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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 14:41

L'abbaye du Relec à Plounéour-Ménez : le Jésus à la ceinture de la statue (calcaire polychrome, XVIe) de Notre-Dame-du-Relec.

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Voir les œuvres en tuffeau :


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L'abbaye cistercienne du Relec à Pounéour-Ménez accueillait le 23 juin dernier "Voix en chœur" qui réunissait  cinq chorales  sous la direction artistique de  Laure Leyzour : le Chœur du Kador de Crozon, l’ensemble A Cappello de Morlaix, l’ensemble vocal Choréa d’Ys de Brest, le Chœur Harmonia de Guesnou et le Chœur Voilà Voilà de Quimperlé.

Pendant cette prestation, chacun pouvait admirer, posée sur une petite estrade au centre du chœur, une très belle Vierge à l'Enfant. Une feuille épinglée en donnait le nom : NOTRE DAME DU RELEG  ; renvoyant au nom breton du sanctuaire Itron Varia ar Releg, dont la pardon avait lieu traditionnellement le 15 août.

En tout cas, malgré le spectacle exceptionnel qui m'était offert par les choristes, mon regard,  moins absorbé et charmé  que mon ouïe, revenait sans cesse vers le visage de cette Vierge, comme vers celui d'une femme qui vous aurait troublé par son charme.

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Hélas, je n'ai trouvé que de très parcellaires informations sur cette œuvre remarquable. C'est très certainement elle qui est décrite en 1938 par Henri Pérennès, mais elle occupait alors, au dessus du tabernacle, le centre d'un très riche retable du XVIIe, entre deux cariatides et deux vertus théologales (Force et Prudence). L'auteur en souligne bien alors la valeur exceptionnelle :

"Sur le socle, soutenue par les vertus et les cariatides, repose la statue en pierre de la Vierge, grandeur nature. Le front ceint d'un diadème, vêtue d'un riche manteau d'azur, elle se révèle par sa pose "hanchée" caractéristique comme une œuvre du XVe siècle. La Vierge Marie porte sur son bras l'Enfant Jésus, le front couronné, et vêtu d'une toge verte. Il tient une banderole dorée, dont les longues branches se déroulent sur l'habit de sa mère."

 

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Par chance, une carte postale conservée dans les collections du Musée de Bretagne nous montre ce retable. Elle n'est pas datée, mais c'est l'une des  cartes éditées par les frères Neurdein, dont l'activité cessa en 1918.

http://leonc.fr/cpa/WordPress/category/neurdein/collections-nd-phot/

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo192401

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CP Neurdein 327 - De MORLAIX à HUELGOAT. Le Relecq. Notre-Dame du / Relecq, vierge miraculeuse Doc. Banéat

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Mais en comparant cette description de Pérennès, et cette carte, avec l'œuvre exposée, on constate vite que cette dernière a perdu son bras droit, qui tenait un long sceptre (ajouté au XIXe avec les couronnes). L'extrémité du bras est démanché de son tenon, soit qu'il soit conservé à part en l'attente d'une restauration (à laquelle la statue se destine à l'évidence), soit qu'il ait été perdu.

La statue n'a rien perdu par contre de sa peinture très dix-neuvième, aux motifs de croix, de rinceaux et de fleurons de perles.

Le chanoine Pérennès n'a bien sûr pas pu examiner de près la statue, ni en faire le tour. Il aurait pu constater qu'elle est sculptée dans une pierre blanche, probablement un calcaire ou "tuffeau", ce qui indique donc une origine hors de Bretagne, le plus souvent en vallée de la Loire.

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Surtout peut-être, il n'aurait pas commis une erreur d'interprétation concernant un "détail" qui lui donne, à mes yeux, toute son originalité.

En effet, regardons l'Enfant Jésus. Il se tient en faux-profil , le corps s'écartant selon une ligne oblique de celui de la Vierge, qu'il ne regarde pas.  Il  ne porte pas "une toge verte" mais il est nu et enveloppé dans le manteau maternel ; sa main droite est tendrement posée sur la poitrine de Marie. Il a perdu le diadème dont la dévotion du XIXe siècle l'avait coiffé. Blond, cheveux bouclés, visage rond, il a tout du divin poupin qu'on attend ici. 

Mais il   tient dans la main, non pas "une banderole", mais un ruban doré qui descend ensuite devant le ventre puis la cuisse droite de la Vierge et s'achève en une pointe sagittée.  Ce n'est rien d'autre que l'extrémité libre de la ceinture de la Vierge !

Quelle idée charmante ! quelle trouvaille touchante de la part de l'artiste pour témoigner de la grâce enfantine de Jésus, qui, comme tout enfant, joue avec l'objet attirant de la toilette de sa mère !

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Il est alors amusant de suivre des yeux le trajet de la ceinture, mais on en perd un peu la trace en amont de la main de l'enfant. Elle longe l'auriculaire de la Vierge, avec lequel on la confond, et son origine entre le petit pied et la main adulte (d'ailleurs un peu malhabile) est moins précise : j'ai cru un instant qu'il en manquait un morceau, mais non.

En somme, cette ceinture irréaliste (elle serait beaucoup trop longue si elle n'était au service d'une pensée symbolique) entoure le ventre — virginal — de Marie puis  forme une boucle autour de la jambe et de l'aine du Fils, tout en passant dans le creux de sa main.

Est-ce symboliquement Jésus qui tient en main la clôture du ventre virginal, celui par qui sa Mère est jardin clos hortus conclusus et fons signatus selon la lecture typologique " ortus conclusus et fons signatus significat mariam" du Speculum humanae salvationis et Porte close d'Ezéchiel Ezechielis porta Clausa pertransitur

La statue inviterait alors à une méditation mystique sur le thème de l'Immaculée Conception au même titre que d'autres œuvres plus explicite :

 

 

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Un autre détail est singulier. La jambe gauche de l'Enfant-Jésus est fléchie, faisant pointer les petits orteils nus devant nous. Mais où est la jambe droite ? 

La question ne s'impose pas : notre esprit imagine cette jambe dissimulée entre le bras et la hanche de la mère.

Mais l'artiste a cru bon de faire réapparaître le pied droit, à l'arrière de la hanche de Marie. C'est cette poche rose incongrue qui pend comme un accessoire dont on tente de comprendre ce qu'il fait là.

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Alors, on examine la statue de 3/4 arrière, et le  peton est là, souris rose et dodue accouchant de cinq souriceaux après avoir percé la poche d'une reine.

Mais il semble bien trop bas, d'autant que la continuité de la cuisse et de la jambe a été perdue parmi les plis d'étoffe bleue dont les décors d'or semblent s'ingénier, par leur brisure, à imiter le camouflage Dazzle.

S'il y a là une "erreur" d'anatomie, on la pardonnera comme on pardonne à Ingres l'interminable dos de la Grande Odalisque  ses trois lombaires de trop, comme mon maître Jean-Yves Maigne nous y incite.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1079534/

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Après avoir décrit ces deux singularités de cette œuvre, — pour inciter les amateurs éclairés à en signaler d'autres exemples — il est temps de considérer à nouveau cette Vierge à l'Enfant. En premier lieu, son hanchement, ou contrapposto, rendu naturel par la nécessité de porter l'enfant. Le corps souple, élancé, dont l'abdomen est (légèrement ) saillant.  La jambe droite, à peine avancée. Les souliers noirs pointus. 

Le manteau mi-long, dont les plis imposés par l'avancée du bras droit dessinent trois bandes horizontales. 

La robe, à l'encolure ronde, serrée  avec la ceinture très haute. Et la poitrine, plate, aux volumes peu ou pas soulignés.

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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La tête couronnée est couverte d'un voile en coque carrée aux trois plis souples symétriques.

Le visage est carré dans sa moitié haute et triangulaire en partie basse, sous des pommettes en pomme. La petite bouche fermée domine un petit menton.

Le front et les sourcils sont épilés, les boucles de la chevelure brune couvrent le haut des épaules.

Le regard de Marie est grave, pensif, comme celui de son Fils, mais l'impression du visage, une fois le spectateur placé à distance raisonnable, se transforme. La Mère de Dieu apparaît comme une jeune femme franche, accueillante, souriante, tempérant la conscience de la gravité de sa fonction par une disponibilité entière à son rôle d'intercession : c'est le regard d'une mère tenant son enfant plus jeune tout en observant les aînés avec bonté.

En conclusion, nous avons ici toutes les caractéristiques d'une Vierge à l'Enfant fidèle à l'idéal de beauté de l'art gothique, un chef d'œuvre  dont nous aimerions entendre les spécialistes nous dirent l'époque (XIVe ou XVe ?), et l'origine (ateliers du Val de Loire, de Normandie ou du bassin parisien ?). 

(*) Elle daterait en réalité (administration de l' abbaye du relec) du XVIe !

Le Finistère (dont les sculpteurs ont taillé le kersanton surtout à partir du XVe siècle)  ne conserve pas beaucoup de sculptures religieuses anciennes en pierre calcaire. 

J'ai décrit la Vierge allaitant son Fils (XIVe) de la chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern ; la Pietà de la chapelle Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou  ; le cénotaphe de Thomas James à Dol (1507) ; le retable et la Sainte Apolline de La Houssaye près de Pontivy (vers 1510, atelier d'Amiens ?) ; la Mise au tombeau de Quimperlé (vers 1500). 

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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COMPLÉMENTS.

1. Jalons de datation.

L´abbaye cistercienne  du Relec, fille de Bégar (22), fut fondée le 30 juillet 1132 et dédiée à Notre Dame.  Des modifications notables ont eu lieu sous l´abbatiat de Guillaume Le Golès (ou Goalès, ou Le Goalès de Mézaubran), en charge de l´abbaye entre 1462 et 1472 . Entre 1680 et 1694, le prieur de l´abbaye, Jean-Baptiste Moreau, est à l'origine d'importants travaux : dans la partie nord du transept de l´église, il fait supprimer une chapelle afin de mettre en place, en 1691, dans l'aile nord un escalier monumental en pierre donnant accès au dortoir des moines . L'inscription suivante, en dessous du cadran d'horloge, dans une fenêtre, aujourd'hui murée, de l'escalier des moines, peint au dessus de l'escalier, en rappelle le souvenir .

Enfin, et surtout eu égard au culte marial, des peintures murales ont été récemment restaurées (2019), datant du XIIe au XVe siècle. Selon Joseph Le Bigot en 1884 puis H Pérennès, on y voyait dans la chapelle entourant le chœur  la Vierge entourée d'abbés, ce qui ne s'est pas confirmé. 

 

"Géraldine Fray, restauratrice, explique le côté remarquable des peintures. « Nous avons trouvé des fragments de peinture datant du XIIe siècle, puis d’autres datant des périodes successives jusqu’au XVe siècle. Ce qui est exceptionnel et très rare en France, ce sont ces décors peints dans une abbatiale cistercienne car cet ordre monastique se caractérise par le dépouillement et une certaine austérité architecturale. Le fait d’avoir ici des motifs peints datant de cette période est vraiment une grande chance car on peut dire qu’elles reviennent de loin !  »

Sur les murs des deux chapelles se dessinent des scènes bibliques, de type figuratif, peintes à base de pigments de terres aux couleurs ocre rouge et ocre jaune. « Nous n’en sommes qu’au début, mais on peut distinguer six ou sept périodes différentes. Les peintures sont très fragiles et nécessitent un grand soin de la part de toute l’équipe. » (Ouest-France

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" MONASTERII. AERE. REPARATA. SUNT. AUCTA. ET. ORNATA. TECTA. AETATE. CASURA. JOANNIS. BAPT(IS)TAE. CURA. ARCHIMANDRITAE. 1691.

AUX FRAIS DU MONASTÈRE ET PAR LES SOINS DU CURÉ ET ARCHIMANDRITE JEAN-BAPTISTE [MOREAU] SONT RÉPARÉS, AGRANDIS ET DÉCORÉS LES BÂTIMENTS EN MAUVAIS ÉTAT, 1691.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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L'horloge.

 " EX MOMENTO PENDET AETERNITAS. "

"D'UN MOMENT DÉPEND L'ÉTERNITÉ."

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Les Peintures murales. 

 

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1°) Inscription datée : invocation.

Sur cartouche bicolore ocre rouge et blanc, au dessus de carrés à décor floral (pochoir ?). 

 

E IGER PRV DE

PRIEZ POVR NOVS

160-

 

 

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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2°) Trois anges musiciens : instrument à vent et instrument à corde ( voûte  nord) et à percussion (mur sud).

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Sur les peintures murales (rares en Finistère) et sur les anges musiciens,   voir  :

 Bretagne :

Hors Bretagne :

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Joueur de chalémie ??

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Ange joueur de mandole ?

Je ne vois pas d'archet : cordes frottées.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Deux anges dont un joue du tambour.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Ange Gabriel de l'Annonciation (mur nord).

 

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Lion ou lionceau devant le bras d'un personnage.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Visitation.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eac06580cade2ea04093dc8ef7a6a695.pdf

 

Couffon, Répertoire des églises : paroisse de PLOUNEOUR-MENEZ,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 24 juin 2019, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/980.

Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

— MORICE (Pierre-Hyacinthe)

https://books.google.fr/books?id=Ze0DAAAAQAAJ&pg=PA547&lpg=PA547&dq=%22Notre+Dame+du+Releg%22&source=bl&ots=ztGZpdQIVm&sig=ACfU3U3N9V2Ec35WSC6c_AjLfqMQMTUcsw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjvjZyp3oHjAhXqAmMBHerlD6gQ6AEwBHoECAkQAQ#v=onepage&q=%22Notre%20Dame%20du%20Releg%22&f=false

— PÉRENNÈS (Henri), 1932, “Notre-Dame du Relec en Plounéour-Ménez : une vieille abbaye bretonne,”, Quimper

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo192401

— PATRIMOINE : INVENTAIRE GENERAL.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-abbaye-de-cisterciens-le-relecq-plouneour-menez/79bbf8e4-f56c-4fbf-88dd-254cba7957d6

— BLOG DIDIERLEBRESTOIS (photo de la statue)

http://www.didier-le-brestois.com/2017/03/l-abbatiale-monument-historique-du-relecq.html

— OUEST-FRANCE 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/plouneour-menez-29410/plouneour-menez-des-peintures-remarquables-l-abbaye-cistercienne-du-relec-6137929

— PRIGENT, Christiane. 1981, Etude de quelques sculptures bretonnes influencées par les modes venues des pays nordiques. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. CVIII, 1981.

 — PRIGENT, Christiane, 1982, . Les statues des vierges à l'enfant de tradition médiévale: XVe- XVe siècles dans l'ancien diocèse de Cornouaille  Prigent, Christiane. - [Université de Rennes] (1982)

 

— Comparez avec

https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/vierge-lenfant-de-la-sainte-chapelle

Notre-Dame de Bonne-Garde, Église Notre-Dame de Parigné (35), tuffeau, peinte polychrome, XIVe siècle.

http://patrimoine-mobilier.archives.ille-et-vilaine.fr/pages/chantiers/fiches_restauration/StatueNotreDame.ht

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Published by jean-yves cordier - dans sculpture
22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 14:37

Iconographie des saints Côme et Damien : la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal.

 

Voir sur cette chapelle :

 

 

 

 

 


 


 

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Voir les articles précédents sur l'iconographie des saints Côme et Damien :

 

 

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Introduction.

Lorsque, à partir de la chapelle Saint-Côme-et-Saint-Damien de la paroisse de Saint-Nic, je me suis interrogé sur la localisation du culte des deux médecins jumeaux en Bretagne,  j'ai découvert de nombreux sanctuaires conservant encore leurs statues, notamment en Finistère, tant en Léon qu'en Cornouaille. L'iconographie de saint Côme et de saint Damien est donc riche en Basse-Bretagne. Elle associe le plus souvent la représentation d'un saint vêtu en docteur (Côme) qui lève vers la lumière un flacon d'urine afin de juger de l'état d'un ou d'une patiente, avec celle d'un alter ego (Damien)   tenant un pot d'onguent.  Soit les figures de l'alliance nécessaire   du diagnostic et de la thérapeutique  en médecine.

Or, je peux aujourd'hui ajouter un autre exemple qui m'avais échappé, alors qu'il se trouve dans  une chapelle très proche de celle de Saint-Nic. En effet,  25 km seulement séparent cette commune de celle de Saint-Ségal, avec sa chapelle dédiée à saint Sébastien. L'Aulne serpente entre les deux sites.

