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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 10:49
  • Le pilier des tanneurs (1526) de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors.

 

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"À la tannerie, tous bœufs sont vaches, à la boucherie, toutes vaches sont bœufs" Proverbe

Église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Piliers du bas-coté sud de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Piliers du bas-coté sud de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Le Pilier des Tanneurs appartient à la deuxième chapelle du collatéral sud de la nef. Le bas-coté était en effet divisé par des clôtures et du mobilier en chapelles de confréries (Avant la Révolution, Gisors ne comptait pas moins de trente-et-une confréries ; l'église compte 22 chapelles). Après la chapelle des tanneurs venait la chapelle Saint-Louis, celle de la confrérie (1502) des officiers royaux du baillage de Gisors, marquée de son pilier. Puis la chapelle Saint-Clair (confrérie de 1514 pour les maçons et tailleurs de pierre),  la chapelle Sainte-Barbe et celle de Sainte-Catherine.

Les tanneurs et mégissiers sont prospères à Gisors dès le XIIIe et XIVe siècle, et le tannage était l'une des principales activités économiques de Gisors au XVe et XVIe siècle. Les professions liées à l'élevage (celle des bouchers et celle des tanneurs notamment), en plein essor à la fin du Moyen-Âge, participèrent fortement à la reconstruction des églises. Mais avant la Révolution, l'installation des moulins à tan (ou chamoiserie) était le privilège des seigneurs (nobles ou abbayes) . Le plus ancien plan d'archive d'un moulin à chamoiser connu en Franceest celui de Gisors, sur la rive droite de l'Epte, même s'il date du XVIIIe, avec son hangar à écorce et sa batterie de 3 fosses à tanner. (J.P.H. Azema). Un "moulin tournant à battre écorce" à est notifié dans les archives de Gisors en 1689.

 

 

"Aux treizième et quatorzième siècles, l'histoire fait mention des tanneries de Gisors. Au seizième siècle, les tanneurs, mégissiers et corroyeurs formaient une corporation riche et puissante dont les établissements occupaient une grande partie de la rue Cappeville et de la rue de Paris. Ce sont eux qui ont donné le nom au quai connu sous la dénomination de Fossé aux tanneurs; ils occupaient le quatrième rang dans les corps de métiers et commerce. L'industrie des peaux alla toujours en déclinant., et en 1789, on comptait encore dans Gisors et son canton 4 tanneries, 4 corroieries, 6 mégisseries et 1 parcheminerie." (Charpillon)

Cette industrie  était particulièrement nuisible pour la qualité de l'eau de la rivière, l'Epte, et était installée, en aval des Bouchers dont elle achète les peaux,, dans une rue au nom significatif, celle du Fossé-aux-tanneurs : "La «rue du Fossé-aux-Tanneurs », qui part de la place du Marché-au-Poisson pour aboutir à la rue de Paris, indique assez, par son nom, ce qu'elle était à son origine : le siège d’une industrie qui utilisait, pour ses besoins, les eaux baignant l’enceinte du bourg, qu’elle côtoyait sur toute sa longueur." Voir CPA. ou CPA Delcampe. La rue voisinait une maladrerie , « L’hôtel-Dieu » situé dans l’ile Lebon, bornée par les eaux du Fossé-aux-Tanneurs, le bras de l’Epte qui passe sous le Pont-aux-Danois ou des Renfermés, et la rivière d’Epte, qui longe toute la rue de Paris. 

Le Règlement des tanneurs de Gisors date du 4 mars 1449 du 15 mars 1474.  La confrérie Saint-Claude fut fondée en 1501, et elle fait ajouter au Règlement la clause que  tout apprenti alloué pour apprendre le métier de tanneur  sera tenu à son entrée de payer la somme de 40 sols parisis, et quand il sera passé maître, la somme de 100 sols parisis, répartie pour moitié à la confrérie "de monseigneur  sainct Claude, qui est la confrarie du dit mestier," et l'autre moitié aux juré et gardes du dit métier.

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La confrérie devint quelques années plus tard  suffisamment riche et influente  pour obtenir de s'installer dans la seconde chapelle du collatéral sud de l'église. La chapelle était en construction en 1522. En 1526, il y fut posé un vitrail exécuté par l' atelier de Beauvais d'Engrand Le Prince (baie 26) . L'autel était en service en 1528-1529. (E. Hamon)

Le pilier est hexagonal et se divise en son sommet en six nervures. Les six faces sont lisses, sans sculptures, dans leur partie basse jusqu'à la moitié de leur hauteur, puis sont ornés de bas-reliefs divers et d'abord déroutants par la diversité des motifs.

Les  motifs les plus repérables sont les panneaux à figures humaines, mais il y a aussi des lettres, des hermines, des blasons et des ornements Renaissance, comme s'il s'agissait d'un gigantesque rébus dont les clefs seraient ésotériques. 

Avec un peu plus d'attention, il est possible de voir que chaque face sculptée est divisée en dix registres. D'autre part, en tournant autour du pilier, nous constatons laborieusement que les lettres du registre 3 forment une inscription : S.C.L.A.V.DE,  qui voue ce pilier à saint Claude. Ce dernier, abbé de Saint-Oyend dans le Jura puis évêque de Besançon au VIIe siècle, et dont le corps fut retrouvé intact au XIIe siècle, est le patron des tanneurs.

Un peu plus bas, en registre 6, une bande étroite reçoit l'inscription YE. FUZ ICY. ACIS LAN. 1526.  La première part de cette inscription va nous servir pour désigner la face concernée comme étant le point de départ de la lecture de l'ensemble des registres, et pour attribuer à chaque face un numéro de I à VI.

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Voici le contenu des registres énumérés de haut en bas :

1. Inscription MARIAM, constituée des lettres majuscules RI. A. en IV et V, encadrées des autres lettres en minuscule et écrites par des  bandes d'étoffe en lés.

2. Blasons (de Normandie, de Gisors, de Naples) et Arma Christi.

3. Dédicace à St Claude : S.C.L.A.V.DE.

4. Hermines groupées par deux sur chaque panneau. Croissants également par paires.

5. Alternance  de monogrammes marial et christique MA et IHS.

6. Inscription: YE . FUZ .  ICY . ACIS . LAN .1526.

7. Niches à coquille où figurent soit des  blasons (I, IV) soit des tanneurs au travail.

8. Niches à coquille recevant les figures de tanneurs au travail, ou de saint Claude en face V, vénéré par  deux membres honorables de la Confrérie en IV et VI.

9. Étroite bande dont trois rectangles reçoivent des inscriptions : IHS (Jésus) en III, S. CLAUDE en V, MARIA en VI.

10. Panneaux ornementaux à thèmes de la Renaissance (grotesques, bassins et oiseaux affrontés, ...).

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DESCRIPTION.

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Mes images ont été prises lors de ma visite touristique, sans éclairage particulier, et sans échafaudage !

Il ne m'est pas possible de proposer les  60 photographies correspondantes aux 60 panneaux (10 x VI). Faut-il suivre un ordre de lecture vertical, par face du pilier hexagonal, ou horizontal, par registre ? Chaque sens possède sa cohérence !

Je débute, car il attire les regards, par le registre 8, celui des membre de la confrérie des tanneurs autour  de leur patron saint Claude.

J'ai obtenu la collaboration d'une guide-conférencière de talent, Claude Rouit-Berger. C'est elle qui s'exprime entre les petits guillemets, mais j'ai fait appel également à Jérôme Joseph Le Français de Lalande pour des précisions techniques et des illustrations sur l'Art du tannage.

Je rappelle que cet art consiste à transformer des peaux d'animaux pour les transformer, lors d'un traitement qui dure 1 à 2 ans, en cuir imputrescible.

Introduction.

"Au XVIe siècle, les confréries étaient nombreuses à Gisors : confréries pieuses, confréries de métiers. Plusieurs d'entre elles avaient, dans l'église, une chapelle qu'elles ornaient d'œuvres d'art de tous genres. Les tanneries représentant alors la principale industrie de la ville ( Au XVIIe siècle, les tanneries disparurent de Gisors et furent remplacées peu à peu par des couvents : Mathurins, Récollets, Ursulines, à la Révolution. Anonciades, Carmélites, eux-mêmes ensuite dispersés.  On voit encore à Gisors une « Maison des Tanneurs » et une rue du « Fossé-aux-Tanneurs » ), leur confrérie était particulièrement riche.

Une chapelle était consacrée à leur patron, saint Claude, devant laquelle, en 1526, ils firent élever et décorer le charmant pilier fantaisiste qui est un des plus gracieux ornements de l'église de Gisors.

Sur les six faces du pilier et disposées en deux étages, des sculptures extrêmement pittoresques retracent des scènes relatives aux travaux des tanneurs et à leur confrérie." (Claude Rouit-Berger)

 

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LE REGISTRE 8.

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"Chacun de ces bas-reliefs est couronné d'une coquille Renaissance et sa base est enjolivée d'arabesques entourant parfois un cartouche, le motif variant chaque fois." Sur les faces I à III, trois petites scènes permettant de suivre les diverses étapes, scrupuleusement observées, du tannage.

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Registre 8 face I. Un tanneur au travail.

"Un personnage très pittoresque, coiffé d'un bonnet à grande plume et jugulaire au menton, a relevé les manches de sa chemise dans l'ardeur du travail. Il prépare en les piétinant des mottes à brûler, de tourbe sans doute, qui vont servir à chauffer une étuve, et, pour les tasser plus à l'aise, il a ôté les gros chaussons que nous voyons aux pieds de tous les autres travailleurs. L'échauffe à l'étuve a pour but d'amollir les peaux, de manière à réduire l'adhérence du poil et à rendre ainsi l'ébourrage plus aisé." (Claude Rouit-Berger )

 

L'interprétation de C. Rouit-Berger laisse perplexe, car l'étuve n'est pas figurée. Je note la présence d'une pelle, et celle d'une espèce de poireau.

Victor Patte y voit  l'écorçage du chêne, le plainage et la fabrication des mottes de tan.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 8 face II. Deux tanneurs et leurs foulons.

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"Sur une des faces du pilier hexagonal, deux ouvriers, travaillant à l'aide de foulons, ramollissent les peaux dans une grande cuve de bois emplie d'eau : c'est le dessaignage. Ils ont mis des tabliers et la position contournée de l'un d'eux trahit un effort presque douloureux. " (Claude Rouit-Berger )

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La première étape du traitement des peaux est leur lavage, pour éliminer les plus grosses impuretés, et, si les peaux ont été salées, pour ôter le sel et les réhydrater. Mais ce lavage a plutôt lieu en rivière.

Lorsque les Cuirs en poil qu'on veut habiller sont verds, c'est-à-dire,qu'ils conservent leur humidité naturelle, ou qu'ils sont encore frais, on commence par les mettre tremper dans l'eau, seulement pour les désaigner, les nettoyer du sang & des ordures qu'ils amassent à la tuerie. Comme le lavage est une opération qui revient sans cesse dans l'Art du Tanneur, il s'ensuit qu'une tannerie doit être établie au bord de l'eau, & s'il se peut d'une eau coulante  & qui ne soit pas aussi dure & aussi astringente que le sont souvent les sources qui coulent immédiatement des rochers. Si la tannerie est sur le bord d'une eau coulante & rapide, on est obligé d'attacher les Cuirs à des pieux fichés au fond de la rivière. Si les Cuirs sont secs, on les met également dans l'eau ; mais on les laisse tremper plus long-temps pour les ramollir. " (J.J. Le Français de Lalande)

 

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 8 face III. Un tanneur face au chevalet de rivière.

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"Ensuite, les peaux sont nettoyées et étirées au couteau rond sur le chevalet : c'est le craminage, effectué par un tanneur aux cheveux ondulés sous son chapeau, auprès duquel se tient un petit chien essorillé qui ressemble à une belette." (C. Ruit-Berger)

Il s'agit de continuer le nettoyage en ôtant, coté fleur, les poils, et coté chair, les morceaux de graisse ou de sang, avec un couteau sans tranchant, le couteau rond.

 

"On les retire une fois chaque jour pour les craminer ou leur donner une passe, c'est à dire, les étirer sur le chevalet avec le couteau, ou plutôt un fer qu'on appelle en Auvergne Herbon, ou Couteau rond ; souvent même on les foule, afin de les rendre plus souples & les faire tremper plus vîte; on les rejette dans l'eau, & l'on renouvelle ce travail chaque jour jusqu'à ce que les Cuirs soient bien revenus, c'est-à-dire, bien amollis par le trempement & le craminage.

.On laisse ensuite tremper les Cuirs jusqu'à ce qu'ils soient bien soulés d'eau, c'est-à-dire,jusqu'au point où l'on commenceroit à craindre la corruption; car il est d'expérience que plus un Cuir a trempé, mieux il réussit à l'apprêt, & meilleur il est.

Cependant il y a un terme; car les peaux dans le travail de rivière, tendent à la corruption ; on en juge par l'odeur désagréable qu'on éprouve dans les endroits où il se fait. Il faut donc examiner avec soin le point de saturation ; il faut aussi considérer que dans certaines eaux, comme celles de la rivière des Gobelins, la boue, les teintures & autres parties hétérogènes, piquent les Cuirs si on les laisse trop longtemps dans l'eau ; les gros Cuirs n'y doivent pas avoir plus de six heures de boisson ; les Vaches à œuvres, vingt-quatre heures ; les Veaux, quarante-huit heures. " (J.J. Le Français de Lalande)

Comparer à la scène de droite de la baie 18 de Chartres.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 8 face IV. Un seigneur, ou un Juré de la confrérie des tanneurs.

"[Saint Claude occupe la place d'honneur] "Deux confrères portant un cierge s'agenouillent à ses côtés. Ceint d'une épée, l'un d'eux est vêtu d'un manteau court qui forme de grands plis droits en tuyaux d'orgue. "(C. Ruit-Berger)

" Il se pourrait fort bien que ces effigies sculptées reproduisissent les traits de deux membres importants de la confrérie qui auraient contribué plus spécialement à la construction du pilier et qu'on aurait voulu honorer de la sorte : leurs physionomies, celle du plus âgé surtout, portent à le croire. " (id.)

L'organisation de la profession de tanneur. Apprentis, Maîtres, et Jurés.

Les statuts des tanneurs de Paris avaient été décrétés par Philippe VI en 1345. Ces statuts stipulaient déjà :

Que, ès villes de Paris, de Pontoise, de Gisors et de Chaumont, ou en chacune desdites villes, seront quatre prud'hommes jurés dudit métier de tanneur, pour regarder et visiter toute matière de cuir tanné, pour savoir qu'il soit bon et loyal et bien suffisamment tanné avant qu'il soit mis en vente; et si par eux est trouvé bon et loyal et bien tanné, qu'il soit signé d'un certain seing en chacune ville accoutumée"

Comme dans la capitale, la corporation des tanneurs de Gisors, régie par le Règlement de 1449 qui reprenait les statuts parisiens,  était organisée en apprentis et en maîtres.

Seuls pouvaient être tanneur à Gisors  les fils de maître, et les apprentis après cinq ans d'apprentissage, à condition de résider dans la ville. Il devra prêter serment devant la justice qu'il fera ou fera faire à son pouvoir bonne œuvre et loyale, et qu'il respectera les ordonnances du Règlement. Un seul apprenti est autorisé par maître. 

Deux maîtres devaient être nommés jurés du métier pour visiter (inspecter) le cuir, pour  en vérifier le tannage avant sa mise en vente, et le  "signer de son seing". 

 

Et premièrement, Nul ne pourra estre tenneur en la dicte ville s'il n'est filz de maistre, ou s'il n'a esté aprentiz cinq ans du moins au dit mestier, par quoy il sache faire bonne œuvre et loyal. Item, que tel fîlz de maistre ou aprentiz ne autre personne quelconque ne pourront avoir ne tenir le dit mestier au dit Gisors, ne user de franchises et previllèges par estranges tenneurs et ouvriers, se ilz ne sont residens et demourans en la dicte ville, et se ilz ne le font faire à leurs propres lieux et hostelz pour les faultes et mauvaises œuvres qui y pevent estre faictes.

Item, et quant aulcun vouldra lever le dit mestier sera trouvé par les maistres suffisant, il sera tenu faire serment par devant la justice qu'il fera ou fera faire à son povoir bonne œuvre et loyalle, et gardera les ordonnances d'icelluy mestier de poinct en poinct, et le proffict du commun peuple sans y souffrir, consentir, ne commettre fraulde, chose qui soit contre les dictes ordonnances, et s'il vient à sa congnoissance que aucun face le contraire, il le fera sçavoir ausdictz maistres et jurez. Item, et que chascun tenneur puisse avoir ung aprentiz seullement, toutes voies par tel temps et pris comme le maistre et aprentiz seront d'accord, sauf que ce ne soit pas à moins de cinq ans, et les cinq ans finiz, l'aprentiz s'en pourra départir et devenir maistre en la manière dessus declairée et non autrement.

 

Item, et que en la dicte ville de Gisors ait deux preudes hommes jurez du dit mestier de tennerie, pour regarder à visiter toute manière de cuir tenné, pour sçavoir qu'il soit bon et loyal, bien et suffisamment tenné, avant qu'il soit mis en vente, et se par eulx est trouvé bon et loyal, qu'il soit signé du seing sur ce ordonné par justice, et s'il n'est suffisamment tenné, qu'il soit arrière remis en tan, jusques ad ce qu'il soit bien tenné ;

Après les ordonnances de Charles VII et de Louis XI, Henri IV, par un édit de juin 1585,  ordonna "que dans toutes les villes et tous les gros bourgs du royaume où il y aurait des tanneries, les cuirs seraient vus et visités par les maîtres, gardes et jurés des métiers de tanneur et cordonnier, deux de chaque métier pour le moins, en présence d'un prud'homme et notable bourgeois qui devait être élu chaque année en assemblée de ville; il ordonne de plus que les cuirs seraient apportés pour cet effet, aux halles et marchés publics, et qu'ils y seraient marqués. En conséquence, il fut créé dans chaque ville un contrôleur-marqueur de cuirs en titre d'office formé." (L'Art du tanneur, de Lalande)

Ces contrôleurs fut désignés sous le nom de Jurés garde-halle et Jurés du marteau, et la marque de son marteau devait être déposée devant la juridiction concernée.

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Le personnage représenté : un Juré du marteau ?

Ce personnage est figuré de profil, un genou demi-fléchi, le bonnet à la main et tenant un cierge : autant de marques de respect à l'égard de saint Claude, représenté au panneau suivant.

Il porte une épée au coté gauche, ce qui est le privilège des nobles : est-ce un officier, a-t-il acheté un office ?

Il est vêtu d'un manteau mi-long et à manches ne dépassant pas le coude, laissant voir une chemise aux poignets plissés.

À la manche droite est suspendu un accessoire en tissu, semblable à un sac. 

S'il s'agit d'un tanneur (car il pourrait aussi s'agir d'un seigneur ou officier royal de Gisors), il  s'agit certainement du membre le plus honorable de la confrérie : je suggère qu'il s'agisse d'un des deux Jurés du marteau. Ce sac ne contiendrait-il pas l'instrument qui caractérise son pouvoir ?

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 8 face V. Saint Claude en Abbé.

 

"Naturellement leur patron, saint Claude, occupe la place d'honneur. Revêtu des habits d'évêque, assis sur un trône, mitré et auréolé, il tient une croix de la main gauche et donne de la droite la bénédiction. (Claude Rouit-Berger )

Il est tourné vers le personnage de droite et il le bénit, ce qui confirme la préséance de ce dernier.

Il ne tient pas une crosse, mais une croix : est-ce un indice pour le voir représenté comme abbé de Saint-Oyend-de-Condat plutôt que comme évêque de Besançon ?

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 8 face III. Un maître de la confrérie.

"L'autre, plus jeune, porte un vaste manteau à pèlerine par-dessus un pourpoint ; il tient un chapelet et une gourde." (Claude Rouit-Berger )

Ce personnage ne porte pas l'épée, mais le "manteau à pèlerine" est un signe d'opulence au moins aussi remarquable que dans le cas du personnage précédent. D'autres détails demanderaient à être examinés de près, comme la chaîne qui passe en diagonale comme un baudrier et à laquelle est accroché un objet, ou bien l'étui passé à la ceinture grâce à une sangle terminée par un bouton. 

La "gourde" en est-elle vraiment une ? Elle est fixée par une sangle à la manche, sous le coude, exactement comme le sac du personnage qui lui fait face ; sa panse est maintenue grâce à un geste très élégant de l'index. Ce flacon possède certainement une fonction plus honorifique qu'une vulgaire gourde.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE 7.

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Registre 7 face I. le blason des tanneurs.
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" sur [cette] face est figuré l'écusson de la corporation". 

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Ce cartouche en forme de cuir découpé, particulièrement adapté ici,  est sommé par une arborescence ("un chêne arraché") rappelant que le tannage consiste, entre autre, à  le traiter par action des tanins extraits d'écorce de chêne. Le cuir lui-même porte, en haut, un instrument tranchant à manche qui se nomme "demi-rond" et sert à écharner  une peau fraîchement tranchée, et d'en ôter les restes de chair. 

Il resterait à trouver le nom et l'usage de la bande légèrement convexe et cambrée par une moulure médiane.

Ce sont ici les armoiries de la corporation, proche de celles qui figurent à deux reprises sur le vitrail de la chapelle. Le couteau demi-rond figure très souvent, comme outil emblématique de la profession, dans les armoiries des tanneurs et est désigné par le terme d'escharnoir ou écharnoir. Outil des corroyeurs, il porte aussi le nom de couteau à revers (car il est emmanché à revers), de Drayoire ou de Butoir. (J. Savary des Brûlons). J'en retrouve de beaux exemples sur les images en ligne à Obernai, où ils sont souvent en paire et croisés. Mais on les note à Gand, à Anvers, à Sélestat, à Parthenay, à Champdeniers-Saint-Denis, etc.

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Couteaux de tanneur et chevalet de rivière. Le couteau à ébourre et écharner est la figure n°21.

 

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Surtout, ce blason  figure à deux reprises au sommet du vitrail offert par les tanneurs en 1526. La disposition des objets est inversée, et l'objet mystérieux du pilier se révèle être un récipient peu profond.

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Blason des tanneurs, baie 26 de l'église de Gisors. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Notez aussi la graphie YE de l'inscription.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 7 face II. Un tanneur et ses outils.

Noter aussi l'inscription FUZ qui appartient au sixième registre.

 

"Un ouvrier, près duquel est posé un panier, tient un foulon et des pinces de tannerie."

Ce tanneur,vêtu d'un tablier à manches courtes et plissées, tient à droite un long bâton et à gauche une pince. Son pied droit est posé sur un objet que je n'identifie pas.

La pince est celle qui figure sur la planche 1  de l'Art du tannage, lettre C. Deux ouvriers nous en montrent l'usage, celui  de saisir les peaux lorsqu'elles trempent dans le bain de chaux ou d'alun. Elle porte le nom de "croc de pelanage"

Le bâton est  un foulon nécessaire pour remuer les peaux dans le bain de tannage.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 7 face III. Banquet de corporation.

"Trois tanneurs attablés se reposent de leur travail en buvant et mangeant."

Trois tanneurs, dont nous reconnaissons la tenue, sont attablés et trinquent, tenant une chope . Est-ce le banquet annuel de la Saint-Claude le 6 juin ?

Ils sont vêtus, comme leurs confrères, du manteau à manche courte et bouffante ; ils portent une aumônière. Leur coiffure est une toque ornée d'un bijou.

 

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 7 face IV. Blason de corporation.

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"Une gourde, accompagnée d'un jambon, est figurée à nouveau sur un écu à l'étage supérieur (comme en I) : les deux emblèmes sont suspendus à un chêne arraché." (Claude Rouit-Berger)

Ce blason semble signifier que le banquet avait une dimension proprement emblématique pour la profession.

Les musées et collections conservent quelques gourdes annulaires de compagnons tanneur-corroyeurs du XIXe siècle, ornées de leurs titres de propriétaire : est-ce un objet qui les caractérise ? "La gourde fut longtemps un attribut visible du compagnon. Elle l'accompagnait lors des longs trajets du tour de France".

Au XIIIe siècle, ces flacons portaient au XIIIe s. le nom de bouchaus, boutiaux , et au XIVe ceux de boutis et boutilles, et je note ici que les tanneurs d'Amiens étaient tenus d'offrir à l'évêque marchant pour l'arrière-ban "deux paires de bouchiaus de cuir, bons et souffisans, l'un tenant un muy et l'autre 24 sestiers".

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 7, face V. Tanneur à l'écharnoir, festoyant.

 

"A côté, d'autres  ouvriers portent des outils de leur métier : l'un d'eux tient d'une main un couteau, de l'autre un verre ".(Claude Rouit-Berger)

Celui-ci semble danser, il est  coiffé du bonnet-toque et vêtu d'un manteau demi-long et ouvert, et il  tient l'écharnoir emblématique. Il tend de sa  main gauche un verre évasé que son collègue, dans le panneau suivant, s'apprête à remplir.

 

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 7, face VI. Tanneur festoyant.

