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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 07:55

Les planches de l'Archetypa d'Hoefnagel de la collection De Robien, Musée des Beaux-arts de Rennes.

Le Président de Robien et les insectes.

Voir dans ce blog sur Hoefnagel :

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Introduction.

Le Musée des Beaux-Arts de Rennes conserve un lot de [23] planches issues des 48 planches de l'Archetypa studiaque Patris publiée par Jacob Hoefnagel en 1592. Ces planches proviennent des collections ou de la bibliothèque dite "de Robien" , du nom du Président à mortier de Rennes Christophe-Paul De Robien (1698-1756),  collections d'un Cabinet de curiosité réputé dès 1740, tant dans le domaine des arts que dans celui de l'histoire naturelle.

Après avoir tenté vainement de créer une "Académie des Sciences et Belles-lettres" à Rennes, il amassa une collection de statues, de tableaux, d'animaux, de plantes, de minèraux et divers objets rares ou précieux dans un Cabinet de curiosités dont  Il établit lui-même, en 1748, un inventaire des richesses, dans un manuscrit en plusieurs volumes. Christophe-Paul de Robien meurt en 1756, après avoir eu l'honneur d'être nommè, l'année précédente, Membre de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Berlin. Sa collection  est léguée à son fils (Paul-Christophe -Céleste); mais sous la Révolution, ce dernier fuit la France et ses biens sont confisqués en 1792.  Ils furent entreposés à Rennes, dans l'église de la Visitation. puis connurent diverses vicissitudes en attendant un nouveau toit : passage au Couvent des Carmélites en 1793,  "inventaire et récolement du Cabinet d'Histoire naturelle du sieur de Robien" par Quéru de la Coste  en 1794. En 1796, Pierre Queru est nommé Conservateur du "Cabinet d'histoire naturelle" de Rennes. Par la suite, ce qui fut conservé de ces collections et de sa bibliothèque  qui ont constitué le noyau fondateur de la bibliothèque municipale et des musées de Rennes. La personnalité de Christophe-Paul de Robien a sucité de nombreux travaux, dont la publication centrale de Gauthier Aubert. Chaque branche des arts et des sciences peut focaliser son attention sur le sujet qui est le sien. Dans le domaine de l'histoire naturelle, la Géologie a fait l'objet de l'étude de J.J. Chauvel et J. Plaine en 2002 . Mais l'Entomologie n'a pas bénéficié d'un intérêt semblable. En-effet, la vulnérabilité des insectes, les difficultés de leur conservation et les déboires de la transmission de ce patrimoine, font qu'aujourd'hui, nous ne conservons aucun échantillon entomologique.

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Difficultés et moyens de l'évaluation de la collection entomologique de De Robien.

Face à cette carence de matériel, force est de recourir à d'autres sources, les données écrites et les illustrations. Elles sont au nombre de quatre.

a) La description de sa collection par Paul-Christophe de Robien. Elle est conservée sous la référence Ms 0546-0547 à la Médiathèque de Rennes sous le titre « Description historique », rédigée par le président de Robien, « des collections conservées dans son cabinet ». On y dénombrerait selon Chauvel et Plaine 207 insectes. 

b) L'inventaire des collections en 1794. Il fait mention de 183 insectes.

c) Une planche III.4 de la Description historique, topographique et naturelle de l'ancienne Armorique par Christophe Paul de Robien :  manuscrit Ms 0312 de la Médiathèque de Rennes.

d) Les planches de l'Archetypa d'Hoefnagel appartenant au fond De Robien.

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Importance de l'Archetypa studiaque en entomologie.

Dans l'Archetypa , Jacob Hoefnagel (1575-1630) reproduit en gravure et diffuse par l'imprimerie les très nombreuses et méticuleuses études d'insectes d'après nature des enluminures de son père Joris Hoefnagel (1542-1601). C'est ainsi le premier ouvrage imprimé d'illustrations entomologiques. Sa date de parution en 1592 précède l'Histoire des Insectes d'Aldrovandi (De animalibus insectis libri septem) paru en 1602, qui comporte certes une description écrite des espèces mais  dont les gravures sont médiocres. L'Insectorium sive minimorum theatrum de Thomas Mouffet, préparé dès 1590, ne parut qu'en 1634  à Londres. Ce Theatrum est illustré de gravures sur bois tout aussi médiocres. Il présentait les collections du Suisse Conrad Gessner.

Les ouvrages qui suivirent, jusqu'à l'époque de De Robien, sont :

  • Entre 1662 et 1667 : Jan Goedart (1620-1668) fait paraître Metamorphosis et historia naturalis où il présente, par des gravures en taille-douce, les différentes phases de croissance des insectes.
  • 1669 : Jan Swammerdam (1637-1680), dans son Histoire naturelle des Insectes (Historia Insectorum generalis en latin), distingue les insectes à métamorphoses complètes et incomplètes et décrit avec soin ces transformations.
  • De 1696 à 1700, Antonio Vallisneri (1661-1730) fait paraître ses Dialoghi sopra la curiosa Origine di molti Insetti (Dialogues sur la curieuse origine de plusieurs insectes) avec lesquels il contribue avec Redi (1626-1697) et Malpighi, à démentir la croyance en la génération spontanée.

  • Maria Sibylla Meriam :Der Raupen wunderbare Verwandlung und sonderbare Blumennahrung. 1679

  • Maria Sibylla Meriam  Metamorphosis insectorum Surinamensium, 1705

1734 : Réaumur fait paraître le premier tome de ses Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes, l'un des plus grands ouvrages sur ces animaux du xviiie siècle.

1735 : première édition du Systema naturæ de Carl von Linné (1707-1778) qui ne comprend que quatre ordres d'insectes : les coléoptères, les gymnoptères, les hémiptères et les aptères. Sa classification est basée sur les ailes.

 

 

Etude des planches de l'Archetypa studiaque de Hoefnagel conservées à Rennes.

Ces planches n'ont pas fait l'objet de publication. Une (ou plusieurs) planche a été exposée  en 2008 dans l'exposition du Musée des Beaux-Arts de Rennes "Cleunay accroche les regards".

Elles sont présentées par le catalogue Joconde  comme des  "estampes par Jacob Hoefnagel selon des dessins de plantes et d'animaux de son père Georg [Joris]  Hoefnagel ; 20 planches d'une série de 48, Insectes, fruits et fleurs, Inv 794.1.2069 à Inv 794.1.2072, Inv 794.1.2078 à Inv 794.1.2082, Inv 794.1.5965 à Inv 794.1.5978. papier vergé (filigrané), burin. mesures en cm : H. 15.8 ; l. 20.8 "

On ignore si ces planches ont été acquises par Paul de Robien (1660-1744), président à mortier du parlement de Bretagne, et père de Christophe-Paul, ou, plus probablement, achetées par ce dernier.

 Elles sont issues d'une collection de 48 gravures de plantes, d'insectes et de petits animaux présentés ad vivum, conçue comme un ouvrage  divisé en quatre parties de douze plaques (chacune avec frontispice séparée) soit 52 gravures. Elles sont à la fois une œuvre fondatrice du naturalisme scientifique, et une vaste méditation religieuse et philosophique au gré des versets bibliques et  épigrammes poétiques ou humanistes qui encadrent (au dessus et au dessous) chaque gravure. Les thèmes principaux en sont la réflexion  sur la grandeur confondante de la Création (ou du Créateur) à travers les créatures les plus petites, et, par opposition à cette grandeur, sur le caractère éphémère de l'existence humaine  de l'homme emporté par le Temps.

Ces planches de Rennes n'offriraient pas d'autre intérêt pour l'entomologiste que celui, notable, de témoigner de la documentation réunie par De Robien en matière d'entomologie,  car ce volume de 48 planches de Hoefnagel est l'une des publications qui a fait autorité au XVIIe et XVIIIe siècle pour cette science, et Linné, en 1758, y fait référence dans ses descriptions.

Voir ici : Hoefnagel et les entomologistes du XVIIIe siècle.

Mais elles présentent aussi une singularité intriguante. Dans cinq planches, un papillon a été, assez grossièrement, découpé à la lame. En même temps, ou secondairement, le trou a été comblé par un papillon d'une autre espèce, et provenant d'un autre corpus de gravure. Ce collage est très soigneusement réalisé.