Pourtant, il m'aurait suffi de mieux consulter l'Iconographie  des saints médecins Côme et Damien de Marie Louise David-Danel, publié en 1958, puisqu'elle y signalait dans son inventaire  la mention : "SAINT-SÉBASTIEN-en-SAINT-SÉGAL (Finistère) - Panneau Sculpté : Un Saint."

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Aujourd'hui, les deux saints sont représentés, sur le volet gauche de la niche d'un saint Joseph à l'Enfant de la chapelle nord du chœur.

C'est un panneau en bois polychrome daté (par rapprochement avec la date des retables voisins) de 1714-1729, divisé en trois compartiment avec de haut en bas, un saint évêque, puis saint Damien, puis saint Côme qui ne dispose que d'un demi-compartiment.
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Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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1°) Saint Damien, sa spatule et son pot d'onguent.

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Il est coiffé de la barrette rouge des docteurs en médecine de l'Ancien Régime, et porte sur une longue robe blanche un manteau bleu à revers or. Il tient d'une main le pot d'onguent et de l'autre ce qui peut être vu comme une spatule, mais qui a plutôt la forme d'une lancette. Nous aurions alors les deux branches de la Thérapeutique, l'acte manuel, et la prescription ou administration de médicaments : car cette lancette est nécessaire à la saignée, qui prend une place alors majeure dans les traitements.

Les cheveux mi-longs et bouclés sont sculptés, nous sommes presque sûrs qu'ils sont d'origine. Par contre, comme je ne dispose pas du dossier de restauration, j'ignore si la moustache Louis XIII était présente ou s'il elle relève du choix du peintre-restaurateur. On peut faire confiance à ce dernier pour être certain qu'elle n'a pas été placée ici à la légère.

On somme, nous avons toutes les caractéristiques de l'iconographie de ce saint.

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Saint Damien, Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Saint Damien, Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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Saint Damien, Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Saint Damien, Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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2°) Saint Côme et son urinal.

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Il est coiffé de la barrette de docteur, et vêtu d'une robe noire recouverte d'un camail. On pourrait le confondre avec un prêtre (saint Yves par exemple), s'il n'élevait vers la lumière la matula ou urinal de couleur jaune tout en la désignant de la main gauche pour appuyer sa sentence.

Cet attribut, et son association avec saint Damien, lèvent tout doute sur son identification. 

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Saint Côme, volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Saint Côme, volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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3°) Le panneau supérieur : un saint évêque.

Aucun indice ne vient préciser l'identité de ce personnage, qui peut être un évêque (comme Corentin, puisque la chapelle est située dans son diocèse, ou Séverin, patron de l'église paroissiale), ou un abbé (comme Guénolé, abbé de Landévennec).

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Saint évêque, volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Saint évêque, volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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Discussion.

 

Marie-Louise David-Danel a signalé en 1958 la présence d'un des deux saints en la chapelle Saint-Sébastien, ni dire lequel, ni dire à quel endroit, mais je n'ai pas trouvé d'autre témoignage de cette présence. René Couffon n'en parle pas. Les photos qui précèdent les campagnes récentes de restauration montrent la niche de saint Joseph dépourvue de volet. (François Dagorn noir et blanc puis Bernard Bègne couleur, sans date)

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320092900482nuca/a5b5c57b-6ab4-401a-9230-63c9b1c884d6

Aucune photo de retable nord dans le diaporama de la Fondation du Patrimoine

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/retables-de-la-chapelle-saint-sebastien-a-saint-segal

La plus grande confusion existe. En 1915, Y. Madec décrivait autour de la niche de saint Joseph les "statuettes" des douze apôtres ; mais ceux-ci entourent aujourd'hui la niche de la Vierge.

Lors de ma visite en janvier 2012 (faible éclairage de la lumière d'hiver), j'ai pris les clichés suivants :

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Photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

Photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

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La dernière campagne de restauration s'est déroulée entre 2013 et 2017 sous la direction de Marie-Suzanne de Pontaud, architecte en chef des monuments historiques, par l'entreprise LE BER de Sizun (menuiserie) et COREUM de Bieuzy (peinture) : les lieux sont transformés.

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Retable nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Retable nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

 

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2. La peste et les saints Côme et Damien.

On sait que la chapelle Saint-Sébastien a été bâtie dans la seconde moitié du XVIe siècle pour conjurer la peste. Saint Sébastien, tout comme saint Roch, sont invoqués contre les épidémies meurtrières regroupées sous le nom de "peste". On pense que la chapelle "Saint-Côme et Saint-Damien" de Saint-Nic fut  aussi  construite au début du XVIe siècle pour la même raison. 

En effet, les deux frères médecins étaient sollicités contre la peste :

— À Venise, dans la sacristie de la Salute :  un tableau attribué soit à Giorgione, qui mourut de ce mal, soit au Titien, Le Triomphe de saint Marc, montre saint Marc  entouré de saint Roch et saint Sébastien à sa droite et de saint Côme et saint Damien à sa gauche. Il glorifie la libération de Venise de la peste de 1500.

— À la chapelle de l'Ouradou à Saint-Côme d'Olt en Aveyron, contre la peste de 1586 (2600 victimes)

— La Nécropole Saint-Côme et saint Damien à Montpellier est le  charnier de l'épidémie de 1348.

— En 1652, l'épidémie de peste dans  la ville d'Argelès cessa le jour même de la fête de Côme et Damien le 26 septembre. Ils deviennent alors les nouveaux patrons de la paroisse.

— La même année 1652 face à la même épidémie, l'église de Serdynia (Pyrénnées-Orientales) commande à Louis Géneres un retable en l'honneur de Côme et Damien. Il sera réalisé en 1661, et doré en 1664. "Sur ce retable, Côme et Damien sont encadrés par des représentations de saint Sébastien et saint Roch, invoqués tous deux contre la peste. L’évêque d’Elne P. Benoit de Santa Maria avait demandé le 8 avril 1587 que la fête de ces saints soit solennellement célébrée dans tout le diocèse pour les remercier de leur intercession lors des épidémies. Les statues de la chapelle catalane représentent les saints en costume de l’époque où domine le bleu rehaussé d’or ; l’un à la bouche soulignée d’une moustache, tenant de sa main gauche un coffret, l’autre, dont les traits féminins contrastent avec ceux du précédent, présentant un livre ouvert. La dissemblance des traits des deux personnages est en désaccord avec les représentations usuelles des deux frères jumeaux. Le sculpteur n’a pas représenté la matula et a donné la préférence aux attributs plus nobles, boîte à onguents ou coffret réservé aux instruments, suivant ainsi la tradition italienne, florentine et vénitienne en particulier. Le retable actuel a remplacé un autre retable, de la fin du XVe siècle. " (Dousset)

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La présence des deux médecins martyrs est donc parfaitement logique dans cette chapelle, à coté des statues de saint Sébastien et de saint Roch.

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CONCLUSION.

Ma découverte inopinée d'un nouvel exemple iconographique du culte des saints Côme et Damien en Finistère, dans le proche voisinage de la chapelle qui leur est dédiée à Saint-Nic, est une surprise qui me procure ce si agréable chatouillement pétulant de l'esprit . C'est encore une fois une confirmation de la stéréotypie des traits iconographiques, tant vestimentaires que par les attributs représentés, et de l'importance de l'urinal, témoin de celle de l'uroscopie dans la médecine du temps . Le lien, ici évident, avec les épidémies de peste incite à en voir la valeur dans les sanctuaires où il n'est pas aussi clairement attesté.

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Il est peut-être trop solidement établi que Côme et Damien sont les saints patrons des médecins (et plus tard des apothicaires), ce qui incite à restreindre leur culte à un secteur professionnel et à oublier qu'il furent d'abord et surtout invoqués, non pas par les médecins, mais par les malades, ou par les communautés éprouvés par les menaces sanitaires.

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Il resterait à bénéficier d'une meilleure information et une meilleure documentation, disponible en ligne et accessible au public plutôt que confiné dans les dossiers des  services de l'Etat, sur le suivi dans le temps de ces éléments mobiliers : date où ils ont été mentionnés dans les inventaires, état avant les restaurations, importance des restaurations nécessaires et techniques employés, indices relevés. Paradoxalement, c'est aujourd'hui par l'intermédiaire des journalistes que des bribes d'informations nous parviennent  (cf. articles de Ouest-France). Ces informations sont nécessaires en Histoire de l'Art.

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ANNEXE : ARTICLES OUEST-FRANCE 2015 et 2017

 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-segal-29590/saint-sebastien-la-polychromie-est-validee-3149393

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-segal-29590/saint-segal-les-travaux-de-saint-sebastien-enfin-termines-5250737

 

 

Une réunion a eu lieu la semaine dernière dans la chapelle Saint-Sébastien. Le retable principal avait retrouvé sa place fin octobre 2014, après une restauration de l'entreprise Le Ber qui a nécessité 1 400 heures de travail pour réparer certains éléments et effectuer un traitement insecticide.

L'entreprise Coreum a ensuite pris le relais pour rénover les peintures et réaliser la polychromie. Elle a présenté son travail à Virginie Foutel, adjointe au patrimoine, à Christine Jablonski, de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), et à Isabelle Kergadennec, responsable du mobilier classé au sein du conseil général.

Et les résultats sont assez impressionnants. Après 1 100 heures de travail, les couleurs retrouvées redonnent vie à ce superbe ensemble qui ne laissera pas les visiteurs indifférents. La dernière étape va pouvoir suivre. Le vernissage sera effectué courant février. Selon Vincent Cherel, de la société Coreum, « le résultat en sera encore amélioré. Le vernis apportera de la profondeur aux peintures, de la vivacité. »

Pour André Le Gall, le maire, présent lors de cette réunion, une décision s'impose. « Je vais demander l'ouverture la chapelle lors du pardon de juillet. Il faut que les habitants de la commune voient ce que nous avons fait de leurs impôts. »

 

 

Un article de Ouest-France du 16 septembre 2017 nous donne de précieuses informations :

"Depuis 2013, la chapelle Saint-Sébastien fait l’objet de travaux. Ceux-ci ont permis de faire de nombreuses découvertes, comme des peintures d’origine, des sculptures ou même des ossements.

Les retables de la chapelle Saint-Sébastien sont nationalement reconnus, parmi les premiers mobiliers d’église bretonne à être classés aux Monuments historiques en 1914, la même année que les enclos de Guimiliau et Saint-Thégonnec. Cette datation montre l’intérêt de cet édifice.

Décision prise en 2010 

Dès octobre 2010, le choix fut fait par la municipalité de rénover l’ensemble des retables dont l’état était préoccupant et avait, plusieurs fois déjà, fait l’objet de récolements de la part de Ia Drac (Direction régionale des affaires culturelles).

Des sculptures tenues par de la colle

Une première étude détaillée, permettant un diagnostic pointu des désordres structurels de l’ensemble des retables, fut réalisée. Il fut édifiant :

certaines parties des sculptures et panneaux ne tenaient plus que par l’usage de colle et de papier mâché, placés au XIXe siècle.

450 000 euros de travaux

La rénovation s’imposait, et la restauration débutait en novembre 2013. En raison du montant des travaux, 450 000 € dont 55 000 € à la charge de la commune, ils se déroulèrent en trois phases : d’abord le retable du maître-autel, puis celle du retable nord, et enfin celle du retable sud.

L'objet de cours aux Beaux-Arts

Cette dernière phase se termine, l’entreprise Le Ber, de Sizun, spécialisée en menuiserie d’art et sculptures, et l’atelier Coréum, pour la polychromie, sont parvenues à restaurer la splendeur de ce mobilier qui, à l’école des Beaux-Arts du Louvre, fait l’objet de six heures de cours lors de l’étude de la polychromie bretonne.

De nombreuses surprises

Les surprises furent nombreuses lors de ces travaux. D’abord, lors du démontage des retables, la découverte des peintures d’origine, datant du début des années 1700, et d’éléments mobiliaires, comme les niches servant au rangement des burettes, et qui étaient tombées dans l’oubli. Les peintures, bien que maintenant recouvertes par les boiseries, ont fait l’objet d’une attention particulière et sont désormais sauvegardées.

Retour d'éléments volés

Autre découverte, celle d’un crâne et de quelques ossements, cachés derrière le retable Sud. L’identité du défunt de même que la raison de leur placement en cet endroit, sont, et resteront très probablement un mystère. Autre événement heureux, la découverte de certaines sculptures dérobées il y a une trentaine d’années, sur internet et chez un brocanteur. Toutes ont maintenant réintégré leurs emplacements. Pour éviter que de tels désagréments ne se reproduisent, la municipalité réfléchit à un système de protection de la chapelle."

 

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— DUHEM, (Sophie), 1997. Les sablières sculptées en Bretagne. Images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.). Collection Arts et Société. Presses universitaires de Rennes, 1997.

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

— DOUSSET  Jean-Claude), Puységur Christian. Saint Côme et saint Damien de Serdinya. [R 71. Culte et iconographie des saints Côme et Damien] . In: Revue d'histoire de la pharmacie, 95e année, N. 360, 2008. pp. 533-536; http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_2008_num_95_360_21993

 

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Published by jean-yves cordier - dans saints côme et damien Saint-Ségal
20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 11:08

Ploéven XII : chapelle Saint-Nicodème, les statues de la Vierge et de saint Nicodème.


 

 

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— Sur Ploéven, voir :


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 I. LA VIERGE À L'ENFANT DU CHOEUR : ITRON VARIA GUIR VERTU.

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Cette statue d'applique à revers plat  en granite polychrome de 1,27 m de haut porte sur le support l'inscription peinte ITRON VARIA GUIR VERTU (Ducouret), plutôt Introun Varia Gwir Vertu (Couffon) ou Itron Varia a gwir vertu (Pérennes)  Notre-Dame de juste Vertu. 

Elle date du XVIe siècle. Est-elle antérieure à la construction de la chapelle actuelle ? Je rappelle que les premières datations inscrites sont de 1592 et 1593 puis 1607. 

Est-elle contemporaine de la Déposition de l'église paroissiale, datée de 1547 ? 

Elle est hanchée, et porte l'Enfant du coté droit. 

Sa haute couronne à fleuron et perles rouge et or est posée sur une chevelure châtain clair qui descend en deux nattes jusqu'aux coudes. 

Le visage répond au canon esthétique de l'époque : forme ovale, sourcils épilés et haut, nez droit, petite bouche et petit menton rond. Mais il ne se dégage pas d'une certaine lourdeur qui n'est pas liée au regard pensif et grave propre à Marie devenue Mère, mais peut-être à un dessin asymétrique des yeux.

Elle est drapée dans un manteau bleu fermé par une bande orfévrée tendue entre deux fleurons. Toute la bordure du manteau est enrichie d'orfroi à l'or un peu effacé.

Ce mantel recouvre une cotte : son bustier très ajusté est à décolleté carré , tandis que la robe est plissée et descend jusqu'aux pieds. Les manches s'élargissent aux poignets et laissent voir une chemise blanche à petits plis.

Une jupe spectaculaire, en étoffe plus épaisse, est tendue sous la main gauche pour former un élégant plissé, large à gauche et descendant en trois courbes concentriques à droite.

L'Enfant présenté en Sauveur tient le globe terrestre en main droite alors que sa main gauche est posée sur la poitrine maternelle. Placé frontalement, il regarde devant lui, sa petite tête aux cheveux courts légèrement dressée.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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II. LA VIERGE À L'ENFANT EN BOIS ITRON VARIA A SIKOUR.

Statue d'applique en bois polychrome à revers évidé haute de 1,27 m porte l'inscription en breton la désignant comme Notre-Dame de Bon-Secours. Elle est datée (Ducouret) du XVIIe siècle.

Elle est placée à gauche du chœur, près de l'angle du transept. Cette Vierge couronnée  n'est pas très gracieuse, avec son cou projeté en avant et son nez trop pointu, et son Fils (en Sauveur avec le globe terrestre)  a une tête trop adulte et ingrate à mon goût.

Je remarque le bandeau occipital ou chouchou couleur or retenant en arrière de la nuque les cheveux très bruns de Marie. Voir ici sur ce motif iconographique.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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III. LA STATUE DE SAINT NICODÈME.

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Cette statue d'applique à revers évidé en bois polychrome du patron de la chapelle date du XVIIe.

