Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Chaque pièce ancienne mesure 0,85 m de haut et 0,65 m de large.
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1°)Dans un intérieur Renaissance, couple de donateurs et leurs enfants ; vêtements et écus armoriés portés par des putti.
Pièces en chef-d'œuvre dans les écus.
Réalisé probablement dans un atelier de Beauvais vers 1520-1530.
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Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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2°) Trinité : quelques restes d'un panneau du 1er quart du XVIe.
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Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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3°) Apôtre de la Transfiguration sur fond damassé blanc, vers 1500.
4°) Couple de donateurs au pied d'une croix sur fond de paysage, composition attribuée à Beauvais, vers 1520-1530.
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Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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BAIE 19.
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Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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1°) Fragments d'un panneau au trois chanoines donateurs portant l'aumusse, sous un dais architectural.
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Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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2°) Donatrice non identifiée.
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Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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3°) Religieuse, donatrice.
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Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LA BAIE 20. 1ER QUART XVIE ET XXE .
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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Baie 20, registre inférieur.
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a) Des bourreaux tenaillent les seins de sainte Barbe.
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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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b) Flagellation de sainte Barbe.
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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La baie 20, registre intermédiaire bas.
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a) Arrestation ou décollation de sainte Barbe (?) sur fond de scène de chasse et vue marine à deux nefs.
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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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b) Comparution de sainte Barbe devant le roi son père.
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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La baie 20, registre intermédiaire haut.
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a) Saint Sébastien visé par deux archers, fond de paysage.
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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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b) Un évêque, une épée plantée dans le ventre.
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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La baie 20, registre supérieur.
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a) Un saint diacre martyr : dalmatique rouge frangée et manipule, palme et livre.
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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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a) Un saint diacre martyr : dalmatique, palme et livre dans sa couverte (ou sac à procès).
Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LA BAIE 24.
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Au centre :
À gauche : Donateur non identifié en cotte d'armes et son fils sur fond de vitrerie colorée par Labouret.
À droite : Donatrice non identifiée sur fond de vitrerie colorée par Labouret.
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Baie 24, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les armoiries du tabard du donateur sont d'azur à la croix engreslée d'argent.
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Ces deux figures sont décrites en 1792 par A.L. Millin :
Antiquités nationales, ou Recueil de monumens pour servir à l'histoire …, XLV, Ville et château de Gisors
"ll y a quatre chapelles adossées sur les piliers en avant du chœur. Elles sont toutes très-ornées de sculptures.
Dans la chapelle suivante on voit sur les vitraux quatre figures peintes. Sur le premier vitrail il y a une femme vêtue d'une robe , et dont la tête est couverte d'un voile ; elle est à-genoux devant un prie-dieu où sont ses armes d'azur à la croix , engreslée d'argent , Planche II , fig. 8. Derrière elle est un homme vêtu d'une longue robe. Dans l'autre vitrail sont les deux autres figures , dont l'une armée et cuirassée porte sur sa tunique les armoiries qui sont sur le prie-dieu de la femme. Il a derrière lui un jeune homme en robe, Planche II , fig. 9. Ces armes sont celles de Daillon , comte de Lude : mais j'ignore qui ce portrait représente."
Baie 24, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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SOURCES :
— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
—Nom de genre Stylurus, Needham 1897, Canad. Ent. 29:167 ; du grec stylos "cylindrique" et -uros "appendice, queue, extrémité", en relation avec la forme allongée du 9ème segment abdominal des larves des espèces du genre : Needham crée dans sa publication trois nouveaux genres lanthus, Orcus et stylurus par l'examen des stades pré-imaginaux de diverses Gomphinae américaines.
— nom d'espèce [Stylurus] flavipes Charpentier, 1825, Horae Ent. :24 : l'épithète signifie "à pattes jaunes", du latin flavis "jaune" et pes, pedis "patte". L'auteur décrit dans sa diagnose pedibus flavis, nigro- lineatis, "aux pattes jaunes strièes de jaune", même s'il n'en fait pas l'élément caractéristique.
— Noms vernaculaires français : transcription ou traduction du nom scientifique 1°) "Le Gomphe flavipède", Sélys 1850. 2°) Le "Gomphe à pattes jaunes", Alexanor 1959, puis d'Aguilar et Dommanget 1985, puis tous les auteurs.
"A. thorace nigro, characteribus flavis, abdomine nigro, cylindrico, linea dorsali tenuiusque ad ultimum segmentum abdominale ducta, maculisque lateralibus flavis: maris appendicibus quatuor nigris, basi flavis: pedibus flavis, nigro-lineatis.
Habitat in Silesia, ubi multo serius volitat quam A. forcipata. Simillima A. forcipatae, sed sine dubio ab ea diversa species, quum differentiae, quamvis primo adspectu persubtiles, constanter tamen et essentiales sint ; de quibus infra."
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La description est suivie d'un tableau comparatif de 4 espèces d'Aeshna.
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Charpentier accompagne sa publication de 1840 d'une planche, dont nous n'avons qu'une version noir et blanc en ligne.
CHARPENTIER, T. (von) 1840. Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae. Lipsiae. 180 pp planche XXIX :
La plus belle illustration est donnée en 1835 par Westwood dans l'ouvrage de Stephens
— STEPHENS (James Francis), 1835, Gomphus flavipes and anal appendage, in Illustrations of British Entomology, a synopsis of indigenous insects, London, Baldwin and Cradock vol.10 (Mandibulata v.6) page 88 et planche XXX fig.1. Planche peinte par J.O Westwood et gravée par C.E. Wagstaff.
Il s'agit d'un des noms les plus clairs dans sa signification, puisqu'il associe deux radicaux latins, flavi-, du latin flavus, a, um, "jaune" et -pes, du latin pes, pedis, "pied, patte". Pourtant, la couleur jaune des pattes, striées de noir ( pedibus flavis, nigro- lineatis) n'est pas l' élément le plus déterminant de la description de Charpentier.
"flavipes (Stylurus) - flavus, a, um = giallo + pes, pedis = piede; dai piedi gialli."
. H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
"- flavipes (Charpentier) [l. flavus - yellow; pes - foot, leg] refers to the mainly yellow legs of the species, which by some scientists is included into the taxon Stylurus [gr. stylos - pillar; ura - tail], named from the elongated 9th abdominal segment in the larvae."
. VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
"Gomphus flavipesflavus — geel; pes = poot, voet"
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NOMS VERNACULAIRES (*)
(*) Common names, noms dans la langue officielle du pays concerné.
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III. LES NOMS FRANÇAIS DE STYLURUS FLAVIPES.
1°) Le Gomphus flavipède, Sélys, 1850 .
— Sélys, 1850, Mémoires de la société royale des sciences de Liège.
— Sélys et Hagen, 1850, Revue des Odonates, ou Libellules d'Europe, page 84.
2°) Le Gomphe à pattes jaunes, in Alexanor 1959.
Stylurus flavipes, le Gomphe à pattes jaunes, revue Alexanor 1959.
Gomphus flavipes, le Gomphe à pattes jaunes : Jacques d'Aguilar, Jean-Louis Dommanget et René Préchac, 1986 A field guide to the dragonflies of Britain, Europe and North Africa, page 218.
Jacques d'Aguilar, Jean-Louis Dommanget 1985, , Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, page 314
le nom reçoit sa confirmation en 2007 dans Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg de D. Grand et J-P. Boudot, dans le Guide des Libellules de France et d'Europe de K-D. B. Dijkstra comme dans tous les guides de vulgarisation naturalistes, sur le site INPN du Muséum, de l'article Wikipédia, etc...
SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
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OUTILS DE ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages,
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012, : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata, Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178.
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.
— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s
— SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung
http://www.libelleninfo.de/07.html#buch
http://www.libelleninfo.de/071.html
—SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania
— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE :
— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.
— RAMBUR (P.), 1842, Histoire naturelle des insectes : Nevroptères. Ouvrage accompagné de planches,...page 161 et Planche 5, figure 1
— Steinmann H. 1997 - World Catalogue of Odonata. - Walter de Gruyter.
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage
— STEPHENS (James Francis), 1835, Gomphus flavipes and anal appendage, in Illustrations of British Entomology, a synopsis of indigenous insects, London, Baldwin and Cradock vol.10 (Mandibulata v.6) page 88 et planche XXX fig.1. Planche peinte par J.O Westwood et gravée par C.E. Wagstaff.
Cette baie, l'une des quatre de la Chapelle de la Vierge, mesure 3 m. de haut et 1,10 m de large ; elle comporte 1 lancette trilobée et un tympan à 1 ajour et 1 écoinçon. Son registre inférieur est l'œuvre de l'atelier Duhamel-Marette. Celui-ci , chargé de la restauration des baies, réalisa entre 1893 et 1898 des verrières neuves pour les baie 9 à 15 de la chapelle de la Vierge en incluant ici en registre supérieur la figure de Notre-Dame-de-la-Liesse, conservée jusqu'en 1897 dans le bas-coté sud du chœur, peut-être en baie 12.
"Louis-Gustave Duhamel, formé à l'école des Beaux-Arts de Rouen puis à l'atelier du maître-verrier Bernard dans la même ville, s'associa vers 1860 à un ''peintre-vitrier'' d'Evreux, Jean-Gabriel Marette, dont il épousa la fille, Marie-Adeline. Sous le nom de Duhamel-Marette, cet atelier ébroïcien devint l'un des principaux artisans du renouveau de l'art du vitrail en Normandie, actif aussi bien dans la restauration de vitraux anciens que dans la création de verrières dans le style du Moyen-Âge et de la Renaissance et sa production fut exportée bien au-delà des limites régionales."
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Baie 15 (milieu XVIe et 1895-1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INFÉRIEUR. DUHAMEL-MARETTE 1895-1898.
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Une inscription explicite le sujet de la scène :
COME EN LAN 1634 AYANT PRIS FIN UNE PESTE HORRIBLE MRE ROBERT DENYAU
CURE DE CEANS ET LES BOURGEOIS DE GISORS REMERCIENT NOSTRE DAME EN SON EGLISE DE LIESSE.
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"Comment en l'an 1634, ayant pris fin une horrible peste, messire Robert Denyau curé de céans et les bourgeois de Gisors remercient Notre-Dame en son église de Liesse."
En l'année 1604, Marc Philo de Saint-Servin , licencié en théologie , protonotaire apostolique, de la compagnie de Jésus, curé de Gisors, installa les religieux de la Mercy ou de l'Ordre de la Très-SainteTrinité, appelés Mathurins, dans la chapelle de Notre-Dame-de-Liesse de Gisors, près le Mont-de-l'Aigle, le 13 juin 1610.
Les Mathurins , ordre qui avait pour but le rachat des captifs chrétiens dans les états barbaresques : Maroc, Alger, Tunis, Tripoli, etc., firent bâtir une nouvelle église beaucoup plus vaste que la chapelle fondée en 1610 sous le vocable de Notre-Dame-de-Liesse. Cette église fut consacrée le 3 juin 1626, par M. Déniaud, alors curé de Gisors.
Robert Déniaud , docteur en droit canon et civil, succéda à Raoul Neveu, au titre de curé de Gisors, en 1611.
Il écrivit une Histoire politique de Gisors (Rouen, ms Y14a)
En 1632, une peste fit un grand nombre de victimes en cette ville où elle dura jusqu'en l'année 1634.
M. Déniaud, curé de Gisors, fit, dans cette circonstance, tout ce qui était en son pouvoir pour ranimer les esprits et soulager ses malheureux paroissiens. Il organisa, en outre, des processions à la chapelle de Notre-Dame-deLiesse, sise aux Mathurins et le terrible fléau ayant cessé, il rendit grâce à Dieu par le chant du Te Deum , dans l'église de Gisors , auquel assistèrent tous ses paroissiens et une partie de ceux des villages voisins.
La statue de N.-D. de Liesse, qui était jadis dans la chapelle de Mathurins, est présentement placée dans le mur d'une maison, située vis-à-vis le pont des Argilières.
"Cette vierge avait, en effet, la tête inclinée, et, comme si elles n’étaient pas toutes ainsi, on assurait que c’était pour perpétuer le souvenir du miracle qui avait fait cesser, dans la ville, l’affreuse maladie qui mettait toutes les familles en deuil. Non content d’avoir ainsi placé sa paroisse sous la protection de toutes les Notre-Dame-de-Liesse de Gisors, le pasteur de celle ville fit encore le vœu d’aller, avec ses ouailles, invoquer celle dont l’église était située près de Laon: voyage qui fut, en effet, effectué le mercredi d’après le dimanche de Quasimodo de l’année 1634. . Le terrible fléau ayant cessé d’exercer ses ravages dans la ville, ce fut, pour Denyau, un signe de l’apaisement de la colère de celui dont il était le ministre. Aussi fit-il chanter, dans son église, un Te Deum d’actions de grâces, auquel assistèrent tous les paroissiens et une partie de ceux des villages voisins. Au sujet de la peste qui affligea de son temps la ville de Gisors, en 1632 et 1633, Robert Denyau, dans une histoire de cette ville, demeurée manuscrite, fait un long détail du pèlerinage que ses paroissiens firent a l’église des Trinitaires, et de la dévotion avec laquelle ils y chantèrent le Regina cœli."
L'inscription est surmontée d'un blason d'azur à la fasce d'or, accompagnée en chef de deux cœurs d'argent et en pointe d'un croissant de même : ce sont les armes de la famille Denyau, d'Anjou. :
Le blason est posé sur un crucifix entouré d'un chapelet où est accroché une médaille d'or.
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Action de grâce à Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Duhamel-Marette, 1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Action de grâce à Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Duhamel-Marette, 1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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REGISTRE SUPÉRIEUR. LA STATUE DE NOTRE-DAME.
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Dans un encadrement architectural datant essentiellement du XIXe siècle, est inséré un panneau du milieu du XVIe siècle : c'est une grisaille, comme celle de la baie 10, qui lui est contemporaine, et comme celle-ci elle s'inspire d'une gravure. Il s'agit ici d'une gravure de Marc-Antoine Raimondi, d'après la "Vierge au poisson" de Raphaël. (voir infra)
M. Hérold, in Callias Bey et col. attribue cette grisaille à "Romain Buron, auteur probable de Notre-Dame-du-Salut à Sainte-Foy de Conches, tirée du même patron à grandeur."
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Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La comparaison avec la gravure de Raimondi laisse apparaître de sérieuses différences avec le vitrail, concernant la posture et la direction du regard de la Vierge ou son habillement, aussi bien que la posture de l'Enfant.
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La Vierge au poisson d'après Raphaël (Bartsch 54 - Bartsch illustré tome 26 (volume 14, 1ère partie), page 80)
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Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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SOURCES ET LIENS.
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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171
— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.
L'extraordinaire grisaille (1545) de la baie 10 de la collégiale de Gisors : la Vie de la Vierge illustrée de séquences de la Légende de Psyché gravées par le Maître au Dé.
Une grisaille est, en peinture, une peinture monochrome en camaïeu gris, utilisée par exemple pour peindre le verso des volets des retables (Van Eyck, Polyptyque du Jugement Dernier de Van der Weyden ). Ces volets étant les seuls apparents lorsque le retable est fermé, la grisaille leur confère un esprit d'attente pénitentielle et d'ascèse.
C'est aussi un exercice de style pour le peintre, exercice proche du trompe-l'œil, qui doit utiliser les différences de nuances pour marquer les ombres, donnant ainsi l'illusion du relief et de la sculpture sur pierre ou sur bois. Le camaïeu est d'ailleurs au sens propre une imitation des camées.
Elle est aussi assimilée depuis le début de la Renaissance (Vasari) au clair-obscur, où la préoccupation du relief privilégie le modelé.