"Un autre porte une cruche et un foulon" .(Claude Rouit-Berger)

 

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 6. Inscription.

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Inscription YE . FUZ .  ICY . ACIS . LAN .1526.

Il faut transcrire en "Je fus ici édifié en l'an 1526". La lettre Y d'ICY ressemble à un H en minuscule. Notez le N rétrograde de LAN.

Les lettres sont encadrées de deux dragons affrontés tenant un vase.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 5. Lettres ou sigles M et S.

.Ils ne ressemblent à ces lettres que par comparaison. Le M pourrait en être un dans une inscription gothique consacrée à la Vierge, bien que dans ce cas, les boucles des  jambages ne se réuniraient pas à ce point. Mais aucune des autres lettres de ce pilier n'est en onciale gothique (sauf le D). D'autre part, ce sigle est inscrit dans une croix à la traverse pattée, et dont le sommet reçoit un K couché (une branche pattée et une flèche).

Comme le M, le  S est partagé en 2 par la barre verticale qui divise tout le grand rectangle des registres 1 à 5.  D'autre part, il serpente entre deux barres verticales en I. Enfin, il s'enrichit d'une anse sur le coté droit. Son extrémité est la tête d'un serpent ou d'une anguille.

Après bien des hésitations, et après avoir envisagé qu'il s'agisse des marques des jurés de Gisors, j'opte pour l'idée la plus simple : ce sont les monogrammes mariaux et christiques MA et IHS (ou IEHSU), audacieusement stylisés.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 4 : Fleur de lis martelé et hermines.

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" Entre ces deux inscriptions et sur chaque face, à côté d'une fleur de lis dont on devine la trace, l'hermine de Bretagne est figurée en l'honneur, sans doute, et en souvenir de Claude de France, morte deux ans auparavant. Au point de vue du style, les rapports sont nombreux entre les sculptures du pilier des Tanneurs et celles du retable de la chapelle Sainte-Catherine." (Claude Rouit-Berger)

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 3 : les lettres S.C.L.A.V.DE.

"Au-dessous se lit l'inscription « S. Claude ». La capitale romaine, importation italienne, apparaît au début du XVIe siècle en France. Le tombeau de Philippe de Commines en offre un des premiers exemples."

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 2 face 1 : blason illisible (une croix ?).

"On distingue sur les faces du pilier [...] puis divers écus sur lesquels on reconnaît les armes de France, les armes de Normandie, celles de Gisors et vraisemblablement celles de l'archevêché de Reims . " (Claude Rouit-Berger)

 

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 2 face 2. Armes de Normandie.

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Ce blason aux deux léopards a cela de particulier que l'un des léopards, au lieu de tourner la tête vers la gauche pour qu'elle soit figurée de face, la tourne vers l'arrière.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 2 face 3. Armes de Gisors.

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"On distingue sur les faces du pilier les armes [...] de Gisors " (Claude Rouit-Berger)

Selon Hamon : "On identifie nettement un écusson à la croix engrêlée. Denyault, historien du XVIIe siècle, (chap. VI, rapporté par Lévrier) indique que l'écu de Gisors était anciennement  de gueules à la croix engrêlée d'or  et qu'il fut pourvu d'un chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or par le roi Henri II à l'occasion de sa visite à Gisors en novembre 1555. Arch. Dep. Eure 4F 28.

Voir cet écu sur Wikipédia.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 2 face 4.  Arma Christi .

J'ai cru d'abord que divers outils des tanneurs étaient présentés sur ce cuir découpé à enroulement, mais l'éponge au bout de la lance, l'échelle, la croix, les clous, le marteau et la colonne de la flagellation appartiennent aux Instruments de la Passion.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 2 face 5 : cuir marqué d'une croix.

 

 

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 2 face 6. Cuir marqué d'une croix potencée .

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"On distingue sur les faces du pilier [...] puis divers écus sur lesquels on reconnaît[...]  vraisemblablement celles de l'archevêché de Reims . Cet écu porte une croix cantonnée de quatre pièces qui ont été martelées, des fleurs de lys probablement. Ce ne sont pas là les armes de l'archevêché de Rouen, dont relève Gisors et qu'il eut été normal de trouver ici ; ce sont plutôt celles de l'archevêché de Reims par allusion sans doute à la ville du sacre." (Claude Rouit-Berger)

Ce que je vois se blasonne à la croix potencé, cantonnée de quatre croisettes  correspond aux armes du royaume de Naples, à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes du même . Louis XII fur roi de Naples de 1501 à 1504.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Registre 1.

"Au-dessus de ces petites scènes sculptées, on distingue sur les faces du pilier, de haut en bas et successivement : les traces de fleurs de lis qui furent martelées à la Révolution, l'inscription « Maria »" 

Les faces IV et V portent les lettres RI et A, mais les faces I, II, III, et VI ne portent pas de lettres, mais des bandes d'étoffe verticales, semblables à des lès, ou des phylactères. Leur disposition strictement parallèle m'a troublé, avant que je ne les reconnaissent comme formant, en II, III et VI,  les lettres minuscules m, a et m, composant avec les lettres majuscules RI A le mot MARIAM. Le sigle inscrit en I résiste encore à mes efforts. 

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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ATTRIBUTION.

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"On ignore le nom de l'auteur de ces sculptures. Mais tout nous porte à croire qu'elles sont l'œuvre du sculpteur Nicolas Coulle. L'époque d'abord : Nicolas Coulle fut chargé d'exécuter toutes les sculptures de la tour nord de 1536 à 1554. Or, ce travail considérable, il semble normal qu'on l'ait confié à un sculpteur dont on connaissait déjà le talent par deux œuvres de moindre envergure. D'autre part, en les comparant, on constaté combien les analogies sont frappantes entre les sculptures connues de Nicolas Coulle et celles qui nous intéressent ici. Si certaines des figures de l'extérieur sont déjà plus classiques, tels les apôtres qui trahissent une influence michelangesque, cela tient à l'époque d'exécution plus tardive. Par contre, on remarquera, sur la tour, une statuette de Vertu, réplique exacte de la donatrice du retable, avec cette différence qu'elle est debout au lieu d'être agenouillée. Les bustes dans les médaillons ornant les hauteurs de la tour nord sont bien de la main qui sculpta les visages à l'expression douce et vraie des divers personnages du pilier et du re¬ table. La chasuble de saint Claude forme les mêmes plis en Y que les draperies des statues des trois Maries placées au-dessus du petit portail nord de la façade occidentale, dont les niches décorées de coquilles et d'arabesques en relief très saillant rappellent également la décoration du pilier. Bref, l'attribution du retable de la chapelle Sainte-Catherine et du pilier des Tanneurs à Nicolas Coulle nous semble s'imposer. Nicolas Coulle n'occupe pas la place qu'il mérite dans l'histoire de l'art normand du XVIe siècle ...." Claude Rouit-Berger 1938

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"On fit appel à Nicolas Couille dont l'activité à Gisors est attestée de 1536 à 1565. En 1536-1537, il réalise l le décor de la tour nord - un collège apostolique (les douze apôtres et le Christ), les sept Vertus et sept autres images de saints -, et participe à la sculpture des « médailles », sans doute des bustes en médaillons.   Le rapprochement du pilier des tanneurs de 1525 avec les œuvres de Nicolas Couille ne repose sur rien de précis." Guilaine Benoit Ecolan - 2005 

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"Rien ne nous assure que Nicolas Couille ait dirigé un atelier à Gisors, ville dont il était originaire si l'on se fie à la récurrence de ce patronyme dès la génération précédente. Si tel fut le cas, il n'est pas impossible qu'il débuta sa formation sur le chantier même de l'église. On peut en effet l'identifier au valet de Robert Grappin nommé Nicolas, présent à ses cotés de mars 1521 à juin 1523, voire jusqu'en 1527. Si l'hypothèse se confirmait, le parcours de cet artiste [...] justifierait l'attribution qui lui a été faite du Pilier des Tanneurs par C. Rouit-Berger. [...] A défaut de pouvoir attribuer ce pilier à un artiste précis (les noms de  Nicolas Couille ou de Pierre Adam ont été évoqués plus haut), on retiendra qu'il fut établi sous la responsabilité de Robert Grappin. L'idée de sculpter le fût des supports de motifs figurés était ancienne [pilier du Jugement Dernier de la cathédrale de Strasbourg]. Parmi les nombreux exemples de pilier offert par des particuliers , citons la seconde pile séparant le double bas-coté de Saint-Séverin de Paris, donnée en 1414 par les exécuteurs du testament  d'Antoine de Compaigne, "enlumineur de pincel".  L'engouement pour les chefs d'œuvre de ce type s'est nourri, à la fin du Moyen-Âge, de la piété individuelle. Le pilier devint, par son prix, à la portée de bourses modestes, sa force visuelle et son pouvoir d'évocation symbolique, l'un des éléments privilégiés pour les dons des particuliers et des corporations. " (Etienne Hamon p.318 et 417)

 

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SOURCES ET LIENS.

— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214014k/f121.image

— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors  et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages

https://books.google.fr/books?id=QrXmxuOPH5MC&dq=isbn:2848672196&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— PATTE (Victor), 1896, Histoire de Gisors,  ed. C. Lapierre, Gisors page 327

https://archive.org/details/HistoireDeGisors/page/n327

"L’un de ces piliers, de forme hexagonale, est orné, dans sa partie supérieure, de bas-reliefs et d’inscriptions dont on ne peut, sans en faire plusieurs fois le tour, saisir la signification et le sens. En allant de bas en haut, on voit figurer, au premier rang, mitre en tète et crosse à la main, le patron de la chapelle voisine et de la confrérie des tanneurs, qui y tenait ses séances, saint Claude, suivi de frères accomplissant leurs actes de dévotion et d’ouvriers occupés aux opérations de leur métier : écorçage du chêne, plainage et fabrication des mottes de tan. Le rang suivant rappelle le repas auquel se livraient en commun les tanneurs, le jour de la fête de leur patron : la table entourée de convives, le menu, les ustensiles qui servaient, ou à le préparer, ou à le prendre. Le troisième indique la date de ce pilier ; JE FUS ICY ACIS LAN 1526 .

Plus haut, on rencontre une série de B et d’H, que le caprice de l’artiste a posés : les uns verticalement, les autres horizontalement, et jadis semés d’ornements, sans doute de lys, disparus pendant la Révolution. Elle est surmontée des noms de S. CLAYDE et de MARIA."

— Règlement des tanneurs de Gisors (4 Mars 1449)

http://historien.geographe.free.fr/tanneurs1449.pdf

 

— Blasons des tanneurs :

http://autour-du-mont-sainte-odile.overblog.com/2014/05/les-emblemes-des-corporations-d-artisans-a-obernai.html

- Blason de la ville de Champdeniers-St-Denis (79, Poitou)

tranché au I de gueules à deux escharnoirs d'argent ; au II d'hermine, à la bande ondée d'argent brochante sur le tout.  Les deux escharnoirs évoquent l'activité économique de la commune, anciennement réputée pour ses tanneries"

http://svowebmaster.free.fr/drapeaux_champdeniers.htm

-Blason du quartier Saint-Paul de Parthenay :

d'or à la croix de sable chargée d'une épée d'argent armée d'or en pal, et d'un escharnoir d'argent aux poignées d'or en fasce.

-Corporation des tanneurs à Sélestat

https://fr.geneawiki.com/index.php/67462_-_S%C3%A9lestat_-_Les_corporations_%C3%A0_S%C3%A9lestat#Les_Tanneurs_.28Gerwer.2C_Gerber.29

— ROUIT-BERGER (Claude) 1938, A propos de quelques sculptures disparues de l'église de Gisors , Bulletin Monumental  Année 1938  97-3  pp. 277-300

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1938_num_97_3_8831

— VILLON (A.M), 1889, Traité des peaux, ...

https://archive.org/details/traitepratiquede00vill/page/136

— VOINESSON DE LAVELINES, "Cuirs et peaux"

https://archive.org/details/cuirsetpeaux00voin/page/n3

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Published by jean-yves cordier
19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 21:26

Zoonymie des Odonates : le nom Aeshna affinis, Vander Linden 1820, l'Aeschne affine.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

Voir aussi :

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

 Æshna, Fabricius, 1175,  Syst. Ent.: 424. Nom de genre inexpliqué créé par Fabricius en 1775 (peut-être par contamination d'Æschna, T. Mouffet 1634). 

(ou : — Æshna Fabricius 1775, Syst. Ent.: 424.  Le nom de genre Æshna Fabricius 1775 ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a  peut-être été inspiré  par le nom tout aussi mystérieux "Æschna"  donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules. Bien que Æshna soit "fautif" s'il s'agissait d'un nom inspiré du grec, un  lapsus calami ou une erreur typographique n'est pas envisageable puisque cette graphie a persisté telle quelle dans les publications écrites et supervisées par l'auteur en 1781, 1789 et 1792.  Il n'est donc pas licite de modifier sa graphie en Æschna comme l'avait proposé Illiger en 1807, mais cette dernière forme, souvent utilisée par les entomologistes jusqu'à la décision de la Commission Internationale de Nomenclature en 1939, est à l'origine de notre nom français actuel, Aeschne.  )

— Nom  d'espèce : A. affinis Vander Linden, 1820, Aeshnae Bonon. descr. Du latin adfinis ou affinis, "voisin, proche de". Dans sa description, l'auteur indique que cette comparaison s'applique à Aeshna mixta, mais que la ressemblance n'est qu'apparente : il en énumère les différences caractéristiques. L'épithète a sans doute été choisi pour alerter sur le risque de confusion et pour attirer l'attention sur les différences.

 

 

— Les noms en français : 1° L' Aeschne voisine, Sélys-Longchamps 1840 et 1850. 2° L'Aeschne affine, D'Aguilar et Dommanget 1985, nom adopté par la majorité des auteurs et par l'INPN. 3°) L'Aeschne parente, Deliry 2008. Ces trois noms soulignent les rapports de proximité de cette espèce avec l'Aeschne mixte.

— Les noms dans d'autres langues son bien plus imagés :

-Allemand : "Südliche Mosaikjungfer".

-Néerlandais : "Zuidelijke glazenmaker" le vitrier du sud.

-Anglais " Southern migrant hawker ", ou " Blue-eyed hawker", le colporteur migrant du sud, le colporteur aux yeux bleus

-Frison : "Blaueach glêzebiter", "Südlike glêzebiter", "Südlike glêzebiter", "Südlike glêzebiter", "Sinnebiter".

-Suédois : "Klarblå mosaikslända"

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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I. LE NOM DE GENRE ÆSHNA FABRICIUS, 1775.

Voir : Zoonymie des odonates. Le nom de genre Aeshna Fabricius 1775.

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II. LE NOM D'ESPÈCE ÆSHNA AFFINIS VANDER LINDEN 1820.

 

Vander Linden, P. L. (1820) Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1..

 

Une publication introuvable !

 

La date de la description originale est celle de 1820 ; mais l'INPN ne précise pas la publication en cause, et renvoie, dans son onglet taxonomie, à KIRBY 1890. Or cet auteur donne, page 88 d'A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata,  en référence pour Aeshna affinis la date de 1823 et la publication Opusc scient. 4.p.102, , t.4 fig.5.

C'est aussi cette date de 1823 et cette publication qui est indiquée par Steinmann dans World Catalogue of Odonata II (2013) .

En effet, la publication de 1820 (une brochure de 11 pages et 1 planche ?)  est rare, et non consultable en ligne, même si Cyrille Deliry en a publié la page de titre :  "Aeshna Bononienses, descriptae a P.L. Vander Linden bruxellensi, cum tabula Aenea : Bononiae, ex typographiae Annesii de Nobilibus. 

[Le typographe Annesio Nobili (1777-1835) après avoir promu à Pesaro la presse du journal légitimiste et réactionnaire "La Voce della Ragione", devint à partir de 1817 de loin le plus important typographe" de Bologne : son entreprise, composée de neuf presses, est principalement basée sur des commandes gouvernementales de formulaires et de matériel de papeterie. Il a publié l'importante série de "Opuscoli scientifici" (1817-1823) et les "Opuscoli letterari" (1818-1820). C'est dans les Opuscoli scientifici que les professeurs de Vander Linden à Bologne, le botaniste Antonio Bertoloni et  le zoologiste Camillo Ranzani, ont publié.]

 

La description originale de 1820 est donc  introuvable en ligne, ce qui ne nous permet pas d'accéder au texte de la description originale. Cet accès est indispensable à l'étude zoonymique, car elle seule permet de voir si l'auteur a fourni des éclaircissements sur le nom d'espèce (l'épithète spécifique) qu'il a choisi.

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La description est accessible dans la publication de 1823 !

Vander Linden a publié a nouveau sa description, sans la modifier, en 1823, et cette publication, numérisée par Google, est disponible :

  Vander Linden, P. L. (1823) Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167, page 162.

La description originale.

 

6. AEshna affinis

Æ. thorace supra brunneo maculis duabus flavis; lateribus flavis, lineis nigris; foliolis caudalibus feminae brevioribus. Tab. IV. fig. 5. mas.

Descr. MAS. Caput caerulescens, ore virescente, apice fusco; supra macula nigrà. Antenne fuscae. Oculi caerulei. Thorax supra brunneus maculis duabus luteis; lateribus luteis, lineis obliquis nigns . Scutellum caeruleo-maculatnm . Abdomen basi incrassatum: pnmum segmentum snpra nigrum postico macula marginali caeruleà lateribus luteis: secundum caeruleum , antico maculis duabus irregularibus nigris. Caetera segmenta, duobus ultimis exceptis, antico caerulea, macula quadrangulari nigrà, quae in segmentis posterioribus seneim latior fic atque brevior: postico nigra maculis, untrinqae quatuor caeruleis, in segmentis anterioribus parum inter sesc distinctia. Duo ultima segmenta nigra, penultimum raaculis quatuor ,ultimum duabus caeruleis . Foliola caudalia brevia, flisca. Appendicula analis acuminata. Fedes nigri, femoribus anticis subtus basi flavis. Alae albae macula marginali ferruginea, membranula accessoria cinerea antice albicante.

FEMINA. Caput atque thorax, ut in mare. Oculi virides. Abdomen olivaceum: primum segmentum postice macula lutea; secundum macula media oblongà triangulari, linea utrinque transverta, postice maculis duabus luteis. Caetera segmenta, tribus ultimis execptis, linea media longitudinali, alteràque transversà nigris, et postice maculis duabus luteis. Tria ultima, nigra, antepenultimum maculis quatuor, penultimum duabus, luteis: ultimum postico luteum . Foliola caudalia paulo breviora quam in mare,

Abdomen post mortem totum iuscuni evadit,

Long. corp. mar. 2 poli. 3. lin. at vix; fem. 2 poli. 3 lin.
Ext. al. mar. 3 poli. 2 lin; fem. 3 poi. 3 lin.

Hanc bis tantum iaveni mense Junio, in collibus oppido proximia,

Haec species varietati alpha species praecedentis affìnis videtur: at distincta est. Differt enim non solum alia macularum dispositione, alioque colore, sed etiam foliolis caudalibus in femina brevioribus quam in mare: cum è contrario in feminà praecedentis longiora sint. In hàc longitudo corporis est fere eadem in utroque sexu; in illà corpus feminae brevius. Praeterea hanc nunquam cum illà inveni; et enim haec tantum mihi occurrit Junio et raro; illà non-nisì Augusto et septembri atque frequentissime."

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Opusculi scientifici 1823 p. 162 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y

Opusculi scientifici 1823 p. 162 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y

Opusculi scientifici 1823 p. 163 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y

Opusculi scientifici 1823 p. 163 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y

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La planche IV page 397.

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La planche IV montre six figures des Aeschnes de Bologne, de la main de Vander Linden : 1. A. formosa, 2. A. vernalis, 3.A. grandis, 4. [A. mixta ?]  ; 5. A. affinis, 6. A. unguiculata.

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Aeshnae bononienses, Vander Linden 1823 planche IV figure 3, Opusculi scientifici  p. 162 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y

Aeshnae bononienses, Vander Linden 1823 planche IV figure 3, Opusculi scientifici p. 162 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y

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La planche n°5 de la planche IV : Æshna affinis.

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Aeshna affinis, Vander Linden 1823 planche IV figure 3, Opusculi scientifici  p. 162 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y

Aeshna affinis, Vander Linden 1823 planche IV figure 3, Opusculi scientifici p. 162 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y

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L'aquarelle originale de la main de Vander Linden.

L' aquarelle  inédite peinte par Pierre Léonard Vander Linden et montrant un mâle d' Aeshna affinis a été trouvée dans la collection d'Edmond de Selys Longchamps à l'Institut Royal Belge pour les Sciences naturelles (RBINS) de Bruxelles. Elle est publiée dans un article, en ligne en pdf de Marcel T. Wasscher  , Karin Verspui  et Roger Cammaerts en juin 2016 . Je propose en Annexe la traduction de cet article. 

L'aquarelle, annotée de la main de Sélys-Longchamps :

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Zoonymie des Odonates : le nom Aeshna affinis, Vander Linden 1820, l'Aeschne affine.

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L'aquarelle elle-même (Vander Linden, 1817-1820):

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https://www.researchgate.net/publication/311924038_An_Aeshna_affinis_watercolour_by_Pierre_Leonard_Vander_Linden_1797-1831_found_in_the_Selys%27_collection

https://www.researchgate.net/publication/311924038_An_Aeshna_affinis_watercolour_by_Pierre_Leonard_Vander_Linden_1797-1831_found_in_the_Selys%27_collection

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ÉTUDE DU NOM AFFINIS.

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Vander Linden a repris dans à la fin de sa description en latin le terme affinis qu'il a choisi comme épithète spécifique .  C'est la base de notre étude de cet épithète :

"Haec species varietati alpha species praecedentis affìnis videtur: at distincta est. Differt enim non solum alia macularum dispositione, alioque colore, sed etiam foliolis caudalibus in femina brevioribus quam in mare: cum è contrario in feminà praecedentis longiora sint. In hàc longitudo corporis est fere eadem in utroque sexu; in illà corpus feminae brevius. Praeterea hanc nunquam cum illà inveni ; et enim haec tantum mihi occurrit Junio et raro ; illà non nisì Augusto et septembri atque frequentissime."

Traduisons d'abord l'adjectif affinis en consultant notre Gaffiot sous la forme adfinis, e  :

"1. limitrophe, voisin. 2. Mêlé à. 3. Allié, parent par alliance."

Le texte de Vander Linden se traduit ainsi :

"Cette espèce semble voisine de la variété alpha de l'espèce précédente [c'est à dire Æshna mixta de Latreille], mais elle en est distincte."

"Elle en diffère non seulement par les taches des ailes, ou par ses couleurs, mais par les appendices de la femelle, plus courts que ceux du mâle, alors qu'au contraire, chez l'espèce précédente, ils sont plus longs. Dans celle-ci, la longueur du corps est identique dans les deux sexes, alors que le corps des femelles est plus court dans la précédente." 

" D'ailleurs, l'une n'est pas là lorsque l'autre se voit ; en fait, celle-ci vole  en Juin et elle est rare, tandis que [A. mixta] vole d'août à septembre, et est fréquente."

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L'article Wikipédia en. précise le sens de species affinis en nomenclature :

 species affinis (généralement abrégé en: sp. Aff. , Aff. Ou affin. , est une terminologie taxonomique en zoologie et en botanique . Dans la nomenclature , il indique que les éléments  matériels disponibles ou des preuves suggèrent que l' espèce en question est liée à , a une affinité avec , mais n'est pas identique à , l'espèce dont le nom  binomial  suit.  Le mot latin affinis peut être traduit par " très proche de" ou "apparenté à ".

Donc, affinis, dans le contexte de la description de Vander Linden,  ne doit pas se comprendre, et encore moins se traduire, par "semblable", mais par la périphrase  "voisine mais distincte de", et n'a de sens que par référence à une autre espèce, A. mixta en l'occurrence. Pour Vander Linden, cette affinité n'est qu'une apparence : Haec species varietati alpha species praecedentis affìnis videtur: at distincta est" A. affinis semble (videtur , video, Gaffiot §3 "paraître, sembler" ) voisine d'A. mixta, mais elle en est distincte". C'est en ne se laissant pas abuser par la ressemblance, mais en remarquant les traits particuliers de cette Aeschne que l'auteur se sait autoriser à en faire une nouvelle espèce à part entière. 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.
 

À mon sens, les auteurs de Poitou-Charente ne respecte pas le sens de la description originale de Vander Linden en traduisant affinis par "semblable", "proche" sans insister sur le fait que la ressemblance apparente cache en réalité de sérieuses et précieuses différences, qui font de A. affinis une espèce à part entière. Quant au terme français d'"affine", il est trop peu répandu dans le langage courant pour faire sens autrement que comme synonyme de "semblable".

De même, le site dragonpix commet la même infidélité avec le texte de Vander Linden en traduisant affinis par "similar, adjacent" ou par akin, "proche". Une bonne traduction d'affinis doit souligner autant la proximité que la distinction, la ressemblance que les différences. 

Idem pour les autres auteurs.


