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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 15:59

Zoonymie des Odonates : les noms de Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825), "l'Agrion joli" ou "Agrion exclamatif".

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Résumé. 

— genre Coenagrion, Kirby (W.F), 1890, Syn. Cat. Neur. Odon., London, :148. Du suffixe coen- "commun à, relatif au plus grand nombre, général", accolé au nom de genre Agrion [Fabricius 1775 puis Sélys] 1850, que Kirby réorganise complètement.  Parmi les Zygoptères (nommés alors Agrionidae), Kirby a réservé l'ancien nom de genre Agrion  aux Calopterygidae dans la sous-famille Agrioninae , et il a placé tous les autres (auparavant nommés Agrions) dans la sous-famille des Coenagrioninae  : le nom (mais non le genre) Coenagrion devait alors, dans ce contexte, être interprété comme "l'ensemble des Agrions"  à l'exception des Calopterygides. 

pulchellum, Vander Linden, 1825 : l'auteur avait créé le nom Agrion pulchella , du latin signifiant "jolie" (diminutif féminin de pulcher, "beau") pour souligner la beauté féminine des "Demoiselles", dans le même esprit par lequel Linné avait créé Libellula puella ("jeune fille"), et en reprenant en écho  le diminutif en -ula et -ella de ces deux derniers noms. L'adjectif neutre pulchellum (accordé avec Coenagrion) ne rend plus compte de la subtilité poétique de ce choix.

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— noms en français : 1°) "L'Agrione gentille", Sélys, 1840; 2°) "L'Agrion gentil", Sélys, 1850 ; 3°) "L'Agrion joli",P.-A. Robert, 1958 : 4°) "Le gracieux Agrion",  P.-A. Robert, 1958 4°) "L'Agrion exclamatif", Jourde 2007.

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— Noms en d'autres langues :

- en allemand  : Die Fledermaus-Azurjungfer : la Demoiselle bleue Chauve-souris. 

- en hongrois A gyakori légivadász 

- en estonien Sarvikliidrik

- en lituanien Gražioji strėliukė

- en norvégien Variabel blåvannymfe 

- en polonais Łątka wczesna, łątka nietoperzówka  :  Chauve-souris. 

- en suédois Mörk lyrflickslända :  Libellule sombre fille lyrique ou mörk U-flickslända  « Zygoptère au U  sombre» 

- en finnois Sirotytönkorento = "la libellule jeune fille menue" ( Tytönkorennot = Coenagrionidae) 

- en néerlandais De variabele waterjuffer = la Demoiselle des eaux variable.

- en frison occidental : Blaumasterke Blaumasterke, Stipjufferke, Sompejufferke

- en catalan El Donzell del ratpenat :  la Demoiselle de la Chauve-souris. 

- en anglais The variable damselfly ou variable bluet , UK: Variable damselfly Bluet = la demoiselle bleue variable.

- en gallois Mursen las amrywiol 

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE COENAGRION, KIRBY 1890.

 

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-coenagrion-kirby-1890.html

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NOM D'ESPÈCE COENAGRION PULCHELLUM (VANDER LINDEN, 1825).

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[Agrion pulchella ], Vander Linden (Pierre-Léonard) 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. Pages 38-39 n° 9.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

Pierre-Léonard Vander Linden est un médecin et entomologiste belge ( Bruxelles, 12-12-1797/ Bruxelles, 4-04-1831) que les biographies en ligne présentent essentiellement comme un spécialiste des Hyménoptères. Pourtant, il est l'auteur de 7 espèces d'Odonates en 2 publications de 1820 et 1827 . Voir mes  articles sur I. elegans (Vander Linden, 1820) et sur Somatochlora metallica . 

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/zoonymie-des-odonates-le-nom-aeshna-affinis-vander-linden-1820-l-aeschne-affine.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/zoonymie-des-odonates-etude-des-noms-de-somatochlora-metallica.html

Rappel :

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En 1758, Linné avait décrit deux espèces de ce qui deviendra les Zygoptères : Libellula virgo et Libellula puella (avec quatre variétés alpha à delta). La tâche des naturalistes fut, après cette édition du Systema Naturae , de démembrer parmi ces quatre "variétés" (devenues sept dans le SN  , éd. de Gmélin 1789 avec epsilon, eta et chi ) lesquelles étaient les formes sexuées ou immatures de la même espèce, et lesquelles étaient des espèces distinctes. Puis de les corréler avec les descriptions de 3 espèces décrites par Geoffroy en 1762.

Olivier décrit en 1789 six variétés de Libellula puella A à F.

En 1804, Latreille, qui  créa son genre Agrion avec ses deux espèces, virgo (ailes colorées) et puella (ailes non colorées), ne décrit plus que trois variétés a, b, et c de son Agrion puella ou Agrion Jouvencelle .

 

"A. Jouvencelle; agrion puella. Fab. Libellula puella. Lin. Ailes transparentes, sans couleurs.

Var. a. Alternativement bleue et cendrée; un point noir aux ailes. - L'amélie. Geoff. — Roes. insect. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 1o , fig. 5, 4.

 Var. b. D'un verd bleu en dessous, brune en dessus ; corselet ayant des bandes brunes et bleuâtres alternes; 'un point noir, marginal, aux ailes. — La dorothée. Geoff. — Rœs. ius. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 11 , fig. 7

Var. . d. D'un verd incarnat pâle ; trois bandes noires, longitudinales, sur le corselet; un point brun, marginal , aux ailes. — La sophie. Geoff.

Comme l'on trouve ces variétés réunies pèle-mêle dans leurs amours, il est difficile de savoir si ce sont des espèces."

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En 1825, Vander Linden reprend, dans le genre Agrion de Latreille, les deux groupes I Alis coloratis  aux ailes colorées (A. virgo et haemorrhoidalis),  et II Alis albis aux ailes non colorées.

Dans ce groupe II, il décrit 10 espèces :

  • Agrion viridis correspond à Libellula puella alpha de Linné : ce sera Chalcolestes viridis (Vanderlinden 1825)
  • Agrion sanguinea correspond à Libellula puella beta  de Linné. Ce sera Pyrrhosoma nymphula (Sultzer 1776)
  • Agrion pulchella est une description propre de Vander Linden : ce sera Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825)
  • Agrion puella correspond à l'Amélie et à la figure 7 du tableau XI de Roesel (mais ne renvoie pas aux variétés de Linné). ce sera Coenagrion puella (Linnaeus, 1758)
  • Agrion elegans est une description propre de Vander Linden  : ce sera  Ischnura elegans (Vander Linden, 1820)
  • Agrion platypoda correspond à la variété chi de Libellula puella du  SN Gmelin : ce sera  Platycnemis pennipes (Pallas, 1771) 
  • Agrion analis sera Agrion najas (Hansemann 1823)
  • Agrion rubella sera Cériagrion tenellum ( de Villers, 1789)

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Description originale :

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A G R I ON PULCHELLA

 A. Capite et thorace suprà nigris, macula post oculum utrumque, strigaque utrinque thoracis, cæruleis aut violaceis : abdomine fusco-æneo , segmentis plurimis basi caeruleis.

Schaeff. lcon. Ins., tab. 120, f. 4, fem.

Mas.

-Caput suprà nigrum, macula post oculum utrumque, et lineola intermedia, cæruleis : anticè cæruleum , strigis duabus transversis nigris. Oculi fusci subtùs cærulei.

-Thorax suprà niger, striga utrinque longitudinali cærulea, aliquando interrupta : subtùs lateribusque cæruleus. -Abdominis primum segmentum cæruleum ; 2. cæruleum macula bifida nigra; 3. 4. 5. 6. nigro-ænea, macula baseos cærulea ; 7. nigro-æneum; 8. cæruleum; 9. cæruleum postice nigrum ; 10. Nigrum.

-Pedes nigri, femoribus extùs, tibiis intùs, cæruleis.

-Alæ albæ, macula marginali obscura, puncto nigro.

Femina.

-Caput, thorax, pedes, alæ ut maris.

-Abdominis segmenta, 3. 4. 5. 6. 7. 8. nigro-aenea macula baseos cærulea; 9. 10. nigra. Variat etiam abdominis segmentis 3. 4. 5. 6. 7. nigris immaculatis : 8. macula baseos virescente.

Long. 14 lin. Ext. alar. M. 16 lin., F. 19 lin.

Habitat in Italia et Bruxellis. Mus. nostr.


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Zoonymie des Odonates : les noms de Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825).

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE PULCHELLUM.

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Vander Linden a accordé son épithète avec le genre Agrion, considéré par Fabricius comme  féminin. Pulchella est devenu pulchellum en s'accordant avec Coenagrion, neutre (alors que nous avons Gomphus pulchellus, car Gomphus est masculin).

L'adjectif latin pulchellus, a, um est un diminutif, par le suffixe -lus,  de pulcher, chra, chrum, "beau" et se traduit par "joli, tout à fait charmant" (Gaffiot p. 1275).

L'usage de cette forme diminutive en -lus s'est accentué avec Linné et a été fréquemment repris ensuite (tenellum, dim. de tener "tendre" ; scitulum, dim. de scitus "beau", viridulum, dim. de viridis "vert", nymphula, dim. de nympha "nymphe", simillimus, dim. de similis, "semblable", flaveolum, dim. de flavus, "jaune", ..) mais son emploi par Vander Linden dans -pulchella  fait surtout écho à Libellula (dim. de libella) et forme un duo sonore avec  puella (de puer, "enfant"). Les trois noms de libellula, puella et pulchella s'accordent en rime pour évoquer la grâce féminine des zygoptères, plus petites et plus minces que les anisoptères, dans une tradition de dénomination populaire des libellules comme Demoiselles attestée dès le XVIIe siècle. 

Dans le texte de Vander Linden, la description d' A. Pulchella fait suite immédiatement à celle d'A. puella.

Enfin, notons que, dans sa description originale, Vander Linden n'utilise pas l'adjectif pulchella, et ne se prononce pas sur la beauté de l'espèce, ce qui confirme que l'épithète est surtout déterminée par le contexte de dénomination de ces Agrions féminins, plutôt que par la qualité esthétique particulière de cette espèce.

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Autrement dit, toutes les formes neutre Coenagrion pulchrellum ou masculine "Agrion joli" trahissent la raison d'être de cette épithète soulignant que ces Agrions sont, dans la tradition populaire et dans le regard des naturalistes, des Demoiselles aux grâces féeriques.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-joli/

" De pulchellus (lat) = joli, gracieux."

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

 "from Lat. pulcher, dimin. pulchellus, -a, -um = pretty"

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"pulchellum (Coenagrion) - pulchellus, a, um = molto grazioso. Per l’aspetto generale del corpo."

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"The denomination - pulchellum (Vander Linden) [l. beautiful little ...] shows that Odonata are able to enchant even dry taxonomists."

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"komt van pulcher (mooi, prachtig) = mooi, lieflijk,"

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) "L'Agrione gentille", Sélys 1840.

Monographie des Libellulidées d'Europe page 161.

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=agrion+pulchella&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Sélys, dont le mot d'ordre est de créer un nom français traduit littéralement du nom scientifique, choisit ce nom de genre "Agrione" qui souligne bien que le nom de genre scientifique Agrion de Fabricius (puis de Latreille ?) est féminin, mais il traduit bizarrement pulchella par "gentille" en dépit des dictionnaires latins. Et en dépit aussi du sens, car rien, dans cette espèce, ne justifie spécifiquement ce choix.

2°) "L'Agrion gentil" Sélys, 1850.

Revue des Odonates p. 197 n°12.

Le genre Agrion était féminin chez Fabricius et chez Latreille (qui écrit en 1804 pour A puella "Agrion jouvencelle" ... et non jouvenceau). Comme l'avait fait Toussaint de Charpentier en 1840, et Rambur en 1842, Sélys qui s'approprie le genre, en fait un neutre et il décrit donc Agrion pulchellum (Vander Linden) :  il est donc logique avec lui-même en le traduisant en français "Agrion gentil".

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3°) "L'Agrion joli", "le gracieux Agrion",   Paul-André Robert, 1958.

Les noms vernaculaires tombent en désuètude, jusqu'à ce que le naturaliste suisse se préoccupe de décrire chaque espèce avec un nom en français. Je suppose que la faute de traduction commise par Sélys lui est apparue dans toute sa grossièreté, et qu'il s'est empressée de la corriger en consultant son Gaffiot : la forme "L'Agrion joli" s'imposait. Il propose en synonyme "Le gracieux Agrion", qui n'a pas trouvé grâce pour la postérité.

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4°) "L'Agrion exclamatif", Jourde in Dijkstra 2007.

Dans la traduction en français par Philippe Jourde de Filed Guides to the Dragonflies of Britain and Europe de K.-D. B. Dijkstra, le traducteur introduit le nom d'"Agrion exclamatif", en plaçant "Agrion joli" en deuxième nom. L'intérêt de ces auteurs pour les noms en français est indéniable, et doit être souligné :

"Les noms vernaculaires sont essentiels pour mieux faire connaître les libellules. Ils doivent être aussi compréhensibles, utilisables et cohérents que possibles. "

Ce nom rappelle que "les mâles arborent normalement un point d'exclamation sur les "épaules". (page 106)

Dans Libellule de Poitou-Charente, auquel collabore Philippe Jourde (SFO), ce nom est abandonné.

Depuis 2012 (Liste de référence de la SFO), c'est le nom d'Agrion joli qui s'impose à tous.

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

 

Heureusement, les autres pays savent échapper à l'affligeante traduction littérale du nom scientifique imposée dans notre langue par le belge Sélys-Longchamps, et adopter des noms imagés aidant la mémoire des amateurs :

- en allemand  : Die Fledermaus-Azurjungfer : la Demoiselle bleue Chauve-souris. 

- en hongrois A gyakori légivadász 

- en estonien Sarvikliidrik

- en lituanien Gražioji strėliukė

- en norvégien Variabel blåvannymfe 

- en polonais Łątka wczesna, łątka nietoperzówka  :  Chauve-souris. 

- en suédois Mörk lyrflickslända :  Libellule sombre fille lyrique ou mörk U-flickslända  « Zygoptère au U  sombre» 

- en finnois Sirotytönkorento = "la libellule jeune fille menue" ( Tytönkorennot = Coenagrionidae) 

- en néerlandais De variabele waterjuffer = la Demoiselle des eaux variable.

- en frison occidental : Blaumasterke Blaumasterke, Stipjufferke, Sompejufferke

- en catalan El Donzell del ratpenat :  la Demoiselle de la Chauve-souris. 

- en anglais The variable damselfly ou variable bluet , UK: Variable damselfly Bluet = la demoiselle bleue variable.

- en gallois Mursen las amrywiol 

-  en breton : dimezell duc'hlas (demoiselle bleu-noir), en attente de validation.

OU  http://www.hlasek.com/coenagrion_pulchellum_bh1185.html

DK: Flagermus Vandnymfe

IT: Agrion leggiadro

CZ: Šidélko širokoskvrnné

SE: Mörk U-flickslända

SI: Stanjssani sskratec

RU: Стрелка изящная

UA: Стрілка чудова

SI: Suhljati škratec

 

 

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SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

 

 — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 22:30

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I. La table de communion et ses dragons.

Les deux retours d'angle de la table de communion reçoivent des dragons, identiques , et qui ont été restitués sous la direction de l'abbé Abgrall à la fin du XIXe siècle sur les modèles de ceux qu'il a fallu remplacer alors.

Il les a décrit ainsi :

" La table de communion est une œuvre récente, qu'il a fallu exécuter par suite d'une modification dans les dispositions du chœur. Elle est composée de balustres en chêne très épais et richement sculptés, surmontés d'une frise en feuilles d'acanthe et d'un tore à feuilles de chêne avec entrelacements de rubans. On a tenu à ce que ce travail fût riche et correct pour être en rapport avec les sculptures anciennes de l'église. Aux extrémités de la table de communion, on voit deux sortes de grillons ou chiens ailés, d'un style et d'un mouvement extraordinaires. Ce sont deux pièces anciennes qu'on a essayé de reproduire dans quelques églises du voisinage, mais qu'on n'a pu imiter que très imparfaitement. "

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Table de communion de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Table de communion de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Table de communion de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Table de communion de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Table de communion de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Table de communion de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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II. Les stalles.

L'église dispose de deux rangs de quatre sièges se faisant face. Ces stalles ont également été reconstruites sous la direction du chanoine Abgrall :

"Les stalles aussi sont nouvelles, pour ce qui est de la menuiserie ; mais toutes les parties sculptées sont anciennes ou imitées de l'ancien. Ainsi, les dragons qui forment les accoudoirs, les bouquets et festons, les têtes d'anges et les cariatides sont autant de détails pris dans les vieilles stalles qu'il a fallu remplacer. Les balustrades qui ferment le chœur devant les autels latéraux sont anciennes et n'ont subi qu'un simple remaniement pour être consolidées. "

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Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Stalles de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

Mobilier :

" Les stalles du choeur ont été restaurées par J.-M. Abgrall à la fin du XIXe siècle ; on a conservé des éléments sculptés anciens, en particulier les dragons des accoudoirs, des têtes d'anges et des cariatides."

- Balustres du choeur du XVIIe siècle, sans doute dus à François Lorrière (ou Lerrel), alors à Guimiliau.

 

 

—ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 101.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

 

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Published by jean-yves cordier
23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 18:39

Zoonymie des Odonates : étude des noms de  Coenagrion puella (Linnaeus, 1758), "l'Agrion jouvencelle".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

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Résumé. 

genre Coenagrion, Kirby (W.F), 1890, Syn. Cat. Neur. Odon., London, :148. Du suffixe coen- "commun à, relatif au plus grand nombre, général", accolé au nom de genre Agrion [Fabricius 1775 puis Sélys] 1850, que Kirby réorganise complètement.  Parmi les Zygoptères (nommés alors Agrionidae), Kirby a réservé l'ancien nom de genre Agrion  aux Calopterygidae dans la sous-famille Agrioninae , et il a placé tous les autres (auparavant nommés Agrions) dans la sous-famille des Coenagrioninae  : Coenagrion doit, dans ce contexte, être interprété comme "l'ensemble des Agrions"  à l'exception des Calopterygides. 

puella, Linnaeus 1758 :  du nom latin féminin puella, ae "jeune fille", en raison de la petite  taille et de l'abdomen fin des Zygoptères, mais surtout sous l'influence des noms vernaculaires assimilant celles-ci à des "demoiselles" (attesté dès 1678 en français), et repris par les naturalistes : en hollandais "Juffertjes" Leeuwenhoeck, 1695,  puis en allemand "Jungfer", Frisch, 1738, et en français "Demoiselle" Homberg 1699 et Réaumur,  1742.

— noms communs en français : 1°) "L'Amélie" ou "La Dorothée", Geoffroy, 1762 ; 2°) "La Libellule Amélie", Olivier, 1789 ; 3° L'Agrion jouvencelle Latreille 1800 ; 4°) "L'Agrion fillette", Milne-Edwards in Lamarck, 1835 ; 5°) "L'Agrione vierge", de Sélys, 1840 ; 6°) L'Agrion Jeune fille", Chenu 1860. Depuis de Sélys 1850 et P.-A. Robert 1958, c'est le nom d'"Agrion jouvencelle" de Latreille qui s'est imposé. "Jouvencelle" est une forme vieillie voire médiévaliste, mais élégamment sonore  pour "jeune fille".

— noms communs dans d'autres langues :

Ils mettent en avant la couleur bleue, et le nom de puella = demoiselle, ou la marque en U noir (en fer à cheval) du 2ème segment des mâles.

 

- en anglais The azure damselfly, la Demoiselle (Zygoptères) bleu-azur

- en catalan : El Donzell de la ferradura  : La demoiselle du fer à cheval (marque en S2)

- en néerlandais :De azuurwaterjuffer : la demoiselle des eaux bleu-azur.

