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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 18:18

Zoonymie des Odonates : les noms d'Orthetrum cancellatum (Linnaeus, 1758), "l'Orthétrum réticulé".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— genre Orthetrum Newman 1833, Ent. Mag. , 1:511. : Des deux suffixes grecs  orthos  "droit" et êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

— espèce : O. cancellatum Linnaeus 1758 Syst. nat. :544 du latin cancellatus "treillisser, réticulé"  pour l'entrecroisement des lignes longitudinales et transversales segmentaires de l'abdomen des femelles et des immatures (le spécimen décrit par Linné). 

— Noms communs en français : 1°) "La libellule à treillis", Latreille 1804 ; 2°) "L'Orthétrum cancellé", Paul-André Robert, 1958 ; 3°) "L'Orthétrum réticulé",  Dommanget 1987.

— Noms communs dans d'autres langues :

- en allemand : Der Große Blaupfeil 

- en espagnol :La libélula azul, 

 - en portugais : Ortirum-reticulado

- en suédois : Större sjötrollslända

-en néerlandais :  Gewone oeverlibel

-en frison :  Grutte ringlibel, Kantsitter, Unrêst, Blaupylk

- En anglais The black-tailed skimmer 

- en gaélique : Orthetrum Llinell-duu

-en gallois : picellwyr tinddu

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ORTHETRUM NEWMAN 1833.

http://www.lavieb-aile.com/2018/03/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-orthetrum-newman-1833.html

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NOM D'ESPÈCE O. CANCELLATUM (LINNAEUS, 1758).

[Libellula cancellata],  LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759, pages 544 n°7.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

Description originale :

 

cancellata.-7. L. alis basi immaculatis, abdomine dorso lateribusque  interrupte luteis. 

Habitat in Europa. 

Traduction : Libellula cancellata. Ailes sans aucune tache à leurs bases [à la différence de L. depressa]. Abdomen (entre)coupé de jaune sur le dos et les cotés" (ou "abdomen jaune entrecoupé sur le dos et les cotés").

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour la plupart les références à sa faune de Suède de 1746 et aux auteurs anciens, mais il n'en suggère aucune ici. Les descriptions ultérieures seront-elles plus copieuses ?

 

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Le Fauna suecica, deuxième édition  de 1761.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/100333#page/431/mode/1up

La description est plus détaillée : "face pâle, front noir. Yeux postérieurs à ligne jaune interrompue de noir. Thorax antérieur couleur terre-cuite à deux lignes noires et deux marques jaunes latérales. Abdomen jaune sur la face dorsale avec de chaque coté deux lignes noires longitudinales et les segments bordés de noir (?)".

 

1465. LIBELLULA cancellata alis basi immaculatis , abdomine dorso lateribusque interrupte luteis. 
Habitat ad Aquas. 
DESCR. Facies pallida, fronte nigra. Oculi postice linea flava nigro interrupta. Thorax antice testaceus lineis duabus nigris & lateribus macula duabus flavis. Abdomen dorso flavum utrinque lineis duabus nigris  longitudinalibus & segmentorum marginibus nigris, 

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La 12eme édition du Systema naturae de Linné en 1767.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/376/mode/1up

Il est intéressant de constater que, dans la 12ème édition du Systema naturae daté de 1767, Linné et son équipe ont décrit 3 nouvelles espèces de Libellules, mais aussi qu'ils ont eu le temps d'approfondir les données concernant les espèces décrites en 1758. Ici, la description ne s'enrichit que d'une courte phrase sur "le thorax à lignes jaunes et brunes", et d'une référence à Fauna suecica de 1761 :

cancellata- 7- L. alis basi immaculatis, abdomine dorso lateribusqus interrupte luteis.

Fn. svec. 1465.
Habitat in Europa. 
Thorax luteo fuscoque fasciatus, 

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Le spécimen de la collection de Linné à la Linnean Society:

http://linnean-online.org/19714/

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ÉTUDE DE L'EPITHÈTE CANCELLATUM.

Linné avait accordé son épithète latine avec Libellula (féminin), mais lorsque l'espèce a rejoint le groupe Orthetrum (masculin), elle a été accordée sous la forme cancellatum. L'adjectif cancellatus, a, um est traduit par Gaffiot par "qui a l'aspect d'un treillis ; treillissé de rides". Le nom cancellus, i désigne un treillis, une balustrade ou des barreaux. Le verbe cancello signifie "disposé en treillis". (Et un treillis est un entrecroisement de lattes obturant une ouverture).

Le verbe d'ancien français canceller signifie "croiser" ; au XIIIe siècle, "chanceler" un document, c'est l'annuler par des traits de plume croisés , et le verbe canceller persiste encore aujourd'hui dans cette acceptation.

Encore un exemple ? Dans une église, le cancel ou chancel est la clôture ou la grille autour du chœur ou du maître-autel pour en limiter l'accès.

La traduction par "réticulé" (qui forme un réseau, qui a l'aspect d'un filet) est donc satisfaisante car le mot évoque aussi un entrecroisement de lignes.

Dans ses descriptions, Linné décrit l'abdomen jaune entrecoupé sur la face dorsale et sur les coté (1758), ou marqué de deux lignes longitudinales noires et des marques segmentaires noires également. Il décrit donc une femelle (ou un immature), dans lesquels effectivement, les lignes noires longitudinales se croisent en grille avec les lignes perpendiculaires limitant chacun des segments. 

Linné n'a décrit aucune forme mâle, où cet épithète ne s'applique plus aussi justement .

Latreille a suggéré que L. cancellata était la femelle d'une espèce dont L. depressa était le mâle.

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/orthetrum-reticule/

"Cancellatum (lat) = réticulé, treillissé, grillé : les femelles et les jeunes mâles ont l’abdomen marqué de traits noirs dessinant une grille."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"Orthetrum : Newman, 1833 from Grk. ὀρθός = straight, parallel + ἦτρον = abdomen. Newman described Orthetrum species as having the 'abdomen laterally parallel' (as distinct from Sympetrumspecies, which have the 'abdomen laterally compressed')

Orthetrum cancellatum (Linnaeus, 1758) from Lat. cancellatus, -a, -um = latticed, grated [cancellus = grid, lattice, grate] for the criss-cross pattern of black stripes on the yellow abdomen in females and immature males."

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"cancellatum (Orthetrum) – dal participio passato del verbo cancello, as, avi, atum, are, che significa graticolato, per il torace con fasce gialle e brune (Linneo, 1758)."

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"- cancellatum (Linnaeus) [l. latticed] is an allusion to the dark pattern on the back of females and immature males."

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"cancellatum = met een traliewerk of rooster (duidt op het zwarte patroon op het achterlijf)"

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NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

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préambule :  "La Sylvie", Geoffroy, 1762.

 GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 226 n°9.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

"9. LIBELLULA thorace viridi nitido , lineis flavis ; alis albis , abdomine nigro cœrulescente.

-Linn. faun. fuec. n. 768, Libellula thorace viridi nitido , lineis flavis , alis pallidis , abdomen nigro,

-Raj. inf. p. 49 , n. 5. Libella maxima , abdomine breviore , latioreque cœruleo.

-Idem. p. 140. Libella maxima abdomine breviore , & crassiore latioreque cœruleo.

-Reaum. ins. tom. ij. Tab.. 3 5 , F. 2.

La sylvie.

Longueur 2 pouces.

Ses yeux sont bruns , sa tête & son corcelet sont verdâtres avec deux bandes jaunes; mais un peu irrégulières sur les côtés du corcelet. Ses pattes sont d'un brun noir. Les aîles, du moins dans celles que j'ai, sont tout-à-fait diaphanes , avec une petite tache brune oblongue au bord extérieur : M. Linnaeus dit qu'elles sont un peu jaunâtres. Le ventre cylindrique & gros est jaune en-dessous , & en-dessus il est noir, mais couvert d'une poussière grise , cendrée & bleuâtre , ce qui fait aisément distinguer cette espèce."

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Le nom de Sylvie s'inscrit, avec le n°9,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est le quatrième de son groupe des Demoiselles à ailes étendues .

Geoffroy décrit un mâle, puisqu'il  signale l'abdomen couvert d'une pruine bleuâtre (première description, antérieure à Scopoli). 

On sait que Geoffroy omit, dans l'ensemble de son entomologie parisienne,  de donner un nom d'espèce en latin, selon les principes linnéens. Cela sera corrigé en 1789 dans l'édition que Fourcroy fit paraître, avec le nom Libellula sylvia ; La Sylvie. (page 346).

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/346/mode/2up

Le nom de Sylvie est repris par Charles de Villers en 1789 lorsqu'il décrit page 4 :" Libellula depressa (La Sylvie)".

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

Pour Linné en 1767 dans Syst. nat. 12ème ed., la  Sylvie de Geoffroyest identifiée comme étant sa Libellula depressa. Mais dès 1803, les 2 principaux naturalistes français Olivier et Latreille écrivent :  "Il faut rapporter à cette espèce celles que Geoffroy nomme éléonore et philinte , et non la sylvie ou le n° 9, ainsi que l'indique Linnaeus dans sa douzième édition de son Systema naturae." 

En effet, la principale différence entre les genres Libellula et Orthetrum est que les ailes du premier sont pourvues à leur base de taches triangulaires sombres qui sont totalement absentes du second. Or, Geoffroy précise que les ailes de sa Sylvie "sont tout-à-fait diaphanes", c'est donc un Orthetrum, mais le genre ne sera décrit qu'en 1833. En 1827, dans le Dictionnaire des sciences naturelles vol. 51 page 424, Duméril rapproche le premier la Sylvie de Geoffroy d'Orthetrum cancellatum

https://books.google.fr/books?id=lnipvExuYagC&dq=%22cancellata%22+%22sylvie%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En 1998, Jacques d'Aguilar et Jean-Louis Dommanget reprennent cette identification de la Sylvie avec Orthetrum cancellatum et associent L. depressa avec l'Eléonore de Geoffroy.

En 2019, Cyrille Deliry corrige cette identification et associe La Sylvie avec Orthetrum coerulescens.

http://www.deliry.com/files/libellulasylvia.html

"La Sylvie de Geoffroy (1762) est finalement nommée Libellula sylvia par de Fourcroy (1785). Nous sommes en présence d'un Orthetrum en raison de ses ailes complètement diaphanes et de son abdomen pruineux bleuté. Néanmoins d'anciens auteurs l'avaient associée à tort avec Libellula depressa. En 1985, d'Aguilar et Dommanget la présente comme un Orthetrum cancellatum. Or, la description de Geoffroy (1762) parle de petites taches brunes au bord extérieur des ailes, ce qui est selon nous une indication pour certains mâles d'Orthetrum coerulescens qui présentent cette caractéristique originale partagée avec Libellula fulva mais de manière plus discrète. "

Pour ma part, dans ma lecture de la description de Geoffroy, j'ai interprété " Une petite tache brune oblongue (adjectif crucial pour ma thèse) au bord extérieur des ailes" comme correspondant au ptérostigma (un terme qui n'apparaît qu'au début du XIXe pour des raphididae). Fourcroy décrit "alis puncto marginalis fusco", un point brun de l'extérieur des ailes, ce caractère punctiforme s'opposant à une coloration en plage.
Par contre, effectivement, les pterostigmas d'O. cancellatum sont noirs, et ceux d'O. coerulescens sont bruns, ce qui m'incite à vous suivre avec enthousiasme sur votre assimilation Sylvie = O coerulescens, mais sur cet argument. 
Je ne retiens donc pas La "Sylvie" de Geoffroy comme le premier nom français de l'Orthetrum cancellatum.

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[2°) "La Philis", Charles de Villiers, 1789. Erreur pour la Philinte de Goeffroy ?]

Caroli Linnaei Entomologia page 6

https://books.google.fr/books?id=saKZnk3vHvQC&vq=libellula&dq=libellula+cyanea+geoffroy&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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1°) "La libellule à treillis", Latreille, 1804.

P.A. Latreille, Histoire générale et particulière des crustacés et des insectes vol. XIII, suite de la famille des Libellulines page 13.

https://books.google.fr/books?id=p5mc9m09j-oC&dq=%22cancellata%22+libellule+treillis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Le nom est repris par Pierre Boitard, 1828 et par Sélys, Monographie des Libellulidées 1840  page 37

https://books.google.fr/books?id=NaI-AAAAcAAJ&dq=%22cancellatum%22+%22sylvie%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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2°) "L'Orthétrum cancellé", Paul-André Robert 1958.

Paul-André Robert, Les Libellules (Odonates), 1958 page 270.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=RoS9uwEACAAJ&dq=%22libellules%22+odonates+P.A.+Robert&focus=searchwithinvolume&q=cancellatum%22

L'auteur suisse se rend coupable d'un barbarisme en "traduisant" le nom de genre Orthetrum par le terme "Orthétrum".

Dans le même souci, il colle au plus près de l'épithète linnéen en "traduisant" cancellatum par "cancellé" ; mais par bonheur, l'adjectif existait dans notre langue.

 Avait-il  été frappé comme je l'ai été  par la richesse sémantique et métaphorique  de notre adjectif "cancellé", avec ses images de barrière, de treillis, de clôture de chœur, du nom de "chancelier" — celui qui se tient à la barrière  séparant la cour de justice du public — mais aussi ses liens avec son sens encore actuel (annuler une lettre par des croisillons). N'était-il pas charmant d'imaginer cet acte biffé, ce courrier aux termes regrettés, ce remords d'écriture, cette faute d'un enfant étourdi crayonné de rouge par le maître,   s'envoler sur nos rives pour y patrouiller ? De voir désormais cet insecte sillonnant le territoire des berges comme un garde-barrière gribouillé, ou flétri d'un coup de plume vengeur ? 

Las, c'était ignorer l'opposition des odonatologistes francophones depuis Sélys vis-à vis de toute fantaisie et de tout langage poétique et imagé.  Voire de l'irruption du grand public sur leurs berges. 

 

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3°) "L'Orthétrum réticulé", Jean-Louis Dommanget 1987.

Étude faunistique et bibliographique des Odonates de France, Secrétariat de la faune et de la flore page 65.

https://books.google.fr/books?id=JgJNAAAAYAAJ&q=%22Orth%C3%A9trum+r%C3%A9ticul%C3%A9%22&dq=%22Orth%C3%A9trum+r%C3%A9ticul%C3%A9%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj51vaxiNXfAhUCUBoKHfZdA14Q6AEIVzAJ

Ce nom bien quadrillé fait désormais autorité, c'est le nom officiel de la liste de la Société Française d'Odonatologie et du Muséum d'Histoire naturelle sur le site INPN, ou des guides de vulgarisation. 

Ici comme pour la plupart des noms de libellules, notre langue est la seule à n'avoir pas su créer un nom délivré de l'emprise du nom scientifique.

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NOMS COMMUNS DANS D'AUTRES LANGUES.

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- en allemand : Der Große Blaupfeil 

- en espagnol : La libélula azul, 

 - en portugais : Ortirum-reticulado

- en suédois : Större sjötrollslända

-en néerlandais :  Gewone oeverlibel

-en frison :  Grutte ringlibel, Kantsitter, Unrêst, Blaupylk

- En anglais The black-tailed skimmer 

- en gaélique : Orthetrum Llinell-duu

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/orthetrum%20cancellatum.html?lang=gd

-en gallois : picellwyr tinddu

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/orthetrum%20cancellatum.html?lang=cy

-en breton (en attente de validation : broud-aer lost-du.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 18:14

La verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres offerte par le chapelain Jacques Voisin (vers 1530 ; vers 1600 ; vers 1898) ou baie 15 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer.

 

 

 

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Voir :

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PRÉSENTATION.

 

La reconstruction de l'église Saint-Ouen avait été décidée sous Louis XII en 1480, et commença par la façade occidentale. Puis les travaux se poursuivirent avec les sept travées de la nef, qui est raccordée en 1514 au chœur roman, tandis que les bas-cotés, avec leurs 12 chapelles latérales, sont édifiés sous François Ier jusqu'en 1535, et dotés progressivement de vitraux à partir de 1514 environ, et jusqu'en 1556 grâce aux dons des confréries (du Saint-Sacrement en baie 18 et 20), aux corporations (des boulangers en baie 13, des peintres  en baie 10), des familles de notables (baies 7, 8, 10, 12, 16, 17) ou du clergé (abbaye de Saint-Ouen de Rouen en baie 14, chapelain en baie 15). 

Les six chapelles du coté nord, principalement dédiées à des saints,  se succèdent ainsi d'ouest en est (vers le chœur) :

  • 1ère chapelle : baie 17 (1475 ; v.1530 ; 1551) : saints Mathurin, Sébastien, Jacques le Majeur et Jean-Baptiste.
  • 2ème chapelle : baie 15 (v.1530 ; XVIIe ; XIXe) : Apparition du Christ aux 12 Apôtres.
  • 3ème chapelle : baie 13 (1536) : Saint Honoré.
  • 4ème chapelle :  baie 11  (v.1540 . V; 1556 . 1952) : saint Vincent.
  • 5ème chapelle :  baie 9 : (v. 1556 ; 1952) : saint Nicolas.
  • 6ème chapelle : baie 7 (1556) : Histoire du Salut.

 

La baie 15 occupe donc la deuxième chapelle du bas-coté nord ; elle est haute de 5 m. et large de 2,80 m et comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 9 ajours. Elle est divisée en deux registres de styles différents, le registre inférieur contenant des armoiries et 4 rondels dans une vitrerie losangique et le registre supérieur montrant l'Apparition du Christ aux douze apôtres et une Vierge à l'Enfant vénérée par un donateur. Au tympan, un Christ en croix. Les datations estimées sont : vers 1530 ; vers 1600 ; vers 1892 pour une restauration par Duhamel-Marette.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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Dans un encadrement de pilastres et entablement Renaissance décorés avec des guirlandes, masques, griffons , dauphins, feuilles et cartouches IHS, cette vitrerie géométrique incolore  comporte quatre rondels ; six médaillons et un monogramme en losange ; deux armoiries ; une inscription  [de donation].

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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1°) La moitié gauche.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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a) Les médaillons.

-Monogramme christique IHS couronné.

-Soleil/étoile.

b) les anges présentant des armoiries.

Celles-ci n'ont pas été identifiées. Elles sont écartelées en quatre quartiers, au 1 et 3 d'argent à cinq [ou six] vergettes de sable  et au 2 et 4 d'or à trois tourteaux de gueules, témoignant d'une alliance. d'or à trois tourteaux de gueules peut correspondre au comté de Boulogne, ou à diverses familles sans résoudre l'énigme. Notons parmi celles-ci celle de Courtenay, puisque Jean de Courtenay fut, au XIIIe siècle, seigneur de Pont-Audemer.

Les armoiries sont ornées d'un heaume cimé.

Notons l'utilisation d'émaux sur les écus et les vêtements des anges.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

c) Le rondel de gauche : saint Ouen.

par Duhamel-Marette vers 1892 en remplacement d'un rondel ancien perdu.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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d) le rondel de droite : saint Jacques le Majeur, XVIIe.

dans une couronne à ornementation Renaissance , le paysage et le saint sont peints à l'aide d'émaux sur verre blanc , plombs de casse.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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2°) La moitié droite.

On retrouve

a) Les médaillons.

-Deux alliances sommées d'une couronne de marquis.

-Soleil

b) les anges présentant des armoiries identiques aux précédentes.

c) un losange au monogramme IHS et aux instruments de la Passion.

 

 

 

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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d) Le médaillon de saint Adrien.

Inscription St ADRIA [N]  et daté du premier quart du XVIe siècle par le Corpus vitrearum.

Inscription IHS sur les pilastres.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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e) Médaillon de saint Léger.

Daté vers 1530. Un seul plomb de casse. Inscription St LEGIER. Saint Léger, évêque martyr d'Autun, qui eut les yeux crevés et la langue coupée, porte en plus  de sa crosse trois outils, assemblage de deux traverses obliques.

 Inscription sur les pilastres :  IHSM à gauche et IHS à droite.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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f) L'inscription en bas à droite.

JACQUES / VOESIN EN SOR /..../ ET CHAPEL

IY / FACE PAR / ..../ FIETA

On en a déduit que le donateur était Jacques VOISIN (forme voesin en patois), chapelain de Pont-Audemer.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

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Chaque lancette est encadrée par un élément architecturé en arcature sur colonnes, au sein de pilastres à cannelures et guirlandes et entablement.

Les têtes de lancette portent un décor de masques de feuilles, de dauphins et bordures en guirlandes.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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La Vierge à l'Enfant et le donateur agenouillé.

Le donateur (le chapelain Jacques Voisin) est un tonsuré et porte sur son surplis l'aumusse fourrée. Il adresse à la Vierge la prière MATER DEI MEMENTO MEI ("Mère de Dieu souviens-toi de moi") .

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.


L'Apparition du Christ (1) : six apôtres.

L'un des apôtres est vêtu d'une chape damassée qui incite à y reconnaître saint Pierre. Un autre, imberbe, est saint Jean.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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L'Apparition du Christ (2).