En vitrail, la grisaille est, d'abord, le nom de la peinture vitrifiable appliquée sur les verres, blancs ou colorés. Mais le terme peut désigner aussi une peinture exclusivement sur verre blanc, avec application de grisaille, de jaune d'argent voire (comme ici) d'émail. Cette pratique a pu répondre à l'exigence des paroissiens ou des chanoines de faire entrer davantage de lumière dans l'église (les verres colorés étant bien-sûr plus sombres). C'est ainsi qu'en la cathédrale de Chartres, des vitraux de grisaille sont apparus à la fin du XIIIe siècle sous forme de réseaux géométriques et ont été complétés au XVe siècle de scènes figurées à verres colorés : Verrière de Saint-Nicolas, de l'Annonciation, etc. Elle a pu aussi être suscitée par l'art de la gravure et la large diffusion des œuvres, permise par l'imprimerie : la baie 10 de Gisors plaide en ce sens.
L'idée de ce thème provenait de la Loge de Psyché, peinte par Raphaël pour la Villa Farnesina en 1516-1518.
Le graveur Bernado Daddi (vers 1510-Rome 1570) s'inspira de dessins attribués à Raphaël (mais dus probablement au flamand Michiel Coxcie, le "Raphaël flamand") pour réaliser vers 1535 une série de 32 planches gravées, L'Histoire des amours de Psyché et Cupidon, qui sont la source des vitraux d'Écouen (actuellement au château de Chantilly).
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3°) La baie 10 de Gisors.
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"La Vie de la Vierge de la baie 10, "l'une des œuvres les plus parfaites de la seconde Renaissance", a depuis longtemps attiré l'attention. Les comparaisons anciennement proposées avec la suite de la vie de Psyché d'Écouen, aujourd'hui au Musée Condé de Chantilly et avec le vitrail de la vie de la Vierge de Saint-Acheul d'Écouen [1544] demeurent pertinentes. Ces verrières pourraient avoir été réalisées à Paris. Elles sont de factures différentes, mais puisent toutes à la source des gravures de l'histoire de Psyché. Ces gravures, exécutées à rome par le Maître au Dé, sont utilisées à Gisors d'une manière beaucoup moins directe qu'à Chantilly. Il ne s'agit pas ici de copie mais de la reprise d'éléments de composition auparavant notés et déjà transposés. La grisaille de Gisors est une œuvre originale et de haute qualité, qui dépasse les modèles de référence. Son auteur anonyme a également puisé à d'autres sources, en particulier dans les gravures de Dürer qu'il exploite également avec une grande liberté. Une seconde grisaille, contemporaine de la précédente, représente Notre-Dame-de-Liesse (baie 15)." (Callias Bey et col. 2001 p. 169)
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DESCRIPTION.
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La baie haute de 3,70 m et large de 2,50 est divisée en deux lancettes cintrées (qui se décrivent en deux registres) et un tympan à 2 ajours.
CLIQUEZ SUR LES IMAGES pour éviter le commentaire.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INFÉRIEUR . La Visitation et la Circoncision.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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1°) La Visitation.
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Grisaille, jaune d'argent, présence d'émail bleu.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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"Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : mariage des sœurs de Psyché avec des rois ; Psyché raconte son infortune à ses sœurs." (Callias Bey)
"Dans le panneau de la Visitation, la figure de sainte Élisabeth a été calquée sur la figure de Psyché prête à se venger de ses sœurs et la tête de la jeune fille a été remplacée par une tète de vieille femme. L’une des suivantes de la Vierge est calquée sur une des sœurs de Psyché dans la même gravure, l’autre sur la seconde sœur de Psyché dans la gravure où le roi et la reine déplorent la beauté de leur fille, qui éloigne d’elle les prétendants ." (Magne)
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Psyché raconte son infortune à ses sœurs, gravure du Maître au Dé.
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le roi et la reine déplorent la beauté de leur fille, qui éloigne d’elle les prétendants. Gravure du Maître au Dé.
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Même emploi de cette gravure pour la Visitation de l'église d'Écouen.
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Vitrail de l'église d'Écouen. Photo Reinhardhauke — Travail personnel
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2°) L'Annonce faite aux bergers.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Le père de Psyché consultant l'oracle de Millet .
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Gravure (inversée par moi) de la gravure le père de Psyché consulte l'oracle.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Cupidon demande grâce pour Psyché.
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Cupidon demande grâce à Jupiter pour Psyché.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Psyché embarque dans la barque de Charon .
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Psyché transportée dans un montagne déserte.
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Psyché conduite dans un appareil funèbre sur une montagne déserte pour accomplir les ordres de l'oracle (Bartsch 43, Bartsch illustré tome 29 (volume 15, 2ème partie), page 199)
Psyché conduite dans un appareil funèbre sur une montagne déserte pour accomplir les ordres de l'oracle (Bartsch 43, Bartsch illustré tome 29 (volume 15, 2ème partie), page 199)
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La date 1545 est marquée sur la banderole tenue par l'ange.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INTERMÉDIAIRE .
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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3°) L'Annonciation.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Apulée changé en âne .
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Galerie de Psyché, château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Cérès refuse assistance à Psyché.
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Céres refuse assistance à Psyché, Galerie de Psyché, château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.
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4°) La Circoncision.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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"Dans le panneau de la Circoncision de Gisors (Fig. 5), la Vierge est calquée sur Psyché offrant des cadeaux à ses sœurs : la tête seule a été changée. " (L. Magne page 72).
Psyché offrant des présents à ses sœurs, gravure du Maître au Dé.
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Psyché offrant des cadeaux à ses sœurs, vitrail de la Galerie de Psyché, château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.
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LE REGISTRE SUPERIEUR .
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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5°) Le Mariage mystique de la Vierge.
Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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D'après Dürer, Le Mariage de la Vierge, vers 1505, catalogue Bartsch 82.
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A. Dürer, Le Mariage de la Vierge, gravure vers 1505.
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6°) L'Adoration des Mages.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Le Peuple rend honneur à Psyché.
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Gravure du Maître au Dé
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Le peuple rend hommage à la beauté de Psyché, Galerie de Psyché, Château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.
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LE TYMPAN.
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Trinité dans les deux ajours et l'écoinçon supérieur, nuée dans les 2 autres écoinçons.
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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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SOURCES ET LIENS.
— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171
— MAGNE (Lucien), 1888, LES VITRAUX DE MONTMORENCY ET D'ÉCOUEN CONFÉRENCE FAITE A MONTMORENCY M. LUCIEN MAGNE ARCHITECTE PARIS LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT ET V e 56 , RUE JACOB, 56, page 70 et suiv.
—Nom de genre Stylurus, Needham 1897, Canad. Ent. 29:167 ; du grec stylos "cylindrique" et -uros "appendice, queue, extrémité", en relation avec la forme allongée du 9ème segment abdominal des larves des espèces du genre : Needham crée dans sa publication trois nouveaux genres lanthus, Orcus et stylurus par l'examen des stades pré-imaginaux de diverses Gomphinae américaines.
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Stylurus est un genre dans la famille des Gomphidae appartenant au sous-ordre des Anisoptères dans l'ordre des Odonates.
En 2016, un article de J.L. Ware et al. dans Systematic Entomology, Phylogenetic relationships of North American Gomphidae and their close relatives, a donné les conclusions de la première étude moléculaire phylogénique des Gomphidae. Parmi les modifications taxonomiques, Gomphus flavipes, notre Gomphe à pattes jaunes, fut transféré dans le genre Stylurus.
Le Museum d'Histoire Naturelle a suivi ces auteurs, et son site en ligne, INPN, présente désormais cette dernière espèce sous le nom de Stylurus flavipes (Charpentier, 1825).
Ce qui m'amène à procéder à une étude du nom de genre Stylurus.
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ÉTUDE DU NOM DE GENRE STYLURUS, NEEDHAM, 1889.
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James George Needham est un entomologiste américain, né le 16 mars 1868 à Virginia (Illinois) et mort en 1957 à Ithaca (comté de Thompkins, état de N-Y).
Il étudie l’entomologie avec John Henry Comstock (1849-1931) à l’université Cornell de 1896 à 1898.
Il est co-inventeur du Système Comstock-Needham de dénomination des cellules et nervures des ailes des insectes.
À partir de 1898 et jusqu’en 1907, il enseigne la biologie à l’université de Lake Forest avant de retourner à Cornell. Il y enseigne d’abord la limnologie (science ddes eaux continentales) avant de succéder à J.H. Comstock lors de son départ à la retraite en 1914. Il dirige le département d’entomologie jusqu’à son propre départ à la retraite en 1915. Il se spécialise notamment dans l'étude des libellules.
Sa publication, qui fait suite à des captures de libellules et d'exuvies à Ithaca, souligne l'importance de l'étude des stades pré-imaginaux pour la taxonomie. Il y décrit le genre stylurus, dont il désigne l'espèce type : Gomphus plagiatus Selys 1854.
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1°) La publication originale :
G. Stylurus : Needham 1897, Preliminary studies of N. American Gomphinae by James G. Needham, Cornhell University, Ithaca, N.Y., Canadian Entomologist volume 29 page 166 et 167.
"Examples of the emphasized importance of larval life better than that furnished by the subfamily Gomphinae of Odonata are few even among insects. The nymphs live under the sediment (mostly organic debris) which falls to the bottom of ponds and streams. They are aquatic burrowers which live at such slight depth that their anal respiratory orifice is never beyond the reach of clean water. This thin stratum, which forms their home and which they only leave to transform, is one of great biologic richness. In it they have found room for development in enormous numbers and necessity for extreme specialization. They are, at least when well-grown, among the more powerful members of its teeming hidden population. The imagoes emerge, flit about under cover for a few days, lay their eggs and die.
They emerge largely by daylight and are subject to great decimation of numbers at this time, and are sought later by numerous powerful enemies. The females which live to oviposit lay a very large number of eggs. A female of Gomphius fraternm laid for me in a watch glass of water over 5,000 at one time. The imagoes of the ancient genus Gomphus are regarded as a race of weaklings. Their nymphs, on the contrary, are splendidly equipped for the battle of life. And it is to the perfection of their adaptation that the prevalence of Gomphines with us is due.
These conditions have developed a large and very uniform series of imagoes, with one colour pattern, one plan of venation, one habitus consisting of many very closely related species difficult to study.
Specific characters, though slight, are yet constant. The slight specific variations of an ancient colour pattern long retained are unusually reliable. Secondary sexual characters reach here their maximum of importance and of specific individuality. This is as one would expect, recalling the vicissitudes of adult life and that its chief concern is with reproduction.
The real competition of life, however, is carried on by the nymphs, and the outcome of it is that they have become specialized. They have developed along several lines and have become segregated into well-marked natural groups which are not so obvious among the imagoes.
De Selys separated from the great genus Gomphus as he found it three genera represented in our fauna, Ophiogomphius, Herpetogomphus and Dromogomphius, and divided the remainder into groups of species. My breedings of the nymphs during the past three seasons in the main confirm these groups and show that three of them at least are worthy to rank as genera.
One of the genuine surprises of this season was the finding here, at Ithaca, of nymphs like those described by Hagen from Rocky Creek, Ky., (Trans. Amer. Ent. Soc, XII., 281, 1885) and doubtfully referred by him to Tachaptryx T/wreyi, and the rearing from them of Gomphus parvulus, Selys. "This extraordinary nymph combines head and antennae of Hagenius with legs and abdomen of Gomphus,'' wrote Hagen in the beginning of his very careful description. The length of the wing pads showed the nymphs not to be young, as Hagen supposed, and made it impossible to consider them as belonging to Tachaptryx, but that they should yield this dainty little Gomphine was still a surprise.
In June and July, 1896, I bred Gomphus fraternus, Say, in numbers at Havana, 111. The nymphs are exactly described by Hagen (loc. cit., p. 262) as No. 13, G. adelphus (supposition). In May, 1895, I bred Gomphus graslineiius, Walsh, at Galesburg, 111. These, especially the former, are very near to the typicil G. vulgatissimus of Europe. "
Believing that the immature stages throw much light on the relation-ship of the imagoes, and that the study of this large and homogeneous group will be facilitated by the setting apart of distinguishable sub-groups, I propose three new genera which need here have no further characterization than that of the following tables: Lanthus ( Λανθαυη contracted), type G. parvulus, Selys, Orcus (nomen proprium), type pallidus, Ramb., and Stylurus (στυλος ούρα ), type plagiatus, Selys. With these apart Gomphus is still somewhat polymorphic. The dilatatus group, characterized by extreme dilatation of the apex of the abdomen in the imago and correspondingly greater width to the 9th abdominal segment in the nymph, may yet, with advantage, be set apart. A clear line of demarcation, however, is not yet apparent.
I now hazard a table for separating these subdivisions of the Legion Gomphus, Selys. It is to be regarded as preliminary and tentative, the more so as I have endeavored to base it on characters common to both sexes. This legion is distinguished from others of Gomphinae by the absence (normally) of cross veins from all the triangles and supra-triangular spaces.
Table for Imagoes of the Legion Gomphus, Selys.
1. Outer side of triangle of fore wing distinctly angulated at the origin of the cross vein between the two upper discoidal areolets 2. Outer side of triangle of fore wing straight or nearly so j.
2. Inferior abdominal appendages of recurved upward in their apical half; vulvar lamina of ? shorter than half the 9th abdominal segment Herpetogoviphus, Selys.
[...]
6. Dorsum of thorax pale with darker stripes ; 8th abdominal segment cut obliquely at apex, longer on the dorsum than at the sides, abdominal appendages of ♀ hardly longer than the 10th segment Orcus, gen. nov.
Dorsum of thorax dark with paler stripes ; 8th abdominal segment not longer on the dorsum than at the sides ; abdominal appendages of the ♀ at least one half longer than the l0th segment Stylurus, gen. nov.
[...]
Table for Gomphine Nymps.
page 168 [...]
6. Body spindle-shaped, little flattened ; fore and middle tibiae with small external apical hooks or with none : Stylurus.
Je traduis cette description de la forme nymphale du genre Stylurus ainsi : « Corps fusiforme, peu aplati; pattes antérieures et intermédiaires avec ou sans un petit crochet externe apicale : Stylurus."
des deux mots grecs στῦλος, stûlos, "Pilier, colonne", et οὐρά, ourá. Queue (appendice). Suffixe indiquant un rapport avec la queue.. Soit : "appendice (queue) en forme de colonne."
Il n'explique pas pourquoi il choisit cette association de mots, mais puisque sa description de trois nouveaux genres est basée sur l'étude des exuvies, c'est auprès de celle-ci qu'il faut rechercher cette explication. Si nous nous en tenons au texte (et c'est notre devoir), ce qualificatif de stylurus, "appendice ou queue en forme de colonne" ne peut être mise en relation qu'avec les mots Body spindle-shaped, little flattened de la description de la forme nymphale.
Ma conclusion serait : stylurus, du grec stylos "cylindrique" et -uros "appendice, queue, extrémité", en relation avec la forme des larves des espèces du genre : Needham crée dans sa publication trois nouveaux genres Lanthus, Orcus et stylurus par l'examen des stades pré-imaginaux de diverses Gomphinae américaines.
Néanmoins, Heinrich Fliedner relie cette étymologie à la forme allongée du 9ème segment abdominal de la larve, dans The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie’ où il étudie l'origine du nom Gomphus flavipes :
- flavipes (Charpentier)[l. flavus - yellow; pes - foot, leg] refers to the mainly yellow legs of the species, which by some scientists is included into the taxon Stylurus [gr. stylos - pillar; ura - tail], named from the elongated 9th abdominal segment in the larvae.
J'adopte, par respect pour les hautes compétences de cet auteur, cette explication, bien que je n'aie pas su la lire dans la description originale.
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NOMS VERNACULAIRES.
L'article Wikipédia en mentionne le nom anglais de Hanging Clubtails (Gomphes suspendus) en raison de leur habitude de se suspendre presque verticalement lorsqu'ils se perchent.
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SOURCE ET LIENS.
— Ware, J. L., Pilgrim, J. D., May, M. L., Donnelly, T. W. & Tennessen, K. 2016. Phylogenetic relationships of North American Gomphidae and their close relatives. Systematic Entomology, On line.
