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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 22:57

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Rappel : comme dans les articles précédents de cette série, je me fonde sur la publication de Nicole Veronee-Verhaegen (1973), dont je cite les extraits entre guillemets et sans référence. Je la complète par mes commentaires, et par des citations (avec référence) d'autres auteurs.

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PANNEAU 4.

1°) Le Christ.

 

Les bijoux et ornements peints par van der Weyden sont sans-doute le reflet de ceux portés à la cour du duc de Bourgogne.

"Un inventaire des joyaux ducaux est conservé à Lille, intitulé « ce sont joyaulx et vaisselle qui sont à monseigneur de Bourgogne pour savoir où ilz sont ». Dans la marge, on a daté approximativement, « vers 1450 ». On y dénombre 33 fermaux, dix colliers, deux bracelets, trois écharpes, cinq anneaux, un poitrail, un chapeau d’or, deux croix, une chaîne, un grand nombre de pierres précieuses : cent rubis balais, 77 saphirs, dix diamants, six rubis, et 568 perles."

"Parmi les pierres précieuses [à la cour du duc de Bourgogne], le diamant était le plus apprécié de la personne ducale. Outre sa taille la façon de le tailler était un bon critère de choix. Il pouvait présenter plusieurs faces, « à façon de tablettes », c’est-à-dire à petites faces aplanies, « à façon de losanges ou d’écusson » ; quand les uns étaient plats, d’autres étaient pointus, et certains étaient dits carrés. Une fleur de diamant présentait plusieurs facettes. Les autres gemmes présentes sont le rubis, rouge, et le rubis balais de couleur rose, le saphir, bleu, l’émeraude, verte, l’améthyste, violette. Les perles associaient fréquemment leur blancheur nacrée aux gemmes colorées dans des pièces parfois très chargées. Les pierres et perles pouvaient être acquises seules, conservées par le garde des joyaux en attendant leur utilisation." (Sophie Jolivet)

 "balaiz" ou rubis balais : déformation de "Badakhchan".   Les rubis balais (rose clair), mentionnés par Marco Polo, sont originaires du Badakhchan, province montagneuse de l'extrême nord-est de l'Afghanistan.

 

Le nimbe du Christ comporte des  rubis sur monture d'or trilobée, des rubis et saphirs sertis sur or,et des  perles. Le relief est rendu d'une part par un ombrage du coté gauche du Christ, celui des damnés ; et d'autre part par le positionnement vers le haut et la droite du reflet blanc cassé de gris de chaque perle. Chaque gemme est rehaussé par un éclat lumineux blanc, dont la position et la forme varie pour témoigner du volume de chaque pierre. La couleur des rubis passe du grenat sombre à gauche au rose délicatement hétérogène. Le bleu des saphirs est atténué par endroits par du gris.

Les pierres précieuses sont des pierres brutes plus ou moins  sculptées ou polies en forme de cabochon. Les techniques de tailles modernes n'existent que depuis quelques siècles, et ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que la taille connut une avancée majeure grâce à Vincenzo Peruzzi qui inventa la taille brillant à 57 facettes. Auparavant, les pierres dures étaient choisies pour leur couleur, et polies pour en faire des pierres plates ou arrondies. Elles sont décrites dans des ouvrages nommés "lapidaires" qui en donnent les caractéristiques, les vertus médicinales, les origines, les différentes qualités et les façons de les éprouver. Elles représentent, pour les puissants, un capital ou placement financier, qui sera monnayé en cas de difficulté. Mais il existe aussi des Lapidaires chrétiens, qui énumèrent les douze gemmes de la Jérusalem céleste (Apocalypse, 21:19-21) et du pectoral d'Aaron (Exode 28:15-20) . Les douze gemmes représentent les douze tribus d'Israël, mais aussi les douze apôtres (rubis = André, saphir = Philippe, ...) et les vertus. cf. Valérie Gontéro.

On peut, par curiosité, jeter un coup d'œil à la collection de bijoux de la Duchesse Anne xwde Bavière, peinte en  1552 par Hans Mielich:

http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/bsb00006598/images/index.html?fip=193.174.98.30&seite=13&pdfseitex=


 

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Visage nimbé du Christ,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Visage nimbé du Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Sur la poitrine, un fermail retient le manteau. « C’est un cabochon [bleu] sombre dont le chaton à trois redents est entouré d’une moulure » (F. Marot, Les Bijoux à l’époque des ducs de Bourgogne. Le fermail (Mémoire présenté pour l’obtention du grade de licencié en archéologie et histoire de l’art. Université catholique de Louvain, exemplaire polycopié), 1964, p. 263). 

Le fermail est un saphir enchâssé dans une monture d’or trilobée. Je ne peut discerner s'il s'agit de trois pierres assemblées, ou d'une seule pierre taillée. 

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Fermail du manteau du Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Fermail du manteau du Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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"Sous les pieds du Juge, le globe de la puissance universelle est décoré de pierreries comme un globe impérial. Le globe lui-même est ocre brun, plus clair au centre, avec lumières empâtées jaune clair coupées de deux traits verticaux du même ton de fond brun clair. L’effet est celui d’un globe de bronze poli. Le décor d’orfèvrerie est fait de perles et de pierres rouges et bleues alternées, enchâssées dans l’or."

La couleur bleue de chaque saphir vertical est complétée par deux traits  témoignant des reflets, celui de gauche étant blanc et celui de droite étant gris, pour indiquer que la lumière vient de la droite du Christ.

Les plaies des pieds du Christ sont traitées comme deux rubis.

Rachel Billinge a étudié en 1997 les bijoux d'un autre tableau de van der Weyden,  La Madeleine lisant. Elle écrit :

"Les saphirs cousus à l'ourlet ont un reflet composé de deux zones blanches soigneusement placées , une beaucoup plus grande que l'autre, tandis que la lumière secondaire se compose de cinq, ou peut-être six, touches de blanc, apparemment peintes dans l'azurite humide.  La perle à côté de celle-ci est tenue sur un chaton d'or. La perle elle-même et son ombre projetée sont composées de divers mélanges de blanc, d'azurite et de laque, tous peints humides sur humides [donc en retravaillant la matière en cours de séchage]". Voir les figures 54 et 55 ici.

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Globe sous les pieds du  Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Globe sous les pieds du Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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2°) L'ange du Jugement (Saint Michel).

"Saint Michel a les yeux gris-bleu et les cheveux châtain clair. Le teint est plus clair et rosé que celui du Christ. L’archange porte un diadème bleu foncé orné de cinq perles entourant un rubis. L’amict et l’aube sont blancs à ombres gris-violet et hautes lumières blanc chaud. L’étole et les ornements de l’aube et de l’amict sont faits du même chatoyant brocart que la chape : un splendide rouge et or, obtenu par les jeux des glacis de garance. L’or de la chape, y compris les galons et les franges, est fait de jaune sur un fond gris-brun.

"Les perles ont des reflets bleutés, surtout dans l’ombre à droite, et les pierres rouges et bleues sont enchâssées dans de l’or. La doublure de la chape est d’un vert très entaché de dégâts.

 

"Les ailes sont grises à l’intérieur, de nuances variées. A l’extérieur, elles sont brun-rouge, passant du sombre au clair selon l’incidence de la lumière sur la surface courbe. Les yeux des plumes de paon ont un centre noir-blanc, cerclé de jaune, puis de brun, puis de gris en un jeu de couleurs assez lourd.

La balance est faite d’un métal bleu sombre, presque noir. Aux anneaux de cuivre pendent trois cordes brunes à lumières claires, reliées aux anneaux par des floches rouges à lumières très claires et aux plateaux par trois cordelettes de même couleur que les floches. Le cuivre des plateaux est rendu par l’ocre brune et grise rehaussée de lumières jaunes. On y distingue ce qui pourrait représenter quelques reflets rosés des chairs." (N. V-V) 

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Saint Michel,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Saint Michel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Saint Michel,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Saint Michel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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"Le mors [fermail de chape] est orné d’un rubis entouré de trois perles; l’or en est d’un ton différent de celui de la chape."

Un tel bijou est attesté à la cour des ducs de Bourgogne en 1432 : " Le prix des joutes du premier jour, offert par le duc ([Philippe le Bon], était un fermail garni de trois perles et un rubis, d’une valeur de trente livres" Archives départementales du Nord  B 1948, f. 316 r°.

Ou bien : "En 1442, Philippe offrit à son épouse pour le premier jour de l’année [...] un petit fermail pendant devant, « ouquel à une bien grosse perle et ung bon ruby dessus ». Il valait 780 livres" (S. Jolivet)

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Fermail du manteau de saint Miichel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Fermail du manteau de saint Miichel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Orfrois du manteau de saint Michel : rangées de perles et succession de saphirs et de rubis ou rubis balais en alternance.

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Bordure du manteau de Saint Michel,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Bordure du manteau de Saint Michel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Bordure du manteau de Saint Michel,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Bordure du manteau de Saint Michel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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PANNEAU DEUX.

Le pape. 

" Le visage encore jeune, tiare en tête, il est vêtu de ses ornements liturgiques: aube et amict, dalmatique et chape. Seule lui manque la chasuble, par respect pour le Christ, seul prêtre ici. La pointe d’une mule blanche apparaît au bas des vêtements. Le velours violet de la chape se poursuit au delà du cadre, sur le panneau suivant."

"Fanons, amict, aube et mule visible sont blancs à ombres grises. Les vêtements liturgiques sous la chape sont ornés de brocart bleu et or. "

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Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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La chape et ses  orfrois.

La chape elle-même est taillée dans un riche velours violet sombre, doublé de vert clair et bordé dans le bas d’un liseré or. La bille et les orfrois sont tissés de fils d’or et présentent en des tons assourdis, brunâtres mais toujours identifiables, des personnages en des édicules dorés sur fonds rouges.

Le mors de sa chape est rectangulaire, divisé en deux niches gothiques couleur or  décorées d’un saphir et d’un rubis.

 Sur les orfrois on reconnaît saint Pierre avec la clef, saint André avec la croix caractéristique et saint Jacques le Mineur avec la  batte de foulon .

—On comparera avec la chape de Saint Donatien dans la Vierge du chanoine van der Paele de Van Eyck (1434-1436) , elle aussi dotée d'orfrois à personnages : la Vierge et l'Enfant , et le Christ

http://vlaamseprimitieven.vlaamsekunstcollectie.be/en/collection/madonna-with-canon-joris-van-der-paele

— On comparera aussi avec la chape pluviale de Luis Osorio de Acuña sur le retable de la Chapelle Sainte-Anne, cathédrale de Burgos, et la chape du XVe siècle conservée dans cette cathédrale. :

http://www.lavieb-aile.com/article-la-chasuble-de-la-chapelle-de-burgos-118652151.html

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Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre.

Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Saint André.

 

Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jacques le Mineur.

Saint Jacques le Mineur. Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Mineur. Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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DISCUSSION.

Le souci de rendre chaque objet avec un réalisme extrême est propre à la peinture flamande initiée par Jan van Eyck, et s'exerce avec un brio sans précédent dans le Polyptyque de l'Agneau Mystique de Gand (1432). Auparavant, les artistes appliquaient de l'or et des pierres précieuses sur la surface peinte, alors que Jan van Eyck a recours à des pigments mélangés dans de l'huile. Après  une étude minutieuse de la manière dont la matière reflète ou absorbe la lumière, il s'efforce de peindre exactement ce qu'il voit et atteint alors un degré de fidélité inégalé dans l'imitation de la nature. De par ses propriétés techniques intrinsèques, la peinture à l'huile permet de restituer toutes les nuances, tons et saturations de couleurs, de l'opaque au translucide.

Je propose d'examiner un détail du Polyptyque de l'Agneau Mystique qui comporte des pierres précieuses, des perles, des brocarts, une chape avec son fermail et ses  orfrois à personnages. :

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Ange chanteur (détail) Van Eyck, Polyptyque de l'Agneau Mystique (1432), cathédrale de Gant, macrophoto http://vaneyck.kikirpa.be/

Ange chanteur (détail) Van Eyck, Polyptyque de l'Agneau Mystique (1432), cathédrale de Gant, macrophoto http://vaneyck.kikirpa.be/

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Nous voyons ici que van der Weyden est un héritier parfait de cet art de van Eyck.

Les pigments utilisés sont (d'après S. Desprouw-Augustin) et l'analyse par la National Gallery de cinq tableaux de van der Weyden de ce musée:

  • "des pigments verts : du vert-de-gris (vert sombre), un mélange plomb-étain (vert clair/jaune). La robe de Marie-Madeleine, par exemple, est faite d'une alternance des deux pigments suivant les ombres et les parties éclairées.

  • des pigments rouges : très souvent du laque rouge (une résine), du vermillon (orangé, d'origine minérale), rarement de la garance (issue d'une plante tinctoriale, et qui met des mois à sécher. Le modelé est donné par un glacis rose mêlant laque rouge et blanc de plomb (d'autant plus épais que la zone est éclairée).

  • des pigments bleus : azurite (minérale riche en cuivre, moins précieux que le lapis-lazuli), un peu d'outremer (poudre de lapis-lazuli). Il obtient du pourpre par mélange azurite/laque rouge. Du blanc de plomb (également appelé céruse) en sous-couche ou en mélange, pour nuancer le bleu, lui donner de la profondeur.

  • En somme, il utilise les couleurs les plus courantes à l'époque. Le fait qu'il n'emploie presque pas de rouge de garance tendrait à indiquer un besoin de peindre vite pour satisfaire de nombreuses commandes. En effet, cette matière d'origine végétale met des mois à sécher."

Par contre Nicole Veronee-Verhaegen mentionne  l'utilisation de la laque de garance pour le Polyptyque de Beaune.

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SOURCES ET LIENS.

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 VERONEE-VERHAEGEN (Nicole), 1973, L'Hôtel-Dieu de Beaune ; introduction de Pierre Quarré,  Corpus de la peinture des anciens Pays-Bas méridionaux au quinzième siècle 13, Bruxelles : Centre national de recherches Primitifs flamands. 

http://xv.kikirpa.be/uploads/tx_news/CORPUS_13_-_BEAUNE_-_1973.pdf

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— BILINGE (Rachel) 1997, Lorne Campbell, Jill Dunkerton, Susan Foister, Jo Kirby, Jennie Pilc, Ashok Roy, Marika Spring and Raymond White  "The Materials and Technique of Five Paintings by Rogier van der Weyden and his Workshop", National Gallery Technical Bulletin Volume 18,

http://www.nationalgallery.org.uk/upload/pdf/van_der_weyden1997.pdf

— Closer to van Eyck; Rediscovering the Ghent Altarpiece.

http://vaneyck.kikirpa.be/

 

—  DEPROUW-AUGUSTIN (Stéphanie) ,2012, La ligne droite de Rogier Van der Weyden, blog Apprendre à voir :

https://deprouw.fr/blog/la-droite-ligne-de-rogier-van-der-weyden-2/

—  DEPROUW-AUGUSTIN (Stéphanie) ,2012, Jan van Eyck, la grandeur au miroir de l'intime

https://deprouw.fr/blog/jan-van-eyck-la-grandeur-au-miroir-de-lintime/

— GONTERO (Valérie), 2006, « Un syncrétisme pagano-chrétien : la glose du Pectoral d’Aaron dans le Lapidaire chrétien », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 4 | 2006, mis en ligne le 29 janvier 2010, consulté le 04 novembre 2016. URL : http://rhr.revues.org/5212 ; DOI : 10.4000/rhr.5212

— GONTERO (Valérie), Le lapidaire chrétien. Transcription du manuscrit 164 (Res. Ms. 12) de la Bibliothèque municipale Méjanes d’Aix-en-Provence (sigle M) par Valérie Gontéro

http://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/lapidaire/Lapidairechretien.htm

— JOLIVET (Sophie), 2003. Pour soi vêtir honnêtement `a la cour de monseigneur le duc : costume et dispositif vestimentaire à la cour de Philippe le Bon, de 1430 à 1455. Sciences de l’Homme et Société. Université de Bourgogne, 2003.

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00392310/document

— Idem, Tome 2. Annexe :

https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00392310/file/doc_maitre_Annexes_3.pdf

 

— LABORDE (Léon de ) Glossaire français du Moyen Âge à l'usage de l'archéologue et l'amateur des arts précédé de l'inventaire de Louis, duc d'Anjou dressé vers 1360. Slatkine Reprints Genève 1975

https://books.google.fr/books?id=nJDxce7BD2wC&dq=%22mors%22+fermail&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— MANDEVILLE (Jean de) (1300?-1372) Le lapidaire du quatorzième siècle : description des pierres précieuses et de leurs vertus magiques ([Reproduction en fac-similé]) / d'après le traité du chevalier Jean de Mandeville... ; avec notes, commentaires... [par] Isaac Del Sotto  Éditeur :  Slatkine (Genève) [diffusion Champion] (Paris) 1862  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k22335b/f39.vertical

 

Le Lapidaire de Jean de Mandeville constitue une somme qui réunit les trois types de lapidaires : la présence du zodiaque et des planètes le rapproche du courant magique ou astrologique ; la description des gemmes et de leurs vertus le situe dans le courant scientifique ; les références aux pierres saintes et aux douze gemmes du pectoral d’Aaron sont empruntées au lapidaire chrétien. Il traite une soixantaine à une centaine de gemmes, selon les manuscrits. Léopold Pannier recense trois manuscrits du Lapidaire de Jean de Mandeville, du XVe  au XVIIe  siècle  ­ Paris, Bibliothèque nationale de France, fr.4836 ­ Paris, Bibliothèque nationale de France, fr. 9136 ­ Bruxelles, Bibliothèque Royale de Belgique, ms. 11058  ­ (attribution incertaine : Paris, Bibliothèque nationale de France, fr. 14830)

Un autre manuscrit est conservé à la Bibliothèque Méjanes d’Aix­ en Provence : il s’agit du manuscrit 1254 (1137)

http://gsite.univ-provence.fr/gsite/Local/cuerma/dir/user-1086/Gontero-lapidaireFV.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Beaune Retable
15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 23:32

Lannédern, la commune des Monts d'Arrée qui met ses poèmes à sécher au lavoir ou les éparpille le long des haies.

Une initiative de La Cie des Ifs en 2008 poursuivie par Arrée lecture et la Brouette.

Voir aussi :

L'enclos paroissial de Lannédern I . Les sculptures extérieures : le calvaire , l'ossuaire  et les crossettes.

 

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A toute l'équipe de l'atelier d'écriture de Lannédern.

 

Le village ("commune" manquerait ici de charme) de Lannédern est très actif. Surtout autour des mots, les jolis mots multicolores que les habitants attrapent comme des papillons, pour les remettre en liberté autour de leurs demeures. Mais les mots tordus, les vilains mots, les mots pas propres, pas de chez eux, ils ne les mettent pas à la porte comme des faquins. Ils les amènent au vieux lavoir, et que je te les bats à plate couture mais dans le sens du poil sur la pierre à laver,  que je te les savonne, et que je te les brique, et que je les fais reluire avec les ragots des copines, que je te leur rends une nouvelle santé,  jusqu'à ce que, bien mignons sur eux, tout odorant de savon,  je te les fasse sécher sous la surveillance de quatre pinces à linge.

Il suffit de suivre le cours de l'eau.

I. LE COURS DE L'EAU.

 Le ruisseau a été conduit par une rigole toute emplie de cresson vers la fontaine, et celle-ci va, dans l'auguste silence de la campagne, le confier au lavoir.

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Vers la fontaine endormie de Lannédern, photographie lavieb-aile.

Vers la fontaine endormie de Lannédern, photographie lavieb-aile.

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E là, humm, un joli poème de Jean-Pierre Siméon.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Sim%C3%A9on

C'est le directeur artistique du Printemps des Poètes. 

Vous connaissez ? " Chaque année, plus de 12 000 manifestations et autres festivités sont organisées, principalement en France et au Québec, à l'occasion de cette semaine consacrée à l'art poétique, qui se déroule habituellement au mois de mars, précédant de quelques jours l'arrivée du printemps. En 2016, la manifestation reçoit le prix Goncourt de la poésie pour l'ensemble de son action. Et pour le 18e Printemps des Poètes, du 5 au 20 mars 2016, le thème était "Le Grand XXe. Cent ans de poésie". Le "Collectif des Associations" ou collectif Les Mots des Monts  de Lannédern (Arrée lecture, autour de la bibliothèque ; La Brouette, qui crée et diffuse des spectacles de poésie, musique et théâtre ; et la Compagnie des Ifs, qui met en scène « le Misanthrope » de Molière et promeut "toute initiative artistique dans le domaine du spectacle vivant, émanant des adhérents de l'association" ) était de la partie, et organisait de nombreuses animations :

— La  chasse aux trésors à travers la commune était organisée par les jeunes . Et pas n'importe quel trésor. C'était une chasse aux mots, aux poèmes et à leurs illustrations. Il fallait trouver des morceaux de poème ou de chanson éparpillés, dans les rues ou la très proche campagne sur les ardoises ou autres supports . Au cours de leur quête, les chasseurs avaient également pour mission de rapporter trois mots avec lesquels ils devaient écrire un petit poème.  

http://www.ouest-france.fr/bretagne/lannedern-29190/les-mots-des-monts-ont-organise-une-chasse-au-tresor-4100501
 

— Écritures de poèmes, haiku, extraits de poèmes, sur des supports qui seraient ensuite disposés dans le bourg . atelier vidéo à chacun son poème, qui veut raconte, récite ou lit son poème préféré.

— Participation de  Louis Bertholom, poète, accompagné à la guitare par Yvonnick Penven.

— Etc..

 

 

 

 

Devant la  la fontaine à poésie de Lannédern, photographie lavieb-aile.

Devant la la fontaine à poésie de Lannédern, photographie lavieb-aile.

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Le lavoir, le voilà. Si vous voulez le voir vivre comme dans l'ancien temps, cliquez sur ce lien qui décrit son frère jumeau de Braspart. Et puis revenez par ici lire le poème du mur de droite.

http://ville-brasparts.forum-actif.net/t815-le-lavoir-de-brasparts-visite-par-les-enfants-de-l-ecole-sainte-therese

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Le lavoir de Lannédern,  photographie lavieb-aile.

Le lavoir de Lannédern, photographie lavieb-aile.

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Quand je vous le disais ! La lessive d'hier y est encore ! 

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Le linge poétique du lavoir de Lannédern ; photographie lavieb-aile.

Le linge poétique du lavoir de Lannédern ; photographie lavieb-aile.

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Ce Marcel a attiré cinq hirondelles qui sont venues se poser sur son fil ; elles en voient de drôles de couleurs. Photographie lavieb-aile.

Ce Marcel a attiré cinq hirondelles qui sont venues se poser sur son fil ; elles en voient de drôles de couleurs. Photographie lavieb-aile.

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Dessous chics, chemise de corps, c'est toujours du beau linge, lavé en famille. Photographie lavieb-aile.

Dessous chics, chemise de corps, c'est toujours du beau linge, lavé en famille. Photographie lavieb-aile.

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Toujours le lavoir. "Je ne sais pas quoi écrire ! Je sèche". Photographie lavieb-aile.

Toujours le lavoir. "Je ne sais pas quoi écrire ! Je sèche". Photographie lavieb-aile.

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II. LES MOTS SE METTENT AU VERT.

 

A peine plus loin, fini l'angoisse de l'ardoise noire, version locale de la "page blanche".

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Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Les ardoises noires (on est dans le pays des ardoisières) remplacent ici les cailloux blancs du Petit Poucet qui jalonnent le récit d'un conte inattendu.

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Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Poème de Jeanne Benameur.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Benameur

Notre nom est une île est un recueil paru en chez Bruno Doucet, collection  "Embrasures".

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A la chasse aux 13 ors  dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

A la chasse aux 13 ors dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Tiens, un poème d'Hervé Lauwik. Auteur mineur de livres d'humour, né en 1891 et mort en 1975. On ne connaît de lui que ce bon mot, aussi attribué à l'autrichienne Marie von Ebner-Eschenbach, auteur d'Aphorismes (1880) : 

« Les véritables bons amis sont les personnes qui nous connaissent très bien mais qui nous supportent quand même » ( Wirklich gute Freunde sind Menschen, die uns ganz genau kennen, und trotzdem zu uns halten). 

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Poème d'Hervé Lauwik, à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Poème d'Hervé Lauwik, à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Un poème d'Eurydice El Etr, née un jour d'avril 1981. Comédienne et chanteuse, traductricede Carlo Gozzi,  agrégée d'italien, et ancienne élève de l'ENS rue d'Ulm. On peut être et avoir été.

 

Eurydice El Etr, dont le nom est à lui seul poésie.  Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Eurydice El Etr, dont le nom est à lui seul poésie. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Encore quelqu'un qui a laissé une ardoise. Qu'il a signé avant de filer.

Jacques Turbin, kicékcé ?

 

Kicéquecé ? Je le trouve dans mon Dictionnaire des anarchistes. Né à Mulhouse (Haut-Rhin) le 30 avril 1843, mort le 19 juillet 1913 ; ingénieur, poète et militant politique. - Membre de la Commune de Paris (1871). - Fondateur, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), de la Maison du peuple et de l'Université populaire. - Pseudonyme de Charles Keller. Auteur de A l'oreille, ed. A. Lemerre Paris 1899. Je parcours ce recueil sur Gallica :

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5455262p/f21.double

Viens au pays d'ivresse 
Où le bonheur fleurit, 
Où tout chante et caresse, 
Désaltère et guérit; 
Au pays du délice 
Où la ronde sans fin 
Des heures lentes glisse 
Sur un rythme divin. 

 

J'abandonne après Notre Ménage, Soyons époux, et A Notre-Dame des baisers. On est loin de Léo Ferré. 

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Citation de Jacques Turbin, Lannédern. Photographie lavieb-aile

Citation de Jacques Turbin, Lannédern. Photographie lavieb-aile

Bientôt envoûté, comme le narrateur dans le Grand Meaulnes, j'arrive devant un château. Enfin, plutôt une bâtisse gardée par un chat. Devant les mots d'ici, il boit du petit lait.

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L'Outre-Monde de Lannédern, entre Po et Sie. Photographie lavieb-aile.

L'Outre-Monde de Lannédern, entre Po et Sie. Photographie lavieb-aile.

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La "bâtisse", c'est en fait l'ancienne école de Lannédern. Sa propriétaire m'apparaît,  mystérieuse  fée à la main verte.

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L'Outre-Monde de Lannédern devant la vieille école. Photographie lavieb-aile.

L'Outre-Monde de Lannédern devant la vieille école. Photographie lavieb-aile.

Est-ce Laudine, héroïne du roman breton Yvain ou le chevalier au Lion? Est-ce sa servante Lunette ? Va-t-elle me proposer un philtre, une baguette de coudrier ou un pampre de chévrefeuille?  Tout est possible au Pays des Mots.

Comme elle a aménagé son ancienne école en gite rurale, elle me donne sa carte où je lis  son nom.

http://www.huelgoat-carhaix-tourisme.com/fr/se-loger/les-chambres-dhotes/chambre-dhotes-lannedern-1-rue-de-la-vieille-ecole

http://www.ouest-france.fr/bretagne/lannedern-29190/les-mots-des-monts-ont-organise-une-chasse-au-tresor-4100501

Puis, après ces présentations, madame Maryvonne Molineux, très impliquée dans les associations locales,   m'explique l'origine de toutes ces ardoises, produites par l'atelier d'écriture de la bibliothèque. "Nous voulons gagner le titre de "Commune aux 100 poèmes", nous allons continuer à en placer le plus possible dans les chemins". 

Avant de me mettre au piquet. Littéralement. Au pied de la lettre, si on veux.

J'ai pas dit "au pieu".

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Rencontre à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Rencontre à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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III. LA POÉSIE MIS AU PIQUET.

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Palissade de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Palissade de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Claie de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Claie de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Barrière girondine de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Barrière girondine de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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J'écris ton nom Liberté, de Paul Eluard.

 

Lattis de châtaignier, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Lattis de châtaignier, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Citation d'Abbas Kiarostami ,  réalisateur, scénariste et producteur de cinéma iranien (Où est la maison de mon ami ? et Le vent nous emportera,) est  né le 22 juin 1940 à Téhéran en Iran et mort le 4 juillet 2016 à Paris. Son style est très inspiré par la poésie persane. Les personnages récitent principalement des poèmes du poète persan classique Omar Khayyam ou de poètes persans modernes tels que Sohrab Sepehri et Furough Farrokhzad : 

Ils promettent des houris dans les cieux Mais je dirais que le vin est meilleur Préférez le présent aux promesses. C'est de loin que le son du tambour parait mélodieux (Omar Khayyam)

Il cite aussi le poète Mawlana Djalâl ad-Dîn Rûmî, mort en 1273 :

 Tu es ma balle de polo poursuivie par ma crosse. Je cours sans cesse pour te suivre bien que ce soit moi qui te pourchasse

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Citation d'Abbis Kiarostami, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Citation d'Abbis Kiarostami, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Poème de Jean-François Le Gal.

Né en 1960, Jean-François Le Gal, enseignant à Quimper, a publié en 1995 chez Calligrammes L'Impatience.

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Écriteau écrit tôt, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Écriteau écrit tôt, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Poésie de Marie-José Christien.

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Ganivelle, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

Ganivelle, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

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Claire-voie, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

Claire-voie, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

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Echalas de châtaignier, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

Echalas de châtaignier, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

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Sorte de sommier à lattes, vertical. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Sorte de sommier à lattes, vertical. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Plessis de châtaignier à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Plessis de châtaignier à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Eugène Guillevic

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Clôture de piquets à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Clôture de piquets à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Raymond Devos.

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Bâtons, ardoise et fil de fer, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Bâtons, ardoise et fil de fer, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Encore Eugène Guillevic :

 

 

9 potes et demi, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

9 potes et demi, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Un poème de Maurice Carême (1899-1978). La Bonté.

Lu par l'auteur : https://www.youtube.com/watch?v=dPj5yEBGQUI

 

Feuille de roche schisteuse et trace d'écriture humaine, Anthropocène, Massif Armoricain. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Feuille de roche schisteuse et trace d'écriture humaine, Anthropocène, Massif Armoricain. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Poème de Paul-Louis Couchourel.

Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Lannédern. Photographie lavieb-aile.

 

Robert Desnos.

 

Branches de châtaigniers écorcées et enlacées de torsades de fer. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Branches de châtaigniers écorcées et enlacées de torsades de fer. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Un grand merci à Maryvonne Molineux.

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Published by jean-yves cordier - dans Lannédern Poésie
13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 19:07

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Résumé de l'épisode précédent.

Ayant constaté la présence d'un A couronné entouré de macles sur une pierre de fondation par le vicomte de Rohan Jehan II du pont de Landerneau datant de 1510, j'ai appris que ce A résumait le cri de guerre de la famille de Rohan, "A PLUS ROHAN". Mon enquête m'a révélé que les macles qui formaient le meuble de cette famille depuis le XIIIe siècle venaient d'une pierre caractéristique des terrains entourant la motte féodale d'Alain Ier de Rohan , à Sainte-Brigitte, dans le Porhoët. Ce château "des Salles de Rohan" contrôlait un site très riche en fer, et les Rohan développeront la métallurgie bretonne, sous forme de "forges à bras" mobiles dans la forêt, ou, au XVIIe siècle, avec la construction en 1621-1623 des Forges de Salles par le duc Henri II de Rohan.

Si bien que j'en suis venu à considérer que le A couronné, fait de branches écotées et dessinant dans une boucle de la barre transversale une macle, était un emblème de cette pierre emblématique au cœur de la forêt de Quénécan, ou du rôle du charbon de bois dans l'exploitation économique du sous-sol du fief ancestral.

J'ai eu donc envie de rechercher d'autres traces lapidaires de Jean II de Rohan. Le château de la ville de Rohan est détruit, celui de Pontivy ne se visite pas actuellement (courtine sud écroulée), je me rendais donc au château de Josselin. Justement, sa reconstruction par Jehan de Rohan s'acheva en 1510. Peut-être y trouverais-je un "A couronné" ?

Le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne revins pas bredouille.

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Château de Josselin vu depuis le parc. Photographie lavieb-aile.

Château de Josselin vu depuis le parc. Photographie lavieb-aile.

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Je devais d'abord connaître un peu l'histoire de ce château. 

 

En 1008, Guéthenoc, Vicomte de Porhoët, fils du Comte de Rennes, décide d’édifier sur ce promontoire rocheux dominant la vallée de l’Oust, un château adossé à ce système défensif, une construction en bois, comme à l'époque. Goscelinus, fils de Guéthenoc, donne son nom au château et à la localité qui s'installe peu à peu tout autour.  Rasée une première fois par Henri II Plantagenêt vers 1170, la forteresse  fut relevée dès 1173 par le vicomte de Porhoët, Eudes II, allié du roi de France. En 1370, elle passe entre les mains d'Olivier de Clisson, grand connétable (chef des armées) de Charles V. A partir du château existant, Clisson fait édifier  la forteresse la mieux armée de Bretagne  : une enceinte féodale de 4500 mètres carrés, avec un châtelet-résidence et des remparts de 25 mètres jalonnés de neuf tours et un énorme donjon de 26 mètres de diamètre et de 32 mètres de haut.