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Inscription PAX VOBIS EGO SUM NOLITE TIMERE.

cette inscription permet de préciser à quelle apparition du Christ l'auteur fait référence. Il s'agit d'une citation de l'évangile selon Saint Luc 24 : 36  où Jésus apparaît aux Onze juste après son apparition aux pèlerins d'Emmaüs, une scène qui a lieu dans la pièce où ils se réunissent à Jérusalem (communément nommé "Cénacle"). 

https://www.biblegateway.com/passage/?search=Luc+24&version=BDS

 

36 Pendant qu’ils s’entretenaient ainsi, Jésus se trouva au milieu d’eux et leur dit: Que la paix soit avec vous! 37 Mais ils furent saisis de crainte et d’effroi, croyant voir un esprit. 38 – Pourquoi êtes-vous troublés? leur dit-il. Pourquoi les doutes envahissent-ils votre cœur? 39 Regardez mes mains et mes pieds, et reconnaissez que c’est bien moi. Touchez-moi et regardez! Car un esprit n’a ni chair ni os. Or, vous voyez bien que j’en ai. 40 Tout en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. 41 Mais ils étaient si heureux qu’ils ne parvenaient pas à croire et restaient dans l’étonnement. Alors il leur demanda: Avez-vous quelque chose à manger? 42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. 43 Il le prit et le mangea sous leurs yeux.

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L'Apparition du Christ (3) : six apôtres.

C'est une image globalement symétrique de celle de gauche, mais  Jean y est plus volontiers identifié.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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LE TYMPAN.

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Une vitrerie géométrique accueille des ajours bordés de guirlandes en grisaille et jaune d'argent. On retrouve des étoiles-soleils, des monogrammes Ma et IHS. 

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L'ajour sommital est placé en réemploi un Christ en croix daté vers 1530.

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Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Apparition du Christ aux Apôtres, (vers 1530 et XVIIe), église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

Source principale : — GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Saint-Ouen in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 194.

En complément :

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969 ; (pas de description de la baie 15)

— MONTIER, (Armand), 1895, Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 109 (simple mention de la baie).

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f145.item

 

— PERROT (Françoise), 1972, M. Baudot et J. Lafond. Églises et vitraux de la région de Pont-Audemer, numéro spécial des Nouvelles de l'Eure, 3e trimestre 1969 , [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1972  130-1  pp. 87-88

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1972_num_130_1_5138_t1_0087_0000_3

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine) 1853, non consulté

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 12:45

Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula depressa (Linnaeus, 1758), "la libellule déprimée".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— Libellula Linnaeus, 1758, Syst. nat. :543, est le nom créé par Linné pour désigner les Odonates. C'est un diminutif de  Libella,  nom latin qui désigna d'abord dans les temps anciens et médiévaux le « niveau », un instrument des charpentiers en forme de T. Ce nom avait été choisi par le naturaliste français Guillaume Rondelet en 1554 pour nommer le requin-marteau (libella marina « niveau marin ») en raison de la similitude de la forme en T de la ligne des yeux excentrés. Rondelet repris en 1555 ce nom pour désigner par libella fluviatilis, « niveau des cours d'eau » les larves des zygoptères dont les yeux sont également déportés latéralement. À partir  de Thomas Moffet en 1634, les naturalistes ont étendu l'usage de Libella  à tous les Odonates adultes.

Linné a utilisé la première fois Libellula dès la première édition du Systema naturae (Leyde, 1735), en donnant comme synonyme  Perla (Aldrovandi 1602) et  Virguncula . Ce dernier nom, « petite vierge », suggère que Linné a créé une forme diminutive de Libella sur les modèles virgo /virguncula, puella/puellula, "fillette, demoiselle" et à travers eux domina/domnicella "Demoiselle" par condensation et contamination de l'image métaphorique des noms vernaculaires comparant ces insectes à des jeunes filles (français) ou des fées malicieuses (anglais ou allemand).

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L. depressa  Linnaeus, 1758, Syst. nat.:543 ;  du latin depressus " enfoncé, aplati", renvoyant à la description, abdomine depresso-lanceolato  de l'espèce dont  l’abdomen est court, large, lancéolé et aplati dorso-ventralement .

— Les noms communs en français. 1°) "L'Éléonore" (la femelle) et "La Philinte" (le mâle), Geoffroy, 1762 ; 2°) "La Libellule déprimée", Olivier 1789 ; 3°) "La Libellule applatie", Olivier et Latreille 1803 ; "La Libellule aplatie", Sélys 1840. En 1936, P-A. Robert reprend le nom de "Libellule déprimée", qui est depuis cette date le nom consensuel et officiel.

Les noms communs en d'autres langues :

 

-en catalan : El Cabot.

-en espagnol : La libélula de vientre plano

-en allemand : der Plattbauch

-en néerlandais : de Platbuik

en frison :  Platte glêzewasker,  Platte glêzewasker, Wespbükje

-en anglais : the Broad-bodied chaser ou Broad-bodied darter,

-en gallois : Pycellwyr praff (Picellwr Praff, , Picellwr Boliog),

-en gaélique : Ruagaire Leathann, Ruagairean Leathann, 

 

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I. LE NOM DE GENRE LIBELLULA LINNAEUS, 1758.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymie-pre-linneenne-des-odonates-origine-du-nom-libellula-linnaeus-1758.html

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II. LE NOM D'ESPÈCE LIBELLULA DEPRESSA (LINNAEUS, 1758).

 — LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 544 n°5.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

Description originale.

depressa. 5- L.- alis omnibus basi nigricantibus, thorace lineis duabus flavis, abdomine depresso-lanceolato lateribus flavescente. 
Raj. Ins. 140. & 49. n 4,5

Reaum. Ins. 6 t.35 f. I.
Roes. Ins 2. aqv. t, 6. f. 4. et t.7 f. 3
Habitat in Europa. 
Haec interdum abdominis tergo coerulescente occurit.

 

Traduction. 

n°5 : Libellula depressa. Toutes les ailes noirâtres à la base, deux lignes jaunes sur le thorax, abdomen aplati en lance et jaune sur le coté.

[...]

Vit en Europe.

Il arrive parfois  que la face dorsale de l'abdomen soit bleuissant.

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Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula depressa (Linnaeus, 1758).

 

 

 

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour chacune les références, souvent (mais non ici) à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray, Réaumur et Roesel.

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Références faites par Linné pour L. depressa.

 

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a) John Ray, 1710, Historia insectorum page 140 et page 49 n°4 et 5.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/1up

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4. Libella maxima abdomine breviore latioreque flavo,

F.W. AD radicem singularum alarum macula magna e fusco-flavicans, sed major in inferioribus. Ubi alas corpori adhaerent linea albicans in parte inferiore. Alae reticulatae & versus extremum mala fusca notate. Scapulae utrinque area latae coeruleo-alba pinguntur.

5 Libella maxima abdomine breviore latioreque caeruleo.

F. W.  MAS est figurae latae. Appendices cauda breviores habet. Ad alarum fundos macula magna fusca, quae omnes ad corpus linea alba desinunt. Alae reticulatae unica tantum macula fusca versus extremum notate. Dorsum pulcherrime coerulescit, & ad latera ejus maculae flavae.

"F.W" signifie que John Ray décrit les spécimens de son maître et ami Francis Willughby (1635-1672)

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b)  Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes volume 6 [1742] planche XXXV figure 1

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/684/mode/1up

Cette référence a également été donnée par Linné pour sa Libellula 4-maculata, ce qui témoigne d'un certain flottement dans sa classification... ou dans l'identification de l'illustration de Réaumur.

 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/684/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/684/mode/1up

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c) Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. t. 6. f. 4. et t.7 f. 3

La figure 4 de la planche VI représente une femelle et la figure 3 de la planche VII un mâle, mais Linné ne possède pas ces clefs, ou ne les détaille pas.

 

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.]
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0265/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0281/image

La description des planches est donnée en allemand :

Die braune und gelbe breit-leibige Wasser-nymphen

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0269/image

Der platte und breit-leibige Wasser-nymphen

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0274/image

 

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https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0265/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0265/image

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https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0271/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0271/image

 

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La 12eme édition du Systema naturae de Linné en 1767.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/376/mode/1up

Il est intéressant de constater que, dans la 12ème édition du Systema naturae daté de 1767, Linné et son équipe ont décrit 3 nouvelles espèces de Libellules, mais aussi qu'ils ont eu le temps d'approfondir les données concernant L. depressa, principalement en l'enrichissant de 4 références supplémentaires. La diagnose reste inchangée mais surtout la phrase  "Il arrive parfois  que la face dorsale de l'abdomen soit bleuissant." reste identique, sans que les sexes mâle et femelle soient décrits clairement.

Description :


 

depressa. L. :  alis omnibus basi nigricantibus , thorace lineis duabus flavis., abdomine lanceolato lateribus flavescente. 

Fn. svec. 1413.

Scop. Carn. 678. 

Raj.ins. 140. & 49- n°4.5.

Reaum. inf 6. t. 1

Roes. Ins. 2 aqu. t.6 f.4 et t.7. f.3.

Edw. av. t. 333.

Geoffroy. Paris. 2. p. 226 n.9.

Habitat in Europa. 

Haec interdum abdominis tergo coerulescente occurrit. 

Pour les références, la première constatation est que Linné fait le lien entre L. depressa et l'espèce décrite dans Fauna suecica de 1761 sous le n° 1413, erreur pour 1463. 

a) fauna suecica 1761.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/100333#page/430/mode/1up

La référence vers la 2ème édition de Faune de Suède, rédigée par Linné en 1761, nous fait retrouver la description de 1758, avec une réduction du nombre de références, mais une description finale plus précise.  "Face jaunâtre. Thorax velu aux cotés verdâtres, avec des lignes jaunes antérieures. Marques noirâtres sur l'extrémité marginale des ailes, alors que toutes sont noir-ferrugineux à la base ; marge blanche intérieure. Abdomen lancéolé, gris-vert,  avec les segments 3 à 7 colorées de jaune sur le coté et que l'extrémité est rouille sombre. Racine des cuisses blanchâtre, pattes noires."

Néanmoins, nous n'y trouvons plus la description d'une forme à abdomen bleuissant.

1463. LIBELLULA depressa alis omnibus basi nigricantibus , thorace lineis duabus flavis; abdomine depresso lanceolato lateribus flavescente. 
Raj. ins. 49. n. 5 Libella maxima , abdomine breviore latioreque coeruleo. 

DESCR. Facies lutescens, Thorax villosus, pallido virens, antice linea flava. Alae macula marginali atra ; & omnes basi nigro-ferrugineae: intimo margine albo. Abdomen lanceolatum , cinereo-virescens, segmenti 3,4,5,6, 7 lateribus luteis ; apice obscure ferrugineo ; ano setis duabus subulatis brevissimis, femora basi livida, Pedes nigri. 

 

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b) Scopoli, 1763.

Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

On connait l'originalité de Jean-Antoine Scopoli, qui,  contrairement à Carl von Linné qui a utilisé la structure des ailes à la base de sa classification et à Johan Christian Fabricius qui a lui utilisé la structure des pièces buccales,  utilise une méthode plus holistique et défini un système bien plus proche du classement phylogénétique actuel. Dans son Entomologie carniole (de l'actuelle Slovénie), il décrit Libellula depressa avec une précision remarquable, renseignant l'habitat (les eaux stagnantes), décrivant longuement les larves,  en détaillant quatre "variétés". La première est celle que Roesel a peint planche 6 figure 4 avec la couleur brun-jaune de l'abdomen, la deuxième est brune également. [Ce sont les femelles et les immatures], les deux dernières ont l'abdomen bleuâtre [ce sont les mâles], et Scopoli rapproche la n°3 de la figure de Roesel planche 7 fig.3, à l'abdomen bleu. Il donne une belle description de la pruinosité gris-bleu  : abdomen pulvisculo caerulescente adspersum , "aspergé d'une poudre bleuâtre". 


 

678- LIBELLULA Depressa. 

— long. unc. I. lin. 41/2. 

Diagn. Abdomen lanceolatum triquetrum. Alae singulae ad apicem linea nigra; basi nigricante aut flava macula notatae. 
Habitat in aquis stagnantibus. 
Larva in humo spongiosa impalpabili lutosa degens, tardigrada, ore bivalvi : valvis virescentibus rostro inflexo maxilloso , abdomine trigono: subtus fulvescente, pedibus ciliatis.

Insectum cui alae anticae latitudo in medio lineae ad apicem collocatae desumpta, aequalis est latitudini abdominis segmenti quinti aut tertii. 

Variat.

I. Libellula abdomine lanceolato triquetro fusco : basi lateribusque flavescentibus. 

Linn. Syst. Nat. p. 544. depressa. & Faun. Svec. 2. 1463. 
Roesel. Ins. aquat. CI. II. Tab. 6. fig. 4. 
Abdomen colore maculae baseos alae singulae nigro variegatae, sed margine linea dorsali & segmentis  (3-4) ultimis in medio nigricantibus. Alios colores habet Linn. sed maculae & lineae alarum nostram indicant. 

2. Libell. abdomine lanceolato, triquetro, fusco; segmentis singulis macula fulva laterali. Maculae alarum fuscae, 
rufis venulis reticulatae, lineaque rufa longitudinali. 
3 . Libell. abdomine lanceolato, triquetro, caerulescente. 
Roesel.. Ins. aquat. Cl. II. Tab. 7. fig.3. 
Varietatem hanc ad Libell. suam
depressam retulit ill[ustris]. Linnaeus, cui alarum maculae ut in priore. 
4. Libell. abdomine lanceolato, triquetro, caerulescente ; segmentis, 3. 4. 5.  fuscescentibus. Huic & priori abdomen pulvisculo caerulescente adspersum; haec vero segmentis tribus dictis macula laterali flavescente utrinque notatis. 

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c. Edwards 1764.

C'est l'une des belles rencontres de ces études zoonymiques : la référence laconique renvoie à :

 

EDWARDS (George), 1764, Gleanings of Natural History, Exhibiting Figures of Quadrupedes Glanures de L'histoire Naturelle consistant en figures de quadrupédes, d'oiseaux, d'insectes, de plantes &c. ..., Partie 3..., illustration suivant la page 258.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/83/mode/1up

Tenons-nous bien, c'est "le père de l'Ornithologie britannique" ! En 1733, sur la recommandation de Sir Hans Sloane, il était devenu le bibliothécaire  du Royal Collège of Physicians à Londres, comme Christopher Merrett 70 ans auparavant. Et Merrett, c'est l'auteur du Pinax de 1667 !  Que du beau monde.

 

La superbe planche colorée datée du 9 mars 1761 est titrée  The spotted Woodpecker and the Libellula fly, drawn from life of their  natural size.

Le texte de l'ouvrage est bilingue, en anglais avec une traduction en français sur la colonne droite, ce que nous découvrons en page 259 au chapitre CXXIII. La Planche porte alors le n° 333 et est titrée : The Yellow wood-pecker with Blacks Spots / Le Pivert ou Grimpereau Jaune avec des Taches Noires. 

Ce qui intéresse l'auteur, c'est l'oiseau à qui il consacre une longue description. Puis  il ajoute avec nonchalance :

"La Mouche est de l'espèce appelée Libellula : c'est un insecte Anglais , et sa figure a été ajoutée ici à celle de l'Oiseau que par  manière d'ornement , et parce je n'aime pas à voir de grands vides sur les planches . 
La tête, le corps, et les jambes, sont d'un brun sombre : deux lignes courbées , étroites et jaunes passent de la tête en bas sur le corps : la partie inférieure du corps, ou la queue, est bleue au milieu avec des taches jaunes sur les cotés : les ailes sont d'un brun clair et transparent, avec des taches d'un brun plus foncé, comme on le voit dans la figure."

Et cette désinvolture à l'égard de cette "mouche" ne dispense pas le naturaliste d'une description entomologique détaillée.

 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/87/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/87/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/87/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/87/mode/1up

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d) Geoffroy, 1762.

La dernière référence du Systema naturae de 1767 est en réalité la plus précoce pour les auteurs "post-1758". Elle nous concerne au premier chef puisqu'il s'agit d'un auteur français, majeur pour l'entomologie, mais je le présenterai au chapitre suivant. La référence du tome 2 de l'Histoire abrégée des insectes ...autour de Paris page 226 concerne une libellule que Geoffroy baptise "La Sylvie", et l'important est de vérifier que Linné y reconnaisse  sa Libellula depressa. Mais attendons la fin ...

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ETUDE DU NOM L. DEPRESSA.

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Depressa vient du latin depressus, participe passé du verbe deprimo "presser de haut en bas, abaisser, enfoncer" (Gaffiot) . Par extension, il indique une action vers le bas, voire tout ce qui est bas et vil, mais au XVIIIe siècle depressus  garde ce sens d'abaissé, enfoncé, profond ou bas (Joubert, 1725) . Je ne le vois pas utilisé par les naturalistes dans leurs description.  Linné ne l'utilise ailleurs  en 1758 au masculin que pour Homalinotus depressus et au féminin pour  l'arthropode Omosita depressa.  Les mots français "dépression" ou déprimer" sont assez récents.

Il est donc trop rapide d'écrire que le latin depressus, a, um signifie "aplati"  avant que Linné ne l'utilise, ainsi que le verbe deprimo et la forme depresso, dans ses descriptions. C'est ici le cas puisque Linné caractérise cette espèce par les mots abdomine depresso-lanceolato . Avec lanceolato, il reprend un terme latin de botanique (Gaffiot), "lanceolé, à feuilles en fer de lance". J'admire la concision de la diagnose qui exprime parfaitement en deux mots la forme courte,  et aplatie, à l'extrémité ovale et effilée de l'abdomen de l'espèce.

Il y a bien des précédents de depresso ou depressa en sciences naturelles, puisqu'en 1742, dans la Division générale des coquillages de D'Argenville, qui écrit Cochlea ore depresso, "les Limaçons à bouche applatie" . De même, en 1754, De la Chesnaye-Desbois cite successivement l'épithète depresso pour un Ciron, un Scarabée, une Araignée, et une Mouche à tarière. Et nul doute qu'un examen plus attentif des ouvrages pourraient trouver d'autres exemples précoces. 

Néanmoins, c'est surtout  l'usage qu'en fait Linné en 1758 qui va introduire cette acceptation du verbe latin et de ses participes au sens d'"aplati". Fabricius l'emploie pour baptiser sa Buprestis depressa, et les auteurs français usent du terme "déprimé" en Botanique et Zoologie ; notons précisément qu'ils ne traduisent pas Libellula depressa par "libellule aplatie" (ce qu'ils auraient sans doute faits si le sens du terme latin leur était familiers), mais par "Libellule déprimée".

C'est donc par souci de concision que j'écris ma conclusion : L. depressa  Linnaeus, 1758, Syst. nat.:543 ;  du latin depressus " enfoncé, aplati", renvoyant à la description, abdomine depresso-lanceolato  de l'espèce dont  l’abdomen est court, large lancéolé et aplati dorso-ventralement .

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/libellule-deprimee/

"depressa vient du latin depressus = déprimé, aplati, enfoncé : l’abdomen de cette espèce est court, large et aplati dorso-ventralement."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"from Lat. deprimere, past part. depressus, -a, -um = flattened, for the broad, flattened shape of the abdomen".

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

L. depressa ne s'y trouve pas. "depressum (Platetrum) - depressus, a, um = depresso. Per la forma appiattita dell’addome."

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"depressa (Linnaeus) [l. depressed, flat] refers to a feature of the broad abdomen."

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"depressa = afgeplat, platgedrukt"

 

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

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1°) "La Sylvie", Geoffroy, 1762.

 GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 226 n°9.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

"9. LIBELLULA thorace viridi nitido , lineis flavis ; alis albis , abdomine nigro cœrulescente.

-Linn. faun. fuec. n. 768, Libellula thorace viridi nitido , lineis flavis , alis pallidis , abdomen nigro,

-Raj. inf. p. 49 , n. 5. Libella maxima , abdomine breviore , latioreque cœruleo.

-Idem. p. 140. Libella maxima abdomine breviore , & crassiore latioreque cœruleo.

-Reaum. ins. tom. ij. Tab.. 3 5 , F. 2.

La sylvie.

Longueur 2 pouces.

Ses yeux sont bruns , sa tête & son corcelet sont verdâtres avec deux bandes jaunes; mais un peu irrégulières sur les côtés du corcelet. Ses pattes sont d'un brun noir. Les aîles, du moins dans celles que j'ai, sont tout-à-fait diaphanes , avec une petite tache brune oblongue au bord extérieur : M. Linnaeus dit qu'elles sont un peu jaunâtres. Le ventre cylindrique & gros est jaune en-dessous , & en-dessus il est noir, mais couvert d'une poussière grise , cendrée & bleuâtre , ce qui fait aisément distinguer cette espèce."

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Le nom de Sylvie s'inscrit, avec le n°9,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est le quatrième de son groupe des Demoiselles à ailes étendues .

Geoffroy décrit un mâle, puisqu'il  signale l'abdomen couvert d'une pruine bleuâtre (première description, antérieure à Scopoli). 

On sait que Geoffroy omit, dans l'ensemble de son entomologie parisienne,  de donner un nom d'espèce en latin, selon les principes linnéens. Cela sera corrigé en 1789 dans l'édition que Fourcroy fit paraître, avec le nom Libellula sylvia ; La Sylvie. (page 346).

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/346/mode/2up

Le nom de Sylvie est repris par Charles de Villers en 1789 lorsqu'il décrit page 4 :" Libellula depressa (La Sylvie)".

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

1bis Discussion : La Sylvie, L'Eléonore ou la Philinte ?

Pour Linné en 1767 et pour Fonscolombe, Sylvie de Geoffroy = L. depressa. Mais dès 1803, les 2 principaux naturalistes français Olivier et Latreille écrivent :  "Il faut rapporter à cette espèce celles que Geoffroy nomme éléonore et philinte , et non la sylvie ou le n° 9, ainsi que l'indique Linnaeus dans sa douzième édition de son Systema naturae." 