-en frison  Blaujufferke : la demoiselle des eaux bleu-azur.

- en allemand : Die Hufeisen-Azurjungfer : La demoiselle bleue au  fer à cheval (marque en S2)

-en russe : Стрелка-девушка, стрелка девушка : (fille-flèche)

- en finnois Eteläntytönkorento : la demoiselle (libellule-jeune-fille) du sud

-irlandais : Béchuil ghormghlas : (bleu-vert)

-en gallois  Mursen las asur : la Demoiselle bleu-azur.

-hongrois Szép légivadász : le beau Coenagrion 

-en lituanien Pasaginė strėliukė

-en letton : Gaišzilā krāšņspāre

-en norvégien  Sørlig blåvannymfe

-en polonais  Łątka dzieweczka

-en slovène  Modra vodendevojčica

-en suédois  Ljus lyrflickslända

 

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE COENAGRION, KIRBY 1890.

 

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-coenagrion-kirby-1890.html

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NOM D'ESPÈCE COENAGRION PUELLA (LINNAEUS, 1758). 

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[Libellula puella] Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824.page 546

https://www.biodiversitylibrary.org/page/25034357#page/556/mode/1up

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Description originale.

Puella. 18. L. alis erectis hyalinis. 

— alpha. Libellula corpore sericeo, alis puncto marginali fusco. 

Fn. svec. 760. 
Raj. ins. 51. n. 15. 
Roes. aqu. 2. t. 10, 11. omnes. 
Reaum. ins.  6. t. 40 f. omnes. 

— beta. Libellula corpore incarnato, alis puncto marginali fusco.

Fn. svec. 761. 
Raj. ins 51. n. 16. & 52. n. 17. 
Reaum. ins. 6. t. 3. f. 4. & t. 4. t. II f. 6. 
Roes ins aqu. 2. t. 10, 11. 

—  gamma- Libellula corpore sericeo, alis puncto marginali nigro. 
Fn. svec. 762. 
Raj. ins. 140. n. 1. 

— delta. Libellula corpore caeruleo cinereoque alterno, alis puncto marginali nigro.

Fn. svec. 763. 
Goed. ins 3. p. 29.f. R
List. goed. 228. f 103.

Merian. eur. 78. t. 156. 

Raj. ins. 53. n. 18. 
Reaum. Ins 6. t. 35.f 6.

Frisch. insect. 8. t. 11. 

Habitat ad prata paludosa, victitans Muscis.  Varietates conjunxi, quas copula saepius junctas vidi. 

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella : ce sont nos ZYGOPTERA

Il indique pour chacune les références,  à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray, Réaumur et Roesel, mais aussi Goedard et Goedard par Lister, Mérian, et Frisch.

Parmi ses deux dernières, qui sont nos Zygoptères, la première correspondra à Calopteryx virgo.  Linné décrit ensuite sous le nom de Libellula puella quatre variétés appariées : deux variétés alpha et beta dont le point marginal des ailes (ptérostigma) est brun (l'une est "soyeuse", l'autre est rouge) et deux autres gamma et delta  dont le ptérostigma est noir (l'une est "soyeuse", l'autre bleu et gris alterné). Dans le texte des références à la Fauna suecica et à John Ray, les espèces "soyeuses" sont décrites avec des couleurs bleu, vert ou "livide". Ces quatre variétés correspondent alors à l'ensemble des zygoptères des collections européennes, aux ailes non colorées !

 

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Zoonymie des Odonates : Coenagrion puella (Linnaeus, 1758).

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Depuis cette description, de très nombreuses autres espèces de libellules aux yeux écartés ont été décrites, l taxonomie a établi le genre Coenagrion aux mâles bleus annelés de noir, et ses 13 espèces européennes. L'espèce Coenagrion puella, l'une des plus communes, se reconnait, pour les mâles  "au U noir du 2ème segment de l'abdomen et aux lignes latérales de l'abdomen".

Illustration par Lucas en 1900 : Coenagrion puella mâle.

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12677

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Source  : animalbase http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12677

Source : animalbase http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12677

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Les références faites par Linné pour Libellula puella.

 

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a) Sa propre Fauna suecica Linné 1746 page 229.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/263/mode/1up

Les quatre variétés y étaient décrites comme quatre espèces n° 760 à 763. Si la diagnose est la même que dans le Systema naturae, la description DESCR y est détaillée, et les références à John Ray sont accompagnées de la citation du texte de cet auteur.

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b) John Ray, 1710, Historia insectorum page 140 et page 50 n°15 16 17 et 18 et page 140 n°1.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/139/mode/1up

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c) Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X et XI . omnes

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.]
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0295/image

La description des planches est donnée en allemand : Der kleine schmal-leibige Wassernymphen-Wurm mit drey breiten Ruder-Federn, nebst seiner Werwandlung. Tab. X et XI.

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0297/image

Le titre peut se traduire par "La petite larve aquatique à corps mince avec trois "plume-gouvernail" avec sa métamorphose". Le sujet principal du chapitre est la larve, qui est décrite aux quatre premiers paragraphes, et illustrée aux figures 1 et 2 de la planche X et 8 de la planche XI.

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Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

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La figure XI fig.9 montre le masque caractéristique des larves.

Puis les imagos sont décrits au paragraphe  6 et 7 de la planche XI avec le détail des couleurs du corps et des yeux :.  

 

Einige fuhren einen grun, braun und gold schillerenden hinter-Leib ; hingegen aber ist der Worder-Leib zuwelien grûnlicht, zuweilen gelb und obenher dunckel braun ; die beeden Augen aber sind glänzend braun-roth, wie die sechste Figur der XI Tabelle zeiget. Wieder eine andere Art sehen wir in der sibenden Figur eben dieser Tabelle, und selbige wird wohl am häussiggsten gefunden, ist auch eine derer kleinesten Arten.

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0300/image

 

 Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche XI.

Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche XI.

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Sur la planche X fig. 4 et 5, les imagos sont montrés en tandem, les cerques du mâle (fig. 4) placés sur le pronotum de la femelle, en préparation de l'accouplement en cœur de la figure 6.

Voir  paragraphe 5 en renvoyant aux figures 3, 4 et 5 de la planche X.

 Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

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c)  Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes volume 6 [1742] planche XXXV figure 6 ; référence pour la variété delta.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/685/mode/1up

 

 

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Réaumur, 1742.

Réaumur, 1742.

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d) Sibylla Merian De europische insecten, 1730, texte page 78 et planche CLVI ; référence pour la variété delta.

 

 

— MERIAN (Anna Maria-Sibylla) De Europische insecten 1730 Jean Marret, M.D. Amsterdam J.F. Bernard https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n3/mode/2up

La libellule est posée sur une grande Jacinthe bleue Hyacinthus orientalis maximus C.B. Pinus 44 (H. orientalis, L. 1753). Son abdomen porte des marques noires et bleues annelées ; le thorax et les yeux sont bleuâtres, et les ptérostigmas sont noirs.

https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n159/mode/2up

https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

Dans l'édition française, la planche se trouve page 40, ce qui nous donne accès à la traduction du texte :

— MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buchoz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

https://documents.univ-toulouse.fr/150NDG/T2/PPN07558171X.pdf

"Ces animaux naissants, n'excédant pas la grandeur d'une puce : ils croissent ensuite à vue d'œil, & deviennent beaucoup plus grands. On les trouve dans les fossés, & ils ne se servent d'autre nourriture, si ce n'est qu'ils se mangent les uns les autres. J'ai remarqué qu'un des plus grands a dévoré en peu de temps les plus petits de la même espèce ; d'où vient que ces petits animaux paraissent extrêmement craintifs. De l'un de ces insectes provint cet Animal bleu & ailé, qu'on voit représenté sur la Planche."

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Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

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Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

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e) Goedart 1662  tome 3 fig. R et Goedaert in Lister 1685 page 228 fig. 103.

— Goedaert (Johannes), Metamorphosis et historia naturalis insectorum, apud Jacobum Fierensium, volume 3, 654 p, page 29 figure R.

La larve est désignée sous le terme général d'Animalcula, et l'imago n'est pas nommé.

https://books.google.fr/books/ucm?id=XYMDFCMqBy0C&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— GOEDART (Jan), 1685, Johannes Goedartius de Insectis nin methodum redactus cum notularum additione, operâ M. Lister, e Regia Societate Londinensi, Smith : London, 1685 [cf.  page 259 du lien suivant  fig. 103 dans l'édition colorisée : Bibl. Strasbourg]

 

http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Dans cette édition colorisée, l'abdomen et le thorax de la libellule sont colorés en bleu entre les anneaux noirs. Cela semble faire l'objet d'un commentaire en italique.

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Goedaert 1662

Goedaert 1662

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Goedaert in Lister 1685.

Goedaert in Lister 1685.

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f) Frisch. insecten, 1730. volume 8. tabellen 11.  référence pour la variété delta.

https://books.google.fr/books?id=78BCHTyXlzkC&dq=jungfer+libella&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Johannes Leonarhd Frisch consacre plusieurs chapitres du tome VIII de son Beschreibung von allerley Insecten von Teutchslands  (Description de toutes sortes d'insectes d'Allemagne), à partir de la page 16.

https://books.google.fr/books?id=xn-G0Q6gi9MC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

VIII: Von den Libellis oder sogenannten Jungfer. Der grössen Art.

IX. Von einem Wurm voraus eine breitleibige Libella kommt.

X. Von dem Wurm voraus der Langleibige Libella kriechet

XI. Von den Goldgrünen und Goldbraunen kleinen Libella.

C'est vers ce chapitre Sur la petite Libellule vert-doré et brun-doré que renvoie la référence linnéenne.

Homberg cite, pour souligner la différence entre sa propre description et la sienne, un article de Homberg pour les Mémoires de l'Académie royale des Sciences, daté de 1699 (page 145) : "Observations anatomiques sur les insectes apellées ordinairement Demoiselles" où est figuré l'accouplement de Calopteryx [splendens] sous le nom de Demoiselles. J'ai présenté cet article dans la zoonymie de Calopteryx virgo

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.image

http://www.lavieb-aile.com/2018/05/zoonymie-des-odonates-le-nom-calopteryx-virgo-linnaeus-1758.html

Il renvoie aussi aux descriptions de Johannes von Muralto (Jean de Murat, médecin de Zurich, 1645-1733)  et de Mentzer

 

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J.L. Frisch, vol. VIII tab. XI.

J.L. Frisch, vol. VIII tab. XI.

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RÉCEPTION DE LIBELLULA PUELLA DE LINNÉ

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La tâche des naturalistes fut, après cette édition du Systema Naturae , de démembrer parmi ces quatre "variétés" (devenues sept dans le SN  , éd. de Gmélin 1789 avec epsilon, eta et chi ) lesquelles étaient les formes sexuées ou immatures de la même espèce, et lesquelles étaient des espèces distinctes. Puis de les corréler avec les descriptions de 3 espèces décrites par Geoffroy en 1762.

Olivier décrit en 1789 six variétés de Libellula puella A à F.

En 1804, Latreille, qui  créa son genre Agrion avec ses deux espèces, virgo (ailes colorées) et puella (ailes non colorées), ne décrit plus que trois variétés a, b, et c de son Agrion puella ou Agrion Jouvencelle .

 

"A. Jouvencelle; agrion puella. Fab. Libellula puella. Lin. Ailes transparentes, sans couleurs.

Var. a. Alternativement bleue et cendrée; un point noir aux ailes. - L'amélie. Geoff. — Roes. insect. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 1o , fig. 5, 4.

 Var. b. D'un verd bleu en dessous, brune en dessus ; corselet ayant des bandes brunes et bleuâtres alternes; 'un point noir, marginal, aux ailes. — La dorothée. Geoff. — Rœs. ius. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 11 , fig. 7

Var. . d. D'un verd incarnat pâle ; trois bandes noires, longitudinales, sur le corselet; un point brun, marginal , aux ailes. — La sophie. Geoff.

Comme l'on trouve ces variétés réunies pêle-mêle dans leurs amours, il est difficile de savoir si ce sont des espèces."

En 1825, Vander Linden reprend, dans le genre Agrion de Latreille, les deux groupes I Alis coloratis  aux ailes colorées (A. virgo et haemorrhoidalis),  et II Alis albis aux ailes non colorées.

Dans ce groupe II, il décrit 10 espèces :

  • Agrion viridis correspond à Libellula puella alpha de Linné : ce sera Chalcolestes viridis (Vanderlinden 1825)
  • Agrion sanguinea correspond à Libellula puella beta  de Linné. Ce sera Pyrrhosoma nymphula (Sultzer 1776)
  • Agrion pulchella est une description propre de Vander Linden : ce sera Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825)
  • Agrion puella correspond à l'Amélie et à la figure 7 du tableau XI de Roesel (mais ne renvoie pas aux variétés de Linné). ce sera Coenagrion puella (Linnaeus, 1758)
  • Agrion elegans est une description propre de Vander Linden  : ce sera  Ischnura elegans (Vander Linden, 1820)
  • Agrion platypoda correspond à la variété chi de Libellula puella du  SN Gmelin : ce sera  Platycnemis pennipes (Pallas, 1771) 
  • Agrion analis sera Agrion najas (Hansemann 1823)
  • Agrion rubella sera Cériagrion tenellum ( de Villers, 1789)

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Voir ensuite World catalogue of Odonata, Steinmann

https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA225&dq=%22agrion+puella%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjxvb6-1ZjhAhUtAWMBHdXkABgQ6AEIKTAA#v=onepage&q=%22agrion%20puella%22&f=false

 

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE PUELLA.

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Puella : du nom latin féminin puella, ae "jeune fille". Puer, eri est "un enfant", et puellus "un petit garçon".

a) Dans sa Fauna suecica de 1746 page 229, les 4 variétés de L. puella étaient décrites par Linné comme quatre espèces "alis erectis sedentes, parvae", "se tenant ailes écartées, petites", et 3 d'entres elles appartenaient aux Libella minor (petites Libellules) de John Ray : ce nom de puella renvoie au fait que cette espèce (représentant alors toutes les Zygoptères, je le rappelle) est plus petite que les autres libellules.

b) Parmi ces quatre variétés, la variété alpha renvoie à la n° 760 du Fauna suecica. Dans cet ouvrage, l'espèce n°760 donne en référence John Ray, mais aussi Leewenhoeck et son [Opera magna, seu ] Arcana naturae detecta ope microscopiorum, Delphis Batavorum 1695 , page 18 figure 9. Il n'indique pour cette référence que le mot JUNFFERTIES.  J'ai déjà signalé que c'était une coquille, une erreur de lecture pour JUFFERTIES. Or, ce mot hollandais est  issu de JUFFER, "demoiselle" dont il est le diminutif. Ce nom commun des libellules signifie donc  "petite demoiselle". C'est le seul nom commun (vulgo selon Linné, vulgaire ou vernaculaire) rapporté par Linné pour ses Libellules, et il y a de bonnes raisons de penser qu'il a influencé son choix de donner à la première espèce de petites libellules aux yeux écartés le nom de virgo, "vierge, jeune fille" et à la seconde le nom de puella, "jeune fille".

Le nom Juffertie est mentionné dans un dictionnaire de 1752 avec la mention "voyez Schillebald [en allemand]" ; mais il faut rectifier en Schillebold, ou Wasserjungfer, Wasserlibelle, termes allemands populaires pour les libellules. Je  trouve Juffertjes  dans une traduction de Rabelais en hollandais, datée de 1682 : Gy spreekt me van jonge Juffertjes te kussen, maer ik sweer je byden heyligen paltrok dien ik draeg, dat ik 'er geefne van ontslagen ben: zorgende dat my gebeuren mogt 't geene den Heer van Guyercharois geschiedde.

Il traduit le passage suivant du Quart Livre : "Vous parlez de baiser damoiselles. Par le digne et sacré froc que je porte, je m'en déporte, craignant que m'advienne ce qu'advint au seigneur de Guyercharois."

On trouve le terme également  en 1642 et en 1655.

Dans l'édition de 1722, le passage occupe la page 18  comme dans l'édition de 1695 ; et la figure (qui porte le n° 4 et non 19) montre ces demoiselles en tandem.

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JUFFERTJES in Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, page 18

JUFFERTJES in Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, page 18

Antonio van Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, figure 4.

Antonio van Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, figure 4.

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c) Si Linné écrit fautivement JUNFFERTJTES au lieu de JUFFERTJES, c'est probablement par contamination par l'allemand JUNGFER "jeune fille". L'équation Libellae = Jungfer figure dès 1738 chez Johannes Leonhard Frisch dans la préface de son Beschreibung von allerlei insecten in Teutschland publié à Berlin. C'est ce même Frisch qui est donné en référence de la variété delta de la puella, et il reprend ce nom de JUNGFER dans son volume VIII. Nous avons vu qu'il citait Homberg et le nom de DEMOISELLE.

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 Johann Leonhard Frisch,  verlegts Christoph Gottlieb Nicolai, 1738

Johann Leonhard Frisch, verlegts Christoph Gottlieb Nicolai, 1738

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JUNGFER, définition : Nouveau dictionnaire de la langue allemande et françoise, 1784

JUNGFER, définition : Nouveau dictionnaire de la langue allemande et françoise, 1784

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d) Si Linné a été influencé dans son choix pour puella par le hollandais JUFFERTJES ("demoiselle") Leeuwenhoeck, 1695, et par l'allemand JUNGFER (même sens) Frisch, 1738,  il l'a été également par le nom que Réaumur donne en 1742  à ses libellules, celui, précisément,  de DEMOISELLE. Il était utilisé depuis cette date par tous les naturalistes français, et donc connu par tous les naturalistes européens. On le trouve dès 1678 dans le Dictionnaire italien et françois de Nathanaël Düez page 126 en traduction de l'italien ba icola : "1. une  brouëtte. 2. une sorte d'insecte appellée demoiselle", puis en 1699 dans le titre de l'article de Guillaume Homberg où il est qualifié d' "ordinaire".

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Conclusion : bien que Linné ait formé son nom de LIBELLULA également sous l'influence de cette tradition populaire voyant dans les libellules de frêles jeunes filles, il restreint cette image, par les deux noms de virgo et de puella, aux espèces les plus petites et les plus fines, qui formeront les Zygoptères.

Puella : du nom latin féminin puella, ae "jeune fille", en raison de la petite  taille et de l'abdomen fin des Zygoptères, mais surtout sous l'influence des noms vernaculaires assimilant celles-ci à des "demoiselles", (attesté dès 1678 en français),  en hollandais "Juffertjes" Leeuwenhoeck, 1695,  puis en allemand "Jungfer", Frisch, 1738, et en français "Demoiselle", Homberg 1699 et Réaumur,  1742.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-jouvencelle/

"De puella (lat) = demoiselle, jouvencelle."

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. puella = girl, maiden"

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"puella, ae = fanciulla. Vale quanto detto per ancilla" ("jeune fille. La même chose est vraie pour ancilla" )"

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"The species name - puella (Linnaeus) [l. maiden, girl] was one of the two first in modern nomenclature of Odonata to reflect tender femininity."

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

"puella komt van puer (kind. jongen) = jonge vrouw, meisje"


 

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) L'Amélie, ou la Dorothée, Geoffroy 1762 .

https://www.biodiversitylibrary.org/item/50613#page/236/mode/1up

Etienne-Louis Geoffroy décrit une de ses  14 espèces , la n°3, sous le nom d'AMÉLIE. Sa description, avec ses ptérostigmas noirs, son thorax bleu à trois bandes brunes (disons noires, il décrit des spécimens de collection) et ses segments abdominaux bleus à anneau noir est compatible avec un Coenagrion.  Il l'identifie comme étant la Libellula puella de Linné dans sa variété delta (Fauna suecica n°763) et il renvoie aussi aux figures de la planche X de Roesel.

 

"LIBELLULA corpore cœruleo cinereoque alterno, alis puncto marginali nigro. Linn. faun. suec. n. 763.

