La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription par le recteur Perfezou.
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Car une chaire est une étrave. Elle entraîne tout le monde dans son sillage et ouvre la voie à l’humanité. De là on voit approcher la brusque tempête de la colère divine et la proue est la première à soutenir l’attaque. De là montent les implorations pour des vents favorables vers les dieux qui régissent leurs forces bonnes ou mauvaises. Oui, le monde est un navire éphémère qui ne parfait pas son voyage et la chaire est son étrave. Herman Melville, Moby Dick, chap. VIII, 1851.
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C'est une chaire en bois peint, suspendue sur un soubassement en cul-de-lampe, avec sa cuve pentagonale, son appuie-corps en bois tourné, son abat-voix et son escalier courbe, et elle s'appuie contre le quatrième pilier nord de la chapelle. Sa hauteur ? 1, 90 m pour la cuve et le soubassement.
C'est un objet classé MH depuis le 10 mai 1995.
En France, et notamment en Bretagne, aucune de nos anciennes églises n’a conservé, de chaires à prêcher, ou pupitres pouvant en tenir lieu, antérieurs au XVe siècle. L’usage, à partir du XIIe siècle surtout, était, dans nos églises du Nord, de disposer à l’entrée des chœurs des jubés, sur lesquels on montait pour lire l’épître et l’Évangile et pour exhorter les fidèles, s’il y avait lieu. Toutefois ces prédications, avant l’institution des frères prêcheurs, ne se faisaient qu’accidentellement.
Les jubés ont été déposés après le Concile de Trente, et il a fallu construire des chaires (latin cathedra), car la Bretagne devint un terrain où les prédicateurs rassemblaient les foules. Elles sont placées au nord, "du coté de l'évangile".
Le rôle des prédications du Père Maunoir est important à considérer, et Catherine Toscer estime que c'est dans le courant de la Contre-Réforme, probablement à la suite d'une de ses Missions, prêchée à la chapelle en 1652 (*), que le recteur Perfezou mena à bien sa rénovation de l'édifice (mais cette chaire date de 1638 et la restauration de la charpente sous sa gouverne débute en 1641).
"L'année 1652 s'ouvrit donc sous les plus favorables auspices. Treize missions furent données en Haute et Basse Cornouailles, d'après l'analyse du Journal du P. Maunoir ; et le concours des nouveaux missionnaires put faire présager déjà les résultats. que le Vénérable se promettait de sa grande entreprise. On commença par Douarnenez, Ploaré, Saint-Nic, pour continuer· par Cléden-Poher, Saint·Elouan, le Quilio, et finir par l'île de Sein, Beuzec-Cap-Sizun, Pont-Croix, Poullan, Meilars, pays: . ~~ auxquels Il faut joindre sans doute, d'après une note du Père Boschet 3, Tréménac'h dans l'évêché de Léon.
A Saint-Nic, des guérisons miraculeuses récompensent la foi des paroissiens et suscitent partout un véritable enthousiasme. Le P. Maunoir avait été appelé auprès d'un enfant que la mort allait ravir aux tendresses des siens ; il bénit le petit mourant, qui soudain revient à la santé. Sur ces entrefaites, un autre enfant lui présente sa main dont les nerfs étaient entièrement desséchés et qui demeurait toujours fermée. Le Vénérable y applique son crucifix, la main s'ouvre aussitôt et sans effort au gré de l'enfant qui tressaille d'allégresse" Vie du P. Julien Maunoir, par le P. Boschet, p. 204.
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Une chaire décevante ?
À Saint-Côme et Saint-Damien, les panneaux de la cuve et du dossier ne sont pas sculptés de scènes légendaires ou de symboles liturgiques, le soubassement ne porte aucun détail animalier, et nous ne trouvons sous l'abat-voie aucune colombe, et à son apex aucun ange trompettiste.
Pourtant, un jeu de piste palpitant attend les érudits.
Tournons et lisons, lisons et tournons autour de la cuve pour en découvrir l'inscription portée ici à la base de la balustrade par le bon et vénérable recteur des lieux.
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Panneau n°1 de la cuve. Pas d'inscription.
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Panneau n°2 de la cuve. Début de l' inscription.
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Nous lisons :
: SVMPTIB. VENERAB. VIRI : D : D : GVILLEL /
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Je résous les abréviations ainsi "Sumptibus venerabilis viri discreti dom Guillelmi"
Sumptibus est l'ablatif pluriel de sumptus, "frais, dépense".
Voir pour "sumptibus venerabilis viri :
les sculptures de l'église abbatiale de Solesmes (texte de 1676) pour qualifier Dom Cheminart, prieur jusqu'en 1495, comme donateur de boiseries et balustrades (et du Tombeau du Christ de 1496).
Je traduis par : "Aux frais du très vénérable et discret dom Guillaume" : le donateur était donc dominicain, membre de l'Ordre des Prêcheurs, ce qui peut expliquer son souci de doter la chapelle d'une chaire. .
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Mais tournons, tournons vite !
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Panneau n°3 de la cuve. Suite de l' inscription.
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Que lisez-vous ?
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: PERFEZOV : SACERD. AC. RECTO HVIUS
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Soit : Perfezou sacerdos ac rector huius
je traduis par "Perfezou prêtre et recteur de cette ..."
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Panneau n°4 de la cuve. Suite de l' inscription.
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L'inscription porte les mots :
ECCLESIÆ. ANNO D . 1638 : FECERVNT . I
Soit : "Ecclesiae. Anno Domini 1638 fecerunt I "
Je traduis : [de cette ] église. En l'année du Seigneur 1638 firent I. "
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Panneau n°5 de la cuve. Suite de l' inscription.
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: POLESEC : I0 : ET : OL : KMORGAN[T]
Qui est traduit par [I.] Polesec, IO et Ol. Kermorgant, ou
"Jacques Polesec et Joseph et Olivier Kermorgant."
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Pour finir, nous obtenons :
: SVMPTIB. VENERAB. VIRI : D : D : GVILLEL : PERFEZOV : SACERD. AC. RECTO HVIUS ECCLESIÆ. ANNO D . 1638 : FECERVNT . I : POLESEC : I0 : ET : OL : KMORGAN[T]
"Sumptibus venerabilis viri discreti dom Guillelmi Perfezou sacerdos ac rector huius Ecclesiae. Anno Domini 1638 fecerunt I. Polesec, IO et Ol. Kermorgant"
"Aux frais du très vénérable et discret dom Guillaume Perfezou prêtre et recteur de cette église, en l'année du Seigneur 1638 firent [cette chaire] Jacques Polesec et Joseph et Olivier Kermorgan[t].".
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1°) Le recteur Guillaume Perfezou.
Il s'agit de la première inscription tracée sur les directives du recteur Guillaume Perfezou, qui en laissa six autres (en français) en 1641, 1645, 1653 et 1661 :
Quatre sur les sablières de la chapelle Saint-Côme :
Sur la sablière nord de la nef : "DICI IVSQVES AV PREMIER PILIER A ESTE BOISE AVX FRAIS DE VENER PERSONNE Mre GVIL PERFEZOV RECT DE St NIC 1641."
Mur collatéral des arcades sud de la nef CES QVATRE DERNIERS PILIERS FVRENT BASTIS 1645. Mre GUIL. PERFEZOU. R[ecteur].
Plus loin : "DICI IVSQVES A LAVTRE ESCRITEAV A ESTE BOISE PAR IAC POLESEC ET OL GVILLOSSOV Mre GVILL PERFEZOV ESTANT RECTEVR DE St NIC ET I. BORGNE. FAB. DE CEANS."
Sur les sablières des bas-côtés : "M. G. PERFEZOV. R. G. MARZIN. F. 1661"
Deux à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic :
Sur le calvaire "M. GVILL. PERFEZOV. RECTEVR. SEB. POLESEC. F. 1645."
Sur la charpente : "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. K[ER]VAREC. FA. 1653."
Dans la première, la plus ancienne après celle de la chaire, il reprend son titre de "Vénérable" sous la forme "Vener Personne". Et il reprend aussi, traduit en français, le terme "sumptibus", " aux frais de". Il devait être riche, et provenir d'une famille riche, sans doute originaire d'Argol où un de ses homonymes est le fils de Jean Perfezou (Caméros, Argol, 16677-1722) et de Jeanne Kervella, née à Saint-Nic.
Son prénom est mentionné GVIL ou GVILL.
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2°) Jacques POLESEC, menuisier.
Avec ses compagnons, il est désigné (fecerunt) comme artisan et donc menuisier et non comme fabricien (commanditaire).
Un Jacques Polezec est mentionné par les généalogistes, né vers 1590 à Saint-Nic et décédé à Saint-Nic le 16 avril 1684. Il est le parrain en 1630 de Catrherine Guillamot.
Il est également mentionné comme charpentier ou menuisier sur les sablières de Saint-Côme, dans l'inscription non datée suivant celle de 1641.
Un Sébastien Polesec est mentionné comme fabricien sur le calvaire de la chapelle Saint-Jean avec la date de 1645. Et un Polesec laisse son nom comme fabricien à Ste-Marie-du-Ménez-Hom en 1573.
3°) Joseph Kermorgant, menuisier.
Pas de découverte le concernant.
4°) Olivier Kermorgant, menuisier.
Pas de découverte le concernant : à vous la balle !
Inscription : SVMPTIB. VENERAB. VIRI : D : D : GVILLEL : PERFEZOV : SACERD. AC. RECTOR : HVIVS : ECCLESIAE. / ANNO : 1638 : FECERVNT : I : POLESEC : 10 : ET : OL : KMORGAN (sur la cuve).
— TOSCER (Catherine), 1997, La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien en Saint-Nic,Mémoires de la Société d'Histoire et d'archéologie de Bretagne vol. 75, pages 371-377.
"SUMPTIB(US) VENERAB(ILIS) VIRI D(OMINI) D. GUILLELM PERFEZOU SACERDOS AC RECTOR HVIVS ECCLESIAE : ANNO D(OMINl) 1638. FECERUNT I. POLESEC: I O(SEPH) ET OL(IVIER) K(ER)MORGAN. "
le Finistère disposait de 5 routes nationales, 14 routes départementales, 56 Chemin de Grande Communication CGC, et 30 chemins vicinaux d'intérêt commun. Le Classement des chemins vicinaux en chemins de grande communication date de 1861.
Le Chemin de Grande Communication n° 47 Douarnenez Le Faou mesure, selon cette plaque 36 km 875.
Mais cette plaque est singulière, peut-être unique, car elle est apposée sur le pignon est d'une maison privée, l'ancienne maison du dernier passeur (1951) Jean Horellou, sur la rive de l'Aulne maritime. Cette plaque qui s'arrête devant "Le Passage" signale une absence de route, et un passage par où on ne passe plus. Kafkaïen, non?
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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La route s'arrête là, face à une jetée qui descend vers le fleuve, entourée des croupes grises de vasières .
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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Mais en face, sur l'autre rive, sur la commune de Dinéault, des maisons blanches en haut d'une jetée indiquent que la route reprend, comme si de rien n'était. Cet endroit est nommé Le Passage (CEM 1820-1866), et à la fin du XVIIIe "Maison Blanche", toponyme qui n'a pas vieilli.
La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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Mais regardez ! une plaque nous dit tout sur ce Passage !
25 000 personnes par an, et le bétail, les moutons et les véhicules !
68,49 personnes par jour ! mais combien de moutons ?
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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Si, rêvant de ces foules montées à bord du bac de Jean Horellou, je m'écarte en contrebas de la jetée, je parviens à un autre rêve, celui des algues froides, de la palud (ou schorre) où se plaisent l'Obione, l'Aster et les chausse-trappes où je m'enfonce : slouourpe, plaf , eh ! Baignade non surveillée !
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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C'est pour découvrir un baradozig où de vieilles coques achèvent leurs jours et rêvent du passé.
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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Très bien, très bien les pieds dans l'eau ! Mais Voler, grimper tout seul vers la Lune, et contempler ce Passage parmi les blés mûrs comme le font les beaux oiseaux marins !
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Vue du Passage à partir du Bélvédère, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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Vue du Passage à partir du Bélvédère, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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DOCUMENTS.
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1°) Didier Cadiou 1997.
"En 1811, ce passage est armé par deux chalands, la Marie Jeanne et la Marguerite. Le passeur dispose en outre d'une loge construite près du village de La Forêt en Rosnoën, mais ce passage, comme celui de Térenez, est dépourvu de cale d'embarquement. Tous les six ans, l'Administration procède à une nouvelle adjudication des droits de passage. Tous les fermires n'atteignent cependant pas le terme de leur bail en raison d'un décès, d'une résiliation pour difficultés économiques ou d'une décision préfectorale. Utile aux hommes, le bac est aussi pour le bétail comme l'atteste ce témoignage, vers 1830, de J.F Brousmiche, l'un des rares auteurs à évoquer le passage de l'Aulne:
"Pour se rendre à Ménez-com, les chevaux, le bétail du Léonnais sont obligés de passer la rivière de l'Aulne au bac de Rosnohan, et cette rivière étant rivière de marée, quand le vent et le courant sont en opposition avec le flot, il arrive fréquemment de voir le bac dériver, et fréquemment aussi ce bac trop chargé chavire, et la rivière engloutit les hommes et les animaux. Il ne se passe pas de foires à Ménez-com sans accidents de cette nature,. et cependant ces foires sont très fréquentées". Jean-François Brousmiche, Voyage dans le Finistère en 1829,1830, 1831, Quimper, éditions Morvran, 1977.
Finalement, en décembre 1856, l'Administration se décide enfin à établir sur chaque rive "une rampe en pavement à pierres sèches simplement dégrossies" (45 m sur chaque rive)dont l'entretien devra être assuré par les fermiers eux -mêmes. Les travaux sont rapidement entrepris pendant la campagne 1857." D. Cadiou, Avel Gornog 1997
2°) Le site Antreizh, ce qui veut dire "Le passage" :
http://www.antreizh.fr/lepassage.html
"Appartenant aux seigneurs du Faou sous l'Ancien Régime, le "passage" entre Rosnoën et Dinéault, situé à la limite administrative des eaux fluviales et maritimes, situé sur l'axe allant de Landerneau à Douarnenez, attesté depuis 1514, était appelé Treiz Guenhel, du breton treiz (passage), et du nom de "saint Guinal", dont la chapelle se dressait sur la côte de Dinéault et se faisait par des bacs ou des chalands. Le "passage" était périlleux, compte tenu de sa largeur et de la force du courant. En 1858 fut construite une cale en pavage de pierres sèches, foulée depuis par des flots de piétons, de bêtes, charrettes et véhicules divers. Le Passage constituait un axe de communication entre le nord du Finistère et le sud vers la plaine du Porzay (l'affluence était grande chaque dernier dimanche d'août pour se rendre au pardon de Sainte-Anne-la-Palud) ou inversement (par exemple, les pèlerins venant du sud étaient nombreux chaque 15 août pour se rendre au pardon de Rumengol). Les foires d'Hanvec, du Faou et de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom étaient aussi des jours d'affluence. Cet itinéraire était classé chemin de grande communication no 47 depuis 1862.
Prendre le bac est dangereux comme en témoigne ce rapport du Conseil général du Finistère daté de 1874:
« Il serait à désirer, pour éviter les accidents qui se produisent souvent à l'embarquement et au débarquement des animaux, et même des passagers, que les cales d'accès fussent améliorées, principalement pour les cales des bacs de Rosnoën [à Treiz Guenhel] et de Térennez [Térénez] ; celles existantes sont beaucoup trop basses et rendent les embarquements difficiles et dangereux. »
Le même rapport de 1874 dit que « le service est déplorable, le matériel en très mauvais état, et des plaintes incessantes sont adressées à l'administration ». À cette date, le service du "passage" était assuré par trois bacs à Térénez, un grand bac en mauvais état, un bac plus petit en bon état et un batelet en assez bon état ; à Rosnoën, un bac neuf propriété du passeur vient de remplacer à cette date les deux grands bacs en mauvais état qui appartenaient à l'État ; s'y ajoute un batelet qui permet seulement le passage des personnes. Un accident provoqué le 11 août 1874 par un cheval qui défonça le grand bac de Térénez faillit provoquer la mort de 14 personnes. Même la route menant au bac de Térénez était d'accès difficile et les accidents sont fréquents ;« la difficulté des communications entre Crozon et Le Faou, augmentées par la mer, est nuisible aux deux localités », mais ce n'est que dans le courant de la décennie 1870 que ce tronçon de route est amélioré.
En 1875, 25 175 piétons, 435 chevaux, 60 voitures et 508 veaux et moutons empruntent ce passage, réaménagé en 1878. Le bac se maintint en service malgré la mise en service en 1926 du premier pont de Térénez, profitant de la rareté du trafic automobile à l'époque pour continuer à assurer un service de proximité. Le dernier passeur fut Jean Horellou (Yann an Treizour) et sa fille tint le café, malgré la fermeture du passage en 1951, jusqu'en 1984.
Le "passage" de Térénez, sur l'axe Le Faou-Crozon, était aussi très fréquenté : ce passage existe depuis au moins le xviiie siècle et les cales ont été restaurées en 1836 et 1857 ; puis à nouveau en 1913 et 1923. Certaines années, au xixe siècle, on comptait jusqu'à 25 000 piétons et un millier d'animaux. Ce "passage" a été utilisé en direction de Landévennec jusque vers 1925, date de la construction du premier pont de Térénezet à nouveau de 1944 (destruction du premier pont) jusqu'en 1951, lors de la mise en service du second pont de Térénez.
D'autres "passages" jalonnaient ainsi le fleuve, par exemple à hauteur de Trégarvan."