En effet, la principale différence entre les genres Libellula et Orthetrum est que les ailes du premier sont pourvues à leur base de taches triangulaires sombres qui sont totalement absentes du second. Or, Geoffroy précise que les ailes de sa Sylvie "sont tout-à-fait diaphanes", c'est donc un Orthetrum, mais le genre ne sera décrit qu'en 1833. En 1998, Jacques d'Aguilar et Jean-Louis Dommanget l'identifient avec Orthetrum cancellatum. et associent L. depressa avec l'Eléonore de Geoffroy. Allons à sa rencontre.

 

1ter. "L'Éléonore" Geoffroy, 1762 : L. Depressa, la femelle.

C'est, à la page 225, la numéro 7 de l'auteur, suivi de La Philinte et de la Sylvie.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/224/mode/2up

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"7. LIBELLULA alis albis basi luteis, abdomine lutescentee. Planch. 13 , fig. 1.

Linn. faun. fuec. n 765. Libellula alis albis basi luteis.

Linn. Syst. nat edit. 10 , p. 543 ,n. 1, Libellula flaveola.

Raj. Ins.p. 49 , n. 4. Libellula maxima , abdomine breviore latioreque flavo.

Réaum. ins. Vol. vj. Tab. 35, f- l.

Roesel, ins.vol. 2, tab. 6. Insect. aquatil. class, 2.

L'éléonore.

Longueur 16 lignes.

Les yeux de cette espèce font fort gros, de couleur brune & se touchent vers le dessus de la tête. C'est au-devant de cette jonction des deux yeux, que se trouvent les trois petits yeux lisses, qui ordinairement sont à la partie postérieure de la tête; le corcelet large est d'un brun noirâtre & velu, avec deux plaques jaunes un peu verdâtres, une de chaque côté. Les pattes sont noires & épineuses. Le ventre large, court, applati & composé de neuf anneaux, est noir en dessous & jaune en-dessus. Les aîles diaphanes & claires ont à leur pointe une tache oblongue noire placée au bout du bord extérieur , & à leur base il y a une assez grande tache d'un jaune brun. On trouve cette grande demoiselle dans les prés , & proche les rivières. Elle vole très-vite."

Malgré la référence à Libellula flaveola de Linné, l'identification à une femelle ou immature de L. depressa s'appuie sur la description, et sur la figure signalée par l'auteur planche XIII figure 1 (c'est la seule illustration d'Odonate, —gravée par Defehrt— dans l'ouvrage de Geoffroy). 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n765/mode/2up

Le nom d'Éléonore sera régulièrement  rapproché de L. depressa durant le XIXe siècle.

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https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n765/mode/2up

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n765/mode/2up

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1.quarto. "La Philinte" Geoffroy 1762 : L. Depressa, le mâle.

C'est, pages 225-226, le n°8.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/224/mode/2up

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8 LIBELLULA alis albis , basi luteis ; abdomine supra pulvere cinereo-coerulescente consperso.

Roesel. Ins. vol. 2 , tab. 7 , fig. 2, 3. Insect. aquatil. Class.2

La philinte.

Je crois celle-ci variété de la précédente. Elle n'en diffère que parce que son ventre elle couvert en-dessus d'une poussière cendrée bleuâtre. Pour tout le reste elle lui ressemble tout-à-fait.

Il est vraiment curieux de voir les naturalistes, Linné en tête, passer complètement à coté de la notion de formes mâles et femelles morphologiquement différentes et décrire ces formes comme des "variétés". Jusqu'au XIXe siècle.

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2°) La  Libellule déprimée", Olivier, 1789.

Guillaume-Antoine OLIVIER, 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

Olivier donne pour cette espèce toutes les références données dans la 12eme édition du Systema naturae, mais aussi :

  • 3 références à Fabricius (Syst. ent. 1 p.420 n°2 ; Spec. ins. p.519 n°2 ; Mans. ins. 1 p.336)
  • Fourcroy Entomologia parisiensis 2 p. 346 n°10  : Libellula Sylvia 
  • Lesk. it. p. 50 A n°15, qui renvoie à : Zschach, Johann Jacob. 1788: Museum N. G. Leskeanum. Pars Entomologica ad systema entomologiae Cl. Fabricii ordinata cura I. I. Zschachii, M. Bacc. - Lipsiae, I. G. Müller [2]+136 p., 3 col. Taf. [Leipzig]. Je n'ai trouvé que cette page :  https://www.biodiversitylibrary.org/item/256042#page/90/mode/1up

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Il donne la description suivante :

"Elle a les yeux gros et bruns, le corcelet vert, avec deux lignes longitudinales jaunes ; l'abdomen est bleuâtre dans les mâles seulement, & d'un brun verdâtre dans les femelles.

Tous deux ont les bords de l'abdomen jaune. Les ailes sont diaphanes avec un point oblong à leur extrémité, sur le bord antérieur ; elles ont à leur base une tache jaune, oblongue sur les ailes antérieures, et triangulaires sur les ailes postérieures. Les pattes de l'insecte sont noires & la base des cuisses jaunes."

Est-il le premier à attribuer la couleur bleue aux mâles et le brun-vert aux femelles ? Fabricius, ou d'autres auteurs étrangers l'a-t-il précédé ?

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

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Le nom "Libellule déprimée"est repris par Henri Milne-Edward in Lamarck, en 1817 page 225 et en 1839.

https://books.google.fr/books?id=U8oQAAAAIAAJ&dq=%22libellula%22+depressa&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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3°) "La Libellule applatie", Olivier et Latreille, 1803.

Olivier et Latreille, 1803, article LIBELLULE, Nouveau dictionnaire appliqué aux arts, Déterville, vol. XIII LAU-Man page 136.

https://books.google.fr/books?id=8OVfAAAAcAAJ&pg=PA136&dq=depressa+sylvie&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwixq-ycltDfAhUlyIUKHTtSDpMQ6AEIXTAJ#v=onepage&q=depressa%20sylvie&f=false

"LIBELLULE APPLATIE, Libellula depressa Linn. [...] Cet insecte a environ seize lignes de longueur. Ses yeux sont fort gros, bruns, et contigus postérieurement. Le corcelet est d'un brun noirâtre, avec deux taches d'un jaune verdâtre , en forme de plaques , une de chaque côté. Les ailes sont transparentes, avec une grande tache d'un jaune brun, à leur base, et une petite tache oblongue, noire, au bout du bord extérieur; l'abdomen est large, court, applati, noir en dessous et jaune en dessus , ou quelquefois d'un cendré bleuâtre ; les pattes sont noires. Elle est très-commune en Europe."

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4°) "La Libellule aplatie", Sélys 1840.

Monographie des Libellulidées, Roret, Paris, Bruxelles  page 34 n°2.

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=fonscolombe+depressa&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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5°) Le nom "La Libellule déprimée" Olivier 1789 est adopté comme nom vernaculaire par le suisse francophone Paul-André Robert en 1936 et 1958 : il sera suivi par l'ensemble des auteurs contemporains.

C'est désormais le nom "officiel" de la liste de la SFO, de l'INPN du Museum, et des guides naturalistes de Jourde/Dijkstra, Grand et Boudot, etc. .

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LES NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

-en catalan : El Cabot.

-en espagnol : La libélula de vientre plano

-en allemand : der Plattbauch

-en néerlandais : de Platbuik

en frison :  Platte glêzewasker,  Platte glêzewasker, Wespbükje

-en anglais : the Broad-bodied chaser ou Broad-bodied darter,

-en gallois : Pycellwyr praff (Picellwr Praff, , Picellwr Boliog),

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

-en gaélique : Ruagaire Leathann, Ruagairean Leathann, 

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

-en breton : Nadoz-aer kofek (nom provisoire en attente de validation définitive) : aiguille-ventrue serpent.

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— EDWARDS (George), 1764, Gleanings of Natural History, Exhibiting Figures of Quadrupedes Glanures de L'histoire Naturelle consistant en figures de quadrupédes, d'oiseaux, d'insectes, de plantes &c. ..., Partie 3...,

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/83/mode/1up

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

— OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

— Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes volume 6 [1742] planche XXXV figure 1

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/684/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SCOPOLI , 1763, Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

— ULINGER (Robert L.), 1964, The Role of Linnaeus in the Advancement of Entomology, Annual Review of Entomology Vol. 9:1-17 (Volume publication date January 1964) 

https://doi.org/10.1146/annurev.en.09.010164.000245

 

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1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 10:06

La verrière de l'Annonciation et de la Mise au tombeau (1516 et 1927) , la baie 16 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer.

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Voir :

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PRÉSENTATION.

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 Cette verrière qui éclaire la deuxième chapelle du bas-coté sud date de 1516, après l'édification de ce bas-coté terminée en 1515 . Avec ses 3 lancettes trilobées et son tympan à 7 ajours, elle est haute de 5 m et large de 2,40 m. 

Offerte par un couple de notables de la ville, elle associe une Annonciation au registre supérieur et une Mise au tombeau au registre inférieur, tandis que la Trinité parmi les anges occupe le tympan.

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Nous en conservons des descriptions de 1853, et de  1895 : 

"La verrière de la seconde chapelle date de 1516. « Guillaume Tesson, bourgeois de Pont-Audemer et Jeanne Lemire sa femme, ont donné cette verrière l'an mil cinq cents et seize. Priez pour eux » ajoute l'inscription. La salutation angélique, fait un contraste saisissant avec la douleur de la Vierge-mère, courbée par la désespérance et mettant son fils au tombeau . Ecce ancilla dni, lit-on sur le phylactère qui l'entoure ; plus loin, au-dessous du lis environné d'épines qui occupe le second panneau : lilium  inter spinas ; à gauche de ce lis : quomodo fiet istud nam virum non cognosco? L'ange salue la Vierge de ces mots : Ave gracia plena dnus tecum. La scène de l'ensevelissement du Christ est admirablement traitée dans les panneaux inférieurs et s'inspire de l'influence religieuse gothique, malgré les détails qui sont déjà pourtant du style Renaissance." (Armand Montier, 1895)

Les registres  sont délimités par un encadrement d'architecture Renaissance avec fins balustres latéraux et entablement orné séparant les deux scènes.

Le registre inférieur fut détruit dans un incendie en 1913, et refait à l'identique par l'atelier de Félix Gaudin en 1927 d'après une photographie de 1888 (Monuments historiques).

 

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Verrière de l'Annonciation et de la Mise au tombeau (1516), baie 16 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Annonciation et de la Mise au tombeau (1516), baie 16 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Registre inférieur : la Mise au tombeau (1927).

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a) L'inscription.

GUILLAUME TESSON BOURGOIS DU PONTAUDEMER ET JEHANNE

MYRE SA FEMME ONT DON[N]E CESTE VERRIERE EN LAN MIL CINQ

CENTZ ET SEIZE. PRIES DIEU POUR EULX.

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Ce Guillaume Tesson est présenté comme "tavernier et conseiller de la ville au début du XVIe siècle" (Corpus vitrearum). Mes recherches en ligne n'obtiennent que ceci : "Un bourgeois de Pont-Audemer, Guillaume Tesson, livre en 1478 une centaine de blocs taillés pour le pavement et le "cahos" de la fontaine de la ville. " Jean-Pierre Leguay  1999. Est-ce le même en 1478 et en 1516 ?

L'inscription est citée par SINTIC (Bruno), Reconstituer le monde des petites villes : l’apport des images, in Petites villes de Normandie p. I-XV https://books.openedition.org/purh/5063?lang=fr&format=embed

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b) La Mise au tombeau.

Elle porte cinq fois dans des cartouches parfois encadrés de cerceaux de guirlandes l'inscription du titulus de la crucifixion  INRI , avec dans tous les cas l'emploi d'un N rétrograde. Les pilastres latéraux portent dans des cartouches l'inscription MARIA.

À gauche, le donateur Guillaume Tesson est accompagné de ses cinq fils ; à droite, Jehanne [Le] Myre est suivie de ses deux filles.

Dans un jardin (oranges, grenades ou pommes, poires, plessis), Jésus est étendu sur la pierre d'un tombeau de marbre à médaillons antiques. Il est entouré de Joseph d'Arimathie qui tient la tête, de Nicodème qui soutient les pieds, de la Vierge et de saint Jean entre deux saintes femmes, de Marie-Madeleine agenouillée avec une cassolette d'encens, et de deux autres hommes portant le bonnet conique. Je propose d'y voir le pharisien  Gamaliel et son fils  Abibon, tels qu'ils sont représentés sur la Mise au tombeau de l'abbatiale de Quimperlé, globalement contemporaine de ce vitrail.

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-mise-au-tombeau-de-l-abbatiale-sainte-croix-de-quimperle.html

Il serait passionnant de savoir si le verre vénitien du bonnet de Nicodème, et le verre rouge gravé de l'homme de l'extrême gauche [Gamaliel et du nimbe du Christ, sont déjà décelable sur la photographie de 1888.

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Verrière de l'Annonciation et de la Mise au tombeau (1516), baie 16 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Annonciation et de la Mise au tombeau (1516), baie 16 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Registre supérieur : l'Annonciation (1516).

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Pour Jean Lafond, "

« C'est l'œuvre très brillante d'un des meilleurs élève d'Arnoult de Nimègue, celui à qui l'on doit le vitrail de l'ancienne église Saint-Vincent de Rouen où figurent saint Claude et cinq autres saints, et les trois verrières du bas-coté sud de Saint-Denis à Duclair. On y admire un décor plein de finesse dans son exubérance. »

À gauche, la Vierge est debout devant un lutrin, sous un baldaquin de tissu ; le livre posé de biais sur la console du lutrin est fait d'un verre rouge gravé.

Inscription INRI (avec à nouveau un N rétrograde) sur le pilastre.

Phylactère Ecce ancilla dni, "Voici la servante du Seigneur".

Au centre, Dieu le Père en buste et la colombe de l'Esprit-Saint sont entourés par une gloire de séraphins rouge et de rais de lumière.

Plus bas, un vase de lys au milieu d'un buisson d'épine renvoie à la litanie mariale lilium  inter spinas ("Lys parmi les épines") inscrite sur le phylactère.

À droite, l'ange Gabriel assisté de quatre petits anges présente les phylactères : Spiritus  sanctus super veniet in te (L'Esprit Saint vient sur toi" et  Ave gracia plena dnus tecum. ("Je te salue pleine de grâces le Seigneur soit avec toi"). 

La réponse de Marie est inscrite sur un dernier phylactère : quomodo fiet istud nam virum non cognosco? ("Comment pourra s'accomplir, puisque je ne connais point d' homme ?")

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Verrière de l'Annonciation et de la Mise au tombeau (1516), baie 16 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Annonciation et de la Mise au tombeau (1516), baie 16 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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LE TYMPAN.

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Au sommet : la Trinité où, sous la colombe,  le Père et le Fils sont figurés à l'identique, enveloppés du même manteau et tenant le même livre où est inscrit EGO SUM ALPHA ET OMEGA.

Les anges chantent  Sanctus Sanctus Sanctus, Dominus deus Sabaoth,  Benedictus , Alleluia, Benedictus es domine in firmamento celi , Benedicamus patrem et filium cum Spirituo Sancto  et prononcent le Benedicamus Domino ("Louons le Seigneur").

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Verrière de l'Annonciation et de la Mise au tombeau (1516), baie 16 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Annonciation et de la Mise au tombeau (1516), baie 16 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

Sources principales : — GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY, CHAUSSÉ, HÉROLD 2001, Eglise Saint-Ouen : Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France, Paris, CNRS, 2001. p. 194.

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969 ;

— MONTIER, (Armand), 1895,Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 109.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f145.item

En complément :

— PERROT (Françoise), 1972, M. Baudot et J. Lafond. Églises et vitraux de la région de Pont-Audemer, numéro spécial des Nouvelles de l'Eure, 3e trimestre 1969 , [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1972  130-1  pp. 87-88

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1972_num_130_1_5138_t1_0087_0000_3

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine) 1853, non consulté

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

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31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 23:57

Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata (Linnaeus, 1758), la "libellule à quatre taches".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

Libellula Linnaeus, 1758, Syst. nat. :543 , est le nom créé par Linné pour désigner les Odonates. C'est un diminutif de  Libella,  nom latin qui désigna d'abord dans les temps anciens et médiévaux le « niveau », un instrument des charpentiers en forme de T. Ce nom avait été choisi par le naturaliste français Guillaume Rondelet en 1554 pour nommer le requin-marteau (libella marina « niveau marin ») en raison de la similitude de la forme en T de la ligne des yeux excentrés. Rondelet repris en 1555 ce nom pour désigner par libella fluviatilis,  « niveau des cours d'eau » les larves des zygoptères dont les yeux sont également déportés latéralement.  A partir  de Thomas Moffet en 1634, les naturalistes ont étendu l'usage de  Libella  à tous les Odonates adultes.

Linné a utilisé la première fois Libellula dès la première édition du Systema naturae (Leyde, 1735), en donnant comme synonyme « Perla » (Aldrovandi 1602) et « Virguncula ». Ce dernier nom, « petite vierge », suggère que Linné a créé une forme diminutive de Libella sur les modèles virgo /virguncula, puella/puellula, "fillette, demoiselle" et à travers eux domina/domnicella "Demoiselle" par condensation et contamination de l'image métaphorique des noms vernaculaires comparant ces insectes à des jeunes filles (français) ou des fées malicieuses (anglais ou allemand).

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quadrimaculata Linnaeus, 1758, Syst. nat.:543, écrit 4-maculata dans la publication originale, associe le préfixe quadri  "quatre"  au latin  maculatus  "taché" : cette espèce a sur ses ailes 4 marques noires, 2 au niveau du nodus s'ajoutant aux 2 ptérostigmas.

— Noms communs en français : 1°) "La Françoise", Geoffroy 1762 ; 2°) "La Libellule quadri-maculée", Olivier, 1789, Latreille 1792 ; 3°) "La Libellule à quatre taches", Latreille, 1804 ; 4°) "La Libellule quatre-taches", Duméril 1823 ; 5 °) "La Libellule à quatre points" 1899, Bull. Soc. des Sc. nat. de Saône-et-Loire ; 6°) "La libellule quadrimaculée", P.-A. Robert 1958. Aujourd'hui, depuis Dommanget 1987, l'unanimité est faite (SFO, INPN, guides de vulgarisation) autour de "la Libelllule à quatre taches" de Latreille.

— Noms communs en d'autres langues : ils signifient tous "libellule à quatre taches".

- en frison 1981 : Fjouwerplakjes libel, Fjouwerplakjeslibel, Flekbükje

-en allemand : Der Vierfleck

- en anglais : the Four-spotted chaser

-en catalan : El Cabot quadrimaculat 

-en espagnol : La libélula de cuatro puntos 

-en italien : la libellula dalle quattro macchie

-en néerlandais : de viervlek 

- en néerlandais : Viervlek

-en gallois : picellwyr pedwar nod [picellwr pedwar nod]

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

 

 

 

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I. LE NOM DE GENRE LIBELLULA LINNAEUS, 1758.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymie-pre-linneenne-des-odonates-origine-du-nom-libellula-linnaeus-1758.html

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II. LE NOM D'ESPÈCE LIBELLULA QUADRIMACULATA (LINNAEUS, 1758).

 

 — LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 543.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

Description originale.

4-maculata 1. L. alis posticis basi omnibusque medio antico macula nigricante. 

Fn. fvec. 764. L. alis macula marginali duplici. 

Raj. inf. 49. n° 3. 

Reaum. inf. 6. t. 35 . f. 1 , 2. 

 

Habitat in Europa.

 

Traduction.

 

Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • Alis patentibus acquiescentes [les ailes ouvertes au repos] : les 16 premières, dont la première, L. 4.maculata.

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour chacune les références à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray et Réaumur.

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Références faites par Linné pour L. quadrimaculata.

a) Fauna suecica 1746 page  230  n° 764.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/264/mode/1up

 

764. LIBELLULA alis macula duplici marginali. 
Raj . Ins . 72, n° 3 Libella maxima, abdomine longo tenui laevi viridi-splendente ad initium & finem  intumescente. 
Habitat Upsaliae rarior
DESCR. Nomen Raji nil valet, descriptio bona est. Thorax crassus, cinereus, a vergo hirsutus. Abdomen attenuatum ex lato principio. Alae albae, versus basin lutea:, sed inferiores infra luteum colorem nigrae. latera abdominis cana; cauda duabus appendiculis teretibus utrinque attenuatis. Nota essentialis, qua haec species ab omnibus distinguitur , consistit in puncto marginali , quod ut in reliquis versus extremitates nigrum est sed praeter hoc punctum, fusca f. nigra alia macula, ad marginem anteriorem , in mediao alae singula ; adeoque puncta quasi duo marginalia in omni ala. 

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Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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b) John Ray, 1710, Historia insectorum page 49 n°3.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/48/mode/1up

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3, Libella maximam abdomine longo, tenui laevi viridi-splendente, ad initium & finem intumescente.

Thorax pilis crebris hirtus est , supine e viridi & cupreo mixto, subtus cupreo colore pilos tralucence splendens. Abdomen longum ut in hoc genere, tenue, laeve, ad exortum a thorace & ad caudam intumescens. Alae membranaeae pellucidae ad exortum luteo tintae, duplici in margine exteriore lineola nigra, una majore prope  extremum , altera transversa minima & vix discernenda circa mediam partem notatas.

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Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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c)  Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes volume 6 [1742] planche XXXV figures 1 et 2.

Linné se réfère aux 2 premières  illustrations de la planche XXXV, dont la description est placée en page 390 :

"Les différentes espèces de demoiselles aquatiques, peuvent être rangées sous trois genres, dont chacun a un caractère très-marqué, ce qui le rend aisé à distinguer des autres.