Le saint, vénéré parce qu'il a participé à la Déposition du Christ crucifié (Jn 19:39-42). Juif pharisien et membre du Sanhédrin, il porte ici la barbe longue, noire et bifide et est coiffé d'un turban orientalisant. Il tient la couronne d'épines et un clou.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SAINTE ANNE ÉDUCATRICE.

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Cette belle statue récente en granite est placée du coté droit du chœur.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

 

. Statues - en bois polychrome : saint Nicodème coiffé d'un turban et tenant la Couronne d'épines et deux clous (oeuvre de Pierre Le Déan ? - sur la console, un ange tient trois clous et un fouet),

-Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Sikour,

- en pierre polychrome : autre Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Vertu, saint Alar ou Eloi à son enclume, XVIe siècle.

 

— COUFFON (René), Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du XIIIe au XIXe siècle.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953.

— DILASSER (Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille,  Locronan et sa région

— DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&NUMBER=5&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

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http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&NUMBER=9&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

 

— PÉRENNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

"Le maître-autel, en granit revêtu de bois, semble du XVIIIème siècle. Derrière cet autel apparaît une grande statue en pierre de la Vierge : Intron Varia a guir vertu. Du côté de l'Evangile, c’est une autre statue en bois de Marie : Intron Varia Sikour ; du côté de l’épître, figurent un petit Christ assis, les mains liées puis saint Nicodème tenant la couronne d’épines et deux clous "

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven
19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 15:47

Ploéven XI . Le retable de saint Isidore (Guillaume le Poupon, Jan Mozin vers 1720) et sa statue dans le transept nord de la chapelle Saint-Nicodème.

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— Sur Ploéven, voir :

 

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Sur saint Isidore, voir :

 

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Saint Isidore possède sa statue dans de  nombreux sanctuaires de Bretagne, quoiqu'il n'atteint, pour la fréquence de sa représentation que la 35ème place parmi 53 saints. Il est mieux représenté dans le Morbihan qu'en Finistère, où il est ou il fût honoré dans 17 sanctuaires. C'est, comme jadis Poulidor dans le cyclisme, un saint qui ne prend jamais la première place, et aucune chapelle ne lui est dédiée en propre —sauf à Bréhant (56) et Maël-Pestiven (22) —, depuis la destruction de celles du Relecq-Kerhuon et de Scrignac en Finistère.

Il se dit qu'après tout il n'a été canonisé qu'en 1622, c'est encore bien récent (saint Vincent Ferrier, lui aussi d'origine espagnole, et très honoré en Bretagne, le fut en 1455), qu'il n'est pas breton, comme saint Yves, ou que son nom d'Isidore le Laboureur le pénalise un peu, d'autant que le grand saint Fiacre, arrivé d'Irlande au VIIe siècle avec sa bêche , lui fait concurrence auprès des jardiniers et des hémorroïdaires. Il n'était que valet de ferme, avant de devenir métayer.

Il ne demande le plus souvent qu'une statue avec  SANT IZIDOR à la peinture noire, ou juste une bannière de procession (Melrand), et, une seule fois, il a eu sa place, encore à Melrand, sur un calvaire, coté est bien-sûr. Une dizaine de verrières l'accueillent, mais seulement de fraîche date.  Mais il est très rare qu'il prétende obtenir un retable pour lui tout seul ; c'est le cas ici, et à Melrand (56). 

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À Saint-Nicodème, il peut compter sur une grande chapelle intérieure (celle que forme le bras nord du transept), avec son autel, son coffre pour les offrandes, son retable, sa statue, et son pardon, distinct de celui du patron des lieux.  Quel honneur !

Le Père Maunoir, qui composa à Crozon en 1671 un Cantique spirituel pour ce saint,  a-t-il insufflé aux paroisses une nouvelle dévotion envers  "Sant ISIDOR, Patron ar Labourerien" ? .

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Ploéven XI . Le retable de saint Isidore et sa statue dans le transept nord de la chapelle Saint-Nicodème.

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LE RETABLE.

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Il a été réalisé, comme le retable de saint Éloi du transept sud,  vers 1720 par le retablier Guillaume Le Poupon et/ou le peintre et doreur Jan Mozin, comme la chaire de l'église de Locronan ou le retable de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, également à Locronan. Il a été restauré en 1829. (cf. article sur le retable de saint Éloi).

Il comporte quatre travées, une travée principale à tableau rectangulaire, encadré de deux travées à médaillons ovales, et une travée faisant retour d'angle sur le mur pignon du transept pour accueillir une statue.

1°) La scène centrale.

Tandis qu'Isidore laboure son champ derrière une charrue attelée à deux bœufs, un ange lui apparaît dans des nuées. À gauche, un château et son enceinte. À droite, un observateur entre des arbres.

La scène est loin d'être explicite. Rappelons l'histoire qui se déroule en Espagne  vers 1130 :

 

Placé très jeune comme ouvrier agricole, il travaille pour plusieurs maîtres. Devant l'arrivée des Sarrazins, il fuit la région de Madrid, et continue ailleurs son humble métier.

Il est l'objet de la jalousie des autres ouvriers, qui l'accusent de préférer prier plutôt que de travailler la terre comme eux. Chaque dimanche, avec sa femme Maria Toribia, il chante au lutrin pendant la grand-messe et passe en prières le reste de la journée. Toutefois, son dernier patron, Juan de Vargas, fait de lui son régisseur.

Ce dernier le guette pour vérifier les assertions des autres ouvriers : il le surprend en prière, en extase tandis que les bœufs continuent à tirer la charrue, comme s'ils étaient conduits par deux anges. Ébloui, Juan de Vargas se convertit.

Or, ici, Isidore, qui a certes son chapelet en main et les yeux tournés vers le ciel, mène bien sa charrue, et rien ne laisse deviner que ce sont les bœufs qui la conduisent.

C'est seulement un aide-mémoire pour des paroissiens bien informés par ailleurs. Sans doute le recteur leur faisait chanter le cantique de Maunoir, ou un autre qui ressemblerait à celui-ci (Melrand vers 1920):

 

Hag a vihan disket elsé
De viuein el ur hristén mat,
Ol é amzér e dremené
E pedein hag é labourat.

 4

Izidor pe oé deit en oed
De gemér ur stad a vuhé
E  ven choéj aveit pried
Ur verh santél eldou eué

 5

Bamdé er labourer gredus
Er pen ketan ag é zeuèh
De bedein hun Salvér Jézus
E ié d’en iliz get hirèh

 6

Pe oé achiu en overen
Ha laret ol e bedenneu
E hé de labourat aben
Betag en noz en é barkeu

 7

Tud fal d’é vestr en doé laret
E kollé er sant é amzér
E patérat elsé perpet 
E léh monet get en arér

 8

Er mestr e zou deit de huélet,
Ha chomet ardran un herrad
Chetu ean guh é sellet
Doh Izidor é labourat

 9

Guélet e hra. O burhud kaèr !
Ar un dro get é servitour
Deu  El é kondui en arér
Ha hemb arsaù doh er sekour.

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Saint Isidore était né 
Dans la ville de MADRID (dit-on).
Son père, pauvre des biens de la terre,
N’était qu’un pauvre laboureur.

 2

Enfant, chez ses parents,
Isidore apprit très tôt
A chercher tout d’abord les richesses du ciel
Avant de gagner les biens de ce monde.

3

Elevé ainsi dès son jeune âge
A vivre en bon chrétien
Il passait tout son temps
A prier et à travailler.

 4

Lorsque Isidore arriva en âge
De s’installer dans la vie
Il tint à choisir pour épouse
Une fille aussi vertueuse que lui.

 5

Chaque jour le laboureur fervent
Dès le commencement de sa journée,
Pour prier le Seigneur Jésus,
Allait à l’église avec empressement.

 6

Sitôt la messe achevée 
Et toutes les prières dites
Il allait travailler sans attendre
Dans ses champs jusqu’à la nuit.

 7

Des gens mal intentionnés avaient dit à son maître
Que le saint perdait son temps
A réciter ainsi des prières sans arrêt
Plutôt que de suivre la charrue.

8

Le maître est venu voir,
Est resté derrière un moment,
Le voilà qu’il surveille en cachette
Isidore dans son travail.

 9

Il voit O merveille sans pareille
En même temps que son serviteur
Deux anges conduire la charrue
Et l’aider sans répit dans sa tâche.

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Le médaillon de droite. Le miracle de la source.

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 "Un jour, Jean de Vergas l'étant venu voir dans la campagne où il labourait, il fit sourdre miraculeusement une fontaine pour soulager sa soif, en frappant seulement la terre : cette fontaine n'a point cessé depuis ce temps-là de couler, et sert même à la guérison des malades. " Les petits Bollandistes vies des saints ,1873, Volume 5 page 433

https://books.google.fr/books?id=EFJiI6MYQ8gC&dq=fontaine+miracle++%22saint+isidore%22&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

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Saint Isidore est barbu et tête nue ; il est chaussé de sabots. Il porte une riche tunique rouge à ceinture et manches dorées, un col plissé en fraise, des haut-de-chausses bouffantes et plissées dans lesquelles les bretons se réjouissent de reconnaître les bragou-braz de leurs grands-pères (mais qui étaient communs partout au XVIIIe siècle dans le monde paysan), des guêtres. Il tient le chapelet, et le bâton de sourcier.

Jean de Vergas montre la supériorité de son rang en restant couvert de son chapeau. Sa tunique fendue est plus longue, aux manches plus larges et retroussées plus haut. Ses hauts de chausse sont en tissu fin et moulants, ses jambes sont couvertes par des bas, sur des chaussures fines à tige montante.

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Le miracle du dîner partagé.

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Cette fois, le bas-relief illustre parfaitement l'épisode suivant :

"Quoique peu riche, Isidore était libéral envers les pauvres ; il partagea souvent avec eux son dîner, ou plutôt il se contentait de leurs restes. Un jour qu'il avait tout donné, un nouveau pauvre s'étant présenté, Isidore pria sa femme de voir s'il n'y avait pas encore quelque nourriture; quoiqu'elle sût qu'il n'y avait plus rien, elle y alla, par obéissance, et trouva le plat, qu'elle croyait vide, aussi plein que s'ils n'y eussent point encore touché. "

 

Les petits Bollandistes vies des saints ,1873, Volume 5 page 433

https://books.google.fr/books?id=EFJiI6MYQ8gC&dq=fontaine+miracle++%22saint+isidore%22&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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LA STATUE DE SAINT ISIDORE. Bois polychrome

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La statue appartenant au retable, doit être attribuée aux mêmes artistes et recevoir la même datation.

Elle mesure 121 cm de haut et porte l'inscription sur le retable ST IZIDOR.

Le saint y est figuré, non plus en ouvrier agricole comme sur les bas-reliefs, bien qu'il conserve les haut-de-chausses bouffants et plissés et les guêtres, mais en paysan aisé ou endimanché, avec la veste à basques que portaient Jean de Vergas, aux poches ourlées d'or, et les chaussures en cuir à boucle d'argent. Le grand manteau vert et rouge lui donne l'allure d'un seigneur.

La fraise courte ne témoigne pas du costume porté en Bretagne dans les années 1720, et l'artiste a sans doute voulu évoqué celui des espagnols un siècle auparavant.

Il est presque certain que le saint portait (comme dans toutes ses statues) une faucille, qui est son attribut avec la gerbe de blé, mais celle-ci a été remplacée (déjà en 1940) malencontreusement par une houe : une erreur qui pourrait facilement se réparer, mais qui, pour l'instant, déséquilibre le dynamisme du personnage.

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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CONCLUSION.

Avec ce retable à quatre travées et sa statue, la chapelle Saint-Nicodème offre un des ensembles iconographiques de saint Isidore les plus complets de Bretagne, et des plus précoces avec sa datation en 1720-1725. Il témoigne de l'art des retabliers de Quimper.

Il doit être mis en parallèle, sur le plan narratif,  avec le retable de la chapelle Notre-Dame-du-Guelhouit à Melrand, et surtout avec les 24 tableaux du lambris peint (et leurs légendes de 1840). Une confrérie de saint Isidore y était attestée dès 1671. Le retable y date du 4e quart du 17e siècle, peu de temps après la construction de la chapelle en 1683. L'artiste a mieux représenté, dans le retable central, le saint en prière alors que les anges conduisent sa charrue.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-du-maitre-autel-retable-tabernacle/2deacb43-d05a-4fec-84be-1d1701a364f1

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/tableaux-24-miracles-de-saint-isidore-les/2cd0bfe9-f349-441b-9e69-b58a99a7aeba

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, "Saint Isidore", suivi de la liste de 58 églises et chapelles de Bretagne où Isidore est représenté.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_st_isidore.html

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

 

Mobilier : Aux autels latéraux, retables du début du XVIIIè siècle, peints vers 1720-1725 par Jean Mozin, peintre et doreur de Quimper. Sur ces retables, outre les statues des saints Isidore (au nord) et Eloi (au sud), trois bas-reliefs polychromes évoquent la vie de chacun de ces saints. La date de 1829 sur l'autel de saint Isidore indique une restauration des peintures. 

 

— COUFFON (René), Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du XIIIe au XIXe siècle.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953.

DILASSER (Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille,  Locronan et sa région

— DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

 

— PÉRÉNNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

 

"Au croisillon Nord du transept on voit l'autel en pierre de saint Isidore, patron des cultivateurs. Le retable en est sculpté. II. présente en relief, le Saint, grandeur naturelle, en bragou-braz, un chapelet au bras droit, conduisant une charrue attelée de deux bœufs. Sur la gauche apparaît le manoir de son maître, à droite un parterre. Au-dessus de la scène, un ange montre le ciel, d'où s'échappent des rayons de lumière.

De part et d'autre deux médaillons. Celui de gauche représente saint Isidore, les mains jointes ; l'homme et la femme qui se tiennent près de lui doivent être ses patrons. Dans le médaillon de droite, le saint, de son bâton, fait jaillir, devant son patron, une source du sol.

Contre la paroi, un peu plus loin, est une belle statue en bois de notre saint, qui tient en main un instrument de labour."

 

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— PATRIMOINE.BZH/GERRTRUDE-DIFFUSION :

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/recherche/globale?quoi=statue&render=liste&texte=isidore

Iconographie : Mellac (Quimperlé)

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/statue-de-saint-isidore/6e0b2baa-d79f-48bb-bbdf-aa10ec04696b

Melrand 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/statue-de-saint-isidore/6e0b2baa-d79f-48bb-bbdf-aa10ec04696b

Plouezec

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/statue-saint-isidore/374162e3-d5e6-4a17-970b-a7d2264353a0

etc...

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven saint Isidore
18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 13:58

Ploéven IX : le retable de Saint-Éloi (G. Le Poupon et J. Mozin v. 1720) et sa statue dans la chapelle Saint-Nicodème.

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Sur Ploéven, voir :

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— Sur saint Éloi, voir :


 

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Je remercie madame Anne Dietrich, Kergonan, qui m'a si gentiment ouvert la porte de la chapelle qu'elle défend avec tant de passion.

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Dans cette chapelle, si le patron, saint Nicodème a bien sa statue dans une niche du chœur, deux saints liés à la vie agricole lui volent la vedette en se partageant  toute la largeur du transept, saint Éloi  à droite et saint Isidore à gauche : pour chacun, son autel, son retable et sa statue . Chacun a ses compétences et le premier protège les chevaux (et plus largement le bétail) tandis que le second protège les récoltes, et les agriculteurs. Chacun a ses attributs : Isidore tient la serpe et une gerbe de blé, Éloi les outils avec lesquels il ferre un cheval.

Chacun avait son pardon, saint Éloi lors du pardon de Saint-Nicodème le 2ème dimanche après Pâques et  celui d'Isidore  le 5ème dimanche après Pâques. 

Chacun son coté, chacun ses attributions, mais chacun aussi son coffre  pour recevoir les offrandes :  le grand bahut du transept sud sous la statue  de Saint Éloi recevait le crin de cheval et de vache, et celui du coté de saint Isidore recevait le beurre et les crêpes. 


 

 

Jusqu'en 1914, la chapelle fut un lieu de foire aux bestiaux. On y célébrait  le pardon nommé Pardoun lost ar zaout (le pardon des queues de vache) car les fidèles faisaient des offrandes sous cette forme (comme à Saint-Herbot en Plonévey-du-Faou). La procession était précédée par des chevaux, qui allaient boire à la fontaine. 

