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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 12:35

Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

 

 

 

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GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

Nom de genre Onychogomphus, Sélys, 1854 :  vient du grec ὄνυξ, ónyx  (onux, onukhos)  "ongle, serre, griffe" , associé à  -gomphus. Il signifie donc   :  "gomphus à ongle, gomphus à crochet " du fait de la forme des appendices anaux des mâles ;  -gomphus vient du grec  gomphos = "clou, coin, cheville" du fait de la forme en massue de l'abdomen des mâles). 

— Nom d'espèce O.  forcipatus, Linnaeus, 1758, Syst. nat. :545  :  du latin forceps, ipis, "tenailles, pinces " appliqué par Linné aux appendices anaux des mâles dans sa description (Fauna suec. 1746 p.265) Mas cauda forcipata, duobus unguibus majoribus, oppositis,. D'où  : "libellule dont les appendices anaux du mâle sont en forme de pinces".  

— Noms vernaculaires français : 1. "La Caroline", Geoffroy 1762 ; 2. "La Demoiselle à taches d'un verd céladon", De Geer, 1752-1778. 3. "Le Gomphus unguiculé", Sélys, 1840 ; 4. "Le Gomphus à tenailles", Sélys, 1850 ;  5. "Le Gomphe à pinces", P.A. Robert 1936 ; 6. "L'onychogomphe à pinces", Dijkstra, 2007 ; 7.  "Le Gomphe à forceps" Précigout 2009, et INPN.

— Noms vernaculaires dans d'autres langues : 

-en Catalan : el tallanassos petit,

-en Allemand : Kleine Zangenlibelle, "petite libellule à pinces", Schiemenz, 1953

-en Néerlandais :  Kleine tanglibel

- en Frison : Lytse tongerbout

- en Suédois : Stenloddsländend

-en Anglais : the small pincertail , ou green-eyed hook-tailed dragonfly

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I. LE NOM SCIENTIFIQUE : ONYCHOGOMPHUS FORCIPATUS, LINNAEUS, 1758.

A. Le nom de genre Onychogomphus Selys, 1854.

http://www.lavieb-aile.com/2018/02/zoonymie-du-nom-de-genre-onychogomphus-selys-1854.html

SELYS-LONGCHAMPS (Edmond de), 1854, Synopsis des Gomphines, Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. t.XXI(2) pp 23-112 page 33

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/605/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/612/mode/1up

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B. LE NOM D'ESPÈCE FORCIPATUS, LINNAEUS, 1758.  

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Libellula forcipata Linnaeus, 1758 :  Linnaeus (1758) . [Description originale] Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824. : 545.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/25034356#page/555/mode/1up

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Description originale :

Forcipata 11 L[ibellula]. thorace nigro characteribus variis flavescentibus. 

Fn. svec. 771

Pet. mus. 84. n.. 819.

Reaum, ins. 4. t. 10. f.4 et 6. t. 35. f.5. 

Habitat in Europa. 

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Voir le Spécimen de la collection linnéenne : http://linnean-online.org/19717/

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Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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LES RÉFÉRENCES DE LINNÉ POUR LIBELLULA FORCIPATA.

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1°) Fauna suecica 1746 n°771.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/265/mode/1up

771 . LIBELLULA thorace luteo-virescente : lineis nigris, abdomine nigricante : characteribus flavis, 
-Reaum. Gall 4. t 10, f. 4, 

-Merr. pin. 197. Libella maxima lutea, cum 4. vel 5 . spinis in caudae extremitate, 
-Pet. mus.84.. n. 819. Libella major, corpore compresso flavescente, 
Habitat ad Aquas. 
DESCR. Est inter maximas, Mas cauda forcipata, duobus unguibus majoribus, oppositis, & duobus mucronibus subjectis, parvis. Thorax viridi- flavescens , anterius ad alarum exortum , versus caput, tribus nigris lineis duplicatis notatus. abdomen cylindricum, nigrum, octo constans articulis, a tergo linea flava longitudinali inscriptis , quae 6 priores articulos exarat, non vero 7 & 8, Singulum segmentum ad latera macula flava transversa, & alia minore incurva Iongitudinali insignitur , quae maculae evidentiores in foemina , quam in mare. Foemina cauda duobus mucronibus armatur ; Maris vero quatuor. Maris genitalia sub , vel in primo abdominis segmento, foeminas vero fub vel in ultimo segmento, uti omnibus congeneribus. Alae aqueae, puncto marginali & linea transversa in medio. 

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C'est dans la description de cette espèce dans le Fauna suecica, et non dans la brève diagnose du Systema naturae, que Linné utilise le terme forcipata et donne ainsi l'explication de son épithète spécifique.

Je traduis ainsi le début de cette description : est inter maximas, Mas cauda forcipata, duobus unguibus majoribus, oppositis, & duobus mucronibus subjectis, parvis.

"Elle est parmi les plus grandes [Libellules]. La queue du mâle en forme de pince, les deux ongles les plus grands en opposition, et les deux plus petits ---."

Linné reprend peut-être en la corrigeant la diagnose de Merret, qu'il cite : 4 vel 5 spinis in caudae extremitate, "4 ou 5 épines à l'extrémité de la queue."

 

 

 

Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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2°) Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes .Volume 4, 1738.  Planche  10. figure 4

 

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Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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2bis) Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes .Volume 6, 1742.  planche 35 figure 5 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/685/mode/1up

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Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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3°) James Petiver, Musei petiveriani insectorum, 1695-1703, page 84 n° 819

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Libella major, corpore compresso flavescente,  L. max 4 Moffet p.66. Fig. 4, page 67. Id, A.941 F.6. L.Max 4.lutea, cum 4 vel 5 spinusis in caudae extremitate, Merr. Pin. 197. an Perla 9 Aldrovandi, Insect. Page 305 Fig. 9 id Fr. 119. tab 5 Fig.9 ? Jonston Insect. Tab.17, Fig. 3. F. ultima ?

I take this and the last to be Male and female.

James Petiver renvoie, en référence, aux auteurs suivants :

Linné, comme son disciple Fabricius se refusent à donner en référence des auteurs trop anciens et trop imprécis, comme Thomas Moffet et Ulisse Aldrovandi.

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Zoonymie (étude du nom) de Onychogomphus forcipatus Linnaeus, 1758.

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4°) Christopher Merret, 1667, Pinax rerum...page 197 : 

Libella   n°4. lutea, cum 4 vel 5 spinusis in caudae extremitate 

"jaune, avec 4 ou 5 petites épines à l'extrémité de la queue"

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ÉTUDE DU NOM : FORCIPATUS.

L'épithète se réfère à la description donnée par Linné dans Fauna suecica de 1746 : Mas cauda forcipata, duobus unguibus majoribus, oppositis, & duobus mucronibus subjectis, parvis. Il se traduit par "en forme de pinces" et se réfère aux appendices anaux (unguibus) des mâles.

La forme féminine forcipata, accordé au genre Libellula, devient forcipatus en s'accordant au genre Gomphus, puis au genre Onychogomphus.

a) Forcipata :

https://en.wiktionary.org/wiki/forcipatus

Gaffiot forceps, ipis, "tenailles, pinces [de forgeron]", "forceps" 

—Johann Ramminger :  "forcipatus, -a, -um – in Form einer Zange: NEBRIJA comm Prud perist 10,73 vngvlis bisvlcis: idest bifidis aut forcipatis." ("en forme de pince"  : ungulis bisulcis : idest bifidis aut forcipatis = avec des sabots fendus, c'est à dire bifide ou en forme de pinces").

b) Unguibus :

du latin unguis, "ongle" du grec onyx 

https://fr.wiktionary.org/wiki/unguis

Gaffiot donne aussi "grappin, crochet"

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

Comme d'habitude, H. Fliedner est le plus précis et le plus juste..

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/gomphe-a-forceps/

"Onycho de onyx (gr) = serre griffe du fait de la forme des appendices anaux des mâles ; gomphus de gomphos (gr) = clou, coin, cheville du fait de la forme en massue de l’abdomen des mâles ; forcipatus (lat) = muni de tenailles, pinces (forceps) ; les appendices anaux des onychogomphus sont en forme de pinces ou de forceps."

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 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. forcipatus, -a, -um = armed with pincers [forceps = pincers]  for the shape of the male's appendages"


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"forcipatus (Onychogomphus) - forceps, forcipis = pinza, tenaglia. Per la forma dei cerci"

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H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Onychogomphus [gr. onych* = anything like a claw] has its name after the subspecies O. forcipatus unguiculatus (Vander Linden) [l. equipped with little claws; which is an allusion to the special form of the male’s exterior appendices], for l. unguis is the equivalent of gr. onyx. "

 

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VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 "Forcipatus : met forceps (tangen)

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II. NOMS VERNACULAIRES EN FRANÇAIS. 

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1°) La Caroline, Geoffroy 1762.

 

Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Tome 2 / ; dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome second,  A Paris, chez Durand, rue du Foin, le premiere porte cochere en entrant par la rue S. Jacques, au Griffon. M. DCC. LXII. Avec approbation et privilége du Roi. pages 228-229

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51067#page/238/mode/1up

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f238.item

"13. LIBELLULA thorace luteo-virescente , lineis nigris ; abdomine nigricante characteribus flavis. Linn. faun.fuec. n. 771. 
-Linn.syst. nat. edil. 10, p. f4S , n. 11. Libellula forcipata. 
-Petiv. mus. S4 , n. 8 i.y. Libella major, corpore compresso flavescente. 
-Merr.pin. 97 , n. 4. Libella maxima lutea , cùm 4 vel 5 spinis in extremitate caudae; 
-Reaum. ins. tom. iv , tab. 10 ,f. 4 , fr tom. v'y. tab. 3 <j ,fg. j. 
-Rosel. inf. vol. i , tab. 5. Insect. aquatil. clajf. 1. 
La Caroline. 
Longueur 13 lignes. 
Sa tête est jaune & a de gros yeux bruns. Son corcelet est aussi d'un jaune tirant un peu sur le vert , avec trois lignes noires de chaque côté qui descendent obliquement de l'extérieur vers l'intérieur. Le ventre qui est fort long & brun est composé de neuf anneaux. Sur le dos du ventre dans le milieu est une bande jaune , mais qui se termine au sixième anneau , fans aller fur les trois derniers. De plus tous les anneaux ont fur les côtés deux taches jaunes, une au haut de l'anneau plus petite & transverse , l'autre plus bas , longitudinale , un peu courbe , & dont les pointes regardent le dessous du corps. Les ailes font transparentes ; sans couleur ; & elles ont la tache oblongue &noire du bord extérieur. On trouve cette espèce avec les autres dans les prés & les endroits aquatiques."

Pour nommer en français ses 15 espèces de Libellules, Geoffroy a commencé par reprendre les noms données par Linné, dans Fauna suecica, à deux espèces rendant hommage à la reine Louise-Ulrique de Suède, puis il a poursuivi cette veine des prénoms féminins, avec des intentions parfois devinables. Ce n'est pas le cas ici.

Geoffroy latin par Fourcroy : https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n235/mode/2up

 

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2°) La Demoiselle à taches d'un vert céladon,  Charles de Geer, [1752-1778].

Charles de Geer, 1752-1778, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, tome 2 partie 1, Xe mémoire.  page  690

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f700.image.r=.langFR

"La couleur de cette Demoiselle est noire, mais le corcelet est tout plein de taches irrégulières et de rayes d'un verd céladon, de sorte qu'il est fort bigarré".

Le vert céladon, vert tendre, pâle et bleuté, fait référence à la couleur du costume du berger Céladon, dans le roman précieux l'Astrée.

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3°) Le Gomphus  onguiculé, de Sélys, 1840.

Monographie des Libellulidés d'Europe, page 80.

La Libellula forcipata a été renommée Aeshna onguiculata par Vander Linden en 1820, et Gomphus onguiculatus par de Sélys en 1840 dans cette Monographie. Fidèle à son usage, de Sélys traduit littéralement en français le nom scientifique.

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4°) Le Gomphus à tenaille,  de Sélys 1850

Selys-Longchamps, Edmond de (1813-1900), 1850, Revue des odonates ou libellules d'Europe / par Edm. de Selys-Longchamps,... ; avec la collaboration de M. le Dr H. A. Hagen,...ed C. Muquardt (Bruxelles), Roret (Leipzig), page 98

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f126.image

Texte : 

"8. Gomphus forcipatus L. , le Gomphe à tenailles."

Cette description est précédé d'une longue explication :

 

"N . B. M. Hagen dans la Gazette entomologique de Stettin , (juillet 1844 , p. 257 ), a publié une savante exposition de ce qui concerne la L. vulgatissima de Linné. Je résumerai son opinion en restituant cependant le nom de vulgatissimus , partout où il a adopté celui de forcipatus, et en écrivant forcipatus , là où il a admis unguiculatus.

L. vulgatissima de Linné dans la 1ère édition de la Fauna suecica est probablement un individu non adulte de la scotica.

Dans la 10° édition du Systema Naturæ , c’est le Gomphus vulgatissimus (forcipatus , Hagen).

Dans la 2° édition de la Fauna c’est une confusion des deux descriptions précédentes.

La L. Forcipata dans le Systema, édition 12e, comprend à la fois les Gomphus forcipatus (unguiculatus, Hagen) , et vulgatissimus (forcipatus,Hagen).

La vulgatissima (Olivier , Encyclopédie), est bien cette espèce (forcipatus, Hagen) ; il en est de même de celle de Panzer , mais ce dernier cite comme variétés le forcipatus ( unguicutatus, Hagen), et le serpentinus.

Dans la collection Gyllenhall, le forcipatus (unguiculatus, Hagen) est bien nommé; il en est de même dans le musée Thunberg, mais on trouve aussi dans ce dernier un Cordulegaster annulatus appelé du même nom.

Enfin dans le musée Lund Schestedt (Fabricius) la Libellula Sabina de Drury , ou une espèce voisine porte le nom de vulgatissima, la Libelulla gibba de cet auteur , est aussi la Sabina ou une voisine tout-à-fait exotique, du groupe de la trinacria. (Voyez l’article de la L. ampullacea à l'appendice).

Ayant examiné en août la collection de Linné à Londres , j’ai reconnu que les auteurs anglais ont eu raison d’attribuer le nom de vulgatissimus L. au forcipatus des auteurs récents. Il y a en effet un mâle étiqueté de la main de Linné lui-même , et une semblable étiquette, désigne comme forcipatus, unguiculatus de Vanderlinden (l'hamatus, Charp.), et en effet ce nom de forcipatus convient très-bien à la forme des appendices anals du mâle de l'unguiculatus, et ne s’appliquerait que fort mal au mâle du vulgatissimus du présent article, auquel on ne doit plus hésiter à restituer définitivement son nom Linnéen."

