Cette baie, l'une des quatre de la Chapelle de la Vierge, mesure 3 m. de haut et 1,10 m de large ; elle comporte 1 lancette trilobée et un tympan à 1 ajour et 1 écoinçon. Son registre inférieur est l'œuvre de l'atelier Duhamel-Marette. Celui-ci , chargé de la restauration des baies, réalisa entre 1893 et 1898 des verrières neuves pour les baie 9 à 15 de la chapelle de la Vierge en incluant ici en registre supérieur la figure de Notre-Dame-de-la-Liesse, conservée jusqu'en 1897 dans le bas-coté sud du chœur, peut-être en baie 12.
"Louis-Gustave Duhamel, formé à l'école des Beaux-Arts de Rouen puis à l'atelier du maître-verrier Bernard dans la même ville, s'associa vers 1860 à un ''peintre-vitrier'' d'Evreux, Jean-Gabriel Marette, dont il épousa la fille, Marie-Adeline. Sous le nom de Duhamel-Marette, cet atelier ébroïcien devint l'un des principaux artisans du renouveau de l'art du vitrail en Normandie, actif aussi bien dans la restauration de vitraux anciens que dans la création de verrières dans le style du Moyen-Âge et de la Renaissance et sa production fut exportée bien au-delà des limites régionales."
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Baie 15 (milieu XVIe et 1895-1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INFÉRIEUR. DUHAMEL-MARETTE 1895-1898.
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Une inscription explicite le sujet de la scène :
COME EN LAN 1634 AYANT PRIS FIN UNE PESTE HORRIBLE MRE ROBERT DENYAU
CURE DE CEANS ET LES BOURGEOIS DE GISORS REMERCIENT NOSTRE DAME EN SON EGLISE DE LIESSE.
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"Comment en l'an 1634, ayant pris fin une horrible peste, messire Robert Denyau curé de céans et les bourgeois de Gisors remercient Notre-Dame en son église de Liesse."
En l'année 1604, Marc Philo de Saint-Servin , licencié en théologie , protonotaire apostolique, de la compagnie de Jésus, curé de Gisors, installa les religieux de la Mercy ou de l'Ordre de la Très-SainteTrinité, appelés Mathurins, dans la chapelle de Notre-Dame-de-Liesse de Gisors, près le Mont-de-l'Aigle, le 13 juin 1610.
Les Mathurins , ordre qui avait pour but le rachat des captifs chrétiens dans les états barbaresques : Maroc, Alger, Tunis, Tripoli, etc., firent bâtir une nouvelle église beaucoup plus vaste que la chapelle fondée en 1610 sous le vocable de Notre-Dame-de-Liesse. Cette église fut consacrée le 3 juin 1626, par M. Déniaud, alors curé de Gisors.
Robert Déniaud , docteur en droit canon et civil, succéda à Raoul Neveu, au titre de curé de Gisors, en 1611.
Il écrivit une Histoire politique de Gisors (Rouen, ms Y14a)
En 1632, une peste fit un grand nombre de victimes en cette ville où elle dura jusqu'en l'année 1634.
M. Déniaud, curé de Gisors, fit, dans cette circonstance, tout ce qui était en son pouvoir pour ranimer les esprits et soulager ses malheureux paroissiens. Il organisa, en outre, des processions à la chapelle de Notre-Dame-deLiesse, sise aux Mathurins et le terrible fléau ayant cessé, il rendit grâce à Dieu par le chant du Te Deum , dans l'église de Gisors , auquel assistèrent tous ses paroissiens et une partie de ceux des villages voisins.
La statue de N.-D. de Liesse, qui était jadis dans la chapelle de Mathurins, est présentement placée dans le mur d'une maison, située vis-à-vis le pont des Argilières.
"Cette vierge avait, en effet, la tête inclinée, et, comme si elles n’étaient pas toutes ainsi, on assurait que c’était pour perpétuer le souvenir du miracle qui avait fait cesser, dans la ville, l’affreuse maladie qui mettait toutes les familles en deuil. Non content d’avoir ainsi placé sa paroisse sous la protection de toutes les Notre-Dame-de-Liesse de Gisors, le pasteur de celle ville fit encore le vœu d’aller, avec ses ouailles, invoquer celle dont l’église était située près de Laon: voyage qui fut, en effet, effectué le mercredi d’après le dimanche de Quasimodo de l’année 1634. . Le terrible fléau ayant cessé d’exercer ses ravages dans la ville, ce fut, pour Denyau, un signe de l’apaisement de la colère de celui dont il était le ministre. Aussi fit-il chanter, dans son église, un Te Deum d’actions de grâces, auquel assistèrent tous les paroissiens et une partie de ceux des villages voisins. Au sujet de la peste qui affligea de son temps la ville de Gisors, en 1632 et 1633, Robert Denyau, dans une histoire de cette ville, demeurée manuscrite, fait un long détail du pèlerinage que ses paroissiens firent a l’église des Trinitaires, et de la dévotion avec laquelle ils y chantèrent le Regina cœli."
L'inscription est surmontée d'un blason d'azur à la fasce d'or, accompagnée en chef de deux cœurs d'argent et en pointe d'un croissant de même : ce sont les armes de la famille Denyau, d'Anjou. :
Le blason est posé sur un crucifix entouré d'un chapelet où est accroché une médaille d'or.
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Action de grâce à Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Duhamel-Marette, 1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Action de grâce à Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Duhamel-Marette, 1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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REGISTRE SUPÉRIEUR. LA STATUE DE NOTRE-DAME.
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Dans un encadrement architectural datant essentiellement du XIXe siècle, est inséré un panneau du milieu du XVIe siècle : c'est une grisaille, comme celle de la baie 10, qui lui est contemporaine, et comme celle-ci elle s'inspire d'une gravure. Il s'agit ici d'une gravure de Marc-Antoine Raimondi, d'après la "Vierge au poisson" de Raphaël. (voir infra)
M. Hérold, in Callias Bey et col. attribue cette grisaille à "Romain Buron, auteur probable de Notre-Dame-du-Salut à Sainte-Foy de Conches, tirée du même patron à grandeur."
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Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La comparaison avec la gravure de Raimondi laisse apparaître de sérieuses différences avec le vitrail, concernant la posture et la direction du regard de la Vierge ou son habillement, aussi bien que la posture de l'Enfant.
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La Vierge au poisson d'après Raphaël (Bartsch 54 - Bartsch illustré tome 26 (volume 14, 1ère partie), page 80)
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Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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SOURCES ET LIENS.
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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171
— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.
L'extraordinaire grisaille (1545) de la baie 10 de la collégiale de Gisors : la Vie de la Vierge illustrée de séquences de la Légende de Psyché gravées par le Maître au Dé.
Une grisaille est, en peinture, une peinture monochrome en camaïeu gris, utilisée par exemple pour peindre le verso des volets des retables (Van Eyck, Polyptyque du Jugement Dernier de Van der Weyden ). Ces volets étant les seuls apparents lorsque le retable est fermé, la grisaille leur confère un esprit d'attente pénitentielle et d'ascèse.
C'est aussi un exercice de style pour le peintre, exercice proche du trompe-l'œil, qui doit utiliser les différences de nuances pour marquer les ombres, donnant ainsi l'illusion du relief et de la sculpture sur pierre ou sur bois. Le camaïeu est d'ailleurs au sens propre une imitation des camées.
Elle est aussi assimilée depuis le début de la Renaissance (Vasari) au clair-obscur, où la préoccupation du relief privilégie le modelé.
En vitrail, la grisaille est, d'abord, le nom de la peinture vitrifiable appliquée sur les verres, blancs ou colorés. Mais le terme peut désigner aussi une peinture exclusivement sur verre blanc, avec application de grisaille, de jaune d'argent voire (comme ici) d'émail. Cette pratique a pu répondre à l'exigence des paroissiens ou des chanoines de faire entrer davantage de lumière dans l'église (les verres colorés étant bien-sûr plus sombres). C'est ainsi qu'en la cathédrale de Chartres, des vitraux de grisaille sont apparus à la fin du XIIIe siècle sous forme de réseaux géométriques et ont été complétés au XVe siècle de scènes figurées à verres colorés : Verrière de Saint-Nicolas, de l'Annonciation, etc. Elle a pu aussi être suscitée par l'art de la gravure et la large diffusion des œuvres, permise par l'imprimerie : la baie 10 de Gisors plaide en ce sens.
L'idée de ce thème provenait de la Loge de Psyché, peinte par Raphaël pour la Villa Farnesina en 1516-1518.
Le graveur Bernado Daddi (vers 1510-Rome 1570) s'inspira de dessins attribués à Raphaël (mais dus probablement au flamand Michiel Coxcie, le "Raphaël flamand") pour réaliser vers 1535 une série de 32 planches gravées, L'Histoire des amours de Psyché et Cupidon, qui sont la source des vitraux d'Écouen (actuellement au château de Chantilly).
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3°) La baie 10 de Gisors.
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"La Vie de la Vierge de la baie 10, "l'une des œuvres les plus parfaites de la seconde Renaissance", a depuis longtemps attiré l'attention. Les comparaisons anciennement proposées avec la suite de la vie de Psyché d'Écouen, aujourd'hui au Musée Condé de Chantilly et avec le vitrail de la vie de la Vierge de Saint-Acheul d'Écouen [1544] demeurent pertinentes. Ces verrières pourraient avoir été réalisées à Paris. Elles sont de factures différentes, mais puisent toutes à la source des gravures de l'histoire de Psyché. Ces gravures, exécutées à rome par le Maître au Dé, sont utilisées à Gisors d'une manière beaucoup moins directe qu'à Chantilly. Il ne s'agit pas ici de copie mais de la reprise d'éléments de composition auparavant notés et déjà transposés. La grisaille de Gisors est une œuvre originale et de haute qualité, qui dépasse les modèles de référence. Son auteur anonyme a également puisé à d'autres sources, en particulier dans les gravures de Dürer qu'il exploite également avec une grande liberté. Une seconde grisaille, contemporaine de la précédente, représente Notre-Dame-de-Liesse (baie 15)." (Callias Bey et col. 2001 p. 169)
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DESCRIPTION.
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La baie haute de 3,70 m et large de 2,50 est divisée en deux lancettes cintrées (qui se décrivent en deux registres) et un tympan à 2 ajours.
CLIQUEZ SUR LES IMAGES pour éviter le commentaire.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INFÉRIEUR . La Visitation et la Circoncision.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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1°) La Visitation.
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Grisaille, jaune d'argent, présence d'émail bleu.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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"Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : mariage des sœurs de Psyché avec des rois ; Psyché raconte son infortune à ses sœurs." (Callias Bey)
"Dans le panneau de la Visitation, la figure de sainte Élisabeth a été calquée sur la figure de Psyché prête à se venger de ses sœurs et la tête de la jeune fille a été remplacée par une tète de vieille femme. L’une des suivantes de la Vierge est calquée sur une des sœurs de Psyché dans la même gravure, l’autre sur la seconde sœur de Psyché dans la gravure où le roi et la reine déplorent la beauté de leur fille, qui éloigne d’elle les prétendants ." (Magne)
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Psyché raconte son infortune à ses sœurs, gravure du Maître au Dé.
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le roi et la reine déplorent la beauté de leur fille, qui éloigne d’elle les prétendants. Gravure du Maître au Dé.
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Même emploi de cette gravure pour la Visitation de l'église d'Écouen.
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Vitrail de l'église d'Écouen. Photo Reinhardhauke — Travail personnel
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2°) L'Annonce faite aux bergers.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Le père de Psyché consultant l'oracle de Millet .
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Gravure (inversée par moi) de la gravure le père de Psyché consulte l'oracle.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Cupidon demande grâce pour Psyché.
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Cupidon demande grâce à Jupiter pour Psyché.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Psyché embarque dans la barque de Charon .
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Psyché transportée dans un montagne déserte.
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Psyché conduite dans un appareil funèbre sur une montagne déserte pour accomplir les ordres de l'oracle (Bartsch 43, Bartsch illustré tome 29 (volume 15, 2ème partie), page 199)
Psyché conduite dans un appareil funèbre sur une montagne déserte pour accomplir les ordres de l'oracle (Bartsch 43, Bartsch illustré tome 29 (volume 15, 2ème partie), page 199)
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La date 1545 est marquée sur la banderole tenue par l'ange.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INTERMÉDIAIRE .
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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3°) L'Annonciation.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Apulée changé en âne .
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Galerie de Psyché, château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Cérès refuse assistance à Psyché.
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Céres refuse assistance à Psyché, Galerie de Psyché, château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.
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4°) La Circoncision.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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"Dans le panneau de la Circoncision de Gisors (Fig. 5), la Vierge est calquée sur Psyché offrant des cadeaux à ses sœurs : la tête seule a été changée. " (L. Magne page 72).
Psyché offrant des présents à ses sœurs, gravure du Maître au Dé.
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Psyché offrant des cadeaux à ses sœurs, vitrail de la Galerie de Psyché, château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.
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LE REGISTRE SUPERIEUR .
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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5°) Le Mariage mystique de la Vierge.
Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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D'après Dürer, Le Mariage de la Vierge, vers 1505, catalogue Bartsch 82.
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A. Dürer, Le Mariage de la Vierge, gravure vers 1505.
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6°) L'Adoration des Mages.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Le Peuple rend honneur à Psyché.
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Gravure du Maître au Dé
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Le peuple rend hommage à la beauté de Psyché, Galerie de Psyché, Château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.
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LE TYMPAN.
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Trinité dans les deux ajours et l'écoinçon supérieur, nuée dans les 2 autres écoinçons.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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SOURCES ET LIENS.
— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171
— MAGNE (Lucien), 1888, LES VITRAUX DE MONTMORENCY ET D'ÉCOUEN CONFÉRENCE FAITE A MONTMORENCY M. LUCIEN MAGNE ARCHITECTE PARIS LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT ET V e 56 , RUE JACOB, 56, page 70 et suiv.
—Nom de genre Stylurus, Needham 1897, Canad. Ent. 29:167 ; du grec stylos "cylindrique" et -uros "appendice, queue, extrémité", en relation avec la forme allongée du 9ème segment abdominal des larves des espèces du genre : Needham crée dans sa publication trois nouveaux genres lanthus, Orcus et stylurus par l'examen des stades pré-imaginaux de diverses Gomphinae américaines.
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Stylurus est un genre dans la famille des Gomphidae appartenant au sous-ordre des Anisoptères dans l'ordre des Odonates.
En 2016, un article de J.L. Ware et al. dans Systematic Entomology, Phylogenetic relationships of North American Gomphidae and their close relatives, a donné les conclusions de la première étude moléculaire phylogénique des Gomphidae. Parmi les modifications taxonomiques, Gomphus flavipes, notre Gomphe à pattes jaunes, fut transféré dans le genre Stylurus.
Le Museum d'Histoire Naturelle a suivi ces auteurs, et son site en ligne, INPN, présente désormais cette dernière espèce sous le nom de Stylurus flavipes (Charpentier, 1825).
Ce qui m'amène à procéder à une étude du nom de genre Stylurus.
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ÉTUDE DU NOM DE GENRE STYLURUS, NEEDHAM, 1889.
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James George Needham est un entomologiste américain, né le 16 mars 1868 à Virginia (Illinois) et mort en 1957 à Ithaca (comté de Thompkins, état de N-Y).
Il étudie l’entomologie avec John Henry Comstock (1849-1931) à l’université Cornell de 1896 à 1898.
Il est co-inventeur du Système Comstock-Needham de dénomination des cellules et nervures des ailes des insectes.
À partir de 1898 et jusqu’en 1907, il enseigne la biologie à l’université de Lake Forest avant de retourner à Cornell. Il y enseigne d’abord la limnologie (science ddes eaux continentales) avant de succéder à J.H. Comstock lors de son départ à la retraite en 1914. Il dirige le département d’entomologie jusqu’à son propre départ à la retraite en 1915. Il se spécialise notamment dans l'étude des libellules.
Sa publication, qui fait suite à des captures de libellules et d'exuvies à Ithaca, souligne l'importance de l'étude des stades pré-imaginaux pour la taxonomie. Il y décrit le genre stylurus, dont il désigne l'espèce type : Gomphus plagiatus Selys 1854.
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1°) La publication originale :
G. Stylurus : Needham 1897, Preliminary studies of N. American Gomphinae by James G. Needham, Cornhell University, Ithaca, N.Y., Canadian Entomologist volume 29 page 166 et 167.
"Examples of the emphasized importance of larval life better than that furnished by the subfamily Gomphinae of Odonata are few even among insects. The nymphs live under the sediment (mostly organic debris) which falls to the bottom of ponds and streams. They are aquatic burrowers which live at such slight depth that their anal respiratory orifice is never beyond the reach of clean water. This thin stratum, which forms their home and which they only leave to transform, is one of great biologic richness. In it they have found room for development in enormous numbers and necessity for extreme specialization. They are, at least when well-grown, among the more powerful members of its teeming hidden population. The imagoes emerge, flit about under cover for a few days, lay their eggs and die.
They emerge largely by daylight and are subject to great decimation of numbers at this time, and are sought later by numerous powerful enemies. The females which live to oviposit lay a very large number of eggs. A female of Gomphius fraternm laid for me in a watch glass of water over 5,000 at one time. The imagoes of the ancient genus Gomphus are regarded as a race of weaklings. Their nymphs, on the contrary, are splendidly equipped for the battle of life. And it is to the perfection of their adaptation that the prevalence of Gomphines with us is due.
These conditions have developed a large and very uniform series of imagoes, with one colour pattern, one plan of venation, one habitus consisting of many very closely related species difficult to study.
Specific characters, though slight, are yet constant. The slight specific variations of an ancient colour pattern long retained are unusually reliable. Secondary sexual characters reach here their maximum of importance and of specific individuality. This is as one would expect, recalling the vicissitudes of adult life and that its chief concern is with reproduction.
The real competition of life, however, is carried on by the nymphs, and the outcome of it is that they have become specialized. They have developed along several lines and have become segregated into well-marked natural groups which are not so obvious among the imagoes.
De Selys separated from the great genus Gomphus as he found it three genera represented in our fauna, Ophiogomphius, Herpetogomphus and Dromogomphius, and divided the remainder into groups of species. My breedings of the nymphs during the past three seasons in the main confirm these groups and show that three of them at least are worthy to rank as genera.
One of the genuine surprises of this season was the finding here, at Ithaca, of nymphs like those described by Hagen from Rocky Creek, Ky., (Trans. Amer. Ent. Soc, XII., 281, 1885) and doubtfully referred by him to Tachaptryx T/wreyi, and the rearing from them of Gomphus parvulus, Selys. "This extraordinary nymph combines head and antennae of Hagenius with legs and abdomen of Gomphus,'' wrote Hagen in the beginning of his very careful description. The length of the wing pads showed the nymphs not to be young, as Hagen supposed, and made it impossible to consider them as belonging to Tachaptryx, but that they should yield this dainty little Gomphine was still a surprise.
In June and July, 1896, I bred Gomphus fraternus, Say, in numbers at Havana, 111. The nymphs are exactly described by Hagen (loc. cit., p. 262) as No. 13, G. adelphus (supposition). In May, 1895, I bred Gomphus graslineiius, Walsh, at Galesburg, 111. These, especially the former, are very near to the typicil G. vulgatissimus of Europe. "
Believing that the immature stages throw much light on the relation-ship of the imagoes, and that the study of this large and homogeneous group will be facilitated by the setting apart of distinguishable sub-groups, I propose three new genera which need here have no further characterization than that of the following tables: Lanthus ( Λανθαυη contracted), type G. parvulus, Selys, Orcus (nomen proprium), type pallidus, Ramb., and Stylurus (στυλος ούρα ), type plagiatus, Selys. With these apart Gomphus is still somewhat polymorphic. The dilatatus group, characterized by extreme dilatation of the apex of the abdomen in the imago and correspondingly greater width to the 9th abdominal segment in the nymph, may yet, with advantage, be set apart. A clear line of demarcation, however, is not yet apparent.
I now hazard a table for separating these subdivisions of the Legion Gomphus, Selys. It is to be regarded as preliminary and tentative, the more so as I have endeavored to base it on characters common to both sexes. This legion is distinguished from others of Gomphinae by the absence (normally) of cross veins from all the triangles and supra-triangular spaces.
Table for Imagoes of the Legion Gomphus, Selys.
1. Outer side of triangle of fore wing distinctly angulated at the origin of the cross vein between the two upper discoidal areolets 2. Outer side of triangle of fore wing straight or nearly so j.
2. Inferior abdominal appendages of recurved upward in their apical half; vulvar lamina of ? shorter than half the 9th abdominal segment Herpetogoviphus, Selys.
[...]
6. Dorsum of thorax pale with darker stripes ; 8th abdominal segment cut obliquely at apex, longer on the dorsum than at the sides, abdominal appendages of ♀ hardly longer than the 10th segment Orcus, gen. nov.
Dorsum of thorax dark with paler stripes ; 8th abdominal segment not longer on the dorsum than at the sides ; abdominal appendages of the ♀ at least one half longer than the l0th segment Stylurus, gen. nov.
[...]
Table for Gomphine Nymps.
page 168 [...]
6. Body spindle-shaped, little flattened ; fore and middle tibiae with small external apical hooks or with none : Stylurus.
Je traduis cette description de la forme nymphale du genre Stylurus ainsi : « Corps fusiforme, peu aplati; pattes antérieures et intermédiaires avec ou sans un petit crochet externe apicale : Stylurus."
des deux mots grecs στῦλος, stûlos, "Pilier, colonne", et οὐρά, ourá. Queue (appendice). Suffixe indiquant un rapport avec la queue.. Soit : "appendice (queue) en forme de colonne."
Il n'explique pas pourquoi il choisit cette association de mots, mais puisque sa description de trois nouveaux genres est basée sur l'étude des exuvies, c'est auprès de celle-ci qu'il faut rechercher cette explication. Si nous nous en tenons au texte (et c'est notre devoir), ce qualificatif de stylurus, "appendice ou queue en forme de colonne" ne peut être mise en relation qu'avec les mots Body spindle-shaped, little flattened de la description de la forme nymphale.
Ma conclusion serait : stylurus, du grec stylos "cylindrique" et -uros "appendice, queue, extrémité", en relation avec la forme des larves des espèces du genre : Needham crée dans sa publication trois nouveaux genres Lanthus, Orcus et stylurus par l'examen des stades pré-imaginaux de diverses Gomphinae américaines.
Néanmoins, Heinrich Fliedner relie cette étymologie à la forme allongée du 9ème segment abdominal de la larve, dans The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie’ où il étudie l'origine du nom Gomphus flavipes :
- flavipes (Charpentier)[l. flavus - yellow; pes - foot, leg] refers to the mainly yellow legs of the species, which by some scientists is included into the taxon Stylurus [gr. stylos - pillar; ura - tail], named from the elongated 9th abdominal segment in the larvae.