J'appellerai demoiselles à corps court & applati celles que je mettrai dans le premier : ce n'est pas que leur corps ne soit long par rapport à celui de la plupart des mouches; mais il est court, comparé avec celui des autres demoiselles , & d'ailleurs autrement conformé : le leur souvent plus large qu'épais , diminue insensiblement de largeur jusqu'à son extrémité. "

 

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La tache sombre au nodus est peu ou pas visible sur ces illustrations.

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Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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ÉTUDE DU NOM QUADRIMACULATA.

L'épithète spécifique, que Linné écrit 4-maculata dans la publication originale, associe le préfixe quadri  "quatre"  au latin  maculatus  "taché" : cette espèce a sur ses ailes 4 marques noires, 2 au niveau du nodus s'ajoutant aux 2 ptérostigmas.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/libellule-a-quatre-taches/

"Quadrimaculata de quadri dérivé de quattuor (lat) = quatre ; maculatus (lat) = taché, maculé : cette espèce a ses quatre ailes marquées de taches au niveau du nodus.

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

Libellula: Linnaeus, 1758 dimin. of Lat. libella, the word which in Linnaeus' time was used for dragonflies in general.

Libellula quadrimaculata Linnaeus, 1758, from Lat. quadri- = four times + maculatus, -a, -um = spotted, for the four spots at the wing nodes "

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"Libellula - libella, ae = bilancia oppure da libellulus, i=piccolo libro.

quadrimaculata (Libellula) - quadri- = quattro volte + maculo, as, avi, atum, are = macchiare; con quattro macchie. Per la presenza di quattro macchie sulle ali."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"-Libellula was the name by which Linnaeus summed up all Odonata. It is a diminutive of l. libella which among other things means: spirit level, an instrument of carpenters T-shaped in ancient and medieval times. This name the French naturalist Guillaume Rondelet (1505- 1566) had chosen for the hammerheaded shark (libella marina - libella from the sea) because of similarity and later transferred to zygopterous larvae (libella fluviatilis - libella belonging to the rivers). From the 17th century onwards adult Odonata were also thus named by scientists.

- quadrimaculata (Linnaeus) [l. four-spotted] refers to the black marks at the nodus of each wing which together with the pterostigmata make eight spots. "

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"libella = waterpas (een waterpas had een T-vorm, zoals het hoofd van een hamerSubfamilie Leucor

Libellula quadrimaculata quater = viermaal; maculata = gevlekt "

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

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1°) La Françoise, Geoffroy 1762.

 

— Louis-Etienne Geoffroy, Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés dans un ordre méthodique volume 2 page 214 n°6

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/224/mode/2up

Le nom de Françoise s'inscrit, avec le n°6,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est le premier de son groupe des Demoiselles à ailes étendues ;

 

6. LIBELLULA alis macula duplici marginali. Linn. faun. fuec. n. 764.

Linn. syst. nat. edit. lo , p. 543 , n. i. Libellula quadrimaculata.

Raj. ins, p. 49, n. 3. Libella maxima ; abdomine longo tenui laevi viridi splendente , ad initium & finem intumescente.

La françoise.

Longueur 19 lignes.

Sa tête est brune & le devant au-dessus des mâchoires est d'un jaune verdâtre. Le corcelet est brun , mais couvert en dessus de poils gris. Le ventre est large en haut, mais il va en diminuant par le bas & il se termine par deux appendices cylindriques. Sa couleur est brune , en haut il est un peu velu sur les côtés. Les quatre ailes font jaunes à leur base & le long d'une partie du bord extérieur , & de plus les inférieures ont au-dessous de cette couleur jaune , une une tache d'un brun noir. Mais ce qui fait aisément distinguer cette espèce de toutes les autres, c'est qu'elle a deux taches marginales au bord extérieur de chaque aîle, une vers le bout à l'endroit ou les autres espèces en ont une, &; une seconde presqu'au milieu du bord extérieur qui dans cet endroit a un étranglement. Toutes deux sont d'un brun noir. Cette espèce est rare ici.

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Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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2°) Libellule quadri-maculée, Olivier, 1789, Latreille 1792

Guillaume-Antoine Olivier Histoire naturelle : discours préliminaire, 1789

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA559&dq=%22libellula+fran%C3%A7oise&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwirlt3Ui8vfAhWDz4UKHaNKDZ8Q6AEIPzAE#v=onepage&q=%22libellula%20fran%C3%A7oise&f=false

Encyclopédie méthodique page 559

https://books.google.fr/books?id=KIMPAAAAQAAJ&pg=PA559&dq=%22libellula+fran%C3%A7oise&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwirlt3Ui8vfAhWDz4UKHaNKDZ8Q6AEILzAB#v=onepage&q=%22libellula%20fran%C3%A7oise&f=false

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2°) Libellule à quatre taches, Latreille, 1804.

Latreille, Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 11.

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

3°) Libellule quatre-taches, Duméril 1823

Dictionnaire des sciences naturelles 1823 page 245

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4°) Libellule à quatre taches, Sélys, 1840.

Monographie des Libellulidées d'Europe page 32 

L'auteur belge cite le nom de Geoffroy sous la forme erronée "La Française".

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5°) Libellule à quatre points, 1899, Bull. Soc. des Sc. nat. de Saône-et-Loire

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6°) La libellule quadrimaculée, P.-A. Robert 1936 et 1958.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=mp8eAQAAMAAJ&dq=%22gomphe+%C3%A0+pinces%22&focus=searchwithinvolume&q=quadrimacul%C3%A9e

 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=RoS9uwEACAAJ&dq=LES+LIBELLULES+%28ODONATES%29+robert&focus=searchwithinvolume&q=quadrimaculata

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Dommanget revient à "Libellule à quatre taches" en 1987.

Aujourd'hui, le nom vernaculaire officiel est : la Libellule à quatre taches.

- Jourde in Dijkstra

- Grand et Boudot

-Précigout, Prudhomme, Jourde

- INPN (MNH)

- Wikipédia

-etc.

 

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LES NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

- en frison 1981 : Fjouwerplakjes libel Fjouwerplakjeslibel, Flekbükje

-en allemand :Der Vierfleck

- en anglais Four-spotted chaser

-en catalan El Cabot quadrimaculat 

-en espagnol La libélula de cuatro puntos 

-en italien : la libellula dalle quattro macchie

-en néerlandais : de viervlek 

- en néerlandais : Viervlek

-en gallois : picellwyr pedwar nod [picellwr pedwar nod]

-en breton : nadoz-aer pevar tarch (forme suggérée mais pas encore validée)

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

.

OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie C. aenea

http://www.deliry.com/index.php?title=Cordulia_aenea

 

 

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 12:30

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PRÉSENTATION.

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Datée par inscription de 1475, cette verrière est l'une des deux plus anciennes de l'église Saint-Ouen (avec la baie 6) et a été réadaptée dans la première chapelle du bas-coté nord lors de l'édification de ce dernier entre 1515 et 1535 ; elle porte la date d'"une restauration en 1551. Avec ses 4 lancettes trilobées et son tympan à 11 ajours, elle est haute de 5 m et large de 2,80 m. Elle a été restaurée en 1892 par Duhamel-Marette.

 

Dans les lancettes, des niches architecturées surmontées de tourelles hérissées de pinacles nous retiennent par leurs piédroits peuplés de statuettes (24 au total) et par leurs tentures damassées. Le raffinement de celles-ci, avec les pierreries de leurs bordures, culminent dans la deuxième lancette avec les motifs damassés verts mis en plomb dans le fond vert.

Hélas, mes photos, prises trop rapidement, ne rendront pas compte des détails de ces richesses.

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Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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LES QUATRE LANCETTES.

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Leur partie inférieure est occupée par un complément de vitrerie géométrique avec les monogrammes du Christ IHS dans des médaillons ((XVIe et XiXe) bordées de colonnettes soutenant des entablements , dans un travail à la grisaille et au jaune d'argent daté par les auteurs du Corpus vitrearum  vers 1525, restauré vers 1551?.

 

 

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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1°) Saint Mathurin et Théodora.

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Je retrouve saint Mathurin, avec qui j'avais fait connaissance en l'église de Carolles (Manche), avec sa curieuse spécialité de lutter contre le "rabonnissement des mégères", qui avait fait mon ravissement. La statue du XVe siècle que j'y avais admiré représentait, comme ici, le diacre exorcisant la princesse Théodora qui était agenouillée à ses pieds, et on voyait très bien le démon qui sortait de sa bouche. Cela me permet de retrouver ce détail sous la forme d'une étoile ou de phylactère de B.D, de couleur verte, et de ne pas le confondre avec quelque pièce de paramentique. 

 

 

 

 

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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2°) Saint Sébastien.

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L'inscription signale que cette vitre a été offerte en 1475 par les trésoriers de l'église, Guillaume Le Bienvenu, Pierre Cardonnel, Guillaume Roussel et Jean Duval.

— Guillaume LE BIENVENU :

Il est indiqué comme avocat du roi dans le registre de l'Échiquier de 1469  pour le vicomté de Pontautou et Pont-Audemer, et prêta serment en 1474 à ce titre. Jean Le Bienvenu, sr de l'Épine, son fils, fut avocat du Roi en la vicomté de Pont-Audemer, en 1491-1497.

Mémoires et notes pour servir ...

"En 1475, à Guillaume le Bienvenu, écuyer, sieur de la Motte-Freneuse possédait le fief de l'Espinai en Saint-Pierre-des-Ifs, arrondissement de Pont-Audemer. Son fils Jehan le Bienvenu, écuyer, conseiller en l'échiquier de Normandie, et son petit-fils Guillaume le Bienvenu, écuyer, héritèrent successivement de ce fief. Le 24 août 1484, Jehan le Bienvenu, écuyer, rendit aveu, pour ce fief, à Charles VIII, dans les mains du chancelier de France.

Un aveu fut rendu à François Ier par Guillaume le Bienvenu, écuyer, seigneur de l'Espinai, le 28 octobre 1516.

Guillaume Le Bienvenu, avocat du roi, Pierre Le Bienvenu et Jehan Cardouel (Cardonel) 

 

Pierre Le BIENVENU entra en procès en 1500 pour la charge d'avocat du roi à Pont-Audemer.  Jehan LE BIENVENU était fait le 9 novembre 1482, "lieutenant es vicomtez de Pontautou et Pont-Audemer "

— Pierre CARDONNEL (CARDONEL, CARDOUEL),  conseiller en cour lai de Pont-Audemer en 1466,  lieutenant du bailli de Rouen en la vicomté de Pontautou et Pont-Audemer en 1488-1496. Prêta serment devant l'Echiquier en 1474 comme officier, (avce Guillaume Le Bienvenu)

— Guillaume Roussel : un de ses ancêtres était maître de la nef Notre-Dame de Pont-Audemer en 1250.

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Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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3°) Saint Jacques le Majeur.

Cette lancette a été restaurée en 1551, comme en témoigne l'inscription 1551, et l'emploi de la sanguine.

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Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Saint Jean-Baptiste.

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Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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LE TYMPAN.

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Vitrerie géométrique bordée de guirlandes en grisaille et jaune d'argent (vers 1525), avec pièces peintes d'étoiles, 2 têtes de profil à l'antiques et 2 têtes nimbées dans des médaillons, et, à petite échelle, les emblèmes des  4 saints figurés dans les lancettes, indiquant l'interversion des 2 figures centrales avant 1853.

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Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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L'ajour central est occupé par un losange figurant saint Quentin sur la chaise de torture (vers 1525, restauré peut-être en 1551) avec l'inscription SAI[N]CT / QUE[N]TIN.

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Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des quatre saints (1475, v.1525-1530, 1551), baie 17, Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

Source principale : — GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY, CHAUSSÉ, HÉROLD 2001, Eglise Saint-Ouen : Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France, Paris, CNRS, 2001. p. 194.

LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969 ;

MONTIER, (Armand), 1895,Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 109.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f145.item

PERROT (Françoise), 1972, M. Baudot et J. Lafond. Églises et vitraux de la région de Pont-Audemer, numéro spécial des Nouvelles de l'Eure, 3e trimestre 1969 , [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1972  130-1  pp. 87-88

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1972_num_130_1_5138_t1_0087_0000_3

PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine)  en 1853, non consulté

REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 16:31

Zoonymie des Odonates : les noms d'Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy, 1785), "le Gomphe serpentin".

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

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À PROPOS D' ÉTIENNE-LOUIS GEOFFROY :

 

 

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Résumé.

— Genre Ophiogomphus Sélys, 1854 Synopsis des Gomphines :39. Le préfixe ophio- , du grec ancien ὄφις, óphis (« serpent ») est associé  au nom du genre Gomphus car Sélys place dans son genre l'espèce que Charpentier avait décrite en 1825 sous le nom d'Aeschna serpentina en raison de son abdomen étroit et coloré évoquant un serpent. Cette espèce sera ensuite nommée O. cecilia Fourcroy 1785.

—Nom d'espèce O. cecilia :  cecilia est la transcription en latin, in Fourcroy Entomologia Parisiensis 1785 (2).:348, du nom d'espèce "La Cécile" créé par Geoffroy en 1762 dans une série de 14 libellules recevant des prénoms féminins, par référence à la fois aux noms Louise et Ulrique attribués par Linné à deux libellules en 1746, et à la fois au nom de genre français des Libellula, "Les Demoiselles".

— Noms communs en français : 1°) "La Cécile", Geoffroy 1762 ;  2°) "Le Gomphus serpentin", Sélys 1840 ;  3°) "Le Gomphe serpentin", P.A. Robert, 1958 suivi par la majorité des auteurs actuels ; 5°) "l'Ophiogomphe serpentin" (Jourde 2007) .

— Noms communs en d'autres langues : ils soulignent la dominance verte de la teinte :

 

- en allemand :Die Grüne Flussjungfer 

- en néerlandais : De Gaffelibel

- en suédois : Grön flodtrollslända

- en anglais : the green snaketail, green gomphid, or green club-tailed dragonfly

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NOM SCIENTIFIQUE.

 

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LE NOM DE GENRE OPHIOGOMPHUS (SELYS, 1854).

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http://www.lavieb-aile.com/2018/12/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-ophiogomphus-selys-1854.html

 

 

 

LE NOM D'ESPÈCE OPHIOGOMPHUS CECILIA (GEOFFROY IN FOURCROY, 1785).

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Libellula cecilia,  FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544., page 348.

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

 

 

La publication originale.

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15. L. cecilia,

La Cécile.

L. thorace virescente abdomine fusco caracteribus flavis.

Loc, Idem. (habitat amnium ripas)

 

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https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

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La publication source, Geoffroy 1762.

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 229.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up

14. LIBELLULA thorace virescente , abdomine fusco , characteribus flavis. [thorax verdâtre, abdomen brun, marques jaunes

La cécile.

Celle-ci plus grande que la précédente, pourroit bien n'en être qu'une variété. Elle a comme elle la tête jaune & de gros yeux bruns , le ventre brun avec des taches jaunâtres sur les côtés, ainsi que vers le bas & le haut de chaque anneau. La seule différence consiste dans le corcelet & le premier anneau du ventre qui sont d'un vert jaunâtre sans mélange d'aucune autre couleur. Les pattes sont brunes & les aîles quelquefois un peu colorées de jaune , avec la tache oblongue du bord un peu cendrée.

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https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up/search/sylvie

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up/search/sylvie

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ÉTUDE DU NOM OPHIOGOMPHUS CECILIA.

En 1762, quatre ans après la parution de la 10ème édition du Systema naturae de Linné, le médecin français Étienne-Louis Geoffroy a publié les deux tomes de son Histoire abrégée des insectes qui vivent aux environs de Paris, catalogue des insectes parisiens dont l'un des modèles est la Fauna suecica (faune suédoise) de Linné paru en 1746.

Dans le tome 2 de cet ouvrage, Geoffroy décrit aux pages 217-229 14 espèces 14 espèces de libellules dont 10 reprennent des descriptions de Linné.

Parmi les quatre autres ( la Sophie, la Philinte, la Dorothée, la Cecile) , certaines ont été depuis considérées comme se rattachant à une espèce décrite par Linné : La Sophie = l'Amélie [ = Dorothée] = coenagrion puella. La Philinte = Libellula depressa femelle. 

Au lieu de suivre la taxonomie et la nomenclature établie par le Systema naturae de 1758 (qu'il a du lire alors qu'il avait déjà rédigé les notes préparatoires et la structure de son ouvrage)  , il suit plutôt la manière de Fauna suecica, en faisant suivre chaque espèce d'un numéro, du nom LIBELLULA, d'une description en latin (diagnose"), des références des auteurs antérieurs, d'un nom en français, de la taille et enfin d'une description en français.

Alors qu'il avait créé pour les papillons des noms pleins de poésie et d'images, il nomme ses libellules selon des prénoms féminins, se confortant ainsi à l'exemple de Linné qui, dans Fauna suecica, avait nommé deux espèces Lovisa et Ulrica, les deux prénoms de la reine de Suède Louise-Ulrique.

Voici la liste de ces noms : chacun est suivi du nom scientifique actuel de l'espèce correspondante :

Demoiselles à aîles relevées.

La louise. Calopteryx splendens

L'ulrique. Calopteryx virgo.

L'amélie.  Coenagrion puella

La dorothée. Coenagrion puella 

La sophie. Coenagrion puella

Seconde Famille. Demoiselles à aîles étendues.

La françoise. Libellula quadrimaculata.

L'éléonore. Sympetrum flaveolum.

La philinte. Libellula depressa femelle

La sylvie.  Libellula depressa mâle.

L'aminthe. Cordulia aenea.

La justine. Gomphus vulgatissimus.

La Julie. Aeshna grandis.

La Caroline. Onychogomphus forcipatus.

La cécile. Ophiogomphus cecilia

.

 

 

Cet ouvrage ne se conforme donc pas à la dénomination binominale puisqu'il ne fait pas suivre le nom "de genre "Libellula" d'un nom d'espèce en latin : dès lors, l'ensemble de ses descriptions originales ne sont pas valides pour la Commission internationale de nomenclature en zoologie ICZN. Ce défaut a été corrigé en 1785 par une réédition ou plutôt une nouvelle édition publiée sous le nom de A[ntoine] F[rançois] de Fourcroy .

Dans sa préface (Tome 1) , ce dernier écrit :

Jam a viginti annis prodiit celeb Geoffroy de insectis opus eximium , quod multo favore prosecuti funt historiaenec naturalis cultores. Dudum a plurimis expectabatur manuale Compendium quod nomenclaturam & methodum , complectens omissa scilicet historiae parte rus deferri posset. Non ergo ingratum entomophylis fore arbitratus est illustris autor si catalogus insectorum quae circa Parisios reperiuntur typis parva forma.mandaretur Botanicon Parisiensis ad instar. Felicissimae apud cives suos praexeos medicae curis distractus , hoc quod susceperat opus omnino absolvere non votuit. Entomologiae olim deditus & sutoris auxilio fretus , hunc catalogum publici juris facere non timui. Methodum illustris Geoffroy , genera , species , descriptivas sententias , religiose servavi . Trivialia, saepius Linneana , ipse autor addidit, quae in magno opere neglexerat. Hac simul data occasione quaedam in methodo. sua emendavit , adjecit plurima. Sic genus Eutophi post Tenthredines omnino omissum est , cum sedula attentione facta , Eulophus nihil aliud fit quam verus Cynips antennis ramosis. Hinc insectum illud inter cynipes nunc incedit. Praeterea multae a viginti annis novae - in agro Parisiensi detectae sunt insectorum species , quae ad sua quaeque genera revocatae sunt ; sed ut novae illae species quae ducentum & quinquaginta superant a caeteris in historia Insectorum in 4° descriptis  distinguantur, singulas asterico notandas curavi. Specierum dimensiones & habitationum loca adjeci , sic ergo quoad numerum specierum nomenclaturam, hic catalogus multo auctior & emendatior magno opere in-4° prodit & hanc illustrationem celebris Geoffroy omnino deberi fateor. Levia quaedam vel addidi, vel mutavi tantum quae hic commemorare supervacuum duco ; simplicis igitur editoris munus suscepi , utilitatis potius quam gloriae spe ductus.

https://archive.org/details/b28756642/page/n5

 

Le passage qui nous concerne est le suivant :

Trivialia, saepius Linneana , ipse autor addidit, quae in magno opere neglexerat.  "Trivalia" désigne nos épithètes spécifiques, et on trouve dans la littérature "nomina generica et trivalia" pour décrire le binôme linnéen. Je traduis par :

"L'auteur (Fourcroy] a ajouté les épithètes spécifiques, souvent selon Linné, qui avaient été négligés [par Geoffroy] dans son grand ouvrage".

Cette nouveauté se retrouve dans le titre : ...cui addita sunt nomina trivialia".

Dans Entomologia Parisiensis ; sive catalogus insectorum quae in agro Parisiensi reperiuntur, de Fourcroy ajoute le nom spécifique latin, abrège les descriptions, et introduit de nouvelles espèces découvertes aux environs de Paris dans les vingt années séparant les deux publications. Pour les libellules, il décrit deux espèces, Libellula adelais l'Adélaïde (n°6) et Libellula victoria "La Victoire" (n°16). 

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En résumé, cecilia est la transcription en latin, in Fourcroy 1785, du nom d'espèce "La Cécile" créé par Geoffroy en 1762 dans une série de 14 libellules recevant des prénoms féminins, par référence à la fois aux noms Louise et Ulrique attribués par Linné à deux libellules en 1746, et à la fois au nom de genre français des Libellula, "Les Demoiselles".