Placé dans la quatrième chapelle du bas-coté nord, dédiée à sainte Anne, cette baie haute de 5,50 m et large de 3 m possède 4 lancettes trilobées et un tympan à 4 mouchettes, 1 soufflet et 2 petits écoinçons. Le décor figuré est placé au centre de verres blancs losangés remplaçant, dès le XVIIIe, des parties manquantes, et se décrit en deux registres.
La verrière a été recomposée, mais peu restituée.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LES LANCETTES CENTRALES.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INFÉRIEUR. LES DONATEURS ET LEURS PATRONS.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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1°) La partie droite : Pierre Le Pelletier et ses trois fils présentés par saint Pierre.
a) Identification :
Elle est basée sur les saints qui présentent les donateurs, sainte Geneviève pour l'épouse et saint Pierre pour le donateur. (On sait pourtant que les intercesseurs ne sont pas obligatoirement liés aux prénoms des couples). Ce point de départ conduit E. Hamon à écrire :
"Ces figures accompagnent un couple de donateur et leurs enfants dont nous n'avons pu identifier les armoiries associées. La confrontation de ces deux prénoms aux listes des notables de Gisors nous permet de proposer les noms de Pierre Le Pelletier et de son épouse Geneviève." Étienne Hamon ... Gisors et les églises du Vexin français.
Un Pierre le Pelletier fut lieutenant du bailli de Gisors en 1547 : dans des actes concernant les Métiers de Gisors, il est dit "maistre Pierre Le Pelletier, écuyer, notre lieutenant en la ville et chatellenie du dict Gisors » page 144, tandis que Adam de Houdon est bailli et capitaine de Gisors. (Passy, 1907). Il appose sa signature sur les statuts des Patissiers Rotisseurs (31 janvier), des Tisserands en drap (24 janvier), des Chaudronniers (31 janvier). Notons dans le même ouvrage qu'en 1538, un Jehan Le Pelletier était Procureur du roi à Gisors.
Le même, ou un autre "maître Pierre Le Pelletier " et dit , écuyer, député du parlement de Rouen en ... qualité de lieutenant général nommé en 1526, ...lieutenant général de Gisors" (Mémoires Auguste Le Prévost) , et un autre est, plus tard, député du tiers-état de la vicomté de Beaumont-le-Roger. (L. Passy 1907)
L'examen des armoiries devrait nous renseigner. Celles de Pierre Le Pelletier pourraient être blasonner comme d'azur, à une fasce d'argent chargée de deux roses de gueules et une molette de sable, au chef une gerbe de blé d'or. Celles de son épouse, inscrites dans un losange comme celle des femmes, sont, pour le parti du mari, presque identiques mais la fasce porte trois roses, la molette ayant disparu. La moitié qui correspond à sa famille serait d'argent à une rose de gueules.
Elles ne procurent aucune piste.
Ces armoiries sont différentes de celles ( d'azur, d la fusée d'argent , chargée de trois coquilles de sable) de Henri Le Pelletier, seigneur de Bonnemare marié en 1493 avec Geneviève Jubert du Thil et donateur aux Andelys d'un vitrail réalisée à Rouen par Arnoult de Nimègues mais qui fut adaptée à une baie nouvelle et complétée vers 1540 par Romain Buron à l'initiative des donateurs, ou de leurs enfants.
Elles possèdent certains éléments (roses de gueules, éperons de sable, fond d'azur) des armoiries des Le Pelletier originaire du Mans. Les roses de gueules se retrouvent aussi autour d'un chêne arraché chez des membres d'une autre famille Le Pelletier.
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b) Description.
Le donateur est représenté agenouillé à un autel, tourné vers la droite, partie où se trouvait à l'origine la scène ou le saint personnage vénéré. Il est vêtu d'un grand manteau bleu sur un habit rouge à dentelles aux poignets. Son écu est posé à ses cotés. Ses trois fils sont à genoux derrière lui ; deux ont la tête couverte d'un bonnet.
La rose rouge des armoiries est montée "en chef d'œuvre", c'est à dire que son emplacement est découpé à l'intérieur de la fasce blanche. C'était sans doute le cas pour sa voisine, avant que ne survienne des traits de refend nécessitant des plombs de casse.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Saint Pierre porte un livre et deux clefs. À l'arrière-plan, sur une architecture, Moïse tenant les tables de la loi et Calvaire devant un autel situent la scène dans une église. Les initiales P+S , juste au dessus de la tête nimbée de saint Pierre, ont été négligées par les auteurs recherchant des signatures.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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2°) La partie gauche : Geneviève Le Pelletier et sa fille présentées par sainte Geneviève.
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Geneviève Le Pelletier (?) se tient agenouillée derrière le même autel tendu du même drap damassé vert que son époux, ses armoiries losangiques à ses cotés.
Son livre d'heures à tranche dorée et ornée de motifs géométriques est ouvert devant elle.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La femme est vêtue d'une robe rouge à encolure carrée, et aux très larges manches de fourrure. L'avant-bras qui en sort est revêtu de manches bleues lacées par des aiguillettes et se terminant par de la dentelle. Sa main droite porte cinq bagues, des demi-joncs d'or dont deux sur le majeur. Il faut décrire aussi la ceinture jaune, nouée, la chemise de dentelle, remontant haut et serrée par un ruban doré où une croix est suspendue, et enfin le chaperon à bavolet , cet escoffion surmonté d'un grand pan de toile noire se relevant au dessus du visage et descendant dans le dos. Les cheveux sont ramassées sur les tempes par une résille.
La jeune fille porte une tenue analogue, mais l'encolure de la robe est ronde, et les bagues sont absentes.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Sainte Geneviève tient un livre dans sa couverte bleue, mais elle est identifiée par le cierge de sa main gauche. En effet, celui-ci donne lieu à une scène spécifique de cette sainte, celle dans laquelle un ange allume la mèche tandis qu'un diable tente de l'éteindre grâce à un soufflet. Ici, où le panneau est sans doute incomplet, seul le diable (d'un beau verre rouge gravé) et son accessoire sont bien visibles, tandis que l'amorce de l'ange se distingue à gauche.
Voir le thème iconographique du cierge, de l'ange et du diable dans mon article sur Brennilis :
Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE SUPÉRIEUR. SAINTE CLOTILDE ET LA VIERGE À L'ENFANT.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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1°) Sainte Clotilde.
La sainte occupe une niche tronquée au fond damassé (motif à rouelles) couronné d'un dais où deux anges soutiennent une clef portant les initiales R.B.
L'abbé Blanquart, qui a pu les examiner dans un état plus complet, en a résolu le monogramme, celui du peintre verrier ROMAIN BURON. Il en a donné un relevé précieux :
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Blanquart 1885 page 73. numérisation Google BNF.
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Sous cette inscription, la niche se complète d'une voûte en cul de four et de baies grillagées, et d'un bandeau où se lit l'nscription : SANT CROTI . (N rétrograde).
" Le panneau de gauche représente sainte Clotilde, elle porte la couronne royale, son manteau bleu est fleurdelysé, sur ses épaules on voit une étoffe violette ; à la ceinture, une large chaîne d'or formant des festons; la jupe est d'un beau rouge. A la hauteur des épaules, on lit SANT CROTI. La tête se détache sur une voûte d'église. Au haut de la verrière, un écusson est tenu par deux anges. De la main gauche, la Sainte tient une église dorée et très ornée, qui se détache en clair sur les autres couleurs plus sombres. " (L. Coutil, 1909)
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Le culte de sainte Clotilde s'explique par la proximité des Andelys, lieu où la sainte épouse de Clovis avait créée, un monastère, le premier monastère qu’elle fit bâtir en France, en 511, avant même celui qu’elle fit édifier à Chelles. Il fut détruit lors des invasions normandes du début du 10e siècle, mais une fontaine miraculeuse de Sainte Clotilde y fut à l’origine d’un pèlerinage, qui avait lieu chaque année, le jour de la fête de la Sainte Clotilde, le 2 juin.
Vers 1540, la collégiale des Andelys fut dotée de 3 verrières de la Vie de sainte Clotilde (baies 20, 24 et 26).
Ce culte explique aussi que Clotilde soit représentée ici tenant la maquette d'une église, celle des Andelys : elle s'inspire de la statue identique, du XIVe siècle, qui y est conservée.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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2°) La Vierge à l'Enfant.
Elle est placée dans le même cadre (niche tronquée, tenture damassée, cul de four, initiales R.B...) et le bandeau porte l'inscription AVM / PLA qui renvoie à l'oraison AVE MARIA GRACIA PLENA.
La Vierge est nimbée, couronnée, vêtue d'un manteau bleu, d'un surcot rouge et d'une robe violette. Son fils porte le nimbe crucifère et tend la main vers l'objet que lui présente sa mère et que la barlotière ne nous permet pas de distinguer.
La couronne est ornée d'étoiles,
L'élément le plus remarquable est le grand cercle jaune à anneaux concentriques blancs dans lequel le couple se détache ; il répond au nimbe de Marie, traité de la même façon au jaune d'argent. Ce halo, et la couronne ornée d'étoiles, amène Callias Bey et al. à effectuer judicieusement le rapprochement avec la gravure de Dürer Bratsch 31 de 1508 de la Vierge couronnée d'étoiles. L'objet qui réunit les mains de la mère et celle du fils est alors une pomme, ou du moins une sphère. Le croissant est absent sur le panneau vitré.
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Gallica : [La Vierge sur un croissant de lune, avec une couronne d'étoiles] : [estampe] ([1er état]) / AD 1508 [A. Dürer] [monogr.]
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE TYMPAN.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les auteurs de Vitraux de Haute Normandie décrivent les trois mouchettes du tympan comme étant les scènes de la vocation de saint Pierre (Lc 5:1-11). Pourtant, il s'agit plutôt des scènes de l'Apparition du Christ aux apôtres (Jn 21:1-24), encadrant de chaque coté celle de Pierre marchant sur les eaux (Mt. 14:22-33).
En effet, au centre, nous voyons saint Pierre (manteau rouge et robe or du registre inférieur) marchant sur les eaux : Et il dit: Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il s'écria: Seigneur, sauve-moi! Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?
Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La mouchette de gauche montre une Pêche miraculeuse. Parmi les quatre personnages, Jésus est dans une nef à deux mâts et écarte les mains, tandis que trois pêcheurs dans une barque tirent des filets remplis de poissons.
Or, dans le Nouveau Testament, il y a deux pêches miraculeuses, une avant (Lc 5. 1-11 ) et une après (Jn 21. 1-24 ) la résurrection de Jésus-Christ.
La première, relatée par Luc, est à l'origine de la vocation des apôtres Pierre, Jacques et Jean, qui abandonnant leurs filets se mettent à la suite du Christ et deviendront 'pêcheurs d'hommes'.
La seconde, relatée par Jean, est liée à une manifestation de Jésus ressuscité au même groupe de pêcheurs, confirmant par un repas pris ensemble l'aspect physique de sa résurrection et le caractère universel de la mission qui leur est confiée (153 poissons dans les filets). Jean ne présente pas l'événement comme 'miracle'.
La présence de Jésus dans une barque inciterait à voir ici le texte de Luc.
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Pourtant, la mouchette de droite montre clairement le Christ ressuscité : en effet, il se tient sur la berge et il tient la croix et l'étendard de sa victoire sur la mort. Cela correspond au texte de Jn 21. 1-7 :
"Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra. Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble. Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien. Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus. Jésus leur dit: Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non. Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: C'est le Seigneur! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer."
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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le peintre-verrier Romain Buron élève des Le Prince de Beauvais:
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Romain Buron est un peintre et maître-verrier français de Gisors, actif entre 1534 et 1575 (*). Principal disciple d'Engrand Leprince à Beauvais, où il aurait pu séjourner comme apprenti, il est l'auteur de nombreuses verrières à l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche ou encore à la Collégiale Notre-Dame des Andelys. (D'après Wikipédia) (*) Callias Bey et al. étendent son activité à 1531, date du baptême de son fils Jehan, à 1589.
"Romain Buron et peut-être les autres membres de sa famille documentés par les archives, Jean son père connu de 1521 à 1579 ou Guillaume son frère actif au moins de 1550 à 1579, prolongèrent depuis Gisors la façon de Beauvais, adaptée à leur manière au delà du mileu du XVIe siècle. " (Callias Bey p.50)
1°) Romain Buron à Conches vers 1535-1540.
Les vitraux (baies 0 à 6) du chœur de l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche représentent des scènes de la Vie de sainte Foy et de la Passion du Christ. Ils ont été réalisés principalement vers 1535, la plupart d'après des gravures d'Albrecht Dürer, à Gisors dans l'atelier de Romain Buron, un élève d'Engrand Leprince (la baie B porte une signature). Pendant longtemps, l'inscription « Aldegrevers ho anno domini XX », découverte en 1855 dans le galon du costume de saint Louis, sur la baie 1 du Supplice de sainte Foy, a fait attribuer à tort les verrières au Heinrich Aldegrever, élève de Dürer. La thèse actuelle est que Romain Buron a copié intégralement un carton d'Aldegrever — Quatorze enfants dansants en rond...pour les putti du registre inférieur —, y compris la signature. Cette gravure datant de 1535, les verrières dues à Romain Buron à Conches ne peuvnet être antérieurs à cette date. Le monogramme de Romain Buron sur la lame du sable de saint Pierre dans la baie 3 (Jésus au Mont des Oliviers). La baie 11 de Conches , la Vierge aux litanies, vers 1540, est aussi attribuée à romain Buron.
"Il s'agit d'œuvres vivement colorées, parfois de façon un peu surprenante. Dans la baie sud de l'abside de Conches, les personnages évoluent dans des architectures pareilles à des décors de théâtre, qui associent étrangement un rose violet, un vert et un violet soutenus, comme on le voit avec peut-être plus de modération dans le vitrail de Saint-Claude à Saint-Etienne de Beauvais (1527)" (Callias Bey p. 50)
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2°) Romain Buron à la collégiale des Andelys, vers 1540 1550.
Le peintre a signé la baie 106, mais l'attribution de la baie 18, de l'adaptation de la baie 16 est probable, de même que celle des plus belles verrières de la nef (126, 128 et 130), des baies 102 et 104 du Credo apostolique du chœur.
"Les dais d'architecture et surtout le tympan du vitrail signé de Notre-Dame des Andelys par exemple, montrent aussi que Romain Buron apprit de ses maîtres l'emploi virtuose du jaune d'argent. Il leur empruntait même des schémas ou éléments de composition" (Callias Bey p. 50)
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3°) Romain Buron à Gisors vers 1530-1540.
Pour la collégiale de Gisors Engrand Le Prince réalisa en 1526 dans son atelier de Beauvais la baie 21 de la Vie de Saint-Claude, puis en 1527 son fils Nicolas réalisa la baie 26 de la Vie des saints Crépin et Crépinien.
"Sans-doute grâce à l 'équipement laissé par Tassin Burel et aux vitraux créés dans les chapelles Saint-Claude et Saint-Crépin en 1521 et 1560 respectivement par Engrand et Nicolas Le Prince, un atelier se créa à Gisors, dirigé par Jean Buron, documenté de 1521 à 1560. En 1543, il réalise une verrière peinte à Gisors, consacrée à la vie de Saint Luc. Les deux fils de Jean Buron, Guillaume et Romain, prirent sa succession et exécutèrent, dans les années 1560, au moins cinq verrières historiées pour les fenêtres hautes de la nef et pour les baies des chapelles, toutes perdues. Romain, encore actif l'année de sa mort en 1589, ne travailla comme peintre-verrier pour la fabrique de Gisors qu'à partir de 1558, alors qu'il était en âge de travailler dès 1531.C'est au second quart du XVIe siècle qu'appartiennent les verrières documentées ou signées de Saint-Etienne de Beauvais et des Andelys qui ont permis de reconnaître la main de Romain Buron dans les verrières de Gisors, du chœur de Conches et de Jumièges. Les attributions ds panneaux de Gisors et de Conches, confirmées par des initiales R.B. correspondraient à la phase précoce de sa carrière, consacrée à une commande privée." (d'après E. Hamon)
En 1555, Romain Buron réalise en quelques jours une verrière de Saint Gervais et saint Protais :
"Le roi Henri II fit son entrée à Gisors le lundi 25 novembre 1555. À cette époque, Gisors, autour de son église, était l’objet d’un bouillonnement artistique propre à la Renaissance, et nombreux étaient les corps de métiers peintres, sculpteurs, vitriers qui gravitaient autour du chantier de l’église.