Les ducs de Bretagne, Jean IV et Jean V, vont s'acharner contre Olivier de Clisson. Emprisonné, puis relâché, Clisson est assiégé dans Josselin par Jean IV en 1393. C'est à Josselin qu'il meurt en 1407 après une brillante carrière militaire et politique. Il est enterré aux côtés de son épouse Marguerite, à Josselin dans l'église Notre-Dame du Roncier, où l'on peut encore aujourd'hui admirer leur gisant en marbre blanc.  A sa mort en 1407, le château revint à son gendre, Alain VIII de Rohan, qui a épousé sa fille Béatrix. La forteresse demeure dans la famille depuis six siècles.
La lutte sourde entre les ducs de Bretagne et les rois de France reprend en 1488. François II, duc de Bretagne, veut punir Jean II de Rohan de son soutien au parti français. Il fait démanteler partiellement la forteresse dont l'un de ses capitaines vient de s'emparer. Peu après, Jean II, sans toucher aux défenses qui viennent d'être abattues, fait reconstruire le manoir d'habitation et sa belle façade sur la cour nord-est. 
En 1629, Le puissant donjon qui ferme le château au Sud est démoli sur ordre du cardinal de Richelieu. 

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Rohan vivent à Paris et le château est laissé à l'abandon. . Vers 1835, Charles-Louis Josselin, duc de Rohan, décide d'engager une restauration en bonne et due forme de sa demeure, très largement délabrée et où le toit s'écroule par endroits. Le chantier débute vers 1855, sous la direction de l'architecte Jules de la Morandière, élève du célèbre Viollet-le-Duc.   L'extérieur est remis en état, l'intérieur est presque totalement réaménagé. Le chantier est dirigé par Jules de La Morandière jusqu'en 1880, par Henri Lafargue de 1880 à 1904 et par Alain Lafargue en 1917, avant d'être ouvert au public vers 1930.
 Le château de Josselin est une demeure privée. Le règlement interdit les photos à l'intérieur de l'habitation. 

 

 

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Les travaux de Jehan II de Rohan.

Jean II de Rohan (1452-1516) récupère son château et entreprend, en 1490, une campagne de restauration du château de Josselin, qui va durer près de vingt ans (la restauration se termine vers 1510). Le grand logis de style flamboyant datent de 1495-1506 : il a été construit pour Jean II de Rohan. Il ne reste que quatre tours, à l'origine plus élevées et couronnées de mâchicoulis, puis abaissées au début du XVIème siècle par Jean II de Rohan. Ce dernier fit percer sur la façade extérieure Sud des fenêtres plus grandes et ajouter six grandes lucarnes. La grande longère, en surplomb de l'Oust, a été construite à la fin du XVème siècle et rénovée vers 1505 par Jean II de Rohan : la longère mesure 70 mètres de long sur 7,5 mètres de large et 16 mètres de haut. Les dix lucarnes, situées sur la façade intérieure Nord, datent du XV-XVIème siècle. Les lucarnes incrustées dans la toiture, la galerie ainsi que les cheminées sont parsemées de sculptures : hermines, lis, macles des Rohan, arabesques, animaux fabuleux, etc ... En 1504 et 1505, Jean de Rohan paye encore des sommes importantes à Rolland Crenn, son connétable de Josselin pour les employer à "l'œuvre et édifice de son château". 

 

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Façade nord-est du Château de Josselin depuis le parc à la française . Photographie lavieb-aile.

Façade nord-est du Château de Josselin depuis le parc à la française . Photographie lavieb-aile.

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Quelques images anciennes (Gallica).
Quelques images anciennes (Gallica).
Quelques images anciennes (Gallica).
Quelques images anciennes (Gallica).

Quelques images anciennes (Gallica).

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Mais la façade ajourée  est si foisonnante et sa décoration si luxuriante que je sent bien que ma description va être assez ardue. Dix lucarnes à angles aigus et gâbles à crochets se succèdent, séparées par des galeries. Je me décide à désigner chaque lucarne et chaque galerie par un numéro porté sur ma photographie.

T1 à T3 : les trois tours féodales surplombant l'Oust.

L1 à L10 : les dix lucarnes.

G1 à G11 : les onze galeries ajourées.

P1 à P5 : les cinq portes.

Pour m'y retrouver également, je me déplacerais de gauche à droite de la façade.

Suivez le guide !

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Façade nord-est du Château de Josselin depuis le parc à la française . Photographie lavieb-aile.

Façade nord-est du Château de Josselin depuis le parc à la française . Photographie lavieb-aile.


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De la première à la troisième lucarne.

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Partie gauche de la façade du château de Josselin, photographie lavieb-aile.

Partie gauche de la façade du château de Josselin, photographie lavieb-aile.

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Corniche à double encorbellement sous la galerie G1.

Le balcon G1 est décoré par une rosace à 5 mouchettes centrée par un soleil. Ces galeries ne sont pas accessibles et ne permettaient donc pas aux propriétaires d'y apparaître. Il conviendrait de parler de fausses galeries à usage décoratif, et de leur (vraies) balustrades. 

Toutes les balustrades sont taillées dans des dalles de granit.

 Les moulures de la corniche  se prolongent par un dragon ailé  dont la queue est nouée. Ce monstre semble faire office de gargouille, mais l'eau de la toiture n'est pas évacuée par sa gueule, mais par des tuyaux qui empruntent des descentes d'eaux ouvragées plaquées contre la façade.

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Galerie G1 et trumeau de la lucarne L1, Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

Galerie G1 et trumeau de la lucarne L1, Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

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Corniche à double encorbellement sous la galerie G1.Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

Corniche à double encorbellement sous la galerie G1.Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

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La lucarne L1 et le premier A couronné (A1).

Ah ! Le voici donc ce A qui avive ma hâte ! Il est exactement semblable à celui que j'ai décrit sur la pierre de fondation de Landerneau, avec ses fûts diagonaux en branches écotées et le macle formé par l'entrecroisement de barres transversales. Mais ici, où il ne s'inscrit pas comme à Landerneau dans un carré d'1 centimètre, sa grande taille permet au sculpteur de dessiner des racines à la base de chaque bout de bois, de tresser deux tiges pour en coiffer l'angle de la lettre, et de tailler une macle parfaitement géométrique. Le contraste est donc franc entre la macle relevant de l'ordre minéral et les bâtons relevant du végétal. Cet A  symbolise les richesses de la terre ancestrale associant la valeur économique de la forêt et celle du sous-sol. La macle qu'il intègre en fait indubitablement le "chiffre" de Jean II de Rohan. Je rappelle que ses armoiries comportent sept macles (losange évidé) d'or sur fond de gueules (rouge).

Roger de Gaignières (1642-1715) a fait relever (par Louis Boudan ?) les vitraux du couvent des Cordeliers de Nantes représentant en vis à vis  Jehan II du nom, vicomte de Rohan et son épouse Marie de Bretagne. Les macles sont bien visibles sur le tabard et le prie-dieu de Jean II et sur la robe de la vicomtesse. Le nombre de macles (neuf) n'a pas de valeur héraldique.

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Marie de Bretagne & Jean II de Rohan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La couronne est peu visible, car détruite (par dégradation volontaire lors de la Révolution ?). Pourtant, je remarque un détail fort précieux : une frise de macles, ou du moins de losanges (dont on ne voit que le premier élément) devait courir à sa base.

Remarquez sur la photo les choux très frisés du gable. Et, dans l'angle de l'arcature de la fenêtre, l'ange présentant les armoiries de Rohan, aux macles martelées.

Faut-il en venir dès maintenant aux sujets qui fâchent ?  Voici l'extrait que je découvre sur le site patrimoine-histoire.fr :

La polémique sur l'initiale A. 

"L'interprétation des faits historiques et des créations artistiques a toujours été un art difficile. On en trouve une nouvelle preuve dans une petite polémique qui surgit là où on ne l'attendait pas vraiment : dans les lettres en granit garnissant la galerie de la façade Renaissance du château. La lettre A, d'ailleurs très souvent surmontée d'une couronne, y apparaît en de multiples endroits. Voir la série des cinq lettres A consécutives. Jusqu'au XIXe siècle, les historiens y ont vu l'initiale de la devise des Rohan «A Plus», c'est-à-dire «sans plus», donc «sans supérieur».

"En prenant pour acquit le fait que la façade a bien été reconstruite à l'initiative de Jean II Rohan, l'historien Roger Grand, dans son article du Congrès archéologique de France tenu à Brest et à Vannes en 1914, avance une explication assez déroutante. Il constate d'abord que cette lettre A est partout surmontée d'une couronne, ce que personne ou presque n'a remarqué. Il signale ensuite que la couronne, faite de huit fleurons égaux, n'est autre que la couronne ducale. Roger Grand poursuit : «Or la seigneurie des Rohan était alors une vicomté. En 1505, Jean II s'intitule lui-même vicomte de Rohan. L'A surmonté d'une couronne ducale ne désigne donc pas le seigneur de Josselin. Il faut l'appliquer, sans doute possible, à Anne, duchesse de Bretagne.» Et l'historien rappelle que la décoration de la façade est composée d'emblèmes rappelant les Rohan (devise «A Plus»), la duchesse de Bretagne (A couronné) et la reine de France (fleurs de lys). Comme on le sait, à la fin du XVe siècle, Anne de Bretagne, fille de François II, duc de Bretagne, était l'enjeu de toutes les chancelleries d'Europe. Épouser Anne, c'était hériter de la Bretagne. Le roi de France Charles VIII, l'empereur allemand Maximilien Ier, Louis d'Orléans (le futur Louis XII) et le duc de Buckingham sont sur les rangs. L'est aussi Jean II Rohan qui voudrait bien voir l'un de ses fils épouser la jeune fille, ce qui aurait uni définitivement les maisons de Rohan et de Bretagne.
Le mariage d'Anne et de Charles VIII à Langeais, en 1491, mit fin au rêve du vicomte qui restait bel et bien le premier vassal de la duchesse en Bretagne. Pour Roger Grand, Jean II prit en quelque sorte sa revanche en traduisant dans la pierre ce rêve de grandeur et d'ambition avortées."

Pourtant, la présence de la macle inclus dans le A , et d'un losange sur le cercle de la couronne s'opposent "sans-doute possible"  à l'idée d'en faire la couronne de la duchesse Anne. Je continue ma lecture :

"Dans le livret sur le château de Josselin paru aux éditions Ouest-France en 2000, Antoinette de Rohan remet en question cette explication un peu poussée. «(...) comment expliquer, écrit-elle, la présence de l'initiale A, couronnée ou non, que l'on retrouve à de nombreuses reprises dans la décoration de la façade? On a longtemps cru qu'il s'agissait du A désignant la duchesse-reine Anne de Bretagne, comme l'affirmait Roger Grand.» Et Antoinette de Rohan avance une autre explication : «On peut se demander s'il ne s'agit pas plutôt du chiffre de Jean II. Olivier de Clisson avait un chiffre du même type, l'initiale M, que l'on retrouve à Blain, ainsi que dans son hôtel parisien.»

Voir ici sur le M de Clisson apposé sur un acte du 21 juillet 1370.
"À la représentation du rêve avorté, idéal bien romantique, proposé en 1914, par Roger Grand, il semble qu'on ne puisse opposer que l'hypothèse du chiffre du constructeur. Dans l'un et l'autre cas, ce ne sont que des conjectures et il faut bien avouer que le mystère reste entier. 
Sources : 1) Congrès archéologique de France, Brest et Vannes, 1914 ; 2) Le château de Josselin, éditions Ouest-France, 2000."

Ah ! Le A couronné, "chiffre" de Jean II de Rohan ! Merci Antoinette, voilà bien mon hypothèse partagée . Et par une duchesse !  Voir son portrait dans mon article sur les blochets de Sizun : 

http://www.lavieb-aile.com/2016/09/les-sablieres-de-la-charpente-de-l-eglise-de-sizun-apres-leur-restauration-par-l-atelier-le-ber-en-2012.html

Néanmoins, la guide, par ailleurs excellente, qui nous a fait visiter le château a décrit ces A couronnés comme l'initiale d'Anne de Bretagne. 

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Lucarne L1 et son A couronné. Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

Lucarne L1 et son A couronné. Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

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 A couronné de la Lucarne L1 . Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

A couronné de la Lucarne L1 . Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

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Les galeries G2 et G3  et les lucarnes L2 et L3.

— La galerie G2 comporte 4 fleurs de lys. 

— La cheminée au dessus de G2 porte en couronnement deux hermines.

— La lucarne L2 porte un écu à sept macles entouré du collier de l'ordre de Saint-Michel. Je rappelle que les armoiries comporteront 7 macles jusqu'à Henri de Rohan Ier en 1552-1575. L'ordre de chevalerie de Saint-Michel a été institué en 1469 par Louis XI ; les 36 chevaliers portaient un collier d'or fait [de] coquilles lassées, l'une avec l'autre, d'un double las » auquel était suspendu un médaillon représentant l'archange terrassant le dragon. Ce dernier est bien visible sur la façade.

Quel est le seigneur de Rohan qui a été admis dans l'Ordre de Saint-Michel ? La liste des chevaliers ne mentionne que Pierre et Charles de Rohan-Gié. Je ne trouve pas d'abord pas d'indication formelle concernant Jean II de Rohan, hormis celles-ci :

1°) la  chapelle de Cuburien, Saint-Martin-des-Champs (29). renferme un Vitrail début 16ème siècle montrant le portrait de Jean II de Rohan portant le collier de l’ordre de Saint-Michel.

http://www.rohan.fr/histoire_bruits2.html

2°) Hervé du Halgouet écrit en 1911 (cf. Annexe) que Jean II de Rohan avait "reçu ce collier par faveur spéciale de Charles VIII en 1469". Or, l'Ordre a été fondé à Amboise le 1er août 1469, mais... par Louis XI.

Enfin, je découvre la page 351 de Les chevaliers bretons de Saint-Michel depuis la fondation de l'Ordre, par J.F. d'Hozier et G. de Carné, ouvrage écrit en 1884 : d'après ce texte,    Louis IX remit le collier de l'Ordre à Jean II, en 1472, d'après une lettre du 31 juillet 1472 au grand-maître Antoine de Chabannes sollicitant son avis

Je lis aussi qu'une lucarne du château de Pontivy "est décorée des armes de Rohan, inscrites dans un collier de l'ordre de Saint-Michel. Cette décoration se rapporte à René I, vicomte de Rohan (1527-1552). "

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Lucarne L2 : écu des Rohan et collier de Saint-Michel. Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.
Lucarne L2 : écu des Rohan et collier de Saint-Michel. Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

Lucarne L2 : écu des Rohan et collier de Saint-Michel. Château de Josselin. Photographie lavieb-aile.

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— La longue galerie G3 est formée de six panneaux à arcades entrelacées. Le motif reprend celui décorant le dessous de la fenêtre haute de la lucarne L1 .

Ce dessin  peut être rapproché de celui que Viollet-le-Duc a donné en illustration des articles Fenêtre et Balustrade de son Dictionnaire de l'architecture et qui représente une fenêtre du premier étage de l'hôtel de la Trémoille à Paris.

Balustrade de l'hôtel de la Trémoille à Paris, Viollet-le-Duc, Dictionnaire...tome 2 fig. 28 page 96. (1867)

Balustrade de l'hôtel de la Tremoille in Viollet-le-Duc, Dictionnaire...t.2 fig. 28 p..

 

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L'hôtel de la Trémoille, nommé plus tard hôtel de Bellièvre, fut détruit en 1841. Il occupait l'espace entre les rues de Bourbonnais et Tirechape. Ancienne propriété en 1398 de Guy de la Trémoille, était estimé dater entre le dernier tiers du XVe et le tout début du XVIe  siècle ; il aurait été construit par Louis II de la Trémoille, mort à Pavie en 1525. Yvonnig Gicquel décrit dans son ouvrage les nombreuses occasions de rencontre entre Jehan II de Rohan et Louis de la Trémoille.

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Hôtel  dit de la Trémoille, ou maison de la couronne d'or, 31 rue des Bourdonnais (gravure de la France historique et monumentale de Jean-Abel Hugo - 1836). https://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_des_Bourdonnais#/media/File:Maison_de_la_couronne_d%27or,_rue_des_Bourdonnais_%C3%A0_Paris.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Galerie G3 et son motif repris de la fenêtre de L1. Photographie lavieb-aile.

Galerie G3 et son motif repris de la fenêtre de L1. Photographie lavieb-aile.

 

— La cheminée au dessus de G3 porte en couronnement deux A couronnés .

—La lucarne L3 porte aussi un A couronné semblable à celui de la lucarne L1.

 

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Les lucarnes L2 et L3. Photographie lavieb-aile.

Les lucarnes L2 et L3. Photographie lavieb-aile.

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De la quatrième à la septième lucarne.

 

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Cinq d'un coup ! La galerie G4.

 — La galerie G4 aligne cinq " A  couronnés" , tous plus beaux les uns que les autres et que nous allons détailler.

 

Les cinq "A couronnés" de la galerie G 4. Photographie lavieb-aile.

Les cinq "A couronnés" de la galerie G 4. Photographie lavieb-aile.

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La première chose que je constate, c'est qu'ils sont dotés chacun de leur couronne. Le cercle des trois premières est trop usé pour y discerner d'éventuels losanges. Par contre, les deux dernières couronnes montrent clairement leur cercle alternant un losange et un bouton. Le losange peut, comme 

 La partie supérieure de la couronne montre clairement trois fleurons centrés par une perle. Peut-on, comme le suggère Roger Grand, parler ici d'une couronne ducale ? Et cette couronne stylisée  répond-elle aux codes de l'héraldique ?

"Les ducs, en France, portent leur couronne, d'or, rehaussée de huit fleurons et enrichis de pierreries et de perles. Celle des marquis est surmontée de quatre fleurons, séparés chacun par trois perles qu'on posait autrefois sur une même ligne, mais qui sont réunis aujourd'hui en forme de trèfle. La couronne des comtes n'a point de fleurons; elle est rehaussée de seize grosses perles dont neuf visibles, portées chacune sur une pointe. La couronne de vicomte n'est rehaussée que de quatre perles, dont trois visibles."

Les trois premiers "A couronnés" de la galerie G 4. 

Le premier A est très semblable à celui de la lucarne L1 : branches écotées munies de racines, traverse du A formant une macle géométrique .

Le deuxième A n'est plus fait de bouts de bois, mais de monstres à peau couverte de verrues, à gueule aux longues dents et à langue protruse, à oreilles longues et pointues, et à queue fine. En un mot,des dragons. Si c'était un hommage à la reine Anne de Bretagne, voici qui manque d'élégance. S'il s'agit au contraire de mettre en avant les forces très anciennes, souterraines, les forces vitales qui animent le fief des Rohan, avec ses forêts, ses fontaines, rivières et étangs, alors, cela fait sens. Après avoir affirmer leur alliance  avec les forces végétales (bois) et minérales (macles),  les Rohan revendiquent qu'ils relèvent aussi des forces animales profondes, mystérieuses et maléfiques. Classiquement, le dragon est le gardien des lieux souterrains (grottes, cavernes) et son double aquatique est le gardien des trésors. Mais ces puissances animales sont aussi les allégories de la fécondité sexuelle. Et donc de la vitalité de la lignée familiale.

Le troisième A est purement graphique ou architectural, comme construit avec des barres métalliques, des jambes de force aux extrémités pattées. La macle naît de l'entrecroisement de ces jambages.
Au dessous de la galerie, on remarque la corniche à double encorbellement embellie
d'entrelacs, de feuilles et de petits animaux, malheureusement très usés par le temps.

Couronne ducale. https://fr.wikipedia.org/wiki/Couronne_(h%C3%A9raldique)

Couronne ducale. https://fr.wikipedia.org/wiki/Couronne_(h%C3%A9raldique)

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Les trois premiers "A couronnés" de la galerie G 4. Photographie lavieb-aile.

Les trois premiers "A couronnés" de la galerie G 4. Photographie lavieb-aile.

Les deux derniers  "A couronnés" de la galerie G 4.

Il reprennent sous forme de variations le thème des deux premier "A", et du couple végétal-animal. Mais le quatrième A est fait d'osier tressé, comme dans un plessis, ces clôtures de rameaux de bois vert et vivant. La barre transversale est brisée, mais devait former là encore une macle. A la notion de force végétale s'ajoute dans cette version celle de la force de l'union, et celle de la vigueur.

Le cinquième A, dont la barre transversale est également brisée, est dessiné par le corps de deux vouivres, dont les longues queues s'entremêlent et se nouent.

Notez sur cette image les losanges des couronnes.

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Les deux derniers  "A couronnés" de la galerie G 4. Photographie lavieb-aile.
Les deux derniers  "A couronnés" de la galerie G 4. Photographie lavieb-aile.

Les deux derniers "A couronnés" de la galerie G 4. Photographie lavieb-aile.

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La quatrième lucarne L4.

Puisque L3 portait un "A couronné", l'alternance se poursuit et L4 porte un écu  inscrit dans un losange. J'ai négligé de le photographier. 

En dessous, la baie à meneaux est ornée de deux anges porteurs de blasons, et, au centre, d'un A couronné avec sa macle suspendue sous la traverse. Comme d'habitude.

Sous la fenêtre, le délicat motif en arcades inversées et croisées "de la Trémoille"

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Façade du château de Josselin de L3 à L5.  Photographie lavieb-aile.

Façade du château de Josselin de L3 à L5. Photographie lavieb-aile.

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Façade du château de Josselin de L3 à L5.  Photographie lavieb-aile.

Façade du château de Josselin de L3 à L5. Photographie lavieb-aile.

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LA GALERIE G5 : LES MACLES.

Cette galerie rythmée par quatre balustres pourrait passer pour être simplement ajourée de motifs en losanges, mais il s'agit bien entendu de véritables macles, qui se retrouvent aussi alignées sur la partie supérieure.

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La cinquième galerie G5 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

La cinquième galerie G5 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Les galeries G5 et G6 encadrent la partie la plus noble de la façade, qui, dans le prolongement de l'allée principale et de son puits,  inclut l'entrée d'honneur dotée de deux portes, et de deux fenêtres à meneaux et surplombée par la lucarne L5. 

Si chaque galerie est desservie par une gouttière, un tuyau à l'intérieur d'une colonne de pierre sculptée, les deux colonnes verticales qui encadrent les deux portes sont particulièrement soignées. En les décrivant, nous ne sortirons pas de notre sujet puisqu'on y retrouve les vouivres, ou dragons-serpents, des A couronnés précédents. Ce choix d'ornementation souligne bien la nature aquatique de ces créatures.

La créature monstrueuse qui se situe sous la galerie aux macles (G5) a la gueule épatée, le corps marqué de larges écailles, doté d'ailes de chauve-souris, et la queue entortillée autour de la conduite.

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Vouivre sur la descente d'eaux pluviales sous G5, château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
Vouivre sur la descente d'eaux pluviales sous G5, château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Vouivre sur la descente d'eaux pluviales sous G5, château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Celle qui draine la galerie G6 a le corps couvert de verrues, des courtes ailes ou ailerons à nervures, des pattes de reptile et une queue qui, après avoir contourné la colonne, forme par sa pointe un beau nœud en huit.

Vouivre sur la descente d'eaux pluviales sous G6, château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Vouivre sur la descente d'eaux pluviales sous G6, château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

Vouivre sur la descente d'eaux pluviales sous G6, château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
Vouivre sur la descente d'eaux pluviales sous G6, château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Vouivre sur la descente d'eaux pluviales sous G6, château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Les portes d'entrées P2 et P3. 

L'arcature gothique qui surmonte P2 se termine par deux anges présentant les blasons des Rohan (à sept macles). Celle de P3 s'achève sur des animaux.

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Portes d'entrée P2 et P3, château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
Portes d'entrée P2 et P3, château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Portes d'entrée P2 et P3, château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La quatrième cheminée.

Avant de parler de la lucarne L5, il faut examiner la cheminée qui la précède . Elle porte deux A couronnés, encadrant le blason des Rohan.

Le A  supérieur est végétal, du type de la lucarne L1, mais aux bâtons simplifiés, et sans la macle centrale. Toujours le même type de couronne, à fleurons, et à cercle orné de perles et de losanges.

Le blason est simple, à sept macles.

Le A inférieur est strictement identique à son jumeau supérieur.

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Quatrième cheminée du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
Quatrième cheminée du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Quatrième cheminée du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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LUCARNE L5

Comme sous l'effet d'une règle d'alternance, nous trouvons ici la version animale du A couronnée. 

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La cinquième lucarne du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

La cinquième lucarne du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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A y regarder de près, le A est formé de six animaux identiques : deux pour les fûts, deux pour la traverse et deux pour la barre horizontale entourant la pointe. La macle est absente ... ou plutôt elle est formée par l'entrecroisement des fûts et des traverses. La couronne, rongée par la corrosion, est l'épanouissement des queues de deux dragons. 

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A couronné du fronton de la lucarne L5, château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

A couronné du fronton de la lucarne L5, château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Galerie G6 et G7 encadrant la lucarne L6.

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Galerie G6 et G7 encadrant la lucarne L6. Château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Galerie G6 et G7 encadrant la lucarne L6. Château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La sixième galerie : A PLUS.

 Jean II de Rohan y exprime clairement sa détermination à  faire de son château une vitrine de la volonté de domination et de la fierté de sa famille, mais aussi de témoigner des forces animales qui bouillonnent en son sang. En effet, chaque lettre est tracée par les cabrioles et les contorsions de dragons ailés et couverts de pustules vénéneuses. Les forêts ne sont pas oubliées, par la présence d'une branche de chêne. L'élément végétal se retrouve aussi sur la partie supérieure, constituée d’une dentelure présentant des couronnes et des fleurons alternés.

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La sixième galerie : A PLUS. Château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

La sixième galerie : A PLUS. Château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La sixième galerie : A PLUS. Château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
La sixième galerie : A PLUS. Château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

La sixième galerie : A PLUS. Château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Viollet-le-Duc a représenté le A et le P  de cette devise dans l'article "Balustrade" de son Dictionnaire ; néanmoins, on note des différences importantes entre le dessin (avec des lettres de bois écoté), et la galerie G6 (avec des dragons) :

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Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné tome 2 page 96, https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Viollet-le-Duc_-_Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle,_1854-1868,_tome_2.djvu/99

Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné tome 2 page 96, https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Viollet-le-Duc_-_Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle,_1854-1868,_tome_2.djvu/99

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La sixième lucarne L6.

Elle reçoit le blason des Rohan entouré du collier de l'ordre de Saint-Michel.

Pas de photo.

 

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La septième galerie aux huit hermines.

Marie de Bretagne (1446-1511) est la fille du duc François Ier et d'Isabelle d'Écosse, et l'épouse de  Jean II de Rohan depuis 1462. 

De leur union  naissent sept enfants :

  • François, tué à 18 ans dans le parti breton à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, proposé au duc François II comme époux de la duchesse Anne de Bretagne
  • Jean, né en 1476 et mort en 1505
  • Georges, mort en 1502
  • Jacques de Rohan, vicomte de Rohan, chef de la maison de Rohan.
  • Claude de Rohan, évêque de Cornouaille
  • Anne, vicomtesse de Rohan après son frère, épouse Pierre de Rohan, fils de Pierre de Rohan-Gié dit le maréchal de Gié.
  • Marie, épouse de Louis IV de Rohan Guémené

Ses armoiries familiales sont d'hermines plain, adopté par le duc Jean III en 1316. Comme épouse, elles sont mi-parties de Bretagne et de Rohan. 

Il est donc logique que les hermines figurent à droite de l'entrée principale, au dessus de la porte P4.

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Galerie G7 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Galerie G7 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.


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Elles sont répétées huit fois, très joliment stylisées, alors que des hermines passantes affrontées deux à deux figurent sur le montant supérieur, alternées avec des fleurons pour répondre à l'alternance couronne/fleuron de la galerie G6.

Galerie G7 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Galerie G7 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La septième lucarne L7.

Elle a été relevée par Viollet-le-Duc qui illustre l'entrée "Lucarne" de son Dictionnaire raisonné avec la gravure suivante.

https://upload.wikimedia.org/wikisource/fr/thumb/3/30/Illustration_fig4_6_198.png/440px-Illustration_fig4_6_198.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais on gagnerait vite au jeu des sept différences, tant celles-ci abondent, dans la forme du A du fronton, celle du A de la devise, ou dans les motifs des deux galeries !

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Lucarne L7 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Lucarne L7 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Lucarne L7 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Lucarne L7 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La galerie G8 : huit rosaces.

Elles on été décrites comme des triskels celtes...

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La lucarne L8 : quatre A.

Sous la fenêtre haute sont sculptés quatre A reprenant les motifs précédents : on trouve successivement un A animal à quatre dragons à queue nouée, un A végétal en bois écotés et à racines, un A en osier tressé, et un A animal à deux dragons à queue nouée.

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Lucarne L8 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Lucarne L8 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Lucarne L8 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Lucarne L8 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Lucarne L8 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Lucarne L8 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Le fronton de la lucarne L8.

Il comporte un écu carré, vide ou martelé, entouré d'une moulure qui porte quatre macles et quatre éléments ovoïdes non identifiés.

Notez, au dessus de la fenêtre, le A couronné en bois écotés.

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Lucarne L8 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
Lucarne L8 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Lucarne L8 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

A couronné, lucarne L8 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

A couronné, lucarne L8 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La galerie G9 : quatre rosaces.

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La lucarne L9 : A PLUS.

La lucarne L9 est placée au dessus de la porte P5. 

 

 

lucarne L9 et porte P5 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

lucarne L9 et porte P5 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Lucarne L9 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Lucarne L9 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La lucarne  est surmontée d'un gâble très aigu dont le tympan est orné d'un A couronné. Ce gâble est lui-même «surmonté d'un fleuron à cinq rangs de choux frisés superposés et bordé de rampants à crochets très fouillés.» (Congrès archéologique de France, Brest et Vannes, 1914).

Fronton de la lucarne L9 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Fronton de la lucarne L9 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Fronton de la lucarne L9 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Fronton de la lucarne L9 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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L'encadrement des fenêtres de la lucarne L9 : A PLUS / idem en miroir.

Le A est créé par l'entrelacement que six dragons. Les corps et les queues tracent au centre un losange.

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L'encadrement des fenêtres de la lucarne L9 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
L'encadrement des fenêtres de la lucarne L9 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

L'encadrement des fenêtres de la lucarne L9 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Notez la couronne à fleuron qui entoure la colonne. 

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L'encadrement des fenêtres de la lucarne L9 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

L'encadrement des fenêtres de la lucarne L9 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Le L et le V sont en branches écotées, le S est formé par un reptile à tête de serpent qui se mord, et dont la queue forme un nœud.

Notez les deux animaux (un sanglier et un cerf), que nous retrouverons sur le dessus de cheminée intérieure, intégrés cette fois à une scène de chasse. Ils sont présents aussi au dessus de l'inscription A PLUS du coté droit. 

 

L'encadrement des fenêtres de la lucarne L9 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
L'encadrement des fenêtres de la lucarne L9 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

L'encadrement des fenêtres de la lucarne L9 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La porte P5.

En anse de panier, elle est soulignée par une arc gothique s'appuyant sur des culots ornés de deux personnages allongés.

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Porte P5 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
Porte P5 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Porte P5 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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Ces deux personnages ne portent pas d'ailes ; ils sont coiffés de bonnets ou toques et leur coupe de cheveu est celle des seigneurs durant le règne de Louis XII

Celui de gauche est vêtu d'une jupe plissée qui doit correspondre à son tabard. Il tient dans la main droite un poisson et dans la gauche une dague. 

Celui de droite porte une robe ou un manteau long.

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Porte P5 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.
Porte P5 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Porte P5 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La galerie G10 : la lettre S.

La galerie G10 possède deux panneaux différents. le premier représente un S dessiné par un reptile à tête et bec d'oiseau (comme sur la lucarne L9 ou la cheminée intérieure).  Cette lettre appartient bien sûr à une devise A PLUS . L'autre panneau est géométrique mais il est surmonté d'une rangée de macles, qui sont brisées au dessus du S. 

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Galerie G10 du château de Josselin .  Photographie lavieb-aile.

Galerie G10 du château de Josselin . Photographie lavieb-aile.

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La lucarne L10.

La galerie G11.

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LES CHEMINÉES DES APPARTEMENTS.

Les photographies ne sont pas autorisées à l'intérieur des appartements. De mémoire, trois cheminées sont décorées sur leur devant de la devise A PLUS, mais certaines datent de la restauration du XIXe siècle. 

L'internaute pourra néanmoins trouver des photographies en ligne :

http://lapassiondupatrimoine.fr/monuments/ressources/files/demeures/aa22d77b7ac90c1209ae95d1f01378d3.jpeg

http://www.tout-sur-google-earth.com/t10008-chateaux-et-manoirs-de-bretagne

http://www.odile-halbert.com/Paroisse/Cartes/Cartes_56/56_Josselin.htm

La cheminée monumentale la plus intéressante est sans doute celle dont la photographie (autorisée) a été publiée dans le  Bulletin monumental 1911 vol . LXXV page 495 (Gallica) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31101f/f650.vertical.r=%22jehan%20II%20de%20rohan%22

Elle porte la devise A PLUS en bas-relief doré sur fond rouge (les couleurs d'or et de gueules des armoiries). La graphie reprend celle de la lucarne L9. La lettre A est en branches écotées munies de leurs racines, elle est bien sûr surmontée de la couronne à fleurons. Le fût du  P est perlé par une virole strié et ses empâtements sont crénelés. Surtout,  un portrait est placé dans sa boucle. C'est celui d'un homme jeune, dont la coupe de cheveux associe une frange droite et des cheveux longs et bouclés en deux masses latérales. 

Au dessus du P est représentée une scène de chasse avec un seigneur à cheval et son veneur à pied. Le cerf et la biche se retrouvent à l'extrémité droite.

