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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 09:03

Profanation d'inscription lapidaire de 1555 par un compteur électrique : l'église Saint-Herlé à Ploaré (Douarnenez).

Corpus épigraphique de l'église 1550-1684.

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Voir sur cette église :

 

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Voir aussi :

 

etc...

 

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Le chanoine Abgrall, inoubliable auteur de "En vélo autour de Quimper", doit s'en retourner dans sa tombe : lui qui, le premier, prit le soin de parcourir à bicyclette le Finistère pour relever les inscriptions gravées et sculptées des églises et monuments religieux du Finistère, et qui, lors de sa première visite à Saint-Herlé de Ploaré, en 1898, releva avec exactitude et intuition une seule inscription "sur la base de la tour, à l'intérieur de l'église, dans la tribune des orgues", serait bien peiné d'apprendre que cette inscription fondatrice de la tour (la partie la plus ancienne de l'église), a été masquée  partiellement par la pose du compteur de l'église.

Certes, on trouvera que j'abuse en parlant ici de "profanation". Mais ce patrimoine épigraphique, véritable mémoire de la pierre, n'est-il pas sacré ? 

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Jean-Marie Abgrall avait relevé  : AN LAN 1555 . G GLEUBA . PROCIE : F

Elle s'interprète alors facilement ainsi : En l'an 1555, G. Gleuba étant procureur de la fabrique.

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Mais son relevé n'est pas suffisant, et laisse de coté un certain nombre d'éléments précieux, et  la préservation de la pierre elle-même,  sa documentation photographique et sa présentation au public s'imposent.

En effet, il faudrait pouvoir définir d'abord la nature de la pierre (un granite de Locronan comme pour le reste de l'édifice ?) et donner les dimensions du bloc de pierre (l'accès de la tribune des orgues est interdit au public).

  Le texte est sculpté en réserve dans un cartouche qui se prolonge en bande dans les espaces vides. La ponctuation entre les mots utilise (une seule fois) le deux-points en losange propre à l'époque.

La première lettre, lue comme un A, est singulière, ressemblant à un EC. Le fût du premier L est perlé.

Le patronyme G : GLEUBA n'est pas attesté. Faut-il en modifier la lecture ? Ou bien respecter la leçon du chanoine mais y voir une variante locale d'un patronyme attesté, comme Le GLEUHER, LE GLEUHER, GLOUER ? On imagine alors la valeur de cet hapax.

La ligne PROCIEr F est également problématique, par l'absence de point entre les mots, et par la forme PROCIE, qui ne se laisse pas facilement pour "procureur".

La lecture de cette inscription doit continuer à faire débat en épigraphie (quoique ces débats furent inexistants depuis 1898 ...) et le respect de cette pierre s'impose.

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Inscription (granite, 1555) de la tribune de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (granite, 1555) de la tribune de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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L'abbé Abgrall poursuivit ses prospections, et, en 1916, il présenta à la Société archéologique du Finistère cinq autres inscriptions (que je donne infra).

Mais d'abord, il modifia sa lecture de l'inscription précédente et il y lut :

AN . LAN . 1555 . G . CLEUBA . PROCIE : F

La différence porte sur le nom CLEUBA. Ce changement de lecture ne me semble pas fondé.

Henri Pérénnès, dans sa notice sur Ploaré de 1939, s'inspire sans doute de son collègue quand il lit  (sans se soucier du respect de la ponctuation) :

AN : LAN. 1555. G.  CLEUBA. PROCUE : F

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C'est le moment de se souvenir qu'en 1858, le Bulletin archéologique de l'Association bretonne publia le compte-rendu de l'excursion de l'Association à Ploaré, rédigé par Mr de Kerdrel. Et que déjà, les membres avaient prêté aux inscriptions lapidaires l'attention qu'elles méritaient. Ils lurent dans la tribune, à la chandelle peut-être,  mais  sans compteur électrique ni boite de dérivation, le texte  : 155- G GLEUBA PROCR  F.

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LES AUTRES INSCRIPTIONS.

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Auparavant, les membres de l'Association Bretonne de 1858 avaient déchiffré les deux inscriptions des murs de la tour  (porche ouest) :

LAN M VCS L ANTHOINE LE BAHE ; PRO FABRICQUE

Sur la seconde, moins lisible, ils lurent "très clairement le millessime 1548".

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Revenons à la première de ces inscriptions relevée à son tour par Abgrall en 1916 (il s'abstient de lire la seconde) :

LAN : M : DCL (1550) ANTHOINE : LE BABE : PRD (président) FABRICQUE

Henri Pérénnès donne :

M : DLC3  ANTHOINE LE BAHÉ : PRO  FABRICQUE

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Cette inscription carrée en kersanton marbrée par les lichens ne se lit bien que par soleil rasant. Elle est en réserve encadrée par un fin cartouche. Les caractères gothiques en minuscule (sauf l'initiale d'Anthoine) sont hauts et étroits, mais pleins de charme.

Je lis :

LAN : M : Vcc : L

ANTHOINE LE

BAHE PRO

FABRICQUE

"L'an 1550, Antohoine Le Bahé pro[cureur] de la fabrique".

Nous avons plus de chance avec le patronyme LE BAHE qu'avec celui de GLEUBA puisqu'il est attesté à Ploaré par les généalogistes. En effet José Chapalain a publié l'acte de naissance de Jeanne LE BAHE le 09/08/1630 à Ploaré (de Boarnej BAHE et Margareta FANNON) et son acte de mariage le 30/08/1660 à Ploaré avec Simon LE SAOUT. 

http://jose.chapalain.free.fr/pageprin133.htm

Albert Deshayes cite la forme LE BAHEC, Quimper 1697.

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Inscriptions  de l'élévation ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscriptions de l'élévation ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Inscription (kersanton, 1550) de la façade ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (kersanton, 1550) de la façade ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Inscription (kersanton, 1550) de la façade ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (kersanton, 1550) de la façade ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Plus basse, plus accessible mais beaucoup plus érodée car elle est en granite à gros grains, l'inscription où l'Association Bretonne avait lu le millésime 1548 est restée non déchiffrée. Pourtant, les techniques d'estompage des épigraphistes devraient, si la motivation était là, produire quelque résultats.

Je lis LAN MIL VC / LVIII

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Inscription (granite, 1558) de la façade ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (granite, 1558) de la façade ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Inscription (granite, 1558) de la façade ouest de  l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Inscription (granite, 1558) de la façade ouest de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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LES INSCRIPTIONS DU PORCHE SUD.

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M : H : PAILLART : R : 1673.

I : IONCOURT : F

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Soit Messire H. Paillart, recteur 1673 et I. Joncourt fabricien.

Le recteur de Ploaré entre 1655 et 1675 est Jérôme ou Hierosme PAILLART, dont le nom apparaît aussi à la chapelle Saint-Michel de Douarnenez . Le recteur qui lui succéda de 1676 à 1716 fut Guillaume PAILLART.

"La première pierre de Saint-Michel, bénite le 12 août 1663, l'année suivante, Hiérosme Paillard, le recteur de Ploaré, qui a juridiction sur le Port-Rhu comme sur l'agglomération de Douarnenez, fait graver son nom sur la porte ouest. En 1665, s'achève le clocher, le lambris de plafond est posé en 1667. Le sieur de Pratambars attendra 1675, pour s'attaquer aux peintures, Guillaume Paillard étant alors recteur de Ploaré." (Y-P. Castel)

 

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_le_nobletz.html

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Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Porche sud de l'église Saint-Herlé de Ploaré. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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Les autres  inscriptions relevées en 1916 par J.M. Abgrall.

— Angle sud-ouest : 1557.

— 2ème galerie sous le clocheton nord-ouest : N.O.M. LORANS. P. F. LAN . 1583

— Sur le clocheton sud-est :  V : D : M : P : C : M (Vénérable et discret messire ...)

— 3ème galerie basse de la flèche, derrière le clocheton nord-est : H : LE : BELEC : D C : LAN : 1586.

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Autres inscriptions d'après René Couffon :

1585 (rebord de la ème galerie, côté sud),

— "NICOLA/S TRETOVT" et la date de "1603" (clocheton sud-est),

— "MATIEV BRNEOL" (ère galerie, côté sud),

—  "M:G:P:/RECTEVR/1684" (flèche, pan sud-est).

— sur l'un des piliers du bas-côté nord la date de 1572 .

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CONCLUSION.

Lors de l'excursion du 16 juin dernier de la Société archéologique du Finistère à Saint-Herlé de Ploaré, les membres (autres temps, autres mœurs) ne se sont pas arrêtés devant ces inscriptions (sauf celles du porche), et n'en n'ont donc pas discutés les termes. Pourtant, à défaut d'archives (inexistantes pour la paroisse), les dates, les noms et les fonctions inscrites par les fondateurs de l'église ont une valeur patrimoniale exceptionnelle. 

Il n'est pas de mon tempérament d'être ronchon, et je souhaite seulement que ces témoignages soient respectés à leur juste valeur. Le compteur électrique dissimule l'inscription la plus ancienne de l'église après celle de 1550.

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J.M. Abgrall 1916

J.M. Abgrall 1916

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen)  page 141 .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f208.image

ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère page 74.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f135.item

— CASTEL (Yves-Pascal), 1978, Le clocher de Ploaré, amer sur la baie.L'Echo de Douarnenz-Ploaré, n° 223 ; avec une bonne photo de l'inscription de 1550.

"L'Eglise de Ploaré risque de n'attirer l'attention que par le profil étrange et déséquilibré au niveau des étages octogonaux de sa haute tour. Disparates au point de donner au visiteur une impression de malaise, les clochetons sont de hauteur inégale. Deux à l'Ouest semblent moignons mutilés. mal accordés, à la fine pyramide qui se marie pourtant parfaitement avec les deux aiguilles de la façade orientale. Mais il faut prendre les clochers comme les gens, sans vouloir les changer. C'est le meilleur moyen d'en améliorer l'image de marque.

LES NOMS DES COMMANDITAIRES.

Comme l'ensemble de l'église. le clocher de Ploaré est né de la volonté d' une grosse paroisse terrienne, plongeant dans l'eau ses bords, de se doter d'un abri pour ses cloches et d'un amer utile pour ses marins. Oeuvre séculaire de la communauté entière, il ne s'y distingue d'autre armoirie que le blason parlant d'un pêcheur aux prises avec un gros poisson, un goëland goulu, au-dessus de sa tête. Les fabriciens chargés de la collecte des fonds et de la gestion du chantier ont inscrit leurs noms que le soleil frisant permet de relever: Antoine Le Bahé, G. Gleuha, Hervé Le Friant, Y. Gourloen. M. Lorans, H. Le Belec, Jehan Le Mor. Ces noms sont suivis de la mention PRO(cureur) FAB(brique). L'un d'entre eux précise « premier fabrique ». Aux noms des fabriques s'ajoutent ceux de maîtres maçons ou maîtres charpentiers. Ceux-ci ne sont suivis d'aucune initiale. Ainsi sans doute, Nicolas Trétout et Maréchal. Vers la fin des travaux, au XIIè siècle, ce sont les recteurs qui réclament la paternité de l'ouvrage. Indication d'une emprise cléricale plus grande sur la construction. M(essire) H. Paillard fait suivre son nom du R. désignant la fonction. Son successeur est plus modeste. Il ne donne que des initiales G.P. mais ajoute, en toutes lettres, son titre: Recteur. En 1736, le dernier en date de ceux qui signalent leur intervention dans l 'édification de l'église. P. G. Huguet R(ecteur) se donne le curieux, mais habituel titre de V(énérable) et D(iscret) M(essire) ! ...

LA CONDUITE DES TRAVAUX On a ainsi le nom des hommes qui ont présidé à l'œuvre: fabriciens, recteurs et maîtres. L'observation des dates permet d'établir. grosso modo, le calendrier d'un chantier qui, continu pendant un demi siècle, connut par la suite une longue interruption: 1548, 1550, 1551.1555,1558,1559.1560. Dix années de travaux jusqu'à la 43è assise de pierre, à raison donc de trois à quatre assises par années, c'est à-dire un mètre de hauteur environ. Ce n'est pas rapide, mais en accord avec la sagesse du temps. Le chantier est financé en dehors de tout système de crédit, ne pouvant fonctionner que sur les rentrées annuelles. La charge de six ou sept ouvriers environ n • était pas pour grever inconsidérément le budget de la paroisse. Les charrois de pierre étant effectués par les paroissiens eux-mêmes, ces ouvriers taillent la pierre, prenant Je temps de sculpter ornements, inscriptions. et motifs en relief. Us sont payés fort vraisemblablement à la quinzaine. Le fait que l'on ait fait figurer sur la façade occidentale pêcheur, goëlands et poissons affirme le rôle joué par l'économie d'un port dans les destinées d'une église paroissiale au double visage: maritime et rural. De 1560 à 1570, monte le carré de la tour. Jusqu'à la première galerie. L'on y compte 33 assises. Sentirait-on un fléchissement dans l'activité du chantier par rapport à la décennie précédente ? Ce n 'est pas impossible .

En 1572, alors que l'on poursuit le travail au niveau des étages octogonaux. on pose les fondations de la future église. Des murs extérieurs viennent ceinturer l'église bas. se encore debout. Le procédé de 1 'enveloppement était courant qui permettait l'utilisation de l'ancienne église. On comprend ainsi que pendant 20 ans le clocher n'ait gagné qu'une dizaine de mètres, trente assises, jusqu'au moment où en 1593. les troubles de la Ligue viennent stopper le chantier après une activité de presque 50 ans ... A peine commencée. l'érection de la pyramide est arrêtée. Elle ne reprendra que 90 ans plus tard. En effet, il faut attendre le dernier quart du XVlle siècle pour voir les recteurs prendre la relève des fabriciens. Le recteur Paillard fait voûter le porche (L673). Le recteur G.P. continue la pyramide (1684). Nicolas Trétout entreprend la charpente (1693). Ainsi. vers les dernières années du XVIIè siècle, l'église de Ploaré offre l'allure définitive qu'on lui connaît maintenant. moins les clochetons hauts (1736) et la sacristie."

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71107299c5b07ac24c3b33e18198e841.pdf

— COUFFON (René), 1988, Notices

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DOUARNEN.pdf

Le clocher de conception encore toute gothique est inspiré de Quimper et de l'atelier de Saint-Herbot ( 55 mètres). Le mur ouest porte en lettres gothiques : "LAN MIL VcXLVIII", et au-dessus, l'inscription : "LAN. M. Vcs L. ANTHOINE. LE BAHE. PRO FABRICQVE.". On lit ensuite, d'après H. Pérennès, à l'intérieur de ce clocher : "AN. LAN. 1555. G. GLEVBA (ou GLEVVA). PROCVE F." -- Inscriptions relevées sur la tour : "Y:GOVRLOEN.1581" (rebord de la ème galerie, côté sud), "R:TALOV F. LA 1585" (rebord de la ème galerie, côté sud), "NICOLA/S TRETOVT" et la date de "1603" (clocheton sud-est), "MATIEV BRNEOL" (ère galerie, côté sud), enfin "M:G:P:/RECTEVR/1684" (flèche, pan sud-est). 

— PÉRÉNNÈS (HENRI), 1939, Notice de Ploaré, BDHA page 225

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8c56d47066d5bc94bb64f58549386360.pdf

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions
16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 20:24

Ploéven X : la cloche de 1817 de la chapelle Saint-Nicodème par Le Beurriée.

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Sur Ploéven, voir :

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Sur les cloches :

 

 

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Le clocher de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le clocher de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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1°) L' inscription.

Sur la cloche de la chapelle Saint-Nicodème en Ploéven, nous pouvons lire l'inscription presque complètement depuis le sol. Elle occupe quatre lignes. Les débuts de lignes sont indiqués par un manicule (paume à plat, pouce levé, index tendu) que je remplace ici par une barre  :

 

/FONDUE A BREST  EN MARS 1817 POUR SERVIR A LA CHAPELLE

/ ST NICODEME DE] PLOÉVEN  MR HENRY SAVINA RECTEUR ET  NOMMEE

/ PAR MR JEAN PIERRE -----  FABRIQUE PROPRIETAIRE DE  KERAMPOCHET /

/ ET DAME CORENTINE LE SANQUER VVE LE DOURÉ DE KERGOULOUARN

Soit : Fondue à Brest en mars 1817 pour servir à la chapelle St-Nicodème de Ploéven Henry Savina recteur et nommée par Mr Jean-Pierre ?-- fabrique et propriétaire de Kerampochet et Dame Corentine Sanquer veuve Le Doaré de Kergoulouarn.

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Notes :

Ligne 1 : la formule "fondue à Brest --- pour servir à la chapelle de" se retrouve sur les cloches de Plomodiern en 1810.

Ligne 2 : Henri SAVINA, recteur de Ploéven en 1783 et de 1816 à 1826 . 