Henri II, fils de François I° était roi depuis huit ans lorsqu’il vint visiter Gisors. Après le service solennel du jour de son entrée, le roi eut l’occasion d’assister à d’autres cérémonies religieuses dans notre ville. Comme une sorte de défi, Romain Buron décida de réaliser un vitrail en l’honneur de la présence du roi à Gisors.
C’est ainsi qu’en peu de temps il créa deux vitraux de saint Gervais et saint Protais (les saints patrons de la ville) agrémentés des armes du roi et de la ville de Gisors et de trois fleurs de lys d’or sur fond d’azur. Le roi « fut estonné de voir que si promptement l’on avait fait cet ouvrage qui est la vitre sur notre maistre-autel et en fut bien content… ». Un artiste gisorsien avait en cette année 1555 étonné un roi de France.Il ne subsiste rien aujourd’hui à Gisors de l’œuvre de Romain Buron. Le vitrail qui avait étonné Henri II fut remplacé au XIX° siècle par une œuvre paraît-il médiocre qui ne survécut pas à l’incendie de 1940, ce qui fut hélas le sort de nombreux autres chefs-d’œuvre de notre église." (https://actu.fr/normandie/andelys_27016/gisors-histoire-romain-buron-lartiste-gisorsien-qui-a-etonne-le-roi-de-france_11071410.html)
En 1583, il réalise pour la baie 30 un vitrail sur les Prophètes et les Sibylles, et en 1588 il le remet en état.
4°) Romain Buron à Beauvais.
— En 1572, le peintre est appelé par le marchand Nicolas Brocard pour réaliser une verrière pour la chapelle Saint-Eustache de l'église Saint-Etienne de Beauvais : c'est la baie 18, présentée ici dans ce blog.
13 mai 1572 : « Comparut personnellement Romain Buron, maistre vitrier demourant à Gisors, lequel recongnut avoir promis et par ces présentes promet à Nicolas Brocard, marchant demeurant à Beauvais, à ce présent et acceptant, de faire et fournir deux espaces de vittres estans en la chappelle Saint Eustache, en l'église Saint Estienne dud. Beauvais, et en icelles deux espaces historyer comme une pestilence mortelle assaillit les serviteurs et chambrières de monseigneur saint Eustache et les occyst tous, et peu de temps aprez tous ses chevaulx et toutes ses bestes moururent soudaynement, et comme aucuns des compaignons dud. monseigneur saint Eustache entrèrent par nuyct en sa maison et ravyrent et emportèrent or et argent et le despouillèrent de toutes autres choses, mesmes que luy, sa femme et enfanz s'en fuirent par nuict tous nudz de biens, et comme nonobstant toutes lesd. adversitez mon seigneur saint Eustache rendit grâces et louanges? à Dieu, et au dessoubz desd. hystoires pour mettre et hystorier deux priantz qui seront pourtraictz au mieulx que led. Buron pourra faire les personnes de feu Mahiot Brocard, père dud. Nicolas et Huguette de Bray, sa femme, et au dessoubz desd. Priantz et le tout rendre et livrer, faict et parfaict d'aussi bonnes estoffes et matières que les autres vittres estans en lad. chappelle, assavoir la moictyé desd. hystoires en dedans le jour de Toussaintz prochain venant, et l'autre moictyé le jour de Noël prochain venant; et moyennant ce led. Brocard sera tenu et promet aud. Buron, ce acceptant, de luy bailler et payer au feur et à mesure qu'il besongnera, assavoir dix huit sous pour chacun pied desd. vittres; lesquelles estoffes et matières dessusdites led. Buron sera tenu livrer à ses despens, hors mis le fer, lequel fer led. Brocard sera tenu livrer avecq le plattre qu'il conviendra. »
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— Jean Lafond, Romain Buron et les vitraux de Conches. L'énigme de l'inscription « Aldegrevers », Bayeux, impr. Colas, 19421.
— Van Moé Émile-Aurèle, Jean Lafond. Romain Buron et les vitraux de Conches. L' énigme de l'inscription «Aldegrevers ».Bayeux, impr. Colas (1942). (Extrait de l'Annuaire normand, 1940, 1941.) [compte-rendu] Bibliothèque de l'École des chartes Année 1942 103 pp. 271-272 http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1942_num_103_1_460361_t1_0271_0000_2
— LAURENT (Brigitte), 1986, Les Vitraux de Romain Buron à Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors (Eure) : Directeur de recherche, Madame Anne Prache. Paris IV Sorbonne, 1986.
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SOURCES ET LIENS.
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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171
— COUTIL (L.) 1919, Le culte de sainte Clotilde aux Andelys (Eure) et en Normandie, par L. COUTIL, correspondant du ministère de l'Instruction publique, membre de la Société , Recueil de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département de l'Eure, Ancelle fils (Évreux) éditeur , page 33.
— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.
— PASSY (Louis) , 1907, LE LIVRE DES MÉTIERS DE GISORS AU XVIe SIECLE PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DU VEXIN , PONTOISE SOCIÉTÉ historique DU VEXIN
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" Entre la fin du xve et le milieu du xvie siècle, l'église de Gisors est agrandie et en partie reconstruite dans le style gothique flamboyant. Les deuxièmes collatéraux du chœur, le pseudo-déambulatoire, les chapelles du chevet, les croisillons du transept, la nef, ses doubles bas-côtés et la tour à gauche de la façade datent de cette époque."
La confrérie des cordonniers de Gisors disposait dès 1483-1484 d'un autel dans la collégiale, mais profita de la reconstruction pour disposer d'une chapelle dédiée à leurs patrons Crépin et Crépinien : elle fut achevée en 1530 par la pose d'un vitrail de la vie des saints patrons. Elle répond, du coté nord, à la chapelle des tanneurs, dans le bas-coté sud, dédiée à leur patron saint Claude, et achevée en 1526 avec sa baie 26.
La baie de la Vie de saint Claude avait été peinte par Engrand le Prince, maître-verrier de Beauvais. Les cordonniers firent appel à son fils Nicolas pour réaliser leur verrière.
Située dans la 3ème chapelle nord, c'est une baie à quatre lancettes trilobées —aux peintures distribuées en 3 registres — et un tympan à 4 mouchettes, 1 soufflet et 2 écoinçons. Elle mesure 6,50 m de haut et 3,10 m de large. Elle a été restaurée en 1899 par Duhamel-Marette.
Elle narre la Vie des deux patrons des cordonniers, selon une tradition ancienne. Les manuscrits d'un Mystère, représentation théâtrale de cette Vie, est conservée, datant peut-être du XVe, sont conservés à la Bnf et à Chantilly et ont été édités en 1836 par Desalles et Chabaille. on y trouve une annotation précisant qu'ils ont été joués aux maistres et aux compaignons cordouenniers" à Paris en 1458 et 1459.
"Les confréries étaient très nombreuses au xve siècle. Les particuliers se réunissaient sous l'invocation d'un saint ou d'une sainte en une association pieuse, qui jouait en même temps le rôle d'une société de secours mutuel. Certaines de ces confréries, nommées « charités » en Normandie et « caritats » dans le Midi, regroupaient des ouvriers d'un même métier qui étaient déjà liés par ailleurs par les statuts de leur corporation. A l'occasion de la fête de leur saint patron, lors du mariage ou de l'enterrement de l'un d'entre eux ou bien lors de cérémonies publiques, les confrères faisaient célébrer des messes, se réunissaient pour des processions ou des banquets. La mise en scène de mystères pouvait être un des éléments de la fête. Il n'y a donc rien d'étonnant dans le fait que les cordonniers aient mis en scène des mystères illustrant la vie et le martyre de leurs saints patrons, saint Crépin et saint Crépinien. La charité des cordonniers de Rouen monta le mystère le 4 juillet 1443 et la confrérie parisienne le 14 mai 1458 et en 1459." (E. Lalou)
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Elle se lit et se décrit de haut en bas, du tympan au registre inférieur. Comme la baie 26, elle est légendée par trois bandeaux en écriture gothique.
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LE TYMPAN.
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Crépin et Crépinien distribuant leurs biens aux pauvres.
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Crépinien est vêtu de chausses rouges, d'un pourpoint jaune et d'un bonnet rouge. Un objet est suspendu à sa ceinture.
Il tend un tissu à un pauvre agenouillé devant lui.
Crépin est au centre, devant la porte des remparts à tours crénelées de la ville. Il est vêtu d'une cape rouge, d'un pourpoint doré, de chausses et d'un bonnet violet. Il puise dans une bourse en cuir une pièce qu'il tend à deux pauvres hères, en haillons, qui ont posé leurs béquilles pour le supplier.
Crépin et Crépinien appartiennent à ces couples de frères martyrs comme Gervais et Protais et Côme et Damien, dont l'une des caractéristiques est leur quasi gémellité. Celle-ci apparaît dans la proximité de leurs noms latins Crispinus et Crispinianus. Crispus est un prénom latin (de l'adjectif signifiant "crépu", Crispinus est un nom romain ; Rufrius Crispinus était le mari de Poppée avant que celle-ci n'épouse Néron.
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Le fait de distribuer ses biens aux pauvres n'est pas une banalité de cette hagiographie : c'est le ressort même de l'action. C'est cette générosité qui va entraîner le mécontentement des autres cordonniers de Soissons, soucieux de voir qu'à ce train là, ils ne gagneront bientôt plus rien : "tant que il seront cy, je say bien, nous ne gaigneron fiou ne rien ». Des cordonniers rivaux les dénonceront au prévôt Rictiovaire, qui les fera mettre à mort . "
"De plus saint Crépin et saint Crépinien sont des cordonniers hors du commun : alors qu'ils étaient « riches hommes, enfans d'uni sénateur de Rome »4, ils choisissent, pour servir Dieu, de se faire cordonniers et le deviennent « sans avoir aprins aux mestiers », ce que Dieu seul a pu permettre. Plus étonnant encore, par charité chrétienne ils réparent les souliers des pauvres, travail de savetier. Cette allusion devait avoir une grande importance pour les cordonniers que l'on voit souvent en procès avec les savetiers et dont la corporation ne cessait d'affirmer ses prérogatives. C'est donc à un public de cordonniers que le mystère proposait une leçon d'humilité." (E. Lalou)
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'élément le plus remarquable est ici le paysage urbain, peint en grisaille sur verre blanc et sur verre bleu avec une grande précision. Derrière les murailles fortifiées sont figurés des maisons bourgeoises hautes, et un château, portant de nombreuses girouettes-étendards.
Ces murs sont peints au Jean Cousin, brun-roux.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre supérieur, première lancette.Saint Denis envoie saints Crépin et Crépinien à Soissons.
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Inscription légendée :
SAINCT DENIS COGNAISSAN LESPRIT DE SAINCT CRESPIN ET DE SON FRERE
DE ALLER PRESCHER EN FEST PRIERE A SOISSONS LA FOY CHARITABLE.
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Le sol est traité par des ponctuations régulières sur fond uni, selon un mode déjà observé dans la baie 21 et qui se retrouvera sur les anutres panneaux.
Saint Denis est vêtu d'une cape à fermail, d'une dalmatique damassée dorée et d'un surplis. La mitre est perlée, la crosse est tenue dans la main droite. Le motif du dama est une grenade et des rinceaux, mais un motif à œillet va se retrouver sur les autres étoffes damassées.
Saint Crépin a troqué sa toque contre un nimbe, mais il conserve sa cape rouge (acec crevés à l'encolure), ses chausses violettes, et son pourpoint damassé, à œillets.
Créspinien, toujours en retrait par rapport à son frère, est vêtu comme sur le tympan.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'arrière-fond nous offre une superbe vue de la façade d'une église (celle de Gisors ?) avec deux tours rectangulaires et au dessus d'un portail en plein cintre, une tour ronde à piliers en rotonde.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre supérieur, deuxième lancette.À Soissons, Crépin et Crépinien exercent le métier de cordonnier et enseignent la foi chrétienne.
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Inscription légendée :
CE QUILS FEIRENT DE BON COURAGE. OU MOULT DE PEUPLE DUDICT LIEU
FAISANS DE CORDONNIER LOUVRAGE INSTRUIRENT EN LA FOI DE DIEU.
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Les saints travaillent en ayant conservé leur tenue luxueuse. Crépin taille le cuir avec un couteau de pied en demi-lune tandis qu'un tranchet à ficher, de forme remarquable, est posé sur l'établi. Un assistant, penché en avant sur une sangle (voyez son usage sur l'illustration suivante) , porte le tablier de cuir propre à la profession.
Crépinien est à demi agenouillé et présente un objet que je n'identifie pas. Je ne comprends pas davantage ce que fait le personnage assis sur un tabouret et qui lui tient la taille. Il semble y avoir une contamination avec une scène d'arrestation, illustrée plus tard en sculpture à Troyes :
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Derrière eux, un couple, la femme portant une petite coiffe.
Nous devons éviter de confondre les cordonniers avec les savetiers :
"Le métier de cordonnerie était très nettement défini à Paris comme à Rouen au xve siècle et, sans insister sur les statuts de la corporation, il importe cependant de définir ce qu'était alors un cordonnier. Le « cordouannier de soulers et de huèses » fabriquait des chaussures et des bottes avec du « cordouan », c'est-à-dire de la peau de chèvre corroyée mais non tannée. Il pouvait aussi employer des cuirs de veau ou de vache, mais le cuir de mouton ou « basane » était réservé aux « çavetonniers » ou « basaniers » . A Rouen, les cordonniers « vachers » formèrent jusqu'en 1432 un métier distinct de celui des cordonniers. Le travail des cordonniers était très dictinct de celui des savetiers. Ceux-ci, appelés aussi « carreleurs » en Normandie, se bornaient à la réparation des souliers usés et n'avaient le droit d'employer qu'un tiers de cuir neuf. Les corroyeurs, tanneurs, peaussiers, mégissiers et teinturiers qui préparaient le cuir formaient autant de métiers particuliers. De même les gantiers, selliers, boursiers et courroiers fabriquaient les gants, selles, bourses et courroies. A Paris et à Rouen, tous les autres métiers du cuir possédaient donc leurs propres corporations et, de même, leurs confréries distinctes. Les savetiers avaient aussi saint Crépin pour patron, tandis que les corroyeurs et les tanneurs vénéraient saint Simon et saint Jude, et tous se réunissaient dans des lieux différents et à des dates différentes de ceux des confréries de cordonniers" (E. Lalou)
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'arrière-plan est à nouveau très intéressant à observer : c'est, à gauche, la façade d'une échoppe de cordonnier-savetier. Une paire de bottes, des formes, et des chaussures sont suspendus à un râtelier articulé.
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Comparez à :
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À droite, une façade d'église, avec une rose à 12 mouchettes.
Deux prêtres (chanoines ?) sont agenouillés devant le porche, qui est ouvert sur un alignement de piliers. Au tympan du portail, la statue d'un personnage écartant son manteau et tenant une hampe.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre supérieur, troisième lancette.Le diable, jaloux, parle en songe à un usurier et lui suggère de dénoncer l'action des saints.
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Inscription légendée :
LE DIABLE AVANT DE ICEULX --- UN USURIER QUY DORMOIT
ALLA COMPTER TOULTE LEUR VIE AINSY QUE AU PREVOST LE DIROIT.
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Le diable est représenté de manière amusante comme un homme très en colère qui se jette sur le dormeur ; il est tout vêtu de blanc, comme un fantôme dont il ne diffère que par les deux très longues cornes qui flottent derrière sa coiffe.