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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/aeschne-affine/

" De affinis (lat) = semblable, affine, proche du fait de sa ressemblance avec Aeshna mixta"

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 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 

"Aeshna affinis Vander Linden, 1820 from Lat. affinis, -is, -e = similar, adjacent, akin for its similarity to A. mixta "


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"affinis (Aeshna) - adfinis, e = affine. Perché affine alla congenere mixta, già descritta da Latreille nel 1805."

"Affinis (Aeshna) - adfinis, e = affine. Parce que cette espèce est proche d'A. mixta, décrite par Latreille en 1805."

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H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non décrite.

 

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VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"affinis = verwant, verbonden, naburig" 'c'est à dire "liées, voisines".)

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NOMS VERNACULAIRES (*) 

(*) Common names, noms dans la langue officielle du pays concerné.

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III. LES NOMS  FRANÇAIS DE  AESHNA AFFINIS.

 

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1°) "Æschne voisine", Sélys 1840 et 1850.

Edmond de Sélys -Longchamps se livre ici à une "traduction" du nom scientifique tout à fait judicieuse et conforme au texte de Vander Linden, puisqu'il évite le piège  d'une traduction par l'adjectif "semblable". Le nom "Æschne voisine" indique parfaitement que l'espèce est proche d'une autre espèce (sous entendu A. mixta), mais ne se confond pas avec elle.

SELYS, 1840, Monographie des Libellulidés d'Europe page 104-105.

"

"L'AE. affinis a toujours été confondue avec la Mixta ; elle lui ressemble infiniment en effet. A part les petites différences de couleur , voici les meilleurs caractères distinctifs :

1° les côtés du thorax sont jaunes avec trois lignes noires dans l'Affinis, bruns avec deux larges bandes jaunes dans la Mixta;

 2° les appendices anals du mâle ont une dent à leur base - en dessous dans l'Affinis; ils n'en ont pas dans la Mivta ;

 3° les deux appendices de la femelle de l'Affinis sont plus courts que ceux du mâle, et que les deux derniers segments : chez la femelle de la Mixta, ils sont plus longs que chez le mâle et que les deux derniers segments abdominaux. En faisant attention à ces caractères, on ne confondra plus ces deux espèces, que moi-même j'ai eues sous les yeux pendant longtemps sans les distinguer."

 

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Description en 1850 :

"AESCHNA AFFINIS. (Vanderl.)

AESCHNE VOISINE.

Diagnose.—Abdomen très-tacheté, côtés du thorax jaunâtres, avec deux lignes noires. Appendices anals supérieurs dn male lancéolés, pointus, presque glabres, à peine de la longueur des deux derniers segments, leur base munie en dessous d'une dent : l'inférieur d'un tiers plus court que les supérieurs, ceux de la femelle lancéolés, de même longueur; membranule cendrée, plus claire à la base, ptérostigma long de 1 *14 à 2 lignes roussâtre : lèvre supérieure bordée de noir en avant seulement.

AEschna affinis. De Sélys. Monogr. p. 104. Append. du c" , pl. 2 , fig. 18, (les petits poils du bord interne ont été omis.)

Addition.

Syn. — AEschna affinis. Charp. 1840 , p. 108, tab. xvm. o" et Q et append. du o" (la var. bleue seulement.) - — Evers. — Hagen, N° 59. - ornata. Hoffms. (ex. Lusitania.) Mus. berol. - marmorata. id. id.

♂ les deux petites taches jaunes oblongues du devant du thorax placées obliquement ; lèvre supérieure bordée de noir en avant et en arrière , d'où il part souvent un petit prolongement qui n'atteint pas le bord antérieur; lèvre inférieure jaune ; vésicule noire, jaune en avant ; les oreillettes du 2e segment avec deux dents en dessous; l'appendice inférieur n'est que d'un tiers plus court que les supérieurs ; le ptérostigma surmonte deux ou trois cellules ; nervure costale jaune, surtout dans sa seconde partie ; le bord anal des ailes inférieures assez excavé ; la grande cellule qui le borde entourée par des nervures minces, et n'atteignant pas l'angle anal aigu de l'aile.

Habitat. Je suis convaincu que ce que j'ai indiqué comme variété est simplement l'espèce type, jeune. Dans cet état on la trouve en juin et juillet ; adulte on la voit en juillet et août.

Observée en Belgique ; assez rare et seulement dans quelques localités montagneuses et boisées de la rive droite de la Meuse; en France, commune à Bondy près de Paris ( Rambur), mais très commune dans le midi , surtout près des côtes maritimes de la Provence, à Arles, Montpellier , Hyères (Fonscolombe, Guinard, Rambur). Se trouve dans toute l'Italie (Vanderlinden, De Sélys ) ; en Portugal (Hoffmansegg); en Silésie et en Hongrie (Charpentier) ; dans la Russie méridionale , entre le Volga et l'Oural (Eversmann); on voit que cette espèce est surtout méridionale : on ne la trouve pas plus au nord qu'en Belgique et en Silésie. — Elle a été rapportée d'Algérie par M. Lucas.

N. B. Peut-être l'affinis existe-t-elle en Angleterre. Tout ce que je puis dire c'est que les individus que j'ai vus dans la collection de M. Stephens et dans les autres musées appartiennent à la mixta."

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2°) L'Aeschne affine, Jacques d' Aguilar et  ‎Jean-Louis Dommanget   1985.

Le nom est cité d'abord en 1983 par Cyril Oswald Hammond, ‎Richard Robinson Askew, ‎et Robert Merritt dans The Dragonflies of Great Britain and Ireland. On peut penser que ces auteurs ont obtenu le nom français de leurs collègues français.

Le texte est le suivant :

"-F.  L'Aeschne affine, D - Siidliche Mosaikjungfer Description of adult :  A small Aeshna of similar size to A. mixta and resembling that species in wing venation. It differs from A. mixta, however, in the coloration of the sides of the thorax which are greenish to bluish traversed by black sulcal lines but without a brown metepisternal stripe, and in the male abdominal pattern which appears a generally brighter blue, the anterior pair of dorsal segmental spots being subquadrat instead of almost linear as they are in A. mixta. Paired spots on S are large in affinis but small in mixta."

Il est très vraisemblable que ces collègues, les créateurs de ce nouveau nom, soient  Jacques d' Aguilar et  ‎Jean-Louis Dommanget qui, en  1985 publient leur Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord. Nous y lisons page 241 :

"72. Aeshna affinis van der Linden, 1820 Pl. 13.  Syn. Aeschna landoltii Buchecker, 1878 Fr. L'Aeschne affine; All. Siidliche Mosaikjungfer. Identification Cette espèce diffère d' Aeshna mixta par les caractères suivants: Thorax à côtés teintés de bleu ou de vert, à sutures très étroitement soulignées de noir. ♂ Appendices anaux à cercoïdes avec une dent inféro-basale bien nette."

À mon sens, le nom  "Aeschne affine" est d'une part une transcription du nom scientifique plutôt qu'un véritable nom de langue française destinée à une vulgarisation de la pratique de l'entomologie (ce qui est le but des guides des collections Delachaux et Niestlé). L'adjectif "affine" n'appartient pas à la langue parlée couramment et son emploi définit par le Trésor de la Langue française insiste sur la parenté, l'affiliation, les rapports de conformité et de ressemblance, bref sur l'affinité, l'alliance et la parenté que sur la proximité de voisinage de deux éléments distincts. Il n'apporte rien de plus, loin de là, que le nom d'Aeschne voisine choisi par Sélys.

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3°)  Aeschne parente [Deliry 2008]

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Conclusion :

noms en  français : 1° L' Aeschne voisine, Sélys-Longchamps 1840 et 1850. 2° L'Aeschne affine, D'Aguilar et Dommanget 1985, qui est adopté par la majorité des auteurs. 3°) L'Aeschne parente, Deliry 2008. Ces trois noms soulignent les rapports de proximité de cette espèce avec l'Aeschne mixte.

 

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LES NOMS DANS D'AUTRES LANGUES.

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Aucun autre pays ne cherche à reprendre l'épithète spécifique. L'accent est mis sur l'aspect des mâles soit avec le quadrillage de carreaux bleus clairs, comme celles d'une mosaïque ou d'un vitrier portant les vitres coupés sur son dos, soit avec la couleur bleue des yeux. La distribution de l'espèce dans le sud de l'Europe (avec des remontées migratoires au nord) est également soulignée. Ces noms qui savent créer des  métaphores imagées soulignent l'indigence de notre "Aeschne affine". 

 

Allemand : "Südliche Mosaikjungfer".

Néerlandais : "Zuidelijke glazenmaker" le vitrier du sud.

Anglais " Southern migrant hawker ", ou " Blue-eyed hawker", le colporteur migrant du sud, le colporteur aux yeux bleus

—Frison : "Blaueach glêzebiter", "Südlike glêzebiter", "Südlike glêzebiter", "Südlike glêzebiter", "Sinnebiter".

— Suédois : "Klarblå mosaikslända"

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ANNEXE . Traduction de l'article de Wasschner, Verspui et Cammaerts.

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"Marcel T. Wasscher  , Karin Verspui  et Roger Cammaerts , juin 2016, Une aquarelle d' Aeshna affinis par Pierre Léonard VAnder Linden (1797-1831) retrouvée dans la collection Selys.

https://www.researchgate.net/publication/311924038_An_Aeshna_affinis_watercolour_by_Pierre_Leonard_Vander_Linden_1797-1831_found_in_the_Selys%27_collection .

Résumé. Une aquarelle  encore inconnue par Pierre Léonard Vander Linden montrant un mâle d' Aeshna affinis a été trouvée dans la collection d'Edmond de Selys Longchamps à l'Institut Royal Belge pour les Sciences naturelles (RBINS) de Bruxelles. Les circonstances de la découverte et une biographie esquisse de l' artiste sont fournis et la biographie chronologie de ce dessin est établie.

introduction

Au cours des dernières années, MW et KV ont étudié toutes les aquarelles, dessins et encres ainsi que  les notes les accompagnant dans la collection d'Edmond de Selys-Longchamps (1813-1900), qui est abritée dans le Royal Belgian Institute pour les sciences naturelles  (RBINS) à Bruxelles. Toutes les illustrations ont été exécutés par Selys lui-même ou par Guillaume Séverin (1862-1938). . Certaines des illustrations sont datées et  peuvent toutes être placées dans la période entre 1870 et 1900.

Une aquarelle inattendue découverte

Le 18 février 2016 MW a découvert que l'une des aquarelles (cote Ae75a) présentait un intérêt exceptionnel.  Au dessous du dessin le nom de la libellule  peinte y est écrit au crayon "Æ. affinis ♂ adulte"  (adulte mâle d' Aeshna affinis ) puis à l'encre "Dessin fait par Vander Linden en Italie".

Les deux notes semblent être écrit de la main de Selys. Elles indiquent que le dessin avait été exécuté par Pierre Léonard Vander Linden qui décrit plusieurs espèces d' Odonates entre 1820 et 1825 et qui effectua plusieurs voyages en Italie entre 1817 et 1821 (Morren 1833). C'est est une trouvaille exceptionnelle pour deux raisons. D'abord rien n'est connu des collections ou affaires de Vander Linden, sauf ses publications. Deuxièmement, cette représentation de AEshna affinis (Vander Linden, 1820) doit avoir a été réalisée en Italie entre 1817 et 1820, puisqu'une lithographie a été publiée avec ses descriptions dans Vander Linden (1820b). Cela signifie que l'illustration date de près de 200 ans, et es beaucoup plus âgée que toutes les autres œuvres de la collection de Selys.

L'illustration de Vander Linden a été traitée par Sélys de la même manière que toutes les autres aquarelles de sa collection et a été collée à un support en carton. Mais le papier, sur lequel le dessin a été fait diffère du papier fait à la machine généralement utilisé à l'époque de Selys ou de Severin. C'est un papier vergé grisâtre, avec un filigrane de lignes parallèles serrées, témoignant qu'il s'agissait de papier fabriqué à la main beaucoup plus tôt.

Pierre Léonard Vander Linden était né à Bruxelles le 12 décembre 1797. Dans sa première jeunesse, il était déjà intéressé par l'histoire naturelle. Pendant les premières années de son éducation il était au Collège Térésien et au  National Lyceum, tous les deux à Bruxelles. Grâce à une bourse, il a voyagé en octobre 1817, à 19 ans, au sud de l''Europe. À Paris il a rendu visite à Pierre André Latreille (1762–1833), entomologiste travaillant au Museum national d'histoire naturelle et qui avait décrit Aeshna mixta en 1805. À Bologne dans le Nord de l'Italie Vander Linden a étudié avec le botaniste Antonio Bertoloni (1775-1869), le zoologiste Camillo Ranzani (1775-1841) et le médecin Giacomo Tommasini (1768-1846). Le 17 avril 1821, il termina ses études médicales et a ensuite voyagé avec des amis plus au sud vers Naples et la Sicile.

Dans la première localité, il récolta Lindenia tétraphylla (Vander Linden, 1825). Sur son trajet de retour il s'attarda à suivre des cours de médecine à Paris et traduit une Publication médicale italienne en français. En 1822, il retourné en Belgique où il reçu son diplôme de docteur en médecine le 15 juillet 1823 à l' université de Leuven. Vander Linden a travaillé comme médecin et professeur d’histoire naturelle à la fois en botanique et en zoologie.

Vander Linden a commencé travaille sur les Odonates en tant qu'étudiant et il a publié deux articles sur 30 Odonates rencontrés autour de Bologne sous les titres ' Agriones Bononienses descriptae' et ' Aeschnae bononienses descriptae ' (VANDER LINDEN 1820a,b)

Dans ces deux articles, il nomma neuf nouvelles espèces, dont trois sont encore considérées comme valide et une en tant que sous-espèce. Les deux articles de 1820 étaient extrêmement rares (SELYS et HAGEN 1850) et ont été publiés sans modification en 1823 dans le journal Opuscoli Scientifici 1823a, b) Sa contribution la plus  importante en odonatologie fut sa Monographieae Libellulinarum Europea spécimen (VANDER LINDEN1825) dans lesquelles il traita 37 espèces. Parmi les douze nouvelles espèces de cette publication,sept sont toujours considérés comme valides. D'après CORBET (1991) Vander Linden a inauguré par ses articles de 1820 la classification infra-ordinale au sein des Odonata. En 1826 il a été nommé comme le premier professeur de zoologie en Belgique, au Musée des Sciences et Lettres de Bruxelles. Comme professeur, il publia son dernier article odonatologique, concernant la description d'une libellule fossile (VANDER LINDEN 1827a). Ses autres publications entomologiques furent les articles étaient sur les Hyménoptères européennes (surtout les Sphecidae  (digger wasps), avec 17 nouvelles espèces; VANDER LINDEN1827b, 1829a) et les Coleoptères asiatiques (tiger beetles de l'Est des Indes des Pays-Bas , avec 27 nouvelle espèce; (VANDER LINDEN, 1829b).

En mars 1831 il tomba malade et décéda le 5 Avril 1831 d'une « gastrocéphalite » (une sorte de de la fièvre typhoïde) à l' âge de 34 ans La source principale pour sa biographie  est MORREN (1833), qui comprend une illustration du masque funéraire de Vander Linden

La collection  Vander Linden

Après sa mort, la collection le Vander Linden est allée au "Petit séminaire", un lycée catholique de Malines  (SEGERS 1965). La raison la plus probable pour le choix de cet institut était que deux de ses frères étaient en relation avec cette école: à savoir Joseph Jean Vander Linden et Marcel Vander Linden qui étaient respectivement professeur et étudiant en théologie à cette institution .

En 1843, Selys prévu de visiter la collection Vander Linden et l'a mentionné dans son journal intime (CAULIER-MATHY & HAESENNE-PEREMANS 2008): "3 Mars 1843, Partir pour Malines au séminaire pour revoir la collection van der Linden et surtout [pour chercher] la femelle sans abdomen de ma [ Lindenia ] tetraphylla [dont j'ai un] mâle sans tête.". Selys peut avoir obtenu l'aquarelle de l'Aeshna affinis là-bas.

Plus de cent ans après la visite de Selys, deux tentatives ont été faites pour retrouver des traces de la très importante collection de Vander Linden. En 1957, Albert Collart, à la tête des RBINS département d'entomologie à Bruxelles, a écrit un lettre à l'archidiocèse de Malines à la recherche de la collection. La réponse, datée du 22 Août 1957, ne donna aucune information. Au même temps, Georges Matagne, un entomologiste vivant à Malines, a écrit à Albert Collart pour faire un supplément de recherche approfondie, mais sans succès pour autant (tous les deux des lettres dans les  archives Collart ). Le troisième auteur, RC, qui travaillé à Bruxelles sur les Odonates de 1964 à 1966, mena aussi des recherches sur la collection Vander Linden. Il a approché l'abbé Pierre Houssiau (1920-2010), qui fut un temps le directeur du collège Jean XXIII à Woluwé-Saint-Pierre près de Bruxelles, l'école secondaire où RC avait assisté étant petit garçon. Pierre Houssiau était le frère du chanoine honoraire du Chapitre métropolitain de Saint-Rombaud à Malines , Albert Houssiau, qui est devenu plus tard évêque de Liège, et était donc bien connecté  au milieu ecclésiastique de Malines. Si la collection pouvait être redécouverte, elle devait être déposée dans l'IRSNB où elle serait mieux abritée. Cependant, la collection de Vander Linden ne fut jamais retrouvée. Houssiau et RC en sont venus à la conclusion qu'elle avait été probablement détruite par coléoptères ou autre Anthrenus sp., ce qui a été le destin d'autre collections d'insectes anciennes et privées.

Jusqu'à aujourd'hui, l' aquarelle d' Aeshna affinis trouvée dans la collection Selys est peut-être le seul élément survivant de la collection de celui qui peut être considéré comme l'un des fondateurs de la taxonomie des Odonates."


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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
 
 
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OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 





— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates
http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique
— DELIRY (Cyrille)  Monographie Aeshna affinis.

http://www.deliry.com/index.php?title=Aeshna_affinis

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VANDEN LINDEN  P. L. (1820) Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1.

— VANDEN LINDEN  P. L. (1823)  

—  CAULIER-MATHY N. & HAESENNE-PEREMANS N. 2008. Une vie au fil des jours. Journal d’un notable politicien et naturaliste, Michel-Edmond de Selys-Longchamps (1823-1900). Tome 1 (1823-1877). Palais des Académies, Brussels

 CORBET P.S. 1991, A brief history of odonatology. Advances in Odonatology 5: 21-44

—  MORREN C. 1833. Éloge historique de Pierre Léonard Vanderlinden, Natura-liste Belge. Messager des Sciences et des Arts 1: 69-88

SEGERS C. 1965. L’entomologiste amateur dans notre Société et son avenir devant les progrès de la science. Bulletin & Annales de la Société royale d’Entomologie de Belgique 101: 1-18

SELYS LONGCHAMPS de E & HAGEN H.A. 1850. Revue des odonates ou Libellules d’Europe. Mémoires de la Société Royale des Sciences de Liège 6: i-xxii, 1-408

— VANDEN LINDEN  P. L. 1820a. Agriones Bononienses descriptae. Annesio Nobili, Bologna: 1-8, 1 plate [Preprint of 1823 edition]

— VANDEN LINDEN  P. L. 1820b. Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta eiusdem annotatione ad Agriones Bononienses ab ipso descriptas. Annesio Nobili, Bologna: 1-11, 1 plate [Preprint of 1823 edition]

— VANDEN LINDEN  P. LL. 1823a. Agriones Bononienses descriptae. /Opuscoli scientifici/, Bologna 4: 101-106, pl. III

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&pg=PA162&lpg=PA162&dq=thorace+supra+branneo+maculis+duabus+flavis;+lateribus+flavis&source=bl&ots=xVjiXvBG8Q&sig=qofVx7UhH7ABiT26tdK1M9IW0XA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwih8-Opk5LeAhWQzYUKHQW4De0Q6AEwAHoECAkQAQ#v=onepage&q=thorace%20supra%20branneo%20maculis%20duabus%20flavis%3B%20lateribus%20flavis&f=false

— VANDEN LINDEN  P. L. 1823b. Aeshnae Bononienses descriptae [eiusdem annotatio ad Agriones Bononienses ab ipso descriptas]. /Opuscoli scientifici/, Bologna 4: 158-166, pl. IV

— VANDEN LINDEN  P. L. 1825. Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. J. Frank, Brussels

— VANDEN LINDEN  P. L. 1827a. Notice sur une empreinte d’insecte, renfermée dans un échantillon de calcaire schisteux de Sollenhofen, en Bavière. Nouveaux Mémoires de l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles 4: 247-253

— VANDEN LINDEN  P. L. 1827b. Observations sur les Hyménoptères d’Europe de la famille des Fouisseurs. Scoliètes, sapygites, pompiliens et sphégides. Nouveaux Mémoires de l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles 4: 271-367

— VANDEN LINDEN  P. L. 1829a. Observations sur les Hyménoptères d’Europe de la famille des Fouisseurs. Bembecides, labrates, nyssoniens et crabronites. Nouveaux Mémoires de l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles 5: 11–125

— VANDEN LINDEN  P. L. 1829b. Essai sur les insectes de Java et des îles voisines. 1er mémoire: Cicindelétes. Hayez, Brusse


(PDF) An Aeshna affinis watercolour by Pierre Léonard Vander Linden (1797-1831) found in the Selys’ collection.. Available from: https://www.researchgate.net/publication/311924038_An_Aeshna_affinis_watercolour_by_Pierre_Leonard_Vander_Linden_1797-1831_found_in_the_Selys%27_collec

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 09:46

 

Les 86 miséricordes des stalles de la cathédrale de Rouen décrites et illustrées par  Eustache-Hyacinthe Langlois en 1838.

 

 

 

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Voir sur les stalles :

 

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées , N. Périaux ed.,1 vol. (V-221 p.-XIII pl.) ; ill., portr. ; 22 x 14 cm

Les images proviennent de l'ouvrage numérisé par Google : 

https://books.google.fr/books?id=y3_08JFKSBwC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

J'ai pensé rendre service aux chercheurs et aux amateurs en mettant en ligne, dans une nouvelle disposition, les gravures des miséricordes patiemment relevées par E.H. Langlois. Bien-sûr, Les Stalles de la cathédrale de Rouen, ouvrage  publié en 2003 par C. Elaine Block et F. Billiet aux Presses Universitaires de Rouen et du Havre est une source infiniment plus précieuse. 

Ce patrimoine est fragile : en décembre 1999, une tempête a endommagé 8 des 66 stalles actuelles.

J'ai respecté les titres et les interprétations de Langlois sans autre développement que deux notules "lavieb".

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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LES STALLES DU HAUT-CHOEUR

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1. Homme accroupi tenant des sacoches de la main gauche, et comptant ses espèces, de la droite, sur une table ou un escabeau.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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2. Un homme comptant de l'argent à un autre.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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3. Un cymbalier et un tambourineur.

La flûte à bec de ce dernier est brisée.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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4. Deux Israélites portant sur un levier la grappe de raisin de Nehescol ou du Torrent de la Grappe.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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5. Homme tranchant avec son sabre l'épaule de son adversaire, qu'il a terrassé de la main gauche.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

6. Homme étranglant un lion.

Est-ce David ? Est-ce messire Yvain, dit « le Chevalier au lion » ? Le casque dont il est coiffé devrait faire pencher la balance en faveur de ce dernier, ce nous semble.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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7. Samson coiffé d'un « tortil » et représenté dans une action semblable à la précédente.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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8. Deux joueurs de bedondaine, ou gros tambour à grelots

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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9. Aristote amoureux.

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Nous n'avons fait que mentionner en passant, dans la nomenclature qu'on vient de lire, sous le n° 9, un des sujets les plus remarquables retracés sur les miséricordes de nos stalles. Nous n'avons pas voulu distraire le lecteur, par l'intercallation d'un trop long récit, de la description sommaire que nous faisions dérouler sous ses yeux de ces quatre-vingt-six singulières représentations : il nous est permis maintenant d'y revenir.

Cette stalle est la neuvième des hautes-formes du côté du midi. Elle offre un sujet bizarre et peu connu. Si le fond n'en est pas véritablement historique, il est au moins assez moral, comme on le verra tout-à-l'heure.

Cette sculpture représente un homme vieux et barbu se traînant presqu'à plat ventre, et portant sur son dos une jeune femme assise. Celle-ci, coiffée du hennin', espèce de bonnet à deux cornes assez commun du temps de Charles VI, vêtue d'une robe longue et serrée,

'Ces bonnets à deux cornes plus ou moins pointues se mais la gorge fort découverte, selon l'usage des courtisanes de la même époque, paraît, dans maintinrent dans quelques parties de l'Allemagne jusqu'à la fin du xvn« siècle. Il est assez singulier qu'ils se retrouvent aujourd'hui chez les femmes Tchouwaches, paysannes russes, entre la Soura et le Volga. Une partie de nos anciennes modes semble s'être réfugiée dans le Nord, où la bourguignote, ou corne qui surmonte le bonnet de nos Cauchoises, orne encore aujourd'hui la tête des dames islandaises.