J'adopte, par respect pour les hautes compétences de cet auteur, cette explication, bien que je n'aie pas su la lire dans la description originale.
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NOMS VERNACULAIRES.
L'article Wikipédia en mentionne le nom anglais de Hanging Clubtails (Gomphes suspendus) en raison de leur habitude de se suspendre presque verticalement lorsqu'ils se perchent.
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SOURCE ET LIENS.
— Ware, J. L., Pilgrim, J. D., May, M. L., Donnelly, T. W. & Tennessen, K. 2016. Phylogenetic relationships of North American Gomphidae and their close relatives. Systematic Entomology, On line.
Placé dans la quatrième chapelle du bas-coté nord, dédiée à sainte Anne, cette baie haute de 5,50 m et large de 3 m possède 4 lancettes trilobées et un tympan à 4 mouchettes, 1 soufflet et 2 petits écoinçons. Le décor figuré est placé au centre de verres blancs losangés remplaçant, dès le XVIIIe, des parties manquantes, et se décrit en deux registres.
La verrière a été recomposée, mais peu restituée.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LES LANCETTES CENTRALES.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INFÉRIEUR. LES DONATEURS ET LEURS PATRONS.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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1°) La partie droite : Pierre Le Pelletier et ses trois fils présentés par saint Pierre.
a) Identification :
Elle est basée sur les saints qui présentent les donateurs, sainte Geneviève pour l'épouse et saint Pierre pour le donateur. (On sait pourtant que les intercesseurs ne sont pas obligatoirement liés aux prénoms des couples). Ce point de départ conduit E. Hamon à écrire :
"Ces figures accompagnent un couple de donateur et leurs enfants dont nous n'avons pu identifier les armoiries associées. La confrontation de ces deux prénoms aux listes des notables de Gisors nous permet de proposer les noms de Pierre Le Pelletier et de son épouse Geneviève." Étienne Hamon ... Gisors et les églises du Vexin français.
Un Pierre le Pelletier fut lieutenant du bailli de Gisors en 1547 : dans des actes concernant les Métiers de Gisors, il est dit "maistre Pierre Le Pelletier, écuyer, notre lieutenant en la ville et chatellenie du dict Gisors » page 144, tandis que Adam de Houdon est bailli et capitaine de Gisors. (Passy, 1907). Il appose sa signature sur les statuts des Patissiers Rotisseurs (31 janvier), des Tisserands en drap (24 janvier), des Chaudronniers (31 janvier). Notons dans le même ouvrage qu'en 1538, un Jehan Le Pelletier était Procureur du roi à Gisors.
Le même, ou un autre "maître Pierre Le Pelletier " et dit , écuyer, député du parlement de Rouen en ... qualité de lieutenant général nommé en 1526, ...lieutenant général de Gisors" (Mémoires Auguste Le Prévost) , et un autre est, plus tard, député du tiers-état de la vicomté de Beaumont-le-Roger. (L. Passy 1907)
L'examen des armoiries devrait nous renseigner. Celles de Pierre Le Pelletier pourraient être blasonner comme d'azur, à une fasce d'argent chargée de deux roses de gueules et une molette de sable, au chef une gerbe de blé d'or. Celles de son épouse, inscrites dans un losange comme celle des femmes, sont, pour le parti du mari, presque identiques mais la fasce porte trois roses, la molette ayant disparu. La moitié qui correspond à sa famille serait d'argent à une rose de gueules.
Elles ne procurent aucune piste.
Ces armoiries sont différentes de celles ( d'azur, d la fusée d'argent , chargée de trois coquilles de sable) de Henri Le Pelletier, seigneur de Bonnemare marié en 1493 avec Geneviève Jubert du Thil et donateur aux Andelys d'un vitrail réalisée à Rouen par Arnoult de Nimègues mais qui fut adaptée à une baie nouvelle et complétée vers 1540 par Romain Buron à l'initiative des donateurs, ou de leurs enfants.
Elles possèdent certains éléments (roses de gueules, éperons de sable, fond d'azur) des armoiries des Le Pelletier originaire du Mans. Les roses de gueules se retrouvent aussi autour d'un chêne arraché chez des membres d'une autre famille Le Pelletier.
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b) Description.
Le donateur est représenté agenouillé à un autel, tourné vers la droite, partie où se trouvait à l'origine la scène ou le saint personnage vénéré. Il est vêtu d'un grand manteau bleu sur un habit rouge à dentelles aux poignets. Son écu est posé à ses cotés. Ses trois fils sont à genoux derrière lui ; deux ont la tête couverte d'un bonnet.
La rose rouge des armoiries est montée "en chef d'œuvre", c'est à dire que son emplacement est découpé à l'intérieur de la fasce blanche. C'était sans doute le cas pour sa voisine, avant que ne survienne des traits de refend nécessitant des plombs de casse.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Saint Pierre porte un livre et deux clefs. À l'arrière-plan, sur une architecture, Moïse tenant les tables de la loi et Calvaire devant un autel situent la scène dans une église. Les initiales P+S , juste au dessus de la tête nimbée de saint Pierre, ont été négligées par les auteurs recherchant des signatures.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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2°) La partie gauche : Geneviève Le Pelletier et sa fille présentées par sainte Geneviève.
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Geneviève Le Pelletier (?) se tient agenouillée derrière le même autel tendu du même drap damassé vert que son époux, ses armoiries losangiques à ses cotés.
Son livre d'heures à tranche dorée et ornée de motifs géométriques est ouvert devant elle.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La femme est vêtue d'une robe rouge à encolure carrée, et aux très larges manches de fourrure. L'avant-bras qui en sort est revêtu de manches bleues lacées par des aiguillettes et se terminant par de la dentelle. Sa main droite porte cinq bagues, des demi-joncs d'or dont deux sur le majeur. Il faut décrire aussi la ceinture jaune, nouée, la chemise de dentelle, remontant haut et serrée par un ruban doré où une croix est suspendue, et enfin le chaperon à bavolet , cet escoffion surmonté d'un grand pan de toile noire se relevant au dessus du visage et descendant dans le dos. Les cheveux sont ramassées sur les tempes par une résille.
La jeune fille porte une tenue analogue, mais l'encolure de la robe est ronde, et les bagues sont absentes.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Sainte Geneviève tient un livre dans sa couverte bleue, mais elle est identifiée par le cierge de sa main gauche. En effet, celui-ci donne lieu à une scène spécifique de cette sainte, celle dans laquelle un ange allume la mèche tandis qu'un diable tente de l'éteindre grâce à un soufflet. Ici, où le panneau est sans doute incomplet, seul le diable (d'un beau verre rouge gravé) et son accessoire sont bien visibles, tandis que l'amorce de l'ange se distingue à gauche.
Voir le thème iconographique du cierge, de l'ange et du diable dans mon article sur Brennilis :
Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE SUPÉRIEUR. SAINTE CLOTILDE ET LA VIERGE À L'ENFANT.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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1°) Sainte Clotilde.
La sainte occupe une niche tronquée au fond damassé (motif à rouelles) couronné d'un dais où deux anges soutiennent une clef portant les initiales R.B.
L'abbé Blanquart, qui a pu les examiner dans un état plus complet, en a résolu le monogramme, celui du peintre verrier ROMAIN BURON. Il en a donné un relevé précieux :
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Blanquart 1885 page 73. numérisation Google BNF.
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Sous cette inscription, la niche se complète d'une voûte en cul de four et de baies grillagées, et d'un bandeau où se lit l'nscription : SANT CROTI . (N rétrograde).
" Le panneau de gauche représente sainte Clotilde, elle porte la couronne royale, son manteau bleu est fleurdelysé, sur ses épaules on voit une étoffe violette ; à la ceinture, une large chaîne d'or formant des festons; la jupe est d'un beau rouge. A la hauteur des épaules, on lit SANT CROTI. La tête se détache sur une voûte d'église. Au haut de la verrière, un écusson est tenu par deux anges. De la main gauche, la Sainte tient une église dorée et très ornée, qui se détache en clair sur les autres couleurs plus sombres. " (L. Coutil, 1909)
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Le culte de sainte Clotilde s'explique par la proximité des Andelys, lieu où la sainte épouse de Clovis avait créée, un monastère, le premier monastère qu’elle fit bâtir en France, en 511, avant même celui qu’elle fit édifier à Chelles. Il fut détruit lors des invasions normandes du début du 10e siècle, mais une fontaine miraculeuse de Sainte Clotilde y fut à l’origine d’un pèlerinage, qui avait lieu chaque année, le jour de la fête de la Sainte Clotilde, le 2 juin.
Vers 1540, la collégiale des Andelys fut dotée de 3 verrières de la Vie de sainte Clotilde (baies 20, 24 et 26).
Ce culte explique aussi que Clotilde soit représentée ici tenant la maquette d'une église, celle des Andelys : elle s'inspire de la statue identique, du XIVe siècle, qui y est conservée.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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2°) La Vierge à l'Enfant.
Elle est placée dans le même cadre (niche tronquée, tenture damassée, cul de four, initiales R.B...) et le bandeau porte l'inscription AVM / PLA qui renvoie à l'oraison AVE MARIA GRACIA PLENA.
La Vierge est nimbée, couronnée, vêtue d'un manteau bleu, d'un surcot rouge et d'une robe violette. Son fils porte le nimbe crucifère et tend la main vers l'objet que lui présente sa mère et que la barlotière ne nous permet pas de distinguer.
La couronne est ornée d'étoiles,
L'élément le plus remarquable est le grand cercle jaune à anneaux concentriques blancs dans lequel le couple se détache ; il répond au nimbe de Marie, traité de la même façon au jaune d'argent. Ce halo, et la couronne ornée d'étoiles, amène Callias Bey et al. à effectuer judicieusement le rapprochement avec la gravure de Dürer Bratsch 31 de 1508 de la Vierge couronnée d'étoiles. L'objet qui réunit les mains de la mère et celle du fils est alors une pomme, ou du moins une sphère. Le croissant est absent sur le panneau vitré.
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Gallica : [La Vierge sur un croissant de lune, avec une couronne d'étoiles] : [estampe] ([1er état]) / AD 1508 [A. Dürer] [monogr.]
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE TYMPAN.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les auteurs de Vitraux de Haute Normandie décrivent les trois mouchettes du tympan comme étant les scènes de la vocation de saint Pierre (Lc 5:1-11). Pourtant, il s'agit plutôt des scènes de l'Apparition du Christ aux apôtres (Jn 21:1-24), encadrant de chaque coté celle de Pierre marchant sur les eaux (Mt. 14:22-33).
En effet, au centre, nous voyons saint Pierre (manteau rouge et robe or du registre inférieur) marchant sur les eaux : Et il dit: Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il s'écria: Seigneur, sauve-moi! Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?
Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La mouchette de gauche montre une Pêche miraculeuse. Parmi les quatre personnages, Jésus est dans une nef à deux mâts et écarte les mains, tandis que trois pêcheurs dans une barque tirent des filets remplis de poissons.
Or, dans le Nouveau Testament, il y a deux pêches miraculeuses, une avant (Lc 5. 1-11 ) et une après (Jn 21. 1-24 ) la résurrection de Jésus-Christ.
La première, relatée par Luc, est à l'origine de la vocation des apôtres Pierre, Jacques et Jean, qui abandonnant leurs filets se mettent à la suite du Christ et deviendront 'pêcheurs d'hommes'.
La seconde, relatée par Jean, est liée à une manifestation de Jésus ressuscité au même groupe de pêcheurs, confirmant par un repas pris ensemble l'aspect physique de sa résurrection et le caractère universel de la mission qui leur est confiée (153 poissons dans les filets). Jean ne présente pas l'événement comme 'miracle'.
La présence de Jésus dans une barque inciterait à voir ici le texte de Luc.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pourtant, la mouchette de droite montre clairement le Christ ressuscité : en effet, il se tient sur la berge et il tient la croix et l'étendard de sa victoire sur la mort. Cela correspond au texte de Jn 21. 1-7 :
"Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra. Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble. Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien. Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus. Jésus leur dit: Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non. Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: C'est le Seigneur! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer."
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le peintre-verrier Romain Buron élève des Le Prince de Beauvais:
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Romain Buron est un peintre et maître-verrier français de Gisors, actif entre 1534 et 1575 (*). Principal disciple d'Engrand Leprince à Beauvais, où il aurait pu séjourner comme apprenti, il est l'auteur de nombreuses verrières à l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche ou encore à la Collégiale Notre-Dame des Andelys. (D'après Wikipédia) (*) Callias Bey et al. étendent son activité à 1531, date du baptême de son fils Jehan, à 1589.
"Romain Buron et peut-être les autres membres de sa famille documentés par les archives, Jean son père connu de 1521 à 1579 ou Guillaume son frère actif au moins de 1550 à 1579, prolongèrent depuis Gisors la façon de Beauvais, adaptée à leur manière au delà du mileu du XVIe siècle. " (Callias Bey p.50)
1°) Romain Buron à Conches vers 1535-1540.
Les vitraux (baies 0 à 6) du chœur de l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche représentent des scènes de la Vie de sainte Foy et de la Passion du Christ. Ils ont été réalisés principalement vers 1535, la plupart d'après des gravures d'Albrecht Dürer, à Gisors dans l'atelier de Romain Buron, un élève d'Engrand Leprince (la baie B porte une signature). Pendant longtemps, l'inscription « Aldegrevers ho anno domini XX », découverte en 1855 dans le galon du costume de saint Louis, sur la baie 1 du Supplice de sainte Foy, a fait attribuer à tort les verrières au Heinrich Aldegrever, élève de Dürer. La thèse actuelle est que Romain Buron a copié intégralement un carton d'Aldegrever — Quatorze enfants dansants en rond...pour les putti du registre inférieur —, y compris la signature. Cette gravure datant de 1535, les verrières dues à Romain Buron à Conches ne peuvnet être antérieurs à cette date. Le monogramme de Romain Buron sur la lame du sable de saint Pierre dans la baie 3 (Jésus au Mont des Oliviers). La baie 11 de Conches , la Vierge aux litanies, vers 1540, est aussi attribuée à romain Buron.
"Il s'agit d'œuvres vivement colorées, parfois de façon un peu surprenante. Dans la baie sud de l'abside de Conches, les personnages évoluent dans des architectures pareilles à des décors de théâtre, qui associent étrangement un rose violet, un vert et un violet soutenus, comme on le voit avec peut-être plus de modération dans le vitrail de Saint-Claude à Saint-Etienne de Beauvais (1527)" (Callias Bey p. 50)
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2°) Romain Buron à la collégiale des Andelys, vers 1540 1550.
Le peintre a signé la baie 106, mais l'attribution de la baie 18, de l'adaptation de la baie 16 est probable, de même que celle des plus belles verrières de la nef (126, 128 et 130), des baies 102 et 104 du Credo apostolique du chœur.
"Les dais d'architecture et surtout le tympan du vitrail signé de Notre-Dame des Andelys par exemple, montrent aussi que Romain Buron apprit de ses maîtres l'emploi virtuose du jaune d'argent. Il leur empruntait même des schémas ou éléments de composition" (Callias Bey p. 50)
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3°) Romain Buron à Gisors vers 1530-1540.
Pour la collégiale de Gisors Engrand Le Prince réalisa en 1526 dans son atelier de Beauvais la baie 21 de la Vie de Saint-Claude, puis en 1527 son fils Nicolas réalisa la baie 26 de la Vie des saints Crépin et Crépinien.
"Sans-doute grâce à l 'équipement laissé par Tassin Burel et aux vitraux créés dans les chapelles Saint-Claude et Saint-Crépin en 1521 et 1560 respectivement par Engrand et Nicolas Le Prince, un atelier se créa à Gisors, dirigé par Jean Buron, documenté de 1521 à 1560. En 1543, il réalise une verrière peinte à Gisors, consacrée à la vie de Saint Luc. Les deux fils de Jean Buron, Guillaume et Romain, prirent sa succession et exécutèrent, dans les années 1560, au moins cinq verrières historiées pour les fenêtres hautes de la nef et pour les baies des chapelles, toutes perdues. Romain, encore actif l'année de sa mort en 1589, ne travailla comme peintre-verrier pour la fabrique de Gisors qu'à partir de 1558, alors qu'il était en âge de travailler dès 1531.C'est au second quart du XVIe siècle qu'appartiennent les verrières documentées ou signées de Saint-Etienne de Beauvais et des Andelys qui ont permis de reconnaître la main de Romain Buron dans les verrières de Gisors, du chœur de Conches et de Jumièges. Les attributions ds panneaux de Gisors et de Conches, confirmées par des initiales R.B. correspondraient à la phase précoce de sa carrière, consacrée à une commande privée." (d'après E. Hamon)
En 1555, Romain Buron réalise en quelques jours une verrière de Saint Gervais et saint Protais :
"Le roi Henri II fit son entrée à Gisors le lundi 25 novembre 1555. À cette époque, Gisors, autour de son église, était l’objet d’un bouillonnement artistique propre à la Renaissance, et nombreux étaient les corps de métiers peintres, sculpteurs, vitriers qui gravitaient autour du chantier de l’église.
Henri II, fils de François I° était roi depuis huit ans lorsqu’il vint visiter Gisors. Après le service solennel du jour de son entrée, le roi eut l’occasion d’assister à d’autres cérémonies religieuses dans notre ville. Comme une sorte de défi, Romain Buron décida de réaliser un vitrail en l’honneur de la présence du roi à Gisors.
C’est ainsi qu’en peu de temps il créa deux vitraux de saint Gervais et saint Protais (les saints patrons de la ville) agrémentés des armes du roi et de la ville de Gisors et de trois fleurs de lys d’or sur fond d’azur. Le roi « fut estonné de voir que si promptement l’on avait fait cet ouvrage qui est la vitre sur notre maistre-autel et en fut bien content… ». Un artiste gisorsien avait en cette année 1555 étonné un roi de France.Il ne subsiste rien aujourd’hui à Gisors de l’œuvre de Romain Buron. Le vitrail qui avait étonné Henri II fut remplacé au XIX° siècle par une œuvre paraît-il médiocre qui ne survécut pas à l’incendie de 1940, ce qui fut hélas le sort de nombreux autres chefs-d’œuvre de notre église." (https://actu.fr/normandie/andelys_27016/gisors-histoire-romain-buron-lartiste-gisorsien-qui-a-etonne-le-roi-de-france_11071410.html)
En 1583, il réalise pour la baie 30 un vitrail sur les Prophètes et les Sibylles, et en 1588 il le remet en état.
4°) Romain Buron à Beauvais.
— En 1572, le peintre est appelé par le marchand Nicolas Brocard pour réaliser une verrière pour la chapelle Saint-Eustache de l'église Saint-Etienne de Beauvais : c'est la baie 18, présentée ici dans ce blog.
13 mai 1572 : « Comparut personnellement Romain Buron, maistre vitrier demourant à Gisors, lequel recongnut avoir promis et par ces présentes promet à Nicolas Brocard, marchant demeurant à Beauvais, à ce présent et acceptant, de faire et fournir deux espaces de vittres estans en la chappelle Saint Eustache, en l'église Saint Estienne dud. Beauvais, et en icelles deux espaces historyer comme une pestilence mortelle assaillit les serviteurs et chambrières de monseigneur saint Eustache et les occyst tous, et peu de temps aprez tous ses chevaulx et toutes ses bestes moururent soudaynement, et comme aucuns des compaignons dud. monseigneur saint Eustache entrèrent par nuyct en sa maison et ravyrent et emportèrent or et argent et le despouillèrent de toutes autres choses, mesmes que luy, sa femme et enfanz s'en fuirent par nuict tous nudz de biens, et comme nonobstant toutes lesd. adversitez mon seigneur saint Eustache rendit grâces et louanges? à Dieu, et au dessoubz desd. hystoires pour mettre et hystorier deux priantz qui seront pourtraictz au mieulx que led. Buron pourra faire les personnes de feu Mahiot Brocard, père dud. Nicolas et Huguette de Bray, sa femme, et au dessoubz desd. Priantz et le tout rendre et livrer, faict et parfaict d'aussi bonnes estoffes et matières que les autres vittres estans en lad. chappelle, assavoir la moictyé desd. hystoires en dedans le jour de Toussaintz prochain venant, et l'autre moictyé le jour de Noël prochain venant; et moyennant ce led. Brocard sera tenu et promet aud. Buron, ce acceptant, de luy bailler et payer au feur et à mesure qu'il besongnera, assavoir dix huit sous pour chacun pied desd. vittres; lesquelles estoffes et matières dessusdites led. Buron sera tenu livrer à ses despens, hors mis le fer, lequel fer led. Brocard sera tenu livrer avecq le plattre qu'il conviendra. »
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— Jean Lafond, Romain Buron et les vitraux de Conches. L'énigme de l'inscription « Aldegrevers », Bayeux, impr. Colas, 19421.
— Van Moé Émile-Aurèle, Jean Lafond. Romain Buron et les vitraux de Conches. L' énigme de l'inscription «Aldegrevers ».Bayeux, impr. Colas (1942). (Extrait de l'Annuaire normand, 1940, 1941.) [compte-rendu] Bibliothèque de l'École des chartes Année 1942 103 pp. 271-272 http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1942_num_103_1_460361_t1_0271_0000_2
— LAURENT (Brigitte), 1986, Les Vitraux de Romain Buron à Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors (Eure) : Directeur de recherche, Madame Anne Prache. Paris IV Sorbonne, 1986.
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SOURCES ET LIENS.
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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171
— COUTIL (L.) 1919, Le culte de sainte Clotilde aux Andelys (Eure) et en Normandie, par L. COUTIL, correspondant du ministère de l'Instruction publique, membre de la Société , Recueil de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département de l'Eure, Ancelle fils (Évreux) éditeur , page 33.
— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.
— PASSY (Louis) , 1907, LE LIVRE DES MÉTIERS DE GISORS AU XVIe SIECLE PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DU VEXIN , PONTOISE SOCIÉTÉ historique DU VEXIN
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" Entre la fin du xve et le milieu du xvie siècle, l'église de Gisors est agrandie et en partie reconstruite dans le style gothique flamboyant. Les deuxièmes collatéraux du chœur, le pseudo-déambulatoire, les chapelles du chevet, les croisillons du transept, la nef, ses doubles bas-côtés et la tour à gauche de la façade datent de cette époque."
La confrérie des cordonniers de Gisors disposait dès 1483-1484 d'un autel dans la collégiale, mais profita de la reconstruction pour disposer d'une chapelle dédiée à leurs patrons Crépin et Crépinien : elle fut achevée en 1530 par la pose d'un vitrail de la vie des saints patrons. Elle répond, du coté nord, à la chapelle des tanneurs, dans le bas-coté sud, dédiée à leur patron saint Claude, et achevée en 1526 avec sa baie 26.
