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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 09:40

Les papillons de l'Égypte ancienne. Une traduction de l'article de Nazari & Evans :

— NAZARI (Vazrick), EVANS (Linda), 2015, -Butterflies of ancient Egypt, Journal of the Lepidopterists’ Society Volume 69(4), 2015, 241 242–26.

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Dans le cadre de mes recherches sur l'histoire des noms des papillons (mes 89 articles de zoonymies des rhopalocères), de leur iconographie (mes articles sur Joris Hoefnagel puis sur Claude Aubriet ), sur leurs collectionneurs et descripteurs (Geoffroy, Engramelle, Godart, Oberthür, ), sur leur signification symbolique et leur présence dans l'art, j'ai accumulé plusieurs centaines d'articles accessibles sur ce blog en utilisant le bouton "recherche". Par exemple :

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I. Zoonymie :

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II. Histoire des Noms de Papillons :

Onomastique des papillons de James Petiver. (1695-1703)

Histoire des noms français de papillon I : Etienne Louis Geoffroy (1762)

Histoire des noms français de papillon II ; Jacques Louis Engramelle. (1779)

Histoire des noms français de papillon III : J.B. Godart. (1821)

Histoire des noms français de papillon IV : Rhopalocères.

Histoire des noms vernaculaires de papillon : en 1912 avec Oberthür.

Noms des Papillons diurnes (rhopalocères) créés par Linné dans le Systema Naturae de 1758.

Les papillons décrits par Aldrovandi en 1602.

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III Les illustrateurs de papillons : Hoefnagel, Aubriet, etc.

Claude Aubriet et les papillons : les Vélins du Roy (Muséum d'Histoire naturelle), 1710-1735.

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III. Les collectionneurs.

Les manuscrits et planches de Christophe-Paul de Robien décrivant vers 1748 sa collection de papillons.

Les planches de l'Archetypa d'Hoefnagel de la collection De Robien, Musée des Beaux-arts de Rennes.

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IV. Les papillons et la symbolique, l'art et la littérature.

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V. Divers

Une panthére inoffensive. Pseudopanthera macularia

Où le damier va à dame Le Damier de la succise

Papillons de fin d'été.

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Si je devais résumer à l'extrême les articles qui précèdent, je donnerais quelques constatations :

1. Les papillons représentés dans l'art (ou représentés tout court) jusqu'au XVIe siècle (au plus tôt) sont des insectes imaginaires, des icônes de papillons correspondant à la façon dont les contemporains se les figurent mentalement, et non comme ils sont réellement. ( Quelques rares espèces sont identifiables, toujours les mêmes, mais sans réelle exactitude entomologique : le Machaon, la Petite Tortue, la Piéride du Chou, et un papillon bleu faisant office d'Azuré de service). Voir par exemple les Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1508), où les plantes sont nommées, et fidèlement représentées à coté de papillons décoratifs et fictifs. De même qu'un enfant qui dessine une maison ou un bonhomme ne représente qu'un schéma mental ou un symbole graphique de la maison ou de l'être humain. L'humanité n'est sortie que récemment de cette période infantile de sa relation avec les lépidoptères.

2. Les papillons ne reçoivent pas de nom d'espèce avant le XVIIe siècle, et même pratiquement jusqu'au Systema Naturae de Linné 1758. Nous ne conservons aucun nom populaire (vernaculaire) de nos espèces courantes telles que le Paon du Jour. Tous les noms ont été créés par les naturalistes. Or un animal non dénommé est un animal qui reste derrière un voile, son existence est connue mais il n'est pas intégré au champ de la connaissance : il demeure dans une crypte.

3. Le symbolisme le plus ancien concernant les papillons est celui de l'antiquité grecque puis romaine et il est lié à la mort. Le papillon ne représente pas l'âme ou psyché, comme on le dit trop rapidement, mais l'âme séparé du corps défunt. C'est donc un symbolisme funèbre, ou même effrayant, associé certes à la Renaissance qu'évoquent ses métamorphoses, mais aussi au thème des âmes mortes des revenants.

4. Le second thème symbolique est propre aux phalènes, ou papillons nocturnes, qui, attirés par la lumière d'une bougie, se brûlent les ailes et meurent. La figure du papillon de l'antiquité et de l'époque médiévale est nocturne, maléfique, c'est une mise en garde contre les dangers mortels de la passion, ou du péché. Le papillon est une figure de l'inconstance voire du libertinage menant à l'enfer.

5. Jusqu'au XVII et XVIIIe siècle, c'est la chenille qui, parmi les différents stades (œufs -chenille-chrysalide-imago) fascine les esprits et masquent les autres formes. Danger pour les cultures, elle est menace de famine. Être qui se transforme, elle est diabolique dans l'esprit médiéval qui prône la constance et l'unicité.

Ce n'est que très récemment, au XIXe siècle, que le papillon adulte et diurne deviendra visible, sera nommé, décrit dans sa diversité et dans ses mœurs et qu'il deviendra un symbole poétique de légèreté, d'insouciance positive, de libertinage galant, de gaieté, d'azur et de vagabondage aérien. Ce changement de paradigme doit être souligné car nous n'en sommes pas conscient.

Pour poursuivre cette réflexion, je propose ici ma médiocre traduction d'un article sur les papillons dans l'Égypte ancienne. Les Égyptiens ont-ils dessinés, avant l'ère chrétienne, et donc vus, les papillons mieux que leurs successeurs ? Ont-ils peints fidèlement des espèces authentiques ? Ou bien leurs représentations était-elles stéréotypées, "iconique" ? Les ont-ils associés à un symbolisme, à une valeur spirituelle originale ?