Le découpage de gravures issues de la littérature scientifique est courante pour De Robien, puisque l'illustration de sa Description de ses collections repose sur ce procédé (gravures de Nicolas Bonnart à Paris notamment). Néanmoins, le fait que dans ces gravures d'insectes et de reptiles, seuls les papillons fassent l'objet de cette pratique, pour y substituer d'autres espèces (tentative de réparation ? ), pourrait constituer un indice, ténu mais réel, sur la collection entomologique de De Robien.

A défaut de résoudre cette énigme, ou de l'utiliser dans sa valeur indicielle, un préalable était d'en donner une description. C'est le but de cet article.

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I. Liste des 23 planches détenues par le Musée des Beaux-arts de Rennes.

On constate qu'elles n'appartiennent qu'à la première et la quatrième  des quatre séries de 12 +1 planches (pars prima et pars quarta) . Aucune série n'est complète, avec 11 (10+titre) planches de la Pars prima, et 12 (11 +titre) planches de la pars quarta.

PARS PRIMA. Page de titre  Inv 794.I.5976

I, 1. Inv 794.I. 2071

I, 4. Inv 794.I.2072

I, 5. Inv 794.I.5973

I, 6. Inv 794.I.5971

I, 7. Inv 794.I.2081

Ancre I,8. Inv 794.I.2078

Ancre I, 9. Inv 2080

Ancre I, 10 .Inv 794.I.2082 

I, 11. Inv 794.I.5968

Ancre I, 12. Inv 794.I.5965

PARS QVARTA, Page de titre. Inv 794.I.2069.

Ancre IV, 1. Inv 794.I.5977

Ancre IV, 2. Inv 794.I.5976

Ancre IV, 3. Inv 794.I.5975

Ancre IV, 4. Inv 794.I.5974

Ancre IV, 5 Inv 794.I.2079

Ancre IV, 6.  Inv 794.I.5972

Ancre .IV, 7. Inv 794.I.5970

 IV, 8. Inv 794.I.5969

Ancre IV, 9. Inv 794.I.2070 . planche partiellement colorisée, les jonquilles sont peintes en jaune.

Ancre IV,11. Inv 794.I.5967

Ancre IV, 12. Inv 794.I.5966


 

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II. Liste des 5 planches découpées-collées

I, 1. Inv 794.I. 2071. Gonepteryx rhamni ôté / Zerynthia sp. ? collé.

I, 4. Inv 794.I.2072 . Aglais urticae ôté / ?? collé

I, 5. Inv 794.I.5973. Macroglossum stellatarum ôté / ?? collé

AncreI, 10 .Inv 794.I.2082 . Inachis io ôté / ?? collé

AncreIV, 12. Inv 794.I.5966. Nymphalidae ôté / ?? collé

 

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Je remarque que les espèces découpées sont des espèces familières et commune, notamment en Bretagne. Il resterait à trouver l'auteur des gravures de substitution, à identifier les espèces introduites, et à chercher à établir des liens avec les descriptions et les planches du manuscrit Ms 0546. A cette fin, j'ai étudié rapidement ce manuscrit dans un article à suivre.

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III. Description des planches.

 

Page de titre PARS PRIMA.  Adhuc Coelum voluitur

 

– Adhuc Coelum voluitur. "Le ciel tourne encore" : Erasme, Adage 1559 : "quoties significamus quoties adhuc superesse spem, & nondum omne tempus, quod melioris fortunae solet occasionem adducere, exactum esse, conveniet illud Theocritum ex Charit : (etc..)" : "Un  dicton qui peut être utilisé chaque fois que nous voulons signifier qu'il ya encore de l'espoir, et que le temps, qui habituellement apporte une meilleure fortune, le meilleur, n'a pas terminé sa course". Thème capital chez Joris Hefnagel, exilé de sa ville (Anvers) natale après que son père, diamantaire et protestant, ait été ruiné par les troupes espagnoles lors du sac de la ville en 1576. Comme beaucoup de Néerlandais, il devra chercher un mécène en Allemagne puis en Bohème.

– SOLI GLORIA TIBI  ["A toi, la seule Gloire"], autour d'un soleil où s'inscrivent les lettres hébraïques du tétragramme YAHVÉ, circonscrit par le zodiaque.

Proh temporis error.  "Hélas, l'incertitude du temps !".  Même allusion au contexte politique et religieux pour Joris Hoefnagel, d'abord peintre à la cour catholique du duc de Bavière, qu'il devra quitter en raison de ses convictions (ou de ses tiédeurs) religieuses.  En 1591, il avait été nommé artiste de cour pour l'empereur romain germanique Rodolphe II, qui était connu pour son cabinet de curiosités, et pour sa collection d'histoire naturelle.

– Archetypa stvdiaqve patris Georgii Hoefnagelii Iacobus F: genio duce ab ipso scalpta, omnibus philomusis amicé D: ac perbenigné communicatAnn. sal. XCII. Aetat. XVII. . Cum Prae : Cae : Mas

"Archetypes et versifications (ou Modèles et études) de Joris Hoefnagel, son père, présentées  par son fils Jacob, gravées sur cuivre sous la conduite de son "génie" et  communiquées en toute affection à tous les amis amateurs des Muses." Anno salutatis XCII Aetates XVII = En l'année du Salut [15]92 dans sa 17ème année".

– Francofurti ad Moenum

— Notice catalogue Joconde  : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110009038

 

— Image :http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110009038

Remarque :

Cette page de titre porte la mention Francofurti / ad Moenum et la date de 1592 (Ann : sal. XCII. Aetat : XVII). Il peut s'agir, parmi les 8 éditions décrites par Théa Vignau-Wilberg 1994, de la première édition. D'autres éditions plus tardives portent la mention  "Paulus Fürst Excudit in Norimberg" ou "Christoph Weigel excudit", ou "Ioh. Christoph Weigel excudit".

 

Voir exemple d'une édition II par Paulus Fürst à Nuremberg 

 http://sammlungen.mak.at/sdb/do/detail.state?inventarnr=KI%202526%20%20F-59%20S-3%20%20Z-2&langSelect=de

 

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— Planche I, 1.

- Dicite Deo quam terribili sunt opera tuo Domine in multitudine. Virtutis tuae mentientur tibi innimici tui, psa :65

Psaume 65 (66) :3 : "Dites à Dieu: Que tes œuvres sont redoutables! A cause de la grandeur de ta force, tes ennemis te flattent. Citation également utilisée par Hoefnagel  dans Ignis sur la partie basse de la feuille intercalaire de la planche XXXV (Hendrix, 1984, p. 272).

Il s'agit de l'adaptation d'un verset de l'Ecclesiastique (ou Sagesse de ben Sirah, ou Siracide) 51,23 : Danti mihi sapientam dabo Gloriam, "Je rendrai gloire à celui qui m'a donné la sagesse"

La formule utilisée ici se retrouve sur une estampe du Louvre gravée par J. Fris, mais qui n'est qu'une copie des planches d'Hofnagel éditées par Justus Sadeler (Anvers 1572-1620) vers 1614. 

On peut traduire cette formule littéralement comme "Tu m'as donné l'Art, je te rends gloire" ou avec Théa Vignau-Willberg : "to him who gave me my skill I shall give the glory,  "A celui qui m'a donné mon talent artistique, je vais rendre gloire". Un épigramme qui résume la posture affichée d'Hoefnagel dans l'Archetypa comme dans ses "Quatre Elements".

 

 

 

— Notice catalogue Joconde  http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110007555

 

— Image :http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0672/m021102_0004447_p.jpg

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— Remarque : l'image de  Gonepteryx rhamni a été ôtée, et remplacée par celle de   Zerynthia sp. ? 

ci-dessous l'image originale :

 

— d) Inventaire entomologique.

  • Mespilus germanica L.

  • Lepidoptera Arctiidae, chenille (L'Écaille chinée ou Callimorphe (Euplagia quadripunctaria) ?)

  • Lepidoptera [Pieridae  Gonepteryx rhamni L. = Le Citron] remplacé par Zerynthia : "Diane ?"

