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14 novembre 2018 3 14 /11 /novembre /2018 13:05

La verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32 (vers 1340) de la cathédrale de Strasbourg, commanditée par l’évêque Jean de Dirpheim en 1328.

 

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Voir :

 

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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PRÉSENTATION.

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Haute de huit mètres, cette verrière du bas-coté sud  appartient à  une série de cinq verrières quadruples de huit mètres de hauteur sur les épisodes de la vie de la Vierge et l’enfance du Christ (baie 26), la vie publique du Christ (baie 28), la Passion (baie 30), la vie glorieuse du Christ (baie 32) et enfin la représentation du jugement dernier (baie 34).  En effet, en 1328, l’évêque Jean de Dirpheim avait décidé de faire remplacer les figures de l’ancien cycle des Saints par ce cycle, qui  s’étendait initialement non sur cinq mais sur sept fenêtres du bas-côté sud. Quelques années après le début du chantier, l’édification de la chapelle Sainte-Catherine (fondée en 1331 par l’évêque Berthold de Buchegg) consacrée en 1349 provoqua la destruction des baies 22 et 24 qui venaient juste d’être vitrées. Les panneaux sacrifiés furent conservés et réutilisés vers l’ouest où les vitraux n’étaient pas encore en place (cf. Becksmann et Ch. Wild-Block).

J'ai déjà décrit la baie 26

 

Entre  2009 et  2012, des travaux de restauration des cinq  verrières du bas côté sud de la cathédrale ont été réalisés sous la direction de Christiane Schmuckle-Mollard, architecte en chef des monuments historiques, architecte de l’Oeuvre Notre-Dame,  par deux entreprises : l’Atelier Parot à  Aiseray et le Vitrail Vinum à Troyes. Ils ont été financés conjointement par l’État, l’Évêché et la Ville de Strasbourg. Une opération inédite de mécénat culturel a permis d’apporter un complément d’1,5 million d’euros, pour un coût total de 2,2 millions d’euros. L’État a porté, à la base de la 2e verrière représentant la Vie du Christ, sur la bordure inférieure de quatre lancettes, l’inscription suivante du propriétaire  : «  LA RESTAURATION DES VERRIERES DU BAS COTE SUD A ETE  ACHEVEE EN MMXI [2011] ». les nouvelles mesures de protection ont été retenues avec la mise en place de verrières de doublage à 4 cm des verrières anciennes.

"Dans les verrières du bas-côté sud, d’est en ouest, un vaste cycle narratif se déploie dans les lancettes de cinq verrières quadruples, chacune compartimentée en seize scènes. À la suite des épisodes de la Vie de la Vierge et de l'Enfance de Jésus se trouvent exposés ceux de la Vie publique, de la Passion et de la Vie Glorieuse du Christ, qui précèdent une représentation du Jugement dernier.

Ces verrières sont postérieures à l'incendie de 1298, qui a ravagé la série de prophètes située face à celle des souverains. L’harmonie des fonds bleu clair, les traits des visages, les rendus des vêtements, le maintien des figures, mais aussi les éléments architecturaux ou décoratifs leur servant de cadre sont typiques du début du XIVe siècle.

Une volonté de lisibilité

À la portée des fidèles pour être parfaitement lisibles, des commentaires sont inscrits et ce, sur des épisodes moins familiers. Tout cela témoigne d’une pédagogie de l’image, de la volonté d’être compris au mieux. Cette démarche rend aussi compte de la vitalité de la pensée théologique dans le contexte rhénan des années 1320, sous l'influence des ordres mendiants." Claire Lingenheim

Victor Beyer souligne les relations entre ces vitraux strasbourgeois et ceux du chœur de l’église du couvent double de Franciscains et de Clarisses de Königsfelden en Suisse,  réalisés sans doute vers 1330-1340 à Bâle .

 

Le plan suivant par Christiane Schmuckle-Mollard montre les datations des vitraux de la cathédrale : en rouge, les verrières du XIVe siècle, dont les baies 26, 28, 30, 32 et 34 dans le bas-coté sud. J'ai encadré le cycle de 1328, et indiqué d'une flèche la baie 32.

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Datation des vitraux de la cathédrale par Christiane Schmuckle-Mollard.

 

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La baie 32 est consacrée à la Vie Glorieuse du Christ.

Elle comporte quatre lancettes divisées en quatre registres, et un tympan à trois oculi polycycliques et des écoinçons.

Les lancettes offrent, par cette partition, seize scènes successives :

  • 1. Descente de Jésus aux Limbes.
  • 2. Le Diable enchaîné aux Enfers cf.Descente de Jésus aux Enfers.
  • 3. Résurrection, sortie du Tombeau.
  • 4. Apparition d'un ange aux saintes femmes venues au tombeau.
  • 5. Apparition du Christ à Marie-Madeleine : Noli me tangere.
  • 6. Apparition du Christ  aux sainte femmes et à saint Pierre.
  • 7. Apparition du Christ aux pèlerins d'Emmaüs.
  • 8. Apparition du Christ  aux apôtres en l'absence de Thomas.
  • 9. Apparition du Christ à saint Thomas.
  • 10. Apparition du Christ  aux apôtres
  • 11. Apparition du Christ  à saint Pierre au lac de Tibériade.
  • 12. Apparition du Christ aux apôtres lors d'un repas.
  • 13-14. Ascension du Christ (lancette 1, 2 et 3)
  • 15-16. Descente du Paraclet, Pentecôte (lancette 4)

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"La Vie surnaturelle du Christ illustré ici  est l'un des cycles les plus importants qui soient au XIVe siècle. Il est étonnant que les ouvrages d'iconographie n'en aient pas fait mention dans leurs liste et références : cela  est dû sans doute au discrédit dans lequel l'a tenu la monographie de R. Bruck.  

 Comptant au Moyen-Âge entre dix et quatorze sujets – ils sont bien quatorze sur cette verrière – ces cycles s'inspirent tant des évangiles canoniques que des apocryphes et des auteurs, en particulier Jacques de Voragine (Legenda aurea), le Pseudo-Bonaventure (Meditationes vitae Christi) et Ludolphe le Saxon (Vitii Christi). Force est donnée à certains thèmes par leurs références aux péricopes de la messe pour la Semaine Sainte. Sans vouloir assigner aux panneaux de cette verrière l'ordre stricte des péricopes, du dimanche de Pâques — Visite des Trois Femmes au tombeau —, au dimanche de l'Octave —Apparition du Christ aux disciples et Incrédulité de saint Thomas (Jn 20:19-30) —, il se peut que le sujet contenu en s VI 5 b, le diable enchaîné dans les enfers aux derniers jours, qui vraisemblablement provient de la lancette obstruées VII 5d, ait non seulement pris la place du panneau original en sVI, mais également perturbé quelque peu l'ordonnance des sujets, du moins au premier registre, de 5 a à 5 d, attendu que la visite des Femmes au tombeau inaugure la série iconographique des apparitions du Christ — avec tout de même la Descente aux Limbes (5a). Cependant l'emplacement du panneau du Diable enchaîné se justifie de toute façon à la suite de la Descente aux limbes, Descendus ad Infernos. La suite du Noli me tangere, de l'Apparition du Christ aux saintes Femmes, puis à Pierre, des disciples d'Emmaüs s'agence parfaitement. Toujours est-il que dans l'état actuel des panneaux l'illustration des quatorze apparitions est assurée, bien que figure parmi elle la résurrection qui, en fait, n'en est pas une car elle est sans témoin."

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Victor Guerber l'a décrit ainsi

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Quatrième fenêtre. Rosaces : Couronnement de la Ste Vierge; anges.— Lancettes: Descente de Jésus-Christ dans les limbes, au-dessus desquels on lit: Adam, Eva (Ephes., IV); les limbes eux-mêmes; résurrection du Sauveur (S. Matth., XXVIII); ange assis sur la pierre du tombeau (ibid.); apparition de Jésus-Christ à Madeleine (S. Marc, XVI); les anges apparaissent aux saintes femmes (S. Luc, XXIV); voyage d'Emmaüs (ibid.), avec la suscription Lucas, Cleophas; Jésus-Christ apparaît aux apôtres (S. Marc, XVI); incrédulité de S. Thomas (S. Jean, XX); seconde apparition aux disciples (ibid.); pêche miraculeuse (S.Luc,V); autre apparition aux disciples quand ils prennent leur repas (S. Luc, XXIV); Ascension (ibid.); le Sauveur disparaît dans les nues (Actes des apôtres, I); attente du Saint-Esprit (ibid.); Pentecôte (Actes, II).

Les bordures manquent, et les sujets prennent toute la largeur des lancettes. Au bas de la fenêtre se trouve une inscription allemande passablement détériorée; elle répond exactement aux quatre premiers sujets de la baie:

Got brach der Helle Tur,
Und nain die sine lier furf
Und erstund am dritten Tag,
Dus was Tiefel gro (sse) Klag.

(Dieu brisa les portes des limbes, et en lit sortir les siens; il ressuscita le troisième jour, au grand regret du démon.)

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Sur le plan iconographique, il m'a semblé intéressant de tracer un parallèle entre deux groupes d'œuvres :

a) les Bibles moralisées du début du XIIIe siècle, et notamment le volume de la Bible de Saint Louis consacré au Nouveau Testament (Tolède III), réalisée à Paris vers 1226-1235 dont 31 médaillons (folio 69v-79v) illustrent la Vie Glorieuse dans le cycle Résurrection-Ascension. Bien que les images ne soient pas disponibles en ligne, son intérêt provient de l'ampleur de ce cycle, de sa précocité, et du fait que ce cycle a été étudié par Boespflug et Zaluska en 2017 dans les Commentaires du fac-similé des éditions Moleiro. (Les Bibles antérieures, Vienna 2554 et Vienna 1779, ne contiennent pas le Nouveau Testament).

b) Les Bibles moralisées du XIVe siècle, contemporaine de la verrière. Je retiens surtout la Bible moralisée BnF fr.167 , qui présente quatre  intérêts majeurs : d'une part, par sa datation de 1349-1352,  elle est quasiment contemporaine de cette verrière de Strasbourg. Elle était sans doute destinée à Jean Le Bon.D'autre part, ses images sont numérisées par Gallica. Ensuite, le texte est bilingue en français et en latin de manière plus aisée à déchiffrer que la Bible de Saint-Louis. Enfin (comme toute Bible moralisée), le texte évangélique est accompagnée de sa moralisation illustrée qui nous permet de comprendre quel sens les clercs donnaient à ces épisodes évangéliques et quel interprétation, souvent très éloignée de nos suppositions, pouvaient développer les prédicateurs.

[  "Les moralisations des Bibles moralisées, quant à elles, sont des interprétations spirituelles de l’Ecriture élaborées à partir de diverses œuvres dont les Postilles d’Hugues de Saint-Cher, la Glossa ordinaria, l’Aurora de Pierre Riga ou encore l’Historia scholastica de Pierre le Mangeur ; elles puisent aussi quelquefois dans les sources juives. Ces passages, bibliques et moralisés, ne sont pas l’œuvre de grands théologiens. Ils ont été écrits pour un public laïc royal ou princier et non pour des exégètes de la Bible. Le rapport entre le passage biblique et la moralisation ne s’établit pas systématiquement sur la typologie qui voit dans l’Ancien Testament la préfiguration du Nouveau. Les moralisations tiennent aussi compte de l’Église contemporaine générant une iconographie innovante qui en reflète les préoccupations. Ainsi se remarquent la place importante donnée à la vie sacramentelle, un fort cléricalisme et un antijudaïsme. Au fur et à mesure du temps, les ordres mendiants, puis, parmi eux, les dominicains remplacent dans les enluminures les figures d’évêques et de prélats. De même la personnification de l’Ecclesia évolue d’une silhouette féminine vers une sorte de double du prêtre administrant les sacrements et prêchant." Aline Debert ]

Comme la Bible de Saint Louis, chaque folio de la Bible français 167 comporte huit "vignettes" (enluminures rectangulaires), appariées, donnant l'illustration et le texte évangélique d'abord (vignettes A1 et A3 à gauche, B1 et B3 à droite) et juste en dessous la moralisation (vignettes A2 et A4 à gauche, B2 et B4 à droite). Les 11 médaillons évangéliques de ce cycle —  moins que la Bible de Saint Louis— se trouvent aux folio 172r à  173v.

La Bible dite de Naples, BnF fr.  9561, elle aussi numérisée, de datation très proche de la précédente (1340-1350), offre pour le cycle étudiée des peintures en pleine page avec une légende en français en dessous.

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J'assume donc la surcharge brouillonne de ma présentation des vitraux en y ajoutant la description de Victor Beyer (Corpus vitrearum 1986), les indications de Boepflug et Zaluska sur la Bible de Saint-Louis, et les enluminures et les textes de la Bible français 167 et parfois de la Bible de Naples.

 

 

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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Une inscription rimée et vers de sept syllabes  en vieil allemand court à la base des quatre lancettes :

GOT . BRACH . DER HELLE . TUR

VND . NAM . DIE SINEN . HER FUR

V[ND] ERSTUNT . AM . DRITEN . TAG.
DAS. VAS . TIEFEL . GRO[SSE] KLAG.

"Dieu brisa les portes des limbes, et en fit sortir les siens;  et il ressuscita le troisième jour, au grand regret du démon."

 

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1. Descente de Jésus aux Limbes.

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Ephésiens 4:8-10. "C'est pourquoi il est dit: Étant monté en haut, il a emmené des captifs, Et il a fait des dons aux hommes."

"Assisté par deux anges, le Christ a brisé les portes de l'Enfer, et de la main gauche, saisi Adam au poignet. Derrière le premier homme s'empressent Ève et les justes de l'ancienne Loi. 

Au dessus des têtes respectives, les inscriptions : ADAM et [E]VE. Anges, tuniques blanches à parements jaunes, nimbes jaune d'or, ailes jaunes clair. Christ , tunique blanche sous grisaille brune , manteau rouge à pans violets , nimbe rouge à croisillons verts ; portail de l'Enfer jaune verdâtre clair ; intérieur cognac sombre, porte jaunâtre. Ressuscités de carnation rose chaud. Traces de rouge dans la maçonnerie du portail à droite.

Conservation : 4a : panneau inversé. 5a pièces remplacées, plombs de casse dans les visages ; tête d'Adam à peinture inversée. 6a : quelques pièces rapportées."

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Ce sujet est  représenté dans la Bible moralisée de Naples BnF fr. 9561 folio 185r avec la légende suivante :

C'est l'hystoire. Coment nostre seignour ihu crist descendi en enfer et deslia les doslours d'enfer. Ensi que len les trueve en les faits des apostles u secont capitle.

La référence est donc Actes des Apôtres 2, peut-être verset 24 ou 31.


 

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BnF fr. 9561 f. 185r.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. Le Diable enchaîné aux Enfers et Diablotins tourmentant des Réprouvés. cf.Descente de Jésus aux Enfers.

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Source : Apocalypse 20:1_3.

"Au centre, le Diable à cornes de cervidé, à pieds   en serres d'aigle, à nez en forme de trompe, assis à même le sol, les poignets enchaînés autour d'un pilier. Les flammes de l'enfer l'environnent, comme la troupe des diablotins grouillant alentour parmi les réprouvés. Fond de flammes rouges. Satan, blanc sous grisaille brune, cornes blanches, cheveux jaunes, chaînes jaunâtres aux pieds. "

"La descente aux Enfers, l'Anastasis byzantine, est traitée ici de la manière dramatique héritée d'Ephrem le Syrien, que l'émail du retable de Klosterneuburg révèle bien à la fin du XIIe siècle. Le diable enchaîné dans les Enfers, environné de diablotins et de réprouvés, répond à l'évangile de Nicodème et à l'Apocalypse de saint Jean Jn 20:1-2 : « il a tenu le dragon, l'antique serpent qui  est le diable et le Satan et il l'a enchaîné pour mille ans."


 

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. Résurrection, sortie du Tombeau.

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"La Résurrection offre les prémices de la Vie surnaturelle du Christ. Le traitement du thème est habituel, avec le Christ enjambant le tombeau muni de la croix-bannière qui le distingue du Jésus de la Vie publique, ainsi qu'il est traité en III 1 A et dans la première verrière de la chapelle Saint-Laurent en provenance de l'ancienne église des Dominicains. Deux anges en aube assistent à la scène, quatre guerriers sont endormis, portant rondaches. Un chêne et un autre arbre feuillu dominent la composition, comme en 4/6d"

Ce sujet n'est pas représenté dans les Bibles moralisées. Dans la  Bible français 167 au  f. 272r, trois gardes sont placés devant le tombeau.

 

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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4. Apparition d'un ange aux saintes femmes venues au tombeau.

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https://books.google.fr/books?id=A8BJAQAAIAAJ&q=%22grisaille,+ailes+jaune+%22&dq=%22grisaille,+ailes+jaune+%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjEl5_y3sreAhXHAcAKHYYPBIMQ6AEIKTAA

" La visite des saintes Femmes au tombeau, selon Marc 16:1-7, avec l'ange assis sur son bord, est de composition traditionnelle ; elle a pu inspirer de l'ange élégamment assis dans le tympan du portail central de la façade de la cathédrale, autour de 1280. Les Femmes sont deux, selon Matthieu qui a la préférence de la tradition byzantine, trois selon Marc et Luc. « L'autre Femme » est, en Occident et sous une influence syrienne, assimilée à la mère du Christ."

Matthieu 28:1-7

Luc 24:1-8

"Assis sur le rebord du tombeau, ailes déployées, sceptre en main, les pieds  sur la dalle tombée à terre, l'ange désigne le tombeau aux trois femmes (deux d'entre elles sont en 4 d et en 6 d). Ange, tunique blanche à treillis de grisaille, ailes jaune  verdâtre à terminaisons rougissantes, nimbe rouge (érodé); sainte femme au centre, tunique vert foncé, manteau rouge, voile grisâtre, nimbe et pot d'aromates jaunes. Sainte femme à gauche, tunique violette, manteau grenat léger, voile blanc, nimbe rouge. Sainte femme à droite, tunique bleu clair, manteau rose violacé, voile blanc sous grisaille, nimbe rouge. Tombeau de même aspect que dans le panneau 5,c, mais à face interne lie-de-vin. Sol blanc avec traînées d'adhérences rouges."


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Bible de Saint Louis : 4 médaillons des folio 69v et 70. Les Saintes Femmes constatent que le tombeau est vide. Marie-Madeleine va avertir Pierre et Jean. Pierre et Jean vont au sépulcre (trois médaillons). 

La Bible français 167 comporte trois vignettes :

f. 272 B1 : Marie Madeleine, Marie "jaques" et Marie Salomé achetèrent des onguents pour venir oindre le corps de Jésus Christ (texte) mais l'enluminure les représentent devant le tombeau vide entouré des soldats endormis.

En B3 "Or vint Marie Magdelene à Pierre et  a Jehan et leur dist ils ont osté mon seigneur du sepulchre et ne savon ou ils lon mis. Et lors ces deux coururent au monument". La vignette montre Pierre et Jean devant le tombeau vide.

f.272v A1 : les trois femmes tenant leur pot d'aromates font face à un ange assis sur  le tombeau.  C'est l'équivalent du panneau de la verrière. "Lors vint marie magdeleine et estout deles en plovant par dehors et puis senclina et regarda dedens le monument"

 

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la Bible français 167 f. 272v A1.

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L'enluminure de la Bible de Naples  est commentée ainsi :

Cest lhystoire coment les trois maries alerent au sepulcre de nostre seignour et trouverent deux angles vestus de robe resplandisant; ensi que saint luc le dis dans son evangile u vingte quatrime capitle.


 

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BnF fr. 9561 f. 184v

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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LE DEUXIÈME  REGISTRE .

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5. Apparition du Christ à Marie-Madeleine : Noli me tangere.

 

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"L'Apparition du Christ à Marie-Madeleine (Matthieu XXVIII) est remarquable par le mouvement pathétique de la sainte agenouillée, tendue vers ...  tenant son pot d'aromates. Une préfigure en est donnée par les portes de bronze d'Hildesheim, achevées en 1015. La bêche désigne le «Christ jardinier. » Les arbres cantonnant la scène, comme en 4/6 c sont, selon la tradition byzantine, d'essences différentes."

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— Bible de Saint Louis : un médaillon f.71v B3 montre d'abord Marie Madeleine restée seule au tombeau et pleurant. Un autre f 72 A1 la montre discutant avec deux anges. Puis le médaillon f.72 A3 représente le Noli me tangere. Le texte de Jean 20 est donc suivi verset par verset.

— Bible  français 167   : la vignette A3  du folio 272v montre l'apparition du Christ à Marie-Madeleine, dans un jardin figuré par deux arbres. La sainte est à genoux, les mains tendus tandis que le Christ tenant l'étendard recule et s'éloigne dans la direction opposée.

Texte latin : Jean 20:14: Conversa est maria retrorsum et  vidit Ihesus stantem et non sciebat  quia  Ihesus est ; Et Jean 20:16 :  Dicit ei Ihesus Maria. Conversa illa dicit ei Raboni etc

Texte français : "Marie se retourna et vit Ihesum en estant et au doit que ce fust un jardinier et ne le reconnut pas sitost. Et Jésus Christ lui dist Marie Lors saiusa la magdeleine et le cognust et dist a maistre."

 

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la Bible français 167 f.272v A3.

 

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Quel est la moralisation ? Elle est développée sur la vignette A4 : cinq personnes sont réunies autour d'un crucifix surmonté de Dieu entre deux anges. L'une de ces personnes s'oppose par un index de refus à un démon.

Ce que Jésus Christ apparut à Marie plourant se manifesta à loi seigneur quand de tant comme personne  pleure plus ses pesches et quelle demeure plus en penance et en la memoire de la passion jesus christ de tant la veiele jesus christ plus de ses pesches.

 

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L'enluminure de la Bible de Naples fr.9561 folio 186r.

Cest lhystoire . Coment nostre seignour ih~u crist apparut a sainte marie madeleine et li dist fame non me toucher. Ensi que saint jehan le dist en son evangile u vingtime  capitle.

 

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Bnf fr. 9561 f.186v

Comparez à Duccio di Buoninsegna (vers 1310).

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Remarque sur l'étendard de la Résurrection.

Cet étendard témoignant de la victoire du Christ sur la mort est, comme c'est la règle, rouge, mais il n'est pas frappé de la croix. Il est remarquable par ses quatre bandes  : son aspect évoque alors immédiatement l'Oriflamme Saint-Denis représenté sur la baie 116 ( 1225-1235 ) de la cathédrale de Chartres .

Je note que le nombre des bandes augmente progressivement, passant de trois au tombeau, à quatre ici, puis à cinq (repas ; Tibériade) et enfin à six dans l'apparition sur la montagne.

 

 

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Baie 116 de Chartres : Jean de Metz recevant l'oriflamme de saint Denis.

 

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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6. Apparition du Christ  aux sainte femmes et à saint Pierre.

Le panneau est divisé en deux scènes : à gauche, le Christ apparaît aux Trois Femmes, et, à droite, il apparait à saint Pierre.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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6a Le Christ apparaît aux Trois Femmes.

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L'inscription AVETE ("JE VOUS SALUE") Mt 28:9 nous indique la source de cette scène : l'évangile de Matthieu 28:10. Voici le verset 28:9 

Et ecce Jesus occurrit illis, dicens: Avete. Illae autem accesserunt, et tenuerunt pedes ejus, et adoraverunt eum.

καὶ ἰδοὺ Ἰησοῦς ὑπήντησεν αὐταῖς λέγων· Χαίρετε· αἱ δὲ προσελθοῦσαι ἐκράτησαν αὐτοῦ τοὺς πόδας καὶ προσεκύνησαν αὐτῷ.

Et voici, Jésus vint à leur rencontre, et dit: Je vous salue. Elles s'approchèrent pour saisir ses pieds, et elles se prosternèrent devant lui.

Voici le passage en entier :

 Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le sépulcre.

2 Et voici, il y eut un grand tremblement de terre; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre, et s'assit dessus.

3 Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige.

4 Les gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts.

5 Mais l'ange prit la parole, et dit aux femmes: Pour vous, ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié.

6 Il n'est point ici; il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché,

7 et allez promptement dire à ses disciples qu'il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez. Voici, je vous l'ai dit.

8 Elles s'éloignèrent promptement du sépulcre, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.

9 Et voici, Jésus vint à leur rencontre, et dit: Je vous salue. Elles s'approchèrent pour saisir ses pieds, et elles se prosternèrent devant lui.

10 Alors Jésus leur dit: Ne craignez pas; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée: c'est là qu'ils me verront.

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— La Bible français 167 consacre à cette scène la vignette f.272v B3.  Trois femmes, à gauche, font face au Christ qui les saluent. Deux lèvent les mains en signe de surprise et de joie, la troisième (en qui je vois Marie-Madeleine) s'agenouille et saisit le pied gauche du Christ.

-Texte latin : c'est précisément le verset  Matthieu 28:9 de la Vulgate qui est cité : Et ecce jhc occurit mulieribus dicens. Avete. Ille autem accesserunt et tenuerunt pedes ejus, et adoraverunt eum.

La présence du mot AVETE rapproche encore Bnf Fr.167 de la verrière de Strasbourg.

-Texte français en donne la traduction. "Apres ce jhc vint au devant des fames devotes et les salua et elles sapprocherent deli et li tinrent les pies et la oinrerent."

-la moralisation est illustrée par une vignette F. 272 B4 où un clerc s'adresse à trois jeunes gens : "Par les pies ihc a entendue aucune fois lumanite ihu que len tient en creant [croyant] fermement que ihs a resusate parfaitemlent en pleine gloire."

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Bible BNF français 167 f.272v numérisé par Gallica

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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6b Le Christ apparaît à Pierre.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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7. Apparition du Christ aux pèlerins d'Emmaüs..

 

 

 

Le dernier chapitre de l'Évangile selon Luc offre un écrit complet de la rencontre des pèlerins d'Emmaüs en Lc 24,13-35, alors que l'épisode se limite à une simple allusion dans Mc 16,12-13.

Ce cycle fut maintes fois illustré avant la réalisation de la Bible de Saint Louis : les auteurs de cycles picturaux lui ont consacré en général deux scènes, parfois trois. La rencontre en chemin et le repas à l'auberge, pendant lequel les disciples ont reconnu Jésus "à la fraction du pain" sont certainement les plus représentés. À partir du XIIe siècle s'y ajoute parfois la disparition de Jésus à la fin de repas."  (Boesplug et Zaluska)

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— La Bible de Saint Louis consacre pas moins de 5 médaillons au récit de l'apparition aux pèlerins d'Emmaüs (10 au total avec les moralisations)  : la Rencontre en chemin f.73v B1 ; Jésus expliquant en chemin les Saintes Écritures f. 73v B3 ; L'insistance des disciples pour que Jésus reste avec eux à l'auberge f.74 A1 ; le Repas f.74 A3 ; et la Disparition de Jésus f.74 B1, où Jésus disparaît vers le haut dans des nuées comme dans une Ascension, seul le bas des jambes étant visible. Dans les 2 à 4 premiers médaillons, le Christ est présenté en pèlerin, le bourdon en main (73v B1 et 74r A1),  la tête recouverte d'un capuchon retombant en courte pèlerine sur les épaules, et, en 73vB1, avec le chapeau caractéristique suspendu par une sangle à l'épaule gauche et avec la besace accroché à la ceinture. Au contraire, les deux disciples sont tête nue, sans bâton, et vêtus  de robe  et manteau colorés : voir infra.