Note préalable : les auteurs ont procédé à une étude "cladistique". Comme me l'apprend Wikipédia,

"La cladistique (du grec ancien κλάδος, klados, signifiant « branche »), est une théorie de classification phylogénétique. Elle classe les êtres vivants selon leurs relations de parenté, dans un cadre évolutionniste. Elle repose sur la construction de groupes monophylétiques dits clades qui incluent un ancêtre commun et l'ensemble de sa descendance. La cladistique cherche à établir les relations de parenté entre les taxons, sur la base d'un partage d'états de caractères considérés pertinents .

Cette théorie a été présentée dans les années 1950 par l'entomologiste allemand Willi Hennig.

Le résultat de la reconstruction phylogénétique est représenté sous forme d'un graphe connexe non cyclique, ou arbre, appelé ici cladogramme. Un tel arbre indique les relations de parenté entre les taxons considérés. Des connaissances morphologiques, moléculaires et comportementales sont utilisées pour les travaux cladistiques, largement assistés par des programmes informatiques."

Comme l'article est disponible en ligne, on s'y reportera pour une meilleure compréhension, pour un examen des figures et des graphes, mais j'ai voulu donner une introduction aux lecteurs qui ne manierait pas facilement l'anglais. Mais comme c'est également mon cas, j'ai commis de nombreuses fautes. Que toute la honte en retombe sur moi, mais surtout pas sur les auteurs !

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VAZRICK NAZARI et LINDA EVANS :   BUTTERFLIES OF ANCIENT EGYPT

3058-C KW Neatby Building, 960 Carling Ave., Ottawa, ON K1A 0C6 Canada;

email: nvazrick@yahoo.com

Ancient Cultures Research Centre, Department of Ancient History, Macquarie University, Sydney NSW 2109 Australia linda.evans@mq.edu.au

 

http://images.peabody.yale.edu/lepsoc/jls/2010s/2015/2015-69-4-241.pdf

 

RÉSUMÉ.
Un examen des papillons représentés dans  les scènes de tombes égyptiennes anciennes et d'autres œuvres datant de la période pré-dynastique (c. 3000 av. J.C) jusqu'à la fin de l'ère pharaonique (c. 100 av. J.C.) révèle un large éventail de changements stylistiques au fil du temps. Une analyse cladistique montre une relative constance du style pendant la période de l'Ancien Empire, la copie des styles anciens au cours de la période du Moyen Empire, et un écart par rapport à la tradition pendant la période du Nouvel Empire. L'utilité d'une approche cladistique est démontrée dans l'attribution des dates et les localisations  des œuvres anciennes  égyptiennes dont les origines sont inconnues. Nous discutons du symbolisme des lépidoptères dans l'Egypte ancienne, et nous étudions comment certaines de ces représentations  peuvent mettre en évidence des changements temporels dans la répartition des espèces depuis les temps pharaoniques.

Mots clés supplémentaires: égyptologie, lépidoptères, iconographies, cladistique, art égyptien

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 Les  Papillons sont représenté dans l'art depuis la période néolithique (c. 5000 av. J.C) (Schimitscheck 1978). Bien que leur présence dans l'antiquité soit également  importante dans l'art minoen et mycénien (Evans 1928, Brentjes 1964, Parent 1987), l'emploi des papillons, aux côtés d'autres insectes, par des artistes égyptiens antiques, comme un élément décoratif standard du décor des tombes  il y a plus de trois millénaires,  leur a donné une importance unique qui est sans précédent dans l'histoire de l'art.

Plusieurs insectes étaient vénérés par les Égyptiens, représentaient des divinités, ou possédaient par ailleurs une profonde signification symbolique (par exemple les scarabées , les criquets, les abeilles, les moustiques, les mantes, les puces, etc.) (Ward 1994). Cependant, le rôle des papillons dans le contexte funéraire égyptien reste, le cas échéant, contesté (Fleuren 2010). La culture de l'Égypte antique, telle qu'elle s'est développée il y a plus de trois mille ans, est couramment divisée en plusieurs grandes périodes: l'ère pré-dynastique (néolithique-3100 avant notre ère), la période thinite (-3100--2686 , Dynasties I-II), la période de l'Ancien Empire (2686- 2181 avant notre ère, Dynasties III-VI), la période du Moyen Empire (2055-1650 avant notre ère, Dynasties XI-XIII), et la période du Nouvel Empire (1550 -1069 avant notre ère, Dynasties XVIII-XX). Celles-ci ont été séparées par des périodes intermédiaires marquées par des troubles. La période tardive (664-332 avant notre ère, Dynasties XXV-XXXI) fut suivie par les conquêtes grecques et romaines et marqua  la fin de l'ère pharaonique (van de Mieroop 2011).

 L'importance de l'au-delà pour les  anciens Égyptiens est bien documentée (Kanawati 2002). Les pauvres étaient enterrés dans de simples fosses, mais l'élite du pays, tels que le roi, les nobles, et de hauts responsables gouvernementaux, investirent dans des tombes élaborées afin d'y passer l'éternité. Malgré le développement de différentes méthodes de construction au fil du temps, chaque tombe (soit une structure indépendante, soit un édifice taillé dans la roche) se composait de trois éléments essentiels: une chapelle d'offrande  ou temple mortuaire,  un serdâb ["tomb shaft"], et une chambre funéraire souterraine (Arnold 2003). Les murs de la chapelle, et parfois ceux de la chambre funéraire, étaient généralement décorés. Au cours de l'Ancien Empire, la décoration étaient basée sur des bas-relief peints dans lesquels l'arrière-plan entourant les figures finement sculptés était  creusé pour créer un effet de relief ; ce relief en creux, dans laquelle des motifs sont ciselés dans la surface du mur, fut aussi utilisé tout au long de l'ère pharaonique. Dans les périodes plus tardives, cependant, les scènes des tombes ont été peintes directement sur les murs enduits de plâtre. Seules six couleurs ont été utilisées couramment: le  rouge, le vert, le bleu, le jaune, le blanc et le noir, chacune avec sa propre signification symbolique. Ces pigments ont été préparés à partir de substances naturelles telles que l'ocre rouge et jaune, la malachite en poudre, le noir de carbone, et le gypse (Robins, 1997).

