Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 10:31

 À propos de la plaque de cocher de la  Route Nationale 169 de Lorient à Roscoff. Quelques données historiques.

 

.

.

Voir ici :

La plaque de cocher de Landerneau. Route nationale n° 164 d'Angers à Brest.

La "plaque de cocher" à Plougourvest (29) : le chemin d'intérêt commun n°21 de Landivisiau à Cleder.

La plaque de cocher de La Martyre. Chemin de Grande Communication n° 35.

 

.

 

 

 

.

Placée à l'angle de la rue Albert de Mun (Maps) à Roscoff, cette plaque signale l'extrémité de la Route Nationale N° 169 de Lorient à Roscoff. 

Elle est recensée comme "la plaque sans-doute  la plus photographiée de France" sur le site de Patrick Rollet, avec une photographie récente, et un autre qui montre son aspect avant que la plaque ne soit repeinte par Nicolas Jamois en août 2016 à Courcy-aux-Loges :

Plaque de cocher :

http://plaquedecocher.fr/article-finistere-122411197/#3

http://plaquedecocher.fr/2016-09-aout-2016-roscoff/#5

.

 

La plaque de cocher de la Route Nationale N°169 de Lorient à Roscoff, rue Albert de Mun à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La plaque de cocher de la Route Nationale N°169 de Lorient à Roscoff, rue Albert de Mun à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

.

La route nationale 169 était une route nationale française reliant Hennebont à Roscoff. À la suite de la réforme de 1972, elle a été déclassée en départementale D 769. 

Elle a succédé à la Grande route Morlaix-Saint-Pol-de-Léon de l'Ancien Régime,  à la Route Impériale  RI 189 de Lorient à Roscoff de 1811 à 1824, puis à la Route royale n° 169, de Lorient à Roscoff sous Charles X (1824-1830) et   Louis-Philippe (1830-1847), où elle fut réaménagée entre 1838 et 1843. A Roscoff, elle mène à l'église et au port, et plus précisément à la rue de Ker da Laez, qui deviendra rue Albert de Mun.

Des chemins romains et médiévaux.

Leur tracé, de Morlaix à St-Pol-de Léon, est détaillé par Y. Autret 2012.

Sous l'ancien Régime.

La carte Cassini de la fin du XVIIIe siècle montre la route menant de Morlaix à Taulé, Saint-Pol-de-Léon et Roscoff.  À Saint-Pol-de-Léon, un embranchement mène à Lesneven, centre important et origine de la route Lesneven-Landerneau-Le Faou-Carhaix.

Roscoff est un liieu commercial pour le textile et pour les produits de la pêche :

"Pendant trois siècles la richesse de Roscoff est exclusivement le commerce maritime. Les nobles peuvent s'adonner au commerce et des commerçants sont anoblis. De 1612 à 1754 les armateurs et les commerçants sont groupés dans la confrérie de Saint-Ninien. Les exportations consistent en toiles fabriquées dans toute la région, en vins achetés à Bordeaux et en Espagne, en eaux-de-vie de Gascogne, en graines de lin, bois et merrains (petites planches de chêne) des pays nordiques. Les principaux partenaires commerciaux sont l'Angleterre, les Pays-Bas et l'Espagne. Une contrebande s'établit avec l'Angleterre. Les vins et spiritueux constituent la matière du commerce interlope. L'Angleterre et l'Ecosse imposent alors des droits exorbitants à l'entrée de ces marchandises. Les merrains servent à fabriquer de petits barils reliés en chapelet et remplis d'eau-de-vie. Les bateaux pour échapper au contrôle de la douane les mouillent tout près des côtes anglaises où la nuit des marchands viennent les chercher. Vers 1750 une cinquantaine de lougres et de sloops fréquentent régulièrement le port de Roscoff. La fin du XVIIIe siècle voit la décadence du port. Traité avec l'Angleterre, concurrence des toiles de Silésie, troubles dus à la Révolution en sont les causes. «La misère des habitants est affreuse par la suite de la suppression de tout commerce » . La contrebande reprend pendant le blocus continental, mais la prospérité qu'elle engendre est de courte durée." (Aubry Marie-Louise. Le port de Roscoff. Les mutations d'un site. In: Norois, n°64, Octobre-Décembre 1969. pp. 521-535; doi : 10.3406/noroi.1969.1665 http://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1969_num_64_1_1665)