Linn. syst. nat. Edit, 10, p. 546, n. 18. Libellula puella. 
Roesel. ins. vol. 2 , tab. 10 , fig. 3 , 4. Insect. aquatil. class. 2. 
L'amélie. 
Longueur 14 lignes. 
Ses aîles sont blanchâtres, finement veinées de noir avec un point noir sur le bord extérieur vers le bout. Sa tête est d'un bleu cendré avec les yeux bruns. Le corcelet qui est bleu, est orné de trois bandes longitudinales brunes, une au milieu , & deux plus étroites sur les côtés. Les segmens du ventre sont bleus, avec un anneau noir vers leur bout postérieur. Ils sont au nombre de neuf, & les deux derniers font plus gros que les autres & tout bruns. On trouve cet insecte dans les prés."

 

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Il décrit ensuite sous le nom de Dorothée une espèce qui ne diffère de l'Amélie que par une longue raie brune du dessus de l'abdomen. Le dessous du corps est bleu-vert, le dessous brun, le thorax est rayé de brun et bleu alterné, les ptérostigmas sont noirs. Cette longue raie brune dorsale m'a fait douter de l'existence d'anneaux noirs, mais il renvoie à la figure 7 de la planche XI de Roesel qui présente ces anneaux ; Dijkstra décrit pour C. puella, une "ligne longitudinale étroite qui s'étend sur le coté de l'abdomen à partir de chacun de ces anneaux", qui peut correspondre peu ou prou à la ligne brune du dessus du ventre. La forme femelle de couleur verte est également parfaitement compatible avec plusieurs des Coenagrions. "La femelle adulte a des marques semblables à celles du mâle, mais avec une couleur verdâtre au lieu du bleue. Elle a une fine bande noire ininterrompue le long de l'abdomen." (Wikipédia)

"4. LIBELLULA corpore infra cœruleo viridi , supra-fusco, thorace fasciis fuscis , coerulescentibusque alternis , puncto alarum marginali nigro. 
Roesel, ins. vol. 4 , tab. XI, fig. 7. Insect, aquatil. class. 2. 
La dorothée. 
Longueur 14 lignes. 
Je ne vois d'autre différence entre celle-ci & la précédente, que cette raie longue & brune, qui couvre tout le dessus du ventre. Du reste le corcelet & les ailes sont tout-à-fait semblables. Mais ce qu'il faut remarquer , c'est
que dans cette espèce-ci tout ce qui est bleuâtre dans les mâles , est d'un jaune un peu vert dans les femelles. Je 
les ai trouvés souvent accouplés dans les prés. "

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Pour la "variété" de la Dorothée, décrite ensuite, ne s'agit-il pas d'un Sympegma (fusca) ?

"NB. LIBELLULA corpore infra fulvo , supra nigro, thorace fulvo fuscoque vanegato, puncto alarum marginali fusco. 
Celle-ci n'est qu'une variété de la précédente , dans laquelle tout ce qui étoit bleu ou vert dans l'autre se trouve de couleur fauve, tandis que la raie de dessus le corps au lieu d'être brune est noire. Quelquefois aussi les raies du corcelet se trouvent manquer , & ce corcelet pour lors est tout brun , avec les côtés seulement fauves. "


 

 

 


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Enfin, Geoffroy décrit, avant de passer à sa deuxième famille, une espèce qu'il nomme La Sophie, et dont les ptérostigmas sont bruns : je l'écarte donc des Coenagrions, et je ne retiens pas son nom français dans ma liste.
 

5. LIBELLULA corpore viridi pallide incarnato , thorace fasciis tribus longitudinalibus nigrïs , alis puncto marginali fusco . 
Raj. ins. p. yi , n. 19. 
La sophie. 
Longueur 16 lignes. 
Sa couleur est d'un vert un peu rougeâtre & pâle,  elle a seulement trois bandes noires longitudinales sur le corcelet. Le dessus de son ventre est brun, &. quelquefois en-dessus il y a une raie brune longitudinale dans toute 
la longueur , mais elle n'est pas constante. Les aîles sont réticulées &. diaphanes , avec un point brun à l'extrémité 
du bord extérieur. On trouve cette espéce avec les deux précédentes auxquelles elle ressemble beaucoup.

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2°) "La Libellule Amélie", Olivier 1789.

— OLIVIER (Guillaume-Antoine), 1789, Histoire naturelle, discours préliminaire page 568 n°44.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA558&dq=Libellule+Am%C3%A9lie,+Olivier&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjarNX-vpjhAhXR8eAKHU5hDkYQ6AEIOzAD#v=onepage&q=Libellule%20Am%C3%A9lie%2C%20Olivier&f=false

 

Olivier regroupe sous ce nom sept variétés A à F pourtant assez différentes : la A, "d'un beau vert doré" est l'Amélie de Geoffroy, la D est sa Dorothée, la E est sa Sophie. 

Le nom reste en usage en 1792 et jusqu'en 1802.

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3° L'Agrion jouvencelle Latreille 1800 -1804.

LATREILLE, 1800, Histoire naturelle générale et particulière, vol. 91.

LATREILLE, 1804, Histoire naturelle générale et particulière des crustacés et des insectes, Dufart, page 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&dq=puella++jouvencelle&hl=fr&source=gbs_navlinks_s Latreille décrit l'Agrion jouvencelle ou Libellula puella avec ses trois variétés, l'Amélie, la Dorothée et la Sophie de Geoffroy : le genre Agrion se divise en Libellules aux ailes colorées, c'est l'Agrion vierge ou Libellula virgo, et aux ailes transparentes non colorées, c'est l'Agrion jouvencelle.

idem in Cuvier 1817

https://books.google.fr/books?id=kBAOAAAAQAAJ&pg=PA426&dq=libellula+puella+latreille&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjjsLj0v5HhAhXYBWMBHRSmBCsQ6AEIKTAA#v=onepage&q=libellula%20puella%20latreille&f=false

Le nom français "jouvencelle" et son masculin jouvenceau sont des formes vieillies aux colorations médiévales ou ironiques pour désigner une jeune fille ou un jeune homme, depuis le latin populaire juvencellus / juvencella ou du latin chrétien juvenculus /juvencula,  "jeune homme, jeune fille". Sous la plume de Latreille, il témoigne peut-être de l'influence du médiévalisme romantique du début du XIXe siècle; (Ivanhoé de Walter Scott = 1819) préparée par la celtomanie entrainée par les Poèmes d'Ossian (1760-63).

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4°) "L'Agrion fillette", Milne-Edwards in Lamarck, 1835.

Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, tome 4 page 432.

https://books.google.fr/books?id=he_ruKcCuPwC&dq=%22agrion+puella%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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5°) L'Agrione vierge, de Sélys, 1840.

SELYS, 1840, Monographie des Libellulidées d'Europe, page 163 n°8, Agrion puella (Vander Linden).

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=%22agrion+puella%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

 

6°) "L'Agrion jouvencelle", Pierre Boitard 1843 puis de Sélys 1850 : reprise du nom donné par Latreille.

SELYS, Revue des Odonates page 200.

https://books.google.fr/books?id=6NAyAQAAMAAJ&dq=%22agrion+%22+revue+s%C3%A9lys&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

7°) L'Agrion Jeune fille", Chenu 1860.

CHENU (Jean-Charles), 1860, Encyclopédie d'histoire naturelle : Annelés , ed. Maresq, page 108.

https://books.google.fr/books?id=oiL4floRm5cC&pg=PA108&dq=%22agrion+jeune+fille%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiIirK12pjhAhVr8-AKHUBFAXUQ6AEIKTAA#v=onepage&q=%22agrion%20jeune%20fille%22&f=false

(et déjà en 1857:

  https://books.google.fr/books?id=ezpJAAAAcAAJ&pg=PA269&dq=%22agrion+jeune+fille%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiIirK12pjhAhVr8-AKHUBFAXUQ6AEIQDAE#v=onepage&q=%22agrion%20jeune%20fille%22&f=false

8°) Actuellement .

Le nom vernaculaire Agrion jouvencelle,  tombé en désuétude a été relevé un siècle plus tard par P.-A. Robert 1958 avec le commentaire puella = jouvencelle (jeune fille), et la citation d'Agrion jeune fille en synonyme,  puis par  Dommanget, 1987, et par l'ensemble des auteurs de guides naturalistes, par l'INPN et la liste de référence de la SFO..

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

Ils mettent en avant la couleur bleue, le nom de puella = demoiselle, ou la marque en U noir (en fer à cheval) du 2eme segment des mâles.

 

- en anglais The azure damselfly, la Demoiselle (Zygoptères) bleu-azur

- en catalan : El Donzell de la ferradura  : La demoiselle du fer à cheval (marque en S2)

- en néerlandais :De azuurwaterjuffer : la demoiselle des eaux bleu-azur.

-en frison  Blaujufferke : la demoiselle des eaux bleu-azur.

- en allemand : Die Hufeisen-Azurjungfer : La demoiselle bleue au  fer à cheval (marque en S2)

-en russe : Стрелка-девушка, стрелка девушка : (fille-flèche)

- en finnois Eteläntytönkorento : la demoiselle (libellule-jeune-fille) du sud

-irlandais : Béchuil ghormghlas : (bleu-vert)

-en gallois  Mursen las asur : la Demoiselle bleu-azur.

-en breton : dimezell c'hlas-oab  : la demoiselle bleu-azur (en attente de validation KAG)

-hongrois Szép légivadász : le beau Coenagrion 

-en lituanien Pasaginė strėliukė

-en letton : Gaišzilā krāšņspāre

-en norvégien  Sørlig blåvannymfe

-en polonais  Łątka dzieweczka

-en slovène  Modra vodendevojčica

-en suédois  Ljus lyrflickslända

 

 

 

 

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https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65141/tab/taxo

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SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

 

— FABRICIUS, 1775, Systema entomologiae : sistens insectorvm classes, ordines, genera, species, adiectis synonymis, locis, descriptionibvs, observationibvs / Flensbvrgi et Lipsiae :In Officina Libraria Kortii,1775. page 425 :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/82400#page/443/mode/1up

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 16:32

Le retable de sainte Anne trinitaire (vers 1660) de l'église de Lampaul-Ploudalmézeau. Le groupe incomplet de Saint Yves entre le Riche ...(manque le Pauvre).

 

 

 

 

Sur sainte Anne trinitaire (avec la Vierge et Jésus) , voir

Voir aussi :

GROUPES DE SAINTE ANNE TRINITAIRE de BRETAGNE.

-ailleurs : 

 

.

Sur Lampaul-Guimiliau :

.

Voir encore, sur saint Yves:

 

 

.

.

 

 

.

Le chanoine Jean-Marie Abgrall a décrit dès 1891 ce retable, ainsi que l'ensemble de l'église, avec cette précision qui témoigne de sa passion pour notre patrimoine. Un siècle plus tard, René Couffon ne trouve rien à y ajouter.

 

 

 

" Autel de Sainte-Anne. Dans le retable, on trouve d'abord, en grandes statues, le groupe de sainte Anne et de la Sainte Vierge portant l'Enfant-Jésus ; puis, dans les côtés, saint Joseph et saint Joachim. Au haut, un saint Évêque, sainte Barbe et sainte Marguerite. Dans les petites niches du bas, les statuettes de saint Hervé l'aveugle, avec son loup traditionnel et Guic'haran, son guide. Saint Yves assis, portant surplis, camail et bonnet carré. Le Riche de saint Yves, tenant sa bourse et son argent ; le Pauvre de saint Yves manque. Enfin, saint Cadou, vêtu en moine, portant un livre et une cloche." (Abgrall 1891 et 1916)

- "Bas-côté sud : l'autel de sainte Anne avec retable à quatre colonnes lisses fin XVIIe: dans la niche centrale, groupe de sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus ; de part et d'autre, statues de saint Joachim et de saint Joseph. - Dans les niches de l'entablement, statues de sainte Barbe, d'un saint évêque et de sainte Marguerite. Au bas du retable , dans de petites niches, statuettes : saint Hervé, saint Yves, le Riche, saint ermite à clochette (Cadou ?)" (Couffon 1988)

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La fin du XVIIe siècle correspond, à Lampaul-Guimiliau, à une période de construction et de décoration . La construction de l'ossuaire (ou chapelle de la Trinité) date de 1667-1669, l'Arc de triomphe porte la date de 1668, et la sacristie est construite en   1673-1679 ; une fontaine dite Feunteun-Bol, est datée de 1661. En 1676, le sculpteur Anthoine réalise et signe la Mise au Tombeau en pierre ; en 1684, François Lerrel réalise les lambris sud du chœur. Et l'église conserve encore aujourd'hui la bannière de saint Paul Aurélien tissée en 1667.

C'est à la même époque que le chœur et les chapelles reçoivent les sept retables. Leur datation précise n'est pas connue. Néanmoins, dans le cas de ce retable de sainte Anne, nous pouvons remarquer que le tableau dit de la Sainte Famille, placé au-dessus de la porte sud  provient selon Couffon  "du retable du midi de la chapelle Sainte-Anne". Or, il est signé et daté : "FLOCH. FECIT. 1662".

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Le tableau de N. Floch, 1662.

La Vierge présente son Fils à sainte Anne, en présence de Joachim et de Joseph, avec  au sommet dans la nuée, Dieu le Père la tête encadrée du triangle trinitaire. Deux anges tendent des couronnes de fleurs.

L'inscription de signature est N. FLOCH, 1662.

Nicolas Floch, sieur de Porzmorvan (vers 1616-Landerneau, 1683) et.st un peintre vitrier de Landerneau, connu pour avoir penit une image de sainte Anne, de Notre-dame et de saint Joseph pour l'église de Plougastel en 1632, puis de saint Jean, saint Nicolas et sainte Catherine pour Locronan en 1638. Il intervient en 1656 sur un autel à Saint-Thomas de Landerneau, et en 1376 sur le lambris de Saint-Divy, en 1671 à l'hôpital de Landerneau, en 1680 sur un tableau de Saint-Thomas de Landerneau, et en 1682 à l'église Saint-Houardon de Landerneau (Hamoury, 2010).

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Sainte Famille, Tableau de Nicolas Floch (1662),  église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 30 mars 2019.

Sainte Famille, Tableau de Nicolas Floch (1662), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 30 mars 2019.

Sainte Famille, Tableau de Nicolas Floch (1662),  église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 30 mars 2019.

Sainte Famille, Tableau de Nicolas Floch (1662), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 30 mars 2019.

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Le retable de sainte Anne.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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1°) La niche centrale : groupe de sainte Anne trinitaire.

Sainte Anne, à droite, tient dans la main gauche une fleur d'or, symbole de la pureté, tandis qu'elle place sa main droite derrière le dos de sa fille, la Vierge Marie. Celle-ci porte l'Enfant-Jésus vêtu d'un pagne et tenant le globe le qualifiant comme Sauveur.

Les deux femmes sont debout, elle ne se regardent pas, elles ont en commun non seulement la robe gris taupe serrée par une ceinture dorée très haute, sous la poitrine, mais aussi une posture droite, fière ou hautaine, et la sévérité de leurs traits. Comme c'est la règle, l'artiste différencie la grand-mère, avec sa guimpe et son voile ne laissant paraître le moindre cheveu, et la fille aux cheveux libres sur les épaules, sous  un petit voile blanc.

On sait ce que ce thème est une défense ou une illustration de la conception immaculée de Marie, et aussi de l'élection prédestinée d'Anne, qui fut conçue et enfanté sans péché. Placée à la charnière entre Ancien et Nouveau Testament (comme Jean-Baptiste et Elisabeth), Anne prend place dans l'étude typologique des Écritures. Enfin, c'est une modulation  terrestre et féminine du thème de la Trinité. 

Tout cela, que j'ai exploré dans mes différents articles sur ce thème, est désormais clairement exposé dans le travail d'Annie Cloulas Brousseau et dans l'article Wikipédia

http://ste.anne.trinitaire.online.fr/introduction.php

ttps://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte_Anne_trinitaire

Mais nous sommes loin, ici, des charmantes compositions des groupes trinitaires de la vallée de l'Aulne, avec leurs femmes assises, les différences de taille accentuées entre mère et fille, les regards et gestes complices, et l'enfant situé comme divin objet transitionnel entre elles.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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LES STATUETTES DE L'ÉTAGE INFÉRIEUR.

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LE GROUPE INCOMPLET DE SAINT YVES ENTRE LE RICHE ET LE PAUVRE (vers 1660 ?).

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1°) Le Riche.

Il porte les cheveux longs et la moustache torsadée et la barbiche en pointe à la Louis XIII. Ce style capillaire a disparu sous Louis XIV. Ce personnage date plutôt de 1645, car, plus tard, en 1655, la barbiche se réduisit à une petite touffe en  mouche avant de disparaître en 1660. Mais cela ne nous donne pas la date de la statue, car l'artiste a pu choisir de montrer un seigneur du temps jadis. 

Il s'est choisi une toque du plus beau rouge, à bords hauts, relevés et évasés. Et il a placé au centre un bijou doré, un médaillon à trois épaisseurs ; celle du centre, polyédrique, correspond peut-être à un joyau.

Son habillement comporte :

Une chemise blanche, à petit col en pointe, et dont les poignets sont dorés.

Un pourpoint bleu sans manches, s'élargissant pour laisser voir la chemise, en deux pans (sans bouton pour la moitié inférieure) dont les pointes ne descendent pas plus bas que l'aine. Ce pourpoint n'est pas un justaucorps, avec ses poches et ses boutons (jusqu'à 46) ;  or c'est vers les années 1660 qu'il décline, pour disparaître vers 1680.

 

Une aumônière dorée, munie d'une sangle passée autour de la taille. Les angles du fond s'ornent de glands.

Une culotte (chausse) dorée, descendant une main au dessus des genoux, plissée en épais plis : on peut parler de rhingrave, à la mode en 1660-1670. Les auteurs de l'article Rhingrave soulignent sa persistance en Bretagne sous la forme des bragou-braz, mais le seigneur de Lampaul-Ploudalmezeau porte bien une rhingrave. https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhingrave_(v%C3%AAtement)

Des hauts de chausse bleus

Des bas blancs serrés par des galants dorés noués sur le coté extérieur.

Une paire de souliers de couleur beige, souples, longs et fins, sur une semelle bien différenciée, un talon bottier, dont les quartiers se prolongent en rubans noués en rosette (et non en aile de moulin), et une languette qui dessine sa langue bien visible devant la cheville.

Mais le plus extraordinaire est son manteau. Il n'a pas de manches, mais seulement des fentes par où passent les bras. De couleur vermillon, il est fermé par cinq boutons dorés sur le tiers supérieur, puis, au dessus d'un passant également doré, il s'évase en un pan si long qu'il couvre les talons, mettant en évidence la doublure blanche, surement de soie.

Au niveau des épaules, rembourrées,  ou  grâce à deux boutons décoratifs des manches, son habit montre à qui veut le voir que son propriétaire aime l'or.

S'il tend au juge de Tréguier, l'Official du diocèse, une pièce d'or, il en remet une bonne poignet dans son escarcelle. 

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Au total, mise à part la moustache et sa barbiche, désuète, l'ensemble est cohérent pour une datation avant 1670-1680, et donc vers, ou un peu avant 1660.

A une époque où la majorité (50 à 75 % ?) des habits étaient noirs, et où des lois somptuaires ne permettaient pas de porter n'importe quelle couleur, la tenue rouge et or de cet homme signe son extraction noble d'un milieu hors du commun. Ce n'est pas un petit juge qui va s'opposer à son ascension, et, à défaut de manches, il a le bras long.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Saint Yves.

Le Riche ? Il ne le regarde même pas ! Assis comme il se doit dans le cadre de ses fonctions, il se tourne vers le Pauvre. Le sculpteur lui fait porter l'habit de recteur de Louannec, avec la barrette (à houppe) — qui est aussi alors le bonnet carré des docteurs en théologie, des juges et des avocats —, le camail, le surplis, et la cotte talaire. Yves de Kermartin n'aurait pas apprécié que le peintre ajoute toutes ces touches de couleur or un peu partout.