   La stabilité du mode de vie et de la culture égyptienne a donné lieu à une forme d'art qui se  caractérise par une adhésion très conservatrice à des règles favorisant l'ordre et la créativité de l'expression artistique. Des canons  stricts de représentation déterminaient comment les figures humaines pourraient être représentées : les mensurations, les poses et les couleurs ont tous été dictés par des formules de prescription qui ont été respectées par des générations. Ainsi les  sculpteurs et les peintres  de l'ancienne Égypte ne sont pas des artistes au sens moderne, mais plutôt des ouvriers payés et formés, travaillant anonymement dans le cadre d'une équipe d'artisans qualifiés qui ont été commis par l'élite pour construire et décorer leurs tombes. Ces équipes comprenaient normalement des tailleurs de pierre, des plâtriers, des dessinateurs, des sculpteurs, des menuisiers, des peintres et des scribes. Dans le cas des tombes rupestres, par exemple, les tailleurs de pierre devaient d'abord creuser les chambres de la chapelle et du serdâb [shaft-tomb]. Les Plâtriers recouvraient ensuite les murs irréguliers avec une couche de gypse et de  chaux. Une fois que les murs avaient été lissés et polis, ils étaient confiés  à des dessinateurs qui traçaient les esquisses en rouge. Le maître dessinateur  pouvait alors repasser ces croquis à l'encre noire, pour en valider  l'exactitude. Enfin, les peintres devaient ajouter de la couleur avec des brosses faites d'un rameau ou d'un roseau auxquels étaient liés des poils . Bien que l'imagerie religieuse ait été introduite au cours de la période du Nouvel-Empire, les scènes dites "de vie quotidienne" ont dominé la décoration tout au long de l'ère pharaonique. Ces images, disposées en panneaux horizontaux (ou registres), semblent montrer diverses activités sur les terres des propriétaires de tombes, comme des hommes et de femmes cuisant le pain ou brassant la bière, s'adonnant au  labourage, à la récolte et au battage du  grain,  des bergers au travail dans les pâturages et s' occupant du bétail, des charpentiers, des potiers et des bijoutiers, mais aussi des habitants se livrant à des activités sociales: comme les jeux, la musique et les banquet, ou des porteurs d'offrandes apportant des produits au propriétaire défunt à sa table funéraire. Dans les «scènes de marais", le tombeau-propriétaire de tombe est représenté  en train de se livrer à  chasse à la sauvagine et à la pêche au harpon sur le Nil (Fig. 1).

N.b : l'article reproduit la photographie d'une peinture conservée au British Museum, Nebamun pêchant dans les marais, fragment d'une scène de la chapelle funéraire de Nebamun, vers 1350 av. J.C : 

 

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    Ces images dressent des tableaux fidèles de fourrés denses de papyrus  parmi lesquels de  nombreuses espèces d'oiseaux  nichent tandis que se cachent des petits carnivores, comme les genettes  communes (Genetta genetta) et les mangoustes égyptiennes  (Herpestes ichneumon). Au dessous, dans l' eau,  les poissons nagent, les hippopotames et crocodiles évoluent, tandis qu'au dessus, dans les airs, volent les canards sauvages et les insectes. Les papillons sont fréquemment retrouvés dans de telles scènes, tant au repos et volant  au-dessus que dans les fourrés de papyrus. Le but de ces scènes, qui sont conformes aux thèmes spécifiques répétés  de tombe en tombe,  a été beaucoup débattu. Les images sont considérées par beaucoup comme ayant rempli une fonction magique, pour aider à maintenir l'esprit du défunt   dans l'au-delà (par exemple Smith 1978), mais d'autres théories présentent ces scènes comme des indicateurs de statut social (par exemple Moreno-Garcia 2006) ou ayant une signification mythologique qui a permis au défunt de participer à un drame cosmique plus large (par ex. Altenmüller 1999). Quelle que soit leur fonction, les peintures murales examinées fournissent de précieuses informations sur de nombreux aspects de la vie des anciens Egyptiens, y compris sur  le milieu naturel. Malgré les règles strictes régissant la représentation dans l'Egypte ancienne, la diversité et la variation significative dans le style de l'imagerie des lépidoptères dans le temps est évidente  (Keimer 1934, Verhoeven 1975, Evans 2010, Fleuren 2010). Ici nous essayons de faire la lumière sur le procédé et la direction de cette forme d'art à l'aide d' une analyse cladistique, en utilisant la compilation la plus complète à ce jour des représentations de papillons dans l'art égyptien antique. Nous examinons aussi la possibilité de déduire les dates pour les œuvres d'origine inconnue grâce à cette approche, et d'étudier d'éventuelles périodes dans des époques historiques   de papillons qui ne se produisent plus aujourd'hui en Egypte.

 

. We suggest that some of these may be Neuropterans, namely antlions (Myrmeleontidae) and owlflies (Ascalaphidae) (Fig. 9b–c). These are dragonflylike insects with visible, often long antennae that are also common in marshes and along riverbanks. At least 70 species of antlions and six species of owlflies have been recorded in Egypt (El-Hamouly & Fadl 2011). 
Figure 1, Copyright Nazari & Evans,  Journal of the Lepidopterist's Society 2015 vol. 69 page 244

Figure 1, Copyright Nazari & Evans, Journal of the Lepidopterist's Society 2015 vol. 69 page 244

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 Matériels et méthodes.

