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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 14:43

Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

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Résumé .

Nom de genre :  Calopteryx, Leach, 1815,  Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom qui vient du grec kalos "beau" et pteryx "aile" signifie "qui a de belles ailes" en raison de la couleur métallique de celles-ci,  surtout chez les mâles.

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Nom d'espèce : virgo, Linnaeus,1758, Syst. Nat. (Edn. 10) 1 : 545. Du latin "jeune fille, vierge", par adaptation dans cette langue du terme "Demoiselle" qui désignait, en raison de leur finesse et de leur grâce féminine les libellules pour les naturalistes français au XVIIe (1682, traduction de l'Histoire des insctes de Swammerdam) et XVIIIIe (Homberg, Réaumur, De Geer, Geoffroy), terme qui a son équivalence à la même époque en néerlandais (waterjuffer), ou en allemand  (wasserjunfer).  Linné décrit en 1758  plusieurs variétés qui couvrent les âges et les espèces principales d'Europe, et ce n'est qu' ultérieurement que ce taxon a été limité à Calopteryx virgo.

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— Noms vernaculaires linnéens. En 1746, dans le Fauna suecica, Linné attribue des noms vernaculaires ("vulgo") à deux de ses libellules,  LOVICA [Louisa] pour sa n° 757 (le mâle mature de C. splendens), et ULRICA pour sa n° 758 (la femelle de C. virgo). Il abandonnera définitivement cette tentative dans le Systema Naturae de 1758. 

Noms vernaculaires français :

1.L' ULRIQUE. En 1762, le médecin français Étienne-Louis Geoffroy  Hist. abr. ins. 2: 222. reprend le prénom Ulrique et l'associe à Libellula virgo.  (la variété gamma, la femelle).

2.L' AGRION VIERGE. Latreille (P-A), 1804 Hist. nat. crust. 13:16.

3. LA CALEPTÉRYX VIERGE, Sélys-Longchamps, 1840, Monogr. libell. :128.

4.  CALOPTÉRYX VIERGE, Sélys-Longchamps, 1854, Monogr. Calopt :40

5. [LE] CALOPTÉRYX VIERGE : est adopté par tous les auteurs depuis 1854.

Noms vernaculaires étrangers : 

En catalan : LA DAMISEL.LA BLAVA, ou CAVAL DE SERP  (la Demoiselle. La Bleue, ou le Cheval de serpent).

En espagnol : EL CABALLITO DEL DIABLO AZUL (Le petit cheval bleu du diable).

En néerlandais : DE BOSBEEKJUFFER (La Demoiselle des ruisseaux forestiers (?))

En frison : BLAUYNSKE, GRIENE FLINTERLIBEL, BOSKBLAUYNSKE

En allemand : DIE BLAUFLÜGEL-PRACHTLIBELLE. (L'Aile Bleu - La Libellule Superbe).

En anglais : THE BEAUTIFUL DEMOISEL

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

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LE NOM DE GENRE, CALOPTERYX LEACH, 1815.

— LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

Voir http://www.lavieb-aile.com/2018/01/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-calopteryx-leach-1815.htm

 

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LE NOM D'ESPÈCE VIRGO, LINNAEUS, 1758.

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 — LINNÉ (Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis . Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 545-546.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

Texte original :

** Oculi distantes remotique

Virgo, 17. L. alis erectis coloratis. 


-Alpha. Libellula corpore sericeo nitido, alis luteo- fuscis margine immaculatis. Fn. fvec. 756. 
Roes. aqu. 2. t. 9. f. 7. 
Raj. ins. 50. n. 11. 
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-Beta. Libellula corpore sericeo nitido, alis viridi- caerulescentibus apice fuscis : margine immaculatis. Faun. svec. 757. 
Raj. ins. 50. n. IO. 
Homberg. Act. Paris. 3. p. I45. 
Réaum. ins. 6. t. t.35 f. 7. 

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-Gamma. Libellula corpore viridi-caeruleo, alis subfuscis : puncto marginali albo. Fn. svec. 758. 
Roes. aqu. 2. t. 9. f. 6. 
Raj. ins. 51. n. 12 .
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-Delta. Libellula corpore sericeo nitido, alis inaurato-fuscis: macula nigra. Fn. svec. 759, 
Roes, aqu. 2. t. 9. f. 5. 
Raj. ins. 50. n. 9. & p. 140- n 2. 

Habitat in Europae fluviis. 

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https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/567/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/567/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/568/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/568/mode/1up

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Commentaire. 

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • Alis patentibus acquiescentes [les ailes ouvertes au repos] : les 16 premières.
  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour chacune les références à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) puis aux auteurs qui l'ont précédé. 

Virgo, avec le n° d'ordre 17, ouvre donc le chapitre des 2 espèces Oculi distantes remotique

La description débute par un critère général, Alis erectis coloratis "les ailes dressées, et colorées" (alors que Puella [Agrion jouvencelle] est défini par des ailes dressées mais hyalines, alis erectis hyalinis).

Puis l'auteur décrit sous quatre lettres grecques quatre variétés αβκδ. Il renvoie aux n° 756 à 759 de la Fauna suecica, et aux publications de August Roesel et de John Ray,  à celles de Wilhem Homberg et de René-Antoine de Réaumur. Ces quatre variétés correspondent aux deux sexes des espèces actuelles C. virgo et C. splendens. Linné témoigne de son hésitation (haesito) à faire de ses variétés des espèces, ou à y distinguer des formes sexuées, comme le proposait Charles de Geer dès  avant 1746. 

Il en est résulté une notable confusion, et comme a tenté de le résumer De Sélys en 1850 (Rev. Odon. page 136, en note ), Linné avait décrit comme quatre espèces dans la Fauna suecica les différents âges des mâles et femelles  de nos virgo et  splendens, sans les nommer en latin, puis avait réuni le tout en 1758 comme les quatre variétés de son espèce Virgo. Il a été suivi par Latreille, alors que Harris avait séparé les deux espèces dès 1776-1780.

 

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Toutes les tentatives de traductions sont de moi, elles sont proposées pour aider le lecteur, sans caution ni validation.

Je vais maintenant présenter les quatre "variétés" pour étudier les références auxquelles Linné renvoie.

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LES QUATRE VARIÉTÉS DE VIRGO LINNÉ 1758 ET LEURS RÉFÉRENCES.

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VIRGO, VARIÉTÉ ALPHA.

Description : 

-Alpha. Libellula corpore sericeo nitido, alis luteo-fuscis margine immaculatis.

"Libellule au corps brillant comme la soie, aux ailes brun-jaune et à la marge [extrémité de l'aile] dépourvue de tache."

 

— Commentaire personnel : Linné décrit ici une femelle, puisque les ailes sont brun-jaune et non bleues. Sa référence à l'illustration de Roesel (ailes à bande sombre) est contradictoire. L'absence de pseudoptérostigma blanc dénote aussi.

Références :

Fn. fvec. 756. 
Roes. aqu. 2. t. 9. f. 7. 
Raj. ins. 50. n. 11.

 

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1°) Fauna  suecica 1746, page 228-229 n° 756. (appartient avec les suivants au groupe des Alis erectis sedentes, Mediae : ailes dressées au repos, de taille moyenne).

Description originale :

756.LIBELLULA corpore sericeo nitido, alis luteo-fuscis : margine immaculatis 

Raj. ins. p.50 n. 11. Libella media, corpore e viridi  caerulescente, alis fulvescentibus absque maculis.

Habitat ad aquas fluentes. [Vit dans les eaux courantes]

DESCR. Corpus mediae magnitudinis , e caeruleo nitens , sive atratum. Alae luteo-fuscae absque ullo puncto obscuro ad marginem exteriorem alarum, uti in omnibus reliquis,exceptis speciebus 757 & 758, quae itaque an vere specie differant , haesito ; forte solae varietates. 

"Description : Corps de taille moyenne, de couleur brillante ou sombre. Ailes jaune-brun, sans point sombre à l'extrémité des ailes, comme dans toutes les autres, à l'exception des espèces 757 et 758, dans lesquelles j'hésite à voir de vraies espèces proprement dit, [car il y a ] de fortes différences individuelles". 

 

 

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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2°) August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II  planche IX. fig. 7. 

 

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

 

 

Cette référence étant postérieure à l'édition de 1746 du Fauna suecica, elle n'y est pas mentionnée.

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http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/scroll

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/scroll

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3°) John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres, page 50 n° 11 .

http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

Libella media, corpore e viridi  caerulescente, alis fulvescentibus absque maculis. Haec maculis prope alas extremas omnino caret, quod paucis commune est.

"Libellule de taille moyenne, au corps vert tirant sur le bleu foncé, les ailes tirant sur le fauve sans taches. Ces taches proches de l'extrémité des ailes manquent chez tous [les spécimens], ce qui est peu commun."

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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VIRGO, VARIÉTÉ BETA.

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— Description : 

Beta. Libellula corpore sericeo nitido, alis viridi-caerulescentibus apice fuscis : margine immaculatis.

"Libellule au corps brillant comme la soie, aux ailes vert-bleuâtre et  brune à la pointe ;  la marge [extrémité de l'aile] est dépourvue de tache."

 

— Commentaire personnel :

Il s'agit d'un mâle, avec ses ailes bleues, et la partition entre la couleur bleue, et la pointe de couleur brune suggère qu'il s'agit du mâle mature de C. splendens.

— Références

-Faun. svec. 757. 
-Raj. ins. 50. n. IO. 
-Homberg. Act. Paris. 3. p. I45. 
-Réaum. ins. 6. t. t.35 f. 7. 

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1°) Fauna  suecica 1746, page 229 n° 757.

757, LIBELLULA corpore caeruleo nitido ; alis viridi-caerulescentibus : apice fuscis : margine immaculatis
Raj. Ins p.50. n. 10. . Libella media, corpore caeruleo, alis fere totis ex caeruleo nigricantibus. 
Vulgo Lovisa. 
Habitat ad Fluvios. 

DESCR. Magnitudo, figura, color, locus & omnia , ut in praecedenti , sed alae, quae etiam puncto marginali carent, nigro-caerulescentes : apice pallide fuscae. cauda unguiculata. 

"La taille, la forme, la couleur et le lieu fréquenté sont identiques à la précédente, mais les ailes, où le point marginal est absent, sont d'un bleu foncé sombre ; la pointe brun pâle. La queue est ongulée."

 

L'élément le plus remarquable, dans cette étude de zoonymie, est la mention Vulgo Lovisa, "Louisa en nom vulgaire". 

J'ai montré qu'il s'agissait du premier prénom de la princesse de Prusse : Louisa Ulrica de Prusse deviendra reine de Suède de 1751 à 1771 (mais avait épousé Adolphe-Frédéric de Suède en 1744). Geoffroy poursuivra ce système de dénomination avec les prénoms Amélie, Dorothée, Sophie, Éléonore, tous rattachés à cette famille ou à cette fonction.

L'une des raisons de ce choix pourrait être que les filles des familles nobles portaient le titre de "demoiselles" (mais les filles des rois portaient le titre de "Madame"). Du moins en France.

 

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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2°) John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres, page 50 n° 10 .

http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

 

10. Libella media, corpore cœruleo, alis fere totis ex cœruleo nigricantibus. A praecedente differt, quod alae fere totae atro-purpureae sunt, non media parte tantum.

"Libellule de taille moyenne, au corps bleu foncé, aux ailes presque toutes bleu-noires. Elle diffère de la précédente dont les ailes sont presque toutes pourpre-noir, ----"

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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3°) Guillaume (ou Wilhelm) HOMBERG, 22 août 1699, Observations sur cette sorte d'Insectes qui s'appellent ordinairement Demoiselles, Par M. HOMBERG. In Mémoires, Histoire de l'Académie royale des sciences ... avec les mémoires de mathématique & de physique... tirez des registres de cette Académie, Imprimerie royale (Paris) pages 145-151.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.image

La référence de Linné, Homberg. Act. Paris. 3. p. I45. ne renvoie pas à la planche de la page 150 (que je ne résiste pas à proposer au lecteur néanmoins), mais à la description qui ouvre l'article :

"Les mâles et les femelles y sont d'une même grandeur, savoir de vingt lignes environ de long ; le corps de l'un et de l'autre est également grêle ; excepté que le bout de la queue, ou l'extrémité du ventre de la femelle b, est plus gros que n'est celui du mâle a. L'un et l'autre sont d'une grande vivacité, et se tiennent ordinairement sur le bord des rivières.

Les mâles sont de couleur violette luisante par tout leur corps : leur quatre ailes sont transparentes, un peu dorées, avec une grande tache presque au milieu de chaque aile, du même violet que leur corps, ce qui rend cet endroit des ailes opaques. Voyez fig. e.

Les femelles sont par tout leur corps d'un gris doré luisant, tirant sur le vert. Leurs quatre ailes sont transparentes, de la même couleur et sans tache. Voyez fig. f.

Lorsqu'elles sont au repos, ou qu'elles ne volent point, leurs quatre ailes s'approchent et se tiennent si près les unes des autres, qu'elles ne paraissent qu'une seule aile, au lieu que plusieurs autres espèces de demoiselles tiennent toujours leurs ailes étendues, aussi bien au repos que lorsqu'elles volent."

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Wilhelm Homberg est un chimiste néerlandais né à Batavia (Java) en 1652 et mort à Paris en 1715. Après avoir exercé comme médecin à Rome, il s'était installé à Paris en 1691 sur invitation de Colbert et fut élu membre de l'Académie des Sciences en 1697. Il épousa la fille du botaniste Denis Dodart, et devint en 1702 le protégé du duc d'Orléans, et son Premier Médecin. Il développa une théorie de la chimie de la lumière. Mais ce chimiste s'intéressa au microscope, par lequel il étudia les araignées (1707). Ces travaux n'échappèrent pas à Réaumur, qui les développa.

À sa mort, son élève le médecin-régent Étienne-François Geoffroy lui succéda comme pensionnaire de l'Académie des Sciences, après y avoir été nommé chimiste en 1699. Or, le fils de cet Étienne-François Geoffroy n'est autre que le médecin-régent Étienne Louis Geoffroy,  l'auteur de l'Histoire abrégée des insectes de 1762 (cf infra Noms vernaculaires).

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Cette référence à Homberg nous permet de découvrir l'une des premières publications en français concernant les libellules, mais ce qui rend très précieux cet article, c'est que Homberg décrit avec précision l'accouplement du mâle et de la femelle. Cela fut souligné par Olivier en 1782 et 1792 : "L'accouplement complet d'une espèce de ces insectes a été très bien vu par Homberg, qui l'a décrite et en a donné une assez bonne figure dans les mémoires de l'Académie en 1699. Il avait été vu longtemps auparavant par Swammerdam, comme il parait dans l'édition de ses œuvres, mais il était réservé à Réaumur de nous donner là dessus les détails les plus nombreux et les plus exacts, comme les plus nombreux et les plus intéressants."

Nous approchons ainsi le milieu de savants naturalistes parisiens du XVIIIe siècle tous membres de l'Académie des Sciences, souvent propriétaires de cabinets de sciences naturelles ou de collections, de grandes bibliothèques, et tous au fait des travaux de leurs collèges et des savants étrangers : Homberg, Réaumur et Geoffroy appartiennent à un petit cercle en inter-relation. Quand au suédois De Geer, il admire tant Réaumur qu'il donne à sa propre publication le même titre que celui des Mémoires pour servir les insectes de son modèle.

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Homberg page 145 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.item.zoom

Homberg page 145 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.item.zoom

Homberg page 150 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f308.item.zoom

Homberg page 150 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f308.item.zoom

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4°) Réaumur, 1742, Mém. hist. ins. 6:390.

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RÉAUMUR (René -Antoine Ferchault de) , Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Tome VI  : Suite de l'Histoire des Mouches à quatre ailes avec un supplément des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1742, 608 p., 48 pl. ; Planche XXXV fig.7.

Cette planche illustre le Onzième Mémoire : des mouches à ailes nommées Demoiselles (pages 387-456), la figure 7 est décrite pages 390-391. Elle illustre, parmi les "Demoiselles du troisième genre", celles qui ont les ailes dressées lors de leur repos. 

Elle est décrite ainsi : "Demoiselle dont le corps est d'un très beau bleu, et dont les ailes ont de grandes taches d'un noir bleuâtre."

https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n707/mode/2up

"Les différentes espèces de demoiselles aquatiques peuvent être rangées sous trois genres, dont chacun a un caractère très marqué, ce qui le rend aisé à distinguer des autres.

J'appellerai demoiselles à corps court & applati (Pl. 35 fig.1 et 2) celles que je mettrai dans le premier : ce n'est pas que leur corps ne soit long par rapport à celui de la plupart des mouches; mais il est court, comparé avec celui des autres demoiselles , & d'ailleurs autrement conformé : le leur souvent plus large qu'épais , diminue insensiblement de largeur jusqu'à son extrémité.

Celui des demoiselles des deux autres genres, depuis le second anneau jusqu'au dernier inclusivement, a à peu-près le même diamètre en tout sens, il est tout d'une venue, il ressemble à un petit bâton; leur corps est grêle, arrondi, aussi épais que large, et d'un même diamètre dans la plus grande partie de sa longueur. Celles que je place dans le second genre  ont une grosse tête arrondie, qui tient de la figure sphérique; et celles que je mets dans le troisième genre (Pl. 35 fig. 6, 7, 8 et pl. 40 fig. 1, 2, etc) ont proportionnellement une tête plus menue; mais ce qui lui est particulier, c'est qu'elle est courte et large , c'est-à-dire que d'un côté à l'autre, d'un œil à rezeau à l'autre, elle a beaucoup plus de diamètre que de devant en arrière; ces yeux plus détachés, sont plus saillants.

Les demoiselles du premier genre ne différent de celles du second, que par la forme de leur corps ; mais elles différent encore par celle de leur tête, des demoiselles du troisième genre. Toutes celles que je connois du premier du second , portent leurs ailes de la même manière ; lorsqu'elles sont en repos, elles les tiennent toutes quatre perpendiculaires à la longueur du corps, et dans un plan parallèle à celui de position : étant toutes attachées, comme elles le font, à une même hauteur, on ne sauroit les distinguer en supérieures et en inférieures; elles ne doivent l'être qu'en antérieures et en postérieures. Le port des ailes des demoiselles du troisième genre, est plus varié, et peut servir à en déterminer des genres subordonnés ; elles ont, comme les autres mouches et papillons, des ailes supérieures et des aîles inférieures. Quelques demoiselles dans leurs moments de tranquillité, les tiennent toutes quatre appliquées les unes contre les autres (Pl. 35 fig 7 et 8) , elles en forment un paquet très-mince dont le milieu est occupé par les deux supérieures, ce qui fait un angle aigu avec le corps au-dessus duquel il s'élève; d'autres dans un temps semblable portent leurs ailes en toit (fig.4), & arrangées de manière qu'une des supérieures paroît seule de chaque côté, & passe par-delà le corps logé sous le toit: d'autres demoiselles, lorsqu'elles sont en repos, laissent voir leurs quatre aîles qu'elles tiennent alors un peu écartées les unes des autres, un peu élevées au-dessus du corps & inclinées à ses côtés. ".

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Voir aussi la concordance établie par Vallot entre les figures de Réaumur et les descriptions de Linné.

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-Réaum. ins. 6. t. t.35 f. 7.  https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n683/mode/2up

-Réaum. ins. 6. t. t.35 f. 7.  https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n683/mode/2up

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VIRGO, VARIÉTÉ GAMMA.

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Description :

-Gamma. Libellula corpore viridi-caeruleo, alis subfuscis : puncto marginali albo.

"Libellule au corps vert-bleu sombre, aux ailes brunâtres : point marginal blanc. "

Fn. svec. 758. 
Roes. aqu. 2. t. 9. f. 6. 
Raj. ins. 51. n. 12 .

Commentaire.

Les pseudopterigmas blancs et les ailes brunâtres montrent que la variété gamma est une femelle du genre Calopteryx (C. virgo pour M. Hamalainen).  Ce qu'avait remarqué De Geer avant 1746 (cf infra), .

 

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Références : 

1°) Fauna  suecica 1746, page 229 n° 758.

758. LIBELLULA corpore viridi-caeruleo ; alis subfuscis : puncto marginali albo. 
-Raj. Ins p.51. n.12 . Libella media, corpore viridi, alis fulvescentibus maculis parvis albis prope extremum angulum. 
Vulgo Ulrica. 
Habitat ad Fluvios. 
DESCR. Mediae est magnitudinis. Corpus viridi-sericeum, nitidum, minime caeruleum. Pedes nigri. Alae subfuscse puncto marginali albicante oblongo ; Cauda inermis. 
Haec praecedentis faemina. De Geer. 

"De taille moyenne. Corps vert comme la soie, brillant, à peine bleu-azur. Pattes noires. Ailes brunâtres à point marginal blanc allongé. Queue "sans armes". La femelle de la précédente [selon] De Geer."

Commentaire. 

a) Comme pour la variété beta, nommée Louisa, Linné attribue à la variété Gamma un nom vernaculaire (vulgo) choisi parmi les prénoms féminins, celui d'Ulrica. Le second prénom de Louisa Ulrica de Prusse.

b) Dans la Fauna, Linné semble admettre la proposition de De Geer de considérer que la n° 758 est la forme femelle de la n°757. Mais, douze années plus tard,  il resta plus prudent dans le Systema Naturae. Le suédois Charles de Geer (1720-1778) ayant publié les sept tomes de ses Mémoires pour servir à l'histoire des insectes de 1752 à 1778, j'ignore sur quelle source est basée la mention de son nom en 1746 par Linné. Ce ne sont pas les 32 pages de Tal om nyttan, som Insecterne och deras skärskådande, tilskynda oss, ... paru à Stockholm en  1744.

 

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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2°) John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres, page 51 n° 12 .

http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/51/mode/1up

 Libella media, corpore viridi, alis fulvescentibus [flavescentibus D. Willughby]  maculis parvis albis prope extremum angulum. Venter flavescit.  Per scapulas tres lineae sive rugae flavicantes ducuntur.