"En 1783-1791. Henri Savina. Celui-ci ayant prêté serment à la Constitution civile du clergé (Peyron, Documents... I, 80) signe pour la dernière fois aux registres le 30 Avril 1791, puis est nommé curé constitution­nel de Crozon, où il prend possession de ses fonctions vers le 15 Mai. . Trois semaines après le départ de M. Savina, recteur, nous voyons apparaître le 22 Mai 1791, Pierre Le Pelliet, ancien vicaire assermenté de Trégarvan, qui signe « vicaire de Ploéven », jusqu’à la fin de 1792. De 1793 à la fin de 1796 il fera fonction dans la commune d’officier public.  — En 1816-1826. Henri Savina qui, durant l’époque révolutionnaire, avait joué un triste rôle à Crozon [Note : Pérennes, Saluden... Les prêtres du diocèse de Quimper morts pour la foi.... I, p. 426. — Sur son passage à Lambézellec comme curé voir Peyron et Abgrall, Notices sur les paroisses, vol. V, pp. 164-168. Voici ce qu’il écrit le 28 Juin 1822, quatre ans avant sa mort, à Mgr. Dombideau : « Quant à moi, Monseigneur, mon voeu est de me voir dégagé d’un surcroît de travail au-dessus de mes forces et de pouvoir recueillir avec tranquillité le fruit de ma retraite et songer avec plus de loisir aux années éternelles qui, certes, ne sont pas éloignées de moi ». Il fit graver sur sa pierre tombale, à Ploéven, ces mots qui témoignent de son repentir : Hic jacet Heuricus Savina sacerdos peccator expectans judicium]."

ligne 3 :  Kerampochet : lire Keramporchet (carte IGN) , à l'est du bourg ; mais le lieu-dit est bien orthographié KERAMPOCHET sur la carte de Cassini (fin XVIIIe) et sur la carte d'Etat-Major (1820-1866). Il possède une croix du XVIe siècle.

— ligne 4 : Manoir de Kergoulouarn : au nord-est du bourg.

Corentine SANQUER, née le 13 avril 1775, épousa en l'an III à Ploéven Thomas LE DOARÉ, d'où 3 filles Marie-Anne (1796-1822), Marie Corentine (1798-1814, mariée en 1813 avec Yves LE BRETON), et Anne Yvonne (1800-1845). Seul ennui, la généalogie qui la mentionne la fait mourir en 1800.

https://gw.geneanet.org/mlebastard?lang=en&pz=kenza+eden&nz=le+bastard&p=corentine&n=sanquer

 

 

 

Sa datation en 1817 lui donne une valeur patrimoniale forte . Celle-ci est renforcée par les trois décors : une palmette, un médaillon en mandorle à la Vierge, et un médaillon rond que je vais détailler.

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Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Cloche de 1817 de la chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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2°) Le médaillon rond : une estampille des LE BEURRIÉE.

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Le médaillon  est timbré par une flamme encadrée par deux dauphins. La flamme naît de ce qui ressemble à une grenade (ou un heaume grillagé) au dessus d'une cloche et de deux canons tête-bêche placés dans un cartouche à enroulements. Le plus intéressant est l'inscription : LE BEVRRIEE / M'A FAIT.

 

Cette marque est connue, car elle est signalée aux Archives des Vosges 86 J "Fonds de la famille Farnier-Remy et de la fonderie de cloches Jeanne d’Arc de Robécourt (1839-[2000])" de la façon suivante : 

Le Beurriée m’a fait — Marque provenant d’une cloche du Relecq (Finistère) fondue en 1806. Dimensions : 6,9 x 6,5 cm

https://archives.vosges.fr/Portals/8/xNews/uploads/2017/3/27/Fonds%20de%20la%20famille%20Farnier-Remy%20et%20de%20la%20fonderie%20de%20cloches%20Jeanne%20d%E2%80%99Arc%20de%20Rob%C3%A9court%20(1839-[2000])_2.pdf

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Il est évidemment très émouvant de découvrir que le fondeur de cette cloche de Saint-Nicodème porte le même nom que le fondeur de la cloche de 1735 conservée à l'église de Ploéven.

On se souvient peut-être que la veuve de Jacques Le Beurrié (fondeur à Vannes) épousa le fondeur Thomas Le Soueff, et que le couple vint s'installer à Brest avec les enfants du premier mariage, Jean-Baptiste et Jean-François Le Beurriée de la Rivière.

Or, l'une des cloches de Thomas Le Soueff, celle du Faou en 1714) porte une estampille aux deux canons en sautoir sous une cloche.

La même marque a été décrite sur une cloche de la chapelle de Saint-Divy à Dirinon avec l'inscription FAIT A BREST EN 1782 R. LE BEURRIEE M'A FAITE .

http://www.lavieb-aile.com/2018/09/les-cloches-du-faou-et-les-fondeurs-de-cloche-du-finistere.i-thomas-le-soueff-1714.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/02/le-culte-de-sainte-nonne-a-dirinon-ii-la-chapelle-saint-divy.html

Ces canons rappellent qu'un fondeur de cloches peut devenir un fondeur de canons.

http://tchorski.morkitu.org/12/musee-tellin-01.htm

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Il reste à déterminer qui est ce LE BEURRIÉE actif au début du XIXe siècle. La date de 1817 n'exclut pas Julien François Marie LE BEURRIÉE, né le 24 septembre 1759 - Saint Louis - Brest,  et décédé le 20 mars 1818 -Centre  Brest,  à l'âge de 58 ans. D'autant que celui-ci, fondeur; conseiller Municipal de Brest (1809-1818), membre de La Fabrique de St Louis (1810-1818) avait reçu l'ordre de fondre en canons les cloches de Bretagne. Voir la généalogie sur mon article Ploéven I La cloche de 1735.

 

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Ploéven X : la cloche de 1817 de la chapelle Saint-Nicodème par Le Beurriée.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1987, Artistes en Bretagne, dictionnaire des artistes artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien-Régime. avec Tanguy Daniel et Georges-Michel Thomas. 

 

— SUTTER (Eric) 2006, La campanographie française

http://campanologie.free.fr/pdf/La_Campanographie_francaise.pdf

— TCHORSKI, épigraphie campanaire

http://tchorski.morkitu.org/1/epigraphie-01.htm

— Hervé du Halgouet 1949, Vieux sons de cloches

https://broceliande.brecilien.org/IMG/pdf/spm_1949_cloches.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans cloches Ploéven
15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 15:12

Ploéven VIII. Les six crossettes (granite, XVIIe siècle) de la chapelle Saint-Nicodème.

 

 

 

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— Sur Ploéven, voir :

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— Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

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PRÉSENTATION.

Les crossettes ne doivent pas être confondues avec les gargouilles, qui sont creuses et servent à évacuer les eaux pluviales. Ce sont des pierres d'amortissement, nécessaires à la structure et à l'équilibre d'un fronton ou d'un pignon,  situées à la terminaison de leurs rampants . Elles peuvent être figurées, à thème zoomorphe, fantastique ou anthropomorphe, mais leur thème, loin d'être laissé au bon plaisir du sculpteur, répond à une tradition où les dragons et  les lions prédominent, suivi des chiens, des sirènes  et des représentations des vices comme la lubricité et la coquetterie dans les deux sexes. Exception faite pour les anges à phylactère, on y trouve aucune figure biblique ou chrétienne. Leur position marginale et intermédiaire (entre murs et toiture) les placent, à l'extérieur des bâtiments, en parallèle avec les sablières  à l'intérieur. Elles n'atteignent jamais la grivoiserie débridée ou la scatologie des miséricordes des stalles.

Quoique spectaculaires, les crossettes de Saint-Nicodème n'ont pas été étudiées. 

Leur datation est déduite de celle de l'édifice : entre 1592 et 1607.

Leur matériau est le granite.

La liste est est :

n° 1 : rampant droit du pignon ouest : acrobate

n° 2 : rampant gauche du pignon ouest : animal à pattes palmées

n° 3 : rampant droit du pignon du transept nord : lion.

n° 4 : rampant gauche du pignon du transept nord : lion.

n° 5 : chevet : gargouille non figurée (géométrique)

​​​​​​​n° 6 : chevet : gargouille non figurée (géométrique)

n° 7 : ​​​​​​​rampant droit du pignon du transept sud : lion.

n° 8  : ​​​​​​​rampant gauche du pignon du transept sud : lion tenant un petit être (âme).

 

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I. L'élévation occidentale.

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1. rampant droit du pignon ouest : acrobate en bragou.

C'est le motif le plus pittoresque et le plus intéressant. Vu de droite, ce personnage un peu ventru semble descendre en glissant (malgré les crochets) sur la rampe de l'escalier qui mène à la chambre des cloches, mais vu de l'ouest, il devient clair qu'il se tient cambré pour attraper ses chevilles : c'est l'attitude bien connue de l'acrobate de crossette (et de sablière) souvent rencontré, soit nu, soit vêtu, et déjà présente sur les modillons romans . Et cette attitude est si stéréotypée, si provocante, qu'elle a probablement une signification obscène, peut-être en relation avec une expression verbale ( comme "prendre son pied") disparue. C'est de toute façon une attitude de renversement (la figure d'acrobatie est un renversement postérieur).

On la rencontre , par exemple deux fois sur l'église de Dirinon, une fois à l'angle de l'arc de triomphe de La Martyre, à l'église de Lampaul-Guimiliau, à Daoulas ou au  Doyenné du Folgoët (cf. liens).

Ici, il porte des chausses bouffantes et plissées (en breton bragou braz) et une tunique courte, serrée par une épaisse ceinture. Ses cheveux sont longs. L'attaque de la pierre par divers lichens ne nous permet plus de voir l'expression béate de son visage.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 16 juin 2019.

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n° 2 : rampant gauche du pignon ouest : animal ou femme hybride à pattes palmées.

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Cette crossette n'a pas d'équivalent ailleurs. L'animal au corps fin et allongé a les pattes palmées, une queue passe entre les pattes postérieures et fait retour sur l'abdomen (comme elle le fait pour les lions de crossettes) mais la partie antérieure est plus anthropomorphe, (voire gynomorphe si on me pardonne cet écart), car la tête est arrondie par une possible chevelure  et le volume d'une franche poitrine est présente, quoique trop géométrique et sans rondeur . 

Le visiteur se hâte de changer de point de vue, ... mais lorsqu'il se trouve de face, il est dépité : l'érosion éolienne, les lichens, l'imprécision de la taille ne permettent pas d'aller plus loin, même si la poitrine se confirme. La position des pattes antérieures est celle du Sphinx.

Chacun y va de son hypothèse, mais rien ne permet d'être péremptoire. Dommage de voir s'échapper  la certitude d' avoir ici une sirène palmée  à placer dans la longue série des créatures féminines semi-humaines des crossettes de Basse-Bretagne!

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le pignon du transept nord.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 3 : rampant droit du pignon du transept nord : lion tirant la langue.

De face, avec sa tête triangulaire aux yeux en grosses perles creuses et le long T pyramidal de son museau, il évoque une sculpture de l'art cycladique. Mais de profil, c'est bien un lion, —avec la crinière méchée du tronc —, tenant sa langue (ou quelque proie) entre ses pattes antérieures, et dont le fouet dressé revient sur la courbe de l'arrière-train en la suivant.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 4 : rampant gauche du pignon du transept nord : lion  léchant ses pattes..

De l'autre coté, c'est le même animal, à la gueule incertaine et au pelage ras. Chien ? Lion ? Comme on voudra : seul le sexe est certain.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 5 et 6 : chevet : gargouille non figurée (géométrique en double volute)

Une gorge permet l'écoulement de l'eau.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le pignon du transept sud.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 7 : rampant droit du pignon du transept sud : lion léchant ses pattes.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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n° 8  : rampant gauche du pignon du transept sud : lion tenant un petit être.

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Nous retrouvons ici un modèle fréquemment illustré ailleurs, celui d'un lion dévorant ou emportant un homoncule (comme à Goulven), et la langue des lions précédents s'est transformée en une forme polycyclique où des yeux se devinent. Le lion devient alors un être psychopompe, ou un domestique du Malin prompt à emporter aux Enfers l'âme de celui qui néglige ses devoirs de chrétien. Mais d'une manière générale, les crossettes ne sont pas les auxiliaires d'un discours moral ou d'un prêche.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossette de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Avant de conclure : le masque du fronton du porche ouest.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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CONCLUSION.

La chapelle Saint-Nicodème peut se vanter de posséder le plus bel ensemble de crossettes de la commune, puisque l'église Saint-Méen n'en n'a pas, et que Sainte-Barbe ne montre que 2 ou 3 exemples. Néanmoins, par rapport aux superbes collections du Léon ou des rives de l'Elorn, qui bénéficient de la qualité exceptionnelle de la kersantite, ces crossettes de granite usées par l'érosion ne peuvent prétendre aux premiers rangs. Pénalisées par le matériau, elles le sont peut-être aussi par un artisan de second ordre, dont les animaux peinent à ressembler vraiment aux lions qu'ils tentent d'imiter. 

Leur découverte reste un moment passionnant, pendant lequel l'esprit en alerte cherche à résoudre les six énigmes successives qui lui sont soumises.

Le bonhomme acrobate, l'ambiguë sirène palmée, le lion à la face primitive, le psychopompe et sa proie restent gravés dans sa mémoire dans ce vaste musée de l'imaginaire breton.

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SOURCES ET LIENS.

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— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Ploéven
14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 22:50

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LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES  (1592-1761 [1735]).

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Corpus chronologique :

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Élévation sud, à droite de la porte  Y : GORIE / FA : 1592.

Inscription non datée et peu lisible sur le coté gauche du clocher.

Pignon du transept sud, à droite de la baie. B : QVERR / FA : 1593.

Au sommet du pignon du transept sud : I : DA /VOL :FA :1607.

Calvaire : M : H : S: MARZIN : R / Y : QVEMENER : / FA : 1637  et sur le nœud Y : QVE /MENER : /FABRI

Fontaine : M : Y : CV / ER : RECTVER / I : PRIGANT : / FABRIQUE : 1667.

Linteau de la fenêtre sud de la sacristie : N : ET : D : M : P. /FVRIC :R. /H : QVEMENER : F. 1712.

Chambre des cloches : 1735 ?

Chœur de l'église, intérieur, coté nord . [QVI]NQVIS / ---TEANT 1754. puis M: IACQVES V[EM]AR / RECTEVR

Chœur de l'église, intérieur, mur sud. M : IOSEPH LE GUIADER REC / TEUR 1761

Chœur de l'église, intérieur, mur sud : GILLE EVZEN FABRIQVE 1761.

Cloche fin XVIIIe ou vers 1816  : Fondue à Brest --pour servir à la chapelle St-Nicodème ---Savina recteur et nommée -- par Mr Jean-Pierre -- propriétaire de Kerampochet et Dame Corentine --- de Kergoulouarn.

 

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Déduction :

Ces inscriptions tracent l'histoire d'une chapelle dont la construction a débuté en 1592 par la nef sud, un peu après l'église paroissiale (dates de 1547 et 1574) et la chapelle Sainte-Barbe ( 1585 sur la calvaire). Après s'être un peu attardée (guerre de la Ligue ?) au transept sud de 1593 à 1607, elle a du être achevée afin de se doter d'un calvaire en 1637 par Roland Doré (les calvaires de Sainte-Barbe et de l'église datent de 1585 environ), puis d'édifier  en 1667 l'édicule d'une fontaine certainement préexistante. En 1712, la chapelle obéit à l'injonction (post Concile de Trente) de s'équiper d'une sacristie aux fenêtres à barreaux car elle sert à protéger la trésorerie . Elle précède en cela Sainte-Barbe (1736), tandis que l'église avait fait construire sa sacristie en 1680. 

Par estimation, la chapelle reçoit son mobilier au XVIe (statue de saint Éloi et Vierge "de la vraie vertu"), au XVIIe (statues de Nicodème et de la Vierge) ou au 1er quart du  XVIIIe (retables de saint Éloi et saint Isidore de 1720-1725).

En 1735, une violente tempête, qui touche aussi l'église paroissiale, abat le clocher et impose de refaire le pignon ouest. 

Entre 1754 et 1761,  les murs du chœur sont reconstruits, d'abord au nord, puis au sud, juste avant que la charpente ne soit lambrissée. 

Une nouvelle cloche est réalisée entre 1816 et 1826 (probablement après la dépose des cloches du département à la Révolution).

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La forte présence des recteurs.

Ici, comme à l'église Saint-Méen ou à la chapelle Sainte-Barbe, mais seulement à partir du XVIIe siècle, les recteurs successifs tiennent à faire inscrire leur nom à coté de celui du fabricien en exercice pour l'année (alors que les inscriptions de nombreux sanctuaires de Basse-Bretagne ne mentionnent souvent que les fabriciens). Cinq recteurs et neuf fabriciens sont nommés ici, laissant ainsi des données historiques très précieuses, surtout lorsqu'elles peuvent être croisées avec les données géographiques (habitat) et généalogiques.

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INVENTAIRE.

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Élévation sud, à droite de la porte  : 1592.

L'inscription, en réserve dans un cartouche, n'est peut-être pas complète car le cartouche n'est pas fermé sur le coté droit.

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Y : GOVRIE

FA : 1592

"Peut-être COURTE, fréquent à Kergonan au XVIIIe et XIXe siècle et apparenté aux QUEMENER du calvaire".

On peut penser aussi à GOURVEST, etc.

 

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Inscription non datée sur le coté gauche du clocher.

L'érosion et les lichens en rendent la lecture périlleuse.

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------S

DEM ----

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Pignon du transept sud, à droite de la baie. 1593.

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B : QVERR

FA : 1593.

Meilleur cliché sur linteauxdefrance, qui commente :

"membre de la fabrique, sans doute membre de la fabrique, sans doute QUERRE dont l'initiale du prénom pourrait être N H ou A"

 Donc : [B]. QUERRÉ, fabricien , 1593.

 

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Au sommet du pignon du transept sud : 1607.

La période de la Ligue — Fontenelle s'installe à l'île Tristan en 1595 et pille Pouldavid, Penmarc'h, Névet en Locronan— pourrait expliquer le délai écoulé avec la datation précédente.

 

 

I : DA

VOL :FA :

1607

Soit I. DAVOL, fabricien, 1607.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Calvaire : 1637.

