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28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 12:59

Amour, pêcheuse des cœurs : un poème persan d'Hafez copié par Gustav Klimt sur l' éventail de Sonja Knips (3 janvier 1895 ).

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Dans la succession de Sonja Knips, à coté du petit carnet rouge qui figure sur son portrait par Klimt (Vienne, Belvédère, 1898), un éventail atteste que Sonja connaissait déjà Klimt avant de se marier, le 15 février 1896  avec l'industriel Anton Knips (1876-1946).

Sur cet "éventail poétique", amis et parents avaient inscrit des maximes — comme on les trouve également dans les albums de poésie, les Livres d'or et les Album amoricum — dans des cartouches ornant la face antérieure. Par exemple, par Adolf Hlaver le 23 avril 1895

  "Ins Leben blicke freundlich hinein/doch hoff' Dir nicht zu viel/ treu' folg dem einen Ziel /am Besserwerden glücklich sein/", "Regarde gentiment la vie / n'espère pas trop / fidèlement  pour réussir dans le seul objectif / devenir meilleur / "

ou

oder „D schön Sonja is a Dirndl worn / die Sach' war net schlecht/nur daß man ihr d'Hand küss'n soll / Das paßt net recht / Wien 17. 9.1894") 

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Mais le revers avait été entièrement réservé à Gustav Klimt. Dans un cartouche vertical au fond doré, Klimt a inscrit, en lettres noires, un poème d'amour du poète persan Hafez-e Chirazi (Chiraz, 1326-1390).

 

 

 

"Die Freiheit ist ein Meer
Und seine Fische Herzen;
Sie schwimmen ohne Schmerzen
Behaglich hin und her.
Doch diese Lust, wie Schade!
Ist von geringer Dauer;
Es wohnet am Gestade,
Es stehet auf der Lauer
Liebe, die Fischerin.
Sie fischt mit eignen Angeln;
Sie fischt mit Ambralocken;
Die purpurrothen Fischchen,
Sie kommen unerschrocken,
Sie lassen von der argen
Sich gar zu gerne locken,
Und eines um das andre
Ist ihrer List Gewinn."

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La liberté est une mer

Ses poissons sont des cœurs ;

Ils vont et viennent à la nage

À leur aise et sans douleurs.

Mais ce plaisir, quel dommage !

Ne dure qu'un temps ;

Habite sur le rivage

Se tenant aux aguets

Amour, la pêcheuse.

Elle pêche avec ses propres filets ;

Elle pêche avec des boucles d'ambre ;

Les poissons pourpres arrivent intrépides,

Ils se laissent trop volontiers

Par la mauvaise attirer,

Et l'un après l'autre

À sa ruse ils succombent.

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Tout le travail de cet article a été de retrouver le texte en allemand,  la traduction (S. Partsch), et la source de ce poème.

Ce poème avait été publié par Georg Friedrich Daumer (1800-1875)  dans ses éditions de 1846 et 1856 à Hambourg de Hafis Eine Sammlung persischer Gedichte nebst poetischen Zugaben aus verschiedenen Völkern und Ländern, Hoffmann und Campe 

https://archive.org/details/bub_gb_tipBAAAAMAAJ

https://archive.org/details/bub_gb_8oQ6AAAAcAAJ

https://books.google.fr/books?id=skU_AAAAIAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

J'ignore si l'attribution à Hafez est encore valide aujourd'hui. 

cet éventail témoigne de l'intérêt de Klimt — et de son époque — pour l'orientalisme mais aussi de son souci d'une œuvre d'art total associant un objet d'artisanat du quotidien avec la poésie et la peinture. 

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Amour, pêcheuse des cœurs : un poème persan d'Hafez écrit par Gustav Klimt sur l' éventail de Sonja Knips

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À coté de ce poème d'Hafez, Klimt a peint l'image d'une jolie femme en robe blanche (de mariée), coiffée d'un chapeau,  qui tient une canne à pêche et attrape dans l'eau un tas de petits cœurs. Au dessus d'elle plane un cœur ailé et transpercé d'une flèche autour duquel flottent des têtes de bébé ailées.

À droite de ces dernières figure un aphorisme de Goethe, la signature de Klimt et la date du 3 janvier 1895.

"Liebe schwärmt auf allen Wegen,
Treue wohnt für sich allein;
Liebe kommt Euch rasch entgegen,
aufgesucht will Treue sein." (
Goethe extrait de Claudine von Villa Bella, 1788, remaniement du texte de 1775.)

L'Amour vagabonde sur tous les sentiers

La fidélité vit seule et retirée

L'amour vient à nous sans tarder

La fidélité on la doit visiter.

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Il n'existe pas d'illustration en ligne de cet éventail, appartenant à une collection privée, mais on la trouverait dans le volume 7 de Belvedere : Zeitschrift für bildende Kunst de 2001, page 54.

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Manu von Miller 2004 a vu dans ce revers d'éventail le témoin d'une relation amoureuse entre Klimt et Sonja Knips, antérieure à son mariage : Klimt se serait servi de cet éventail pour rompre cette liaison, dénoncer les pièges du mariage et la tristesse de la fidélité amoureuse, comme il l'avait fait avec un autre éventail sur lequel il adressa ces mots à une belle :  Beßer ein Ende mit Schrecken – alsein Schrecken ohne Ende!  "Mieux vaut une fin effroyable qu'un effroi sans fin". Il s'agirrait de Camilla Sodoma.

Pour Susanna Partsch, néanmoins, l'éventail ne démontre ni relation amoureuse entre Klimt et Sonja Knips, ni rupture, mais  le revers ressemble seulement à "des vœux de bonheur adressés à la jeune femme à l'occasion de ses fiançailles", l'image de la pêcheuse de Hafez n'étant qu'un peu taquin envers la jeune femme, et les bébés ailés étant "des souhaits de nombreux enfants". Elle resta d'ailleurs par la suite très liée à l'artiste, à sa compagne la couturière Emilie FLöge dont elle était une cliente, et à la Wiener Werkstätte.

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Le portrait de Sonja Knips.

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"Le portrait de Sonja Knips, peint en 1897/98, marque le début d'une série de portraits de femmes de grand format, montrant surtout des dames de la riche bourgeoisie viennoise. La taille représentative de l'image et le format carré - c'est le premier portrait de Klimt dans ce format - sont liés aux concepts de représentation de la nouvelle clientèle de Klimt. Gustav Klimt avait commandé à son frère Georg la fabrication d'appliques en cuivre plaqué et doré sur le cadre. Les circonstances exactes de la commande du portrait de Sophie Amalia Maria Knips, née Dame Potier des Echelles, appelée Sonja Knips (1873-1959), ne peuvent être reconstituées, pas plus que l'époque de la première rencontre entre Klimt et son modèle. Cependant, la datation du carnet de croquis rouge montré dans la peinture  et les premières études de portrait dessinées fournissent des informations suffisantes pour une commande en l'année 1897. "

"Cette peinture, souvent considérée comme l’œuvre d’ouverture de la Sécession viennoise, marque un tournant dans les portraits de Gustav Klimt : le modèle est représenté grandeur nature et le format carré constitue une nouveauté. Ce qui frappe est le contraste entre les parties peintes avec une grande précision (le visage par exemple) et d’autres parties nettement plus suggérées. Sonja Knips, de son vrai nom Sophie Amalia Maria (1873-1959), est la fille d’un maréchal de camp de l’armée austro-hongroise. Mariée au riche industriel Anton Knips, Sonja deviendra une fervente admiratrice de l’art moderne et soutiendra les sécessionnistes via de multiplies commandes. Dont ce portrait, qui fait partie des œuvres majeures de Gustav Klimt. " http://livresque-sentinelle.blogspot.fr/2015/10/portrait-de-sonja-knips-par-gustav-klimt.html

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Gustav Klimt, Portrait de Sonja Knips, 1898. Huile sur toile 145cm x 146 cm, Vienne, Belvedere.

Gustav Klimt, Portrait de Sonja Knips, 1898. Huile sur toile 145cm x 146 cm, Vienne, Belvedere.

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La Femme à l'éventail. Dame mit Fächer, Gustav Klimt, 1917-1918, Vienne, Sammlung Leopold. Huile sur toile, 100cm x 100cm.

Ce tableau était encore inachevé dans l'atelier de l'artiste à sa mort. Notez encore le format carré propre à Klimt. Le kimono  a glissé sur l'épaule gauche, tournée vers le peintre, dénudant la poitrine, et l'éventail, tout en feignant  de la cacher, en fait apparaître le mamelon comme un œil malicieux. Une grue, un faisan doré et un phénix ornent le fond, comme dans les étoffes damassées orientales.

 

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https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a4/Gustav_Klimt_-_Dame_mit_F%C3%A4cher.jpeg

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a4/Gustav_Klimt_-_Dame_mit_F%C3%A4cher.jpeg

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Par rapport à la métaphore de Hafez, où les hommes étaient des poissons succombant aux appâts d'Amour la Pêcheuse, il est intéressant d'explorer  ce que devient le croisement des thème de l'érotisme,  de la Mer et des Poissons dans l'œuvre de Klimt.

Wasserschlangen II, Serpents d'eau. 1907.

Serpents d'eau II montre des corps de femmes , flottant horizontalement en apesanteur, dérivant comme des lianes aquatiques, ondulant, ondoyant, en dessous d'un poisson coupé . 

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Gustav Klimt, Wasserschlangen II (Freundinnen),  Serpents d'eau, 1905, huile sur toile 80 cm x 145 cm. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Klimt_-_Wasserschlangen.jpg

Gustav Klimt, Wasserschlangen II (Freundinnen), Serpents d'eau, 1905, huile sur toile 80 cm x 145 cm. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Klimt_-_Wasserschlangen.jpg

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Wasserschlangen I, Freundinnen I.

Les corps ondulent toujours, mais verticalement, et ne nous regardent plus, mais c'est le poisson, en bas, qui nous fixe.

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https://de.wikipedia.org/wiki/Wasserschlangen_I#/media/File:Gustav_Klimt_067.jpg

https://de.wikipedia.org/wiki/Wasserschlangen_I#/media/File:Gustav_Klimt_067.jpg

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Gustav Klimt, Goldfishe, Poissons d'or. 1901/1902 Soleure, Kunstmuseum, Dübi-Müller Stiftung, 181 x 67 cm.

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Amour, pêcheuse des cœurs : un poème persan d'Hafez écrit par Gustav Klimt sur l' éventail de Sonja Knips

Voir aussi

Klimt, Eaux mouvantes

Klimt, Ondines

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SOURCE :

— PARTSCH (Susanna), 2012, Représentation de femmes, in Gustav Klimt, tout l'œuvre peint, Tobias G. Natter ed. Taschen, 659 pages, page 193.

J'ai emprunté ce livre volumineux à la Bibliothèque Universitaire de l'Université Occidentale de Bretagne (Brest) : j'étais, depuis son acquisition, son deuxième emprunteur, (en avril 2018, après une première sortie en 2014). Cette escapade hors des studieux rayons fut, pour nous deux, une merveilleuse aventure. La bibliothécaire m'avait promis une belle tendinite en  ramenant chez moi ce bébé de plus de 7 kg mais j'y ai échappé en m'arrêtant régulièrement.

—DAUMER (Georg Friedrich), 1846, Hafis: Eine Sammlung persischer Gedichte, nebst poetischen Zugaben aus verschiedenen Völkern und Ländern, Hamburg (Hoffmann und Campe) Hamburg, Hoffmann 1846. Réed 1856.

https://archive.org/details/hafiseinesammlu00daumgoog

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Published by jean-yves cordier
27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 15:09

Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

 

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Résumé.

— Nom de genre Libellula Linnaeus, 1758 Syst. Nat.,1, 543  : diminutif de Libella. Ce nom latin d'outil, "niveau d'arpenteur en T", qui a donné notre "niveau" a été d'abord choisi par Rondelet en 1555 pour désigner les larves de Zygoptères dont les yeux écartés forment avec le corps un T, puis Libella fut  adopté par les naturalistes (Mouffet 1634, Petiver 1695-1703, Ray 1710, Linné 1746) pour qualifier l'ensemble des Odonates.

— Nom d'espèce fulva, Müller 1764 Faun. Frid.:62. Du latin fulvus, "jaune foncé, fauve", qualifiant la coloration de la base des ailes et de l'ensemble du corps du spécimen décrit, une femelle ou une forme immature. Le mâle, dont l'abdomen est en partie bleu, et dont le jaune de l'aile est plus discret, avait été décrit dans la même publication sous le nom de Libellula Fridrichsdenlasis, du nom de la propriété d'origine royale de la comtesse de Schulin, Fridrichsdal, dont Müller  décrit la faune.

M. Harris Exp. Engl. Ins.:46  décrira cette espèce sous le nom (syn.) de L. fugax en 1782, puis J.C. Fabricius Ent. Syst. Suppl. :283 la décrira en 1798 sous le nom de L. conspurcata (syn.) "avec des taches". 

— Nom vernaculaire : Cette espèce a été nommée "La Christine" (L. fulva) et " l'Agathe" (L. Fridrichsdalensis) par De Villers en 1789, "La Libellule salie" par de Sélys-Longchamps Mon. Lib. Eur.:35 en 1840 par traduction de L. conspurcata Fab., et enfin "La Libellule fauve" par de Sélys-Longchamps Rev. Odon. : 9-10 en 1850 lorsqu'il découvrit l'antériorité et la validité de L. fulva de Müller. Ce dernier nom est aujourd'hui le seul en usage.

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LE NOM DE GENRE LIBELLULA, LINNAEUS, 1758.

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Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. 1, page 543.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

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Voir l'article consacré à la naissance de ce nom Libella puis Libellula :

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymie-pre-linneenne-des-odonates-origine-du-nom-libellula-linnaeus-1758.html

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 LE NOM D'ESPÈCE LIBELLULA FULVA, MÜLLER, 1764.

 

I. LA DESCRIPTION ORIGINALE.

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Sur l'auteur et sa publication, voir la zoonymie de Aeshna cyanea Müller, 1764.

Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 62 n°544.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.523,%22panY%22:0.839,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.346}

 

Texte original :

544* LIBELLVLA fulua, alis basi fuluescentibus, macula marginali nigra : thorace abdomineque fuluo.

In aquis.

Traduction.

"Libellula fulva, base des ailes de couleur fauve, taches marginales noires ; thorax et abdomen fauves.