La règle est  d'écrire Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy 1785) comme le fait le Museum sur le site INPN et la SFO dans la liste de référence.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65243

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

Mais on trouve encore Ophiogomphus cecilia (Fourcroy 1785) comme dans l'article Wikipédia qui  place cette formulation en synonyme , mais aussi dans bon nombre d'articles scientifiques :

https://scholar.google.fr/scholar?hl=fr&as_sdt=0%2C5&q=Ophiogomphus+cecilia++%28Fourcroy%2C+1785%29&btnG=

C'est également cette formulation qui apparaît dans le Guide des Libellules de Dijkstra traduit par Jourde, Il est donc nécessaire de développer ce point  de taxonomie.

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Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy 1785) : l'article de Jacques d'Aguilar et Fabien Raimbault, 1990.

https://lentomologiste.fr/wp-content/uploads/1990-46/lentomologiste_1990_46_1.pdf

NOTES DE BIBLIOGRAPHIE ENTOMOLOGIQUE par Jacques d'AGUILAR

Geoffroy, Fourcroy et l'article 51 du Code de Nomenclature avec Fabien RAIMBAULT

"L'œuvre essentielle du médecin Étienne-Louis GEOFFROY (1727- 1810) comporte deux éditions différentes. Chacune de ces éditions compte des rééditions dont seul le titre a parfois subi des modifications. Les planches, dépliantes, sont identiques dans toutes les éditions mais les planches coloriées n'apparaissent qu'à la deuxième édition. Voici la description des différents tirages :

Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. [publié anonymement] 1762, Paris, Durand in-4° T. 1, l-XXVIII, 1-523, pl. 1-X T. Il, 1-690, pl. XI-XXII.

Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; par M. GEOFFROY, Docteur en médecine. 1764, Paris, Durand in-4° [réimpression]

Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; par M. GEOFFROY, Docteur en médecine. An VII (1799), Paris, Calixte-Volland, Rémont in-4° T. 1, l-XXVIII, 1-556, pl. 1-X. T. Il, 1-744, pl. XI-XXII. Cette seconde édition est une simple réimpression de la première édition (au point que la page finale de l'édition précédente porte la même « signature» qui, de ce fait, ne présente aucune utilité) à laquelle on a ajouté, à chaque volume, un supplément et une liste d'errata: T. 1, pp. 514-545 (soit 104 espèces), T. II, pp. 681-734 (soit 152 espèces). Le binôme linnéen de Fourcroy (1785) est repris dans ces suppléments.

Il existe également un tirage in-quarto jésus, en quatre volumes, avec grandes marges sur papier filigrané «papeterie du Marais De Lagarde Laîné et Compagnie ». Seules les pages de titre sont recomposées. T. 1, en deux parties: 1re pp. 1-336 ; 2e pp. 337-556, pl. 1-X, coloriées. T. II, en deux parties : 1re pp. 1-448 ; 2c pp. 449-744, pl. XI-XXII coloriées.

Même titre que le précédent An 9-1800, Paris, Delalain [réimpression]

 

Entre ces deux éditions (1762, 1764 et 1799, 1800) un autre médecin, Antoine François DE FOURCROY (1755-1809) publie en latin, en 1785, un petit ouvrage en deux volumes.

• Entomologia parisiensis; sive Catalogus Insectorum quae in Agro Parisiensi reperiuntur ; secundum methodum Geoffraeanum in sectiones, genera et species distributus : Cui addita sunt nomina trivialia et fere trecentae novae species. 1785, Paris, Hôtel Serpente in-18° Pars 1, l-VII (VIII), 1-231 ; Pars 2, 233-544.

C'est en fait un abrégé de l'œuvre de GEOFFROY auquel sont intégrées plus de 250 espèces supplémentaires. En fait FOURCROY a repris les noms vernaculaires de la première édition en leur ajoutant un binôme linnéen et en conservant les diagnoses latines Sur le plan de la nomenclature, un problème s'est posé concernant la paternité des noms proposés par FOURCROY. Longtemps cette paternité n'a pas fait de doute et, plus récemment sont apparues des notations comme Macrophya annulata Geoffroy, 1785 (L. BERLAND, Faune de France, 47, Hym. Tenthrédoïdes, p. 166) ou Melanotus villosus Geoffroy in Fourcroy, 1785 (P. LERAUT, L'Entomologiste, 1981, 37: 95-98). Nous sommes donc remontés aux sources et, nous référant au Code de Nomenclature, nous avons relu l'introduction latine de l'ouvrage de FOURCROY dont voici la traduction :

 

« Au lecteur entomophile Avertissement du rédacteur [Fourcroy écrit EDITORIS (traduit ici par rédacteur) et non AUCTORIS (comme il l'emploie pour Geoffroy) ce qui suppose qu'il ne se considère pas comme le véritable auteur. ]

Depuis vingt ans déjà est paru le remarquable ouvrage sur les insectes de l'illustre GEOFFROY, qu'ont suivi avec beaucoup de profit ceux qui pratiquent l'histoire naturelle. Depuis longtemps on attendait un manuel qui, comportant une nomenclature et une méthode avec une partie biologique [Nous utilisons ce mot pour histoire naturelle au sens du XVIIIe siècle ] généralement délaissée, puisse être emporté sur le terrain. Ce n'est donc pas à l'illustre auteur que les entomologistes pourraient reprocher la parution du Catalogue des insectes qui se trouvent aux environs de Paris avec de petits caractères à l'instar du Botanicon parisiense [Il s'agit vraisemblablement de l'ouvrage de S. Vaillant, Botanicon parisiense, operis majoris prodiluri prodromus, volume in-12 de 131 p. publié à Leyde en 1723 ]. Détourné par ses activités médicales, si bénéfiques pour ses concitoyens, il n'a pu parachever l'œuvre dont il s'était chargé. M'étant consacré depuis longtemps à l'entomologie et comptant sur l'aide de l'auteur, je n'ai pas craint de soumettre ce catalogue au public. J'ai suivi scrupuleusement la méthode de l'illustre GEOFFROY, les genres, les espèces et les phrases descriptives. L'auteur lui-même [Donc Geoffroy et non Fourcroy. ] a ajouté les noms vulgaires, souvent linnéens, qu'il avait négligé dans son grand ouvrage (Hist. abreg. des Insectes, par Geoffroy, 2 vol. in-4·, Paris, 1764. ). Par la même occasion il a apporté à sa méthode quelques corrections et de nombreuses additions. Ainsi le genre des Eulophes, après les Tenthrèdes, a tout à fait disparu vu que si l'on porte une attention minutieuse l'Eulophe ne serait rien d'autre qu'un vrai Cynips aux antennes ramuleuses. En conséquence cet insecte prend maintenant place parmi les Cynips.

En outre, depuis 20 ans ont été découvertes dans la campagne parisienne de nombreuses nouvelles espèces d'insectes qui sont rattachées chacune à leur genre; pour distinguer ces nouvelles espèces, qui dépassent 250, de celles décrites dans l'Histoire des insectes in-4·, j'ai pris soin de les marquer d'un astérisque. J'ai ajouté les dimensions des espèces et leur habitat; ainsi ce Catalogue présente un plus grand nombre d'espèces et une nomenclature révisée relativement au grand ouvrage in-4· et je reconnais que cette amélioration est essentiellement le fait du célèbre GEOFFROY [Et hanc illustrationem celeb. Geoffroy omnino deberifateor]. J'ai apporté des additions de peu d'importance qu'il est inutile de mentionner ici ; j'ai pris par conséquent la simple fonction de rédacteur [simplicis igitur editoris munus suscept] conduit par l'espoir de l'utilité plutôt que de la gloire. Fait à Paris le mois d'avril 1785."

 

Cette traduction, dans laquelle nous avons conservé les phrases déterminantes dans leur rédaction originale, confirme la paternité de GEOFFROY. L'article 51 du Code international de Nomenclature zoologique (1985), examinant la question de la citation du nom de l'auteur, précise, dans la recommandation 51B, que si la responsabilité d'un nom scientifique incombe non à l'auteur de la publication qui le contient mais à une autre personne, l'auteur du nom devrait être cité sous la forme « B in A». C'est à l'évidence notre cas. On devrait donc écrire par exemple : Magdalis armigera (Geoffroy in Fourcroy, 1785), et non Magdalis annigera (Fourcroy, 1785), ni Magdalis armigera (Geoffroy, 1785)."

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Note personnelle : la traduction de trivalia par "noms vulgaires" dans la phrase "L'auteur lui-même [Donc Geoffroy et non Fourcroy. ] a ajouté les noms vulgaires, souvent linnéens, qu'il avait négligé dans son grand ouvrage" s'éloigne un peu de la mienne et laisse planer une certaine ambiguïté.

La même discussion avait déjà été soulevée en 1893 par Friedlander:

https://books.google.fr/books?id=dqoeAQAAMAAJ&q=Trivialia,+saepius+Linneana&dq=Trivialia,+saepius+Linneana&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwim-sTklMXfAhUNz4UKHbi3BjIQ6AEIKzAA

Enfin, il reste à souligner le point suivant : non seulement Fourcroy n'est pas l'auteur des descriptions entomologiques de l'Entomologia parisiensis de 1785, mais il n'est pas non plus vraiment  l'auteur des nomina trivalia, des noms d'espèce en latin, puisque ceux-ci sont les traductions des noms français créés par Geoffroy. On  peut s'étonner que Geoffroy lui-même n'est pas fait paraître cette mise à jour et mise aux normes de son ouvrage, pour des raisons personnelles ou historiques à débattre.

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Le point de vue d'ANIMALBASE.

Nous y lisons :

"On the title page Fourcroy was indicated as the author, who established a system based on Geoffroy's method. This alone would not mean that Geoffroy is the author of the descriptions of the names of taxa in this work. On pp. IV-V Geoffroy's role in this work was explained, but Fourcroy did not say directly that the text and the descriptions were authored by Geoffroy. Fourcroy was a chemist and Geoffroy a specialist in insects, but this is secondary evidence and Art. 50.1.1 requires that the identity of the author must be clear from the contents of the work itself. 
Fourcroy seems to have escaped a direct statement on Geoffroy's role, perhaps there were conflicts between Geoffroy and Buffon, who knows.
According to D'Aguilar & Raimbault 1990 (L'Entomologiste 46 [1]: 37-40), the new names should be attributed to Geoffroy in Fourcroy.
Google hits Feb 2010: "geoffroy-1785" 639 sites (49 %), "geoffroy-in-fourcroy-1785" 271 (21 %), "fourcroy-1785" 659 = fourcroy alone 388 (30 %). 
Digitized by Gallica from Museum Leiden (?) (link inactive in 2014). Also digitised by NCSU Libraries (archive.org).
SUB Göttingen <8 ZOOL VI, 3358> (volume not present in historical library)."

C'est mal connaître les entomologistes français de la fin du XVIIIe siècle que de penser que "Fourcroy et Geoffroy étaient peut-être fâchés, allez savoir" , alors que Fourcroy privilégie, en 1791,  le classement des insectes de Geoffroy par rapport à celui de Fabricius, qu'il honore le médecin français dans sa préface, etc. 

Voir en tête d'article mes articles sur Geoffroy.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/gomphe-serpentin/

pas d'étymologie.

 

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 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Ophiogomphus : Selys, 1854, from Grk. ὄφις = snake + connecting vowel -ο-+ γόμφος = bolt, rivet, peg

Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy, 1785) after the French girl's name Cécile, a name apparently randomly chosen by Geoffroy"


 


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

"-Ophiogomphus - ophion, onis = ofide, serpente + Gomphus. Per l’aspetto serpentiniforme di questi gonfidi.

-cecilia (Ophiogomphus) - da caecilia = Anfibi Apodi. Probabilmente, per la somiglianza del lungo addome serpentiniforme con il corpo degli Apodi."

 

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H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

 "Notes on some elements of genus names It is well known that since the eighteen forties more and more dragonflies were described due to the progress of worldwide exploration (cf. FLIEDNER 1997: 21sq.). Therefore old genera were split into new ones, which often kept the previous names as a constituent of a compound name, combined with an allusion to a species, that seemed to be characteristic for the new genus: e.g. Ophio-gomphus consists of Gomphus Leach and gr. ophis - serpent, derived from Gomphus serpentinus (Charpentier) [currently O. cecilia (Fourcroy)].

Ophiogomphus [gr. ophis - serpent] has its name after O. serpentinus (Charpentier), a junior synonym of the following species which was in use when Selys established the genus. - cecilia [l. female member of the Caecilii-clan (the most famous of whom being St. Cecily, the patroness of music)] was named in non-Linnean manner by Geoffroy, who used to give French girls names to all odonate species, whether they already had a name or not. This name later was validly published by Fourcroy in 1785."

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VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Ophiogomphus Ophios = slang, vermoedelijk afgeleid van serpentinus = slangachtig Ophiogomphus cecilia

Cecilia = meisjesnaam"

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NOMS VERNACULAIRES

 

LES NOMS FRANÇAIS.

 

 

1°) La cécile, Geoffroy 1762.

Cf supra.

2°) Le Gomphus serpentin, Sélys 1840

Edmond de Sélys-Longchamps, Monographie des libellulidées d'Europe page 91.

Sélys, qui a créé le genre Gomphus, est aussi celui qui a imposé l'adoption de noms français littéralement traduits du nom scientifique, et qui a créé le néologisme ou barbarisme "le gomphus" pour toutes les espèces de son genre.  En 1840, lors de la création de ce genre, il place en n° 6 Gomphus serpentinus ,Charpentier c'est-à-dire l'Aeshna serpentina décrit en 1825 par l'allemand Toussaint de Charpentier.

Charpentier, Toussaint de, 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis /Wratislaviae :apud A. Gosohorsky,1825.

https://books.google.fr/books?pg=PA25&id=knlIAAAAYAAJ&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 

Ce dernier avait choisi cet épithète en raison de l'abdomen long et étroit des Aeschnes, nom qui, selon lui, venait (par le grec??) de "serpent". (voir mon article sur le genre Ophiogomphus avec le radical ophio-, "serpent").

Sélys ignore manifestement tout de l'ouvrage de Fourcroy ou de celui de Geoffroy. Il donne donc à cette espèce le nom français de "Gomphus serpentin", associant ainsi à son barbarisme de Gomphus un contre-sens sur la traduction de serpentinus "de serpent, se rapportant à un serpent" , puisque nous entendons plus volontiers par l'adjectif "serpentin" l'évocation d'une forme sinueuse que celle d'un abdomen long et fin. (voir CNRTL).

De toute façon, le nom français était si méprisé par les entomologistes qu'il parlaient entre eux d'un "gomphus", d'un "serpentinus" et que l'éviction de la langue "vulgaire" ou "vernaculaire" (un synonyme pour eux) dura pendant plus d'un siècle.

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3°) Le Gomphe serpentin, P.A. Robert, 1958.

Le Suisse Paul-André fut le premier à se soucier de parler correctement ; son premier souci fut de donner à chaque espèce un nom en notre langue, le deuxième fut de corriger les barbarismes de l'auteur belge : il renomma "Gomphes" tous les Gomphus de Sélys.

 https://books.google.fr/books?hl=fr&id=RoS9uwEACAAJ&dq=LES+LIBELLULES+%28ODONATES%29+robert&focus=searchwithinvolume&q=serpentin

En 1959, le nom est repris dans un numéro d'Alexanor.

https://books.google.fr/books?id=ewpOAAAAYAAJ&q=%22Gomphe+serpentin%22,&dq=%22Gomphe+serpentin%22,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjeq97lhrHfAhUtxIUKHUfrAU8Q6AEIMjAC

Cet effort fut vite apprécié par les auteurs de guides de vulgarisation en entomologie. Le "Gomphe serpentin" de P-A. Robert fut repris en 1985 par Jacques d' Aguilar et ‎Jean-Louis Dommanget dans le Guide d'identification des libellules de France et d'Afrique du Nord : ils écrivaient "Pour les noms communs, rarement utilisés en France, nous avons suivi dans la majorité des cas ceux employés par P.A. Robert.".

En 1987, Jean-Louis Dommanget écrivait  dans son Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France "Chaque espèce est suivi de son nom vernaculaire. Celui-ci  correspond dans la plupart des cas au nom utilisé dans l'ouvrage de P. A. ROBERT(1958). Pour les autres Odonates, le nom vernaculaire a été donné en fonction de leur répartition, de leurs caractéristiques ou bien encore de leur nom latin (traduction)." Mais on le surprend page 45  à nommer Ophiogomphus cecilia "le Gomphus serpentin". Abyssum abyssum invocat ! Erratum fluctuat nec mergitur !!

Grand et Boudot, Précigout, Prud'homme et Jourde, reprennent dans leurs guides ce nom vernaculaire de "Gomphe serpentin", de même que le site INPN consulté ce jour.

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5°) l'Ophiogomphe serpentin (Jourde 2007) .

Jourde, dans sa traduction du Guide des Libellules de Dijkstra (Delachaux et Niestlé 2007)  choisit ce nom, sans-doute par souci de suivre plus scrupuleusement le souci de Sélys de faire du nom "français" une ombre fidèle du nom scientifique et de ne laisser s'introduire aucune liberté de ton.

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NOMS COMMUNS DANS D'AUTRES LANGUES :

ils soulignent la dominance verte de la teinte :

- en allemand :Die Grüne Flussjungfer 

- en néerlandais : De Gaffelibel

- en suédois : Grön flodtrollslända

- en anglais : the green snaketail, green gomphid, or green club-tailed dragonfly

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 SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&pg=PA173&dq=steinmann+onychogomphus+forcipatus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjJ6bqArLreAhVKExoKHb9cC34Q6AEILDAA#v=onepage&q&f=false
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544., page 348.

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

 

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Chez Durand, à Paris 1762, in-4 (4) xxviij, 523pp. et (4), 2 volumes reliés.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991697/f615

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1799 Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome 2 / par M. Geoffroy, C. Volland / Rémond (Paris)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f227.image

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/216/mode/2up/search/sylvie

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 229.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up

 

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

Edmond de Sélys-Longchamps, Monographie des libellulidées d'Europe page 91.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 15:58

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PRÉSENTATION.

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Cette baie à 3 lancettes trilobées et au tympan à 9 ajours principaux mesure 5 m. de haut et 3 m. de large. Elle éclaire la 3ème chapelle du bas-coté nord et a été vitrée en 1536, une quinzaine d'années après la fin de la construction de la nouvelle nef en 1515, dont les chapelles sont vitrées progressivement de 14 vitraux. Nous sommes donc à la seconde  Renaissance, sous le règne de François Ier, et en 1535, la baie 8 venait de recevoir une copie de la Vie de saint Jan-Baptiste de Saint Vincent de Rouen par l'atelier des Le Prince de Beauvais, tandis que la baie 10 recevait la verrière de la Dormition.

Cette baie 13 "se ressent", pour les auteurs du Corpus vitrearum, " du style de l'atelier de Beauvais", tandis que Jean lafond affirme : "comme La vie de saint Jean-Baptiste, la Légende de saint Honoré est évidemment la copie d'un ouvrage du grand atelier de Beauvais."

Ses deux registres horizontaux sont divisés en quatre scènes légendées de la vie de saint Honoré, patron des boulangers  et de la Picardie qui figure en évêque d'Amiens au sommet du tympan.

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1. Le jeune Honoré, à l'école, reçoit l'inspiration de l'Esprit Saint.

2. Miracle du "fourgon fleuri" dans le four à pain.

3. Procession du Fourgon Fleuri.

4. Le saint est intronisé évêque d'Amiens par le pape Vitalien.

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Les scènes sont limitées par des pilastres latéraux soutenant un étroit entablement avec à la base des scènes et des têtes de lancettes la légende  partiellement déchiffrable.

La baie a été décrite par Delphine Philippe-Lemaître en 1853, par Raymond Bordeaux en 1874, puis par Régnier en 1899, par Jean Lafond en 1969, et par Françoise  Gatouillat et co. pour le Recensement en 2001. J'emprunte mon texte principalement à Bordeaux et à Gatouillat.

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Vue générale.

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Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Inscription de donation.

D'après Jean Lafond, "comme nous l'apprend une inscription très mutilée, la verrière a été faite en 1536  des deniers de la confrérie Saint-Honoré "fondée en l'église de Monsieur Sainct-Ouen de Pont-Audemer".

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Aujourd'hui, je déchiffre ceci :

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LAN DE GRACE MIL CINQ CENT TRENTE SIX CESTE VITRE /DENIERS DE LA CONFRAR /HONORE FONDE EN L EGLISE DE MONSIEUR SAINT OUEN 

PONT AUDEMER . JACQUES LANGLOYS ET ROBERT AUBIN. / O MESTRES PRIEZ D

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Il me semble probable que Jacques Langloys et Robert Aubin soient les membres les plus éminents de la confrérie parmi les maîtres-boulangers, le président et le trésorier par exemple.

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Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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1. Comment saint Honoré fut inspiré par Dieu alors qu'il était à l'école.

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— Inscription en haut de la scène :

COM[M]ENT SAINCT HONORE FVT INSPIRE DE DIEV ESTANT A LESCOLLE. 

 Saint Honoré est debout devant un professeur, et tient à la main un livre ouvert dans lequel ce professeur lui indique un passage. 

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"C'est à un chef-d'œuvre d'Engrand Le Prince, "La légende de saint Claude" à Gisors, qu'évoque irrésistiblement le premier épisode : "Com[m]ent saint Honoré fut inspiré de Dieu enfant étant à l'école". On pense aussi au vitrail de Conches où Romain Buron, dans l'Education de sainte Foy, a très heureusement imité son maître. Comme à Conches, l'élève est placé dans la même lancette que le pédagogue armé de verges, le reste de la scène étant occupé par ses condisciples. La colombe du saint-Esprit qui vole vers lui s'explique par l'inscription. 