Dans le Mystère du XVe siècle, les diables portent des noms : SATHAN, BELZEBUT et DESTOURBET.
Ce qui sera dénoncé aux autorités romaines, c'est l'adhésion des saints à une religion proscrite et le mépris des Idoles.
L'homme dort sur son oreille gauche, dans un lit à draps et ciel de lit rouge, comme dans le tympan de la baie 21. Et comme dans celle-ci, l'artiste se plait à nous donner de petits tableaux domestiques, comme la table de nuit avec le chandelier et le vase, ou une crédence où un broc et un verre de vin sont posés, ou encore le lustre à oiseaux affrontés .
Ce verre de vin est fait d'un verre rouge gravé (rouge en face externe).
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Dans les branches du lustre se lisent les lettres VIVE NICOL considérée comme la signature de Nicolas Le Prince.
Nicolas Le Prince, fils de l'illustre Engrand qui a signé la baie 21, vient d'une famille de verriers de Beauvais.
Sur la baie n° 9 de l'église de Beauvais, sa signature est tout aussi discrète, sur la lancette C du registre inférieur : elle se limite aux lettres NICOL mal discernable sur un mur.
Les trois générations de l'Atelier Le Prince (1491-1561) de Beauvais.
1°) Le plus ancien verrier de cette famille se prénomme Lorin, il est mentionné en 1491.
2°) La seconde génération comprend Jean et Engrand Le Prince.
Ce sont les auteurs des verrières de Saint-Vincent à Rouen, de l'Arbre de Jessé de l'église Saint-Étienne de Beauvais et de la verrière de Roncherolles de la cathédrale de Beauvais.
—Engrand est actif de 1522 à sa mort en 1531.
— Jean est actif de 1496 à 1538. Il collabore avec Nicolas Le Prince à la verrière de Saint-Claude de l'église Saint-Étienne de Beauvais et à celle du bras nord du transept de la cathédrale de Beauvais.
3°) Nicolas et Pierre Le Prince.
— Nicolas est sans-doute le plus prolifique de 1527 à 1551.
Louviers, La Légende de Théophile vers 1530
— Pierre a signé vers 1530 le vitrail de la Santa Casa de N.D de Lorette de l'église Saint-Étienne de Beauvais ; il travaillait encore en 1561.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre supérieur quatrième lancette. Le préfet Rictiovaire ordonne l'arrestation des deux saints.
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Inscription légendée : difficile à déchiffrer
LEQUEL SUBIT SANS TARDER CRUEL [GRUEZ ? GRIEF ?] COMME UNG MESCHANT QUE ON DEBVOIT
LE ALA DIRE A RICTIOVARE QUI SOUDAIN LES FEIST ALER PRENDRE
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Rictiovaire se penche sur la balustrade de son palis et adresse un ordre à un soldat armé d'une lance.
Rictiovar, « préfet » (Rictiovarus praefectus) ou "Prévost" (dans le Mystère, et ici), de Maximien, est le plus fameux des persécuteurs de Gaule. Dans la région entre Soissons et Amiens, six martyres lui sont attribués, ceux de Quentin; de Crépin et Crépinien (Soissons); de Valère et Rufin (Bazoches en Soissonnais) ; de Macre (Fismes) ; de Fuscien, Victoric et Gentien (Saint-Fuscien en Amiénois); et de l'enfant Just et ses compagnons (Saint Just en Beauvaisis)
Le personnage placé en arrière du Prévost est l'un des deux Conseilliers qui interviennent ici dans le Mystère. Rictiovaire décide de suivre leurs conseils :
Seigneurs, entendes mon accort :
Alez-nous quérir vistement
Ces deux qui la loy diffamant
Vont, présent nous, que nous tenons ;
Alés tost, et nous viserons
Quelz martyres pourront souffrir
Si ne se vueullent repentir
De leur faulx et mauvaiz langage.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Nouvel exemple d'un édifice en arrière-plan :
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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REGISTRE INTERMÉDIAIRE.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deuxième registre, première lancette. Flagellation des deux saints en présence de Rictiovaire.
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Inscription légendée :
ET QUAND ENTENDIT LES RAISONS DES BONS SAINTS ESTROICT DETENUS
SANS LEUR USER DE LONGS BLASOS DREFUEMENT LES FEIST BATRE MID
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deuxième registre, deuxième lancette.Les deux saints sont pendus à des gibets où des bourreaux leurs arrachent des lanières de peau .
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Inscription légendée :
NOSANT ICEULX NE CONTREDIRE MAIS FAIRE A DIEU TOULIOEURS PRIERES
COM[M]E[NT] UN TIRAN T[OU]T REMPLI DE IRES LES FEIST ESCORCHER PAR LANIERES
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Le terme de "tiran" ou plus habituellement "tirant" désigne un bourreau. Voir le Mystère ... ou les différentes Passions médiévales. Certains portent des noms : AIGREMORT et AGRAPART.
Rictiovaire donne ses ordres :
A vous ! Vuellés les tost saisir,
Et les lier en celle estache ; [ Estache : pilier, poteau. ]
Car du corps je vueil qu'on leur sache
Des courroyes cy devant moy.
— Délivrez-vous, ou foy que doy
A tous les dieux que doy amer
Je vous feray déshonnourer
Et mettre à mort, je le vous juré.
PREMIER TYRANT.
Passés avant ! que grant laidure
Vous puist venir prochainement !
— Sus, compains ! sans délayement
Pren de là, et qu'il soit lié.
IIe TIRANT.
De moy sera contre-lié
Et garroté de ceste corde ;
Car à lui mal faire m'acorde
De bon vouloir, je te promés.
IIIe TIRANT.
Vous serés servi de tel més
Que vostre frère, par Mahom !
—Avant, compains ! or le lion
Comme l'autre appertement.
[les saints élèvent leurs prières vers Dieu]
PREMIER TIRANT.
Or sus ! ne faisons plus d'arrest ;
Puisque liés sont sus et jus,
II ne nous fault attendre plus
D'oster les courroyez du dos
A ces compains-cy, je le los
Pren ce coustel ; avançons-nous.
IIe TIRANT.
Affin que il ne tienne à nous,
Délivrons-nous de les trenchier
Et puis les vouldrons escorchier.
Trenche de là et moy de çà :
Maudit soit qui pitié ara
De leur mal faire nullement.
IIIe TIRANT.
On ne leur peut trop de tourment
Faire par Mahom que je croy !
Je scay moût bien, quant est à moy,
Qu'auray tantost une courroye ;
Or regardes comment je raye
Parmi son dos de ce coustel.
IIIIe TIRANT.
Par Mahon ! tu fais bien et bel ;
Je vueil corne toy ainsi faire.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deuxième registre, troisième lancette.Les alènes enfoncées sous les ongles des saints se retournent, telles des flèches, contre les bourreaux.
Corps des martyrs restitués.
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Inscription légendée :
POINT NE EN LAISSERENT LE PRESCHER DONT VOIANT SON ABUSION
LEURS PIEDS DE ALESNES FEIST PERCHER MAIS A LA GRANDE CONFUSION
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Rictovaire décide, devant l'entêtement des saints a proclamer les vérités de leur foi, d'utiliser leurs propres instruments de travail de cordonnier pour les martyriser :
— Seigneurs, sans faire arrestoison
Alez-moy cy tantost quérir
Des alesnes; c'est mon plaisir ;
Quant noz dieux vueulent despiter
Je leur feray aux doys bouter ;
Car en leur mestier en ouvroyent ;
Si vueul, pour ce qu'ilz s'en vivoyent,
Qu'ilz en sueffrent cruel martire ;
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Il faut concevoir que, pour les confrères cordonniers rassemblés dans leur chapelle, ces scènes étaient beaucoup plus parlantes, puisqu'ils les avaient joués, (ou y avaient assisté ) et qu'ils en connaissaient les répliques par cœur ; surtout ceux qui jouaient les "tirants", ou bourreaux, après l'intervention des anges Raphaël et Gabriel projetant miraculeusement les alènes (poinçons en acier courbes, ou comme ici— droits) contre eux :
Ils entendaient donc, en regardant ce vitrail, les Haro !, les De moy !, les Je suis mort ! et les Haro, Mahom ! qui fusaient aussi vivement que les alènes, et ils voyaient les cabrioles exagérées des acteurs tombant (cheoir) en arrière
PREMIER TIRANT.
Haro ! las ! il est ordonnés
De moy ! ne me puis soustenir :
A terre me convient chayr;
Car moult me deulx. Las! je define !
IIe TIRANT.
Ceste alesne en la poittrine
Si in'a navré jusqu'à la mort!
Chéoir me fault, soit droit ou tort,
Incontinent encontre terre.
IIIe TIRANT.
Le Dieu des chrestiens aprins guerre,
Se cuidé-je, encontre nous.
Je suis mort ! Las ! que ferons-nous !
Je n'en puis plus, chéoir me fault.
IIIIe TYRANT.
Haro ! Mahom ! le cuer me fault
Par celle alesne qui me point,
Qui jusques au cuer si me joint
Moult asprement, dont je me muir.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les crevés des hauts de chausses rouge sont obtenus par gravure du verre rouge, puis peinture au jaune d'argent.
Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'édifice à salle panoramique en rotonde revient inlassablement dans le ciel de la ville.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deuxième registre, quatrième lancette.Les deux saints jetés dans l'Aisne, une meule au cou.
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Inscription légendée :
DEPUIS LES FEIST PAR LES TR--- FAITZ OECTER EN XONE IN
-LUECQ MOEULLES DE PESANTZ LAIZ QUI NAGERENT CHO--
Le nom de la rivière Aisne, "Esne" dans le mystère, se dit Axona en latin, d'ou la graphie Axone.
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Callias Bey et col. remarquent que cette scène est proche du miracle des enfants jetés dans le Doubs de la vie de saint Claude à l'église Notre-Dame-de-Marissel, Oise, baie 6, après 1527. Mais nous pouvons aussi la rapprocher le la même scène peinte à Beauvais par Nicolas Le Prince pour la baie n°9 de l'église Saint-Etienne (registre inférieur, lancette C).
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Rictiovaire a condamné les saints à être jeté dans les eaux glacées de l'Aisne avec une meule autour du cou : Meules à leur col leur pendes. Je vous pri, point n'i attendes ; En l'eaue qui est fort gelée Les jettes tost sans demourée, Et les noyés appertement.
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Là encore, la scène jouée sur les tréteaux devant et par les cordonniers est très animée, surtout lorsque les "tirants" s'activent à rouler les lourdes meules et se réjouissent d'envoyer les saints aller pêcher les poissons au fond de l'eau :
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Ier TIRANT
Faisons à getter ces gens-cy ;
Levons ensemble : Hau ! hy, hy !
Mettons la pierre sur le pont,
Si l'envoyerons de plain fons
Dedans peschier.
IIe TIRANT.
Levons-la tost, je vous requier :
Elle est bien ; laissons-la ainsy.
Gettons le corps, je vous em pry,
Devant ; la meulle après ira.
Or, boutons tost... II y sera,
Se pensé-je, jà assez tost.
IIIe TIRANT.
Or alons à l'autre bien tost ;
Si yra veir que l'autre fait.
Levons ensemble, si vous plaist.
Hau ! hy ! hau ! Que deable elle poyse !
Tost serons quittes de leur noise
Et de leur plait, maugré leur dens.
IIIIe TIRANT.
Je vous pri, bouttons-le dedens ;
Si yra pescher aux poissons.
— Avant ! avant !... II est auffons ;
Jamais on n'en orra parler.
Nous nous en povons bien aler
Quant on voudra.
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Mais hélas, les saints ont recours à la Doulce Vierge et la rivière dégèle miraculeusement tandis qu'ils se détachent de la meule : les voici en train de nager comme dans leur bain !
La rivière, qui fort gelée
Estoit, est chaude devenue
Comme eaue de baing, chose est sceue ;
Les meullez qu'en leur col ont mis
Emportent, dont je m'esbahis
Et merveille très grandement.
II ne leur griève nullement
A porter ne c'une chemise ;
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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REGISTRE INFÉRIEUR.
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Troisième registre, première lancette.Les deux saints dans une chaudière d'eau bouillante, dont le contenu vient frapper les tortionnaires.
Scène très restituée.
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Inscription légendée (très effacée) :
CAUSANT DOULEURS EURS NUICT
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Dans la Troisième journée du Mystère, Rictiovaire est mort, et c'est un messager qui vient raconter les faits à Maximien : les saints ont été plongés dans une marmite d'huile et de plomb bouillants, mais la "fournaise" creva répandant son contenu sur le Prévôt et les bourreaux :
De dueil qu'en out Rictiovaire,
Leurs fist un aultre tourment faire ;
Car en une fournaise ardant,
En huille et en plonc boullant
Les fist mettre par grant ayr ;
Car à chief en cuidoit venir ;
Mais la fornaise si creva
Qui Rictiovaire tua
Et ceulx qui estoyent autour
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
C'est Rictiovaire lui-même, sceptre en main, qui tombe à la renverse.
Notez l'effet saisissant rendu par les flammes en verre blanc dont seule la partie centrale est peinte au jaune d'argent.
Dans la légende, une goutte du liquide est projetée dans l'œil de Rictiovaire : l'artiste a effectivement représenté une fusée d'huile qui jaillit mais n'a pas encore atteint l'œil.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Nouvel exemple d'architecture (palais surveillé par un garde), sur un verre bleu-violet.
Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Troisième registre, deuxième lancette. Un soldat raconte ces prodiges à Maximien.
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A MAXIMIEN LEMPEREUR LUNG DE SES GENTS (GRANTZ) ALLA BIEN TOST
Blanquart, suivi par Callias Bey, trouve que le soldat est inspiré d'après celui de la Dame au lansquenet de Dürer, cat. Bratsch n°82.
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Albrecht Dürer, La dame à cheval et le Lansquenet 1497. Photo (C) RMN-Grand Palais (domaine de Chantilly) / René-Gabriel Ojéda
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Je le rapproche surtout du seigneur qui, dans la baie 21 peinte par Engrand le Prince, assiste au baptême de saint Claude au registre supérieur. Mêmes chausses à crevés, mêmes rubans sous le genou, même chapeau à plume blanche.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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En arrière-plan, la cheminée Renaissance, le plafond à caissons, ...
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Troisième registre, troisième lancette. Décollation des deux saints.
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Inscription légendée :
LORS SANS PLUS ---MAXIMIEN SANS CONTREDICTS
LES BENORCT-EMCTENT DECOLLRE QUI TR—MBENT EN PARADIS
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L'empereur en entendant les saints proclamer leur foi, est furieux de les voir blasphémer contre Mahom : On vous fera coupper les testes ; Car très mauvaises gens vous estes De cecy dire.
Dans le Mystère, le jugement et la décollation se déroulent devant l'empereur, ses deux conseillers, et des chevaliers, tandis que les bourreaux se nomment GRAINAUT et MALFERAS.
Ici, la scène est représentée dans la largeur des deux dernières lancettes.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Dans la troisième lancette, le bourreau porte une tenue de soldat, avec pourpoint blanc à crevés, haut-de-chausses à crevés nouées sous le genou par un ruban bleu, comme le messager de la lancette précédente. Maximien est coiffé d'un turban et vêtu d'une pelisse ; il tient son bâton de commandement. Un homme et trois femmes observent la scène.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'arrière-plan est en grisaille sur verre rouge clair.
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Troisième registre, quatrième lancette.Décollation des deux saints.
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Inscription légendée :
CORDONNIERS DE AMOUR ENTIER MECTANT EN DIEU TOUT LEUR ART
MIT cu dni CESTE VERRIERE LAN MIL CINQ CENS ET TRENTE
Cette inscription est évidemment très précieuse par la datation de 1530, déjà relevée par l'abbé Blanquart. Mais elle doit aussi être lue — malgré ma difficulté à décrypter le début de la seconde ligne— comme une inscription de donation par la confrérie des cordonniers, "cordonniers d'amour entier mettant en Dieu tout leur art", donnée précieuse en l'absence des armoiries qui, sur la baie 26, affirmait clairement la donation des tanneurs.