Vit dans les milieux aquatiques."

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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II. LA DESCRIPTION DE LIBELLULA FULVA PAR MÜLLER EN 1767.

En 1767, O.F. Müller donne une nouvelle description, plus complète, de son espèce dans son article  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, n°20 page 129.

Numérisation BLH  Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldino-Carolinae Naturae Curiosum, Nuremberg :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/171/mode/1up

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20 LIBELLULA fulva alis basi fulvescentibus : thorace abdomineque fulvo. 

Descript. Tota fulva. Frons scil. thorax, abdomen, femora priora. Oculi ex parte fusci, virentesque. Basis alarum, cum nigredine quadam, & costa marginalis fulva; punctum marginale nigrum. Pedes posteriores & tibia anteriorum nigra. In abdomine  linete marginales & macula dorsalis, quae apicem versus augetur, nigra. Foemina differt nubecula nigricante in apice omnium alarum. 

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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III. LA DESCRIPTION DE LIBELLULA FRIDRICHSDALENSIS PAR O.F MÜLLER 1764.

Libellula fridrichsdalensis décrite dans la même publication et à la même page par O.F.Müller en 1764 est considérée comme appartenant à l' espèce L. fulva par Hagen (1840), de Selys-Longchamps (1850), Kirby (1890), Bridges (1994) et Steinmann (2013). Je la décris donc ici.

Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 62 n°549.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.252,%22panY%22:0.82,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.415}

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Texte originale:

549* LIBELLVLA Fridrichsdalensis alis prioribus linea, posticis macula baseos nigricante : abdomine depresso toto caeruleo.

Traduction proposée : "Libellula Fridrichsdalensis,  ailes [antérieures nervurées ?], ailes postérieures marquées à leur base d'une tache noire. L'abdomen est plat et entièrement bleu."

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IV. LA DESCRIPTION DE LIBELLULA FRIDRICHSDALENSIS PAR MÜLLER EN 1767.

En 1767, O.F. Müller donne une nouvelle description, plus complète, de son espèce dans son article  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, n°11 page 127.

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Description :

 

11) Libellula Fridrichsdalenfis alis basi nigricantibus, abdomine depresso caeruleo. 

Rai. Ins. 140, 2. Libella maxima abdomine breviore & crassiore latioreque coeruleo. 

Roesel. Ins. aqu. T.7.f 3. 
Mense Iunio grex harum apparuit, post Solstitium nulla. Maculae nigrae baseos alarum flavo permixtae. Punctum marginale  nigrum. Roeselii Libella differt a nostra maculis lateralibus abdominis flavis, quae mihi in nulla visce ; harum loco vero maculae depressae pallidiores reliquo abdominis. 

 

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On voit qu'il se réfère à la Libella maxima de la liste complémentaire page 140 de John Ray (Historia insectorum), et à l'espèce décrite et illustrée par  Roesel dans Insecten Belustigung planche VII figure 3 (en réalité un mâle  L. depressa) tout en mentionnant les différences.

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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V. ÉTUDE DES NOMS FULVA ET FRIDRICHSDALENSIS O.F. MÜLLER 1764.

L'épithète spécifique latin  fulva correspond, une fois accordé au féminin avec Libellula, à l'adjectif fulvus, "fauve, jaune foncé". Le texte de la description, "base des ailes de couleur fauve, taches marginales noires ; thorax et abdomen fauves", montre que Müller a décrit ici une femelle, et effectivement le fauve, ou jaune foncé, est bien la couleur de la femelle, ainsi que des immatures, tandis que les mâles ont le thorax sombre, les  segments S3 à S7 de l'abdomen couverts d'une prune bleue, et la base des ailes sombres à peine teinté de jaune, tandis que les macules noirâtres des extrémités des ailes y sont très discrètes. 

La forme mâle correspondante est L. Fridrichsdalensis O.F. Müller 1764, avec son corps bleu et la base de son aile postérieure noire. Par ce nom, "de Fridrichsdal", l'auteur l'honore du nom de la riche maison de plaisance des comtes de Schulin, près de Copenhague, puisqu'il était le précepteur des enfants de la comtesse de Schulin, et qu'il consacre son ouvrage à la description de la faune de la vaste propriété foncière.

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VI. SYNONYMES.

  •  Libellula fulva O.F.Müller, 1764 
  •  Libellula fridrichsdalensis O.F.Müller, 1764 
  • Libellula fugax Harris, 1782, Exp. Engl. Ins. : 46. Synonyme de cette espèce  par Hagen (1840), de Selys-Longchamps (1840), Kirby (1890), Bridges (1994) et Steinmann (2013).
  • Libellula conspurcata Fabricius, 1798, Ent. Syst. Suppl :283

Et selon INPN MNHN:

  • Ladona fulva 
  • Leptetrum fulvum .

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1°) Libellula fugax Harris, 1782, Exposition of  England Insects  page 156 et planche XLVI fig.2.

Texte : https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[256],%22panX%22:0.516,%22panY%22:0.32,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.027}

Planche : https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[254],%22view%22:%22thumbnails%22}

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Texte original :

"Fugax. Fig.2 . Déploie ses ailes deux pouces & trois quarts."

"Le nez, le corselet et l'abdomen sont d'un beau jaune brun. L'abdomen est formé comme la première [maculata : « plat, et a trois tranchants comme une épée »]. Les ailes supérieures ont une tache brune aux bouts, & une raie brune étroite proche du corselet. Les ailes inférieures ont aussi aux bouts des taches obscures, & une sur chaque bord abdominal, qui est très obscure, et en forme comme celle de la précédente. Toutes les ailes sont teintes de jaune aux bords tranchans, & proche du corps."

 

Note : l'épithète "fugax" n'est pas explicité dans le texte.

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.
Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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2°) Libellula conspurcata Fabricius, 1798, Entomologia  Systematica Supplementum t.5  page 283.

 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/42138782#page/291/mode/1up

Texte original :

1 — 2. Conspurcata.  L. alis omnibus stria marginali flaua apiceque macula fusca.
Habitat Kiliae Dom. Weber. 
Statura omnino L. 4maculatae at distincta. Os vesiculosum, flauescens. Thorax villosus, 
Abdomen triangulare, flauescens linea dorsali atra. Alae planae, anticae stria ante marginem crassiorem flaua, quae tamenapicem haud attingit. Macula ordinaria marginalis et macula magna fusca alam terminat. Posticae anticis concolores at macula  baseos nigra. 

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L'épithète peut se traduire par "avec des salissures, avec des taches" (latin spurcus "sale, malpropre, immonde"). 

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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VII . LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE DES ODONATES.

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PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/libellule-fauve/

"Etymologie Fulva de fulvus (lat) = fauve, roussâtre ; couleur générale de la femelle et des immatures."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Libellula fulva Müller, 1764 from Lat. fulvus, -a, -um = tawny, reddish yellow for the colouration of females and immature animals; mature, pruinescent males were initially believed to be a separate species."

 

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 ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) 

"fulva (Ladona) - fulvus, a, um = rossastro. Per la colorazione del torace e dei primi uriti addominali"

 

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HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

"fulva (Müller) [l. ochre] describes the colour of the females and immature males."

 

VAN HIJUM, 2005

"Libellula fulva . : fulva = goudbruin . Bünte glêzewasker Bünte glêzewasker, Goudbükje"

 

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VIII. RÉCEPTION DE L'ESPÈCE.

— En 1775, Fabricius ne cite pas cette espèce parmi ses Libellula de son Systema entomologiae ; en 1798, dans son Supplementum il la décrit sous le nom de L. conspurcata

— Donovan, en 1807,  décrivant un spécimen de la collection de Drury, en donne une illustration dans la planche 325 de Natural history of British insects, mais sous le nom de Libellula quadrifasciata qu'il pense créer comme une nouvelle espèce.  Ce nom avait pourtant été créé par Müller 1764 (c'est son n°540), ce qui montre que sa "Faune de Fridrischdal" n'a pas encore été repérée par la communauté des naturalistes. 

https://archive.org/details/naturalhistoryof121807dono

— En 1840, Sélys-Longchamp utilise dans sa description L. conspurcata de Fabricius.

— Le nom Libellula fulva (hormis dans une description de Geoffroy 1762 concernant A. grandis],  n'apparaît, associé au nom de ¨Müller, qu'en 1850 dans la Revue des Odonates de Sélys-Longchamps et Hagen. 

Voir infra Henrik Steinmann  World Catalogue of Odonata, 2013 page 393, mais aussi Deliry Eurothemys fulva.‎

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Numérisation Google https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Numérisation Google https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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IX. NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

Résumé. Cette espèce a été nommée La Christine (L. fulva) et l'Agathe (L. Fridrichsdalensis) par De Villers en 1789, La Libellule salie par de Sélys-Longchamps en 1840 par traduction de L. conspurcata Fab., et enfin La Libellule fauve par de Sélys-Longchamps 1850 lorsqu'il découvrit l'antériorité et la validité de L. fulva de Müller. Ce dernier nom est aujourd'hui le seul en usage.

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1°) "LA CHRISTINE", De Villers 1789 page 10 n°16 pour L. fulva ; "L'AGATHE" pour la forme mâle L. Fridrichsdalensis De Villers page 11 n°20.

Poursuivant le système nomenclatural choisi par Geoffroy en 1762, De Villers attribue, de façon arbitraire, des prénoms féminins aux espèces de Libellules dont il donne la liste, accompagnant ainsi chaque nom binominal latin par un nom vernaculaire français.

2°) LA LIBELLULE SALIE, [de Selys-Longchamps, 1840]. Monographie des Libellulidées d'Europe page 35.

Dans cette publication, le belge de Sélys-Longchamps fait suivre le nom binominal créé par Fabricius par sa traduction en français. 

 

 

 

"N° 5. LIBELLULA CONSPURCATA. (FABR.) LIBELLULE SALIE.

Diagnose. — Abdomen déprimé, roussâtre (bleu pulvérulent chez les mâles adultes). Une ligne oblongue à la base des ailes antérieures; une ligne et une tache triangulaire brunes, à celle des inférieures. Membranule accessoire noirâtre.

Dimensions. — (Voyez le tableau.)

Synonymie. — LIBELLULA CONSPURCATA. Fabr. Vander L. Charp. Steph. Curt. De Selys. Burmeist. - BIMACULATA. Stephens (variété). - DEPREssA (variété mâle). Fonscol. (variété).

♂. Adulte. Tête brune. Yeux grisâtres. Thorax brun, velu. Abdomen déprimé, d'un bleuâtre pulvérulent au milieu, noirâtre à la base et sur les trois derniers segments.Appendices anals supérieurs noirs, minces, plus épais à leur extrémité, une fois plus longs que le dernier segment, penchés en bas : l'inférieur plus court, large, pointu. Pieds noirs. La base des cuisses roussâtre. Ailes hyalines : leur pointe brunâtre. La nervure costale noire en dehors. Parastigma noir. Une ligne courte noire à la base des ailes supérieures, une autre semblable aux inférieures, accompagnée d'une tache triangulaire noire, réticulée de jaune vif, adossée à la membranule accessoire qui est petite, noirâtre. Cette tache triangulaire est une fois plus petite que dans la Depressa, et se trouve séparée de la ligne supérieure par un espace transparent safrané.

♀. Diffère du mâle en ce qu'elle est entièrement d'un brun roussâtre , avec une strie dorsale noire depuis le quatrième jusqu'au neuvième segment abdominal. Cette bande est formée de taches triangulaires appuyées sur le bord postérieur de chaque segment. Les pieds sont noirs, à cuisses roussâtres. Les appendices anals écartés, penchés l'un vers l'autre. La tache basale des inférieurs est un peu plus grande que chez le mâle.

Les mâles et les femelles nouvellement éclos , ont le corps encore plus jaunâtre que les femelles adultes. Le devant de la tête est aussi de cette couleur; mais ce qui est très-remarquable, c'est que les 2°, 3° 4° et 5e nervures longitudinales sont d'un jaune vif'depuis la base jusqu'au milieu de la côte : la base de l'aile est aussi jaunâtre.

Var. alpha. On trouve souvent des mâles qui n'ont pas le bout des ailes brun. La Libellula bimaculata de M. Stephens, est un jeune mâle roussâtre dans cet état. La Libellula depressa, variété, décrite par M. Boyer de Fonscolombe, est un mâle adulte bleu , même variété.

Habite une grande partie de l'Europe tempérée : l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, la France et la Belgique en juin. Elle est peu répandue, fort défiante et fréquente les bois.

Se distingue bien de ses congénères par la ligne courte basale des ailes supérieures."

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3°) LA LIBELLULE FAUVE,  de Sélys-Longchamps et  Hagen  Revue des Odonates 1850 pages 9 et 10.

Ayant découvert l'antériorité et la validité de la publication de Müller, de Sélys-Longchamps, fidèle à son principe de choisir comme nom vernaciulaire une traduction mlittérale du nom scientifique, introduit dans la littérature et dans les usages le nom de "Libellule fauve", qui va rester.

Description :

4. LIBELLULA FULVA. Müller.
LIBELLULE FAUVE.

Diagnose. «Abdomen déprime’, roussâtre (bleu pulvérulent chez le mâle adulte). une ligne oblongue à la base des ailes supérieures , une ligne et une tache triangulaire brunes à celle des inférieures; membranule noirâtre.

Libellula conspurcata. De Sélys, monogr.N°3

Additions

Syn.

Libellula Fulva Müller, Act. Cur. t. III. p.122 (1767)

Lib. Conspurcata Chapr. 1840, n°2, tab II, ♂ non ad. Et ♀. — Rambur. N° 62 — Hagen n°3. — Eversm. — Stephens. — Curt. . — Evans.

Lib. Fugax. Harris.

Lib. Friedrichsdalensis. Müller.

Lib. Bimaculata. Steph. — Evans (exclusis synonymis) ; jeune âge.

Lib. quadrifasciata. Donov.

Lib. adusta. Hotfmans. (mus. Berol.) ; mâle jeune.
Lib. rubiginosa. Id. id.

Lib. rubicunda. Stev. — Turton.

La Christine. Devillers.

L'appendice anal inférieur du mâle, est très-légèrement échancré a sa pointe ainsi que l'écaille vulvaire de la femelle.

Habitat. Cette espèce se trouve dans presque toute l'Europe , mais n'habite que des localités restreintes et ne semble commune nulle part.