Le hennin était encore en vogue en France au déclin du xv siècle, lors des prédications du dominicain Gabriel Barlet, dont les sermons fourmillent de quolibets ridicules et de saillies burlesques, comme ceux de Michel Menot et d'Olivier Maillard. Dans son sermon latin De Tentatione diaboli, au milieu d'une sortie violente contre les divers ajustemens du beau sexe , Barlet n'oublie pas de lui reprocher sa coiffure. « Elles portent « des cornes, dit-il, et des cheveux tortillés en anneaux ( crtt« dellos ). Dis-moi, femme , à quel signe distinguerait-on de « Macaire, le diable en habit d'ermite? Réponds sans hésiter, n — Aux griffes et aux ongles. — Eh bien! toi, ce serait à tes « cornes. » Sermo 2; inprim. dominic. Quadrag.

C'est dans les écrivains ecclésiastiques, les conciles, les ouvrages de théologie morale, les sermonaires et les légendes, qu'on peut puiser plus abondamment qu'ailleurs des notions universelles sur les mœurs publiques et privées , les usages, les costumes et l'esprit religieux et politique de nos ancêtres. Les immortelles recherches de l'illustre Ducange prouveront toujours combien de ressources on pouvait tirer d'un pareil fond.

cet équipage, chevaucher le vieillard et le conduire au moyen d'une bride dont le mors est fixé dans la bouche de cette vénérable monture. Par suite de l'oubli des traditions et des écrits de nos vieux poètes, on a souvent cru voir, dans ce sujet reproduit dans quelques autres lieux, une allégorie de la patience ou plutôt de l'excessive bonhomie avec laquelle Socrate endurait les mauvais traitemens de sa femme, l'acariâtre Xantippe. Il n'a cependant aucun rapport avec cela : il s'agit d'une autre histoire que je pourrais préciser en deux mots , mais que je crois plus à propos de rapporter avec quelques détails. D'ailleurs, je suis, je le confesse, né quelque peu conteur; mais ce défaut, si c'en est un, m'est au moins commun avec nos pères, qui, dès les xiie et xme siècles, reconnaissaient l'hospitalité ou s'en tenaient pour suffisamment indemnisés par une chanson ou le récit d'un conte, usage simple et naïf que je me plais d'autant plus à rappeler, que ce fut en Normandie, lieu de son origine, qu'il eut spécialement cours, et que c'est encore en Normandie qu'on dut, plus fréquemment qu'ailleurs , payant son hôte en pareille monnaie, le régaler du conte ou fabliau dont le sujet a fourni celui de notre sculpture;' il est d'Henry d'Andely, trouvère renommé du xme siècle, et cette production de notre vieux compatriote se distingue éminemment, par sa délicatesse, de l'immense fatras des poèmes romans , sous le titre de Lay d'Jrislote. Je n'en exposerai néanmoins qu'une sorte de sommaire, en traduisant librement le texte, même en le citant littéralement quelquefois.

 

'« Usages est en Normeudie ,
« Que qui hébergiez est, qu'il die
« Fable ou chanson lie {joyeuse) à son oste.
« Ceste coustume pas n'en oste
« Sire Jehans li chapelains. »

Dit du Segretain de Cluny,
par Jean Le Chapelain. —

Voyez les Fabliaux publiés par Barbazan , édit. de Méon, t. III, préf., p. ix.

Nous trouvons, dit Henry, après un exorde fort grave, qu'Alexandre, roi de la Grèce, dont tant de potentats éprouvèrent la fureur guerrière, méprisait l'or et les richesses, faisant consister ses trésors dans sa chevalerie seule. Il s'empara de tout pour tout donner; il sema tout pour tout recueillir , et c'était en semblant mettre tout hors de sa puissance, qu'il travaillait à lui donner une étendue sans bornes. Mais je veuil, dit l'auteur, repairer à mon affaire. Ce roi de la Grèce et de l'Egypte avait soumis à sa domination jusqu'aux vastes états de l'Inde! C'est dans ces derniers climats qu'il se complut long-temps à résider; si vous me demandez pourquoi, je vous le dirai volontiers : c'est

« Qu'autant a amors sor un roy
« De droit pooir, ce est la somme,
« Comme sor tout le plus poure home
« Qui soit en Champaigne n'en France,
« Tant est sa seignorie franche. »

Or, le fier Macédonien, après avoir courbé le monde entier sous le joug, soupirait dans les fers d'une jeune Indienne que nature avait, il est vrai, comblée des charmes les plus ravissans. Le belliqueux monarque ne peut s'arracher de ses bras, ne voit, ne vit plus que par elle et pour elle; pour elle il oublie tout, jusqu'au soin de sa propre gloire. Enfin, le vainqueur des rois, le maître du monde, est devenu l'esclave idolâtre d'une simple et faible fille sortie d'un sang barbare. L'armée entière s'indigne et murmure sourdement; mais si tous se taisent encore devant le héros d'Arbelles, il n'est personne au moins qui ne le blâme en se* cret. Aristote, que le poète normand suppose à la suite du conquérant, Aristote enfin s'alarme pour la renommée de son élève, et lui reproche avec indignation de la sacrifier à une misérable étrangère. En vain le passionné monarque veut plaider contre le sage en faveur de son amour:

« Je cuit ( je crois ) que vous ne véez goûte,
« Roi, dit Aristote son mestre:
« Or vous puet-on bien mener pestre
« Tout issi comme beste en pré. »

Ce compliment, qui, soit dit en passant, ne respirait pas la politesse attique et ne ferait pas fortune aujourd'hui près des grands, produisit cependant, à l'appui de quelques autres argumens, son effet sur l'esprit du fils de Philippe. Aussi, dès ce jour même, témoigne-t-il, au moins en apparence, quelque refroidissement à sa mie. La belle Indienne s'alarme, pleure, se désole et se tait; mais son silence est celui du désespoir. Alexandre ne peut soutenir le spectacle de sa douleur : son cœur s'amollit, et le héros redevient amant. Il s'excuse sur Aristote, dont il révèle l'austère mercuriale; et la belle, essuyant ses larmes, jure de les faire payer à celui qui les lui fit répandre. « Sire roi, dit-elle, si Dieu me sauve et me maintient vive jusqu'à demain heure de none, vous pourrez, à votre tour, vous moquer de votre maître, de ce vieux bourru chauve et pâle, dont, j'en suis certaine, la dialectique et la clergie ne tiendront pas contre moi. Postez-vous seulement en secret, dès l'aube du jour, aux fenêtres de cette tour. »

Le lendemain, Alexandre se glisse au lieu du rendez-vous; et bientôt la jeune fille, n'ayant, pour couvrir ses charmes, que sa blanche chemise et un manteau bleu, voltige d'un pied léger, plus fraîche que l'aurore, sur le gazon fleuri du verger voisin. C'est près de là qu'est l'étude d'Aristote, et déjà le philosophe est enfoncé dans ses méditations. L'aimable syrène erre autour de sa retraite. Sa douce voix se marie au gazouillement des oiseaux qui saluent le retour de la lumière; elle répète les chansons les plus tendres, et, dans sa feinte insouciance, elle tresse une couronne de menthe et de fleurs dont elle orne son front plus clair que cristal, et l'or de sa longue chevelure. Le sage distrait prête l'oreille, s'émeut, abandonne son livre , et s'interroge, épouvanté de son trouble, sur le sentiment qui l'occasionne. D'une voix plus touchante encore, l'aimable étrangère fait entendre cette nouvelle chanson:

« Dans un verger, auprès d'une fontaine, la fille d'un « roi s'asseoit, la tête inclinée sur sa main ; en soupirant, « elle appelle son doux ami. Ahi! comte Guy , dit-elle, « votre amour m'enlève mon repos et mes plaisirs. »

Enfin le charme opère : le philosophe n'y tient plus; il paraît, déclare à la belle Indienne,

 

qui feint un mouvement de surprise, la passion dont il est embrasé, et la supplie de lui accorder le don d'amoureuse mercy.—« Ah ! Seigneur, dit-elle, despuis qu'ainsi est que vous tant m'amez. Eh bien! soit, j'y consens, mais veuillez au moins mériter mes bonnes grâces par une légère complaisance. Je ne puis, je vous l'avoue, résister à la fantaisie de vous chevaucher un peu dans ce verger, votre dos chargé de la selle d'un palefroy, pour être plus honneslement assise. » A quoi ne contraint pas l'amour ? Dans son transport, Aristote se prête à tout, et le voilà chargé de son gracieux fardeau, cheminant à quatre pattes sur le gazon humide de rosée. On se doute aisément que sa malicieuse cavalière le dirige vers la tour où son amant se tient aux aguets. Fièrede sa victoire, elle chante ces paroles d'une voix élevée:

« Ainsi va qui amors maine
« Pucelle plus blanche que laine;
« Mestre musars me soustient,
« Ainsi va qui amors maine
« Et ainsi qui les maintient. »

 

Alexandre, riant de ce plaisant spectacle, — eh! qui n'en eût pas ri !— se montre soudain à la fenêtre de la tour. « Maître, s'écrie-t-il, que vois-je ? Est-ce bien vous qui vous laissez conduire ainsi, oubliant à ce point votre sermon d'hier, et vous abaissant le premier à la condition des brutes ? »

Aristote lève la tête et s'arrête stupéfait, mais, malgré son trouble , tire de sa confusion même une nouvelle leçon pour son fougueux élève: « Sire, dit-il, vous dites vrai; jugez donc maintenant si j'avais raison de vous prémunir contre les écarts de votre bouillante jeunesse, quand, malgré la glace des ans, je n'ai pu me défendre des égaremens de l'amour, de cette passion fatale contre laquelle viennent d'échouer en un instant, et mes lumières et ma longue sagesse. » C'est ainsi, dit le poète andelien, que

« Moult s'est rescous (s'est tiré) et bel et gent
« Aristote de son meschief. »

Henry n'en convient pas moins avec Caton, que : turpe est doctori cum c.ulpa redarguit ipsum-, et conclut enfin son poème par cette prédiction plus certaine que celles de maître Mathieu Lœnsberg:

« Veritez est, et je le di,

« Qu'amors vainc tout et tout vaincra

« Tant com cis siècle durera. »

Tel est le fond du Lay d'Aristote, production gothique dont il serait difficile de faire passer, dans notre langage moderne, la grâce et la simplicité.

La Cathédrale de Rouen n'est pas la seule dans les décorations de laquelle ce sujet ait eu l'honneur d'être admis. Nous citerons seulement , pour abréger, et ne pas sortir de la Normandie , celle de Saint-Pierre de Caen, où il occupe le chapiteau d'un des derniers piliers du côté gauche de la nef, partie de l'édifice qui fut construite vers l'an 13o8. M. l'abbé De la Rue, qui fournit ce renseignement dans ses Essais historiques sur la ville de Caen, donne, dans le même ouvrage, une esquisse de ce bas-relief.'

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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10. Homme marchant à quatre pattes ; une femme lui pose le pied sur les mains : l'un des bras de cette dernière est à demi-brisé ; il paraît avoir été dans l'intention de frapper.

Lavieb :C'est manifestement un chausseur faisant essayer à une femme sa chaussure.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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11. Un homme et une femme tirant fortement en sens inverse une espèce de vêtement.

Ce sujet représente peut-être la dispute de la culotte, caricature triviale , commune encore dans la basse imagerie du siècle passé.

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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12. Deux fabricans de patins ou galoches.

Cette chaussure se composait de semelles de bois qui posaient sur deux bases fort élevées, dont l'intervalle figurait une espèce d'arche : quelquefois elles faisaient partie du soulier; plus souvent elles n'étaient que de simples sandales dans lesquelles on passait le pied déjà chaussé. Nous trouvons, dans le traité de Beaudouin : De antiquo Calceo, que les Romains employaient souvent aussi des semelles de bois. Le patin dont il s'agit ici était fort en vogue en France dans le xve siècle , et les grands le chaussaient même en habit de cour, comme on le voit dans un portrait en pied de Philippe-le-Bon , duc de Bourgogne, où ce prince est représenté vêtu d'une chlamyde de pourpre bordée de riches orfrois.

Jean Hérolt, dans ses Sermones discipuli, serm. Lxxxn1 (Lugd., i535), déclame fort contre ces chaussures, contre les chapeaux à très haute forme, etc. « Quod vitium ( inquit ) « multùm abundat jeun in quibusdam viris qui « altospileos in capitibus, et colopidea in pe« dibus, et vestes longas per terram trahunt, « volentes sic adjicere ad staturam suam eua bitum unum. » Ducange et tous les autres glossateurs ne font aucune mention des colopidea.

On portait encore, sous Henri IV, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, des talons d'une hauteur énorme aux souliers et aux bottes surtout; ce ne fut que sous le règne de Louis XVI que nos dames commencèrent à renoncer aux talonnettes élevées de leurs souliers et de leurs pantoufles. Les femmes turques et grecques portaient assez communément des semelles de bois à deux bases, dans les xve et xvie siècles. Voyez, entr'autres preuves, les figures de l' Histoire des Turcs, trad. par B. de Vigenère, in-fol.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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 13. Deux autres fabricans de patins, dont l'un coupe son cuir.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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14- Deux lanneurs de drap.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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15. Deux épinceurs de drap..

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'La draperie de Rouen, au xve siècle, vers le temps même du travail de nos stalles, jouissait d'une haute réputation; si bien que les fabriques des autres villes contrefaisaient la lisière de ses draps , pour mieux vendre leur marchandise, et ce, en grand scandale, vitupère et deshonneur de lad. draperie, en diminution du bon nom, loz et renommée d'icelle, dit l'ordonnance royale à laquelle j'emprunte ce document. (Ordonnance de Charles VII, du 50 octobre 1458. )

Ces lettres étaient adressées aux baillis de Rouen , du Berri, de la Touraine, du Maine, de l'Anjou, et aux sénéchaux du Poitou et de la Saintonge.

 

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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16. Deux hommes luttant, dont l'un veut arracher quelque chose à l'autre.

L'objet que ce dernier tenait à la main est brisé.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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17. Homme assis; un autre le salue, le chaperon à la main, et à demi agenouillé.

 

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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18. Sculpteur travaillant à une porte gothique ou à un bahut.

Il évide les meneaux et les entrelacs qu'ils supportent.' idée de l'industrie rouennaise dans cette branche importante, au xve siècle. Aussi avons-nous cru devoir les transcrire, en grande partie, en les rejetant dans les Notes supplémentaires qui complètent cet ouvrage, pour ne pas distraire trop longtemps ici l'attention du lecteur. 

 Les sculpteurs en bois faisaient partie des huchiers, autrement dits menuisiers. Seulement on les distinguait quelquefois des simples ouvriers de la corporation, en les désignant par l'acception d'ymaginiers, d'ymagiers.

La corporation des huchiers de Rouen tient trop essentiellement au sujet traité dans cet ouvrage, pour que nous ne nous empressions pas de donner, dans les Notes supplémentaires, un extrait de ses statuts. Nous l'empruntons au Recueil des Ordonnances des rois de France. A. T).

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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19. Homme tenant une lance dont il semble éparpiller quelque chose.

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20. Deux hommes à table : l'un tient un énorme broc.

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21. Chimère ailée tenant d'une main sa queue de serpent.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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22. Un sculpteur de stalles.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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23. Deux jeunes diacres en tunique, tenant et montrant simultanément du doigt un grand phylactère.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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24 . Personnage encapuchonné marchant à quatre pattes.

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25. Vendangeurs , homme et femme. Tètes brisées.

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26. Sculpteur façonnant un des fleurons d'un tympan gothique. 

On leur donnait le nom   de chous rampans. A.D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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27. Homme nu, couché , la tête coiffée d'un drap, qui couvre une partie du corps.

Cette figure est la seule dans laquelle on pourrait soupçonner une idée licencieuse. Disons, toutefois, à l'honneur du sculpteur, qu'il l'a laissée, en partie, à deviner : honni soit qui mal y pense!

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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28. Maître d'école fouettant un enfant.

Ici point de doute; les choses sont à nu.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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29. Deux hommes faisant usage d'un objet brisé, qui paraît avoir représenté une meule aiguisoire. 

Celui qui tourne la meule, à en juger par son âge et par son occupation secondaire, est l'élève ou serviteur; celui qui tient l'instrument est le maître.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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30. Un forgeron et sa forge.

La forge, ainsi que l'enclume, diffèrent peu de celles aujourd'hui en usage.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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31. Chirurgien pansant la jambe d'un homme.

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32. Lion à torse humain, tenant embrassé un lionceau de la même figure.

La tête de ce dernier manque. Celle du premier est coiffée d'un chapeau à forme bizarre.

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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33. Marchand de galoches ou patins, en essayant une paire au pied d'un homme.

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II est à remarquer que, de toutes les corporations de métiers de Rouen, celle des cordonniers pourrait, à coup sûr, invoquer le titre le plus ancien; on connaît une charte de Geoffroy-Plantagenet en sa faveur, qui en relate une antérieure de Henri Ier : on sait que ce dernier prince gouverna la Normandie de 1101 à 1155. Geoffroy Plantagenet, s'autorisant de l'exemple de son prédécesseur, permet aux cordonniers de Rouen de s'organiser en corporation, qu'il nomme gilde, « gilda. »

Cette confrérie reçut une nouvelle organisation en 1575. On voit dans ses statuts , qui sont conservés aux archives de la ville , que la chaussure la plus estimée, à cette époque, était les estyveaux de cordouen ( de Cordoue, de cordouennerie , d'où, plus tard, est restée la qualification de cordonnerie, de cordonnier ); venaient ensuite les estyveaux de vache et les soulliers de veau. A. D.

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34- Homme voulant en poignarder un autre. 

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35. Deux hommes groupés à béchevet, d'une manière si bizarre que la tête et les pieds de chacun des deux semblent appartenir indifféremment à l'autre.

Cette combinaison plaisante se retrouve dans les bas-reliefs latéraux du portail des Libraires de notre Cathédrale. Ce n'est point là, au surplus, le seul point de comparaison qu'il serait possible d'établir entre l'œuvre des stalles et ces bas-reliefs; soit que les artistes des stalles se soient inspirés à ces compositions grotesques et originales, qui jouissaient peut-être de quelque célébrité, soit que les mêmes traditions, à raison de leur popularité, agissant sur l'imagination et du huchier et du maçon, aient fait sortir du ciseau respectif de ces ymagiers les mêmes réprésentations. A. D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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36. Deux hommes , dont l'un paraît ouvrir de force la main de l'autre.

On peut encore induire, du mouvement de ces figures, que l'un attire violemment l'autre à lui.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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37. Samson et Dalila.

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38. Homme barbu , tenant d'une main un petit bouclier ou rondelle, et de l'autre l'épée courte ou estoc.

 

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39. Ymagier travaillant, avec action, à la sculpture d'une statue.

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40. Homme chaperonné, versant le contenu d'un broc dans une espèce d'assiette ou de jatte.

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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41. Posture ridicule: homme les jambes extrêmement écartées, une main sur un genou , l'autre sur une escabelle.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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42. Homme barbu, déroulant un grand phylactère. 

Les figures du même genre qui se remarquent dans ces stalles, paraissent rappeler les personnages travestis et les prophètes qui jouaient un rôle dans la fête de l'Ane, à Rouen. Voyez la description de leurs costumes, dans Ducange, Gloss. : verb. «Festum asinorum.»

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43. Homme enfonçant une lance dans la gueule d'une gargouille ailée.

Un tableau du cabinet Moscardo, peint par Jules Romain, cité par Misson dans son Voyage d'Italie, offrait, contre la coutume, saint Georges combattant à pied le dragon.

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44- Jeune homme tenant un grand phylactère, et feuilletant un livre.

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STALLES DU BAS-CHOEUR.

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45. Un pédagogue et deux enfans; il en fait lire un pendant que l'autre étudie.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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46. Un maçon.

 La confrérie des maçons paraît avoir pris naissance en Normandie, en 1145, à l'occasion de l'incendie de la cathédrale de Chartres. Les populations normandes, mues d'un zèle religieux , se portant en foule au pays Chartrain , pour aider à la réédification de cette église célèbre qui venait d'être consumée par le feu, s'étaient organisées en une vaste corporation, ayant à leur tête un chef, qu'ils nommaient leur prince. L'archevêque de Rouen, Hugues, a consigné ces curieux détails dans une lettre adressée à Théodoric d'Amiens. L'abbé de Saint-Pierre-sur-Dive, Haimon , nous apprend que ces compagnies, de re

a voulu reconnaître aussi la reine Clotilde, la reine Berthe, dite Berthe-aux-longs-Pieds. Voyez Montfaucon , Monum. de la Monarch. franc., t. i, p. 19a; et les Dissertations de l'abbé Lebœuf, de Mabillon, etc. 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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47. Homme (probablement un manœuvre)  jetant de l'eau d'un seau : un puits est auprès de lui.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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48. jeune poissonnière.

Les marchands poissonniers de Rouen avaient certainement jadis une confrérie dans la cathédrale, et furent les donateurs du magnifique vitrail représentant la vie de saint Julien-L'Hospitalier

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49. Homme barbu, tenant un phylactère, comme dans le n°44 .

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50. Femme ailée, à queue de serpent.

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51. Berger se disposant à jouer de la musette auprès de ses moutons.

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52.  Charpentier perçant une pièce de bois avec une tarière.

 

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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53. Alchimiste tenant un phylactère, et ayant une espèce de fourneau devant lui.

'L'objet arrondi, qui est placé derrière le bras droit du personnage, pourrait faire supposer que nous voyons ici un maitre-verrier : cet objet ne serait autre qu'un plat de verre, qui vient de sortir du fourneau. A. D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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54. Homme les bras allongés sur une table couverte d'une nappe; il tient les vestiges d'un objet fracturé qu'on pourrait croire avoir été un broc.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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55. Homme barbu, muni de l'escarcelle, les jambes écartées, et s'appuyant, de la main gauche, sur un chicot d'arbre.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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56 Femme chimère, à queue, ailes et pattes d'oie , montrant un cœur dans sa main.

Les pieds de cette figure rappellent la reine Pédauque, dont les statues décoraient le portail de plusieurs églises, et dans lesquelles on a voulu reconnaître aussi la reine Clotilde, la reine Berthe, dite Berthe-aux-longs-Pieds. Voyez Montfaucon , Monum. de la Monarch. franc., t. 1, p. 1g2; et les Dissertations de l'abbé Lebœuf, de Mabillon, etc.1

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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57. Vieillard coiffé d'un énorme chapeau de pelleterie, qui a quelque analogie avec la mitre épiscopale, et qui dort, la tête appuyée sur sa main.

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58. Figure humaine avec des pieds d'oie, la tête ceinte d'un tortil; elle tient une fronde ou fléau brisé; l'autre main porte une rondelle fort bombée.

Nous retrouvons cette bizarre figure dans les bas-reliefs du portail des Libraires.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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59. Homme répandant une corbeille de fleurs devant deux cochons.

Est-ce une allusion au proverbe « Spargere margaritas antèporcos »?

'Mémoires de l'Académie des Inscriptions, passim.

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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60. Femme chimère, à corps de lion; les bras très ouverts et couverts d'une draperie, ainsi que la tète.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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61. Chirurgien ou barbier  venant de faire une saignée, ou bien encore Chiromancien disant la bonne-aventure.

La corporation des barbiers, fort ancienne à Rouen, reçut une nouvelle organisation en 1407. Entre autres conditions pour être reçu maître, l'apprenti devait être en état de faire une lancette bonne et souffisante pour saingnier toutes vaines; car les barbiers avaient le droit de tirer du sang, et d'étancher, une première fois seulement, celui d'une personne blessée, en cas d'imminente nécessité. Là se bornaient les droits des barbiers rouennais à la pratique chirurgicale. Ceux de la ville de Paris, vers la même époque, pouvaient se donner un peu plus carrière ; il leur était permis de panser, et même de guérir les clous, les bosses et les plaies, pourvu qu'elles ne fussent pas mortelles. ( Ordonnance de 1572. )

L'ordonnance de 1407 défend aux barbiers de Rouen de rendre aucun service aux lépreux, sous peine de bannissement. Cette défense ferait supposer que ces malheureux ne leur faisaient pas éprouver au même degré l'horreur qu'ils inspiraient aux populations épouvantées, dans ces temps d'ignorance.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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62. Vieillard barbu, tenant un objet cassé.

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63. Homme en robe, portant une robe et un bouclier.

Ce bouclier, qui est garni de l'umbo,  a la plus grande analogie avec un bouclier antique d'une médaille figurée sur une médaille publiée par Montfaucon

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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64. Chimère à torse humain et à partie inférieure d'oiseau, pinçant la harpe.

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65. Figure drapée ou Mélusine relevant d'une main sa queue de serpent et portant de l'autre un miroir rond.

Les véritables figures de Mélusine représentent cette fée enfoncée dans l'eau d'un bain jusqu'à la ceinture, tenant un miroir, et démêlant sa longue chevelure.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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66. Femme assise sur un lion.

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67. Barbier savonnant un homme assis.

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68 Femme chimère, coiffée du voile et de la guimpe.