Les visages du vitrail de Pont-Audemer ne sont pas peints comme les visages de Beauvais et les rehauts de jaune d'argent sont appliqués avec moins de sûreté, mais le copiste a respecté l'une des caractéristiques principales de l'atelier : les murs de l'école sont violets sous un plafond vert et leurs baies s'ouvrent sur le ciel bleu foncé où des édifices sont peints en grisaille. Le chien du premier plan figurait certainement sur le modèle." (J. Lafond)

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Le plafond à caisson, les bas-reliefs de la colonne  et du siège (masques, têtes animales, monstre ailé) sont typiquement influencés par la Renaissance italienne. Le maître d'école tient la férule non pas pour punir, mais comme emblème de son autorité, tandis que quatre autres maîtres sont coiffés de la barrette (de clerc ou de docteur) et que les enfants sont nu-tête pour la plupart. Dans les fenêtres, les fabriques sont réduites, et nous sommes loin des édifices architecturaux précisément rendus sur les vitraux d'Engrand et de Nicolas Le Prince.

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Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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2.  Le miracle du fourgon fleuri.

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Préalable.

a) Il est nécessaire de connaître le sens du substantif "fourgon" :

"Longue barre métallique ou longue perche garnie de métal utilisée pour remuer la braise ou la charge d'un four, d'une forge, d'un fourneau, ou pour attiser un feu. " Issu du latin populaire. furico, -onis dér. d'un furicare , dérivé du latin classique furare « voler » dér. de fur « voleur ». http://www.cnrtl.fr/definition/fourgon

b) il est également nécessaire de connaître la légende du fourgon fleuri, propre à saint Honoré.

"Pour la tradition qui s'appuie sur un texte de la fin du XIe siècle édité par les Bollandistes, Honoré, qui appartenait à la noble lignée des comtes de Ponthieu, vécut en Amiénois une existence studieuse, austère et généreuse. Ceci lui valut non seulement d'être élevé contre son gré à la dignité épiscopale, mais encore de susciter ds son vivant des miracles, multipliés après sa mort le 16 mai 600. Dans cette vie exemplaire, seul un modeste incident pourrait justifier que les boulangers se soient placés sous la protection du saint.

Alors que la nourrice d'Honoré chauffait son four domestique, le fourgon à la main, quelqu'un lui annonça la nouvelle de l'élection épiscopale. Incrédule, la brave femme s'écria que cette élection était aussi inimaginable que la métamorphose de son fourgon en arbre. Et aussitôt, le fourgon se couvrit de feuilles et de fleurs...

Au XIIIe ou au XIVe siècle, une légende populaire prit corps qui donnait au patronage choisi par les boulangers une autre assise. Honoré, loin d'être fils de famille, « s'adonna dès les premiers jours de sa jeunesse aux œuvres pies et à la profession de boulanger qu'on appelait vulgairement fournier... ; nourrissant son prochain par de larges aumônes qu'il lui prodiguait dans la profession de boulanger dont il vivait ». La légende est connue par un manuscrit du XIVe siècle ayant appartenu à Victor de Beauvillé. Cf. H. Josse, La légende de saint Honoré, évêque d'Amiens, d'après un manuscrit de la bibliothèque de V. de Beauvillé, trad., Amiens, 1879 ; L. du Broc de Segange, Les saints patrons des corporations..., Paris, 1887, t. I, p. 36 ".

Ailleurs, le "fourgon" fut planté en terre par la nourrice, et c'est alors qu'il se transforma en mûrier fleuri :

"Honoré fut promu au sacerdoce par Béat, septième évêque d'Amiens. Lorsque ce dernier mourut vers 554, Honoré fut désigné pour lui succéder par les acclamations du peuple et du clergé. En apprenant cette nouvelle, sa nourrice, incrédule, s'écria : « Je croirais plus volontiers que ce fourgon ardent pourrait prendre racine et se changer en arbre ». Et elle planta dans la cour de sa maison l'instrument dont se servent les boulangers pour remuer les braises.

Le fourgon, emmanché d'un bâton se changea en un mûrier couvert de fruits et de fleurs. Devant un tel miracle, la nourrice dut se rendre à l'évidence. Une variante à cette légende proclame que la nourrice s'est écriée à la mort du saint : « Si celui-là est saint, je veux que mon fourgon reverdisse ». Mais nous préférons la première version, car il paraît difficile même à une servante de refuser le titre de saint à un évêque qui reçut la communion à l'autel d'une main lumineuse présentant les stigmates de la Passion, à cet élu de la divinité qui, bénéficiant d'un pouvoir auditif vraiment extraordinaire, entendit à deux lieux de distance l'hymne chanté par Lupicin, après la découverte des restes des saints Fuscien, Victoric et Gentien...

Le miracle de Port annonça qu'Honoré serait grand devant l'Éternel, comme ce prince chrétien d'Occident qui fit reverdir l'Arbre Sec d'Ebron, desséché depuis la mort du Christ, en célébrant la messe sur lui .

Au XVIIe siècle, dit le Père Ignace, on voyait encore le mûrier. « Dans la cour de cette maison (la maison paternelle du saint), on voit encore  le « meurier miraculeux » provenu d'un fourgon à demi-brûlé qu'on tient par tradition avoir été planté en cette place par la nourrice de ce saint, quand on vint lui dire qu'il étoit évêque d'Amiens » . Cet arbre miraculeux fut considéré comme un emblème prophétique des fruits de salut que devait porter l'épiscopat de saint Honoré . Cette légende, conclut l'abbé Corblet est la raison pour laquelle, dès le XIIe siècle, les boulangers choisirent saint Honoré pour patron.

En la chapelle Saint-Honoré d'Amiens, la confrérie des boulangers et pâtissiers célébrait sa fête tous les ans, le 16 mai.

Enfin, une dernière tradition affirme que le tisonnier brûlant a été planté en terre par saint Honoré lui-même. Il se couvrit de feuilles et de fleurs et devint un noisetier superbe qui, à la ressemblance de celui de saint Gratien possédait une amande rouge de feu."

Saint Honoré serait né à Port-Le-Grand, en aval d'Abbeville, et c 'est là que Jacques Sanson, en 1646,  a vu le mûrier miraculeux (Histoire ecclésiastique d'Abbeville p. 192).  Ce miracle rappelle celui du bâton de saint Christophe. Mais cet auteur donne une solution à l'épineux problème de savoir si Honoré était le fils d'Aymeric comte de Boulogne (ou d'un comte de Ponthieu), ou bien le fils d'un boulanger, en expliquant que c'était la nourrice qui était mariée à un boulanger : dès lors, tout devient cohérent, et nous pouvons savourer l'exclamation de la bonne femme, qu'elle croiroit plustost que ce fourgon ardant qu'elle tenoit en ses mains (c(est elle qui enfourne) prendroit racine & deuiendroit arbre, que de croire qu'Honoré fust Evesque. Et ce personnage truculent de scander son propos en fichant d'un bras vigoureux son tisonnier fumant et rougeoyant sur le sol de l'échoppe, où il s'enracine.

 

Description.

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"Cinq pains sont sur une planche fixée à la muraille par des chevilles de bois.  Du four allumé, sortent des flammes jaunâtres. Nu, sauf les reins qu'il a ceints d'un linge blanc, ainsi que sa tète, saint Honoré est debout devant l'entrée du four, et en retire son fourgon, qui, loin de sortir noirci du foyer enflammé, apparaît couvert de fleurs et de feuillages. La mère du saint manifeste par ses gestes sa stupéfaction à la vue de ce prodige. L'aspect du fourgon fleuri plonge aussi dans l'étonnement d'autres spectateurs. Au bas [sic] du panneau, l'artiste inconnu, mais de grand talent, a tracé cette inscription" :


COMENT LA MERE SAINCT HONORE SE ESBAHI  DV FOVRGO[N] QVI AU FOVR FLEURI. 

 

"Le récit du fourgon miraculeux, particulièrement bien venu ici pour illustrer le patronage dont se réclament les donateurs, autorise l'artiste à représenter avec un grand art un fournil médiéval. Autour du boulanger Honoré debout, torse et jambes nus, au milieu de la pièce, tout est en place : le pétrin de chêne dont le couvercle refermé supporte les pains ronds qui seront bientôt enfournés sur les pelles au long manche appuyées au mur, le four à la gueule ouverte à hauteur d'homme d'où s'échappent les flammes qui ont transformé en rameau feuillu l'extrémité du fourgon (ce crochet métallique qui sert à déplacer les bûches sur la sole brûlante) que tient encore Honoré, les étagères où les pains cuits refroidissent. L'épouse, la servante, l'apprenti, auxiliaires indispensables, sont présents sous les traits de la mère du saint et de deux comparses flanqués d'un client ébahi." (Bordeaux)

Autre description :

"C'est dans un fournil non moins puissamment coloré — plafond pourpre et parois violettes que se déroule le miracle qui, pour le populaire, a fait de l'évêque d'Amiens le patron des boulangers alors que la légende a été imaginée pour justifier un patronage dont on oubliait l'origine . Nu jusqu'à la ceinture, le mitron retire du four embrasé son fourgon tout verdoyant de feuillage. Sa mère est debout derrière la table où sont posés les pains. Admirablement peint sous la coiffe dont les barbes pendent sur un corsage rouge, son visage exprime un vif étonnement. Déjà l'inscription semblait faire d'elle le personnage principal de la scène : Com[m]ent la mère saint Honoré se esbahi du fourgon qui au four fleuri ». Depuis que la tête de saint Honoré a dû être refaite, ainsi que le visage d'une spectatrice, c'est aujourd'hui la figure la plus intéressante." (J. Lafond)

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Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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3. La Procession du Fourgon Fleuri.

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"l'histoire se termine par la représentation très-mouvementée d'une procession, la procession de Fourgon-fleuri, où l'on portait en grande solennité un fourgon verdoyant. 
On lit: 


COM[M]ENT POVR LE MIRACLE DV FOVRGO[N] FVT FAICTE VNGNE POVRCESSYON. 

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"Le registre supérieur se tient dans une gamme plus claire. On voit d'abord « com[m]ent pour le miracle du fourgon fut faicte ungne pourcessyon ». Derrière la bannière de saint Honoré, un boulanger en tenue de ville élève le fourgon miraculeux, puis vient le clergé : un porte-croix escorté par deux enfants de chœur tenant des flambeaux, deux chantres et deux prêtres en chape. La foule des confrères ferme la marche en sortant, semble-t-il, d'une église. On ne manquera pas de comparer ce cortège peint avec une verve familière à la procession de la charité (baie 18 et 20)." (Jean Lafond)

 

"Les habitants de Port n'ont pas oublié la légende du fourgon fleuri. C'est pourquoi, de nos jours, ils allument encore un feu de joie, le 15 mai, veille  de la fête patronale. L'idée d'organiser ce feu est née d'un rapprochement entre le tisonnier flamboyant du saint et la flamme d'un bûcher. Le grand arbre qu'on brûlera, c'est la représentation gigantesque et populaire du bâton fleuri. On pourrait bien faire remarquer que, dans la légende, c'est la verdure qui triomphe du feu ; au bûcher du 15 mai, c'est au contraire la flamme qui dévore et détruit la végétation de l'arbre ; mais n'y regardons pas de si près. L'idée, très ingénieuse s'imposa chez les premiers organisateurs de ces feux, grâce à l'extrême popularité des feux de la Saint-Jean.

Le feu de Saint-Honoré était allumé autrefois, au centre du village près de la maison du saint. 

C'est après l'office du soir, que la procession quitte l'église et grimpe la côte raide de la route de Sailly. Les rues sont jonchées de feuillages et les maisons, ornées des plus belles fleurs du jardin.

On emporte la châsse du saint , et le grand cierge qui jamais ne s'éteint pendant la marche. Une seule fois, pourtant, le vent eut raison de la flamme ; mais on s'expliqua bien vite pourquoi ; le chantre avait oublié quelques versets... Jadis, suivaient le bâtonnier de Saint-Honoré, les bâtonniers de la Vierge, de Sainte-Catherine, de Sainte Anne..."

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Notez le sol jonché de tiges de fleurs (la fête du saint a lieu de 16 mai), comme pour la Fête-Dieu.

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Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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4. Le saint est intronisé évêque d'Amiens par le pape Vitalien.

"Dans un troisième compartiment, le pape Vitalien, entouré d'un cortège de cardinaux et de prélats en brillants costumes, sacre évêque saint Honoré: l'inscription porte ceci: 


COMMENT SAINCT HONORE FVT SACRE EVESQVE  DE AMIANS. 
 

Description par J. Lafond :

"Le sacre épiscopal de saint Honoré par le pape Vitalien est d'une composition moins heureuse. Les deux cardinaux qui y assistent paraissent singulièrement gauches. Sans doute le peintre verrier ne disposait pas, pour ce dernier épisode, d'un bon modèle." 

Cet artiste était-il Mausse Heurtault, comme l'a supposé Louis Régnier ?

La question devait être posée puisque nous sommes en présence de deux copies faites à un an d'intervalle d'après les maîtres de Beauvais. Il faut répondre par la négative, car le tympan de la vie de saint Jean-Baptiste, la Pentecôte, œuvre authentique et, semble t-il, originale de Mausse Meursault, est d'une facture et d'un style tout différents de ceux du réseau de saint Honoré." (Jean Lafond)

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On remarquera le verre bleu gravé et rehaussé de jaune d'argent utilisé pour la mitre d'Honoré et pour la robe damassée d'un assistant. Et le procédé de représentation du sol par des hachures en tirets sur le sol vert, déjà utilisé dans les scènes 1 et 2, mais qui se retrouve dans les vitraux réalisés par Nicolas ou Engrand Le Prince, par exemple à Gisors (baie 26).

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Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

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LE TYMPAN

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"Le saint évêque d'Amiens, patron du mestier » des boulangers, est représenté au sommet du tympan dans ses vêtements pontificaux. D'une main, il tient sa crosse, et , de l'autre, un livre ouvert. Le peintre verrier ne l'a pas chargé du pain doré, son emblème particulier."

"Les saints logés dans les autres compartiments principaux sont sainte Catherine, sainte Barbe, saint Jacques le Majeur et sainte Austreberte. Derrière la sainte abbesse de Pavilly, un loup s'attaque à l'âne du monastère : pour expier son forfait, il devra faire jusqu'à sa mort le service de sa victime. Des anges adorateurs et des têtes finement peintes complètent ce charmant ensemble auquel répond l'amortissement des lancettes avec des putti et des dauphins, et des soldats porteurs de drapeaux." (Jean Lafond)

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C'est bien-sûr la présence de sainte Austreberthe qui m'interpelle : j'en découvre l'existence, mais j'apprends ceci :

 

"Austreberthe de Pavilly (Sainte Austreberthe) (née en 630 à Thérouanne, Pas-de-Calais - morte le 10 février 704 à l'abbaye de Pavilly) était une religieuse française du Moyen Âge, qui prit le voile très jeune et fut religieuse au monastère du Port dans le Ponthieu. Puis, elle devint abbesse à la fondation de Pavilly, où elle mourut au début du viiie siècle, à l'âge de 74 ans.

Sainte Austreberthe et ses religieuses avaient l'habitude de blanchir les linges de sacristie de l'abbaye de Jumièges distante de quelques lieues de Pavilly. Un âne avait été dressé pour transporter seul le linge d'un monastère à l'autre. Or, un jour, l'âne se retrouva face à face avec un loup qui se jeta sur lui et le dévora.

Sainte Austreberthe apparut, réprimanda le loup, et le condamna à remplir les fonctions dont sa victime s'acquittait auparavant. C'est ainsi que le loup accomplit jusqu'à la fin de sa vie sa tâche avec humilité et soumission.

Sur le lieu de la mort de l'âne fut érigée une chapelle, au VIIe siècle, puis, quand le monument fut ruiné, une simple croix de pierre le remplaça. Elle sera remplacée à son tour par un chêne, dans lequel furent placées plusieurs statues de la Vierge, nommé chêne à l'âne."

Sa présence s'explique peut-être par un culte local à la vallée de la Seine et au diocèse de Rouen, mais aussi peut-être par sa présence au monastère de Port-le-Grand, dans le Ponthieu, lieu de naissance présumé de saint Honoré.

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Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

 

 

 

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Honoré (baie 13, 1536), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

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— BORDEAUX (Raymond ), 1874, Bibliographie : Hagiographie du diocèse d'Amiens par l'abbé Jules Corblet, Bulletin monumental vol 40 pages 398-400

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31059g/f442.item

"Le chapitre consacré par M. l'abbé Corblet à saint Honoré, évêque d'Amiens, est également digne d'être compulsé. On sait que saint Honoré, patron titulaire d'une des anciennes églises de Paris, dont le nom désigne encore l'une des rues les plus importantes de cette grande ville, est le patron des boulangers et des pâtissiers. Pourquoi? M. l'abbé Corblet passe en revue les diverses explications qui ont été données de ce patronage, sans pouvoir offrir aucune conclusion certaine. Un écrivain peu sérieux, A.-V. Arnault, de l'Académie française, a publié en 1833, dans le tome 48 de la Revue de Paris, un article léger, intitulé "Du patronage déféré à certains saints, sur  certaines industries" et en tète il place saint Honoré. Dans sa légende, dit-il, on ne voit rien qui explique le culte particulier que les boulangers lui ont voué. "De sa vie, il n'a mis la main à la pâte." A quoi tient donc la dévotion des mitrons pour saint Honoré? A force de se creuser la tête, notre académicien finit par supposer ceci : "C'était un riche boulanger qui fonda la chapelle devenue plus tard l'église Saint-Honoré de Paris, et cela suffit pour que tous les boulangers suivissent l'exemple de dévotion donné d'abord par leur confrère". 

Malgré ses plaisanteries, A.-V. Arnault se montre aristocrate. Pour lui, comme pour M. Corblet, saint Honoré était le noble fils d'un comte du Ponthieu. Mais les boulangers de Normandie étaient en possession, au XVIe siècle, d'une légende plus populaire. D'après cette légende, peinte avec une couleur splendide sur les superbes vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, saint Honoré, loin de n'avoir de sa vie mis la main à la pâte, aurait commencé par être garçon boulanger; puis, ayant étudié, serait devenu évêque d'Amiens. Cette verrière de saint Honoré, si resplendissante d'éclat et de fraîcheur, fut donnée en l'an de grâce 1536, par la Confrérie des boulangers de Pont-Audemer, dont Jacques Langlois et Robert Aubin étaient alors dignitaires. Elle a été décrite amplement par Mme Philippe Lemaître, qui lui consacre huit pages dans sa Notice des vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer (Rouen, 1853, 3 pages gr.in-8°). 

 

C'est dans la troisième chapelle de la nef, du côté de l'Évangile, que j'ai pu admirer cette peinture de la Renaissance. Le premier panneau, à droite de l'observateur représente l'intérieur d'une boulangerie. Cinq pains sont sur une planche fixée à la muraille par des chevilles de bois Du four allumé, sortent des flammes jaunâtres. Nu, sauf les reins qu'il a ceints d'un linge blanc, ainsi que sa tète, saint Honoré est debout devant l'entrée du four, et en retire son fourgon, qui, loin de sortir noirci du foyer enflammé, apparaît couvert de fleurs et de feuillages. La mère du saint manifeste par ses gestes sa stupéfaction à la vue de ce prodige. L'aspect du fourgon fleuri plonge aussi dans l'étonnement d'autres spectateurs. Au bas du panneau, l'artiste inconnu, mais de grand talent, a tracé cette inscription 
COMENT LA MERE SAINCT HONORE SE ESBAHI DV FOVRGO QVI AU FOVR FLEURI. 

Le second tableau représente une école où un second miracle s'accomplit. Saint Honoré est debout devant un professeur, et tient à la main un livre ouvert dans lequel ce professeur lui indique un passage. Inspiré par l'Esprit-Saint, l'écolier, jusqu'alors ignorant, explique ce passage, et on lit au bas du panneau 

COMENT SAINCT HONORE FVT INSPIRE DE DIEV ESTANT A LESCOLLE. 

Dans un troisième compartiment, le pape Vitalien, entouré d'un cortége de cardinaux et de prélats en brillants costumes, sacre évêque saint Honoré: le socle porte ceci: 
COMMENT SAINCT HONORE FVT SACRE EVESQVE DE AMIANS. 

Enfin, l'histoire se termine par la représentation très-mouvementée d'une procession, la procession de Fourgon-fleuri, où l'on portait en grande solennité un fourgon verdoyant. 
On lit: 
COMENT POVR LE MIRACLE DV FOVRGU  FVT FAICTE VNGNE POVRCESSION. 

Nous avons résumé. ici cette légende, parce qu'elle a échappe aux patientes recherches de M. Corblet, et à celles du R. P. Cahier, dans ses Caractéristiques des Saints
Ajoutons qu'une autre verrière de cette même église de Pont- Audemer représente le martyre subi à Amiens par saint Quentin, 
dont M. Corblet raconte la vie dans le volume qui nous occupe."

— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 194.

 

— CORBLET. Origine du patronage liturgique des boulangers. Le miracle du fourgon reverdissant de saint Honoré était cher à l'érudit abbé qui l'évoqua dans un mémoire sur Quelques Pèlerinages de Picardie, présenté au Congrès Scientifique de France tenu à Amiens en 1867.— CORBLET. Hagiographie..., t. III, p. 42. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5457554s/texteBrut

— DESPORTES ( Françoise), 1981, . Le pain en Normandie à la fin du Moyen Âge. In: Annales de Normandie, 31ᵉ année, n°2, 1981. pp. 99- 114; doi : https://doi.org/10.3406/annor.1981.5421 https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1981_num_31_2_5421

— GATOUILLAT ( Françoise) 2001, Eglise Saint-Ouen : Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France, Paris, CNRS, 2001. p. 194-195.