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3°)
En mai 1873, le Conseil municipal de Rosnoën sollicite, en raison de l'intempérance des passeurs, la suppression des auberges situées à proximité. Car des drames se déroulent parfois, comme ce 11 juillet 1873, lorsque la barque qui transporte sept bûcherons trop impatient pour attendre le bac situé sur l'autre rive, chavire, entraînant dans la mort cinq de ses passagers .
Ou ce 3 mai 1880, lorsque le passeur Yves Capitaine disparaît en tentant en vain de sauver de la noyade son matelot Le Gall. (d'après D. Cadiou 1997)
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Nombreuses photos du bac, du passeur et de sa famille sur le site http://www.antreizh.fr/lepassage.html
La carte de Cassini (fin XVIIIe) : la route à partir de Maison Blanche est bien indiquée, alors que le chemin allant de Rosnohan à La Forest n'est tracé que par un trait.
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Carte d'Etat-Major 1820-1866 : le site sur la rive gauche de l'Aulne est nommée Le Passage, mais aucun équipement n'est visible du coté Rosnoën.
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Carte de 1895 : le CGC n°47 est tracé, ainsi que le symbole du bac, et les noms La Forest et Le Passage.
L'Aulne maritime, ou Rivière de Châteaulin, creuse, dans sa progression rêveuse mais avide d'en finir avec une course de 144 km, une large et profonde ria où elle dessine quelques derniers méandres ; ce sont eux qui font toute la beauté du paysage qu'un promeneur peut découvrir du haut du Bélvédère (152 m), à Rosnoën. Le fleuve vient de recevoir son dernier affluent en rive droite, la Douffine, à Pont-de-Buis, mais accepte encore une dernière contribution en rive gauche, celle des eaux du Garvan, et ses saumons.
C'est précisément ce Garvan qui donne son nom à Trégarvan, de tref , "village", en en délimitant le territoire à l'est .
Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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J'ai utilisé en complément de mes clichés les ressources de GEOPORTAIL / REMONTERLETEMPS avec les cartes IGN, d'Etat-Major, de Cassini, et les photos aériennes.
C'est ce ruisseau du Garvan, qui descend des pentes du Ménez-Hom (330 m) en alimentant des moulins, qui, associé au "ster" du Cosquer, va dessiner ce chapeau de gendarme de Trégarvan.
Une dernière photo de l'Aulne en amont de Trégarvan nous permet de comprendre que les habitants qui ont inscrit leur nom sur les murs de l'église au XVI et XVIIe siècle étaient de riches cultivateurs, ou des meuniers.
Pourtant, Marteville et Varin écrivait encore en 1853, dans la nouvelle édition du Dictionnaire d'Ogée :
"Trégarvan, commune formée de l'ancienne trève d'Argol, sans desservance. Limit. : N. rivière de Châteaulin ; E. Dinéault, anse de Garvan ; S. Saint-Nic ; Dinéault ; O. Argol.
Principaux villages : Goulenes, Brigneun, Toulargloët, Kerfréval, Le Cosquer. Superficie totale 972 hectares, dont les principales divisions sont terres labourables : 201 ha. Près et pâtures : 16 ha. Bois : 8 ha; vergers et jardins : 8ha. Landes et terres incultes 711 hectares. Quatre moulins à –au, Kerfréval, Le Cosquer et du Garvan. "Cette commune est peut-être celle de toute la Bretagne qui a le plus de landes : celles-ci couvrent plus de 7/10e de son territoire. On parle breton."
La première édition, de 1778, décrivait Trégarvan avec Argol, mais dans des termes comparables :
"Argol ; située entre des montagnes ; à 7 lieues au Nord-Nord-Ouest de Quimper, son Evêché, à 41 lieues trois quarts de Rennes ;& à 2 lieues un tiers du Faou , la Subdélégation. On y compte 1050 communiants, y compris ceux de Trégarvan, sa trêve. Elle ressortit à Châteaulin, & la Cure est présentée par l'Abbé de Landevenec.
Ce territoire , couvert de montagnes serrées les unes contre les autres & plein de landes , ne contient que des terres stériles , Il vous en exceptez quelques-unes limées au Nord & à l'Est, qui produisent du froment & autres grains."
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L'Aulne et l'embouchure du Garvan. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.
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COMMUNICATIONS.
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La carte de Cassini (fin XVIIIe) montre que les voies de communication longent l'Aulne par les routes Châteaulin-Dinéault-Telgruc-Crozon au sud, Braspart-Quimerc'h-Rosnoën-Térenez au nord. Deux "passages" traversaient le fleuve du nord au sud, à Térenez et à La Forest entre Rosnoën et Dinéault, comme le suggèrent — sans indiquer les passeurs — les voies qui s'interrompent sur les deux rives.
Aux XVIe - XVIIIe siècles, période de construction de l'église tréviale, Trégarvan est à l'écart relatif de ces voies, sauf par sa proximité du Passage La Forest-Maison-Blanche.
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Géoportail remonterletemps.
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La carte d'Etat-Major de 1820-1866 montre la même chose. Notez la rareté du bâti sur la colline (42 m et 78 m) qui domine Trégarvan, et l'indigence des chemins conduisant à Le Passage, entre Rosnoën et Dinéault.
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Géoportail remonterletemps.
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La carte au 1/50000 de 1950 indique enfin un enrichissement du bâti sur le petit promontoire, et mentionne clairement le bac et la route (ex Chemin de Grande Communication) Le Faou-Dinéault passant par le bac, dûment indiqué.
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Géoportail remonterletemps.
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PRÉSENTATION.
D'après Chrystel Douard 2010.
Relevant dès le 11e siècle de l´abbaye bénédictine de Landévennec et trève de la paroisse d´Argol, Trégarvan est érigé en commune en 1792 et devient paroisse indépendante en 1842.
Aucun tissu urbain n'existe avant la seconde moitié du 19e siècle. En 1831, l'ancienne chapelle tréviale devenue ensuite église paroissiale, entourée du cimetière, se situe dans un secteur dépourvu de toute construction. Une demi douzaine de maisons dont l'ancien presbytère est construite à la fin du 19e siècle dont deux à usage temporaire d'école communale et plusieurs à usage de commerce. Le presbytère, aujourd'hui désaffecté, conserve un élément sculpté ancien remployé au-dessus de la porte nord provenant peut-être de l'église et portant des armoiries associées à une crosse et une mître d'abbé, peut-être celles d'un abbé de Landévennec. La mairie, petit bâtiment à pièce unique, est construite en 1907, peut-être, comme le groupe scolaire à Kergroas (actuellement Musée de l'Ecole Rurale en Bretagne), d'après le projet de l'architecte A. Marie, de Brest. En 1930, le cimetière a été légèrement agrandi vers le sud et l'ouest et quelques maisons d'habitation ont été bâties au sud de l'église dans la période de l'entre-deux-guerres .
En 1965, une monographie succinte, rédigée par le ministère de la construction dans le cadre de la préparation d´un « plan sommaire d´urbanisme révèle une population éparse mais plus concentrée autour du bourg. Entre 1936 et 1962, la population diminue de 27 %. Parmi les 51 exploitations agricoles recensées en 1946, 44 subsistent en 1965 (contre cinq en 2009). Les 968 hectares du territoire communal sont alors composés de 367 hectares de terres labourables, de 56 hectares de prés, de 10 hectares de vergers, de 25 hectares de bois et de 477 hectares de landes, ces dernières couvrant presque la moitié de la commune. On y cultive la pomme de terre et les céréales.
Le bateau-vapeur liant Brest à Port-Launay, hors service dans les années 1960, faisait longtemps escale à Trégarvan pour permettre aux touristes de gravir le Ménez-Hom. En 1965, le potentiel touristique de la commune était perçu comme un atout. On comptait alors une cinquantaine de mouillages de bateaux et quatre cafés-épiceries dont deux au bourg et deux à Kergroas et Pont-Carvan. Situé dans la partie sud-ouest du Parc Naturel Régional d´Armorique, Trégarvan (arrondissement et canton de Châteaulin) fait partie de la Communauté de Communes du Pays de Châteaulin et du Porzay (Châteaulin, Dinéault, Saint-Nic, Plomodiern, Plonévez-Porzay, Ploéven, Quéménéven, Cast et Saint-Coulitz, Port-Launay). A dominante rurale et résidentielle, la commune se distingue par la qualité de de ses espaces naturels remarquables dont l´Aulne maritime et le Ménez-Hom, site classé depuis 2004, « en raison des ses caractères pittoresque et légendaire ». La commune couvre une superficie de 968 hectares et comptait 146 habitants au 1er janvier 2009. Avec plusieurs gîtes ruraux et un village de vacances, la commune est aujourd'hui tournée vers le tourisme rural, en lien avec l'attrait exercé par l'Aulne et le Ménez-Hom.
Un recensement des objets mobiliers conservés dans l´église, non reconduit dans le cadre de la présente enquête (fiches descriptives, photographies), avait été réalisé en 1977 ; il est disponible au centre de documentation du patrimoine (Région Bretagne). Trégarvan conserve des éléments patrimoniaux identifiés et dignes d´intérêts parmi lesquels figurent le Musée de l´Ecole Rurale en Bretagne, remarquable au niveau régional, ainsi que l´église paroissiale Saint-Budoc récemment restaurée et mise en valeur. Les hameaux de Goulénez, Stanquélen, Kerfréval, Keryé, Brigneun et Toul ar Gloët conservent des éléments significatifs de l´architecture rurale de la commune.
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Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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L'EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-BUDOC.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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"Plan en croix latine à trois vaisseaux datée par inscription de 1527 ; 1590 ; 1629 ; 1658 ; 1670 ; 1696 ; 1706 ; 172. Gros-œuvre en granite ; kersantite ; grès ; appareil mixte ; pierre de taille ; moellon toit à longs pans ; croupe ; noue ; pignon ; flèche en maçonnerie Charpente : lambris de couvrement."
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
Vue générale de l'Aulne maritime en amont de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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I. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES.
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Palissy :"Piles de la nef début 16e ; croix de cimetière en 1527 ; vers 1590 rehaussement des arcades, inscription : YVO CAPYTE ETON 1590 ; chevet en 1629, inscription : BVZEC CAPITEN F 1629 ; sacristie en 1658, inscription : N LE SCOARNEC FAB 1658 ; sablière angle N.O. de la croisée porte l'inscription : I MAZEAU FA 1670 ; nef pignon ouest : N SCOARNEC F ; clocher en 1696, inscription : ... NORD. F.1696 ; reprise de la 1ère arcade nord : M.Y.CAPITAINE. P.I.GVEOC A.MARC. 1706 ; sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"
À l'extérieur, les inscriptions lapidaires portent les dates de 1629, 1658, 1696 et 1698, et les patronymes des fabriciens B[e]uzec Capitaine, N. Le Scoarnec, Y. Scoarnec et F. Moro.
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1°) Au pan sud du chevet. Buzec Capitaine 1629.
2°) Sur le mur de la sacristie. N. Le Scoarnec 1658.
3°) Au dessus de la porte ouest. Y. Scoarnec
4°) Sous la galerie du clocher, côté sud. F : MORO 1696 "
5°) Le cadran solaire de 1698.
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1°) Au pan sud du chevet. Buzec Capiten 1629.
Lettres capitales romaines ; fût perlé (I) . Ponctuation de séparation des mots par trois points. Pierre de Logonna (microdiorite quartzique).
Longueur 50 cm, hauteur 40 cm
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BVZEC : CA
PITEN : F
1629.
"BUZEC : CAPITEN : F[ABRICIEN] 1629."
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BUZEC est vraisemblablement le prénom du fabricien, c'est une forme de Budoc.
Le patronyme CAPITAINE est très commun à Trégarvan.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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2°) Sur le mur de la sacristie.
Lettres capitales romaines.
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N : LESCO
ARNEC :
FAB : 1658.
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"N : LE SCOARNEC : FAB[RICIEN] : 1658."
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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3°) Élévation occidentale, au dessus de la porte .
Lettres capitales romaines.
Y : SCOARNEC : F.
"Y[ves] SCOARNEC F[ABRICIEN].
Sans date, mais la tour que soutient ce mur est datée de 1696.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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4°) Sous la galerie du clocher, côté sud.
F : MORO 1696 " (ou 1690 ?)
Microdiorite quartzite. Lecture douteuse du patronyme. Les auteurs de la notice de la base Palissy ont lu : "NORD 1696", ce qui est encore plus douteux.
Je propose d'y voir une graphie pour MOREAU . Par exemple, on trouve dans la généalogie de Philippe Mérour Jean Moreau, père de Yves Moreau (décédé après 1699), lui-même père (?) de Jeanne Moreau, née à Dinéault le 10/02/1699 et décédée à Trégarvan (Cosquer) le 21/05/1771, qui épousa Jean Capitaine. Leurs enfants Corentin, Marie, Jeanne Catherine et Magdelaine ont vécu à Trégarvan, soit au Cosquer, soit à Brigneun.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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5°) Le cadran solaire de 1698.
Chambre des cloches. Schiste. cadran rayonné central, numérotation arabe de droite à gauche 7, 6,5,4,3,2,1 -fleur-11,10,9, 8, 7, 6, 5.
Registre supérieur : cercle au monogramme christique I.~H S , le tilde surmonté d'une croix. Chronogramme 1698 entourant le motif religieux.
L'inscription haute est partiellement (et sans doute volontairement) effacée, laissant lire ---N: ---:FA.
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Voir :Yves-Pascal CASTEL, L'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère, d'après Jean-Paul Cornec, Pierre Labat-Ségalen, «Cadrans solaires en Bretagne», Skol Vreizh, 2010
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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II. LE CALVAIRE DE 1527.
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Description par Yves-Pascal Castel :
3022. Trégarvan, église, g. k. 1527. Trois degrés. Socle à cavet: MVCXXVII - - - FABRIQVE, écu usé. Fût à pans, griffes hautes. Croisillon aux anges, écu aux trois pommes de pin et à la crosse. (Alain de Trégain, de Briec, abbé commendataire de Landévennec). Croix, crucifix, anges au calice. [YPC 1980] http://croix.du-finistere.org/commune/tregarvan.html
Le calvaire de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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III. LES STATUES EN KERSANTON DE L'ENTRÉE.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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1°) La Pietà aux anges de compassion. Kersanton, XVIe siècle.
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inscrit au titre objet 2003/01/09
h = 97 ; la = 105 ; pr = 36. "La Vierge agenouillée prie devant la dépouille de son fils soutenue par deux anges de part et d'autre du corps." Notice base Palissy.
Cette œuvre appartient donc au groupe des "Pietà aux anges de douceur", ou plus généralement aux crucifix où le Christ mort est assisté par deux anges. Voyez par exemple mon commentaire sur la Pietà de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou, où je donne une synthèse de l'iconographie.
Ici, l'ange de gauche soutient tendrement la tête du Christ, tandis que le deuxième ange enveloppe d'un linge les pieds.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
h = 135 ; la = 57 ; pr = 50 Saint Budoc en pied, en tenue d'évêque, tient la crosse de la main droite.
b) Saint Budoc : Evêque fêté le 9 décembre
"Dans sa vie de saint Guénolé, écrite entre 850 et 885, Gurdisten reprend une tradition ancienne, selon ses propres paroles, quand il nous décrit Budoc comme "ministre angélique, richement doué de savoir, remarquable par sa droiture, que tout le monde de ce temps considérait comme l'une des plus fermes colonnes de l'Eglise". Budoc était le "maître" de l'Ile Lavret (Laurea), où Gwénolé fut, dès son enfance, élevé comme son disciple. Avec Maudez puis Budoc, nous sommes à la fin du 5e siècle et à l'aube de la grande expansion du monachisme chez nous : monachisme d'ermites où chacun a son "peniti" ; et, quand il s'agira d'un monastère, l'abbé continuera souvent à vivre en ermite (voir Goulven, Goeznou, Gwénolé) ; l'influence orientale reste prépondérante. Le culte de saint Budoc est couramment lié à celui de saint Gwénolé.
Saint Budoc (ou Beuzec) était le patron de l'ancienne paroisse de Beuzec-Cap-Caval (aujourd'hui en Plomeur). Il est toujours le saint patron des églises paroissiales de Beuzec-Cap-Sizun, Beuzec-Conq (en Concarneau), Trégarvan, Plourin-Ploudalmézeau et Porspoder." https://diocese-quimper.fr/fr/se-ressourcer/les-saints/story/917/saint-budoc
Saint Budoc, fils de sainte Azénor, fille du roi de Brest donna son nom à la paroisse de Beuzec.
Les pêcheurs, obligés de lutter avec la mer ne croient pas avoir de meilleurs patrons que sainte Azénor voguant sans voiles et sans rames et son fils saint Beuzec, Buzec ou Budoc (littéralement le noyé, ou sauvé des eaux) .
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On comparera cette statue à celle de saint Guénolé (disciple de Budoc) en abbé (kersanton, vers 1520) dans l'ancienne abbaye de Landévennec ; il tient également la crosse de la main droite.
Il est plus exact d'écrire que saint Budoc, si on admet cette identification non fondée, est représenté en abbé et non en évêque. Il s'agit peut-être aussi d'une statue de saint Guénolé, puisque nous sommes ici sur une possession de l'abbaye de Landévennec.
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Plaque émaillée à l'entrée du cimetière. Photo lavieb-aile.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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La reliure ou couverte du livre qu'il tient porte cinq cercles placés en quinconce.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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La mitre est également orné de de groupes de cinq fleurons en quinconce placés de chaque coté d'une bande verticale médiane décorée d'un fleuron et de deux languettes.
La mitre porte bien entendu des fanons.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Nous pouvons remarquer aussi que :
La crosse est tenue à droite, le crosseron (à crochets) orienté de façon axiale.