  • Littorhinomorpha Naticarius Stercusmuscarum (Gmelin, 1791)

  • Coleoptera Rhynchitiae

  • Coleoptera Dynastidae Megasoma elephas L. Scarabée-éléphant.

  • Coleoptera Dysticidae larve de Dytique (coléoptère aquatique)

  • Arachnoidea Araneidae

  • Hymenoptera Apidae Bombus

  • Gastropoda Deroceras "Limace"

 

e) Inventaire botanique :

  • Pyrus communis L. "Poire commune"

  • Spartium junceum L. "Spartier à tige de jonc", " (faux) Genêt d'Espagne"

  • Rosa sp… "Rosier" en fleur "Rose" et en fruit "Cynorrhodon"

  • Matthiola incarnata (L.) Giroflée des jardins

 


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— Planche I, 4.

-Qui sedet super gyrum terrae et habitatores / eius sunt sicut locustae Isa :40.

Isaïe 40:22 : "Or, pour celui qui siège sur son trône au-dessus du cercle de la terre,

ses habitants sont pareils à des sauterelles.".

Hoefnagel poursuit sa méditation sur les relations entre macrocosme (Deus sive Natura, dira plus tard Spinoza) et microcosme, entre l'Homme et les insectes éphémères, etc.

Cette citation figure aussi dans la planche  XXXXVI du volume Ignis des "Quatre Éléments".

- Sola perpetuo manent / subiecta nulli mentis atque animi bona /  florem decoris singuli carpunt dies.

La citation est empruntée à Octavie, pièce latine du Ier siècle attribuée à Sénèque, dans l'acte II vers 547-549. La phrase est adressée par Sénèque à Néron. Le philosophe Sénèque tente de dissuader Néron de répudier Octavie pour épouser Poppée,

  "il n'y a que les qualités de l'âme qui demeurent toujours et que rien ne peut corrompre; la beauté passe comme une fleur dont chaque jour flétrit l'éclat."  La traduction de M.E. Greslou est proposée en ligne par Philippe Remacle.

C'est une nouvelle insistance d'Hoefnagel, qui, tout en plaçant tout son talent à créer de la beauté à l'image spéculaire de la beauté de la Nature, souligne son caractère éphémère et futile. L'Homme est invité à ne pas s'arrêter à l'objet (de son désir et de son admiration) et à tourner ses louanges et sa gratitude vers le Créateur. Pourtant, le recours à la poésie latine et à la philosophie stoïque le place dans une démarche humaniste de la Renaissance plutôt que dans la filiation avec  les hymnes à la nature, strictement catholiques, des Franciscains.

Notice catalogue Joconde :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110007556

 

Lien image RMN http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PC0OP1FC7

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. Remarque : l'image de  Aglais urticae  a été ôtée, et remplacée par celle de  . ? 

Ci-dessous la planche originale :

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Inventaire zoologique.

 

  • Gastropoda Helicidae Valvata sp. (fluvialis ?) selon Vignau-Wilberg. Selon le site Hunting for snails, la figure de cet escargot est quelque peu stylisée, mais peut-être été modélisée avec à l'esprit une  espèce de Cepaea ou d'Arianta .

  • Mollusque marin

  • Lepidoptera Lycaenidae [Polyommatus ?] : "Azuré".

  • Lepidoptera Nymphalidae Aglais urticae "Petite Tortue", remplacé ici par une espèce non identifiable.

  •  Hymenoptera Cephidae . Symphytes, dont les larves, apodes, vivent en foreuses dans les tiges, les chaumes, les troncs.

  • Diptera

  • Diptera Tipulidae, "Tipule"

  •  Orthoptera. 

  • Coloptera Cantharidae (?)

Inventaire botanique.

 

  • Tulipa gesneriana L. "Tulipe". La tulipe symbolise l'orgueil et la vanité. Venue de Turquie (?), T. gesneriana est à l'origine de la plupart des tulipes cultivées.

  • Aquilegia vulgaris L. , "Ancolie commune". Fleur appartenant à la flore symbolique médiévale des enlumineurs associée à la mélancolie (par jeu sur le mot) ou au Saint-Esprit en raison de sa forme de colombe (cf. le nom anglais Colombine), alors que les "bonnes femmes" (la bonne renommée, buona fama) lui attribuait des vertus aphrodisiaques.

  • Physalis alkekengi "Coqueret alkékenge ou Lanterne ou  Amour-en-cage",

  • Papaver somniferum L. "Pavot à opium, Pavot des jardins". Une allusion possible à l'oubli provoqué par les plaisirs ? 

  • Cynara solymus L. "Artichaut"

 

 

 

Planche I. 5.

- Narrabo omnia mirabilia tua Domine psa :9

Psaume 9:2 : [confitebor tibi Domine in toto corde meo] narrabo omnia mirabilia tua

 

"[Je veux te glorifier, ô Eternel, de tout mon cœur,] je veux raconter tes merveilles." Hoefnagel reprend à son compte les paroles du Psalmiste, dans la continuité du Danti mihi Artem dabo gloriam de la planche I,1 : il voue son art d'enlumineur naturaliste à la mise en évidence des merveilles de la Création.

 -Quod invocatus lubenter coenito ! Musca sum.

Erasme, Adages 3643, page 980 iv.vii..43, Muscae. "J'aime me mettre à table sans être invité ! Je suis la Mouche !".

Ce Adage n'e semble pas avoir d'autre justification que celle de créer un lien avec les animaux moralisés : Hoefnagel puisera abondamment dans les Adages d'Erasme pour les inscriptions de ses Quatre Éléments. (Voir Ignis Planche LX  Quod invocatus caenitare amo musca sum, "Quand j'aime à être invité à dîner, je suis (comme) une mouche".)

 

 

 La sentence est ici justifiée par la présence d'une vilaine mouche bleue sur la pomme coupée. Comme chez Érasme, c'est l'homme qui est visé. Érasme écrit en commentaire :

 Μυῖαι olim dicebantur qui delectabantur aliena mensa, quos Plautus muribus comparat   semper alienum edentibus cibum. Apud Athenaeum libro sexto parasitus quispiam se muscae confert:

Λειπνεῖν ἄκλητος μυῖα, id est Quod invocatus coenitare amo, musca sum. Advolat enim hoc  insectum ad cibum alienum et aegre potest abigi. Apud eundem Hegesander narrat, cum Alexander dixisset se

 morderi a muscis – sic vocabat parasitos iamque conaretur illas abigere,Cinesias, unus eius ordinis qui forte 

aderat: Profecto aliae muscae siticulosae magis urgebunt te semel gustato tuo sanguine. Extat apologus de erinacio, qui voluit vulpi μυιοσόβης esse. Plautus in Mercatore deflexit ad hominem curiosum et ad omnia advolantem: 

Musca est meus pater, nihil pote illum clam haberi, Nec sacrum nec tam prophanum quicquam est quin adsit ibi ilico.

 

"Μυῖαι se disait autrefois de ceux qui mangeaient à d'autres tables, et que Plaute comparaient aux rats qui se nourrissaient du bien d'autrui. Dans le sixième livre d'Athénée, le parasite est comparé à la mouche : Λειπνεῖν ἄκλητος μυῖα, c'est-à-dire "Appelé (ou "invité"?) à dîner je suis une mouche." Cet insecte s'envole vers la nourriture d'autrui et peut difficilement être chassé. Une de fois de plus, c'est Hegesander [historien grec] qui raconte que, comme Alexandre se plaignait d'être mordu par les mouches — comme il surnommait les parasites— ...etc.." 

 

— Notice Catalogue Joconde : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110009033

— Image :http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0698/m021102_0005025_p.jpg

— Remarque  l'image de Macroglossum stellatum   a été ôtée, et remplacée par celle de ??

