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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 09:00

         La Légende des Dix mille martyrs :

   deux versions différentes rapportées par                  François Arnoulx en 1628 et 1635.

 

 Voir aussi :

     

   n.b : j'ai modernisé l'écriture dans le souci de donner facilement accès aux documents, les originaux étant disponible en ligne. J'ai placé le contenu des notes marginales donnant les références bibliographiques entre crochets [].

I. Les Estats generaux convoquez au ciel, ausquels tous les humains sont assignés...où est monstré le chemin qu'en chaque vacation on doit suivre...l'assistance que nos anges gardiens nous font... par François Arnoulx . Claude Obert, Claude Rigaud, Lyon 1628 ;   761 p.; 8°, 17 cm. 

  Livre IV, Chapitre XIV, pages 443 à 448 : Soldats, qui sont allez en course du coté du Ciel, et y ont été arrêtés aux États. en ligne sur Google books : link

 

 

  " [21 Juin le Martyre de dix mille soldats].    Du temps des cruels Empereurs, Adrien et Antoine, l'an cent seize, dix mille soldats furent martyrisés en Alexandrie. Car  les Agariens et Euphratains s'étant rebellés contre les Romains, eux étant les Empereurs en Alexandrie  mandèrent une armée de neuf mille hommes courir sur eux, sous la conduite d'Acacius et d'Heliades, grands Capitaines, lesquels s'étant présentés au combat, et voyant le grand nombre des ennemis qu'ils avaient à combattre, prirent la fuite, et se plaignant par ensemble de leur lacheté et couardise, disaient que les dieux étaient irrités contre eux, de ce qu'ils avaient négligés de leur présenter des sacrifices; et le voulant par après faire, les ennemis se ruèrent sur eux, les effrayant beaucoup plus qu'auparavant, dont ils prirent d'abondant la fuite, en laquelle voilà un Ange de Dieu qui leur apparut et leur parlant sous la forme d'un jeune homme leur dit  que les dieux des Gentils étaient des Diables, et qu'ils avaient par deux fois pris la fuite tout éffrayés à cause qu'ils s'adressaient à ces faux dieux et qu'ils leur demandaient aide et secours ; et que s'ils voulaient croire à Jésus-Christ, ils gagneraient la victoire sur les ennemis. Et répondant tous unanimement qu'ils voulaient croire en lui, l'Ange disparut. Le lendemain venu, ils s'adressèrent tous à Jésus-Christ, lui demandant aide et alliance, et allant trouver les ennemis, ils se ruèrent d'un grand courage, et d'autant plus qu'ils virent que l'Ange, qui le jour précédent leur était apparu, allait en tête de leur armée, dont ils mirent tous en pièces, sauf quelques uns, qui, prenant la fuite, s'allèrent précipitant l'un l'autre dans un grand lac qui s'était rencontré par là. Donc, s'étant emparés du champ de bataille, l'Ange de Dieu les mena sur la montagne Ararath, distante d'Alexandrie, où étaient les Empereurs, de cinq cent stades, et se mettant au milieu d'eux, leur enseignait la Foi de Jésus-Christ. 