Cette crosse est tenue par l'intermédiaire d'un sudarium.
Des bagues sont enfilés sur chaque doigt long de la main droite (comme la statue de saint Guénolé à Landévennec).
Un manipule pend au poignet gauche, avec son gland de passementerie.
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IV. LE CLOCHER ET SES TÊTES.
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L'église paroissiale de Trégarvan partage certaines caractéristiques géologiques et stylistiques avec d'autres édifices religieux du Parc Naturel Régional d'Armorique. On retrouve, par exemple, des flèches à arêtes sculptées figurant des têtes humaines entre autres, à Landévennec (église paroissiale), à Dinéault (chapelle Saint-Exupère de Loguispar), à Brasparts (église paroissiale Notre-Dame et Saint-Tugen) ou encore à Pleyben (chapelle de la Madeleine). (d'après C. Douard)
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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La galerie de la tour est cantonnée par quatre têtes, (deux têtes humaines et deux têtes animales), et l'élévation ouest est encadrée de deux crossettes (un ange et une sirène) : elles seront étudiés dans un article propre.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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V. LE CLOCHER : LES DEUX CLOCHES.
LA CLOCHE MARIE JOSEPH ANNA (1880).
Base Palissy Enquête de l'Inventaire : Castel Yves-Pascal ; Quillivic Claude
Cette cloche a été fondue, comme celle de la chapelle Saint-Jean et celle de Guengat, celle de l'hospice de Châteaulin, celle de la chapelle Saint-André d'Ergué-Gabéric (1854) par Jean Fondeur, de Quimper, en 1880. Haute de 70 cm, elle porte en ornementation un Salvator Mundi, et l'inscription :
PAROISSE DE TREGARVAN M. JOSEPH BARBOU RECTEUR J. M. MOAL MAIRE HERVE LAGADEC TRESORIER JE M'APPELLE MARIE JOSEPH ANNA JEAN MEROUR PARRAIN MARIE LAGADEC MARRAINE L'AN 1880
JEAN FONDEUR QUIMPER
LA CLOCHE DE 1859.
Base Palissy Enquête de l'Inventaire : Castel Yves-Pascal ; Quillivic Claude
Egalement fondue par Jean Fondeur à Quimper, et haute de 76cm, elle est ornée d'une Vierge, d'une gloire et d'une étoile, avec l' inscription :
PAROISSE DE TREGARVAN MR POLIQUEN RECTEUR MM J. M. MOAL MAIRE J. CAPITAINE ADJOINT M. H. MOAL TRESORIER S. J. L. NICOLAS P. ALL LAGADEC F. P. J. LOUIS BATANY M. J. N. MEROUR
JEAN FONDEUR A QUIMPER 1859
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Elles sont ornées en début de ligne par des manicules dont l'index et l'auriculaire sont tendus vers des couronnes ou O.
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VI. UNE CROSSETTE.
Angle sud-est : un chien (?) attaquant sa proie.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-BUDOC.
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Trégarvan, est une ancienne trève d'Argol érigée en paroisse en 1841. Son église est en forme de croix latine, comprenant une nef de trois travées avec bas-côtés, deux chapelles en ailes formant faux transept au droit de la dernière travée et un chœur profond terminé par un chevet à trois pans. L'édifice présente des restes du XVIe siècle (arcades), mais a été en partie reconstruit au XVIIe siècle puis au début du XVIIIe siècle, ainsi que l'attestent les inscriptions. L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec sablières sculptées mais sans entraits. Les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers octogonaux. Arcs diaphragmes entre les bas-côtés et le transept. (Couffon)
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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I. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES : 1706 et 1590 (?).
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1°) dans l'évasement du mur nord au dessus du 2ème pilier de la nef.
Un bloc de pierre sombre, de 53 cm sur 28 cm en deux fragments :
M : Y : CAPITAI
NE : P : I : GOVEOC
A : MARC : 1706 (ou A : MARO)
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M : Y : CAPITAINE : P : I : GOVEOC / A : MARC : 1706.
Interprétation possible : "Messire Yves Capitaine Prêtre, I. Goveoc et A. Marc (fabriciens), en 1706."
a) le nom Capitaine est attesté comme nous l'avons vu. La lettre M précédant l'initial du prénom m'incite à y voir le titre messire qui précède le nom des recteurs, et la lettre P la mention "prêtre", mais aucun prêtre de ce nom n'est mentionné dans la paroisse d'Argol, dont Trégarvan est la trève jusqu'en 1842. Un "Yves Capitaine " est mentionné à Trégarvan, mais un peu plus tardivement puisque ses parents sont nés en 1704 et 1699.
b) le patronyme GOVEOC n'est attesté, ni à Trégarvan ou Argol, ni comme patronyme en France. Nous trouvons en Bretagne Le Govec (diminutif de Le Goff : Le Goffic, Le Govic, Le Gouic, Le Govec). Peut-être une graphie dérivée de (LE) CORREOC ? Dans cette famille où Jean est attesté en 1685 à Dinéault, Anna Le Correoc épousa Yves Capitaine, et décéda à Brigneun, Trégarvan, en 1772.
c) A : MARC ou MARO pourrait correspondre aux patronymes Le Maro, Le Marchou, Le Marc'h, Le Marc, dérivé du breton marc'h, "cheval".
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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2°) Dans l'évasement du mur nord au dessus du 3ème pilier de la nef (1570 ? 1590 ?)
Elle semble être un fragment d'une inscription plus complète. Elle est elle-même traversée par une fissure (comblée de mortier ?). Les lettres latines sont irrégulières. On trouve des lettres conjointes liant entre eux le nom et le prénom, et un N rétrograde. La lecture est hasardeuse, notamment celle de la date, pourtant cruciale.
70 cm x 43 cm.
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Je lis
YVOCAPYTE
ETON : 1570
Couffon a lu : " YVO CAPITE.../PETON. 1590. "
On peut penser à Yvon Capiten (Capitaine) , et , peut-être au patronyme Peton ou Petto
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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LES SABLIÈRES ET BLOCHETS : 1670 (NEF) et 1720 (CHOEUR).
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1°) Les sablières de la nef.
Si les trois travées découpent la nef, ce sont cinq entraits (poutres transversales que je numérote 1 à 5 d'ouest en est)) qui scandent la charpente lambrissée. Des pannes sablières sculptées s'intercalent entre les entraits, de la tribune de l'ouest jusqu'au chœur. Les premières ne sont ornées que d'une frise de tulipes, sans intérêt. Les pièces anciennes débutent après le premier pilier et le troisième entrait.
Je décrirai d'abord les sablières du coté nord, d'ouest en est.
a) Les sablières de la nef du coté nord.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet nord, contre le troisième entrait.
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C'est un personnage peut-être féminin, taillé dans une pièce de bois rectangulaire comme une poutre, sans aucune extension latérale. De ce fait, les cotés sont rabattus ; ils ressemblent à deux feuilles nervurées, mais pourraient être les ailes d'un ange.
Ce personnage est vêtu d'une tunique boutonnée de haut en bas, et serré au cou par une fraise courte mais cet habit est peu réaliste.
Deux éléments stylistiques doivent être notés :
a) le menton en godet ou en rideau forment avec les joues rondes un contraste particulier. Ce détail se retrouve sur le bas-coté sud de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic en 1661.
b) les trous forés assez profondément pour représenter les yeux et les boutons. Ils sont soigneusement exécutés, très réguliers, et nous allons les retrouver régulièrement. J'émets l'hypothèse qu'ils ont pu servir de mortaise pour des éléments décoratifs colorés.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Première sablière nord ancienne, entre le 3ème et le 4ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.
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Cette frise est exactement comparable à celle exécutée à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic en 1653, mais se rapproche également des sablières de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de la même commune.
Elle se double d'une étroite frise inférieure, faite de pampre avec ses grappes.
Trous pour les yeux de l'angelot et de l'oiseau.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Deuxième sablière nord ancienne, entre le 4ème et le 5ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Inscription sur la frise inférieure, à droite.
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I MAZEAV FA : 16 / 76
René Couffon a lu : " M : I : MAZEAV : FA : 1676. sur la corniche du choeur "
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Les généalogistes signalent à Trégarvan Budoc Mazeau, décédé le 2 février 1718. Ou un Jean Mazeau, compatible avec l'initiale I de Ian, dont le fils Nicolas s'est marié en 1717.
L'inscription, placée dans la frise sous-jacente à la sablière ornée, et tracée en capitales romaines très géométriques, est comparable à celles de la nef de la chapelle Saint-Côme à Saint-Nic, datées de 1641. Les lettres elles-mêmes sont identiques, hormis le A dont la traverse est droite à Saint-Côme, et en V ici. .
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Les sablières anciennes de la nef , coté sud, du chœur vers l'ouest.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Troisième sablière sud ancienne, après le 5ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Deuxième sablière sud ancienne, entre le 5ème et le 4ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Première sablière sud ancienne, entre le 4ème et le 3ème entrait. Deux dragons affrontés attachés par un anneau entourant le cou.
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Cette pièce est exactement comparable à celle exécutée à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic en 1653, mais se rapproche également des sablières de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de la même commune.
Les caractéristiques en sont ici :
les écailles du corps traités, selon les zones, par deux entailles différentes, soit en coup de biseau, soit en ligne irrégulière et sinueuse.
Les plages du corps lisses, dépourvues d'écailles,
les langues dont le caractère épineux est figuré par un aspect foliaire.
Le fouet des queues traité comme des épis ou des grappes.
Les trous des pupilles.
Toutes, sauf les langues foliées, sont présentes à Saint-Nic.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet sud, en avant du 3ème entrait. Ange ?
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Menton en galoche ou godet (cf. supra)
Vêtement stylisé, non réaliste.
Trous d'ornementation pour les yeux, la collerette et la ceinture.
La collerette en larges pétales , comme celle d'un Pierrot, se retrouve sur les blochets de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de Saint-Nic.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Les six blochets et les sablières du chœur (1720 et 1750).
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet du chœur n°1.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet du chœur n°2.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Sablière entre les blochets 2 et 3.
Inscription : IA 1750.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet du chœur n°3.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Inscription entre les blochets 3 et 4 :
I : F. MASEO : CVRE : BVJOC : LEPAN : FABICN
La notice Palissy mentionne : "sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"
René Couffon a lu : " I : F : MASEO CVRE BVDOC LERAN FABRIC. " au mur nord de la nef."
Le chronogramme 1720 a pu être détruit lors de restauration, puisque la corniche s'arrête là, avant une pièce de bois récente. Néanmoins, il faut bien lire LEPAN et non LERAN, d'une part par constatation de la photo, d'autre part car le patronyme LE PANN est attesté à Trégarvan.
On transcrira donc : I : F : MASEO : CURÉ : BUDOC : LE PAN[N] : FABRI[QUE] [1720]
ou" I.F. Mazeau curé, Budoc Le Pann fabricien (1720 ?)"
Je ne trouve pas d'information sur Budoc Le Pann, mais la famille Le Pann est attestée à Argol, (Bodogat) et à Trégarvan (Yves Le Pann, 1689-1742, père de Michel, père d'Alain qui épouse Marie Mazeau en 1780 à Trégarvan).
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet du chœur n°4.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Sablière entre les blochets 4 et 5.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet du chœur n°5.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet du chœur n°6.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Les sablières du faux-transept sud.
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Blochets et sablières de la chapelle latérale sud (Sainte-Marguerite).
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet de gauche.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Sablière de gauche, coté ouest du faux-transept. Deux dragons affrontés tête reliées par un anneau.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Sablière de droite, coté ouest du faux-transept. Frise à pampre, oiseaux.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Oiseau picorant les grappes : notez les trous d'ornementation.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Blochet de droite du faux transept sud. Ange et inscription MARIA.
Inscription MARIA avec les deux premières lettres jointes comme dans le monogramme marial. Le personnage en buste est un ange, dont les ailes se devinent sur les cotés et dont le col est stylisé en collerette à la Pierrot.
Cou large, menton en godet, trous pupillaires.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Synthèse : les sablières de Trégarvan et l'atelier de Saint-Nic.
Les sablières sculptées de l'église de Trégarvan sont, finalement au nombre de six pièces : deux dans la nef nord, deux dans la nef sud et deux dans la chapelle sud. J'exclus les autres pièces, celle du début de la nef, aux successions de "tulipes", et celles du chœur, en frise géométriques dont seules les inscriptions datées (1720 ? et 1750) sont dignes d'intérêt.
Ces six pièces sont non seulement homogènes mais aussi répétitives, puisqu'on n'y trouve que deux motifs : celui des dragons affrontés et liés, et celui des pampres aux grappes picorées par les oiseaux, de part et d'autre d'une tête d'angelot.
À cet ensemble ne s'applique pas les dates de 1720 et 1750, mais la date de 1676 associée au nom du maître d'ouvrage le fabricien I. MAZEAU.
Nous devons attacher à cet ensemble de six sablières les 12 blochets (deux dans la nef, six dans le chœur et quatre dans la chapelle sud) car ils sont tous cohérents sur le plan stylistique et qu'ils ont des caractères de style communs avec ces sablières : utilisation de trous pour les pupilles et le décor, menton en godet, double contour des yeux en amande, lignes sinueuses ornementales, stylisation non réaliste des vêtements.
Ces six sablières et ces douze blochets de 1676 peuvent, par ces caractéristiques, être attribuées au sculpteur d'une partie des sablières de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, réalisées en 1653 sous la direction du recteur Guillaume Perfezou, M. Kervarec étant fabricien, et où les deux mêmes motifs des pampres à angelots et oiseaux et de dragons affrontés sont réalisés à l'identique. Et au sculpteur des sablières des bas-cotés de la chapelle Saint-Côme, à Saint-Nic, réalisées en 1661 et 1670-1675 sous la direction du même recteur Perfezou, tandis que R.G Marzin était fabricien en 1661 et Alain Roignant en 1675 ; et où les mêmes motifs des sablières s'associent au caractères des blochets, notamment le caricatural menton en godet.
Faut-il déduire des inscriptions datées de Saint-Côme que le sculpteur était cet Alain Roignant, qui se signale à deux reprises comme "charpentier" ? C'est ce que suggérait Sophie Duhem dans sa thèse de 1997 :
"Un autre compagnon se joint aux ouvriers [ Olivier Guillosou et Jacques "Bolesec en 1641 et 1646] , une dizaine d'année plus tard, pour exécuter un ouvrage de même goût dans le bas-coté sud de l'église. Une poutre précise l'époque (nous sommes en 1661) et l'une des factures identifie le nouvel artisan : il s'agit d'Alain Roignant, qui reproduit fidèlement les thèmes sculptés par ses compagnons mais pour un résultat plus médiocre que tente de camoufler une excessive décoration de stries, d'encoches et de points. L'artisan a visiblement été formé aux « méthodes » des sculpteurs et familiarisé avec les images de l'atelier.
Son activité ne débute pas en 1661 puisqu'il exerce déjà son métier en 1653. il réalise à cette époque les décors sculptés de la chapelle Saint-Jean, toujours pour le recteur Guillaume Perfezou. Ses déplacements le conduisent à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Trégarvan qui l'emploie à l'ornementation de la charpente. La date de réalisation de cet ensemble n'est pas connue ; elle est probablement contemporaine des travaux de Saint-Nic et de l'achèvement des reliefs du bas-coté nord en 1670."
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Avec plus de prudence, mais en me basant sur des critères stylistiques précis et un corpus d'images placées en ligne, je propose de définir un atelier, celui du Maître de Saint-Nic, actif entre 1661 et 1676 entre les deux chapelles de Saint-Nic et l'église de Trégarvan.
Il reste à définir la filiation entre cet atelier et celui qui avait réalisé les sablières de la nef de Saint-Côme en 1641-1646. Par la parenté entre l'inscription MAZEAU FA 1676 et celles des sablières de la nef (et non plus des bas-cotés) de Saint-Côme, ou par la présence d'ornementation par trous dans le corps des dragons de cette nef, je suis tenté d'étendre l'activité de cet atelier à la période 1641-1676. Définir, dans cet atelier, les différentes "mains", sera la tâche suivante.
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LA STATUAIRE.
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I. Les statues du chœur.
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1°) Saint Budoc. Pierre polychrome. XVIIe
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Le saint est représenté en évêque avec mitre rouge et or, chirothèque, pantoufles épiscopales, cape, surplis et soutane, mais il tient le bâton pastoral en forme de croix simple, sans crosse ni double traverse.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Saint Sébastien.
Ce saint était invoqué contre la peste, ou les épidémies apparentées, tout comme saint Roch (infra).
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Saint Roch et son chien Roquet.
Le médecin de Montpellier Roch, en costume de pèlerin de Rome, montre sa plaie bubonique, tandis que son chien Roquet,, miraculeusement, lui apporte chaque jour le secours d'un morceau de pain.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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La chapelle nord et le retable de saint Étienne.
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Base Palissy.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Prédelle : la lapidation de saint Étienne.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
Attribut : son habit d'Antonin, son cochon et son chapelet. Il manque la cloche et le tau, mais c'est le livre que devait tenir la main gauche.
Hauteur 90 cm, largeur 34 cm, profondeur 25. Inscription peinte S. ANTON.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Statues de la chapelle sud.
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La Pietà. Bois (chêne) polychrome, XVIe.
Base Palissy Yves-Pascal Castel et Claude Quillivic
1960/02/23 : classé au titre objet
Statue d'applique à revers évidé, haute de 90 cm et large de 40 cm. La Vierge est assise, les mains jointes, le corps de son Fils étendu en arc sur ses genoux.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Sainte Marguerite issant du dragon. Bois polychrome, XVIIe.