Une liste de  tombes de l'Ancien Empire contenant des scènes avec des papillons (Harpur, 1987) a été  utilisée comme point de départ, et les structures de date antérieure ou postérieure comportant des scènes similaires ou récemment découvertes ont été ajoutés après examen des descriptions funéraires publiés . Des œuvres  telles que des amulettes, des pendentifs, des  bijoux, des  statuettes, etc. comportant des papillons ont donc été incluses (figure 2).. La liste finale (tableau 1) contient 82 échantillons provenant d'un total de 194 représentations de papillons provenant de 20 endroits différents à travers le pays (Fig. 3). Il est probable, cependant, que des prospections ultérieures  apporteront des exemples supplémentaires . Des images de haute qualité ou des dessins ont été recherchées pour chaque entrée dans la liste, principalement dans les rapports sur les  tombeau d'excavation et dans les  catalogues de musées, mais aussi dans d'autres publications, livres, sites Web, bases de données en égyptologie, et dans la photographie amateur à l'occasion (par exemple Flickr). Dans de nombreux cas les seules images disponibles sont des dessins au trait originaux réalisés par les égyptologues qui, les premiers, ont documenté les tombes. Nous ne pouvons pas exclure des inexactitudes qui pourraient avoir été introduites dans ces travaux en raison du manque d'attention aux détails entomologiques. Par exemple, les dessins au trait par Mohr (1943) du Mastaba de Hetepherakhti 11 (maintenant à Leiden) ont été jugés très imprécis (Prof. Dr. Maarten Raven, comm. Pers.). Les planches composites des images de papillon obtenues ont été compilées sur Adobe Photoshop CS.5 puis re-dessinés en utilisant l'encre de Chine et un  stylo  Rapidograph avec une épaisseur de 0,25 et  0,5 mm d'épaisseur sur des feuilles de rédaction Mylar (Fig. 4). L'ombrage a été réalisé  en utilisant des feuilles Letraset Letratone en trois intensités différentes  (LT15, ​​LT25 et LT29).

Pour les figures 3 à 10 et les tableaux I et II, se rapporter à la publication originale en ligne.

 

 

 

Figure 2, Copyright Nazari & Evans,  Journal of the Lepidopterist's Society 2015 vol. 69 page 246

Figure 2, Copyright Nazari & Evans, Journal of the Lepidopterist's Society 2015 vol. 69 page 246

 


 Lorsque plus d'un papillon était présent dans une scène funéraire, ou que plusieurs objets du même genre étaient collectés dans un musée, les types les mieux conservés (un total de 82 échantillons) ont été choisis pour l'inclusion dans l'illustration et l'analyse cladistique. Une date a aussi été attribuée  à chaque image.  La datation des tombes égyptiennes repose en grande partie sur les inscriptions, le type d'architecture et des éléments stylistiques dans la décoration. Néanmoins, les dates de nombreuses structures, en particulier pour la période de l'Ancien-Empire, sont très controversées. Pour ce projet, les dates de tombes ont été obtenues à partir des travaux d' Yvonne Harpur (1987, 2006), analysées  minutieusement  et complétées par des réévaluations par les savants ultérieurs (par ex. Swinton 2014 pour les tombes de l'Ancien Empire). La terminologie de datation standard suit aussi Harpur (1987), avec les dynasties correspondantes en chiffres romains, suivies par l'ordre du roi régnant au sein de la dynastie, et si elle est connue, la période approximative (Early, Middle or Late pour le début, le milieu ou la fin) du cours de son règne (par exemple "XVIII.6L" indique les dernières années du règne de la 6ème roi de la XVIIIe dynastie).

 

Pour les  tombes ou des objets où la datation est encore contestée, une période plus large est retenue. Au cours de cette étude, le premier auteur a examiné un bas-relief de papillon dans le Los Angeles County Museum of Arts (LACMA # M.80.199.137) pour lesquels la provenance est inconnue (Fig. 5). L'œuvre fait  partie d'une collection acquise par le musée à un collectionneur privé. Pour conclure à la date approximative ou la localisation, il a été inclus dans notre analyse. Un ensemble de 32 caractères  a été choisi pour l'analyse cladistique, dont 16  binaires et 16 multi-réponses (Annexe 1).

 

L'ensemble de données final comprenait un groupe externe et un groupe interne de 81 taxons. Les caractères ont été marqués à l'aide des états de caractères observés (Annexe 2). Les dates ont été exclues de l'analyse et ensuite tracées sur le cladogramme. Le Data Matrix était  alors soumis à une analyse cladistique utilisant les modules heuristiques (ajouter et réorganiser)  implémentés à Mesquite 2,75 (Maddison Maddison et 2011), avec le NNI re-arrangeur (maxtrees = 500) et sous la Parsimony Criterion  avec l'option sélectionnée “minimize Tree Value Using Character Matrix" . 

[...] Je ne donne pas ici la traduction de la suite de ce paragraphe de Matériel et méthodes correspondant à la page 246.

 

RÉSULTATS.

 

Lieu et fréquence.

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Les premiers exemples sans ambiguïté de papillons apparaissent sur les bijoux datant de la IVe dynastie, à partir du site de Gizeh (fig. 2a), mais la plupart des images restantes examinées dans notre étude ont été situé dans le Vieux-Uni, la nécropole de l'Ancien Empire à Saqqara et dans les cimetières thébains du Nouvel Empire (tableau 1). Les Sites provinciaux contenaient dans l'ensemble moins d'exemples. Les images de papillon étaient trouvée principalement dans les décorations murales peintes ou sculptées  des complexes funéraires royaux de (par ex. Ouserkaf 3 et Niuserre 6) et dans  les tombes privées, et parmi elles le contexte le plus habituel était  les scènes dans ou à proximité des marais. Un petit nombre ont été cependant décrits dans d'autres endroits  (par exemple dans des scènes de chasse d'oiseau (Neferherenptah 21), de capture au filet,  (Ankhmahor : Seshi 41, et dans des scènes de chasse à l'hippopotame (Hemre: Isi 55) . Dans la tombe d' Ankhmahor : Seshi 41, un papillon est perché sur une botte de roseaux parmi un groupe d'hommes tirant la corde d'un filet (Kanawati & Hassan 1997), tandis que dans un autre exemple rare, un des papillons de la tombe de Mehu 46 est chassé par un ibis (Fig. 7). Le nombre de papillons par tombe a beaucoup varié, avec pour la plupart des tombes un ou deux cas, mais certains en affichaient jusqu'à 11 (Hesi 40) ou 13 (Mehu 46). Dans la période du Moyen Empire, les papillons ont commencé à apparaître sur une nouvel élément du mobilier funéraire: les statuettes d'hippopotame 57, qui ont été produites en faïence bleu et décoré avec des motifs de marécages. Les papillons apparurent aussi dans la décoration non funéraire pour la première fois pendant la période du Nouvel Empire, peint sur un plafond dans le Palais d' Amenhotep III 73 à Malkata, ainsi que sur un plancher à Tell-ar-Amarna 74.