La baie de la Vie de saint Claude avait été peinte par Engrand le Prince, maître-verrier de Beauvais. Les cordonniers firent appel à son fils Nicolas pour réaliser leur verrière.
Située dans la 3ème chapelle nord, c'est une baie à quatre lancettes trilobées —aux peintures distribuées en 3 registres — et un tympan à 4 mouchettes, 1 soufflet et 2 écoinçons. Elle mesure 6,50 m de haut et 3,10 m de large. Elle a été restaurée en 1899 par Duhamel-Marette.
Elle narre la Vie des deux patrons des cordonniers, selon une tradition ancienne. Les manuscrits d'un Mystère, représentation théâtrale de cette Vie, est conservée, datant peut-être du XVe, sont conservés à la Bnf et à Chantilly et ont été édités en 1836 par Desalles et Chabaille. on y trouve une annotation précisant qu'ils ont été joués aux maistres et aux compaignons cordouenniers" à Paris en 1458 et 1459.
"Les confréries étaient très nombreuses au xve siècle. Les particuliers se réunissaient sous l'invocation d'un saint ou d'une sainte en une association pieuse, qui jouait en même temps le rôle d'une société de secours mutuel. Certaines de ces confréries, nommées « charités » en Normandie et « caritats » dans le Midi, regroupaient des ouvriers d'un même métier qui étaient déjà liés par ailleurs par les statuts de leur corporation. A l'occasion de la fête de leur saint patron, lors du mariage ou de l'enterrement de l'un d'entre eux ou bien lors de cérémonies publiques, les confrères faisaient célébrer des messes, se réunissaient pour des processions ou des banquets. La mise en scène de mystères pouvait être un des éléments de la fête. Il n'y a donc rien d'étonnant dans le fait que les cordonniers aient mis en scène des mystères illustrant la vie et le martyre de leurs saints patrons, saint Crépin et saint Crépinien. La charité des cordonniers de Rouen monta le mystère le 4 juillet 1443 et la confrérie parisienne le 14 mai 1458 et en 1459." (E. Lalou)
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Elle se lit et se décrit de haut en bas, du tympan au registre inférieur. Comme la baie 26, elle est légendée par trois bandeaux en écriture gothique.
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LE TYMPAN.
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Crépin et Crépinien distribuant leurs biens aux pauvres.
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Crépinien est vêtu de chausses rouges, d'un pourpoint jaune et d'un bonnet rouge. Un objet est suspendu à sa ceinture.
Il tend un tissu à un pauvre agenouillé devant lui.
Crépin est au centre, devant la porte des remparts à tours crénelées de la ville. Il est vêtu d'une cape rouge, d'un pourpoint doré, de chausses et d'un bonnet violet. Il puise dans une bourse en cuir une pièce qu'il tend à deux pauvres hères, en haillons, qui ont posé leurs béquilles pour le supplier.
Crépin et Crépinien appartiennent à ces couples de frères martyrs comme Gervais et Protais et Côme et Damien, dont l'une des caractéristiques est leur quasi gémellité. Celle-ci apparaît dans la proximité de leurs noms latins Crispinus et Crispinianus. Crispus est un prénom latin (de l'adjectif signifiant "crépu", Crispinus est un nom romain ; Rufrius Crispinus était le mari de Poppée avant que celle-ci n'épouse Néron.
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Le fait de distribuer ses biens aux pauvres n'est pas une banalité de cette hagiographie : c'est le ressort même de l'action. C'est cette générosité qui va entraîner le mécontentement des autres cordonniers de Soissons, soucieux de voir qu'à ce train là, ils ne gagneront bientôt plus rien : "tant que il seront cy, je say bien, nous ne gaigneron fiou ne rien ». Des cordonniers rivaux les dénonceront au prévôt Rictiovaire, qui les fera mettre à mort . "
"De plus saint Crépin et saint Crépinien sont des cordonniers hors du commun : alors qu'ils étaient « riches hommes, enfans d'uni sénateur de Rome »4, ils choisissent, pour servir Dieu, de se faire cordonniers et le deviennent « sans avoir aprins aux mestiers », ce que Dieu seul a pu permettre. Plus étonnant encore, par charité chrétienne ils réparent les souliers des pauvres, travail de savetier. Cette allusion devait avoir une grande importance pour les cordonniers que l'on voit souvent en procès avec les savetiers et dont la corporation ne cessait d'affirmer ses prérogatives. C'est donc à un public de cordonniers que le mystère proposait une leçon d'humilité." (E. Lalou)
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'élément le plus remarquable est ici le paysage urbain, peint en grisaille sur verre blanc et sur verre bleu avec une grande précision. Derrière les murailles fortifiées sont figurés des maisons bourgeoises hautes, et un château, portant de nombreuses girouettes-étendards.
Ces murs sont peints au Jean Cousin, brun-roux.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre supérieur, première lancette.Saint Denis envoie saints Crépin et Crépinien à Soissons.
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Inscription légendée :
SAINCT DENIS COGNAISSAN LESPRIT DE SAINCT CRESPIN ET DE SON FRERE
DE ALLER PRESCHER EN FEST PRIERE A SOISSONS LA FOY CHARITABLE.
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Le sol est traité par des ponctuations régulières sur fond uni, selon un mode déjà observé dans la baie 21 et qui se retrouvera sur les anutres panneaux.
Saint Denis est vêtu d'une cape à fermail, d'une dalmatique damassée dorée et d'un surplis. La mitre est perlée, la crosse est tenue dans la main droite. Le motif du dama est une grenade et des rinceaux, mais un motif à œillet va se retrouver sur les autres étoffes damassées.
Saint Crépin a troqué sa toque contre un nimbe, mais il conserve sa cape rouge (acec crevés à l'encolure), ses chausses violettes, et son pourpoint damassé, à œillets.
Créspinien, toujours en retrait par rapport à son frère, est vêtu comme sur le tympan.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'arrière-fond nous offre une superbe vue de la façade d'une église (celle de Gisors ?) avec deux tours rectangulaires et au dessus d'un portail en plein cintre, une tour ronde à piliers en rotonde.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre supérieur, deuxième lancette.À Soissons, Crépin et Crépinien exercent le métier de cordonnier et enseignent la foi chrétienne.
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Inscription légendée :
CE QUILS FEIRENT DE BON COURAGE. OU MOULT DE PEUPLE DUDICT LIEU
FAISANS DE CORDONNIER LOUVRAGE INSTRUIRENT EN LA FOI DE DIEU.
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Les saints travaillent en ayant conservé leur tenue luxueuse. Crépin taille le cuir avec un couteau de pied en demi-lune tandis qu'un tranchet à ficher, de forme remarquable, est posé sur l'établi. Un assistant, penché en avant sur une sangle (voyez son usage sur l'illustration suivante) , porte le tablier de cuir propre à la profession.
Crépinien est à demi agenouillé et présente un objet que je n'identifie pas. Je ne comprends pas davantage ce que fait le personnage assis sur un tabouret et qui lui tient la taille. Il semble y avoir une contamination avec une scène d'arrestation, illustrée plus tard en sculpture à Troyes :
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Derrière eux, un couple, la femme portant une petite coiffe.
Nous devons éviter de confondre les cordonniers avec les savetiers :
"Le métier de cordonnerie était très nettement défini à Paris comme à Rouen au xve siècle et, sans insister sur les statuts de la corporation, il importe cependant de définir ce qu'était alors un cordonnier. Le « cordouannier de soulers et de huèses » fabriquait des chaussures et des bottes avec du « cordouan », c'est-à-dire de la peau de chèvre corroyée mais non tannée. Il pouvait aussi employer des cuirs de veau ou de vache, mais le cuir de mouton ou « basane » était réservé aux « çavetonniers » ou « basaniers » . A Rouen, les cordonniers « vachers » formèrent jusqu'en 1432 un métier distinct de celui des cordonniers. Le travail des cordonniers était très dictinct de celui des savetiers. Ceux-ci, appelés aussi « carreleurs » en Normandie, se bornaient à la réparation des souliers usés et n'avaient le droit d'employer qu'un tiers de cuir neuf. Les corroyeurs, tanneurs, peaussiers, mégissiers et teinturiers qui préparaient le cuir formaient autant de métiers particuliers. De même les gantiers, selliers, boursiers et courroiers fabriquaient les gants, selles, bourses et courroies. A Paris et à Rouen, tous les autres métiers du cuir possédaient donc leurs propres corporations et, de même, leurs confréries distinctes. Les savetiers avaient aussi saint Crépin pour patron, tandis que les corroyeurs et les tanneurs vénéraient saint Simon et saint Jude, et tous se réunissaient dans des lieux différents et à des dates différentes de ceux des confréries de cordonniers" (E. Lalou)
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'arrière-plan est à nouveau très intéressant à observer : c'est, à gauche, la façade d'une échoppe de cordonnier-savetier. Une paire de bottes, des formes, et des chaussures sont suspendus à un râtelier articulé.
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Comparez à :
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À droite, une façade d'église, avec une rose à 12 mouchettes.
Deux prêtres (chanoines ?) sont agenouillés devant le porche, qui est ouvert sur un alignement de piliers. Au tympan du portail, la statue d'un personnage écartant son manteau et tenant une hampe.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre supérieur, troisième lancette.Le diable, jaloux, parle en songe à un usurier et lui suggère de dénoncer l'action des saints.
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Inscription légendée :
LE DIABLE AVANT DE ICEULX --- UN USURIER QUY DORMOIT
ALLA COMPTER TOULTE LEUR VIE AINSY QUE AU PREVOST LE DIROIT.
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Le diable est représenté de manière amusante comme un homme très en colère qui se jette sur le dormeur ; il est tout vêtu de blanc, comme un fantôme dont il ne diffère que par les deux très longues cornes qui flottent derrière sa coiffe.
Dans le Mystère du XVe siècle, les diables portent des noms : SATHAN, BELZEBUT et DESTOURBET.
Ce qui sera dénoncé aux autorités romaines, c'est l'adhésion des saints à une religion proscrite et le mépris des Idoles.
L'homme dort sur son oreille gauche, dans un lit à draps et ciel de lit rouge, comme dans le tympan de la baie 21. Et comme dans celle-ci, l'artiste se plait à nous donner de petits tableaux domestiques, comme la table de nuit avec le chandelier et le vase, ou une crédence où un broc et un verre de vin sont posés, ou encore le lustre à oiseaux affrontés .
Ce verre de vin est fait d'un verre rouge gravé (rouge en face externe).
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Dans les branches du lustre se lisent les lettres VIVE NICOL considérée comme la signature de Nicolas Le Prince.
Nicolas Le Prince, fils de l'illustre Engrand qui a signé la baie 21, vient d'une famille de verriers de Beauvais.
Sur la baie n° 9 de l'église de Beauvais, sa signature est tout aussi discrète, sur la lancette C du registre inférieur : elle se limite aux lettres NICOL mal discernable sur un mur.
Les trois générations de l'Atelier Le Prince (1491-1561) de Beauvais.
1°) Le plus ancien verrier de cette famille se prénomme Lorin, il est mentionné en 1491.
2°) La seconde génération comprend Jean et Engrand Le Prince.
Ce sont les auteurs des verrières de Saint-Vincent à Rouen, de l'Arbre de Jessé de l'église Saint-Étienne de Beauvais et de la verrière de Roncherolles de la cathédrale de Beauvais.
—Engrand est actif de 1522 à sa mort en 1531.
— Jean est actif de 1496 à 1538. Il collabore avec Nicolas Le Prince à la verrière de Saint-Claude de l'église Saint-Étienne de Beauvais et à celle du bras nord du transept de la cathédrale de Beauvais.
3°) Nicolas et Pierre Le Prince.
— Nicolas est sans-doute le plus prolifique de 1527 à 1551.
Louviers, La Légende de Théophile vers 1530
— Pierre a signé vers 1530 le vitrail de la Santa Casa de N.D de Lorette de l'église Saint-Étienne de Beauvais ; il travaillait encore en 1561.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre supérieur quatrième lancette. Le préfet Rictiovaire ordonne l'arrestation des deux saints.
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Inscription légendée : difficile à déchiffrer
LEQUEL SUBIT SANS TARDER CRUEL [GRUEZ ? GRIEF ?] COMME UNG MESCHANT QUE ON DEBVOIT
LE ALA DIRE A RICTIOVARE QUI SOUDAIN LES FEIST ALER PRENDRE
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Rictiovaire se penche sur la balustrade de son palis et adresse un ordre à un soldat armé d'une lance.
Rictiovar, « préfet » (Rictiovarus praefectus) ou "Prévost" (dans le Mystère, et ici), de Maximien, est le plus fameux des persécuteurs de Gaule. Dans la région entre Soissons et Amiens, six martyres lui sont attribués, ceux de Quentin; de Crépin et Crépinien (Soissons); de Valère et Rufin (Bazoches en Soissonnais) ; de Macre (Fismes) ; de Fuscien, Victoric et Gentien (Saint-Fuscien en Amiénois); et de l'enfant Just et ses compagnons (Saint Just en Beauvaisis)
Le personnage placé en arrière du Prévost est l'un des deux Conseilliers qui interviennent ici dans le Mystère. Rictiovaire décide de suivre leurs conseils :
Seigneurs, entendes mon accort :
Alez-nous quérir vistement
Ces deux qui la loy diffamant
Vont, présent nous, que nous tenons ;
Alés tost, et nous viserons
Quelz martyres pourront souffrir
Si ne se vueullent repentir
De leur faulx et mauvaiz langage.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Nouvel exemple d'un édifice en arrière-plan :
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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REGISTRE INTERMÉDIAIRE.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deuxième registre, première lancette. Flagellation des deux saints en présence de Rictiovaire.
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Inscription légendée :
ET QUAND ENTENDIT LES RAISONS DES BONS SAINTS ESTROICT DETENUS
SANS LEUR USER DE LONGS BLASOS DREFUEMENT LES FEIST BATRE MID
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deuxième registre, deuxième lancette.Les deux saints sont pendus à des gibets où des bourreaux leurs arrachent des lanières de peau .
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Inscription légendée :
NOSANT ICEULX NE CONTREDIRE MAIS FAIRE A DIEU TOULIOEURS PRIERES
COM[M]E[NT] UN TIRAN T[OU]T REMPLI DE IRES LES FEIST ESCORCHER PAR LANIERES
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Le terme de "tiran" ou plus habituellement "tirant" désigne un bourreau. Voir le Mystère ... ou les différentes Passions médiévales. Certains portent des noms : AIGREMORT et AGRAPART.
Rictiovaire donne ses ordres :
A vous ! Vuellés les tost saisir,
Et les lier en celle estache ; [ Estache : pilier, poteau. ]
Car du corps je vueil qu'on leur sache
Des courroyes cy devant moy.
— Délivrez-vous, ou foy que doy
A tous les dieux que doy amer
Je vous feray déshonnourer
Et mettre à mort, je le vous juré.
PREMIER TYRANT.
Passés avant ! que grant laidure
Vous puist venir prochainement !
— Sus, compains ! sans délayement
Pren de là, et qu'il soit lié.
IIe TIRANT.
De moy sera contre-lié
Et garroté de ceste corde ;
Car à lui mal faire m'acorde
De bon vouloir, je te promés.
IIIe TIRANT.
Vous serés servi de tel més
Que vostre frère, par Mahom !
—Avant, compains ! or le lion
Comme l'autre appertement.
[les saints élèvent leurs prières vers Dieu]
PREMIER TIRANT.
Or sus ! ne faisons plus d'arrest ;
Puisque liés sont sus et jus,
II ne nous fault attendre plus
D'oster les courroyez du dos
A ces compains-cy, je le los
Pren ce coustel ; avançons-nous.
IIe TIRANT.
Affin que il ne tienne à nous,
Délivrons-nous de les trenchier
Et puis les vouldrons escorchier.
Trenche de là et moy de çà :
Maudit soit qui pitié ara
De leur mal faire nullement.
IIIe TIRANT.
On ne leur peut trop de tourment
Faire par Mahom que je croy !
Je scay moût bien, quant est à moy,
Qu'auray tantost une courroye ;
Or regardes comment je raye
Parmi son dos de ce coustel.
IIIIe TIRANT.
Par Mahon ! tu fais bien et bel ;
Je vueil corne toy ainsi faire.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deuxième registre, troisième lancette.Les alènes enfoncées sous les ongles des saints se retournent, telles des flèches, contre les bourreaux.
Corps des martyrs restitués.
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Inscription légendée :
POINT NE EN LAISSERENT LE PRESCHER DONT VOIANT SON ABUSION
LEURS PIEDS DE ALESNES FEIST PERCHER MAIS A LA GRANDE CONFUSION
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Rictovaire décide, devant l'entêtement des saints a proclamer les vérités de leur foi, d'utiliser leurs propres instruments de travail de cordonnier pour les martyriser :
— Seigneurs, sans faire arrestoison
Alez-moy cy tantost quérir
Des alesnes; c'est mon plaisir ;
Quant noz dieux vueulent despiter
Je leur feray aux doys bouter ;
Car en leur mestier en ouvroyent ;
Si vueul, pour ce qu'ilz s'en vivoyent,
Qu'ilz en sueffrent cruel martire ;
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Il faut concevoir que, pour les confrères cordonniers rassemblés dans leur chapelle, ces scènes étaient beaucoup plus parlantes, puisqu'ils les avaient joués, (ou y avaient assisté ) et qu'ils en connaissaient les répliques par cœur ; surtout ceux qui jouaient les "tirants", ou bourreaux, après l'intervention des anges Raphaël et Gabriel projetant miraculeusement les alènes (poinçons en acier courbes, ou comme ici— droits) contre eux :
Ils entendaient donc, en regardant ce vitrail, les Haro !, les De moy !, les Je suis mort ! et les Haro, Mahom ! qui fusaient aussi vivement que les alènes, et ils voyaient les cabrioles exagérées des acteurs tombant (cheoir) en arrière
PREMIER TIRANT.
Haro ! las ! il est ordonnés
De moy ! ne me puis soustenir :
A terre me convient chayr;
Car moult me deulx. Las! je define !
IIe TIRANT.
Ceste alesne en la poittrine
Si in'a navré jusqu'à la mort!
Chéoir me fault, soit droit ou tort,
Incontinent encontre terre.
IIIe TIRANT.
Le Dieu des chrestiens aprins guerre,
Se cuidé-je, encontre nous.
Je suis mort ! Las ! que ferons-nous !
Je n'en puis plus, chéoir me fault.
IIIIe TYRANT.
Haro ! Mahom ! le cuer me fault
Par celle alesne qui me point,
Qui jusques au cuer si me joint
Moult asprement, dont je me muir.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les crevés des hauts de chausses rouge sont obtenus par gravure du verre rouge, puis peinture au jaune d'argent.
Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'édifice à salle panoramique en rotonde revient inlassablement dans le ciel de la ville.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deuxième registre, quatrième lancette.Les deux saints jetés dans l'Aisne, une meule au cou.
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Inscription légendée :
DEPUIS LES FEIST PAR LES TR--- FAITZ OECTER EN XONE IN
-LUECQ MOEULLES DE PESANTZ LAIZ QUI NAGERENT CHO--
Le nom de la rivière Aisne, "Esne" dans le mystère, se dit Axona en latin, d'ou la graphie Axone.
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Callias Bey et col. remarquent que cette scène est proche du miracle des enfants jetés dans le Doubs de la vie de saint Claude à l'église Notre-Dame-de-Marissel, Oise, baie 6, après 1527. Mais nous pouvons aussi la rapprocher le la même scène peinte à Beauvais par Nicolas Le Prince pour la baie n°9 de l'église Saint-Etienne (registre inférieur, lancette C).
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Rictiovaire a condamné les saints à être jeté dans les eaux glacées de l'Aisne avec une meule autour du cou : Meules à leur col leur pendes. Je vous pri, point n'i attendes ; En l'eaue qui est fort gelée Les jettes tost sans demourée, Et les noyés appertement.
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Là encore, la scène jouée sur les tréteaux devant et par les cordonniers est très animée, surtout lorsque les "tirants" s'activent à rouler les lourdes meules et se réjouissent d'envoyer les saints aller pêcher les poissons au fond de l'eau :
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Ier TIRANT
Faisons à getter ces gens-cy ;
Levons ensemble : Hau ! hy, hy !
Mettons la pierre sur le pont,
Si l'envoyerons de plain fons
Dedans peschier.
IIe TIRANT.
Levons-la tost, je vous requier :
Elle est bien ; laissons-la ainsy.
Gettons le corps, je vous em pry,
Devant ; la meulle après ira.
Or, boutons tost... II y sera,
Se pensé-je, jà assez tost.
IIIe TIRANT.
Or alons à l'autre bien tost ;
Si yra veir que l'autre fait.
Levons ensemble, si vous plaist.
Hau ! hy ! hau ! Que deable elle poyse !
Tost serons quittes de leur noise
Et de leur plait, maugré leur dens.
IIIIe TIRANT.
Je vous pri, bouttons-le dedens ;
Si yra pescher aux poissons.
— Avant ! avant !... II est auffons ;
Jamais on n'en orra parler.
Nous nous en povons bien aler
Quant on voudra.
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Mais hélas, les saints ont recours à la Doulce Vierge et la rivière dégèle miraculeusement tandis qu'ils se détachent de la meule : les voici en train de nager comme dans leur bain !
La rivière, qui fort gelée
Estoit, est chaude devenue
Comme eaue de baing, chose est sceue ;
Les meullez qu'en leur col ont mis
Emportent, dont je m'esbahis
Et merveille très grandement.
II ne leur griève nullement
A porter ne c'une chemise ;
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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REGISTRE INFÉRIEUR.
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Troisième registre, première lancette.Les deux saints dans une chaudière d'eau bouillante, dont le contenu vient frapper les tortionnaires.
Scène très restituée.
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Inscription légendée (très effacée) :
CAUSANT DOULEURS EURS NUICT
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Dans la Troisième journée du Mystère, Rictiovaire est mort, et c'est un messager qui vient raconter les faits à Maximien : les saints ont été plongés dans une marmite d'huile et de plomb bouillants, mais la "fournaise" creva répandant son contenu sur le Prévôt et les bourreaux :
De dueil qu'en out Rictiovaire,
Leurs fist un aultre tourment faire ;
Car en une fournaise ardant,
En huille et en plonc boullant
Les fist mettre par grant ayr ;
Car à chief en cuidoit venir ;
Mais la fornaise si creva
Qui Rictiovaire tua
Et ceulx qui estoyent autour
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
C'est Rictiovaire lui-même, sceptre en main, qui tombe à la renverse.
Notez l'effet saisissant rendu par les flammes en verre blanc dont seule la partie centrale est peinte au jaune d'argent.
