son bourdon et son chapeau (rabattu).

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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La porte latérale nord donnant accès au chœur.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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4. Saint Jean bénissant et portant la coupe de poison.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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5. Saint Philippe et la croix à longue hampe.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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6. Saint Barthélémy et son couteau à dépecer.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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7. Saint Thomas et son équerre.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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8. Saint Matthieu et sa lance.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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9.  Saint Jacques le Mineur et son bâton de foulon.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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Du coté de la nef à gauche :

10. Saint Simon et sa scie.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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Porte à deux vantaux du chancel central en pierre.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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11. Saint Jude Thaddée de dos et tenant une croix latine dirigée vers le bas. 

Voir ici

 

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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12. Saint Matthias et sa hache. 

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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Du coté de la nef à droite :

Un saint moine sous son capuchon. Certains y voient François d'Assise.

La cordelière est celle des ... cordeliers ou Franciscains, et le chapelet est celui des Antonins.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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LE COTÉ SUD :  LES SAINTES.

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On pourra comparer ces panneaux à ceux du jubé de La Roche-Maurice, avec les Apôtres coté nef et des saints et  saintes coté chœur :  Marie-Madeleine, Catherine, Barbe, Apolline, Geneviève et Marguerite.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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1. Une sainte couronnée et voilée, tenant un livre, pieds nus, et présentant son sein droit tranché. Sainte Agathe.

 

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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2. Sainte couronnée, tenant la palme du martyre, la main droite sur la poitrine, pieds nus.

Les couronnes ne se réfèrent apparemment pas à la naissance royale des femmes, mais à leur martyre, qui les couronnent de sainteté. 

Parmi les candidates, sainte Marguerite d'Antioche :  il est impossible qu'elle soit absente de cette série des Vierges et Martyres.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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3. Sainte couronnée, tenant la palme du martyre de la main droite, pieds nus .

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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4. Sainte Barbe, identifiée par la tour posée à ses pieds. Sainte couronnée, tenant un livre et la palme du martyre. Pieds nus.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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Porte à deux vantaux, d'accès au chœur.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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Trois anges présentant un cartouche muet dans un cuir découpé à enroulement.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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5. Sainte Geneviève, identifiée par son cierge. Femme voilée, tenant un livre ; pieds chaussés.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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6. Sainte Catherine, identifiée  son épée et sa roue à couteaux brisée. Femme bizarrement non couronnée,  tenant la palme du martyre. Pieds chaussés.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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7. Sainte Apolline et les tenailles de son martyre (elle eut les dents arrachées par les bourreaux). Femme voilée, tenant un livre, et pieds nus.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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8. Sainte Marie-Madeleine identifiée par ses cheveux très longs et  son flacon d'aromates ou de parfum.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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9. Femme dirigeant vers sa poitrine nue une épée. Cheveux voilés, manteau, pieds nus.

Difficile d'imaginer ici Lucrèce, l'épouse romaine vertueuse. Sainte Agathe ??

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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Les portes vues depuis le chœur.

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Les dessus de porte montrent deux anges présentant sur des cuirs découpés à enroulement (motif bellifontain) les monogrammes du Christ  I~HS et de la Vierge MÃ, au dessus d'un cœur. C'est un décor très présent sur les retables baroques bretons.

Mais d'un coté les pilastres montrent entre des cannelures deux cariatides aux bras tronqués, ceinturées d'une guirlande, et au piètement de feuillage, qui sont directement issues du vocabulaire Renaissance, et des modèles de Termes de Serlio ou d'Androuet du Cerceau. Comme ceux du jubé de La Roche-Maurice ou de l'ossuaire de La Martyre (1619).

De l'autre coté, ces pilastres portent également des cariatides, mais moins distinctes puisqu'elles associent à un buste de volutes ces têtes féminines au bandeau nouée en bavette avec deux nœuds de rosette de chaque coté des oreilles, présentes déjà sur les sablières de cette église vers 1579, ou sur les sablières de Bodilis, et surtout sur le jubé de La Roche-Maurice, où elles abondent.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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L'Annonciation.

Au-dessus de ces deux portes nord et sud, dans leurs frontons à arc brisé, l'ange Gabriel et la Vierge de l'Annonciation devant son prie-Dieu, deux statues en bois non polychrome.

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Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Clôture de chœur (1607) de Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

 

 

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie)

 http://www.infobretagne.com/plouzevede-chapelle-notredame-berven.htm

— BARRIÉ (Roger), 1982, "Notre-Dame de Berven en Plouzévédé", SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f46a2395e4204.95694625/1982_17.pdf

BARRIÉ (Roger), 1983, Mobilier cultuel et décor intérieur dans l'église de Basse-Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 377-386

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_4692

— COUFFON (René) LE BARS (Alfred), 1988, "Plouzévédé",  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/cb0bd8f06e2ee52afbe766530797e0c2.pdf

— LE BARS (Alfred), 1951, Notre-Dame de Berven, Morlaix

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_194/la__chapelle__notre__dame__de__berven.pdf

COUFFON (René) LE BARS (Alfred), 1988, "Plouzévédé",  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/cb0bd8f06e2ee52afbe766530797e0c2.pdf

— LE GUENNEC (Louis), 1913, réed. Les Amis de Louis Le Guennec. Morlaix et sa région.

"La nef est séparée du chœur par une clôture ou chancel en pierre, formée de quatorze colonnes cannelées et d'une porte centrale, en bois sculpté, au-dessus de laquelle on lit la date 1601. Le jubé, également en bois, d'un travail plus grossier, est surmonté d'une Crucifixion, accostée de la Sainte Vierge et de saint Jean. Au-dessous, quatre panneaux en bas-reliefs, séparés par des sibylles, retracent dans un ordre renversé les scènes suivantes de la Vie de Notre-Seigneur : l'Ecce Homo; Jésus tombe sous la Croix; Marie reçoit le corps de son Divin Fils; Jésus est mis au tombeau.

Les parties latérales du jubé, au-dessous de colonnes cannelées, montrent dans le soubassement : du côté de l'Evangile, les douze Apôtres et du côté de l'Epître, saint François d'Assise, sainte Apolline, sainte Agathe, sainte Catherine, etc. Les panneaux du tympan représentent la scène de l'Annonciation : la Sainte Vierge d'un côté, l'archange Gabriel de l'autre."

— TOSCER (G.), 1907, "Le Finistère pittoresque"

https://archive.org/details/bub_gb_IwItAAAAYAAJ/page/n49/mode/2up

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 19:38
Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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LE VOLET DROIT. SCÉNES DE LA VIE DE SAINT ÉLOI.

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Panneau inférieur. Saint Éloi sauve d'un incendie l'abbaye Saint-Martial dans l'île de la Cité à Paris.

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Saint Éloi à genoux est en prière devant la vision d'une ville en flammes. 

"Quelque temps après, la ville de Paris fut en proie à un grave incendie les flammes, gagnant de plus en plus menaçaient de réduire en cendres presque toute la cité. Eloi voyant que des globes de flamme et des charbons ardents poussés par le vent allaient atteindre son monastère et la basilique de Saint-Martial (car le feu, gagnant toujours, endommageait déjà le plomb qui recouvrait cette église) Eloi dis-je, éleva la voix et dit en gémissant: 0 saint Martial pourquoi ne venez-vous pas au secours de votre maison ? Vous devez savoir que, si vous la laissez consumer par les flammes, jamais, Eloi ne pourra la rétablir. » Aussitôt la grâce du Seigneur se fit sentir le vent changea de direction et l'église fut préservée, ainsi que le monastère."

 

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Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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Panneau supérieur. Un roi demande à saint Éloi de ferrer son cheval.

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Un roi se présente devant saint Éloi, représenté en évêque. Celui-ci, inspiré par le Saint-Esprit qui apparaît dans les nuées,  saisit la patte antérieure du cheval. Attendez la suite.

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Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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LE VOLET GAUCHE. BAS-RELIEFS : 2 SCÉNES DE LA VIE DE SAINT ÉLOI.