Elle tient d'une main l'écu d'armes, et de l'autre un objet brisé; la partie inférieure du corps offre la forme et la queue d'un coq.

 

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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69. Chimère à tête voilée, à face de singe.

Elle tient les débris d'un bouclier et une espèce d'épieu.

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70. Chimère en turban ou chaperon, tenant d'une main sa queue, de l'autre un trousseau de verges.

Elle porte, sur l'abdomen, une face humaine.

Cette monstrueuse transposition se voit très souvent dans les figures de diables exécutées dans le moyen-âge; on la trouvait quelquefois jusque dans les anciennes armures, sur la pancière, ou pièce inférieure de la cuirasse.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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71. Tondeurs de drap, homme et femme.

C'est aux individus de cette profession que la Cathédrale dut, dans le xuie siècle, le beau vitrail représentant la vie du patriarche Joseph. Voyez mon Ouvrage sur la Peinture sur verre.

Voyez Noël de la Morinière , Second Essai sur le département de la Seine-Inférieure, p. 265 et suiv.

« Marchands de draps, s'écriait, dans le xv« siècle , le prédicateur Maillard, vous vendez pour du drap de lia ne» celui « qui n'est que de Beauvais; vous vendez du drap humide « pour du drap sec; l'acheteur croit avoir deux aulnes et n'en « a qu'une. » Maillardi Sermones Adventus, serm. xxxiv. )

Il est également question du drap de Rouen dans la farce de Pathelin:

Pathélin.

« Cestuy cy est-il taint en laine?
« Il est fort comme un cordouen.

Le Drapier.

« C'est un très bon drap de Rouen ,
« Je vous prometz , et bien drappé. »

Ménage, dans son Dictionnaire étymologique , a désigné, sous le nom de limestre, certaines serges drapées, croisées, qui se faisaient de son temps à Rouen et à Darnétal. Dans ses Notes sur Rabelais, t. 2 , p. 1, Le Duchat parle aussi de ces étoffes.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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72. Jeune marchande de charbon

Elle en verse un boisseau dans le tablier d'une femme. 

Les cornettes dont ces figures sont coiffées sont encore fort en usage dans beaucoup de lieux de l'Italie. Souvent les modes que l'on croit éteintes n'ont fait que changer de pays ou se maintenir ailleurs.

Est-il bien présumable que cette femme reçoive du charbon dans son tablier? Peut-être sont-ce des petits pains ou des gâteaux qu'on lui compte. A. D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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73. Homme jouant avec deux plectres d'un instrument à deux cordes, de forme fort longue et carré des deux bouts, dont le nom n'est probablement plus connu.

De Lancre, Tableau de [inconstance des Démons, Magiciens, etc., pag. aii , parle des danses des sorcières, au son du petit tambourin, de la flûte et d'un long instrument qu'on bat, dit-il, avec un petit baston; mais il ne nomme pas ce dernier. On pourrait présumer, cependant, par la position qu'il lui assigne, qu'il parle d'une espèce de trompette marine, instrument monocorde dont le nom induit beaucoup de monde en erreur sur sa forme et son usage, mais qui se jouait ordinairement avec un archet. M. Jourdain, dans le Bourgeois gentilhomme , n'oublie pas cet instrument dans son projet de concert: «Il y faudra mettre aussi, dit-il à son maître « de musique, une trompette marine. La « trompette marine est un instrument qui me « plait et qui est harmonieux. » Le Sage donne à son Turcaret des oreilles aussi délicates.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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74- Jeune femme , les bras ouverts, paraissant vouloir couvrir de son voile ou manteau un petit enfant debout.

Dans les bas-reliefs remarquables et si délicatement ciselés du portail des Libraires, on retrouve à peu près ce sujet; mais , dans ce dernier, la femme a l'air de recevoir l'enfant avec effroi.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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75. Vieillard frappant de verges un petit chien.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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76. Un fendeur de bois.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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77. Une moissonneuse.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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78. Deux hommes assis devant une espèce de billot rond et dans une occupation équivoque.

Sans l'absence du maillet, on aurait bien pu les prendre pour des ouvriers monnoyeurs.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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79. Deux cordonniers, l'un travaillant son cuir, l'autre cousant un soulier.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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80. Cordonnier fabricant des chaussettes de cuir et des escaphignons, espèces de souliers des xive et xve siècles.

Les premiers se laçaient latéralement au dessous des chevilles du pied , et les seconds se laçaient ou se bouclaient au-dessus.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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81. Autre cordonnier chaussant un soulier ou chaussette au pied d'un homme assis.

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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82. Samson emportant les portes de la ville de Gaza.
Il faut convenir que si les portes de Gaza n'eussent pas été plus grandes que celles que le sculpteur a placées sur l'épaule de son personnage, il y aurait considérablement à rabattre du merveilleux de l'action de Samson, et que sa force, d'herculéenne qu'elle était, pourrait bien descendre à rester tant soit peu lilliputienne.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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83. Deux joueurs de panoye.

Rabelais a omis, dans les deux cent quinze jeux de Gargantua dont il donne les noms, celui dont il s'agit ici, ou peut-être l'y a-t-il autrement désigné. La panoye consistait à s'asseoir à terre, et pied contre pied, en face l'un de l'autre : chacun des deux adversaires s'efforçait alors de tirer à lui un bâton court, posé perpendiculairement et retenu par le bas, entre ses semelles et celles de l'autre tireur. Je n'ai trouvé de mention claire et positive de ce jeu que dans les Devises héroïques de Paradin, Lyon, 1557, page 182 : on y voit quatre bras se disputant le bâton, avec ces mots pour ame: « Et l'un et l'autre. ».

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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84- Homme barbu et encapuchonné, supportant des deux mains la moulure de la miséricorde.

Une femme lui soutient le coude.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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85. Deux servantes , dont l'une nettoie de la vaisselle.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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86. Deux serviteurs , homme et femme, lavant des plats dans une grande cuvette.

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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87. 88. — Ces deux dernières sellettes n'appartiennent point aux stalles de la cathédrale de Rouen , et font partie , la première (n° 87 ), des stalles de l'église de Saint-Taurin d'Evreux; la seconde (n° 88), de celles de l'église de Bourg-Achard , arrondissement de Pont-Audemer. L'auteur avait cru devoir les ajouter ici pour compléter sa dernière planche, comme un type curieux de l'imagination et du caprice des artistes du moyen-âge dans notre province.

On est toujours étonné de rencontrer, dans nos temples chrétiens, ces obscena qui, s'ils ne détournaient pas l'attention des fidèles ( c'est le moins qu'on puisse accorder ) , ne paraissaient pas du moins les beaucoup scandaliser. Quant au clergé, il est plus extraordinaire qu'il en ait toléré la présence dans nos basiliques.

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N°87. église de Saint-Taurin d'Evreux. Un renard en chaire prêchant une poule et un canard.

La volatile qu'il a déjà dans son capuchon prouve qu'un premier sermon n'a pas été infructueux. Ce sujet, qui a un caractère tout-à-fait épigrammatique, se retrouve fréquemment dans les miniatures des anciennes heures manuscrites et dans les sculptures de nos édifices religieux. A. D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalle de la cathédrale d'Evreux.

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalle de la cathédrale d'Evreux.

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n°88. Stalle  de l'église de Bourg-Achard.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalle de l'ancien prieuré de Bourg-Achard.

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalle de l'ancien prieuré de Bourg-Achard.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente, [thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

 https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusqu'au_concile_de_Trente

Volume 2 Annexes :

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?ou=Saint-Pol-de-L%C3%A9on&type=&texte=stalles+

 

—  ALEXANDRE-BIDON (Danièle), 2001, « L’iconographie des stalles : partage et transmissions des modèles (enluminures, gravures...) », in K. Lemé-Hébuterne (dir.), Autour des stalles de Picardie et Normandie. Tradition iconographique au Moyen Âge, Amiens, Encrage, 2001, p. 149-166.

 

 —  BILLIET (Frédéric) 2001, « Un mobilier pour le chant. La vie musicale dans les stalles d’Amiens », Autour des stalles de Picardie et de Normandie. Traditions iconographiques au Moyen Âge, (ed. K. LEME-HEBUTERNE), actes du 4e colloque international de Misericordia International, Amiens, septembre 1999, Amiens, Encrage, 2001, p. 29).

http://docplayer.fr/62357535-L-es-etudes-relatives-a-l-iconographie-des-stalles-de-choeur-ne-peuvent-ignorer.html

file:///F:/chapelles/Saint%20Pol%20de%20L%C3%A9on%20stalles/Stalles%20blog/05_billiet_frederic_un_mobilier_pour_le_chant_la_vie_musicale_dans_les_stalles_de_la_cathedrale_dami.pdf

 

—  BILLIET (Frédéric)  Le miroir des miséricordes: XIIIe-XVIIe siècle : actes du colloque Université de Toulouse-Le Mirail. Images et sociétés, Université de Toulouse-Le Mirail. Section d'histoire de l'art Centre européen d'art et de civilisation médiévale, 1996 - 262 pages

 

.—  BLOCK (Elaine C.), 2003,Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols, 2003,444 p. 

— E. C. Block: 'Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland', ProfaneA. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

.—  BLOCK (Elaine C.), BILLIET (Frédéric) 2003,  Les Stalles de la cathédrale de Rouen, PURH,

https://books.openedition.org/purh/7412

 

— BOURNOT-DIDIER (Nancy) , 2000, André Sulpice et les stalles du Rouergue Thèse de doctorat en Histoire de l'art soutenue à Toulouse 2

 

 

 

—  DURAND (Georges) : Monographie de l'église Notre Dame, cathédrale d'Amiens. Tome II . Yvert et Tellier, 1903.

http://www.stalles-dg.info/Acc/durdescrip.htm

 

— KRAUS (Dorothy et Henry), 1968, Le monde caché des miséricordes. Suivi du répertoire de 400 stalles d'églises de France. Paris, 263 p. Les éditions de l'amateur.

— MISERICORDIA INTERNATIONAL MEDIEVAL ICONOGRAPHY

http://misericordia-international.blogspot.fr/

 

— PELAD-OLIVIER (Monique), L'emplacement et l'organisation des stalles de la cathédrale de Rouen des origines à nos jours.

http://docplayer.fr/62033271-L-emplacement-et-l-organisation-des-stalles-de-la-cathedrale-de-rouen-des-origines-a-nos-jours.html

http://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Stalles/Index.htm

 

 

— LANGLOIS (E.-H.) 1827, Notice sur les bas-reliefs des stalles de la cathédrale de Rouen et sur le Lay d'Aristote, E.-H. Langlois, Rev. de la ST. Lib. d'Em. de la S.-I., 1827, p.12.
— LANGLOIS (Eustache-Hyacinthe.)  1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées Edité par N. Periaux 

https://books.google.fr/books?pg=PA141&dq=stalles+bourg-achard&id=kO0TAAAAQAAJ&hl=fr#v=onepage&q=stalles%20bourg-achard&f=false


— LEMÉ (K.) 1994,  Stalles de Haute-Normandie, K. Lemé, Etudes Normandes, 1994/3, p. 21.
—  LEMÉ (Khristiane), 1993, Images de la société à travers les stalles du nord-ouest de la France, XIVe http://www.theses.fr/1993PA040260

— LEMÉ (Kristiane) : Le costume au début du XVI°siècle à travers les stalles de la cathédrale d'Amiens. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 4° trimestre 1996

— LEME-HEBUTERNE, Kristiane. Les Stalles de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Paris : Picard, 2007, tome XXVI.

p. 17-44 ; p. 57-114 ; p. 168-173

— TOURTIER, Guy (de), PRACHE, Georges. Les Stalles de la cathédrale d’Amiens, XVIème siècle. Lyon : Lescuyercz, 1970.

Kristiane Lemé-Hébuterne, Les stalles de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, Paris, Picard, 2007, 28 cm, 248 p., 213 fig. en n. et b. et en coul., carte, plans, dessin. – ISBN : 978-2-7084-0792-3

— JOURDAIN (Edouard) et DUVAL (Charles) : Les stalles de la cathédrale d'Amiens. Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens, Duval et Herment 1843.

 — AMIENS. 1509 et 1522.

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/stalle-du-choeur-decor-en-bas-relief-d-une-jouee-la-vierge-des-litanies/08160568-5bd4-486b-8dce-04262e6e6f4e

https://inventaire.hautsdefrance.fr/recherche/globale?texte=Amiens+stalles

 

https://www.richesses-en-somme.com/cath%C3%A9drale-insolite-int%C3%A9rieur/stalles-de-la-cath%C3%A9drale/

 La visite virtuelle des stalles peut se faire sur le site  http://www.stalles-dg.info/Pag/accueil.htm

— BEAUVAIS : Inscription sur la 10ème stalle du côté gauche en haut sur une miséricorde : DE avec étoile et lune

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/ensemble-de-83-stalles/afd61497-aa6e-4021-b20b-5c2f92980865

— SOISSONS

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/serie-de-82-stalles/a873a336-a6d3-42a7-888e-e7f1a5ef3caa

 

 

 

 


 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles
17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 09:44

L'église saint-Lô est un ancien prieuré des chanoines réguliers de Saint-Augustin, installé — sans doute face à une épidémie de lèpre, car les léproseries furent nombreuses au XIIe s —  en 1143 et qui demeura jusqu'en 1766, date où il sera réuni au séminaire de Saint-Vivien de Rouen.

https://books.google.fr/books?id=pPRAAAAAcAAJ&pg=PA392&dq=bourg-achard&hl=fr&ei=fueoTK3DHoOSswb41rC5DA&sa=X&oi=book_result&ct=result&redir_esc=y#v=onepage&q=bourg-achard&f=false

Le prieuré  était  composé de chanoines, d'un bailli et dirigé par un prieur. Il disposait d'une salle capitulaire et d'un manoir prioral construit vers 1253. Les chanoines étaient au nombre de 10 en 1249, 15 en 1260, et 7 en 1640, sans compter les novices.

— Notice no IA00018530, base Mérimée, ministère français de la Culture

— LE PREVOST (Auguste), 1862   Mémoires et notes pour servir à l'histoire du département de l'Eure, Tome 1, Evreux: Imprimerie d'Auguste Hérissey, 1862. p. 392-402.

 

—PASSY (Louis), 1862,  Notice sur le prieuré de Bourg-Achard , Paris: imprimerie de A. R. Lainé et J. Havard, 1862.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k635338.image.hl.r=sausseuse.f2.pagination.langFR

Les chanoines, comme partout, disposaient de stalles pour chanter les offices. Ces stalles ont aujourd'hui été installées dans l'abside.

Comme l'explique l'article Wikipédia

"Les stalles sont les rangées de sièges, liés les uns aux autres et alignés le long des murs du chœur des cathédrales ou églises collégiales et abbatiales, divisant les moines ou chanoines en deux groupes pour le chant (ou la récitation) alternative des psaumes de l’office divin. Ils ont la caractéristique de permettre deux positions : ou bien assise ou bien debout (si le siège est relevé), avec appui sur une « miséricorde ».

Elles sont principalement réalisées par une main-d’œuvre qualifiée, les huchiers.

Avec la longueur des offices, les stalles se composent par la suite de sièges amovibles et rabattables, sous lesquels se trouve une petite console, appelée « miséricorde », cette sellette servant d'appui discret lorsqu'on est debout. Chaque siège est séparé de celui d'à côté par des parcloses surmontées d'accoudoirs. Aux extrémités des stalles se trouvent les jouées, qui sont des plaques ornementées. Enfin, les stalles sont surmontées soit par un haut dossier (dais), soit par un baldaquin."

Il est rare de trouver encore des stalles encore entières (comme à Saint-Pol-de-Léon) , ayant conservé leur dossier et leur dais. C'est le cas à Bourg-Achard pour un ensemble de cinq sièges,  avec les  dossiers, les miséricordes,  les jouées et les baldaquins. Cet état complet se voit à Bourg-Achard et  surtout à Saint-Martin-aux-Bois.

À coté de cet ensemble, nous trouvons une dizaine de stalles isolées, sans jouées ni dais.

Soit, au total, (Dorothy et Henry Kraus, 1986) 15 miséricordes du XVIe s. dont deux miséricordes plus modernes : dans l'ensemble elles représentent des animaux (le plus souvent la tête en bas, les pattes soutiennent solidement les sellettes.), des bouffons, une tête d'homme vue de profil. 

Les images en ligne de ces stalles sont rares, celles de l'Inventaire ne sont pas disponibles...hormis une vieille photo noir et blanc. Le site musicastallis est muet.

La photo ancienne montre que des éléments (porte latérale et prie-dieu) ont disparu.

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Photo Paul Robert.

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Enfin, je n'ai pas trouvé d'étude ou de publication qui leur soient consacrées.

C'est à la découverte de ces stalles que je souhaite vous inviter.

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I. L'ENSEMBLE COMPLET DE CINQ SIÈGES.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les jouées.

Une jouée de stalle est une plaque ornementée qui se trouve aux extrémités des stalles du chœur.

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a) la jouée de droite.

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Les jouées sont formées de deux enroulements superposés d'une tige d'acanthes, à spires dans le même sens formant chacun deux médaillons. Chaque médaillon supérieur est orné d'un visage grotesque, obèse, aux yeux globuleux coiffé d'un chaperon et tenant dans sa bouche l'origine de la tige du rinceau. Chaque médaillon inférieur est orné d'un dragon à l'échine épineuse, tenant pareillement l'extrémité terminale du rinceau.

Des anges descendent en piqué sur la tranche de l'enroulement; Un personnage relie les médaillons dans la concavité de la volute.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Enroulement supérieur.

Le personnage interne est grimaçant, il est vêtu d'une sorte de large chasuble plissée.

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Les stalles de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard.

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Enroulement inférieur.

Le personnage interne est barbu, il est coiffé d'un bonnet et tient un phylactère, ce qui peut correspondre à une figure de prophète.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Joue droite, face externe.

 

 

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Enroulement supérieur.

 

Le personnage interne vêtu comme un chanoine d'une mosette (ou chaperon) sur la chape ; mais son visage grimace comme une tête de mort.

On notera la finesse de découpe des contours foliaires des acanthes.

 

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LMER,LPAL&VALUE_98=PA00099355

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LMER,LPAL&VALUE_98=PA00099355

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Enroulement inférieur.

 

Le personnage interne est à nouveau un prophète tenant un phylactère.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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La jouée de gauche. 

C'est la même disposition, avec deux prophètes cette fois.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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II. Les miséricordes et appuie-mains.

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La stalle complète.

 

La stalle complète montre de gauche à droite les miséricordes suivantes :

  • Un oiseau (aigle ?) pinçant son aile du bec.
  • Un chien, tête aux larges oreilles enfouie entre les pattes.
  • un visage, les yeux baissés.
  • Un animal (crinière, queue entre les pattes, gros dos, tête anthropoïde) courant dans le même sens que le chien et partageant avec lui la même silhouette. 
  • Un lièvre poil hérissé, tête entre les pattes. Il compose avec le chien et l'animal précédent une scène de poursuite.

Les appuie-mains sont, dans le même sens :

  • un chat tenant une souris,
  • un dragon
  • un chat (?) hurlant, langue pendante
  • un visage encapuchonné.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les stalles de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard.

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Appuie-main : un chat tenant dans sa patte une souris.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Les autres stalles et leurs miséricordes.

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Les figures humaines ou anthropomorphes.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les figures animalières.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

 

— PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente, [thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

 https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

Volume 2 Annexes :

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?ou=Saint-Pol-de-L%C3%A9on&type=&texte=stalles+

 

 ALEXANDRE-BIDON (Danièle), 2001, « L’iconographie des stalles : partage et transmissions des modèles (enluminures, gravures...) », in K. Lemé-Hébuterne (dir.), Autour des stalles de Picardie et Normandie. Tradition iconographique au Moyen Âge, Amiens, Encrage, 2001, p. 149-166.

 

 

—  BILLIET (Frédéric) 2001, « Un mobilier pour le chant. La vie musicale dans les stalles d’Amiens », Autour des stalles de Picardie et de Normandie. Traditions iconographiques au Moyen Âge, (ed. K. LEME-HEBUTERNE), actes du 4e colloque international de Misericordia International, Amiens, septembre 1999, Amiens, Encrage, 2001, p. 29).

http://docplayer.fr/62357535-L-es-etudes-relatives-a-l-iconographie-des-stalles-de-choeur-ne-peuvent-ignorer.html

file:///F:/chapelles/Saint%20Pol%20de%20L%C3%A9on%20stalles/Stalles%20blog/05_billiet_frederic_un_mobilier_pour_le_chant_la_vie_musicale_dans_les_stalles_de_la_cathedrale_dami.pdf

 

—  BILLIET (Frédéric)  Le miroir des miséricordes: XIIIe-XVIIe siècle : actes du colloque Université de Toulouse-Le Mirail. Images et sociétés, Université de Toulouse-Le Mirail. Section d'histoire de l'art Centre européen d'art et de civilisation médiévale, 1996 - 262 pages

 

.—  BLOCK (Elaine C.), 2003,Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols, 2003,444 p. 

— E. C. Block: 'Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland', ProfaneA. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

.—  BLOCK (Elaine C.), BILLIET (Frédéric)  Les Stalles de la cathédrale de Rouen

https://books.google.fr/books?id=7tThdObk0qwC&pg=PA78&lpg=PA78&dq=stalles+saint-pol-de-l%C3%A9on&source=bl&ots=tth0hiC8_3&sig=zZ9bwe1_Qj7cICq9VvvVWu8EHyY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiMjJnC-IvYAhXDDcAKHcx-DRk4FBDoAQhEMAU#v=onepage&q=stalles%20saint-pol-de-l%C3%A9on&f=false

— BOURNOT-DIDIER (Nancy) , 2000, André Sulpice et les stalles du Rouergue Thèse de doctorat en Histoire de l'art soutenue à Toulouse 2

 

 

 

—  DURAND (Georges) : Monographie de l'église Notre Dame, cathédrale d'Amiens. Tome II . Yvert et Tellier, 1903.

http://www.stalles-dg.info/Acc/durdescrip.htm

 

— KRAUS (Dorothy et Henry), 1968, Le monde caché des miséricordes. Suivi du répertoire de 400 stalles d'églises de France. Paris, 263 p. Les éditions de l'amateur.

— MISERICORDIA INTERNATIONAL MEDIEVAL ICONOGRAPHY

http://misericordia-international.blogspot.fr/

 

— PELAD-OLIVIER (Monique), L'emplacement et l'organisation des stalles de la cathédrale de Rouen des origines à nos jours.

http://docplayer.fr/62033271-L-emplacement-et-l-organisation-des-stalles-de-la-cathedrale-de-rouen-des-origines-a-nos-jours.html

http://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Stalles/Index.htm

 

— PRIGENT (Christiane)   Sculptures de danseurs et de jongleurs dans les édifices religieux, à l’époque romane et à l’époque gothique. « Représentations sculptées de danseurs et de jongleurs comme manifestation de la culture laïque dans les édifices religieux à l'époque romane et à l'époque gothique », in M.S.H.B., tome LXXI, 1994, p. 279-313.

https://hicsa.univ-paris1.fr/documents/pdf/MondeRomainMedieval/Prigent.pdf

— LANGLOIS (E.-H.) 1827, Notice sur les bas-reliefs des stalles de la cathédrale de Rouen et sur le Lay d'Aristote, E.-H. Langlois, Rev. de la ST. Lib. d'Em. de la S.-I., 1827, p.12.
— LANGLOIS (
Eustache-Hyacinthe.)  1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées Edité par N. Periaux 

https://books.google.fr/books?pg=PA141&dq=stalles+bourg-achard&id=kO0TAAAAQAAJ&hl=fr#v=onepage&q=stalles%20bourg-achard&f=false



— LEMÉ (K.) 1994,  Stalles de Haute-Normandie, K. Lemé, Etudes Normandes, 1994/3, p. 21.
—  LEMÉ (Khristiane), 1993, Images de la société à travers les stalles du nord-ouest de la France, XIVe http://www.theses.fr/1993PA040260

— LEMÉ (Kristiane) : Le costume au début du XVI°siècle à travers les stalles de la cathédrale d'Amiens. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 4° trimestre 1996

— LEME-HEBUTERNE, Kristiane. Les Stalles de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Paris : Picard, 2007, tome XXVI.

p. 17-44 ; p. 57-114 ; p. 168-173

— TOURTIER, Guy (de), PRACHE, Georges. Les Stalles de la cathédrale d’Amiens, XVIème siècle. Lyon : Lescuyercz, 1970.

Kristiane Lemé-Hébuterne, Les stalles de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, Paris, Picard, 2007, 28 cm, 248 p., 213 fig. en n. et b. et en coul., carte, plans, dessin. – ISBN : 978-2-7084-0792-3

— JOURDAIN (Edouard) et DUVAL (Charles) : Les stalles de la cathédrale d'Amiens. Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens, Duval et Herment 1843.

 — AMIENS. 1509 et 1522.

