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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 11:30

La Mise au tombeau (calcaire, fin XVe-début XVIe) de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé : Gamaliel et Abibon.

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Dans la crypte de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé est présenté une Mise au tombeau datant de 1500 environ. Ce groupe de dix personnages sculptés dans le tuffeau s'étend sur 3,65 m de long et les personnages mesurent 2 mètres environ. Comme l'indique la notice de la base Palissy, il  vient de " l´abbaye blanche", l'ancien couvent de dominicains fondé vers 1265 par la duchesse de Bretagne Blanche de Navarre au Bourg-Neuf de Quimperlé : 

"Cette oeuvre, soit importée, soit commandée à l'initiative de Guillaume du Botderu, prieur, et de l'aristocratie locale proche de l´entourage ducale, peut-être la famille de Quimerc´h, provient de l´ancien couvent de dominicains de Quimperlé où elle est signalée à la Révolution. Elle est placée ensuite dans l´église Sainte-Croix où elle échappe en 1862 à la destruction lors de l´effondrement du clocher. Durant la reconstruction de l'édifice, l'ensemble est transféré dans la chapelle Saint David du cimetière de Quimperlé où il se trouve jusqu´en 1884, date de son transfert dans le jardin du presbytère. Une photographie des années 1900 montre son état avant la disparition des têtes de saint Jean et des trois Marie. L´ensemble se dégrade progressivement avant d´être restaurée en 1967 par le sculpteur Mainponte qui modifie l´emplacement des personnages ; il est alors placé dans l´avant-sacristie de l´église Sainte-Croix. L´ensemble est de nouveau restauré en 1998 par le sculpteur Pierre Floc´h, puis présenté dans l'espace voûté sous la croisée du transept où il se trouve actuellement."

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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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Cette œuvre présente plusieurs particularités.

D'abord, elle est considérée comme la plus ancienne "Mise au tombeau" de Bretagne.

Ensuite, le corps du Christ est orienté tête placée vers la droite, face à Nicodème, alors que traditionnellement il est orienté à gauche face à Joseph d'Arimathie.

Enfin, on y trouve la rarissime présence, attestée par les inscriptions, du pharisien Gamaliel (le maître de saint Paul) et de son fils puîné Abibon.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

 

Je le décrirai  en allant de gauche à droite.

Le sujet représenté.

Mais auparavant, une première remarque: le Christ ne repose pas réellement dans un sarcophage, mais il est posé sur une table creusée : il serait peut-être plus juste de parler ici d'un EMBAUMEMENT DU CHRIST SUR LA PIERRE DE L'ONCTION, un thème qui figure sur le Vitrail de la Passion (1145-1155) de la cathédrale de Chartres, et qui a été repris par Fouquet dans l'enluminure des Complies des Heures de la Croix des Heures d'Etienne Chevalier en 1452-1460. (Nicole Raynaud,  Les Heures d'Etienne Chevalier p. 112). Voir Pierre de l'onction Wikipédia.

Il ne s'agit pas stricto sensu d'une Mise au tombeau, puisque ni Joseph d'Arimathie ni Nicodème ne tiennent le linceul pour le descendre dans la cuve, qui devrait être creuse, d'un sarcophage (comme dans le folio 152 des Très Belles Heures du duc de Berry par les frères Limbourg vers 1406-1409).  Chrystel Douard et Philippe Bonnet, dans la Notice de la base Palissy, font preuve de prudence : "Le Christ mort repose sur un soubassement en forme de tombeau".

Mais il ne s'agit pas non plus d'un embaumement, puisqu' aucun des personnages ne verse le contenu d'une fiole sur le corps du Christ.

J'y vois donc un moment de recueillement des protagonistes, après la Descente de Croix et l'Embaumement et avant la Mise au tombeau (Rosporden). Donc assez proche des Déplorations ou "Lamentations sur le Christ mort", mais sans effusion de larmes ou manifestation extérieure de chagrin, hormis l'effondrement de la Vierge affligée. Voir à Pencran (1517), et  à Bodilis .

 

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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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I. JOSEPH D'ARIMATHIE.

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La statue de  Joseph d'Arimathie mesure 192 cm.

1. Le costume:

a) La coiffure.

Bonnet conique mou (plissé ou plié) sur un bourrelet circulaire ("turban") orné d'un médaillon central.

Sur le bonnet juif ou pileus comme signe discriminatif (depuis le Concile de Latran en 1215) ou identitaire dans la communauté juive, lire l'article Wikipédia "chapeau juif". Mais en iconographie, dans les enluminures et les vitraux, cette coiffure n'a pas ces fonctions, mais sert d'indicateur dans une représentation assez codifiée mais évolutive des personnages de la Passion, notamment pour distinguer trois groupes : les "pharisiens", les disciples de Jésus et les soldats ou officiers romains. Dans notre contexte, cette coiffure, et les autres éléments hébraïsants, ont d'autant moins de chance de se vouloir discriminante qu'ils sont portés par les "bons juifs" qui ont pris le parti du Christ lors de sa Passion.

Derrière ce bonnet descend un voile qui recouvre les épaules, et dont il est difficile de dire s'il appartient de manière solidaire au chapeau ou s'il y est enfoncé (il rentre, en arrière, à l'intérieur du bourrelet). De même, j'ignore si ce voile possède une fonction rituelle. On le voit représenté ici, en 1483, indépendamment du châle à rayures ou talit.

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b) Le visage.

Les cheveux longs torsadés et la barbe non taillée appartiennent à ce vocabulaire des artistes de la Première Renaissance dans leur représentation des pharisiens.

Ces figurations sont codifiées afin de permettre une identification par le grand public :  les notes de régisseur d'une passion rouergate, il est spécifié que Joseph d'Arimathie et Nicodème devaient porter des costumes "à l'antique", comme les Prophètes. 

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Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

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L'inscription est portée sur une bande horizontale du torse, bande perlée en haut et frangée en bas. Les lettres en caractère gothiques sont "fleuries" avec des fûts perlées et aux extrémités bifides .

Inscription : JOSEPH AB ARIMATHEA

 

L'inscription vient du texte évangélique en latin. Ainsi Marc 15:43: 

venit Joseph ab Arimathaea nobilis decurio, qui et ipse erat exspectans regnum Dei, et audacter introivit ad Pilatum, et petiit corpus Jesu.

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Sources concernant Joseph d'Arimathie.

L'Évangile selon Marc présente Joseph d'Arimathie comme membre respecté du Sanhédrin, mandaté pour réclamer le cadavre de Jésus et l'inhumer hâtivement avant que ne débute le sabbat pascal puis relate la mise dans un tombeau quelconque par cet éminent Juif ; l'Évangile selon Luc le présente comme un membre du conseil « bon et juste » (sympathisant du christianisme) plaçant Jésus dans un tombeau neuf .

 — Évangile selon Marc 15:42-47

"Le soir étant déjà venu, comme c'était Préparation, c'est-à-dire veille du sabbat, vint Joseph d'Arimathie, membre honoré du grand conseil, qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu. Il alla hardiment auprès de Pilate pour demander le corps de Jésus. Mais Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort, fit venir le centurion, et lui demanda s'il y avait longtemps qu'il était mort. Renseigné par le centurion, il accorda le cadavre à Joseph. Ayant acheté un linceul, il le descendit, l'enveloppa dans le linceul, le déposa dans un sépulcre qui avait été taillé dans le roc, et il roula une pierre à l'entrée du sépulcre. Or Marie la Magdaléenne et Marie, mère de José, observaient où il était déposé."

— Évangile selon Matthieu 27:57-61

 "Le soir venu, vint un homme riche d'Arimathie, nommé Joseph, qui lui aussi était devenu disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus ; Pilate alors ordonna qu'on le lui remît.

    Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc, et le déposa dans son sépulcre neuf, qu'il avait fait tailler dans le roc ; puis, ayant roulé une grosse pierre à l'entrée du sépulcre, il s'en alla. Or Marie la Magdaléenne et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau."

    — Évangile selon Luc 23:50-56

    "Et alors un homme, nommé Joseph, qui était membre du conseil, homme bon et juste,— il n'avait pas donné son assentiment à leur résolution ni à leur acte —, d'Arimathie, ville juive, qui attendait le royaume de Dieu, cet (homme) alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus ; il le descendit, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis. C'était le jour de Préparation, et le sabbat commençait. Ayant suivi (Joseph), les femmes qui étaient venues de la Galilée avec (Jésus) considérèrent le sépulcre et comment son corps (y) avait été déposé. S'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et, pendant le sabbat, elles demeurèrent en repos, selon le précepte."

    — Évangile selon Jean 19:38-42

      "Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate d'enlever le corps de Jésus, et Pilate le permit. Il vint donc et enleva son corps. Nicodème, qui précédemment était venu vers lui de nuit, vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et l'entourèrent de bandelettes avec les aromates, selon la manière d'ensevelir en usage chez les Juifs. Or, au lieu où il avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne n'avait encore été mis. C'est là, à raison de la Préparation des Juifs, le sépulcre étant proche, qu'ils mirent Jésus."

      Les Actes de Pilate (vers le VIe siècle)  reprennent le texte de Matthieu 27 :

      "Voici qu'un homme dont le nom était Joseph — lequel était un lévite bon et juste qui n'avait pas siégé dans le Sanhédrin ni aux conseils tenus par les Juifs, car il était à Arimathie, attendant le royaume de Dieu — vint trouver Pilate; il lui demanda le corps de Jésus. Et lorsqu'il l'eut reçu, il l'enveloppa d'un linceul bien blanc. Il le déposa dans son tombeau taillé dans lequel personne n'avait été déposé.

      L'Évangile de Nicodème décrit comment Joseph d'Arimathée demande à Pilate le corps de Jésus (Ecrits apocryphes chrétiens, Pleiades, page 279,  Ev Nicod. II, 3) puis l'ensevelissement de Jésus (id. pp 280-281, Ev. Nicod. II 3). 

      "Alors Joseph remercia Pilate, lui baisa les mains et des vêtements, et sortit en se réjouissant en son cœur d'avoir obtenu ce qu'il désirait, mais avec les yeux encore plein de larmes — ainsi en son chagrin avait-il aussi un sujet de joie. Il s'en alla donc chez Nicodème et lui rapporta tout ce qui s'était passé. "

      L'embaumement :

      "Ensuite, il acheta de la myrrhe, de l'aloès — cent livres — et un tombeau neuf ; puis, avec l'aide de la Mère de Dieu, de Marie Madeleine et de Salomé, ainsi que de Jean et des autres femmes, Joseph et Nicodème le préparèrent pour la sépulture dans un linge blanc, comme c'était la coutume, et le déposèrent dans le tombeau".

      La Déploration :

      "La Mère de Dieu disait en pleurant : "Comment ne pas te pleurer, mon fils ? Comment ne pas lacérer mon visage de mes ongles ? Voilà, mon fils, ce que le vieillard Syméon m'avait annoncé lorsque, petit enfant âgé de quarante jours, je t'avais conduit au Temple. Voilà l'épée qui, maintenant, transperce mon âme. Qui fera cesser mes larmes, mon fils très cher. Absolument personne, si ce n'est toi seul, si, comme tu l'as dit, tu ressuscites le troisième jour"

      Marie Madeleine disait en pleurant : [...]

      De même, Joseph se lamentait en disant : [...]

      "Ainsi se lamentait aussi Jean et les femmes."

      Ensuite, Joseph avec Nicodème rentrèrent chez eux. La mère de Dieu ainsi que les femmes en fit autant, et Jean également était présent avec elles."

      Dans la suite de l'Évangile de Nicodème, Joseph d'Arimathie est mis en prison dès le vendredi soir par Caïphe et Anne pour avoir fait des funérailles au Christ ; mais il en fut délivré par Jésus, qui le conduisit à Arimathie où il demeura quarante jours avant d'être interrogé par les grands prêtres.

      — La Déclaration de Joseph d'Arimathée qui a demandé le corps du Seigneur. (Apocryphes chrétiens Pléiades p. 351).

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      Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

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      II. GAMALIEL.

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      Costume. 

      Gamaliel porte le bonnet conique en tissu gaufré et  aux hauts bords retroussés, posé sur un voile retombant en camail sur les épaules ; ce voile est orné de huit glands de cannetille ; une robe boutonnée jusqu'à la taille par trois boutons et serrée par une ceinture à laquelle est passée une aumônière et une sangle fleuronnée . L'objet qu'il tenait dans la main droite est perdu.

      Il porte la barbe aux mèches tentaculaires des prophètes bibliques.

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      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

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      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

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      L'inscription est portée sur tout le tour du le revers du bonnet:

      [G]AMALIEL / [M]EUS / DOMINUS.

      Tandis qu'un auteur (SAF 1909) a lu "Gamaliel Magister meus", "Gamaliel mon maître", et l'abbé Abgrall a lu "Gamaliel Meus Dominus", "Gamaliel mon seigneur", très proche de ce que je constate sur place, mais ce qui ne correspond à aucun texte en ligne.  Cette inscription ne trouve un  sens que par référence à la deuxième lecture de l'Invention des reliques de saint Etienne martyr le 3 août  dans le Sanctoral de l'office dominicain (1254-1256)  ou Ecclesiasticum officium secundem ordinem fratrum praedicatorum : un texte qui reprend celui se saint Augustin (Civitate Dei, livre 22) et autres manuscrits anciens.

       

      Inventio S. Stephani Lectio secunda.

      Et respondi dicens : « qui es, domine ? Et qui sunt tecum ? » Et respondit michi : « Ego sum Gamaliel, qui Paulum nutrivi. Et qui mecum est in parte orientali monumenti ipse est dominus meus Stephanus domnus autem Nichodemus in altera theca positus est qui venit ad Salvatorem nocte. Abibas vero filius meus qui mecum baptistum accepit sepultus est in tercia theca excelsiori in qua et ipse postea defunctus applicatus sum ».

      "Et je répondis en disant : "Qui es-tu, Seigneur ? Et qui sont ceux qui sont avec toi ? Et il me répondit : Je suis Gamaliel, qui a nourri saint Paul. 

      Et je [c'est le prêtre Lucien qui parle, répondant à un vieillard qui lui est apparu] répondis en disant : "Qui es-tu, Seigneur ? Et qui sont ceux qui sont avec toi ? Et il me répondit : Je suis Gamaliel, qui a nourri l'apôtre Paul. Et celui qui repose avec moi dans la partie orientale du tombeau est mon  maître (ou seigneur)  Etienne et aussi saint Nicodème dans l'autre tombeau, celui qui vint trouver le Sauveur la nuit. Et Abibas mon vrai fils qui fut baptisé en même temps que moi est enterré dans le troisième tombeau."

       

      Si le sens de l'inscription n'est pas relié à ce texte de façon irréfutable, cela a de toute façon le mérite de nous introduire à ce récit de la révélation de l'emplacement des reliques de saint Etienne, "invention" qui eut un retentissement considérable dans la chrétienté. En effet, si la présence de Gamaliel peut se comprendre sans ce récit, celle d'Abibas ne peut en faire l'économie.

       

      Selon la Légende dorée, le corps de saint Etienne aurait été enseveli par Gamaliel et Nicodème « qui soutenaient les intérêts des chrétiens dans tous les conseils des Juifs » dans le champ dudit Gamaliel.

      https://archive.org/stream/lalgendedore00jaco#page/46/mode/2up/search/gamaliel

      La tradition chrétienne garde le souvenir de l'apparition de Gamaliel au prêtre Lucien, curé de Cafargamala (Kfar-Gamala) le vendredi 3 août 415, le rabbi indiquant où se trouvait sa relique qui aurait été alors retrouvée dans le même tombeau que celle de son fils Abibas, ainsi que saint Étienne et saint Nicodème."

      Saint Augustin, Civitate Dei,  Livre 22

       

      "Et je [c'est le prêtre Lucien qui parle, répondant à un vieillard qui lui est apparu] répondis en disant : "Qui es-tu, Seigneur ? Et qui sont ceux qui sont avec toi ? Et il me répondit : Je suis Gamaliel, qui a nourri l'apôtre Paul. Et celui qui repose avec moi dans la partie orientale du tombeau est saint Etienne et aussi saint Nicodème dans l'autre … qui vint trouver le Sauveur la nuit. Et Abibas mon vrai fils qui fut baptisé en même temps que moi est enterré dans le troisième tombeau"

      Et qui mecum est in parte orientali monumenti ipse est dominus meus Stephanus domnus autem Nichodemus in altera theca positus est qui venit ad Salvatorem nocte. Abibas vero filius meus qui mecum baptistum accepit sepultus est in tercia theca excelsiori in qua et ipse postea defunctus applicatus sum ».

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      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

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      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

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      La présence de Gamaliel lors de la Mise au tombeau.

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      a) Nouveau Testament.

      Les textes évangéliques ne citent pas Gamaliel, personnage qui n'apparaît que dans les Actes des Apôtres comme maître de saint Paul. "Gamaliel apparaît dans les Actes des Apôtres. Il serait intervenu en leur faveur tandis qu'ils devaient comparaître devant le sanhédrin pour avoir continué à prêcher malgré l'interdiction édictée par l'autorité juive  (Ac 5, 34-39). Le même livre indique aussi que Paul de Tarse aurait été son élève (Ac 22, 3). L'historien Thierry Murcia écrit : « Gamaliel l’Ancien n’est cité que deux fois dans le Nouveau Testament mais il a toujours un rôle positif : maître de Paul (Actes 22, 3), il se fait également le « défenseur » de Pierre devant le Sanhédrin (Actes 5, 34). C’était amplement suffisant pour que l’on ait cru, très tôt, qu’il avait secrètement été chrétien (et c’était peut-être même déjà dans le projet de Luc de le laisser supposer). » (Wikipédia)

      b) Roman Pseudo-clémentin.

      Texte apocryphe de dix Livres, écrit en grec au IVe siècle et traduit en latin au Ve siècle par Rufin.

      La tradition chrétienne développe ensuite sa figure comme "prince de la loi" hébraïque avec Anne et Caïphe, participant, au Temple,  aux débats entre les apôtres Pierre et Jacques lors de la période décrite par les Actes des Apôtres, en favorisant secrètement les premiers chrétiens. Dans le Roman pseudo-clémentin  (Clément, Recognitiones, Livre I, 65, in Ecrits apocryphes chrétiens II, Pleiade, Gallimard, 2005, p. 1677) il est décrit comme "appartenant à notre foi mais, selon notre arrangement, [il] demeurait parmi eux, afin que, ils préparaient contre nous une manœuvre hostile ou impie, il pût soit les arrêter par un conseil habilement formulé, soit nous en avertir.". Plus loin (Rec.I,67,6 et Ac. 5,38-39), il ne permettra pas que les chrétiens soient persécutés par les Juifs. 

      "Si moi, Gamaliel, je ne considère pas comme un affront à mon savoir et à mon grand âge d'apprendre quelque chose des petits enfants et des ignorants au cas où il y aurait quelque chose d'utile ou de salutaire à y gagner, comment ne serait-il pas désirable pour tous d'apprendre ce qu'on ignore et d'enseigner ce qu'on a appris ? Car il est bien certain que ni l'amitié, ni la parenté du sang ni la majesté du pouvoir ne doivent être plus précieuses pour l'homme que la vérité."...ces paroles de Gamaliel ne plaisaient guère à Caïphe" (Rec. I,67-68, id. p. 1678)

      c) L'évangile de Gamaliel.

      On nomme ainsi une version longue de l'évangile de Nicodème dans lequel Gamaliel, oncle de Nicodème,  devient  le narrateur d'un récit très favorable à Ponce Pilate.