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Saint Éloi, est le patron des orfèvres et des maréchaux-ferrants, mais c'est aussi en Basse-Bretagne (ou il porte le nom d'Alar) le protecteur des chevaux.

"Saint Eloi paraît avoir joui exclusivement du privilège de guérir les chevaux, comme si l'évêque dé Noyon avait pratiqué tout autre métier que celui d'orfèvre. Le choix ayant été fait par le peuple, le clergé s'est incliné et a béni toutes les assemblées convoquées au nom de saint Eloi, chapelles et pardons. Le cheval voué à saint Eloi (sant Alour) fait trois fois le tour de la chapelle, salue de la tête devant le portail, sous la conduite de son maître qui invoque le patron dans les termes suivants : « Toi qui es maître sur les chevaux, donne-leur pâture et santé. » Dans la paroisse de Paule, l'eau de la fontaine est versée sur le front de la bête, sur le garot, les oreilles et la croupe. Les chapelles de saint Eloi les plus connues sont dans les paroisses de Plouarzel, de Garlan, de Plouescat et de Ploudaniel (Finistère)." (L. Maître)

On voit que la place de saint Nicodème était réduite. Mais lui aussi était un protecteur du bétail sous le nom de Saint Egoutam:

"Le porc est peut-être la bête de la ferme la mieux soignée, car sa malpropreté l'expose à maintes maladies surtout à la ladrerie, contre laquelle on invoque saint Antoine, saint Ké et saint Hubert. La fontaine de Garlan a des vertus curatives auxquelles on a recours encore aujourd'hui, et qui procurent à la paroisse des offrandes abondantes. Si le porc est tourmenté par une forte migraine, ce qui n'est pas rare, les fermiers de Plouëgat-Moisan disent qu'il est frappé du mal de saint Nicodème (Drouc sant Egoutam). Comme il remue la tête avec violence, son maître lui verse dans les oreilles l'eau de la fontaine de Saint-Hubert, et lui fabrique un brouet de farine ou de son. Saint Nicodème est connu jusque dans le diocèse de Rennes, à Bréal-sous-Montfort, à l'occasion d'une grande assemblée de bestiaux."

"Saint Nicodème a sa chapelle et sa statue en la paroisse de Ploeven et en celle de Kergloff (Finistère). Dams le diocèse de Vannes, on montre une chapelle du xvie siècle à Plumeliau, une autre à Oueven restaurée au xve siècle. " (Léon Maître)

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I. LE RETABLE DE SAINT-ÉLOI.

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Attribution et datation. 

a) Pour la sculpture : Guillaume Le Poupon, retablier, selon Ducouret et Quillivic 1978.

rappel :

-Jean Le Poupon (atelier de sculpture sur bois à Quimper) réalisa avec son beau-père Jean Le Masson  maître menuisier demeurant en la Terre-au- Duc, à Quimper le tabernacle de Cleden-Cap-Sizun, puis en 1638 la statue de Notre-Dame-de-Liesse de Pluguffan

-Guillaume Le Poupon, peut-être son parent, époux de Françoise Bariou, exécuta seul en 1711 les retables de saint-Herbot et de saint Urlo de l'église de Châteauneuf-le-Faou, et en 1706  la chaire à prêcher de Locronan  ( marché  passé le 18 juillet 1706, pour la somme de 350 livres, à Louis Bariou et à son gendre Guillaume Le Poupon, menuisiers et sculpteurs à Quimper, sur le modèle de celui de Crozon.)

-Charles-Gabriel Le Poupon, maître-sculpteur à Quimper, peut-être le fils de Guillaume, est décédé le 13 septembre 1761 à plus de 60 ans. Il réalisa la statue de l'Ange gardien de Lanriec, et "vers 1770-1780" (mais en réalité donc avant) la chaire à prêcher de Plogonnec.

Le retable de saint Éloi est rapproché par Maurice Dilasser des médaillons de la chaire à prêcher de Locronan (1707) narrant la vie de saint Ronan. Ce qui justifierait l'attribution de la sculpture à Guillaume le Poupon, et la datation vers 1710.

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b) Jean Mozin, peintre et doreur entre 1720-1725, selon René Couffon, et Dilasser. 

Maurice Dilasser indique page 261 que Jan Mozin peintre et doreur de Quimper a réalisé le retable de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Locronan en 1723, pour 200 livres, puis il écrit page 624  que ce retable de Saint-Nicodème "sans doute du XVIIIe mais repeint en 1829, provient du même atelier que celui de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle .

Pour Couffon, " Retable, niches et statues de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle furent repeints et dorés en 1723 par Jean Mozin, de Quimper".

On peut sans doute l'assimiler ou l'apparenter avec Jean Moysin, maître-peintre en 1698, qui étoffe et dore une image de Notre-Dame du Paradis à Saint-Matthieu de Quimper en 1676 et à Pleyben en 1684" (Castel et Thomas) et dont le beau-père était Charles Bertrand, maître peintre et doreur à Quimper ? Ou encore avec ce  "Jean Moysin à Locronan en 1723 qui s'oblige à « (...) peindre la croix de pierre étant vis à vis de la dite chapelle (Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle) »" (Sophie Duhem 1997) ?

Doit-on conclure que le retable a été sculpté par Guillaume Le Poupon, puis repeint et doré par Jan Mozin ? Et ce retable comprenait-il des dorures, avant sa restauration de 1829 ?

La période d'attribution correspond aux années où Pierre FURIC DE SAINT-MORAN était recteur (1710-1731) : c'est lui dont le nom figure au dessus de la fenêtre de la sacristie.

Rappel : 1720 nous place sous la Régence, 5 ans après la mort de Louis XIV.

 

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Description.

Il comporte quatre travées dont trois placées au dessus de l'autel, sculpté en bas-relief, et un quatrième en retour à droite sur le mur-pignon du transept avec une console accueillant un groupe en ronde-bosse.

L'ensemble du dessus de l'autel comporte lui-même un tableau rectangulaire en bas-relief entre deux colonnes engagées cannelées, et deux médaillons ovales encadrés d'entrelacs.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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1°) Le tableau central : les miracles de saint Éloi.

Source : la Vita Eligii, historia et laus de saint Eloi, par saint Ouen, évêque de Rouen, ou  Vie de saint Éloi, composée au VIIe siècle et remaniée au VIIIe siècle . L' édition la plus accessible de la Vita Eligii est celle de J.-P. Migne, Patrologie Latine, t. 87, Paris, 1863, col. 479-594, mais j'ai puisé dans des textes plus anciens, qui procèdent tous de cette Vita.

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a) "Le Pendu d'Eloi"

En haut à gauche, c'est le miracle du pendu détaché de sa corde par l'intervention précoce du saint. Divers saints ont sauvé des pendus (le plus connu étant saint Jacques), mais Éloi est le seul à le faire avant la mort du malheureux. 

Dans le poème en picard publié par Peigné-Delacourt, le chapitre 28 est consacré au récit de ce miracle. Chapitre XXVIII pages 55 à 57,  Il ressuscita un homme qui avait été pendu tout un jour, et le délivra de ses ennemis. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5432031z/f81.item.r=pendu.texteImage

Le récit toujours à Strasbourg  est raconté par Coraly-Pirmez en 1897  dans Histoires et Légendes : 

 

"Un jour, Éloi, passant à Strasbourg, apprend qu'on vient d'exécuter un criminel ; il court au lieu du supplice, fait détacher l'infortuné et va procéder à l'enterrement, lorsque soudain le pendu ouvre les yeux et dit d'une voix étranglée : – Pitié, pitié ! Monseigneur Éloi ! 
Le trésorier obtint la grâce du ressuscité. Celui- ci suivait Éloi comme une ombre. 
Le peuple l'appela, dès lors, le pendu d'Eloi (
Collin de Plancy, Légendes de l'Histoire de France, folio 184. ).  " https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63066352/f367.item.r=pendu.texteImage

Ou encore :

"Charité de saint Eloi pour ensevelir ceux qui avoient été suppliciés. — Rien n'échappait à la charité de saint Eloi. Il vit avec compassion dans ses voyages que les corps de ceux qui avoient été condamnés à mort par la justice demeuraient sans sépulture pendus à des arbres, ou exposés sur la roue. Il obtint du roi la permission de les enterrer, et il députa deux de ses domestiques pour aller exercer cette bonne œuvre dans les diverses provinces. Eloi, étant lui-même un jour proche de Strasbourg, fit ôter du gibet un homme qu'on venait de pendre; et il était sur le point de l'enterrer , lorsqu'il s'aperçut qu'il n'était pas mort. Il obtint sa grâce du roi, et le garda à son service : mais ce malheureux n'y demeura pas longtemps." (Jacques Longueval, Histoire de l'église anglicane)

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Enfin, la source la plus proche de la date de réalisation de ce retable donne ce récit :

"Entre les faveurs et privilèges que S. Eloi avait reçu du Roi, celui-ci en était un , qu'il pouvait librement et en toute assurance ensevelir en tous lieux les corps des personnes condamnées à la mort soit par ordonnance du Prince, soit par sentence des juges ayant à ces fins la puissance de faire dépendre les corps des fourches patibulaires, et les enlever de dessus les roues , tant dedans les villes qu'aux champs, pour leur donner la sépulture. Or il choisit entre tous ceux de sa suite pour être fossoyeurs , Gallebot Vincent avec leurs compagnons, pour vaquer à ce pieux et charitable office, et pour avoir seing qu'en quelque endroit qu'il acrainast soit dans les lieux voisins, soit dans les éloignés, ìls portassent toujours avec eux des pioches et hoyaux afin que rencontrant un corps mort,ils eussent moyen aussitôt de lui donner la sépulture.

Un jour donc qu'il était à la suite du Roi, passant dans le pais de Lorraine ils arrivèrent à la ville de Strasbourg,de laquelle étant tous proches, regardant de loin ils virent un homme attaché à une potence , qui avait été pendu et étranglé ce jour là. Vers lequel ils se transportèrent aussi tôt en diligence pour le détacher, afin que suivant leur coutume, ils le missent en terre, et lui donnassent la sépulture. Mais le saint homme ressentit au même instant une vertu divine qui le portait à opérer,de sorte qu'approchant avec promptitude de ce cadavre pendant que l'on préparait la fosse, il commença à le toucher & manier depuis le haut jusques en bas. Et incontinent après reconnaissant que la vie lui était restituée, il s'efforça avec beaucoup d'industrie de cacher le mérite de cet oeuvre, afin qu'il ne lui fut attribué, leur disant; Mon Dieu, quel crime allions nous commettre sans l'assistance du Ciel, si nous eussions enterré ce corps qui est vivant et animé? A ces paroles chacun demeura étonné puis ayant commandé qu'on lui baillat des habits et vêtements pour le couvrir, et qu'on la fie demeurer quelque temps de repos, ce pauvre homme reprit ses esprits ; & étant revenu à soi il commença en la présence d'eux tous de se lever et marcher comme si jamais il n'eut enduré aucun mal ni douleur. Ce qu'ayant été su et divulgué avant la ville , les parties adverses de ce pauvre condamné y accourant, voulurent l'enlever de leurs mains et le ramener derechef au gibet : Mais saint Eloi les en empêcha non sans assez de difficulté, s'étant retiré au même instant par devers le Roi pour lui obtenir son pardon, et par ce moyen le garantit & mit en liberté. Cet homme après avoir demeuré quelque temps à la suite de saint Eloi, se retira de l'avis et consentement du Saint, comme il est à croire, pour supprimer aux yeux des hommes, l'éclat & la grandeur de cette mémorable action, de sorte qu'il ne parut plus." (Montigny)

 

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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"Le pendu d'Éloi"

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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b) Saint Éloi guérit les sourds, les aveugles et les infirmes.

Le saint, à proximité d'une chapelle vitrée et suivit par un prêtre, trace une bénédiction sur trois hommes, dont le premier, à genoux, a les yeux clos, l'autre place ses mains sur la poitrine et le troisième montre, en touchant son oreille, qu'il entend désormais.

L' élément remarquable est la tenue du saint, qui est celle d'un prêtre du XVIIIe siècle, en camail, soutane à rabat, surplis court de dentelle blanche, et ruban à croix pectorale. Tous ces détails sont propres notamment à la tenue d'un chanoine ou d'un prélat.

http://network.icom.museum/fileadmin/user_upload/minisites/costume/pdf/Milan_2016_Proceedings_-_Berthod.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Costume_eccl%C3%A9siastique#/media/Fichier:Mgr_Eijk-Heilig_Bloed.JPG

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Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Le médaillon de droite : saint Éloi et le roi Clotaire et le reliquaire. Le saint fournit deux reliquaires alors qu'il ne lui avait été fourni la matière que d'un seul.

 

 

fusion de deux épisodes, le prodige des deux trônes et le refus d'Eloi de prêter serment sur un reliquaire.

Éloi entra au service de l'orfèvre Bobbon, qui reçut une commande du roi Clotaire II pour la fabrication d'un trône d'or orné de pierres précieuses.

Clotaire II donna à Bobbon la quantité d'or nécessaire à la fabrication du siège, qui fut transmise à Éloi. Celui-ci fabriqua deux trônes en évitant la fraude sur la quantité d'or en ne prenant pas « prétexte des morsures de la lime, ou celui de la trop grande ardeur du feu ».

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89loi_de_Noyon#/media/Fichier:Saint_Eloi_remet_deux_selles_%C3%A0_Clotaire_II.jpg

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Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Le médaillon de gauche.  La mère du saint reçoit le présage du lieu de sa naissance.

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Ce médaillon n'a pas été interprété correctement jusqu'à présent, H. Pérénnés y voyant "une femme qu'il protège contre un oiseau de proie survolant la forêt."

 Il illustre en réalité le chapitre 2 de la Vie de saint Éloi :

Du présage qui arriva à la mère, étant grosse de l'enfant.

"Saint Eloi étant encore au ventre de sa mère, elle eut une vision telle qui ensuit. Il lui sembla voir un aigle d'une rare beauté voltiger sur son lit, qui s'abaissant par trois fois lui promit choses grandes. Elle éveillée au son de cette voix, demeura toute effrayée, et fut longtemps à penser que pouvait signifier cette vision. Enfin à quelque temps de là, arriva l'heure de sa couche, et comme elle était en travail d'enfant, elle fut en grand péril de mort : de sorte que l'on y appela un bon Prêtre craignant Dieu, et grand homme de bien, afin qu'il priât pour elle: lequel à I'abord poussé d'un esprit prophétique , commença de lui dire " La bonne mère, ne craignez point, car je vous assure que notre Seigneur bénira votre couche, et vous donnera un fruit saint et heureux. L'enfant que vous mettrez au monde , sera quelque jour un grand personnage  étant choisi de Dieu , pour être un insigne Prélat en son Eglise." (Vie de Sainct Eloy de 1626 page 3)

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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La partie droite : groupe sculpté du Miracle de saint Éloi maréchal-ferrant (bois peint, ronde bosse).

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Saint Éloi coupe la patte du cheval qu'un inconnu lui demande ferrer, afin de procéder plus facilement, avant de la remettre  miraculeusement en place. Le cheval est de petite taille et au harnachement sommaire (une selle, un mors et ses rênes). Éloi est accompagné d'un apprenti coiffé d'un bonnet rouge (ou bien du noble seigneur qui lui confie sa monture).

C'est l'épisode légendaire le plus représenté, celui qui sert d'attribut d'identification au saint, même lorsqu'il est réduit à un outil, une enclume ou un fer, mais il n'appartient pas à la Vita Eglegii. C'est celui qui est représenté sur la verrière des forgerons de Fribourg en 1320, sur la  tapisserie de Beaune , ou à la chapelle du Crann sur un vitrail de 1550. Voir ce dernier article pour le récit de la légende.

La verrière des Forgerons (Schmiedefenster) de la cathédrale de Fribourg

Tapisserie de saint Éloi de Beaune.

La verrière de saint Éloi à la chapelle Notre-Dame-du-Crann

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Ici, le saint ne porte pas le tablier propre aux maréchaux-ferrants, mais une soutane et la barrette des recteurs du XVIIIe siècle, au dessus d'une chevelure bouclée qui tient de la perruque. Aucune marque professionnelle n'est présente, hormis le marteau qui est bien évidement récent.

 

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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LA STATUE DE SAINT ÉLOI MARÉCHAL-FERRANT (pierre polychrome, XVIe).