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Représentations.

Les papillons étaient généralement représentés dans leur forme la plus conventionnelle et montrant leurs traits les plus caractéristiques. Ils sont donc souvent représenté avec leurs ailes ouvertes, bien que durant la fin de la Ve dynastie ( Ptahhotep II: Thefi 26 et Nebet 28), ils ont également commencé à apparaître dans une pose latéral et avec leurs ailes fermées. Parmi les images examinés, 11 papillons étaient représentés latéralement, et dans quelques cas (par exemple Senbi 61,  I Khnoumhotep II 63 et Ukhhotep 64), ils étaient clairement dessinés ventralement. 

Mis à part une exception (celle de Neferseshemptah / Sekhentiu 15; voir ci-dessous), tous les papillons avant la fin de la Ve dynastie étaient représentés avec  deux ailes seulement, tandis que  par la suite les détails anatomiquement corrects ont été ajoutés pour indiquer quatre ailes, confirmant  l'observation faite plus tôt par Evans ( 2010: 51) et Fleuren (2010: 62-63) remarquant qu' un changement de style a eu lieu pendant le règne du roi Ounas de la Ve dynastie. Dans des périodes postérieures (en particulier durant le Nouvel Empire), les papillons ont de nouveau été souvent représentés avec deux ailes.

 

Identification.

Les espèces  de papillons de la faune actuelle de l'Égypte sont bien étudiés et à ce jour 61 espèces de papillons sont connues pour y figurer (Larsen, 1990, Gilbert & Zalat 2007). La grande majorité des représentations de  lépidoptères examinés dans notre étude, cependant, étaient trop stylisée pour être scientifiquement identifiables. Beaucoup d' images montraient lune morphologie exagérée ou une coloration inhabituelle de l'aile, ce qui suggère que la précision zoologique n'était  pas toujours une préoccupation majeure pour certains artistes. De plus, souvent il ne restait aucune trace de la peinture d'origine, et le simple contour qui demeure  n'a pas toujours pu fournir des indices utiles pour identifier les insectes. Parmi les images étudiées seulement une poignée pourrait être attribuée avec certitude à des  papillons modernes (tableau 1). Celles-ci sont réparties sur les périodes de l'Ancien, du Moyen et du Nouvel Empire et étaient de différents endroits. La plus ancienne représentation identifiable ce trouvés dans la tombe de Nefer/Kahay 7 (figure 1b.). Trois papillons apparaissent dans cette scène de mur, sculpté en bas-relief et peints, dont un seul est bien conservé. Tant sa coloration et la structuration croire que cette dernière est un Petit Monarque, Danaus chrysippus  (Fig. 8a). Cette espèce commune (ou son proche sosie , la femelle d' Hypolimnas misippus) apparaît aussi dans de nombreuses autres tombes  de la période de l'Ancien Empire jusqu'à celle du Nouvel Empire, y compris Ty 17, Merefnebef 36, Nikauisesi 42, Khnoumhotep II 63, Ukhhotep 64, Nebamun 72, et d'autres (Keimer 1934, Larsen 1979, Lopez-Moncet & Aufrère 1999, Fleuren 2010). Certains d'entre eux  (par ex. Merefnebef 36) étaient évidemment tirer de spécimens de la forme f. alcippus, qui affichent des ailes postérieures blanchâtres (Fig. 8b).

 

  Les papillons sur le plafond du Palais du Nouvel Empire d'Amenhotep III 73 semblent appartenir à D. chrysippus f. Dorippus, une forme où manque la zone noire sur le bout des ailes antérieures (Fig. 8c). Les autres possibilités sont  dans ce cas soit  la Vanesse du Chardon Vanessa cardui (Keimer 1934: 210) ainsi que le forme estivale  d'été de Precis octavia Cramer, 1777 (Nymphalidae) (8d.) , bien que ce papillon des savanes ne  se produit seulement aujourd'hui que du sud de la Somalie à l'Afrique du Sud (Larsen 1991). Si la couleur  saumon des deux papillons dans la tombe de Menna 70 reflète leur coloration originale et ne sont pas un produit de leur âge, cela peut suggérer que le modèle ait été Colotis Fausta et non  D. chrysippus  posé par Fleuren (2010), bien que la peinture est par ailleurs très stylisé (Fig. 8e).

Des  papillons  à ailes rondes, de couleur claire avec des points noirs tachetés sur la partie supérieure ou inférieure des ailes sont trouvés dans les tombes de Ibi 48 et Simout 79;  ils peuvent  avoir été inspirés par les papillons bleus appartenant aux Polyommatinae (Lycaenidae). Certains des papillons représentés sur les figurines d'hippopotames 57 pourraient aussi être interprétée comme D. chrysippus; Germond (2008) a suggéré que  Polyommatus icarus puisset être un autre modèle, quoique cette espèce soit très rare  aujourd'hui en Egypte. Il a aussi proposé que les papillons des  tombes du Moyen Empire de Senbi 61 et Ukhhotep 64 sont probablement  D. chrysippus, mais à notre avis ces papillons sont trop stylisés pour que cette identification soit certaine.