Ci-dessous l'image originale :

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- Inventaire zoologique :

  • Ephemeroptera "Éphémère". 
  • Crustacea squilla sp. "Crevette-mante", ou "Squille" ...imaginaire. Selon Natur und Volk: Bericht der Senckenbergischen Naturforschenden Gesellschaft, Senckenbergische Naturforschende Gesellschaft, 1936, qui reproduit cette figure centrale de la planche, cet insecte imaginaire serait une" créature imaginaire intermédiaire entre Notonecta, Forficulae aquaticae (!) et Locustae". Pour G. Fischer, Zoologischer Bericht, Volume 43, 1938, "Unter den sonst vorzüglichen Radierungen von Insekten des Georg Hoefnagel (Archetypa studiaque 1592) findet sich einabenteuerliches Bild von Squilla mantis, bei dem der Kopf direkt dem Telson aufsitzt. Das Bild kehrt wieder in  Johnston's Theatrum universale (1757), was beweist,wie zähe sich solche Irrtümer erhalten können..." : "une image aventureuse de Squilla mantis , dans lequel la tête repose directement la Telson. L'image est reprise dans le Theatrum Universale de Johnston, ce qui montre combien l'erreur peut être tenace "
     Le "Telson" est le nom que porte, chez les Squilles, la queue, composée de plusieurs articles pouvant s'ouvrir en éventail, fournissant ainsi une large nageoire pour une nage rapide. ( Wikipédia : Les squilles ont un corps allongé qui rappelle celui des langoustes, avec une épaisse carapace dorsale composée de plaques métamérisées.Les "crevettes-mantes" sont surtout reconnaissables à leurs pattes ravisseuses typiques, comparables à celles de la mante religieuse - d'où leur nom de crevette-mante bien qu'elles ne soient ni des crevettes, ni des mantes.).

​Cette curieuse figure provient du volume Aqua des Quatre Éléments de Hoefnagel, planche L. Or, l'enlumineur flamand n'a aucune propension à créer des animaux imaginaires, et il est au contraire le premier des miniaturistes à reproduire la réalité qu'il observe avec une exactitude obsessionnelle. Alors ?

http://www.nga.gov/content/ngaweb/Collection/art-object-page.69870.html

Joris Hoefnagel, Planche L. Aqua, Quatre Éments (1575-1585) https://rkd.nl/nl/explore/images/record?query=hoefnagel+aqua&start=35

  • Lepidoptera Sphingidae Macroglossum stellatarum L.  "Moro-Sphinx, Sphinx-colibri" remplacé ici par ?
  • Coleoptera Cerambycidae "Longicorne"
  • Gastropoda Planorbis sp. "Planorbe"
  • Diptera Brachycera "Mouche".
  • Arachnoidea Aranoidae "Araignée".

 

-Inventaire botanique :

  • Digitalis purpurea L. "Digitale pourpre".
  • Iris pseudacorus L. ou I. graminea L., "Iris jaune, Iris des marais" ou ( si couleur violette) "Iris à feuille de graminées"
  • Ribes rubrum L. " Groseiller à grappes".
  • Rosa gallica L. (?), "Rose de Provins"
  • Malus domestica L. , "Pomme".
  • Raphanus sativus L. var. niger :  "Radis noir"

— Planche I, 6.

- Me neque mas gignit neque fœmina concipit : autor / Ipse mei solus seminiumque mihi.

" Je ne suis ni engendré par un homme ni conçu par une femme:  Dieu est à lui seul lui-même mon  créateur et ma semence" (Trad.selon les traductions allemande et anglaise de Vignau-Wilberg 1994. Je traduirai plutôt la seconde phrase par "je suis moi-même mon seul auteur et ma semence")  D'après Thomas Mouffet 1634, p. 150, le dystique est de Joachim Camerarius (1534-1598), qui envoya  à Thomas Penny un dessin du spécimen de Scarabée Rhinoceros du cabinet du duc de Saxe :

"Cantharorum lege faeminam non habet, sed ipse sua sibi faber est formae et faetum solo sibi genitum producit, quod Ioch. Camerarius F. non inscite expressit, cum ad Pennium hujus insecti iconem é Ducis Saxoniae rerum naturalium penu mitteret, his versibus : Me neque […] seminumque mihi » "

Voir la discussion par Théa Vignau-Willberg 

Le terme Cantharorum (du latin Cantharus, grec Kantharos), "Scarabée" désigne indifféremment le Lucane et le scarabée rhinocéros, ou le bousier, scarabée sacré des Egyptiens. Dans le volume Ignis d'Hoefnagel, celui-ci place face à l'enluminure de la planche V d'un scarabée rhinoceros, sur la feuille intercalaire, l'inscription Cornubus armatus generat se Cantharus upsum [ipsum?] / Christus homo suimet , solus origo fuit. A:S.”  : " le Scarabée doté de cornes se régénère lui-même, (comme) le Christ homme est sa seule et propre origine ". Autrement dit, le Christ ne tient pas sa nature d'homme de la Vierge, mais de lui-même. Les initiales A.S  corresponderaient à "artifex / auctor scripsit", "composé par l'artiste".

L'idée que le scarabée est un insecte auto-générateur provient peut-être de l'_Hieroglyphica_ de Horapollon, dans son édition originale, ou ses rééditions de 1518, 1534, 1538, 1542 :

Traduction française d'Horapollo:

10. [Comment ils représentent ce qui naît seul.]

Voulant signifier ce qui naît seul, ou le devenir, ou le père, ou le monde, ou l'homme (le mâle), ils peignent un scarabée.
a) Ce qui naît seul, parce que cet animal s'engendre de soi-même sans être porté par une femelle. Car il est seul à être engendré de la façon suivante. Lorsque le mâle veut procréer des petits, il prend de la fiente de boeuf et (en) fabrique une boule ayant une forme semblable à celle du monde. Il roule celle-ci de ses parties postérieures du levant au couchant, regardant lui-même vers le levant, afin de reproduire la figure du monde : en effet, celui-ci est porté de l'est vers l'ouest, tandis que le cours des astres est dirigé de l'ouest vers l'est. Ayant donc creusé un trou, il y enterre la boule pour vingt-huit jours, c'est-à-dire le nombre de jours pendant lesquels la lune fait le tour des douze signes du zodiaque. Pendant qu'elle demeure sous terre, la descendance des scarabées prend une forme vivante. Le 29e jour, ayant découvert la boule, le scarabée la jette dans l'eau – car on pense que ce jour-là est celui de la conjonction de la lune et du soleil et aussi celui de la naissance du monde. Lorsque celle-ci (la boule) s'est ouverte dans l'eau, les animaux, c'est-à-dire les scarabées, en sortent.
b) Le devenir, pour la raison susdite.
c) Le père, parce que le scarabée tire son origine exclusivement de son père.
d) Le monde, parce que sa naissance est semblable à celle du monde.
e) L'homme (le mâle), parce qu'il n'a pas de descendance féminine. Il y a trois espèces de scarabées.[...] 

Voir le commentaire d'Horapollo  par  Piero Valeriano en 1556 [Michael Isengrin] et 1557 "Per Thomam Guarinum":

page 60 De Scarabeo , Generatio _Hieroglyphica, Siue De sacris Aegyptiorum, aliarumque gentium literis commentarij Ioannis Pierij Valeriani Bolzanij Bellunensis_Pierio Valeriano; Celio Augustino Curione.  Basileae*: . *Bâle est le lieu de beaucoup de publications humanistes au 16ème siècle.

 

Le scarabée est donc pour Hoefnagel (qui reprend la tradition  ésotérique, très répandue dans la Renaissance, mais aussi le  symbolisme chrétien  de la résurrection), une figure du Christ  comme une auto-générateur. C'est un symbole de la parthénogenèse, se référant ainsi au Christ, qu'il soit un Scarabée rhinocéros, un Scarabée élephant,  ou un Lucane cerf-volant.

On notera que le Lucane est représenté ailes  et élytres écartées dans un parallélisme avec la figure du Christ en croix ; d'autre part, cet insecte, par ses mandibules, se rapproche du Cerf, animal christophore dans l'hagiographie des saints Hubert, Eustache ou Julien.

On remarquera aussi la Grenade, symbole immémorial de vie et de fertilité, et, dans la tradition catholique, symbole du Christ. (Wikipédia

 

 

- Habet et MVSCA splenem et FORMICAE sua bilis inest.