"Libellule de taille moyenne, au corps vert, aux ailes tirant vers le fauve [vers le jaunâtre pour Maître Willughby], avec une petite tache blanche près de l'angle distal."

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John Ray, 1710, Historia insectorum, , page 51 n° 12  http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

John Ray, 1710, Historia insectorum, , page 51 n° 12  http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

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3°) August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II  planche IX. fig. 6. 

 

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

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Roesel pl. IX, figure 6 à droite.

Roesel pl. IX, figure 6 à droite.

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VIRGO, VARIÉTÉ  DELTA.

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Description :

-Delta. Libellula corpore sericeo nitido, alis inaurato-fuscis: macula nigra.

"Libellule au corps soyeux brillant, ailes brun-doré ; tache noire."

Commentaire personnel.

Une femelle ? Mais la tache noire ? À la réflexion, je propose d'y voir un mâle de C. splendens, où macula nigra qualifierait la bande bleue sombre barrant en bande l'aile, chez un spécimen de collection où ce bleu aurait paru noir à Linné. Les références aux descriptions de John Ray vont dans ce sens, avec la mention d'une tache coeruleo nigrantibus, "bleu noirâtre".

Références

Fn. svec. 759, 
Roes, aqu. 2. t. 9. f. 5. 
Raj. ins. 50. n. 9. & p. 140- n 2. 


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1°) Fauna  suecica 1746, page 229 n° 759.

759. LIBELLULA corpore sericeo nitido ; alis inaurato-fuscis : macula nigra. 
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Hoffn. ins t. 11. f. ult. 
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Raj. Ins. 50. n.9. Libella media corpore partim viridi, partim caeruleo, alis media parte maculis amplissimis e caeruleo nigricantibus. 
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Raj. Ins. p. 140. n. 2. Libella media, corpore partim viridi , partim caeruleo, alis media parte maculis amplissimis e caeruleo nigricantibus oblitis. 
Habitat ad Fluvios. 
DESCR. Corpus caeruleo-nitidum. Pedes nigri. Ala a medio versus apices caerulescente nigra , ipsis apicibus aurato-fuscis ; a medio alae versus ejus basin color inauratus, nullum punctum marginale in hac. 

"Corps bleu-sombre brillant. Pattes noires. Ailes du milieu vers l'apex bleu foncé, la pointe brun-doré. Et du milieu vers la base de couleur dorée, sans aucun point marginal."

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Commentaire : Dans la Fauna suecica, Linné ajoute une référence à Hoefnagel, qui disparait dans le Systema Naturae. Joris Hoefnagel est ce miniaturiste flamand dont les travaux naturalistes ont été publiées sous forme de gravure par son fils Jacob en 1592 sous le titre  Archetypa studiaque Patris. Une nouvelle présentation est parue en 1630 à Amsterdam sous le titre  Diversæ insectarum volatilium icones ad vivum accuratißime depictæ. Je renvoie à mon article Hoefnagel et les entomologistes du XVIIIe siècle. La référence de Linné renvoie  à la planche 11 du Diversae insectarum ... où, au coin inférieur droit, est représenté un Calopteryx splendens (identifié par Marcel Wasscher 2014)

Voir infra : Les illustrations non référencées par Linné 1758.

 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/262/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/262/mode/1up

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2°) August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II  planche IX. fig. 5. 

 

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http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

Il ne s'agit pas d'une femelle aux ailes brun-doré, et nous commençons à nous y perdre dans notre tentative de suivre la logique de Linné, si nous n'adoptons pas mon hypothèse de C. splendens mâle.

 

 

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Roesel, 1749, Insecten belustigung, volume 2   pl. IX. fig. 5 (à gauche).

Roesel, 1749, Insecten belustigung, volume 2  pl. IX. fig. 5 (à gauche).

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3°) John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres, page 5 n° 9 et page 140 n°2 .

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http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

9. Libella media, corpore partim viridi, partim coeruleo, alis media parte maculis amplissimis é coeruleo nigricantibus [D. Willughby atro-purpureis] oblitis, F.W.

Alae a fundis ad medium fere lutescunt , dein macula magna atro-purpurea succedit : extremitates alarum fundis concolores. Scapulae magis virides, dorsum magis coeruleum, Alae I ½ dig. longae, Maculis versus extremitates alarum caret.

"N°9. Libellule de taille moyenne, au corps en partie vert et en partie bleu foncé, aux ailes, en partie moyenne [remplie de taches ?] et bleu foncé très sombre [noir-pourpre pour Maître Willughby]. Vient de la collection de Francis Willughby.

...

John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres,  page 140 n°2 .

http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/1up

Libella media, corpore partim viridi , partim caeruleo, alis media parte maculis amplissimis e caeruleo nigricantibus oblitis. 

Même remarque que pour Roesel : la libellule décrite par John Ray, qui reprend les travaux de son maître Willughby, est un mâle aux ailes partiellement bleues.

John Ray, Historia insectorum page 50 n°9

John Ray, Historia insectorum page 50 n°9

John Ray, Historia insectorum  page 140.

John Ray, Historia insectorum page 140.

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LES ILLUSTRATIONS OU DESCRIPTIONS NON RÉFÉRENCÉES PAR LINNÉ 1758.

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Elles ont sans doute été négligées en raison de l'imprécision des gravures (souvent sur bois). Les miniatures de Joris Hoefnagel étaient inaccessibles. 


 

1°) Jacob  Hoefnagel 1630, Diversae insectarum planche 11 : gravures d'après les enluminures de Joris Hoefnagel. Calopteryx splendens (identification Marcel Wasscher 2014)

https://rkd.nl/en/explore/images/121231?langen=

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN371059488?tify={%22pages%22:[25],%22view%22:%22info%22}

https://www.biodiversitylibrary.org/item/86576#page/25/mode/1up

2°) Jacob  Hoefnagel 1592, Archetypa studiaque  Patris 

Planche I,8 Flos Cinis : Calopteryx sp. femelle

3°) Joris Hoefnagel,  1596, Mira Calligraphiae Monumenta folio 75, miniature sur velin,  Calopteryx femelle.

https://rkd.nl/en/explore/images/record?query=calopteryx&start=2

4°) Joris Hoefnagel, 1575-1585, Ignis Animalia Rationalia Insecta, planche LXIII Flos Cinis, miniature sur velin, Calopteryx splendens (identification Marcel Wasscher 2014)

https://rkd.nl/en/explore/images/record?query=calopteryx&start=3

5°) Joris Hoefnagel,1594, Nature morte avec insectes.

http://www.lavieb-aile.com/2015/02/vanitas-et-vanessa-a-propos-de-nature-morte-avec-des-insectes-1594-d-oxford-par-joris-hoefnagel.html

6°) Joris Hoefnagel, v.1591-1596, Mirae calligraphiae monumenta folio 75. Miniature sur velin. Calopteryx sp. femelle.

Voir ici.

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Capture d'écran, droits : Lee Hendrix, Thea Vignau-Wilberg, Mira Calligraphiae Monumenta: A Sixteenth-Century Calligraphic Manuscript Inscribed by Georg Bocksay and Illuminated by Joris Hoefnagel, Volume 1 Getty Publications, 13 août 1992 - 424 pages Numérisation Google

 

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7°) Thomas Moffet, 1634, Insectorum sive minimorum animalium theatrum

https://www.biodiversitylibrary.org/item/123182#page/98/mode/1up

Prima colore est elegantissimo ; Corpore caeruleo, alis violaceo corpore saturato : interscapulare spacium gemmis quatuor aureis, ceu in nigricante pala fixis ornatur


 

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Thomas Moffet, 1634.

Thomas Moffet, 1634.

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8°) Ulysse Aldrovandi, 1602, De animalibus insectis, libri septem, page 305.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248/f315.item.zoom

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Aldrovandi 1602 page 305

Aldrovandi 1602 page 305

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ÉTUDE DU NOM VIRGO, LINNAEUS, 1758 Syst. Nat. (Edn. 10) 1 : 545.

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a) Virgo vient du latin, dont le sens est précisé par F. Gaffiot

Virgo, inis, f. 1. jeune fille, vierge. 2. [en part.] Les Vestales. 3. [en gen.] Jeune fille, jeune femme. 4. La Vierge [constellation]. 5. [adjectif au figuré] : vierge, qui n'a pas servi.

 b) Dans le contexte de son ouvrage, il faut retenir le sens "jeune fille, vierge", que Linné a choisi par adaptation en latin du terme "Demoiselle" qui désignait, en raison de leur finesse et de leur grâce féminine les libellules pour les naturalistes français au XVIIIe (Homberg, Réaumur, De Geer, Geoffroy), terme qui a son équivalence à la même époque en néerlandais (waterjuffer), en allemand  (wasserjunfer), ou en anglais. Le première occurrence de "demoiselle" dans cette acceptation  date de 1682 avec la traduction de l'Histoire générale des insectes de Swammerdam : 

"... une espèce  d'insecte que l'on trouve dépeint plusieurs fois dans la table VIII suivant les divers degrés de sa formation, et à qui le commun peuple donne ce me semble, le nom de demoiselle.". À en croire ce traducteur, le terme serait d'origine populaire. 

C'est par la même référence à la beauté et à l'allure juvénile et féminine des Libellules en général, mais surtout pour Linné des Calopteryx en particulier, qu'il avait choisi d' attribuer aux variantes de L. virgo comme nom vernaculaire les deux prénoms féminins de la future reine de Suède. 

Voir mon article:  Zoonymie des Odonates : le nom "Demoiselle" (1682).

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/zoonymie-des-odonates.le-nom-demoiselle.html

c) Linné exploite la même source d'inspiration pour l'espèce suivante, Libellula puella, du latin signifiant (Gaffiot) "Jeune fille", "bien-aimée, maîtresse".

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

Comme d'habitude, l'auteur le plus attentif, et qui ne se contente pas d'une "étymologie" par traduction du terme latin, mais qui se livre à une réelle interprétation zoonymique, est Heinrich Friedner.

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PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

"Virgo du latin virgo = vierge ( ?)"

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"virgo (Calopteryx) - virgo, virginis = fanciulla. Nome dato per la struttura esile e graziosa." [jeune fille. Nom donné pour la structure mince et gracieuse.]

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

 

"- virgo (Linnaeus) [l. virgin, maiden] is one of the species names in odonata referring to beautiful womanliness as do popular names in many languages (e.g. Dutch: waterjuffer, French: demoiselle, cf. NITSCH 1965). "

NITSCH, G. (1965): Die Namen der Libelle. In: Wissmann, W. „Wörterbuch der deutschen Tiernamen, Beiheft 3”, Akademie-Verlag, Berlin

Trad :"-virgo (Linnaeus), [latin "vierge, jeune fille" est  l'un des noms d'espèces dans les odonates se référant à la beauté fémine au même titre que les noms vernaculaires attestés dans de nombreuses langues (par exemple, en néerlandais: waterjuffer, en français: demoiselle, voir NITSCH 1965)."

 

Voir aussi H. Fliedner 2012.

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

Virgo = jonge vrouw, maagd .

 

 

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NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

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PRÉAMBULE : LINNÉ 1746 puis GEOFFROY 1762.

1. Le préalable linnéen : "Lovisa" et "Ulrica", 1746.

 

​​​​​Linné a donné, dès 1746 dans sa Fauna suecica, des noms "vulgo", des noms en langue vulgaire c'est à dire suédoise qui sont des noms propres pour deux de ses espèces (comme il l'a fait, dans le même ouvrage, pour quelques papillons). Les espèces n° 757 et 758 de la Fauna suecica  sont celles qui deviendront les formes alpha et beta de sa Libellula virgo . Et ces noms sont LOVISA (Louisa) pour le n°757 et ULRICA pour le n°758. 

Il ne les reprendra pas dans le Systema Naturae de 1758, et pas d'avantage dans l'édition 1761 du Fauna suecica,  principalement parce qu'il renonce alors à toute dénomination vernaculaire au profit de la double dénomination latine.

Cela serait anecdotique si nous ne dénichions pas derrière ces noms les prénoms de LOUISE ULRIQUE DE PRUSSE, (en allemand : Luise Ulrike von Preußen), qui devint reine consort de Suède et de Finlande en 1751, après son mariage en 1744 avec le futur roi Adolphe-Frédéric de Suède, et qui  fonda en 1753 l'Académie Royale de Suède dont fit partie Carl von Linné et soutint les arts et les sciences. 

C'est Linné qui eut en charge l'arrangement et la description des collections d'histoire naturelle de la reine.  Le Roi et la Reine avaient des collections séparées : la première à Ulricksdahl, et  l'autre, qui consistait en insectes et coquilles,  dans le palais de Drottningholm, proche de Stockholm. 

Linné publia à Stockholm en 1764, bien après en avoir rédigé le manuscrit, le catalogue intitulé Museum Ludovica Ulrica Reginae, le Museum de la Reine Louise Ulrique, "dans lequel les animaux exotiques les plus rares, principalement les insectes et les coquilles sont décrits et déterminés". Cette collection se trouve maintenant au Museum zoologique de l'université d'Uppsala. il aurait été amusant que l'on y trouve les spécimens-types de ces libellules, mais ce n'est pas le cas. 

Matti Hämäläinen, un auteur d'Helsinski, a publié en 2008 et 2017 ses travaux, qui recoupent les miens (cf. Zoonymie des Rhophalocères), et que je découvre : 

"Au cours de l'été 1744, une grande effervescence s'empara de la haute et moyenne société suédoise. Le 17 juillet, leur prince héritier Adolf Fredrik fut  marié per procura (c'est-à-dire en l'absence de l'époux) à Luise Ulrike, princesse de Prusse à Berlin. Quelques semaines plus tard, la belle et talentueuse princesse de 24 ans (Lovisa Ulrika en suédois) est arrivée en Suède pour rencontrer son fiancé. Le 18 août, le couple royal a été accueilli par le roi Frédéric Ier au palais Drottningholm où a eu lieu la deuxième cérémonie de mariage le même jour, suivie d'un bal d'état et d'une réception du tribunal.

Carl Linnaeus, 37 ans, professeur de médecine à l'Université d'Uppsala, a été pris dans la fièvre. A cette époque, il écrivait le manuscrit de Fauna svecica, synopsis des 1 357 espèces animales connues de Suède, publié en 1746. Il n'avait pas encore développé son système de nomenclature binomiale, mais chaque espèce avait reçu un diagnostic de quelques mots latins suivant le nom du genre. En outre, dans les comptes d'un petit nombre d'espèces, y compris deux libellules (Libellula), Linnaeus a également donné un nom spécial (le Vulgo) destiné à un usage quotidien. L'espèce numéro 757 (actuellement connue sous le nom de mâle de Calopteryx virgo) a été surnommée le Lovisa et l'espèce numéro 758 (actuellement connue sous le nom de femelle de Calopteryx virgo) l'Ulrica (figure 2). C'était évidemment une dédicace à la princesse et c'était la première dédicace à une personne individuelle dans les noms d'animaux utilisés par Linné.

Il convient de noter qu'en choisissant cette belle Demoiselle  pour son hommage, il choisit ce qui est sûrement l'insecte le plus magnifiquement vêtu et le plus charmant du nord de l'Europe, qui incarne peut-être le mieux les qualités qu'il admirait chez la princesse.

Dans la Fauna svecica, Linnaeus n'a donné  des noms spécifiques (Vulgo) qu'à 43 espèces d'invertébrés, dont 25 espèces de papillons (Papilio) et 14 espèces de papillons (Phalaena). Certains de ces noms 'Vulgo' étaient binomiaux, tels que 'Papilio canicularis' (pour l'actuel Gonepteryx rhamni), 'Argus oculatus' (= Plebejus argus), 'Brassicaria vulgaris' (= Pieris brassicae), mais la plupart étaient des mots simples, comme 'Alpicola' (= Parnassius apollo), 'Rex' (= Argynnis aglaja), 'Aurora' (= Anthocharis cardamines) et 'Cossus' (= Cossus cossus). Linnaeus utilisa plus tard dix de ces 43 noms «Vulgo», ou une partie des noms comme espèce ou nom de groupe de genre dans Systema naturae (1758). En 1746, Linné développait encore son système de nomenclature binomiale (qu'il n'avait pas lui-même inventé, mais qu'il consolidait et réglait dans son usage). Cependant, ce processus s'est déroulé progressivement et l'utilisation des noms «Vulgo» (simple ou binomial) n'était qu'un pas en avant." (Hämäläinen & Orr 2017)

 

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2. Les noms en français d'Étienne-Louis Geoffroy : Louise et Ulrique, et la série des prénoms féminins.

Geoffroy (Étienne-Louis, 1762, Histoire abrégée des insectes 2: 222.

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/222/mode/2up

Les données publiées dans le Fauna suecica de Linné   furent diffusées en France dès 1754 dans le Système naturel du règne animal par classes, familles ou ordres,... de La Chesnaye-Desbois, pages 120-126. L'auteur y donne une traduction en français du texte latin du Fauna suecica. 

Or, en 1762, le médecin et collectionneur Étienne-Louis Geoffroy publie le tome II de son Histoire des insectes

Il y décrit 14 espèces de libellules, en suivant d'assez près le Fauna suecica de Linné, mais avec la mention des noms binominaux du Systema Naturae de 1758. Il attribue à chaque espèce un nom vernaculaire, un exercice auquel il est très attaché et qui nous a valu nos plus beaux noms de papillons. Mais il suit si bien Linné qu'il nomme ses deux premières espèces la Louise et L'Ulrique  avant de puiser dans les prénoms féminins  pour baptiser ses douze autres espèces suivantes. Ainsi, si la Louise était pour lui la n° 759 de la Fauna, et l'Ulrique Libellula Virgo, il nomme Amélie Libellula puella , puis  une variante la Dorothée, une autre la Sophie, et, parmi ses Anisoptères, L. quadrimaculata la Françoise, L. flaveola l'Eléonore, un autre la Philinte, puis vient la Sylvie, l'Aminthe (L. aenea), la Justine (L. vulgatissima), la Julie (L. grandis), la Caroline (L. forcipata) et une variante la Cécile.

On notera que :

a) la mère de Louise-Ulrique de Prusse se prénommait Sophie-Dorothée.

b) La plus jeune sœur de Louise-Ulrique se prénommait Anne-Amélie, Anna Amalie von Preußen (1723-1787) . (C'est elle qui devait épouser Adolphe-Frédéric de Suède, mais sa sœur aînée s'ingénia à prendre sa place).

c) La reine de Suède avant l'accession au trône de Louise-Ulrique se prénommait Ulrique-Éléonore.

d) Aminthe : cf Aminte, personnage féminin dans l'Amour médecin de Molière, et Philinte, personnage masculin du Misanthrope de Molière, sortent de cette logique.

Ce procédé d'imitation très fidèle au premier Linné (celui de 1746) n'aura guère de succès, bien qu'il sera fidèlement cité au XIXe siècle par les entomologistes. Et il réapparaît encore aujourd'hui, où le Calopteryx virgo se voit encore qualifié de "La Louise" sans trop comprendre pourquoi.

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1. L'ULRIQUE. La description de L. virgo par Étienne-Louis Geoffroy et sa dénomination L'Ulrique, 1762.  Hist. abr. ins. 2: 222.

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Geoffroy décrit L. virgo de Linné, mais sans en reprendre les quatre variétés, comme s'il avait  plus travaillé à partir du Fauna suecica

"2. LIBELLULA corpore viridi sericeo , alis subfuscis puncto marginali albo. Linn. Faun. suec. n. 758. 
-Linn. Syst-nat. edit. 10 , p. 545, n. 17. Libellula virgo. 
-Raj. Ins. p. 51 , n. 12. Libella média, corpore viridi, alis fulvescentibus, maculis parvis albis prope extremum angulum. 
-Rosel. ins.vol. 2, tab. 9 fig. 6. Insect, aquatil. class. 2. 
L'ulrique. 
Longueur 10 lignes. 
Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente [N° 1 de Geoffroy, "la Louise", notre C. splendens mâle] , seulement sa couleur est plus verte & très-brillante. Ses aîles  n'ont point de taches bleues, mais elles sont d'un jaune un peu brun ; de plus vers l'extrémité du bord extérieur de  l'aile on voit un petit point blanc allongé. 
M. de Geer donne celle-ci pour la femelle de la précédente. Je suis fort porté à le croire n'ayant trouvé que des femelles de cette espèce, & tous ceux de la précédente que j'ai pu rencontrer, étant des mâles. Cependant comme je n'ai point trouvé ces insectes accouplés , je n'ose assurer ce fait. "

Geoffroy suit de très près la description du Fauna suecica n° 758, mais il la met à jour en empruntant à celle de la variété gamma du Systema Naturae la référence à la figure 6 de la planche IX de Roesel. Il décrit donc ici notre C. virgo femelle et lui attribue son premier nom vernaculaire en français, "L'Ulrique". 

Hélas, il négligea un "détail" et, dans son attachement à la dénomination vernaculaire, il ne comprit pas l'importance de la nomenclature binominale introduit en 1758 : ses propres descriptions ne seront pas valides aux yeux de la Commission de nomenclature ou ICZN.

Enfin, bien qu'il considère que La Louise et L'Ulrique avaient pu représenter des mâles et des femelles de la même espèce, puisqu'il n'avait trouvé que des mâles du premier et des femelles du second, il montre une belle rigueur en ne les réunissant pas sous une seule description puisqu'il n'a pas constaté de visu d'accouplement. Nos connaissances lui donnent raison puisque la Louise correspond à Calopteryx splendens.

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http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/222/mode/2up

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/222/mode/2up

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L'édition de l'Histoire abrégée des Insectes par Fourcroy en 1785.

 

Fourcroy (A-F), 1785, Ent. Paris. 2:344.

http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/344/mode/2up

En 1785, le médecin Antoine-François Fourcroy publie sous le titre Entomologia Parisiensis une version du travail de Geoffroy, abrégée mais conforme aux exigences des milieux entomologiques car enrichie  pour chaque espèce d'un nom binominal en latin.