Des papillons foncés avec des points blancs apparaissent d'abord dans les peintures des tombes à partir de la XVIIIe dynastie ( Néferhotep 67, Horemheb 68, Nakht 71). Le seul papillon correspondant à ce profil en Egypte aujourd'hui est le mâle du Nymphale du Pourpier Hypolimnas misippus avec des ailes sombres marquées par six taches blanches bien visibles (Fig. 8F-G). Cette morphologie correspond étroitement aux papillons des tombes de  Néferhotep 67 et Nakht 71, où (dans le dernier cas) la femelle imitant un Danaus est aussi représentée (Fig. Ii) .

 

Un papillon sombre dans la tombe d'Horemheb 68 a de nombreux points blancs, et ses ailes pointues suggèrent aussi qu'il a pu être dessiné d'après un  exemplaire de Sylvain azuré Limenitis reducta , un papillon qui est absent d'Égypte, mais se trouve aujourd'hui du sud de l' Europe du Sud au nord d'Israël , en Jordanie, au  Liban, en Syrie et Iran dans la zone méditerranéenne (Higgins & Riley 1970) (fig. 8 h).

 

Dans certains cas, un corps plus épais et la forme triangulaire des ailes fait suggérer que l'image puisse avoir été dessinée à partir d'un papillon de nuit plutôt que d'un papillon diurne (par ex.Hetepet 4; Rudj-Ka 13). Les deux insectes dans le tombeau de Puyemre 66 avec un corps épais  et de grandes taches en œil sur chaque aile (Fig. 1f) ont conduit à  suggérer qu'il s'agisse  d' une vue ventrale stylisée de D. chrysippus (Davies 1922), même si ils ressemblent aussi à   des  Saturniidés  et notamment à l'Eurasien  Aglia tau , la Hachette (Fig. 1f). Le «papillon» de le tombe de Nebwenenef 80 peut avoir été dérivé d'un Alucitidé. L'insecte représenté dans le Tombeau de Hesi 40 avec trois paires d'ailes et de longues antennes ressemble à un papillon de la famille des Pterophoridés (Fig. 9a) (Evans 2010). Les Pterophoridés préfèrent les habitats humides et  sont communs dans les marais. Des  Insectes similaires avec seulement deux paires d'ailes étroites identiques (par ex. Itisen 10, Iasen 23, Lynefret 29, Nakht 71, etc.) ont été considérés  comme des libellules ou des criquets (Kleimer 1932).

Nous suggérons que certains de ceux-ci puissent être des Neuroptères, à savoir des Fourmilions  (Myrmeleontidae) et des Ascalaphes (Ascalaphidae) (fig. 9b-c). Ceux-ci sont des  insectes ressemblant aux libellules, mais avec des antennes bien visibles et souvent longues, qui sont fréquentes dans  les marais et sur les berges des rivières. Au moins 70 espèces de Fourmilions et six espèces d'Ascalaphes ont été enregistrées en Egypte (El-Hamouly & Fadj, 2011).

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Analyse cladistique.

Dans notre arbre inféré (Fig. 10), les images étudiées  des trois principales périodes historiques n'étaient pas monophylétiques. Bien que les papillons de l'Ancien Empire étaient la plupart du temps regroupés, les papillons impairs des tombeaux provinciaux de  Kahep/Theti-iker 51 et Idu: Seneni 53 étaient aberrants. La plupart des papillons du Moyen-Empire  si étroitement regroupés et ont émergé à proximité de, ou dans les exemples de l'Ancien Empire, bien que quelques-uns (en particulier des bijoux et amulettes en faïence) ont divergé. Les papillons peints sur les statuettes d'hippopotame de cette époque étaient également dissemblables et ne se regroupaient pas . une diversité similaire se manifeste chez les papillons du Nouvel-Empire: La majorité des exemples de cette période sont apparus dans deux amas monophylétiques, tandis que quelques-uns du milieu de la XVIIIe dynastie (c.à.d. Amenhotep III,73, Amenhotep IV / Akhenaton 74 et Montuemhat 81) divergeaient du reste. Le relief sans provenance du LACMA (Fig. 5) est apparu comme le plus semblable à un papillon de la tombe de Iynefret 29  de la V dynastie, et la plupart de ceux de Saqqara dans un grand cluster avec plusieurs autres de la fin de la Ve Dynastie / Début de la VIe.

 

DISCUSSION

 

Évolution d'une forme d'art.

 

L' 'art égyptien antique est  conforme à des  principes graphiques très stricts, mais il semble que les papillons étaient dans une certaine mesure exemptés de ces règles comme cela apparaît  par les variations de leur représentation, même dans la même plage temporelle. L'unique  gamme  de manifestations artistiques exprimées par les artistes égyptiens dans la peinture de papillons dans les scènes de tombes s'étend tout au long des périodes Ancien et du Nouvel-Empire (2686- 1069 av. J.C.) : Certains sont abstraits et stylisés, tandis que d'autres montrent une si grande attention au détail qu'ils peut être facilement identifiés aux espèces connues aujourd'hui. 

 Nos résultats montrent que les styles artistiques par lesquels les papillons étaient représentés dans les tombes reflètent  dans une large mesure  la division temporelle dans l'histoire de l'Egypte ancienne.  À quelques exceptions près, les papillons de la période de l'Ancien-Empire étaient regroupés, ce qui reflète la cohérence relative de l'art durant cette période. Alors que les papillons ancien royaume de Gizeh et de Saqqarah étaient relativement semblables dans leur style, ceux des  cimetières provinciaux d'El-Hawaish (Kahep/Theti-iker 51) et El Qasr wa'l-Saiyad (Idu: Seneni 53) étaient radicalement différents, suggérant que leur emplacement, loin de la capitale du pays, peut avoir contribué à un type plus unique de représentation.