La lettre L a les mêmes caractères que la précédente. une branche se loge dans sa concavité, s'élève en donnant des feuilles ; un oiseau est venu s'y percher.

La lettre V, également perlé de deux viroles cannelées, et aux empâtements également édentés, voit sa pointe s'enfoncer dans une barre transversale qui crée une symétrie en miroir avec le A.

La lettre S est, comme sur la façade, formée par le corps verruqueux d'un reptile à tête d'oiseau.

Les rinceaux qui encadrent cette devise  complètent le tableau cynégétique.

Le linteau porte un A couronné en bois écoté, entre le blason à sept macles de Jean II de Rohan et celui mi-parti de Bretagne et de Rohan  de son épouse Marie de Bretagne.

Comme le laissait présager le choix ornemental  de la façade, le propriétaire fait preuve d'insistance à honorer le cri de guerre de sa famille, "A plus, Rohan" et son chiffre personnel le "A couronné"  d'une référence aux forêts et aux animaux sauvages, et donc aux forces primitives de la nature. En tout début de la Renaissance, l'ornementation du château de Josselin ignore  les valeurs humanistes et la culture de cour qui vont se développer ultérieurement (le Livre du Courtisan, il cortegiano de Baldassare Cortiglione ne sera publié qu'en 1528) , et ignore également les références à l'antique et à la mythologie gréco-latine. Elle reste médiévale dans son esprit et gothique flamboyant dans son style.

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CONCLUSION.

J'ai souhaité diffuser en ligne une riche iconographie sur la façade du château de Josselin, tout en étant conscient de n'en avoir pas épuisé les richesses. Je conseille aux visiteurs de se munir d'une paire de jumelles pour dénicher de nouvelles surprises.

Ma conviction est que la présence de macles à l'intérieur de nombreux "A couronnés" exclut l'hypothèse proposée par Roger Grand : ces A  ne sont pas des hommages à Anne de Bretagne, mais le chiffre personnel du vicomte Jehan de Rohan, et une citation abrégée du cri de guerre A plus, Rohan de son lignage.

Ceci dit, l'un des privilèges des chiffres et des monogrammes est de laisser plâner une ambiguïté, comme le monogramme HC d'Henri II et de son épouse Catherine de Médicis, dans lequel la maîtresse du roi Diane de Poitiers pouvait lire un D et les deux croissants qui la caractérisaient.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_II_(roi_de_France)#/media/File:Monogram_HC_on_colonne_Medicis_(close-up).jpg Détail du monogramme HC (du roi Henri II et sa femme Catherine de Medicis) sur la colonne Médicis, Paris 1er arr.

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ANNEXE.

Hervé du HALGOUET , 1911, Discussion sur la date de la façade nord du château de Josselin,

"L'année dernière MM. Chappée et Aubert ont remis en discussion; dans le Bulletin Monumental (LXXIV, 1910, p. 489), l'époque de la construction de la façade nord du château de Josselin, en contestant la date que lui attribue l'opinion courante. Depuis notre travail sur le Porhoet, où nous adoptions les vues de M. Cayot-DeIandre, l'archéologue le plus autorisé du Morbihan, l'étude des domaines des Rohan en Bretagne et notamment de la vicomte de Rohan. nous a mis à même de faire des observations sérieuses sur les monuments de cette seigneurie, qui conduisent à des conclusions utiles à connaître.

Pour plus de clarté. donnons ici l'opinion de Cayot-Delandre sur Josselin « Le chiffre d'un A et d'un V entrelacés, dit-il, qui se trouve répète plusieurs fois dans la devise de Rohan A PLUS, et dans les autres ornements de la façade, révèle le nom d'Alain VIII, vicomte de Rohan; mais l'hypothèse qu'il est l'auteur de cette construction ne peut être admise qu'a la condition d'en attribuer une part a son fils Alain IX, comme le font supposer les macles et hermines souvent répétées dans l'intervalle des ornementations et qui ne sont autres que les armes Rohan-Bretagne d'Alain IX. Alain IX épousa Marguerite de Bretagne en 1407, l'année même où mourut Clisson, son grand-père Alain VIII devint donc à cette époque propriétaire du château de Josselin, du chef de sa femme Beatrix de Clisson, et il put entreprendre, en continuation des travaux du connétable, la reconstruction de la façade intérieure. Il mourut en 1429, et son fils, Alain IX, dut achever ce grand et beau travail, sur lequel il mit son écusson.Il faut donc placer cet achèvement dans la période de 1429 à 1462. » 

Les objections faites à ce raisonnement par MM. Chappée et Aubert sont de valeur différente et non absolue. II est très juste que le V ne tient pas à l'observation minutieuse et qu'il faut simplement voir dans la figure légèrement angulaire qui accompagne la lettre A une forme ornementale de la barre transversale. La majuscule représente-t-elle l'initiale du nom d'Alain, ou de la devise A PLUS ? Nous le verrons plus loin. 

L'aménagement des fossés n'était pas terminé en 1497, le vicomte faisait encore à cette date des acquisitions de  Rohan, en 1505 et 1500, pour « l'œuvre et édiffice » du châtel de Josselin, ils sont simplement significatifs de travaux à cette époque. 

Les critiques de Cayot-Delandre ne se sont pas arrêtés aux semis d'hermines que l'on rencontre soit dans la façade, soit a l'intérieur du château: personne n'ignore que les Rohan prétendaient se rattacher à la maison de Bretagne et qu'ils se plaisaient à regarder les hermines comme un symbole de leur glorieuse origine. Mais l'écusson mi- partie Rohan et Bretagne révèle une alliance qui doit être considérée comme une indication essentielle cependant, pour que celle-ci fut précise, il faudrait qu'il n'y eût point plusieurs alliances de Bretagne or, à un demi-siècle d'intervalle, deux Rohan ont épouse des héritières de la maison ducale. Quant aux paiements prescrits par le vicomte de  Rohan, en 1505 et 1500, pour « l'œuvre et édiffice » du châtel de Josselin, ils sont simplement significatifs de travaux à cette époque. 
 

Il est donc difficile, d'après ces données, de formuler mieux que des hypothèses, mais ces hypothèses pourront se transformer en probabilités très sérieuses lorsqu'on aura vu que plusieurs motifs décoratifs de la façade septentrionale de Josselin se retrouvent sur deux édifices de la vicomté de Rohan, dont l'un est d'une époque parfaitement déterminée, et l'autre est daté. 

L'an 1427, Alain, vicomte de Rohan, désirant fonder dans sa ville de Pontivy un monastère de frères mineurs observantins, leur donna le lieu et emplacement du premier châtel de cette ville, appelé les Salles. Son fils, Jehan II, ne voulut pas laisser le chef-lieu de sa principale seigneurie sans forteresse, et, pour assurer la défense, construisit un château sur la limite nord de l'enceinte. Fondation ou reconstruction, nous ne saurions trop nous prononcer sur ce point; toujours est-il que le 16 décembre 1480, le duc François II accorda au vicomte de Rohan l'autorisation de fortifier ce château de Pontivy et d'y établir le guet. Ces lettres furent confirmées le 23 décembre 1491 par le roi Charles VIII . 

L'aménagement des fossés n'était pas terminé en 1497, le vicomte faisait encore à cette date des acquisitions de terrains au pied du château « pour meptre et employer os douffves". D'ailleurs le caractère architectural de la forteresse ne laisse aucun doute sur l'époque de la construction, elle porte toutes les transformations que subirent les places fortes à la fin du XV" siècle, par suite des progrès de l'artillerie. Le logis seigneurial est encore de nos jours un bâtiment de faible élévation, rehaussé de lucarnes à gables élances couronnant les fenêtres. Les gâbles ont été remaniés depuis la construction, mais ils ont conservé sur leur face ou tympan des motifs d'ornementation très caractéristiques, qui changent d'une fenêtre a l'autre; c'est, d'une part,l'écusson de Rohan à sept macles, encadre dans le collier de Saint- Michel. que par faveur  spéciale Jehan II avait reçu du roi en 1469 : d'autre part, un A couronné, qui ne peut être à coup sûr que le rappel de la fière devise A PLUS. 

Ce cri n'aurait pas déjà été consacré comme devise par la maison de Rohan, que Jehan Il l'eut imaginé et adopté pour lui et les siens. On sait les querelles dont souffrit la Bretagne quand s'ouvrit la question de la succession de François II. Jehan de Rohan.qui avait épouse Marie de Bretagne. fille de François voulut être « plus grand que oncques seigneur de Roban n'avait été » et se laissa entraîner à des intrigues fâcheuses. Le roi ayant promis de le faire duc de Bretagne, il courut à lui, abandonnant la province où il eût réussi à rallier le vieux parti breton qui aurait peut-être triomphé des étrangers. 

La proie lui échappa pour l' ombre. Cependant, renonçant à ses prétentions de souveraineté en faveur de ses enfants, il chercha à obtenir l'union de ses deux fils avec les deux héritières du duché. Anne et Isabeau. La devise A PLUS semble bien incarner la pensée dominante de Jehan II de Rohan. On trouve également à Pontivy, dans la même façade du logis, d'élégantes colonnes de pierre servant à l'écoulement des eaux pluviales, terminées par des têtes d'animaux fantastiques formant gargouilles. Une superbe rampe de perron et des balustrades en fer forgé y rappellent le XVIe siècle. Jehan II fut un grand constructeur; outre les châteaux de Pontivy et de Corlay qu'il édifia à la fin du XV siècle, c'est à la même époque qu'il rebâtit la plus grande partie de son château de Blain et qu'il travailla à La Garnache. Mais restons dans la vicomte et quittons Pontivy pour aller à peu de distance de là, au siège de la forteresse qui donna son nom à cette maison illustre sortie des Porhoët. Le châtel de Roc'han ou Rohan, sur les rives de l'Oust, était encore debout au commencement du XVIe siècle, mais sans doute déjà fort endommagé par les guerres; en 1628, il n'en restait rien, si ce n'est des ruines. Des fenêtres de sen château de Rohan Jehan II pouvait voir, au flanc de la colline rocheuse formant le versant oppose de la vallée, une modeste chapelle dont l'état lamentable lui rappela les obligations dues à une fondation ancestrale et les devoirs à la Vierge invoquée en ce lieu sous le nom de Notre-Dame-de-Bonne-Rencontre. Elle faisait partie du temporal du prieuré de Rohan ou de Notre-Dame fondé par un seigneur de Rohan. Il vit la une nouvelle occasion d'affirmer sa piété et peut- être aussi chercha-t-il devant le Tout-Puissant un palliatif à ses fautes . 

Sur l'emplacement même de l'ancienne chapelle prieurale, Jehan II construisit un sanctuaire de style flamboyant, digne cette fois de la mère de Dieu. Une inscription gothique gravée au-dessus de l'entrée principale porte le millésime 1510 et le nom de Jehan de Rohan. Sur les deux contreforts qui soutiennent la chapelle de ce côte, se remarquent des A couronnés, exactement semblables à ceux de Pontivy. et même l'un de ces contreforts était orné dans sa partie supérieure de l'écusson a sept macles avec le collier des ordres du roi. Ces motifs ne frappent pas à première vue; ils ont été martelés par les vandales de la Révolution et fortement mutilés. L'écusson est presque entièrement effacé, mais la trace en reste encore visible. 
En 1505 et 1506 d'après les documents publiés par MM. Chappée et Aubert, d'importants travaux étaient en cours au château de Josselin, travaux qui semblent même avoir rendu la demeure seigneuriale inhabitable, puisque ces ordres de paiements ont été signes aux châteaux de  Rohan et de Blain. 

La façade nord de Josselin est un joyau d'architecture gothique; les détails d'ornementation, où le ciseau du sculpteur s'est exercé dans le granit avec une délicatesse, une patience, un caprice d'imagination incroyables, sont aussi souples et légers que variés et artistiques. Cependant certains motifs reviennent fréquemment: ce sont l'écu de Rohan encadré du collier de Saint-Michel et l'initiale A couronné, identiquement les mêmes que ceux déjà rencontres à Pontivy et a Rohan. De plus. ici comme là on trouve les mêmes colonnes pour l'écoulement des eaux pluviales. 
Subsiste-t-il encore quelque doute sur la signification de l'initiale ? Entrons à l'intérieur du logis : la cheminée principale, qui offre en relief la devise A PLUS, donne le type du grand A couronné qui orne les cheminées et les gâbles de la façade. On ne peut mettre en question Alain VIII ni Alain IX de Rohan, et par ailleurs, puisque la cordelière traditionnelle de la veuve de Charles VIII n'accompagne pas le motif, il faut écarter l'idée du chanoine Le Menée qui. à propos de la chapelle de Rohan, rapporte l'initiale à Anne de Bretagne. Sur la même cheminée l'écu de Rohan-Bretagne indique l'alliance de Jehan II de Rohan  avec la fille de François II. Cette alliance, nous le pensons, doit à plus d'un titre avoir sa place à Josselin; Jehan II possédait une fortune considérable en terres, mais, par suite des voyages, des prises d'armes, des séjours à la Cour, où il put, à Amboise comme à Blois, prendre le goût des habitations luxueuses et le sentiment, des beautés artistiques, ses biens suffirent difficilement à ses dépenses excessives et peut-être ne put-il entreprendre la restauration de Josselin que grâce à la dot de Marie de Bretagne qui, après un très long procès, fut définitivement payée par la duchesse Anne. 
Quand se fut accompli le mariage de l'unique héritière de Bretagne, ayant vu, malgré toutes les promesses royales, ses plus chères espérances anéanties, Jehan II se retira dans sa province d'origine. Alors, dit Dom Morice, il employa ses revenus à réparer ses châteaux et à les embellir (*) . C'est dans cette occupation qu'il termina ses jours à Blain. le 1er avril 1516. Son corps fut transporté à Bon-Repos et placé avec ceux de ses ancêtres. » (*) : Pierre de Rohan, connu dans l'histoire sous le nom de maréchal de Gié, lui donna l'exemple en édifiant le fameux château du Verger, « le plus somptueux de tous ceux d'Anjou )', célèbre par sa galerie vitrée « renfermant tout ce que l'art d'alors avait de plus merveilleux ». Les possesseurs du Verger ne péchaient pas non plus par modestie. Leur devise Duc ne daigne, roi ne puis, Rohan suis-je figura en bonne place dans leur demeure. Rohan-Porhoet et Rohan-Gié n'eurent rien a s'envier. 

Après ce qui vient d'être dit, il semble que la façade septentrionale du château de Josselin doive être datée des dernières années de Jehan II de Rohan, et nous sommes heureux ici d'être d'accord avec un savant inspecteur des Monuments historiques, Mérimée, qui reconnut que ce travail architectural ne pouvait être antérieur au XVIe siècle. Avant lui Viollet-le-Duc l'avait classé dans les dernières années du XV siècle. Si Louis II s'est plu à favoriser en France l'influence de l'architecture classique, à la fin de son règne l'art gothique est en pleine vie.

L'aspect pittoresque des lucarnes flamboyantes de Josselin nous remet de suite en mémoire le palais de justice de Rouen, les hôtels de ville de Compiegne et de Saumur, l'hôtel de Cluny à Paris. Les constructeurs accordent alors aux lucarnes une importance qu'elles n'ont jamais eue en d'autres temps: elles deviennent parfois la partie principale de la décoration et prennent la physionomie de véritables pignons masquant les combles, agrémentes de sculptures, de chiffres, devises et armoiries. Outre les édifices remarquables qui viennent d'être cites, on peut rapprocher le château des Rohan. par les détails comme par le style, d'un grand nombre d'autres monuments du commencement du XVIe siècle, caractérisant la dernière période gothique: les châteaux de Nantes en Bretagne, de Meillant et d'Ainay-leViel en Berry, l'hôtel de Bourgtheroulde à Rouen. le logis du roi à Loches, etc. 

D'ailleurs, il est bon de faire remarquer ici que le style gothique n'a cessé généralement d'être en usage en Bretagne qu'un demi-siècle après que la plupart des autres provinces. et surtout celles du centre de la France, l'avaient abandonné. Cependant, si les traditions de ce style persistaient ainsi, les artistes n'étaient pas insensibles a certaines tendances ni à certaines inspirations qui laissent deviner l'esprit des débuts de la Renaissance. Josselin, d'une si belle exécution d' ensemble contribue à en fournir la preuve. 

Les travaux qui s'effectuaient au château de Josselin les années 1505 et 1506 n'étaient que la continuation d'une œuvre importante, nous en avons aujourd'hui la preuve par de nouveaux documents découverts pendant l'impression de notre article. MM. Chappée et Aubert ont cité deux ordres de paiement pour ces travaux, mais les archives particulières des châteaux de Lanouée et de Kerguehennec nous fournissent d'autres lettres missives du même genre. L'une, datée du 27 mai 1503, porte mandement à Guillaume Le Kerme, receveur des bois et forêts dè Loudeac et Branguilly, de paier soixante et onze livres monnoie au charpentier Guillaume Le Bailly, pour le marché de la charpenterie du corps de maison que a present faisons faire de nostre chastel de Jocelin.  Une autre, du 17 avril 1504, porte mandement de verser deux cent cinquante cinq livres monnoie au connétable de Jocelin, pour employer au fait de l'œupvre et edifice de nostre chastel de Jocelin ". On peut donc définitivement admettre que Jehan II de Rohan exécutait pour Josselin un plan vaste de reconstruction, d'autant que différentes déductions nous portent à croire que les travaux étaient commencés dès 1500.
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Vicomte Hervé du HALGOUET 

 

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SOURCES ET LIENS.

—L'excellent site http://www.patrimoine-histoire.fr/P_Bretagne/Josselin/Josselin-Chateau.htm

—Le site officiel du château http://www.chateaudejosselin.com/fr/

— L'article Infobretagne http://www.infobretagne.com/josselin.htm

—Un historique complet sur le site Mon Finistère :

 https://www.facebook.com/MonFinistere/posts/589389514491642

— CHAPPÉE (Julien) & AUBERT (Marcel) 1910, La date de la façade septentrionale du château de Josselin. Bulletin monumental publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont  Vol. LXXIV page 489-493

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k311003/f676.vertical.r=josselin

—GICQUEL (Yvonig), 1994, Jean II de Josselin (1452-1516) ou l'indépendance brisée de la Bretagne, Jean Picollec Coop Breizh.

— GRAND (Roger), 1954 Le château de Josselin, monographie de 64 p. Henri Laurens ed. 

—  HALGOUET (Hervé du), 1911, Discussion sur la date de la façade nord du château de Josselin, Bulletin monumental publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont  Vol. LXXV page 489-497

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31101f/f650.vertical.r=%22jehan%20II%20de%20rohan%22

—MUSSAT ( André), 1983,  Le château de Josselin présenté pendantCongrès archéologique de France. 141ème session. Morbihan. 1983.

— VIOLLET-LE-DUC (Eugène-Emmanuel), 1867, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle,Ed. Bance-Morel, tome 2 : "Balustrade" page 99.

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/11496-dictionnaire-raisonne-de-l-architecture/

ou Wikisource : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Viollet-le-Duc_-_Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle,_1854-1868,_tome_2.djvu/99

— VIOLLET-LE-DUC (Eugène-Emmanuel), 1868, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Ed. Bance-Morel, tome 6 : "Lucarne" page 190.

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Viollet-le-Duc_-_Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle,_1854-1868,_tome_6.djvu/193

— VIOLLET-LE-DUC (Eugène-Emmanuel), 1867, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Ed. Bance-Morel, tome 3 : "Chiffre" page 190. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Chiffre

 

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Published by jean-yves cordier - dans Josselin Rohan
8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 22:19

Sur la piste du "A couronné" de Jehan II de Rohan : I. L'inscription de fondation du pont habité de Landerneau.

 

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Voir :

 

Sur la piste du A couronné de Jehan II de Rohan. II : la façade du château de Josselin.

Le duc et la duchesse de Rohan dans les sablières de l'église de Sizun (29).

 

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Le pont de Landerneau est l'un des rares ponts habités d'Europe.

Les ponts habités étaient très répandus au Moyen Âge, puisque chaque pont, dans toutes les villes d'Europe, était surmonté d'habitations. Les incendies, fréquents sur ces ponts en bois, les nombreux accidents de transport fluvial, les crues, les restructurations des centres-villes et la construction de ponts en pierres ont causé la disparition quasi totale de ces ponts. Seule une poignée de ces ponts habités subsiste aujourd'hui en Europe et répondent encore à la définition du pont habité (habitations, rue passante).

Il existe 35 ponts bâtis en Europe, dont six son toujours habités. Le Finistère en compte deux (Landerneau et Pont-L'Abbé). Le troisième exemple français se trouve à Narbonne. On en trouve trois en Allemagne : La Krämerbrücke (« pont des Épiciers ») à Erfurt, Der Heilig Geist Spital à Nuremberg, et le Vieux Pont sur la Nahe à Bad Kreuznach.

Le Ponte Vecchio, à Florence, n'est pas habité à proprement parler (lieu de résidence). On cite aussi, au Royaume-Uni, le Pulteney Bridge à Bath (Angleterre). Le pont de Lovetch en Bulgarie,s'apparente plus à un pont couvert.

Le pont de Rohan, à Landerneau existe sans-doute dès le XIIe siècle, et certainement en 1336, probablement en bois. Il réunit deux régions du Finistère, le Léon au nord, et la Cornouaille. Il joue donc un rôle économique majeur, et son contrôle, pour un pouvoir politique, est crucial. Tombé en ruine, il  a été reconstruit en pierre en 1510 par Jean II, vicomte de Rohan et de Léon, comte de Porhoët, arrière-petit-fils du connétable Olivier de Clisson, immensément riche et immensément puissant, mais qui ne put jamais réaliser son rêve, devenir duc de Bretagne. Afin de remplir les caisses de sa trésorerie, le pont portait alors un moulin et une pêcherie des saumons remontant la rivière. Les habitations ne s'y  installèrent qu'au XVIIe siècle.

Ce pont, situé à l'embouchure de l'Élorn, est soumis aux marées.  Il repose sur six arches, dont la troisième est la plus ancienne. Les maisons couvertes d'ardoises sur les deux façades sont endommagées par des incendies au XVIIe siècle, puis agrandies par des constructions sur pilotis.

 

 

Le pont habité de Landerneau, photographie lavieb-aile.

Le pont habité de Landerneau, photographie lavieb-aile.

Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.
Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.
Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.
Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.
Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.

Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016, photographie lavieb-aile.

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L'inscription de fondation (1510).

 

Cette pierre de fondation du pont se trouvait jadis au dessus de la porte  du moulin que le vicomte Jehan II avait fait bâtir. Elle a été démontée en 1897, après la destruction du moulin.  Longue de 1,50 m et large de 0,40 m, elle est en kersanton, célèbre roche de la rade de Brest qui comporte plusieurs variétés. ici, c'est la variété noire, à grain fin, la plus estimée, celle des plus beaux calvaires sculptés par Roland Doré,  qui a été choisie.  Son inscription en lettres gothiques se déchiffre ainsi:

« : Lan mill VCC X [1510], hault + puissant jehan, viconte de rohan, comte de porhoët / signeur de leon, de la garnache, de beauvoir sur mer et de bleign fist fa[i]re : / ces pontz + mouli~s au devis de m[aître] saget p[rocureur], et jehan le guiryec rece[veur] de ceste ville ».

Ou pour simplifier : « L'an de grâce 1510, hault et puissant Jehan, Vicomte de Rohan, Comte de Porhoët, seigneur de Léon, de la Garnache, de Beauvoir-sur-mer et de Bleing fit faire ces pont et moulin au devis de maître Saget procureur, et Jehan Le Guiryec receveur de cette ville ». 

Marc Saget, le procureur fiscal, et Jehan Le Guiriec (ou Le Guirieuc), le receveur domanial, étaient deux des personnages en vue  de l'administration seigneuriale locale, et le second percevait les revenus locaux et s'occupait du financement du nouveau pont. Jehan II , en échange de la construction du pont et de son entretien, avait fait établir un péage (perçu par le meunier) pour tout bétail, tout cheval et toute charretée qui l'empruntait. 

Une frise constituée des macles de Rohan encadre ce texte. Ces macles (losanges percés en leur milieu d'un autre losange) sont les meubles héraldiques des armoiries des seigneurs de Rohan,  De gueules [rouge] à sept macles d'or, posées 3, 3, 1. Ces armoiries furent adoptées par Geoffroy de Rohan entre 1216 et 1222, puis l'écu de gueules sera bordé d'argent par  Pierre de Rohan dit « Pierre de Quintin » (1456-24/06/1491), baron de Pontchâteau, baron consort de Quintin, seigneur de La Garnache. Ce n'est qu'à partir de 1552 et 1575 que Henri Ier de Rohan portera le nombre de macles à  à neuf (de gueules à 9 macles d'or, posées 3, 3, 3).

 

Sur l'inscription, j' en compte 32 1/2 en frise continue en bas, 3 de chaque coté entre des rinceaux, mais la ligne haute est constituée de 5 macles /un A / 4 macles / un A / 4 macles / un A / 4 macles / un A / 4 macles / un A / 5 macles. Au total, 64 macles 1/2.

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Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Panneau affiché sur le pont de Landerneau, photographie lavieb-aile.

Panneau affiché sur le pont de Landerneau, photographie lavieb-aile.

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C'est l'un des plus beaux exemples de paléographie gothique. Le texte débute par un deux-points, élégamment inclus dans une sorte de clef.  J'admire l'élégance du X correspondant au chiffre 10, la finesse avec laquelle est sculptée la double barre des-a-, la queue du jambage du -n- , le sigle ressemblant à un + qui remplace par élision la conjonction -et- ; je remarque,  sur la seconde ligne, les lettres conjointes (et), ou encore, à la troisième ligne, pour le mot moulins, le tilde qui remplace le-n- et qui est placé entre le -i- et le  -s- .

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Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

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Je poursuis ce petit jeu d'observation sur la suite du texte. Tous les -a- ne se ressemblent pas, et celui de "puissant- est remarquable. Dans les mots "de la garnache", le -e- de "de" est conjoint au -d-, mais sa boucle vient joliment se fondre avec le -l-. Et cetera.

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Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

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Mais c'est le moment de remarquer le A couronné qui sépare les groupes de 4 macles.  Quelle est sa signification? Je trouve vite la réponse : c'est le "chiffre" ou monogramme du vicomte de Rohan, qui résume en une lettre la fière devise de la famille : "A PLUS". Autrement dit, "Toujours plus haut", une incitation à un surpassement de soi (ou de sa fortune).  C'est plus exactement son cri d'armes : "A plus Rohan". Le cri diffère de la devise par sa brièveté. "Le cri d'armes n'est autre chose qu'une clameur conçue en deux ou trois paroles prononcées au commencement ou au fort du combat ou de la mêlée, par un chef ou par tous les soldats ensemble, suivant les rencontres et les occasions ; le cri était personnel au général de l'armée ou au chef de chaque troupe." (source).

 

La devise de Rohan deviendra plus tard (j'ignore quand) la fameuse formule "Roi ne puis, Duc ne daigne, Rohan suis". 

La couronne fleuronnée qui coiffe la lettre A est crénelée par un certain nombre de perles, mais de façon trop imprécise pour dire s'il s'agit d'une couronne héraldique de comte ou de vicomte. 

La lettre A est formé par des morceaux de bois écotés. Ce n'est pas un hasard, une fantaisie décorative, comme nous le verrons dans l'article suivant. Et ce n'est certainement pas un hasard non plus si la barre transversale du A n'est pas droite, mais est cassée en V. En effet, elle forme ainsi une macle. 

Les macles.

 Les macles (du latin macula = tâche) sont, en minéralogie, une inclusion sombre de carbone ou d'argile formant un X ou une croix en section au sein d'une variété d'andalousite nommée chiastolite (du grec kiastos = marqué d'une croix) . 

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Lame mince de schiste à andalousite : http://espace-svt.ac-rennes.fr/applic/huelgoat/huelg-6.htm

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Voir l'image du blog de Pierre Jézequel provenant des Salles de Sainte-Brigitte http://rosquelfen-pj.blogspot.fr/2013_01_01_archive.html

 

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Il existe de très nombreux gisements dans le monde, mais particulièrement sur les terres du seigneur de Rohan, en Finistère, (Parc-au-Duc,  à Plourin-lès-Morlaix ;  Le Mur, Plouigneau) et en Morbihan, au lieu-dit "Salle de Rohan" (Sainte-Brigitte, Pontivy, Morbihan). Ce site célèbre pour ces grands cristaux de chiastolite développé dans les schistes ordoviciens par thermométamorphisme du granite de Rostrenen est si abondant en "pierre de macle" , prismes de section presque carrée, à tel point que les vicomtes de Rohan placèrent sept macles d'or sur leur blason (Louis Chauris, "Minéraux de Bretagne", Les éditions du Piat, 2014 ) (Marc Gilbert de Varennes a écrit en 1640 : « Vers le chasteau des Salles sont tous marquez de temps immémorial de ces figures de macles, et que ca esté de là que les premiers Barons de ces terres fort nobles ont chargé leurs armoiries ».) :

"Le château des Salles de Rohan, dit aussi Penret, ou encore Pen-Raithé, situé dans la forêt de Quénécan, à la limite de Sainte-Brigitte et Perret, édifié initialement sur les ruines d’une motte féodale par un vicomte de Rohan, Alain Ier de Rohan, en 1128, est reconstruit à la fin du XIVe siècle par Alain VIII de Rohan. Le terme « Salles » vient de l'ancien français et désigne un logis. Le château des Salles de Rohan appartient au réseau de forteresses des Rohan (Pontivy, Josselin, etc). Il contrôle un site connu très tôt pour la fabrication du fer : on voit encore, sur la plage de l’étang, des concrétions de cristaux d’oxyde de fer, les fameuses “macles” qui ornent le blason des Rohans. Minerai et charbon de bois issus de la forêt de Quénécan alimentèrent le premier haut fourneau de Sainte-Brigitte créé dès 1440 par Alain IX de Rohan. "

http://csem.morbihan.fr/dossiers/sigm/FicheSiteGeol18.htm

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Macle_(cristallographie)

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Geoffroy de Rohan adopta entre 1216 et 1222, les armes  « De gueule à sept macles d’or, trois, trois, un ».

Le blason actuel  De gueule à neuf macles d’or, trois, trois, trois, aurait été adopté par Henri 1er de Rohan entre 1552 et 1575.

On peut penser, bien que j'ignore quelle raison a conduit Geoffroy a adopté les macles sur son écu, que ses descendants y ont vu une marque typique et emblématique du sous-sol de leur fief, et même, plus tard, de la richesse économique que leur confère le contrôle et le développement de la sidérurgie et de l'exploitation des fourneaux de fonte, et des forges. Selon Jean Ogée (1779), on compte 30 "grosses forges" ou "forges à bras" (parce qu'on les transportait d'un endroit à un autre) dans la Vicomté de Rohan et la forêt de Loudéac en 1460. Cette dernière comptait en 1400 plus de 40 000 arpents de terrains plantés en futaie et taillis.

Dès lors, le A en branches écotées autour d'un losange central peut être considéré comme une référence à cette activité économique, source de prospérité.

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Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

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Une autre inscription de 1510 : la chapelle de Bonne Encontre à Rohan.

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 La chapelle Notre-Dame de Bonne-Encontre, édifiée par Jean II de Rohan sur le passage d'un pont pour remplacer l’ancienne chapelle du premier château fort des Rohan de 1104, fut commencée en 1510. Chapelle castrale, elle desservait la forteresse qui s’élevait sur l’autre rive de l’Oust.  Elle conserve, sur sa façade extérieure, une inscription gravée lors de sa fondation et, sur ses contreforts, des « A » majuscules faisant référence à la devise des Rohan. L’intérieur rappelle aussi la puissance des Rohan puisque leurs armoiries sont représentées sur les clefs de voûte.

Je n'ai pas pu visiter l'intérieur. Je me base sur les descriptions en ligne « les clefs de voûte sont ornées des armoiries maclées et du fameux A couronné ». Les consoles de pierre des piles est de la croisée sont agrémentées par des armoiries : l’une, « de gueules à 9 macles d’or », blason des Rohan, est confortée par une deuxième « mi-partie de Rohan, six macles et mi-parti de Bretagne, deux hermines (rappelant l’union de Jean II avec Marie de Bretagne) », Mussat, André, art. cit., 1997, p. 240-241 ; Gicquel, Yvonig, op. cit., p. 450-453.

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Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

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"Cette chapelle en granit et en schiste, de style gothique, comprend une nef, un transept et une abside polygonale flanquée au nord d'une sacristie. Cette sacristie ouvre directement sur le chur par une large arcade qu'une clôture en bois de châtaignier coupe sur la moitié de sa hauteur. Dans celle-ci sont ménagées deux portes, l'une donnant accès à la sacristie, l'autre fermant l'escalier de la chaire. L'intervalle est rempli par deux panneaux ajourés et sculptés, qui en encadrent un autre en deux parties également ajourées et sculptées, au-dessous de ces panneaux, lambris de serviettes. Sur le transept nord, tourelle contenant un escalier à vis menant au comble. L'entrée principale est sur le côté sud de la nef et comporte un arc plein cintre mouluré accompagné d'une accolade concentrique avec fleuron et crochets. Les armoiries situées à l'extérieur sous les glacis supérieurs des contreforts, ont été bûchées à la Révolution." http://www.loomji.fr/rohan-56198/monument/chapelle-notre-dame-de-bonne-encontre-saint-samson-42385.htm

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Porte de la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

Porte de la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription de sa fondation est gravée en lettres gothiques et vers rimés sur une pierre de la façade sud, à gauche de la porte :

« Lan que dist fust mill cinq centz X 

 Jehan de Rohan me fist bastiz 

 Et rediffier a honneur

 Hucheloup en fust le miseur

Et affin que mon non ne celle 

 De bone encontre lon mapelle ». 