Sainte Marguerite sort miraculeusement du dos du dragon qui l'avait avalé, et qui tient encore dans sa gueule l'extrémité du manteau bleu à revers rouge.
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Ses cheveux sont retenus par un bandeau postérieur, de même étoffe que le manteau.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Statue du bas-coté nord de la nef. Dieu le Père.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
" grès peint faux granite ; cuve carrée, sur pied, avec piscine accolée de moindre hauteur, base commune ornée de moulures ; dimensions : h = 95" (Castel et Quillivic)
L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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LES BANNIÈRES DE PROCESSION.
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Dans la tribune :
Velours rouge brodé
SAINT PIERRE PRIEZ POUR NOUS.
SACRÉ COEUR DE JÉSUS SAUVEZ LA FRANCE.
Cette bannière peut être datée de la Grande Guerre 1914-1918 par son inscription votive patriotique.
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Bannières de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
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Bannière de sainte Anne et de Notre-Dame de Lourdes.
Soie brodée, début XXe (?)
a) Bannière de sainte Anne.
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Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Bannière de Notre-Dame de Lourdes.
inscription N-D DE LOURDES P.P. NOUS [Priez pour nous]
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Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Bannière de la guerre de 1914-1918 et de sainte Jeanne d'Arc.
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Soie brodée et peinte, cannetille. Début XXe.
a) Bannière de la guerre de 1914-1918.
Inscription DON DES PAROISSIENS CONSOLATRICE DES AFFLIGÉS GUERRE 1914-1918.
La Vierge.
Une religieuse en cornette (probable sœur de la congrégation des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul) se penche sur le bras gauche garotté d'un blessé dont elle pose le pansement.
Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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b. Bannière de Jeanne d'Arc.
Inscription JHESUS MARIA.
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Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Bannière de Notre-Dame de Lourdes et de l'ange gardien
a) Bannière de l'ange gardien : soie rouge. Inscription SOYEZ MON GUIDE.
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Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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b) Bannière de Notre-Dame-de-Lourdes.
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N-D. DE LOURDES PRIEZ POUR NOUS.
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Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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La plaque tombale du dernier grenadier de Napoléon.
"Michel Hicher, grenadier de la garde impériale, est décédé à Trégarvan le 8 août 1857. En 2014, la plaque a été .redorée :
« Ici repose Michel Hicher né à Plonévez-Porzay, grenadier du 1er régiment de l'ex-garde impériale, Chevalier de la Légion d'honneur, décédé à Trégarvan le 8 août 1857 à l'âge de 86 ans ».
Deux articles de Jean-Jacques Kerdreux et de Patrick Jadé ont donné tous les renseignements sur ce grenadier : présentées dans « Avel Gornog » n°22 d'août 2013.
Michel Hicher est né en 1771, au moulin de Lesvren en Plonévez-Porzay, dans une famille de meuniers de Dinéault (moulin de Tréfiec depuis 1760). Il fut enrôlé comme soldat de la Révolution lors de la levée en masse de 1794. ll devient fusillier du 1er bataillon des Ardennes.
Mesurant plus de 1,70 m, il devint grenadier dans l'armée d'Italie, sous les ordres de Napoléon Bonaparte.
Dans la 106e demi-brigade, il participe à la défense de Gènes en avril-juin 1800. Il est en Autriche en 1805, 1809, puis intègre le 1er régiment de grenadiers à pied de la garde impériale, l'une des quatre seules unités de la Vieille Garde et "la plus valeureuse de tous les temps". Cette unité accompagne Napoléon jusqu'à Moscou, et parvient à garder un ordre à peu près régulier pendant la retraite de Russie.
Puis c'est la campagne d'Allemagne en 1813, puis la campagne de France en 1814, au cours de laquelle Michel Hicher reçoit la Légion d'honneur le 2 avril 1814, juste avant l'abdication de Napoléon le 6 avril. Il participe à la campagne de Belgique en 1815 mais est absent à Waterloo le 18 juin.
En 1815, après 23 ans et 6 mois de service dont 23 ans de campagne, il revient à Dinéault comme cultivateur. Il se marie le 25 septembre 1918 à Dinéault avec Laurence Bescou de Trégarvan et s'installe à Brigneun (Trégarvan). Il aura cinq enfants et aujourd'hui, plusieurs de ses descendants habitent la commune.
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Cimetière de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.
"Piles de la nef début 16e ; croix de cimetière en 1527 ; vers 1590 rehaussement des arcades, inscription : YVO CAPYTE ETON 1590 ; chevet en 1629, inscription : BVZEC CAPITEN F 1629 ; sacristie en 1658, inscription : N LE SCOARNEC FAB 1658 ; sablière angle N.O. de la croisée porte l'inscription : I MAZEAU FA 1670 ; nef pignon ouest : N SCOARNEC F ; clocher en 1696, inscription : ... NORD. F.1696 ; reprise de la 1ère arcade nord : M.Y.CAPITAINE. P.I.GVEOC A.MARC. 1706 ; sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"
— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère, 1980. Quimper, p. 356-357.
— CHAURIS, Louis. (2015) Pour une géo-archéologie du Patrimoine : Pierres, carrières et constructions en Bretagne. Revue archéologique de l ouest p. 259-283
https://journals.openedition.org/rao/925?lang=en
La langue bretonne emploie quelques termes pour désigner les roches, mais ceux-ci s’avèrent dans l’ensemble peu précis. Ainsi, la dolérite, appelée mein houarn ou menhouarn (pierre de fer), en raison de sa ténacité, n’est aucunement un minerai de ce métal. En presqu’île de Crozon, lorsqu’elles est altérée, la même roche est dénommée men rouz (pierre rousse) du fait de sa teinte ; plusieurs parcelles l’évoquent ainsi à Crozon : « Men roux » (section 36, n° 1364 à 1374) et « Parc Men roux » (section n° 36, n° 1375). Parfois, (à Trégarvan ou à Dinéault), les cultivateurs appellent la dolérite « Kerzanton », confusion éminemment fâcheuse (Chauris et Kerdreux, 2000). Il est rare qu’en breton le toponyme indique la nature de la pierre de manière relativement précise.
— CHAURIS, L., KERDREUX, J.-J., 2000 – La dolérite : une pierre de construction singulière en presqu’île de Crozon, Avel Gornog (Crozon), 8, p. 18-23.
On trouve de la dolérite par exemple dans certains gisements affleurants dans le centre de la Bretagne et notamment près du village de Plussulien sur le site de Quelfennec qui est connu comme étant l'un des principaux sites de fabrication de haches polies de la période Néolithique qui s'exportèrent dans tout l'ouest de la France.
—CHAURIS, Louis. Un projet de haut fourneau à Trégarvan au XIXe siècle. Dans : Les Cahiers de l´Iroise, n° 147. Brest, 1990, p. 156-163.
— COUFFON (René), LE BARS, (Alfred), 1988,, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.;
"TREGARVAN Ancienne trève d'Argol érigée en paroisse en 1841.
EGLISE SAINT-BUDOC En forme de croix latine, elle comprend une nef de trois travées avec bas-côtés, deux chapelles en ailes formant faux transept au droit de la dernière travée et un choeur profond terminé par un chevet à trois pans.
L'édifice présente des restes du XVIè siècle (arcades), mais a été en partie reconstruit au XVIIè siècle puis au début du XVIIIe siècle, ainsi que l'attestent les inscriptions :
" BVZEC : CAPITEN : F : 1629. " au pan sud du chevet,
" N : LE SCOARNEC. FAB. 1658. " sur le mur de la sacristie,
" M : I : MAZEAV : FA : 1676. " sur la corniche du choeur,
" 1696 " et " MORO. F. " sous la galerie du clocher, côté sud, -
" M : Y : CAPITAINE : P :/I : GOVEOC : A : MARC : 1706. " sur un pilier de la nef,
" YVO CAPITE.../PETON. 1590. " sur un autre pilier de la nef,
" I : F : MASEO CVRE BVDOC LERAN FABRIC. " au mur nord de la nef,
" MI CAPITEN PBRE. " sur une sablière du choeur.
L'accès au clocher est extérieur. Une galerie à forte balustrade classique entoure la chambre de cloches. Au sommet des gables de la flèche, mascarons ; autres mascarons sur les arêtes. Ossuaire d'attache à deux baies. L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec sablières sculptées mais sans entraits. Les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers octogonaux. Arcs diaphragmes entre les bas-côtés et le transept.
Mobilier Maître-autel en tombeau galbé. - Deux autels latéraux : au sud, petit retable à quatre colonnes lisses ; au nord, retable à deux colonnes torsadées évidées, représentation en bas-relief polychrome de saint Etienne dans le panneau central, et martyre du diacre dans la prédelle. Fonts baptismaux de granit."
Statues anciennes
- en pierre polychrome : saint " BVDOC " ;
- en bois polychrome : Dieu le Père portant la tiare et assis sur son trône, XVIIe siècle (porche),
-saint Pierre,
-saint Sébastien, XVIIe siècle (C.),
-saint Roch, XVIIe siècle (C.),
-sainte Marguerite, XVIIe siècle (C.),
-saint Antoine ermite, XVIIe siècle,
-Vierge de Pitié, XVIe siècle (C.),
-Christ en croix, XVIe siècle ;
- en bois doré : Immaculée Conception (statuette de procession), XVIIIe siècle.
Trois vitraux figuratifs dans le choeur, vers 1946.
Cadran solaire de 1698.
A l'entrée de l'enclos, deux statues en kersanton :
Vierge de Pitié à genoux, contemplant son Fils étendu à terre et dont deux anges soutiennent la tête et les pieds ;
- saint Budoc en évêque.
Dans l'enclos, calvaire aux sculptures rongées par le temps, consoles vides ; sur le socle : " M Vc XXVII.
— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. Presses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index . Voir pages 60 et 147.
— — OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843, p. 917.
La lecture de la notice de Couffon et Le Bars consacrée à la commune de Saint-Nic donne accès à divers éléments de datation de l'église paroissiale :
"L'édifice actuel, en forme de croix latine, comporte une nef irrégulière avec bas-côtés de trois travées au nord et de quatre travées au sud, un transept et un chœur profond à chevet plat. Il date de la seconde moitié du XVIe siècle. Du type à nef obscure, il est lambrissé sur sablières sculptées. Les grandes arcades pénètrent directement dans les piliers octogonaux.
Entre deux arcades du côté nord, inscription : "M. LE. PARLAT. FA. 1566." Et sur un pilier du bas-côté sud : "I. C. P. 1536 (?)."
Le clocher, du type cornouaillais à une chambre de cloches sans galerie, porte la date de 1576 ; il fut réparé en juin 1790 par Hervé Chapron, de Pleyben.
Sur le portail ouest en tiers-point et à voussures sous accolade, date de 1570.
Le porche latéral du midi, lambrissé, est daté 1561 sur le gable ; ses sablières sont décorées de chimères et de grotesques. Il renferme douze niches latérales, aujourd'hui vides, pour les Apôtres ; l'une d'elles est datée 1620 ; à l'extérieur, cadran solaire de 1614."
Il faudra y ajouter le reliquaire, daté de 1578. Les vitraux sont estimés (Gatouillat et Hérold) de 1560, 1570 et 1600, avec un élément de 1520 environ.
Tout cela atteste d'une reconstruction très active en 1561 et 1562 (porche sud), puis en 1566 (nef) et se poursuivant entre 1570 et 1576 avant de trouver son achèvement par la commande d'un reliquaire en argent en 1578. C'est cette aventure que l'examen des inscriptions permet de revivre, tant il est émouvant de découvrir la beauté des calligraphies ; mais parfois, des détails permettent de mieux connaître les hommes qui ont été les maîtres d'œuvre et les artisans de ces travaux. C'est le cas ici.
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Les inscriptions du porche sud. 1561 et 1562.
"Le porche latéral, lambrissé, est daté sur le gable de 1561 ; ses sablières sont décorées de chimères et de grotesques. II renferme douze niches latérales pour les apôtres, l'une d'elles est datée de 1620."(Couffon)
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1°) Inscription lapidaire du tympan du fond du portail sud : 1561.
"La porte de l'église est dominée par trois statues en bois : au milieu, Saint Roch montrant son genou ; à ses pieds, un petit ange porte une boîte ; à gauche·, Sainte Catherine, appuyée sur sa roue ; à droite, Sainte Marie-Madeleine tenant un vase de parfums, de la forme d'un calice. Au dessous de ces statues, la date: L: M: V"ç: LXI (1561)." (C. Parcheminou)
Les statues ont quitté leurs niches, mais l'inscription demeure :
:L: M: V:cc :
: LXI : FFe :
L[an] Mil Cinq cent Soixante-et-un ffe.
J'interprète ainsi "L'an, 1561 fecit" : "Cela fut fait l'an 1561" .
Inscription en creux en lettres et chiffres gothiques aux hampes bifides, aux fûts perlés ou barrés, avec ponctuation de séparation des mots par deux-points, le dernier deux-point relié par une ligne en S.
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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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2°) Inscription sur cartouche de la sablière droite du portail sud : 1562.
La sablière, entre deux blochets figurés, est ornée de deux dragons, liés à deux monstres anthropoïdes qui présentent un cartouche.
Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Ce cartouche porte l'inscription gravée en creux (chiffres) et en plein (lettres) :
1562
A F E : AARIA.
(lecture de la ligne inférieure douteuse : AVE MARIA ?? ).
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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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3°) L'intérieur : inscription lapidaire : 1566.
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Inscription peinte en rouge, en réserve en lettres romaines et chiffres arabes. Ponctuation entre les mots par deux-points. Lettres aux fûts et aux traverses ornées de barres. Utilisation du tilde.
M : LE : PARLÃT : FÃ : 1566.
Cette inscription a été déchiffrée par les auteurs (Abgrall, Parcheminou puis Couffon) sans tenir compte du premier tilde (qui affecte la forme d'un losange et non, comme le second, d'une navette). Ils ont tous lu "M LE PARLAT FA. 1566."
-Le premier est le chanoine Abgrall, dans son article "Inscriptions gravées et sculptées sur les monuments du Finistère", Bulletin de la Société archéologique du Finistère 1916 :
Pourtant, il est évident qu'il faut rétablir l'abréviation du deuxième tilde :
M. LE PARLAT FABRICIEN [EN] 1566.
Il est étonnant, au vu de la lisibilité de l'inscription pour tous les paroissiens et tous les visiteurs, et l'importance qu'elle affiche dans l'histoire de la construction de l'église, que personne ne se soit avisé que le patronyme "le Parlat" n'est attesté nulle part en France.
Par contre, si, comme on le doit, nous prenons en compte le premier tilde sana lui tenir rigueur de sa forme en losange, nous obtenons :
"M. LE PARLANT, FABRICIEN EN 1566."
Ce patronyme est attesté à Plomeur (29, près de Pont-L'Abbé) sur la généalogie de Thierry Palud, ou sur celle de Bruno Margelidon (Marie-Catherine LE PARLANT, marié à Yves Biger 1592-1672.
Par ailleurs, Guyon LE PARLANT était Gardien supérieur en 1549 du couvent du Cuburien à Saint-Martin-des-Champs près de Morlaix.
Les amateurs d'histoire locale tiennent donc là une information précieuse, qui pourrait les inciter à une recherche dans les registres et archives de la paroisse. Mais la priorité semble être plutôt l'installation de projecteurs et de radiateurs alimentés de très esthétiques fils polychromes habilement fixés par de solides cavaliers, soigneusement mis en valeur.
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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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4°) Face est d'un des piliers sud de la nef : Et sur un pilier du bas-côté sud : "---. 1636" (sous réserve)
Cela corrigerai la lecture de Couffon "ICP 1536"..
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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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5°) La tribune : A. ROIGNANT.
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La tribune porte une inscription gravée :
A : ROIGNANT : CHARP.
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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Cette inscription, peut être précisée et datée : le prénom est vraisemblablement Alain, et l'inscription date environ de 1670.
En effet, c'est en 1670 qu'AL[ain] ROIGNANT FAB[ricien] et CHARP[entier] inscrivit son nom sur les sablières du bas-coté nord de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien, dans la paroisse de Saint-Nic. Et le même Alain Roignant se chargea de confectionner la porte nord de la même chapelle, sur laquelle il inscrivit : "AL. ROIGNANT. F. 1675 (ou 1673 ?). (cf. Couffon)
La généalogie D'Eric Lagathu nous permet aussi de préciser qu'Alain Roignant était marié avec Marie LE BIHAN(1629-St-Nic, 7 mai 1690) dont il eut une fille, Marguerite, née le 1er avril 1661 à Saint-Nic.
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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Une inscription non déchiffrée : celle du clocher.
L'inscription porte, selon Couffon, la date de 1576..
Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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L'inscription de la cloche.
. --FELEC GUEGUENIAL / JE ME NOMME NICOL--
MAIRE LAROUR.
Je ne dispose pas de la liste des maires de Saint-Nic ; en 1789, le maire était Pierre Larour, de Brénalen (celui-ci devint capitaine des grenadiers de la garde nationale de la commune en 1792). L'un de ses 5 adjoints était Corentin Queffelec, de Creac'h Milin. En 1792, le maire se nomme Henri Guegueniat, de Penanvoez, tandis que l'un des officiers municipaux est Jean Larour, du manoir Guermeur. Les successeurs seront Etienne Le Droff, Michel Damoy, [---] Jean Horellou en 1837,
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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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SOURCES ET LIENS.
— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Bul. Société archéologique du Finistère.
Il passe comme un éclair noir, battement d'aile sombre et blanc dans les clairs-obscurs des feuillages. On s'exclame, on cherche à le revoir, on rebrousse chemin, sans quitter l'ombrage. Le voilà !