Digression : Je m'arrête un instant sur ce dernier médaillon. Le texte de la Vulgate en Luc 24:31-32 est celui-ci : Et ipse euanuit ab oculi eorum.  Et dixerunt ad invicem: Nonne cor nostrum ardens erat in nobis dum loqueretur in via, et aperiret nobis scripturas? [Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux.  Et ils se dirent l'un à l'autre: Notre coeur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures?] La version en français, dans la marge, est celle-ci : "Ici sesvanuit ihc de lor ieux et clist li uns al autre dune ne furent nos quers ardanz en nos tant qu il parla a nos en  la voie et nos ouri les escritures ?"

La moralisation de cette Disparition de Jésus, en f. 74v B2, est singulière. Le texte, tel que je peux le déchiffre, dit "Ce que nostre sire après la joie de sa presence ces ii [deux] esmus  [émules] et les fet angoisser signifie la pres[fi]gur delices . nostre sire suefre a ses amis tribulation  avoir . si cume apres richesse enfermete de cors".

Le texte latin vous aidera peut-être à comprendre mieux ma transcription ? Hoc signifiat quae per exhibitam presentiam suam euanuit ab oculi eorum et istes fecit : signifiat quae magnas delicias permicit dominus amicos suos tribulari veluti si per clinicias permitrat aliqui infirmari. 

Ma leçon du  mot clinicias me parait correcte, pourtant, le mot est incorrect sur le plan grammatical ; clinicus peut se traduire soit par "médecin" soit par "malade alité". Infirmari est le verbe "être malade" et correspondrait au français "enfermeté de cors"

Mais c'est le médaillon qui retient mon attention : un homme est alité, tourné vers la gauche; un clerc (tonsure) mire ses urines dans un matula qu'il élève à la lumière, tandis qu'un docteur (assis, portant bonnet) goûte ces urines dans un récipient. Le clerc montre d'un index le ciel, où un ange arrive en volant, la main levée.  Le résultat de l'uroscopie est donc funeste, le patient apprend sa mort proche, mais on l'exhorte à des retrouvailles avec le Christ.

Il s'agit peut-être de la représentation la plus précise et la plus précoce de l'uroscopie visuelle et gustative. Le site Mandragore propose 79 images numérisées de l'uroscopie, mais la plupart sont plus tardives, ou ne montrent qu'un homme tenant l'urinal, sans qu'il soit, comme ici, au chevet d'un patient, ni que le texte ne soit en rapport avec l'enjeu du verdict.

On voudra bien me pardonner cette digression en y voyant un exemple des directions inattendues que prennent les moralisations vis à vis du texte évangélique . C'est en réalité une glose sur le rôle de la souffrance comme préalable à l'accès au Royaume, selon Luc 28 : Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu'il entrât dans sa gloire?

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— La Bible français 167 ne montre aucune vignette des pèlerins d'Emmaüs.

— La Bible de Naples n'offre aucune enluminure des pèlerins d'Emmaüs.

 

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Description du vitrail :

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"Le récit était lu le lundi de Pâques. La scène se passe en chemin, à proximité du bourg d'Emmaüs, « à soixante stades de Jérusalem ». La porte de la cité et un chêne situent le lieu. I Corinthien 15,5 relate que le Christ «  a été vu de Képhas, puis des Douze »." 

Désignés par l'inscription au-dessus de leurs têtes, deux hommes s'entretiennent avec lui, à gauche S.LVCAS, à droite S.CLEOPHAS. A gauche se trouve un chêne. 

A droite, la porte du castel d'Emmaüs; dans les créneaux  sont pratiquées de petites ouvertures en perspective. Christ, tunique blanche, manteau et chef gris bleuté, nimbe rouge à croisillons jaunes ; Lucas, tunique ocre jaune, manteau brun légèrement rosé, revers rose ; Cléophas, tunique  rouge manteau ocre jaune ; nimbes verts, sol blanc à grisaille brunâtre. arbres vert-jaune clair. Maçonnerie du castel blanc jaunâtre, porte brun clair, intérieur couleur violine. Conservation : 7c ,peu de verres remplacés. 8C verres remplacés dans les fonds, quelques uns dans les tuniques des disciples. 9C panneau ouvrant orné de petits quatrelobes. (V. Beyer)

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Pour ma part, je constate deux  "détails" qui me semblent importants

1°) les deux noms S.LUCAS et S.CLEOPHAS. Le texte évangélique Luc 28:18 ne donne que le nom de Cléophas. Le nom de Lucas n'apparaît que dans les Mystères de la Passion et de la Résurrection, ce qui témoigne  ici de l'hypothèse d'Émile Mâle sur le lien entre l’iconographie de l’apparition à Emmaüs et ses développements dans le cadre du drame liturgique. (L’Art religieux du XIIe siècle en France, 1922).

À l’appui de plusieurs témoignages issus du XIIe siècle, l’auteur a défendu la thèse selon laquelle le drame liturgique des « pèlerins » aurait agi sur la production figurée dès la première moitié du XIIe siècle.  Il faut reconnaître à Émile Mâle l’initiative d’avoir associé dans une même réflexion deux formes d’expression essentielles de la sensibilité médiévale, jusqu’alors appréhendées de façon entièrement dissociée. Son intuition s’avère particulièrement fine en ce qui concerne l’iconographie d’Emmaüs, dans la mesure où son analyse anticipait la parution en 1933 de l’anthologie de Karl Young (Karl Young, Drama of the Medieval Church, 2 vol. , Oxford, Clarendon press, 1933 (réed. 1967) ) qui recensait l’ensemble des textes se rapportant à la péricope lucanienne." (Bonnotte)

Si j'interroge le moteur de recherche, ces deux noms S. LUCAS et S. CLEOPHAS  apparaissent en effet  dans Le Mystère de la résurrection: Angers (1456)., Volume 2 publié par Pierre Servet  , dans La passion de Jésus-Christ jouée à Valenciennes l'an 1547: BnF fr. 12536, dans la Passion et la Résurrection bretonnes de 1530 publiés à Paris par Quillivéré (BnF res. YN11), mais ces "drames" sont connus depuis le XIe siècle :

 "Selon une hypothèse largement adoptée, le berceau originel de cette pièce serait la Normandie, et plus précisément la cathédrale de Rouen. Interprété en latin de la fin du XIe siècle  jusqu’au XVe siècle environ, le drame des Pèlerins se jouait durant les premiers jours de l’octave pascale. Conformément au récit lucanien, la représentation avait généralement lieu le soir durant lequel l’apparition du Christ était censée s’être produite. Elle intervenait, selon les coutumes locales, durant les vêpres du lundi de Pâques (Rouen, Beauvais) ou plus rarement au cours de celles du mardi (Saint-Benoît-sur-Loire). L’intérêt essentiel de ces pièces réside dans les éléments de paratexte fournissant diverses indications « scéniques », généralement indiquées en couleur dans les sources. Plusieurs pièces se distinguent par la grande richesse de ces annotations : ainsi celles provenant de la cathédrale de Rouen ou celle provenant du monastère de Saint-Benoît-sur-Loire. Ces indications fournissent, à divers degrés et registres, un éclairage sur les « acteurs » et la « mise en scène » de ces représentations.

Nous conservons la trace de trois drames liturgiques des Pèlerins d’Emmaüs provenant de la cathédrale de Rouen et conservés aujourd’hui à la Bibliothèque municipale de Rouen : le ms. 222 (f°43v-45r), le ms. 382 (f°73r-v) et le ms. 384 (f°86 r-v). Le plus ancien drame rouennais que nous conservons remonte au XIIIe siècle (ms. 222), mais il s’agirait selon Gustave Cohen d’une copie d’un texte antérieur, en date du siècle précédent (cf. Gustave Cohen, Anthologie du drame liturgique en France au Moyen-Âge, Paris, Le Cerf, 1955, p. 66)." (Bonnotte)

 

 

 

J'ignore si le Mystère de la Résurrection a été joué à Strasbourg, mais ce vitrail en donne un indice.

Le nom de Lucas comme compagnon de Cleophas n'apparaît ni dans les textes liturgiques, ni dans les livres d'heures ou leurs enluminures. [Origène, dans Contre Celsius, avait donné à ce deuxième disciple le nom de Simon, par une mauvaise interprétation de l'évangile de Luc.]

La "preuve" qu'un vitrail trouve sa source dans le théâtre religieux est rare. Mais il y a mieux : nous avons aussi la preuve que ce panneau s'est inspiré aussi du jeu des acteurs, ou — ce qui est la même chose — des Notes de régisseur ou didascalies, les consignes données aux acteurs.

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2°) Le Christ est représenté en pèlerin.

Le Christ identifié par son nimbe crucifère ne tient plus l'étendard de la Résurrection, mais le bourdon du pèlerin. Il n'est pas vêtu du manteau rouge, et la robe blanche du panneau précédent est recouvert d'un manteau porté en pèlerine. Surtout, pour la seule fois du cycle, il est coiffé d'un chapeau à bords larges, typique des pèlerins. Comme dans la Bible de Saint-Louis, Lucas et Cleophas ne portent ni chapeau, ni bâton, ni pèlerine, mais une robe et un manteau (jaune et violet pour Lucas, rouge et jaune pour Cléophas). Là encore, ce sont des indices d'une source dans le théâtre médiéval :

 

 

 

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"... c’est à l’abbaye San Domingo de Silos [chapiteau de l'angle nord-ouest du cloître]  que l’apparition d’Emmaüs fut traitée de la façon la plus magistrale, entre la fin du XIe siècle et le début du siècle suivant. Le Christ se présente ici à la manière d’un pèlerin, coiffé d’un bonnet à cotte et portant une besace ornée de plusieurs coquilles. Ce bas-relief constitue un exemple particulièrement célèbre du changement d’échelle – mais aussi d’interprétation – apportés à l’iconographie de l’apparition du Christ à Emmaüs au cours de ces décennies. C’est en effet à partir de la fin du XIe siècle que l’on commença à représenter– tout d’abord le Christ, ensuite les deux disciples – à la manière de pèlerins. Ce changement émana, tout d’abord, de l’évolution sémantique du terme peregrinus , contenu dans la version latine de la péricope lucanienne (Lc. 24, 13-35) . Les théologiens et les exégètes du Moyen Âge établirent assez tôt une corrélation entre cet épisode évangélique et le pèlerinage en raison de l’usage de ce terme qui, dans son sens premier, signifiait l’étranger, l’exilé, et par extension celui qui voyageait loin de chez lui. À partir du XIe siècle, et de façon encore plus nette à compter du siècle suivant, il commença à caractériser uniquement le pèlerin. Une séparation linguistique s’opéra ainsi entre les pèlerins ( peregrini ), que l’on distinguait désormais des étrangers (advenas ), et des pauvres ( pauperes ). Inhérente à cette évolution, une autre explication réside dans l’amplification de la pratique des pèlerinages. Leur développement au siècle de l’An Mil, qui s’accéléra au cours du XIIe siècle dans le monde occidental, occasionna un changement radical de paradigme quant à l’interprétation de la péricope d’Emmaüs, désormais quasi systématiquement affiliée à cette nouvelle dimension. Le troisième et dernier facteur se rapporte à l’émergence, à partir de la fin du XIe siècle, d’un drame liturgique consacré à l’apparition du Christ à Emmaüs. Jouée aux vêpres du lundi ou du mardi de Pâques, la scène était généralement interprétée par le prêtre, jouant le Christ, et par deux officiants, endossant les rôles de Cléophas et de son compagnon. Comme l’atteste un drame liturgique provenant de la cathédrale de Rouen, ces « pseudo-acteurs » pouvaient être représentés en pèlerins. Les éléments de paratexte – ou « didascalies » – y précisaient que les disciples devaient être « revêtus de tuniques et de chapes pardessus, portant bâtons et besaces à la guise des pèlerins ». (Bonnotte)

 

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"Les premiers éléments dont nous ayons connaissance à ce sujet sont attestés à partir des années 1130-1140 dans le cadre du drame liturgique. Comme nous l’avons souligné, les disciples sont décrits comme des pèlerins dans les drames de Rouen et de Saint-Benoît-sur-Loire. Le Christ, quant à lui, n’apparaît de cette façon que dans ce dernier exemple. Ainsi, cette spécificité « orléanaise » n’est pas sans évoquer certaines figurations issues de la même période. Même si les détails sont souvent moins précis que dans les rubriques des drames liturgiques précédents, il semble parfaitement d’usage que les disciples, mais aussi le Christ [Dans la Passion de Gréban, il est stipulé qu’« Icy vient Jhesus en fourme d’un pelerin ». Dans l’ensemble des Passions, il est d’ailleurs rappelé que l’acteur incarnant Jésus doit apparaître à la manière d’un pèlerin. Au début du XVIe siècle, l’une des didascalies de la Passion de Mons précise même qu’il faut « Advertir Jhesus de se metre en forme de pellerin pour comparoir aux Pelerins d’Emaulx » ], soient ainsi vêtus dans le cadre plus tardif des mystères. Sur ce point, un même phénomène s’observe dans le registre de l’iconographie sur l’ensemble de la période envisagée (1100-1550).

Contrairement aux deux disciples qui évoluaient d’un bout à l’autre de la pièce sans disparaître du « champ visuel », l’acteur qui interprétait le Christ était parfois amené à changer de costume entre le moment de sa disparition (lors du repas à Emmaüs) et sa réapparition (dans les scènes ultérieures, notamment parmi les Onze). Ainsi, dans le drame de Saint-Benoît-sur-Loire, le personnage de Jésus se présentait tout d’abord sous l’apparence d’un pèlerin aux deux disciples, puis adoptait une tenue différente lorsqu’il apparaissait aux apôtres[ Lorsqu’il apparaît aux Onze, il est vêtu d’une tunique blanche et d’une chape rouge (cf. Thierry Revol, Représentations…,) ]. De nouveau, un même phénomène se vérifie dans l’imagerie, comme l’atteste un des médaillons de la Bible moralisée de saint Louis, au début du XIIIe siècle [Tolède, cathédrale, t. III, f° 73v-74r). ].

 

 Le drame des pèlerins de Saint-Benoît-sur-Loire (Orléans, Bibliothèque municipale, 201) rapporte que le Christ doit apparaître « portant une besace et une longue palme, bien préparé à la manière du pèlerin, un bonnet sur la tête, vêtu d’un surcot et d’une tunique, les pieds nus » (« peram cum longa palma gestans, bene ad modum Peregrini paratus, pileum in capite habens, hacla vestitus et tunica, nudus pedes ») (trad. Edmond-René Labande, Pauper et peregrinus. Problèmes, comportements et mentalités du pèlerin chrétien, Turnhout, Brepols, 2004, p. 516).

 

 Claire Bonnotte illustre ses propos par trois manuscrits enluminés de textes de théâtre illustrant le thème d’Emmaüs : une Passion d’Arras ( Passion d’Arras (Arras, Bibliothèque municipale, 697, f° 284v à 290v), Arras, ca. 1420-1430.  ) des années 1420-1430 et deux Passions d’Arnoul Gréban (Arnoul Gréban, Passion, Paris, Bibliothèque nationale de France, français 815, f° 246v ;  Arnoul Gréban, Passion, Paris, Bibliothèque nationale de France, Arsenal 6431, f° 231r, 233v, 235r, 235v. ) datées respectivement de 1458 et de 1470. Mais dans ces enluminures, les disciples sont représentés en pèlerins tout comme le Christ. Il en va de même dans Bibl. Mazarine ms 976 f.116v l'ABC des gens simples, v.1470) ou seul le nimbe distingue Jésus parmi les trois pèlerins.

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Le Christ figuré en pèlerin renvoie au Pèlerinage de vie humaine, au Pèlerinage de l'âme, et surtout au Pèlerinage Jésus-Christ du cistercien Guy de Digulleville, écrits  en 1355-1358, donc peu après la réalisation de ce vitrail. Toutes les apparitions du Christ ressuscité y donnent occasion à des réflexions allégoriques mais le thème principal des trois poèmes est l'Homo viator, la vie n'étant qu'un pèlerinage rempli d'embûches vers la Jérusalem céleste.

Cette œuvre avait été précédée par une réflexion monastique :

"À partir du XIIe  siècle, la signification de l’apparition d’Emmaüs se vit aussi orientée de façon à promouvoir une forme de pèlerinage symbolique, mais non réel. À travers l’évocation de la péricope lucanienne, le pèlerinage, tel qu’il était promu par – et pour – les moines, se voulait avant tout allégorisé, spirituel ou intérieur, réalisable en restant à l’intérieur de l’enceinte monastique, par la déambulation à l’intérieur du cloître. Dans ce cadre, le pèlerinage apparaît moins comme une pratique que comme un état d’esprit, qui tenait à l’obligation de conformité à l’exemple christique, tout en garantissant le respect de la règle. [...]À l’intérieur de l’enceinte claustrale, c’était donc le cœur du moine qui était amené à changer de place, et non son corps." (C. Bonnotte)

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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8. Première Apparition du Christ  aux onze apôtres en l'absence de Thomas.

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Le christ, au centre, nimbe crucifère, étendard à quatre bandes, cape et robe blanche, bénit les disciples (ou montre la plaie de sa main droite ??). On compte exactement onze nimbes et donc onze apôtres, parmi lesquels Pierre à sa droite et Jean à sa gauche qui approchent la main vers lui. À gauche, les apôtres montrent par leurs gestes et leur visage détourné leur inquiétude et leurs interrogations ; à droite, les apôtres ont des mines réjouies et tournent leur regard vers Jésus.

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La source est-elle, comme je le pense,  Luc (dans la suite de l'apparition aux pèlerins) ou bien Jean ?

Luc 28:33-40 : "Se levant à l'heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l'avaient reconnu au moment où il rompit le pain. Tandis qu'ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d'eux, et leur dit: La paix soit avec vous!  Saisis de frayeur et d'épouvante, ils croyaient voir un esprit.  Mais il leur dit: Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées s'élèvent-elles dans vos coeurs ?  Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi; touchez-moi et voyez: un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai.  Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds."

 

Jean 20:18-23.   "Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur, et qu'il lui avait dit ces choses. Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux, et leur dit: La paix soit avec vous! Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus."

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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9. Deuxième Apparition du Christ aux Apôtres au complet. Incrédulité de saint Thomas. 

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Description.

La première apparition était située à l'extérieur, le sol y était rocheux et le ciel dépourvu de toit. Ici, la scène est située à l'intérieur, sous un toit de tuiles, entre deux murs et au dessus d'un sol carrelé. Le fond rouge flammé figure sans doute quelque tenture. Les disciples sont bien au nombre de douze cette fois,  dans des poses variées, certains étant assis et la plupart semblant, par leurs gestes et leurs regards, en pleine discussion.

Ce qui m'intéresse, c'est la symétrie qui, comme toujours, s'effectue avec la scène du Noli me tangere : dans les deux cas, le corps du Christ forme un arc de cercle sous l'effet de la main et du bras tendu du disciple .  Et bien qu'il soit à l'initiative de ce toucher, et qu'il dénude son flanc, sa main droite semble s'en défendre.

La symétrie visuelle des scènes souligne pourtant leur opposition : Le toucher (tangere) est évité et proscrit à Marie-Madeleine tandis qu'il est sollicité et prescrit à Thomas. 

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— La Bible de Saint-Louis consacre à cette scène le médaillon f.76, A1

La Bible BnF français 167 lui consacre la vignette A3 du folio 173r.

Elle cite Jean 20:26-27 Et post dies octo, iterum erant discipuli ejus intus, et Thomas cum eis. Venit Jesus januis clausis, et stetit in medio, et dixit: Pax vobis. Deinde dicit Thomae: Infer digitum tuum huc, et vide manus meas, et affer manum tuam, et mitte in latus meum: et noli esse incredulus, sed fidelis.

"Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d'eux, et dit: La paix soit avec vous! Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois."

La moralisation est illustrée dans la vignette A4 où un évêque, devant quatre clercs, donne un objet rond (anneau ? hostie ?) à deux hommes dont l'un est à genoux. Le texte dit Par Thomas sont segnefiés les bons qui la foy quils ont de la resurrection prennent par les mains et par les doiz de vertueuse opération."

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Bible BnF fr 167 numérisée par Gallica

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— La Bible de Naples folio 187v.

Bnf fr. 9561 f.187v numérié par Gallica

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C'est lystoire. Coment nre seignour ihu crist apres la resurrection apparut a ses disciples et a saint thomas. ili dist thomas regarde mes mains et met ta main en mon costey qu nos vueylles etre mécreant mais soyes fiel ensi que le dist jehan en son evangile u vingtisme capitle

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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10. Apparition du Christ  aux apôtres sur la montagne.

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La présence d'une montagne (le monticule rocheux sur lequel le Christ est placé) indique que l'artiste illustre le passage suivant de Matthieu 28:16-19. "

  "Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. Quand ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. Mais quelques-uns eurent des doutes.  Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi: Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde."

Le fond bleu indique, comme en 8., le ciel. Le Christ vêtu de blanc  tient l'oriflamme à six bandes, frappé d'un quadrilobe. À sa droite, sous un arbre, six apôtres, dont Pierre. À sa gauche, six autres apôtres. Plusieurs mains sont levées.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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11. Troisième Apparition du Christ  aux apôtres, au lac de Tibériade.

 

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Description.

"La Pêche miraculeuse sur le lac de Tibériade est décrite selon Jean 21:18-23, Matthieu 14:28-33 et Ps.69. Ici la scène du Christ marchant sur les eaux et Pierre voulant l'y rejoindre est peu claire : l'apôtre qui n'est manifestement pas Pierre, qui apparaît en second. Ce thème est traité dans de nombreux évangéliaires et évangélistaires ; il n'est pas à confondre avec Luc 6:1-11 et Matthieu 14:28-33, la Pêche miraculeuse qui se passe du vivant de Jésus sur le lac de Génézareth. " (V. Beyer)

À la différence de V. Beyer, je ne vois pas le Christ marchant sur les eaux, mais (malgré la présence de deux poissons), debout sur les rochers de la rive (le traitement du sol est différent de celui des eaux, marquées de vaguelettes) et tenant l'étendard de la résurrection, ici à cinq bandes. Son corps, à l'opposé des scènes des apparitions à Marie-Madeleine et à Thomas, est en arc convexe vers ses interlocuteurs.

À droite, une barque accoste, son filet (vide de poissons) suspendu sur le coté gauche par sa ligne nunie de flotteurs, et le gouvernail latéral fixé par une estrope. Sept apôtres, nimbés, sont à bord, quatre d'entre eux tournés vers le Christ et comme tendus par l'impatience de le retrouver. Pierre est le premier, une jambe ayant franchi le plat-bord et le pied étant dans l'eau  : on le reconnaît à son  "toupet"  au dessus du front.  Il est vêtu d'un manteau serré par une ceinture. Le deuxième, barbu et , à la calvitie respectant une couronne, pourrait être André.  Jean se reconnait ensuite par sa jeunesse et l'absence de barbe.

Le nombre des pêcheurs correspond au texte de Jean Jn 21:2: "Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble." Le vitrail représente le moment où les pêcheurs reviennent à terre les filets vides :

"Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien. Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus. Jésus leur dit: Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non.  Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez." (Jn 21:3:6)

 

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La Bible de Saint-Louis donne à l'apparition sur les bords du lac de Tibériade un développement exceptionnel en douze médaillons folio 76 A3 à folio 79v, A1.  Boespflug et Zaluska les décrivent page 432-436 et donnent en illustration les folios 76r et 77v de Tolède III.  Mais le récit de cet épisode dans l'évangile de Jean  occupe presque tout le chapitre 21 soit 23 versets . Les médaillons  développent donc la suite de l'histoire que le vitrail de Strasbourg a débuté : après le retour filets vides, la barque repart sur le lac et revient avec 153 poissons. Jésus les invite à partager un repas de poissons grillés et de pain.  "Jésus s'approcha, prit le pain, et leur en donna; il fit de même du poisson. C'était déjà la troisième fois que Jésus se montrait à ses disciples depuis qu'il était ressuscité des morts."

Le premier médaillon du cycle, 76r A3, correspond si mon interprétation est bonne, aux panneaux 11 de la verrière : elle est commentée ainsi : Ici pesche pierre ouece vi de ses compaignons tote la nuit : sans rien prendre. La moralisation du médaillon 76r A4 montre quatre Juifs offrant un sacrifice de gibier ou de chevreaux, avec ce commentaire en marge : cette nuit segnefie le tens de la loi en cui mi[nistr]e unit a gloire par les eures de la loi

Cela suggère que la scène nocturne à la barque aux filet vide n'est pas forcément un temps mort du récit, stérile s'il n'est pas fécondé par la suite, mais qu'il peut être considéré comme un tableau au riche sens allégorique honorant la figure de Pierre. Cela peut modifier notre regard sur le vitrail.

La Bible BnF français 167 ne représente pas cette apparition.

La Bible de Naples non plus.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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12. Le Christ partage un repas de miel et de poissons avec les apôtres .

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Le Christ partage deux repas avec les tous les disciples après sa résurrection : un repas de pain et de poisson, au bord du lac de Tibériade en Jean 21, et l'autre fait d'un rayon de  miel et de poisson, après la rencontre d'Emmaüs en Luc 24:41-43. Puisque nous avons affaire à une scène d'intérieur (murs, sol carrelé, toit de tuiles), il s'agit ici de ce dernier.

Le Christ vêtu de blanc et tenant l'oriflamme rouge à six bandes et croix en quadrilobe lève la main droite et incline la tête vers sa droite pour fixer saint Pierre, à qui il doit s'adresser. Nous comptons six apôtres à droite et autant à gauche, tous nimbés : les pèlerins d'Emmaüs ne sont pas représentés. Sur la table se voient six coupes contenant des poissons, cinq pots de miel munis de leurs couvercles, et deux couteaux.

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Texte de l'évangile de Luc : il faut lire le contexte Lc 24:33-40 pour comprendre  que les pèlerins d'Emmaüs rejoignent les onze apôtres à Jérusalem : Jésus leur apparaît mais ils croient à un esprit : c'est pour les convaincre du contraire qu'il mange devant eux le miel et le poisson.

" Se levant à l'heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l'avaient reconnu au moment où il rompit le pain. Tandis qu'ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d'eux, et leur dit: La paix soit avec vous! Saisis de frayeur et d'épouvante, ils croyaient voir un esprit. Mais il leur dit: Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées s'élèvent-elles dans vos coeurs? Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi; touchez-moi et voyez: un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.

 Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu'ils étaient dans l'étonnement, il leur dit: Avez-vous ici quelque chose à manger?  Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel. Il en prit, et il mangea devant eux. (Lc 24:41-43)

 Puis il leur dit: C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait que s'accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprissent les Écritures.Et il leur dit: Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu'il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous êtes témoins de ces choses. Et voici, j'enverrai sur vous ce que mon Père a promis; mais vous, restez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut."

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La Bible de Saint Louis illustre cet épisode en Tolède III f.75v, A1, par un médaillon auquel Boesplug et Zalustra ne nous donne pas d'illustration. Nous n'avons donc pas accès non plus à la moralisation (les volumes de Tolède ne sont pas accessibles en ligne). Les auteurs signalent que ce récit était lu le ùmercredi de Pâques dans l'ancienne liturgie romaine et qu'elle eut un certain succès dans les manuscrits médiévaux [Bible de Ripoll, f.370], notamment parce que la manducation du miel et du poisson par le Christ ressuscité était vu comme une preuve indiscutable de sa résurrection.