Observée dans la partie la plus méridionale de la Suède par M. Sundevall, elle y est très-rare; aux environs de Kasan par M. Eversmann ; en Sicile par M. Ghiliani ; en Hongrie, en Autriche, etc. (Voyez ma monographie.) Je l'ai prise près de Liège et aux environs de Paris (à l'étang d'Enghien). Parait depuis le 15 mai jusqu'au 20 juin selon les années, mais ne semble persister qu'une dizaine de jours.

Je n'ai pas encore vu de mâles avec le bout des ailes marqué de brun, sauf parfois un très-léger vestige aux ailes supérieures, et réciproquement toutes les femelles que je possède ont très-distinctement au sommet des quatre ailes la petite tache d'un brun foncé. Il faut donc faire disparaître cette prétendue variété et corriger ainsi ma description :

Ailes hyalines, la pointe des supérieures à peine salie chez quelques mâles

. Ailes hyalines, la pointe des quatre d'un roux noirâtre.

Müller avait très-bien signalé cette différence sexuelle dans les Acta curiosorum, et sa description étant bonne , nous n'avons pu nous dispenser de restituer à l'espèce le nom de L. fulva, celui de Fabricius étant postérieur. [je surligne]

La fulva se trouve en Angleterre, mais n'a pas encore été observée en Ecosse ni en Irlande. La bimaculata de M. Stephens se rapporte au mâle jeune , mais la description est prise en partie de la vraie bimaculata de Charpentier."

 

 La référence Müller 1767  Acta curiosum, est donnée par A. Percheron:

"MUELLER (Otto-Friedrick), naturaliste danois, né à Copenhague le 11 mars 1750, mort le 26 déc. 1784.

1. Fauna Insectorum Fricdrichsdaliana (du Danemark). In-8. Lipsiae, 1764. Autre édit., Hafniae, 1766.

2. Novicia faunae Friedrichsdalianae. In-8. Argentor., 1767. C'est un extrait d'une portion de la Faune. .

3. Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta naturae curiosorum, t. 5. 1767, obs. xxIx, pag. 122-131."

Je parviens ainsi à l'exemplaire numérisé par Biodiversity Library du tome 3 des Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldino-Carolinae Naturae Curiosum, Nuremberg 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/164/mode/1up

.

4°) Nos auteurs contemporains.

Dijkstra : Libelulle Fauve.

Précégout : Libellule fauve.

Grand et Boudot : La Libellule fauve.

Wikipédia : Libellule fauve,

INPN : Libellule fauve (La)

etc.

.

X. LES NOMS VERNACULAIRES ETRANGERS.

Les autres langues se montrent plus créatives et plus libres par rapport au nom scientifique:

  • Scarce chaser en anglais
  •  Cabot bencossat  en catalan
  • Der Spitzenfleck en allemand
  • Bruine korenbout en néerlandais
  • Spetsfläckad trollslända en suédois

.

 

 

 

.

SOURCES ET LIENS.

 

 

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Libellula fulva

http://www.deliry.com/index.php?title=Libellula_fulva

— HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work.  White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]. 166 pp.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[152],%22panX%22:0.515,%22panY%22:0.796,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.541}

 https://www.gla.ac.uk/myglasgow/specialcollections/virtualexhibitions/birdsbeesandblooms/bees/mosesharrisanexpositionofenglishinsects/

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[5],%22view%22:%22info%22}

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[80],%22view%22:%22thumbnails%22}

MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.042,%22panY%22:0.641,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.288}

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
26 avril 2018 4 26 /04 /avril /2018 18:48
Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

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Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines mâle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

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Et madame :

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Anthocharis cardamines femelle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines femelle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

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Anthocharis cardamines femelle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

Anthocharis cardamines femelle. Photographie lavieb-aile 26 avril 2018.

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Published by jean-yves cordier
26 avril 2018 4 26 /04 /avril /2018 11:20

La charpente sculptée de l'église de Bodilis. VII. Les abouts de poinçon de la nef (1567-1576, Maître de Pleyben).

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Sur l'église de Bodilis, voir :

 

 

 

 

 

.Sur les autres réalisations du Maître de Pleyben, voir :

 

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Vous pourrez lire aussi, sur le sujet des poinçons, les articles suivants :

 

 

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Et sur les anges musiciens :

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La nef de l'église Notre-Dame de Bodilis comporte plus de 30  poinçons (j'en ai compté 37), ces éléments verticaux de la charpente dont l'extrémité basse, seule visible sur une voûte lambrissée, est sculptée. Ce sont ces "abouts de poinçons qui, lorsqu'on lève la tête dans la nef, sont alignés sur la nervure médiane au croisement  de chaque nervure en arceau compartimentant le lambris. 

Charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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La charpente est datée par les chronogrammes 1567 et 1576 portés par par le quatrième entrait (la poutre horizontale réunissant les murs nord et sud) et le sixième entrait. Si les fermes de charpente suivent la même chronologie (autrement dit, si la charpente a débuté à l'ouest, à partir du clocher, en 1567 et s'est poursuivie et achevée, en 1576, par la moitié orientale de l'édifice), dans ce cas, les poinçons trouvent là leur datation.

Cela est confirmé, pour la première phase, par P4 (je numérote les abouts de poinçons, simplifiés en "poinçons" ou P, à partir de l'ouest), au dessus du premier entrait : la sculpture est celle d'un ange portant un phylactère déroulé sur son genou nu saillant de sa tunique  avec le chronogramme 1567.

La restauration de la charpente en 200-2002 a fait intervenir, pour la sculpture, Thierry Laudren. Les poinçons ont été peints (j'ignore s'il s'agissait de la couleur d'origine) du même bleu que le lambris, avec une patine bois mettant en évidence les reliefs. 

La distance de ces petites pièces de bois, et le manque de nuances de la monochromie bleue, font de leur photographie une véritable gageure pour l'amateur que je suis. La comparaison avec les mêmes pièces, prises en atelier (site de T. Laudren), est significative. 

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I. ANGE PRÉSENTANT LE CARTOUCHE 1567.

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Poinçon P4, ange tenant la date 1567, église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Poinçon P4, ange tenant la date 1567, église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Je les présenterai par thème : les musiciens ; les acrobates contorsionnistes ; les anges porteurs d'Instruments de la Passion, etc.

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II. LES ANGES MUSICIENS.

Ils sont au nombre de 9 :

1. Cornemuse

2. Flûte à tambourin

3. Flûte traversière.

4. Tambourin (?)

5. Cromorne.

6. Rote (?).

7. Mandore.

8. Luth.

9. Guitare.

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1°) Le joueur de cornemuse. Poinçons P12.

Voir la description de Jean-Luc Matte avec les photos de Joël Lubin:

 

"Représenté en buste, il possède deux grandes ailes et une chevelure bouclée. Il tient sa cornemuse serrée sous le bras gauche. Un curieux renflement, qui pourrait faire penser à un second sac, de plus petite taille, apparaît devant son coude droit" (J.L. Matte)

 

Le "curieux renflement" correspond à un pli de la tunique. Trois parties de l'instrument sont visibles, le porte-vent dans lequel souffle l'ange, la poche, et le chalumeau où sont posés les doigts.

 

Je rappelle qu'on  retrouve cet instrument sur l'un des poinçons de la chapelle du bas-coté sud de l'église de Bodilis, et, toujours sous le ciseau du Maître de Pleyben, à Saint-Divy (blochet) , à Pleyben (blochet) et à Kerjean (poinçon)

 

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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2°) L'Ange joueur de flûte à tambourin.

Commentaire de  Jean-Luc Matte :

"Flûte à trois trous et petit sur la peau duquel est nettement représenté le timbre (corde de boyau modifiant le son de l'instrument et faisant durer celui-ci, très fréquent sur les tambours utilisés avec des flûtes à trois trous)".

a) J'ai observé et décrit cet instrument (flûte et tambourin n'en forme qu'un seul) sur la maîtresse-vitre d' Ergué-Gabéric :

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-anciens-de-l-eglise-d-ergue-gaberic-123229458.html

"Le musicien joue du "galoubet" ou "flûte de tambourin" indissociable du tambourin suspendu au poignet gauche; il s'agit d'une flûte à bec qui se joue à une main (la gauche), la main droite étant occupée à frapper le tambourin (cf joueur de la lancette d, mieux lisible). On voit que la flûte, évasée à son extrémité, est dotée de deux trous près de l'embouchure et d'un autre au-dessus. Le tambourin est ici de faible hauteur, mais la peau est tendue par un laçage en X comparable aux tambourins provençaux. Une barre divise le cadre en deux. "

b) plus intéressant, je l'ai découvert  sur les poinçons de Saint-Divy, sculptés comme à Bodilis par le Maître de Pleyben. Nous y trouvons  un blochet joueur de cornemuse, et bien d'autres pièces qui se retrouvent aussi à Bodilis.

http://www.lavieb-aile.com/2017/07/la-charpente-sculptee-de-l-eglise-de-saint-divy-finistere-par-le-maitre-de-pleyben-vers-1570-1580-sablieres-blochets-et-clefs-de-vou

 Joueur de galoubet (flûte tambourine à trois trous et tambour).

La flûte tambourine à trois trous est un instrument en bois d'une trentaine de centimètres qui se joue de la main gauche tout en marquant le rythme sur un tambourin, "un tambour très allongé dont le timbre est situé sur la peau de frappe, et qui est « touché » à l'aide d'une massette tenue dans la main droite." (Wikipédia). C'est exactement ce que nous voyons ici ; la peau du tambour est tendue par un corde qui entre en résonance. Cet instrument, souvent représenté en Bretagne (vitraux d'Ergué-Gabéric (où je l'étudie), de Bulat-Pestivien, de l'église de Ploërmel) se retrouve sur les sablières de La Roche-Maurice et de la chapelle Saint-Nicolas-des Eaux de Pluméliau.

Les vitraux de Bulat-Pestivien : les Anges Musiciens.

 Les vitraux de l'église Saint-Armel de Ploërmel. 

c) plus récemment, c'est sur la baie 17 de la cathédrale d'Évreux que nous refîmes connaissance, parmi d'autres anges musiciens (flûte, cornemuse, mandore, monocorde, cymbales à mains).

http://www.lavieb-aile.com/2017/10/les-vitraux-de-la-baie-17-vers-1360-1370-de-la-chapelle-du-rosaire-de-la-cathedrale-d-evreux.html.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Dans une vue latérale, nous voyons mieux le tambour, un cylindre assez haut, et le système de tension de la peau par un cordage en zig-zag.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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3°) L'ange joueur de flûte traversière.

Il est également photographié sur le site de J.-L. Matte.

http://jeanluc.matte.free.fr/fichac/bodilispoinc.htm

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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4°) L'ange joueur de tambourin.

Voir J.-L. Matte

http://jeanluc.matte.free.fr/fichac/bodilispoinc.htm

L'identification de l'instrument n'est pas certaine, car la posture de jeu n'est pas convaincante. Il ne s'agit peut-être pas d'un musicien.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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5°) L'ange joueur de trompe coudée ou de cromorne.

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L'instrument que nous voyons est remarquable par l'ampoule  placée juste en dessous de l'embouchure, par la courbure à angle droit du tuyau, et par le très large pavillon. La capsule ronde ("bocal" ? ) est visible sur une image des Cantigas de Santa Maria, et l'auteur de ce site s'interroge de savoir s'il s'agit d'une coloquinte ou d'une partie en bois tourné. Quant au pavillon, je l'ai trouvé sur le Oboe da cassia (hautbois de chasse), un instrument du XVIIIe.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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6°) L'ange joueur de rote.

L'instrument à forme d'échelle, tenu verticalement contre la poitrine de l'ange,  est un bâti trapézoïdal équipé de sept lames rectangulaires, auxquelles correspondent, sur le montant supérieur, sept touches.

La partie la plus large se termine par deux volutes, et la partie étroite s'enroule comme un rouleau de parchemin. Je ne distingue pas la main droite (dissimulée par le montant large), alors que la main gauche passe au dessus du "rouleau", les doigts se posant sur une lame un peu à la manière de ceux d'un harpiste.

Jean-Luc Matte nomme cet instrument "une rote", comme dans Tristan et Iseult. Le Wiktionnaire la définit ainsi : "Instrument à cinq cordes, variante de la lyre, accordé de quatre en quatre, avec une caisse triangulaire et un bourdon monté en dehors du manche.". Ailleurs, on indique que la rote, ou crouth, se joue avec un archet : 

"Le crwth ou crouth, aussi appelée la rote, est un instrument d’origine galloise ou irlandaise, probablement du Xe – XIe siècle, date à laquelle l’emploi de l’archet est devenu commun en Europe occidentale. Il s’agit de l’un des derniers instruments dont aient joué les bardes historiques de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance." http://www.valleeducousin.fr/spip.php?article289

Pourquoi pas un psaltérion ?

 

"Ses cordes, initialement en boyaux puis faites de métal, sont fixées par des chevilles au-dessus d'une caisse de résonance plate, comme la cithare dont il est en réalité une des formes sur table. Son cadre est triangulaire ou trapézoïdal, avec de nombreuses variations de forme comme le groin de porc (une sorte de trapèze dont les petits côtés s'incurvent vers l'intérieur). Les cordes vont par paires pour chaque note, et sont montées tête-bêche.

Il est possible d'en jouer en pinçant adroitement les cordes avec les doigts ou avec un plectre (en plume d'oie), ou bien en les frottant avec un archet. Il est également possible de frapper les cordes avec le bois de l'archet ou des petits marteaux, ce qui est peut-être à l'origine du tympanon. L'instrument est joué en appui sur les genoux ou relevé contre la poitrine." (Wikipedia)

 

 

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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7°) L'ange joueur de mandore.

J'ai déjà décrit ce joueur de mandore parmi les poinçons du bas-coté sud (le n° P12), et j'ai déjà signalé qu'il  est l'un des motifs préférés du Maître de Pleyben qui se plait à représenter l'instrument comme une figue molle enroulée autour du corps du joueur. Il est présent aussi à Pleyben (poinçon du transept), Saint-Divy, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, et à Kerjean.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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8°) Le joueur de luth.

L'instrument est monoxyle, en forme de demi-poire, à caisse ouverte de deux ouïes en C ; nous distinguons trois cordes. Ni frettes, ni chevalet, ni chevilles apparentes. 

Le jeu : cordes pincées entre pouce et index (ou petit plectre mal visible). Instrument tenu sur le genou droit et l'épaule gauche.

