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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 20:16

L'abbé de Landévennec Jehan du Vieux-Chastel et la cloche de 1513 de l'église de Landévennec.

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Voir sur Landévennec :

 

 

 

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Voir aussi :

 

et  : Mes 150 articles sur la Presqu'île de Crozon.

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Voir sur les cloches :

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Présentation.

Les deux cloches de l'église de Landévennec sont remarquables par leur ancienneté. La plus petite cloche, qui sonne à la volée,  date de 1513 et appartenait à l'abbaye de Landévennec ; elle porte le nom et le sceau de l'abbé Jehan du Vieux-Chastel. C'est l'une des plus anciennes cloches de Bretagne. Diamètre  0,62 m à la pince pour une hauteur de corps de 0,55 m.
La seconde, nommée MARIE-ANNE, date de 1703 et sonne les coups sous l'effet d'un marteau.
Elles sont aujourd'hui électrisées.

Le clocher est classé par arrêté du 11 mai 1932, fiche Mérimée PA00090041, mais rien n'indique que la cloche vénérable soit classée.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090041

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Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Si l'église, dans sa structure, semble remonter à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle, le chevet porterait (C. Douard) la date de 1652 et les armes de Pierre Tanguy, abbé de Landévennec, tandis que la façade occidentale, appareillée en pierre jaune de Logonna, porte la date de 1693 sous le blason que j'attribue à Jacques Tanguy , neveu et successeur de Pierre Tanguy à la tête de l'abbaye. (*). La construction progresse ensuite vers l'élévation sud et le porche, dont le fronton porte le chronogramme de 1699. La grosse  cloche porte la date de 1703, cohérente si on situe la construction du clocher après celle de la façade ouest en 1693. Louis Chauris, par son étude lithographique, montre que ces datations ne sont que des repères dans une évolution complexe. Enfin, la sacristie a été ajoutée en 1740 (inscription).

 

(*) C. Douard fait dater cette façade et le clocher de 1659.

Voici la photographie du blason du pignon ouest sur laquelle se fonde ma datation. Il a été martelé mais on reconnaît (en le comparant à celui d'Argol) l'écartelé en 1 et 4 d'azur à l'aigle d'or accompagné de [2 ou ] 3 étoiles de même et en 2 et 3 d'azur à la colombe d'argent tenant en son bec un rameau d'olivier de sinople (en extrapolant les émaux et métaux en fonction des données de documentation).

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Armoiries de l'abbé de Landévennec Jacques Tanguy et date de 1693 sur le pignon occidental de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Armoiries de l'abbé de Landévennec Jacques Tanguy et date de 1693 sur le pignon occidental de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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La tour carrée abritant la chambre des cloches est surmontée d´une flèche polygonale peu ajourée et aux arêtes figurant des têtes humaines. "De telles flèches à arêtes sculptées figurant des têtes humaines existent aussi à Dinéault (chapelle Saint-Exupère de Loguispar), à Brasparts (église paroissiale Notre-Dame et Saint-Tugen) ou encore à Pleyben (chapelle de la Madeleine) et l'hypothèse qu'il s'agisse d'un même atelier de maçons ou de tailleurs de pierre n'est pas à exclure." (C. Douard)

Dinéault est proche de Landévennec. Le clocher à galerie et flèche et le pignon ouest à fronton cintré de la chapelle de Loguispar  sont de 1669.

:

http://www.lavieb-aile.com/2017/03/le-calvaire-de-la-chapelle-saint-exupere-a-dineault.html

La chapelle Sainte-Madeleine de Pleyben n'est guère éloignée non plus. Son calvaire date de 1652.Voir :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-de-la-madeleine/e42ecf8e-12b6-478a-8257-6818242ad23e

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Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Les deux cloches n'ont pas la même origine, puisque la plus petite provient, à une date non déterminée, de l'abbaye elle-même, dont elle porte le sceau, tandis que la plus proche, datant de 1703, appartient dès le début à l'église paroissiale.

On n'accédait à la chambre des cloches que de l'extérieur, en posant une échelle jusqu'à l'angle sud-ouest du toit, puis en montant prudemment la volée de marches parallèles au gable droit du pignon, puis en s'aventurant sur les pierres posées sur les cotés sud et est de la tour.

Jadis, des cordes écartées par des tanguons appendus à la chambre actionnaient les cloches et pénétraient par le toit jusqu'à la base de la nef. (voir CPA) Les cloches sont désormais électrisées et leur maintenance est confiée à une société spécialisée.

(CPA) : https://www.delcampe.net/fr/collections/cartes-postales/france/landevennec/landevennec-leglise-paroissiale-tres-bon-etat-738695030.html

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Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.
Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Clocher de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Cloches de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloches de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Description de la petite cloche de 1513.

Ronan Pérennec, et Annie Bardel ont eu la chance d'observer ces cloches de près et d'en donner une description ; ils écrivent :

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"En mai 1993, profitant des échafaudages d’un chantier de restauration, nous avons eu la possibilité d’avoir accès aux cloches de l’église paroissiale dans de bonnes conditions. Les inscriptions mentionnées ci-après ont été déchiffrées par le père Filibert Guernalec, OSB, Loïc Bellec et Ronan Pérennec. Un descriptif des cloches a été publié par R. Lars, Landévennec, les cloches de l’église paroissiale, dactylographié, juin 1993.

"D’un diamètre de 0,62 m à la pince pour une hauteur de corps de 0,55 m, elle est particulièrement décorée (fig. 9 et 10). Aux moulures du cerveau et de la partie basse de la jupe s’ajoute en effet une inscription se développant sur un double registre encadré de filets. L’écriture, de style gothique, est agrémentée de décorations : ostensoir encadré de deux colombes… Les lettres s’inscrivent dans un registre de 4,5 cm de hauteur. Bien que leurs gabarits aient été très raffinés et ornementés, elles sont bien formées, ce qui en facilite grandement la lecture. On peut ainsi lire :

LAN MVCTXIIIPOR LABAIE DE LANTEGVENEC FAICTAU TEPS DE LP IEHAN

DV VIELCHATEAU ABE DVDIT LIEV S GVENOLLOAY

["L'an 1513 pour l'abbaie de Lanteguenec faict au temps de Jehan du Viel Château abbé dudit lieu S. Guenolloay"]

Les deux sceaux de l'abbé encadrent un médaillon rectangulaire de 7 cm de hauteur pour 5,4 cm de largeur. Ce dernier représente une Vierge à l’Enfant sous un dais gothique ornementé.

Par ailleurs, le sceau de l’abbaye figure lui aussi sur la cloche. Il est circulaire (5 cm de diamètre), et représente une église sur fond d’hermines. Les inscriptions figurant autour des armes de l’abbaye sont difficilement déchiffrables, hormis

(O) ? SB MONASTERIUM.

L’usure de la pince donne visuellement à la cloche l’aspect d’un bord ébréché. Ce phénomène est sans doute aggravé par la corrosion due au milieu marin : la deuxième cloche du campanile, qui fut réalisée pour la paroisse, bien que plus récente (1703), présente le même aspect." (Bardel et Pérennec)

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Les caractères sont particulièrement recherchés, puisque dans ces lettres en écriture minuscule  gothique aux fûts droits, sans courbes et aux hastes fourchus, les traits sont perlés par de multiples boules qui se greffent sur leur bord (le -b- de ABE).

Je ne vois ni ponctuation entre les mots, ni signe d'abréviation.

Sur la face visible de la rue, nous parvenons à lire

...BAIE DE LANTEGVENEC

...EAU ABE DVDIT LIEV

avec le sceau de l'abbaye en dessous.

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Le sceau de l'abbaye (une église sur fond d'hermines entouré d'inscriptions)  a été relevé ainsi par Bardel et Pérennec:

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Mon cliché en rend compte ainsi :

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Le sceau de l'abbé qui a fait réaliser cette cloche, Jehan du Vieux-Chastel est visible sur le coté nord de la cloche, et après de multiples essais au téléobjectif, j'obtiens cette image sur laquelle se voient, en dessous de l'abbé, ses armoiries à trois fasces accompagnées d'hermines.

"Jean du Vieux-Châtel (†1522), fut le dernier abbé régulier du monastère avant l’introduction du système de la Commende : ses successeurs sont nommés par le roi et non plus élus par leurs frères. En 1648, Dom Noël Mars en parle ainsi : « Religieux de Landévennec dès l’an 1477, [il] fut eslu environ l’an 1497. Il semble que comme cet abbé devoit estre le dernier de la robbe, que la divine Providence l’inspira de faire travailler à plusieurs réparations, tant de l’abbaye de Landévennec qu’en ses Prieurez. »

Ses armoiries sont apposées à deux reprises sur la cloche de 1513, sur deux sceaux de 4 cm de largeur pour 6,8 cm de hauteur. On y voit, sous un dais, un personnage en robe, auréolé, tenant une crosse dans la main droite et un livre ouvert sur sa poitrine. Le traitement iconographique s’accompagne d’une inscription difficilement lisible :

ABATIS DE LANVENEC / IO DE VETERI CASTRO

" (Bardel et Pérennec)

IOHANNES DE VETERI CASTRO est la forme latine de Jean du Vieux-Chastel, sous laquelle il apparaît dans les actes de l'abbaye (comme par exemple le nécrologe).

Voir de plus amples développements dans l'article sur son gisant :

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-gisant-de-jehan-du-vieux-chastel-abbe-de-landevennec.html

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Un cliché de la face est de la cloche montre le deuxième sceau, ainsi que le " médaillon rectangulaire de 7 cm de hauteur pour 5,4 cm de largeur. Ce dernier représente une Vierge à l’Enfant sous un dais gothique ornementé".

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Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1513 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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La cloche de 1703 ne porte que peu d'inscriptions visibles pour l'observateur depuis le sol.

Je ne vois pas la mention de son nom MARIE-ANNE, mais je vois les signes très espacés.

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Cloche de 1703 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloche de 1703 de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

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Deux cloches vénérables.

Une cloche datant de 1702, cela n'est pas fréquent en Bretagne. La cloche du Faou, fondue à Brest par Thomas Soueff et 1714, et sa sœur fondue par le même Le Soueff en 1712 pour le Prêcheur, sont déjà des antiquités fort précieuses.

Mais une cloche de 1513 !

Pourtant, ce n'est pas la cloche la plus ancienne du Finistère, puisque'elle est précédée par la cloche de la chapelle du Guéodet à Quimper, aujourd'hui installée sur la cathédrale, et qui date de 1312.

Dans cette compétition, il faut distinguer les cloches encore en fonction de celles qui sont conservées au sol. Voici quelques données :

  • Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) : fin XIIe siècle,
  • Fontenailles (Calvados) : 1202. (230 kg) . Elle est conservée au Musée Baron Gérard à Bayeux.
  • Sidiailles (Cher), datée de 1239, est la plus ancienne en activité.
  •  La cloche de Landas, église Saint-Vaast de 1285, 70 cm de diamètre,  en activité. 
  • Marines (Val d'Oise) : la cloche mesure 0,47 m de haut, 0,35 de long pour un poids de 265 kg. 
  •  Arlanc (Puy-de-Dôme),
  • Le Moutier-d'Ahun (Creuse),
  • Gros-Horloge de Rouen (Seine-Maritime),
  • Saccourvielle (Haute-Garonne),
  • Le Tech (Pyrénées-Orientales),
  • La Villedieu (Dordogne)
  • les deux cloches de l'église Saint-Georges de Haguenau (Bas-Rhin).
  • l'église de Fouqueure (Charente), se trouvent deux cloches de la fin du xiie siècle, 
  • La cathédrale Saint-Étienne de Metz comporte une cloche datée de 1398 qui sonne en La dièse.
  • Une autre cloche ancienne de cette cathédrale a été fondue en 1413, elle pèse environ 2 tonnes, mesure 1,20 m de hauteur et 1,56 m de diamètre inférieur. Elle sonne les heures en Ré dièse.
  • Le beffroi d'Obernai (Bas-Rhin) abrite un bourdon de 1429 du fondeur Hans Gremp et une autre cloche de 1474 du fondeur Lamprecht Johannes.
  • L'église Saint-Thibaud de Brageac (Cantal) abrite une cloche de 1466 la plus vieille du département.
  • Le bourdon de la cathédrale de Strasbourg  date de 1427

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La cloche de l'abbaye de Landévennec a très vraisemblablement été fondue sur place par des fondeurs itinérants. On sait par un procès-verbal de 1603 que, dans le dernier tiers du xvie siècle, l’abbaye possédait au moins trois grosses cloches. On n’a pas de vestiges repérables de leur fabrication, ni d’ailleurs de celles qui les ont directement précédées.

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Des hypothèses sur la cloche de 1513 par A. Bardel et R. Pérennec :

 

 

 

"Quand et comment cette cloche, coulée pour l’abbaye, a-t-elle été récupérée par la paroisse de Landévennec ? Cette dernière dépendait de l’abbaye, le « vicaire perpétuel » qui la desservait étant à nomination directe de l’abbé. Du reste, jusqu’à la construction de l’actuelle église paroissiale au milieu du xviie siècle près de Port-Maria, en bord de mer, le siège de la paroisse se trouvait juste à côté de l’entrée du monastère : si les vestiges de l’église ne sont plus visibles actuellement, le dernier état de l’enclos cimétérial est donné par les parcelles 1170 et 1171 du cadastre.

Si l’on ne connaît pas de façon certaine la date du transfert, on peut émettre des hypothèses, qui sont loin d’être exclusives.