Le nom de Geoffroy n'apparaît, dans le sous-titre, que dans la mention secundum methodum Geoffœanam

L'Ulrique est décrite après la Louise, qui porte le nom latin de L[ibellula] Ludovicea.

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2. L. virgo.

L'Ulrique Long. 20 lig.

L. corpore viridi sericeo, alis subfuscis puncto marginali albo.

Loc. idem 

 

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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Réception du nom L'Ulrique pour C. virgo.

Le nom Ulrique fut repris dès 1780 (Valmont-Bomare), puis en 1789 (Charles de Villers page 12), en  1789 (G. de Razoumowsky), puis en 1804 par Latreille et en 1817 par Lamarck.

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2. L'AGRION VIERGE, Latreille 1804, Lamarck 1817, Milne-Edwards 1839.

 

Latreille (P-A), 1804 Hist. nat. crust. 13:16. Latreille, le principal entomologiste français du début du XVIIIe siècle, ami de Fabricius, décrit Libellula virgo sous le nom scientifique Agrion virgo Linn. et le nom vernaculaire Agrion vierge. Il décrit quatre variétés dont a-, La Louise Geoffr. et e- L'Ulrique Geoffr.

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Voir ensuite Lamarck ( J-B P A de Monet de), 1817 , Histoire naturelle des animaux sans vertebres Volume 4 

 

 

Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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3. LA CALEPTÉRYX VIERGE, Sélys-Longchamps, 1840, Monogr. libell. :128

Edmond de Selys-Longchamps, 1840, Monographie des libellulidées d'Europe1840 page 128

https://books.google.fr/books?pg=PA134&dq=calepteryx++virgo&id=44VIAAAAYAAJ&hl=fr#v=onepage&q=calepteryx%20%20virgo&f=false

Sélys-Longchamps utilise le nom de genre CALEPTERYX avec la graphie de la publication originale  de Leach en 1815. Puis, selon son usage, il crée en guise de nom vernaculaire la  "traduction" du nom latin en français.

"N°1. CALEPTERYX VIRGO. Caleptèryx vierge"

Diagnose. - D'un bleu ou d'un vert soyeux bronzé. Le bout de l'abdomen jaunâtre en dessous (souvent d'un rouge terne chez le mâle). Ailes arrondies, assez larges, sans taches chez le mâle ou avec un faux parastigma blanc souvent nul chez la femelle.

Synonymie. - AGRION VIRGO (en partie). Fabr. Latr. Vander L. Charp. Fonscol.
-CALEPTERYX VIRGO. Leach. Curtis. Steph. De Selys.
-LIBELLULA VIRGO. Lin. (partie).
- SPLENDENS. Harris.
-CALOPTERYX VIRGO. Burmeister.

— mâle. En entier d'un vert soyeux chatoyant, à reflets bleus ou dorés en dessus selon le jour. Corps noir en-dessous. Yeux d'un brun foncé.

Le dessous des trois derniers segments de l'abdomen obscur, ou jaunâtre ou saupoudré de rouge terne foncé ainsi que la base des appendices inférieurs ; leur pointe ainsi que les supérieurs noirs ; ceux-ci de la longueur du dernier segment de l'abdomen, semi-circulaires, atténués à la base, élargis et à côte externe dentelée depuis le milieu jusqu'à leur extrémité. Pieds tout noirs. Les ailes présentent trois variétés principales qui semblent passer de l'une à l'autre.

-Var. alpha. Ailes d'un brun un peu roussâtre, colorées également, non opaques (les cellules semblent plus nombreuses et les nervures plus fines que dans les autres; et les veines transversales se bifurquent en beaucoup d'endroits, surtout près de la côte). La nervure de la côte seule d'un vert doré.

-Var. beta. Ailes d'un brun enfumé à reflet bleu foncé surtout au milieu. Cette couleur n'est pas assez épaisse pour rendre l'aile opaque. Nervure de la côte vert-doré.

-Var. gamma. Ailes opaques, d'un bleu foncé brillant ou d'un vert bleuâtre , selon les individus ; leur pointe seule un peu brunâtre, et leur base légèrement transparente. La nervure de la côte vert-doré. Une sous-variété offre un assez grand espace transparent non coloré à la base des quatre ailes, ce qui lui donne une certaine ressemblance avec l'Haemorrhoidalis, surtout que le dessous de l'extrémité de l'abdomen est souvent rougeâtre : mais la forme des ailes et la couleur du corps préviennent toute méprise.

— Femelle. En entier d'un vert soyeux cuivré en dessus. Yeux d'un brun jaunâtre. Un point jaune près des antennes, un autre à la bouche. Poitrine et dessous de l'abdomen bruns ou jaunâtre-obscur. Le dessus des derniers segments d'un vert doré. Une ligne dorsale élevée formant une petite pointe jaunâtre, sur le dernier segment. Les deux appendices anals petits, noirâtres, pointus, plus courts que le dernier segment. Pieds noirs.

Les ailes, qui ne sont jamais opaques, présentent trois variétés principales qui passent de l'une à l'autre ; dans l'état normal, elles ont une petite tache blanche à la place du parastigma , mais dans chaque variété on trouve des individus où elle est peu prononcée et même invisible.

-Var. alpha. Ailes d'un brun roussâtre, colorées également : la nervure costale d'un bleu verdâtre doré ainsi que dans les autres variétés. (Dans cette variété les cellules semblent plus fines et plus nombreuses que dans les autres. ) 

-Var. beta. Ailes d'un brun roussâtre. La dernière moitié des inférieures lavée de brun-noirâtre, surtout à l'extrémité. Cette couleur diminue insensiblement jusqu'à la base. ( De Belgique et de Provence ). 

-Var. gamma. Ailes d'un brun presque verdâtre : les nervures visiblement plus colorées que le fond, qui est hyalin. Cette dernière variété, que l'on pourrait confondre avec la femelle de la Ludoviciana, se trouve en même temps que la sous-var. y du mâle à base des ailes hyaline. Je l'ai prise abondamment près de Fribourg en Suisse, aussi en Lombardie et en Provence. La Var. z. du mâle et de la femelle, qui pourrait bien former une espèce distincte !, se trouve dans toute l'Europe, depuis le nord de l'Italie jusqu'en Suède. Quant aux var. g, je les ai décrites sur des individus de Belgique, mais je n'ai pas de raison de croire que ce soit un mâle et une femelle analogues. Relativement aux deux autres, c'est à dessein que j'ai assigné au mâle et à la femelle les mêmes lettres.

J'ai cru devoir considérer les variétés de la Virgo sous un point de vue nouveau, et ne pas m'occuper de la présence du faux parastigma blanc, qui ne manque jamais complétement si l'on veut l'examiner à la loupe. La division que je propose d'après diverses présomptions n'est qu'un premier pas fait dans cette nouvelle voie. J'espère arriver à des résultats plus positifs en observant attentivement les habitudes, l'accouplement, les époques d'apparition et surtout les larves des diverses variétés.

La Caleptéryx vierge paraît depuis le mois de mai jusqu'en juillet; elle voltige en société dans les bois, sur le bord des eaux, etc. La variété brune semble éclore la première.

 

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4. [LA] CALOPTÉRYX VIERGE.  Selys-Longchamps &  Hagen, 1854,  Monogr. calopt. : 40

 Selys-Longchamps (Edmond de),  Hagen (Hermann- August), 1854,  Monographie des calopterygines page 40

Notez la référence à l'Ulrique de Geoffroy.

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Selys-Longchamps (E. de),  Hagen (H- A), 1854,  Monographie des calopterygines page 40

Selys-Longchamps (E. de),  Hagen (H- A), 1854,  Monographie des calopterygines page 40

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5. CALOPTÉRYX VIERGE, ADOPTÉ AU XX et XXIe SIÈCLE.

Ce nom est adopté, au masculin, par tous les auteurs depuis la seconde moitié du XIXe siècle.

  • Wikipédia 2018 : "Le Caloptéryx vierge (anciennement Agrion vierge)".
  • Dijkstra, 2007, Guide des Libellules : "Caloptéryx vierge".
  • Grand et Boudot, 2007, Les libellules de France, Belgique et Luxembourg, : "Le Caloptéryx vierge".
  • Précigout 2009, Libellules de Poitou-Charentes : "Caloptéryx vierge."
  • Etc.

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NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES LANGUES.

On évalue mieux combien, en traduisant littéralement les noms scientifiques, Sélys-Longchamps a définitivement stérilisé l'onomastique vernaculaire francophone des Odonates, lorsqu'on découvre les noms vernaculaires en d'autres langues :

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En catalan : LA DAMISEL.LA BLAVA, ou CAVAL DE SERP  (la Demoiselle bleue, ou le cheval de serpent).

En espagnol : EL CABALLITO DEL DIABLO AZUL (Le petit cheval bleu du diable).

En néerlandais : DE BOSBEEKJUFFER (La Demoiselle des ruisseaux forestiers (?))

 

En frison : BLAUYNSKE, GRIENE FLINTERLIBEL, BOSKBLAUYNSKE

En allemand : DIE BLAUFLÜGEL-PRACHTLIBELLE. (L'Aile Bleu - La Libellule Superbe).

En anglais : THE BEAUTIFUL DEMOISEL

 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

— GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006 Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, Biotope 479 pages

https://books.google.fr/books?id=cYwSCwAAQBAJ&dq=inauthor:%22Daniel+Grand%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 — LEACH, W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/145/mode/1up

 

— NATIONAL HISTORY MUSEUM

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/calopteryx_splendens.html

 

 

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OUTILS ZOONYMIE.

— LSJ Site de traduction grec/anglais Liddell  Scott Jones

https://lsj.translatum.gr/wiki/Main_Page

https://lsj.translatum.gr/wiki/LSJ:GreekEnglishLexicon

Derivatio nominis libellularum europaearum (Téléchargement PDF disponible). Available from: https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum[accessed Jan 08 2018].

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

 

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Sympetrum sanguineum

http://www.deliry.com/index.php?title=Calopteryx_virgo

— DE GEER, Charles, 1771, Dixième mémoire Des Demoiselles, in  Mémoires pour servir à l'histoire des insectes. Seconde partie du tome second, Stockholm, Pierre Heisselberg. pages 661, planches XIX fig. 1-18 et XX fig. 1-16 et XXI fig. 1-22. 

Num. Google

https://books.google.fr/books?id=EVRV3Wbg-dQC&dq=charles+de+geer+M%C3%A9moires+pour+servir+%C3%A0+l%27histoire+des+insectes+%22demoiselle%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— GEOFFROY in FOURCROY :

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— HÄMÄLÄINEN (Matti), 2008, Ulrique and Louise, Agrion, Newsletter of the worldwide dragonfly association. http://caloptera.com/pdf/Hamalainen%202008a%20Ulrique%20and%20Louise.pdf

— HÄMÄLÄINEN (Matti), ORR (Albert G.) 2017, From Princess Lovisa Ulrika to the Gyalsey, Dragon Prince of Bhutan – Royalty in dragonfly names from 1746 to 2017. Agrion 21(2) - July 2017


https://www.researchgate.net/publication/318562952_From_Princess_Lovisa_Ulrika_to_the_Gyalsey_Dragon_Prince_of_Bhutan_-_Royalty_in_dragonfly_names_from_1746_to_2017

— HOMBERG (Guillaume), 1699, Observations sur cette sorte d'Insectes qui s'appellent ordinairement Demoiselles, Par M. HOMBERG. In Mémoires, Histoire de l'Académie royale des sciences ... avec les mémoires de mathématique & de physique... tirez des registres de cette Académie , Imprimerie royale (Paris) pages 145-151

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.image

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

 — RAY (John), 1710,  Historia insectorum, Londini  pages 47-53 et page 140

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/46/mode/2up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/2up

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL. Voir aussi VALLOT J.N. 1802. 

Volumes concernant les Odonates : 

Tome IV : Histoire des Gallinsectes, des Progallinsectes et des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1738, 636 p., 44 pl. ;

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65246505.r=m%C3%A9moires%20pour%20servir%20%C3%A0%20l%27histoire%20des%20insectes?rk=21459;2

https://archive.org/details/mmoirespourser04ra

Tome VI  : Suite de l'Histoire des Mouches à quatre ailes avec un supplément des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1742, 608 p., 48 pl. ;

https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n707/mode/2up

 

— RÖSEL VON ROSENHOF 1764-68 De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem, By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library

— RÖSEL VON ROSENHOF  (August Johann) 1749,  Kleemann, Christian Friedrich Carl  ;
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

 


— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. -

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false


 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 09:19

Les sculptures de pierre de l'église de Bodilis . I. Le portail intérieur (1570) du porche sud.

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Sur l'église de Bodilis, voir :

 

 

 

Sur les porches du Léon réalisés par le même atelier (à mon avis celui des Prigent à Landerneau), voir :

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Ou plus généralement sur les porches de Basse-Bretagne, replacés dans l'ordre chronologique :

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PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

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Nous devons à René Couffon la principale étude de l'église de Bodilis, parue dans le Bulletin Monumental en 1958.

"Dans le troisième quart du xvie siècle, en 1564, débuta la construction de l'édifice que nous voyons actuellement ; mais, à peine était-il achevé, que l'on commença à l'agrandir en élevant en 1574 sur son flanc sud une vaste chapelle. Quelques années plus tard, en 1583, les tréviens, désirant construire, comme leurs voisins de Landivisiau, un porche monumental, firent à ce sujet accord avec René de Kergorlay, seigneur de Crechgaribot et du Plessix, dont les armes timbraient le porche à démolir ; le nouveau fut terminé en 1601.

Le porche qui fait suite, construit de 1586 à 1601, est, au contraire, entièrement classique. C'est, avec ceux de Saint-Thégonnec et de Pleyben, le seul qui ait ses parois latérales extérieures sculptées. Ici, des colonnes ioniques posées sur un stylobate supportent un entablement surmonté d'un attique et d'une frise. L'arcade extérieure du porche a sa voussure interne reposant sur deux de ces colonnes cannelées et baguées, imaginées par Philibert Delorme, et sa clef est décorée d'une magnifique feuille d'acanthe. Deux colonnes extérieures supportent l'entablement portant la date de 1601, au-dessus duquel s'élève le gable décoré d'une niche qui abrite, sous un dais un peu lourd, une statue en kersanton de vierge mère. Les contreforts d'angle, un peu massifs, abritent les deux statues, également en kersanton, d'un groupe de l'Annonciation et un Sauveur du monde.

A l'intérieur, voûté sur arcs ogives avec liernes, court, sous les statues des apôtres, une frise comportant en fort relief une série de cartouches séparés de cariatides empruntées aux ouvrages de Du Cerceau, Le Pautre et Dorigny. La porte unique donnant accès à l'église est celle du porche primitif. En kersanton, elle porte la date de 1570, est naturellement inspirée de celle de Landivisiau, et due, sans nul doute, au même atelier landernéen. Comme dans cette dernière, son archivolte, amortie par un galon plat en accolade, est décorée de statuettes de saints, mais d'un canon supérieur à celui du modèle. La porte en bois, datée de 1669, fut exécutée par Christophe Le Merdy, maître menuisier ; elle a été restaurée en 1906."

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Depuis cette date, une contribution majeure fut la thèse d'Emmanuelle Le Seac'h sur les Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (publiée en 2004). Pour le porche sud de Bodilis, elle y attribue le portail intérieur (0), l'ange de l'Annonciation de la niche gauche du contrefort droit (1) et la Vierge à l'Enfant de la niche centrale du fronton (2)   à celui qu'elle nomme le Maître de Plougastel, actif entre 1570 et 1621. Le Christ Sauveur du contrefort gauche (3) est attribué au "Valet du Maître de Plougastel", une deuxième main de cet atelier. Roland Doré actif entre 1618 et 1663 dans son atelier de Landerneau, a sculpté  la Vierge de l'Annonciation du contrefort gauche (4), le Christ Sauveur du fronton intérieur (5)  (et les statues des Fonts baptismaux). Enfin, un "autre sculpteur influencé par la Seconde Renaissance" est l'auteur de la série des douze Apôtres de l'intérieur du porche, vers 1601.

En rouge sur mon cliché, le cartouche du chronogramme 1601.

Je débuterai, pour suivre l'ordre chronologique, par le portail  intérieur du porche, encore très marqué par les réalisations de l'atelier des frères Prigent (1527-1577) au porche nord de Guipavas (1563), au porche sud de Pencran (1553), au porche sud de  Landivisiau (1554) ou à Saint-Houardon de Landerneau. Au terme de cette étude, l'attribution au Maître de Plougastel plutôt qu'à l'atelier des Prigent me semble discutable.

Mon deuxième article décrira  les parois ouest et est du porche sud, qui ne sont pas décrites ni attribuées directement par Le Seac'h, mais qui sont sans doute de 1601, et illustrent  magistralement tout le vocabulaire de la Seconde Renaissance Bretonne, inspirée par la construction en 1570 du château de Kerjean, à 7 km au nord de Bodilis. Etc.

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Porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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"L'architecture et les sculptures  du porche sud de Bodilis, daté de 1601 sont caractéristiques du style du Maître de Plougastel avec ses Apôtres. Pourtant le portail intérieur, qui témoigne de l'existence d'un bâtiment plus ancien, est daté de 1570 par deux anges tenant une petite banderole au dessus de l'accolade. Simple dans sa conception, l'arc brisé de l'entrée est décoré dans sa gorge intérieure de feuilles trilobées et de tigelles qui restent encore bien médiévales avec une petite tête barbue penchée et un oiseau au dessus de l'entrée. Pour l'accolade, on passe à des formes géométriques avec une arête saillante dont les cotés sont décorés de marguerites stylisées et d'un galon plat dont les rubans se terminent en volutes. Le motif de pampres et feuilles de vignes revient pour souligner un second arc brisé, avec quelques masques humains et un délicat angelot cueillant des raisins." (E. Le Seac'h p. 177)

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Les sculptures de pierre de l'église de Bodilis . I. Le portail intérieur (1570) du porche sud.

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LES PERSONNAGES DE LA GORGE EXTÉRIEURE DE L'ARC DU PORTAIL.

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— À gauche de bas en haut :

1. saint Côme.

2. saint Antoine. 

3. saint Dominique.

4. Un saint céphalophore (saint Denis ou saint Miliau).

 

— À droite de bas en haut:

1. saint Damien. 

2. Saint Yves.

3. Saint François d'Assise.

4. Saint Sébastien.

— 12 anges dans l'archivolte.

Au total, nous trouvons ici trois fondateurs d'ordres monastiques (les Antonins, les Dominicains et les Franciscains), deux saints bretons (Miliau et Yves), et trois saint thaumaturges protecteurs des maladies (Côme, Damien et Sébastien). La triade Yves, Côme et Damien est commune aux trois porches de Landivisiau, Landerneau et Bodilis, et François et Miliau se retrouvent sur deux des 3 porches.

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LE PIÉDROIT DE GAUCHE.

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Piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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1. Saint Côme tenant l'urinal.

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Saint Côme, patron des médecins, élève devant ses yeux l'urinal ou matula ( alias "pot à pisser", E. Guichard 1606) afin d'en examiner la sédimentation et de se prononcer sur le diagnostic ou le pronostic. Comme à Landivisiau, ou  à Landerneau, ou dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne.

(C'est par erreur que E. Le Seac'h le décrit tenant une fiole à onguent).

Il est coiffé du bonnet des docteurs, dont l'arête centrale est parfaitement rendue, donnant l'impression d'un chapeau à trois pointes. Le bonnet porté par saint Côme ou plus généralement par les médecins du Moyen-Âge  est décrit comme  "rond" (cylindrique) et fourré de vair, ou bien comme "carré". Le bonnet carré (la "barrette" des clercs) était portée par les avocats, les juges, les médecins et les maîtres en théologie. Elle était, pour les médecins, de couleur écarlate. Elle se porte, si on en juge par la barrette des religieux, avec l'une des pointes en position strictement médiane, ce qui donne l'aspect que nous voyons ici.

 

Il est vêtu, comme à Landivisiau, d'une robe, descendant ici très bas et ne découvrant que le bout des chaussures. Les manches en sont plissées jusqu'au poignet où apparaissent  les petites plissures de la chemise. La robe n'est ouverte que par une courte fente thoracique dont les bords se rejoignent sans doute par un bouton, non visible mais responsable d'une boucle terminale très caractéristique de ce sculpteur.

Un manteau, tout aussi long, recouvre la robe, avec un large col rabattu, et un pan retenu par la main gauche.

Le visage est ovale, d'abord très rond jusqu'au menton, court et pointu.

 

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Saint Côme, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Côme, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Côme, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Côme, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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L'éclairage vient souligner les yeux en amande  au contour ourlé, et les cheveux peignés en lignes verticales, divisés par une raie au milieu en deux masses bouclant sur les oreilles.

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Saint Côme, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Côme, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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2. Saint Antoine.

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E. Le Seac'h décrit "un moine avec un chapelet autour du cou qui pourrait être saint Hervé l'aveugle, s'appuyant sur son bâton en tau du coté droit". J'ai identifié l'un des personnages du porche de Landerneau comme saint Hervé, car il est guidé par le  jeune Guicharan, mais ici, le chapelet à 22 gros grains et le bâton en tau sont les attributs de saint Antoine l'ermite, tout comme le livre de la règle de l'Ordre monastique qu'il fonda. Son chapelet n'est pas passé autour du cou, mais à la ceinture, comme c'est l'usage.

 

Comparez avec les trois statues de saint Antoine que j'ai  présenté dans ce blog, et notamment celle de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain par  Henry Prigent. Les points communs entre cette dernière, et le moyen relief de Bodilis, sont suffisamment nombreux (malgré l'absence de couvre-chef à Bodilis) pour amener de l'eau à mon moulin : cette partie du porche de Bodilis doit être attribuée à l'atelier Prigent (1527-1577), comme celui de Landivisiau. Je note en particulier la moustache en V inversé naissant des ailes du nez. Par contre, l'artiste n'a pas su renoncer ici à sa chère tunique à fente antérieure formant un médaillon en creux sous la patte et son bouton. Les yeux en amande au contour doublé, et les cheveux peignés, sont identiques à ceux observés pour saint Côme. 