Au cours de la période du Moyen-Uni, bien que certaines nouvelles formes uniques étaient apparues,  (par ex. les amulettes de faïence de Lisht  60), les représentations de papillons sont demeurés semblables aux styles de l'Ancien Empire à Saqqara et à Gizeh. Cette constatation concorde bien avec les autres éléments de preuve indiquant que les artistes du Moyen Empire ont copiés activement les images antérieures  afin de rétablir les thèmes décoratifs et les styles traditionnels qui avaient été abandonnés à la suite de l'effondrement de la période de l'Ancien-Empire à la fin de la VIe dynastie (Kanawati 2011). 

 

Au début du Nouvel Empire, il n'est resté que très peu des dessins des périodes anciennes ou du Moyen Empire. Les images de papillon ont prospéré et ont commencé à apparaître en dehors des tombes, dans les palais et les temples. La plupart des papillons de cette période ont été dessinés avec une attention méticuleuse aux détails (par exemple Nebamun 72), bien qu'apparemment sans toujours une préoccupation de réalisme. Cette approche plus libre de la morphologie des  papillons reflète peut-être des changements radicaux dans les arts traditionnels, changements  qui ont eu lieu brièvement au cours du  règne du roi Akhenaton (c. 1352 à 1336 avant JC) pendant la XVIIIe dynastie, au cours de laquelle un style plus naturaliste a été  encouragé. La plus grande diversité dans les formes de papillon dans la période du Nouvel Empire peut donc indiquer un intérêt croissant, et la prise de conscience du monde naturel, tout comme le nombre accru d'espèces identifiables de cette période (tableau 1). 

 

Datation  d'objets inconnus.

L'association étroite entre le bas-relief LACMA (fig. 5) et un papillon de la Ve dynastie du tombeau de Iynefret 29 à Saqqara suggère fortement une datation durant l'Ancien-Empire, ainsi que d'un éventuel lieu d'origine. Également, une faïence polychrome  à décor peint du Museum of Art de Cleveland  76, actuellement daté de 1350-1296 av. J.C.  (XVIIIe Dynastie 10-15) figurait parmi un certain nombre de  papillons du Nouvel-Empire de la XVIIIe dynastie.6-8, de Thèbes, faisant allusion à une localité spécifique et une date un peu plus précoce pour cet objet. La prédominance des papillons à deux ailes avant la fin de la Ve Dynastie, sauf dans une tombe (Neferseshemptah / Sekhentiu 15) suggère que celui-ci a pu être mal daté et appartient peu-être à une période plus tardive. En effet, la date de notre travail de la dynastie V.6- 8E pour la tombe est basée sur la  récente réévaluation de la structure Swinton (2014). Des études antérieures (Moussa & Young 1975; Harpur, 1987, 2006), cependant, ont datée  Neferseshemptah / Sekhentiu de la Ve Dynastie 9, le règne d'Ounas (au cours de laquelle le changement de style proposé s' est produit). Notre analyse cladistique suggère fortement qu' une date ultérieure est préférable et en effet, le papillon dans ce tombeau apparaît le plus semblable à celui de la tombe de Ankhmahor: Seshi 41, récemment re-daté par Swinton (2014) au début de la VIe dynastie. En outre, il semblerait que le papillon à deux ailes de la tombe de Kaemankh 34, qui a souvent été daté au début de la VIe dynastie (par ex. Junker 1940: 4; Smith, 1978: 206, etc.) et sur lequel notre analyse a été  effectuée, date plus vraisemblablement  de la fin de la Ve dynastie  ou plus tôt, en accord avec Kanawati (2001: 15-18) et Woods (2009: 172), qui croient que les  détails architecturaux et artistiques  soutiennent une date dans le règne de Djedkare / Isesi (Ve dynastie .8 ).

 

Biogéographie historique.

Des études antérieures qui ont tenté d'identifier les papillons anciens égyptiens ont essayé de les corroborer avec la faune présente de la région (Keimer 1934 Larsen 1979, Lopez-Moncet & Aufrère 1999 , Fleuren 2010; etc.). Sur les 61 espèces de papillons connu pour être observés en Egypte aujourd'hui, il semble que quelques-uns ont été utilisés comme modèles par les artistes égyptiens antiques. Parmi les papillons identifiables dans les tombes égyptiennes, diverses formes de D. chrysippus et les mâles sombres de H. misippus sont indéniables (tableau 1). En général, D. chrysippus a été le papillon le plus communément représenté tout au long de la période pharaonique (Fleuren 2010).

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[Danaus chryssipus Linnaeus, 1758) : Petit monarque, in Wikipédia]

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[Hypolimnas missipus (Linnaeus, 1764) Nymphale du Pourprier, in Wikipédia]

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Tous les autres identifications doivent cependant être considérés comme douteuses et provisoires.

 

Ici, nous proposons que dans deux cas au moins, tous les deux de la période du Nouvel Empire (XVIIIe dynastie), les papillons illustrés peuvent avoir été calqué sur les espèces qui ne se produisent plus en Egypte: Limenitis reducta [le Sylvain azuré],  (tombe d'Horemheb 68, Cheikh Abd el-Gourna ), et Precis Octavia (palais d'Amenhotep III 73, Malkata).