"La mouche aussi a une rate, et la fourmi de la bile", la rate étant, dans la théorie des humeurs,  considérée comme le siège de la mélancolie (le "spleen") sécretant la "bile noire" chez les  atrabilaires ,  et la bile (jaune) secrétée par le foie étant l'humeur des "bilieux" doté de force violente. Curieusement, Vignau-Wilberg fait de la rate le siège du rire. Dans tous les cas, cet Adage d'Érasme souligne que les êtres les plus petits sont susceptibles de ressentir des émotions . Voir la Planche LXXV du volume Ignis des Quatre Eléments d'Hoefnagel, où il reprend cette formule.

  Voir Desiderius Erasmus, Adagia, Chiliades,  (opus 1508) 2407. III, V, 7.

Habet et musca splenem

Ἔχει καὶ ἡ μυῖα σπλῆνα, id est Habet et musca splenem.

Simillimum illi: Et pueri nasum rhinocerotis habent. Item illi: Ἔνεστι καὶ μύρμηκι χόλος, id est Inest et formicae bilis. Olet fecem.

Cette citation d'apparence banale, en reconnaissant aux animaux les plus petits la capacité de ressentir des émotions, rompt la césure ontologique entre Humanité et Animalité : la Nature en sa diversité est un miroir (Speculum naturale) où l'être humain peut se reconnaître, éprouver le trouble des correspondances inattendues, être envahi par le sentiment d'appartenance à un Tout, méditer sur les sympathies de chaque microcosme reflétant le macrocosme.

 

— Notice Catalogue Joconde : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110009031

— Image RMN http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0698/m021102_0009861_p.jpg

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Inventaire zoologique.

  • Lepidoptera Satyridae [Maniola justina Myrtil]
  • Lepidoptera 
  • Lepidoptera Arctiidae [Spilosoma lubricipeda L. Écaille tigrée]
  • Lepidoptera Chenille
  • Coleoptera Lucanidae Lucanus cervus  Linnaeus, 1758, "Lucane Cerf-volant". La gravure reprend le dessin de l'enluminure du volume Ignis d'Hoefnagel, planche VII, et sera répétée sur la planche II,1 de l'Archetypa.
  • Coleoptera Staphylinidae Paederus 
  • Diptera Brachycera "Mouche"
  • Gastropoda Strombus sp. Mollusque marin.
  • Hymenoptera Formicidae , Fourmi.
  • Orthoptera Ensifera
  • Arachnoidea Araneidae "Araignée"
  • Arachnoidea Araneidae Opilio sp. "Opilion"

Inventaire botanique.

  • Punica granatum L. "Grenadier commun"
  • Punica granatum L. "Grenade"
  • Lilium sp. Lis
  • Viola tricolor L. "Pensée sauvage".
  • Prunus avium L. "Merises".

 

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— Planche I, 7.

-Amicitijs non utendum ut flosculis, tamdiu gratis, / quamdiu recentibus

 "On ne devrait pas traiter ses amis comme on traite les fleurs, qui ne sont appréciées que lorsqu'elles sont fraîches".

Hoefnagel avait déjà noté cette pensée dans Ignis, sur la feuille intermédiaire de la planche LXIII, qui porte l'inscription Flos Cinis, et se rapporte donc aux fleurs. (Hendrix 1984 page 275).

Nous sommes donc conduit à méditer sur les deux fleurs fixées par un faux œilleton dans le faux-cadre, et à la façon dont cet Iris et cette Orchidée déploient avec exubérance la chorégraphie, déjà frappée par le Temps, de leurs pétales. Le thème classique de la fragilité de la beauté féminine et du caractère caduque des amours est ainsi appliqué à l'Amitié, thème très important pour Hoefnagel et qui apparaît déjà dans le titre du recueil dédié aux amis des Arts, omnibus philomusis amicé.

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-Tam de inuidis laboro quam de Ranis palustribus.

 "Je me soucie des envieux autant que des grenouilles du marais."

 Desiderius Erasmus, Adagia, Chiliades, 3, 2076 (opus 1508) 2076. III, I, 76. Minus de istis laboro quam de ranis palustribus.

"Μέλει μοι τὼν τοιοuτων οὐδέν, ἧττον τῶν ἐν τοῖς τέλμασι βατράχων, id est Nihilo maior mihi  rerum istarum cura quam ranarum in limo versantium. Proverbialis hyperbole qua significamus  nihil omnino ad nos pertinere negotium. Recte dicetur et in obtrectatores quorum oblocutiones  dicemus nos fortiter contemnere. Siquidem ranae tametsi assidue obganniant oblatrentque  praetereuntibus et odiosam illam cantionem iterent sine fine, βρεκεκεκὲξ κοὰξ κοάξ, tamen nemo commovetur. Ad hoc facit quod Origenes Aegyptias ranas dialecticorum et sophistarum  garrulitatem interpretatur in decretis pontificiis."

Face aux coups du sort et de l'adversité, Hoefnagel prône depuis longtemps la Patience (c'est le titre de son premier album de dessin), l'endurance (il a adopté comme emblème le clou de maréchal-ferrant, Nagel qui figure dans son nom), et la conviction que sa mission de défense et d'illustration des arts et de la connaissance le place au dessus des attaques des ignorants.  C'est ce dont témoigne son emblème du Hibou aux pinceaux et au caducée, le Hibou étant depuis Dürer une image christique de l'oiseau supportant sans broncher les attaques des autres oiseaux [voir, au Musée des beaux-arts, provenant de la collection De Robien, le tableau de Jan van Kessel l'Arbre aux oiseaux http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0001/m021104_rimg0074_p.jpg]

L'épigramme figurait déjà sur la planche LXIII des Quatre Éléments dans la version conservée au Kupferstichkabinett  de Berlin. Précisément, le monogramme emblèmatique de l'artiste est placé en haut de cette planche, sous forme d'un G d'or (Georgius)  traversé par un clou (Nagel).

J'ai largement illustré cette attitude de résistance passive face à la persécution des Néerlandais et des Protestants dans les derniers articles proposés en lien au début de cet article.

 

 

— Notice Catalogue Joconde :http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110007559

— Image :http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PC0OPZ3U7

 

 

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Inventaire zoologique.

  • Lepidoptera, chenille
  • Lepidoptera, chenille
  • Lepidoptera Satyridae [ Maniola jurtina Myrtil ?]
  • Orthoptera Acrididae Oedipoda germanica (?) "Oedipode à ailes rouges" (Vignau-Willberg) ou   Oedipoda caerulescens L. "Oedipode bleu" (lavieb-aile)

     

  • Odonata Zygoptera "Demoiselle", 
  • Hymenoptera Ichneumonidae Rhyssa (?) [Rhysse persuasive ??
  • Diptera Brachycera "Mouche".
  • Coleoptera Coccinellidae "Coccinelle"
  • Coleoptera Cerambycidae Strangalia Longicorne [ Rutpela maculata "Lepture tachetée" ??]
  • Heteroptera.
  • Gastropoda Valvata piscinalis "Valvée porte-plumet"
  • Ranidae Rana esculenta ou Pelophylax esculentus "Grenouille verte, Grenouille comestible"

 

Inventaire botanique.

  • Iris Graminea L. 
  • Cypripedium calceolus L. "Sabot de Vénus"
  • Malus domestica BORKH. , "Pomme".
  • Fragaria vesca L., "Fraisier des bois".
  • Corylus maxima Mill. "Noisetier de Lambert", fruits (N.b : une femelle du Balanin des noisettes Curculio nucum a rendu visite au fruit de gauche et y a pondu sa larve)

 

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— Planche I,8.

- FLOS CINIS.

"Les fleurs finissent en cendres". Hoefnagel reprend un adage d'Érasme :

Desiderius Erasmus, Adagia, Chiliades, 4, 3612 (opus 1508)3612. IV, VII, 12.:

"Flos cinis.Divus Augustinus libro adversus Petiliani litteras II, cap. LXVI irridens quod  adversarius iactaret quod suorum animabus impletum esset coelum, corporum memoria terrae floruissent, respondit: Sane de corporibus eorum multorum terrarum flores videmus, sed, sicut solet dici, flos cinis. Donatistae suos qui sibi manus attulissent quive provocassent alios ut ab eis  occiderentur, ni mallent occidi, in numerum martyrum referebant, eorum monumenta  frequentantes, unde flores illos cinerem vocat. Dici solitum videtur in fugacitatem  humanae vitae. Hodie floret iuventus, cras erit in sepulchro. Et iuxta prophetam: Omnis caro  foenum."