 

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Saint Antoine l'ermite, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Antoine l'ermite, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Antoine l'ermite, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Antoine l'ermite, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Je profite du cliché suivant pour faire remarquer les reste de polychromie ocre rouge de la coquille de la niche, et le dais où un couple hilare pointe son nez.

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Saint Antoine l'ermite, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Antoine l'ermite, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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3. Saint Dominique.

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E. Le Seac'h écrit "Il est suivi par un autre moine non identifiable ouvrant son livre". Mais je propose de reconnaître ici saint Dominique, par le détail de la bande de tissu tombant verticalement sous le livre, et qui appartient au scapulaire monastique des Dominicains (mais aussi des Bénédictins et des Carmes). Le livre renvoie, comme pour saint Antoine, à la règle monastique de l'Ordre des Prêcheurs.

Un autre argument est la présence, de l'autre coté, de saint François, fondateur de l'Ordre des Frères mineurs.

La tête est à demi couverte par le capuchon de l'habit, mais laisse voir une couronne de cheveux. La sculpture occupe une place trop élevée pour que je puisse vérifier la présence de la tonsure.

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Saint Dominique, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Dominique, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Dominique, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Dominique, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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4. Un saint céphalophore. Saint Denis ou saint Miliau.

À Landivisiau, nous trouvons également un saint tenant sa tête, et j'ai présenté la discussion à laquelle engage toute représentation identique : rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit du plus connu, saint Denis, notamment l'absence de mitre. Il est donc logique, vu la proximité de Guimiliau,  de penser à saint Miliau.

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Saint Miliau céphalophore, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Miliau céphalophore, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Miliau céphalophore, (kersanton, 1570),  gorge  extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Miliau céphalophore, (kersanton, 1570), gorge extérieure gauche du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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LE PIÉDROIT DE DROITE.

De bas en haut.

 

Partie droite du  portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Partie droite du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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1. Saint Damien tenant le pot à onguent.

Il se tient dans une niche à coquille dont le dais à rubans pointés et volutes accueille la tête d'un putto.

Il tient de la main gauche le pot à onguent, son attribut de patron des apothicaires. La main droite bénit, à moins qu'elle ait perdu la spatule souvent associée au pot.

Nous trouvons une représentation très semblable à Landivisiau par les frères Prigent en 1554, et à Landerneau à peu près à la même époque.

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Saint Damien (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Damien (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Damien (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Damien (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Dais de la niche de saint Damien (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Dais de la niche de saint Damien (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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2. Saint Yves.

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Il est présent sur les porches de Landivisau (en bas à gauche)  et de Landerneau (en bas à droite juste au dessous de saint Côme). 

Son dais est chevauché par un ange. Il est coiffé du bonnet carré (il est docteur en théologie et en droit), mais ce bonnet est recouvert par une capuche. Ses épaules sont couvertes d'un camail frappé d'hermines, emblème du saint breton, official de Tréguier, recteur de Trédrez puis de Louannec. Ces hermines se retrouvent entre les plis de sa robe.

Il porte, suspendu à son poignet gauche, un sac qui contient soit son livre, soit les pièces d'un procès. Il fait le geste de l'argumentation juridique. Son visage est tourné vers le bas et la droite, et il semble porter sur le spectateur un regard plein d'attention.

Tous ces traits se rencontrent aussi à Landerneau et à Landivisiau.

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Saint Yves, (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Yves, (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Yves, (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Yves, (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Yves, (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Yves, (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Dais de saint Yves, (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Dais de saint Yves, (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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3. Saint François d'Assise.

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Il est présent, dans la même posture de présentation des stigmates, à Saint-Houardon de Landerneau, du même coté droit du porche.

E. Le Seac'h remarque que "ss présence juste au dessus de saint Yves n'est pas fortuite puisque ce dernier reçut une formation chez les Franciscains à Rennes. Dans la seconde moitié du XVe siècle, son message de défenseur des pauvres et des opprimés séduit l'ordre, qui diffuse son culte." Mais cette remarque perd de sa force puisque qu'à Landerneau, saint Yves est placé du coté gauche.

Nous remarquons aussi la corde à trois nœuds "de capucin", témoignant de l'attachement des Franciscains ou Cordeliers,  au dogme de la Trinité. Et les orteils sortant des sandales.

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Saint François d'Assise,  (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint François d'Assise, (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint François d'Assise,  (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint François d'Assise, (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Saint Sébastien.

Il est lié à un arbre par la taille, le bras droit levé, la main gauche dans le dos. Les marques des flèches que tirèrent les archers dont il était l'officier sont bien visibles sur les bras, les jambes et le tronc.

Saint Sébastien est vénéré car il protège de la "peste", c'est à dire des maladies épidémiques.

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Saint Sébastien,  (kersanton, 1570),  gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Saint Sébastien, (kersanton, 1570), gorge droite extérieure du piédroit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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LES DOUZE ANGES DES VOUSSURES DE LA GORGE EXTÈRIEURE.

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Tympan  (kersanton, 1570),   du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Tympan (kersanton, 1570), du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Ange orant (kersanton, 1570)   du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Ange orant (kersanton, 1570) du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Anges orants (kersanton, 1570)   du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges orants (kersanton, 1570) du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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LES GORGES ET MOULURES INTÉRIEURES : RINCEAUX ET PAMPRES.

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Les départs des nervures sont amorcés par de petits animaux fabuleux ou réels, le corps placé à la verticale et la gueule libérant le décor. Cette tradition se retrouve dans les porches de Basse-Bretagne au Folgoët, à Daoulas, à Landivisau, Pencran, Guipavas, Landerneau, etc...

 

Masque et feuillages,  base des gorges et moulures du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Masque et feuillages, base des gorges et moulures du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Du coté droit : un cerf et un monstre anthropoïde.

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Départ des gorges et moulures du coté droit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Départ des gorges et moulures du coté droit du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Première gorge à droite : un cerf.

 

Quadrupède (kersanton, 1570), base des gorges et moulures du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Quadrupède (kersanton, 1570), base des gorges et moulures du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Monstre à tête humaine (kersanton, 1570), base des gorges et moulures du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Monstre à tête humaine (kersanton, 1570), base des gorges et moulures du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Du coté gauche : un lion et un dragon ailé.

Départ des gorges et moulures du coté gauche du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Départ des gorges et moulures du coté gauche du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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La seconde gorge porte  un dragon ailé, l'épine dorsale constellée de grosses écailles rondes.

Dragon ailé, base des gorges et moulures du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Dragon ailé, base des gorges et moulures du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Les animaux et personnages habitant les pampres.

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Oiseau picorant les raisins,  (kersanton, 1570),  gorge interne du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Oiseau picorant les raisins, (kersanton, 1570), gorge interne du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Enfant goûtant aux raisins,  (kersanton, 1570),  gorge interne du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Enfant goûtant aux raisins, (kersanton, 1570), gorge interne du portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Homme barbu et oiseau, à  l'extrémité des rinceaux, (kersanton, 1570),  portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Homme barbu et oiseau, à l'extrémité des rinceaux, (kersanton, 1570), portail intérieur du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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LE TYMPAN DU PORTAIL.

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Il est divisé horizontalement par une corniche délimitant, au dessus, un espace occupé par le Christ Sauveur dans une niche et  entouré d'anges à phylactères, et en dessous, deux triangles à décor Renaissance.

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Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie  lavieb-aile mai 2018.

Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Les deux triangles inférieurs.

"Des masques circulaires ou feuillus, au même niveau que le cartel avec la date, seront repris plus tard sur les stylobates des contreforts extérieurs." (E. Le Seac'h)

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a) du coté gauche : trois médaillons aux personnages joufflus, portant peut-être des couronnes.

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Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie  lavieb-aile mai 2018.

Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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b. Du coté droit : le cartouche 1570 présenté par deux anges.

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Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis.  Photographie lavieb-aile mai 2018.

Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie  lavieb-aile mai 2018.

Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Le Christ Sauveur entouré de 10 anges.

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Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Le Christ Sauveur.

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La  niche centrale abrite, comme c'est souvent le cas, une statue du Christ bénissant et tenant le globe selon le motif du Christ Sauveur du monde. Il est barbu, vêtu d'une longue robe, il avance légèrement le genou gauche, trace une bénédiction et tient le globe, une simple sphère dépourvue de croix.

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"Au tympan, une statue du Dieu Sauveur est installée dans une niche surmontée d'un dais dans le style Renaissance. La niche est décorée de trois têtes du style du Maître de Plougastel : une masculine au milieu, coiffée d'un chapeau à plume, et deux têtes  féminines. sur les cotés. Le Dieu Sauveur, de la main d'un Roland Doré débutant, est posé sur une console à feuilles plates stylisées et un masque-feuille renaissant. Il est entouré d'une cohorte d'anges agenouillés, cinq de chaque coté, déployant des banderoles sur lesquelles il reste des traces de polychromie bleue mais dont toute lecture est désormais impossible." (E. Le Seac'h page 177)

Note : Les premières œuvres du sculpteur Roland Doré, compagnon et successeur du Maître de Plougastel, datent de 1618-1621 : ce serait donc la période de datation de cette statue, qui ne serait pas, selon cette spécialiste, contemporaine du porche intérieur.

Le Christ Sauveur (kersanton, Roland Doré, ca 1618-1621)  sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Le Christ Sauveur (kersanton, Roland Doré, ca 1618-1621) sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Le Christ Sauveur (kersanton, Roland Doré, ca 1618-1621)  sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Le Christ Sauveur (kersanton, Roland Doré, ca 1618-1621) sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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La console de la niche.

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Console de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Console de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Le dais renaissance à trois têtes.

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Il évoque immédiatement le dais des bénitiers de Landivisiau et de Saint-Houardon à Landerneau, ce qui est très intéressant d'une part car nous avons vu la multiplicité des points communs avec les porches de ces deux églises (notamment les statues de saints Côme et Damien et de saint Yves), et parce que le bénitier de Landivisiau est attribué à l'atelier des Prigent par E. Le Seac'h qui le décrit page 154. 

À Landivisiau et Landerneau, nous trouvons au porche sud deux portes d'entrée séparées par un trumeau, sur lequel s'adosse le bénitier. À Bodilis, puisqu'il n'y a qu'une porte, sans trumeau, le dais Renaissance perd sa place au dessus du bénitier et monte quelques mètres plus haut, sans quitter la ligne médiane. (le bénitier de Bodilis est déporté sur la droite, c'est une simple cuve dépourvue de dais)

À Landivisiau et Landerneau, les cartouches sont sculptés de quatre hauts-reliefs : deux hommes coiffés de chapeaux à plume à la Henri II, alternent avec deux femmes, et ces couples tentent de s'observer en tournant la tête. Les cheveux des femmes sont retenus par un bandeau à l'arrière de la nuque.

À Bodilis, le sculpteur n'a placé que trois cartouches séparés de pilastres. Le cartouche central accueille une tête d'homme, à la courte barbe soigneusement  taillée et au cou émergeant du col rond d'une chemise entourée d'un collier de maillons de chaîne. Nous ne voyons de son manteau qu'un large col relevé derrière la nuque. La plume du bonnet est moins ostensible que dans les deux autres paroisses, mais elle est bien présente.

Les deux têtes de femme sont bien différentes. Celle de gauche, assez joufflue, écarte ses cheveux des deux mains placées de chaque coté de la tête. Celle de droite, plus élégante, le cou enserré dans un col montant plissé, nous fixe d'un air sévère.

Hélas, ce dais est trop haut placé pour se laisser examiner tout à loisir.

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Dais de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Dais de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Dais de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Dais de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Dais de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Dais de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Dais de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Dais de la niche, sur le tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Les dix anges encadrant la niche centrale.

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Tous agenouillés dans la même attitude, à peine tournés vers le centre, ils se caractérisent par des ailes verticales et resserrées, une aube longue, — dont les plis épais, en boudoir de charlotte pâtissière, viennent bouffer en godrons réguliers sous l'effet d'une ceinture ou d'un cordon de chœur caché, — une banderole tenue en arc juste au dessus de la taille. La couleur bleue des anges les plus hauts, sans doute rehaussée lors d'une restauration, laisse deviner parfois une inscription soit peinte récemment en lettres blanches ombrées (en haut à droite, ---corde tuo *), soit peut-être gravée un peu plus bas, mais leur déchiffrement nécessiterait un échafaudage et un éclairage adapté.

* : peut-être Deutéronome 6:4-6, soit le commandement reçu de Dieu par Moïse au Sinaï : audi Israhel Dominus Deus noster Dominus unus est,  diliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo et ex tota anima tua et ex tota fortitudine tua eruntque verba haec quae ego praecipio tibi hodie in corde tuo, "Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd'hui, seront dans ton cœur.".

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Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

Anges du tympan du portail du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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CONCLUSION.

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1°) Attribution.

Pour E. Le Seac'h, page 179-180 :

"Les visages des anges reflètent le style débutant du Maître de Plougastel. Ils sont taillés légèrement en pointe avec des courbes plus douces au niveau des pommettes et du menton. Les yeux sont en amande avec les paupières supérieures et inférieures renflées. À la différence de ce qui se verra quelques années plus tard sur le calvaire de Plougastel, les nez sont épatés et les narines trop dilatées. Il en va de même des visages (Côme, Damien), ou d'un bras (Côme), plus allongés. Les visages perdront ensuite leur fossette mentonnière et seront de forme carrée avec un modèle plus long. Le bras gauche un peu trop long de Côme n'est pas seulement la marque d'un sculpteur à la recherche de son style, mais aussi le témoignage d'une méthode de fabrication où les blocs sont sculptés en atelier les uns après les autres sans être agencés immédiatement, ce qui donne ce rendu un peu maladroit après le montage sur place".

À mon sens, cet effort stylistique pour attribuer au sculpteur du calvaire de Plougastel, en 1602-1604, et dont le style se caractérise par son hiératisme, le portail intérieur de Bodilis, réalisé 32 ans auparavant, me semble ne pas tenir compte de l'évidence iconographique : l'organisation générale du tympan, les gorges extérieures des moulures accueillant des saints, de bonne taille, plutôt que des scènes bibliques de petite taille (Pencran, la Roche-Maurice, Guimiliau, etc.), et surtout la similitude des saints Côme, Damien et Yves, et des couples des cartouches des dais , affirment que ce portail de Bodilis est sorti du même atelier que ceux de Landivisiau et de Landerneau. C'est déjà ce qu'observait Couffon en 1958.

"La porte unique donnant accès à l'église est celle du porche primitif. En kersanton, elle porte la date de 1570, est naturellement inspirée de celle de Landivisiau, et due, sans nul doute, au même atelier landernéen. Comme dans cette dernière, son archivolte, amortie par un galon plat en accolade, est décorée de statuettes de saints, mais d'un canon supérieur à celui du modèle."

 

"La porte est donnant accès à l'église a ses voussures décorées de pampres ; et, au bas du piédroit gauche, l'on voit un petit marmouset (*) très semblable à ceux du porche de Landivisiau (1554- 1559) et montrant l'identité de l'atelier."

(*) C'est sans doute le monstre à visage humain décrit au départ de la seconde gorge du piédroit droit.

Puisque le portail de Landivisiau a été attribué par E. Le Seac'h à Bastien et Henry Prigent, et puisque la sculpture de saint Antoine à Bodilis  se rapproche fort de la statue par H. Prigent à Saint-Urbain, il ne me reste plus qu'à conclure que ce portail du porche sud de Bodilis doit être attribué à l'atelier landernéen des Prigent, actif de 1527 à 1577.

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2°)  Saint Côme et saint Damien.

La présence des deux frères, l'un médecin et l'autre apothicaire se différenciant par leurs attributs, est singulière, témoignant d'un culte très limité dans le temps (vers 1554-1570) et l'espace (Bodilis-Landivisiau- Landerneau ne sont séparés que d'une vingtaine de kilomètres), même s'il se retrouve en Finistère à Saint-Nic (chapelle Saints Côme et Damien, XVIe-XVIIe) et à Plomeur  (chapelle Saint-Côme). Je consacrerai à ce sujet d'iconographie un article particulier.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Chanoines Jean-Marie) et PEYRON (Paul), 1903,  "[Notices sur les paroisses] Bodilis", Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 3e année, 1903, p. 192-208.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109982z/f180.image

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1903.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/bodilis.pdf

— APEVE, Association pour la promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Elorn

http://www.bodilis.org/patrimoineetsites.php

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article127

— COUFFON (René), 1958,  Notre-Dame de Bodilis. In: Bulletin Monumental, tome 116, n°2, année 1958. pp. 121-133; doi : 10.3406/bulmo.1958.3832 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1958_num_116_2_3832

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1958_num_116_2_3832

— COUFFON  (René), LE BARS (Alfred)  1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, : paroisse de Bodilis,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fdf52c93c4ad292cf14cbf5068677c87.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les Ateliers du XVe au XVIIe Siècle. Presses Universitaires de Rennes. ISBN 978-2-7535-3309-7.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Bodilis.
12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 11:36

Zoonymie des Odonates : l'origine du nom Sympetrum sanguineum Müller, 1764, le Sympétrum rouge sang.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

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Résumé .

—Nom de genre  Sympetrum, Newman, 1833, Ent. Mag., 1:511. Des deux suffixes grecs σύμπυκνοςsympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

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— Nom d'espèce sanguineum Müller 1764, Faun. Frid., 62 et 1767 Enum. Fridr., Nova Acta ...Nat. Curios. 3:128.  Du latin  sanguineus, "sanguin, rouge sang" pour qualifier l’abdomen des mâles matures, comme l'indique Müller dans sa description : dorso sanguineo (en 1764) et Dorsum abdominis totum sanguineum (en 1767).

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— Noms vernaculaires français : 1. "La Ninon", 1789 De Villiers Car. Linn. Ent., 20. 2. "Libellule de Roesel" 1840 par Sélys-Longchamps Monog. Libell. Eur.,47 en traduction de L. roeselii Curtis 1838 car Roesel en a donné une description illustrée dès 1749. 3. "Libellule sanglante" par Sélys-Longchamps Rev. Odon.,:31 en  traduction du nom scientifique donné par Müller. 4. "Sympétrum rouge-sang" 1959 . 5.  "Sympétrum sanguin" 1998. 

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— Noms vernaculaires étrangers : Anglais : "Ruddy darter". Allemand : "Blutrote Heidelibelle". Espagnol : "Libélula flecha roja". Néerlandais: "Bloedrode heidelibel". Polonais: "Szablak krwisty". Finnois (Suomi): "Verikorento"

 

 

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LE NOM DE GENRE SYMPETRUM NEWMAN, 1833.

Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511

Voir :  Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Sympetrum, Newman, 1833. 

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LE NOM D'ESPÈCE SANGUINEUM MÜLLER, 1764.

 

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LA DESCRIPTION ORIGINALE.

 

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Sur l'auteur et sa publication, voir la zoonymie de Aeshna cyanea Müller, 1764. Je rappelle néanmoins que le danois Otto Fridrich Müller décrit ici la faune entomologique de la propriété de sa protectrice, la comtesse Schulin à Fridrichsdal —aujourd'hui Frederiksdal — près de Copenhague.

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Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 62 n°547.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.523,%22panY%22:0.839,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.346}

 

Texte original : Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, page 62:

 

547.* LIBELLVLA sanguinea, alis hyalinis puncto marginali ferrugineo : dorso sanguineo.

Roes. In aq. 2. t. 8. f. 4.

In aquis.

 

Traduction :

"547* (l'astérisque indique que l'espèce est nouvellement décrite par l'auteur). Libellula sanguinea, ailes hyalines à point marginal brun-rouille ; le dos est rouge sang.

Décrit par Roesel, Insecten Belustigung vol. 2 des Insectes aquatiques planche VIII figure 4.

Vit dans les milieux aquatiques."

 

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Zoonymie des Odonates : l'origine du nom Sympetrum sanguineum Müller, 1764.

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LA DESCRIPTION PAR MÜLLER EN 1767, Enum. Fridr., Nova Acta ...Nat. Curios. 3:128

Comme pour l'ensemble des noms de libellules créés par Müller dans sa publication de 1764, il faut ajouter à cette description  celle, —plus complète —  de l'article publié en 1767 (mais écrit en 1763) et consacré, non plus à l'ensemble de la faune entomologique de Fridrichsdal, mais uniquement aux libellules :   Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767,  page 128 n°15.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/170/mode/1up

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15) Libellula sanguinea, alis hyalinis, puncto marginali ferrugineo : abdomine sanguineo. 

Roesel, Ins. aquat. T. 8. f. 4. 

Descript. Facies sanguinea frons fusca. Thorax hirsutus, superne fuscus, latere luteo-rubens. Dorsum abdominis totum sanguineum, 2. ultimis articulis lineola nigra

Traduction : "Libellula sanguinea, ailes hyalines,  à point marginal brun-rouille ; l'abdomen est rouge sang.

Description : face rouge et front brun. Thorax velu, brun au dessus, jaune virant au rouge sur les cotés. La face dorsale de l'abdomen est entièrement rouge sang. Lignes noires sur les deux derniers segments."

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O.F. MÜLLER 1767,  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis. page 128

O.F. MÜLLER 1767, Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis. page 128

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LA RÉFÉRENCE À LA DESCRIPTION DE  ROESEL.

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http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II Planche VIII figure 3.

Cette description a conduit Curtis à nommer cette espèce Libellula roeselii en 1838, puis   De Sélys-Longchamps à la  nommer "Libellule de Roesel" en 1840. En effet, la publication de Müller est restée longtemps méconnue, avant d'être signalée par De Sélys-Longchamps 1850..

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Zoonymie des Odonates : l'origine du nom Sympetrum sanguineum Müller, 1764.

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L'ÉTUDE DU NOM SANGUINEUM.