Surtout, Sélys décrit ici page 96, juste avant G. forcicatus, le Gomphus uncatus Charpentier 1840 sous le nom de "Gomphus à crochet". Cette espèce est très proche du "Gomphus à tenailles" mais les appendices anaux du mâle n'ont pas de dent subterminale, et le 8e segment abdominal a constamment une tache triangulaire basale.

 

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4°) Gomphe à pinces, P.A. Robert 1936.

ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères, Delachaux et Niestlé page 128.

Paul-André Robert (1901-1977) était un artiste et naturaliste suisse. Paul-André Robert est né en 1901, en Suisse, près d'Orvin, au «Jorat». D'une famille de peintres - Léopold, son grand-père ; Aurèle, son grand-oncle, Léo-Paul, son père - Paul-André Robert, neuvième enfant d'une famille de dix, commença très tôt à dessiner. Son père, non seulement l'initia à l'art mais l'encouragea aussi à l'observation des petites bêtes. Il avait aménagé dans sa maison une véritable «cité de cages à chenilles» qu'il présenta, avec son fils, à des expositions.  Dès l'âge de 16 ans il avait commencé à travailler sur une monographie monumentale sur les larves de libellules d’Europe . Très jeune, séduit par la lecture de Fabre, Paul-André observe avec passion les insectes et, en particulier, les libellules sur lesquelles il publiera un livre de qualité qui lui vaudra, en 1973, le titre de Docteur honoris causa de l'université de Neuchâtel.
En Europe, on le connaît principalement pour son ouvrage Les Libellules, paru en 1958.

C'est le premier auteur a se soucier de créer des noms vernaculaires d'insectes en langue française au XXe siècle, bien avant les efforts de H. SCHIEMENZ, en 1953, pour proposer des noms de libellules en allemands.

Ce nom est repris actuellement par de nombreux auteurs, notamment Grand et Boudot 2006, et le site (consulté ce jour) de l'INPN.
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5°) L'Onychogomphe à pinces (Dijkstra 2007)

On le trouve dans le Guide des Libellules de K.D.B. Dijkstra (2007) puis dans Libellules de Poitou-Charentes, 2009. C'est le nom qui figure dans l'article Wikipédia.

6°) Le Gomphe à forceps.

Le nom  est employé dans Libellules de Poitou-Charentes, 2009, et sur le site de l'INPN. Certes notre substantif "forceps" n'est pas propre à l'obstétrique, ni par son étymologie (latin forceps "pinces de forgeron") ni par son emploi (anatomie ou entomologie), mais il laisse penser que l'épithète forcipatus de Linné avait ce sens obstétrical, ce qui n'est pas attesté.

 

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LES NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES PAYS.

 

-Catalan : el tallanassos petit,

-Allemand : Kleine Zangenlibelle, "petite libellule à pinces", Schiemenz, 1953

-Néerlandais :  Kleine tanglibel, "petite libellule à pinces"

-Frison : Lytse tongerbout

-Suédois : Stenloddsländend

-Anglais : the small pincertail , ou green-eyed hook-tailed dragonfly

 

 

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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
 
 
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OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&pg=PA173&dq=steinmann+onychogomphus+forcipatus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjJ6bqArLreAhVKExoKHb9cC34Q6AEILDAA#v=onepage&q&f=false
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248 

ou Gottingen.

 

— GEER, (Charles de), 1771 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, .Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica . Tome second première partie 616 pages, ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— LINNÉ 1758 Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824

http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/494/mode/1up

 

— MAJORI (Cesare, 1746-1823) , Supplemento alle Lezioni botaniche preso dai due Regni Animale, e Fossile del lettor Cesare Majoli (Tomo I e II), Fano, Biblioteca Federiciana, Fondo Federici, n. 86 e 87.

 (DIONISI 2010/2011).

http://www.fondazionecarifano.it/Ambiente/libellule_metauro/05_libellule_viste_cesare_majoli.pdf

— MERRET (Christopher) 1667 Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

http://books.google.co.uk/books?id=p0SjZ7N6TA0C&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

— MOFFET (Thomas) 1634 Insectorum, sive, Minimorum animalium theatrum. Londini : Ex officin typographic Thom. Cotes et venales extant apud Guiliel. Hope, 1634. BHL.

— PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL. Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802, Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 14:22

Voici le lien de ma page facebook :

https://www.facebook.com/Lavieb-aile-611882632563800

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Published by jean-yves cordier
2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 12:06

La verrière du Baptême du Christ et de la Procession des drapiers (baie 26, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste vers 1500-1510,  et anonyme vers 1490-1500)  de l'église Notre-Dame de Louviers.

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1. Sur Louviers :

Iconographie de saint Christophe : La peinture murale de saint Christophe à Louviers (vers 1510).

2La liste de mes articles sur les vitraux.

 

 

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Baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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PRÉSENTATION.

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Cette baie de 4,40 m de haut et 0,70 m de large se compose d'une seule lancette trilobée occupe (flèche)  l'extrémité ouest du bas-coté sud, à droite de la chapelle des fonts baptismaux. Presque toutes les verrières qui nous sont parvenues appartiennent aux campagnes d'agrandissement ou de remise au goût du jour de l'édifice, qui s'échelonnent entre 1490 et 1530 (parties rouges du plan). 

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C'est une baie composite faite de deux parties différentes .

 Au registre inférieur, la procession des drapiers de Louviers pour la Fête-Dieu se rattache par son exécution aux éléments de vitrail offert par Guillaume II Le Roux et par sa femme Jeanne Jubert qui ornait probablement la chapelle  située au niveau des deux dernières travées du bas-coté sud ; il  a été réalisé à la même date (vers 1495) et par le même atelier (contemporain de Jehan Barbe, de Rouen ?). Son emplacement initial n'est pas connu, mais le panneau provenait vraisemblablement d'une des baies des chapelles nord de la baie.

Au registre supérieur, le Baptême du Christ daté vers 1500-1510, appartient à la production de l'atelier rouennais dit du Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste, actif à Bourg-Achard, Rouen, et Conches.

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Plan du guide de l'Office du tourisme Seine-Eure

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I. LE REGISTRE INFÉRIEUR : PROCESSION DES DRAPIERS DE LOUVIERS POUR  LA FÊTE-DIEU (1490-1500).

 

 

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     À l’époque médiévale, outre les activités de tannerie, Louviers est un centre important de production de toile de lin et de drap de laine.Les guerres  apportent souvent le trouble et la destruction dans ces activités.

 

La corporation des drapiers-foulons était une corporation très riche, qui fit aux églises de Louviers de nombreuses libéralités. En reconnaissance de ces libéralités, les membres de cette corporation ont joui pendant plus de trois cent ans d'un double privilège : ils portaient le dais aux processions du Saint Sacrement, et à leur inhumation on sonnait gratis la grosse cloche dite « la Liard » (ou "cloche des foulons" offerte en 1379 par  le drapier Jehan Liard)  ;  ils perdirent ces beaux privilèges en 1713 par une sentence du lieutenant-général de Pont-de-l'Arche rendue le 21 juin de cette année.

Le prêtre, revêtu d'une chape richement brodée, s'avance sous un dais, tenant l'ostensoir du Saint-Sacrement . Ce dais est de drap rouge frangé de trois couleurs et à la bordure frappée de fleur-de-lys d'or: ; ses montants bleus sont décorés également de fleur-de-lys d'or. Le prêtre est escorté par sept confrères drapiers, dont quatre tiennent les supports du dais ; et  deux d'entre eux au moins portent une étole de fourrure. Les neuf  confrères portent un chapel de fleurs en perles; les cinq qui ne soutiennent pas le dais  tiennent des  torches  auxquelles sont fixées des armoiries .  Ces écussons se rapportent à des corps de métiers qui travaillent la laine.

—Le premier blason montre les trois enfants nus (comme ceux de la Légende de saint Nicolas)  dans un baquet d'or dont ils tiennent la traverse . C'est le blason des foulons.

— Un peu en arrière, c'est le blason des   teinturiers : à la lettre T d'or, enfilée dans une couronne de même et posée sur un léopard d'argent, crinassé d'or. Nous disons au T et non au L, comme dit à tort M. Raymond

—Celui du second personnage près du prêtre  est celle des  tondeurs et épincetteuses « à une force d'argent, posée en pal et accompagnée de deux épinces de sable »

— En arrière et en haut, un blason  évoque le sceau d'azur au lion d'or passant, à la bordure de gueules chargée de besants d'argent que les drapiers reçurent : ce "signet" en plomb  fut  remis en 1368 par Philippe d'Alençon aux habitants de Louviers pour qu'ils puissent marquer le drap qu'ils produisaient. Un spécimen de ces signets a été conservé, il montre sur l'une de ses faces "un écu triangulaire chargé d'une croix et d'un animal léniforme [lion ou léopard] passant et brochant et entouré d'une bordure de besants" (. L.Barbe, Bull. SEDL 1902)

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L. Barbe, Bull. SEDL 1902. Numérisation BNF Gallica.

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— Le dernier confrère porte les armes des laineurs : à la croisée de chardon d'or . Les têtes de chardon, plus précisément des cardères à lainer  Dipsacus sativus servaient au lainage des draps fins. Ils étaient cultivées dans de nombreuses communes. Pour se servir des chardons, on les montent sur une croix ou croisée : trois rangs de chardons usés entourés d'une ceinture de chardons neufs. (Encycl. Meth.)

Rappel : la laine doit d'abord être dégraissée par les foulons dans un bain d'argile ou d'urine. En sortant du foulon, l'étoffe est brute et grossière. Elle est peigner avec un cadre de bois où sont fixés des têtes de cardères. Alternée avec le lainage, la tonte coupe la laine avec de grands ciseaux nommés "force". Puis les épincetteuses ôtent avec des petites pinces toutes les saletés et impuretés. Puis elle est confiée aux tondeurs qui la "chardonnent" et enfin aux teinturiers.

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Le sol est jonché de feuilles vertes et de fruits, ce qui correspond à la tradition des décorations florales de la Fête-Dieu. 

Les drapiers portent des tuniques courtes serrées par une ceinture, sans manches ou à manches courtes, recouvrant un pourpoint ou une chemise de couleur opposée à celle de la tunique. Ce désaccord de couleur se retrouve sur les chausses, qui sont mi-partie, la couleur d'une moitié de la jambe  s'opposant à celle de l'autre moitié avec des paires bleu-or, blanc-or et rouge-or. Tout aussi surprenant est le chaussage, notamment avec la paire de "chaussons" rouge et blanc qui semblent fourrés intérieurement.

Sur le plan technique, nous remarquerons l'emploi de gravure de verres rouges, soit pour les perles blanches de la chasuble du prêtre, soit pour rendre ces chaussons rouge et blanc dans un seul verre, ou les fleurs rouges à cœur blanc du sol.

Une autre prouesse réside dans l'emploi de verres insérées en chef-d'œuvre pour les pierreries de la chasuble.

 

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Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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La tête du prêtre, les armoiries des drapiers de Louviers et une partie de l'ostensoir ont été refaits.

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Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Procession des drapiers (1490-1500), baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

L'inscription rappelle le nom d'un donateur de la restauration de 1903 par Maurice Muraire : "Restauration offerte en mémoire de M --Guillard, membre".

Baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Modèles de cette scène:

— 1°) les processions autour du Saint-Sacrement des  Charitons et notamment leurs "chaperons" ( étoles) et  leurs torchères. 

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Torchères de charitons, Honfleur, musée. Photo lavieb-aile.

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2°) Les enluminures des processions du Saint-Sacrement : 25 réponses pour Miniature pour la Fête-Dieu.

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr

 

Voir notamment :

  • Clermont-Ferrand BM 0069 f 292v, après 1482,
  • L'évangéliaire à l'usage de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (?), Bibl Sainte-Geneviève ms 0106 f.130, réalisé vers 1520-1530.
  • Le Bréviaire à l'usage du prieuré Saint-Lô à Rouen, Bibl. Sainte-Geneviève 1266 f.006, du début XVIe.

Ces enluminures de la Fête-Dieu sont situées principalement dans la région de Rouen, et dans une période 1480-1530.

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3°) Les enluminures des cortèges funèbres où 13 "pauvres" portent des torches : Fouquet dans les Heures Chevalier (1452-1460):

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 I. LE REGISTRE SUPÉRIEUR : LE BAPTÊME DU CHRIST (1500-1510).

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Il  appartient à la production de l'atelier rouennais dit du Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste, actif à Bourg-Achard, Rouen, et Conches.

Cette partie du vitrail faisait partie de la verrière offerte par les tanneurs de Louviers pour la baie 10.

La moitié de la surface environ est traitée en grisaille sur verre blanc, montrant Jean-Baptiste, le Christ, et dans le lointain les murailles de Jérusalem.

En tête de lancette, Dieu le père envoie sa colombe parmi les rayons de sa gloire, tandis qu'une banderole brune porte sa parole en lettres d'or : HIC EST FILIUS MEUS DILECTUS IN QUO MICHI [BENE] COMPLAC [UI] Matthieu 3:17

La banderole est entourée de deux "nuages" rouges, en réalité des anges prosternés.

La partie boisée à gauche accueille, en haut, une chouette et un autre oiseaux,  et, en bas, un couple de perdrix à coté d'un héron sur la berge du Jourdain.

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Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baptême du Christ (Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, 1500-1510) baie 26, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Michel Hérold a consacré en 1999 un article La production normande du Maître de la vie de saint Jean-Baptiste (Pierre, Lumière et couleur, pages 469-485) dans lequel il replace cette scène dans une suite de 10 scènes de la Vie de Jean-Baptiste allant des adieux de Jean-Baptiste à ses parents jusqu'à sa décollation. Huit de ces scènes sont présentes dans la baie 2 de Bourg-Achard, 3 dans la baie 20 de Conches, 4 = 2 vestiges à Saint-Romain de Rouen, une seule à Louviers, mais il faut ajouter à ce recensement les deux panneaux conservés à Londres, musée Victoria et Albert (achetés au peintre rouennais Jules Boulanger en 1909) et les trois panneaux conservés au Museum of Art de Philadelphie. 

Concernant la scène du Baptême du Christ, elle est présente, outre à Louviers,  à Bourg-Achard, à Conches, à Rouen sous forme de vestiges, et à Philadelphie, soit donc au total à cinq reprises. L'auteur cite aussi la copie du Baptême conservée à Overstone, Northampstonshire, église Saint-Nicolas, "dont la confrontation avec son homologue de Louviers est sans ambiguité".

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Baptême du Christ, tympan de la baie 2, Bourg-Achard. Photo lavieb-aile.