Il se pose, il étend ses ailes noires à bande blanche. S'approcher, se tenir en équilibre sur un talus et tenter de le placer dans son viseur. Patienter, car il replie brièvement ses ailes. Enfin, il présente le revers brun roussâtre où s'alignent, comme des pétales de marguerite, des cellules blanches.
Il s'en va. Les photos ne sont pas à la hauteur de la fièvre qui nous a saisie.
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Le Petit Sylvain Limenitis camilla, Linnaeus 1764 à l'étang de Kerloc'h, Crozon. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.
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Le Petit Sylvain Limenitis camilla, Linnaeus 1764 à l'étang de Kerloc'h, Crozon. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.
La Mise au tombeau (calcaire, fin XVe-début XVIe) de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé : Gamaliel et Abibon.
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Dans la crypte de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé est présenté une Mise au tombeau datant de 1500 environ. Ce groupe de dix personnages sculptés dans le tuffeau s'étend sur 3,65 m de long et les personnages mesurent 2 mètres environ. Comme l'indique la notice de la base Palissy, il vient de " l´abbaye blanche", l'ancien couvent de dominicains fondé vers 1265 par la duchesse de Bretagne Blanche de Navarre au Bourg-Neuf de Quimperlé :
"Cette oeuvre, soit importée, soit commandée à l'initiative de Guillaume du Botderu, prieur, et de l'aristocratie locale proche de l´entourage ducale, peut-être la famille de Quimerc´h, provient de l´ancien couvent de dominicains de Quimperlé où elle est signalée à la Révolution. Elle est placée ensuite dans l´église Sainte-Croix où elle échappe en 1862 à la destruction lors de l´effondrement du clocher. Durant la reconstruction de l'édifice, l'ensemble est transféré dans la chapelle Saint David du cimetière de Quimperlé où il se trouve jusqu´en 1884, date de son transfert dans le jardin du presbytère. Une photographie des années 1900 montre son état avant la disparition des têtes de saint Jean et des trois Marie. L´ensemble se dégrade progressivement avant d´être restaurée en 1967 par le sculpteur Mainponte qui modifie l´emplacement des personnages ; il est alors placé dans l´avant-sacristie de l´église Sainte-Croix. L´ensemble est de nouveau restauré en 1998 par le sculpteur Pierre Floc´h, puis présenté dans l'espace voûté sous la croisée du transept où il se trouve actuellement."
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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Cette œuvre présente plusieurs particularités.
D'abord, elle est considérée comme la plus ancienne "Mise au tombeau" de Bretagne.
Ensuite, le corps du Christ est orienté tête placée vers la droite, face à Nicodème, alors que traditionnellement il est orienté à gauche face à Joseph d'Arimathie.
Enfin, on y trouve la rarissime présence, attestée par les inscriptions, du pharisien Gamaliel (le maître de saint Paul) et de son fils puîné Abibon.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
Je le décrirai en allant de gauche à droite.
Le sujet représenté.
Mais auparavant, une première remarque: le Christ ne repose pas réellement dans un sarcophage, mais il est posé sur une table creusée : il serait peut-être plus juste de parler ici d'un EMBAUMEMENT DU CHRIST SUR LA PIERRE DE L'ONCTION, un thème qui figure sur le Vitrail de la Passion (1145-1155) de la cathédrale de Chartres, et qui a été repris par Fouquet dans l'enluminure des Complies des Heures de la Croix des Heures d'Etienne Chevalier en 1452-1460. (Nicole Raynaud, Les Heures d'Etienne Chevalier p. 112). Voir Pierre de l'onction Wikipédia.
Il ne s'agit pas stricto sensu d'une Mise au tombeau, puisque ni Joseph d'Arimathie ni Nicodème ne tiennent le linceul pour le descendre dans la cuve, qui devrait être creuse, d'un sarcophage (comme dans le folio 152 des Très Belles Heures du duc de Berry par les frères Limbourg vers 1406-1409). Chrystel Douard et Philippe Bonnet, dans la Notice de la base Palissy, font preuve de prudence : "Le Christ mort repose sur un soubassement en forme de tombeau".
Mais il ne s'agit pas non plus d'un embaumement, puisqu' aucun des personnages ne verse le contenu d'une fiole sur le corps du Christ.
J'y vois donc un moment de recueillement des protagonistes, après la Descente de Croix et l'Embaumement et avant la Mise au tombeau (Rosporden). Donc assez proche des Déplorations ou "Lamentations sur le Christ mort", mais sans effusion de larmes ou manifestation extérieure de chagrin, hormis l'effondrement de la Vierge affligée. Voir à Pencran (1517), et à Bodilis .
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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I. JOSEPH D'ARIMATHIE.
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La statue de Joseph d'Arimathie mesure 192 cm.
1. Le costume:
a) La coiffure.
Bonnet conique mou (plissé ou plié) sur un bourrelet circulaire ("turban") orné d'un médaillon central.
Sur le bonnet juif ou pileus comme signe discriminatif (depuis le Concile de Latran en 1215) ou identitaire dans la communauté juive, lire l'article Wikipédia "chapeau juif". Mais en iconographie, dans les enluminures et les vitraux, cette coiffure n'a pas ces fonctions, mais sert d'indicateur dans une représentation assez codifiée mais évolutive des personnages de la Passion, notamment pour distinguer trois groupes : les "pharisiens", les disciples de Jésus et les soldats ou officiers romains. Dans notre contexte, cette coiffure, et les autres éléments hébraïsants, ont d'autant moins de chance de se vouloir discriminante qu'ils sont portés par les "bons juifs" qui ont pris le parti du Christ lors de sa Passion.
Derrière ce bonnet descend un voile qui recouvre les épaules, et dont il est difficile de dire s'il appartient de manière solidaire au chapeau ou s'il y est enfoncé (il rentre, en arrière, à l'intérieur du bourrelet). De même, j'ignore si ce voile possède une fonction rituelle. On le voit représenté ici, en 1483, indépendamment du châle à rayures ou talit.
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b) Le visage.
Les cheveux longs torsadés et la barbe non taillée appartiennent à ce vocabulaire des artistes de la Première Renaissance dans leur représentation des pharisiens.
Ces figurations sont codifiées afin de permettre une identification par le grand public : les notes de régisseur d'une passion rouergate, il est spécifié que Joseph d'Arimathie et Nicodème devaient porter des costumes "à l'antique", comme les Prophètes.
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Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.
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L'inscription est portée sur une bande horizontale du torse, bande perlée en haut et frangée en bas. Les lettres en caractère gothiques sont "fleuries" avec des fûts perlées et aux extrémités bifides .
Inscription : JOSEPH AB ARIMATHEA
L'inscription vient du texte évangélique en latin. Ainsi Marc 15:43:
venit Joseph ab Arimathaea nobilis decurio, qui et ipse erat exspectans regnum Dei, et audacter introivit ad Pilatum, et petiit corpus Jesu.
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Sources concernant Joseph d'Arimathie.
L'Évangile selon Marc présente Joseph d'Arimathie comme membre respecté du Sanhédrin, mandaté pour réclamer le cadavre de Jésus et l'inhumer hâtivement avant que ne débute le sabbat pascal puis relate la mise dans un tombeau quelconque par cet éminent Juif ; l'Évangile selon Luc le présente comme un membre du conseil « bon et juste » (sympathisant du christianisme) plaçant Jésus dans un tombeau neuf .
— Évangile selon Marc 15:42-47
"Le soir étant déjà venu, comme c'était Préparation, c'est-à-dire veille du sabbat, vint Joseph d'Arimathie, membre honoré du grand conseil, qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu. Il alla hardiment auprès de Pilate pour demander le corps de Jésus. Mais Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort, fit venir le centurion, et lui demanda s'il y avait longtemps qu'il était mort. Renseigné par le centurion, il accorda le cadavre à Joseph. Ayant acheté un linceul, il le descendit, l'enveloppa dans le linceul, le déposa dans un sépulcre qui avait été taillé dans le roc, et il roula une pierre à l'entrée du sépulcre. Or Marie la Magdaléenne et Marie, mère de José, observaient où il était déposé."
— Évangile selon Matthieu 27:57-61
"Le soir venu, vint un homme riche d'Arimathie, nommé Joseph, qui lui aussi était devenu disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus ; Pilate alors ordonna qu'on le lui remît.
Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc, et le déposa dans son sépulcre neuf, qu'il avait fait tailler dans le roc ; puis, ayant roulé une grosse pierre à l'entrée du sépulcre, il s'en alla. Or Marie la Magdaléenne et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau."
— Évangile selon Luc 23:50-56
"Et alors un homme, nommé Joseph, qui était membre du conseil, homme bon et juste,— il n'avait pas donné son assentiment à leur résolution ni à leur acte —, d'Arimathie, ville juive, qui attendait le royaume de Dieu, cet (homme) alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus ; il le descendit, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis. C'était le jour de Préparation, et le sabbat commençait. Ayant suivi (Joseph), les femmes qui étaient venues de la Galilée avec (Jésus) considérèrent le sépulcre et comment son corps (y) avait été déposé. S'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et, pendant le sabbat, elles demeurèrent en repos, selon le précepte."
— Évangile selon Jean 19:38-42
"Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate d'enlever le corps de Jésus, et Pilate le permit. Il vint donc et enleva son corps. Nicodème, qui précédemment était venu vers lui de nuit, vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et l'entourèrent de bandelettes avec les aromates, selon la manière d'ensevelir en usage chez les Juifs. Or, au lieu où il avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne n'avait encore été mis. C'est là, à raison de la Préparation des Juifs, le sépulcre étant proche, qu'ils mirent Jésus."
Les Actes de Pilate (vers le VIe siècle) reprennent le texte de Matthieu 27 :
"Voici qu'un homme dont le nom était Joseph — lequel était un lévite bon et juste qui n'avait pas siégé dans le Sanhédrin ni aux conseils tenus par les Juifs, car il était à Arimathie, attendant le royaume de Dieu — vint trouver Pilate; il lui demanda le corps de Jésus. Et lorsqu'il l'eut reçu, il l'enveloppa d'un linceul bien blanc. Il le déposa dans son tombeau taillé dans lequel personne n'avait été déposé.
L'Évangile de Nicodème décrit comment Joseph d'Arimathée demande à Pilate le corps de Jésus (Ecrits apocryphes chrétiens, Pleiades, page 279, Ev Nicod. II, 3) puis l'ensevelissement de Jésus (id. pp 280-281, Ev. Nicod. II 3).
"Alors Joseph remercia Pilate, lui baisa les mains et des vêtements, et sortit en se réjouissant en son cœur d'avoir obtenu ce qu'il désirait, mais avec les yeux encore plein de larmes — ainsi en son chagrin avait-il aussi un sujet de joie. Il s'en alla donc chez Nicodème et lui rapporta tout ce qui s'était passé. "
L'embaumement :
"Ensuite, il acheta de la myrrhe, de l'aloès — cent livres — et un tombeau neuf ; puis, avec l'aide de la Mère de Dieu, de Marie Madeleine et de Salomé, ainsi que de Jean et des autres femmes, Joseph et Nicodème le préparèrent pour la sépulture dans un linge blanc, comme c'était la coutume, et le déposèrent dans le tombeau".
La Déploration :
"La Mère de Dieu disait en pleurant : "Comment ne pas te pleurer, mon fils ? Comment ne pas lacérer mon visage de mes ongles ? Voilà, mon fils, ce que le vieillard Syméon m'avait annoncé lorsque, petit enfant âgé de quarante jours, je t'avais conduit au Temple. Voilà l'épée qui, maintenant, transperce mon âme. Qui fera cesser mes larmes, mon fils très cher. Absolument personne, si ce n'est toi seul, si, comme tu l'as dit, tu ressuscites le troisième jour"
Marie Madeleine disait en pleurant : [...]
De même, Joseph se lamentait en disant : [...]
"Ainsi se lamentait aussi Jean et les femmes."
Ensuite, Joseph avec Nicodème rentrèrent chez eux. La mère de Dieu ainsi que les femmes en fit autant, et Jean également était présent avec elles."
Dans la suite de l'Évangile de Nicodème, Joseph d'Arimathie est mis en prison dès le vendredi soir par Caïphe et Anne pour avoir fait des funérailles au Christ ; mais il en fut délivré par Jésus, qui le conduisit à Arimathie où il demeura quarante jours avant d'être interrogé par les grands prêtres.
— La Déclaration de Joseph d'Arimathée qui a demandé le corps du Seigneur. (Apocryphes chrétiens Pléiades p. 351).
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Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.
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II. GAMALIEL.
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Costume.
Gamaliel porte le bonnet conique en tissu gaufré et aux hauts bords retroussés, posé sur un voile retombant en camail sur les épaules ; ce voile est orné de huit glands de cannetille ; une robe boutonnée jusqu'à la taille par trois boutons et serrée par une ceinture à laquelle est passée une aumônière et une sangle fleuronnée . L'objet qu'il tenait dans la main droite est perdu.
Il porte la barbe aux mèches tentaculaires des prophètes bibliques.
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Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.
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Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.
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L'inscription est portée sur tout le tour du le revers du bonnet:
[G]AMALIEL / [M]EUS / DOMINUS.
Tandis qu'un auteur (SAF 1909) a lu "Gamaliel Magister meus", "Gamaliel mon maître", et l'abbé Abgrall a lu "Gamaliel Meus Dominus", "Gamaliel mon seigneur", très proche de ce que je constate sur place, mais ce qui ne correspond à aucun texte en ligne. Cette inscription ne trouve un sens que par référence à la deuxième lecture de l'Invention des reliques de saint Etienne martyr le 3 août dans le Sanctoral de l'office dominicain (1254-1256) ou Ecclesiasticum officium secundem ordinem fratrum praedicatorum : un texte qui reprend celui se saint Augustin (Civitate Dei, livre 22) et autres manuscrits anciens.
Inventio S. Stephani Lectio secunda.
Et respondi dicens : « qui es, domine ? Et qui sunt tecum ? » Et respondit michi : « Ego sum Gamaliel, qui Paulum nutrivi. Et qui mecum est in parte orientali monumenti ipse est dominus meus Stephanus domnus autem Nichodemus in altera theca positus est qui venit ad Salvatorem nocte. Abibas vero filius meus qui mecum baptistum accepit sepultus est in tercia theca excelsiori in qua et ipse postea defunctus applicatus sum ».
"Et je répondis en disant : "Qui es-tu, Seigneur ? Et qui sont ceux qui sont avec toi ? Et il me répondit : Je suis Gamaliel, qui a nourri saint Paul.
Et je [c'est le prêtre Lucien qui parle, répondant à un vieillard qui lui est apparu] répondis en disant : "Qui es-tu, Seigneur ? Et qui sont ceux qui sont avec toi ? Et il me répondit : Je suis Gamaliel, qui a nourri l'apôtre Paul. Et celui qui repose avec moi dans la partie orientale du tombeau est mon maître (ou seigneur) Etienne et aussi saint Nicodème dans l'autre tombeau, celui qui vint trouver le Sauveur la nuit. Et Abibas mon vrai fils qui fut baptisé en même temps que moi est enterré dans le troisième tombeau."
Si le sens de l'inscription n'est pas relié à ce texte de façon irréfutable, cela a de toute façon le mérite de nous introduire à ce récit de la révélation de l'emplacement des reliques de saint Etienne, "invention" qui eut un retentissement considérable dans la chrétienté. En effet, si la présence de Gamaliel peut se comprendre sans ce récit, celle d'Abibas ne peut en faire l'économie.
Selon la Légende dorée, le corps de saint Etienne aurait été enseveli par Gamaliel et Nicodème « qui soutenaient les intérêts des chrétiens dans tous les conseils des Juifs » dans le champ dudit Gamaliel.
La tradition chrétienne garde le souvenir de l'apparition de Gamaliel au prêtre Lucien, curé de Cafargamala (Kfar-Gamala) le vendredi 3 août 415, le rabbi indiquant où se trouvait sa relique qui aurait été alors retrouvée dans le même tombeau que celle de son fils Abibas, ainsi que saint Étienne et saint Nicodème."
"Et je [c'est le prêtre Lucien qui parle, répondant à un vieillard qui lui est apparu] répondis en disant : "Qui es-tu, Seigneur ? Et qui sont ceux qui sont avec toi ? Et il me répondit : Je suis Gamaliel, qui a nourri l'apôtre Paul. Et celui qui repose avec moi dans la partie orientale du tombeau est saint Etienne et aussi saint Nicodème dans l'autre … qui vint trouver le Sauveur la nuit. Et Abibas mon vrai fils qui fut baptisé en même temps que moi est enterré dans le troisième tombeau"
Et qui mecum est in parte orientali monumenti ipse est dominus meus Stephanus domnus autem Nichodemus in altera theca positus est qui venit ad Salvatorem nocte. Abibas vero filius meus qui mecum baptistum accepit sepultus est in tercia theca excelsiori in qua et ipse postea defunctus applicatus sum ».
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Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.
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Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.
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La présence de Gamaliel lors de la Mise au tombeau.
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a) Nouveau Testament.
Les textes évangéliques ne citent pas Gamaliel, personnage qui n'apparaît que dans les Actes des Apôtres comme maître de saint Paul. "Gamaliel apparaît dans les Actes des Apôtres. Il serait intervenu en leur faveur tandis qu'ils devaient comparaître devant le sanhédrin pour avoir continué à prêcher malgré l'interdiction édictée par l'autorité juive (Ac 5, 34-39). Le même livre indique aussi que Paul de Tarse aurait été son élève (Ac 22, 3). L'historien Thierry Murcia écrit : « Gamaliel l’Ancien n’est cité que deux fois dans le Nouveau Testament mais il a toujours un rôle positif : maître de Paul (Actes 22, 3), il se fait également le « défenseur » de Pierre devant le Sanhédrin (Actes 5, 34). C’était amplement suffisant pour que l’on ait cru, très tôt, qu’il avait secrètement été chrétien (et c’était peut-être même déjà dans le projet de Luc de le laisser supposer). » (Wikipédia)
Texte apocryphe de dix Livres, écrit en grec au IVe siècle et traduit en latin au Ve siècle par Rufin.