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Cet adjectif, ou épithète spécifique, est la modification au masculin, pour l'accorder à Sympetrum, de l'adjectif féminin sanguinea, accordé à Libellula par Müller. L'auteur reprend cet épithète de sa description latine ou diagnose, dorso sanguineo (le dos rouge-sang) en 1764, abdomine sanguineo ...Dorsum abdominis totum sanguineum,  (l'abdomen rouge-sang ...la face dorsale de l'abdomen entièrement rouge-sang) en 1767.

Le terme qualifie donc sans ambiguïté la couleur de l'abdomen  de ces libellules, mais il ne s'applique en réalité qu'aux mâles matures.

L'adjectif latin sanguineus, -a, -um dérive de sanguis, "sang" + -eus  et signifie (Gaffiot 1934) "de sang" ou "de couleur du sang". Le Wiktionnaire en français le traduit par "sanguin", alors que le Wiktionary donne trois acceptations : 1. of blood, bloody. 2. bloodthirsty, 3. blood-coloured.

Puisque l'adjectif français "sanguin" n'est un qualificatif de couleur que par métonymie (CNRTL), comme dans "marbre ou porphyre sanguin" (mineralogie), mais plus évocateur au féminin  comme dans "Oseille sanguine", Rumex sanguineus, ou  "orange sanguine",  et quoique cet usage soit déjà attesté au XIIe siècle dans les Lapidaires anglo-normand ("sanguines gutes"), et bien que, là encore, le lien entre la couleur rouge et le sang soit très étroit et très ancien (ca 1130, Paraphrase Cantique des Cantiques : sang : "qui a la couleur caractéristique du sang, de certaines fleurs"), nous sommes conduit à le traduire par "rouge sang" ou "rouge de sang".

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En résumé, sanguineum du latin  sanguineus, "sanguin, rouge sang" pour qualifier l’abdomen des mâles matures, comme l'indique Müller dans sa description : dorso sanguineo (en 1764) et Dorsum abdominis totum sanguineum (en 1767).

 

 

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-sanguin/

"Sanguineum de sanguineus (lat) = sanguin, rouge sang : l’abdomen des mâles matures est rouge clair."

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Sympetrum sanguineum (Müller, 1764) from Lat. sanguineus, -a, -um = blood-red [sanguis = blood] for the blood-red colour of the male's abdomen."

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

"Sanguineum (Sympetrum) - sanguineus, a, um = sanguigno, di color sangue. Per la colorazione dominante del corpo."

ENDERSBY & FLIEDNER, 2015

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia's_Dragonflies

 

"sanguinea, Libellula Macleay W.S., 1827: 456 [junior primary homonym of Libellula sanguinea Müller, 1764 Watson in Houston & Watson 1988: 283]

L. sanguineus –a –um = of blood, blood-red.

L. tota sanguinea alis hyalinis stigmate fulvo nervisque sanguineis, posticis basi flavescentibus.” [Dragonfly completely blood-red with hyaline wings with yellow pterostigma and blood-red venation, the hind wings at the base yellowish.] {declinable adjective."

NB : la diagnose latine, qui n'est pas celle de Müller,  provient du Catalogue of insects collected by captain King, par William Sharp  Mac Leay, en appendice du  Narrative of a survey of the Intertropical and Western Coast of Autralia de Phillip P. King, 1827.

 

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Bloedrode heidelibel Sympetrum sanguineum , sanguineum = bloed-dooe. Bloedreade heidelibel Bloedreade heidelibel, Bloed hopke"

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SYNONYMES ET ILLUSTRATIONS.

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1°)  Libellula roeselii, Curtis, John, 1838,  British Entomology 15:712 

2°) Libellula nigripes  Toussaint de Charpentier 1840, Libellulinae Europeae descriptae ac depictae planche X, Libellula [Diplax] nigripes mâle et femelle. Description page 77.

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Zoonymie des Odonates : l'origine du nom Sympetrum sanguineum Müller, 1764.

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3°) L. rufostigma Newman , L. angustipennisStephens, 1835, Illustrations of British Entomology, Manducata 6 : 95

https://www.biodiversitylibrary.org/item/97232#page/105/mode/1up

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— Autres synonymes, cités par De Sélys 1850 :


 Libellula flaveola var. ,  Latreille 

Libellula flaveola Vander Linden, 1825 

Libellula basalis Stephens, 1829 

Sympetrum rufostigma Newman, 1833 

Sympetrum basale Newman, 1833 

Libellula (Sympetrum) angustipennis Stephens, 1835

 

— Mais aussi :

Diplax nigrostigma Buchecker, 1876 :  enrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers page 8 

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n29/mode/2up

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Diplax nigrostigma mâle (à gauche) et femelle,  Buchecker, 1876 :  Syst. ent.,8.

Diplax nigrostigma mâle (à gauche) et femelle,  Buchecker, 1876 :  Syst. ent.,8.

World Catalogue of Odonata, Heinrik Steinmann 1997 page 482 (Numérisé par Google)

World Catalogue of Odonata, Heinrik Steinmann 1997 page 482 (Numérisé par Google)

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LES NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

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1°) De Villers 1789 3:20.  "La Ninon".

Le naturaliste Charles de Villers ou Devillers, né à Rennes en 1710 et mort à Lyon en 1810, a publié en 1789 son ouvrage :

Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus -quartus:

Le titre rend hommage à la Fauna suecica ou Faune de Suède de Linné (deux éditions en 1746 et 1761), mais la complète des descriptions de Scopoli, de Geoffroy (1762), de De Geer, de Fabricius, de Schrank, mais aussi manifestement de Müller, et de ses observations de la France méridionale, autour de Lyon (De Villers mentionne son appartenance aux académies de Lyon, Marseille et Villefranche). 

Il donne un nom en français à chaque espèce décrite, et, pour les Libellules ou Demoiselles, il reprend la règle initiée par Etienne-Louis Geoffroy de choisir ce nom parmi les prénoms féminins.

Curieusement, alors qu'il cite mot à mot la diagnose de Müller, et qu'il reprenne le nom de Libellula sanguinea, il ne le cite pas en référence pour cette espèce. Pourtant, les autres espèces décrites renvoient fréquemment à l'auteur danois, soit en citant Faun. Frid. soit sans-doute en citant Müll. Linn. Nat. cl. .

De Villers mentionne que l'espèce a été observée (sans doute par lui) près de Lyon, et s'interroge sur le fait qu'il puisse s'agir d'une variété de L. vulgata.

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https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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2°) "Libellule de Roesel ", de Selys-Longchamps, 1840 Monographie des libellulidées page 47 : 

il s'agit de la traduction de Libellula roeselii Curtis 1838.

Voir aussi Pierre RAMBUR, 1842, Histoire naturelle des insectes : Névroptères, page 102. 

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Libellule de Roesel [de Selys-Longchamps, 1840], numérisation Google

Libellule de Roesel [de Selys-Longchamps, 1840], numérisation Google

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3°) La  "Libellule sanglante" , de Selys-Longchamps et Hermann August HagenRevue des odonates: ou, libellules d'Europe  1850 page 31. Num. Google ,

De Sélys-Longchamps explique en page 33 que "M. Hagen ayant prouvé que notre espèce est clairement décrite par Müller sous le nom de sanguinea , nous avons dû l’appeler ainsi et faire disparaître celui de L. Rœselii."

Ce qui indique une nouvelle fois que la publication de Müller (et peut-être aussi celle de De Villers, qui la mentionne) était passée inaperçue des principaux odonatologistes  jusqu'à 1850.

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Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 31 et 32. Num. Google
Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 31 et 32. Num. Google

Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 31 et 32. Num. Google

Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 33. Num. Google

Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 33. Num. Google

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4°) Le "Sympétrum rouge sang" : le nom apparaît pour la première fois , dans ma recherche en ligne, dans la revue Alexanor de 1959 page 500. Il est repris dans Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg de Daniel Grand et Jean-Pierre Boudot 2006

 

5°) Le "Sympétrum sanguin".1998.

Le nom apparaît d'abord en 1998 dans le Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord chez Delachaux et Niestlé, de Jacques d'Aguilar, Jean-Louis Dommanget et Jean-Pierre Boudot. Il est repris dans le Guide des Libellules de France et d'Europe de K.D.B. Dijkstra 2007, ou  dans les Libellules de Poitou-Charentes paru en 2009, et non dans le titre mais  au sein de l'article spécifique des  Libellules de France, Belgique et Luxembourg de Daniel Grand et Jean-Pierre Boudot 2006.

Aujourd'hui (2018), le site de l'INPN mentionne les deux noms : le Sympétrum rouge sang et le Sympétrum sanguin.

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NOMS VERNACULAIRES ÉTRANGERS.

Anglais : "Ruddy darter"

Allemand : "Blutrote Heidelibelle"

Espagnol "Libélula flecha roja"
Néerlandais: "Bloedrode heidelibel"

Polonais: "Szablak krwisty"
Finnois (Suomi): "Verikorento"

 

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SOURCES ET LIENS.

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 Sur Müller :

 

DAMKAER (D.M), 2002, The Copepodologist's Cabinet: A Biographical and Bibliographical ..., Partie 1 , American Philosophical Society, 2002 - 300 pages, pages 73 et suiv.

https://books.google.fr/books?id=TgUNAAAAIAAJ&dq=comtesse+schulin+M%C3%BCller&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Sympetrum sanguineum

http://www.deliry.com/index.php?title=Sympetrum_sanguineum

 

— MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.042,%22panY%22:0.641,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.288}

— MÜLLER (O.F.), 1767,  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, page 125.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/166/mode/1up

— NEWMAN, E., 1833, Entomological notes, Entom. Mag. ,London, 1 : 502-514

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. -

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 15:59

Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Cordulia, Leach,1815.

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Voir aussi :

 

 

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Résumé.

Cordulia Leach 1815. Eding. Encycl.: 136. Cordulia  vient du mot grecs κορδύλη, kordylē- "massue, renflement, bosse, gonflement" , du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen du mâle. Le genre Cordulegaster, également nommé par Leach, est construit sur le même suffixe kordylē-. 

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I. LA PUBLICATION ORIGINALE. CORDULIA, LEACH 1815.

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En 1813, William Elford Leach (1791-1836), diplomé en médecine de l'université St-Andrews (Ecosse) après avoir étudié à Edimbourg, devint responsable des collections zoologiques du British Museum. En 1815, il rédigea la première bibliographie, extraordinairement détaillée, de l'entomologie, dans la partie historique d'un article "Entomologie" de l'Edinburgh Encyclopaedia de D. Brewster. Il publia entre 1814 et 1817 ses Zoological Miscellany, mais en 1822, atteint de dépression et de surmenage, il démissionna de son poste pour voyager.

— LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [136] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/144/mode/1up

.

GENUS CCCCLXXX. CORDULIA. Leach's MSS. 
LIBELLULA. Linn. Donovan. Panzer, Latreille. 
Posterior wings in the male produced into an angle  at the anal edge. 
Sp. 1. Aenea
Libellula aenea. Linn. Donovan, Panzer, Latreille. 
Cordulia aenea. Leach's MSS. 

 

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Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Cordulia, Leach,1815.

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La première référence de Leach va à Libellula aenea, Linnaeus,1758.

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II. ETUDE DU NOM.

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Leach ne justifie pas, directement ou indirectement, son nom de genre dans son texte..

Or, le nom Cordulia est construit sur un suffixe grec,  χορδυλε, εσ,  kordylê qui signifie "gonflement, massue". Ce qualificatif est attribué soit "à la forme générale du corps" (Antonio et Veglante), soit "à la forme de l'abdomen du mâle" ( Fliedner puis Précigout et Prudhomme)

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Voir les auteurs suivants : 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/

"cordulia de kordyleia (gr) = massue : du fait de la forme de l’abdomen du mâle"

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum" (PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

"Cordulia - χορδυλε, εσ = clava. Per la forma generale del corpo."

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters "Handbuch der Entomologie", Virgo 9[5-23]

"Cordulia (Adjektiv zu gr. kordylē - Keule] bezieht sich auf die Form des Abdomens der Männchen."

 

 

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III. RÉCEPTION DU GENRE.

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STEINMANN (Henrik), 1997,  World Catalogue of Odonata n° 110  Walter de Gruyter page 253 :

 

 

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ILLUSTRATION du généro-type Cordulia aenea :

 

SOWERBY (James), 1806, The British miscellany, or, Coloured figures of new, rare, or little known animal subjects : many not before ascertained to be inhabitants of the British Isles : and chiefly in the possession of the author, James Sowerby. Coloured figures of new, rare, or little known animal subjects London :Printed by R. Taylor & Co., and sold by the author, J. Sowerby by White, Johnson, Symonds, and all other booksellers,1806. Planche 47 page 99 : Libellula aenea, Metallic Dragon-fly

https://www.biodiversitylibrary.org/item/91785#page/214/mode/1up

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 Libellula aenea, Metallic Dragon-fly, Sowerby 1806.

Libellula aenea, Metallic Dragon-fly, Sowerby 1806.

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SOURCES ET LIENS.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulegastre-annele/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/ordresystematique.html

INPN.MNHN

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65376

 

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 20:04

Les sculptures de pierre de l'église de Bodilis . III. Les douze Apôtres de l'intérieur du porche sud (1601).

 

 

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Sur l'église de Bodilis, voir :

 

 

 

.Sur les autres réalisations du Maître de Pleyben, voir :

 

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Sur les Credo apostolique et les porches aux Apôtres en Bretagne, dans l'ordre chronologique :

 

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PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

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Nous devons à René Couffon la principale étude de l'église de Bodilis, parue dans le Bulletin Monumental en 1958.

"Dans le troisième quart du xvie siècle, en 1564, débuta la construction de l'édifice que nous voyons actuellement ; mais, à peine était-il achevé, que l'on commença à l'agrandir en élevant en 1574 sur son flanc sud une vaste chapelle. Quelques années plus tard, en 1583, les tréviens, désirant construire, comme leurs voisins de Landivisiau, un porche monumental, firent à ce sujet accord avec René de Kergorlay, seigneur de Crechgaribot et du Plessix, dont les armes timbraient le porche à démolir ; le nouveau fut terminé en 1601.

Le porche qui fait suite, construit de 1586 à 1601, est, au contraire, entièrement classique. C'est, avec ceux de Saint-Thégonnec et de Pleyben, le seul qui ait ses parois latérales extérieures sculptées. Ici, des colonnes ioniques posées sur un stylobate supportent un entablement surmonté d'un attique et d'une frise. L'arcade extérieure du porche a sa voussure interne reposant sur deux de ces colonnes cannelées et baguées, imaginées par Philibert Delorme, et sa clef est décorée d'une magnifique feuille d'acanthe. Deux colonnes extérieures supportent l'entablement portant la date de 1601, au-dessus duquel s'élève le gable décoré d'une niche qui abrite, sous un dais un peu lourd, une statue en kersanton de vierge mère. Les contreforts d'angle, un peu massifs, abritent les deux statues, également en kersanton, d'un groupe de l'Annonciation et un Sauveur du monde.

A l'intérieur, voûté sur arcs ogives avec liernes, court, sous les statues des apôtres, une frise comportant en fort relief une série de cartouches séparés de cariatides empruntées aux ouvrages de Du Cerceau, Le Pautre et Dorigny. La porte unique donnant accès à l'église est celle du porche primitif. En kersanton, elle porte la date de 1570, est naturellement inspirée de celle de Landivisiau, et due, sans nul doute, au même atelier landernéen. Comme dans cette dernière, son archivolte, amortie par un galon plat en accolade, est décorée de statuettes de saints, mais d'un canon supérieur à celui du modèle. La porte en bois, datée de 1669, fut exécutée par Christophe Le Merdy, maître menuisier ; elle a été restaurée en 1906."

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Depuis cette date, une contribution majeure fut la thèse d'Emmanuelle Le Seac'h sur les Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (publiée en 2004). Pour le porche sud de Bodilis, elle y attribue l'encadrement intérieur (0), l'ange de l'Annonciation de la niche gauche du contrefort droit (1) et la Vierge à l'Enfant de la niche centrale du fronton (2)   à celui qu'elle nomme le Maître de Plougastel, actif entre 1570 et 1621. Le Christ Sauveur du contrefort gauche (3) est attribué au "Valet du Maître de Plougastel", une deuxième main de cet atelier. Roland Doré actif entre 1618 et 1663 dans son atelier de Landerneau, a sculpté  la Vierge de l'Annonciation du contrefort gauche (4), le Christ Sauveur du fronton intérieur (5)  (et les statues des Fonts baptismaux). Enfin, un "autre sculpteur influencé par la Seconde Renaissance" est l'auteur de la série des douze Apôtres de l'intérieur du porche, vers 1601.

En rouge sur mon cliché, le cartouche du chronogramme 1601.

J'ai débuté, pour suivre l'ordre chronologique, par l'encadrement intérieur du porche, encore très marqué par les réalisations de l'atelier des frères Prigent (1527-1577) à Landivisiau ou Pencran. J'ai poursuivi avec le registre inférieur de l'intérieur du porche, sous la série des Apôtres, et je décris avec ce troisième article ces douze Apôtres du porche sud.

Ces porches de Basse-Bretagne répondent à des modèles dont les premiers exemples avaient été sculptés par l'atelier ducal dit du Folgoët depuis 1423, au Folgoët puis à La Martyre et à Rumengol, à Plourac'h en Côtes d'Armor et enfin, par les fils de ce premier atelier, à Saint-Herbot (1498-1505). Un peu plus tard, l'atelier des frères Prigent réalisa en kersanton les porches de Guipavas (1563) et de Landivisiau (1554-1565). Le porche de Bodilis vient ensuite, toujours en kersanton, et selon le même canon. En 1585-1588, la série de douze statues vint s'installer sur la façade de l'ossuaire de Sizun. En 1615, le porche de Lopérec reçut ses Apôtres, Roland Doré fit ceux en 1610-1623 ceux de Trémaouezan reçut les siens, etc.

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Description générale des Apôtres.

Cet alignement des Apôtres sous le porche imposait ou proposait  au fidèle pénétrant dans son église paroissiale de prendre conscience, dans un espace transitionnel à valeur initiatique, qu'il souscrivait au dogme de l'Église catholique inscrit dans le Credo. Cette demi-douzaine de pas parcourus entre les douze statues conduit le paroissien devant le bénitier (ici, à droite), où il va prendre l'eau bénite et tracer sur son corps le signe de la Croix. Nous sommes ici face à un très bel exemple de déambulation rituelle.

Mais des bancs de pierre permettaient aussi de s'asseoir pour des réunions, cultuelles ou non.

 

 

 Tous les Apôtres sont — comme il se doit — pieds nus,  barbus (sauf saint Jean bien-sûr), et ils tiennent un livre (le Livre des Apôtres). Ils tiennent aussi un attribut (la clef pour Pierre, la croix en X pour André, etc.) qui permet de les identifier, avec plus ou moins de précision car les traditions ont été variables.

Une banderole s'enrubanne en diagonale d'une de leur main jusqu'au sol, destinée à recevoir l'inscription peinte de l'article du Symbole des Apôtres qui leur est attribué depuis une tradition datant des Pères de l'Église. Cette série de statue constitue donc un Credo apostolique, comme dans la plupart des porches bretons. L'ordre dans lequel ils sont disposés (du moins initialement, puisque ces statues ont pu être re-scellées) suit la séquence des douze articles de ce Credo, mais cette séquences, et ces attributions par la Tradition, ne sont pas fixes mais sujet à des variantes. Nous avons ici, et aujourd'hui :

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1. Pierre et la clef.

2. André et la croix en X

3. Jacques le Majeur en pèlerin de Compostelle.

4. Jean, imberbe et tenant la coupe de poison.

5. Matthieu et la lance.

6. Jacques le Mineur et le bâton à foulon.

7. Philippe et la croix.

8. Barthélémy et le couteau.

9. Thomas et l'équerre.

10. Simon et la scie.

11. Jude Thaddée, sans attribut.

12. Matthias et la hache.

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Vue générale du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Vue générale du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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LES SIX APÔTRES  DU COTÉ DROIT.

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Les Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Les Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Les Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Les Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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1. Saint Pierre tenant sa clef.

Autre indice rarement absent : sa calvitie frontale respectant un îlot ou "toupet".

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Saint Pierre, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Pierre, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Le visage de saint Pierre adopte un aspect léonin tout à fait remarquable, mais qui se retrouvera peu ou prou sur les autres statues.

 

Saint Pierre, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Pierre, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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2. Saint André tenant sa croix.

 

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Saint André, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint André, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint André, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint André, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

3. Saint Jacques le Majeur.

Équipé en habit de pèlerin de Compostelle, il porte le bâton nommé bourdon, le chapeau à larges bords où une coquille est fixée, la besace à franges au coté droit, et le baudrier frappé de coquilles Saint-Jacques.

Nous retrouvons ce baudrier au porche de la basilique du Folgoët, 

Saint Jacques le Majeur, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Jacques le Majeur, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Jacques le Majeur, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Jacques le Majeur, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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4. Saint Jean tenant la coupe de poison d'où apparaît un dragon ailé.

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Saint Jean, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Jean, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Jean, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Jean, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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5. Saint Matthieu tenant une lance.

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Saint Matthieu, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Matthieu, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Matthieu, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Matthieu, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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6. Saint Jacques le Mineur tenant le bâton de foulon.

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Saint Jacques le Mineur, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Jacques le Mineur, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Jacques le Mineur, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Jacques le Mineur, série des Apôtres du coté est du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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LES SIX APÔTRES DU COTÉ GAUCHE.

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Les Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Les Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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7. Saint Philippe et la croix.

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Saint Philippe, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Philippe, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Philippe, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Philippe, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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8. Saint Barthélémy et son couteau.

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Saint Barthélémy, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Barthélémy, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Barthélémy, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Barthélémy, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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9. Saint Thomas et son équerre.

 

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Saint Thomas, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Thomas, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Thomas, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Thomas, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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10. Saint Simon et sa scie.

 

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Saint Simon, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Simon, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Simon, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Simon, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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11 Saint Jude Thaddée, sans attribut.

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Saint Jude Thaddée, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Jude Thaddée, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Jude Thaddée, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Jude Thaddée, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Jude Thaddée, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Jude Thaddée, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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12. Saint Matthias et sa hache.