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Le bourreau est ici pieds nus, coiffé d'un bonnet rouge à ruban blanc (verre gravé).
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Vie de saints Crépin et Crépinien (1530, Nicolas Le Prince), Baie 23, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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CONCLUSION.
Cette baie réalisée 4 ans après la baie 26 n'a pas, à mon jugement, la beauté et la maîtrise éblouissante déployée par Engrand Le Prince dans cette dernière. Elle est surtout remarquable par la qualité de ses arrière-plans, sur verre bleu mais aussi bleu-violet : leur étude pourrait permettre dans trouver les sources soit locales dans les vues anciennes de Gisors, soit par comparaison avec les édifices peints avec soins dans les enluminures ou dans d'autres vitraux, comme a su le faire Marie Jacob pour la production de l'atelier des Colombe (1470-1500).
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SOURCES ET LIENS.
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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 120
— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.
—HÉROLD (Michel), 1993, Gisors, église paroissiale Saint-Gervais Saint-Protais, les verrières, Paris, 1993. Non consulté.
— JACOB (P.L), 1852, Histoire des cordonniers et des artisans dont la profession se rattache a la cordonnerie, comprenant l'histoire des anciennes corporations et confréries de cordonniers, de bottiers, de savetiers, de formiers, de marchands de crépin, de peaussiers, de tanneurs et de corroyeurs de la France, depuis leur fondation jusqu'à leur suppression en 1789: précédée de L'Histoire de la chaussure depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Librairie historique, archéologique et scientifique de Seré, 1852 - 326 pages
— LAFOND, Pratique de la peinture sur verre à l'usage des curieux: suivie d'un suivie d'un essai historique sur le jaune d'argent, et d'une note sur les plus anciens verres gravés, Lainé, 1944 - 137 pages
— LALOU ( Elisabeth ), 1985, Les cordonniers metteurs en scène des mystères de saint Crépin et saint Crépinien
Bibliothèque de l'École des chartes Année 1985 143-1 pp. 91-115
— MÂLE (Emile), 1931, L'art religieux de la fin du Moyen Age en France. Etude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration, Paris, pages 171, 181 et 182
Fig. 95. — Arrestation de saint Crépin et de saint Crépinien. Eglise Saint-Pantaléon, Troyes.
De charmants vitraux, consacrés à la légende de saint Crépin et de saint Crépinien, ornent une chapelle de l'église de Gisors, l'église de Clermont-d'Oise et l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse : ils ont été offerts, les uns et les autres, par des confréries de cordonniers.
. Le Mystère de saint Crépin et saint Crépinien a été composé à la requête d'une confrérie de cordonniers . Bien d'autres vitraux commémorent les jeux dramatiques organisés par les confréries. Les verrières consacrées à saint Crépin et à saint Crépinien que les cordonniers de Gisors et ceux de Clermont-d'Oise donnèrent à leurs églises en sont la preuve. Les confrères de Gisors et de Clermont connaissaient certainement le Mystère de saint Crépin et de saint Crépinien qu'avaient fait représenter les cordonniers de Paris. L'artiste (car les vitraux de Gisors et de Glermont sont du même dessinateur ) avait vu lui aussi la pièce. Il la suit en effet pas à pas ; les martyrs sont tour à tour frappés de verges, écorchés, déchirés avec des alênes, jetés dans la rivière avec une meule au cou. Quelques scènes typiques dénotent clairement l'imitation. Un épisode assez oiseux, mais qui a sa place dans le drame, a été reproduit : un magnifique messager, l'épée au côté, le chapeau sur le dos, explique au vieil empereur à barbe blanche qu'il est impossible de venir à bout des deux prisonniers ; les cuves d'huile bouillante où on les a plongés ont éclaté et ont tué tous les bourreaux. L'empereur ordonne alors qu'on en finisse et qu'on décapite les deux saints.
6. Le vitrail de Gisors est de 1530, celui de Clermont de 1550. Les cartons avaient été conservés dans l'atelier du peintre-verrier. Ce peintre était un artiste attaché à l'atelier des Leprince à Beauvais, comme le prouve le style du vitrail. Certaines scènes, à Gisors et à Clermont, sont absolument pareilles. 11 n'y a qu'une différence : c'est qu'à Clermont l'œuvre est plus complète et contient des scènes qui manquent à l'autre (histoire des reliques).
7. Le Mystère de saint Crépin et de saint Crépinien, publié en 1836 par Dessalles et Chabaille, Paris, in-8°, n' est malheureusement pas complet. Tout le début manque. Nous ne pouvons donc pas confronter les premiers panneaux du vitrail (naissance, conversion, apostolat des saints) avec le Mystère.
D'autres scènes plus significatives encore lèvent tous les doutes. On voit, dans le vitrail de Clermont, un vieillard et une chrétienne ensevelir les restes des martyrs ; puis leurs reliques retrouvées sont mises dans une châsse et présentées à la vénération des fidèles; les malades accourent en foule et reviennent guéris. Or, tel est précisément le dénouement du Mystère : la dernière journée tout entière y est consacrée à l'histoire des reliques
Je suis convaincu que la plupart des vitraux légendaires qui nous restent ont la même origine. Je sens partout l'influence de ces innombrables représentations dramatiques organisées par les confréries. Tout cela, il est vrai, s'entrevoit dans le demi-jour; les preuves formelles manquent la plupart du temps.
1. Le vitrail de saint Crépin et de saint Crépinien qui se voyait à Paris aux Quinze-Vingts était semblable à ceux de Gisors et de, Clermont. Il se terminait aussi par l'épisode des reliques.
— MIGNE (Paul-Jacques), Dictionnaire des Mystères, Encyclopédie théologique, ou Série de dictionnaires page 274 et ss.
— MYSTÈRE DE SAINT CRESPIN ET SAINT CRESPINIEN, PUBLIÉ POUR IA PREMIÈRE FOIS, DAPRÈS UN MANUSCRIT CONSERVÉ AUX ARCHIVES DU ROYAUME, PAR L. DESSALLES ET P. CHABAILLE. A PARIS, CHEZ SILVESTRE, LIBRAIRE, RUE DES BONS-ENFANTS, N° 50. MDCCCXXXVI. [1836]
— TOURNEUR (Victor), 1906, Le mystère bréton de Saint Crépin et de Saint Crépinien. Paris, H. Champion."Extrait de la Revue celtique, t. XXV, pp. 299-243, 420-437; t. XXVI, pp. 96-111, 200-217, 290-319; t. XXVII, pp. 16-48." "Le texte ... reproduit le ms. 20 du fonds celtique de la Bibliothèque nationale de Paris."
— Nom de genre Æshna, Fabricius, 1775, Syst. Ent.: 424. Nom de genre inexpliqué créé par Fabricius en 1775 (peut-être par contamination d'Æschna, T. Mouffet 1634).
(ou : — Æshna Fabricius 1775, Syst. Ent.: 424. Le nom de genreÆshna Fabricius 1775 ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a peut-être été inspiré par le nom tout aussi mystérieux "Æschna" donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules. Bien que Æshna soit "fautif" s'il s'agissait d'un nom inspiré du grec, un lapsus calami ou une erreur typographique n'est pas envisageable puisque cette graphie a persisté telle quelle dans les publications écrites et supervisées par l'auteur en 1781, 1789 et 1792. Il n'est donc pas licite de modifier sa graphie en Æschna comme l'avait proposé Illiger en 1807, mais cette dernière forme, souvent utilisée par les entomologistes jusqu'à la décision de la Commission Internationale de Nomenclature en 1939, est à l'origine de notre nom français actuel, Aeschne. )
— Nom d'espèce Æshna mixta Latreille 1805, Hist. nat. crust. ins. 7:13. Du latin mixtus, a, um, "mélangé". L'origine du nom est, une fois de plus, donnée par l'auteur ; et comme Latreille est français, il donne à son espèce, en même temps que le nom scientifique, un nom en langue vernaculaire, "Aeschne mélangée". Voici l'explication : "abdomen ayant un grand nombre de taches diverses brunes , mêlées de taches jaunâtres et coupées par du noir".
— Noms vernaculaires français : 1°) L'Aeschne mélangée, Latreille 1805, en raison des couleurs mêlées de l'abdomen ; 2°) L'Aeschne mixte, 1983, The Dragonflies of Great Britain and Ireland de Hammond, Askew, et Merritt. Ce nom qui croit traduire le nom scientifique est en réalité un fallacieux contre-sens.
— Noms vernaculaires dans d'autres langues.
-en allemand : Herbst-Mosaikjungfer (demoiselle d'automne en mosaïque )
- en anglais : The Migrant hawker
- en frison : Hynstebiter, Lytse glêzebiter, Bleinebiter.
Devant de la tête jaune, avec une tache noire sur le haut ; corselet verdâtre brun, avec deux petites taches en devant , et deux bandes de chaque côté d'un jaune verdâtre; abdomen ayant un grand nombre de taches diverses brunes , mêlées de taches jaunâtres et coupées par du noir ; ailes sans teintes.
— Aux environs de Paris, en Angleterre; elle m'a été donnée par M. de Sèves peintre, et dont les talens concourent à l'exécution de cette édition de Buffon. "
C. Deliry fait remarquer que Latreille (1805) connaît la planche de Harris (1776 et 1780) mais ignore parfaitement les noms scientifiques donnés par l'auteur anglais. Le nom est : Libellula coluberculus. C'est un diminutif du nom latin coluber, "couleuvre, serpent (en général) " et il signifie "petit serpent". La forme Coluberculus (rare voire inusité) apparaît néanmoins dans un dictionnaire anglais de Littleton en 1735 avec la traduction "a little adder", ce qui renvoie aux surnoms anglais des libellules comparant celles-ci à des serpents : "adder-bolts, or dragon-flies" (1769), "adderflies" (1837), etc.
Harris, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work. - pp. [1], i-viii [= 1-8], 1-166, index [1-4], Tab. I-L [= 1-50]. London. (White, Robson). , pages 91-92 et planche XXVII.
LIBELLULAE. COLUBERCULUS. Fig. 1. Mesure trois pouces & trois quarts.
Le nez est jaune, à l'extrémité duquel il y a une ligne noire. Les yeux sont d'un brun olive. Le corselet est olive brun. Les raies latérales sont d'un jaune vert, & deux petites taches de même couleur paroissent sur le front du corselet. Les grains sur le dos entre les ligamens des ailes sont jaunes. L'abdomen est d'un beau brun de mahogony, nuagé de noir ; toutes les plus grandes taches de dessus sont bleu, & les petites triangulaires sont jaunes. Elles volent dans les ruelles, le long des haies, en Juin. La femelle est comme le mâle, excepté les taches sur l'abdomen, qui sont d'un vert clair. Elles furent prises ensemble, & l'abdomen étoit plein d'œufs.
(*) Mahogany : couleur voisine de l'acajou. Nom d'arbres tropicaux américains ou africains.
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Voici maintenant la figure 1 de la Planche XXVII dessinée par Harris :
Du latin mixtus, a, um : du verbe misceo "mêlé, mélangé" (Gaffiot). L'origine du nom est, une fois de plus, donnée par l'auteur ; et comme il est français, il donne à son espèce, en même temps que le nom scientifique, un nom en langue vernaculaire, "Aeschne mélangée". Voici l'explication : "abdomen ayant un grand nombre de taches diverses brunes , mêlées de taches jaunâtres et coupées par du noir".
Le piège, pour un locuteur français, est de rapprocher le latin mixta de l'adjectif "mixte", qui a depuis le XIVe siècle le sens suivant "Qui comprend deux ou plusieurs éléments de nature différente. " (CNRTL http://www.cnrtl.fr/definition/mixte).
C'est dans ce piège que vont se précipiter les auteurs.
Le pire est de considérer, comme D'Antonio et Veglante, que A. mixta est une espèce mixte car elle a un ou plusieurs éléments de deux espèces d'Aeschne, A. cyanea et A. juncea en l'occurrence !
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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.
Ma meilleure note va, comme d'habitude, à Fliedner.
Ça devait arriver ! À croire que nos entomologistes en font exprès ! Peut-être après un premier emploi par Paul Robert en 1958 (à en croire la revue Cordulia), le nom apparaît en 1983 dans le guide de vulgarisation The Dragonflies of Great Britain and Ireland de Cyril Oswald Hammond, Richard Robinson Askew, et Robert Merritt , il est repris dans diverses publications (Alauda, 1990) et reçoit sa confirmation en 2007 dans Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg de D. Grand et J-P. Boudot page 298 et dans le Guide des Libellules de France et d'Europe de K-D. B. Dijkstra. Le Muséum l'adopte sur son site INPN, l'encyclopédie Wikipédia l'entérine, etc. C'est désormais le seul nom en usage....
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LE NOM VERNACULAIRE DANS D'AUTRES LANGUES.
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Heureusement, les autres pays font preuve, pour créer un nom dans leur propre langue, de moins de servilité vis à vis du nom scientifique et d'un réel talent.
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-en allemand : Herbst-Mosaikjungfer (demoiselle d'automne en mosaïque )
- en anglais : The Migrant hawker
- en frison : Hynstebiter, Lytse glêzebiter, Bleinebiter.
-en néerlandais : Paardenbijter
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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
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OUTILS DE ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages,
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012, : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata, Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178.
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.
— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s
— SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung
http://www.libelleninfo.de/07.html#buch
http://www.libelleninfo.de/071.html
—SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania
— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112
— Harris M. 1780 - An exposition of English insects. - White & Robson, London. - Rééd. complète en 1782 -
— Latreille P.A. 1805 - Histoire naturelle, générale et particuliere des Crustacés et des Insectes. - Paris, vol. 13. - PDF
— de Selys-Longchamps E. 1837 - Catalogue des Lépidoptères ou Papillons de la Belgique, précédé du tableau des Libellulines de ce pays. - Desoer, Liège : 1-29.
— Steinmann H. 1997 - World Catalogue of Odonata. - Walter de Gruyter.
— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage
Croyant avoir achevé ma visite de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais en admirant le Pilier des Tanneurs et le vitrail de la Vie de saint Claude, j'allais me diriger vers la sortie lorsque je remarquais dans un recoin un escalier hélicoïdal Renaissance qui me rappela celui du château de Blois. Lorsque je fus dans cette Chapelle du Rosaire, et que je me retournai, je découvris un Arbre de Jessé d'une taille spectaculaire. Et, surprise ! , la sibylle de Samos tenant son berceau.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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RAPPEL.
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Le thème iconographique de l'Arbre de Jessé est une représentation visuelle de la généalogie du Christ soulignant que se réalise par sa naissance ce que les prophètes de l'Ancien Testament avaient annoncé. Ainsi, dans les manuscrits et les vitraux du XIIe siècle, tout ou partie des 12 rois de Juda et des 12 prophètes, tenant le verset concerné, sont placés en vis à vis, sur un arbre reliant l'ancêtre Jessé, père du roi David, au Christ.
Secondairement, au début du XVe siècle, dans le cadre d'une focalisation sur la conception immaculée de la Vierge, survint une "mutation iconographique de l'Arbre de Jessé (S. Lepape) où c'est Marie tenant son Fils qui devient le point culminant, la cime de l'Arbre, alors que la prophétie majeure sera moins le verset d'Isaïe 11:1 Et egredietur virga de radice iesse, "Puis un rameau sortira du tronc de Jessé, et un rejeton naîtra de ses racines" que celui qui annonce qu'une vierge donnera naissance à un rédempteur, Isaïe 7:14 Ecce virgo concipiet, et pariet filium, et vocabitur nomen ejus Emmanuel: « Une Vierge concevra et enfantera un fils, et il sera appelé Emmanuel.
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Les Sibylles.