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Inscription de fondation de la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation de la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

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Le vicomte de Rohan possédait  le cinquième de la Bretagne, avec des revenus annuels de 7500 livres liés à ses fiefs  :

  • Le Porhoët, avec les châteaux de Pontivy, de La Chèze, de Rohan et de  et de Josselin, et l'enclave de Lohéac.
  • le Léon, avec les châteaux de La Roche Maurice et de la Joyeuse Garde (La Forest-Landerneau),
  • La Presque-île de Crozon (auparavant possédée par les seigneurs de Léon), ce dont témoigne encore les macles des armoiries de la commune,
  • le fief de Quemenet (autour de Pluguffan), en Cornouaille —également une ancienne possession des seigneurs de Léon—,
  • Le Goelo
  • la région de Bourgneuf en Finistère,
  • Les "Fiefs du Léon" (Brangolo, Inzinzac)
  • Fresnay et Blain, avec les chateaux du même nom,
  • Les Marches, en Vendée ou Bas-Poitou avec  le château de la Garnache, possession d'Olivier de Clisson, et la seigneurie de Beauvoir-sur-mer.

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Carte : Copyright Y. Guicquel P. Morvan, en ligne https://abpo.revues.org/63

 

 

 

"Jean II de Rohan est qualifié de « premier baron de Bretagne » par les États de Bretagne réunis en 1486 : il est donc le deuxième personnage du duché après le duc François II en personne. Non seulement ses domaines couvrent un cinquième du duché, outre quelques possessions dans le royaume de France, mais il est apparenté à la famille des Montfort, détentrice du trône de Bretagne depuis plus d’un siècle. En effet, son grand-père maternel n’est autre que le duc Jean IV ; quant à son épouse Marie de Bretagne, elle est elle-même la fille du duc François Ier et belle-sœur du duc François II. Jean II de Rohan n’était donc ni plus ni moins que le beau-frère du duc de Bretagne lorsque la guerre fut déclarée en 1487. Pourtant, les relations entre les deux hommes furent le plus souvent orageuses. Entre 1470 et 1488, François II confisque à quatre reprises les biens du vicomte et le détient même dans ses geôles, pendant plus de trois ans, pour complicité de meurtre. Il faut savoir que le grand projet de Jean II de Rohan est de faire accéder sa lignée à la couronne ducale et qu’en l’absence d’héritier mâle, il envisage un mariage entre son fils et la fille du duc, la jeune Anne. " D'autre part, Il était, avec Jean de Chalon, prince d'Orange, l'héritier présomptif de la duchesse Anne, jusqu'à ce que celle-ci mette au monde ses enfants. 

Lire : Jean Kerhervé Noblesses de Bretagne: du Moyen âge à nos jours page 106

Image L. Guitton 2007 https://abpo.revues.org/63

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En 1510, année de deux inscriptions lapidaires  étudiées, Jean II de Rohan a 58 ans, et les jeux sont faits.

Son fils aîné François, qu'il voulait unir à la duchesse, est tombé à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier en juillet 1488. La même année, le duc s'empare du château de Josselin et le démolit

partiellement ; il ne lui sera rendu que par Anne de Bretagne, et il le transformera en château Renaissance entre 1490 et 1510.

Anne de Bretagne est devenue duchesse, puis a épousé le roi Charles VIII en 1491, et Louis XII en 1499, a donné naissance la même année à sa fille Claude, qui épousera en 1514 François Ier. En 1505, c'est Jehan II qui a accompagné la reine Anne dans la visite de son duché, notamment à Brest, Le Folgoat et Morlaix. En 1504, le roi lui octroie le renouvellement du droit de billot (produit d'une taxe sur les boissons) pour reconstruire ses villes et places-fortes (La Roche-Maurice  a été démantelé en 1489 par les troupes françaises). Après la mort de son second fils Jean en 1505, son principal héritier est alors Jacques de Rohan (qui se mariera mais décédera sans descendance). Son cinquième fils, simple d'esprit, devient malgré tout (et sous la tutelle effective de l'abbé de Daoulas Jean de Largez)  évêque de Cornouaille (Quimper) en 1501 mais sa consécration a lieu en avril 1510. C'est  en 1507 qu'il fait bâtir à Quimper le palais épiscopal (la Tour de Rohan et son escalier en palmier).

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SOURCES ET LIENS.

— Ponts habités :

https://www.youtube.com/watch?v=uyrdfSeN8Wk

http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=1658562

http://fr.topic-topos.com/pierre-gravee-landerneau

— GICQUEL (Yvonig), 2014 Jean II de Rohan oul'indépendance brisée de la Bretagne, Coop Breizh, Jean Picollec Ed. 

— GUITTON (Laurent)  Un vicomte dans la cité : Jean II de Rohan et Dinan (1488-1516) p. 7-37

https://abpo.revues.org/63

—Site Découvrir Rohan-Histoire.

http://www.rohan.fr/histoire_machine.html

— Histoire de Rohan : http://www.rohan.fr/pdf/histoire_de_rohan.pdf

http://www.tourisme-pontivycommunaute.com/Fiche/Detail/340/Preparer-son-sejour~Patrimoine-et-decouvertes~Patrimoine-culturel/CHAPELLE-NOTRE-DAME-DE-BONNE-ENCONTRE/

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Published by jean-yves cordier - dans Rohan Landerneau
8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 18:27

Les Sirènes et Démones de l'église de Sizun (29) : la diabolisation d'Ève, ou la féminisation de Satan.

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Sur les Vierges à la démone, voir :

Sur l'église de Sizun, voir :

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Sur les murs extérieurs de l'enclos paroissial de Sizun, aux angles ouest ou nord de l'église et de l'ossuaire,  des figures féminines à la moitié inférieure animale sont sculptés. On parle à leur propos de "sirènes", ce qui incite à y voir des figures d'un légendaire païen et l'influence du statut maritime du Finistère. Mais à coté d'authentiques femmes-poissons, ce sont des femmes-serpents qui sont figurées.  Je me propose d'aller examiner leurs formes de plus près.

1. La Femme-serpent de l'ossuaire.

La plus belle (mais non la plus visible, et elle a échappé à mon attention lors de mes premières visites) se trouve à l'angle sud-ouest de l'ossuaire, dans la jonction du pignon de ce dernier avec l'arc de triomphe. 

Vue de l'ossuaire entre l'Arc de triomphe à droite et le porche occidental à gauche. Repère sur la femme-serpent. Photographie lavieb-aile.

Vue de l'ossuaire entre l'Arc de triomphe à droite et le porche occidental à gauche. Repère sur la femme-serpent. Photographie lavieb-aile.

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C'est une femme nue, aux cheveux longs et ondulés, couchée sur le coté droit mais qui relève la tête et le buste en s'appuyant sur le bras droit. Le bras gauche est cassé. 

La spécialiste de ces "créatures semi-humaines", Hiroko Amemiya, l'a décrite avec la suivante à la page 185 de son livre Vierge ou démone, parmi ses 10 exemples bretons de femme-serpent, dont 9 en Finistère (Trégourez,  Bodilis, Braspart, Sizun, Lannédern, Lennon, Plonevez-du-Faou, ou Le Juch). Elle décrit bien son visage ovale, ses seins globuleux aux mamelons en relief, et la partie inférieure du corps en forme de queue de serpent, dont l'extrémité allongée s'enroule sur elle-même à plusieurs reprises.

Par contre, il me semble qu'elle se méprend lorsqu'elle écrit "Elle tient dans la main droite une ancre à laquelle des algues semblent accrochées. 

Photo !

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Femme-serpent de la Tentation, ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Femme-serpent de la Tentation, ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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J'ai cru aussi que la Mélusine tenait le pommeau du jas d'une ancre, mais cela n'avait aucun sens, et l'ancre en question était absente. Et puis il y avait ces feuilles, "ces algues" sur le ventre. Le voile s'est déchiré brusquement et j'ai vu ce dont il s'agissait : un pommier, avec son tronc évasé à la base, sa division en deux branches horizontales et une branche sommitale, avec ses trois pommes assez maladroitement placées à l'extrémité des tiges, et les trois ou cinq feuilles qui sont crénelées comme celles d'un chêne.

Cela devint évident : la femme tendait la main droite vers une pomme, mais la main gauche (celle du bras cassé) était aussi visible sous la forme d'une marque de fracture au dessus de la pomme de droite. 

Il s'agissait soit d'Éve (mais une Ève diabolisée car introductrice du Péché), soit plutôt du Démon de la tentation, tel qu'il est décrit dans le Livre de la Genèse 3 :

 "Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l'Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme: Dieu a-t-il réellement dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? La femme répondit au serpent: Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.  Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez.  Alors le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point;  mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea."

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Femme-serpent de la Tentation, ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Femme-serpent de la Tentation, ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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On peut s'étonner que ce serpent prenne la forme d'une femme, mais c'est un motif fréquent en Bretagne, notamment sur le porche des églises des Monts d'Arrée, à Pencran (photo), Guimiliau, Landivisiau et Ploudiry : la femme-serpent placée entre Adam et Ève, la queue enroulée autour du tronc de l'arbre-qui-est-au-milieu-du-jardin, redresse la tête et la tourne vers Ève qui saisit la pomme qu'elle présente.

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Adam, Ève et la femme-serpent de la Tentation, porche de l'église Notre-Dame de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Adam, Ève et la femme-serpent de la Tentation, porche de l'église Notre-Dame de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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4. Femme-serpent.

Ornement d'une frise du chevet, coté sud. 

La femme, au visage joufflu encadré d'une épaisse chevelure, est allongée sur le coté droit, accoudée sur le bras droit. La partie inférieure du corps a la forme d'une queue de serpent enroulée sur elle-même en nœud en huit dont la pointe rebique vers le haut. 

Elle tient une pomme dans la main gauche. C'est donc, là encore, une femme-serpent de la Tentation, figure féminimo-animale de Satan.

Femme-serpent de la Tentation, frise de l'église Saint-Suliau de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Femme-serpent de la Tentation, frise de l'église Saint-Suliau de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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3. Femme-poisson de la Tentation, église Saint-Suliau de Sizun.

En contournant l'ossuaire puis le porche occidental, on parvient à l'angle nord-ouest du pignon ouest dont la crossette adopte la forme d'une femme-serpent. 

Hiroko Amemiya la décrit, avec la suivante, sous le terme de sirène à la page 214 de son livre, parmi 22 autres exemples dont 13 en pierre (8 en Finistère, 2 en Morbihan et 2 en Ille-et-Vilaine). Comme ses consœurs, elle est couchée sur le coté droit, s'appuie sur le coude, redresse la tête et le buste . Son visage rond est encadré d'une longue chevelure. Sa main droite est placée sous le ventre, mais l'extrémité manque. La gauche est tendue vers l'arrière et tient un objet rond (miroir pour H. Amemiya). La partie inférieure a la forme d'une queue de poisson à écailles marquées. Entre les pointes de la queue bifurique est sculpté un buste d'homme, lmain droite sur la poitrine et main gauche vers la bouche.

Je suggère d'y voir une femme-poisson de la Tentation, tenant une pomme, qu'Adam porte à sa bouche. Dès-lors, nous retrouvons la thématique précédente, Satan sous sa forme femelle ayant seulement adopté sa forme animale à une sardine. Ou équivalent. 

 

 

 

 Femme-poisson de la Tentation, angle nord du pignon ouest, église Saint-Suliau de Sizun.Photographie lavieb-aile.

Femme-poisson de la Tentation, angle nord du pignon ouest, église Saint-Suliau de Sizun.Photographie lavieb-aile.

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4. Femme-poisson, église Saint-Suliau de Sizun.

 

Elle est l'ornement du contrefort droit du pignon nord du chevet et fait pendant à un lion. Couchée sur le coté droit, en appui sur le coude, buste et tête redressés, elle a un visage féminin, une longue chevelure épaisse et des seins proéminents. Sa main droite tendue vers l'arrière tient un miroir, la gauche coiffe les cheveux avec une brosse ou une éponge. Sous la ceinture qu'elle porte à la taille, l'extrémité de son corps devient écailleux et se termine en queue de poisson, bifurique.

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Femme-poisson, église Saint-Suliau de Sizun.Photographie lavieb-aile.

Femme-poisson, église Saint-Suliau de Sizun.Photographie lavieb-aile.

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Femme-poisson au miroir, coté nord, église Saint-Suliau de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Femme-poisson au miroir, coté nord, église Saint-Suliau de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Femme-poisson au miroir, coté nord, église Saint-Suliau de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Femme-poisson au miroir, coté nord, église Saint-Suliau de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

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Published by jean-yves cordier - dans Vierges à la démone. Sizun
5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 20:57
Église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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I. LE BESTIAIRE : CROSSETTES ET GARGOUILLES .

J'utiliserai le terme de "crossette" tel que je le trouve défini dans Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (2014) d'Emmanuelle Le Seac'h (1972-2011) page 40 :

"Les pierres d'amortissement, nécessaires à la structure et à l'équilibre d'un fronton ou d'un pignon, sont généralement prolongées par des acrotères, des crossettes ou des pots-à-feu. Les crossettes, situées à la terminaison des rampants d'un pignon ou d'un fronton, sont extrêmement nombreuses. Les plus belles sont sculptées dans la pierre de kersanton sur les porches de la vallée de l'Élorn, comme à Landivisiau où un lion et un dragon se font pendant. L'Ankou apparaît parmi les crossettes, comme sur la façade de l'église de Lannédern."

Régulièrement photographiées pour leur beauté et leur thème pittoresque, les crossettes zoomorphes de Bretagne n'ont pourtant pas fait l'objet d'une étude réglée, comme ce fut le cas pour les sablières par Sophie Duhem. (1) Parmi les animaux représentés, les dragons (crachant leur venin) semblent se tailler la part du lion, mais ce dernier prendrait la seconde place, devant les chiens, et les sirènes, auxquelles j'ai consacré un article particulier.

(1) à l'exception du mémoire d'E. Le Seac'h sur les crossettes et gargouilles de quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, ... et Sizun ! Je le découvre à l'instant.

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1°) La baie située immédiatement à l'ouest du porche d'entrée (1514)  est couronnée par une lucarne à gables à crochets et fleurons, avec deux crossettes  à la base : un lion à gauche, et un sagittaire à droite.

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Église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

Église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

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Le lion.

Le lion, de profil mais tournant la tête vers nous, est, comme tout lion, doté d'une crinière frisée alors que l'arrière-train est glabre. Il tire entre ses rangées de dents une longue langue dont l'extrémité s'enroule. Ses pattes avant prennent appui sur un rouleau. Sa queue se termine en trois pointes ; elle a la particularité, assez répandu chez ces félidés de kersanton, de passer entre les deux pattes arrière pour revenir de façon fort équivoque s'ériger vers le haut et l'avant. Tous l'art coquin du sculpteur est de jouer de cette équivocité dans verser, comme ailleurs, dans l'obscénité. 

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Église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Le sagittaire.

L'animal  de droite évoque immédiatement le logo d'Air-France, lui-même repris de celui d'Air-Orient et connu sous le nom d'hippocampe ailé mais familièrement baptisé  "la crevette". 

http://logonews.fr/2013/08/06/histoire-du-logo-air-france/

 

 

 

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Il en a l'aile aux nervures parallèles, la crinière hachurée, la queue formant une boucle. Seulement, à Sizun, la queue se prolonge sur le dos jusqu'à la tête. D'autre part, les pattes avant sont munies de mains, comme un Centaure, mi-homme, mi-cheval. Enfin, ces mains tiennent une flèche incurvée, une flèche-arc. Comment ne pas voir dans ce Centaure ailé et archer un Sagittaire ? Et comment, alors, ne pas réaliser que la lucarne est encadrée par deux signes du Zodiaque, le Lion de l'été et le Sagittaire de la fin de l'automne ? 

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Chimère de l'église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

Chimère de l'église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

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La lucarne correspondante, au nord, est encadrée par deux autres crossettes. Ce sont ici deux lions. Ils ont tous les deux les pattes avant et arrière regroupées, comme si ils bondissaient, tous les deux une langue très bien pendue,  et tous les deux une crinière en larges et longs plis. Ils ne diffèrent que par un détail.

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Lucarne sud de l'église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

Lucarne sud de l'église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

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A gauche, le lion a la queue qui s'étend vers l'arrière et le bas.

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Chimère de l'église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

Chimère de l'église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

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La queue de celui de droite passe entre les cuisses et revient étaler son plumeau sur son dos.

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Chimère de l'église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

Chimère de l'église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

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Venons-en à un autre type de lions. Ceux-ci tiennent entre leurs pattes antérieures la tête d'un humain, en taille réduite. On peut alors les voir comme des forces maléfiques tentant de s'approprier les âmes des paroissiens. En les représentant, les tailleurs de pierre mettent-ils en garde leurs contemporains contre les pouvoirs du Diable, ou bien en protègent-ils le sanctuaire en les expulsant hors du lieu saint ?

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Premier exemple. 

Ce lion est très semblable aux précédents, avec ses yeux exorbités, sa longue langue à la pointe en rouleau, sa queue entre les cuisses, sa crinière frisée. Mais il maintient un petit enfant, au visage poupin mais grave.

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Église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Deuxième exemple.

Celui-ci exerce, par ses pattes tendues, une force plus coercitive sur la tête d'un malheureux.

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Lion maintenant un homme, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

Lion maintenant un homme, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile

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Une gargouille.

Il semble s'agir d' un crocodile.

Gargouille, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Gargouille, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Un dragon grimaçant (coté nord).

église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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II. AUTRES SCULPTURES EXTÉRIEURES.

1°) Deux figures animales sur le porche sud.

" Le porche sud, en tiers-point, a ses voussures richement décorées de feuilles d'acanthe bien sculptées, voussures séparées par des moulures toriques ininterrompues et à bases prismatiques. La voussure extérieure, relevée en accolade, est décorée de choux frisés et amortie par un fleuron gothique ; son extrados est orné de feuilles d'acanthe comme à la fontaine du chevet de Notre-Dame-du-Folgoët. Au fond du porche, buste-cariatide supportant jadis la statue de saint Suliau avec inscription : " LAN. MIL. VcXIII. " (Couffon & Le Bars, 1988)

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Porche sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Porche sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Deux animaux  sont observés sur ce porche.

Le premier est un chat? un chien ?

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Porche sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Porche sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Le second est un lion. Avec la queue entre les pattes, remontant sur le dos.

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Porche sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Porche sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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2°) Ange tenant une banderole avec la date de 1661.

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Ange avec la date de 1661, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Ange avec la date de 1661, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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3°) Déploration (1542).

Ce groupe sculpté en kersanton provient du cimetière, où son socle de granit est resté, avec une inscription d'une Mission de 1858 mentionnant la date de "LAN MIL V XXXX : II". Le Christ, dont le bassin est posé sur le genou gauche de sa mère, est allongé sur le genou droit tandis que sa tête retombe dans le vide, à peine soutenu par saint Jean.  Il porte un perizonium noué sur le coté droit. Ses cheveux sont longs, sa barbe méchée . Sa bouche est entrouverte, laissant à découvert sa dentition. Ces éléments, parmi d'autres, permettent à E. Le Seach d'attribuer cette sculpture à l'auteur du calvaire voisin de l'église Saint-Rémi à Camaret et dont l'inscription porte la date de 1538 et le nom (du sculpteur ?) de G. PALUT.

Les trois personnages ont les paupières lourdes, presque globuleuses et baissées. Les arêtes des nez sont saillantes, comme à Camaret.

Saint Jean, vêtu d'une robe à ceinture et à bouton d'encolure, essuie une larme de la main gauche. La Vierge porte un long manteau enveloppant couvrant sa tête, proche des "capes de veuve" du Finistère. Sa gorge est couverte par une guimpe plissée  qui entoure aussi le visage et masque la chevelure. Marie-Madeleine, les cheveux dénoués, toujours ostensiblement élégante avec sa robe à décolleté carré et les crevés de ses manches, ouvre un pot d'aromates décoré de cannelures obliques. 

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Déposition (1542), en kersanton par G. Palut,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Déposition (1542), en kersanton par G. Palut, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Saint Gouesnou en évêque du Léon.

"provenant d'une fontaine". Crosse brisée, chape au fermail doté d'un médaillon, mitre, bagues à chacun des doigts longs. Col frisé comme une fraise.

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Saint Gouesnou église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Saint Gouesnou église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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L'église adopte une forme de croix archiépiscopale, car elle comporte après  une nef de trois travées avec bas-côtés, deux transepts séparés par une travée. La nef inférieure et le porche méridional remontent au XVIè siècle, le premier transept et le reste de la nef à la première moitié du XVIIè siècle ; le second transept et le choeur furent construits de 1660 à 1664 sous la direction de Guillaume Kerlezroux .

Le premier transept sud porte 2 dates : à côté de la fenêtre, " ALAIN. MEN. 1638 ", et sous le fleuron, " 1639 "

 

ALAIN MEN 1638 

Il s’agit du trésorier de la paroisse en 1638. Tous les ans, un paroissien était désigné pour gérer l’argent de la fabrique, percevoir ses recettes et acquitter ses dépenses. L’intérieur du baldaquin des fonts baptismaux porte le nom d’un autre trésorier, peut-être de la même famille « P. MEN 1630 ».

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Alain Men 1638 ;  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Alain Men 1638 ; église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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III. LA PORTE  DU PHILOSOPHE.

La petite porte sud qui donne accès à l'église avant la sacristie encadre de kersanton le vantail peint de ce rouge si particulier à nos  sanctuaires. Elle mérite un examen attentif, en raison du personnage qui en orne le fronton triangulaire,  et qui a été surnommé "le philosophe". Ou bien en raison de ses pilastres à chapiteaux, et de la frise qui suit le pied-droit et la courbe en anse de panier, où des petits personnages et des passereaux s'égayent dans les rinceaux de vigne.

 

 

Porte du Philosophe,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Porte du Philosophe, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Petite porte sud,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Petite porte sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Le fronton triangulaire et sa tête en ronde-bosse.

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Homme caressant sa barbe, fronton de la petite porte sud,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Homme caressant sa barbe, fronton de la petite porte sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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La frise d'encadrement.

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Petite porte sud,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Petite porte sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Diaporama. Petite porte sud,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.
Diaporama. Petite porte sud,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.
Diaporama. Petite porte sud,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.
Diaporama. Petite porte sud,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.
Diaporama. Petite porte sud,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.
Diaporama. Petite porte sud,  église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Diaporama. Petite porte sud, église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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IV. LA FRISE EXTÉRIEURE AU NORD ET A L'EST.

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Cette frise de granit qui daterait de 1660 a peu inspiré les experts :

"Certains motifs de cette frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, masques et dragons, témoignent à la fois de l’influence des maîtres ornemanistes de la Renaissance et de la persistance de thèmes mythologiques venus de l’Antiquité." (Topic-topos)

"Une frise bizarre d'animaux de toutes sortes, de figures grimaçantes et de bêtes  fantastiques" (Chanoine Abgrall).

"A hauteur du visage, une frise mystérieuse court au long de ce chevet polygonal. Elle pique la curiosité, mais garde son mystère." (Infobretagne)

" Le chevet du type Beaumanoir à noues multiples est décoré d’une frise sculptée. " (Centre SPREV)

Pourtant, on peut y reconnaître certains éléments significatifs, et approfondir son étude.

Je la diviserai  selon les deux pans de mur qui constituent le chevet.

 

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I. LE MUR ORIENTÉ SUD-EST.

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Ce mur comporte une série de contreforts couverts de niches à colonne cannelées et dais très ornementés. Deux de ces niches abritent aujourd'hui une statuette.

La frise, en pierre blonde, est haute d'une vingtaine de centimètres, ce qui l'apparente d'emblée aux sablières de la charpente. Lorsqu'elle passe par les contreforts qui alternent leur  forme carrée et triangulaire, elle s'orne volontiers de masques ou de cuirs, alors que  les thème des sculptures sont de prédominance animalière entre les contreforts.

 

Frise de l'église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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1°) Premier mur au sud.

Frise de l'église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église de l'enclos paroissial de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Un renard poursuivant une poule.

Le renard, queue déployée et sexe en érection, à la gueule tournée vers un coq, ou une poule qui est tombée à la renverse. Le renard est fréquemment représenté sur les sablières, sous l'influence du succès du Roman de Renart, notamment par le thème très populaire de Renart déguisé en clerc prêchant aux poules.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Puis vient une suite de quatre quadrupèdes à la queue-leu-leu. On  y reconnaît peut-être un renard (?) qui poursuit  un cochon, puis un chien poursuivant un lion (?). 

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Deuxième contrefort sud. Profil triangulaire.

Deux masques et un dragon. La première tête porte un bonnet de type phrygien, a les yeux exorbités, le nez épaté et la gueule hilare. Il côtoie  un dragon , à tête de chèvre, à ailes de chauve-souris et à queue de serpent. Le deuxième visage est comparable au premier en dehors de ses dents proéminentes.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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L'autre versant du contrefort montre également trois éléments.

Un visage d'homme sauvage, cheveux frisés, forts sourcils, yeux exorbités, pommettes saillantes, nez épaté, mais dont la bouche est remplacé par un cordage torsadé.

Un lapin de profil, dressé sur ses pattes arrières, en train de déféquer.

Un visage féminin évoquant par sa coiffure  les masques de la tragédie grecque.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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2°) Deuxième mur exposé au sud

 

 

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Après un grotesque tenant un élément floral entre ses dents, viennent un  masque, une louve (une renarde ?) allaitant cinq petits, puis un cuir.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Après un masque grimaçant de toutes ses dents, vient une sirène accoudée sur le coté droit, sa queue formant un nœud partiellement brisé.

Puis le contrefort rectangulaire, avec des éléments décoratifs, et des masques

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Autre pan de mur.

Renard poursuivant un oiseau (de proie) et ses sept petits.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Ici, un crocodile (une baleine ?) apparaît entre les pattes d'autres animaux.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Contrefort.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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LE VERSANT EXPOSÉ AU NORD.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

Frise de l'église Saint-Suliau à Sizun, photographie lavieb-aile.

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CONCLUSION.

1. Les crossettes.

  Je crois que notre compréhension immédiate de ces lions faussement terribles, mais au fond bien débonnaires est très juste, et que, même si nous ignorions tout de la relation des hommes du XVIe siècle avec le monde animal, de ses représentations fantasmatiques, de ses croyances, nous sommes plus proches d'eux en entrant dans l'église en leur jetant un coup d'œil mi-amusé et mi-admiratif, en projetant sur eux notre propre bestiaire intérieur, que si nous nous pénétrons des théories savantes sur leur pouvoir apotropaïque (protecteur du mauvais-œil, ou protecteur du sanctuaire en éloignant le Malin, par "répulsion des semblables") ou de leur "visée moralisatrice par pouvoir du contre-exemple" qui convertit les animaux terrifiants en frères-prêcheurs. Nos prédécesseurs  du XVIe siècle "croyaient-ils en leurs mythes" et en ces monstres d'opérette ?  J'en doute. 

Mais je ne doute pas qu'ils aient eu, comme nous, le goût à tempérer l'ardeur de la foi  par une théâtralité amusante, grand-guignolesque avant l'heure.

Grand-guignolesque : "d'une horreur qui dépasse le bon-sens". Gageons que les bretons n'en manquaient pas.

2. La frise.

Elle ne nous reste opaque que si nous n'y voyons pas une succession de scénettes et de décors tirés des calepins d'un ornemaniste qui fait ici exhibition de son savoir-faire. Il ne serait pas très difficile de retrouver chacune de ces sujets sur des plinthes, des corniches, des jubés ou des porches, à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët et même pas loin d'ici, sur les sablières de Sizun . Certes, certaines séquences excitent encore notre curiosité, mais sinon, où serait notre plaisir ?

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), « L´église paroissiale de Sizun et ses annexes », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Quimper, Société archéologique du Finistère, t. 28,‎ 1910, p. 129-138

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207696j/f177.image

— CHAURIS (Louis) 2009, "Un édifice polyphasé singulièrement polylithique : l'église paroissiale de Sizun (Finistère), Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 2009, t. CXXXVII, p. 115-130.

— COUFFON (René) et Alfred Le Bars, 1988, Diocèse de Quimper et de Léon : Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association Diocésaine de Quimper, 1988, p. 416-420.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/54730d797d70be488e00757c7d0fcef7.pdf

— DITTMAR (Pierre-Olivier), RAVAUX (Jean-Pierre), 2006,  « Significations et valeur d'usage : le cas des gargouilles de Notre-Dame de L'Epine », Etudes marnaises,‎ 2006, t.CCXXIII, p.46-50. 

https://www.academia.edu/6446935/_Significations_et_valeur_d_usage_des_gargouilles_le_cas_de_Notre-Dame_de_l_Epine_avec_J.-P._Ravaux_Notre-Dame_de_LEpine_1406_-_2006._Actes_du_colloque_international._LEpine-Ch%C3%A2lons_15_et_16_septembre_2006_t._II_2008_Etudes_Marnaises_t._CXXIII_p._38-80

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

 

— VIOLLET-LE-DUC (Eugène ) 1854-1868, « Gargouille », Dictionnaire raisonné de l’architecture française, Paris, Bance-Morel, , t.VI, p.24-28. 

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Gargouille

— Wikipédia "Gargouille".

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gargouille

— Topic-topos : Sizun

http://fr.topic-topos.com/eglise-saint-suliau-sizun

— Infobretagne : Sizun

http://www.infobretagne.com/enclos-sizun.htm

— SPREV :

http://www.sprev.org/centre-sprev/sizun-enclos-paroissial-saint-suliau/

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Published by jean-yves cordier - dans Sizun
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 19:34

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Dans le cadre de la restauration depuis 2007 de la charpente de l'église de Brennilis supervisé par Marie-Suzanne de Ponthaud, architecte en chef des Monuments historiques  après diagnostic en 2006, les entraits, culots, sablières, blochets et corniches ont été restaurées entre 2010 et 2013 par le sculpteur rennais Thierry Laudren. Restaurées, ou plus exactement créées à neuf pour beaucoup de sculptures.

http://www.thierrylaudren.fr/Mon_Hist/Brennilis.html

 

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Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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LES BLOCHETS.

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Blochet de la croisée du transept, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la croisée du transept, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la croisée du transept, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la croisée du transept, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la croisée du transept, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la croisée du transept, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la croisée du transept, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la croisée du transept, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet et sablière, nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet et sablière, nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Blochet de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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LES SABLIERES.

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Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Sablière de la nef, église de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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Sur l'église de Brennilis :


 

— Site Infobretagne contenant les texte des chanoines Peyron et Abgrall :

http://www.infobretagne.com/brennilis.htm

— Inventaire descriptif de l'église de Brennilis fait pendant l'été 1983. Tapuscrit conservé à la bibliothèque du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71e51d7ff370034408d2b2e0ebdb6061.pdf

— ABGRALL, (Jean-Marie) 1904 Notice sur Brennilis, Bulletin Diocésain d'Histoire et d'Archéologie BDHA 1904 page 95-101 :

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/af488ed0b5ac10edd2fb9441496254a9.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de Kerangal, Quimper pages 283-284.

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n317/mode/2up/search/brennilis

AncreAncre  

— COMBOT (recteur de Brennilis), 1856, Note sur l'église de Brennilis,  cité dans BDHA 1904.

— COUFFON , Le Bars, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8f6bfc6f028b1a3a6cf67e7cd7c3578f.pdf

 

PEYRON, 1910, Eglises et chapelles, Bulletin Société archéologique du Finistère t. XXXVII pp. 293-294.

 

— THIERRY LAUDREN : 

— Photographie des sablières restaurées

http://www.thierrylaudren.fr/Mon_Hist/Brennilis.html

http://www.thierrylaudren.fr/Mon_Hist/Brennilis_restaure.html

http://www.thierrylaudren.fr/Mon_Hist/Brennilis_restaure_p2.html

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Published by jean-yves cordier - dans Brennilis. Sablières Blochets
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 14:06

La Vierge à l'Enfant et à la démone (Bastien Prigent, 1527-1577) de la Collégiale du Folgoët (29).

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Au Folgoët, l'Atelier Prigent a sculpté la Pietà du calvaire,  le groupe (dissocié) de saint Yves entre le Riche et le Pauvre de l'angle sud-ouest de la façade, ainsi que le Christ aux liens, et les deux Vierges à l'Enfant de la façade sud : ces œuvres sont décrites dans mon article La Collégiale du Folgoët V : les statues.

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Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

Et (articles non rédigés) :

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 Cette statue de kersanton daterait du XVe siècle, époque de la fondation du sanctuaire  à la suite d'un vœu du duc de Bretagne Jean IV de Bretagne, qui fut réalisé par son fils Jean V, qui  l'élève en église collégiale le 10 juillet 1422. Une inscription lapidaire de la façade porte le millésime de 1423. 

Elle serait donc représentative des choix et des dévotions du cercle de la cour ducale de Jean V. Mais elle relève aussi  directement du culte marial car la tradition attribue la fondation de la chapelle au souvenir d'un "fou du bois" (Fol-Coat), un innocent nommé Salaün ou Salomon qui  ne connaissait que deux mots, AVE MARIA, qu'il répétait constamment. Après sa mort vers 1360, un lys poussa sur sa sépulture, qui portait ces deux mots inscrits en lettres d’or sur ses pétales. 