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Saint Matthias, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Matthias, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Matthias, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Matthias, série des Apôtres du coté ouest du porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Chanoines Jean-Marie) et PEYRON (Paul), 1903,  "[Notices sur les paroisses] Bodilis", Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 3e année, 1903, p. 192-208.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109982z/f180.image

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1903.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/bodilis.pdf

— APEVE, Association pour la promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Elorn

http://www.bodilis.org/patrimoineetsites.php

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article127

— COUFFON (René), 1958,  Notre-Dame de Bodilis. In: Bulletin Monumental, tome 116, n°2, année 1958. pp. 121-133; doi : 10.3406/bulmo.1958.3832 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1958_num_116_2_3832

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1958_num_116_2_3832

— COUFFON  (René), LE BARS (Alfred)  1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, : paroisse de Bodilis,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fdf52c93c4ad292cf14cbf5068677c87.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les Ateliers du XVe au XVIIe Siècle. Presses Universitaires de Rennes. ISBN 978-2-7535-3309-7.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Bodilis
29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 07:55

Zoonymie des Odonates : le nom Æshna isoceles Müller, 1767.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

 

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Résumé.

Æshna Fabricius 1775 Syst. Ent.: 424 Le nom de genre Æshna  ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a  peut-être été inspiré  par le nom tout aussi mystérieux "Æschna"  donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules.

isoceles Müller, 1767,  Nova Acta Leop. Carol., 3:125. Du grec isos = égal et skelos = "jambe" et par ext. en géométrie "côté", "triangle isocèle",  du fait du triangle  jaune pâle qui orne les premiers segments abdominaux de la libellule.  L'auteur l'explique dans sa description en latin : basi dorsi triangulo flavo, "un triangle jaune à la base du dos". La forme latine correcte, correspondant au grec isoskeles,  est isoscleles, mais la graphie utilisée par Müller se retrouve dans des ouvrages allemands de son époque. Elle doit être respectée, alors qu'un certain nombre d'auteurs parlent d'A. isoscleles Müller.

— Noms vernaculaires : l'Æschne roussâtre (de Sélys-Longchamps 1840) puis, actuellement,  l'Aeschne isocèle.

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LE NOM DE GENRE ÆSHNA FABRICIUS 1775.

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Voir l'article consacré à ce nom : http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymi-des-odonates.le-nom-de-genre-aeshna-fabricius-1775.html

 

Résumé :

 

—  Æshna Fabricius 1775 Syst. Ent.: 424 Le nom de genre Æshna  ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a  peut-être été inspiré  par le nom tout aussi mystérieux "Æschna"  donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules.

 Bien que Æshna soit "fautif" s'il s'agissait d'un nom inspiré du grec, un  lapsus calami ou une erreur typographique n'est pas envisageable puisque cette graphie a persisté telle quelle dans les publications écrites et supervisées par l'auteur en 1781, 1789 et 1792.  Il n'est donc pas licite de modifier sa graphie en Æschna comme l'avait proposé Illiger en 1807, mais cette dernière forme, souvent utilisée par les entomologistes jusqu'à la décision de la Commission Internationale de Nomenclature en 1939, est à l'origine de notre nom français actuel, Aeschne. 

— Nom vernaculaire :

En 1803, Olivier ou Latreille écrivaient (Nouveau dict. Hist. Nat.) écrivaient AEshne

En 1805, Latreille, qui en créa le genre, écrivait ÆSHNE, œshne.

Latreille encore, en 1829 (in Cuvier, Le règne animal),  décrivait dans sa famille des Subulicornes   Les Æshnes (Æshna Fabricius).

C'est en 1840 que l'entomologiste belge de Sélys-Longchamps écrit dans sa Monographie des Libellulidés d'Europe AESCHNE.

C'est cette graphie qui est reprise par les auteurs des Guides et Atlas actuels (Dijkstra par Delachaux et Niestlé; Libellules de Poitou-Charentes, Libellules de France, Belgique et Luxembourg, etc).

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LE NOM D'ESPÈCE ISOCELES MÜLLER, 1767.

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I. LA DESCRIPTION ORIGINALE.

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Sur l'auteur et sa première publication de 1764, voir la zoonymie de Aeshna cyanea Müller, 1764.

 

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Müller (Otto Friedrich) 1767,  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, n°9 page 125.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/166/mode/1up

 

Numérisation BLH  Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldino-Carolinae Naturae Curiosum, Nuremberg :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/167/mode/1up

 

Rappel et contexte.

1°) En 1764, Otto Friedrich Müller, précepteur du fils de la comtesse Schulin, depuis 1753, donna une description de la faune entomologique de la propriété foncière d'été des Schulin dite Fridrischdal (aujourd'hui Frederickdal) près de Copenhague, au Danemark. Sa Fauna insectorum Fridrichsdalensis fut publiée à Copenhague (Hafnia).  Parmi les Neuroptères, il décrivait 23 espèces de Libellules (n° 531 à 553), dont 9 espèces nouvelles. Il signalait en note page 63 à propos de  ces espèces nouvelles vide in Actis N.C 1764, ce qui renvoie aux Acta Naturae Curiosorum de cette année. Néanmoins, cette publication a sorti son tome 1 en 1757, son tome 2 en 1761 et son tome 3 en 1767. C'est sans doute à cette livraison de 1767 que Müller renvoie.

Dans cette Fauna Fridrichsdalenis, l'espèce Libellula quadrafasciata n'est pas donnée comme "nouvelle", et est divisée en six variétés alpha, beta, gamma, epsilon, eta, zeta.

 

2°) Son article rédigé en 1763 est finalement publié dans les Acta Naturae de 1767 sous le titre    "Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis (*)" Énumération et description des Libellules des champs de Fridrichsdal. L'astérisque renvoie à la note de bas de page : 

Est Praedium, vix duos lapides Hafnia distans, Excellentissimae, & illustrissimae Comitissae a CHULIN, natae a Moesting, historiae naturalis culticis, fautricisque benignissimae.

"C'est la Maison de campagne, à peine à deux jets de pierre de Copenhague, de l'Excellentissime et très Illustre comtesse SCHULIN, née à Moesting, versée en Histoire naturelle dont elle est la protectrice très bienveillante".

Puis vient une introduction où il annonce 18 variétés et 12 nouvelles espèces:

Historiae naturali horis subsecivis per duo lustra intento, novissime in collectione et investigatione Oeconomiae Insectorum praeter alia nova, vel minus cognita, maior numerus Libellularum obtigit, quam qui huc usque notus est, vel in Systemate Viri de re physica optime meriti reperitur. Alia vero Physices parte totum meum otium occupante, tantum temporis nondum his impendere licuit, quantum ad stabiliendum species notandasque veras varietates mihi satis effet. Utriusque sexus in coitu deprehensio, quae ad evitandam specierum augmentationem non parum confert, mihi quidem in plerisque contigit : e qualibet specie et varietate non modo individuum vidi et examinavi, gregem vero offendi, earumque exemplaria servo de natura tamen eiusque varietatibus non est, quod audaster pronunciem. Quid, quod ! e patria ad exteros peregre profecturus, mallem meam qualemcunque publici iuris facere, quam ulteriorem incertam exspectare inquisitionem. En! igitur animalium maxime voracium duodeviginti varietates, duodecimque novas species. Oeconomiam, metamorphosin, qualitates harum qui defiderat, celeberrimos Viros, Roeselium, Reaumur &c quorum experientias veras comperi, adeat.

 

 

L'article se termine par Hafnia Halam missa d. 4 Maiia, 1763 :   Il a été adressé de Copenhague le 4 mai 1763. Müller avait débuté sérieusement ses recherches en 1758 en utilisant le Systema de Linné, et il avait commencé à correspondre avec Linné en 1762. De 1763 à 1764, Müller se rendit à Leipzig avec son jeune élève et y multiplia les visites de naturalistes et de collections. De 1765 à 1767, le duo voyagera en Allemagne, en Suisse, en Italie, en France et en Hollande. Ils revinrent à Copenhague en 1767, et quitta le service des Schulin en 1771.

L'article a donc été sans doute rédigé à Leipzig d'après des observations antérieures.

 

Dans cette article, Müller reprend sa Libellula quadrifasciata (à quatre lignes jaunes sur le thorax) et ses six variétés, qu'il hésite à considérer comme des espèces à part entière. Il donne à chaque variété des noms spécifiques. Il a réalisé que sa variété alpha était la Libellula grandis décrite par Linné en 1758 mais dont il mentionne la description dans le Fauna suecica de 1761 par l'auteur suédois sous le n° 1467 page 374. Sa variété beta prend le nom d'Isocele (avec une majuscule), la variété gamma se nomme Libellula rufa (rousse) [pas d'attribution connue], Epsilon est Libellula ocellata (avec des ocelles), déjà décrit par Linné [Æshna juncea Linnaeus 1758], Êta est Libellula nobilis [syn. A. grandis], la dernière est Libellula plebeia [pas d'attribution connue].

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Texte de la description originale. Je donne l'ensemble des variétés de Libellula quadrifasciata, dont L. isoceles.

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9) Libellula quadrifasciata, thoracis lateribus lineis quatuor luteis ; abdomine longo cylindraceo. 
 

Species, an varietates ? 

Alpha Libellula grandis alis glaucescentibus thoracis lineis quatuor flavis. Faun. Svec. 1467. 

— Beta Libellula
Isoceles alis albentibus: abdomine rufo-fusco, basi dorsi triangulo flavo.

Alae in mare albidae inferiores quidem ad basin incurvatam lutescentes, in foemina alae omnes subflavescentes. Linea thoracis laterales obsoleto - flavae. 

Gamma Libellula rufa alis albentibus: abdomine rufo-fusco, basi dorsi sexlineata. 
Alae totae albidae, minime ad basin lutescentes, punctum marginale fuscum. Basis dorsi abdominis loco trianguli sex lineis nigris inaequalibus notata. 

— Epsilon  Libellula
ocellata alis albentibus: abdomine pulchre variegato. 

Descript.
Facies fusca, flavaque variegatata. Alarum punctum marginale lutescens. Oculi fusci. Thorax subfuscus hirsutus, utrinque lincis duabus latis flavo-virentibus. Abdomen prope basin rotundatum, crassum, maculis lineisque, diversicoloribus, In tribus prioribus articulis maculae laterales sulphureae, secunda & tertia punctulo nigro notatis; in  reliquis reliquis maculae latae albescentes. Ligamenta articulorum nigra. Supra ligamentum quodcunque a tergo duce maculae flavae, oculorum inslar lineola nigra cinctae; hae ad caudam sensim dimminuuntur & albescunt, in medio cujusvis articuli linea transverfalis nigra, cui adsunt striae duae flavae. Abdomen subtus fuscum, linea intermedia nigricante. 

—Êta  Libellula nobilis alis fulvescentibus : abdomine rufo-fusco, prope basin attenuato : maculis lateralibus albo-caeruleis. 
Rai.
Ins. 49, 7. Libella maxima abdomine longo tenuiori, alis fulvescentibus. 
Roesel.
Ins. 2, aqu. T. 4.f. 14. 
In vivis nulli pulchritudine secunda ; morte vero maculae albo-coerulea evanescunt. 

—Delta Libellula
plebeia alis fulvescentibus ; abdomine rufo-fusco basi craflb. 

Descript,
Caput nigro-fuscum; frons lutea. Thorax rufo-fuscus lineis lateralibus 4 flavis; abdomen nigrius novem constans articulis a basi ad apicem decrescentibus. Latere cuiusvis articuli facit lineola nigra cum basi angulum, cui includitur macula coerulescens, post mortem lutea. Abdomen subtus, uti & ligamenta articulorum picea

evd facile crederem veras Libellularum species a praecedentibus diversas, 

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Je reprends la description de Libellula Isoceles :

— Beta Libellula Isoceles alis albentibus: abdomine rufo-fusco, basi dorsi triangulo flavo.

Alae in mare [sic] albidae inferiores quidem ad basin incurvatam lutescentes, in foemina alae omnes subflavescentes. Linea thoracis laterales obsoleto-flavae. 

Tentative de traduction : "Libellule Isoceles, ailes blanchâtres, abdomen roux-brun, triangle jaune à la base de la face dorsale."

"Les ailes du mâle sont blanches virant au jaune à la base des inférieures, chez la femelle les ailes sont entièrement jaunâtres. Les lignes du thorax sont d'un jaune délavé."

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BHL https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/167/mode/1up

BHL https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/167/mode/1up

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ÉTUDE DU NOM ISOCELES.

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L'épithète spécifique est écrit en latin  avec la graphie Isoceles, avec sa majuscule. Nous rapprochons ce nom du latin isosceles (avec un -s- avant le -c-), pour lequel le dictionnaire Gaffiot donne : Īsoscĕlēs, is, « isocèle ». 

Notre adjectif français est défini ainsi par le CNRTL:

 Emprunté au bas latin   isosceles « isocèle », lui-même emprunté au grec ἰσοσκελής, isoskelês. littéralement « ayant deux jambes égales », en géométrie « ayant deux côtés égaux ».

https://en.wiktionary.org/wiki/isosceles#Latin

https://fr.wiktionary.org/wiki/isoc%C3%A8le

Nous pouvons donc facilement associer cet adjectif à la mention, dans la description originale, du "triangle jaune de la base du dos" ( basi dorsi triangulo flavo. ) et conclure que Müller a choisi ce nom latin isosceles, "isocèle", (du grec isos, "égal" et skelos, "coté",) du fait du triangle jaune pâle qui orne les premiers segments abdominaux de l'insecte. 

Une curieuse graphie.

Il reste à s'interroger sur la "faute" commise par l'auteur danois en écrivant Isoceles et non isoscleles

Je constate l'usage de cette graphie, et de la majuscule, dans un ouvrage de géométrie allemand de 1691 (Jacob Meyer , Geometria theoretica oder Handgriff des Circuls und Lineas 1691), mais surtout dans un lexique de 1775 (Curiöses und reales Natur-Kunst-Berg-Gewerck- und Handlungs Lexicon 1775) en synonyme de Triangulum aequicrurum

Je suggère donc que Müller, en voyage à Leipzig, a pu puiser dans un dictionnaire de langue allemande la désignation latine Isoceles et non isosceles.

 

Ce serait un minuscule point de détail si un certain nombre d'auteurs n'avaient cru nécessaires de corriger cette faute. L'un des articles les plus cités est celui ci : 

Schmidt, E., 1950, Was ist Libellula . . . isosceles O. F. Miiller 1767?, Ent. Ztschr. 60 (1/2), pp. 1-9.

Mais il faudrait citer d'abord la Revue des Odonates de de Sélys-Longchamps et Hagen 1850, page 130.

De même, dans l'édition 1997 du World Catalogue of Odonata d'H. Steinmann, le genre Anaciaeschna de Sélys débute par l'espèce isosceles isoscleles Müller.

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IV . LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE DES ODONATES.

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PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/aeschne-isocele/

" Isoceles du grec isos = égal et skelos = côté, du fait du triangle isocèle jaune pâle qui orne les premiers segments abdominaux de l’insecte. Le nom français est une adaptation du nom scientifique. "

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Aeshna isoceles (Müller, 1767) from Grk. ἴσος, -η, -ον = same + σκέλος = leg for the yellow mark on S2 in the shape of an isosceles triangle".

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 ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) 

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"isosceles (Anaciaeschna) - isosceles, is = isoscele. Per la presenza in entrambi i sessi di un marchio giallo a forma di triangolo isoscele sul secondo tergite "

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HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

isoceles (Müller) [gr. isoskelēs - with equal legs ~ isosceles] most probably evokes the triangular figure on the second abdominal segment. The spelling isoceles in the first description seems to be a lapsus calami or a kind of simplified spelling, as in pronunciation the s is silent. As Müller did not explain the denomination an incorrect original spelling cannot be proved; the spelling of the original publication therefore has to be maintained."

 

 

VAN HIJUM, 2005

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Aeshna isosceles isos = gelijk; skelos = been (duidt op de gelijkbenige gele driehoek op tweede achterlijfsegment) " Traduction : "Aeshna isosceles isos = égal, skelos = jambe (se réfère au triangle jaune isocèle sur le deuxième segment de l'abdomen)"

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RÉCEPTION.

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Comme pour les autres espèces décrites par Müller, la diffusion vraisemblablement  d'abord confidentielle de sa Faune de Fridrichsdal a retardé l'adoption de ces descriptions par lea auteurs.

Heinrik Steinmann, (World Catalogue of Odonata 1997) montre que l'espèce a reçu les noms suivants :

 

 

1°) Aeshna grandis Vander Linden 1823 

2°) Aeschna chrysophthalmus Charpentier, 1825 : Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Wratislaviae. 255 pp. page 33.

3°) Aeschna rufescens Vander Linden, 1825 :  Vander Linden, P. L. 1825. Monographiae Libellullinarum Europaearum Specimen. Bruxelles: 42 pp. page 27

4°) Aeschna isoceles De Selys, 1840; Monographie des Libellulidés d'Europe page 58

5°) Aeschna rufescens De Selys, Revue des Odonates page 129.

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6°)  Aeshna IsocelesAeshna rufescens / Aeshna chrysophthalmus Kirby, W. F. 1890. A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata. Guerney & Jackson, London. 202 pp. page 90 / l'auteur propose une synonymie avec isoceles Müller

 

On notera que Kirby respecte scrupuleusement non seulement la graphie, mais aussi la majuscule d'Isoceles.

 

7°) etc.. 1954 Anaciaeschna 

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Zoonymie des Odonates : le nom Æshna isoceles Müller, 1767.

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ILLUSTRATION.

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Planche XXV de Libellulinae europaeae depicta par Toussaint de Charpentier (1840) - sous Aeschna chrysophthalmus

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Aeshna isoceles, sous  Aeschna chrysophthalmus, Planche XXV mâle et femelle ,  Libellulinae europaeae depicta par Toussaint de Charpentier (1840)

Aeshna isoceles, sous  Aeschna chrysophthalmus, Planche XXV mâle et femelle , Libellulinae europaeae depicta par Toussaint de Charpentier (1840)

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NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

1°) En 1840, de Sélys-Longchamp avait traduit Aeschna rufescens de Vander Linden par "Aeschne roussâtre" 

2°) Deliry 2008 a proposé l' Aeschne rousse et l'Aeschne aux yeux verts.

3°) Les auteurs contemporains consultés, et l'INPN-MNHN ont adopté l'Aeschne isocèle.

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NOMS VERNACULAIRES ÉTRANGERS.

Norfolk Hawker en anglais,

Bruine glazenmaker en néerlandais, Kylplakbiter en frison.

Die Keilfleck-Mosaikjungfer ou  Keilflecklibelle en allemand.

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SOURCES ET LIENS.

 

Sur Müller :

 

— DAMKAER (D.M), 2002, The Copepodologist's Cabinet: A Biographical and Bibliographical ..., Partie 1 , American Philosophical Society, 2002 - 300 pages, pages 73 et suiv.

https://books.google.fr/books?id=TgUNAAAAIAAJ&dq=comtesse+schulin+M%C3%BCller&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Æeshna isoceles

http://www.deliry.com/index.php?title=Aeshna_isoceles

— HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work.  White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]. 166 pp.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[152],%22panX%22:0.515,%22panY%22:0.796,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.541}

 https://www.gla.ac.uk/myglasgow/specialcollections/virtualexhibitions/birdsbeesandblooms/bees/mosesharrisanexpositionofenglishinsects/

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[5],%22view%22:%22info%22}

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[80],%22view%22:%22thumbnails%22}

— MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.042,%22panY%22:0.641,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.288}

MÜLLER (O.F.), 1767,  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, page 125.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/166/mode/1up

SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 22:18

Les sculptures de pierre de l'église de Bodilis . II. Le décor de l'intérieur du porche sud (1570-1601).

 

 

Sur l'église de Bodilis, voir :

 

 

 

.Sur les autres réalisations du Maître de Pleyben, voir :

 

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PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

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Nous devons à René Couffon la principale étude de l'église de Bodilis, parue dans le Bulletin Monumental en 1958.

"Dans le troisième quart du xvie siècle, en 1564, débuta la construction de l'édifice que nous voyons actuellement ; mais, à peine était-il achevé, que l'on commença à l'agrandir en élevant en 1574 sur son flanc sud une vaste chapelle. Quelques années plus tard, en 1583, les tréviens, désirant construire, comme leurs voisins de Landivisiau, un porche monumental, firent à ce sujet accord avec René de Kergorlay, seigneur de Crechgaribot et du Plessix, dont les armes timbraient le porche à démolir ; le nouveau fut terminé en 1601.

Le porche qui fait suite, construit de 1586 à 1601, est, au contraire, entièrement classique. C'est, avec ceux de Saint-Thégonnec et de Pleyben, le seul qui ait ses parois latérales extérieures sculptées. Ici, des colonnes ioniques posées sur un stylobate supportent un entablement surmonté d'un attique et d'une frise. L'arcade extérieure du porche a sa voussure interne reposant sur deux de ces colonnes cannelées et baguées, imaginées par Philibert Delorme, et sa clef est décorée d'une magnifique feuille d'acanthe. Deux colonnes extérieures supportent l'entablement portant la date de 1601, au-dessus duquel s'élève le gable décoré d'une niche qui abrite, sous un dais un peu lourd, une statue en kersanton de vierge mère. Les contreforts d'angle, un peu massifs, abritent les deux statues, également en kersanton, d'un groupe de l'Annonciation et un Sauveur du monde.

A l'intérieur, voûté sur arcs ogives avec liernes, court, sous les statues des apôtres, une frise comportant en fort relief une série de cartouches séparés de cariatides empruntées aux ouvrages de Du Cerceau, Le Pautre et Dorigny. La porte unique donnant accès à l'église est celle du porche primitif. En kersanton, elle porte la date de 1570, est naturellement inspirée de celle de Landivisiau, et due, sans nul doute, au même atelier landernéen. Comme dans cette dernière, son archivolte, amortie par un galon plat en accolade, est décorée de statuettes de saints, mais d'un canon supérieur à celui du modèle. La porte en bois, datée de 1669, fut exécutée par Christophe Le Merdy, maître menuisier ; elle a été restaurée en 1906."