Le geste des deux mains est celui qui est déjà noté sur d'autres groupes de saint Yves : une paume levée, saisi dans l'éloquence de la plaidoirie ou de l'audience, l'autre tournée vers le plaideur (ou tenant le rouleau de parchemin).

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Enfin, le Pauvre est jugé in absentia, depuis longtemps, car sa statuette était déjà absente en 1891 lors de la visite de l'abbé Abgrall. Mais on l'imagine très bien.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Saint Hervé, son jeune guide et son loup apprivoisé.

On sait que saint Hervé, venu de Grande-Bretagne et  fondateur d'un monastère à Lanhouarneau,  était aveugle : il a ici les yeux mi-clos et marche avec un bâton, conduit par le jeune Guic'haran . On sait aussi qu'après qu'un loup ait mangé son chien, Hervé l'obligea à le remplacer.

Saint Hervé est figuré en habit de Frère Prêcheur, avec la tunique blanche (dont on voit la ceinture), la bande centrale du scapulaire, et le manteau noir à capuce. Comme pour saint Yves, les rehauts de peinture or sont dus au zèle d'un artiste rénovateur.

Le garçon, vêtu en petit paysan breton avec la culotte, la tunique, ...et le chapeau rond, porte un bissac sur l'épaule droite.

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L'élément anecdotique amusant, c'est la muselière et le double collier servant de harnais pour le loup. On retrouve cela au Musée du Loup de Le Cloître- Saint-Thégonnec.

Saint Hervé est, avec saint Yves, le saint le plus vénéré en Bretagne. On trouve sa statue un peu partout, mais notamment tout près d'ici, sur le retable de Guimiliau.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Saint Antoine.

L'abbé Abgrall y a reconnu saint Cadou , mais je ne trouve pas de confirmation que la cloche soit son attribut. C'est par contre celui de saint Antoine. Le livre est cohérent pour ce fondateur de l'Ordre des Antonins. Je présume qu'il tenait jadis dans la main droite la canne en T ou en tau qui confirmerait mon hypothèse.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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LES STATUETTES LATÉRALES  DE L'ÉTAGE PRINCIPAL : LES MARIS.

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À notre gauche , à coté de la Vierge: saint Joachim, père de Marie et époux d'Anne.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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À notre droite , à coté de sainte Anne : saint Joseph, époux de Marie.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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LES TROIS STATUETTES DE L'ÉTAGE SUPÉRIEUR.

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1. Au centre : un saint évêque. Saint Augustin ?

C'est vous qui voyez. Mais l'évêque d'Hippone est l'auteur de De Trinitate (De la Trinité), thème central ici.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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2. Sainte Barbe et sa tour.

Barbe ou Barbara, vierge et martyre, milita pour le dogme de la Trinité de façon spectaculaire, en faisant ouvrir une troisième fenêtre dans la tour où elle avait été enfermée. Cette tour aux fenêtres triples est devenu, avec la palme du martyr, son attribut.

Avec de bonnes jumelles, nous pourrions voir aussi ce qui lui est également caractéristique : son élégance (elle rivalise avec sainte Marie-Madeleine) et son origine orientale ; nous verrions son voile noué en turban, ses boucles d'oreilles et son collier de perles dorées. Son surcot très sexy découpe le contour de ses seins, soit pour reprendre, en l'exagérant,  le costume de sainte Anne et de la Vierge avec sa ceinture remontant la poitrine, soit pour souligner qu'elle eut les seins arrachés par ses bourreaux. Un peu des deux, non?

On l'invoque contre la foudre, ou contre la mort subite.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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3. Sainte Marguerite issant de son dragon.

Elle possède, coté nord, un retable rien que pour elle, mais la dévotion pour l'une des 14 grand Intercesseurs (féminin = ?) est immense, aussi grande que celle portée à sainte Barbe.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

 

—ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

COUFFON (René), 1964, Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

— HAMOURY (Maud), 2010, La peinture religieuse en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Presses Universitaires de Rennes.

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SALET ( Francis), Thirion Jacques, 1955, . Sculptures bretonnes de la fin du XVIIe siècle. In: Bulletin Monumental, tome 113, n°3, année 1955. p. 218; https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1955_num_113_3_8185_t1_0218_0000_1

"Notre confrère M. Couffon a apporté des précisions intéressantes sur la sculpture du Finistère au XVIIe siècle. Etudiant certaines Vierges à l'Enfant de la région, il remarque qu'elles ressemblent aux figures de la Mise au tombeau de Lampaul- Guimiliau, exécutée en 1676 par Anthoine, et aussi à celles du baptistère de Plonevez-du-Faou qu'il attribue, du fait des analogies de facture avec le tombeau de Henri de Lorraine, à l'église Saint-Roch de Paris, à Nicolas Renard, qui devint chef de l'atelier des sculpteurs de la Marine, à Brest, en 1697.

Un grand nombre de statues du Finistère seraient donc l'œuvre de ces artistes envoyés par Colbert, qui constatait qu'il n'y en avait pas alors dans la région qui fussent capables de traiter de grandes figures. M. Debidour, dans son ouvrage récent sur La sculpture bretonne, arrivait, de son côté, à la même conclusion.

Couffon montre encore que quatre statues de l'Hôpital-Camfrout — un Crucifix, la Vierge, saint Jean, saint Yves — doivent être données à Anthoine. Elles datent de 1684. Au total, l'auteur groupe autour du nom de cet artiste un ensemble de quinze statues. D'autres, moins bien traitées, sont des travaux de son atelier. Ces productions des sculpteurs de la Marine tranchent sur ce qu'on faisait avant eux dans la région.

Les retables nombreux dus aux frères Le Déan, de Quimper, ou à Maurice Leroux, de Landernau, se font remarquer par l'excellence de leur sculpture décorative et la faiblesse de leurs statues, ce qui vérifie les dires de Colbert.

Pourtant, il y avait à Morlaix de très bons sculpteurs : Jean Berthoulous, Louis Palmay, Nicolas Halleguen, qui travaillaient dans la première moitié du xviie siècle.

A la fin du siècle, et en dehors des artistes de la Marine, quelques sculpteurs bretons se font remarquer au pays de Léon : Jacques Lespaignol, à Morlaix, avec la Mise au tombeau de Saint-Thégonnec, son œuvre maîtresse ; les Lerrel, à Landivisiau, avec la chaire de SaintThégonnec ; Jean Cevaër, à Pleyben, qui imite la manière d' Anthoine ; Olivier Daniel, à Quimper. — Mémoires de la Société d'émulation des Côtes- du- Nord, 1955."

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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 12:24

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Face à ce groupe, l'amateur cherchant à se documenter se trouvera fort dépourvu. Il prendra connaissance de la description de Jean-Marie Abgrall (1891):

"Au-dessus de la porte de la sacristie est un beau groupe de Notre-Dame de Pitié : le corps de Notre Seigneur est étendu sur les genoux de sa Mère ; saint Jean et les trois Marie assistent la Sainte Vierge."

Et de celle de René Couffon (1988) :

"Groupe de Notre Dame de Pitié (ou Descente de croix à six personnages), XVIe siècle ".

Placé sous l'œuvre, un cartel bilingue lui expliquera plus précisément ceci :

"La Descente de croix. XVIe siècle. Oeuvre d'une qualité remarquable taillée dans un seul bloc de chêne. Elle représente l'expression d'une grande douleur contenue de Marie, saint Jean, Marie-Madeleine, et en arrière-plan d'une sainte femme et Joseph d'Arimathie. Le Christ présente des traits marqués par l'agonie. Notez la finesse des visages féminins et leur dignité dans la tristesse."

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Je récuserai d'abord la dénomination de "Descente de croix".  Mais aussi, stricto sensu,  celle de "Notre-Dame de Pitié" (ou Vierge de Pitié, ou Pietà), où ne figurent que Marie et son Fils. La présence de quatre personnages supplémentaires composent une Déploration du Christ

Je récuserai aussi l'identification d'un personnage comme étant Joseph d'Arimathie. Nous avons, comme l'indiquai le chanoine Abgrall,  au premier plan le Christ, au second plan Jean, Marie et Marie-Madeleine, et en arrière plan deux Saintes Femmes.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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La composition est remarquable. Si je la compare à la Déploration de Saint-Nic, elle s'en distingue car les personnages forment une ogive, comme deux mains jointes, et leurs fûts verticaux figés contrastent avec le dynamisme de la croix du corps et des bras du Christ.

Le paradoxe est évident, puisque les saints personnages sont anéantis et comme morts dans leur lamentation commune ; les têtes sont inclinées, les regards baissés, les voiles tombent, les plis s'affaissent. Seul le cadavre du Christ est animé par la bouche entrouverte, par les rides expressives du front et surtout par  la brisure en Z du bras gauche et de la jambe gauche, par le pied gauche qui ne tombe pas, et par la force de l'appui de la jambe droite.

 

Cette composition est propre à la technique, la sculpture sur bois monoxyle. C'est elle qui impose cette forme, ou bien plutôt, c'est grâce à cette contrainte que l'artiste obtient ce resserrement de l'attention et du recueillement.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Au sein de cette structure spatiale, il est facile d'en distinguer une autre, en poupée gigogne, qui dessine  le cœur émotionnel poignant de la scène : un oratoire à l'intérieur d'une chapelle.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Une fois ces préliminaires perçus, le regard peut aller d'un personnage à l'autre, se pénétrer de leur peine, y communier dans le cadre d'une démarche de dévotion individuelle (c'est dans ce but que la sculpture a été réalisée), ou seulement exercer sa curiosité artistique.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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La Vierge.

Le manteau bleu à galon d'or recouvre la tête et son voile blanc. La guimpe blanche impose son austérité à la robe rouge-orange. Rien d'autre qu'un silence. Tout est dit.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Saint Jean.

Il soutient la tête de celui dont il fut le disciple préféré. Sa bouche et son menton semblent trembler pour contenir les pleurs.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Une Sainte Femme.

C'est Marie Jacobé (ou bien Marie Salomé) ; elle tient dans ces mains le linceul, ou quelque linge funéraire. Elle est vêtue comme Marie.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Marie Salomé.

Elle emprunte à Marie-Madeleine les éléments de son iconographie que sont les longs cheveux dénoués et le turban de riches étoffes, ainsi que d'autres traits d'élégance comme la chaîne d'or qui attache sa cape . Elle prie, mains jointes.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Marie-Madeleine.

Nous l'identifions par le pot d'onguent, ses cheveux libérés du voile et ruisselant devant les épaules, mais aussi par sa place de prédilection aux pieds de Jésus .

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Comparaisons.

L'influence flamande est bien entendu évoquée, mais je n'ai pas trouvé d'œuvre équivalente.

Anvers, 1515-1520, chêne polychrome

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not&idNotice=2516

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SOURCES ET LIENS.

 

—ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 70.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

"Au-dessus de la porte de la sacristie est un beau groupe de Notre-Dame de Pitié : le corps de Notre Seigneur est étendu sur les genoux de sa Mère ; saint Jean et les trois Marie assistent la Sainte Vierge."

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

 COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

—  COUFFON (René), 1964, Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52.

 Voir la Déposition de Collorec, désignée sous le terme de Thrène et photographiée figure 8 (Le Doaré).

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

- A. de la Barre de Nanteuil : Lampaul-Guimiliau (S.F.A. - C.A. 1914)  Non consulté.

- Y.-P. Castel : Lampaul-Guimiliau (Rennes, 1979) Non consulté.

- M.-M. Tugorès : Le retable de saint Jean-Baptiste de Lampaul-Guimiliau (B.S.A.F. 1980)  Non consulté.

- Christel Douard et Roger Barrié : Lampaul-Guimiliau : Un enclos paroissial du Léon (Châteaulin, 1987), Photos de D. Le Doaré et D. Soret. . Broché. 32 pages. Non consulté.

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 14:53

Balafenned d' Anjela Duval : les Papillons.

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Anjela Duval, Extrait de Quatre poires, recueil bilingue de poèmes choisis et traduits du breton par Paol Keineg, 2003. Droits réservés.

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 Photographie lavieb-aile.

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Anjela Duval, Extrait de Quatre poires, recueil bilingue de poèmes choisis et traduits du breton par Paol Keineg, 2003. Droits réservés.

 

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 Photographie lavieb-aile.

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Anjela Duval, Extrait de Quatre poires, recueil bilingue de poèmes choisis et traduits du breton par Paol Keineg, 2003. Droits réservés.

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Photographie lavieb-aile.

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Anjela Duval, Extrait de Quatre poires, recueil bilingue de poèmes choisis et traduits du breton par Paol Keineg, 2003. Droits réservés.

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 Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier
17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 21:01

L'Annonciation à trois personnages du tympan du porche sud de la chapelle de Quilinen (Landrévarzec) ...et son double.

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Voir aussi sur cette chapelle :

 

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L'abbé Abgrall, qui parcourut en vélo à la fin du XIXe siècle et au début du siècle suivant les routes autour de Quimper (dont il était chanoine), a fait remarquer les richesses de la chapelle de Quilinen, non seulement son calvaire,  mais aussi le portail méridional :

"Presque au bas du côté sud de la nef, est un porche ou une grande arcade encadrant une porte géminée et dans le tympan une gracieuse statue de la Vierge agenouillée ayant à sa droite l'ange Gabriel portant sur une banderole l' inscription gothique : AVE . GRATIA . PLENA.  A sa gauche un autre ange, aussi à genoux, tient l'inscription NOTRE . DAME . DE . BONNES . NOUVELLES. C'est en effet sous le vocable de Itroun Varia Kelou Mad,  Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, que les Bretons invoquent la Sainte Vierge dans le mystère de  l'Annonciation.

Le cul-de-lampe qui soutient la Vierge est formé d'un aigle tenant un écusson; ceux qui portent les anges sont formés de deux lions tenant aussi des écussons sur lesquels on a peint des blasons de fantaisie. Au-dessus de la grande arcade, sont trois ou quatre autres écussons, dont un timbré d'un casque. Ce joli porche de Quilinen est absolument analogue, comme forme et comme dimensions, à celui de Notre-Dame des Fontaines, en Gouézec [fin du XVe]."

René Couffon tente de surenchérir :

"La porte sud avec son archivolte très relevée, ses hauts pinacles et ses portes géminées, est très semblable à celle de Notre-Dame des Trois-Fontaines en Gouézec ; toutes ses voussures reposent sur des colonnettes à chapiteaux."

 

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I. LE PORTAIL SUD.

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Le portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Le portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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Le tympan.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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Le groupe de l'Annonciation : la Vierge, Gabriel à gauche et un ange à droite.

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Il y a une certaine étrangeté dans cette composition. Seule la Vierge est sous un dais, gothique, et pas forcément homogène. Elle nous fait face, alors que traditionnellement elle est tournée vers la gauche, où l'ange messager fait irruption. Elle est agenouillé sur un épais coussin, mais ses jambes sont vues de profil et non de face comme le corps. Alors qu'une composition triangulaire adaptée au tympan permettait de placer les personnages sur le même plan horizontal, le dais superfétatoire entraîne une position abaissée de Marie, d'autant que les trois culots sont hauts, et que le culot central est plus bas que les autres.

Enfin, le deuxième ange se trouve ici, comme on dit, "comme un cheveu sur la soupe" : où a-t-on déjà vu cela ? Sur le chapiteau de l'absidiole orientée du bras sud du transept d'Issoire , répondrez-vous ! Tandis que les anges sont trois dans la chapelle des Pelletiers de Cracovie, sur un tableau de Jean Le Grand. Je vois que vous avez lu Piotr Skubiszewski.

Certes, Bernardo Daddi peint, en 1335, deux anges, mais ils se tiennent respectueusement l'un derrière l'autre ! Et Fra Filippo Lippi également, en 1443-1450 dans l'Annonciation Murate

 

Il y a parfois un troisième personnage, mais c'est une suivante, l'Écouteuse, ou un témoin : sur la frise de Montmorillon ou, en peinture,  dans le chœur préroman de Saint-Martin-des-Puits (Aude) ou à Souillac ou à Conques où la servante s'occupe à filer, rappelant que Marie tissait, avec ses compagnes, le voile du temple.

 

Victor-Henri Debidour  trouve cela très astucieux : l'artiste confronté à la nécessité de centrer le tympan, a laissé le centre à Marie, et il a placé derrière elle un deuxième ange ; et parce qu'il fallait bien lui donner quelque chose à dire, il lui a confié un phylactère avec le nom de la titulaire de la chapelle. Mais il a été obligé de grandir le corps de la Vierge, qui, agenouillée, est aussi grande que si elle était debout. 

La belle affaire ! Depuis toujours, ce problème du centrage de la scène entre Marie et Gabriel placés latéralement a trouvé sa solution, en y plaçant une colonne, ou un lys dans son vase, ou une fenêtre, et cette colonne, ce vase ou cette ouverture ont acquis dès lors un sens spirituel élaboré. Ailleurs, c'est le lutrin qui occupe cette place, avec le livre des Écritures. Ou Dieu le Père, ou la colombe.

Face à un cadre identique à celui de notre tympan, dans les cellules de San Marco, Fra Angelico utilise l'arc d'ogive en y inscrivant un silence, le lieu du Mystère.

 

On voit bien, si on accepte de se l'avouer, que tout cela n'est pas équilibré et laisse deviner une réorganisation de l'espace dans l'après-coup.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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La Vierge.

Elle est vêtue d'un manteau bleu qui vient recouvrir sa tête, sans dissimuler entièrement ses cheveux blonds. Il recouvre une robe très simple, sans décolleté, vieux-rose, plissée dans sa moitié inférieure, avec un mouvement des plis qui glisse vers sa gauche. Ses mains, s'échappant du revers entrebaillé du col place les deux paumes face à face, dans un geste tenant à la fois de l'étonnement, de la prière et de l'acceptation.

Le visage est doux, rond, la bouche est petite, le regard songeur, le nez droit prolongeant la courbe des deux sourcils épilés.

Debidour l'a dit, nous hésitons devant cette masse en bas à droite : sont-ce ses jambes et ses pieds aux talons dressés ? Seul peut-être le pan trop long du manteau, s'étalant devant le gros coussin, nous convainc que Marie est bien à genoux.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'Ange Gabriel.

C'est tout lui : le genou fléchi, mais dans l'élan de sa course, tenant les paroles de l'Annonciation sur un phylactère, et présentant le lys, la palme ou le bâton désormais brisé, mais que nous imaginons bien.

Le message est tourné vers la Vierge, en lettres gothiques minuscules AVE (en bas) puis la partie perdue GRATIA, et en haut PLENA : Ave gratia plena, Je te salue, pleine de grâces.

Il est sobrement vêtu d'un manteau qui le couvre entièrement, et dont le seul ornement est l'amict, replié sur le rabat du col en formant deux pointes bien repassées.

Nous ne pouvons plus dire si ses beaux cheveux bouclés étaient retenus par un bandeau. Son visage est beau, son regard expressif, ses lèvres à peine ouvertes.

 

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'ange acolyte.

Lui aussi est agenouillé sur un petit coussin, mais il amorce progressivement un mouvement de rotation et de renversement en arrière, dont la retenue, le naturel et la grâce nous charment, pour nous regarder avec un demi-sourire parfaitement réussi. Son aube vient bouffer sous l'effet d'une ceinture ou d'un cordon, donnant aux plis  l'occasion de souligner la torsion du tronc.  

L'amict est cette fois ci plissée en W, ce qui m'évoque immédiatement les anges de l'atelier ducal du Folgoët (1423-1509) dont c'est l'une des spécificités, tant au Folgoët qu'à la cathédrale de Quimper, à Rumengol, à Daoulas, ou Saint-Herbot. Ces amict se retrouvent aussi sur les vitraux (1402) de Merléac.