 

— GATOUILLAT  (Françoise),, "L'utilisation de modèles graphiques dans le vitrail parisien au début du XVIe siècle", dans Michel Hérold et Claude Mignot (dir.), Vitrail et arts graphiques XVe-XVIe siècles, actes de la table ronde de Paris, Ecole nationale du patrimoine, 29-30 mai 1997, Paris, 1999, p. 159.
Michel Hérold, "A propos du "Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste : recherches sur l'usage des patrons à grandeur au début du XVIe siècle", dans Michel Hérold et Claude Mignot (dir.), Vitrail et arts graphiques XVe-XVIe siècles, actes de la table ronde de Paris, Ecole nationale du patrimoine, 29-30 mai 1997, Paris, 1999, p. 182.

— GATOUILLAT  (Françoise), 1996, Eglise paroissiale Saint-Ouen, Pont-Audemer : les verrières, inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, commission régionale Haute-Normandie, Rouen, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, Itinéraires du patrimoine n°103, 1996 ;

— GATOUILLAT  Françoise,Notice © Monuments historiques, 2005,

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Pont-Audemer&NUMBER=4&GRP=0&REQ=((Pont-Audemer)%20%3ALOCA%20)&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

"Une autre (baie 13) reflète aussi par sa facture, l'influence d'un grand atelier de Beauvais. Du point de vue iconographique, les verrières ne comportent pas de programme d'ensemble. Les vitraux sont commandés pour orner les chapelles privatives. Le sujet est le choix du donateur. On peut noter toutefois plusieurs cycles hagiographiques rarement illustrés, ceux dédiés à saint Ouen (baie 18), à saint Mathurin (baie 12) et à saint Honoré (baie 13).  « 

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969 ;

— MONTIER, (Armand), 1895,Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "Pont-Audemer", Normandie monumentale p.97-110. (non consulté)

— OTTIN, sd. [1896], p. 223

— PERROT (Françoise), 1972, M. Baudot et J. Lafond. Églises et vitraux de la région de Pont-Audemer, numéro spécial des Nouvelles de l'Eure, 3e trimestre 1969 , [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1972  130-1  pp. 87-88

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1972_num_130_1_5138_t1_0087_0000_3

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine)  en 1853, non consulté

— REAU (Louis), 1958, iconographie 

— REGNIER (Louis)  en 1899, Compte-rendu d'une Excursion à Pont-Audemer et à Quillebeuf (18 août) ,  in "Annuaire des cinq départements de l'ancienne Normandie publié par l'association normande,  Caen Rouen, Henri Delesques

 https://archive.org/stream/annuairedescinq00artsgoog/annuairedescinq00artsgoog_djvu.txt

"Non contents d'élever un monument imposant par ses dimensions, les paroissiens de Saint-Ouen avaient voulu doter leur église d'une décoration intérieure capable de rivaliser avec la somptuosité de l'œuvre architecturale. Ainsi, selon le goût du temps, les chapelles devaient être fermées de clôtures en pierre, ajourées, qui ne furent sans doute jamais construites, dont nous ne possédons, en tout cas, que les extrémités, liées de chaque côté au pilier voisin. Tout naturellement, l'ornementation de ces clôtures eût été empruntée de façon exclusive au style de la Renaissance, et ce que l'on en peut voir atteste en effet, autant de délicatesse que de goût. Mais nous ne saurions étendre cet éloge aux piscines ménagées dans le mur des chapelles ; ce sont de gauches et monotones compositions, qui ont, il est vrai, subi plus d'une injure, et souffert notamment du plus maladroit des grattages.

D'autres objets, remontant au XVe siècle, mériteraient çà et là d'attirer l'attention. Nous citerons, par exemple, les jolies boiseries mi-gothiques mi-Renaissance qui ferment la chapelle des fonts baptismaux, installée sous la tour inachevée du midi; les fonts eux-mêmes, œuvre de sculpture intéressante, contemporaine des derniers grands travaux de l'église; quelques frises et sculptures décoratives dans les chapelles du nord, ayant, selon toute apparence, servi soit d'appui, soit de couronnement, à des tableaux peints sur bois ou à des retables à personnages en relief, les uns et les autres malheureusement disparus, aussi bien que la grande contre table du maître-autel, commandée en 1535 par la confrérie de charité à Gaspard de Laval, « imaginier » à Caudebec.

Mais ce qui constitue la grande richesse artistique de l'église Saint-Ouen, c'est une collection de verrières polychromes depuis longtemps célèbre et que l'opinion des érudits et des artistes classe à bon droit parmi les plus intéressantes du nord de la France. Décrites une première fois en 1853 par M"'* Philippe-Lemaître, les quatorze verrières de Saint-Ouen de Pont-Audemer ont été récemment l'objet d'un nouveau travail, dû à M. Montier, ancien maire de la ville, sous l'administration duquel commencèrent à être pris des soins de conservation depuis longtemps nécessaires. Le renouvellement des plombs, un nettoyage prudent, une restauration ou plutôt une mise en état sobre et discrète ont rendu à ces belles peintures translucides leur solidité, leur fraîcheur et leur éclat d'autrefois ( Ce travail délicat fut confié à M. Duhamel-Marette, l'artiste bien connu. On a reproché à M. Duhamel d'avoir, dans la verrière mystique, remplacé deux têtes, qu'il affirme énergiquement n'avoir pas appartenu à l'œuvre primitive : l'une de ces têtes était un véritable soleil placé au-dessus du corps de Moïse et traduisant d'une manière peut-être outrée le rayonnement lumineux dont parle la Bible. Le lecteur pourra en juger dans les photographies prises avant la restauration par les soins de la Commission des monuments historiques.).

Tous ces vitraux garnissent les fenêtres des chapelles de la nef. La première baie du côté nord, à partir de l'ouest, renferme les panneaux les plus anciens de tous. Dans cet unique vestige de la vitrerie antérieure au XVe siècle, on voit des figures de saints, surmontées chacune d'un dais gothique, et deux dates, l'une — 1475 — s'appliquant au vitrail lui- même, l'autre — 1551 — indiquant l'époque où il fut complété et définitivement placé à l'endroit où nous le voyons aujourd'hui. Voici d'ailleurs l'inscription, qui a donné lieu à une interprétation erronée :

lan • mil • cccc • Ixxv • fut • ce /te • vriere • fcte ' p ' guille • le • bnvenu • pierre • cardonel •

M*"' Philippe-Lemaître et, après elle, M. Canel  et M. Montier ont pris le premier de ces noms pour celui du peintre-verrier. C'est une erreur manifeste. Guillaume Le Bienvenu figure ici comme trésorier, au même titre que les trois autres. Il était d'un usage courant, à cette époque, que le temporel des églises fût administré par quatre marguilliers .

Plus loin, une verrière, offerte en 1536 par les boulangers, est tout entière consacrée à la vie de saint Honoré, évêque d'Amiens, patron de la corporation. C'est une des plus curieuses de l'église, bien que l'on puisse y relever de fâcheuses défaillances de dessin. Si le groupe des écoliers, par exemple, est d'une grâce ravissante, le saint Honoré dans sa boulangerie et les deux cardinaux de la procession du « fourgon fleuri » paraissent, au contraire, fort gauches.

On peut rapprocher de cette fenêtre la verrière suivante, qui, malheureusement très endommagée, représentait le long martyre de saint Vincent. Peut-être faut-il reconnaître dans l'une et dans l'autre deux œuvres sorties de la même main. Toutes deux se distinguent par une coloration vive et brillante, avec quelques duretés toutefois et même quelques discordances. Le peintre, d'ailleurs, n'était pas sans expérience et savait produire une piquante variété d'effets: les extérieurs abondamment ensoleillés contrastent avec des intérieurs assez habilement traités en clair obscur. Nous croyons avoir reconnu un parti de coloration analogue dans plusieurs verrières des églises d'Elbeuf et de l'église de Caudebec-en-Caux, toutes d'une date à peu près contemporaine.

La Vie de saint Nicolas, qui suit, appartient à une époque un peu postérieure et à un genre sensiblement différent. La palette du peintre s'est enrichie de tons nouveaux : l'artiste auquel nous avons affaire affectionne, par exemple, un jaune doré dont l'emploi répété donne à l'ensemble un aspect tout particulier. Egalement remarquable par l'habileté de la composition, la sûreté du dessin et l'harmonie des couleurs, cette verrière a malheureusement perdu la plus grande partie de ses panneaux inférieurs, que l'on a eu la sagesse de ne pas compléter lors de la restauration récente.

des deux verrières latérales de l'abside de la même église, représentant, d'une part, l'histoire du chef de saint Jean-Baptiste, de l'autre, l'Invention et l'Exaltation de la sainte Croix;

de David terrassant Goliath, puis reçu en triomphe par les filles de Juda, dans le bas-côté sud de Saint-Jean d'Elbeuf;

enfin de la magnifique verrière de la Femme adultère, datée de 1532, dans l'église de Caudebec-en-Caux (deuxième chapelle méridionale).

MM. Palustre et Montrer ont été frappés, à juste titre, de l'étroite parenté qui unit cette Vie de saint Nicolas au grand vitrail de la Loi et de la Grâce que l'on voit ensuite, terminant la série des baies du côté nord. Dans cette dernière fenêtre, nous trouvons de nouveau, mais à un degré plus extraordinaire encore, la perfection du dessin, la hardiesse des attitudes, une science du groupement prodigieuse, un coloris vibrant, égal et bien équilibré, et, dominant le tout d'inoubliable façon, la même note chaude, lumineuse et dorée. Cette page splendide, datée de 1556, contemporaine, par conséquent, du plus bel épanouissement de la Renaissance française, fut à coup sûr l'œuvre d'un artiste de premier ordre, au courant de tous les progrès de la technique, non moins attentif au mouvement des idées en matière esthétique, mais heureusement protégé contre tout excès par un goût sûr et une raison dont son œuvre même atteste la puissance. Nous avons vainement cherché son nom. Tout au plus pouvons-nous nous risquer à rattacher son œuvre à l'atelier qui produisit, vers le milieu du XVP siècle, les vitraux de Serquigny et de Beaumont-le-Roger (1), les admirables panneaux dont il ne reste que des débris à Jouy-sur-Eure, la verrière de la Manne, à Couches, et peut-être aussi la Présentation au Temple de la même église. Mais où chercher elle-

(1) Nous parlons surtout des deux panneaux, représentant l'Annonciation et ia Nativité, qui figurent dans les petites fenêtres latérales de l'abside. Ce sont ceux qui ont le moins souflert des restaurations modernes.

môme l'origine de ces œuvres ? Nous ne saurions le dire. Si Ton en croit M. Palustre, c'est du côté d'Argentan et d'Alençon qu'il faudrait se tourner ; mais, pour notre part, nous ne voyons aucune raison sérieuse de suivre l'auteur de la Renaissance en France dans des observations et des classifications qui sont loin, en réalité, d'avoir le mérite de la justesse.

 

Traversons la nef et continuons notre rapide examen. Nous trouverons, en face de la précédente, une verrière fort intéressante, parce que c'est la seule de la série dont l'auteur soit connu. En effet, le 16 novembre 1535, par contrat notarié, deux ou trois membres d'une famille bourgeoise de Pont- Audemer, les Genouville, alors simples marchands, commandèrent à un peintre-verrier de Rouen, nommé Mauxe Heurtault, un vitrail où devaient être représentées la Vie de saint Jean-Baptiste et, au-dessus, la Descente du Saint- Esprit sur les apôtres ; de plus, voulant faire comprendre à l'artiste le genre qui avait leurs préférences, il lui recommandèrent de s'inspirer avec soin de la verrière consacrée à saint Jean , dans l'église de Saint- Vincent de Rouen (1). Or, grâce à M. Paul Baudry, nous savons que la verrière de Saint- Vincent, qui par bonheur subsiste intacte, porte, avec la date 1525, le monogramme d'un peintre-verrier célèbre, Engrand Le Prince (1). Les productions de l'école de Beauvais excitaient donc dès lors assez d'admiration pour que Ton ne crût pouvoir mieux faire que de les copier. Et, de fait, Mauxe Heurtault imita le plus qu'il put, de la verrière rouennaise, la disposition générale ( Il supprima cependant la Danse de Salomé, remplacée par la scène qui montre la jeune fille apportant sur un plat la tête de Jean-Baptiste. De nombreuses variantes ont également été introduites dans la scène du Baptême, tandis qu'au contraire la Prédication fut presque littéralement copiée.), la richesse des fabriques et, — ce qui, sans doute, importait le plus, — la tonalité merveilleusement sonore. Mais, en dépit d'un talent incontestable, le dessin est plus sec, et le faire n'a pas cette largeur étonnante qui caractérise le modèle. Nous signalerons comme un des meilleurs le personnage du premier plan qui ôte ses vêtements pour entrer dans le Jourdain. Peut-être, si nous ne nous abusons, quelques analogies pourraient-elles conduire à faire honneur au môme peintre de la Vie de saint Honoré et de la Vie de saint Vincent que nous avons vues dans les chapelles septentrionales.

(1) M. Paul Baudry a, le premier, signalé ce curieux document dans sa description des vitraux de Saint-Vincent (1875) ; mais le texte qu'il en donne, p. 94, d'après une copie de M. Gosselin, renferme quelques inexactitudes. Grâce à une très obligeante communication de M. Charles de Beaurepaire, il nous est possible d'en donner ici une leçon meilleure : « Mausse Heurtault, maistre du mestier de verrier en ceste ville de Rouen, dem* en la paroisse S. Nicolas du dit lieu, s'est submis et obligé, par ces présentes, envers ditz de Genouville, bourgeois et marchans, dem" au Pont Audemer, qui présens estoient, faire pour les dits de Genouville, construire, agréer et parfaire... une vitre de la gratideur qu'il disoit luy avoir esté baillée par lesdits de Genouville; et icelle figurer telle et delà sorte que celle qui estédiffiée et construite en l'église S' Vincent de ceste ville de Rouen, qui est la première du costé de devers la maison du grenetier de Rouen; et icelle vitre figurer de la vie de s. Jehan Baptiste, de aussi bonnes pièces, matières et pourtraicts que est celle du dit lieu de S. Vincent ; et faire et figurer aux fourmementz d'icelle vitre une Penthecouste, où seront figurez Dieu, le S* Esperit, Nostre Dame et les apostres ; et icelle vitre rendre toute parfaicte, preste , et icelle asseoir en l'église de S. Ouen du dit lieu de Pont Audemer dedens le jour de Pasques fleuries prochain, à ses despens; cette submission ainsy faicte aumoyen de la somme de Ixx 1. 1.,... » (Min. du tab. de Rouen. Arcli. de la S.-Inf.).

 On voit bien aussi dans cette verrière un écu chargé des initiales M. P., mais la place donné à cet écu au premier plan suffit à prouver qu'il ne saurait avoir la même signification que les cartouches fort peu apparents où se trouvent les lettres E L. I*. : il fait allusion, non à l'auteur, mais à un donateur.

Tout à côté de cette œuvre exclusivement française, on trouve une page au caractère complètement opposé et à la date cependant presque, contemporaine, ainsi que suffit à le prouver le costume des donateurs, f La composition quelque peu théâtrale, l'abondance des draperies, la noblesse des attitudes, l'expression môme des figures • (1), indiquent dans cette Mort de la Vierge l'influence pour ainsi dire exclusive de l'art italien. L'œuvre est, d'ailleurs, remarquable, et serait plus admirée encore si le coloris, à côté d'harmonies charmantes, ne présentait des lourdeurs qui nuisent gravement à l'effet général.

Une très grande diversité de style et d'inspiration règne, — nous ne sommes pas le premier à le faire remarquer, — dans les vitraux de cette partie de l'église.  C'est là, ainsi qu'on l'a dit, un des effets les plus intéressants de l'exécution des chapelles au moyen de donations isolées. » Ainsi, côte à côte avec une scène inspirée des idées les plus hardies, les plus gramme ou des armoiries fort difficiles à déchiffrer. M"« Philippe- Lemaître en a donné la reproduction. — On ne connaît aucune autre œuvre du peintre- verrier Heurtault, dont M. Ch. de Beaurepaire n'a retrouvé la trace, en dehors du marché précité, que dans le passage suivant des comptes de Saint- Vincent ; « Le 18 novembre 1531, [payé] à Mausse Hertault, verrier, pour la refachon de toutes les verrières cassées de l'église et pour la lanterne, x 1. v s. ».

novatrices, les plus favorables aux influences du dehors, nous contemplons toute une série de petits panneaux encadrés d'architectures dont l'aspect, à première vue, est plus gothique encore que Renaissance, rappelant tout à fait, en un mot, les productions de l'art du verrier au XV" siècle. De quelques fragments informes d'inscription qui s'y aperçoivent, M. Ernest de Fréville (1) a cru pouvoir induire que cette verrière avait été posée en 1519. Ce serait assez, en effet, la date indiquée par les costumes. Divers épisodes de la vie de saint Nicolas, de saint Eustache, de saint Jean l'Évangéliste, et l'une des visions de l'Apocalypse, forment dans cette fenêtre autant de sujets d'un vif intérêt iconographique.

La verrière suivante, sans doute de quelques années moins ancienne, représente divers saints isolés et plusieurs scènes de la vie des apôtres Pierre et Paul. L'auteur subissait encore l'influence affaiblie du passé.

Nous arrivons aux trois fenêtres des chapelles terminées sous Louis XII. Les verrières qu'elles enchâssent, loin d'être inférieures en intérêt aux précédentes, fournissent, au contraire, d'excellents spécimens des productions d'une période transitionnelle dans l'art du peintre-verrier comme dans tous les autres. La première, donnée en 1516 par Guillaume Tesson, bourgeois de Pont-Audemer, offre à nos regards plus d'un personnage traité de façon supérieure, — par exemple la Vierge penchée sur le corps de son Fils (la Mise au tombeau) et les deux acteurs de la scène de l'Annonciation, — et les encadrements y récèlent aussi de charmants détails. Quant aux deux autres fenêtres, elles mériteraient de nous arrêter longtemps. De nombreux épisodes empruntés à la vie de saint Ouen sont figurés dans l'une d'elles en de petits panneaux où tout serait matière à examen, où l'œil admire avec un égal plaisir la judicieuse sobriété de l'ordonnance, la grâce, l'aisance, la clarté de l'exécution. L'autre, qui ne paraît pas de la même main et pourrait être môme de quelques années antérieure, est consacrée à la représentation de plu- sieurs miracles eucharistiques d'une identification difficile. Il y a dans tout cela d'inappréciables documents pour l'histoire du costume. Au bas se déroule, sur toute la largeur des deux baies, une procession du Saint-Sacrement, suivie de nombreux paroissiens et précédée de la confrérie de charité, donatrice des deux verrières. M, Ferdinand de Lasteyrie a jugé cette curieuse procession digne de figurer dans sa grande histoire de la peinture sur verre.

Telle est cette brillante série de vitraux, dont l'examen permet de saisir toutes les transformations que subit l'art du peintre-verrier dans la première moitié du XVP siècle. Il faut souhaiter qu'un érudit, doublé d'un artiste, consacre bientôt à ces œuvres remarquables, dont la valeur est aujourd'hui, heureusement, bien comprise, la publication approfondie et abondamment illustrée que comporte un tel sujet, c II est temps », comme le faisait remarquer récemment M. Eugène de Beaurepaire,  il est temps, avec les procédés graphiques dont nous disposons aujourd'hui, de faire connaître, sans distinction d'époque, à tous. Français et étrangers, les trésors infiniment variés de notre art national. N'est- il pas, d'ailleurs, sage et patriotique, en prévision de désastres qui peuvent toujours se produire, d'assurer à ces fragiles monuments le privilège de la perpétuité en en reproduisant l'image? > Peut-être une étude ainsi longuement et patiemment poursuivie, et les comparaisons minutieuses avec les œuvres contemporaines qui en seraient le complément obligé, nous vaudront-elles un jour la réponse à ces questions d'origine, toujours si délicates à trancher. A ce point de vue, il convient de ne pas l'oublier, les plus petits détails ont leur importance, et l'examen des damassés par exemple, auquel M. le comte de Marsy conviait récemment les archéologues, ne manquerait pas sans doute d'amener çà et là des résultats inattendus.  (Les vitraux peints de la cathédrale de Bourges, dans le BulL mon., 1897, p. 396)."

 

 

 


 


 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 16:46

"Et une blance piereselle, et en la piereselle est escript un noval nom cui nus hom ne seit."

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Dans l'Apocalypse de 1313, je trouve cette enluminure du folio 7r où Dieu, dans des nues étoilées, montre à l'église de Pergame un caillou semblable à un œuf :

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f21.item.zoom

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f21.item.zoom

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Késako ? Ce n'est guère mon rôle d'éclairer votre lanterne ou de rafraîchir votre mémoire sur les Lettres aux sept églises qui inaugurent — après la Manifestation du Vivant à Jean — l'Apocalypse et qui forment ses chapitres 3 et 4.  Pardi ! D'autres sauront situer ce caillou dans la Lettre à l'Église de Pergame, "là où Satan habite" et le placer dans la succession des sept promesses faites aux "vainqueurs" (de quelle épreuve ?) : l'arbre de vie aux chrétiens d'Éphèse, la couronne de la vie à ceux de Smyrne, la manne et le caillou blanc à ceux de Pergame, l'étoile du matin à ceux de Thyatire, un vêtement blanc à ceux de  Sardes, et enfin un siège sur son Trône à ceux de Philadelphie.