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Depuis cette date, une contribution majeure fut la thèse d'Emmanuelle Le Seac'h sur les Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (publiée en 2004). Pour le porche sud de Bodilis, elle y attribue l'encadrement intérieur (0), l'ange de l'Annonciation de la niche gauche du contrefort droit (1) et la Vierge à l'Enfant de la niche centrale du fronton (2)   à celui qu'elle nomme le Maître de Plougastel, actif entre 1570 et 1621. Le Christ Sauveur du contrefort gauche (3) est attribué au "Valet du Maître de Plougastel", une deuxième main de cet atelier. Roland Doré actif entre 1618 et 1663 dans son atelier de Landerneau, a sculpté  la Vierge de l'Annonciation du contrefort gauche (4), le Christ Sauveur du fronton intérieur (5)  (et les statues des Fonts baptismaux). Enfin, un "autre sculpteur influencé par la Seconde Renaissance" est l'auteur de la série des douze Apôtres de l'intérieur du porche, vers 1601.

En rouge sur mon cliché, le cartouche du chronogramme 1601.

J'ai débuté, pour suivre l'ordre chronologique, par l'encadrement intérieur du porche daté par inscription de 1570, encore très marqué par les réalisations de l'atelier des frères Prigent (1527-1577) à Landivisiau ou Pencran.

Je décris maintenant  les parois ouest et est du porche sud, qui ne sont pas décrites ni attribuées directement par Le Seac'h. Datent-elles de 1570, comme le porche intérieur, de 1601, comme le fronton du porche extérieur? Quoiqu'il en soit, elles diffèrent radicalement de l'encadrement intérieur du porche et  illustrent  magistralement tout le vocabulaire des ornemanistes de la Seconde Renaissance Bretonne, inspirée par la construction en 1570 du château de Kerjean, à 7 km au nord de Bodilis, et indirectement de l'art bellifontain, et, comme le souligne Couffon, des registres diffusant les modèles de Du Cerceau. [Le graveur Jean  Lepautre (1618-1682)  mentionné par Couffon est beaucoup trop tardif pour avoir servi de modèle. Il en va de même de Michel Dorigny, né en 1617 à Saint-Quentin et mort en 1665, élève et le gendre de Simon Vouet, et dont  le Livre de diverses grotesques est paru en 1647.] 

Un décor du même style, et manifestement de la même main, se poursuit en frise et en panneau à l'extérieur du porche, sur la partie basse des contreforts et des murs.

Les termes (sculpture dont la partie haute est humaine et la partie basse, en gaine, est semblable à une stèle), les cariatides et atlantes se retrouvent sur l'ossuaire de La Martyre, datant de 1619.

 

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Porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Chacune des parois est divisée en deux registres horizontaux. Dans le registre supérieur, six statues des Apôtres occupent des niches à dais séparées par des colonnes à chapiteaux corinthiens à feuilles d'acanthe. Le registre inférieur comporte six panneaux Renaissance séparés par sept termes engagés (ou télamons) et surmontés par une frise à mascarons.

 

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LE COTÉ DROIT (ORIENTAL).

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Porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Porche sud de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Premier panneau et le bénitier de kersanton.

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Terme_(sculpture)#/media/File:Orna139-Hermen.png

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— Frise : Triglyphe gauche: masque léonin triglyphe droit  :feuille de chêne. Métope : volutes. (Note : j'e détourne, improprement, le vocabulaire de l'entablement des temples grecs pour la description de la frise).

— Terme T1 : terme féminin aux bras en volutes, et jambes en volutes entrecroisées.

—  Panneau P1 : cuir découpé à enroulement portant un masque féminin. Bénitier en kersanton, à cuve pyramidale à feuillage et pourtour en frise géométrique.

— Terme T2 : terme masculin, bras croisé. partie inférieure en feuillage puis cannelures.

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme 1 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme 1 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme 1 (détail) du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme 1 (détail) du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Premier panneau (détail)  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Premier panneau (détail) du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T2,  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T2, du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Frise du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Frise du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Deuxième panneau.

— Frise : Triglyphe  droit  : Masque masculin . Métope : masque masculin à chapeau, et rubans.

— Terme T2 : cf supra.

—  Panneau P2 : masque féminin entouré de volutes et coiffé de plumes  + cuir découpé .

— Cariatide  T3 : femme levant le bras droit et posant la main sur le pubis.

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Panneau P2  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P2 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Panneau P2  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.
Panneau P2  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P2 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Cariatide T3 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Cariatide T3 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Cariatide T3 (détail) du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Cariatide T3 (détail) du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Métope du panneau P2  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Métope du panneau P2 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Masque  triglype 3 du panneau P2  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Masque triglype 3 du panneau P2 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Troisième panneau.

— Frise : Triglyphe droit : masque léonin. Métope : volutes .

— Atlante T3: cf supra.

—  Panneau P3 : Cuir découpés en rubans à enroulement, masque coiffé de plumes.

— Atlante T4 : homme à longue barbe en pointe, mains croisées devant le pubis.

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Panneau P3 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P3 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Atlante T4 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Atlante T4 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Atlante T4 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Atlante T4 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Quatrième panneau.

— Frise : Triglyphe droit  : cannelés enroulés. Métope : volutes et rubans .

— Atlante T4: cf supra.

—  Panneau P4 : cuir découpé à enroulement portant un masque masculin à longues moustaches .

— Terme T5 : homme bras croisé devant la poitrine.

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Panneau P4 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P4 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T5 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T5 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Cinquième panneau.

— Frise : Triglyphe droit : masque d'homme. Métope : rubans et volutes .

— Terme T5: cf supra

—  Panneau P5 : cuir découpé à baguette centrale en entrelacs .

— Terme T6:  homme barbu à bras en volutes et volutes entrecroisées en guise de jambes .

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Panneau P5 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P5 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T6 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T6 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T6 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T6 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Sixième panneau.

— Frise : Triglyphe droit: feuillages. Métope : rubans, volute et ovale .

— Terme T6: cf. supra.

—  Panneau P6 : cuir découpé à enroulement, au masque léonin .

— Cariatide T7: femme au visage encadré de ses nattes, bras croisés devant le pubis, vêtue d'une courte tunique, jambes et pieds nus.

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Panneau P6 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P6 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Cariatide T7  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Cariatide T7 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Cariatide T7  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Cariatide T7 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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LE COTÉ GAUCHE (OCCIDENTAL).

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Je poursuis ma description de l'extérieur vers l'intérieur.

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Septième panneau.

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— Frise : Triglyphe gauche : masque anthropoïde à moustaches et oreilles en volutes. Triglyphe droit : masque humain à moustache . Métope : 3 feuilles de chêne et ruban.

— Atlante T7:  homme bras croisés devant la poitrine, jambes croisées.

—  Panneau P7 : double cuir découpé à enroulement, à masque léonin et fuseau .

— Terme T8: Chimère à pattes d'oiseau et masque coiffé de palmettes "d'indien".

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Panneau P7 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P7 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Atlante T7 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Atlante T7 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Masque du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Masque du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Huitième panneau.

— Frise : Triglyphe droit : masque léonin/bovin . Métope : deux lions affrontés entre une fleur.

— Terme T8: cf.

—  Panneau P8 : cuir découpé et  homme nu bras croisé tenant des volutes .

— Cariatide T9 : femme vêtue d'une tunique courte,  bras levés le long de la tête, jambes croisée.

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Panneau P8 (détail) du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P8 (détail) du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Cariatide T9 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Cariatide T9 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Métope de la frise du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Métope de la frise du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Neuvième panneau.

— Frise : Triglyphe droit : beau masque féminin: . Métope : masque crachant des feuillages.

— Terme T9 : cf supra.

—  Panneau P9 : cuir découpé à masque léonin et fuseau.

— Terme T10: couple se tenant le menton, et dont le bas est une queue de serpent enroulée en spirale.  

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Panneau P9 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P9 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Le dixième "terme" est complexe. Il évoque bien-entendu le couple primordial d'Adam et Ève, dont les corps nus fusionnent en une spirale dans une métaphore  de l'union sexuelle. Mais, ce faisant, ils perdent leur nature humaine et les cuisses, jambes et pieds sont transformés en deux racines, ou  en deux serpents lovés qui rappellent la figuration du Malin responsable de les avoir induit en Tentation. Chacune des quatre spires est centrée par un ombilic. 

Cette figure rappelle aussi les représentations de la Femme-serpent lové autour de l'Arbre de la Connaissance et se tenant entre Adam et Ève sur les porches de Pencran (1553), Landivisiau (1554), Guimiliau (1606-1617) et Ploudiry (1665).

Hiroko Amemiya (Vierge ou Démone, 2005) décrit ce "télamon"  à la page 179 de son ouvrage :

"Deux représentations semi-humaines (Adam et Ève ?) s'enlacent. L'homme barbu aux cheveux courts pose la main droite sur le haut du thorax de la femme. Celle-ci porte un longue chevelure et pose la main gauche sur le haut du thorax de l'homme. Leurs nez se touchent. La raie des fesses est visible chez l'un et l'autre. La partie inférieure de leur corps a la forme d'une queue de serpent Traces de polychromie rouge et bleu."

Cette description trouve place dans son livre car elle accompagne celle d'une authentique Femme-Serpent sculptée au porche ouest (vers 1570) de Bodilis, au dessus de l'arcade, sur le support d'une niche abritant une Vierge à l'Enfant (?) mutilée. 

 

 

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Terme T10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Les sculptures de pierre de l'église de Bodilis . II. Le décor de l'intérieur du porche sud (1601).

 

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Dixième panneau.

— Frise : Triglyphe droit : masque léonin  . Métope : rubans et volutes .

— Terme T10: cf supra.

—  Panneau P10 : cuir découpé à rubans géométriques, à masque léonin.

— Atlante T11: homme barbu, mains jointes, vêtu d'une tunique plissé, pieds chaussés.

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P10 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T11  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T11 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T11  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T11 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T11  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T11 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Onzième panneau.

— Frise : Triglyphe droit : masque animal. Métope : trois rosettes perlées .

— Terme T11: cf. supra.

—  Panneau P11 : rubans découpés à enroulement contenant un masque léonin et deux masques humains.

— Terme ou cariatide T12: femme portant un collier, chevauchant un oiseau..

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P11 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P11 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P11 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P11 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T11 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T11 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Douzième panneau.

— Frise : Triglyphe droit : masque léonin . Métope : entrecroisement géométrique de rubans et volutes.

— Terme T11: cf supra.

—  Panneau P12 : cuir découpé à enroulement. Masque léonin au centre. Masque crachant des feuillages en haut. Masque féminin en bas, à nattes reliées à des feuillages.

— Cariatide T12: femme (?) enveloppée dans une couverture plissée. Jambes et pieds nus .

 

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Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P12  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P12 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P12  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P12 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P12  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Panneau P12 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T12  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T12 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Terme T12  du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Terme T12 du registre inférieur du porche sud (1601) de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Chanoines Jean-Marie) et PEYRON (Paul), 1903,  "[Notices sur les paroisses] Bodilis", Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 3e année, 1903, p. 192-208.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109982z/f180.image

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1903.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/bodilis.pdf

— APEVE, Association pour la promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Elorn

http://www.bodilis.org/patrimoineetsites.php

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article127

— COUFFON (René), 1958,  Notre-Dame de Bodilis. In: Bulletin Monumental, tome 116, n°2, année 1958. pp. 121-133; doi : 10.3406/bulmo.1958.3832 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1958_num_116_2_3832

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1958_num_116_2_3832

— COUFFON  (René), LE BARS (Alfred)  1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, : paroisse de Bodilis,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fdf52c93c4ad292cf14cbf5068677c87.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les Ateliers du XVe au XVIIe Siècle. Presses Universitaires de Rennes. ISBN 978-2-7535-3309-7.

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Published by jean-yves cordier - dans Bodilis
28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 12:59

Amour, pêcheuse des cœurs : un poème persan d'Hafez copié par Gustav Klimt sur l' éventail de Sonja Knips (3 janvier 1895 ).

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Dans la succession de Sonja Knips, à coté du petit carnet rouge qui figure sur son portrait par Klimt (Vienne, Belvédère, 1898), un éventail atteste que Sonja connaissait déjà Klimt avant de se marier, le 15 février 1896  avec l'industriel Anton Knips (1876-1946).

Sur cet "éventail poétique", amis et parents avaient inscrit des maximes — comme on les trouve également dans les albums de poésie, les Livres d'or et les Album amoricum — dans des cartouches ornant la face antérieure. Par exemple, par Adolf Hlaver le 23 avril 1895

  "Ins Leben blicke freundlich hinein/doch hoff' Dir nicht zu viel/ treu' folg dem einen Ziel /am Besserwerden glücklich sein/", "Regarde gentiment la vie / n'espère pas trop / fidèlement  pour réussir dans le seul objectif / devenir meilleur / "

ou

oder „D schön Sonja is a Dirndl worn / die Sach' war net schlecht/nur daß man ihr d'Hand küss'n soll / Das paßt net recht / Wien 17. 9.1894") 

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Mais le revers avait été entièrement réservé à Gustav Klimt. Dans un cartouche vertical au fond doré, Klimt a inscrit, en lettres noires, un poème d'amour du poète persan Hafez-e Chirazi (Chiraz, 1326-1390).

 

 

 

"Die Freiheit ist ein Meer
Und seine Fische Herzen;
Sie schwimmen ohne Schmerzen
Behaglich hin und her.
Doch diese Lust, wie Schade!
Ist von geringer Dauer;
Es wohnet am Gestade,
Es stehet auf der Lauer
Liebe, die Fischerin.
Sie fischt mit eignen Angeln;
Sie fischt mit Ambralocken;
Die purpurrothen Fischchen,
Sie kommen unerschrocken,
Sie lassen von der argen
Sich gar zu gerne locken,
Und eines um das andre
Ist ihrer List Gewinn."

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La liberté est une mer

Ses poissons sont des cœurs ;

Ils vont et viennent à la nage

À leur aise et sans douleurs.

Mais ce plaisir, quel dommage !

Ne dure qu'un temps ;

Habite sur le rivage

Se tenant aux aguets

Amour, la pêcheuse.

Elle pêche avec ses propres filets ;

Elle pêche avec des boucles d'ambre ;

Les poissons pourpres arrivent intrépides,

Ils se laissent trop volontiers

Par la mauvaise attirer,

Et l'un après l'autre

À sa ruse ils succombent.

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Tout le travail de cet article a été de retrouver le texte en allemand,  la traduction (S. Partsch), et la source de ce poème.

Ce poème avait été publié par Georg Friedrich Daumer (1800-1875)  dans ses éditions de 1846 et 1856 à Hambourg de Hafis Eine Sammlung persischer Gedichte nebst poetischen Zugaben aus verschiedenen Völkern und Ländern, Hoffmann und Campe 

https://archive.org/details/bub_gb_tipBAAAAMAAJ

https://archive.org/details/bub_gb_8oQ6AAAAcAAJ

https://books.google.fr/books?id=skU_AAAAIAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

J'ignore si l'attribution à Hafez est encore valide aujourd'hui. 

cet éventail témoigne de l'intérêt de Klimt — et de son époque — pour l'orientalisme mais aussi de son souci d'une œuvre d'art total associant un objet d'artisanat du quotidien avec la poésie et la peinture. 

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Amour, pêcheuse des cœurs : un poème persan d'Hafez écrit par Gustav Klimt sur l' éventail de Sonja Knips

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À coté de ce poème d'Hafez, Klimt a peint l'image d'une jolie femme en robe blanche (de mariée), coiffée d'un chapeau,  qui tient une canne à pêche et attrape dans l'eau un tas de petits cœurs. Au dessus d'elle plane un cœur ailé et transpercé d'une flèche autour duquel flottent des têtes de bébé ailées.

À droite de ces dernières figure un aphorisme de Goethe, la signature de Klimt et la date du 3 janvier 1895.

"Liebe schwärmt auf allen Wegen,
Treue wohnt für sich allein;
Liebe kommt Euch rasch entgegen,
aufgesucht will Treue sein." (
Goethe extrait de Claudine von Villa Bella, 1788, remaniement du texte de 1775.)

L'Amour vagabonde sur tous les sentiers

La fidélité vit seule et retirée

L'amour vient à nous sans tarder

La fidélité on la doit visiter.

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Il n'existe pas d'illustration en ligne de cet éventail, appartenant à une collection privée, mais on la trouverait dans le volume 7 de Belvedere : Zeitschrift für bildende Kunst de 2001, page 54.

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Manu von Miller 2004 a vu dans ce revers d'éventail le témoin d'une relation amoureuse entre Klimt et Sonja Knips, antérieure à son mariage : Klimt se serait servi de cet éventail pour rompre cette liaison, dénoncer les pièges du mariage et la tristesse de la fidélité amoureuse, comme il l'avait fait avec un autre éventail sur lequel il adressa ces mots à une belle :  Beßer ein Ende mit Schrecken – alsein Schrecken ohne Ende!  "Mieux vaut une fin effroyable qu'un effroi sans fin". Il s'agirrait de Camilla Sodoma.

Pour Susanna Partsch, néanmoins, l'éventail ne démontre ni relation amoureuse entre Klimt et Sonja Knips, ni rupture, mais  le revers ressemble seulement à "des vœux de bonheur adressés à la jeune femme à l'occasion de ses fiançailles", l'image de la pêcheuse de Hafez n'étant qu'un peu taquin envers la jeune femme, et les bébés ailés étant "des souhaits de nombreux enfants". Elle resta d'ailleurs par la suite très liée à l'artiste, à sa compagne la couturière Emilie FLöge dont elle était une cliente, et à la Wiener Werkstätte.

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Le portrait de Sonja Knips.

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"Le portrait de Sonja Knips, peint en 1897/98, marque le début d'une série de portraits de femmes de grand format, montrant surtout des dames de la riche bourgeoisie viennoise. La taille représentative de l'image et le format carré - c'est le premier portrait de Klimt dans ce format - sont liés aux concepts de représentation de la nouvelle clientèle de Klimt. Gustav Klimt avait commandé à son frère Georg la fabrication d'appliques en cuivre plaqué et doré sur le cadre. Les circonstances exactes de la commande du portrait de Sophie Amalia Maria Knips, née Dame Potier des Echelles, appelée Sonja Knips (1873-1959), ne peuvent être reconstituées, pas plus que l'époque de la première rencontre entre Klimt et son modèle. Cependant, la datation du carnet de croquis rouge montré dans la peinture  et les premières études de portrait dessinées fournissent des informations suffisantes pour une commande en l'année 1897. "

"Cette peinture, souvent considérée comme l’œuvre d’ouverture de la Sécession viennoise, marque un tournant dans les portraits de Gustav Klimt : le modèle est représenté grandeur nature et le format carré constitue une nouveauté. Ce qui frappe est le contraste entre les parties peintes avec une grande précision (le visage par exemple) et d’autres parties nettement plus suggérées. Sonja Knips, de son vrai nom Sophie Amalia Maria (1873-1959), est la fille d’un maréchal de camp de l’armée austro-hongroise. Mariée au riche industriel Anton Knips, Sonja deviendra une fervente admiratrice de l’art moderne et soutiendra les sécessionnistes via de multiplies commandes. Dont ce portrait, qui fait partie des œuvres majeures de Gustav Klimt. " http://livresque-sentinelle.blogspot.fr/2015/10/portrait-de-sonja-knips-par-gustav-klimt.html

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Gustav Klimt, Portrait de Sonja Knips, 1898. Huile sur toile 145cm x 146 cm, Vienne, Belvedere.

Gustav Klimt, Portrait de Sonja Knips, 1898. Huile sur toile 145cm x 146 cm, Vienne, Belvedere.

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La Femme à l'éventail. Dame mit Fächer, Gustav Klimt, 1917-1918, Vienne, Sammlung Leopold. Huile sur toile, 100cm x 100cm.

Ce tableau était encore inachevé dans l'atelier de l'artiste à sa mort. Notez encore le format carré propre à Klimt. Le kimono  a glissé sur l'épaule gauche, tournée vers le peintre, dénudant la poitrine, et l'éventail, tout en feignant  de la cacher, en fait apparaître le mamelon comme un œil malicieux. Une grue, un faisan doré et un phénix ornent le fond, comme dans les étoffes damassées orientales.

 

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https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a4/Gustav_Klimt_-_Dame_mit_F%C3%A4cher.jpeg

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a4/Gustav_Klimt_-_Dame_mit_F%C3%A4cher.jpeg

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Par rapport à la métaphore de Hafez, où les hommes étaient des poissons succombant aux appâts d'Amour la Pêcheuse, il est intéressant d'explorer  ce que devient le croisement des thème de l'érotisme,  de la Mer et des Poissons dans l'œuvre de Klimt.

Wasserschlangen II, Serpents d'eau. 1907.

Serpents d'eau II montre des corps de femmes , flottant horizontalement en apesanteur, dérivant comme des lianes aquatiques, ondulant, ondoyant, en dessous d'un poisson coupé . 

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Gustav Klimt, Wasserschlangen II (Freundinnen),  Serpents d'eau, 1905, huile sur toile 80 cm x 145 cm. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Klimt_-_Wasserschlangen.jpg

Gustav Klimt, Wasserschlangen II (Freundinnen), Serpents d'eau, 1905, huile sur toile 80 cm x 145 cm. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Klimt_-_Wasserschlangen.jpg

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Wasserschlangen I, Freundinnen I.

Les corps ondulent toujours, mais verticalement, et ne nous regardent plus, mais c'est le poisson, en bas, qui nous fixe.

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https://de.wikipedia.org/wiki/Wasserschlangen_I#/media/File:Gustav_Klimt_067.jpg

https://de.wikipedia.org/wiki/Wasserschlangen_I#/media/File:Gustav_Klimt_067.jpg

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Gustav Klimt, Goldfishe, Poissons d'or. 1901/1902 Soleure, Kunstmuseum, Dübi-Müller Stiftung, 181 x 67 cm.

