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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 22:39

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Comme toutes les églises et chapelles du Finistère, l'église de l'enclos paroissial de Dirinon, et sa chapelle adjacente Sainte-Nonne, comportent de nombreuses crossettes, pierres d'amortissement nécessaires à la structure et à l'équilibre des rampants des pignons et fenêtres. Et comme dans les autres enclos paroissiaux et les autres paroisses, ces crossettes sont majoritairement figuratives et elles représentent des animaux et des anthropomorphes adoptant des modèles ou des postures stéréotypées.

A Brasparts, à Landerneau, à Landivisiau, à Lannédern, à Rumengol, à Saint-Urbain, ou à La Martyre, les lions et dragons tenaient des ossements ou emportaient des formes humaines (crânes, têtes, corps entier) comme des acolytes de la Mort tandis que des représentations féminines parfois animalisées (serpents ou poissons) et des hommes intempérants illustraient les  dangers d'une vie adonnée aux vices dans l' insouciance du trépas. Qu'allais-je découvrir à Dirinon ?

Pour la seule église, je dénombrais  1 gargouille et 8 crossettes . Et la chapelle en ajoutait 6 à ma collection. Emmanuelle Le Seac'h, qui m'a précédé pour la même enquête, a compté 1 ange, 1 dragon, 1 monstre, 6 humains, 2 lions, 2 chiens, 1 loup, ...et les 6 gargouilles-canons du clocher !

–Matériau :  Pierre de Logonna.

– Sculpture : Ronde-bosse et faible relief.

– Datation : déduite de celle des bâtiments :

  • 1577 : chapelle Sainte-Nonne.
  • 1588 à 1593 : gargouilles-canons des deux plate-formes du clocher-tour.
  • 1588 (date inscrite sur le contrefort sud-ouest) et 1618 (date inscrite sur le porche) : église Sainte-Nonne.

Voir en fin d'article quelques inscriptions lapidaires et chronogrammes.

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Comment les décrire ? Je choisis de faire le tour de l'église, par le nord et en partant de la porte ouest, sous le clocher. Puis de tourner dans le même sens autour de la chapelle.  Une, deux, trois petits tours, on y va.

 

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Plan schématique de l'église Sainte-Nonne : emplacement des crossettes en rouge.

Plan schématique de l'église Sainte-Nonne : emplacement des crossettes en rouge.

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LE PIGNON OUEST.

 

1. Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest.

Crossette d'angle en pierre de Logonna, rampant gauche de l'élévation ouest. ronde-bosse et faible relief, érodé. Vers 1618. 

Le lion, tourné vers le nord, est couché, mais les pattes antérieures repliées vers l'arrière, et donc courant. La gueule ouverte laisse pendre une longue langue. Il répond au stéréotype du "lion de crossette", avec son front frisé, sa crinière méchée, la moitié arrière lisse et fine, et, selon une règle constante, sa queue passe entre ses jambes postérieures, remonte sur l'échine et se divise en une fourche de trois branches. 

Il est difficile d'affirmer que les pattes antérieures prennent appui, ou maintiennent un objet, mais cela semble être le cas, car on voit une forme rectangulaire, peut-être un livre.

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 Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'ÉLÉVATION NORD.

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Avant le décroché du transept nord, deux lucarnes proposent chacune à notre curiosité deux crossettes.

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Vue nord-ouest de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Vue nord-ouest de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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La première lucarne ("fenêtre passante") nord et ses deux crossettes.

Les rampants de cette lucarne sont dentelés de crochets et coiffés d'un fleuron.

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Première fenêtre passante nord et ses deux crossettes.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Première fenêtre passante nord et ses deux crossettes. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Première lucarne nord.

Rampant droit de la première fenêtre passante de l'élévation nord, crossette en ronde-bosse et faible relief, datée entre 1618 et 1653. 

L'homme est en position de chevalier servant, la jambe droite allongée le long du mur et la jambe gauche repliée. Il fait face à l'ouest. Très ventru, avec l'abdomen plissé tombant en tablier, il tient entre ses mains ses moustaches tombant en tresses depuis ses narines. Ses cheveux sont longs, bien visibles sur l'épaule droiteQuoique son menton paraisse lisse, on ne peut exclure qu'il se caresse la barbe, ou encore qu'il tienne entre ses mains un objet ou un petit être. E. Le Seac'h y voit "un vieillard se caressant la barbe".

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Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. 

Est-ce une femme à la poitrine peu marquée ou un homme au sexe discret ? J'opte pour la première possibilité en raison de la correspondance avec d'autres crossettes comparables, à Notre-Dame-de-Berven de Plouzévédé, à Saint-Hervé de Gourin ou à Notre-Dame des Trois-Fontaines à Gouezec, où les femmes nues ont une poitrine sans ambiguïté.

Pour E. Le Seac'h, "Acrobate se tenant le sexe".

Il s'agit d'un personnage, nu, dans une posture proche du précédent car son genou gauche est fléchi, la jambe prenant appui sur le mur tandis que la cuisse gauche est étendue sur la partie visible de la base de la crossette. L'axe de son corps est orthogonale à celui  du mur. Selon un geste adopté souvent par les acrobates sculptés, la femme (ou l'homme, j'hésite encore) tient sa cheville gauche par la main homolatérale, ramenant ainsi son talon vers sa fesse. Cette attitude corporelle n'est pas clairement acrobatique, car les amplitudes articulaires n'ont rien d'une performance, mais néanmoins elle nous interpelle car elle suppose une liberté contraire à l'étiquette de l'individu qui "se tient bien en public". 

Ce qui nous intrigue également, c'est la position de la main droite : elle est placée dans l'entre-cuisse, un index tendu ; mais le sexe n'est que légèrement sculpté.

Il faut admettre que cette femme se tient ou se touche le sexe, que son visage exprime la jouissance, et que le maintien du talon sur la fesse a une valeur érotique. Le visage est concentré, les yeux dilatés et la commissure des lèvres basse. Les côtes sont bien marquées, évoquant une expansion thoracique. Les cheveux sont longs et tombent dans le dos. Les épaules et les bras sont athlétiques.

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Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante.    Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante.   Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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La deuxième lucarne ("fenêtre passante") nord et ses deux crossettes.

Les rampants de cette lucarne sont dépourvus de crochets mais coiffés d'un fleuron.

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4. Crossette n° 4. Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. 

 

Il saut' sur la fenêtre

Et groume du museau

Pasqu'il voit sur la crête

S'découper les oiseaux

Tirelo

 (Léon-Paul Fargue, Chanson du chat, in "Ludions")

Un animal est sculpté, de profil, tête dirigé vers l'occident. Sa queue est longue et fournie, ce qui m'évoque celle d'un renard, mais on peut penser aussi à un chien ou à un loup. Elle n'est pas tombante, mais au contraire tendue dans l'axe de l'arrière-train et de l'échine. Le pelage est lisse. Les pattes arrières sont semi-fléchies, les antérieures tendues, dynamiques. Cette bête tient dans sa gueule une proie (ce qui, hors dans le contexte d'une scène de chasse, n'est pas compatible avec un chien). J'ai cru voir dans la proie une volaille, et comme j'avais fait du quadrupède un renard, il s'agissait d'une poule. Mais pourquoi pas un agneau dans la gueule d'un loup ? 

Dans tous les cas, c'est une scène de prédation.

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Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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5. Crossette n°5. Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord.

Ce dragon ailé répond, comme le lion de la crossette n°1, aux stéréotypes du genre : yeux exorbités, oreilles pointues, dents pointues bien visibles, ailes nervurées de chauve-souris, queue de serpent formant des boucles et des nœuds (se prolongeant sur la pierre supérieure). Mais il a été amputé partiellement lors de la construction du bras du transept.

Il participe, comme le lion, de l'expression de forces terrifiantes et maléfiques menaçant l'homme qui les expulse ainsi dans les hauteurs du sanctuaire. Pour un chrétien, ces forces devaient être soit celles du péché et des vices, soit celle du danger de mort en état de péché.

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Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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ÉLÉVATION SUD.

6. Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept. 

L'animal est assis sur l'arrière-train, la tête tournée vers le visiteur. Il montre ses crocs.

 

Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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7. Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. 

Il est érodé et mangé par un lichen blanc. Pour E. Le Seac'h, "Buveur acrobate". 

L'homme tiendrait un verre tout en attrapant de la main gauche sa cheville. Il est difficile à observer en raison de la présence gênante de la gargouille, et la jambe droite n'est pas visible. Il est vêtu comme un jeune seigneur ou un homme aisé, coiffé d'une toque, au dessus de cheveux coupés à la mode qui cessa avec François Ier en 1515. Il porte des chaussures à bouts ronds, des chausses et une tunique courte à manches bouffantes. Les pans de cette veste sont sculptés de motifs pouvant correspondre à une succession de boutons, ou à des poches. Les yeux sont dilatés, fixant le ciel. 

Au vu de la connotation négative (en terme de morale) que l'homme nu de la crossette n°3 a conféré à la posture de la "prise de cheville", nous sommes amenés à suspecter que cet homme illustre un nouveau vice. Ceci est accentué par la cambrure exagérée qui peut être celle d'un acrobate. Cette crossette m'évoque celle du buveur, 6 rue des Boucheries à Landerneau, ou celle observée à La Martyre  (photo lavieb-aile

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Bien-sûr, c'est ce coté énigmatique de cette crossette (et des autres) qui fait notre bonheur, et lui donne toute sa poésie, clef d'exquises rêveries...

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Et puis c'est le hasard du croisement avec la gargouille qui crée cet effet de surprise parfaitement délicieux.

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Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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8. Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe.

Sur un contrefort à la jonction des rampants du porche et de l'ancien transept, érodée. Gargouille ayant une fonction effective d'évacuation des eaux pluviales, sa goulotte étant équipée de zinc.

C'est un  parallélépipède dont l' extrémité incurvée est  sculptée en une tête anthropomorphe, mais aux traits  grossiers. La bouche largement ouverte est armée de 18 dents environ. Du fait de l'incurvation, elle semble, telle la gueule de la murène, se projeter avec une férocité hilare vers nous. Cet effet est accentué par le grain très rugueux (accentué par le ciseau du sculpteur ?) de la pierre, évoquant des pustules sur la peau d'un reptile. 

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Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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9. Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche.

Voici encore un lion bien conforme au modèle-type. La queue passe exactement comme il se doit entre les pattes pour revenir se diviser en trois pointes sur le dos. La gueule est béante  à souhait, sur de belles quenottes, avec une longue langue pendante.  Le sculpteur lui a donné une crinière particulièrement généreuse, en trois rangs d'alvéoles. Entre ses pattes antérieures, il tient la tête d'un petit homme, dont on imagine le corps en arrière. Le lion va-t-il le dévorer, ou seulement exercer sur lui sa puissance d'émissaire de la Mort, et l'emmener aux Enfers ? Cette crossette me confirme dans ma conviction que ces lions et dragons sont, en Bretagne, les formes animales de l'Ankou.

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Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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10. Crossette mutilée n° 9. Angle sud-ouest.

A l'angle sud-ouest de l'église, sur le rampant droit de l'élévation ouest, une crossette mutilée et partiellement couverte de lichens ne montre plus qu'une paire de pattes (antérieures) reposant sur une console. A vos imaginations !

 

Crossette n°9, rampant droit du pignon ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°9, rampant droit du pignon ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA CHAPELLE SAINTE-NONNE.

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Les crossettes encadrent la fenêtre passante de la façade nord, qui donne presque devant le porche de l'église. 

La chapelle datant (inscription) de 1577, les 2 crossettes de  la chapelle Sainte-Nonne sont estimées de la même date. Le matériau est le même que celui de l'église, a priori la pierre de Logonna.

Je garde, pour les décrire, ma progression de l'ouest vers l'est.

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Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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11. Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne. 1577. 

Pierre érodée, quelques plaques de lichens et traces verdâtres par micro-organismes.

La sculpture représente un homme nu, aux traits assez grossiers (yeux fermés mais dilatés, pommettes saillantes, nez large) portant une moustache en accolade dont les extrémités remontent vers les joues. Le menton est sculpté en deux épaisses virgules que nous interprétons comme une barbe. Ses cheveux frisés encadrent de leurs boucles les cotés du visage. Il est agenouillé sur sa jambe gauche, celle placée du coté mur, alors que la jambe droite est maintenue pliée par la main droite qui empoigne la cheville. La main gauche est placée vers le pubis.

Bref, c'est un troisième exemple de cette posture "d'acrobate" qui pourrait avoir une signification érotique, ou stigmatisante, d'autant que, malgré l'absence de détails anatomiques formels, la nudité de cet homme, son visage vultueux et la position de sa main sont autant d'indices, appelons un chat un chat, de la masturbation.

En 1644, lors de la Mission du Père Maunoir à Dirinon, le récit de la conversion d'un jeune homme illustre la lutte de l'Église contre ce qu'elle considérait comme un vice s'opposant au Salut :

"Il y avait à cette mission un jeune homme très dévot à la Sainte Vierge, qui avait cependant contracté de mauvaises habitudes, dont il ne se pressait pas de se corriger ; une nuit, pendant son sommeil, il se voyait en pèlerinage vers un sanctuaire voisin de la Sainte Vierge, lorsque, sur son chemin, il remarqua une croix élevée au pied de laquelle reposait un ange tenant de la main droite une hostie et de la gauche un calice. Le jeune homme le voyant resplendissant de lumière, s'écria : « Ange de Dieu, comme tu es beau, qui t'a envoyé ici ? » — « C'est la Sainte Vierge, répondit l'ange. » — « Conduis-moi avec toi. » — « Je ne le puis. » — « Je t'en conjure. » « Non, cela est impossible. » — « Pourquoi donc ? » — « Si je te conduisais avec moi, Dieu te chasserait. » — « Pourquoi cela ? » — « Parce que, depuis l'âge de sept ans, tu as une mauvaise habitude, dont tu ne t'es pas débarrassé. Voilà la mission qui s'achève, les Pères vont partir, hâte-toi de te confesser, ne retombe plus dans ton péché, et sois sûr alors qu'un jour je te conduirai dans la céleste patrie ». "

En 1975, dans  la "Persona Humana, Déclaration de la Congrégation pour la foi sur diverses questions d'éthique sexuelle" le Vatican rappelle ceci :

La masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné. La raison principale en est que, quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux contredit essentiellement sa finalité. Il lui manque, en effet la relation sexuelle requise par l’ordre moral, celle qui réalise « le sens intégral d’un don réciproque et d’une procréation humaine dans le contexte d’un amour vrai ». C’est à cette relation régulière que l’on doit réserver tout l’exercice délibéré de la sexualité. Même si l’on ne peut assurer que l’Ecriture réprouve ce péché sous une appellation distincte, la tradition de l’Eglise a compris à juste titre qu’il était condamné dans le Nouveau Testament lorsque celui-ci parle d’« impureté », d’« impudicité » ou d’autres vices contraires à la chasteté et à la continence."

En janvier 1976, le curé de la paroisse saint-Louis de Brest est revenu dans le Bulletin diocésain de Quimper et du Léon, à propos de ce qu'il qualifie de "pavé dans la mare".

 

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Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne à Dirinon,  1577. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne à Dirinon, 1577. Photographie lavieb-aile 2017.

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12. Crossette n° 11. Ange tenant un livre, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne. 1577. 

L'ange, les yeux fermés,  est agenouillé sur une console. Il tient sur son cœur un livre.

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Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n° 11. Ange, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, (1577), chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

Crossette n° 11. Ange, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, (1577), chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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Les crossettes d'angle de la chapelle.

13. Crossette n°12 : Angle nord-ouest : Masque, sous un fronton. Érodé.

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chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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13. Crossette n° 14.  Angle nord-est : Masque, crossette sculptée sur la lèvre uniquement. Érodé. 

. Buste d'homme  coiffé d'un tortil ?.

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 Crossette n°16. Buste d'homme,  chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

Crossette n°16. Buste d'homme,  chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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14. Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, museau pointu et oreilles dressées,  tenant un rouleau entre ses pattes antérieures. Érodé.

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 Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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J'ajoute enfin (oublié dans mon parcour autur de l'église) cette crossette :

15. Crossette n°14.  Église de Dirinon.  Masque d'homme. 

Rampant gauche du transept nord de l'église.

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chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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COMPLÉMENT. QUELQUES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES ET CHRONOGRAMMES.

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La tour-clocher. 1588 et 1593.

Profitez-en pour découvrir les six gargouilles-canons.

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Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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Sur le contrefort sud-ouest du pignon ouest : chronogramme 1588.

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contrefort sud-ouest : chronogramme 1588. église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

contrefort sud-ouest : chronogramme 1588. église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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Sous la deuxième balustrade du clocher: inscription et chronogramme.

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Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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Inscription entre 2 chapiteaux (masque d'une femme en coiffe et guimpe à gauche).

1593. I KZVNCVF

Y. LEREST

Le premier patronyme doit être rectifié KERZVNCV[F], mais cela ne permet pas de le déterminer, à moins d'y lire KERDUNCUFF, assimilé à Kerdoncuff. En réalité, cette modification ne s'impose pas, car  A. Deshayes signale à propos de Kerdoncuff :  "les variantes lénifiées de ce patronyme [sont] Kerzoncuff et Kerzoncuf, et réduites Keroncuff (Keroncuff, 1627, Quimper ; Keroncuff, 1630, id. Keroncu, 1735, id. ) tous attestés à Plougastel-Daoulas. Elles  proviennent vraisemblablement du village de Loperhet, ancien lieu noble noté Kedoncuf en 1426. (Dict. des noms de famille bretonne, 1995). Loperhet est placée entre Dirinon et Plougastel-Daoulas.  Kerzoncuff est attesté à Dirinon en 1772 (Jean François KERZONCUFF 1772-1828 &1803 Marie Jeanne GUIRRIEC 1774-1853)

 Le nom est attesté dans la commune (Marc et François furent  maires entre 1796 à 1883). Le toponyme Keroncuff (près de la chapelle Saint-Divy) y existe aussi. 

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Inscription du clocher 1593, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription du clocher 1593, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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La statue en kersanton de sainte Nonne. 1588.

Attribuée par un auteur au Maître de Guimiliau.

Inscription STE NON[NE].  Notez le N rétrograde.

La sainte patronne de la paroisse est voilée, vêtue d'une cape ou manteau à fermail. Elle tient un livre.  C'est l'occasion de mentionner le Buhez santez Nonn hac ez map deuy  (La Vie de Sainte Nonne ), un manuscrit sur papier de la fin du  XVIe siècle, qui fut découvert  en 1834 par l'abbé Marzin, secrétaire de l'évêque de Quimper. Il s'agit d'un Mystère, racontant la vie de sainte Nonne, les miracles qui s'opérèrent sur son tombeau, l'épiscopat et la mort de saint Divy, et qui était peut-être joué par les habitants de Dirinon. Le caractère très précieux de ce document est qu'il a été  composé en langue bretonne . 

Et chacun peut consulter à sa guise, si ce n'est le manuscrit, du moins sa transcription et sa traduction par Le Gonidec.

https://archive.org/details/buhezsanteznonn01gonigoog

... ou par Yves Le Berre 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/80d88f81a9a064fda9b122ff0d667bbc.pdf

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Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton.

Le patron des jardiniers, horticulteurs et maraîchers a aussi sa statue (XVe siècle) au dessus de la porte nord de la chapelle Saint-Divy, montrant ainsi son importance pour les paroissiens. Et, peut-être, l'importance des cultes liés à la nature. Comme à la chapelle Saint-Divy, le saint est représenté avec son capuchon sur la tête.