La première consiste à envisager le don ou la vente d’une cloche à la paroisse sous l’abbatiat d’Arnoult ou Arnulphe Briant. Ce dernier fit en effet refaire la lanterne et « le grand clocher d’aprésent couvert d’ardoize, accompagné de plusieurs petits tourellons de mesme ». La date des travaux est connue par une inscription portée sur un pilier neuf à la croisée du transept : « L’an mil cinq cent quarante hoict ce pillier cy fut faict et construict avec ses arches, tour, et tout ce qui suit par honeste. » La reconstruction du clocher nécessitait au préalable la dépose des cloches. Pourquoi ne pas envisager que cet abbé ait pu en profiter pour en offrir une à la paroisse ? Il se pourrait d’ailleurs que la raison première ait été la volonté de faire de la place pour une cloche qu’il aurait lui-même fait fondre, et portant ses armoiries. L’intérêt porté par cet abbé au clocher de l’abbatiale est manifeste : Noël Mars relate que « ses armes sont de tous les costez tant sur les murailles que dedans les vitres, qui sont d’azur à trois guidons d’or ». Il se fit de plus « enterrer dans un grand sépulcre de pierre, dessous le clocher ».

Le fait que dans ce cas de figure ce soit une cloche neuve qui ait été offerte ou vendue, puisqu’elle n’avait que 35 ans, ne doit pas forcément surprendre. Les abbés n’étaient pas toujours très respectueux des travaux de leurs devanciers ou des signes de leur activité. Témoin le blason d’Henry Morillon découvert enfoui dans les fondations d’un mur postérieur.

Cette hypothèse du transfert de la cloche du temps d’Arnulphe Briant pourrait être corroborée par l’histoire postérieure du monastère. En effet, un procès-verbal de 1603 nous apprend que les Mesgouez, bénéficiaires de l’abbaye entre 1577 et 1606, « auroienct prins aussy faict rendre et fondre en leur mannoir de Trevalet pour en servir de canon deux des plus grosses cloches de la dicte abbaye depuis peu des jours auroict ledict sieur Marquis faict abattre du clocher une aultre grosse cloche quy restoict à mesme dessein de la faire fondre et en servir de canons ».

Un des témoins entendu par le Sénéchal de Carhaix, Hervé Le Magadur, maçon, dépose d’ailleurs avoir vu le « sieur de C/moalec faire descendre de la tour de ladicte abbaye une grosse cloche faire briser en pièces et porter au mannnoyre de Trevalet en des charrestes ».

On ne peut exclure, cependant, que certaines en aient réchappé : on ignore en effet leur nombre initial. Dans cette seconde hypothèse, la cloche aurait été donnée à l’occasion de la construction de l’actuelle église paroissiale, bâtie dans les années 1652-1659, sous l’abbatiat de Pierre Tanguy, dont elle porte d’ailleurs les armes. Or celui-ci, avant d’accéder à la charge abbatiale, était vicaire perpétuel de Landévennec. On peut donc imaginer qu’il s’en soit souvenu, d’autant plus facilement que ses relations avec les moines, à qui aurait été retirée la cloche, étaient plutôt mauvaises…"

 

CONCLUSION :

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"La cloche de Jean du Vieux Châtel, vieille de cinq siècles, est quasiment miraculée. Elle aurait pu être refondue, comme c’était souvent l’usage pour économiser le métal au moment de la fonte d’une cloche plus neuve. Lors des exactions des frères Mesgouez, elle a échappé à la fonte quand ceux-ci transforment en canons les cloches de l’abbaye. Elle a traversé sans dommages les guerres de la Ligue, puis la Révolution. Depuis cette époque, et malgré les avatars de la Communauté monastique, elle est restée une parcelle « vivante » de l’abbaye. À travers elle, la voix des moines n’a jamais cessé de se faire entendre à Landévennec." (A. Bardel et R. Pérennec)

 

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Cloches de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

Cloches de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

L'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

L'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile mai 2019.

 

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie) et PEYRON (chanoine Paul), 1917, Landévennec, [notices sur les paroisses], Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/017eb901a29a169d8d6edb403cc06c6b.pdf

 

ABWINNOC, 1951, Landévennec et son abbaye, photographies Jos Le Doaré.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_168/landevennec__et__son__abbaye.pdf

BARDEL (Annie), PÉRENNEC (Ronan), Les anciens fours à cloches de l’abbaye de Landévennec, in Louis Lemoine,  Bernard Merdrignac (dir.), CORONA MONASTICA. Moines bretons de Landévennec, histoire et mémorial celtique.  Mélanges offerts au père Marc Simon, p. 129-146

https://books.openedition.org/pur/20118

https://books.openedition.org/pur/20146?lang=fr#bodyftn5

CHAURIS (Louis), 2011, "Regards sur les pierres de l'église Notre-Dame à Landévennec", Avel Gornog n°19, juillet 2011, pages 82-84.


— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Landévennec

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LANDEVEN.pdf

"Elle comprend un clocher encastré à une chambre sans galerie, puis une nef sans bas-côtés séparée par un arc diaphragme d'un choeur à chevet plat ; ce choeur communique lui-même par deux arcades avec une chapelle nord en aile. L'édifice date en majeure partie du XVIIè siècle et a été restauré au XIXè siècle. Le clocher (I.S.) porte la date de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699 ; enfin, la sacristie est datée 1740 "

— DOUARD (Christel), Présentation de l'église de Landévennec, Service de l'Inventaire

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-landevennec/a3d63319-2d8e-427e-b84e-2b0c7cf106e0

— JOURDAN DE PASSARDIÈRES, 1912, :  Histoire de l'abbaye de Landévennec par dom Noël Mars Bibliothèque national manuscrit français  n° 22358 anciennement Blancs-Manteaux, Bulletin diocesain d'histoire et d'archéologie de Quimper pages 193-204

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/21ec271e9a430068fc93b7bb4845de55.pdf

 

PÉRENNEC (Ronan), Landévennec 1993-1994, rapport de fouilles.

http://bibliotheque.numerique.sra-bretagne.fr/files/original/cb43488063379a623b74da92a4618da0.pdf

— SIMON (Marc ), BARDEL (Annie), 1985, L'abbaye de Landévennec de saint Guénolé à nos jours,  Ouest-France, - 315 pages

— SIMON (Marc ),  1997, Saint Guénolé et l'Abbaye de Landévennec, Editions Jean-Paul Gisserot, 1997 - 32 pages

— TUDCHENTIL Nécrologe de l'abbaye de Landévennec.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article101

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Published by jean-yves cordier - dans cloches
2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 16:27

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Voir : 

Le Pardon de saint Guénolé à l'abbaye de Landévennec le 1er mai 2019.

Sur les bannières de la maison Le Minor (Pont-L'Abbé) :

 

 

Etc, etc...

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Lors du pardon de saint Guénolé à l'abbaye de Landévennec le 1er mai 2019, j'ai eu l'occasion d'admirer, de photographier et de suivre en procession la bannière de la "Paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage", regroupant les paroisses de Saint-Guénolé de Batz-sur-mer, de Notre-Dame-de-Pitié du Croisic, et de Saint-Nicolas du Pouliguen.

Elle a été réalisée à l'initiative du père Frédéric  Rousteau, curé de la paroisse jusqu'en 2014. Le carton a été conçu par Patrice Cudennec (comme celle de Guidel), puis elle a été brodée, entièrement à la main, par Jean-Michel Pérennec, le brodeur de la Maison Le Minor.

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1°) La face principale : saint Yves.

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Le tissu est rouge bordeaux brodé principalement au fil jaune, avec des plages noires, bleu-gris, bleu-clair, rose, écru et brun.

Au centre, saint Yves est assis, comme lorsqu'il exerçait sa fonction d'Official (juge des affaires ecclésiastiques )  du diocèse de Tréguier, et il porte la barrette à quatre cornes, le camail (frappé d'hermines) et la cotte talaire blanche. Son visage aux yeux finauds et au bon sourire est particulièrement affable.

Les bordures portent les emblèmes marins de la "côte sauvage le la Presqu'île guérandaise" avec ses sentiers côtiers et son littoral aux roches battus par le vent : des poissons (des thons ?) et des coquilles de Saint-Jacques.

Deux inscriptions précisent : LE MINOR 2004 et P. CUDENNEC 2014.

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Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Les deux porte-bannières attitrés :

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Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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La bannière derrière la statue de saint Guénolé à Landévennec.

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Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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La bannière seconde.

(Ce n'est pas le verso de la précédente, les deux tentures brodées sont jumelées mais indépendantes).

Même couleur de fond, même fil jaune prédominant.

On y voit trois hermines et trois églises, nommées par les inscriptions BATZ-SUR-MER SAINT GUÉNOLÉ, LE CROISIC NOTRE-DAME-DE-PITIÉ et LE POULIGUEN SAINT-NICOLAS.

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Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Le Bolduc.

Ce certificat d'authenticité, propre aux tapisseries et broderies ayant le statut d'œuvre d'art, est cousu sur le revers ; il est signé par l'artiste cartonnier et par Mr Gildas Le Minor.

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Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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La bannière lors du Pardon.

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Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Bannière de la paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage". Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Published by jean-yves cordier - dans Bannières.
2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 08:20

Où il est le Guénolé ? Chasse-poursuite dans les jardins de l'abbaye.

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Voir aussi :

et  : Mes 150 articles sur la Presqu'île de Crozon.

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Le 1er mai se fêtait jadis la troisième fête religieuse de l'année celtique, Beltaine, où l'on passait de la partie sombre de l'année à sa partie lumineuse,  et où les feux annonçaient le renouveau, et la reprise des travaux des champs et des vergers. Mais pour les moines de l'abbaye de Landévennec, c'est plutôt l'occasion de célébrer la fête de saint Guénolé, venu du pays de Galles au VIe siècle pour fonder, au fond de la rade de Brest et à l'embouchure de l'Aulne, l'abbaye dont il fut le premier abbé.

À 10h30, la messe a déjà attiré une foule importante, mais c'est à 15h que les amateurs du répertoire breton de l'ensemble choral du Bout du Monde sont venus écouter, autour des moines, les chants issus de leur dernier album, "Stér an Dour".

Mais le public qui a manifesté son enthousiasme par les applaudissements qu'on imagine, ne quitte pas l'église par sa sortie. Que se passe-t-il ? Chacun converge vers une porte étroite, à droite, et c'est en bon dernier (je laisse passer les femmes, les enfants, les poussettes et les personnes âgées) que je parviens au cloître. Là-bas, et déjà loin, se déroule l'apogée de la journée, la procession vers les ruines de l'ancienne abbaye.

Mais où sont-ils passés ? 

Au pas de course,  je parcours ces lieux augustes.

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L'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Voilà les derniers devant les pommiers ! On voit la mer !

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Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Mais ces moines ont remplacé le fameux "pas de procession" pour le "pas de chasseur", ma parole ! Au loin, en tête du cortège, émergeant tel un phare devant les blancs manteaux d'écume, j'aperçois une statue : saint Guénolé !

Oh, combien de landaus, combien de poussettes me séparent-elles d'elle.

Donnez-moi des ailes !

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Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Enfin, le ciel m'a entendu : une pause, un changement d'équipe dans les brancards.

Et puis ça repart.

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Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.
Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Chacun chante le cantique en l'honneur de Guénolé, ou discute avec son voisin : le Père Abbé s'entretient avec Monseigneur Paul James, évêque de Nantes.

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Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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La procession s'apprête à franchir la clôture qui la sépare de l'ancienne abbaye.

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Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Nous accédons à l'ancien monastère, où saint Guénolé fut enterré. Les vêpres y seront célébrées.

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Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Le saint est installé devant l'assemblée, puis la bannière de la paroisse "Saint-Yves de la côte sauvage" est placée dans l'absidiole axiale, entourée par les choristes de Bout du Monde.

Car s'élève le cantique à saint Guénolé :

"Da heul Jezuz or Zalver Guenole c'wi peus kezet deskit deom hent ar gerneur zelaou ar Spered " (À la suite du Seigneur jésus Gwénolé tu as marché. Apprends-nous le chemin de la maison en écoutant l'esprit.)

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Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Après les cantiques, la psalmodie des psaumes, l'épître, vient l'homélie de Monseigneur James  et sa vibrante anaphore:

"l'Amour, c'est l'Amour qui a reconstruit cette abbaye [en ruine en 1810 et relevée par Kerbénéat en 1958] !

"l'Amour, c'est l'Amour qui va reconstruire Notre-Dame !,

 "l'Amour, c'est l'Amour qui relèvera l'Église !,

 "l'Amour, c'est l'Amour dans nos vies qui ...!"

etc...

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Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

Le pardon de saint Guénolé de l'abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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ANNEXE : OÙ L'AUTEUR  FAIT LE TOURISTE.

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1°) La statue de saint Guénolé en habit de Père Abbé : kersanton, fin XVe-début XVIe.

Matériau :  kersantite (roche magmatique au très beau grain extraite en rade de Brest près de l'Hôpital-Camfrout depuis le XVe siècle). Louis Chauris indique qu'au cours de son histoire, l'abbaye a fait appel aux trois principaux types (faciès) de kersanton : gris à grain moyen — église romane—, noir à gros grain blason au griffon d'Henri de Morillon abbé de 1425 à 1442 —  et noir à grain fin, comme pour ce saint Guénolé, mais aussi pour le gisant de Jehan du Vieux-Chastel, dans la même variété. 

Elle a été commandée par Jehan du Vieux-Chastel, dernier abbé régulier de Landévennec de 1496 à 1522 et restaurateur de plusieurs monastères relevant de l'abbaye. 