   Ce que faisant les cieux s'ouvrirent et sept Anges descendirent encore visiblement à eux, leur prédisant tout ce qui leur adviendrait, les confirmant dans la Foi, les encourageant aux souffrances du martyre. et les Anges s'étant retirés d'eux, ces bienheureux nouveaux chrétiens croyant unaniment en Jésus-Christ et l'aimant tous de coeur et d'âme, demeurèrent trente jours sur cette montagne sans manger aucune viande matérielle. Les Empereurs, qui étaient alors en Alexandrie, tous étonnés de ce qu'ayant gagné la victoire ils ne revenaient vers eux les envoyèrent chercher, et ayant entendu qu'ils s'étaient fait chrétiens, adressèrent aussitôt une lettre à sept rois qui étaint là plus voisins, de venir vers eux, chacun avec son armée pour combattre les nouveaux chrétiens et les exterminer. Étant venus avec leurs armées, les empereurs demandèrent à ces nouveaux chrétiens de venir les rejoindre ; ceux-ci, ayant humblement prié Dieu , s'encourageant les uns les autres, fortifiés par une voix du ciel, vinrent avec un grand courage devant les Empereurs . Interrogés de savoir pourquoi, après avoir gagné la victoire sur leurs ennemis, ils s'étaient soumis au Nazaréen crucifié, sans avoir peur de transgresser les lois de l'empereur, Acacius chef de tous ces nouveaux chrétiens, parlant de la part de tous, leur fit le récit de tout ce qui leur était advenu (comme nous avons dit ci-dessus) et confessa publiquement devant tous que Jésus-Christ était seul Dieu . Et quant les Empereurs les menaçaient, qu'ils leur feraient endurer à tous toutes les peines et tourments que le crucifié (parlant de Jésus-Christ) avait souffert, Acatius, Capitaine de ces troupes chrétiennes, répondit qu'ils seraient heureux s'ils pouvaient être compagnons des tourments et de la mort du Seigneur. Et tous les idolâtres qui étaient là contre eux criaient   et eux au contraire confessaient à haute voix Jésus-Christ. Ces barbares poussés de fureur jettèrent des pierres contre eux et commencèrent de les lapider ; mais par vertu divine, les pierres qu'ils jetaient retournaient sur la face de ceux qui les jetaient, dont plusieurs de ces Gentils étaient blessés et tués, et les bons Chrétiens et les saints martyrs n'en étaient aucunement touchés ni offensés.  Ce que voyant les Empereurs l'attribuèrent à l'art de Magie et commandèrent de les fouetter et de les tourmenter avec des fouets et des scorpions. Et étant en ces cruels et longs tourments un de ces chrétiens fort jeune nommé Draconarius, perdant quasi courage parmi ces tourments, se retournant vers Acacius le Chef, lui demanda assistance de ses consolations. Ce qu'ayant fait, et craignant que quelqu'un des siens ne s'ébranlat à cause des grands tourments qu'ils enduraient, pria Dieu de les délivrer de ces tourments. Et incontinent ayant fait un grand tremble-terre,  les bras et les mains de ceux qui les flagellaient sèchaient   et devinrent arides ; miracle qu'ayant vu un Capitaine qui avait mille soldats à sa charge, nommé Théodore, il se convertit avec ses mille slodats, lesquels confessant tous qu'ils étaient chrétiens, se joignirent avec les autres neuf mille qui étaient déjà martyrisés, et voilà  accompli le nombre des dix mille martyrs, car ils furent tous martyrisés avec les autres. De quoi les Empereurs tous enragés firent parsemer les chemins le long de vingt stades de clous faits en triangle et  firent passer tous ces martyrs pieds nus par là pour aller en la montagne d'Ararat.  Ce que faisant les Anges allaient devant eux et recueillaient tous ces clous, qui pour cette raison ne leur firent aucun mal. Et les Empereurs pensaient que ces Anges fussent leurs Dieux qui, ayant pitié d'eux, leur vinssent ôter ces clous, et à cette occasion ils les pressaient davantage de leur présenter un sacrifice en reconnaissance du bien qu'ils leurs faisaient. Mais eux n'en tenant pas compte, et criant que le crucifié était le vrai Dieu, les Empereurs les condamnèrent tous à endurer les mêmes tourments que le Crucifié avait enduré. Et par là ils leur mirent des couronnes d'épines sur leur tête ; et comme les Juifs qui se moquaient de Jésus-Christ, se mettaient à genoux devant lui et lui crachaient au visage ou lui donnaient des soufflets, de même  faisaient ces soldats et bourreaux aux saints martyrs, leur donnat encore des coups de lance au coté, pour leur faire subir en toutes choses  les mêmes tourments que les Juifs firent souffrir à Jésus-Christ. Lesquels souffarnt le tout constamment, marquaient leur front de leur propre sang pour être baptisés en Jésus-Christ, puisqu'ils ne le pouvaient être autrement. Et par le conseil du roi Sapor, les saints Martyrs furent condamnés à être cloués en croix, et menés par l'armée des Empereurs, tout le peuple courant après, en la montagne d'Ararat. Et y étant arrivés sur les trois ehures, ils furent cloués en croix, tandis que le bienheureux saint Acacius, chef de tous ces martyrs, les exhortait à souffrir patiemment les tourments de la croix, ce qu'ils firent tous ; car, assistés des faveurs du Ciel, pas un d'entre eux ne fut ébranlé par toute la férocité de ces tortures. Acacius alors qu'il était sur la croix professait haut et clair le symbole de la Foi et demandait à Dieu, avec tous les autres saints martyrs qui étaient crucifiés que tous ceux qui demanderaient leur assistance, en quelque nécessité qu'ils fussent, qu'il veuille bien les exaucer ; et ceux qui jeûneraient la veille de leur passion et martyre, eussent un an d'indulgence de leurs péchés. Et à l'instant vint une voix du Ciel qui leur dit que leur demande était accordée, et qu'ils vinssent pour recevoir le royaume du Ciel. Et après, toute cette montagne fut illuminée d'une très grande clarté, et tous ces martyrs recommandant à grandes voix leur esprit entre les mains de Dieu expirèrent, et leur corps fut pris par les Anges et enterrés en la même montagne.