Néanmoins, selon J-M. Guillouet,

"la plus grande prudence s’impose [dans la datation de] la série de niches abritant de nombreuses sculptures en granit ou en kersanton qui ont contribué à la renommée de l’église. Malheureusement, la provenance et la datation de la plupart de ces sculptures, sinon de toutes, ne peuvent être établies avec certitude. Le sanctuaire a en effet très durement souffert pendant la Révolution quand son décor sculpté a été totalement vandalisé. Au début du XIXe siècle, l’église du Folgoët se trouvait presque entièrement dépourvue de sculptures et celles qui subsistaient alors se trouvaient dégradées.  Une lettre du chanoine J.-M. Guéguen, adressée le 9 octobre 1947 au Directeur de l’architecture du Ministère, apporte ici un témoignage troublant quant à l’authenticité des sculptures visibles aujourd’hui. L’ecclésiastique rappelle en effet que, pendant la Révolution, « toutes les statues tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, furent renversées et mutilées » et que l’un de ses prédécesseurs « en 1895, fit remettre sur quelques-uns des socles de l’extérieur, des statues diverses, provenant d’anciennes chapelles démolies ou abandonnées  [...] Ainsi la documentation disponible montre qu’il est aujourd’hui hasardeux, sinon périlleux, d’analyser sans précaution la statuaire du Folgoët pour tenter de la replacer dans le concert plus large de la sculpture bretonne du XVe siècle."

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En réalité, Emmanuelle Le Seac'h l'attribue à Bastien Prigent, responsable d'un atelier de sculpture sur Kersanton à Landerneau entre 1527 et 1577, et déjà auteur de la Vierge à l'Enfant du portail sud, ou de la Pietà du calvaire.

"A coté, une Vierge à l'Enfant est du même style avec une exécution particulièrement soignée des détails sur l'agrafe en forme de maille du manteau ou la boucle du nœud resserrant la robe. Son visage est plus doux, la commissure des lèvres est légèrement creusée, laissant se dessiner un léger sourire. Elle ne porte pas de sourire, mais un bandeau de tissu qui retient ses cheveux sur le coté. L'Enfant-Jésus est plus remuant, un pied levé en signe d'agitation. La Vierge écrase une démone-serpent dotée de deux petites cornes courtes sur la tête et de mains crochues tenant l a pomme du Paradis terrestre." (page 160)

Elle repose sur un culot du mur extérieur sud, et mesure 1,20 m de haut.

La Vierge, les yeux baissés, est vêtue d'une cape aux pans rapprochés par une chaîne. Sa chevelure est maintenue par cette coiffure en "chouchou" ou bandeau occipital que je ne cesse de remarquer dans la statuaire bretonne mariale : c'est ici un voile plissé en épais godrons.

Elle appartient donc au groupe des 11 Vierges à la démone au bandeau occipital dont j'ai donné la liste ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/la-chapelle-saint-sebastien-en-saint-segal-la-vierge-a-la-demone-et-le-retable-nord.html

 La robe est resserrée par une ceinture nouée. La main droite tenait un objet désormais brisé, sans-doute une fleur et vraisemblablement un lys. La main gauche soutient la hanche de l'Enfant, qui est assis sur l'avant-bras. Cheveux frisés, vêtu d'une robe longue, pieds nus, il tient un livre ouvert, mais ses yeux mi-clos regarde au loin. 

La démone est décrite ainsi par H. Amemiya 2005 p.86 :

"Représentation semi-humaine : couchée sur le coté devant le croissant, sous le pied gauche de la Vierge, tête à droite. Visage aux traits réguliers. Deux courtes cornes émergent de sa chevelure longue au niveau du front. Les mains ont quatre doigts et des ongles pointus. Dans la droite, une pomme serrée contre le sein droit. La gauche repose sur le buste, sous le sein gauche. Seins légèrement arrondis. Au niveau de la taille, partant sous l'ombilic, on voit une coupure (ou une ceinture) en forme de V, caractéristique fréquente de la sirène. De là, le corps prend la forme d'une queue de serpent bifurique, l'élément supérieur remonte le long de la jambe gauche de la Vierge, l'inférieur tourne horizontalement vers l'arrière."

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Vierge à l'Enfant et à la démone, église Notre-Dame, Le Folgoët (29). Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant et à la démone, église Notre-Dame, Le Folgoët (29). Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko), 1996,  Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes . Thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129 . Résumé : Le thème principal de cette étude est de voir quel rôle la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joué au Japon et en Bretagne, à travers les récits relatifs à l'epouse surnaturelle. Pour la Bretagne, les recherches s'étendent également sur l'iconographie religieuse representant l'être semi-humain telles la sirène et la femme-serpent. La région conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siecles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'epanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux facons en Bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'etudier leur compatibilite dans leur contexte socioculturel. Les recits qui traitent le thème du mariage entre l'être humain et l'être non-humain révèlent la conception de l'univers d'une societé. L'autre monde ou les êtres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet à la societé de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprématie du fondateur du Japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mère du royaume maritime, alors qu'en Bretagne, la destruction de la cité légendaire d'Is est causée par une fille maudite née d'une fée. Le premier volume de cette étude est composé de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au Japon, ii. Recits relatifs au mariage au Japon et en Bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxieme volume est un inventaire des différents types de representation semi-humaine en Bretagne.

— GUILLOUET (Jean-Marie), 2009, « Le Folgoët, collégiale Notre-Dame », dans Congrès archéologique de France (Finistère – 2007), 2009, pp. 166-176. 

 https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00557740/document

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.

 

— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

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Published by jean-yves cordier - dans Vierges à la démone. Le Folgoët
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 13:40

Selon le dossier de la DRAC consulté par Hiroko Amemiya, qui présente cette Vierge à la page 66 de son ouvrage Vierge ou démone, cette statue date du XVIIIe siècle. Origine inconnue, don de Mme Thierry, déposé au Musée Religieux 1941-1961 déposé au château de Kerjean . Placée en 1961 (?) à Saint-Louis.

Elle occupe aujourd'hui l'angle sud-est de la chapelle absidiale du Saint-Sacrement. Pour cette raison (Adoration Perpétuelle), afin de ne pas troubler le recueillement du lieu, les photographies de la Démone, prises de loin dans une pénombre relative, ne seront pas fameuses. Le but de cet article est de contribuer à l'iconographie en ligne de ces "Vierges à l'Enfant foulant une représentation semi-humaine" dont Hiroko Amemiya a recensé 42 spécimens en Bretagne.

Elle est décrite ainsi :

"H : 1,90 m, bois, monochromie récente, badigeonnée d'or qui laisse entrevoir le rouge au pan du manteau. 

Représentation semi-humaine : couchée sur le dos, sous le pied gauche de la Vierge, tête  à droite. Visage tourné vers la Vierge, une petite corne émerge du front gauche d'une longue chevelure brune. L'oreille droite est grande, rouge à l'intérieur. La main droite et les pieds manquent. Seins globuleux aux mamelons marqués, abdomen musclé. Petit corps entièrement peint en noir doré." (H. Amemiya 2005 p. 66)

 

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Vierge à l'Enfant, église Saint-Louis, Brest. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, église Saint-Louis, Brest. Photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant, église Saint-Louis, Brest. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, église Saint-Louis, Brest. Photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant, église Saint-Louis, Brest. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, église Saint-Louis, Brest. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko), 1996,  Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes . Thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129 . Résumé : Le thème principal de cette étude est de voir quel rôle la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joué au Japon et en Bretagne, à travers les récits relatifs à l'epouse surnaturelle. Pour la Bretagne, les recherches s'étendent également sur l'iconographie religieuse representant l'être semi-humain telles la sirène et la femme-serpent. La région conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siecles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'epanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux facons en Bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'etudier leur compatibilite dans leur contexte socioculturel. Les recits qui traitent le thème du mariage entre l'être humain et l'être non-humain révèlent la conception de l'univers d'une societé. L'autre monde ou les êtres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet à la societé de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprématie du fondateur du Japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mère du royaume maritime, alors qu'en Bretagne, la destruction de la cité légendaire d'Is est causée par une fille maudite née d'une fée. Le premier volume de cette étude est composé de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au Japon, ii. Recits relatifs au mariage au Japon et en Bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxieme volume est un inventaire des différents types de representation semi-humaine en Bretagne.

 

— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

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Published by jean-yves cordier - dans Vierges à la démone. Brest
26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 15:46

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Présentation.

Dans les boiseries néo-gothiques de l'autel latéral sud , sous le vitrail de la baie n°2, ont été encastrés douze petits panneaux de bois en bas-relief, de 44,5 cm de haut et 24 cm de large, sans polychromie, représentant les douze Sibylles,et datant du XVIe siècle. Les Sibylles sont toutes habillées à la mode de Catherine de Médicis. Dans l'Antiquité gréco-romaine, les sibylles passent pour avoir reçu d'une divinité le don de prédire l'avenir. À l'époque de la Renaissance, des théologiens leur prêtent la prédiction des mystères de l'Incarnation et de la Rédemption, d'où leur représentation dans l'art chrétien. Chacune d'entre elles est identifiable grâce à des attributs.

Les douze sibylles en un coup d'œil :

 

Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.

Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.

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L'étude iconographique d'Émile Mâle.

Le thème iconographique des Sibylles a été étudié de manière exemplaire par Émile Mâle, qui lui a consacré sa thèse en latin (Quomodo Sibyllas...1899), et un important chapitre de L'Art religieux de la fin du Moyen-Âge (1922). C'est au milieu du XVe siècle qu'en Italie autour de Cosme de Médicis et de son Académie de Florence se développa la pensée néoplatonicienne et la tentative par Marcile Ficin d'une synthèse du Christianisme et du Platonisme dans son Traité de la religion chrétienne (De Christiana religione), paru en 1474.  Marsile Ficin invoque alors l’autorité des sibylles et élève Platon au rang des prophètes. En effet, dans ce courant de traduction des textes grecs et latins de l'Antiquité et de revalorisation de la profondeur de la pensée antique, il parut nécessaire de montrer que Dieu n'avait pas réservé aux Prophètes hébreux les préfigurations annonçant la venue de son Fils, et que les Sibylles, prophétesses de la Grèce, de l'Italie et de l'Asie Mineure avaient annoncé aux païens la venue du Sauveur et les épisodes de sa Vie : le paganisme, lui aussi, avait été inspiré et prophétique. "La sibylle est en effet pour le moyen âge un profond symbole. Elle est la voix du vieux monde. Toute l’antiquité parle par sa bouche."

Varron, au 1er siècle av. J.-C., avait décrit dix Sibylles, et après Isidore de Séville au VIIe siècle, (Etymologies VIII,8), puis le Pseudo-Bède, Raban Maur, Vincent de Beauvais les avaient nommées au XIIIe siècle  au chapitre C-CII du Speculum historiale  ; mais les artistes n'en représentaient que deux :  la terrible Érythréenne qui avait annoncé le Jugement Dernier ; et la Sibylle de Tibur.

 

Dans la seconde moitié du XVe siècle, après la publication en 1465 en Italie de l’édition princeps des Institutions divines de Lactance (250 – vers 325), apologiste chrétien du temps de l’empereur Constantin, et les nombreuses rééditions qui suivront (en 1468, 1470, 1471, 1474 et 1478) , on voit les dix Sibylles apparaître dans toute l'Europe. A chacune est attribué  un oracle, tiré des Institutions Divines de Lactance (vers 321), qui a lui-même puisé dans les Livres Sibyllins.

Les prophétesses apparaissent sur les murs du palais Orsini avant 1438, puis dans un Mystère de l'Annonciation joué à Florence en 1471, puis/et sur les gravures de Baccio Baldini vers 1470-1480.

Puis, en 1481, un dominicain nommé Filippo Barbieri fit paraître un livre (Discordantiae nonnullae inter sanctum Hieronymum et Augustinum)  proposant d'autres oracles que ceux de Lactance, et rapprochant chaque oracle des Sibylles d'un verset d'un Prophète hébreu. C'est lui qui fixe à chaque sibylle un âge, un attribut et un costume propre.  Mais il fait passer le nombre des Sibylles à douze de sorte que leur nombre  corresponde au nombre de prophètes mineurs : la sibylle Agrippine et la sibylle Européenne se sont alors ajoutées à la liste. Dès lors, les 12 Sibylles apparaissent partout en Italie, comme dans le pavement de la cathédrale de Sienne en 1483, ou dans les Appartements Borgia (1492-1494) peints par Bernardino Pinturicchio. Et de 1508 à 1512, Michel-Ange les peint au plafond de la Chapelle Sixtine.

En 1506, 8 d'entre elles apparaissent à la cathédrale d'Amiens, fidèles aux textes et aux descriptions de Filipo Barbieri, mais ailleurs en France, les artistes vont combiner les oracles des Sibylles de Lactance et celles de Barbieri . Et dès avant 1489, on trouve ces 12 Sibylles "françaises" dans un livre d'Heures, celui de Louis de Laval Bnf latin 920.

"On voit maintenant en quoi les Sibylles françaises diffèrent des Sibylles italiennes. Les Sibylles de Filippo Barbieri n'annoncent qu'une chose : l'avènement d'un Sauveur qui doit naître miraculeusement d'une Vierge. Les Sibylles françaises en savent davantage : elles ne parlent pas seulement de la naissance surnaturelle du Fils de Dieu, elles parlent encore de son enfance, de ses souffrances, de sa mort, de sa résurrection". Lactance complète Filippo Barbieri. Les attributs que portent nos Sibylles ont un sens : ils racontent en abrégé la vie de Jésus-Christ. Elles-mêmes ne sont pas placées au hasard, mais rangées dans un ordre savant : en tête se voient celles qui annoncent qu'un Sauveur va naître; puis viennent celles qui parlent de sa naissance, de son enfance; puis celles qui décrivent sa Passion, sa mort, sa résurrection. Les Sibylles françaises l'emportent donc sur les Sibylles italiennes : elles témoignent de cet amour de la  méthode, de la clarté, qui, dès le XIIIe siècle, est la marque de nos artistes " (Émile Mâle, )

 Elles sont désignées par leur lieu d’origine :  la Cimmérienne est née au bord de la Mer Noire (Crimée ?), la Persique en Perse et la Phrygienne en Anatolie. La Samienne est née sur  l'île de Samos, l'Erythréenne, de la cité disparue d'Erythrées, sur la côte Ionienne en face de Chio. L'Hellespont est une ancienne province romaine d'Asie Mineure. D'Afrique venaient la Libyenne et l'Agrippa, une déformation probable d'Aegypta, selon Emile Mâle. Quant aux Sibylles d'Europe, la Delphique est la Pythie de Delphes en Grèce,  , la Cuméenne et la Tiburtine, viennent respectivement de Cumes près de Naples et de Tivoli près de Rome, en Italie ; et  Europa était une province romaine en Thrace. 

 

 

Le Livre d'Heures de Louis de Laval.

Il nous intéressera à plus d'un titre. D'abord, sa date (antérieure à 1489) est proche de celle de la fondation de la chapelle de Brennilis en 1485. La série des Sibylles date de "peu de temps après 1470-1475". Surtout, il accompagne chaque enluminure des Sibylles de descriptions (latines) et d'une page d'enluminure typologique avec trois références à l'Ancien et au Nouveau Testament. Enfin, dans une double page (folio 50v et 51r), Louis de Laval y est peint agenouillé devant la Vierge à l'Enfant et l'inscription répétée deux fois sancta et immaculata virginitas, témoignant de l'importance du culte marial et de la thèse immaculiste pour Louis de Laval.

Le manuscrit a été réalisé en plusieurs campagnes de décorations, entremêlées de manière complexe : la première grande campagne vers 1470-1475 : 96 miniatures en pleine page marquant le début de chaque grand chapitre du livre d'heures (f.30 à 342) ainsi que les miniatures situées dans les marges latérales du texte. Ces décorations sont réalisée d'abord par le Maître du Missel de Yale (f.300 à 312) et son atelier puis par le peintre de Bourges Jean Colombe, aidé de deux collaborateurs de style fouquetien pour les visages des personnages. Très peu de temps après, est ajouté le cycle des sibylles (f.17-29v : cycle de miniatures en pleine page), par Jean Colombe en compagnie d'un des deux collaborateurs qui est intervenu encore une fois sur les visages des personnages. Cette campagne est fortement marquée par l'influence de Jean Fouquet, plusieurs composition du maître tourangeau étant reprises, du Livre d'heures d'Étienne Chevalier notamment".

Entre 1490 et 1500 a été réalisé en quasi copie Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes .

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Les Sibylles de Notre-Dame de Brennilis, expression d'un culte marial de la Sainte Conception ?

Il faut re-situer ces Sibylles de Brennilis dans le programme de décor de l'église pour en percevoir le sens. Dans un sanctuaire voué à Notre-Dame, et témoignant de l'influence franciscaine, la Vierge à l'Enfant foulant la Démone (niche à volets du chœur) affirmait l'importance du culte de Marie triomphant du Péché, tandis que les volets illustraient l'Annonciation et les mots Ave gratia plena.  La baie n°1 (vers 1498) montrant la Vierge dans le ventre de sa mère sainte Anne à coté de la mention "Chaste Mariage" et "Sainte Conception" insistait de manière spectaculaire sur la croyance en la conception immaculée (indemne du Péché Originel) de la Mère du Sauveur. La maîtresse-vitre (vers 1500) montrait 8 scènes de la Vie de la Vierge. Le maître-autel portait un retable dont les sept panneaux reprennent également les épisodes de la Vie de la Vierge.  Chacune de ces œuvres mettait en pleine lumière des décors peints que les paroissiens (notamment les membres de la Fabrique), les recteurs  et les seigneurs (famille de Berrien puis de Quélen-Vieux-Chastel) pouvaient retrouver dans leurs livres de prières, les bréviaires, missels et livres d'Heures sous forme d'enluminures : notamment  les huit enluminures du Petit Office de la Vierge. En un mot, la chapelle devenait elle-même le cadre permanent de cet Office.

Or, le culte marial s'appuie, dès le XIIe siècle mais avec une vigueur plus forte au XVe siècle, sur une lecture typologique qui démontre que la virginité, la royauté (couronnement), la conception immaculée, et la maternité d'un Fils Sauveur du Monde sont annoncés dans l'Ancien Testament. Ces relations entre l'Écriture et le culte de Marie sont développés dans des textes, des oraisons, des litanies, des œuvres artistiques comme les Arbres de Jessé, les Annonciations à la Licorne, les Vierges aux symboles bibliques (litanies), les Vierges en Ève nouvelle foulant la Démone, les Vierges sur un croissant de lune en femme de l'Apocalypse, les Vierges allaitantes et Vierges couchées etc., avec une forte densité en Finistère. Cette pensée typologique est déjà présente dans l'Évangile de Matthieu, qui fourmille de citations de versets bibliques. Les 12 prophétesses antiques ont été associées par Lactance des oracles concernant (Mâle, p. 257) Dieu, le Christ,  le Christ considéré comme Rédempteur, les miracles du Christ,  la Passion du Christ,  la mort du Christ, sa Résurrection, et  le Jugement dernier. Mais dans un livre publié en 1481, mais dont le manuscrit circulait depuis une date antérieure, Filippo Barbieri (1426-1487) va introduire à coté de ces thèmes christiques des prédictions concernant le rôle de la Vierge et on peut considérer que dans son livre, les Sibylles sont reliées pour 7 d'entre elles à  la Vie de la Vierge, et pour les 5 autres à la Passion du Christ. L'importance de cette redistribution des vaticinations en faveur de Marie n'a pas été soulignée par Émile Mâle. Elle apparaît évidente dans les double-pages des Heures de Louis de Laval , qui suivent un ordre chronologique, qui était peut-être celui des Sibylles de Brennilis avant leur réaménagement. 

Mon catalogue de la typologie des douze Sibylles (Filippo da Barbieri, XVe siècle) complété en italique d'après J-M. Roessli :

    Vie de la Vierge :

    • 1. La Persique tenant la lanterne et foulant un serpent : annonce la Vierge  foulant le serpent.  Immaculée Conception : Incarnation : la Vierge donne naissance à celui qui se dira Lumière du Monde.

    • 2. La Libyque tenant un cierge: la Vierge et l'Enfant apportant cette Lumière. Manifestation aux Gentils. 

    • 3. L'Erythréenne tenant la fleur: Annonciation. Conception virginale.

    • 4. La Cuméenne tenant un bol (une boule)  : Virginité (ou Venue d'un enfant).  Naissance dans une crèche

    • 5. La Samienne tenant un berceau : Nativité / Annonce aux Bergers.

    • 6. Cimmérienne tenant une corne (biberon) : allaitement de l'Enfant  par la Vierge 

    • 7. L'Européenne tenant une épée : Fuite en Égypte pour fuir le Massacre des saints Innocents.

    Passion et Christologie :

    • 8. La Tiburtine tenant une main : Passion (Jésus giflé par les bourreaux)

    • 9. L'Agrippine : Flagellation.

    • 10. La Delphique tenant une couronne : Couronnement d'épines de la Passion. Incarnation.

    • 11. L'Hellespontine tenant une croix  : Crucifixion. Incarnation et Passion

    • 12. La Phrygique tenant un étendard crucifère : Résurrection

     

     

    Autrement dit, comme les 7 volets de l'autel, comme les 8 panneaux de la maîtresse-vitre, les 12 panneaux de Sibylles illustrent, rappellent ou commentent les textes évangéliques, les textes liturgiques de l'Office divin et du Petit office de la Vierge tout en rappelant les vérités de la Foi chrétienne. 

    Je donnerai pour chaque Sibylle son nom, son attribut, l'événement qu'elle a annoncée, son âge (selon les textes de référence), son origine géographique, puis les inscriptions latines qui la concernent dans les gravures de Baldini, le livre de Barbieri, les Heures de Louis de Laval (selon la description d'Émile Mâle), et les relations typologiques que ce manuscrit développe, avec notamment le prophète biblique qui lui est associé.

    Je suggère de porter une attention spéciale aux très nombreuses mentions de la virginité de Marie et au thème de la conception ou de la petite enfance. 

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    Retable des 12 Sibylles, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    Retable des 12 Sibylles, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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    I. LA PARTIE BASSE OU COFFRE D'AUTEL.

    8 panneaux.

     

     

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    1.  La Sibylle Lybique portant  une torche (ressemblant à trois clous). Sur le coté nord (gauche) de l'autel : 

    — Description : la Sibylle est coiffée d'un bonnet pointu dont la base est un turban ou rouleau torsadé. Visage joufflu, cheveux longs. Manteau long et à manches très amples mais courtes. Robe plissée sous la ceinture, à bustier à encolure carrée. Chemise sans col. Manches d'avant-bras à crevés et fraises aux poignets. La main gauche retient le pan du manteau.  Attribut : une gerbe de trois objets prismatiques pointus. 

    Classiquement, la Libyque, âgée de 24 ans,  porte la torche flamboyante, symbole de la Lumière qui vient en ce monde repousser les ténèbres, et qui annonce la naissance du Sauveur. Mais ici, à  Brennilis, différents auteurs ont cru reconnaître dans l'objet qu'elle tient  trois clous semblables à ceux que présentent les anges honorant les instruments de la Passion du Christ. Je pense qu'il s'agit d'une erreur d'interprétation, certes répétée partout, et je suggère de penser que l'artiste a maladroitement sculpté ici  les trois flammes du flambeau habituel. Je note que tous les textes associent la Lybique à la Lumière, et jamais aux trois clous de la Crucifixion. Émile Mâle ne les mentionnent jamais.

    — Fille du dieu Zeus et de la fille de Poséidon, la Sibylle libyque est une prêtresse et une prophétesse qui  présidait l'oracle de Zeus et Ammon dans l'oasis de Siwa dans le désert de Libye. Elle aurait été mentionnée par Euripide.

    — Baccio Baldini (1470-1480) : SIbILLA·LIbICA· (S à rebours). Assise dans un jardin, coiffée d’un chapeau conique à plumes, elle tourne les pages d’un livre posé sur ses genoux. Un cartouche porte l'inscription  Ecce venientem diem et latentia aperientem tenebit gremio gentium regina

    Tentative de traduction "Voici venir le jour ou sera révélé celui que la reine des nations  tiendra en son giron"

    Le poème est le suivant :

    Di Verra chellet terno signore

    Lume dara all cose nas cose

    Elegami iscora del nostro errore

    Fara le sinagoge luminose

    E solera belabra al pechatore

    Efie stadira di tute le chose

    Engendrenbo alla reina delle gente

    Se bra questore santo evivente

     — Filippo Barbieri (1481) : Sibylla Libyca ornata serto viridi et florido in capite, vestita pallio honesto et non multum juvenis sic ait : Ecce veniet dies et illuminabit condempsa [sic] tenebrarum et solventur nexus Sinagogae et desinent labia hominum et videbunt regem viventium ; tenebit illum in gremio virgo domina gentium et regnabit in misericordia et uterus matris erit statua [ou statera] cunctorum. "Elle porte une guirlande verte et fleurie  sur la tête, elle est vêtue d'une belle robe et elle n'est plus toute jeune." A défaut de pouvoir donner une traduction claire de la suite, je remarque que la Libyque est associée à la venue de la Lumière dissipant l'obscurité de la Synagogue, mais aussi à celle d'un Roi régnant dans la miséricorde et issu de l'utérus d'une Vierge . cf in gremio virgo, "dans le giron d'une vierge" et uterus matris.

    — Prophète associé par Barbieri : Jérémie 23:5  Ecce dies veniunt dicit Dominus et suscitabo David germen iustum et regnabit rex et sapiens erit et faciet iudicium et iustitiam in terra "Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où je susciterai à David un germe juste; Il régnera en roi et prospérera, Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays." 

    — Livre d'Heures de Louis de Laval  folio 18v: "La Sibylle Libyque  tient à la main un cierge allumé. L'inscription qui l'accompagne est ainsi conçue : « Sibylla Libyca, XXIV annorum, cujus meminit Euripides. Videtur clare vaticiriari de adventu Salvatoris cum prophetis. Ecce veniet deus et illuminabit condensa tenebrarum et solvet nexus Synagogœ... », etc. — La prophétie est empruntée au livre de Filippo Barbieri et l'auteur de l'inscription nous en explique le sens : la Sibylle, dit-il, annonce avec clarté l'avènement du Sauveur. C'est pourquoi l'artiste, voulant faire entendre que la prédiction de la Libyque était plus claire que celle de la Persique, lui a mis à la main, non pas une lanterne, mais un cierge allumé dont rien ne voile l'éclat." (E. Mâle)

    Je lis : Sibila Libica . XXIV annorum, cujus meminit Euripides. Videtur clare vaticinari de adventu Salvatoris cum prophetis. Ut infra/ Ecce veniet deus et illuminabit condensa tenebrarum, et solventur nexus Synagoge, et deficient labia hominum videbunt Regem viventuum et tenebit virgo illum in gremio domina gentium et regnabit in omnia et uterus matris eius erit statera cunctorum. 

     http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f47.vertical

    — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 19r : le prophète Isaïe et saint Jean.

    --L'enluminure supérieure montre dans une trouée du ciel la Vierge à l'Enfant présentée par la Sibylle (turban) à une foule de personnes à genoux. L'Enfant porte un phylactère où est inscrit le verset de  Jean 8:12 Ego sum lumen mundi "Je suis la lumière du monde. [Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres.]"  

    -- L'enluminure sous-jacente présente deux personnages tenant des phylactères : Isaïe 63 Venit lumen tuum Jerusalem et  saint Jean 1:9 Erat lux quae inluminat omnem hominem venientem in mundum " "Cette lumière était la véritable lumière qui en venant dans le monde éclaire tout homme".

     

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     La Sibylle Lybique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    La Sibylle Lybique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

    La Sibylle Lybique de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

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    2.  La Sibylle de Phrygie portant un étendard. Sur le devant d'autel, à gauche : 

    — Description : cette Sibylle est assez semblable par sa coiffure et ses vêtements à la Lybique, malgré l'existence d'un gland à l'extrémité du bonnet, d'une fraise courte autour du cou, un corsage plissé et une ceinture plus large et d'un col montant sur le manteau. Elle tient une longue croix tréflée où s'enroule  une bannière frappée d'une croix pattée : on reconnaît là l'étendard de la Résurrection, que tient, en iconographie, le Christ au sortir du tombeau.

    Son nom lui vient de la Phrygie, région d'Anatolie. 

    — Baccio Baldini (1470-1480):

    Assise sur des nuages ignés, elle porte un bonnet conique avec un turban, d’où s’échappe sa chevelure. Elle tient une banderole : Veniet desuper filius dei et firmabitur in celo consilium et virgo annunciabitur.

     

    Le poème est à peu près le suivant :

    Vidilo excelso iddio che fragellare

    Havea disposito lagente otinata

    Neisecol nostro che ciertomipare

    Sipossa dirpelle fatte peccata

    Ondadisposto suo figlio mandare

    I Virgine per voce annuntiata

    Pepla sua humilita sara posato

    E questa fiecagion torviel pechato

    — Filippo Barbieri : Sibylla Frigia, nata apud Phrygios, mediocris aetatis, habitu et mantello rubeo, in modum mulieris nuptae, licet virgo, de Christo sic dicit : Flagellabit dominus potentes terrae, et Olympo excelso veniet, et firmabit concilium in cœlo, et annuntiabitur virgo in vallibus desertorum.

    N.B On lit dans le manuscrit de l'Arsenal n° 243 :  Sibylla Phrigia, induta veste rubea, nudis brachiis, antiqua Saturnina facie, crinibus sparsis, digito indicaus, dicens sic : « Flagellabit dominus... »

    "La Sibylle Phrygienne, née en Phrygie, d'âge moyen, porte un costume et un manteau rose, comme il convient aux femmes mariées. "

     

    — Prophète associé  Malachie 3:1-2 : Ecce ego mittam angelum

    — Heures de Louis de Laval folio 28v

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f64.item.zoom

    "La Sibylle de Phrygie porte aussi une croix, mais c'est la longue croix ornée d'une bannière, qu'on appelle croix de résurrection. C'est cette croix triomphale que porte Jésus vainqueur de la mort, au moment où il s'élance hors du tombeau. Aux mains de la Sibylle de Phrygie elle ne peut donc rappeler que la Résurrection. Voici, en effet, le texte qui explique l'attribut : « Sibylla Phrygia, vetusta, hec vaticinata est de Christi resurrectione ut infra . Nascetur Christus in Bethléem, annuntiabitur in Nazareth, régnante Tauro pacifico . Suspendent illum in ligno, et occident, et nihil eis valebit, quia tertia die resurget et ostendet [se] discipulis suis, et ipsis videntibus, ascendet in cœlum et regni ejus non erit finis. » — Prophétie arrangée comme les autres, où l'on trouve un texte de Filippo Barbieri et des souvenirs de Lactance." (É. Mâle)

    — Typologie des  Heures de Louis de Laval folio 29r :

    L'enluminure supérieure montre la Résurrection : le Christ sort du tombeau vêtu de pourpre et tenant l'étendard. Une banderole porte le verset suivant : David Psaume 3:6 :  Ego dormivi [et soporatus sum ] exsurrexi. "Je me couche [je m'endors et ] je me réveille".

    L'enluminure inférieure confronte, sur un fond de colonnes,  le prophète Joël et saint Matthieu La  banderole de gauche indique  : In die ressurectionis meae congregabo gentes avec la mention Joelis tertio mais cete citation associe Joël 3:2 congregabo omnes gentes et Sophonie 3:8 In die ressurectionis meae in futurum quia iudicium meum ut congregem gentes. "le jour où je me lèverai comme témoin à charge puisque j'ai rendu mon arrêt: j'ai décidé de réunir les peuples".    La banderole de droite porte le verset de Matthieu 20:19  Et tertia die resurget,  "Et le troisième jour il ressuscitera".

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    La Sibylle de Phrygie, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    La Sibylle de Phrygie, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
    La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
    La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
    La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
    La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)

    La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)

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    3. La Sibylle de Samos tenant un berceau.

    — Description : Même coiffure, même visage, même fraise, même chemise que la précédente. Pas de manteau, mais une robe à la coupe très élégante,  aux manches bouffantes,  resserrée à la taille par une ceinture. Son col à bord découpé se prolonge par un élément en pointe, noué à son extrémité sur un gland frangé, et décoré d'une fleure en rosette, de pastilles et de boutons. Sous la ceinture, la courbe de l'abdomen est soulignée par une sangle perforée ou poinçonnée à laquelle est suspendu deux glands et nœuds en bouton. La Sibylle tient contre son épaule un berceau qui a la forme d'une petite boîte rectangulaire à pietement arrondi en patin permettant le bercement.  

    Cette Sibylle de  23 ans tient son nom de  l'île de Samos, où elle donnait ses oracles. Elle porte un berceau parce qu'elle avait entrevu la Vierge couchant l'enfant dans une crèche.