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Baptême du Christ, baie 20 de l'église de Conches. Photo lavieb-aile.

 

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Baptême du Christ, Overstone, St-Nicholas' church, in Hérold p. 479

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Baptême du Christ, Philadelphia Museum of Art, in Hérold p.478

 

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Baptême du Christ, Philadelphia Museum of Art.

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Michel Hérold a fait procéder à un relevé des dessins des plombs sur des photos des panneaux de Philadelphie et de Louviers, pour constater que les deux œuvres sont conçues à la même échelle et les contours des personnages se superposent presque exactement, alors qu'une bonne partie du décor varie. Cela traduit le réemploi de patrons dit "silhouettés", des documents techniques bien adaptés aux besoins des ateliers de peintres verriers en vue de la répétition. 

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Relevé des plombs des Baptême de Philadelphie (à G.) et Louviers (à D.), dessin Christel Drouard, Ciorpus vitrearum, in Hérold p. 479.

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Il est aussi possible de comparer les inscriptions : elles sont présentes dans tous les cas sauf à Overstone, disposées verticalement dans un cartouche de même proportion. Celles de Louviers et de Bourg-Achard sont très proches par leur écriture gothique, bien que la plus élégante et la plus ornée soit à Bourg-Achard. Dans les deux cas, le terme latin MIHI est orthographié MICHI, une forme attestée (Fonts de St-Barthélémy de Liège, v. 1118 ; Bréviaire à l'usage d'York ) mais rare.

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Inscription à Louviers.

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Inscription à Bourg-Achard.

 

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Inscription à Conches.

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La conclusion de l'étude de Michel Hérold est de concevoir un seul atelier, rouennais, disposant de suites de patrons fournis par un ou plusieurs peintres parisiens : c'est à cette structure que reviendrait le nom, créé par Jean Lafond, de Maître de la vie de saint Jean-Baptiste. 

Le peintre parisien est ou serait Jean d'Ypres, le Maître des Très petites heures d'Anne de Bretagne, malgré qu'aucun modèle de la Vie de saint Jean Baptiste, et notamment ici du Baptême du Christ, ne soit connu de la main de ce peintre prolifique. 

Dans un certain nombre de cas, des patrons à grandeur, très détaillés, serait fournis par le peintre, et décalqués par le verrier, qui se réserve les choix techniques et la coloration.

Mais l'atelier se montre aussi capable de maîtriser l'ensemble des étapes et de se dégager de l'influence ou de citation parisienne : c'est précisément le cas pour ces Baptêmes successifs et semblables.

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Voir, du même atelier, la baie 1 et la baie 2 de Bourg-Achard.

 

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SOURCES ET LIENS.

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http://sedlouviers.pagesperso-orange.fr/histoire/25questions/drap.htm

 

BARBE (Lucien), Louviers décorée au XVe siècle, Société d'études diverses de l'arrondissement de Louviers, 1902, Imp. E. Izambert., 1903

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4413211/f75.item.r=drapiers.zoom

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4413211/f73.item.r=drapiers.zoom

 — BARBE Lucien, « Histoire de l'industrie textile du drap à Louviers », in Bulletin Annuel de la. , Bulletin S.E.D.,t. I,1893 page 45-82

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k441316k/f43.image.r=lucien%20barbe

 

 — CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171

HÉROLD (Michel), 1999, La production normande du Maître de la vie de saint Jean-Baptiste, Pierre, Lumière, couleur, Etude d'histoire de l'art du Moyen-Âge en l'honneur d'Anne Prache, , Presses de l'Université de Paris-Sorbonne 

LAFOND Jean, 1963, Les vitraux de Notre-Dame de Louviers, par Jean Lafond . Louviers et Pont-de-l'Arche. Nouvelles de l'Eure, n° 15, Pâques 1963. (pp. 42-47).

LE MERCIER (E.)  Monographie de l'église Notre-Dame de Louviers Ch. Hérissey et fils, 1906 - 212 pages 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 20:05

Iconographie de saint Christophe : La peinture murale de saint Christophe à Louviers (vers 1510).


 

 

 

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— Sur les peintures murales, utiliser l'onglet "rechercher"

Sur l'iconographie de saint Christophe : Voir :

 

 

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Lorsque je me suis rendu à Louviers pour visiter l'église Notre-Dame, j'ai passé un très long moment près des fonts baptismaux — la première chapelle à droite de l'entrée— d'une part pour attendre la fin de l'office alors en cours, puis pour photographier les baies 24 et 26. J'eus donc largement le temps d'observer les lieux. Pourtant, ce n'est qu'au moment de quitter l'église que je m'avisais que le fond très sombre de la chapelle des Fonts  était occupé par une peinture dont je devinais vaguement les formes. Focalisant mon attention, j'y reconnus avec émotion un monumental saint Christophe, semblable à celui que j'avais observé, dans des conditions d'éclairage à peine meilleure, et dans la même situation à droite de l'entrée, dans la cathédrale de Burgos.

N'ayant aucun éclairage à ma disposition, je photographiai cette paroi obscure en sensibilité maximum.

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La peinture murale de saint Christophe à Louviers : au secours !

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Une fois rentré chez moi, j'ai consulté les données disponibles en ligne, pour m'apercevoir que les rares clichés (trois sur le même site de la SEDLR) de cette peinture murale étaient tous aussi sombres que les miens. La fresque est dans un état déplorable et rien n'est fait pour la mettre en valeur. 

Le GRPM — Groupement de Recherche en Peinture Murale— s'en est-il ému ? Je ne trouve en ligne que ses mentions de peinture de saint Christophe en Champagne (à Arsonval, Cussangy, Metz-Robert, Nogent-en-Orthe, Chappes), en Rhone-Alpes à Saint-Antoine-l'Abbaye.

D'autres sont découvertes en  Bourgogne sous des badigeons à Asnois et Diennes-Aubigny (Nièvre). D'autres encore attendaient sous le badigeon à Montferrand-du-Périgord, à Saint-Christophe-sur-le-Nais, en Charente-Maritime à Archingeay,  en Charente à Saint-Artémy de Blanzac, en Vienne à Civaux et à Thollet,  en Belgique à Malines .

Mon but n'est pas ici d'en dresser un inventaire, mais de souligner que partout, elles font l'objet de restaurations, d'attention et d'études, et d'émerveillement.

L'état d'abandon de la peinture de Louviers  était déjà signalé en 1893, lorsque Charles Dubourg en donna la première description  (et la seule à ma connaissance) pour attirer l'attention sur son intérêt.

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Quelques données :

Selon le Congrès archéologique de France 1984, la peinture a été offerte vers 1519 par Jehan de Challenge, écuyer, licencié es droit, bailli de Louviers, membre d'une éminente famille lovérienne d’hommes de loi enrichis et anoblis, et qui offrit en 1526 à son église un vitrail. Guillaume de Chalenge, bailli de Louviers en 1407 avait édifié une chapelle où figure ses armes de gueules à trois soleils d'or.

La peinture a  été recouverte par un badigeon à la fin du XVIIIe siècle, redécouverte au XIXe et a longtemps été masquée par un tableau, copie de la Vierge de Foligno de Raphaël.


 

Deux donateurs (un couple ?) sont agenouillés au pied de la peinture, accompagné à gauche d'un blason d'azur à la croix (engreslée ?) d'argent.  [Daillon : d'azur à la croix engrêlée d'argent : donateur d'un vitrail à Gisors].

La taille monumentale du saint (souvent 3 à 4 mètres) rappelle que Christophe est, dans la Légende, un Géant. Cette tradition correspond au début des représentations iconographiques et disparaîtra ensuite.

L' emplacement à la droite immédiate de l'entrée, soulignent sa valeur de protection lors du franchissement des seuils, les passages, les transitions et donc les voyages.

La situation près des fonts baptismaux est très fréquente et relève de la même symbolique du passage, mais aussi de la conversion du saint : par son baptême, le chrétien est appelé à devenir christophore, porteur du Christ. 

Signalement par le n°14 sur le plan d'un circuit de découverte où elle est qualifiée de "fresque noircie":

 

 

 

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Droits réservés Office du Tourisme Seine-Eure

 

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Description générale.

 

Le saint marche vers la gauche, pieds dans l'eau car  traversant un gué, portant le Christ enfant sur ses épaules et s'aidant d'un bâton. Il est guidé par un ermite dont nous ne voyons bien que sa lanterne, à droite ; son ermitage doit correspondre à la grande église qui se détache sur l'horizon. Tous ces éléments sont conformes à l'iconographie établie à cette époque en France. L'ensemble est surmonté, en haut de l'ogive, par Dieu le père au milieu d'une gloire.

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Je vais présenter mes mauvaises photos, en multipliant les vues de détails un peu plus explicites;

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Vue générale. 

Premier repère : le bâton tenu en haut par la main droite du saint. J'indique la tête du géant et celle de l'Enfant.

Il m'est impossible de voir si le bâton est refleuri, selon le miracle et la métaphore de la reverdie/conversion.

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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Les donateurs.

Une inscription est visible (un euphémisme) sur une seule ligne à la base de la peinture OFFERTE--.

Rien ne peut être dit des donateurs, sauf qu'ils sont agenouillés, mains jointes, et que celui de droite est peut-être un clerc car une capuche est rabattue dans son dos.

Des armoiries, nous ne voyons que la croix blanchâtre. J'ai déjà évoqué les armes de la famille Daillon. ans mes recherches, je note que les armoiries de Jumièges sont  D'azur, à la croix d'argent , avec une crosse en pal, cantonnée de quatre clefs tournées à dextre.

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Nous en profitons pour examiner les jambes nues du saint qui traverse la rivière, et le sol où poussent des joncs et d'autres plantes aquatiques. Je ne discerne ni vaguelettes, ni poissons. Peut-être une barque, si ce n'est pas un artefact.

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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Il me semble compter en réalité trois blasons.

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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L'examen de la tranche suivante  de la peinture, en forçant les paramètres, montre que le saint est vêtu d'un pagne bleu frangé d'or, et que le bâton écoté donne naissance à quelques feuilles.

Le manteau rouge descend en diagonale vers la droite, après un pan qui descend à gauche, tenu par la main qui tient le bâton.

 

 

 

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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C'est au même niveau que j'ai découvert la fameuse lanterne si fréquemment représentée ailleurs entre les mains du bon ermite.

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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À l'église Saint-Jean de Malines, c'est sur l'autre rive qu'il attend le voyageur.

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Peinture murale de Malines . Droits réservés Marjan Buyle et Anna Bergmans

 

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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La tranche suivante nous montre :

une ligne d'horizon avec paysage rocheux à gauche et église à droite.

la main de Christophe tenant le bâton qui se termine par une (sorte de ) croix.

La tête du saint. Son front est entouré du bandeau si important dans l'iconographie. Les traits de son visage sont grossiers, vultueux, soulignant la nature du Géant à la force jusque là non jugulée. La bouche est entrouverte. Les yeux sont tournés vers l'arrière, mais non vers le Christ. Je crois voir une barbe, bien probable.

Le Christ juché sur les épaules : cf infra.

Dieu le père, barbu, bénissant, tenant un livre (inscription) et envoyant depuis ses nuées les rayons de son approbation et de sa puissance.

 

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Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Saint Christophe traversant le gué, 1519, chapelle des Fonts, église Notre-Dame de Louviers. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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Le Christ enfant est représenté bénissant, tenant le globus cruciger à longue hampe, vêtu du manteau rouge de la Résurrection, et nimbé de rayons sinueux.

Les pans du manteau qui s'envolent en vagues sur les cotés relèvent, comme les éléments précédents mais de façon encore plus évidente, d'une fidélité aux modèles du XVe siècle.

Je place en annexe quelques descriptions de peintures murales qui montreront comment cette représentation du saint christophore est codifiée.

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La peinture murale de saint Christophe à Louviers : au secours !


 

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Le bailli Jehan de Challenge fit exécuter vers 1519 la fresque de saint Christophe à la chapelle des fonts baptismaux

Jehan Challange

à Louviers, un acte de 1526 précise que feuJehan Challenge, membre d'une éminente famille lovérienne d'hommes

à Louviers, un acte de 1526 précise que feu Jehan Challenge, membre d’une éminente famille lovérienne d’hommes de loi enrichis et anoblis, avait payé « une vitre en l’église de la ville » et que, selon un accord passé, la ville devait payer une ferraille pour protéger le vitrail105.

Vitraux Rouen 394 de Tilly, Le Roux d'Esneval et de Challenge; il datait du premier quart du XVr s. ChristopheLe Picart de Radeval et son épouse Anne Basset avaient offert la verrière de la baie sud de l'abside, dont un ... renouvelle en 1888 les encadrements ornementaux des verrières de la Passion et de la Vie de saint Jean-Baptiste

Jehan Challenge, escuier, licencié en loix, bailly dudit Loviers, 

 

 

                                    

 Louis du Vivier D'azur à la croix d'argent cantonnée de quatre aigles du

 

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ANNEXE I. LA DESCRIPTION DE CHARLES DUBOURG (1893)

 

SAINT CHRISTOPHE

        " II existe dans l'église Notre-Dame de Louviers, vis-à-vis les fonds baptismaux, une vieille peinture murale, apparaissant comme à travers un voile, et représentant un géant habillé dans le goût du XVe siècle. L'artiste, qui a exécuté cette déco­ration, a pris pour sujet la légende de Saint Christophe.

        Ce fut sans doute aussitôt après la construction de cette partie de l'église, c'est-à-dire vers 1500, qu'elle fut faite(1). C'était le moment où ce saint était le plus en honneur.

        Du reste, la manière dont l'artiste a traité son sujet, indique la fin du XVe siècle. Le saint, vêtu d'une tunique à plis garnie de fourrure, est armé d'un bâton noueux et tient sur sa puissante épaule l'enfant Jésus, qui appuie sur la tête du géant le globe du monde surmonté d'une croix très longue. Tout en haut de l'ogive, Dieu le père, au milieu d'une gloire, contemple la scène. Dans le lointain se trouvent encore les traces d'un paysage très compliqué et notamment à droite on aperçoit une église parfaitement dessinée, dans le goût du XVe siècle.

       M. Barbe a signalé comme se trouvant visible encore en 1877 le portrait des donateurs : une mère et son fils. Les armoiries étaient, autant qu'on pouvait les contrôler, d'azur à la croix d'argent.

       Nous avons remarqué des analogies avec quelques autres fragments de peinture murale, qui se trouvent dans plusieurs parties de l'église, et nous supposerions volontiers que tout l'inté­rieur a dû être décoré vers cette époque.

       Les plis du vêtement ne sont plus drapés, comme au com­mencement du siècle ; ils sont droits et sentent, pour ainsi dire, la Renaissance, dont l'aurore se lève.