Dans la légende, une goutte du liquide est projetée dans l'œil de Rictiovaire : l'artiste a effectivement représenté une fusée d'huile qui jaillit mais n'a pas encore atteint l'œil.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Nouvel exemple d'architecture (palais surveillé par un garde), sur un verre bleu-violet.
Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Troisième registre, deuxième lancette. Un soldat raconte ces prodiges à Maximien.
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A MAXIMIEN LEMPEREUR LUNG DE SES GENTS (GRANTZ) ALLA BIEN TOST
Blanquart, suivi par Callias Bey, trouve que le soldat est inspiré d'après celui de la Dame au lansquenet de Dürer, cat. Bratsch n°82.
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Albrecht Dürer, La dame à cheval et le Lansquenet 1497. Photo (C) RMN-Grand Palais (domaine de Chantilly) / René-Gabriel Ojéda
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Je le rapproche surtout du seigneur qui, dans la baie 21 peinte par Engrand le Prince, assiste au baptême de saint Claude au registre supérieur. Mêmes chausses à crevés, mêmes rubans sous le genou, même chapeau à plume blanche.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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En arrière-plan, la cheminée Renaissance, le plafond à caissons, ...
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Troisième registre, troisième lancette. Décollation des deux saints.
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Inscription légendée :
LORS SANS PLUS ---MAXIMIEN SANS CONTREDICTS
LES BENORCT-EMCTENT DECOLLRE QUI TR—MBENT EN PARADIS
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L'empereur en entendant les saints proclamer leur foi, est furieux de les voir blasphémer contre Mahom : On vous fera coupper les testes ; Car très mauvaises gens vous estes De cecy dire.
Dans le Mystère, le jugement et la décollation se déroulent devant l'empereur, ses deux conseillers, et des chevaliers, tandis que les bourreaux se nomment GRAINAUT et MALFERAS.
Ici, la scène est représentée dans la largeur des deux dernières lancettes.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Dans la troisième lancette, le bourreau porte une tenue de soldat, avec pourpoint blanc à crevés, haut-de-chausses à crevés nouées sous le genou par un ruban bleu, comme le messager de la lancette précédente. Maximien est coiffé d'un turban et vêtu d'une pelisse ; il tient son bâton de commandement. Un homme et trois femmes observent la scène.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'arrière-plan est en grisaille sur verre rouge clair.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Troisième registre, quatrième lancette.Décollation des deux saints.
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Inscription légendée :
CORDONNIERS DE AMOUR ENTIER MECTANT EN DIEU TOUT LEUR ART
MIT cu dni CESTE VERRIERE LAN MIL CINQ CENS ET TRENTE
Cette inscription est évidemment très précieuse par la datation de 1530, déjà relevée par l'abbé Blanquart. Mais elle doit aussi être lue — malgré ma difficulté à décrypter le début de la seconde ligne— comme une inscription de donation par la confrérie des cordonniers, "cordonniers d'amour entier mettant en Dieu tout leur art", donnée précieuse en l'absence des armoiries qui, sur la baie 26, affirmait clairement la donation des tanneurs.
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Le bourreau est ici pieds nus, coiffé d'un bonnet rouge à ruban blanc (verre gravé).
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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CONCLUSION.
Cette baie réalisée 4 ans après la baie 26 n'a pas, à mon jugement, la beauté et la maîtrise éblouissante déployée par Engrand Le Prince dans cette dernière. Elle est surtout remarquable par la qualité de ses arrière-plans, sur verre bleu mais aussi bleu-violet : leur étude pourrait permettre dans trouver les sources soit locales dans les vues anciennes de Gisors, soit par comparaison avec les édifices peints avec soins dans les enluminures ou dans d'autres vitraux, comme a su le faire Marie Jacob pour la production de l'atelier des Colombe (1470-1500).
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SOURCES ET LIENS.
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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 120
— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.
—HÉROLD (Michel), 1993, Gisors, église paroissiale Saint-Gervais Saint-Protais, les verrières, Paris, 1993. Non consulté.
— JACOB (P.L), 1852, Histoire des cordonniers et des artisans dont la profession se rattache a la cordonnerie, comprenant l'histoire des anciennes corporations et confréries de cordonniers, de bottiers, de savetiers, de formiers, de marchands de crépin, de peaussiers, de tanneurs et de corroyeurs de la France, depuis leur fondation jusqu'à leur suppression en 1789: précédée de L'Histoire de la chaussure depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Librairie historique, archéologique et scientifique de Seré, 1852 - 326 pages
— LAFOND, Pratique de la peinture sur verre à l'usage des curieux: suivie d'un suivie d'un essai historique sur le jaune d'argent, et d'une note sur les plus anciens verres gravés, Lainé, 1944 - 137 pages
— LALOU ( Elisabeth ), 1985, Les cordonniers metteurs en scène des mystères de saint Crépin et saint Crépinien
Bibliothèque de l'École des chartes Année 1985 143-1 pp. 91-115
— MÂLE (Emile), 1931, L'art religieux de la fin du Moyen Age en France. Etude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration, Paris, pages 171, 181 et 182
Fig. 95. — Arrestation de saint Crépin et de saint Crépinien. Eglise Saint-Pantaléon, Troyes.
De charmants vitraux, consacrés à la légende de saint Crépin et de saint Crépinien, ornent une chapelle de l'église de Gisors, l'église de Clermont-d'Oise et l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse : ils ont été offerts, les uns et les autres, par des confréries de cordonniers.
. Le Mystère de saint Crépin et saint Crépinien a été composé à la requête d'une confrérie de cordonniers . Bien d'autres vitraux commémorent les jeux dramatiques organisés par les confréries. Les verrières consacrées à saint Crépin et à saint Crépinien que les cordonniers de Gisors et ceux de Clermont-d'Oise donnèrent à leurs églises en sont la preuve. Les confrères de Gisors et de Clermont connaissaient certainement le Mystère de saint Crépin et de saint Crépinien qu'avaient fait représenter les cordonniers de Paris. L'artiste (car les vitraux de Gisors et de Glermont sont du même dessinateur ) avait vu lui aussi la pièce. Il la suit en effet pas à pas ; les martyrs sont tour à tour frappés de verges, écorchés, déchirés avec des alênes, jetés dans la rivière avec une meule au cou. Quelques scènes typiques dénotent clairement l'imitation. Un épisode assez oiseux, mais qui a sa place dans le drame, a été reproduit : un magnifique messager, l'épée au côté, le chapeau sur le dos, explique au vieil empereur à barbe blanche qu'il est impossible de venir à bout des deux prisonniers ; les cuves d'huile bouillante où on les a plongés ont éclaté et ont tué tous les bourreaux. L'empereur ordonne alors qu'on en finisse et qu'on décapite les deux saints.
6. Le vitrail de Gisors est de 1530, celui de Clermont de 1550. Les cartons avaient été conservés dans l'atelier du peintre-verrier. Ce peintre était un artiste attaché à l'atelier des Leprince à Beauvais, comme le prouve le style du vitrail. Certaines scènes, à Gisors et à Clermont, sont absolument pareilles. 11 n'y a qu'une différence : c'est qu'à Clermont l'œuvre est plus complète et contient des scènes qui manquent à l'autre (histoire des reliques).
7. Le Mystère de saint Crépin et de saint Crépinien, publié en 1836 par Dessalles et Chabaille, Paris, in-8°, n' est malheureusement pas complet. Tout le début manque. Nous ne pouvons donc pas confronter les premiers panneaux du vitrail (naissance, conversion, apostolat des saints) avec le Mystère.
D'autres scènes plus significatives encore lèvent tous les doutes. On voit, dans le vitrail de Clermont, un vieillard et une chrétienne ensevelir les restes des martyrs ; puis leurs reliques retrouvées sont mises dans une châsse et présentées à la vénération des fidèles; les malades accourent en foule et reviennent guéris. Or, tel est précisément le dénouement du Mystère : la dernière journée tout entière y est consacrée à l'histoire des reliques
Je suis convaincu que la plupart des vitraux légendaires qui nous restent ont la même origine. Je sens partout l'influence de ces innombrables représentations dramatiques organisées par les confréries. Tout cela, il est vrai, s'entrevoit dans le demi-jour; les preuves formelles manquent la plupart du temps.
1. Le vitrail de saint Crépin et de saint Crépinien qui se voyait à Paris aux Quinze-Vingts était semblable à ceux de Gisors et de, Clermont. Il se terminait aussi par l'épisode des reliques.
— MIGNE (Paul-Jacques), Dictionnaire des Mystères, Encyclopédie théologique, ou Série de dictionnaires page 274 et ss.
— MYSTÈRE DE SAINT CRESPIN ET SAINT CRESPINIEN, PUBLIÉ POUR IA PREMIÈRE FOIS, DAPRÈS UN MANUSCRIT CONSERVÉ AUX ARCHIVES DU ROYAUME, PAR L. DESSALLES ET P. CHABAILLE. A PARIS, CHEZ SILVESTRE, LIBRAIRE, RUE DES BONS-ENFANTS, N° 50. MDCCCXXXVI. [1836]
— TOURNEUR (Victor), 1906, Le mystère bréton de Saint Crépin et de Saint Crépinien. Paris, H. Champion."Extrait de la Revue celtique, t. XXV, pp. 299-243, 420-437; t. XXVI, pp. 96-111, 200-217, 290-319; t. XXVII, pp. 16-48." "Le texte ... reproduit le ms. 20 du fonds celtique de la Bibliothèque nationale de Paris."
— Nom de genre Æshna, Fabricius, 1775, Syst. Ent.: 424. Nom de genre inexpliqué créé par Fabricius en 1775 (peut-être par contamination d'Æschna, T. Mouffet 1634).
(ou : — Æshna Fabricius 1775, Syst. Ent.: 424. Le nom de genreÆshna Fabricius 1775 ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a peut-être été inspiré par le nom tout aussi mystérieux "Æschna" donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules. Bien que Æshna soit "fautif" s'il s'agissait d'un nom inspiré du grec, un lapsus calami ou une erreur typographique n'est pas envisageable puisque cette graphie a persisté telle quelle dans les publications écrites et supervisées par l'auteur en 1781, 1789 et 1792. Il n'est donc pas licite de modifier sa graphie en Æschna comme l'avait proposé Illiger en 1807, mais cette dernière forme, souvent utilisée par les entomologistes jusqu'à la décision de la Commission Internationale de Nomenclature en 1939, est à l'origine de notre nom français actuel, Aeschne. )
— Nom d'espèce Æshna mixta Latreille 1805, Hist. nat. crust. ins. 7:13. Du latin mixtus, a, um, "mélangé". L'origine du nom est, une fois de plus, donnée par l'auteur ; et comme Latreille est français, il donne à son espèce, en même temps que le nom scientifique, un nom en langue vernaculaire, "Aeschne mélangée". Voici l'explication : "abdomen ayant un grand nombre de taches diverses brunes , mêlées de taches jaunâtres et coupées par du noir".
— Noms vernaculaires français : 1°) L'Aeschne mélangée, Latreille 1805, en raison des couleurs mêlées de l'abdomen ; 2°) L'Aeschne mixte, 1983, The Dragonflies of Great Britain and Ireland de Hammond, Askew, et Merritt. Ce nom qui croit traduire le nom scientifique est en réalité un fallacieux contre-sens.
— Noms vernaculaires dans d'autres langues.
-en allemand : Herbst-Mosaikjungfer (demoiselle d'automne en mosaïque )
- en anglais : The Migrant hawker
- en frison : Hynstebiter, Lytse glêzebiter, Bleinebiter.
Devant de la tête jaune, avec une tache noire sur le haut ; corselet verdâtre brun, avec deux petites taches en devant , et deux bandes de chaque côté d'un jaune verdâtre; abdomen ayant un grand nombre de taches diverses brunes , mêlées de taches jaunâtres et coupées par du noir ; ailes sans teintes.
— Aux environs de Paris, en Angleterre; elle m'a été donnée par M. de Sèves peintre, et dont les talens concourent à l'exécution de cette édition de Buffon. "
C. Deliry fait remarquer que Latreille (1805) connaît la planche de Harris (1776 et 1780) mais ignore parfaitement les noms scientifiques donnés par l'auteur anglais. Le nom est : Libellula coluberculus. C'est un diminutif du nom latin coluber, "couleuvre, serpent (en général) " et il signifie "petit serpent". La forme Coluberculus (rare voire inusité) apparaît néanmoins dans un dictionnaire anglais de Littleton en 1735 avec la traduction "a little adder", ce qui renvoie aux surnoms anglais des libellules comparant celles-ci à des serpents : "adder-bolts, or dragon-flies" (1769), "adderflies" (1837), etc.
Harris, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work. - pp. [1], i-viii [= 1-8], 1-166, index [1-4], Tab. I-L [= 1-50]. London. (White, Robson). , pages 91-92 et planche XXVII.
LIBELLULAE. COLUBERCULUS. Fig. 1. Mesure trois pouces & trois quarts.
Le nez est jaune, à l'extrémité duquel il y a une ligne noire. Les yeux sont d'un brun olive. Le corselet est olive brun. Les raies latérales sont d'un jaune vert, & deux petites taches de même couleur paroissent sur le front du corselet. Les grains sur le dos entre les ligamens des ailes sont jaunes. L'abdomen est d'un beau brun de mahogony, nuagé de noir ; toutes les plus grandes taches de dessus sont bleu, & les petites triangulaires sont jaunes. Elles volent dans les ruelles, le long des haies, en Juin. La femelle est comme le mâle, excepté les taches sur l'abdomen, qui sont d'un vert clair. Elles furent prises ensemble, & l'abdomen étoit plein d'œufs.
(*) Mahogany : couleur voisine de l'acajou. Nom d'arbres tropicaux américains ou africains.
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Voici maintenant la figure 1 de la Planche XXVII dessinée par Harris :
Du latin mixtus, a, um : du verbe misceo "mêlé, mélangé" (Gaffiot). L'origine du nom est, une fois de plus, donnée par l'auteur ; et comme il est français, il donne à son espèce, en même temps que le nom scientifique, un nom en langue vernaculaire, "Aeschne mélangée". Voici l'explication : "abdomen ayant un grand nombre de taches diverses brunes , mêlées de taches jaunâtres et coupées par du noir".
Le piège, pour un locuteur français, est de rapprocher le latin mixta de l'adjectif "mixte", qui a depuis le XIVe siècle le sens suivant "Qui comprend deux ou plusieurs éléments de nature différente. " (CNRTL http://www.cnrtl.fr/definition/mixte).
C'est dans ce piège que vont se précipiter les auteurs.
Le pire est de considérer, comme D'Antonio et Veglante, que A. mixta est une espèce mixte car elle a un ou plusieurs éléments de deux espèces d'Aeschne, A. cyanea et A. juncea en l'occurrence !
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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.
Ma meilleure note va, comme d'habitude, à Fliedner.
Ça devait arriver ! À croire que nos entomologistes en font exprès ! Peut-être après un premier emploi par Paul Robert en 1958 (à en croire la revue Cordulia), le nom apparaît en 1983 dans le guide de vulgarisation The Dragonflies of Great Britain and Ireland de Cyril Oswald Hammond, Richard Robinson Askew, et Robert Merritt , il est repris dans diverses publications (Alauda, 1990) et reçoit sa confirmation en 2007 dans Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg de D. Grand et J-P. Boudot page 298 et dans le Guide des Libellules de France et d'Europe de K-D. B. Dijkstra. Le Muséum l'adopte sur son site INPN, l'encyclopédie Wikipédia l'entérine, etc. C'est désormais le seul nom en usage....
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LE NOM VERNACULAIRE DANS D'AUTRES LANGUES.
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Heureusement, les autres pays font preuve, pour créer un nom dans leur propre langue, de moins de servilité vis à vis du nom scientifique et d'un réel talent.
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-en allemand : Herbst-Mosaikjungfer (demoiselle d'automne en mosaïque )
- en anglais : The Migrant hawker
- en frison : Hynstebiter, Lytse glêzebiter, Bleinebiter.
-en néerlandais : Paardenbijter
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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
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OUTILS DE ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages,
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012, : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata, Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178.
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.
— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
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— SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung
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— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112
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— de Selys-Longchamps E. 1837 - Catalogue des Lépidoptères ou Papillons de la Belgique, précédé du tableau des Libellulines de ce pays. - Desoer, Liège : 1-29.
— Steinmann H. 1997 - World Catalogue of Odonata. - Walter de Gruyter.
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— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage
Croyant avoir achevé ma visite de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais en admirant le Pilier des Tanneurs et le vitrail de la Vie de saint Claude, j'allais me diriger vers la sortie lorsque je remarquais dans un recoin un escalier hélicoïdal Renaissance qui me rappela celui du château de Blois. Lorsque je fus dans cette Chapelle du Rosaire, et que je me retournai, je découvris un Arbre de Jessé d'une taille spectaculaire. Et, surprise ! , la sibylle de Samos tenant son berceau.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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RAPPEL.
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Le thème iconographique de l'Arbre de Jessé est une représentation visuelle de la généalogie du Christ soulignant que se réalise par sa naissance ce que les prophètes de l'Ancien Testament avaient annoncé. Ainsi, dans les manuscrits et les vitraux du XIIe siècle, tout ou partie des 12 rois de Juda et des 12 prophètes, tenant le verset concerné, sont placés en vis à vis, sur un arbre reliant l'ancêtre Jessé, père du roi David, au Christ.
Secondairement, au début du XVe siècle, dans le cadre d'une focalisation sur la conception immaculée de la Vierge, survint une "mutation iconographique de l'Arbre de Jessé (S. Lepape) où c'est Marie tenant son Fils qui devient le point culminant, la cime de l'Arbre, alors que la prophétie majeure sera moins le verset d'Isaïe 11:1 Et egredietur virga de radice iesse, "Puis un rameau sortira du tronc de Jessé, et un rejeton naîtra de ses racines" que celui qui annonce qu'une vierge donnera naissance à un rédempteur, Isaïe 7:14 Ecce virgo concipiet, et pariet filium, et vocabitur nomen ejus Emmanuel: « Une Vierge concevra et enfantera un fils, et il sera appelé Emmanuel.
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Les Sibylles.
Au milieu du XVe siècle qu'en Italie autour de Cosme de Médicis et de son Académie de Florence se développa la pensée néoplatonicienne et la tentative par Marcile Ficin d'une synthèse du Christianisme et du Platonisme dans son Traité de la religion chrétienne (De Christiana religione), paru en 1474. Marsile Ficin invoque alors l’autorité des sibylles et élève Platon au rang des prophètes.
En 1481, un dominicain nommé Filippo Barbieri fit paraître un livre (Discordantiae nonnullae inter sanctum Hieronymum et Augustinum) rapprochant chaque oracle des Sibylles d'un verset d'un Prophète hébreu. Il fixa à chaque sibylle un âge, un attribut et un costume propre. Mais il fait passer le nombre des Sibylles à douze de sorte que leur nombre corresponde au nombre de prophètes mineurs .
"On voit maintenant en quoi les Sibylles françaises diffèrent des Sibylles italiennes. Les Sibylles de Filippo Barbieri n'annoncent qu'une chose : l'avènement d'un Sauveur qui doit naître miraculeusement d'une Vierge. Les Sibylles françaises en savent davantage : elles ne parlent pas seulement de la naissance surnaturelle du Fils de Dieu, elles parlent encore de son enfance, de ses souffrances, de sa mort, de sa résurrection" (Émile Mâle)
Elles sont désignées par leur lieu d’origine : la Cimmérienne est née au bord de la Mer Noire (Crimée ?), la Persique en Perse et la Phrygienne en Anatolie. La Samienne est née sur l'île de Samos, l'Erythréenne, de la cité disparue d'Erythrées, sur la côte Ionienne en face de Chio. L'Hellespont est une ancienne province romaine d'Asie Mineure. D'Afrique venaient la Libyenne et l'Agrippa, une déformation probable d'Aegypta, selon Emile Mâle. Quant aux Sibylles d'Europe, la Delphique est la Pythie de Delphes en Grèce, la Cuméenne et la Tiburtine, viennent respectivement de Cumes près de Naples et de Tivoli près de Rome, en Italie ; et Europa était une province romaine en Thrace.
Le Livre d'Heures de Louis de Laval (<1489).
Chaque enluminure des Sibylles y est accompagnée de descriptions (latines) et d'une page d'enluminure typologique avec trois références à l'Ancien et au Nouveau Testament. Enfin, dans une double page (folio 50v et 51r), Louis de Laval y est peint agenouillé devant la Vierge à l'Enfant et l'inscription répétée deux fois sancta et immaculata virginitas, témoignant de l'importance du culte marial et de la thèse immaculiste pour Louis de Laval.
Le folio 21v montre la sibylle de Samos tenant un berceau tandis qu'une inscription latine indique : "Elle a prophétisé qu'une Vierge placera un enfant dans un berceau". avant de citer sa prophétie : "Voici que viendra le jour où naîtra un enfant d'un pauvre et toutes les bêtes de la terre l'adoreront et elles diront "louez-le au plus haut des Cieux".
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Heures de Louis de Laval f.21v, numérisation BNF Gallica
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Au folio 22v, la sibylle Cimmérienne tient une corne faisant office de biberon pour annoncer que la Vierge allaitera son Fils. Ce folio fait face au folio 23r ou Marie est peinte donnant le sein à Jésus dans la crèche. L'inscription indique Albumazar astrologus Vaticinatur commodo Virgo lactat puerum "selon l'astrologue Albumazar, elle prophétisa comment la vierge allaitera un fils".
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Sibylle Cimmérienne, Heures de Louis de Laval folio 22v, numérisation BNF Gallica
— En 1560, Roland de Lassus met en musique pour la chapelle de cour du duc Albert V à Munich les Prophetiae Sibyllarum. Le peintre miniaturiste Hans Mielich illustre la partition du Livre de chœur du duc. La sibylle de Samos tient son berceau avec le texte quem virgo sinu inviolata fovebit., tandis que la Cimmérienne tient sa corne-biberon avec les paroles du motet regem sacra virgo cibabit Lacte suo .
— En 1584, Romain Buron réalise pour l'église de Gisors un vitrail des Sibylles et des Prophètes. Il ne reste aujourd'hui de cette baie 30 les prophètes Isaïe et Zacharie et les sibylles samienne et cimmérienne. ( Vitraux Haute Normandie page 172).
— L'année suivante, en 1585, débute la réalisation de l'Arbre de Jessé présenté dans cet article.
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PRÉSENTATION.
Cet Arbre culmine avec la date de 1593, mais le cartel qui l'accompagne indique qu'il fut réalisé entre 1585 et 1591 par le sculpteur de Beauvais Pierre du Fresnoy, sur un dessin de Louis Poisson, de Gisors.