Malgré des points communs, les différences sont importantes avec la joueuse de luth à long manche du blochet de la deuxième salle du bas-coté nord de Bodilis.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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9°) P35 (chœur) :  L'ange joueur de "guitare" .

L'instrument à cordes : pas d'ouïes, pas de rosaces ; trois cordes. Manche a priori rapporté, sans frettes. Corps incurvé comme nos guitares. Cheviller en volute, sans cheville apparente. Luth, ou guitare Renaissance ?

Le jeu : instrument posé sur les genoux, diagonale vers le haut et la gauche ;  ni plectre ni archet, donc instrument à cordes pincées. La position des mains (main droite brisée) est celle d'un guitariste.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange musicien, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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III. LES ACROBATES CONTORSIONNISTES.

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C'est en étudiant les poinçons de l'église de Grâces-Guingamp de 1508, que j'ai découvert tout l'intérêt de ce motif iconographique, sur le plan symbolique voire ésotérique, que gymnique, ou sexuel.

Comme à Grâces, Bodilis nous donne un bel échantillon de ce thème.

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1°). P2 (deuxième poinçon à partir du mur ouest)  Ange  nu tenant ses chevilles.

Aussi surprenant que cela m'apparaisse, il s'agit incontestablement d'un ange, et tout aussi incontestablement il adopte une pause de "tenue des chevilles" propre aux contorsionnistes, par exemple sur les crossettes des églises. Parlons donc plutôt ici d'un putto exhibitionniste. 

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Putto tenant ses chevilles, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Putto tenant ses chevilles, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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2°) Deux contorsionnistes faisant un renversement postérieur en se tenant par les chevilles.

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Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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3°) Contorsionniste en renversement postérieur, équipé de grelots sur les cuisses.

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La figure est complexe, et il faudrait l'étudier d'avantage. Un acrobate à visage d'enfant poupin et bouclé exécute un renversement postérieur, en tenant ses chevilles. Il est équipé d'une culotte à grelots, et d'un pourpoint découpé d'entailles en flammes, comme un bouffon.

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Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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4°) P30.  Contorsionniste exhibitionniste en érection, montrant le trou de son cul, en renversement, tenant ses chevilles.

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Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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5°) P33.  Contorsionniste nu, en renversement, aux bras en volutes. (création récente).

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Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Contorsionniste, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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IV. ANGES TENANT UN INSTRUMENT DE LA PASSION.

1°) Ange tenant la Couronne d'épines.

 

Ange tenant la Couronne d'épines, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange tenant la Couronne d'épines, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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2°) Ange tenant le marteau et les clous de la Mise en Croix.

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Ange tenant le marteau et les clous de la Passion, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange tenant le marteau et les clous de la Passion, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Ange tenant le marteau et les clous de la Passion, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange tenant le marteau et les clous de la Passion, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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VI. ANGE ORANT, BRAS ÉCARTÉS.

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Encore un des motifs habituels du Maître de Pleyben, repris sur ses différents chantiers.

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Ange orant, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange orant, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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VI. ANGE PRÉSENTANT UN PHYLACTÈRE.

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Ange présentant un phylactère, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange présentant un phylactère, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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VII ANGES PRÉSENTANT DES CARTOUCHES.

Faut-il parler de "cartouche", ou de "cuir" pour ces éléments rectangulaires ou ovales, parfois dotés d'oreilles et d'enroulements, sur lesquels les anges sont agenouillés comme sur des tapis volants ? Portaient-ils jadis des inscriptions ou des données héraldiques ?

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1°) Cartouche carré traversé par une barre.

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Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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2°) Cartouche rectangulaire.

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Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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3°) cartouche en forme d'écu.

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Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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4°) cartouche centré par un cercle.

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Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange , poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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5°) Cartouche en forme de feuille.

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Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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7°) Autre cartouche en feuille.

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Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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8°) Autre cartouche.

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Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Ange, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Personnage à capuchon tenant un coussin à phylactères.

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Poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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VII. LES DEUX MASQUES P1 ET P 37 DES EXTRÉMITÉS.

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1°) P1, mur ouest.

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Masque P1, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Masque P1, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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2°) P37, au dessus du chœur.

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Masque P37, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Masque P37, poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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VIII. LES POINÇONS À QUATRE ÉLÉMENTS.

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1°) P30. Quatre personnages dansants, à bras et jambes en volutes.

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Poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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2°) Deux personnages ?

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Poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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3°) P35. Quatre masques.

Poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Poinçon de la charpente de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 18:15

 

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Vers une esthétique du fané et du bientôt passé.

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Vers une esthétique du fané et du bientôt passé.

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Vers une esthétique du fané et du bientôt passé.

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Vers une esthétique du fané et du bientôt passé.

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Published by jean-yves cordier
23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 15:39

Les sculptures de l'église de Bodilis : les Fonts baptismaux(Roland Doré, XVIIe siècle).

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Sur l'église de Bodilis, voir :

 

 

 

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PRÉSENTATION.

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Bodilis est l'une des communes de l'arrondissement de Morlaix, à six kilomètres au nord-ouest de Landivisiau. Dans l'église Notre Dame, l'atelier landernéen du sculpteur Roland Doré, virtuose du kersanton, a exécuté au début de sa carrière  la statue du Christ Sauveur qui se trouve à l'intérieur du  porche sud, ainsi que la Vierge de l'Annonciation placée dans une niche sur le côté gauche de ce porche.

Cet atelier est également l'auteur des Fonts baptismaux hexagonaux élaborés qu'il a décorés de sculptures de l'apôtre Matthieu, de l'apôtre Marc, de Dieu tenant son fils mort dans ses bras, de saint Grégoire le Grand, de Jean l'Évangéliste, de saint Pierre et d'un évêque (Augustin ou Ambroise ?) . Toutes les œuvres de Bodilis ont été sculptées dans la pierre de kersanton.

 

 

Plus exactement, E. Le Seach écrit :

« À Bodilis, le sculpteur pourrait avoir réalisé le baptistère de style classique. Les sculptures, de sa main, sont amovibles : elles ne peuvent donc à elles seules permettre de lui attribuer la réalisation complète du Baptistère. Six piédestaux carrés soutiennent le même nombre de colonnes amorties par un tambour hexagonal. Un petit lanternon coiffe l'ensemble. Il est chapeauté par un crucifix en métal qui a été rajouté postérieurement, tout comme la cuve ovoïde en marbre avec un couvercle de cuivre et les ferronneries qui clôturent l'espace.

Roland Doré a placé sur le pourtour du tambour dans des niches sept statues, dont six vont par paires : saint Marc et le Père tenant le Fils mort sur ses genoux, saint Grégoire avec l'inscription S : GREGOR peinte en noir, et saint Jean, saint Pierre, saint Augustin et saint Matthieu.. On voit ainsi qu'il manque deux paires plus une statue. La statue manquante pourrait être saint Luc, puisqu'il s'agit ici des trois évangélistes réunis avec deux docteurs de l'Église latine et le premier évêque de Rome. Une autre paire pourrait être saint Ambroise et saint Jérôme, les deux autres docteurs de l'église latine. » (E. Le Seac'h page 219)

 

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Datation. 

 

 

 

Fonts baptismaux (kersanton polychrome) de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Fonts baptismaux (kersanton polychrome) de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Fonts baptismaux (kersanton polychrome) de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Fonts baptismaux (kersanton polychrome) de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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L'évangéliste Matthieu.

Pour le voir, il faut se placer dans l'espace exiguë limité par le mur, et le pan  ouest de l'hexagone du baptistère.

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L'évangéliste Matthieu sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Matthieu sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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La représentation des quatre évangélistes assis, en train d'écrire, accompagnés des quatre formes du Tétramorphe (le lion de Marc, le taureau de Luc, l'aigle de Jean et l'ange de Matthieu),  munis de leur écritoire, est très habituelle en sculpture sur pierre (Porche de Landivisiau par les Prigent) ou en sculpture sur bois, ici même à Bodilis sur les sablières et les blochets. On la trouve aussi, avec constance, dans les Livre d'Heures que les rois et les seigneurs font enluminer à grand frais. C'est dire que l'iconographie est largement illustrée, et bien fixée. Roland Doré 

Tous ces Apôtres sont barbus (sauf Jean), pieds nus, aux cheveux longs, assis sur un siège à très court dossier, le livre de leur Évangile posé sur leurs genoux. Ils tiennent leur matériel d'écriture, ou bien celui-ci est placé à coté d'eux : le roseau taillé ou calame, l'encrier, l'étui où se range le roseau, mais aussi le canif pour le tailler

Matthieu,  cherchant au loin des yeux l'inspiration divine qu'un ange lui apporte, a suspendu le plumier à son poignet gauche. Le poing gauche est serré, peut-être sur l'encrier bien dissimulé. La main droite est placée sur la poitrine. Plaisamment, l'ange adopte, en miroir, la même posture.

Les sourcils sont épais, horizontaux, séparés par deux fortes rides. Les yeux ovales n'ont pas — comme c'est au contraire le cas souvent chez Roland Doré— les pupilles creusées. Les pommettes sont accentuées par le sillon naso-génien très creux. La bouche est petite mais lippue, encadrée par le V inversé de longues moustaches qui rejoignent la barbe aux mèches verticales. 

L'ange bien joufflu et au regard rêveur esquisse le beau sourire naissant, attendri et amusé, des visages de Roland Doré.

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L'évangéliste Matthieu sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Matthieu sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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L'évangéliste Matthieu sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Matthieu sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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L'évangéliste Matthieu sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Matthieu sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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L' évangéliste  Marc.

Nous l'identifions bien-sur à cause du lion qui est couché à ses pieds. Il est en train d'écrire, le stylet posé sur son gros livre, tandis que son plumier est suspendu à son coté gauche.

La boutonnière à deux pattes arrondies formant un serpentin fluide se trouvait déjà sur la robe des apôtres sculptés entre 1527 et 1577 par l'atelier des frères Prigent, également de Landerneau.

 

On pourra comparer cette œuvre avec le saint Marc sculpté par Roland Doré dans le kersanton  sur la façade de l'église de Cast (près de Châteaulin). 

 

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L'évangéliste Marc sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Marc sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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L'évangéliste Marc sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Marc sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Dieu le Père tenant son Fils mort..

Dieu est couronné d'une tiare, et il tient son Fils mort, vêtu du perizonium de la Crucifixion et le flanc droit saignant du coup de lance donné par Longin. 

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Dieu et le Christ,  sculptés par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Dieu et le Christ, sculptés par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Dieu le Père et le Christ,  sculptés par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Dieu le Père et le Christ, sculptés par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Dieu le Père et le Christ,  sculptés par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Dieu le Père et le Christ, sculptés par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Grégoire le Grand.

Coiffé de la tiare puisqu'il fut pape de 1590 à 604, Grégoire 1er est représenté dans la même posture que les évangélistes, tenant la plume et l'encrier et cherchant l'inspiration.

Comme le suggère E. Le Seac'h, cette symétrie dans la posture rédactionnelle indique que le projet théologique était sans doute de placer les fonts baptismaux sous les huit autorités des quatre évangélistes et des quatre docteurs de l'Église, Grégoire, Ambroise, Augustin et Jérôme. Groupe complété par Dieu le Père et par saint Pierre. 

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Le pape saint Grégoire le Grand, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Le pape saint Grégoire le Grand, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Le pape saint Grégoire le Grand, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Le pape saint Grégoire le Grand, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Le pape saint Grégoire le Grand, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Le pape saint Grégoire le Grand, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Jean, évangéliste.

L'aigle du saint, tenant dans son bec l'écritoire, est ici brisé. (Il est intact sur la statue datée de 1625 par R. Doré dans la niche extérieure du porche sud de Saint-Thégonnec ). Jean est imberbe, comme il se doit.

Ses cheveux longs et peignés sont tressés.

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L'évangéliste Jean sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Jean sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Jean sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Jean sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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L'évangéliste Jean sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Jean sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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L'évangéliste Jean sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

L'évangéliste Jean sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Pierre portant sa clef, et un livre.

. Inscription gravée sur le socle :S : PIERRE.

Attributs : les pieds nus (comme tout apôtre), le livre (idem), la clef, et la calvitie avec toupet sommital.

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Saint Pierre sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Pierre sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Pierre sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Pierre sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Pierre sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Pierre sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Augustin.

J'ignore sur quel critère E. Le Seac'h identifie ici saint Augustin, évêque d'Hippone, plutôt qu'Ambroise, évêque de Milan. 

Sa mitre le caractérise comme évêque, par contre ce n'est pas une crosse qu'il tient dans la main gauche, mais l'écritoire comparable aux autres rédacteurs qui l'entoure.

Ses épaules sont couvertes d'un camail à capuchon, fermé par trois boutons de soutane.

Nous retrouvons les profonds sillons naso-géniens, mais ils sont accompagnés ici dans leur courbe non seulement par les longues moustaches, mais aussi par les sourcils, par le copieux réseau de rides des joues et par le ruissellement des mèches de la barbe, ce qui confère au personnage une allure de sage vénérable et un peu triste.

Augustin est l'auteur, entre autres œuvres, de la Cité de Dieu et des Confessions.

L'ange qui est venu se poser sur son livre, la main sur le cœur, est le même que celui de la statue de saint Matthieu.

 

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Saint Augustin, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Augustin, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Augustin, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Augustin, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Saint Augustin, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux  de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Saint Augustin, sculpté par Roland Doré, 1618-1663, kersanton polychrome. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Bodilis. Intérieur, angle nord-ouest. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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SOURCES ET LIENS.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les Ateliers du XVe au XVIIe Siècle. Presses Universitaires de Rennes. ISBN 978-2-7535-3309-7.

— COUFFON

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/bodilis.pdf

"Les fonts baptismaux sont surmontés d'un lourd dais hexagonal de style classique (XVIe), en pierre (C.). Six colonnes portent un entablement coiffé d'un dôme amorti lui-même par un double lanternon où est perceptible l'influence de Berven. L'entablement est creusé de douze niches séparées par des pilastres cannelés et renfermant, ainsi que les ouvertures du lanternon, quelques statues disparates du XVIIe siècle : sainte Trinité, saint Pierre, saint Grégoire et les quatre Evangélistes."

 

— APEVE.