 Érasme cite lui-même "le divin Augustin" (l'évêque d'Hippone) et son livre contre le donatiste Petilianus, évêque de Circa, chapitre 66.  Contra litteras Petiliani Livre II*  : pour rappeler la fugacité de la vie humaine. Le jeune qui fleurit aujourd'hui, demain il sera dans la tombe. Comme le dit le dicton, Flos cinis, les fleurs terminent en cendre ; et, selon le prophète, "la chair est comme l'herbe""

 * "Plane si non dictum esset, Beati qui persecutionem patiuntur propter iustitiam; sed dictum esset, Beati qui se ipsos praecipitant: implerent coelum martyres vestri. Sane de corporibus eorum multos terrarum flores videmus, sed sicut solet dici, flos cinis.(Saint Augustin)"

Hoefnagel a mentionné cette adage dans la planche LIII d' Ignis , et dans le Schriftmusterbuch ou livre de modèle de calligraphie conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne, folio 54 (Vignau-Wilberg, 1994).

Le thème de la fragilité de l'existence confronté à la pérénité de la Nature poursuit son développement.

 

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- Lilia agros, virtusque viros, cœlum astra coronant  : / Vt leo vir fortis dulce et amare bibit.

"Les Lis ornent les champs, la vertu orne l'homme ; les astres  ornent le ciel : comme le lion, un homme vertueux boit à la fois l' amer et le suave"

J'ai déjà traité de ce distique dans l'article suivant :

Les Hermathena d'Égide Sadeler (1595) de Nicolas Stopio (1566) et de Pietro Bembo (1555) . A propos d'une inscription de Joris Hoefnagel.

Il est au centre d'une enquête complexe que je peux résumer ainsi : 

La gravure bien connue de l'Hermathena (1597) d'Egidius Sadeler sur une idée de Hoefnagel trouve sa source dans une autre gravure, réalisée dès 1550 pour l'imprimeur et libraire Gualtero Scoto de Venise et son associé le poète et homme d'affaire Nicolas Stopio, tous les deux flamands, pour la page de titre des livres qu'ils publient. On la retrouve dans un livre d'emblèmes de Girolamo Ruscelli paru à Venise en 1566, Le imprese illustri con espositioni et discorsià la page 284. L'emblème d'Hermathena y est dédié par Nicolas Stopio à son frère Guillaume. Dans le texte de deux pages qui commente cet emblème, Nicolas cite deux vers dont il attribue la paternité à un autre de ses frères, médecin, le Dr Martin Stoppius, célèbre botaniste,qui occupe à la fin de sa carrière le poste de doyen de la faculté de médecine de Vienne en 1554 et 1581, année de son décès. Il aurait obtenu de Ferdinand Ier le droit de faire figurer ces deux vers parmi ses armoiries. 

Or — et tout l'intérêt est là — ces vers qui n'appartiennent pas à une œuvre connue et qui ont peut-être été composés pour l'usage privé du médecin, ont été cités à trois reprises par Joris Hoefnagel comme inscription de ses peintures : dans Archetypa studiaque, Pars I tab. 8, sur la planche qui nous intéresse ; dans le Schriftmusterbuch de Vienne, folio 47 ;  et dans ses Quatre éléments (National Gallery of art, Washington), Animalia quadrupedia et reptilia,Terra planche X. Cette dernière œuvre étant la plus précoce (1575-1585), elle indique que Hoefnagel a eu connaissance de ces deux vers avant l'année 1585. 

On notera que l'Hermathena (le couple d'Hermes et d'Athena) est identique à l'emblème d'Hoefnagel, le Hibou au caducée (Hermes= caducée / Athena =Hibou). 

Quoiqu'il en soit de cette appropriation par Hoefnagel de l'emblème de Nicolas Stoppio et du distique de Martin Stopius ( tous les deux néerlandais nés à Alost ou Aalst sous le nom de De Stoop), les deux vers reviennent sur le parallèle entre les fleurs des champs, et l'homme. Mais l'homme est aussi (par sa vertu) mis en parallèle avec les astres éternels du monde supralunaire. Et avec  le roi des animaux, le lion. Végétaux, animaux, humains et astres sont des parties du même Tout et des correspondances établissent entre eux une sympathie. 

Surtout, l'homme, comme le lion, boit le sucré et l'amer : il sait endurer les épreuves en attendant les jours suaves.

 

 

 

 

— Notice catalogue Joconde : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110007557

— Image RMN : http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0673/m021102_0004444_p.jpg

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Inventaire zoologique.

  • Lepidoptera Geometridae ??
  • Lepidoptera Sphingidae Agrius convolvuli  (Linnaeus, 1758) "Sphinx du Liseron"
  • Lepidoptera Sphingidae (?) chenille)
  • Lepidoptera Tortricidae "Tordeuse"
  • Lepidoptera Nymphalidae (Heliconidae) chrysalide
  • Lepidoptera 
  • Heteroptera Pentatomidae (?) "Punaise"
  • Heteroptera Pentatomidae (?) "Punaise", larve.
  • Odonata Zygoptera Calopterygidae Calopteryx  "Calopteryx" femelle
  • Hymenoptera Symphyta Tenthredinidae "Tenthrède"
  • Arachnoidea Araneidae [Araneus diadematus Épeire diadème ?].
  • Gastropoda Planorbidae Gyraulus sp. "Planorbe"
  • Hylidae Hyla arborea (Linnaeus, 1758) "Rainette verte"

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Inventaire botanique.

  • Lilium candidum L. "Lis blanc"
  • Rosa gallica L.  "Rose de Provins".
  • Matthiola incarnata L. . BR "Giroflée des Jardins, Giroflée Rouge"
  • Prunus persica (L.) Batsch "Pêche"
  • Pisum sativum L. "Pois cultivé".

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Planche I, 9.

Ipsa dies aperit : conficit ipsa dies.

Ausonius (c. 310 – c. 395)De rosis nascentibus, "De la naissance des roses" Les Idylles XIV vers 40.

Tot species tantosque ortus variosque novatus

una dies aperit, conficit ipsa dies.

"Formes, naissances, multiples métamorphoses
Issues d’un même jour qu’un même jour consume ! "(Trad. Lionel-Edouard Martin, 2013).

L'enlumineur anversois continue à expliciter son propos sur la brièveté de la vie et de la beauté, sur l'imminence de la mort, sur la fraternité des destins qui unit les diverses formes de la Vie. Rien de mortifère ni de moralisateur chez lui, mais plutôt l'expression d'une émotion quasi animiste, ou un profond sentiment d'harmonie entre les choses, les êtres, et l'artiste.

Le vers d'Ausone est amputé de son premier mot, par rapport à la version actuelle, au profit d'une concision fermée en boucle où le mot dies, "jour", ouvre le vers, puis revient le clore. Hoefnagel n'est pas à l'origine de cette variante, et il a suivi le texte de sa source. Voir note 40 ici. Ce poème était attribué longtemps à Virgile ( voir ici sous la forme novatus, dies aperit).

La devise Una dies aperit / conficit una dies est citée et illustrée à la page 24 du livre d'emblème de Ruscelli Le imprese illustri del s.or Ieronimo Ruscelli. de 1584. comme le Motto de Mgr Federico Cornaro, évêque de Padoue (1577-1599).

Elle apparaît aussi dans l'emblème XVII de Federico Vescovo de Bergame dans les Emblèmes de Battista Pittoni  Imprese di diversi principi, duchi, signori, e d’altri personaggi et huomini illustri di Battista Pittoni pittore vicentino. Con alcune stanze, sonetti di Lodovico Dolce (Venedig 1602) (1562), Venedig 1568 emblème XVII : une rose avec Una dies aperit. 

Il y est fait mention, attribuée à Virgile, dans Rime de gli Academici Occulti con le loro imprese et discorsi, Brescia 1568, page 25 sous la forme d'un Motto  Una dies aperit.