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/stalle-du-choeur-decor-en-bas-relief-d-une-jouee-la-vierge-des-litanies/08160568-5bd4-486b-8dce-04262e6e6f4e

https://inventaire.hautsdefrance.fr/recherche/globale?texte=Amiens+stalles

 

https://www.richesses-en-somme.com/cath%C3%A9drale-insolite-int%C3%A9rieur/stalles-de-la-cath%C3%A9drale/

 La visite virtuelle des stalles peut se faire sur le site  http://www.stalles-dg.info/Pag/accueil.htm

— BEAUVAIS : Inscription sur la 10ème stalle du côté gauche en haut sur une miséricorde : DE avec étoile et lune

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/ensemble-de-83-stalles/afd61497-aa6e-4021-b20b-5c2f92980865

— SOISSONS

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/serie-de-82-stalles/a873a336-a6d3-42a7-888e-e7f1a5ef3caa

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles
16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 13:31

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DESCRIPTION.

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Cette baie est formée de deux lancettes trilobées et d'un tympan à 1 quadrilobe. L'ensemble est traité en grisaille et jaune d'argent sur verres blancs, les seuls verres colorés étant utilisés exclusivement pour le damas et le contre-fond des niches. Ce sont (hormis quelques pièces placées en baie 4) les vitraux les plus anciens de l'église.

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Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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La lancette gauche : saint Nicolas en évêque et le miracle des trois petits enfants.

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Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Lancette de droite : un saint évêque : saint Lô ?

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Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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La verrière de saint Nicolas et de saint Lô, baie 3 de l'église de Bourg-Achard.

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Le monogramme trilitère IHS, où la hampe du H est barré du tilde abréviatif (IHS pour IHESUS) pour former une croix.

https://fr.wikipedia.org/wiki/IHS_(religion)

 

Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 3 (2eme quart XVe) de l'église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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SOURCES :

 

 

CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 120

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 09:13

Zoonymie des Odonates : les noms de Boyeria irene Fonscolombe 1838, l'Aeschne paisible, le Spectre paisible.

 

 

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

Voir aussi :

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

 

— Boyeria, Mac Lachlan 1896. En 1883, de Sélys avait créé pour ce genre le nom de Fonscolombia en écrivant "J'ai dédié ce genre à feu Boyer de Fonscolombe, qui le premier en France (1837) a étudié sérieusement les Odonates, et découvert l'irene et d'autres espèces." L'entomologiste londonien Robert Mac Lachlan, président puis trésorier de la Société Entomologiste de Londres, à qui de Selys avait dédié l'espèce japonaise Fonscolombia maclachlania, a du modifier le nom générique, qui avait déjà été utilisé par Lichtenstein en 1877 pour une cochenille. Il utilisa alors la première partie, Boyer, du nom d'Étienne de Fonscolombe. Ce dernier avait décrit l'espèce-type du genre Aeschna irene en 1838.

C'est le seul nom de genre des Odonates de France qui se réfère à un nom propre ; pour les Odonates d'Europe, il est rejoint par Selysiothemis Ris, 1897.

 

Nom  d'espèce : Boyeria irene,  Fonscolombe, 1838 : Ann. Soc. ent. France 7:93. Du prénom Irène (dérivé du grec εἰρήνη (Eiréné), signifiant « paix »), celui de la fille d'Étienne Boyer de Fonscolombe, et non d'un tempérament prétendument  "paisible" auquel l'auteur ne fait nullement allusion dans sa description originale. Le spécimen a été capturée à Saint-Zacharie (Var), où Irène de Fonscolombe avait hérité de sa mère  le domaine du Moulin Blanc. 

 

Les noms en français : 1) "L'Aeschne Irène", de Sélys 1840. L'habitude de Sélys-Longchamps est de traduire littéralement le nom scientifique, qui était alors Æshna irene. Le fait qu'il ait placé un accent sur le É  indique qu'il  interprète bien l'épithète comme un prénom, et non comme un adjectif. 2) "L'Aeschne paisible" d'Aguilar et  Dommanget 1985, introduit le contre-sens sur la compréhension de irene. 3° "Le Spectre paisible" Dijkstra 2007 enfonce le clou. Il faudrait aujourd'hui, par respect pour Fonscolombe,  revenir à l'Æschne d'Irène de Sélys.

Les noms dans d'autres langues :

- Allemand  "Die Westliche Geisterlibelle" : H. Schiemenz 1953.  la Libellule fantôme occidentale. " À cause de sa "tenue de camouflage", ou de son comportement furtif et crépusculaire.

-Néerlandais  "De schemerlibel" : la libellule crépusculaire. 

-Anglais "Western spectre" Le Spectre occidental.

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NOM SCIENTIFIQUE.

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I. LE NOM DE GENRE BOYERIA, MAC LACHLAN 1896.

Zoonymie des Odonates : le genre Boyeria, Mac Lachlan 1896.

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II. LE NOM D'ESPÈCE BOYERIA IRENE FONSCOLOMBE, 1838.

Boyer de Fonscolombe M. 1838 - Monographie des Libellulines des environs d'Aix. - Ann. de la Soc. Entomol. de France, 7 : 75-106 + 547-575  page 93.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/53389#page/97/mode/1up

Description originale :

6. Æshna irene, Nobis. , 


Æ. brunneo viridique variegata, thorace subgloboso ; abdomine maris foeminae que post basin coarctato, macula marginali alarum brunneâ; nervis aliquot flavis; membranulâ accessoriâ parvâ, cinerascente, Nob. 

Long. 0,060. Enverg. o,o85. 
La tête est gris-verdâtre ; la bouche un peu noire. Le chaperon est d'un jaune pâle. Le vertex ou sommet de la tête est marqué d'un point bleuâtre allongé dans le sens du corps. Le petit triangle, derrière et entre les yeux, est jaune. 
Les yeux sont d'un gris-verdâtre un peu vif, un peu jaunâtre à leur côté postérieur. 
Le corselet est presque globuleux , d'un brun-grisâtre plus brun à ses côtés inférieurs, avec deux taches allongées, un peu courbes, très-prononcées sur le devant; aux côtés, deux taches ou bandes de la même couleur; la postérieure moins marquée; les lignes noirâtres entre les deux. L'espace dorsal entre l'origine des ailes est gris-cendré  avec une très-petite ligne jaune en chevron brisé, entre chaque paire d'ailes; les points tuberculeux de la base des ailes sont alternativement bruns et jaunes. 

L'abdomen est très-globuleux à sa base , très-rétréci au milieu du troisième segment, dans la femelle comme dans le mâle; puis s'élargissant insensiblement, et ensuite diminuant encore un peu de diamètre après le milieu; le dos est un peu en arête, avec les côtés bien carénés. Sa couleur est mêlée de brun de poix et de vert-grisâtre. La base et les côtés du premier segment sont gris-verdâtre , et le bord postérieur brun. Le second est vert à sa base, brun postérieurement, avec une tache ou nuance bruns sur la partie verte; cette tache brune est coupée longitudinalement par l'arête dorsale, qui est jaunâtre; le bord postérieur est légèrement jaune, suivi de deux lignes fines, noires, transverses, qui le terminent; les côtés sont jaunes en avant, bruns postérieurement : ces deux couleurs séparées par une bande noire, oblique, très-remarquable; il y a de chaque côté de ce même segment, un peu en bas, un petit appendice ou oreillette bien marquée et saillante qui paraît être le rebord d'un stigmate ordinaire plus grand en cet endroit. Le troisième segment est verdâtre, avec une tache triangulaire brune vers la base. La moitié postérieure du segment est brune, avec deux ou quatre points d'un vert tirant quelquefois sur le roussâtre dans le mâle, plus verts dans la femelle ( on voit ces mêmes points aussi sur le brun du deuxième segment). Le bord postérieur est marque, comme dans le précédent, de deux lignes noires, fines, très-rapprochées; et un peu au-dessus de ce bord il y a encore deux points très-marqués, plus grands et plus verts que les autres; l'arête est noire dans ce même segment et les suivants, excepté les trois derniers où elle n'est pas sensible. Les taches et les couleurs des quatrième, cinquième, sixième et septième segments sont comme celles du troisième; le huitième est gris-verdâtre, avec des taches brunes aux deux côtés du dos. Les deux derniers sont verts, sans tache, bordés seulement de noir postérieurement. Les appendices caudaux supérieurs sont ovale-allongés, obtus à l'extrémité, avec une arête longitudinale assez élevée dans le milieu, un peu ciliés intérieurement, de la longueur des deux derniers segments; l'appendice inférieur est court, triangulaire, obtus à son sommet, verdâtre , légèrement liséré de noir. Le ventre est vert-grisàtre, avec des taches brunes. 

Les ailes sont blanches, avec leur extrémité lavée de brun ; cette teinte y forme une tache distincte, obscurément arrondie; l'angle de l'anus est coupé à peu près à angle droit 
dans le mâle , mais arrondi dans la femelle; la nervure costale est roussâtre; plusieurs nervures courtes, qui forment les premières cellules des quatre ailes, sont jaunes. Le stigmate est peu allongé, roussâtre plus ou moins foncé; la membranule accessoire est assez petite, transverse, grisâtre. 

Les pattes sont d'un brun roux, avec les cuisses gris-roussâtre. 
La femelle diffère très-peu du mâle que je viens de décrire. Je ne noterai que les différences , autres que celles déjà notées plus haut : le point noir du vertex est à peine marqué; les yeux sont d'un vert moins vif et un peu jaunes postérieurement. Le corselet est plus grisâtre, et les taches ou bandes jaunes des côtés, moins prononcées. On ne voit pas les oreillettes aux côtés du deuxième segment de l'abdomen. Les deux points verts plus gros ne se voient point avant le bord postérieur des segments; les autres points verdâtres sont plus verts, mais sur les quatrième, cinquième, sixième et septième segments , ils sont moins marqués : le neuvième a deux points, et le dernier est coloré comme le huitième. La couleur verte de l'abdomen est plus terne. Le bout des ailes n'a pas d'ombre noire. Les cuisses sont grises et les jambes d'un gris un peu roussâtre. 

Rare. A Saint-Zacharie, département du Var, au milieu de juillet. 

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ÉTUDE DU NOM.

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La première constatation est que l'auteur ne donne aucune explication sur le nom qu'il a choisi. Le recours à un dictionnaire latin-français, le Gaffiot, indique : "Irene, es, f. (Εἰρήνη), Irène, nom de femme." Ce mot est suivi par "Ireneus, i, saint Iréné, évêque de Lyon."

Un dictionnaire grec nous apprend que le grec ancien  Εἰρήνη, Eirếnê signifie « Paix, Clémence »).

Bien que rien n'indique que l'épithète dérive du grec, et bien qu'il soit délicat de ne pas respecter le dictionnaire et la grammaire,  l'hypothèse de comprendre cet irene comme un qualificatif du comportement de cette libellule est très tentante, mais, dans ce cas, l'auteur en aurait fait mention dans son texte, soit en reprenant un terme latin équivalent dans sa diagnose, soit en signalant ce comportement dans sa longue description. Or, ce n'est pas le cas, et toute la description est morphologique.

Le seul  passage qui s'écarte de cette précision des différentes parties de l'insecte est la dernière mention :

Rare. A Saint-Zacharie, département du Var, au milieu de juillet.

Ni l'adjectif "rare", ni l'apparition en juillet" ne peut expliquer cet épithète.

Si nous nous intéressons au lieu nommé Saint-Zacharie, nous apprendrons qu'il s'agit d'un endroit très souvent fréquenté par Etienne de Fonscolombe, situé au nord du massif de la Sainte-Baume, et au sud d'Aix-en-Provence. Et nous découvrirons que Zacharie fut le troisième évêque de Lyon, en succession de saint Irénée.

Pourquoi Fonscolombe aurait-il donné à son espèce le nom d'Ireneus plutôt que celui de Zacharias ? Et pourquoi aurait-il écrit irene et non ireneus?

Nous apprenons ensuite que si Fonscolombe fréquentait tant ce lieu, c'est que son épouse, Marie Ursule Aglaé CATELIN,  y possédait un domaine, Le Moulin Blanc. Mais en 1838, date de rédaction de la description de la libellule, ce domaine avait été transmis à la fille d'Etienne de Fonscolombe et d''Aglaé Catelin ... qui se prénommait Irène.

C'est du moins le chemin que j'ai suivi pour parvenir à ce prénom. J'aurais été plus vite en partant de la définition du Gaffiot, "latin irene : Irène, nom de femme", et si j'avais cherché ensuite une Irène dans l'entourage immédiat de l'entomologiste.

 

Irène BOYER de FONSCOLOMBE 1799-1879 épousa en 1821 Adolphe de Saporta, et son fils Gaston de Saporta (1823-1895), né à Saint-Zacharie, devint un naturaliste célèbre. "Fille unique, Irène recevra les propriétés de son père lui-même aîné de sa génération: le château de Fonscolombe au Put Sainte-Réparade, un hôtel particulier à Aix-en-Provence, 21 rue de la grande horloge (devenue la rue Gaston de Saporta en 1895). De sa mère lui vient aussi le domaine de Moulin-Blanc à Saint-Zacharie (83)" (d'après ruedaix-ag13.pagesperso-orange.fr).

Voir sur MAPS la situation de Saint-Zacharie et de Fonscolombe 

Voir sur Géoportail la carte de Saint-Zacharie sur une carte d'Etat-Major de 1820-1866.

Voir la généalogie de Boyer de Fonscolombe

Voir la notice nécrologique de Gaston de Saporta (1823-1895) : R. Zeiller, Notice nécrologique. Revue Générale des Sciences pures et appliquées N°7 — 15 avril 1895

Etienne Laurent BOYER de FONSCOLOMBE, Né en 1772, décédé en 1853 , à l’âge de 81 ans, Entomologiste

 

Conclusion : inutile d'aller chercher bien loin, l'épithète irene se réfère au prénom de la fille unique  de l'entomologiste, propriétaire d'un domaine sur le lieu de capture de la nouvelle espèce, à Saint-Zacharie dans le Var.

En consultant le Calendrier de faune et de flore pour les environs d'Aix ou première apparition des principaux insectes et première floraison des végétaux qui s'y trouvent, mémoire de l'Académie des sciences d'Aix-en-Provence, tome V, Aix 1845, publié par Etienne Boyer de Fonscolombe, on y lit cette déclaration : "Le rayon de mes observations comprend principalement les environs d'Aix. Je l'ai étendu souvent jusqu'aux limites de notre département, et Marseille m'a fourni beaucoup d'insectes et de plantes. Il en est de même des parties du Var assez voisines et même limitrophes des Bouches-du-Rhône, telles que Saint-Zacharie et la Sainte-Baume, où j'ai souvent prolongé mes excursions."

 

 

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.
 

Ces auteurs ont tous considéré le sens grec du mot irene, sans rechercher le sens latin renvoyant au prénom Irène :
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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/aeschne-paisible/

"Boyeria en l’honneur de Boyer de Fonscolombe, descripteur de l’espèce en 1838 ; irene du grec eirênê (gr) = paix, pacifique, paisible du fait du caractère peu craintif de cet odonate."

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KRIEG-JACQUIER (Régis) et DELIRY (Cyrille),   Groupe de recherche et de protection des libellules "Sympetrum" (GRPLS) dit Groupe Sympetrum, site de l'Observatoire de la biodiversité de Savoie. Sans date, consulté le 15/10/2018.

https://www.biodiversite-savoie.org/ressources/article_2014-02

"Aeschne paisible, Spectre paisible, Aeschne Irène… Gardons plutôt son beau nom scientifique, Boyeria irene (Fonscolombe, 1838)… Le nom du genre honore Étienne Laurent Joseph Hippolyte Boyer de Fonscolombe (1772 - 1853), entomologiste et collectionneur, issu d'une vieille famille établie à Aix-en-Provence, qui fit la détermination de cette espèce en 1838 sous le nom d’Aeshna irene. Il avait choisi l’épithète spécifique d’après Irène, fille de Zeus et Thémis, l'une des trois Heures et qui incarne la Paix dans la mythologie grecque. (Εἰρήνη / Eirếnê) aux cotés d’Eunomie et Dicé, c'est-à-dire le Bon Ordre ou la Législation et la Justice. C’est sans doute le caractère peu craintif de cet odonate qui a orienté le scientifique vers ce choix. De Selys-Longchamps créé ensuite le genre Fonscolombia Selys, 1883 pour l’animal, avant que Robert McLachlan remplace ce nom de genre par Boyeria en 1896. Outre Boyeria irene qui nous intéresse, Boyer de Fonscolombe (dont la famille est l'ancêtre, côté maternel, d'Antoine de Saint-Exupéry, un autre fana des bolides ailés !) aura laissé son nom associé à Orthetrum brunneumCoenagrion caerulescens... et, sous la plume de Selys, à Sympetrum fonscolombii."

 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"probably after Εἰρήνη, the Greek goddess of peace"


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"irene (Boyeria) - Ειρενε, νσ = divinità della pace."

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H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non décrit

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VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 non décrit

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NOMS VERNACULAIRES (*) 

(*) Common names, nom en langue officielle du pays concerné .

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III. LES NOMS  FRANÇAIS DE BOYERIA IRENE.

1°) Æschne Irène Sélys, 1840.

ÆSCHNA IRENE (B. de FONSCOLOMBE) L'ÆSCHNE IRÉNE.

 

"Diagnose. — Variée de brun et de verdâtre. Abdomen renflé à sa base, ensuite très-étranglé. Ailes hyalines (leur extrémité brune chez le mâle). Membranule accessoire courte, cendrée. Parastigma brun.

Dimensions. — (Voyez le tableau.)

Synonymie. —AESCHNA IRENE. B. de Fonscolombe, 1858. Pl.

♂. Tête gris-verdâtre. Vertex d'un jaune pâle, marqué d'un point bleuâtre allongé dans le sens du corps. Yeux d'un gris verdâtre brillant; le petit triangle en arrière jaune. Thorax brun-foncé avec deux taches longitudinales en dessus et deux bandes obliques confluentes de chaque côté verdâtres. Espace interalaire cendré. Les attaches des ailes brunes, tachetées de jaune. Abdomen très-globuleux à la base, très-étranglé au troisième segment ; ensuite plus large, puis atténué à son extrémité. Les oreillettes du deuxième segment très-prononcées. Sa couleur est d'un vert grisâtre avec des marques brunes réparties ainsi qu'il suit : premier segment brun postérieurement; deuxième de même avec une nuance dorsale brune sur le vert, et une tache transverse verdâtre sur le brun ; les côtés d'un jaune vif en avant, bruns en arrière ; ces deux couleurs séparées par une tache oblique très-noire sur l'oreillette. Les 5e, 4e, 5e, 6e et 7e segments avec une petite tache basale et la moitié postérieure brunes; cette dernière marquée de deux points latéraux verts ou roussâtres ; huitième vert avec deux taches oblongues latérales brunes en dessus ; les 9me et 10me verts sans taches, finement bordés de noir en arrière. Appendices anals supérieurs bruns, ayant au moins deux fois la longueur du dernier segment, lancéolés, atténués à la base qui est munie en dessous d'une dent aiguë, élargis à leur extrémité ; leur bord interne très - poilu ; ils finissent en une petite pointe aiguë et sont marqués en dessus d'une ligne longitudinale élevée. Leur extrémité est relevée en haut. Appendice inférieur court, triangulaire, verdâtre, à pointe tronquée et un peu échancrée. Pieds d'un brun roussâtre. Cuisses roussâtres. Ailes hyalines, leur extrémité lavée de brun-noirâtre (à peu près comme chez la Libellula conspurcata). Nervure de la côte jaune en dehors, ainsi que quelques-unes des petites nervures transversales. Parastigma médiocre, brun-ferrugineux. Le bord anal des secondes ailes très-anguleux. Membranule accessoire petite, courte, d'un gris blanchâtre.

♀. Diffère du mâle en ce que le point du vertex est presque nul ; les ailes n'ont pas de petites marques brunes à leur extrémité et sont un peu salies uniformément. Yeux d'un vert moins vif, jaunes en arrière. Thorax plus gris, à bandes latérales moins prononcées.Abdomen d'un vert plus terne, pas de points verts sur le bord postérieur des segments ; les 8e, 9e et 10e semblables, bruns sur les côtés, avec une tache oblongue dorsale verdâtre et deux points médians sur le neuvième de la même couleur. Appendices anals lancéolés. Jambes d'un roux grisâtre. Cuisses cendrées.

Cette espèce remarquable a été découverte à St-Zacharie, en Provence, par M. B. de Fonscolombe. Elle y est rare et vole au milieu de juillet.

Elle est facile à distinguer des deux autres espèces de la même section , à la couleur des ailes et de l'abdomen."

Trois remarques. D'abord, Sélys-Longchamps traduit Æshna irene par l'ÆSCHNE IRÉNE , avec un accent sur le premier E qui montre qu'il se rapporte au prénom féminin. Il n'existe d'ailleurs pas d'adjectif français capable de créer un doute.  Le seul adjectif créé sur le grec ancien est "irénique", qui n'a aucune application ici.

D'autre part, Sélys-Longchamps ne fait nulle mention d'un éventuel "caractère peu craintif de cet odonate", pour reprendre les termes de Précigout, Prud'homme et Jourde dans Les Libellules de Poitou-Charente, ou ceux de Krieg-Jacquier et Deliry.

Enfin, l'auteur belge connaissait personnellement Boyer de Fonscolombe (et certainement dès lors également son épouse), puisqu'en 1838, lors de sa lune de miel, après avoir visité Paris et Lyon, il rencontra Fonscolombe à Aix-en-Provence le 11 et 12 mars, alors que celui-ci venait de publier sa monographie sur les Odonates des environs d'Aix. En 1840, Sélys lui dédicaça un nouveau Sympetrum, S. fonscolombii. (Wasscher et Dumont 2013).

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Le nom français d'Æschne Irène, toujours avec un accent sur le E, fut repris par  Pierre Boitard en 1843, Nouveau manuel complet d'entomologie: ou Histoire naturelle des insectes, Volume 3 de Pierre Boitard

Sélys-Longchamps le reprit en 1850 dans sa Revue des Odonates ou Libellules d'Europe.

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2°) L'Aeschne paisible Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985 -

Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord Page 229

"Boyeria irene (Fonscolombe, 1838) Pl. 9 Fr. L'Aeschne paisible. Identification En plus des caractères génériques signalés plus haut, la coloration générale brune et verdâtre, ainsi que les ailes portant à l'apex une teinte plus ou moins foncée,.."

 

 

Cyril Oswald Hammond, ‎Richard Robinson Askew, ‎Robert Merritt - 1983 - The Dragonflies of Great Britain and Ireland 

"F - L'Aeschne paisible DESCRIPTION OF ADULT The presence of two to four crossveins in the median space distinguishes B. irene from all other species of European Aeshnidae with the exception of Caliaeschna microstigma, ."

Le nom est repris par Grand et Boudot :

GRAND, D. & BOUDOT, J.-P. (2006). Les libellules de France, Belgique et Luxembourg - Mèze : Biotope, 2006 Coll. Parthénope., 2006,

Il est également repris par l'INPN-MNHN  https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65412

Ou dans l'article 2018 de Wikipédia.

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3°) Le Spectre paisible, Dijkstra 2007, Libellules de Poitou-Charente 2009 (Précigout, Prud'homme et  Jourde) .

— DIJKSTRA, K.-D. B. Guide des libellules de France et d'Europe, illustrations, R. Lewington ; traduction et adaptation française, Philippe Jourde, Delachaux et Niestlé, Paris : DL 2007. Réimpression 2011, 320 p. page 176. Les espèces du genre Boyeria sont nommées Spectres : B. irene est nommée Spectre paisible ou Aeschne paisible,, B. cretensis Spectre de Crète.

— Philippe JOURDE,  Les Odonates. II / Insectes n° 158 - Inra

"par les chauves-souris. Les restes du Spectre paisible Boyeria irene s'observent souvent sous les gîtes de Grands Rhinolophes, mais aussi parfois d'oreillards .."

www7.inra.fr/opie-insectes/pdf/i158jourde.pdf

— Libellules de Poitou-Charente page 132 : Aeschne paisible. Syn. Spectre paisible.

Je trouve aussi sur la toile le nom de "libellule fantôme".

"Spectre paisible" serait inspiré du nom anglais "Western Spectre", qui figure sur la liste rouge de l'IUCN :

http://www.iucnredlist.org/details/165472/20

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Conclusion :

nom vernaculaire français : 1) "L'Aeschne Irène", de Sélys 1840. L'habitude de Sélys-Longchamps est de traduire littéralement le nom scientifique, qui était alors Æshna irene. Le fait qu'il ait placé un accent sur le É  indique qu'il  interprète bien l'épithète comme un prénom, et non comme un adjectif. 2) "L'Aeschne paisible" d'Aguilar et  Dommanget 1985, introduit le contre-sens sur la compréhension de irene. 3° "Le Spectre paisible" Dijkstra 2007 enfonce le clou. Il faudrait aujourd'hui, par respect pour Fonscolombe,  (et malgré Aragon!) revenir à l'Aeschne d'Irène de Sélys.

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LES NOMS DANS D'AUTRES LANGUES.