       Le culte du saint ne date, en effet, que du Moyen-Age. Sa figure, regardée par le P. Martin comme la plus ancienne, et attribuée au XIIe siècle, est une peinture sur verre de la cathédrale de Strasbourg, dans le transept méridional.

       Les premiers essais connus de la gravure en relief antérieurs et précurseurs de l'imprimerie représentent des Saints Christo­phe (2). Le plus ancien est daté de 1418 et un autre de 1423.

        La légende actuelle du saint est relativement récente. Il ne s'en trouve aucune trace, ni dans le ménologe de l'empereur Bazile, ni dans la lithurgie Hispano-Gothique, d'où il faut con­clure que les monuments écrits n'en sont pas la vraie source. Le nom du martyr et sa haute stature fournirent aux artistes la donnée principale ; un géant portant l'enfant Jésus, le Kristojos  des Grecs, devint au Moyen-âge Christoferus ou Christum fereus, se trouvant par là traduit aux gens pour l'Occident comme pour l'Orient (Documents fournis par M. Georges ROHAUT  DE  FLEURY.).

        Les plus célèbres figures de ce saint datent surtout des derniers temps du Moyen-Age. L'intention des artistes qui les exécutaient, n'était pas seulement de rappeler la stature presque monstrueuse de Saint Christophe, mais aussi de le rendre plus visible de loin à tous les regards.         Il paraît avoir été reçu vers le XVe siècle, que voir Saint Christophe, c'était une garantie contre tout accident fâcheux durant la journée mais surtout un préser­vatif assuré contre le danger de mort subite ou de rage : On disait :  

Christophorum videas pastea tutus eris.

 

        Primitivement, on plaçait ces colosses en dehors des églises pour qu'on puisse les apercevoir de loin, mais lorsque, sans doute pour éviter les dégradations, on les fit entrer dans l'intérieur des édifices, on les mit au bas de la nef, c'est ainsi que les repré­sentent du moins quelques vieilles estampes assez  rares (4).

        La place qui leur fût assignée au bas de la nef, semblait assez bien correspondre à celle d'où on était forcé de les retirer pour les mettre à l'abri des injures du temps et surtout des hommes.

        Parmi les plus célèbres statues, il faut citer celle d'Auxerre qui datait de 1539 et que le chapitre fit démolir en 1768, et celle de la cathédrale de Paris qui fut condamnée par le chapitre en 1784 et qui datait de 1413. Le premier de ces colosses avait vingt-neuf pieds de haut et seize de largeur d'une épaule à l'autre.

       Le sort des images de saint Christophe subit à une époque un cruel revers de fortune : « Une véritable guerre d'extermination » s'éleva contre ces curieux vestiges d'une civilisation mal appréciée du reste par ceux qui faisaient leur procès. Ces gigantesques figures, restées sans défenseurs, tombèrent sous l'accusation de barbarie superstitieuse, et si leur cause ne fut pas suffisamment instruite peut-être, il y a du moins ceci à la décharge des juges et des destructeurs, c'est que les peuples n'étaient plus  en état de rien comprendre à ces colossales figures. » (5)

        Ce n'est pas à dire que nous regrettions tout ce que le Moyen-Age a rêvé, pensé et surtout exécuté sans exception, jusqu'à ces figures fantastiques et hideuses, qui le sont encore plus depuis que nous ne savons plus ce qu'elles signifient, mais nous regret­tons les destructions, les prétendues améliorations, les répa­rations maladroites et inintelligentes. Pourquoi dénaturer, pourquoi défigurer un monument d'une époque quelle qu'elle soit ? C'est le fait de préventions, de passions en délire ou d'une ignorance impardonnable. On doit respecter tout : vitraux, jubés, statues, gargouilles, sculptures, peintures, ameublements, tout doit rester à sa place et être entretenu avec une religieuse exactitude. Détruire ou dénaturer sont deux actes de barbarie à peu près semblables, et nous oserions presque avancer qu'il vaudrait mieux détruire que défigurer. Les ruines n'empêchent pas de retrouver parfois tout ou partie des formes primitives, mais un monument défiguré, dénaturé, ne peut plus servir ni à l'étude, ni à l'histoire de l'art.

Il n'y a pas eu de procès fait en règle contre les images de saint Christophe pas plus que contre bien d'autres objets à nous légués par le Moyen-Age.

        Ceux qui, les premiers, mirent le marteau sur les monuments, furent des iconoclastes furibonds qui invoquaient la religion pour tromper la multitude ignorante et lui montraient du doigt ce qu'il fallait détruire sous le spécieux mot de ralliement : à bas la superstition ! La raison du plus fort fut toute l'instruction et la destruction générale fut sérieusement méditée et arrêtée (6).

        Nous ne savons si les chanoines de l'église de Louviers connaissaient la guerre d'extermination entreprise contre le saint, mais ils ne se préoccupaient certes pas de conserver son image et lors du badigeonnage général de l'église, à la fin du siècle dernier, il disparut ainsi que les peintures polychromes dont les traces subsistent dans diverses parties de l'église. Toute­fois, grâce à la différence du procédé d'exécution, nous devons la conservation de la peinture primitive exécutée soit à la détrempe, soit à la cire; celle-ci était plus solide et le badigeon s'effritant, nous laissa le saint Christophe à peu près intact.

       Pendant longtemps, il fut caché presque entièrement par la copie de la Vierge de Foligno, de Raphaël, aujourd'hui reléguée dans la chapelle des Chalenge.

       En signalant à la Société d'Etudes diverses, cette figure colossale, nous espérons que longtemps encore, nous pourrons contempler ce curieux spécimen de la peinture décorative de la fin du XVe siècle."

1 - La construction de cette partie de l'église fut achevée en 1496. — L. MARCEL Les Rues de Louviers, page 198

2 - Vicomte Henry DELABORDE (gravure).

3 - Documents fournis par M. Georges R.OHAUT  DE  FLEURY.

4 - Molanus, Hilfor. imag, sacr,, page 319.

5 - Vitraux de Bourges. P. cahier, i vol. in-fol..Notes.

6 - Guénébault. Dictionnaire d'Iconographie religieuse, édit. par l'abbé Migne.

 

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ANNEXE II. QUELQUES DESCRIPTIONS DE PEINTURES MURALES.

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Saint-Jean de Malines

https://journals.openedition.org/ceroart/2822#tocto2n3

 

"Sur ce pan de mur se dessine la figure monumentale de saint Christophe, sur un fond rouge ponctué de fleurs colorées, appliquées au pochoir. Outre ce fond abstrait, on distingue également des détails assez naturalistes, comme l’environnement pittoresque,  les rives rocheuses, la rivière au milieu -encore à peine visible-, la chapelle dont sort l'ermite et quelques arbres isolés, à droite.

Le saint traverse la rivière avec l’enfant Jésus sur les épaules. Christophe est représenté très grand (plus de 4 mètres de haut!). La légende nous raconte en effet qu’il était un géant. Il porte une tunique rouge à manches longues et un manteau blanc avec une doublure verte, qui flotte élégamment au vent. Son visage est serein, avec de grands yeux expressifs, une longue barbe et des cheveux ondulés, tenus par un bandeau blanc. Il se retourne vers l'enfant Jésus, qu’il porte sur son épaule et dont il tient le pied gauche. L'enfant porte une tunique bleue et lève la main droite en un geste de bénédiction. Sa main gauche repose sur un globe et il tient également un étendard en forme de croix. À gauche de la scène, l'ermite sort de sa petite chapelle. Il a l’habit d’un moine et une lanterne allumée. Il porte à sa ceinture un couteau dans une cuissarde et un petit sac rectangulaire."

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PEINTURES MURALES www.culture.gouv.fr/content/download/110023/1276677/.../Peintures+murales.pdf

 

Archingeay (Charente Maritime)

Plus énigmatique - et difficile à dater - est le tableau peint à fresque mis au jour au droit des fonts baptismaux et consolidé d’urgence tant l’enduit était dégradé et décollé de la maçonnerie. Dans un cadre orné de fleurettes, bien distincts, une église et un arbre dépouillé de son feuillage encadrent un personnage central que son état de conservation ne permet pas de nommer avec certitude. S’agit-il d’une Charité de saint Martin, titulaire de l’église ?

C’est possible mais l’attitude du personnage et son environnement pourraient davantage correspondre à un épisode de la légende de saint Christophe. La présence de saint Christophe près des fonts n’est d’ailleurs pas saugrenue : par son baptême, tout chrétien est appelé à devenir un porteur du Christ un... christophore.

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Saint-Arthemy de Blanzac (Charente) :

À l’entrée de l’église, sur le mur sud, le visiteur est accueilli par une immense figure (trois mètres de haut) de saint Christophe, qui se détache sur un fond paysager composé d’une église au premier plan, de végétation et d’animaux. Le saint, figuré à gauche, est barbu, nimbé et vêtu d’une grande cape rouge ; les plis des vêtements indiquent qu’il est en marche en s’aidant d’un gigantesque bâton. Il porte l’Enfant sur son épaule gauche ; son nom signifiant, en grec, le porte-Christ ou « celui qui porte le Christ dans son coeur », a induit un glissement vers un sens plus matériel dans les représentations. La tradition, popularisée au XIIIe siècle par la Légende Dorée, a conduit à imaginer saint Christophe portant le Christ sur ses épaules comme un géant, sorte d’Hercule chrétien. Il était réputé protéger les hommes de la mort subite sans confession, la « male mort » : il suffisait alors d’avoir contemplé l’image du saint dans la journée pour éloigner tout risque.

Cette croyance populaire peut expliquer le choix de l’emplacement de cette figure, ici à l’entrée de l’édifice. La partie inférieure du décor est manquante : on pourrait imaginer un cours d’eau que le saint, selon la légende, fait traverser aux pèlerins et voyageurs, tel un passeur. Dans la tradition picturale, une

rivière est souvent représentée avec, sur la rive opposée, une chapelle où un ermite tient une torche allumée pour guider saint Christophe dans sa traversée. La représentation de saint Christophe, dans l’église de Blanzac, suit toutes les conventions picturales des XVe-XVIe siècles, en adoptant un style assez naïf ou archaïque.

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Thollet (Vienne)

Sur le mur sud, la découverte la plus intéressante réside dans la mise au jour d’une figure monumentale :

un saint Christophe portant sur ses épaules le Christ enfant. Les personnages sont placés dans un décor végétal, au milieu d’arbustes à feuilles longues et nervées. Réalisée en teinte ocre jaune et rouge, cette composition s’inscrit dans un cadre peint dont on voit la trace dans la partie haute. La figure de saint Christophe est particulièrement belle avec son visage aux traits réguliers, son expressivité, sa barbe

longue et sa chevelure abondante retenue par un bandeau blanc. Elle n’est pas sans évoquer l’atelier qui a travaillé dans la première moitié du XIVe siècle au décor de la nef de Notre-Dame d’Antigny.

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SOURCES ET LIENS.

https://journals.openedition.org/insitu/10805

http://sedlouviers.pagesperso-orange.fr/patrimoine/stchristophe.htm

http://givernews.com/2007/10/05/saint-christophe/

http://www.tourisme-seine-eure.com/images/06-QUE-FAIRE/1-culture-patrimoine/B1.2-ND-Louviers/Circuit-Bilingue-EGLISE-ND-LOUVIERS.pdf

— DUBOURG (Charles), 1893, Le Saint Christophe de N.-D. Bulletin de la Société d'Etudes Diverses de Louviers et de sa région, Imp. E. Izambert., 1894 page 35 et suiv. .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k441316k/f32.image

— LE MERCIER (E.)  Monographie de l'église Notre-Dame de Louviers Ch. Hérissey et fils, 1906 - 212 pages page 149

"On avait surtout recours à l'intercession de saint Christophe en temps de peste, ce qui fut probablement le cas, à l'occasion d'une de ces terribles épidémies qui ont affligé Louviers notamment en 1521, 1552 et 1694.

Primitivement, on plaçait ces colossales figures en dehors des églises, pour qu'on put les apercevoir de loin, tel le saint Christophe de la cathédrale d'Auxerre, qui avait vingt-neuf pieds de haut et datait de 1539, tel celui de la cathédrale de Poitiers, tel celui de Notre-Dame de Paris, qui avait vingt-huit pieds et  avait été élevé en 1413, par Antoine des Essarts, pour remercier le saint de l'avoir sauvé de la fureur des Bourguignons, tel encore celui de Notre-Dame des Andelys, dont on voyait naguère le piédestal, consistant en un massif de pierre de forme pyramidal, qui intriguait les touristes et mettait à l'épreuve la sagacité des érudits.

Plus tard, on fit entrer les images de saint Christophe dans l'intérieur des églises, pour éviter, sans doute, les dégradations, et on les plaça au bas de la nef et souvent dans la chapelle des fonts baptismaux, qui était dédiée à ce saint ou à saint Jacques '. Puis arriva une époque où l'on fit à toutes ces images une véritable guerre d'extermination et longtemps avant la Révolution, le clergé, lui-même, les faisait disparaître sous le badigeon, n'y voyant plus que des vestiges d'une grossière superstition."

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Published by jean-yves cordier - dans Saint Christophe. Peintures murales
1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 14:43

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LA BAIE 18.

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Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Chaque pièce ancienne mesure 0,85 m de haut et 0,65 m de large.

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1°)Dans un intérieur Renaissance, couple de donateurs et leurs enfants ; vêtements et écus armoriés portés par des putti.

Pièces en chef-d'œuvre dans les écus.

Réalisé probablement dans un atelier de Beauvais vers 1520-1530.

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Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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2°) Trinité : quelques restes d'un panneau du 1er quart du XVIe.

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Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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3°) Apôtre de la Transfiguration sur fond damassé blanc, vers 1500.

4°) Couple de donateurs au pied d'une croix sur fond de paysage, composition attribuée à Beauvais, vers 1520-1530.

 

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Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 18, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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BAIE 19.

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Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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1°) Fragments d'un panneau au trois chanoines donateurs portant l'aumusse, sous un dais architectural.

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Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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2°) Donatrice non identifiée.

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Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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3°) Religieuse, donatrice.

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Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 19, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LA BAIE  20. 1ER QUART XVIE ET XXE .

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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Baie 20, registre inférieur.

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a) Des bourreaux tenaillent les seins de sainte Barbe.

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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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b) Flagellation de sainte Barbe.

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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La baie 20, registre intermédiaire bas.

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a) Arrestation ou décollation de sainte Barbe (?) sur fond de scène de chasse et vue marine à deux nefs.

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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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b) Comparution de sainte Barbe devant le roi son père.

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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La baie 20, registre intermédiaire haut.

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a) Saint Sébastien visé par deux archers, fond de paysage.