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Panneau supérieur. Saint Éloi ferre miraculeusement la patte séparée du corps du cheval.

Saint Éloi a fort cavalièrement pris la patte antérieure gauche du cheval et en martèle le fer directement sur l'enclume. Il devrait être le saint patron des cordonniers minutes de nos galeries commerciales, voire des commerçants "drive".

Pas de souci ! Je l'imagine en train de fredonner devant sa forge "Trois orfèvres, à la Saint-Éloi ..."

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Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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Panneau inférieur. Le roi Clotaire et l'épisode des deux selles d'or.

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"Quelque temps après, il se fit connaître de Clotaire, roi des Francs ( deuxième du nom ) et voici de quelle manière. Ce prince voulant qu'on lui fit un siège en or et enrichi de pierres précieuses, ne trouvant personne autour de lui qui fût capable d'entreprendre cet ouvrage et de l'exécuter selon l'idée qu'il avait conçue. Bobbon son trésorier, qui déjà avait apprécié le talent d'loi, l'interrogea pour savoir s'il se chargerait de cette œuvre difficile et s'il pourrait faire ce que le roi demandait. Devenu certain qu'il s'en acquitterait facilement, le trésorier alla trouver le prince et. lui dit qu'il venait de découvrir un habile ouvrier qui se montrait disposé à entreprendre tout de suite ce qu'il désirait. Clotaire plein de joie lui confia une grande quantité de matière d'or, qu'il mit aussitôt à la disposition d'Eloi. Celui-ci se hâta de commencer l'ouvrage y travailla avec ardeur et le termina en peu de temps.

Mais il arriva que l'or qu'on lui avait confié pour un seul ouvrage servit à en faire deux dont le poids fut tel qu'il parut incroyable qu'on les eût pu faire avec la même quantité d'or. Le saint avait exécuté son travail sans se permettre aucune fraude, comme faisaient les autres ouvriers. Il ne prit point comme eux le prétexte des morsures de la lime ou celui de la trop grande ardeur du feu. Il exécuta son chef-d'œuvre avec une grande fidélité et mérita d'être doublement récompensé.

Il transporta donc aussitôt son ouvrage au palais, et présenta au roi l'un des sièges, réservant l'autre qu'il avait fait gratuitement. Le prince se mit à admirer l'ouvrage à faire l'éloge de sa perfection et ordonna qu'aussitôt on remit à l'artiste une rétribution qui fut digne de son rare talent. Éloi alors présenta le second siège. « Ne voulant rien perdre, dit-il de la matière qui me restait j'ai exécuté en outre celui-ci. » Clotaire étonné fit paraître une grande admiration et demanda au jeune orfèvre comment il avait pu accomplir ces deux ouvrages avec la matière destinée pour un seul. Et, comme Éloi laissait percer beaucoup d'esprit dans ses réponses, lu prince lui dit que désormais on pourrait avoir confiance en lui pour de plus grandes."

Ce type épatant avait vraiment de la ressource.

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Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

Niche à volets (bois polychrome, XVIIe siècle) de saint Éloi, chapelle Notre-Dame de Berven. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

COUFFON (René) LE BARS (Alfred), 1988, "Plouzévédé",  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/cb0bd8f06e2ee52afbe766530797e0c2.pdf

 

MONTIGNY : Histoire de la vie vertus, mort & miracles de Sainct Eloy... par sainct Ouen... et traduite en François par Louis de Montigny, chez Sebastien Cramoisy, 1626

Abbé Parenty ,Vie de saint Eloi, évêque de Noyon et de Tournai Ouen, Casterman, 1851

 

PEIGNÉ-DELACOURT, Les miracles de saint Éloi, poème du XIIIe siècle, publié pour la première fois d'après le manuscrit de la bibliothèque bodleïenne et annoté Li Miracles de mesires sains Elois  1 vol. (128 p.) : fig., pl. ; 23 cm Chapitre XXVIII pages 55 à 57

Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-YE-2585

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5432031z

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5432031z/f81.item.r=pendu.texteImage

Maître Léon. Les saints guérisseurs et les pélerinages en Armorique (suite). In: Revue d'histoire de l'Église de France, tome 8, n°41, 1922. pp. 430-440; doi : https://doi.org/10.3406/rhef.1922.2250 https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1922_num_8_41_2250

 

https://www.persee.fr/docAsPDF/rhef_0300-9505_1922_num_8_41_2250.pdf

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 15:03

 

 

 

Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

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Je vous propose à souper :

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PREMIER SERVICE

2 : OILLES.

Une aux oignons d'Espagne

Une Faubonne.

2 : GRANDES ENTRÉES.

Un aloyau dans son jus

Un rost de bif

8 : HORS D'OEUVRES.

D'aislerons de dindons en haricot et au bleds 

De semelles de campines au soleil

De pluviers au vin de Bourgogne

Une poularde entière à la tartare

De foyes gras en cotelettes

De petits patés à l'espagnole

D'issue (?) d'agneau

De costelettes de mouton.

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Lexique.

OILLE.  féminin. Vieilli. Plat d'origine espagnole, fait de divers légumes et viandes très assaisonnés, servi en potage ou en ragoût. Oille en potage à l'ancienne mode, oille à la française (Dumas 1873). On servit une excellente oille (Ac. 1798-1878). Synon. olla-podrida. Etym. 1673 «ragoût fait avec divers légumes et viandes très assaisonnés» (Mmede Sévigné, Lettre du 2 nov. ds Corresp., éd. R. Duchêne, t.1, p.610). https://www.cnrtl.fr/definition/oille

 — FAUBONNE, féminin : Variété de potage au haricots blancs, à l'ail et à la crème fraîche. « Faubonne » est, en cuisine classique, le nom donné à un potage lié, préparé avec une purée de haricots blancs (ou de pois cassés, ou de petits pois), détendue soit avec du fond de veau blanc, soit avec du consommé, auquel on ajoute une julienne de légumes (carotte, céleri, navet, poireau) fondue au beurre, un bouquet de persil et, pour finir, des pluches de cerfeuil.
Autrefois, le potage Faubonne était également garni de chair de faisan rôti ou braisé, taillée en minces languettes.

Le mot est ignoré des dictionnaires, sauf le Complément du Dictionnaire de l'Académie Française de 1856. On en ignore l'étymologie, sans doute du nom de son inventeur puisque Faubonne est un patronyme, notamment attesté en Bourgogne à Poilly-su-Thoiron (geneanet). On peut citer l'abbé Jacques Chabert de Faubonne, ou Faubonne, dit Boisenval.

ALOYAU . Pièce de bœuf coupée le long du dos entre la dernière côte et le sacrum, et comprenant le filet, le faux-filet et le romsteck. Synon. râble, travers . (CNRTL). Le mot, d'abord alloyaux à la fin du XIVe siècle, pourrait venir de l'ancien français aloe, alouette, ou "petits morceaux cuits à la broche, comme l'alouette". Ou bien proviendrait du verbe d'ancien français aloier et des mots allier, aloi . Les alloyaux (v.1395) sont d'abord une préparation de rognons, avec leur graisse, et de moelle de bœuf entourés de tranche de bœuf, avant de désigner ces tranches elle-même, puis (1611) la partie charnue d'une côte de bœuf, et enfin en 1680 le morceau formé par la suite du filet de bœuf qui sera nommé plus tard contrefilet et rumsteck. (Alain Rey, DHLF)

ROST DE BIF. masculin. Voir  RÔT-DE-BIF. s.m.  "La partie de derrière d' un mouton, d' un agneau, d' un chevreuil, &c. qu' on sert rôtie." Dict Acad. Fr. 4è éd. de 1762. Ou RÔT DE BIFFE "Morceau du mouton ou du chevreuil qui se prépare comme le gigot.". Manière de couper le mouton. Le rôt de biffe & le gigot se coupent en travers jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de filet (1787)

CAMPINES :  « poularde fine ». De Campine, nom d'une région de la Belgique d'où cette race de poules est originaire. Située au nord-est de la Belgique entre la rivière Dyle et le début du Brabant oriental néerlandais, la Campine s’étend sur la plus grande partie des provinces d’Anvers et du Limbourg. Voir aussi "campines à la bigarure", "campines à la Muette", Menon 1755.