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La Bible BnF Français 167 illustre la scène dans la vignette A1 du folio 273r, avec le texte latin Lc 24:41-43 Adhuc autem illis non credentibus, et mirantibus prae gaudio, dixit: Habetis hic aliquid quod manducetur? At illi obtulerunt ei partem piscis assi et favum mellis.  Et cum manducasset coram eis, sumens reliquias dedit eis.

La traduction est plus précise que celle de L. Segond que j'ai donné supra : Encore quant les deciples veoient ihu crist et ne le creaient mes posa joie  qui les comprenoit se merveilloient. ihc leur dist apostres a menger et ils apporterent partie dun poisson rosti et miel et quant il ot meng e il leur donna le relief.


 

 

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Repas de poissons et de miel, Bible français 167 f 273r A1, numérisée Gallica.

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La moralisation est la suivante : "Ce que ihesu crist menga du poisson rosti segnefie quil trait a soi ceux qui sont rosti par tribulation et par penitance et qui ont le miel de douce patience." La vignette montre le Christ entraînant par la main trois saints tonsurés, dont saint Laurent (grill) et Étienne (pierre) en leur indiquant le ciel au dessus d'eux, où quatre personnages nus élèvent leurs mains.

Nous retrouvons ici ce qui semble le fil rouge des moralisations de ces Apparitions : comme le Christ a vaincu la Mort par sa Passion, ce sont les souffrances des croyants leur donnent accès aux Cieux. Un mot revient sans cesse, celui de "tribulation". Venant du latin chrétien tribulatio « tourment, angoisse », dérivé  de tribulare « presser avec la herse, écraser », il a le sens figuré de  « tourmenter; torturer l'âme pour éprouver sa foi » (CNRTL).

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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13-14. Ascension du Christ (lancette 1, 2 et 3)

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"Dans l'Ascension (en 13/14/15 a), le Christ disparaît dans la nuée, enlevé par deux anges de dessus un monticule feuillu, entre la Vierge et saint Pierre agenouillés sous un chêne et un érable, assistés de sept apôtres." (V. Beyer)

Les panneaux de la lancette 1 pourraient être placées en lancette 2, entourés des deux scènes montrant, en plein air sous des arbres, un certain nombre de disciples (non nimbés) à genoux ou debout mais mains jointes et le regard tourné vers le ciel.


 

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La Bible moralisée Bnf fr.167 folio 273r B1

Elle cite Luc 24:50-51 Eduxit autem eos foras in Bethaniam, et elevatis manibus suis benedixit eis.  Et factum est, dum benediceret illis, recessit ab eis, et ferebatur in caelum.

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BnF fr 167 f. 273r B1 numérisation Gallica

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La moralisation en vignette B2 montre, comme dans la scène du repas de poisson en 273rA4, le Christ entraînant par la main un évêque et un moine en leur montrant trois personnages mains jointes dans le ciel. Ceci segnefit que ihu crist ceus quil aime met hors de la noise du monde et les elieve en contemplation et pui ou ciel.

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— La Bible de Naples folio 188r :

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BnF 9561 f.188r numérisation Gallica

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Cest hystoyre . Coment notre seignour ihu crist de puis quil ot parley sen munta u ciel. Ensi que saint marc le dist en son evangile u seizieme capitle.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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15-16.  Descente du Paraclet, Pentecôte (lancette  4)

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Une colombe apparaît au sommet d'une voûte de briques rouges, irradiant de son feu la Vierge et les apôtres, assis et mains jointes. 

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— La Bible moralisée français 167 f. 273 A3.

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— La Bible moralisée de Naples :

BnF 9561 f. 189r numérisé par Google

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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LE TYMPAN

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Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie glorieuse du Christ, baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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CONCLUSION.

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La confrontation de cette verrière des Apparitions du Christ de la fin de la deuxième moitié du XIVe siècle avec deux Bibles moralisées quasi contemporaines permet d'aller au delà d'une démarche iconographique de comparaison des images, pour resituer celles-ci dans la pensée théologique médiévale : si la scène des Pèlerins d'Emmaüs prouve que les artistes ou commanditaires  de verrières pouvaient trouver leurs modèles dans la dramaturgie médiévale des Mystères, ce que Emile Mâle avait déjà argumenté pour la sculpture, c'est la démarche de glose des Écritures entreprise au XIIe siècle par l'école de Paris et les Ordres monastiques et illustrée sous la commande de Blanche de Castille dans les Bibles moralisées destinées au monarques qui est la partie muette de ces vitraux.

Si elle est muette pour nous, elle ne l'était certainement pas pour les membres du Grand chapitre cathédral, rompus à ces lectures biblico-morales des épisodes évangéliques.  Ces Apparitions incitent le clerc à considérer les épreuves de l'existence comme des conditions de l'accès au Royaume des Cieux, au cours d'un pèlerinage de l'âme riche en tribulations, en maladies et blessures, en perte d'êtres chers, ou en nuit de pêche infructueuse,  mais soutenu par "le miel de patience".

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SOURCES ET LIENS.

BEYER (Victor) WILD-BLOCK (Christiane ) , ZSCHOKKE (Fridtjorf ) , 1986, Les vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg par Victor Beyer, Christiane Wild-Block, Fridtjof Zschokke avec la collaboration de Claudine Lautier ouvrage publié sous la direction du Comité français du Corpus Vitrearum collection : Département du Bas-Rhin CNRS Editions  Format in-4° 599 pages.

IDEM, compte-rendu par B. Kurmann-Schwarz dans le Bulmo.

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1989_num_147_2_4736_t1_0195_0000_6

— BOESPLUG (François), YALUSKA (Yolanta), 2017, Le Nouveau Testament (moins l'Apocalypse) dans la Bible de Saint Louis, in La Bible de Saint Louis, volume de commentaire de l'édition en fac-simile, ed Moleiro, pages 419-424.

— BONNOTTE (Claire), 2015, La figuration de l’apparition du Christ à Emmaüs au sein des cloîtres romans : un substitut de pèlerinage ? », Les cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVI, 2015, p. 149-156 :

//www.academia.edu/12952028/_La_figuration_de_l_apparition_du_Christ_%C3%A0_Emma%C3%BCs_au_sein_des_clo%C3%AEtres_romans_un_substitut_de_p%C3%A8lerinage_Les_cahiers_de_Saint-Michel_de_Cuxa_XLVI_2015_p._149-156

"Attestée à Ravenne dès le VIe siècle, l’iconographie de l’apparition du Christ à Emmaüs  connut un important développement en Occident entre la fin du XIe siècle et le milieu du siècle suivant. Cette faveur se manifesta notamment dans le décor sculpté des cloîtres romans, à l’intérieur desquels se répandit la théophanie, modulée sous différentes formes. Provenant du territoire français et de la péninsule ibérique, une dizaine de chapiteaux historiés des XIIe-XIIIe siècles en conservent le motif, dont deux relèvent aujourd’hui des collections du musée des Augustins de Toulouse : le premier provenant du cloître détruit de Saint-Paul de Narbonne ; le second de celui de La Daurade de Toulouse. Dans les années 1180-1210, l’iconographie se déclina également, à plus grande échelle, sur des statues-colonnes ; ainsi aux cloîtres de la cathédrale Saint-Trophime d’Arles et de l’abbaye de Gellone (Saint-Guilhem-le-Désert) . Mais c’est à l’abbaye San Domingo de Silos que l’apparition d’Emmaüs fut traitée de la façon la plus magistrale, entre la fin du XIe siècle et le début du siècle suivant. Le Christ se présente ici à la manière d’un pèlerin, coiffé d’un bonnet à cotte et portant une besace ornée de plusieurs coquilles. Ce bas-relief constitue un exemple particulièrement célèbre du changement d’échelle – mais aussi d’interprétation – apportés à l’iconographie de l’apparition du Christ à Emmaüs au cours de ces décennies. C’est en effet à partir de la fin du XIe siècle que l’on commença à représenter– tout d’abord le Christ, ensuite les deux disciples – à la manière de pèlerins. Ce changement émana, tout d’abord, de l’évolution sémantique du terme peregrinus , contenu dans la version latine de la péricope lucanienne (Lc. 24, 13-35) . Les théologiens et les exégètes du Moyen Âge établirent assez tôt une corrélation entre cet épisode évangélique et le pèlerinage en raison de l’usage de ce terme qui, dans son sens premier, signifiait l’étranger, l’exilé, et par extension celui qui voyageait loin de chez lui. À partir du XIe siècle, et de façon encore plus nette à compter du siècle suivant, il commença à caractériser uniquement le pèlerin. Une séparation linguistique s’opéra ainsi entre les pèlerins ( peregrini ), que l’on distinguait désormais des étrangers (advenas ), et des pauvres ( pauperes ). Inhérente à cette évolution, une autre explication réside dans l’amplification de la pratique des pèlerinages. Leur développement au siècle de l’An Mil, qui s’accéléra au cours du XIIe siècle dans le monde occidental, occasionna un changement radical de paradigme quant à l’interprétation de la péricope d’Emmaüs, désormais quasi systématiquement affiliée à cette nouvelle dimension. Le troisième et dernier facteur se rapporte à l’émergence, à partir de la fin du XIe siècle, d’un drame liturgique consacré à l’apparition du Christ à Emmaüs. Jouée aux vêpres du lundi ou du mardi de Pâques, la scène était généralement interprétée par le prêtre, jouant le Christ, et par deux officiants, endossant les rôles de Cléophas et de son compagnon. Comme l’atteste un drame liturgique provenant de la cathédrale de Rouen, ces « pseudo-acteurs » pouvaient être représentés en pèlerins. Les éléments de paratexte – ou « didascalies » – y précisaient que les disciples devaient être « revêtus de tuniques et de chapes pardessus, portant bâtons et besaces à la guise des pèlerins ».

À partir du XIIe  siècle, la signification de l’apparition d’Emmaüs se vit aussi orientée de façon à promouvoir une forme de pèlerinage symbolique, mais non réel. À travers l’évocation de la péricope lucanienne, le pèlerinage, tel qu’il était promu par – et pour – les moines, se voulait avant tout allégorisé, spirituel ou intérieur, réalisable en restant à l’intérieur de l’enceinte monastique, par la déambulation à l’intérieur du cloître. Dans ce cadre, le pèlerinage apparaît moins comme une pratique que comme un état d’esprit, qui tenait à l’obligation de conformité à l’exemple christique, tout en garantissant le respect de la règle. Comme le stipula le « Pseudo-Bernard », parfois identifié à Bernard de Clairvaux, dans son sermon du lundi de Pâques : « Lorsque nous examinons les délices heureuses qui abondent dans le cloître, notre cœur est tout saisi, et par un mouvement de doux respect, il change de place ».

À l’intérieur de l’enceinte claustrale, c’était donc le cœur du moine qui était amené à changer de place, et non son corps. Dans un même registre s’inscrivent certains commentaires du moine bénédictin Pierre de Celle, contenus dans son ouvrage intitulé l’École du cloître  : « Celui qui quitte le monde et vient au cloître commence déjà à fouler le monde et son propre corps. Et le cloître est bien un désert, "une terre déserte sans chemin et sans eau". "Déserte" en raison de l’aspérité, "sans chemin" en raison de la rareté des voyageurs, "sans eau", en raison de la sévérité de la discipline ». D’après la péricope lucanienne, la révélation divine se manifesta progressivement en chemin aux deux disciples, avant de se révéler au cours de la fraction du pain, dans l’enceinte fermée de la ville d’Emmaüs, et non à l’extérieur de celle-ci. Le chemin les conduisant de Jérusalem à Emmaüs n’en constitua donc qu’un seul moyen de passage. À l’image des chapiteaux de Saint-Pons-de-Tomières et de Savigny-en-Lyonnais, la représentation du castellum  d’Emmaüs pourrait emprunter un profil assez similaire à la clôture d’une abbaye ou bien à celle d’un cloître – dont l’iconographie offrirait un reflet métaphorique. Ainsi, la figuration aurait pu constituer un instrument destiné à convaincre les religieux de cheminer dans le seul périmètre claustral. Le silence étant strictement prescrit dans le cloître, le dialogue qu’ils pouvaient engager en chemin afin d’y rencontrer le Christ ne pouvait être néanmoins que silencieux et spiritualisé, contrairement à l’expérience qu’en firent Cléophas et son compagnon sur la route d’Emmaüs. Comme le rappela au XIe siècle le moine bénédictin Guillaume du Merle dans son sermon pour le lundi de Pâques, les yeux des moines étaient fermés lorsqu’ils traversaient le cloître, induisant une forme de recueillement ; ce qui nous est confirmé, plusieurs décennies plus tard, par le Pseudo-Bernard : « Cette nuit n’était-elle pas l’éclat qui illuminait nos délicieuses jouissances ? Notre cœur ne brûlait-il pas en nos poitrines, lorsque, dans le cloître, nous méditions en silence ? »

On rappellera également le fait que l’imagerie d’Emmaüs n’était pas propre au cloître mais s’inscrivait, à cette période, plus fréquemment dans d’autres contextes architecturaux, comme par exemple au portail occidental de l’édifice ecclésial. Cette présence témoignait, de nouveau, d’un lien avec la pratique des pèlerinages, mais cette fois-ci réelle, et non métaphorique. Si le rapport avec le pèlerinage spirituel était plus probant dans le cadre du cloître,les moines ou les chanoines ne pouvaient ignorer la prééminence d’une telle pratique, dont ils étaient aussi les principaux bénéficiaires. Un grand nombre de figurations de l’apparition du Christ à Emmaüs se rattachaient d’ailleurs à des édifices de pèlerinage (comme à Saint-Trophime d’Arles ou à Saint-Guilhem-le-Désert) ou étaient apparentées à des complexes disséminés sur les routes empruntées par les pèlerins.De même, si l’iconographie s’est principalement développée à partir de la fin du XIe siècle, sans doute à la faveur des pèlerinages, on remarquera que la caractérisation « pèlerine » de l’iconographie d’Emmaüs n’était pas réservée au seul contexte claustral mais s’avère commune à bien d’autres supports,notamment l’enluminure, qui en constitua l’un des cadres privilégiés. De plus, la prépondérance de la figuration de la marche à Emmaüs sur celle du repas correspond à une tendance visible tout au long des XIe-XIIe siècles ; le phénomène n’était donc pas propre au cloître. D’autres figurations ont pu,par ailleurs, servir de support « mental » au pèlerinage spirituel, notamment celles représentées dans le cadre du livre. À bien des égards, l’apparition du Christ à Emmaüs – et l’image qui en résulte – a probablement été érigée en modèle, mais aussi en contre-modèle par l’Église au cours du Moyen Âge. Mais sa signification ne se restreignait pas à la seule dimension du pèlerinage. Bien que souvent apparentée à cette pratique, elle pouvait aussi être affiliée à une dimension d’hospitalité, également prépondérante dans les textes et les sermons des XIe-XIIe siècles ; ou à une dimension eucharistique. Le caractère polymorphe de l’iconographie résulte,en effet, en grande partie de la richesse du texte dont elle est issue, et tire son aura de sa dimension théophanique"

 

— BONNOTTE (Claire), 2017, , « Les interactions entre la dramaturgie et la conception des images au Moyen Âge.  », Perspectives médiévales [En ligne], 38 | 2017, mis en ligne le 10 octobre 2017, consulté le 12 novembre 2018. URL : http://journals.openedition.org/peme/12734 ; DOI : 10.4000/peme.12734

 

— CASTINEIRAS (Manuel), LE NOUVEAU TESTAMENT DE LA BIBLE DE RIPOLL ET LES ANCIENNES TRADITIONS DE L'ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE: DU SCRIPTORIUM DE L'ABBÉ OLIBA À LA PEINTURE ROMANE SUR BOIS

https://www.academia.edu/3385054/LE_NOUVEAU_TESTAMENT_DE_LA_BIBLE_DE_RIPOLL_ET_LES_ANCIENNES_TRADITIONS_DE_LICONOGRAPHIE_CHR%C3%89TIENNE_DU_SCRIPTORIUM_DE_LABB%C3%89_OLIBA_%C3%80_LA_PEINTURE_ROMANE_SUR_BOIS?auto=download

 

— Blaise Pascal, Carlo Carena, Enrico Castelnuovo, Roland Recht The Gospel of the Gospels: Abrégé de la vie de Jésus-Christ U. Allemandi, 1 janv. 1999 - 181 pages

https://books.google.fr/books?id=FHZOAAAAYAAJ&q=die+david+%22egcletes%22&dq=die+david+%22egcletes%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiqg6yDhPPXAhXCwKQKHd0VCnIQ6AEIJzAA

 

DELAHACHE ( Georges), AARON Lucien, 1910,  La cathédrale de Strasbourg : notice historique et archéologique. Paris, D.A. Longuet, 191 pages (et 1925 - 221 pages).

https://archive.org/stream/lacathdraledes00delauoft#page/162/mode/2up/search/blena

GATOUILLAT (Françoise), , C. Loisel, P.-A. Parot, S. Piéchaud, G. Poinsot et C. Schmuckle-Mollard, 2012, Strasbourg, cathédrale Notre-Dame : restauration des vitraux du bas-côté sud, Strasbourg, DRAC Alsace, coll. « Patrimoine restauré Alsace », n° 16, septembre 2012, 29 p. Non consulté car non diffusé en ligne.

GUERBER (Abbé Victor), 1848, Essai sur les vitraux de la cathédrale de Strasbourg, Le Roux, Strasbourg https://books.google.com.gt/books?id=zWGFZ5boKM4C&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— JANITSCHEK (Julius), 1968, Die älteren Glasgemälde des Strassburger Münsters, in Repertorium für Kunstwissenschaft, Volume 4 Walter de Gruyter, 1968 - 539 pages pages 46-60 ?

https://books.google.fr/books?id=cYjioLBIB-gC&dq=%22Gott+hat+dich+erhoeret%22+anna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

—MÂLE (Emile), 1922, "L'art religieux du XIIe siècle en France : Etude sur les origines de l'iconographie du Moyen Age" 1922, page 130 et ss

https://archive.org/details/lartreligieuxdux00ml/page/130

— MOULINIER-BROGI  (Laurence). L’uroscopie au Moyen Âge. « Lire dans un verre la nature de l’homme ». Paris, Librairie Honoré Champion, 2012 ; un vol. 16 x 24 cm, 253 p., ill. (Sciences, techniques et civilisations du Moyen Âge à l’aube des Lumières, 14). Prix : 65 €. isbn 978-2-7453-305-7.

https://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_2013_num_91_2_8442_t23_0534_0000_1

Avec en sous-titre une citation de Bertold de Ratisbonne, franciscain allemand du xiiie siècle : « les grands savants possèdent l’art de lire dans un verre d’urine la nature de l’homme, sa maladie ainsi que le remède correspondant, si le mal est curable », cette synthèse introduit le lecteur dans l’histoire de l’uroscopie, une branche importante du savoir médical médiéval. Pour ce faire, l’auteur met en œuvre une riche documentation, constituée surtout de traités techniques (traités des urines), mais aussi de témoignages iconographiques (nombreuses scènes d’uroscopie) et archéologiques (notamment des flacons).

L’auteur rappelle d’abord l’ambiguïté du statut de l’urine dans l’Occident médiéval. Alors comme aujourd’hui, ce fluide passe pour répugnant et vil. Toutefois, considéré par les médecins comme le résultat des « coctions » opérées dans le corps, il apparaît comme un précieux révélateur des dysfonctionnements de l’organisme, et donc de l’état de santé des individus. Une science des urines, l’uroscopie, orientée vers la pratique et non vers la spéculation, comme c’est souvent le cas au Moyen Âge se développe. L’auteur s’intéresse à la formation de ce savoir ainsi qu’à sa pratique par les médecins. Une mise en perspective de l’uroscopie dans le corpus des connaissances enseignés par les facultés médiévales de médecine clôt l’ouvrage. Déjà utilisée à cet effet en Mésopotamie et dans l’Égypte ancienne, l’urine est, avec le pouls, un élément du diagnostic chez Hippocrate et Galien. Les Anciens lui attribuent aussi une valeur prédictive (notamment sur l’issue des maladies et les chances de survie d’un patient), qui sera conservée par la médecine monastique du haut Moyen Âge. C’est surtout le Peri ouron, de Théophile Protospatharios (viie siècle) qui fait de l’uroscopie une méthode privilégiée de diagnostic, à Byzance comme dans le monde arabe. Le traité de Théophile est traduit en latin au xie siècle. Il devient avec le Liber urinarum d’Isaac Israeli la base de l’uroscopie occidentale. Associés à d’autres textes, dont le De pulsis de Théophile, ces traités se retrouvent à la fin du Moyen Âge dans l’Articella, qui constitue alors la base de l’enseignement médical. Entre temps, les médecins occidentaux ont, à leur tour, enrichi le contenu de l’uroscopie. Ainsi, Maurus de Salerne ou, après lui, Gilles de Corbeil ont pu déceler dans l’urine des « régions », correspondantes à des zones précises du corps humain.

La deuxième partie étudie la pratique de l’uroscopie. Elle s’intéresse aussi à l’urinal, son instrument en même temps que l’emblème de la fonction médicale pour l’iconographie du temps. Les médecins qui examinent l’urine scrutent son aspect (couleur, clarté), sa quantité, sa consistance (visqueuse ou fluide), ses sédiments. Ils testent aussi son odeur, voire son goût. Cet examen peut se passer en présence du malade et se doubler d’un examen du pouls. Mais beaucoup de patients font porter leur urine chez le médecin. L’analyse s’avère souvent aléatoire et est perçue comme telle. Surtout s’ils la font porter au praticien, les patients peuvent en effet trafiquer leur urine (par exemple, en la colorant avec du safran) et tricher sur sa qualité, pour masquer leur véritable état ou pour éprouver la sagacité du médecin. L’uroscopie devient alors l’objet d’une double épreuve : tandis que le médecin teste la maladie de son patient, ce dernier vérifie par un subterfuge la science du praticien. L’auteur s’intéresse enfin à quelques usages particuliers de l’uroscopie, et notamment à son rôle en gynécologie. L’urine révèle les maladies féminines et signifie la stérilité ou la grossesse. Mais l’aspect du fluide peut aussi dévoiler la virginité ou sa perte. De thérapeute, le praticien se mue alors en auxiliaire de la morale sociale et de son contrôle.

La dernière partie du livre étudie l’évolution de l’uroscopie dans la littérature médicale. Elle la confronte aux conceptions physiologiques relatives à l’urine d’une part et à l’évolution des critères de jugement de l’autre. Parmi ceux-ci, la couleur de l’urine suscite nombre de commentaires. Du xiie au xve siècle, la palette passe d’une vingtaine de teintes possibles (chez Gilles de Corbeil), à quarante-deux, matérialisées sur des « roues des urines » toujours plus complexes. Cette interrogation sur la couleur des urines fera d’ailleurs de l’uroscopie un jalon important dans l’histoire des théories de la vision et de la lumière. L’urine alimente en outre beaucoup de controverses universitaires et, comme son pendant noble (le sang), appartient donc à la scolastique médicale. Néanmoins, sa vilenie dévalorise la médecine dans l’échelle de dignité des sciences. Dès les xiie et xiiie siècles, mise en balance avec l’astronomie, elle lui est jugée inférieure. Au xive siècle, Pétrarque associe dans une même réprobation l’attrait des médecins et pour le gain, et pour les déjections. En Italie enfin, la confrontation de la médecine et du droit, dans la « dispute des arts », conduit souvent à la défaite de la médecine, à laquelle est reprochée la primauté donnée aux réalités sensibles plutôt qu’aux causalités théoriques. Quoi qu’il en soit de ces remises en question, au Moyen Âge, rien n’entame vraiment la popularité de la science des urines. Si la peste jette le doute sur le savoir médical dans son ensemble, l’uroscopie conserve son crédit, car elle sert surtout pour le pronostic. À la fin du Moyen Âge d’ailleurs, la littérature médicale qui se diffuse largement et se vulgarise renforce son enracinement et sa pratique dans la vie courante. Il arrive même que l’on y recoure en art vétérinaire. Au xvi e siècle, elle sort indemne des remises en cause de la médecine traditionnelle par le Paracelsisme. "

 

— RAPP (Francis), 2000, Les évêques de Strasbourg à l'époque de Jean Tauler , Revue des Sciences Religieuses  Année 2001  75-4  pp. 410-421

SCHMUCKLE-MOLLARD 2012

https://docpatdrac.hypotheses.org/tag/restauration

SIEBERT (Guido), 2014, Glass painters and Manuscript Illuminators, in The Use of Models in Medieval Book Painting publié par Monika E. Müller Cambridge Scholars Publishing, 2 juin 2014 - 235 pages , pages 58

 — Kurmann-Schwarz, 2005a : Brigitte Kurmann-Schwarz, « ‘Fenestre vitree ... significant Sacram Scripturam’. Zur Medialität mittelalterlicher Glasmalerei des 12. und 13. Jahrhunderts », dans Becksmann, 2005a, p. 61-73.

 

VOGEL (Cyrille), 1966, Le repas sacré au poisson chez les Chrétiens  Revue des Sciences Religieuses  Année 1966  40-1  pp. 1-26

https://www.persee.fr/doc/rscir_0035-2217_1966_num_40_1_2430

—Site 

http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/LISTES/sujet_00.htm

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— BIBLES MORALISEES :

— Vienna 2554 numérisée : 

Wien, Österreichische Nationalbibliothek (ÖNB), Cod. 2554

http://digital.onb.ac.at/RepViewer/viewer.faces?doc=DTL_2246547&order=1&view=SINGLE

— Le manuscrit Fr. 167 de la Bibliothèque nationale de France, enluminé par Jean Pucelle et autres a été entièrement repensé afin d’accorder les images avec un texte double latin et français. Cette Bible moralisée, commandée par Jean le Bon vers 1350-1355, est la seule qui soit complète. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447300c/f552.image

 

— La Bible moralisée de Naples  BNF fr 9561 a été commanditée par le roi de Naples, Robert d’Anjou le Sage et achevée sous le règne de sa petite-fille Jeanne au début des années 1350. 

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7200010r/f371.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7200010r/f377.item.zoom

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 22:32

Similare ou si mi la ré ? La proximité des âmes et des sons dans La petite cantate (1965) de Barbara.

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SIMILAIRE, adj. et subst. I. − Adjectif A. − [Détermine un subst. sing. ou plur.] Qui est plus ou moins de même nature qu'une/que d'autre(s) entité(s). CNRTL

 

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Gérard Depardieu, lors de son spectacle de 2017, révèle que, longtemps, il n'avait pas compris la chanson La petite cantate de Barbara. 

 

C'est aussi mon cas, bien que cette Cantate, depuis sa création en 1965, n'ait cessé de m'accompagner comme un double marchant dans mes pas.

Des paroles, que je connaissais par le cœur plutôt que par cœur, je retenais surtout la tenace répétition du Si mi la ré :

"Si, mi, la, ré
Si, mi, la, ré
 sol, do, fa"

et j'y entendais le verbe latin similare, similare  "infinitif présent de similo, "être semblable".