Elle est classée MH depuis le 14 /11/1991 :  les spécialistes de l'Inventaire l'estiment exécutée vers 1600, "en granit de kersanton" (sic). Ils donnent les mensurations suivantes : hauteur 85 cm ; largeur 28 cm ; profondeur 24 cm.

Emmanuelle Le Seac'h l'attribue à l'atelier landernéen de Bastien et Henry Prigent (1527-1577).

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La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton. Atelier de Bastien et Henry Prigent. Photographie lavieb-aile 2017.

La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton. Atelier de Bastien et Henry Prigent. Photographie lavieb-aile 2017.

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Élévation sud : transept, cadran solaire, et crossette n°6.

 

 

Transept, élévation sud, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Transept, élévation sud, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le Cadran solaire de 1653.

Table de schiste de 55 cm de diamètre

Restauré par Mr Labat en 2010 qui installa un nouveau style orienté vers le nord géographique afin que le cadran indique l'heure solaire

"Au centre, un astre déploie ses rayons vers les heures du jour. Coté ouest, il est orné d'un soleil alors qu'en face, coté est, les heures du jour se déclinent vers une lune. Le décor aux volutes au dessus de la date est un calice surmonté d'une hostie."

Il apparaît dès lors que les initiales M.H.G.C sont celles du curé de l'époque et qu'il faut lire "Messire Hierosme Gayement Curé." .

 L’objet a été déplacé, car on voit « un encadrement mouluré encore visible au-dessus d’une des fenêtres Midi » (Abgrall 1907 p.191 et 237)

— LABAT-SEGALEN (Pierre), CORNEC (Jean-Pierre), 2010, Cadrans solaires de Bretagne, Oralajoù heol Breizh. , ed. Skol Vreizh

— LALOS (Michel), http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_brest.php

— CASTEL (Yves-Pascal), 2010, L'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_cadrans_solaires

  Hierosme Gayement fut diacre puis prêtre de Loperhet de 1636 à 1646   puis curé de  Dirinon de 1642 à 1671, et curé-témoin des missions du Père Maunoir en 1644 et 1666.

L'église de Dirinon, donnée comme prébende de l'abbaye de Daoulas par l'évêque de Quimper, Geoffroy, 1170-1185, fut possédée jusqu'à la fin du XVe siècle par un prieur chanoine régulier de Daoulas; mais en vertu d'une bulle du Pape Alexandre VI, ce prieuré fut uni à la mense conventuelle de Daoulas, le 7 Juin 1498, par l'official de Cornouaille, exécutant la bulle du Pape (Archives départementales, Daoulas). Depuis, la paroisse fut gouvernée par un prêtre séculier qui prit successivement le titre de curé, de vicaire perpétuel, puis de recteur. Ce furent, avant Jérôme Gayement, :

  • 1599-1620. Pierre Heleouet, curé.
  • 1621-1639. Claude Morvan.
  • 1639-1642. Briz.

"Lorsque les missionnaires, sous la conduite du Père Maunoir, quittèrent Plougastel-Daoulas, en 1644, pour prêcher à Dirinon, ils trouvèrent une certaine opposition de la part des ecclésiastiques des paroisses voisines et même de la part du recteur de Dirinon, M. Gayement qui, plusieurs années plus tard, avoua ses préventions au Père Maunoir et lui dit comment elles cessèrent lorsqu'il vit un ange assistant à la messe, le Père, directeur de la mission." ( Père Maunoir: Relation manuscrite des dix premières années de ses missions). Abgrall 1907

Ce curé semble avoir été fort actif et soucieux de placer les heures et le temps sous la tutelle de Dieu et de son Église puisqu'outre ce cadran de 1563, il fit réaliser trois cloches en  1666, année de la seconde mission .

a) L'une d'entre elles, sans nom de baptême mentionnée ["Mauricette", est encore en place : "La cloche datant de 1655, ayant 1 m. 12 de diamètre et 1 mètre de hauteur : elle est due à Jacques Le Louarn et porte l'inscription : "ESCVYER. G. DV. LOVET. SEIGNEVR. DE. LISQVIVIT. & C. PARIN. & DAME. MAVRICETTE. DV. LOVET. DAME. DE COATIVNVAL. MARINE. M. HIEROME. GAYEMANT. CVRE. C. CANN. & ANTO. CALVEZ. FAB 1655." Plus bas est un poinçon ou marque de fabrique, figurant un renard ; ce sont les armes parlantes du fondeur, car LOVARN signifie renard. — On lit au-dessous  :"IAC. LE. LOVARN. MA. FAICTE". (Abgrall 1907)

b) sans nom, 1661, bénie par Pierre Héleouet curé de Dirinon:

 "Les registres paroissiaux relatent plusieurs autres baptêmes de cloches. Le premier est du 15 Avril 1661. Les parrain et marraine furent le seigneur de Kerdoulas et la dame du Rouazle : « Anno Domini millesimo sexcentesimo primo, die vero decima quinta mensis Aprilis fuit facta benedictio unius campane in hac ecclesia de Dyrinon per me dominum Petrum Heleouet curionem dicte parochie de Dyrinon. Compatres fuerunt nobilis dominus de Kerdaulas et domina du Rouazle ». 

c) "Françoise", 1666 « Ce jour, 27 Octobre 1666 a esté benite et consacrée en l'église paroissiale de Dirinon en l'honneur de Dieu et de la Sainte-Vierge et de Madame sainte Nonne une cloche par Missire Hierome Gayement curé, le parein et maraine ont esté escuyer Marc Anthoine le Pappe, seigneur de Lezuzan, et dame Françoise Gousabatz, dame de Lesquiffit. On lui a imposé le nom de Françoise en présence des soubzsignants : Françoise Goasabatz, Marc-Anthoine le Pappe, Nouel Emdivat, prêtre, François André, prêtre, Vincent Coatagas, prêtre. Le Louarn, fondeur, Hierome Gayement ».

d) "Perrine", 1666. "Le 31 Octobre suivant fut bénite une autre cloche par Dom Noel Emdivat, prêtre de la paroisse, les parrain et marraine furent vénérable et discrète personne Missire Hiérosme Gayement, curé de Dirinon, et demoiselle Perrine Joliff, dame de Monval. On lui assigna le nom de Perrine. Louarn, fondeur." 

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Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Inscription de 1714.

Sur le pignon sud du transept, juste à droite du cadran solaire mais assez difficile à découvrir lorsque la lumière n'est pas rasante, on trouve dans un double cartouche en creux l'inscription : G. DENIEL F. 1714.  G[uillaume] Deniel F[abrique] 1714

Il s'agit sans-doute du même fabricien qui a inscrit son nom dans le chœur la même année 1714.

Inscription de 1714, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1714, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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 Inscription de 1713.

N : DIVERRES : F. / 1713.

"N[icolas] Diverres, F[abrique] 1713"

Notez le N rétrograde. Il pourrait s'agir de Nicolas Diverres (mars 1662 / 9 juin 1720), fils de Jean Diverres et de Jeanne Caret, époux de Marie Le Bris et père de 5 enfants, Jacques, Marc, Marie, Jeanne et Hervé. Jean Diverres était fabrique en 1702, date à laquelle il a inscrit son nom sur la chapelle de Saint-Divy, à Dirinon.

 

Ces deux inscriptions de 1713 et 1714 sont contemporaines de l'agrandissement agréé par l'évêque en 1712 de l'église : destruction de l'ancien chœur et édification d'un nouveau transept plus large et plus haut que le premier, qui est néanmoins conservé

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Inscription de 1713 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1713 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Inscription de 1756  l'est du pignon nord de l'ancien transept.

FAIT PAR JEAN /  QVENECADEC / ET IOSEPH  MVSE / LEC, FABRIQVE, L'AN 1756.

Notez, à nouveau, le N rétrograde et le Q rétrograde de JEAN, QVENECADEC,  FABRIQVE, et AN.

Jean Quenecadec, né le 23 août 1725 à Dirinon et décédé au lieu-dit L'Isle à Dirinon le 3 décembre 1761 ; il est le fils de François Quenecadec et de Françoise Caret. Il est le frère aîné d'Hervé, Marie et Françoise Quenecadec. Il épousa en 1747 Marie Kernéis et eut cinq enfants. Voir généalogie G. Kerautret.

Un de ses successeurs a inscrit sur le pignon de la chapelle de Saint-Divy l'inscription F. QVECADEC FABRIQVE 1778. Il s'agit sans-doute de François Quenecadec, né le 8 avril 1748 au lieu-dit L'isle à Dirinon. 

Joseph Muzellec est né à Dirinon le 14 mai 1708 de Guillaume Muzellec et Marie Le Bot.

 

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L'inscription, en lettres majuscules romaines, signale la réfection, pour une cause inconnue, du pignon nord de l'ancien transept.

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Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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DISCUSSION.

Les crossettes de ces deux édifices sont placées soit aux angles, soit en encadrement des fenêtres passantes, mais sans orientation cardinale privilégiée. Sur un total de 15 figures exploitables, nous dénombrons 1 ange, 7 humains et 6 animaux :

  • 4 hommes dont 3 sont nus (et 3 têtes d'homme en masque) 
  • 2 lions dont un tenant un être humain .
  • 1 dragon ailé
  • 1 chien
  • 1 renard tenant une poule
  • 1 loup
  •  1 ange 

Cette distribution est globalement conforme  à celle des monuments religieux du Finistère, malgré l'absence de figures féminines (femme, femme serpent ou sirène). La constance de figures stéréotypées montre que ce décor n'est pas dû au bon plaisir d'un artisan local, mais qu'il répond soit à la volonté des commanditaires (les fabriques paroissiales) soit au savoir-faire et aux modèles d'ateliers de sculpture, et sans-doute de la conjonction des deux.

J'ai d'abord pensé que ce décor placé dans une zone très particulière des églises, zone intermédiaire entre les murs et la toiture, toujours en hauteur, témoignait d'une fonction d'exutoire, de projection des pulsions contraires à la morale chrétienne : un entre-deux de refoulement, rempli des animaux du légendaire pré-chrétien et de l'héritage fabuleux populaire. 

Je constate désormais que ces pierres saillantes sont organisés selon trois thèmes fondamentaux :

1. L'animal menaçant, dévorant ou prédateur est une forme de l'Ankou : un assistant de la Mort. Par sa présence, il est un rappel insistant du péril majeur que représente alors pour tout chrétien la mort en état de péché, qui l'expédierai droit en Enfer.

2. L'homme (ou la femme) peccamineux — j'adore ce mot, quitte à l'utiliser à tort—, soumis à un vice. Deux ordres de vices sont particulièrement illustrés : ceux du ventre, en latin Gula ou Gastrimargia (Gourmandise et Ivrognerie) et ceux du sexe, Luxuria ou Pornéia (plaisir sexuel recherché pour lui-même). Autrement dit, ces sculptures laissent de coté les autres péchés capitaux que sont l'Orgueil (sauf dans le cas du jeune seigneur richement vêtu), l'Avarice, l'Envie, la Colère et l'Envie. Voir Les sept péchés capitaux par Jérôme Bosch.

3. L'ange, en contrepoint, mais toujours comme messager. Soit il tient un phylactère, soit il s'entoure d'une inscription d'injonction, soit, comme ici, il tient un livre qui renvoie aux Évangiles. Il indique la Voie à suivre vers le Salut.

Dès lors, ce décor pittoresque (ou "sculptoresque") s'intégrerait dans une action pastorale, complétant par l'image le travail de prédication. 

La datation de ces crossettes les placent à la fin du XVIe siècle (1577) ou au début du XVIIe siècle (1618), après le Concile de Trente (1545-1563) qui s'est opposé aux décors fabuleux, et dans le cadre militant de la Contre-Réforme. Si la première mission du Père Maunoir à Dirinon date de 1644, les premières "cartes"  illustrant par l'image la prédication de Michel le Nobletz furent peintes entre 1613 et 1639. Ces crossettes pourraient être considérées, dans un style bien différent et exempt de toute moraline, comme des formes préalables, mais jubilatoires, de ces Taolennou.

Mes articles sur ces Tableaux :

http://www.lavieb-aile.com/2015/10/douze-tableaux-de-mission-de-l-eveche-de-quimper-la-serie-de-plouguerneau-1.html

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/la-tribune-des-peches-capitaux-de-la-chapelle-saint-yves-a-priziac.html

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, in Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

https://archive.org/stream/bulletindiocsai00arcgoog/bulletindiocsai00arcgoog_djvu.txt

—APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

—  "Buhez santez Nonn" ou "Vie de sainte Nonne et de son fils saint Divy, archevêque de Ménevie en 519" avec une introduction de l'abbé Sionnet et accompagné d'une traduction littérale de Legonidec et d'un fac-similé du manuscrit, Paris, Merlin, 1837

https://archive.org/details/buhezsanteznonn01gonigoog

— Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

 

— COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

—FALC'HUN (Chanoine François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages, pages 30 et 31.

— LE MEN (Annie) , Dirinon Kerliezec, 1998, la cloche de 1573

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a64395e3a45082e87616943e6418235b.jpg

—CASTEL (Yves-Pascal)  1990, Retrouvaille des cloches en 1990. Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c723cbe89ac41b0f1c6516d4a7c97b0a.jpg

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun, mémoire de maîtrise, 2 vol.

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Published by jean-yves cordier - dans Dirinon. Gargouilles et crossettes
1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 22:25

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Entre la cinquième et la sixième travée, la poutre aux entraits engoulés par de grandes mâchoires de dragon sépare symboliquement la nef du chœur, les fidèles des officiants, comme le faisaient matériellement les jubés, avant leur destruction presque totale.  La poutre est  sculptée sur trois faces avec des scènes de la Passion,  sur la face tournée vers les fidèles, et les douze Sibylles autour de l'Annonciation, pour la face tournée vers le chœur. 

Les Poutres de Gloire (traduction du latin trabes doxalis), ou tref, portent un Christ crucifié, entouré de la Vierge et de saint Jean, comme sur les calvaires bretons à trois personnages.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST EN CROIX.

Croix aux fûts écotés. Thorax marqué par les pointes du flagellum. Cheveux et barbe longues et mêchés. Yeux clos. Lettres INRI du titulus en majuscules gothiques, aux fûts ornés. Perizonium noué à gauche. 

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE.

Voile blanc recouvrant entièrement la tête. Cou et poitrine couverts par une guimpe. Manteau bleu ciel. Visage rond, peu expressif, yeux ouverts. Mains jointes. Impression générale de prostration et de sidération, ou de quiète confiance.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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SAINT JEAN.

Contraste avec la Vierge par le mouvement des bras et de la tête, levés vers le Christ, et par l'animation en vague de la chevelure bouclée, des manches plissées et, surtout de l'admirable pan du manteau rouge sur une robe dorée. (L'opposition des couleurs des manteaux, bleu de la Vierge et  rouge de Jean, est par contre très habituelle). Visage sublime de beauté juvénile, regard empreint d'admiration, d'amour et de foi. Pieds nus, comme ceux de tout apôtre. 

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Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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I. LE COTÉ OUEST DE LA POUTRE : LES  8 SCÈNES DE LA PASSION DU CHRIST.

Sur le coté tourné vers la nef et donc vers les fidèles, deux anges recueillent le Précieux Sang au pied de la Croix. Et, de part et d'autre,   encadrées par deux arbres à larges feuilles, 8 vignettes rappellent les temps les plus douloureux de la Passion. Des scènes bien connues, inspirées de gravures (Passions de Schongauer ou de Dürer pour ne citer que ces maîtres) largement diffusées, et qui figurent par exemple sur les maîtresses-vitres de très nombreuses églises et chapelles du Finistère ; mais, ici, tout l'intérêt vient d'un détail supplémentaire.

1. Agonie au Jardin des Oliviers.

Le Christ en agonie prie son Père, tandis que lui apparaît dans une nuée un ange tenant la croix du sacrifice auquel il doit se destiner. Les trois disciples (Pierre, Jean et André), sont endormis malgré la demande de Jésus. Mais ce qu'il faut noter, c'est le personnage, vêtu en moine, qui est agenouillé à gauche, mains jointes. Il peut s'agir du donateur et commanditaire, ou, plus généralement, de la figure du chrétien appelé à méditer sur les souffrances endurées lors de la Passion, dans le cadre d'une dévotion participative (Imitation de Jésus-Christ de Thomas a Kempis, Meditationes Vita Christi de Ludolphe le Chartreux, ou troisième semaine des Exercices spirituels d'Ignace de Loyola, postérieurs à cette Poutre).

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Agonie du Christ, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Agonie du Christ, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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2. Flagellation (fouet) et fustigation (verges).

La scène de flagellation est classique, mais le Christ est lié à un arbre et non à la colonne. Là encore, un personnage inhabituel dans les gravures de référence est agenouillé, très différent des bourreaux , dans une tenue vestimentaire dont l'anachronisme avec la période judéo-romaine a été soulignée. Il m'est difficile de discerner s'il s'agit d'une femme, pieds nus, ou d'un riche marchand de toile vêtu d'une pelisse et tenant en main son chaperon. Il ne peut plus guère s'agir d'un donateur, et nous comprenons que l'artiste a choisi d'accompagner chaque temps de la Passion d'un de ses contemporains : après le Moine, le Bourgeois. L'hypothèse d'une œuvre marquée par le courant spirituel d'origine flamande de Devotio moderna se renforce. Les fidèles sont appelés à participer émotionnellement voire charnellement, comme ces personnages à genoux méditant sur  les souffrance endurées par le Christ, au Rédempteur.

Dés lors, nous sommes impatients de découvrir la scène suivante.

 

 

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Flagellation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Flagellation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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3. Couronnement d'épines.

Tandis que deux bourreaux enfoncent avec force la couronne d'épines sur la tête de leur victime à qui ils ont fait revêtir par moquerie de ses prétentions à la royauté le manteau pourpre et à qui ils ont donné en guise de sceptre un roseau, un roi du XVIe siècle, en manteau fourré, manches bouffantes et couronne doré, s'est agenouillé et lève la tête et les mains jointes, comme saisi par un élan de compassion.  Outre le fait que ce roi continue (comme dans une danse macabre) la liste des types sociaux, la relation spéculaire entre sa royauté temporelle et celle, divine, du Christ, est soulignée, de même ses prestigieux atours contrastent les regalia dérisoires du Dieu dont il tient son investiture.

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Couronnement d'épines, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Couronnement d'épines, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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4.  Christ aux outrages.

Dans la même logique de la royauté tournée en dérision, deux bourreaux tiennent le pan du manteau pourpre comme une traîne tout en le bastonnant .

Le dévot qui est figuré à genoux porte, comme le "marchand" (c'était finalement plutôt une femme) de la deuxième vignette, un confortable manteau fourré. Il a posé son chapeau rond devant lui. Au vu des lois somptuaires, il s'agirait d'un seigneur ou d'un prince.

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Christ aux outrages, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Christ aux outrages, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. Deux anges recueillent le sang du Christ au pied de la Croix.

La séquence de la Passion s'interrompt pour cette station au pied de la Croix . La couleur des vêtements des anges est inversée. Le panneau est encadrée par deux tours qui peuvent évoquer les remparts de Jérusalem.

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Anges et calice, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Anges et calice, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Le Portement de Croix.