AU SOLEIL. "Pané" ?. Voir Menon 1755 Queues d'agneau au soleil, pigeons au soleil, ailerons de poulardes au soleil.

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Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

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4 RELEVÉS.

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De poulles de Caux aux truffes

Deux terrines :

une fricassée de poulets

de tendrons en hoche

Un jambon

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Lexique.

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RELEVÉ . "Relevé (de potage)/(plat de) relevé. Plat servi entre le potage et les entrées."

— TENDRON.  Se dit des Cartilages tendres qui sont à l'extrémité des os de la poitrine de quelques animaux (1680). Manger une fricassée de tendrons de veau.

C'est « une réfection à la fin du XIVe siècle par changement de suffixe de tendrun (1213), tenrun (fin Xie), formes issues du latin populaire °tenerumen, dérivé du classique tener (tendre), auquel remonte aussi l'italien tenerume, « cartilage ». (Alain Rey, DHLF)

HOCHE : "petite entaille".

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Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

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3è.

8 plats de rost :

De petits poulets à la Reine

De bécassines

De campines

De pluviers dorés

De rouges

De poulles de Caux

De perdreaux rouges

 

4 salades.

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Lexique

POULET À LA REINE. C'est, parmi les quatre catégories de poulets, la plus petite mais la plus estimée, avant  les « poulets gras », « poulets aux œufs » et « poulets communs ». Né au début du printemps, il est « d'un tiers moins gros que les poulets gras ; la chair en est très délicate, surtout depuis le mois de juin jusqu'au mois d'octobre. Trois petits poulets à la reine forment une entrée plus élégante que deux gros poulets. » La Cuisine française par Antoine Gogué ou lire ici, Dictionnaire universel d'agriculture et de jardinage de 1751. Ce serait une Race dite de Courte-Patte, précoce et élevée dans l'Orne.  « Le coq pèse 1 kil. 1/2, la poule 1 kil.; l’un et l’autre sont si courts et si bas de pattes, qu’ils marchent comme le canard et que les plumes du cul-d’artichaut posent et traînent à terre malgré tous les efforts qu’ils font pour s’élever sur leurs jambes. La crête du coq double (2 crêtes) est accompagnée d’une demi-huppe en arrière; le plumage est caillouté blanc et noir foncé d’un bout à l’autre, à l’exception de la queue, qui est noir bronzé. Les faucilles sont longues et fournies, la patte est noire »…

 

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Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

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4è.

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8 Entremets chauds.

De Pattes d'oyes à l'espagnole

De Foyes gras en porc Epique

De Cretes à la cavallière

D'asperges de Choisy

De Cardes à la moelle

De   Patés en croustade

De Cresson ? en épinard

D'Artichaud frit

4 froids

Une Tourte de blanc de chapon

De Langues à l'Ecarlatte

Un Gâteau de Lièvre

Un Gâteau au lard

8 assiettes

4 de begnets à l'ancienne ?

2 de patisseries

2 de crèmes.

 

 

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Lexique.

EN PORC EPIQUE. On trouve dans les ouvrages culinaires  des pigeons, des cochons de lait, des dindons "en porc-épic", ou des quenelles "frites en porc-épic".

A LA CAVALIÈRE Je trouve des chapons à la cavalière "Videz , parez , bridez un chapon , mettez - le au feu avec bouillon , oignons , carottes , céleri et bouquet d'herbes ; laissez cuire une heure , égouttez et servez dans une purée d'écrevisses , ou purée de tomates."

TOURTE DE BLANC DE CHAPON :  "Hachez un blanc de chapon tout cru, avec autant de moëlle ou graisse de boeuf, faites tourte avec paste brisée, garnisez de champignons, troudes, crestes, ris de veau assaisonés d'un pacquet, sel, poivre, muscade , un peu de lard pillé,& couvrez de la mesme paste , dorez, & la faites cuire une heure & demye, mettez pistaches, jus de citron & de mouton en servant." Le Nouveau cuisinier, 1660.

LANGUE À L'ECARLATTE. "La langue ayant passé 12 jours à la saumure, la faire tremper 24 heures à l'eau courante. La cuire à pleine eau jusqu'à ce qu'elle puisse être aisément traversée par une aiguille. L'égoutter et la faire refroidir sous poids lourd. L'envelopper entièrement de minces bardes de lard gras et l'introduire dans une baudruche achetée chez le charcutier. La ficeler par les deux bouts et la plonger 10 minutes dans l'eau bouillante. La retirer et piquer la baudruche pour en faire sortir l'air. C'est à ce moment que l'on colore la langue soir avec du carmin, soit avec du caramel. Passer ensuite de l'huile dessus et la suspendre au frais pour la conserver. Éviter un air trop vif qui la dessécherait et de préférence en faire plusieurs à la fois.
La langue écarlate peut se garder six mois. Elle se colore simplement au pinceau trempé dans le carmin." (https://jna.pagesperso-orange.fr/langue_boeuf_ecarlate.html)

 

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Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

Ce menu du souper du 13 décembre 1758 a été photographié dans une vitrine du Musée Condé de Chantilly. Lavieb-aile.

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Bon appétit aux gourmets du vocabulaire !

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SOURCES.

—BRIAND, 1750,  Dictionnaire des alimens, vins et liqueurs: leurs qualités, leurs effets, relativement aux différens âges, & aux différens tempéramens : avec la maniere de les apprêter, ancienne et moderne, suivant la méthode des plus habiles chefs-d'office & chefs de cuisine, de la cour, & de la ville. Ouvrage très-utile dans toutes les familles, Volume 1 Gissey, 1750 - 559 pages

https://books.google.fr/books?id=qv09xMgGhSsC&dq=%22Faubonne%22+dictionnaire&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://archive.org/stream/dictionnairedes01briagoog/dictionnairedes01briagoog_djvu.txt

 

 

— MENON, 1755, Les soupers de la Cour, ou L'art de travailler toutes sortes d'alimens, pour servir les meilleures tables, suivant les quatre saisons. 4 vol. ; in-12 Tome 2 BnF  département Littérature et art, V-26993 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64685943/texteBrut

Tome 3

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6463215w.texteImage

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Published by jean-yves cordier
29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 21:54

Les lambris sculptés en 1535-1538 par François Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau. Emblématique de François Ier, cuirs découpés et décor à la grotesque.

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Je continue à colliger une documentation iconographique sur l'art à la grotesque, et sur l'École de Fontainebleau, pour servir de base de comparaison avec les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne (ou aux autres réalisations en France). 

Ainsi, il est intéressant de comparer les cuirs découpés des boiseries sculptées par Scibec à Fontainebleau , en lien avec Philibert Delorme, avec ceux de la charpente sculptée du château de Kerjean (Saint-Vougay, Finistère) vers 1579. 

Ou, inversement, de suivre le motif grotesque des deux lignes rinceaux à masques, animaux fantastiques, ou putti, déjà présent en Italie, et à Gaillon vers 1509, puis à Guerche-de-Bretagne vers 1518-1525, avant d'être repris à Fontainebleau.

Etc.

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. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

 

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.Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

 

 

 

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PRÉSENTATION.

Je ne ferai pas l'affront au lecteur de lui présenter la Galerie François Ier du château de Fontainebleau, mais je n'aurai aucune honte à me rafraichir la mémoire grâce à Wikipedia :"

"Construite entre 1528 et 1530, elle mesure environ 64 mètres de long et 6 mètres de large, et constituait autrefois un pont couvert jouissant d'ouvertures des deux côtés. Le roi François Ier la fit édifier et décorer, afin de relier ses appartements à la chapelle de la Trinité. Il en gardait les clés et la faisait visiter à ses hôtes de marque.