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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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b) Un évêque, une épée plantée dans le ventre.

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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La baie 20, registre supérieur.

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a) Un saint diacre martyr : dalmatique rouge frangée et manipule, palme et livre.

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Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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a) Un saint diacre martyr : dalmatique, palme et livre dans sa couverte (ou sac à procès).

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 20, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LA BAIE 24.

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Au centre :

À gauche : Donateur non identifié en cotte d'armes et son fils sur fond de vitrerie colorée par Labouret.

À droite : Donatrice non identifiée sur fond de vitrerie colorée par Labouret.

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Baie 24, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Les armoiries du tabard du donateur sont d'azur à la croix engreslée d'argent.

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Ces deux figures  sont décrites en 1792 par A.L. Millin :

Antiquités nationales, ou Recueil de monumens pour servir à l'histoire …, XLV, Ville et château de Gisors

"ll y a quatre chapelles adossées sur les piliers en avant du chœur. Elles sont toutes très-ornées de sculptures. 

Dans la chapelle suivante on voit sur les vitraux quatre figures peintes. Sur le premier vitrail il y a une femme vêtue d'une robe , et dont la tête est couverte d'un voile ; elle est à-genoux devant un prie-dieu où sont ses armes d'azur à la croix , engreslée d'argent , Planche II , fig. 8. Derrière elle est un homme vêtu d'une longue robe. Dans l'autre vitrail sont les deux autres figures , dont l'une armée et cuirassée porte sur sa tunique les armoiries qui sont sur le prie-dieu de la femme. Il a derrière lui un jeune homme en robe, Planche II , fig. 9. Ces armes sont celles de Daillon , comte de Lude : mais j'ignore qui ce portrait représente."

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Aubin-Louis Millin 1792, Antiquités nationales planche XLV

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Voir Jean Daillon 1423-1481

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Daillon

Voir Famille Daillon, seigneurs du Lude :

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Daillon.pdf

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Baie 24, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 24, collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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SOURCES :

— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214014k/f127.item.zoom

 

 — CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171

HÉROLD (Michel), 1993, Gisors, église paroissiale Saint-Gervais Saint-Protais, les verrières, Paris, 1993. Non consulté.

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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 14:01

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Stylurus flavipes, Charpentier 1825, le Gomphe à pattes jaunes.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

Voir aussi :

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

Nom de genre Stylurus, Needham 1897, Canad. Ent. 29:167 ;  du grec stylos "cylindrique" et -uros "appendice, queue, extrémité", en relation avec la forme allongée du 9ème segment abdominal  des larves des espèces du genre : Needham crée dans sa publication trois nouveaux genres lanthus, Orcus et stylurus par l'examen des stades pré-imaginaux de diverses Gomphinae américaines.

nom d'espèce [Stylurus]  flavipes Charpentier, 1825, Horae Ent. :24 : l'épithète signifie "à pattes jaunes", du latin flavis "jaune" et  pes, pedis "patte". L'auteur décrit dans sa diagnose pedibus flavis, nigro- lineatis, "aux pattes jaunes strièes de jaune", même s'il n'en fait pas l'élément caractéristique.

Noms vernaculaires français : transcription ou traduction du nom scientifique 1°) "Le Gomphe flavipède", Sélys 1850. 2°) Le "Gomphe à pattes jaunes", Alexanor 1959, puis  d'Aguilar et Dommanget  1985, puis tous les auteurs.

Noms vernaculaires dans d'autres langues : 

-en allemand : "Asiatische Keiljungfer"

- en anglais : "Yellow legged dragonfly"

-en néerlandais  : "Rivierrombout"

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE STYLURUS NEEDHAM, 1897.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-stylurus-needham-1897.html

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LE NOM D'ESPÈCE STYLURUS FLAVIPES, CHARPENTIER 1825.

Aeshna flavipes, CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

 

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Description originale :

"A. thorace nigro, characteribus flavis, abdomine nigro, cylindrico, linea dorsali tenuiusque ad ultimum segmentum abdominale ducta, maculisque lateralibus flavis: maris appendicibus quatuor nigris, basi flavis: pedibus flavis, nigro-lineatis.

Habitat in Silesia, ubi multo serius volitat quam A. forcipata. Simillima A. forcipatae, sed sine dubio ab ea diversa species, quum differentiae, quamvis primo adspectu persubtiles, constanter tamen et essentiales sint ; de quibus infra."

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Stylurus flavipes, Charpentier 1825.

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La description est suivie d'un tableau comparatif de 4 espèces d'Aeshna.

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Stylurus flavipes, Charpentier 1825.
Zoonymie des Odonates : étude des noms du Stylurus flavipes, Charpentier 1825.
Zoonymie des Odonates : étude des noms du Stylurus flavipes, Charpentier 1825.

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Charpentier accompagne sa publication de 1840 d'une planche, dont nous n'avons qu'une version noir et blanc en ligne.

CHARPENTIER, T. (von) 1840. Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae. Lipsiae. 180 pp planche XXIX :

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=flavipes&f=false

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Stylurus flavipes, Charpentier 1825.

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La plus belle illustration est donnée en 1835 par Westwood dans l'ouvrage de Stephens

— STEPHENS (James Francis), 1835, Gomphus flavipes and anal appendage, in Illustrations of British Entomology, a synopsis of indigenous insects, London, Baldwin and Cradock  vol.10 (Mandibulata v.6)  page 88 et planche XXX fig.1. Planche peinte par J.O Westwood et gravée par C.E. Wagstaff.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/97232#page/97/mode/1up

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Stylurus flavipes, Charpentier 1825.

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P. Rambur donne une illustration en 1842 :

— Rambur (P.), 1842, Histoire naturelle des insectes : Nevroptères. Ouvrage accompagné de planches,...page 161 et Planche 5, figure 1
 

.

 
Rambur, ... num. Google

Rambur, ... num. Google

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ÉTUDE DU NOM FLAVIPES.

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Il s'agit d'un des noms les plus clairs dans sa signification, puisqu'il associe deux radicaux latins, flavi-, du latin flavus, a, um, "jaune" et -pes, du latin pes, pedis, "pied, patte". Pourtant, la couleur jaune des pattes, striées de noir ( pedibus flavis, nigro- lineatis) n'est pas l' élément le plus déterminant de la description de Charpentier.

.

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/?s=flavipes

"Gomphus de gomphos (gr) = clou, coin, cheville du fait de la forme en massue de l’abdomen des mâles ; flavi (lat) = jaune ; pes (lat) = pieds.

.

 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Gomphus flavipes (Charpentier, 1825) from Lat. flavus, -a, -um = yellow +pes = foot, leg for the extensively yellow legs"


.
D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"flavipes (Stylurus) - flavus, a, um = giallo + pes, pedis = piede; dai piedi gialli."

.
H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"- flavipes (Charpentier) [l. flavus - yellow; pes - foot, leg] refers to the mainly yellow legs of the species, which by some scientists is included into the taxon Stylurus [gr. stylos - pillar; ura - tail], named from the elongated 9th abdominal segment in the larvae."

 

.
VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

"Gomphus flavipes flavus — geel; pes = poot, voet"

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.

 

NOMS VERNACULAIRES (*) 

(*) Common names, noms dans la langue officielle du pays concerné.

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III. LES NOMS  FRANÇAIS DE STYLURUS FLAVIPES.

 

1°) Le Gomphus  flavipède, Sélys, 1850  .

— Sélys, 1850, Mémoires de la société royale des sciences de Liège.

— Sélys et Hagen, 1850, Revue des Odonates, ou Libellules d'Europe, page 84.

 

2°) Le Gomphe à pattes jaunes, in Alexanor 1959.

Stylurus flavipes, le Gomphe à pattes jaunes, revue Alexanor 1959.

Gomphus flavipes,  le Gomphe à pattes jaunes : Jacques d'Aguilar, Jean-Louis Dommanget et René P​​​​​​réchac, 1986 A field guide to the dragonflies of Britain, Europe and North Africa, page 218.

Jacques d'Aguilar, Jean-Louis Dommanget  1985, , Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, page 314

 

le nom reçoit sa confirmation en 2007 dans Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg de D. Grand et J-P. Boudot,  dans le Guide des Libellules de France et d'Europe de K-D. B. Dijkstra comme dans tous les guides de vulgarisation naturalistes, sur le site INPN du Muséum, de l'article Wikipédia, etc...

 

 

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LE NOM VERNACULAIRE DANS D'AUTRES LANGUES.

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-en allemand : Asiatische Keiljungfer

- en anglais : Yellow legged dragonfly, Yellow legged Club-tailed Dragonfly

-en néerlandais  : Rivierrombout

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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
 
 
.
OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

—SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 


— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

—  RAMBUR (P.), 1842, Histoire naturelle des insectes : Nevroptères. Ouvrage accompagné de planches,...page 161 et Planche 5, figure 1
— Steinmann H. 1997 - World Catalogue of Odonata. - Walter de Gruyter.


— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— STEPHENS (James Francis), 1835, Gomphus flavipes and anal appendage, in Illustrations of British Entomology, a synopsis of indigenous insects, London, Baldwin and Cradock  vol.10 (Mandibulata v.6)  page 88 et planche XXX fig.1. Planche peinte par J.O Westwood et gravée par C.E. Wagstaff.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/97232#page/97/mode/1up

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 19:00

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Cette baie, l'une des quatre  de la Chapelle de la Vierge, mesure  3 m. de haut et 1,10 m de large ; elle  comporte 1 lancette trilobée et un tympan à 1 ajour et 1 écoinçon. Son registre inférieur est l'œuvre de l'atelier Duhamel-Marette. Celui-ci , chargé de la restauration des baies, réalisa entre 1893 et 1898 des verrières neuves pour les baie 9 à 15 de la chapelle de la Vierge en incluant ici en registre supérieur la figure de Notre-Dame-de-la-Liesse, conservée jusqu'en 1897 dans le bas-coté sud du chœur, peut-être en baie 12.

Le fond Duhamel-Marette et Muraire est conservé aux Archives départementales de l'Eure (75J 1-7).


 

"Louis-Gustave Duhamel, formé à l'école des Beaux-Arts de Rouen puis à l'atelier du maître-verrier Bernard dans la même ville, s'associa vers 1860 à un ''peintre-vitrier'' d'Evreux, Jean-Gabriel Marette, dont il épousa la fille, Marie-Adeline. Sous le nom de Duhamel-Marette, cet atelier ébroïcien devint l'un des principaux artisans du renouveau de l'art du vitrail en Normandie, actif aussi bien dans la restauration de vitraux anciens que dans la création de verrières dans le style du Moyen-Âge et de la Renaissance et sa production fut exportée bien au-delà des limites régionales."

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Baie 15 (milieu XVIe et 1895-1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Baie 15 (milieu XVIe et 1895-1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR. DUHAMEL-MARETTE 1895-1898.

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Une inscription explicite le sujet de la scène : 

COME EN LAN 1634 AYANT PRIS FIN UNE PESTE HORRIBLE MRE ROBERT DENYAU
CURE DE CEANS ET LES BOURGEOIS DE GISORS REMERCIENT NOSTRE DAME EN SON EGLISE DE LIESSE.

 

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"Comment en l'an 1634, ayant pris fin une horrible peste, messire Robert Denyau curé de céans et les bourgeois de Gisors remercient Notre-Dame en son église de Liesse."

P. F. D. Hersan dans son Histoire de la ville de Gisors parue en 1858, fournit les explications suivantes  :

En l'année 1604, Marc Philo de Saint-Servin , licencié en théologie , protonotaire apostolique, de la compagnie de Jésus, curé de Gisors, installa les religieux de la Mercy ou de l'Ordre de la Très-SainteTrinité, appelés Mathurins, dans la chapelle de Notre-Dame-de-Liesse de Gisors, près le Mont-de-l'Aigle, le 13 juin 1610.

Les Mathurins , ordre qui avait pour but le rachat des captifs chrétiens dans les états barbaresques : Maroc, Alger, Tunis, Tripoli, etc., firent bâtir une nouvelle église beaucoup plus vaste que la chapelle fondée en 1610 sous le vocable de Notre-Dame-de-Liesse. Cette église fut consacrée le 3 juin 1626, par M. Déniaud, alors curé de Gisors.

Robert Déniaud , docteur en droit canon et civil, succéda à Raoul Neveu, au titre de curé de Gisors, en 1611.

Il écrivit une Histoire politique de Gisors (Rouen, ms Y14a)

En 1632, une peste fit un grand nombre de victimes en cette ville où elle dura jusqu'en l'année 1634.

M. Déniaud, curé de Gisors, fit, dans cette circonstance, tout ce qui était en son pouvoir pour ranimer les esprits et soulager ses malheureux paroissiens. Il organisa, en outre, des processions à la chapelle de Notre-Dame-deLiesse, sise aux Mathurins et le terrible fléau ayant cessé, il rendit grâce à Dieu par le chant du Te Deum , dans l'église de Gisors , auquel assistèrent tous ses paroissiens et une partie de ceux des villages voisins.

La statue de N.-D. de Liesse, qui était jadis dans la chapelle de Mathurins, est présentement placée dans le mur d'une maison, située vis-à-vis le pont des Argilières.

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Victor Patte :

https://archive.org/details/HistoireDeGisors/page/n187

"Cette vierge avait, en effet, la tête inclinée, et, comme si elles n’étaient pas toutes ainsi, on assurait que c’était pour perpétuer le souvenir du miracle qui avait fait cesser, dans la ville, l’affreuse maladie qui mettait toutes les familles en deuil. Non content d’avoir ainsi placé sa paroisse sous la protection de toutes les Notre-Dame-de-Liesse de Gisors, le pasteur de celle ville fit encore le vœu d’aller, avec ses ouailles, invoquer celle dont l’église était située près de Laon: voyage qui fut, en effet, effectué le mercredi d’après le dimanche de Quasimodo de l’année 1634. . Le terrible fléau ayant cessé d’exercer ses ravages dans la ville, ce fut, pour Denyau, un signe de l’apaisement de la colère de celui dont il était le ministre. Aussi fit-il chanter, dans son église, un Te Deum d’actions de grâces, auquel assistèrent tous les paroissiens et une partie de ceux des villages voisins. Au sujet de la peste qui affligea de son temps la ville de Gisors, en 1632 et 1633, Robert Denyau, dans une histoire de cette ville, demeurée manuscrite, fait un long détail du pèlerinage que ses paroissiens firent a l’église des Trinitaires, et de la dévotion avec laquelle ils y chantèrent le Regina cœli."

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Sur le couvent des Mathurins, voir ici.