Le personnage à genoux, en manteau court et capuche,  tient son chapeau rond devant lui, face au spectacle du Portement de Croix. 

Portement de Croix, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Portement de Croix, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Contemplation des Arma Christi et du Christ aux liens.

Cette mise en scène, toujours entre deux arbres, prouve si besoin était que nous ne sommes pas dans le même registre que les Passions finistériennes : là encore, un homme est agenouillé, tenant sa toque à plume (à la mode sous Henri II et jusqu'à Henri III soit la période 1547-1589), mais les cheveux longs (Louis XII), la dague à la ceinture. Mais il est inclus dans une composition allégorique associant le Christ au liens sur un banc avec les Instruments de la Passion (Arma Christi), sans respect pour la chronologie du récit évangélique : croix, lance du percement du flanc, marteau et clous, pichet  (de vinaigre). Dans un sens, seul ce chevalier est présent dans cette scène, face à des images, des fruits de l'imagination émotionnelle. La Devotio moderna suit l'itinéraire spirituel qui débute par la lecture du texte saint, la poursuit par la méditation, puis par l'oraison (lecture chantée du Livre d'Heures par exemple), pour conduire à la componction, sentiment éprouvé devant l'indignité de l'homme à l'égard de Dieu, et, enfin, à la contemplation ou communion de l'âme avec le divin.

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Contemplation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Contemplation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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La Crucifixion.

Les personnages du XVIe siècle disparaissent et le bas relief reprend le motif de la Poutre de Gloire: le Christ crucifié entre la Vierge et saint Jean. Mais comme ceux-ci, au lieu d'être debout, comme sur la Poutre, mais à genoux et les mains jointes. Ils sont donc assimilés aux dévots, ou, plus justement, ceux-ci s'assimilent à la Vierge et à saint Jean en oraison et contemplation face à la Croix. Le Stabat Mater, évoquant la souffrance de la Mater Dolorosa, s'inscrit dans la même tendance, car, comme l'écrit l'auteur de l'article Wikipédia : "Ce poème latin médiéval est souvent considéré comme l'expression classique d'une nouvelle forme de piété, plus empathique et émotive, caractéristique de la fin du Moyen Âge. L'affliction en demeure le thème central. Le croyant est plus à même de ressentir sa douleur humaine de mère que celle du fils d'essence divine, mais aussi de nature divine.". Voir la Trinité de Masaccio, peinte en 1425-1426, dans lequel, dans ce jeu subtile de l'espace contemporain ici-bas et de l'espace sacré, deux personnages en prière au premier plan contemplent intérieurement ce drame chrétien.

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Crucifixion, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Crucifixion, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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9. La Vierge de Pitié.

Le dernier arbre (clairement ici, un palmier) franchi, nous voyons la Vierge tenant le corps de son Fils après sa Déposition de la Croix : alors que sur les vitraux des Passions, ce sont plutôt l' épisode de la Déposition ou celui de la Déploration ou de la Mise au Tombeau qui sont choisis, ici, l'artiste a opté pour une Pietà ou Vierge de Pitié. L'accent est mis sur la compassion avec la souffrance de la Mère éplorée que sur le récit évangélique. Le fil d'interprétation de ces huit scènes est donc cohérent. 

Comme pour les cas précédents, le personnage de gauche n'appartient pas à l'espace sacré, mais il s'incline en prière et en contemplation. Est-ce une femme ? Un soldat casqué ? Quel est le sens de ce tablier ou linceul blanc placé devant lui ?

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Vierge de Pitié, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Vierge de Pitié, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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II. LA FACE INFÉRIEURE DE LA POUTRE, EN CINQ MOTIFS.

Après la face occidentale et son profond mysticisme, cette face est décorative et marquée par le style des ornemanistes de la Renaissance.

1. Éphèbe, rubans et rinceaux.

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1. Éphèbe rubans et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

1. Éphèbe rubans et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. Masque ailé et rinceaux.

 

 Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. Tête bouclée d'ange, rinceaux et fleurs.

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Tête d'ange, rinceaux et fleurs. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Tête d'ange, rinceaux et fleurs. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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4 Masque ailé et rinceaux.

 

 

Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. Putto, rinceaux, rubans. 

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Putto, rinceaux, rubans.  Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Putto, rinceaux, rubans.  Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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III. LE FACE ORIENTALE DE LA POUTRE DE GLOIRE : LES SIBYLLES.

C'est elle qui a motivé ma visite, après ma découverte des 12 Sibylles de l'église de Brennilis. Je me suis suffisamment appesanti sur ce thème  (cf. le dossier complet de mon article sur Brennilis) pour me contenter de ce rappel :

Les sibylles du Finistère (d'après Y-P. Castel, 2000)

  • Brennilis, autel au sud,

  • Plonévez-du-Faou, église de Saint-Herbot, chancel, côté du chœœur,

  • Lampaul-Guimiliau,au revers de la poutre de gloire

  • Roscoff, garde-corps de la tribune de l'orgue. Sept bas-reliefs : Cimmérienne, Européenne à allure d'homme, Tiburtine, Delphique, Persique, Agrippa, Hellespontique.

  • Pleyben, croisée de transept. Le couvre-joint des arêtes du lambris de la croisée porte, appliquées, seize statuettes diverses. Les Sibylles, au nombre de cinq sont l'Européenne, la Samienne, la Libyque, l'Erythréenne et Agrippa.

  • Guimiliau, 1. Aux angles de la chaire à prêcher, la présence de la Cimérienne reconnaissable au biberon en forme de corne laisse à penser que les quatre autres belles statuettes mutilées et désormais privées de leurs attributs distinctifs, la cinquième n'ayant d'ailleurs plus ni visage ni poitrine, représentaient des Sibylles.

  • Guimiliau, 2. Dans le chœœur, derrière l'autel trois bas-reliefs Renaissance : Cimérienne ( ?), Erythréenne et Persique.

  • Irvillac, chapelle de Coatnan. Quatre Sibylles. Les attributs ne suivent la tradition de Lampaul que pour la seule Delphique (SI : DELPHICA). La Persique, (SI : PERSICA) prend la croix de la Résurrection. La Phrygienne (SI : PHRYGIA) porte l'épée. L'Hellespontique (SI : HELLESPONCA) tient le bouquet fleuri de l'Erythréenne.

  • Le Faou, église de Rumengol, stalles du chœœur, trois Sibylles : " Sibie " (sic), " Delphiqua " et " Persica ".

  • La Martyre, au bas de la première colonne dans le chœœur. On croit distinguer la Cimmérienne avec le biberon en forme de corne parmi les douze allégories féminines au milieu desquelles les vertus théologales.

  • Plabennec, chapelle de Locmaria-Lan, mur intérieur. Trois Sibylles, Cimérienne, Samienne, Libyque.

  • Plouzévédé, église Notre-Dame de Berven. Trois Sibylles en bas-relief, sur le rabat du volet gauche du retable de la Vierge : Cimérienne, Samienne, Erythréenne.

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1. Vue générale.

Autour d'une Annonciation centrale, des niches en plein cintre accueillent les 12 Sibylles tenant chacune son attribut, selon l'iconographie fixée, en France, par le Livre d'Heures de Louis de Laval. Chacune tient un livre, témoignant du texte de sa vaticination, mais l'artiste a rompu la monotonie en le représentant, alternativement, ouvert et fermé.

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Les douze Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les douze Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'entrait et les cinq premières Sibylles.

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Les cinq premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les cinq premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les deux premières Sibylles.

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Les deux premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les deux premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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1. La Sibylle Cimmérienne et son biberon.

Elle porte le livre qui fait allusion à ses vaticinations, et un biberon qui, dans l'Antiquité, avait la forme d'une corne. Elle aurait annoncé en effet l'allaitement de Jésus par la Vierge.

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 La Sibylle Cimmérienne et son biberon. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Cimmérienne et son biberon. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. La Sibylle Europe et son épée.

La sibylle Europa ou Européenne  porte un glaive évoquant le massacre des Innocents et par association la fuite en Égypte.

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 La Sibylle Europe et son épée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Europe et son épée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les Sibylles Libyque et Hellespontique.

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Les Sibylles Libyque et Hellespontique.  Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les Sibylles Libyque et Hellespontique. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. La Sibylle Libyque et son flambeau.

 

 

La sibylle Libyque porte  un cierge allumé qui symbolise la Lumière que la naissance du Sauveur  a apporté au monde. Elle aurait été mentionnée par Euripide, selon le pavement de la cathédrale de Sienne.

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La Sibylle Libyque et son flambeau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Libyque et son flambeau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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4. La Sibylle Hellespontique et sa croix.

La sibylle d'Hellespont ou Hellespontine : elle porte une grande croix en relation avec la crucifixion du Christ au Golgotha.

 

 

La Sibylle Hellespontique et sa croix. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Hellespontique et sa croix. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les Sibylles de Tibur et de Samos.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. La Sibylle de Tibur et la main coupée.

 

 

La sibylle de Tibur ou Tiburtine : elle porte un gant, ou une main coupée qui symbolise la main du garde qui a souffleté le Christ au cours de la Passion.

 

La Sibylle de Tibur et la main coupée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Tibur et la main coupée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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6. La Sibylle de Samos  et son berceau.

La sibylle de Samos ou Samienne : elle porte un berceau parce qu'elle avait entrevu la Vierge couchant l'enfant dans une crèche.

 

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 La Sibylle de Samos  et son berceau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Samos  et son berceau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'Annonciation.

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L'Annonciation. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

L'Annonciation. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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7. La Sibylle Persique tenant une lanterne.

 

La sibylle Persique : on lui associe une lanterne symbolisant la lumière apportée par le Messie.  A Brennilis et ailleurs, elle foule au pied le serpent de Genèse qui a abusé Ève.

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La Sibylle Persique tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Persique tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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8. La Sibylle de Cumes.

La sibylle de Cumes ou Cuméenne  peut porter un coquillage qui représente la virginité de la Vierge. Mais ici, personne n'a trouvé le moindre indice, et nous la désignons comme Sibylle de Cumes par élimination.

 

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La Sibylle de Cumes. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Cumes. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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9. La Sibylle Érythréenne tenant une fleur.

La sibylle Érythréenne : elle porte un grand rameau fleuri qui évoque l'Annonciation parce qu'elle a proclamé qu'une vierge doit enfanter. Voir, sur l'Annonciation centrale, le lys blanc que l'ange Gabriel tient sur l'épaule droite.

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La Sibylle Érythréenne tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Érythréenne tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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10. La Sibylle Agrippa et le fouet.

La sibylle Agrippa ou Agrippine  porte un fouet symbolisant la flagellation du Christ.

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 La Sibylle Agrippa et le fouet. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Agrippa et le fouet. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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11. La Sibylle de Delphes et la couronne d'épines.

 

La sibylle Delphique ou Pythie  porte à la main une couronne d'épines, telle que celle dont les bourreaux affligèrent le Christ lors de sa Passion. Elle avait prophétisé « un Dieu viendra pour mourir et il sera plus grand que les immortels. »

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La Sibylle de Delphes et la couronne d'épines. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Delphes et la couronne d'épines. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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12. La Sibylle de Phrygie et la bannière de Résurrection.

La sibylle Phrygienne  porte l'étendard du Ressuscité ou la Croix du Crucifié et sa victoire.

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La Sibylle de Phrygie et la bannière de Résurrection. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Phrygie et la bannière de Résurrection. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les deux dernières Sibylles et l'entrait engoulé de la poutre.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Chanoines Jean-Marie), PEYRON ( Paul), 1916, "[Notices sur les paroisses] Lampaul-Guimiliau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Quimper, 16e année 1916 p. 65-75, 97-107, 129-141.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/lampaul-guimiliau.pdf

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, XVIII. Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau, Bulletin de la Société archéologique du Finistère Société archéologique du Finistère. Pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

 

 —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

 

CASTEL (Yves-Pascal),1993, Les Sibylles de Lampaul-Guimiliau, in Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 23 août 1993.

“0571 Les Sibylles de Lampaul-Guimiliau... 16.12.89.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 13 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2059.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2b7d4a6314a7635dbf3400370c523cb5.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Répertoire des églises : paroisse de Lampaul-Guimiliau Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, , Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— LA BARRE DE NANTEUIL (Vicomte Alfred de) "Lampaul-Guimiliau", Congrès archéologique de France, LXXXIe session, 1914, Brest-Vannes. -Paris Caen : A. Picard : H. Delesques, 1919 p. 141-159 : ill. Sur les Sibylles : page 155.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f210.image

—Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/poutre-de-gloire-lampaul-guimiliau

— Wikipédia "Poutre de Gloire"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Poutre_de_gloire#/media/File:Enclos_du_nord_Finist%C3%A8re_-_Lampaul-Guimiliau_-_029.JPG

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lampaul-Guimiliau-_Enclos_paroissial_-_La_poutre_de_gloire_-_PA00090020_-_006.jpg

— http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/lampaul/lampaul.html

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Published by jean-yves cordier - dans Lampaul-Guimiliau Sibylles
30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 11:18

Le  porche de l'église de Landivisiau VII. Le portail intérieur et son tympan (kersanton, Atelier des Prigent, 1554).

 

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Voir aussi :

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Voir quelques porches de Basse-Bretagne dans l'ordre chronologique :  

 

 

 

 

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le porche sud, sur le plan de l'église.

le porche sud, sur le plan de l'église.

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L'atelier de sculpture sur pierre de Bastien et Henry Prigent, installé à Landerneau, fut actif de 1527 à 1577 dans cinquante paroisses des diocèses de Cornouaille et de Léon, et à Plougonven dans l'ouest du Trégor. Leur style, étudié par Emmanuelle Le Seac'h dans un ouvrage majeur, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (2014), est marqué par le réalisme. Bastien a le ciseau le plus fin : "les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides." Son style plus souple produit un effet plus expressionniste, voire réaliste, qui contraste avec le hiératisme, la raideur de Henry. Leur trait commun, trois larmes en relief sur les joues de leurs Vierges éplorées, de Jean ou de Marie-Madeleine, n'est pas observable à Landivisiau, mais ils partagent aussi les arcades sourcilières nettes et les visages pointus et, dans les sculptures du porche, "un nez droit et franc, des yeux rétrécis et un visage ovale" (op. cit. p.154). Se désignant sur les inscriptions comme "ymageurs", ils sont les auteurs de deux calvaires monumentaux à Plougonven (1554) et Pleyben (1555), de quatre porches à Pencran (1553), Landivisiau (1554-1565), Guipavas (1563), haut de Lampaul-Guimiliau (1533), et de nombreuses statues isolées,  de diverses croix et  calvaires de série.

Leur matériau de prédilection est le kersanton, ou kersantite, qui doit son nom à un hameau de la Rivière de Daoulas, en rade de Brest. Ce lamprophyre, une roche éruptive, peut être qualifié de "marbre breton", mais marbre sombre puisque sa teinte est grise, plus ou moins foncée selon le faciès. La réputation des enclos paroissiaux lui doit beaucoup.  Louis Chauris est l'auteur de la publication de référence à son sujet.

Un auteur a consacré sur Wikipédia (en anglais!!) un riche article au travail de cet atelier, reprenant les descriptions de Le Seac'h en les accompagnant de photographies personnelles. List of the works of Bastien and Henry Prigent.

Ma description s'inspire de celle des auteurs cités en sources (Jean-Marie Abgrall et Emmanuelle Le Seac'h).

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porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Porche intérieur  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Porche intérieur (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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I. LES MOULURES DE L'ARCADE.

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Le porche intérieur est encadré de trois moulures prismatiques, la plus interne suivant le dessin des deux arcs de la porte géminée et du trumeau.

Les gorges de deux moulures intérieures  reçoivent  des guirlandes de feuilles d'acanthe et de pampres de vigne, d'un travail très fouillé, semblable aux moulures  de l'arcature extérieure du porche et abritant comme elle des petits animaux et personnages. Comme elles, elles débutent par un animal fantastique qui cherche à atteindre les tiges fructifères : un dragon ailé à queue nouée et un renard à gauche, un lion et un dragon (ou phoque à queue bifide, tourné vers nous) à droite. Cette tradition est constante dans les porches de Basse-Bretagne de la même époque.

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Porche intérieur  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Porche intérieur (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Renard cherchant à atteindre le rinceau de la moulure intérieure, portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai  2018.

Renard cherchant à atteindre le rinceau de la moulure intérieure, portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Dragon ailé cherchant à atteindre le rinceau de la moulure extérieure, portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai  2018.

Dragon ailé cherchant à atteindre le rinceau de la moulure extérieure, portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Monstre bifide cherchant à atteindre le rinceau de la moulure intérieure, portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai  2018.

Monstre bifide cherchant à atteindre le rinceau de la moulure intérieure, portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Lion cherchant à atteindre le rinceau de la moulure, portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai  2018.

Lion cherchant à atteindre le rinceau de la moulure, portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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La vigne des moulures abrite des animaux et des personnages, dont la recherche et la découverte fournissent l'occasion d'un jeu passionnant : oiseaux picorant, escargots, hommes gourmands, lilliputiens escaladant les sarments.

 

Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai  2018.

Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai  2018.

Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai  2018.

Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai  2018.

Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai  2018.

Moulure du portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

porche intérieur  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

porche intérieur (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Au sommet de l'arc d'ogive, un homme en buste réunit les extrémités des plants de vigne, là encore comme sur l'arcade extérieure.

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Portail intérieur  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554)  de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Portail intérieur (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Portail intérieur  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554)  de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Portail intérieur (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Les saints personnages de la gorge extérieure.

Saint Yves                                                               Saint Pierre.

Saint Salomon roi breton                                      Saint Denis ou Miliau

Un évêque                                                               Un évêque

Saint Damien                                                          Saint Côme

Un Père-abbé : saint Guénolé ?                            Un évêque.

Ange mains jointes                                                  ​​​​​Ange mains jointes

 

 

La moulure la plus extérieure est  sculptée d'une série de statuettes dans de petites niches aux dais couronnés de pinacles à crochets. Les saints représentés seront repris pour beaucoup à Landerneau pour le porche de Saint-Houardon (1604 ?), et à Bodilis pour le porche de 1570: saint Yves, saint Salomon, saints Côme et Damien, saint Pierre, les saints évêques ou abbés. 

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1°) À GAUCHE .

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1. Saint Yves, tenant dans la main droite un rouleau de parchemin ou une liasse de papiers. Il est revêtu d'une robe longue et d'une sorte de cotte à manches larges qui descend jusqu'à la ceinture. Sur ses épaules est un camail garni d'hermines héraldiques, en relief, avec un capuchon qui vient recouvrir la barrette ou bonnet carré dont il est coiffé. Au poignet gauche est suspendu un livre dans sa couverte, ou un sac à procès). Le pouce gauche, brisé, ne permet pas de dire si le saint tenait un objet ou faisait un geste d'argumentation juridique.

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Saint Yves  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Yves (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), portail intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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2. Saint Salomon, roi légendaire de Bretagne, portant l'armure de chevalier, l'épée et la couronne royale.

C'est le patron de l'église Saint-Salomon de La Martyre, à 13 km au NO de Landivisiau.

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Saint Salomon  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Salomon (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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3. Saint Thivisiau, ou Thuriau, patron de la paroisse  vêtu de la chasuble et coiffé de la mitre. Il bénit de la main droite et tient de la gauche la croix archiépiscopale en tant qu'évêque de Dol. 

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Saint Thuriau  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Thuriau (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Thuriau  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Thuriau (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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4. Saint Damien, martyr à Alep sous Dioclétien, tenant une boîte à onguent.