La galerie a été confiée aux Italiens Rosso Fiorentino et Le Primatice qui la décorèrent de façon originale avec des peintures, des lambris, des fresques et des stucs. Les travaux s'échelonnèrent de mars 1535 à mai 1537 pour les stucs, à partir de 1536 pour les fresques, et furent achevés juste avant la visite de Charles Quint à la Noël 1539"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Galerie_Fran%C3%A7ois-Ier_(ch%C3%A2teau_de_Fontainebleau)

Et j'emprunterai à cet article la  vue d'ensemble de cette galerie :

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La Galerie François Ier du château de Fontainebleau. Photo de Neils Rickards 2005.

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On sait aussi que ce qui fait la célébrité de la galerie, ce sont, sur huit travées, les sept grandes peintures à fresques qui, de chaque coté, alternent avec les fenêtres. Ce sont ces peintures, et leur encadrement par des grands et novateurs motifs en stuc, qui sont décrits par les guides lors de votre visite.

http://notesdemusees.blogspot.com/2017/04/fontainebleau-galerie-francois-1er.html

https://scribeaccroupi.fr/web-serie-fontainebleau-confine-3-galerie-francois-ier/

http://www.fontainebleau-photo.fr/2012/02/les-mysteres-de-la-galerie-francois-1er_25.html

Mais je tiendrai la gageure de n'en regarder aucune (ou bien juste pour me repérer), et de parcourir les 64 mètres allant du vestibule succédant à la chapelle  jusqu'aux appartements royaux (sens des visiteurs, opposé au sens des Conservateurs) en ne regardant QUE les boiseries.

Bien sûr, ce procédé se fera au détriment des rapports et correspondances spéculaires entre le décor de stuc et les boiseries, qui partagent les mêmes cuirs, les mêmes guirlandes, les mêmes bucranes, presque le même fourmillement de détails et la même emblématique : l'influence de Rosso Fiorentino est évidente sur les décors des boiseries.

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 Comme on le voit, les lambris, "à la française" couvrent la moitié inférieure des murs, en quatorze ensembles de sept panneaux (un panneau central et six panneaux plus étroits).
Ils sont l'œuvre du menuisier italien Francisque Scibecq dit de Carpi (la localité de la province de Modène), alias François Scibec de Carpi.

 

Le dernier seigneur de Carpi, Alberto III Pio (1475-1531), ami intime du pape Léon X, a été ambassadeur en France et très proche de Georges d'Amboise. Il est l'instigateur du mariage entre Catherine de Médicis et Henri II. Son neveu l'évêque et cardinal Rodolfo Pio, collectionneur d'antiquité, a été proche de Jean du Bellay.  Les échanges entre la ville du Nord-Est de l'Italie et la France furent intenses (Une exposition À la cour du roi de France. Alberto Pio et les artistes de Carpi dans les sites de la Renaissance française  s'est tenue au Palazzo dei Pio du 8 avril au 18 juin 2017). On peut nommer le peintre Giovanni Francesco Donnela, actif à Albi, mais il est surtout intéressant de citer Ricardo da Carpi, que Georges Ier d'Amboise avait fait venir à Gaillon pour réaliser les boiseries de la chapelle haute.

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"Francesco Scibec , appelé Scibec da Carpi , était un fabricant de meubles italien du XVIe siècle de Carpi près de Modène . Il a travaillé pour la cour royale française au sein d'un groupe d'artistes maintenant appelé la première école de Fontainebleau .

Francesco est arrivé au bâtiment de Fontainebleau pour François Ier de France en même temps que son compatriote, Rosso Fiorentino en 1530. Il y acheva le lambris de la galerie François Ier. Un de ses contrats pour l'ameublement renouvelé en chêne et noyer de la grande galerie et du pavillon près du lac de Fontainebleau a été fait selon les instructions personnelles du roi en février 1541.  Il a également travaillé au Château d'Anet pour Diane de Poitiers . En 1549, il a été engagé pour décorer des bateaux pour un spectacle sur la Seine pour l'entrée de Henri II de France à Paris. Francesco a également fabriqué des meubles et des lambris pour des clients privés et ecclésiastiques.

En juillet 1552, il accepte comme apprenti Bartholomew, le fils d'un autre peintre italien collègue à Fontainebleau, Francesco Pellegrini . Dans les deux années 1557 à 1559, il réalise des meubles pour le Louvre , pour le Château et la Chapelle dans les bois de Vincennes et pour le Château de Saint Germain-en-Laye . Pour Fontainebleau, il a réalisé un cadre photo spécial pour une carte de l'Italie et d'autres cadres sculptés pour les portraits de deux femmes. 

En mars 1537, il épouse Marguerite Samson, fille d'un peintre français, Pierre Samson. " (Wikipedia)

Silbec demeurait alors à l'hôtel d'Étampes, près des Tournelles, où se préparaient les ouvrages de menuiserie commandés pour le roi. 

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DESCRIPTION.

La description précise et documentée de Maurice Roy, en 1913, est disponible en ligne mais n'était pas transcrite. La voici à la disposition des internautes, et je ne regrette pas mon labeur de copie.

-Maurice Roy 1913 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408260p/f212.item

"Dès l'année 1535, Francisque Sibec de Capri, le célèbre menuisier du roi qui tient une si grande place dans l'histoire du meuble au XVIe siècle, avait été chargé de la confection du lambris de chêne incrusté de bois de Brésil et destiné à encadrer les bancs préparés pour la grande galerie ; les panneaux et châssis étaient déjà commencés en août 1535 et assez avancés à cette date pour que le maître menuisier ait pu toucher le 23 du même mois, un acompte de 524 livres 9 sols et 6 deniers, puis on constate que les lambris à appliquer aux murs de la salle et du cabinet donnant sur le jardin d'abord entrepris par Sibec, furent ensuite continués par Joachim Raoullant en bois d'ébène, de brésil rouge et jaune et autres bois étrangers jusqu'au jour où le roi, se rendant compte que ces bois étaient particulièrement difficiles à ouvrer et que leur préparation demandait un temps trop long à son gré, décida que l'on emploierait simplement du bois de noyer, et fit passer, le 2 avril 1539 un nouveau marché avec Francisque Sibec de Carpi. Nous avons retrouvé le texte de ce marché contenant de nombreux détails sur la confection des belles boiseries qui existent encore aujourd'hui en grande partie.

Aux termes du marché, des lambris « de menuyserie » devaient être disposés dans tous les sens contre les murs de la galerie et du cabinet attenant , depuis le niveau du plancher jusqu'à la hauteur des ouvrages de peinture et de stuc. Al partie inférieure de ces lambris, composés de compartiments moulurés assez simples, formait une sorte de plinthe régnant tout au pourtour, mais, au dessus, par chaque travée entre les fenêtres de la galerie, se détachaient sept panneaux superbement décorés ; celui du milieu, plus large que les autres, mesurant six pieds environ, contenait comme motif principal les armoiries du roi enrichies de festons et ornements antiques à demie taille ; au dessous de ce panneau central était prévu, à hauteur raisonnable, un siège ou banc de cinq pieds de long et de quinze pouces de saillie pour asseoir deux personnes, ledit siège orné de moulures, supporté par aux deux bouts et au milieu par trois rouleaux en forme de pattes de lion enrichies à l'antique et se terminant de chaque coté, par des rouleaux servant d'accoudoirs.

Le panneau central devait être accompagné à droite et à gauche d'un premier panneau portant une salamandre avec deux tablettes où se trouvait gravée la devise habituelle, d'un deuxième enrichi d'un F couronné et de tablettes, enfin d'un troisième, sous l'aplomb de la poutre, indiqué en forme de pilastre rempli de feuillages et autre taille antique à demi-bosse. Cette disposition de sept panneaux se répétait sur les deux faces de chaque travée ; on sait que la galerie comprend elle-même, dans toute sa longueur, sept travées."