      "L'évangile de Gamaliel ou Passion selon Gamaliel est un apocryphe très proche de l'évangile de Nicodème. Si le fond du récit est identique, le point de vue est différent : le narrateur n'est plus Nicodème, mais son oncle Gamaliel, qui prétend avoir assisté en témoin privilégié à tous les événements qu'il décrit. Corollairement, Gamaliel ne se situe plus du coté des adversaires du Christ, mais parmi ses sympathisants : tel est d'ailleurs le critère fondamental qui permet à la critique de distinguer les versions." "Il s’agit d’une branche tardive de l’Evangile de Nicodème, dont le manuscrit le plus ancien, Grenoble B. M. 50, en prose, est de la fin du XIVème siècle. Le récit de la Passion du Christ de l' 'évangile de Gamaliel fut adapté en ancien français, version existant dans une quinzaine de manuscrits des XIVe et XVe siècles."

      " L'Évangile de Nicodème est le nom usuel d'un évangile apocryphe composé en grec au IVe siècle. Le narrateur de ce récit serait Gamaliel, maître de l'apôtre Paul de Tarse. La genèse de cet évangile reste encore confuse: dès le IIe siècle, des documents portant le titre d'Actes de Pilate circulent et sont cités par Justin et Tertullien. Chez ce dernier, Pilate apparaît même comme chrétien dans un rapport qu'il fait à Tibère; il existe par ailleurs un rapport de Ponce Pilate à Claude qui est incorporé dans les Actes de Pierre et Paul au IIIe siècle. Mais la persécution des chrétiens au début du IVe siècle se traduit, selon Eusèbe, par la rédaction demandée par l'empereur Maximin Daïa d'« Actes de Pilate » dirigés contre les chrétiens: Ceux-ci ont alors rassemblé les matériaux dont ils disposaient en un ouvrage intitulé l'Évangile de Nicodème, dans lequel sont relatés les faits de gestes de Ponce Pilate. Il présente le préfet romain sous un jour très favorable, faisant de celui qui a condamné Jésus un Saint converti au christianisme, ce qui a pour effet de transférer sur les juifs la responsabilité de sa crucifixion. Cet ouvrage comprend trois parties, le récit d'abord de la crucifixion et de la mise au tombeau du Christ, puis celui de la controverse au sujet de sa résurrection et, enfin, celui de sa descente en enfer. L'ouvrage est conservé dans deux versions grecques assez différentes, dans des versions syriaque, copte, arménienne et latine, et les chrétiens de Syrie et d'Égypte ont vénéré Ponce Pilate comme un saint et martyr. Les «occidentaux» s'y sont aussi référés avec passion (voir les chroniques historiques, les manuels de prédication, les encyclopédies médiévales, Jacques de Voragine, La Légende dorée) jusqu'à la Renaissance, la descente du Christ en enfer étant devenue alors inconcevable, d'autant que cette descente en enfer implique une vengeance du Christ. Il existe deux recensions latines de cet évangile. La recension latine B, version longue, et  la version A ou version brève. Aucune édition intégrale de la recension latine B - ou Évangile de Gamaliel- n'a encore été publiée. Elle a pourtant connu un énorme succès et a été traduite en français, en provençal et en langue d'oc. Son adaptation en ancien français n'existe que dans une dizaine de manuscrits des XIVe et XVe siècles.

      Cette évangile de Gamaliel  a inspiré à son tour des Passions théâtrales. "Le Mystère de la Passion Nostre Seigneur, conservé dans le manuscrit Paris, Sainte Geneviève 1131, est la première Passion longue jouée au Moyen Age, datée du milieu du XIVe siècle. A l’exception des évangiles canoniques, l’Évangile de Nicodème représente la source la plus importante de la Passion de sainte Geneviève. Une Passion narrative en langue vernaculaire, conservée dans une quinzaine de manuscrits des XIVe et XVe siècles suit de près cette recension : il s’agit de l’Évangile de Gamaliel. Un manuscrit du XVe siècle est encore conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, ce qui atteste de sa diffusion à Paris à cette époque. Il s’agit du manuscrit Sainte-Geneviève, 1194. Perçue par Alvin Ford comme une version longue de l’Évangile de Nicodème , il s’agit en effet d’une version assez proche de la recension AC de l’Évangile de Nicodème, qui reprend et remanie sa structure."

      On le retrouve ainsi dans (selon le tableau de N. Henrard) : 

      Sainte-Geneviève (1350-1370)

      Semur (1410-1430)

      Arras (1410-1430)

      Arnould Gréban (1450-1460)

      Jean-Michel (1486)

      Troyes (avant 1490)

      Robin Fouquet  1497.

      Passion de Châteaudun (1510)

      Passion bretonne (1530)

      Passion de Valenciennes (1507-1549?)

      Mystères rouergats

       Edme Briden, Troyes  1600

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      Je n'ai pu consulter chacun des textes, mais, lorsque j'ai pu le faire, je n'ai jamais constaté que Gamaliel participe à l'embaumement ou à la Mise au tombeau.

      Deux textes "bretons".

      Dans cette étude de la Mise au tombeau de Quimperlé datée vers 1500, il est logique de porter son attention vers les deux œuvres bretonnes du corpus précédents.

      a) — Ludolphus de Saxionia, La Vie de Jésus-Christ, imprimée par Robin Fouquet (B. N. Rés. H 506), 1485 : "Judas fut si diligent qu'il servait Pilate a son plaisir tant que Pilate l'amait plus que serviteur qu'il eust oneques... Si avint un jour que Pilate s'alloit esbatre et passa touchant le vergier de Ruben et avoit léans ung bel pommier plaing"

      C'est à Bréhan-Loudéac que vivaient en 1484-1485, Robin Fouquet et Jean Crès "maîtres en l'art de l'impression" . L'imprimerie s'est implantée en Bretagne à la fin du XVe siècle,  simultanément en trois places (Bréhan, Rennes et Tréguier)  car les trois ateliers vont utiliser des matériels de même provenance, peut-être débarqués à Tréguier et venant de Flandre. A l'initiative d'un obscur cadet de famille, Jean de Rohan, seigneur du Gué-de-l'Isle de 1463 à 1493, d'autre part propriétaire d'un des premiers moulins à papier bretons (à la Ville Jégu en Bréhan), sort en décembre 1484 la première pièce imprimée en Bretagne, dans l'atelier de Jean Crès et Robin Fouquet à Bréhan (non loin de Rohan et La Chèze)  : le Trepassement Notre Dame. En moins d'une année, douze incunables, le plus fréquemment de modeste proportion, vont sortir de Bréhan.". Jean de Rohan, marié à l'héritière du Gué de l'Isle, avait pris le titre de Rohan, et ce fut lui qui choisit et établit imprimeurs, pour son usage, Robin Fouquet et Jean Crès, son ami ou compagnon.

      E. Roy en donne de marges extraits dans "Le Mystère de la Passion aux XIVe et XVe siècle", et Gamaliel y est souvent cité ; mais, dans les pages publiées, Gamaliel ne participe pas à la Mise au tombeau.

      b) La Passion et la Résurrection publiées à Paris par Eozen Quillivéré en 1530. BNF Réserve, Yn.11 . Réimprimé à Morlaix en 1622 BnF Réserve Yn13. Edité par M. de la Villemarqué en 1865 et par Yves Le Berre en 2005.

      Là encore, Gamalile est fréquemment en scène. Lors de la Déposition, Joseph d'Arimathie et Nicodème vont chercher Gamaliel (fin de scène XV), et, à eux trois, ils partent "afin de faire du bon travail". Le récitant expose alors ce qui va se passer :

      Lorsque le corps de Jésus

      Eut été selon l'usage enveloppé d'un linceul,

      Le bon Nicodème

      Partit en compagnie de Joseph

      pour l'ensevelir

      Avant le crépuscule.

      Ils le soulevèrent en hâte,

      Puis, respectueusement et solennellement,

      Le transportèrent

      Et l'installèrent

      Au milieu du fort beau tombeau

      Tout neuf.

      Quand il eut été mis au tombeau

      et oint

      et disposé comme il faut

      Par les susdits

      Et les (trois) Marie

      Conformément à la coutume de ce monde,

      Alors chacun exprima son chagrin

      Et lui-même demeura

      Dans le magnifique tombeau

      Séparé de ses proches

      Jusqu'à sa résurrection." (Traduit du breton par Y. Le Berre)

      Puis les dialogues entre Nicodème, Joseph et Gamaliel mettent en scène la Descente de croix : Gamaliel tient l'échelle et Nicodème monte "afin de prendre doucement le corps si délicat de Jésus" tandis quer Joseph ôte les clous avec des tenailles. Le corps est remis par Joseph entre les bras de Marie, afin qu'elle procède à la toilette. Marie se lamente (vers 3272-3292) puis la scène se conclue ainsi sans participation de Gamaliel:

      JOSEPH. N'est-il pas temps, ma dame, que nous le portions et que nous le couchions au fond du tombeau? Oui, il est l'heure de s'y rendre; le soir vient. Hâtons-nous donc, ne restons pas ici plus longtemps, je vous en conjure humblement.

      MARIE. Hélas! puisqu'il le faut, partons, et que, selon les rites ordinaires, il soit étendu et renferme dans le tombeau.

      NICODÈME. Allons donc, et faisons ce que nous voulons faire, car il est presque nuit.

      JOSEPH (après avoir enseveli Jésus). Le voilà couché dans le tombeau; fermons-en l'entrée tout de suite; il n'y a pas lieu de différer." (trad. Villemarqué).

       

      En conclusion, je ne suis pas parvenu à trouver la source scripturaire de la participation de Gamaliel à la Mise au tombeau, telle qu'elle est représentée à Quimperlé, mais la Passion bretonne de 1530 le fait participer à la Déposition, ce qui sous-entend ipso facto sa présence en tant que témoin muet lors de la Déploration, de l'embaumement et de la Mise au tombeau.

       

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      La Mise au tombeau de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé

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      III À V. LES SAINTES FEMMES.

      Il s'agit de sainte Marie-Madeleine ; sainte Marie-Jacobie ; sainte Marie-Salomé, toutes trois debout.

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      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      VI ET VII. JEAN SOUTENANT MARIE ÉPLORÉE.

      Tête de saint Jean refaite.

      Jean, imberbe, vêtu d'une robe et d'un manteau, soutient Marie éplorée.

       

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      Les yeux de la Vierge sont entrouverts, émouvant et sobre témoin de son chagrin.

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      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      VIII. ABIBON.

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      C'est le fils de Gamaliel, et il est donc représenté dans une tenue vestimentaire analogue à celui-ci, avec le bonnet pointu "mou" (effondré) aux bords repliés ornés d'un médaillon. Nous retrouvons le voile descendant de ce bonnet, avec ses franges sur les épaules. Les cheveux torsadés  à mèches serpentines creusées de multiples trous réguliers (trous de fixation de bijoux ?). Le baudrier qui suspend une épée visible sur le coté gauche. Les  manches à franges. Etc.

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      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      L'inscription est marquée au même endroit que pour Gamaliel, dans un bandeau perlé en haut et frangé en bas On y lit, entre deux fleurs, : ABIBON.

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      Si l'évangile de Gamaliel fournissait un certain nombre d'éléments justifiant la présence du Prince de la loi au pied de la croix, il n'en va pas de même pour Abibon, et seul le récit de la découverte des reliques de saint Etienne par le prêtre Lucien a pu inciter l'artiste (ou ses commanditaires) à imaginer que, puisqu'il avait été baptisé en même temps que son père, il avait pu accompagner celui-ci lors de la Passion.

      L'un des commanditaires présumés est Guillaume de Botdéru, inquisiteur de la foi, prieur du couvent des dominicains, docteur en théologie. En  l'an 1483 il fit bâtir un beau corps de logis accompagné de salle, chambre, prisons et office nécessaires pour la justice, et au-dessus une belle librairie garnie de livres qui est à présent fort délabrée. Ce qui témoigne de son souci (comme inquisiteur) de faire justice, et de son intérêt pour les livres. Cela n'éclaire guère notre lanterne.

      L'autre commanditaire est la famille de Quimerc'h.

      Saint Abibon  est souvent assimilé à un saint breton, saint Diboan, mais je ne vois pas, sur cette Mise au tombeau, ce qui justifie une telle dérive. Je signale néanmoins qu' à Pluméliau, les trois saints Nicodème, Gamaliel et Abibon sont réunis.

      Dans la chapelle Saint-Nicodème de Pluméliau (56), un  retable polychrome du maître-autel a été réalisé au troisième quart du xviie siècle. Son panneau central représente 12 personnages, dont saint Nicodème recevant le corps du crucifié descendu de croix. Le saint est aussi représenté dans une niche, dans la partie haute du retable. Ses deux compagnons (Gamaliel et Abibon) sont eux sculptés dans les niches latérales.


      Dans le placître, a été érigée au XVIème siècle une fontaine, restaurée en 1608. C'est, sans conteste, la plus importante des fontaines sacrées de Bretagne.  C'est un monument à trois édicules accolés, tous semblables et richement décorés. Ces trois fontaines, dont les niches sont vides, sont dédiées aux saints Nicodème, Gamaliel et Abibon. La tradition voulait qu'on offrit à saint Nicodème des animaux, vendus le jour du pardon, et que l'on déposât des mottes de beurre sur l'autel de la chapelle. Le pardon était célébré le premier dimanche du mois d'août. Les pèlerins, nombreux, venaient de fort loin demander la protection pour leurs animaux et surtout pour leurs chevaux. La deuxième fontaine est dédiée à saint Gamaliel. La troisième contenait la statue de saint Abibon entre un cavalier et un homme en prière. Saint Abibon s'appelait en réalité saint Diboan, le saint sans souci, sans douleur, autrement dit, qui vous tire de la peine. Il était particulièrement honoré dans le Finistère sous le surnom, parfois, de " Tu-pe­tu ", "d'un côté ou de l'autre"; car on lui prêtait pour accessoire la roue de fortune, qui marquait l'arrêt du destin. La roue, symbole du dieu soleil chez les Celtes, a été à l'honneur dans de nombreuses églises bretonnes, au Moyen-Age où elle était devenue la roue à sonnettes qui permettait aux fidèles de conjurer le mauvais sort. Mais c'était à saint Diboan de décider, d'un côté ou de l'autre, " Tu-pe-tu ". On venait donc le consulter pour la vie ou pour la mort, demandant la guérison sur l'heure du malade ou une mort rapide pour abréger ses souffrances. "; Saint Abibon / Sant-Abibon  : variantes Diboan : Diboen, Thibon, Abibon, Yboiene, Iboen, Abilon, Languis, Langis.  Le nom Diboan contient le breton «poan», peine, souffrance, douleur; le préfixe di- étant privatif, Diboan s'est référé à quelqu'un qui soulageait les douleurs. Ainsi, invoque-t-on saint Diboan pour soulager les souffrances des malades et notamment des moribonds. Pendant longtemps, le jour du pardon, on vendait aux enchères les chemises des défunts de l'année.  Fêté le 28 janvier. 

       

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      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      IX. NICODÈME.

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      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      L'inscription porte, comme pour Joseph d'Arimathie, le nom de Nicodème en latin : NICODEMVS.

      Le rôle de Nicodème dépasse très largement le souvenir péjoratif qu'il a pu laisser lorsque son nom a été à l'origine du nom "nigaud". 

      Il est fêté comme saint Nicodème le 3 août, jour de la découverte de sa tombe, de celle d'Abibon, de Gamaliel et de saint Etienne par le rêve du prêtre Lucien à Kfar-Gamala. C'est un des premiers disciples de Jésus. Pharisien et membre du sanhédrin, il  apparaît trois fois dans l’Évangile selon Jean : il va écouter son enseignement Jn 3. 1-21, il prend sa défense lorsqu’il est malmené par les Pharisiens (Jn 7. 45-51  il aide Joseph d’Arimathie lors de la descente de croix et la mise au tombeau Jn 19. 39-42 .

      L'importance du texte apocryphe de  l'évangile de Nicodème (cf. supra) et de sa version longue ou Evangile de Gamaliel témoigne également de sa place au Moyen-Âge et à la Renaissance.

      Outre la chapelle Saint-Nicodème de Pluméliau, il faut signaler celle de la commune de Ploéven (29) et celle de la commune de Guérin, où il passe pour guérir les porcelets.

       

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

       

       

       

       

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      CONCLUSION.

      J'ai signalé en introduction que ce chef-d'œuvre en tuffeau du fin XIVe/début XVIe présentait trois particularités.

       

      Son titre de plus ancienne "Mise au tombeau" de Bretagne justifie à lui seul notre considération.

      Le fait que le corps du Christ soit orienté tête placée vers la droite, face à Nicodème, alors que traditionnellement il est orienté à gauche face à Joseph d'Arimathie, pourrait témoigner de l'importance prise par Nicodème (et son évangile apocryphe) dans le culte et dans les réflexions théologiques sur la Vie du Christ, comme sur les débats entre les pharisiens et les premiers chrétiens. 

      Mais l'intérêt capital vient de la présence, attestée par les inscriptions, du pharisien Gamaliel  et de son fils puîné Abibon. En effet, beaucoup de Descente de Croix ou de Mise au tombeau, tout comme beaucoup de grandes Passions des maîtresse-vitres de Basse-Bretagne, comportent de nombreux personnages que nous pouvons considérer, par leur tenue, comme des notables Juifs, mais sans pouvoir les identifier avec certitude. Seuls Joseph, (précisément en raison de la tradition qui veut que ce soit lui qui tienne la tête du Christ) et Nicodème (pour la raison inverse) peuvent être nommés. Ici, à Quimperlé, les inscriptions lèvent toute ambiguïté et nous obligent à expliquer la présence de Gamaliel et de Abibon en même temps que Joseph d'Arimathie et Nicodème.

      Pour moi, seule la tradition de la découverte miraculeuse des reliques de saint Etienne, enterré en même temps que Gamaliel, Abibon et Nicodème, peut, associée à la diffusion des Passions théâtrales d'après l'évangile de Gamaliel,  expliquer la réunion des neuf personnages de la Mise au Tombeau de Quimperlé.

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      Rappel :

      -Dans la "Passion selon Gamaliel", l'ensevelissement n'est pas décrit.

      https://archive.org/stream/lemystredelapa02roy#page/336/mode/2up/search/gamaliel

      -Dans la Passion selon Gamaliel et dans la Passion d'Auvergne (rouergate), Gamaliel a, lors de la mort du Christ, un rôle négatif puisqu'il s'offusque que Nicodème ait dépendu et inhumé le corps du Christ

      -Dans la Passion bretonne de 1530, Gamaliel est présent lors de la Déposition, au cours de laquelle il tient l'échelle. Mais l'embaumement et la Mise au tombeau ne sont décrits que très rapidement, sans mentionner d'autre personnage que Nicodème et Marie.

      -Dans tous les cas, Abibon ne participe pas à la Vie et à la Passion du Christ.

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      SOURCES ET LIENS.

      —ABGRALL (Jean-Marie), 1903, BDHA, Quimper.

      https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1903.pdf

      "On s'est plu, au Moyen Age et à la Renaissance, par dévotion pour la Passion de Notre-Seigneur, à représenter la Mise au tombeau. Voici quelle en est Ia composition ordinaire : Autour du corps inanimé du Sauveur, sont : la Sai nte-Vierge, sa mère, soutenue par l'apôtre saint Jean ; la Madeleine, portant son vase d'aromates, les Saintes Femmes, Joseph dArimathie et Nicodème, tenant les extrémités du linceul.