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inscription du socle :

M : H : S: MARZIN : R

Y : QVEMENER :

FA : 1637

Messire H. MARZIN, recteur, Yves QUEMENER fabricien.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Inscription du nœud :

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Y : QVE

MENER :

FABRI

Yves QUEMENER fabricien.

 

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Fontaine : 1667.

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Sous un blason aux trois fers d'épieu (de Kerluz), le fronton de l'édicule porte :

 


M : Y : CV

ER : RECTVER


I : PRIGANT :

FABRIQUE : 1667.

 

Messire Y. CUER, recteur, I. PRIGANT fabrique 1667.

La famille PRIGENT est attestée à Ploéven à Keragonan [ou Kergonan,]  et à Kermerrien (immédiatement à l'est de la chapelle) .

Jean (IAN) PRIGENT, fils de René, décédé le 6 janvier 1646 à Kermerrien, épouse Guillemette Le DROFF le 24 novembre 1733, d'où Pierre, décédé en 1782.

https://gw.geneanet.org/marsouin4?n=prigent&oc=7&p=jean

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Linteau de la fenêtre sud de la sacristie : 1712.

Difficilement lisible en éclairage habituel : je me fonde sur le relevé de Couffon :

N : ET : D : M : P.

FVRIC :R.

H : QVEMENER : F. 1712.

Soit Noble et discret messire P. FURIC recteur, H. QUEMENEUR fabricien 1712.

Pierre FURIC de SAINT-MORAN fut recteur de Ploéven de juillet 1710 à janvier 1731 .Il fut enterré sous la croix [calvaire] du cimetière. La famille Furic est mentionnée à Plonévez-Porzay, où un Corentin Furic fut recteur de 1702 à 1710, mais les Furic, sieurs de Saint-Moran, seraient plutôt de Lambour en pays bigouden (voir René, né en 1630, conseiller du roi au présidial de Quimper). Pierre Furic serait de la branche cadette, possessionnée à Sainte-Marine. Il est impliqué dans la commande des retables à l'atelier Mozin de Quimper.

Il est 

https://gw.geneanet.org/pierreb29?lang=en&pz=anna+et+edern&nz=bienvenu&ocz=2&p=rene.+sieur+de+saint+moran&n=furic&oc=2

H. QUEMENER est vraisemblablement apparenté à Y. QUEMENER, fabricien dont le nom est mentionné deux fois sur le calvaire de 1637 de la chapelle.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Transept nord, angle avec le chœur : 1754. Reste de polychromie ocre.

Elle est masquée par le bord du retable :

----NQVIS

----TEANT

1754.

Il serait nécessaire d'explorer la partie cachée. En 1754, le recteur était Jacques Vémar. cette inscription se prolonge peut-être avec la suivante.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chœur de l'église, coté nord . Recteur Jacques Vémar (1744-1755). Reste de polychromie ocre-rouge.

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M: IACQVES V[EM]AR

RECTEVR

Messire Jacques VEMAT, recteur..

Recteur de mars 1744 à janvier 1755, il fit faire les lambris de la nef nord (de l'église paroissiale), selon les peintures disparues sous les peintures de 1889.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chœur de l'église, mur sud. 1761, recteur Joseph Le Guyadeur.

M : IOSEPH LE 
GUIADER REC 
TEUR 1761

Messire Joseph Le Guiader recteur 1761.
Ou Joseph LE GUYADEUR, recteur de Ploéven de 1758 à 1770, décédé à 60 ans. Il "fit faire le lambris  de Saint-Nicodème en 1763" selon le tableau affiché dans l'église.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chœur de l'église, coté sud : 1761.

Elle complète la précédente en donnant le nom du fabricien :

GILLE EVZEN

FABRIQVE

1761.

D'après D. le Quéré 2011, Gilles Euzen habite Kerrien et décède en 1762. Il est peut-être apparenté aux Euzen de Penhoat, donateurs de la croix.

La généalogie d'Yves Hamet donne un  Gilles Euzen, fils de Jean,  né en  1754 à Keryen  et décédé le lendemain. Ou son frère Gilles Euzen né en 1755 (donc trop jeune pour être fabricien en 1761) à Keryen, Ploéven.  Ou son grand-père Gilles EUZEN né en 1698 [à Plonévez-Porzay ?], marié en 1722 avec Madeleine LE DOARÉ. Mais la famille de ce Gilles, puis de son fils Jean, n'a quitté Plonévez-Porzay qu'en 1755 pour Keryen.

https://gw.geneanet.org/hamety?n=euzen&oc=&p=gilles

https://gw.geneanet.org/hamety?lang=fr&iz=3841&p=gilles&n=euzen&oc=1

 

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chambre des cloches : 1735 ?

En 1735, une violente tempête malmena le clocher de l'église et en fit tomber les cloches. À Saint-Nicodème, il en alla de même, et la lecture des murs de l'édifice montre qu'il manque une première travée orientale. La date de l'inscription de la chambre des cloches (qui n'a pas été relevée par les auteurs précédents) est difficile mais les premiers chiffres semblent bien être 173-. On complète donc par : 1735.

NB : Couffon donne pour cette tempête la date de 1712.

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Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

https://fr.calameo.com/read/005065810ba8c05f9a59c

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de Kerangal, Quimper pages 344-345.

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n399/mode/2up/search/plo%C3%A9ven

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

"En forme de croix latine avec chevet à pans coupés, c'est un édifice de construction soignée. Au chevet, la corniche au-dessus des trois fenêtres flamboyantes se relève ainsi qu'à l'église de Plomodiern ; on y retrouve les mêmes denticules. Le clocher, renversé par la tempête, fut refait ainsi que le pignon ouest en 1712 ; la chambre de cloche est amortie par un dôme. La porte en plein cintre est surmontée d'un fronton triangulaire brisé. Escalier sur le rampant sud. La porte du transept sud est en anse de panier avec des piédroits en nid d'abeilles ; sur cette aile se lisent deux inscriptions : "H. QVEM(ENER?). FA. 1593" et "I. DAVOL. FA. 1607". A droite de la porte sud, de même style que la précédente, on lit : "E. GOVRTE. FA. 1592." La sacristie octogonale, construite hors oeuvre à l'angle S.-E. du choeur, porte l'inscription : "N. ET. D. M. P. /FVRIC. R. /H. QVEMENER. F. 1712."

Mobilier : Trois autels : maître-autel à boiseries peintes du XVIIIè siècle. - Aux autels latéraux, retables du début du XVIIIè siècle, peints vers 1720-1725 par Jean Mozin, peintre et doreur de Quimper. Sur ces retables, outre les statues des saints Isidore (au nord) et Eloi (au sud), trois bas-reliefs polychromes évoquent la vie de chacun de ces saints. La date de 1829 sur l'autel de saint Isidore indique une restauration des peintures. Statues - en bois polychrome : saint Nicodème coiffé d'un turban et tenant la Couronne d'épines et deux clous (oeuvre de Pierre Le Déan ? - sur la console, un ange tient trois clous et un fouet), Christ en croix, Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Sikour, saint Isidore en bragou-bras, saint Eloi tenant le pied coupé du cheval ; - en pierre polychrome : autre Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Vertu, saint Alar ou Eloi à son enclume, XVIe siècle. 

Sur le placitre, calvaire de Roland Doré : inscription sur le socle : "M. S. H. MARSIN. R. /Y. QVEMENER. FA. 1637" et au-dessus du Crucifix : "QVEMENER. FABRI." Statues géminées sur les consoles.

Fontaine de dévotion : inscription sur le fronton : "M. Y. CV/ER. RECTEVR. /I. PRIGANT. /FABRIQVE. 1667", et statue de saint Nicodème avec la Couronne d'épines dans la niche. Naguère, le jour du pardon, les chevaux faisaient le tour de la chapelle puis allaient en procession boire à cette fontaine."

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes 

 

— LINTEAUX-DE-FRANCE : 58 inscriptions lapidaires de Ploéven

http://www.linteaux-de-france.com/show_cat_carte.php?vraicle=Plo%E9ven

—LE QUÉRÉ (David), 2011, Bâtisseurs et fabriciens de Ploéven, in Les Nouvelles du village, Ploéven  , n°117 pages 14 à 17.

https://fr.calameo.com/books/005065810ba8c05f9a59c

— PÉRÉNNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

 

"De mêmes dimensions que la chapelle Sainte-Barbe, la chapelle Saint-Nicodème comprend une nef, un transept, une abside à pans coupés. A l'extérieur, au sommet du croisillon Sud du transept, on lit : DAVOL . F A . 1607. Immédiatement au-dessous de cette inscription était fixé un cadran solaire, qui a disparu. Plus bas, au mur du transept : j . QVEMENEVR . FA . 1593. Sur la paroi latérale Sud de la chapelle : s. COVRIE . 1592. Au-dessus de la fenêtre de la sacristie : 1712. Le mur de l'abside est percé de trois fenêtres flamboyantes dont les arcades, terminées par une corniche moulurée, s'élèvent au-dessus de la toiture. Le clocher renversé par la tempête, fut refait, ainsi que le pignon Ouest de l'édifice, en 1712. Quatre portes donnent accès dans la chapelle. Au total Saint-Nicodème appartient au xvie et au début du xviie siècle, sauf les remaniements de la sacristie et du pignon Ouest en 1712. Le maître-autel, en granit revêtu de bois, semble du xviiie siècle. Derrière cet autel apparaît une grande statue en pierre de la Vierge : Intron Varia a guir vertu, Du côté de l'Evangile, c'est une autre statue en bois de Marie : Intron Varia Sikour ; du côté de l'épître, figurent un petit Christ assis, les mains liées , puis "saint Nicodème tenant la couronne d'épines et deux clous.

 Au croisillon Nord du transept on voit l'autel en pierre de saint Isidore, patron des cultivateurs. Le retable en est sculpté. II. présente en relief, le Saint, grandeur naturelle, en bragou-braz, un chapelet au bras droit, conduisant une charrue attelée de deux bœufs. Sur la gauche apparaît le manoir de son maître, à droite un parterre. Au-dessus de la scène, un ange montre le ciel, d'où s'échappent des rayons de lumière. De part et d'autre deux médaillons. Celui de gauche représente saint Isidore, les mains jointes ; l'homme et la femme qui se tiennent près de lui doivent être ses patrons. Dans Ie médaillon de droite, le saint, de son bâton, fait jaillir, devant son patron, une source du sol. Contre la paroi, un peu plus loin, est une belle statue en bois de notre saint, qui tient en main un instrument de labour. Le retable porte la date de 1829, qui marque une restauration. Au coin du croisillon est une grande statue en kersanton de Saint Alar ou Eloi, avec tenailles et enclume. I>u côté Midi le transept est réservé à saint Alar qui y a son autel, en granit revêtu de bois. Tout autour, dans des panneaux ou médaillons du retable, sont présentées, en relief, des scènes de Ia vie du Saint. Ici, costumé en évêque et accompagné d'un prêtre, il guérit un aveugle et un sourd ; plus haut il brise la corde et le carcan qui retenaient un jeune homme condamné à la potence ; là c'est une femme qu'il protège contre un oiseau de proie survolant la forêt. Plus loin il ferre un cheval dont il a détaché le pied ; ailleurs enfin, le Saint présente au roi Dagobert, entouré de ses gardes de corps, des ouvrages d'orfèvrerie .

Ici encore le retable présente la date de 1829, qui dut marquer un rafraîchissement de la peinture. A droite et à gauche, au fond du transept, sont deux bahuts, dont l'un est destiné à recevoir Ie beurre donné en offrande au jour du pardon de Saint Nicodème ; l'autre, à mettre les queues de cheval ou de vaches offertes en la même occasion. Ce pardon a lieu le deuxième dimanche après Pâques ; un autre pardon a lieu en l'honneur de Saint Isidore le cinquième dimanche après Pâques.

Dans le placitre du côté Midi se dresse un calvaire où nous lisons deux inscriptions : au-dessous du Christ : Y. QVEMENEUR . FABR i. — sur le socle : : M : G : H : MARZIN .. R . QVEMENEVR . FA . 1667.

La fontaine de dévotion se trouve à quelque 300 mètres, Sud-Est, de la chapelle. Une vieille route, aujourd'hui obstruée par Ies broussailles, y conduisait. La fontaine est maçonnée et présente l'inscription suivante : M : Y : CVER : RECTVER . i : PRIGANT ; FABRQVE : 1667. Une niche à l'intérieur contient la statue de Saint Nicodème, le front ceint d'un turban et tenant la couronne d'épines.

— WIKIPEDIA

 

En forme de large croix latine, avec chevet à pans coupés, elle présente au Nord une façade en schiste et granite.

Datant du xvie siècle, elle a fait l'objet de plusieurs extensions et restaurations. Une porte en anse de panier donne accès au transept sud sur lequel deux inscriptions se remarquent : "H QUEMENER FR : 1593" et "DAVOL FA 1607".

Sur le mur Sud de la nef, s'ouvre une porte semblable portant la date de 1592, avec des piédroits prismatiques.

Le pignon ouest est surmonté d'un clocher à dôme et lanternon. L'un des rampants présente un escalier extérieur.

La sacristie, de plan hexagonal date de 1712.

Cet édifice renferme un très beau mobilier dont des statues du xvie siècle, des autels en bois polychrome et une clôture de chœur en bois peint du xviiie siècle.

Cette chapelle fut restaurée après les importants dégâts causés par l'ouragan de 1987.

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven Inscriptions Gargouilles et crossettes
12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 14:31

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DESCRIPTION.

Ce calvaire en granite (degrés et socle) et kersanton datant de 1637 (inscription) et attribué à Roland Doré  s'élève sur un soubassement à trois degrés, le premier étant doté d'une corniche. Puis vient le socle cubique gravé de canaux et portant l'inscription  M: S: H: MARZIN: R: Y: QVEMENER: FA: 1637. Le fût rond porte des écots. Ceux-ci sont souvent interprétés comme témoignant d'épidémies de peste (écôts = bubons), mais ils peuvent aussi relever de la tradition médiévale  qui veut  (d'après l'évangile de Nicodème puis la Légende Dorée)  que le bois de la croix provient de l'arbre qui a poussé sur la tombe d'Adam.

À sa base,  les  griffes sont timbrées de fleurs de lis. Le croisillon à culots, supporte, après un écu carré où se lit l'inscription Y QVEMENER FABRI, les statues géminées  Vierge-évêque et  Jean-Pierre. Le crucifié s'inscrit sur  une croix à fleurons en boules godronnés et à titulus gravé.

Hauteur 5,10 m. Hauteur des personnages 0,80 m.

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I. L'INSCRIPTION DE LA FACE SUD DU SOCLE.

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Inscrite sur granite, elle est érodée et sa lecture se base sur les relevés antérieurs , bien que ceux-ci diffèrent. La graphie est maladroite, les lettres sont de taille différente, mêlant les minuscules et les majuscules. Lorsqu'on se familiarise avec cette écriture,  la lecture en devient plus assurée.

Pérénnès a lu : M : G : H : MARZIN .. R . QVEMENEVR . FA . 1667.

Couffon a lu : "M. S. H. MARSIN. R. /Y. QVEMENER. FA. 1637"

Ducouret et Quillivic lisent : M: S: H: MARZIN: R: Y: QVEMENER: FA: 1637
Castel (repris par Le Seac'h) lit :  M: S: H: MARTIN: R: Y: QVEMENER: FA: 1637

La lecture la plus crédible à mes yeux est :

M:S: H: MARZIN : R

Y : QVEMENER :

FA : 1637.

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Les recteurs de Ploéven, dont la liste est affichée dans l'église furent J. MARZIN , arrivé en 1612, puis H. MARZIN (Hervé ? Hubert ?) arrivé en 1626, et en poste jusqu'en 1644, date de l'arrivée de son successeur BOURGUENNEC. La date de 1637 est donc cohérente.

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Le nom du fabricien, Y[ves] QUEMENER, est confirmé par l'inscription du nœud du croisillon. Sa famille semble très impliquée dans cette chapelle, puisque nous trouvons les inscriptions "H. QVEM(ENER?). FA. 1593": (mur du transept sud) et "N. ET. D. M. P. /FVRIC. R. /H. QVEMENER. F. 1712. (sacristie)" .

Un Tanguy QUEMENER est attesté à Kergonan lors de son décès  en 1832 , une Jeanne LE QUEMENER également à son décès en 1803, etc.

Rappelons que le sculpteur Roland Doré fut actif de 1618 à 1663. Parmi la centaine de croix et calvaires qu'il réalisa (cf. annexe), celui de Saint-Nicodème est l'un des 41 qui comportent en date. Il appartient au cercle plus réduit des 15 calvaires qui sont encore complets. L'artiste landernéen est ici au milieu de sa carrière.

Cette date de 1637 place le calvaire à une date postérieure à la construction de la chapelle  (avec ses chronogrammes 1592, 1593, 1607). Et postérieure aussi aux calvaires du bourg et de la chapelle Sainte-Barbe, de la fin du XVIe siècle.

 

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.
Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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côts et Fleurs de lys.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LA FACE OCCIDENTALE : CRUCIFIX, VIERGE, JEAN.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le Christ en croix.

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E. Le Seac'h et Yves-Pascal Castel ont  décrit les caractéristiques des Crucifix de Doré ; j'ai repris ces informations dans mes précédents articles sur les calvaires de cet artiste.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La Vierge.

Notez les pupilles creusées, caractéristiques de Roland Doré.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Jean.

Parmi les saint Jean de Roland Doré , il appartient à ceux (*) qui ont les deux bras croisés sur la poitrine (ici, c'est plus rare, main gauche en dessus), mais dont seul un pan du manteau est vertical, l'autre pan formant des plis obliques.