Aux deux bouts de la salle étaient prévus semblables lambris et sièges sous les deux tableaux qui s'y trouvaient alors, de même autour du cabinet avec un banc contre le mur opposé à la cheminée. Ces boiseries se poursuivaient en retournant dans l'épaisseur des portes, dans les embrasures et sous les appuis des croisées, le tout de bon bois de noyer teinté, verni et garni de filets dorés où il serait convenable, afin de mieux faire ressortir les lambris. Un plancher assemblé à losanges et carrés avec filets de chêne ou de noyer complétait le travail demandé à Scibec. (Le parquet actuel est moderne et date sans doute de 1846, époque de la réfection du plafond).

Si nous comparons maintenant les indications de dimension, de disposition et de décoration fournies par le marché de 1539 avec les boiseries qui existent actuellement et dont une grande partie est ancienne, nous remarquons que plusieurs modifications ont dû être apportée en cours d'exécution.

La galerie elle-même, prévue au devis de 1528 d'un longueur dans œuvre de 32 toises, soit environ 62m 36, et d'une largeur de 3 toises ou 5m84, ne développe en réalité que 60m70 sur 5m84, toutefois il faut tenir compte de l'épaisseur des boiseries qui modifient légèrement ces dimensions. D'après le même devis, deux cabinets devaient être construits en face l'un de l'autre au milieu de la longueur et de chaque coté de la galerie, or, un seul fut exécuté en saillie coté jardin, ainsi que le constate notre marché de 1539. Il a disparu au XVIIIe siècle lors de la nouvelle construction adossée à la galerie.

Les boiseries se trouvant contre le mur opposé à la terrasse paraissent anciennes pour la plupart, les autres, sans doute atteintes par l'humidité, ont été refaites et copiées plus ou moins fidèlement sous Louis-Philippe. Leur hauteur est de 2m25 environ.

Pendant leur confection, les lambris, dont nous venons de donner la description, d'après les termes de la commande, reçurent aussi des transformations assez notables.

Si les grands panneaux du milieu de chaque travée conservent exactement la mesure de chaque travée indiquée, 6 pieds de log, et le dessin des armoiries royales, les autres ne sont pas tels qu'ils aveint été projetés, les panneaux placés de chaque coté du panneau central représentent les F couronnées, puis viennent les salamandres , ensuite on a répété les motifs des F sous l'aplomb des poutres au lieu des pilastres remplis de feuillages et de taille antique qui étaient prévus. Il convient surtout de remarquer que l'artiste a varié, suivant sa propre inspiration, les motifs décoratifs et a su multiplier dans des dispositions heureuses et toujours renouvelées les attributs de chaque sujet : armes de tous genres, casques, boucliers, carquois, instruments de musique , etc., accompagnant l'écu royal, encadrements particulier des F et fromes diverses des tablettes à devises, décorations en général plus sobres mais que viennent rehausser les représentations variées des salamandres avec les riches et fines sculptures ornementales qui les entourent : rinceaux, feuillages, fleurs, rubans, cornes d'abondance, têtes de chérubins, oiseaux, chimères, etc., aucun de ces panneaux n'est semblable, et, s'ils forment un ensemble régulier à la vue, l'examen de chacun d'eux révèle une variété infinie de composition qui n'est pas le moindre charme de leur belle ordonnance.

Les bancs placés sous le panneau central sont sensiblement plus longs que ne l'indiquaient le marché : prévus de 5 pieds (1m62), ils atteignent 1m94 et peuvent servir à asseoir largement trois personnes au lieu de deux, mais ils sont bien supportés au milieu et aux extrémités par des rouleaux en forme de pattes de lion et se terminent par des accoudoirs à tête de lion. Leur saillie se trouve également conforme à la mesure stipulée.

Ce beau travail de Sibec fut conduit très rapidement, le roi était pressé, comme nous l'avons vu, de disposer d'une grande salle pour les réunions de la cour, ressource qui faisait alors complètement défaut à Fontainebleau. Sibec dut prendre l'engagement d'exécuter son œuvre «  en la plus grande diligence et extrême et avec le plus grand nombre d'ouvriers que faire se pourra ».

Le marché était convenu pour le prix total de 4000 livres, et sa réalisation eut lieu dans le court espace de six ou sept mois. Tout se trouvait en effet terminé dès le mois d'octobre de la même année 1539, ainsi que paraît le constater la quittance, signée le 21 octobre, de la somme de 12000 livres, formant le solde des 4000 livres, montant total du marché.

Ce dernier paiement est mentionné dans les acquits au comptant publiés par M. de Laborde sous la forme laconique suivante : « A Me Nicolas Picart, commis au paiement des édifices de Fontainebleau, pour délivrer à Francisque Cibec, menuisier, sur le lambril de la grand gallerie dud. Lieu … 1000 livres (1539). C'était d'ailleurs le seul document qui avait permis jusqu'ici de connaître le nom de l'auteur des boiseries de la galerie François Ier. J'ai donc pensé qu'il était intéressant d'apporter aujourd'hui le texte complet du marché ainsi que le libellé de la quittance finale, documents nouveaux permettant de fixer, d'une façon définitive, les détails d'exécution, les dates et le prix d'une importante œuvre d'art. "

Les pièces originales sont données ici, en Annexe.

 

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Documents d'archive :

-Léon Laborde, (Les comptes des bâtiments du roi (1528-1571): suivis de documents inédits sur les châteaux royaux et les beaux-arts au XVIe siècle , vol. 1,1877) nous indique les versements suivants:

Année 1536. "Ouvrages de menuiserie. A maistre Francisque Sibecq, dit de Carpe, menuisier, pour ouvrages de menuiserie qu'il a faits audit Fontainebleau par l'ordonnance du sieur de Neufville, à luy la somme de 286 livres."

Année 1537 : "Ouvrages de menuiserie. A Francisque Sibecq, dit de Carpe, menuisier italien, pour tous les ouvrages de menuiserie qu'il a faits audit Fontainebleau par l'ordonnance desdits de Neufville et Babou, le 7e de may 1538, la somme de 1 075 livres."

Année 1557 : il est réglé « à Jean Huet et Francisque Scibec, maistres menuisier, la somme de 750 livres pour ouvrage de menuiserie par eux faits au dit lieu (château de Saint-Germain-en-Laye).

-Nous trouvons aussi dans les Minutes de Guillaume I Payen, notaire . 1549, janvier - 1550, 4 avril le "Marché de menuiserie entre Francisque Scibec dit de Carpi, menuisier du roi, et Philibert Delorme, architecte du roi, pour la salle de bal, le cabinet de la reine et le cabinet au-dessus du château de Fontainebleau."  En effet, le décor de cette pièce avait été dirigé à partir de l’avènement du roi Henri II par Philibert Delorme qui avait confié l’exécution des lambris, des portes et de la tribune des musiciens à Francisque Scibec de Carpi par un marché de juin 1550. Chaque panneau est sculpté d’un écusson entouré de cuirs découpés et surmonté d’une couronne royale fermée. L’un abrite les armes de France (trois fleurs de lys) buchées à la Révolution, l’autre le triple croissant entrelacé, emblème d’Henri II. Ils étaient initialement peints et dorés comme le révèlent les restes de polychromie encore visibles. Deux panneaux sont exposés au Musée National de la Renaissance;

 

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Le "menuisier" et sculpteur aurait travaillé sur des dessins préparatoires, dont l'un exécuté par le peintre italien   Claude Badouyn , actif à Fontainebleau dès 1535 et collaborateur de Rosso Fiorentino pour les fresques et les stucs de la Galerie François 1er.

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Réception.