Une petite cantate du bout des doigts
Obsédante et maladroite monte vers toi
Une petite cantate que nous jouions autrefois
Seule je la joue maladroite
Similare sol do fa

Cette petite cantate fa sol do fa
N'était pas si maladroite quand c'était toi
Les notes couraient facile heureuses au bout de tes doigts
Moi j'étais là  malhabile
Similare sol do fa

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Aujourd'hui, ma première découverte a été  d'apprendre, par hasard,  que cette séquence de notes "si, mi, la, ré, sol, do, fa"  correspond, "à l'armure,  à l'ordre des bémol par quintes descendantes dans la gamme majeure". 

Cette Petite Cantate entend-elle chanter en sourdine certaines altérations constitutives

Une partition de la chanson  me montre bien, devant la clé de sol, , les quatre  bémols si mi la ré (mais pas les trois autres).

J'ai longtemps cru, j'ai toujours cru que ces notes étaient celles de la mélodie que l'on chantait.  Mais pas du tout.  La partition m'indique que Si mi la ré sol do fa se chantent ré sol fa sol la la la .  Cela veut dire que le similare soldofa est là pour la sonorité des mots et non des notes. La comptine mnémotechnique des musiciens similarésoldofa revient à la mémoire de Barbara avec sa charge émotionnelle liée à son apprentissage du piano et donc à son enfance.

J'explorais la toile, mais je n'appris rien sur les rapports de la longue dame brune avec le solfège ou la bémolisation.  Je constate que la transposition des notes en lettres, comme en Allemagne ou pour les Anglo-saxons , donne :  H E A D (tête en anglais) H E A D , G C F.  Bof.

Mais ce que je découvrais, c'est que cette chanson témoigne d'un drame dont Depardieu raconte que cela a bouleversé son écoute : "tout à coup ça a pris sur moi quelque chose de terrible".

Celle qui jouait jadis au piano avec Barbara , c’était sa pianiste au bar de l'Écluse, Liliane Benelli, morte dans un accident de voiture le 12 août 1965.

 

 

similare similare si sol do fa
 similare similare  si sol do fa
Ô mon amie
Ô ma douce
Ô ma si petite à moi

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Barbara chantant La petite cantate en 1966. INA fr.

 

.

 

 

Barbara chantant La petite cantate en 1966. INA.fr

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Je lis ceci sur le site http://francois.faurant.free.fr/une_petite_cantate/barbara_index.html

 

"En 1961 une nouvelle pianiste fait son entrée à l'Écluse. Depuis déjà 3 ans Barbara y chante tous les soirs. "Il y eut une autre pianiste au visage d'ange qui s'appelait Liliane Bénelli" extrait de Il était un piano noir. Liliane Bénelli est ancienne élève du conservatoire de musique. Elle quitta le classique pour la variété par l'intermédiaire de Georges Delerue. Les deux femmes sympathisent. Liliane accompagne Barbara au piano le soir pendant son tour de chant. Liliane Bénelli composa deux musiques sur des textes de Barbara : "Ni belle ni bonne" et "Ce matin là" en 1963.

Un jeune chanteur passe une audition à Écluse le 11 février 1964, le jour de sa majorité. Barbara est présente. Serge Chauvier débarque de Bordeaux pour chanter à la capitale. Barbara est enthousiasmée par ses compositions. Il chante à l'Écluse pour la première fois le soir même où Barbara quitte ce lieu pour d'autres salles.

Serge Lama vient de naître. L'année suivante, il part en tournée d'été avec Liliane Bénelli comme accompagnatrice au piano.
Barbara se produit à la halle aux grains à Chalon sur Saône le 16 août 1965. Le spectacle fini, son assistante lui annonce que Serge Lama et Liliane ont eu un accident de la route près d'Aix en Provence. Liliane est morte. Barbara est saisie d'émotion.

Le 30 septembre 1965 elle enregistre au studio Blanqui Une petite cantate. Une seule prise sera nécessaire. Barbara vient juste d'achever l'écriture de cette chanson.

En souvenir de cette pianiste au visage d'ange elle lui dédia ce titre. Elle chante la gorge serrée et le cœur gros, et à  chaque spectacle, tous les soirs Barbara interprétera Une petite cantate."

Je découvre aussi que dans cet accident, cette "altération accidentelle" le conducteur de la voiture , Jean-Claude Ghrénassia , le frère d'Enrico, est décédé sur le coup. Et que Serge Lama a écrit D'aventures en aventures en souvenir de Liliane Benelli. 

https://7zic.fr/la-petite-cantate-de-barbara-serge-lama-et-enrico-macias/

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Ce si mi la ré parle d'une musique jouée à quatre mains  dans une sympathie tendre "parce que c'était elle, parce que c'était moi, ou bien "parce que si c'est arrivé à elle, cela aurait pu être moi". Et de la déchirure de la perte d'une alter ego. "Oh Ma si petite moi".

La chanson est parue dans l'album "Le Mal de vivre". En 1986, Barbara créera avec Depardieu Lily Passion. L'histoire de la rencontre d'une chanteuse avec un assassin. De la fascination de la dame en noir pour la mort.

J'ai donc  compris que la sonorité des mots, et non le son des notes, avait été décisive pour le choix de cette séquence similare soldofa. Mais que vous évoque la sonorité de soldofa ? Personnellement, j'y entends "sol défunt", ou "seule défunte".  Ou dans la deuxième séquence, similare sisoldofa, j'entends évidemment, "si seule / défunte"

 

 

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Je note aussi que la séquence initiale des paroles  si mi la ré sol do fa se transforme en si mi la ré si mi la ré  SI sol do fa

La "cantate" est construite sur des vers inégaux, avec deux alexandrins (12 pieds), puis un vers de 15 pieds, puis deux vers de 7 pieds correspondant à la liste des sept bémols. Une construction 12 / 12 / 15 / 7 / 7.

Lorsque la compositrice place son similare soldofa  en début de strophe, elle doit en dédoubler le début, et placer une note supplémentaire. Elle choisit le Si, comme 9ème syllabe de son alexandrin.  

Mais tu est partie fragile vers l'au-delà
Et je reste, malhabile fa sol do fa
Je te revois souriante assise à ce piano-là
Disant bon je joue, toi chante,
Chante chante-la pour moi

Similare similare  si sol do fa
 
Similare similare si sol do fa
Ô mon amie  Ô ma douce Ô ma si petite à moi
Mon Dieu qu'elle est difficile

cette cantate sans toi

[J'ai modifié bien sûr  les paroles de Monique Andrée Serf].

Sans cette syllabe SI, le vers seulement basé sur les altérations musicales est un alexandrin boiteux, à onze pieds, grevé d'un manque, d'une absence, comme la perte de la lettre E (eux) dans la Disparition de Pérec.

À mi-chanson, au fur et à mesure que monte la cantate, ce SI s'introduit dans les paroles mémorisées depuis l'enfance. La note si bémol serait-elle l'actrice tenant le rôle de Liliane Benelli réanimée le temps de la chanson jouée à quatre mains?

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Published by jean-yves cordier
9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 12:18

Zoonymie des Odonates: les noms de Cordulegaster boltonii (Donovan, 1807), "le  Cordulégastre annelé".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

 

 

 

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GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— Cordulegaster Leach 1815. Eding. Encycl.: 136-137. Cordulegaster vient de deux mots grecs κορδύλη, kordylē- "massue, renflement, bosse, gonflement"; et gastēr -"abdomen", du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen. Le genre Cordulia, également nommé par Leach, est construit sur le même suffixe kordylē-. 

Cordulegaster boltoniiDonovan, 1807, Brit. Ins. 12: 430.  L'auteur justifie son nom dans sa description originale : "Boltonii, in compliment to Mr. Bolton, the  gentleman to whom we are indebted for its discovery. " Le spécimen récolté par Thomas Bolton (1722-1778) dans le Yorkshire est passé ensuite dans les collections de Dru Durty, acquise à la mort de ce dernier en 1804 par Donovan, qui en a détecté la spécificité. 

— Noms vernaculaires français : L'espèce avait été décrite en 1805 par Pierre André Latreille sous le nom d' Aeschna annulata . Cependant, ce nom était un homonyme invalide, car l' épithète spécifique annulata du même genre avait déjà été attribuée par Johann Christian Fabricius en 1798 pour une espèce indienne.  Néanmoins, Sélys-Longchamps a décrit l'espèce comme Cordulegaster annulatus en 1840 et 1850, et lui a donné son nom de "Cordulégaster annelé". Le laid barbarisme du nom de genre a été légèrement corrigé dès 1845  par les lexicographes Bescherelles puis Larousse en "Cordulégastre" et c'est affligé du nom de "Cordulégastre annelé" qu'il est encore désigné aujourd'hui.

— Noms vernaculaires dans d'autres langues :

-allemand  : Zweigestreifte Quelljungfer : la  Libellule aux anneaux d'or.

- frison occidental : Streamkefleaner, Boarnelibel, Boarnefleaner

-néerlandais : Gewone bronlibel  : la Cordulégastre ordinaire, la Libellule des sources ordinaire ?

-gallois : gwas  neidr eurdorchog :  la Libellule (servante du serpent)  aux anneau d'or.

anglais : Golden-ringed Dragonfly : la Libellule aux anneaux d'or.

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NOM SCIENTIFIQUE.

 

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LE NOM DE GENRE CORDULEGASTER (LEACH, 1815).

Voir : Le nom de genre Cordulegaster Leach 1815.

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LE NOM D'ESPÈCE CORDULEGASTER BOLTONII (DONOVAN, 1807).

Libellula boltonii 

Donovan, E. (Edward), 1768-1837 , The natural history of British insects; explaining them in their several states, with the periods of their transformations, their food, oeconomy, &c. together with the history of such minute insects as require investigation by the microcsope. The whole illustrated by coloured figures, designed and executed from living specimens. London,Printed for the author, and for F. & C. Rivington,.1792-1813. volume 11 page 97 et planche 430.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132000#page/55/mode/1up

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Description originale :

 

PLATE CCCCXXX. 

LIBELLULA BOLTONII

BOLTON's DRAGON-FLY. 

NEUROPTERA, 

GENERIC CHARACTER. 

Mouth armed with more than two jaws : lip trifid : antennae shorter than the thorax, very thin and filiform: wings expanded; tail of the male furnistied with a furcated process. 


SPECIFIC CHARACTER. 

Libellula Boltonii: wings hyaline: body elongated, black, with a larger interrupted yellow band across the middle, and a smaller near the tip of each segment. 

This fine and noble species of Libellula appears to be unknown to any of the entomological writers we are acquainted with. The specimen from which our figure in the annexed plate is taken, was discovered in Yorkshire some years ago by Mr. Bolton, and communicated to Mr. Drury, in whose cabinet it has remained unnoticed till the present time. We believe this specimen to be unique, or at least we have never seen an other. It is a beautiful, large, and interesting species, and possesses characters so extremely different from any of the known species of its genus, that it cannot easily be mistaken. We name it Boltonii, in compliment to Mr. Bolton, the  gentleman to whom we are indebted for its discovery. 

 

 

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Zoonymie des Odonates: les noms de Cordulegaster boltonii (Donovan, 1807).
https://www.biodiversitylibrary.org/item/132000#page/55/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132000#page/55/mode/1up

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L'espèce avait été décrite pour la première fois en 1805 par Pierre André Latreille sous le nom d' Aeschna annulata . Cependant, ce nom était un homonyme invalide, car l' épithète spécifique annulata du même genre avait déjà été attribuée par Johann Christian Fabricius en 1798 pour une espèce indienne. 

  • -Aeshna annulata Latreille, 1805 :  Latreille, P. A. 1805. Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes. Ouvrage faisant suite a l'histoire naturelle générale et particulière, composée par Leclerc de Buffon, et redigée par C. S. Sonnini, membre de plusieurs sociétés savantes. Tome treizième. F. Dufart, Paris. 432 pp. 
  • https://www.biodiversitylibrary.org/page/15701601#page/12/mode/1up
  • -Aeschna lunulataCharpentier, T. (von) 1825. Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Wratislaviae. 255 pp. page 29
  •  

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Lucas en a donné une illustration des deux sexes en 1900 :

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Zoonymie des Odonates: les noms de Cordulegaster boltonii (Donovan, 1807).
Zoonymie des Odonates: les noms de Cordulegaster boltonii (Donovan, 1807).
Zoonymie des Odonates: les noms de Cordulegaster boltonii (Donovan, 1807).

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ÉTUDE DU NOM.

Donovan commente ainsi le  nom qu'il a choisi  pour cette espèce dans sa description originale :"We name it Boltonii, in compliment to Mr. Bolton, the  gentleman to whom we are indebted for its discovery." : "Mr Bolton, à qui nous sommes redevable de sa découverte". Il précise que Bolton avait découvert ce spécimen dans le Yorkshire, la région où il vivait, puis que ce spécimen avait rejoint la collection de l'entomologiste londonien  Dru Drury (1725-1804). Or, après la mort de ce dernier, sa bibliothèque et ses collections sont mises en vente, lors de la première vente aux enchères entièrement consacrée aux insectes. La plupart de ses spécimens sont acquis par ses amis William Kirby et Edward Donovan (1768-1837). C'est donc dans la collection de Drury acquise par Donovan que ce dernier a remarqué cette nouvelle espèce, qui n'avait pas été décrite jusqu'alors : il lui revenait d'en être l'auteur, mais c'est par une parfaite correction qu'il lui donna le nom de son découvreur.
 

Thomas  Bolton (1722-1778) de Halifax (West Yorkshire)   était, comme son jeune frère James Bolton, un zoologiste amateur avide et un collectionneur naturaliste. Très peu d'information sur sa vie et sur ses explorations entomologiques  nous sont parvenues.

James Bolton est l'auteur d'espèces botaniques (la fougère Asplenium boltonii), de champignons (Polyporus boltonii, Gorgoniceps boltonii), etc..

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Voir les auteurs suivants : 

L'erreur sur le prénom réel de Bolton est constante.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulegastre-annele/

 Cordulegaster : de kordylê (gr) = massue et gastêr (gr) = ventre : du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen ; boltonii en l’honneur de James Bolton (1733-1799), qui a découvert l’espèce dans le Yorkshire.

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

Cordulegaster - χορδυλε, εσ = clava + γαστερ = ventre; ventre a clava. Per la forma generale del corpo.

boltoni (Cordulegaster) – in onore del sig. Bolton che la scoprì per primo nello Yorkshire a inizio secolo XIX [… in compliment to Mr. Bolton, the gentleman to whom we are indebted for is discovery. (Donovan, 1807)].

 

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Cordulegaster [gr. kordylē - Keule/ Beule, Geschwulst; gastēr - Bauch ~ Abdomen] beschreibt die typische Körperform dieser Libellen. - boltonii (Donovan) trägt ihren Namen zu Ehren des englischen Malers und Naturkundlers James Bolton († 1799), von dem das Exemplar in Drurys Sammlung stammte, nach dem die Art beschrieben wurde.

— VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"boltonii = vernoemd naar James Bolton (die de libel voor het eerst verzamelde)"

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

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1°) Le Cordulégaster annelé, Sélys 1840, Monographie des libellulidées d'Europe page 96.

Repris dès 1843 par Pierre Boitard, puis par de Sélys en 1850, dans sa Revue des Odonates page 104, et en 1858 dans la Monographie des Gomphines page 333.

Sélys-Longchamps décrit cette espèce sous le nom de Cordulegaster annulatus Latreille, et lui donne donc le nom "français" correspondant, sans craindre le barbarisme et la dissonance. L'entomologiste belge avait certainement une bonne vue, mais sans doute aucune oreille.

2°) Le genre Cordulégastre , Bescherelle 1845 puis Larousse, 1869.

a) En 1845, le lexicographe et grammairien français Louis-Nicolas Bescherelle a "corrigé" ce barbarisme avec la forme Cordulégastre, dans son Grand Dictionnaire de la langue française, en admettant dans son ouvrage le nom de genre Cordulégastre, dont in donne en exemple le Cordulégastre lunulé. Il reprend ce substantif dans ses rééditions de 1851, 1857, 1860 etc.. Le nom est repris au Canada par Provancher. 

b) Pierre Larousse admet le nom de Cordulégastre dans son Grand Dictionnaire universel de 1869

3°) Le nom d'espèce  Cordulégastre annelé, 1981, 1983 et 1987 

— Hammond (Cyril Oswald), ‎ Askew (Richard Robinson), ‎ Merritt (Robert) - 1983, The Dragonflies of Great Britain and Ireland, Harley book  page 138.

— Dommanget (Jean-Louis ), 1987,  Étude faunistique et bibliographique des Odonates de France Secrétariat de la faune et de la flore, 1987 - 283 pages, page 56.

http://www.libellules.org/fra/pdf/595_pagesdynadocs567836e6c68f4.pdf
 

En page 194, Dommanget  cite une publication de 1981 par  J. Legrand, "Cordulégastre annelé" in La vie animale de A à Z, Etito-Service, Genève.

 

4°) Les noms "Cordulégastre de Bolton" et  "Cordulégaster de Bolton" ont été retrouvés chacun une fois lors de mes recherches en ligne, en 2015.

Conclusion :

C'est le nom "Cordulégastre annelé" qui fait actuellement autorité pour le Muséum par son antenne de l'INPN, dans les listes officielles ou dans les ouvrages de vulgarisation (Dijkstra 2007, Grand et Boudot 2006,  Précigout et Prudhomme, ou sur l'encyclopédie Wikipédia ...

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/199694

Une fois de plus, l'indigence sémantique et poétique des entomologistes francophones leur stricte inféodation au nom latin,  et leur indifférence à l'égard de la laideur du zoonyme, même après la correction du barbare "Cordulégaster", seront plus évidents encore lorsque notre nom sera confronté aux jolis noms de autres langues, riches en images colorées évocatrices. Quand au pauvre Thomas Bolton, nul ne viendra vulgariser sa découverte, et quand on le cite, c'est avec le prénom de son père William ou de son frère James...

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LES NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES LANGUES.

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-allemand  : Zweigestreifte Quelljungfer Libellule aux anneaux d'or.

- frison occidental : Streamkefleaner, Boarnelibel, Boarnefleaner

-néerlandais : Gewone bronlibel (la Cordulégastre ordinaire, la Libellule des sources ordinaire ?)

-gallois : gwas  neidr eurdorchog :  Libellule (servante du serpent)  aux anneau d'or

-[breton : matezh-an-naer gwalennoù "la Servante du serpent aux anneaux d'or" ;  en cours de validation].

anglais : Golden-ringed Dragonfly : la Libellule aux anneaux d'or

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SOURCES ET LIENS.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulegastre-annele/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf


— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&pg=PA173&dq=steinmann+onychogomphus+forcipatus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjJ6bqArLreAhVKExoKHb9cC34Q6AEILDAA#v=onepage&q&f=false
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 18:36

La verrière de l'Apparition du Christ à Madeleine, de saint Georges et saint Adrien  de la baie 22 (anonyme, vers 1510) offerte par Binot-Briselet, en l'église Notre-Dame de Louviers.

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1. Sur Louviers :

 

2. La liste de mes articles sur les vitraux.

 

 

 

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PRÉSENTATION.

Cette baie de 4,50 m de haut et 2,90 m de large occupe le bas-coté sud, à la suite de la baie 24 offerte par  Claude Le Roux vers 1525 et de la baie 26 offerte par les Drapiers de Louviers vers 1490-1500. Ces baies suivent donc la construction de l'élévation sud et de son splendide portail, commencé en 1506 grâce au mécénat de Guillaume II Le Roux.

Avec la baie 20 des Apparitions du Christ, elles forment un ensemble homogène attribué à un atelier de Rouen, également auteur deux verrières de l'église Saint-Godard de Rouen (baie 5 des Apparitions du Christ, 1500-1510 et baie 6 de la Vie de la Vierge v.1506) et des  baies 3, 4 5 et 6 de la Vie de la Vierge de Saint-Jean d'Elbeuf vers 1500 (offertes par les Le Roux). La reprise de cartons à grandeur, d'origine parisienne (Jean d'Ypres ?) est patente dans plusieurs des panneaux de cet atelier. (Caroline Blondeau propose le nom de Cardin Jouyse pour cet atelier ; on parlait aussi, depuis Jean Lafond, du "Maître de la Vie de SaintJean-Baptiste").

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"Les parties anciennes occupent leur baie d'origine, dans laquelle les portraits des donateurs ont été déplacés ; en 1903, les panneaux restitués ont remplacés soit des losanges, soit des panneaux anciens placés en bouche-trou ; le baptême du Christ, aujourd'hui dans la baie 26 occupait la lancette droite, la Vierge de l'Annonciation actuellement dans la sacristie et le dais qui couronne le saint Claude de la baie 24 occupaient le tiers supérieur de la 3ème lancette." (Callias Bey et al.)

Elle présente sur ses quatre lancettes quatre saints personnages en pied, deux "chevaliers" (saint Georges et saint Adrien) encadrant la scène de la confrontation de Marie-Madeleine avec le Christ ressuscité. Le registre inférieur est réservé aux donataires; le tympan à 10 mouchettes et 3 soufflets montre une Annonciation, le Voile de Véronique et des armoiries mal identifiées.

 

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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"Offert par Guillaume Le Forestier, gouverneur de la ville en 1515, il représente Saint Georges, Marie Madeleine, le Christ et Saint Adrien. C’est un des plus beaux vitraux de Notre-Dame. Restauré par Muraire en 1903, la recherche dans les couleurs, les drapés et les techniques (transparence…) en font un vitrail admirable" (Office du Tourisme Seine-Eure)

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Situation de la baie 22 sur un plan de l'Office du tourisme Seine-Eure.

Situation de la baie 22 sur un plan de l'Office du tourisme Seine-Eure.

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LES QUATRE LANCETTES.

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LA LANCETTE GAUCHE : SAINT GEORGES TERRASSANT LE DRAGON.

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Tête du saint restitué par Muraire 1903.

Le saint se détache d'une niche architecturée gothique à pavements à carreaux à monogrammes (G, S, O ?) où une tenture damassée d'or (rinceaux et grenade au pochoir) à bordure frangée est suspendue.

Il est vêtu d'une armure complète au dessus d'une cotte de maille. Les solerets élargis en pied d'ours confirment la datation estimée. Le surcot vert clair est damassé à revers violet.   Le chevalier porte une épée en main droite et une lance, dont il dirige la pointe vers le fond de la gueule du dragon.

L'armure est en verre bleu aux lignes gravées et peintes au jaune d'argent.

Le dragon est un reptile à échine épineuse et aux ailes de chiroptère. Le verre rouge est gravé soir pour nuancer la teinte, soit pour placer des détails (ligne verruqueuse abdominale) rehaussés au jaune.

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La verrière de l'Apparition du Christ à Madeleine  de l'église Notre-Dame de Louviers.

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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L'APPARITION DU CHRIST À MARIE-MADELEINE.

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Le panneau pourrait porter le titre de "Noli me tangere", la réplique fameuse du Christ à la sainte qui s'élançait pour le toucher, mais je reprends ici le titre habituel.

C'est  la scène qui précède immédiatement le Ne me touche pas dans l'évangile de Jean 20:14-17 qui est représentée :

En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout; mais elle ne savait pas que c'était Jésus.

 Jésus lui dit: Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit: Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai.

 Jésus lui dit: Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni! c'est-à-dire, Maître!

 Jésus lui dit: Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.

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Les paroles qui s'échappent dans les phylactères reprennent d'ailleurs le texte de la Vulgate (en gras supra) :

— Le Christ : MULIER QUID PLORAS [?] QUEM QUAERIS [?]

 

— Marie-Madeleine : DOMINE SI TU SUSTULISTI EUM DICITO MIHI UBI POSUISTI EUM ET EGO EUM TOLLAM (j'ai résolu les tildes abréviatifs)

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Les points communs avec le retable de Martin Schongauer (vers 1480) sont nombreux : voir mon article

 http://www.lavieb-aile.com/2016/07/ne-me-touche-pas-martin-schongauer-et-les-petits-oiseaux.html

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Le thème du jardin clos est présent, avec le plessis tressé, ou les lointains en verdure et fabriques dans lesquels vous pouvez vous plaire à trouver le cerf qui galope vers le château et celui qui attend du coté droit. Et bien sûr les cinq oiseaux , si fréquents dans les compositions du "Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste" à Bourg-Achard.

Voir les oiseaux et les lapins dans le tympan de la baie 1 de Bourg-Achard consacré au Noli me Tangere :

 

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photo lavieb-aile

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La tête de Marie-Madeleine est restituée. Les trois panneaux composant le Christ sont de Muraire en 1903.

On note l'élégance légendaire de la sainte, coiffée d'un balzo à l'italienne, un bourrelet où s'enroule un ruban doré entre des rangs de perles. Le joli détail réside dans l'envol du voile, qui témoigne de l'élan plein d'ardeur de Marie-Madeleine. L'élégance se retrouve dans le manteau doré à revers blanc et aux bords perlés, dans la robe bleue damassée, dans le  médaillon, dans les manches violettes aux poignets dorés.

Et comme il serait excitant de retrouver le modèle du pot à onguent au décor de monstre.s ailés parmi les albarello en faïence de Rouen, par exemple ! 

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Saint Adrien.

 

Il est identifié par le couperet et l'enclume qu'il porte au bras gauche, ainsi que par son armure  et son épée : Adrien, jeune officier de l'empereur Maximin, a eu les mains et les pieds coupés avec 23 de ses compagnons.


 

"Saint Adrien était officier supérieur dans l'armée romaine, sous le règne de l'empereur Maximien Galère. Il persécuta d'abord les chrétiens; mais touché ensuite de leur courage et de leur constance, il embrassa leur foi. L'empereur, irrité de cette conversion, le fit enchaîner, avec vingt-trois autres chrétiens; puis, après l'avoir fait battre de verges, il lui fit briser les os et couper les extrémités des mains et des pieds. Saint Adrien endura ce martyre à Nicomédie, durant la dernière persécution générale, vers l'année 306.

Saint Adrien était représenté, en costume de chevalier du moyen âge. La tête était couverte d'une toque de velours. [...] La main droite, enveloppée dans les plis de son manteau, tenait un glaive levé, et de la main gauche, il portait une enclume sur laquelle reposait un marteau. Un lion était couché sous ses pieds.

Les attributs, que nous venons d'énumérer, accompagnent presque toutes les images de saint Adrien. L'enclume et le glaive désignent les instruments de son supplice. Quant au lion, que nous trouvons presque toujours aux pieds du saint martyr, il est évident qu'il lui est attribué par erreur. Le Martyrologe mentionne, à la date du 5 mars, un autre saint du même nom, qui fut condamné à être déchiré par un lion et subit le martyre en Palestine, en l'année 309. Cet attribut doit donc son origine à la similitude des noms de ces deux saints." https://books.google.fr/books?pg=PA169&dq=saint+adrien%22+lion&id=8GUFAAAAQAAJ&hl=fr#v=onepage&q=saint%20adrien%22%20lion&f=false

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L'élargissement des solerets est ici plus prononcé que dans la lancette gauche.

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR. LANCETTES MÉDIANES : LES DONATEURS DU VITRAIL.

 

 

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Au bas du vitrail, dans la deuxième lancette , sous des rinceaux appuyés sur des culots,  et devant un fonds bleu damassé, un homme vêtu d'une robe longue couleur lie-de-vin est agenouillé devant le livre d'heures posé sur son prie-dieu, le chaperon rejeté dans le dos et une aumônière à la ceinture. Un blason muet est dessiné devant lui.

Tête restituée en 1903.
 