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Amour, pêcheuse des cœurs : un poème persan d'Hafez écrit par Gustav Klimt sur l' éventail de Sonja Knips

Voir aussi

Klimt, Eaux mouvantes

Klimt, Ondines

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SOURCE :

— PARTSCH (Susanna), 2012, Représentation de femmes, in Gustav Klimt, tout l'œuvre peint, Tobias G. Natter ed. Taschen, 659 pages, page 193.

J'ai emprunté ce livre volumineux à la Bibliothèque Universitaire de l'Université Occidentale de Bretagne (Brest) : j'étais, depuis son acquisition, son deuxième emprunteur, (en avril 2018, après une première sortie en 2014). Cette escapade hors des studieux rayons fut, pour nous deux, une merveilleuse aventure. La bibliothécaire m'avait promis une belle tendinite en  ramenant chez moi ce bébé de plus de 7 kg mais j'y ai échappé en m'arrêtant régulièrement.

—DAUMER (Georg Friedrich), 1846, Hafis: Eine Sammlung persischer Gedichte, nebst poetischen Zugaben aus verschiedenen Völkern und Ländern, Hamburg (Hoffmann und Campe) Hamburg, Hoffmann 1846. Réed 1856.

https://archive.org/details/hafiseinesammlu00daumgoog

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Published by jean-yves cordier
27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 15:09

Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

 

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Résumé.

— Nom de genre Libellula Linnaeus, 1758 Syst. Nat.,1, 543  : diminutif de Libella. Ce nom latin d'outil, "niveau d'arpenteur en T", qui a donné notre "niveau" a été d'abord choisi par Rondelet en 1555 pour désigner les larves de Zygoptères dont les yeux écartés forment avec le corps un T, puis Libella fut  adopté par les naturalistes (Mouffet 1634, Petiver 1695-1703, Ray 1710, Linné 1746) pour qualifier l'ensemble des Odonates.

— Nom d'espèce fulva, Müller 1764 Faun. Frid.:62. Du latin fulvus, "jaune foncé, fauve", qualifiant la coloration de la base des ailes et de l'ensemble du corps du spécimen décrit, une femelle ou une forme immature. Le mâle, dont l'abdomen est en partie bleu, et dont le jaune de l'aile est plus discret, avait été décrit dans la même publication sous le nom de Libellula Fridrichsdenlasis, du nom de la propriété d'origine royale de la comtesse de Schulin, Fridrichsdal, dont Müller  décrit la faune.

M. Harris Exp. Engl. Ins.:46  décrira cette espèce sous le nom (syn.) de L. fugax en 1782, puis J.C. Fabricius Ent. Syst. Suppl. :283 la décrira en 1798 sous le nom de L. conspurcata (syn.) "avec des taches". 

— Nom vernaculaire : Cette espèce a été nommée "La Christine" (L. fulva) et " l'Agathe" (L. Fridrichsdalensis) par De Villers en 1789, "La Libellule salie" par de Sélys-Longchamps Mon. Lib. Eur.:35 en 1840 par traduction de L. conspurcata Fab., et enfin "La Libellule fauve" par de Sélys-Longchamps Rev. Odon. : 9-10 en 1850 lorsqu'il découvrit l'antériorité et la validité de L. fulva de Müller. Ce dernier nom est aujourd'hui le seul en usage.

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LE NOM DE GENRE LIBELLULA, LINNAEUS, 1758.

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Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. 1, page 543.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

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Voir l'article consacré à la naissance de ce nom Libella puis Libellula :

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymie-pre-linneenne-des-odonates-origine-du-nom-libellula-linnaeus-1758.html

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 LE NOM D'ESPÈCE LIBELLULA FULVA, MÜLLER, 1764.

 

I. LA DESCRIPTION ORIGINALE.

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Sur l'auteur et sa publication, voir la zoonymie de Aeshna cyanea Müller, 1764.

Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 62 n°544.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.523,%22panY%22:0.839,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.346}

 

Texte original :

544* LIBELLVLA fulua, alis basi fuluescentibus, macula marginali nigra : thorace abdomineque fuluo.

In aquis.

Traduction.

"Libellula fulva, base des ailes de couleur fauve, taches marginales noires ; thorax et abdomen fauves.

Vit dans les milieux aquatiques."

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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II. LA DESCRIPTION DE LIBELLULA FULVA PAR MÜLLER EN 1767.

En 1767, O.F. Müller donne une nouvelle description, plus complète, de son espèce dans son article  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, n°20 page 129.

Numérisation BLH  Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldino-Carolinae Naturae Curiosum, Nuremberg :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/171/mode/1up

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20 LIBELLULA fulva alis basi fulvescentibus : thorace abdomineque fulvo. 

Descript. Tota fulva. Frons scil. thorax, abdomen, femora priora. Oculi ex parte fusci, virentesque. Basis alarum, cum nigredine quadam, & costa marginalis fulva; punctum marginale nigrum. Pedes posteriores & tibia anteriorum nigra. In abdomine  linete marginales & macula dorsalis, quae apicem versus augetur, nigra. Foemina differt nubecula nigricante in apice omnium alarum. 

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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III. LA DESCRIPTION DE LIBELLULA FRIDRICHSDALENSIS PAR O.F MÜLLER 1764.

Libellula fridrichsdalensis décrite dans la même publication et à la même page par O.F.Müller en 1764 est considérée comme appartenant à l' espèce L. fulva par Hagen (1840), de Selys-Longchamps (1850), Kirby (1890), Bridges (1994) et Steinmann (2013). Je la décris donc ici.

Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 62 n°549.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.252,%22panY%22:0.82,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.415}

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Texte originale:

549* LIBELLVLA Fridrichsdalensis alis prioribus linea, posticis macula baseos nigricante : abdomine depresso toto caeruleo.

Traduction proposée : "Libellula Fridrichsdalensis,  ailes [antérieures nervurées ?], ailes postérieures marquées à leur base d'une tache noire. L'abdomen est plat et entièrement bleu."

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IV. LA DESCRIPTION DE LIBELLULA FRIDRICHSDALENSIS PAR MÜLLER EN 1767.

En 1767, O.F. Müller donne une nouvelle description, plus complète, de son espèce dans son article  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, n°11 page 127.

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Description :

 

11) Libellula Fridrichsdalenfis alis basi nigricantibus, abdomine depresso caeruleo. 

Rai. Ins. 140, 2. Libella maxima abdomine breviore & crassiore latioreque coeruleo. 

Roesel. Ins. aqu. T.7.f 3. 
Mense Iunio grex harum apparuit, post Solstitium nulla. Maculae nigrae baseos alarum flavo permixtae. Punctum marginale  nigrum. Roeselii Libella differt a nostra maculis lateralibus abdominis flavis, quae mihi in nulla visce ; harum loco vero maculae depressae pallidiores reliquo abdominis. 

 

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On voit qu'il se réfère à la Libella maxima de la liste complémentaire page 140 de John Ray (Historia insectorum), et à l'espèce décrite et illustrée par  Roesel dans Insecten Belustigung planche VII figure 3 (en réalité un mâle  L. depressa) tout en mentionnant les différences.

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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V. ÉTUDE DES NOMS FULVA ET FRIDRICHSDALENSIS O.F. MÜLLER 1764.

L'épithète spécifique latin  fulva correspond, une fois accordé au féminin avec Libellula, à l'adjectif fulvus, "fauve, jaune foncé". Le texte de la description, "base des ailes de couleur fauve, taches marginales noires ; thorax et abdomen fauves", montre que Müller a décrit ici une femelle, et effectivement le fauve, ou jaune foncé, est bien la couleur de la femelle, ainsi que des immatures, tandis que les mâles ont le thorax sombre, les  segments S3 à S7 de l'abdomen couverts d'une prune bleue, et la base des ailes sombres à peine teinté de jaune, tandis que les macules noirâtres des extrémités des ailes y sont très discrètes. 

La forme mâle correspondante est L. Fridrichsdalensis O.F. Müller 1764, avec son corps bleu et la base de son aile postérieure noire. Par ce nom, "de Fridrichsdal", l'auteur l'honore du nom de la riche maison de plaisance des comtes de Schulin, près de Copenhague, puisqu'il était le précepteur des enfants de la comtesse de Schulin, et qu'il consacre son ouvrage à la description de la faune de la vaste propriété foncière.

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VI. SYNONYMES.

  •  Libellula fulva O.F.Müller, 1764 
  •  Libellula fridrichsdalensis O.F.Müller, 1764 
  • Libellula fugax Harris, 1782, Exp. Engl. Ins. : 46. Synonyme de cette espèce  par Hagen (1840), de Selys-Longchamps (1840), Kirby (1890), Bridges (1994) et Steinmann (2013).
  • Libellula conspurcata Fabricius, 1798, Ent. Syst. Suppl :283

Et selon INPN MNHN:

  • Ladona fulva 
  • Leptetrum fulvum .

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1°) Libellula fugax Harris, 1782, Exposition of  England Insects  page 156 et planche XLVI fig.2.

Texte : https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[256],%22panX%22:0.516,%22panY%22:0.32,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.027}

Planche : https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[254],%22view%22:%22thumbnails%22}

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Texte original :

"Fugax. Fig.2 . Déploie ses ailes deux pouces & trois quarts."

"Le nez, le corselet et l'abdomen sont d'un beau jaune brun. L'abdomen est formé comme la première [maculata : « plat, et a trois tranchants comme une épée »]. Les ailes supérieures ont une tache brune aux bouts, & une raie brune étroite proche du corselet. Les ailes inférieures ont aussi aux bouts des taches obscures, & une sur chaque bord abdominal, qui est très obscure, et en forme comme celle de la précédente. Toutes les ailes sont teintes de jaune aux bords tranchans, & proche du corps."

 

Note : l'épithète "fugax" n'est pas explicité dans le texte.

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.
Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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2°) Libellula conspurcata Fabricius, 1798, Entomologia  Systematica Supplementum t.5  page 283.

 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/42138782#page/291/mode/1up

Texte original :

1 — 2. Conspurcata.  L. alis omnibus stria marginali flaua apiceque macula fusca.
Habitat Kiliae Dom. Weber. 
Statura omnino L. 4maculatae at distincta. Os vesiculosum, flauescens. Thorax villosus, 
Abdomen triangulare, flauescens linea dorsali atra. Alae planae, anticae stria ante marginem crassiorem flaua, quae tamenapicem haud attingit. Macula ordinaria marginalis et macula magna fusca alam terminat. Posticae anticis concolores at macula  baseos nigra. 

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L'épithète peut se traduire par "avec des salissures, avec des taches" (latin spurcus "sale, malpropre, immonde"). 

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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VII . LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE DES ODONATES.

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PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/libellule-fauve/

"Etymologie Fulva de fulvus (lat) = fauve, roussâtre ; couleur générale de la femelle et des immatures."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Libellula fulva Müller, 1764 from Lat. fulvus, -a, -um = tawny, reddish yellow for the colouration of females and immature animals; mature, pruinescent males were initially believed to be a separate species."

 

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 ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) 

"fulva (Ladona) - fulvus, a, um = rossastro. Per la colorazione del torace e dei primi uriti addominali"

 

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HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

"fulva (Müller) [l. ochre] describes the colour of the females and immature males."

 

VAN HIJUM, 2005

"Libellula fulva . : fulva = goudbruin . Bünte glêzewasker Bünte glêzewasker, Goudbükje"

 

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VIII. RÉCEPTION DE L'ESPÈCE.

— En 1775, Fabricius ne cite pas cette espèce parmi ses Libellula de son Systema entomologiae ; en 1798, dans son Supplementum il la décrit sous le nom de L. conspurcata

— Donovan, en 1807,  décrivant un spécimen de la collection de Drury, en donne une illustration dans la planche 325 de Natural history of British insects, mais sous le nom de Libellula quadrifasciata qu'il pense créer comme une nouvelle espèce.  Ce nom avait pourtant été créé par Müller 1764 (c'est son n°540), ce qui montre que sa "Faune de Fridrischdal" n'a pas encore été repérée par la communauté des naturalistes. 

https://archive.org/details/naturalhistoryof121807dono

— En 1840, Sélys-Longchamp utilise dans sa description L. conspurcata de Fabricius.

— Le nom Libellula fulva (hormis dans une description de Geoffroy 1762 concernant A. grandis],  n'apparaît, associé au nom de ¨Müller, qu'en 1850 dans la Revue des Odonates de Sélys-Longchamps et Hagen. 

Voir infra Henrik Steinmann  World Catalogue of Odonata, 2013 page 393, mais aussi Deliry Eurothemys fulva.‎

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Numérisation Google https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Numérisation Google https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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IX. NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

Résumé. Cette espèce a été nommée La Christine (L. fulva) et l'Agathe (L. Fridrichsdalensis) par De Villers en 1789, La Libellule salie par de Sélys-Longchamps en 1840 par traduction de L. conspurcata Fab., et enfin La Libellule fauve par de Sélys-Longchamps 1850 lorsqu'il découvrit l'antériorité et la validité de L. fulva de Müller. Ce dernier nom est aujourd'hui le seul en usage.

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1°) "LA CHRISTINE", De Villers 1789 page 10 n°16 pour L. fulva ; "L'AGATHE" pour la forme mâle L. Fridrichsdalensis De Villers page 11 n°20.

Poursuivant le système nomenclatural choisi par Geoffroy en 1762, De Villers attribue, de façon arbitraire, des prénoms féminins aux espèces de Libellules dont il donne la liste, accompagnant ainsi chaque nom binominal latin par un nom vernaculaire français.

2°) LA LIBELLULE SALIE, [de Selys-Longchamps, 1840]. Monographie des Libellulidées d'Europe page 35.

Dans cette publication, le belge de Sélys-Longchamps fait suivre le nom binominal créé par Fabricius par sa traduction en français. 

 

 

 

"N° 5. LIBELLULA CONSPURCATA. (FABR.) LIBELLULE SALIE.

Diagnose. — Abdomen déprimé, roussâtre (bleu pulvérulent chez les mâles adultes). Une ligne oblongue à la base des ailes antérieures; une ligne et une tache triangulaire brunes, à celle des inférieures. Membranule accessoire noirâtre.

Dimensions. — (Voyez le tableau.)

Synonymie. — LIBELLULA CONSPURCATA. Fabr. Vander L. Charp. Steph. Curt. De Selys. Burmeist. - BIMACULATA. Stephens (variété). - DEPREssA (variété mâle). Fonscol. (variété).

♂. Adulte. Tête brune. Yeux grisâtres. Thorax brun, velu. Abdomen déprimé, d'un bleuâtre pulvérulent au milieu, noirâtre à la base et sur les trois derniers segments.Appendices anals supérieurs noirs, minces, plus épais à leur extrémité, une fois plus longs que le dernier segment, penchés en bas : l'inférieur plus court, large, pointu. Pieds noirs. La base des cuisses roussâtre. Ailes hyalines : leur pointe brunâtre. La nervure costale noire en dehors. Parastigma noir. Une ligne courte noire à la base des ailes supérieures, une autre semblable aux inférieures, accompagnée d'une tache triangulaire noire, réticulée de jaune vif, adossée à la membranule accessoire qui est petite, noirâtre. Cette tache triangulaire est une fois plus petite que dans la Depressa, et se trouve séparée de la ligne supérieure par un espace transparent safrané.

♀. Diffère du mâle en ce qu'elle est entièrement d'un brun roussâtre , avec une strie dorsale noire depuis le quatrième jusqu'au neuvième segment abdominal. Cette bande est formée de taches triangulaires appuyées sur le bord postérieur de chaque segment. Les pieds sont noirs, à cuisses roussâtres. Les appendices anals écartés, penchés l'un vers l'autre. La tache basale des inférieurs est un peu plus grande que chez le mâle.

Les mâles et les femelles nouvellement éclos , ont le corps encore plus jaunâtre que les femelles adultes. Le devant de la tête est aussi de cette couleur; mais ce qui est très-remarquable, c'est que les 2°, 3° 4° et 5e nervures longitudinales sont d'un jaune vif'depuis la base jusqu'au milieu de la côte : la base de l'aile est aussi jaunâtre.

Var. alpha. On trouve souvent des mâles qui n'ont pas le bout des ailes brun. La Libellula bimaculata de M. Stephens, est un jeune mâle roussâtre dans cet état. La Libellula depressa, variété, décrite par M. Boyer de Fonscolombe, est un mâle adulte bleu , même variété.

Habite une grande partie de l'Europe tempérée : l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, la France et la Belgique en juin. Elle est peu répandue, fort défiante et fréquente les bois.

Se distingue bien de ses congénères par la ligne courte basale des ailes supérieures."

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3°) LA LIBELLULE FAUVE,  de Sélys-Longchamps et  Hagen  Revue des Odonates 1850 pages 9 et 10.

Ayant découvert l'antériorité et la validité de la publication de Müller, de Sélys-Longchamps, fidèle à son principe de choisir comme nom vernaciulaire une traduction mlittérale du nom scientifique, introduit dans la littérature et dans les usages le nom de "Libellule fauve", qui va rester.

Description :

4. LIBELLULA FULVA. Müller.
LIBELLULE FAUVE.

Diagnose. «Abdomen déprime’, roussâtre (bleu pulvérulent chez le mâle adulte). une ligne oblongue à la base des ailes supérieures , une ligne et une tache triangulaire brunes à celle des inférieures; membranule noirâtre.

Libellula conspurcata. De Sélys, monogr.N°3

Additions

Syn.

Libellula Fulva Müller, Act. Cur. t. III. p.122 (1767)

Lib. Conspurcata Chapr. 1840, n°2, tab II, ♂ non ad. Et ♀. — Rambur. N° 62 — Hagen n°3. — Eversm. — Stephens. — Curt. . — Evans.

Lib. Fugax. Harris.

Lib. Friedrichsdalensis. Müller.

Lib. Bimaculata. Steph. — Evans (exclusis synonymis) ; jeune âge.

Lib. quadrifasciata. Donov.

Lib. adusta. Hotfmans. (mus. Berol.) ; mâle jeune.
Lib. rubiginosa. Id. id.

Lib. rubicunda. Stev. — Turton.

La Christine. Devillers.

L'appendice anal inférieur du mâle, est très-légèrement échancré a sa pointe ainsi que l'écaille vulvaire de la femelle.

Habitat. Cette espèce se trouve dans presque toute l'Europe , mais n'habite que des localités restreintes et ne semble commune nulle part.

Observée dans la partie la plus méridionale de la Suède par M. Sundevall, elle y est très-rare; aux environs de Kasan par M. Eversmann ; en Sicile par M. Ghiliani ; en Hongrie, en Autriche, etc. (Voyez ma monographie.) Je l'ai prise près de Liège et aux environs de Paris (à l'étang d'Enghien). Parait depuis le 15 mai jusqu'au 20 juin selon les années, mais ne semble persister qu'une dizaine de jours.

Je n'ai pas encore vu de mâles avec le bout des ailes marqué de brun, sauf parfois un très-léger vestige aux ailes supérieures, et réciproquement toutes les femelles que je possède ont très-distinctement au sommet des quatre ailes la petite tache d'un brun foncé. Il faut donc faire disparaître cette prétendue variété et corriger ainsi ma description :

Ailes hyalines, la pointe des supérieures à peine salie chez quelques mâles

. Ailes hyalines, la pointe des quatre d'un roux noirâtre.

Müller avait très-bien signalé cette différence sexuelle dans les Acta curiosorum, et sa description étant bonne , nous n'avons pu nous dispenser de restituer à l'espèce le nom de L. fulva, celui de Fabricius étant postérieur. [je surligne]

La fulva se trouve en Angleterre, mais n'a pas encore été observée en Ecosse ni en Irlande. La bimaculata de M. Stephens se rapporte au mâle jeune , mais la description est prise en partie de la vraie bimaculata de Charpentier."

 

 La référence Müller 1767  Acta curiosum, est donnée par A. Percheron:

"MUELLER (Otto-Friedrick), naturaliste danois, né à Copenhague le 11 mars 1750, mort le 26 déc. 1784.

1. Fauna Insectorum Fricdrichsdaliana (du Danemark). In-8. Lipsiae, 1764. Autre édit., Hafniae, 1766.

2. Novicia faunae Friedrichsdalianae. In-8. Argentor., 1767. C'est un extrait d'une portion de la Faune. .

3. Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta naturae curiosorum, t. 5. 1767, obs. xxIx, pag. 122-131."

Je parviens ainsi à l'exemplaire numérisé par Biodiversity Library du tome 3 des Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldino-Carolinae Naturae Curiosum, Nuremberg 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/164/mode/1up

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4°) Nos auteurs contemporains.

Dijkstra : Libelulle Fauve.

Précégout : Libellule fauve.

Grand et Boudot : La Libellule fauve.

Wikipédia : Libellule fauve,

INPN : Libellule fauve (La)

etc.

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X. LES NOMS VERNACULAIRES ETRANGERS.

Les autres langues se montrent plus créatives et plus libres par rapport au nom scientifique:

  • Scarce chaser en anglais
  •  Cabot bencossat  en catalan
  • Der Spitzenfleck en allemand
  • Bruine korenbout en néerlandais
  • Spetsfläckad trollslända en suédois

.

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Libellula fulva

http://www.deliry.com/index.php?title=Libellula_fulva

— HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work.  White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]. 166 pp.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[152],%22panX%22:0.515,%22panY%22:0.796,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.541}

 https://www.gla.ac.uk/myglasgow/specialcollections/virtualexhibitions/birdsbeesandblooms/bees/mosesharrisanexpositionofenglishinsects/

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[5],%22view%22:%22info%22}

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[80],%22view%22:%22thumbnails%22}

MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.042,%22panY%22:0.641,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.288}

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
26 avril 2018 4 26 /04 /avril /2018 18:48
Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

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Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

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Et madame :

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Anthocharis cardamines femelle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

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Anthocharis cardamines femelle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

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Published by jean-yves cordier

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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