"En 1539 Giovanni Battista Gambara, ambassadeur du duc de Mantoue rapporte qu'il a visité:

« una galeria ma troppo stretta, et e dipinta di picture molto brutte. Egli e moite figure di stucco di man del Bologna, molto belle, et e salegata di asse intersiate assai belle ; il solaro di asse intagliato con un poco di oro, che anchor puo compare. Egli e pur fodrata di asse intagliate con impresse et arme di sua Maesta che sono molto belle, fatte per mano di un maestro Francesco di Carpo... »

( une galerie très longue mais trop étroite, et elle est peinte de peintures très laides. Il y a beaucoup de figures en stuc de la main du Bolonais, très belles, et le parquet est de bois marqueté, très beau; le plafond de bois sculpté, avec un peu d'or, qui peut aussi faire quelque effet. Elle est revêtue d'un lambris de bois sculpté aux devises et aux armes de Sa Majesté, très beau fait de la main d'un maître Francesco da Carpo),  cité et traduit par Marc Hamilton Smith, « La première description de Fontainebleau », Revue de l'Art, 1991, p. 44-46. V"

 

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Je n'ai pas fait un relevé des  quelques 100  panneaux de la galerie.

L'emblématique de François Ier est bien connue, et est répétée avec peu de variation. Je n'y m'attarderai pas. Les F ne sont pas couronnées malgré l'indication de M. Roy, tandis que plusieurs salamandres le sont.

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Trois panneaux.

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Au centre :

-Cartouche à têtes de béliers, feuillagées, avec l'inscription FRANCIS /CVS (François)

-Rinceaux au putto ailé tenant une guirlande de fruits

-Cuir découpé à enroulement, clouté au motif de la salamandre

-Suspendu à un aegicrane, un cartouche en bouclier d'amazone à deux têtes d'aigles, porte l'inscription FRANCORVM REX (roi des Français)

Note : ce "bouclier d'amazone" est repris d'un pilastre des Loges de Raphaël au Vatican, sous forme d'un médaillon lui-même copié de la Volta degli stucchi de la Maison Dorée de Néron. Mais sur ces modèles, les aigles sont tournés l'un vers l'autre. (N. Dacos 2008). On en trouve un exemple sur une gravure d'Androuet du Cerceau dans ses Trophées d'armes en 1545-1550.

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De chaque coté :

-cartouche à l'inscription FRANCISC suspendu par des rubans

-Cuir découpé à enroulements en cornets avec le monogramme F dans un ovale clouté.

-cartouche à l'inscription FRANC REX suspendu par un arceau.

 

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Première travée, au nord, sous le Sacrifice de Rosso Fiorentino. Trois des sept panneaux.

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Au centre.

Dans un cuir déroulé à enroulement, les armes royales à trois fleurs de lys, sous une couronne . En dessous, un cartouche sans inscription.

Deux bâtons-cannes identiques sont entrecroisés, en bois écôté et au pommeau sculpté en tête de lion.

L'une de ces cannes porte un collier de grelots : est-ce celle d'un maître de danse ? (crcb) Est-elle chargée de battre la mesure ?

À ces cannes sont suspendus par des rubans des "trophées" sur le thème de la musique. À gauche une lyre et une flûte  (Apollon et Marsyas ?) sur un cuir découpé. À droite une partition (de chant ?), deux instrument à vent (à embouchures et à à pavillon large) croisés et un autre instrument à vent, courbé en crosse (cromorne ??). 

La "flûte" ressemble à une flûte de pan par la réunion de sept tubes de longueur croissante, mais elles sont percées chacune d'un biseau et de cinq trous.

François Ier est honoré comme  protecteur des arts et maître qui en bat la mesure.

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De chaque coté : les panneaux étroits au monogramme F et aux cartouches à son nom.

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Deuxième travée, coté nord, sous "l'Éléphant fleurdelysé" de Rosso Fiorentino. Huit panneaux.

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-Les deux vantaux d'une porte : trophées d'armes. Outre les casques, les boucliers, les lances et hallebardes, les enseignes au titulus frappé d'une étoile, nous trouvons deux instruments de musique (percussion), un claquebois (avec son maillet) et  des crotales. 

-Deux panneaux au monogramme F

-Deux panneaux à la salamandre, sur fond de rinceaux (cf. infra)

-Deux panneaux au monogramme F.

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Les panneaux à la salamandre, sur fond de rinceaux.

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Le cuir découpé est traversé, en haut et par deux orifices, de deux dragons aux queues tirebouchonnées  liées entre elles. Le rinceau qui occupe ce registre supérieur flirte avec un aegicrâne au centre, et  vient fleurir sur les cotés en deux gracieux bustes féminins. 

N'oublions pas les deux aigles perchés sur les têtes des dragons. Et n'oublions pas de constater que le corps renflé des dragons ou leur tête feuillagé s'évertuent à nous les faire confondre avec les productions végétales qui les entourent.

Au registre inférieur, des rinceaux sont tenus par une femme canéphore, au dessus de deux sphinges liées par la queue. Ces rinceaux donnent des fleurs, qui se métamorphosent en serpents, qui, après avoir traversé l'orifice du cuir, dardent l'un vers l'autre leur langue venimeuse.

Mais notre femme que j'ai non sans pédanterie qualifiée de canéphore (portant un pot de fleur) est hybridée par le végétal, puisque sa tête est feuillagée, ses mains remplacées par les vrilles de quelque plante grimpante, et ses jambes escamotées au profit d'un calice.

Deux autres tiges produisent des cornes d'abondances aux fruits replets.

Vous pouvez voir en fin de mon article sur La Guerche-de-Bretagne comment les rinceaux de cette collégiale sculptés avant 1525, figuraient déjà   sur les boiseries faites par Richard da Carpi  pour la chapelle de Georges d'Amboise à Gaillon, et comment ils trouvaient eux-mêmes leur modèle  de dessins italiens de Pietro da Birago gravés entre 1505 et 1507. Mais on les trouve aussi sur les pilastres des Loges de Raphaël par Giovanni da Udine.

Si je les examine en détail ici, c'est pour montrer ce goût de la varietas, de l'imagination féconde, du mélange des genres, de la métamorphose des formes, des courbes en volute, et de l'irrévérence envers la réalité. Qui nous échappent lorsque nous passons trop rapidement en nous laissant hypnotiser par la salamandre.

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Deuxième travée, coté sud. Sous "L'unité de l'Etat" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

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Le panneau central.

Armoiries royales dans un cuir déroulé, au dessus d'une fourche et d'un trident entrecroisés. Du coté gauche, un casque panaché et cornu est suspendu par des rubans. À droite , un casque, un bouclier, un croissant.

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre.

Deux panneaux au monogramme F.

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Troisième travée, au nord, sous "Les Jumeaux de Catane" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

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Le panneau central. Armoiries royales dans un cuir déroulé. Deux torches entrecroisées auxquelles sont suspendus des trophées d'armes (carquois et jambières d'armure).

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre avec rinceaux (infra)

Deux panneaux au monogramme F.

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Panneau à la salamandre.

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Au registre supérieur, l'inscription énonce la devise NVTRISCO ET EXTINGO, "je me nourris (du bon feu) et j'éteins (le mauvais)".

Les rinceaux, qui traversent les enroulements du cuir, sont picorés par quatre aigles. 

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Panneau à la salamandre.

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Ici, nous retrouvons les aigles picorant, mais la tige des rinceaux est crachée par un masque  vaguement humain, mais feuillagé.

Et il y a cette superbe métamorphose des feuilles des rinceaux en  lions  colletés : c'est sur leur tête que les aigles cavalièrement se posent.

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Autre exemple proche.

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Ailleurs. Armoiries royales et rinceaux.

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Et allons y ! Les têtes de lion et les têtes de bélier, le putto ailé et feuillagé, et le bucrane : ah, notre artiste connaît sa grammaire grotesque, et ne se gêne pas pour encadrer les fleurs de lys  des Valois de ce monde déjanté  !

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Cinquième travée, au nord, sous "La Vengeance de Nauplius" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

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Le panneau central.

Armoiries royales dans un cuir déroulé. Deux torchères entrecroisées, auxquelles sont suspendues par des rubans du coté gauche, deux carquois, et du coté droit deux guêtres ou jambières sur des boucliers. (comme sur la 3ème travée).