C'est pour moi la plus belle pièce de la chapelle. Elle appartenait à un ensemble plus vaste , elle mesure 1,10 m, et pèse 200 kg, et est en granite jaune peint . Saint Éloi portant le tablier de maréchal-ferrant frappe sur le fer, gardant la tenaille fixée près de sa cuisse gauche. Son marteau rudimentaire est en L. Il est coiffé du bonnet propre aux artisans.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Groupe : cavalier et cheval (pierre).

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile  juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

 

Mobilier : Aux autels latéraux, retables du début du XVIIIè siècle, peints vers 1720-1725 par Jean Mozin, peintre et doreur de Quimper. Sur ces retables, outre les statues des saints Isidore (au nord) et Eloi (au sud), trois bas-reliefs polychromes évoquent la vie de chacun de ces saints. La date de 1829 sur l'autel de saint Isidore indique une restauration des peintures. saint Eloi tenant le pied coupé du cheval ; - en pierre polychrome :saint Alar ou Eloi à son enclume, XVIe siècle. 

 

— COUFFON (René), Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du XIIIe au XIXe siècle.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953.

— DILASSER (Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille,  Locronan et sa région

— DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

 

— PÉRÉNNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

 

 

Au coin du croisillon est une grande statue en kersanton de Saint Alar ou Eloi, avec tenailles et enclume. Du côté Midi le transept est réservé à saint Alar qui y a son autel, en granit revêtu de bois. Tout autour, dans des panneaux ou médaillons du retable, sont présentées, en relief, des scènes de Ia vie du Saint. Ici, costumé en évêque et accompagné d'un prêtre, il guérit un aveugle et un sourd ; plus haut il brise la corde et le carcan qui retenaient un jeune homme condamné à la potence ; là c'est une femme qu'il protège contre un oiseau de proie survolant la forêt. Plus loin il ferre un cheval dont il a détaché le pied ; ailleurs enfin, le Saint présente au roi Dagobert, entouré de ses gardes de corps, des ouvrages d'orfèvrerie .

 

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— MONTIGNY : Histoire de la vie vertus, mort & miracles de Sainct Eloy... par sainct Ouen... et traduite en François par Louis de Montigny, chez Sebastien Cramoisy, 1626

— Abbé Parenty ,Vie de saint Eloi, évêque de Noyon et de Tournai Ouen, Casterman, 1851

— PEIGNÉ-DELACOURT, Les miracles de saint Éloi, poème du XIIIe siècle, publié pour la première fois d'après le manuscrit de la bibliothèque bodleïenne et annoté Li Miracles de mesires sains Elois  1 vol. (128 p.) : fig., pl. ; 23 cm

Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-YE-2585

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5432031z

Chapitre XXVIII pages 55 à 57

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5432031z/f81.item.r=pendu.texteImage

 

 

— Maître Léon. Les saints guérisseurs et les pélerinages en Armorique (suite). In: Revue d'histoire de l'Église de France, tome 8, n°41, 1922. pp. 430-440; doi : https://doi.org/10.3406/rhef.1922.2250 https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1922_num_8_41_2250

 

https://www.persee.fr/docAsPDF/rhef_0300-9505_1922_num_8_41_2250.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven Saint Éloi Retable
17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 09:03

Profanation d'inscription lapidaire de 1555 par un compteur électrique : l'église Saint-Herlé à Ploaré (Douarnenez).

Corpus épigraphique de l'église 1550-1684.

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Voir sur cette église :

 

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Voir aussi :

 

etc...

 

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Le chanoine Abgrall, inoubliable auteur de "En vélo autour de Quimper", doit s'en retourner dans sa tombe : lui qui, le premier, prit le soin de parcourir à bicyclette le Finistère pour relever les inscriptions gravées et sculptées des églises et monuments religieux du Finistère, et qui, lors de sa première visite à Saint-Herlé de Ploaré, en 1898, releva avec exactitude et intuition une seule inscription "sur la base de la tour, à l'intérieur de l'église, dans la tribune des orgues", serait bien peiné d'apprendre que cette inscription fondatrice de la tour (la partie la plus ancienne de l'église), a été masquée  partiellement par la pose du compteur de l'église.

Certes, on trouvera que j'abuse en parlant ici de "profanation". Mais ce patrimoine épigraphique, véritable mémoire de la pierre, n'est-il pas sacré ? 

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Jean-Marie Abgrall avait relevé  : AN LAN 1555 . G GLEUBA . PROCIE : F

Elle s'interprète alors facilement ainsi : En l'an 1555, G. Gleuba étant procureur de la fabrique.

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Mais son relevé n'est pas suffisant, et laisse de coté un certain nombre d'éléments précieux, et  la préservation de la pierre elle-même,  sa documentation photographique et sa présentation au public s'imposent.

En effet, il faudrait pouvoir définir d'abord la nature de la pierre (un granite de Locronan comme pour le reste de l'édifice ?) et donner les dimensions du bloc de pierre (l'accès de la tribune des orgues est interdit au public).

  Le texte est sculpté en réserve dans un cartouche qui se prolonge en bande dans les espaces vides. La ponctuation entre les mots utilise (une seule fois) le deux-points en losange propre à l'époque.

La première lettre, lue comme un A, est singulière, ressemblant à un EC. Le fût du premier L est perlé.

Le patronyme G : GLEUBA n'est pas attesté. Faut-il en modifier la lecture ? Ou bien respecter la leçon du chanoine mais y voir une variante locale d'un patronyme attesté, comme Le GLEUHER, LE GLEUHER, GLOUER ? On imagine alors la valeur de cet hapax.

La ligne PROCIEr F est également problématique, par l'absence de point entre les mots, et par la forme PROCIE, qui ne se laisse pas facilement pour "procureur".

La lecture de cette inscription doit continuer à faire débat en épigraphie (quoique ces débats furent inexistants depuis 1898 ...) et le respect de cette pierre s'impose.

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Inscription (granite, 1555) de la tribune de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (granite, 1555) de la tribune de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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L'abbé Abgrall poursuivit ses prospections, et, en 1916, il présenta à la Société archéologique du Finistère cinq autres inscriptions (que je donne infra).

Mais d'abord, il modifia sa lecture de l'inscription précédente et il y lut :

AN . LAN . 1555 . G . CLEUBA . PROCIE : F

La différence porte sur le nom CLEUBA. Ce changement de lecture ne me semble pas fondé.

Henri Pérénnès, dans sa notice sur Ploaré de 1939, s'inspire sans doute de son collègue quand il lit  (sans se soucier du respect de la ponctuation) :

AN : LAN. 1555. G.  CLEUBA. PROCUE : F

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C'est le moment de se souvenir qu'en 1858, le Bulletin archéologique de l'Association bretonne publia le compte-rendu de l'excursion de l'Association à Ploaré, rédigé par Mr de Kerdrel. Et que déjà, les membres avaient prêté aux inscriptions lapidaires l'attention qu'elles méritaient. Ils lurent dans la tribune, à la chandelle peut-être,  mais  sans compteur électrique ni boite de dérivation, le texte  : 155- G GLEUBA PROCR  F.

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LES AUTRES INSCRIPTIONS.

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Auparavant, les membres de l'Association Bretonne de 1858 avaient déchiffré les deux inscriptions des murs de la tour  (porche ouest) :

LAN M VCS L ANTHOINE LE BAHE ; PRO FABRICQUE

Sur la seconde, moins lisible, ils lurent "très clairement le millessime 1548".

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Revenons à la première de ces inscriptions relevée à son tour par Abgrall en 1916 (il s'abstient de lire la seconde) :

LAN : M : DCL (1550) ANTHOINE : LE BABE : PRD (président) FABRICQUE

Henri Pérénnès donne :

M : DLC3  ANTHOINE LE BAHÉ : PRO  FABRICQUE

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Cette inscription carrée en kersanton marbrée par les lichens ne se lit bien que par soleil rasant. Elle est en réserve encadrée par un fin cartouche. Les caractères gothiques en minuscule (sauf l'initiale d'Anthoine) sont hauts et étroits, mais pleins de charme.

Je lis :

LAN : M : Vcc : L

ANTHOINE LE

BAHE PRO

FABRICQUE

"L'an 1550, Antohoine Le Bahé pro[cureur] de la fabrique".

Nous avons plus de chance avec le patronyme LE BAHE qu'avec celui de GLEUBA puisqu'il est attesté à Ploaré par les généalogistes. En effet José Chapalain a publié l'acte de naissance de Jeanne LE BAHE le 09/08/1630 à Ploaré (de Boarnej BAHE et Margareta FANNON) et son acte de mariage le 30/08/1660 à Ploaré avec Simon LE SAOUT. 

http://jose.chapalain.free.fr/pageprin133.htm

Albert Deshayes cite la forme LE BAHEC, Quimper 1697.

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Inscriptions  de l'élévation ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscriptions de l'élévation ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Inscription (kersanton, 1550) de la façade ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (kersanton, 1550) de la façade ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Inscription (kersanton, 1550) de la façade ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (kersanton, 1550) de la façade ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Plus basse, plus accessible mais beaucoup plus érodée car elle est en granite à gros grains, l'inscription où l'Association Bretonne avait lu le millésime 1548 est restée non déchiffrée. Pourtant, les techniques d'estompage des épigraphistes devraient, si la motivation était là, produire quelque résultats.

Je lis LAN MIL VC / LVIII

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Inscription (granite, 1558) de la façade ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (granite, 1558) de la façade ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Inscription (granite, 1558) de la façade ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (granite, 1558) de la façade ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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LES INSCRIPTIONS DU PORCHE SUD.

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M : H : PAILLART : R : 1673.

I : IONCOURT : F

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Soit Messire H. Paillart, recteur 1673 et I. Joncourt fabricien.

Le recteur de Ploaré entre 1655 et 1675 est Jérôme ou Hierosme PAILLART, dont le nom apparaît aussi à la chapelle Saint-Michel de Douarnenez . Le recteur qui lui succéda de 1676 à 1716 fut Guillaume PAILLART.

"La première pierre de Saint-Michel, bénite le 12 août 1663, l'année suivante, Hiérosme Paillard, le recteur de Ploaré, qui a juridiction sur le Port-Rhu comme sur l'agglomération de Douarnenez, fait graver son nom sur la porte ouest. En 1665, s'achève le clocher, le lambris de plafond est posé en 1667. Le sieur de Pratambars attendra 1675, pour s'attaquer aux peintures, Guillaume Paillard étant alors recteur de Ploaré." (Y-P. Castel)

 

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_le_nobletz.html

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Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Les autres  inscriptions relevées en 1916 par J.M. Abgrall.

— Angle sud-ouest : 1557.

— 2ème galerie sous le clocheton nord-ouest : N.O.M. LORANS. P. F. LAN . 1583

— Sur le clocheton sud-est :  V : D : M : P : C : M (Vénérable et discret messire ...)

— 3ème galerie basse de la flèche, derrière le clocheton nord-est : H : LE : BELEC : D C : LAN : 1586.

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Autres inscriptions d'après René Couffon :

1585 (rebord de la ème galerie, côté sud),

— "NICOLA/S TRETOVT" et la date de "1603" (clocheton sud-est),

— "MATIEV BRNEOL" (ère galerie, côté sud),

—  "M:G:P:/RECTEVR/1684" (flèche, pan sud-est).

— sur l'un des piliers du bas-côté nord la date de 1572 .

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CONCLUSION.

Lors de l'excursion du 16 juin dernier de la Société archéologique du Finistère à Saint-Herlé de Ploaré, les membres (autres temps, autres mœurs) ne se sont pas arrêtés devant ces inscriptions (sauf celles du porche), et n'en n'ont donc pas discutés les termes. Pourtant, à défaut d'archives (inexistantes pour la paroisse), les dates, les noms et les fonctions inscrites par les fondateurs de l'église ont une valeur patrimoniale exceptionnelle. 

Il n'est pas de mon tempérament d'être ronchon, et je souhaite seulement que ces témoignages soient respectés à leur juste valeur. Le compteur électrique dissimule l'inscription la plus ancienne de l'église après celle de 1550.

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J.M. Abgrall 1916

J.M. Abgrall 1916

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen)  page 141 .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f208.image

ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère page 74.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f135.item

— CASTEL (Yves-Pascal), 1978, Le clocher de Ploaré, amer sur la baie.L'Echo de Douarnenz-Ploaré, n° 223 ; avec une bonne photo de l'inscription de 1550.

"L'Eglise de Ploaré risque de n'attirer l'attention que par le profil étrange et déséquilibré au niveau des étages octogonaux de sa haute tour. Disparates au point de donner au visiteur une impression de malaise, les clochetons sont de hauteur inégale. Deux à l'Ouest semblent moignons mutilés. mal accordés, à la fine pyramide qui se marie pourtant parfaitement avec les deux aiguilles de la façade orientale. Mais il faut prendre les clochers comme les gens, sans vouloir les changer. C'est le meilleur moyen d'en améliorer l'image de marque.

LES NOMS DES COMMANDITAIRES.

Comme l'ensemble de l'église. le clocher de Ploaré est né de la volonté d' une grosse paroisse terrienne, plongeant dans l'eau ses bords, de se doter d'un abri pour ses cloches et d'un amer utile pour ses marins. Oeuvre séculaire de la communauté entière, il ne s'y distingue d'autre armoirie que le blason parlant d'un pêcheur aux prises avec un gros poisson, un goëland goulu, au-dessus de sa tête. Les fabriciens chargés de la collecte des fonds et de la gestion du chantier ont inscrit leurs noms que le soleil frisant permet de relever: Antoine Le Bahé, G. Gleuha, Hervé Le Friant, Y. Gourloen. M. Lorans, H. Le Belec, Jehan Le Mor. Ces noms sont suivis de la mention PRO(cureur) FAB(brique). L'un d'entre eux précise « premier fabrique ». Aux noms des fabriques s'ajoutent ceux de maîtres maçons ou maîtres charpentiers. Ceux-ci ne sont suivis d'aucune initiale. Ainsi sans doute, Nicolas Trétout et Maréchal. Vers la fin des travaux, au XIIè siècle, ce sont les recteurs qui réclament la paternité de l'ouvrage. Indication d'une emprise cléricale plus grande sur la construction. M(essire) H. Paillard fait suivre son nom du R. désignant la fonction. Son successeur est plus modeste. Il ne donne que des initiales G.P. mais ajoute, en toutes lettres, son titre: Recteur. En 1736, le dernier en date de ceux qui signalent leur intervention dans l 'édification de l'église. P. G. Huguet R(ecteur) se donne le curieux, mais habituel titre de V(énérable) et D(iscret) M(essire) ! ...

LA CONDUITE DES TRAVAUX On a ainsi le nom des hommes qui ont présidé à l'œuvre: fabriciens, recteurs et maîtres. L'observation des dates permet d'établir. grosso modo, le calendrier d'un chantier qui, continu pendant un demi siècle, connut par la suite une longue interruption: 1548, 1550, 1551.1555,1558,1559.1560. Dix années de travaux jusqu'à la 43è assise de pierre, à raison donc de trois à quatre assises par années, c'est à-dire un mètre de hauteur environ. Ce n'est pas rapide, mais en accord avec la sagesse du temps. Le chantier est financé en dehors de tout système de crédit, ne pouvant fonctionner que sur les rentrées annuelles. La charge de six ou sept ouvriers environ n • était pas pour grever inconsidérément le budget de la paroisse. Les charrois de pierre étant effectués par les paroissiens eux-mêmes, ces ouvriers taillent la pierre, prenant Je temps de sculpter ornements, inscriptions. et motifs en relief. Us sont payés fort vraisemblablement à la quinzaine. Le fait que l'on ait fait figurer sur la façade occidentale pêcheur, goëlands et poissons affirme le rôle joué par l'économie d'un port dans les destinées d'une église paroissiale au double visage: maritime et rural. De 1560 à 1570, monte le carré de la tour. Jusqu'à la première galerie. L'on y compte 33 assises. Sentirait-on un fléchissement dans l'activité du chantier par rapport à la décennie précédente ? Ce n 'est pas impossible .