Petrus de Natalibus librus quinto cap. 137 de la Vie des Saincts, x. Kallen. Iuly et Janu. Vin. Beda, et martyrs. "

 

 

 

II.     La Poste Royale du paradis...très utile à un chacun pour heureusement s'y rendre, recueillie des sacrez docteurs qui curieusement en ont traité, par François Arnoulx (Nicolas Gay, Lyon 1635)

Pages 548 à 554. En ligne sur Google books ici :  link

  Dix mille martyrs courent la poste au ciel tous ensemble.

                      Chapitre LXXVIII.

 

        " Si le martyr d'un, de deux ou de trois est un spectacle plein d'admiration, non seulement aux hommes et aux Anges, mais encore à Dieu même, voyant la chair faible et infirme triompher de toutes les puissances du monde et de l'Enfer pour la Foi chrétienne : hélas, quel spectacle doit être, je vous prie, le martyre non d'un, non de deux, non de cent, non de mille, mais de dix mille , Je m'en vais vous en faire voir l'exécution en une tuerie de dix mille qui furent tués tous à la fois pour le soutien du nom de Jésus-Christ. Petrus de Natalibus l'atteste ainsi, Livre 5 chap. 137, [ Men al Garcor. Baron in Martyrs 18 mars] où il dit qu'en Alexandrie sous l'empereur Adrian et Anthoine, dix mille soldats furent cruellement martyrisés.

   Les Agarains et les Euphratains s'étant rebellés contre l'empire des Romains, Adrians et Anthoine Empereurs se trouvant pour lors en Alexandrie, mandèrent neuf mille hommes à l'encontre d'iceux, conduits par le prince Acacius, et Haliades grand Capitaine, lesquels étant aux approches avec les ennemis, tous effrayés du grand nombre d'iceux, se reculèrent et recherchant entre eux d'où leur était advenu un tel effroi, croyant que les dieux étaient indignés contre eux parce qu'ils avaient négligés de leur sacrifier : ils s'en allèrent leur sacrifier, ce que faisant, les ennemis se ruèrent vers eux, de quoi plus épouvantez qu'auparavant ils prirent la fuite ; surquoi leur apparurent un Ange du Ciel, lequel leur parlant sous la forme d'un jouvenceau, leur disait que les dieux des Gentils étaient des diables, et que deux fois ils avaient pris l'effroi, à l'occasion qu'ils s'étaient adressés à ces faux dieux ; que s'ils voulaient croire en Jésus-Christ, ils auraient la victoire de leurs ennemis, et répondant tous unanimement qu'ils voulaient croire en lui, l'Ange disparut. Le lendemain, se réclamant tous à Jésus-Christ, ils donnèrent sur l'ennemi, voyant l'Ange qui leur était apparu le jour précédent, précéder leur armée ; et les mettant en déroute ils défirent beaucoup de ces barbares. Et ayant obtenu la victoire, l'Ange les conduisit sur la montagne d'Ararat distante de cinq stades d'Alexandrie où étaient les empereurs, et se tenant au milieu d'eux les instruisait en la Foi de Jésus-Christ, et à l'Instant voilà venir du Ciel sept autres anges vers eux, leur prédisant ce qu'il leur adviendrait, et les préparant à souffrir constamment le martyre. Et les Anges ayant disparu, cette sainte troupe resta trente jours en cette montagne, priant continuellement Dieu de les aider.