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Une inscription, que le Mercier n'a pu déchiffrée entièrement, a été partiellement restituée par Muraire en 1903 en se fondant sur son relèvement par Dibon en 1836.

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PRIES DIEU POUR LHONORABLE HOMME ET SAIGE SIRE BINOT

BRISELET JADIS BAILLI DE CESTE VILLE DE LOUVIERS ET DE

GAILLON ET POUR SA FEMME ET LEUR FILS ET AUTRES

LEURS PARENS ET AMYS

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Le Mercier indique que Binot-Briselet  a été bailli en 1436 : une coquille ? Les documents le citent   bailli de Louviers et de Gaillon en 1453, 1458, 1469 mais encore en 1482

 

 

 

 

Cartulaire :

 

...que la guerre interrompit, parce que les maîtres étaient partis, fut repris en 1453 par ordonnance du bailli, Binot Briselet, 

...jour de may, l'an mil cccc LVII (1458) , en la cohue (a) de Loviers, devant nous bailly dessus nommé comparurent Jehan Langlois , Michault Hamel, Binot Briselet

...Binot Briselet, bailli en 1469 en remplacement de Faroul,  mort en 1502

...1482, 5 janvier, à Louviers. TOUS ceulx qui ces presentes lettres verront ou orront, Binot Briselet, bailli de Loviers & de Gaillon, salut. Savoir faisons que aujourdhui en la cohue dudit lieu de Loviers, en assemblée ordinaire & generalle de

...L'an de grace 1488, le quinziesme jour de mars, a la cohue de Louviers ou avoit assemblée de ville, devant nous Binot Briselet, bailli dudit lieu, honnorable homme & saige Jacques le Pelletier, pour luy & soy saisant sort .

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Une généalogie de Jean-Paul Cotte indique :

Binot Briselet bailli de Louviers et de Gaillon, avocat au baillage de Rouen en 1464, vicomte d'Auge, décédé en 1502. Marié avant 1470 à Jeanne ---, décédée en 1521. Deux enfants, Pierre Briselet et Nicolas Briselet , avocat au parlement de Rouen, conseiller en cour laie (1503), 

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Dans la lancette suivante, une femme est aussi agenouillée sur un prie-dieu. Elle est vêtue d'une robe rouge croisée en V sur la poitrine et coiffée du bonnet-chaperon que les portraits d'Anne de Bretagne ont fait connaître. Un médaillon d'or est suspendu à son cou par une chaîne fine. Trois doigts (index, annulaire et auriculaire) portent des anneaux d'or.

La corniche du soubassement s'orne de dauphins Renaissance, et les culots de personnages.

Dans le pavement bicolore blanc et jaune se remarquent des monogrammes AM ou MAM (les pavements du faïencier rouennais Masséot Abaquesne  sont plus tardifs).

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR. LANCETTES LATÉRALES : LES DONATAIRES DE LA RESTAURATION DE 1903.

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À gauche, un ange tient un blason avec les mots : A LA MEMOIRE DE MR GEORGES DANNET.

À droite, on lit : RESTAURATION OFFERTE PAR MME  G. DANNET.

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Georges Dannet fut le dernier descendant d'une famille de drapiers, propriétaires d'une manufacture de draps à Louviers :

https://gw.geneanet.org/payenneville?lang=en&p=georges&n=dannet

  • Pierre Louis Jacques Dannet, époux de Catherine-Henriette Papavoine (fille d'un marchand laboureur tanneur)  1773-1844
  • son fils Hector Pierre Dannet (1803-1870)  , qui épousa Zéphirine Reynal 
  • son second fils Charles-Ernest Dannet (1816-1870)

Georges Dannet, fils de Hector-Pierre,  né à Louviers en  1839, décédé en 1897 à 58 ans, fut le dernier manufacturier en drap de la famille. Il fut président de la Chambre consultative de Louviers et président du Tribunal de Commerce.

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE TYMPAN.

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Au centre, Dieu le père coiffé de la tiare tient le voile de Véronique portant le visage de son Fils : une représentation fort rare de la Trinité qui s'explique par l'utilisation du Père en bouche-trou à la place de Véronique. Visage du Christ restitué.

Dans les mouchettes supérieures, l'Annonciation. L'ange tient le phylactère AVE GRACIA PLENA. Des lettres sont inscrites sur le pavement bicolore blanc et jaune.

 

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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En dessous, deux blasons ont été identifiés comme ceux de Guillaume le Forestier et de son épouse; C'est du moins ce qu'indique Callias Bey et al., tout en accompagnant cette information d'un point d'interrogation.

Ces armoiries ont résisté aux efforts de Le Mercier. Je n'ai rien trouvé en interrogeant le moteur de recherche avec "d'argent au chevron de gueules" ; je peine à identifier le meuble de couleur verte : une feuille ? L'interrogation "à trois feuilles de sinope" ne donne rien. 

De même, je n'ai pas trouvé grand chose sur ce "Guillaume Le Forestier", gouverneur de Louviers en 1515.

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Guillaume le Forestier, lieutenant general en 1471

« Tauxé jusques cy et somme depuis le derrain taux, XVI l. t. dont est prins pour despence XXX sous et pour facon de rolles XX s. demeure pour la seigneurie XIII l. X s. par nous Guillaume le Roux, viconte, es presences de Guillaume le Forestier, lieutenant general, Guillaume Huillart, advocat, Robinet du Fay, receveur de ladite viconté, les sergens et autrez. », 52BP5, fol. 71. Vicomté d’Elbeuf, 26 mars 1471.

https://journals.openedition.org/tabularia/1416

https://books.google.fr/books?id=n_Ei1WOkXhsC&q=%22guillaume+le+forestier%22+louviers&dq=%22guillaume+le+forestier%22+louviers&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjWn-zptsTeAhVGzYUKHUUlBU4Q6AEIKTAA

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La moitié droite du blason de l'épouse ne nous aide  pas non plus.

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Plus bas, nous trouvons des chérubins vert jaune et rouge et huit anges musiciens : identifiés sous réserve ainsi de gauche à droite :

  •  flûte
  •  viole à archet
  • harpe
  • orgue portatif
  • mandoline
  • mandore
  • hautbois
  • flûte

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Des inscriptions sont portées sur les manches ou la bordure des aubes des anges ; comme d'habitude lorsque ces lettres n'oint pas de sens, nous trouvons une profusion de N, rétrograde à l'occasion. Je lis peut-être MARIA et, sur une manche  au dessus du chevillier, NAZAR ou NAZNEROC...

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Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 22 (vers 1510 et 1903) de l'église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

 

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SOURCES ET LIENS.

— Office du tourisme Seine-Eure :

http://www.tourisme-seine-eure.com/images/06-QUE-FAIRE/1-culture-patrimoine/B1.2-ND-Louviers/Circuit-Bilingue-EGLISE-ND-LOUVIERS.pdf

 

— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171

— DIBON ( Paul), 1836,  Essai historique sur Louviers. Rouen: Périaux, 184 pages .

https://books.google.fr/books?id=J7FCAAAAYAAJ&dq=bailli,+Binot+Briselet&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

FOSSEY (abbé Jules), 1896, L'église Notre-Dame à Louviers, La Normandie monumentale., page 6

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f16.image.texteImage

 — HÉROLD (Michel),1995,  Louviers, église Notre-Dame, les verrières, [16] p. Édition : [Rouen] : Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie , cop. 1995, France. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Commission régionale Haute-Normandie Illustrateur : Thierry Leroy (photographe)  (Non consulté)

— LAFOND Jean, 1963, Les vitraux de Notre-Dame de Louviers, par Jean Lafond . Louviers et Pont-de-l'Arche. Nouvelles de l'Eure, n° 15, Pâques 1963. (pp. 42-47). Non consulté.

— LE MERCIER (E.)  Monographie de l'église Notre-Dame de Louviers Ch. Hérissey et fils, 1906 - 212 pages 

— VERDIER ( François),1980,. "L'église Paroissiale Notre-Dame de Louviers," in Congrès Archéologique de France, 1980, Évrecin, Lieuvin, Pays d'ouche. Paris: SFA, 1984. pp. 9–28. Non consulté.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 21:23

Zoonymie des Odonates : les noms d'Oxygastra curtisii, (Dale 1834), l'Oxycordulie à corps fin.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

 

 

 

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GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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http://www.lavieb-aile.com/2018/06/oxygastra-curtisii-l-oxycordulie-a-corps-fin-a-l-ancienne-gare-de-perros-a-crozon.html

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Résumé :

— Nom de genre Oxygastra, (Selys-Longchamps, 1870),  Ann. Soc. ent. Belgique 1870, vol.14 page v. Du grec oxys, " fin, aigu, pointu" et gaster, "ventre"  du fait de l’étroitesse de l’abdomen du mâle ou de ce que "le 10ème segment abdominal des mâles [est] prolongé en une pointe longue penchée en bas." (description originale de Sélys).

— Nom d'espèce Oxygastra curtisii, (Dale 1834). L'épithète curtisii, "de Curtis", rend hommage à l'entomologiste et illustrateur britannique John Curtis (1791 - 1862), auteur du texte et des planches de British Entomology (1823-1840), qui avait capturé un spécimen en 1831 en compagnie de Dale qui en avait réalisé  la première capture  en 1820 dans le Dorset, à Parley Heath. Les descriptions et dessins de Curtis font largement appel à l'ample collection [33 armoires]  du britannique James Charles Dale (1791-1872), et l'épithète honore ainsi une amitié et une collaboration sur le terrain ou dans le travail scientifique.

— Noms vernaculaires français. 1. La Cordulie de Curtis, Sélys, 1840 ; 2. La Cordulie à ventre fin, 1959, Alexanor ; 3. La Cordulie à corps fin, 1983-1985, d'Aguilar et Dommanget ; 4. L'Oxycordulie à corps fin, INPN.

— Noms vernaculaires en d'autres langues.


-Gallois : gwas orenfrith 

-Catalan : l'Esparver de l'aigua

-Allemand :  Der Gekielte Flussfalke, Schiemenz, 1953

-Néerlandais : De bronslibel

-Anglais :  Orange-spotted emerald

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE OXYGASTRA.

 

Zoonymie des Odonates : le nom du genre Oxygastra Sélys-Longchamps, 1870.

Oxygastra, Selys-Longchamps,  Ann. Soc. ent. Belgique 1870, vol.14 page v. Du grec oxys, " fin, aigu, pointu" et gaster, "ventre"  du fait de l’étroitesse de l’abdomen du mâle ou de ce que "le 10ème segment abdominal des mâles [est] prolongé en une pointe longue penchée en bas." (description originale de Sélys).

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LE NOM D'ESPÈCE OXYGASTRA CURTISII, (DALE, 1834).

Dale 1834, Mag. Nat. Hist. VII. Jan. page 60 .

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19625#page/74/mode/1up

parfois décrite dans le genre Cordulia

1°) L'auteur James Charles Dale (13 décembre 1791 - 6 février 1872)

 

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https://en.wikipedia.org/wiki/James_Charles_Dale

Ce naturaliste anglais  a consacré la quasi-totalité de sa vie adulte à l' entomologie .

Il était le fils d'un propriétaire terrien de Glanville Wotton (Dorset) , et c'est sur le comté du Dorset, au sud de l'Angleterre, qu'il effectua ses explorations entomologiques.

Il était un ami de James Francis Stephens , qui le mentionne fréquemment dans ses Illustrations of British Entomology (1826-1848) ,  et de John Curtis, qui le cite tout aussi fréquemment dans son British Entomology (1823-1840) . L'entomologiste irlandais Alexander Henry Haliday était un autre ami proche . Les références concernent principalement les coléoptères bien que Dale ait travaillé sur tous les Ordres . 

Sa première note sur les lépidoptères a été publiée dans le Magazine of Natural History en 1830. Elle a été suivie de 83 autres notes et articles couvrant un large éventail de sujets. Il a été élu membre de la première société d'entomologie de Londres le 25 juin 1822. 

La collection de Dale appartient au Hope Department of Entomology.  La collection de Dale était installée dans 33 armoires lorsqu'elle a été reçue à Oxford en 1906, dont cinq étaient consacrées aux coléoptères. . Les manuscrits et les cahiers de Dale se trouvent à la Hope Libray.

 Curtis est considéré comme l' auteur de nombreux insectes décrits par Dale dans British Entomology , cependant, il est clairement indiqué par Curtis que l'auteur est  Dale par la mention "Dale MSS".

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2°) La publication.

Il s'agit de : Magazine of natural history and journal of zoology, botany, mineralogy, geology and meteorology. ..... Contributed by Natural History Museum Library, London, publié par le botaniste et paysagiste John Claudius Loudon.

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En 1834, J.C. Dale a donné dans le volume 7 du Magazine of natural history page 497  une liste des espèces d'insectes découverts à Parley Heath, à la limite entre Hampshire et Dorsetshire. J'assimile, sans confirmation absolue,  ce lieu avec la Réserve naturelle de Parley Common, arrosé par la rivère River Stour, au nord-ouest de l'île de Wight. Parmi les 12 espèces de Neuroptères, l'auteur signale page 498 12 spécimens de Cordulia curtisii, une espèce qu'il vient de décrire en page 60-61.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19625#page/511/mode/1up

La capture de la nouvelle espèce date de juin 1820, mais Dale avait voulu lui donner le nom d'un de ses amis (sans doute John Curtis). On lui objecta que cet ami "n'avait pas capturé lui-même l'insecte". Néanmoins, après avoir constaté dans les ouvrages de Toussaint von Charpentier , de Vander Linden et autres  que sa découverte n'avait pas été décrite, il se décida à en publier le nom en 1834 (la rédaction de l'article est de 1833) sous le nom de curtisii, après s'être arrangé pour voir John Curtis capturer lui-même cette libellule (à Ramsdown, juste à coté de Parley).

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N.B Voir le genre Halichophagus Curtis 1831 et Halictophagus Curtisii Dale, 1832 (The Lulworth Stylopid) British Entomology 9: 384–433.   : voir la planche de Curtis ici.

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La description originale.

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Cordulia Curtisii Dale, a Species hitherto undescribed, characterised by Mr. Dale.

— On June 29. 1820, I discovered a new Cordulia on Parley Heath, Hampshire. It is one of the finest insects I have ever found ; and I had proposed to name it after a certain friend, but objection has been made to its bearing his name, " he not being the captor." As it has remained a nondescript up to this time, and is unnoticed, so far as I can find out, by Vander Linden, Charpentier, and other writers, I now venture to describe and name it after a friend whom I saw capture it: and, as some jealousy has been displayed on account of my having given a manuscript name only to Halictophagus Curtisii, I request the favour of the following appearing in print :

— Genus Cordulia Leach &c. ; Libellula Lin.,, &c.

Species Curtisii Dale. Viridi-aenea ; abdomine medio flavo-maculatis ( ♀ compresso et alis flavescentibus.)

Habitat: Parley Heath, Hants, in June, J. C. Dale : Ramsdown, Hants, in May, J. Curtis, Esq. ; Braunton Burrows, Devon, J. Cocks, Esq. 

About the size of C. aenea. Brassy green ; body compressed, with a row of oblong yellow spots down the back, absent on the 7th and 8th joints only ; head notched in front : wings very pale greenish yellow, slightly yellow at the base in the male; yellow-brown in the female, along the costa of all the wings, suffused to their centre ; stigma and nervures piceous. 

The above is sufficient, I believe, to distinguish it from all other species at present known ; but I hope my friend Curtis will now be enabled to give us a figure and a better description, without having his modesty called in question by being gratuitously made subject to the imputation of his naming an insect after himself. — J. C Dale, Sept, 1833. 

 

 

 

Traduction de la diagnose en latin : "vert bronze ; taches jaunes sur le milieu de l'abdomen. La femelle comprimée et les ailes jaunâtres."

 

 Un spécimen est décrit dans la liste des collections du British Museum.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/19625#page/74/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19625#page/74/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19625#page/75/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19625#page/75/mode/1up

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Dés  1835, James Stephens décrit cette espèce dans Illustrations of British Entomology en signalant qu'il pensait que la seule station en soit à New Forest, près de Brockenhurst.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/97232#page/100/mode/1up

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En mars 1836, comme l'avait souhaité Dale, John Curtis a décrit Cordulia curtisii dans le volume IV (Hyménoptères, Neuroptères, trichoptères),  dans sa planche 616, où la libellule (une femelle) s'approche d'un jonc champêtre Luzula (Juncus) campestris, Fields Rush, notre Luzule champêtre.

Il en donne la description détaillée dans les page suivantes en signalant que le spécimen, une femelle, provient des collections de Dale et de lui-même "In the cabinets of Mr Dale and the author". Il ajoute :

"This fine species, which is unknown upon the Continent, was discovered by Mr. Dale on Parley Heath the 29th June, 1820, and subsequently at Hurne in Dorsetshire as late as the 16th July. On the 8th June, 1831, I captured a specimen on the side of Ramsdown near Heron Court, in company with Mr. Dale, who soon after described it in Loudon's Magazine under its present name. I understand it has also been taken on Braunton Burrows, Devon, by Mr. Cocks. "

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/34102#page/214/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34102#page/214/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34102#page/214/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34102#page/214/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34102#page/214/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34102#page/214/mode/1up

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Lucas a publié aussi une planche en 1900 :

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Oxygastra curtisii in Lucas 1900 http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12703

Oxygastra curtisii in Lucas 1900 http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12703

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ÉTUDE DU NOM D'ESPÈCE CURTISII, DALE 1834.

l'épithète curtisii, "de Curtis", rend hommage à John Curtis (1791 - 1862), entomologiste et illustrateur britannique dont la plus grande réalisation est sa British Entomology - being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland , que certains considèrent comme l’un des plus beaux ouvrages sur les insectes du XIXe siècle. Ce livre paraît sous forme de livraison mensuelle et par souscription, de 1824 à 1839, chaque livraison comprenant quatre planches et deux pages de texte. Le travail complet se compose de 16 volumes et décrit 769 espèces d’insectes. ( ou 770 plaques coloriées à la main et plus de 2 000 espèces décrites).

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8148#/summary

On attribue souvent à Curtis la deuxième édition d’A guide to the arrangement of British insects being a catalogue of all the named species hitherto discovered in Great Britain and Ireland published qui paraît en 1837. Ce catalogue rassemble toutes les espèces nommées découvertes jusqu’à présent en Grande-Bretagne et en Irlande. Six pages d'introduction sont suivies de 282 colonnes de noms d'insectes, deux colonnes par page, systématiquement organisées et suivies d'un index des genres. Ce travail attribué à John Curtis a en fait été co-écrit par James Charles Dale , Francis Walker et Alexander Henry Haliday ; Haliday et Walker écrivent la quasi-totalité des sections sur les diptères et les hyménoptères parasites . La liste contient 1500 noms génériques et 15 000 noms spécifiques. La Grande - Bretagne et l' Irlande ne sont pas séparés..

Les spécimens peints par Curtis proviennent en bonne partie des collections de Dale ; ou bien, leur capture par J.C Dale est signalée, souvent à New Forest, à Parley, ou de façon générale dans de Dorset. On trouve 29 mentions de son nom dans le 1er volume de 1827, et 40 mentions  dans le volume 4 consacré aux hyménoptères,  neuroptères et trichoptères.


 

Cet épithète se retrouve aussi en mycologie (Paxillus curtisii Berkeley (1853) , Agaricus curtisii Berkeley (1849), en botanique (Eucalyptus curtisii Blakely & C.T.White), Agrostis curtisii Kerguélen , Agrostion curtisii de Foucault 1986, Shorea curtisii ), ou en bactériologie (Mobiluncus curtisii ), ...

Inversement, le nom de Dale a été honoré par un Stylops Dalii Curtis J. 1828 - [mitt. Mitt. Von J. Ch Dale]. British Entomology 5: 195-241. Ainsi que plus tard par Trichopsocus dalii (McLachlan, 1867) , Sisyra dalii McLachlan, 1866 Neuroptera. Famille, Sisyridae.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-a-corps-fin/

"Oxygastra de oxys (gr) = étroit, fin, aigu, pointu et gaster (gr) = ventre : du fait de l’étroitesse de l’abdomen du mâle ou de la présence d’une carène aiguë sur le 10° segment abdominal du mâle ; curtisii en l’honneur de l’entomologiste J.H. Curtis (1791-1862). "

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 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"after John Curtis (1791-1862), English entomologist"


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"curtisii (Oxygastra) - in onore dell’amico di Dale (descrittore della specie): dr. John Curtis (1791 - 1862) "

.
H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non décrit

 

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VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

Non décrit

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NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS VERNACULAIRES EN FRANÇAIS.

 

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1°) La Cordulie de Curtis, de Sélys, 1840, Monographie des libellulidées d'Europe page 68, et 1850, revue des odonates page 77.

Edmond de Sélys-Longchamps écrit qu'il a vu cette espèce dans les collections de Curtis et de Stephens, et qu'il a reçu du "savant entomologiste et habile dessinateur" John Curtis trois dessins des appendices anaux du mâle.

Idem dans Boittard 1843.

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de Sélys, 1840, Monographie des libellulidées d'Europe page 68, num. Google.

de Sélys, 1840, Monographie des libellulidées d'Europe page 68, num. Google.

.

2°) La Cordulie à ventre fin,  Alexanor 1959.

Revue Alexanor, P. André 1959 p.229.

3°) La Cordulie à corps fin, 1983, d'Aguilar et  Dommanget 1985.

C.O. Hammond, R.R. Robinson Askew, R. Merritt, 1983, The Dragonflies of Great Britain and Ireland,

D'Aguilar et Dommanget, 1985,  Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord. Delachaux et Niestlé page 256.

Dommanget, Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France page 57.

Dijkstra, 2007.

SFO

Libellules de Poitou-Charente.

Wikipédia 2018

4°) Oxycordulie à corps fin, INPN

Libellules de Poitou-Charente.

Wikipédia 2018

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MES P'TITES IMAGES.

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http://www.lavieb-aile.com/2018/06/oxygastra-curtisii-l-oxycordulie-a-corps-fin-a-l-ancienne-gare-de-perros-a-crozon.html

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lavieb-aile

lavieb-aile

lavieb-aile.

lavieb-aile.

 

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LES NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES PAYS.

-gallois : gwas orenfrith 

-Catalan : l'Esparver de l'aigua

-Allemand :  Der Gekielte Flussfalke, Schiemenz, 1953

-Néerlandais : De bronslibel

-Anglais :  Orange-spotted emerald

 

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SOURCES ET LIENS.
https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65381/tab/taxo

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
 
 
.
OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&pg=PA173&dq=steinmann+onychogomphus+forcipatus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjJ6bqArLreAhVKExoKHb9cC34Q6AEILDAA#v=onepage&q&f=false
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248 

ou Gottingen.

 

— GEER, (Charles de), 1771 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, .Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica . Tome second première partie 616 pages, ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— LINNÉ 1758 Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824

http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/494/mode/1up

 

MAJORI (Cesare, 1746-1823) , Supplemento alle Lezioni botaniche preso dai due Regni Animale, e Fossile del lettor Cesare Majoli (Tomo I e II), Fano, Biblioteca Federiciana, Fondo Federici, n. 86 e 87.

 (DIONISI 2010/2011).

http://www.fondazionecarifano.it/Ambiente/libellule_metauro/05_libellule_viste_cesare_majoli.pdf

— MERRET (Christopher) 1667 Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

http://books.google.co.uk/books?id=p0SjZ7N6TA0C&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

— MOFFET (Thomas) 1634 Insectorum, sive, Minimorum animalium theatrum. Londini : Ex officin typographic Thom. Cotes et venales extant apud Guiliel. Hope, 1634. BHL.

— PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL. Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

STEPHENS (James Francis), 1835,   Illustrations of British Entomology, Volume 10, Baldwin and Cradock, 1835 page 90

https://www.biodiversitylibrary.org/item/97232#page/100/mode/1up

— VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802, Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 17:53

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PRÉSENTATION.

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Cette baie à 2 lancettes trilobées et un tympan  en forme de fleur de lys à 5 ajours et 8 écoinçons mesure 4,40 m de haut et 1,40 m de large.

Ses deux lancettes forment un ensemble composite :

La lancette de droite, datée vers 1500-1510, nous montre le crucifiement de saint Pierre.

La lancette de gauche, attribué à Jean ou à Engrand Le Prince, verriers de Beauvais, montre saint Claude, ainsi que Claude Ier Le Roux (1494-1536), dans un ouvrage plus tardif réalisé vers 1525 pour la chapelle familiale des Le Roux.

Ce caractère hétérogène résulte d'une recomposition en 1903 par Maurice Muraire. Il restitua (créa) les deux panneaux inférieurs et les couronnements d'architecture et les têtes des lancettes ainsi que les ajours latéraux du tympan auparavant en losanges ou vitreries à bornes 

 

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CLIQUEZ SUR L'IMAGE pour un diaporama sans mes commentaires.

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Elle occupe l'extrémité ouest du bas-coté sud, juste après la baie 26 des Drapiers (cercle 14 du plan ci-contre) puis la chapelle des fonts baptismaux et sa peinture de saint Christophe.

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Plan in guide de l'office du tourisme Seine-Eure

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chapelle des Le Roux et chapelle des Fonts , église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

chapelle des Le Roux et chapelle des Fonts , église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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I. LA LANCETTE DROITE. LE CRUCIFIEMENT DE SAINT-PIERRE

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La lancette de droite, datée vers 1500-1510, nous montre le crucifiement de saint Pierre, la tête en bas, comme le mentionnent les Actes de Pierre et la Légende dorée de Jacques de Voragine.


 

 

"Qui est-ce qui n'aurait pas pleuré quand fut rendue la sentence qui condamnait Pierre à être crucifié et Paul à être décapité ? Tu aurais alors vu la foule des gentils et des Juifs les frapper et leur cracher au visage. » Or, arrivé l’instant où ils devaient consommer leur affreux martyre, on les sépara l’un de l’autre et on lia ces colonnes du monde, non sans que les frères fissent entendre des gémissements et des sanglots. [...]Quand saint Pierre fut arrivé à la croix, saint Léon et Marcel rapportent qu'il dit : « Puisque mon maître est descendu du ciel en terre, il fut élevé debout sur la croix; pour moi qu'il daigne appeler de la terre au ciel, ma croix doit montrer ma tête sur la terre et diriger mes pieds vers le ciel. Donc, parce que je ne suis pas digne d'être sur la croix de la même manière que mon Seigneur, retournez ma croix et crucifiez-moi la tête en bas. »(Légende dorée)

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La source la plus proche de peinture sur verre  (stylistiquement et chronologiquement) est la gravure polychrome des Chroniques de Nuremberg, qui datent de 1493 :

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Cette vignette de l'école nordique s'oppose aux représentations  d'influence italienne du saint vêtu d'un pagne, et souvent inter duas metas, entouré de deux pyramides :

  • Giotto, Polyptyque Stefaneschi (v. 1320), Rome, Pinacotecca Vaticana
  • Massacio Prédelle du polyptyque de l'église du Carmine à Pise, 1426. Berlin, Staatliche M
  • Jean Fouquet, enluminure des heures d'Etienne Chevalier v. 1452 (cf. Nicole Reynaud p. 160-161)

 

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Les deux commanditaires (selon l'ordre de Néron) du martyre se tiennent en arrière : ils se signalent par le luxe de leur habillement, et en particulier de leur coiffure, un chaperon cramoisi à droite, un bonnet rouge et vert à joyau frontal et étoffe damassée à gauche.