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article125

"Le baptistère date du XVIe-XVIIe siècle. 
De plan hexagonal, le baldaquin en kersanton des fonts baptismaux a les apparences du classicisme.
Les niches abritent sept statues polychromes en kersanton attribuées à Roland Doré. Les drapés, les chevelures et les traits des visages sont caractéristiques du maître.On reconnaît le Père tenant son Fils mort, saint Pierre, les évangélistes saint Matthieu, saint Marc et saint Jean, les grands Docteurs de l’Église saint Augustin et saint Grégoire.

On peut penser que ce très bel ensemble devait comporter une douzaine de statues. Il manque, au moins, l’évangéliste saint Luc et les Docteurs saint Ambroise et saint Jérôme. Il semble d’ailleurs que la statue de ce dernier ait été remisée dans le porche du clocher parce qu’elle était étêtée."

CHANTONY

"Le baptistère, avec fonts baptismaux en pierre et le baldaquin est de forme hexagonale. Il est orné de statuettes polychromes en kersantite à Roland Doré : St Mathieu, St Marc,. le Père éternel tenant son fils mort dans les bras, St Grégoire le Grand (Pape), St Jean, St Pierre, St Ambroise de Milan."

— PELLETIER (Yannick), 1996 Les enclos paroissiaux de Bretagne

https://books.google.fr/books?isbn=2877472094

 

"Le fronton qui coiffe l'entablement, abrite la statue de Notre-Dame-de- Bodilis. ... Dans le bas-côté sud, les fonts baptismaux sont surmontés d'un baldaquin renaissance en pierre, œuvre de l'atelier de Roland Doré, Reposant sur six colonnes doriques cannelées, le dôme est amorti par un double lanternon, "

— Base Mérimée

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Bodilis&NUMBER=23&GRP=0&REQ=%28%28Bodilis%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/bodilis/imgs/fonts-baptismaux-xvi.html

— Photographie d'un blog :

http://www.moniquetdany.typepad.fr/moniquetdany/page/18/

— Photographies de GO69 le 15 10 2011 sur Wikimedia Commons

Ensemble

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bodilis_(29)_%C3%89glise_Notre-Dame_Fonts_baptismaux_01.JPG

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bodilis_(29)_%C3%89glise_Notre-Dame_Fonts_baptismaux_02.JPG

Dieu de Pitié :

 https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bodilis_(29)_%C3%89glise_Notre-Dame_Fonts_baptismaux_04.JPG

Saint Ambroise de Milan. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bodilis_(29)_%C3%89glise_Notre-Dame_Fonts_baptismaux_08.JPG

Saint Pierre

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bodilis_(29)_%C3%89glise_Notre-Dame_Fonts_baptismaux_09.JPG

Saint Jean

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bodilis_(29)_%C3%89glise_Notre-Dame_Fonts_baptismaux_07.JPG

Saint Grégoire le Grand :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bodilis_(29)_%C3%89glise_Notre-Dame_Fonts_baptismaux_06.JPG

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Published by jean-yves cordier
23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:17

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Au-dessus de la porte intérieure du porche d' entrée, est suspendu un retable en haut-relief en bois polychrome du XVIe siècle représentant, pour l'Inventaire, la Mise au tombeau, et  pour moi, plutôt la Déploration (ou Lamentation sur le Christ mort). Il mesure 1,50 m de large et 0,80 m de haut et est  classé MH depuis le 03/10/1994.

Je n'ai trouvé aucune description de cette œuvre, hormis, chez Couffon, la mention "Parmi les autres objets mobiliers, mentionnons une Descente de croix du milieu du XVIe siècle de facture populaire".

Il mérite néanmoins d'être l'objet de notre curiosité et de notre admiration.

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RAPPEL.

La Déploration est un épisode de la Passion du Christ qui a lieu à la fin de la Passion. Il se passe après la Descente de Croix et avant sa Mise au tombeau. La Déploration met en scène (d'après Luc, XXIII, 491, ou Jean, XIX, 382) le Christ, la Vierge Mère du Christ, les trois Saintes Maries —  Marie (mère de Jacques), Marie-Madeleine et Marie-Salomé —  l'apôtre Jean et souvent d'autres personnages qui avaient été auparavant présents au pied de la Croix, comme Joseph d'Arimathie à la tête du Christ  et Nicodème à ses pieds. 

 "Il y avait un conseiller, nommé Joseph, homme bon et juste, qui n'avait point participé à la décision et aux actes des autres; il était d'Arimathée, ville des Juifs, et il attendait le royaume de Dieu. Cet homme se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Il le descendit de la croix, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis. C'était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph, virent le sépulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé, et, s'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. Puis elles se reposèrent le jour du sabbat, selon la loi." Luc 27:50-56

Parmi les Déplorations célèbres, citons le tableau de Petrus Christus (Metropolitan Museum), vers 1450, celui de Dirck Bouts au Louvre vers 1455 , celui de Dürer à Nuremberg (vers 1498),  et en sculpture le groupe en ronde bosse de Niccolo dell'Arca à Bologne (1463-1490).

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Situation, bas-coté sud, derrière le porche.

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Retable de la Déploration, bois polychrome, XVIe siècle. Église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

Retable de la Déploration, bois polychrome, XVIe siècle. Église de Bodilis. Photographie lavieb-aile avril 2018.

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Vue générale. Retable à neuf personnages.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Identification des personnages.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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La moitié basse.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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La moitié haute.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Je vais le décrire en partant de Joseph d'Arimathie en bas à gauche et en tournant dans le sens horaire jusqu'à Nicodème, en bas à droite.

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Joseph d'Arimathie soutenant la tête du Christ.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Saint Jean.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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La Vierge.

Mains jointes, enveloppée dans un manteau bleu clair, et  la tête recouverte d'un voile qui couvre aussi la gorge . Trois larmes en relief s'écoulent de ses yeux. Derrière et au dessus d'elle, la Croix et la Couronne d'épines rappellent les vers  Stabat Mater dolorosa Juxta crucem lacrimosa.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Un roi, levant le bras gauche.

Il pourrait  s'agir de Pilate, donnant son accord à l'enlèvement du corps du Christ par Joseph d'Arimathie. À quel autre roi pourrions-nous penser ? À Hérode ? À David ?

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Les deux Saintes Femmes.

Marie Jacobé mère de Jacques le Juste,  et Marie-Salomé femme de Zébédée et mère de Jean et de Jacques  appartiennent, avec Marie-Madeleine, au groupe des saintes femmes myrrhophores , "qui portent la myrrhe" (du grec muron, "parfum liquide").

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La première porte, précisément, dans la main droite le flacon d'aromates nécessaires à l'embaumement, tout en essuyant ses larmes. Elle est très richement vêtue, avec une chemise fine ourlée d'or, un surcot fermé bleu ciel, une chaîne à maillons rectangulaire (un bijou très onéreux et très prisé à la Cour ducale au  XVI siècle), des manches rapportées et un manteau mauve. Les sourcils et le front sont épilés.

Elle est coiffée d'un  bourrelet   de pierres précieuses et de fines nattes tressées, attachés derrière la nuque par un voile. Celui-ci laisse passer deux nattes (nous n'en voyons qu'une, mais sa voisine nous donnera une vue plus complète)

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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La deuxième Marie.

Sa coiffe, une sorte de diadème, est aussi fixée par un voile derrière la nuque, qui contourne deux nattes en coques et en libère deux autres.

Un surcot ouvert laisse échapper des manches plissées, et deux autres étages de manches. Elle porte aussi le collier en chaînons.

 

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Sainte Marie-Madeleine portant le flacon d'aromates.

Un voile plissé blanc passant derrière la nuque rassemble les cheveux avant de les guider en deux nattes devant la poitrine. Tapez "chouchou"sur l'onglet "rechercher" et je vous proposerai une multitude d'autres exemples iconographiques, très majoritairement réservé à la Vierge ou à Marie-Madeleine. Elle tient le flacon d'aromate, qui est, chez elle, son attribut principal, rappelant son attrait pour les parfums. Elle est la plus proche du Christ, dont elle soutient la main gauche.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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Nicodème aux pieds du Christ.

Il est coiffé du bonnet conique associé à un turban, afin que l'artiste fasse comprendre à son public que Nicodème est un dignitaire Juif. Il tient les pieds du Christ, c'est sa place attitrée.

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Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration.

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SOURCES ET LIENS.

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Base Mérimée.

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Bodilis&NUMBER=24&GRP=0&REQ=%28%28Bodilis%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

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Published by jean-yves cordier
22 avril 2018 7 22 /04 /avril /2018 10:03

Zoonymie des Odonates : le nom de Brachytron pratense Müller, 1764.

 

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

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Résumé : Brachytron pratense  Müller, 1764.

Brachytron EVANS, 1845.Brit. Libell.: 22, 1845. Le nom est expliqué par l'auteur dans sa description : "Nommé à partir du grec brachynô = "court" et êtron= "abdomen"  par allusion à son corps court et trapu ; ce qui, associé à la forme distincte des ailes et au caractère pileux du corps, m'a conduit à le séparer du genre Aeshna".

Ce genre est monotypique (il ne contient qu'une seule espèce, B. pratense). Evans renvoie à la description d'Aeshna  vernalis de Vanderlinden (Opusc. scient. 4: 159), mais l'espèce avait été décrite sous le nom de Libellula pratensis (Libellule des près) par Müller en 1764 dans Faun. Insect Fridr.:62.  Evans renvoie aussi à Aeshna pilosa ou Aeschne velue de Charpentier ( Hor. ent. 37), et pour une variante, à Libellula aspis de la figure 3 de la  planche XVII de Exposition of English Insect de Harris. 

pratense MÜLLER, 1764, Faun. Frid. : 61. Du latin pratensis "des prés", bien que Müller précise dans sa description "vit dans les milieux aquatiques". Le même auteur, dans la même publication consacrée à la faune de Fridrichsdal, près de Copenhague, décrivait L. Hafniensis, "Libellule de Copenhague", vite reconnue comme une forme synoymique de L. pratensis. Les autres synonymes sont L. aspis Harris 1780 (Libellule bouclier ?), Aeschna vernalis Vander Linden 1820, ou Aeschne printanière, car elle vole dès le mois de mars, Aeschna pilosa de Charpentier 1825, ou Aeschne velue,  car son corps et notamment son thorax sont couverts de poils.


— Charles de Villers donna d'abord , en 1789 dans son Caroli Linnaei entomologia page 10 une  traduction ou adaptation en français des noms  Libellula hafniensis par "La Danoise" et de Libellula pratensis par "La Bergère". Les noms vernaculaires français ont été ensuite les suivants : L'Æschne printanière (  traduction de Aeschna vernalis par Sélys-Longchamps 1840,) L' Aeschne des près (  traduction de Aeschna pratensis par Sélys-Longchamps 1850,), et récemment l'Æschne velue-printanière (traduction de A. pilosa et de A. vernalis), ou la petite Æschne velue.

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LE NOM DE GENRE BRACHYTRON, EVANS 1845. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/03/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-brachytron-evans-1845.html

Résumé de mon article sur ce nom :

Brachytron Evans, Brit. Libell.: 22, 1845. Le nom est expliqué par l'auteur dans sa description : "Nommé à partir du grec brachynô = "court" et êtron= "abdomen"  par allusion à son corps court et trapu ; ce qui, associé à la forme distincte des ailes et au caractère pileux du corps, m'a conduit à le séparer du genre Aeshna".

Ce genre est monotypique (il ne contient qu'une seule espèce, B. pratense). Evans renvoie à la description d'Aeshna  vernalis de Vanderlinden (Opusc. scient. 4: 159), mais l'espèce avait été décrite sous le nom de Libellula pratensis (Libellule des près) par Müller en 1764 dans Faun. Insect Fridr.:62.  Evans renvoie aussi à Aeshna pilosa ou Aeschne velue de Charpentier ( Hor. ent. 37), et pour une variante, à Libellula aspis de la figure 3 de la  planche XVII de Exposition of English Insect de Harris. 

 

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II. LA DESCRIPTION ORIGINALE LIBELLULA  PRATENSIS  MÜLLER, 1764.

Sur l'auteur et sa publication, voir la zoonymie de Aeshna cyanea Müller, 1764.

Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 62 n°543.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.523,%22panY%22:0.839,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.346}

Texte original :

543 *LIBELLVLA pratensis alis hyalinis : thoracis lateribus fasciis virentibus octo, antice tribus fuscis.

In aquis.

Proposition de traduction: "Libellula pratensis, ailes hyalines. Huit bandes vertes sur le coté du thorax devant trois brunes . [Vit] dans les espaces aquatiques."

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Zoonymie des Odonates : le nom de Brachytron pratense Müller, 1764.

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II. ÉTUDE DU NOM PRATENSE MÜLLER 1764.

Pratensis vient du latin pratensis, e , "de pré, qui vit dans les prés" (Gaffiot).   Müller a accordé son adjectif avec Libellula et a utilisé le féminin. Mais le nom générique Brachytron est neutre (comme Agrion et Orthetrum), et l'épithète spécifique doit donc être pratense.

 

Les autres Libellula décrites par Müller à Fridrischsdal, et déjà décrites,  sont L. quadrimaculata, L. flaveolata, L. vulgata, L. rubicunda, L. depressa, L. vulgatissima, L. cancellata, L. aenea, L. forcipata, L. quadrifasciata, L. virgo, L. puella

Les descriptions nouvelles nommées par Müller sont : L. cyanea,  L. Hafniensis, L. pratensis, L. fulva, L. triedra, L. squamata, L. sanguinea, L. variegata, L. Fridrichsdalensis, L. rubra, L. frumenti.

Sont passées à la postérité, L. cyanea [Aeshna cyanea],  L. sanguinea [= Sympetrum sanguineum], L. pratense [= Brachytron pratense], L. fulva

Pratensis est le seul épithète de ces listes qui se réfère au milieu dans lequel vit l'espèce, les autres qualifiant la couleur, les caractères morphologiques, la localisation géographique. Mais ce nom "qui vit dans les prés" entre en contradiction apparente avec la précision In aquis, "vit dans les eaux". Elle fréquente en effet "les eaux douces stagnantes permanentes bordées de ceinture de carex, de roseaux ou de massettes, alcalines, neutres ou acides, en milieu ouvert ou forestier (mares, étangs, lacs, anciennes gravières, bras mort des grandes rivières" (Grand et Boudot, Libellules de France, Belgique, Luxembourg). Nous pouvons dire que ce nom d'espèce est un "faux ami", qui n'aide nullement à son identification ou à sa caractérisation. 