 

Cesare Ripa en fait la devise de sa figure où une femme tient d'une main une rose, de l'autre une seiche, et sur la poitrine un insecte. Celui-ci est désigné comme l'Hémérobio, "petit animal volatil", "une espèce de mouche assez grande, et aussitôt morte que née" car "par  elle nous est pareillement signifiée la courte durée de la vie, qui, comme dit Antiphon, est la prison d'un seul jour, puisque tous les autres y sont compris"

C. Ripa, Iconologie page 200  ; Iconologia page 361

 

Cesare Ripa / Chevalier d'Arquin 1625

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Hoefnagel a déjà utilisé ce vers d'Ausone pour la Planche L du volume Ignis des Quatre Éléments, mais aussi pour son Allégorie de la Vie brève du Musée des beaux-arts de Lille, qui date de 1591 (avec une "Belle-Dame" (papillon diurne) et deux roses, l'une épanouie et l'autre fanée). Hoefnagel ne connaît pas seulement ce vers isolé, mais l'ensemble du poème sur Les Roses, dont il donne sous forme de distiques de larges extraits. C'est ce qui rend étonnant l'absence de roses sur la planche de l'Archetypa. Sans-doute a-t-il souhaîté se dégager du stéréotype, et donner —paradoxalement— l'exemple de la Belle-de-nuit (qui ne s'ouvre que la nuit) en illustration de l'ipsa dies aperit. Son travail se révèle, à chaque analyse des détails, extrémement approfondi. De même, la grosse "mouche" qui est placée au centre entre les deux calices des fleurs doit sans-doute se référer à l' "Hémérobio" de Cesare Ripa. 

— Notice catalogue Joconde : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110007558

http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PC0OPORX5

 

 

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Inventaire zoologique.

  • Lepidoptera Chenille de papillon diurne
  • Lepidoptera Lycaenidae (Thecla betulae "Thécla du Bouleau" : identific. lavieb).
  • Coleoptera Curculionidae Curculio "Charançon ou Balanin"
  • Diptera Nematocera 
  • Diptera Asilidae "Asilidé ou Mouche à toison"
  • Hymenoptera Vespidae Polistes (?) "Poliste"
  • Arachnoidea Araneidae Pholcus phalangoides  "Le Pholque phalangide"
  • Gastropoda Limacidae Limax maximus "la Limace léopard" (13 cm de long).

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Inventaire botanique.

  • Mirabilis jalapa L. "Belle de nuit". Si l'identification de cette plante est confirmée, sa présence est remarquable car la date  généralement admise pour son exportation des Andes péruviennes en Europe est celle de 1596, même si la version anglaise de Wikipédia en donne la date de 1540 , et la version allemande celle de 1525. Cette plante issue du Pérou ou du Mexique a été nommée Solanum mexiocanum par Bauhin 1623 et Admirabilis peruviana par Clusius en 1583,(Charles de l'Escluse, Pannon. p. 395)  "Merveille du Pérou" . Elle doit ce nom à sa caractéristique, alors inconnue en Europe, de s'ouvrir la nuit et de se fermer durant la journée.
  • Citrus aurantium L.  "Bigaradier, Oranger amer" . Un agrume et un rameau en fleur.
  • Prunus avium L. "Merisier, Cerisier des oiseaux" : deux drupes et un rameau.
  • Prunus armeniaca L. "Abricot".

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I, 10. MVS NON VNI FIDIT  ANTRO

— Notice Joconde : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110007560

Image RMN : http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PC0OPZ3U7

 

 

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Remarque : le Paon du Jour inachis io a été découpé en amputant l'inscription, et remplacé par (un papillon de fantaisie ?). Voir la planche originale :

http://library24.library.cornell.edu:8280/luna/servlet/detail/CORNELL~1~1~43293~97003432:Mus-Non-Uni-Fidit-Antro,-plate-four

ou bien 

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Inventaire zoologique.

Inventaire botanique.

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I, 11. versicolor coluber / NOLI IRRITARE CABRONES

 

— Notice Catalogue Joconde : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110009028

— Image : http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0698/m021102_0004993_p.jpg

 

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Inventaire zoologique.

Inventaire botanique.

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I, 12. Regem locustae non habent, et egretiur Vniversa per turmas suas

— Notice Catalogue Joconde : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110000159

— Image : http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0698/m021102_0005023_p.jpg

 

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Cet exemple peut nous permettre de découvrir une planche entièrement colorisée (Bibliothèque universitaire d'Uppsala):

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Inventaire zoologique.

Inventaire botanique.

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PARS QVARTA, Page de titre.

Inv 794.I.2069.

— Notice Catalogue Joconde : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=APTN&VALUE_98=%20Robien%20marquis%20de&NUMBER=45&GRP=0&REQ=%28%28Robien%20marquis%20de%29%20%3aAPTN%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=All

— Image RMN : http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0676/m021102_2069_p.jpg

— Remarque : porte la date 1592. 

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Inventaire zoologique.

Inventaire botanique.

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IV, 1. Hoc variare, decus mundi est : hac gloria summi Artificis

Inv 794.I.5977

— Notice Catalogue Joconde : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02110009037

— Image : http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0698/m021102_0005030_p.jpg

SOURCES ET LIENS.

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Les identifications zoologiques et botaniques sont reprises de l'édition annotée de l'Archetypa par Vignau-Wilberg 1994.

.

— http://museum.univ-rennes1.fr/museo/Historique/fsPdeRobien.htm

 

— CHAUVEL (Jean-Jacques ) et PLAINE (Jean)  2002,  Géologie et archéologie bretonne  Le président de Robien (1698 1756), un précurseur au temps des Lumières COMITÉ FRANÇAIS D'HISTOIRE DE LA GÉOLOGIE (COFRHIGEO) (séance du 11 décembre 2002) TRAVAUX DU  COMITÉ FRANÇAIS D'HISTOIRE DE LA GÉOLOGIE  - Troisième série -  T.XVI (2002) http://annales.org/archives/cofrhigeo/robien.html

—  DÉZALLIER-D'ARGENVILLE (Antoine-Joseph),  1742. L'histoire naturelle éclaircie dans deux de ses parties principales

Ancre https://books.google.fr/books?id=zjoVAAAAQAAJ&pg=PA212&dq=insecte+robien&hl=fr&sa=X&ved=0CDcQ6AEwAmoVChMIsOOfk-WvyAIVhNgaCh3-OAHx#v=onepage&q=insecte%20robien&f=false

— AUBERT, (Gauthier). Un collectionneur provincial vu par ses contemporains : le Président de Robien (1698-1756) Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1998, v.105, numéro 105-4, p.37-57. Disponible sur Persée.fr 

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_4_4005

— AUBERT, (Gauthier). 2001. Le président de Robien, gentilhomme et savant dans la Bretagne des Lumières. Collection Art et Société. Presses universitaires de Rennes. 396 p.

 

— AUBERT, (Gauthier).2006, « Les échecs du président de Robien sont-ils révélateurs ? Ou les déboires culturels d’une capitale provinciale au XVIIIe siècle ». Dans Histoire, économie & société, 2006/3. Disponible sur Cairn.info http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=HES_063_0355

 

— BERGOT (François), 1962, Bergot Note sur la collection de tableaux du président de Robien au musée de Rennes, Annales de Bretagne  Année 1962  Volume 69  Numéro 1  pp. 153-159

http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1962_num_69_1_2150

 HOULBERT, ( C.)1933. Le Musée d’histoire naturelle de Rennes. Imprimerie Oberthur, Rennes. 242 p.

— LEBRUN ( François), 1975, Christophe-Paul de Robien, Description historique, topographique & naturelle de l'ancienne armorique  [compte rendu] Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1975  Volume 82  Numéro 2  pp. 230-232

— CANARD, BERNARD, YSNEL, RICHARD Un reflet de l’histoire de la ville : Les collections scientifiques de Rennes 1 

http://www.placepublique-rennes.com/2010/03/un-reflet-de-l%E2%80%99histoire-de-la-ville-les-collections-scientifiques-de-rennes%C2%A01/

— VEILLARD, (J.-Y)., 1972  « Catalogue des objets d'archéologie armoricains de la collection du Président de Robien ". Musée de Bretagne, 1972. 55p.