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-du-folgoet.i.l-autel-des-anges.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/10/la-chapelle-saint-jacques-de-merleac-les-lambris-peints-des-bas-cotes-anges-musiciens-et-legende-de-saint-jacques.html

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Il tient sa banderole en diagonale comme une écharpe de miss, et malgré les lettres manquantes nous y lisons :

NOSTRE DA~ME DE B.

On notera les lettres conjointes DE. Il y a en effet un tilde au dessus du A et il faut lire NOSTRE DAMME. Cette forme est attestée en France en 1287 à Reimsen 1480 en Anjou, ou à Liège dans la Chronique de Jean d'Oustremeuse, en Pays de Hainaut en 1461, mais aussi en 1776 dans l'appellation "Nostre-Damme de Kerdévot" en Ergué-Gabéric. 

La dénomination "Nostre Damme de Bonne Nouvelle" est attestée  à Rennes en 1526.

Elle ne permet donc pas une datation précise.

La suite de l'inscription est effacée, hormis un groupe de deux lettres, et il faut donner foi aux relevés de l'abbé Abgrall, un auteur suffisamment précis et soucieux d'épigraphie pour le mériter.

C'est aussi le nom de la Vierge vénérée à  la chapelle de Bonne Nouvelle de Locronan (Kelou Mad), ou à celle de Quillidoaré de  Cast , toutes les deux très proches de Quilinen. En breton, on la désignait sous le vocable Itron Varia a Gelou Mad, même sens.

Ce serait le duc Jean IV qui après avoir remporté la bataille d'Auray en 1364, aurait décidé d'honorer Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle par la création d'un couvent : "La nouvelle qui fust apportée à ce prince par un héraut au fort de la bataille de la deffaitte et de la mort de son ennemi donna à ce monastère le nom de Couvent de Bonne Nouvelle."

 

Le duc Jean IV favorise l'implantation des Jacobins (Dominicains) à Rennes, en 1369, et c'est dans ce couvent de Bonne-Nouvelle (ou des Jacobins) qu'a lieu le don miraculeux du tableau de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle en 1466 : le couvent devient au XVIe-XVIIe un lieu de pèlerinage incontournable.

Il aurait fait débuter la construction d'une chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Rennes, , et Guy XII de Laval aurait fait poursuivre les travaux.

La statue de Notre Dame figure dans un retable à volet ainsi que le gisant de saint Herbot à la chapelle Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou, or cette chapelle porte sur son porche sud de 1498 les armes ducales.

http://www.lavieb-aile.com/article-vierges-allaitantes-ix-chapelle-de-bonne-nouvelle-a-locronan-102853975.html

http://www.lavieb-aile.com/article-vierge-allaitante-iii-chapelle-de-quillidoare-a-cast-96288345.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/l-enclos-paroissial-de-saint-herbot-a-plonevez-du-faou-vi.le-porche-sud-1498-1509-par-le-second-atelier-du-folgoet-l-exterieur-et-le

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Niche à volets de Notre Dame de Bonne-Nouvelle de la chapelle Saint-Herbot. Photo lavieb-aile.

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Voir aussi la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Pleyben, celle de Roscoff, de Trébeurden, celle d'Uzel, etc.

https://www.bretagne-cotedegranitrose.com/offres/chapelle-de-bonne-nouvelle-trebeurden-fr-2714457/

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-de-bonne-nouvelle/c6b47b0b-7c71-4160-871a-56aaba482aac

 

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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Quel sourire ! An-gé-lique.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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COMMENTAIRES.

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L'abbé Abgrall puis René Couffon  insistent plus, dans leur description de ce portail,  sur le monument architectural que sur le tympan et ses trois statues en ronde bosse. 

Pourtant, ce groupe est singulier pour au moins deux raisons :

a) il est en calcaire, dans un pays où les sculptures en pierre sont en granite ou en kersanton.

b) Le groupe de l'ange tenant le phylactère AVE GRATIA PLENA et de la Vierge mains ouvertes pour signifier le fiat de son adhésion compose une Annonciation, mais  la présence d'un deuxième ange présentant le nom de Notre Dame de Bonne Nouvelle est incongru ou du moins très inhabituel.

Surtout, cette œuvre est remarquable par sa beauté.

On cherchera pourtant en vain une étude (hormis peut-être dans les placards inaccessibles de la DRAC) qui lui soit consacrée en propre et qui réponde aux questions qu'elle suscite.

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Datation.

Pour situer le cadre temporel, disons que la chapelle date de la seconde moitié du XVe siècle.

Le riche matériau héraldique de la façade sud, des culots de ces trois personnages, et de l'intérieur, étudié avec brio par Michel Mauguin, indique que le début de la construction se situe entre 1450 et 1457 en raison des armoiries de Jean  Lespervez,  (l’évêque de  Quimper de 1450 à 1471) ; de Pierre II  (duc de Bretagne de 1450 à 1457 ), tandis que  les armes de Jan du Quélenec en alliance avec Marie de Poulmic, confirment que le début des travaux est antérieur à 1460. Cette construction s'est réalisée en deux étapes, la nef  en premier puis le chœur et le transept. La fin des travaux est moins précise, à la fin du XVe siècle. Le portail sud daterait donc de ce créneau initial 1450-1457 prolongé jusque vers 1490. Mais ce n'est qu'un indice pour la datation de l'Annonciation elle-même, contemporaine ou plus tardive. 

Daniel Kernalegenn souligne que "Si on regarde par contre les blasons peints sur les culs de lampes des statues de l’Annonciation nous avons un couple de 1413 (Kerguelen-Quistinic) et deux autres alliances non connues mais dont l’une des familles est chaque fois la famille de Launay. Ce qui est troublant dans ces trois blasons c’est que l’on ne retrouve pas le mariage fondateur qui donne un poids énorme à la famille de Kerguelen dans cette chapelle et qui est le mariage qui a été célébré en août 1449 entre Guillaume de Kerguelen et Blanche de Launay (La famille de Launay habitait le manoir de Penn ar yeun à 1km de la chapelle ; la famille de Kerguelen habitait au manoir de Keranroc’h à 5 ou 6 km). Si ce mariage avait été célébré avant le début de cette construction il aurait été en première place (des petits nobles bien sûr) dans les blasons de cette partie."

Matériau : le calcaire.

Dans son étude sur la sculpture sur pierre en Basse-Bretagne, Emmanuelle Le Seach écrit:

"Cinq types de pierre ont été utilisés dans la sculpture bas-bretonne : le kersanton, le granite, le grès feldspathique, la pierre de Logonna et le calcaire. [...] Le calcaire est pour la Basse-Bretagne une pierre d'importation qui provient le plus souvent de la vallée de la Loire (Saumur, Angers) mais la localisation des zones d'extraction ne peut être précisée sans des analyses pétrochimiques poussées. On la rencontre six fois dans le catalogue à partir du XVe siècle (Kergloff), toujours de manière polychrome, ce qui gêne parfois son identification".

Le catalogue d'E. Le Seac'h est extrêmement complet, pourtant il ne comporte ni ce groupe de l'Annonciation de la chapelle de Quilinen, ni  le Saint Cadoc (pierre calcaire) ni la statue de N.D. de Kilinenn ( enpierre calcaire également) , et pas d'avantage les  autres œuvres en calcaire remarquables par leurs dates : la Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, datée du XIVe siècle, à Plonéour-Lanvern, et La Mise au tombeau (fin XVe-début XVIe) de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé .

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-vierge-allaitant-de-la-chapelle-de-languivoa-a-plone

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-mise-au-tombeau-de-l-abbatiale-sainte-croix-de-quimperle.html

Les six sculptures en calcaire du catalogue sont : 

— La Pietà aux 2 anges de douceur de Saint-Herbot en Plovevez-du-Faou, XVe

http://www.lavieb-aile.com/2017/03/l-enclos-paroissial-de-saint-herbot-en-plonevez-du-faou.v.la-pieta-et-les-deux-anges-de-douceur-xvie-siecle.html

—  La Pietà  assistée de deux anges de Plozevet (XVIe) : même sculpteur qu'à Saint-Hernot.

—  La Pietà à l'ange de compassion de Melgven (1499)

—  La Pietà accompagnée de six anges de Penmarc'h (XVIe)

—  La Pietà  (XVIe)  accompagnée d'un ange de la chapelle de Trémorvezen à Névez

— La Pietà assistée de deux anges de Kergloff (XVe)

Cet inventaire des sculptures en calcaire n'est pas exhaustif, même en lui ajoutant deux autres Pietà , sans angelots se trouvent dans le Morbihan à la chapelle Notre-Dame-la-Blanche à Theix, et de l'église Saint-Pierre-es-liens de Plescop. Mais il est notable que sur ces onze œuvres, dix concernent spécifiquement la Vierge et que sept comportent des anges. Cinq sont antérieures au XVIe siècle.

Je vais donc faire, du fond de mon incompétence, le pari que ce groupe sculpté date de la deuxième moitié du XVe siècle, et qu'il est donc contemporain de la construction du portail sud. Cela me permettra de me focaliser sur cette période pour une mise en parallèle avec d'autres Annonciations.

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3. Sujet : l'Annonciation sur le tympan.

L'Annonciation se retrouve dans les églises ou chapelles bretonnes  suivantes :

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La seule Annonciation occupant le tympan d'un porche se trouve à Rumengol.  Elle mérite d'être comparée à celle de Quilinen. Le lien vers mon article ouvrira à une discussion iconographique.

 

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Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

 

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Avant de quitter ce portail, voici les culots armoriés (après restauration): je renvoie à l'article de Michel Mauguin pour les commentaires.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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II. LA SCULPTURE ORIGINALE A L'INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE.

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"La municipalité avait été alertée en juin 2006 de l’état de conservation déplorable du groupe de l’Annonciation conservé dans le tympan du porche sud de la chapelle. Cette œuvre de très grande qualité, selon les dires de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), était en très grand danger. Après bien des péripéties, et une première entreprise de restauration qui fait faillite, l’œuvre a enfin été restaurée par Hélène Gruau, une restauratrice de sculptures travaillant à Tours. Malheureusement cette œuvre, réalisée en pierre calcaire, même restaurée, ne pourra être remise à son emplacement initial car elle est devenue trop fragile. Il aurait bien entendu été très dommage de laisser vide l’emplacement initial de ces trois sculptures et c’est pourquoi leurs copies sont actuellement en cours de réalisation." (Bulletin communal de Landrévarzec)

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Cette excellente initiative est d'autant plus appréciable que, nous l'avons vu, les moulages n'ont pas à rougir de leur statut de fac-similé, et que le portail en est fortement embelli.

Les photographes regretteront seulement que le groupe original soit placé  sur un autel de la chapelle nord, sous une fenêtre orientée à l'est, et que les photos soient perturbées par l'incidence de la lumière du jour. Par contre, les statues sont désormais parfaitement accessibles au regard.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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"Nostre Damme de Bonne Nouvelle"

 

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'ange Gabriel.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'ange acolyte.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie) 1903, BDHA, Quimper

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4f196b88dd412e5e8404c70acf3860ca.pdf

"Les portes jumelées en plein cintre se voient un peu plus tard aux deux portails sud de la chapelle de Quilinen en Landrevarzec et des Trois-Fontaines en Gouézec."

 

"Un sujet que l'on a figuré dans un certain nombre d'églises, c'est l'Annonciation. Au Folgoat, d'un côté de l'immense maîtresse vitre, la Sainte-Vierge est agenouillée sur un prie-Dieu, et de l'autre côté, en face d'elle, est l'ange Gabriel. Même groupe à la façade du porche Sud de Pleyben, 1588, à l'arc de triomphe de la Martyre, à la porte Sud de la chapelle de Quilinen, en Landrévarzec, au porche de Rumengol, en 1537, et à l'entrée du porche de Bodilis, en 1631. Ici l'ange Gabriel tient un lis entouré dune banderole portant sa salutation : Ave gratia plena. En face, la Vierge est à genoux sur un coussin, ayant à ses pieds un vase d'où sort un lis autour duquel s'enroule également une banderole, avec sa réponse : Ecce ancilla Domini, flat mihi secundum verbum tuum, ".BDHA 1903 page 32"

 

"Après saint Michel, l'Archange Gabriel ; mais celui-ci a beaucoup moins de représentations dans nos églises. Nous trouvons de lui une magnifique statue dans le sanctuaire du Juc'h, en face de Notre-Dame. Par ailleurs ii figure dans le mystère de l'Annonciation â côté de la maîtresse fenêtre du Folgoat, au joli petit porche de N. D. de Quilinen, en Landrévarzec, au fond du porche de Rumengol, à la façade de ceux de Bodilis et de Pleyben, aux calvaires de Tronoën, en Saint Jean Trolimon, de Plougonven, Plougastel et Pleyben. Dans ces groupes l'ange Gabriel est presque toujours figuré à genoux, vêtu d'une dalmatique et tenant un lis ou un sceptre autour duquel s'enroule une banderole portant sa salutation : Ave gratia plena. " BDHA 1903 Page 75

— ABGRALL (Jean-Marie) et PEYRON (Henri), 1917, Notice sur Landrévarzec, “ Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1917,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon,  https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/249.

 

  "Cette chapelle, située à 1.500 mètres du bourg, se trouve au bord de la route de Quimper à Châteaulin, près du 11e kilomètre. Elle présente extérieurement une ornementation très riche du côté de l'abside et sur la façade Midi, et est accompagnée d'un calvaire remarquable dont il sera fait une description détaillée. Le mur Est, formant l'abside droite et une branche de transept Nord, est percé de trois belles fenêtres et appuyé par quatre contreforts surmontés de pinacles aigus hérissés de crossettes. Sur la façade Sud on trouve trois autres jolies fenêtres, une petite porte élégante et deux contreforts, dont l'un très massif, renferme un escalier qui desservait autrefois un jubé intérieur ou une tribune  qui, sur sa face extérieure, contient une niche renfermant une statue de saint Pierre, en pierre blanche, maintenant dégradée, mais offrant toujours, dans les bordures de ses vêtements, des broderies d'une extrême finesse rappelant le genre et le style des draperies des personnages composant l'ancien Sépulcre de Sainte-Croix de Quimperlé.

Presque au bas de ce côté de la nef, est un porche ou une grande arcade encadrant une porte géminée et dans le tympan une gracieuse statue de la Vierge agenouillée ayant à sa droite l'ange Gabriel portant sur une banderole l' inscription gothique : AVE . GRATIA . PLENA. - A sa gauche un autre ange, aussi à genoux, tient l'inscription NOTRE . DAME . DE . BONNES . NOUVELLES. C'est en effet sous le vocable de Itroun Varia Kelou Mad,  Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, que les Bretons invoquent la Sainte Vierge dans le mystère de  l'Annonciation. Le cul-de-lampe qui soutient la Vierge est formé d'un aigle tenant un écusson; ceux qui portent les anges sont formés de deux lions tenant aussi des écussons sur lesquels on a peint des blasons de fantaisie. Au-dessus de la grande arcade, sont trois ou quatre autres écussons, dont un timbré d'un casque. Ce joli porche de Quilinen est absolument analogue, comme forme et comme dimensions, à celui de Notre-Dame des Fontaines, en Gouézec."

 

— ABGRALL (Jean-Marie) En vélo autour de Quimper page 26.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102119s/f27.image.r=quilinen

— ABGRALL (Jean-Marie) BDHA 1901.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1901.pdf

— Anonyme, 1960, "Eglises et chapelles de la Région de Châteaulin", C 1960, p. 22, I 1961, Association Bretonne, Congrès de Châteaulin - juillet 1960 - T LXIX Bulletin du 88° congrès - Conférences et mémoires

 

— BULLETIN COMMUNAL DE LANDREVARZEC 211

http://www.landrevarzec.fr/IMG/pdf/bulletin-communal_25_landrevarzec_01-2011.pdf

"La municipalité avait été alertée en juin 2006 de l’état de conservation déplorable du groupe de l’Annonciation conservé dans le tympan du porche sud de la chapelle. Cette œuvre de très grande qualité, selon les dires de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), était en très grand danger. Après bien des péripéties, et une première entreprise de restauration qui fait faillite, l’œuvre a enfin été restaurée par Hélène Gruau, une restauratrice de sculptures travaillant à Tours. Malheureusement cette œuvre, réalisée en pierre calcaire, même restaurée, ne pourra être remise à son emplacement initial car elle est devenue trop fragile. Il aurait bien entendu été très dommage de laisser vide l’emplacement initial de ces trois sculptures et c’est pourquoi leurs copies sont actuellement en cours de réalisation. Nous espérons que ces statues, originaux et copies, seront à leurs places respectives avant le début de l’été."

CASTEL (Yves-Pascal), LUBIN (Joël), 2014, Landrévarzec La chapelle Notre-Dame de Quilinen, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, pages 133 à 154.

— COUFFON (René), 1988,  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LANDREVA.pdf

La porte sud avec son archivolte très relevée, ses hauts pinacles et ses portes géminées, est très semblable à celle de Notre-Dame des Trois-Fontaines en Gouézec ; toutes ses voussures reposent sur des colonnettes à chapiteaux.

Mobilier : groupe de l'Annonciation avec deux anges à banderoles, "AVE GRATIA PLENA" sur celle de Gabriel, "NOTRE DAME DE BONNES NOUVELLES" sur l'autre (tympan du portail sud),

DEBIDOUR (V.-H.°, 1953, La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire, Rennes, p.91.

"Lorsqu'il s'agit d'un tympan, un problème de répartition se pose à l'artiste : il est souhaitable, évidemment, de laisser le centre à Marie ; c'est ce qui a été fait à Quilinen, mais il a fallu, malgré le dais au dessus et une console au dessous, allonger exagérément le corps pour qu'il meuble toute la hauteur : agenouillé, il a à peu près les proportions qu'il aurait debout : Gabriel, en génuflexion à la droite de Marie, et nettement plus petit, déploie vers elle un phylactère à Ave gratia plena en lettres gothiques. Mais l'équilibre a exigé en face un autre ange tout semblable — dont l'infériorité se marque pourtant à ce qu'il n'a qu'une robe simple et non la belle dalmatique de l'archange, — et qui, faute d'avoir quelque chose à dire, porte sur sa banderole le titre de dévotion de la chapelle : « Notre-Dame de Bonnes-Nouvelles »."

Dossier Monuments historiques  Dossier IA29005115 réalisé en 1992

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-de-quilinen-landrevarzec/a975043e-5991-4e0a-a464-ce66f82e8f58

— Dossier  PA00090046

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes.

— MAUGUIN (Michel), 2016, Les armoiries de la chapelle de Quilinen alias Kilinenn en Landrévarzec, Bulletin SAF 

 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 12:40

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I. L'uroscopie, une réalité de la médecine médiévale. 

Lire l'article Wikipédia bien informé et clair.

 

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"L’image du médecin portant un flacon d’urine à hauteur de ses yeux pour examiner son contenu est emblématique du médecin médiéval : dans tel manuscrit du Trésor de Brunetto Latini, n’est-ce pas un urinal qui symbolise la « fisique », située en dessous du droit canon et au dessus du droit civil ? Pourtant la science des urines, ou uroscopie, d’une part n’a pas toujours été un des piliers de la sémiologie médicale, et d’autre part n’a pas toujours eu la préséance que suggère le stéréotype du médecin à l’urinal." (Moulinier)

 

"Dans l’Antiquité, l’inspection des urines n’était qu’un des éléments de l’examen clinique, sans faire l’objet de traités particuliers. Ni Hippocrate, ni Galien n’avait légué de système à propos des urines, et la nouveauté vint de Byzance, avec la consécration de l’analyse des urines comme une méthode de diagnostic décisive qui devait permettre de prévoir « les choses les plus cachées et les plus abstruses » : mise au point au VIe ou au VIIe siècle dans l’entourage du Byzantin Théophile Protospathaire, qui souhaitait pallier la négligence de Galien, la science des urines gagna durablement l’Occident latin à partir du XIe siècle, époque où, d’une part, le De urinis de Théophile fut traduit du grec et où, d’autre part, le Liber urinarum d’Isaac Israeli (m. 955) fut mis d’arabe en latin par Constantin l’Africain.