      A la cathédrale de QUIMPER existe un sépulcre que Mgr Sergent fit exécuter par M. Froc Robert, vers 1868, et qui, m'a-t-on assuré, serait la copie du sépulcre de la cathédrale de Bourges. Je croirais plutôt que c'est la reproduction de celui de Saint Germain-des Prés, à Paris.

      Le plus ancien du pays est probablement celui de Sainte-Croix de Quimperlé, autrefois dans l'église, et maintenant au fond du jardin du presbytère, Les personnages sont en pierre blanche, ayant sur les bordures de leurs vêtements des feuillages brodés avec une extrême finesse, ou leurs noms gravés en jolies lettres fleuries : Joseph ab Ârimatheâ ; — Nicodemus ; — Abibon ; — Gamaliel meus dominus. Lettres et ornements semblent indiquer les premières années du xvi6 siècle.

      De la même époque doit être aussi le sépulcre de Ia chapelle de Coadry, en Scaër ; il est en grande vénération, et les pèlerins vont baiser avec respect les plaies du Sauveur, an Autrou Christ.

      Les deux plus beaux, comme importance et correction de style, sont ceux de Saint Thégonnec et de Lampaul-Guimiliau.

      Celui de Saint-Thégonnec est dans une sorte de crypte ou chambre basse, sous l'autel de l'ossuaire ou magnifique chapelle du cimetière. On y remarque tout particulièrement la Véronique, la Madeleine et un ange pleurant au bord du tombeau.

      À LAMPAUL, le sépulcre occupait autrefois aussi une place analogue, au dessous de l'abside dans la chapelle de la Trinité. Comme il se rongeait par l'humidité, on la placé depuis plusieurs années au bas du collatéral Nord de l'église. La tête et le torse de Notre-Seigneur sont d'une noblesse sans égale, et l'on ne peut se défendre d'admirer l'expression douloureuse de tous les personnages, dont les yeux sont fixés sur la figure inanimée du Sauveur. Ce monument est en pierre blanche, il est signé et daté : ANTHOINE : FECIT : 1676. C'est un des rares ouvrages qui portent la signature du sculpteur.

      Après cela, nous pouvons nommer les sépulcres de Plouguerneau, de Saint-Martin de Morlaix, de Saint-Mathieu de Morlaix, dans un édicule derrière l'église, près de la chapelle de Notre-Dame-du Mur, celui de Beuzec-Conq, maintenant au musée de Keriolet, dans la même paroisse; puis à Rosporden, la même scène en haut-relief, sous l'autel latéral Nord."

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      [Mais aussi : la Déposition du Pénity à Locronan ; le calvaire de Guimiliau]

      — ARLIMA, Versions françaises de l'évangile de Nicodème.

      https://www.arlima.net/eh/evangile_de_nicodeme_en_francais.html

      — Trois versions rimées de l'évangile de Nicodème

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k51035/f84.item

      — Evangile de Gamaliel BnF fr 12445, XVe siècle. Folio 33 Contient : Traité de la passion de Jésus-Christ, selon Gamaliel. « Fn celuy temps que Jhesucrist print mort... » (Évangile de Nicodème. — La place des miniatures a été laissée en blanc) ; 

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90616396/f36.image.r=12445

      — PASSION PROVENÇALE BnF fr 24945 évangile de Nicodème folio 92

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9063338c/f95.item

      — FORD (Alvin Earle ) 1973, L'Evangile de Nicodème , Droz ;

      https://books.google.fr/books?id=DqrjcUdaUGkC&dq=manuscrit+Sainte-Genevi%C3%A8ve,+1194&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

       JEAN MICHEL Jean Michel, Le Mystère de la Passion (Angers 1486), éd. Omer Jodogne, Gembloux (Belgique), Duculot, 1959.

      http://okina.univ-angers.fr/publications/ua8495/1/le_mystere_de_la_passion_de_jean_michel.pdf

      —   HERSHON (Cyril P.) et Peter T. RICKETTS, 2007, «La tradition occitane de l'Évangile de Gamaliel, éditions et commentaires», La France latine. Revue d'études d'oc (nouvelle série, n° 144, 2007), p. 132-327 

      — HENRARD  (Nadine), 1998.  Le théâtre religieux médiéval en langue d'oc, Librairie Droz, 1998 - 655 pages

      Cet ouvrage constitue la première étude d'ensemble du théâtre religieux occitan du Moyen-âge. L'analyse porte sur les quinze textes et fragments conservés (42000 vers, de la fin du XIe siècle à la première moitié du XVIe siècle), qui illustrent toutes les grandes catégories du genre (drame liturgique ou semi-liturgique, miracles et mystères, cycle de la Nativité et cycle de Pâques). La première partie présente, pour chacun des témoins, une notice codicologique, une étude des sources et de leur transposition, un examen des thèmes et des motifs, une recherche des influences subies ou exercées. Le second volet comprend un examen des didascalies et une étude technique de la versification, considérée dans ses rapports avec la structure dramatique des textes.

      https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=BNw2x1OrDkgC&q=gamaliel#v=snippet&q=gamaliel&f=false

       

      — LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonne de 1530, suivies de trois poèmes, d'après l'édition d'Eozen Quillivéré, CRBC, Brest. Voir aussi

       

      —VILLEMARQUÉ Le grand mystère de Jésus, passion et resurrection : drame Breton du Moyen Age

      https://archive.org/stream/bub_gb_SVCVLoIODpIC

      https://archive.org/stream/bub_gb_SVCVLoIODpIC#page/n295/mode/2up/search/gamaliel

      — PARIS (Gaston), RAYNAUD (Gaston), 1878, Paris Le mystère de la passion d'Arnould Greban. Publié d'après les manuscrits de Paris avec une introd. et un glossaire" : Gamaliel scribe de la loi, Première journée pages 77, 80, 92, 108-112, 124-125. Gamaliel est absent de la Déposition et Mise au tombeau de la Troisième journée pages 352 et suiv.

      https://archive.org/stream/lemystredelapa00grebuoft#page/76/mode/2up/search/gamaliel

      — LE MERRER (Madeleine), 1982, Figure de Joseph d’Arimathie : sa chasteté, sa proximité de Dieu, p. 229-252, © Presses universitaires de Provence, 1982

      https://books.openedition.org/pup/2867?lang=fr#ftn69

      — Légende Dorée, Invention  de saint Etienne

      https://archive.org/stream/lalgendedore00jaco#page/394/mode/2up/search/gamaliel

       

      — LANSART (Lydie), 2011,  De Nicodème à Gamaliel. Les réécritures de l’Évangile de Nicodème dans la littérature narrative médiévale : XIIe – XVIe s. : étude et éditions Thèse de doctorat en Littérature et civilisation francaises

      — LANSART (Lydie), 2012,  « Lydie Lansard, De Nicodème à Gamaliel. Les réécritures de l’Évangile de Nicodème dans la littérature narrative médiévale (xiie-xvie siècle). Étude et éditions », Perspectives médiévales [En ligne], 34 | 2012, mis en ligne le 26 septembre 2012, consulté le 19 juin 2018. URL : http://journals.openedition.org/peme/2542

      "Pour analyser la réception de ce texte au Moyen Âge, ont été prises en considération dans cette étude les différentes versions à ce jour recensées de l’apocryphe parmi lesquelles on peut distinguer trois versions rimées du xiiie siècle (celles de Chrétien, André de Coutances et d’un anonyme), trois versions courtes en prose du xiiie siècle (issues des recensions latines A, B et C), les interpolations de la version en prose courte recension C dans le Livre d’Artus (xiiie siècle) et dans le Perceforest (xive siècle), l’interpolation de la version en prose courte recension A dans une Histoire de la Bible du xive siècle, une Complainte de Notre Dame du xive siècle, une paraphrase du xive siècle et une version longue en prose intitulée communément Évangile de Gamaliel dans sa version manuscrite du xive siècle et dans sa version imprimée de la fin du xve siècle.

      Alors que les premières traductions de l’apocryphe sont toutes issues de la recension latine A et de l’aire anglo-normande (ce qui peut expliquer les liens étroits qu’elles entretiennent avec le culte marial et le culte du Précieux Sang), elles ont, dès le xive siècle, été supplantées par le remaniement qu’est l’Évangile de Gamaliel, issu, quant à lui, de l’aire occitane. Suivies de la lettre de Pilate à l’empereur (versions rimées), de la Vengeance Nostre Seigneur (version en prose courte recension A, Évangile de Gamaliel), interpolées dans des récits plus vastes (dans une séquence néotestamentaire pour la version en prose courte recension B, dans une Histoire de la Bible pour la version en prose courte recension A, dans Le Livre d’Artus ou dans le Perceforest pour la version en prose courte recension A, dans une Complainte Notre Dame, ou encore, pour aller plus loin, dans la Vie de Jesu Crist pour l’Évangile de Gamaliel), les réécritures de l’Évangile de Nicodème en ancien et moyen français servent différentes stratégies, démontrant une plasticité propre à se mettre au service de divers projets de lecture.

      Sous l’emprise grandissante de l’imaginaire, le renouvellement de l’enchâssement des récits, constitutif de la structure de l’Évangile de Nicodème, permet la recréation d’une « estoire » où le temps et l’espace sont remodelés, rapprochant un peu plus les réécritures de la fiction.

      Dès lors que la fiction prend le pas sur la lettre, naît le personnage de fiction. Ainsi le personnage de Pilate, bien que défini socialement, politiquement et symboliquement, voit au fil des réécritures sa romanité altérée, son autorité, dédoublée, et son auctoritas littéraire ainsi que sa fonction structurante, déplacées au profit du personnage de Gamaliel. Paradigmatique de la fiction romanesque, le personnage de Gamaliel conquiert son autonomie narrative en épuisant les autres personnages du récit-source. Son statut et son discours sont autant de remplois de ceux de Pilate, de Nicodème ou de Joseph d’Arimathie et construisent un personnage nouveau mais néanmoins familier."

      — LANSART (Lydie)Déplacements structurels et localisations textuelles : La Descente du Christ aux Enfers dans le Mystère de la Passion Nostre Seigneur du manuscrit Sainte Geneviève 1131.

      http://sitm2007.vjf.cnrs.fr/pdf/s16-lansard.pdf

      —LA PASSION D'AUVERGNE, 1982, Droz

      https://books.google.fr/books?id=JpXW38NPkCkC&pg=PA14&lpg=PA14&dq=%22guamaliel%22&source=bl&ots=-QUH_A6-8j&sig=wK9VMBHl5tJ9GNFu-QfLbPvn3Is&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwing8T-oN_bAhWIbRQKHeSWCxEQ6AEILjAB#v=onepage&q=%22guamaliel%22&f=false

      — LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, suivies de trois poèmes, d'après l'édition d'Eozen Quillivéré, CRBC, Brest.

      — MARCADÉ (eustache) Le mystère de la Passion : texte du manuscrit 697 de la Bibliothèque d'Arras ([Reproduction en fac-similé]) / [attribué à Eustache Marcadé] ; [texte établi et présenté par] Jules-Marie Richard ; [publié par la Société du Pas-de-Calais] « Gamaliel, 3eme prince de la loi »Deuxième journée, pages XXXIV, 223, 224

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4070q.image

      MIGNE, Dictionnaire des Apocryphes. L'évangile de Nicodème.

      https://books.google.fr/books?id=YP4gDAAAQBAJ&pg=PT440&lpg=PT440&dq=%22+La+passion+et+resurrection+par+le+bon+maistre+Gamaliel+et+Nichodemus+Tr%C3%A9perel,+1497.&source=bl&ots=Hgxp7dLuNh&sig=2UXueTtfIffplAtW3_3BpAfXh-M&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiw5dT4_OHbAhXGvxQKHeZ1AnMQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22%20La%20passion%20et%20resurrection%20par%20le%20bon%20maistre%20Gamaliel%20et%20Nichodemus%20Tr%C3%A9perel%2C%201497.&f=false

      — PARIS (Gaston), RAYNAUD (Gaston), 1878, Paris Le mystère de la passion d'Arnould Greban. Publié d'après les manuscrits de Paris avec une introd. et un glossaire" : Gamaliel scribe de la loi, Première journée pages 77, 80, 92, 108-112, 124-125. Gamaliel est absent de la Déposition et Mise au tombeau de la Troisième journée pages 352 et suiv.

      https://archive.org/stream/lemystredelapa00grebuoft#page/76/mode/2up/search/gamaliel


       

      — REMACLE : traduction et présentation  de l'évangile de Nicodème :

      http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/nicodeme.htm

      — ROY (, Émile), 1904, Le mystère de la Passion en France du XIVe au XVIe siècle : étude sur les sources et le classement des mystères de la Passion ; accompagnée de textes inédits..Dijon, Extrait de la Revue bourguignonne, 1903, tome XIII, nos 3-4 ; 1904, tome XIV, nos 3-4

      https://archive.org/stream/lemystredelapa02roy#page/280/mode/2up/search/gamaliel

      — VANDERLINDEN, S, 1946,  Revelatio Sancti Stephani (BHG 7850-6) , Revue des études byzantines  Année 1946  4  pp. 178-217

      https://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_1946_num_4_1_939

      —WIKIPEDIA

      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vangile_de_Gamaliel

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      Published by jean-yves cordier
      18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 09:22

      Une "plaque de cocher" à Quimperlé, Chemin de Grande Communication n°16.

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      Voir ici :

      La plaque de cocher de Landerneau. Route nationale n° 164 d'Angers à Brest.

      La plaque de cocher de Roscoff. Route nationale n°169 de Lorient à Roscoff. 

      La plaque de cocher de La Martyre. Chemin de Grande Communication n° 35.

      Une "plaque de cocher" à Plougourvest (29) : le chemin d'intérêt commun n°21 de Landivisiau à Cleder.

      La "plaque de cocher" de Lanviguer-Ty Croaz à La Martyre, et le calvaire de 1565 qui va bien avec. Le Chemin de Grande Communication n°3.

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      Le site remarquable et incontournable de Patrick Rollet ne mentionne aujourd'hui qu'une seule plaque de cocher à Quimperlé, celle de la Route n°165 Quimperlé-Lorient.

      Alors que je passai, en raison de mon patronyme, par le chemin des Cordiers, Hentig ar Gordennourien, à Quimperlé, je remarquai en bordure du rond-point une nouvelle plaque que je présente ici.

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      Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      La plaque de cocher du Chemin de Grande Communication n°16 Quimperlé-Doélan.

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      Adresse : 1 rue de Moëlan à Quimperlé. Rond-point près de la Gare, à l'embranchement de la D6 et de la D783

      Maps :

      https://www.google.fr/maps/place/1+Rue+de+Mo%C3%ABlan,+29300+Quimperl%C3%A9/@47.8702303,-3.5593351,15.25z/data=!4m5!3m4!1s0x4810fa77f391c3f5:0x8b6422d518de9fe0!8m2!3d47.8680429!4d-3.5520854

      Street view Google :

      https://www.google.fr/maps/@47.8681861,-3.5520826,3a,60y,133.71h,85.05t/data=!3m6!1e1!3m4!1sJCxJEfiW8wrj11qq85gvKQ!2e0!7i13312!8i6656

      Carte IGN / Photo aérienne :

      https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.553163&y=47.872866&z=18&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

      Carte d'Etat-Major 1820-1866 / Carte de 1950:

      https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.545270&y=47.870856&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN50.1950&mode=doubleMap

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      1, rue de Moëlan à  Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      1, rue de Moëlan à Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      La plaque émaillée de cette Plaque de cocher a perdu presque totalement sa couleur bleue. On y lit :

       

      CHEIN DE GDE COMON N°16

                   -----------------------------

      QUIMPERLÉ                      <------          1k418

      MOËLAN                             ------>          8k 765

      CLOHARS-CARNOËT        ------->        8k 992

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      Le chemin de Grande Communication ou CGC n°16 est désigné en 1880 sous le nom de CGC "De Quimperlé à Douélan", Doëlan étant le port de Clohars-Carnoët. La carte MAPS lui attribue la longueur de 14 à 14,3 km. Créé en 1860 (et visible seulement en pointillé sur la carte d'Etat-Major 1820-1866) , il participait à la commercialisation du poisson (essentiellement la sardine)  débarqué au quai de Kernabat et les conserveries de Doëlan. Il desservait aussi, par Moëlan, les ports de Brigneau et Merrien : voir MAPS 2

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      1, rue de Moëlan à Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      1, rue de Moëlan à Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

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      Published by jean-yves cordier
      16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 14:01

      La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic (29) : le calvaire et les inscriptions lapidaires.

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      Voir sur la commune de Saint-Nic :

      — L'église :

       

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      — La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

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      — La chapelle Saint-Jean :

       

       

       

       

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      "Des premières pentes du Menez-Hom, où se trouve leur presbytère, appelé encore aujourd'hui Presbital Koz, bien qu'officiellement il doive s'appeler Kerdamoy, recteur et vicaire peuvent contempler devant eux toute leur paroisse dans un cadre incomparable : à 600 ou 700 mètres, l'église paroissiale, entourée de quelques maisons ; à deux kilomètres, à droite, la chapelle de Saint-Jean, au fond d'un vallon ; à gauche, la chapelle de Saint-Côme, dont le clocher s'élance d'un bouquet de verdure, et là, presqu'à leurs pieds, l'immense Baie, qu'enserrent la Pointe du Raz et le Cap de la Chèvre et dont les eaux viennent mourir sur la longue traînée blanche de la plage de Pentrez." Corentin Parcheminou, 1930

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      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      La chapelle Saint-Jean, au nord-nord-ouest du bourg sur la D63 venant d'Argol, est un édifice  à plan en croix latine, construit lors d'une première campagne en 1591 (inscription), puis doté par le recteur Perzégou d'un calvaire en 1645, puis remanié ensuite sous  le même recteur  puisque sa charpente et ses sablières portent la date de 1653, et enfin restauré en 1873 (date sur la charpente). La fontaine, en contre-bas de la route, porte la date de 1712.

      L'appareil du pignon du transept est hétérogène, avec de gros blocs de grès à sa base, surmontés de moellons.

      La route D63 est assez récente, elle figure sur la carte de 1950 mais non sur la carte d'Etat-Major de 1820-1866 qui ne montre que le "Chemin de grande communication de Crozon à Châteaulin ", l'actuelle D887 passant par Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, et la diagonale de Telgruc vers Pentrez, l'actuelle D108. La chapelle Saint-Jean n'était donc desservie que par des  chemins, visibles sur la carte EM mais qui n'apparaissent pas sur la carte de Cassini (fin XVIIIe).

      https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.290352&y=48.207613&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&mode=doubleMap 

      Si les axes routiers passant par cette chapelle ne sont pas remarquables avant le milieu du XIXe siècle, il en va autrement du réseau hydrographique, et je propose de s'y intéresser comme je l'ai fait pour la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien.

      Depuis les flancs du Ménez-Hom (329 m), des ruisseaux coulent selon un axe nord-ouest vers le rivage de la Baie de Douarnenez, et la carte d'Etat-Major avec son relief accentué par des hachures, montre les vallons parallèles comme des serpentins sombres. La chapelle (vraisemblablement précédée par une fontaine sacrée) se situe (flèche) sur le trajet de l'un d'eux, tout comme l'église de Saint-Nic (*) , et comme la chapelle Saint-Côme (**). C'est ce réseau hydrographique qui fournit la clef d'interprétation de la sacralisation du territoire de la commune.