La crosse est brisée (sauf l'implantation), mais l'Abbé porte la mitre à fanons, les chirothèques, les anneaux (chaque doigt long de chaque main porte une bague, alternativement sur la phalange ou sur la phalangine), la chape à orfrois, tandis qu'il tient le livre ouvert de la Règle.

À la base sont sculptées les armoiries fascées d'or et de gueules à six pièces de la famille  du Vieux-Chastel, avec la crosse propre à l'abbé, mais aussi des sortes d'étoiles qui sont des hermines . Car ces armes sont :

 

" ... 3 fasces accompagnées de 10 hermines 4.3.2.1. « Ses armes se voient, dit Missirien, en toutes les vitres de l'église et du couvent, et sa tombe est élevée en belle pierre, en la chapelle, du costé de l'Evangile, hors du choeur ; on montre encore de vieux ornements de draps d'or qu'il avait donnés, et un très grand et très riche calice d'argent vermeil doré ». Il restaura, nous dit Dom Mars, plusieurs des prieurés du monastère, enrichit son église de chapelles, le choeur de stalles, et la sacristie de divers ornements et peintures. Il mourut le 19 Octobre 1522, laissant 11 livres à la chambrerie du monastère, et fut enterré devant l'autel qu'il avait érigé en l'honneur de sainte Barbe, et qui, au XVIIème siècle, était dédié à Notre-Dame. Ce fut le dernier Abbé régulier. Il dut faire restaurer la maison des Abbés, à Quimper, car on a trouvé, dernièrement, en démolissant la vieille aile du couvent des Dames Ursulines, un linteau de cheminée portant ses armes."

On peut voir le gisant de cet Abbé au Musée de Landévennec.

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-gisant-de-jehan-du-vieux-chastel-abbe-de-landevennec.html

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L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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2°) Les colonnes sculptées.

Les sculptures des embasements des colonnes datent du XIXe siècle. Mais ce chapiteau à entrelacs n'est-il pas plus ancien?

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L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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Les fleurs de lys, les hermines, les épées, les ancres et les étoiles, les grappes ou les blasons à croissants sont trop polies pour être anciennes. Mais c'est bien beau tout de même.

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L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

L'ancienne abbaye de Landévennec. Photographie lavieb-aile 1er mai 2019.

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SOURCES ET LIENS.

CHAURIS (Louis), 2011, Recherches lithologiques dans les ruines de l'abbaye de Landévennec ou "la leçon des pierres", Avel Gornog n°19, juillet 2011, pages 37 à 43.

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Published by jean-yves cordier
26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 15:12

La chapelle Saints Côme et Damien de Saint-Nic : la cloche Herveline-Marie Anne (1927).

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Voir sur la commune de Saint-Nic :

— L'église :

 

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— La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

 

 

 

 

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— La chapelle Saint-Jean :

 

L'église de Trégarvan (sablières de 1570 par le Maître de Saint-Nic) :

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La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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La chapelle Saint-Côme et saint-Damien possédait jadis deux cloches, mais une seule a été remplacée, une dizaine d'année après la fin de la Première Guerre, en 1927. 

À la Révolution, toutes les paroisses du Finistère reçurent l'ordre de déposer leurs cloches, sauf une, pour les mener à Brest afin de les fondre pour fabriquer des canons. Mais celles de Saint-Côme échappèrent à cette contribution à l'effort de guerre :

"[en 1793] Le même jour, enfin, qui est un dimanche, à l'issue de la messe, ils enjoignent à un certain nombre d individus « nommés à haute voix », de descendre les cloches des clochers des chapelles et de les transporter à l'église paroissiale pour être ensuite envoyées à la fonderie, eux-mêmes, officiers municipaux et procureur de la commune, se chargeant de descendre celle de l'église paroissiale. Effectivement, les cloches des chapelles furent descendues. Mais elles n'allèrent pas à la fonderie. La population aimait trop ses chapelles pour laisser commettre le sacrilège. Elle s'y opposa énergiquement, et les cloches de Saint-Côme furent cachées dans une prairie pour échapper à la réquisition. Du moins, c'est ce que rapporte la tradition ; aucun document n'en parle. La légende s'est empare du fait et l'a embelli selon son habitude : . depuis plusieurs années déjà, le clocher de Saint-Côme était vide et muet, lorsque, par un soir d'été, la tourmente ayant passé, l'on entendit un carillon mystérieux semblant provenir d'une prairie de Saint-Côme. C'était l'appel des cloches invisibles qui demandaient à être délivrées de leur prison de boue et à remonter dans leur clocher à jour. Guidés par leur son, les _habitants du village les trouvèrent facilement, et, tout joyeux, les rendirent à leur chapelle. On peut se demander si l'unique .cloche de l'église paroissiale - car si Saint-Côme avait alors deux cloches, l'église paroissiale n'en avait qu'une – fut descendue. Il semble bien que si le maire, les officiers municipaux et le procureur de la commune déclarent se charger eux-mêmes de cette besogne, c'est avec l'intention bien arrêtée de n'en rien faire. En effet, plus d'un mois plus tard, la cloche est toujours en place. Mieux encore, la municipalité convient, le lendemain de Noël, avec Corentin Gannat, marechal ferrant. à Pratigannat, en Plomodiern, de faire des réparations « sur nostre cloche et sur nostre orlauge » (sic). (Corentin Parcheminou)

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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Description.

Cloche suspendue, de volée, non électrifiée, à mouton en barre en bois, à quatre brides rondes en fer, à battant en fer (boule corrodée), couronne à quatre anses ornées de palmettes. Décor sur la face est : crucifix.  Décors sur la face nord et sud : petite croisette.

Note sonnée : à déterminer.

Poids : inconnu.

Mesures : non prises.

 

La cloche est actionnée depuis la nef par une corde, mais ce système simple a été perdu ou ôté pendant une partie du XXe siècle, obligeant le sonneur à accéder, par une échelle, à l'escalier en pierre du rampant du toit pour sonner la cloche directement depuis la chambre.

En 1790, Saint-Nic avait un sonneur de cloche attitré, Olivier le Baron, qui fut chargé de faire "incanter" trois dimanches de suite les  annonces d'adjudication des travaux de réparation de la chapelle.

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Le cerveau est orné de 3 rinceaux ( palmettes, lambrequins), le vase comporte à l'ouest l'inscription de sept lignes, et la faussure porte le nom de la fonderie.

 

La face principale (tournée vers l'ouest).

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PAROISSE DE SAINT-NIC

JE M'APPELLE : HERVELINE – MARIE-ANNE

PAUL STEPHAN, RECTEUR.

PIERRE BIDEAU, MAIRE.

PARRAIN : HERVÉ KERNÉVEZ

MARRAINE : MARIE-ANNE LAROUR

1927

FONDERIE SPÉCIALE DE CLOCHES BREST FINISTERE

 

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

 

 

Hervé Kernévez, le parrain, est peut-être le même que celui dont parle Georges-Michel Thomas : " cultivateur à Brégalor, né en 1889, « ancien des Crapouillots » pendant la Première-Guerre," et encore présent pendant la Seconde.

https://books.google.fr/books?isbn=2402059451

La "Fonderie spéciale de cloches" est très probablement celle de Maurice Gripon, qui a repris la fonderie des frères Briens, une famille venue de Villedieu-les Poêles. Cette Maison Briens revendiquait sur ses publicités son installation à Brest depuis 1804.

La fonderie Gripon était installée 59 rue Yves Collet. Son activité a été florissante dans l'après-Guerre, vers 1925, pour remplacer un peu partout en France les cloches de tous les clochers abattus.

Voir mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/les-cloches-du-faou-et-les-fondeurs-de-cloche-du-finistere.ii-viel-a-brest-1823.html

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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Quelques images complémentaires.

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Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La plage de Pentrez vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La plage de Pentrez vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

—PARCHEMINOU (Corentin), 1930, Saint-Nic, ses monuments.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 17:30

Zoonymie des Odonates : le nom de genre Ischnura Charpentier, 1840.

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

— Ischnura, Charpentier 1840, Libell. Europ. Lipsiae :9 :  du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable, mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia".

— Noms vernaculaire du genre Ischnura

-en anglais : "Forktail" ("queue fourchue")

- en allemand : "Die Pechlibellen" (de pech = brai, poix, à cause de l'abdomen à prédominance noire). 

 

-en  français :  "Ischnures" 

- en néerlandais : "De lantaarntjes" ("lanternes", à cause du segment bleu allumé à l'extrémité de l'abdomen sombre), ou grasjuffers 

 

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LE NOM DE GENRE ISCHNURA.

Ischnura, CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 9 et page 20.

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

Présentation :

Dans son paragraphe DE LIBELLULINARUM SUBGENERIBUS (page 9), Charpentier divise la classe ou famille (classis seu familia) des Libellulinae en trois genres : A. Libellulis ; B. Aeshnis ; C. Agrionis.

Chaque genre est classé en sous-genres , et le genre Agrionis se répartit ainsi : 

1. Epallage [créé par Charpentier]

2. Calopteryx [créé par Burmeister 1839].

3. Anapetes [créé par Charpentier, mais prévalence du genre Lestes de Leach] .

4. Sympycna [créé par Charpentier — ou erreur de graphie —, car prévalence du genre Sympecma de Burmeister 1839 ] .

5. Pyrrhosoma, [créé par Charpentier].

6. Erythromma [créé par Charpentier].

7. Ischnura [créé par Charpentier].

8. Agrion [créé par Fabricius], sous-genre qui deviendra notre genre Coenagrion.

9. Platycnemis [créé par Burmeister 1839].

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Le sous-genre ISCHNURA est ensuite décrit page 20, et son nom créé par l'auteur est explicité :

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Description originale :

 7. ISCHNURA.

Nomem e Graeco ίσχνός et ούρά compositum, ob abdominis eximiam tenuitatem.

Signa distinctiva huius subgeneris sunt: abdomen, praecipue medium, valde attenuatum seu angustum, caput minus latum, quam in reliquis subgeneribus: alae, habita longitudinis corporis ratione, perbreves. Caeterum ultimum abdominis segmentum in dorso vel ad marginem posticum mucronibus aut tuberculis munitum est.

Species nonnullae exoticae Agrionidum ad hoc subgenus fortasse haud iniuste referendae, quae abdomine longissimo praeditae sunt, e. g. Agrion lineare Fabr. et aliae.

Foeminae quarundam specierum Europaearum recens exclusae , colorem capitis, pedum, thoracis et reliquarum partium, qui in adultis laete viridis aut flavo-viridis est, habent croceum seu aurantiacum, qui interdum et in venis seu nervis alarum invenitur, et adeo post mortem animalis remanet.

Traduction :

"Le nom est composé du grec ίσχνός, ischnos   et ούρά,  oura  en raison de la finesse remarquable de l'abdomen.

Les caractères de ce sous-genre sont les suivantes : l'abdomen surtout au milieu est très mince voire même étroit. La tête est moins large que dans les autres sous-genres. Les ailes sont très courtes compte tenu de la longueur du corps. De plus, le dernier segment abdominal est renforcé de lames ou protubérances sur la face dorsale ou sur la partie postérieure des cotés." Etc.

Puis, à la page 24, Charpentier place dans le sous-genre Ischnura 3 espèces : tuberculata, speciosa, et pumilio. 

Ensuite, les trois espèces seront décrites aux pages 151 à 154 sous les noms d'Agrion speciosum [Nehalennia speciosa], Agrion tuberculatum [Ischnura elegans] et Agrion pumilio [Ischnura pumilio] .

Et enfin, elles seront dessinées et peintes ( descriptae ac depictae) dans les planches 38 et 39.

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RÉCEPTION DU GENRE.

Agrion (ischnura), le sous-genre Ischnura, du genre Agrion, a été repris par Sélys & Hagen 1850 (avec A. elegans comme espèce-type) avant de céder la place au nom Agrion (ceratura) dans les Synopsis des Agrionines de Sélys 1876, puis de devenir le genre Micronympha de Kirby 1890, Ceratura Kirby 1890, Ischnosoma Wallengren, 1894, mais aussi Celaeneura 1920, Anomalura 1920, etc. 

https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&dq=genus+Anapetes&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Sélys considère Ischnura comme un genre propre en 1870, puis en 1887-1888.

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ÉTUDE DU NOM ISCHNURA.

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L'étymologie du nom du sous-genre Ischnura est donnée par Charpentier dans sa description : "Le nom est composé du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue"]  en raison de la finesse remarquable de l'abdomen." puis "Les caractères de ce sous-genre sont les suivantes : l'abdomen surtout au milieu est très mince voire même étroit." 

  Mais comme cette finesse de l'abdomen ne caractérise pas vraiment Ischnura par rapport autres genres de Zygoptères et notamment de la plupart des Coenagrionidae ( Coenagrion, Sympecma, Erythromma), Pyrrhosoma),  des Lestidae et des Platycnemidae, H. Fliedner, qui a le premier étudié ce zoonyme, écrit qu'il ne se justifie que par comparaison avec le genre Calopteryx. J'y ajoute le genre Epallage (Euphadeidae), au corps robuste. Néanmoins, comme rien n'indique, dans les descriptions de Charpentier, qu'il distingue Ischnura par rapport à Calopteryx ou Epallage, cette interprétation de Fliedner ne résoud pas vraiment le choix de ce nom.