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III. SYNONYMIE.


 

Libellula hafniensis O.F.Müller, 1764, 

Libellula aspis Harris, 1780,

 Aeshna vernalis Vander Linden, 1820, 1823, 1825

 Aeschna pilosa de Charpentier, 1825

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1)  Libellula Hafniensis décrit par Müller juste avant L. pratensis, reprend le nom latin de Copenhague. Comme L. Fridrichsdal, du nom de la maison de plaisance de ses protecteurs, très proche de Copenhague, c'est une manière pour Müller de rappeler qu'il rédige ici une "Faune de Frdrichsdal", ou de rendre hommage aux terres de la comtesse de Schulin. Charles de Villers en donna l'équivalent en français avec "La Danoise".

Description originale :

 

Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 61 n°542.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[85],%22panX%22:0.184,%22panY%22:1.228,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.346}

 

542. LIBELLVLA Hafniensis alis basi margineque superiori aureis : thorais lateribus sexfasciatis : abdomine nigro lineis punctisque sulphureis.

In pratis.

Note : à la différence de L. pratensis, Müller indique que cette espèce vit in pratis, dans les prés".

 

 

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Zoonymie des Odonates : le nom de Brachytron pratense Müller, 1764.

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2) Libellula aspis  Harris, 1780, An Exposition of English Insects page 92 pl. XXVII fig.3 .

 l'épithète pourrait venir, par le latin,  du  grec ancien ἀσπίς, aspís "bouclier".

"ASPIS fig.3. Mesure près de 3 pouces.

Le nez est vert, brunâtre au front. Les grands yeux sont d'un pâle bleuâtre, ou couleur d'ardoise. Le corselet est d'un très beau rouge de sang foncé. Les taches sur les cotés sont d'un vert clair ; les ailes couleur d'ambre clair, très fortes proches du tranchant. L'abdomen est noir, & toutes les taches sont jaunes. Celles des parties supérieurs sont très petites. Celles des cotés sont larges & presque quarrées proche du corselet ; elles diminuent proche de l'anus. Celle-ci est femelle, & prise en Mai, près d'un bois."

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Harris 1780 An Exposition of English Insects  Planche XXVII fig. 3

Harris 1780 An Exposition of English Insects Planche XXVII fig. 3

Harris 1780 An Exposition of English insects  Planche XXVII fig. 3 page 92

Harris 1780 An Exposition of English insects Planche XXVII fig. 3 page 92

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3°)  Aeshna vernalis P.L Vander Linden, 1820, puis Aeshnae Bononienses descriptae,  Opuscoli scientifici 1823 page 159. et Planche IV fig.2 mas.

 

 
Aeshna vernalis P.L Vander Linden, Aeshnae Bononienses descriptae,  Opuscoli scientifici 1823 page 159

Aeshna vernalis P.L Vander Linden, Aeshnae Bononienses descriptae,  Opuscoli scientifici 1823 page 159

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Vander Linden 1823 planche IV. Aeshna vernalis est en figure 2.

Vander Linden 1823 planche IV. Aeshna vernalis est en figure 2.

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4°)  Aeschna pilosa, Toussaint de Charpentier, 1825 Libellulinae europaeae depictae page 106-108,  planche XXI. mâle et fem.

 

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24. AESCHNA PILOSA.
Tab. XXI. mas et foem.

Aesch. trunco abdominisque basi pilosis, thorace brunneo, collari plagis duabus flavo-viridibus, abdomine maris maculis coeruleis, foeminae flavis.

Charp. Hor. Ent. p. 37. A. pilosa. Tab. I. fig. 5. appendices maris.
H arris Tab. XXVII. fig. 3. foem.

Va n der Lin d. p. 21. A. vernalis.
An n. d. l. S o c. Ent. Tom.VII. Tab.V. fig. 2. p.81. A.vernalis foem.

Habitat in Germania, Gallia.

Caput facie prominente, virescenti-flavida: labii laciniarum labrique marginibus atris: rhinario nigro: naso a fronte linea atra separato: in vertice macula transversa, atra, quae in parte media cum margine postico, atro connexa est. Vesicula atra, antice flava. Oculi maris coerulescentes, foeminae ferruginei, subtus virescentes. Cuneus flavus. Tempora atra, glabra, cum plaga maxima, gilva.

Truncus. Prothorax brevis, laevis, ater, postice pilis perlongis, flavidis ciliatus. Mesothorax flavo-viridis, ad latera lineis quatuor nigris. Collare rufo-brunneum, maris utrimque plaga longa, lata, flavo-viridi: in foemina aut unicolor, aut plagula tantum brevi, antice posita pictum. Dorsum thoracis brunneum, tuberculis interalaribus viridibus. Calli atri, flavo-maculati. Totus truncus valde pilosus.

Alae abdomine breviores, latiusculae, ad apicem rotundae: parastigmate perlongo, gilvo-fusco, subpellucido: costa ipsa eiusdem est coloris. Foemina alas gerit ad marginem anticum, et praecipue ad basin flavescentes. Membranula accessoria brevis, triangularis, albida

etc...

 

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Aeschna pilosa, Toussaint de Charpentier, 1825 Libellulinae europaeae depictae   planche XXI. mâle et fem

Aeschna pilosa, Toussaint de Charpentier, 1825 Libellulinae europaeae depictae   planche XXI. mâle et fem

Aeschna pilosa, Toussaint de Charpentier, 1825 Libellulinae europaeae depictae page 106.

Aeschna pilosa, Toussaint de Charpentier, 1825 Libellulinae europaeae depictae page 106.

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IV . LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE DES ODONATES.

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PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/aeschne-printaniere/

"Brachytron du grec brachynô = court et êtron= abdomen, ventre (du fait de la taille de cette espèce qui en fait la plus petite des Aeschnidés d’Europe) ; pratense du latin pratum = pré, prairie (probablement en raison du fait qu’on observe souvent l’espèce dans les prairies en période de maturation). Le nom français rappelle que cette espèce a une période de vol essentiellement printanière."

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Brachytron pratense (Müller, 1764) from Lat. pratensis, -is, -e = found in meadows [pratum = meadow] for the supposed typical habitat of the species."

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 ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) 

 

"pratense (Brachytron) - pratensis, e = dei prati. Per l’habitat di ritrovamento del tipo."

.

HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

" pratense (Müller) [l. - found in meadows] gives a hint, where to find the species. But there are other localities, where you may look for it too."

 

 

VAN HIJUM, 2005

"pratense (komt van pratum) = weide"

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V. RÉCEPTION DU GENRE.

Henrik Steinmann -World Catalogue of Odonata, 2013 page 68-69

H. Steinmann, World Catalogue of Odonata.

H. Steinmann, World Catalogue of Odonata.

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NOMS VERNACULAIRES.

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1°) Charles de Villers 1789 dans son Caroli Linnaei entomologia page 10 donne une traduction ou adaptation en français des noms  Libellula hafniensis par "La Danoise" et de Libellula pratensis par "La Bergère". 

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2°) Æschne printanièrede Selys-Longchamps, 1840, Monographie des libellulidées d'Europe, p. 101.

Ce nom est la traduction littérale d'Æshna vernalis Vander Linden .

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Edmond de Selys-Longchamps, Monographie des libellulidées d'Europe, 1840, page 101

 

3°)  Aeschne des prés , E. de Selys-Longchamps, 1850, Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. page 113.

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Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, Revue des odonates: ou, libellules d'Europe page 113

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4°) Parmi les auteurs actuels.

Précigout et Prud'homme 2009 : Æschne printanière. Syn. Æschne velue printanière.

Dijkstra 2007 : Æschne velue, Æschne velue printanière,

Grand et Boudot 2006 : L'Æshne printanière.

 

Wikipédia 2018 :L'Æschne printanière (Brachytron pratense) ou Petite æschne velue

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NOMS VERNACULAIRES ÉTRANGERS.

 

  • Allemand: Früher Schilfjäger
  • Néerlandais: Glassnijder
  • Anglais the hairy dragonfly (Brachytron pratense), the hairy hawker , the spring hawker
  • Suédois Tidig mosaiktrollslända

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SOURCES ET LIENS.

https://species.wikimedia.org/wiki/Brachytron_pratense

 

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— GEER, (Charles de), 1771 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, .Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97150b.image

 . Tome second première partie 616 pages, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p.

; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k971521

Dixième mémoire, vol.1 pages 661-705 Des Demoiselles

https://books.google.fr/books?id=EVRV3Wbg-dQC&pg=PA688&dq=l%27histoire+des+insectes+charles+de+geer++libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjkmeO7g87aAhWLK1AKHUHtAaUQ6AEIKDAA#v=onepage&q&f=false

Volume sept : https://archive.org/details/memoirespourserv07dege

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. 

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

 

— CHARPENTIER (Toussaint de), 1825 - De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae. - Wratislaviae. page XII

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/18/mode/1up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages, page 106, planche XI mâle et femelle.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

DELIRY (Cyrille)  Monographie Brachytron pratense :

http://www.deliry.com/index.php?title=Brachytron_pratense

HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work.  White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]. 166 pp.

 

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[152],%22panX%22:0.515,%22panY%22:0.796,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.541}

 

"Parallel English and French texts printed in two columns.
Digitized in 2010 from SUB Göttingen RMAG <4 ZOOL VI, 3423>. In the Göttingen volume, "plate with explanation of colours" is not present. In the Göttingen volume the title page carries the date 1782.
All taxa listed by Sherborn for 1776. Names of taxa established in this work are often associated with the date 1782, but it seems that the work was first published in 1776. "Text sheets were reissued in 1781; the 1782 edition is reset. With an additional engraved titlepage, dated 1782." (Source: National Library of Australia Catalogue, http://catalogue.nla.gov.au/Record/4848612 [04/2011]).
The 1782 edition of this work was obviously a reprint with probably identical content. We did not see the 1776 edition. It seems that the pages in both editions were either cut differently, or that Sherborn 1902 overlooked a generic name on p. 160 where the 1782 edition says "Tipulae continued", because Sherborn combined the new specific names with the genus Sylvicola from p. 159, and not with the genus Tipula with which we have combined the involved new specific names following the arrangement in the digitised copy.
Sherborn's 1902 extract of taxon names contained many corrections or subsequent misspellings (examples: Musca semulater -> M. semulator, coeo -> coco, ludeus -> ludens, compunctus -> compunctor, Apis vereor -> A. vereror, tacitus -> tasitus, etc.). It is possible that Sherborn had the 1776 edition and that the names were spelled differently there. It is also possible (and seems likely to us) that Sherborn tried to correct errors which we would not correct today under Art. 32.5 because these were not inadvertent errors. If the names were misspelled in the original source because the author did not know correct Latin, the original spelling (in the uncommon or incorrect orthography) must stand, so these putative errors are not to be interpreted as inadvertent errors under Art. 32.5. Only Art. 32.5 allows to correct errors in original spellings.
Species listed in the index were often spelled differently from the names that were established in the text before. This occurs especially with names that were described in the genus Musca. Taxa were entered following the spelling of their first occurrence in the text. Different spelling in the index were mentioned in the comments' field." (Animalbase)

https://www.gla.ac.uk/myglasgow/specialcollections/virtualexhibitions/birdsbeesandblooms/bees/mosesharrisanexpositionofenglishinsects/

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[5],%22view%22:%22info%22}

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[80],%22view%22:%22thumbnails%22}

— MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.042,%22panY%22:0.641,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.288}

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

—VANDER LINDEN ( P.L),  1823, Aeshnae Bononienses descriptae,  Opuscoli scientifici 1823 page 158-165.

https://books.google.fr/books?id=HYuSPXT7E8gC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 07:58

 

 Les sablières et la charpente sculptée de l'église de Bodilis. VII. Les trois salles (1657) du bas-coté nord.

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Sur les sablières de Bodilis, voir :

 

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Sur les autres réalisations du Maître de Pleyben, voir :

 

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Vous pourrez lire aussi, sur le sujet des sablières de Bretagne, les articles suivants :

 

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Après avoir décrit les sablières, entraits, blochets et poinçons  de la nef et du bas-coté sud, principalement dus au Maître de Pleyben entre 1567 et 1576, je décris les pièces sculptées de la charpente du bas-coté nord. Elle date du XVIIe siècle puisque le coté nord a été démoli  puis doublé entre 1653 et 1657. En 1686, la sacristie vint s'y ouvrir :

 

"L'édifice actuel fut commencé en 1564 suivant la date inscrite au chevet. De plan régulier, il comprenait alors une nef de six travées avec bas-côtés, précédée d'une tour-porche et un choeur à chevet polygonal ; au droit de la cinquième travée, deux chapelles en ailes formaient transept.

L'édifice à peine achevé, on commença à l'agrandir en élevant en 1574 - date inscrite sur une poutre sculptée du bas-côté sud - sur son flanc sud une vaste chapelle contiguë à l'aile sud.

Quelques années plus tard, en 1583, les tréviens envisagèrent la construction d'un porche monumental qui fut terminé en 1607

. Puis, au milieu du XVIIe siècle, l'on agrandit considérablement l'église. L'on démolit alors toute la longère nord et doubla le bas-côté ; les dates de 1653 sur l'une des portes et de 1657 (entrait du bas-côté nord) rappellent ces travaux.

De 1663 à 1670, l'on apporta quelques modifications à la façade sud, travaux effectués sous la direction de Christophe Kerandel, architecte, qui soumis aux tréviens en 1677 le plan de la sacristie monumentale qui fut terminée en 1686, achevant ainsi les travaux." (Couffon)

"Deux portes ornent la façade Nord, dont la 2ème, aujourd’hui murée, conserve sur la frise la date de 1657".

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Ce bas-coté s'organise en trois "salles", la première depuis l'est étant la chapelle de la Sainte-Famille avec son retable du XVIIe siècle, la deuxième se repère au Christ aux liens de son élévation nord, et la troisième abrite les Fonts baptismaux monumentaux.

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CLIQUEZ SUR LES IMAGES.

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Vue générale depuis la chapelle de la Sainte-Famille.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Vue générale depuis l'ouest, montrant l'étroit bas-coté intermédiaire appuyé sur une rangée de piliers qui double celle de la nef.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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I. LA CHAPELLE DE LA SAINTE-FAMILLE.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La sablière Sb1 au dessus du retable. Frise d'arceaux à palmes

Elle a aussi peu d'intérêt que celles de la troisième salle du bas-coté sud (1659), dont elle reprend la frise d'arceaux à palmes.