       

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      Geoportail :  https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      Geoportail : https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

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      Les photographies aériennes en font la même démonstration :

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      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

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      En gros plan, la chapelle en forme de croix, et la fontaine.

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      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

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      La carte IGN montre par la toponymie le rôle du cours d'eau (Creac'h Milin, Moulin du haut) et du milieu humide (Ar Vern Bras, "la grande Aulnaie", nommée "Le Grand Launay" sur la carte Cassini, et encore aujourd'hui) ou du milieu boisé (Penhoat = "pointe du bois").

      À une échelle moindre la carte IGN révèle aussi la fréquence des toponymes construits avec le terme Pors : Pors Gourmelen, Pors Piriou, Pors ar Gall, Pors ar Born, Pors ar Goff,.. Or, le terme, dérivé de Porzh, signifie "port, anse, crique, grève" en toponymie nautique. Mais ici ?

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      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

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      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Sur le sommet du  pignon du transept sud, au dessus de la baie, une inscription se lit : 

      BLOE FA : 1591

      MORICE : LE

       

      La ponctuation de séparation des mots utilise trois points losangiques, plus rares que le deux-points. Les lettres romaines favorisent la ligne droite, même pour l'un des deux -O-. Les lettres -L- sont  perlées ou barrées . L'inscription est très différente de celle de 1561 du portail de l'église paroissiale ( L : M : Vcc LXI FFe :) aux lettres gothiques, aux fûts bifides et  aux deux-points reliés par un S.

      Elle est beaucoup plus proche — mais moins ornée — de celle du mur intérieur de la nef sud de cette église paroissiale, "M : LE : PARLÃT : FÃ : 1566 ". 

       Si le chronogramme est parfaitement clair, le sens de l'inscription ne l'est pas. Ce bloc était-il précédé et suivi d'autres pierres pour former un texte plus complet ? Occupe-t-il son emplacement d'origine ?

      Faut-il le lire en débutant par la ligne inférieure : MORICE LE BLOE FA[BRICIEN] 1591 ?

      Mais dans ce cas, nous venons buter sur le patronyme LE BLOE , non attesté.

      Notons que "bloe" est une forme en ancien français d'origine germanique pour "bleu". 

      Cette énigme n'est-elle pas suffisamment passionnante pour stimuler d'autres curiosités que la mienne ?

       

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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      Le pignon, percé d'une baie et  tourné vers l'est, est fleuronné à son sommet. Sous ce fleuron se voit un blason, et encore en dessous une inscription à demi effacée.

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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      Le blason. 

      Je propose d'y reconnaître les armoiries de la seigneurie du Rible :

      Rible (du) (ramage de Rosmadec), sr dudit lieu, par. de Plomodiern. Réf. et montres de 1426 à 1481, dite par., év. de Gornouaille. Palé d’argent et d’azur, qui est Rosmadec, à la cotice de gueules (Sceau 1420). Fondu dans du Juch, puis du Chastel, Quèlenec et Visdelou.

      https://fr.wikisource.org/wiki/Nobiliaire_et_armorial_de_Bretagne/R

      La maison du Rible (en Plomodiern), dont les armes antiques étaient d'argent au chevron de gueules, portait alors palé d'argent et d'azur de six pièces chargées d'une cotice de gueules, l'héritière de cette maison ayant épousé, au XIVème, Pierre Juveigneur de Rosmadec qui prit pour lui et ses descendants le nom du Rible, tout en retenant les armes de Rosmadec. (source)

      Le ressort du siège du Rible, exercé à Châteaulin, se trouvait en Plomodiern, Dinéault, Cast et Saint-Nic.

      https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207700g/f323.image

      Mais il y a ici une alternance de quatre pièces verticales en épaisseur et de trois ou quatre pièces en creux .

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      La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic (29) : le calvaire de 1645 et les  inscriptions lapidaires.
      La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic (29) : le calvaire de 1645 et les  inscriptions lapidaires.

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      L'inscription.

      Elle comporte le chronogramme 1597 précédé du nom d'un fabricien :

      ----L --FF

      FA-1597.

       

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      La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic (29) : le calvaire de 1645 et les  inscriptions lapidaires.
      La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic (29) : le calvaire de 1645 et les  inscriptions lapidaires.

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      Les murs ne sont décorés que d'une seule crossette, en forme de chien (?).

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Le clocher porte, au sud de la chambre des cloches, deux inscriptions illisibles et une moulure.

       

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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      Au dessus, le flèche est orné de fleurs de lys.

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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      VUE GÉNÉRALE DU CALVAIRE LE JOUR DU PARDON.

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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      LE CALVAIRE DE 1645.

       

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      Il est décrit ainsi par l'abbé Yves-Pascal Castel dans l'Atlas des Calvaires :

      "2766. Saint-Jean, g. k. 5,50 m. 1645. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût à pans. Croisillon, culots à godrons: M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645, statues géminées: Vierge-saint, Jean-Jean le Baptiste. Croix, fleurons, crucifix." [YPC 1980]

       

      Cela signifie qu'il mesure 5,50 m de haut, qu'il est en granite et en kersanton (la partie la plus sombre), et que le fût à pans est posé sur trois degrés dont le premier est séparé par une corniche moulurée. Un seul croisillon donne appui à deux statues, posé sur des culots ornés de formes ovoïdes ou godrons. Les extrémités de la croix sont à fleurons godronnés.

      Allons voir cela de près.

       

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      I. LA FACE TOURNÉE VERS L'OUEST. LA VIERGE, LE CHRIST EN CROIX ET SAINT JEAN.

       

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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      1. Le Christ en croix.

      Il est barbu, aux cheveux longs, et la couronne d'épines est faite de deux brins torsadés en anneaux sans piquants visibles. La tête est inclinée à droite. Les bras sont obliques en V, les clous à pointe de diamant plantés dans le creux de la paume, où les doigts sont fléchis. Le titulus est discret, sans ange.

      Les yeux fermés sont réduits à des fentes sous des sourcils aux courbes gracieuses. Le menton est carré, la barbe peigné en épaisses mèches verticales.

      Le pagne formé de bandes de tissu plates croisés est noué sur le coté, avec un pan extérieur gauche, et un pan glissé sous le pagne à droite.

      Les jambes (brisées) s'écartent d'abord, comme il le faut pour venir croiser les pieds fixés par un seul clou, pied droit au dessus.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      2. La Vierge.

      Il s'agit d'une statue géminée, où, dans un seul bloc, deux personnages dos à dos sont sculptés. 

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Sous un voile lourd cachant toute la chevelure (proche des capes de deuil de la Presqu'île) la Vierge au visage rond mais sévère croise les mains, le pan droit de son manteau faisant retour sur l'avant-bras. Les chaussures sont rondes, aux semelles individualisées.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Les yeux sont ronds avec des pupilles marquées en creux. Les paupières en amande forment, au coin palpébral interne un sillon en V accentué.

      Le nez s'élargit en narines rondes et fortes, tandis que la bouche est petite, aux lèvres serrées et fines. Le menton n'est pas dessiné et est englobé dans l'arrondi du bas du visage.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      On notera le visage particulièrement rond de la Vierge.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      3. Saint Jean.

      Jean l'évangéliste est imberbe avec des cheveux longs et bouclés. La tête n'est pas tournée vers le crucifix, et le regard est dirigé au loin. La main droite en supination est posée sous la ceinture, et la main gauche est posée à plat sur la poitrine. La manche droite est plissée, alors qu'à gauche un pan du manteau tombe en bande large et se replie sur l'avant-bras.

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Le grain de la pierre est hétérogène, à gros grains, d'un faciès très différent du kersanton habituellement élu pour la sculpture religieuse.

      La bouche et l'arrondi du bas du visage sont comparables à  ceux de la Vierge.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic (29) : le calvaire de 1645 et les  inscriptions lapidaires.

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      II. LA FACE DU CALVAIRE TOURNÉE VERS L'EST. LES DEUX SAINTS JEAN .

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      Comme on pouvait l'attendre à la chapelle Saint-Jean, les saints représentés sont les deux saints Jean. 

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      1. Saint Jean-Baptiste.

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      Nous sommes intrigués par les formes bilobées qui pendent sous les manches du manteau. Je les interprète comme  les pattes  de la mélote, vêtement en poils de chameau des anachorètes, ici — et souvent ailleurs — représenté comme une peau de chameau. D'ailleurs, la tête de l'animal pend dans le bas.

       

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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      2.Saint Jean l'évangéliste.

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      L'identification est moins assurée (et Yves-Pascal Castel ne s'est pas prononcé), mais le contexte, et le visage imberbe m'incite à voir ici saint Jean l'évangéliste, main droite serrant un repli de son manteau et main gauche levée contre la poitrine au dessus d'une ceinture très haute.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      3. L'inscription. Le recteur Guillaume Perfezou et le fabricien Sébastien Polesec. 

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      Elle a été déchiffrée ainsi par C. Parcheminou en 1930, alors que les fragments du calvaire étaient rassemblés dans la chapelle :

      "M. GVILL.  PERFESZOV. RECTER  / E B. POLESEC. F. 1645"

      Yves-Pascal Castel a lu, en 1988 :

       

      "M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645."

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      Aujourd'hui, je ne lis que PERFEZOU (à gauche),  "RECTER" (à droite) , mais je propose de transcrire :

      "M. GVILL. /1645/  PERFEZOV.

      RECTER  /

      et du coté ouest :

      SE B. POLESEC. F. "

      sous réserve de vérification.

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      "SEB. POLESEC."

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      Le patronyme BOLEZEC relevé par Y-P. Castel est inconnu, alors que celui de POLEZEC est attesté par les généalogistes à Saint-Nic, à Plomodiern et Plonévez-du-Porzay. La généalogie de Yves Le Floch sur geneanet.org mentionne ainsi Sébastien Polezec, né à Saint-Nic en janvier 1612, marié à Françoise Guern (dont 5 enfants) et décédé  le 1er juillet 1676 au Manoir de Brenalen à Saint-Nic,  à l’âge de 64 ans.

      [Le manoir de BRENALEN était possédé en 1443 par Jehan de Brenalen ; puis la famille de Tyvarlen devinrent seigneurs de Brénalen. En 1802, le propriétaire, Pierre Larour, loua une partie du manoir pour servir de presbytère car il se situait "très à portée de l'église". Le manoir accueillit une petite école. je trouve ensuite mention du Moulin de Brenalen, dont le meunier était Jean Horellou sous la Révolution et en 1837. Or la carte IGN n'indique que le lieu-dit BERNAL et le moulin de Bernal, dans le vallon qui descend de l'église vers la plage de Pentrez. Un lieu désigné sous le nom de BRENNAL sur la carte de Cassini.]

      C'est donc la graphie POLESEC qu'il faut retenir, d'autant que la charpente de la chapelle Saint-Côme et saint-Damien porte une inscription mentionnant Jacques [IAC] Polesec qui a boisé (posé la charpente ) la chapelle et sculpté les sablières, alors que maître Perfezou était recteur de Saint-Nic. Il est vraisemblable que ce soit le même menuisier-charpentier [I. POLESEC]  qui a son nom en 1638 sur l'inscription de la rampe de l'escalier de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien.

      Jacques POLEZEC est mentionné dans la généalogie de Louis Brun. Il est né en 1590 et mort le 18 avril 1684 à Saint-Nic, laissant trois enfants, Hervé , Anne et Marguerite.

      L'inscription SEB  POLESEC  est compatible avec Sébastien Polesec ou Polezec, âgé de 33 ans lors de l'inscription du calvaire. 

      Enfin, notons que le pignon de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern, très proche de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, porte une inscription "Guillaume D. Hervé. F.-P. Polesec Fa[briciens] 1573. Le patronyme POLEZEC est attesté à Plomodiern comme à Saint-Nic.

      Il est certain que cette famille était très impliquée au XVI et XVIIe siècle  dans l'édification des chapelles de saint-Nic et Plomodiern.

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      LE RECTEUR GUILL[AUME] PERFEZOU.

      Il est encore mieux connu, car il a laissé son nom sur de nombreuses inscriptions. Ce patronyme semble attaché aux paroisses d'Argol et de Telgruc, toutes proches.

      a) sur ce calvaire de 1645.

      b) sur la charpente de cette chapelle Saint-Jean en 1653, M. Kervarec étant fabricien "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. KVAREC. FA. 1653."

      c) sur la charpente de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien, par quatre inscriptions  en 1641, 1649  et 1661.

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      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Face est du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Face est du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Face ouest du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Face ouest du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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      Attribution.

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      Ce calvaire n'a pas été attribué, ni par Couffon, ni par Y-P. Castel, ni par Emmanuelle Le Seac'h dans son Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle.

      La datation de 1645 est compatible avec l'atelier de Roland Doré, actif à Landerneau de 1618 à 1649 (et jusqu'en 1663) dans 82 paroisses, et sur une centaine de croix et calvaires. D'autant que cet artiste, qui ne travaille que la pierre de kersanton, a réalisé les calvaires de l'église de Saint-Nic ainsi que celui de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien.

      Sur le plan stylistique, son style se caractérise dans les calvaires par un seul croisillon, par des fleurons à boules godronnées. Ses Christs des crucifix portent la couronne à deux brins enlacés, le pagne plat noué à gauche, une tête inclinée à droite, aux yeux clos, un corps allongé au torse presque rectangulaire. Les Vierges au pied de la croix ont le visage "poupin", les yeux en amande au sillon palpébral interne marqué. Les pupilles dessinées en creux sont également caractéristiques.

      Néanmoins, ce calvaire n'appartient pas au Catalogue des œuvres de Roland Doré.

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      LA CLOCHE.

      Elle porte l'inscription :

      (Main ) DÉDIÉE A ST JEAN PARRAIN JACQUES LE DOARE MARRAINE JEANNE BLAIZE ..

      (Main) MR LE PAPE RECTEUR SAINT-NIC.

      --JEAN FONDEUR À QUIMPER 1875. (doute sur le dernier chiffre)

      Décor : une croix avec un entrelacs de 8 cercles.

      Jean Fondeur, de Quimper, est le nom du fondeur de cloche, comme l'atteste un moulage en plâtre d'une marque d'une cloche de Morlaix fondue en 1862.

      L'église de Trégarvan, toute proche, possède deux cloches de Jean Fondeur, l'une de 1859 et l'autre nommée Marie Joseph Anna, de 1880.

      L'église de Guengat possède une cloche de 1872 fondue par Jean Fondeur.

      Les généalogistes signalent une Jeanne Blaize, née en 1847 à Plomodiern, de Corentin Blaize et Marie-Jeanne Le Doaré, nés et décédés à Plomodiern..

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      Cloche de la  chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Cloche de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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      SOURCES ET LIENS.
       

      — BASE MERIMÉE, Notice :

      http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00005245

      "Première campagne 16e siècle, partiellement datée 1591, inscription transept : " B10F FA 1591 MORICE L F ". Charpente et sablières en 1653 pour G. _Perfezou recteur de Saint-Nic, portent l'inscription : " M. GUIL PERFEZOU REC M KVAREC FA 1653 ". Calvaire en 1645. Clocher milieu 17e siècle. Fontaine en 1712"

      1591 ; 1645 ; 1653 ; 1712 .

      Un vaisseau, plan en croix latine. granite ; grès ; appareil mixte ; moellon toit à longs pans ; pignon découvert ; noue ; flèche en maçonnerie

      http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_8=REF,REFA&VALUE_8=IA00005245

      — CASTEL (Yves-Pascal, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère.

      http://croix.du-finistere.org/commune/saint_nic.html

      "2766. Saint-Jean, g. k. 5,50 m. 1645. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût à pans. Croisillon, culots à godrons: M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645, statues géminées: Vierge-saint, Jean-Jean le Baptiste. Croix, fleurons, crucifix." [YPC 1980]

      — COUFFON

      http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

      CHAPELLE SAINT-JEAN

      Edifice en forme de croix latine remontant au XVIe siècle, remanié au XVIIe et restauré au XIXe (1817 au-dessus de la porte sud). Clocheton amorti par une flèche à crochets et gables ajourés. Marches d'escalier sur le rampant sud. Il est lambrissé avec entraits engoulés et sablières sculptées : flore, oiseaux, dragons affrontés et, dans le choeur, sur le côté nord, cartouche contenant l'emblème des Cinq Plaies. La poutre transversale du haut de la nef porte l'inscription : "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. KVAREC. FA. 1653."

      Mobilier : Maître-autel de pierre : le retable bas porte dans des médaillons les figures en bas-relief polychrome des Evangélistes. Le tabernacle est ouvragé : Sainte Face sur la porte, et, entre des colonnettes, en bas-relief, saint Tugen avec clef et chien dans le panneau de gauche et un évêque dans celui de droite. Derrière le retable, une haute balustrade donne accès, par deux portes à balustres, à une sacristie qui occupe le chevet.

      Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, Pietà, saint Joseph, saint Jean-Baptiste dit Sant Yann Bihan ; - en pierre polychrome : autre saint Jean-Baptiste, de haute taille, dans une niche à colonnettes et fronton, et un saint évêque (Philibert ?).

      Dans la sacristie, vieille armoire massive à quatre portes, en mauvais état. * Près de la chapelle, calvaire relevé vers 1950 ; il porte l'inscription : "M. GVILL. PERFEZOV. RECTEVR. IE. B. POLESEC. F. 1645." Fontaine voûtée en anse de panier et datée 1712.

       

      PARCHEMINOU ( Corentin), 1930  “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,” 

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

       

       

       

      "Chapelle de Saint-Jean.

      Celle-ci est à deux kilomètres du bourg, sur le bord de la route de Crozon. Moins belle que la chapelle de Saint-Côme, la chapelle de Saint- Jean est pourtant loin d'être indifférente. Elle possède un petit clocher bosselé, de jolies portes gothiques et des fenêtres flamboyantes. A l'intérieur, les poutres transversales sont tenues comme à Saint-Côme par des gueules de monstres. Une frise sculptée court au haut des murs : plantes, vignes avec feuilles et grappes que picotent des oiseaux, dragons accouplés par une corde au cou, anges aux ailes déployées, sorte d'écusson allongé portant l'emblème des Cinq Plaies : deux mains et deux pieds transpercées et un cœur. Au carré du transept, aux quatre coins, on voit dans la frise  quatre personnages à longue barbe, tenant chacun un livre ouvert. Le premier est assis sur les épaules d'un génie qui lui enserre les jambes ; un autre sur un génie qui élève les bras pour tenir le livre comme un lutrin ; un autre est assis sur les épaules d'un génie affreusement laid ; le dernier, enfin,. au lieu d'un génie, a une colombe à ses genoux. . Quatre petits personnages sont sculptés autour de la clef de voûte.

      Une poutre transversale à gueules porte cette inscription : M. GVILL : PERFEZOU : REC : M. KV AREC : FA : 1653. Sur la charpente, on lit la date 1873 (réfection).

      Au fond de la chapelle, on a déposé les débris de l'ancien calvaire qui ressemblait à celui du bourg. On y lit cette inscription : M. GVILL. PERFESZOV. RECTER E B. POLESEC. F. 1645.