L’uroscopie fut un des intérêts majeurs des maîtres dans la Salerne du XIIe siècle : outre Maurus (v. 1130-v. 1214), qui composa un commentaire au traité de Théophile et des Regulae urinarum, d’autres maîtres salernitains ont laissé des écrits qui sont autant de contributions importantes à l’élaboration d’une doctrine sémiologique.

Puis, assez rapidement, l’uroscopie fit son entrée dans les textes au programme des facultés de médecine : le De urinis d’Isaac et celui de Théophile figurent parmi les lectures au programme de la licence à Paris à la fin du XIII e siècle (1270-1274)3 , et l’uroscopie se vit reconnaître comme un enseignement à part entière dans d’autres lieux d’études, ce qui suscita à son tour une abondante production : à Montpellier par exemple, où le De urinis de Théophile fait partie de la liste des cours parmi lesquels les maîtres devaient choisir, d’après les nouveaux statuts dont se dota l’université en 1340 , tout se passe comme si, pour devenir maître en médecine, il fallait avoir laissé un traité d’uroscopie ou un commentaire à une autorité en la matière, principalement Théophile mais aussi Gilles de Corbeil (†v. 1223).

On sait donc quelle place importante la science des urines occupa dans la pensée et la pratique médicales, à partir du XIIe siècle et bien au-delà du Moyen Age, au point que beaucoup finirent par réduire la sémiologie du corps malade à l’uroscopie." (Moulinier)

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B.L.,Yates Thomson YT 19 f.28.  Li Livres dou Tresor de Brunetto Latini, France, Thérouanne (Picardie) , 1315-1335, artiste du Groupe Lancelot . Comment nature de toutes choses fut établie par iv complexions. 

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMIN.ASP?Size=mid&IllID=1934

Le florentin Brunetto Latini, orateur, poète, historien et théologien,  enseigna à Dante et à Guido Cavalcanti. Il prit part au gouvernement de Florence en 1253, puis fut contraint à l'exil en 1260. Il se retira en France (Paris, Montpellier) où il rédigea ce Trésor. Celui-ci, divisé en trois livres, est un composé sommaire des branches de la philosophie. Ce chapitre 102 débute la Troisième Partie, après Comment nature œuvre es elements et autres choses, et Comment nature furent faites et dou meesllement de complexions.

Les quatre complexions sont :

  • Terre ; melencolique ; froit et sec ; retentive ; auptomne ; octobre -novembre-décembre.

  • Eaue ; fleumatique ; froit et moiste ; expulsive ; yver ; janvier-mars

  • Air ; Sanguin ; chault et moiste ; digestive ; printemps ; avril-mai-juin

  • Feu ; colérique ; chaut et sec ; apetitive ; esté ; juillet-septembre.

Les quatre complexions sont liées aux quatre cercles, de la terre (brune), de l'eau (vertee, avec ses poissons) de l'air ( bleu) et du feu (rouge). Le médecin est tête nue (avec une tonsure ?) mais nous voyons ici la couleur rouge de sa robe et son manteau à capuchon. Le malade est allongé, et il est coiffé d'un bonnet.

Le texte débute ainsi :

Autressi avient il des iiii. Complexuions quant eles s'entremeslent en aucune creature, cvar chascune ensuit la nature de son element ; et por ce cvient -l, à l'entremesler des humors, que li uns sormonte l'autre, et que sa nature est plus forte, et de graignoir pooir

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B.L.,Yates Thomson YT 19 f.28. 

B.L.,Yates Thomson YT 19 f.28. 

 

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BnF Fr. 567  fol 24v Thérouanne, 1275-1300 : Trésor de Brunetto Latini.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059175j/f30.item.zoom

Au centre d'un cercle composé de quatre couches différentes, vertes pour l'eau, bleu en feston pour l'air, rouge pour le feu et brun pour la terre, un médecin mire les urines d'un malade entièrement nu alité à ses pieds. Il élève à la lumière la matule (l'urinal) qui le caractérise autant que sa tenue qui allie le bonnet, le manteau et le col en jabot. Voir aussi dans le même groupe provenant du même atelier de Thérouanne que Yates Thomson YT19 fol. 28 (qui précède) le manuscrit Saint Petersbourg, Leningrad  RN Ms Fr f.v.III.4 folio 28v (E. Moore-Hunt).

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Copyright BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059175j/f30.item.zoom

Copyright BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059175j/f30.item.zoom

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Or, cet équilibre des quatre humeurs ou  éléments est analysé par le médecin par l'inspection des urines, et notamment de leurs couleurs :

 

" Leur coloration n’avait d’autre raison d’être que les proportions des humeurs, d’où l’importance de distinguos parfois fort subtils : ainsi la couleur noire, précédée de la couleur verte, signifiait la mort par adustion ou excès de chaleur, tandis que la couleur noire précédée de la nuance  livide, dénotait en revanche la mortification par le froid. La liste complète de ces couleurs, du blanc au noir en passant par glauque, gris cendré, pâle, citrine, rouge, etc., oscillait donc entre 19 et 20 selon les auteurs à cause de la couleur noire qui pouvait être comptée deux fois, selon qu’elle était précédée du vert ou du livide — et ces nuances furent même parfois subdivisées à leur tour, songeons seulement aux 42 variétés d’urines que distinguait au XVe siècle le médecin Pierleone da Spoleto ! En matière de noms de couleurs, l’uroscopie a enrichi la langue latine du néologisme « subcitrinus », « citrine pâle » , et y a introduit, via Théophile, des mots grecs qu’elle ne possédait pas, comme charopos, « gris cendré », et inopos, « rouge vineux », ou qui y avaient un autre type d’emploi, comme kyanos, « rouge tirant sur le bleu, pourpre » . 

Dans le ms. Londres, British Library, Sloane 7Miscellanées médicaux, incluant Godfridus super palladium (ff. 88-92); Agnus Castus, fragments (ff. 30-33v), 1er quart Xve siècle ], par exemple, manuscrit anglais du XVe siècle décrivant 20 matules, dont deux sont représentées fol. 59v : on y voit différentes bandes de couleurs et des particules en suspension à différents niveaux ; à gauche est écrit « kyanos », et à droite « inopos », sans autre forme de traduction. [image infra]

Dans le ms. de l’Accademia dei Lincei qui nous intéresse, la liste de ces couleurs se trouve aux fol. CXr-CXIr, où chaque désignation de couleur est précédée d’un pied de mouche alternativement rouge ou bleu. Et, comme dans le ms. anglais, on constate que les désignations de couleur héritées du grec ont été reproduites telles quelles, si l’on excepte une modification graphique pour kyanos devenu Quianos. Voici comment se présente la liste au fol. CXrab : « I colori delle urine sono venti cioeè [Alba [Glauco [Lacteo [Karopos [Subpalido [Palido [Subcitrino [Citrino [Subruffo [(fol. CXva) [Ruffo [Subrubeo [Rubeo [Subrubicundo [Inopos [Quianos [Verde [Livido [Nero [Purpureo » (Moulinier).

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B.L. Sloane 7 f.59V (détail)

B.L. Sloane 7 f.59V (détail)

B.L. Sloane 7 f.59v in PARRA 2016.

B.L. Sloane 7 f.59v in PARRA 2016.

Albicus Sigismondus (1347-1427), in PARRA 2016.

Albicus Sigismondus (1347-1427), in PARRA 2016.

En raison du rôle important de l'uroscopie dans l'art médical du Moyen-Âge, nous avons un grand nombre d'enluminure représentant, dans les traités médicaux ou autres, des médecins examinant la matula (le récipient en verre).

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BnF Ms. fr.134, fol. 111r, Livre des proprietés des choses de Barthélemy l'Anglais, Flandres (Bruges) . 1460-1490

traduit du latin [Bartholomaeus Anglicus, De proprietatibus rerum,] par Jean Corbichon . 43 lignes sur deux colonnes. - 20 miniatures attribuées au maître d'Antoine de Bourgogne . Manuscrit réalisé pour Louis de Bruges , dont les armoiries se devinent par transparence sous les armes royales, ce manuscrit est entré dans les collections royales vers 1510, lors de l'acquisition par Louis XII de la bibliothèque de ce grand bibliophile.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100238580/f245.item.zoom ,

Nous retrouvons le bonnet académique et la robe rouge insignes de la dignité du titre de médecin, auquel s'ajoute un chaperon noir. Chacun apporte son flacon.

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Copyright BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100238580/f245.item.zoom

Copyright BnF Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100238580/f245.item.zoom

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J'ai trouvé de nombreux documents iconographiques dans la thèse tout à fait remarquable de Maribel Morente Parra "Image et culture de la maladie à la fin du Moyen-Âge" (en ligne).

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dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

dans PARRA 2016.

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 Voici le BnF fr. 1109 datant de 1310. Au folio 242a,  en tête du Régime du corps d'Aldebrandin de Sienne , nous trouvons cette enluminure :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8454666h/f491.item.zoom

Livre du trésor de BnF Français 1109 folio 462a https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8454666h.image

Livre du trésor de BnF Français 1109 folio 462a https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8454666h.image

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Si bien que l'image d'un homme élevant la matula et vêtu d'un manteau rouge est comprise par tous les lecteurs : c'est un médecin.

Le conte du médecin, Geoffroy Chausser, Contes de Canterbury manuscrit d'Ellesmere, Huntington Library , mssEL 26 C 9, c 1400 folio 133r

https://hdl.huntington.org/digital/collection/p15150coll7/id/2630

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Huntington Library , mssEL 26 C 9, c 1400 folio 133r

Huntington Library , mssEL 26 C 9, c 1400 folio 133r

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II. Dans les marges, entre réalité et caricature.

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Le médecin du Moyen-Âge est fréquemment représenté en train de mirer les urines, au même titre que nous le représentons avec son stéthoscope autour du cou, c'est à dire de façon moins réaliste que conventionnelle. Cette représentation n'est pas loin de la caricature, et cette figure fait souvent partie du répertoire comique des marges à drôleries des manuscrits gothiques. Dans la période 1250-1350, Jean Wirth et  Isabelle Engammare  dénombre parmi les manuscrits "à drôleries" examinés exactement  100 médecins en train de mirer l'urine, dont ... trente-neuf sont des singes.


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in PARRA 2016

in PARRA 2016

in PARRA 2016.

in PARRA 2016.

Les médecins mirant les urines des marges des manuscrits : une transition vers le motif du duo de Côme et Damien ?

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Bodley 264 : le Roman d'Alexandre (Flandres -Bruges ou Tournai-, Jehan de Grise, 1338-1344) folio 79 et  168.

(colophon "Che livre fu perfais de le enluminure au XVIII jour d'avryl per Jehan de Grise– L'an de grace M CCC XLIIII").

http://image.ox.ac.uk/show?collection=bodleian&manuscript=msbodl264

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Bodley 264 : le Roman d'Alexandre (Flandres -Bruges ou Tournai-, Jehan de Grise, 1338-1344) folio 79

Bodley 264 : le Roman d'Alexandre (Flandres -Bruges ou Tournai-, Jehan de Grise, 1338-1344) folio 79

Bodley 264 : le Roman d'Alexandre (Flandres -Bruges ou Tournai-, Jehan de Grise, 1338-1344) folio 168.

Bodley 264 : le Roman d'Alexandre (Flandres -Bruges ou Tournai-, Jehan de Grise, 1338-1344) folio 168.

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Même lorsque la caricature n'est pas appuyée, elle occupe les marges des beaux livres. Tel le manuscrit des Heures de Jeanne d'Evreux, Metropolitan Museum Cloister 1.2 folio 143, enluminé par l'illustre Jean Pucelle en 1324-1328. En marge de la représentation de saint Louis recevant en prison son livre de prières, un médecin couronné tient l'urinal devant un malade.

https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/470309

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Les médecins mirant les urines des marges des manuscrits : une transition vers le motif du duo de Côme et Damien ?
Les médecins mirant les urines des marges des manuscrits : une transition vers le motif du duo de Côme et Damien ?

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III. Les manuscrits de Thérouanne vers 1280-90.

Un groupe de manuscrits  a été produit par un atelier de Thérouanne en Picardie à la fin du XIIIe siècle.

 

Ainsi, le BnF fr. 95 est de la même main que le manuscrit Latin 1076 et que le manuscrit 111 de la Bibliothèque de Marseille (Heures Thérouanne). 2 colonnes de 40 lignes . Si ce BM 111 Heures à l'usage de Thérouanne  ne contient pas de médecins dans les marges. http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2768, ce n'est pas le cas des autres manuscrits.

 L'enlumineur semble avoir un faible pour le motif du médecin à l'urinal, qu'on retrouve fréquemment. C'est avancer ainsi vers l'image finale qui servira à ma démonstration Mais un peu de patience.

 

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1) BnF latin 1076 Psalterium ad usum Fratrum Minorum (appartient au groupe Yale 229, BnF fr 95 et Marseille BM 111). XIIIe siècle.

Ce psautier à l'usage des Frères mineurs contient dans la marge supérieur du psaume 1 Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum au folio 7  une représentation du médecin barbu, coiffé du bonnet, en robe rouge sous un manteau doré et inspectant le flacon de verre. Nulle caricature, aucun rapport avec le texte ou l'image centrale (David et sa harpe, David de Goliath), mais un motif parmi d'autres, comme le joueur d'orgue portatif, l'oiseau, les lapins et les chiens de chasse, ou le lion.

 

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BnF latin 1076 f.7, numérisation BNF Gallica.

BnF latin 1076 f.7, numérisation BNF Gallica.

BnF latin 1076 f.7, numérisation BNF Gallica.

BnF latin 1076 f.7, numérisation BNF Gallica.

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2°)  Beinecke 229 ,New Haven, Yale University, Roman arthurien Agravain (dernière partie du Lancelot proprement dit),  Thérouanne 1275-1300  .

https://brbl-dl.library.yale.edu/vufind/Record/3433279

a) folio 110v Un singe habillé en médecin dresse la matula devant une cigogne. Le singe porte les attributs des médecins, le bonnet et le manteau rouge ; il tend la main vers la tête de la cigogne crédule.

https://brbl-dl.library.yale.edu/vufind/Record/3433279

 

 Beinecke 229 f. 110v

Beinecke 229 f. 110v

b) folio 154v : un médecin mire les urines d'une femme et désigne de l'index son ventre : il lui apprend qu'elle est enceinte.

C'est l'une des principales fonctions de l'uroscopie de servir au diagnostic de grossesse.

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 Beinecke 229 folio 154v.

Beinecke 229 folio 154v.

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3. BnF français 95 : Le début du Lancelot.  Thérouanne 1275-1300.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000108b/f136.image

Le manuscrit Yale Beinecke 229 est la suite de ce manuscrit. Celui-ci est une version remaniée du Roman de Joseph d'Arimathie en prose, ce roman appartient au cycle de la Vulgate ou de Lancelot-Graal. La première branche de ce cyle est l'Estoire del saint Graal

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a) folio 314v : un médecin centaure et uroscope. Le bonnet rouge et le manteau à capuchon "typent" le personnage au même titre que la matule.

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 BnF français 95 f. 314v,  numérisation BNF Gallica.

BnF français 95 f. 314v, numérisation BNF Gallica.

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b) le folio 64v : Hippocrate soignant le neveu d' Auguste.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000108b/f136.image

Résumé de l' épisode: Hippocrate rappelle à la vie le neveu de l’empereur Auguste que les médecins avaient condamné, et guérit de nombreux habitants de Rome qui lui vouent, en retour, un véritable culte et lui érigent une statue au sommet de la plus haute tour de la Ville. 2°Irritée par cet orgueil, une Gauloise se charge de ridiculiser Hippocrate, en le faisant succomber à ses charmes, pour montrer qu’«il n’est nus engins que feme ne porpenssast, ne onques hom terriens ne fu si sages que feme nel peüst decevoir». 3°Hippocrate part vers l’Orient à la rencontre du «povres hom» qui non seulement fait voir les aveugles, entendre les sourds et marcher les boiteux, mais encore a ressuscité Lazare –autrement dit le Christ. Cette fois, c’est le fils de l’empereur Antoine qu’Hippocrate ramène à la vie. 4°Hippocrate repart s’installer dans son île et succombe, pour la deuxième fois, à la perfidie des femmes: sa propre épouse, par orgueil, l’empoisonne en lui faisant manger la chair hautement toxique d’une truie en rut. 

L'image centrale montre Ypocras, barbu,  coiffé du bonnet académique des médecins et vêtu de la robe rouge sous le manteau bleu, qui, après l'avoir palpé, se penche vers Gloriatus, neveu de l'empereur Auguste pour lui verser du "ius d'herbe" dans la bouche, ce qui le guérit immédiatement. Le texte occupe le folio 65r :

Quant il vint au cors il comencha a regarder celle part ou il quidoit plus rost trouver la verite de la mort. Ainsi ayant que maintenant que il ot mise sa main sour le cors, il connut maintenant quil estoit encore plain de vie et que lame li estoit encore el cors. Lors li ouvri il mesmes la bouce et dedens li mist ius derbe de si grant force et de si grant pooir quil se leva maintenant aussi sains et qusi haities come il ot oncques este a nul iour de toute sa vie.

Autre version en 1523 dans l'édition de Philippe Le Noir :

https://books.google.fr/books?id=nRRfAAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Comment Ypocras vint à Romme ou il guarit le nepveu de lempereur que lon tenoit mort dont tout le monde faisoit deuil.... Alors luy mesme devant tout le monde luy ouvrit la bouche et luy donna a boire du iust de quelque herbe qui avoit cette vertu et propriété que incontinent quil eut savoure de cestuy il se leva et fut tout sain guary et ne sentit nulle doulleur ne angoisse du monde.

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BnF fr 95 f. 64v, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 64v, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 64v, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 64v, numérisation BNF Gallica.

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IV. L'ENLUMINURE MARGINALE DU FOLIO 64v du BNF FR. 95 : APPARITION DU COUPLE GÉMELLAIRE DU MÉDECIN À LA MATULA ET DU MÉDECIN AU POT D'ONGUENT.

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Sur la marge supérieure de ce folio 64v où Hippocrate guérit le neveu d'Auguste après l'avoir palpé (séquence diagnostic/thérapeutique), ce n'est plus un seul médecin tenant le flacon de verre, mais deux médecins, spéculaires et donc gémellaires, vêtus en docteurs en médecine. L'un élève la matule, mais l'autre le singe en élevant à la lumière son flacon d'onguent qu'il désigne doctement de l'index. Cette vignette a tous les critères de la drôlerie, avec ses ailes, son chien blanc appuyé sur sa canne et ses têtes de lion, mais elle est regardé différemment lorsqu'on y reconnaît le couple des jumeaux Côme et Damien, précisément caractérisés par ces deux attributs, la matula et le pot à onguent, et par leur présentation spéculaire (leurs habits ne différant que par quelques détails, notamment de couleurs).

 

Il reste à savoir si ce motif, qui surgit ici par la réunion du thème hippocratique de cette page et du principe ornemental par symétrie médiane adopté par l'artiste, va participer à introduire dans l'art occidental le thème iconographique des deux saints médecins.

 

BnF fr 95 f. 64v, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 64v, numérisation BNF Gallica.

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BnF fr 95 f. 64v, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 64v, numérisation BNF Gallica.

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Quelques exemples de la symétrie en miroir adoptée par l'artiste de Thérouanne dans ces antennes filigranées.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000108b/f117.image

BnF fr 95 f. 43r, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 43r, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 52r, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 52r, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 100r, numérisation BNF Gallica.

BnF fr 95 f. 100r, numérisation BNF Gallica.