Son frère Côme, est représenté à la même hauteur à droite.  Patrons des médecins, des chirurgiens et des pharmaciens, ils étaient tenus au Moyen-Âge comme les inventeurs d'un remède contenant 65 éléments, l'opopira, une panacée guérissant les yeux et la bouche, les mains et les pieds. A Saint-Nic (29), sur le calvaire de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien,  la statue de Côme le représente tenant le mortier et le pilon. Traditionnellement, l'un tient une boite d'onguent et l'autre un urinal pour mirer les urines. La Légende Dorée de Jacques de Voragine fait d'eux des jumeaux, et le nom Côme viendrait de cosmos, "ordre, bon ordre, parure" d'où "univers" .

Damien porte une tunique courte, plissée et à boutons (très fréquente sous le ciseau des Prigent) et un manteau dont il tient le pan de la main gauche, mais c'est sa coiffure, le bonnet des docteurs, qui est caractéristique de sa fonction.

N.B. L'étude de l'iconographie ne permet pas de préciser l'identité des deux saints en fonction de leur attribut. Quelques arguments incitent à considérer que Damien, le pharmacien, tient le pot à onguent et que Côme, le médecin, procède à l'uroscopie en mirant les urines dans un urinal de verre ou matula. Ce récipient est, au Moyen-Âge, aussi représentatif de la fonction médicale que, de nos jours, le désuet stéthoscope autour du cou des acteurs de publicité ou de séries télévisées. Néanmoins, Emmanuelle Le Seac'h voit ici saint Côme. 

Nous retrouvons Côme et Damien sur deux autres porches très proches de Landivisiau, celui de Bodilis (1570) et celui de Saint-Houardon à Landerneau, ce qui suggère, avec bien d'autres points communs que les trois porches sont dus au même atelier landernéen des Prigent, et témoigne de l'importance donné aux deux saints anargyres (qui exercent leur art sans se faire payer) : je consacrerai un article à ces rapprochements.  

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Saint Damien  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Damien (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Analyse stylistique :

–Un visage ovale, presque rond, aux joues pleines. Le nez est en pyramide d'abord fine avant de s'élargir en deux ailes généreuses et un columelle accentué. Le philtrum, est un peu long, le menton est petit et rond.

—Les yeux en amande, aux axes obliques en bas et en dehors en V inversé, aux paupières ourlées. Mais l'œil gauche de ce saint Damien est, de façon étrange,  très étroit.

– Une chevelure divisée par une raie au milieu en mèches peignées qui bouclent à la hauteur des oreilles.

– Des doigts épais, dysgrâcieux car  cylindriques, comme quatre rouleaux te taille et de volume identiques.

– Une courte tunique aux plis épais,  dont la  fente antérieure est fermée par deux boutons ronds placée à l'extrémité d'une patte, la boutonnière dessinant ainsi une ligne sinueuse s'achevant par une boucle. On devine la présence d'une ceinture.

– Un manteau à petit  col, très ajusté sur les épaules où il est mystérieusement fixé sans fermail. Ses pans plissés sont repris à la taille.

 

Saint Damien  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Damien (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Damien  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Damien (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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5. Un père-abbé (tonsure) tenant une crosse et un livre.

Saint Guénolé, abbé fondateur de Landevennec au Ve siècle ? La crosse est tournée crosseron vers l'intérieur, selon la règle que le pouvoir d'un abbé est limité à l'intérieur de son abbaye, alors que celui de son évêque s'étend à l'ensemble de son diocèse. Les autres insignes épiscopaux sont présents, comme la chape à fermail et l'anneau dûment porté à l'annulaire de la main gauche.

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Père abbé  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Père abbé (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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6. Ange, les mains jointes.

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Ange  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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2°) À DROITE.

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1. Saint Pierre, le front chauve, vêtu d'une chasuble, tenant un livre et une clef.

Dans la moulure intérieure, petit personnage dans les pampres.

L'identification de saint Pierre est certaine, mais l'existence de chaussures — comme tout apôtre, Pierre se devrait d'être nu-pied — sont intrigantes.

 

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Saint Pierre  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Pierre (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Pierre  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Pierre (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Pierre  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Pierre (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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2. Saint Denis, ou plus probablement saint Miliau, décapité et portant sa tête dans ses mains.


Parmi les quelques 120  saints céphalophores (portant leur tête après leur martyre par décapitation),  le plus illustre est saint Denis.. Mais en Bretagne, et devant un saint d'allure très jeune et qui n'est pas coiffé de la mitre, et qui est vêtu comme un jeune seigneur, sans vêtement liturgique, nous pouvons évoquer saint Trémeur, fils de sainte Triphine (également céphalophore), ou bien encore saint Miliau ou Méliau, patron des paroisses de Guimiliau, Lampaul-Guimiliau, Ploumilliau. 

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Saint céphalophore (Miliau ?),  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint céphalophore (Miliau ?), (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint céphalophore  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018

Saint céphalophore (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018

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Saint céphalophore  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018

Saint céphalophore (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018

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Cette tête offre l'occasion de détailler à nouveau certains traits stylistiques :

–Un visage ovale, presque rond, aux joues pleines.

—Les yeux en amande, aux axes obliques en bas et en dehors en V inversé, aux paupières ourlées.

– Une chevelure divisée par une raie au milieu en mèches peignées qui bouclent à la hauteur des oreilles.

Nous retrouvons aussi :

les doigts épais, boudinés,

la tunique dont la courte fente antérieure est fermée par un bouton rond placée à l'extrémité d'une patte,

et la cape, ou manteau, sans col, ni fermail .

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Saint céphalophore  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint céphalophore (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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3. Évêque bénissant ; peut-être saint Pol-Aurélien.

La paroisse de Landivisiau relevait du diocèse de Saint-Pol-de-Léon.

 

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Évêque  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Évêque (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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4. Saint Côme, portant un urinal.

 Il semblerait que leur culte fût populaire en Finistère, car on les trouve représentés de la même manière dans le porche de Landerneau et de Bodilis, et ils ont aussi leurs statues sur l'autel du bas-côté Sud dans l'église de Lambour, à Pont-l'Abbé. Voir leur chapelle à Saint-Nic.

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Saint Côme (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Côme (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Côme  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Côme (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Côme  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Côme (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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5. Un évêque bénissant .

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Évêque  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Évêque (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint évêque,  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint évêque, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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6. Ange, les mains jointes.

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Ange orant  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554),  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange orant (kersanton, Atelier des Prigent, 1554), porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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II. LE TYMPAN.

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Le tympan est organisé selon un axe de symétrie constitué par la statue du Christ, dans sa niche, sur son culot et sous son dais. De chaque coté, viennent ensuite quatre anges échelonnés verticalement et présentant trois courtes banderoles, puis sur un culot et sous une coquille, une statue d'ange porteur d'un calice. Enfin, deux anges tenant un cartouche avec une inscription. On compte au total neuf inscriptions.

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A. LE CENTRE.

Dans le milieu du tympan, est placée une statue, à laquelle on a rapporté une tête coiffée de la tiare et qui a dû appartenir à un Père-Eternel (probable inversion avec la tête d'une statue de pape du lanternon pour E. Le Seac'h). Le nez de cette tête est également rapporté. 

On considère que la statue, aux pieds nus, au corps vêtu d'une robe longue et sans ceinture, au genou gauche fléchi, et aux deux mains brisées au sortir de manches plissées, était celle d'un Christ Sauveur.  Au bas de la robe  est placée une banderole avec cette inscription en caractères gothiques :

M. BIZIAN. TANGVY. RECT.

A . FAICT. FABRIQUE. H. A MARTIN.

"Messire Tanguy Bizien recteur a fait / fabrique H.A Martin." ( E. Le Seac'h a lu, à la place de "H.A. MARTIN, "H. LIOGAN". Mais celle lecture pose problème car le patronyme Liogan n'est pas attesté, notamment à Landivisiau, tandis que celui de Martin est courant parmi les marchands de toile du Léon).

Tanguy Bizian est le Premier Chapelain de la chapellenie de sept prêtres,  fondée par François de Tournemine et Renée de Saint Amadour et chargée de célébrer deux messes quotidiennes, dont l'une à voix basse.  A son décès, il fut remplacé en 1560 par Goulven Floch. Voir Pierre Hévin 1734 qui donne néanmoins la graphie "Tanguy Bizien".

 

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Tympan  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Tympan  (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (kersanton, Atelier des Prigent, 1554) du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LES DEUX ANGES PORTEURS DE CALICE.

Ces deux statues en ronde bosse encadrent celle de Dieu le Père central. Nous remarquons qu'au lieu de diriger leur regard et leur geste de présentation du calice vers cette statue, ils s'en détournent. Par ailleurs, le motif de l'ange hématophore (recueillant le sang du Christ dans un calice) est associé en général à la représentation du Christ en croix. Ces indices intrigants prennent plus de poids lorsque nous constatons que  les caractères stylistiques incitent à les attribuer à l'Atelier ducal du Folgoët, actif entre 1423 et 1468 ou plutôt au second atelier, celui des fils,  actif entre 1458 et 1509 et auteur des porches de Plourac'h et de Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou. Ces caractères sont leurs cheveux crêpés et volumineux, en boule, des paupières ourlées, un fin sourire, des ailes verticales proches du corps,  et le col de l'amict replié pour former un W sous la gorge.

Si j'ajoute que la largeur de leur base n'est pas adaptée au culot qui les porte, et qui est plus étroit, je suis tenté de voir là deux statues déplacées de leur emplacement initial, sur un site plus ancien, et placées ici dans des positions inversées.

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ange hématophore du tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange hématophore du tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ange hématophore du tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange hématophore du tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ange hématophore du tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange hématophore du tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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B. PARTIE GAUCHE.

 

 

Tout à fait au haut, deux anges sont en prière ; des deux côtés, trois anges tiennent trois banderoles avec des  inscriptions :

MEMENTO . MEI

 0 . MATER . DEI

 PAX : VOBIS.

"Cette invocation : « Memento mei, o mater Dei, "Souvenez-vous de moi, ô mère de Dieu", » était, semble-t-il, en usage à cette époque, car nous la trouvons aussi sur la porte latérale Nord de la chapelle de la Mère-de-Dieu, en Kerfeunteun, près de Quimper, avec la date de 1578, ainsi que sur une sonnette, n° 148 de la collection Revoil au musée du Louvre, et qui porte la date de 1544." (J-M. Abgrall)

La formule était gravée sur l'épée de Ferdinand V le Catholique.  R. de Belleval la trouve gravée sur des armures de la fin du XVe siècle.

La formule inversée (O mater Dei, memento mei) conclut le motet  Ave Maria...Serena Virgo composé par Josquin des Prez vers 1485 et qui fut extrêmement populaire au XVIe siècle. Elle s'adresse à la Vierge et lui demande sa protection : Ô Mère de Dieu souvenez-vous de moi. Nicolas Gombert (1495-1556), le compositeur franco-flamand  maître des enfants de chœur de Charles Quint, en composa un motet.  Plus tardivement, elle est récitée lors de l'Extrême-onction des Frères Mineurs. C'est aussi  la marque d'imprimeur de Guillaume Le Rouge à Paris. 

Elle est sculptée, dans la formulation inversée O Mater Dei Memento mei, sur la sablière du bras sud du transept de l'église de Grâces-Guingamp .

Les trois banderoles étant indépendantes, le PAX VOBIS  n'appartient pas obligatoirement à la même oraison.

Écriture en minuscules gothiques. 

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MEMENTO MEI

MEMENTO MEI

MEMENTO MEI

MEMENTO MEI

PAX :  VOBIS

PAX : VOBIS

Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Toujours à gauche, une autre inscription porte sur un cuir tenu par deux anges :

ANNO : DOMINI :  1554.

"Année du Seigneur 1554".

ANNO : DOMINI :  1554, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

ANNO : DOMINI :  1554, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

ANNO : DOMINI :  1554, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

ANNO : DOMINI :  1554, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Un élément de décor inclut une tête joufflue, dans un médaillon formé par le corps de deux dragons rassemblés par le cou et la queue, sous deux masques humains casqués crachant des végétaux. 

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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C. LA PARTIE DE DROITE.

Les trois anges porteurs de phylactère annoncent (selon Le Seac'h)  de haut en bas : 

DOMVS : MEA --- (le texte se poursuit sur le revers de la banderole)

SALVATOR : MVNDI

LETVS : MARIA

 "Ma maison, Sauveur du monde, Joie de Marie".

La séquence Domus mea Salvator mundi letus Maria n'a aucun sens. Les banderoles feraient-elles allusion à trois prières différentes ?

Domus mea, et Salvator mundi  sont des titres possibles de cantiques grégoriens.

Domus mea, "Ma Maison" est sculpté sur un entrait du transept sud de l'église de Bodilis en 1574 avec la formule Domus mea, domus orationis,  "Ma maison est appelée est une maison de prière" (Matthieu 21:13). 

Surtout, Salvator Mundi est le nom donné aux représentations du Christ portant un orbe dans sa main gauche tout en utilisant sa main droite pour bénir. C'est sans doute ainsi que se présentait la statue centrale avant que les mains ne soient brisées. Les trois banderoles correspondraient donc à trois qualificatif du Christ.

Après plusieurs examens du derniers phylactère, et plusieurs échecs d'une attestation ancienne de la formule LETUS MARIA (ou LAETUS MARIA),  je propose de lire plutôt IESUS MARIA, ce qui est finalement plus logique. 

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DOMUS : MEA / --

DOMUS : MEA / --

: SALVATOR :  ? Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

: SALVATOR : ? Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Troisième phylactère : US : MARIA. Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Troisième phylactère : US : MARIA. Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Troisième phylactère  IESUS : . Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.
Troisième phylactère  IESUS : . Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Troisième phylactère IESUS : . Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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A droite, tout près du bord, au-dessus de la porte , deux petits anges tiennent un cartouche avec l'inscription en lettres gothiques

LAN . MIL . Vccc LIIII . FVST . FONDÉ . CESTE . PORTAL . ET . ESTOIENT . LORS . FABRIQVE . Y. MARTIN . J . ABGRALL.

"L'an 1554 fut fondé ce porche. Les fabriques étaient alors Y[ves] Martin et J. Abgrall".

Avec la précédente, cette inscription fournit la date la plus précoce de tout le porche.

Nous retrouvons le patronyme "Martin" qui était déjà celui d'un fabrique sur l' inscription du socle de la statue. De même le patronyme Abgrall figure sur le socle d'une statue d'apôtre du porche. 

 

"Sous l’Ancien Régime, chaque paroisse est administrée par un organisme composé de douze membres et appelé corps politique, fabrique ou général. Cet organisme exerce une fonction primordiale qui consiste à pourvoir aux besoins du culte, à entretenir l’église, à faire procéder à des travaux d’agrandissement ou de reconstruction de l’enclos paroissial, (église, ossuaire, calvaire...) Il nomme, par ailleurs, les collecteurs d’impôts, subvient aux besoins des enfants abandonnés et, quelquefois, des paroissiens plus pauvres, salarie, le cas échéant, le ou les maîtres d’école. Il désigne, chaque année, deux « fabriques » ou trésoriers qui sont chargés de gérer le budget de la paroisse." Louis Elegoët, Les Juloded. Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse-Bretagne, Presses universitaires de Rennes. Rennes, 1996. Chapitre VI. Place des Juloded dans leur société paroissiale. p. 165-211. http://books.openedition.org/pur/11559

"Un julod  (au pluriel juloded ) est un terme de la langue bretonne qui désigne des paysans riches, généralement aussi fabricants et (ou) marchands de toiles, parfois tanneurs du Haut-Léon, centrés sur le Pays Chelgen, entre le XVIe siècle et le XIXe siècle, et qui ont constitué une véritable caste aristocratique rurale, à l'origine de la création des enclos paroissiaux et dont les descendants sont parfois devenus des responsables politiques. Les marchands toiliers constituent alors l’élite sociale de la région . Implantés uniquement dans le Léon méridional ou Haut-Léon, proche des Monts d'Arrée, cette aristocratie paysanne, pratiquaient une véritable caste à très forte endogamie et jouèrent un rôle important lors de la « Renaissance bretonne », construisant églises avec un riche mobilier, calvaires et enclos paroissiaux . Ce sont ces juloded enrichis qui ont financé la construction et la réalisation des enclos paroissiaux du Léon, manifestation la plus visible de leur prospérité."(d'après Wikipédia "Julod").

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les sculptures méplates qui forment comme une tapisserie sur le fond de ce tympan, donnent leur place à tout le vocabulaire de la Renaissance : médaillons d'hommes coiffés de bonnets, de profil,  feuilles d'acanthe, mascarons, coquilles Saint-Jacques, rubans accolés, galons plats décorés de rosettes. Nous les retrouvons, avec les mêmes caractères, au fond du porche de Landerneau.

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA VOÛTE ET SES ARMOIRIES.

"L'intérieur est voûté en croisée d'ogives avec une clé de voûte qui témoigne du remontage du porche en 1728. Elle est décorée du blason des Danycan, d'azur au monde d'or, surmontée d'une étoile d'argent et soutenu du vol de même.Le richissime armateur malouin Noël Danycan de l'Épine (1651-1731)  avait acheté en 1702 la seigneurie de Coatmeur en Landivisiau." (E. Le Seac'h 2014 p.153)

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Clé de voûte du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Clé de voûte du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23. “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau", Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

— CHAURIS (Louis), 2010, Le kersanton, une pierre bretonne, Presses Universitaires de Rennes.

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred) « Landivisiau », Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes,  Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

— WIKIPEDIA 2017 : List of the works of Bastien and Henry Prigent

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent

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Published by jean-yves cordier - dans Landivisiau
28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 17:42

D'après le site de la commune : http://www.landivisiau.fr/fr/information/61960/le-patrimoine-landivisien

"FONTAINE ST THIVISIAU - 

L’origine de cette fontaine remonte à l’âge du fer ( -700 à l’an 0) puisque des fouilles archéologiques réalisées en 1985 ont mis à jour sur le site l’existence d’un Lech, stèle tronconique, qui dans les temps anciens signalait la présence d’un lieu sacré. Cette fontaine était donc probablement votive lors de la préhistoire. Avec l’apparition du christianisme cette fontaine est devenue celle de Saint Thiviziau, moine qui, au Ve siècle, est venu s'installer sur ces terres et y fonder un monastère, Lann en breton, donnant ainsi le nom de la ville, Lann Thivisiau. La fontaine a ensuite été transformée en lavoir. 

Elle se présente aujourd’hui sous forme de panneaux de Kersantite de style flamboyant ornant sa partie supérieure. On peut notamment y distinguer : plusieurs religieux en prière, un ange portant la couronne d’épine, la Sainte Trinité et un ange portant un écusson.

Ces panneaux ornaient à l’origine les parties latérales d’un gisant aujourd’hui démantelé qui se trouvait dans le chœur de l’ancienne église paroissiale détruite et reconstruite au XIXème siècle : le gisant du seigneur [François] de Tournemine, Sieur de Coat-Meur, commanditaire en 1554 de la première église de Landivisiau.

Ce sont ces panneaux du gisant de François de Tournemine que je veux observer de près, afin de tenter d'identifier la moitié de l'écu de Tournemine, énigme que Yves-Pascal Castel n'a pas résolu en 1983. 