Au milieu du XVe siècle qu'en Italie autour de Cosme de Médicis et de son Académie de Florence se développa la pensée néoplatonicienne et la tentative par Marcile Ficin d'une synthèse du Christianisme et du Platonisme dans son Traité de la religion chrétienne (De Christiana religione), paru en 1474. Marsile Ficin invoque alors l’autorité des sibylles et élève Platon au rang des prophètes.
En 1481, un dominicain nommé Filippo Barbieri fit paraître un livre (Discordantiae nonnullae inter sanctum Hieronymum et Augustinum) rapprochant chaque oracle des Sibylles d'un verset d'un Prophète hébreu. Il fixa à chaque sibylle un âge, un attribut et un costume propre. Mais il fait passer le nombre des Sibylles à douze de sorte que leur nombre corresponde au nombre de prophètes mineurs .
"On voit maintenant en quoi les Sibylles françaises diffèrent des Sibylles italiennes. Les Sibylles de Filippo Barbieri n'annoncent qu'une chose : l'avènement d'un Sauveur qui doit naître miraculeusement d'une Vierge. Les Sibylles françaises en savent davantage : elles ne parlent pas seulement de la naissance surnaturelle du Fils de Dieu, elles parlent encore de son enfance, de ses souffrances, de sa mort, de sa résurrection" (Émile Mâle)
Elles sont désignées par leur lieu d’origine : la Cimmérienne est née au bord de la Mer Noire (Crimée ?), la Persique en Perse et la Phrygienne en Anatolie. La Samienne est née sur l'île de Samos, l'Erythréenne, de la cité disparue d'Erythrées, sur la côte Ionienne en face de Chio. L'Hellespont est une ancienne province romaine d'Asie Mineure. D'Afrique venaient la Libyenne et l'Agrippa, une déformation probable d'Aegypta, selon Emile Mâle. Quant aux Sibylles d'Europe, la Delphique est la Pythie de Delphes en Grèce, la Cuméenne et la Tiburtine, viennent respectivement de Cumes près de Naples et de Tivoli près de Rome, en Italie ; et Europa était une province romaine en Thrace.
Le Livre d'Heures de Louis de Laval (<1489).
Chaque enluminure des Sibylles y est accompagnée de descriptions (latines) et d'une page d'enluminure typologique avec trois références à l'Ancien et au Nouveau Testament. Enfin, dans une double page (folio 50v et 51r), Louis de Laval y est peint agenouillé devant la Vierge à l'Enfant et l'inscription répétée deux fois sancta et immaculata virginitas, témoignant de l'importance du culte marial et de la thèse immaculiste pour Louis de Laval.
Le folio 21v montre la sibylle de Samos tenant un berceau tandis qu'une inscription latine indique : "Elle a prophétisé qu'une Vierge placera un enfant dans un berceau". avant de citer sa prophétie : "Voici que viendra le jour où naîtra un enfant d'un pauvre et toutes les bêtes de la terre l'adoreront et elles diront "louez-le au plus haut des Cieux".
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Heures de Louis de Laval f.21v, numérisation BNF Gallica
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Au folio 22v, la sibylle Cimmérienne tient une corne faisant office de biberon pour annoncer que la Vierge allaitera son Fils. Ce folio fait face au folio 23r ou Marie est peinte donnant le sein à Jésus dans la crèche. L'inscription indique Albumazar astrologus Vaticinatur commodo Virgo lactat puerum "selon l'astrologue Albumazar, elle prophétisa comment la vierge allaitera un fils".
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Sibylle Cimmérienne, Heures de Louis de Laval folio 22v, numérisation BNF Gallica
— En 1560, Roland de Lassus met en musique pour la chapelle de cour du duc Albert V à Munich les Prophetiae Sibyllarum. Le peintre miniaturiste Hans Mielich illustre la partition du Livre de chœur du duc. La sibylle de Samos tient son berceau avec le texte quem virgo sinu inviolata fovebit., tandis que la Cimmérienne tient sa corne-biberon avec les paroles du motet regem sacra virgo cibabit Lacte suo .
— En 1584, Romain Buron réalise pour l'église de Gisors un vitrail des Sibylles et des Prophètes. Il ne reste aujourd'hui de cette baie 30 les prophètes Isaïe et Zacharie et les sibylles samienne et cimmérienne. ( Vitraux Haute Normandie page 172).
— L'année suivante, en 1585, débute la réalisation de l'Arbre de Jessé présenté dans cet article.
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PRÉSENTATION.
Cet Arbre culmine avec la date de 1593, mais le cartel qui l'accompagne indique qu'il fut réalisé entre 1585 et 1591 par le sculpteur de Beauvais Pierre du Fresnoy, sur un dessin de Louis Poisson, de Gisors.
-L'information sur le sculpteur et l'auteur du dessin a été publiée par M. de Laborde dans les Comptes qu'il a publié de l'église de Gisors. Louis Poisson, décédé en 1613, devient peintre du roi Henri IV, qui lui confie plusieurs travaux au château de Fontainebleau. Il réalise ainsi les décors de la galerie des Cerfs entre 1601 et 1608, et ceux de la galerie des Chevreuils (détruite), entre 1601 et 1609. Son nom est cité plusieurs fois dans les comptes de fabrique de l'église de Gisors.
Gédéon Dubreuil indique en 1857 que la sculpture était jadis recouverte d'un épais badigeon sous lequel s'entrevoyait l'or de la peinture d'origine
Dans cette œuvre, les deux prophètes qui encadrent habituellement Jessé allongé sont remplacées par deux Sibylles. La Sibylle de Samos est à gauche, facilement identifiée par son berceau, tandis que la Cimmériennene tient pas le biberon, mais une corne d'abondance, par une dérive du motif iconographique mal interprété.
De nombreux auteurs mentionnent cette sculpture, mais sans signaler la présence des Sibylles, ou en mentionnant "deux femmes". C'est notamment le cas de Guilaine Benoit Ecolan en 2005 dans La sculpture de la Renaissance dans le Vexin, Ecole du Louvre, page 132 ou d'Etienne Hamon dans Un chantier flamboyant et son rayonnement, Gisors, page 169. Cet auteur donne le nom du sculpteur Jean Vivien de Gisors comme co-auteur de l'Arbre de Jessé de Gisors.
En 1953, Jean Fournée signale que "De part et d'autre les sibylles remplacent les prophètes habituels", et H. Zanettaci, en 1954, dans Les ateliers Picards de sculptures à la fin du Moyen-Âge, les identifient avec leurs attributs. Celui-ci écrit : "
"En septembre 1588, la sculpture est achevée puisque le peintre Louis Poisson est chargé de la polychromer. Ce n'est cependant qu'en 1593 que pour des raisons inconnues, la dernière main put être donnée à l'œuvre : la date figure sur un cartouche au sommet de la composition. Celle-ci occupe, au-dessus de l'ancien autel, tout un pan d'une très haute chapelle logée au rez-de-chaussée du clocher sud."
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La description la plus complète se lit dans l'Histoire de Gisors de Victor Patte : l'auteur rend compte des vers de mirliton composé en 1629 par Antoine Dorival .
"Au-dessus, un arbre de Jessé gigantesque, sculpté en ronde bosse, à pleine pierre, étale ses naïves sculptures :
« un arbre d’or dont les fruits sont des rois
Que de chaque côté l’on compte deux fois trois. «
Les plus rapprochés de la Vierge, qui occupe le sommet, lui présentent le sceptre. A droite, David chantant sur la harpe les louanges de sa petite-fille ; à gauche, Moïse portant les Tables de la Loi, et, de chaque côté, deux sibylles
" Tenant l’une un berceau, l’autre un cor d’abondance,
Promettent du sauveur la future naissance. »
Dans le fronton, le Père Eternel portant le globe du monde, et entouré d’anges soutenant le Livre de la vie :
« Au-dessus de cest arbre, un vieillard, Dieu le père,
Tient une grosse boule, et d’un œil tout sévère
Donne de la trémeur au simple spectateur
Qui de sa majesté contemple la hauteur.
Les anges à ses pieds soutiennent à l’envie,
Sous un arc mi-voûté, le livre de la vie.
Où mille chérubins, dans les nues cachez.
Semblent être avec, ordre et compas attachez
Sous une grande arcade, au-dessus de laquelle
Du grand comte Saint-Paul que François on appelle,
Les armes, les drapeaux, gloire de ses valeurs,
Peintes parfaitement de naïves couleurs,
Tesmoignent que ce prince à l’Esglise fidèle
Avait fait commencer une pièce si belle. »
Cette grande sculpture fut exécutée, de 1585 à 1591, par un imagier de Beauvais, Pierre du Fresnoy, sur les dessins du peintre gisorsien Louis Poisson (M. De Laborde, ouv. cité 1585-91). Sous le badigeon dont on l’a recouverte, elle laisse encore voir, ç'a et là, des applications d’or et de peinture. Nul doute qu’en nettoyant le dessus de l’arcade qui la renferme, on y retrouverait aussi les armes du comte de Saint- Paul, dont parle Dorival.
Pour les fenêtres à plein cintre, surmontées d’un œil-de-bœuf, qui éclairent celte chapelle du côté de l’extérieur, Romain Buron avait peint, en 1583, puis réparé, cinq ans plus lard, des vitraux représentant deux prophètes et deux sibylles déroulant chacune un parchemin, sur l’un desquels on lisait : « ….une Vierge, oh merveille. Un fils enfantera ... » et sur l’autre : « Resjovs-toi, Sion, voici, doux et humain, Ton roy humble, monté sur l 'âne et son poulain ». motifs évidemment empruntés au bas-relief dont nous avons parlé. On y voyait aussi, à côté des armoiries de France et de Normandie, celles de la ville de Gisors :
« Sur ces cintres vitrez, trois riches escussons.
De France et Normandie, et de Gisors blasons,
Rendent ce lieu sacré d’autant plus vénérable,
Grave et majestueux"
Ces peintures ont disparu, ainsi que tant d’autres, et sont aujourd’hui remplacées par du verre blanc."
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Cartel de L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INFÉRIEUR. JESSÉ ENTOURÉ DES SIBYLLES SAMIENNE ET CIMÉRIENNE.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Jessé est allongé sur son coté droit, la tête soutenue par la main droite, le buste rehaussé par un dossier. Il est coiffé d'un bonnet Juif, conique, et sa barbe longue et bifide souligne aussi, selon les codes des artistes du XVIe siècle, son appartenance au peuple hébreu. Ses yeux sont mi-clos. L'arbre de sa descendance prend racine exactement au centre de son bassin, puis élève son tronc partiellement écoté avant de donner deux premières branches et des feuilles rappelant celles du figuier.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La sibylle Samienne est à sa droite. Elle est vêtue d'une robe serrée à la taille par une ceinture, aux amples manches au dessus du coude ; le plissé de cette robe est retenu par des rubans aux épaules et devant les cuisses.
Elle tient ce type de berceau à barreaux en bois tournés et au piétement à bascule qui est le sien sur toutes les représentations.
Son allure générale est dynamique, son visage est plein de détermination, sa fière coiffure est retenue sur le front par un diadème.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La sibylle Cimmérienne est à la gauche du patriarche.
Elle tient une vaste corne d'abondance remplie de fruits, comme si l'artiste voulait souligner l'énormité de son contre-sens en interprétant ainsi la corne-biberon des modèles initiaux.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Deux rois de Juda occupent les naissances des premières branches. L'ordre généalogique, qui placerait ici David et Salomon, n'a pas été respecté, peut-être pour que ces derniers soient plus proches de Marie, "de la Maison de David" par ses parents Anne et Joachim.
L'un des rois porte un sceptre et une couronne, l'autre est coiffé d'un bonnet oriental. Tous les deux ont cette barbe fournie, bouclée, en désordre, bifide qui est celle des Juifs de l'Ancien Testament dans les images de l'époque. Et tous les deux ont un geste, plus ou moins franc, pour désigner le sommet de l'Arbre, par lequel se réalisent, "s'accomplissent" les Écritures.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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À leur droite, deux autres rois. L'un d'eux tient un bloc rectangulaire qui a fait dire qu'il s'agissait de Moïse tenant les tables de la Loi. Ce serait alors un nouveau contre-sens. Mais nous pouvons aussi penser qu'il s'agit d'un prophète tenant un phylactère ou un livre stylisé, car le cube de pierre n'a pas la forme des Tables de la Loi.
Dès lors, il ne faudrait considérer comme roi que les seuls personnages couronnés et/ou tenant un sceptre : j'en compte neuf. Et donc trois prophètes.
Cette interprétation ne me convainc pas.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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À leur gauche, deux autres "rois". Le premier tient un bloc rectangulaire, et ne porte pas d'attribut royal, ce qui repose le problème précédent d'un Moïse potentiel. Peu crédible.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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LE REGISTRE INTERMÉDIAIRE.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Au centre, David est identifié sans ambiguïté. Son voisin qui tient le sceptre mais est coiffé d'un bonnet-turban, est très vraisemblablement son fils Salomon.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le roi David et sa harpe.
L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le roi Salomon.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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D'autres rois.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La Vierge à l'Enfant.
Je rappelle qu'il s'agit d'un ré-emploi. Elle est placée dans une mandorle de rayons, ce qui la désigne comme la femme de l'Apocalypse, dans le mouvement de défense de l'Immaculée Conception.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le tympan .
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Dieu le Père en gloire, la colombe de l'Esprit-Saint, et le Livre des Écritures présenté par des angelots. Date de 1593.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'Arbre de Jessé aux Sibylles, 1593, P. Le Fresnoy. église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Le vitrail de Saint Claude (baie 26) offert par les tanneurs en 1526, en l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors : une œuvre d'Engrand Le Prince.
Il s'agit d'une baie éclairant la chapelle de confrérie des tanneurs, dédiée à leur patron saint Claude, dans le bas-coté sud de la nef de l'église de Gisors. Elle montre les scènes de la vie de saint Claude, abbé de Saint-Oyend puis évêque de Besançon.
Elle a été offerte par la confrérie des tanneurs la même année que le célèbre Pilier des Tanneurs qui délimitait leur chapelle.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Haute de 6,90 m et large de 3,10 m, elle comporte 4 lancettes trilobées divisés en trois registres, et un tympan à 4 mouchettes, 1 soufflet et 2 écoinçons. Les panneaux figurés sont placés au centre, tandis que les lancettes latérales et les têtes de lancettes, comme le pourtour du tympan, sont remplies par une vitrerie losangée.
Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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La vie de saint Claude débute, au tympan, par sa naissance. Il naquit vers 607 au château de Bracon, près de Salins dont son père était gouverneur. Il était le fils d'une illustre famille gallo-romaine, celle des Claudia .
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La mère est dans son lit , tandis qu'une femme lui sert, comme c'était l'usage, le brouet de l'accouchée, un bouillon mélangé de lait sucré et d'œuf. Les draps et le ciel de lit sont rouges ; des instruments sont posés sur une desserte blanche.
Une sage-femme tient l'enfant dans ses bras, tandis qu'une servante lui prépare sa première bouillie.
Sur une table basse sont posés une chandelle et une bassine d'eau : un petit chef-d'œuvre de nature morte.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le style très particulier d'Engrand Le Prince, le maître-verrier, se reconnaît déjà par les visages fantomatiques, et par le traitement des étoffes faisant contraster des zones blanches et des aplats gris clairs.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Mais ce style est encore mieux reconnu par la virtuose avec laquelle est employé le jaune d'argent de densité différente et qui vient faire ressortir les plages blanches comme d'éclatants miroitements de lumière.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Registre de donation : les blasons des tanneurs et la date de 1526.
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La suite attendue de cette naissance est la scène du baptême : nous allons la trouver au registre supérieur. Mais deux panneaux, sous les têtes de lancettes, méritent notre attention.