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V. LES SAINTS CÔME (MATULA) ET DAMIEN (BOITE À ONGUENT ET LANCETTE), PATRONS DE LA MÉDECINE MÉDIÉVALE.

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Parmi la riche iconographie de Côme et Damien, déjà présentée, je donnerai un seul exemple, dans lequel les deux jumeaux accompagnent avec saint Jean (coupe de poison) et Jean-Baptiste (agneau) les principes de la médecine médiévale :

Guild Book of the Barber Surgeons of York, including its ordinances, 2nd half of the 16th century, British Library, Egerton 2572 folio 51v.

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMIN.ASP?Size=mid&IllID=1585

Dans ce Livre de la Guilde des chirurgiens barbiers de York, portant la date de 1486, les folios 50 à 51 nous donnent ;

  • Folio 50, Homo venorum, une carte des saignées avec le nom des veines cardiata, cephalica, basilica et leur usage  : c'est la pratique des chirurgiens-barbiers.
  •  f. 50v  Homo signorum  un Homme zodiacal : chaque signe est liée à une partie du corps, du Bélier à la tête jusqu'aux Poissons aux pieds.
  • f. 51, à gauche de la page précédente, une volvelle-calendrier avec son curseur mobile entourée des quatre saints.
  • au folio 51v, les quatre humeurs entourent la tête du Christ. Malecolius le Mélancolique avec une large aumônière et un pantalon à rayure bicolore, Sanguinius le Sanguin avec la main sur sa bourse, Coloricus le Colérique et Flematicus le Flegmatique sur sa canne, mains dans des moufles. Chacun tient un phylactère avec une légende en anglais : "Ther ar the iiii humors [...] to the iiii elements".

Nous voyons donc que cette représentation de saint Côme et Damien vient s'insérer dans cette médecine médiévale des humeurs, des éléments, du zodiaque et des cycles, qui est celle de l'inspection diagnostique des urines.

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https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=7581&CollID=28&NStart=2572

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=7581&CollID=28&NStart=2572

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=7581&CollID=28&NStart=2572

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https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=7581&CollID=28&NStart=2572

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Les deux saints sont vêtus de la même façon, avec le bonnet de docteur et le manteau long ; leur gémellité est soulignée ; ils sont jeunes, souriants  et beaux. Cette dualité héritière des très anciens mythes est ici doublée par le couple des deux saints Jean de la partie haute.

Saint Côme, SANCTE COSME est clairement indiqué comme étant celui qui tient l'urinal (une précision qui m'est chère car elle est souvent méconnue). C'est le versant diagnostique et pronostique de l'art.

Saint Damien SANCTE DAMIANE tient une boite à onguent cloisonnée et une lancette (pour la saignée ou en guise de spatule ?)  : c'est le versant thérapeutique de l'art médical.

 

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=7581&CollID=28&NStart=2572

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=7581&CollID=28&NStart=2572

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Les quatre humeurs.

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https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=7581&CollID=28&NStart=2572

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=7581&CollID=28&NStart=2572

Les médecins mirant les urines des marges des manuscrits : une transition vers le motif du duo de Côme et Damien ?
Les médecins mirant les urines des marges des manuscrits : une transition vers le motif du duo de Côme et Damien ?

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SOURCES ET LIENS.

 

— ANDROUTSOS (Georges ), Théophile Protospatharios : un précurseur byzantin de l'urologie .

http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx2007x041x001/HSMx2007x041x001x0041.pdf

— Imbault-Huart (Marie-José), 1983, La médecine au Moyen-Âge à travers les manuscrits de la Bibliothèque Nationale, Editions de la Porte Verte, Paris. Non consulté mais j'aurai aimé.

— M. Goyens, P. De Leemans, A. Smet. Les traductions vernaculaires des traités d’uroscopie dans l’Occident médiéval : quelques exemples, May 2004, Louvain, Belgique. Louvain, Leuven University Press, pp.221-241, 2008. id.

 

— MORENTE PARRA (Maria Isabel ou Maribel), 2016, Imagen y cultura de la enfermedad en la Europa de la Baja Edad Media Thèse de doctorat Faculté d'Histoire et géographie de Madrid sous la direction de Laura Fernández Fernández

https://core.ac.uk/download/pdf/78501571.pdf

 

— MOULINIER  (Laurence),2008,  L’uroscopie en vulgaire dans l’Occident médiéval : un tour d’horizon.

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00608694/document

 

— MOORE HUNT (Elisabeth), 2007, Illuminating the Borders of Northern French and Flemish Manuscripts, 1270-1310 , New-York & London, Routledge, 

— ROUX (Brigitte) 2009, Mondes en miniatures: l'iconographie du Livre du trésor de Brunetto Latini, Librairie Droz, 2009 - 439 pages

https://books.google.fr/books?id=JXuNxTJWcyoC&pg=PA312&lpg=PA312&dq=Elisabeth+MOORE+HUNT,+Illuminating+the+Borders+of+Northern+French+and+Flemish+Manuscripts,+1270-1310+,+New-York+%26+London,+Routledge,+2007&source=bl&ots=y8aJnXjv60&sig=ACfU3U21t6-8inOVk6cxrw7lPDh7d6M8FA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj3qr7utoHhAhUDLBoKHaNhACIQ6AEwAnoECAcQAQ#v=onepage&q=urine&f=false

— SEGUY Mireille , 2001, Hippocrate victime des images, A propos d'un épisode déconcertant de 'l'Estoire des saint Graal'  Romania, 119, 3-4, 2001 p. 440-464 . Non consulté.

 

— WIRTH ( Jean), Isabelle Engammare,  Les marges à drôleries des manuscrits gothiques, 1250-1350

*Sur exactement 100 médecins en train de mirer l'urine, trente-neuf sont des singes"

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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 22:42

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Bréviaire à l'usage des Dominicains, dit "Bréviaire d'Isabelle de Castille". British Library Add Ms 18851 folio 462r

 

http://www.bl.uk/manuscripts/Viewer.aspx?ref=add_ms_18851_fs001r

Bordure jaune à semis de fleurs coupés et d'insectes en trompe l'œil (ombres portées). Je dénombre entre autre : Rose , Ancolie, Violette, Bourrache, Pensée sauvage, Paquerette,  Pervenche, Myosotis, Oeillet, Fraisier sauvage, Lis, 1 papillon, 1 oiseau.

 

Enluminure sur la largeur d'une colonne de texte.

Les saints sont mentionnés dans le calendrier au 27 septembre. Cosme et Damiani martyrum. Simplex

27 septembre. Titre en rubrique. Sanctorum martirium Cosme et Damiani.

(copie sous réserve) Resta quis omnipotens deus ut quis eorum tuorum cosme et damniani nataliti a colunus : acunctisinalis iminientibus eorum intercessionnibus libere nun per. Ex grestis eorum lectio prima Sub diocletiano et maximi ano in egea civitate licie : scanta deodora duos geminos cosmas et damianus genuit et sacrislris exudivit I piat tantam aspus scom gratias curationum habebant q' omnem egritudines etiam aiuinientis et ab huin anis corporibus expellebant : et anemine q. cq' accipientes : sicut dominus dei gratis acceperant gratias dabant. PR

Etc..

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Auteur de l'enluminure :  Maître de Jacques IV d'Ecosse (48 enluminures sur 168), identifié comme Gérard Horenbout, actif à Gand vers 1490. Petits traits à l'or pour souligner le volume des plis des vêtements.

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Bréviaire à l'usage des Dominicains, dit "Bréviaire d'Isabelle de Castille". British Library Add Ms 18851 folio 462r.

Bréviaire à l'usage des Dominicains, dit "Bréviaire d'Isabelle de Castille". British Library Add Ms 18851 folio 462r.

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Les deux saints jumeaux sont en habit de docteur en médecine, à dominance rouge (la couleur de cette fonction), mais répartie entre les deux afin de les différencier : ils portent le bonnet carré, la robe longue et fourrée, l'aumônière, et l'un d'eux porte le chaperon sur l'épaule droite.

Leurs attributs sont ceux alors en usage : la matula ou urinal en verre servant à mirer les urines pour celui de gauche (c'est Côme pour moi), et le mortier à onguent avec son pilon (ou sa cuillère) pour Damien. Soit la double fonction indissociable de leur art,  diagnostique et thérapeutique.

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Bréviaire à l'usage des Dominicains, dit "Bréviaire d'Isabelle de Castille". British Library Add Ms 18851 folio 462r.

Bréviaire à l'usage des Dominicains, dit "Bréviaire d'Isabelle de Castille". British Library Add Ms 18851 folio 462r.

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 19:54
Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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GENERALITÉS

Un gisant  – terme qui vient du verbe « gésir », autrement dit «être couché » – est une sculpture funéraire de l'art chrétien représentant un personnage couché (par opposition à orant ou priant) généralement à plat-dos, vivant ou mort dans une attitude béate ou souriante (par opposition au transi), l'effigie étant habituellement placée sur le dessus d'un cénotaphe ou, plus rarement, d'un sarcophage.

Un cénotaphe — du grec κενοτάϕιον : kenos (« vide ») et taphos (« tombeau ») — est un monument funéraire qui ne contient pas de corps contrairement au mausolée, élevé à la mémoire d'une personne ou d'un groupe de personnes, et dont la forme rappelle celle d'un tombeau. Le mausolée contient le corps du défunt, contrairement au cénotaphe, et est alors considéré comme son tombeau.

C’est  l'élément principal de décoration d’un tombeau ou d’un enfeu. Les tombeaux à gisant peuvent être au ras du sol comme la plupart des pierres tombales mais ils sont le plus souvent sur un socle ou soubassement.

Par extension, un gisant gravé ou sculpté en bas ou demi-relief sur une dalle funéraire peut également représenter l'effigie d'un grand personnage.

 

L’art funéraire du Moyen-âge se singularise par une forte production de gisants, surtout à partir du 11ème siècle, parallèlement à la mise en place d’une nouvelle organisation de la société : la féodalité. Pendant les décennies qui suivent les invasions barbares, les seigneurs locaux profitent de l’affaiblissement du pouvoir central pour affirmer leur puissance et pour se constituer des fiefs sur lesquels ils règnent et qu’ils transmettent à leurs descendants. Ainsi fondent-ils de véritables dynasties, à l’image des Plantagenêt, famille originaire d’Anjou qui régna sur l’Angleterre du 12ème au 15ème siècle. À leur mort, ces seigneurs locaux ne tombent pas dans l’anonymat ; bien au contraire, leurs descendants préservent leur mémoire en plaçant leur effigie sculptée sur leur sépulture.

Au Moyen-Âge, le gisant a d’abord une fonction commémorative ; pour un personnage puissant, il constitue le moyen idéal de continuer d’exister par-delà la mort. Il est rarement isolé mais plutôt installé près d’autres gisants dans un même lieu, bien souvent dans l’église d’une abbaye qu’ils ont fondée ou enrichie, pour former ainsi de véritables nécropoles. Ces ensembles funéraires, qui se développent après 1150, visent à commémorer une dynastie et à renforcer sa légitimité. (source)

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LE CLOÎTRE DE TRÉGUIER.

 Le cloître de l'ancienne cathédrale de Tréguier a été réalisé dans le troisième quart du 15e siècle, commencé sous l'épiscopat de Jean de Ploeuc et terminé sous celui de Christophe du Chastel. 

Les gisants qui y sont rassemblés ne proviennent pas de la cathédrale, et pas d'avantage de la noblesse de Tréguier, et leur présence dans ce lieu est récente :

"Au XXème siècle (1932) ,  Monsieur de Kerguézec , sénateur maire de Tréguier, Président du Conseil Général, a  fait transférer à Tréguier  au moins 16 mausolées ou plaques tombales  remisés à Saint Brieuc. Il les a fait installer ici , souhaitant transformer le  cloître en musée dans le cadre de son ambition  de faire de Tréguier une ville d’Art.   Ces enfeux ne sont donc  pas de Tréguier mais d’ailleurs :  Abbaye de Beaulieu, (Languédias), cathédrale de St Brieuc , église d’Yffiniac de Lannebert, de Matignon… Nous avons ici une esquisse de  musée remarquable spécialisé dans l’art funéraire. " (J.M. Huon 2015)

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Je ne décrirai que les gisants en ronde bosse ou demi-relief, et non les dalles avec leur décor et leurs inscriptions gravés.

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LES TROIS GISANTS DE LA GALERIE OUEST.

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Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Ce sont trois abbés de l'abbaye de Beaulieu ; un quatrième nous attend dans la galerie suivante. Cela mérite de nous intéresser à cette abbaye, qui aurait été totalement détruite:  le domaine fut acquis par un homme de loi de Dinan le 28 septembre 1797. Il ne reste plus rien de cette abbaye dont l'église a été démolie en 1843 comme les derniers bâtiments subsistants. (Wikipédia)

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Pourtant...

L'Abbaye de Beaulieu en Languédias.

Languédias se trouve au sud-ouest de Dinan ; les cartes actuelles montrent le site portant ce nom de Beaulieu au sud d'un étang, dont les moines devaient tirer profit, avec une avenue rectiligne et un groupe de bâtiment (en partie agricole). Voir Remonterletemps IGN 1. La carte EM 1950 montre un réseau en étoile de ce qui fut peut-être une pêcherie. On sait que Guy Le Lyonnais avait fait construire un moulin à farine vers 1500 ; il est toujours visible, avec son bassin de retenue, sa digue, son bief de dérivation  et il porte ses armoiries. L'Inventaire Général en propose un excellent reportage: Moulin à farine de Beaulieu.

La carte de Cassini (avant la vente de l'abbaye en 1797) montre l'emplacement ; et la carte EM 1820-1866 montre le mur d'enceinte de la propriété, polyédrique, à l'extrémité de l'allée.

Le site genealogie22.org propose un excellent dossier sur l'abbaye. J'y trouve (sans sa source) la description suivante avec la mention de cinq tombeaux :

 

«Dans l'église de l'abbaye de Beaulieu, nous est apparu dans le chœur, du côté de l'évangile, un tombeau, sur lequel est une statue en pierre de grain fin représentant un abbé crossé; ce tombeau est enfoncé dans le mur. Au dessus de ce tombeau est une pierre de grain aussi adossée au mur, sur laquelle est une épitaphe en écriture gothique, et sur une autre pierre, aussi en dessus du même tombeau est un écusson écartelé de 12 pièces, dont 6 unies et les 6 autres chargées de 3 hermines, chacune disposée 2 et 1. Dans la chapelle collatérale placée à gauche en entrant dans l'église, du côté droit d'icelle sont deux tombeaux enclavés dans la muraille, sur lesquelles sont deux statues entières et en pierre de grain, représentant deux abbés en habits sacerdotaux et au dessus de celui plus près du bout de la chapelle, est un écusson de pierre de grain, chargé de trois canettes ou oisons, deux en chef, l'autre en pointe -famille Lesquen. De l'autre côté de la même chapelle, aussi enfoncés dans le mur, sont deux autres tombeaux, sur lesquels sont aussi deux statues de pierre de grain et entières, portant près d'elle un écusson saillant de la même pierre, dont l'un est chargé d'un lion montant et l'autre de 12 losanges, sans pouvoir distinguer le fond de l'écusson...» L'exposé mentionne le tombeau de Guy le Lyonnais figurant en habits sacerdotaux dans le côté gauche de la ditte chapelle. 

Aux quatre gisants d'abbés de Beaulieu, il faut ajouter ici celui d'Alain de Vitré, provenant de l'abbaye. Enfin, c'est le musée de Dinan qui a reçu le gisant de Roland de Dinan, fondateur de l'abbaye Notre-Dame de Pont-Pilard vers 1160

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Gisant n°1. Abbé [de Beaulieu?] non identifié.

 

La fonction d'Abbé est attestée par la crosse placée en diagonale, dont l'extrémité de la hampe est enfoncée dans la gueule d'un animal (un chien apparemment plutôt qu'un lion ou un dragon). Le défunt a les pieds adossé à ce chien. Il est vêtu d'une chasuble sur une cotte, avec un très beau mouvement des plis. Sa tête est posée sur un coussin rectangulaire.

Je dois  faire appel à la photo de Bernard Bègne pour l'Inventaire, car son cliché pris de haut montre un détail que nous allons retrouver et qui semble propre aux gisants de l'abbaye de Beaulieu. Un ange (tête brisée) placé à gauche pose une main paume à plat sur l'épaule de l'abbé. C'est un très beau geste de tendresse,  de protection ou d'accompagnement durant le sommeil éternel, comme celui d'un parent pour son enfant.

 

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copyright région Bretagne photo Bernard Bègne.

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Ce gisant partage avec les deux suivantes des caractères stylistiques communes, dont la moindre n'est pas la présence des deux anges bienveillants. Ici, le dais manque, mais n'a-t-il pas été brisé ? Il est également très proche du gisant de Gui Le Lionnais (bâton pastoral en diagonal) Si on considère la liste des abbés de Beaulieu dans ce créneau temporel, on trouve  (je mets en gras les gisants identifiés et présents à Tréguier) :

  • 1391-1405 : Guillaume V du Val

  • 1406-1426 : Guillaume VI du Flo

  • 1426-1467 : Guillaume VII Boutier

  • 1470-1476 : Marc Gruel

 Abbés commendataires

  • 1487-1517 : Guy le Lyonnais mort en 1528 ;

  • 1517-1545 : Mathurin Glé ;

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Nous pouvons donc imaginer que cet "abbé non identifié" soit Marc Gruel. Il succéda à son parent Guillaume Boutier. "Quelques actes de son abbaye le cite en 1470 et 1476.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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2°) Le gisant de Guillaume Boutier,  († 1468), abbé de Beaulieu (1426-1468), aumônier et conseiller du duc Jean V de Bretagne, élu évêque de Saint-Malo.

Guillaume Boutier, abbé de Beaulieu (1426-1468). Granite,  l = 248 ; la = 70. Ronde bosse.  Tombeau provenant de l'abbaye de Beaulieu. Une inscription placée sur le tombeau se trouve dans le cloître, n°17.

 

"Guillaume Boutier conseiller et et aumônier du Duc Jean V fut pourvu de l'abbaye de Beaulieu par le pape Martin V l'an 1426  sur la démission de son prédécesseur. Son mérite et ses bonnes qualités le firent élire deux fois évêque de St Malo ; mais elles ne furent pas assez connues du pape pour en obtenir des Bulles : de sorte qu'après bien des poursuites faites par le duc, par les chanoines de St Malo et par l'Abbé même il fut obligé de rayer se ses titres celui d'élu de St Malo. On ne sait pas précisément l'année de décès de cet Abbé, qui vivait encore en 1467. Marc Gurel succéda à Guillaume Boutier son parent ; il tenait cette place en 1470 et 1476, selon quelques actes de son abbaye. " (Dom Morice)

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Ce gisant est placé (comme le suivant) sous un dais gothique. Le bâton pastoral est à droite, il s'interrompt au dessus de la douille hexagonale. L'abbé est nu-tête, avec une tonsure dite romaine (rasant le haut du crâne et préservant une couronne). Il porte le manipule au dessus du poignet gauche. Comme le précédent, il est entouré de deux anges (les têtes ont été brisées systématiquement) et l'ange de gauche semble placer une main derrière la tête.

Meilleure photo par B. Bègne ici :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cloitre-de-la-cathedrale-saint-tugdual-treguier/cce71869-22f9-4d8b-8f6c-af1d66f79a2b

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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3°) Gisant de Guillaume Le Flo [ou Le Floch], abbé de Beaulieu décédé en 1427.

granite l = 243, la = 71 ; Ronde bosse. date 1427. Tombeau provenant de l'abbaye de Beaulieu.