La tradition chrétienne développe ensuite sa figure comme "prince de la loi" hébraïque avec Anne et Caïphe, participant, au Temple, aux débats entre les apôtres Pierre et Jacques lors de la période décrite par les Actes des Apôtres, en favorisant secrètement les premiers chrétiens. Dans le Roman pseudo-clémentin (Clément, Recognitiones, Livre I, 65, in Ecrits apocryphes chrétiens II, Pleiade, Gallimard, 2005, p. 1677) il est décrit comme "appartenant à notre foi mais, selon notre arrangement, [il] demeurait parmi eux, afin que, ils préparaient contre nous une manœuvre hostile ou impie, il pût soit les arrêter par un conseil habilement formulé, soit nous en avertir.". Plus loin (Rec.I,67,6 et Ac. 5,38-39), il ne permettra pas que les chrétiens soient persécutés par les Juifs.
"Si moi, Gamaliel, je ne considère pas comme un affront à mon savoir et à mon grand âge d'apprendre quelque chose des petits enfants et des ignorants au cas où il y aurait quelque chose d'utile ou de salutaire à y gagner, comment ne serait-il pas désirable pour tous d'apprendre ce qu'on ignore et d'enseigner ce qu'on a appris ? Car il est bien certain que ni l'amitié, ni la parenté du sang ni la majesté du pouvoir ne doivent être plus précieuses pour l'homme que la vérité."...ces paroles de Gamaliel ne plaisaient guère à Caïphe" (Rec. I,67-68, id. p. 1678)
c) L'évangile de Gamaliel.
On nomme ainsi une version longue de l'évangile de Nicodème dans lequel Gamaliel, oncle de Nicodème, devient le narrateur d'un récit très favorable à Ponce Pilate.
"L'évangile de Gamaliel ou Passion selon Gamaliel est un apocryphe très proche de l'évangile de Nicodème. Si le fond du récit est identique, le point de vue est différent : le narrateur n'est plus Nicodème, mais son oncle Gamaliel, qui prétend avoir assisté en témoin privilégié à tous les événements qu'il décrit. Corollairement, Gamaliel ne se situe plus du coté des adversaires du Christ, mais parmi ses sympathisants : tel est d'ailleurs le critère fondamental qui permet à la critique de distinguer les versions." "Il s’agit d’une branche tardive de l’Evangile de Nicodème, dont le manuscrit le plus ancien, Grenoble B. M. 50, en prose, est de la fin du XIVème siècle. Le récit de la Passion du Christ de l' 'évangile de Gamaliel fut adapté en ancien français, version existant dans une quinzaine de manuscrits des XIVe et XVe siècles."
" L'Évangile de Nicodème est le nom usuel d'un évangile apocryphe composé en grec au IVe siècle. Le narrateur de ce récit serait Gamaliel, maître de l'apôtre Paul de Tarse. La genèse de cet évangile reste encore confuse: dès le IIe siècle, des documents portant le titre d'Actes de Pilate circulent et sont cités par Justin et Tertullien. Chez ce dernier, Pilate apparaît même comme chrétien dans un rapport qu'il fait à Tibère; il existe par ailleurs un rapport de Ponce Pilate à Claude qui est incorporé dans les Actes de Pierre et Paul au IIIe siècle. Mais la persécution des chrétiens au début du IVe siècle se traduit, selon Eusèbe, par la rédaction demandée par l'empereur Maximin Daïa d'« Actes de Pilate » dirigés contre les chrétiens: Ceux-ci ont alors rassemblé les matériaux dont ils disposaient en un ouvrage intitulé l'Évangile de Nicodème, dans lequel sont relatés les faits de gestes de Ponce Pilate. Il présente le préfet romain sous un jour très favorable, faisant de celui qui a condamné Jésus un Saint converti au christianisme, ce qui a pour effet de transférer sur les juifs la responsabilité de sa crucifixion. Cet ouvrage comprend trois parties, le récit d'abord de la crucifixion et de la mise au tombeau du Christ, puis celui de la controverse au sujet de sa résurrection et, enfin, celui de sa descente en enfer. L'ouvrage est conservé dans deux versions grecques assez différentes, dans des versions syriaque, copte, arménienne et latine, et les chrétiens de Syrie et d'Égypte ont vénéré Ponce Pilate comme un saint et martyr. Les «occidentaux» s'y sont aussi référés avec passion (voir les chroniques historiques, les manuels de prédication, les encyclopédies médiévales, Jacques de Voragine, La Légende dorée) jusqu'à la Renaissance, la descente du Christ en enfer étant devenue alors inconcevable, d'autant que cette descente en enfer implique une vengeance du Christ. Il existe deux recensions latines de cet évangile. La recension latine B, version longue, et la version A ou version brève. Aucune édition intégrale de la recension latine B - ou Évangile de Gamaliel- n'a encore été publiée. Elle a pourtant connu un énorme succès et a été traduite en français, en provençal et en langue d'oc. Son adaptation en ancien français n'existe que dans une dizaine de manuscrits des XIVe et XVe siècles.
Cette évangile de Gamaliel a inspiré à son tour des Passions théâtrales. "Le Mystère de la Passion Nostre Seigneur, conservé dans le manuscrit Paris, Sainte Geneviève 1131, est la première Passion longue jouée au Moyen Age, datée du milieu du XIVe siècle. A l’exception des évangiles canoniques, l’Évangile de Nicodème représente la source la plus importante de la Passion de sainte Geneviève. Une Passion narrative en langue vernaculaire, conservée dans une quinzaine de manuscrits des XIVe et XVe siècles suit de près cette recension : il s’agit de l’Évangile de Gamaliel. Un manuscrit du XVe siècle est encore conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, ce qui atteste de sa diffusion à Paris à cette époque. Il s’agit du manuscrit Sainte-Geneviève, 1194. Perçue par Alvin Ford comme une version longue de l’Évangile de Nicodème , il s’agit en effet d’une version assez proche de la recension AC de l’Évangile de Nicodème, qui reprend et remanie sa structure."
On le retrouve ainsi dans (selon le tableau de N. Henrard) :
Je n'ai pu consulter chacun des textes, mais, lorsque j'ai pu le faire, je n'ai jamais constaté que Gamaliel participe à l'embaumement ou à la Mise au tombeau.
Deux textes "bretons".
Dans cette étude de la Mise au tombeau de Quimperlé datée vers 1500, il est logique de porter son attention vers les deux œuvres bretonnes du corpus précédents.
a) — Ludolphus de Saxionia, La Vie de Jésus-Christ, imprimée par Robin Fouquet (B. N. Rés. H 506), 1485 : "Judas fut si diligent qu'il servait Pilate a son plaisir tant que Pilate l'amait plus que serviteur qu'il eust oneques... Si avint un jour que Pilate s'alloit esbatre et passa touchant le vergier de Ruben et avoit léans ung bel pommier plaing"
C'est à Bréhan-Loudéac que vivaient en 1484-1485, Robin Fouquet et Jean Crès "maîtres en l'art de l'impression" . L'imprimerie s'est implantée en Bretagne à la fin du XVe siècle, simultanément en trois places (Bréhan, Rennes et Tréguier) car les trois ateliers vont utiliser des matériels de même provenance, peut-être débarqués à Tréguier et venant de Flandre. A l'initiative d'un obscur cadet de famille, Jean de Rohan, seigneur du Gué-de-l'Isle de 1463 à 1493, d'autre part propriétaire d'un des premiers moulins à papier bretons (à la Ville Jégu en Bréhan), sort en décembre 1484 la première pièce imprimée en Bretagne, dans l'atelier de Jean Crès et Robin Fouquet à Bréhan (non loin de Rohan et La Chèze) : le Trepassement Notre Dame. En moins d'une année, douze incunables, le plus fréquemment de modeste proportion, vont sortir de Bréhan.". Jean de Rohan, marié à l'héritière du Gué de l'Isle, avait pris le titre de Rohan, et ce fut lui qui choisit et établit imprimeurs, pour son usage, Robin Fouquet et Jean Crès, son ami ou compagnon.
b) La Passion et la Résurrection publiées à Paris par Eozen Quillivéré en 1530. BNF Réserve, Yn.11 . Réimprimé à Morlaix en 1622 BnF Réserve Yn13. Edité par M. de la Villemarqué en 1865 et par Yves Le Berre en 2005.
Là encore, Gamalile est fréquemment en scène. Lors de la Déposition, Joseph d'Arimathie et Nicodème vont chercher Gamaliel (fin de scène XV), et, à eux trois, ils partent "afin de faire du bon travail". Le récitant expose alors ce qui va se passer :
Lorsque le corps de Jésus
Eut été selon l'usage enveloppé d'un linceul,
Le bon Nicodème
Partit en compagnie de Joseph
pour l'ensevelir
Avant le crépuscule.
Ils le soulevèrent en hâte,
Puis, respectueusement et solennellement,
Le transportèrent
Et l'installèrent
Au milieu du fort beau tombeau
Tout neuf.
Quand il eut été mis au tombeau
et oint
et disposé comme il faut
Par les susdits
Et les (trois) Marie
Conformément à la coutume de ce monde,
Alors chacun exprima son chagrin
Et lui-même demeura
Dans le magnifique tombeau
Séparé de ses proches
Jusqu'à sa résurrection." (Traduit du breton par Y. Le Berre)
Puis les dialogues entre Nicodème, Joseph et Gamaliel mettent en scène la Descente de croix : Gamaliel tient l'échelle et Nicodème monte "afin de prendre doucement le corps si délicat de Jésus" tandis quer Joseph ôte les clous avec des tenailles. Le corps est remis par Joseph entre les bras de Marie, afin qu'elle procède à la toilette. Marie se lamente (vers 3272-3292) puis la scène se conclue ainsi sans participation de Gamaliel:
JOSEPH. N'est-il pas temps, ma dame, que nous le portions et que nous le couchions au fond du tombeau? Oui, il est l'heure de s'y rendre; le soir vient. Hâtons-nous donc, ne restons pas ici plus longtemps, je vous en conjure humblement.
MARIE. Hélas! puisqu'il le faut, partons, et que, selon les rites ordinaires, il soit étendu et renferme dans le tombeau.
NICODÈME. Allons donc, et faisons ce que nous voulons faire, car il est presque nuit.
JOSEPH (après avoir enseveli Jésus). Le voilà couché dans le tombeau; fermons-en l'entrée tout de suite; il n'y a pas lieu de différer." (trad. Villemarqué).
En conclusion, je ne suis pas parvenu à trouver la source scripturaire de la participation de Gamaliel à la Mise au tombeau, telle qu'elle est représentée à Quimperlé, mais la Passion bretonne de 1530 le fait participer à la Déposition, ce qui sous-entend ipso facto sa présence en tant que témoin muet lors de la Déploration, de l'embaumement et de la Mise au tombeau.
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III À V. LES SAINTES FEMMES.
Il s'agit de sainte Marie-Madeleine ; sainte Marie-Jacobie ; sainte Marie-Salomé, toutes trois debout.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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VI ET VII. JEAN SOUTENANT MARIE ÉPLORÉE.
Tête de saint Jean refaite.
Jean, imberbe, vêtu d'une robe et d'un manteau, soutient Marie éplorée.
Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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Les yeux de la Vierge sont entrouverts, émouvant et sobre témoin de son chagrin.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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VIII. ABIBON.
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C'est le fils de Gamaliel, et il est donc représenté dans une tenue vestimentaire analogue à celui-ci, avec le bonnet pointu "mou" (effondré) aux bords repliés ornés d'un médaillon. Nous retrouvons le voile descendant de ce bonnet, avec ses franges sur les épaules. Les cheveux torsadés à mèches serpentines creusées de multiples trous réguliers (trous de fixation de bijoux ?). Le baudrier qui suspend une épée visible sur le coté gauche. Les manches à franges. Etc.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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L'inscription est marquée au même endroit que pour Gamaliel, dans un bandeau perlé en haut et frangé en bas On y lit, entre deux fleurs, : ABIBON.
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Si l'évangile de Gamaliel fournissait un certain nombre d'éléments justifiant la présence du Prince de la loi au pied de la croix, il n'en va pas de même pour Abibon, et seul le récit de la découverte des reliques de saint Etienne par le prêtre Lucien a pu inciter l'artiste (ou ses commanditaires) à imaginer que, puisqu'il avait été baptisé en même temps que son père, il avait pu accompagner celui-ci lors de la Passion.
L'un des commanditaires présumés est Guillaume de Botdéru, inquisiteur de la foi, prieur du couvent des dominicains, docteur en théologie. En l'an 1483 il fit bâtir un beau corps de logis accompagné de salle, chambre, prisons et office nécessaires pour la justice, et au-dessus une belle librairie garnie de livres qui est à présent fort délabrée. Ce qui témoigne de son souci (comme inquisiteur) de faire justice, et de son intérêt pour les livres. Cela n'éclaire guère notre lanterne.
L'autre commanditaire est la famille de Quimerc'h.
Saint Abibon est souvent assimilé à un saint breton, saint Diboan, mais je ne vois pas, sur cette Mise au tombeau, ce qui justifie une telle dérive. Je signale néanmoins qu' à Pluméliau, les trois saints Nicodème, Gamaliel et Abibon sont réunis.
Dans la chapelle Saint-Nicodème de Pluméliau (56), un retable polychrome du maître-autel a été réalisé au troisième quart du xviie siècle. Son panneau central représente 12 personnages, dont saint Nicodème recevant le corps du crucifié descendu de croix. Le saint est aussi représenté dans une niche, dans la partie haute du retable. Ses deux compagnons (Gamaliel et Abibon) sont eux sculptés dans les niches latérales.
Dans le placître, a été érigée au XVIème siècle une fontaine, restaurée en 1608. C'est, sans conteste, la plus importante des fontaines sacrées de Bretagne. C'est un monument à trois édicules accolés, tous semblables et richement décorés. Ces trois fontaines, dont les niches sont vides, sont dédiées aux saints Nicodème, Gamaliel et Abibon. La tradition voulait qu'on offrit à saint Nicodème des animaux, vendus le jour du pardon, et que l'on déposât des mottes de beurre sur l'autel de la chapelle. Le pardon était célébré le premier dimanche du mois d'août. Les pèlerins, nombreux, venaient de fort loin demander la protection pour leurs animaux et surtout pour leurs chevaux. La deuxième fontaine est dédiée à saint Gamaliel. La troisième contenait la statue de saint Abibon entre un cavalier et un homme en prière. Saint Abibon s'appelait en réalité saint Diboan, le saint sans souci, sans douleur, autrement dit, qui vous tire de la peine. Il était particulièrement honoré dans le Finistère sous le surnom, parfois, de " Tu-petu ", "d'un côté ou de l'autre"; car on lui prêtait pour accessoire la roue de fortune, qui marquait l'arrêt du destin. La roue, symbole du dieu soleil chez les Celtes, a été à l'honneur dans de nombreuses églises bretonnes, au Moyen-Age où elle était devenue la roue à sonnettes qui permettait aux fidèles de conjurer le mauvais sort. Mais c'était à saint Diboan de décider, d'un côté ou de l'autre, " Tu-pe-tu ". On venait donc le consulter pour la vie ou pour la mort, demandant la guérison sur l'heure du malade ou une mort rapide pour abréger ses souffrances. "; Saint Abibon / Sant-Abibon : variantes Diboan : Diboen, Thibon, Abibon, Yboiene, Iboen, Abilon, Languis, Langis. Le nom Diboan contient le breton «poan», peine, souffrance, douleur; le préfixe di- étant privatif, Diboan s'est référé à quelqu'un qui soulageait les douleurs. Ainsi, invoque-t-on saint Diboan pour soulager les souffrances des malades et notamment des moribonds. Pendant longtemps, le jour du pardon, on vendait aux enchères les chemises des défunts de l'année. Fêté le 28 janvier.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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IX. NICODÈME.
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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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L'inscription porte, comme pour Joseph d'Arimathie, le nom de Nicodème en latin : NICODEMVS.
Le rôle de Nicodème dépasse très largement le souvenir péjoratif qu'il a pu laisser lorsque son nom a été à l'origine du nom "nigaud".
Il est fêté comme saint Nicodème le 3 août, jour de la découverte de sa tombe, de celle d'Abibon, de Gamaliel et de saint Etienne par le rêve du prêtre Lucien à Kfar-Gamala. C'est un des premiers disciples de Jésus. Pharisien et membre du sanhédrin, il apparaît trois fois dans l’Évangile selon Jean : il va écouter son enseignement Jn 3. 1-21, il prend sa défense lorsqu’il est malmené par les Pharisiens (Jn 7. 45-51 il aide Joseph d’Arimathie lors de la descente de croix et la mise au tombeau Jn 19. 39-42 .
L'importance du texte apocryphe de l'évangile de Nicodème (cf. supra) et de sa version longue ou Evangile de Gamaliel témoigne également de sa place au Moyen-Âge et à la Renaissance.
Outre la chapelle Saint-Nicodème de Pluméliau, il faut signaler celle de la commune de Ploéven (29) et celle de la commune de Guérin, où il passe pour guérir les porcelets.
Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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CONCLUSION.
J'ai signalé en introduction que ce chef-d'œuvre en tuffeau du fin XIVe/début XVIe présentait trois particularités.