En 1572, alors que l'on poursuit le travail au niveau des étages octogonaux. on pose les fondations de la future église. Des murs extérieurs viennent ceinturer l'église bas. se encore debout. Le procédé de 1 'enveloppement était courant qui permettait l'utilisation de l'ancienne église. On comprend ainsi que pendant 20 ans le clocher n'ait gagné qu'une dizaine de mètres, trente assises, jusqu'au moment où en 1593. les troubles de la Ligue viennent stopper le chantier après une activité de presque 50 ans ... A peine commencée. l'érection de la pyramide est arrêtée. Elle ne reprendra que 90 ans plus tard. En effet, il faut attendre le dernier quart du XVlle siècle pour voir les recteurs prendre la relève des fabriciens. Le recteur Paillard fait voûter le porche (L673). Le recteur G.P. continue la pyramide (1684). Nicolas Trétout entreprend la charpente (1693). Ainsi. vers les dernières années du XVIIè siècle, l'église de Ploaré offre l'allure définitive qu'on lui connaît maintenant. moins les clochetons hauts (1736) et la sacristie."

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71107299c5b07ac24c3b33e18198e841.pdf

— COUFFON (René), 1988, Notices

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DOUARNEN.pdf

Le clocher de conception encore toute gothique est inspiré de Quimper et de l'atelier de Saint-Herbot ( 55 mètres). Le mur ouest porte en lettres gothiques : "LAN MIL VcXLVIII", et au-dessus, l'inscription : "LAN. M. Vcs L. ANTHOINE. LE BAHE. PRO FABRICQVE.". On lit ensuite, d'après H. Pérennès, à l'intérieur de ce clocher : "AN. LAN. 1555. G. GLEVBA (ou GLEVVA). PROCVE F." -- Inscriptions relevées sur la tour : "Y:GOVRLOEN.1581" (rebord de la ème galerie, côté sud), "R:TALOV F. LA 1585" (rebord de la ème galerie, côté sud), "NICOLA/S TRETOVT" et la date de "1603" (clocheton sud-est), "MATIEV BRNEOL" (ère galerie, côté sud), enfin "M:G:P:/RECTEVR/1684" (flèche, pan sud-est). 

— PÉRÉNNÈS (HENRI), 1939, Notice de Ploaré, BDHA page 225

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8c56d47066d5bc94bb64f58549386360.pdf

 

 

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16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 20:24

Ploéven X : la cloche de 1817 de la chapelle Saint-Nicodème par Le Beurriée.

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Sur Ploéven, voir :

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Sur les cloches :

 

 

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Le clocher de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le clocher de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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1°) L' inscription.

Sur la cloche de la chapelle Saint-Nicodème en Ploéven, nous pouvons lire l'inscription presque complètement depuis le sol. Elle occupe quatre lignes. Les débuts de lignes sont indiqués par un manicule (paume à plat, pouce levé, index tendu) que je remplace ici par une barre  :

 

/FONDUE A BREST  EN MARS 1817 POUR SERVIR A LA CHAPELLE

/ ST NICODEME DE] PLOÉVEN  MR HENRY SAVINA RECTEUR ET  NOMMEE

/ PAR MR JEAN PIERRE -----  FABRIQUE PROPRIETAIRE DE  KERAMPOCHET /

/ ET DAME CORENTINE LE SANQUER VVE LE DOURÉ DE KERGOULOUARN

Soit : Fondue à Brest en mars 1817 pour servir à la chapelle St-Nicodème de Ploéven Henry Savina recteur et nommée par Mr Jean-Pierre ?-- fabrique et propriétaire de Kerampochet et Dame Corentine Sanquer veuve Le Doaré de Kergoulouarn.

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Notes :

Ligne 1 : la formule "fondue à Brest --- pour servir à la chapelle de" se retrouve sur les cloches de Plomodiern en 1810.

Ligne 2 : Henri SAVINA, recteur de Ploéven en 1783 et de 1816 à 1826 . 

"En 1783-1791. Henri Savina. Celui-ci ayant prêté serment à la Constitution civile du clergé (Peyron, Documents... I, 80) signe pour la dernière fois aux registres le 30 Avril 1791, puis est nommé curé constitution­nel de Crozon, où il prend possession de ses fonctions vers le 15 Mai. . Trois semaines après le départ de M. Savina, recteur, nous voyons apparaître le 22 Mai 1791, Pierre Le Pelliet, ancien vicaire assermenté de Trégarvan, qui signe « vicaire de Ploéven », jusqu’à la fin de 1792. De 1793 à la fin de 1796 il fera fonction dans la commune d’officier public.  — En 1816-1826. Henri Savina qui, durant l’époque révolutionnaire, avait joué un triste rôle à Crozon [Note : Pérennes, Saluden... Les prêtres du diocèse de Quimper morts pour la foi.... I, p. 426. — Sur son passage à Lambézellec comme curé voir Peyron et Abgrall, Notices sur les paroisses, vol. V, pp. 164-168. Voici ce qu’il écrit le 28 Juin 1822, quatre ans avant sa mort, à Mgr. Dombideau : « Quant à moi, Monseigneur, mon voeu est de me voir dégagé d’un surcroît de travail au-dessus de mes forces et de pouvoir recueillir avec tranquillité le fruit de ma retraite et songer avec plus de loisir aux années éternelles qui, certes, ne sont pas éloignées de moi ». Il fit graver sur sa pierre tombale, à Ploéven, ces mots qui témoignent de son repentir : Hic jacet Heuricus Savina sacerdos peccator expectans judicium]."

ligne 3 :  Kerampochet : lire Keramporchet (carte IGN) , à l'est du bourg ; mais le lieu-dit est bien orthographié KERAMPOCHET sur la carte de Cassini (fin XVIIIe) et sur la carte d'Etat-Major (1820-1866). Il possède une croix du XVIe siècle.

— ligne 4 : Manoir de Kergoulouarn : au nord-est du bourg.

Corentine SANQUER, née le 13 avril 1775, épousa en l'an III à Ploéven Thomas LE DOARÉ, d'où 3 filles Marie-Anne (1796-1822), Marie Corentine (1798-1814, mariée en 1813 avec Yves LE BRETON), et Anne Yvonne (1800-1845). Seul ennui, la généalogie qui la mentionne la fait mourir en 1800.

https://gw.geneanet.org/mlebastard?lang=en&pz=kenza+eden&nz=le+bastard&p=corentine&n=sanquer

 

 

 

Sa datation en 1817 lui donne une valeur patrimoniale forte . Celle-ci est renforcée par les trois décors : une palmette, un médaillon en mandorle à la Vierge, et un médaillon rond que je vais détailler.

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Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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2°) Le médaillon rond : une estampille des LE BEURRIÉE.

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Le médaillon  est timbré par une flamme encadrée par deux dauphins. La flamme naît de ce qui ressemble à une grenade (ou un heaume grillagé) au dessus d'une cloche et de deux canons tête-bêche placés dans un cartouche à enroulements. Le plus intéressant est l'inscription : LE BEVRRIEE / M'A FAIT.

 

Cette marque est connue, car elle est signalée aux Archives des Vosges 86 J "Fonds de la famille Farnier-Remy et de la fonderie de cloches Jeanne d’Arc de Robécourt (1839-[2000])" de la façon suivante : 

Le Beurriée m’a fait — Marque provenant d’une cloche du Relecq (Finistère) fondue en 1806. Dimensions : 6,9 x 6,5 cm

https://archives.vosges.fr/Portals/8/xNews/uploads/2017/3/27/Fonds%20de%20la%20famille%20Farnier-Remy%20et%20de%20la%20fonderie%20de%20cloches%20Jeanne%20d%E2%80%99Arc%20de%20Rob%C3%A9court%20(1839-[2000])_2.pdf

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Il est évidemment très émouvant de découvrir que le fondeur de cette cloche de Saint-Nicodème porte le même nom que le fondeur de la cloche de 1735 conservée à l'église de Ploéven.

On se souvient peut-être que la veuve de Jacques Le Beurrié (fondeur à Vannes) épousa le fondeur Thomas Le Soueff, et que le couple vint s'installer à Brest avec les enfants du premier mariage, Jean-Baptiste et Jean-François Le Beurriée de la Rivière.

Or, l'une des cloches de Thomas Le Soueff, celle du Faou en 1714) porte une estampille aux deux canons en sautoir sous une cloche.

La même marque a été décrite sur une cloche de la chapelle de Saint-Divy à Dirinon avec l'inscription FAIT A BREST EN 1782 R. LE BEURRIEE M'A FAITE .

http://www.lavieb-aile.com/2018/09/les-cloches-du-faou-et-les-fondeurs-de-cloche-du-finistere.i-thomas-le-soueff-1714.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/02/le-culte-de-sainte-nonne-a-dirinon-ii-la-chapelle-saint-divy.html

Ces canons rappellent qu'un fondeur de cloches peut devenir un fondeur de canons.

http://tchorski.morkitu.org/12/musee-tellin-01.htm

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Il reste à déterminer qui est ce LE BEURRIÉE actif au début du XIXe siècle. La date de 1817 n'exclut pas Julien François Marie LE BEURRIÉE, né le 24 septembre 1759 - Saint Louis - Brest,  et décédé le 20 mars 1818 -Centre  Brest,  à l'âge de 58 ans. D'autant que celui-ci, fondeur; conseiller Municipal de Brest (1809-1818), membre de La Fabrique de St Louis (1810-1818) avait reçu l'ordre de fondre en canons les cloches de Bretagne. Voir la généalogie sur mon article Ploéven I La cloche de 1735.

 

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Ploéven X : la cloche de 1817 de la chapelle Saint-Nicodème par Le Beurriée.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1987, Artistes en Bretagne, dictionnaire des artistes artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien-Régime. avec Tanguy Daniel et Georges-Michel Thomas. 

 

— SUTTER (Eric) 2006, La campanographie française

http://campanologie.free.fr/pdf/La_Campanographie_francaise.pdf

— TCHORSKI, épigraphie campanaire

http://tchorski.morkitu.org/1/epigraphie-01.htm

— Hervé du Halgouet 1949, Vieux sons de cloches

https://broceliande.brecilien.org/IMG/pdf/spm_1949_cloches.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans cloches Ploéven
15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 15:12

Ploéven VIII. Les six crossettes (granite, XVIIe siècle) de la chapelle Saint-Nicodème.

 

 

 

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— Sur Ploéven, voir :

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— Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

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PRÉSENTATION.

Les crossettes ne doivent pas être confondues avec les gargouilles, qui sont creuses et servent à évacuer les eaux pluviales. Ce sont des pierres d'amortissement, nécessaires à la structure et à l'équilibre d'un fronton ou d'un pignon,  situées à la terminaison de leurs rampants . Elles peuvent être figurées, à thème zoomorphe, fantastique ou anthropomorphe, mais leur thème, loin d'être laissé au bon plaisir du sculpteur, répond à une tradition où les dragons et  les lions prédominent, suivi des chiens, des sirènes  et des représentations des vices comme la lubricité et la coquetterie dans les deux sexes. Exception faite pour les anges à phylactère, on y trouve aucune figure biblique ou chrétienne. Leur position marginale et intermédiaire (entre murs et toiture) les placent, à l'extérieur des bâtiments, en parallèle avec les sablières  à l'intérieur. Elles n'atteignent jamais la grivoiserie débridée ou la scatologie des miséricordes des stalles.

Quoique spectaculaires, les crossettes de Saint-Nicodème n'ont pas été étudiées. 

Leur datation est déduite de celle de l'édifice : entre 1592 et 1607.

Leur matériau est le granite.

La liste est est :

n° 1 : rampant droit du pignon ouest : acrobate

n° 2 : rampant gauche du pignon ouest : animal à pattes palmées

n° 3 : rampant droit du pignon du transept nord : lion.

n° 4 : rampant gauche du pignon du transept nord : lion.

n° 5 : chevet : gargouille non figurée (géométrique)

​​​​​​​n° 6 : chevet : gargouille non figurée (géométrique)

n° 7 : ​​​​​​​rampant droit du pignon du transept sud : lion.

n° 8  : ​​​​​​​rampant gauche du pignon du transept sud : lion tenant un petit être (âme).

 

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I. L'élévation occidentale.

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1. rampant droit du pignon ouest : acrobate en bragou.

C'est le motif le plus pittoresque et le plus intéressant. Vu de droite, ce personnage un peu ventru semble descendre en glissant (malgré les crochets) sur la rampe de l'escalier qui mène à la chambre des cloches, mais vu de l'ouest, il devient clair qu'il se tient cambré pour attraper ses chevilles : c'est l'attitude bien connue de l'acrobate de crossette (et de sablière) souvent rencontré, soit nu, soit vêtu, et déjà présente sur les modillons romans . Et cette attitude est si stéréotypée, si provocante, qu'elle a probablement une signification obscène, peut-être en relation avec une expression verbale ( comme "prendre son pied") disparue. C'est de toute façon une attitude de renversement (la figure d'acrobatie est un renversement postérieur).

On la rencontre , par exemple deux fois sur l'église de Dirinon, une fois à l'angle de l'arc de triomphe de La Martyre, à l'église de Lampaul-Guimiliau, à Daoulas ou au  Doyenné du Folgoët (cf. liens).

Ici, il porte des chausses bouffantes et plissées (en breton bragou braz) et une tunique courte, serrée par une épaisse ceinture. Ses cheveux sont longs. L'attaque de la pierre par divers lichens ne nous permet plus de voir l'expression béate de son visage.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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n° 2 : rampant gauche du pignon ouest : animal ou femme hybride à pattes palmées.

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Cette crossette n'a pas d'équivalent ailleurs. L'animal au corps fin et allongé a les pattes palmées, une queue passe entre les pattes postérieures et fait retour sur l'abdomen (comme elle le fait pour les lions de crossettes) mais la partie antérieure est plus anthropomorphe, (voire gynomorphe si on me pardonne cet écart), car la tête est arrondie par une possible chevelure  et le volume d'une franche poitrine est présente, quoique trop géométrique et sans rondeur . 

Le visiteur se hâte de changer de point de vue, ... mais lorsqu'il se trouve de face, il est dépité : l'érosion éolienne, les lichens, l'imprécision de la taille ne permettent pas d'aller plus loin, même si la poitrine se confirme. La position des pattes antérieures est celle du Sphinx.

Chacun y va de son hypothèse, mais rien ne permet d'être péremptoire. Dommage de voir s'échapper  la certitude d' avoir ici une sirène palmée  à placer dans la longue série des créatures féminines semi-humaines des crossettes de Basse-Bretagne!

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le pignon du transept nord.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 3 : rampant droit du pignon du transept nord : lion tirant la langue.

De face, avec sa tête triangulaire aux yeux en grosses perles creuses et le long T pyramidal de son museau, il évoque une sculpture de l'art cycladique. Mais de profil, c'est bien un lion, —avec la crinière méchée du tronc —, tenant sa langue (ou quelque proie) entre ses pattes antérieures, et dont le fouet dressé revient sur la courbe de l'arrière-train en la suivant.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 4 : rampant gauche du pignon du transept nord : lion  léchant ses pattes..

De l'autre coté, c'est le même animal, à la gueule incertaine et au pelage ras. Chien ? Lion ? Comme on voudra : seul le sexe est certain.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 5 et 6 : chevet : gargouille non figurée (géométrique en double volute)

Une gorge permet l'écoulement de l'eau.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le pignon du transept sud.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 7 : rampant droit du pignon du transept sud : lion léchant ses pattes.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 8  : rampant gauche du pignon du transept sud : lion tenant un petit être.

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Nous retrouvons ici un modèle fréquemment illustré ailleurs, celui d'un lion dévorant ou emportant un homoncule (comme à Goulven), et la langue des lions précédents s'est transformée en une forme polycyclique où des yeux se devinent. Le lion devient alors un être psychopompe, ou un domestique du Malin prompt à emporter aux Enfers l'âme de celui qui néglige ses devoirs de chrétien. Mais d'une manière générale, les crossettes ne sont pas les auxiliaires d'un discours moral ou d'un prêche.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Avant de conclure : le masque du fronton du porche ouest.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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CONCLUSION.

La chapelle Saint-Nicodème peut se vanter de posséder le plus bel ensemble de crossettes de la commune, puisque l'église Saint-Méen n'en n'a pas, et que Sainte-Barbe ne montre que 2 ou 3 exemples. Néanmoins, par rapport aux superbes collections du Léon ou des rives de l'Elorn, qui bénéficient de la qualité exceptionnelle de la kersantite, ces crossettes de granite usées par l'érosion ne peuvent prétendre aux premiers rangs. Pénalisées par le matériau, elles le sont peut-être aussi par un artisan de second ordre, dont les animaux peinent à ressembler vraiment aux lions qu'ils tentent d'imiter. 