C'est en considérant que la première espèce de la liste de Charpentier est Agrion speciosum, aujourd'hui Nehalennia speciosa (Charpentier 1840), que ce choix s'éclaire : en effet, la Néhalennie précieuse est décrite par K.-D. B. Dijkstra comme "cette minuscule demoiselle, sans doute le plus fragile odonate d'Europe du fait de son vol peu vigoureux, de sa constitution fragile [...], le plus petit zygoptère de ce guide [...] outre sa petitesse, il se caractérise par sa minceur et ses ailes courtes à ptérostigmas clairs."

Parmi les deux autres espèces placées par Charpentier dans ce sous-genre, Ischunura pumilio, l'Ischnure naine, est également, après N. speciosa, l'une des plus petites demoiselles européennes.

Résumé : "Ischnura, du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia".

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-elegant/

"de ischnos (gr) = maigre, mince et ura (gr) = ventre du fait de la finesse de l’abdomen (comparé à celui des Calopteryx spp.) "

 

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Grk. ἰσχνός = thin, slender +οὐρά = tail, for the slender abdomen (compared to e.g. Calopteryx species) "

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"Ischnura - ισχηοσ = gracile + ουρα, ασ = coda; dalla coda gracile. Per la forma esile dell’addome."

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Ischnura [gr. ischnos - thin, lean; ura - tail, in insects: abdomen] is a name only suitable, if this genus is compared with Calopteryx; for in comparison to other coenagrionid genera known to Charpentier the abdomen is not significantly leaner."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"ischnos = dun/mager; ura = staart "

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NOM VERNACULAIRE DU GENRE ISCHNURA.

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-en anglais : Forktail ("queue fourchue")

 " Ischnura is a genus of damselflies known as forktails in the family Coenagrionidae. Forktails are distributed worldwide, including various oceanic islands. The males have a forked projection at the tip of the abdomen which gives the group their common name.

Forktails are small or very small damselflies. The compound eyes of mature individuals have a dark upper region and contrasting lower part. The thorax is often green and may have lateral stripes and the abdomen in males is black with a blue tip. Females of some species are polymorphic, some being orangish and darkening with age, while others resemble the male."

  • Ischnura asiatica (Brauer, 1865) – Redtail

  • Ischnura aurora Brauer, 1865 – Aurora Bluetail

  • Ischnura barberi Currie, 1903 – Desert Forktail

  • Ischnura cervula Selys, 1876 – Pacific Forktail

  • Ischnura damula Calvert, 1902 – Plains Forktail

  • Ischnura demorsa (Hagen, 1861) – Mexican Forktail

  •  Ischnura denticollis (Burmeister, 1839) – Black-fronted Forktail

  • Ischnura elegans (vanderLinden, 1823) – Blue-tailed Damselfly

  • Ischnura erratica Calvert, 1895 – Swift Forktail

  • Ischnura gemina (Kennedy, 1917) – San Francisco Forktail

  • Ischnura genei (Rambur, 1842) – Island Bluetail

  • Ischnura hastata (Say, 1839) – Citrine Forktail

  • Ischnura heterosticta (Burmeister, 1839) – Common Bluetail

  • Ischnura kellicotti Williamson, 1898 – Lilypad Forktail

  •  Ischnura perparva Selys, 1876 – Western Forktail

  •  Ischnura posita (Hagen, 1861) – Fragile Forktail

  • Ischnura prognata (Hagen, 1861) – Furtive Forktail

  • Ischnura pruinescens (Tillyard, 1906) – Colourful Bluetail

  • Ischnura pumilio (Charpentier, 1825) – Small Bluetail or Scarce Blue-tailed Damselfly

  • Ischnura ramburii (Selys, 1850) – Rambur's Forktail

  • Ischnura senegalensis (Rambur, 1842) – Marsh Bluetail

  •  Ischnura verticalis (Say, 1839) – Eastern Forktail

 

 


- en allemand : Die Pechlibellen (de pech = brai, poix, à cause de l'abdomen à prédominance noire. 

  • Ischnura elegans (Vander Linden, 1820) – Große Pechlibelle
  • Ischnura hastata (Say, 1840) – Rätselhafte Pechlibelle
  • Ischnura pumilio (Charpentier, 1825) – Kleine Pechlibelle

  • Ischnura senegalensis (Rambur, 1842) – Senegal-Pechlibelle

-en  français : les Ischnures (Ischnura elegans  Ischnure élégante, Ischnura genei tyrrhénienne, Ischnura graellsii Ischnure maghribérique, Ischnura sarahensis  Ischnure saharienne, Ischnura fountaineae Ischnure des déserts, Ischnura pumilio Ischnure naine, Ischnura hastata Ischnure  citrine)  mais les espèces portent un nom composé à partir d'Agrion (Agrion élégant, Agrion de Géné, Agrion de Graëlls, Agrion du Sahara,  Agrion de Fountaine, Agrion nain ).

 

- en néerlandais De lantaarntjes , ("lanternes", à cause du segment bleu allumé à l'extrémité de l'abdomen sombre), ou grasjuffers  ou grasjuffers 

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SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, page 264 et Planche 6, fig. 2,b : lindeni ♂

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f286.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 22:37

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Rappel chronologique.

Les inscriptions lapidaires de l'enclos (en rouge infra) permettent de documenter la construction de l'église et des autres parties de l'enclos, et parfois d'en connaître les commanditaires, qui sont les deux "fabriques" en exercice pour l'année. J'ai indiqué en bleu les éléments datés de l'intérieur de l'église.

La construction de l'église a débuté par celle de la nef (peut-être en remplacement progressif d'une église romane dont il ne subsiste aucune trace).

1530 : Déploration en bois.

1533 : début argumenté  de la construction de l'église, par son tiers sud-ouest.

1573 : tour-clocher (ouest), le 19 avril.

XVIe siècle : retable anversois de la Passion

1609 : les travaux se poursuivent sur l'élévation nord et sa porte datée du 31 mai 1609.

1622 : progression  de la nef vers l'est : date sur la porte sud.

1627 : construction du chevet et dédicace (consécration) de l'église.

1634 : Bannière de Saint-Pol.

1650 : Fonts baptismaux : dais et dôme par Millio ROPARZ et Hervé ABGRALL fabriques

1651 : Fonts baptismaux par Laurens ROPARTZ et L. ABGRAL

1660 : tribune ouest par G. BRAS et Y. POULIQUEN.

1662 : tableau de la Sainte Famille pour le retable de Sainte Anne, peint par Nicolas FLOCH.

1667 : construction de l'ossuaire par I. GOFF et I. GUILLOU fabriques.

1667 : Bannière de la Vierge.

1669 : construction de l'arc de triomphe donnant accès au placître et à son cimetière, par A. RANNOU et C KERTANGUY fabriques.

1673-1679 : sacristie, par  A et Y POVLIQVEN fabriques, H. GVILLERM étant recteur. Porte intérieure faite en 1679 par le menuisier PAVL LE GOFF, POVLIQVEN étant  fabrique. 

1676 : Mise au Tombeau sculpté par Anthoine Chavagnac, par commande des fabriques I. LEGAT et H. POVLIQVEN  , H. GVILLERM étant recteur et C. ABGRALL curé.

1684 : lambris du chœur peints par François LERREL

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le porche sud : 1533.

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"L'église de Lampaul-Guimiliau, autrefois Lampaul-Bodénès, trève de Guimiliau, dédiée à Notre Dame et à saint Pol, premier évêque de Léon, est bâtie sur l'emplacement d'un monastère fondé par ce Saint dans le cours de ses pérégrinations à travers le pays qu'il évangélisait.

L'édifice actuel, qui a dû remplacer une église romane dont on ne trouve plus aucun vestige, a été construit par parties à des époques diverses, comme le constatent le style et les dates inscrites en différents endroits. C'est par le porche et l'angle Ouest du bas-côté Sud qu'on a commencé cette reconstruction, remontant à 1533, Là, l'ornementation et la structure sont encore absolument gothiques, avec quelques mélanges cependant de détails indiquant l'influence de la Renaissance." (Abgrall)


 

L'inscription fondatrice est étudiée ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/la-facade-du-porche-sud-de-lampaul-guimiliau.html

J'en rappelle le texte : "L'an 1533" :

LAN MIL Vc XXX III

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Deux contreforts, posés sur les angles, accostent cette arcade, et sur les faces intérieures de chacun sont deux petits anges tenant une banderole avec ces légendes en caractères gothiques : Bonnes gens qui ycy passez priez Dieu pour les trépassés. Benedictus qui venit in nomine Domini.

Les inscriptions sont étudiées ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/le-porche-de-l-eglise-de-lampaul-guimiliau-ii-les-anges.html

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La tour-clocher : 1573.

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Le clocher, bâti 40 ans après le porche, était avec ses 70 mètres l'un des plus hauts du Finistère, après le Kreisker (78 m.). Il doit sa forme tronquée à la foudre qui en a détruit la flèche en 1809, et l'a amputé de 18 mètres.

Le bas de la tour s'ouvre sur l'extérieur par trois arcades de style classique, formant un porche. Elle porte deux inscriptions datées de 1573.

La première occupe le coté sud-ouest,  à l'angle d'un contrefort à coté du dais d'une niche. Elle  est dégradé et je ne lis plus que :

L'A[N] / M : V : [XX]X 

III

Le [N] est restitué d'après le tilde inscrit sur le A : Ã. Les deux X entre crochets [XX] sont ceux qui s'imposent mais qui sont manquant en raison d'une entaille. Elle est gravée sur un bloc de kersanton détérioré sur son quart droit,  en lettres gothiques et en chiffres romains. Si nous la comparons aux inscriptions de l'église du Faou, où celle de 1593 est également en lettres gothiques et chiffres romains, alors que celles de 1603 et 1613 sont en chiffres arabes, et que les suivantes à partir de 1628 adopte les majuscules classiques, nous constatons une cohérence dans la chronologie d'un style à un autre en Basse-Bretagne.

La dégradation du bloc de pierre est-elle consécutive à l'écroulement de la flèche du clocher en 1809 ?

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième inscription de la tour-clocher.

On lit sur  l'architrave :

ANNO : D[OM]INI : 1573 : DIE : 19 : APRILIS : FV[N]DATA : FVIT : HEC : TVRRIS

"L'an du Seigneur 1573, le 19ème jour d'avril, fut fondée cette tour". (les lettres entre crochets sont abrégées par un tilde ~ sur l'inscription).

Si la date du jour et du mois est indiquée, c'est qu'e cette précision est importante. Si j'en crois ce site, le jour de Pâques était, en 1573, le 22 mars.

http://5ko.free.fr/fr/easter.php?y=16

Le 19 avril 1573 correspond alors au quatrième dimanche du Temps Pascal.

 

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La  porte nord : 1609.

La porte percée dans le bas-côté nord est encadrée par deux colonnes cannelées, le cintre est formé de claveaux saillants et la frise est ornée de cette inscription qu'a lu le chanoine Abgrall :  ANNO : DOMINI : 1609 : DIE : VLTIMA : MAII Au-dessus est une niche qui abrite actuellement une statue en kersanton de saint Jean l'Evangéliste. 

Je n'ai pu lire ni photographier correctement l'inscription, mais il faut la traduire  ainsi : "l'an du Seigneur 1609, le dernier jour de mai".

En suivant le raisonnement et le site précédent, Pâques tombait en 1609 (calendrier grégorien depuis le 15-10-1582) le 19 avril, et la date indiquée ici correspond au septième dimanche du Temps Pascal, juste après l'Ascension.

 

La porte est surmontée d'une plaque en kersanton qui portait des armoiries aujourd'hui huchées.

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La petite porte sud : 1622. 

En avançant vers l'abside, on trouve dans le bas-côté Sud une porte dont le pilastre et le couronnement présentent un curieux mélange de gothique et de Renaissance. Sur l'entablement se lit cette date :

A : D : 1622 :

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le chevet de l'église : 1627.

Sous la fenêtre sud du chevet, près du contrefort, la date de 1627 est inscrite, en chiffre arabes, assez discrètement et dans un cartouche à peine marqué.
 

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Dans le pignon qui couronne la fenêtre Sud du chevet, un cartouche porte cette inscription :

BENE : FVNDATA : EST : DOMUS : DOMINI.

Il s'agit d'un extrait d'une antienne du Commun de la dédicace d'une église (Bréviaire romain) : Bene fundata est domus Domini supra firmam petram , "La maison de Dieu a été bien fondée sur un roc solide". Elle a été particulièrement étudiée par  Robert Favreau  dans les Études d'epigraphie medievale, Volume 1 : Lors de la dédicace, après avoir consacré l'autel, l'évêque faisait trois fois le tour de l'église à l'intérieur, en aspergeant les murs chaque fois un peu plus haut, et on chantait Haec est dommus etc, texte inspiré de l'Ecriture (Matthieu 7:24-25 et Luc 6:48) mais d'expression liturgique. On la trouve sur l'église romane de Civaux, à Châteauneuf -sur-Charente au XVe s, à Saint-Frutos en Castillle en 1100, à la commanderie du Fouilloux à Neuville -les-Decize, sur un chapiteau du XIIe de saint-Etienne de Romorantin-Lanthenay.

Elle était chantée en grégorien et appartient aux antiphonaires les plus anciens, comme celui de l'abbaye de Saint-Gall.  

https://gregorien.info/chant/id/996/0/fr

https://www.e-codices.unifr.ch/fr/csg/0391/135

Son texte entier est le suivant : 

Haec est domus domini firmiter edificata, bene fundata est super

Bene fundata est domus Domini supra firmam petram

Lapider preciosi omnes muri tui exturres hierusalem gemmis aedifi

Mane surgens iacob erigebat lapidem intitulum.