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— Allemand  "Die Westliche Geisterlibelle" : Schiemenz 1953.  la Libellule fantôme occidentale. "Le site libelleninfo (qui reprend les commentaires de Schiemenz ?) explique le nom ainsi : [nach ihrer graugrünen bis graubraunen Färbung] . À cause de sa "tenue de camouflage" (Grand et Boudot) ?

K-D.B.Dikstra décrit les longues et furtives patrouilles du mâle, volant bas au dessus de l'eau et suivant les berges, se tenant souvent dans les zones ombragées , les rassemblements fréquents au crépuscule dans les zones de chasse et le vol rapide et zigzagant qui se poursuit souvent après la tombée de la nuit.

— Néerlandais  "De schemerlibel" : la libellule crépusculaire. Cf supra.

— Anglais "Western spectre"  http://www.iucnredlist.org/details/165472/20

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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
 
 
.
OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 





— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates
http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique
— DELIRY (Cyrille)  Monographie Boyeria irene

http://www.deliry.com/index.php?title=Boyeria_irene
 — BOYER DE FONSCOLOMBE . 1838 - Monographie des Libellulines des environs d'Aix. - Ann. de la Soc. Entomol. de France, 7 : 75-106 + 547-575. page 93
https://www.biodiversitylibrary.org/item/53389#page/97/mode/1up
.
— MC LACHLAN R. 1896 - A new name for Fonscolombia (pre-occupied). - Annals and Magazine of Natural History (6) 17 : 424.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 07:36

Les vitraux de Conches-en-Ouche : la Vie de saint Jean-Baptiste (1500-1510) ou baie 20.

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Je place ici les images de la baie 20 de Conches (Eure), sans aucune description, et seulement pour permettre la comparaison des cartons avec ceux de la baie 2 de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard.

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Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 (maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20  de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

Baie 20 de l'église Sainte-Foy de Conches. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 21:50
Abside de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Abside de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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DESCRIPTION.

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Cette description est guidée pas à pas par celle de Vitraux de Haute-Normandie, le volume VI du Recensement du Corpus Vitrearum paru en 2001.

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Cette baie située à droite de la baie d'axe, dans l'abside du chœur, mesure 6 m de haut et 2,80 m de large. Elle comporte 3 lancettes et un tympan à 5 ajours. Entièrement consacrée à la vie de Jean-Baptiste, elle a été attribuée par Jean Lafond à un "Maître de la Vie de Saint Jean-Baptiste", nom de convention d'un atelier rouennais  dont les autres productions se reconnaissent dans les Vie de saint Jean-Baptiste de Saint-Romain à Rouen et  de l'église de Conches.

Les auteurs de Vitraux de Haute-Normandie considèrent qu'elle a été offerte par Jean Le Picard de Radeval, en raison des piques blanches sur fond rouge des écoinçons du tympan, mais je préfère attribuer les armoiries  familiales  de gueules à 3 piques de fer d'argent à son frère Louis Le Picard, seigneur d'Ételan et  de Bourg-Achard où il fut inhumé. (Voir ma discussion en baie 1, qui comporte le portrait du donateur).

Elle est "assez bien conservée, restaurée en 1847, puis en 1891 par Duhamel-Marette.".

Les lancettes  se décrivent en deux registres horizontaux , seul le registre supérieur étant légendé à sa base. Jean-Baptiste se reconnaît à ses cheveux longs, sa barbe et sa tenue beige et quadrillée qui tente de rendre le vêtement en poils de chameau décrit par le texte évangélique.

Nous le voyons, dans les six cases rectangulaires, discuter avec de nombreux interlocuteurs, ou procéder (en haut à gauche et en bas à droite) à des baptêmes de catéchumènes, et, au tympan, au baptême du Christ.

INTÉRÊT.

L'un des grands intérêts de cette baie réside dans le grand travail de recherche iconographique et stylistique dont elle a bénéficié entre 1958 et aujourd'hui pour l'attribuer à un atelier rouennais utilisant les mêmes cartons à grandeur à Conches et à Rouen à partir de modèles parisiens du "style d'Ypres" et de Jean Ypres, le maître des Très Petites Heures d'Anne de Bretagne, de la tenture de la Chasse à la Licorne, de celle de la Dame à la licorne, de la rose de la Sainte-Chapelle, etc.. Je donne donc, dans l'article immédiatement suivant, les images de la baie 20 de Conches.

L'autre intérêt, à mes yeux, est son corpus d'inscription, soit signifiant (citation de la Vulgate), soit aux lettres et signes sans signification et à visée d'orientalisation et d'altérité temporelle.

 

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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I. LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Registre inférieur, première lancette à gauche.

"Les disciples de saint Jean questionnent Jésus (scène refaite dans sa moitié inférieure, personnage transformé en saint Jean-Baptiste par le restaurateur)." (Corpus)

Jésus est en haut à droite, en robe bleue boutonnée. Il lève la main droite dans un geste d'argumentation. Hormis Jean-Baptiste, les autres personnages sont des apôtres, identifiables à leurs pieds nus. Deux sont imberbes, alors que traditionnellement seul un apôtre, Jean, ne porte pas la barbe.

L'apôtre le plus proche de Jésus est saint André. Il pose la question Rabi ubi habitas "Maître, où habites tu ? ".Jésus lui répond : Venite et videte, "Venez et voyez".

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Ces répliques Rabi, ubi habita / Venite et videte nous renvoient au passage suivant de l'évangile de Jean :

Jean 1:38-39 

Conversus autem Jesus, et videns eos sequentes se, dicit eis: Quid quaeritis? Qui dixerunt ei: Rabbi (quod dicitur interpretatum Magister), ubi habitas?

 Dicit eis: Venite et videte. Venerunt, et viderunt ubi maneret, et apud eum manserunt die illo: hora autem erat quasi decima.

" Jésus se retourna et, voyant qu'ils le suivaient, il leur dit: «Que cherchez-vous?» Ils lui répondirent: «Rabbi – ce qui signifie maître –, où habites-tu?»  «Venez, leur dit-il, et voyez.» Ils y allèrent [donc], virent où il habitait et restèrent avec lui ce jour-là. C'était environ quatre heures de l'après-midi."

https://www.biblegateway.com/passage/?search=Jean+1&version=SG21;VULGATE

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Le texte est précédé par les verset suivants :

 

 "Le lendemain, Jean était encore là avec deux de ses disciples. Il vit Jésus passer et dit: «Voici l'Agneau de Dieu.»  Les deux disciples l'entendirent prononcer ces paroles et suivirent Jésus."

Et il est suivi du verset 1:40 :

"André, le frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus."

C'est donc André, et non son frère Pierre, qui est figuré devant Jésus ; il ne devrait y avoir qu'un seul autre disciple. avec lui. Mais juste après ce verset Jésus rencontre Simon , qu'il nomme Pierre, ainsi que Philippe. Ce sont peut-être eux que nous voyons.

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Notez :

-le lièvre, d'emplacement incongru.

-la barlotière arrondie au dessus de la tête du disciple accroupi. Cette particularité se retrouve à deux aurtres reprises, ici, mais aussi sur la baie 20 de Conches.

-une inscription non déchiffrable ou plutôt dépourvue de sens sur le galon au dessus du pied de Jésus (TOUV8).

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Registre inférieur, deuxième lancette.

"Le Baptiste désigne le Christ à ses auditeurs (panneaux inférieurs très restitués, sauf le personnage de droite)" (Corpus)

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Dans la partie basse, Jean-Baptiste verse l'eau du Jourdain sur une dizaine de personnes, hommes ou femmes.

Au dessus, Jésus est interrogé par des pharisiens. 

Voir Matthieu 3:1-12, Luc 3:15-18 ; Marc 1:7-8 et Jean 1:24-28.

 

 

 

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Le personnage de droite a été rapproché à juste titre par Michel Hérold du Juif qui assiste à la Crucifixion dans le Livre d'Heure à l'usage de Rome lmprimé pour Philippe Pigouchet par Simon Vostre en 1498, sur des modèles fournis par Jean d'Ypres.

Aix en Provence, BM inc. D38  folio 3v http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/3

Aix en Provence, BM inc. D38  folio 3v http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/3

Aix en Provence, BM inc. D38  folio 3v http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/3

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Registre inférieur, troisième lancette.

.Saint Jean Baptiste baptisant dans le Jourdain. (quelques restitutions dans la partie inférieure)

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les disciples se reconnaissent par leur tête nue. Les "Juifs" ou Pharisiens sont coiffés de bonnets 

Les phylactères portent les inscriptions suivantes :

Rabi qui erat tecum trans iordanem cui tu testimonium  

peribuisti ecce hic baptisat et omnes veniunt ad eum

Ce texte se trouve dans l'évangile de Jean :

Jean 3:26 26 Et venerunt ad Joannem, et dixerunt ei: Rabbi, qui erat tecum trans Jordanem, cui tu testimonium perhibuisti, ecce hic baptizat, et omnes veniunt ad eum.

" Ils vinrent trouver Jean et lui dirent: «Maître, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain et à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont vers lui.»"

La second phylactère reprend des paroles prononcées par Jean-Baptiste, ce qui explique pourquoi le Pharisien tend l'index vers la partie basse et la scène des baptêmes.

Hoc ergo gaudium meum impletum [est] illum opportet crescere

me autem mi[nui] quyque desursum [venit] est super omnes est

 

Jean 3:29-30 :

 Hoc ergo gaudium meum impletum est.

 Illum oportet crescere, me autem minui.

"[Celui qui a la mariée, c'est le marié, mais l'ami du marié, qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix du marié. Ainsi donc, cette joie qui est la mienne est parfaite.  Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue."

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

 

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Registre supérieur, première lancette.

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"Scène de baptême d'un couple. (moderne sauf le paysage dans la tête de lancette, et quelques fragments à l'avant-plan avec une chouette et un canard)." (Corpus)

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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La légende :

Johannes baptizans et predicans

Remissionem peccatorum Marc

C'est un extrait tronqué  du verset de l'évangile de Marc, Mc1:4

 

Fuit Joannes in deserto baptizans, et praedicans baptismum poenitentiae in remissionem peccatorum.

"Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés."

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Registre supérieur, deuxième lancette.

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"Saint Jean entouré par la foule de ses auditeurs ; phylactères latins environnant les personnages, animaux au premier plan, paysage avec château dans le lointain (bien conservé sauf quelques pièces dans la tête de lancette. Verres vénitiens pour le vêtement d'un soldat à gauche, verre gravé pour le chapeau d'un personnage." (Corpus)

La lancette de gauche de la baie 20 de Conches reprend le même carton et  les mêmes inscriptions, à quelques détails près.

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Légende inscrite au pied des panneaux et texte des phylactères : 

Nous lisons sur la légende :

Et interrogabant eum turbe et cetera. Venerunt autem et publicani

ut baptizarentur +-e. Interrogabant ante eum et milites +e Luce

Il s'agit d'extraits du chapitre 3 de l'évangile de Luc, versets 10 à 14 :  "Les foules lui demandèrent alors: [etc] Il y avait des collecteurs d’impôts qui venaient se faire baptiser. [...]   Des soldats le questionnèrent aussi:  [...]." 

L'inscription est strictement la même sur la lancette de gauche de la baie 20 de Conches.

Les dialogues entre Jean et la foule [turbae], les publicains [publicani] et les soldats [milites] sont découpés et répartis sous forme de phylactères dans la bouche des protagonistes.

La foule (turba, ae désigne une foule en désordre, tumultueuse, voire querelleuse) représentée par deux personnages Juifs en haut demande  Quid ergo faciemus (Lc 3:10), "Que devons-nous faire?". 

Les riches collecteurs d'impôts ou publicains venus se faire baptiser demandent en bas à droite Magister, quid faciemus (Lc 3:12) "Maître, que devons nous faire ?". 

 Deux soldats en bas à gauche demandent quod faciemus et nos (Lc 3:14), "Et nous, que devons nous faire ?". 

Jean-Baptiste, répond à chaque question par trois phylactères  différents :

À la foule, il dit : Qui habet duas tunicas det non habenti (Lc 3:11) "Si quelqu’un a deux chemises, qu’il en donne une à celui qui n’en a pas."

Aux publicains, il dit : Nihil amplius constitutum est vobis faciatis (Lc 3:13), "N’exigez rien de plus que ce qui a été fixé".

Aux soldats, il répond : estote contenti stipendiis vestris (Lc 3:14) "contentez-vous de votre solde"

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Le texte est celui de la Vulgata Clementina (1592) ou du Novum instrumentum d'Erasme ( 1516), à une exception près :  nous lisons   estote contenti stipendiis vestris  alors que dans  ces deux textes il est écrit contenti estote ... Cette inversion des deux mots est attestée par le moteur de recherche, notamment dans les Sommes de Thomas d'Aquin (Sommae Theologiae1265)  Cette inversion ne se retrouve pas dans la baie homologue de Conches qui dit Et contenti estote stipendiis vestris.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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On remarquera le petit chien blanc à collier, déjà remarqué comme signe de richesse dans la Baie 1 où il accompagnait Marie-Madeleine dans le Repas chez Simon. De même, les deux perdrix figuraient au tympan de cette baie 1.

 

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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L'officier du bord gauche a été rapproché par Michel Hérold  du chasseur de la quatrième pièce de la série de tentures de la Chasse à la licorne conservée au Metropolitan Museum of Art et attribuée à Jean d'Ypres.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chasse_%C3%A0_la_licorne#/media/File:The_Hunt_of_the_Unicorn_Tapestry_1.jpg

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chasse_%C3%A0_la_licorne#/media/File:The_Hunt_of_the_Unicorn_Tapestry_1.jpg

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Deux autres détails sur cette vue :

-Le verre vénitien blanc rayé de rouge du soldat. Ce verre est obtenu par application de fils ou de baguettes de verre coloré (rouge ici) sur le verre blanc encore en fusion, avant de procéder à une seconde cuisson.

 

-L'inscription de la bordure du col de l'officier. Les caractères pseudo-coufiques montrent bien qu'il ne s'agit pas, pour l'artiste, de faire passer un message compréhensible, mais de créer un décor vestimentaire.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Autre exemple d'inscriptions sur le bord doré des manches du Juif à tunique bleue. Ces caractères pseudo-coufiques mélangés de majuscule cherchent à créer un effet orientalisant d'exotisme ou d'altérité, ou d'un temps ancien.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Le publicain de droite est traité par l'artiste avec tous les attributs iconographiques du Juif, attributs qui ne cherchent pas tant à le stigmatiser qu'à en donner les codes de reconnaissance pour le spectateur : barbe en désordre, cheveux longs, bonnet conique, châle damassé à glands et pompons, aumônière à la ceinture. C'est une autre citation de la même page des Heures de Simon Vostre, mentionnée supra.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Registre supérieur, troisième lancette.

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Texte de la légende inscrite au pied des panneaux et des phylactères : 

la légende dit :

Hoc est testimonium iohannis quando miserunt iudei ab iherosolimis sacerdotes et levitas ut interrogarent eum.

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Il s'agit d'un extrait de l'évangile de Jean :Jean 1:19 19 Et hoc est testimonium Joannis, quando miserunt Judaei ab Jerosolymis sacerdotes et Levitas ad eum ut interrogarent eum: Tu quis es? "Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu?"

Sur les phylactères se trouve les dialogues des versets Jean 1:20- 23.

-Non sum ego christus Jn 3:20 Et confessus est, et non negavit, et confessus est: Quia non sum ego Christus. "Je ne suis pas le Christ"

-Non sum Jn 1:21 es-tu Élie?  Et interrogaverunt eum: Quid ergo? Elias es tu? Et dixit: Non sum.  "Et il dit: Je ne le suis point."

-Quid dicis de te ipso Jn1:22 ""Que dis-tu de toi-même?"

-Ego vox clamantis in deserto dirigite viam domini  Jn1:23 "Moi,  je suis la voix de celui qui crie dans le désert : aplanissez le chemin du Seigneur."

 

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Au premier plan, l'artiste a inversé le carton de son modèle de Juif puisé dans les Heures de Simon Vostre.

Derrière lui, il a décliné le thème iconographique en multipliant les sortes de coiffure orientales ou hébraïques : turban, bonnet "phrygien", bonnet à oreillette, mitre de grand prêtre. 

Ces tenues peuvent être comparées à celles de Joseph d'Arimathie et de Nicodème dans la Mise au tombeau de Malesherbes.

Neuf mains se détachent par leur blancheur : elles soulignent l'âpreté de la discussion. 

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Un nouvel exemple d'inscription est peint sur la bordure du col  d'un Juif. GNONS --VIR --TUM

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LE TYMPAN
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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Ajour de droite : le baptême du Christ dans le Jourdain.

Cette scène trouve son équivalence exacte dans la lancette médiane de la baie 20 de Conches. Jésus, ayant ôté son manteau bleu, se tient dans les eaux du Jourdain, tandis que Jean-Baptiste lui verse sur la tête le contenu d'une coquille. Une colombe apparaît alors dans un rayon doré portant en lettres gothiques  les mots TU ES FILIUS MEUS DILECTUS IN QUO COMPLACII MIHI.

C'est la transcription de Luc 3:21-22 :

 et Jesu baptizato, et orante, apertum est caelum: et descendit Spiritus Sanctus corporali specie sicut columba in ipsum: et vox de caelo facta est: Tu es filius meus dilectus, in te complacui mihi.

"Tout le peuple venait se faire baptiser, et Jésus fut aussi baptisé. Or, pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit  et le Saint-Esprit descendit sur lui, sous une forme corporelle, comme une colombe.

Une voix retentit alors du ciel: Tu es mon Fils bien-aimé, tu fais toute ma joie."

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En arrière plan, les remparts de Jérusalem.

La verrière de Conches porte cette inscription  ego at te debeo baptizari et tu venis ad me.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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"Ajour gauche : saint Jean-Baptiste retiré au désert, entouré d'animaux sauvages, priant Dieu le Père figuré dans l'ajour supérieur." (Corpus)

Les animaux sont un léopard (?), un ours, un renard, une spatule, un héron, et un lion aux pupilles jaunes.

Le saint a également les pupilles rehaussées au jaune d'argent.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Ajour supérieur. 

Inscription : (j'ai replacé les N abrégés) SUPER QUEM VIDERIS SPIRITUM DESCENDENTEM  ET MANENTEM, HIC EST QUI BAPTIZAT IN SPIRITU  SANCTO.

Il s'agit d'une citation de l'évangile de Jean Jn 1:33 : "Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est lui qui baptise du Saint-Esprit."

Elle a été placée aussi au sommet du tympan de la baie 1.

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Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 2 (1500-1510, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste) de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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COMMENTAIRES : MES LECTURES (ET MON TRAVAIL DE COPISTE).

 

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A. LIRE CALLIAS BEY, CHAUSSÉ, GATOUILLAT ET HÉROLD 2001;

Le Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste.

"Jean Lafond a créé ce nom de convention pour regroupé les œuvres d'un ou plusieurs ateliers : "Peut-être venu de Paris, il a travaillé chez nous [en Normandie] pour les mêmes églises que le grand peintre verrier Arnoult de Nimègue." Ce nom lui vient des très belles suites de l'histoire de Jean-Baptiste encore visibles à Saint-Romain de Rouen [baies 110 et 112], à Bourg-Achard [baie 2 et baie 1] et à Conches [baie 20 ]. Mais Jean Lafond dit aussi retrouver les mêmes caractères stylistiques "chez un autre peintre verrier, l'auteur d'une Vie de la Vierge, répétée à Saint-Godard de Rouen, à Saint-Etienne-du-Mont, et dans la chapelle de la Vierge à Saint-Jean d'Elbeuf" et les relie aux bois gravés des plus belles productions de l'imprimerie parisienne autour de 1500. Cette piste de recherche s'est avérée être la bonne, puisqu'il est aujourd'hui possible de nommer, — grâce aux travaux de Geneviève Souchal ("Un grand peintre français de la fin du XVe siècle : le Maître de la Chasse à la Licorne", Revue de l'Artn°22, 1973, p. 22-86) et surtout de Nicole Reynaud (1993, Les manuscrits à peinture en France 1440-1520), enrichis récemment par Catherine Grodecki (1996,  Le « Maître Nicolas d'Amiens » et la mise au tombeau de Malesherbes. À propos d'un document inédit , Bulletin Monumental  Année 1996  154-4  pp. 329-342), — les acteurs principaux d'un véritable courant artistique qui s'est développé dans la capitale du royaume  au cours des dernières décennies du XVe siècle. Il s'agit du Maître de Coëtivy, Colin d'Amiens, et du Maître des Très Petites Heures d'Anne de Bretagne, Jean d'Ypres (mort en 1508), fils du précédent.  Leur activité très polyvalente concerna aussi largement le vitrail. Nicole Renaud a attribué au Maître de Coëtivy les projets du vitrail de la baie d'axe de saint-Séverin (1985, Les vitraux du chœur de Saint-Séverin, Bulletin monumental t.143-1 p. 25-40), la célèbre rose ouest de la Sainte Chapelle, le panneau conservé du  décor vitré de la chapelle de l'hôtel de Cluny (F. Perrot, 1970, Revue de l'Art n°10, p. 66-72) et de nombreuses verrières des environs de Paris indiquent que lui-même, puis son fils et d'autres peintres partageant le même répertoire formel  (c'est ce que montre l'étude des verrières de la nef de l'église Saint-Merry à Paris par F. Gatouillat 1997) , fournirent quantité de modèles  et vraisemblablement de grands patrons à plusieurs ateliers de peintres verriers."

"Plusieurs articles de l'ouvrage Vitraux parisiens de la Renaissance, Paris, 1993, prennent en compte l'ensemble de cette production. Cf. Gatouillat (F.), Lautier (C.), "La première Renaissance (1500-1520)" p. 52-61 et Hérold (M.): "Le Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste : un nom de convention" p. 62-81.

"Depuis, deux articles ont été consacrés au sujet par M. Hérold : "A propos du Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste" : recherche sur l'usage du patron à grandeur au début du XVIe siècle, Vitrail et arts graphiques (XVe et XVIe siècles), Cahier de l'Ecole du Patrimoine, n°4 1998 p. 48-60, et "La production normande du "Maître de saint Jean-Baptiste. Nouvelles recherches sur l'usage des documents graphiques dans l'atelier du peintre-verrier à la fin du Moyen-Âge", Pierre, lumière couleur, Paris 1999, p. 469-485.

"De nombreux exemples déjà repérés par Jean Lafond et d'autres identifiés depuis illustrent le succès des productions verrières parisiennes, exportées largement. Mais la Normandie possède le nombre le plus considérable de verrières où l'on perçoit le langage inventé à Paris. [...].

 vie de saint Jean-Baptiste de Saint-Romain de Rouen :

Prédication de Jean-Baptiste, baie 109

Saint Jean-Baptiste recevant les pharisiens au désert Baie 110

Saint Jean-Baptiste désigne le Christ comme «agneau de Dieu» Détail de la baie 111 

Saint Jean-Baptiste baptisant dans les eaux du Jourdain (baie 112)

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Saint-Romain.htm

"Les célèbres suites de la vie de saint Jean-Baptiste de Saint-Romain de Rouen, de Conches et de Bourg-Achard n'ont malheureusement pas — ou plus — d'équivalent parisien. L'origine parisienne des sources ne fait cependant aucun doute, en particulier pour les scènes où l'on voit saint Jean-Baptiste interrogé par le peuple et saint Jean-Baptiste désignant le Christ. L'étagement des éléments des compositions est cependant accentué en raison de la forme haute et étroite des lancettes, les scènes étant composées en trois, voire en quatre panneaux à Conches. Mais le langage venu de la capitale est immédiatement reconnaissable. Le sol couvert d'herbe charnue peuplée d'animaux porte des groupes de personnages disposés suivant une perspective échelonnée. Une importance particulière est accordée à la gestuelle vigoureuse des bras et des mains. Les détails vestimentaires sont également révélateurs : drapés lourds, robes largement fendues depuis la taille, coiffures extravagantes ou exotiques. Les personnages masculins âgés apparaissent très caractéristiques, avec leurs corps massifs et trapus, tête enfoncées dans les épaules, cou en avant, lourde barbe dans le prolongement du menton. Les vieillards qui occupent le premier plan à droite de la scène où Jean-Baptiste désigne le Christ ont ainsi leur équivalent exact dans la Crucifixion de la gravure des Heures à l'usage de Rome publiées en 1498 par Philippe Pigouchet pour Simon Vostre. http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/3

Comme dans les productions parisiennes aussi, les compositions ont des fonds de paysage où l'on remarque de curieuses fabriques traitées en blanc. En revanche, dans la même verrière de Conches, bien d'autres éléments, comme les personnages du Baptême du Christ, fluides et longilignes, s'éloignent nettement du langage formel qui vient d'être évoqué. Comment interpréter ce phénomène ? Témoigne-t-il du travail du peintre auteur des grands patrons cherchant à renouveler sa manière pour la mettre au goût du jour ? On constate aussi les efforts déployés par le ou les peintres verriers auteurs des suites de la vie de saint Jean-Baptiste pour enrichir compléter, ou renouveler les modèles ou grands patrons de référence, venus de Paris. L'auteur des vies de la Vierge de Saint-Godard et d'Elbeuf, à qui l'on peut attribuer aussi la verrière de la vie de saint Jean-Baptiste de Bourg-Achard, fit aussi au même moment et pour le même édifice une remarquable verrière consacrée à sainte Marie-Madeleine qui, cette fois, ne doit rien ou presque à Paris. On le croirait volontiers installé à Rouen mettant en œuvre dans son atelier des grands patrons venus de Paris aussi bien que d'autres venus d'ailleurs, ou les siens propres. C'est à lui seul que revient le nom autrefois générique de maître de la vie de saint Jean-Baptiste." (Callias Bey & al. 2001)..."