-L'information sur le sculpteur et l'auteur du dessin a été publiée par M. de Laborde dans les Comptes qu'il a publié de l'église de Gisors. Louis Poisson, décédé en 1613, devient peintre du roi Henri IV, qui lui confie plusieurs travaux au château de Fontainebleau. Il réalise ainsi les décors de la galerie des Cerfs entre 1601 et 1608, et ceux de la galerie des Chevreuils (détruite), entre 1601 et 1609. Son nom est cité plusieurs fois dans les comptes de fabrique de l'église de Gisors.
Gédéon Dubreuil indique en 1857 que la sculpture était jadis recouverte d'un épais badigeon sous lequel s'entrevoyait l'or de la peinture d'origine
Dans cette œuvre, les deux prophètes qui encadrent habituellement Jessé allongé sont remplacées par deux Sibylles. La Sibylle de Samos est à gauche, facilement identifiée par son berceau, tandis que la Cimmériennene tient pas le biberon, mais une corne d'abondance, par une dérive du motif iconographique mal interprété.
De nombreux auteurs mentionnent cette sculpture, mais sans signaler la présence des Sibylles, ou en mentionnant "deux femmes". C'est notamment le cas de Guilaine Benoit Ecolan en 2005 dans La sculpture de la Renaissance dans le Vexin, Ecole du Louvre, page 132 ou d'Etienne Hamon dans Un chantier flamboyant et son rayonnement, Gisors, page 169. Cet auteur donne le nom du sculpteur Jean Vivien de Gisors comme co-auteur de l'Arbre de Jessé de Gisors.
En 1953, Jean Fournée signale que "De part et d'autre les sibylles remplacent les prophètes habituels", et H. Zanettaci, en 1954, dans Les ateliers Picards de sculptures à la fin du Moyen-Âge, les identifient avec leurs attributs. Celui-ci écrit : "
"En septembre 1588, la sculpture est achevée puisque le peintre Louis Poisson est chargé de la polychromer. Ce n'est cependant qu'en 1593 que pour des raisons inconnues, la dernière main put être donnée à l'œuvre : la date figure sur un cartouche au sommet de la composition. Celle-ci occupe, au-dessus de l'ancien autel, tout un pan d'une très haute chapelle logée au rez-de-chaussée du clocher sud."
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La description la plus complète se lit dans l'Histoire de Gisors de Victor Patte : l'auteur rend compte des vers de mirliton composé en 1629 par Antoine Dorival .
"Au-dessus, un arbre de Jessé gigantesque, sculpté en ronde bosse, à pleine pierre, étale ses naïves sculptures :
« un arbre d’or dont les fruits sont des rois
Que de chaque côté l’on compte deux fois trois. «
Les plus rapprochés de la Vierge, qui occupe le sommet, lui présentent le sceptre. A droite, David chantant sur la harpe les louanges de sa petite-fille ; à gauche, Moïse portant les Tables de la Loi, et, de chaque côté, deux sibylles
" Tenant l’une un berceau, l’autre un cor d’abondance,
Promettent du sauveur la future naissance. »
Dans le fronton, le Père Eternel portant le globe du monde, et entouré d’anges soutenant le Livre de la vie :
« Au-dessus de cest arbre, un vieillard, Dieu le père,
Tient une grosse boule, et d’un œil tout sévère
Donne de la trémeur au simple spectateur
Qui de sa majesté contemple la hauteur.
Les anges à ses pieds soutiennent à l’envie,
Sous un arc mi-voûté, le livre de la vie.
Où mille chérubins, dans les nues cachez.
Semblent être avec, ordre et compas attachez
Sous une grande arcade, au-dessus de laquelle
Du grand comte Saint-Paul que François on appelle,
Les armes, les drapeaux, gloire de ses valeurs,
Peintes parfaitement de naïves couleurs,
Tesmoignent que ce prince à l’Esglise fidèle
Avait fait commencer une pièce si belle. »
Cette grande sculpture fut exécutée, de 1585 à 1591, par un imagier de Beauvais, Pierre du Fresnoy, sur les dessins du peintre gisorsien Louis Poisson (M. De Laborde, ouv. cité 1585-91). Sous le badigeon dont on l’a recouverte, elle laisse encore voir, ç'a et là, des applications d’or et de peinture. Nul doute qu’en nettoyant le dessus de l’arcade qui la renferme, on y retrouverait aussi les armes du comte de Saint- Paul, dont parle Dorival.
Pour les fenêtres à plein cintre, surmontées d’un œil-de-bœuf, qui éclairent celte chapelle du côté de l’extérieur, Romain Buron avait peint, en 1583, puis réparé, cinq ans plus lard, des vitraux représentant deux prophètes et deux sibylles déroulant chacune un parchemin, sur l’un desquels on lisait : « ….une Vierge, oh merveille. Un fils enfantera ... » et sur l’autre : « Resjovs-toi, Sion, voici, doux et humain, Ton roy humble, monté sur l 'âne et son poulain ». motifs évidemment empruntés au bas-relief dont nous avons parlé. On y voyait aussi, à côté des armoiries de France et de Normandie, celles de la ville de Gisors :
« Sur ces cintres vitrez, trois riches escussons.
De France et Normandie, et de Gisors blasons,
Rendent ce lieu sacré d’autant plus vénérable,
Grave et majestueux"
Ces peintures ont disparu, ainsi que tant d’autres, et sont aujourd’hui remplacées par du verre blanc."
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Cartel de L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INFÉRIEUR. JESSÉ ENTOURÉ DES SIBYLLES SAMIENNE ET CIMÉRIENNE.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Jessé est allongé sur son coté droit, la tête soutenue par la main droite, le buste rehaussé par un dossier. Il est coiffé d'un bonnet Juif, conique, et sa barbe longue et bifide souligne aussi, selon les codes des artistes du XVIe siècle, son appartenance au peuple hébreu. Ses yeux sont mi-clos. L'arbre de sa descendance prend racine exactement au centre de son bassin, puis élève son tronc partiellement écoté avant de donner deux premières branches et des feuilles rappelant celles du figuier.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La sibylle Samienne est à sa droite. Elle est vêtue d'une robe serrée à la taille par une ceinture, aux amples manches au dessus du coude ; le plissé de cette robe est retenu par des rubans aux épaules et devant les cuisses.
Elle tient ce type de berceau à barreaux en bois tournés et au piétement à bascule qui est le sien sur toutes les représentations.
Son allure générale est dynamique, son visage est plein de détermination, sa fière coiffure est retenue sur le front par un diadème.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La sibylle Cimmérienne est à la gauche du patriarche.
Elle tient une vaste corne d'abondance remplie de fruits, comme si l'artiste voulait souligner l'énormité de son contre-sens en interprétant ainsi la corne-biberon des modèles initiaux.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deux rois de Juda occupent les naissances des premières branches. L'ordre généalogique, qui placerait ici David et Salomon, n'a pas été respecté, peut-être pour que ces derniers soient plus proches de Marie, "de la Maison de David" par ses parents Anne et Joachim.
L'un des rois porte un sceptre et une couronne, l'autre est coiffé d'un bonnet oriental. Tous les deux ont cette barbe fournie, bouclée, en désordre, bifide qui est celle des Juifs de l'Ancien Testament dans les images de l'époque. Et tous les deux ont un geste, plus ou moins franc, pour désigner le sommet de l'Arbre, par lequel se réalisent, "s'accomplissent" les Écritures.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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À leur droite, deux autres rois. L'un d'eux tient un bloc rectangulaire qui a fait dire qu'il s'agissait de Moïse tenant les tables de la Loi. Ce serait alors un nouveau contre-sens. Mais nous pouvons aussi penser qu'il s'agit d'un prophète tenant un phylactère ou un livre stylisé, car le cube de pierre n'a pas la forme des Tables de la Loi.
Dès lors, il ne faudrait considérer comme roi que les seuls personnages couronnés et/ou tenant un sceptre : j'en compte neuf. Et donc trois prophètes.
Cette interprétation ne me convainc pas.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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À leur gauche, deux autres "rois". Le premier tient un bloc rectangulaire, et ne porte pas d'attribut royal, ce qui repose le problème précédent d'un Moïse potentiel. Peu crédible.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INTERMÉDIAIRE.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Au centre, David est identifié sans ambiguïté. Son voisin qui tient le sceptre mais est coiffé d'un bonnet-turban, est très vraisemblablement son fils Salomon.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le roi David et sa harpe.
L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le roi Salomon.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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D'autres rois.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La Vierge à l'Enfant.
Je rappelle qu'il s'agit d'un ré-emploi. Elle est placée dans une mandorle de rayons, ce qui la désigne comme la femme de l'Apocalypse, dans le mouvement de défense de l'Immaculée Conception.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le tympan .
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Dieu le Père en gloire, la colombe de l'Esprit-Saint, et le Livre des Écritures présenté par des angelots. Date de 1593.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Le vitrail de Saint Claude (baie 26) offert par les tanneurs en 1526, en l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors : une œuvre d'Engrand Le Prince.
Il s'agit d'une baie éclairant la chapelle de confrérie des tanneurs, dédiée à leur patron saint Claude, dans le bas-coté sud de la nef de l'église de Gisors. Elle montre les scènes de la vie de saint Claude, abbé de Saint-Oyend puis évêque de Besançon.
Elle a été offerte par la confrérie des tanneurs la même année que le célèbre Pilier des Tanneurs qui délimitait leur chapelle.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Haute de 6,90 m et large de 3,10 m, elle comporte 4 lancettes trilobées divisés en trois registres, et un tympan à 4 mouchettes, 1 soufflet et 2 écoinçons. Les panneaux figurés sont placés au centre, tandis que les lancettes latérales et les têtes de lancettes, comme le pourtour du tympan, sont remplies par une vitrerie losangée.
Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La vie de saint Claude débute, au tympan, par sa naissance. Il naquit vers 607 au château de Bracon, près de Salins dont son père était gouverneur. Il était le fils d'une illustre famille gallo-romaine, celle des Claudia .
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La mère est dans son lit , tandis qu'une femme lui sert, comme c'était l'usage, le brouet de l'accouchée, un bouillon mélangé de lait sucré et d'œuf. Les draps et le ciel de lit sont rouges ; des instruments sont posés sur une desserte blanche.
Une sage-femme tient l'enfant dans ses bras, tandis qu'une servante lui prépare sa première bouillie.
Sur une table basse sont posés une chandelle et une bassine d'eau : un petit chef-d'œuvre de nature morte.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le style très particulier d'Engrand Le Prince, le maître-verrier, se reconnaît déjà par les visages fantomatiques, et par le traitement des étoffes faisant contraster des zones blanches et des aplats gris clairs.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Mais ce style est encore mieux reconnu par la virtuose avec laquelle est employé le jaune d'argent de densité différente et qui vient faire ressortir les plages blanches comme d'éclatants miroitements de lumière.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre de donation : les blasons des tanneurs et la date de 1526.
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La suite attendue de cette naissance est la scène du baptême : nous allons la trouver au registre supérieur. Mais deux panneaux, sous les têtes de lancettes, méritent notre attention.
La verrière résulte d'une recomposition malgré qu'elle ait été peu restaurée (avec une contrepartie négative, la présence de "toiles d'araignées des plombs de casse). Elle fut réparée en 1579 par Anthoine Roussel, puis une vaste campagne "d'éclaircissement" au XVIIIe siècle remplaça des verres colorés par des verres blancs losangés : les paroissiens voulaient y voir clair, à cette époque où les seuls éclairages venaient du jour, ou des chandelles .
Sous une macédoine de verres colorés (atelier Labouret 1948), nous trouvons à gauche un calvaire (crucifixion avec Jean et Marie) se détachant sur un fond de remplages et de verres losangés : c'est l'intérieur de l'église où a lieu le baptême de saint Claude juste en dessous.
L'élément intéressant (à mes yeux) se trouve être le blason des tanneurs de Gisors : un plat rond et un couteau demi-rond ou écharnoir couleur or se détachent sur le fond azur. ce sont les armoiries qui figurent aussi sur le Pilier des Tanneurs. Ces meubles (le plat et le couteau) sont gravés sur le verre bleu, c'est à dire que le verre bleu a été meulé ("gravé") pour ne laisser voir que le verre blanc du doublage, qui a été peint au jaune d'argent. Une petite prouesse technique.
Nous retrouvons ce blason à droite, présenté par un ange.
L'inscription est la suivante :
EN LAN SIX CENS ET QUATRE PROPREMENT / AINSI QUE AU LONG LA LEGENDE COMPORTE.
Cette date de 604 est celle de la naissance de saint Claude, bien que la date la plus admise soit la date de 607.
La date de 1526, création du vitrail, a été remontée à l'envers, et à l'extérieur du vitrail.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le registre supérieur : le baptême.
Les registres se lisent en une seule scène sur toute la largeur des deux lancettes
L'inscription (sous réserve):
COME SAINCT CLAUDE EN NOTABLE FASON / FUT BAPTISE POUR LA FOY CATHOLIQUE.
DE LARCHEVESQUE DIGNE DE BESENÇON / LUI APPARUT VISION ANGELIQUE
L-- DES ANGES PAR VERTU DEITIQUE / FUT LEDICT SAINCT EN LAIR HAULT ESLEVE
EN DEMEURANT --- MAGNIFIQUE / DUI SERT SAINCT CLAUDE MAL EST RELEVE
Cette inscription est précieuse car elle permet de mieux comprendre la peinture. Elle relate un événement miraculeux rarement mentionné, et dont je n'ai pu trouver la source, celui de l'apparition de deux anges lors du baptême. Je ne la trouve pas dans la Vita Longior d'après Chifflet et Mabilion, publiée dans les Acta sanctorum page 639, et elle n'est pas relaté par Claude de Rota dans sa Légende dorée de 1535.
L'enfant, échappant aux mains de l'archevêque (Digne ? le prédécesseur de saint Donat, en titre de 627 à 658 ), est soulevé au dessus des fonts baptismaux par les deux anges. Quatre témoins (dont un seigneur, à bonnet à plume et chausses à crevés), placés derrière le prélat, assistent à cette intervention divine et manifestent leur émerveillement.
Cette scène est d'autant plus intéressante qu'elle aurait été copiée par Jean Chastellain pour la baie 107 de l'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris. (Le chœur de l'église Saint-Étienne est entièrement vitré entre 1540 et 1542 ; Jean Chastellain, né en 1490, est décédé en 1541).
L'attribution de la baie 107 à Chastellain repose sur Grodecki et al. 1978. Mais cette attribution a été remise en cause par Guy-Michel Leproux en 1986 :
"Quant au marché passé le 11 juin 1541 avec la confrérie de Saint-Claude, Chastellain eut sans doute juste le temps de l'honorer avant sa mort, puisque c'est sa veuve qui en assura la mise en place et reçut le paiement (*). Mais ces vitraux, destinés aux fenêtres basses de la chapelle qu'occupaient les confrères, n'existent plus; on les a souvent confondus avec l'une des grandes verrières des travées droites du chœur, où la vie du même saint Claude est narrée, mais dans un style encore gothique qui n'a aucun rapport avec celui de Chastellain. Il s'agit là de l'un des remplois de verrières antérieures à la construction du nouveau chœur décidés par la fabrique de Saint-Etienne du Mont.(**)
(*) Arch, nat., Min. centr., XXXIII, 26; 1541, 11 juin. Analysé dans Ernest COYECQUE, Recueil d'actes notariés relatifs à l'histoire de Paris et de ses environs, Paris, 1905, 2 vol., n° 1987 et 2254
"(**) Ce que confirme un marché analysé par Madeleine Connat, aux termes duquel un peintre-verrier de la paroisse, Jacques Rousseau, s'engageait à « mectre l'autre voirrière de monseigneur saint Claude en la forme joignant [celle de monseigneur saint Claude en la forme joignant [celle de Notre Dame] où y a quatre jours ». Ce qui correspond à la distribution actuelle, la verrière de la Vierge étant encore en place. Madeleine CONNAT, Documents inédits du Minutier central, dans Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, 1950, p. 98-113."
Les photos du site Ndoduc permettent de constater que les quatre panneaux de Saint-Etienne-du-Mont reprennent les mêmes sujets qu'à Gisors (naissance, baptême, précocité de Claude enfant devant les docteurs, sacre comme évêque), mais qu'il ne s'agit pas d'une copie du vitrail gisorcien (l'angle de vue, les cartons sont différents. Néanmoins, le style en est comparable, et de nombreux détails (baies losangées, crucifix, surplis et aumusses, mitre) sont des citations exactes. Pourtant, aucun auteur n'a évoqué Engrand Le Prince ou son atelier devant cette baie de Saint-Etienne-du-Mont.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les deux anges, l'un aux ailes jaune-vert, l'autre aux ailes rouges, sont vêtus de robes somptueusement rendues, avec des irisations sur le verre bleu qui suppose l'emploi de verres gravés. De même, le rendu de l'enfant, plein de vie et de mobilité par quelques lavis de grisaille, est confondant.
La tête d'un spectateur apparaît entre les charmants visages blonds des anges.
À l'arrière, une boule de feu traduit sans doute l'intervention divine.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'archevêque et la famille Claudia assistant au baptême.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les couleurs ! J'ignore comment l'étoffe blanche à reflets bleu-vert est faite. Mieux, à sa gauche, un verre à rayures roses et orange. Et la jambe du seigneur, avec ses crevés, son ruban et des bandes blanches et jaunes !
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le registre intermédiaire. Saint Claude maîtrise précocement les Écritures.
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QUE SAINCT CLAUDE APPRENT LI TESTEMENT / DIEBLE PAR FREQENTEZ LECTURE
QU- BIEN SOUVENT DISPUTOIT HAULTEMENT / A CONNAISTRE DE LA SAINCTE ESCRITURE
LUN DECLARANT CHOSE SI OBSCURE / AUNCUN ESFOIS QUONQUES NE PENSE
ENFFANS ENFFANS AYEZ DAPPRENDRE CURE / NOBLESSE NEST QUE DE SCIENCE
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La capacité de saint Claude de lire les saintes Écritures est souligné par tous les auteurs. Nous le voyons ici, après l'âge de sept ans, face à son maître, qu'il épate par ses connaissances alors que ses petits camarades en sont encore à ânonner le B-A BA, suivant du doigt la ligne de leur livre ou bavardant avec dissipation. Un petit chien blanc (très fréquent dans les vitraux de cette époque) indique que Claude, son maître, appartient à la noblesse.
"qui usque ad septimum annum, cum decenti cura, in domo parentum suorum nutritus fuit. Transacto autem septimo ætatis suæ anno, ab ipsis parentibus, probatissimis litterarum magistris instruendus traditus fuit; quibus artes quas liberales vocant, infra paucos annos, plene didicit. Infra cujus temporis spatium, non solum artes prædictas, verum etiam libros veteris & novi Testamenti, historias sive passiones sanctorum Martyrum, atque vitas sanctorum Confessorum; [historias sacras legit:] nec non & sermones seu homilias sanctorum Doctorum, sub ipsis magistris adolescens, sibi legendo percurreret. "
"Saint Claude fut instruit au foyer de son illustre famille jusqu’à l’âge de sept ans. Il fut ensuite confié à des maîtres habiles. Ses progrès dans les lettres humaines furent rapides, et Dieu lui donna la grâce de faire également d’admirables progrès dans la pratique des vertus chrétiennes. Il aimait à étudier les divines Écritures, les Ouvrages des Pères de l’Église, la vie des Saints. On le voyait souvent aux pieds des autels, assistant avec ferveur à la messe et aux offices religieux. Il recherchait la société des personnes pieuses et fuyait la compagnie des méchants. Modeste dans son maintien, circonspect dans ses paroles, malgré son extrême jeunesse, il s’efforçait d’éviter tout ce qui pouvait être un prétexte ou un sujet de blâme. Enfin, la pureté de son âme se reflétait jusque dans les traits de son visage: Claude avait l’angélique regard d’un séraphin.
Gollut dit qu’il porta les armes jusqu’à l’âge de vingt ans ; mais, destiné par une sincère vocation à la milice sainte, Claude embrassa à cette époque l’état ecclésiastique et fut reçu au chapitre de l’église cathédrale de Besançon, qui vivait dans la plus édifiante régularité, suivant les institutions et les exemples de l’archevêque saint Donat. Il y fut chargé d’enseigner la science sacrée aux jeunes clercs, et remplit cette fonction avec un brillant succès.
Après avoir vécu pendant douze ans au milieu des prêtres qui faisaient l’ornement de l’Eglise de Besançon, et se sentant pressé par un ardent désir de servir Dieu d’une manière plus parfaite encore, Claude se retira dans la solitude."
Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Une foule de détails peut être observée : le meuble en marbre à scènes antiques, la vaisselle d'étain et l'étude des reflets et des volumes qu'elle suscite, la précision des reflets au jaune d'argent du bougeoir, les deux arrière-plans sur verre bleu, l'un montrant le château paternel sur une colline, et l'autre les monuments de la ville de Salins, le verre sur le meuble et la bouteille dans une niche, etc.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le maître tient la férule, instrument de son autorité. La tunique courte est en verre rouge gravé, les zones gravées étant peintes au jaune d'argent.
Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le registre inférieur.
Une inscription, complétée au XXe siècle (notamment en minuscule) indique ceci :
St CLAUDE évêque et patron des tanneurs,
TU PROTEGES AVEC LE CUIR SOLIDE
LE GISORSIEN toujours RESTE LUCIDE
CONTRE LA BISE ET CONTRE les malheurs
A LOUEE TA VIE TON AIDE il quérit
UN ENGRAND LE PRIEUR siècle xvie
DES ANS DU FEU réparèrent LES BRIS
ET MERLET ET GENDREAU siècle XXe
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Cette inscription n'a pas été relevée, ni dans Les Vitraux de Haute Normandie (qui indique seulement qu'elle évoque les méfaits de la Seconde Guerre mondiale), ni par l'abbé Blanquart, pourtant elle présente un certain intérêt. D'une part, elle indique le nom du maître-verrier, "Engrand Le Prieur", que nous rapprochons d'Engrand Le Prince.
D'autre part, il mentionne deux autres noms, Merlet et Gendreau .
Jean Merlet est l'architecte en chef qui conduisit les restaurations de l'église entre 1946 à 1973.
Gabriel Gendreau est un architecte des Monuments historiques, décédé en 2015, qui signa notamment, avec Jean Merlet , l'ouvrage La cathédrale d'Evreux, huit siècles d'histoire.
Cette partie de l'inscription date donc de la seconde moitié du XXe siècle.
Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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À gauche est représenté le sacre de saint Claude comme évêque de Besançon. Jean Lafond remarquait en 1943, dans la mitre et dans la chape de l'évêque, "l'extrême liberté et la rapidité du travail.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les clercs qui assistent à l'intronisation, à droite, portent un surplis blanc sur une soutane soit rouge à manches larges, soit bleu, et certains sont coiffés de la barrette. Mais ils portent sur le bras gauche une pelisse, l'aumusse des chanoines. Alors que les verres utilisés sont, pour le 3/4 de la surface, des verres blancs peints de grisaille, la diversité des matières, des plis et des reflets donne un effet chatoyant extrêmement riche.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Il reste à souligner que Nicolas et Pierre Le Prince réalisèrent en 1527, —l'année suivant ce vitrail— la baie 9 de l'église Saint-Etienne de Beauvais dans la chapelle Saint-Claude. Ses quatre lancettes et son tympan sont consacrés à la Vie de saint Claude, mais la relation de cette Vie débute exactement là où la baie de Gisors l'avait laissée. Comme elle, elle est légendée, et on y retrouve la même écriture.
On retrouve aussi (beaucoup plus développés) les vues de monuments en arrière-plan, avec une reprise de l'une des tours de la baie de Gisors :
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Nicolas et Pierre Le Prince, 1527, baie de saint Claude, église de Beauvais. Photographie lavieb-aile
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Document : Etienne Hamon page 321
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Verriers et peintres verriers.
"Au moment du lancement de la reconstruction der l'église, Gisors n'abritait sans doute aucun atelier important de peinture ou de peinture sur verre. Un seul spécialiste du vitrail exerçait semble-t-il dans la ville, Tassin Burel, qualifié ded « verrier » en 1489 à l'occasion de la pose de verres incolores dans les fenêtres du château. C'est lui qui, jusqu'à sa mort en 1518, fut chargé de la plupart des travaux de vitrerie dans l'église en chantier, y compris de la réparation de panneaux peints comme ceux de la verrière 'des Tanneurs » en 1513. Le large éventail de ses compétences, il est également plombier dès 1483 et serrurier-horloger- interdit cependant de voir en lui un artiste ayant pratiqué la peinture sur verre à grande échelle et dans le cadre de créations originales et ambitieuses. Pour preuve, c'est vers les ateliers rouennais que se tournaient les commanditaires les plus exigeants : la fabrique de Gisors elle-même en 1504-1505 pour la réalisation des vitraux des saints patrons de l'église, et, quelques années plus tard, le vicomte de basset pour les verrières qu('il offrit à la collégiale Notre-Dame du Grand -Andely.
À cette date pourtant, la paroisse pouvait compter sur d'autres verriers locaux comme Guillaume Delahaye, fournisseur de lanternes à l'église en 1500-1508 qui répara les vitraux incolores losangés des logis du château en 1514. Quand au « verrier » nommé Aubin qui figure ponctuellement dans les comptes de 1517 pour la fourniture de 274 verres blancs, il s(agit probablement d'un négociant ou d'un producteur installé à l'intérieur de la ville et non d'un artisan spécialisé dans la mise en œuvre du verre plat.
Après le décès de Tassin Burel, cette activité connut un formidable renouveau à Gisors. Se constitua alors, sans doute grâce à l'équipement du défunt et à l'influence des créations beauvaisiennes attestées à Gisors par la présence des vitraux des chapelles Saint-Claude et Saint-Crépin exécutés en 1526 et 1530 respectivement par Engrand et par Nicolas Le Prince, un atelier dirigé par Jean Buron, documenté de 1521 à 1560, qui se spécialisa progressivement dans la peinture sur verre."
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SOURCES ET LIENS.
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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 120
— CHIFFLET, Illustrationes Claudianae
— GRODECKI ( Louis), Françoise Perrot, Jean Taralon, 1978, Les vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, éditions du CNRS (collection Corpus vitrearum Recensement, volume 1), p. 38]
— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.
—HÉROLD (Michel), 1993, Gisors, église paroissiale Saint-Gervais Saint-Protais, les verrières, Paris, 1993. Non consulté.
— LAFOND, Pratique de la peinture sur verre à l'usage des curieux: suivie d'un suivie d'un essai historique sur le jaune d'argent, et d'une note sur les plus anciens verres gravés, Lainé, 1944 - 137 pages
— LEPROUX (Guy-Michel ), 1986, Fontainebleau et les arts décoratifs : l'exemple du vitrail Journal des Savants Année 1986 1-3 pp. 133-154
Église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Piliers du bas-coté sud de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le Pilier des Tanneurs appartient à la deuxième chapelle du collatéral sud de la nef. Le bas-coté était en effet divisé par des clôtures et du mobilier en chapelles de confréries (Avant la Révolution, Gisors ne comptait pas moins de trente-et-une confréries ; l'église compte 22 chapelles). Après la chapelle des tanneurs venait la chapelle Saint-Louis, celle de la confrérie (1502) des officiers royaux du baillage de Gisors, marquée de son pilier. Puis la chapelle Saint-Clair (confrérie de 1514 pour les maçons et tailleurs de pierre), la chapelle Sainte-Barbe et celle de Sainte-Catherine.
Les tanneurs et mégissiers sont prospères à Gisors dès le XIIIe et XIVe siècle, et le tannage était l'une des principales activités économiques de Gisors au XVe et XVIe siècle. Les professions liées à l'élevage (celle des bouchers et celle des tanneurs notamment), en plein essor à la fin du Moyen-Âge, participèrent fortement à la reconstruction des églises. Mais avant la Révolution, l'installation des moulins à tan (ou chamoiserie) était le privilège des seigneurs (nobles ou abbayes) . Le plus ancien plan d'archive d'un moulin à chamoiser connu en Franceest celui de Gisors, sur la rive droite de l'Epte, même s'il date du XVIIIe, avec son hangar à écorce et sa batterie de 3 fosses à tanner. (J.P.H. Azema). Un "moulin tournant à battre écorce" à est notifié dans les archives de Gisors en 1689.
"Aux treizième et quatorzième siècles, l'histoire fait mention des tanneries de Gisors. Au seizième siècle, les tanneurs, mégissiers et corroyeurs formaient une corporation riche et puissante dont les établissements occupaient une grande partie de la rue Cappeville et de la rue de Paris. Ce sont eux qui ont donné le nom au quai connu sous la dénomination de Fossé aux tanneurs; ils occupaient le quatrième rang dans les corps de métiers et commerce. L'industrie des peaux alla toujours en déclinant., et en 1789, on comptait encore dans Gisors et son canton 4 tanneries, 4 corroieries, 6 mégisseries et 1 parcheminerie." (Charpillon)
Cette industrie était particulièrement nuisible pour la qualité de l'eau de la rivière, l'Epte, et était installée, en aval des Bouchers dont elle achète les peaux,, dans une rue au nom significatif, celle du Fossé-aux-tanneurs : "La «rue du Fossé-aux-Tanneurs », qui part de la place du Marché-au-Poisson pour aboutir à la rue de Paris, indique assez, par son nom, ce qu'elle était à son origine : le siège d’une industrie qui utilisait, pour ses besoins, les eaux baignant l’enceinte du bourg, qu’elle côtoyait sur toute sa longueur." Voir CPA. ou CPA Delcampe. La rue voisinait une maladrerie , « L’hôtel-Dieu » situé dans l’ile Lebon, bornée par les eaux du Fossé-aux-Tanneurs, le bras de l’Epte qui passe sous le Pont-aux-Danois ou des Renfermés, et la rivière d’Epte, qui longe toute la rue de Paris.
Le Règlement des tanneurs de Gisors date du 4 mars 1449 du 15 mars 1474. La confrérie Saint-Claude fut fondée en 1501, et elle fait ajouter au Règlement la clause que tout apprenti alloué pour apprendre le métier de tanneur sera tenu à son entrée de payer la somme de 40 sols parisis, et quand il sera passé maître, la somme de 100 sols parisis, répartie pour moitié à la confrérie "de monseigneur sainct Claude, qui est la confrarie du dit mestier," et l'autre moitié aux juré et gardes du dit métier.
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La confrérie devint quelques années plus tard suffisamment riche et influente pour obtenir de s'installer dans la seconde chapelle du collatéral sud de l'église. La chapelle était en construction en 1522. En 1526, il y fut posé un vitrail exécuté par l' atelier de Beauvais d'Engrand Le Prince (baie 26) . L'autel était en service en 1528-1529. (E. Hamon)
Le pilier est hexagonal et se divise en son sommet en six nervures. Les six faces sont lisses, sans sculptures, dans leur partie basse jusqu'à la moitié de leur hauteur, puis sont ornés de bas-reliefs divers et d'abord déroutants par la diversité des motifs.
Les motifs les plus repérables sont les panneaux à figures humaines, mais il y a aussi des lettres, des hermines, des blasons et des ornements Renaissance, comme s'il s'agissait d'un gigantesque rébus dont les clefs seraient ésotériques.
Avec un peu plus d'attention, il est possible de voir que chaque face sculptée est divisée en dix registres. D'autre part, en tournant autour du pilier, nous constatons laborieusement que les lettres du registre 3 forment une inscription : S.C.L.A.V.DE, qui voue ce pilier à saint Claude. Ce dernier, abbé de Saint-Oyend dans le Jura puis évêque de Besançon au VIIe siècle, et dont le corps fut retrouvé intact au XIIe siècle, est le patron des tanneurs.
Un peu plus bas, en registre 6, une bande étroite reçoit l'inscription YE. FUZ ICY. ACIS LAN. 1526. La première part de cette inscription va nous servir pour désigner la face concernée comme étant le point de départ de la lecture de l'ensemble des registres, et pour attribuer à chaque face un numéro de I à VI.
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Voici le contenu des registres énumérés de haut en bas :
1. Inscription MARIAM, constituée des lettres majuscules RI. A. en IV et V, encadrées des autres lettres en minuscule et écrites par des bandes d'étoffe en lés.
2. Blasons (de Normandie, de Gisors, de Naples) et Arma Christi.
3. Dédicace à St Claude : S.C.L.A.V.DE.
4. Hermines groupées par deux sur chaque panneau. Croissants également par paires.
5. Alternance de monogrammes marial et christique MA et IHS.
6. Inscription: YE . FUZ . ICY . ACIS . LAN .1526.
7. Niches à coquille où figurent soit des blasons (I, IV) soit des tanneurs au travail.
8. Niches à coquille recevant les figures de tanneurs au travail, ou de saint Claude en face V, vénéré par deux membres honorables de la Confrérie en IV et VI.
9. Étroite bande dont trois rectangles reçoivent des inscriptions : IHS (Jésus) en III, S. CLAUDE en V, MARIA en VI.
10. Panneaux ornementaux à thèmes de la Renaissance (grotesques, bassins et oiseaux affrontés, ...).
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DESCRIPTION.
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Mes images ont été prises lors de ma visite touristique, sans éclairage particulier, et sans échafaudage !
Il ne m'est pas possible de proposer les 60 photographies correspondantes aux 60 panneaux (10 x VI). Faut-il suivre un ordre de lecture vertical, par face du pilier hexagonal, ou horizontal, par registre ? Chaque sens possède sa cohérence !
Je débute, car il attire les regards, par le registre 8, celui des membre de la confrérie des tanneurs autour de leur patron saint Claude.
J'ai obtenu la collaboration d'une guide-conférencière de talent, Claude Rouit-Berger. C'est elle qui s'exprime entre les petits guillemets, mais j'ai fait appel également à Jérôme Joseph Le Français de Lalande pour des précisions techniques et des illustrations sur l'Art du tannage.
Je rappelle que cet art consiste à transformer des peaux d'animaux pour les transformer, lors d'un traitement qui dure 1 à 2 ans, en cuir imputrescible.
Introduction.
"Au XVIe siècle, les confréries étaient nombreuses à Gisors : confréries pieuses, confréries de métiers. Plusieurs d'entre elles avaient, dans l'église, une chapelle qu'elles ornaient d'œuvres d'art de tous genres. Les tanneries représentant alors la principale industrie de la ville ( Au XVIIe siècle, les tanneries disparurent de Gisors et furent remplacées peu à peu par des couvents : Mathurins, Récollets, Ursulines, à la Révolution. Anonciades, Carmélites, eux-mêmes ensuite dispersés. On voit encore à Gisors une « Maison des Tanneurs » et une rue du « Fossé-aux-Tanneurs » ), leur confrérie était particulièrement riche.
Une chapelle était consacrée à leur patron, saint Claude, devant laquelle, en 1526, ils firent élever et décorer le charmant pilier fantaisiste qui est un des plus gracieux ornements de l'église de Gisors.
Sur les six faces du pilier et disposées en deux étages, des sculptures extrêmement pittoresques retracent des scènes relatives aux travaux des tanneurs et à leur confrérie." (Claude Rouit-Berger)
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LE REGISTRE 8.
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"Chacun de ces bas-reliefs est couronné d'une coquille Renaissance et sa base est enjolivée d'arabesques entourant parfois un cartouche, le motif variant chaque fois." Sur les faces I à III, trois petites scènes permettant de suivre les diverses étapes, scrupuleusement observées, du tannage.
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Registre 8 face I. Un tanneur au travail.
"Un personnage très pittoresque, coiffé d'un bonnet à grande plume et jugulaire au menton, a relevé les manches de sa chemise dans l'ardeur du travail. Il prépare en les piétinant des mottes à brûler, de tourbe sans doute, qui vont servir à chauffer une étuve, et, pour les tasser plus à l'aise, il a ôté les gros chaussons que nous voyons aux pieds de tous les autres travailleurs. L'échauffe à l'étuve a pour but d'amollir les peaux, de manière à réduire l'adhérence du poil et à rendre ainsi l'ébourrage plus aisé." (Claude Rouit-Berger )
L'interprétation de C. Rouit-Berger laisse perplexe, car l'étuve n'est pas figurée. Je note la présence d'une pelle, et celle d'une espèce de poireau.
Victor Patte y voit l'écorçage du chêne, le plainage et la fabrication des mottes de tan.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 8 face II. Deux tanneurs et leurs foulons.
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"Sur une des faces du pilier hexagonal, deux ouvriers, travaillant à l'aide de foulons, ramollissent les peaux dans une grande cuve de bois emplie d'eau : c'est le dessaignage. Ils ont mis des tabliers et la position contournée de l'un d'eux trahit un effort presque douloureux. " (Claude Rouit-Berger )
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La première étape du traitement des peaux est leur lavage, pour éliminer les plus grosses impuretés, et, si les peaux ont été salées, pour ôter le sel et les réhydrater. Mais ce lavage a plutôt lieu en rivière.
" Lorsque les Cuirs en poil qu'on veut habiller sont verds, c'est-à-dire,qu'ils conservent leur humidité naturelle, ou qu'ils sont encore frais, on commence par les mettre tremper dans l'eau, seulement pour les désaigner, les nettoyer du sang & des ordures qu'ils amassent à la tuerie. Comme le lavage est une opération qui revient sans cesse dans l'Art du Tanneur, il s'ensuit qu'une tannerie doit être établie au bord de l'eau, & s'il se peut d'une eau coulante & qui ne soit pas aussi dure & aussi astringente que le sont souvent les sources qui coulent immédiatement des rochers. Si la tannerie est sur le bord d'une eau coulante & rapide, on est obligé d'attacher les Cuirs à des pieux fichés au fond de la rivière. Si les Cuirs sont secs, on les met également dans l'eau ; mais on les laisse tremper plus long-temps pour les ramollir. " (J.J. Le Français de Lalande)
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 8 face III. Un tanneur face au chevalet de rivière.
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"Ensuite, les peaux sont nettoyées et étirées au couteau rond sur le chevalet : c'est le craminage, effectué par un tanneur aux cheveux ondulés sous son chapeau, auprès duquel se tient un petit chien essorillé qui ressemble à une belette." (C. Ruit-Berger)
Il s'agit de continuer le nettoyage en ôtant, coté fleur, les poils, et coté chair, les morceaux de graisse ou de sang, avec un couteau sans tranchant, le couteau rond.
"On les retire une fois chaque jour pour les craminer ou leur donner une passe, c'est à dire, les étirer sur le chevalet avec le couteau, ou plutôt un fer qu'on appelle en Auvergne Herbon, ou Couteau rond ; souvent même on les foule, afin de les rendre plus souples & les faire tremper plus vîte; on les rejette dans l'eau, & l'on renouvelle ce travail chaque jour jusqu'à ce que les Cuirs soient bien revenus, c'est-à-dire, bien amollis par le trempement & le craminage.
.On laisse ensuite tremper les Cuirs jusqu'à ce qu'ils soient bien soulés d'eau, c'est-à-dire,jusqu'au point où l'on commenceroit à craindre la corruption; car il est d'expérience que plus un Cuir a trempé, mieux il réussit à l'apprêt, & meilleur il est.
Cependant il y a un terme; car les peaux dans le travail de rivière, tendent à la corruption ; on en juge par l'odeur désagréable qu'on éprouve dans les endroits où il se fait. Il faut donc examiner avec soin le point de saturation ; il faut aussi considérer que dans certaines eaux, comme celles de la rivière des Gobelins, la boue, les teintures & autres parties hétérogènes, piquent les Cuirs si on les laisse trop longtemps dans l'eau ; les gros Cuirs n'y doivent pas avoir plus de six heures de boisson ; les Vaches à œuvres, vingt-quatre heures ; les Veaux, quarante-huit heures. " (J.J. Le Français de Lalande)
Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 8 face IV. Un seigneur, ou un Juré de la confrérie des tanneurs.
"[Saint Claude occupe la place d'honneur] "Deux confrères portant un cierge s'agenouillent à ses côtés. Ceint d'une épée, l'un d'eux est vêtu d'un manteau court qui forme de grands plis droits en tuyaux d'orgue. "(C. Ruit-Berger)
" Il se pourrait fort bien que ces effigies sculptées reproduisissent les traits de deux membres importants de la confrérie qui auraient contribué plus spécialement à la construction du pilier et qu'on aurait voulu honorer de la sorte : leurs physionomies, celle du plus âgé surtout, portent à le croire. " (id.)
L'organisation de la profession de tanneur. Apprentis, Maîtres, et Jurés.
Les statuts des tanneurs de Paris avaient été décrétés par Philippe VI en 1345. Ces statuts stipulaient déjà :
" Que, ès villes de Paris, de Pontoise, de Gisors et de Chaumont, ou en chacune desdites villes, seront quatre prud'hommes jurés dudit métier de tanneur, pour regarder et visiter toute matière de cuir tanné, pour savoir qu'il soit bon et loyal et bien suffisamment tanné avant qu'il soit mis en vente; et si par eux est trouvé bon et loyal et bien tanné, qu'il soit signé d'un certain seing en chacune ville accoutumée"
Comme dans la capitale, la corporation des tanneurs de Gisors, régie par le Règlement de 1449 qui reprenait les statuts parisiens, était organisée en apprentis et en maîtres.
Seuls pouvaient être tanneur à Gisors les fils de maître, et les apprentis après cinq ans d'apprentissage, à condition de résider dans la ville. Il devra prêter serment devant la justice qu'il fera ou fera faire à son pouvoir bonne œuvre et loyale, et qu'il respectera les ordonnances du Règlement. Un seul apprenti est autorisé par maître.
Deux maîtres devaient être nommés jurés du métier pour visiter (inspecter) le cuir, pour en vérifier le tannage avant sa mise en vente, et le "signer de son seing".
Et premièrement, Nul ne pourra estre tenneur en la dicte ville s'il n'est filz de maistre, ou s'il n'a esté aprentiz cinq ans du moins au dit mestier, par quoy il sache faire bonne œuvre et loyal. Item, que tel fîlz de maistre ou aprentiz ne autre personne quelconque ne pourront avoir ne tenir le dit mestier au dit Gisors, ne user de franchises et previllèges par estranges tenneurs et ouvriers, se ilz ne sont residens et demourans en la dicte ville, et se ilz ne le font faire à leurs propres lieux et hostelz pour les faultes et mauvaises œuvres qui y pevent estre faictes.
Item, et quant aulcun vouldra lever le dit mestier sera trouvé par les maistres suffisant, il sera tenu faire serment par devant la justice qu'il fera ou fera faire à son povoir bonne œuvre et loyalle, et gardera les ordonnances d'icelluy mestier de poinct en poinct, et le proffict du commun peuple sans y souffrir, consentir, ne commettre fraulde, chose qui soit contre les dictes ordonnances, et s'il vient à sa congnoissance que aucun face le contraire, il le fera sçavoir ausdictz maistres et jurez. Item, et que chascun tenneur puisse avoir ung aprentiz seullement, toutes voies par tel temps et pris comme le maistre et aprentiz seront d'accord, sauf que ce ne soit pas à moins de cinq ans, et les cinq ans finiz, l'aprentiz s'en pourra départir et devenir maistre en la manière dessus declairée et non autrement.
Item, et que en la dicte ville de Gisors ait deux preudes hommes jurez du dit mestier de tennerie, pour regarder à visiter toute manière de cuir tenné, pour sçavoir qu'il soit bon et loyal, bien et suffisamment tenné, avant qu'il soit mis en vente, et se par eulx est trouvé bon et loyal, qu'il soit signé du seing sur ce ordonné par justice, et s'il n'est suffisamment tenné, qu'il soit arrière remis en tan, jusques ad ce qu'il soit bien tenné ;
Après les ordonnances de Charles VII et de Louis XI, Henri IV, par un édit de juin 1585, ordonna "que dans toutes les villes et tous les gros bourgs du royaume où il y aurait des tanneries, les cuirs seraient vus et visités par les maîtres, gardes et jurés des métiers de tanneur et cordonnier, deux de chaque métier pour le moins, en présence d'un prud'homme et notable bourgeois qui devait être élu chaque année en assemblée de ville; il ordonne de plus que les cuirs seraient apportés pour cet effet, aux halles et marchés publics, et qu'ils y seraient marqués. En conséquence, il fut créé dans chaque ville un contrôleur-marqueur de cuirs en titre d'office formé." (L'Art du tanneur, de Lalande)
Ces contrôleurs fut désignés sous le nom de Jurés garde-halle et Jurés du marteau, et la marque de son marteau devait être déposée devant la juridiction concernée.
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Le personnage représenté : un Juré du marteau ?
Ce personnage est figuré de profil, un genou demi-fléchi, le bonnet à la main et tenant un cierge : autant de marques de respect à l'égard de saint Claude, représenté au panneau suivant.
Il porte une épée au coté gauche, ce qui est le privilège des nobles : est-ce un officier, a-t-il acheté un office ?
Il est vêtu d'un manteau mi-long et à manches ne dépassant pas le coude, laissant voir une chemise aux poignets plissés.
À la manche droite est suspendu un accessoire en tissu, semblable à un sac.
S'il s'agit d'un tanneur (car il pourrait aussi s'agir d'un seigneur ou officier royal de Gisors), il s'agit certainement du membre le plus honorable de la confrérie : je suggère qu'il s'agisse d'un des deux Jurés du marteau. Ce sac ne contiendrait-il pas l'instrument qui caractérise son pouvoir ?