En 1627, l'évêque de Cornouaille qui procéda à cette consécration était Guillaume Le Prestre  de Lezonnet. Il faut imaginer l'affluence attirée par cette cérémonie, la procession autour de l'église, les chants, les sonneries des cloches, ...

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième inscription du chevet.

 

De l'autre côté, au-dessus de la fenêtre Nord se trouve un cartouche de même taille et de même forme que la précédente, mais dont l'inscription est érodée. Le chanoine Abgrall y a lu en 1891 :

 O : QVAM : METVENDVS : EST : LOCVS ; ISTE.

Cette inscription se retrouve aussi à Guimiliau et à Saint-Sauveur du Faou :

-Le Faou, porche ouest, vers 1628 :

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/les-dix-inscriptions-lapidaires-de-l-eglise-saint-sauveur-du-faou-29.html

- Gouesnou, porche  :

http://www.lavieb-aile.com/article-eglise-de-gouesnou-inscriptions-et-armoiries-117905766.html

Elle correspond également à un chant grégorien dont le texte est le suivant :

 

O quam metuendus est locus iste!
vere non est hic aliud,
nisi domus Dei et porta caeli.

 

Que ce lieu est redoutable !
vraiment, ce n’est ici rien d’autre
que la maison de Dieu et la porte du ciel.

 

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LA SACRISTIE : 1679 .

 

 

La sacristie à deux étages sur plan rectangulaire à chevet à trois pans, et à chacun des angles monte un contrefort puissant et très orné, couronné aussi d'un clocheton. "Autrefois, cette sacristie avait un aspect plus pittoresque et plus artistique, lorsqu'elle était couverte d'une toiture en pavillon avec deux beaux épis ou deux belles urnes en plomb au-dessus des poinçons des Groupes. Le toit de la tourelle d'escalier était également surmonté d'un épi en métal." (Abgrall)

Elle porte deux ensembles d'inscriptions, l'un sur le pan nord, l'autre sur les pans nord-ouest.

a) Sur le pan nord-est, sous la fenêtre à épais barreaux (la sacristie contenait le coffre-fort), on lit :

A : ET : Y : POVLIQUEN : LORS : FABRIQVES : 1679.

Y[ves] POULIQUEN était également fabrique en 1660 puisque son nom figure (avec celui de G. BRAS) sur le coté nord de la tribune des orgues.

Le patronyme POULIQUEN est parfaitement attesté dans la paroisse à cette date . "A. POULIQUEN" peut correspondre à un  Alain Pouliquen.

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff540.htm#P_6209

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff538.htm

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff537.htm#P_3150

Nous retrouvons le nom de cette famille  sur la porte intérieure de la sacristie :

 PAVL. LE. GOFF. FLOCH, FAIT. FAIRE : P : POVLIQVEN : FABRIQVE. 1679.

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Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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b) sur les pans nord et nord-ouest de la sacristie, on lit , en deux inscriptions distinctes:

1. Sous une fenêtre à barreaux au dessus de la porte, dans un cartouche, en lettres majuscules droites :

FAIT: FAIRE : DV : TEMPS : DE MESSIRES : H

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2. Sous la troisième fenêtre à barreaux, la suite : 

 

GVILLERM RECTEV

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Le pluriel Messires annonce deux noms, celui du recteur et celui de son "curé" ou vicaire, mais je ne trouve pas ce dernier nom, qui est celui d'Abgrall.

Le recteur H. [Henri ?] Guillerm est en effet également connu par une  inscription de l'intérieur de l'église , celle de la Mise au Tombeau de 1676 :

M : H : GVILLERM : P : M : C / ABGRALL : CVRE

FAIT: F : PAR: I : LEGAT : H: POVLIQVEN

FABR[QVE· 1676.

Mais ce recteur "H. GVILLERM" (Henri Guillerm ?) est aussi celui dont le nom est inscrit à Guimiliau, puisque Lampaul-Guimiliau était alors une trève de Guimiliau. On le trouve nommé sur la chaire  à prêcher (1677), et sur le baptistère (1675) :   RE :M:H: GVILLERM : SIEVR : RECTEVR : LORS: IAN: TANGVY: E: HERVE :LE MEVR :FABRIQVES : 1677:" (chaire)  et :  1675 F : DV : TEMPS : DV : VENERABLE : M : H : GVILLERM : RECTEVR ..... LORS : DERIEN : POVLIQVEN : & : IACQVES : QVOTAYN : FABRIQVE. (Baptistère). 

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/les-huit-sibylles-de-l-eglise-de-guilmiliau-finistere.html

Le chanoine Abgrall a relevé de nombreuses inscriptions, à Guimiliau et à Lampaul-Guimiliau notamment, mais il n'a pas relevé celle-ci sur la sacristie.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_divers/abgrall_inscriptions-gravees.pdf

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Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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L'OSSUAIRE.

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L'ossuaire de 1667.

 

 

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Au dessus de la porte est : MEMENTO MORI.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La porte de l'ossuaire et l'Arbre de vie.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Au dessus de la porte : la statue en kersanton du Christ-Sauveur.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Sur le pan sud-est du chevet :  I. GOFF : Y : GVILLOV : F: 1667.

 

 

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Sur un lanternon : PARZ HANR.

avec un N rétrograde.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

 

Sur l'un des gables : "C. KGOAT... KBRAT. 1669." . 

soit C. KERGOAT (et) KERBRAT 1669.

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

 

L'ARC DE TRIOMPHE (1668).

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  Du coté de l'enclos : A. RANNOV. Y.KTANGVY : F : 1668 .

a) Le nom de RANNOV se trouve aussi gravé sur un calvaire de la paroisse, à Cosquer-Bihan, Croaz-Kernévez avec la date de 1621 sur le socle et l'inscription RANNOV , sous une des premières réalisations en kersanton du sculpteur Roland Doré.

Les généalogistes connaissent bien cette famille RANNOU sur la paroisse, dès le XVIe siècle.

https://gw.geneanet.org/oberthele?lang=fr&v=RANNOU&m=N

b) K.TANGUY se lit KERTANGUY. Yves ou Yann Kertanguy

 

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Les inscriptions lapidaires de l'enclos de Lampaul-Guimiliau.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

— ARMET (Alain), photos

http://www.collections.musee-bretagne.fr/resultat.php?type_rech=rs&index%5B%5D=fulltext&bool%5B%5D=&reset=1&nr=1&value%5B%5D=%22lampaul-guimiliau

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

PELLETIER (Yannick), 1991, Lampaul-Guimiliau, ed. Jean-Paul Gisserot, 32 p.

- Y.-P. Castel : Lampaul-Guimiliau (Rennes, 1979) Non consulté.

- M.-M. Tugorès : Le retable de saint Jean-Baptiste de Lampaul-Guimiliau (B.S.A.F. 1980)  Non consulté.

- Christel Douard et Roger Barrié : Lampaul-Guimiliau : Un enclos paroissial du Léon (Châteaulin, 1987), Photos de D. Le Doaré et D. Soret. . Broché. 32 pages. Non consulté.

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 21:37

Zoonymie des Odonates : les noms d'Erythromma viridulum (Charpentier, 1840), "la Naïade au corps vert".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

 

—  Erythromma, Hansemann, 1823 Wiede. Zool. Mag. 2(1).  Du grec erythros "rouge" et ómma "œil", en raison des yeux rouges des mâles de l'espèce-type E. najas décrite par Hansemann. Tous les Erythromma ont des yeux soit rouges, soit bleus mais tous de couleur vive et non surmontés de noir, contrastant avec la tête noire.

viridulum (Charpentier, 1840), Libell. Europ. Lipsiae. : 149  diminutif issu du latin viridis, "vert", donc ici "petit vert, verdelet", car l'espèce est plus petite que E. najas, et que la couleur verte y est présente, soit dans les reflets vert-bronze des parties sombres de l'abdomen des deux sexes, soit, dans la teinte des yeux, du thorax et du dessous de l'abdomen chez la femelle.

— noms en français : 1°) "L'Agrion verdelet", Sélys, 1850 ; 2°) "La Naïade au corps vert", P.-A. Robert, 1958.

— noms en d'autres langues :

- en anglais : The small red-eyed damselfly  (la petite demoiselle aux yeux rouges)

-en polonais Oczobarwnica mniejsza 

-en catalan L'Ullroig petit

-en suédois : Mindre rödögonflickslända 

-en néerlandais : de kleine roodoogjuffer

-en allemand : Das Kleine Granatauge 

- en gallois : Mursen lygatgoch fach

- en hongrois : A zöld légivadász 

- en frison occidental : Lytse hynstepoat

 

 

 

LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE ERYTHROMMA (HANSEMANN, 1823).

Voir 

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-les-noms-d-erythromma-lindenii-selys-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE E. VIRIDULUM (CHARPENTIER, 1840).

[Agrion viridulum],  CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 149 n°49.

 

Description originale.

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49. AGRION VIRIDULUM. Tab. XXXVII. Fig. infer. mas et foem.

Agr. superne fusco-aeneum, subtus coerulescens: maris viventis oculis rubris, foeminae viridibus: in collari utriusque sexus strigis duabus fulvis.

Habitat in Silesia.

Praecedenti aliquanto minus, gracilius, oculis maris rubris, formaque appendicum illi affine. 

Caput. Os, genae et frons rutilo-flava: nasus, vertex et totum occiput atro-viridia, cupreo-subsplendentia. Os valde prominens, pilis parvis, flavidis sparsum. Oculi magni, marium rubri, foeminarum virescentes.

Truncus. Prothorax parvus, globularis, viridi-aeneus, antice coeruleus, cum macula laterali flavida. Foeminarum macula prothoracis antica et margo posticus tenuissime flavida sunt. Alitruncus ad latera coerulescens, cum linea sesquialtera atra. Collare atro-viride, aenei vel cuprei splendoris, cum strigis duabus fulvis, plerumque continuis: foeminarum latioribus et in viridem colorem transeuntibus.

Alae subbreves, hyalinae, ad apicem paullulum acuminatae; parastigmata rhombea, fuscescentia.

Pedes cum tarsis flavidi: femoribus in exteriore, tibiis in interiore latere atris.

Abdomen cylindricum, longiusculum, gracile; maris subtus coerulescens, superne aeneum, idque in hunc modum: segmentum primum laete coeruleum, cum macula basali quadrata, atro-viridi: secundum coeruleum, margine postico et macula magna, basin non attingente, versus eam latiore et postice quasi stylo, cum margine postico cohaerente, atro-viridi. Segmentum tertium et sequentia usque ad septimum superne macula maxima, atro-viridi, anticam segmentorum singulorum partem non attingente, et ante marginem posticum ad latera coarctata. Ultima tria segmenta pulchre coerulea seu azurea, octavum et decimum cum macula magna dorsali, atra, quae in medio valde coarctata est. Margo posticus segmenti ultimi in medio paullulum excisus est, et in latere ventrali flavus.

— Foeminarum abdomen simili modo coloratum, colore coeruleo magis in viridem abeunte, et penultima duo segmenta superne atro-viridia, Ultimi segmenti margo posticus profunde excisus est.

Appendices maris speciei praecedenti similes, ultimi segmenti longitudinem-aequantes, compressae, valde divergentes, ad basin latae, quasi membranam luteam efficientes, et ad marginem crassiores, atrae, ad apicem bifidae: inferiores in abdomine absconditae; foeminarum brevissimae, conicae, obtusae, atrae.

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La planche 37 figure inférieure : mâle et femelle.

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Zoonymie des Odonates : Erythromma viridulum.

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE VIRIDULUM.

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L'épithète viridulum est un diminutif de l'adjectif latin viridis, "vert" et Sélys le traduira astucieusement par "verdelet" . Il  n'apparaît que chez les naturalistes, à partir de la fin du XVIIIe siècle,  à la suite de Linné qui, en Botanique, a donné le nom de Bryum viridulum à une mousse de son Herbier, le "Dicrame verdoyant".  Il est repris par Fabricius en 1780 pour un gastéropode marin,   Tritonium viridulum, Fauna groenlandica 1780 p. 402, nom synonyme d'Admete viridula. On trouve aussi en 1810  un mousse nommée  Lycopodium viridulum Bory  ex Willd. En 1810 toujours, Péron et Lesueur ont décrit La "Dianée viridule" Dianea viridula, une hydro-méduse connue aujourd'hui sous le nom d'Eirene viridula . D'autres exemples pourraient être fournis, comme Hyalinia viridula Mencke, 1830, mais globalement, cette épithète est rare et plutôt choisi pour des espèces, on l'admettra, de second ordre.

Mais l'emploi d'un adjectif latin sous une forme diminutive peut s'expliquer sous la plume de Charpentier de deux façons :

a) la nécessité, lorsqu'il faut choisir un adjectif de couleur, d'éviter les reprises d'épithètes déjà utilisés. En 1825, Vander Linden avait créé le nom d'Agrion viridis, le Leste vert aujourd'hui du genre Chalcolestes, ainsi que celui d'Agrion virens, "le Leste verdoyant" (Lestes virens). Dans sa publication de 1840, Charpentier a décrit Aeshna virens (syn. Aeshna viridis).

b) l'attrait des diminutifs pour qualifier des espèces animales, les Zygoptères, remarquables par leur taille fine et leur assimilation à des Demoiselles.