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les panneaux de kersanton sont au nombre de dix (et demi). Ils sont détaillés sur ce site

http://trainjoel.canalblog.com/archives/2014/05/08/29829075.html 

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Je montrerai d'abord deux panneaux :

1°) La Trinité souffrante (ou Trône de Grâce, Gnadenstuhl ).

Dieu-le-Père est représenté en majesté, assis, coiffé de la tiare, le visage grave. Il soutient le corps du Christ crucifié, nu, portant la couronne d'épine, les reins ceints du perizonium, la main sur la plaie du thorax. La colombe ou Saint- Esprit, troisième terme de la Trinité, vient se poser sur la tête du Christ. 

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2°) L'ange en chevalier servant, portant les armoiries.

Les armoiries du seigneur de Tournemine, sieur de Coat-Meur sont écartelées d'or et d'azur. On ne note pas de lambel, à la différence des armoiries de la façade de l'église.La moitié droite n'a pas été identifiée, mais puisque l'épouse du défunt était Renée de Saint-Amadour, je peux suggérer d'y voir deux têtes de loup, comme sur les armoiries de sa famille de gueules, à trois têtes de loup d'argent

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_Famille_Saint-Amadour.svg

Cela me permet de constater que Jean de Tournemine était grand veneur du duc Pierre II de 1457 à 1477, alors que Jean de Saint-Amadour fut grand veneur d'Anne de Bretagne en 1508.

Rappel généalogique : Jean de Saint-Amadour (1463-1538) qui fut fait chevalier par Charles VIII à Fornoue,  et Marguerite de Lebiest eurent une fille, Renée de Saint-Amadour, qui épousa François de Tournemine fils d'Alain de Tournemine Ier et de Marguerite du Chastel : d'où Jacques de Tournemine, marquis de Coëtmeur, qui épousa Lucrèce de Rohan-Guéméné et décéda de ses blessures sans postérité après avoir tué en 1584 dans une querelle à Rennes les deux frères de Carman.

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Ange présentant l'écu mi-parti au 1 écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE et au 2 de gueules à trois têtes de loup d'argent, qui est de SAINT-AMADOUR, fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange présentant l'écu mi-parti au 1 écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE et au 2 de gueules à trois têtes de loup d'argent, qui est de SAINT-AMADOUR, fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le même panneau après estampage humide des meubles de l'écu.

Ange présentant l'écu mi-parti au 1 écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE et au 2 de gueules à trois têtes de loup d'argent, qui est de SAINT-AMADOUR, fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange présentant l'écu mi-parti au 1 écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE et au 2 de gueules à trois têtes de loup d'argent, qui est de SAINT-AMADOUR, fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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RAPPEL : LE GISANT DE FRANCOIS DE TOURNEMINE .

D'après : http://cities.reseaudesvilles.fr/cities/17/documents/xim11s51qqflix.pdf

Ces panneaux proviennent de la partie basse de l’ensemble tumulaire du tombeau de François de Tournemine, seigneur de Coatmeur au XVIème siècle, qui est notamment à l’origine de la création l’église paroissiale de Landivisiau en 1554.

A sa mort il est donc tout naturellement enterré dans le chœur de l’église qu’il a contribué à créer en tant que commanditaire. Le gisant associe à son origine une représentation anthropomorphe  (statue en armure)  placée sur un socle dont les panneaux latéraux étaient ornés de bas reliefs qui ne sont autre que ceux que l’on peut actuellement voir sur la fontaine St Thivisiau.

Suite aux événements révolutionnaires elle est déplacée et en 1835, le Chevalier de Fréminville de passage à Landivisiau en fait une description précise et indique l’emplacement de sa nouvelle demeure.

« Parmi les décombres amoncelés près d’une fontaine voisine, je retrouvai la tombe d’un chevalier, provenant originairement de l’église de Landivisiau, d’où on l’avait retirée en 1793. Cette tombe ornée de la statue couchée d’un guerrier armé de toutes pièces, excepté la tête, qui est nue, et qui repose sur une oreiller soutenu par deux figures d’ange. La forme de son armure présente quelques particularités ; une partie des brassards et des épaulières sont en mailles ; à droite de la cuirasse, on remarque la douille où, se vissait l’arrêt de lance ; les tassettes sont fort longues, et par dessous on voit une chemisette de maille qui tombe jusqu’à la moitié des cuissards. L’épée est suspendue au côté gauche du ceinturon. A la droite de la statue est une longue banderole déployée, sur laquelle on lit , en lettres gothiques, les mots «aultre n’auray » , devise de la maison Tournemine Coatmeur. » Le chevalier de Fréminville, Antiquités du Finistère, Brest, 1835, T II page 271

En 1906, un autre voyageur nommée G. Toscer (Le Finistère pittoresque) passe par Landivisiau et mentionne lui aussi le gisant. Mais, cette fois ci, il a quitté le centre ville pour une destination plus lointaine : Saint-Pol de Léon. C’est ainsi qu’une carte postale du début du XXème siècle, nous montre le Sieur de Tournemine rebaptisé Saint Bidouzin, installé à la verticale sur l’îlot Sainte Anne. Scellé dans le sol, le gisant est, selon les commentaires d'une carte postale, assimilé à une statue…antique ! C’est à cette période que le folklore de la statue se met en place, puisqu’au fil du temps lui sont prêté de multiples vertus thérapeutiques. Ainsi Saint Bidouzin aurait le pouvoir de guérir les malades atteints de troubles gastro-intestinaux. Ceux-ci, par simple contact de leur ventre sur celui du saint, verraient leurs maux disparaîtrent. Mais, c’est le pouvoir de Saint Bidouzin contre la stérilité qui lui valut ses plus fréquentes visites de badauds sur l’îlot Sainte Anne. L’histoire ne nous dit pas comment mais la statue qui avait disparu de l’îlot fut retrouvée en 1987, toujours sur la commune de Saint-Pol. De nouveau couché le Sieur de Tournemine reposait au pied d’un château… d’eau cette fois-ci.

Ce n’est qu’en 1990, qu’il retrouve un emplacement approprié à son statut de vestige du patrimoine léonard puisqu’il orne la cour de la maison prébendale de Saint-Pol. Mais la ville de Landivisiau en possède néanmoins un moulage, placé dans la salle de spectacle "François de Tournemine" !

Voir aussi l'article de Yves-Pascal Castel 1983.

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Quelques autres panneaux du gisant.

 

Homme barbu tenant un bâton et un chapelet.

Pèlerin ? Saint Antoine ?

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Religieux la tête recouverte du scapulaire, ou femme sous son scapulaire.

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ange présentant un écu martelé.

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Pèlerin ou religieux tenant un objet martelé et ange tenant un écu également martelé.

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L'église de Landivisiau VI. La fontaine Saint-Thivisiau .

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  "De Saint-Pol à Landivisiau: à la recherche des sieurs de Tournemine", Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon samedi 14 mai 1983. 

0135 de St-Pol-de-Léon à Landivisiau, à la recherche des sieurs de Tournemine. 14.05.83,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1616.  

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/408be039e7a310691325124ca16674fa.jpg

COUFFON (René), Le BARS (Alfred), 1988, Nouveau répertoire 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

— http://www.monumentum.fr/fontaine-saint-thivisiau-pa00090044.html

— Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/fontaine-saint-thiviziau-landivisiau

 

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Published by jean-yves cordier - dans Landivisiau
28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 16:03

L'église de Landivisiau V : la bannière.

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Voir aussi :

​​​​​​​Pour les nombreux articles sur les bannières, activer la fonction "rechercher".

 

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je ne la trouve pas décrite par Christine Guillou dans son ouvrage récent (2016) et je ne trouve aucune information en ligne la concernant. Lors de ma visite de l'église, la face exposée était celle de saint Michel, mais la face principale serait celle dédiée au saint patron de l'église, saint Thuriau ou Thivisiau. Faut-il la voir comme la "banniel braz", grande bannière de procession de la paroisse, ou bien une bannière de confrérie ? 

 

C'est un rectangle de velours rouge, brodé au fil d'or d'un encadrement de rinceaux (lys et chrysanthème) autour du motif principal, saint Michel terrassant le dragon de sa lance. Au dessus, un crucifix, une balance et le monogramme SM renvoient à Saint Michel dans son rôle de peseur des âmes lors du Jugement. On se souviendra que la statue de saint Michel terrassant le dragon est présente depuis le XVIe siècle sur la façade sud de l'église.

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Bannière de la paroisse de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bannière de la paroisse de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Datation : cette bannière date de la période 1903-1908. 

— A gauche, les armoiries épiscopales sont celles de Mgr Dubillard (1900-1908)

Les armoiries aux trois épis de blé avec la devise DEUS ADJUVA ME sont celles de Monseigneur François Dubillard "d"azur à trois épis de blés d'or, tigés et à la feuille ployée d'argent" . Son épiscopat sur le diocèse de Quimper et du Léon s'étend de 1900 à 1908. 

— A droite, les armoiries papales sont celles  de Pie X (1903-1914):

Pie X (Giuseppe Sarto), pape de 1903 à 1914 :

D'azur à l'ancre de sable posée sur une mer d'argent et d'azur accompagnée en chef d'une étoile d'or, au chef d'argent au lion d'or léopardé et ailé, tenant un évangile ouvert de même portant le texte "PAX TIBI MARCE EVANGELISTA MEUS" en lettres de sable

La devise instaurare omnia in Christo est remplacée par le nom du pape : PIUS P P X. 

En 1910, lors d'un inventaire des bannières du diocèse parue dans le premier numéro du BDHA, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie créé à l'initiative de Mgr Dubillard, 20 bannières sont recensées, mais Landivisiau ne figure pas dans cette liste. On peut penser que c'est ce constat de carence qui a incité la paroisse à y pourvoir, et à commander une bannière conforme au modèle-type décrit par le chanoine Abgrall :

« Toutes ont la même physionomie générale, portant sur les deux côtés les images des saints patrons de l'église ou de la confrérie à laquelle elles appartiennent, brodées en fil de soie, d'or et d'argent, entourées de bordures en arabesques, semis de bouquets, fleurons et rosaces ; à chaque extrémité de la traverse du haut est une boule massive, sculptée et dorée ou couverte d'une riche étoffe, et le bas est découpé en lambrequins d'où pendent des glands en franges dorées, où sont cachées des clochettes qui font entendre leurs joyeux tintements." Chanoine Jean-Marie Abgrall, Bannières, BDHA, 1904, pp 5-9

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Bannière de la paroisse de Landivisiau (1903-1908). Photographie lavieb-aile.

Bannière de la paroisse de Landivisiau (1903-1908). Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— GUILLOU HERMELIN (Christiane), 2016,  "Les bannières de Basse-Bretagne. Société des Amis de Louis Le Guennec, Quimper. 199 pages 

— GUILLOU (Christiane), Les bannières religieuses en Basse-Bretagne aux XIXe et XXe siècles : Les "vieilles" bannières. 79 pages + 38 illustrations hors texte

http://hal.univ-brest.fr/hal-00546728v2/document

 

— GUILLOU HERMELIN (Christiane), 2013, Les bannières religieuses : une approche du catholicisme bas-breton : 1805-2012. Thèse de doctorat en Histoire soutenue le 18 / 12 / 2013 à l'UBO de Brest sous la direction de Fabrice Bouthillon.

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01231402

Résumé : "La thèse traite du catholicisme en Basse-Bretagne, du début du 19è siècle à nos jours, à travers l'étude des bannières de procession présentes dans les églises du diocèse de Quimper et Léon , soit le département du Finistère. Les quatre parties s'organisent autour de la production des bannières, de leur comptage à partir des différents types d'inventaires disponibles, des piétés qu'elles mettent en évidence, voire des évolutions sociales dont elles témoignent. L'approche est quantitative et qualitative. Cela implique une visite systématique des églises et la conservation de traces photographiques de toutes leurs bannières. Il est fait appel aux sources classiques que sont les rapports des visites canoniques et à d'autres qui le sont moins, comme les inventaires de 1906. L'étude de la vie de deux paroisses, un doyenné datant du concordat et une anciennne ville épiscopale, a permis de mettre en évidence les mobiles générateurs de l'acquisition de bannières. Si les bannières paroissiales sont de règle, les bannières de congrégations témoignent du dynamisme des groupes de piété et de leur évolution au fil des siècles. Des approches quantitatives permettent de proposer une hypothèse de riposte, par bannières interposées, à la politique des lois laïques, parallèlement aux évolutions sociales.Si l'iconographie montre une influence lointaine des arts, c'est surtout l'importance du négoce qui apparaît, laissant cependant des possibilités d'expression d'une créativité, voire d'une spiritualité différente. Le chapitre final est consacré aux bannières réalisées à l'occasion de la Mission 2012."

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Published by jean-yves cordier - dans Bannières. Landivisiau
27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:25

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Aujourd'hui, pas question de piquer un roupillon, d'écouter mes microsillons ou de classer ma collection de papillons, d'agrions et de ténébrions, car sous l'aiguillon tatillon de la curiosité, je pars  à la chasse au goupillon :

"Au trumeau, bénitier orné d'un ange tenant un goupillon, sous un dais Renaissance à quatre mascarons" (Couffon).

"Au trumeau qui sépare les deux portes, est fixé un bénitier, au-dessus duquel est un ange tenant un goupillon et, plus haut, un dais richement sculpté, genre Renaissance, d'où sortent quatre têtes saillantes ou mascarons, deux hommes et deux femmes."  (J-M. Abgrall)

Après avoir gravi dans un tourbillon le fort raidillon de l'escalier du porche et sans passer par le portillon, j'atteins, rouge vermillon, mon but au moment précis où, du clocher, me parvient un joyeux....carillon : prions !

Vue générale de la porte d'entrée géminée et du trumeau avec son bénitier.

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le bénitier. 

La vasque, actuellement sans pied, est ornée de godrons, d'entrelacs en accolades liées et de frises d'oves et de feuillages. Sa margelle est usée par le geste répété des paroissiens y puisant l'eau bénite pour se signer. 

Les cartes postales anciennes montrent un piétement par une colonne.  Voir carte postale Delcampe ND 137 F

Carte postale Delcampe

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Je m'approche par le septentrion :

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Je modifie sans ostentation mon orientation :

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le dais témoigne de traces de polychromie (ocre...Roussillon). Son tambour est rythmé par quatre pilastres rectangulaires, avec soit un petit personnage soit un animal au sommet. Quatre têtes en haut relief (deux féminines, deux masculines) surgissent pour observer les passants. Au dessus et au dessous d'eux court une frise de rinceaux et d'oies attachées deux à deux par le cou (même motif que sur le piédroit droit du porche, au dessus d'Abel).

photo lavieb-aile

 

 

 

 

 

 

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Au dessus, ce sont des coquilles et des feuilles d'acanthe, des fleurs en bourgeons ou pots à feu, autour d'un lotus (pot à feu) central.

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Bénitier du porche (1554-1565) de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche (1554-1565) de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Bénitier du porche (1554-1565) de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche (1554-1565) de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Nous avons ici une belle tête coiffée d'une toque à plume style Henri II ou François II, ou Charles IX, le roi en titre à l'époque où fut construit le porche (débuté en 1554 et achevé vers 1565), ou Henri III en 1570 avant son accession au trône. On devine une amorce de fraise autour du cou. Mais l'effet comique vient du coup de vent qui emporte la barbe du même coté que la plume, dans un jeu d'imitation ridicule. Exactement comme au dessus de la porte nord de l'église de La Martyre (par exemple) :

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photo lavieb-aile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les masques sont groupés par couples tournés l'un vers l'autre. Si la femme de gauche a les cheveux dénoués, ceux de sa collègue de droite sont couverts, sur le vertex, d'un bandeau qui vient s'enrouler en spires autour des nattes qui s'échappent sur le coté. J'ai beau les regarder sous tous les angles, je ne parviens pas à décider s'ils s'observent avec concupiscence ou par connivence, s'ils souffrent de ne pouvoir se rejoindre ou s'ils échangent de ces intenses conversations des yeux propres aux amoureux. Mais, toujours, j'admire le velouté du grain de la pierre, la précision du ciseau ou de la gradine du sculpteur, la douceur des lignes des paupières et des mentons, l'ambiguïté si humaine d'une lèvre à peine avancée : timidité, prudence, ou savante coquetterie  ?

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Ce dais Renaissance coiffe d'une coquille un ange tenant un goupillon dans la main droite et posant, comme un acolyte rompu aux usages liturgiques, la main sur la poitrine lorsqu'il ne tient pas le bénitier.

Voir Cérémonial de l'église cathédrale du Mans 1789

  • aspersion des pénitents le Jeudi Saint par le Grand Pénitencier p. 104 et 105
  • aspersion des Fêtes annuelles p. 8.
  • aspersion dominicale et antienne Asperges me p.73
  • aspersion des Vêpres des Morts p.222 à 224.

 

La signification de l'aspersion, associée à celle de la bénédiction, est double : génération par rappel de l'infusion baptismale (aspersion dominicale ou de la Vigile pascale), conférant le principe vital de la grâce divine . Et valeur pénitentielle ou purificatrice de libération du mal et de protection  de toute contagion du mal. C'est alors une protection contre L'Ange exterminateur et donc contre la Mort (celle de l'âme) par référence à la Pâque Juive et au passage d'Exode 12 dans lequel les Hébreux marquèrent du sang de l'agneau du sacrifice le linteau et le seuil de leur maison. Cette signification est majeure ici, puisque le trumeau marque le seuil et le passage initiatique du franchissement du porche.

  Cette utilisation liturgique de l'aspersoir étant distincte du signe de croix tracé par le paroissien à l'entrée dans l'église, il faut y voir un rappel fait à ces paroissiens d'une part de la nécessité de prier pour les défunts, d'autre part de se préoccuper du salut de leur âme. 

Cet ange au goupillon va se retrouver ensuite repris à La Martyre (à l'intérieur de l'église, mais juste après le passage du porche) en 1601 : photographie lavieb-aile :

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...puis à Landerneau, sur le trumeau du porche de l'église Saint-Houardon (1604), sur un bénitier qui est très similaire à celui de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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...puis à Guimiliau, pour le bénitier placé dans la même situation qu'à Landivisiau sur le trumeau du porche de 1606 (photo lavieb-aile, article à paraître).

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Mais dans ces trois derniers cas, l'ange tient deux goupillons, l'un de la main droite (faste) et vers le haut, l'autre de la main gauche (funeste) et vers le bas, dans un approfondissement du thème illustrant à merveille la double valence positive vitale / négative liée à la Mort, de l'aspersion.

Dans le cas de l'ange de Landivisiau, sa posture n'est pas sans rappeler celle de l'ange de l'Annonciation tenant un lys.

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23.  “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau",, Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred) « Landivisiau », Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

— WIKIPEDIA : List of the works of Bastien and Henry Prigent. Consulté le 30 janvier 2017.

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent

 Dans cet article : Bénitier de Landivisiau.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Landivisiau
26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 19:56

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L'intérieur du porche de Landivisiau est décrit ainsi par le chanoine Abgrall : 

"A l'intérieur du porche, les statues des douze Apôtres sont logées dans des niches moitié gothique, moitié Renaissance.

Dans les culs-de-lampe, on remarque deux sujets assez singuliers : deux lions mettent leurs griffes dans la bouche d'une jeune fille ; trois sortes de lansquenets, à moitié ivres, entraînent deux jeunes filles, dont une tient un miroir et l'autre un sceptre ; puis vient une bête, sorte de lévrier, qui joue du biniou. Les dais qui couronnent les niches sont surmontés d'anges portant les instruments de la Passion."