    — Baccio Baldini (1470-1480) : 

    Assise dans un jardin, coiffée d’un chapeau conique à plumes, elle tourne les pages d’un livre posé sur ses genoux. Ecce veniet et dives et pauper nascetur et bellue adopabunt

    Le oème est le suivant :

    Echo che presto neverra quel die

    Che lucera le tenebre serrate

    Escoglerassi no die profetie

    Della gran sinaghoga rilascate

    Saran le labbradelle gente pie

    Vedrassi ere deviventi e palpate

    El venir suo ingrenbo averginvera

    Che cosi mostra el cielo eogni spera

     

    — Filippo Barbieri (1481)  Sibylla Samia a Samo insula, nudum ensem sub pedibus, formosum pectus, subtileque velim capiti habens, sic ait : Ecce veniet dies et nascetur de paupercula et bestiae terrarum adorabunt eum et dicent «laudate eum in atriis cœlorum »La Samienne, de l'île de Samos, l'épée nue sous ses pieds, à la poitrine généreuse, ayant un fin voile sur la tête,  disait ceci : "Voici que viendra le jour où naîtra  un enfant d'un pauvre et toutes les  bêtes de la terre l'adoreront et elles diront "louez-le au plus haut des Cieux".

     

    — Prophète associé :   David, Psaume 71:11. — Adorabunt eum omnes reges terrae ; omnes gentes servient ei. "Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront".

    —Les Heures de Louis de Laval folio 21v :  "La Sibylle de Samos porte une crèche. L'inscription est ainsi conçue : Sibylla Samia, annorum XXIII . Videtur vaticinari de hoc quod virgo reclinavit puerum in praesepio. Ecce veniet dies et nascetur puer de paupercula, bestiae terrae adorabunt eum. " L'artiste et son collaborateur ont interprété ingénieusement le texte de Filippo Barbieri. Il est évident qu'ils ont voulu voir, dans « ces bêtes de la terre qui adoreront l'enfant », le bœuf et l'âne de la Nativité, Cette interprétation les amena tout naturellement à mettre une crèche aux mains de la Sibylle de Samos. 

    Je lis : Sibyla Samie. annorum XXIII. De qua Erasthoves scribit  videtur vaticinari de hoc quod virgo reclinavit puerum in presepio. Ut infra.

    / Ecce veniet dies et nascetur puer de paupercula, bestiae terrae adorabunt eum clamabunt et dicent "laudate eum in atris celorum.

     "La Sibyle de Samos. Age XXIII ans. Décrite par  Eratostène.[ Eratosthène trouva, dit-il, un oracle dans les anciennes annales des Samiens]. Elle a prophétisé qu'une Vierge placera un enfant dans un berceau".

    — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 22r :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f51.item

    L'enluminure supérieure montre une Nativité : la Vierge est penché vers l'Enfant couché sur la paille de la crèche, sous le regard de Joseph, du bœuf et de l'âne. Des bergers, de l'autre coté du mur, tendent la main vers l'enfant. Banderole David Psaume 68:30  Ego sum pauper dolens  "Moi je suis malheureux et souffrant".

    L'enluminure inférieure confronte Isaïe et saint Luc (taureau), tandis que les banderoles portent les versets d'Isaïe 1:3 Cognovit [bos possessorem suum et] asinus praesepe domini sui [Israhel non cognovit populus meus non intellexit]  "Le bœuf sait bien à qui il appartient et l'âne connaît la mangeoire où le nourrit le maître .." / et de Luc 2:7 Reclinavit eum in praesepio "Elle le coucha dans une mangeoire".

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    La Sibylle de Samos, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    La Sibylle de Samos, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
    Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
    Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
    Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)

    Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)

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     4.  La Sibylle Europa tenant une épée nue à la main, Le Massacre des Innocents. Au milieu du coffre de l'autel. 

    — Description : On retrouve ici le bourrelet (turban, balzo) au dessus de cheveux mi-longs, le visage rond, la fraise très courte autour du cou, le manteau dont le pan gauche revient en croisant vers le poignet gauche, la jupe plissée, une ceinture ornée d'une fleur, et un bustier . ce dernier est échancré en V, les deux pans étant réunis par deux pattes. La main droite tient verticalement une épée alors que la main gauche est ramenée vers la poitrine.

    — Baccio Baldini : 

    Assise dans l’herbe, la sibylle regarde un livre. Ses cheveux sont relevés en deux torsades fixées sur le sommet de sa tête couverte d’un voile. L'inscription  dit Veniet colles et montes transiens et in paupertate regnans eum silentio dominabitus et e virginis vase exiliet.

    Le poème est le suivant :

    Verra quel verbo eterno inmaculato

    E del vergine vaso uscira pora

    Perchui icholi emonti fia passato

    Chosi lasonmita dolinpo anchora

    Sotto gran poverta nel mondo nato

    Singnio regiando chon silensio omniora

    Chosi credo ecchonfesso echonoschio

    Vero figlioi diddio e duomo eddio

     

     

    — Philippo Barbieri :  Sibylla Europa, decora, juvenis, facie rutilans, velo subtilissimo capite ligata, induta veste aurea, de Christo sic ait : Veniet ille et transibit montes et colles et latices sylvarum Olympi ; regnabit in paupertate et dominabitur in silentio et egredietur de utero virginis.La Sibylle européenne,  jeune, d'allure élégante et le visage rayonnant,  porte un léger voile noué autour de sa tête, et est vêtue d'une robe dorée. Elle a dit ceci  au sujet du Christ: [...] Je traduis approximativement : "Voici qu'il viendra, traversant les monts et les bois et les ruisseaux des forêts de l'Olympe ; il  règnera dans la pauvreté, gouvernera dans le silence et sortira de l'utérus d'une vierge".

    ​La  vaticination de la Sibylle évoque les déclarations de l'Épouse dans le Cantique des cantiques 2:8 vox dilecti mei ecce iste venit saliens in montibus transiliens colles : "J'entends mon bien-aimé, oui, le voici, il vient, sautant sur les montagnes et bondissant sur les collines." Puis elle évoque le verset de Zacharie annonçant un roi humble et monté sur un âne, et enfin le verset d'Isaïe 11:1 Egredietur virga de radice Jesse. Il est donc difficile de ne pas voir dans le texte de Barbieri une volonté de faire de la prophétie d'Europa une préfiguration de la Vierge  donnant naissance au Christ Sauveur.  

     

     — Prophète associé : Zacharie 9: 9-10 : Exulta satis filia Sion iubila filia Hierusalem ecce rex tuus veniet tibi iustus et salvator ipse pauper et ascendens super asinum et super pullum filium asinae . " Sois transportée d'allégresse, fille de Sion! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem! Voici, ton roi vient à toi; Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, Sur un âne, le petit d'une ânesse."

    Livre d'Heures de Louis de Laval folio 23v

    "La Sibylle Europe tient à la main une épée nue. « Sibylla Europa, dit l'inscription, annorum XV, inter ceteras pulcherrima. Videtur vaticinari de fuga pueri cum maire ejus in Aegipto. Veniet ille et transiliet colles et montes et latices Olympi, regnabit in paupertate et dominabitur in silentio ». Rien de plus vague, il faut le reconnaître, que ces paroles prêtées par Filippo Barbieri à la belle Sibylle Europe. Elle parlait d'un Sauveur qui vivrait dans la pauvreté : cela suffisait à l'Italien. Mais notre théologien français était plus exigeant ; il lui fallait de la précision, même au prix de la subtilité. Il imagina que ce passage: « Il franchira les collines », se rapportait à la fuite en Egypte. Il décida donc que la Sibylle Europe aurait à la main une épée pour rappeler le massacre des Innocents et le danger auquel l'enfant échappa par la fuite. "(E. Mâle)

    — Lien typologique des Heures de Louis de Laval folio 24r : 

    Enluminure supérieure : Fuite en Égypte. Banderole David Psaume 1:8 :Ecce elongam fugiens "Je me suis éloigné par la fuite".

    Enluminure inférieure : Osée confronté à saint Matthieu (ange) avec les banderoles Osée 11 : Ex egypto vocavi filium meum. / Matthieu 2:13-15 Accipe puerum [et matrem eius] et fuge in Egyptum

     

     

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    La Sibylle Europa, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    La Sibylle Europa, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

    Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

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    5. La Sibylle Érythrée tenant une branche fleurie. L'Annonciation.

    — Description.

    Elle est coiffée du balzo ou turban, et porte un manteau mi-long au dessus d'un gilet à encolure carré et disposant, sous la ceinture, d'une poche plissée. La robe à encolure ronde retombe en plis arrondis. Les chaussures, à bout pointus, sont recouverts par un pan ondoyant. La Sibylle tient un rameau fleuri (trois fleurs à quatre ou cinq pétales) dans la main droite et lève la main gauche en un signe de bénédiction ou d'énonciation.

     

    la sibylle d'Érythrée, aussi appelée Hérophilé,  vient de la ville d'Ionie. C'est la fille de Théodoros et d'une nymphe de l'Ida de Troade. Hérophilé a la particularité de donner ses prédictions en vers. Elle a vécu au temps des Argonautes et de la guerre de Troie. Elle est décédée à l'âge de cent-dix ans et est enterrée à Troade. Mais certains disent que cette Sibylle d'Érythrées serait la même que celle de Cumes…

    "Parmi les nombreuses sibylles du monde antique, deux prophétesses vont acquérir auprès des premiers chrétiens un statut tout à fait privilégié : la Sibylle de Cumes, en raison de la prophétie “messianique” que ces mêmes premiers chrétiens ont voulu voir dans la quatrième Églogue de Virgile, et la Sibylle d’Érythrées, parce que c’est elle qui aurait chanté la parousie du Christ et le Jugement Dernier dans un célèbre acrostiche grec, qui a fait une entrée en force dans la chrétienté latine grâce à la traduction citée par Augustin dans la Cité de Dieu, XVIII, 23 travers les âges, puisqu’il est entré dans la liturgie du haut Moyen Âge par l’intermédiaire d’un sermon pseudo-augustinien qui le cite à la suite d’autres témoignages sur la divinité de Jésus, et qui a également inspiré des représentations théâtrales sacrées, ainsi que des compositions musicales du IXe au XVIe siècles. C’est sans doute à cette même Sibylle d’Érythrées que fait aussi allusion le Dies iræ attribué à Tomaso a Celano au XIIIe siècle, dans les fameux vers : « Dies iræ, dies illa, / Solvet sæclum in favilla, / Teste David cum Sibylla. »

    " Selon Joachim du Bellay (Défense et Illustration..), un évêque grec, Eusèbe prétendait que la Sibylle Érythrée avait prophétisé la naissance du Christ en plaçant au début des vers dans lesquelles elle rendait ses oracles chacune des lettres qui composent le nom du futur sauveur : J E S U S C H R I S T US SERVATOR CRUX.

    — Baccio Baldini (1470-1480). SIbILLA, ERITEA.

    Assise sur des nuages ignés, les pieds dans un cercle étoilé, elle porte un voile noir ; elle tient une épée et une banderole qui indique une phrase de Lactance : Et morte morietur tribus diebus somno suscepto et tunc ab inferis regressus ad lucem veniet primus

     

     — Filippo Barbieri : Sibylla nobilissima Erythraea, in Babylonia orta ; de Christo sic ait : In ultima autem aetate humiliabitur Deus et humanabitur proles divina, jungetur humanitati divinitas. Jacebit in feno agnus et officio puellari educabitur Deus et homo. Signa praecedent apud Apellas. Mulier vetustissima puerum praemium corripiet. Boetes orbis mirabitur, ducatum prœstabit ad ortum. . " La très noble  Sibylle Erythrée est née à Babylone. Elle a dit du Christ: ..." ..."

    Selon Émile Mâle : Il est possible qu' Apellas désigne les juifs (Cf. Horace, Sat. /, IV. v. 100 : a credat Judaens Apella »), Quant à la femme âgée, c'est peut-être la prophétesse Anne. Dans le manuscrit, la Sibylle Erythrée tient à la main une épée nue, ce qui mérite d'être noté".

     

    — Prophète associé : Ézéchiel 44:2.: Porta haec clausa erit.

    — Heures de Louis de Laval : folio 19v http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f57.vertical

    La Sibylle Érythrée tient une fleur. Au-dessus de sa tête on lit cette inscription : « Erithrœa [XV] annorum, dicta Eriphila. Videtur vaticiriari de Christi anriuntiatione per angelum facta. De excelso cœlorum habitaculo prospexit Deus humiles et nascetur in diebus novissimis de Virgine hebraea...», etc. L'oracle emprunté à Filippo Barbieri  peut se rapporter en effet, si l'on veut, à l'Annonciation. C'est ce que l'artiste a exprimé en donnant pour attribut à la Sibylle Érythrée une fleur. Car la fleur est, comme nous l'avons expliqué ailleurs , une sorte de symbole de L'Annonciation : entre la Vierge et l'ange Gabriel, les peintres, depuis le XIII e siècle, ne manquaient jamais de mettre un beau vase plein de roses blanches ou de lis." (Émile Mâle)

    Ma lecture : Sibila erithea. annorum dicta erophyla. Horta in Babilonia videtur vaticinari de Christi  annunciacione per angeli facta ut infra / De excelso celorum habitaculo prospexit Deus humiles suos. Et nascetur in diebus novissimis de virgine hebraea . Filius in cunabulis terre

    (même inscription pour la Sibylle de Pinturicchio)

    — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 20r : 

    Enluminure supérieure : l'Annonciation. Banderole de l'Ange Luc 1:28  Ave gratia plena dominus tecum ; banderole de Marie Luc 1:38  Ecce ancilla domini fiat [mihi] secundum verbum tuum

    Enluminure inférieure : Isaïe confronté à saint Luc (bœuf), avec les banderoles Isaïe 7:14 Ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitur nomen eius Emmanuel et Luc 1:31 Ecce concipies in utero et paries filium et vocabis eius Iesum

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    La Sibylle Erythrée, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    La Sibylle Erythrée, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

    La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
    La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

    La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

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    6. La Sibylle Delphique  et la couronne . 

    — Description.

    Elle est semblable aux précédentes par la coiffure, le visage, le manteau, la courte fraise, les manches à crevés. Un bracelet au poignet droit. La main et le bras gauche ne sont pas visibles, et il faut les imaginer tenant la couronne de deux torons tressés et le linge qui y passe. Ce n'est en aucun cas  une couronne d'épines (mais un trophée de vainqueur); par contre, le linge peut être comparé à celui dans lequel les anges présentent, en signe de respect, la couronne de la Passion. 

     

    — Baccio Baldini (vers 1470) : La Sibylle est sur une île : elle tient une très longue corne. elle est vêtue d'un manteau noir. On lit sur le Phylactère : "Nascetur propheta e virgine absque humana corruptione". : Le prophète naîtra d'une vierge sans "corruption humaine", sans acte sexuel."

    Le Poème est le suivant  : 

    Non e da eser lenta ma tranquilla

    Averta lopera e chonsiderare

    Dov el profeta grande a incharnare

    Lavenimento che alta villa

    Nel ventre verginal d'uman ancilla

    sanza congiunto d'uom mortal sa fare

    Eccho tal chosa fie sopra Natura

    Fatta per chuel chepuo che idio da ra

    — Filippo Barbieri : Sibilla Delphica vestita veste nigra et capillis circumligatis capiti, in manu cornu tenens et juvenis, quae ante Trojana belia vaticinata est, de qua Chrysippus ; ait : Nascetur propheta absque matris coitu ex virgin ejus. (le manuscrit de l'Arsenal  contient jus.)

     "La Sibylle Delphique est vêtue d'une robe noire et porte ses cheveux attachés autour de sa tête ; elle tient une corne et paraît  jeune; elle a parlé avant la guerre de Troie, comme  Chrysippe le dit. Elle a dit :  " Un prophète naîtra  d'une vierge, d'une mère sans accouplement ".

    La sibylle de Delphes tenait dans cette description une corne. Vers 1471, Baldini la représenta tenant une longue corne évoquant une corne d'abondance. La corne se transforme en couronne dans les Heures de Louis de Laval. 

    — Prophète associé : Jérémie  31:21 : Revertere virgo Israhel revertere ad civitates tuas istas "Reviens, vierge d'Israël, Reviens dans ces villes qui sont à toi!"

     

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    — Livre d'Heures de Louis de Laval folio 26v

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f60.item.zoom

    "La Sibylle Delphique tient à la main une couronne d'épines. Voici l'inscription : « Delphica, XX annorum. Vaticinatur de Christi coronatione . Nasci débet propheta absque maris coitu de femina nomine Maria ex stirpe Judaeorum, filius Dei, nomine Jésus, qui videbitur in manibus infidelium et corona spinea coronabitur.  "Nous rencontrons encore ici une prophétie composite, née de la combinaison d'un texte de Filippo Barbieri avec un texte de Lactance. La première partie de l'oracle se rapporte, comme tous ceux que donne Filippo Barbieri, à la naissance du Sauveur. Mais il fallait à notre théologien une phrase qui put s'appliquera la Passion: il la trouva dans Lactance qui fait prédire par la Sibylle le couronnement d'épines. Dès lors l'attribut de la Sibylle Delphique était tout indiqué." (E. Mâle)

    Ma lecture :  Sibila Delphica, XX. Hec autem bellum troyanum vaticinatur de Christi coronacione. Ut infra. / Huius prophecia est hec : Nasci debet prophetat absque maris coitu de femina nomine Maria ex stirpe Judaeorum, filius Dei, nomine Jesus, qui videbitur in manibus infidelium et corona spinea coronabitur. "Celle-ci prédit pendant la guerre de Troie le couronnement du Christ. Sa prophétie est la suivante : "Il naîtra un prophète par une mère fécondée sans accouplement  d'une femme nommée Marie et d'origine Juive, le fils de Dieu, du nom de Jésus, qui sera livré aux mains des infidèles et sera couronné d'épines".

     Émile Mâle passe sous silence les éléments concernant la virginité de la mère du "prophète" annoncé par cette Sibylle, alors que celle-ci est au centre des textes de Baldini, de Barbieri  et des Heures de Louis de Laval. 

    — Typologie des   Heures de Louis de Laval folio 27r :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f61.item.zoom

    Enluminure supérieure : Le couronnement d'épines avec sur la banderole le  Psaume 2:6 de David   ego autem constitutus sum ab eo rex "C'est moi qui ai établi mon roi sur Sion"

    Enluminure inférieure : le prophète Jérémie confronté à  saint Jean, avec les banderoles Jérémie 20:7 Factus sum in derisum tota die omnes subsannant me "A longueur de journée je suis un objet de risée, tous se moquent de moi". / Matthieu 27:29  Milites plectentes coronam de spinis posuerunt super caput eius. "Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'il posèrent sur sa tête". 

    Comparer avec la Sibylle de Delphes du Pinturicchio (1492-1494), associée au prophète Osée.

     https://it.wikipedia.org/wiki/Appartamento_Borgia#/media/File:Borgia_Apartment_019.jpg

     

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      La Sibylle Delphique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle Delphique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535
      La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535
      La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535
      La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535
      La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535

      La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535

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      7.  La Sibylle de Tibur  tenant un gantelet.  flanc sud du meuble.

      — Description : Elle est coiffée d'un bonnet conique terminé par un gland et s'évasant en larges bords découpés autour de la tête. La robe est plissée , serrée par une ceinture et orné de deux bandes de tissus circulaires à fleurs, losanges et boutons. L'encolure en V du  bustier très ajusté se termine par une broche en fleur. Les manches sont bouffantes et plissées aux bras, longues avec plis en accordéon aux avant-bras. La femme tient un gant (ou une main coupée) dans la main droite.

      La sibylle Tiburtine ou Albunéa tient son nom de Tibur, aujourd’hui Tivoli où se situent les ruines de son temple. La main qu'elle tient symbolise la main du garde qui a souffleté le Christ au cours de la Passion.

      — Frères Limbourg ; Riches Heures du duc de Berry 1410-1411. Folio 22r, La Vierge à l'Enfant, la Sibylle et l'empereur Auguste, illustrant l'Oraison à la Vierge.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Tr%C3%A8s_Riches_Heures_du_duc_de_Berry#/media/File:Folio_22r_-_The_Virgin,_the_Sibyl_and_the_Emperor_Augustus.jpg

      — Feo Belcari (1471) :

      Sara palpato l'invisibil verbo,

      E poi germinera come radice

      Seco sarai siccome il foglio acerbo

      E non apparira bello e felice :

      Gremio materno ne fara riserbo

      Dipoi piangera Dio come infelice

      E nascera di madre come Dio

      Poi tra gli altri usera com' uomo pio.

      — Baccio Baldini 1470-1478 :

      La Sibylla Tiburtina Assise est dans un jardin, les épaules couvertes d’une peau de bête, et coiffée d’un chapeau aux bords en forme de feuillage. Elle tient un livre ouvert d’où s’échappe une banderole où on lit Nascetur in bettelem in nasaret annum Tivbitur regnante quieto tauro. Le poème en italien est le suivant :

       Il gusto ddio alt tal mestier ma bito data

      Chi vabbl col mie dir manifestato

      Duna vergine cheffie nunsiata

      E nasaret te per lei abitata

      En bettalem sara manifestato

      La carne dove dio fie humanato

      E ben sara La sua mare filicie

      Che di tal figlo si sara p[er] notricie.

       

       

       — Filippo Barbieri : Sibylla Tyburtina (sic), quam Lactantius Tyburtem vocat, nomine A[l]bunea, quae Tyburi colitur ut dea juxta ripas amnis, in cujus gurgite simulacrum ejus inventum dicitur tenens in manu librum ; haec de Christo prophetavit : Nascetur Xristus in Bethleem et annunciabitur in Nazareth, regente Tauro pacifico, fundatore quietis : O felix mater cujus ubera illum lactabunt ! — Haec tunica crocea veslietur, violato mantello superimposito . "La Sibylle de Tibur, que Lactance nomme Tyburtem, nommée Albunéa, vivait près du Tibre et a été adoré comme la déesse de la rivière,  dans  les eaux de laquelle on dit qu'une statue d'elle, portant un livre, a été trouvée. Elle est vêtu d'une tunique dorée, recouvert d'un manteau pourpre.  Elle dit ceci du Christ :   " Il naîtra à Bethléem et sera révélé au taureau pacifique, fondateur calme. Ô heureuse la mère qui a allaité un tel fils !   ." 

      — Prophète associé selon Baldieri : Michée 5 :2 Et tu Bethleem  Ephrata parvulus es in milibus Iuda ex te mihi egredietur qui sit dominator in Israhel et egressus eius ab initio a diebus aeternitatis. " Et toi, Bethléhem Éphrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l'origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l'éternité. "

       

       

      —Livre d'heures de Louis de Laval folio 24v:

       http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f56.item.zoom

       "La Sibylle de Tibur tient une main coupée. L'inscription est assez longue ; en voici d'abord la première partie : « Sibylla Tiburtina, XX annorum, quae prophetavit Romanis et vaticinata est de Christi alapatione. Flagellabit homines potentes, excelsus veniet et firmabit consilium in coelo, annuntiabitur virgo in vallibus desertorum... » Ce texte emprunté à Filippo Barbieri est obscur et, à vrai dire, n'offre à l'esprit aucun sens précis. C'est pourquoi notre théologien, désespérant d'en rien tirer, y ajouta ce passage de Lactance : « In manibus infidelium postea veniet, dabunt Domino alapas, accipiens tacebit, ne quis agnoscat. » Au moins cette seconde partie de la prédiction est claire : il s'agit du commencement de la Passion et des soufflets que Jésus reçoit sans se plaindre. Aussi est-ce le passage de Lactance qui a déterminé le choix de l'attribut : cette main coupée, que la Sibylle de Tibur porte comme un trophée barbare, c'est la main sacrilège qui a frappé le Christ '. Voilà pour la jeune Sibylle une étrange parure. Mais quoi ! nous sommes encore au temps où l'on coupe la main du parricide et du profanateur. " (E. Mâle) 

      — Lien typologique : Livre d'heures de Louis de Laval folio 25r :

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f57.item.zoom

      Enluminure supérieure : La Passion : sous le regard du grand prètre, trois hommes lèvent la main sur le Christ qui est assis, les yeux bandés. Banderole Isaïe 50 :6 Ego faciem non averti ab conspuentibus  (faciem meam non averti ab increpantibus et conspuentibus in me) 

      Enluminure inférieure : David face au Christ (?).  Banderole  David psaume 69(68) :[quoniam propter te sustiniu obprobium] operuit confusio faciem meam "Car c'est pour toi que je porte l'opprobe, que la honte couvre mon visage". /  Marc 14:65 : [Et coeperunt quidam conspuere eum et velare faciem eius et colaphis eum caeder et dicere ei prophetiza et] ministri alapis eum caedebant " Et quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui voiler le visage et à le frapper à coups de poings, en lui disant : Devine ! Et les serviteurs le reçurent en lui donnant des soufflets".  

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      La Sibylle de Tibur, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle de Tibur, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle de Tibur selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle de Tibur selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle de Tibur selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle de Tibur selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

      La Sibylle de Tibur selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

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      II. LE RETABLE POSÉ AU DESSUS DE L'AUTEL.

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      8. La Sibylle Agrippa. Un fouet à deux lanières. Annonce la flagellation du Christ.

      — Description : Sa coiffure est un bonnet divisé en oves et cerclé d'un rang de grosses perles. Elle porte une cape à fermail (une languette et deux losanges) dont le pan gauche revient sur l'avant-bras, et une robe au col ras-du-cou et au bustier ouvert sur le devant. La ceinture, ou baudrier, est très particulier, par sa largeur, ses découpures en larges feuilles, ses poinçons et boutons, mais surtout parce que de larges lanières y sont suspendues, terminées par des glands en boutons. La Sibylle porte dans la main droite un bâton où sont accrochées deux cordes, réalisant un fouet.

      Le nom d' Agrippa est une déformation probable d'Aegypta, "l'égyptienne".

      — Baccio Baldini 1470-1478 :

      Assise sur un trône, elle montre de la main gauche le texte latin d’un livre grand ouvert sur ses genoux. On y lit : Hoc verbum invisibile tangi permittet et tan quam radices germinabit.

      —Filippo Barbieri  : Sibylla Agrippa sic ait de Christo : Invisibile verbum palpabitur et germinabit ut radix et siccabitur ut folium, et non apparebit venustas ejus et circumdabit eum alvus maternus et flebit Deus laetitia sempiterna et ab hominibus conculcabitur et nascetur ex matre ut Deus et conversabitur ut peccator.

      Selon Mâle, "le manuscrit donne quelques détails sur l'aspect et le costume de la Sibylle Agrippa : Sibylla Agrippa,  rosea vesta, cum chlamyde rosea, non multum juvenis, manum tenens in gremio quasi admirans et deorsum respiciens.

      — Prophète associé par Barbieri : Isaïe 53, 2-3.  Et ascendet sicut virgultum [...]

      — Heures de Louis de Laval folio 25v:

      "La Sibylle Agrippa porte un fouet. Au-dessus de sa tête on lit cette inscription :  Agrippa, XXX annorum. Vaticinatur de flagellatione. Invisibile verbum palpabitur. .. et conversabitur ut peccator.  Cette fois notre auteur a pensé que la phrase de Filippo Barbieri offrait un sens raisonnable. Il voulait y découvrir une nouvelle allusion à la Passion : il l'y a trouvée; mais il y a mis de la complaisance. Il est clair qu'il a traduit « verbum palpabitur » non pas par : « on pourra toucher le Verbe », mais par : « on frappera le Verbe ». Ce sens admis, il était tout naturel de donner un fouet comme attribut à la Sibylle Agrippa." (Émile Mâle)

      — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 26r  :

      Enluminure supérieure : Flagellation du Christ lié à la colonne. Banderole Psaume 37:18 de David Ego in flagella paratus "Je suis prêt au châtiment du fouet"  

      Enluminure inférieure : David (avec sa harpe) confronté au Christ (?) avec les banderoles Ps 128:3 Supra dorsum meum fabricabantur peccatores "Sur mon dos des laboureurs ont labouré" / Matthieu 27:26  Iesum autem flagellatum tradidit eis   " Après avoir fait battre de verges Jésus".

       

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      La Sibylle Agrippa, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle Agrippa, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
      La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
      La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
      La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
      La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

      La Sibylle Agrippa selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

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      9. La Sibylle Cimmérienne : une corne (un biberon) : annonce l'allaitement de Jésus.

      — Description.

      Le bonnet est relevé autour de la tête en larges bords découpés en feuilles. Le manteau, aux pans rassemblés par un bouton sous le menton, dégage les manches bouffantes et à crevés. L'élément le plus notable est un foulard noué devant la poitrine, et la boucle d'oreille en fleur.  La corne tenue de la main droite est longue, évoquant un olifant et ressemblant à celle que tient la Sibylle Delphique de Baldini.. 

       

       

      — Baccio Baldini 1470-1478 : 

      Assise sur des nuages ignés, elle tient un livre ouvert sur ses genoux. Sa tête est ornée de deux ailes maintenues par un ruban se terminant en deux volutes.  SIbILLA CHIMICHA.Sa banderole dit In pueritia sua cum facie pulcherrima puerum nutriet suo lacte i lacte celitus misso

      Le poème est le suivant :

      Una vergina santa in pueritia

      Cholla sua faccia gloriosa ebelle

      Notrira re delelt terna milisia

      Eber dellat te suo glidara puella

      Perla chui siuedra lacta laetitia

      Sopra avittoriale lasanta istella

      E sara vicitata da choloro

       

      Heglio ferranno incensio mira eoro

      —Filippo Barbieri : 

      Sibylla Emeria (lire « Cimmeria) in Italia nata, Chimica, vestita cœlestina veste deaurata, capillis per scapulas sparsis, et juvenis, de qua Ennius ; ait : In prima facie virginis scendet puella pulchra facie, prolixa capillis, sedens super sedem stratam [nutrit puerum] , dans ei ad comedendum vis proprium, id est lac de cœlo missum.

      "La sibylle Cimmeria, née en Italie, où on la nomme "Chimica" , est vêtue d'une robe bleue et or, avec les cheveux retombants sur les épaules. Ennius en parle. Elle a dit ceci  : ".???????????

      Prophète associé par Barbieri : Joël  2, 29.: In diebus illis effundam spiritum meum "En ces jours je répandrai mon esprit"... 

      — Les Heures de Louis de Laval folio 22v

      "La Sibylle Cimmérienne a pour attribut un vase en forme de corne, qui n'est pas autre chose qu'un biberon. L'inscription dit en effet : « Sibylla Cymeria, (annorum) XIIII Vaticinatur quo modo Virgo lacte t puerum. In prima facie virginis ascendit virgo quaedam... nutriens puerum, dans ei ad comedendum lac.. C'est donc l'allaitement d'un enfant par une vierge qu'annonce la prophétie. Il faut avouer qu'il n'était pas facile de trouver un attribut pour la Sibylle Cimmérienne : avec une naïveté qui fait sourire, l'artiste imagina de lui faire porter un biberon." (Émile Mâle)

      — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 23r :

      Enluminure supérieure : Marie allaite Jésus dans la crèche en présence de Joseph. Banderole David Psaume 101:10 Potum meum cum fletu miscebam "Je mêle des larmes à ma boisson"

      Enluminure inférieure : le prophète Isaïe confronté à saint Luc (taureau), avec les banderoles Isaïe 7:15  butyrum et mel comedet  "Il mangera de la crème et du miel"  / Luc 11:27   Beata ubera quae suxisti  "Heureuse les mamelles qui t'ont nourri".

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       La Sibylle cimmérienne, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle cimmérienne, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle Cimmérienne selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle Cimmérienne selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle Cimmérienne selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle Cimmérienne selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

      La Sibylle Cimmérienne selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

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      10. Sibylle Hellespontique tenant une grande croix. la Crucifixion.  Sur la porte du tabernacle. 

      — Description.

      Son costume est proche de celui de la Sibylle Persique. Son turban s'orne d'une fleur ou d'un nœud frontal. Même chevelure en mèches désordonnées. Courte fraise au ras du cou. Le manteau au col relevé n'est porté que sur le coté gauche, alors que le pan droit passe derrière l'épaule et est retenu par le bras opposé. Il dégage ainsi la robe bouffante sous l'épaule, se poursuivant par une manche rapportée cerclée d'anneaux d'étoffe et aux fins crevés. L'encolure de cette robe, carrée, est très basse, mettant en évidence la chemise plissée au col ornée de boutons. Sous une ceinture très haute, la robe aux plis ogivaux se mêle au pan du manteau. La croix est tenue de la main droite et repose sur l'épaule.  

      La sibylle hellespontine officiait à Dardanie, sur l'Hellespont. Née à Marpessos près de Troie, elle s’exprimait, selon Héraclite, « d’une bouche délirante, sans sourire, sans ornements, sans fards et sa voix parvenant au-delà de mille années grâce au dieu ». Elle rendait ses oracles sous la forme d'énigmes et les inscrivait sur des feuilles.

      — Baccio Baldini (1470-1480) : SIbILLA / ·ELISPONTICA.

      Assise sur un trône fait de branchages, elle tient un livre fermé et une banderole. Elle est coiffée d’un turban.  La banderole dit Ex excelso habitaculo. Respexit deus humiles et in terris novissimis diebus ex hebrea virgine nascetur

      Le poème  est le suivant  

      Nella miescola stando vidi fare

      Tanto nuna fantina grand onore

      Qual en verginita sivvol salvai

      E per divina gracia esso valore

      Discendllei evienan carnare

      Figlioi cheffia ditanto splendore

      Effie diddio svo figli volvercie

      Chettut tols econostro porranpacie

       

      — Filippo Barbieri : Sibylla Hellespontica, in agro Trojano nata, vetusta et antiqua, veste rurali induta, ligato velo antiquo [capite] sub gula circumvoluta usque ad scapulas quasi despectu de qua scribit Heraclides ; dicens : De excelsis cœlorum habitaculo prospexit Deus humiles suos. Et nascetur in diebus novissimis de virgine hebraea in cunabulis terrae. "Née dans la campagne troyenne,  vieille et très ancienne, vêtue d'une robe simple, un voile antique noué sous le menton et tombant sur les épaules. ainsi que dit  Héraclite. Elle a dit : "Du plus haut des cieux Dieu a regardé vers le bas  l'humble demeure.  Et il naîtra d'une vierge juive dans un berceau ".