  Les empereurs, tout étonnés de ce qu'ayant gagné la victoire ils ne retournaient pas auprès d'eux, les mandèrent chercher, et ayant entendu qu'ils s'étaient fait chrétiens, demandèrent aussitôt à sept rois leurs confédérés qui étaient proche de là de s'en venir vers eux en diligence avec autant de gens qu'ils pourraient pour exterminer ceux qui de nouveau s'étaient fait chrétiens. Et ces rois étant arrivés avec une grande et puissante armée, les empereurs envoyérent tout aussitôt des messagers à ces nouveaux soldats de Jésus-Christ, leur ordonnant de venir les rejoindre. Et ayant fait oraison et s'étant recommandés à Notre-Seigneur, s'encourageant les uns les autres, ils allèrent en toute assurance vers eux. Ils furent interrogés pour savoir pourquoi, après avoir gagné la victoire sur leurs ennemis ils s'étaient faits chrétiens, adhérant au Nazaréen crucifié sans avoir peur de transgresser les lois des empereurs. Et alors le prince Acacius parlant de la bouche de tous leur raconta tout ce qui leur était advenu, et criant à haute voix que Jésus-Christ était le vrai Dieu, à l'instant tous ses compagnons dirent haut et clair que Jésus-Christ était le seul vrai Dieu. Et les empereurs les menaçant qu'ils leur feraient endurer à tous les mêmes peines que le crucifié avait enduré, le prince Acacius, chef de l'armée des nouveaux chrétiens, leur répondit qu'ils seraient heureux s'ils enduraient une mort semblable à celle de Jésus-Christ. Ce qu'entendant les Idolâtres qui étaient là criant, et au contraire eux confessant Jésus-Christ à haute voix, se jettèrent aux pierres contre eux, et commencèrent à les lapider. Mais par la vertu de Jésus-Christ, les pierres qu'ils jetaient sur eux retournaient contre la face  de ceux qui les jettaient, dont plusieurs furent blesser et les autres tués, n'étant les martyrs ni blessés, ni touchés des pierres. Ce que voyant, les Empereurs, et attribuant cela à la magie, commandèrent qu'ils fussent battus avec des scorpions, instruments très cruels pour tourmenter, et étant longtemps battus de cette façon, un jeune de ces saints martyrs appelé Draconarius commençant à vaciller quelque peu, se retournant vers le prince Acacius le pria de l'encourager. Ce qu'oyant Acacius fait, craignant que le coeur ne manquât à quelqu'uns des siens, en ces tourments si cruels, pria Notre-Seigneur les ôter de ces si terribles tourments. Et à l'instant ayant fait un grand tremble-terre, les bras des bourreaux qui les tourmentaient devinrent arides et secs. Ce que voyant et reconnaissant le miracle, Théodore, Capitaine de mille hommes pour les Empereurs, se convertit à la Foi avec ses mille soldats, lesquels confessant tous Jésus-Christ se retirèrent avec les neuf mille qui étaient là tourmentés, de sorte que voilà le nombre des dix mille accompli. Alors les empereurs plein de furie contre eux commandèrent (ainsi que dit Baronius en son martyrologe le 18 de mars et le ménologe des grecs), qu'ils eussent tous la tête tranchée, ce qu'étant fait en une seule poste, ils se rendirent tous au ciel. Ô quelle belle troupe ! Dix mille à la fois aller en paradis ! Ô braves soldats ! Détestant la cruauté de ces cruels empereurs, imitons la constance de ces valeureux champions de Jésus-Christ en la souffrance de nos misères, ne voulant pour rien que soit nous départir de l'amour du doux Jésus."