Son titre de plus ancienne "Mise au tombeau" de Bretagne justifie à lui seul notre considération.
Le fait que le corps du Christ soit orienté tête placée vers la droite, face à Nicodème, alors que traditionnellement il est orienté à gauche face à Joseph d'Arimathie, pourrait témoigner de l'importance prise par Nicodème (et son évangile apocryphe) dans le culte et dans les réflexions théologiques sur la Vie du Christ, comme sur les débats entre les pharisiens et les premiers chrétiens.
Mais l'intérêt capital vient de la présence, attestée par les inscriptions, du pharisien Gamaliel et de son fils puîné Abibon. En effet, beaucoup de Descente de Croix ou de Mise au tombeau, tout comme beaucoup de grandes Passions des maîtresse-vitres de Basse-Bretagne, comportent de nombreux personnages que nous pouvons considérer, par leur tenue, comme des notables Juifs, mais sans pouvoir les identifier avec certitude. Seuls Joseph, (précisément en raison de la tradition qui veut que ce soit lui qui tienne la tête du Christ) et Nicodème (pour la raison inverse) peuvent être nommés. Ici, à Quimperlé, les inscriptions lèvent toute ambiguïté et nous obligent à expliquer la présence de Gamaliel et de Abibon en même temps que Joseph d'Arimathie et Nicodème.
Pour moi, seule la tradition de la découverte miraculeuse des reliques de saint Etienne, enterré en même temps que Gamaliel, Abibon et Nicodème, peut, associée à la diffusion des Passions théâtrales d'après l'évangile de Gamaliel, expliquer la réunion des neuf personnages de la Mise au Tombeau de Quimperlé.
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Rappel :
-Dans la "Passion selon Gamaliel", l'ensevelissement n'est pas décrit.
-Dans la Passion selon Gamaliel et dans la Passion d'Auvergne (rouergate), Gamaliel a, lors de la mort du Christ, un rôle négatif puisqu'il s'offusque que Nicodème ait dépendu et inhumé le corps du Christ
-Dans la Passion bretonne de 1530, Gamaliel est présent lors de la Déposition, au cours de laquelle il tient l'échelle. Mais l'embaumement et la Mise au tombeau ne sont décrits que très rapidement, sans mentionner d'autre personnage que Nicodème et Marie.
-Dans tous les cas, Abibon ne participe pas à la Vie et à la Passion du Christ.
"On s'est plu, au Moyen Age et à la Renaissance, par dévotion pour la Passion de Notre-Seigneur, à représenter la Mise au tombeau. Voici quelle en est Ia composition ordinaire : Autour du corps inanimé du Sauveur, sont : la Sai nte-Vierge, sa mère, soutenue par l'apôtre saint Jean ; la Madeleine, portant son vase d'aromates, les Saintes Femmes, Joseph dArimathie et Nicodème, tenant les extrémités du linceul.
A la cathédrale de QUIMPER existe un sépulcre que Mgr Sergent fit exécuter par M. Froc Robert, vers 1868, et qui, m'a-t-on assuré, serait la copie du sépulcre de la cathédrale de Bourges. Je croirais plutôt que c'est la reproduction de celui de Saint Germain-des Prés, à Paris.
Le plus ancien du pays est probablement celui de Sainte-Croix de Quimperlé, autrefois dans l'église, et maintenant au fond du jardin du presbytère, Les personnages sont en pierre blanche, ayant sur les bordures de leurs vêtements des feuillages brodés avec une extrême finesse, ou leurs noms gravés en jolies lettres fleuries : Joseph ab Ârimatheâ ; — Nicodemus ; — Abibon ; — Gamaliel meus dominus. Lettres et ornements semblent indiquer les premières années du xvi6 siècle.
De la même époque doit être aussi le sépulcre de Ia chapelle de Coadry, en Scaër ; il est en grande vénération, et les pèlerins vont baiser avec respect les plaies du Sauveur, an Autrou Christ.
Les deux plus beaux, comme importance et correction de style, sont ceux de Saint Thégonnec et de Lampaul-Guimiliau.
Celui de Saint-Thégonnec est dans une sorte de crypte ou chambre basse, sous l'autel de l'ossuaire ou magnifique chapelle du cimetière. On y remarque tout particulièrement la Véronique, la Madeleine et un ange pleurant au bord du tombeau.
À LAMPAUL, le sépulcre occupait autrefois aussi une place analogue, au dessous de l'abside dans la chapelle de la Trinité. Comme il se rongeait par l'humidité, on la placé depuis plusieurs années au bas du collatéral Nord de l'église. La tête et le torse de Notre-Seigneur sont d'une noblesse sans égale, et l'on ne peut se défendre d'admirer l'expression douloureuse de tous les personnages, dont les yeux sont fixés sur la figure inanimée du Sauveur. Ce monument est en pierre blanche, il est signé et daté : ANTHOINE : FECIT : 1676. C'est un des rares ouvrages qui portent la signature du sculpteur.
Après cela, nous pouvons nommer les sépulcres de Plouguerneau, de Saint-Martin de Morlaix, de Saint-Mathieu de Morlaix, dans un édicule derrière l'église, près de la chapelle de Notre-Dame-du Mur, celui de Beuzec-Conq, maintenant au musée de Keriolet, dans la même paroisse; puis à Rosporden, la même scène en haut-relief, sous l'autel latéral Nord."
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[Mais aussi : la Déposition du Pénity à Locronan ; le calvaire de Guimiliau]
— ARLIMA, Versions françaises de l'évangile de Nicodème.
— Evangile de Gamaliel BnF fr 12445, XVe siècle. Folio 33 Contient : Traité de la passion de Jésus-Christ, selon Gamaliel. « Fn celuy temps que Jhesucrist print mort... » (Évangile de Nicodème. — La place des miniatures a été laissée en blanc) ;
— HERSHON (Cyril P.) et Peter T. RICKETTS, 2007, «La tradition occitane de l'Évangile de Gamaliel, éditions et commentaires», La France latine. Revue d'études d'oc (nouvelle série, n° 144, 2007), p. 132-327
— HENRARD (Nadine), 1998. Le théâtre religieux médiéval en langue d'oc, Librairie Droz, 1998 - 655 pages
Cet ouvrage constitue la première étude d'ensemble du théâtre religieux occitan du Moyen-âge. L'analyse porte sur les quinze textes et fragments conservés (42000 vers, de la fin du XIe siècle à la première moitié du XVIe siècle), qui illustrent toutes les grandes catégories du genre (drame liturgique ou semi-liturgique, miracles et mystères, cycle de la Nativité et cycle de Pâques). La première partie présente, pour chacun des témoins, une notice codicologique, une étude des sources et de leur transposition, un examen des thèmes et des motifs, une recherche des influences subies ou exercées. Le second volet comprend un examen des didascalies et une étude technique de la versification, considérée dans ses rapports avec la structure dramatique des textes.
— LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonne de 1530, suivies de trois poèmes, d'après l'édition d'Eozen Quillivéré, CRBC, Brest. Voir aussi
—VILLEMARQUÉ Le grand mystère de Jésus, passion et resurrection : drame Breton du Moyen Age
— PARIS (Gaston), RAYNAUD (Gaston), 1878, Paris Le mystère de la passion d'Arnould Greban. Publié d'après les manuscrits de Paris avec une introd. et un glossaire" : Gamaliel scribe de la loi, Première journée pages 77, 80, 92, 108-112, 124-125. Gamaliel est absent de la Déposition et Mise au tombeau de la Troisième journée pages 352 et suiv.
— LANSART (Lydie), 2011, De Nicodème à Gamaliel. Les réécritures de l’Évangile de Nicodème dans la littérature narrative médiévale : XIIe – XVIe s. : étude et éditions Thèse de doctorat en Littérature et civilisation francaises
— LANSART (Lydie), 2012, « Lydie Lansard, De Nicodème à Gamaliel. Les réécritures de l’Évangile de Nicodème dans la littérature narrative médiévale (xiie-xvie siècle). Étude et éditions», Perspectives médiévales[En ligne], 34 | 2012, mis en ligne le 26 septembre 2012, consulté le 19 juin 2018. URL : http://journals.openedition.org/peme/2542
"Pour analyser la réception de ce texte au Moyen Âge, ont été prises en considération dans cette étude les différentes versions à ce jour recensées de l’apocryphe parmi lesquelles on peut distinguer trois versions rimées du xiiie siècle (celles de Chrétien, André de Coutances et d’un anonyme), trois versions courtes en prose du xiiie siècle (issues des recensions latines A, B et C), les interpolations de la version en prose courte recension C dans le Livre d’Artus (xiiie siècle) et dans le Perceforest (xive siècle), l’interpolation de la version en prose courte recension A dans une Histoire de la Bible du xive siècle, une Complainte de Notre Dame du xive siècle, une paraphrase du xive siècle et une version longue en prose intitulée communément Évangile de Gamaliel dans sa version manuscrite du xive siècle et dans sa version imprimée de la fin du xve siècle.
Alors que les premières traductions de l’apocryphe sont toutes issues de la recension latine A et de l’aire anglo-normande (ce qui peut expliquer les liens étroits qu’elles entretiennent avec le culte marial et le culte du Précieux Sang), elles ont, dès le xive siècle, été supplantées par le remaniement qu’est l’Évangile de Gamaliel, issu, quant à lui, de l’aire occitane. Suivies de la lettre de Pilate à l’empereur (versions rimées), de la Vengeance Nostre Seigneur (version en prose courte recension A, Évangile de Gamaliel), interpolées dans des récits plus vastes (dans une séquence néotestamentaire pour la version en prose courte recension B, dans une Histoire de la Bible pour la version en prose courte recension A, dans Le Livre d’Artus ou dans le Perceforest pour la version en prose courte recension A, dans une Complainte Notre Dame, ou encore, pour aller plus loin, dans la Vie de Jesu Crist pour l’Évangile de Gamaliel), les réécritures de l’Évangile de Nicodème en ancien et moyen français servent différentes stratégies, démontrant une plasticité propre à se mettre au service de divers projets de lecture.
Sous l’emprise grandissante de l’imaginaire, le renouvellement de l’enchâssement des récits, constitutif de la structure de l’Évangile de Nicodème, permet la recréation d’une « estoire » où le temps et l’espace sont remodelés, rapprochant un peu plus les réécritures de la fiction.
Dès lors que la fiction prend le pas sur la lettre, naît le personnage de fiction. Ainsi le personnage de Pilate, bien que défini socialement, politiquement et symboliquement, voit au fil des réécritures sa romanité altérée, son autorité, dédoublée, et son auctoritas littéraire ainsi que sa fonction structurante, déplacées au profit du personnage de Gamaliel. Paradigmatique de la fiction romanesque, le personnage de Gamaliel conquiert son autonomie narrative en épuisant les autres personnages du récit-source. Son statut et son discours sont autant de remplois de ceux de Pilate, de Nicodème ou de Joseph d’Arimathie et construisent un personnage nouveau mais néanmoins familier."
— LANSART (Lydie), Déplacements structurels et localisations textuelles : La Descente du Christ aux Enfers dans le Mystère de la Passion Nostre Seigneur du manuscrit Sainte Geneviève 1131.
— LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, suivies de trois poèmes, d'après l'édition d'Eozen Quillivéré, CRBC, Brest.
— MARCADÉ (eustache) Le mystère de la Passion : texte du manuscrit 697 de la Bibliothèque d'Arras ([Reproduction en fac-similé]) / [attribué à Eustache Marcadé] ; [texte établi et présenté par] Jules-Marie Richard ; [publié par la Société du Pas-de-Calais] « Gamaliel, 3eme prince de la loi »Deuxième journée, pages XXXIV, 223, 224
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4070q.image
—MIGNE, Dictionnaire des Apocryphes. L'évangile de Nicodème.
— PARIS (Gaston), RAYNAUD (Gaston), 1878, Paris Le mystère de la passion d'Arnould Greban. Publié d'après les manuscrits de Paris avec une introd. et un glossaire" : Gamaliel scribe de la loi, Première journée pages 77, 80, 92, 108-112, 124-125. Gamaliel est absent de la Déposition et Mise au tombeau de la Troisième journée pages 352 et suiv.
— ROY (, Émile), 1904, Le mystère de la Passion en France du XIVe au XVIe siècle : étude sur les sources et le classement des mystères de la Passion ; accompagnée de textes inédits..Dijon, Extrait de la Revue bourguignonne, 1903, tome XIII, nos 3-4 ; 1904, tome XIV, nos 3-4
Alors que je passai, en raison de mon patronyme, par le chemin des Cordiers, Hentig ar Gordennourien, à Quimperlé, je remarquai en bordure du rond-point une nouvelle plaque que je présente ici.
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Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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La plaque de cocher du Chemin de Grande Communication n°16 Quimperlé-Doélan.
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Adresse : 1 rue de Moëlan à Quimperlé. Rond-point près de la Gare, à l'embranchement de la D6 et de la D783
1, rue de Moëlan à Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
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La plaque émaillée de cette Plaque de cocher a perdu presque totalement sa couleur bleue. On y lit :
CHEIN DE GDE COMON N°16
-----------------------------
QUIMPERLÉ <------ 1k418
MOËLAN ------> 8k 765
CLOHARS-CARNOËT -------> 8k 992
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Le chemin de Grande Communication ou CGC n°16 est désigné en 1880 sous le nom de CGC "De Quimperlé à Douélan", Doëlan étant le port de Clohars-Carnoët. La carte MAPS lui attribue la longueur de 14 à 14,3 km. Créé en 1860 (et visible seulement en pointillé sur la carte d'Etat-Major 1820-1866) , il participait à la commercialisation du poisson (essentiellement la sardine) débarqué au quai de Kernabat et les conserveries de Doëlan. Il desservait aussi, par Moëlan, les ports de Brigneau et Merrien : voir MAPS 2
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1, rue de Moëlan à Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.
"Des premières pentes du Menez-Hom, où se trouve leur presbytère, appelé encore aujourd'hui Presbital Koz, bien qu'officiellement il doive s'appeler Kerdamoy, recteur et vicaire peuvent contempler devant eux toute leur paroisse dans un cadre incomparable : à 600 ou 700 mètres, l'église paroissiale, entourée de quelques maisons ; à deux kilomètres, à droite, la chapelle de Saint-Jean, au fond d'un vallon ; à gauche, la chapelle de Saint-Côme, dont le clocher s'élance d'un bouquet de verdure, et là, presqu'à leurs pieds, l'immense Baie, qu'enserrent la Pointe du Raz et le Cap de la Chèvre et dont les eaux viennent mourir sur la longue traînée blanche de la plage de Pentrez." Corentin Parcheminou, 1930
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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La chapelle Saint-Jean, au nord-nord-ouest du bourg sur la D63 venant d'Argol, est un édifice à plan en croix latine, construit lors d'une première campagne en 1591 (inscription), puis doté par le recteur Perzégou d'un calvaire en 1645, puis remanié ensuite sous le même recteur puisque sa charpente et ses sablières portent la date de 1653, et enfin restauré en 1873 (date sur la charpente). La fontaine, en contre-bas de la route, porte la date de 1712.
L'appareil du pignon du transept est hétérogène, avec de gros blocs de grès à sa base, surmontés de moellons.
La route D63 est assez récente, elle figure sur la carte de 1950 mais non sur la carte d'Etat-Major de 1820-1866 qui ne montre que le "Chemin de grande communication de Crozon à Châteaulin ", l'actuelle D887 passant par Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, et la diagonale de Telgruc vers Pentrez, l'actuelle D108. La chapelle Saint-Jean n'était donc desservie que par des chemins, visibles sur la carte EM mais qui n'apparaissent pas sur la carte de Cassini (fin XVIIIe).
Si les axes routiers passant par cette chapelle ne sont pas remarquables avant le milieu du XIXe siècle, il en va autrement du réseau hydrographique, et je propose de s'y intéresser comme je l'ai fait pour la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien.
Depuis les flancs du Ménez-Hom (329 m), des ruisseaux coulent selon un axe nord-ouest vers le rivage de la Baie de Douarnenez, et la carte d'Etat-Major avec son relief accentué par des hachures, montre les vallons parallèles comme des serpentins sombres. La chapelle (vraisemblablement précédée par une fontaine sacrée) se situe (flèche) sur le trajet de l'un d'eux, tout comme l'église de Saint-Nic (*) , et comme la chapelle Saint-Côme (**). C'est ce réseau hydrographique qui fournit la clef d'interprétation de la sacralisation du territoire de la commune.
La carte IGN montre par la toponymie le rôle du cours d'eau (Creac'h Milin, Moulin du haut) et du milieu humide (Ar Vern Bras, "la grande Aulnaie", nommée "Le Grand Launay" sur la carte Cassini, et encore aujourd'hui) ou du milieu boisé (Penhoat = "pointe du bois").
À une échelle moindre la carte IGN révèle aussi la fréquence des toponymes construits avec le terme Pors : Pors Gourmelen, Pors Piriou, Pors ar Gall, Pors ar Born, Pors ar Goff,.. Or, le terme, dérivé de Porzh, signifie "port, anse, crique, grève" en toponymie nautique. Mais ici ?
Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Sur le sommet du pignon du transept sud, au dessus de la baie, une inscription se lit :
BLOE FA : 1591
MORICE : LE
La ponctuation de séparation des mots utilise trois points losangiques, plus rares que le deux-points. Les lettres romaines favorisent la ligne droite, même pour l'un des deux -O-. Les lettres -L- sont perlées ou barrées . L'inscription est très différente de celle de 1561 du portail de l'église paroissiale ( L : M : Vcc LXI FFe :) aux lettres gothiques, aux fûts bifides et aux deux-points reliés par un S.