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 8 face V. Saint Claude en Abbé.
"Naturellement leur patron, saint Claude, occupe la place d'honneur. Revêtu des habits d'évêque, assis sur un trône, mitré et auréolé, il tient une croix de la main gauche et donne de la droite la bénédiction. " (Claude Rouit-Berger )
Il est tourné vers le personnage de droite et il le bénit, ce qui confirme la préséance de ce dernier.
Il ne tient pas une crosse, mais une croix : est-ce un indice pour le voir représenté comme abbé de Saint-Oyend-de-Condat plutôt que comme évêque de Besançon ?
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 8 face III. Un maître de la confrérie.
"L'autre, plus jeune, porte un vaste manteau à pèlerine par-dessus un pourpoint ; il tient un chapelet et une gourde." (Claude Rouit-Berger )
Ce personnage ne porte pas l'épée, mais le "manteau à pèlerine" est un signe d'opulence au moins aussi remarquable que dans le cas du personnage précédent. D'autres détails demanderaient à être examinés de près, comme la chaîne qui passe en diagonale comme un baudrier et à laquelle est accroché un objet, ou bien l'étui passé à la ceinture grâce à une sangle terminée par un bouton.
La "gourde" en est-elle vraiment une ? Elle est fixée par une sangle à la manche, sous le coude, exactement comme le sac du personnage qui lui fait face ; sa panse est maintenue grâce à un geste très élégant de l'index. Ce flacon possède certainement une fonction plus honorifique qu'une vulgaire gourde.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE 7.
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Registre 7 face I. le blason des tanneurs. .
" sur [cette] face est figuré l'écusson de la corporation".
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Ce cartouche en forme de cuir découpé, particulièrement adapté ici, est sommé par une arborescence ("un chêne arraché") rappelant que le tannage consiste, entre autre, à le traiter par action des tanins extraits d'écorce de chêne. Le cuir lui-même porte, en haut, un instrument tranchant à manche qui se nomme "demi-rond" et sert à écharner une peau fraîchement tranchée, et d'en ôter les restes de chair.
Il resterait à trouver le nom et l'usage de la bande légèrement convexe et cambrée par une moulure médiane.
Ce sont ici les armoiries de la corporation, proche de celles qui figurent à deux reprises sur le vitrail de la chapelle. Le couteau demi-rond figure très souvent, comme outil emblématique de la profession, dans les armoiries des tanneurs et est désigné par le terme d'escharnoir ou écharnoir. Outil des corroyeurs, il porte aussi le nom de couteau à revers (car il est emmanché à revers), de Drayoire ou de Butoir. (J. Savary des Brûlons). J'en retrouve de beaux exemples sur les images en ligne à Obernai, où ils sont souvent en paire et croisés. Mais on les note à Gand, à Anvers, à Sélestat, à Parthenay, à Champdeniers-Saint-Denis, etc.
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Couteaux de tanneur et chevalet de rivière. Le couteau à ébourre et écharner est la figure n°21.
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Surtout, ce blason figure à deux reprises au sommet du vitrail offert par les tanneurs en 1526. La disposition des objets est inversée, et l'objet mystérieux du pilier se révèle être un récipient peu profond.
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Blason des tanneurs, baie 26 de l'église de Gisors. Photographie lavieb-aile août 2018.
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Notez aussi la graphie YE de l'inscription.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 7 face II. Un tanneur et ses outils.
Noter aussi l'inscription FUZ qui appartient au sixième registre.
"Un ouvrier, près duquel est posé un panier, tient un foulon et des pinces de tannerie."
Ce tanneur,vêtu d'un tablier à manches courtes et plissées, tient à droite un long bâton et à gauche une pince. Son pied droit est posé sur un objet que je n'identifie pas.
La pince est celle qui figure sur la planche 1 de l'Art du tannage, lettre C. Deux ouvriers nous en montrent l'usage, celui de saisir les peaux lorsqu'elles trempent dans le bain de chaux ou d'alun. Elle porte le nom de "croc de pelanage"
Le bâton est un foulon nécessaire pour remuer les peaux dans le bain de tannage.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 7 face III. Banquet de corporation.
"Trois tanneurs attablés se reposent de leur travail en buvant et mangeant."
Trois tanneurs, dont nous reconnaissons la tenue, sont attablés et trinquent, tenant une chope . Est-ce le banquet annuel de la Saint-Claude le 6 juin ?
Ils sont vêtus, comme leurs confrères, du manteau à manche courte et bouffante ; ils portent une aumônière. Leur coiffure est une toque ornée d'un bijou.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 7 face IV. Blason de corporation.
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"Une gourde, accompagnée d'un jambon, est figurée à nouveau sur un écu à l'étage supérieur (comme en I) : les deux emblèmes sont suspendus à un chêne arraché." (Claude Rouit-Berger)
Ce blason semble signifier que le banquet avait une dimension proprement emblématique pour la profession.
Les musées et collections conservent quelques gourdes annulaires de compagnons tanneur-corroyeurs du XIXe siècle, ornées de leurs titres de propriétaire : est-ce un objet qui les caractérise ? "La gourde fut longtemps un attribut visible du compagnon. Elle l'accompagnait lors des longs trajets du tour de France".
Au XIIIe siècle, ces flacons portaient au XIIIe s. le nom de bouchaus, boutiaux , et au XIVe ceux de boutis et boutilles, et je note ici que les tanneurs d'Amiens étaient tenus d'offrir à l'évêque marchant pour l'arrière-ban "deux paires de bouchiaus de cuir, bons et souffisans, l'un tenant un muy et l'autre 24 sestiers".
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 7, face V. Tanneur à l'écharnoir, festoyant.
"A côté, d'autres ouvriers portent des outils de leur métier : l'un d'eux tient d'une main un couteau, de l'autre un verre ".(Claude Rouit-Berger)
Celui-ci semble danser, il est coiffé du bonnet-toque et vêtu d'un manteau demi-long et ouvert, et il tient l'écharnoir emblématique. Il tend de sa main gauche un verre évasé que son collègue, dans le panneau suivant, s'apprête à remplir.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 7, face VI. Tanneur festoyant.
"Un autre porte une cruche et un foulon" .(Claude Rouit-Berger)
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 6. Inscription.
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Inscription YE . FUZ . ICY . ACIS . LAN .1526.
Il faut transcrire en "Je fus ici édifié en l'an 1526". La lettre Y d'ICY ressemble à un H en minuscule. Notez le N rétrograde de LAN.
Les lettres sont encadrées de deux dragons affrontés tenant un vase.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 5. Lettres ou sigles M et S.
.Ils ne ressemblent à ces lettres que par comparaison. Le M pourrait en être un dans une inscription gothique consacrée à la Vierge, bien que dans ce cas, les boucles des jambages ne se réuniraient pas à ce point. Mais aucune des autres lettres de ce pilier n'est en onciale gothique (sauf le D). D'autre part, ce sigle est inscrit dans une croix à la traverse pattée, et dont le sommet reçoit un K couché (une branche pattée et une flèche).
Comme le M, le S est partagé en 2 par la barre verticale qui divise tout le grand rectangle des registres 1 à 5. D'autre part, il serpente entre deux barres verticales en I. Enfin, il s'enrichit d'une anse sur le coté droit. Son extrémité est la tête d'un serpent ou d'une anguille.
Après bien des hésitations, et après avoir envisagé qu'il s'agisse des marques des jurés de Gisors, j'opte pour l'idée la plus simple : ce sont les monogrammes mariaux et christiques MA et IHS (ou IEHSU), audacieusement stylisés.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 4 : Fleur de lis martelé et hermines.
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" Entre ces deux inscriptions et sur chaque face, à côté d'une fleur de lis dont on devine la trace, l'hermine de Bretagne est figurée en l'honneur, sans doute, et en souvenir de Claude de France, morte deux ans auparavant. Au point de vue du style, les rapports sont nombreux entre les sculptures du pilier des Tanneurs et celles du retable de la chapelle Sainte-Catherine." (Claude Rouit-Berger)
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 3 : les lettres S.C.L.A.V.DE.
"Au-dessous se lit l'inscription « S. Claude ». La capitale romaine, importation italienne, apparaît au début du XVIe siècle en France. Le tombeau de Philippe de Commines en offre un des premiers exemples."
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 2 face 1 : blason illisible (une croix ?).
"On distingue sur les faces du pilier [...] puis divers écus sur lesquels on reconnaît les armes de France, les armes de Normandie, celles de Gisors et vraisemblablement celles de l'archevêché de Reims . " (Claude Rouit-Berger)
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 2 face 2. Armes de Normandie.
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Ce blason aux deux léopards a cela de particulier que l'un des léopards, au lieu de tourner la tête vers la gauche pour qu'elle soit figurée de face, la tourne vers l'arrière.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 2 face 3. Armes de Gisors.
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"On distingue sur les faces du pilier les armes [...] de Gisors " (Claude Rouit-Berger)
Selon Hamon : "On identifie nettement un écusson à la croix engrêlée. Denyault, historien du XVIIe siècle, (chap. VI, rapporté par Lévrier) indique que l'écu de Gisors était anciennement de gueules à la croix engrêlée d'or et qu'il fut pourvu d'un chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or par le roi Henri II à l'occasion de sa visite à Gisors en novembre 1555. Arch. Dep. Eure 4F 28.
Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 2 face 4. Arma Christi .
J'ai cru d'abord que divers outils des tanneurs étaient présentés sur ce cuir découpé à enroulement, mais l'éponge au bout de la lance, l'échelle, la croix, les clous, le marteau et la colonne de la flagellation appartiennent aux Instruments de la Passion.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 2 face 5 : cuir marqué d'une croix.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 2 face 6. Cuir marqué d'une croix potencée .
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"On distingue sur les faces du pilier [...] puis divers écus sur lesquels on reconnaît[...] vraisemblablement celles de l'archevêché de Reims . Cet écu porte une croix cantonnée de quatre pièces qui ont été martelées, des fleurs de lys probablement. Ce ne sont pas là les armes de l'archevêché de Rouen, dont relève Gisors et qu'il eut été normal de trouver ici ; ce sont plutôt celles de l'archevêché de Reims par allusion sans doute à la ville du sacre." (Claude Rouit-Berger)
Ce que je vois se blasonne à la croix potencé, cantonnée de quatre croisettes correspond aux armes du royaume de Naples, à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes du même . Louis XII fur roi de Naples de 1501 à 1504.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre 1.
"Au-dessus de ces petites scènes sculptées, on distingue sur les faces du pilier, de haut en bas et successivement : les traces de fleurs de lis qui furent martelées à la Révolution, l'inscription « Maria »"
Les faces IV et V portent les lettres RI et A, mais les faces I, II, III, et VI ne portent pas de lettres, mais des bandes d'étoffe verticales, semblables à des lès, ou des phylactères. Leur disposition strictement parallèle m'a troublé, avant que je ne les reconnaissent comme formant, en II, III et VI, les lettres minuscules m, a et m, composant avec les lettres majuscules RI A le mot MARIAM. Le sigle inscrit en I résiste encore à mes efforts.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pilier des Tanneurs (1526), église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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ATTRIBUTION.
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"On ignore le nom de l'auteur de ces sculptures. Mais tout nous porte à croire qu'elles sont l'œuvre du sculpteur Nicolas Coulle. L'époque d'abord : Nicolas Coulle fut chargé d'exécuter toutes les sculptures de la tour nord de 1536 à 1554. Or, ce travail considérable, il semble normal qu'on l'ait confié à un sculpteur dont on connaissait déjà le talent par deux œuvres de moindre envergure. D'autre part, en les comparant, on constaté combien les analogies sont frappantes entre les sculptures connues de Nicolas Coulle et celles qui nous intéressent ici. Si certaines des figures de l'extérieur sont déjà plus classiques, tels les apôtres qui trahissent une influence michelangesque, cela tient à l'époque d'exécution plus tardive. Par contre, on remarquera, sur la tour, une statuette de Vertu, réplique exacte de la donatrice du retable, avec cette différence qu'elle est debout au lieu d'être agenouillée. Les bustes dans les médaillons ornant les hauteurs de la tour nord sont bien de la main qui sculpta les visages à l'expression douce et vraie des divers personnages du pilier et du re¬ table. La chasuble de saint Claude forme les mêmes plis en Y que les draperies des statues des trois Maries placées au-dessus du petit portail nord de la façade occidentale, dont les niches décorées de coquilles et d'arabesques en relief très saillant rappellent également la décoration du pilier. Bref, l'attribution du retable de la chapelle Sainte-Catherine et du pilier des Tanneurs à Nicolas Coulle nous semble s'imposer. Nicolas Coulle n'occupe pas la place qu'il mérite dans l'histoire de l'art normand du XVIe siècle ...." Claude Rouit-Berger 1938
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"On fit appel à Nicolas Couille dont l'activité à Gisors est attestée de 1536 à 1565. En 1536-1537, il réalise l le décor de la tour nord - un collège apostolique (les douze apôtres et le Christ), les sept Vertus et sept autres images de saints -, et participe à la sculpture des « médailles », sans doute des bustes en médaillons. Le rapprochement du pilier des tanneurs de 1525 avec les œuvres de Nicolas Couille ne repose sur rien de précis." Guilaine Benoit Ecolan - 2005
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"Rien ne nous assure que Nicolas Couille ait dirigé un atelier à Gisors, ville dont il était originaire si l'on se fie à la récurrence de ce patronyme dès la génération précédente. Si tel fut le cas, il n'est pas impossible qu'il débuta sa formation sur le chantier même de l'église. On peut en effet l'identifier au valet de Robert Grappin nommé Nicolas, présent à ses cotés de mars 1521 à juin 1523, voire jusqu'en 1527. Si l'hypothèse se confirmait, le parcours de cet artiste [...] justifierait l'attribution qui lui a été faite du Pilier des Tanneurs par C. Rouit-Berger. [...] A défaut de pouvoir attribuer ce pilier à un artiste précis (les noms de Nicolas Couille ou de Pierre Adam ont été évoqués plus haut), on retiendra qu'il fut établi sous la responsabilité de Robert Grappin. L'idée de sculpter le fût des supports de motifs figurés était ancienne [pilier du Jugement Dernier de la cathédrale de Strasbourg]. Parmi les nombreux exemples de pilier offert par des particuliers , citons la seconde pile séparant le double bas-coté de Saint-Séverin de Paris, donnée en 1414 par les exécuteurs du testament d'Antoine de Compaigne, "enlumineur de pincel". L'engouement pour les chefs d'œuvre de ce type s'est nourri, à la fin du Moyen-Âge, de la piété individuelle. Le pilier devint, par son prix, à la portée de bourses modestes, sa force visuelle et son pouvoir d'évocation symbolique, l'un des éléments privilégiés pour les dons des particuliers et des corporations. " (Etienne Hamon p.318 et 417)
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SOURCES ET LIENS.
— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages
"L’un de ces piliers, de forme hexagonale, est orné, dans sa partie supérieure, de bas-reliefs et d’inscriptions dont on ne peut, sans en faire plusieurs fois le tour, saisir la signification et le sens. En allant de bas en haut, on voit figurer, au premier rang, mitre en tète et crosse à la main, le patron de la chapelle voisine et de la confrérie des tanneurs, qui y tenait ses séances, saint Claude, suivi de frères accomplissant leurs actes de dévotion et d’ouvriers occupés aux opérations de leur métier : écorçage du chêne, plainage et fabrication des mottes de tan. Le rang suivant rappelle le repas auquel se livraient en commun les tanneurs, le jour de la fête de leur patron : la table entourée de convives, le menu, les ustensiles qui servaient, ou à le préparer, ou à le prendre. Le troisième indique la date de ce pilier ; JE FUS ICY ACIS LAN 1526 .
Plus haut, on rencontre une série de B et d’H, que le caprice de l’artiste a posés : les uns verticalement, les autres horizontalement, et jadis semés d’ornements, sans doute de lys, disparus pendant la Révolution. Elle est surmontée des noms de S. CLAYDE et de MARIA."
- Blason de la ville de Champdeniers-St-Denis (79, Poitou)
" tranché au I de gueules à deux escharnoirs d'argent ; au II d'hermine, à la bande ondée d'argent brochante sur le tout. Les deux escharnoirs évoquent l'activité économique de la commune, anciennement réputée pour ses tanneries"
— Æshna, Fabricius, 1175, Syst. Ent.: 424. Nom de genre inexpliqué créé par Fabricius en 1775 (peut-être par contamination d'Æschna, T. Mouffet 1634).
(ou : — Æshna Fabricius 1775, Syst. Ent.: 424. Le nom de genre Æshna Fabricius 1775 ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a peut-être été inspiré par le nom tout aussi mystérieux "Æschna" donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules. Bien que Æshna soit "fautif" s'il s'agissait d'un nom inspiré du grec, un lapsus calami ou une erreur typographique n'est pas envisageable puisque cette graphie a persisté telle quelle dans les publications écrites et supervisées par l'auteur en 1781, 1789 et 1792. Il n'est donc pas licite de modifier sa graphie en Æschna comme l'avait proposé Illiger en 1807, mais cette dernière forme, souvent utilisée par les entomologistes jusqu'à la décision de la Commission Internationale de Nomenclature en 1939, est à l'origine de notre nom français actuel, Aeschne. )
— Nom d'espèce : A. affinis Vander Linden, 1820, Aeshnae Bonon. descr. Du latin adfinis ou affinis, "voisin, proche de". Dans sa description, l'auteur indique que cette comparaison s'applique à Aeshna mixta, mais que la ressemblance n'est qu'apparente : il en énumère les différences caractéristiques. L'épithète a sans doute été choisi pour alerter sur le risque de confusion et pour attirer l'attention sur les différences.
— Les noms en français : 1° L' Aeschne voisine, Sélys-Longchamps 1840 et 1850. 2° L'Aeschne affine, D'Aguilar et Dommanget 1985, nom adopté par la majorité des auteurs et par l'INPN. 3°) L'Aeschne parente, Deliry 2008. Ces trois noms soulignent les rapports de proximité de cette espèce avec l'Aeschne mixte.
— Les noms dans d'autres langues son bien plus imagés :
-Allemand : "Südliche Mosaikjungfer".
-Néerlandais : "Zuidelijke glazenmaker" le vitrier du sud.
-Anglais " Southern migrant hawker ", ou " Blue-eyed hawker", le colporteur migrant du sud, le colporteur aux yeux bleus
II. LE NOM D'ESPÈCE ÆSHNA AFFINIS VANDER LINDEN 1820.
Vander Linden, P. L. (1820) Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1..
Une publication introuvable !
La date de la description originale est celle de 1820 ; mais l'INPN ne précise pas la publication en cause, et renvoie, dans son onglet taxonomie, à KIRBY 1890. Or cet auteur donne, page 88 d'A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, en référence pour Aeshna affinis la date de 1823 et la publication Opusc scient. 4.p.102, , t.4 fig.5.
[Le typographe Annesio Nobili (1777-1835) après avoir promu à Pesaro la presse du journal légitimiste et réactionnaire "La Voce della Ragione", devint à partir de 1817 de loin le plus important typographe" de Bologne : son entreprise, composée de neuf presses, est principalement basée sur des commandes gouvernementales de formulaires et de matériel de papeterie. Il a publié l'importante série de "Opuscoli scientifici" (1817-1823) et les "Opuscoli letterari" (1818-1820). C'est dans les Opuscoli scientifici que les professeurs de Vander Linden à Bologne, le botaniste Antonio Bertoloni et le zoologiste Camillo Ranzani, ont publié.]
La description originale de 1820 est donc introuvable en ligne, ce qui ne nous permet pas d'accéder au texte de la description originale. Cet accès est indispensable à l'étude zoonymique, car elle seule permet de voir si l'auteur a fourni des éclaircissements sur le nom d'espèce (l'épithète spécifique) qu'il a choisi.
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La description est accessible dans la publication de 1823 !
Vander Linden a publié a nouveau sa description, sans la modifier, en 1823, et cette publication, numérisée par Google, est disponible :
Vander Linden, P. L. (1823) Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167, page 162.
La description originale.
6. AEshna affinis
Æ. thorace supra brunneo maculis duabus flavis; lateribus flavis, lineis nigris; foliolis caudalibus feminae brevioribus. Tab. IV. fig. 5. mas.
Descr. MAS. Caput caerulescens, ore virescente, apice fusco; supra macula nigrà. Antenne fuscae. Oculi caerulei. Thorax supra brunneus maculis duabus luteis; lateribus luteis, lineis obliquis nigns . Scutellum caeruleo-maculatnm . Abdomen basi incrassatum: pnmum segmentum snpra nigrum postico macula marginali caeruleà lateribus luteis: secundum caeruleum , antico maculis duabus irregularibus nigris. Caetera segmenta, duobus ultimis exceptis, antico caerulea, macula quadrangulari nigrà, quae in segmentis posterioribus seneim latior fic atque brevior: postico nigra maculis, untrinqae quatuor caeruleis, in segmentis anterioribus parum inter sesc distinctia. Duo ultima segmenta nigra, penultimum raaculis quatuor ,ultimum duabus caeruleis . Foliola caudalia brevia, flisca. Appendicula analis acuminata. Fedes nigri, femoribus anticis subtus basi flavis. Alae albae macula marginali ferruginea, membranula accessoria cinerea antice albicante.
FEMINA. Caput atque thorax, ut in mare. Oculi virides. Abdomen olivaceum: primum segmentum postice macula lutea; secundum macula media oblongà triangulari, linea utrinque transverta, postice maculis duabus luteis. Caetera segmenta, tribus ultimis execptis, linea media longitudinali, alteràque transversà nigris, et postice maculis duabus luteis. Tria ultima, nigra, antepenultimum maculis quatuor, penultimum duabus, luteis: ultimum postico luteum . Foliola caudalia paulo breviora quam in mare,
Abdomen post mortem totum iuscuni evadit,
Long. corp. mar. 2 poli. 3. lin. at vix; fem. 2 poli. 3 lin. Ext. al. mar. 3 poli. 2 lin; fem. 3 poi. 3 lin.
Hanc bis tantum iaveni mense Junio, in collibus oppido proximia,
Haec species varietati alpha species praecedentis affìnis videtur: at distincta est. Differt enim non solum alia macularum dispositione, alioque colore, sed etiam foliolis caudalibus in femina brevioribus quam in mare: cum è contrario in feminà praecedentis longiora sint. In hàc longitudo corporis est fere eadem in utroque sexu; in illà corpus feminae brevius. Praeterea hanc nunquam cum illà inveni; et enim haec tantum mihi occurrit Junio et raro; illà non-nisì Augusto et septembri atque frequentissime."