Couffon et Le Bars ajoutent :

"A l'intérieur, dans des niches mi-gothiques mi-Renaissance, statues des douze Apôtres, en pierre (C.). Au-dessus des dais, anges portant les instruments de la Passion, et sous les niches, culs-de-lampe ornés de sujets singuliers."

Afin de compléter cette description, je présenterai mes photos, en m'aidant du commentaire d'Emmanuelle Le Seac'h (2014) ou d'Yves-Pascal Castel (1997), qui souligne par exemple "la diversité avec laquelle les manteaux couvrent les tuniques et la variété avec laquelle, avec ou sans agrafes, ils sont maintenus à l'épaule" ou les qualités des visages et des barbes. C'est l'abbé Castel qui attribuera clairement ces sculptures à l'atelier de Bastien et Henry Prigent de Landerneau qui exécute dans les mêmes années le porche de Pencran (1553) et la statue, signée de Sainte Apolline (1555), le grand calvaire de Plougonven signé par Henri et Bastien, et les statues de Pleyben (1555). E. Le Seac'h ajoutera la précision suivante : les apôtres du porche de Landivisiau relèvent de la main d'Henry Prigent.

Plan :

  • Les douze apôtres.
  • Les culots.
  • Les dais.
  • Les armoiries timbrant la voûte.

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LES DOUZE APÔTRES

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I. LE COTÉ DROIT.

Comme c'est la règle, la série des 12 apôtres débute à droite de la porte intérieure, par saint Pierre. Nous voyons déjà la disposition générale : sur des culots très travaillés, dans des niches et sous de hauts dais, les six apôtres de droite sculptés dans la pierre de kersantite tiennent chacun une banderole dans la main droite et un livre (sauf exception) dans la main gauche. Sur la banderole était sans-doute peint   jadis l'un des douze articles du Credo apostolique, ou Symbole des Apôtres : chacun le sien ! 

La difficulté d'identification, assez constante dans ces séries, est accrue car les attributs ont été martelés à la Révolution sans-doute, et les têtes ont été décapitées, puis re-scellées au ciment. On ne peut, non plus, tenir compte de leur position (qui devrait suivre la succession des articles du Credo), les statues ayant pu être déplacées.

Les niches mi-gothique , mi-Renaissance sont séparées en alternance par des colonnettes en nid d'abeille et par des pilastres lisses.

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Les apôtres de droite, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Les apôtres de droite, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

1. Saint Pierre.

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L'apôtre Pierre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L'apôtre Pierre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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2. Apôtre.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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3. Saint Jacques le Majeur.

En habit de pèlerin de Compostelle, avec chapeau large timbré d'une coquille, besace, baudrier aux coquilles cousues, et bourdon (brisé).

 

L' apôtre Jacques le Majeur, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L' apôtre Jacques le Majeur, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L' apôtre Jacques le Majeur, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L' apôtre Jacques le Majeur, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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4. Apôtre. Saint Jacques le Mineur ? Saint Philippe ?

L'extrémité d'un bâton est visible, identifiant Jacques le Mineur si on y voit un bâton de foulon (le plus souvent dilaté à cette extrémité), ou Philippe si on y voit la hampe d'une croix. 

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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5. Saint Jean.

Imberbe et tenant le calice de poison qui le qualifie.

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L' apôtre Jean, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L' apôtre Jean, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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6. Apôtre.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le groupe des six apôtres de gauche.

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Les apôtres de gauche,  Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Les apôtres de gauche, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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7. Apôtre.

8. Apôtre.

 

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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9. Apôtre.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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10. Apôtre.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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11. Saint André.

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Saint André, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint André, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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12. Apôtre.

 

Dernier apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dernier apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LES CULOTS.

Les ornemanistes ont puisé dans le répertoire Renaissance pour sculpter les culots de masques, de feuillages, de pampres et de godrons, mais, du coté gauche, nous trouvons aussi des scènes habituelles aux sablières ou aux crossettes, à visée moralisatrice malgré leur aspect cocasse.

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Chien joueur de cornemuse.

coté gauche, près du portail.

 

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Chien joueur de cornemuse.  coté gauche du porche, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Chien joueur de cornemuse. coté gauche du porche, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Culot n°7.

Masque à collerette et aux feuillages.

 

Culot n°7, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Culot n°7, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Culot n° 9.

Remarquons d'abord l'inscription de la base de la statue :

A : AB : GRALL. La première lettre est douteuse. Le patronyme Abgrall apparaît aussi au dessus de la porte droite du porche, indiquant le nom d'un fabricien.

Sur le culot apparaît une tête tenue de chaque coté par deux lions. Ces deux animaux ont tous les caractères des lions de crossettes du Finistère, chargés d'emporter les âmes des vivants pour le compte de la Mort. 

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Culot n°9, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Culot n°9, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Culot n° 11 : Gavotte menée par deux femmes.

Trois hommes se tiennent étroitement par le bras de manière caractéristique des danseurs  de dans-tro, les jambes emportées par le rythme des pas. A la différence de la sablière de Saint-Sébastien du Faouët, ce n'est pas le diable musicien qui mène la danse et entraîne les paroissiens dans la voie dévoyée des plaisirs, mais deux femmes dont l'une tient un miroir et l'autre un flambeau. La première est une allégorie de la Coquette. Cette scène relève donc de la même logique que le culot n°9 : mettre en garde contre l'oubli de la Mort, et rappeler la nécessité de sauver son existence par une vie chrétienne éloignée des bals et des cabarets !

Yves-Pascal Castel voit dans les hommes trois ivrognes, et dans ces deux femmes des allégories de la Tempérance, qui tient le miroir, et de la Prudence, qui tient la torche ; mais on comprend mal alors le rôle de ces Vertus.

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Culot n°11, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Culot n°11, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Culot n° 12.

Autour d'une composition de feuillages à larges digitations rondes, deux masques surgissent comme par métamorphose d'une de ces feuilles : à droite, un visage rond, jeune et féminin au dessus d'un lotus, et à gauche un visage barbu et âgé. "Mignonne allons voir si la rose"...

A l'extrême droite, pour clore ce discours sur le vice, et ses périls, un personnage (féminin ?) accroupi pose une main sur le pubis et l'autre sur la poitrine.

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Culot n°12, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Culot n°12, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LES DAIS.

Pour peu que nous ne passions sans les voir, ils vont provoquer notre enthousiasme esthétique et susciter par le fourmillement de détails notre curiosité. La variété d'inspiration, la qualité d'exécution, la maîtrise à la perfection du vocabulaire gothique et des masques Renaissance, font de ces dais des chefs d'œuvre. Ils résument toute la sculpture de l'atelier des Prigent, voire de toute la sculpture des enclos, par l'association d'une pieuse représentation des thèmes chrétiens (anges tenant les instruments de la Passion) et d'une reprise débridée de l'ironie baroque.

Dais des apôtres de droite du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres de droite du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres de gauche du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres de gauche du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le "chapeau" des dais. Les instruments de la Passion. 

Désolé pour la qualité des images.

 

 

 

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Véronique présentant la Sainte Face.

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Sainte Véronique présentant la Sainte Face. Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Véronique présentant la Sainte Face. Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les dais eux-mêmes.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ce dais associe une base gothique à pinacles, accolades et fleurs de lys, et une lanterne (identique au lanternon qui coiffe le porche lui-même)  à cariatides (plutôt "termes féminins") aux seins provoquants, à vieillard barbu, à petits personnages qu'il faudrait détailler un par un, comme celui qui est saisi par l'épaule par un bras venu du haut...

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ce dais associe une scène de chasse dans la balustrade (lion et sonneur de trompe), des atlantes (jambe croisée ou non) alternant avec des masques.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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ARMOIRIES TIMBRANT LA VOÛTE.

"L'intérieur est voûté en croisée d'ogives avec une clé de voûte qui témoigne du remontage du porche en 1728. Elle est décorée du blason des Danycan, d'azur au monde d'or, surmonté d'une étoile d'argent et soutenu d'un vol de même. Le richissime armateur malouin Noël Danycan de l'Épine (1651-1731)  avait acheté en 1702 la seigneurie de Coatmeur en Landivisiau." (E. Le Seac'h 2014 p.153)

Selon le Nobiliaire et Armorial de Bretagne :

"Danycan (orig. de Normandie), sr de l’Epine, — d’Annebaud, — de la Thébaudaye, — de Launay-Quinard, — de Daoudour, de Coëtmeur et de Landiviziau, par. de Plougourvest, — de Kermilin, par. de Trefflaouénan, — de Lanuzouarn, de Penanec’h et de Pontéou, par. de Plouénan.

D’azur au monde d’or, surmonté d’une étoile et soutenu d’un vol de même.

Noêi, s’établit à Saint-Malo en 1650 et épousa Jacquemine Corbin ; Noël, son fils, armateur à Saint-Malo, secrétaire du Roi en 1695, chevalier de Saint-Michel en 1700, marié à Marguerite Chantoiseau, fréta deux vaisseaux commandés par ses frères, qui sous la direction de du Guay-Trouin s’emparèrent de Rio-Janeiro en 1711 ; deux maîtres des comptes depuis 1723 ; un brigadier de dragons en 1756 ; un volontaire blessé au combat de Saint-Cast en 1758."

 

Ce blason présenté par deux personnages est couronné, comme c'est aussi le cas sur les armes qui ornent deux assiettes récemment achetées aux enchères (en 2013) par le Musée de Saint-Malo. La meilleure image sur ce lien des Musées de la Marine : http://mnm.webmuseo.com/ws/musee-national-marine/app/collection/record/9847

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On peut penser que cette couronne et les deux personnages sont empruntés aux armes de la Compagnie des Indes orientales (image Wikipédia ). Fondée par Colbert en 1664, avec Port-Louis comme port d'attache, celle-ci subit les effets de la guerre de Hollande, de la ligue d'Augsbourg et de certaines opérations commerciales désastreuses, qui  entrainent sa ruine. Elle  doit louer ses privilèges à des négociants connus « comme étant les plus considérables du Royaume : les Messieurs de Saint Malo », parmi lesquels  Danycan, qui reprend le commerce avec le Pérou pour sa « Compagnie des mers du sud ».

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Armes de Noël Danycan, voûte du porche de l'église de  Landivisiau.  Photographie lavieb-aile 2017.

Armes de Noël Danycan, voûte du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23.  “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau", Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  "De Saint-Pol à Landivisiau: à la recherche des sieurs de Tournemine", Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon samedi 14 mai 1983. 

0135 de St-Pol-de-Léon à Landivisiau, à la recherche des sieurs de Tournemine. 14.05.83,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1616.  

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/408be039e7a310691325124ca16674fa.jpg

 

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred) « Landivisiau », Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/porche-sud-landivisiau

Site de la mairie :

http://www.landivisiau.fr/fr/information/61960/le-patrimoine-landivisien

GUEGANTON (Olivier ), 2009, "Landivisiau"  :

http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Landivisiau.htm

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Landivisiau
25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 20:46

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Les porches sculptés du Finistère reprennent une tradition initiée par le premier Maître du Folgoët à La Martyre (1450-1468), poursuivie à Daoulas (XVe siècle), puis par l'atelier landernéen de Bastien et Henry Prigent à Pencran en 1553, à Landivisiau en 1554-1565, à Guipavas (1563) et dans la partie haute du porche de Lampaul-Guimiliau. La tradition se poursuivra à Guimiliau (1606-1617) et à Ploudiry (1665). 

L'arcature d'entrée de Landivisiau est de plein cintre, sans tympan (différent d'un porche en anse de panier sous un tympan consacré à la Nativité). 

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Bastien Prigent,  porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, coté gauche de l'arc extérieur du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, coté gauche de l'arc extérieur du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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"Entre les riches moulures et les guirlandes qui ornent les côtés et le pourtour de la grande entrée, nous trouvons un genre de sculpture qu'on avait inauguré en 1553 dans le porche de Pencran, et que l'on développera davantage plus tard à Guimiliau : ce sont des scènes de l'Ancien Testament ; on les trouve absolument dans le même ordre à Pencran et à Landivisiau" (J-M. Abgrall).

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A. LES PIÉDROITS.

Les piédroits (éléments verticaux qui portent la naissance de l'arcade) comprennent de l'intérieur vers l'extérieur une frise de pampre, deux moulures organisées en quatre registres horizontaux de scènes de la Genèse et séparées par une moulure vide, et enfin une colonne torsadée couronnée par un chapiteau prismatique. 

 

 

I. LA MOULURE INTÉRIEURE.

C'est (comme à Pencran, à Saint-Houardon de Landerneau, etc..), une frise très fouillée alternant ceps de vigne et grappes de raisins, abritant des animaux (oiseaux, chiens, lions) et petits personnages, tandis qu'au pied, un dragon et un chien tentent en vain de les atteindre pour les dévorer. Les deux rinceaux droit et gauches sont tenus et réunis au point culminant par un personnage coiffé de son chapeau.

En bas et à gauche, nous trouvons un dragon à queue nouée représenté de profil (exception pour cette figure toujours vue ailleurs de dos, pattes écartées sur la moulure). Il donne naissance, ou tente de saisir, le pied de vigne. 

Au dessus de lui, les premières tiges, les premières grappes, et un petit homme gourmand et nu.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le dragon, détail.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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En bas à droite, c'est un chien qui cherche à grimper vers la vigne et que Bastien Prigent a sculpté, selon son habitude et non sans humour, de dos, comme écrasé pattes écartées sur la pierre. 

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Lion mordant un cep.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Nain goûtant un raisin.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Au sommet de la moulure : Tête d'homme

coiffé d'un bonnet réunissant près de ses lèvres les deux extrémités de la pampre.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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B. LES SCÈNES BIBLIQUES.

Les trois registres horizontaux doivent être décrits en passant alternativement du coté gauche au coté droit.

1. à gauche : Adam et Ève et la Tentation.

Genèse 3:1-7

 Le serpent est enroulé autour de l'arbre du bien et du mal et offre à Ève le fruit défendu. Mais, dans une transgression du contrat de représentation liant l'artiste et le spectateur, qui suppose que l'encadrement du décor en pierre ne participe pas de la représentation fictionnelle, ce serpent traverse l'arête séparant les moulures, et fait apparition dans la niche d'Ève dans un face à face de la séduction. En outre, le serpent se métamorphose en un double de la première femme, avec la même coiffure, les mêmes joues rebondies, la même poitrine et le même ventre, comme pour décliner le thème de la malignité d'Ève. Ainsi, ce face à face d'Ève et du démon  est mis en parallèle et en opposition complémentaire avec l'Annonciation, comme dans l'inversion spéculaire EVA / AVE : 

 Tertullien avait fait remarquer qu'"on se sert des mêmes remèdes pour nous guérir, que le diable s'était servi pour nous perdre : une Vierge répare les désordres d'une autre vierge. Ève, par sa trop grande facilité à écouter le démon, fait entrer le péché dans le monde ; & Marie, en donnant son consentement aux paroles de l'Ange, y fait régner la Grace, puisqu'elle en conçoit l'Auteur. Mais il semble que la parole du démon, qui corrompit l'esprit d'Ève, porta sa malignité encore plus loin, ce fut un poison qui infesta non seulement son cœur et sa volonté, mais même son sein et ses entrailles, puisque l'enfant qu'elle conçut peu de temps après [Caïn] fut tout pénétré par son poison et qu'il parut par son dérèglement et la malice de sa volonté, que si Adam avait contribué à la formation de son corps, le démon avait lui-même formé sa volonté. Il fit assez connaître en donnant la mort à son frère ce que le démon faisait sur la terre". (Sermons sur les mystères de la Sainte Vierge par l'aveugle, 1712)

Ce sermon montre quel est le discours théologique sous jacent à ces scènes biblique d'Adam et Ève et de Caïn et Abel.

 

Le même motif s'observe sur les porches de Pencran (1553), de Guimiliau (1606-1617) et de Ploudiry (1665), mais c'est à Landivisiau qu'il est le mieux conservé. Hiroko Amemiya, (Vierge ou Démone, 2005, pages 191-201) le retrouve aussi sous une forme proche sur une peinture d'un lambris de la chapelle Notre-Dame-du-Terte de Chatelaudren (1460-1485) et sur un panneau en bois (XVIe) de l'église de Mauron, dans le Morbihan.

 

On rapprochera aussi avec intérêt cette représentation de l'enluminure 20v des Heures dites de Henri IV et qui sont postérieures à 1476 :

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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8455949b/f42.image

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8455949b/f42.image

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans ce dernier cas, le serpent est doté d'un visage et des seins nus d'une femme, mais il est tourné vers Adam, tandis qu'Ève, par honte et culpabilité, se détourne.

 

 

 

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On trouvait déjà cette image dans l'enluminure du folio 1r du Bréviaire dominicain à destination royale de Louis X le Hutin (1300-1325)  (Copyright Bnf ; source Gallica)

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 folio 1r du Bréviaire dominicain à destination royale de Louis X le Hutin (1300-1325) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10542305b/f9.item.zoom

folio 1r du Bréviaire dominicain à destination royale de Louis X le Hutin (1300-1325) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10542305b/f9.item.zoom

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A Landivisiau, cette féminisation du serpent de la Genèse traverse l'arête de la moulure pour rejoindre Ève dont elle devient un double spéculaire, avec la même chevelure, les rondeurs mammaires de l'une se reflétant dans l'aspect rebondi du fruit de l'autre, la feuille de figuier sur le sexe de l'une répondant avec le feuillage de l'arbre de l'autre, laissant entendre que leur nature maligne est foncièrement partagée.

 

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Bastien Prigent, registre inférieur gauche, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, registre inférieur gauche, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent,  la Tentation d'Éve, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, la Tentation d'Éve, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent,  la Tentation d'Éve, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, la Tentation d'Éve, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2. à droite : Adam et Ève chassés du Paradis terrestre par l'ange armé de son glaive de feu.

Le Paradis est symbolisé par une houppe de feuillage dont le tronc se confond avec les moulures du piédroit. 

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Bastien Prigent,  Expulsion du Paradis, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, Expulsion du Paradis, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent,  Expulsion du Paradis, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, Expulsion du Paradis, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les dais.

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Bastien Prigent,  dais de droite, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, dais de droite, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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3. Deuxième registre à gauche : Adam labourant la terre et Ève portant Abel emmailloté, avec Caïn au berceau à ses pieds.

Genèse 4:1-2 : "Adam connut Eve, sa femme; elle conçut, et enfanta Caïn et elle dit: J'ai formé un homme avec l'aide de l'Éternel. Elle enfanta encore son frère Abel. Abel fut berger, et Caïn fut laboureur. "

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Bastien Prigent, enfance de Caïn et d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, enfance de Caïn et d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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4. A gauche encore : Sacrifice de Caïn et d'Abel.

Genèse 4: 3-7 :

"Au bout de quelque temps, Caïn fit à l'Éternel une offrande des fruits de la terre;  et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L'Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. Et l'Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu?  Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui."

A gauche, Caïn le laboureur, debout,  fait brûler en vain ses plus belles gerbes de blé en offrande à Dieu. Le feu rabattu vers le sol lui ramène la fumée dans les yeux, qu'il protège de la main. En revanche, les belles bûches de son frère font monter de hautes flammes qui s'élèvent vers le ciel, devant Abel à genoux. Parmi les flammes, on ne distingue plus rien des agneaux de son troupeau. 