Notez le verre à filets rouges, sur les manches du bourreau de gauche. 

Sur le plan technique, ces verres à filets colorés (ou verres vénitiens) ne sont pas des verres rouges dont on aurait abrasé (on dit "gravé") le fin doublage de verre rouge : selon Michel Hérold :

"Seul le soufflage en manchon autorise la fabrication de ces verres précieux, appelés verres vénitiens, ou à filets colorés. Ils sont produits à la façon des verres creux dits filigranés : leur principe est d’intégrer des baguettes, ou des fils de verre, le plus souvent rouges, mais aussi bleus, rose violet, ou autres, dans le verre blanc encore en fusion du manchon en cours de façonnage. On reconnaît ces verres à leur absence de relief et à la régularité des stries globalement parallèles et rectilignes, qui ne peuvent suivre, même dans leur usage le plus habile, ni les choix de coupe, ni le détail du dessin. Ces sortes de « rubans » de couleur sont intégrés dans la matière même du verre, mais en restant le plus souvent en surface ou presque. Avec ces repères, il n’est pas possible de confondre verres vénitiens et travaux de gravure sur verre ou encore avec la peinture à l’émail, qui cherchent souvent à les imiter. En France, ces verres sont repérables d’une façon significative à partir des années 1460 environ, et ne sont plus guère employés au-delà de la décennie 1540-1550. Ils sont vraisemblablement très coûteux, si bien que leur usage désigne des verrières dont l'exécution a bénéficié de soins et de moyens financiers particulièrement importants. Voir  Lafond Jean, 1962, « La technique du vitrail : aperçus nouveaux », dans Arts de France, II, p. 248. Un excellent exemple d’imitation de verre vénitien à l’aide de jaune d’argent et d’émaux peut être signalé dans la scène de la vision de saint Pierre à Joppé de Saint-Étienne de Beauvais (baie 16, 1548).   D’autres verres « précieux » sont en usage au même moment, des verres aspergés (dans ce cas, la pâte, presque toujours rouge, s’est répartie d’une façon plus aléatoire à l’intérieur même du verre), marbrés etc. Tous semblent soufflés en manchon." (Michel Hérold, Le verre des vitraux (xve-xvie siècles) Approche méthodologique)

La finesse du trait des portraits, digne d'un graveur, le dynamisme des gestes, la délicatesse des couleurs (le rose du pourpoint à crevé du bourreau de droite) sont remarquables.

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Le bourreau qui serre les liens retenant le bras gauche est coiffé d'un large chapeau au revers d'hermines, ceint d'un ruban où sont inscrit des chiffres et lettres (1 2 NAZNSN)  pseudo-coufiques cherchant à souligner l'altérité de l'individu, voire son origine hébraïque. Les traits patibulaires du visage vont dans le même sens, tout comme les chausses rayées  et donc condamnables pour la tradition médiévale.

"...la foule des gentils et des Juifs les frapper et leur cracher au visage." (Légende dorée)

n.b Ce type d'inscription, coufique cette fois, peut rendre compte d'une appartenance au peuple Juif sans stigmatisation, comme sur la robe de saint Etienne présentant Etienne Chevalier dans les Heures de ce dernier, enuminées parJean Fouquet vers 1452 .

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Dans le panneau restitué par Muraire, deux anges tiennent les attributs de Pierre, le livre et les clefs.

Le nimbe rouge porte une inscription (XIXe ?) : NORMO NVOS IAVORVM

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La tête de lancette contient une inscription DNE AMO TE : "Domine amo te"

Cette inscription, si elle est d'origine, est intéressante, car elle renvoie à l'évangile de Jean 21:15-19.

Elle est même cruciale, au dessus de cette représentation de la Mort de Simon Pierre, lorsqu'on lit le texte d'où est extrait la citation :

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 Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci? Il lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes agneaux.

 Il lui dit une seconde fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.

 Il lui dit pour la troisième fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit pour la troisième fois: M'aimes-tu? Et il lui répondit: Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.

En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas.

 Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre glorifierait Dieu. Et ayant ainsi parlé, il lui dit: Suis-moi.

Certes, le texte de la Vulgate donne la triple réponse de Pierre sous la forme QUIA AMO TE.

Mais la forme DÑE AMO TE (Domine, amo te, "seigneur je t'aime") est attestée dans la relation de l'évangile de Jean dans  l'Historia Scholastica de Petrus  Comestor (Pierre le mangeur) dans une édition de 1500 et une autre de 1526. Nul doute qu'on puisse  trouver également dans l'un des 800 manuscrits antérieurs, ou dans des éditions non disponibles en ligne, de cette œuvre majeure par sa diffusion depuis sa rédaction au XIIe siècle.

La version de la Scholastica publiée par Migne donne Domine amo te.

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Cette inscription transforme la représentation picturale en une profonde méditation (qui résonne avec le triple Reniement) sur le martyre de Pierre, tandis que la ceinture spectaculairement placée au centre du panneau (avec sa boucle à ardillon acéré, les fleurs des œillets et son passant noué) ou les quatre cordages entravant le saint viennent scander les mots ET ALIUS TE CINGET, ET DUCET QUO TU NON VIS pourtant invisibles.

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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II. LA LANCETTE GAUCHE : SAINT CLAUDE PRÉSENTANT CLAUDE LE ROUX EN DONATEUR.

 

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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C'est une mise en scène très traditionnelle d'un donateur, dans laquelle celui-ci, agenouillé devant un prie-dieu (ici en pierre), est présenté par son patron. L'inscription ST CLAUDE ayant identifié le saint évêque (ou plutôt l'archevêque car il tient une croix processionnale à deux traverses, et non une crosse) — Saint Claude fut archevêque de Besançon— , il est logique d'identifier le donateur comme Claude Le Roux, puisque la baie occupe l'emplacement de la chapelle de la famille Le Roux.

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LA FAMILLE LE ROUX. 

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La famille Le Roux, originaire de Louviers, favorisa de ses dons plusieurs églises . Cette famille est présentée ici par Prévost (c'est un abrégé de son texte)

 "...la persistance, pendant trois siècles, d'une richesse exceptionnelle, permettant aux membres de cette famille de donner l'essor à leurs aspirations vers les arts.

Ce double phénomène se rencontre, en Haute-Normandie, pendant les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, dans la famille Le Roux, qui porta, entre autres noms, ceux de Le Roux du Bourgtheroulde, Le Roux de Tilly, Le Roux de Saint-Aubin, Le Roux d'Acquigny et Le Roux d'Esneval; famille à laquelle sa fortune, ses alliances, ses services dans la robe, dans l'armée et dans la diplomatie ont donné un éclat exceptionnel et un rang hors de pair parmi la noblesse normande pendant les trois derniers siècles.

Rien que dans le cours du XVIe siècle, il n'est pas, dans l'étendue des départements de la Seine-Inférieure et de l'Eure, moins de quatorze édifices dans lesquels nous ne trouvions le nom des Le Roux, et, sans doute, il nous en est échappé. ( Citons, de suite, l'hôtel du Bourgtheroulde à Rouen, et le château de Boisset-le-Châtel)

Il est vrai que tous ne sont pas leur œuvre exclusive il est certain que toutes ces oeuvres ne sont pas de premier ordre; malheureusement, nombre de ces oeuvres n'existent plus aujourd'hui. Mais, parmi ce qui subsiste, il en est qui sont des joyaux artistiques, de nature à faire amèrement regretter ce qui a disparu .

Tout à l'heure, nous passerons en revue, dans une rapide énumération, ces œuvres, de mérite et d'importance diverses.

Auparavant, voyons quelles sont les origines de cette famille si heureusement, si exceptionnellement douée, sous le double rapport du sentiment artistique et de la richesse cherchons, s'il est possible, dans quel milieu et dans quelles conditions se sont développés l'un et l'autre.

Denis Le Roux était seigneur de Becdal, en 1455 ; Il avait acquis ce petit fief, en 1443, au prix de 100 livres tournois, plus 60 sols de vin. Dans l'acte du 14 juillet 1456, il est qualifié conseiller en cour laye.

Divers autres documents le mentionnent comme exerçant, soit successivement, soit cumulativement, à Louviers, les fonctions de receveur de Mr l'archevêque de Rouen, seigneur de Louviers, conseiller de Mgr l'archevêque, procureur de M. l'archevêque avocat et conseiller de Monseigneur. A ces derniers titres, il recevait des gages annuels de !0 livres.

Sa femme s'appelait Guillemette Du Buisson Tous deux obtinrent, en 1428, l'autorisation de reconstruire, en en changeant légèrement la place, un pont sur la rivière d'Eure pour faire communiquer divers héritages, bornés par Phlipote, veuve de feu Guillaume Du Buisson, mère d'icelle femme.

C'est, très vraisemblablement, lui qui, de concert avec trois autres habitants de Louviers, signa la capitulation de Louviers avec le roi d'Angleterre, en 1431.

Denis Le Roux fut inhumé à Louviers.

Son fils Guillaume est qualifié seigneur de Becdal, de Villette et d'Escrovitte il acheta les fiefs de la Fontaine-près- Tilly et de Vironvé.

Dés 1450, on le trouve remplissant les fonctions de vicomte d'Elbeuf pour le compte des seigneurs d'Elbeuf. A la fois administratives, fiscales et judiciaires, ces fonctions, dont le nom n'avait rien qui emportât une distinction nobiliaire, étaient, en revanche, fort lucratives. Le vicomte d'une grande seigneurie était, à vrai dire, le représentant, le fondé de pouvoir et le principal officier du seigneur. Souvent, il était en même temps son secrétaire et son intendant.

Il avait épousé Alison du Fay. Il semble qu'il vivait encore en 1490. Il fut, comme son père, inhumé à Louviers .

Aucune qualification nobiliaire n'accompagne jamais le nom de Denis Le Roux dans les actes le concernant qui sont venus à notre connaissance. Il en est encore ainsi de ceux qui touchent son fils Guillaume, au moins pendant une certaine partie de son existence

Dans quelques actes de la fin du XVe siècle, au contraire, le titre d'écuyer suit le nom de Guillaume Le Roux.

De ce rapprochement nous sommes porté à conclure que Guillaume Le Roux, vicomte d'Elbeuf, propriétaire de plusieurs seigneuries, sera devenu noble, comme quelques centaines au moins de familles normandes, en vertu d'un édit de Louis XI, du mois de novembre 1470, par lequel tous les non nobles, possesseurs de fiefs à cours et usages  furent déclarés. anoblis en masse, par le seul fait de cette possession.

3. Guillaume I" Le Roux eut pour fils Guillaume II, qui fut seigneur des mêmes terres que son père, et acquit, en outre, celles de Bourgtheroulde, de Tilly, du Val, de Lucy et de Sainte-Beuve .

Il succéda également à son père dans ses fonctions de vicomte d'Elbeuf et, vraisemblablement, il était lieutenant général du vicomte d'Elbeuf, son père, en 1490.

Lorsqu'en 1499 l'Echiquier fut déclaré permanent, il fut appelé à y siéger comme conseiller.

Il avait épousé, en 1483, Jeanne Jubert, fille du lieutenant général du bailli de Gisors, et en eut seize enfants. Il mourut en 1520

Il a fait bastir la maison de Rouen paroisse Saint-Eloi, dit la généalogie recueillie dans les manuscrits Bigot . Il fit élever dans ses terres de Bourgtheroulde, de Tilly, de Lucy, de Sainte-Beuve,. etc.

Nous rappellerons les noms de trois seulement de ses enfants nous les retrouverons, en effet, souvent en parlant des œuvres d'art ou des monuments dus à l'initiative de leur famille:

4a . Guillaume, l'aîné, seigneur du Bourgtheroulde, abbé d'Aumale, prieur du Mont-aux-Malades-lèsRouen, chanoine de la cathédrale de Rouen, renonça à ses droits d'aîné en faveur de son frère Claude, et mourut en 1532.

4b Claude, vicomte d'Elbeuf, puis conseiller au parlement après la mort de son père, épousa, en premières noces, Jeanne Calenge, fille de Jean, sieur d'Infreville. Il fut seigneur de Tilly, puis du Bourgtheroutde et mourut en mars avant Pâques 1537.

4c Nicolas, sieur de Saint-Aubin-d'Escroville et de Becdal, fut conseiller-clerc au parlement de Rouen, abbé d'Aumale par la résignation de son frère Guillaume, et prieur du Mont-aux-Malades, chanoine de Notre-Dame de Rouen, et mourut doyen de Notre-Dame en 1565

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Dès lors, la famille, qui prend d'abord les noms de Le Roux du Bourgtheroulde et de Le Roux de Tilly, a conquis un rang distingué dans la ville de Rouen et dans le parlement de Normandie, au sein duquel elle ne compte pas moins de dix alliances ou parentés plus ou moins rapprochées. Elle se trouve la première, sous le rapport de la richesse, parmi les familles de robe.

Cette circonstance, secondaire en elle-même, si l'on veut, va lui permettre de donner l'essor à ses goûts pour les constructions civiles ou religieuses, la peinture sur verre, les objets d'art, les somptueux ameublements.  D'où venait cette opulence ? Il ne semble pas qu'elle ait ses origines dans des opérations commerciales ou financières hardies et couronnées par le succès. L'une de ses sources doit provenir des fonctions exercées par Denis Le Roux, par Guillaume son fils, et, aussi, par les générations suivantes. Conseiller, avocat, procureur de l'archevêque de Rouen à Louviers, ce pouvait être des fonctions très lucratives non pas par les émoluments fixes qui y étaient attachés, mais parce qu'elles comportaient un peu le rôle de banquier, d'intendant, quelque chose comme les responsabilités et, conséquemment, les profits des fonctions de fermier généra! .u siècle dernier, ou de trésorier général sous le premier Empire.

Il en était de même de la charge de vicomte dans une grande seigneurie comme Elbeuf; surtout quand on la cumulait avec celle d'intendant d'une maison quasi princière comme celle de la comtesse de Vaudemont.

Ainsi s'explique ce fait, que, longtemps après son entrée au Parlement, la famille Le Roux du Bourgtheroulde a conservé ces fonctions lucratives de vicomte d'Elbeuf'. En effet, Guillaume 11 les a exercées avant d'aller s'asseoir sur les bancs de l'Echiquier. En y montant, il les a laissées A son second fils Claude. Mais, comme celui-ci était encore trop jeune pour les remplir lui-même, son beau-père (ou futur beau-père) a géré la vicomté d'Elbeuf jusqu'à ce que Claude eût atteint l'âge requis. Claude l'a ensuite reprise jusqu'au jour où, son père Guillaume II venant à mourir (1520), il lui a succédé comme conseiller au parlement, abandonnant alors à un de ses frères ce fructueux office de vicomte d'Elbeuf.

Les alliances contractées par divers membres de cette famille ont aussi dû contribuer à l'enrichir.

Guillaume avait, on s'en souvient, épousé Jeanne Jubert. Cette famille devait être riche. Le père de Jeanne, lui aussi, avait contribué, de sa bourse, à des travaux à l'église de Vernon. Son opulence, sans doute, avait excité l'envie de quelques mécontents, dont l'un tenta de le faire inscrire aux rôles de la taille comme se mêlant du fait de marchandise (en 1~82). Mais la cour des aides repoussa cette prétention, et plusieurs bourgeois attestèrent que Guillaume Jubert était noble et issu de parents nobles et n'avait jamais fait le commerce

Il est temps, maintenant, d'énumérer les édifices auxquels est attaché le nom d'un des membres de cette famille constructions privées, hôtel et châteaux, élevés exclusivement par eux, à leurs frais et pour eux monuments religieux a l'édification,ou même, simplement, à la décoration desquels ils ont pris une part quelconque.

Toute classification méthodique aurait ses inconvénients et ses dangers. On ne peut suivre l'ordre personnel, plusieurs générations ayant pu coopérer au même monument et, surtout, l'auteur de quelques-uns ne pouvant parfois être nettement déterminé. La valeur artistique relative de chaque œuvre serait un procédé téméraire.

Il est plus simple d'énumérer, dans l'ordre  chronologique, chacune de ces œuvres.

— ÉGLISE DE NOTRE-DAME DE LOUVIERS. Louviers a été considéré par les Le Roux du Bourgtheroulde comme le berceau de leur famille. Non seulement Denis, mais encore Guillaume I (vicomte d'Elbeuf) y furent enterrés. En 1510 Guillaume II, conseiller au Parlement de Normandie, en souvenir sans doute de son père et de son grand-père, délaissa à l'église de Notre-Dame la somme de cinquante livres . En outre, il donna à cette église un, sinon plusieurs vitraux, dont l'un représente la Vierge et saint Nicolas.

Ses armes – d'azur au chevron d'argent accompagné de 3 têtes de léopard d'or posées 2 et 1 – se voient sur une des fenêtres, et sur une autre elles sont parties de celles de sa femme Jeanne Jubert, dont la famille portait coupé : d'azur à 5 rocs d'argent et d'azur à la croix d'or.

II parait, ajoute un historien de Louviers, qu'à cette époque la famille Le Roux fit de nombreuses donations à l'église de Notre-Dame, car ses armes se retrouvent encore sculptées sur les clefs de voûte des sous-ailes du coté du sud.

ÉGLISE SAINT-JEAN D'ELBEUF.

un des membres de la célèbre famille parlementaire des Bigot, cette généalogie porte, en effet, que Guillaume [~ « a fait bastir la chapelle de Notre-Dame en l'église Saint-Jean d'Ellebeuf, où il est représenté avec sa femme en la vitre de darriére l'autel, et leurs armes sont en la voute, et Guillaume son fils aisné et sa femme sont représentés aux deux autres vitres avec leurs enfants; tous avec leurs armes.

HÔTEL DU BOURGTHEROULDE  A ROUEN. A lui seut, un tel monument suffirait à illustrer la famille qui en a doté sa ville.

SAINT-SEBASTIEN-DE-PREAUX. 

CHAPELLE SUR LE FIEF DE L'ESPREVIER. 

Le BOURGTHEROULDE. -L'Eglise. -Le Bourgtheroulde est une des premières seigneuries importantes acquises par la famille Le Roux qui, immédiatement, en prit le nom. Renonçant à Louviers, leur berceau, plusieurs s'y firent enterrer Vraisemblablement donc, ils durent faire réédifier l'église, au moins en partie.

SAINTE-BEUVE-EN-RIVIÈRE. 

BOISSET-LE-CHATEL. Seul des superbes bastimens dont nous parlons, le château de Boisset est encore debout. [voir https://chateaudetilly.fr/histoire/]

ABBAYE DE SAMT-MARTIN D'AUCHY LES-AUMALE. –

SAINT-AUBIN-D'ESCHEVILLE. 

EGLISE SAINT-ETIENNE-DES-TONNELIERS, A ROUEN. Messieurs de Tilly, dit un ancien historien de Rouen, ont beaucoup contribué à faire la nef (de cette église). Ils en ont donné la première et la dernière arcade. Leurs armoiries s'y voient encore, aussi bien qu'à la grande vitre qui est derrière la contretable qu'ils ont fait faire de même. Jeanne Çhalenge, première femme de Claude Le Roux de Tilly, y fut inhumée en t t.

 EGLISE D'INFREVILLE-PRËS-LE-BOURGTHEROULDE. –"

 

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En effet, c'est grâce aux libéralités de Guillaume Le Roux qu'en l'église de Louviers, on entreprit une nouvelle façade côté sud avec un grand porche réalisé à partir de 1506. 

C'est à l'extrémité ouest de cette façade su que semble s'être concentré l'effort de mécénat de la famille Le Roux et de ses alliances :

La chapelle de la famille se trouvait au niveau des deux dernières travées du bas-coté sud, à coté de  la fresque de Saint-Christophe, en  la chapelle des fonts, qui fut offerte par le bailli Jehan de Chalenge, beau-père de Claude Le Roux. On trouvait dans la chapelle de la famille Le Roux les panneaux anciens actuellement en place en baie 19,  avec la verrière à grands personnages offerte par Guillaume le Roux et Jeanne Jubert, où ils figurent en donateurs avec leurs armoiries et où Claude Le Roux est représenté. Ou encore les panneaux de Saint Nicolas avec les armoiries de Guillaume II, actuellement en baie 17. On décrit ainsi la chapelle Saint-Nicolas fondée par Nicolas Le Roux ; et la chapelle Saint-Claude fondée par Claude Le Roux, en 1500.

La famille Le Roux offrit aussi des vitraux  à Bourgtheroulde (trois verrières commandés sans doute aux le Prince), à Infreville,  et à Saint-Vincent de Rouen (4 verrières).

Rappel : 

Guillaume II Le Roux, Conseiller de l'échiquier de Rouen, président à mortier du parlement de Rouen, Vicomte d'Elbeuf, époux en 1487 de Jeanne Jubert, d'où

Claude Le Roux, seigneur de Bourtheroulde & Tilly, conseiller en la cour du parlement décédé en 1537, époux de Jeanne Chalenge, dame de Cambremont & Infreville décédée en 1531, d'où

Claude II Le Roux, Conseiller du Roi en son parlement de Rouen, maître des comptes à Rouen, époux en 1551 de Marie Potier

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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L'inscription présentée dans un cartouche par un putti n'est pas facile à déchiffrer, en raison des plombs de casse. D NF SOIT MOT ?  Les deux mots extrêmes comportent des tildes abréviatifs pour omission de N. Je lis :

-- N~F SOIT MÕT. l'inscription est a priori en français. La devise des Le Roux ?? Elle dit Expugna impugnates me domine.

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Le vitrail est attribué à Jean Le Prince ou à son fils Engrand, dont on reconnaît immédiatement l'usage virtuose du jaune d'argent.

Jean Lafond écrivait : 

 "Le Saint Claude de Louviers  a endossé une chape de drap d'or. Pour s'harmoniser avec ce somptueux vêtement  sa dalmatique d'or pâle se réchauffe d'une large tache orangée, appliquée sur la manche droite, et dont le contour, très nettement arrêté, suit la courbe du pli principal. En haut, c'est à dire dans l'ombre de la chape,  cette tache est presque rouge."

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On remarquera aussi les fabriques sur verre bleu (teinté de vert par le jaune d'argent) et le verre violet. Ou encore ces visages si particuliers, .

Il se trouve (hasard?) que l'atelier des Le Prince connaît bien saint Claude, puisque Engrand a réalisé un vitrail de saint Claude, patron des Tanneurs, à Gisors en 1526 et que Nicolas, fils d'Engrand, a consacré à sa Vie une verrière pour l'église Saint-Etienne de Beauvais en 1527 .

 

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Le donateur est coiffé d'un bonnet à trois pointes et vêtu, au dessus d'une robe bleue, d'une houppelande rouge aux manches et à la bordure inférieure fourrée. Les chausses vert tendre et les chaussures roses rappellent les tenues des drapiers sur la baie 26. 

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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Enfin, dans la partie basse, restituée, deux anges aux ailes rouges ou violettes nous informent de ceci :

RESTAURATION  OFFERTE PAR Mlle. JULES GILLES NÉE O DUTUIL [??]  EN 1903.

Cette dame avait offert un vaste terrain rue Pampoule pour y construire une école catholique des Frères, en 1888.  

 
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Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24 (1500-1510 ; vers 1525, 1903), église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE TYMPAN
 

 

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Vierge à l'Enfant (tête de la Vierge restituée).

Le Christ portant le bois de la croix.

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La verrière de saint Claude de l'église de Louviers.

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SOURCES ET LIENS.

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 Office du tourisme Seine-Eure :

http://www.tourisme-seine-eure.com/images/06-QUE-FAIRE/1-culture-patrimoine/B1.2-ND-Louviers/Circuit-Bilingue-EGLISE-ND-LOUVIERS.pdf

 

— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171

— FOSSEY (abbé Jules), 1896, L'église Notre-Dame à Louviers, La Normandie monumentale., page 6

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f16.image.texteImage

 

— HÉROLD (Michel),1995,  Louviers, église Notre-Dame, les verrières, Rouen, 16P (Nonconsulté)

— LAFOND Jean, 1963, Les vitraux de Notre-Dame de Louviers, par Jean Lafond . Louviers et Pont-de-l'Arche. Nouvelles de l'Eure, n° 15, Pâques 1963. (pp. 42-47). Non consulté.

— LE MERCIER (E.)  Monographie de l'église Notre-Dame de Louviers Ch. Hérissey et fils, 1906 - 212 pages 

—  PREVOST (Gustave-Amable ), 1896, L'influence de la fortune et de l'initiative privées sur l'architecture : une famille normande et la Renaissance en Haute-Normandie, impr. de C. Hérissey (Évreux) pages34 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5502915c/f37.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63528p/texteBrut

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 12:35

Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

 

 

 

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GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

Nom de genre Onychogomphus, Sélys, 1854 :  vient du grec ὄνυξ, ónyx  (onux, onukhos)  "ongle, serre, griffe" , associé à  -gomphus. Il signifie donc   :  "gomphus à ongle, gomphus à crochet " du fait de la forme des appendices anaux des mâles ;  -gomphus vient du grec  gomphos = "clou, coin, cheville" du fait de la forme en massue de l'abdomen des mâles). 

— Nom d'espèce O.  forcipatus, Linnaeus, 1758, Syst. nat. :545  :  du latin forceps, ipis, "tenailles, pinces " appliqué par Linné aux appendices anaux des mâles dans sa description (Fauna suec. 1746 p.265) Mas cauda forcipata, duobus unguibus majoribus, oppositis,. D'où  : "libellule dont les appendices anaux du mâle sont en forme de pinces".  

— Noms vernaculaires français : 1. "La Caroline", Geoffroy 1762 ; 2. "La Demoiselle à taches d'un verd céladon", De Geer, 1752-1778. 3. "Le Gomphus unguiculé", Sélys, 1840 ; 4. "Le Gomphus à tenailles", Sélys, 1850 ;  5. "Le Gomphe à pinces", P.A. Robert 1936 ; 6. "L'onychogomphe à pinces", Dijkstra, 2007 ; 7.  "Le Gomphe à forceps" Précigout 2009, et INPN.

— Noms vernaculaires dans d'autres langues : 

-en Catalan : el tallanassos petit,

-en Allemand : Kleine Zangenlibelle, "petite libellule à pinces", Schiemenz, 1953

-en Néerlandais :  Kleine tanglibel

- en Frison : Lytse tongerbout

- en Suédois : Stenloddsländend

-en Anglais : the small pincertail , ou green-eyed hook-tailed dragonfly

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I. LE NOM SCIENTIFIQUE : ONYCHOGOMPHUS FORCIPATUS, LINNAEUS, 1758.

A. Le nom de genre Onychogomphus Selys, 1854.

http://www.lavieb-aile.com/2018/02/zoonymie-du-nom-de-genre-onychogomphus-selys-1854.html

SELYS-LONGCHAMPS (Edmond de), 1854, Synopsis des Gomphines, Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. t.XXI(2) pp 23-112 page 33

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/605/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/612/mode/1up

.

B. LE NOM D'ESPÈCE FORCIPATUS, LINNAEUS, 1758.  

.

Libellula forcipata Linnaeus, 1758 :  Linnaeus (1758) . [Description originale] Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824. : 545.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/25034356#page/555/mode/1up

.

Description originale :

Forcipata 11 L[ibellula]. thorace nigro characteribus variis flavescentibus. 

Fn. svec. 771

Pet. mus. 84. n.. 819.