 

   Commentaires.

  François Arnoulx, dominicain natif du Maine (?) ou plutôt né à Riez et décédé dans cette ville le 29 septembre 1634, était chanoine de la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption à Riez, dans les Alpes de Haute-Provence à l'est de Manosque. La lecture de l'article Wikipédia consacré à Riez permet d'apprendre que cette localité, à la foire réputée, avait, par sa position, été choisie pour établir une poste royale, ce qui peut avoir suggéré au chanoine le titre de son ouvrage, La Poste Royale du Paradis.

       Orateur aussi talentueux que son frère, également chanoine de Riez, François Arnoulx fut un auteur prolixe à qui on doit  Merveilles de l'autre-monde contenant les horribles tourments de l'enfer (G. de la Rivière, Arras, 1616), du Voyage de l'autre monde (1622), du Sacré flambeau (Lyon, 1618), du Secret pour ouvrir la porte du Paradis en mourant ( 1623), des États Généraux convoqués au Ciel (1628), des Pratiques spirituelles (Jullieron, Lyon, 1643), des Eschelles du Paradis (J.B. Besongne, 1702), Du paradis et de ses Merveilles (Antoine Laurens, 1673), etc...

  La version qu'il donne de la Légende des Dix mille martyrs dans la Poste Royale est assez fidèle à celle de l'abbaye de Saint-Denis du XIIIe siècle, mais, curieusement, alors qu'il parle des saints martyrisés par l'empereur Adrien (et son successeur Antonin), il fait à deux reprises référence au martyrologe consacré aux dix mille martyrs de Nicomédie martyrisés en 303 sous Dioclétien, qui sont fêtés le 18 mars et qui furent décapités, et non crucifiés ; après le récit de l'adhésion de Théodore et de ses hommes à la cause des chrétiens, au lieu de raconter la passion qui conduit les martyrs à leur crucifiement, il décrit leur décapitation, conforme à la légende des martyrs de Nicomédie.    Cela montre combien les deux légendes , et les deux cultes, sont comme deux arbres qui échangent des rameaux, s'entent l'un l'autre, intègrent d'autres éléments hagiographiques concernant d'autres martyrs encore, pour devenir des rhapsodes guidant les fidèles vers l'Echelle ou la Porte de la dévotion ou leur indiquant le plus proche relais de la Poste du Paradis.

  Au contraire, dans Le États Généraux convoqués au Ciel, la version suit bien plus scrupuleusement la Légende, et en décrit la succession des épisodes avec, tout au plus, quelques contre-sens quant au texte original présumé. 

   Comme je l'ai dit, la Poste Royale fut publiée en 1635, de manière posthume un an après le décès du chanoine : je présume qu'elle fut écrite longtemps auparavant, alors que François Arnoulx n'avait pas eu accès, comme en 1628, à la Légende originale, et que, par ignorance, il avait mélangé les deux récits, celle des Dix mille crucifiés de 120 sous Adrien fêtés le 22 juin et celle des Dix mille décapités de Nicomédie de 303 sous Dioclétien fêtés le 18 mars. Ultérieurement, il aurait donné la version exacte des Dix mille crucifiés, et aurait gardé dans ses papiers la version de jeunesse, erronée ; ses héritiers peu avertis des arcanes de la martyrologie auraient publié La Poste Royale en imaginant être fidèles à la mémoire du brillant orateur.

 

   C'est donc la Légende telle qu'elle est transcrite dans les États Généraux convoqués au Ciel qu'on s'attachera à considérer comme un document sur l'état de la Légende en langue française au XVIIe siècle. Cette version de 1628 éclaire utilement la compréhension du retable de Crozon, que l'on date de 1624.

  Sa source est bien établie : c'est le texte de Petrus de Natalibus. En cela, le texte se situe dans la veine religieuse des Actes des Saints, et non dans la veine historique des Grandes Chroniques de France, du Miroir historial et des Croniques de Bretaigne. Ces deux veines diffèrent-elles ? C'est ce que la confrontation des différents documents va tenter d'éclaircir.

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