Elle est beaucoup plus proche — mais moins ornée — de celle du mur intérieur de la nef sud de cette église paroissiale, "M : LE : PARLÃT : FÃ : 1566 ".
Si le chronogramme est parfaitement clair, le sens de l'inscription ne l'est pas. Ce bloc était-il précédé et suivi d'autres pierres pour former un texte plus complet ? Occupe-t-il son emplacement d'origine ?
Faut-il le lire en débutant par la ligne inférieure : MORICE LE BLOE FA[BRICIEN] 1591 ?
Mais dans ce cas, nous venons buter sur le patronyme LE BLOE , non attesté.
Notons que "bloe" est une forme en ancien français d'origine germanique pour "bleu".
Cette énigme n'est-elle pas suffisamment passionnante pour stimuler d'autres curiosités que la mienne ?
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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Le pignon, percé d'une baie et tourné vers l'est, est fleuronné à son sommet. Sous ce fleuron se voit un blason, et encore en dessous une inscription à demi effacée.
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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Le blason.
Je propose d'y reconnaître les armoiries de la seigneurie du Rible :
Rible (du) (ramage de Rosmadec), sr dudit lieu, par. de Plomodiern. Réf. et montres de 1426 à 1481, dite par., év. de Gornouaille. Palé d’argent et d’azur, qui est Rosmadec, à la cotice de gueules (Sceau 1420). Fondu dans du Juch, puis du Chastel, Quèlenec et Visdelou.
La maison du Rible (en Plomodiern), dont les armes antiques étaient d'argent au chevron de gueules, portait alors palé d'argent et d'azur de six pièces chargées d'une cotice de gueules, l'héritière de cette maison ayant épousé, au XIVème, Pierre Juveigneur de Rosmadec qui prit pour lui et ses descendants le nom du Rible, tout en retenant les armes de Rosmadec. (source)
Le ressort du siège du Rible, exercé à Châteaulin, se trouvait en Plomodiern, Dinéault, Cast et Saint-Nic.
Mais il y a ici une alternance de quatre pièces verticales en épaisseur et de trois ou quatre pièces en creux .
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L'inscription.
Elle comporte le chronogramme 1597 précédé du nom d'un fabricien :
----L --FF
FA-1597.
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Les murs ne sont décorés que d'une seule crossette, en forme de chien (?).
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Le clocher porte, au sud de la chambre des cloches, deux inscriptions illisibles et une moulure.
Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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Au dessus, le flèche est orné de fleurs de lys.
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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VUE GÉNÉRALE DU CALVAIRE LE JOUR DU PARDON.
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.
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Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.
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LE CALVAIRE DE 1645.
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Il est décrit ainsi par l'abbé Yves-Pascal Castel dans l'Atlas des Calvaires :
"2766. Saint-Jean, g. k. 5,50 m. 1645. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût à pans. Croisillon, culots à godrons: M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645, statues géminées: Vierge-saint, Jean-Jean le Baptiste. Croix, fleurons, crucifix." [YPC 1980]
Cela signifie qu'il mesure 5,50 m de haut, qu'il est en granite et en kersanton (la partie la plus sombre), et que le fût à pans est posé sur trois degrés dont le premier est séparé par une corniche moulurée. Un seul croisillon donne appui à deux statues, posé sur des culots ornés de formes ovoïdes ou godrons. Les extrémités de la croix sont à fleurons godronnés.
Allons voir cela de près.
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I. LA FACE TOURNÉE VERS L'OUEST. LA VIERGE, LE CHRIST EN CROIX ET SAINT JEAN.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.
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1. Le Christ en croix.
Il est barbu, aux cheveux longs, et la couronne d'épines est faite de deux brins torsadés en anneaux sans piquants visibles. La tête est inclinée à droite. Les bras sont obliques en V, les clous à pointe de diamant plantés dans le creux de la paume, où les doigts sont fléchis. Le titulus est discret, sans ange.
Les yeux fermés sont réduits à des fentes sous des sourcils aux courbes gracieuses. Le menton est carré, la barbe peigné en épaisses mèches verticales.
Le pagne formé de bandes de tissu plates croisés est noué sur le coté, avec un pan extérieur gauche, et un pan glissé sous le pagne à droite.
Les jambes (brisées) s'écartent d'abord, comme il le faut pour venir croiser les pieds fixés par un seul clou, pied droit au dessus.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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2. La Vierge.
Il s'agit d'une statue géminée, où, dans un seul bloc, deux personnages dos à dos sont sculptés.
Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Sous un voile lourd cachant toute la chevelure (proche des capes de deuil de la Presqu'île) la Vierge au visage rond mais sévère croise les mains, le pan droit de son manteau faisant retour sur l'avant-bras. Les chaussures sont rondes, aux semelles individualisées.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Les yeux sont ronds avec des pupilles marquées en creux. Les paupières en amande forment, au coin palpébral interne un sillon en V accentué.
Le nez s'élargit en narines rondes et fortes, tandis que la bouche est petite, aux lèvres serrées et fines. Le menton n'est pas dessiné et est englobé dans l'arrondi du bas du visage.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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On notera le visage particulièrement rond de la Vierge.
Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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3. Saint Jean.
Jean l'évangéliste est imberbe avec des cheveux longs et bouclés. La tête n'est pas tournée vers le crucifix, et le regard est dirigé au loin. La main droite en supination est posée sous la ceinture, et la main gauche est posée à plat sur la poitrine. La manche droite est plissée, alors qu'à gauche un pan du manteau tombe en bande large et se replie sur l'avant-bras.
Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Le grain de la pierre est hétérogène, à gros grains, d'un faciès très différent du kersanton habituellement élu pour la sculpture religieuse.
La bouche et l'arrondi du bas du visage sont comparables à ceux de la Vierge.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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II. LA FACE DU CALVAIRE TOURNÉE VERS L'EST. LES DEUX SAINTS JEAN .
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Comme on pouvait l'attendre à la chapelle Saint-Jean, les saints représentés sont les deux saints Jean.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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1. Saint Jean-Baptiste.
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Il est identifié par sa barbe et ses cheveux longs (ce prophète retiré dans le désert du Jourdain a été consacré à Dieu et a fait vœu de ne pas se raser), mais surtout par l'Agneau posé sur un livre fermé et porté par la main gauche. L'index droit est posé sur la couverture du livre afin d'en désigner le sens : ce sont les Écritures, témoignant de la venue d'un Rédempteur dont il a annoncé la venue. Tout cela se réfère aux paroles de Jean : "Voici l'Agneau de Dieu".
Nous sommes intrigués par les formes bilobées qui pendent sous les manches du manteau. Je les interprète comme les pattes de la mélote, vêtement en poils de chameau des anachorètes, ici — et souvent ailleurs — représenté comme une peau de chameau. D'ailleurs, la tête de l'animal pend dans le bas.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.
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2.Saint Jean l'évangéliste.
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L'identification est moins assurée (et Yves-Pascal Castel ne s'est pas prononcé), mais le contexte, et le visage imberbe m'incite à voir ici saint Jean l'évangéliste, main droite serrant un repli de son manteau et main gauche levée contre la poitrine au dessus d'une ceinture très haute.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
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3. L'inscription. Le recteur Guillaume Perfezou et le fabricien Sébastien Polesec.
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Elle a été déchiffrée ainsi par C. Parcheminou en 1930, alors que les fragments du calvaire étaient rassemblés dans la chapelle :
"M. GVILL. PERFESZOV. RECTER / E B. POLESEC. F. 1645"
Yves-Pascal Castel a lu, en 1988 :
"M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645."
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Aujourd'hui, je ne lis que PERFEZOU (à gauche), "RECTER" (à droite) , mais je propose de transcrire :
"M. GVILL. /1645/ PERFEZOV.
RECTER /
et du coté ouest :
SE B. POLESEC. F. "
sous réserve de vérification.
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"SEB. POLESEC."
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Le patronyme BOLEZEC relevé par Y-P. Castel est inconnu, alors que celui de POLEZEC est attesté par les généalogistes à Saint-Nic, à Plomodiern et Plonévez-du-Porzay. La généalogie de Yves Le Floch sur geneanet.org mentionne ainsi Sébastien Polezec, né à Saint-Nic en janvier 1612, marié à Françoise Guern (dont 5 enfants) et décédé le 1er juillet 1676 au Manoir de Brenalen à Saint-Nic, à l’âge de 64 ans.
[Le manoir de BRENALEN était possédé en 1443 par Jehan de Brenalen ; puis la famille de Tyvarlen devinrent seigneurs de Brénalen. En 1802, le propriétaire, Pierre Larour, loua une partie du manoir pour servir de presbytère car il se situait "très à portée de l'église". Le manoir accueillit une petite école. je trouve ensuite mention du Moulin de Brenalen, dont le meunier était Jean Horellou sous la Révolution et en 1837. Or la carte IGN n'indique que le lieu-dit BERNAL et le moulin de Bernal, dans le vallon qui descend de l'église vers la plage de Pentrez. Un lieu désigné sous le nom de BRENNAL sur la carte de Cassini.]
C'est donc la graphie POLESEC qu'il faut retenir, d'autant que la charpente de la chapelle Saint-Côme et saint-Damien porte une inscription mentionnant Jacques [IAC] Polesec qui a boisé (posé la charpente ) la chapelle et sculpté les sablières, alors que maître Perfezou était recteur de Saint-Nic. Il est vraisemblable que ce soit le même menuisier-charpentier [I. POLESEC] qui a son nom en 1638 sur l'inscription de la rampe de l'escalier de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien.
Jacques POLEZEC est mentionné dans la généalogie de Louis Brun. Il est né en 1590 et mort le 18 avril 1684 à Saint-Nic, laissant trois enfants, Hervé , Anne et Marguerite.
L'inscription SEB POLESEC est compatible avec Sébastien Polesec ou Polezec, âgé de 33 ans lors de l'inscription du calvaire.
Enfin, notons que le pignon de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern, très proche de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, porte une inscription "Guillaume D. Hervé. F.-P. Polesec Fa[briciens] 1573. Le patronyme POLEZEC est attesté à Plomodiern comme à Saint-Nic.
Il est certain que cette famille était très impliquée au XVI et XVIIe siècle dans l'édification des chapelles de saint-Nic et Plomodiern.
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LE RECTEUR GUILL[AUME] PERFEZOU.
Il est encore mieux connu, car il a laissé son nom sur de nombreuses inscriptions. Ce patronyme semble attaché aux paroisses d'Argol et de Telgruc, toutes proches.
a) sur ce calvaire de 1645.
b) sur la charpente de cette chapelle Saint-Jean en 1653, M. Kervarec étant fabricien "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. KVAREC. FA. 1653."
c) sur la charpente de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien, par quatre inscriptions en 1641, 1649 et 1661.
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Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.
Face est du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.
Face ouest du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.
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Attribution.
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Ce calvaire n'a pas été attribué, ni par Couffon, ni par Y-P. Castel, ni par Emmanuelle Le Seac'h dans son Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle.
La datation de 1645 est compatible avec l'atelier de Roland Doré, actif à Landerneau de 1618 à 1649 (et jusqu'en 1663) dans 82 paroisses, et sur une centaine de croix et calvaires. D'autant que cet artiste, qui ne travaille que la pierre de kersanton, a réalisé les calvaires de l'église de Saint-Nic ainsi que celui de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien.
Sur le plan stylistique, son style se caractérise dans les calvaires par un seul croisillon, par des fleurons à boules godronnées. Ses Christs des crucifix portent la couronne à deux brins enlacés, le pagne plat noué à gauche, une tête inclinée à droite, aux yeux clos, un corps allongé au torse presque rectangulaire. Les Vierges au pied de la croix ont le visage "poupin", les yeux en amande au sillon palpébral interne marqué. Les pupilles dessinées en creux sont également caractéristiques.
Néanmoins, ce calvaire n'appartient pas au Catalogue des œuvres de Roland Doré.
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LA CLOCHE.
Elle porte l'inscription :
(Main ) DÉDIÉE A ST JEAN PARRAIN JACQUES LE DOARE MARRAINE JEANNE BLAIZE ..
(Main) MR LE PAPE RECTEUR SAINT-NIC.
--JEAN FONDEUR À QUIMPER 1875. (doute sur le dernier chiffre)
Décor : une croix avec un entrelacs de 8 cercles.
Jean Fondeur, de Quimper, est le nom du fondeur de cloche, comme l'atteste un moulage en plâtre d'une marque d'une cloche de Morlaix fondue en 1862.
L'église de Trégarvan, toute proche, possède deux cloches de Jean Fondeur, l'une de 1859 et l'autre nommée Marie Joseph Anna, de 1880.
"Première campagne 16e siècle, partiellement datée 1591, inscription transept : " B10F FA 1591 MORICE L F ". Charpente et sablières en 1653 pour G. _Perfezou recteur de Saint-Nic, portent l'inscription : " M. GUIL PERFEZOU REC M KVAREC FA 1653 ". Calvaire en 1645. Clocher milieu 17e siècle. Fontaine en 1712"
1591 ; 1645 ; 1653 ; 1712 .
Un vaisseau, plan en croix latine. granite ; grès ; appareil mixte ; moellon toit à longs pans ; pignon découvert ; noue ; flèche en maçonnerie
"2766. Saint-Jean, g. k. 5,50 m. 1645. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût à pans. Croisillon, culots à godrons: M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645, statues géminées: Vierge-saint, Jean-Jean le Baptiste. Croix, fleurons, crucifix." [YPC 1980]
Edifice en forme de croix latine remontant au XVIe siècle, remanié au XVIIe et restauré au XIXe (1817 au-dessus de la porte sud). Clocheton amorti par une flèche à crochets et gables ajourés. Marches d'escalier sur le rampant sud. Il est lambrissé avec entraits engoulés et sablières sculptées : flore, oiseaux, dragons affrontés et, dans le choeur, sur le côté nord, cartouche contenant l'emblème des Cinq Plaies. La poutre transversale du haut de la nef porte l'inscription : "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. KVAREC. FA. 1653."
Mobilier : Maître-autel de pierre : le retable bas porte dans des médaillons les figures en bas-relief polychrome des Evangélistes. Le tabernacle est ouvragé : Sainte Face sur la porte, et, entre des colonnettes, en bas-relief, saint Tugen avec clef et chien dans le panneau de gauche et un évêque dans celui de droite. Derrière le retable, une haute balustrade donne accès, par deux portes à balustres, à une sacristie qui occupe le chevet.
Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, Pietà, saint Joseph, saint Jean-Baptiste dit Sant Yann Bihan ; - en pierre polychrome : autre saint Jean-Baptiste, de haute taille, dans une niche à colonnettes et fronton, et un saint évêque (Philibert ?).
Dans la sacristie, vieille armoire massive à quatre portes, en mauvais état. * Près de la chapelle, calvaire relevé vers 1950 ; il porte l'inscription : "M. GVILL. PERFEZOV. RECTEVR. IE. B. POLESEC. F. 1645." Fontaine voûtée en anse de panier et datée 1712.
— PARCHEMINOU ( Corentin), 1930 “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,”
Celle-ci est à deux kilomètres du bourg, sur le bord de la route de Crozon. Moins belle que la chapelle de Saint-Côme, la chapelle de Saint- Jean est pourtant loin d'être indifférente. Elle possède un petit clocher bosselé, de jolies portes gothiques et des fenêtres flamboyantes. A l'intérieur, les poutres transversales sont tenues comme à Saint-Côme par des gueules de monstres. Une frise sculptée court au haut des murs : plantes, vignes avec feuilles et grappes que picotent des oiseaux, dragons accouplés par une corde au cou, anges aux ailes déployées, sorte d'écusson allongé portant l'emblème des Cinq Plaies : deux mains et deux pieds transpercées et un cœur. Au carré du transept, aux quatre coins, on voit dans la frise quatre personnages à longue barbe, tenant chacun un livre ouvert. Le premier est assis sur les épaules d'un génie qui lui enserre les jambes ; un autre sur un génie qui élève les bras pour tenir le livre comme un lutrin ; un autre est assis sur les épaules d'un génie affreusement laid ; le dernier, enfin,. au lieu d'un génie, a une colombe à ses genoux. . Quatre petits personnages sont sculptés autour de la clef de voûte.
Une poutre transversale à gueules porte cette inscription : M. GVILL : PERFEZOU : REC : M. KV AREC : FA : 1653. Sur la charpente, on lit la date 1873 (réfection).
Au fond de la chapelle, on a déposé les débris de l'ancien calvaire qui ressemblait à celui du bourg. On y lit cette inscription : M. GVILL. PERFESZOV. RECTER E B. POLESEC. F. 1645.
Statues. - A l'autel principal, Evangélistes assis chacun avec son attribut : lion, taureau, aigle, homme. Sur un panneau du tabernacle, Saint Tujen avec chien et clef. Sur l'autre panneau, autre Saint avec mitre et crosse, lisant dans un livre .. Derrière l'autel, un Saint Jean-Baptiste, de stature herculéenne, portant un mouton. Cette statue est en pierre. - Vierge portant l'Enfant-Jésus. A l'autel latéral gauche : Sainte curieuse assise. La partie inférieure du corps est dissimulée par une sorte de caisse. Elle est habillée d'une vraie chemise en grosse toile. - Pieta honorée sous le nom de N. D. de la Chapelle-Neuve. - Saint Joseph. A l'autel latéral de droite : Saint Philibert, mitré et crossé. - Saint Jean-Baptiste (appelé Sant Yann Bihan parce que plus petit que l'autre statue) portant un agneau. A ses pieds une tête de loup (?). Toutes ces statues sont en bois, excepté celles de Saint Philibert et de Saint Jean-Baptiste. Non loin de la chapelle se trouve la fontaine dn Saint. Elle porte la date 1712, derrière le fronton."
:
1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)