      Statues. - A l'autel principal, Evangélistes assis chacun avec son attribut : lion, taureau, aigle, homme. Sur un panneau du tabernacle, Saint Tujen avec chien et clef. Sur l'autre panneau, autre Saint avec mitre et crosse, lisant dans un livre .. Derrière l'autel, un Saint Jean-Baptiste, de stature herculéenne, portant un mouton. Cette statue est en pierre. - Vierge portant l'Enfant-Jésus. A l'autel latéral gauche : Sainte curieuse assise. La partie inférieure du corps est dissimulée par une sorte de caisse. Elle est habillée d'une vraie chemise en grosse toile. - Pieta honorée sous le nom de N. D. de la Chapelle-Neuve. - Saint Joseph. A l'autel latéral de droite : Saint Philibert, mitré et crossé. - Saint Jean-Baptiste (appelé Sant Yann Bihan parce que plus petit que l'autre statue) portant un agneau. A ses pieds une tête de loup (?). Toutes ces statues sont en bois, excepté celles de Saint Philibert et de Saint Jean-Baptiste. Non loin de la chapelle se trouve la fontaine dn Saint. Elle porte la date 1712, derrière le fronton."

       

       

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      Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes Inscriptions Kersanton Calvaires
      14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 21:42
      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Les vitraux.

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      Ils ont été créés et posés en 1960 par le maître-verrier quimpérois Jean-Pierre Le Bihan, qui indiquait en 2008 sur son blog : 

      "En 1944, disparition d’une verrière de 1558. On  voyait au dessus de l’autel des débris d’une Vie de la Vierge, dont une Assomption et son Couronnement. Dans une autre baie, saint Nicolas sauvant les trois enfants du saloir. En 1960, fournitures de  vitraux non figuratifs par l'atelier Jean-Pierre Le Bihan. La  réception des travaux eut lieue le 4 11 1961, architectes Hervé Péron et  A. Weisbein,  Monsieur Fournier étant maire.
       

      -baie 0, 2 lancettes cintrées de 2 panneaux chacune et réseau de 3 soufflets. Et 3 écoinçons ; tentures  de bleus
      -baie 1,2 lancettes cintrées de 2 panneaux chacune et réseau de 3 soufflets. Et 3 écoinçons ; rideau chaux.
      -baie 2, 2 lancettes cintrées de 2 panneaux chacune et réseau de 3 soufflets. Et 3 écoinçons ; rideau  froid
       -baie en ogive, de 2 panneaux ;  double tenture
      -oculus à 2 panneaux ; éclats rouges sur bleu."

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Choeur : Vierge à l'Enfant assise, bois polychrome, XVIe siècle.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Vierge à l'Enfant.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Saint Antoine. XVIIe siècle, H = 126 cm.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Saint Claude, bois polychrome, XVe siècle.

       

       

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Saint Nicolas.

       

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Sainte Marguerite, bois polychrome, XVIIe siècle. 

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Saint Matthieu, bois polychrome, XVIe siècle. H = 140 cm.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Le Christ aux liens. Bois polychrome, XVIe siècle, H = 110 cm.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Sainte Anne, bois polychrome, XVIe siècle, hauteur 90 cm.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Ex-voto ou maquette offerte : thonier B 1962 construit en bordées sur membrure.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Oculus, vitrail Le Bihan.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Saint Michel terrassant le démon, pierre polychrome.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Saint Gouesnou. Statue de procession.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Saint Eloi. Statue de procession. XVIe-XVIIe siècle, bois polychrome.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Saint Clément. Statue de procession.

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      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      SOURCES ET LIENS.

       

      CRAS (Lucien), 1987, "Chapelle Sainte-Christine, Lanngristin", in Plougastel-DaoulasPatrimoine architectural et statuaire, Les Amis du Patrimoine de Plougastel éditeur, page 105.

      COUFFON (René)

      http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUGAST.pdf

      "CHAPELLE SAINTE-CHRISTINE Au village de Langristin, ce qui montre que la sainte a supplanté saint Kristin. Edifice en forme de croix latine avec chevet à pans coupés du type Beaumanoir. Le vitrail portait la date de 1558, date que l'on retrouve également sur la porte ; le clocher a été restauré en 1914, suivant l'inscription : " ER BLOAZ MIL NAO C'HANT PEVARZEK EUS AR DIAZEZ BETEG AR BEG AN TOUR MAN A ZO BET ADSAVET EN ENOR DA SANTEZ KRISTINA BENNIGET. - F. CARDINAL PERSON. Y. ANDRE. FABRIK. G. BROUSTAIL MESTR MANSONER ". Démoli en août 1944, il a été restauré en 1975. Date de 1605 sur une porte latérale, avec le nom du fabricien THOMAS. Sacristie du XVIIIè siècle, " 1741 " à l'envers sur l'appui de la fenêtre. Mobilier L'autel ne porte plus de retable ni de boiseries, c'est une table de pierre moulurée posée sur un massif. Statues - en kersanton polychrome : sainte Christine, la meule suspendue au cou, XVIè siècle (C.) ; - en bois : sainte martyre, datée 1947 et signée Baglin ; - en bois polychrome : Crucifix, XVIè siècle, Christ aux outrages, XVIè siècle, sainte Anne, XVIè siècle, Vierge à l'Enfant assise, sur une console armoriée, XVIè siècle, autre Vierge à l'Enfant avec un ange sculpté sur le socle, XVIIè siècle, (C.), 3e Vierge à l'Enfant, XVIè siècle (sacristie), saint Matthieu, XVIè siècle, saint Côme et saint Damien, XVIIè siècle (C.), saint Antoine ermite, XVIIè siècle (C.), sainte Marguerite, XVIIè siècle, sainte Agathe, trois saints évêques, - et, à la sacristie, huit statuettes de procession. * Calvaire : statues géminées sur le croisillon, anges au calice, Pietà au revers. Inscription sur le socle : " A : THOMAS : " et date de 1587 sur le fût. Fontaine Saint-Gouesnou, surmontée de la statue d'un saint tenant un calice."

       

      .— PÉRENNÈS (Henri), 1940,  Plougastel.

      https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6fc1bec602ab1010bcb1045d074ba8e5.pdf

      "Sainte-Christine. Cette chapelle ·se trouve sur la côte dite de l'Armorique, à quatre kilomètres. Ouest du bourg. Elle s'appelle chapel Langristin, du nom du village où elle est située. Ce vocable de Langristin évoque un vieux saint celtique sant Kristin, aujourd'hui oublié et dont le culte fut remplacé par celui de sainte Christine, vierge . et. martyre, fille d'Urbain, gouverneur d'une ville de Toscane sous Dioclétien. Ayant refusé de sacrifier aux idoles, elle fut tuée à coups de flèches vers l'an 300. On transporta son corps à Palerme, dont elle est la patronne. La chapelle· est un édifice en forme de croix latine, avec un chevet à pans coupés. Une plaque en pierre au pignon ouest rappelle la restauration du clocher en 1914. La porte latérale porte la date de 160o. L'ancien vitrail, daté de 1558, représentait l' Assomption et le couronnement de la Vierge puis saint Nicolas avec les trois enfants ressuscités . La verrière actuelle renferme les médaillons de sainte Christine et saint Eloi. Près du maitre-autel, du côté de l'évangile apparait la statue de sainte Christine avec une meule de moulin suspendue à son cou par une grosse corde. Le cantique breton mentionne cet épisode

      Mes an tad dinatur Bourreo e graouadur A stag out-hi eur men Hag e stlap en eul lenn.

      Dans le voisinage se trouvent les saints Cosme et Damien tenant des fioles en main.

      Du côté de l'épitre c'est d'abord saint Matthieu puis "la sainte Vierge couronnée avec deux petits anges au-dessus d'elle. Elle repose sur une console armoriée d'un blason : 3 couronnes à pointes. Dans l'armoire du maître-autel se trouve un reliquaire avec une relique de saint Vincent; on le fait baiser aux fidèles le jour du pardon. · Le transept nord contient un autel en granit, portant les statuettes de saint Gouesnou coiffé d'une tiare, et de sainte Christine. Dans une armoire au milieu de l'autel est une vieille statuette de la Vierge Mère. Contre la paroi, au-dessus de l'autel, saint Justin portant un enfant, puis saint Nicolas avec les trois enfants, à vieille figure, dont l'un passe la jambe par-dessus la baratte. Dans une niche saint ·Claude, abbé. Au transept sud on aperçoit sainte Anne, un petit saint Michel en granit fourrant l'extrémité de sa croix dans la gueule d'un monstre qu'il foule aux pieds et dont le bras veut écarter cette croix, un beau saint Antoine en bois avec sa clochette, un livre, et son cochon; il est enfermé dans une niche à riches colonnes torses.

      Au-dessus d'un confessionnal un petit saint Antoine avec son cochon, symbole du démon. Dans la nef un vieux Christ en croix, encadré d'un Christ assis au calvaire, attendant le supplice, et de sainte Marguerite avec son dragon. Sur le placitre se dresse un calvaire daté de 1587. On voit d'un côté saint Jean et la sainte Vierge, et plus bas un petit Christ assis, de l'autre côté saint Gouesnou avec un calice et la sainte Vierge, plus bas une scène du couronnement d'épines. A une vingtaine de mètres sud-ouest de la chapelle, en contrebas, est la fontaine de Saint Gouesnou, surmontée du buste du saint qui tient un calice. Les pardons avaient lieu le lundi de Pentecôte, à la Saint-Matthieu et le jour de saint Antoine, ermite. Un cantique breton en l'honneur de sainte Christine porte l'imprimatur du 17 Mai 1880. Il chante en 29 couplets la vie de la sainte."

      Vitraux par Jean-Pierre LE BIHAN,

      http://jeanpierrelebihan2.over-blog.com/article-24704578.html

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      Published by jean-yves cordier
      14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 21:18

      La chenille du Petit Paon-de-Nuit Saturnia pavonia à Crozon. Ancienne gare de Perros, étang de Kerloc'h.

       

      Voir :

      La chenille du Petit Paon de Nuit Saturnia pavonia à Camaret, 11 juillet 2011.

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      La chenille du Petit Paon-de-nuit est noire dans son jeune âge, avec une ligne de marques oranges, puis elle se tache de vert avec la croissance et devient entièrement verte à maturité, ou verte avec des anneaux noirs, sans jamais se départir de ses verrues sétigères jaunes, oranges ou roses.

      J'avais observé la version vert-pomme à Trésigneau, dans la bruyère, à moins de 300 mètres de ma nouvelle rencontre avec sa version verte à anneaux noirs, sur le prunellier.

       

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      Saturnia pavonia, 10 juillet 2011  Lande de Trésigneau à Camaret.

      Saturnia pavonia, 10 juillet 2011 Lande de Trésigneau à Camaret.

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      Saturnia pavonia, 7 juin 2018, gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile.

      Saturnia pavonia, 7 juin 2018, gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile.

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      Saturnia pavonia, 7 juin 2018, gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile.

      Saturnia pavonia, 7 juin 2018, gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile.

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      Published by jean-yves cordier
      13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 09:29

      La chapelle Sainte-Christine de Plougastel et son calvaire : avec la pierre de meule autour du cou.

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      — Sur la chapelle Sainte-Christine, voir :

       

      —Sur Plougastel, voir :

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      Sur le Maître de Plougastel, voir :

      • Le calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621).

       

       

       

       

       

       

      Sainte Christine. Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine. Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Le vaste territoire de la paroisse de Plougastel et ses 157 villages est divisé selon une double partition, celle des 6 kordennad(ou) ( "cordelées", du breton signifiant "corde"), et celle des 23 Breuriez, confréries des défunts du Moyen-Âge héritières des "tud" claniques celtes.  Les Kordennad sont ceux de Saint-Jean, d'Illien, de Douar-Bihan avec la chapelle de St-Claude, de Feunteun-Wenn de l'Auberlac'h ou du Caro, de Rozegat, et enfin de Sainte Christine.

        Chaque chapelle, jadis desservie par un Kure (vicaire) spécifique, organise son propre pardon, celui de Ste-Christine ayant lieu le dernier dimanche de juillet . Ce jour là, on faisait trois fois le tour de la chapelle en récitant 26 couplet d'un cantique racontant la vie de sainte Christine, le Kantik da Zantez Christina.

      https://fv.kan.bzh/docs/Fv-Bibliotheque/Landevennec/L-17/FV-L-17-053.pdf

       

       

      Refrain : Henor d'hor Patronez!

      Guerc'hez ha Merzerez !

      Roet e deus da Zoue

      Yaouankik he bue

      "Honneur à notre Patronne

      Vierge et Martyre

      Elle a fait don à Dieu

      De sa vie d'enfant"

      1

      Guelomp en he bue

      An ners a ro doue.

      Da viret he lezen

      Da nep a zo christen.

      2

      Christina, merch Urban,

      C'hoas craouadur bian

      E deus evit he feiz

      da c'houzanv poaniou kris

       

      "Christine, fille d'Urban,

      Encore petite enfant

      Eut à subir pour sa foi

      Des douleurs cruelles."

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      Plan du Musée de la Fraise de Plougastel

      Plan du Musée de la Fraise de Plougastel

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      I. LE CALVAIRE (kersantite, Maître de Plougastel, .

      Ce calvaire est décrit ainsi par Yves-Pascal Castel dans l'Atlas en ligne des Croix et Calvaires du Finistère :

      "Atlas des croix et calvaires du Finistère n° 1919. Sainte-Christine, k. 4,50 m. 1587. Trois degrés, socle cubique: A THOMAS. Fût à pans. Croisillon, culots feuillagés, Christ aux outrages, Portement de croix, statues géminées: sainte Christine-Jean, moine cordelier-Vierge. Croix, branches rondes et fleurons godronnés, Christ, anges au calice, groupe N.-D. de Pitié. [YPC 1980]"

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      L'attribution au Maître de Plougastel, sculpteur landernéen auteur du calvaire monumental de Plougastel en 1602-1603,  a été validée par Emmanuelle Le Seac'h 2014, pour les seules statues géminées de la Vierge avec sainte Christine et de Jean avec un moine.

      Le socle porte l'inscription A. THOMAS (nom du fabricien ?) et le fût porte la date de 1587.

      Un FRANCES THOMAS   a inscrit son nom au dessus de l'entrée de la porte sud de la chapelle en 1605, puis le chevet polygonal fut construit en 1634, comme en témoigne une inscription.

       

       

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      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      1°) La face orientale : Vierge de Pitié / Saint Jean / Vierge.

      Les statues ont été inversées puisque la place de Jean au pied du calvaire est à droite, et celle de la Vierge à gauche (soit à la droite de son Fils). D'ailleurs Jean tourne la tête et lève les yeux sur sa droite, ce qui, dans la disposition actuelle, n'a aucun sens. Comme les statues sont géminées, cela veut dire qu'il faudra inverser aussi la disposition des saints de la face occidentale.

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      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Jean, la main sur la poitrine, tient un livre et une banderole (en réalité le revers du pan de son manteau).

       

       

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      La Vierge, mains jointes, a la tête voilée par son manteau.

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      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      2°) La face occidentale : Crucifixion / sainte Christine / Moine cordelier.

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      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      a) le Christ en croix.

      en pagne plissé noué au centre, surmonté d'un ange présentant le titulus. À ses pieds, deux anges tiennent le calice recueillant le Précieux Sang.

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      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      b) Sainte Christine de Bolsène, tenant la pierre de meule suspendue autour du cou. Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.

      La sainte, en robe longue, la tête voilée, tient un livre, la meule, et de la main gauche un pan bifide de son manteau.

      La meule est percée de son œil,  traversée par le cordage. Cet œillard comporte des mortaises en queue d'aronde pour recevoir l'anille ou andille, pièce de bois ou de métal  en double hache  permettant, dans les moulins, l'entraînement de la meule. Voir photo Wikipédia et schéma Wikipédia, et photo d'une meule monolithe de Siresa. Si j'ai bien compris, la pierre meulière représenté au cou de sainte Christine est une meule tournante ou courante, et non gisante ou dormante.

       

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      Sainte Christine de Bolsène. Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine de Bolsène. Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      À Plougastel, le village de Sainte-Christine   est appelé en breton Lanngristin. Le mot d'ancien breton lann est associé au nom d'un ermite celte, Kristin, témoigne d'une fondation monastique du haut Moyen Âge.

      La Vie des saints de Lobineau mentionne aussi une sainte Christine bretonne, parente de saint Hervé, ermite breton du Ve siècle.

      "Six jours avant sa mort, S. Hervé fut averti par un ange que Dieu l'appellerait à lui dans ce terme. Il attendit avec joie le moment qui devait terminer son exil. Ste Christine, nièce de sa mère, et qui l'avait accompagnée dans sa retraite juqu'à la fin, pria S. Hervé de ne point la laisser sur la terre, quand il passerait à une meilleure vie. Il lui promit qu'il demanderait pour elle à Dieu ce qu'elle souhaitait; et, en effet, lorsqu'il eut rendu tranquillement l'esprit, après avoir reçu de son évêque l'absolution et le saint viatique, la sainte fille expira dans le moment au pied du Ut du saint; ce qui nous fait voir, ou que la clôture n'était pas une règle de son monastère, ou que la parenté si proche de ces deux saintes personnes donnait à Christine des privilèges que les autres n'auraient pas eus."

      Pour L. Cras, vers le XVe siècle, un pèlerin a sans doute ramené d’Italie le nom de sainte Christine, et Kristin a été remplacé par la vierge et martyre romaine homonyme. Cette dernière a été martyrisée à l’âge de 12 ans dans la ville de Bolsena en Toscane vers l’an 300 et deviendra  la patronne de Palerme.

      Nous devons distinguer deux saintes de ce nom.

      La première était originaire de Bolsena. La seconde vécut à Tyr et est honorée comme grande martyre chez les Orientaux. Le 24 juillet est la fête commune de ces deux Saintes. Mais Jacques de Voragine situe Tyr en Toscane et ne décrit qu'une seule Vie.

       





      Jacques de Voragine, auteur de la Légende dorée, nous raconte l’histoire de Sainte Christine de Tyr,  — ville italienne de Toscane engloutie sous le lac Bolsène— martyre du IVème siècle sous Dioclétien. Elle est originaire d'une ville au bord du lac de Bolsena située dans le Latium, à 100 km au nord de Rome. 

      "Son père lui répliqua : « Ma fille, ne sacrifie pas seulement a un Dieu, de peur d'encourir la haine des autres. » Christine lui répondit.: « Tu as bien parlé, tout en ne connaissant pas la vérité ; j'offre en effet des sacrifices au Père, au Fils, et au Saint-Esprit. » Son père lui dit : « Si tu adores trois dieux, pourquoi n'adores-tu pas aussi les autres ? » Elle répondit: « Ces trois ne font qu'une seule divinité. » Après cela Christine brisa les dieux. de son père et en donna aux pauvres l’or et l’argent.

      Quand le père revint pour adorer ses dieux, et qu'il ne les trouva plus, en apprenant des suivantes ce que Christine en avait fait, il devint furieux et commanda qu'on la dépouillât et qu'elle fût fouettée par douze hommes jusqu'à ce qu'ils fussent épuisés eux-mêmes. ...Et son père la fit charger de chaînes et jeter en prison.

      ... Son père ordonna qu'on lui racle les chairs avec des peignes et que ses jeunes membres fussent disloqués.

      ...Alors le père la fit placer sur une roue sous laquelle il fit allumer du feu avec de l’huile; mais la flamme qui en jaillit fit périr quinze cents personnes.

      Or, son père, qui attribuait tout cela à la magie, la fit encore une fois renfermer en prison, et quand la nuit fut venue, il commanda à ses gens de lui lier une pierre énorme au cou et de la jeter dans la mer. Ils le firent, mais aussitôt des anges la prennent, J -C. lui-même. vient à elle et la baptise dans la mer en disant : « Je te baptise en Dieu, mon père, et en moi J.-C. son fils, et dans le Saint-Esprit. »

      ... Alors il la renvoya dans la prison avec ordre de la décapiter le lendemain.