Charpentier avait donné en 1825 à Bratislava une première publication de 261 pages et 9 planches, Horae entomologicae, où le chapitre qui nous concerne, De Libellulinis Europaeis, décrit 43 espèces dont 15 Agrions. Parmi ceux-ci, page 14, il décrit  "Agrion chloridion",  une espèce reconnue ensuite comme synonyme d'Erythromma najas, la "Naïade aux yeux rouges", décrite 2 ans auparavant par Hansemann. Chloridion vient des mots  grecs chloros "vert-jaune" et ion "allant", soit "tirant vers le vert". Effectivement, l'auteur décrit l'abdomen vert-bronze sombre. 

https://books.google.fr/books?id=knlIAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

En 1840, Charpentier décrit à nouveau cet "Agrion chloridion",  puis son Agrion viridulum avec laquelle il la compare : Praecedenti aliquanto minus, gracilius, "plus petite, plus fine que la précédente" avant de mentionner les points communs : oculis maris rubris, formaque appendicum illi affine,  "les yeux rouges du mâle et la forme des appendices anaux". Dans la diagnose initiale, il la décrit comme "un Agrion brun-bronze au dessus, et bleu en dessous, le mâle vivant avec des yeux rouges et la femelle des yeux verts" (viridibus).

Cette mention de la couleur verte des yeux des femelles est reprise dans la description, mais avec l'adjectif virescentes : "verdâtre, verdissant" : Oculi magni, marium rubri, foeminarum virescentes. "les yeux grands, rouge .chez les mâles, tirant vers le vert chez les femelles".

L'adjectif revient ensuite pour qualifier certaines parties de la tête atro-viridi  vert-sombre, cuivré, ; puis le prothorax viridi-aeneus "vert-bronze", le collier du tronc vert-sombre comme le bronze ou le cuivre, les marques des segments de l'abdomen du mâle atro-viridi vert-sombre, bien que les taches des trois derniers segments soient d'un beau bleu azur.

Enfin, l'abdomen des femelles possède les mêmes couleurs, mais "le bleu y vire plutôt au vert, et les deux derniers segments sont vert-sombre au dessus" :  colore coeruleo magis in viridem abeunte, et penultima duo segmenta superne atro-viridia.

On voit qu'il est difficile de dire exactement pourquoi Charpentier nomme son espèce viridulum, mais c'est soit pour qualifier la couleur verte propre — selon l'auteur — aux yeux des femelles ou à leur abdomen, soit pour qualifier la couleur du dessus de l'abdomen des deux sexes, si on admet que le vert-sombre bronze correspond au noir des auteurs actuels . 

Conclusion : viridulum, diminutif issu du latin viridis, "vert", donc "petit vert, verdelet", car l'espèce est plus petite que E. najas, et que la couleur verte y est présente, soit dans les reflets vert-bronze des parties sombres de l'abdomen des deux sexes, soit, dans la teinte des yeux, du thorax et du dessous de l'abdomen chez la femelle.

Voir les images de l'article du site Odonates Costarmoricains

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/naiade_vert/naiade_vert.html

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

"Viridulum, diminutif de viridis (lat) = vert, verdâtre. La femelle a souvent le thorax teinté de vert."

 

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. viridulus, -a, -um = somewhat green, presumably for the greenish reflections on the black parts of the abdomen."

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"- da viridis, e = verde. Per la colorazione dominante del corpo."

 

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non étudié
 

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"viridulum — groenig, beetje groen"

 

.

 

 

.

.

 

LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

 

 

LES NOMS D'ERYTHROMMA VIRIDULUM EN FRANÇAIS.

.

1°) "L'Agrion verdelet", Sélys 1850.

Revue des Odonates page 175 n°2. Sélys donne ici une traduction particulièrement bien inspirée de viridulum, puisque, en reprenant l'un des surnoms du Verdier d'Europe, elle en rappelle la forme diminutive ou atténuée (CNRTL verdelet = "vert tendre, un peu vert, qui tire vers le vert").

2°) "La Naïade au corps vert", P.-A. Robert 1958.

Robert nomme les espèces du genre Erythromma des "Erythrommes", mais un heureux remords l'amène à y substituer le nom de Naïade : Naïade aux yeux rouges pour E. najas, et Naïade au corps vert pour E. viridulum.

Ce nom a été adopté par tous depuis lors, "Naïade" devenant en quelque sorte le nom commun du genre Erythromma en français.

 

 

 

LES NOMS D'ERYTHROMMA VIRIDULUM EN D'AUTRES LANGUES.

 

.

 

- en anglais : The small red-eyed damselfly  (la petite demoiselle aux yeux rouges)

-en polonais Oczobarwnica mniejsza 

-en catalan L'Ullroig petit

-en suédois : Mindre rödögonflickslända 

-en néerlandais : de kleine roodoogjuffer

-en allemand : Das Kleine Granatauge 

- en gallois : Mursen lygatgoch fach

-en breton : Dimezellig daoulagad ruz (la petite demoiselle aux yeux rouges) (en attente de validation)

- en hongrois : A zöld légivadász 

- en frison occidental : Lytse hynstepoat

.

 

 

 

SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, page 264 et Planche 6, fig. 2,b : lindeni ♂

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f286.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 08:35

Le calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau.

 

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

L'extérieur de l'enclos :

Le porche :

 

 

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Les œuvres de l'atelier Prigent en plus des porches cités:

 

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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PRÉSENTATION.

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Ce calvaire prend place au centre du placître de l'enclos paroissial, devant le porche sud, tandis qu'un second calvaire se dresse sur l'Arc de triomphe, l'entrée d'honneur de l'enclos. 

Il a été très peu étudié. Je trouve dans la littérature ceci :

 

"Devant le porche de l'église, autre calvaire, du XVIè siècle : Croix des larrons sur le croisillon, anges au calice et, au revers, Pietà très mutilée." (Couffon & Le Bars 1988).

"Franchissant l'arcade d'entrée, on fait pratiquement face à la croix-calvaire du XVIe siècle, dressée au sommet d'un fût écoté. Au pied du Christ, deux anges présentent le Graal qui recueillit le sang divin. Sous la croix du bon larron, un ange reçoit son âme, alors qu'un démon (aujourd'hui mutilé) guette celle du mauvais larron. Au revers, un groupe de Notre-Dame de Pitié, ne reste plus que le cadavre du Christ dont le visage porte nettement les affres de l'agonie et de la Passion" (Y. Pelletier, 1991)

 "Le calvaire (XVIème siècle) en kersanton, très simple, présente le Christ en croix entre le bon larron apaisé, et le mauvais, au visage tourmenté. Sous la croix, 2 anges recueillent le précieux sang. Sur la face arrière, une piéta restaurée en 1993." (auteur non spécifié, rapporté sur le site Infobretagne)

La meilleure description est sans doute celle de l'Atlas des croix et calvaires du Finistère par Yves-Pascal Castel. Elle propose un dossier de six photos de "Barbetorte", un croquis de l'abbé Castel, et cette description :

http://croix.du-finistere.org/commune/lampaul_guimiliau.html

 

"925. Lampaul enclos no 1, g. k. 5,50 m. XVè s. Trois degrés de plan octogonal. Socle carré. Fût rond, écots. Croisillon, ange et démon, anges au calice, gibets des larrons, deux consoles carrées vides, Vierge de Pitié, très mutilée. Croix, branches rondes, crucifix. [YPC 1980]"

.

croquis par Y.-P. Castel 1980

.

— La datation proposée par Castel, du XVe siècle, est étonnante puisque le début de la construction de l'église elle-même daterait de 1533. Couffon propose au contraire le XVIe siècle. 

— Le fût rond à ergot est traditionnellement mis en relation avec les épidémies de peste, les ergots étant comparés à des bubons.

— les deux consoles vides accueillaient vraisemblablement les statues de Jean et de la Vierge. (Je peux juste mentionner que deux statues de ces personnages sont placés au sommet du lanternon du porche, de manière étrange car le crucifix qu'elle devraient encadrer est absent ; ces statues sont de l'atelier Prigent et datent de 1533).

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA FACE ORIENTALE.

Ce calvaire est correctement "orienté", au sens littéral, puisque la scène de la crucifixion fait face à l'ouest, comme c'est la règle.

Le coté est reçoit une Déploration (souvent appelée "Pietà") en kersanton. Si on en juge par la description de pelletier 1991, la plus grande partie de ce groupe est due à l'artiste qui a été chargé de la restauration de 1993. Jean à genoux soutenant la tête du Christ après sa Déposition de la croix, tandis que Marie-Madeleine, une main sur la poitrine et tenant le flacon de parfum ou de myrrhe destiné à l'embaumement, est agenouillé aux pieds de Jésus. Marie soutient de ses deux bras le corps de son Fils. Les visages sont très ronds malgré un menton pointu, les yeux sont saillants, les bouches petites et en arc concave. 

Enfin, n'oublions pas le soleil qui domine la scène.

Un détail m'intrigue beaucoup : venant de la droite, et se faufilant devant les genoux de la sainte, un serpent vient mordre le pied du Christ. Est-ce un artefact de ma photo ? On sait que cette "pietà" a été restaurée en 1993 : ce détail était-il noté auparavant ? S'il était confirmé, il poserait un problème ardu d'interprétation.

Au dessous, un personnage tient une épée levée dans sa main droite et un livre dans la main gauche : le Christ du Jugement Dernier.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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En contournant le calvaire, nous admirons ce diable de la face latérale. Il a les pieds fourchus, les oreilles en pointe, la face hideuse et grimaçante de l'emploi, et tient en main une petite fourche.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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À son opposé, un ange tient un cœur sur sa poitrine. Tunique plissée, cheveux longs mais sages, il vole, il va passer.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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II. LA FACE OCCIDENTALE.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les deux anges recueillant dans un calice le Précieux Sang.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le Christ en croix entre les deux larrons.

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Le Bon Larron ne tourne pas la tête vers Jésus, il ne le regarde pas non plus. Sa barbe est courte et bien taillée. Son pagne simple et lisse est nouée par une rosette. Ses jambes en grenouille (seule la gauche est liée) sont celles de nombreux larrons des calvaires bretons. 

Le Mauvais Larron, plus musculeux, a une barbe plus tourmentée, tout autant que les plis de son pagne.

Le Christ a la tête inclinée à droite ; ses cheveux longs descendent, à droite devant l'épaule, tandis qu'ils forment une sorte de voile derrière l'épaule gauche. Le tronc est étroit, aux pectoraux peu soulignés et aux cotes horizontales seulement marquées par des rainures. Le pagne court, aux plis peu visibles, est noué sur les deux cotés. Les jambes sont parallèles mais les pieds se superposent, le droit au dessus du gauche.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

ARMET (Alain), photos

http://www.collections.musee-bretagne.fr/resultat.php?type_rech=rs&index%5B%5D=fulltext&bool%5B%5D=&reset=1&nr=1&value%5B%5D=%22lampaul-guimiliau

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— PELLETIER (Yannick), 1991, Lampaul-Guimiliau, ed. Jean-Paul Gisserot, 32 p.

- Y.-P. Castel : Lampaul-Guimiliau (Rennes, 1979) Non consulté.

- M.-M. Tugorès : Le retable de saint Jean-Baptiste de Lampaul-Guimiliau (B.S.A.F. 1980)  Non consulté.

- Christel Douard et Roger Barrié : Lampaul-Guimiliau : Un enclos paroissial du Léon (Châteaulin, 1987), Photos de D. Le Doaré et D. Soret. . Broché. 32 pages. Non consulté.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 22:06

Zoonymie des Odonates : étude des noms d' Erythromma najas (Hansemann, 1823, "La Naïade aux yeux rouges".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

najas, Hansemann 1823, Wiede. Zool. Mag. 2(1) : 158, du latin naias, "naïade". Hansemann a choisi ce nom désignant les nymphes des sources et fontaines parce que cette espèce fréquente les eaux calmes et stagnantes où les mâles se posent sur des feuilles flottantes, mais certainement aussi parce que les zygoptères (alors groupées dans le genre féminin Agrion) ont reçu depuis Linné des noms les assimilant à des Demoiselles. Najas appartient donc à la série virgo, puella, nymphula, à laquelle Hansemann ajoute dans sa publication, outre najas, les épithètes de sponsa (fiancée), et d'autre qui ne sont plus valides comme amazon, pupa (fillette), et pupilla (petite fille).

noms en français : 1°) L'Agrione naïade", Sélys, 1840 ; 2°) « L'Agrion naïade", Sélys, 1850 ; 3°)"La Naïade aux yeux rouges", P.-A. Robert 1958.

noms en d'autres langues.

- en allemand : Das Große Granatauge

- en suédois Större rödögonflickslända

- en néerlandais : De grote roodoogjuffer 

-en finnois : Grutte hynstepoat

- en anglais : The red-eyed damselfly

- en gallois : mursen lygatgoch fawr

 

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE ERYTHROMMA (HANSEMANN, 1823)

Voir 

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-les-noms-d-erythromma-lindenii-selys-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE E. NAJAS (HANSEMANN, 1823).

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[Agrion najas], Hansemann, 1823,  Anfang einer Auseinandersetzung der deutschen Arten der Gartung Agrion F. von J.W. A Hansemann, prediger zu Lense in der Grafschaft Hoya [Début d'une discussion sur les espèces allemandes du  genre   Agrion par F. von J.W. Hansemann, prédicateur à Lense dans le comté de Hoya] , Wiedemann's Zoologisches Magazin 2(1) : 158-159.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51678#page/162/mode/1up

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Description originale.