Leur découverte reste un moment passionnant, pendant lequel l'esprit en alerte cherche à résoudre les six énigmes successives qui lui sont soumises.

Le bonhomme acrobate, l'ambiguë sirène palmée, le lion à la face primitive, le psychopompe et sa proie restent gravés dans sa mémoire dans ce vaste musée de l'imaginaire breton.

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SOURCES ET LIENS.

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— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Ploéven
14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 22:50

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LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES  (1592-1761 [1735]).

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Corpus chronologique :

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Élévation sud, à droite de la porte  Y : GORIE / FA : 1592.

Inscription non datée et peu lisible sur le coté gauche du clocher.

Pignon du transept sud, à droite de la baie. B : QVERR / FA : 1593.

Au sommet du pignon du transept sud : I : DA /VOL :FA :1607.

Calvaire : M : H : S: MARZIN : R / Y : QVEMENER : / FA : 1637  et sur le nœud Y : QVE /MENER : /FABRI

Fontaine : M : Y : CV / ER : RECTVER / I : PRIGANT : / FABRIQUE : 1667.

Linteau de la fenêtre sud de la sacristie : N : ET : D : M : P. /FVRIC :R. /H : QVEMENER : F. 1712.

Chambre des cloches : 1735 ?

Chœur de l'église, intérieur, coté nord . [QVI]NQVIS / ---TEANT 1754. puis M: IACQVES V[EM]AR / RECTEVR

Chœur de l'église, intérieur, mur sud. M : IOSEPH LE GUIADER REC / TEUR 1761

Chœur de l'église, intérieur, mur sud : GILLE EVZEN FABRIQVE 1761.

Cloche fin XVIIIe ou vers 1816  : Fondue à Brest --pour servir à la chapelle St-Nicodème ---Savina recteur et nommée -- par Mr Jean-Pierre -- propriétaire de Kerampochet et Dame Corentine --- de Kergoulouarn.

 

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Déduction :

Ces inscriptions tracent l'histoire d'une chapelle dont la construction a débuté en 1592 par la nef sud, un peu après l'église paroissiale (dates de 1547 et 1574) et la chapelle Sainte-Barbe ( 1585 sur la calvaire). Après s'être un peu attardée (guerre de la Ligue ?) au transept sud de 1593 à 1607, elle a du être achevée afin de se doter d'un calvaire en 1637 par Roland Doré (les calvaires de Sainte-Barbe et de l'église datent de 1585 environ), puis d'édifier  en 1667 l'édicule d'une fontaine certainement préexistante. En 1712, la chapelle obéit à l'injonction (post Concile de Trente) de s'équiper d'une sacristie aux fenêtres à barreaux car elle sert à protéger la trésorerie . Elle précède en cela Sainte-Barbe (1736), tandis que l'église avait fait construire sa sacristie en 1680. 

Par estimation, la chapelle reçoit son mobilier au XVIe (statue de saint Éloi et Vierge "de la vraie vertu"), au XVIIe (statues de Nicodème et de la Vierge) ou au 1er quart du  XVIIIe (retables de saint Éloi et saint Isidore de 1720-1725).

En 1735, une violente tempête, qui touche aussi l'église paroissiale, abat le clocher et impose de refaire le pignon ouest. 

Entre 1754 et 1761,  les murs du chœur sont reconstruits, d'abord au nord, puis au sud, juste avant que la charpente ne soit lambrissée. 

Une nouvelle cloche est réalisée entre 1816 et 1826 (probablement après la dépose des cloches du département à la Révolution).

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La forte présence des recteurs.

Ici, comme à l'église Saint-Méen ou à la chapelle Sainte-Barbe, mais seulement à partir du XVIIe siècle, les recteurs successifs tiennent à faire inscrire leur nom à coté de celui du fabricien en exercice pour l'année (alors que les inscriptions de nombreux sanctuaires de Basse-Bretagne ne mentionnent souvent que les fabriciens). Cinq recteurs et neuf fabriciens sont nommés ici, laissant ainsi des données historiques très précieuses, surtout lorsqu'elles peuvent être croisées avec les données géographiques (habitat) et généalogiques.

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INVENTAIRE.

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Élévation sud, à droite de la porte  : 1592.

L'inscription, en réserve dans un cartouche, n'est peut-être pas complète car le cartouche n'est pas fermé sur le coté droit.

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Y : GOVRIE

FA : 1592

"Peut-être COURTE, fréquent à Kergonan au XVIIIe et XIXe siècle et apparenté aux QUEMENER du calvaire".

On peut penser aussi à GOURVEST, etc.

 

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Inscription non datée sur le coté gauche du clocher.

L'érosion et les lichens en rendent la lecture périlleuse.

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------S

DEM ----

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Pignon du transept sud, à droite de la baie. 1593.

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B : QVERR

FA : 1593.

Meilleur cliché sur linteauxdefrance, qui commente :

"membre de la fabrique, sans doute membre de la fabrique, sans doute QUERRE dont l'initiale du prénom pourrait être N H ou A"

 Donc : [B]. QUERRÉ, fabricien , 1593.

 

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Au sommet du pignon du transept sud : 1607.

La période de la Ligue — Fontenelle s'installe à l'île Tristan en 1595 et pille Pouldavid, Penmarc'h, Névet en Locronan— pourrait expliquer le délai écoulé avec la datation précédente.

 

 

I : DA

VOL :FA :

1607

Soit I. DAVOL, fabricien, 1607.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Calvaire : 1637.

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inscription du socle :

M : H : S: MARZIN : R

Y : QVEMENER :

FA : 1637

Messire H. MARZIN, recteur, Yves QUEMENER fabricien.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Inscription du nœud :

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Y : QVE

MENER :

FABRI

Yves QUEMENER fabricien.

 

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Fontaine : 1667.

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Sous un blason aux trois fers d'épieu (de Kerluz), le fronton de l'édicule porte :

 


M : Y : CV

ER : RECTVER


I : PRIGANT :

FABRIQUE : 1667.

 

Messire Y. CUER, recteur, I. PRIGANT fabrique 1667.

La famille PRIGENT est attestée à Ploéven à Keragonan [ou Kergonan,]  et à Kermerrien (immédiatement à l'est de la chapelle) .

Jean (IAN) PRIGENT, fils de René, décédé le 6 janvier 1646 à Kermerrien, épouse Guillemette Le DROFF le 24 novembre 1733, d'où Pierre, décédé en 1782.

https://gw.geneanet.org/marsouin4?n=prigent&oc=7&p=jean

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Linteau de la fenêtre sud de la sacristie : 1712.

Difficilement lisible en éclairage habituel : je me fonde sur le relevé de Couffon :

N : ET : D : M : P.

FVRIC :R.

H : QVEMENER : F. 1712.

Soit Noble et discret messire P. FURIC recteur, H. QUEMENEUR fabricien 1712.

Pierre FURIC de SAINT-MORAN fut recteur de Ploéven de juillet 1710 à janvier 1731 .Il fut enterré sous la croix [calvaire] du cimetière. La famille Furic est mentionnée à Plonévez-Porzay, où un Corentin Furic fut recteur de 1702 à 1710, mais les Furic, sieurs de Saint-Moran, seraient plutôt de Lambour en pays bigouden (voir René, né en 1630, conseiller du roi au présidial de Quimper). Pierre Furic serait de la branche cadette, possessionnée à Sainte-Marine. Il est impliqué dans la commande des retables à l'atelier Mozin de Quimper.

Il est 

https://gw.geneanet.org/pierreb29?lang=en&pz=anna+et+edern&nz=bienvenu&ocz=2&p=rene.+sieur+de+saint+moran&n=furic&oc=2

H. QUEMENER est vraisemblablement apparenté à Y. QUEMENER, fabricien dont le nom est mentionné deux fois sur le calvaire de 1637 de la chapelle.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Transept nord, angle avec le chœur : 1754. Reste de polychromie ocre.

Elle est masquée par le bord du retable :

----NQVIS

----TEANT

1754.

Il serait nécessaire d'explorer la partie cachée. En 1754, le recteur était Jacques Vémar. cette inscription se prolonge peut-être avec la suivante.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chœur de l'église, coté nord . Recteur Jacques Vémar (1744-1755). Reste de polychromie ocre-rouge.

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M: IACQVES V[EM]AR

RECTEVR

Messire Jacques VEMAT, recteur..

Recteur de mars 1744 à janvier 1755, il fit faire les lambris de la nef nord (de l'église paroissiale), selon les peintures disparues sous les peintures de 1889.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chœur de l'église, mur sud. 1761, recteur Joseph Le Guyadeur.

M : IOSEPH LE 
GUIADER REC 
TEUR 1761

Messire Joseph Le Guiader recteur 1761.
Ou Joseph LE GUYADEUR, recteur de Ploéven de 1758 à 1770, décédé à 60 ans. Il "fit faire le lambris  de Saint-Nicodème en 1763" selon le tableau affiché dans l'église.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chœur de l'église, coté sud : 1761.

Elle complète la précédente en donnant le nom du fabricien :

GILLE EVZEN

FABRIQVE

1761.

D'après D. le Quéré 2011, Gilles Euzen habite Kerrien et décède en 1762. Il est peut-être apparenté aux Euzen de Penhoat, donateurs de la croix.

La généalogie d'Yves Hamet donne un  Gilles Euzen, fils de Jean,  né en  1754 à Keryen  et décédé le lendemain. Ou son frère Gilles Euzen né en 1755 (donc trop jeune pour être fabricien en 1761) à Keryen, Ploéven.  Ou son grand-père Gilles EUZEN né en 1698 [à Plonévez-Porzay ?], marié en 1722 avec Madeleine LE DOARÉ. Mais la famille de ce Gilles, puis de son fils Jean, n'a quitté Plonévez-Porzay qu'en 1755 pour Keryen.

https://gw.geneanet.org/hamety?n=euzen&oc=&p=gilles

https://gw.geneanet.org/hamety?lang=fr&iz=3841&p=gilles&n=euzen&oc=1

 

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chambre des cloches : 1735 ?

En 1735, une violente tempête malmena le clocher de l'église et en fit tomber les cloches. À Saint-Nicodème, il en alla de même, et la lecture des murs de l'édifice montre qu'il manque une première travée orientale. La date de l'inscription de la chambre des cloches (qui n'a pas été relevée par les auteurs précédents) est difficile mais les premiers chiffres semblent bien être 173-. On complète donc par : 1735.

NB : Couffon donne pour cette tempête la date de 1712.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

https://fr.calameo.com/read/005065810ba8c05f9a59c

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de Kerangal, Quimper pages 344-345.

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n399/mode/2up/search/plo%C3%A9ven

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

"En forme de croix latine avec chevet à pans coupés, c'est un édifice de construction soignée. Au chevet, la corniche au-dessus des trois fenêtres flamboyantes se relève ainsi qu'à l'église de Plomodiern ; on y retrouve les mêmes denticules. Le clocher, renversé par la tempête, fut refait ainsi que le pignon ouest en 1712 ; la chambre de cloche est amortie par un dôme. La porte en plein cintre est surmontée d'un fronton triangulaire brisé. Escalier sur le rampant sud. La porte du transept sud est en anse de panier avec des piédroits en nid d'abeilles ; sur cette aile se lisent deux inscriptions : "H. QVEM(ENER?). FA. 1593" et "I. DAVOL. FA. 1607". A droite de la porte sud, de même style que la précédente, on lit : "E. GOVRTE. FA. 1592." La sacristie octogonale, construite hors oeuvre à l'angle S.-E. du choeur, porte l'inscription : "N. ET. D. M. P. /FVRIC. R. /H. QVEMENER. F. 1712."

Mobilier : Trois autels : maître-autel à boiseries peintes du XVIIIè siècle. - Aux autels latéraux, retables du début du XVIIIè siècle, peints vers 1720-1725 par Jean Mozin, peintre et doreur de Quimper. Sur ces retables, outre les statues des saints Isidore (au nord) et Eloi (au sud), trois bas-reliefs polychromes évoquent la vie de chacun de ces saints. La date de 1829 sur l'autel de saint Isidore indique une restauration des peintures. Statues - en bois polychrome : saint Nicodème coiffé d'un turban et tenant la Couronne d'épines et deux clous (oeuvre de Pierre Le Déan ? - sur la console, un ange tient trois clous et un fouet), Christ en croix, Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Sikour, saint Isidore en bragou-bras, saint Eloi tenant le pied coupé du cheval ; - en pierre polychrome : autre Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Vertu, saint Alar ou Eloi à son enclume, XVIe siècle. 

Sur le placitre, calvaire de Roland Doré : inscription sur le socle : "M. S. H. MARSIN. R. /Y. QVEMENER. FA. 1637" et au-dessus du Crucifix : "QVEMENER. FABRI." Statues géminées sur les consoles.

Fontaine de dévotion : inscription sur le fronton : "M. Y. CV/ER. RECTEVR. /I. PRIGANT. /FABRIQVE. 1667", et statue de saint Nicodème avec la Couronne d'épines dans la niche. Naguère, le jour du pardon, les chevaux faisaient le tour de la chapelle puis allaient en procession boire à cette fontaine."

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes 

 

— LINTEAUX-DE-FRANCE : 58 inscriptions lapidaires de Ploéven

http://www.linteaux-de-france.com/show_cat_carte.php?vraicle=Plo%E9ven

—LE QUÉRÉ (David), 2011, Bâtisseurs et fabriciens de Ploéven, in Les Nouvelles du village, Ploéven  , n°117 pages 14 à 17.

https://fr.calameo.com/books/005065810ba8c05f9a59c

— PÉRÉNNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

 

"De mêmes dimensions que la chapelle Sainte-Barbe, la chapelle Saint-Nicodème comprend une nef, un transept, une abside à pans coupés. A l'extérieur, au sommet du croisillon Sud du transept, on lit : DAVOL . F A . 1607. Immédiatement au-dessous de cette inscription était fixé un cadran solaire, qui a disparu. Plus bas, au mur du transept : j . QVEMENEVR . FA . 1593. Sur la paroi latérale Sud de la chapelle : s. COVRIE . 1592. Au-dessus de la fenêtre de la sacristie : 1712. Le mur de l'abside est percé de trois fenêtres flamboyantes dont les arcades, terminées par une corniche moulurée, s'élèvent au-dessus de la toiture. Le clocher renversé par la tempête, fut refait, ainsi que le pignon Ouest de l'édifice, en 1712. Quatre portes donnent accès dans la chapelle. Au total Saint-Nicodème appartient au xvie et au début du xviie siècle, sauf les remaniements de la sacristie et du pignon Ouest en 1712. Le maître-autel, en granit revêtu de bois, semble du xviiie siècle. Derrière cet autel apparaît une grande statue en pierre de la Vierge : Intron Varia a guir vertu, Du côté de l'Evangile, c'est une autre statue en bois de Marie : Intron Varia Sikour ; du côté de l'épître, figurent un petit Christ assis, les mains liées , puis "saint Nicodème tenant la couronne d'épines et deux clous.

 Au croisillon Nord du transept on voit l'autel en pierre de saint Isidore, patron des cultivateurs. Le retable en est sculpté. II. présente en relief, le Saint, grandeur naturelle, en bragou-braz, un chapelet au bras droit, conduisant une charrue attelée de deux bœufs. Sur la gauche apparaît le manoir de son maître, à droite un parterre. Au-dessus de la scène, un ange montre le ciel, d'où s'échappent des rayons de lumière. De part et d'autre deux médaillons. Celui de gauche représente saint Isidore, les mains jointes ; l'homme et la femme qui se tiennent près de lui doivent être ses patrons. Dans Ie médaillon de droite, le saint, de son bâton, fait jaillir, devant son patron, une source du sol. Contre la paroi, un peu plus loin, est une belle statue en bois de notre saint, qui tient en main un instrument de labour. Le retable porte la date de 1829, qui marque une restauration. Au coin du croisillon est une grande statue en kersanton de Saint Alar ou Eloi, avec tenailles et enclume. I>u côté Midi le transept est réservé à saint Alar qui y a son autel, en granit revêtu de bois. Tout autour, dans des panneaux ou médaillons du retable, sont présentées, en relief, des scènes de Ia vie du Saint. Ici, costumé en évêque et accompagné d'un prêtre, il guérit un aveugle et un sourd ; plus haut il brise la corde et le carcan qui retenaient un jeune homme condamné à la potence ; là c'est une femme qu'il protège contre un oiseau de proie survolant la forêt. Plus loin il ferre un cheval dont il a détaché le pied ; ailleurs enfin, le Saint présente au roi Dagobert, entouré de ses gardes de corps, des ouvrages d'orfèvrerie .