      Or, cette nuit-là même, son père Urbain fut trouvé mort. Il eut pour successeur un juge inique, appelé Elius , qui fit préparer une chaudière dans laquelle on mit bouillir de l’huile, de la résine et de la poix pour jeter Christine. Quatre hommes, agitaient la cuve afin que la sainte fût consumée plus vite. Alors elle loua Dieu de ce qu'après avoir reçu une seconde naissance, il voulait qu'elle fût bercée comme un petit enfant.

      Le juge irrité ordonna qu'on lui rasât la tête et qu'on la menât nue à travers la ville jusqu'au temple d'Apollon. Quand, elle y fut arrivée; elle commanda à l’idole de tomber, ce qui la réduisit en poudre. A cette nouvelle le juge s'épouvanta et rendit l’esprit.

      Julien lui succéda: il fit chauffer une fournaise et y jeter Christine ; et elle resta intacte pendant cinq jours qu'elle passa à chanter et à se promener avec des anges.

      Julien, qui apprit cela et qui l’attribua à la magie, fit jeter sur elle deux aspics, deux vipères et deux couleuvres. Les serpents lui léchèrent les pieds, les aspics ne lui firent aucun mal et s'attachèrent à ses mamelles, et les couleuvres en se roulant autour de son cou léchaient sa sueur. Alors Julien dit à un enchanteur «Est-ce que tu es aussi magicien? irrite les bêtes. » Et comme il le faisait, lés serpents se jetèrent sur lui et le tuèrent en un instant. Christine commanda. ensuite aux serpents, les envoya dans un désert et elle, ressuscita. le mort.

      Julien alors ordonna de lui enlever les mamelles, d'où il coula du lait au lieu de sang. Ensuite il lui fit couper la langue; Christine n'en perdit pas l’usage de la parole;  elle ramassa sa langue et la jeta à la figure de Julien, qui, atteint à l’oeil, se trouva aveuglé.

      Julien irrité lui envoya deux flèches au cœur et une autre à son côté. En recevant ces coups elle rendit son esprit a Dieu, vers l’an, du Seigneur 287, sous Dioclétien."

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      Si le culte de cette sainte connaît un grand succès, principalement en Italie, en Espagne et au Portugal, on le rencontre aussi sur le chemin des pèlerins qui allaient à Rome ou à Compostelle. 
      . La vie légendaire de Sainte Christine, décrite sur la verrière de Saint-Ervy-le-Chastel en 16 épisodes, constitue un des plus importants ensembles iconographiques de la Chrétienté sur sainte Christine de Bolsène.

      Sainte Christine est la patronne des meuniers et des archers. Elle est vénérée en Normandie, à Ferrières-Haut-Clocher, en Champagne à Ervy (où une verrière raconte sa vie en 16 tableaux), dans les communes de Sainte-Christine en Anjou, en Poitou et de Auvergne, et à Sainte-Christie (Gers). Une chapelle Sainte-Christine existe à Glomel (Côtes d-Armor), avec une statue (sans la meule), et une autre en ruine à Locmalo (Morbihan), avec une statue du XIXe.

      Les pèlerins de Rome s'arrétaient sur son tombeau à Bolsena, tandis que les pèlerins de Saint-Jacques bénéficiait d'un un hôpital qui lui était dédié à Somport.

      Dans l'iconographie, sainte Christine n'est pas représentée avec sa meule sur les enluminures du site Mandragore ou Enluminures, ni sur les statues, mais on la voit ainsi sur la verrière d'Ervy-le-Chastel 

       

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      Sainte Christine de Bolsène. kersanton, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine de Bolsène. kersanton, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      b) Moine cordelier : Saint Pascal Baylon ?

      Voir la discussion sur l'identification de saint Pascal Baylon (Aragon, 1540-1592, béatifié en 1618, canonisé en 1690) dans mon article sur l'église de Brennilis. .

      Un saint (condition pour figurer sur un calvaire), moine franciscain, tenant le calice eucharistique, peut être soit Pascal Baylon, soit Antoine de Padoue. C'est cette dernière hypothèse que choisit Lucien Cras :

      "...un moine franciscain tenant un calice. on retrouve le même personnage sur la fontaine située à trente mètres au sud-ouest de la chapelle (*) et sur le calvaire de Saint-Languis au Passage. Ce moine est saint Antoine de Padoue."

      (*) actuellement dans le transept nord.

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      Moine franciscain,  Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Moine franciscain, Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      La statue en kersanton du même saint, conservée dans la chapelle, transept nord sous la statue de Marie-Madeleine.

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      Saint Pascal Baylon ?, kersanton,  chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Saint Pascal Baylon ?, kersanton, chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      c) Christ aux outrages (coté est).

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      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      II. LA STATUE DE SAINTE CHRISTINE DU CHOEUR, EN  KERSANTON POLYCHROME.

      Coté nord du chœur.

      Elle est classée depuis le 23 février 1960. Couffon la datait du XVIe siècle et Lucien Cras du XVe. Elle mesure 110 cm de haut.

      Elle est si comparable à la précédente pour son dessin, ses attributs (et même les mortaises de l'œillard !), et son costume que l'une a pu servir de modèle à l'autre. Mais elle est plus fine, avec la taille serrée par une ceinture placée très haut sous la poitrine. Ses chaussures pointues, dont le bout apparaît sous les plis de la robe, témoignent d'une mode plus précoce que celles, arrondies, de la statue de R. Doré.

      La posture n'est néanmoins pas dépourvue de hiératisme, malgré l'avancée du genou droit, et l'absence de déhanché, la tenue frontale de la tête et la lourdeur du voile "en casque" confèrent à la sainte une raideur et un certain manque de vivacité, voire un regard de sculpture égyptienne.

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      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, , chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, , chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      CONCLUSION.

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      La rareté du motif iconographique de sainte Christine à la meule donne toute sa valeur à ces deux représentations, valeur renforcée par l'ancienneté des deux statues (XV et XVIIe), par la précision de la taille de la meule (témoignant des pratiques techniques de l'époque) , et par la renommée de Roland Doré, "sculpteur du roi" et virtuose de la pierre de kersanton, extraite localement dans la rade de Brest.

      Malgré mes recherches parmi les enluminures ou la statuaire, je n'ai pu trouver des figures semblables, même plus tardives.

      L'élément le plus proche est le panneau de la baie 10 de la verrière de l'église Saint-Pierre-es-liens d'Ervy-le-Châtel, dans l'Aube, réalisée en 1515. Un vitrail exceptionnel qui est au cœur de l'exposition 2018 de la Cité du Vitrail de Troyes.

      J'emprunte l'image, par copie d'écran, au site suivant :

      https://www.guidigo.com/Web/Ervy-le-Chatel/We9_7wT85KY/Stop/5/Verriere-du-martyre-de-Sainte-Christine-de-Bolsene#images

       

       

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      Copyright www.guidigo.com

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      III. LA STATUETTE DE PROCESSION.

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      Un trou percé dans le socle permet d'introduire un manche qui sert de hampe pour la porter en procession, lors du pardon le dernier dimanche de juillet. Elle est conservée dans la vitrine "aux petits saints du transept sud.

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      Sainte Christine, statuette de procession, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, statuette de procession, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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      SOURCES ET LIENS.

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      CRAS (Lucien), 1987, "Chapelle Sainte-Christine, Lanngristin", in Plougastel-Daoulas, Patrimoine architectural et statuaire, Les Amis du Patrimoine de Plougastel éditeur, page 103.

      COUFFON (René)

      http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUGAST.pdf

      "CHAPELLE SAINTE-CHRISTINE

      Au village de Langristin, ce qui montre que la sainte a supplanté saint Kristin. Edifice en forme de croix latine avec chevet à pans coupés du type Beaumanoir. Le vitrail portait la date de 1558, date que l'on retrouve également sur la porte ; le clocher a été restauré en 1914, suivant l'inscription : " ER BLOAZ MIL NAO C'HANT PEVARZEK EUS AR DIAZEZ BETEG AR BEG AN TOUR MAN A ZO BET ADSAVET EN ENOR DA SANTEZ KRISTINA BENNIGET. - F. CARDINAL PERSON. Y. ANDRE. FABRIK. G. BROUSTAIL MESTR MANSONER ". Démoli en août 1944, il a été restauré en 1975. Date de 1605 sur une porte latérale, avec le nom du fabricien THOMAS. Sacristie du XVIIIè siècle, " 1741 " à l'envers sur l'appui de la fenêtre.

      Mobilier : L'autel ne porte plus de retable ni de boiseries, c'est une table de pierre moulurée posée sur un massif. Statues - en kersanton polychrome : sainte Christine, la meule suspendue au cou, XVIè siècle (C.) ; - en bois : sainte martyre, datée 1947 et signée Baglin ; - en bois polychrome : Crucifix, XVIè siècle, Christ aux outrages, XVIè siècle, sainte Anne, XVIè siècle, Vierge à l'Enfant assise, sur une console armoriée, XVIè siècle, autre Vierge à l'Enfant avec un ange sculpté sur le socle, XVIIè siècle, (C.), 3e Vierge à l'Enfant, XVIè siècle (sacristie), saint Matthieu, XVIè siècle, saint Côme et saint Damien, XVIIè siècle (C.), saint Antoine ermite, XVIIè siècle (C.), sainte Marguerite, XVIIè siècle, sainte Agathe, trois saints évêques, - et, à la sacristie, huit statuettes de procession. 

      Calvaire : statues géminées sur le croisillon, anges au calice, Pietà au revers. Inscription sur le socle : " A : THOMAS : " et date de 1587 sur le fût.

      Fontaine Saint-Gouesnou, surmontée de la statue d'un saint tenant un calice."

       

      — Baie 10 Ervy-le-chastel

      https://www.guidigo.com/Web/Ervy-le-Chatel/We9_7wT85KY/Stop/5/Verriere-du-martyre-de-Sainte-Christine-de-Bolsene

      .— PÉRENNÈS (Henri), 1940,  Plougastel.

      https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6fc1bec602ab1010bcb1045d074ba8e5.pdf

      "Sainte-Christine. Cette chapelle ·se trouve sur la côte dite de l'Armorique, à quatre kilomètres. Ouest du bourg. Elle s'appelle chapel Langristin, du nom du village où elle est située. Ce vocable de Langristin évoque un vieux saint celtique sant Kristin, aujourd'hui oublié et dont le culte fut remplacé par celui de sainte Christine, vierge . et. martyre, fille d'Urbain, gouverneur d'une ville de Toscane sous Dioclétien. Ayant refusé de sacrifier aux idoles, elle fut tuée à coups de flèches vers l'an 300. On transporta son corps à Palerme, dont elle est la patronne. La chapelle· est un édifice en forme de croix latine, avec un chevet à pans coupés. Une plaque en pierre au pignon ouest rappelle la restauration du clocher en 1914. La porte latérale porte la date de 160o. L'ancien vitrail, daté de 1558, représentait l' Assomption et le couronnement de la Vierge puis saint Nicolas avec les trois enfants ressuscités . La verrière actuelle renferme les médaillons de sainte Christine et saint Eloi. Près du maitre-autel, du côté de l'évangile apparait la statue de sainte Christine avec une meule de moulin suspendue à son cou par une grosse corde. Le cantique breton mentionne cet épisode

      Mes an tad dinatur Bourreo e graouadur A stag out-hi eur men Hag e stlap en eul lenn.

      Dans le voisinage se trouvent les saints Cosme et Damien tenant des fioles en main.

      Du côté de l'épitre c'est d'abord saint Matthieu puis "la sainte Vierge couronnée avec deux petits anges au-dessus d'elle. Elle repose sur une console armoriée d'un blason : 3 couronnes à pointes. Dans l'armoire du maître-autel se trouve un reliquaire avec une relique de saint Vincent; on le fait baiser aux fidèles le jour du pardon. · Le transept nord contient un autel en granit, portant les statuettes de saint Gouesnou coiffé d'une tiare, et de sainte Christine. Dans une armoire au milieu de l'autel est une vieille statuette de la Vierge Mère. Contre la paroi, au-dessus de l'autel, saint Justin portant un enfant, puis saint Nicolas avec les trois enfants, à vieille figure, dont l'un passe la jambe par-dessus la baratte. Dans une niche saint ·Claude, abbé. Au transept sud on aperçoit sainte Anne, un petit saint Michel en granit fourrant l'extrémité de sa croix dans la gueule d'un monstre qu'il foule aux pieds et dont le bras veut écarter cette croix, un beau saint Antoine en bois avec sa clochette, un livre, et son cochon; il est enfermé dans une niche à riches colonnes torses.

      Au-dessus d'un confessionnal un petit saint Antoine avec son cochon, symbole du démon. Dans la nef un vieux Christ en croix, encadré d'un Christ assis au calvaire, attendant le supplice, et de sainte Marguerite avec son dragon. Sur le placitre se dresse un calvaire daté de 1587. On voit d'un côté saint Jean et la sainte Vierge, et plus bas un petit Christ assis, de l'autre côté saint Gouesnou avec un calice et la sainte Vierge, plus bas une scène du couronnement d'épines. A une vingtaine de mètres sud-ouest de la chapelle, en contrebas, est la fontaine de Saint Gouesnou, surmontée du buste du saint qui tient un calice. Les pardons avaient lieu le lundi de Pentecôte, à la Saint-Matthieu et le jour de saint Antoine, ermite. Un cantique breton en l'honneur de sainte Christine porte l'imprimatur du 17 Mai 1880. Il chante en 29 couplets la vie de la sainte."

      Vitraux par Jean-Pierre LE BIHAN,

      http://jeanpierrelebihan2.over-blog.com/article-24704578.html

       

       

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      Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel
      12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 22:08

      La Vierge allaitant de la chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern (29).

       

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      Voir sur la chapelle de Languivoa :

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      et sur les Vierges allaitantes :

       

       

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      Cette Vierge à l'Enfant particulièrement remarquable a été restaurée par Hélène Champagnac et Emmanuelle Pris  entre septembre 2015 et juillet 2016 par l'Atelier régional de restauration de Kerguenennec à Bignan (Morbihan). Son étude  a révélé l'exceptionnelle conservation des décors les plus anciens, et pas moins de 384 heures de travail — montre en main — ont permis de retirer minutieusement pas moins de neuf couches de peinture pour revenir à la polychromie initiale. Anciennement datée du 1er quart du 15e siècle, elle est désormais estimée dater du XIVe siècle.

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      Elle fait partie de la douzaine de Vierges allaitantes (disons plutôt, "allaitant") du Finistère ou Virgo Lactans dont j'avais débuté l'inventaire en 2012. 

      -Notre-Dame de Tréguron, chapelle de Tréguron, Gouézec.

      -Notre-Dame de Tréguron de la fontaine de Tréguron à Gouezec

      -Notre-Dame de Tréguron, chapelle Saint-Venec, Briec.

      -Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, chapelle de Quillidoaré, Cast.

      -Notre-Dame de Kergoat, chapelle Notre-Dame de Kergoat, Quéménéven.

      -Notre-Dame de Tréguron, église Saint-Germain, Kerlaz.

      -Notre-Dame de Kerluan, chapelle Notre-Dame de Kerluan, Chateaulin.

      -Notre-Dame de Lannelec, chapelle de Lannelec, Pleyben.

      -Vierge  conservée dans l'ossuaire de Pleyben,

      -Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, chapelle de Bonne-Nouvelle, Locronan.

      -Notre-Dame de Tréguron, chapelle Saint-Denis, Seznec, Plogonnec.

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      Je suis frappé de la similitude avec Notre-Dame-de-Tréguron de la chapelle Saint-Venec.

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      Classé au titre objet le 10 mai 1995, elle mesure 1,85 m et pèse 600 kg. Elle est en tuffeau, une pierre calcaire qui évoque une origine exogène, par exemple des bords de la Loire. 

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      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

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      L'enthousiasme admiratif qu'elle suscite est perceptible dans la notice de l'Inventaire :

       

      "La Vierge, debout, à la silhouette gracieusement ondulante, tient sur son bras gauche l'Enfant à demi nu, en train de boire au sein. De sa main droite aux longs doigts fuselés, elle présente un globe ou une pomme stylisée. La Vierge est vêtue d'une longue robe ceinturée sous la poitrine dont le corsage fendu permet de dénuder un sein. Les plis qui se cassent au sol laissent apparaître le bout de ses chaussures pointues. Elle est drapée dans un ample manteau, caractéristique des Vierges du XIVe siècle, dont le drapé « en tablier », retombe de chaque côté en de magnifiques chutes de plis. Une couronne aux fleurons largement déployés est posée sur sa tête, par-dessus le voile. L'Enfant a des cheveux courts et bouclés. Il est nu, les hanches ceintes d'un lange dont le drapé, à l'élégant graphisme, rend perceptible la finesse du linge."© Monuments historiques, 2000

       

       

       

      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

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      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

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      " La Vierge à l'Enfant de la chapelle Notre-Dame de Languivoa est une œuvre exceptionnelle du XIVe siècle. Sa silhouette élancée et légèrement ondulante, l'élégance de sa pose, les magnifiques jeux graphiques des drapés, le sentiment de tendresse et d'intimité qui en émane en font un magnifique exemple du courant des belles madones de ce siècle. La transcription monumentale de toutes ces caractéristiques stylistiques la distingue de la production habituelle de ce courant artistique et en fait une oeuvre singulière. Sa présence en Bretagne est aussi fort intéressante : la diffusion de l'art courtois dans cette région est rare et reste peu connue." © Monuments historiques, 2000"

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      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

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      Deux remarques.

      a) Le "globe" est certainement un fruit, car une vue postéro-latérale droite montre une couronne étoilée polaire comme sur le fond des pommes, ou mieux, des grenades (techniquement le "calice marcescent", ce qui reste du calice). Je n'ai pas pris le temps de photographier ce détail.

      b) L'Enfant, tout en tétant,  lance à sa mère un regard intense et expressif, qui contraste avec celui, absent ou préoccupé, de Marie. La gravité, la  mélancolie sourde, ou même l'ennui passif est bien celui des mères qui allaitent, absorbées dans leurs pensées et leur ressenti intérieur, et la justesse de l'observation de cet état par le sculpteur est fascinant.

      L'absence d'échange des regards est une particularité forte de cette œuvre.

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      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

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      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

      Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, tuffeau, XIVe siècle, chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern. Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

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      SOURCES ET LIENS.

       

      — PHOTO https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vierge_allaitant_Chapelle_de_Languivoa_Plon%C3%A9our-Lanvern_320_(2).JPG

      — Notice base Palissy

      http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PM29001639

      — OUEST-FRANCE "Languivoa : la Vierge restaurée ira au pardon." Publié le 13/08/2016 à 01:27

      https://www.ouest-france.fr/bretagne/ploneour-lanvern-29720/languivoa-la-vierge-restauree-ira-au-pardon-4418802

       

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      Published by jean-yves cordier
      12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 20:55

      Oxygastra curtisii Sélys, 1870, l'Oxycordulie à corps fin à l'Ancienne gare de Perros (étang de Kerloc'h) à Crozon.

       

      Voir :

      Mes libellules de juin (2010).

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      En 2010, j'avais eu le privilège rare de l'observer in copula à Kermoal, un peu plus haut qu'aujourd'hui.