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L'inscription est surmontée d'un blason d'azur à la  fasce d'or, accompagnée en chef de deux cœurs d'argent et en pointe d'un croissant de même : ce sont les armes de la famille Denyau, d'Anjou. :

https://docplayer.fr/25602541-Archives-departementales-de-seine-maritime.html

 

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Le blason est posé sur un crucifix entouré d'un chapelet où est accroché une médaille d'or.

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Action de grâce à Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Duhamel-Marette, 1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Action de grâce à Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Duhamel-Marette, 1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Action de grâce à Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Duhamel-Marette, 1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Action de grâce à Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Duhamel-Marette, 1898), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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REGISTRE SUPÉRIEUR. LA STATUE DE NOTRE-DAME.

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Dans un encadrement architectural datant essentiellement du XIXe siècle, est inséré un panneau du milieu du XVIe siècle : c'est une grisaille, comme celle de la baie 10, qui lui est contemporaine, et comme celle-ci elle s'inspire d'une gravure. Il s'agit ici d'une gravure de Marc-Antoine Raimondi, d'après la "Vierge au poisson" de Raphaël. (voir infra)

M. Hérold, in Callias Bey et col. attribue cette grisaille à "Romain Buron, auteur probable de Notre-Dame-du-Salut à Sainte-Foy de Conches, tirée du même patron à grandeur."

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Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La comparaison avec la gravure de Raimondi laisse apparaître de sérieuses différences avec le vitrail, concernant la posture et la direction du regard de la Vierge ou son habillement, aussi bien que la posture de l'Enfant.

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La Vierge au poisson d'après Raphaël (Bartsch 54 - Bartsch illustré tome 26 (volume 14, 1ère partie), page 80)

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Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Notre-Dame-de-Liesse , baie 15 (Romain Buron ?, milieu XVIe s.), collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

 

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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214014k/f127.item.zoom

 

 — CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171

 

— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors  et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.

https://books.google.fr/books?id=QrXmxuOPH5MC&dq=isbn:2848672196&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

HÉROLD (Michel), 1993, Gisors, église paroissiale Saint-Gervais Saint-Protais, les verrières, Paris, 1993. Non consulté.

 

— PATTE (Victor), 1896, Histoire de Gisors,  ed. C. Lapierre, Gisors page 261-263

https://archive.org/details/HistoireDeGisors/page/n327

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 14:52

L'extraordinaire grisaille (1545) de la baie 10 de la collégiale de Gisors : la Vie de la Vierge  illustrée de séquences de la Légende de Psyché gravées par le Maître au Dé.

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Voir ;

1. Sur l'église de Gisors :

 

2. La liste de mes articles sur les vitraux.

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PRÉSENTATION.

1°) Grisaille : définitions.

Une grisaille est, en peinture, une peinture monochrome en camaïeu gris, utilisée par exemple pour peindre le verso des volets des retables (Van Eyck, Polyptyque du Jugement Dernier de Van der Weyden ). Ces volets étant les seuls apparents lorsque le retable est fermé, la grisaille leur confère un esprit d'attente pénitentielle et d'ascèse.

C'est aussi un exercice de style pour le peintre, exercice proche du trompe-l'œil, qui doit utiliser les différences de nuances pour marquer les  ombres, donnant ainsi l'illusion du relief et de la sculpture sur pierre ou sur bois. Le camaïeu est d'ailleurs au sens propre une imitation des camées.

Elle est aussi assimilée depuis le début de la Renaissance (Vasari) au clair-obscur, où la préoccupation du relief privilégie le modelé.

En vitrail, la grisaille est, d'abord, le nom de la peinture vitrifiable appliquée sur les verres, blancs ou colorés. Mais le terme peut désigner aussi une peinture exclusivement sur verre blanc, avec application de grisaille, de jaune d'argent voire (comme ici) d'émail. Cette pratique a pu répondre à l'exigence des paroissiens ou des chanoines de faire entrer davantage de lumière dans l'église (les verres colorés étant bien-sûr plus sombres). C'est ainsi qu'en la cathédrale de Chartres, des vitraux de grisaille sont apparus à la fin du XIIIe siècle sous forme de réseaux géométriques  et ont été complétés au XVe siècle de scènes figurées à verres colorés : Verrière de Saint-Nicolas, de l'Annonciation, etc. Elle a pu aussi être suscitée par l'art de la gravure et la large  diffusion des œuvres, permise par l'imprimerie : la baie 10 de Gisors plaide en ce sens.

 

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2°) La Galerie de Psyché.

En 1542-1543, le Connétable de Montmorency a commandé à un maître-verrier de l'École de Fontainebleau  pour la galerie de son château d'Écouen 44 vitraux en verre blanc, grisaille et jaune d'argent relatant l'histoire de Psyché selon l'Âne d'Or d'Apulée

L'idée de ce thème provenait de la Loge de Psyché, peinte par Raphaël pour la Villa Farnesina en 1516-1518.

Le  graveur  Bernado Daddi (vers 1510-Rome 1570) s'inspira de dessins attribués à Raphaël (mais dus probablement au flamand Michiel Coxcie, le "Raphaël flamand") pour réaliser vers 1535 une série de 32 planches gravées, L'Histoire des amours de Psyché et Cupidon, qui sont la source des vitraux d'Écouen (actuellement au château de Chantilly).

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3°) La baie 10 de Gisors.

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"La Vie de la Vierge de la baie 10, "l'une des œuvres les plus parfaites de la seconde Renaissance", a depuis longtemps attiré l'attention. Les comparaisons anciennement proposées avec la suite de la vie de Psyché d'Écouen, aujourd'hui au Musée Condé de Chantilly et avec le vitrail de la vie de la Vierge de Saint-Acheul d'Écouen [1544]  demeurent pertinentes. Ces verrières pourraient avoir été réalisées à Paris. Elles sont de factures différentes, mais puisent toutes à la source des gravures de l'histoire de Psyché. Ces gravures, exécutées à rome par le Maître au Dé, sont utilisées à Gisors d'une manière beaucoup moins directe qu'à Chantilly. Il ne s'agit pas ici de copie mais de la reprise d'éléments de composition auparavant notés et déjà transposés. La grisaille de Gisors est une œuvre originale et de haute qualité, qui dépasse les modèles de référence. Son auteur anonyme a également puisé à d'autres sources, en particulier dans les gravures de Dürer qu'il exploite également avec une grande liberté. Une seconde grisaille, contemporaine de la précédente, représente Notre-Dame-de-Liesse (baie 15)." (Callias Bey et col. 2001 p. 169)

 

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DESCRIPTION.

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La baie haute de 3,70 m et large de 2,50  est divisée en deux lancettes cintrées (qui se décrivent en deux registres) et un tympan à 2 ajours.

CLIQUEZ SUR LES IMAGES pour éviter le commentaire.

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR . La Visitation et la Circoncision.

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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1°) La Visitation.

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Grisaille, jaune d'argent, présence d'émail bleu.

 

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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"Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : mariage des sœurs de Psyché avec des rois ; Psyché raconte son infortune à ses sœurs." (Callias Bey)

"Dans le panneau de la Visitation, la figure de sainte Élisabeth a été calquée sur la figure de Psyché prête à se venger de ses sœurs  et la tête de la jeune fille a été remplacée par une tète de vieille femme. L’une des suivantes de la Vierge est calquée sur une des sœurs de Psyché dans la même gravure, l’autre sur la seconde sœur de Psyché dans la gravure où le roi et la reine déplorent la beauté de leur fille, qui éloigne d’elle les prétendants ." (Magne)

 

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Psyché raconte son infortune à ses sœurs, gravure du Maître au Dé.

 

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le roi et la reine déplorent la beauté de leur fille, qui éloigne d’elle les prétendants. Gravure du Maître au Dé.

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 Même emploi de cette gravure pour la Visitation de l'église d'Écouen.

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Vitrail de l'église d'Écouen. Photo Reinhardhauke — Travail personnel

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2°) L'Annonce faite aux bergers.

 

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Le père de Psyché consultant l'oracle de Millet .

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Gravure (inversée par moi) de la gravure le père de Psyché consulte l'oracle.

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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé :  Cupidon demande grâce pour Psyché.

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Cupidon demande grâce à Jupiter pour Psyché.

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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé :  Psyché embarque dans la barque de Charon .

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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Psyché transportée dans un montagne déserte.

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Psyché conduite dans un appareil funèbre sur une montagne déserte pour accomplir les ordres de l'oracle (Bartsch 43, Bartsch illustré tome 29 (volume 15, 2ème partie), page 199)

Psyché conduite dans un appareil funèbre sur une montagne déserte pour accomplir les ordres de l'oracle (Bartsch 43, Bartsch illustré tome 29 (volume 15, 2ème partie), page 199)

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La date 1545 est marquée sur la banderole tenue par l'ange.

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE INTERMÉDIAIRE .

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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3°) L'Annonciation.

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé  : Apulée changé en âne .

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Galerie de Psyché, château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.

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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé  :  Cérès refuse assistance à Psyché.

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Céres refuse assistance à Psyché, Galerie de Psyché, château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.

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4°) La Circoncision.

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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"Dans le panneau de la Circoncision de Gisors (Fig. 5), la Vierge est calquée sur Psyché offrant des cadeaux à ses  sœurs  : la tête seule a été changée. " (L. Magne page 72).

https://archive.org/details/lesvitrauxdemont00magn/page/72

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Psyché offrant des présents à ses sœurs, gravure du Maître au Dé.

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Psyché offrant des cadeaux à ses  sœurs, vitrail de la Galerie de Psyché, château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.

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LE REGISTRE SUPERIEUR .

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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5°) Le Mariage mystique de la Vierge.

 

 

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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D'après Dürer, Le Mariage de la Vierge, vers 1505,   catalogue  Bartsch  82.

 

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A. Dürer, Le Mariage de la Vierge, gravure vers 1505.

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6°) L'Adoration des Mages.

 

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Transposition partielle de gravures du Maître au Dé : Le Peuple rend  honneur à Psyché.

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Gravure du Maître au Dé

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Le peuple rend hommage à la beauté de Psyché, Galerie de Psyché, Château de Chantilly. Photographie lavieb-aile 2015.

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LE TYMPAN.

 

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Trinité dans les deux ajours  et l'écoinçon supérieur, nuée dans les 2 autres écoinçons.

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Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Vie de la Vierge (anonyme, 1545), baie 10 de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

 

— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214014k/f127.item.zoom

 

 — CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171

 

— MAGNE (Lucien), 1888, LES VITRAUX DE MONTMORENCY ET D'ÉCOUEN CONFÉRENCE FAITE A MONTMORENCY M. LUCIEN MAGNE ARCHITECTE PARIS LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT ET V e 56 , RUE JACOB, 56, page 70 et suiv.

https://archive.org/details/lesvitrauxdemont00magn/page/70

— [Recueil. Oeuvre de Maitre au Dé] Daddi, Bernardo (1512?-1570). Graveur Nombre total de vues : 157

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7200155p/f77.item

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
30 octobre 2018 2 30 /10 /octobre /2018 18:41

Zoonymie des Odonates : le nom de genre Stylurus Needham 1897.

 

 

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

Voir aussi :

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

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Résumé :

Nom de genre Stylurus, Needham 1897, Canad. Ent. 29:167 ;  du grec stylos "cylindrique" et -uros "appendice, queue, extrémité", en relation avec la forme allongée du 9ème segment abdominal  des larves des espèces du genre : Needham crée dans sa publication trois nouveaux genres lanthus, Orcus et stylurus par l'examen des stades pré-imaginaux de diverses Gomphinae américaines.

 

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Stylurus est un genre dans la famille des Gomphidae appartenant au sous-ordre des Anisoptères dans l'ordre des Odonates.

En 2016, un article de J.L. Ware et al. dans Systematic Entomology, Phylogenetic relationships of North American Gomphidae and their close relatives, a donné les conclusions de la première étude moléculaire phylogénique des Gomphidae.  Parmi les modifications taxonomiques, Gomphus flavipes, notre Gomphe à pattes jaunes,  fut transféré dans le genre Stylurus.

Le Museum d'Histoire Naturelle a suivi ces auteurs, et son site en ligne, INPN, présente  désormais cette dernière espèce sous le nom de Stylurus flavipes (Charpentier, 1825).

Ce qui m'amène à procéder à une étude du nom de genre Stylurus.

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ÉTUDE DU NOM DE GENRE STYLURUS, NEEDHAM, 1889.

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James George Needham est un entomologiste américain, né le 16 mars 1868 à Virginia (Illinois) et mort en 1957 à Ithaca (comté de Thompkins, état de N-Y).

Il étudie l’entomologie avec John Henry Comstock (1849-1931) à l’université Cornell de 1896 à 1898. 
Il est co-inventeur du Système Comstock-Needham de dénomination des cellules et nervures des ailes des insectes.

À partir de 1898 et jusqu’en 1907, il enseigne la biologie à l’université de Lake Forest avant de retourner à Cornell. Il y enseigne d’abord la limnologie (science ddes eaux continentales)  avant de succéder à J.H. Comstock lors de son départ à la retraite en 1914. Il dirige le département d’entomologie jusqu’à son propre départ à la retraite en 1915. Il se spécialise notamment dans l'étude des libellules.

Sa publication, qui fait suite à des captures de libellules et d'exuvies à Ithaca, souligne l'importance de l'étude des stades pré-imaginaux pour la taxonomie. Il y décrit le genre stylurus, dont il désigne l'espèce type  : Gomphus plagiatus Selys 1854.

 

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1°) La publication originale :

G. Stylurus : Needham 1897,  Preliminary studies of N. American Gomphinae by James G. Needham, Cornhell University, Ithaca, N.Y., Canadian Entomologist volume 29 page 166 et 167.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/88720#page/189/mode/1up

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Description originale :
 

"Examples of the emphasized importance of larval life better than that furnished by the subfamily Gomphinae of Odonata are few even among insects. The nymphs live under the sediment (mostly organic debris) which falls to the bottom of ponds and streams. They are aquatic burrowers which live at such slight depth that their anal respiratory orifice is never beyond the reach of clean water. This thin stratum, which forms their home and which they only leave to transform, is one of great biologic richness. In it they have found room for development in enormous numbers and necessity for extreme specialization. They are, at least when well-grown, among the more powerful members of its teeming hidden population. The imagoes emerge, flit about under cover for a few days, lay their eggs and die. 
They emerge largely by daylight and are subject to great decimation of numbers at this time, and are sought later by numerous powerful enemies. The females which live to oviposit lay a very large number of eggs. A female of Gomphius fraternm laid for me in a watch glass of water over 5,000 at one time. The imagoes of the ancient genus Gomphus are regarded as a race of weaklings. Their nymphs, on the contrary, are splendidly equipped for the battle of life. And it is to the perfection of their adaptation that the prevalence of Gomphines with us is due. 
These conditions have developed a large and very uniform series of imagoes, with one colour pattern, one plan of venation, one habitus consisting of many very closely related species difficult to study. 
Specific characters, though slight, are yet constant. The slight specific variations of an ancient colour pattern long retained are unusually reliable. Secondary sexual characters reach here their maximum of importance and of specific individuality. This is as one would expect, recalling the vicissitudes of adult life and that its chief concern is with reproduction. 
The real competition of life, however, is carried on by the nymphs, and the outcome of it is that they have become specialized. They have developed along several lines and have become segregated into well-marked natural groups which are not so obvious among the imagoes.