Peu me chaut ! Je veux d'abord offrir aux internautes cette image du divin caillou blanc, car elle n'est pas si fréquente dans les enluminures de l'Apocalypse. Qu'en sais-je ? Ai-je sondé les quatre apocalypses carolingiennes (celles de Trèves, de Cambrai, de Valenciennes et de Paris) ?  J'en reviens : pas plus de caillou pour Pergame sur leurs enluminures que de cheveu sur la tête de Matthieu. 

Mais les apocalypses romanes ? Ne cherchez pas à me piéger.  Foin de celle de Bamberg, de Saint-Bavon ou de celle conservé à Oxford, où, petit poucet désespéré, j'ai arpenté les manuscrits sans y trouver le moindre gravier.

Les apocalypses gothiques ? La flamande de BnF néerlandais 3, celle de Douce en ancien français vers 1270 à Oxford — Bodleian Douce 180 —, celle de Lambeth, de Namur ocelle de l'Escurial ou  des Cloîtres  se sont données le mot pour bannir de leurs illustrations tous les gravillons . Et le BNF fr. 403 (1230-1250) ? Pas plus de caillou que de juste à Sodome et Gomorrhe.

 

Mais comme je ne suis Argus aux cent yeux, je lance un grand concours, et à celui qui me dénichera une enluminure équivalente à celle-ci,  je promets une des pierres de mon jardin.

.

La peinture du folio 7r est due à un atelier mosan supervisé par un certain Colin Chadewe. Elle illustre les versets Ap. 2:12-17. Saint Jean remet un phylactère à un ange-évêque (celui de Pergame), et, sous deux arcatures, nous assistons aux cultes païens qu'abritent hélas son Église : offrande à une idole et participation à un banquet de sacrifice. 

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f21.item.zoom

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f21.item.zoom

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Pour revenir au coin supérieur gauche, il illustre le verset Ap. 2:17 :

 

Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises: A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit.

Qui habet aurem, audiat quid Spiritus dicat ecclesiis: Vincenti dabo manna absconditum, et dabo illi calculum candidum: et in calculo nomen novum scriptum, quod nemo scit, nisi qui accipit.

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mais ce qui est savoureux, et ce qui, une nouvelle fois, n'est pas (n'était pas) publié en ligne, c'est le texte en ancien français de ce passage  (attention, la transcription vient de moi) :

 

Cilh qui a orelhes il oiet che que li espirs dist as eglises

Al venquant donirai ie le manne  repunse

Et une blance piereselle, et en la piereselle est escript un noval nom cui nus hom ne seit,se cilh non qui le prent.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f20.item.zoom17 

le mot "repunse" qui traduit "caché" est retrouvé dans l'adverbe repunsement "en cachette" du Complément du dictionnaire de l'Académie Française de 1847.

La savoureuse "blance piereselle" est précieuse. Je ne retrouve pas  le mot piereselle dans Godefroy, mais dans Les Vies médiévales de Marie-Madeleine, Brepol 2008, qui donne le sens attendu de "pierre" et les formes pierreselles et piereselle.

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L'Apocalypse de 1313 est accompagné d'un Commentaire .Selon Marie-Thérèse Gousset, c'est une traduction, peut-être d'origine franciscaine (f.87v-166) de l'Exposito Libri Apocalypsis rédigée aux environs de 1200 par Martin de Léon (Martinus Legionensis), un chanoine régulier de la cathédrale San Isodoro de Léon.

http://www.documentacatholicaomnia.eu/04z/z_1130-1203__Martinus_Legionensis__Expositio_Libri_Apocalypsis__MLT.pdf.html

 

Je suis avide d'y découvrir le commentaire de ce passage. Je le trouve au folio 98v. Oh, surprise, il ne reprend pas du tout le même vocabulaire, notamment pour notre fameux caillou blanc. M.T. Gousset qualifie cette traduction de "Un français mâtiné de formes lorraines et picardes."

 

 

Et ge li donrai un blanc chalhoel ce est la conformiteit de cist qui est piere chalhoeaz por la durteit blanz por innocence et el chaloel ce est en cele conformiteit

li donrai un nouvel nom escrit ce est qui figuret sa renouvelerie car il serat vochiez xpc de est v crestiens

lo queil nom nuz ne seit ce est nuz nentent son mysterie. Se cil nom qui prent la renouvelerie

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f204.item

La piereselle s'est transformée en chalhoel ou en chalhoeaz. Le moteur de recherche ne retrouve aucune de ces formes, mais elles sont liées à notre substantif "caillou", comme en témoigne la toponymie, notamment de Seine-et-Marne. En vrac :   Chaloel, 1155, Chailloiau, 1260, Chaillot, 1452 ; = oïl chaillou + ... 1215, Chalevet, 1430 ; = oïl chaillou «caillou» ; Les Cailloteries, à Chalautre-la-Grande. – Le Caillou : Challeau ,  Dormelles (Chaloel 1156). – Les Challois, à Thénisy.  Le Moulin de Chaillouet (Aube) est  connu comme moulin de Chaloel, ou  Chalouel ; Chaillouet, Challoel, Chaloel, Chalouel, Chailloellum, Chaillouel .

Godefroy associe le mot caillou à : challou, chaillous, callous, chailo, chaillou, chillou.

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f20.item.zoom

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f20.item.zoom

.

Il me reste à comprendre ce que représente ce caillou blanc.

Dans le texte original, c'est le mot grec psephos qui est employé. Ce nom désigne 

  1. une petite pierre usée et lisse, un caillou

  2. un vote, un suffrage (à cause de l'utilisation de cailloux pour voter)  car dans les anciennes cours de justice l'accusé était condamné par des cailloux noirs, ou acquitté par des cailloux blancs

https://topbible.topchretien.com/lexique-grec-hebreux/5586/

Ce sens nous renseigne : le caillou blanc indique l'innocence et/ou l'acquittement 

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_infernal/6e_%C3%A9d.,_1863/Psephos

[Mais c'était aussi "sorte de divination où l’on faisait usage de petits cailloux qu’on cachait dans du sable." (Collin de Plancy)]

L'adjectif "blanc" correspond au grec leukos : c'est un blanc éblouissant, vif, brillant, celui du vêtement des anges, de ceux élevés à la splendeur de l'état céleste, et aussi du blanc de la mort. Le mot vient de luke, "lumière". 

C'est un caillou qui irradie de la lumière.

Enfin, le mot psêphos est utilisé en grec également dans les Actes des Apôtres avec la même signification de suffrage  :

Actes 26:10 C’est ce que j’ai fait à Jérusalem. J’ai jeté en prison plusieurs des saints, ayant reçu ce pouvoir des principaux sacrificateurs, et, quand on les mettait à mort, je joignais mon caillou à celui des autres.

Je signale que le mot psêphos est associé à l'activité de compter (psêphidzô signifie « je compte »), tout comme en latin (Calculer calculare se fait avec des calculi ) et en français  (les "calculs" urinaires sont des petits cailloux), car à l'origine on comptait avec des cailloux :  ceux-ci permettent de figurer un nombre. Un caillou figure un point ; deux cailloux figurent une ligne ; trois cailloux figurent un triangle ; quatre cailloux un carré etc…

 Jacques Chopineau (les nombres et la Bible) :

 

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Comparaison de texte.

Je comparerai ce texte à celui de Bnf Fr 403, une Apocalypse glosée rédigée en français un peu avant 1250) . Le commentaire, qui a été conçu à l’origine pour accompagner la traduction, est lui-même la traduction d’un texte qui figure dans la compilation latine connue sous le nom de Bible moralisée dont le ms de Vienne, Österreiche Bibliothek, codex 1179, offre un témoin très proche du ms. Français 403.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447298r/f9.image

La blance piereselle (ou le blanc chalhoel) trouve leurs équivalents avec la forme "une blanche dure pierre" et la blanche pierre clere" :

 

A celui qui veincra donrai le manne couec' et li donrai une blanche dure pierre et en sa pierre sera escript nouveau nun qaue nul ne fiet' fors cil que receit

Ici sunt signifiez treis maneres de pechez qui regnent en plus surs que unt la fei recevee et la tiennent. …

Et a ceus que par charete refraient leur char permet il fermeté de char et clarté a ceo est la blanche pierre clere. Et a ceus ke par' dicrete silence refreigneunt leur cghar langue de mal parler.' promet il la gloire de deu loer de la langue ce » ceo li nuviau nu estcrii en la pierre. 

 

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ANNEXE quelques Apocalypses.

Apocalypses carolingiennes

 

— Commentaire sur l'Apocalypse rédigé par Beatus de Liébana (milieu du viiie siècle - 19 février 798) théologien et abbé léonais du monastère de Santo Toribio de Liébana . (The 'Silos Apocalypse') Commentary on the Apocalypse (ff. 5v-217v); BL Add MS 11695 http://www.bl.uk/manuscripts/Viewer.aspx?ref=add_ms_11695_f005v Pergame http://www.bl.uk/manuscripts/Viewer.aspx?ref=add_ms_11695_f005v

BL add 10456

Trèves   daté du premier quart du IXe siècle, conservé à la bibliothèque de la ville de Trèves (Codex 31).

Cambrai  Cambrai, Médiathèque d’Agglomération de Cambrai, Ms. B 386

Valenciennes BM ms 99

Paris :  vers 900. BnF, Manuscrits, Nouv. acq. lat. 1132 fol. 31v

— BnF lat.1 Première Bible de Charles le Chauve composée en 845-846 au scriptorium de l’Abbaye Saint-Martin de Tours, à l'initiative de Vivien de Tours, quelques exceptions.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8455903b?rk=85837;2

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Apocalypses romanes:

— Apocalypse de Bamberg début XIe siècle

http://digital.bib-bvb.de/view/bvbmets/viewer.0.6.4.jsp?folder_id=0&dvs=1544997829790~193&pid=13423867&locale=fr&usePid1=true&usePid2=true#

— Saint-Bavon, 1120, Rijkuniv ms 92

— BnF lat 8865  Lambertus de Sancto Audomaro , Liber Floridus. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000541b

— Oxford Bodleian Library, Ms. Bodl. 352 Bodley 352, XIIe siècle (et   Bibliothèque Royale Albert 1er, Ms. 3089 und Oxford, Bodleian Library, Ms. Bodl. 352

cf Yves Christé https://www.persee.fr/doc/jds_0021-8103_1984_num_1_1_1476

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Apocalypses gothiques.

— Apocalypse de 1313

— Apocalypse du musée des Cloîtres.  L'Apocalypse du musée des Cloîtres est un manuscrit de l'Apocalypse de Jean enluminé, daté du début du xive siècle, conservé au musée des Cloîtres du Metropolitan Museum of Art de New York (68.174). Il provient de Normandie et a été conservé un temps en Suisse où il a influencé l'enluminure locale.

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/471869

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/471869

— Apocalypse de Douce

https://fr.wikipedia.org/wiki/Apocalypse_de_DouceL'Apocalypse dite de Douce est un manuscrit de l'Apocalypse de Jean enluminé, datant du troisième quart du xiiie siècle, conservé à la bibliothèque Bodléienne sous la cote Douce 180. Le manuscrit contient 97 miniatures. 

 

Apocalypse flamande Bibliothèque nationale de France (Néerlandais 3).  début du xve siècle.  Il présente vingt-trois illustrations en pleine page caractéristiques de l'enluminure pré-eyckienne de Flandres.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10532634z/f15.image

— Apocalypse de Lambeth  L'Apocalypse dite de Lambeth est un manuscrit de l'Apocalypse de Jean enluminé, daté du troisième quart du xiiie siècle, conservé à la bibliothèque du Lambeth Palace (Ms.209). Le manuscrit contient 78 miniatures.

http://trin-sites-pub.trin.cam.ac.uk/manuscripts/R_16_2/manuscript.php?fullpage=1&startingpage=8

— L'Apocalypse de Namur, xive siècle (vers 1320-1330) conservé au Grand Séminaire de Namur, en Belgique.

— Apocalypse figurée des ducs de Savoie daté du xve siècle, conservé à la Bibliothèque royale de l'Escurial E VIT 5 . Commandé par Amédée VIII de Savoie en 1428, il est terminé soixante ans plus tard à l'initiative de son arrière petit-fils Charles Ier de Savoie en 1490. Il est décoré de 97 miniatures illustrant systématiquement presque toutes les pages du manuscrit.

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Autres sources :

Speculum humanae salvationis fin XIIIe

Somme le roi 1279

Hortus deliciarum de herrade de Hohenbourg mort en 1195

.

SOURCES ET LIENS.

 

— GALLICA, Apocalypse de saint Jean en français 1313 BnF 13096

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f21.item.zoom

—GOUSSET (Marie-Thérèse), BESSEYRE (Marianne), 2015, Commentaire du fac-similé de l'Apocalypse de 1313, Moleiro editeur.

 

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Published by jean-yves cordier
16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 11:23

Zoonymie des Odonates : le nom de genre Ophiogomphus (Sélys, 1854).

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

.

 

 

Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé : 

Genre Ophiogomphus Sélys, 1854 Synopsis des Gomphines :39. Le préfixe ophio- , du grec ancien ὄφις, óphis (« serpent ») est associé  au nom du genre Gomphus car Sélys place dans son genre l'espèce que Charpentier avait décrite en 1825 sous le nom d'Aeschna serpentina en raison de son abdomen étroit et coloré évoquant un serpent. Cette espèce sera ensuite nommée O. cecilia Fourcroy 1785.

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LE NOM DE GENRE OPHIOGOMPHUS

 

Ophiogomphus, Sélys, 1854, "Synopsis des Gomphines", Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Vol.21 pages 23-112,  page 39

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/620/mode/1up

 

La publication originale.

Sélys divise son genre Ophiogomphus en sous-genres Ophiogomphus et Ceratogomphus. Le sous-genre Ophiogomphus renferme les espèces Menestrisii, crotalinus, colibrinus, serpentinus et cerastis, la seule espèce européenne étant O. serpentinus décrite par Toussaint de Carpentier en 1825.

 

"Genre 3. — OPHIOGOMPHUS, De Selys.

Gomphus, Ramb., De Selys.
Diastatomma, Burm.
Aeshna , Charp.

Appendices anals supérieurs du mâle de la longueur du dernier segment; l'inférieur très-fourchu, à branches contiguës ou presque contiguës.

Patrie : Europe, Asie, Afrique, Amérique.

Sous-genre 3. — OPHIOGOMPHUS, De Selys.

Thorax jaune avec six bandes foncées en avant. Abdomen noir à taches dorsales lancéolées jaunes. Appendices anals aussi longs que le 10e segment, qui est la moitié plus court que le 9e.

♂ Appendices supérieurs fusiformes simples ; l'inférieur égal, à branches contiguës, à pointe mousse.

♀ Écaille vulvaire médiocre échancrée.

Patrie : Europe, Asie, Amérique.

1er groupe : (CROTALINUS.)

Ptérostigma jaune. Tête et thorax jaunes à dessins roux peu distincts.

♂ Appendice inférieur très-courbé en haut. ♀ Occiput droit sans cornes submédianes.

20. Ophiogomphus? Menetriesii, De Selys.

Abdomen environ 35. Aile inférieur 29.

Tète jaune, excepté l'espace des ocelles, celui entre les yeux et le bord cilié de l'occiput, qui sont noirs. Devant du thorax jaune, avec deux raies médianes contiguës, presque effacées, une antéhumérale et une humérale équidistantes roussâtre pâle.

♂ (Appendices manquent.)

♀ Inconnue.

Patrie : Brésil? (Musée de St-Pétersbourg.)

21. Ophiogomphus Crotalinus, Hagen. Abdomen ♂ 36, ♀33. Aile inférieure ♂ 31, ♀ 29.

Tête jaune olivâtre, excepté une marque brune entre les ocelles et une bordure presque nulle de même couleur au sommet cilié de l'occiput. Devant du thorax jaune, avec apparence de deux bandes médianes et d'une humérale roussâtre pâle.

♂ Appendice inférieur jaune, fortement recourbé en haut à son extrémité.

♀ Appendices jaunes, bruns au bout, pointus, un peu plus longs que le dernier segment, séparés par une forte protubérance jaune. Écaille vulvaire échancrée.

Patrie : Mexico. (Musée de Berlin.)

2ème groupe : (SERPENTINUS.)

Ptérostigma brun. Tête et thorax jaunes, à dessins noirâtres bien marqués.

♂ Appendice inférieur presque droit.

♀ Occiput avec deux petites cornes submédianes.

§1. Bandes noires du thorax étroites; les deux médianes linéaires.

22. Omphiogomphus colubrinus , De Selys. Abdomen 35. Aile inférieure 29.

Face jaune avec une ligne noire bien marquée au bas du front et une autre au bas du nasus. Lèvre supérieure distinctement bordée de noir en avant et à la base. Devant du thorax avec six raies brun noirâtre assez étroites; les médianes contiguës, touchant le bord antérieur par un prolongement médian, non confluentes avec l'antéhumérale, qui est presque contiguë à l'humérale, dont elle n'est séparée que par une ligne jaune, très-étroite.

♂ Appendice inférieur jaune bordé de noir en dehors.

♀ Inconnue.

Patrie : Territoire de la baie d'Hudson. (Collect. Selys.)

23. Ophiogomphus Serpentinus . Charp.

Aeshna Serpentina Charp.

Aeshna spectabilis , Eversm.

Gomphus serpentinus  , Ramb. de Sélys."

 

 etc...

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ETUDE DU NOM OPHIOGOMPHUS.

Le préfixe ophio- , du grec ancien ὄφις, óphis (« serpent ») indique un rapport avec les serpents dans de nombreux termes de zoologie.

Il est ici associé  au nom du genre Gomphus de Leach (du grec γόμφος = massue, rivet) , Ce suffixe ophio- est choisi d'après  Aeshna serpentina de Charpentier (Horae  Entomologicae :25, 1825), synonyme junior de O. cecilia.. En 1840, dans sa Monographie des libellulidées, Sélys l'avait d'abord placé dans son genre Gomphus et l'avait rebaptisé Gomphus serpentinus, "le Gomphus serpentin".

 

Le genre Ophiogomphus contenait à sa création les espèces  Menestrisii, crotalinus (aujourd'hui Erpetogomphus crotalinus), colibrinus, serpentinus et cerastis parmi lesquelles nous retrouvons les noms du serpents Eryx colubrinus Linnaeus 1758, de la sous-famille des serpents à sonnette Crotalinus, de la vipère à cornes Cerastes cerastes

Le nom de serpentina n'a pas été attribué par Charpentier en raison des  deux petites cornes submédianes de l'occiput de la femelle, mais parce qu'il considère que le nom  Aeschna signifie "serpent" et que ce nom est lié à la forme étroite de l'abdomen et de son aspect et peinte [colorée] (bien que cette signification du nom Aeschna sembla avoir échappé à Linné et aux autres auteurs  : Aeschnam, cui nomen Serpentinae propter abdominis tenuitatem et picturam imposui, nec Linneus nec alii scriptores accuratius cognovisse videntur.

Charpentier, Toussaint de, 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis /Wratislaviae :apud A. Gosohorsky,1825.

https://books.google.fr/books?pg=PA25&id=knlIAAAAYAAJ&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Aeschna serpentina : A. thorace flavido, characteribus nigris, abdomine utriusque sexus attenuato: maculis dorsalibus lateralibusque flavis: appendicibus maris et foeminae quatuor flavidis, subtus atris. • Schaeff. Icom. Tab. 190. fig. 3. Habitat im Silesia. Species quatuor distinctae et diversae, quamvis valde affimes. Aeschnam, cui nomen Serpentinae propter abdominis tenuitatem et picturam imposui, nec Linmeus nec alii scriptores accuratius cognovisse videntur. Altera, quam A. flavipedem adpello, maximopere cum A. forcipata convenit et semper cum hac confusa esse videtur; igitur solummodo de symonymia Aeschmarum forcipatae et hamatae agendum est. Aeschmam forcipatam Linneus primus in Fauna Suecica sub momime Libellulae forcipatae descripsit, et tam accurate et egregie, ut descriptio melior mom possit inveniri, et animalculum ex ea optime dignoscatur. Erravit vero, ut mihi videtur, vir praestantissimus, cum icones Reaumurianas [Tom. IV. Tab. 10. fig. 4. et Tom. V. Tab.

 

 

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LES AUTEURS EN ZOONYMIE.

 

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DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Ophiogomphus : Selys, 1854, from Grk. ὄφις = snake + connecting vowel -ο-+ γόμφος = bolt, rivet, peg

 


 


.
D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

"-Ophiogomphus - ophion, onis = ofide, serpente + Gomphus. Per l’aspetto serpentiniforme di questi gonfidi.

 

 

.
H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

 "Notes on some elements of genus names It is well known that since the eighteen forties more and more dragonflies were described due to the progress of worldwide exploration (cf. FLIEDNER 1997: 21sq.). Therefore old genera were split into new ones, which often kept the previous names as a constituent of a compound name, combined with an allusion to a species, that seemed to be characteristic for the new genus: e.g. Ophio-gomphus consists of Gomphus Leach and gr. ophis - serpent, derived from Gomphus serpentinus (Charpentier) [currently O. cecilia (Fourcroy)].

Ophiogomphus [gr. ophis - serpent] has its name after O. serpentinus (Charpentier), a junior synonym of the following species which was in use when Selys established the genus. 

.
VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Ophiogomphus Ophios = slang, vermoedelijk afgeleid van serpentinus = slangachtig Ophiogomphus cecilia

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SOURCES ET LIENS.
.
Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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