 

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B. LIRE CAROLINE BLONDEAU 2014.

Le maître de la vie de saint Jean-Baptiste.

"Entre 1500 et 1510 se distingue un autre atelier [que celui d'Arnoult de Nimègues]. Identifié d'après les œuvres,  Jean Lafond l'a nommé "maître de la vie de saint Jean-Baptiste" en raison de la répétition des suites de la vie du saint, visiblement liées par l'utilisation des mêmes documents d'atelier. Les recherches récentes sur le milieu parisien, notamment par Nicole Reynaud et Geneviève Souchal, et plus précisément sur ce phénomène par Michel hérold, ont permis d'appréhender les tenants et les aboutissants de ce courant parisien en Normandie.

"À l'origine se trouve un groupe de peintures parisiennes au sein desquelles on identifie Colin d'Amiens aussi connu par le nom de convention du maître de Coëtivy et son fils Jean d'Ypres, le maître des Petites heures d'Anne de Bretagne. Père et fils marquèrent le milieu parisien par leur style très caractéristique qui "se reconnaît immanquablement tant les stéréotypes qu'il contient sont affirmés :

  • personnages répartis en groupes très denses

  • hommes au visage plein, aux traits accentués, aux nez proéminents et arrondis, et aux yeux saillants sous des paupières lourdes, encadrés de chevelures et de barbes en mèches retroussées, aux coiffures enfoncées sur le front, aux vêtements lourds et hauts fendus, aux attitudes animés par le jeu des mains" (France 1500. Entre Moyen-Âge et Renaissance, 2010)

"Leurs œuvres connaissent alors un véritable succès et le "style d'Ypres" est repris de façon directe (par des patrons de leur mains) ou réalisés par des imitateurs  et plus largement par la diffusion de leurs compositions via les nombreux livres d'heures enluminés et imprimés, de peintures sur manuscrits  ou sur bois, l'exécution de patrons destinés à des supports divers (vitraux, tentures, sculptures)  prend une large part dans la production de leur atelier. Un grand nombre d'entre eux ont pu être identifiés à Paris comme en province. La transposition de ce style d'Ypres est également assuré par la gravure, les xylographies ainsi que l'illustration de s livres imprimés, qui permettent la diffusion du vocabulaire formel de cette dynastie d'artistes. entre les œuvres de première main, celles tirées d'après leur cartons, ou d'autres inspirées et copiées d'après le style d'Ypres, l'interprétation de leur degré d'investissement dans la réalisation d'une œuvre est parfois assez difficile à cerner.

"Les recherches de Michel Hérold menées en parallèle avec le recensement des vitraux de Haute-Normandie ont permis l'identification de verrières exécutées d'après des patrons de Jean d'Ypres. En premier lieu repérées par Jean Lafond, il regroupe un corpus d(œuvres liées par l'utilisation de modèles communs  [...] Ces différentes verrières, à Conches-en-Ouche, saint-Romain de Rouen et Bourg-Achard et certains fragments conservés à Londres (Victoria and Albert Museum, inv.C, 78-1910) sont liées par l'emploi de même patrons à grandeur. Viennent-ils aussi du même peintre ? Sans équivalents dans les vitraux parisiens, il est impossible de l'affirmer. Toutefois, la citation précise d'une composition tirée de la tapisserie de la Chasse à la Licorne (La licorne surprise à la fontaine, Metropolitan Museum of Art, New-York), les liens avec les enluminures du Maître ainsi que les gravures du libraire Simon Vostre font pencher la balance en faveur de modèles issus du milieu parisien proche du style d'Ypres.

"Ces cartons sont utilisés au sein de l'atelier comme patrons à grandeur sur lesquels apparaissent le tracé des plombs, des indications de peinture très r=détaillés précisant le modelé et les traits. Seuls restent au peintre verrier les choix  techniques, (de coupe de verre notamment) et la coloration . Ce dernier interprète également à sa manière certaines parties du paysage et le choix du passage des plombs à l'intérieur des silhouettes. L'artiste reste toutefois très fidèle au modèle et fournit alors un grand travail de "marcottage" c'est à dire de reprise des éléments de la composition mère (Hérold 1999).

"Cardin Jouyse est également un peintre et peintre verrier à prendre en considération Son activité est attestée dès 1500 où il est sollicité par Georges Ier d'Amboise.[...] se pourrait-il que peintre verrier rouennais soit en réalité"le maître de la vie de saint Jean-Baptiste" ?" (C. Blondeau p. 212.) 

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Je me suis attaché à étudier les inscriptions afin de savoir si elles pouvaient être déterminantes pour la datation. En effet, la date de ces vitraux (11500-1510) correspond à une période de transition capitale en matière de traductions de la Bible en latin. C'est en 1592 que la Vulgata Clementina a été achevée : c'était une révision de la Vulgate de saint Jérôme  (il existait alors plusieurs versions de la Vulgate), décidée lors du concile de Trente.

Et c'est en 1516 que fut publiée la nouvelle traduction du Nouveau Testament par Erasme : le Novum Testamentum .

Mais je n'ai trouvé aucun argument qui montrerait l'influence du texte d'Erasme, les deux textes étant, dans les citations étudiées, comparables.
 

Outils : Editions anciennes de la Bible :

https://www.lexilogos.com/bible_latin.htm

Clementine Vulgate project : Vulgate clémentine (version texte avec recherche dans le texte)

Le texte de la Vulgate clémentine :

http://vulsearch.sourceforge.net/html/Mc.html

http://vulsearch.sourceforge.net/html/Jo.html

 

ERASME  Novum instrumentum omne, diligenter ab Erasmo Roterodamo recognitum ...De Desiderius Erasmus Novum instrumentum omne, diligenter ab Erasmo Roterodamo recognitum & emendatum, ...Desiderius Erasmus, Apud inclytam Germaniae Basileam, 1516

https://books.google.fr/books?id=ej9PAAAAcAAJ&dq=erasmus+Novum+Instrumentum&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Matthieu page 1

Marc page 73

Luc page 117

Jean : Evangelium secundum Ioannem,  page 193

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SOURCES ET LIENS.

— Très Petites Heures d'Anne de Bretagne enluminées par Jean d'Ypres folio 242 et 243 consacrés à Jean-Baptiste 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515740c/f286.image

https://124revue.hypotheses.org/journees-doctorales/journee-doctorale-2014/histoire-de-lart/nicolas-oget

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_d%27Anne_de_Bretagne

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_de_Co%C3%ABtivy

BLANQUART (Abbé F. ), 1927, "Etat des tombeaux des Picart de Radeval en l'église Notre-Dame d'Andely, d'après une enquête de 1646, publiée avec introduction et notes par l'abbé F. BLANQUART ". Mélanges : documents /  Société de l'histoire de Normandie. Pages 7-44

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5728913f/f11.image.texteImage

 

BLONDEAU (Caroline),2012, THESE « Recherches sur le milieu des peintres verriers à Rouen à la fin du Moyen Âge : l’atelier des Barbe »

BLONDEAU (Caroline), 2014, Le vitrail à Rouen 1450-1530, "l'escu de voirre". Presses Universitaires de Rennes.

— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001, "Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, pages45-46 et120

— CANEL (Alfred), 1834 Essai historique, archéologique et statistique sur l'arrondissement de Pont -Audemer, Vimont, Tome deux, 515 p

https://books.google.fr/books?id=RuHkRnaHUekC&dq=Essai+historique,+arch%C3%A9ologique+et+statistique+sur+l%27arrondissement+de+Pont-Audemer+(Eure)+Tome+deux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s...

— CAUMONT (M. DE), 1843, Bulletin monumental

— DUCHEMIN (P.), 1890, Histoire de Bourg-Achard. pages 352-353

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k379765w/f358.image

GATOUILLAT (Françoise),  LEPROUX, G.-M., PILLET, E  1997, "L'église Saint-Merry de Paris : un monument daté par ses vitraux," Cahiers de la Rotonde, n°19 p. 47-64)

GATOUILLAT (Françoise) , Michel Hérold, Véronique David.  Des vitraux par milliers… Bilan d’un inventaire : le recensement des vitraux anciens de la France http://www4.culture.fr/patrimoines/patrimoine_monumental_et_archeologique/insitu/pdf/vitrail-962.pdf

— GRODECKI (Catherine), 1996,  Le « Maître Nicolas d'Amiens » et la mise au tombeau de Malesherbes. À propos d'un document inédit , Bulletin Monumental  Année 1996  154-4  pp. 329-342

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1996_num_154_4_4615

HÉROLD (Michel), "Le maître de la Vie de saint Jean-Baptiste, un nom de convention", in Vitraux parisiens de la Renaissance..., Paris, 1993, pages 62-81.

HÉROLD (Michel), 1999, « A propos du " maître de la vie de saint Jean-Baptiste " recherches sur l'usage des patrons à grandeur au début du XVI siècle », Vitrail et arts graphiques, (Cahiers de l'Fcole nationale du Patrimoine, 1999, n° 4, p. 169-183,

HÉROLD (Michel), 1999,  « Dans les coulisses de l'atelier : modèles et patrons à grandeur », ibid., p. 172-177.

—  HEROLD, (Michel) 1998. A propos du « Maître de la vie de saint Jean-Baptiste » : recherches sur l’usage du patron à grandeur au début du xvie siècle. Vitrail et arts graphiques (XVe-XVIe s.), Cahiers de l’Ecole du patrimoine ,n°4, 1998,p. 48-60 ;

— HEROLD, (Michel), 1999 La production normande du Maître de la vie de saint Jean-Baptiste. Nouvelles recherches sur l'usage des documents graphiques dans l'atelier du peintre-verrier à la fin du Moyen Age. Pierre, lumière, couleur. Etudes d’histoire de l’art du Moyen Age en l’honneur d’Anne Prache , F. Joubert et D. Sandron éd. Paris : Presses universitaires de la Sorbonne, 1999, p. 469-485.

HEROLD, (Michel), 1998, Aux sources de « l'invention » : Gaultier de Campes, peintre à Paris au début du XVIe siècle. Revue de l’Art, n° 120, 1998-2, p. 49-57 https://www.persee.fr/doc/rvart_0035-1326_1998_num_120_1_348386

— LAFOND, Jean, 1958,  Le Vitrail français, Paris : Éditions des Deux Mondes, 1958.

 

— LAFOND (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36 p. 22-48

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1972_num_130_1_5138_t1_0087_0000_3

 

LAUTIER (Claudine),1999,  Vitrail et arts graphiques, XVe-XVIe siècles, Actes de la table ronde organisée par l'École nationale du patrimoine les 29 et 30 mai 1997, Les Cahiers de l'École nationale du patrimoine, n° 4, 1999 [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 2001  159-4  pp. 358-360

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2001_num_159_4_1084_t1_0358_0000_5

LORENTZ (Philippe), 2017, Philippe Lorentz, « Histoire de l’art du Moyen Âge occidental », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques[En ligne], 148 | 2017, mis en ligne le 25 septembre 2017, consulté le 14 octobre 2018. URL : http://journals.openedition.org/ashp/1964

"Autre leçon de ces observations : une absence d’homogénéité, tant sur le plan du style (c’est-à-dire de l’exécution des cartons fournis par un ou des peintres) que de la facture picturale, relevant de l’intervention du peintre-verrier, praticien de la peinture sur verre. S’il apparaît que nombre de panneaux sont traités dans un style « ypresque », se rapportant clairement au langage formel du Maître de Coëtivy et du Maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne, d’autres histoires de l’Apocalypse ont été conçues par des personnalités distinctes, travaillant vraisemblablement sous la direction d’un maître d’œuvre qui a su conférer une certaine unité à cet ensemble foisonnant. Quel que soit le nombre d’intervenants repérables au stade de l’élaboration des cartons, il paraît vain, désormais, de parler d’« un » Maître de la Rose de la Sainte-Chapelle assimilable au Maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne."

—  NETTEKOVEN Ina, 2004, Der Meister der Apokalypsenrose der Sainte Chapelle und die Pariser Buchkunst um 1500, Turnhout : Brepols, 2004.

OGET (Nicolas), 2014, Quelle identité pour l'artiste médiévale ? Le cas du Maître de Coëtivy , peintre, enlumineur et cartonnier à Paris dans la seconde moitié du XVᵉ siècle

https://124revue.hypotheses.org/journees-doctorales/journee-doctorale-2014/histoire-de-lart/nicolas-oget

PERROT (Françoise),1970,  Un panneau de la vitrerie de la chapelle de l'hôtel de Cluny, Revue de l'Art n°10, p. 66-72)

— PUECH Pierre-François  Le Primitif flamand André d’Ypres au Musée Fabre :du Christ à La Dame à la Licorne avec une famille d’Amiens.

https://www.academia.edu/19755539/Le_Primitif_flamand_Andr%C3%A9_d_Ypres_au_Mus%C3%A9e_Fabre_du_Christ_%C3%A0_La_Dame_%C3%A0_la_Licorne_avec_une_famille_d_Amiens

REYNAUD (Nicole), 1985, Les vitraux du chœur de Saint-Séverin, Bulletin monumental t.143-1 p. 25-40.

REYNAUD Nicole, La Résurrection de Lazare du Maître de Coëtivy un retable reconstitué, Le tableau du Mois n°13,  Département des Peintures, 4 - 30 janvier 1995.

—  REYNAUD Nicole, "Complément à la Résurrection de Lazare du Maître de Coëtivy", in La Revue du Louvre, 1977, n°4, p 222 - 224.

— REYNAUD Nicole, "La Résurrection de Lazare et le Maître de Coëtivy", in La Revue du Louvre et des Musées de France, 1965, n° 1 - 5,  p. 171 - 182.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1985_num_143_1_2614

OEUVRES.

http://www.getty.edu/museum/media/images/web/enlarge/00081301.jpg

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Malesherbes_La_Mise_au_Tombeau_2.jpg

https://www.flickr.com/photos/92600277@N02/42742289122

Petites Heures d'Anne de Bretagne :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515740c/f302.item.zoom

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 14:28

"Yo lo vi" : Henry Moore à Landerneau :  dessins et peintures de guerre.

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Voir aussi sur les expositions du FHEL  :

 

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On doit à Francisco de Goya  une série d'estampes intitulées Los estragos de la guerra (Les désastres de la guerre) réalisées en 1810-20 et  publiées de manière posthume en 1863. Elles sont accompagnées de titres terribles comme celui de l'estampe n°44 Yo lo vi (« Je l'ai vu ») . 

La découverte à l'exposition 2018  Henry Moore de la FHEL des Undergrounds Drawings, dessins croqués sur le vif en 1941 dans le métro londonien transformé en abri pour la population, témoigne de l'expérience vécue par Henry Moore par des œuvres très différentes des figures couchées de ses sculptures. Quoique ?

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Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Capture d'une vidéo . Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Capture d'une vidéo . Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

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Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

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Ces images hantent notre vision lorsque nous regardons ensuite celles-ci :

 

Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

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Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Exposition Henry Moore FHEL Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2019.

Henry Moore à Landerneau : quelques dessins.

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Le lecteur pourra  compléter par les images de la Tate :

Liens :

https://www.tate.org.uk/art/artworks/moore-pink-and-green-sleepers-n05713

https://www.tate.org.uk/art/artworks/moore-woman-seated-in-the-underground-n05707

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Woman Seated in the Underground, 1941.

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https://www.tate.org.uk/art/artworks/moore-shelter-scene-bunks-and-sleepers-n05711

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Published by jean-yves cordier - dans FHEL Landerneau
13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 12:09

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Le visiteur de l'Exposition 2018 du FHEL ne peut manquer d'être frapper par les références du sculpteur britannique Henry Moore (1898-1996) à l'anatomie, et plus précisément à l'ostéologie, ou étude des os. Sa propriété, Perry Green près de Much Hadham, Hertfordshire était entourée de moutons qui fournissaient les carcasses nécessaires. Mais ne peut-on aller plus loin ?

PRÉSENTATION : 

 

Traduction automatique d'extraits de l'article d'Edward Juler :

 

"Herbert Read écrit en 1933 que l’artiste doit se rendre compte que l’aspect extérieur des objets dépend de leur structure interne: il doit devenir géologue pour étudier la formation des roches;  botaniste, pour étudier les formes de végétation; et anatomiste, pour étudier le jeu des muscles et la structure des os .

Cette approche obligeait l'artiste à interroger la nature structurelle des objets, jouant ainsi le rôle d'un scientifique.

Aucun artiste moderne n'incarnait plus parfaitement l'idéal scientifique de Read que Henry Moore. Dans une monographie sur l'artiste, publiée en 1934, Read voyait la prépondérance des formes naturelles dans l'œuvre de Moore comme symptomatique des sympathies biologistes:

"[L’artiste] se familiarise tellement avec les voies de la nature - en particulier avec la voie de la croissance - qu’il peut, à partir de la profondeur et de la certitude de cette connaissance, créer des formes idéales qui présentent tout le rythme vital et la structure des formes naturelles ... Moore a [...] recherché parmi les formes de la nature des formes de croissance plus dures et plus lentes, réalisant qu'il trouverait dans celles-ci les formes naturelles de ses matériaux de sculpture. Il est allé sous la chair à la structure dure de l'os".

En effet, Moore n’a pas caché son intérêt pour l’histoire naturelle, ajoutant à ses déclarations des allusions aux principes biologiques et à la forme organique des années 1930 et suivantes  Interviewé par Arnold Haskell en 1932, il a parlé de l’importance de la morphologie dans sa pratique, expliquant notamment sa joie de découvrir de nouveaux préceptes biologiques à appliquer à son art: «J’ai étudié les principes de la croissance organique des os et des coquillages du Natural History Museum et j'ai  trouvé une nouvelle forme et un nouveau rythme à appliquer à la sculpture ».

Cet essai va donc explorer les inclinations "biologistiques" de Moore par rapport aux théories contemporaines de la morphologie, de biomorphisme, de néo-vitalisme et d'organicisme." (E. Juler)

 

 

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Un dessin exposé à Landerneau montre la main de l'artiste tenant un os (une vertèbre animale). Il est évident qu'il l'observe en la faisant tourner dans l'espace:

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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Henry Moore montre la réalité de ce travail de recherche des structures organiques par une série de dessins du squelette d'une tête d'éléphant (la vidéo de l'exposition expose cela en détail).

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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Faite tourner une pièce anatomique dans l'espace pour en reconnaître le développement des formes, est une démarche désormais intégré à l'étude de l'ostéologie, humaine ou animale : je propose de jeter un œil à l'animation disponible sur Wikipédia pour l'os coxal :

https://en.wikipedia.org/wiki/Hip_bone#/media/File:Hip_bone_-_close-up_-_animation_(right_hip_bone).gif

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Un document  publié in Edward Juler témoigne de cette étude de l'os coxal.

"Aucun projet ne traduisait plus éloquemment les intérêts biologiques de Moore qu'une série de dessins expérimentaux qu'il avait réalisés au début des années 1930, qui seraient connus sous le nom de Transformation Drawings . Cherchant à divulguer les "principes de forme et de rythme de l'étude d'objets naturels", Moore suggéra que ces esquisses d'os, de racines d'arbres et de griffes de homard - illustrées à différentes étapes de la rotation - étaient des études graphiques des lois morphologiques sous-jacentes aux construction de la forme dans la nature.L'aspect le plus remarquable de ses dessins de transformation est la manière dont l'angle de vision change radicalement la forme de l'objet représenté. Une étude d'un os du bassin, par exemple, illustre de manière dynamique une section d'une ceinture pelvienne vue de différentes manières, vue de face, de côté, de dessous et à vol d'oiseau ."(E. Juler)

Au travers du dessin Moore comprend l’anatomie d’un corps avant de le déformer et le transformer. 

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Henry Moore Ideas for Sculpture: Transformation of Bones 1932 © The Henry Moore Foundation. All rights reserved Photo: Henry Moore Foundation Archive

 

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Nous découvrons ensuite le fruit de cette transformation. La cavité cotyloïdienne, parfaitement mais schématiquement représentée, centre la pièce sculptée.

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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La pièce en plâtre est encore plus évocatrice de la structure osseuse par sa couleur bien-sûr, mais aussi par ses aspérités, ses stries et griffures.

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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Cette structure organique est sous-jacente à d'autres œuvres, mais sous la forme de figures couchées (reclining figures) dont l'anthropomorphisme est d'intensité variable.

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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Un autre exemple peut être développé à partir d'un os plat, l'omoplate ou scapula, humaine ou animale.

Voici une omoplate de cheval sur le site d'une célébre école vétérinaire :

http://theses.vet-alfort.fr/Th_multimedia/mraffaelli/SCRIPT/form.php?action=2&id=488

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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Voici ce que, selon moi,  Moore en fait :

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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Ou encore ici, où "l'os" est brisé et laisse voir une coupe avec son tissu spongieux et sa moelle rouge :

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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Cette compréhension modifie notre regard qui se met à observer autrement certaines sculptures. Dans une étude, Moore dessine sur la même feuille une mandibule animale, et une figure féminine couchée (source : Edward Juler) : le condyle , rehaussé de trois points, devient manifestement la tête de la Reclining figure, tandis que les molaires semblent être assimilés aux genoux repliés façon Chac Mool.

 

 

 

"La pertinence de l'hypothèse de Thompson [D’Arcy Wentworth Thompson, On Growth and Form (1917)] pour la pratique de Moore peut être jugée par le simple fait que ses dessins de transformation ont été à la base de nombreuses de ses grandes sculptures en bois et en pierre.

 

 Une esquisse, par exemple, montre un os de la mâchoire imagé à partir d’un éventail ahurissant de points de vue (fig.3). Reposant sur son bord inférieur dans l'image centrale, la mandibule est la plus reconnaissable; le creux profond dans la partie supérieure gauche de la mâchoire et la rangée de dents saillantes signalant ses origines corporelles. Moore, cependant - dans un tour de force d'improvisation artistique inverse l’objet, le retourne, le tourne et modifie subtilement son profil. Sur une image, il ajoute le moindre soupçon de visage (trois simples piqûres pour les yeux et la bouche), tandis que sur une autre, il exagère les contours de la mâchoire pour évoquer les formes bombées des bras, des jambes et de la tête. Ainsi métamorphosées, les images résultantes rappellent puissamment les formes inclinées et turgescentes qui caractérisent la sculpture de Moore de l’époque.

De nombreux dessins morphologiques de Moore comportent des annotations au crayon griffonnées sur la page. Ces notes ont été utilisées comme une sorte de raccourci créatif pour le processus de sculpture, permettant à Moore d'adapter visuellement la morphologie des objets naturels et d'imaginer des formes hypothétiques, liées à la forme décrite et s'inscrivant dans une configuration artistique nouvelle et unique.

  La légende est illustrée, par exemple, sur le croquis de la mâchoire: ‘In transferring studies into stone – harden & tighten, stiffen, taughten [sic] them up’ «En transférant ces études en pierre - durcissez et resserrez, raidissez, faufilez-les».27 Dans une déclaration publiée en 1934, Moore résumait les propriétés morphologiques de divers objets naturels dans des termes très évocateurs de l'œuvre de Thompson: «Les os», écrit-il, «ont une force structurelle merveilleuse et une tension dure, une transition subtile d’une forme à l’autre et une grande variété de sections. Les arbres (troncs d'arbre) montrent les principes de croissance et de résistance des articulations, en passant facilement d'une section à l'autre. Ils donnent l'idéal pour la sculpture sur bois, mouvement de torsion vers le haut. Les coquillages montrent la forme dure mais creuse de la nature et ont une merveilleuse complétude d'une forme unique. ' (E. Juler)

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Henry Moore Transformation Drawing: Studies of Bones 1932 The Moore Danowski Trust © The Henry Moore Foundation. All rights reserved Photo: Henry Moore Foundation Archive

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Ce type de dessin permet au visiteur de s'autoriser à des rapprochements et évocations insolites.

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Henry Moore à Landerneau, et l'ostéologie.
Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

Exposition Henry Moore, Fonds Hélène et Édouard Leclerc 2018, Landerneau. Photographie lavieb-aile 9 octobre 2018.

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LIENS :

JULER (Edward), 2015, , ‘Life Forms: Henry Moore, Morphology and Biologism in the Interwar Years’, in Henry Moore: Sculptural Process and Public Identity, Tate Research Publication, 2015, https://www.tate.org.uk/art/research-publications/henry-moore/edward-juler-life-forms-henry-moore-morphology-and-biologism-in-the-interwar-years-r1151314

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Published by jean-yves cordier - dans FHEL landerneau

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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