La verrière résulte d'une recomposition malgré qu'elle ait été peu restaurée (avec une contrepartie négative, la présence de "toiles d'araignées des plombs de casse). Elle fut réparée en 1579 par Anthoine Roussel, puis une vaste campagne "d'éclaircissement" au XVIIIe siècle remplaça des verres colorés par des verres blancs losangés : les paroissiens voulaient y voir clair, à cette époque où les seuls éclairages venaient du jour, ou des chandelles .
Sous une macédoine de verres colorés (atelier Labouret 1948), nous trouvons à gauche un calvaire (crucifixion avec Jean et Marie) se détachant sur un fond de remplages et de verres losangés : c'est l'intérieur de l'église où a lieu le baptême de saint Claude juste en dessous.
L'élément intéressant (à mes yeux) se trouve être le blason des tanneurs de Gisors : un plat rond et un couteau demi-rond ou écharnoir couleur or se détachent sur le fond azur. ce sont les armoiries qui figurent aussi sur le Pilier des Tanneurs. Ces meubles (le plat et le couteau) sont gravés sur le verre bleu, c'est à dire que le verre bleu a été meulé ("gravé") pour ne laisser voir que le verre blanc du doublage, qui a été peint au jaune d'argent. Une petite prouesse technique.
Nous retrouvons ce blason à droite, présenté par un ange.
L'inscription est la suivante :
EN LAN SIX CENS ET QUATRE PROPREMENT / AINSI QUE AU LONG LA LEGENDE COMPORTE.
Cette date de 604 est celle de la naissance de saint Claude, bien que la date la plus admise soit la date de 607.
La date de 1526, création du vitrail, a été remontée à l'envers, et à l'extérieur du vitrail.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le registre supérieur : le baptême.
Les registres se lisent en une seule scène sur toute la largeur des deux lancettes
L'inscription (sous réserve):
COME SAINCT CLAUDE EN NOTABLE FASON / FUT BAPTISE POUR LA FOY CATHOLIQUE.
DE LARCHEVESQUE DIGNE DE BESENÇON / LUI APPARUT VISION ANGELIQUE
L-- DES ANGES PAR VERTU DEITIQUE / FUT LEDICT SAINCT EN LAIR HAULT ESLEVE
EN DEMEURANT --- MAGNIFIQUE / DUI SERT SAINCT CLAUDE MAL EST RELEVE
Cette inscription est précieuse car elle permet de mieux comprendre la peinture. Elle relate un événement miraculeux rarement mentionné, et dont je n'ai pu trouver la source, celui de l'apparition de deux anges lors du baptême. Je ne la trouve pas dans la Vita Longior d'après Chifflet et Mabilion, publiée dans les Acta sanctorum page 639, et elle n'est pas relaté par Claude de Rota dans sa Légende dorée de 1535.
L'enfant, échappant aux mains de l'archevêque (Digne ? le prédécesseur de saint Donat, en titre de 627 à 658 ), est soulevé au dessus des fonts baptismaux par les deux anges. Quatre témoins (dont un seigneur, à bonnet à plume et chausses à crevés), placés derrière le prélat, assistent à cette intervention divine et manifestent leur émerveillement.
Cette scène est d'autant plus intéressante qu'elle aurait été copiée par Jean Chastellain pour la baie 107 de l'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris. (Le chœur de l'église Saint-Étienne est entièrement vitré entre 1540 et 1542 ; Jean Chastellain, né en 1490, est décédé en 1541).
L'attribution de la baie 107 à Chastellain repose sur Grodecki et al. 1978. Mais cette attribution a été remise en cause par Guy-Michel Leproux en 1986 :
"Quant au marché passé le 11 juin 1541 avec la confrérie de Saint-Claude, Chastellain eut sans doute juste le temps de l'honorer avant sa mort, puisque c'est sa veuve qui en assura la mise en place et reçut le paiement (*). Mais ces vitraux, destinés aux fenêtres basses de la chapelle qu'occupaient les confrères, n'existent plus; on les a souvent confondus avec l'une des grandes verrières des travées droites du chœur, où la vie du même saint Claude est narrée, mais dans un style encore gothique qui n'a aucun rapport avec celui de Chastellain. Il s'agit là de l'un des remplois de verrières antérieures à la construction du nouveau chœur décidés par la fabrique de Saint-Etienne du Mont.(**)
(*) Arch, nat., Min. centr., XXXIII, 26; 1541, 11 juin. Analysé dans Ernest COYECQUE, Recueil d'actes notariés relatifs à l'histoire de Paris et de ses environs, Paris, 1905, 2 vol., n° 1987 et 2254
"(**) Ce que confirme un marché analysé par Madeleine Connat, aux termes duquel un peintre-verrier de la paroisse, Jacques Rousseau, s'engageait à « mectre l'autre voirrière de monseigneur saint Claude en la forme joignant [celle de monseigneur saint Claude en la forme joignant [celle de Notre Dame] où y a quatre jours ». Ce qui correspond à la distribution actuelle, la verrière de la Vierge étant encore en place. Madeleine CONNAT, Documents inédits du Minutier central, dans Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, 1950, p. 98-113."
Les photos du site Ndoduc permettent de constater que les quatre panneaux de Saint-Etienne-du-Mont reprennent les mêmes sujets qu'à Gisors (naissance, baptême, précocité de Claude enfant devant les docteurs, sacre comme évêque), mais qu'il ne s'agit pas d'une copie du vitrail gisorcien (l'angle de vue, les cartons sont différents. Néanmoins, le style en est comparable, et de nombreux détails (baies losangées, crucifix, surplis et aumusses, mitre) sont des citations exactes. Pourtant, aucun auteur n'a évoqué Engrand Le Prince ou son atelier devant cette baie de Saint-Etienne-du-Mont.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les deux anges, l'un aux ailes jaune-vert, l'autre aux ailes rouges, sont vêtus de robes somptueusement rendues, avec des irisations sur le verre bleu qui suppose l'emploi de verres gravés. De même, le rendu de l'enfant, plein de vie et de mobilité par quelques lavis de grisaille, est confondant.
La tête d'un spectateur apparaît entre les charmants visages blonds des anges.
À l'arrière, une boule de feu traduit sans doute l'intervention divine.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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L'archevêque et la famille Claudia assistant au baptême.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les couleurs ! J'ignore comment l'étoffe blanche à reflets bleu-vert est faite. Mieux, à sa gauche, un verre à rayures roses et orange. Et la jambe du seigneur, avec ses crevés, son ruban et des bandes blanches et jaunes !
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le registre intermédiaire. Saint Claude maîtrise précocement les Écritures.
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QUE SAINCT CLAUDE APPRENT LI TESTEMENT / DIEBLE PAR FREQENTEZ LECTURE
QU- BIEN SOUVENT DISPUTOIT HAULTEMENT / A CONNAISTRE DE LA SAINCTE ESCRITURE
LUN DECLARANT CHOSE SI OBSCURE / AUNCUN ESFOIS QUONQUES NE PENSE
ENFFANS ENFFANS AYEZ DAPPRENDRE CURE / NOBLESSE NEST QUE DE SCIENCE
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La capacité de saint Claude de lire les saintes Écritures est souligné par tous les auteurs. Nous le voyons ici, après l'âge de sept ans, face à son maître, qu'il épate par ses connaissances alors que ses petits camarades en sont encore à ânonner le B-A BA, suivant du doigt la ligne de leur livre ou bavardant avec dissipation. Un petit chien blanc (très fréquent dans les vitraux de cette époque) indique que Claude, son maître, appartient à la noblesse.
"qui usque ad septimum annum, cum decenti cura, in domo parentum suorum nutritus fuit. Transacto autem septimo ætatis suæ anno, ab ipsis parentibus, probatissimis litterarum magistris instruendus traditus fuit; quibus artes quas liberales vocant, infra paucos annos, plene didicit. Infra cujus temporis spatium, non solum artes prædictas, verum etiam libros veteris & novi Testamenti, historias sive passiones sanctorum Martyrum, atque vitas sanctorum Confessorum; [historias sacras legit:] nec non & sermones seu homilias sanctorum Doctorum, sub ipsis magistris adolescens, sibi legendo percurreret. "
"Saint Claude fut instruit au foyer de son illustre famille jusqu’à l’âge de sept ans. Il fut ensuite confié à des maîtres habiles. Ses progrès dans les lettres humaines furent rapides, et Dieu lui donna la grâce de faire également d’admirables progrès dans la pratique des vertus chrétiennes. Il aimait à étudier les divines Écritures, les Ouvrages des Pères de l’Église, la vie des Saints. On le voyait souvent aux pieds des autels, assistant avec ferveur à la messe et aux offices religieux. Il recherchait la société des personnes pieuses et fuyait la compagnie des méchants. Modeste dans son maintien, circonspect dans ses paroles, malgré son extrême jeunesse, il s’efforçait d’éviter tout ce qui pouvait être un prétexte ou un sujet de blâme. Enfin, la pureté de son âme se reflétait jusque dans les traits de son visage: Claude avait l’angélique regard d’un séraphin.
Gollut dit qu’il porta les armes jusqu’à l’âge de vingt ans ; mais, destiné par une sincère vocation à la milice sainte, Claude embrassa à cette époque l’état ecclésiastique et fut reçu au chapitre de l’église cathédrale de Besançon, qui vivait dans la plus édifiante régularité, suivant les institutions et les exemples de l’archevêque saint Donat. Il y fut chargé d’enseigner la science sacrée aux jeunes clercs, et remplit cette fonction avec un brillant succès.
Après avoir vécu pendant douze ans au milieu des prêtres qui faisaient l’ornement de l’Eglise de Besançon, et se sentant pressé par un ardent désir de servir Dieu d’une manière plus parfaite encore, Claude se retira dans la solitude."
Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
Une foule de détails peut être observée : le meuble en marbre à scènes antiques, la vaisselle d'étain et l'étude des reflets et des volumes qu'elle suscite, la précision des reflets au jaune d'argent du bougeoir, les deux arrière-plans sur verre bleu, l'un montrant le château paternel sur une colline, et l'autre les monuments de la ville de Salins, le verre sur le meuble et la bouteille dans une niche, etc.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le maître tient la férule, instrument de son autorité. La tunique courte est en verre rouge gravé, les zones gravées étant peintes au jaune d'argent.
Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Le registre inférieur.
Une inscription, complétée au XXe siècle (notamment en minuscule) indique ceci :
St CLAUDE évêque et patron des tanneurs,
TU PROTEGES AVEC LE CUIR SOLIDE
LE GISORSIEN toujours RESTE LUCIDE
CONTRE LA BISE ET CONTRE les malheurs
A LOUEE TA VIE TON AIDE il quérit
UN ENGRAND LE PRIEUR siècle xvie
DES ANS DU FEU réparèrent LES BRIS
ET MERLET ET GENDREAU siècle XXe
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Cette inscription n'a pas été relevée, ni dans Les Vitraux de Haute Normandie (qui indique seulement qu'elle évoque les méfaits de la Seconde Guerre mondiale), ni par l'abbé Blanquart, pourtant elle présente un certain intérêt. D'une part, elle indique le nom du maître-verrier, "Engrand Le Prieur", que nous rapprochons d'Engrand Le Prince.
D'autre part, il mentionne deux autres noms, Merlet et Gendreau .
Jean Merlet est l'architecte en chef qui conduisit les restaurations de l'église entre 1946 à 1973.
Gabriel Gendreau est un architecte des Monuments historiques, décédé en 2015, qui signa notamment, avec Jean Merlet , l'ouvrage La cathédrale d'Evreux, huit siècles d'histoire.
Cette partie de l'inscription date donc de la seconde moitié du XXe siècle.
Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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À gauche est représenté le sacre de saint Claude comme évêque de Besançon. Jean Lafond remarquait en 1943, dans la mitre et dans la chape de l'évêque, "l'extrême liberté et la rapidité du travail.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Les clercs qui assistent à l'intronisation, à droite, portent un surplis blanc sur une soutane soit rouge à manches larges, soit bleu, et certains sont coiffés de la barrette. Mais ils portent sur le bras gauche une pelisse, l'aumusse des chanoines. Alors que les verres utilisés sont, pour le 3/4 de la surface, des verres blancs peints de grisaille, la diversité des matières, des plis et des reflets donne un effet chatoyant extrêmement riche.
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Il reste à souligner que Nicolas et Pierre Le Prince réalisèrent en 1527, —l'année suivant ce vitrail— la baie 9 de l'église Saint-Etienne de Beauvais dans la chapelle Saint-Claude. Ses quatre lancettes et son tympan sont consacrés à la Vie de saint Claude, mais la relation de cette Vie débute exactement là où la baie de Gisors l'avait laissée. Comme elle, elle est légendée, et on y retrouve la même écriture.
On retrouve aussi (beaucoup plus développés) les vues de monuments en arrière-plan, avec une reprise de l'une des tours de la baie de Gisors :
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Nicolas et Pierre Le Prince, 1527, baie de saint Claude, église de Beauvais. Photographie lavieb-aile
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Baie 26, verrière de la Vie de saint Claude (1526), église de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.
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Document : Etienne Hamon page 321
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Verriers et peintres verriers.
"Au moment du lancement de la reconstruction der l'église, Gisors n'abritait sans doute aucun atelier important de peinture ou de peinture sur verre. Un seul spécialiste du vitrail exerçait semble-t-il dans la ville, Tassin Burel, qualifié ded « verrier » en 1489 à l'occasion de la pose de verres incolores dans les fenêtres du château. C'est lui qui, jusqu'à sa mort en 1518, fut chargé de la plupart des travaux de vitrerie dans l'église en chantier, y compris de la réparation de panneaux peints comme ceux de la verrière 'des Tanneurs » en 1513. Le large éventail de ses compétences, il est également plombier dès 1483 et serrurier-horloger- interdit cependant de voir en lui un artiste ayant pratiqué la peinture sur verre à grande échelle et dans le cadre de créations originales et ambitieuses. Pour preuve, c'est vers les ateliers rouennais que se tournaient les commanditaires les plus exigeants : la fabrique de Gisors elle-même en 1504-1505 pour la réalisation des vitraux des saints patrons de l'église, et, quelques années plus tard, le vicomte de basset pour les verrières qu('il offrit à la collégiale Notre-Dame du Grand -Andely.
À cette date pourtant, la paroisse pouvait compter sur d'autres verriers locaux comme Guillaume Delahaye, fournisseur de lanternes à l'église en 1500-1508 qui répara les vitraux incolores losangés des logis du château en 1514. Quand au « verrier » nommé Aubin qui figure ponctuellement dans les comptes de 1517 pour la fourniture de 274 verres blancs, il s(agit probablement d'un négociant ou d'un producteur installé à l'intérieur de la ville et non d'un artisan spécialisé dans la mise en œuvre du verre plat.
Après le décès de Tassin Burel, cette activité connut un formidable renouveau à Gisors. Se constitua alors, sans doute grâce à l'équipement du défunt et à l'influence des créations beauvaisiennes attestées à Gisors par la présence des vitraux des chapelles Saint-Claude et Saint-Crépin exécutés en 1526 et 1530 respectivement par Engrand et par Nicolas Le Prince, un atelier dirigé par Jean Buron, documenté de 1521 à 1560, qui se spécialisa progressivement dans la peinture sur verre."
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SOURCES ET LIENS.
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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.
— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 120
— CHIFFLET, Illustrationes Claudianae
— GRODECKI ( Louis), Françoise Perrot, Jean Taralon, 1978, Les vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, éditions du CNRS (collection Corpus vitrearum Recensement, volume 1), p. 38]
— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.
—HÉROLD (Michel), 1993, Gisors, église paroissiale Saint-Gervais Saint-Protais, les verrières, Paris, 1993. Non consulté.
— LAFOND, Pratique de la peinture sur verre à l'usage des curieux: suivie d'un suivie d'un essai historique sur le jaune d'argent, et d'une note sur les plus anciens verres gravés, Lainé, 1944 - 137 pages
— LEPROUX (Guy-Michel ), 1986, Fontainebleau et les arts décoratifs : l'exemple du vitrail Journal des Savants Année 1986 1-3 pp. 133-154
:
1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)