"Guillaume Le Flo fut recommandé au duc Jean V par l'antipape Benoit XIII [pape d'Avignon] l'an 1406. Le Duc reçut cet abbé, et le mit au nombre de ses conseillers. Guillaume se démit en 1426 et mourut au mois de juillet 1427." (Dom Morice)

Cette démission a-t-elle été entraînée par la nomination de Guillaume Boutier par Martin V, pape à Rome, alors que le protecteur de Guillaume Le Flo, l'antipape Benoit XIII, était décédé en 1423 sans se démettre et avait été suivi par le pape d'Avignon Clément VIII  ? A-t-il été désavoué par Rome et contraint à renoncer à son titre ?

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http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Tr%e9guier&NUMBER=52&GRP=0&REQ=%28%28Tr%e9guier%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320172202209nuca/aeaa29ac-ece4-43d0-aace-21ed3c6bb54d

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Il s'agit du prédécesseur de Guillaume Boutier, et les deux gisants sont assez proches, notamment par le dais gothique, le manipule, la tonsure. Les plis de la chasuble sont plus réguliers.  Par contre, il ne porte pas le bâton pastoral, ce que Jean-Michel Huon relie au fait qu'il s'était démit de ses fonctions un an avant sa mort.

L'ange de tendresse est ici particulièrement visible : il glisse la main gauche sous la tête de l'abbé tandis qu'il place son index droit sur la page d'un livre ouvert, comme pour aider le défunt à réciter ses prières.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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LES QUATRE GISANTS DE LA GALERIE NORD.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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4°) Prêtre non identifié, prieuré Saint-Pierre de Matignon, XIVe siècle.

 

 

 

"granite l = 186 ; la = 70 2e moitié 14e siècle . La dalle a dû faire partie d'un dallage car on y voit des traces d'usure, le gisant est défiguré. Elle a été découverte en 1863 dans le cimetière du prieuré Saint-Pierre à Matignon."

 

L'ancienne chapelle Saint-Pierre à Matignon est aujourd'hui disparue ; elle existait encore pendant la Révolution avant d'être  vendue comme bien national en  l'an VI puis d'être détruite en 1863. Ses pierres tombales  furent transportées à Saint-Brieuc, puis à Tréguier .

Ma photo ne montre pas grand chose : je reproduis la photo de Bernard Bègne dans le dossier de l'Inventaire .

Le gisant est spectaculaire, car la dalle est taillée en bas-relief, et le défunt est représenté vêtu d'une chasuble ovoïde aux plis en V où les deux manches (simple repli d'étoffe) forment un dessin très stylisé d'où émergent les deux mains jointes dans la prière. Cette chasuble rappelle la paenela romaine et donne une allure ancienne au monument. Elle recouvre une cotte talaire au dessus de deux souliers pointus.

La tête est petite, très épurée, coiffée d'un bonnet (ou des cheveux coupés au bol ?) Un calice est placé à gauche, symbole de la tombe d'un prêtre. Une crosse d'abbé se devine tant à gauche de la tête .

 

 

IVR53_20172202210NUCA, copyright région Bretagne, photo Bernard Bègne.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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5°) Gisant d'Alain de Vitré dit Alain de Dinan

Granite,  l = 163 ; la = 75. Classé au titre objet le 20 juin 1986. 

Ce gisant, le plus ancien conservé ici,  a pu être exécuté en 1199, mais plutôt en 1220 (caractères de l'armure) ; il  provient de l'abbaye de Beaulieu. Alain de Dinan est le fondateur de l'abbaye de Bello-Loco à Beaulieu en 1190, transfert de l'abbaye de Pont-Pilard fondée par   Rolland de Dinan.  Fils de Robert III de Vitré, il a été "adopté" comme fils par Rolland de Dinan, sans enfant, et il lui succéda en 1186 et reçut comme lui la charge de Sénéchal de Bretagne au service de Geoffroy II de Bretagne. Il s'illustre pour sa force et son courage lors de  l'affrontement avec Richard Cœur de Lion. Il meurt peu après, à 42 ans.

Le gisant le représente sous les traits idéalisés d'un jeune homme aux longs cheveux bouclés ceints par un arceau frontal ; le visage aux yeux ouverts est doux et souriant. Le sénéchal porte la tenue de chevalier avec une armure recouverte d'un surcot plissé (sauf le tiers supérieur) serrée à la taille par une fine ceinture. Le baudrier de l'épée est porté plus bas. Les bras (sauf la main droite) et les jambes sont brisés. Un objet que je n'ai pu identifié est suspendu au poignet droit. 

Il porte sur son bouclier ses armes de gueules, à un lion de sable, couronné d'or et armé de sable :

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Contre scel d'André de Vitré en 1239, in Peter Meadey 1997

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Blason des barons de Vitré, Wikipédia, Jimmy44

 

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Il est passionnant de le comparer avec le gisant de Roland de Dinan, mieux préservé :

"Avec ses 2,15 mètres de long, ce haut-relief est imposant. La tête du personnage repose sur un coussin, son visage triangulaire est encadré de cheveux bouclés, il a les yeux grands ouverts, son expression est paisible et reflète bien le rapport que l’homme du Moyen-Âge pouvait entretenir avec la mort : elle est apprivoisée, acceptée sereinement, sans drame excessif. Il porte ses armes, signe de sa fonction et de son activité d’ici-bas, sa main gauche tient fermement l’épée qui l’accompagne. Il est vêtu de son haubert de mailles et de ses chausses de fer, ses pieds reposent sur un lion incarnant sa puissance, son genou est découvert, il semble esquisser un pas en avant. Ses gantelets de fer sont également parfaitement représentés. Enfin, le personnage porte un surcot et s’équipe d’un bouclier qui présente les mêmes armoiries que celles figurées sur le sceau de sa petite-nièce, Gervaise de Dinan, fille d'Alain de Vitré, précieusement conservé aux Archives départementales des Côtes d’Armor : losangés d’argent sur fond de gueule. Ces armoiries nous confortent dans l’idée qu’il s’agirait du gisant de Roland de Dinan. Constat  bien surprenant : ce gisant ressemble en tout point à un autre, installé dans le cloître de la cathédrale de Tréguier : celui d’Alain de Vitré. Les deux effigies se ressemblent trait pour trait, au point que l’on suppose qu’elles faisaient partie de la même commande et étaient le fruit du même atelier. Le gisant du Musée de Dinan n’a pas été sculpté à l’époque du trépas de Roland car l’analyse stylistique de l’armure figurée par le sculpteur indiquerait plutôt les années 1220. Il s’agirait donc d’une commande différée. Selon Peter Meazey, le commanditaire des gisants de Roland de Dinan et d’Alain de Vitré pourrait être le troisième époux de Gervaise de Dinan, Richard le Maréchal, ou son gendre, Henri d’Avaugour. En supposant que les deux gisants datent des années 1220-1230, l'un ou l'autre de ces deux hommes pourrait les avoir commandés, tous les deux ayant besoin d'imposer leur autorité, de montrer leur largesse et de célébrer l'ancienne lignée. Primitivement donc, le gisant de Rolland de Dinan reposait à l’abbaye de Beaulieu, aux côtés du gisant de son neveu. L’imposante sculpture est extraite des ruines de l’abbaye de Beaulieu quelque temps après la Révolution, puis transportée à Saint-Brieuc. En 1848, Luigi Odorici, conservateur du Musée de Dinan, réussit à faire valoir les droits de la Ville de Dinan auprès des membres du Conseil général des Côtes-du-Nord qui acceptèrent que la pierre retournât à Dinan." http://www.dinan.fr/medias/doc/other/319/gisant-de-roland-de-dinan-1961-173-2.pdf

photos de ce gisant :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rolland_de_Dinan#/media/File:Gisant_de_Rolland_de_Dinan.jpg

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Gisant de Rolland de Dinan. Copyright Camille Macé

 

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Le plus passionnant pour mon enquête est de retrouver, dès 1220, sur les deux gisants, les deux anges, (ceux de Roland étant mieux préservés) et, sur l'épaule droite, dans les deux cas, la petite main posée à plat.

 

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Photo de Camille Macé zoomée et fléchée par moi

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Gisant d'Alain de Vitré (détail), vers 1220. Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant d'Alain de Vitré (détail), vers 1220. Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant d'Alain de Vitré, vers 1220. Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant d'Alain de Vitré, vers 1220. Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant d'Alain de Vitré, vers 1220. Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant d'Alain de Vitré, vers 1220. Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant d'Alain de Vitré, vers 1220. Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant d'Alain de Vitré, vers 1220. Cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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6°) Gisant de Guy de Lionnais, abbé de Beaulieu 1477-1528.

Granite l = 195, la = 70. Oeuvre provenant de l'abbaye de Beaulieu, qui aurait été exécutée entre 1477 et 1517. Guy le Lionnais était aussi chanoine de Rennes.

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Tr%e9guier&NUMBER=44&GRP=0&REQ=%28%28Tr%e9guier%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

"Gui Le Lionnais chanoine de Rennes obtint l'abbaye de Beaulieu en Commende vers l'an 1477 et fut élu évêque de Rennes l'an 1501 en la place de Michel Guibé. Mais les Chanoines ayant su que la Cour n'approuvait pas ce choix, rétractèrent le 3 mars de cette même année tout ce qu'ils avaient fait sur ce sujet. Gui se démit l'an 1517 en faveur de Mathurin Glé, son neveu. Le pape Léon X admit sa résignation, à condition qu'il se réserverait le titre de Commendataire et la jouissance de tous les biens de l'abbaye. Gui mourut le 18 juin 1528 et fut inhumé dans son église." (Hyacinthe Morice,  Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne Volume 2)

On remarque les points communs avec les gisants des abbés de Beaulieu qui l'ont précédés. Mais l'abbé n'est plus tonsuré, il a même les cheveux longs et bouclés : c'est toute la différence entre un abbé commanditaire (qui perçoit les bénéfices mais n'apparient pas à la communauté monastique) et un père abbé. 

On retrouve le manipule au poignet gauche, la tête appuyée sur un coussin rectangulaire, la hampe de la crosse placée en diagonale. On ne peut dire si celle-ci se terminait dans la gueule d'un lion, car la partie basse est brisée. Le visage aux yex ouverts est paisible. 

Les deux anges gardiens sont bien là, et celui de gauche pose sa menotte sur la poitrine de l'abbé, tandis que celui de droite tend la main vers la crosse.

Voir la photo de Bernard Bègne ici.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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7°) Le gisant d'un abbé de Beaulieu, vers 1300-1350 .

Granite, l = 165, la = 65 ; 1ere moitié du XIVe siècle. Proviendrait de l'abbaye de Beaulieu.

Ces indications sont celles de la base Palissy PM22002032.

Photo de Bernard Bègne ici.

Photo par Bernard Bègne de la tête vue de dessus ici.

Ce visage encapuchonné par une sorte de coiffe qui donne à l'abbé une allure féminine est frappant par ses traits ronds et lourds, son nez épaté, et surtout ses profonds plis naso-géniens ou sa bouche en U inversé. À la différence des autres défunts, il porte une chape à bords ornés d'orfrois à perles groupées en fleurons. Je ne vois pas la crosse ; mais peut-être un chapelet.

Il y a bien un ange à sa droite, mais il tient un blason où se distingue une fleur de lys, et d'autres meubles qu'il serait passionnant de préciser avec des clichés mieux orientés. 

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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LES CINQ GISANTS DE LA GALERIE EST.

Je trouve la description et la photo du gisant suivant provenant de l'église de Lannebert.Gisant d'un homme d'arme, Guillaume Le Bigot.  Gisant en calcaire. dalle en granit. l = 163 (Dimension du gisant) ; Dimensions de la dalle : l = 208, la = 76, avec une inscription : CY GIST GUILLAUME LE BIGOT EN SON VIVANT S de LA VILLEALANE.

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Mais je n'ai pu le repérer dans mes clichés ou ceux disponibles en ligne.

Poursuivons la visite : nous sommes à l'angle entre la galerie nord et la galerie est.

 

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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La galerie est avec ses cinq gisants.

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Les treize gisants du cloître de la cathédrale de Tréguier.

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8°) Gisant d' Eon Gillebert, homme d'Armes,

Provenance :  église d'Yffiniac, XV° siècle. granite, l = 206 ; la = 92 Epitaphe (partiellement illisible) : CI GIST EON GILBERT JADIS SEIGNEUR de CARJEGU et DU ROST QUI TREPASSA LE III ... DU MOIS de ... MILIIII et LXIIII exécutée entre 1450 et 1470.

La famille Guilbert, ou Gilebert, Gillebert ou Guilbert est une famille noble d'Yffiniac. Elle y possédait le manoir de Carjegu, rue des Grandes Patûres ( Olivier Guilbert en 1514, Hervé en 1536).

Éon Guilbert est cité lors de la réformation du 25 octobre 1426, avec Geffroy Guilbert, et  Guillaume du Bouaisbouexel, ou Guillaume de Brehant, deux familles que nous allons retrouver). Ils sont présents aussi à la réformation du 7 décembre 1432, sauf Éon.

À la montre d'armes de Saint-Brieuc de 1480, Jehan Guillebert  (200 livres de revenu)  comparaît comme homme d’armes ;

L'homme d'armes est représenté en armure complète non recouverte d'un surcot, épée au coté, avec les solerets appuyés sur un animal (un lion je présume), la tête nue reposant sur un coussin, tandis que son casque est posé à sa gauche.

Photo de Bernard Bègne ici.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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9°) Gisant d'un Homme d'Armes, famille Bourné,

provenance : église de Lannebert, XVI° siècle.

"La famille DU BOURNÉ, aujourd'hui éteinte, appartenait à la noblesse de l'ancien diocèse de Saint-Brieuc, en Bretagne, où elle a possédé une terre de son nom dans la paroisse de Lannébert. On en trouvera un tableau généalogique dans les Dossiers bleus. Elle figure de 1427 à 1513 aux réformations et montres de la noblesse des diocèses de Saint-Brieuc et de Tréguier. Kerviler mentionne un G. du Bournet qui habitait en 1445 la maison noble des Ouches, en Tréverien, et un Yvon du Bourné qui figure en archer à cheval, pour Lannebert, à la montre de Goello en 1481. "

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La tête, le bas des jambes et les avant-bras sont brisés. Une dague est tenue dans la main droite.

Photo de Bernard Bègne ici.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Les trois gisants suivants étaient initialement prévus pour l'ancienne église Saint-Michel de Saint-Brieuc, détruite en 1849 : ils sont exposés dans le cloître de la cathédrale de Tréguier depuis 1920 (selon Claude Raffay, ancienne gardienne du cloître, témoignage recueilli par E. Le Seac'h) .

E. Le Seac'h attribue ces trois gisants, dont la ressemblance est importante, à Roland Doré, le célèbre sculpteur en kersanton de Landerneau actif entre 1618 et 1663. Les Bois-Boissel étaient une famille influente de Saint-Brieuc, qui se prétendaient être les fondateurs de l'unique paroisse de la ville, Saint-Michel. Les Bréhant ont repris leur succession. 

Ils sont donc à rapprocher des 6 autres gisants de Roland Doré : ceux de Jacques Barbier (1638) exposé au Musée de Lesneven,  Guillaume de Rosmadec à Lantic , de Thébault de Tannouarn à Plérin, de Gilles de la Noé au château de Keranroux à Ploujean, d'Yves Bervet, sieur du Parc exposé au Musée Départemental de Quimper, et enfin celui d'Auffray du Chastel à Landeleau. Trois d'entre eux sont décrits dans ce blog.

Ils partagent tous un air de famille, avec leur sorte de perruque triangulaire, leur moustache et le toupet du menton comme les mousquetaires de nos imaginations, l'armure Louis XIII, le coussin (ou "carreau) sur lequel ils reposent, yeux clos et visage serein...

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10. Homme d'Armes, famille Bréhant, Kersanton, atelier de Roland Doré (1618-1663).

il mesure (Le Seac'h) 1,70 m de long, 59 cm de large et 1,03 cm de haut.

Les jambes, le nez et les doigts sont brisés.

On lit que les armes de la branche aînée sont  de gueules à un léopard d'argent  et celles d'une branche cadette  de gueules à trois macles d’or . Mais E. Le Seach donne plus judicieusement, citant de Courcy,  de gueules à sept macles d'or, 3,3,1 (idem dans Toussaint de Saint-Luc).

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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11. Homme d'Armes, famille Bréhant, Kersanton, atelier de Roland Doré (1618-1663).

Il mesure 1,70 m de long, 52 cm de large et 98 cm de haut.

Les jambes sont brisées sous les genouillères et désolidarisées du reste du corps. Une cassure est visible au niveau du tronc, comblée par du ciment. Le nez et les doigts sont brisés.

Les armoiries sont martelées mais laissent deviner des macles disposées comme pour le gisant précédent.

Voir photo Bernard Bègne ici.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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12. Gisant d'un homme d'armes de la famille de Bois-Boissel. Kersanton, atelier de Roland Doré (1618-1663).

il mesure 1,60 m de long, 59 cm de large et 1,02 m de haut. Pieds manquants, coupés au dessus des chevilles. Le haut des doigts est brisé ainsi que son nez.

http://www.boisboissel.fr/

La famille de Boisboissel était la seigneurie la plus importante de la banlieue de Saint-Brieuc, et son ancienne demeure, l'hôtel de Quicangroigne à Saint Brieuc en 1592 , devint palais épiscopal. Le Blason de la famille est: d'hermines au chef de gueules, chargé de 3 macles d'or, qui se dit également de Bretagne au chef de Rohan.

Photographie Bernard Bègne ici.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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LE GISANT DE LA GALERIE SUD.

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13. Gisant de Jeanne du Buchon, femme d'Eon Gillebert, homme d'armes. Provient de l'église d'Yffiniac, xve siècle

 

Granite l = 200 ; la = 79

Inscription (incomplète) : et JEHANNE DU BUCHON SA FEMME QUI TREPASSA LE Xe JOUR de JUL... et ...

Oeuvre exécutée entre 1450 et 1470. Elle provient d'Yffiniac et était sans doute accolée au tombeau d'Eon Guillebert.

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PM22002048

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Gisant du cloître de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

— COPY (Jean-Yves ) 1986, Art, société et politique au temps des ducs de Bretagne: les gisants haut-bretons. Aux Amateurs de livres,  294 pages

— HUON (Jean-Michel), Le cloître de la cathédrale de Tréguier.

http://jeanmichelhuon.canalblog.com/archives/2015/04/15/31895538.html

— G.L.S. Recteur, « Notice sur Trédias, Saint-Urielle, Yvignac, Languédias, l'Abbaye de Beaulieu, Mégrit et Trémeur (environs de Broons) », Mémoires de la Société Archéologique et Historique des Côtes du Nord,‎ 1890, p. 33-36 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2078664/f54.image

L'abbaye Notre-Dame de Beaulieu en Languédias.

http://www.genealogie22.org/sites/racines_galleses/abbaye_beaulieu_languedias.htm

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, pages 222-229.

— Pierre Hyacinthe Morice 1839, L' église de Bretagne ou histoire des siéges épiscopaux, séminaires et ...

https://books.google.fr/books?id=yr0AAAAAcAAJ&pg=PA529&lpg=PA529&dq=Guillaume+Boutier+conseiller+et+et+aum%C3%B4nier+du+Duc+Jean+V+fut+pourvu+de+l%27abbaye+de+Beaulieu+par+le+pape+Martin+V&source=bl&ots=Lgwztum4aP&sig=ACfU3U3FZqNhIsp9CUYJrEqzP3jbxkPQBw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjV4JC4mvzgAhWVAWMBHQqPABwQ6AEwA3oECAcQAQ#v=onepage&q&f=false

Les gisants du cloître de Tréguier : dossier photo de Bernard Bègne.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cloitre-de-la-cathedrale-saint-tugdual-treguier/cce71869-22f9-4d8b-8f6c-af1d66f79a2b

 

 

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Tr%e9guier&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=3

 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/brehand-22510/brehand-le-gisant-de-guillaume-de-launay-revient-l-eglise-6064912

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