De Selys separated from the great genus Gomphus as he found it three genera represented in our fauna, Ophiogomphius, Herpetogomphus and Dromogomphius, and divided the remainder into groups of species. My breedings of the nymphs during the past three seasons in the main confirm these groups and show that three of them at least are worthy to rank as genera. 

One of the genuine surprises of this season was the finding here, at Ithaca, of nymphs like those described by Hagen from Rocky Creek, Ky., (Trans. Amer. Ent. Soc, XII., 281, 1885) and doubtfully referred by him to Tachaptryx T/wreyi, and the rearing from them of Gomphus parvulus, Selys. "This extraordinary nymph combines head and antennae of Hagenius with legs and abdomen of Gomphus,'' wrote Hagen in the beginning of his very careful description. The length of the wing pads showed the nymphs not to be young, as Hagen supposed, and made it impossible to consider them as belonging to Tachaptryx, but that they should yield this dainty little Gomphine was still a surprise. 
In June and July, 1896, I bred Gomphus fraternus, Say, in numbers at Havana, 111. The nymphs are exactly described by Hagen (loc. cit., p. 262) as No. 13, G. adelphus (supposition). In May, 1895, I bred Gomphus graslineiius, Walsh, at Galesburg, 111. These, especially the former, are very near to the typicil G. vulgatissimus of Europe. "

 



Believing that the immature stages throw much light on the relation-ship of the imagoes, and that the study of this large and homogeneous group will be facilitated by the setting apart of distinguishable sub-groups,  I propose three new genera which need here have no further characterization than that of the following tables: Lanthus ( Λανθαυη  contracted), type G. parvulus, Selys, Orcus (nomen proprium), type pallidus, Ramb., and Stylurus (στυλος ούρα ), type plagiatus, Selys. With these apart Gomphus is still somewhat polymorphic. The dilatatus group, characterized by extreme dilatation of the apex of the abdomen in the imago and correspondingly greater width to the 9th abdominal segment in the nymph, may yet, with advantage, be set apart. A clear line of demarcation, however, is not yet apparent. 
I now hazard a table for separating these subdivisions of the Legion Gomphus, Selys. It is to be regarded as preliminary and tentative, the more so as I have endeavored to base it on characters common to both sexes. This legion is distinguished from others of Gomphinae by the absence (normally) of cross veins from all the triangles and supra-triangular spaces. 



Table for Imagoes of the Legion Gomphus, Selys. 


1. Outer side of triangle of fore wing distinctly angulated at the origin of the cross vein between the two upper discoidal areolets 2. Outer side of triangle of fore wing straight or nearly so j. 

2. Inferior abdominal appendages of  recurved upward in their apical half; vulvar lamina of ? shorter than half the 9th abdominal segment Herpetogoviphus, Selys.

[...]

6. Dorsum of thorax pale with darker stripes ; 8th abdominal segment cut obliquely at apex, longer on the dorsum than at the sides, abdominal appendages of ♀ hardly longer than the 10th segment Orcus, gen. nov. 

Dorsum of thorax dark with paler stripes ; 8th abdominal segment not longer on the dorsum than at the sides ; abdominal appendages of the ♀ at least one half longer than the l0th segment Stylurus, gen. nov. 

[...] 

 

Table for Gomphine Nymps.

page 168 [...]

6. Body spindle-shaped, little flattened ; fore and middle tibiae with small external apical hooks or with none :  Stylurus. 

 

Je traduis cette description de la forme nymphale du genre Stylurus ainsi : « Corps fusiforme, peu aplati; pattes antérieures et intermédiaires avec ou sans un petit crochet externe apicale :  Stylurus."

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/88720#page/189/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/88720#page/189/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/88720#page/189/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/88720#page/189/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/88720#page/189/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/88720#page/189/mode/1up

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2°) Étude du nom stylurus.

Needham nous en donne l'étymologie : στυλος ούρα

des deux mots grecs στῦλος, stûlos, "Pilier, colonne", et  οὐρά, ourá. Queue (appendice). Suffixe indiquant un rapport avec la queue.. Soit : "appendice (queue) en forme de colonne."

Il n'explique pas pourquoi il choisit cette association de mots, mais puisque sa description de trois nouveaux genres est basée sur l'étude des exuvies, c'est auprès de celle-ci qu'il faut rechercher cette explication. Si nous nous en tenons au texte (et c'est notre devoir), ce qualificatif de stylurus, "appendice ou queue en forme de colonne" ne peut être mise en relation qu'avec les mots Body spindle-shaped, little flattened de la description de la forme nymphale.

Ma conclusion serait  : stylurus, du grec stylos "cylindrique" et -uros "appendice, queue, extrémité",  en relation avec la forme des larves des espèces du genre : Needham crée dans sa publication trois nouveaux genres Lanthus, Orcus et stylurus par l'examen des stades pré-imaginaux de diverses Gomphinae américaines.

Néanmoins, Heinrich  Fliedner relie cette étymologie à la forme allongée du 9ème segment abdominal de la larve, dans The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie’ où il étudie l'origine du nom Gomphus flavipes :

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

 

- flavipes (Charpentier)[l. flavus - yellow; pes - foot, leg] refers to the mainly yellow legs of the species, which by some scientists is included into the taxon Stylurus [gr. stylos - pillar; ura - tail], named from the elongated 9th abdominal segment in the larvae.

J'adopte, par respect pour les hautes compétences de cet auteur, cette explication, bien que je n'aie pas su la lire dans la description originale.

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NOMS VERNACULAIRES.

 

L'article Wikipédia en mentionne le nom anglais de Hanging Clubtails (Gomphes suspendus) en raison de leur habitude de se suspendre presque verticalement lorsqu'ils se perchent.

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SOURCE ET LIENS.

—  Ware, J. L., Pilgrim, J. D., May, M. L., Donnelly, T. W. & Tennessen, K. 2016. Phylogenetic relationships of North American Gomphidae and their close relatives. Systematic Entomology, On line.

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/syen.12218

https://doi.org/10.1111/syen.12218

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 15:05

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Placé dans la quatrième chapelle du bas-coté nord, dédiée à sainte Anne, cette baie haute de 5,50 m et large de 3 m  possède 4 lancettes trilobées et un tympan à 4 mouchettes, 1 soufflet et 2 petits écoinçons. Le décor figuré est placé au centre de verres blancs losangés remplaçant, dès le XVIIIe, des parties manquantes, et se décrit en deux registres.

La verrière a été recomposée, mais peu restituée.

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LES LANCETTES CENTRALES.

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR. LES DONATEURS ET LEURS PATRONS.

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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1°) La partie droite : Pierre Le Pelletier et ses trois fils présentés par saint Pierre.

a) Identification :

Elle est basée sur les saints qui présentent les donateurs, sainte Geneviève pour l'épouse et saint Pierre pour le donateur. (On sait pourtant que les intercesseurs ne sont pas obligatoirement liés aux prénoms des couples). Ce point de départ conduit E. Hamon à écrire :

"Ces figures accompagnent un couple de donateur et leurs enfants dont nous n'avons pu identifier les armoiries associées. La confrontation de ces deux prénoms aux listes des notables de Gisors nous permet de proposer les noms de Pierre Le Pelletier et de son épouse Geneviève." Étienne Hamon ... Gisors et les églises du Vexin français.

Un Pierre le Pelletier fut lieutenant du bailli de Gisors en 1547 : dans des actes concernant les Métiers de Gisors, il  est dit "maistre Pierre Le Pelletier,  écuyer, notre lieutenant en la ville et chatellenie du dict Gisors » page 144, tandis que Adam de Houdon est bailli et capitaine de Gisors. (Passy, 1907). Il appose sa signature sur les statuts des Patissiers Rotisseurs (31 janvier), des Tisserands en drap (24 janvier), des Chaudronniers (31 janvier). Notons dans le même ouvrage qu'en 1538, un Jehan Le Pelletier était Procureur du roi à Gisors. 

Le même, ou un autre "maître Pierre Le Pelletier " et dit , écuyer, député du parlement de Rouen en ... qualité de lieutenant général nommé en 1526, ...lieutenant général de Gisors" (Mémoires Auguste Le Prévost) , et un autre est, plus tard, député du tiers-état de la vicomté de Beaumont-le-Roger. (L. Passy 1907)

 

L'examen des armoiries devrait nous renseigner. Celles de Pierre Le Pelletier pourraient être blasonner comme d'azur, à une fasce d'argent chargée de deux roses de gueules et une molette de sable, au chef une gerbe de blé d'or. Celles de son épouse, inscrites dans un losange comme celle des femmes, sont, pour le parti du mari, presque identiques mais la fasce porte trois roses, la molette ayant disparu. La moitié qui correspond à sa famille serait d'argent à une rose de gueules

Elles ne procurent aucune piste.

Ces armoiries sont différentes de celles ( d'azur, d la fusée d'argent , chargée de trois coquilles de sable) de Henri Le Pelletier, seigneur de Bonnemare marié en 1493 avec Geneviève Jubert du Thil et donateur aux Andelys d'un vitrail réalisée à Rouen par Arnoult de Nimègues mais qui fut adaptée à une baie nouvelle et complétée vers 1540 par Romain Buron  à l'initiative des donateurs, ou de leurs enfants. 

Elles possèdent certains éléments (roses de gueules, éperons de sable, fond d'azur) des armoiries des Le Pelletier originaire du Mans. Les roses de gueules se retrouvent aussi autour d'un chêne arraché chez des membres d'une autre famille Le Pelletier

 

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b) Description.

Le donateur est représenté agenouillé à un autel, tourné vers la droite, partie où se trouvait à l'origine la scène ou le saint personnage vénéré. Il est vêtu d'un grand manteau bleu sur un habit rouge à dentelles aux poignets. Son écu est posé à ses cotés. Ses trois fils sont à genoux derrière lui ; deux ont la tête couverte d'un bonnet.

La rose rouge des armoiries est montée "en chef d'œuvre", c'est à dire que son emplacement est découpé à l'intérieur de la fasce blanche. C'était sans doute le cas pour sa voisine, avant que ne survienne des traits de refend nécessitant des plombs de casse.

 

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Saint Pierre porte un livre et deux clefs. À l'arrière-plan, sur une architecture, Moïse tenant les tables de la loi et Calvaire devant un autel situent la scène dans une église. Les initiales P+S , juste au dessus de la tête nimbée de saint Pierre, ont été négligées par les auteurs recherchant des signatures.

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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2°) La partie gauche : Geneviève Le Pelletier et sa fille présentées par sainte Geneviève.

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Geneviève Le Pelletier (?) se tient agenouillée derrière le même autel tendu du même drap damassé vert que son époux, ses armoiries losangiques à ses cotés.

Son livre d'heures à tranche dorée et ornée de motifs géométriques est ouvert devant elle.

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La femme est vêtue d'une robe rouge à encolure carrée, et aux très larges manches de fourrure. L'avant-bras qui en sort est revêtu de manches bleues lacées par des aiguillettes et se terminant par de la dentelle. Sa main droite porte cinq bagues, des demi-joncs d'or dont deux sur le majeur. Il faut décrire aussi la ceinture jaune, nouée, la chemise de dentelle, remontant haut et serrée par un ruban doré où une croix est suspendue, et enfin le chaperon à bavolet , cet escoffion surmonté d'un grand pan de toile noire se relevant au dessus du visage et descendant dans le dos. Les cheveux sont ramassées sur les tempes par une résille.

 

 

La jeune fille porte une tenue analogue, mais l'encolure de la robe est ronde, et les bagues sont absentes.

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Sainte Geneviève tient un livre dans sa couverte bleue, mais elle est identifiée par le cierge de sa main gauche. En effet, celui-ci donne lieu à une scène spécifique de cette sainte, celle dans laquelle un ange allume la mèche tandis qu'un diable tente de l'éteindre grâce à un soufflet. Ici, où le panneau est sans doute incomplet, seul le diable (d'un beau verre rouge gravé) et son accessoire sont bien visibles, tandis que l'amorce de l'ange se distingue à gauche.

Voir le thème iconographique du cierge, de l'ange et du diable dans mon article sur Brennilis :

http://www.lavieb-aile.com/2016/09/notre-dame-de-breac-ellis-en-l-eglise-de-brennilis-une-vierge-a-la-demone.html

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR. SAINTE CLOTILDE ET LA VIERGE À L'ENFANT.

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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1°) Sainte Clotilde.

 

La sainte occupe une niche tronquée au fond damassé (motif à rouelles) couronné d'un dais où deux anges soutiennent une clef portant les initiales R.B.

L'abbé Blanquart, qui a pu les examiner dans un  état plus complet, en a résolu le monogramme, celui du peintre verrier ROMAIN BURON. Il en a donné un relevé précieux :

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Blanquart 1885 page 73. numérisation Google BNF.

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Sous cette inscription, la niche se complète d'une voûte en cul de four et de baies grillagées, et d'un bandeau où se lit l'nscription : SANT CROTI . (N rétrograde).

 

 

" Le panneau de gauche représente sainte Clotilde, elle porte la couronne royale, son manteau bleu est fleurdelysé, sur ses épaules on voit une étoffe violette ; à la ceinture, une large chaîne d'or formant des festons; la jupe est d'un beau rouge. A la hauteur des épaules, on lit SANT CROTI. La tête se détache sur une voûte d'église. Au haut de la verrière, un écusson est tenu par deux anges. De la main gauche, la Sainte tient une église dorée et très ornée, qui se détache en clair sur les autres couleurs plus sombres. " (L. Coutil, 1909)

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Le culte de sainte Clotilde s'explique par la proximité des Andelys, lieu où la sainte épouse de Clovis avait créée,  un monastère, le premier monastère qu’elle fit bâtir en France, en 511, avant même celui qu’elle fit édifier à Chelles. Il fut détruit lors des invasions normandes du début du 10e siècle, mais une fontaine miraculeuse de Sainte Clotilde y fut  à l’origine d’un pèlerinage, qui avait lieu chaque année, le jour de la fête de la Sainte Clotilde, le 2 juin. 