      Là, c'est tout bonnement dans les herbes de l'ancien talus de la voie ferrée métrique Châteaulin-Camaret, juste devant l'ancienne gare de Perros-Pollouguen, (ou Perros-Saint-Fiacre) que Dame Cordulie m'attendait après avoir  mené bon train. 

      C'était en effet une femelle,  qui devait attendre l'âme sœur, annoncée pour 16h 02. 

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      Les voyageurs sont priés de cliquer sur l'image avant d'embarquer.

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      Oxygastri curtisii, ancienne gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile 12 juin 2018.

      Oxygastri curtisii, ancienne gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile 12 juin 2018.

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       À l'avant de la carène de la locomotive vert-bronze, elle  a allumé ses deux  phares ovales qui prennent des teintes bleu et pourpre. Les dix compartiments  vert-sombre à marques jaunes de l'autorail alignent leur fuselage d'une finesse qui fait sa réputation.

      En voiture ! Dernière étape de 3,6 km vers Le Fret, avec correspondance pour le port, et le bateau pour Brest !

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      Oxygastri curtisii, ancienne gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile 12 juin 2018.

      Oxygastri curtisii, ancienne gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile 12 juin 2018.

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      Published by jean-yves cordier
      11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 20:09

      Zoonymie des Odonates. Le nom Crocothemis erythraea Brullé, 1832, le Crocothémis écarlate.

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       Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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      Voir aussi :

       

       

       

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      Résumé .

      Nom de genre : Crocothemis, Brauer, 1868,  Verh. zool.-bot. Ges. Wien 18 :367 . Du grec krokos "crocus, safran", probablement du fait des larges taches ambrées de la base des ailes postérieures, et themis, du nom de la déesse grecque tenant la balance  de la Justice. Ce suffixe étant propre à de très nombreux genres de Libellulidae, il  pourrait avoir été choisi comme une référence   à l'étymologie alors admise du genre  Libellula, "petite balance".

      Nom d'espèce : C. erythraea , Brullé, 1832. Protonyme  Libellula erythraea, Brullé, 1832, Exp. Scient. Morée III, (1, 2) : 102. L'épithète erythraea, du latin erythraeum, a, um "rouge"  dérive du grec ancien  ἐρυθρός, e̍rythrós .  Auguste Brullé a décrit un mâle à la tête "d'un rouge de sang" et à l'abdomen "d'un rouge éclatant, presque carminé." 

       

      Noms vernaculaires français. "La Victoire", (Fourcroy 1785), la "Libellule ferruginée" (Olivier 1792), la "Libellule ferrugineuse" (de Sélys 1840), la "Libellule érythrée" (de Sélys 1850), la "Libellule écarlate" J.L Dommanget 1987. C'est en 1958 que le naturaliste suisse Paul-André Robert créa le nom en usage actuellement,  le "Crocothémis écarlate", vraisemblablement par adaptation  du nom vernaculaire anglo-saxon The Scarlet Dragonfly.

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      Noms vernaculaires étrangers :

      En néerlandais : VUURLIBEL

      En frison : FJOERREADE LIBEL, FJOERLIBEL, FJOERBÜK

      En allemand : FEUERLIBEL

      En anglais : SCARLET DRAGONFLY, BROAD SCARLET, COMMON SCARLET-DARTER, SCARLET DARTER

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      LE NOM SCIENTIFIQUE.

       

       

      I. LE NOM DE GENRE, CROCOTHEMIS BRAUER, 1868.

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      BRAUER (F.M) , 1868 Verh. zool.-bot. Ges. Wien 18 :367 

      Verhandlungen der Kaiserlich-Königlichen Zoologisch-Botanischen Gesellschaft in Wien.

      https://www.biodiversitylibrary.org/item/81414#page/533/mode/1up

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      Voir Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Crocothemis  Brauer, 1868.

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      II. LE NOM D'ESPÈCE C. ERYTHRAEA BRULLÉ, 1832.

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      Le contexte.

        Cette espèce a été décrite par  Gaspard Auguste Brullè (1809-1873),  après l'avoir observé en Grèce lors de l'expédition de Morée.

         Cette expédition fut menée par la France de 1828 à 1833 dans le Péloponnèse, la péninsule grecque que l'on nommait alors la Morée pour rappeler sans-doute que les Francs avec Villehardouin y avaient fondé une principauté...en 1248. Après que la flotte franco-russe ait gagné la bataille de Navarrin pour soutenir l'indépendance de la Grèce contre l'empire ottoman et son allié égyptien Ibrahim Pacha, des forces militaires débarquèrent à Coron au sud pour s'assurer de l'évacuation des forces égyptiennes, et s'emparer des places fortes tenues par les turcs. Comme lors de l'expédition de Bonaparte en Egypte, cela fut l'occasion d' y associer une mission scientifique chargée d'un inventaire architectural, archéologique, géologique, et naturaliste de la région.

       Cette mission débarqua le 3 mars 1829 à Navarin. Elle était dirigée par Bory de Saint-Vincent (1778-1846), un naturaliste et officier qui avait à son actif sa participation à l'expédition du capitaine Baudin sur Le Naturaliste en 1800-1804 comme zoologiste.

        Un jeune entomologiste  de vingt ans avait obtenu , grâce au  soutien de Georges Cuvier, de  participer à cette grande oeuvre : Gaspard Auguste Brullè. C'est lui qui décrivit sous le nom de Libellula erythraea, notre Crocothemis écarlate, de même qu'il décrivit les sous-espèces Calopteryx virgo festiva et platycnemis pennipes nitidula, dans le Tome 3, Partie 1 (Zoologie), section 2 (des animaux articulés) de Expédition scientifique de Morée. Section des sciences Physiques (sous la direction de M. Bory de Saint Vincent).Levrault, Strasbourg (et Paris) 1832 : 102.

       

        Outre un ordre, celui des Isoptera (regroupant les termites), Il y décrit aussi des genres et de  très nombreuses espèces nouvelles, dont, entre autres, les suivantes :

      -une tenebrionidae, Tentyria rotundata.

      -un genre de tenebrionidae,Opatroides, et l'espèce O. punctulatus,

      - une sous-espèce de scarabée : Tropinota squalida ssp. pilosa,

      - des scarabées,Onthophagus (Palaeonthophagus) ruficapillus Brullé, 1832 et  Onthophagus (Palaeonthophagus) suturellus Brullé, 1832

      - Cerambyx velutinus, Vadonia bisignata parmi les Cerambycidae,

      -un hémiptère, Miridae, Dionconotus cruentatus Brulle, 1832

      -un ciccadellidae, Eusclelis lineolatus,

      -des orthoptères:

            _Arcyptera labiata,

            _ Drymadusa dorsalis,

            _ Omocestus (dreuxius) minutissimus,

            _ Omocestus minutus,

            _sous-espèces Acrometopa servillea servillea

                                   Chorthippus parallelus tenuis,

            _ synonymes Podisma dimidiata

                                 Podisma tibialis

      - une arachnide, Alopecosa albofasciata

      deux scorpions, Lurus dufoureius, et Mesobuthus gibbosus

      - des hymènoptères, Lasioglossum pauperatum, Lasioglossum marginatum, Andrena fulvitarsis, Andrena morio,et dans les Eumenidae Tropidodynerus interruptus

      - un Ascalaphe (Neuroptère) Libelloides lacteus, sous le protonyme Ascalaphus lacteus.

      - une mante (Mantodea) Empusa fasciata,

      - un genre de cerambycidae, Morimus (et non morinus)

      - des  coleoptères Un stenopterini : Callimoxys gracilis et un Elateridae, Dicronychus

      -   des annelidés  amphinominae Hermodices savignyi

      -des lamiinae, Oxylia duponchelii et Helladia flavescens .

       

        En 1833, il devient aide-naturaliste auprès de la chaire des crustacés, des arachnides et des insectes dirigée par Victor Audouin (1797-1841).

      En 1838, il devient titulaire de la chaire d'Anatomie comparée et de zoologie de l'université de Dijon. 

                                                                

        C'est l'auteur des ouvrages suivants (non exhaustif):

      Brullé, Animaux articulés des îles Canaries, 1838

      Audouin et Brullé, Histoire naturelle des Insectes, 1835.

      In d'Orbigny : Voyage dans l'Amèrique méridionale 6 (2), 1843

      in Webb P.B. & Berthelot, Histoire naturelle des Iles Canaries. 2(2), 1840  : Brullé : Orthoptera

       

        De nombreux naturalistes l'ont honoré en nommant "brullei" les espèces qu'ils découvraient, et je citerais dans le désordre :

      Tettigetta brullei (Fieber, 1876), une cigale pygmée,

      Crepidodera brullei,

      Thorectes brullei Jekel, 1865 : geotrupidae

       Necrophories brullei, un Silphydae,

      Bembidion brullei Gemminger & Harold, 1868,

      Scymnies brullei Mulsant, 1850 : une punaise,

      Camptorrhinus brullei Boheman, 1837,

      Colobotheini Colobothea brullei Gaham, 1889,

      Perga brullei Westwood, 1880,

      Tanusia brullei,

      Priophorus brullei (Dahlbom), une tenthrède,

      Chloracris brullei Pictet & Saussure, 1892, dans Iconographie de quelques sauterelles vertes,

      etc... 

      Crocothemis erythraea et l'expédition en Morée.

      http://www.lavieb-aile.com/article-crocothemis-erythraea-et-l-expedition-en-moree-74863250.html

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      La description originale.

      Libellula erythraea, Brullé, 1832, Exp. Scient. Morée III, (1, 2) : 102. 

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626689s/f326.item.r=Libellula

      https://books.google.fr/books?id=oaUxAQAAMAAJ&dq=editions%3ApukWIQNvBS0C&hl=fr&pg=PA101#v=onepage&q&f=false

      Auguste Brullé, Expédition scientifique de Morée. Section des sciences physiques.... Tome III, 1ère partie, 2e section. Des animaux articulés, par M. Brullé.   F.-G. Levrault (Paris), 1832-1836 page 102 et pl. 32 fig.4.

       76 LIBELLULA ERYTHREA Br. — Rubra, subtus pallidior, capite anterius sanguineo ; abdomine immaculato ; antennis spinisque pedum nigris ; alis hyabnis, basi aurantiacis, nervis baseos marginisque superioris rubro-flavescentibus, caeteris nigris; parastigmate sublineari, rufescente. — Long. 40 millim. ; lat., alis extensis, 70. Mas. — (Voyez notre Pl. XXXII, fig. 4.) 

      DESCR. Devant de la tête d'un rouge de sang ; bouche et partie postérieure de la tête d'un jaune rougeâtre ; antennes noires : un duvet noirâtre peu serré couvre la tête en entier. Corselet d'un rouge un peu jaunâtre, plus pale en dessous, revêtu d'un duvet serré et raide de poils roussâtres. Abdomen d'un rouge éclatant presque carminé, qui passe un peu au brun après la mort; la carène longitudinale légèrement noirâtre sur les deux derniers segmens ; les crochets terminaux un peu velus. Tout le dessous de l'abdomen beaucoup plus pâle et de la même couleur que la poitrine, c'est-à-dire d'un jaune un peu brun, avec la ligne enfoncée noire : bords latéraux de l'abdomen garnis dans toute leur longueur d'une rangée de très-courtes épines. Cuisses postérieures revêtues de semblables épines sur toutes leurs carènes ; les autres cuisses portant en dedans une rangée antérieure de longues épines raides, et une autre postérieure de poils plus longs encore; toutes les jambes armées en dedans de deux rangées d'épines longues; les tarses portant de semblables épines, mais beaucoup plus courtes. La couleur des jambes est rouge, la rangée de poils des cuisses postérieures roussâtre, toutes les épines noires, ainsi que l'extrémité des crochets des tarses. Ailes transparentes, tachées à la base le long du corps de jaune orangé, formant une 
      bande assez étroite sur les supérieures, et une autre plus large et un peu ovalaire sur les inférieures ; nervures de la base rouges, celles du bord supérieur jaunâtres, toutes les autres noires; parastigmate très-long, presque linéaire, d'un jaune roussâtre bordé de noir dans sa longueur; membrane de la base des ailes brune. Mâle. 

      Hab. En Mai, dans la localité humide où nous campâmes aux environs d'une fontaine à Nisi, en Messénie ; dans l'Archipel au mois d'Août. 

      Obs. Cette espèce diffère du L. vulgata Fabr. par ses pattes entièrement rouges et son abdomen sans taches ni lignes noires, et du Ferruginea ibid., par l'absence de lignes noires, et le peu de jaune de la base de ces mêmes ailes. 


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      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626689s/f326.item.r=Libellula.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626689s/f326.item.r=Libellula.zoom

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      ÉTUDE DU NOM.

      L'épithète erythraea, du latin erythraeum, a, um "rouge"  dérive du grec ancien  ἐρυθρός, e̍rythrós .  Auguste Brullé a décrit un mâle à la tête "d'un rouge de sang" et à l'abdomen "d'un rouge éclatant, presque carminé." 

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      LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

       

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      POITOU-CHARENTE NATURE

      http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/crocothemis-ecarlate/

      "erythraea de erythraios (gr) vraisemblablement dérivé de erythros (gr) = rouge : couleur générale du mâle."

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      DRAGONFLYPIX

      http://www.dragonflypix.com/etymology.html

      "Crocothemis erythraea (Brullé, 1832) from Grk. ἐρυθραῖος, -α, -ον = red for the mature male's body colour"

      .

      D'ANTONIO & VEGLIANTE.

      https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

      "erythraea (Crocothemis) - erithraeus, a, um = rosso. Per la colorazione dominante del

      corpo."

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      H. FLIEDNER, 2009

      https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

       

      http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

       

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      VAN HIJUM, 2005.

      http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

       

      "Crocothemis erythraea erythraea = rood"

       

       

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      LES NOMS VERNACULAIRES.

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      LES NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

      1°) La Victoire,  Geoffroy in de Fourcroy, 1785 .

      Dans Entomologia Parisiensis, Antoine de Fourcroy reprend en 1785 les descriptions de Geoffroy 1762 dans une forme conforme aux exigences de la taxonomie linnéenne. Mais il y ajoute, signalés par une astérisque, des espèces nouvelles. C'est le cas de cette LA VICTOIRE de la page 348 du tome 2 :

      16. L. victoria.

      La Victoire.

      Long. 15 lignes.

      L. corpore flavo, abdomine cylindro, alarum basi flavicante. 

      Loc : idem [c'est à dire : habitat amnium ripas.]

      La description latine correspond à une libellule au corps jaune, à l'abdomen cylindrique, jaunâtre à la base des ailes. Du fait de cette couleur jaune, ce taxon a été  attribué à Libelllula flaveola par Hagen (1840), de Selys-Longchamps (1850), Kirby (1890) et Lucas (1900). Selon C. Deliry. Néanmoins, C. Deliry souligne que " Bridges (1994) propose de l'attribuer à Crocothemis erythraea et nous nous rangeons à cette opinion (Deliry 2017)."

      Par ce nom de La Victoire, Fourcroy poursuit semble-t-il la série des prénoms féminins (la Justine, la Caroline, la Cécile) créée par Geoffroy, et le nom n'est sans-doute pas en relation avec la commémoration d'un évènement, militaire par exemple.

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      2°) La Pudique [Villers 1789].

      Caroli Linnaei Entomologia, page 12.

       Nom cité par C. Deliry. Charles de Villers donne ce nom à Libellula rubra qui est un synonyme de C. erythraea. Est-ce la Libellula rubra de Müller ?

      L'autre  mention de Libellula rubra est faite par Johan Kaspar Fuesslin (Füssli) en 1775 dans son Catalogue des Insectes de Suisse, Verzeichnis der ihm bekannten Schweitzerischen Inseckten, mit einer ausgemahlten Kupfertafel : nebst der Ankündigung eines neuen Inseckten Werkes page 44 n° 861. "

      "Libellula rubra. Die Rothe. Ganz roth, die Flügel hell-durchscheinend mit einem rothen breiten Band in der Mitt' und einem Fleck am aussern Rand gegen der Spitze zu. Bey uns selten"

      https://books.google.fr/books?id=ucJcAAAAcAAJ&pg=PA44&lpg=PA44&dq=libellula+rubra&source=bl&ots=4WcEPo_FQF&sig=mr3RdOvJao_5wL7Zl3_9TYt7Mw8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiB7628xczbAhVJrRQKHcjjAZUQ6AEITDAK#v=onepage&q=libellula%20rubra&f=false

      https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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      3°) Libellule ferruginée [Olivier, 1792], Enc. meth. tome 7.

      Encyclopédie méthodique, Histoire naturelle, Insectes ; article Libellule, page 560.

      Olivier traduit ici en français le nom de Libellula ferruginata créé par Fabricius en 1781. Or, Libellula ferruginata est considéré comme un synonyme de C. erythraea.

      Il décrit aussi page 565 sous le n°31 une "libellule ferrugineuse" L. ferruginea décrite par Fabricius et vivant en Amérique. Les références sont : Fabricius, Syst.ent page 423 n° 19; Sp. ins. I. page 523 n° 25 et Mant. ins. I, page 338 n°27.

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      4°) Libellule ferrugineuse [de Selys-Longchamps, 1840]

      Monographie des Libellulidés d'Europe page 42 n°7.

      "Bien que connaissant la Libellula erythraea de Brullé, de Selys-Longchamps (1840) utilise Libellula ferruginea l'attribuant d'ailleurs maladroitement à Fabricius.

      Il restitue correctement le nom de Libellula erytraea et abandonne la Libellula ferruginea (Sel., olim) en 1850." (C. Deliry).

      Il s'agit du nom vernaculaire de l'espèce américaine  n°31 d'Olivier et du nom scientifique de Fabricius.

      Description :

      N° 7. LIBELLULA FERRUGINEA. (FABR.)

      LIBELLULE FERRUGINEUSE.

      Diagnose. — Abdomen déprimé, jaunâtre (rouge vif dans les mâles adultes). Les ailes antérieures un peu safranées à leur base ; les inférieures très-largement. Parastigma jaune. Membranule accessoire noirâtre.

      Dimensions. — (Voyez le tableau.)

      Synonymie. — LIBELLULA FERRUGINEA. Fabr. Oliv. Vander L. Fonscol. Burm. - SERVILIA ? Drury. - ERYTHREA. Brullé, Expédit. de Morée.

      o". Adulte. Tête d'un rouge clair. Yeux rougeâtres, variés de bleuâtre en dessous. Thorax rouge-obscur. Abdomen large, déprimé, entièrement d'un rouge cramoisi éclatant, et les côtés un peu transparents. Une petite ligne dorsale noire sur le 9° segment.Appendices anals supérieurs minces, en fuseau, d'un rouge pâle, ayant deux fois la longueur du dernier segment; l'inférieur plus court, triangulaire, recourbé en haut. Pieds d'un rouge clair. Ailes hyalines ; une petite tache à la base des supérieures et un grand espace jaune-safrané à celle des inférieures. Parastigma jaune-rougeâtre. Membranule accessoire noirâtre. Nervure de la côte rougeâtre en dehors.

      2. Tête jaunâtre. Yeux bruns, gris en dessous. Thorax jaunâtre avec deux stries humérales contiguës de chaque côté, l'une brune, l'autre blanchâtre. L'espace entre les ailes brunâtre avec une strie jaune. Abdomen d'un gris verdâtre, un peu plus déprimé que chez le mâle, jaune et transparent sur les côtés, avec une Jigne dorsale et une autre un peu effacée sur chaque côté, le bord des segments, deux points postérieurs peu visibles sur les 5°, 4°, 5°, 6° et 7°, et une ligne transverse sur les 2° et 5°, noirs ; dessous de l'abdomen jaune. Appendices anals jaunes, courts, minces, éloignés l'un de l'autre. Pieds jaunes, à dentelures noires. Tarses bruns. Ailes comme le mâle, mais les taches basales d'un jaune un peu plus clair. Nervures de la côte jaunâtre.