— LE TALLEC (Laure), 2014, Château et collections de Robien.

 http://www.masterpatrimoine.fr/v2/actualites/patrimoine-et-collections/543-chateau-et-collections-de-robien.html

Manuscrits de Robien :

1°) Description historique, topographique et naturelle de la Bretagne, enrichie de plans, cartes, dessins...vers 1756, Mss 310-312, par Christophe-Paul de Robien.

 http://www.bibliotheque-rennesmetropole.fr/collections/patrimoine/la-galerie-des-tresors/manuscrits-du-president-de-robien/

http://www.bibliotheque-rennesmetropole.fr/?id=405

Médiathèque des Champs Libres de Rennes Ms 0309 = 1ère et 2è partie : http://www.tablettes-rennaises.fr/app/photopro.sk/rennes/detail?docid=47128

Ms 0310 = Illustrations du Ms 0309 : 

http://www.tablettes-rennaises.fr/app/photopro.sk/rennes/doclist?fpsearch=ms+0310&fuse_thesaurus=true#sessionhistory-ready

Ms 0311 = 2e volume http://www.tablettes-rennaises.fr/app/photopro.sk/rennes/detail?docid=47224#sessionhistory-ready

Ms 0312 = Planches d'illustrations du Ms 0311.

http://www.tablettes-rennaises.fr/app/photopro.sk/rennes/doclist?fpsearch=ms+0310&fuse_thesaurus=true#sessionhistory-nZVx7v9M

.

2°) « Description historique », rédigée par le président de Robien, « des collections conservées dans son cabinet ».  Médiathèque des Champs Libres de Rennes Ms 0546-0547    

Le texte : http://www.tablettes-rennaises.fr/app/photopro.sk/rennes/doclist?fpsearch=ms+0310&fuse_thesaurus=true#sessionhistory-6qoV8WxB

Les planches : http://www.tablettes-rennaises.fr/app/photopro.sk/rennes/doclist?fpsearch=ms+0310&fuse_thesaurus=true#sessionhistory-lG1eUeri

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Planches de l'Archetypa.

 

Images :

RKD : https://rkd.nl/en/explore/images#filters[kunstenaar]=Hoefnagel%2C+Jacob

http://bibliodyssey.blogspot.fr/2008/06/archetypal-nature.html

http://www.virtuelles-kupferstichkabinett.de/index.php?currentWerk=10034& : renseigner "archetypa"

 

http://docnum.u-strasbg.fr/cdm/fullbrowser/collection/coll13/id/72995/rv/compoundobject/cpd/73052

Autres Planches Hoefnagel.

http://www.nga.gov/content/ngaweb/Collection/artist-info.2569.html?artobj_artistId=2569&pageNumber=1

Identification zoologique :

— Site Lepinet identification des papillons. http://www.lepinet.fr/especes/nation/lep/index.php?e=p&id=39210

— LES DIFFERENTES ESPECES D'ESCARGOTS EUROPEENS http://www.gireaud.net/especes.htm

— Hunting for snails ~ snails in art https://huntingforsnails.wordpress.com/tag/joris-hoefnagel/

Symbolique médiévale :

— FETTWEIS (Geneviève), Les Fleurs dans la peinture des XV, XVI, et XVIIe siècle, Musée royaux des Beau-Arts de Belgique,

http://www.extra-edu.be/pdf/GF_Fleurs_10nov.pdf

.

Bibliographie Générale.

 

 ÉRASME, Adagia (1508) Textes présentés par le Groupe Renaissance Âge Classique (GRAC - UMR 5037) Jean-Christophe SALADIN Lyon 2010  in Corpus Corporum,  Université de Zürich http://www.mlat.uzh.ch/MLS/xanfang.php?tabelle=Desiderius_Erasmus_cps4&corpus=4&lang=0&allow_download=

.

HENDRIX (Lee) ),1984,  “Joris Hoefnagel and the Four Elements: A Study in Sixteenth-Century Nature Painting.” Ph.D. dissertation. Princeton: Princeton University, 1984.

— HENDRIX (Lee) VIGNAU-WILBERG (Thea) 1992 Mira calligraphiae monumenta: A Sixteenth-Century Calligraphic Manuscript Inscribed by Georg Bocskay and Illuminated by Joris Hoefnagel

HOEFNAGEL (Jacob), 1630, Diversæ insectarum volatilium : icones ad vivum accuratissmè depictæ per celeberrimum pictorem [Amsterdam] : Typis[que] mandatæ a Nicolao Ioannis Visscher , 44 p.

https://archive.org/stream/diversaeinsectar00hoef#page/n3/mode/2up

.

— JORINK (Eric) 2010 Reading the Book of Nature in the Dutch Golden Age, 1575-1715, Leiden, Koningklijke Brill NV. Numérisé par Google

.

— JORINK (Eric) 2006  Het ‘Boeck der Natuere’ Nederlandse geleerden en de wonderen van Gods schepping 1575-1715 Primavera Press Leiden: numérisé dbnl 

http://www.dbnl.org/titels/titel.php?id=jori009boec01

.

— LINNÉ, (Carl) 1758, Systema naturae :http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://en.wikipedia.org/wiki/Neuroptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

.

 — NERI (Janice) 2011  The Insect and the Image: Visualizing Nature in Early Modern Europe, 1500-1700, University of Minnesota Press.

.

 WILLBERG VIGNAU-SCHUURMAN (Theodora Alida Gerarda) 1969  Die emblematischen Elemente im Werke Joris Hoefnagels. Leiden : Universitaire Pers, 1969.Leidsche Kunsthistorische reeks, deel, Nr.2.

.

— VIGNAU-WILBERG (Thea) 2007,  "IN MINIMIS MAXIME CONSPICUA. Insecten darstellungen um 1600 und die anfänge der entomologie", in Early Modern Zoology: The Construction of Animals in science, literature and the Visual Arts publié par Karel A. E. Enenkel,Paulus Johannes Smith , Volume 7,Numéro 1 pp. 217-243. numérisé Google

.

— VIGNAU-WILBERG (Thea), 2013  Pieter Holsteijn The Younger 1614-1673. Alderhande kruypende en vliegende gedierten. Diverse Crawling and Flying Animals (Englisch) Taschenbuch Daxer & marschall munich 2013

 http://daxermarschall.com/cms/upload/catalogues/Insects_DaxerMarschall.pdf

— les escargots dans Archetypae https://huntingforsnails.wordpress.com/2014/05/03/120-hoefnagel-1592/

 — Les escargots dans Allégorie d'Hoefnagel :https://huntingforsnails.wordpress.com/2014/04/01/89-joris-hoefnagel/

Site RKD Netherlands :

https://rkd.nl/nl/explore/images/record?query=ignis+hoefnagel+berlin&start=0

Site National Gallery of Art Washington : 

http://www.nga.gov/content/ngaweb/Collection/artist-info.2569.html?artobj_artistId=2569&pageNumber=1

 

 

 

CHARMANTIER (Guy), Crustaceans in art, in Treatise on Zoology - Anatomy, Taxonomy, Biology. The Crustacea ..., Partie 2 publié par J.C. von Vaupel Klein, pp.139-187. https://books.google.fr/books?id=5kv3AwAAQBAJ&pg=PA162&lpg=PA162&dq=squilla+hoefnagel&source=bl&ots=I77kySmyvd&sig=DLWYk53lTjtGT1ubIZQbhnq43fY&hl=fr&sa=X&ved=0CCIQ6AEwAGoVChMIiuvmke29yAIVBT0UCh18PwaZ#v=onepage&q=squilla%20hoefnagel&f=false

 


 


 

AUBERT G.-Le Président de Robien, gentilhomme et savant dans la Bretagne des Lumières. Collection Art et Société.Presses universitaires de Rennes. 2001, 396 pages.

— AUBERT, (Gauthier). « Les échecs du président de Robien sont-ils révélateurs ? Ou les déboires culturels d’une capitale provinciale au XVIIIe siècle ». Dans Histoire, économie & société, 2006/3. Disponible sur Cairn.info http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=HES_063_0355

-« Un collectionneur provincial vu par ses contemporains : le Président de Robien (1698-1756) ». Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1998, v.105, numéro 105-4, p.37-57. Disponible sur Persée.fr

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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