(*) avec Seznec  à Plogonnec, Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Vendal à Douarnenez, Saint-Claude à Plougastel, Tinduff à Plougastel, Moudennou à Dinéault, Sainte-Anne-la-Palud en Plonévez-Porzay, Cast, Saint-Nic.

De même, il appartient au groupe à  chevelure bouclée triangulaire, très caractéristique, en perruque comme sur les gisants  avec ceux de Seznec et Saint-Pierre à Plogonnec ; Commana ; Saint-Claude à Plougastel,  Tinduff à Plougastel ; Moudennou à Dinéault, Sainte-Anne-la-Palud en Plonévez-Porzay , Saint-Vendal à Douarnenez, Cast, Saint-Nic.

On remarque alors que toutes ces localités sont en Cornouaille, au sud de l'Elorn (et aucune en Léon), comme s'il y avait un sous-atelier chargé de ce secteur géographique. Mais il faudrait vérifier cela de façon plus approfondie.

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On retrouve le demi-sourire, —que je peux qualifié de "sourire de bienveillance" —, également vite reconnaissable.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le nœud du croisillon : inscription.

Elle occupe un carré et réserve quelques difficultés, car le sculpteur a employé le Q en forme de P rétrograde, ainsi que des lettres conjointes (deux lettres qui ont en commun une partie de leur corps).

Y QVE

MENER

FABRI

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Néanmoins, le sens est clair : Y QVEMENER FABRI, c'est à dire "Yves QUEMENER, fabricien".

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LA FACE ORIENTALE. SAINT PIERRE ET UN EVÉQUE (MÉEN ?).

C'est la face la plus ardue à photographier, car elle reste à l'ombre le matin.

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Saint Pierre.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Un évêque : saint Méen?

Je l'assimile à saint Méen (un abbé, et non un évêque) puisque, à Pléven (Plou de saint Méen), c'est l'éventualité la plus probable. Mais rien, dans cet évêque ou abbé, n'en permet la détermination (à la différence de la statue au dragon et au monopalium de l'église). Il bénit de la main droite et tient la crosse de la main gauche. Je remarque les plis tubulaires du surplis.

De la même façon que, sur les bannières, les brodeurs ont représentés un "saint évêque de la Réforme" stéréotypé pour représenter tous les différents saints patrons des paroisses, on peut penser que l'atelier reproduit un modèle type de saint évêque sans aucun attribut spécifique quelque soit le titulaire (exception à Saint-Vendal où saint Corentin porte son poisson).

On note que Nicodème n'est pas représenté sur ce calvaire.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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ANNEXE.

ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 98 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre.

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pierà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (v.1630) de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de Kerangal, Quimper pages 344-345.

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n399/mode/2up/search/plo%C3%A9ven

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, en ligne et interactif sur le site de la Société archéologique du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/ploeven.html

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

"En forme de croix latine avec chevet à pans coupés, c'est un édifice de construction soignée. Au chevet, la corniche au-dessus des trois fenêtres flamboyantes se relève ainsi qu'à l'église de Plomodiern ; on y retrouve les mêmes denticules. Le clocher, renversé par la tempête, fut refait ainsi que le pignon ouest en 1712 ; la chambre de cloche est amortie par un dôme. La porte en plein cintre est surmontée d'un fronton triangulaire brisé. Escalier sur le rampant sud. La porte du transept sud est en anse de panier avec des piédroits en nid d'abeilles ; sur cette aile se lisent deux inscriptions : "H. QVEM(ENER?). FA. 1593" et "I. DAVOL. FA. 1607". A droite de la porte sud, de même style que la précédente, on lit : "E. GOVRTE. FA. 1592." La sacristie octogonale, construite hors oeuvre à l'angle S.-E. du choeur, porte l'inscription : "N. ET. D. M. P. /FVRIC. R. /H. QVEMENER. F. 1712."

Mobilier : Trois autels : maître-autel à boiseries peintes du XVIIIè siècle. - Aux autels latéraux, retables du début du XVIIIè siècle, peints vers 1720-1725 par Jean Mozin, peintre et doreur de Quimper. Sur ces retables, outre les statues des saints Isidore (au nord) et Eloi (au sud), trois bas-reliefs polychromes évoquent la vie de chacun de ces saints. La date de 1829 sur l'autel de saint Isidore indique une restauration des peintures. Statues - en bois polychrome : saint Nicodème coiffé d'un turban et tenant la Couronne d'épines et deux clous (oeuvre de Pierre Le Déan ? - sur la console, un ange tient trois clous et un fouet), Christ en croix, Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Sikour, saint Isidore en bragou-bras, saint Eloi tenant le pied coupé du cheval ; - en pierre polychrome : autre Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Vertu, saint Alar ou Eloi à son enclume, XVIe siècle. 

Sur le placitre, calvaire de Roland Doré : inscription sur le socle : "M. S. H. MARSIN. R. /Y. QVEMENER. FA. 1637" et au-dessus du Crucifix : "QVEMENER. FABRI." Statues géminées sur les consoles.

Fontaine de dévotion : inscription sur le fronton : "M. Y. CV/ER. RECTEVR. /I. PRIGANT. /FABRIQVE. 1667", et statue de saint Nicodème avec la Couronne d'épines dans la niche. Naguère, le jour du pardon, les chevaux faisaient le tour de la chapelle puis allaient en procession boire à cette fontaine."

DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

— DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&NUMBER=3&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes 

 

LINTEAUX-DE-FRANCE : 58 inscriptions lapidaires de Ploéven

http://www.linteaux-de-france.com/show_cat_carte.php?vraicle=Plo%E9ven

 

PÉRÉNNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

 

"De mêmes dimensions que la chapelle Sainte-Barbe, la chapelle Saint-Nicodème comprend une nef, un transept, une abside à pans coupés. A l'extérieur, au sommet du croisillon Sud du transept, on lit : DAVOL . F A . 1607. Immédiatement au-dessous de cette inscription était fixé un cadran solaire, qui a disparu. Plus bas, au mur du transept : j . QVEMENEVR . FA . 1593. Sur la paroi latérale Sud de la chapelle : s. COVRIE . 1592. Au-dessus de la fenêtre de la sacristie : 1712. Le mur de l'abside est percé de trois fenêtres flamboyantes dont les arcades, terminées par une corniche moulurée, s'élèvent au-dessus de la toiture. Le clocher renversé par la tempête, fut refait, ainsi que le pignon Ouest de l'édifice, en 1712. Quatre portes donnent accès dans la chapelle. Au total Saint-Nicodème appartient au xvie et au début du xviie siècle, sauf les remaniements de la sacristie et du pignon Ouest en 1712. Le maître-autel, en granit revêtu de bois, semble du xviiie siècle. Derrière cet autel apparaît une grande statue en pierre de la Vierge : Intron Varia a guir vertu, Du côté de l'Evangile, c'est une autre statue en bois de Marie : Intron Varia Sikour ; du côté de l'épître, figurent un petit Christ assis, les mains liées , puis "saint Nicodème tenant la couronne d'épines et deux clous.

 Au croisillon Nord du transept on voit l'autel en pierre de saint Isidore, patron des cultivateurs. Le retable en est sculpté. II. présente en relief, le Saint, grandeur naturelle, en bragou-braz, un chapelet au bras droit, conduisant une charrue attelée de deux bœufs. Sur la gauche apparaît le manoir de son maître, à droite un parterre. Au-dessus de la scène, un ange montre le ciel, d'où s'échappent des rayons de lumière. De part et d'autre deux médaillons. Celui de gauche représente saint Isidore, les mains jointes ; l'homme et la femme qui se tiennent près de lui doivent être ses patrons. Dans Ie médaillon de droite, le saint, de son bâton, fait jaillir, devant son patron, une source du sol. Contre la paroi, un peu plus loin, est une belle statue en bois de notre saint, qui tient en main un instrument de labour. Le retable porte la date de 1829, qui marque une restauration. Au coin du croisillon est une grande statue en kersanton de Saint Alar ou Eloi, avec tenailles et enclume. I>u côté Midi le transept est réservé à saint Alar qui y a son autel, en granit revêtu de bois. Tout autour, dans des panneaux ou médaillons du retable, sont présentées, en relief, des scènes de Ia vie du Saint. Ici, costumé en évêque et accompagné d'un prêtre, il guérit un aveugle et un sourd ; plus haut il brise la corde et le carcan qui retenaient un jeune homme condamné à la potence ; là c'est une femme qu'il protège contre un oiseau de proie survolant la forêt. Plus loin il ferre un cheval dont il a détaché le pied ; ailleurs enfin, le Saint présente au roi Dagobert, entouré de ses gardes de corps, des ouvrages d'orfèvrerie .

Ici encore le retable présente la date de 1829, qui dut marquer un rafraîchissement de la peinture. A droite et à gauche, au fond du transept, sont deux bahuts, dont l'un est destiné à recevoir Ie beurre donné en offrande au jour du pardon de Saint Nicodème ; l'autre, à mettre les queues de cheval ou de vaches offertes en la même occasion. Ce pardon a lieu le deuxième dimanche après Pâques ; un autre pardon a lieu en l'honneur de Saint Isidore le cinquième dimanche après Pâques.

Dans le placitre du côté Midi se dresse un calvaire où nous lisons deux inscriptions : au-dessous du Christ : Y. QVEMENEUR . FABR i. — sur le socle : : M : G : H : MARZIN .. R . QVEMENEVR . FA . 1667.

La fontaine de dévotion se trouve à quelque 300 mètres, Sud-Est, de la chapelle. Une vieille route, aujourd'hui obstruée par Ies broussailles, y conduisait. La fontaine est maçonnée et présente l'inscription suivante : M : Y : CVER : RECTVER . i : PRIGANT ; FABRQVE : 1667. Une niche à l'intérieur contient la statue de Saint Nicodème, le front ceint d'un turban et tenant la couronne d'épines."

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven Calvaires Roland Doré
12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 10:58

Ploéven V : Les statues de l'église et ses inscriptions lapidaires (ou non), ses blasons.

 

 

 

 

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Sur Ploéven, voir :

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LES STATUES DE L'ÉGLISE.

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  • Saint Méen en abbé et le dragon de Saint-Florent, pierre polychrome, XVIe siècle, dans une niche à dais. Chœur.
  • Saint Corentin en évêque et son poisson, pierre polychrome, XVIe siècle. Nef, coté nord.
  • Saint Jean-Baptiste, bois polychrome, XVe ?, nef coté sud.
  • Christ aux liens, kersanton, chapelle sud.

sans oublier la Piéta du porche et la Déploration du chœur, déjà décrites.

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1°) Saint Méen en abbé et le dragon de Saint-Florent, pierre polychrome, XVIe siècle, dans une niche à dais. Coté droit du chœur.

Cette statue du patron de l'église est peut-être contemporaine de la Déploration de 1547, placée du coté gauche du chœur. 

Il tient dans la main gauche un livre, qui honore en lui le fondateur de l' abbaye éponyme (ou Saint-Jean de Gaël) en Ille-et-Vilaine. Le livre, la mitre,  la chape et son fermail sont enrichis de pierreries et orfrois. Il porte un surplis blanc frangé d'or au dessus d'une tunique longue, qui recouvre les chaussures.

Les plus attentifs remarqueront le gland doré de passementerie qui, aux poignets, traduit l'existence des gants (ou chirothèques), ou bien les deux anneaux passés aux majeurs.

Il est mitré et tient une crosse (en main droite) en tant qu'abbé.  Ce bâton pastoral est restitué et l'extrémité de sa hampe  ne parvient plus dans la gueule du dragon ailé qu'il terrasse.  C'est à Saint-Florent-de-Saumur, en se rendant à Rome, qu'il chassa le dragon qui infestait la région. Le dragon, au corps verruqueux, dresse une tête encore rebelle vers le saint mais c'est en vain qu'il tire sa langue rouge, car il est asservi par un collier doré, qui n'est autre que l'étole de Méen. (C'est le même motif hagiographique que pour saint Pol-Aurélien.)

La Vie de saint Méen  a d'abord été  rédigée en latin : on la trouve dans divers manuscrits du XIV et XVe.

  •   Bnf lat. 9889 f. 109v-121r , l'Orbituaire de saint Méen, postérieur à 1544 et repris dans Vita sancti Mewenni (BHL 5944). Il a été étudié par  Ch. POULAIN, ( mémoire de maîtrise d'histoire sous la direction de B. Merdrignac)
  • Bnf lat. 6003, f. 50r-52r (début XVe ) et Bnf lat. 9888, f. 52v-54v (fin XVe ), Chronicon Briocense (1389/94-1415/19)
  • Angers BM 115 (107), f. 354r-357v, bréviaire à l’usage de Saint-Méen, XIVe s.
  • Saumur BM 16, f. 316v-317r, Bréviaire à l’usage de SaintFlorent de Saumur, après 1450
  •  Rouen BM 215, f. 283v-284r, Bréviaire à l’usage de Saint-Florent de Saumur, XVe s.

 

Sous forme imprimée, on la trouve dans un bréviaire de Dol de 1519  (BNF Res. B-24022) . L'épisode du dragon est raconté ainsi :

Qui ad supplicationes predicte sanctimonialis inclinatus, petens ubi esset, dixit illa : « Domine, inter Sanctum Florentium, Clarum montem, et Naneticam civitatem. » Tune mane facto, ductores longe rémanentes ostenderunt manu ubi fore intendebant. Qui intrepidus serpentem aggrediens, in dominoque confisus, collum serpentis monopalio suo circumligans, eumque post se tanquam canem trahens, in Ligerim precipitavit, dicens : « Nusquam in perpetuum alicui créature noceas. »

Les effarouchés du latin vont trouver bientôt une traduction. Au contraire, les latinistes remarqueront le terme monopalium qui est un hapax (on ne le trouve que dans cette Vie) que du Cange comprend comme synonyme de « stola » et « manipulus ». Ce que Méen passe autour du cou du serpent, c'est le "monopale", rencontre de l'étole et du manipule, proche du sudarium. C'est là un point qui le distingue de saint Pol-Aurélien et dont Méen a le monopole.

Enfin , dans le BnF fr. 22321 page 657 se trouve la Vita sancti Mevenni que chacun pourra lire à loisir avant de retrouver le monopalium en haut de la page 661:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9062166p/f654.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9062166p/f661.image

 

 

 

Roland de Neufville, évêque de Léon en Basse-Bretaigne, fit écrire la Vita en français par Pierre Viel, docteur en théologie  : "La vie de sainct Méen, abbé au pays de Bretaigne, le 15 juin, mise en français du latin escrit à la main, pris des martyrologes et histoires anciennes dudict pays,". Le texte fut réédité en 1587.

 

 

« Une femme noble et riche, et qui faisait profession de religion estroicte, pour s’être consacrée au service de Dieu, elle soit garantie de la peur d’un horrible serpent, lequel faisait sa demeure en certain boccage, situé au plus beau endroit de ses terres et domaine. De façon que pour crainte de luy, ses terres n’estoient cultivées et desjà il avoit dévoré beaucoup d’hommes qui passoient leur chemin auprès. Le fidèle serviteur de Dieu ne refusa entreprendre cette commission, et d’autant que la lieu ou gisoit tel serpent estoit au destroit d’entre Saint-Florent et Clermont, sur le diocèse et chemin de Nantes, il se fit là conduire ».  (Récit du chroniqueur René Benoît, éditeur de la vie de Saint-Méen écrite par Pierre Viel, dans sa deuxième édition de 1587 )

Ce n'est qu'en 1637 qu'Albert le Grand publia sa Vie des Saints de la Bretagne Armorique à Morlaix : l'épisode du dragon de Saint-Florent y est narrée page 222  de l'édition de 1659 complétée par Guy Autret de Missirien.

 

"Ce serpent avait sa caverne en un détroit qui est près de l'abbaye Saint-Florent, sur le bord de la Loire. Saint Méen s'y fit mener, mais ses guides et le peuple qui le suivait pour voir l'issue de l'affaire, étant arrivés à vue du lieu, le lui montrèrent du doigt, n'osant en approcher plus près. Le saint Abbé fléchit les genoux en terre, et ayant fait sa prière à Dieu et célébré la sainte messe en l'église prochaine, s'en alla droit à la caverne du dragon, et lui commanda de sortir, ce qu'il fit incontinent, étincelant des yeux, froissant la terre de ses écailles et faisant un sifflement si extrêmement horrible que tout le pays voisin en retentit : il s'approcha de lui, et lui noua son étole au col, et le mena ainsi comme une bête domestique jusque sur les bords de la Loire, où il lui commanda de la part de Dieu de s'y précipiter, ce qu'il fit devant tout le peuple». C’est alors qu’il lui mit son étole autour du cou et le conduisit vers le fleuve où il lui ordonna de s’y jeter et de disparaître à jamais."

 

Voir :

— DUINE F. Bio-bibliographie de saint Méen. In: Annales de Bretagne. Tome 19, numéro 2, 1903. pp. 214-240; doi : https://doi.org/10.3406/abpo.1903.1175 https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1903_num_19_2_1175

— Le Huërou (Armelle), 2013, . De quand date la Vita S. Meuenni (BHL 5944) ?. Britannia Monastica, CIRDoMoC, 2013, Mélanges offert au professeur Bernard Merdrignac, 17. ffhalshs-01343276f

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01343276/document

 

— ​​​​​​BOURGÈS (André-Yves),, Le dossier littéraire des saints Judicaël, Méen et Léri, Corona Monastica, PUR

https://books.openedition.org/pur/20139?lang=fr


 

 

 

 

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Statue de saint Méen, chœur de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Statue de saint Méen, chœur de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Statue de saint Méen, chœur de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Statue de saint Méen, chœur de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Statue de saint Méen, chœur de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Statue de saint Méen, chœur de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Statue de saint Méen, chœur de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Statue de saint Méen, chœur de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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2°) Saint Corentin en évêque tenant son poisson, pierre polychrome, XVIe siècle. Nef, coté nord.