      — Prophète associé "Jonas". (En réalité ce sont les paroles prononcées par Gédéon dans Juges 6:37) Ponam vellus hoc lanae in area, si ros in solo vellere fuerit, et in omni terra siccitas, sciam quod per manum meam, sicut locutus es, liberabis Israe Factumque est ita : de nocte consurgens et, expresso vellere, concham rore implevit. "Voici ce que je te demande: j'étendrai une toison de laine sur le sol de l'aire où l'on bat le blé. Si la rosée se dépose seulement sur la toison, et si tout le sol autour reste sec, je saurai que c'est par mes soins que tu veux délivrer Israël, comme tu l'as déclaré."

      On sait que ces versets sur la  toison de Gédéon ont été considérés par la tradition comme préfigurant la virginité de Marie. 

       

      ​Heures de Louis de Laval folio 27v

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f62.item.zoom

        "La Sibylle Hellespontique porte une grande croix. Et voici comment l'inscription justifie cet attribut : « Sibylla Hellespontica. L annorum. Vaticinata est de futur a Christi crucifixione. Jésus Christus nascetur de casta. Félix ille Deus ligno qui pendet ab alto. » Ici encore notre auteur a trouvé Filippo Barbieri trop peu significatif. La première phrase est de lui  ; elle se rapporte, comme d'ordinaire, à la Nativité du Christ et à la virginité de la mère. Mais cette prophétie dix fois répétée ne pouvait suffire. Notre théologien, qui voulait raconter par la bouche des Sibylles toute la Passion, avait besoin d'un texte se rapportant à la mort de Jésus-Christ sur la croix. Lactance n'en parle pas. Il eut donc recours à un passage de Sozomène, qui devait être fameux, puisqu'on le trouve également inscrit sur les stalles d'Ulm. Par cet artifice, la Sibylle Hellespontique, qui n'annonçait jusque-là que la naissance de Jésus-Christ, put encore prédire sa mort sur la croix. " (E. Mâle)

      Ma lecture : Sibilia aspontia. Annorum , L, nata in agro troyano temporibus tyu troyami~ vaticinata est de futura Christi crucifixione. Ut infra. /  Ihs Xps nascetur de casta Flelix ille Deus ligno qui pendet ab alto. 

      — Typologie : ​Heures de Louis de Laval folio 28r

      Enluminure supérieure : la Christ crucifié entre les deux larrons. Marie et Jean au pied de la Croix. Banderole Jean 12:32 Ego si exultatus fuero a terra omnia traham ad me. "Moi, quand j'aurais été élevé au dessus de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi".

      Enluminure inférieure : David devant saint Jean (sic). Banderole David Psaume 21:17 foderunt manus et pedes meos :  "Ils ont percé mes mains et mes pieds" / Luc 23:33 In loco calvariae crucifierunt : "à l'endroit appelé  "le Crâne" ils le crucifièrent."

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      Sibylle Hellespontique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle Hellespontique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle Hellespontique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle Hellespontique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle Hellespontique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle Hellespontique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

      La Sibylle Hellespontique selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

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      11. Sibylle de Cumes : un petit bassin ou un pain rond.

      — Description : Ses cheveux sont couverts par un voile mainten par un balzo au dessin soigné. Ce voile descend sur les épaules et croise devant la poitrine. Un manteau (notez la manche large terminé par un gland ou pompon) recouvre une robe au bustier ajusté et à la jupe plissée. La ceinture est ornée de découpures en forme de feuilles. La main droite retient le pan droit du manteau, et la main gauche tient une boule plus large qu'elle.

      Cette boule n'est ni le coquillage de type Porcelaine, aussi nommé  "Pucelage" ou "vulve de vierge" (Louis Réau) et qui représente la virginité de la Vierge et qui est parfois l'attribut de la Cuméenne. Ce n'est pas non plus la coupe d'or (cf. Louis de Laval), mais cela pourrait être la pierre de la prophétie de Daniel chap. 2 (cf infra). Émile Mâle note "qu'à Saint-Bertrand de Comminges (comme d'ailleurs dans le manuscrit de l'Arsenal enluminé par Jean de Montluçon, la Sibylle de Cumes, qui annonce un nouvel ordre de choses, porte à la main une sphère. Cette sphère symbolise sans doute le monde. Il se pourrait que le bassin rond (si difficile à expliquer) de la Sibylle de Cumes se soit transformé en sphère. "

      Cette Sibylle tient son nom de la ville de Cumes, près de Naples. "Elle est aussi appelée Amalthée. Elle a vécu en même temps qu’Énée et on lui accorde une vie de mille ans. Le poète Ovide raconte dans ses Métamorphoses (XIV) qu’Apollon, épris des charmes de la sibylle de Cumes, offrit de réaliser son vœu le plus cher en échange de ses faveurs. Feignant d'accepter sa proposition, elle lui demanda autant d'années de vie que sa main contenait de grains de sable. Cependant, elle n'honora pas sa promesse. Or elle avait omis de formuler son vœu de manière à conserver toujours la fraîcheur de ses vingt ans et sa main contenait un millier de grains au moment de son vœu. Apollon l'exauça à la lettre, changeant ainsi le souhait en malédiction. Elle se mit à vieillir progressivement au fur et à mesure de son interminable existence, jusqu'à demeurer toute recroquevillée dans une bouteille suspendue au plafond de sa cave. Aux enfants qui lui demandaient ce qu'elle désirait, elle répondait : « je veux mourir ». Virgile décrit la descente d'Énée aux Enfers accompagné de la sibylle de Cumes (Enéide Livre VI : 1-42-263) ; elle lui avait montré où cueillir le rameau d'or, dans les bois sur les bords du lac d'Averne, rameau qui devait lui permettre de pénétrer dans le royaume d'Hadès."

       La Cuméenne est évoquée dans les Bucoliques de Virgile (Bucolique IV 1-4), considéré comme le chantre de l'âge d'or et de l'accomplissement des siècles où le Ciel suscite sur terre une progéniture nouvelle. 

      — Baccio Baldini (1470-1480) : SIbILLA·CVMANA.

      Assise sur des nuages ignés, elle porte un bijou sur son front ; ses cheveux torsadés, entrelacés de rubans, tombent sur ses épaules. Un voile passe au dessus de son épaule droite. Elle tient un livre ouvert portant une inscription. Iam redit et Virgo redeunt saturnia regnia... Iam nova progeimes celode muttit vr alto. sur une banderole au-dessus de sa tête .

      Le poème est le suivant :

      Lutimo mie parlar pie e veracie

      Pero che giunt son gli utimi canti

      Del venimento dello re di pacie

      Dichicci salvera noi tutti quanti

      E prendrera carn umana si gli placie

      E mosterrassi umil at tutti chuanti

      Per madre prende lumil verginella

      la chual sara sopr ogni donna bella

       

      — Filippo Barbieri :

      Sibylla Cumana fuit tempore Tarquinii Prisci, scripsit de Christo haec, referente Virgilio in lib. Bucolic. in hunc modum "La Sibylle de Cumes, qui vivait à l'époque de Tarquin l'Ancien, et dont parle Virgile dans ses Bucoliques ainsi : " :

      Ultima Cumaei venit jam carminis aetas ;

      Magnus ab integro saeclorum nascitur ordo.

      Jam redit et virgo, redeunt Saturnia regna,

      Jam nova progenies cœlo demittitur alto.

      Casta, fave (sic), Lucina, tuus jam regnat Apollo.

      "Les Temps sont révolus qu'a prédits la Sibylle : 

      Les siècles, dans leur course immuable et tranquille, 
      A leur point de départ sont enfin revenus,
      Et le dernier de tous, l'Age de fer, n'est plus. 
      Déjà revient Saturne, et la Vierge immortelle 
      Abandonnant les cieux reparaît parmi nous ;
      Et les dieux, des humains cessant d'être jaloux, 
      Envoient sur notre Terre une race nouvelle.

      Un Enfant doit bientôt au jour ouvrir les yeux ; 
      Souris, chaste Lucine, à sa venue au monde : 
      L'Age d'or va renaître et sur terre et sur l'onde ; 
      Déjà règne Apollon, ton frère glorieux." (Bucolique IV trad. Henri Laignoux 1939)

       

       

       

      — Prophète associé par Barbieri  Daniel  Dan 2, 34-35. Abscissus est de monte lapis videbas ita donec abscisus est lapis sine manibus et percussit statuam in pedibus eius ferreis et fictilibus et comminuit eos  tunc contrita sunt pariter ferrum testa aes argentum et aurum et redacta quasi in favillam aestivae areae rapta sunt vento nullusque locus inventus est eis lapis autem qui percusserat statuam factus est mons magnus et implevit universam terram. "...lorsqu'une pierre se détacha sans le secours d'aucune main, frappa les pieds de fer et d'argile de la statue, et les mit en pièces. Alors le fer, l'argile, l'airain, l'argent et l'or, furent brisés ensemble, et devinrent comme la balle qui s'échappe d'une aire en été; le vent les emporta, et nulle trace n'en fut retrouvée. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre."

       

      —Livre d'Heures de Louis de Laval folio 20v :

      "La Sibylle de Cumes porte un petit bassin couleur d'or. « Sibylla Cumana, dit l'inscription, XVIII annorunm. Videtur vaticinari de nativitate Christi in Bethleem. Ultima Cumaei venit jam carminis aetas...», etc. On reconnaît les vers de Virgile cités par Filippo Barbieri. Ces vers, nous dit l'inscription, se rapportent à la Nativité de Jésus-Christ. Mais comment cette sorte d'écuelle d'or que tient la Sibylle peut-elle symboliser la Nativité ? C'est là une véritable énigme que les contemporains eux- mêmes n'entendaient guère. Car j'ai vu souvent les artistes du XVIe siècle donner à la Sibylle de Cumes, au lieu d'une écuelle, quelque chose qui ressemble à un pain rond, fendu par le milieu. S'il fallait proposer une hypothèse, je dirais volontiers que le bassin de la Sibylle est une réduction du cuvier où les sages-femmes lavent les nouveau-nés — épisode qui, au XVe siècle encore, accompagne parfois la Nativité."

      Je lis Sibila Cumana in ytalia nata XVIII annorum que fuit tempere terquini de qua Virgilius prophetavit videtur vaticinari de nativitate Christi in Bethleem. / Ultima Cumaei venit jam carminis aetas Magnus ab integro saeclorum nascitur ordo. Jam redit et virgo, redeunt Saturnia regna, Jam nova progenies cœlo demittitur alto. Te duce si que manent sceleris vestigia mea. Irrita perpetua soluet formidine terras. Tu modo nascenti puero que fervea primum. Desmet et toto surget gens aurea mundo.

      — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 21r  :

      Enluminure supérieure : la Nativité et l'Adoration des Bergers, avec les banderoles de Luc 2:14 : Gloria in excelsis Deo et du Psaume 25:1 de David :  Ego in innocentia mea ingressus "Je marche dans l'intégrité"

      Enluminure inférieure : Isaïe face à saint Luc avec les banderoles portant le verset d'Isaïe 9:6 : parvulus enim natus est nobis filius datus est nobis "Car un enfant nous est né, un fils nous est donné". / Luc 2:7 : Peperit filium suum primogenitum : "elle enfanta son fils premier-né."

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      Sibylle de Cumes, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle de Cumes, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..
      La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..
      La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..
      La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..
      La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..

      La Sibylle de Cumes selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..

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      12. La Sibylle Persique tenant sa lanterne .

      — Description : Même coiffure à balzo, même visage rond, mêmes cheveux en mêches mi-longues, même fraise courte autour du cou, même chemise à col rond et serré que beaucoup de ses consœurs. L'ample manteau fait retour vers le poignet droit. Un bustier à décolleté carré sur une jupe plissée. La Sibylle tient une lanterne dans la main gauche et foule un serpent sous le pied gauche.

      La Sibylle Persique est la fille de Berosos et d’Erymanthé et on la nomme parfois Sabbé

      — Baccio Baldini 1470-1478 : 

      Assise dans un jardin, coiffée d’un hennin, elle tient un livre ouvert sur ses genoux et fait un geste de la main droite. L'inscription indique Ecce filius dei bellua equitans dominus universi cuiusque gentium salutis virgine erit et fiet nobis hoc verbum palpabile.

      — Filippo Barbieri (1481) :  Sibylla Persica vestita veste aurea cum vélo albo in capite dicens sic : Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe terrarum, et gremium virginis erit salus gentium et pedes ejus erunt in valitudine [sic] hominum. "La Sibylle Persique est vêtue d'une robe dorée avec sa tête couverte d'un voile blanc, et elle proclame : ".Voici que le serpent sera foulé sous ton talon, que le Seigneur sera enfanté sur le globe de la terre, et le sein de la Vierge deviendra le salut du monde ; le verbe invisible sera palpable ."

      — Prophète associé par Barbieri :  Osée 13:14.  De manu mortis  liberabo eos de morte redimam eos ero mors tua o mors ero morsus tuus inferne consolatio abscondita est ab oculis meis "Je les rachèterai de la puissance du séjour des morts, Je les délivrerai de la mort. O mort, où est ta peste? Séjour des morts, où est ta destruction? Mais le repentir se dérobe à mes regards!"

      — Heures de Louis de Laval  folio 17v :

       "On va voir clairement ce que l'artiste (aidé sans aucun doute d'un lettré) a emprunté à Lactance, ce qu'il a emprunté à Filippo Barbieri, et enfin ce qu'il a imaginé. Au-dessus de la Sibylle Persique on lit une inscription ainsi conçue : « Sibylla Persica, XXX annorum, cujus mentionem facit Nicanor. » — Et d'abord nous reconnaissons que cette indication précise : « la Sibylle Persique, dont Nicanor fait mention », est empruntée à Lactance. Sous les pieds de la Persique il y a une autre inscription. Cette fois c'est la Sibylle qui parle et elle dit : « Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe terrarum et gremium virginis erit salus gentium... » Il ne nous faudra pas longtemps pour nous apercevoir que ce sont les propres paroles que Filippo Barbieri assigne à la Sibylle Persique. — Mais voici quelque chose de tout nouveau : la Persique porte à la main une lanterne et foule aux pieds un monstre. D'où viennent ces attributs? — Ils sont une invention de l'artiste, ou plutôt de son collaborateur le théologien. On lit, en effet, au-dessus de la tête de la Sibylle cette explication : Videtur [Persica) vaticinari de futuro salvatore gentium sub nubilo. « La Persique semble annoncer le Sauveur sous un nuage. » L'oracle est obscur, en effet, et, pour exprimer que la lumière en est comme voilée, l'artiste a remis aux mains de la Sibylle une lanterne d'où filtre une vague lueur. Quant au monstre que la Persique foule aux pieds, c'est la bête dont parle l'oracle : « Ecce bestia conculcaberis. » Un dernier détail semble encore de l'invention de notre théologien. L'inscription, en effet, donne à la Sibylle un âge précis : elle a trente ans. Il n'y a rien de pareil ni dans Lactance ni dans Filippo Barbieri. Ce dernier, toutefois, pouvait mettre sur la voie de cette bizarre imagination. Il dit, en effet, à deux ou trois reprises, que telle Sibylle est vieille et telle autre jeune; mais jamais il n'a eu l'idée d'assigner à ses prophétesses un âge déterminé. "(E. Mâle) 

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f47.vertical

      — Typologie des Heures de Louis de Laval : folio 18r.

      Enluminure supérieure : la Vierge à l'Enfant apparaissant à Abraham et à la sibylle de Perse. L'Enfant tient la banderole du verset Jean 8:58 Antequam Abraham fuit ego sum : " Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis.".

      Enluminure inférieure : David confronté à saint Jean. David  tenant sa harpe tient la banderole du verset 5 du Psaume 82   Intellexerunt in tenebris ambulant. "[Ils n'ont ni savoir] ni intelligence. Ils marchent dans les ténèbres.". Jean tenant le calice de poison présente la banderole de Jean 1 Lux in tenebris lucet. "La lumière luit dans les ténèbres, [ et les ténèbres ne l'ont point reçue]". 

      — Voir aussi : Le Mistère du vieil testament, éd. J. de Rothschild, SATF, t. VI, 1891, p. 215 Cité par D. Hüe.

      sibilla persica
      Ung temps viendra que le serpent despit
      Se mussera au centre de la terre;
      Vaincu sera sans avoir nul respit;
      Le Filz de Dieu luy viendra faire guerre. 49150
      Lors le serpent sera tenu en serre,
      Car la Vierge son filz germinera,
      Puis descendra pour nostre salut querre;
      En ce monde sa lumiére estandra.

       

       Le lien qui unit cette Sibylle Persique avec la statue de la Vierge foulant la démone de l'église de Brennilis est évident.

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      Voici d'à bord la Sibylle Persique(fig.i 34). On va voir clairement ce que l'artiste (aidé sans aucun doute d'un lettré) a emprunté à Lactance, ce qu'il a emprunté à Filippo Barbieri, et enfin ce qu'il a imaginé.

      Au-dessus de la Sibylle Persique on lit une inscription ainsi conçue : « Sibvlla Persica, XXX annorum, cujus mentionem facit Nicanor. » — Et d'abord nous reconnaissons que cette indication précise : « la Sibylle Persique, dont Nicanor fait mention », est empruntée à Lactance 3 . Sous les pieds de la Persique il y a une autre inscription. Cette fois c'est la Sibylle qui parle et elle dit : « Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe ter- rarum et gremium virginis erit salus gentium... » Il ne nous faudra pas long- temps pour nous apercevoir que ce sont les propres paroles que Filippo Barbieri assigne à la Sibylle Persique. — Mais voici quelque chose de tout nouveau : la Persique porte à la main une lanterne et foule aux pieds un monstre. D'où viennent ces attributs? — Ils sont une invention de l'artiste, ou plutôt de son collaborateur le théologien. On lit, en effet, au-dessus de la tête de la Sibylle cette explication : Videtur [Persica) vaticinari de futuro salvatore gentium sub nubilo. « La Persique semble annoncer le Sauveur sous un nuage. » L'oracle est obscur, en effet, et, pour exprimer que la lumière en est comme voilée, l'artiste a remis aux mains de la Sibylle une lanterne d'où filtre une vague lueur. Quant au monstre que la Persique foule aux pieds, c'est la bête dont parle l'oracle : « Ecce bestia conculcaberis. » Un dernier détail semble encore de l'invention de notre théologien. L'inscription, en effet, donne à la Sibylle un âge précis : elle a trente ans. 11 n'y a rien depareil ni dans Lactance ni dans Filippo Barbieri. Ce der- nier, toutefois, pouvait mettre sur la voie de cette bizarre imagination. Il dit, en effet, à deux ou trois reprises, que telle Sibylle est vieille et telle autre jeune; mais jamais il n'a eu l'idée d'assigner à ses prophétesses un âge déterminé. -

      Voici d'à bord la Sibylle Persique(fig.i 34). On va voir clairement ce que l'artiste (aidé sans aucun doute d'un lettré) a emprunté à Lactance, ce qu'il a emprunté à Filippo Barbieri, et enfin ce qu'il a imaginé.

      Au-dessus de la Sibylle Persique on lit une inscription ainsi conçue : « Sibvlla Persica, XXX annorum, cujus mentionem facit Nicanor. » — Et d'abord nous reconnaissons que cette indication précise : « la Sibylle Persique, dont Nicanor fait mention », est empruntée à Lactance 3 . Sous les pieds de la Persique il y a une autre inscription. Cette fois c'est la Sibylle qui parle et elle dit : « Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe ter- rarum et gremium virginis erit salus gentium... » Il ne nous faudra pas long- temps pour nous apercevoir que ce sont les propres paroles que Filippo Barbieri assigne à la Sibylle Persique. — Mais voici quelque chose de tout nouveau : la Persique porte à la main une lanterne et foule aux pieds un monstre. D'où viennent ces attributs? — Ils sont une invention de l'artiste, ou plutôt de son collaborateur le théologien. On lit, en effet, au-dessus de la tête de la Sibylle cette explication : Videtur [Persica) vaticinari de futuro salvatore gentium sub nubilo. « La Persique semble annoncer le Sauveur sous un nuage. » L'oracle est obscur, en effet, et, pour exprimer que la lumière en est comme voilée, l'artiste a remis aux mains de la Sibylle une lanterne d'où filtre une vague lueur. Quant au monstre que la Persique foule aux pieds, c'est la bête dont parle l'oracle : « Ecce bestia conculcaberis. » Un dernier détail semble encore de l'invention de notre théologien. L'inscription, en effet, donne à la Sibylle un âge précis : elle a trente ans. 11 n'y a rien depareil ni dans Lactance ni dans Filippo Barbieri. Ce der- nier, toutefois, pouvait mettre sur la voie de cette bizarre imagination. Il dit, en effet, à deux ou trois reprises, que telle Sibylle est vieille et telle autre jeune; mais jamais il n'a eu l'idée d'assigner à ses prophétesses un âge déterminé. -

      La Sibylle Persique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle Persique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

      La Sibylle Persique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle Persique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle Persique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
      La Sibylle Persique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

      La Sibylle Persique selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

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      DISCUSSION. LES SIBYLLES ET L'IMMACULISME.

      L'un des vitraux les plus singuliers de Brennilis représente sainte Anne portant en son ventre la Vierge sous forme d'une petite fille dorée et irradiante, avec les inscriptions Sainte Conception et Chaste Mariage : il s'agit d'un manifeste incontestable en faveur de la conception immaculée de Marie, point théologique qui n'est pas alors un dogme, mais fait l'objet d'âpres discussions entre "maculistes" (proche des Dominicains) et "immaculistes" (proches des Franciscains). Or, à bien y regarder, le développement de l'iconographie des Sibylles au XVe et XVIe siècle semble bien appartenir à un courant immaculiste. Dès lors, la présence des 12 Sibylles de Notre-Dame de Brennilis s'intégrerait dans un programme iconographique non seulement marial, mais aussi liée à ce courant. Voici quelques arguments.

      1. Datation.

      Une datation précise de ces 12 Sibylles de Brennilis serait utile pour ouvrir cette discussion. On sait (pierre de fondation) que l'église, alors chapelle tréviale de Loqueffret, a été fondé en 1485, que le chœur et le transept ont été vitrés vers 1492-1498 (baie 1 et 2), ou après 1500 (baie axiale), que la statue de Notre-Dame de Breac-Ellis a été datée vers 1575 par Christine Prigent. Le créneau vraisemblable pour les panneaux des Sibylles se situerait selon ces données d'activité d'aménagement de l'église entre 1500 et 1575. 

      Un autre indice concerne les autres Sibylles d Finistère (cf. Annexe). La poutre de gloire de Lampaul-Guimiliau date entre 1533 (fondation de l'église) et 1599. Les panneaux du chancel de Saint-Herbot datent "de la seconde moitié du XVIe siècle" (R. Couffon) .

      Enfin les costumes portés par les Sibylles peuvent donner des informations. Les fraises qui entourent leur cou sont courtes, correspondant à la mode entre 1530 et 1550.

      2. Source iconographique.

      Si on admet un créneau de datation vers  1530-1550, les artistes menuisiers (huchiers)  pouvaient s'inspirer des modèles développés à partir des gravures des livres d'heures de Simon Vostre, facilement disponibles. Ceux-ci reprennent eux-mêmes la systématisation mise en place par Jean Colombe pour Louis de Laval.

      3. Influence des Sibylles florentines de 1471.

      Comme Émile Mâle l'a souligné, le renouveau du thème des Sibylles, et l'augmentation de leur nombre à douze, est survenu en Italie et notamment à Florence à l'occasion de la représentation d'un Mystère de l'Annonciation (Sacre rappresentazioni dell'Annunciazione di Nostra Donna). Le texte avait été rédigé par l'écrivain pieux Feo Belcari, un membre de l'entourage de Laurent le Magnifique. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. Dans le texte qui nous est parvenu, texte publié en 1872 par Alessandro d’Ancona Rappresente della Annunziazione di Feo Belcari in Sacre rappresentazioni dei secoli xiv, xv, xvi, Firenze, 1872, t. I, p. 167-182,  un ange invite les prophètes et les sibylles à dire ce qu’ils savent du Sauveur promis aux hommes par Dieu et à révéler sa miraculeuse naissance. C’est par des couplets de huit vers prophétiques qu’ils s’expriment, en alternance (deux prophètes, une sibylle). Puis l’ange Gabriel, envoyé par Dieu, annonce à la Vierge qu’elle enfantera le Sauveur. Les sibylles se nomment Eritrea, Sofonia, Persica, Pontica, Samia, Micchea, Osea, Cumana, Tiburtina, Zaccheria.  

      Le Mystère s'achève par les paroles de l'Annonciation (Ave Maria Gratia Plena Dominus Tecum ...) suivies par un chant entonné par Gabriel. Il débute par les mots Vergine santa immacolata e pia , "Vierge sainte, immaculée et pieuse". 

      La Sainte Représentation montre donc comment la virginité de Marie et son rôle dans le plan du Salut a été annoncé au peuple hébreu par les prophètes et aux païens par les Sibylles, pour se conclure par une affirmation de sa  conception immaculée.

      C’est ce mystère que le graveur florentin Baldini a « illustré » vers 1470-1480, gravant sous chaque personnage les vers correspondants. Ceux-ci font allusion à l’avènement du Verbe, Fils du Père, né d’une vierge juive, à sa mort, à sa résurrection. Ils qualifient le Messie de Soleil naissant, de Clef de David, de Miroir sans tache, d’Étoile divine, de Roi des rois, de Sauveur, de Roi de la paix, de Bon Berger, de Salut des nations, d’Emmanuel (« Dieu est avec nous »). Ils insistent sur la virginité de la Mère du Sauveur et évoquent le Démon vaincu.  Mais dans les gravures de Baldini, le nombre des figures représentées est supérieur à celui des prophètes et des sibylles évoqués dans le texte, ce qui est expliqué par Gisèle Lambert ainsi  : ce genre de spectacle s’enrichissant en effet au fur et à mesure de ses représentations, Baldini s’est probablement inspiré de sa forme définitive, postérieure à celle qu’a découverte Alessandro d’Ancone. Certains historiens ont également envisagé une autre source littéraire – qui reste à découvrir –, commune à Belcari et à Baldini. 

      Certaines sibylles sont communes au mystère et aux gravures : les sibylles de Perse, de Samos, de Cumes, de Tibur, de l’Hellespont et la sibylle d’Érythrée ; le texte est identique pour la sibylle persique, présente quelques variantes pour celles d’Érythrée et de Samos ; il diffère pour les sibylles de Cumes, de l’Hellespont, de Tibur.

      En somme, à Florence vers 1470, une série de douze Sibylles a été définie, chacune avec son nom, sa présentation iconographique, et surtout sa prophétie fortement orientée vers l'annonce de la Vierge comme Mère du Sauveur. 

       

      4. Influence des Heures de Louis de Laval. Première organisation de la série sybilline.

      Le concepteur des Heures de Louis de Laval-Châtillon (son chapelain Sébastien Mamerot ?) a organisé pour la première fois la série de 12 Sibylles italiennes (Baldini et Barbieri) dans une séquence cohérente déterminée par les épisodes de la Vie de la Vierge et de la Passion du Christ. La présentation en double page associe étroitement chaque prophétesse avec un événement évangélique, et offre à la dévotion individuelle (celle sur laquelle repose la lecture d'un livre d'Heures) un support mnémotechnique spatial et temporel (cf.  Frances A. Yates 1987, L'Art de la mémoire ) aidé par le choix d'attributs simples, spécifiques (auparavant, les sibylles portaient indifféremment le livre de leur prophétie et levaient l'index vers le ciel) et expressifs. Les douze Sibylles traçaient ainsi un parcours de méditation et de participation émotionnelle (comme, plus tard, les 12 stations des Chemins de croix) et leur ensemble s'ajoutaient aux séries numériques énumérées dans les chapelles : 12 apôtres du Credo apostolique, 12 prophètes du Credo prophétique, 8 à 12 panneaux de la Vie de la Vierge ou des Passions des vitraux du Finistère, etc...

      .

      5. Les Heures de Louis de Laval et leur postérité, et la thèse immaculiste.

      J'ai déjà signalé que Louis de Laval s'est fait représenter dans ces Heures au folio 51r, sous l'inscription AVE MARIA GRATIA PLENA DOMINUS  agenouillé devant la Vierge à l'Enfant elle-même sous l'inscription SANCTA ET IMMACULATA VIRGINITAS.

      À la mort de Louis de Laval le 21 août 1489, les précieuses Heures furent léguées par ce dernier à Anne de Beaujeu, fille du roi Louis XI et épouse du duc  Pierre II de Bourbon, dont il était un proche. Elles passérent ensuite en possession de la fille d'Anne, Suzanne de Bourbon et de son époux Charles III de Bourbon, connétable de France. Or,  les Bourbons, et notamment  Anne de Beaujeu et son époux sont bien connus pour leurs convictions immaculistes, comme en témoignent, dans leur Collégiale de Moulins, le triptyque de Jean Hey et le vitrail très particulier de l'Arbre de Jessé. Le culte de sainte Anne est, par l'intermédiaire de l'épisode du Baiser sous la Porte Dorée, étroitement lié à la défense de l'idée d'une conception sans relation charnelle, et donc sans tache, de la Vierge ; aussi les prénoms d'Anne et de Suzanne (fille d'Anne de Beaujeu) sont-ils à remarquer. 

      Dans la thèse de Julien Abed, "La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge", un ultime chapitre  intitulé « La sibylle, la Vierge et la reine » étudie le lien qui a uni le personnage des sibylles aux reines de France.

      " La communication politique propre au royaume de la fleur de lys a utilisé la sibylle pour propager l’image d’une vierge mère d’un héritier royal. On en trouve des traces dans l’Épître à Marie d’Orléans de François Villon datée de 1457, mais elle s’épanouit surtout à la fin du Moyen Âge avec Anne de Beaujeu [...] ou Louise de Savoie (mère de François Ier), qui ont toutes entretenu, par la commande de livres d’heures, de tapisseries ou d’ouvrages pro-féminins, l’écho des paroles sibyllines. Une rivalité de maternité royale entre ces deux dernières pourrait expliquer deux manuscrits de processions sibyllines trouvés à la Bibliothèque nationale, où l’annonce par douze sibylles de la naissance d’un enfant-Sauveur dans le sein d’une Vierge pourrait signifier l’apparition d’un héros dans la Famille de France, image terrestre de la Sainte Famille."

      En poursuivant les réflexions sur les relations privilégiées entre les Heures de Louis de Laval et le couple Anne de Beaujeu / Pierre de Bourbon, on ne peut manquer d'être frappé par le fait que ce couple est le commanditaire des vitraux réalisés entre 1507 et 1513 par Arnaud de Moles de la cathédrale d'Auch et qu'ils y figurent en médaillon en baie 4 : 

      http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7741843h.r=&rk=386268;0

      On trouve :

      Baie 2 : Noé. L'Annonciation annoncée par une sibylle tenant un rameau fleuri. La sibylle d'Érythrée.

      http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3253/categories

      Baie 3 : la Sibylle de Samos tenant un berceau. Inscription « Sibyla  Samie  / Vingt et quatre ans eut quand elle dis." au dessus de la Nativité. 

      http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3258/categories

      Baie 4 . Au tympan, Sibylle Persique tenant une lanterne face au prophète Elie.  Anne de Beaujeu et son mari en médaillon.

      Baie 6 : Sibylle Libyque tenant un cierge entre Moïse et Enoch. Registre inférieur : la sibylle de Tibur montrant la Vierge et l'Enfant à l'empereur Auguste. 

      http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3260/categories

      Baie 8 : La Sibylle Europe tenant une épée entre Josué et  et le prophète Amos. Registre inférieur : la Fuite en Égypte.

      http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3262/categories

      Baie 13 : la Sibylle Agrippa tenant un fouet, entre Jérémie et Nahum. Registre inférieur : la Flagellation. 

      http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3248/categories

      Baie 14. Sibylle Cimmérienne tenant une corne entre Daniel et  Saint Matthieu. Registre inférieur : Daniel dans la fosse aux lions.

       http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3259/categories

      Baie 16 : Sibylle de Tibur   tenant une main coupée, avec l'inscription SIBILLE TIBURTINE. Esdras et Abacuc. Chapelle de la Passion.

      http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3251/categories

      Baie 17 Chapelle de l'Ascension Sibylle de Delphes tenant la couronne d'épines. Registre inférieur : le couronnement d'épines.

      Baie 18 : inscription :Le 25 juin 1513 furent achevées les présentes vitres en l'honneur de Dieu et de Notre-Dame.

      On retrouve donc non seulement les mêmes attributs que dans les Heures de Louis de Laval, mais aussi la même association aux épisodes de la vie de la Vierge et du Christ. Enfin, les époux de Beaujeu se sont fait représenter sous la sibylle Persique, la première de la série de Louis de Laval, celle qui foule le serpent et annonce la conception immaculée de Marie. 

      Jean Robertet, le duc et la duchesse de Bourbon.