Le retable abrite les statues de saint Mathurin, d'un saint évêque et de saint Jacques le Majeur.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La sablière Sb2. Chérubins, masque féminin, coiffé d'un voile noué, et entouré de feuillage.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'entrait E1. Frise de cuirs à enroulement et de légumes.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Abouts de poinçons.

Un seul est sculpté, le septième, d'un motif à quatre visages.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Notez au passage  : 

La  porte donnant accès à la sacristie, de type classique très simple, porte sur son entablement son entablement  l'inscription : "IESVS - 1680 - MARIA".

Au dessus, une fenêtre carrée donnant dans la sacristie porte l'inscription (je corrige la transcription de Couffon):

"FRANCOIS. QVEMENER.

IAN. COVLOVIGNER. F."

"François Quémener . Ian Coulouigner. Fabriciens".

Les généalogistes mentionnent à Bodilis un François QUEMENER, décédé en avril 1682, laissant deux filles à la charge de son épouse Catherine TANGUY.

La graphie COULOUIGNER est attestée aux archives du Finistère à Sizun, et JAN COULOUIGNER de Sizun est mentionné sur un acte de 1699.

Inscription en réserve dans un cartouche séparé en deux compartiments. Point de séparation en losange. Appréciez comment les lettres conjointes NE de la première ligne se retrouvent à la seconde ligne. 

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les blochets  B1 et B2. Pilier entre la chapelle de la sainte-Famille et la deuxième salle.

Anges porteurs des Instruments de la Passion.

Un ange tient une lance (ou le bâton de la Sainte Éponge imprégnée d'hysope)  et des clous, l'autre  une échelle (celle de la Déposition). Sur la sablière se découvrent un masque de lion et le fragment d'une trompe. Ce sont là des éléments caractéristiques du Maître de Pleyben.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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LA DEUXIÈME SALLE DU BAS-COTÉ NORD.

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Vue générale depuis la nef.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Vue générale depuis le nord.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière Sb3. Frise de motifs de feuillages répétés.

 

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières Sb4 et Sb5 (coté ouest, séparées l'une de l'autre par le blochet).

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière Sb4. Un homme allongé tenant un fruit (poire ?) dans la main droite tend le bras gauche vers une composition à chérubin et feuillage, déjà observé en Sb2.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le blochet intermédiaire de Sb4. Une musicienne jouant du luth.

Il s'agit pour moi d'une œuvre du Maître de Pleyben. On retrouve la robe bouffant en corolle sinueuse au dessus de la ceinture, ainsi masquée. Les manches bouffantes à l'épaule puis nouées sont celles de la Marie-Madeleine de Kerjean.

Par contre, l'instrument est original à plus d'un titre. Il diffère de la "mandorle molle" si habituelle au Maître, par la longueur de son manche et par sa tenue. Je distingue ici cinq (ou six) cordes. Ce n'est pas un rebec, dont les cordes sont frottées par un archet. Il se rapproche du luth à long manche proche du Sêtar persan iranien. C'est un instrument monoxyle dont la caisse est piriforme, et percée de deux ouïes en C. Il est tenu sur l'épaule, appuyé sur la joue gauche, tandis que le manche oblique en bas et à droite s'appuie sur le genou opposé. Ne serait-ce pas là la posture d'une gauchère ? Le cheviller est coudé à angle aigu, sur la gauche.

La position des doigts semble fidèlement observée, notamment l'auriculaire gauche posé sur une corde.

Cette joueuse de luth est présentée par Jean-Luc Matte dans son Iconographie de la cornemuse, mais sans commentaire organologique.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La sablière Sb5. Arceaux et palmes, comme en Sb1. Pas d'image.

 

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L'entrait E2 daté de 1657.

Le cartouche portant le chronogramme 1657 est placé au milieu d'une frise de rubans et de légumes, dans un style bien différent de l'entrait E3 du bas-coté sud, daté de 1659.

De l'autre coté, un masque dans un cuir découpé.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les blochets B4 et B5 sur le pilier intermédiaire entre la deuxième salle et la chapelle des Fonts baptismaux. Un des quatre évangélistes, et un saint évêque.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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B5 : il s'agit de l'un des trois évangélistes barbus, Matthieu, Luc ou Marc. L'absence d'attribut ne permet pas d'aller plus loin dans l'identification. Le saint tient la calame d'une main et l'encrier de l'autre.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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B4 est un saint évêque, portant la mitre à fanon, la cape, bénissant et tenant sa crosse (brisée).

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III. LA CHAPELLE DES FONTS BAPTISMAUX.

Elle s'étend sur deux travées, au droit de la tour-clocher. Elle abrite une chaufferie, mais surtout les Fonts baptismaux en kersanton du XVIe et XVIIe siècle. 

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière Sb6 et Sb7. 

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière Sb6 (entre le blochet B5 et le blochet B6). 

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La partie droite est sculptée d'un magnifique mais horrible masque coiffé de palmettes. Le cuir découpé est tenu par deux putti, tenant l'un une palme, l'autre une palme et une épée.

Nous retrouvons ici la verve du Maître de Pleyben, qui se garderait bien de répéter deux fois le même motif.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Puis vient un masque d'enfant dans des volutes en corne, puis un jeune homme couché (au pieds remplacés par des sabots et au corps velu) et enfin un sphinge, ailé, à tête animale coiffé d'un bonnet et à queue enroulée en crosse.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le blochet B6. Vierge à l'Enfant au sein dénudé.

Est-ce vraiment une  Vierge allaitante ? Elle porte le corsage de nourrice, dont deux fentes laissent passer les seins nus. Ses cheveux sont dénoués et tombent sur les épaules, comme ceux d'une jeune fille vierge. Elle tient son enfant mais ne le regarde pas, et cet enfant ne tête pas, quoiqu'il pose la main sur la poitrine gauche. Il tourne la tête vers sa gauche.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La sablière Sb7.

Première surprise, une sorte de sirène, ou du moins une femme nue dont le bas du corps se transforme en une petite jupe festonnée, puis deux "jambes" en feuillages. Tout cela se prolonge en deux volutes.

Ensuite, un masque de lion occupe un cuir découpé à enroulement tenu par deux femmes ailées et à queue de poisson ; avec toujours la jupette festonnée.

Enfin, une volute.

Quelle inventivité ! quelle liberté et quelle gaieté !

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières Sb8 et Sb9.

Fini de rire avec Sb8 et Sb9, où nous retrouvons la fabrication quasi industrielle d'arceaux.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'entrait E3. 

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les abouts de poinçons.

Parmi les neuf poinçons, un seul est figuré, le cinquième (correspondant à la nervure qui rejoint l'entrait).

Il représente une jeune femme, dont le sein droit, nu, est dévoilé  car la tunique, encore attaché sous le cou, est écarté. La femme aux manches relevées pose sa main droite sur le sein gauche. Il me semble qu'un objet (feuille ?) qu'elle maintenait a été gratté .

Son visage, légèrement tourné vers la gauche et aux yeux comme écarquillés, est encadré par deux fruits évoquent la grenade entr'ouverte cédant à l'excès de ses grains de Valéry. La feuille figurée à l'arrière-plan suggère aussi qu'il s'agisse là de figues. Dans les deux cas, ce sont des symboles sexuels.

Cette sculpture de petite taille exerce un charme rare.

Nous ne pouvons pas y voir un rappel en écho du blochet de Sb5.

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le dernier blochet B6. Ange porteur d'un instrument de la Passion (la Colonne de flagellation).

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Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Charpente sculptée du bas-coté nord de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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1°) Sur les sablières :

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ; préf. d'Alain Croix, Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : ET thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes 2 en 1997. 

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2°) Sur Bodilis.

 

— ABGRALL (Chanoines Jean-Marie) et PEYRON (Paul), 1903,  "[Notices sur les paroisses] Bodilis", Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 3e année, 1903, p. 192-208.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109982z/f180.image

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1903.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/bodilis.pdf

— APEVE, Association pour la promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Elorn

http://www.bodilis.org/patrimoineetsites.php

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article127

— COUFFON (René), 1958,  Notre-Dame de Bodilis. In: Bulletin Monumental, tome 116, n°2, année 1958. pp. 121-133; doi : 10.3406/bulmo.1958.3832 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1958_num_116_2_3832

http://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_1958_num_116_2_3832.pdf

— COUFFON  (René), LE BARS (Alfred)  1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, : paroisse de Bodilis,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fdf52c93c4ad292cf14cbf5068677c87.pdf

— LAUDREN (Thierry), dossier photo de son travail de restauration de la charpente

https://www.thierrylaudren.fr/pages/monuments-historiques.html

http://thierrylaudren.pagesperso-orange.fr/monumentshistoriq2.htm

MATTE (Jean-Luc), Iconographie de la cornemuse, Bodilid. Photographies de Joel Lubin.

http://jeanluc.matte.free.fr/fichac/bodilispoinc.htm

— MONUMENTS HISTORIQUES.

http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/bodilis/imgs/fonts-baptismaux-xvi.html

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 23:23

Zoonymie des Odonates. Le nom d'Aeshna cyanea Müller, 1764, l'Æschne bleue.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

 

 

 

Résumé : Æshna cyanea Müller, 1764.

— Æshna, FABRICIUS Syst. Ent.: 424. Nom de genre inexpliqué créé par Fabricius en 1775 (peut-être par contamination d'Æschna, T. Mouffet 1634). 

— cyanea MÜLLER, 1764, Faun. Frid. : 61. Du latin cyaneus, grec  kyanos, "bleu foncé". Cette couleur n'est pas reprise dans la diagnose spécifique mais elle caractérise à l'évidence la tache des derniers segments de l'abdomen,  qui confluent pour former un bandeau clair caractéristique de l'espèce. Chez le mâle adulte ces taches sont bleues.

L'Æschne bleue, nom vernaculaire adopté par transcription du nom scientifique.


 

 

 

 

 

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PREALABLE LE NOM DE GENRE AESHNA FABRICIUS, 1775.

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymi-des-odonates.le-nom-de-genre-aeshna-fabricius-1775.html

Le nom de genre Æshna Fabricius 1775 ne peut être expliqué, mais il est peut-être inspiré à l'entomologiste danois par le nom donné par Thomas Mouffet 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, "Æeschna" sur la même page où il décrit des libellules. Bien que Æshna de Fabricius soit "fautif" s'il s'agissait d'un nom inspiré du grec, une  lapsus calami ou une erreur typographique n'est pas envisageable puisque cette graphie a persisté telle quelle dans les publications écrites et supervisées par l'auteur en 1781, 1789 et 1792.  Il n'est donc pas licite de modifier sa graphie en Æschna comme l'avait proposé Illiger en 1807, mais cette dernière, souvent utilisée par les entomologistes jusqu'à la décision de la Commission Internationale de Nomenclature en 1939, est à l'origine de notre nom français actuel, "Aeschne". 

Nom vernaculaire :

En 1803, Olivier ou Latreille écrivaient (Nouveau dict. Hist. Nat.) écrivaient AEshne

En 1805, Latreille, qui en créa le genre, écrivait ÆSHNE, œshne.

Latreille encore, en 1829 (in Cuvier, Le règne animal),  décrivait dans sa famille des Subulicornes (je ne résiste pas)  Les Æshnes (Æshna Fabricius).

C'est en 1840 que l'entomologiste belge de Selys-Longchamps écrit dans sa Monographie des Libellulidés d'Europe AESCHNE.

C'est cette graphie qui est reprise par les auteurs des Guides et Atlas actuels (Dijkstra par Delachaux et Niestlé; Libellules de Poitou-Charentes, Libellules de France, Belgique et Luxembourg, etc).

 

 

I. L'AUTEUR : OTTO FRIEDRICH MÜLLER (1730-1784).

"Otto Friedrich Müller est un zoologiste danois, né le 11 mars 1730 à Copenhague et mort le 26 décembre 1784.

Il est le fils d’un trompettiste pauvre d'origine allemande de la cour de Copenhague. À 12 ans, il est confié à son oncle, Niels Udsen, à Ribe à l’ouest du Danemark. Sous sa direction, il étudie l’histoire et la musique. Plus tard, il retourne à Copenhague où il étudie la théologie et le droit à l’université. Il gagne sa vie comme musicien.

Il devient bientôt précepteur auprès de la veuve d’un ancien premier ministre, la comtesse Shulin. Il restera à son service durant 17 ans. Il vit avec la famille à Østergade au centre de Copenhague en hiver et en été, dans le petit château de Frederiksdal à proximité du lac Furesø au nord-ouest de Copenhague.

C’est dans cette fonction qu’il découvre l’histoire naturelle soutenue dans ses recherches par la comtesse. Il voyage en Europe notamment avec le fils aîné et rencontre de nombreux scientifiques renommés comme Bernard de Jussieu (1699-1777) ou Michel Adanson (1727-1806).

Il fait paraître, en 1763, un premier ouvrage sur les champignons suivi en 1764 d’une faune entomologique, Fauna insectorum Friedrichsdaliana, et en 1767 d’une flore, Flora Friedrichsdaliana, ouvrage qu’il illustre lui-même.

Après le décès de la comtesse, il obtient en 1769 un poste de conseiller à la chancellerie et en 1771 celui d’archiviste de la chambre des finances de Norvège. Il se marie à A.C. Paludan, un riche parti dont les revenus lui permettent de se consacrer entièrement à l’étude. Il passe le reste de sa vie à étudier l’environnement naturel autour de Själland dans le Zealand et le long des côtes sud de la Norvège (sa femme y possédait une résidence d’été).

Le roi Frédéric V lui donne la charge de continuer une flore du Danemark (Flora Danica) commencée par Georg Christian Oeder (1728-1791) en 1761 et dont trois volumes étaient parus. Müller en ajoute deux, le dernier paraissant en 1782. Cette flore a connu une très grande renommée pour sa clarté et sa précision.

Mais il se passionne surtout pour les invertébrés et particulièrement les animaux microscopiques et commence à publier à leur sujet dès 1771.

En 1776, Otto Müller fait paraître Zoologiae Danicae prodromus, seu Animalium Daniae et Norvegiae Indigenarum characteres, nomina, et synonyma imprimis popularium qui contient la description de 3 000 organismes du Danemark et de Norvège. En 17771, il commence la publication de son célèbre Zoologia Danica." (d'après Wikipédia )

 

 

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La publication originale de 1764.