Si Méen a son monopalium, Corentin a son poisson, qui le nourrit miraculeusement durant son ermitage au pied du Ménez-Hom, à deux pas d'ici.

Les mêmes détails de paramentiques se retrouvent ici que pour saint Méen, même si la main droite de Corentin porte plus d'anneaux d'or.

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Statue de saint Corentin, nef de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Statue de saint Corentin, nef de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Statue de saint Corentin, nef de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Statue de saint Corentin, nef de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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3°) Saint Jean-Baptiste, bois polychrome, XVe ?, nef coté sud.

 

 

Bois polychrome. h= 90 cm, l = 40 cm, ep. = 20 cm. Anonyme, vers 1500 (?)

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Statue de saint Jean-Baptiste, nef de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Statue de saint Jean-Baptiste, nef de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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4°) Christ aux liens, kersanton, chapelle sud. 

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92 cm, pierre (kersanton?), XVIe siècle.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/statue-christ-aux-liens-eglise-saint-meen-ploeven/2ea91796-d9cf-4863-ae4a-f07d8bb3c491

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Christ aux liens, église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Christ aux liens, église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Christ aux liens, église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Christ aux liens, église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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INSCRIPTIONS PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE.

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Sur la Déploration du chœur : 1547.

Au sommet de l'accolade du porche ouest : 1574.

Sur un pilier nord de la nef sous la statue de Corentin : 1574.

Sur l'armoire à bannières : F : DVBLAIS : FAB : 1616.

Sur la fenêtre nord : 1635 : N : HEMON :FAB

Sur la fenêtre de la sacristie : [1680] M :G : MOENAN : RECTEVR / M. MAVGVEN : FAB 

Sur le clocher : I. BOVRVEAV :F 1735.

Sur la cloche : 1735.

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Au sommet de l'accolade gothique du porche ouest : 1574.

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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À l'intérieur, sur un pilier nord de la nef sous la statue de Corentin : 1574.

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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ARMOIRE À BANNIÈRE DE 1616.

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F. DVBLAIS . FAB . 1616.

Sans doute un François du Blais.

la famille BLAIS est attestée :

https://gw.geneanet.org/hamety?lang=en&pz=marc&nz=havet&p=marie&n=blais&oc=1

La famille BLAISE est attestée à Cast :

https://mbaudry13.pagesperso-orange.fr/fiches/fiche71.htm#f1423

On trouve aussi LE BLAIS; BLAIZE ; etc

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Au dessus de la fenêtre nord :

1635 : N : HEMON

: FAB

Notez les N rétrogrades.

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Peintures sur lambris du porche sud de 1660.

Ces peintures représentent les quatre docteurs de l'Église. Elles portent l'inscription suivante sous saint Ambroise et saint Jérôme :

Mre YVEZ SOLIEC : R

S : LE QUER-- : -LE

soit Messire Yves Soliec recteur,  et ???

Mais Jean-Marie Abgrall a lu en 1904 : Mre YVES SOLIEC :R : S : LE QUERRE : F :LAN 1660.

En 1940, Henri Pérénnès a lu : "Mre Yvez Soliec R. J. Le Querr. F. L'an 1660".

Yves SOLYEC ou SOLIEC fut recteur de Ploéven à partir de 1648. Il fit aussi faire en 1666 les lambris au dessus du chœur. Son vicaire était Yves MARZIN. H. Pérénnès indique : 

Yves Soliec etait originaire de Pluguffan, où i1 fut prêtre habitué et curé. Devenu recteur de Ploéven, ll venait souvent à Pluguffan à l'occasion de baptêmes, de mariages et d'enterrements. Ses parent habitaient à Kernizien une maison qui porte encore la date de 1503. La fondation de Jean Le Soliec, à Pluguffan, s'acquittait le jour de la fête de saint Cuffan, tantôt le 3, tantôt le 23 Octobre.

Le patronyme Le QUERRE se retrouve à Plomodiern en 1690.

https://mbaudry13.pagesperso-orange.fr/fiches/fiche69.htm

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Sacristie (1680)

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M: G : MOEN--- RE

CTEVR --------

M :MAVGVEN :

 FAB :

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Soit "Messire Guillaume MOENAN recteur, M. MAUGUEN Fabricien."

Le recteur Guillaume Moenan n'exerça son ministère à Ploéven qu'une seule année à partir du 19 août 1680. 'Il fit une fondation de deux lits sur les terres qu'il ajouta à la ferme et construisit la sacristie".

Le patronyme est attesté à Lennon, Châteauneuf-du-Faou, Plonévez-du-Faou, ...

La famille MAUGUEN, LE MAUGUEN ou LE MOGUEN est bien implantée à Ploéven.

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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CLOCHER : 1735.

I : BOVRVEAV : F  1735.

Ce nom est en relation avec celui de I. BOVRVOS mentionné sur la cloche de 1735 comme fabricien. Voir l'article dédié à cette cloche pour Jean BOURVEAU.

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Inscriptions de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Cloche : 1735

voir l'article dédié à cette cloche pour les noms du recteur Jacques Mazeo, du parrain PIERRE LAROUR, de la marraine MARIE MARZIN, du fabricien I. BOVRVOS et du fondeur I.B.B. de la RIVIERE (Jean-Baptiste La Beurriée de la Rivière). Voir l'article sur la chapelle Sainte-Barbe pour la mention du recteur Jacques Mazéo sur la sacristie.

Ploéven I. L'église de Ploéven, la cloche de 1735

La chapelle Sainte-Barbe de Ploéven. Son calvaire, son vitrail, sa statuaire, son Pardon.

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Cloche de 1735 de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Cloche de 1735 de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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LES BLASONS MARTELÉS.

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Données héraldiques.

http://tudchentil.org/spip/spip.php?article792

Les seigneurs prééminenciers ont été la famille Le Gentil, seigneurs de Barvédel en Ploéven, fondue en Hirgraz puis Le Chastel. Leurs armoiries d'azur au dragon volant d'or [alias d'azur au serpent vollant d'or] figuraient sur le vitrail.

Jean II Le Gentil (v.1400-v.1451), seigneur de Barvédel en Ploéven, épousa Marie de Lescuz (1405-1493), de gueules à 3 fers d'épieu d'argent.

Ils eurent deux fils : Guillaume, l'aîné, seigneur de Barvédel en Ploéven, et Yves, seigneur de Coëtinon en Plomodiern et de Pontlez en Quéménéven, qui fondit la branche des Le Gentil de Coëtninon.

De ces deux fils, Guillaume Le Gentil , seigneur de Barvédel en Ploéven est celui qui nous concerne ici. Il épousa Aliz de Pontlez.

 

 

Un Yvon Le Gentil, seigneur de Barvédel, connu en 1480, 1489 épousa Marguerite de Poules (d'argent au greslier de sable accompagné de trois molettes de même).

"Yves le Gentil sr de Barvedel vivoit aux anées 1480, 1483, 1489. Il espousa damoeselle Marguerite de Poulès (d'argent au grelier enguiché de sable accomp de 3 moletes de mesme) fille aisnée d'Yvon sr de Poullès & seur d'autre Yvon sr de Poullès qui décéda sans enfans l'an 1510, ledit premier Yvon filz d'autre Yvon de Poullès qui vivoit en l'an 1470, lequel estoit filz de Gefroy sr de Poullès qui vivoit en l'an 1450, filz d'Yvon sr de Poullès, duquel je veu acte de l'an 1426.

Yves le Gentil sr de Barvedel vivoit aux anées 1503, 1509 & recueillit la succession de Poullès (Poullès est une terre située en l'éveché de Cornouaille parroesse de Quemeneven soubs la juridiction de Chasteaulin à une lieue de Barvedel) l'an 1510. Il vivoit encore et se qualifioit sr de Poullès & de Barvedel l'an 1518. "

Yves  III Le Gentil (1481-1528 ? ), seigneur de Barvédel est l'époux le 1er avril 1476 de Louise de Tréanna (d'argent à la mascle d'azur), fille d'Alain de Tréanna, seigneur de Tresseaul.  Leur fille Louise, dame d'honneur d'Anne de Bretagne,  épousa au château de Blois en février 1507 en présence de la famille royale, Charles d'O, seigneur d'O, de Fresne et de Maillebois, premier écuyer de la reine Anne de France.

 

Son fils Jean III Le Gentil, seigneur de Bardevel en Ploéven et sieur de Pontlez en Quéménéven, grand Bailli de Cornouaille, décède en 1537. Sa veuve Louise de Tyvarlen 1485-1544  (d'azur à une tour donjonnée d'une tourelle d'or) décède en 1544.

Dans la période 1547-1574 des premières datations de cette église, nous trouvons dans cette famille :

Jean IV Le Gentil (v. 1500-1562), fils de Jean III  et époux de Louise Quelennec (D'hermines au chef de gueules chargé de trois fleurs-de-lis d'or) . Sans descendance. En 1540 Jean le Gentil en rend aveu et en 1569, son frère Louis Le Gentil est son héritier (ADLA, B 1152).

Louis Le Gentil , frère et héritier des titres du précédent, meurt en 1571 sans descendance.

—  Jean Le Gentil, autre fils de Jean III, est recteur de Cast et de Plogonnec (1532).

— Marguerite Le Gentil, fille de Jean III, hérite du titre. Elle épouse Jehan de Hirgarz, seigneur de Hirgarz en Crozon, qui porte d'or à trois pommes de pin d'azur

Puis vinrent Jean de Hirgarz leur fils qui épouse Catherine de Kerlec'h, Maurice leur petit-fils qui épouse Marie de Kerléan et Alain leur arrière-petit-fils, qui n'épouse personne. Il meurt en 1647. La seigneurie passe alors à la famille du Chastel (fascé d'or et de gueules). Le manoir de Hirgarz à Crozon porte aujourd'hui un blason mi-parti Hirgarz/Chastel.

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=557

Par ailleurs :

— Les armoiries pleines des Le Gentil se trouvent sur le calvaire de la chapelle sainte-Barbe en Ploéven.

—Les armoiries écartelées se trouvent sur la maîtresse-vitre de Notre-Dame de Quillidoaré en Cast :

http://www.lavieb-aile.com/article-vierges-allaitantes-iii-quillidoare-a-cast-la-chapelle-et-les-vitraux-98057206.html

 

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Extérieur. Porche ouest, de chaque coté de l'accolade du porche.

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A gauche, nous pouvons imaginer un greslier.

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Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Du coté droit.

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Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Pignon est.

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Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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À l'intérieur de l'église, pilier du chœur coté sud.

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Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Blasons de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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À l'intérieur de l'église, pilier du chœur coté nord : un calice et un ? livre.

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Marque ecclésiastique de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Marque ecclésiastique de l'église Saint-Méen de Plouéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de Kerangal, Quimper pages 344-345.

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n399/mode/2up/search/plo%C3%A9ven

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

— RAVRAD (Guy-Jean), Saint-Cellier fondateur d'un prieuré au Cellier vers 600.

 https://www.lecellier.fr/decouvrir-et-sortir/patrimoine-et-tourisme/tourisme/sites-et-monuments/saint-meen/

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes 

 

LINTEAUX-DE-FRANCE : 58 inscriptions lapidaires de Ploéven

http://www.linteaux-de-france.com/show_cat_carte.php?vraicle=Plo%E9ven

 

PÉRENNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven Inscriptions
9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 20:33

Ploéven IV. Les Pietà de l'église : celle du calvaire et celle du porche. Le Christ mort assis au sol, jambes à l'équerre.

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Sur Ploéven, voir :

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PRÉSENTATION.

Outre la Déploration de 1547, qui peut aussi être désignée sous le nom de "pietà à quatre personnages", l'église de Ploéven possède deux Vierges de Pitié. L'une, évidente, se voit au pied du calvaire du placître. L'autre, plus petite et discrète, est placée au dessus de la porte d'entrée, sous le porche. Cette proximité permet de comparer deux postures différentes du Christ mort.

Dans la première, il est assis à terre, le dos soutenu par la jambe de sa Mère, et les jambes à l'équerre par rapport au tronc. La tête est renversée en arrière, la face tournée  vers le ciel. Le bras droit pend, parallèle à la jambe de Marie, l'aisselle appuyée sur son genou. Le bras gauche, fléchi, place la main contre le flanc.

C'est une posture  rarement rencontrée. La sculpture y est globalement construite sur la forme d'un triangle isocèle (la Mère enveloppée dans son manteau), triangle sur lequel s'inscrit la ligne brisée, presque en L, de son Fils. 

À y regarder de près, les deux jambes ne sont pas parallèles, la jambe gauche est un peu fléchie, et la pointe du pied s'abaisse, tandis que la pointe du pied droit s'élève comme sous l'effet d'un spasme. 

Quoique mort, le corps du Christ semble se tendre et son visage clamer une douleur intolérable. Tout, dans la Mère, est rondeur, silence, résignation passive et muette ou chagrin intériorisé, le ruissellement des étoffes exprimant seul l'effusion retenue des larmes. Tandis que l'angulation des membres et du tronc du Fils trace  les signes graphiques  d'un cri.

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Dans la deuxième pietà, les deux genoux de Marie portent le tronc, le bassin et les cuisses du Christ , alors que le bras droit pend le long de la jambe droite et que les jambes pendent de l'autre coté La forme générale reste  en triangle, mais celui-ci est  plus haut, plus aigu. Le corps du Christ prend la forme d'un U renversé qui a perdu tout dynamisme

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1. La pietà du calvaire.

Dimension  h = 111, la = 85. Kersanton a priori ( la coloration rougeâtre de la pierre disparaît au niveau du visage par exemple) . Main de Marie partiellement brisée.

Rien  n'affirme qu'elle appartient dès l'origine au calvaire, et qu'elle a été sculptée par le même artiste. 

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Calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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La Vierge, assise,  est voilée par son manteau et porte la guimpe. Ses mains sont croisées. Ses yeux sont ouverts, et sa bouche est entrouverte. Le visage triangulaire, aux narines larges, est juvénile. La robe apparaît au niveau des manches, qui sont larges, plissées, et peut-être dotée d'un bouton rond. 

Le Christ est assis sur le manteau de sa Mère, lequel trace des indentations en coquille d'huître. La main droite repose sur la chaussure de la Vierge. 

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Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du calvaire, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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2. La pietà du porche.

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Pietà du porche, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du porche, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du porche, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du porche, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du porche, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pietà du porche, église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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3. Autres exemples de pietà Christ "jambes à l'équerre".

— Cast, chapelle de Quillidoaré, calvaire. Milieu XVIe siècle. Les jambes sont croisées (droite au dessus de gauche), les pieds sont parallèles. Tronc adossé au genou droit de Marie, tête tournée vers le ciel. Le caractère naïf de cette posture du Christ y est le plus prononcé.

— Locronan, Pénity : Déploration à 6 personnages (vers 1520). Les jambes sont petites (jambes = hauteur assise). Les pieds sont parallèles.

— Pont-L'Abbé. Pietà vraie (Mère + Fils) du XVIe siècle. Jambes parallèles, pieds parallèles.

— Landudec. Pietà en bois polychrome, non daté.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Statues_of_Piet%C3%A0_in_Finist%C3%A8re#/media/File:IMGP7212c.jpg

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On imagine l'intérêt de suivre ce fil thématique afin de voir la distribution géographique et temporelle de ce motif.

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 Cast, chapelle de Quillidoaré, calvaire. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Cast, chapelle de Quillidoaré, calvaire. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Déploration (vers 1520), Locronan, chapelle du Pénity. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Déploration (vers 1520), Locronan, chapelle du Pénity. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Pont-L'Abbé, église des Carmes. Photographie lavieb-aile.

Pont-L'Abbé, église des Carmes. Photographie lavieb-aile.

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Pour mémoire, et pour compléter ce survol, voici la disposition de la Déploration de l'église de Ploéven.

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Déploration (kersanton polychrome, 1547) de l' église de Ploéven. Photographie lavieb-aile .

Déploration (kersanton polychrome, 1547) de l' église de Ploéven. Photographie lavieb-aile .

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.  numéro 69 de la revue Minihy-Levenez de juillet-août 2001. L'auteur y étudie une centaine de Pietà et de Déplorations.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/204bbff59e0b1d6cf65264a34d22701f.pdf

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes 

 

Wikipédia, collection de 80 Pietà

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Statues_of_Piet%C3%A0_in_Finist%C3%A8re

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven Pietà et Déplorations
9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 18:52
L'église de Ploéven et son cimetière aujourd'hui aménagé. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

L'église de Ploéven et son cimetière aujourd'hui aménagé. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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DESCRIPTION.

 

C'est un calvaire de 6 mètres de haut débutant par trois degrés de granite (le premier doté d'une corniche) et un socle cubique à pans coupés. Puis s'élève le fût chanfreiné qui supporte le chandelier gris sombre (en kersantite) du crucifix et du croisillon à deux groupes de statues géminées associant saint Jean avec saint Pierre et la Vierge avec Marie-Madeleine. Le croisillon est à culots et à bras feuillagés, tandis que la croix est fleuronnée de boules godronnées. Sous le nœud sont sculptés, vers l'ouest, la Sainte-Face, et, vers l'est, un ange tenant les clous de la Passion. L'ensemble réunit une dizaine de pièces de kersantite, parfois brisées, la croix étant consolidée par des arceaux de métal.