 

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre.

Deux panneaux au monogramme F.

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Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Cinquième travée, au sud, sous "La mort d'Adonis" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

 

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Le panneau central.

Armoiries royales dans un cuir déroulé. Deux torchères entrecroisées, auxquelles sont suspendues par des rubans du coté gauche, deux carquois, et du coté droit deux guêtres ou jambières sur des boucliers. (comme sur la 3ème travée).

 

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre.

Deux panneaux au monogramme F.

 

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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Sixième travée, au nord, sous "La mort d'Adonis" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

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Le panneau central.

Armoiries royales dans un cuir déroulé. Deux torchères entrecroisées, auxquelles sont suspendues par des rubans du coté gauche, deux carquois, et du coté droit deux guêtres ou jambières sur des boucliers. (comme sur la 3ème et la 5ème travée).

 

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre.

Deux panneaux au monogramme F.

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Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

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CONCLUSION.

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Plusieurs décors ont été repris de façon répétitive. Cela s'explique-t-il par la copie de panneaux originaux lors des restaurations ?

Néanmoins, le décor des panneaux centraux avec leurs trophées et des panneaux aux salamandres avec leurs rinceaux organisés en deux colonnes verticales et trois registres, ou enfin la variété des cuirs à enroulement permet de se livrer à un travail d'iconographie comparative, à la recherche des sources ainsi que de l'influence d'un style qui portera désormais le qualificatif de "bellifontain".

On pourra  comparer ces boiseries à celles, différentes, et en marqueterie, réalisées pour la chapelle du château d'Écouen (pour Anne de Montmorency, qui disposait d'un logis au château de Fontainebleau) et pour celle de La Bâtie d'Urfé.

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ANNEXE. PIECES JUSTIFICATIVES PUBLIÉES PAR MAURICE ROY.

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Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.

 

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SOURCES ET LIENS.

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Je n'ai pas trouvé de monographie consacrée à ces boiseries de la galerie François Ier, hormis l'article de Maurice Roy.

— AUCLAIR ( Valérie), 2007. L'invention décorative de la galerie François Ier au château de Fontainebleau. In: Seizième Siècle, N°3, 2007. pp. 9-35; doi : https://doi.org/10.3406/xvi.2007.917 https://www.persee.fr/doc/xvi_1774-4466_2007_num_3_1_917

"au début des comptes de 1541-1550, hors des parties extraordinaires, se trouve un paiement de menuiserie à « Francisque scibecq, dit de carpy, menuisier italien […] pour les ouvrages de lambris, de menuiserie, qu’il a faits de neuf pour le roy, […] en la grande salle haulte du grand pavillon près l’estang en sondit chasteau, au pourtour des murs sur l’aire du plancher du longs de laditte salle, […] le tout de bois de noyer et chesne, façon et ordonnance qu’il a esté advisé par le roy, ainsi qu’il est plus à plain contenu et déclaré au marché, de ce par lesdits commissaires, fait et passé cy devant avec ledit Francisque scibecq, le 25e febvrier 1541 [a. st.] » (p. 186-187). Ce marché du 25 février 1542 (n. st.) a été retrouvé et publié par Maurice Roy . il précise que les ouvrages de menuiserie devaient prendre place « depuis le rez de [chaussée] du plancher de lad. salle jusques à la haulteur des ouvraiges de paincture et stucq qui sont faits en icelle salle », autrement dit selon le système décoratif mis au point quelques années auparavant dans la chambre du roi et dans la galerie François-Ier . Comme dans cette dernière, les décors peints et de stuc avaient été exécutés avant les lambris (l’emploi du temps présent l’assure) et étaient donc terminés, ou en voie de l’être, en février 1542. les paiements qui s’y rapportent furent donc bien effectués au commencement de la décennie 1541-1550, et il est logique de les trouver en début de chronologie. si l’on en croit Vasari dans ses Vite , le décor de la salle haute des Poêles fut réalisé, ou tout au moins commencé, sous la direction du Rosso, décédé à Fontainebleau le 14 novembre 1540. les premiers paiements des comptes de 1541- 1550 doivent donc correspondre à l’achèvement des stucs et des peintures sous la direction de Primatice, qui rentra de Rome, où François Ier l’avait envoyé en mission, peu après la mort du Florentin ." 

— ROY (Maurice), 1913,  « la galerie de François Ier à Fontainebleau », Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. lxxiii, 1913, p. 205-224.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408260p/f209.item

— Une thèse est en préparation à Toulouse en Histoire sur François Silbec.

J'ai apprécié l'article suivant :

FENRIS (Franz), s.d.  « Grotesques », meuble.peint.com

https://meublepeint.com/les_grotesques.htm

LE SITE EDUCATIF DU CHATEAU

http://www.chateau-fontainebleau-education.fr/pedagogie/iii-les-decors-interieurs/
 

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Published by jean-yves cordier - dans Renaissance Grotesques Sculpture
27 décembre 2020 7 27 /12 /décembre /2020 19:00

Le jubé (vers 1560) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice III. Les retables aux licornes. Sainte Marguerite,  sainte Anne éducatrice et la virginité.

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1. Voir sur ce jubé :

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2. Voir sur cette église :

 

 

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La tribune du jubé de La Roche-Maurice est encadré par deux niches ou retables dont le cadre est encastré sur la face ouest de chaque pilier. Un de ces retables renferme une statue de sainte Marguerite sortant de son dragon, et l'autre de sainte Anne éducatrice, c'est à dire apprenant à la Vierge Marie (sa fille) à lire.

Les licornes affrontées de leur dais ne sont pas décoratives. Elles rendent hommage à la virginité des trois femmes et en souligne l'importance.

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Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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LE RETABLE DE GAUCHE : SAINTE MARGUERITE D'ANTIOCHE ISSANT DU DRAGON.

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Le groupe sculpté en ronde-bosse qui s'adosse sur le pilier nord est de facture médiévale et montre la sainte sortant (on dit "issant") du dos du dragon qui l'a avalé et qui a encore entre les dents l'extrémité de la robe rouge : c'est dire qu'elle n'a pas perdu son temps pour invoquer Dieu, se saisir du crucifix qui ne l'a quitte jamais (ou se contenter de tracer un signe de la croix), et taillader le ventre de la bête vers l'extérieur. 

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Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Mais, après tout, qu'allait-elle faire dans cette galère ? Lui était-il arrivé la même mésaventure que Jonas avalé par une baleine ?

Pas du tout. Refusant de céder aux avances du méchant préfet Olybrius pour mieux offrir sa virginité au Christ, et refusant en outre d'abjurer sa foi, elle se retrouva en prison :

" Pendant qu'elle était dans son cachot, elle pria le Seigneur de lui montrer, sous une forme visible, l'ennemi qui combattait avec elle ; et voici qu'un dragon effroyable lui apparut; comme il s'élançait pour la dévorer, elle fit un signe de croix et le monstre s'évanouit; ou bien, d'après ce qu'on lit ailleurs, ouvrant la gueule sur sa tête et étendant la langue sur son talon, il l'avala dans l'instant ; mais pendant qu'il voulait l'absorber, elle se munit du signe de la croix, et par la vertu de la croix le dragon se fendit, et la vierge sortit saine et sauve. Mais ce qu'on rapporte du dragon qui la dévora et se fendit est regardé comme apocryphe et de peu de valeur." (Légende dorée)

Ou encore, dans la traduction de Teodor de Wyzewa  (1910) :"Et voici que lui apparut un dragon hideux qui voulut se jeter sur elle pour la dévorer. Mais elle fit le signe de la croix, et le dragon disparut. Ou encore comme l'affirme une légende, le monstre la saisit par la tête et l'introduisit dans sa bouche; et c est alors qu'elle fit un signe de croix par la vertu duquel le dragon creva, et la vierge sortit de son corps sans avoir aucun mal."