Reaum, ins. 4. t. 10. f.4 et 6. t. 35. f.5. 

Habitat in Europa. 

.

Voir le Spécimen de la collection linnéenne : http://linnean-online.org/19717/

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Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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LES RÉFÉRENCES DE LINNÉ POUR LIBELLULA FORCIPATA.

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1°) Fauna suecica 1746 n°771.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/265/mode/1up

771 . LIBELLULA thorace luteo-virescente : lineis nigris, abdomine nigricante : characteribus flavis, 
-Reaum. Gall 4. t 10, f. 4, 

-Merr. pin. 197. Libella maxima lutea, cum 4. vel 5 . spinis in caudae extremitate, 
-Pet. mus.84.. n. 819. Libella major, corpore compresso flavescente, 
Habitat ad Aquas. 
DESCR. Est inter maximas, Mas cauda forcipata, duobus unguibus majoribus, oppositis, & duobus mucronibus subjectis, parvis. Thorax viridi- flavescens , anterius ad alarum exortum , versus caput, tribus nigris lineis duplicatis notatus. abdomen cylindricum, nigrum, octo constans articulis, a tergo linea flava longitudinali inscriptis , quae 6 priores articulos exarat, non vero 7 & 8, Singulum segmentum ad latera macula flava transversa, & alia minore incurva Iongitudinali insignitur , quae maculae evidentiores in foemina , quam in mare. Foemina cauda duobus mucronibus armatur ; Maris vero quatuor. Maris genitalia sub , vel in primo abdominis segmento, foeminas vero fub vel in ultimo segmento, uti omnibus congeneribus. Alae aqueae, puncto marginali & linea transversa in medio. 

.

C'est dans la description de cette espèce dans le Fauna suecica, et non dans la brève diagnose du Systema naturae, que Linné utilise le terme forcipata et donne ainsi l'explication de son épithète spécifique.

Je traduis ainsi le début de cette description : est inter maximas, Mas cauda forcipata, duobus unguibus majoribus, oppositis, & duobus mucronibus subjectis, parvis.

"Elle est parmi les plus grandes [Libellules]. La queue du mâle en forme de pince, les deux ongles les plus grands en opposition, et les deux plus petits ---."

Linné reprend peut-être en la corrigeant la diagnose de Merret, qu'il cite : 4 vel 5 spinis in caudae extremitate, "4 ou 5 épines à l'extrémité de la queue."

 

 

 

Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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2°) Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes .Volume 4, 1738.  Planche  10. figure 4

 

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Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

.

2bis) Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes .Volume 6, 1742.  planche 35 figure 5 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/685/mode/1up

.

Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

.

3°) James Petiver, Musei petiveriani insectorum, 1695-1703, page 84 n° 819

.

Libella major, corpore compresso flavescente,  L. max 4 Moffet p.66. Fig. 4, page 67. Id, A.941 F.6. L.Max 4.lutea, cum 4 vel 5 spinusis in caudae extremitate, Merr. Pin. 197. an Perla 9 Aldrovandi, Insect. Page 305 Fig. 9 id Fr. 119. tab 5 Fig.9 ? Jonston Insect. Tab.17, Fig. 3. F. ultima ?

I take this and the last to be Male and female.

James Petiver renvoie, en référence, aux auteurs suivants :

Linné, comme son disciple Fabricius se refusent à donner en référence des auteurs trop anciens et trop imprécis, comme Thomas Moffet et Ulisse Aldrovandi.

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Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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4°) Christopher Merret, 1667, Pinax rerum...page 197 : 

Libella   n°4. lutea, cum 4 vel 5 spinusis in caudae extremitate 

"jaune, avec 4 ou 5 petites épines à l'extrémité de la queue"

.

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ÉTUDE DU NOM : FORCIPATUS.

L'épithète se réfère à la description donnée par Linné dans Fauna suecica de 1746 : Mas cauda forcipata, duobus unguibus majoribus, oppositis, & duobus mucronibus subjectis, parvis. Il se traduit par "en forme de pinces" et se réfère aux appendices anaux (unguibus) des mâles.

La forme féminine forcipata, accordé au genre Libellula, devient forcipatus en s'accordant au genre Gomphus, puis au genre Onychogomphus.

a) Forcipata :

https://en.wiktionary.org/wiki/forcipatus

Gaffiot forceps, ipis, "tenailles, pinces [de forgeron]", "forceps" 

—Johann Ramminger :  "forcipatus, -a, -um – in Form einer Zange: NEBRIJA comm Prud perist 10,73 vngvlis bisvlcis: idest bifidis aut forcipatis." ("en forme de pince"  : ungulis bisulcis : idest bifidis aut forcipatis = avec des sabots fendus, c'est à dire bifide ou en forme de pinces").

b) Unguibus :

du latin unguis, "ongle" du grec onyx 

https://fr.wiktionary.org/wiki/unguis

Gaffiot donne aussi "grappin, crochet"

.

 

 

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

Comme d'habitude, H. Fliedner est le plus précis et le plus juste..

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/gomphe-a-forceps/

"Onycho de onyx (gr) = serre griffe du fait de la forme des appendices anaux des mâles ; gomphus de gomphos (gr) = clou, coin, cheville du fait de la forme en massue de l’abdomen des mâles ; forcipatus (lat) = muni de tenailles, pinces (forceps) ; les appendices anaux des onychogomphus sont en forme de pinces ou de forceps."

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 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. forcipatus, -a, -um = armed with pincers [forceps = pincers]  for the shape of the male's appendages"


.
D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"forcipatus (Onychogomphus) - forceps, forcipis = pinza, tenaglia. Per la forma dei cerci"

.
H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Onychogomphus [gr. onych* = anything like a claw] has its name after the subspecies O. forcipatus unguiculatus (Vander Linden) [l. equipped with little claws; which is an allusion to the special form of the male’s exterior appendices], for l. unguis is the equivalent of gr. onyx. "

 

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VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 "Forcipatus : met forceps (tangen)

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II. NOMS VERNACULAIRES EN FRANÇAIS. 

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1°) La Caroline, Geoffroy 1762.

 

Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Tome 2 / ; dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome second,  A Paris, chez Durand, rue du Foin, le premiere porte cochere en entrant par la rue S. Jacques, au Griffon. M. DCC. LXII. Avec approbation et privilége du Roi. pages 228-229

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51067#page/238/mode/1up

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f238.item

"13. LIBELLULA thorace luteo-virescente , lineis nigris ; abdomine nigricante characteribus flavis. Linn. faun.fuec. n. 771. 
-Linn.syst. nat. edil. 10, p. f4S , n. 11. Libellula forcipata. 
-Petiv. mus. S4 , n. 8 i.y. Libella major, corpore compresso flavescente. 
-Merr.pin. 97 , n. 4. Libella maxima lutea , cùm 4 vel 5 spinis in extremitate caudae; 
-Reaum. ins. tom. iv , tab. 10 ,f. 4 , fr tom. v'y. tab. 3 <j ,fg. j. 
-Rosel. inf. vol. i , tab. 5. Insect. aquatil. clajf. 1. 
La Caroline. 
Longueur 13 lignes. 
Sa tête est jaune & a de gros yeux bruns. Son corcelet est aussi d'un jaune tirant un peu sur le vert , avec trois lignes noires de chaque côté qui descendent obliquement de l'extérieur vers l'intérieur. Le ventre qui est fort long & brun est composé de neuf anneaux. Sur le dos du ventre dans le milieu est une bande jaune , mais qui se termine au sixième anneau , fans aller fur les trois derniers. De plus tous les anneaux ont fur les côtés deux taches jaunes, une au haut de l'anneau plus petite & transverse , l'autre plus bas , longitudinale , un peu courbe , & dont les pointes regardent le dessous du corps. Les ailes font transparentes ; sans couleur ; & elles ont la tache oblongue &noire du bord extérieur. On trouve cette espèce avec les autres dans les prés & les endroits aquatiques."

Pour nommer en français ses 15 espèces de Libellules, Geoffroy a commencé par reprendre les noms données par Linné, dans Fauna suecica, à deux espèces rendant hommage à la reine Louise-Ulrique de Suède, puis il a poursuivi cette veine des prénoms féminins, avec des intentions parfois devinables. Ce n'est pas le cas ici.

Geoffroy latin par Fourcroy : https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n235/mode/2up

 

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2°) La Demoiselle à taches d'un vert céladon,  Charles de Geer, [1752-1778].

Charles de Geer, 1752-1778, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, tome 2 partie 1, Xe mémoire.  page  690

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f700.image.r=.langFR

"La couleur de cette Demoiselle est noire, mais le corcelet est tout plein de taches irrégulières et de rayes d'un verd céladon, de sorte qu'il est fort bigarré".

Le vert céladon, vert tendre, pâle et bleuté, fait référence à la couleur du costume du berger Céladon, dans le roman précieux l'Astrée.

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3°) Le Gomphus  onguiculé, de Sélys, 1840.

Monographie des Libellulidés d'Europe, page 80.

La Libellula forcipata a été renommée Aeshna onguiculata par Vander Linden en 1820, et Gomphus onguiculatus par de Sélys en 1840 dans cette Monographie. Fidèle à son usage, de Sélys traduit littéralement en français le nom scientifique.

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4°) Le Gomphus à tenaille,  de Sélys 1850

Selys-Longchamps, Edmond de (1813-1900), 1850, Revue des odonates ou libellules d'Europe / par Edm. de Selys-Longchamps,... ; avec la collaboration de M. le Dr H. A. Hagen,...ed C. Muquardt (Bruxelles), Roret (Leipzig), page 98

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f126.image

Texte : 

"8. Gomphus forcipatus L. , le Gomphe à tenailles."

Cette description est précédé d'une longue explication :

 

"N . B. M. Hagen dans la Gazette entomologique de Stettin , (juillet 1844 , p. 257 ), a publié une savante exposition de ce qui concerne la L. vulgatissima de Linné. Je résumerai son opinion en restituant cependant le nom de vulgatissimus , partout où il a adopté celui de forcipatus, et en écrivant forcipatus , là où il a admis unguiculatus.

L. vulgatissima de Linné dans la 1ère édition de la Fauna suecica est probablement un individu non adulte de la scotica.

Dans la 10° édition du Systema Naturæ , c’est le Gomphus vulgatissimus (forcipatus , Hagen).

Dans la 2° édition de la Fauna c’est une confusion des deux descriptions précédentes.

La L. Forcipata dans le Systema, édition 12e, comprend à la fois les Gomphus forcipatus (unguiculatus, Hagen) , et vulgatissimus (forcipatus,Hagen).

La vulgatissima (Olivier , Encyclopédie), est bien cette espèce (forcipatus, Hagen) ; il en est de même de celle de Panzer , mais ce dernier cite comme variétés le forcipatus ( unguicutatus, Hagen), et le serpentinus.

Dans la collection Gyllenhall, le forcipatus (unguiculatus, Hagen) est bien nommé; il en est de même dans le musée Thunberg, mais on trouve aussi dans ce dernier un Cordulegaster annulatus appelé du même nom.

Enfin dans le musée Lund Schestedt (Fabricius) la Libellula Sabina de Drury , ou une espèce voisine porte le nom de vulgatissima, la Libelulla gibba de cet auteur , est aussi la Sabina ou une voisine tout-à-fait exotique, du groupe de la trinacria. (Voyez l’article de la L. ampullacea à l'appendice).

Ayant examiné en août la collection de Linné à Londres , j’ai reconnu que les auteurs anglais ont eu raison d’attribuer le nom de vulgatissimus L. au forcipatus des auteurs récents. Il y a en effet un mâle étiqueté de la main de Linné lui-même , et une semblable étiquette, désigne comme forcipatus, unguiculatus de Vanderlinden (l'hamatus, Charp.), et en effet ce nom de forcipatus convient très-bien à la forme des appendices anals du mâle de l'unguiculatus, et ne s’appliquerait que fort mal au mâle du vulgatissimus du présent article, auquel on ne doit plus hésiter à restituer définitivement son nom Linnéen."

Surtout, Sélys décrit ici page 96, juste avant G. forcicatus, le Gomphus uncatus Charpentier 1840 sous le nom de "Gomphus à crochet". Cette espèce est très proche du "Gomphus à tenailles" mais les appendices anaux du mâle n'ont pas de dent subterminale, et le 8e segment abdominal a constamment une tache triangulaire basale.

 

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4°) Gomphe à pinces, P.A. Robert 1936.

ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères, Delachaux et Niestlé page 128.

Paul-André Robert (1901-1977) était un artiste et naturaliste suisse. Paul-André Robert est né en 1901, en Suisse, près d'Orvin, au «Jorat». D'une famille de peintres - Léopold, son grand-père ; Aurèle, son grand-oncle, Léo-Paul, son père - Paul-André Robert, neuvième enfant d'une famille de dix, commença très tôt à dessiner. Son père, non seulement l'initia à l'art mais l'encouragea aussi à l'observation des petites bêtes. Il avait aménagé dans sa maison une véritable «cité de cages à chenilles» qu'il présenta, avec son fils, à des expositions.  Dès l'âge de 16 ans il avait commencé à travailler sur une monographie monumentale sur les larves de libellules d’Europe . Très jeune, séduit par la lecture de Fabre, Paul-André observe avec passion les insectes et, en particulier, les libellules sur lesquelles il publiera un livre de qualité qui lui vaudra, en 1973, le titre de Docteur honoris causa de l'université de Neuchâtel.
En Europe, on le connaît principalement pour son ouvrage Les Libellules, paru en 1958.

C'est le premier auteur a se soucier de créer des noms vernaculaires d'insectes en langue française au XXe siècle, bien avant les efforts de H. SCHIEMENZ, en 1953, pour proposer des noms de libellules en allemands.

Ce nom est repris actuellement par de nombreux auteurs, notamment Grand et Boudot 2006, et le site (consulté ce jour) de l'INPN.
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5°) L'Onychogomphe à pinces (Dijkstra 2007)

On le trouve dans le Guide des Libellules de K.D.B. Dijkstra (2007) puis dans Libellules de Poitou-Charentes, 2009. C'est le nom qui figure dans l'article Wikipédia.

6°) Le Gomphe à forceps.

Le nom  est employé dans Libellules de Poitou-Charentes, 2009, et sur le site de l'INPN. Certes notre substantif "forceps" n'est pas propre à l'obstétrique, ni par son étymologie (latin forceps "pinces de forgeron") ni par son emploi (anatomie ou entomologie), mais il laisse penser que l'épithète forcipatus de Linné avait ce sens obstétrical, ce qui n'est pas attesté.

 

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LES NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES PAYS.

 

-Catalan : el tallanassos petit,

-Allemand : Kleine Zangenlibelle, "petite libellule à pinces", Schiemenz, 1953

-Néerlandais :  Kleine tanglibel, "petite libellule à pinces"

-Frison : Lytse tongerbout

-Suédois : Stenloddsländend

-Anglais : the small pincertail , ou green-eyed hook-tailed dragonfly

 

 

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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
 
 
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OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&pg=PA173&dq=steinmann+onychogomphus+forcipatus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjJ6bqArLreAhVKExoKHb9cC34Q6AEILDAA#v=onepage&q&f=false
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248 

ou Gottingen.

 

— GEER, (Charles de), 1771 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, .Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica . Tome second première partie 616 pages, ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— LINNÉ 1758 Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824

http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/494/mode/1up

 

— MAJORI (Cesare, 1746-1823) , Supplemento alle Lezioni botaniche preso dai due Regni Animale, e Fossile del lettor Cesare Majoli (Tomo I e II), Fano, Biblioteca Federiciana, Fondo Federici, n. 86 e 87.

 (DIONISI 2010/2011).

http://www.fondazionecarifano.it/Ambiente/libellule_metauro/05_libellule_viste_cesare_majoli.pdf

— MERRET (Christopher) 1667 Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

http://books.google.co.uk/books?id=p0SjZ7N6TA0C&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

— MOFFET (Thomas) 1634 Insectorum, sive, Minimorum animalium theatrum. Londini : Ex officin typographic Thom. Cotes et venales extant apud Guiliel. Hope, 1634. BHL.

— PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL. Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802, Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 14:22

Voici le lien de ma page facebook :

https://www.facebook.com/Lavieb-aile-611882632563800

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Published by jean-yves cordier
2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 12:06

La verrière du Baptême du Christ et de la Procession des drapiers (baie 26, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste vers 1500-1510,  et anonyme vers 1490-1500)  de l'église Notre-Dame de Louviers.

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1. Sur Louviers :

Iconographie de saint Christophe : La peinture murale de saint Christophe à Louviers (vers 1510).

2La liste de mes articles sur les vitraux.

 

 

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Baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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PRÉSENTATION.

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Cette baie de 4,40 m de haut et 0,70 m de large se compose d'une seule lancette trilobée occupe (flèche)  l'extrémité ouest du bas-coté sud, à droite de la chapelle des fonts baptismaux. Presque toutes les verrières qui nous sont parvenues appartiennent aux campagnes d'agrandissement ou de remise au goût du jour de l'édifice, qui s'échelonnent entre 1490 et 1530 (parties rouges du plan). 

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C'est une baie composite faite de deux parties différentes .

 Au registre inférieur, la procession des drapiers de Louviers pour la Fête-Dieu se rattache par son exécution aux éléments de vitrail offert par Guillaume II Le Roux et par sa femme Jeanne Jubert qui ornait probablement la chapelle  située au niveau des deux dernières travées du bas-coté sud ; il  a été réalisé à la même date (vers 1495) et par le même atelier (contemporain de Jehan Barbe, de Rouen ?). Son emplacement initial n'est pas connu, mais le panneau provenait vraisemblablement d'une des baies des chapelles nord de la baie.

Au registre supérieur, le Baptême du Christ daté vers 1500-1510, appartient à la production de l'atelier rouennais dit du Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste, actif à Bourg-Achard, Rouen, et Conches.

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Plan du guide de l'Office du tourisme Seine-Eure

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I. LE REGISTRE INFÉRIEUR : PROCESSION DES DRAPIERS DE LOUVIERS POUR  LA FÊTE-DIEU (1490-1500).

 

 

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     À l’époque médiévale, outre les activités de tannerie, Louviers est un centre important de production de toile de lin et de drap de laine.Les guerres  apportent souvent le trouble et la destruction dans ces activités.

 

La corporation des drapiers-foulons était une corporation très riche, qui fit aux églises de Louviers de nombreuses libéralités. En reconnaissance de ces libéralités, les membres de cette corporation ont joui pendant plus de trois cent ans d'un double privilège : ils portaient le dais aux processions du Saint Sacrement, et à leur inhumation on sonnait gratis la grosse cloche dite « la Liard » (ou "cloche des foulons" offerte en 1379 par  le drapier Jehan Liard)  ;  ils perdirent ces beaux privilèges en 1713 par une sentence du lieutenant-général de Pont-de-l'Arche rendue le 21 juin de cette année.

Le prêtre, revêtu d'une chape richement brodée, s'avance sous un dais, tenant l'ostensoir du Saint-Sacrement . Ce dais est de drap rouge frangé de trois couleurs et à la bordure frappée de fleur-de-lys d'or: ; ses montants bleus sont décorés également de fleur-de-lys d'or. Le prêtre est escorté par sept confrères drapiers, dont quatre tiennent les supports du dais ; et  deux d'entre eux au moins portent une étole de fourrure. Les neuf  confrères portent un chapel de fleurs en perles; les cinq qui ne soutiennent pas le dais  tiennent des  torches  auxquelles sont fixées des armoiries .  Ces écussons se rapportent à des corps de métiers qui travaillent la laine.

—Le premier blason montre les trois enfants nus (comme ceux de la Légende de saint Nicolas)  dans un baquet d'or dont ils tiennent la traverse . C'est le blason des foulons.

— Un peu en arrière, c'est le blason des   teinturiers : à la lettre T d'or, enfilée dans une couronne de même et posée sur un léopard d'argent, crinassé d'or. Nous disons au T et non au L, comme dit à tort M. Raymond

—Celui du second personnage près du prêtre  est celle des  tondeurs et épincetteuses « à une force d'argent, posée en pal et accompagnée de deux épinces de sable »

— En arrière et en haut, un blason  évoque le sceau d'azur au lion d'or passant, à la bordure de gueules chargée de besants d'argent que les drapiers reçurent : ce "signet" en plomb  fut  remis en 1368 par Philippe d'Alençon aux habitants de Louviers pour qu'ils puissent marquer le drap qu'ils produisaient. Un spécimen de ces signets a été conservé, il montre sur l'une de ses faces "un écu triangulaire chargé d'une croix et d'un animal léniforme [lion ou léopard] passant et brochant et entouré d'une bordure de besants" (. L.Barbe, Bull. SEDL 1902)

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L. Barbe, Bull. SEDL 1902. Numérisation BNF Gallica.

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— Le dernier confrère porte les armes des laineurs : à la croisée de chardon d'or . Les têtes de chardon, plus précisément des cardères à lainer  Dipsacus sativus servaient au lainage des draps fins. Ils étaient cultivées dans de nombreuses communes. Pour se servir des chardons, on les montent sur une croix ou croisée : trois rangs de chardons usés entourés d'une ceinture de chardons neufs. (Encycl. Meth.)

Rappel : la laine doit d'abord être dégraissée par les foulons dans un bain d'argile ou d'urine. En sortant du foulon, l'étoffe est brute et grossière. Elle est peigner avec un cadre de bois où sont fixés des têtes de cardères. Alternée avec le lainage, la tonte coupe la laine avec de grands ciseaux nommés "force". Puis les épincetteuses ôtent avec des petites pinces toutes les saletés et impuretés. Puis elle est confiée aux tondeurs qui la "chardonnent" et enfin aux teinturiers.

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Le sol est jonché de feuilles vertes et de fruits, ce qui correspond à la tradition des décorations florales de la Fête-Dieu. 

Les drapiers portent des tuniques courtes serrées par une ceinture, sans manches ou à manches courtes, recouvrant un pourpoint ou une chemise de couleur opposée à celle de la tunique. Ce désaccord de couleur se retrouve sur les chausses, qui sont mi-partie, la couleur d'une moitié de la jambe  s'opposant à celle de l'autre moitié avec des paires bleu-or, blanc-or et rouge-or. Tout aussi surprenant est le chaussage, notamment avec la paire de "chaussons" rouge et blanc qui semblent fourrés intérieurement.

Sur le plan technique, nous remarquerons l'emploi de gravure de verres rouges, soit pour les perles blanches de la chasuble du prêtre, soit pour rendre ces chaussons rouge et blanc dans un seul verre, ou les fleurs rouges à cœur blanc du sol.

Une autre prouesse réside dans l'emploi de verres insérées en chef-d'œuvre pour les pierreries de la chasuble.

 

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Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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La tête du prêtre, les armoiries des drapiers de Louviers et une partie de l'ostensoir ont été refaits.

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Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

L'inscription rappelle le nom d'un donateur de la restauration de 1903 par Maurice Muraire : "Restauration offerte en mémoire de M --Guillard, membre".

Baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Modèles de cette scène:

— 1°) les processions autour du Saint-Sacrement des  Charitons et notamment leurs "chaperons" ( étoles) et  leurs torchères. 

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Torchères de charitons, Honfleur, musée. Photo lavieb-aile.

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2°) Les enluminures des processions du Saint-Sacrement : 25 réponses pour Miniature pour la Fête-Dieu.

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr

 

Voir notamment :

  • Clermont-Ferrand BM 0069 f 292v, après 1482,
  • L'évangéliaire à l'usage de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (?), Bibl Sainte-Geneviève ms 0106 f.130, réalisé vers 1520-1530.
  • Le Bréviaire à l'usage du prieuré Saint-Lô à Rouen, Bibl. Sainte-Geneviève 1266 f.006, du début XVIe.

Ces enluminures de la Fête-Dieu sont situées principalement dans la région de Rouen, et dans une période 1480-1530.

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3°) Les enluminures des cortèges funèbres où 13 "pauvres" portent des torches : Fouquet dans les Heures Chevalier (1452-1460):

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 I. LE REGISTRE SUPÉRIEUR : LE BAPTÊME DU CHRIST (1500-1510).

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Il  appartient à la production de l'atelier rouennais dit du Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste, actif à Bourg-Achard, Rouen, et Conches.

Cette partie du vitrail faisait partie de la verrière offerte par les tanneurs de Louviers pour la baie 10.

La moitié de la surface environ est traitée en grisaille sur verre blanc, montrant Jean-Baptiste, le Christ, et dans le lointain les murailles de Jérusalem.

En tête de lancette, Dieu le père envoie sa colombe parmi les rayons de sa gloire, tandis qu'une banderole brune porte sa parole en lettres d'or : HIC EST FILIUS MEUS DILECTUS IN QUO MICHI [BENE] COMPLAC [UI] Matthieu 3:17

La banderole est entourée de deux "nuages" rouges, en réalité des anges prosternés.

La partie boisée à gauche accueille, en haut, une chouette et un autre oiseaux,  et, en bas, un couple de perdrix à coté d'un héron sur la berge du Jourdain.

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Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Michel Hérold a consacré en 1999 un article La production normande du Maître de la vie de saint Jean-Baptiste (Pierre, Lumière et couleur, pages 469-485) dans lequel il replace cette scène dans une suite de 10 scènes de la Vie de Jean-Baptiste allant des adieux de Jean-Baptiste à ses parents jusqu'à sa décollation. Huit de ces scènes sont présentes dans la baie 2 de Bourg-Achard, 3 dans la baie 20 de Conches, 4 = 2 vestiges à Saint-Romain de Rouen, une seule à Louviers, mais il faut ajouter à ce recensement les deux panneaux conservés à Londres, musée Victoria et Albert (achetés au peintre rouennais Jules Boulanger en 1909) et les trois panneaux conservés au Museum of Art de Philadelphie. 

Concernant la scène du Baptême du Christ, elle est présente, outre à Louviers,  à Bourg-Achard, à Conches, à Rouen sous forme de vestiges, et à Philadelphie, soit donc au total à cinq reprises. L'auteur cite aussi la copie du Baptême conservée à Overstone, Northampstonshire, église Saint-Nicolas, "dont la confrontation avec son homologue de Louviers est sans ambiguité".

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Baptême du Christ, tympan de la baie 2, Bourg-Achard. Photo lavieb-aile.

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Baptême du Christ, baie 20 de l'église de Conches. Photo lavieb-aile.

 

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Baptême du Christ, Overstone, St-Nicholas' church, in Hérold p. 479

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Baptême du Christ, Philadelphia Museum of Art, in Hérold p.478

 

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Baptême du Christ, Philadelphia Museum of Art.

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Michel Hérold a fait procéder à un relevé des dessins des plombs sur des photos des panneaux de Philadelphie et de Louviers, pour constater que les deux œuvres sont conçues à la même échelle et les contours des personnages se superposent presque exactement, alors qu'une bonne partie du décor varie. Cela traduit le réemploi de patrons dit "silhouettés", des documents techniques bien adaptés aux besoins des ateliers de peintres verriers en vue de la répétition. 

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Relevé des plombs des Baptême de Philadelphie (à G.) et Louviers (à D.), dessin Christel Drouard, Ciorpus vitrearum, in Hérold p. 479.

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Il est aussi possible de comparer les inscriptions : elles sont présentes dans tous les cas sauf à Overstone, disposées verticalement dans un cartouche de même proportion. Celles de Louviers et de Bourg-Achard sont très proches par leur écriture gothique, bien que la plus élégante et la plus ornée soit à Bourg-Achard. Dans les deux cas, le terme latin MIHI est orthographié MICHI, une forme attestée (Fonts de St-Barthélémy de Liège, v. 1118 ; Bréviaire à l'usage d'York ) mais rare.