 La hauteur exacte est de 6,36 m, celle des statues géminées de 0,80 m environ.

L'une des originalités de ce calvaire repose sur les anges recueillant le sang du Christ dans des calices : si les deux anges placés au pied de la croix sont habituels, ceux des cotés, qui volent, sont supportés par des branches qui partent de la base de la croix et rejoignent la traverse ; et ces anges-ci tiennent les pans  du pagne.

Comme c'est souvent le cas, les statues géminées n'ont pas été remontées convenablement, et la Vierge, qui se doit d'être à la droite du Christ, se retrouve à sa gauche, inversant les prééminences avec saint Jean. Pour une fois, nous avons un témoignage ancien de la disposition ancienne, sous la forme d'un texte d'archive de 1735 mentionnant comment, lors d'une tempête, ce groupe Jean/Pierre a été abattu :   "Le neuf février mil sept cent trente cinq il y eut une si grande tempête pendant 24 heures que la curie et la pierre triangulaire vinrent à bas vers les trois heures après midy et les deux images qui sont st Pierre et st Jean placés du coté gauche sur la croix dans le cymetière ". Il reste à comprendre ce que l'auteur entend par "du coté gauche"...

Le calvaire est classé au titre immeuble à la date du 28 octobre 1926.  Nous disposons d'une description de 1980 (sur laquelle je me base)  par Yves-Pascal Castel dans son Atlas (désormais en ligne), et d'une description de 1978 pour l'Inventaire général  IM29001377 par Jean-Pierre Ducouret et Claude Quillivic. 

Chacun des calvaires bretons possède son intérêt. Mais ce calvaire n'est pas attribué à un auteur particulier (même si Ducouret et Quillivic estiment que "Les figures sculptées qui ornent le Calvaire, sont l'oeuvre de l'auteur ou de l'atelier ayant exécuté le Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe en Ploéven". Il ne porte ni inscription, ni élément héraldique, ni date. Y-P. Castel le date "vers 1550" (et c'est la date approximative du début de construction de l'église, dont la Déploration date de 1547). Alors, quel intérêt ? Ce sera l'examen rapproché de chaque statue qui nous le dira peut-être.

C'est la Vierge de Pitié (ou Pietà) qui m'a retenu d'avantage, par un motif iconographique singulier, celui du Christ aux jambes "à l'équerre". Je lui consacrerai un article propre.

Contexte comparatif :

Les autres calvaires de la paroisse sont celui de la chapelle Sainte-Barbe, de 1585, anonyme et celui de la chapelle Saint-Nicodème, de 1637 par Roland Doré .

Les autres calvaires des paroisses voisines sont ceux de Cast (église, 1660 par Roland Doré , et chapelle de Quillidoaré vers 1550 atelier Fayet ?), de Sainte-Anne-La Palud (1630-1656 par Roland Doré), de Saint-Nic (église vers 1630, chapelle Saint-Jean  1645 et  chapelle Saint-Côme vers 1630 par Roland Doré), et de Sainte-Marie du Ménez-Hom 1554 et 1630 par Roland Doré).

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LA FACE OCCIDENTALE : LE CRUCIFIX ENTRE SAINT JEAN ET LA VIERGE.

 

 

 

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le Christ en croix et les anges hématophores.

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La tête du Christ, longiligne, est légèrement penchée sur la droite. Elle est couronnée d'épines semblables à des maillons de chaîne. La moustache débute sur les ailes du nez, la barbe aux contours doux et arrondis dessine des mèches finement bouclées.

Le pagne est une étoffe dont les pans se croisent au centre avant de s'échapper en ailes de chaque coté.

L'ange de notre gauche, aux cheveux en boule, tient deux calices, l'un sous la main droite et l'autre pour le sang qui s'échappe de la plaie du flanc. 

L'autre recueille dans son calice le sang de la main clouée à la traverse, tandis qu'il maintient le pan du pagne.

Deux anges sont aux pieds, avec chacun un calice.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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La Sainte-Face (ou Voile de Véronique).

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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La Vierge.

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La tête, légèrement inclinée, les yeux ouverts, la bouche entrouverte, est recouverte par le manteau et entourée d'une guimpe.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

 

 

 

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Saint Jean.

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Jean, imberbe bien-sûr, incline légèrement la tête. Ses cheveux mi-courts sont bouclés. Il porte un manteau à gros plis cassés et bouffants d'où s'échappent les deux mains croisées. Sa robe remonte jusqu'au ras du cou en un bourrelet, lequel se prolonge autour de la fente pectorale qui forme une boucle autour d'un bouton. 

 

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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LA FACE ORIENTALE : SAINT PIERRE ET MARIE-MADELEINE.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Sainte Marie-Madeleine.

Tête brisée, restaurée.

La jambe droite est avancée, comme saisie lors de la marche du matin de Pâques.

Elle tient le flacon d'aromate au couvercle entrouvert.

Le manteau épais, serré par un fermail, aux plis lourds formant des torons autour du poignet gauche s'affine autour de la tête pour former une coque aux plis cassés sinueux. Vue de profil, cette coiffure évoque la cape de deuil des femmes bretonnes par sa découpe près de l'angle de la mâchoire. 

Le cou est couvert par une guimpe. La robe comporte un corselet lisse et serré mais aux manches larges aux épaules et aux poignets puis une jupe à plis légers.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Saint Pierre.

Il est pieds nus, il tient la clef dans la main gauche et le pan de son manteau dans la droite. Le visage est lourd, au nez  massif et les traits ne sont pas affinés par la moustache torsadée qui débute, selon une mode (capillaire ou iconographique?), des coins des narines. La barbe laisse pendre de grosses mèches en virgule devant le menton. Le toupet frontal (l'un des attributs dont on orne la calvitie  du saint) se compose de deux houppes.

Le manteau est ample et évoque une étoffe épaisse. La robe aux plis tubulaires se ferme, comme celle de saint Jean, au ras du coup par un bouton serrant une courte fente (c'est là un détail qu'affectionnent les frères Prigent de Landerneau, mais sans que nous retrouvions leur style, plus fluide). 

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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L'ange tenant les clous et le flagellum.

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Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Le calvaire (kersanton, vers 1550) de l'église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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CONCLUSION.

Malgré une parenté thématique avec le calvaire de la chapelle Sainte-Barbe (anges hématophores reliés aux pans du pagne, ange aux instruments de la Passion du nœud, etc.), les personnages possèdent plus de différences que de points communs.

La datation proposée par Y-P. Castel (vers 1550) peut-elle être maintenue ? Cela fait de ce calvaire le contemporain de la Déploration de 1547, laquelle permet les comparaisons entre les quatre personnages du Christ, de la Vierge, de Jean et de Madeleine.  Le sculpteur est-il le même ? 

L'hypothèse d'une attribution à un atelier proche de celui de Bastien et Henri Prigent (déjà évoquée à propos des larmes de la Déploration) doit-elle être approfondie ?

C'est en mettant en ligne des documents iconographiques suffisamment détaillés que ces questions pourront être étudiées par les personnes compétentes.

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SOURCES ET LIENS.

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CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.  numéro 69 de la revue Minihy-Levenez de juillet-août 2001. L'auteur y étudie une centaine de Pietà et de Déplorations.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/204bbff59e0b1d6cf65264a34d22701f.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, actuellement en mode participatif sur le site de la Société archéologique du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/ploeven.html

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

—  DILASSER (Maurice), 1979,  Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ; Nouvelle Librairie de France., page 521.

INVENTAIRE GENERAL, IM 29001383, Jean-Pierre Ducouret et Claude Quillivic 1978

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&NUMBER=51&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes .

 

PÉRENNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

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7 juin 2019 5 07 /06 /juin /2019 11:16

Ploéven II. L'église de Ploéven, la Déploration (pierre polychrome, 1547 ).

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Sur Ploéven, voir :

Sur les Déplorations du Finistère :

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Et aussi :

 

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PRÉSENTATION.

En histoire de l'art, on donne le nom de Déploration aux représentations des lamentations au pied de la Croix réunissant la Vierge, saint Jean, Marie-Madeleine, parfois  les autres Sainte Femmes, Nicodème et Joseph d'Arimathie, et on réserve le terme de Pietà aux représentations isolées de la Vierge et du Christ. Cet usage ne faisait pas consensus au moment où Yves-Pascal Castel a écrit son article sur les Pietà du Finistère. 

Il s'agit ici d'une Déploration à quatre personnages, la Vierge, tenant sur ses genoux son fils mort, étant entourée de saint Jean et de Marie-Madeleine. Le bloc sculpté en une seule pièce porte sur son socle l'inscription de la date,  M Vcc XLVII , soit 1547. Il est placé dans une niche en bois polychrome, dont seul le dais est aujourd'hui sculpté et doté de pilastres. Le fond de cette niche est peint en bleu à larmes blanches. 

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On notera l'intérêt de cette date de 1547, puisque c'est la plus précoce parmi toutes celles qui sont portées en inscriptions dans et sur cette église ; elle est antérieure à celle de 1574 du pilier nord.

Dimensions : 132 cm de haut, 115 cm de large , 88 cm de profondeur. (source : Inventaire)

Matériau : granite (source : Inventaire)

Classé au titre d'objet 1924/08/30

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Le bloc de pierre  est posé sur une large console de pierre portant l'inscription en lettres gothiques  MARIA : MATER : GRATIE : TU : NOS : ABHOSTE : PROTEGE . On reconnait là un extrait de l'hymne parfois attribuée à Venance Fortunat  (VIe siècle) :  "Marie, Mère de la Grâce, protège-nous de l'ennemi.". Cette citation partielle a servi d'invocation de protection sur des images, gravée sur des médailles, ou inscrite sur une cloche, parfois complétée de "et in hora mortis suspice",  afin d'être protégé de tous les dangers, et en tout premier bien-sûr de celui de la mort brutale, même si le terme HOSTE désigne en réalité l'Ennemi, le Mal.

(Jean-Marie Abgrall, en 1897, a relevé presque correctement l'inscription [GRATIAE au lieu de GRATIE], Henri Pérénnès la relève sans faute, René Couffon a omis MARIA placé dans l'angle et n'a pas transmis la ponctuation par deux-points, Maurice Dilasser a lu FIT au lieu de UT. Les auteurs de l'enquête de 1978 pour l'Inventaire général cumulent les fautes en donnant "MATER GRATIAE TU NOS AB HOSTE PROTEGE ").

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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La partie inférieure est ornée d'une frise à rinceaux épineux dont les tiges s'échappent d'un masque à grandes oreilles.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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LES PERSONNAGES.

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Le Christ.

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Il faudrait continuer à classer les Pietà et les Déplorations, comme Debidour et Castel,  selon la posture du corps du Christ. Le site Wikipédia qui réunit 80 pietà du Finistère est, en ce sens,  précieux.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Statues_of_Piet%C3%A0_in_Finist%C3%A8re

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Je définirai cette posture par le schéma suivant. Le corps trace un arc  brisé, cambré autour du genou de Marie, tandis que les bras forment avec cet axe  une croix rappelant la Crucifixion.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Les autres personnages.

L'élément le plus remarquable est sans doute la présence de trois larmes verticales s'écoulant de chaque œil de la Vierge. On sait que c'est un des traits caractéristiques des sculpteurs Bastien et Henri Prigent, actifs dans le Léon et en Cornouaille à partir de leur atelier de Landerneau entre 1527 et 1577, et auteurs de la Déploration de Saint-Nic, paroisse  proche de Ploéven. Je renvoie à l'article sur cette œuvre pour l'analyse du style de l'atelier et sur le "don des larmes".

Ici, les larmes sont plus discrètes, et elles ne coulent pas des yeux de Jean et de Marie-Madeleine. Emmanuelle Le Seac'h ne décrit pas, dans son ouvrage sur les sculpteurs de Basse-Bretagne, cette Déploration de Ploéven, et ne la place donc pas dans son catalogue raisonné des œuvres attribuables aux Prigent. Cette attribution reste donc en suspens en attendant de nouveaux experts.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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Marie -Madeleine  porte un voile qui entoure entièrement son visage juvénile. Elle tient dans la main gauche le flacon d'aromates destiné à l'embaumement. Si j'interprète correctement  l'objet brun qu'elle tient dans sa main droite et s'il s'agit bien d'un voile, ou mouchoir, dont elle essuie ses yeux, cela participe à nouveau de cette esthétique de l'effusion  et de ce mysticisme des larmes propre à ce thème, notamment chez les frères Prigent.  

On retrouve les larmes, et le geste d'essuyage des yeux éplorés, dans le retable en bois de Bodilis, du XVIe siècle, et le mouchoir sans les larmes dans le groupe sculpté en pierre du Pénity de Locronan.

C'est l'époque (1524, 1530) où Joos Van Clève peint sur ses Déplorations les larmes de la Vierge et de Marie-Madeleine.

https://www.anticstore.com/deploration-christ-entourage-joos-van-cleve-vers-1530-60226P

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=24144

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=obj_view_obj&objet=cartel_24144_24893_p0005495.002.jpg_obj.html&flag=false

Auparavant le Maître de Chaource (assimilé à  Jacques Bachot (actif en Champagne et en Lorraine entre 1493 et 1526) réalise des Déplorations et Mise au Tombeau reprenant ce geste d'affliction.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_de_Chaource#/media/Fichier:D%C3%A9ploration.JPG

La Déploration, groupe sculpté de l'église Saint-Jean-au-Marché de Troyes

http://inventaire-patrimoine.cr-champagne-ardenne.fr/dossier/groupe-sculpte-christ-mort-soutenu-par-la-vierge-saint-jean-et-marie-madeleine/e3a290d9-fd0c-4b3f-b1c9-78aee2d6b04f#description

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_de_Chaource#/media/Fichier:D%C3%A9ploration.JPG

Voici ce qu'écrivait Yves-Pascal Castel en 2001 :

"LES LARMES DE MARIE On sait combien le Moyen Age a apprécié le don des larmes, un don que des temps prétendument policés se sont ·attachés à refuser. Nos sculpteurs sur pierre du XVIe siècle, dans les ateliers de kersanton, pour mieux marquer la douleur de la Vierge et parfois celle des personnages qui l'assistent dans les grandes Pietà, quant à eux, se sont emparés de ce moyen expressionniste fort populaire, n'hésitant pas à sculpter sur les joues des larmes en relief. Coulant sous les paupières, ces larmes marquent le haut de chaque joue d'un triple jet, formé de traits bien symétriques. A Brignogan, Chapelle-Pol , à La Forest-Landerneau, au Bourg-Blanc, Saint-Urfold, à Plomodiern, Sainte-Marie du-Ménez-Hom, à Lothey, croix de Kerabri, dont nous avons parlé plus haut. A Plouvorn, Lambader la Vierge de Prigent élargit ses larmes en gouttes qui s'étalent sur les joues. On remarque, dans la grande Pietà de Plourin-Ploudalmézeau que si les quatre personnages d'accompagnement portent les mêmes triples larmes, en flots exactement mesurés, la Vierge en a le visage tout couvert, de la même manière qu'en avait usé le sculpteur de la pietà du calvaire du Folgoët, un siècle plus tôt. Les larmes qui ne sont pas en relief sur les statues en bois viennent agrémenter la polychromie, à Logonna-Daoulas et au Huelgoat. Ces larmes peintes coulent de manière naturelle et réaliste sur le visage penché de la Vierge de Pencran. Alors que ces larmes peintes sont plutôt rares, on les voit dans la très belle Pietà de Plouarzel où la Vierge approche de sa joue un grand mouchoir pour les sécher."

 

 

 

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Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

Déploration (1547), église de Ploéven. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.  numéro 69 de la revue Minihy-Levenez de juillet-août 2001. L'auteur y étudie une centaine de Pietà et de Déplorations.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/204bbff59e0b1d6cf65264a34d22701f.pdf

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

—  DILASSER (Maurice), 1979,  Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ; Nouvelle Librairie de France., page 521.

 

—  ESCHER (Conrad) 1912, : Le tombeau de saint Ronan à Locronan Le Tombeau de Saint-Ronan à Locronan, par Conrad Echer (traduction de l’allemand) Abbé PhilipponPages 123 à 154 (B.S.A.F. 1912 tome 39) file:///E:/blog/saf1912_0189_0228.pdf

— GENDRY (Mickaël) 2010, « Les minihis en Bretagne entre le ixe et le xiie siècle : des territoires monastiques sacralisés ? », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest [En ligne], 117-2 | 2010, mis en ligne le 10 juillet 2012, consulté le 15 novembre 2017. URL : http://abpo.revues.org/1766 ; DOI : 10.4000/abpo.1766

— INVENTAIRE GENERAL, IM 29001383, Jean-Pierre Ducouret et Claude Quillivic 1978

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&NUMBER=51&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes 

— NAGY (Piroska), 2000, Le Don des larmes au Moyen-Âge : un instrument spirituel an quête d'institution (Vie-XIIIe siècle, Albin-Michel.

 

— PÉRENNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

— Wikipédia, collection de 80 Pietà

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Statues_of_Piet%C3%A0_in_Finist%C3%A8re

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Published by jean-yves cordier - dans Déplorations Ploéven
6 juin 2019 4 06 /06 /juin /2019 20:55

Les peintures sur lambris (1676) de l'église de Saint-Divy: la Vie de saint Divy.