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202210w/f369.item

La Légende relate des événements bien plus véridiques et plus croustillants encore, lorsque l'Olybrius la dénude, la fait suspendre à un chevalet et la brûle avec des torches ardentes, qui la laisse de marbre, ou la frappe par les verges puis la déchire par des peignes de fer jusqu’à ce que ses os fussent dénudés. Ou lorsqu'il la plonge dans un baquet d'eau, et que la terre tremble et que le bassin éclate. Elle finit par être décapitée, car comme pour Catherine, l'épée est l'argument indiscutable. Mais avant de mourir, Marguerite demande au Ciel une dernière faveur, celle  que toute femme en couche en danger qui l'invoquerait mettrait au monde un enfant indemne. 

 

Elle est donc invoquée par les femmes en couche, pour les dangers de la délivrance.

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Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Le plafond à caissons et toupies est le même que celui de la tribune. Les jambes de force sont deux "lions" appuyés sur des consoles en volutes ; celui de droite a un visage humain.

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Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Malgré tout l'intérêt que je porte à sainte Marguerite, c'est le dais qui la surplombe qui retient mon attention. Et cela pour deux raisons (au moins). La première raison, dont je me débarrasse, est la présence de deux indices du style Renaissance bellifontain (de l'École de Fontainebleau vers 1530) : les cartouches en cuir découpés à retournement (qu'on retrouvera abondamment ensuite au château de Kerjean vers 1580) et le masque féminin à linge noué et collerette. Je ne m'attarde pas, puisque ce style a déjà fait l'objet  de l'étude du chancel, en deuxième partie.

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La seconde, et plus savoureuse raison  tient à la surprise de découvrir ici deux licornes affrontées. Certes, cet animal n'est pas absolument rare dans le décor sculpté de Bretagne, mais il s'y trouve réservé dans ce monde intermédiaire des sablières.

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Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
 

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Ces licornes, quasi identiques sur les deux retables, tiennent dans leur pattes antérieures un cartouche en cuir découpé à enroulement, seulement orné au centre d'un ovale blanc. Cet "œuf clair" symbolise-t-il la virginité ?

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Entre leurs cornes, elles tiennent un objet dans lequel on distingue facilement un cercle blanc inclut dans des oves. Ce cercle est traversé par les tiges vertes  de deux bouquets de rose (ou deux branches chargées de pommes), qui forment un nœud au centre, puis une boucle en fer à cheval au dessus.

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La licorne est associée à l'idée de virginité depuis que s'est développé la tradition affirmant que, pour la chasser, il fallait l'attirer en disposant, assise dans un bois ou un jardin, une jeune fille vierge, dont l'odeur la séduit.

J'ai développé ces points, d'ailleurs bien connus,  ici

 

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Dés lors, nous pouvons voir dans ces animaux, et leur bouquet,  un hommage à la virginité de sainte Marguerite, dont le nom de Margarita, "perle" est en soi une affirmation de pureté, et de blancheur immaculée. 

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Les marques d'imprimeur : un modèle possible ?

Nous retrouvons cet emblème dans la marques d'imprimeur de Thielman Kerver,, puis de son épouse Yolande Bonhomme, puis de   leur fils Jacques Kerver, puis de son successeur  Claude Chapellet.

Nous aurions, à La Roche-Maurice, une synthèse de la marque de Thielman Kerver et de celle de Claude Chappelet.

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L'université de Poitiers (La licorne dans les marques d'imprimeur) en donne les descriptions suivantes :

Thielman Kerver imprimeur-libraire à Paris de 1497 à 1522.

« Cette marque a la forme courante des premières marques parisiennes du XVIe siècle dans lesquelles deux animaux, en position de supports héraldiques, tiennent un écusson accroché à un arbre, porteur du chiffre et des initiales de l’imprimeur. L’héritage du Moyen Âge est encore perceptible dans le décor rappelant les miniatures enluminées et dans la représentation de la licorne qui tient plus de la chèvre (forme sous laquelle elle était plutôt représentée dans les bestiaires médiévaux) que du cheval. Dans les marques des successeurs, Jacques Kerver et Claude Chappelet, la licorne, assise seule, prend une allure chevaline. »

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Yolande Bonhomme imprimeur-libraire à Paris de 1522 à 1557.

« Fille de Pasquier Bohomme et épouse de Thielman Kerver dont elle prend la succession à sa mort. Les licornes, tels deux supports héraldiques, sont héritées de la marque de Thielman Kerver, mais dans l’écusson le chiffre et les initiales du défunt époux ont été remplacés par les instruments de la Passion, désignés par la devise « Redemptoris mundi arma ». C’est donc le Sauveur que symbolise ici la licorne, comme la légende de la chasse et de la capture de la licorne symbolise également la Passion du Christ. ».

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Claude Chappelet libraire à Paris de 1568 à 1648.
« Il succéda à Jacques Kerver (fils de Thielmann Kerver) dont il reprend la marque à la licorne sans même en avoir modifié les initiales. »

Ici un ouvrage de 1617. Voir aussi un ouvrage de 1588, et un autre de 1604.

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Un peu plus tard (et peut-être un peu trop tard pour servir de modèle au fronton de La Roche-Maurice), il faut s'intéresser à la marque de Johann Kinckius, imprimeur-libraire à Cologne de 1605 à 1656, car la référence à la virginité, et à l'Immaculée Conception, y est explicite. La marque est en effet présente sur la Defensio pro immaculata deiparae virginis conceptione de Ferdinand Chirino de Salazar, publiée à Cologne par Johann Kinchius en 1622 (Poitiers, Bibliothèque universitaire, Fonds ancien, M 7868). 

"La licorne, sauvage, puissante, était réputée invincible et impossible à capturer vivante. Les légendes antiques et médiévales relatent la ruse utilisée par les chasseurs pour l’attraper ou la tuer. Attirée par l’odeur d’une jeune fille vierge à l’âme pure, l’animal venait poser sa tête sur ses genoux et, confiant, s’endormait, devenant ainsi une proie facile."

"Au Moyen Âge, cette légende fut interprétée comme une symbolique de l’Incarnation, la jeune fille personnifiant la Vierge Marie et la licorne, le Christ. La marque de Johann Kinckius en est une illustration. La licorne, agenouillée devant la Vierge Marie, touche celle-ci de sa corne, symbolisant l’Esprit divin descendant en son sein. De cette scène Johann Anton Kinckius, fils de Johann, n’a conservé que la licorne, symbole christique, s’en remettant à la protection divine comme le laisse entendre sa devise « In manibus Dei sortes meae » (Mon destin [est] entre les mains de Dieu)."



"Le texte inséré dans la marque « Dilect’. Me.’ Quem adm. Fili’. Unicorniu. » est tiré du psaume 28 : « mon bien-aimé est comme le fils des licornes». Aux angles figurent les quatre évangélistes et leurs attributs.
La licorne est aussi l’enseigne de Kinckius comme l’indique l’adresse : « sub Monocerote ». En latin la licorne est désignée sous les termes de monoceros (d’origine grecque) ou unicornus, c’est-à-dire qui n’a qu’une corne."

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Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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LE RETABLE DE DROITE : SAINTE ANNE ÉDUCATRICE.

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Maintenant que nous avons compris comment interpréter  ces licornes, nous voyons qu'il faut appliquer cette notion de virginité aux deux occupantes du retable de droite. Cela ne pose pas de difficulté pour Marie, la Vierge. Mais néanmoins, il faut aller plus loin et, admettre que le commanditaire a voulu rendre hommage à la virginité de sainte Anne, mère de Marie par la rencontre de son mari Joachim devant la Porte Dorée de Jérusalem. Et le simple baiser, ou l'étreinte, qui permis la fécondation miraculeuse.

En un mot, ces deux retables sont une affirmation de l'Immaculée Conception.

Voir, parmi d'autres articles, celui sur l'Arbre de Jessé de Moulins (Allier) .

 

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Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
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Photo complémentaires.

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Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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