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Opusculi scientifici 1823 p. 162 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y
Opusculi scientifici 1823 p. 163 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y
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La planche IV page 397.
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La planche IV montre six figures des Aeschnes de Bologne, de la main de Vander Linden : 1. A. formosa, 2. A. vernalis, 3.A. grandis, 4. [A. mixta ?] ; 5. A. affinis, 6. A. unguiculata.
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Aeshnae bononienses, Vander Linden 1823 planche IV figure 3, Opusculi scientifici p. 162 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y
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La planche n°5 de la planche IV : Æshna affinis.
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Aeshna affinis, Vander Linden 1823 planche IV figure 3, Opusculi scientifici p. 162 https://books.google.fr/books/about/Opuscoli_scientifici.html?id=kcQ-AAAAYAAJ&redir_esc=y
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L'aquarelle originale de la main de Vander Linden.
L' aquarelle inédite peinte par Pierre Léonard Vander Linden et montrant un mâle d' Aeshna affinis a été trouvée dans la collection d'Edmond de Selys Longchamps à l'Institut Royal Belge pour les Sciences naturelles (RBINS) de Bruxelles. Elle est publiée dans un article, en ligne en pdf de Marcel T. Wasscher , Karin Verspui et Roger Cammaerts en juin 2016 . Je propose en Annexe la traduction de cet article.
L'aquarelle, annotée de la main de Sélys-Longchamps :
Vander Linden a repris dans à la fin de sa description en latin le terme affinis qu'il a choisi comme épithète spécifique . C'est la base de notre étude de cet épithète :
"Haec species varietati alpha species praecedentis affìnis videtur: at distincta est. Differt enim non solum alia macularum dispositione, alioque colore, sed etiam foliolis caudalibus in femina brevioribus quam in mare: cum è contrario in feminà praecedentis longiora sint. In hàc longitudo corporis est fere eadem in utroque sexu; in illà corpus feminae brevius. Praeterea hanc nunquam cum illà inveni ; et enim haec tantum mihi occurrit Junio et raro ; illà non nisì Augusto et septembri atque frequentissime."
Traduisons d'abord l'adjectif affinis en consultant notre Gaffiot sous la forme adfinis, e :
"Cette espèce semble voisine de la variété alpha de l'espèce précédente [c'est à dire Æshna mixta de Latreille], mais elle en est distincte."
"Elle en diffère non seulement par les taches des ailes, ou par ses couleurs, mais par les appendices de la femelle, plus courts que ceux du mâle, alors qu'au contraire, chez l'espèce précédente, ils sont plus longs. Dans celle-ci, la longueur du corps est identique dans les deux sexes, alors que le corps des femelles est plus court dans la précédente."
" D'ailleurs, l'une n'est pas là lorsque l'autre se voit ; en fait, celle-ci vole en Juin et elle est rare, tandis que [A. mixta] vole d'août à septembre, et est fréquente."
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L'article Wikipédia en. précise le sens de speciesaffinis en nomenclature :
species affinis (généralement abrégé en: sp. Aff. , Aff. Ou affin. , est une terminologie taxonomique en zoologie et en botanique . Dans la nomenclature , il indique que les éléments matériels disponibles ou des preuves suggèrent que l' espèce en question est liée à , a une affinité avec , mais n'est pas identique à , l'espèce dont le nom binomial suit. Le mot latin affinis peut être traduit par " très proche de" ou "apparenté à ".
Donc, affinis, dans le contexte de la description de Vander Linden, ne doit pas se comprendre, et encore moins se traduire, par "semblable", mais par la périphrase "voisine mais distincte de", et n'a de sens que par référence à une autre espèce, A. mixta en l'occurrence. Pour Vander Linden, cette affinité n'est qu'une apparence : Haec species varietati alpha species praecedentis affìnis videtur: at distincta est , " A. affinissemble (videtur , video,Gaffiot §3 "paraître, sembler" ) voisine d'A. mixta, mais elle en est distincte". C'est en ne se laissant pas abuser par la ressemblance, mais en remarquant les traits particuliers de cette Aeschne que l'auteur se sait autoriser à en faire une nouvelle espèce à part entière.
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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.
À mon sens, les auteurs de Poitou-Charente ne respecte pas le sens de la description originale de Vander Linden en traduisant affinis par "semblable", "proche" sans insister sur le fait que la ressemblance apparente cache en réalité de sérieuses et précieuses différences, qui font de A. affinis une espèce à part entière. Quant au terme français d'"affine", il est trop peu répandu dans le langage courant pour faire sens autrement que comme synonyme de "semblable".
De même, le site dragonpix commet la même infidélité avec le texte de Vander Linden en traduisant affinis par "similar, adjacent" ou par akin, "proche". Une bonne traduction d'affinis doit souligner autant la proximité que la distinction, la ressemblance que les différences.
"affinis (Aeshna) - adfinis, e = affine. Perché affine alla congenere mixta, già descritta da Latreille nel 1805."
"Affinis (Aeshna) - adfinis, e = affine. Parce que cette espèce est proche d'A. mixta, décrite par Latreille en 1805."
. H. FLIEDNER, 2009 https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
non décrite.
. VAN HIJUM, 2005. http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
"affinis = verwant, verbonden, naburig" 'c'est à dire "liées, voisines".)
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NOMS VERNACULAIRES (*)
(*) Common names, noms dans la langue officielle du pays concerné.
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III. LES NOMS FRANÇAIS DE AESHNA AFFINIS.
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1°) "Æschne voisine", Sélys 1840 et 1850.
Edmond de Sélys -Longchamps se livre ici à une "traduction" du nom scientifique tout à fait judicieuse et conforme au texte de Vander Linden, puisqu'il évite le piège d'une traduction par l'adjectif "semblable". Le nom "Æschne voisine" indique parfaitement que l'espèce est proche d'une autre espèce (sous entendu A. mixta), mais ne se confond pas avec elle.
"L'AE. affinis a toujours été confondue avec la Mixta ; elle lui ressemble infiniment en effet. A part les petites différences de couleur , voici les meilleurs caractères distinctifs :
1° les côtés du thorax sont jaunes avec trois lignes noires dans l'Affinis, bruns avec deux larges bandes jaunes dans la Mixta;
2° les appendices anals du mâle ont une dent à leur base - en dessous dans l'Affinis; ils n'en ont pas dans la Mivta ;
3° les deux appendices de la femelle de l'Affinis sont plus courts que ceux du mâle, et que les deux derniers segments : chez la femelle de la Mixta, ils sont plus longs que chez le mâle et que les deux derniers segments abdominaux. En faisant attention à ces caractères, on ne confondra plus ces deux espèces, que moi-même j'ai eues sous les yeux pendant longtemps sans les distinguer."
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Description en 1850 :
"AESCHNA AFFINIS. (Vanderl.)
AESCHNE VOISINE.
Diagnose.—Abdomen très-tacheté, côtés du thorax jaunâtres, avec deux lignes noires. Appendices anals supérieurs dn male lancéolés, pointus, presque glabres, à peine de la longueur des deux derniers segments, leur base munie en dessous d'une dent : l'inférieur d'un tiers plus court que les supérieurs, ceux de la femelle lancéolés, de même longueur; membranule cendrée, plus claire à la base, ptérostigma long de 1 *14 à 2 lignes roussâtre : lèvre supérieure bordée de noir en avant seulement.
AEschna affinis. De Sélys. Monogr. p. 104. Append. du c" , pl. 2 , fig. 18, (les petits poils du bord interne ont été omis.)
Addition.
Syn. — AEschna affinis. Charp. 1840 , p. 108, tab. xvm. o" et Q et append. du o" (la var. bleue seulement.) - — Evers. — Hagen, N° 59. - ornata. Hoffms. (ex. Lusitania.) Mus. berol. - marmorata. id. id.
♂ les deux petites taches jaunes oblongues du devant du thorax placées obliquement ; lèvre supérieure bordée de noir en avant et en arrière , d'où il part souvent un petit prolongement qui n'atteint pas le bord antérieur; lèvre inférieure jaune ; vésicule noire, jaune en avant ; les oreillettes du 2e segment avec deux dents en dessous; l'appendice inférieur n'est que d'un tiers plus court que les supérieurs ; le ptérostigma surmonte deux ou trois cellules ; nervure costale jaune, surtout dans sa seconde partie ; le bord anal des ailes inférieures assez excavé ; la grande cellule qui le borde entourée par des nervures minces, et n'atteignant pas l'angle anal aigu de l'aile.
Habitat. Je suis convaincu que ce que j'ai indiqué comme variété est simplement l'espèce type, jeune. Dans cet état on la trouve en juin et juillet ; adulte on la voit en juillet et août.
Observée en Belgique ; assez rare et seulement dans quelques localités montagneuses et boisées de la rive droite de la Meuse; en France, commune à Bondy près de Paris ( Rambur), mais très commune dans le midi , surtout près des côtes maritimes de la Provence, à Arles, Montpellier , Hyères (Fonscolombe, Guinard, Rambur). Se trouve dans toute l'Italie (Vanderlinden, De Sélys ) ; en Portugal (Hoffmansegg); en Silésie et en Hongrie (Charpentier) ; dans la Russie méridionale , entre le Volga et l'Oural (Eversmann); on voit que cette espèce est surtout méridionale : on ne la trouve pas plus au nord qu'en Belgique et en Silésie. — Elle a été rapportée d'Algérie par M. Lucas.
N. B. Peut-être l'affinis existe-t-elle en Angleterre. Tout ce que je puis dire c'est que les individus que j'ai vus dans la collection de M. Stephens et dans les autres musées appartiennent à la mixta."
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2°) L'Aeschne affine, Jacques d' Aguilar et Jean-Louis Dommanget 1985.
Le nom est cité d'abord en 1983 par Cyril Oswald Hammond, Richard Robinson Askew, et Robert Merritt dans The Dragonflies of Great Britain and Ireland. On peut penser que ces auteurs ont obtenu le nom français de leurs collègues français.
Le texte est le suivant :
"-F. L'Aeschne affine, D - Siidliche Mosaikjungfer Description of adult : A small Aeshna of similar size to A. mixta and resembling that species in wing venation. It differs from A. mixta, however, in the coloration of the sides of the thorax which are greenish to bluish traversed by black sulcal lines but without a brown metepisternal stripe, and in the male abdominal pattern which appears a generally brighter blue, the anterior pair of dorsal segmental spots being subquadrat instead of almost linear as they are in A. mixta. Paired spots on S are large in affinis but small in mixta."
Il est très vraisemblable que ces collègues, les créateurs de ce nouveau nom, soient Jacques d' Aguilar et Jean-Louis Dommanget qui, en 1985 publient leur Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord. Nous y lisons page 241 :
"72. Aeshna affinis van der Linden, 1820 Pl. 13. Syn. Aeschna landoltii Buchecker, 1878 Fr. L'Aeschne affine; All. Siidliche Mosaikjungfer. Identification Cette espèce diffère d' Aeshna mixta par les caractères suivants: Thorax à côtés teintés de bleu ou de vert, à sutures très étroitement soulignées de noir. ♂ Appendices anaux à cercoïdes avec une dent inféro-basale bien nette."
À mon sens, le nom "Aeschne affine" est d'une part une transcription du nom scientifique plutôt qu'un véritable nom de langue française destinée à une vulgarisation de la pratique de l'entomologie (ce qui est le but des guides des collections Delachaux et Niestlé). L'adjectif "affine" n'appartient pas à la langue parlée couramment et son emploi définit par le Trésor de la Langue française insiste sur la parenté, l'affiliation, les rapports de conformité et de ressemblance, bref sur l'affinité, l'alliance et la parenté que sur la proximité de voisinage de deux éléments distincts. Il n'apporte rien de plus, loin de là, que le nom d'Aeschne voisine choisi par Sélys.
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3°) Aeschne parente [Deliry 2008]
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Conclusion :
noms en français : 1° L' Aeschne voisine, Sélys-Longchamps 1840 et 1850. 2° L'Aeschne affine, D'Aguilar et Dommanget 1985, qui est adopté par la majorité des auteurs. 3°) L'Aeschne parente, Deliry 2008. Ces trois noms soulignent les rapports de proximité de cette espèce avec l'Aeschne mixte.
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LES NOMS DANS D'AUTRES LANGUES.
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Aucun autre pays ne cherche à reprendre l'épithète spécifique. L'accent est mis sur l'aspect des mâles soit avec le quadrillage de carreaux bleus clairs, comme celles d'une mosaïque ou d'un vitrier portant les vitres coupés sur son dos, soit avec la couleur bleue des yeux. La distribution de l'espèce dans le sud de l'Europe (avec des remontées migratoires au nord) est également soulignée. Ces noms qui savent créer des métaphores imagées soulignent l'indigence de notre "Aeschne affine".
— Allemand : "Südliche Mosaikjungfer".
— Néerlandais : "Zuidelijke glazenmaker" le vitrier du sud.
— Anglais " Southern migrant hawker ", ou " Blue-eyed hawker", le colporteur migrant du sud, le colporteur aux yeux bleus
ANNEXE . Traduction de l'article de Wasschner, Verspui et Cammaerts.
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"Marcel T. Wasscher , Karin Verspui et Roger Cammaerts , juin 2016, Une aquarelle d' Aeshna affinis par Pierre Léonard VAnder Linden (1797-1831) retrouvée dans la collection Selys.
Résumé. Une aquarelle encore inconnue par Pierre Léonard Vander Linden montrant un mâle d' Aeshna affinis a été trouvée dans la collection d'Edmond de Selys Longchamps à l'Institut Royal Belge pour les Sciences naturelles (RBINS) de Bruxelles. Les circonstances de la découverte et une biographie esquisse de l' artiste sont fournis et la biographie chronologie de ce dessin est établie.
introduction
Au cours des dernières années, MW et KV ont étudié toutes les aquarelles, dessins et encres ainsi que les notes les accompagnant dans la collection d'Edmond de Selys-Longchamps (1813-1900), qui est abritée dans le Royal Belgian Institute pour les sciences naturelles (RBINS) à Bruxelles. Toutes les illustrations ont été exécutés par Selys lui-même ou par Guillaume Séverin (1862-1938). . Certaines des illustrations sont datées et peuvent toutes être placées dans la période entre 1870 et 1900.
Une aquarelle inattendue découverte
Le 18 février 2016 MW a découvert que l'une des aquarelles (cote Ae75a) présentait un intérêt exceptionnel. Au dessous du dessin le nom de la libellule peinte y est écrit au crayon "Æ. affinis ♂ adulte" (adulte mâle d' Aeshna affinis ) puis à l'encre "Dessin fait par Vander Linden en Italie".
Les deux notes semblent être écrit de la main de Selys. Elles indiquent que le dessin avait été exécuté par Pierre Léonard Vander Linden qui décrit plusieurs espèces d' Odonates entre 1820 et 1825 et qui effectua plusieurs voyages en Italie entre 1817 et 1821 (Morren 1833). C'est est une trouvaille exceptionnelle pour deux raisons. D'abord rien n'est connu des collections ou affaires de Vander Linden, sauf ses publications. Deuxièmement, cette représentation de AEshna affinis (Vander Linden, 1820) doit avoir a été réalisée en Italie entre 1817 et 1820, puisqu'une lithographie a été publiée avec ses descriptions dans Vander Linden (1820b). Cela signifie que l'illustration date de près de 200 ans, et es beaucoup plus âgée que toutes les autres œuvres de la collection de Selys.
L'illustration de Vander Linden a été traitée par Sélys de la même manière que toutes les autres aquarelles de sa collection et a été collée à un support en carton. Mais le papier, sur lequel le dessin a été fait diffère du papier fait à la machine généralement utilisé à l'époque de Selys ou de Severin. C'est un papier vergé grisâtre, avec un filigrane de lignes parallèles serrées, témoignant qu'il s'agissait de papier fabriqué à la main beaucoup plus tôt.
Pierre Léonard Vander Linden était né à Bruxelles le 12 décembre 1797. Dans sa première jeunesse, il était déjà intéressé par l'histoire naturelle. Pendant les premières années de son éducation il était au Collège Térésien et au National Lyceum, tous les deux à Bruxelles. Grâce à une bourse, il a voyagé en octobre 1817, à 19 ans, au sud de l''Europe. À Paris il a rendu visite à Pierre André Latreille (1762–1833), entomologiste travaillant au Museum national d'histoire naturelle et qui avait décrit Aeshna mixta en 1805. À Bologne dans le Nord de l'Italie Vander Linden a étudié avec le botaniste Antonio Bertoloni (1775-1869), le zoologiste Camillo Ranzani (1775-1841) et le médecin Giacomo Tommasini (1768-1846). Le 17 avril 1821, il termina ses études médicales et a ensuite voyagé avec des amis plus au sud vers Naples et la Sicile.
Dans la première localité, il récolta Lindenia tétraphylla (Vander Linden, 1825). Sur son trajet de retour il s'attarda à suivre des cours de médecine à Paris et traduit une Publication médicale italienne en français. En 1822, il retourné en Belgique où il reçu son diplôme de docteur en médecine le 15 juillet 1823 à l' université de Leuven. Vander Linden a travaillé comme médecin et professeur d’histoire naturelle à la fois en botanique et en zoologie.
Vander Linden a commencé travaille sur les Odonates en tant qu'étudiant et il a publié deux articles sur 30 Odonates rencontrés autour de Bologne sous les titres ' Agriones Bononienses descriptae' et ' Aeschnae bononienses descriptae ' (VANDER LINDEN 1820a,b)
Dans ces deux articles, il nomma neuf nouvelles espèces, dont trois sont encore considérées comme valide et une en tant que sous-espèce. Les deux articles de 1820 étaient extrêmement rares (SELYS et HAGEN 1850) et ont été publiés sans modification en 1823 dans le journal Opuscoli Scientifici 1823a, b) Sa contribution la plus importante en odonatologie fut sa Monographieae Libellulinarum Europea spécimen (VANDER LINDEN1825) dans lesquelles il traita 37 espèces. Parmi les douze nouvelles espèces de cette publication,sept sont toujours considérés comme valides. D'après CORBET (1991) Vander Linden a inauguré par ses articles de 1820 la classification infra-ordinale au sein des Odonata. En 1826 il a été nommé comme le premier professeur de zoologie en Belgique, au Musée des Sciences et Lettres de Bruxelles. Comme professeur, il publia son dernier article odonatologique, concernant la description d'une libellule fossile (VANDER LINDEN 1827a). Ses autres publications entomologiques furent les articles étaient sur les Hyménoptères européennes (surtout les Sphecidae (digger wasps), avec 17 nouvelles espèces; VANDER LINDEN1827b, 1829a) et les Coleoptères asiatiques (tiger beetles de l'Est des Indes des Pays-Bas , avec 27 nouvelle espèce; (VANDER LINDEN, 1829b).
En mars 1831 il tomba malade et décéda le 5 Avril 1831 d'une « gastrocéphalite » (une sorte de de la fièvre typhoïde) à l' âge de 34 ans La source principale pour sa biographie est MORREN (1833), qui comprend une illustration du masque funéraire de Vander Linden
La collection Vander Linden
Après sa mort, la collection le Vander Linden est allée au "Petit séminaire", un lycée catholique de Malines (SEGERS 1965). La raison la plus probable pour le choix de cet institut était que deux de ses frères étaient en relation avec cette école: à savoir Joseph Jean Vander Linden et Marcel Vander Linden qui étaient respectivement professeur et étudiant en théologie à cette institution .
En 1843, Selys prévu de visiter la collection Vander Linden et l'a mentionné dans son journal intime (CAULIER-MATHY & HAESENNE-PEREMANS 2008): "3 Mars 1843, Partir pour Malines au séminaire pour revoir la collection van der Linden et surtout [pour chercher] la femelle sans abdomen de ma [ Lindenia ] tetraphylla [dont j'ai un] mâle sans tête.". Selys peut avoir obtenu l'aquarelle de l'Aeshna affinis là-bas.
Plus de cent ans après la visite de Selys, deux tentatives ont été faites pour retrouver des traces de la très importante collection de Vander Linden. En 1957, Albert Collart, à la tête des RBINS département d'entomologie à Bruxelles, a écrit un lettre à l'archidiocèse de Malines à la recherche de la collection. La réponse, datée du 22 Août 1957, ne donna aucune information. Au même temps, Georges Matagne, un entomologiste vivant à Malines, a écrit à Albert Collart pour faire un supplément de recherche approfondie, mais sans succès pour autant (tous les deux des lettres dans les archives Collart ). Le troisième auteur, RC, qui travaillé à Bruxelles sur les Odonates de 1964 à 1966, mena aussi des recherches sur la collection Vander Linden. Il a approché l'abbé Pierre Houssiau (1920-2010), qui fut un temps le directeur du collège Jean XXIII à Woluwé-Saint-Pierre près de Bruxelles, l'école secondaire où RC avait assisté étant petit garçon. Pierre Houssiau était le frère du chanoine honoraire du Chapitre métropolitain de Saint-Rombaud à Malines , Albert Houssiau, qui est devenu plus tard évêque de Liège, et était donc bien connecté au milieu ecclésiastique de Malines. Si la collection pouvait être redécouverte, elle devait être déposée dans l'IRSNB où elle serait mieux abritée. Cependant, la collection de Vander Linden ne fut jamais retrouvée. Houssiau et RC en sont venus à la conclusion qu'elle avait été probablement détruite par coléoptères ou autre Anthrenus sp., ce qui a été le destin d'autre collections d'insectes anciennes et privées.
Jusqu'à aujourd'hui, l' aquarelle d' Aeshna affinis trouvée dans la collection Selys est peut-être le seul élément survivant de la collection de celui qui peut être considéré comme l'un des fondateurs de la taxonomie des Odonates."
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— VANDEN LINDEN P. L. 1823b. Aeshnae Bononienses descriptae [eiusdem annotatio ad Agriones Bononienses ab ipso descriptas]. /Opuscoli scientifici/, Bologna 4: 158-166, pl. IV
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— VANDEN LINDEN P. L. 1827a. Notice sur une empreinte d’insecte, renfermée dans un échantillon de calcaire schisteux de Sollenhofen, en Bavière. Nouveaux Mémoires de l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles 4: 247-253
— VANDEN LINDEN P. L. 1827b. Observations sur les Hyménoptères d’Europe de la famille des Fouisseurs. Scoliètes, sapygites, pompiliens et sphégides. Nouveaux Mémoires de l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles 4: 271-367
— VANDEN LINDEN P. L. 1829a. Observations sur les Hyménoptères d’Europe de la famille des Fouisseurs. Bembecides, labrates, nyssoniens et crabronites. Nouveaux Mémoires de l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles 5: 11–125
— VANDEN LINDEN P. L. 1829b. Essai sur les insectes de Java et des îles voisines. 1er mémoire: Cicindelétes. Hayez, Brusse
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1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)