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 Sur l'église de Saint-Divy, voir aussi :

Sur les lambris peints figurés  , voir dans ce blog :

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Et on pourra visiter aussi des lambris peints figurés à :

 

  • Mûr-de-Bretagne : chapelle Sainte-Suzanne. Accusation et condamnation de sainte Suzanne (chœur) et Passion (nef).
  • Saint-Barthélémy : chapelle Saint-Adrien. Martyre de saint Adrien (chœur)
  • Douarnenez : chapelle Saint-Michel. Voûte peinte de 56 panneaux inspirés par les taolennou de Michel de Nobletz. 1667.
  • Carnac, église Saint-Cornély. Vie de saint Corneille (nef) par Jean-Baptiste Le Corre v. 1716.
  • Ploerdut :  peintures par Jean-Baptiste Le Corre v. 1716
  • Plougrescant : chapelle Saint-Gonery
  • Ploéven, église Saint-Méen . Passion

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On sait que saint Divy est le fils de sainte Nonne. Pour témoigner de sa vie, l'artiste qui a peint en 1676  la voûte lambrissée de l'église de Saint-Divy ne s'est pas inspiré de la Buez Santez Nonn ou Vie de sainte Nonne composée  en Bretagne (vers 1588 par un moine augustin de l'abbaye de Daoulas ?), mais d'une version de la Vita sancti Dauid siue Dewi episcopi et confessoris, écrite par le moine gallois Rhygyfarch à la fin du XIeme siècle , en reproduisant parfois mot pour mot la formulation. On y relève des noms que ne connaît pas la Buez, comme Teraeus, Port Maugan, Belve, Mobus, Brevy. 

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LES LAMBRIS PEINTS DE L'EGLISE SAINT-DIVY.

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Il s'agit de six panneaux de 10 m2 en bois résineux :

 

"Le lambris de plafond au-dessus du choeur de l'église de Saint-Divy relate en six grands panneaux de peinture sur bois la vie de saint Divy, le patron local. La qualité de l'oeuvre, composition, couleur, mouvement, fait regretter que le peintre, qui n'a pas négligé de dater son oeuvre (1676), ait omis de la signer. On peut penser qu'il s'agit d'un peintre local, venu de Saint-Pol-de-Léon, de Morlaix ou de Lesneven.

On connaît mieux les restaurateurs des peintures, du moins les plus récents. Une inscription relevée sur le dernier panneau fait état de la restauration faite en 1961 : NETTOYE ET RESTAURE PAR PENICAUD EN 1961. Suite aux travaux exécutés récemment sur la charpente, le lambris a été déposé, traité et replacé en 1998, par l'entreprise Art et Bâtiment d'Issoire.

   Les six grands tableaux sont simplement séparés par le couvre-joint du lambris en voligeage jointif. Chacun d'entre eux remplit ainsi l'espace, sous un couronnement en forme de large dais flottant qui revêt l'allure d'un grand fronton architecturé. Sous sa corniche pendent des draperies, rouges, bleues ou blanches, aux pans volants, les dernières terminées par de gros nœuds, comme un manteau de théâtre à l'italienne. Deux douzaines d'angelots, auxquels s'ajoutent ceux qui volètent dans la gloire autour du Christ diffusent partout une note de franche jubilation. Sur  les ailes du fronton ils déroulent des partitions, tiennent en main la flûte, embouchent la trompette, ou pincent le luth. S'accrochant aux rideaux sous le cintre des deux premiers tableaux, deux angelots énoncent des prophéties écrites sur des banderoles tandis que les autres cueillent des roses qui leur échappent parfois des mains en pluie céleste.

Les épisodes de la vie de saint Divy, à partir de la gauche au fond du chœur, se succèdent de manière ingénieuse, la chronologie des événements s'entremêlant à leur signification symbolique.

Ainsi, rappelant les prophéties faites trente ans avant la naissance du saint, Xanthus, averti de la venue au monde de son fils fait face à l'injonction divine faite, dans le même temps, à Saint Patrick de passer en Irlande pour céder la place à saint Divy. La venue au monde de l'enfant, suite à la rencontre de Xanthus et de Nonne, fait face à sa dernière heure, conjuguant ainsi sa vie et sa mort. Le baptême de saint Divy, où la vue est rendue au parrain aveugle relié à la prédication du saint au concile de Brévy, associe l'illumination baptismale à l'éclat de la vérité qui terrasse l'hérésie. ·

Les légendes développées, en latin dans l'architrave, en français dans les cartouches du bas, les phrases inscrites sur les banderoles, les précisions qui émaillent les scènes sont autant de clés explicatives qui ouvrent à l'interprétation de ce qui est donné à voir. Ici, il n'y a guère à chercher, malgré quelques difficultés de lecture, d'autres explications que celles qui sont fournies par l'oeuvre elle-même qui prend son origine dans la Vie galloise de saint David. Il suffit de lire et de tout transcrire jusque dans le moindre détail." (Y-P. Castel)

 

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I .  Le songe de Xanthus annonçant  la naissance de Divy et les trois dons lors d'une chasse .

En haut à gauche, sous un dais rouge, le roi Xanthus, père de Divy, fait un songe, entouré de ses courtisans.

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Inscription dans le cartouche noir au bas du tableau :

"L'ange apparaît à Xanthus, roy de Walles, père de Monsievr Sainct Divy et lui annonce qve le lendemain, chassant, il rencontrerait vn cerf, vn poisson et vn essaim d'abeilles qui pronostiqueraient la sainteté de sainct Divy son fils. Le cerf pronostiqverait son zèle, le poisson son avstérité et l' abeille sa sagesse."

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CLIQUEZ SUR LES IMAGES.

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Attention, ici, "David" désigne le prénom Divy.

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Inscription sur la corniche cintrée :

SANCTVS DAVID VVLGO DIVI.AB.ANGELO.PAEDICITVR / TERDENIS.PRIVSQVAM. NASCITVR ANNIS.

"S(anc)tvs David, vulgo Divi ab angelo paedicitvr terdenis privsquam nascitvr annis."

(Saint David, appelé couramment Divi, est annoncé par un ange trente ans avant sa naissance). "

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Sur le phylactère tenu par les anges :

CRAS EXPERGE FACTVS VENATVM IBIS ET INVENIES TRIS DONA IVXTA AMNEM TERAEI CERVVM SCILICET PISCEM ET APVM EXAMEN QVAE DIVI VITAM PRAENVNTIANT

 "Cras experge factvs venatvm ibis et invenies tris dona ivxta amnem Teraei, cervvm scilicet piscem et apvm examen qvae Divi vitam praenvntiant".

(Demain, à ton réveil, pars à la chasse. Tu trouveras trois dons près du fleuve Téréus, à savoir un cerf, un poisson, un essaim d'abeilles, qui présagent la vie de David).

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Au-dessus de Xanthus étendu sur sa couche :

"Xaqto Patri" (à Xanthus, le père).

Au-dessus et en dessous du monastère :

"Monasterivm trivm donorvm" (le monastère des trois dons).

Au pied de l'arbre :

"His mvneribvs innotvit" (il comprit (le songe) par ces dons).

Dans la fourche de l'arbre :

"Melle" (miel).

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Comparaison avec les textes-sources :

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1. Vie par Rhygyvarc'h :

"For on a certain occasion, his father, Sant by name and merits, who relied on his royal power over the people of Ceredigion, which subsequently he laid aside to procure a heavenly kingdom, was warned in dreams by an angelic voice, which he heard, "Tomorrow on waking you shalt find there three gifts by the river Teivi, namely, the stag which you pursue, a fish, and a swarm of bees settled in a tree in the place which is called Llyn Henllan. Of these three, therefore, reserve a honeycomb, a part of the fish, and of the stag, which send to be kept for a son, who shall be born to you, to the Monastery of Maucannus," which till now is called the Monastery of the Deposit. These gifts foretell his life, for the honeycomb proclaims his wisdom, for as honey in wax, so he held a spiritual mind in a temporal body. And the fish declares his aquatic life, for as a fish lives in water, so he, rejecting wine and beer and everything that can intoxicate, led a blessed life in God on bread and water only, wherefore David is also named "of the Aquatic Life." The stag signifies his power over the Old Serpent, for as a stag, having deprived serpents of their food, seeks a fountain of water and is refreshed as in youth with the strength received, so he, borne on high as on stags' feet, deprived the Old Serpent of the human race of his power of hurting him and fled to the fountain of life with constant flowings of tears, and, being renewed from day to day, so brought it to pass that in the name of the Holy Trinity, by the frugality of moderate repasts, he began to have saving knowledge [and] the power of governing demons."

(Pour une certaine occasion, son père, Sant par son nom et mérite, qui s'appuyait sur son pouvoir royal sur le peuple de Ceredigion, qu'il a ensuite laissé de côté pour procurer un royaume céleste, a été averti en rêve par une voix angélique, qu'il a entendu :  "Demain, au réveil, vous trouverez trois cadeaux près de la rivière Teivi, à savoir le cerf que vous poursuivez, un poisson, et un essaim d'abeilles installées dans un arbre à l'endroit qui s'appelle Llyn Henllan. De ces trois là,   réservez un nid d 'abeilles, une part du poisson et une du cerf, qui devront être gardés pour un fils, qui vous sera né, au monastère de Maucannus ", qui s'appelle jusqu'à présent le monastère du gisement. Ces cadeaux annoncent sa vie, car le rayon de miel proclame sa sagesse, car, comme le miel dans la cire, de même il  conservera un esprit spirituel dans un corps temporel. Et le poisson déclare que  sa vie sera aquatique, car comme un poisson vit dans l’eau,de même il rejetera le vin, la bière et tout ce qui pourrait enivrer. Il mènera une vie bénie en Dieu en mangeant le pain et l’eau, raison pour laquelle David fut également nommé "de Vie Aquatique".  Le cerf signifie son pouvoir sur le vieux serpent, car comme un cerf, ayant privé les serpents de leur nourriture, cherche une fontaine d'eau et se rafraîchit comme dans la jeunesse avec la force reçue, de même, lui, né porté sur des pieds de daim,  privera le Vieux Serpent de la race humaine de son pouvoir de le blesser et s' enfuira à la source de la vie avec des larmes constantes, et, se renouvelant de jour en jour, si bien qu'il se passera qu'un nom de la Sainte Trinité, par la frugalité de ses repas, il aura la connaissance salvatrice et le pouvoir de gouverner les démons.)


 

2. Buez sant Nonn : (traduite du breton par Y. Le Berre)

 

Un ange s'adresse au roi : "Entends-moi, Keritic béni, tandis que tu dors.  Pars à la chasse et sans faute tu trouveras près de la rivière et cerf et bon poisson assurément, des abeilles : un essaim bien plein. Tu les y trouveras au lever du jour posées sur l' arbre. Porte-les de bon coeur (à) l'abbaye nommée Pontir. Par les offrandes qu'elle sache que cela signifie sans aucun doute quand vivra saint Dévi, qui est expressément annoncé. Par les abeilles et le miel sera révélé et signifié, également Faire savoir qu'il sera saint et qu'il sera sage, savant. Par les poissons de rivières, qui sont savoureux, la nourriture frugale qu'il consomment, qui fut de pain et d'eau ... Ni vin ni autres aliments il ne désirera. Par ce cerf qu'il restera ferme, qu'il vaincra, il sera pur par ses œuvres, tous ses ennemis et à tout ... de l'amour."

Puis vient une description d'une chasse à cour avec 4 veneurs.

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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II -Saint Patrick passe en Irlande pour laisser la place à saint David.

 

 

Dans le cartouche au bas du tableau :

SAINCT PATRICE EST ADVERTY PAR VN ANGE DE QVITTER LE VALLON TRES

AGREABLE RESERVE A MONSIEVR SAINCT DIVY QVI DEVOIT NOISTRE

DELA A TRENTE ANS ET PASSER EN HYBERNIE POVR ESTRE L'APOSTRE ET S'EMBARQVER

AV PORT MAVGAN. IL RESSVSCITE RVNITHER QV'IL AMENA AVEV LUY.

 

"Saint Patrice est averty par un ange de quitter le vallon très agréable réservé à Monsieur Sainct Divy qui devoit noistre de là à trente ans, et passer en Hybernie povr estre l'apôtre, et s'embarquer au Port-Maugan. Il ressuscite Rvnither qu'il amena avec luy".

Dans la Buez Santez Nonn, Vie de sainte Nonne en breton, Patricius, évêque en Grande Bretagne, reçoit d'un ange l'injonction divine de quitter la Bretagne insulaire (Grande-Bretagne) pour gagner l'île Rhosina en Irlande (Hibernie) afin de laisser la place au futur saint Divy, dont la naissance lui est annoncée dans trente ans. Il ressuscite auparavant un homme nommé Runiter, qui l'accompagnera et le guidera. 

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Sur la corniche cintrée :

 

EODEM TEMPORE SANCTVS PATRICIVS ANGELI IVSSV RHOSINAM / VALLEM DIMITIT. TENDENS . HYBERNIAM LINQVENS DAVID MENEVIAM

 

"Eodem tempore, S(anc)tvs Patricivs angeli ivssv Rhosinam vallem dimitit tendens Hyberniam linquens David Meneviam."

(A la même époque, saint Patrick sur l'ordre de l'ange quitte la vallée de Rhosina pour passer en Hibernie afin de laisser Ménévie à David).

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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— Sur le phylactère qui sort de la bouche de l'angelot:

"Tibi non istvm locvm Devs disposvit sed David qvi nvndvm est natvs, nec nisi peractis trigintvm annis nascetvr."

(Ce lieu, Dieu ne te l' a pas destiné, il est réservé pour David dont la naissance nous est séparée par trente années).

— Sous l'homme qui s'éveille du tombeau :

"Crvnither, a XV annis hic sepvltvm resvscitat"

(Crunither enseveli ici depuis 15 ans, ressuscite).

— Au-dessus de l'évêque :

"Tv eris apostolvs Hiberniae",

(tu seras l'apôtre de l'Irlande).

Indications topographiques: "Hybernia" (Irlande), "Vallis Rhosina", "Traon Rhozn." répété, (la vallée Rhosina), "Portvs Mavgan" (Port-Mavgan). On notera Traon, seul mot breton retenu par le peintre.

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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III.. La rencontre de Xanthus et de sainte Nonne.

Dans le cartouche au bas du tableau :

"Xantvs, roy de Corneovaille, à présent Valles en Angleterre faisant rencontre de saincte Nonne engendre son filz sainct Divi entre devx rochs miracvlevsement apparvs : la pierre s' amolit sovs les covdes de saincte Nonne en enfentant sainct David son filz."

 

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Sur la corniche cintrée :

"Gignit Xantvs rex S(anc)tvm David de b(ea)ta Nonita et tempore conceptionis duo grandes lapides apparvervnt de novo." ( Le roi Xantus engendre David de la bienheureuse Nonnita. Au temps de la naissance apparurent deux grandes pierres soudainement). 

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Sur le phylactère au-dessus de sainte Nonne debout :

"Nonnita oppressa concepit" (Nonnita accablée conçoit).

Au-dessus de la sainte agenouillée :

"Petra partvs dolore se divisit" (Devant la douleur de l'enfantement, la pierre se divisa).

 

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

 

 

 

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4. Le baptême et l'éducation de saint Divy.

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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 Dans le cartouche au bas du tableau :

"Belve, évesqve de Ménévie baptiza sainct Divi. Mobvs avevgle, son parain, fvst illvmine se lavant les yevx de l' eav de la novvelle fontaine : S. Di vi etant escalier rendit la veve à son maistre Pavlinvs par le signe de la croix". 

A l'intérieur de la scène elle-même :

"Belve episcopvs baptizans" (L'évêque Belve baptisant)

"Fons novvs" (fontaine vive)

 "Mobvs patrinvs" (le parrain Mobus).

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Sur la corniche cintrée :

"Pver hic qva bapizatvr aqva coeco modo (Mobo?) lvmen datvr ocvlos qvi respersit, 1676"

(Lenfant est baptisé et par l'eau qui jaillit la lumière est rendue à l'aveugle Mobus).

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Sous le tableautin dans l'angle droit de la scène :

" Pavlino magistro svo lvmen restitvit"

(il rend la vue à son maître Paulinus).

Sur le phylactère qui émane de la bouche du maître :

"David, tange ocvlos meos et sanabor"

(David, touche mes yeux et je serai guéri). 

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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5 Saint Divy au concile de Brévi.

Le concile de Brévi se tint en 519 en Angleterre pour lutter contre le Pélégianisme.

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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 Dans le cartouche au bas du tableau :

"La terre se leva sovs les pieds de Monsievr sainct Divy en forme de montaigne lors qv'il prêcha dans le concile de Brévi (pour répondre à) des pélagiens : & vn ange descendit (comme vn aigle) et lvi inspira ce qu'il devoit prêcher".

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Sur la corniche cintrée :

"Dvm predicat incredvlis hvmvs tvnc colli similis svrgitens privs hvmile ac error evanvit"

(alors qu'il prêche aux incroyants, le sol s'élève tel une colline, alors qu'auparavant il était plat et l'erreur se dissipe).

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Source : la Vie de saint David par Rhygyvarch.

 


LE SYNODE ANTI-PÉLAGIEN DE BREVI.