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Bastien Prigent, sacrifice de Caïn et d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, sacrifice de Caïn et d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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5. Deuxième registre à droite : Meurtre d'Abel par Caïn.

Genèse 4:8-16 :

 

"Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. L'Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère? Et Dieu dit: Qu'as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi. Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre. Caïn dit à l'Éternel: Mon châtiment est trop grand pour être supporté. Voici, tu me chasses aujourd'hui de cette terre; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. L'Éternel lui dit: Si quelqu'un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l'Éternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point. Puis, Caïn s'éloigna de la face de l'Éternel, et habita dans la terre de Nod, à l'orient d'Éden."

Le deuxième registre de droite comporte trois scènes, dont une occupe la moulure centrale qui restera ensuite vide dans les registres supérieurs. Deux scènes poursuivent l'histoire de Caïn et Abel débutée à gauche.  Sur la rainure du milieu, Abel s'est écroulé, frappé sur le haut du crâne qui est fendu. A gauche, Caïn se tient debout, une bêche (ou un autre outil contondant) à la main, mais il vacille sur le coté, devant la masse  d'un nuage dans lequel se tient probablement Yahvé. 

Comme à Pencran, dans cette scène, les deux frères sont vêtus de pourpoints courts ceinturés à la taille et  de houseaux en accordéon qui leur recouvrent les mollets, alors qu'ils portaient des tuniques longues dans la scène des offrandes.

Au dessus d'Abel, deux canards sont réunis, tant au cou par le même collier que par les pattes. 

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Bastien Prigent, le meurtre d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, le meurtre d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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6. A droite, même registre : l'Arche de Noé.

Genèse 6 :1-22.

L'arche contient des ovins à gauche, des bovins à droite, Noé et sa famille au centre, et des oiseaux sur le pont.

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7°) A droite, troisième registre : L'ivresse de Noé. La dérision et le péché de Cham.

 

 

Genèse 9 : 20-27. "Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne.

 Il but du vin, s'enivra, et se découvrit au milieu de sa tente.

 Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père.

 Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet.  Et il dit: Maudit soit Canaan! qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères! Il dit encore: Béni soit l'Éternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave! Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu'il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave!"

Dans la moulure de droite, Noé vendange sa première vigne, portant à sa bouche les grappes ou accumulant celles-ci dans son manteau retroussé en tablier de façon impudique. Un cep pousse son feuillage au dessus du bonnet du patriarche comme si la vigne lui montait à la tête.

A gauche est représenté la scène de la dérision : Noé est endormi sur le dos, sexe bien en évidence (mais martelé par une main prude). Ses fils sont derrière lui, et, puisqu'aucun d'eux ne rie, c'est qu'il s'agit des bons et respectueux Sem et Japhet. L'artiste nous attribue la place, et le point de vue du mauvais fils, Cham !

Dans une lecture typologique, l'invention du vin par Noé avec qui Dieu vient de conclure une Alliance nouvelle préfigure l'institution de l’eucharistie par le Christ tandis que  les moqueries de Cham préfigurent  les  outrages des soldats romains lors de la Passion. Cette lecture est manifeste dans le Speculum humanae salvatoris.

Voir une enluminure de 1463

 

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Bastien Prigent, l'ivresse de Noé, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, l'ivresse de Noé, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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C. LES ÉVANGÉLISTES.

Ils sont barbus (sauf Jean), pieds nus, vêtus d'un manteau dont un pan fait retour vers la main opposée sur une robe serrée par une ceinture. Les quatre rédacteurs des évangiles sont accompagnés de l'animal issu du Tétramorphe, et c'est cet  animal qui tient leur encrier et leur boîte à calames. Ils se tiennent debout, excepté Matthieu qui est assis.

1°) A gauche : saint Luc et saint Jean.

Saint Jean, imberbe, portant un manteau, est accompagné de son aigle qui tient l'encrier et le plumier dans son bec. Il rédige son texte saint sur une banderole. 

Saint Luc, dont l'animal-attribut est le taureau ailé, écrit son évangile sur un livre.

Notez les dais Renaissance, celui de saint Luc avec son couple de curieux qui se penche de part et d'autre de l'accolade perlée, et celui de Jean transformé en buste d'homme coiffé d'un chapeau à calotte cylindrique.

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Bastien Prigent, les évangélistes Jean et Luc, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, les évangélistes Jean et Luc, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2°) A droite : saint Mathieu et saint Marc.

Matthieu est accompagné de l'ange, petit personnage aux allures de marionnette, identique à celui des contreforts du porche.

Le lion de Marc tient le matériel de l'écrivain dans sa patte.

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Bastien Prigent, les évangélistes Matthieu et Marc, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, les évangélistes Matthieu et Marc, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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B. LES VOUSSURES.

Les voussures qui forment l'arc de plein cintre sont formés de huit à neuf blocs de pierre. La voussure extérieure qui poursuit les colonnes torsadées reprend le motif de la vigne, sous une forme plus simple que la voussure intérieure. Au centre, deux voussures accueillent les trente-et-un anges d'un  concert céleste. Il faut signaler aussi deux masques dans la moulure "vide" intérieure.

 

Bastien Prigent, anges du concert céleste, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, anges du concert céleste, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Premier registre coté gauche.

L'ange extérieur joue d'un instrument à vent terminé par un pavillon désigné par les auteurs (Y-P. Castel et E. Le Seac'h) comme une sacqueboute, "sorte de trombone sans coulisse" selon Le Seac'h. Or, le nom de cet instrument est tiré des verbes saquer et bouter et signifie "tire! -pousse!", précisément parce qu'il est équipé d'une coulisse : en 1466, Pierre Michaut le définissait déjà comme "une trompette grave à pompe mobile". Puisque l'instrument qui est figuré à Landivisiau ne montre pas de coulisse, je propose donc de le désigner sous le terme de "trompette baroque" ou "trompette naturelle" ou "trompette repliée". De toute façon, la sculpture ne peut prétendre ici à une exactitude musicologique, car l'instrument ne peut être tenu le long du corps, et encore moins d'une seule main : l'embouchure doit être tenue contre la bouche comme le montre le retable de Memling

A sa droite se tient un ange thuriféraire, la main gauche dûment placée sur la poitrine. Et plus à droite encore, nous voyons le masque, une tête de clerc sous son capuchon.

Au dessus d'eux, deux anges orants.

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Ange musicien, thuriféraire et orant, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange musicien, thuriféraire et orant, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le premier registre, à droite.

Il répond de façon grossièrement symétrique au précédent. 

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Ange jouant de la trompette et anges orants, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange jouant de la trompette et anges orants, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Registres médians, coté droits.

Nous y voyons parmi les musiciens un joueur de flûte traversière, de hautbois, de vièle à archet (voir photo suivante) ; du coté gauche se trouve un joueur de flûte à bec.

 

Ange du concert céleste, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange du concert céleste, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange joueur de vièle à archet, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange joueur de vièle à archet, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les deux anges affrontés.

Anges affrontés, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Anges affrontés, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23. “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau", Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

CASTEL (Yves-Pascal), 1983, "De Saint-Pol à Landivisiau: à la recherche des sieurs de Tournemine", Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon samedi 14 mai 1983.

0135 de St-Pol-de-Léon à Landivisiau, à la recherche des sieurs de Tournemine. 14.05.83,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1616.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/408be039e7a310691325124ca16674fa.jpg

COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, Landivisiau, in Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper. 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n., 2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/porche-sud-landivisiau

Site de la mairie :

http://www.landivisiau.fr/fr/information/61960/le-patrimoine-landivisien

GUEGANTON (Olivier ), 2009, "Landivisiau" :

http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Landivisiau.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Landivisiau
21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 09:18

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"L'église actuelle de Landivisiau, construite dans le cours des années 1864 et 1865, a remplacé un édifice du XVIe siècle qui était arrivé à menacer ruine par suite de la suppression des tirants de la charpente. Du corps principal de l'ancienne église on n'a rien gardé, si ce n'est les clochetons ou lanternes à dômes qui couronnent les contreforts ; mais, du moins, nous avons la bonne fortune de voir conservés le clocher et le porche qui sont deux ouvrages remarquables et du plus grand intérêt." (J-M. Abgrall)

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L'ancien enclos paroissial est néanmoins visible sur une lithographie de Thierry Frères d'après une   figure  d'A. Bayot gravée par A. Guesdon accompagnant la description de Landivisiau dans les Voyages romantiques et pittoresques dans l'Ancienne France du baron Taylor et Charles Nodier, parus en 1845-1846. Elle porte le titre d' Eglise et ossuaire de Landivisiau . Source : Bnf Gallica)

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Dans les rues tendues de drap, au terme d'un parcours fleuri agrémenté de halte devant les reposoirs,  la procession de la Fête-Dieu fait se succéder le dais tout emplumé, la bannière paroissiale dédiée à la Vierge à l'Enfant, des prêtres et chanoines en chape et calotte (noire), des femmes en coiffe tenant leur missel, les jeunes filles en blanc et peut-être bleu brandissant la petite bannière de leur confrérie mariale, des enfants de chœur thuriféraires, tout ce monde arrivant devant le recteur qui les accueille devant l'entrée du placître, tandis qu'un garde suisse se tient devant un mendiant, et des bas-bretons sceptiques.

La foule va s'engager devant l'ossuaire (qui fut déplacé dans l'actuel cimetière vers 1865 lors de la reconstruction de l'église), dont nous reconnaissons les statues (termes masculins et féminins), mais dont les baies ne sont pas vitrées et laissent voir un amoncellement de crânes.

A gauche, une construction oblongue où est sculpté un quatre-feuilles indique qu'à défaut d'arc triomphal, le terre-plein était délimité par une enceinte. Au sommet de quatre marches, une large pierre posée sur champ, un échalier, barre transversalement l''entrée du cimetière afin d' interdire l'accès aux animaux errants.

En arrière-plan, le porche, la tour-clocher et une lucarne (dont le pignon porte la statue de saint Michel) sont dessinés avec minutie et exactitude, fournissant ainsi une base documentaire précieuse. Nous allons constater que le porche actuel n'est guère différent de celui de 1845, même si, après la suppression du cimetière, un emmarchement à deux volées de cinq et sept marches a du être créé, donnant directement sur une rue très fréquentée par les automobiles. 

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I. L'EXTÉRIEUR DU PORCHE.

 

"Le porche est d'autant plus intéressant à étudier qu'il est comme le trait d'union entre les porches gothiques et ceux de la Renaissance. Il ne faut pas dire, avec quelques archéologues, que le mouvement artistique était en retard dans notre pays, mais les traditions gothiques se sont conservées longtemps ; les sculpteurs avaient de la peine à s'en détacher, et, pendant tout le cours du XVIème siècle, nous les voyons mélanger et combiner les formes et la flore du gothique flamboyant avec l'ornementation de la Renaissance. De là résulte une architecture absolument ingénieuse et originale, parfois d'un très heureux effet, dénotant une riche imagination, une grande habileté dans la science du trait et une adresse admirable chez les ouvriers tailleurs de pierre.

On peut voir des spécimens curieux de ce style mixte au fronton du porche de Lampaul-Guimiliau, 1533 ; aux portails Ouest de l'Hôpital-Camfrout et de Rumengol, 1537 ; aux porches de Daoulas, 1566, et de Brasparts, 1589 ; mais nulle part peut-être ce mélange n'est plus frappant que dans le porche de Landivisiau. L'édifice est encore gothique, et cependant il porte, à l'intérieur, la date de 1554, et, à l'extérieur, celle de 1559 ; ce sont encore les moulures prismatiques, les colonnettes tordues en spirale avec semis d'hermines et de fleurs de lis, les guirlandes de feuillages découpées à jour garnissant les gorges profondes ; mais, au milieu de cette ornementation du siècle précédent, vous trouvez, conçus dans le style de François Ier et de Henri II, les culs-de-lampe des grandes niches et une partie de leurs couronnements, le bénitier avec le dais qui le surmonte, ainsi que la plupart des décorations qui tapissent le tympan antérieur." (J-M. Abgrall)

Depuis la publication de E. Le Seac'h (2014), ce porche et ses sculptures sont attribuées à l'atelier landernéen de Bastien et Henry Prigent (1527-1577), qui avait réalisé le porche de Pencran en 1533, et qui reprend ici la même disposition : "Toutes ces statues sont de Bastien Prigent" (Le Seac'h p. 152)

Le porche a été démonté et remonté en 1728 par Jean Perrot et Sébastien Roussel, entrepreneurs ; ils remarquent qu'ils ont trouvé « les figures de geneze qui font la face du dit portique bien arrangées, ainsi que les figures des 12 apôtres » (G. 240 in Archives du diocèse de Quimper et Léon, cité in BDHA 1917).

Je le décrirai du haut vers le bas et de la périphérie vers l'arcade centrale.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le lanternon (vers 1570) .

Ses colonnes cannelées, ses chapiteaux ioniques  ou composites, ses coquilles Saint-Jacques, ses cuirs  et  ses masques affirment son style Renaissance, mais son pinacle  gothique fait exception. Trois faces reçoivent des niches abritant des statues, celles de saint Thuriau (ou Thivisiau), d'un saint évêque et d'un autre saint. Le dais de la niche de saint Thivisiau est sculpté de blasons et de masques. 

 

 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Deux blasons et des masques.

 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les trois masques : une tête d' homme, une tête de femme et un grotesque.

 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Niche de saint Thivisiau.

Le saint porte une mitre précieuse, une crosse (crosseron brisée) tenue par un linge, le sudarium, des chirothèques, et des bagues, dont l'anneau épiscopal. La chape pluviale, dont le fermail est orné d' un médaillon, est remarquable par ses orfrois, successions de carrés et de cercles par le biais d'entrelacs.

Devant le bas de sa dalmatique, une inscription est de lecture délicate, car rongée par les lichens. Une lettre G se distingue, soit : J : G----. Peut-être J : GAUDIC (P-Y. Castel, E. Le Seac'h)). Le patronyme est attesté sous cette forme un peu plus tard à Lampaul-Guimiliau par les généalogistes. Peut-être une graphie de (Le) Gaudec ou Godec attesté par A.  Deshayes. Mais je lirai plutôt GAUDIN cf forum ici.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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A la pointe du faux gable gothique, un écu bûché présenté par deux lions.

Ces lions tournent leur face vers le spectateur (lions rampant léopardisés en termes héraldiques). L'écu est losangique, comme celui des demoiselles. Il est coiffé par un dais sous une couronne. Les armes ne sont plus lisibles. Sur la lithographie de 1845, on devine peut-être les macles des Rohan.

Au même endroit, Y-P. Castel  décrit des armoires  présentées par deux anges,  dans lesquelles il y a deviné celles, écartelé d'or et d'azur, de François de Tournemine, seigneur de Coatmeur, de Kermelin en Tréfflaouénan et de Liscoat, époux de Renée de Saint-Amadour. Commanditaire du porche en 1554, son gisant se trouvait dans le chœur de l'ancienne église. Les panneaux de kersanton de ce gisant ornent aujourd'hui la fontaine Saint-Thivisiau, la statue de saint Michel est placée sur la façade sud de l'église (cf. infra) tandis que la partie supérieure du gisant se trouve à la mairie de Saint-Pol-de-Léon, après avoir été, sous le nom de saint Bidouzen, dans la cour  de la chapelle de l'îlot Sainte-Anne de cette ville. Jadis, les jeunes filles allaient interroger cette statue de saint Bidouzen : si l’aiguille qu’on lui plantait dans le nez restait en place, c’était de bon augure pour un mariage en cours d’année.

"Hévin, dans ses Consultations sur la Coutume de Bretagne, nous dit que, le 4 Décembre 1554, François de Tournemine, Sgr. de Coetmeur, de Kermelin et du Liscoet, et dame Renée de Saint-Amadour, fondèrent « une chapellenie, dans l'église tréviale de Landivisiau, de deux messes à chaque jour, l'une à haute, l'autre à basse voix, et autres offices, pour être célébrés par le nombre de sept prêtres chapelains, desquels les dits seigneur et dame se sont réservé la nomination pour eux et leurs descendants, à perpétuité, pour l'entretien de laquelle ils affectent les droits qu'ils avaient en la paroisse de Pommelvez, dans la commanderie de ce nom ». Cette fondation fut autorisée par l'Evêque de Léon, le 4 Janvier 1555, et ensuite le dit Sgr. de Tournemine nomma premier chapelain Missire Bizien Tanguy, prêtre ; et celui-ci étant décédé, il nomma Missire Goulven Floc'h, le 24 Avril 1560. En 1621, étaient chapelains : Jean Abgrall, François Muzellec, Yves Abgrall, Maurice L'Espagnol et Jean Bellec."

http://fr.topic-topos.com/gisant-de-saint-jacques-de-tournemine-treflaouenan

Le premier recteur, "missire Bizien Tanguy" fera sculpter son nom sur le socle de la statue placée dans le tympan intérieur (article suivant).

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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On retrouve ces armes, intactes,  sur la façade du bras sud du transept de l'église ; mais elles comportent un lambel indiquant une branche cadette. Elles sont semblables à celles d'Alain de Tournemine à Tréflaouénan.  La devise serait, selon Y-P. Castel, AULTRE NE VUEIL (que je retrouve attribuée à la famille de Plusquellec).

http://callac.joseph.lohou.fr/armoiries.html

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église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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 Face est de la tour. Saint évêque.

 

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Lanternon sommital, niche est. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Lanternon sommital, niche est. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Face nord de la tour : un autre saint évêque (sans mitre).

En réalité, cette statue n'a pas sa tête d'origine et E. Le Seac'h suggère une interversion : la tête de ce saint, qui serait un pape coiffé d'une tiare, aurait été placé sur la statue du Christ sauveur de l'intérieur du porche, et inversement, la tête barbue du Christ aurait été placée ici. Je ne suis pas entièrement convaincu, car je vois ici un saint évêque tenant sa crosse et bénissant, et car la tête aux cheveux frisés et à la calvitie frontale n'est guère christique.

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Lanternon sommital, niche nord. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Lanternon sommital, niche nord. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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"Le porche est de conception encore toute gothique. Sa grande arcade extérieure, contrebutée aux angles par de puissants contreforts, est surmontée d'une accolade avec contre-courbe et d'un faux gable décoré de choux frisés puis d'un tympan couronné d'une niche monumentale." 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Puis vient, posée sur le fleuron sommital, une statue de sainte femme, la tête et le corps couverts d'un grand voile de deuil, portant la guimpe, les mains croisées sur la poitrine en signe d'affliction. Le très long passant d'une ceinture descend devant la robe. Y-P. Castel y voyait une Vierge issue d'un Calvaire.

 

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Dans l'espace laissé entre l'archivolte et l'accolade, la sainte aux longs cheveux défaits, et qui tient un livre, pourrait être sainte Marie-Madeleine (le livre serait inhabituel), ou bien sainte Barbe (mais sans sa tour) ou sainte Suzanne (comme celle sculptée à Pencran par Bastien Prigent) une autre Vierge et Martyre. Devant ses pieds un écu porte les initiales M.J.A.P. entourant un calice. Ce dernier indique que le donateur est un prêtre, incitant à lire : "Messire J. A, Prêtre". 

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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LES CROSSETTES (vers 1560).

Elles amortissent l'assise des rampants du pignon.