      Enfin, l'un des "Sibyllologues" du XVIe siècle fut le grand rhétoriqueur Jean Robertet (mort en 1502 ou 1503), qui rédigea Les Ditz prophétiques des Sibylles (ou "Ce sont les douze sibylles" ou "poeme des douze sebilles"), publié dans la Nef des Dames Vertueuses de Symphorien Champier paru en 1503 (Son nom est cité au au colophon f.58 :" Les Oracles sibyllins sont traduits du grec en latin par Lactance, traduits en français et commentés par S. Champier et J. Robertet." ) Voir les folio 14-15 où sont gravées les figures de quatre Sibylles, dont l'une avec sa corne et l'autre avec sa fleur. . Or, non seulement Jean Robertet est connu pour ses Heures, enluminées par Fouquet et par Jean Colombe (comme celles de Louis de Laval), mais aussi  il fut notaire, bailli d'Usson  secrétaire et conseiller  du duc de Bourbon (en 1461) à la cour de Moulins puis secrétaire et valet de chambre du roi Louis XI, et greffier de l'Ordre de Saint-Michel. Margaret  Zsuppàn, qui a publié les Oeuvres critiques de Robertet, pense qu'il a écrit les Douze Sebilles pendant qu'il était au service d'Anne de France (Anne de Beaujeu, duchesse de Bourbon). Les poèmes furent écrits après la parution du livre de Barbieri, et ils trouvent leurs sources dans Barbieri et dans Lactance. Voir Oeuvres, page 140-147. Chaque poème est suivi d'une longue glose  et illustré par la gravure d'une Sibylle stéréotypée, soit l'index levé, soit tenant une corne dressée, soit tenant une fleur, sans distinction spécifique. Les Sibylles sont traitées page 14-15 et pages 58 à 73. Les poèmes de Robertet occupent les pages 70 à 71 et sont titrés  Les dits prophetiques des sibilles tires du latin et composes par feu messire iehan robertet en son vivant notaire et secretaire du roy nostresire et de monseigneur de bourbon greffier de l'ordre et du parlement delphinal. En marge de chaque poème est copié le texte oraculaire de Barbieri.  On trouve ensuite  page 72-73 une liste nommée Cy après comencent les ditz des prophetes avec aultres ditz des sibilles concordans ausditz prophetes avec la citation des oracles selon Barbieri et la concordance Sibylle/Prophète de cet auteur : Osée, De manu fortis liberabo eos  Persica Jérémie XIII. Libica Jérémie XXXI. Delphica -Joél II. Emeria -Ezéchiel XLIIII, etc...

      En résumé cet ouvrage de 1503 montre 1) le rôle de la cour ducale de Moulins dans la diffusion du thème des Sibylles. 2). L'influence déterminante du livre de Filippo Barbieri. 3). Des relations probables entre Robertet et Louis de Laval, et des artistes (J. Colombe) et poètes (J. Robertet) sur les Heures de Louis de Laval. 

       : 

      Extrait :

      Sebille Libie

      Du pais fuz extraicte qui s'apelle Libie ;

      Des choses advenir parlay moult en ma vie ;

      Je diz que Jhesuscrist nostre jou osteroit

      A noz colz importable, et nous delieroit

      Des loix et des liens violens et iniques :

      Ainsi le treuve l'en mes ditz prophétiques.

       

      Sebille Erithrée

      Je fuz dicte Sebille, par surnom Erithrée,

      Par mes livres trouvez dedans celle contrée :

      En Babillon fuz née où je feiz mainct dicté

      Des choses à venir, selon la vérité

      Du jugement le signe, terre en sueur madante ;

      aussi diz que du ciel le Roy feroit descente

      Et seroit à toujours par tous ciecles durable

      Oncques aucteur n'escrist chose plus veritable.

       

      Sibylle Cumane ou Almathée

      De Cumes fuz native , cité belle en Champaigne ;

      en Italie fuz aux Sibilles compaigne ;

      Almathea mon nom estoit, ainsi se treuve.

      A Tarquinus Priscus neuf livres feiz d'espreuve

      Pour savoir gouverner Rome en choses doubtables,

      Parquoy furent escriptz les decretz veritables.

       

      Sibille Agrippe.

      Je fus Sibille Agrippe nommée par droit nom :

      De mes dis prophetaulx par tout est grand renom.

      De l'Incarnation du verbe, dieu palpable,

      En visibilité j'escripts mains mots notables.

      Que mes livres a leu entendra le mistère

      Comment je prédisoye que Dieu naistroit de mère

      Joinct à humanité et aprés mainte peine

      Requérant à tousjours en gloire souveraine.

      .

      5. Les Sibylles et la Fête aux Normands. 

      a) Le Triomphe des Normands de Guillaume Tasserie.

      Si le culte de l'Immaculée Conception est chère au duc et à la duchesse de Bourbon, il l'est d'avantage encore aux Normands, qui les premiers ont institué en France une fête de la Conception de la Vierge Marie  le 8 décembre, rapidement nommée "La fête aux Normands",  et qui ont organisé à Rouen un concours (un "puy") de poésie de louange de cette conception sans tache. Ce sont les champions acharnés de cette cause. Il est donc significatif qu'en 1474 ait été composé et joué, sans-doute à Rouen, le Mystère de l'Incarnation et Nativité de Notre-Sauveur,  où la Sibylle de Tibur apparaît dès les premières pages pour prédire la venue du Messie, mais bien plus encore que Guillaume Tasserie ait écrit et ait fait joué en 1499 le  Le Triomphe des Normans composé par Guillaume Tasserie traictant de la Immaculée Concepcion Nostre Dame .

      Ce Triomphe a été composé pour la Confrérie de  l'Immaculée Conception ou Puy des Palinods de Rouen. Longtemps  inédit, il a été publié en 1908 par Pierre Le Verdier à partir du manuscrit de la Bibliothèque Nationale,  français, 24315. Son auteur Guillaume Tasserie  obtint,en 1490, à Rouen, le prix du chant royal pour sa pièce à la palinode, 
      Belle sans si en sa conception, qui se termine par l'envoi 
      Gentilz Normans, soyés donc curieux 
      De festiver en grand devosion 
      Le sainct concept de la Royne des cieux, 
      Belle sans si. 

      Cette formule Belle sans sy (sans pareil) en sa conception se retrouve avec une variante (Seule en sy) comme un slogan de la cause immaculiste sur le vitrail (vers 1540) de Marie entourée des symboles bibliques de Conches. Elle dit de manière condensée que la Vierge fut la seule du genre humain à échapper au Péché Originel, fatalement transmis selon Saint Augustin à tout enfant né de la concupiscence des parents, du désir sexuel et de l'acte de chair.

      Premier lauréat du chant royal  aux concours de 1490 et 1491, Guillaume Tasserie n'eut que le second prix  en 1493, 1495, et 1498. Couronné cinq fois, il fut élu prince, en 1499. C'est l'un des champions de l'Immaculée Conception. 

      Or, dans son Triomphe des Normans, 8 des 12 Sibylles sont citées par "Autorité", et les textes  prophétiques latins qui leur sont attribués comportent quasiment tous  le terme virgo "Vierge". Ces sibylles sont nommées   Tiburema, Erichia, Libica, Samica, Eleponna,  Delphica,  Cumana,  et Frigia. : 

      AUCTORITÉ. 

      0 tres elegant et tres sage, 
      Rendant justice en tout passage, 
      Roy erigé tres ardument,
      En parler doy je aucunement ? 
      Enseigner si grand personnage 
      Non pensant enseigner Minerve !
      Mais puis qu'il vous plaist que je serve 
      En bon et juste tesmoignage,  
      Je diroy touchant ce passage, 
      Sans estre a ce faire proterve. 
      La commune voix la renomme 
      Mere du Saulveur, Dieu et homme. 
      Saincte Eglise en chante Pulcra
      Es et decora filia

      Jerusalem; ainsi la nomme 
      Electa ut sol, toute belle, 
      Pulcra ut luna, elle est telle! 
      Oncques son corps ne macula, 
      Car elle est de mer clere estelle. 
      Dieu de toutes vertus l'arma, 
      Car plus que les aultres l'ama, 
      Qui sont polués en leurs conceptz.
      Ezechiel en dit : princeps 
      ipse sedebit in ea. 
      Plus,Ysaïe a compilé 
      Quod lignum imputribile
      Elegit suam.
      Pour quoy doncques
      Qu'il n'y eust villainye quelconques 
      En l'âme, est impossible. 
      0 felix, namque es sacra
      Piissima virgo Maria, 

      Beneuree sur toute femme,
      Puis que saincte Eglise la fame 
      Omni laude dignissima. 
      Plus, Sibilla Tiburema 
      Prophetisant du temps futur 
      Escript ainsi Firmabitur
      Consilium in celo 
      Et annuntiabitur virgo
      in terris.
      Ainsi en parla 
      Item Sibila Erichia 
      In novissimis diebus
      Nascetur Deus et agnus
      De virgine hebraïca.

      Item, Sibila Libica 
      Qui pleine de grace fut moult, 
      Escript en ce point videbunt
      Omnes regem vinctum 
      Et virgo tenebit illum

      Voire, in gremio domina 
      Gentium.
      Item Sibila 
      Samica,
      in hoc modo
      Parlant d'elle sedit virgo
      Pulcra nutriens puerum

      Quem gentes vocabant Jhesum
      Et Sibille Eleponna 
      Christus nascetur ex casta

      Felix ille deus ligno 
      Vinctus qui pendet ab alto
      Item, Sibila Delphica 
      A dit : Nascetur propheta

      Absque mari et de sancta

      Virgine Maria
      Item, Sibila Cumana
      Parlant comme les aultres font :
      Jam redit virgo, redeunt

      Que saturnia regna
      Item Sibila Frigia 
      Christus annuntiabitur

      In Nazaret et nascetur

      In Betleem terra Juda
      Felix mater, et cetera.

      Aultrement voions en registre 
      De Genese le tiers chapitre 
      Ponam inimicicias inter te et mulierum Et ipsa conteret caput tuum

       

      b) Les Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie.

      Encore un mot à propos de Guillaume Tasserie. Il est l'auteur d'Heures, dans lesquelles il traduit en poésie française les oraisons de l'office de la Conception de la Vierge. Ces Heures de 24 folio portent le nom de l'incipit : « Ensuit les Heures de la tres sacrée Conception Nostre Dame, composée par maistre Guillaume Tasserie ».  Bibliothèque Sainte-Geneviève Ms. 2734 / 4 (fol. 24 vo) Début : « Domine, labia mea... » « Dame sans per, vierge tres pure et munde... » Fin :« Contre noz ennemys rebelles. » « Oroson : Toute belle dame, etc... »http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=BSGC10414

      http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&panier=false&reproductionId=13492&VUE_ID=1362313&carouselThere=false&nbVignettes=4x3&page=1&angle=0&zoom=petit&tailleReelle= 

       Or, parmi les 4 enluminures  de ce bref manuscrit, celle des folio 15 et 16 (double page) représente la Vierge, au centre de rayons dorés et  foulant un dragon,  entourée de banderoles proclamant ses louanges :

      Ab initio et ante secula creata sum (Livre de la Sagesse XXIV)

      Felix es, sacra virgo et omni laude dignissima

      Tota pulchra es amica mea et macula non es in te

      Ipsa conteret caput tuum (Genèse 3)

      Omnes in Adam peccaverunt.

       

      .Dans le registre inférieur, Dieu le Père portant la tiare et le sceptre est entouré d'un prophète(ou d'un clerc) et d'une femme qui ressemble à une Sibylle. Deux banderoles portent des textes illisibles par moi..

      .

      Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026
      Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026
      Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026

      Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026

      Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026
      Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026

      Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026

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      ANNEXE.

      .

      1°) Les gravures de Baccio Baldini (d'après Gisèle Lambert)

      http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

      La suite de trente-six gravures de Baccio Baldini, Les Prophètes et les Sibylles, eut un large  succès et une large diffusion, par des états, des interprétations, des copies. Les gravures sont accompagnées de textes : huit vers gravés dans la marge inférieure, auxquels s’ajoutent parfois des inscriptions indispensables à la compréhension de l’ensemble.

      Les huit vers en italien correspondent à des extraits du texte d’une « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation, attribuée au poète florentin Feo Belcari ; la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du XVe siècle.

      https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

      http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth-century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf


      Pour l’iconographie des sibylles, Baldini a dû s’inspirer des représentations mêmes (aspect, costumes, attributs) du mystère, dont les figures nous sont connues par un ouvrage de Filippo Barbieri, paru en 1481, les Discordantiae nonnullae. Cet ouvrage, consacré en grande partie aux sibylles, les décrit telles qu’on pouvait les voir sur scène à l’époque ; un manuscrit de la bibliothèque de l’Arsenal (Ms. 243) en fait une description encore plus proche des figures gravées par Baldini.  E. Mâle, « Une influence des mystères sur l’art italien du xve siècle », Gazette des Beaux-Arts, 1906, 1, XXXV, p. 8994.

       Ces ouvrages pourraient avoir pour source les fresques du palais Orsini où, peu avant 1438, le cardinal Orsini fit peindre une suite de sibylles maintenant disparue.

      Quant à son inspiration artistique et technique, interprétant ou copiant partiellement les attitudes des personnages,(Citons, pour les prophètes, Jacob, Habacuc, Aggée, Isaïe, Ézéchiel, Amos, Obadia, Malachie) Baldini l’a trouvée en grande partie dans les séries des Apôtres (assis et debout) et dans la suite des Quatre Évangélistes du graveur allemand, le Maître E. S. Les expressions des visages, très variées, sont plus personnalisées et elles retiennent l’attention. On constate aussi des emprunts à Schongauer et une influence très marquée de l’art bourguignon. Baldini modifie parfois certains détails pour que ses compositions reflètent le goût florentin, ainsi par exemple remplace-t-il les sièges gothiques nordiques par des trônes. Plusieurs estampes ont cependant un caractère spécifiquement italien.

      La suite des Prophètes et les Sibylles sera interprétée dans une série gravée au burin, « en manière large », attribuée à Francesco Rosselli, datée des environs de 1485-1490.

      La série des sibylles fut copiée en contrepartie par un anonyme, dans une technique proche de la « manière fine », probablement à Florence, à la fin du XVe siècle (H. I, F. 7). Ces gravures, grossièrement exécutées, ne sont pas comparables à la série en manière large de Rosselli.

      La série des Sibylles se compose de douze gravures d’un état unique. 181 x 111. Le Cabinet des estampes en possède une série complète.Elles sont datées vers 1470-1475, selon Hind, Levenson, Oberhuber ; vers 1475-1480, selon Zucker.

       

      2°) Les plaques émaillées de Léonard Limosin.

      Il s'agit d'un ensemble de 48 plaques de 22 cm sur 10 cm dont 21 sont conservées à Baltimore et 20 au Musée de la Renaissance du château d'Écouen. Représentant les apôtres, sibylles et prophètes, elles proviennent de l'église du couvent Santa Maria Della Celeste à Venise et ont été réalisées par Léonard Limosin ( Limoges 1505-1575) vers 1535. J'ai utilisé les images de la Réunion des Musées Nationaux : 

      http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks?k=Sibylle+limosin

      Voir les prophètes associés :

      http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/leonard-limosin_le-prophete-jeremie_email-peint

      http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/leonard-limosin_le-prophete-moise_email-peint

       

       

      3°) Les sibylles dans les manuscrits et les livres imprimés.

      "Ces Sibylles d'un aspect si nouveau, que nous avons rencontrées pour la première fois dans le livre d'Heures de Louis de Laval, ne tardèrent pas à se montrer dans d'autres manuscrits français." E. Mâle

      • Livre de prières de l'Arsenal enluminé par Jean de Montluçon, qui eut peut-être sous les yeux les Heures de Louis de Laval  .
      • Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes  (Les sibylles et les prophètes annonçant le Christ sauveur). Ce manuscrit est probablement issu de l'atelier de l'enlumineur français Jean Poyer (1445-1504 environ) de Tours. Cette œuvre est composée de 25 grandes enluminures : une représentation de l'arche de Noé et des enluminures réparties sur 12 doubles-pages. Le côté gauche de chaque double-page représente une des sibylles associée, à droite, à une scène de la vie du Christ et l'histoire du salut qu'elle aurait annoncé. Les scènes sur la droite sont accompagnées d'un prophète de l'Ancien Testament et d'un évangéliste. Le manuscrit fut vraisemblablement acquis par l'électeur Maximilien Ier de Bavière (1573-1651), plus en tant qu'œuvre d'art qu'en tant qu'ouvrage. À ce titre, il fut conservé dans la collection d'art de l'électeur. Il n'intégra la BSB Bibliothèque nationale de Bavière qu'en 1785. Les 25 pages sont extrêmement semblables aux pages correspondantes des Heures de Louis de Laval. https://www.wdl.org/fr/item/8969/view/1/13/

         

      • Le Missel à l'usage de Paris Bibliothèque Mazarine Ms 0412, daté vers 1492. Le folio 017 montre 12 médaillons des Sibylles en marge pour la messe de Noël et donc associées à la Nativité. Les Sibylles déroulent la banderole portant leur oracle. On y trouve "Sibilla helespontina" ('De excelso celorum habitaculo prospexit deus humiles suos et nascetur in diebus novissimis de virgine hebrea in cunabulis terre') ; "Sibilla cumana" ("Magnus ab integro seclorum nascitur ordo...",)."Sibilla phrigia" ("Ex olimpo veniet et firmabitur consilium in celo et annunciabitur virgo in vallibus desertorum"),  "Sibilla tiburtina" ('Nascitur chritus in bethleem, annunciabitur in nazareth, regnante thauro pacifico fundatore quietis. O felix illa mater...') ; "Sibilla agrippa" ("Invisibile verbum palpabitur...") ; "europa" ('Veniet ille et regnabit in paupertate et dominabitur in silencio et egredietur de utero virginis') ; "Sibilla erithrea" ("In ultima etate humiliabitur deus... et iacebit in feno agnus"; "Sibilla samia" ('Ecce veniet dives et nascetur de paupercula et bestie terrarum adorabunt eum clamabunt et dicent laudate eum in atriis celorum') ; "Sibilla delphica" ("Nascetur propheta absque matris coitu ex virgine eius") ; "Sibilla chimica" ("In prima facie virginis ascendet puella..."); "Sibilla persica" ("Ecce bestiam conculcaberis et gignetur dominus in orbem terrarum et gremium virginis erit salus gentium") ; "Sibilla libica" ("Ecce veniet dies...") . Le Folio 151 en marge d'un cycle pour Pâques montre une représentation liée à la Résurrection  avec l'inscription  "Sibilla" ("Et morte morietur tribus diebus somno suscepto et cum resurrectionis principio revocatis ostenso").
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      Mazarine Ms 0412 http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=CONTXT&VALUE_98=%27un%20cycle%20en%20marge%20pour%20No%EBl%20%27&DOM=All

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

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      •  Livre d'heures de la duchesse de Bourgogne, Adélaïde de Savoie » XVe siècle,  Chantilly Musée Condé  n°1362  folio 21r   La Vierge et l'Enfant, en gloire et les sibylles . Six Sibylles : Persique, de Cumes, de Phrygie, Europe, Agrippa et Lybique , avec les oracles selon Barbieri (cf leur relevé par J. Bouissounouse page 27). 

        Copyright http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PCD0NLR2L

      http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PCD0NLR2L

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

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      • les Heures de René II de Lorraine, qui furent peintes dans les premières années du XVIe siècle
      •  les Heures de Vérard,
      • et bientôt après dans les Heures de Simon Vostre : Heures a lusaige de Poitiers, 1508 .

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8408426/f46.item.r=Heures%20vostre.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8408426/f48.item.r=Heures%20vostre.zoom

      Les Heures à l'usage de Rouen de Simon Vostre. Liste des sibylles et attribut et prophétie

      https://books.google.fr/books?id=prcEAAAAQAAJ&pg=RA2-PA65&lpg=RA2-PA65&dq=sibylle+frigea&source=bl&ots=uaqIPDGrj2&sig=2gazRzQ1xZGBV0E69RJDW26ahv4&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjQz-mV7NLPAhXjIsAKHYDRAOIQ6AEIJzAC#v=onepage&q=sibylle%20frigea&f=false

      En 1586, Jean Dorat a publié Sibyllarum duodecim oracula ex antiquo libro latine. / per Joan. Auratum,... ; et gallice per Claud. Binetum edita... / Les oracles des douze sibylles, extraicts d'un livre antique / mis en vers latins par Jean Dorat,... ; et en vers françois par Claude Binet...avec les figures tirés des vieux exemplaires par Jean Rabel Bnf Res. Y B 60

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k720315 

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      4°) Dans les vitraux, sculptures et peintures.

      Les principales séries de Sibylles en France sont "toutes contemporaines de Louis XII ou de François Ier (É. Mâle): 

      • Clamecy (Nièvre), portail occidental de l'église 
      •  Autun, retable dit Noli me tangere de la cathédrale
      • Saint-Bertrand de Comminges, stalles en bois (1537) ; 
      • Beauvais, cathédrale (vantaux du portail nord ; claire-voie vitrée sous la rose du nord, orgue, 1532),
      • Beauvais, église Saint-Étienne (boiseries);
      • Dreux, portail (après 1524) 
      •  Bordeaux, portail de l'église Saint-Michel.
      •  Aix, portes de la cathédrale commandées au sculpteur Guiramand en 1509 ;
      • Auch, vitraux (1513) et stalles ;
      • Saint-Mâurille-des-Ponts-de-Cé, stalles provenant de la Haye-aux-Bonshommes ;
      • Gaillon, stalles, aujourd'hui à Saint-Denis (vers 1510) ;
      • Noyon, cathédrale (sculpture d'une des chapelles) ; 
      • Château-Thierry, buffet d'orgues (avant 1538) ; 
      • Chambly (Oise), panneaux sculptés de la tribune 
      • Saint-Ouen de Rouen, vitraux de la nef (fin du XV° siècle). 
      •  Sibylles du vitrail de Notre-Dame d'Étampes, baie 9, œuvre de l'école de Fontainebleau. Vers 1555. Elles  n'ont pas d'attributs. Elles portent des cartouches qui contiennent les prophéties de Barbieri ou de Lactance. Seule la Sibylle de Tibur porte un texte dont l'origine est inconnue. 
      • église priorale Notre-Dame de Cunault (Maine-et-Loire), fresques accompagnées d'inscriptions tirées du Livre d'Heures de Simon Vostre
      • Brou, tombeau de Philibert le Beau.

      5°) Les sibylles du Finistère (d'après Y-P. Castel, 2000)

      •  Brennilis, autel au sud,
      •  Plonévez-du-Faou, église de Saint-Herbot, chancel, côté du chœœur,  
      • Lampaul-Guimiliau,au revers de la poutre de gloire, de part et d'autre d'une Annonciation centrale.  assises de face ou de profil chaque Sibylle porte à Lampaul un livre qui est ouvert pour cinq d'entre elles et fermé pour les sept autres. Il s'agit évidemment du livre de la prophétie émise par chacune d'entre elles. Les attributs des Sibylles de Lampaul sont dans la tradition française du Livre d'heures de Louis de Laval déjà cité.
      • Roscoff, garde-corps de la tribune de l'orgue. Sept bas-reliefs : Cimmérienne, Européenne à allure d'homme, Tiburtine, Delphique, Persique, Agrippa, Hellespontique. 
      • Pleyben, croisée de transept. Le couvre-joint des arêtes du lambris de la croisée porte, appliquées, seize statuettes diverses. Les Sibylles, au nombre de cinq sont l'Européenne, la Samienne, la Libyque, l'Erythréenne et Agrippa.

      • Guimiliau, 1. Aux angles de la chaire à prêcher, la présence de la Cimérienne reconnaissable au biberon en forme de corne laisse à penser que les quatre autres belles statuettes mutilées et désormais privées de leurs attributs distinctifs, la cinquième n'ayant d'ailleurs plus ni visage ni poitrine, représentaient des Sibylles.

      • Guimiliau, 2. Dans le chœoeur, derrière l'autel trois bas-reliefs Renaissance : Cimérienne ( ?), Erythréenne et Persique.

      • Irvillac, chapelle de Coatnan. Quatre Sibylles.  Les attributs ne suivent la tradition de Lampaul que pour la seule Delphique (SI : DELPHICA). La Persique, (SI : PERSICA) prend la croix de la Résurrection. La Phrygienne (SI : PHRYGIA) porte l'épée. L'Hellespontique (SI : HELLESPONCA) tient le bouquet fleuri de l'Erythréenne.

      • Le Faou, église de Rumengol, stalles du chœœur, trois Sibylles : " Sibie " (sic), " Delphiqua " et " Persica ".

      • La Martyre, au bas de la première colonne dans le chœœur. On croit distinguer la Cimmérienne avec le biberon en forme de corne parmi les douze allégories féminines au milieu desquelles les vertus théologales.

      • Plabennec, chapelle de Locmaria-Lan, mur intérieur. Trois Sibylles, Cimérienne, Samienne, Libyque.

      • Plouzévédé, église Notre-Dame de Berven. Trois Sibylles en bas-relief, sur le rabat du volet gauche du retable de la Vierge : Cimérienne, Samienne, Erythréenne.

      Toutes ces Sibylles sont ciselées dans le bois. La majorité est traitée en bas-reliefs.

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      SOURCES ET LIENS.

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      Sur les Sibylles.

      — EL ENIGMA DE LA SIBILA

      https://sites.google.com/site/omnedecus/Home/art/el-enigma-de-la-sibila

      — HÜE (Denis), 2004, La Sibylle au théâtre, in Sibylle, parole et représentation, Presses Universitaires de Rennes p. 177-195 http://books.openedition.org/pur/30366

      — Dans les vitraux :

      http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm5601/sibylles.php

      Baie 12 d'Ervy-le-Chatel (Aude), v1515 : 

      http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/eg_StP@Ervy_12.php

      — Article de Wikipédia

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle

      https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla

      —ABED ( Julien) 2010, La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Jacqueline Cerquiglini-Toulet, soutenue le 13 mars 2010 à l’université Paris-Sorbonne.

      https://peme.revues.org/85

      —ABED ( Julien), 2007, "Une à la douzaine : le statut du personnage de la sibylle dans le BnF fr 2362 "in Façonner son personnage au Moyen Âge Chantal Connochie-Bourgne, Coll. Sénéfiance, Presses Universitaires de Provence,  pages 9-19 http://books.openedition.org/pup/2255?lang=fr

      — BARBIERI (Filippo de) [Philippus de Barberiis] [Filippo Barberio], 1481,  [Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, et alia opuscula] ([Reprod.]) / [Philippus de Barberiis] , Bnf, Gallica :

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531

      BELCARI (Feo), « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du xve siècle.

      https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

      http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth-century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf  

      — BOUISSOUNOUSE (Jean), 1925, Jeux Et Travaux D'apres Un Livre D'heures Du XV Siecle  : Livre d'heures Chantilly n°1362 « Livre d'heures de la duchesse de Bourgogne, Adélaïde de Savoie » Xve siècle folio 21r :La Vierge et l'Enfant, en gloire et les sibylles.  Paris 1925, Reprints Slatkine Genève 1977.

      https://books.google.fr/books?id=ZUq0Pgh2ye8C&dq=%22livre+d%27heures%22sibylles&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

       

       —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

      http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

      — CLERC (C de ), 1979, "Quelques séries italiennes de Sibylles", Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, fasc. 48-49 pages 105-127.

      — CHAMPIER (Symphorien), 1503, "Les prophéties, dits et vaticinations des Sibylles, translatés de grec en latin par Lactance Firmian", 3ème partie de  La nef des dames vertueuses

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f31.vertical

      — GIUSTINIANI (Giulia), 2014 « Gli esordi critici di Emile Mâle : la tesi in latino sulle sibille »,Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 

       http://mefrm.revues.org/1527 

      — HEURES DE LOUIS DE LAVAL , avant 1489,  Horae ad usum romanum Bnf Latin 920. 

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f42.item

       

      — KRIEGER (Denis), Autour des vitraux d'Arnauld de Moles à la cathédrale Sainte-Marie d'Auch

      (un dossier iconographique sur les Sibylles)

      http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

       —LAMBERT (Gisèle), Les premières gravures italiennes =  Les gravures de Baccio Baldini : une suite de 24 prophètes et 12 Sibylles .

      http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

      LE VERDIER, (Pierre Jacques Gabriel,) 1884, Mystère de l'incarnation et nativité de Notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ : représenté à Rouen en 1474, publié d'après un imprimé du XVe siècle Société des bibliophiles normands

      https://archive.org/stream/mysteredelincarn01leve#page/n69/mode/2up

      — MÂLE  (Émile), 1925,  L'art religieux de la fin du Moyen Age en France  : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration  3e éd., rev. et augm. / Paris : A. Colin ,  p. 254-279.

      https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/252/mode/2up

      https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml/lartreligieuxde00ml_djvu.txt

      — MÂLE  (Émile) , 1899, Quomodo Sibyllas recentiores artifices repraesentaverint [Texte imprimé] / E. Mâle,.. / Parisiis : E. Leroux , 1899  

      — MONTEIRO (Mariana), 1905, As David and the Sibyls says. A sketch of the Sibyls and the sibylline oracles  

      https://archive.org/details/asdavidsibylssay00montrich

      — PASCUCCI (Arianna), 2011, L'iconografia medievale della Sibilla Tiburtina in Contributi alla conoscenza del patrimonio tiburtino, Vol. VIII, Liceo classico statale Amedeo di Savoia di Tivoli, 2011,

       http://www.liceoclassicotivoli.it/Pascucci_Sibilla_Tiburtina_2011.pdf

      https://www.academia.edu/9789364/Liconografia_medievale_della_Sibilla_Tiburtina_di_Arianna_Pascucci_Tivoli_2011

      —RÉAU (Louis), Iconographie de l'art chrétien, II, Iconographie de la Bible, Ancien Testament, p. 420-430.

      — ROBERTET (Jean), Œuvres. Édition critique par Margaret Zsuppán, Genève, Droz; Paris, Minard (Textes littéraires français, 159), 1970, 208 p.

      https://books.google.fr/books?id=3Kn4gp0HSEQC&dq=Jean+Robertet,+%C5%92uvres.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

       

      — ROESSLI (Jean-Michel), 2002,  Catalogues de sibylles, recueil(s) de Libri Sibyllini et corpus des Oracula Sibyllina Remarques sur la formation et la constitution de quelques collections oraculaires dans les mondes gréco-romain, juif et chrétien Jean-Michel Roessli (Université de Fribourg, Suisse)  in E. NORELLI (ed.), Recueils normatifs et canons dans l'Antiquité. Perspectives nouvelles sur la formation des canons juif et chrétien dans leur contexte culturel. Actes du colloque organisé dans le cadre du programme plurifacultaire La Bible à la croisée des savoirs de l'Université de Genève, 11-12 avril 2002 (Lausanne, 2004; Publications de l'Institut romand des sciences bibliques 3), p. 47-68

       

      http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-catalogues-sibylles.pdf

      — ROESSLI (Jean-Michel) , 2007 « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l’histoire des religions :

      http://rhr.revues.org/5265

      Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414 (1490-1500) http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00017917&pimage=00017917&suchbegriff=&l=fr

      — TASSERIE (Guillaume), 1499  Le Triomphe des Normans composé par Guillaume Tasserie traictant de la Immaculée Concepcion Nostre Dame

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k424472s

      Le Triomphe des Normans traictant de la Immaculée Conception Nostre Dame est un mystère qui fut joué en 1499. Une seule copie de ce texte nous est parvenue, dans un manuscrit ayant appartenu jadis au Duc de la Vallière. La mise en ligne et la mise en page ont été assurées par Denis Hüe à l’Université Rennes

      2http://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/triomphe/triomphe.html

      — Tractatus Zelus Christi, Venise 1592

      https://books.google.fr/books?id=eItlAAAAcAAJ&pg=PA44-IA1&lpg=PA44-IA1&dq=ensem+nudum+sibylla&source=bl&ots=mmZ9XSX-Hd&sig=mpqSs1Y5_ou3a9KrWaEIqX-w4eo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS4_Ghx8nPAhXnDsAKHeLyAXEQ6AEIHDAA#v=onepage&q=ensem%20nudum%20sibylla&f=false

       

      — Description des sibylles de la rosace de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince 1537 : 

      https://archive.org/stream/beauvaissacathd00pihagoog#page/n95/mode/2up/search/sibylle

       

      —Sur l'église de Brennilis :


       

      — Topic-topos : http://fr.topic-topos.com/les-douze-sibylles-brennilis

      — Site Infobretagne contenant les texte des chanoines Peyron et Abgrall :

       http://www.infobretagne.com/brennilis.htm

      — Inventaire descriptif de l'église de Brennilis fait pendant l'été 1983. Tapuscrit conservé à la bibliothèque du diocèse de Quimper.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71e51d7ff370034408d2b2e0ebdb6061.pdf

      — ABGRALL, (Jean-Marie) 1904 Notice sur Brennilis, Bulletin Diocésain d'Histoire et d'Archéologie BDHA 1904 page 95-101 :

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/af488ed0b5ac10edd2fb9441496254a9.pdf

      — ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de kerangal, Quimper pages 283-284.

      https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n317/mode/2up/search/brennilis

       

      — COMBOT (recteur de Brennilis), 1856, Note sur l'église de Brennilis,  cité dans BDHA 1904.

      — COUFFON , Le Bars, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988 

       http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8f6bfc6f028b1a3a6cf67e7cd7c3578f.pdf

       PEYRON, 1910, Eglises et chapelles, Bulletin Société archéologique du Finistère t. XXXVII pp. 293-294.

       

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      • jean-yves cordier
      • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
      • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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