Parce que, après l’aide de Saint Germain pour la deuxième fois, l’hérésie pélagienne a repris vie, introduisant la vigueur de son entêtement, comme le venin d’un serpent venimeux, dans les jointures les plus reculées du pays, un synode universel de tous les évêques de Britannia. En conséquence, cent dix-huit évêques s'étant rassemblés, une multitude innombrable de presbytres, abbés et autres ordres, rois, princes, laïcs, hommes et femmes, en sorte que cette vaste armée couvrait tous les lieux environnants. Les évêques murmurent entre eux, en disant: "La multitude est si grande que non seulement une voix, mais même l'appel de la trompette ne parviendra pas à résonner dans les oreilles de tous. mais la plupart ne l'entendent pas. L'un après l'autre tente d'exposer, mais ils ne servent à rien. La difficulté augmente. Ils craignent que les gens ne rentrent chez eux avec l'hérésie non discutée. "Nous avons prêché", disent-ils, "et n'avons aucun gain. Et ainsi notre travail est rendu nul." Un des évêques, appelé Paulinus, se lève, avec qui le pontife Saint David avait lu autrefois et disait: "Il y en a un, fait évêque par le patriarche, qui n'est pas encore apparu à notre synode, un homme éloquent, plein de grâce, approuvé dans la religion, qui a un ange pour camarade, un homme aimable, de caractère agréable, de forme distinguée, de taille droite et de quatre coudées. Mon conseil est donc de l'inviter. " L'un après l'autre tente d'exposer, mais ils ne servent à rien. La difficulté augmente. Ils craignent que les gens ne rentrent chez eux avec l'hérésie non discutée. "Nous avons prêché", disent-ils, "et n'avons aucun gain. Et ainsi notre travail est rendu nul." Un des évêques, appelé Paulinus, se lève, avec qui le pontife Saint David avait lu autrefois et disait: "Il y en a un, fait évêque par le patriarche, qui n'est pas encore apparu à notre synode, un homme éloquent, plein de grâce, approuvé dans la religion, qui a un ange pour camarade, un homme aimable, de caractère agréable, de forme distinguée, de taille droite et de quatre coudées. Mon conseil est donc de l'inviter. " L'un après l'autre tente d'exposer, mais ils ne servent à rien. La difficulté augmente. Ils craignent que les gens ne rentrent chez eux avec l'hérésie non discutée. "Nous avons prêché", disent-ils, "et n'avons aucun gain. Et ainsi notre travail est rendu nul." Un des évêques, appelé Paulinus, se lève, avec qui le pontife Saint David avait lu autrefois et disait: "Il y en a un, fait évêque par le patriarche, qui n'est pas encore apparu à notre synode, un homme éloquent, plein de grâce, approuvé dans la religion, qui a un ange pour camarade, un homme aimable, de caractère agréable, de forme distinguée, de taille droite et de quatre coudées. Mon conseil est donc de l'inviter. " La difficulté augmente. Ils craignent que les gens ne rentrent chez eux avec l'hérésie non discutée. "Nous avons prêché", disent-ils, "et n'avons aucun gain. Et ainsi notre travail est rendu nul." Un des évêques, appelé Paulinus, se lève, avec qui le pontife Saint David avait lu autrefois et disait: "Il y en a un, fait évêque par le patriarche, qui n'est pas encore apparu à notre synode, un homme éloquent, plein de grâce, approuvé dans la religion, qui a un ange pour camarade, un homme aimable, de caractère agréable, de forme distinguée, de taille droite et de quatre coudées. Mon conseil est donc de l'inviter. " La difficulté augmente. Ils craignent que les gens ne rentrent chez eux avec l'hérésie non discutée. "Nous avons prêché", disent-ils, "et n'avons aucun gain. Et ainsi notre travail est rendu nul." Un des évêques, appelé Paulinus, se lève, avec qui le pontife Saint David avait lu autrefois et disait: "Il y en a un, fait évêque par le patriarche, qui n'est pas encore apparu à notre synode, un homme éloquent, plein de grâce, approuvé dans la religion, qui a un ange pour camarade, un homme aimable, de caractère agréable, de forme distinguée, de taille droite et de quatre coudées. Mon conseil est donc de l'inviter. " et n'ont aucun gain. Et ainsi notre travail est rendu nul. "Un des évêques, appelé Paulinus, se lève, avec qui le pontife Saint David avait auparavant lu et dit:" Il y en a un, nommé évêque par le patriarche, qui n'est pas encore apparu à notre synode, un homme éloquent, plein de grâce, approuvé dans la religion, qui a un ange pour camarade, un homme aimable, au trait agréable, à la forme distinguée, de taille droite, de la taille de quatre coudées. Mon conseil est donc que vous l'invitiez. " et n'ont aucun gain. Et ainsi notre travail est rendu nul. "Un des évêques, appelé Paulinus, se lève, avec qui le pontife Saint David avait auparavant lu et dit:" Il y en a un, nommé évêque par le patriarche, qui n'est pas encore apparu à notre synode, un homme éloquent, plein de grâce, approuvé dans la religion, qui a un ange pour camarade, un homme aimable, au trait agréable, à la forme distinguée, de taille droite, de la taille de quatre coudées. Mon conseil est donc que vous l'invitiez. " plein de grâce, approuvé dans la religion, qui a un ange pour camarade, un homme aimable, de caractère agréable, de forme distinguée, de taille droite et de quatre coudées. Mon conseil est donc que vous l'invitiez. " plein de grâce, approuvé dans la religion, qui a un ange pour camarade, un homme aimable, de caractère agréable, de forme distinguée, de taille droite et de quatre coudées. Mon conseil est donc que vous l'invitiez. "

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Les messagers sont envoyés immédiatement. Ils viennent chez le saint évêque. Ils annoncent dans quel but ils étaient arrivés. Le saint évêque refuse en disant: "Que personne ne me tente. Ce qu’ils ne peuvent pas faire, qui suis-je pour le faire? Je reconnais mon humilité. Partez en paix." Les messagers sont envoyés une deuxième et une troisième fois, mais il n'y consent pas non plus. Enfin, les hommes les plus saints et les frères les plus fidèles, Daniel et Dubricius, sont envoyés. Saint David, l'évêque, prévoyant cela par l'esprit de prophétie, dit à ses frères: "Aujourd'hui, frères, des hommes très saints nous rendent visite. Recevez-les avec un esprit joyeux. Procurez des poissons avec du pain et de l'eau." Les frères arrivent. Ils se saluent. Ils entament une sainte conversation. Un repas est placé devant eux. Ils affirment qu'ils ne mangeront jamais dans ce monastère sans son retour au synode. À cela, le saint répond: "Je ne peux pas te refuser. Mange et nous visiterons le synode ensemble, mais je suis incapable de prêcher à cette occasion. Pourtant, avec des prières, j'apporterai le peu d'aide que je pourrais."

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Ils commencent et arrivent à un endroit très proche du synode, et voilà! ils entendent un deuil déplorable tout près. Le saint dit à ses compagnons: "J'irai là où se trouvent ces grandes plaintes." Ses compagnons répondirent et dirent: "Nous irons à l'assemblée de peur que notre retard ne vexe ceux qui nous attendent." Mais l'homme de Dieu s'avança et vint à l'endroit où se lamentait la plainte, près de la rivière Teivi. Et voilà! une mère veuve surveillait le corps de son fils décédé, qui s'appelait Magnus. Le bienheureux David a consolé la mère et l'a réconfortée avec des avertissements salutaires, mais, après avoir entendu parler de sa renommée, elle s'est jetée à ses pieds et a supplié de lui lancer des appels pénibles alors qu'il devrait avoir pitié d'elle. L'homme de Dieu, compatissant à la faiblesse humaine, s'est approché du corps du défunt, a arrosé le visage de larmes, s'est jeté sur le corps du défunt, a prié le Seigneur et a dit: "Seigneur, mon Dieu, qui a fait descendons dans ce monde pour nous, pécheurs du sein du Père, pour nous racheter de la gueule du vieil ennemi, ayez pitié de cette veuve, redonnez vie à son fils unique et respirez en lui le souffle de vie que votre nom peut être magnifié dans toute la terre ". Puis les membres sont devenus chauds, l'âme est revenue, le corps remué. Et prenant la main du garçon, il le rendit vivant à sa mère. La mère transforme ses larmes en larmes de joie et dit: "Pour moi, mon fils était mort, mais pour vous et pour Dieu, laissez-le vivre désormais." Le saint homme prit le garçon et posa sur son épaule la copie de l'Évangile qu'il portait toujours sur sa poitrine, et le fit l'accompagner au synode. Par la suite, tant qu'il a vécu, il a mené une vie sainte pendant de nombreuses années. Et tous ceux qui virent ce miracle louèrent le Seigneur et saint David.

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Puis il entre dans le synode. La compagnie des évêques se réjouit. Les gens sont contents. Toute l'armée exulte. On lui demande de prêcher. Il rejette pas le souhait du conseil. Ils lui ont demandé de monter le tas de vêtements, mais il a refusé. Il ordonne donc au jeune garçon nouvellement ressuscité de lui étendre son mouchoir. Sur ce, il se tient debout et expose l'évangile et la loi comme une trompette. En présence de tous, un pigeon blanc comme neige, envoyé du ciel, s'est posé sur ses épaules, qui sont restées aussi longtemps qu'il a prêché. Alors qu'il se tenait d'une voix claire pour tous, à la fois pour ses proches et pour ceux qui étaient au loin, le sol sous lui gonfle et s'élève sur une colline. Placé au sommet, il est vu de tous, de sorte que, debout sur une haute colline, il élève la voix comme une trompette. Au sommet de cette colline se trouve une église. L'hérésie est expulsée. La foi est confirmée dans des cœurs sains. Tous sont d'accord. Ils rendent grâce à Dieu et à Saint David.

 

Puis, béni et exalté par la bouche de tous, il est avec le consentement de tous les évêques, rois, princes, nobles et tous les grades de la race britannique, fait archevêque, et son monastère est également déclaré la métropole de l'ensemble pays, de sorte que celui qui le dirigera soit considéré comme archevêque.

 

Dès lors que l'hérésie a été expulsée, des décrets de gouvernement catholique et ecclésiastique ont été confirmés, lesquels, du fait d'attaques fréquentes et cruelles d'ennemis, sont devenus nuls et ont cessé d'être, ils ont presque été oubliés. Par ceux-ci, comme tirés d'un lourd sommeil, ils combattirent tous avec zèle les batailles du Seigneur. On les trouve en partie dans les plus anciens écrits du père, ordonnés de sa propre main sacrée.

 

Puis, lorsque plusieurs saisons se sont écoulées, un autre synode se réunit, appelé Victory, dans lequel une foule d’évêques, de prêtres et d’abbés s’étaient réunis pour renouveler ce qu’ils avaient confirmé dans le premier, après un examen minutieux et rigoureux. questions utiles étant ajouté. Ainsi, à partir de ces deux synodes, toutes les églises de notre pays se conforment à l'autorité romaine. Aux décrets qu'il avait affirmés de sa bouche, l'évêque s'était seul engagé à écrire de sa propre main sacrée.

 

En conséquence, partout dans le pays, les frères ont construit des monastères. Partout des indications d'églises sont entendues. Partout des sons de prières sont élevés vers les étoiles. Partout les miracles sont rapportés au sein de l'Église sur des épaules inépuisables. Partout les offrandes de charité sont distribuées aux nécessiteux avec une main ouverte. Saint David, l'évêque, devint le surveillant en chef de tous, le protecteur en chef, le principal porte-parole de qui tous reçurent la règle et le modèle du droit à la vie. Il était la norme pour tous, il était la consécration, il était la bénédiction, il était l'absolution et la correction, apprenant aux lecteurs, la vie aux nécessiteux, la nourriture aux orphelins, le soutien aux veuves, la tête au pays, la règle aux moines, une manière aux laïcs, tout à tous les hommes. Quels essaims de moines il a engendré! Avec quel avantage il a profité à tous! Avec quelle flamme de miracles il brillait!

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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 Au-dessus de saint David

"S. David arhiepiscopvs (sic)"

(saint David archevêque).

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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6.La mort de saint Divy

 

 

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Dans le cartouche au bas du tableau :

"Dieu avertit saint Divy de sa mort qui arriva l'an 167 de son âge".

Remarque :

Cet âge est de 147 ans dans la Vie de Rhygyvarch.

 

 

 

"Tous les évêques se soumirent à saint David, monarchie et primauté, et ils consentirent à l'octroi de son droit de sanctuaire, selon lequel il s'appliquait à tout ravisseur, homicide et pécheur, ainsi qu'à toute personne perverse volant d'un endroit à l'autre, en priorité tous les saints, rois et personnages de toute l'île britannique, dans chaque royaume et dans chaque région, où qu'il y ait des terres consacrées à saint David. Et ne laissez aucun roi, ancien ou gouverneur, ni même évêque, supérieur ou saint, oser donner le droit de sanctuaire en priorité à saint David. En effet, il fournit le droit de sanctuaire devant chaque personne, et il n'y en a pas, car il est le chef, le leader et le primat de tous les Britanniques.


Et continuant ainsi dans la vieillesse, il fut reconnu comme le chef de toute la race britannique et l’honneur de son pays, qu’il termina dans ses cent quarante-sept ans environ.


 

Quand le jour approchait pour compenser les récompenses sacrées des bonnes actions, le huitième jour avant le 1er mars, alors que les frères observaient des matines, un ange lui adressa la parole en annonçant à haute voix: "Le jour tant désiré, "dit-il," est maintenant compté à proximité. " Le saint évêque reconnut la voix amicale et lui dit avec un esprit joyeux: "Seigneur, laisse maintenant ton serviteur partir en paix." 

Les frères ont simplement reçu le son dans leurs oreilles sans distinguer les mots, car ils les avaient entendus converser ensemble et étaient tombés à terre avec terreur. Ensuite, tout le monastère est rempli d'harmonies angéliques et d'un parfum odorant. Le saint évêque appelant à haute voix, avec l'esprit concentré sur le ciel, dit: "Seigneur Jésus-Christ, reçois mon esprit." De nouveau, l'ange parle d'une voix claire, les frères le comprenant bien, "Préparez-vous et ceignez-vous. Le premier mars, le Seigneur Jésus-Christ, accompagné d'une foule d'anges, viendra à votre rencontre."

 

Quand ces choses ont été entendues, les frères se sont lamentés avec des sanglots violents. Là commence un grand chagrin. Le monastère déborde de larmes en disant: "O Saint David, évêque, enlève notre tristesse." Lui, les caressant et les soutenant avec des consolations réconfortantes, dit: "Frères, soyez constants. Le joug que vous avez emporté avec un seul esprit porte jusqu'à la fin; et tout ce que vous avez vu avec moi et entendu, gardez et accomplissez." Depuis cette heure-là, donc, jusqu'au jour de sa mort, il resta dans l'église et prêcha à tous.

 

Le rapport a donc été emporté plus rapidement en un jour dans toute la Grande-Bretagne et l'Irlande par l'ange, en disant: "Sachez que la semaine prochaine votre maître, saint David, émigrera de cette lumière vers le Seigneur".

 

Puis arrivent de toutes parts des assemblées de saints, comme des abeilles dans une ruche à l’approche d’une tempête, qui s’empressent de rendre visite au saint père. Le monastère déborde de larmes. La lamentation retentit aux étoiles. Les jeunes le pleurent en père, les vieillards en fils. Le dimanche entre-temps, alors qu'une très grande foule l'écoutait, il prononça un sermon des plus nobles et consacra le Corps du Seigneur à mains nues. Ayant pris part au Corps et au Sang du Seigneur, il fut immédiatement saisi de douleur et devint malade. Quand il eut fini son office et béni le peuple, il s’adressa à tous en disant: «Mes frères, persévérez dans ces choses que vous avez apprises de moi et que vous avez vues de moi. Le troisième jour de la semaine du 1er mars, je suivrai le chemin de mes pères. Adieu dans le Seigneur. Je partirai. Nous ne reverrons plus jamais sur cette terre. "Alors la voix de tous les fidèles s'éleva en pleurs et en gémissant:" Oh, que la terre nous engloutisse, que le feu nous consume, que la mer nous couvre! O que la mort par une soudaine irruption nous atteigne! Est-ce que les montagnes tomberaient sur nous! Presque tous se sont livrés à la mort. Du dimanche soir au quatrième jour de la semaine où il était mort, tous ceux qui sont venus sont restés pleurant, jeûnant et surveillant."

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Sur la corniche cintrée :

"Esto praesens, o patrone, desolatis in agone, salutem fer pastor bone nostrae semper treviae"

(demeure présent o saint patron près de ceux que désole l'agonie, bon pasteur, apporte toujours le salut à notre trève). 

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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 Sur le phylactère qui part de la bouche du saint :

"Tolle me post te"

(prends moi auprès de toi !).

 

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Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Lambris peints (1676) du chœur de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— APEVE

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=4&id_article=252

— BARRALT I ALTET (Javier), 1987,  Décor peint et iconographie des voûtes lambrissées de la fin du Moyen-Âge en Bretagne

http://rcppm.org/download/biblio/Barralt_voutes-lambrissees.pdf

— HAMOURY (Maud), 2010, La peinture religieuse en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Presses Universitaires de Rennes.

 

— Rhygyvarch 's Life of Saint David, by the Rev. A. W. Wade-Evans, in Y Cymmrodor, vol. XXIV, 1913

http://www.povertystudies.org/Links/Rhwymbooks/StDavidHome.htm

—CASTEL (Yves-Pascal), TANGUY (Bernard), LE BERRE (Yves),  BUEZ SANTEZ NONN MYSTÈRE BRETON Vie de sainte Nonne  Co-édition C.R.B.C.- Minihi-Levenez Embannet a-gevred gand Kreizenn an Enklaskou Brezoneg ha Keltieg ha Minihi-Levenez,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/80d88f81a9a064fda9b122ff0d667bbc.pdf

— SIONNET, Le GONIDEC, 1837,  BUEZ SANTEZ NONN MYSTÈRE BRETON Vie de sainte Nonne 

https://archive.org/stream/buhezsanteznonn00gonigoog/buhezsanteznonn00gonigoog_djvu.txt

— https://arts-et-batiment.pagesperso-orange.fr/web-content/realisation_fr.html#lp

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Published by jean-yves cordier - dans peinture sur lambris. Saint-Divy

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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