Ici encore le retable présente la date de 1829, qui dut marquer un rafraîchissement de la peinture. A droite et à gauche, au fond du transept, sont deux bahuts, dont l'un est destiné à recevoir Ie beurre donné en offrande au jour du pardon de Saint Nicodème ; l'autre, à mettre les queues de cheval ou de vaches offertes en la même occasion. Ce pardon a lieu le deuxième dimanche après Pâques ; un autre pardon a lieu en l'honneur de Saint Isidore le cinquième dimanche après Pâques.

Dans le placitre du côté Midi se dresse un calvaire où nous lisons deux inscriptions : au-dessous du Christ : Y. QVEMENEUR . FABR i. — sur le socle : : M : G : H : MARZIN .. R . QVEMENEVR . FA . 1667.

La fontaine de dévotion se trouve à quelque 300 mètres, Sud-Est, de la chapelle. Une vieille route, aujourd'hui obstruée par Ies broussailles, y conduisait. La fontaine est maçonnée et présente l'inscription suivante : M : Y : CVER : RECTVER . i : PRIGANT ; FABRQVE : 1667. Une niche à l'intérieur contient la statue de Saint Nicodème, le front ceint d'un turban et tenant la couronne d'épines.

— WIKIPEDIA

 

En forme de large croix latine, avec chevet à pans coupés, elle présente au Nord une façade en schiste et granite.

Datant du xvie siècle, elle a fait l'objet de plusieurs extensions et restaurations. Une porte en anse de panier donne accès au transept sud sur lequel deux inscriptions se remarquent : "H QUEMENER FR : 1593" et "DAVOL FA 1607".

Sur le mur Sud de la nef, s'ouvre une porte semblable portant la date de 1592, avec des piédroits prismatiques.

Le pignon ouest est surmonté d'un clocher à dôme et lanternon. L'un des rampants présente un escalier extérieur.

La sacristie, de plan hexagonal date de 1712.

Cet édifice renferme un très beau mobilier dont des statues du xvie siècle, des autels en bois polychrome et une clôture de chœur en bois peint du xviiie siècle.

Cette chapelle fut restaurée après les importants dégâts causés par l'ouragan de 1987.

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven Inscriptions Gargouilles et crossettes
12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 14:31

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DESCRIPTION.

Ce calvaire en granite (degrés et socle) et kersanton datant de 1637 (inscription) et attribué à Roland Doré  s'élève sur un soubassement à trois degrés, le premier étant doté d'une corniche. Puis vient le socle cubique gravé de canaux et portant l'inscription  M: S: H: MARZIN: R: Y: QVEMENER: FA: 1637. Le fût rond porte des écots. Ceux-ci sont souvent interprétés comme témoignant d'épidémies de peste (écôts = bubons), mais ils peuvent aussi relever de la tradition médiévale  qui veut  (d'après l'évangile de Nicodème puis la Légende Dorée)  que le bois de la croix provient de l'arbre qui a poussé sur la tombe d'Adam.

À sa base,  les  griffes sont timbrées de fleurs de lis. Le croisillon à culots, supporte, après un écu carré où se lit l'inscription Y QVEMENER FABRI, les statues géminées  Vierge-évêque et  Jean-Pierre. Le crucifié s'inscrit sur  une croix à fleurons en boules godronnés et à titulus gravé.

Hauteur 5,10 m. Hauteur des personnages 0,80 m.

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I. L'INSCRIPTION DE LA FACE SUD DU SOCLE.

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Inscrite sur granite, elle est érodée et sa lecture se base sur les relevés antérieurs , bien que ceux-ci diffèrent. La graphie est maladroite, les lettres sont de taille différente, mêlant les minuscules et les majuscules. Lorsqu'on se familiarise avec cette écriture,  la lecture en devient plus assurée.

Pérénnès a lu : M : G : H : MARZIN .. R . QVEMENEVR . FA . 1667.

Couffon a lu : "M. S. H. MARSIN. R. /Y. QVEMENER. FA. 1637"

Ducouret et Quillivic lisent : M: S: H: MARZIN: R: Y: QVEMENER: FA: 1637
Castel (repris par Le Seac'h) lit :  M: S: H: MARTIN: R: Y: QVEMENER: FA: 1637

La lecture la plus crédible à mes yeux est :

M:S: H: MARZIN : R

Y : QVEMENER :

FA : 1637.

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Les recteurs de Ploéven, dont la liste est affichée dans l'église furent J. MARZIN , arrivé en 1612, puis H. MARZIN (Hervé ? Hubert ?) arrivé en 1626, et en poste jusqu'en 1644, date de l'arrivée de son successeur BOURGUENNEC. La date de 1637 est donc cohérente.

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Le nom du fabricien, Y[ves] QUEMENER, est confirmé par l'inscription du nœud du croisillon. Sa famille semble très impliquée dans cette chapelle, puisque nous trouvons les inscriptions "H. QVEM(ENER?). FA. 1593": (mur du transept sud) et "N. ET. D. M. P. /FVRIC. R. /H. QVEMENER. F. 1712. (sacristie)" .

Un Tanguy QUEMENER est attesté à Kergonan lors de son décès  en 1832 , une Jeanne LE QUEMENER également à son décès en 1803, etc.

Rappelons que le sculpteur Roland Doré fut actif de 1618 à 1663. Parmi la centaine de croix et calvaires qu'il réalisa (cf. annexe), celui de Saint-Nicodème est l'un des 41 qui comportent en date. Il appartient au cercle plus réduit des 15 calvaires qui sont encore complets. L'artiste landernéen est ici au milieu de sa carrière.

Cette date de 1637 place le calvaire à une date postérieure à la construction de la chapelle  (avec ses chronogrammes 1592, 1593, 1607). Et postérieure aussi aux calvaires du bourg et de la chapelle Sainte-Barbe, de la fin du XVIe siècle.

 

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.
Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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côts et Fleurs de lys.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LA FACE OCCIDENTALE : CRUCIFIX, VIERGE, JEAN.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le Christ en croix.

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E. Le Seac'h et Yves-Pascal Castel ont  décrit les caractéristiques des Crucifix de Doré ; j'ai repris ces informations dans mes précédents articles sur les calvaires de cet artiste.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La Vierge.

Notez les pupilles creusées, caractéristiques de Roland Doré.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Jean.

Parmi les saint Jean de Roland Doré , il appartient à ceux (*) qui ont les deux bras croisés sur la poitrine (ici, c'est plus rare, main gauche en dessus), mais dont seul un pan du manteau est vertical, l'autre pan formant des plis obliques.

(*) avec Seznec  à Plogonnec, Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Vendal à Douarnenez, Saint-Claude à Plougastel, Tinduff à Plougastel, Moudennou à Dinéault, Sainte-Anne-la-Palud en Plonévez-Porzay, Cast, Saint-Nic.

De même, il appartient au groupe à  chevelure bouclée triangulaire, très caractéristique, en perruque comme sur les gisants  avec ceux de Seznec et Saint-Pierre à Plogonnec ; Commana ; Saint-Claude à Plougastel,  Tinduff à Plougastel ; Moudennou à Dinéault, Sainte-Anne-la-Palud en Plonévez-Porzay , Saint-Vendal à Douarnenez, Cast, Saint-Nic.

On remarque alors que toutes ces localités sont en Cornouaille, au sud de l'Elorn (et aucune en Léon), comme s'il y avait un sous-atelier chargé de ce secteur géographique. Mais il faudrait vérifier cela de façon plus approfondie.

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On retrouve le demi-sourire, —que je peux qualifié de "sourire de bienveillance" —, également vite reconnaissable.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le nœud du croisillon : inscription.

Elle occupe un carré et réserve quelques difficultés, car le sculpteur a employé le Q en forme de P rétrograde, ainsi que des lettres conjointes (deux lettres qui ont en commun une partie de leur corps).

Y QVE

MENER

FABRI

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Néanmoins, le sens est clair : Y QVEMENER FABRI, c'est à dire "Yves QUEMENER, fabricien".

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LA FACE ORIENTALE. SAINT PIERRE ET UN EVÉQUE (MÉEN ?).

C'est la face la plus ardue à photographier, car elle reste à l'ombre le matin.

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Saint Pierre.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Un évêque : saint Méen?

Je l'assimile à saint Méen (un abbé, et non un évêque) puisque, à Pléven (Plou de saint Méen), c'est l'éventualité la plus probable. Mais rien, dans cet évêque ou abbé, n'en permet la détermination (à la différence de la statue au dragon et au monopalium de l'église). Il bénit de la main droite et tient la crosse de la main gauche. Je remarque les plis tubulaires du surplis.

De la même façon que, sur les bannières, les brodeurs ont représentés un "saint évêque de la Réforme" stéréotypé pour représenter tous les différents saints patrons des paroisses, on peut penser que l'atelier reproduit un modèle type de saint évêque sans aucun attribut spécifique quelque soit le titulaire (exception à Saint-Vendal où saint Corentin porte son poisson).

On note que Nicodème n'est pas représenté sur ce calvaire.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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ANNEXE.

ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 98 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre.

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pierà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (v.1630) de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de Kerangal, Quimper pages 344-345.

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n399/mode/2up/search/plo%C3%A9ven

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, en ligne et interactif sur le site de la Société archéologique du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/ploeven.html

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

"En forme de croix latine avec chevet à pans coupés, c'est un édifice de construction soignée. Au chevet, la corniche au-dessus des trois fenêtres flamboyantes se relève ainsi qu'à l'église de Plomodiern ; on y retrouve les mêmes denticules. Le clocher, renversé par la tempête, fut refait ainsi que le pignon ouest en 1712 ; la chambre de cloche est amortie par un dôme. La porte en plein cintre est surmontée d'un fronton triangulaire brisé. Escalier sur le rampant sud. La porte du transept sud est en anse de panier avec des piédroits en nid d'abeilles ; sur cette aile se lisent deux inscriptions : "H. QVEM(ENER?). FA. 1593" et "I. DAVOL. FA. 1607". A droite de la porte sud, de même style que la précédente, on lit : "E. GOVRTE. FA. 1592." La sacristie octogonale, construite hors oeuvre à l'angle S.-E. du choeur, porte l'inscription : "N. ET. D. M. P. /FVRIC. R. /H. QVEMENER. F. 1712."

Mobilier : Trois autels : maître-autel à boiseries peintes du XVIIIè siècle. - Aux autels latéraux, retables du début du XVIIIè siècle, peints vers 1720-1725 par Jean Mozin, peintre et doreur de Quimper. Sur ces retables, outre les statues des saints Isidore (au nord) et Eloi (au sud), trois bas-reliefs polychromes évoquent la vie de chacun de ces saints. La date de 1829 sur l'autel de saint Isidore indique une restauration des peintures. Statues - en bois polychrome : saint Nicodème coiffé d'un turban et tenant la Couronne d'épines et deux clous (oeuvre de Pierre Le Déan ? - sur la console, un ange tient trois clous et un fouet), Christ en croix, Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Sikour, saint Isidore en bragou-bras, saint Eloi tenant le pied coupé du cheval ; - en pierre polychrome : autre Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Vertu, saint Alar ou Eloi à son enclume, XVIe siècle. 

Sur le placitre, calvaire de Roland Doré : inscription sur le socle : "M. S. H. MARSIN. R. /Y. QVEMENER. FA. 1637" et au-dessus du Crucifix : "QVEMENER. FABRI." Statues géminées sur les consoles.

Fontaine de dévotion : inscription sur le fronton : "M. Y. CV/ER. RECTEVR. /I. PRIGANT. /FABRIQVE. 1667", et statue de saint Nicodème avec la Couronne d'épines dans la niche. Naguère, le jour du pardon, les chevaux faisaient le tour de la chapelle puis allaient en procession boire à cette fontaine."

DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

— DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&NUMBER=3&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes 

 

LINTEAUX-DE-FRANCE : 58 inscriptions lapidaires de Ploéven

http://www.linteaux-de-france.com/show_cat_carte.php?vraicle=Plo%E9ven

 

PÉRÉNNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

 

"De mêmes dimensions que la chapelle Sainte-Barbe, la chapelle Saint-Nicodème comprend une nef, un transept, une abside à pans coupés. A l'extérieur, au sommet du croisillon Sud du transept, on lit : DAVOL . F A . 1607. Immédiatement au-dessous de cette inscription était fixé un cadran solaire, qui a disparu. Plus bas, au mur du transept : j . QVEMENEVR . FA . 1593. Sur la paroi latérale Sud de la chapelle : s. COVRIE . 1592. Au-dessus de la fenêtre de la sacristie : 1712. Le mur de l'abside est percé de trois fenêtres flamboyantes dont les arcades, terminées par une corniche moulurée, s'élèvent au-dessus de la toiture. Le clocher renversé par la tempête, fut refait, ainsi que le pignon Ouest de l'édifice, en 1712. Quatre portes donnent accès dans la chapelle. Au total Saint-Nicodème appartient au xvie et au début du xviie siècle, sauf les remaniements de la sacristie et du pignon Ouest en 1712. Le maître-autel, en granit revêtu de bois, semble du xviiie siècle. Derrière cet autel apparaît une grande statue en pierre de la Vierge : Intron Varia a guir vertu, Du côté de l'Evangile, c'est une autre statue en bois de Marie : Intron Varia Sikour ; du côté de l'épître, figurent un petit Christ assis, les mains liées , puis "saint Nicodème tenant la couronne d'épines et deux clous.

 Au croisillon Nord du transept on voit l'autel en pierre de saint Isidore, patron des cultivateurs. Le retable en est sculpté. II. présente en relief, le Saint, grandeur naturelle, en bragou-braz, un chapelet au bras droit, conduisant une charrue attelée de deux bœufs. Sur la gauche apparaît le manoir de son maître, à droite un parterre. Au-dessus de la scène, un ange montre le ciel, d'où s'échappent des rayons de lumière. De part et d'autre deux médaillons. Celui de gauche représente saint Isidore, les mains jointes ; l'homme et la femme qui se tiennent près de lui doivent être ses patrons. Dans Ie médaillon de droite, le saint, de son bâton, fait jaillir, devant son patron, une source du sol. Contre la paroi, un peu plus loin, est une belle statue en bois de notre saint, qui tient en main un instrument de labour. Le retable porte la date de 1829, qui marque une restauration. Au coin du croisillon est une grande statue en kersanton de Saint Alar ou Eloi, avec tenailles et enclume. I>u côté Midi le transept est réservé à saint Alar qui y a son autel, en granit revêtu de bois. Tout autour, dans des panneaux ou médaillons du retable, sont présentées, en relief, des scènes de Ia vie du Saint. Ici, costumé en évêque et accompagné d'un prêtre, il guérit un aveugle et un sourd ; plus haut il brise la corde et le carcan qui retenaient un jeune homme condamné à la potence ; là c'est une femme qu'il protège contre un oiseau de proie survolant la forêt. Plus loin il ferre un cheval dont il a détaché le pied ; ailleurs enfin, le Saint présente au roi Dagobert, entouré de ses gardes de corps, des ouvrages d'orfèvrerie .

Ici encore le retable présente la date de 1829, qui dut marquer un rafraîchissement de la peinture. A droite et à gauche, au fond du transept, sont deux bahuts, dont l'un est destiné à recevoir Ie beurre donné en offrande au jour du pardon de Saint Nicodème ; l'autre, à mettre les queues de cheval ou de vaches offertes en la même occasion. Ce pardon a lieu le deuxième dimanche après Pâques ; un autre pardon a lieu en l'honneur de Saint Isidore le cinquième dimanche après Pâques.

Dans le placitre du côté Midi se dresse un calvaire où nous lisons deux inscriptions : au-dessous du Christ : Y. QVEMENEUR . FABR i. — sur le socle : : M : G : H : MARZIN .. R . QVEMENEVR . FA . 1667.

La fontaine de dévotion se trouve à quelque 300 mètres, Sud-Est, de la chapelle. Une vieille route, aujourd'hui obstruée par Ies broussailles, y conduisait. La fontaine est maçonnée et présente l'inscription suivante : M : Y : CVER : RECTVER . i : PRIGANT ; FABRQVE : 1667. Une niche à l'intérieur contient la statue de Saint Nicodème, le front ceint d'un turban et tenant la couronne d'épines."

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven Calvaires Roland Doré

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