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Inscription à Louviers.

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Inscription à Bourg-Achard.

 

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Inscription à Conches.

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La conclusion de l'étude de Michel Hérold est de concevoir un seul atelier, rouennais, disposant de suites de patrons fournis par un ou plusieurs peintres parisiens : c'est à cette structure que reviendrait le nom, créé par Jean Lafond, de Maître de la vie de saint Jean-Baptiste. 

Le peintre parisien est ou serait Jean d'Ypres, le Maître des Très petites heures d'Anne de Bretagne, malgré qu'aucun modèle de la Vie de saint Jean Baptiste, et notamment ici du Baptême du Christ, ne soit connu de la main de ce peintre prolifique. 

Dans un certain nombre de cas, des patrons à grandeur, très détaillés, serait fournis par le peintre, et décalqués par le verrier, qui se réserve les choix techniques et la coloration.

Mais l'atelier se montre aussi capable de maîtriser l'ensemble des étapes et de se dégager de l'influence ou de citation parisienne : c'est précisément le cas pour ces Baptêmes successifs et semblables.

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Voir, du même atelier, la baie 1 et la baie 2 de Bourg-Achard.

 

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SOURCES ET LIENS.

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http://sedlouviers.pagesperso-orange.fr/histoire/25questions/drap.htm

 

BARBE (Lucien), Louviers décorée au XVe siècle, Société d'études diverses de l'arrondissement de Louviers, 1902, Imp. E. Izambert., 1903

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4413211/f75.item.r=drapiers.zoom

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4413211/f73.item.r=drapiers.zoom

 — BARBE Lucien, « Histoire de l'industrie textile du drap à Louviers », in Bulletin Annuel de la. , Bulletin S.E.D.,t. I,1893 page 45-82

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k441316k/f43.image.r=lucien%20barbe

 

 — CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171

HÉROLD (Michel), 1999, La production normande du Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, Pierre, Lumière, couleur, Etude d'histoire de l'art du Moyen-Âge en l'honneur d'Anne Prache, , Presses de l'Université de Paris-Sorbonne 

LAFOND Jean, 1963, Les vitraux de Notre-Dame de Louviers, par Jean Lafond . Louviers et Pont-de-l'Arche. Nouvelles de l'Eure, n° 15, Pâques 1963. (pp. 42-47).

LE MERCIER (E.)  Monographie de l'église Notre-Dame de Louviers Ch. Hérissey et fils, 1906 - 212 pages 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 20:05

Iconographie de saint Christophe : La peinture murale de saint Christophe à Louviers (vers 1510).

 

 

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— Sur les peintures murales, utiliser l'onglet "rechercher"

Sur l'iconographie de saint Christophe : Voir :

 

 

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Comparer aussi au Saint-Christophe peint en fresque vers 1540, également de très grande taille, et également à l'entrée de la nef mais à gauche, près des fonts, dans l'église de Sillégny (Moselle)

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Lorsque je me suis rendu à Louviers pour visiter l'église Notre-Dame, j'ai passé un très long moment près des fonts baptismaux — la première chapelle à droite de l'entrée— d'une part pour attendre la fin de l'office alors en cours, puis pour photographier les baies 24 et 26. J'eus donc largement le temps d'observer les lieux. Pourtant, ce n'est qu'au moment de quitter l'église que je m'avisais que le fond très sombre de la chapelle des Fonts  était occupé par une peinture dont je devinais vaguement les formes. Focalisant mon attention, j'y reconnus avec émotion un monumental saint Christophe, semblable à celui que j'avais observé, dans des conditions d'éclairage à peine meilleure, et dans la même situation à droite de l'entrée, dans la cathédrale de Burgos.

N'ayant aucun éclairage à ma disposition, je photographiai cette paroi obscure en sensibilité maximum.

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La peinture murale de saint Christophe à Louviers : au secours !

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Une fois rentré chez moi, j'ai consulté les données disponibles en ligne, pour m'apercevoir que les rares clichés (trois sur le même site de la SEDLR) de cette peinture murale étaient tous aussi sombres que les miens. La fresque est dans un état déplorable et rien n'est fait pour la mettre en valeur. 

Le GRPM — Groupement de Recherche en Peinture Murale— s'en est-il ému ? Je ne trouve en ligne que ses mentions de peinture de saint Christophe en Champagne (à Arsonval, Cussangy, Metz-Robert, Nogent-en-Orthe, Chappes), en Rhone-Alpes à Saint-Antoine-l'Abbaye.

D'autres sont découvertes en  Bourgogne sous des badigeons à Asnois et Diennes-Aubigny (Nièvre). D'autres encore attendaient sous le badigeon à Montferrand-du-Périgord, à Saint-Christophe-sur-le-Nais, en Charente-Maritime à Archingeay,  en Charente à Saint-Artémy de Blanzac, en Vienne à Civaux et à Thollet,  en Belgique à Malines .

Mon but n'est pas ici d'en dresser un inventaire, mais de souligner que partout, elles font l'objet de restaurations, d'attention et d'études, et d'émerveillement.

L'état d'abandon de la peinture de Louviers  était déjà signalé en 1893, lorsque Charles Dubourg en donna la première description  (et la seule à ma connaissance) pour attirer l'attention sur son intérêt.

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Quelques données :

Selon le Congrès archéologique de France 1984, la peinture a été offerte vers 1519 par Jehan de Challenge, écuyer, licencié es droit, bailli de Louviers, membre d'une éminente famille lovérienne d’hommes de loi enrichis et anoblis, et qui offrit en 1526 à son église un vitrail. Guillaume de Chalenge, bailli de Louviers en 1407 avait édifié une chapelle où figure ses armes de gueules à trois soleils d'or.

— Précision janvier 2024 , que m'apporte Patrick Thiennot, que je remercie : 

"Il s'agit de la famille Chalenge, de gueules à trois soleil d'or, certes, fondatrice de la Chapelle, mais concernant les armoiries à la croix d'argent, il s'agit de sa branche cousine, Chalenge de saint Julien de la Liègue, d'azur à la croix d'argent, cantonnée de 4 têtes de hures (tête de sanglier) d'or, à la défense d'argent. Cette branche cousine s'est vue confier le patronage de la chapelle pendant quelque temps lorsque les descendants de la branche fondatrice sont devenus protestants... Ils ont sans doute profité de cette période pour rajouter leurs armoiries. La croix s'explique par la croisade effectuée par un aïeul et qu'il a inclue dans ces armoiries nouvellement crées vers 1400. "


 

La peinture a  été recouverte par un badigeon à la fin du XVIIIe siècle, redécouverte au XIXe et a longtemps été masquée par un tableau, copie de la Vierge de Foligno de Raphaël.


 

Deux donateurs (un couple ?) sont agenouillés au pied de la peinture, accompagnés à gauche d'un blason d'azur à la croix (engreslée ?) d'argent.  [Daillon : d'azur à la croix engrêlée d'argent : donateur d'un vitrail à Gisors]. Complément 2024 : donc, armoiries Chalenge de Saint-Julien-de-la-Liègue (Eure).

La taille monumentale du saint (souvent 3 à 4 mètres) rappelle que Christophe est, dans la Légende, un Géant. Cette tradition correspond au début des représentations iconographiques et disparaîtra ensuite.

L' emplacement à la droite immédiate de l'entrée, soulignent sa valeur de protection lors du franchissement des seuils, les passages, les transitions et donc les voyages.

La situation près des fonts baptismaux est très fréquente et relève de la même symbolique du passage, mais aussi de la conversion du saint : par son baptême, le chrétien est appelé à devenir christophore, porteur du Christ. 

Signalement par le n°14 sur le plan d'un circuit de découverte où elle est qualifiée de "fresque noircie":

 

 

 

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Droits réservés Office du Tourisme Seine-Eure

 

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Description générale.

 

Le saint marche vers la gauche, pieds dans l'eau car  traversant un gué, portant le Christ enfant sur ses épaules et s'aidant d'un bâton. Il est guidé par un ermite dont nous ne voyons bien que sa lanterne, à droite ; son ermitage doit correspondre à la grande église qui se détache sur l'horizon. Tous ces éléments sont conformes à l'iconographie établie à cette époque en France. L'ensemble est surmonté, en haut de l'ogive, par Dieu le père au milieu d'une gloire.

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Je vais présenter mes mauvaises photos, en multipliant les vues de détails un peu plus explicites;

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Vue générale. 

Premier repère : le bâton tenu en haut par la main droite du saint. J'indique la tête du géant et celle de l'Enfant.

Il m'est impossible de voir si le bâton est refleuri, selon le miracle et la métaphore de la reverdie/conversion.

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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Les donateurs.

Une inscription est visible (un euphémisme) sur une seule ligne à la base de la peinture OFFERTE--.

Rien ne peut être dit des donateurs, sauf qu'ils sont agenouillés, mains jointes, et que celui de droite est peut-être un clerc car une capuche est rabattue dans son dos.

Des armoiries, nous ne voyons que la croix blanchâtre. J'ai déjà évoqué les armes de la famille Daillon. ans mes recherches, je note que les armoiries de Jumièges sont  D'azur, à la croix d'argent , avec une crosse en pal, cantonnée de quatre clefs tournées à dextre.

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Nous en profitons pour examiner les jambes nues du saint qui traverse la rivière, et le sol où poussent des joncs et d'autres plantes aquatiques. Je ne discerne ni vaguelettes, ni poissons. Peut-être une barque, si ce n'est pas un artefact.

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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Il me semble compter en réalité trois blasons.

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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L'examen de la tranche suivante  de la peinture, en forçant les paramètres, montre que le saint est vêtu d'un pagne bleu frangé d'or, et que le bâton écoté donne naissance à quelques feuilles.

Le manteau rouge descend en diagonale vers la droite, après un pan qui descend à gauche, tenu par la main qui tient le bâton.

 

 

 

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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C'est au même niveau que j'ai découvert la fameuse lanterne si fréquemment représentée ailleurs entre les mains du bon ermite.

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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À l'église Saint-Jean de Malines, c'est sur l'autre rive qu'il attend le voyageur.

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Peinture murale de Malines . Droits réservés Marjan Buyle et Anna Bergmans

 

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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La tranche suivante nous montre :

une ligne d'horizon avec paysage rocheux à gauche et église à droite.

la main de Christophe tenant le bâton qui se termine par une (sorte de ) croix.

La tête du saint. Son front est entouré du bandeau si important dans l'iconographie. Les traits de son visage sont grossiers, vultueux, soulignant la nature du Géant à la force jusque là non jugulée. La bouche est entrouverte. Les yeux sont tournés vers l'arrière, mais non vers le Christ. Je crois voir une barbe, bien probable.

Le Christ juché sur les épaules : cf infra.

Dieu le père, barbu, bénissant, tenant un livre (inscription) et envoyant depuis ses nuées les rayons de son approbation et de sa puissance.

 

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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Le Christ enfant est représenté bénissant, tenant le globus cruciger à longue hampe, vêtu du manteau rouge de la Résurrection, et nimbé de rayons sinueux.

Les pans du manteau qui s'envolent en vagues sur les cotés relèvent, comme les éléments précédents mais de façon encore plus évidente, d'une fidélité aux modèles du XVe siècle.

Je place en annexe quelques descriptions de peintures murales qui montreront comment cette représentation du saint christophore est codifiée.

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La peinture murale de saint Christophe à Louviers : au secours !

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Le bailli Jehan de Challenge fit exécuter vers 1519 la fresque de saint Christophe à la chapelle des fonts baptismaux

Jehan Challange

à Louviers, un acte de 1526 précise que feuJehan Challenge, membre d'une éminente famille lovérienne d'hommes

à Louviers, un acte de 1526 précise que feu Jehan Challenge, membre d’une éminente famille lovérienne d’hommes de loi enrichis et anoblis, avait payé « une vitre en l’église de la ville » et que, selon un accord passé, la ville devait payer une ferraille pour protéger le vitrail105.

Vitraux Rouen 394 de Tilly, Le Roux d'Esneval et de Challenge; il datait du premier quart du XVr s. ChristopheLe Picart de Radeval et son épouse Anne Basset avaient offert la verrière de la baie sud de l'abside, dont un ... renouvelle en 1888 les encadrements ornementaux des verrières de la Passion et de la Vie de saint Jean-Baptiste

Jehan Challenge, escuier, licencié en loix, bailly dudit Loviers, 

 

 

                                    

 Louis du Vivier D'azur à la croix d'argent cantonnée de quatre aigles du

 

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ANNEXE I. LA DESCRIPTION DE CHARLES DUBOURG (1893)

 

SAINT CHRISTOPHE

        " II existe dans l'église Notre-Dame de Louviers, vis-à-vis les fonds baptismaux, une vieille peinture murale, apparaissant comme à travers un voile, et représentant un géant habillé dans le goût du XVe siècle. L'artiste, qui a exécuté cette déco­ration, a pris pour sujet la légende de Saint Christophe.

        Ce fut sans doute aussitôt après la construction de cette partie de l'église, c'est-à-dire vers 1500, qu'elle fut faite(1). C'était le moment où ce saint était le plus en honneur.

        Du reste, la manière dont l'artiste a traité son sujet, indique la fin du XVe siècle. Le saint, vêtu d'une tunique à plis garnie de fourrure, est armé d'un bâton noueux et tient sur sa puissante épaule l'enfant Jésus, qui appuie sur la tête du géant le globe du monde surmonté d'une croix très longue. Tout en haut de l'ogive, Dieu le père, au milieu d'une gloire, contemple la scène. Dans le lointain se trouvent encore les traces d'un paysage très compliqué et notamment à droite on aperçoit une église parfaitement dessinée, dans le goût du XVe siècle.

       M. Barbe a signalé comme se trouvant visible encore en 1877 le portrait des donateurs : une mère et son fils. Les armoiries étaient, autant qu'on pouvait les contrôler, d'azur à la croix d'argent.

       Nous avons remarqué des analogies avec quelques autres fragments de peinture murale, qui se trouvent dans plusieurs parties de l'église, et nous supposerions volontiers que tout l'inté­rieur a dû être décoré vers cette époque.

       Les plis du vêtement ne sont plus drapés, comme au com­mencement du siècle ; ils sont droits et sentent, pour ainsi dire, la Renaissance, dont l'aurore se lève.

       Le culte du saint ne date, en effet, que du Moyen-Age. Sa figure, regardée par le P. Martin comme la plus ancienne, et attribuée au XIIe siècle, est une peinture sur verre de la cathédrale de Strasbourg, dans le transept méridional.

       Les premiers essais connus de la gravure en relief antérieurs et précurseurs de l'imprimerie représentent des Saints Christo­phe (2). Le plus ancien est daté de 1418 et un autre de 1423.

        La légende actuelle du saint est relativement récente. Il ne s'en trouve aucune trace, ni dans le ménologe de l'empereur Bazile, ni dans la lithurgie Hispano-Gothique, d'où il faut con­clure que les monuments écrits n'en sont pas la vraie source. Le nom du martyr et sa haute stature fournirent aux artistes la donnée principale ; un géant portant l'enfant Jésus, le Kristojos  des Grecs, devint au Moyen-âge Christoferus ou Christum fereus, se trouvant par là traduit aux gens pour l'Occident comme pour l'Orient (Documents fournis par M. Georges ROHAUT  DE  FLEURY.).

        Les plus célèbres figures de ce saint datent surtout des derniers temps du Moyen-Age. L'intention des artistes qui les exécutaient, n'était pas seulement de rappeler la stature presque monstrueuse de Saint Christophe, mais aussi de le rendre plus visible de loin à tous les regards.         Il paraît avoir été reçu vers le XVe siècle, que voir Saint Christophe, c'était une garantie contre tout accident fâcheux durant la journée mais surtout un préser­vatif assuré contre le danger de mort subite ou de rage : On disait :  

Christophorum videas pastea tutus eris.

 

        Primitivement, on plaçait ces colosses en dehors des églises pour qu'on puisse les apercevoir de loin, mais lorsque, sans doute pour éviter les dégradations, on les fit entrer dans l'intérieur des édifices, on les mit au bas de la nef, c'est ainsi que les repré­sentent du moins quelques vieilles estampes assez  rares (4).

        La place qui leur fût assignée au bas de la nef, semblait assez bien correspondre à celle d'où on était forcé de les retirer pour les mettre à l'abri des injures du temps et surtout des hommes.

        Parmi les plus célèbres statues, il faut citer celle d'Auxerre qui datait de 1539 et que le chapitre fit démolir en 1768, et celle de la cathédrale de Paris qui fut condamnée par le chapitre en 1784 et qui datait de 1413. Le premier de ces colosses avait vingt-neuf pieds de haut et seize de largeur d'une épaule à l'autre.

       Le sort des images de saint Christophe subit à une époque un cruel revers de fortune : « Une véritable guerre d'extermination » s'éleva contre ces curieux vestiges d'une civilisation mal appréciée du reste par ceux qui faisaient leur procès. Ces gigantesques figures, restées sans défenseurs, tombèrent sous l'accusation de barbarie superstitieuse, et si leur cause ne fut pas suffisamment instruite peut-être, il y a du moins ceci à la décharge des juges et des destructeurs, c'est que les peuples n'étaient plus  en état de rien comprendre à ces colossales figures. » (5)

        Ce n'est pas à dire que nous regrettions tout ce que le Moyen-Age a rêvé, pensé et surtout exécuté sans exception, jusqu'à ces figures fantastiques et hideuses, qui le sont encore plus depuis que nous ne savons plus ce qu'elles signifient, mais nous regret­tons les destructions, les prétendues améliorations, les répa­rations maladroites et inintelligentes. Pourquoi dénaturer, pourquoi défigurer un monument d'une époque quelle qu'elle soit ? C'est le fait de préventions, de passions en délire ou d'une ignorance impardonnable. On doit respecter tout : vitraux, jubés, statues, gargouilles, sculptures, peintures, ameublements, tout doit rester à sa place et être entretenu avec une religieuse exactitude. Détruire ou dénaturer sont deux actes de barbarie à peu près semblables, et nous oserions presque avancer qu'il vaudrait mieux détruire que défigurer. Les ruines n'empêchent pas de retrouver parfois tout ou partie des formes primitives, mais un monument défiguré, dénaturé, ne peut plus servir ni à l'étude, ni à l'histoire de l'art.

Il n'y a pas eu de procès fait en règle contre les images de saint Christophe pas plus que contre bien d'autres objets à nous légués par le Moyen-Age.

        Ceux qui, les premiers, mirent le marteau sur les monuments, furent des iconoclastes furibonds qui invoquaient la religion pour tromper la multitude ignorante et lui montraient du doigt ce qu'il fallait détruire sous le spécieux mot de ralliement : à bas la superstition ! La raison du plus fort fut toute l'instruction et la destruction générale fut sérieusement méditée et arrêtée (6).

        Nous ne savons si les chanoines de l'église de Louviers connaissaient la guerre d'extermination entreprise contre le saint, mais ils ne se préoccupaient certes pas de conserver son image et lors du badigeonnage général de l'église, à la fin du siècle dernier, il disparut ainsi que les peintures polychromes dont les traces subsistent dans diverses parties de l'église. Toute­fois, grâce à la différence du procédé d'exécution, nous devons la conservation de la peinture primitive exécutée soit à la détrempe, soit à la cire; celle-ci était plus solide et le badigeon s'effritant, nous laissa le saint Christophe à peu près intact.

       Pendant longtemps, il fut caché presque entièrement par la copie de la Vierge de Foligno, de Raphaël, aujourd'hui reléguée dans la chapelle des Chalenge.

       En signalant à la Société d'Etudes diverses, cette figure colossale, nous espérons que longtemps encore, nous pourrons contempler ce curieux spécimen de la peinture décorative de la fin du XVe siècle."

1 - La construction de cette partie de l'église fut achevée en 1496. — L. MARCEL Les Rues de Louviers, page 198

2 - Vicomte Henry DELABORDE (gravure).

3 - Documents fournis par M. Georges R.OHAUT  DE  FLEURY.

4 - Molanus, Hilfor. imag, sacr,, page 319.

5 - Vitraux de Bourges. P. cahier, i vol. in-fol..Notes.

6 - Guénébault. Dictionnaire d'Iconographie religieuse, édit. par l'abbé Migne.

 

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ANNEXE II. QUELQUES DESCRIPTIONS DE PEINTURES MURALES.

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Saint-Jean de Malines

https://journals.openedition.org/ceroart/2822#tocto2n3

 

"Sur ce pan de mur se dessine la figure monumentale de saint Christophe, sur un fond rouge ponctué de fleurs colorées, appliquées au pochoir. Outre ce fond abstrait, on distingue également des détails assez naturalistes, comme l’environnement pittoresque,  les rives rocheuses, la rivière au milieu -encore à peine visible-, la chapelle dont sort l'ermite et quelques arbres isolés, à droite.

Le saint traverse la rivière avec l’enfant Jésus sur les épaules. Christophe est représenté très grand (plus de 4 mètres de haut!). La légende nous raconte en effet qu’il était un géant. Il porte une tunique rouge à manches longues et un manteau blanc avec une doublure verte, qui flotte élégamment au vent. Son visage est serein, avec de grands yeux expressifs, une longue barbe et des cheveux ondulés, tenus par un bandeau blanc. Il se retourne vers l'enfant Jésus, qu’il porte sur son épaule et dont il tient le pied gauche. L'enfant porte une tunique bleue et lève la main droite en un geste de bénédiction. Sa main gauche repose sur un globe et il tient également un étendard en forme de croix. À gauche de la scène, l'ermite sort de sa petite chapelle. Il a l’habit d’un moine et une lanterne allumée. Il porte à sa ceinture un couteau dans une cuissarde et un petit sac rectangulaire."

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PEINTURES MURALES www.culture.gouv.fr/content/download/110023/1276677/.../Peintures+murales.pdf

 

Archingeay (Charente Maritime)

Plus énigmatique - et difficile à dater - est le tableau peint à fresque mis au jour au droit des fonts baptismaux et consolidé d’urgence tant l’enduit était dégradé et décollé de la maçonnerie. Dans un cadre orné de fleurettes, bien distincts, une église et un arbre dépouillé de son feuillage encadrent un personnage central que son état de conservation ne permet pas de nommer avec certitude. S’agit-il d’une Charité de saint Martin, titulaire de l’église ?

C’est possible mais l’attitude du personnage et son environnement pourraient davantage correspondre à un épisode de la légende de saint Christophe. La présence de saint Christophe près des fonts n’est d’ailleurs pas saugrenue : par son baptême, tout chrétien est appelé à devenir un porteur du Christ un... christophore.

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Saint-Arthemy de Blanzac (Charente) :

À l’entrée de l’église, sur le mur sud, le visiteur est accueilli par une immense figure (trois mètres de haut) de saint Christophe, qui se détache sur un fond paysager composé d’une église au premier plan, de végétation et d’animaux. Le saint, figuré à gauche, est barbu, nimbé et vêtu d’une grande cape rouge ; les plis des vêtements indiquent qu’il est en marche en s’aidant d’un gigantesque bâton. Il porte l’Enfant sur son épaule gauche ; son nom signifiant, en grec, le porte-Christ ou « celui qui porte le Christ dans son coeur », a induit un glissement vers un sens plus matériel dans les représentations. La tradition, popularisée au XIIIe siècle par la Légende Dorée, a conduit à imaginer saint Christophe portant le Christ sur ses épaules comme un géant, sorte d’Hercule chrétien. Il était réputé protéger les hommes de la mort subite sans confession, la « male mort » : il suffisait alors d’avoir contemplé l’image du saint dans la journée pour éloigner tout risque.

Cette croyance populaire peut expliquer le choix de l’emplacement de cette figure, ici à l’entrée de l’édifice. La partie inférieure du décor est manquante : on pourrait imaginer un cours d’eau que le saint, selon la légende, fait traverser aux pèlerins et voyageurs, tel un passeur. Dans la tradition picturale, une

rivière est souvent représentée avec, sur la rive opposée, une chapelle où un ermite tient une torche allumée pour guider saint Christophe dans sa traversée. La représentation de saint Christophe, dans l’église de Blanzac, suit toutes les conventions picturales des XVe-XVIe siècles, en adoptant un style assez naïf ou archaïque.

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Thollet (Vienne)

Sur le mur sud, la découverte la plus intéressante réside dans la mise au jour d’une figure monumentale :

un saint Christophe portant sur ses épaules le Christ enfant. Les personnages sont placés dans un décor végétal, au milieu d’arbustes à feuilles longues et nervées. Réalisée en teinte ocre jaune et rouge, cette composition s’inscrit dans un cadre peint dont on voit la trace dans la partie haute. La figure de saint Christophe est particulièrement belle avec son visage aux traits réguliers, son expressivité, sa barbe

longue et sa chevelure abondante retenue par un bandeau blanc. Elle n’est pas sans évoquer l’atelier qui a travaillé dans la première moitié du XIVe siècle au décor de la nef de Notre-Dame d’Antigny.

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SOURCES ET LIENS.

https://journals.openedition.org/insitu/10805

http://sedlouviers.pagesperso-orange.fr/patrimoine/stchristophe.htm

http://givernews.com/2007/10/05/saint-christophe/

http://www.tourisme-seine-eure.com/images/06-QUE-FAIRE/1-culture-patrimoine/B1.2-ND-Louviers/Circuit-Bilingue-EGLISE-ND-LOUVIERS.pdf

— DUBOURG (Charles), 1893, Le Saint Christophe de N.-D. Bulletin de la Société d'Etudes Diverses de Louviers et de sa région, Imp. E. Izambert., 1894 page 35 et suiv. .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k441316k/f32.image

— LE MERCIER (E.)  Monographie de l'église Notre-Dame de Louviers Ch. Hérissey et fils, 1906 - 212 pages page 149

"On avait surtout recours à l'intercession de saint Christophe en temps de peste, ce qui fut probablement le cas, à l'occasion d'une de ces terribles épidémies qui ont affligé Louviers notamment en 1521, 1552 et 1694.

Primitivement, on plaçait ces colossales figures en dehors des églises, pour qu'on put les apercevoir de loin, tel le saint Christophe de la cathédrale d'Auxerre, qui avait vingt-neuf pieds de haut et datait de 1539, tel celui de la cathédrale de Poitiers, tel celui de Notre-Dame de Paris, qui avait vingt-huit pieds et  avait été élevé en 1413, par Antoine des Essarts, pour remercier le saint de l'avoir sauvé de la fureur des Bourguignons, tel encore celui de Notre-Dame des Andelys, dont on voyait naguère le piédestal, consistant en un massif de pierre de forme pyramidal, qui intriguait les touristes et mettait à l'épreuve la sagacité des érudits.

Plus tard, on fit entrer les images de saint Christophe dans l'intérieur des églises, pour éviter, sans doute, les dégradations, et on les plaça au bas de la nef et souvent dans la chapelle des fonts baptismaux, qui était dédiée à ce saint ou à saint Jacques '. Puis arriva une époque où l'on fit à toutes ces images une véritable guerre d'extermination et longtemps avant la Révolution, le clergé, lui-même, les faisait disparaître sous le badigeon, n'y voyant plus que des vestiges d'une grossière superstition."

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Published by jean-yves cordier - dans Saint Christophe. Peintures murales

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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