"Au XVIIe siècle, Roscoff, devient le principal marché des semences de lin. Son bureau de contrôle, sous l'autorité du juge des Requaires, les fait distribuer par des commissionnaires dans le haut Léon qui produit la rosconne et sa marque finira par en monopoliserau xviiie siècle le réacheminement via les succursales installées dans les ports du Trégor, d'où sortent les gratiennes, et de Penthièvre, où sont produites les Bretagnes." (Wikipédia Roscoff)

"Les toiles qui se travaillent à Morlaix, Landerneau, Roscoff, St Paul de Léon, Guingamp, Grace, etc, se nomment des Cres. Comme elles sont de diverses largeur et finesse, pour les distinguer, on les partage en Cres larges, Cres communes, Cres Graciennes, et Cres Rosconnes. Les Cres larges s'envoient en Espagne, et dans les Indes Occidentales : les communes et les Graciennes se portent aussi en Espagne, ou sont enlevées par temps de paix par les Anglais. Et les Rosconnes sont seulement propres pour l'Espagne". Dictionnaire universel de commerce, contenant tout ce qui concerne ..., Volume 3, 1742

"La pêche du maquereau se fait du coté de Roscoff, en Basse Bretagne, par deux sortes de bateaux ou barques, les uns petits et sans pont, les autres plus grands et pontés. Les petits bâtiments n'ont que neuf à douze hommes d'équipage : ils vont à six ou sept lieux de l'isle de Bas, où les pécheurs tendent leurs filets, et la pêche étant faite ils retournent à Roscoff pour vendre leur Les petits bâtiments n'ont que neuf à douze hommes d'équipage : ils vont à six ou à sept lieues de l'isle de Bas, où les pêcheurs tendent leurs filets, et la pêche étant faite ils retournent le lendemain à Roscoff pour vendre leur poisson. Il n'y a qu'environ vingt-deux petits bateaux employés à cette pêche, dont dix ou douze font de la Hogue en Normandie, lesquels se rendent à Roscoff vers la fin d'avril, où ils restent jusqu'à fin juin. Les autres sont de Roscoff." 1742 - ‎puis Dictionnaire portatif, François Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois,- 1765

 

 

La numérotation systématiques des routes françaises a été établie par le  décret napoléonien  de 1811. Une numérotation systématique y est pour la première fois appliquée à l'échelle nationale, distinguant parmi les routes impériales numérotées de 1 à 229 une division en trois classes, selon leur importance et l‟attribution de leur entretien. Les routes impériales de première classe mènent de Paris aux grandes villes et places fortes frontalières, terrestres mais surtout maritimes, depuis Calais (route impériale n°1) jusqu'à Cherbourg (n°14), destination qui referme à l‟Ouest un premier cadran. Les routes de seconde classe retrouvent les grands axes commerciaux de l‟espace français qui n‟ont pas de vocation stratégique affirmée. Elles constituent une deuxième auréole autour de Paris qui se décline dans le sens des aiguilles d‟une montre, vers Le Havre (n°15) et jusqu‟à Lorient à partir de Rennes (n°27).

Enfin, les liaisons interurbaines de second rang sont assurées par les routes de troisième classe (des numéros 27 à 229) qui forment un troisième cercle, auxquelles viennent s'ajouter les 1165 routes départementales proprement dites à plus faibles portées. 

En 1824, l'Administration des Ponts-et-Chaussées publie le Tableau des Routes royales divisées en trois classes et crée parmi les routes royales de troisième classe la Route Royale n°169 de Lorient à St-Pol et Roscoff en remplacement de la Route Impériale n° 189.

 

 

On consultera :

 

  • https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.974252&y=48.731738&z=13&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&mode=doubleMap
  • https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.986110&y=48.725277&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&mode=doubleMap


.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
  • Contact

Profil

  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué. "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha

Recherche