 

1. Le lion de droite.

Il a tous les caractères des lions des multiples crossettes du Finistère et en forme même l'archétype : 

E. Le Seac'h, qui a examiné les gargouilles et les crossettes des quatre cantons de Ploudiry, Landivisiau, Landerneau et Sizun   a compté 49 lions (sur un total de 381 sculptures). Ils diffèrent des dragons par leur crinière soigneusement peignée couvrant la moitié antérieure du corps, par l'aspect lisse et svelte de la partie postérieure, par le caractère trifide de l'extrémité de la queue (correspondant au pinceau de poils noirs et à l'ergot de l'animal sauvage), par leurs petites oreilles, par le front ondulé comme celui d'un mouton, par les yeux globuleux, par la gueule qui montre non pas des dents pointues, mais une langue protruse.  Dans la plupart des cas, l'animal resserre ses griffes antérieures sur un os, dont les condyles sont parfois brisés rendant l'identification malaisée ; mais parfois il prend appui sur la tête d'un être humain qu'il emmène, ou sur un rouleau, ou sur une sorte de patère, sur un écu, ou une banderole. L'artiste manque rarement de souligner les mèches de la toison  du tarse des pattes postérieures. Ici, les sabots s'apparentent à ceux d'un bouc, en faisant un animal chimérique. Mais la caractéristique la plus frappante est la manière dont la queue passe comme une corde entre les pattes, s'enroule autour de l'arrière-train, revient sur le dos et s'y divise en trident. On en voit d'autres beaux exemples à Landerneau, Pencran, Guimiliau, ou Sizun,

Puisqu'on le voit si souvent exerçant sa vigilance sur le fémur (humain) qu'il détient, ou sur un crâne, un petit être qui n'en mène pas large, il est pour moi l'équivalent animal de l'Ankou, c'est à dire celui qui vient prendre possession des vivants au nom de la Mort ; mais à la différence du squelette armé d'une lance ou d'une flèche désigné par le terme d'ankou, sa force et sa rapidité à la course lui suffissent pour effectuer cette mission.

 

Bastien Prigent, crossette en lion, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en lion, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2. Le dragon.

http://ns230684.ovh.net/dragon-sculpte-landivisiau

Comme le lion, le dragon de Landivisiau peut revendiquer le titre d'archétype des dragons de crossette par ses longues oreilles et ses ailes nervurées l'apparentant aux chauves-souris, par sa peau boursouflée (front, gorge), par ses yeux dilatés, par sa gueule hilare, jamais vraiment terrifiante, et par sa denture acérée. Nous notons aussi ses pattes crochues, et ses narines tubulaires comme des lance-flammes. Mais l'attribut dont il est le plus fier est sa queue dentelée et verruqueuse, qui forme une boucle avant de revenir contourner en collier sa poitrine. Elle est si longue que nous nous perdons dans ses sinuosités et ne comprenons pas toujours tout de suite que c'est à elle qu'il s'agrippe énergiquement comme à un hochet ou un anneau magique. Il faut se placer sur son coté droit pour découvrir que cette queue, loin de n'avoir ni queue ni tête, s'achève par un petit renflement céphalique dotée, microcosme ou inversion en abyme, de deux yeux, deux narines et d'une gueule parfaitement fonctionnels.

On pourrait y voir une figure de la coincidentia oppositorum, de l'unité des contraires qui est bien le propre, quoiqu'il en soit, des dragons. Comme la salamandre, ce sont des bêtes réunissant le froid et l'humide de leur nature reptilienne et chtonienne avec le chaud du feu destructeur de leur souffle nauséabond, et avec leur nature aérienne d'êtres volants. 

Comme les sphinx égyptiens veillant sur les nécropoles, cette dualité d'opposés font d'eux des énigmes, des figures de l'inconcevable.

Comme le lion avec lequel il est associé, il est un rappel de la puissance de la Mort sur nos frêles et éphémères existences. 

Et ça le fait rire.

 

 

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Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560 Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560 Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le couple de "naturels" (ou "satyres").

Au pied du premier rampant, au départ des pinacles, se voient deux personnages :

1. à droite un homme sauvage, (homme des bois, "sylvain") au nez épaté, aux oreilles larges, coiffé d'un bonnet,  dont tout le corps est velu et qui se caressait la barbe, avant que le bras droit et la pointe de cette barbe ne se brisent. Sa main gauche tient une massue. Il est à demi accroupi (posture du "chevalier-servant"). Il symbolise pour moi, comme les nains forestiers ou mineurs germaniques les forces chtonienne, comme les nains, les gnomes, ou les lutins des croyances médiévales .

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Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560 Nain sauvage caressant sa barbe, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, crossette en dragon, v. 1560 Nain sauvage caressant sa barbe, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1560. Nain sauvage caressant sa barbe, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Nain sauvage caressant sa barbe, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2. Du coté gauche, une femme nue accroupie.

Elle forme, par son emplacement et par sa posture accroupie, un couple avec le satyre précédent, et, d'ailleurs, son nez est épaté et ses oreilles de grande taille, bien que ces caractéristiques ne soient pas exagérés et ne lui ôtent pas un charme certain.

Comme dans le cas des femmes-serpents, des sirènes et des Démones recensées par Hiroko Amemiya dans Vierge ou Démone. Exemple dans la statuaire bretonne, sa féminité, accentuée par la longueur considérable de sa chevelure et par l'importance de sa poitrine, est élevée à la dimension d'une Allégorie, tandis que sa main droite placée sur le pubis indique que cette allégorie est indissociable de celle de la Sexualité, du Désir, ou, pour saint Augustin et après lui pour l'Église, de la "Concupiscence" qui en forme le versant peccamineux.

Aussi ce couple pourrait représenter la figure animale de l'humanité, avant la Rédemption. 

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Bastien Prigent, v. 1560. Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1560. Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1560. Dragon et Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Dragon et Femme sauvage, porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les niches couronés de dais gothiques qui décorent les deux contreforts d'angle abritent les statues assises des quatre Evangélistes avec leurs attributs, celle de la Sainte-Vierge provenant d'un ancien groupe de l'Annonciation, et enfin la statue de sainte Anne.

Les quatre évangélistes, la Vierge et sainte Anne.

1) le groupe de droite. Matthieu et Luc, sainte Anne éducatrice.

 

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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a) sainte Anne éducatrice.

A l'extrême droite, tournée vers l'est, Anne tête couverte d'un voile, est assise et tient sur ses genoux un livre. A son coté droit, la jeune Marie, sa fille, les cheveux dénoués et la tête découverte, apprend  à lire, et à déchiffrer les Écritures. On admirera la manière dont les deux femmes se tiennent la main, les doigts entrecroisés.

Un objet était tenu dans la main gauche de la sainte. 

Sur le pan plissé de la robe, un panneau porte les mots : MES: J FLOCH P. (ou IA ou IM J FLOCH P(rêtre)

Voir infra la statue de Jean-Baptiste, à l'ouest, avec l'inscription MI : J. FLOCH .

Voir la statue d'Anne éducatrice à Pencran (1553) par le même atelier des Prigent, placé également sur le contrefort de droite du porche.

 

 

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Bastien Prigent, v. 1560. Anne éducatrice. Kersanton. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1560. Anne éducatrice. Kersanton. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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b) Saint Matthieu et l'ange.

On sait que selon la tradition, chaque évangéliste est associé à l'un des quatre termes du Tétramorphe de l'Apocalypse : L'Homme ou Ange pour Matthieu, le Lion pour Marc, le Bœuf pour Luc et l'Aigle pour Jean. A Landivisiau comme ailleurs (Retable de l'Arbre de Jessé  à Burgos), les   évangélistes sont représentés à leur pupitre, comme un moine copiste médiéval, et, là comme ailleurs (porche de Pencran, etc.), ils disposent de leur encrier (rond) et de leur étui (allongé) destiné aux roseaux. Il ne manque que le canif nécessaire à la taille de ces calames.

Matthieu semble chercher la divine inspiration en levant les yeux vers les Cieux, alors qu'un charmant angelot tient son matériel d'écriture. Le pupitre est marqué par l'influence Renaissance, avec un terme dont le menton se prolonge en un bâton. En fait de terme, c'est en réalité un drôle qui passe sa tête à travers un pan d'étoffe – ou un "cuir"–, mais dont on voit les mains, et, si on se place de coté, le corps nu.

Les amateurs de gauloiseries qui égayent notre art sacré, ne manqueront pas de noter qu'un gamin montre ses fesses aux passants, sous le culot qui reçoit l'ange.

Mêmes motifs sur le grand Calvaire de Guimiliau (1581-1588).

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Kersanton. Saint Matthieu.Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.
Bastien Prigent, v. 1554-1565. Kersanton. Saint Matthieu.Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Kersanton. Saint Matthieu.Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Polisson, pierre de kersanton . Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Polisson, pierre de kersanton . Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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c) Luc et le bœuf.

Sa console est supporté par un ange qui tenait un phylactère, muet.

Il tient sa plume de la main droite et son matériel d'écriture dans la main gauche. Son bœuf (très érodé) est à sa droite. Son pupitre est soutenu par un homme nu qui croise les jambes. Même motif sur le grand calvaire de Guimiliau (1581-1588).

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Luc. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Luc. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2) Le groupe de gauche. Saint Marc, saint Jean,   et la Vierge. 

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Bastien Prigent, v. 1554-1565 . Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565 . Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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a) Saint Marc et son lion.

Il est supporté par un ange, bras ouverts.

Il se tient à son pupitre, tenant une sorte de crayon, son plumier suspendu sur le coté gauche. Le lion se tient comme il le peut entre la colonne de l'écritoire et les pieds de l'apôtre. Tout cela est bien sage ... sauf lorsqu'on découvre de coté, derrière le dossier du saint, le buste nu d'une femme aux seins en spirale, et un autre terme masculin servant de piétement au fauteuil.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Marc. Kersanton. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Marc. Kersanton. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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b) Saint Jean et son aigle.

L'apôtre préféré du Christ, imberbe, vêtu du manteau qui lui est familier au dessus d'une tunique boutonnée sur le devant, lève, peut-être avec circonspection, les yeux vers le ciel breton. Son stylo s'apprête à écrire un nouveau verset. Son aigle semble avoir enfoui sa tête (brisée) sur les jambes de son maître, faisant voltiger l'encrier. 

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Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Jean. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Saint Jean. Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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c) La Vierge de l'Annonciation.

Elle est agenouillée devant son prie-dieu, mais elle a déjà entendu le message de l'ange puisqu'elle fait de la main droite le geste d'acceptation du Fiat  et se déclare la servante du Seigneur, ancilla Domini.

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Bastien Prigent, v. 1554-1565.  Vierge de l'Annonciation, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, v. 1554-1565. Vierge de l'Annonciation, Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Complément : les têtes sculptées sous les évangélistes.

Les stylobates de granite servant de support à ces groupes sont décorés de médaillons en forme de disques avec des masques en bas-relief et des angelots très érodés.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les inscriptions lapidaires extérieures.

Ce porche n’a pas été construit d’un seul tenant. En effet, on peut distinguer 4 campagnes de travaux :
— 1554 : portail en plein air, sous la direction des fabriciens Y. Martin et J. Abgral.
—  1554/1559 : piles latérales de la grande arcade. En 1559, les fabriciens étaient Tanguy Laboucz et Hervé Coulignir. En 1557, J. Floch, prêtre, fait don de la statue de son saint patron Jean-Baptiste. 

— 1559/1565 : voûte et murs latéraux, 
—  Lors d'une phase d’achèvement non datée (évaluée jusqu'en 1570 environ)  se construisent le pignon et le lanternon. 

Y-P. Castel a comptabilisé onze inscriptions lapidaires au total. J'ai photographié à l'extérieur de l'église trois pierres de fondation, celles de 1559, 1565 et (hors du portail) de 1718. On peut y ajouter celle des statues de Saint Thivisiau, de sainte "Madeleine", de sainte Anne, et de saint Jean-Baptiste (1557). Elles sont toutes écrites en lettres romaines (minuscules ou majuscules), les chiffres étant romains. 

Cet abandon de l'écriture gothique est récent : en 1536, la pierre de fondation de Rumengol utilise les lettres gothiques, comme celle de 1526 de la chapelle Rocamadour de Camaret, comme celles de 1526, 1544, mais aussi 1593 de l'église du Faou, ou celle de 1562 de l'église de Rosnoën (qui tend vers le romain).

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1. Sur la joue Ouest du contrefort de l'angle S.-0. un petit soldat, en costume du temps, indique l'inscription suivante  en lettres romaines capitales avec une ponctuation de séparation par trois points  :

LAN : 1559* ESTOINT  [* les deux derniers chiffres sont effacés] [second N rétrograde]

LORS : FABRIQVES :

TANGVY : LABOVCEZ

ET : HERVE : COVLOVGNIR [N rétrograde]

"En l'an 1559 étaient alors fabriciens Tanguy Labous et Hervé Couloigner."

n.b : En 1666, un Tanguy Labous ou Labouce sera curé de Landivisiau.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.
Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Sur le côté droit de la façade on lit en lettres minuscules romaines l'inscription (en partie brisée à droite ?)  :

1565 : ESTOI / LORS : FABRI/  0 ; PERRO / N : CONLOU : "1565 étaient alors fabriques O. Perrot et  N. Conlou [ ou : "O. Perrot et N.  Couloignier" ]. Voir aussi la lecture de Fréminville, et celle de Castel.

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Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Abgrall signale aussi sur la façade est l'inscription: POVR . LORS : FABRICQVES : 0 ; PEYRON Y. JONGOVR".

Hors sujet en ce qui concerne le porche, on peut signaler encore, sur le côté Est de la sacristie, l'inscription plus tardive  : JEAN : TANGUY : ET IACQVE : ABGRALL / FA : LAN : 1718. "Jean Tanguy et Jacques Abgrall Fabriques l'an 1718"

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Sacristie de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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La statue de Saint Michel terrassant le dragon ; les trois angelots.

Cette statue de l'archange terrassant un dragon a perdu son épée ou sa lance ; elle provient du gisant de François de Tournemine et de son épouse.

http://ns230684.ovh.net/saint-michel-landivisiau

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Saint Michel, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Michel, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Michel, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Michel, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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La statue de saint Jean-Baptiste, sur la base de la tour, au nord.

Kersanton. 1,60 m. .

" Le Précurseur est vêtu d'une tunique en peau de chameau ; la tête de l'animal retombe par devant, entre ses deux pieds. Par-dessus, il porte un manteau en étoffe. Le Saint tient de la main gauche un livre surmonté d'un petit agneau qu'il montre de la droite."

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Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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"Sur le pan du manteau, on lit la date de 1557, et sur le socle, en lettres gothiques : M. J. FLOCH . Un calice sculpté au milieu de cette inscription indique que le donateur, missire Jean Floc'h, était un prêtre." (J-M. Abgrall)

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Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean-Baptiste, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23.  “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau",, Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1991, Le porche de Landivisiau, fondé en 1554. Actes des conférences 1991. : .Éditeur: Pays d'accueil des enclos et des Monts d'Arrée, 1992 . p. 59-76 : ill. ; 21 cm

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  "De Saint-Pol à Landivisiau: à la recherche des sieurs de Tournemine", Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon samedi 14 mai 1983. 

“0135 de St-Pol-de-Léon à Landivisiau, à la recherche des sieurs de Tournemine. 14.05.83,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1616.  

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/408be039e7a310691325124ca16674fa.jpg

— COUFFON

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

—TAYLOR, Justin NODIER (Charles) 1845-1846, Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Bretagne.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84521739/f209.item.r=FOL-UB-24

 

—Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/porche-sud-landivisiau

— Site de la mairie :

http://www.landivisiau.fr/fr/information/61960/le-patrimoine-landivisien

— GUEGANTON (Olivier ), 2009, "Landivisiau"  :

http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Landivisiau.htm

— WIKIPEDIA consulté le 30/01/2017 : List of the works of Bastien and Henry Prigent https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Landivisiau
10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 19:22

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Sur le rampant sud-ouest du pignon ouest, la crossette qui participe à l'amortissement est une sirène en pierre de Logonna.  

 

Vue de l'angle sud-ouest de l'église de Saint-Urbain, avec un repère sur la crossette. Photographie lavieb-aile.

Vue de l'angle sud-ouest de l'église de Saint-Urbain, avec un repère sur la crossette. Photographie lavieb-aile.

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On admirera la belle idée de celui qui choisit de sceller ici un projecteur et de laisser courir le câble noir en une élégante sinuosité, spéculaire du corps de la femme-poisson.

 

La sirène et le projecteur de l'église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

La sirène et le projecteur de l'église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

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La sirène de Saint-Urbain appartient au groupe des 13 "ornements extérieur (en pierre) du type sirène", décrits par Hiroko Amemiya, dont 8 dans le Finistère, à Landerneau, Bodilis, Lampaul-Guimiliau, Ploudaniel, Sizun, Landévennec et Quimperlé. Couchée sur le ventre, elle redresse le buste et la tête. Sa longue chevelure épaisse et séparée en mèches encadre son visage doux et rond. La partie inférieure du corps a la forme d'une queue de poisson à écailles en relief. Elle brandit  dans sa main droite tendue en arrière au dessus d'elle un peigne, alors que sa main gauche est placée sur le pubis, chastement et pudiquement selon les uns, lubriquement selon d'autres. A Landerneau, Bodilis et Lampau-Guimiliau ou encore Sizun, ses sœurs tiennent un miroir carré.

La signification de ces figures n'est pas univoque. Sur le plan de la morale chrétienne, c'est une dénonciation des dangers de la coquetterie, mais surtout de la séduction féminine, et donc de la concupiscence, en phase avec les prédications des recteurs, mais si, avec sa cousine la femme-serpent, elle a connu un tel succès dans les crossettes des églises, chapelles, ossuaires et demeures (Landerneau), c'est sans-doute qu'elle permet aux paroissiens, par un renversement carnavalesque des valeurs, d'afficher ostensiblement ses charmes d'autant plus attirants qu'ils seraient venimeux.

On peut y voir aussi un rapport avec des créatures fées, et avec le légendaire celtique.  

La sirène de l'église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

La sirène de l'église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

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La sirène de l'église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

La sirène de l'église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

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Datation.

Elle se base sur les inscriptions lapidaires :

L'édifice date du XVIIe siècle. La tour, à deux chambres de cloches, deux galeries et une flèche octogonale, porte des inscriptions :

sur les contreforts du côté ouest,

 


 M : IACQVES/GVILLERM/CVRE : 1677. " M. Jacques Guillerm, curé, 1677."

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Inscription lapidaire, église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

Inscription lapidaire, église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

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 et

 GVILLAVME DENIEL/LOVIS VERVEVR/FABRIQVES. 1677. "  Guillaume Deniel Louis Verveur Fabriques 1677."

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Inscription lapidaire, église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

Inscription lapidaire, église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

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sur l'aile sud,

 M. IACQVES/GVILLERM. CVRE/M. IAN. LE. GALL. FA : /G : DERRIEN : 1682 "M. Jacques Guillerm Curé. Jean Le Gall Fabrique G Derrien : 1682"

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Inscription lapidaire, église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

Inscription lapidaire, église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

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Sur l'aile nord,

 Y : GALL : FA : 1686/Y : QVIDELLER - O : CARET/FA : 1687. "Y[ves] Gall Fabrique 1686. Y[ves] Quideller O. Caret Fabriques."

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Inscription lapidaire, église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

Inscription lapidaire, église de Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

 — AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 208.

— COUFFON (Renée), 1988, Couffon, Répertoire des églises : paroisse de SAINT-URBAIN,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 10 janvier 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1043.

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Published by jean-yves cordier

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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