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[Forme estivale de Precis octavia (Cramer, 1777) in Wikipédia]

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   Alors que ces papillons  sont communs tout au long de leur aire de répartition actuelle en Eurasie (L. reducta) et en Afrique (P. Octavia) (Williams, 1969; Higgins & Riley 1970) et que les plantes hôtes de leur larves  poussent encore en Egypte (L . reducta: Lonicera caprifolium ; P octavia :. Plectranthus spp.)  (Muschler 1912), les deux espèces préfèrent les habitats humides. par conséquent, si nos identifications sont corrects , il suggérerait que le climat durant la période du Nouvel Empire n'était pas aussi chaud et sec qu'on le croit actuellement. Bien que les deux identifications soient spéculatives, il est plausible de penser que les espèces ont pu exister en Egypte dans le passé mais qu'elles ont disparu depuis  de la région, un argument qui peut donc s'appliquer  pour de nombreux autres animaux  représenté dans l'art de l'Egypte ancienne. Par exemple, l'hippopotame (Hippopoatums amphibius) et Addax ou Antilope à nez tacheté  (Addax nasomaculatus) ne sont plus trouvé dans le pays, après avoir succombé à la chasse et à la pression de l'habitat dans les années 1800, tandis que d'autres espèces (par exemple les éléphants d'Afrique (Elephas maximus), le Lycaon  ( Lycaon pictus), etc.) peuvent s'être éteinte  pendant la période pharaonique (Osborn & Osbornová 1998). Il est imprudent d'en déduire néanmoins à une existence ou une  extinction de ces deux espèces car  les  données visuelles égyptiennes  sont fortement entravée par la tradition, si bien que les les animaux   examinés pourraient n' être illustrées que pour des raisons culturelles, indépendamment de leur présence naturelle. 

Les artistes ont fréquemment copiés les motifs de tombes antérieures, et pourrait avoir représenté des  animaux qui ne vivaient plus depuis longtemps dans la région. Il est intéressant de noter, néanmoins les papillons divergents trouvés dans la Tombe de Montouemhat 80  —XXVe dynastie et XXVIe dynastie —   (voir ci-dessus), car cette structure date d'une période où la fois le contenu et le style  des tombes des Ve et VIe dynastie ont été copiés fréquemment. ; En effet, la tombe de Montouemhat est l'un des exemples les plus extrêmes de cette pratique archaïque.

 

Symbolisme.

 

La signification symbolique des papillons dans l' art et dans l'histoire dans les périodes ultérieures est bien documentée (Gagliardi 1976 ;  Nazari 2014). Les meilleurs exemples viennent de l'époque romaine et de l'histoire de Psyché et Cupidon, où la mort et  la renaissance du défunt sont symbolisés par les ailes fragiles d'un papillon en passant par les étapes de la métamorphose ([Blatchford] 1889). Bien que certains insectes, tels que les scarabées avaient clairement des  connotations religieuses ou culturelles  (par exemple Ward 1994), la signification symbolique de papillons pour les anciens Égyptiens est encore à déterminer. Plusieurs auteurs ont fait valoir que, puisque les papillons trouvés dans les tombes égyptiennes faisaient partie des produits funéraires du défunt, ils doivent donc avoir possédé une signification symbolique ou magique lié à l'au-delà (par exemple Lopez-Monet & Aufrère 1999 Germond 2008, Espinel 2,015 ).  La  scène du marais, où les papillons apparaissent le plus souvent, a été diversement interprétée dans sa  signification symbolique, soit comme  le rétablissement de l'ordre et de la défaite du chaos, comme une identification avec le propriétaire de la tombe avec le roi qui pouvait pratiquer les pêche et la chasse aux oiseaux sur les lacs sacrés, soit comme un rituel royal, ou comme une union sexuelle entre le propriétaire de la tombe et sa femme avec des aspects de renaissance (Dodson & Ikram 2008). Bon nombre des éléments de ces scènes dans les marais sont considérés comme ayant des significations symboliques, par exemple, le tilapia du Nil (Tilapia niloticus) est décrit comme un symbole de la sexualité, de la  renaissance et de renouveau, et  la fleur de lotus, habituellement tenu par les personnages qui accompagnent le défunt, est interprétée comme une image de la fertilité (Desroches Noblecourt-1954). De même, les papillons ont été interprétés comme des symboles de transformation et de régénération (Keimer 1934, Servajean 1999 Germond 2008). Lopez-Moncet & Aufrère (1999) ont fait valoir que, parce que le Calotropis [Calotropis procera ou Pommier de Sodome], une plante hôte de D. chrysippus, a été associé à la déesse Hathor et était connu pour avoir des propriétés magiques, le papillon se doit aussi d'avoir eu une grande signification symbolique pour les anciens Egyptiens. Ces spéculations restent cependant controversées en raison du manque de preuves concrètes. Considérant le très grand nombre de  tombes égyptiennes subsistantes , l' iconographie des papillons doit être considéré comme assez rare.

 

 

CONCLUSION

 

Cette étude a démontré l'utilité de l'analyse cladistique dans l'estimation de patterns de datation  pour les objets archéologiques d'origine inconnue lorsqu'ils sont examinés dans le contexte plus large d'objets similaires.  Elle a également montré la façon dont les papillons  figurent dans les matériaux culturels égyptiens antiques tout au long de l'ère pharaonique. Bien que la fonction que ces insectes ont rempli échappe encore à notre compréhension, —  peut-être des symboles de la régénération (Germond, 2008) ou un souhait, par le propriétaire de la tombe, de vaincre la mort (Espinel 2015) —, leur représentation peut fort bien avoir été pensée pour procurer un effet bénéfique d'une certaine sorte. En effet, l'apparition répétée de certaines espèces animales, comme les papillons, au sein de l'environnement de la tombe fait certainement allusion à une justification sous-jacente de leur inclusion (Evans, sous presse).

En fin de compte, cependant, comme les papillons sont intrinsèquement décoratifs, la plus grande de leur contribution à la culture égyptienne aura été liée à leurs couleurs brillantes et à leurs formes gracieuses, qui font d'eux l'un des apports  les plus frappants des œuvres  d'art sur tout support.

 

[remerciements]

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Rhopalocères.
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  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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