Vers 1540, la collégiale des Andelys fut dotée de 3 verrières de la Vie de sainte Clotilde (baies 20, 24 et 26).

Ce culte explique aussi que Clotilde soit représentée ici tenant la maquette d'une église, celle des Andelys : elle s'inspire de la statue identique, du XIVe siècle, qui y est conservée. 

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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2°) La Vierge à l'Enfant.

Elle est placée dans le même cadre (niche tronquée, tenture damassée, cul de four, initiales R.B...) et le bandeau porte l'inscription AVM / PLA qui renvoie à l'oraison AVE MARIA GRACIA PLENA.

La Vierge est nimbée, couronnée, vêtue d'un manteau bleu, d'un surcot rouge et d'une robe violette. Son fils porte le nimbe crucifère et tend la main vers l'objet que lui présente sa mère et que la barlotière ne nous permet pas de distinguer.

La couronne est ornée d'étoiles, 

L'élément le plus remarquable est le grand cercle jaune à anneaux concentriques blancs dans lequel le couple se détache ; il répond au nimbe de Marie, traité de la même façon au jaune d'argent. Ce halo, et la couronne ornée d'étoiles, amène Callias Bey et al. à effectuer judicieusement  le rapprochement avec la gravure de Dürer Bratsch 31 de 1508 de la Vierge couronnée d'étoiles. L'objet qui réunit les mains de la mère et celle du fils est alors une pomme, ou du moins une sphère. Le croissant est absent sur le panneau vitré.

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Gallica : [La Vierge sur un croissant de lune, avec une couronne d'étoiles] : [estampe] ([1er état]) / AD 1508 [A. Dürer] [monogr.]

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE TYMPAN.

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Les auteurs de Vitraux de Haute Normandie décrivent les trois mouchettes du tympan comme étant les scènes de la vocation de saint Pierre (Lc 5:1-11). Pourtant, il s'agit plutôt des scènes de l'Apparition du Christ aux apôtres (Jn 21:1-24), encadrant de chaque coté celle de Pierre marchant sur les eaux (Mt. 14:22-33).

En effet, au centre, nous voyons saint Pierre (manteau rouge et robe or du registre inférieur) marchant sur les eaux : Et il dit: Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il s'écria: Seigneur, sauve-moi!  Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?

 

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La mouchette de gauche montre une Pêche miraculeuse. Parmi les quatre personnages, Jésus est dans une nef à deux mâts et écarte les mains, tandis que trois pêcheurs dans une barque tirent des filets remplis de poissons.

Or, dans le Nouveau Testament, il y a deux pêches miraculeuses, une avant (Lc 5. 1-11 ) et une après (Jn 21. 1-24 ) la résurrection de Jésus-Christ.

La première, relatée par Luc, est à l'origine de la vocation des apôtres Pierre, Jacques et Jean, qui abandonnant leurs filets se mettent à la suite du Christ et deviendront 'pêcheurs d'hommes'.

La seconde, relatée par Jean, est liée à une manifestation de Jésus ressuscité au même groupe de pêcheurs, confirmant par un repas pris ensemble l'aspect physique de sa résurrection et le caractère universel de la mission qui leur est confiée (153 poissons dans les filets). Jean ne présente pas l'événement comme 'miracle'.

La présence de Jésus dans une barque inciterait à voir ici le texte de Luc.

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Pourtant, la mouchette de droite montre clairement le Christ ressuscité : en effet, il se tient sur la berge et il tient la croix et l'étendard de sa victoire sur la mort. Cela correspond au texte de Jn  21. 1-7 :

 

"Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra. Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble. Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien. Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus. Jésus leur dit: Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non.  Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: C'est le Seigneur! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer."

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Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale  de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Pierre, de sainte Clotilde et de la Vierge, baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Le peintre-verrier Romain Buron élève des Le Prince de Beauvais:

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Romain Buron est un peintre et maître-verrier français de Gisors, actif entre 1534 et 1575 (*). Principal disciple d'Engrand Leprince à Beauvais, où il aurait pu séjourner comme apprenti, il est l'auteur de nombreuses verrières à l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche ou encore à la Collégiale Notre-Dame des Andelys. (D'après Wikipédia)  (*) Callias Bey et al. étendent son activité à 1531, date du baptême de son fils Jehan, à 1589. 

"Romain Buron et peut-être les autres membres de sa famille documentés par les archives, Jean son père connu de 1521 à 1579 ou Guillaume son frère actif au moins de 1550 à 1579, prolongèrent depuis Gisors la façon de Beauvais, adaptée à leur manière au delà du mileu du XVIe siècle. " (Callias Bey p.50)

 

1°) Romain Buron à Conches vers 1535-1540.

Les vitraux (baies 0 à 6) du chœur de l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche représentent des scènes de la Vie de sainte Foy et de la Passion du Christ. Ils ont été réalisés principalement vers 1535, la plupart d'après des gravures d'Albrecht Dürer, à Gisors dans l'atelier de Romain Buron, un élève d'Engrand Leprince (la baie B porte une signature). Pendant longtemps, l'inscription « Aldegrevers ho anno domini XX », découverte en 1855 dans le galon du costume de saint Louis, sur la baie 1 du Supplice de sainte Foy, a fait attribuer à tort les verrières au Heinrich Aldegrever, élève de Dürer. La thèse actuelle est que Romain Buron a copié intégralement un carton d'Aldegrever — Quatorze enfants dansants en rond...pour les putti du registre inférieur —, y compris la signature. Cette gravure datant de 1535, les verrières dues à Romain Buron à Conches ne peuvnet être antérieurs à cette date. Le monogramme de Romain Buron sur la lame du sable de saint Pierre dans la baie 3 (Jésus au Mont des Oliviers). La baie 11 de Conches , la Vierge aux litanies, vers 1540, est aussi attribuée à romain Buron.

"Il s'agit d'œuvres vivement colorées, parfois de façon un peu surprenante. Dans la baie sud de l'abside de Conches, les personnages évoluent dans des architectures pareilles à des décors de théâtre, qui associent étrangement un rose violet, un vert et un violet soutenus, comme on le voit avec peut-être plus de modération dans le vitrail de Saint-Claude à Saint-Etienne de Beauvais (1527)" (Callias Bey p. 50)

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2°) Romain Buron à la collégiale des Andelys, vers 1540 1550.

Le peintre a signé la baie 106, mais l'attribution de la baie 18, de l'adaptation de la baie 16 est probable, de même  que celle des plus belles verrières de la nef (126, 128 et 130), des baies 102 et 104 du Credo apostolique du chœur. 

"Les dais d'architecture et surtout le tympan du vitrail signé de Notre-Dame des Andelys par exemple, montrent aussi que Romain Buron apprit de ses maîtres l'emploi virtuose  du jaune d'argent. Il leur empruntait même des schémas ou éléments de composition" (Callias Bey p. 50)

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3°) Romain Buron à Gisors vers 1530-1540.

Pour la collégiale de Gisors Engrand Le Prince réalisa en 1526 dans son atelier de Beauvais  la baie 21 de la Vie de Saint-Claude, puis en 1527 son fils Nicolas réalisa la baie 26 de la Vie des saints Crépin et Crépinien. 

"Sans-doute grâce à l 'équipement laissé par Tassin Burel et aux vitraux créés dans les chapelles Saint-Claude et Saint-Crépin en 1521 et 1560 respectivement par Engrand et Nicolas Le Prince, un atelier se créa à Gisors, dirigé par Jean Buron, documenté de 1521 à 1560. En 1543, il réalise une verrière peinte à Gisors, consacrée à la vie de Saint Luc. Les deux fils de Jean Buron, Guillaume et Romain, prirent sa succession et exécutèrent, dans les années 1560, au moins cinq verrières historiées pour les fenêtres hautes de la nef et pour les baies des chapelles, toutes perdues. Romain, encore actif l'année de sa mort en 1589, ne travailla comme peintre-verrier pour la fabrique de Gisors qu'à partir de 1558, alors qu'il était en âge de travailler dès 1531.C'est au second quart du XVIe siècle qu'appartiennent les verrières documentées ou signées de Saint-Etienne de Beauvais et des Andelys qui ont permis de reconnaître la main de Romain Buron dans les verrières de Gisors, du chœur de Conches et de Jumièges. Les attributions ds panneaux de Gisors et de Conches, confirmées par des initiales R.B. correspondraient à la phase précoce de sa carrière, consacrée à une commande privée." (d'après E. Hamon)

 

En 1555, Romain Buron réalise en quelques jours une verrière de Saint Gervais et saint Protais :

"Le roi Henri II  fit son entrée à Gisors le lundi 25 novembre 1555. À cette époque, Gisors, autour de son église, était l’objet d’un bouillonnement artistique propre à la Renaissance, et nombreux étaient les corps de métiers peintres, sculpteurs, vitriers qui gravitaient autour du chantier de l’église.

Henri II, fils de François I° était roi depuis huit ans lorsqu’il vint visiter Gisors. Après le service solennel du jour de son entrée, le roi eut l’occasion d’assister à d’autres cérémonies religieuses dans notre ville. Comme une sorte de défi, Romain Buron décida de réaliser un vitrail en l’honneur de la présence du roi à Gisors.

C’est ainsi qu’en peu de temps il créa deux vitraux de saint Gervais et saint Protais (les saints patrons de la ville) agrémentés des armes du roi et de la ville de Gisors et de trois fleurs de lys d’or sur fond d’azur. Le roi « fut estonné de voir que si promptement l’on avait fait cet ouvrage qui est la vitre sur notre maistre-autel et en fut bien content… ». Un artiste gisorsien avait en cette année 1555 étonné un roi de France.Il ne subsiste rien aujourd’hui à Gisors de l’œuvre de Romain Buron. Le vitrail qui avait étonné Henri II fut remplacé au XIX° siècle par une œuvre paraît-il médiocre qui ne survécut pas à l’incendie de 1940, ce qui fut hélas le sort de nombreux autres chefs-d’œuvre de notre église." (https://actu.fr/normandie/andelys_27016/gisors-histoire-romain-buron-lartiste-gisorsien-qui-a-etonne-le-roi-de-france_11071410.html)

En 1583, il réalise pour la baie 30 un vitrail sur les Prophètes et les Sibylles, et en 1588 il le remet en état.

4°) Romain Buron à Beauvais.

— En 1572, le peintre est appelé par le marchand Nicolas Brocard pour réaliser une verrière pour la chapelle Saint-Eustache de l'église Saint-Etienne de Beauvais : c'est la baie 18, présentée ici dans ce blog.

13 mai 1572 : « Comparut personnellement Romain Buron, maistre vitrier demourant à Gisors, lequel recongnut avoir promis et par ces présentes promet à Nicolas Brocard, marchant demeurant à Beauvais, à ce présent et acceptant, de faire et fournir deux espaces de vittres estans en la chappelle Saint Eustache, en l'église Saint Estienne dud. Beauvais, et en icelles deux espaces historyer comme une pestilence mortelle assaillit les serviteurs et chambrières de monseigneur saint Eustache et les occyst tous, et peu de temps aprez tous ses chevaulx et toutes ses bestes moururent soudaynement, et comme aucuns des compaignons dud. monseigneur saint Eustache entrèrent par nuyct en sa maison et ravyrent et emportèrent or et argent et le despouillèrent de toutes autres choses, mesmes que luy, sa femme et enfanz s'en fuirent par nuict tous nudz de biens, et comme nonobstant toutes lesd. adversitez mon seigneur saint Eustache rendit grâces et louanges? à Dieu, et au dessoubz desd. hystoires pour mettre et hystorier deux priantz qui seront pourtraictz au mieulx que led. Buron pourra faire les personnes de feu Mahiot Brocard, père dud. Nicolas et Huguette de Bray, sa femme, et au dessoubz desd. Priantz et le tout rendre et livrer, faict et parfaict d'aussi bonnes estoffes et matières que les autres vittres estans en lad. chappelle, assavoir la moictyé desd. hystoires en dedans le jour de Toussaintz prochain venant, et l'autre moictyé le jour de Noël prochain venant; et moyennant ce led. Brocard sera tenu et promet aud. Buron, ce acceptant, de luy bailler et payer au feur et à mesure qu'il besongnera, assavoir dix huit sous pour chacun pied desd. vittres; lesquelles estoffes et matières dessusdites led. Buron sera tenu livrer à ses despens, hors mis le fer, lequel fer led. Brocard sera tenu livrer avecq le plattre qu'il conviendra. » 

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— Jean Lafond, Romain Buron et les vitraux de Conches. L'énigme de l'inscription « Aldegrevers », Bayeux, impr. Colas, 19421.

— Van Moé Émile-Aurèle, Jean Lafond. Romain Buron et les vitraux de Conches. L' énigme de l'inscription «Aldegrevers ».Bayeux, impr. Colas (1942). (Extrait de l'Annuaire normand, 1940, 1941.) [compte-rendu] Bibliothèque de l'École des chartes  Année 1942  103  pp. 271-272 http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1942_num_103_1_460361_t1_0271_0000_2

— LAURENT (Brigitte), 1986, Les Vitraux de Romain Buron à Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors (Eure) : Directeur de recherche, Madame Anne Prache. Paris IV Sorbonne, 1986.

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SOURCES ET LIENS.

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— BLANQUART, (Abbé), 1885, Notice sur les vitraux de Gisors, Mémoires de la société archéologique et historique de Pontoise et du Véxin, T7, page 67 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214014k/f127.item.zoom

 

 — CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001,"Les vitraux de Haute-Normandie", Corpus vitrearum Recensement VI, CNRS éditions, page 171

 

— COUTIL (L.) 1919, Le culte de sainte Clotilde aux Andelys (Eure) et en Normandie, par L. COUTIL, correspondant du ministère de l'Instruction publique, membre de la Société , Recueil de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département de l'Eure, Ancelle fils (Évreux) éditeur , page 33.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63160499/f101.item.r=clotilde.texteImage

— HAMON (Étienne), 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors  et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages page 321.

https://books.google.fr/books?id=QrXmxuOPH5MC&dq=isbn:2848672196&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

HÉROLD (Michel), 1993, Gisors, église paroissiale Saint-Gervais Saint-Protais, les verrières, Paris, 1993. Non consulté.

 

— PATTE (Victor), 1896, Histoire de Gisors,  ed. C. Lapierre, Gisors page 261-263

https://archive.org/details/HistoireDeGisors/page/n327

 

 

— PASSY (Louis) , 1907, LE LIVRE DES MÉTIERS DE GISORS AU XVIe SIECLE PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DU VEXIN , PONTOISE SOCIÉTÉ historique DU VEXIN

https://archive.org/stream/lelivredesmtie00pass/lelivredesmtie00pass_djvu.txt

 

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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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