 

6. Agrion Najas. 

A. alis erectis petiolatis hyalinis, earum interstilio laete coeruleo, stigmatibus rhombeis fuscis, capite immaculato, thorace maris supra immaculato , foeminae sub-bilineato. 


"Diese nur einzeln vorkommende, besonders beim männlichen Beschlechte ausgezeichnete Art sicht man in den Frühlings-monaten über stillstehenden Gewässern flattern, und sie entfernt sich selten weit vom Ufer.

Sie hat die Länge der vorigen Arten, ist aber in allen Theilen gedrungener.

Seltsam stechen die auf der hinterseite graublauen Augen des Männchens durch ihre kirschrothe Farbe ab. Die Mundtheile sind gelbraun. Der oen ungefleckte Kopf ist arünlich schwarz mit mattem Kupferschimmer. Die Fühler sind schwarz, das halschild desgleichen. Das oben zeichnungslose, erz oder kupferschimmernd schwarz gemischt. Die beiden ersten Gelenke des hinterleibes sind hochblau, wie die folgenden bis zum achten oben bei kaum verhärteten Exemplaren grünlich schwarz, späterhin aber mit einem milchblauen Reise mehr oder weniger überzogen. In der Mitte sind die Seiten gelblich schattirt. Die drei letzen Gelenke sind hochblau, das achte mit zwzi dreieckligen Pünctchen besetzt. Am ende zeigt sich nur das obere Paar der häkchen, weit abstehend, kurz, dick, stumpf und bräunlich. Die Flugel sind bedeutend länger und laufen spitzer zu, als die Arten drei, vier und fünf. Das Adernetz ist schärzlich, die Menbran bläulich wasserhell, das Stigma etwas grösser und länglicher, als bei obigen und schwarzbraun. Die startken deutlich gefranzten Füsse sind schwärlich, milchblau berift, innen und an der Basis heller gefärbt.

- Das Weibchen macht sich, als zu dieser Art gehörig, durch den hochblauen Zwischenraum der Flügel kenntlich, weicht aber vom Männchen sehr ab. Ihm fehlt der bläuclichweisse Reif. Die Augen sind grünlich dunckelbraun, welches nach unten in's Gelbe übergeht. Die Mundtheile sind hellgelb, die sogenannte Oberlippe mit einem schwarzen Queerstreif. Das Bruststück hat fast immer zwei verloschen und hell olivengrüne Längsstreiche, welche nicht bis an di Flügel reichen. Doch steht ost, wie bei A. Puella m., noch ein Punct darüber. Die Seiten des Brusttheils und des oben grünlich schwarzen hinterleibes sind hellgrün, meist trüb mit Gelb germischt. Die Gelenke sieben bis neun sind hinten schmal hell-blau gerandet. . Das Stigma nist braungrau. Die Füsse sind blasser gefärbt, zweilen die Schienen, wie bei den drei vorigen Arten hell, doch trüber."

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Je laisse chacun traduire ce texte, après l'avoir laborieusement transcrit depuis sa typographie gothique. Je soulignerai seulement la qualification rouge-cerise des yeux ( ihre kirschrothe Farbe), et surtout, pour les besoins de la zoonymie, je tenterai de rendre  la première phrase en langue vernaculaire : " Cette espèce se rencontre souvent individuellement, notamment les mâles qui se posent sur les eaux calmes et s'éloignent rarement de la rive."

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE NAJAS.

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najas : du latin naias, adis (du  grec ancien Ναϊάς, Naïás  ) : "Naïade" (nymphe des fontaines et des fleuves.

L'étude de cet épithète choisi par Hansemann ne peut s'en tenir là. Il faut considérer la liste des 8 espèces citées dans sa publication. Ce sont : 

1. Agrion Virgo : c'est notre Calopteryx virgo Linnaeus, 1758

2. Agrion Amazon  (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme de Pyrrhosoma nymphula (Sulzer, 1776))

3. Agrion Puella : Linnaeus, 1758

4. Agrion Pupa (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme de C. puella (Linnaeus, 1758).)

5. Agrion Pupilla (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme d' Ischnura elegans (Vander Linden, 1820).)

6. Agrion Najas (nom créé par Hansemann)

7. Agrion Sponsa (nom créé par Hansemann, c'est notre Lestes sponsa)

8. Agrion Nympha (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme de Lestes barbarus Fabricius, 1798))

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Au moment où Hansemann écrit, le genre Agrion renferme tous les Zygoptères. Linné, en nommant les deux premières  Libellula virgo et puella, a montré la voie assimilant ces libellules fines aux yeux écartés et aux ailes fermées au repos à des Demoiselles : "vierge" dans la premier cas, "jeune fille pour le second. Sulzer a suivi le Maître suédois en nommant son espèce Libellula nymphula, "petite nymphe" (avec un écho de Libellula et puella).  Fabricius est le seul  à avoir déroger à ce qui sera une règle pour les premiers auteurs et a nommé une espèce Libellula barbarus en 1798, puis Vander Linden a exploité la même veine en 1820 avec Agrion elegans (l'Agrione élégante, car Agrion est alors, bien entendu, féminin). Nous en sommes là lorsque Hansemann se lance dans sa description des espèces de ce genre Agrion en Allemagne. Peut-être méconnaît-il la publication de Sulzer, et peut-être n'a-t-il pas reconnu dans sa collection la barbarus de Fabricius, toujours est-il qu'il crée six nouveaux noms en complément de la L. virgo et de la L. puella de Linné. Chacun de ces noms est variation sur virgo et puella, sur "vierge" et "jeune fille", que ce soit amazon (les femmes guerrières rétives au mariage), Pupa = "petite fille" (Gaffiot), Pupilla = "petite fille" (Gaffiot), naias "naäide), sponsa "fiancée" et nympha "nymphe".

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=pupa

Ces noms seront complétés par Agrion pulchella (l'Agrione jolie) Vander Linden 1825, puis le thème sera épuisé et les auteurs opteront pour des épithètes souvent descriptifs des formes, des marques et des couleurs.

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Mais les Libellules ont reçu dans les différentes langues des noms vernaculaires évoquant la féminité, mais aussi leur milieu aquatique. Le choix de "najas" associe par la référence aux nymphes des eaux douces ces deux évocations.

Voir en langue souabe Fröschenhüeter [allemand Froschen Hütter = mère des grenouilles"), en France du sud gardo d'aigo , en Istrie   guardia del pozzo, paron d'aqua "gardien de l'eau" , en France du sud Trenco-l'aigo = tranche-eau (Gard) , Gira-panta (Ascoli-Piceno) Rota-cibbie (Rogliano), Pissa-in-fontana (Pirano) Cura-pess "Le pêcheur" (Comasco), en  Istrie . S. Pietro (cf. Saint-Pierre le pêcheur) et  Marinara (Reggio di Calabria).

http://www.lavieb-aile.com/2018/02/zoonymie-des-odonates.les-noms-vernaculaires.html  

Cet attrait pour le milieu aquatique est bien souligné dans la description originale, où Hansemann décrit les mâles posés sur les eaux calmes à proximité immédiate des berges. K.-D. B. Dijkstra décrit en 2007 "les mâles généralement posés sur des feuilles flottantes, effectuant de brefs vols au dessus de l'eau", puis ajoute qu'il s'observe classiquement posé sur une feuille de nénuphar, ou il apparaît gris sombre avec trois taches colorées, yeux rouges, thorax et extrémité de l'abdomen bleu-vif".

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Conclusion : najas, Hansemann 1823, Wiede. Zool. Mag. 2(1), du latin naias, "naïade". Hansemann a choisi ce nom désignant les nymphes des sources et fontaines parce que cette espèce fréquente les eaux calmes et stagnantes (il le souligne d'emblée dans sa description) où les mâles se posent sur des feuilles flottantes, mais certainement aussi parce que les zygoptères (alors groupées dans le genre féminin Agrion) ont reçu depuis Linné des noms les assimilant à des Demoiselles. Najas appartient donc à la série virgo, puella, nymphula, à laquelle Hansemann ajoute dans sa publication, outre najas, les épithètes de sponsa (fiancée), et d'autre qui ne sont plus valides comme amazon, pupa (fillette), et pupilla (petite fille). D'autres suivront, comme scitula (mignonne) de Rambur 1842 ou  dryas (Kirby, 1890), les dryades étant des nymphes des arbres .

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/naiade-aux-yeux-rouges/

"Najas de naïades, déesses grecques protectrices des sources et rivières."

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

" after Ναιάς = Naiad, a freshwater nymph in Greek mythology "

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

 

"- Najas, Najades = Naiade, ninfa delle fonti. Nome mitologico "

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf


"najas (Hansemann) [gr. naias - water nymph] suits very well a creature being nice and bound to water. "

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"najas : waternymph"

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) L'Agrione naïade", Sélys, 1840.

Monographie des libellulidées page 151 n°2.

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=najas+agrione&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

2°)L'Agrion naïade, Sélys 1850.

Sélys et Hagen, Revue des Odonates page 177 n°3. Le genre Agrion, d'abord féminin lorsqu'il fut créé par Fabricius, et dans la Monographie de Sélys 1840, est devenu neutre lorsque Sélys le décrit avec Hagen en 1850.

https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=Xa98vgAACAAJ&q=viridulum#v=snippet&q=viridulum&f=false

 

3°) "La Naïade aux yeux rouges", Paul-André Robert 1958.

Ce nom a été adopté par tous les auteurs, et validé par la SFO et l'INPN.

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LES NOMS d'E. NAJAS  EN D'AUTRES LANGUES.

- en allemand : Das Große Granatauge

- en suédois Större rödögonflickslända

- en néerlandais : De grote roodoogjuffer 

-en finnois : Grutte hynstepoat

- en anglais : The red-eyed damselfly

- en gallois : mursen lygatgoch fawr

- en breton : Dimezell daoulagad ruz « Demoiselle aux yeux rouges » (en attente de validation)

et selon http://www.hlasek.com/erythromma_najas.html

UK:  Large Red eye

DK: Rødøjet Vandnymfe

IT: Ninfa dagli occhi rossi

PL: Oczobarwnica większa

CZ: Šidélko rudoočko

SE: Rödögonflickslända

NO: Rødøyevannymfe

RU: Стрелка красноглазая

UA: Червоноочка-наяда

SI: Veliki rdečeokec

HU: Fürge légivadász

JP: ゴトウアカメイトトンボ

 

 

 

,"

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SOURCES ET LIENS.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— HANSEMANN 1823,  Anfang einer Auseinandersetzung der deutschen Arten der Gartung Agrion F. von J.W. A Hansemann, prediger zu Lense in der Grafschaft Hoya [[Début d'une discussion sur les espèces allemandes du  genre   Agrion par F. von J.W. Hansemann, prédicateur à Lense dans le comté de Hoya] , Wiedemann's Zoologisches Magazin 2(1) : 148-161

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51678#page/152/mode/1up  

 

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 19:32

La façade  du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau.

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

L'extérieur de l'enclos :

Le porche :

 

Sur les porches de Bretagne :

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Les œuvres de l'atelier Prigent en plus des porches cités:

 

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PRÉSENTATION.

 

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Voir article Le porche II, les quinze anges.

" C'est par le porche et l'angle Ouest du bas-côté Sud qu'on a commencé cette reconstruction, remontant à 1533, Là, l'ornementation et la structure sont encore absolument gothiques, avec quelques mélanges cependant de détails indiquant l'influence de la Renaissance. Ce porche, comme la plupart de ceux de la contrée datant de la même époque, semble avoir été préparé en carrière ou dans les ateliers d'un tailleur de pierre et imagier, du moins pour ce qui regarde toutes les parties sculptées en kersanton, comme l'indiquent les marques d'appareilleurs gravées sur ces pierres, pour leur mise en place. La grande entrée consiste en une arcade composée de moulures prismatiques séparées par des gorges profondes, lesquelles gorges sont tapissées de feuilles découpées, chardons, choux frisés et pampres de vignes. Les tiges de ces plantes sortent, comme dans les autres œuvres analogues, de la gueule de monstres variés : souris, lézards, dragons ailés. Deux contreforts, posés sur les angles, accostent cette arcade, et sur les faces intérieures de chacun sont deux petits anges tenant une banderole avec ces légendes en caractères gothiques : Bonnes gens qui ycy passez priez Dieu pour les trépassés. Benedictus qui venit in nomine Domini.

Le tympan porte un cadran solaire, au haut duquel deux anges gras et joufflus tiennent une tête de mort. Plus haut, est la date : A. D. m Ve XXXIII. Au-dessus, une sirène cornue, à queue contournée, forme cul-de-lampe pour une jolie statue de saint Michel terrassant le dragon. Ce saint Michel est couronné par un dais Renaissance sur lequel est portée la statue de saint Paul Aurélien, tenant en laisse un dragon ailé, au cou duquel il a passé son étole. Cette statue est abritée par une belle niche Renaissance, surmontée das statues de la Sainte Vierge et de saint Jean, qui accompagnaient autrefois un Christ en croix, maintenant disparu. ." (Abgrall, 1891)

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"Ce porche latéral est encore tout gothique de conception, bien que portant la date de 1533. L'arcade extérieure à moulures prismatiques et accolade à fleuron est flanquée de deux pinacles à crochets. Cependant, au sommet du pignon qui la surmonte, la niche abritant la statue de saint Paul Aurélien présente quelques éléments de la Renaissance ; elle est flanquée de pilastres. Au dessous, statue de saint Michel terrassant le dragon sous un dais Renaissance, inscription : "LAN. M. Vc XXXIII" et cadran solaire. A l'intérieur, tandis que les niches et dais abritant les Apôtres sont gothiques, le dais surmontant saint Pierre est Renaissance." (Couffon,& Le Bars, 1988)

 

Matériau :

Pour les statues, kersantite (extraite de la Rade de Brest et transportée par l'Elorn jusqu'à Landerneau), "un très beau kersanton noir , tandis que l'ensemble de l'édifice est en granite de Plounéour-Ménez, comme à Saint-Thégonnec et à Guimiliau" (Louis Chauris)

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Datation : inscrite sur le fronton extérieur du porche : 1533.