Celle-ci est écrite par Müller à l'âge de 34 ans. Elle est dédiée à  la comtesse Schulin, excellentissimae, illustrissimae dominae comitissae.   Elle porte le titre de Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis, soit "Faune des insectes de Fridrichsdal, ou description méthodique des insectes des champs de Fridrichsdal, avec les caractères génériques et spécifiques, les noms vernaculaires, les endroits où ils naissent, les illustrations qui s'y rapportent et plusieurs nouvelles espèces.  Friedrischsdal — aujourd'hui Frederiksdal— est situé près de Copenhague (Danemark) : il s'agissait d'une maison de plaisance acquise par Frédéric III puis offerte par  le roi Christian VI au comte de Schulin vers 1746. La campagne environnante y était et y est encore belle, avec des champs, des pâturages, trois lacs et des bois, avec une riche biodiversité. Apparemment, le naturaliste était apprécié de  la famille Schulin, qui a soutenu son intérêt. La famille garde toujours le grand cabinet que Müller utilisait pour sa collection, alors qu'il vivait avec eux. Aucun spécimen de sa collection personnelle, cependant, n'est conservé  à Frederiksdal (Nekhaev 2015). Mettre tacitement en parallèle la Fauna Fridrischisdalina et la Fauna Suecica était un bel hommage, qui sous-entendait que Friedrichsdal était comme un petit royaume qui avait trouvé son Linné.

Müller adopte (comme l'indique la tournure de son titre) les principes de Linné :" Descriptiones Celeber ac Illustris Equitis a Linné adhibui, eius methodum in novis describendis secutus, ne scientia eiusque amatores verborum copia, varietate, vel novitate opprimerentur.". Il étudie ses découvertes en les comparant au Systema Naturae (de 1758) et au Fauna Suecicae de 1761 (page VIII).

 

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Il  cite les huit auteurs vers les illustrations desquels il renvoie (auctores quorum icones allatae) ; puis il indique qu'alors que son ouvrage était en impression, il a eu connaissance de "l'Abrégé de l'Histoire des insectes dans les environs de Paris " (sic) de Geoffroy, paru en 1762.

AVCTORES, QVORVM ICONES ALLATAE.

IOH. L. FRISCH . Beschreibung von Inseckten in Deutschland, Berlin 1730. 13 voll, in quarto.

REAUMUR. Histoire des Insectes, Amster. 1737 &c 5 voll. In octauo.

DE GEER. Mémoires pour servir à l’ histoire des Insectes, Holmiae 1752. in quarto.

A. I. ROESEL. Insecten Belustigung, Nürnberg 1746 bis 1761, 4 voll, in quarto.

S. MERIANA. Erucarum ortus et Metamorphosis, in folio.

ELEASAR ALBINVS. Historia naturalis Insect. Anglicanorum. Lond. 1710. in quarto,

SCHAEFFER. Beschreibung einiger inseckten, Regensburg.

CLERCK. Aranei Suecici, Holm . 1757. in quarto. / Icones insect. rariorum, Holm. 1759. in quarto.

Voir les liens en "sources"

 

 

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II. LA DESCRIPTION ORIGINALE LIBELLULA CYANEA MÜLLER, 1764.

Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 61 n°541.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[85],%22view%22:%22info%22}

Texte original :

"541.libellula cyanea alis albidis, puncto marginali nigro : lineis sex thoracis sulphureis.

Roes ins. 2. aqu. t. 2. f. ı.

Ad amnem."

Traduction :

"541. Libellula cyanea. Ailes blanches à point marginal noir : six lignes couleur soufre sur le thorax.

Roesel, Insekten Belustigung vol.2 aquatilium tableau 2 fig.1.

Dans les rivières (amnis, is : cours d'eau rapide")"

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Zoonymie des Odonates. Le nom d'Aeschna cyanea Müller, 1764.

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Puisque Müller nous invite à consulter la figure 1 du tableau 2 des insectes aquatiques de Roësel, allons-y. L'ouvrage date de 1749.

ROSENHOF, ROESEL VON. Der Wasser-insecten zweyte klasse. Der monatlich-herausgegeben insecten-Belustigung », Nürnberg, 1749, Part.2.

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Roesel, Insecten Belustigung 1749. http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0229/image

Roesel, Insecten Belustigung 1749. http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0229/image

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II. ÉTUDE DU NOM CYANEA MÜLLER 1764.

Müller a fait dériver son épithète spécifique du grec kyanos, "bleu sombre". Cette couleur n'est pas reprise dans la diagnose spécifique mais elle caractérise à l'évidence la tache des derniers segments de l'abdomen. Pour le latin cyaneus, le dictionnaire Gaffiot indique "bleu foncé, bleu azuré". En effet, "Le mâle et la femelle aeschne bleue (Aeshna cyanea) sont aisément reconnaissables à leurs deux grosses taches claires sur le dessus du thorax et aux deux derniers segments de leur abdomen dont les taches confluent pour former un bandeau clair caractéristique. Chez le mâle adulte ces taches sont bleues "

 (Odonates costarmoricains).

Les autres Libellula décrites par Müller à Fridrischsdal, et déjà décrites,  sont L. quadrimaculata, L. flaveolata, L. vulgata, L. rubicunda, L. depressa, L. vulgatissima, L. cancellata, L. aenea, L. forcipata, L. quadrifasciata, L. virgo, L. puella, 

Les descriptions nouvelles nommées par Müller sont :  L. Hafniensis, L. pratensis, L. fulva, L. triedra, L. squamata, L. sanguinea, L. variegata, L. Fridrichsdalensis, L. rubra, L. frumenti.

Sont passées à la postérité, outre L. cyanea L. sanguinea [= Sympetrum sanguineum], L. pratense [= Brachytron pratense], L. fulva . 

Une mention spéciale pour Libellula Fridrichsdalensis, la Libellule de Fridrichsdal, qui a été reconnue identique à L. fulva dont elle est un synonyme. Et pour Hafniensis (les deux seuls épithètes à majuscule, se référant à un nom propre), qui reprend le nom latin de Copenhague, et qui est aujourd'hui un synonyme de B. pratense.

 

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IV.LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE DES ODONATES.

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PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/aeschne-bleue/

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"Aeshna cyanea (Müller, 1764). Aeschne bleue Etymologie Cyanea de kyanos (gr) = bleu sombre : couleur des taches des derniers segments abdominaux de l’Aeschne bleue ."

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Aeshna cyanea (Müller, 1764) from Lat. cyaneus-a, -um = sea-blue for the blue spots on the male's abdomen."

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 ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) 

"cyanea (Aeshna) - cyaneus, a, um = azzurro cupo. Per la colorazione dominante del corpo"

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HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"[gr. kyaneos - of the colour of lapis lazuli]"

ENDERSBY

adjective κυανοῦς = dark blue. .

VAN HIJUM, 2005

"Aeshna cyanea Wartebiter Tünglêzebiter, Skaadglêzebiter, Skaadfleaner, cyanea (komt van kyaneos) Smükskaadzjende beamte-grienfleaner, Skaadbiter, = donkerblauw."

 

 

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V. RÉCEPTION DU GENRE.

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Zoonymie des Odonates. Le nom d'Aeschna cyanea Müller, 1764.

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ILLUSTRATIONS.

L'espèce a peut-être été représentée par Simon Bering dans son enluminure du Bréviaire Grimani, dès 1515-1520, et certainement par Joris Hoefnagel dans son enluminure du volume Ignis des Quatre éléments, vers 1575-1585.

Les illustrations sont tirées de mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2018/02/zoonymie-des-odonates-avant-l-ere-des-noms-celle-des-enluminures.quatre-libellules-du-breviaire-grimani-1510-1520.html

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Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc peignant la Vierge.

Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc peignant la Vierge.

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Joris Hoefnagel, enluminure du volume Ignis des Quatre éléments, vers 1575-1585.

Joris Hoefnagel, enluminure du volume Ignis des Quatre éléments, vers 1575-1585.

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Elle fut illustrée par Harris en 1782 :

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 Harris M. 1780 - An exposition of English insects. - White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]Planche XXIII fig.4

Harris M. 1780 - An exposition of English insects. - White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]Planche XXIII fig.4

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NOM VERNACULAIRE.

Fidèle à leur paresse intellectuelle ou à leur mépris pour la langue vulgaire, les Français ou francophones se contentent d'une traduction littérale du nom scientifique : ils nomment cette espèce "l'Æschne bleue". Consolons-nous car ils auraient pu faire pire et nous avons échappé à l'Æschne Cyan.

Charles de Villers, reprenant le système de dénomination par prénoms féminins de Geoffroy 1762, l'avait décrite en 1789  sous le nom de "l'Henriette" (Caroli Linnaei Entomologia page 10). Rien à regretter.

https://books.google.fr/books?id=saKZnk3vHvQC&pg=PA9&dq=libellula+cyanea+geoffroy&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjI_uvR7cnaAhVLDOwKHT2fBjIQ6AEIPTAE#v=onepage&q=libellula%20cyanea%20geoffroy&f=false 

Les Allemands disent Blaugrüne Mosaikjungfer, les Néerlandais Blauwe glazenmaker et les Anglais The Southern hawker or Blue hawker. 

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SOURCES ET LIENS.

Ouvrages cités par Müller :

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— GEER, (Charles de), 1771 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, .Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica . Tome second première partie 616 pages, ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— MERIAN (Anna Maria-Sibylla) De Europische insecten 1730 Jean Marret, M.D. Amsterdam J.F. Bernard https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n3/mode/2up

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL. Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

— RÖSEL VON ROSENHOF 1764-68 De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem, By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library

— Rösel von Rosenhof 1746 Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung Nürnberg.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

— ROSENHOF, ROESEL VON. Der Wasser-insecten zweyte klasse. Der monatlich-herausgegeben insecten-Belustigung », Nürnberg, 1749, Part.2.

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0229/image

 

Cyrille Deliry :

http://www.deliry.com/index.php?title=Aeshna_cyanea

Buchecker H. 1876 - Systema Entomologiae. Pars 1. Odonata (Fabric.) europ. - Munchen. https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n3/mode/2up
de Charpentier T. 1825 - De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae. - Wratislaviae. -
de Selys-Longchamps E. 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles. http://www.deliry.com/selys1840.pdf
de Selys Longchamps E. 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
de Selys-Longchamps E. 1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris. http://www.deliry.com/selys1850.pdf
de Villers C. 1789 - Caroli linnaei Entomologia fauna suecicae descriptionibus aucta. - Lugduni. - PDF
Deliry C. (coord.) 2008 - Atlas illustré des Libellules de la région Rhône-Alpes. - Dir. du Groupe Sympetrum et Muséum d'Histoire Naturelle de Grenoble, éd. Parthénope, Mèze : 404 pp.
Deliry C. 2017 - Odonata Europaea. - Histoires Naturelles, 49. http://www.deliry.com/hn49.pdf
Eversmann E.F. 1836 - Libellulinae, Wolfgam fluvium inter et montes Uralenses observatae. [+] Libellulinarum species novae, quas inter Wolgam fluvium et montes Uralensis observavit. - Bull. de la Soc. impériale Natural. de Moscou, 9 : 233-248.
Hagen H.A. 1840 - Synonymia Libellularum Europaearum. - Regimontii Prussorum.
Harris M. 1780 - An exposition of English insects. - White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]
Kirby W.F. 1890 - A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata or Dragonflies with an appendix of fossil species. - London. -
Latreille P.A. 1805 - Histoire naturelle, générale et particuliere des Crustacés et des Insectes. - Paris, vol. 13. -
Müller O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -
Olivier M. 1792 - Encyclopédie méthodique, dictionnaire des Insectes. - Paris, Pankouke. -
Shaw G. 1806 - General Zoology or sytematic natural history. - Volume 6 (2).
Sulzer J.H. 1761 - Die Renezeichen der Insetten. - Zürich.
Vander Linden P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis.

— HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work. London. 166 pp.

 

"Parallel English and French texts printed in two columns.
Digitized in 2010 from SUB Göttingen RMAG <4 ZOOL VI, 3423>. In the Göttingen volume, "plate with explanation of colours" is not present. In the Göttingen volume the title page carries the date 1782.
All taxa listed by Sherborn for 1776. Names of taxa established in this work are often associated with the date 1782, but it seems that the work was first published in 1776. "Text sheets were reissued in 1781; the 1782 edition is reset. With an additional engraved titlepage, dated 1782." (Source: National Library of Australia Catalogue, http://catalogue.nla.gov.au/Record/4848612 [04/2011]).
The 1782 edition of this work was obviously a reprint with probably identical content. We did not see the 1776 edition. It seems that the pages in both editions were either cut differently, or that Sherborn 1902 overlooked a generic name on p. 160 where the 1782 edition says "Tipulae continued", because Sherborn combined the new specific names with the genus Sylvicola from p. 159, and not with the genus Tipula with which we have combined the involved new specific names following the arrangement in the digitised copy.
Sherborn's 1902 extract of taxon names contained many corrections or subsequent misspellings (examples: Musca semulater -> M. semulator, coeo -> coco, ludeus -> ludens, compunctus -> compunctor, Apis vereor -> A. vereror, tacitus -> tasitus, etc.). It is possible that Sherborn had the 1776 edition and that the names were spelled differently there. It is also possible (and seems likely to us) that Sherborn tried to correct errors which we would not correct today under Art. 32.5 because these were not inadvertent errors. If the names were misspelled in the original source because the author did not know correct Latin, the original spelling (in the uncommon or incorrect orthography) must stand, so these putative errors are not to be interpreted as inadvertent errors under Art. 32.5. Only Art. 32.5 allows to correct errors in original spellings.
Species listed in the index were often spelled differently from the names that were established in the text before. This occurs especially with names that were described in the genus Musca. Taxa were entered following the spelling of their first occurrence in the text. Different spelling in the index were mentioned in the comments' field." (Animalbase)

https://www.gla.ac.uk/myglasgow/specialcollections/virtualexhibitions/birdsbeesandblooms/bees/mosesharrisanexpositionofenglishinsects/

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[5],%22view%22:%22info%22}

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[80],%22view%22:%22thumbnails%22}

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Zoonymie :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/anisopteres/aeschne_bleue/aeschne_bleue.html

— LIBELLULES DE FRANCE ET D'AILLEURS

http://odonatas69a.blogspot.fr/search?q=cyanea

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65440/tab/taxo

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates

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