      Les mâles nouvellement éclos ne sont pas rouges. Cette couleur est remplacée par du jaunâtre qui tire plus ou moins sur l'orange, et les côtés de l'abdomen sont d'un jaune blanchâtre transparent. Souvent on voit une partie de l'abdomen qui a pris déjà la couleur rouge.

      Habite l'Italie centrale et méridionale, le midi de la France, l'Espagne, le nord de l'Afrique et une partie de l'Asie. Je l'ai vue à Naples le 10 mai : elle était très-commune dans les fossés de Ferrare et dans les marais de Ravenne vers le 10 juin. Je ne la vis plus à Venise ni dans la Lombardie, et elle semble ne pas s'y trouver, En Provence, M. de Fonscolombe l'indique au mois de juillet et d'août. L'éclat du mâle adulte est tel qu'on ne peut s'en faire d'idée sans l'avoir vu : au soleil il ressemble à un rubis, mais cette couleur s'évanouit après la mort. Il voltige sur l'eau avec une rapidité et une défiance trèsgrandes, mais on le prend facilement dans les fossés à moitié desséchés. Cette espèce est la même à Java.

      Par sa coloration, cette espèce se rapproche de celles de la seconde section, mais la forme déprimée de son abdomen l'en distingue facilement, tandis que la base de ses ailes inférieures, largement safranées, la sépare des précédentes."

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      5°) Libellule erythrée [de Selys-Longchamps, 1850]

      .Mémoires de la Société royale des sciences de Liège  page 24-25

      Description :

       

      2. LIBELLULA ERYTHRAEA. Brullé.
      LIBELLULE ÉRYTHRÉE.

      Diagnose. — Abdomen déprimé, jaunâtre (rouge vif chez le mâle adulte), les ailes supérieures un peu safranées a leur base , les inférieures très-largement. Ptérostigma oblong (long d'une ligne trois quart au moins), jaune. Membranule noirâtre. Pieds en grande partie jaunâtres ou roussâtres.

      Ajoutez à la description : Une grande échancrure au devant du mésothorax , a peu près comme chez les Uracis. - Vertex d'un rouge vif — Nervure costale ainsi que la 2° et la 5° grande nervure rouge ainsi que les nervules qui y adhèrent. — L'écaille vulvaire de la femelle saillante , relevée presqu'à angle droit avec l'abdomen , a peu près comme chez la vulgata.

      Les exemplaires d'Egypte cités dans la synonymie ont le ptérostigma un peu plus long, mais M. Hagen qui les a examinés n'y trouve aucune différence spécifique.

      Habitat. Elle s'étend plus au nord qu'on ne l'avait cru d'abord. M. Rambur l'a prise aux environs de Paris. Moi-même je l'ai vue à Montmorency à la mi-juillet, M. Foudras à Lyon, Devillers en Bresse. Se trouve dans la Hongrie méridionale , en Espagne , en Corse , en Sardaigne , en Sicile, en Italie , en Grèce (Messénie, mai.— Archipel , août : Brullé ) et aux Indes orientales , à moins qu'il n'y ait encore une espèce très-voisine confondue avec celle-ci. Elle varie beaucoup pour la taille sans sortir du même climat ; la base des ailes supérieures varie un peu sous le rapport de l'étendue de l'espace safrané. Les individus pris en Algérie par M. Lucas sont de grande taille. La figure du mâle donnée par M. de Charpentier représente le ptérostigma noir. C'est une erreur; il devrait aussi y avoir une nervule dans le triangle des ailes. Ce n'est pas sans quelque répugnance que je change le nom de ferruginea, qui était généralement admis depuis Vanderlinden qui l'avait pris dans Fabricius; mais M. Hagen qui a examiné dans le musée Lund-Schestedt l'exemplaire type de la ferruginea Fab. de l'inde, s'est assuré que c'est la même que la servilia Drury ; ce synonyme est même écrit sur l'étiquette. Le nom de ferruginea doit donc disparaitre et M. de Charpentier s'est trompé en croyant différentes les espèces de Drury et de Fabricius, par la seule raison que ce dernier parle d'un point jaune aux côtés de la bouche. Or Drury ne dit pas qu'il n'y a pas de point. Quant à la ferruginata de Fabricius du Cap, M. de Charpentier l'éloigne de l'erythrœa par ce qu'elle a l'abdomen ferrugineux et les pieds très-ciliés. Le premier caractère est cependant exact sur les exemplaires secs, et le second ne signifie pas grand chose , du moment qu'il n'est pas comparatif avec une autre espèce. La ferruginata est donc synonyme de l'erythrœa à moins qu'il ne s'agisse d'une autre espèce voisine qui habiterait le Cap de Bonne Espérance. La Libellula servilia (Drury. App. vol. 2. 1775) dont nous venons de parler, diffère à peine de l'erythrœa. Généralement elle est un peu plus grande, plus allongée , et le bout des ailes est un peu sali. M. Rambur dit que la tache basilaire safranée des ailes est beaucoup plus petite.Ce caractère semble variable, car je possède des exemplaires où cette tache est en effet plus petite, tandis que chez d'autres elle est plus étendue ; tel est entr'autres celui figuré par Drury et qui à coup sûr doit être considéré comme le type de l'espèce. L'erythrœa a généralement 10 à 11 nervules antécubitales ; chez la servilia il y en a 11 à 12. Le nom de Libellula rubra Devillers n'a pu être attribué à l'erythrœa, attendu que Devillers cite comme type la rubra de Müller qui est du Danemarck , et qui répond sans doute à la flaveola adulte."

       

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      Le Crocothémis écarlate", Paul-André Robert 1958.

      Notre nom vernaculaire en usage actuellement a été créé par le peintre et odonatologue suisse Paul-André Robert (1901-1977)  dans Les Libellules  (Odonates), publié par Delachaux et Niestlé, coll. "Les beautés de la nature" en 1958.

      L'auteur propose aussi le nom de "Crocothémis d'Erythrée", par contre-sens puisque erythrea est un qualificatif de couleur et non géographique.

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      L'adjectif "écarlate" qualifie depuis le XVIIe siècle, une étoffe d'un rouge vif, car ces tissus étaient colorés par une teinture à case de cochenille.

      Le Wiktionnaire indique :

      (XIIe siècle) De l’ancien français escarlate via le latin médiéval scarlatum, au persan سقرلاط, saqirlāṭ, qui désignait une étoffe précieuse, plutôt bleue à l’origine, ornée de sceaux, et qui est issu du grec ancien σφραγίς, sphragís (« sceau »); ou, selon le CNRTL, la version arabe viendrait plutôt d'un grec médiéval σιγιλλάτος, celui-ci d'un bas-latin sigillatus, ce bas-latin étant fait à partir du latin classique sigillum « sceau » (déminutif de signum), et aurait le sens de « tissu recouvert de sceaux »

       

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      "La Libellule écarlate" Jean-Louis Dommanget 1987.

      Étude faunistique  et Bibliographique des Odonates de France page 66. L'auteur renvoie à Robert 1958.

      En réalité, le zoonyme "Libellule écarlate" apparaît pour la première fois, dans le moteur de recherche, en 1983 dans un ouvrage anglais : The Dragonflies of Great Britain and Ireland, vol. 7 partie 1, Harley Books,   de C.O. Hammond, R.R. Askew et R. Merritt.

      Comme pour le cas des papillons, c'est sans doute face à la nécessité de proposer systématiquement dans les publications anglo-saxonnes un nom vernaculaire (ici en français et en allemand) pour chaque espèce en parallèle du nom vernaculaire anglais qui a incité les auteurs  à combler la carence de notre langue dans la désignation des espèces d'insectes.

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      NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES LANGUES.

       

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      En néerlandais : VUURLIBEL

      En frison : FJOERREADE LIBEL, FJOERLIBEL, FJOERBÜK

      En allemand : FEUERLIBEL

      En anglais : SCARLET DRAGONFLY, BROAD SCARLET, COMMON SCARLET-DARTER, SCARLET DARTER

       

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      SOURCES ET LIENS.

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      Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

      http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

       

       

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      OUTILS DE  ZOONYMIE.

       

      — http://www.dragonflypix.com/etymology.html

       — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

      — POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

      http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

      — ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

      https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

       

      — ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

      https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

      — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

      https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

      — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

      https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

      — ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

      https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

       http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

      — FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

      http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

      — FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

      http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

      — FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

      — FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

      https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

      — HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

      http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

      — STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

      https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

       

      EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

       

      — BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

      https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

      — CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

      https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

      — DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

      http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

      — DELIRY (Cyrille)  Monographie Crocothemis erythraea

      http://www.deliry.com/index.php?title=Crocothemis_erythraea

       

      — GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

       http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

       

      — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

       

      — HÄMÄLÄINEN (Matti), 2008, Ulrique and Louise, Agrion, Newsletter of the worldwide dragonfly association. http://caloptera.com/pdf/Hamalainen%202008a%20Ulrique%20and%20Louise.pdf

      — HÄMÄLÄINEN (Matti), ORR (Albert G.) 2017, From Princess Lovisa Ulrika to the Gyalsey, Dragon Prince of Bhutan – Royalty in dragonfly names from 1746 to 2017. Agrion 21(2) - July 2017

      https://www.researchgate.net/publication/318562952_From_Princess_Lovisa_Ulrika_to_the_Gyalsey_Dragon_Prince_of_Bhutan_-_Royalty_in_dragonfly_names_from_1746_to_2017

      — LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

      https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

      LUCAS, W. J. 1900a. British Dragonflies of the older English authors. 1. Moses Harris's 'Exposition of English Insects', 1782. The Entomologist 33: 41-42.

      https://archive.org/stream/entomologist33roya#page/42/mode/2up/search/splendens

      LUCAS, W. J. 1900b. British Dragonflies (Odonata). L. Upcott Gill, London, ixv + 356pp.

      — RÖSEL VON ROSENHOF  (August Johann) 1749,  Kleemann, Christian Friedrich Carl  ;
      Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

      .http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

      — SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

      https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

      — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

      SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
      — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

      — VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. 

      —  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

      https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

       

       

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      Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
      9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 10:19

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      Dans mon Iconographie de saints Côme et Damien en Bretagne, j'ai passé en revue les enluminures consacrées aux saints médecins (en dehors de leur martyre). Alors que la plupart montrent les saints, tenant leur attribut (pot à onguent ou urinal), et en habit de docteurs (bonnet carré ou rond, robe longue), deux d'entre elles les montrent dans un costume plutôt monastique, et penchés chacun vers un patient de taille inférieure à eux.

      La première est contenue dans une traduction du Speculum historiale de Vincent de Beauvais, le Bnf fr. 313 daté de 1396.  L'un des saints tient par la main, et bénit, un homme agenouillé, en pagne, un poignard enfoncé dans la poitrine. L'autre fait face à un homme agenouillé, en robe longue, la tête ensanglantée. 

      — Bnf fr. 313 , fol. 221, Saints Cosme et Damien médecins   Vincent de Beauvais, speculum historiale (trad. jean de vignay) , 1396, chap  XLIII  cy commence la glorieuse passion mon seigneur saint cosme et saint damien freres qui pour l'amour de nostre seigneur jhesu crist guerissoient de toutes diverses maladies.

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      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?

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      La deuxième provient d'une traduction de la Légende dorée de Jacques de Voragine, le Bnf fr.242 daté du début du XVe siècle (donc presque contemporain du premier). Le saint de gauche tient un trépan à manche en T, élevé au dessus de la tête du malade. Celui de droite pointe un instrument vers le crâne,  comme pour s'apprêter à y faire une incision.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84557843/f447.item.zoom

      — Bnf fr. 242   fol. 217v,   s. cosme et damien médecins,  jacobus de voragine, legenda aurea (trad. Jean de Vignay) , début XVe.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8426005j/f450.image

       

      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?

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      Dans une troisième enluminure, celle des Heures de Jacques II de Chastillon BnF N.A.F. 3231 reproduit par P. Julien, la tenue vestimentaire est bien celle des docteurs en médecine, mais l'un des saints pointe une lancette (un instrument à manche folié et à lame effilée) vers le sommet du crâne d'un petit homme prosterné devant lui. L'enluminure daterait de 1480-1490.

      BnF N.AF. 3231 Livre d'Heures de Jacques II de Chastillon, Amiens 1430 et 1480-1490.

       

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      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?

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      Par ailleurs, sur le même thème, deux ensembles de statues  sont décrites sur la base Palissy, l'une à Maillebois (Eure-et-Loir), l'autre dans l'église de Brestot (Eure) .

      Á Brestot , (Eure), les  statues en pierre de 55 et  60 cm datent du XVIe siècle.

      "Damien" (inscription peu fiable du socle) tient le pot à onguent dans la main gauche  et tend de façon incisive l'index droit pointé vers le sommet du crâne d'un petit personnage qui l'implore debout. Le saint porte la robe écarlate recouverte d'un camail de fourrure blanche, et le bonnet écarlate.

      "Côme", en robe blanche à camail noir, la tête encapuchonnée, domine un petit personnage agenouillé à sa droite.

       

      https://sauvegardeartfrancais.fr/photos_realisations/Brestot.pdf

       

      http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_6=REPR&VALUE_6=SAINT%20COME&NUMBER=45&GRP=0&REQ=%28%28SAINT%20COME%29%20%3aREPR%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

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      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?

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      À Maillebois (Eure-et-Loir): deux statues de bois polychrome du XVIIe  conservées dans un grenier de la mairie.

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      http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_6=REPR&VALUE_6=SAINT%20COME&NUMBER=58&GRP=0&REQ=%28%28SAINT%20COME%29%20%3aREPR%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

       

      Les saints sont coiffés du bonnet rond et de la robe longue. L'un des saints, tenant peut-être jadis le pot à onguent, se penche vers un personnage de petite taille soutenu par deux béquilles, et pointe un instrument incisif vers le sommet de son crâne. L'autre porte l'urinal.

      Le grand historien de la pharmacie Pierre Julien (1921-2007) a consacré une grande part de ses travaux à l'iconographie de Côme et Damien. Il rattache cette scène à "un  groupe de représentations dit des « saints au(x) petit(s) malade(s) ». Ce thème est particulièrement répandu dans la sculpture religieuse normande (à Ambourville, à Beaumont-le-Roger, à Brestot, à Guerny, à  Marville et ailleurs)."

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      Au total, dans les cinq documents datant de la fin du XIVe jusqu'au XVIIe siècle, les saints placent les mains, un index, ou un instrument pointu vers le sommet du crâne d'un personnage représenté en taille réduite, comme pour évoquer leur pouvoir de guérison d'affections "de la tête", maladies physiques ou mentales, céphalées,  ou pathologies nécessitant un acte chirurgical d'incision ou de trépanation. Ce sont, à coté de la scène du "Miracle de la jambe noire", et  de deux  documents où l'un des saints pratiquent une saignée, les rares représentations instrumentales de l'activité chirurgicale pourtant parfaitement attestée dans les Suffrages où ils sont invoqués comme medicus et cyrurgicus.

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      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?

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      . Je propose de confronter ces cinq représentations avec trois sculptures sur bois  dont le thème m'avait intrigué soit au Faouët (56), soit à Grâces à Guingamp (22). Les sablières et corniches  de ces deux localités ont d'ailleurs de nombreux points communs.

      Il s'agit dans l'ordre chronologique, de :

       

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      1°) La clôture de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët (Olivier le Loergan, 1480).

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      La scène a été interprétée comme  le baptême d'un catéchumène par saint Martin à Ligugé. Je l'ai décrite ainsi :

       

       

       

      On voit saint Martin (tonsuré, en tenue monastique avec la tête couverte par un scapulaire) poser la main sur le front  du catéchumène qui est à genoux, en robe à ceinture, mains jointes. Saint Martin tient dans la main gauche un objet, qui doit être le flacon de saint-chrême. Il est curieusement adossé à une sorte de pupitre. Je propose de considérer que cet élément triangulaire appartient plutôt à la partie gauche de la scène, où un homme vêtu d'une cagoule rouge se redresse. On y a vu un moine de la communauté de Ligugé. Cela pourrait être aussi le « sponsor » du catéchumène, « celui qui pousse », qui fait office de parrain. Ou bien, le défunt qui, ressuscité, se redresse : le "pupitre" serait alors son cercueil.

      .

      Je ne suis pas convaincu qu'il faille remettre en question cette interprétation, mais elle n'est néanmoins fondé sur aucune donnée irréfutable.

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      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?

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      2°) Les sablières (1508) du bas-coté de l'église Notre-Dame de Grâces (22). Troisième travée du bas-coté sud.

      http://www.lavieb-aile.com/2018/02/les-sablieres-1506-1508-du-bas-cote-de-l-eglise-notre-dame-de-graces-22.html

      Deux personnages en robe longue  en soignent deux autres, et des grylles (monstres à plusieurs têtes et pattes) s'enfuient sur le coté.

      À gauche, le médecin (pieds nus, cheveux longs, portant peut-être un bonnet) pointe un instrument à manche et T (un trépan ?) vers le crâne d'un énergumène dont l'agitation est contenue par une sorte de camisole.

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      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?

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      A droite, le thérapeute porte l'habit monastique (robe longue à capuchon) et pose les mains sur la tête d'un homme aux cheveux bouclés.

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      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?
      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?

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      J'y avais vu une scène de trépanation associée à un exorcisme, mais pourquoi ne pas évoquer la possibilité d'une représentation de saint Côme et de saint Damien ?

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      3°) Les sablières (1600) de la chapelle Saint-Sébastien du Faouët, 

      http://www.lavieb-aile.com/2015/09/sablieres-inscriptions-et-pardon-de-la-chapelle-saint-sebastien-au-faouet-56.html

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      A gauche, trois personnages à genoux. Le premier, à capuche et bure, présente un livre. Le second, également encapuchonné, pose sa main sur la tête nue du troisième, barbu, qui lui fait face. Cette scène est interprétée comme " saint Martin baptisant un catéchumène " ou comme "scène d'exorcisme".

      Dans un cartouche, Inscription datée :  "1600, le 26 de juin". 

      Un cerf (? deux oreilles et un bois ; sabots) se tourne gueule ouverte vers l'inscription.

      Deux anges tiennent un cartouche et son inscription datée.

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      Pourquoi ne pas attribuer  cette imposition des mains sur la tête d'un homme agenouillé à saint Côme ou à saint Damien ?

      L'un des principaux obstacles est que ce moine n'est pas accompagné en miroir  d'un thérapeute semblable, cette dualité gémellaire étant un véritable attribut iconographique.

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      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?
      Les saints Côme et Damien dans les scènes de trépanation et d'exorcisme des sablières du Faouët et de Grâces ?

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      Conclusion.

      J'ai voulu mener cette réflexion née d'une intuition face aux enluminures des Bnf fr 313 et 242, mais elle s'achève sans aucune certitude. Seule la sablière de Grâces, qui réunit la dualité des deux médecins, et l'existence d'un instrument de chirurgie céphalique, peut remplir les conditions nécessaires à une identification des saints Côme et Damien.

      Maigre récolte, mais n'est-ce pas en partageant ses propres tâtonnements que la recherche progresse ?

       

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      Published by jean-yves cordier

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      • : Le blog de jean-yves cordier
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      • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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