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Attribution (statues) : Bastien et Henri Prigent.

L'atelier de sculpture sur pierre expert en taille du kersanton en activité dans la région entre 1527 et 1577  est celui des frères Prigent, à Landerneau, auteurs des statues du lanternon et de la partie haute du porche, et Emmanuelle Le Seac'h se demande  "si il n'a pas réalisé aussi l'arc d'entrée du porche".

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Menu : je le déroulerai de haut en bas, depuis le sommet du lanternon jusqu'au portail.

-les statues en pleurs de Jean et de la Vierge

-la statue de saint-Paul-Aurélien tenant par son étole le dragon .

-la statue de saint Michel

-La sirène et l'inscription de 1533

- le cadran solaire

-le porche.

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Au dessus du gable qui a perdu  plusieurs de ses crochets, un lanternon sommital tranche par sa teinte gris sombre : du kersanton. 

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Le  porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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Ce lanternon se termine par un pinacle gothique, à crochets, à la pointe brisée, mais qui se raccorde imparfaitement à une base rectangulaire devant lequel est agenouillé un ange aux mains jointes. Cet ange, ainsi surtout que les deux statues latérales, composent en fait un calvaire, et tout indique que ce pinacle a remplacé, comme l'a vu Abgrall, un Christ en croix.

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Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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 1°) les statues en pleurs de Jean et de la Vierge du lanternon (kersanton, Henri Prigent, 1533).

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Ces deux statues qui encadrent le pinacle y sont reliées par deux fins croisillons et reposent sur des culots à motifs de feuilles. Elles sont dues à Henri Prigent.

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Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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La Vierge éplorée.

 l'arcade sourcilière nette et le visages pointu appartient au style des Prigent et se retrouveront dans la statue de saint Jean. La forme en amande des yeux, soulignée par un trait précis, est accentuée pra l'extrémité en pointe de ce trait, de chaque coté. La bouche est concave, l'ensemble du visage est figé et défait par le chagrin. La Mère du Christ porte une guimpe couvrant ses épaules, et une grande cape au capuchon plissé en Z et orné d'un galon qui apparaît à gauche du visage : cette cape de deuil ou manteled se portait encore en Bretagne au début du XXe siècle.

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo220521

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La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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Saint Jean.

Ses mains sont jointes en symétrie de la Vierge, alors qu'il adopte plus souvent une gestuelle expressive, main sur la poitrine.

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Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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Les trois larmes.

Le détail important, mais visible seulement avec de bonnes jumelles, ce sont les trois larmes qui s'écoulent des yeux de Jean et de Marie : 

"Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif  : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire (et de Jean, qui peut leur être associé), leurs Vierges de pitié ou leurs Marie-Madeleine. On peut y voir une réminiscence du "don des larmes", pratique spirituelle qui met en acte la parole du Christ : "Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés". Leur style est donc imprégné de tradition médiévale, tradition que l'on retrouve dans la position conventionnelle des personnages, et de modernité, perceptible notamment au souci de parer les personnages de vêtements du temps." (Le Seac'h 2014 p.140)

J'en ai donné des illustrations avec la Pietà de Saint-Nic, le calvaire de Dinéault ou celui du Folgoët, et je présenterai plus tard les exemples des calvaires monumentaux de Plougonven ou de Pleyben, ou des statues de Pencran. Mais les calvaires de Lothey ou de Guisseny, parmi d'autres ( 27 calvaires et 17 vestiges de calvaire sont sortis de l'atelier des Prigent) montreraient le même détail touchant.

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La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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2°) La niche centrale du lanternon et la statue de Saint Paul-Aurélien (kersanton, Bastien Prigent, 1533).

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La niche décorée de pilastres ornés de rosettes ou de chapiteaux composites.

Le saint représenté en évêque de Léon, mitré mais non ganté, tient la crosse épiscopale (brisée) dans la main droite et un livre dans la main gauche. Surtout, dans cette main gauche, il tient en laisse par le biais de son étole un dragon ailé, tandis qu'il lui enfonce le bâton pastoral dans la gueule. La bête (symbole du paganisme de l'île de Batz, et du Léon  dont il délivra le pays au VIe siècle) se débat et lève une queue entortillée, selon le principe médiéval que tout ce qui est courbe est malin, alors que la vertu est droite.

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Une comparaison s'impose avec le lanternon de Landivisiau, du même atelier mais plus tardif (1554-1565),  richement orné, dans un style plus franchement Renaissance.

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-de-l-eglise-de-landivisiau.html

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Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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3°) la statue de saint Michel terrassant le dragon (kersanton, Bastien Prigent, 1533).

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En dessous mais comme en miroir avec  la statue de saint Paul-Aurélien, se trouve la statue de saint Michel terrassant le dragon. L'archange est en armure, recouverte d'une cape, et il se protège par une rondache, tandis qu'il soumet le dragon en plaçant l'extrémité de la hampe dans sa gueule. Nous retrouvons bien-sûr les traits stylistiques des Prigent, avec les yeux effilés aux extrémités et les arcades orbitaires creusées. 

Le dragon n'est pas ailé, les mèches du pelage ne couvrent que l'arrière-train (l'inverse d'un lion) et comiquement  il n'attrape avec sa queue que sa propre patte. Comme partout ailleurs, ce combat n'est jamais terrifiant, le dragon ne suscite jamais la peur, mais la scène participe à une représentation théâtralisée des mythes.

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Saint Michel et le dragon (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Michel et le dragon (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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4°) La sirène et l'inscription  (kersanton, Bastien Prigent, 1533.

La sirène ou démone-poisson est cornue et sa queue est recouverte de grosses écailles. Sa poitrine est imposante. Elle a tous les caractères de Ève-démone qui sont foulées du pied par les  Vierges de l'Apocalypse, et comme elles, elle remonte la tête de façon arrogante en s'appuyant sur son coude, elle tient le fruit de la Tentation et dresse la queue : elle est le double féminin du dragon de saint Michel.

Comme H. Amemiya et Louis Le Thomas, je les ai recensées dans ce blog ainsi que ses consœurs non démonisées ; outre la sirène de ce porche , et la sirène au miroir (crossette du rampant droit de la 2ème fenêtre passante) de cette église de Lampaul-Guimiliau, je mentionne :

 

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H. Amemiya la décrit ainsi :

"Sirène couchée sur le ventre, tête à droite. Buste redressé de face. S'appuie sur le coude gauche. Visage carré. Deux cornes émergent des cheveux raides qui tombent sur ses épaules. La partie inférieure du corps  a la forme d'une queue de poissons à écailles apparentes. Elle fait une grande boucle, et l'extrémité bifurique est redressé à la verticale. Cette représentation est classée dans le type Sirène [20 exemples] pour la pointe bifurique de sa queue. Néanmoins, son apparence est plus proche de l'ornement du type Femme-Serpent [11 exemples], notamment de ceux qui se trouvent à l'église Notre-Dame de Bodilis, de celle de Notre-Dame-et-saint-Sujan de Braspart, au Musée de l'église Saint-Suliau de Sizun, dans le Finistère." (Amemiya p. 211)

Le Seac'h  écrit pour sa part :

"Le thème de la sirène est courant dans la vallée de l'Élorn  au XVIe siècle et a beaucoup été utilisé pour les crossettes et les gargouilles. Les deux sont à différencier de la démone-serpent que l'atelier Prigent a aussi représentée, écrasée par la Vierge à l'Enfant sur la façade occidentale du Folgoët . La démone-poisson de Lampaul-Guimiliau est le symbole de la volupté, discrète allusion aux plaisirs de la chair." (p. 156)

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Il est évident que nous avons sur cette façade une triple déclinaison du même thème : le combat contre le Mal, qu'il soit local et breton par un moine anglo-saxon évangélisant le Léon avec l'image du saint saurochtone, ou bien céleste et cosmique avec saint Michel terrassant Satan  à la fin des temps, ou bien inscrit dans l'histoire du Salut où le Christ (au sommet du lanternon) délivre par sa mort l'humanité du Péché : l'identification du Péché avec l'acte sexuel et "la chair", ou Démon tentateur avec la lubricité qu'illustre la femme nue, coquette et ambivalente par sa moitié animale et très ancienne, ancrée sur les écrits de saint Augustin. Seule manque ici (mais très présente pour les esprits) la Vierge dans son rôle de Nouvelle Ève salvatrice.

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La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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L'inscription :

Abgrall, Couffon et Le Seac'h en donnent chacun une leçon erronée. Il faut lire 

LAN MIL VC XXXIII.

Le sens reste le même : "l'an 1533".

Pour fixer le contexte, nous sommes sous le règne de François Ier, et le dauphin François de France est duc de Bretagne sous le titre de François III de Bretagne jusqu'à son décès en 1536. En  1533, le futur Henri II épouse Catherine de Médicis tout en restant l'amant de Diane de Poitiers.

Cette date est celle qui est admise pour le début de la construction de l'église (bien que sa localisation suppose que la partie principale du porche ait débuté plusieurs années auparavant). La participation de l'atelier landernéen des frères Prigent précède leur chantier des porches de Pencran (1553), de Landivisiau (à partir de 1554) et de Guipavas (1563), ou du grand calvaire de Plougonven en 1554.

La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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5°) Le cadran solaire.

Inventaire de la S.AF  : 2909701-1

Il est décrit par Abgrall en 1891 (cf supra)

Il est décrit par Michel Lalos comme un cadran méridional [placé au sud], gravé sur ardoise, circulaire, dégradé, avec des lignes en triangles, sans chiffres visibles, au style absent.

 

" Quant à passer à l’iconographie, au «visuel» comme on dit aujourd’hui, on constate que l’image funèbre elle-même évoquée par crânes et tibias qui se voient ailleurs, est rare sur nos cadrans solaires. Elle s’impose néanmoins à Lampaul-Guimiliau, au fronton du porche de l’église , «Décor d’une tête de mort encadrée de deux personnages». Ces deux-là ont tout l’air d’être des ignudi ailés." (Y.-P. Castel)

Personnellement, je ne vois pas d'ange ni d'ailes, mais deux personnages, dont l'un tient une palme. J'y vois deux allégories féminines du Temps.

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Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

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6°) L'arcade du porche (kersanton, vers 1533, atelier Prigent ?).

J'ai déjà décrit les deux anges des contreforts, qui sont les seuls éléments figurés sculptés avec les quatre animaux des volutes.

Comme ce sera le cas à Landivisiau, l'arc est en plein cintre, avec deux piédroits suivis de moulures en rejoignant une troisième moulure à l'aisselle des pinacles. Cette dernière, à crochets, libère une petite accolade sommée d'un fleuron.

Les frères Prigent (si ce sont bien eux les auteurs) reprennent des éléments de décoration des porches de l'atelier ducal du Folgoët, au Folgoët, à la cathédrale de Quimper, à Rumengol, à Saint-Herbot, etc..  avec la triple moulure à feuilles de vignes dont la tige s'échappe de la gueule d'un monstre animal. Ici, la première moulure porte un rinceau de feuilles de vigne, la deuxième des feuilles d'acanthe, et la troisième des pampres avec leurs grappes. Mais ces feuillages se succèdent de manière assez répétitive, sans être peuplés d'animaux (oiseaux, escargots, serpents), de petits personnages ou de saynètes comme ce sera le cas ensuite.

L'un des intérêts du porche de Lampaul-Guimiliau est d'avoir conservé les marques de taille des pierres d'appareillage constituant les piédroits et moulures, avec le principe que les lettres A, B et C signalent la rangée, et les chiffres le numéro de l'assise, en débutant en bas à gauche. Les pierres sont numérotées A1 à A22 pour la rangée extérieure, puis B1 à B18 pour la rangée médiane, et C1 à C15 pour la rangée intérieure.

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Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

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Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

— ARMET (Alain), photos

http://www.collections.musee-bretagne.fr/resultat.php?type_rech=rs&index%5B%5D=fulltext&bool%5B%5D=&reset=1&nr=1&value%5B%5D=%22lampaul-guimiliau

— CASTEL (Yves-Pascal), l'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère

http://docplayer.fr/60408777-L-iconographie-religieuse-sur-les-cadrans-solaires-du-finistere.html

— CORNEC (Jean-Paul),  Labat-Ségalen (Pierre), 2010, «Cadrans solaires de Bretagne, horolajou heol Breizh» ( Skol-Vreizh, nov. 2010),

 

http://jean-paul.cornec.pagesperso-orange.fr/cs_itineraire.htm

— CHAURIS (Louis), 2009, Aperçu lithologique sur l'église de Lampaul-Guimiliau., Chapitre de l'ouvrage de H. Le Gall et P. Toullec, Lampaul-Guimiliau. Autopsie d'un clocher. 2009, pp.16-31

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

— LALOS (Michel), Cadrans solaires.

http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_morlaix.php

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

Sur les sirènes démones :

— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko), 1996,  Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes . Thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129 .

— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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